Geneviève, la coloc de l’enfer, 4e partie: Le premier mois

Pour ce qui est du côté sexuel de notre relation, je me suis rendu compte le soir-même où j’ai aménagé dans cet appartement que je n’avais fait que fabuler.

Afin de nous aider à transporter mes biens, elle a obtenu l’aide de Lucien, un ami cégépien qui lui courait après depuis un an (en fait, il courait après toutes les filles célibataires). Il n’était que trop heureux de venir aider au déménagement afin de bien paraître à ses yeux. J’avais même fait une blague à Geneviève à ce sujet, en lui disant:

« Pourquoi tu demandes pas à Lucien d’être ton coloc à la place ? Chu sûr qu’il va dire oui, dans l’espoir de coucher avec toi un jour. »

Ce à quoi elle a répondu d’un air dégoûté:

 « Lui ? Oh YARK! Non, jamais! »

 On emménage donc mon stock, j’arrange ma chambre rapidement, et Lucien reste à coucher étant donné l’heure tardive. Je m’installe sur mon lit et Lucien sur le fauteuil.  Geneviève, prétextant avoir encore envie de jaser un peu, viens nous rejoindre et amène son matelas de futon dans ma chambre.  On parle et je finis par m’endormir.  Geneviève me réveille et me dit d’aller à la salle de bain, prendre une douche, pour raisons sexuelles. Ça m’étonne qu’elle dise ça ouvertement comme ça devant Lucien, mais à voir la façon dont ils ont de se minoucher, j’en déduis qu’elle a envie de faire un ménage à trois, d’où la demande pour que je me lave. Eh bien je me trompais:  Elle voulait juste que je sois occupé ailleurs, le temps qu’elle baise avec lui. J’ai donc été expulsé de ma propre chambre, ma première nuit dans mon nouvel appartement, le temps qu’elle y baise avec un gars de qui elle disait « Oh YARK! Non, jamais! » il n’y a pas huit heures de ça.   Ça commence bien.

Au fil des jours et des semaines, je me suis rendu compte qu’être bon ami proche avec quelqu’un, ce n’est vraiment pas pareil comme habiter avec.  En tout cas, avec elle. Pour une raison que je ne comprendrai jamais, son comportement envers moi a changé instantanément dès que j’ai mis les pieds dans cet appartement. De gentille, amicale et calineuse, elle est devenue bitch, profiteuse, menteuse, voleuse, tyrannique, injuste, et m’a fait subir son sens de l’humour qui était tellement immature et imbécile que je n’ai jamais imaginé qu’on puisse en retrouver un semblable chez une fille de 21 ans.  

Un exemple: J’étais dans la salle de bain et commençais à prendre une douche. Elle entre. La poignée de porte avait une serrure, mais je ne voyais pas pourquoi je devais lui interdire l’accès à la salle de bain si elle en avait besoin. Elle m’avait souvent vu tout nu de toutes façon. Elle vient donc faire pipi. Je lui demande de ne pas tirer la chasse d’eau, rapport que je suis dans la douche. Elle me dit:

« Ben non, voyons! Pour qui tu me prends? »

et elle flushe aussitôt. L’eau de ma douche devient automatiquement brûlante. Elle part en riant. Me voilà donc pris à me tasser du jet en attendant que l’eau redevienne supportable.  Après quelques trop longues minutes,  je me remet sous le jet d’eau et je commence à me shampooiner. Geneviève revient dans la salle de bain, flushe la toilette de nouveau, et repart en riant. Me v’là donc re-pris à me re-tasser à devoir ré-attendre que l’eau redevienne re-vivable. Irrité, je me marmonne:

« Sacrament! C’est pas long, d’abord, pour que la toilette finisse de se remplir quand la douche lui détourne de son eau!? »

 L’eau est encore un peu trop chaude à mon goût quand je me remets dessous, mais là il faut absolument que je me rince du shampooing qui m’a coulé dans la face et les yeux. À peine suis-je sous le jet, devinez ? Eh oui, elle revient me refaire le coup du flush-a-bye une 3e fois.  Une fois, c’est une blague.  Deux fois, c’est louche côté immaturité. Mais trois fois!?   En tout cas j’ai appris ma leçon car depuis cette histoire je verrouillais la porte lorsque j’utilisais la salle de bain, ce qui me donnait droit, à chaque fois à ses remarques moqueuses et insultantes:

« Bon, ga’ donc le peureux qui va s’enfermer dans’ chambre de bain. Kess’ que t’as? T’as peur qu’on rentre? Franchement, comme si ça nous tentait de voir une amanchure comme toé tout nu. »

 Encore au sujet de la salle de bain: Un matin, alors que je vais pour me laver après le déjeuner, elle me demande:

 « Tu t’en vas-tu prendre ta douche? »
« Oui! »
« Ben laisse-moi y aller avant, faut juste que je me lave les mains, ce sera pas long. »

Je la laisse y aller. Elle entre, referme la porte et la verrouille. Je trouve ça bizarre, de s’enfermer pour se laver les mains. J’ai eu mon explication quelques longues minutes plus tard, lorsque j’ai entendu la douche partir. Elle a fait exprès pour prendre une douche extra longue, monopolisant la salle de bain, ce qui fait que j’ai eu à aller travailler sale, pas peigné, pas rasé, et sans mes verres de contacts qui étaient dans la salle de bain.   Lunettes à part, je n’avais vraiment pas le look qui sied à un travail de bureau.

Le soir de l’Halloween 1997. Ce soir là était exceptionnel. D’abord, parce que c’est très rare qu’il fasse un confortable et estival 16°C un 31 octobre. Ensuite, on était un vendredi.   À ce moment là ça faisait une semaine que nous habitions ensemble. À part l’histoire de la baise avec Lucien, et son humour de salle de bain, je n’avais encore rien subi de véritablement négatif de sa part. C’est ici que ça allait changer.

Toute la journée, Geneviève et Cassandra ont préparé leur costume d’Halloween. Or, à mesure que le temps passait, je ne pouvais m’empêcher de ressentir un petit malaise qui grandissait peu à peu. D’habitude, Geneviève est la première à m’inviter à des partys et des sorties. Là, je vois bien qu’elles se préparent à un party. Deux filles de 19 et 21 ans ne vont quand même pas passer aux maisons pour des bonbons. Or, ni l’une ni l’autre ne me glissent mot à ce sujet.  Rendu à neuf heure le soir, les filles ont terminé leurs costumes. Moi, je travaille à ma table à dessin dans ma chambre. Geneviève vient me voir. Elle me demande:

« Pis, tu fais-tu de quoi à soir? »
« Moi? Non! »

Je m’attends à ce qu’elle m’invite à leur soirée.  À la place, elle insiste:

« Rien de prévu? »
« Nope! »
« Pas de sorties? »
« Non! »
« Pas de party? »
« Non! »
« T’as vraiment rien au programme? »
« Non! »
« Rien du tout? »
« Rien du tout! »
« Fa que, t’es totalement libre à’ soir? »

Je ne vois pas pourquoi elle étire la sauce de la sorte, mais je me réjouis en voyant qu’elle a l’air de vouloir vérifier si j’ai quelque chose de prévu avant de m’inviter en quelque part. Je réponds donc:

 « Exact, chus parfaitement libre.  Pourquoi? Est-ce que c’est une invitation? »
« Non! »

 Sur ce, elle me plante là et repart vers sa chambre, préparer son départ avec Cassandra.

Lorsque je l’ai rencontré il y a deux ans, je l’ai introduit dans mon univers.  Elle en a profité pour m’en isoler. Et aujourd’hui, elle s’en va faire le party avec SES amis, en ayant la gentillesse de me dire un joli petit « Amuse-toi bien tout seul, là! » avant de partir avec Cassandra, en m’abandonnant seul dans l’appartement.

Halloween est soir de party.  Vendredi soir est jour de sortie.  Seize degrés Celsius est une température d’été.  Tout, ce soir, a une atmosphère de fête.  Tout le monde a une place où aller, des amis avec qui faire la fête.   Tout le monde, sauf moi, comme Geneviève s’était acharnée à me le faire dire et redire moi-même.   Ça faisait au moins dix ans qu’on ne m’avait pas fait sentir aussi loser, aussi reject.   Je ne pouvais pas croire que quelqu’un qui prétendait être ma bonne amie proche puisse mettre autant d’efforts dans un tel but.

Et ce n’est pas fini.

Geneviève, la coloc de l’enfer, 3e partie: La proposition.

Janvier 1996. À cause de certains problèmes causés par la mère de mes enfants (dont l’énumération serait fastidieuse), je ne peux pas continuer le cégep en début de cette année. Considérant qu’il serait injuste de garder le poste de rédacteur-en-chef du journal étudiant alors que je ne pourrai pas y étudier avant septembre prochain, je prends la décision de céder mon poste. On me demande cependant de continuer d’y fournir La Page Requin Roll que j’y publie depuis le début. Et puisque j’ai remporté haut la main mon audition à Cégeps en Spectacles, the show must go on et je dois tout de même y participer. Pour ces deux raisons, je continue d’aller au cégep une fois ou deux par semaine. Je vois encore Geneviève au journal, mais on ne fait pas vraiment de cas l’un de l’autre.

Un vendredi, j’entends à quelques reprises les membres du journal s’échanger des informations à propos d’une sortie qu’ils feront ce soir-là. Je me demande pourquoi on ne m’en a pas parlé. Je fais encore partie du journal après tout, et je suis tout de même ami avec la majorité des membres. Pourquoi suis-je donc exclus? J’en parle à Hélène, une amie dont le chum fait partie du journal. Un peu gênée, elle me dit :

« C’est à cause de Geneviève. »
« Comment ça? »
« Ben, vous avez déjà sorti ensemble. »
« Tiens? Ça me surprend qu’elle en ait parlé. Aux dernières nouvelles, elle voulait que ça reste un secret entre nous deux. »
« Elle nous l’a dit en décembre, quand on planifiait faire notre party de Noël. Elle a dit que, puisque t’étais son ex, elle se sentirait mal si tu étais invité parce qu’elle se sentirait surveillée et que ça la mettrait mal à l’aise. »
« Qu-Quoi? Moi, la surveiller?  Alors que j’ai pourtant pris la peine d’aller la rassurer quand elle a cassé, comme quoi j’étais correct avec sa décision et que… »

Je constate soudain un fait troublant dans ce que me dit Hélène.

« Attend une minute…  T’es en train de me dire que le Vox a eu un party de Noël? Sans moi, qui était pourtant le rédacteur-en-chef? »

Pour toute réponse, Hélène pose sa main sur mon bras et son visage prend un air désolé. Je n’arrive pas à y croire. Lorsque je l’ai rencontrée quatre mois plus tôt, Geneviève n’avait aucun ami. Je l’ai introduit dans mon univers. Et maintenant qu’elle y est, elle s’arrange pour m’en isoler? C’est aberrant!

« Je ne peux pas croire qu’ils la laissent me faire ça sans rien dire. Ce sont pourtant mes amis. »
« Ben… J’veux pas t’insulter, là, mais r’garde… C’est une fille de 18 ans, célibataire et maintenant sexuellement active. Et toi, t’es un gars de 27 ans, divorcé et père trois fois, donc pas nécessairement la première personne qui nous fait envie quand on est jeune et fringuant. Et elle c’est la photographe, donc utile dans les sorties. Tandis que toi t’étais le rédacteur-en-chef, t’avais rien de plus à faire que de recevoir les textes et les photos. Et maintenant, t’es même plus cela. Ton cas était perdu d’avance. »

Incroyable! Je suis sous le choc.  Je ne sais pas ce qui me fais le plus mal en ce moment.  Le coup chien que me fais Geneviève en me volant ma vie sociale, surtout qu’elle n’a aucune raison de me traiter comme si j’étais un ex jaloux.  Ou la trahison de mes amis qui la laissent faire sans rien dire.

Les mois passent. 

  • Février ’96, je fais mon numéro à Cégeps en Spectacles. 
  • Mars ’96, je me trouve un travail à temps plein comme gars de ménage et de plonge au restaurant végétarien Le Commensal. 
  • Juin ’96, je trouve le temps de faire et de publier Requin Roll numéro 5. 
  • Aout ’96, j’aménage dans les résidences étudiantes qui viennent tout juste d’être construites sur le terrain adjacent au cégep.
  • Automne ’96, je reprends mes études au cégep.  J’y rencontre Océane  et je sors brièvement avec Salomé
  • Janvier 1997, parce que la mère de mes enfants m’a mis des bâtons dans les roues de mes études une fois de trop, le cégep m’annonce qu’ils n’acceptent plus que je m’y réinscrive.
  • Février ’97, le propriétaire des résidences étudiantes me rencontre et m’offre le poste de superviseur de la place. 
  • Juin ’97, on m’offre un travail au service à la clientèle pour Air Canada. 
  • Aout ’97, puisqu’on me donne l’horaire de soir, le propriétaire des résidences étudiantes me prie de quitter mon poste et mon appartement, puisque je ne puis plus être au service des résidents après leurs heures de cours.
  • Septembre ’97, Geneviève refait apparition dans ma vie.

Je la rencontre par hasard en face du IGA sur la rue Monk dans le quartier Ville-Émard, en revenant d’aller visiter mes enfants chez mon ex.  Voilà deux ans que nous nous sommes rencontrés pour la première fois.  Elle a maintenant 20 ans et moi 29. Nos situations respectives ont changé. J’ai maintenant un travail de bureau bien payé, et elle a encore une année à faire au cégep.   Depuis le temps que nous sommes ex, elle n’a plus l’air de me voir comme étant un pestiféré à éviter à tout prix.  Et puisqu’elle vient tout juste de recevoir son prêt étudiant, elle considère que les dépenses pour se payer du bon temps sont de mise. Pendant une semaine, on se voit presque à chaque jour.  Ou bien on sort avec nos vieux amis, ou bien on va juste tous les deux à un resto, ou bien je vais tout simplement passer la soirée chez elle après qu’on se soit loués quelques films.  Elle habite maintenant au coin des rues Monk et Jolicoeur, juste au-dessus d’un club vidéo, avec son frère et une amie du nom de Cassandra. Et on se jase de long en large de tout ce qu’on a pu faire tout ce temps-là.  Elle me raconte, entre autres, les expériences sexuelles qu’elle a eues avec trois gars au fil des mois, et même du fait qu’un soir elle était tellement allumée et en manque qu’elle s’était filmée en plein séance de plaisir solitaire avec une caméra empruntée au cégep.

Un soir, alors que nous étions couchés sur son lit après avoir regardé un film sur sa télé située au pied de son futon, elle se retourne vers moi et me dit:

« Ça t’tentes-tu qu’on s’masturbe? »

Je la sais directe et sans-gêne, mais j’avoue que je ne m’attendais vraiment pas à l’entendre, celle-là.  Aussi, je lui demande:

« T’es-tu sérieuse? »
« Oui! »
« Bon, euh… Tu veux dire, chacun de son bord, ou bien mutuellement? »
« Comme tu veux! »

Terriblement en manque sexuel, je décide de ne pas perdre de temps.  Je glisse ma main dans son jeans détaché et je passe à l’action.  Au bout de quelques minutes, elle me fait arrêter.

« Ouf! Chus v’nue deux fois!  Pourquoi qu’t’étais pas aussi bon quand on était ensemble? »

Orgueilleux comme le mâle typique que je prétends ne pas être, je répond:

« J’ai toujours été aussi bon.  C’est toi qui était vierge au début.  Tu ne pouvais donc pas apprécier mes talents à sa juste valeur. »
« En passant… Mon frère a décidé de décrisser dans une semaine.  Ton propriétaire aussi veut que tu décolles, non?  Pourquoi qu’tu viendrais pas rester icite? »

Bien qu’elle ne m’ait fait aucune promesse, le simple fait qu’elle me propose la colocation tout de suite après notre séance masturbatoire, c’était suffisant pour que je m’imagine automatiquement que ça voulait dire qu’en habitant chez elle, nous pourrions avoir des activités sexuelles ensemble.  Étant donné la libido que je me trimbalais à ce moment-là, rien de surprenant à ce que j’aille accepté son offre. Elle avait vraiment bien calculé son coup pour me manipuler.  Et moi, j’ai foncé dans le piège les pieds joints et les yeux fermés.

À suivre

Geneviève la coloc de l’enfer, 2e partie: Une courte relation de couple.

Le lendemain, après le déjeuner, ma mère me remet un petit colis. Ce sont mes nouveaux paquets de verres de contact. Ce sont des lentilles jetables au bout de quatre semaines et j’en ai douze paires, soit suffisamment pour l’année 1996 qui s’en vient. Je me rends à ma table de travail et j’y ouvre les deux boites. Je prends ensuite un marqueur au feutre. Geneviève me demande :

« Tu fais quoi? »
« J’ai ici deux boites de verres de contact. Sur celle-ci c’est écrit « gauche », et sur celle-là c’est écrit « droite ». Mais comme tu peux voir, sur les contenants individuels de chaque lentille, il est juste écrit les degrés de forces, soit -8.25 et -9.00. Je vais donc écrire  G pour gauche et D pour droit sur chacun des petits contenants, au cas où j’en égarerais les boîtes. »
« Ouain! C’est vrai que c’est pas pratique pour ceux qui ont pas de tête. Comme toé! »

Hum!?  J’ai beau avoir le sens de l’humour et de l’autodérision, je reste quelque peu surpris par cette remarque, et en particulier par le ton condescendant avec lequel elle me l’a dite. Surtout que le simple fait que j’ai pensé à identifier de la sorte mes contenants de verres de contact, ça prouve que je suis aussi débrouillard que prévenant. Donc tout le contraire de quelqu’un qui n’aurait pas de tête, comme elle le dit. Mais bon, il m’est arrivé souvent par le passé de faire des remarques qui se voulaient humoristiques et qui ont été perçues par l’autre parti comme étant des insultes. Je mets donc la chose sur le compte d’une simple maladresse de sa part et n’en fais pas de cas.

Pour diner, je l’invite à un resto qui est une institution dans la région, le Ti-Père BBQ. Non pas la grosse salle de réception sur la rue Laframboise, mais bien le petit resto modeste ouvert depuis 1964 sur Dessaulles, soit juste à côté du petit bloc appartement où habitent mes parents. À partir du moment où elle met un pied dans le resto jusqu’à notre départ une heure plus tard, elle ne cesse de bitcher : La place est petite, ça a l’air quétaine, le service est trop rapide parce qu’ils ne lui laissent pas le temps de choisir, les frites sont molles, la sauce est trop piquante, la salade est trop vinaigrée, le poulet goûte la marde…

« En tout cas, si t’aimes ça manger icite, ça montre que t’as vraiment pas d’goût! »

Je veux bien croire que ce n’est pas le St-Hubert BBQ. Mais tout de même, si ça existe depuis aussi longtemps, il doit bien y avoir une raison.  (Au moment où j’écris ces lignes en 2014, soit 19 ans plus tard, ils viennent de fêter leur 50e anniversaire.)  Plus découragé par son négativisme qu’insulté personnellement, je lui réponds objectivement :

« Ouain! Je suppose que c’est comme le vegemite pour les australiens. Il faut être originaire de la région et avoir été élevé avec ça pour pouvoir pleinement l’apprécier. »
« Ben là, frustre pas, calice! »

Euh… « Frustre pas, calice! » !?  Ma réponse a pourtant été dite avec calme, logique, sans contenir la moindre trace d’agressivité, ni dans le ton ni dans les mots ni même dans les intentions.  Je n’ai fait rien d’autre que me montrer compréhensif.  Où est-ce qu’elle peut bien voir la moindre frustration de ma part là-dedans?  Surtout que, puisque c’est elle qui chiale contre tout, si l’un de nous deux est frustré, ce n’est selon toute logique certainement pas moi.  Bref, je ne comprends rien à son comportement.

Le soir venu, chez mes parents, elle me fait subir une combinaison de ses deux sautes d’humeur précédentes, soit l’attaque personnelle comme au matin, et la critique négative de la nourriture comme à midi.  Au souper, comme entrée, il y a de la crème de brocolis.  Je lui sers son bol.  D’un ton de voix aussi dégoûté que son air au visage, elle dit:

« Hostie que ça a d’l’air dégueulasse! On dirait du vomi, ton affaire! Où c’est qu’t’as appris à cuisiner? »
« C’est pas moi qui l’a fait.  C’est juste une crème Campbell’s que j’ai réchauffé. »

Elle prend sa cuiller et y goûte.  Sur le même ton méprisant, elle conclut:

 « Ah, ok, c’pour ça que c’est quand même mangeable. »

Ma mère me regarde, démontée.  Elle ne dit rien mais je vois bien dans son regard qu’elle est abasourdie de ce comportement aussi agressif qu’impoli.  Je me contente de hausser les épaules, me demandant moi-même quel peut donc bien être son problème aujourd’hui.  Qui sait, peut-être regrette-t-elle de m’avoir donné sa virginité? Il est vrai qu’elle avait l’air surprise, une fois l’acte terminé, d’apprendre que coucher avec elle n’avait jamais été mon but en l’invitant ici. Et puis, il ne faut pas oublier que j’ai 27 ans, que je suis divorcé ou l’équivalent, déjà père de trois enfants, et de nouveau chez mes parents depuis ma séparation.  Je suppose que je suis loin de correspondre au partenaire idéal de la première fois d’une fille de 18.

Tout le long de notre relation de couple, son humeur n’a que deux settings avec moi: Neutre ou bien agressif.  J’essaye quelquefois de lui demander pourquoi elle agit ainsi envers moi, mais tout ce que ça me rapporte, ce sont des accusations d’être un frustré de la vie qui me défoule sur elle.  Je pourrais balayer ses dires du revers de la main comme autant d’accusations farfelues sans pertinence.  Mais voilà, puisque je sors d’une relation abusive avec la mère de mes enfants, je me dis que dans le fond, ça pourrait être possible.  Peut-être qu’elle dit vrai, que je fais vraiment ce dont elle m’accuse, et que je ne m’en rend pas compte.  Aussi, un jour, je lui demande qu’est-ce qu’il y a dans mon comportement qui lui fait dire ça.  Sa réponse:

 « Ça se voit tout seul.  Si t’es trop cave pour le voir toi-même, ça servirait à rien que j’te l’dise! »

Bon! Ça valait bien la peine d’avoir l’esprit ouvert. :/

Au bout de dix jours, soit la veille des vacances de Noël, Geneviève me laisse une enveloppe sur mon bureau au local du Vox Populi.  Il s’agit d’une lettre de rupture dans laquelle, après m’avoir servi le classique « C’est pas toi, c’est moi », elle conclut en me disant qu’il vaudrait mieux pour nous deux que l’on ne se voit pas pendant deux ou trois semaines.  Je prend la chose avec un grain de sel. Après tout, pour une fille qui n’a de cesse de me jeter des blâmes, le simple fait qu’elle prenne sur elle la responsabilité de la rupture, ça démontre bien qu’elle avait hâte d’en finir.  C’est aussi bien!  Une fille qui est heureuse en couple n’agit pas envers son chum comme elle le faisait avec moi.  Et par conséquent, je ne pouvais pas être heureux non plus. Ce sont des situations de couple comme la notre qui font qu’existe le proverbe Mieux vaut être seul(e) que mal accompagné(e).   Je tiens cependant à la rassurer en lui montrant que j’ai l’esprit ouvert.  Sachant qu’elle vient de partir en bus, je saute dans mon auto et je pars l’attendre devant chez elle.  Dix minutes plus tard, lorsqu’elle arrive, elle a un mouvement de recul en me voyant.

« Hostie! Je l’savais que tu viendrais chez nous! JE L’SAVAIS! »

Je pars à rire, amusé de sa réaction.  Je m’y attendais.  Aussi, je lui dis en souriant:

« Ha! Ha! Mais non, voyons! C’est pas comme tu penses.  Je te rassures tout de suite, chuis pas venu ici pour t’engueuler ou te convaincre de reprendre, et encore moins pleurnicher en te demandant « Pourquôaaaaa? »  Je veux juste te dire que t’as pas à t’en faire, ok?  Je comprends ta décision, je la respecte et je l’accepte.  T’as pas à avoir peur de moi ou de ma réaction.  Regarde, avant de sortir ensemble, on était des bons amis et on s’entendait bien.  Je ne vois pas pourquoi ça devrait être différent maintenant qu’on a vu qu’on n’était pas fait pour être en couple.  Comme tu me l’as demandé, je vais te foutre la paix durant nos vacances de Noël.  Mais je tenais quand même à te préciser que pour moi, tout est correct, je n’ai aucun problème avec ta décision.  Ça te va? »

Tout le long de mon discours, elle reste en retrait.  Elle a l’air incertaine, mal à l’aise, voire même quelque peu craintive.  J’aurais dû m’y attendre.  Si elle a passé sa vie à être aussi abusée qu’elle me l’a dit, je peux comprendre pourquoi elle a peur de moi en ce moment.  Aussi, lui ayant dit ce que j’avais à dire, je n’insiste pas.   Je la salue, lui souhaite un bon congé de Noël, puis je remonte dans l’auto et repars en direction de chez moi, à St-Hyacinthe. 

« Bon! C’est un peu décevant que je ne saurai jamais exactement pourquoi elle a passé une semaine et demi à me maltraiter de la sorte.  Mais dans le fond, ça n’a aucune importance.  Ce qui compte, c’est que maintenant que je ne sors plus avec elle, les abus sont terminés. »

Next: Un an plus tard.

Geneviève, la coloc de l’enfer, 1e partie: La rencontre.

(Ce texte fait partie de la série La Conflictuodépendance.)

C’est au début d’octobre de l’an 1995 que j’ai rencontré Geneviève. Ou plutôt, qu’on m’a chargé de m’en occuper. J’avais 27 ans et j’étais de retour aux études, au cégep, après dix ans de vie adulte. Geneviève avait 18 ans et a dû commencer en retard à cause qu’elle avait passé son été à l’hôpital psychiatrique Douglas, ce qui lui fit rater la rentrée et le premier mois. La prof de français m’a porté volontaire pour l’aider à se rattraper, rapport que j’étais un des meilleurs de la classe. C’est ainsi que, par obligation de travail, nous sommes devenus amis.

Originaire d’Abitibi, à Montréal depuis peu, elle connait très peu de gens ici et a encore moins d’amis. Ses parents sont divorcés, elle a des relations tendues avec sa mère, distantes avec son père, et abusives avec son frère qui, bien qu’il soit de deux ans son cadet, la méprise et la maltraite. Cette situation n’est pas nouvelle pour elle, qui a passé une partie de son adolescence en refuge pour jeunes filles abusées. C’était d’ailleurs l’une des rares du refuge à être encore vierge.

« Remarque, j’me plains pas de jamais m’être fait violer. Au contraire! » me dit-elle. « Mais en même temps, ça montre à une fille qu’elle peut être tellement reject que même sexuellement, personne n’en veut. »

Elle s’est retrouvée à Douglas suite à un genre de tentative de suicide par grève de la faim progressif. Puisqu’elle n’était pas vraiment anorexique, son geste a été diagnostiqué comme étant un simple appel à l’aide. Dès qu’on le lui a fait comprendre, elle a pu être relâchée. Sortant moi-même d’une longue relation abusive avec la mère de mes enfants, je pouvais parfaitement comprendre pourquoi elle avait craqué. J’ai donc décidé de lui donner un break en l’aidant, et pas seulement dans le cours de Français. J’étais, depuis peu, rédacteur en chef du Vox Populi, le journal étudiant de mon cégep. Ce poste venait avec un groupe de collaborateurs qui sont vites devenus amis. Nous recevions toutes sortes d’invitations pour des premières, films, théâtre, lancements, etc. Puisque nous n’avions pas de photographe officiel, je lui ai offert la place. Elle a accepté. Et c’est ainsi qu’elle s’est retrouvé avec un poste officiel, une utilité, des amis et une vie sociale. Elle était heureuse et m’en fut reconnaissante.

Deux mois et demi plus tard, mi-décembre 1995. Vendredi midi, après notre dernier cours de la journée, alors que je m’apprête à aller la reconduire chez elle en auto, elle me demande ce que je fais ce weekend.  Elle n’a rien à faire, pas d’amis libres, et craint de s’ennuyer ferme.  Je lui propose donc de m’accompagner en venant passer le weekend chez mes parents, à St-Hyacinthe. Elle accepte. Je n’avais aucune idée derrière la tête, mes intentions n’étaient qu’amicales. De toute façon, jamais je n’aurais imaginé qu’une fille de 18 ans pouvait s’intéresser à un vieux de 27. Pourtant, ce soir-là, à ma grande surprise, elle m’a offert sa virginité. Ce geste m’a touché car je considère que c’est un grand honneur. Surtout que je n’aurais jamais imaginé qu’à mon âge, je puisse encore recevoir ce genre de cadeau. Une fois l’acte terminé, je le lui dis.  Elle répond:

« Ben là? C’est pas ce que tu voulais? Pourquoi tu m’as invité à passer la fin de semaine avec toi, d’abord? »
« Euh… Pour pas que tu t’ennuies chez vous, comme tu m’as dit que tu craignais qu’il arrive? »

Elle ne répond pas.  On garde le silence une minute ou deux.  Puis, avant de s’endormir, je lui ai demandé si ça signifiait qu’on était un couple. Elle m’a dit que oui, mais…

« Si ça t’dérange pas, j’aimerais mieux que personne le sache. »

Oui, j’avoue, ça me dérangeait un peu. Depuis mon retour au cégep, mes excellentes notes, la vie sociale qui m’est tombée dessus par elle-même, le poste de rédacteur en chef que l’on m’a offert sans que je le demande alors que je ne me m’y étais présenté que comme simple illustrateur, mon texte au sujet des décrocheurs que le prof de Philosophie utilise en tant que sujet de devoir pour ses cours, tout ça me démontrait que ma période reject et loser était définitivement derrière moi. Aussi, devoir revivre la situation de la fille qui a trop honte que l’on sache qu’elle a une relation avec moi, ça me rabaissait inconfortablement à cette période de ma vie que je croyais révolue. Mais bon, comme je le disais plus tôt, ça m’étonnait, aussi, qu’une fille de 18 ans puisse s’intéresser à un vieux de 27. Et puisqu’elle est à l’âge où les apparences comptent, surtout dans le cercle social, je peux comprendre pourquoi elle pourrait ressentir une certaine gêne à avouer qu’elle est en couple avec moi. Aussi, je l’ai rassurée comme quoi je comprenais et acceptais.

Et sur ce, je m’endormis, loin de me douter que c’était la dernière fois que je verrai cette version de Geneviève, une version douce, gentille et amicale.

à suivre

2e partie: Savoir reconnaitre la conflictuodépendance.

Une personne qui initie un conflit n’est pas nécessairement conflictuodépendante. En fait, il y a trois raisons qui poussent les gens à initier des conflits :

Par obligation. Dans ce premier cas, la personne est mêlée à une situation qui ne peut plus durer, ou bien elle voit la situation arriver. Elle est donc obligée d’intervenir, soit pour prévenir, soit pour guérir. Cette personne a généralement des raisons pertinentes d’initier ce conflit. Ce dernier se règle donc pour peu que l’autre reconnaisse et/ou cesse ses agissements reprochables. Ce n’est pas de ce genre de personne dont il sera question dans cette série de billets.

Par plaisir personnel. Il y en a qui aiment la confrontation. Qu’ils aient tort, qu’ils aient raison, ils vont l’initier. Si l’autre se défend, on va assister pendant quelques heures, voire quelques jours, à des attaques, défenses, arguments, contre-arguments, répliques, jusqu’à ce que, à court d’arguments, l’un, l’autre ou les deux abandonne(nt), laissant le conflit dans une impasse, chacun restant sur ses positions. Là encore, ce n’est pas d’eux dont nous parlerons.

Par besoin. Comme dans le cas précédent, cette personne ira initier le conflit.  Et peu lui importe si elle a raison ou tort, puisque son but premier n’est pas de chercher la vérité mais bien de gagner le conflit.  Elle tient tellement à cette victoire que tant et aussi longtemps que l’autre ne lui dira pas ce qu’elle veut entendre pour le caler, elle insiste, persiste, s’acharne.  Mais dans ce cas-ci, elle prend toute défense comme une attaque personnelle. Dans sa tête, consciemment ou non, quand on l’empêche de rabaisser les autres plus bas qu’elle, c’est comme si on la rabaissait elle plus bas que les autres.  Il n’en faut pas plus pour qu’elle se sente attaquée, insultée et blessée. Elle réagit donc en sautant une coche, attaquant l’argumenteur plutôt que l’argument, traitant l’autre de susceptible, s’abaissant à l’accuser de mille choses rarement pertinentes. Et toute tentative pour essayer de discuter avec elle des raisons de ce comportement ne produira de sa part que fuite et/ou déni. Elle ira plutôt se victimiser en accusant les autres de chercher à la faire se sentir inférieure, l’écraser, lui faire du mal. Avec elle, il n’y a pas d’entre-deux : Ou bien elle agit de façon abusive, ou bien elle se décrit comme étant abusée. Puisque son bien-être moral dépend de sa capacité de créer et gagner des conflits, ça en fait une conflictuodépendante.  C’est de ces personnes-là dont il sera question.

Je ne m’en suis pas rendu compte sur le coup, mais j’ai plusieurs fois écrit des billets de blogs où il était question de gens conflictuodépendants. Par exemple, dans le billet 50 personnalités clichés que l’on retrouve dans les communautés virtuelles, il y en a plusieurs qui peuvent entrer dans cette catégorie.  Par exemple:

15- Le RéponDétourneur / La RéponDétourneuse
Lorsqu’on lui parle à raison des torts qu’elle a, cette personne répliquera avec une question au lieu d’adresser le sujet. Une question qui essaye nous faire passer comme ayant un problème mental ou comportemental. Une question du genre de: « Bon, t’as-tu fini, là? », « Bravo, tu as exprimé tes frustrations. Ça va mieux? » ou bien « Coudonc, t’es-tu en SPM? ». Ce qui apporte l’aberration de cette dernière phrase à l’échelon supérieur, c’est que dans 90% des cas, c’est une fille qui la pose à un homme, et que c’est le genre de fille qui ferait une révolte monstre si c’était un homme qui la poserait à une femme.

16- La MartyRisible
Cette fille se permet tous les écarts de conduites possible sur un forum et/ou un chat: Insultes déguisées en blagues, mensonges compulsifs et sans fin, humiliation d’autres membres sur un coup de tête, harcèlement, etc. Mais quand on essaye de discuter avec elle au sujet de ces comportements inacceptables, alors là elle part à brailler que son loyer est en retard, sa grand-mère vient de se faire diagnostiquer un cancer, son beau-frère est dans le coma, ses ex la battaient, sa cousine lui pique tous ses amoureux potentiels, son patron cherche juste une bonne excuse pour la mettre dehors, elle a été victime d’un viol collectif à l’age de 4 ans au mariage de sa tante par les 97 gens présent incluant le prêtre et le traiteur, elle n’arrête pas de grossir même si elle prend juste un repas à tous les 48 heures, et maintenant on l’accuse d’être la cause de tous les problèmes du forum incluant probablement ceux arrivés 7 ans avant qu’elle en devienne membre. C’EST TROP INJUSTE!!! Elle conclut alors qu’elle va quitter la place pour toujours… Ce qu’elle fera, pendant environs 36 à 48 heures, avant de revenir et de recommencer.

19- L’AutoMartyr
Celui-ci possède deux caractéristiques particulière. La première: Il se choisit un nom dans le style de Le Maudit, Martyr, Le Banni, Cursed, Reject, Paria, et autres mots pouvant signifier « Pauvre de moi, tout l’monde me haït. »  La seconde: Il se comporte de façon à mériter ce nom en faisant tout pour se faire haïr des autres. Bref, il s’agit d’un passif-agressif qui manipules les gens dans le but de faire de son nom une prophétie autoréalisatrice. Ça a un double but: D’abord pour le fun de pouvoir contrarier les autres à loisir, et ensuite  pour pouvoir blâmer les autres en les accusant d’être des bitchs qui l’attaquent par mesquineries personnelles.

20- L’HypoCritique
Elle commence par faire des critiques rabaissantes. Lorsque la personne visée par ces critiques ose lui répondre, l’HypoCritique va devenir susceptible et se mettre sur la défensive en lui répliquant hypocritement : « Hostie que t’es susceptible et/ou sur la défensive. » C’est ça l’avantage d’être attaqué par une personne HypoCritique: Tout ce dont elle t’accuse après ta première réponse s’applique d’abord à elle-même.

21- Le ManipulActeur / La ManipulActrice
Cette personne constate qu’elle ne peut pas avoir le dessus sur toi parce que tu as des arguments pertinents pour appuyer ton opinion, tandis qu’elle n’en a aucune pour justifier d’être contre. Elle essaye donc de te manipuler à te taire, en t’accusant d’être un manipulateur, donc que tes arguments ne sont que manipulations. Bref, elle te donne son rôle tout en essayant de prendre le tien.

28- L’insulTannant / L’insulTannante
Cette personne considère qu’insulter quelqu’un est une forme d’humour acceptable, alors elle ne s’en gêne pas. Et si son commentaire est suivi d’un lol ou d’un 😉 alors il faut s’attendre à ce que le dit commentaire soit particulièrement rabaissant. Si on le lui fait remarquer, l’InsulTannant va se montrer très surpris qu’on prenne son commentaire si mal, et il s’en défendra en utilisant la grande classique « J’essayais juste de détendre l’atmosphère » en rajoutant que les gens de ce forum sont vraiment susceptibles.

Dans la série Les dommages collatéraux de l’auto-importance démesurée, je raconte comment je provoquais Allen, mon supérieur immédiat au travail, afin de pouvoir ensuite me plaindre à notre patron comme quoi, pauvre de moi, Allen cherche juste à me causer des problèmes. Mon but en faisant ça était de rabaisser Allen.  Mon orgueil avait besoin de ça.  Mais quand le patron a vu clair dans mon jeu et m’a congédié, j’ai passé une partie de l’après-midi à me plaindre comme quoi la société est injuste envers les gars comme moi.  Tout est là:

  • Initie le conflit.
  • Cherche à rabaisser l’autre plus bas que moi.
  • Insiste, persiste, s’acharne. (à manipuler Allen à me chercher du trouble, à prouver au patron qu’il fait erreur de le garder à son emploi)
  • Refuse de discuter avec le patron sur les raisons de mon comportement.
  • Passe aux accusations/insultes.
  • Me victimise.

Dans le premier chapitre de la série Fantasme VS réalité: Le ménage à trois, il y a ce passage dans lequel non seulement une fille essaye de me faire passer pour ce que je ne suis pas, et ce de façon particulièrement persistante.  Et elle réagit très mal lorsque je lui explique de façon objective pourquoi elle se trompe à mon sujet:

TAMARA: Pis toi, Steve, t’es tu bi?
MOI: Non, straight!
TAMARA: Comment tu l’sais?
MOI: Le fait que je suis attiré par les filles et non par les gars, j’dirais que c’est un assez bon indice comme quoi chus hétéro.

TAMARA: Mais t’as jamais couché avec un gars?
MOI: Non.
TAMARA: Comment tu l’sais que t’es pas bi d’abord?
MOI: Parce que ‘me semble que c’est pas mal difficile de se prétendre bi quand on a toujours eu rien que des relations hétéros.
TAMARA: Ça veut rien dire.
MOI: Euh… J’comprends pas.

TAMARA: Tu dis que t’as jamais couché avec un gars.
MOI: Exact!
TAMARA: Ben dans ce cas-là, comment tu l’sais, que t’es pas bi, si t’as pas essayé?
MOI: Pour autant que je sache, la raison pourquoi on a du sexe, c’est pour répondre à nos désirs sexuels. Puisque je n’ai jamais eu de désirs sexuels pour les gars, je peux donc affirmer être straight.

C’est pourtant logique. Je ne vois pas comment on pourrait être plus clair.

TAMARA: Oui mais r’garde… Si t’as jamais couché avec un gars, tu peux pas dire que t’aimes pas ça.
MOI: Ben oui!
TAMARA: Ben non! Tu peux pas dire que t’aimes pas kek’chose sans l’avoir essayé.
MOI: Mais oui je peux: Puisque je n’ai pas envie de le faire, alors c’est évident que je n’aimerais pas le faire.

Loin de voir mon point de vue, Tamara soupire de découragement.

TAMARA: Pffff….  Ah, moi, le monde qui ont des préjugés…
MOI: Des préjugés?
TAMARA: Tu juges sans savoir si t’aimerais vraiment ça ou non baiser avec un gars. Tu peux pas l’savoir sans l’avoir fait. Tsé, quand t’es dans l’noir total pis que tu te fais sucer, tu peux pas l’savoir si c’est un gars ou une fille qui te suces.  Tu vas trouver ça bon pareil.  Fa que c’est quoi la différence, d’abord? Y’en a pas!

Sophisme à l’état pur.  Tandis que je compose mentalement une réplique pour lui expliquer où se situe l’erreur dans son jugement, elle conclut avec une phrase qui m’insulte quelque peu.

TAMARA: T’sé, on ne peut pas être épanoui sexuellement quand on n’a pas l’esprit ouvert.

[…]

MOI: Puisque tu es une personne ouverte d’esprit, tu pourrais peut-être répondre à une question qui me tracasse depuis ben longtemps.
TAMARA: Vas-y!
MOI: Pourquoi est-ce que les personnes qui se disent être ouvertes d’esprit sont toujours celles qui ont l’esprit le plus fermé au fait que les autres puissent avoir des goûts différents des leurs?

Elle ne répond pas.  Je continue:

MOI: En fait, il me semble que la première chose qu’on est supposée démontrer quand on a un esprit ouvert, c’est avoir du respect pour les gens qui sont différents de nous. Par exemple: Toi t’es bi.  Donc t’es différente de moi qui suis straight.  Moi, je respecte ton orientation sexuelle et je ne la questionne pas, même si elle est différente de la mienne.  Pourquoi est-ce que faire pareil avec les autres, c’est si difficile pour toi?

[…]

MOI: Tu vois, quand je suis retourné aux études il y a 3 ans et que je restais aux résidences étudiantes. Il est arrivé un soir qu’on se retrouve à 5 personnes à baiser dans ma chambre: Moi et ma blonde de l’époque, l’amie de ma blonde, son chum et une de leurs amies. Il n’y avait pas d’échange, c’était plus un trip de voyeurisme qu’autre chose.  Mais je me suis rendu compte que la présence d’un autre gars tout nu dans la pièce, ça m’intimidait. C’était la première fois de ma vie que je bandais mou alors que j’étais en contexte sexuel. Si chus juste capable de la garder raide à 60% rien qu’à voir un gars tout nu, j’ose à peine imaginer ce que ça va être s’il me touche.
TAMARA: Ben là, c’est parce que tu t’es pas donné la chance d’apprendre à aimer ça. Faut se forcer au début, tsé. Faut que tu te donnes le temps de t’y faire.
MOI: Euh… C’parce que, me semble que le sexe, c’est laisser libre cours à ses désirs et à ses envies. Pourquoi est-ce que j’aurais du sexe avec quelqu’un pour qui je ne ressens ni désir ni envie? À partir du moment ou il faut apprendre à aimer ça, c’est parce qu’on n’aime pas ça. Quand le sexe arrête d’être quelque chose que l’on aime, ça devient quelque chose que l’on est obligé de faire. Quand c’est une obligation, c’est pu du plaisir. Pis pour être franc… Me semble que juste le principe d’être forcé à faire quelque chose sexuellement… C’est un viol. Non?

Tamara ne répond pas à ça. Je suppose qu’elle voit la logique dans mon explication. Je conclus donc mon point avec la réplique que je planifiais lui servir plus tôt, soit celle qui explique où se situe l’erreur dans son jugement,:

MOI: Pis, ben, ton histoire comme quoi je devrais aimer coucher avec un gars parce que dans le noir je ne peux pas voir la différence entre un suceur masculin ou féminin… C’est comme si je te disais que tu devrais aimer l’inceste, parce que dans le noir, tu ne saurais pas faire la différence entre un cunnilingus donné par ton chum ou un donné par ton père. C’est pas une question qu’une bouche sera pas aussi bonne que l’autre. C’en est une de désirer un partenaire plutôt que l’autre. D’être à l’aise avec un partenaire plutôt qu’un autre. C’est tout. J’veux dire, peu importe la raison pourquoi tu veux pas coucher avec quelqu’un, le simple fait que tu veux pas coucher avec, c’est une raison suffisante pour pas le faire. Non?

Tamara garde le silence. En fait, pendant près d’une minute, personne ne dit rien. J’ai comme une vague impression qu’un malaise plane dans le véhicule. Ce malaise se confirme lorsque Tamara brise son silence et demande à Britney de lui refiler le premier album des Colocs, qu’elle met dans le lecteur CD et fait aussitôt jouer à tue-tête.

Et dans ce chapitre, son comportement m’est expliqué par une amie commune:

MOI: Pis sa remarque, là, comme quoi j’allais encore l’engueuler comme dans le char… Que c’est ça, cette insistance-là qu’elle a à me faire passer ou bien pour un cave ou bien pour un chialeux?
JULIE: C’parce qu’à pense que tu la juges sur sa sexualité.

Cette accusation injustifiée me fait sauter au plafond.

MOI: Que…?  Moi, la juger ELLE? Alors que c’est elle qui n’arrête pas de me chier dessus parce que chus straight!?
JULIE: C’est parce que pour elle, le fait que tu lui ais dit que t’étais straight, sans vouloir essayer autre chose, c’est comme si tu lui disais que c’t’une salope d’être bi.

Je suis en totale aberration devant ces paroles.

MOI: Ben voyons donc? Comment est-ce que la sexualité de quelqu’un pourrait constituer une attaque personnelle contre la sexualité d’une autre? Ça n’a pas de bon sens.

Tout est là:

  • Initie le conflit sans raison valable.
  • Insiste, persiste, s’acharne. (sur la bisexualité de l’autre)
  • Passe aux accusations/insultes (Accuser l’autre d’avoir des préjugés, d’avoir l’esprit fermé)
  • Refuse de discuter sur les raisons de son comportement.
  • Fuit le conflit (en mettant de la musique tellement fort que ça empêche de parler) lorsqu’elle est confrontée à la preuve indéniable qu’elle était dans le tort.
  • Se victimise en prenant mes explications pour des attaques personnelles.

À la fin de ce chapitre de la série Harceler Nathalie, j’ai ce joyeux exemple avec mon père :

Ce n’est pas faute d’essayer d’être conciliant.  Par exemple, un soir alors que j’ai terminé de regarder la télé au salon, mon père est assis à la table de la salle à diner adjacente. Là où il est, il peut apercevoir l’écran de télé.  Histoire de faire plaisir à ma mère, même si elle n’est pas là, j’opte pour faire en sorte de ne pas provoquer sa colère en gardant la télé allumée ou bien fermée par erreur. Il m’a déjà disputé par le passé dans les deux cas.  Mais bon, à quoi s’attendre d’autre d’un gars qui m’a engueulé sans retenue il y a 2 ans en m’accusant d’avoir détraqué la couleur de la TV sur la chaine 12, parce que les reprises de l’émission The Honeymooners (diffusée originalement en 1955-1956) qui y passaient était en noir et blanc. Voilà pourquoi je choisis d’être prudent et de poser lui la question suivante:

MOI: Est-ce que je ferme la télé ou bien tu veux l’écouter?

De son habituel ton sévère et méprisant, il me répond:

PÈRE: Rouvre tes yeux, tabarnak! Chus dans’ cuisine, je r’garde pas la TV. Pense avec ta tête, calice!

Révolté, je me lève, monte le ton et lui dit d’un air exaspéré:

MOI: Quand je ferme la TV, tu chiales parce que tu veux l’écouter.  Quand je laisse la TV allumée, tu chiales parce que personne ne l’écoute.  Pis quand je prends la peine de te poser la question justement pour pas t’entendre faire du chialage, là tu…

Pour toute réponse, mon père se lève, me tourne le dos en levant les bras et dit un très impatient « OK! OK! OK! OK! » avant de sortir de la maison. Tandis qu’il passe dehors devant la fenêtre du salon, je l’entends se parler à lui-même:

PÈRE: Christ d’enfants de cul de tabarnak, il faut toujours qu’ils aillent raison, hostie. Ça mériterait juste une bonne coupl’ de calice de coups de pieds dans l’cul.

Tout est là:

  • Initie le conflit sans raison valable. 
  • Refuse de discuter sur les raisons de son comportement.
  • Fuit le conflit lorsqu’il est confronté à la preuve indéniable qu’il n’avait aucune raison valable de l’avoir initié. 
  • Passe aux accusations/insultes. 
  • Se victimise. 

Sinon, mon billet sur La lâcheté davidienne décrit un comportement typique de gens souffrant de conflictuodépendance.   Et que dire du billet Insulter en prétendant que c’est de l’humour.  Je n’y parle que de ça. On y retrouve d’ailleurs quelques phrases dites par Geneviève la coloc de l’enfer, dont je ne cesse de promettre de remettre son histoire en ligne.

À suivre

Prochaine série / prochain billet: La conflictuodépendance

Je me suis rendu compte aujourd’hui que dans ma vie, j’ai eu à faire avec six personnes qui, sans ne jamais s’être rencontrées, avaient exactement le même comportement négatif envers moi ainsi qu’avec la majorité de leur entourage.  Faute d’un meilleur mot, j’ai nommé ce comportement la conflictuodépendance.

Qu’est-ce que la conflictuodépendance?
Il ne s’agit pas simplement de quelqu’un qui aime les situations de conflits.  C’est également quelqu’un qui en a besoin pour vivre.  Cette définition n’est ni un sarcasme ni une exagération.  De mon père à quelques une de mes ex en passant par la légendaire Geneviève la coloc de l’enfer, de quelques amis que j’ai eu aussi bien sur le net que dans la vraie vie, ils avaient tous ces quelques points en commun:

  • Recherche constamment à démontrer aux autres qu’il vaut mieux qu’eux, en sait mieux qu’eux, est plus logique qu’eux.
  • Recherche constamment à rabaisser les autres plus bas que lui.
  • Utilise la moindre opportunité de trouver une bonne raison de le faire.
  • Au besoin, s’invente des raisons: Mensonges, exagérations, déformations des faits, interprétation farfelue (et négative) des faits, gestes et paroles des autres.
  • Tant et aussi longtemps que l’autre ne lui dira pas ce qu’il veut entendre pour le caler, il insiste, persiste, s’acharne.
  • Ne réserve pas ce comportement que pour ses ennemis/rivaux.  Il s’attaque tout autant à ses amis, membres de sa famille, conjoint(e), etc.
  • Et surtout, et c’est là que se justifie la section dépendance du mot, il prend très mal la moindre contrariété dans ses efforts de démolition d’autrui.  Même si cette contrariété est aussi anodine que de lui pointer une erreur dans un aspect de son jugement de l’autre, ce sera suffisant pour qu’il entre dans une colère noire.
  • Colère qui se manifestera ironiquement en accusant/projetant sur l’autre, à tort, son propre comportement négatif.  Exemple: Accuser l’autre de vouloir rabaisser son entourage, alors que c’est lui-même qui l’a fait en attaquant l’autre pour commencer.  Accuser l’autre d’être frustré, même si l’autre reste calme. 
  • Refuse de reconnaitre qu’il a tort d’agir ainsi avec son entourage et préfère (essayer de faire) croire que l’autre a des motifs négatifs/immoraux de se défendre de ses attaques.
  • Fuit le conflit lorsqu’il réalise que celui-ci n’est pas en sa faveur car il n’a pas raison. 
  • Si on insiste à lui faire reconnaitre que ce comportement est négatif, il ira se victimiser: Accuser les autres d’essayer de la démolir, de l’humilier, de le rabaisser, jusqu’à faire semblant de sombrer dans la dépression, en accusant ceux qui n’acceptent pas sa bullshit d’être la cause de son état.
  • Cherche à rallier à sa cause les amis que sa cible et lui ont en commun.

La seconde moitié de cette liste démontre que les gens conflictuodépendants ont tellement besoin de rabaisser les autres que même si on ne les attaque pas en retour, le simple fait de les empêcher de le faire est suffisant pour les perturber.

Dans les jours et semaines qui vont suivre, je vais vous raconter mes expériences avec ces six personnes.  Et, à la demande générale (oui, on me l’a vraiment demandé plusieurs fois) je vais commencer avec Geneviève la coloc de l’enfer.

10 trucs que j’ai appris au sujet des riches en emménageant dans un édifice à condos de luxe

Il y a trois façons d’habiter dans un château : Naître une royauté, épouser une royauté ou servir la royauté. Ce dernier cas est le mien. Évidemment, puisqu’il n’y a pas de famille royale au Québec, il faut comprendre que ceci n’est qu’une figure de style que j’utilise afin de décrire ma situation actuelle. Car comme je l’ai raconté dans le billet Elle dit un truc et fait le contraire, ma vie a récemment eu droit à un upgrade :

    • J’ai passé d’un immeuble en béton de 22 étages à une tour de verre de 32.
    • J’ai passé d’un appartement à un condo.
    • J’ai passé d’un 3½ à un 4½½. Non, le second ½ n’est pas une faute de frappe, il y a deux salles de bain.
    • J’ai passé du vieux quartier Notre-Dame-de-Grâces aux nouveaux quartiers de l’Île-des-Sœurs.
    • J’ai passé d’un croisement de boulevards dans un quartier urbain d’où émane un constant bruit de circulation automobile et de sirènes de police, pompier et ambulance, à un très calme et silencieux quartier riverain.

  • Et surtout, j’ai passé de concierge dernier embauché, donc le gars avec le moins d’expérience, donc le plus incompétent aux yeux des patrons et collègues, à homme d’expérience et premier embauché, ce qui me mérite le poste de surintendant, soit la plus haute autorité de l’édifice après le gestionnaire.

Derrière cette liste de vantardises se cache une profitable leçon : Lorsque l’on a appris tout ce qu’il y avait à apprendre de notre environnement, lorsque l’on y a vécu tout ce qu’il y avait à y vivre, lorsque l’on arrive à un point où ne peut pas aller plus loin, il ne reste plus qu’à partir et continuer notre vie ailleurs. Ce n’est pas un signe d’instabilité. C’est au contraire se donner la chance de poursuivre notre évolution personnelle, chose pour laquelle notre environnement actuel nous fait obstacle. Car comme je le dis déjà dans le billet Les revoir? Pourquoi pas! Les re-fréquenter? Surtout pas!, il est bon de s’éloigner de ceux qui nous ont d’abord connus en tant que version inférieure de ce que nous sommes devenus. Car peu importe à quel point on s’améliore, dans leur tête on sera toujours tels qu’ils se sont habitués de nous voir, et ils seront instinctivement portés à nous garder dans cet état d’infériorité.

Très vieil exemple classique: Après plusieurs années à parcourir la Terre Sainte en tant que guérisseur et prophète respecté, Jésus est retourné à Nazareth, sa ville d’origine. Au lieu de l’écouter, les résidents s’en moquaient et le méprisaient. Pour eux, il n’était pas le fils de Dieu capable de changer l’eau en vin, multiplier la nourriture, marcher sur l’eau, guérir les malades et ressusciter les morts. Il n’était que le fils du charpentier, rien de plus. En constatant la réaction de ses compatriotes à son endroit, Jésus dit alors: « Nul n’est prophète en son pays. », une phrase encore valable aujourd’hui.

Mais je m’égare, comme d’habitude. Le véritable sujet de ce billet, c’est de décrire avec un brin d’humour le choc culturel que j’ai ressenti à passer de la classe pauvre/moyenne à la classe riche. Ou du moins, à l’environnement de la classe riche, car je suis loin de faire leur salaire. J’ai beau me vanter que j’ai mon condo à l’île-des-Sœurs, la seule raison pourquoi je l’ai est parce que mes patrons me le fournissent car mon poste me demande à être résident de l’édifice. Ce n’est pas comme si j’avais de la classe.

Donc, voici ce que j’ai appris au sujet des riches depuis que je suis ici:

1) Les riches sont allergiques à la lumière électrique.
Les trois dernières semaines où j’ai habité au coin de Cavendish et Sherbrooke Ouest, je débutais ma journée de travail en allant mettre du chlore dans la piscine intérieure située au 22e étage. De là, par les immenses vitrines, je contemplais au loin les tours à condos où j’allais bientôt travailler et habiter. Sauf que, phénomène bizarre, la nuit, ces tours étaient invisibles. Je me serais attendu à ce que de si grandes tours se voient de loin avec leurs lumières. Mais non, camouflage nocturne total. J’ai vite compris pourquoi en aménageant : J’ai un luminaire de plafond qui éclaire la grande pièce qui est à la fois la cuisine, la salle à dîner et le salon, et celui-ci a une puissance qui n’a pas l’air de dépasser les 7 watts. Mieux encore : aucune des deux chambres à coucher n’a le moindre éclairage, ni au plafond ni au mur. Pour finir, le plancher est noir mat. Il absorbe donc la lumière au lieu de la refléter.

Inversement, les placards et garde-robes ont chacun leur interrupteur et leur ampoule de 20 000 watts.

2) Les riches sont apparemment exhibitionnistes.
Un mur de verre? Signe de richesse! Une baignoire de verre? Signe de grande classe. Les deux combinés ensemble? Euh… Signe comme quoi on aime montrer ses fesses à tout le quartier quand on se lave? Je ne vois pas comment autrement expliquer ceci:

3) Les riches appliquent la ségrégation entre les bains et les douches.
Comment? Vous, les pauvres, prenez une douche dans votre bain? Ah, comme c’est mignon. Ici, le bain est dans une salle de bain, tandis que la douche est dans l’autre.

Une salle de douche, donc!?

4) Les riches font leur p’tits besoins avec classe.
Non mais regardez-moi cette bécosse.

1) Un petit bouton pour envoyer un petit jet d’eau pour le petit pipi + un gros bouton pour envoyer un tsunami pour la grosse commission.
2 + 3) Et tandis que les pauvres ont à souffrir le siège et le couvercle qui tombe avec un BANG, ici on bénéficie d’un couvercle et d’un siège à freins d’air qui les fait doucement se poser comme une plume.

5) Les riches démontrent leur classe en mangeant comme des pauvres.
En le constatant via les commerces autour, j’ai réalisé que dans le fond, l’Histoire de la Gastronomie ne raconte que ça :

Un pauvre employé de bergerie n’a qu’un vieux pain sec et du fromage pour diner tandis qu’il garde les moutons. Afin de le ramollir et le rendre comestible, il fait fondre son fromage dans une casserole au-dessus du feu et y trempe son pain. Les riches voient ça, font pareil et appellent ça « fondue ».

Un pauvre n’a rien d’autre à manger que du vieux fromage tellement passé-date qu’il pue le pied fongique en stade avancé. Les riches s’en emparent et qualifient ces fromages de « raffinés ».  Et si, eu lieu de puer, il est envahi de larves? Les riches appellent la chose « Camembert ».

Les paysans d’Europe sont tellement pauvres qu’ils en sont réduits à manger des escargots. Les homards et les crabes capturés par accident dans les filets de pêches sont vus comme étant tellement bas de gamme que les pêcheurs les donnent à l’État qui s’en sert pour nourrir les prisonniers. Les riches s’en emparent, les noient dans du beurre à l’ail pour compenser le fait que ça ne goûte pas grand chose, et en font un plat de classe.

Un pauvre boit son café froid et mange sa soupe au légume froide? C’est un BS trop cassé pour se payer l’électricité. Un riche boit son café froid et mange sa soupe au légume froide? Il savoure son Café Glacé tout en dégustant sa Gaspacho avec classe.

6) Les riches se foutent de payer plus cher que les pauvres pour les mêmes trucs.
On s’en doutait mais j’en ai vécu personnellement la preuve en achetant à manger. Il y a une semaine, au IGA de l’Île-des-Sœurs, un sac (réutilisable) et demi m’a coûté $91.00. Hier, au Maxi de Verdun, j’ai rempli quatre sacs (réutilisables) pour $123.00.

7) Les riches aiment automatiser tout.
La première fois que j’ai utilisé les toilettes publiques de l’édifice, j’ai constaté qu’il n’y avait pas de crochet pour suspendre mon manteau. Alors j’ai fait ce que je fais d’habitude dans ce temps-là: J’ai déposé mon manteau dans le lavabo. Mal m’en pris! Juste au moment où j’ai constaté que ce lavabo n’avait pas de poignées eau chaude / eau froide de chaque côté du robinet, un jet d’eau tiède en a jailli, imbibant mon manteau.

8) Les riches recyclent plus et jettent moins.
À mon ancien logis/travail, à tous les lundis, on ne mettait qu’entre douze et seize bacs à recyclage au chemin. Ici, c’est entre quarante-quatre et cinquante. Vous allez dire « Ouais mais y’a dix étages de plus alors c’est logique ».  Alors comment expliquez-vous que là-bas on remplissait entre cinq et sept containers à déchets par semaine, alors qu’ici c’est deux?

9) Les riches démontrent leur classe en décorant comme des pauvres.
Sérieux là, Il y a dix ans, quand j’habitais un vieil appartement délabré, je faisais exactement ça, utiliser de vieux objets abimés et brisés comme meubles, accessoires utilitaires et décorations. J’étais vu comme un BS, un redneck pas d’classe. Aujourd’hui, après m’être débarrassé de tout ça depuis longtemps, qu’est-ce que je vois? Que dans les condos, ces vieilleries sont appelées vintage, ces décorations sont qualifiées de chic, que des cochonneries qui ne valent rien chez les pauvres se vendent une fortune chez les riches, et que d’avoir le même comportement que j’avais il y a une décennie est maintenant considéré comme décorer avec goût. WTfuckingF???
1) Un vieux panier d’osier cloué au mur en guise de porte-papier-cul.
2) Une vieille échelle repeinte en blanc avec la peinture qui s’écaille en guise de porte-serviette.
3) Plein de vieilles règles en bois en guise de cadre de miroir.
4) Des plaques d’immatriculations, repeintes dorées pour faire chic, je suppose.
5) Poignées dépareillées
6) Tapis posé tout croche par terre.
7) (Dans le reflet du miroir) Crochets de patères sur poutrelles de soutien tout croches.
8) Une… Branche? UNE FUCKING BRANCHE D’ARBRE?

Un vieil escabeau délabré + trois planches Ikea qui ne fittent pas pantoute avec.

Comme si l’escabeau ne suffisait pas, de la ficelle en jute pour colis pour suspendre le tout? N’importe quoi!

Le genre de truc que l’on ferait temporairement après un déménagement. Ici, c’est permanent.

10) Les riches démontrent leur classe en n’ayant aucun sens pratique dans l’architecture.
Architecture n’est peut-être pas le mot approprié. N’empêche que, regardez-moi ça :

Allez, soyons sérieux, une bibliothèque au-dessus du bain? Avec tout ce que ça implique :

  • Impossibilité de remplir les rayons sans mettre un escabeau dans le bain, puisqu’il n’y a que 3 cm de rebord entre les étagères et la flotte.
  • Risque que le livre tombe à l’eau et se ruine.
  • Le livre sera, de toute façon, mouillé à être manipulé par des mains humides.
  • Si je me fie à la hauteur de la toilette, une personne de taille moyenne qui étire le bras ne peut atteindre que la 3e tablette, maximum. Elle fait quoi alors pour atteindre les deux premières? Elle grimpe le rebord, glisse, a le réflexe de s’accrocher à la bibli, qui lui tombe dessus?

Mais bon, je suppose qu’être écrasé par quatre tonnes de bouquins dans un jacuzzi, il n’y a pas plus classe comme mort.

Je ne me moque pas, je constate. Et ce que je constate, c’est que dans un nouvel environnement, les choses ne sont pas nécessairement meilleures ou pires que ce à quoi on était habitué jusque là. Elles sont juste différentes, voilà tout. On s’y fait!

… Enfin, j’espère.

Victime ou victimisation?

Il y a des moments dans la vie où les gens sont victimes de problèmes qui sont parfois le fruit du hasard, parfois sont causés par autrui, et parfois par soi-même. Parfois ces obstacles peuvent être surmontés et contournés, et parfois il n’y a vraiment rien à faire pour arranger la situation. Or, dans ce dernier cas, la victime se retrouve exposée au jugement brutal et sans appel de trois genres de personnes qui ne savent pas faire la différence entre être victime et faire dans la victimisation :

  1. Les gens mesquins qui cherchent volontairement à rabaisser les autres. Ils profitent donc de cette opportunité pour affirmer que si l’autre est victime, c’est parce qu’elle cherche à l’être.
  2. Les gens de bonne foi, mais qui ont été trop conditionnés à croire que quand on veut, on peut, et ce dans toutes les situations.  Ceux-là ne se sont que rarement, sinon jamais, retrouvés dans la situation de la victime.  Alors même s’ils sont sincères, ils sont un peu mal placés pour juger.
  3. Les winners de naissance à qui tout réussit, même ce qu’ils n’essayent pas (comme mon ex bon copain Carl) et qui sont donc incapables de comprendre que ce n’est pas toujours le cas pour les gens normaux.

Eh bien moi, j’ai deux exemples vécus pour vous montrer la différence :

EXEMPLE DE VICTIMISATION : La fille qui cherche à se faire rabaisser.
Il y a quelques années, lorsque je me tenais encore sur des forums et sites de conversations, je me suis fait approcher par une fille de la moitié de mon âge qui était le sosie presque parfait de Kaceytron.

Vous connaissez le cliché comme quoi les jeunes filles recherchent leur père dans les hommes plus vieux? Elle ne cachait pas que c’était le cas, car elle me disait qu’elle aurait bien aimé avoir un père dans mon genre. Ainsi, notre relation est devenue amicale, et ce au-delà du net, sans qu’il soit question d’amour ou de sexe.

Un jour, alors qu’elle annonce un truc sur son mur de Facebook (je ne me souviens plus quoi), je laisse en commentaire que je suis fier d’elle. Elle m’écrit alors en privé en me demandant pourquoi. Peu importe ce que je lui répondais, elle trouvait toujours à redire, à contrarier, à contredire. Et elle a ramené le sujet les quatre jours qui ont suivi, toujours dans le même but : Me dire qu’elle n’arrivait pas à comprendre pourquoi j’en étais fier. Il faut dire qu’elle avait quelques problèmes d’estime de soi, ce qui, comme il arrive trop souvent, la portait à surcompenser au niveau de son apparence.  La nature l’avait gâtée car elle avait un très joli visage, ainsi qu’une paire de seins à faire baver d’envie ceux qui sont friands de ce genre d’atouts.  Elle mettait beaucoup de travail dans son look et son sex-appeal.  Son FB avait un grand nombre d’albums photos contenant une quantité incalculable de selfies.

Avec le temps, prenant peu à peu du poids, ses photos étaient de plus en plus souvent prises de haut, truc classique pour dissimuler le double menton tout en mettant plus en évidence sa poitrine au décolleté plus que généreux.  Elle maîtrisait si bien cette technique amincissante que la dernière fois que je l’ai vu en personne, j’ai d’abord cru qu’elle m’avait envoyé sa soeur obèse. Elle avait l’air de peser un bon 25 kilos (55 lbs) de plus que sur ses photos pourtant récentes.

Quelques jours plus tard, elle poste un nouvel autoportrait particulièrement réussi.  J’y écris un commentaire.  Mon but était de la complimenter sur la qualité de la photo et sur son sens photogénique.  Hélas, écrivant sans trop réfléchir, ça a donné: « Wow!  Cette photo est vraiment superbe.  Pourquoi est-ce que tu ne parais jamais aussi bien quand on se voit? »  À peine ais-je posté mon commentaire, je constate mon erreur: Ce que je voulais être un compliment sur la photo, ça sonne plutôt comme une insulte sur son apparence véritable.  J’efface et je réécris un nouveau commentaire, celui-là plus gentil. C’est à ce moment qu’elle m’écrit, et que nous avons un court échange qui ressemble à ceci:

ELLE: WTF!??????????
MOI: Oui, mon commentaire sous la photo…  Je viens de l’effacer.
ELLE: Trop tard, j’ai fait une capture d’écran
MOI:  J’ai juste voulu complimenter la photo mais ça a mal sorti.  Je suis en train de t’en écrire un autre.
ELLE: Non! Quand on écrit des niaiseries, faut les assumer!

Sur ce, elle poste la capture d’écran sur son mur de FB.  On y voit sa plus récente photo avec mon commentaire dessous.  Et elle a écrit, pour accompagner cette image: COMMENT VOUS TROUVEZ ÇA COMME COMMENTAIRE, VOUS AUTRES?  Quelques secondes plus tard, je commence à me faire démolir par ses contacts.  J’étais en aberration devant un tel comportement.

  • Je la complimente en disant que j’en suis fier? Elle est tellement incapable de se faire à l’idée, qu’elle s’acharne pendant cinq jours à  essayer de me démentir.
  • Je l’insulte par accident? C’est tellement important pour elle qu’elle refuse de croire à une erreur, s’empresse de garder une copie de l’insulte afin qu’elle ne disparaisse jamais, expose la chose publiquement, et y attire l’attention de tous.

C’est là que j’ai compris que son but n’avait jamais été de sortir de son statut de victime.  C’était au contraire de tout faire pour y rester afin de pouvoir s’en plaindre.  Cette fille faisait dans la victimisation pure et simple. Je comprenais un peu mieux maintenant certaines choses que j’avais lu sur son mur de Facebook.  J’ai alors compris que cette fille était une cause perdue.  Tous mes efforts pour la remonter ne me rapporteraient de sa part que des obstacles et du mépris.  Je l’ai donc bloquée de partout et on ne s’est plus jamais reparlé.

EXEMPLE DE VICTIME : Le gars qui ne peut pas courir.
Oui, je parle de moi, mais il y a une raison pertinente au-delà du simple narcissisme, et c’est que j’ai été trop souvent jugé comme faisant dans la victimisation alors que ce n’était pas le cas.  Et ceci est l’exemple le plus récent et le plus parfait pour exprimer ce point.

J’ai passé toute ma jeunesse à être nul en gym.  À l’école, une fois, il y avait eu une course à pied, un petit 100 mètres, auquel participaient les élèves des quatre classes de cinquième, et je suis arrivé l’avant-dernier, devant Manon la fillette rachitique.  Trente-cinq ans plus tard, soit en décembre 2010, j’ai décidé de prouver qu’avec de la bonne volonté, il y a moyen de venir à bout de nos pires obstacles.  Je me suis mis à la course à pied dans l’espoir d’un marathon.  En un seul mois, du 4 décembre 2010 au 4 janvier 2011, j’ai grandement amélioré mon cardio et j’ai perdu 13 lbs.

Moins d’un an plus tard, comme je l’explique dans mon billet Rouler avec les coups, les efforts que j’ai mis à m’entrainer à la course m’ont fait développer une fasciite plantaire aux deux pieds, me handicapant pour la vie, m’obligeant à marcher avec des orthèses, me forçant à renoncer à la course à pied pour toujours.  Et comme je le dis dans Les trois raisons possibles de l’échec, c’est un obstacle qu’il m’est impossible de contourner.  Je n’y peux rien si je suis né avec les jambes et les pieds croches, je n’y peux rien si ça n’a jamais été diagnostiqué avant, et je n’y peux certainement rien si ça m’empêche de courir.

Si je faisais dans la victimisation, je verrais dans cette situation l’opportunité parfaite de prouver aux autres, dossier médical à l’appui, que ça ne me sert à rien de faire des efforts pour sortir des sables mouvants de mon loserisme, parce que tous mes efforts ne font que m’y enfoncer encore plus.  Ou pire encore: Histoire de faire accroire que je suis courageux et déterminé, je m’acharnerais à courir malgré mon handicap, ce qui ne ferait que l’aggraver, ce qui finirait par m’empêcher de me tenir debout, ce qui me rendrait inapte au travail.  Je passerais donc le reste de mes jours en fauteuil roulant, à vivre de prestations du BS, à me lamenter sur mon sort.  je serais néanmoins fier d’être dans une situation dans laquelle personne ne pourrait dire que mon loserisme est de ma faute car jamais je n’ai manqué de courage et de détermination dans la poursuite de mon but. J’aurais même l’excuse parfaite pour ceux qui me diraient que j’ai été stupide de m’acharner: Répondre « Ne me blâme pas, blâme ceux qui m’ont poussé à persévérer en affirmaient que mon handicap aux pieds n’était une excuse bidon pour ne pas courir. » 

Mais voilà, je n’ai jamais fait dans la victimisation.  Je suis simplement une victime. Victime d’un état physique naturel contre lequel personne ne peut rien.  Je ne peux pas courir? Soit! Mais ça ne veut pas dire que ça m’oblige à renoncer à l’entrainement cardio. Depuis mon dernier anniversaire, le 21 juillet dernier, j’utilise les moyens à ma disposition pour me remettre en forme: Un jour sur deux, je vais dans les escaliers de secours de mon building de 22 étages et je monte le plus de marches que je peux.  Puis, je profite de la piscine pour y faire le plus de longueurs qu’il m’est possible.  Contrairement à la course à pied, ce sont des exercices sans impact, et ils me travaillent le corps au complet au lieu de seulement les jambes.  Ce matin après 10 jours, j’ai plus que doublé le nombre d’étages et de longueurs que je faisais le premier jour, et j’ai déjà perdu 4 lbs.

Et la voilà la différence entre la victime et la victimisation. La victime trouve le moyen de surmonter et/ou contourner les obstacles que les gens et la vie lui impose, quitte à abandonner et repartir à zéro d’une autre manière.  La victimisation, par contre, consiste à rechercher les obstacles qui lui font échec, s’y arrêter et ne rien faire d’autre que s’en plaindre.

Pas obligé de rester loser, 14e partie: L’inutilité de la perfection

Il y a une situation qui nous fait sentir particulièrement loser en société.  C’est un grand classique qui se passe comme suit: Ce sont de bons gars ou de bonnes filles, ils ont beau tout faire pour être à la hauteur des espérances de tout le monde, ils ont beau y mettre 1000 effort pour être parfaits et irréprochables, rien à faire: Ils se font quand même rabaisser, niaiser, bafouer, calomnier, rejeter. Et comble de l’injustice, ils le sont toujours plus que les gens imparfaits et reprochable.

Pour tous ceux qui vivent cette situation frustrante, j’ai quatre leçons pour vous:

LEÇON 1: Tes efforts sont vains parce personne n’aime une personne parfaite. Peu importe ce que tu fais pour être irréprochable, tu te feras toujours reprocher quelque chose. Et s’ils ne savent pas quoi trouver à dire contre toi, justement à cause que tu es parfaite et irréprochable, alors ils vont inventer des raisons de le faire.

LEÇON 2: Dès que tu auras compris et accepté la leçon 1, tu réaliseras que, entre être toi-même ou bien être ce que les autres voudraient que tu sois, il n’y a aucune différence dans la façon dont ils vont te traiter en retour: Il y en a qui vont t’aimer, et il y en a qui vont t’haïr. Alors aussi bien rester toi-même, parce que tes efforts pour être autre chose seront toujours une inutile perte de temps

LEÇON 3: Si tu essayes sans cesse de te plier aux goûts des autres, tu ne seras jamais apprécié pour ce que tu es. Tu seras seulement apprécié pour ce que tu essayes de faire croire que tu es. Par contre, si tu restes toi-même, tu vas n’attirer que des gens qui t’aiment pour ce que tu es vraiment.

LEÇON 4: N’endure pas dans ton entourage les gens qui n’aiment pas ce que tu es. S’ils sont insatisfaits avec toi, qu’ils aillent voir ailleurs.

Ne me dites pas que vous n’avez jamais remarqué que même les gens les plus abusifs sont toujours entourés de gens qui les aiment et les respectent? Il y a deux raisons pour ça:

  • Ils sont eux-mêmes (leçon 3).
  • Et ils ne tolèrent pas ceux qui trouvent à dire contre eux (leçon 4).

Pas besoin de devenir abusif pour être aimé et respecté. Par contre, tout faire pour être à la hauteur des espérances de tout le monde, ça n’a jamais apporté amour ni respect à qui que ce soit. Bien au contraire.

Surtout que quand on fait tout pour devenir parfait et irréprochable, c’est généralement pour compenser pour le fait qu’on est loser.  On veut démontrer aussi bien aux autres qu’à soi-même qu’on leur est moralement supérieur, donc que techniquement on devrait être aussi winner qu’eux, sinon plus.  Hélas, pour le démontrer, on a le réflexe stupide de pointer sans cesse les imperfections dans le comportement d’autrui.  Ou du moins, ce que l’on juge comme tel. Mais en agissant ainsi, on devient la personne la plus chiante de notre entourage, et on se fait encore plus rejeter.

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Alors voilà, ça m’a pris quatorze billets, mais je crois que j’ai réussi à répondre à la question de Toni, qui me demandait comment est-ce que j’ai réussi à me tirer de ma situation de loser éternel, telle que décrite dans le billet Autopsie du Loser.  Ça n’a pas fait de moi un winner comme mon ex bon copain Carl, puisque le vrai winnerisme est un état qui dépend d’une combinaison de hasards naturels au niveau génétique (beau, prédestiné à être athlétique), au niveau psychologique (intelligence, confiance en soi et charisme) et au niveau social (parents riches, famille influente).  Par contre, je suis devenu un gars normal, qui parfois gagne et parfois perd, comme tous les gens normaux.

En espérant que ça puisse aider d’autres qui, comme moi, ont passé trop d’années de leurs vies dans cette situation peu enviable.

Pas obligé de rester loser, 13e partie : Se tenir loin des autres losers.

Il y a un proverbe anglais qui dit Misery loves company, ce que l’on peut plus ou moins traduire par Les gens misérables préfèrent vivre leur misère en compagnie d’autres miséreux, parce que c’est plus facile d’essayer d’attirer les autres en bas avec toi que de faire l’effort de t’élever vers eux. Et c’est vrai! Il m’est arrivé plusieurs fois d’observer ou de vivre ce phénomène.

Quelques chapitres plus tôt, je parlais de deux catégories de gens qui cherchent à te garder loser : Ceux qui le font par mesquinerie car ils veulent rester au-dessus de toi, et ceux qui le font par crainte que tu essuies un échec si tu essayes de t’en tirer. J’avais oublié qu’il existe une 3e catégorie : Les losers qui ne veulent pas être les seuls à être losers.

On a beau être loser, ça ne nous empêche pas d’avoir un peu d’orgueil et d’amour-propre.  Même qu’on en a plus que la majorité puisque le fait d’être loser nous dérange sans cesse. Voilà pourquoi, tel qu’expliqué dans plusieurs des chapitres précédents, le loser se cherche toujours une bonne raison pour expliquer et excuser son loserisme.  Généralement, en démontrant que ses échecs ne sont pas de sa faute, et que n’importe qui à sa place se serait tout autant cassé la gueule que lui. Ce besoin de se justifier va parfois l’inspirer à se lancer dans les trois étapes suivantes:

  1. Entreprendre un projet personnel dans lequel il n’a que peu de chances de réussite.
  2. Convaincre une personne de lui servir de partenaire dans ce projet.
  3. Faire en sorte pour que le projet échoue.

Ou bien, alternativement:

  1. Choisir une personne qui entreprend un projet dans lequel elle peut réussir.
  2. Convaincre cette personne de l’accepter comme partenaire dans ce projet.
  3. Faire en sorte que le projet échoue.

Dans un cas comme dans l’autre, malheur à toi si tu es la personne en partenariat avec le loser.  De son côté, en s’arrangeant pour que ça échoue pour vous deux, ça va lui donner l’illusion que le problème puisse se situer ou bien dans le projet, ou bien en toi, ou bien dans des circonstances hors de contrôle dans lequel tu joues le rôle de témoin pour confirmer que le problème ne vient pas nécessairement lui. Mais de ton côté, puisqu’il s’arrange pour que toi aussi tu échoues, cette personne fait de toi un loser. Normal: Comment être autre chose qu’un perdant quand on perd temps, argent et énergie sur quelque chose destiné à foirer?

Des gens comme ça, j’en ai vu et j’en ai subi.  En voici quatre exemples:

EXEMPLE 1: La fille qui (ne) voulait (pas) apprendre à dessiner.
Elle aime mes dessins, elle est abonnée à ma galerie sur DeviantArt, et elle me dit qu’elle aimerait savoir dessiner aussi bien que moi.  Je lui réponds que pour devenir bon en dessin, il faut d’abord aimer dessiner.  À force de le faire, la technique personnelle se développe, le talent vient peu à peu et le résultat évolue. Elle comprend, mais elle aimerait tout de même qu’on lui donne des trucs, au lieu de devoir perdre son temps à les apprendre par elle-même via essai et erreur.  Elle me demande de lui donner des cours de dessins.  J’accepte!  Les deux phrases que nous échangerons immédiatement après donnent dès le départ le ton que prendra ce projet:

MOI: Tout d’abord, je vais te faire une liste du matériel dont tu auras besoin.
ELLE: Ben oui hein, quelle longue liste: Un papier, un crayon, une efface! Wooooow! C’est vrai que c’est compliqué en hostie comme matériel.

Je peux comprendre qu’une personne qui ne travaille pas dans le dessin puisse ignorer tout ce qui a rapport au matériel.  Mais de là à prétendre s’y connaitre mieux qu’un professionnel avec 20 ans de carrière derrière lui, et le faire en montrant de façon sarcastique qu’on le prend pour un con, y’a de l’abus.  Ais-je précisé que, puisqu’on ne pouvait pas se rencontrer à cause de la distance et de nos horaires, elle voulait que je lui donne des leçons de dessin par webcam?  Et qu’à chaque chose que je lui disais, elle trouvait toujours à redire et à m’obstiner, comme quoi elle avait vu dans tel ou tel reportage, tel ou tel artiste s’y prendre différemment?  En voyant que je perdais mon temps, j’ai fini par lui donner une liste de liens de vidéos sur Youtube, dans lequel plusieurs dessinateurs donnent des leçons de dessins sous forme de clips.  Elle a refusé de les utiliser parce que « ça pouvait pas être aussi bon qu’avec un prof privé en personne. »

En tout cas, maintenant elle peut dire que si elle ne dessine pas bien, c’est parce que c’est moi qui a failli à la tâche pourtant simple de lui apprendre.  Donc, que l’échec de ce projet a démontré que nous sommes deux losers.

EXEMPLE 2: La fille qui (ne) voulait (pas) perdre du poids.
Tel que je l’explique dans Témoignage d’un ex-gros, à chaque fois que j’ai décidé d’essayer de perdre du poids, j’ai réussi. Évidemment, grosse tête que je suis, je ne pouvais m’empêcher de m’en vanter publiquement.  Arrive cette fille jolie et coquette, mais qui a un bon 50 lbs en trop.  Elle a essayé bien des régimes commerciaux dans sa vie, mais aucun n’a fonctionné. Heureuse de voir en moi quelqu’un qui a réussi à trouver une méthode qui fonctionne, elle me demande de la coacher.  J’accepte!  Je commence donc par lui donner les bases: Côté alimentation, je lui explique l’importance de ne sauter aucun repas, surtout le déjeuner, puisque ce sont les repas irrégulier qui affament le corps, ce qui fait que celui-ci, craignant une famine, a le réflexe de garder toutes les calories qu’il absorbe.  Et côté exercice, je lui recommande de commencer par quelque chose de simple, soit prendre les escaliers au lieu des escalateurs mobiles. Le lendemain, nous avons eu cet échange:

MOI:  Alors? Qu’est-ce que tu as pris à déjeuner et en snack entre-repas?
ELLE:  Rien!
MOI:  Comment ça, rien?
ELLE:  Sois logique.  Si je ne mange pas, je ne consomme pas de calories.  Et si je ne consomme pas de calories, je ne peux pas grossir.

Quand je pense que j’ai pourtant pris la peine de lui expliquer pourquoi cette méthode donne le contraire de l’effet recherché. Je ne peux pas croire qu’elle s’obstine à continuer de faire cette erreur stupide que dénoncent tous les nutritionnistes de la planète.

MOI: Et pour les exercices? Tu prends les escaliers?
ELLE: Non! Y’a rien qui m’empêche à la fois de prendre l’escalateur et d’en grimper les marches.  Comme ça j’ai mon exercice, je ne perds pas de temps et j’arrive même plus vite en haut.

Ouais, sauf que le but de l’exercice n’est pas de sauver du temps ni d’arriver en haut plus vite. C’est de brûler des calories, chose qui ne se fait pas avec sa méthode. 

En tout cas, maintenant elle peut dire que si elle n’a pas perdu de poids, c’est parce que c’est moi qui a failli à la tâche pourtant simple de lui apprendre.  Donc, que l’échec de ce projet a démontré que nous sommes deux losers.

Sérieusement, quand ta méthode personnelle ne fonctionne pas, et que la méthode de l’autre a prouvé fonctionner pour lui, où est la logique d’insister pour continuer de le faire de ta façon?

Maintenant que je vous ai parlé de gens qui m’ont embarqué dans leurs projets, passons à l’inverse: Ceux qui ont insisté pour que je les embarque dans les miens:

EXEMPLE 3: La fille qui (ne) voulait (pas) apprendre à courir.
Comme je m’en suis quelquefois vanté dans cette série, je me suis mis à la course à pieds en décembre 2010. Ma méthode était simple:

  • Courir en ligne droite jusqu’à épuisement.
  • Marcher le temps de récupérer.
  • Répéter sans cesse les deux étapes précédentes.
  • Se rendre à un point où on est trop fatigué pour courir un pas de plus. 
  • Retourner à la maison, ce qui nous oblige à marcher en sens inverse tout le chemin parcouru, ce qui nous fait brûler encore plus de calories. 
  • Répéter à tous les jours.
  • Cesser de courir lorsque l’on commence à ressentir la moindre douleur, particulièrement aux articulations, et ne plus courir tant que la douleur n’est pas disparue. Parce que le but ici est d’améliorer sa forme physique et non de se ruiner les genoux pour la vie, comme ce fut le cas pour certains participants de The Biggest Loser.

Au début, je ne pouvais faire que des segments de 200 mètres avant de tomber épuisé.  Quatre mois plus tard, en avril 2011, je pouvais courir des segments de 5 km.  Non seulement ais-je fortement amélioré mon cardio et mes muscles, cet exercice m’a fait perdre une vingtaine de lbs, ce qui me donne un corps particulièrement découpé.

Arrive cette amie qui, voyant mes progrès, décide de se mettre à la course elle aussi. Mais voilà, elle veut s’entrainer avec moi, ce que je refuse.  Non pas pour être désagréable, mais le fait est que je suis trop avancé pour elle.  Si je m’entraine à mon rythme, elle ne pourra pas me suivre. Et si je descends à son rythme, je ne me pousserai pas à bout, et ainsi je ne ferai plus de progrès.  En réponse, elle me propose une méthode trouvée dans un livre qui, m’assure t-elle, est bien meilleure que la mienne.  Car en effet, ça dit que si j’avais suivi celle-là, ce serait 15 km ininterrompus que je serais capable de courir aujourd’hui, plutôt que seulement 5 .  Autrement dit, en n’ayant obtenu qu’un tiers des résultats possible, ce que je considère stupidement comme étant un accomplissement, c’est plutôt du loserisme.

Ainsi, dès le départ, en transformant mon fier accomplissement en honteux échec, elle donne le ton de ce que sera notre association pour le mois à venir.

Je lui rappelle que de toute façon, elle porte des orthèses à cause de ses problèmes de pieds.  Il existe tellement d’exercices cardio qui font perdre du poids, pourquoi veut-elle choisir le seul dans lequel elle a un handicap qui risque de tout faire foirer?  Elle me répond que ceci est un raisonnement de loser car si on se laisse arrêter par le moindre petit obstacle, on n’arrive jamais à rien dans la vie.  Je cède donc et accepte de lui servir de partenaire de course.  Je mets ma méthode de côté pour utiliser la sienne.

Durant quatre semaines, à tous les trois jours, on doit courir de cette façon: Deux minutes de course, une minute de marche, répéter pendant 30 minutes. Au bout de quatre semaines, on est supposé être capable de courir pendant un quart d’heure non-stop.

Après un mois à suivre scrupuleusement cette méthode, arrive le moment de vérité.  On commence à courir.  Et trois minutes plus tard, elle se voit obligé d’arrêter, à bout de souffle.  Après une minute de repos, elle repart, mais malgré toute son obstination, après deux minutes, elle se voit incapable de courir un pas de plus.  Elle s’en va agripper un poteau sur lequel elle s’effondre en larmes. 

Je regarde la scène, complètement découragé. J’ai donc sacrifié tout un mois d’entrainement fonctionnel pour ça!?  Un mois à me faire dire que ma méthode personnelle était merdique.  Un mois dans lequel je n’ai pu ni me pousser à bout ni faire reculer mes limites.   Un mois à endurer de la négativité non-stop depuis le tout premier jour, et une fin sous le signe de l’échec et du loserisme.   Cette activité que j’aimais et qui, les quatre premiers mois où je l’ai faite seul, ne me rapportait que du positif autant physiquement que moralement, était devenue une épreuve pénible dont je ne tirais plus rien de bon. 

EXEMPLE 4: La fille qui (ne) voulait (pas) se sortir de la pauvreté. (N’allez pas croire que je suis misogyne si je ne parle que de femmes.  Il y a sûrement des hommes qui ont une telle attitude, il se trouve juste que je n’en ai personnellement jamais rencontré.)
Ici, il s’agit de Kim, mon ex, la mère de mes enfants, dont je parle  en tant que première relation, au chapitre 8. Nous étions tous les deux sur le BS et je considérais que ce n’était pas la situation idéale pour élever des enfants. Je planifie donc retourner aux études et finir mon secondaire, avant d’aller au cégep me prendre un diplôme en lettres, ce qui me permettra d’avoir un travail qui nous fera sortir de la misère.  Elle trouve que c’est une bonne idée et suggère d’embarquer dans mon plan de cette façon: Elle m’aide dans mes études s’il y a des matières dans lesquelles je suis faible, et elle s’occupe des enfants.  Et dès que je suis diplômé on fera l’inverse: Elle retourne aux études tandis que je m’occupe du reste. Ainsi, on sera deux diplômés capable tous les deux de trouver un bon emploi. J’accepte! 

Lors de la partie des études secondaires, tout se passe comme prévu.  Mais dès que je me rend au cégep, l’attitude de Kim change.  Elle me sort de nulle part des accusations de chercher à la tromper avec des p’tites jeunes salopes briseuses de ménage (Traduction: des cégepiennes) et voilà qu’elle fait tout pour saboter mes études: M’empêche de faire mes devoirs à la maison, me garde éveillé toute la nuit pour m’empêcher d’aller à mes examens le lendemain, vient m’agresser physiquement à coup de poing dehors à l’arrêt de bus qui devait m’amener au cégep, me fais expulser de la maison par la police sous de mensongères accusations de violence conjugale…  Alors que je faisais tous les efforts possible pour tirer ma famille de la merde, elle faisait tout son possible pour me garder dedans avec eux.  Et elle a réussi: Par sa faute, j’ai cumulé tellement d’échecs au cégep que je n’ai plus le droit de m’y réinscrire, et ce pour le reste de ma vie.

Les six ans qui ont suivi, elle a souvent répété à qui voulait l’entendre que mon échec avait prouvé qu’elle avait fait une erreur en me permettant d’aller au cégep, et que c’est plutôt elle qui aurait dû reprendre ses études en premier. La dernière fois qu’elle a osé le dire en public, je l’ai mis au défi de le faire.  Je l’ai assuré, devant tous ces témoins que j’allais m’occuper des enfants malgré le fait que je travaillais à temps plein, même si ça signifie ne jamais dormir plus que cinq heures par jour.  Elle ne pouvait pas refuser sans perdre la face. 

À la fin du mois d’aout, elle retournait au cégep.  En décembre, à force d’accumuler les absences et les retards, elle a coulé.  

En collaborant avec elle du début à la fin, sans que jamais je ne mette le moindre petit bâton dans les roues de son retour aux études, je lui ai laissé sa chance de réussir. Ça a juste prouvé que la seule responsable de l’échec de ce projet, autant de mon bord que du sien, c’était elle. Et que son insistance à me faire échouer mes études, c’était juste pour camoufler le fait qu’elle était incapable de réussir les siennes. 

En conclusion: Ce n’est pas parce que tu as réussi à trouver en toi la volonté de te sortir de ton loserisme, et le courage de faire ce qu’il faut pour y arriver, que ça signifie qu’il en est de même pour tous les autres losers.  Je suis très bien placé pour savoir que quand on est un ex-loser, on peut être porté à vouloir s’investir à aider un autre qui dit vouloir cesser de l’être.  Or, s’en sortir, c’est un cheminement personnel, un parcours que l’on ne peut faire que soi-même. Par conséquent, il est impossible de jouer au sauveur avec ces gens-là. Je vais me répéter, mais c’est quelque chose de trop important pour l’oublier: Lorsque les gens demandent ton aide pour se sortir d’une vie malheureuse, contente-toi de les renseigner sur ce qu’ils peuvent faire afin de s’en tirer eux-mêmes. À partir de là, ceux qui veulent vraiment s’en sortir vont y arriver tout seul, et ceux qui se complaisent dans leur malheur vont y rester. Dans un cas comme dans l’autre, en les aidant plus que ça, tu perdrais ton temps.