On ne peut pas aider une victime volontaire

Il y a environs un an, une amie nommée Sophie a cessé tout contact avec moi, et ce à la demande de son nouveau conjoint.

Toute sa vie, cette fille a été attirée par les hommes violents, manipulateurs, contrôlants et exploiteurs. En voici une liste abrégée:

  • Un de ses premiers ami de coeur la forçait à avoir des relations sexuelles.
  • Le suivant, sachant qu’elle avait le vertige en général et peur des hauteurs en particulier, lui a fait traverser un long pont à pied, seule. Il ne l’a pas forcée en personne. Il lui a juste dit par téléphone de le faire.
  • Il y a quelques années, via internet, elle s’est fait un amoureux au Pakistan qu’elle n’a jamais rencontré.  Quand il lui a demandé de lui révéler les mots de passe de tout ce qu’elle avait en ligne, elle l’a fait. Quand il lui a dit d’éliminer tous ses contacts masculins de ses comptes en ligne, elle l’a fait.

Puis, je suis arrivé dans sa vie. Elle avait une solide fixation sur moi. Elle voulait un bon gars, et apparemment j’en étais un. Changer de blonde n’étant pas dans mes plans de vie de couple de sitôt, elle perdait son temps. Cependant, je voyais bien qu’elle répétait avec moi les mêmes patterns négatifs qui avaient toujours empoisonnés son existence: Aller vers des relations pénibles et/ou impossibles. Non seulement nous étions tous les deux en couple (elle était mariée), elle habite les Maritimes alors que je suis à Montréal.

N’empêche que je ne pouvais pas rester là à rien faire alors que je voyais une amie ruiner sa vie sans arrêt. Pendant un an et demi, je l’ai aidé. Je lui ai montré le chemin à suivre pour trouver les sources de ses problèmes afin de pouvoir mieux les comprendre et en guérir, prendre confiance en elle-même, avoir le courage de s’exprimer, exiger le respect de la part des autres, en commençant par avoir le respect de soi-même, suivre une thérapie qui était payée par les assurances de son boulot, etc. Ça a pris du temps mais elle a fini par se métamorphoser. Au début de l’an 2010, c’était une femme  fonceuse, qui s’exprimait, qui s’affirmait, qui savait se tenir sur ses pieds en ne se laissant plus marcher sur ceux-ci.

Puis elle s’est fait un nouveau conjoint, un violent manipulateur contrôlant et exploiteur dont le passe-temps favori est de briser des couples en révélant à l’un que l’autre l’a trompé, et ce qu’il ait des preuves de ce qu’il avance ou non. Il agit ainsi sous prétexte/excuse qu’une de ses ex l’a un jour trompé, ce qui fait qu’il dit être maintenant incapable de supporter l’adultère. Notez qu’à ce moment-là, Sophie était non seulement mariée, elle habitait encore avec son mari, chose que son nouveau mec savait parfaitement.

Ça démontre que quand tu es le genre de gars qui aime rabaisser tes copines, tu t’arranges pour en choisir une qui a un comportement qui va te donner une raison valable de le faire. Quand vous savez tous les deux que ses agissements passés te permettent d’avoir un doute raisonnable sur sa fidélité, tu peux la contrôler en te montrant soupçonneux.  Pour te prouver sa bonne foi et calmer tes doutes, elle va vite s’empresser de faire tout ce que tu lui dis, que ce soit un ordre direct ou bien juste une suggestion à demi-mot.

Bref, trois semaines plus tard, c’est exactement ce qui est arrivé: Il lui a dit de couper tout contact avec moi, et elle l’a fait!

Comment est-ce qu’une personne peut, en trois petites semaines, régresser ainsi en foutant en l’air un an et demi de travail sur soi et de progrès? Vous pouvez imaginer à quel point mon incompréhension a pu être totale. Totale et longue, car depuis ce jour, pas une semaine n’a passé sans que j’y pense, ni que j’arrive à trouver la moindre logique derrière ce revirement aussi soudain que négatif.

Eh bien c’est hier que j’ai fini par comprendre. La réponse est simple : Elle n’a jamais fait le moindre progrès parce qu’en réalité elle n’a jamais cessé d’être ce qu’elle était vraiment : Une soumise. Voyez plutôt :

Quand son premier mec lui dit de s’écarter les cuisses, elle le fait.
Quand le suivant lui dit de prendre le pont, elle le fait.
Quand son pakistanais lui dit de lui donner ses mots de passe et d’éliminer les hommes de ses amis sur le net, elle le fait.
Quand je lui dis d’améliorer ses conditions de vie sociale, elle le fait.
Et quand son nouveau conjoint lui dit qui avoir ou non comme ami, elle le fait.

La vérité, c’est qu’elle ne s’est jamais améliorée. Elle a juste agi avec moi comme elle l’a toujours fait avec les hommes à qui elle cherche à plaire : Se soumettre à eux en faisant tout ce qu’ils lui disent de faire.

J’ai sincèrement cru que je l’avais aidé à changer sa vie pour le mieux. Ce n’était hélas qu’une illusion née du fait que mes exigences envers elle étaient d’améliorer sa vie, alors que les exigences des autres étaient dans le but de l’exploiter. Mais en réalité, que tu sois soumise à une bonne ou à une mauvaise personne, ça ne change rien au fait qu’à la base, tu restes une soumise. Le simple fait qu’elle se laissait contrôler par téléphone (pour le pont) ou via internet (par son pakistanais) prouve qu’elle n’a pas besoin d’être intimidée physiquement pour être une victime. Elle en est une parce qu’elle choisit volontairement de l’être. Parce que telle est sa nature profonde.

Et quand la nature profonde d’une personne la pousse à aller se mettre en position de victime soumise, elle ne peut pas se sentir bien à 100% auprès de quelqu’un qui n’est pas violent, manipulateur, contrôlant et exploiteur. Prétendre vouloir un bon gars et le vouloir vraiment, c’est deux.

Voilà pourquoi on ne peut pas aider une victime volontaire. C’est démoralisant mais c’est ça!


EDIT: 26 janvier 2012. Aujourd’hui, je reçois ceci:


Elle s’excuse? Comme ça? Tout d’un coup? Deux ans plus tard? Qu’est-ce qui se passe, ils ne sont plus ensemble? Vérifions-donc un peu, le temps de la retirer temporairement de ma liste noire de FB:

Comme de fait!  Depuis 36 heures…

Son sans arrière pensées aurait sonné beaucoup moins faux si ses excuses avaient été envoyées alors qu’elle était encore avec lui.

Dans la vie, il y a des gens qui considèrent que tu n’existes que lorsqu’ils sont malheureux, déprimés, et surtout SEULS! Quand ils sont bien entourés et heureux par contre, (ou du moins lorsqu’ils se croient bien entourés, comme ce fut son cas) tout ce que tu as de leur part, c’est un gros fuck you!

Ben voilà! Fuck you too! J’ai déjà donné, et bien plus que ma part.

Dans l’espoir d’un marathon

En novembre dernier, j’expliquais dans un billet intitulé Le complexe de Super-Hot-ité que j’avais décidé de prendre 6 mois afin de prouver que je suis capable de suivre mes propres conseils, soit de faire ce que j’ai à faire pour atteindre un but. Dans ce cas-ci, travailler pour me donner un corps athlétique.  Et dans la dernière partie du dernier billet du dernier jour de l’an dernier, je parle que j’ai commencé à me mettre à la course à pieds. J’ai commencé le 4 décembre, pour être précis.

Depuis novembre, je m’entraînais chez moi aux poids et haltères, sans avoir vraiment trouvé de grande motivation. L’élément déclancheur fut lorsque je me suis pesé dans l’après-midi de ce 4 décembre et que j’ai constaté que j’étais remonté à 216 lbs, soit 8 de plus qu’à la fin de Défi Diète en 2008. J’ai décidé à ce moment-là que j’allais rajuster légérement mon but. Oui, je veux toujours obtenir un corps athlétique.  Sauf qu’au lieu de l’obtenir en tant qu’haltérophile, j’allais l’avoir en marathonien. J’ai décidé que j’allais me qualifier pour participer au marathon de Montréal de septembre 2011.

J’ai mis mon manteau, ma tuque et mes bottes et je suis sorti courir pour la première fois. Pour beaucoup de gens, l’hiver est un gros turn-off. Moi, au contraire, ça me motive. Voici pourquoi :

  • Le froid. Ça me force à bouger si je ne veux pas geler.
  • Le froid encore. Au lieu de crever de chaud en faisant des efforts dans la température estivale humide. Ici, ma seule source de chaleur, c’est moi-même, et ça se contrôle par une simple ouverture de manteau.
  • Les bordées de neige, dont j’utilise la résistance pour me donner une difficulté supplémentaire quand j’avance en étant dedans jusqu’aux genoux.
  • La solitude. En décembre, il y a très peu de promeneurs. C’est plus facile pour l’orgueil, surtout quand on débute.
  • Le manteau. Quand je marche, personne ne sais que je suis un jogger qui reprend son souffle.

Le reste, je l’ai chroniqué dans mes statuts Facebook :

7 décembre 2010, 23:55
Je suis motivé à de drôles d’heures. 22:40, départ pour jogger dans le quartier à travers les bancs de neige. Retour à 23:47, épuisé mort, et croyez-moi que je n’ai pas eu froid malgré le vent. Ça bat 100 fois mon vélo stationnaire.

8 décembre 2010, 21:44
Arf ! Chus full dead! Mais juste pour voir la face ahurie des passants qui ne comprennent pas pourquoi je met plein d’effort pour avancer dans 2-3 pieds de neige dans le fossé alors que les trottoirs sont maintenant dégagés, ça vaut la peine de s’imposer un tel exercice. Cette année, mon gym, c’est l’hiver.

11 décembre 2010, 22:04
N’ayant pas eu le temps de déjeuner ce matin, je me suis acheté des sachets de poudre-déjeuner Carnation, que j’ai mélangé avec du lait et des fruits congelés, le tout passé au blender. Dans l’après-midi, en écoutant ma playlist de vidéos favoris sur YouTube, j’avais tellement d’énergie que je n’ai pu résister à faire du cardio pendant. Je me demande s’il y a un lien.

16 décembre 2010, 14:49
Je ne tire aucun profit de leur faire de la pub gratuite. Alors quand je vous dit que je suis plein d’énergie pour toute la journée à chaque fois que je me fais un milkshake composé de lait écrémé + petits fruits + 1 sachet de ce truc passé au blender, c’est que c’est le cas.  Ça vaut 100 fois mieux que toutes les boissons énergie: Les poudres de déjeuners Carnation de Nestlé.

Sans pour autant être un expert, j’ai essayé quelquefois diverses poudre de suppléments alimentaire / remplacement de repas ces 20 dernières années. Le goût de celui-là est vraiment le meilleur. Faut dire que c’est Nestlé. Ce sont les experts en déjeuner.

On peut lire les ingrédients sur chaque sachet. Ok, sucre est le 2e ingrédient. Mais on peut dire de même pour la confiture, le beurre d’arachides et tout ce que l’on tartine sur nos toasts au déjeuner anyway. Sauf que les sachets Nestlé listent également 16 vitamines + minéraux, chacun valant de 20 à 90% de ce que l’on a besoin dans une journée. Y’a pas un repas dans la journée qui donne tout ça. Y’a pas un repas non plus qui ne donne que 300 calories (incluant le lait), soit l’équivalent de 2 toasts beurrées (sans lait)

Et sur le plan personnel, ma blonde m’a fait remarquer ceci: Une chose est certaine, c’est que pour m’avoir enlevé mes fatigues, mes problèmes de concentration et mon humeur de « boarf » généralisée, ces sachets contiennent au moins un élément important qui manquait à mon alimentation.

Fa que, à 8$ la boite de 10 sachets, donc à 80¢ le déjeuner, je ne crois pas m’en priver de sitôt.

21 décembre 2010, 11:35
Le marathon de Montréal (que je me suis juré de courir en 2011) s’étend sur 42 Km. Grâce à Googlemap, je sais maintenant que de chez moi (Verdun) à chez mes parents (St-Hilaire), c’est 38 Km.

HOLY SACRABOIRE! O_o Ça remet les choses en perspective

27 décembre 2010, 20:59
C’est vrai, ce que j’ai lu dans la biographie de Marcel Béliveau: Ça prend trois semaines pour prendre une habitude. Je cours 60-90 minutes, 5-6 fois semaines, depuis 23 jours. Ce soir je devais me reposer, mais je n’ai pas pu résister à l’envie d’y retourner.

28 décembre 2010
Je précise : je ne cours pas tout le long de mon heure et demie d’entrainement. J’en suis encore à cours-marche-cours-marche. Par contre, j’y vois déjà quelques améliorations. La première, c’est que j’ai besoin de moins en moins de temps pour récupérer entre les segments de course. Ensuite, mes moments de courses rallongent peu à peu. Enfin, contrairement à au début, quand je reviens chez moi, je ne suis plus épuisé mort. Juste fatigué.

L’idée de courir dans la neige sur des pistes non-dégagées où on enfonce parfois jusqu’aux genoux, ça épuise plus vite, ça fait suer, ça réchauffe au point où j’ouvre souvent mon manteau même s’il fait -12 et croyez-moi que je ne ressens pas le froid puisque je suis moi-même ma propre source de chaleur. Et surtout, ça fait perdre des calories. De 216 lbs le 4 décembre, j’en suis à 206 ce matin. Et ce malgré les excès du temps des fêtes.

Le 21 avril, quand reviendra le printemps, j’aurai derrière moi 4 mois ½ d’entraînement à la dure. Courir habillé léger, sur un terrain plat entièrement dégagé, en espadrilles au lieu de rigides bottes d’hiver, je vais vraiment pouvoir ressentir les effets positifs que m’aura rapporté ma run d’hiver et en profiter à fond. Mais pour l’instant, je ne pense pas trop aux résultats de l’avenir, je me concentre sur mon travail de maintenant.

L’hiver est mon gym, je compte l’utiliser au max avant qu’il ferme ses portes.

31 décembre 2010, 20:25
Je reviens de mon entrainement de course et je crois bien que j’ai trouvé mon rythme. Jamais, de ma vie, n’ai-je couru aussi longtemps, aussi souvent, et sur d’aussi grandes distances. Je n’ai brisé aucun record olympique, mais j’ai brisé les plus importants records qui soient à mes yeux: Les miens!

Après avoir passé une vie entière à détester la course à pied, j’ai enfin appris à l’apprécier.
Bonne année!

4 janvier 2011, 19:53
Hey, on est le 4 janvier, là !? Ça fait aujourd’hui un mois que j’ai commencé l’entrainement. J’ai couru 22 jours sur 31, j’ai commencé par pouvoir courir des segments de 300 mètres et j’en fait maintenant de 1.5 Km, j’ai amélioré mon cardio au point où ça me prend de 2 à 3 fois moins de temps pour récupérer entre chaque segments de course, et j’ai perdu 13 lbs. EN UN MOIS!

Vous savez quoi? Plus jamais je ne vais perdre mon temps sur un vélo stationnaire. Les résultats, c’est sur nos pieds et dehors que ça s’obtient.

Avoir su que tout ce que ça prenait pour maigrir et me mettre en forme n’était rien d’autre qu’un truc aussi simple et banal que la course à pied, je n’aurais pas investi temps et argent dans toutes sortes de moyens depuis le printemps de 2001. Je suis à la fois ravi et frustré de la facilité de la chose.

Tk, pour une fois que j’obtiens des résultats aussi positifs que rapide pour mes efforts, je ne vais certainement pas chialer.

2010, jour 365

C’est ben beau avoir un blog dans lequel je partage mes prétentions de sagesse avec tous, mais il ne faudrait tout de même pas oublier qu’à la base, ça reste mon blog. Je vais donc me permettre de l’utiliser comme tel, en profitant de ce dernier jour de l’année pour m’offrir une rétrospective personnelle de ce que fut pour moi l’an 2010.


JANVIER

Je recommence à écrire régulièrement sur ce blog-ci après 5 mois de silence.

Je prends comme résolution de me mettre en forme afin de devenir entraîneur pour Énergie Cardio en 2010.

Le lendemain, le verglas me fait tomber dans l’escalier colimaçon extérieur, m’amochant salement le tibia droit. Aucune fracture, mais je dois marcher avec une canne pendant 3 semaines, ce qui sabote quelque peu mes projets de remise en forme.

Je découvre que les premières scènes du vidéo de la chanson Astounded de Bran Van 3000 ont été tournées dans mon quartier 9 ans plus tôt, près du Canal Lachine.

La combinaison des deux éléments précédents font que je commence l’année en marchant beaucoup (dès que je n’ai plus besoin de la canne, du moins), surtout le long du Canal Lachine, une habitude que je garderai toute l’année.


FÉVRIER

Je réalise un vieux rêve en devenant membre d’un jury dans un procès pour meurtre au Palais de Justice de Montréal. C’est un travail à temps plein, ce qui sabote quelque peu mes projets de remise en forme. C’est cependant agréable d’être de l’autre côté de la loi, et surtout d’être payé pour être en Cour.

Mon bon chum Daniel et moi, on sort de plus en plus en gang. Un vendredi soir, on va au Cocktail, un bar dans le village gai. Il se trouve que ce soir-là, les animateurs choisissent un gars du public pour le travestir et lui faire faire un numéro de lip-synch. Devinez sur qui c’est tombé?


MARS

Une tentative de teinture ayant tournée trop noire à mon goût, je me rase le crane. J’en ai pour deux semaines à avoir des problèmes à enfiler ma tuque à cause de l’effet Velcro.

Je pogne une grippe qui me cloue au lit 10 jours. On parle d’une estie de vraie grippe d’homme, là, avec du poil su’é schnolles pis toutte. Ça a beau ne pas être la H1N1, ça m’apprendra à refuser de me faire vacciner. Ce problème de santé sabote quelque peu mes projets de remise en forme.


AVRIL

La neige disparaît. C’est le temps des sorties, des partys, de la redécouverte de la nature, des promenades-photos… Et de la dernière tempête de neige surprise après 3 semaines de temps beau et chaud.

Dans un rare accès d’intelligence, et un peu démotivé par tout ce qui sabote mes projets de remise en forme depuis le 2 janvier, je décide de commencer par le commencement: Je vais me renseigner auprès du gym de la chaine Énergie Cardio de mon quartier sur mes possibilités d’y faire carrière.  J’apprends qu’en plus des cours décrits sur leur page web, il faut suivre une formation au cégep. Hélas, à cause de problèmes causés par mon ex en 1995, je n’ai plus le droit de m’y inscrire. Voilà qui sabote pour de bon ma seule résolution pour l’année 2010.

Bien que ce sera ma seule vraie déception de l’année, je ne considère pas ça comme un échec. Peu importe ce que j’aurais fait, ça n’aurait pas pu aboutir. C’est juste que je l’ignorais au moment où j’ai choisi d’en faire mon but de l’année, voilà tout.


MAI

J’apprends que Daniel a proposé mes services, sans m’en avoir parlé avant, en tant que comédien pour le 3e épisode d’une webtélé nommée C’est Ça l’Show. Je le fais surtout parce que l’on compte sur moi, donc un peu à contre-coeur. Finalement, l’expérience s’avère extrêmement positive et me permet de rencontrer full de gens intéressant avec qui je partage tout plein de passions.

Sinon, on shoote ce mois-là le 26e et dernier épisode de 1 Gay, 1 Hétéro.  Ce n’est pas la fin de la série, elle n’est que temporairement en suspens. C’est juste que, entre le tournage de ses reportages, l’organisation du party du Limelight (J’y reviendrai) et le fait qu’il vient de rencontrer l’homme de sa vie, Daniel est ben occupé.


JUIN

Le toit coule sur notre lit. Le proprio fait refaire le toit. Les recouvreurs font sauter les breakers, pètent une de mes fenêtre et oublient de ré-amarrer le tabouret (le machin triangulaire sur lequel reposent les fils électriques) au toit, ce qui fait qu’au premier grand vent, ceux-ci tombent. Ce fut heureusement vite réparé.

Après 9 mois d’attente, je constate que mon ophtalmo m’a donné rendez-vous à sa clinique un jour fermé.


JUILLET
Je pogne mes 42 ans.

Grâce à mon ami Daniel, la légendaire disco Limelight, qui sert de toile de fond pour le film Funkytown (sous le pseudo de Starlight) connait un revival. Je participe à leur party rétro-retrouvailles, ce qui me permet de constater que j’avais ben plus le potentiel d’être un pétard en 1977 qu’en 2010.

Ma blonde et moi, on part avec tente et sac de couchage pour une semaine de camping au parc du Mont Tremblant. Promenade, escalade, baignade, randonnée, canot… Beau soleil tout le long, température moyenne autour de 22 °C, pas une goutte de pluie, pas de problème avec les moustiques. Par contre, les nuits sont fraîches. J’ai beau porter manteau et tuque sous mon sac de couchage, les 6 °C me gèlent le nez, ce qui rend mes nuits pénibles. L’an prochain, j’amène ma cagoule de ski.


AOUT

Sortie en gang au Village Québécois d’Antan, situé à Drummondville si ma mémoire est bonne.

Les voisins du rez-de-chaussée sont partis un mois plus tôt en laissant deux grosses poubelles bourrées dans la cour arrière qui se remplissent d’eau de pluie. Histoire d’en diminuer le poids pour aller ensuite les mettre au chemin, j’ai l’idée géniale de les renverser afin de les vider de leur contenu sur l’asphalte du driveway arrière, histoire de le laisser secher au soleil. Mauvaise idée, finalement:  J’ai créé un tsunami de jus de vidanges qui pue l’calvaire qui est allé aussitôt se répendre dans la ruelle où jouent les enfants des voisins en ce superbe samedi ensoleillé, envahissant ainsi de son subtil arôme les cours arrières d’une vingtaine d’appartements

Il me prend l’envie de faire un photoshoot rétro mettant en vedette Chastity Chevy, ce qui m’oblige à rénover et repeindre ma chambre qui me sert également de gym et de studio. Ça nous inspire ma blonde et moi de rénover également la salle de bain et mon bureau.


SEPTEMBRE

Déplacer autant de vieux matériel lourd, comme celui qui transformait mon bureau en musée rétro, met un frein à ma passion de collectionner les vieux cossins. Je garde ceux que j’ai déjà, mais je ne m’en rajouterai pas de sitôt.

Une autre soirée rencontre, cette fois-ci avec une autre gang ben l’fun: The Incorrect Humour Group, où je me suis vite taillé une place en 2010 avec mes images et textes de goût douteux.


OCTOBRE

Euh…
Qu’est-ce qu’y s’est passé en octobre, au juste?

Sérieux là, je ne me souviens de rien du tout qui se soit passé ce mois-là.

Ci-dessus: Une image qui illustre bien le fait qu’y’a rien à dire.


NOVEMBRE

Déplorant que ça fait plus de six mois que l’on n’a pas fait de nouveaux épisodes de 1 Gay, 1 Hétéro, Daniel pond un scénario et contacte une coupl’ de gars de l’équipe technique de C’est Ça l’Show qui embarquent immédiatement. Le projet:  1 Gay 1 Hétéro, Le Film.

Le résultat, et surtout sa qualité, dépassent nos espérances.


DÉCEMBRE

J’ai trouvé la meilleure des façons pour tenir une résolution du nouvel an : Commencer à la mettre en pratique un mois plus tôt. Je me mets à l’entrainement cardio via le jogging dès le 4 décembre. Mon objectif : Me mettre assez en forme pour pouvoir courir le Marathon de Montréal de 2011. Cette année, l’hiver est mon gym.

3 semaines et 11 lbs en moins plus tard, je me trouve assez beau pour reprendre la série 1 Gay, 1 Hétéro là où on s’était arrêté, soit à L’épisode 27.

Enfin, c’est en décembre 2010 que j’ai écrit le 100e billet de ce blog. C’est d’ailleurs celui-ci que vous lisez en ce moment.

MEILLEURS VOEUX POUR 2011

C’est pas un cadeau!

J’ai déjà chialé contre les vacances d’été de mon adolescence ainsi que contre l’Halloween. Pourquoi pas continuer sur ma lancée avec Noël ?

Sur l’air de Petit Papa Noël :
Quand arrive le temps de Noël
Les dépensiers se saignent à blanc
Afin de pouvoir offrir telle
Ou telle affaire à leurs enfants
C’est pareil comme l’année dernière
C’est toujours la même maudite affaire

Quand vient le temps d’Noël
On achète plein de bebelles
Qu’on n’vou… drais jamais posséder
Par contre on… veut bien les donner
On n’arrête pas d’s’offrir
Ds patentes lettes à vomir
Qui font… rien d’autre que prendre d’la place
Achetés… au Tout à Une Piastre

Quand j’étais enfant, je recevais des jouets
Avec lesquels j’pouvais pas jouer
La boite disait pourtant « piles non incluses » mais
Y’étaient trop cons pour n’acheter

Maudits cadeaux d’Noël
Qui finissent à la poubelles
Pourquoi faut-il donc s’en acheter ?
C’est bien parce qu’on est obligés
Hostie d’cadeaux d’Noëëëëëëël

Quand j’étais petit, ma famille était pauvre. Mais attention: nous n’étions pas des pauvres typiques. Nous étions bien habillés, sans être chics. La maison était impec, quoi que petite et reçue en héritage (sinon jamais nous n’aurions pu en avoir une). Aucun problème avec la loi. Jamais d’alcool à la maison à part le vin pour les occasions spéciales et les recettes. Zéro tabagisme incluant celui illégal qui pue. Non, c’est juste que mon père était un manuel qui avait rarement un emploi stable. Le fait de toujours repartir à zéro ou être en chômage ou su’l’BS fit que l’on a rarement dépassé le seuil de la pauvreté. Bref, nous avions des revenus de BS sans pour autant en avoir l’allure ou la personnalité.

Hélas, quand on est enfant unique dans un quartier de retraités, on n’a pour tout compagnon que la télévision. Et celle-ci me montrait toujours de superbes sapins de salons sous lesquels s’entassaient des boites recouvertes d’emballages-cadeau de toutes les tailles et de toutes les couleurs. Chez moi, le sapin était juste à côté de la télé, ce qui m’obligeait à comparer. Les deux, maximums trois cadeaux emballés du même papier de Noël terne que mes parents avaient depuis genre 1970 faisaient dur en comparaison.

Et si ce n’était que de la télé… Mais non! Partout où on allais en décembre, chaque maison privée avait son sapin débordant de cadeaux ensevelissant la crèche, le bœuf, l’âne, Marie, Joseph pis le p’tit Christ.

Ceci dit, il n’y a tout de même pas un Noël que j’ai passé sans recevoir de cadeau. Certains étaient très beaux. Hélas, notre pauvreté faisait que je pouvais rarement en profiter. Par exemple :

Catégorie IMPOSSIBLE À UTILISER
Des disques-aventures de Walt Disney: Oliver Twist, Peter Pan, Robin des Bois… Bien joli, sauf que nous n’avions pas de tourne-disque. J’ai passé mon enfance à ne pouvoir que regarder la pochette. Quand on a enfin eu une table tournante, j’avais 12 ans, et donc me considérais comme trop vieux pour écouter ça.

Un jour, je questionne mes parents au sujet d’un truc rangé sous l’escalier de la cave qui prenait la poussière depuis aussi longtemps que je me souvienne: Une petite auto à pédales pour enfant. Celle-ci ne fonctionnait pas, les pédales étant cassées. Ma mère m’a expliqué que j’étais trop jeune pour m’en souvenir, mais c’était un cadeau de mon grand-père que j’ai reçu à 3 ans ½. Or, par jalousie ou par simple stupidité, sa fille, ma tante, qui devait bien avoir 16 ou 17 ans à ce moment-là, l’a essayé. Avec son poids et/ou sa force, elle me l’a cassé alors que ça faisait moins de cinq minutes que je l’avais reçu. Mon grand-père était peut-être plus riche que nous, il ne l’était pas au point d’accepter de m’acheter deux fois un jouet aussi luxueux. Bonne chose que j’étais encore trop jeune pour comprendre ce qui s’était passé. N’empêche que ce jouet qui aurait pu être la joie de mon enfance qui fut sans vélo (trop pauvres pour en avoir un avant mes 11 ans) ne m’a jamais servi a rien.

Une année, je reçois une auto téléguidée. On parle d’un modèle des années 70, c’est a dire avec un fil qui relie la télécommande au véhicule, un bouton vert avance, un bouton rouge recule… Et piles non incluses, ni dans le jouet, ni par les parents.

L’année suivante, mes parents m’ont ré-emballé le même cadeau, mais cette fois avec un paquet de batteries. Une fois la déception passée de voir que je n’en avait pas deux pour faire la course, j’avais au moins la compensation de pouvoir enfin jouer avec. Du moins, je croyais!

Le moteur faisait un bruit épouvantable, énervant mes parents qui m’ont vite donné l’ordre d’arrêter.  Et comme la maison était petite, je ne pouvais jouer nulle-part avec sans que ça leur casse les oreilles. Et comme c’était l’hiver, pas question d’aller jouer avec dehors. Et puisque mes parents étaient pauvres, donc que ce jouet leur avait couté cher, je n’avais pas le droit d’aller l’abimer dehors une fois l’été arrivé. Je l’ai rangé dans mon garde-robe de chambre, en cave humide, où les batteries ont coulé dedans, foquant la télécommande.

L’année où es sorti La Guerre des Étoiles, j’étais fanatique de ce film. La première génération de jouets Star Wars venait de sortir. Ma tante me demande ma wishlist. Je décide de faire ça très détaillé et clair: Je découpe dans le catalogue tous les jouets Star Wars qui me plairaient, et colle le tout sur des feuilles, pour qu’elle en choisisse un dans le lot.

En voyant ma liste, ma mère insiste pour que je mette autre chose que des items Star Wars, sinon je risque de passer auprès de ma tante pour un fanatique malsain. Je me crois malin en mettant un Kodak Spiderman sur la liste, car cet item est deux fois plus cher que le plus cher des jouets Star Wars de ma liste. Vous pouvez deviner la déception qui m’a envahi en voyant que ce fut cet item-là qu’elle a décidé de m’offrir. Un appareil photo… mais pas de film, pas de flashcubes, pas de batteries, rien!  Et même si j’avais eu ces trois items, il aurait fallu que mes parents payent pour le développement du film. Comme vous le devinez, je n’ai jamais pu l’utiliser.

Ceci dit, j’ai quand même reçu pour mes 7 ans un jouet extrêmement convenable : Une boite de Lego. Et je ne parle pas de ces kits merdiques qui ne contiennent rien de plus que les pièces pour ne faire qu’un seul jouet. Non, je parle du kit 135, une boîte full de pièces diverses incluant des roues, des portes et des fenêtres. Avec ça, je n’avais pas qu’un seul jouet. J’en avais 1000. Pouvoir créer tous les jouets que je voulais, ÇA c’était très chouette, en plus de développer l’imagination. J’ai joué avec jusqu’à mes 13 ans, soit lorsque j’ai eu une prise de conscience comme quoi un gars rendu en secondaire II est supposé être trop vieux pour jouer aux Legos.

Catégorie QUE C’EST ÇA?
Javais 15 ans ½ (très importantes les demies à cet âge-là) et une vieille dame, amie de ma mère, m’a offert… Comment dire? Ok, imaginez un bâton de bois de la dimension d’une saucisse à hot-dog recourbé en demi-lune. À chaque extrémité, il y avait 2 billes en bois de la circonférence d’un 5¢ de chaque côté. Je me suis débarrassé de la chose un mois après l’avoir reçu, Mais je vous l’ai dessiné de mémoire:

Ce n’est qu’en 2008, soit il y a 2 ans, que j’ai appris que c’était un cossin à massages. Les implications m’en laissent un ti-brin déstabilisé.

Ceci dit, officiellement, la madame pensait que ce n’était qu’une auto-jouet en bois, et n’a pas réalisé qu’à 15 ans on n’est pu un enfant. Tk…

Catégorie INUTILE
Une de mes anciennes blondes m’avait offert une montre car elle n’aimait pas la mienne. Bon, déjà là, c’est insultant. Ensuite, le bracelet métallique était trop grand, il aurait fallu que je paye pour le faire réduire. Ensuite, le métal me causait tout plein de petits boutons d’irritation autour du poignet en plus de m’arracher les poils. Enfin, à chaque jour, je devais réajuster l’heure car elle retardait quotidiennement de 5 minutes. Elle avait jeté facture et la garantie avant de me l’offrir. Mais bon, si je ne la portais pas, elle prenait ça personnel comme étant un manque de respect.

Je porte peu de parfum, voilà pourquoi une bouteille me dure 3-4 ans. Rendu au bout de ce temps, j’ai envie de sentir autre chose alors je change. J’ai bien aimé le parfum Drakkar Noir que m’avait offert ma blonde de l’époque. Mais quand la suivante en a vu la bouteille dans ma salle de bain, et qu’elle m’en a offert une du double de la taille de la première, ben… Disons que depuis ce temps-là, mes blondes successives ont toutes reçu une wishlist, soit une liste de trucs que je veux, qui incluait à la toute fin une liste de trucs que je ne veux PAS:
– Montres
– Parfums
– Vêtements
– Et surtout, si c’est quelque chose que je possède déjà, non merci.

Catégorie COUDONC, Y’A JAMAIS MOYEN DE S’EN TIRER!?
Quand tu ne reçois jamais des cadeaux qui te plaisent, la solution est simple: Achètes-toi ce que tu veux. Il y a une coupl’ d’années, le premier décembre, je vois qu’il y a un jeu Evil Dead pour la Wii. J’aime Evil Dead. Ma blonde a une Wii dans notre salon. Je me l’offre.

Quand ma blonde revient du travail et me voit y jouer, grosse déception! Sa soeur m’avait acheté ce jeu pour Noël. Mon achat impulsif oblige ma blonde à me gâcher la surprise en me le disant, et il faut que je remballe le jeu et que je le retourne au magasin. Ils ne remboursent pas,  ils donnent juste un bon d’achats de la même valeur. Comme je ne suis pas un gamer, aucun autre jeu ne me plaît.  Ma blonde s’est donc retrouvée avec le bon, et moi j’en fus quitte pour attendre vingt-cinq jours avant de recommencer ma game à partir du début.

Comme quoi, même quand tu t’achètes toi-même tes propres cadeaux, tu n’es jamais à l’abri des déceptions.

Bref, tout ça pour dire que ceux qui chialent contre le principe de la wishlist sont des gens qui aiment se compliquer l’existence. Parce que c’est tellement pratique. Ça te rassure que tu ne recevras pas de trucs inutiles ni décevant, et ça rassure les gens qui  t’entourent comme quoi tu vas vraiment apprécier les trucs qu’ils t’offrent. À condition, bien entendu, que tu ne te laisse pas influencer à y mettre des items qui ne t’intéressent pas du tout, histoire de bien paraître.

Parce que, soyons réalistes : De tous les temps, le mythe comme quoi c’est la pensée qui compte, ça n’a jamais été rien d’autre que ça: Un mythe. Sinon, on s’offrirait des pensées au lieu de cadeaux.

DÉNOMMÉ-SURPRENANT : mon texte le plus populaire

Si vous êtes sur internet depuis 1997, alors vous avez probablement lu ce qui fut le premier texte viral québécois sur internet.

LE DÉCOMPTE REQUIN ROLL
des noms de famille composés les plus difficiles à assumer.

20- Labelle-Binette. Qu’y soit beau ou non y va s’faire niaiser.
19- Lavoie-Ferré. Toujours le train-train quotidien.
18- Desjardins-Fleury. Profession: Jardinier.
17- Dupont-Davignon. Danse t’il tout en rond ?
16- Boileau-Desfossés. Pas ben ben hygiénique.
15- Jetté-Lapierre. Que celui qui n’a jamais péché…
14- Morand-Voyer. Y’é souvent malade de boisson.
13- Tétreault-Cauchon. C’est pour ça qu’aucune fille ne veut sortir avec.
12- Lalumière-Dufour. Elle est toujours dans des endroits HOT et est facile à allumer.
11- Sanschagrins-D’amours. Tout va bien dans sa vie de couple.
10- Legros-Rathé. C’t’un hostie d’loser !
9- Laporte-Barré. Il oublie souvent ses clés.
8- Lebeau-Fyfe. Pourquoi est-ce qu’à chaque fois que je rencontre un beau gars, y’est aux hommes ?
7- Legrand-Brulé. Pyromane victime d’un accident de travail.
6- Beausoleil-Brillant. Y’est bright !
5- Leboeuf-Hachey. Y’a d’l’avenir dans l’McDo.
4- Hétu-Guay. Non, chu straight !
3- Viens-Sansregrets. Il trompe sa blonde sans remords.
2- Lemoyne-Allaire. Un exibitionniste.
1- Parent-Dostie. Mets-en, pour nous faire hériter de noms composés aussi idiots!

Ou peut-être êtes-vous plus familiers avec la version image:

Cette liste, on la retrouve aujourd’hui sur des centaines de blogs et de forums, et elle a été envoyée des milliers, voire des millions de fois sous forme de courriel de blagues. Elle est souvent précédée de l’en-tête suivante: « Ce sont de vrais noms de québécois!!! Le Décompte des noms de famille composés les plus difficiles à assumer. Ce décompte a paru originalement dans le journal étudiant Vox Populi du Cégep André-Laurendeau en mars 1995. » Cet en-tête est erroné à deux endroits.

Historique de ce texte
Février 1996. J’ai 27 ans et je suis de retour aux études. Je fais partie du journal étudiant.  J’ai laissé mon poste de rédacteur en chef en janvier, mais je conserve mes autres fonctions de journaliste, illustrateur, et j’ai une page complète que je remplis de textes et dessins d’humour : La Page Requin Roll.  Récemment divorcé, je suis temporairement de retour chez mes parents à St-Hyacinthe.  À la recherche d’idées d’articles rigolos à mettre dans le numéro de mars 96, je feuillette une copie de mon fanzine auto-publié Requin Roll qui date d’avril 1995. Je m’arrête à une page dans laquelle j’avais écrit une liste de sept de ces noms, intitulée « Le décompte des noms de famille composés les plus honteux à avoir » et dont le punch final est « Dion-Angelil ».  Ce gag, qui serait de mauvais goût aujourd’hui, vient du fait que cette liste a été écrite à l’époque où ce couple a décidé d’avouer leur relation au monde entier. Une idée qui, dans le temps, nous faisait quelque peu sourciller.

Voyant qu’il y aurait peut-être là matière à creuser, je me suis assis à ma table de travail et j’ai commencé à feuilleter le bottin téléphonique de St-Hyacinthe. Celui-ci est beaucoup moins volumineux que celui de Montréal, en plus de ne contenir que peu de noms non-québécois. Ça facilitait grandement ma tâche. J’ai pris en note tous les noms qui me semblaient avoir du potentiel pour faire un jeu de mots. Quelques heures plus tard, mélangeant mes nouvelles trouvailles aux anciennes, j’avais ma liste de vingt noms. 

Première erreur de l’en-tête
La première erreur, c’est moi-même qui l’ai commise, suite à l’erreur de la graphiste du Vox Populi. C’est que, bien que mon décompte fut publié dans le numéro de mars 1996, la date au-dessus de La Page Requin Roll disait effectivement Mars 1995.

Deux ans plus tard, en automne 1997, je créais sur Geocities ma toute première page web. Histoire de meubler, j’y ai créé une section dans laquelle j’ai reproduit tous les Décomptes Requin Roll que j’avais écrit, en mentionnant pour chacune leur premier lieu et date de publication. C’est ainsi que sur celle des noms de famille, j’ai bêtement écrit « Ce décompte a paru originalement dans le journal étudiant Vox Populi du Cégep André-Laurendeau en mars 1995 » en me fiant à la date sur ma page et non sur celle en couverture. Je ne me doutais pas que cette erreur allait faire partie de l’histoire.

Vers 1999, une lectrice de ma page web m’a signalé que, à la fin des années 60, lorsque les enfants ont commencé à porter les noms de famille de ses deux parents, l’humoriste Yvon Deschamps s’était amusé à imaginer ce que ça donnerait au bout de quelques générations :  « Moreau Bordeleau Lemoine Allaire Durant Lacasse Dubois Léger Auger Gagné Legros Montant Moran Voyer Leboeuf Haché ». Le hasard a voulu que trois des noms de famille composés de ma liste s’y retrouvaient. La coïncidence m’a amusé et j’ai rajouté ce fait en bas de la page de ce décompte.

À la fin de l’été 2002, une amie que je n’avais pas vu depuis le cégep me signale qu’on lui a envoyé ma liste par courriel… En fait, elle l’a reçue trois fois lors des deux années précédentes.

Seconde erreur de l’en-tête
« Ce sont de vrais noms de québécois!!! » C’est fou comment les gens aiment pouvoir se dire que quelque chose de bizarre puisse être vrai. On dirait que ça met plus d’impact dans la chose. Bon, techniquement, oui, chacun des noms de famille avant combinaison sont vrais. Mais composés tels quel, à part pour le fait que j’ai créé ces combinaisons moi-même, je doute!

En tapant « Labelle-Binette » sur Google, je me suis vite rendu compte à quel point ma liste avait, par elle-même, acquis une popularité qui dépassait ce que j’avais pu imaginer, en voyant que plus de 800 pages en parlent. Au fil des années, j’ai aussi pu voir de mes propres yeux ma liste dépasser les frontières d’internet et être publiée dans divers journaux et magazines, parfois en article et parfois en courrier des lecteurs. Mieux encore: En 2003, Marc-André Labrosse l’a citée lors de son émission de soirée à CKMF / Radio Énergie / NRJ.  En 2005, ce fut Patrice Lécuyer dans son émission du midi à CKOI. Elle a même passé à la télé dans l’émission du matin Salut Bonjour en 2005. Aussi récemment que 2011, on l’a citée en ondes et sur la page web de NRJ.   Et je ne parle ici que ce dont j’ai été moi-même témoin.

Histoire de montrer que je suis toujours aussi habile dans la composition de jeu de mots, j’ai continué de faire à temps perdu d’autres listes de noms composés rigolos. Ceux-ci sont beaucoup moins connus mais ont été créés avec la même imagination et écrits dans le même style que la première.

LISTE 2
Montpetit-Brindamour: Les filles sont folles de lui.
Avard-Fortuné: Y’a pas plus gratteux.
Larivière-Richelieu: Elle a tendance à se jeter dans l’fleuve.
Desbiens-Pesant: Le cauchemar des déménageurs
Dubois-Brûlé: Il résidait dans un foyer.
Dulac- St-Jean: On le reconnais à son accent.
Laframboise-Deschamps: A tendance à virer tarte.
Beauregard-Daigle: Il a une vue perçante.
Gemme-Laliberté: Un célibataire endurci de St-Amable.
Lemaire-Veilleux: C’est un bon gars.
Malo-Talon: Il devrait consulter un podiatre.
Gagnon-Lapalme: Un winner.
Taillon-Lahaie: Profession: horticulteur.
Ducas-Ross: Il se promène en char de luxe.
Baril-Léger: Il est complètement vidé.
Chiasson-Bacon: Après l’avoir bien digéré.
Plouffe-Aubin: Il adore aller se laver.
Moreau-Roy: Il préfère la démocratie.
Paiement-Audette: Elle rend toujours son dû.
Comte-Aubut: Il arrive toujours à scorer.

LISTE 3
Auclair-Dupuis:
Elle est rafraîchissante.

Lara-Courcy: Une amputée des deux jambes.
Lamarre-Dallaire: Y’a encore des propriétaires de chiens qui ne la ramassent pas.
Noël-Leblanc: He’s… dreaming of a white… Christmas…
Racine-Carré: Il est peu aimé, on ne songe qu’à l’extraire.
Savard-Boucher: Alors mieux vaut racheter du débouche-évier.
Gravel-Duchemin: Un rocker rural.
Beaugrand-Perron: Y’é bien bâti.
Arpin-Lamontagne: Ça va lui faire une méchante facture de peinture.
Beauchamp-Pion: Il arrive premier dans tout.
Labbé-Bell: Les enfants l’aiment beaucoup.
Lido-Desautels: N’importe-qui peut coucher avec.
Ouellet-Talon: Dans l’écurie, probablement.
Halley-Curie: Oui, c’est là où est l’étalon.

Viens-Lavallée: Dialogue de film porno.
Petit-St-Gelais: Y’a l’air d’un affreux p’tit macaque
Meilleurs-Champagne: Alcolo, d’accord! Mais quelle classe.
Boisonneau-Potvin: C’est pour éviter ça aux invités de la noce de Cana qu’on y a invité Jésus.
Santerre-Gall: Elle est à 100% naturelle.
Delage-Gingras: Il a hâte d’être adulte.
LISTE 4
Tremblay-Vandal:
La terreur des délinquants.

Labranche-Duchesne: Il ne plie pas facilement.
Dupire-Marchand: Y’a pas plus crosseur
Laforce-Desrochers: Il est dûr à faire bouger.
Beaulac-Desnoyers: Disparu lors d’une séance de patinage en juillet.
Lejeune-Sansoucy: Un ado irresponsable.
Lagacé-Bell: Forcément qu’elle est belle, ce serait dur d’être agace sinon.
Lepré-Paré: Comme un scout, toujours prêt.
Richer-Joly: Toujours les mêmes qui ont toutte.
Lamarre-Chaput: Un nettoyeur d’escaliers.
Lafond-Dery: Il travaille le métal.
Lamie-Gall: Elle t’attire dans sa toile.
Toutant-Plante: Elle vedge!
Légaré-Delisle: Il a tendance à se perdre dans les rues de Montréal.
Dupré-Stone: Toujours dans les moteurs.
Patry-Potter: Il garde ses mains pour lui
Latendresse-Duguay: C’est toujours eux autres les plus fins.
Bécotte-Lacroix: Un catholique pratiquant.
Hétu-Dion: Il donne le bon exemple en classe.
Brosseau-Champagne: Y’é saoul raide.

LISTE 5
Latour-Niquette:
Un grand étourdi.

Lafleur-Delage: Il est jeune et vigoureux.
Voyer-Laperrière: Ia veille, il était au bar topless.
Legendre-Bienheureux: Sa belle-mère est morte.
St-Paul – Hervieux: Elle vient de se faire refaire la poitrine.
Dussault-Monrose: Il sent le poisson.
Paiement-Tardif: Il a de la misère à payer ses factures.
Lefour-Millier: Un insectivore.
Lapointe-Dumas: Il atteint des sommets.
Allarie-Dugas: Elle aime les jokes sexistes
Déry-Daudelin: Il est toujours à sa fenêtre.
Boulanger-Dumoulin: Il fait son pain à l’ancienne.
Riendeau-Tailleur: Il a cherché partout.
Lefranc-Masson: Il est membre d’une fraternité.
Mondoux-Seigneur: On est découragé de lui.
Tessier-Dutronc: On lui a amputé la moitié du corps.
Bellefeuille-Duchesne: Un arboriculteur.
Morency-Berri: Une autre victime du régime communiste.
Sauvé-Lebrun: Elle vient de s’épargner 100$.
Talon-Chaussé: Profession: Cordonnier.

LISTE 6
Godbout-Sanchez:
Il n’a aucun talent à la chaise musicale.

Perdue-Montcalm: Toujours en SPM.
Leroux-Loranger: Il s’est fait remettre à sa place par son pâtissier.
Sauvé-Monplaisir: Un sexologue.
Épars-Pion: Il ne reste pas en place.
Paul-Hus -Sillon: Il se fout de l’environnement.
Déry-Hervieux: C’t’un vieux trou d’…
Carrière-Ratté: Il a manqué sa vocation.
Amiot-Ouellette: Il fréquente des gens chiants.
Larue-Barbe: Elle est parfois acide.
Monette-Talon: Éleveur de chevaux.
Chabot-Théroux: En effet, comme on a pu le voir dans Shrek, il est roux.
Legrand-Lachapelle: Ça prend un lâche comme lui pour casser par téléphone.
Monet-Royal: Il fait beaucoup d’argent.
Desmarteau-Pilon: Ça casse où il passe.
Levert-Derome: Il aime l’alcool jamaïcain.
Hart-Rose: Il a des problèmes d’articulations.
Pageau-Lee: La nature ne l’a pas gâtée.
Allaire-Thérrien: Il ne veut rien ébruiter.
Comte-Fleurette: Un flirteur.

LISTE 7
Labelle-Villeneuve:
Un globetrotter.

Reddy-Lemoyne: On le surnomme « Viagra ».
Turmel-Auclair: Un nettoyeur de piscine.
Méthot-Matte: Un producteur de ketchup.
Lemire-Wathier: Il fabrique des miroirs.
Plante-Chrétien: Un athée militant.
Lecavalier-Laporte: Livreur à cheval.
Lagarde-Dery: Elle aime beaucoup les enfants.
Lamoureux-Dugas: Encore un gai.
Lara-Massé: Une tombeuse
Patry-Hotte: Québécois pure laine.
Doré-Paré: Il a vu un bon chiro.
Tétreault-Comtois: Sa stupidité dépasse les bornes.
Leroux-Pion: Il fait la sieste
Mercier-Bienvenu: Un gars poli.
Garant- Thivierge: Elle peut se marier en blanc.
Beaujoie-Levert: Elle a mauvais caractère
Croteau-Bordeleau: Il habite près d’une sortie d’égout.
Lépine-Hotte: Prénom: A. Rachid?
Beaunoyer-DeLafontaine: Un assoiffé qui a perdu le contrôle.

LISTE 8
Leloup-Berger: Il y a un traitre parmi nous.
Boudreau-Binet: Fournisseur de pièces de plomberie.
Laprès-Sillon: Un stressé.
Painchaud-Dufour: C’t’un p’tit frais.
Vinet-Grenon: Il préfère ses frites nature.
Martineau-Paradis: L’album final de la série.
Lamarche-Guay: Il parade fièrement.
Grosjean-Bon: Il est un peu cochon.
Lecor-Morand: C’t’une cervelle d’oiseau.
Gagné-Lacoursière: Elle a remporté le marathon la veille.
Leboeuf-Bourgignon: Il a un air de boeuf.
Brûlé-Ducap: Il aurait dû mettre un condom.
Meunier-Tudor: Son moulin va trop vite.
Dumas-Thériault: Menuisier avec piètre grammaire.
Dessault-Méthiller: On dit qu’il n’y en a pas.
Perron-Déglise: Une grenouille de bénitier.
Lapalme-D’or: Un winner!
Cyr-Lamarche: Il glisse dans les escaliers.
Dubois-Joly:  Il court, il court, le furet…
Degrace-Viens: Sa blonde est frigide

LISTE 9:
Santerre-Mercier: un ingrat.
Lurette-Boucher: il fais des pierres au reins.
Lecoq-Auvin:  Il est à croquer.
Viau-Paradis: C’était un homme bon.

Les quatre règles évitant la facilité

1) C’est sûr que je pourrais probablement allonger ma liste d’une centaine d’autres combinaisons juste en réutilisant sans cesse Lebeau, Legros ou Legrand comme premier nom, mais ça deviendrait vite redondant

2) Si je me suis permis d’utiliser quelques rares noms anglais et un espagnol avec Ross, Lee et Sanchez, je me suis tout de même limité à des noms très connus de la population francophone du Québec.

3) Je n’utilise pas des noms trop exotiques. Par exemple Saal-Konar qui sont deux vrais noms tamoul. D’abord parce que, avant de les lire ici, vous ne saviez probablement même pas que c’était des noms. Ensuite, pour autant que je sache, le phénomène des deux noms de famille, c’en est un de culture québécoise et non tamoule.

4) Enfin, ne pas utiliser de prénoms, bien que certains comme Jean ou Benoit sont aussi des noms de famille.

Je sais bien que sans ces quatre règles, je pourrais faire d’amusantes combinaisons telles Jean-Kuhle, Cox-Hucker, Masse-Turban, Dérek-Sillon, mais ce que je perd en vulgarité, je le gagne en originalité. N’empêche que malgré ces règles, j’ai déjà trouvé 165 noms (les listes + le titre) à moi seul, ce qui est déjà remarquable.

Faudrait que je trouve le moyen de me faire verser des droits d’auteur sur ma première liste. Ça me rapporterait probablement de quoi me payer un mois de loyer ou deux.

Être!

Entre ce que tes parents voulaient faire de toi, ce que tes amis veulent que tu sois, ce que la société t’oblige à être, ce que tes amours auraient voulu que tu sois, ce que les circonstances t’ont fait devenir, et ce que tu voudrais être, il n’y a guère de place pour la personne que tu es vraiment.

Je me souviens du jour où je me suis rendu compte de ce fait. J’avais 28 ans, et jusqu’à ce moment-là, jamais je n’avais vraiment été moi-même, aussi bien avec les autres qu’avec moi. J’ai décidé à ce moment-là que ma philosophie allait être I gotta be me. En cessant d’agir dans le but de plaire à tous, en cessant d’être ce que les règles me dictaient, et surtout en cessant de chercher à bien paraître à mes propres yeux, j’ai commencé à être à l’écoute de moi-même. Je me suis découvert tel que j’étais, avec mes qualités, mes véritables traîts de caractères, mes goûts, mes envies. Et surtout mes défauts.

Est-ce vraiment une mauvaise chose, d’avoir des côtés moins reluisants? Il ne faut pas oublier que, tout comme j’ai déjà dit au printemps dernier, il y a moyen de Tirer profit de ses défauts. Que nous le voulions ou non, nous sommes le total de tous les côtés de notre personnalité, le bon comme le mauvais.  Ce qui est vraiment important, ce n’est ni de nier ces mauvais côtés, ni d’essayer de les détruire. C’est tout simplement de les utiliser en temps et lieu afin d’en tirer du positif.

La Fille en Détresse Éternelle

Avez-vous remarqué que les bons gars, ou du moins ceux qui prétendent l’être, se retrouvent toujours avec des filles à problèmes qui sont sans cesse dans des situations de détresse? Je suppose que les sexes peuvent être inversés dans certains cas. Mais puisque je suis un gars hétéro qui parle d’après expérience personnelle, et pour faciliter la lecture, je vais m’en tenir au style gars qui parle de femmes.

Il y a deux raisons qui font qu’un gars se retrouve avec ce genre de filles. La première, c’est quand il va volontairement vers elles. J’en ai déjà parlé dans un autre billet intitulé La malédiction du bon gars gentil et sauveteur.  La seconde, c’est l’inverse: C’est quand le gars attire involontairement ce genre de filles. Il est gentil, courtois, amical, toujours prêt à aider. Bref, le genre de gars toujours prêt à voler au secours d’une demoiselle en détresse. Alors quand la fille veut attirer son attention, quoi de mieux que de jouer sur son sens de la solidarité et de son humanisme!?

Utiliser la détresse afin d’attirer mon attention, on m’a fait le coup trop souvent. Selon le cas, ça pouvait impliquer l’un des quatre genres de détresse qui existent. Ils sont:

La détresse inévitable: La fille est toujours dans la merde à cause qu’elle est coincée dans une situation dont il est impossible pour elle de se tirer. Je ne peux donc rien faire pour elle. Elle passe alors notre relation à se plaindre à moi de quelque chose pour laquelle je ne peux rien. C’est plate, ça pompe l’énergie morale, et c’est une perte de temps.

La détresse optionnelle: Même chose que la précédente, sauf que la différence est qu’elle pourrait s’en sortir si elle allait chercher de l’aide là où elle est supposée, car il existe des moyens mis en place pour venir en aide aux femmes prises dans le même genre de situation qu’elle. Elle choisis plutôt l’option de ne rien faire et de se contenter de se plaindre. Non seulement c’est plate, ça pompe l’énergie morale et c’est une perte de temps comme dans le cas précédent, c’est enrageant.

La détresse provoquée: Ici, La fille fait exprès de se mettre dans des situations pénibles, juste parce qu’elle veut que je lui donne de l’attention en venant à son secours. Si je le fais, elle comprends que ça marche, alors elle s’arrange pour rester dans la merde le plus longtemps possible, afin de prolonger l’attention que je lui porte. J’en ai amèrement eu la preuve des dizaines de fois: Quand j’en ai assez et que je pars, la situation à problème qui était pourtant sans issue se règle automatiquement d’elle-même.

La détresse simulée: Contrairement à l’exemple précédent, elle n’est jamais en détresse ni en danger de quelconque façon que ce soit. Elle fait juste semblant. Elle invente. Elle ment. Vous ne le croirez probablement pas, mais tout le long de ma vie, il y a eu très exactement huit filles qui m’ont fait accroire qu’elles avaient été agressées sexuellement. C’est seulement après que j’ai agi comme tout bon citoyen normal, soit en insistant pour qu’il y ait démarches de thérapie, dénonciations et procédures légales, que ça s’était avéré avoir été inventé de A à Z.

Vous vous rendez compte? HUIT FILLES QUI ONT FAIT SEMBLANT D’AVOIR VÉCU UN VIOL! Il me semble que quand ton but est quelque chose d’aussi banal que de vouloir l’attention d’un gars, tu ne va pas inventer une accusation ayant des implications sociales et légales aussi grave. Et pourtant…

Donc, en résumé:

  • Problème qui ne peut pas se régler
  • Problème qu’elle refuse de régler
  • Problème qu’elle se créé volontairement
  • Et problème qui n’existe pas.

Dans les quatre cas, je devais subir inutilement une détresse pour laquelle je perdais mon temps à angoisser et à me casser la tête, tout en me soumettant à un sentiment d’impuissance qui me mettait moralement à terre.

Et puis, un jour, j’en suis arrivé à prendre la décision suivante: Quand j’aide une personne, c’est pour la sortir de la merde, et non pour me faire entrainer dans la sienne. Parce que, jusqu’à maintenant, j’ai vécu ce genre de situation de mes 18 à mes 40 ans. Quand ça fait 22 ans qu’un gars se dit qu’il ne doit pas prendre le risque de négliger ce qui pourrait s’avérer être un vrai problème, au cas où il pourrait vraiment aider la fille à s’en sortir, et à toujours réaliser en fin de compte qu’il a  perdu son temps à chaque estie de fois, il finit par se dire FUCK IT! J’ai assez de problèmes dans ma propre vie sans avoir en plus à me mettre ceux des autres sur le dos. Surtout si ces problèmes sont toujours impossible à régler.

Et c’est là que j’ai créé une façon de faire que je décris dans ce billet de blog intitulé « Ma Philosophie » et que je vous reproduit ici:

Lorsque les gens demandent ton aide pour se sortir d’une vie malheureuse, contente-toi de les renseigner sur ce qu’ils peuvent faire afin de s’en tirer eux-mêmes. À partir de là, ceux qui veulent vraiment s’en sortir vont y arriver tout seul, et ceux qui se complaisent dans leur malheur vont y rester. Dans un cas comme dans l’autre, en les aidant plus que ça, tu perdrais ton temps.

Et c’est pour ça que, dès que je constate plusieurs signes comme quoi la fille  est du genre à être en situation de détresse éternelle, je coupe tout contact. Les filles de ce genre-là, on ne peut être que deux choses avec elles:  Ou bien abusés, ou bien abuseurs.  Après mon ex, je me suis juré que je ne serai plus jamais le premier. Et a force d’exaspération envers ce genre d’agissements, elles me donnent envie de devenir le 2e. Et ça non plus, je me suis juré que je ne le serai jamais.

(Voir une précision importante dans la section des commentaires)

10 raisons qui expliquent l’incompétence des travailleurs sociaux

À l’automne de 2009, j’ai écrit un court sketch qui, s’il est fortement caricatural, décrit des situations qui ne sont hélas que trop réelles lorsque nous avons affaire aux travailleurs sociaux. On le trouve ici. Pour ceux qui comprendraient mal l’anglais ou qui n’ont pas envie de se le taper, l’esprit du texte se résume bien dans l’illustration suivante:

Ainsi que dans celle-ci:

La liste de ce que je leur reproche est longue:

  • N’écoutent pas ce qu’on leur dit.
  • Ont des jugements erronés.
  • Refusent de voir la réalité en face.
  • Lancent n’importe quand et n’importe comment des slogans préfabriqués sans même avoir assez de jugement pour voir si ça s’applique ou non à la situation.
  • Posent des questions qui sont en fait des accusations déguisées.
  • Tournent les phrases de façon à te laisser le choix entre être d’accord avec eux ou bien passer pour [insérer qualificatif jugemental négatif au choix].
  • Donnent des conseils propres à créer de nouveaux problèmes au lieu d’arranger celui que tu as.
  • Refusent d’être clairs dans leurs conseils et leurs attentes.
  • Feignent l’ignorance.
  • Sont rabaissants.
  • Sont insultants.
  • ET SURTOUT refusent d’admettre qu’ils puissent avoir tort de procéder ainsi.

Ce que je viens de décrire ici, ça s’applique à la –majorité- totalité des travailleurs sociaux à qui j’ai eu affaire dans ma vie.

Reconnaissons-le: Pour devenir travailleur social, ça prend un haut niveau d’intelligence. Et c’est justement ça, le problème: Leur intellect fait qu’il est impossible pour eux de ne pas se rendre compte que leur façon d’agir fait plus de tort que de bien, autant à leurs patients qu’à leur propre réputation. Alors pourquoi agissent-ils ainsi? Pourquoi est-ce que ces gens. qui sont supposés nous aider, vont préférer faire le contraire en choisissant délibérément la voie de l’incompétence?

Après avoir beaucoup réfléchi à la question, j’en suis arrivé à la conclusion qu’il y a neuf raisons possibles pouvant expliquer l’incompétence des travailleurs sociaux.

RAISON 1: Ils n’ont pas la réponse à ton problème.
Tout le monde s’attend à ce que les travailleurs sociaux aient réponse à tout. Quand ce n’est pas le cas, ça les met dans l’embarras. Si toi, le patient, tu te rends compte de son impuissance à t’aider, tu pourrais croire que c’est un incompétent. Et se faire juger comme tel par un inférieur intellectuel, c’est inacceptable pour leur orgueil. Alors ils essaient de te faire accroire que ton problème est autre chose que ce qu’il est vraiment. Car cet autre problème qu’ils affirment à tort que tu as, c’en est un qu’ils sont capables de régler. Voilà pourquoi c’est celui-là qu’ils ont choisi d’essayer de te faire accroire que tu as.

RAISON 2: Il s’agit de gens dont la personnalité fait qu’ils ont besoin de rabaisser les autres pour se sentir mieux avec eux-mêmes, et ne supportent pas qu’on les en empêche.
Ils ont donc besoin d’avoir une bonne raison pour justifier leur hostilité. Voilà pourquoi ils choisissent un métier qui va les mettre au dessus de tout soupçons de méchanceté, un dont le but (sur papier) est d’aider les gens. Comme ça, en tant que travailleurs sociaux, peu importe les vacheries qu’ils nous lancent, on n’a pas à protester. Parce que s’ils font ça, au bout du compte, c’est pour notre bien, n’est-ce pas!?

RAISON 3: Certaines personnes choisissent un métier qui compense pour les carences de leurs vies.
La preuve: Combien y a t-il d’esthéticiennes vraiment belles? De conseillers matrimoniaux mariés? De spécialistes en enfance qui ont eux-mêmes des enfants? Et regardez de quoi ont l’air la majorité des gynécologues, ou même des photographes érotiques. Si ce n’était de leur métier, combien de femmes se déshabilleraient devant ça?  
Quand tu n’as pas ce qu’il faut pour vivre une situation socialement, tu es porté à choisir un métier qui oblige ces situations à venir à toi. 

RAISON 4: On cherche toujours à aider les autres à réussir là où on a nous-mêmes échoué.
Il est hélas impossible d’exceller professionnellement dans quelque chose où tu n’as fait qu’échouer dans ta vie privée.  Exemple concret, cette conseillère matrimoniale poignardée à mort par son mari.

Une personne a passé une enfance merdique dans la violence, l’abus verbal, physique, sexuel, etc, tout en étant impuissante à y changer quoi que ce soit? Alors elle va vouloir un métier dans lequel elle pourra redresser chez d’autres victimes les torts qu’elle a elle-même subi. Elle devient donc travailleuse sociale.  Jusque là, rien à redire, c’est un noble objectif.

Le problème, c’est que si elle a passé sa vie à être abusée, alors elle a passé sa vie à être conditionnée à craindre les abuseurs. Comment peut-elle exorciser ses démons alors? Simple: Elle va cibler un homme inoffensif et le traiter comme s’il était un abuseur, en l’accusant de toutes sortes de choses aussi mensongères que farfelues. Puisqu’il est inoffensif, elle n’est pas conditionnée à le craindre, lui. Elle pourra alors le détruire sans retenue.

Criminaliser un innocent pour se racheter de laisser un coupable tranquille, ça lui permet de fermer les yeux sur sa propre lâcheté, tout en se donnant un ersatz de la satisfaction qu’elle pourrait ressentir si un jour elle trouvait en elle assez de courage pour rendre justice contre ceux qui le mériteraient vraiment.

RAISON 5: Certaines personnes sont tellement orgueilleuses qu’elles sont incapable de reconnaître qu’elles puissent avoir tort.
Et c’est encore plus vrai chez ceux qui ont choisi d’occuper une position sociale dans laquelle ils sont supposés avoir toujours raison. Un travailleur social, c’est comme un politicien: Lorsqu’il fait mal son travail, il ne va ni l’admettre ni changer sa façon de travailler, puisque ça équivaudrait à l’admettre. Dans ce temps-là… :

  • Ou bien il s’empresse d’effacer toutes traces de son erreur.
  • S’il ne le peut pas, alors ils essaye de te convaincre que c’est toi qui n’a pas été en mesure de comprendre que là n’a jamais été le sujet de la discussion.
  • Ou alors il va se dissimuler derrière le contenu de ses livres, de façon à essayer de te faire accroire qu’il est impossible pour lui de se tromper à ton sujet.
  • Et si aucun des 3 trucs précédent ne fonctionne, alors il refuse d’aborder le sujet, te disant: « Je n’ai pas à me justifier. » …Et en rajoutant parfois « à toi! » à la fin de cette phrase, s’ils souffre en plus d’un complexe de supériorité.

Ça donne des travailleurs sociaux qui mettent plus de valeur dans leur orgueil que dans le fait d’être à l’écoute et au service de leurs patients.

RAISON 6: Cette personne a une basse estime d’elle-même.
Connaissez-vous ce sketch de François Pérusse dans lequel le personnage téléphone à un autre en se disant: « J’vais pas attendre que le prochain malheur me tombe dessus, ‘m’en va le provoquer moi-même. »? C’est similaire, sauf qu’au lieu de malheur, il s’agit ici de protestation.

Cette travailleuse sociale vit dans l’impression constante que son travail ne sera pas apprécié. Comment peut-elle le savoir avant même d’avoir dit quoi que ce soit à son patient?  Eh bien voilà, c’est ça, la mauvaise estime de soi.

Au lieu de vivre l’angoisse de ne pas savoir si elle va être appréciée ou non, elle va pour la solution facile: S’arranger dès le départ à être dépréciée par son patient. Puisqu’il est beaucoup plus facile de déplaire au gens que de leur plaire, alors ÇA, au moins, elle a le contrôle là-dessus.  Elle commence dont son travail en lui disant « Je sais que tu n’aimeras pas ce que je vais te dire », et ce dès sa toute première intervention, et ce avant même d’avoir dit le moindre mot au sujet de son intervention.

En t’envoyant un reproche non-mérité parce que lancé d’avance, elle fait semblant que la personne qui a une faible opinion sur elle et son travail, ce n’est pas elle-même, c’est toi. Par conséquent, la seule personne à qui elle cherche à prouver le contraire, ce n’est pas à toi, c’est à elle-même.

En te manipulant de la sorte, il n’y a que deux choses qui puissent arriver:

  • Ou bien tu te la ferme et accepte tout ce qu’elle dit, et ce qu’elle ait raison ou tort.  Ce qui fait qu’elle s’en tire gagnante.
  • Ou bien tu vois clair dans son jeu et proteste, ce qui lui permet de (se) dire qu’elle avait raison à ton sujet, depuis le début, en disant que vous ne l’apprécieriez pas. Ce qui fait qu’elle s’en tire gagnante.

En allant dans la prophétie auto-réalisatrice, elle se met elle-même à l’abri du moindre sentiment de comme quoi elle fait mal son métier, chose qui serait trop difficile à vivre pour elle.

Enfin, le plus grand problème que cette méthode cause: Quand on veut vraiment aider les gens, alors on ne se montre pas hostile dès le tout premier contact envers la personne que l’on prétend vouloir aider. Commencer par accuser le patient de ne pas aimer ce qu’on va lui dire, avant même de lui avoir dit quoi que ce soit, c’est un préjugé.  C’est apporter dès le départ un sentiment agressif dans une relation qui est supposée être de confiance entre l’aidant et l’aidé. L’aidant devient donc lui-même rien d’autre qu’un nouvel agresseur pour l’aidé. Et ça, ça ne porte pas le patient à collaborer. Par conséquent, les probabilité que son problème se règle se trouvent fortement diminuées, sinon carrément annulées.

Mais ça, c’est une situation parfaitement acceptable aux yeux des travailleurs sociaux, puisque ça assure qu’en cas d’échec, la seule personne qui en sera tenue responsable, ce sera le patient, puisqu’il a été (manipulé à devenir) réticent à collaborer dès le départ.

RAISON 7: Ils le font pour l’argent (A).
Un travailleur social, ce n’est pas payé au nombre de cas réglés. Ça l’est à sa charge de travail.  Si vos problèmes se règlent, vous n’aurez plus besoin de leurs services.  Et si la demande d’aide diminue, certains postes se verront coupés.  Il y va donc de leurs intérêts à ce que vos problèmes ne se règlent jamais.

RAISON 8: Ils le font pour l’argent (B).
Beaucoup de gens sont attirés par la profession pour le salaire, et non pas parce qu’ils ont la capacité d’être à l’écoute des gens. Voilà pourquoi autant de postes de travailleur sociaux sont occupés par des gens qui n’ont aucune affinités naturelles (écoute, empathie, sympathie) avec le domaine.

RAISON 9: Si la travailleuse sociale incompétente et hostile n’entre dans aucune des catégories précédentes, alors elle entre automatiquement dans celle-ci:
Ceux qui aiment rabaisser autrui sans autre raison que pour le plaisir de le faire. Mais ça, ce n’est pas le propre du travail social puisque c’est le genre de personne que l’on peut retrouver partout, tous métiers confondus.

Et enfin, RAISON 10: Les dossiers changent de mains sur une base annuelle.
C’est ce que j’ai constaté avec mes propres enfants: Dix ans de services sociaux, dix travailleurs sociaux différents, dont les neuf derniers qui ne tenaient jamais compte du travail de leurs prédécesseurs.  Remarquez que ça leur apporte une excellente excuse pour expliquer pourquoi une année ils affirment que la source du problème est un truc, et que l’année suivante ils affirment exactement le contraire.  De là à penser que le processus d’échange de dossier n’existe justement que pour expliquer leur incompétence à trouver la vraie source du problème, il n’y a qu’un pas.

 IMPORTANT: C’est sûr qu’il y a des travailleurs sociaux qui sont compétents.  Ici, on ne fait qu’expliquer pourquoi beaucoup d’entre eux ne le sont pas, voilà tout.

Les 7 étapes de la fantaisie sexuelle

Dans le domaine de la sexualité, il y a des fantaisies que, lorsqu’on a l’occasion d’en faire une réalité, constituent un grand changement dans nos habitudes sexuelles : Le ménage à trois, le sexe en groupe, la bisexualité, les partenaires multiples, etc. Comme partout ailleurs, un virement radical de nos habitudes, ça a tendance à bousculer notre vie. L’expérience personnelle et l’observation d’autrui m’ont appris que l’on peut alors passer à travers six étapes. Je dis bien peut, car on a tout le loisir de s’arrêter ou d’abandonner à chacune des étapes. Elles sont:

ÉTAPE 1, La fantaisie : C’est quand vous avez un scénario sexuel qui revient souvent dans votre imagination lors de vos séances de sexe et/ou de masturbation. Ceci est la phase de la curiosité, dans laquelle vous réalisez que vous aimeriez vivre ce genre de situation. Mais pour que ça arrive, il faut qu’une opportunité se présente à vous d’elle-même ou bien que vous la recherchiez activement, sinon vous ne dépasserez pas cette étape.

ÉTAPE 2, l’opportunité:  Une opportunité de vivre votre fantaisie sexuelle vient de se présenter à vous. Maintenant arrive le moment de vérité : Vous pouvez l’accepter ou bien prendre le temps d’y penser. Mais souvenez-vous de ceci : Si vous la laissez passer, elle ne se représentera peut-être jamais. Trop souvent, il n’y a pas de prochaine fois.

ÉTAPE 3, La réalisation : Vous l’avez fait, mais ça a été un peu étrange. Vous êtes un peu déçu parce que les choses ne se sont pas tout à fait passées telles que vous l’aviez imaginé. Ou alors oui, ça a été à la hauteur de vos attentes, mais c’est vous qui étiez mal à l’aise dans cette situation tellement c’était nouveau. À partir de là, la suite n’en tient qu’à vous. Vous pouvez le refaire plus tard, histoire de voir si ça va mieux se passer cette fois-là. Tout comme vous pouvez arrêter là et vous souvenir de cette expérience sexuelle comme étant votre seule et unique.

ÉTAPE 4, En faire un style de vie : Vous avez décidé de le refaire et ça s’est mieux passé. Cette fois, vous étiez plus confortable avec la situation, plus à l’aise avec votre sexualité. Vous le refaites encore et chaque expérience est magique. Vous vous sentez bien. Vous vous sentez libre. Vous vous sentez épanoui(e).

ÉTAPE 5, La routine :  Au fil des mois à vivre vos fantaisies sexuelles, vous constatez que quelque chose a changé.  Plusieurs choses, en fait.  Le charme de la nouveauté s’est estompé.  La routine s’est installée. Et surtout, votre relations avec le/la/les partenaire(s) n’est plus la même, maintenant que vous avez appris à mieux vous connaître. Ce n’est donc plus aussi génial que lors de vos premières fois.

ÉTAPE 6 : La redescente :  Au début, vous arriviez à garder votre vie sociale et votre vie fantaisiste séparées.  Mais peu à peu, votre vie fantaisiste est devenue votre principale vie sociale.  L’attitude des gens avec qui vous le faites ont changé. Il commence à y avoir des répercutions imprévues dans votre vie quotidienne.  À part pour le sexe, cet univers au départ si magique et positif contient maintenant plus d’aspects négatifs que votre vie sociale d’origine. Vous commencez à vous demander si vous êtes vraiment fait pour ce genre de milieu. Vous pouvez donc continuer, ou bien vous pouvez terminer avec…

L’ÉTAPE 7 : Le retour à la normale : Fini les fantaisies, vous revenez au bon vieux traditionnel ménage à deux. Malgré vos déceptions, vous n’avez aucun regret parce que vous l’aurez vécu.  N’empêche que la réalité ne s’est pas montrée à la hauteur de vos fantaisies. Voilà pourquoi c’est sans le moindre regret que vous y mettez fin.

Il y a une douzaine d’années, j’ai moi-même passé à travers ces sept étapes. Je ne regrette rien, non seulement parce que j’ai vécu de très bons moments, j’en ai vécu assez pour me rendre compte que ce genre de vie ne me convenait pas à long terme. Je ne passerai donc pas le reste de ma vie à me demander  « Et si–!?», et je pourrai continuer de vivre ma vie de couple en harmonie sans jamais ressentir la frustration d’avoir une fantaisie sexuelle non-assouvie.

Se battre pour la vérité

Ok, je vais essayer d’expliquer ça le plus clairement possible parce qu’il faut que je décrive la place qui a changé après les récentes rénovations.

Il y a quelques années, les éléments d’une des entrées du métro Guy Concordia étaient disposés en file de cette façon: Quelques tourniquets, la cabine-guichet de l’employé, un tourniquet, un mur. C’est ce tourniquet unique, placé entre la cabine et le mur dont il est question.

Donc, j’entre dans la station, descends les escaliers et je m’apprête à faire un U-turn en longeant le mur pour arriver aux guichets. Je connaissais bien la place, alors au lieu de regarder devant moi, mon attention est sur mon portefeuille d’où je tire une liasse de petits tickets. J’en sépare un de la liasse au moment ou j’arrive devant le tourniquet situé entre le mur et le guichet. Là encore, je ne regarde pas devant moi, mes yeux sont fixés sur la fente du tourniquet où j’enfile le billet. Le tourniquet fait KLONK, montrant qu’il a accepté mon billet. Je traverse donc et… Je me retrouve devant une barricade en bois peint en bleu.

Eh oui, il était interdit aux usagers de sortir par ce tourniquet. Cependant il n’y avait aucune barrière de l’autre côté pour empêcher les gens d’y entrer. Rien d’autre à faire que d’enjamber la barrière de bois alors. Je le fais.

Je n’ai le temps que de faire 5 pas que l’employé sort de sa cabine et me pogne par l’épaule.

LUI: HEILLE!!! Tu vas payer ton passage.
MOI: Je l’ai déjà payé.
LUI: Niaise-moé donc. La barrière marche pas.
MOI: À marche puisque j’ai mis mon ticket pis qu’à l’a pris.
LUI: TU L’AS DANS’ MAIN TON TICKET!!
MOI: Ah, ben, justement! Tu penses-tu que j’aurais sorti ma liasse de mon portefeuille si j’planifiais de pas payer?
LUI: Donne-moé ça!
MOI: Rouvre ta machine, tu va ben voir que mon ticket y’é dedans.
LUI: Ton nom y’é pas écrit dessus.
MOI: Non mais son numéro suit ou précède ceux que j’ai dins mains. C’t’une preuve ça!
LUI: M’as appeler la sécurité.
MOI: Parfait, ils vont pouvoir ouvrir la machine, trouver mon ticket pis prouver que j’ai payé.
LUI: T’as pas l’droit de passer là, y’a une barrière.
MOI: Premièrement j’l’ai pas vu parce que je regardais la slot du tourniquet quand j’mettais mon billet. Pis si on n’a pas l’droit d’entrer par là, pourquoi y’a pas de barrière de l’autre bord?
LUI: Tabarnak, m’as appeler la police!
MOI: Parfait, comme ça ils vont vous forcer à ouvrir la machine pis voir que mon billet est bien dedans.

Le gars se pogne la tête à deux mains, hurle RAAAAAAAAAAHHH!!!, tourne les talons, frustré au max et retourne s’enfermer dans sa cabine.

D’un côté j’peux le comprendre. Il a sûrement dû se faire niaiser plus d’une fois par du monde sautant les barrières et qui descendaient ensuite les escaliers en courant, et il ne peut quand même pas quitter son poste pour les poursuivre jusqu’aux quais. Pour une fois qu’il croyait avoir la chance de pogner un fraudeur, il était dans l’erreur.

Ce genre de chose ne peut plus arriver parce que depuis qu’ils ont enlevé les vieux tourniquets pour les remplacer par les versions Opus, ils en ont profité pour tasser la cabine directement sur le mur. N’empêche que y’avait vraiment l’air en  STM SPM, du début à la fin, et son hurlement de rage m’a vraiment fait penser pendant une seconde qu’il allait me frapper.  Bah, ça m’aurait juste permis de poursuivre la STM en dommages et intérêts.

Et vous savez pourquoi j’étais prêt à me battre jusqu’au bout, peu importe les conséquences? Parce que j’étais accusé à tort. Parce que je savais qu’au bout du compte, j’allais gagner. Parce que la vérité était de MON côté.

J’assume toutes mes gaffes et je reconnais toujours mes erreurs, à la personne concernée si c’est personnel, ou publiquement si l’erreur a été publique pour commencer. Par contre, j’en exige autant de tout mon entourage, ce qui fait hélas de moi la personne la plus gossante qu’ils ont jamais connu.

Je suppose que ça vient de mon enfance où j’étais souvent accusé de choses dont je n’ai jamais ni fait, ni même pensé à faire. Me faire ordonner de me taire par mes parents et d’endurer cette situation non-méritée pour ne pas faire durer le conflit était l’une des situations les plus frustrantes de ma vie. Voilà pourquoi, depuis que j’ai cessé d’être sous leur emprise, toute personne qui m’accuse à tort de quoi que ce soit se voit aussitôt confrontée par ma détermination à lui faire ou bien prouver son point ou bien devoir admettre qu’il/elle disait n’importe quoi.

Et pourtant, une fois, de mon plein gré, j’ai déjà reconnu un tort que je n’avais pas, justement dans le but de ne pas faire de la chicane inutile. C’était en 1990, alors que j’habitais chez la mère de ma blonde de l’époque. Travailler de nuit 5 jours semaine faisait que je trouvais rarement le sommeil avant 4am lors de mes jours de congé.

Une de ces nuits d’insomnie, pour ne pas réveiller ma blonde, je suis descendu à la cuisine pour lire. Au bout d’une dizaine de minutes, j’entends un BANG! provenant d’en face de moi. Je relève la tête. C’était la bibliothèque-étagère Ikea cheap de ma belle mère. Elle en avait stuffée toutes les tablettes à full-capacité de gros livres lourds. Et c’est à ce moment-là que les 4 pins en plastique retenant la tablette du haut ont cédé. En tombant sur la 2e tablette, le surplus de poids en fait péter les pins également, ce qui fait que les tablettes 1 et 2 tombent sur la 3e, lui pétant les pins également, et ainsi de suite dans une belle série de BANG! BANG! BANG! BANG! BANG!

Constatant le dégât, j’ai réalisé un truc… Mettez-vous à la place de la belle-mère: Sa bibliothèque qui pète, comme ça, au beau milieu de la nuit, sans aucune raison, pendant que son gendre, la seule personne encore réveillée à cette heure-là, se trouve justement dans cette pièce…  J’aurais eu ben de la difficulté à être crédible en prétendant que je n’y étais pour rien.

Mon choix se résumait donc à deux options. Ou bien je dis la vérité en niant, et je perd ma crédibilité auprès de la femme qui me loge gratis, créant des tensions mère/fille, belle-mère/beau-fils, chum/blonde.  Ou bien je mens en faisant accroire que c’était moi qui l’avait pété en essayant de ranger un livre de plus sur la tablette d’au-dessus, et on me pardonne vu la fragilité des pins et du fait que les étagères étaient déjà surchargées.

J’ai été pour la 2e option. Comme ça tout était clair, logique, satisfaisant, l’incident a été balayé comme étant un simple accident non-responsabilisant, et la belle-mère en fut quitte pour se procurer des pins en métal pour quelques sous.

Même si, aujourd’hui, je continue encore et toujours de me battre sans relâche pour clairer mon nom lorsque je suis accusé à tort, j’ai appris une leçon importante cette nuit-là il y a 20 ans. Il y a des moments dans la vie où il faut savoir prévoir les conséquences de la vérité, et peser le pour et le contre avant de voir si ça vaut vraiment la peine de se battre pour. Dans ce cas-ci, les circonstances faisaient que j’aurais eu zéro crédibilité en le niant, faisant de moi une personne louche de qui se méfier dans l’avenir. De l’autre côté, en prenant le blâme, j’avais juste droit à un « C’pas d’ta faute, c’est des choses qui arrivent », qui non seulement réglait automatiquement le conflit, ma réputation s’en trouvait même honorée.

C’est facile de dire La vérité c’est la vérité pis faut toujours la dire parce que faut en assumer les conséquences pis c’est ça qui est ça, pis point final , parce que appliquer aveuglément cette règle en toutes circonstances ne demande aucun effort de réflexion. Mais dans la réalité, même en admettant que le mensonge a des conséquences plus néfastes que la vérité dans 99% des cas, il reste quand même 1% où c’est le contraire.

Le gros défi là-dedans, c’est d’avoir l’intelligence de savoir faire la différence.