Comment naît la confiance en soi

Montréal, automne 1995.  J’ai 27 ans et je suis de retour au études, au cégep, après dix ans de vie adulte.  J’ai passé la dernière moitié de cette décennie à être coincé dans une relation abusive avec la mère de mes enfants, dans laquelle je fus toujours rabaissé dans toutes les facettes de ce que je suis.

J’ai joint le journal étudiant, sans trop y croire au début, en tant qu’illustrateur et chroniqueur humoristique.  Et là, après deux mois de collaboration, à ma grande surprise, l’équipe m’offre le poste de rédacteur en chef.

Cette situation, me voir comme le patron, le dirigeant, le chef, c’est quelque chose que j’ai toujours rêvé.  Mais entre le rêve et la réalité, il y a une marge.  Notamment, le fait que jamais ce genre de truc ne m’était déjà arrivé dans la vraie vie.   Aussi, être rêveur ne m’a jamais empêché d’être réaliste.  Je leur ai donc posé la question suivante :

« Pourquoi moi? »

Ils m’ont alors dit les choses qu’ils voyaient en moi : Maturité.  Assiduité.  Sérieux.  Logique.  Et la capacité d’écrire des textes intéressants et intelligents, d’une manière assez simple pour être compréhensifs.

Et ce sont toutes des qualités que je ne me voyais pas moi-même posséder.

Flatté et ravi, j’ai accepté leur offre.  Mais un quart d’heure plus tard, je leur demandais de nouveau s’ils étaient sûrs de me vouloir comme rédacteur en chef.  Là encore, j’ai eu droit à un témoignage de mes mérites. 

Trente minutes plus tard, alors que je m’apprêtais à prendre place au bureau du rédacteur en chef, j’ai ressenti de nouveau l’impulsion de leur demander s’ils étaient vraiment sûrs et certains qu’ils voulaient bien de moi à la tête du journal.

Et c’est là que, plutôt que de leur balancer la même question une troisième fois, j’ai posé l’un des gestes les plus intelligents de ma vie :  Au lieu de les questionner eux, je me suis questionné MOI!   Non pas en me demandant pourquoi est-ce qu`ils veulent de moi.  Mais plutôt en me demandant pourquoi est-ce que j’ai tant de difficulté à y croire.  

Et c’est là que je me suis dit :  « Tous ces gens voient en moi des capacités et du mérite.  Pourquoi est-ce que je n’arriverais pas à reconnaître moi-même que je les ai, ces capacités et ce mérite?  Ils ont confiance en moi.  Pourquoi est-ce que je ne n’aurais pas moi-même confiance en moi? »

Et puis, soyons sérieux: Qu’est-ce qui risque d’arriver si je continue de leur poser cette question?  Je vais juste leur donner l’impression que je crois qu’ils ont fait erreur de me choisir.  Je vais leur mettre en tête des doutes à mon sujet.  Pour une fois que j’ai dans mon entourage des gens qui croient en moi et en mes capacités, pourquoi est-ce que j’irais agir de manière à saboter ça?

J’ai alors compris que, après avoir passé ma vie à survivre dans le mépris des autres, je n’avais jamais appris à vivre avec leur respect.  Dans de telles conditions, je peux comprendre pourquoi j’ai été aussi désemparé de ces témoignages positifs à mon égard.

Ayant réalisé ceci, j’ai décidé de ne plus les questionner, d’accepter les faits, et de me montrer digne de leur confiance.  Si à leurs yeux j’ai ce qu’il faut pour être un leader, alors je serai ce leader.  Puisque le journal m’a porté au pouvoir, alors j’allais faire tout en mon pouvoir pour offrir au cégep et à ses étudiants le meilleur journal que l’on puisse produire. 

Un mois plus tard, en voyant qu’un prof de philosophie du cégep utilisait l’un de mes articles comme sujet de devoir, alors là, plus de doute possible.  J’avais du talent, et j’avais du mérite.  Il fallait juste que je prenne mes distance avec les gens qui, tout le long de ma vie, m’ont toujours fait croire que je n’en avais aucun.  Et j’ai commencé en quittant la mère de mes enfants, mettant fin à cette relation abusive qui n’avait que trop duré.

Évidemment, après toute une vie à se faire conditionner à croire que l’on n’est pas assez bien, on ne peut pas se débarrasser de ces complexes du jour au lendemain.  Et croire que l’on a ce qu’il faut pour diriger un journal, c’est autre chose que de croire que l’on a ce qu’il faut pour plaire à une personne bien.  Je m’en suis douloureusement rendu compte l’année suivante.

Automne 1996.  J’ai 28 ans.  J’en suis à ma seconde et dernière année de Cégep.  Libéré de l’emprise de mon ex, j’habite maintenant aux résidences étudiantes, dont la construction fut achevée l’été dernier.  Ma meilleure amie, c’est Océane, une camarade de classe du cours d’Espagnol.  Une intelligente et jolie jeune femme de 19 ans avec qui j’ai énormément de goûts en commun et de passions artistiques partagées.

Un soir, chez moi, après un mois et demi de grande amitié, Océane m’a démontré qu’elle me désirait.  Je n’arrivais pas à y croire.  Elle était de neuf ans ma cadette.  Elle était déjà dans une relation.   Une relation abusive dont elle voulait se tirer, certes, mais dans une relation quand même.  Nous étions amis depuis les deux derniers mois, ce qui fait que pour moi, sans m’être jamais posé la question, il était clair que j’étais friendzoné.  Et elle m’avait dit devoir partir à 21:00, et il était déjà 21:30.  Et elle avait bu.  Dans ma tête, tout ça me démontrait qu’elle ne pouvait pas vraiment me vouloir.

Hélas, cette fois-là, je n’ai pas pensé à agir comme je l’avais fait un an plus tôt au journal.  Je ne me suis pas questionné moi.  Je l’ai questionné ELLE.  Face à mes questions trop claires et trop directes, questions qui sous-entendaient des faits et gestes immoraux de sa part, elle n’a pas su quoi me répondre.  Au final, elle s’est juste sentie idiote, ivrogne, salope, repoussée et humiliée.  Non seulement j’avais ruiné ma chance de vivre ce qui avait le potentiel d’être l’une des plus géniales et passionnées relations de ma vie, je venais également de gâcher pour toujours notre si parfaite amitié.

Et tout ça parce que, à cause de mes complexes d’infériorité, j’ai décidé à sa place qu’elle ne pouvait pas vouloir de moi.

La vie m’avait tellement conditionné à croire que j’étais un loser que je ne me posais même pas la question.  Pour moi, je l’étais.  C’était une fatalité que j’avais accepté depuis longtemps.  La vie n’avait plus besoin de m’envoyer des obstacles pour me saboter.  J’étais parfaitement capable de me saboter moi-même.  C’est ce que j’avais failli faire avec le journal l’année d’avant, et c’est ce que je venais de faire avec Océane.

Voyez-vous, plus tôt dans ce billet, lorsque je disais qu’être rêveur ne m’a jamais empêché d’être réaliste, en fait, réaliste n’est pas le bon mot.  Oui, je me croyais réaliste à ce moment-là.  Mais dans les faits, ce que j’étais vraiment, c’était défaitiste.  J’étais tellement habitué à subir des échecs et des revers, d’être un perdant, que j’ai fini par accepter ma condition d’inférieur social.  Dans ce temps-là, par réflexe de survie, un gars apprend à « ne pas s’en faire accroire. »  Il apprend à « rester à sa place. »  Sauf que dans sa tête, « sa place », c’est toujours en dernier, toujours en-dessous des autres.  Ce n’est jamais à leur égalité.  Et ce n’est surtout pas plus haut qu’eux.

Ce que ça signifie, c’est que si Océane avait été célibataire, d’accord, j’aurais eu quelques difficultés à croire qu’elle voulait de moi.  Mais j’aurais fini par y croire.  Dans mon inconscient, j’aurais cru que le fait de sortir avec moi, ça aurait été pour elle mieux que rien.  Mais là?  Puisqu’elle était déjà en couple?  Alors là, je ne suis plus seulement mieux que rien.  Je suis mieux que quelque chose.  Je suis mieux que lui!  Et encore, je n’étais pas en compétition avec lui, comme deux candidats pour obtenir le poste d’amoureux officiel d’Océane.  J’allais prendre la place de celui qui occupait ce poste depuis déjà un an.  Ça me mettait en position de supériorité sur ce gars-là.  Or, quand tu as de la misère à te croire égal aux autres, il est encore plus difficile d’imaginer que tu puisses être leur supérieur.

J’étais tellement préoccupé avec l’idée de rester à ma place, que je ne me rendais pas compte que ça faisait des années que ma place n’était plus aussi basse que j’avais été conditionné à le croire.

On ne se doute jamais des dommages collatéraux que notre propre manque de confiance en soi peut causer chez les gens qui nous entourent.  Si j’avais cru mériter le désir et l’amour d’Océane, elle aurait trouvé en nous la force de se libérer de cette relation abusive dans laquelle elle était coincée.  À la place, en la repoussant, je lui ai juste fait croire qu’elle ne méritait pas mieux que lui.  Elle a donc continué d’être en couple avec ce gars abusif.  Bref, en ayant une basse estime de moi, je lui ai donné une basse estime d’elle-même.  En n’ayant aucune confiance en moi, j’ai miné sa propre confiance en elle.

Perdre Océane, mais surtout réaliser que j’ai contribué à la conditionner à accepter d’être dans une relation malheureuse, ce fut l’une des plus dures leçons de ma vie.  Et je me suis juré que je ne l’oublierai jamais.  Voilà pourquoi j’en parle encore, aujourd’hui, vingt-trois ans plus tard.

À partir de ce moment, je me suis juré que plus jamais je manquerai de confiance en moi et en mes capacités. 

Et justement, vingt-trois ans plus tard, vous voulez voir ce que c’est capable de faire, un homme qui a confiance en lui et en ses capacités? Me voici, l’année dernière, du début du mois d’août jusqu’à la fin de décembre. 

50 ans.  222 lbs / 100,7 kgs.  Obèse.  Une jambe et les deux pieds croches.  Une fasciite plantaire aux deux pieds qui risque de m’incapaciter à marcher si j’essaye de me remettre au jogging.  Une pression sanguine qui est à la limite d’être trop basse.  Et avec une vertèbre brisée qui a demandé une convalescence qui a duré dix mois.

Comme le disent ceux qui utilisent mal cette expression, j’aurais pu choisir de vieillir avec grâce.  C’est-à-dire travailler sur mon intellect, m’habiller mieux, avoir de la classe, et ne pas me préoccuper de détails insignifiants comme l’âge et le physique.  Après tout, j’avais toutes les raisons de croire que mes meilleures années étaient derrière moi.  Tout le monde sait qu’il est impossible d’être sexy une fois que l’on a atteint la cinquantaine.

Mais voilà : J’ai confiance en moi et en mes capacités.

À la fin de décembre, une fois ma convalescence terminée, je me suis inscrit au gym.  J’ai fait des recherches sur l’alimentation.  J’ai fait des recherches sur les exercices cardio.  J’ai fait des recherches sur les exercices de musculation.  J’ai appliqué dans mon quotidien ce que j’ai appris.  J’ai créé Diesel Ego, mon blog de remise en forme.   J’ai appliqué à mon programme les trois principes qui régissent ma vie, soit le courage, la ténacité et la sagesse.  Et me voici, aujourd’hui, quatre mois plus tard.

Impossible d’être sexy après 50 ans, hm?  

Maintenant, ÇA, c’est ce que j’appelle vieillir avec grâce.  Et ça ne m’a pas pris plus que quatre mois.  En seize petites semaines, j’ai réussi là où la majorité des gens passent des années à échouer.  Et ce, malgré mon âge et mes handicaps physiques. 

La différence?  J’ai confiance en moi et en mes capacités.

Comment naît la confiance en soi?  Fais de ton mieux.  Ait le courage de toujours faire en sorte de t’améliorer.  Ait la ténacité de ne jamais abandonner.  Mais ait la sagesse de savoir ralentir quand il le faut, récupérer au besoin, ou abandonner si la cause est perdue, pour ensuite passer à autre chose.  En accumulant les réussites et en évitant habilement les échecs, tes mérites seront reconnus.  Les gens vont croire en toi.  Et quand les gens croient en nous, il est beaucoup plus facile d’y croire soi-même.  Et dès que l’on y croit, surtout après avoir fait nos preuves, alors là, tous les buts réalistes sont à notre portée.

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Y’A LIENS LÀ :

Dans ce billet, je décris de manière claire le raisonnement erroné qui m’a fait repousser Océane, et pourquoi elle a réagi comme elle l’a fait.

Sinon, vous avez ici l’histoire détaillée de ma relation avec Océane, et comment ça m’a appris ces dures leçons que j’applique encore aujourd’hui.

Diesel Ego, mon blog de remise en forme, dans lequel je décris tout mon programme d’exercice de 16 semaines, pendant que je l’ai suivi.

Autopsie du loser.  Une très grande remise en question, une auto-analyse que j’ai commencé à l’age de 25 ans et que j’ai terminée à 30.  C’est ce qui m’a fait prendre conscience de tout ce qui n’allait pas chez moi.

Et son indispensable complément, la série Pas obligé de rester loser.  Une douzaine de billets dans lequel j’explique, un sujet à la fois, comment j’ai cessé d’en être un.

La partenaire idéale : Une curieuse contradiction psychosociale

Ce billet va avoir l’air d’une fiche d’agence matrimoniale. Ce n’est pas le but. La raison d’être de ce billet est pour souligner, comme le dit le titre, une curieuse contradiction psychosociale.

Il y a une question que je me fais poser deux ou trois fois par année, et c’est : Quelle est la femme idéale pour toi? Il se trouve que j’ai des idées bien arrêtées sur le sujet. Laissez-moi vous la décrire :

Au niveau du genre. Une femme cisgenre.

Au niveau familial. Elle est célibataire.  Elle n’habite pas chez ses parents. Elle est sans enfants, et elle n’en désire pas. Ou alors, si elle en a, ils sont adultes et indépendants d’elle.

Au niveau financier. Elle est indépendante financièrement. Et si elle a des dettes normales (Prêt étudiant, maison, auto), son revenu lui permet de rencontrer ses obligations mensuelles sans se ruiner. Sa source de revenus est stable, et sa situation n’est pas précaire. À part ça, elle est économe sans être avare.

Au niveau de la personnalité et de sa psychologie. C’est une personne positive, forte, indépendante. Elle est équilibrée et réaliste. Elle sait faire confiance sans pour autant être naïve, et n’est jamais méfiante sans raison logique et valide. Prudente et réfléchie, elle pense à long terme et sait prendre de bonnes décisions de vie. Elle n’a aucune dépendance. Elle n’a aucun trouble de personnalité nécessitant médication. Elle ne laisse pas son passé faire obstacle à son présent. Elle cherche la solution aux problèmes plutôt que de s’en plaindre. Puisqu’elle n’est ni geignarde ni aigrie ni haineuse, ses paroles et sujets de conversations sont majoritairement positifs. Elle voit les gens en tant qu’égaux. Elle est responsable d’elle-même, mais surtout pas des autres. Elle ne met pas sa valeur personnelle ni son estime de soi dans sa sexualité ou son potentiel de séduction. Elle dit ce qu’elle pense, elle pense ce qu’elle dit.  Ça ne l’empêche pas d’être respectueuse, ce qui fait qu’elle n’utilise jamais « être honnête » comme excuse pour mépriser, insulter ou rabaisser autrui.

Au niveau social. Elle est sociable, mais sait mettre une limite pour ne pas se laisser envahir. Les sorties sont pour elle une occasion spéciale et non une habitude du quotidien. Elle est aussi à l’aise dans une robe de soirée en gala, qu’en salopette en camping sauvage.

Au niveau consommation. Elle se nourrit bien, ce qui ne l‘empêche nullement de se livrer à quelques écarts occasionnels. Si elle consomme de l’alcool, c’est avec modération. Elle est non fumeuse et non droguée. Lorsqu’elle est sous médication, ce n’est que temporaire.

Au niveau du quotidien. Elle participe, à part égale ou complémentaire, à la vie à deux. Elle sait tout faire dans une maison : La cuisine, le ménage, le lavage, et se débrouille assez en bricolage et en travaux mineurs. Elle travaille aussi bien seule qu’en collaboration.

Au niveau physique. Elle se tient en forme et prend soin de sa santé. Elle n’a pas d’allergies ni handicaps.

Au niveau sexuel. Elle a une sexualité épanouie dans laquelle elle est parfaitement à l’aise.

Au niveau compatibilité. Afin d’établir une relation significative, il faudrait que cette personne ait des goûts et des passions qui se rapprochent des miens. Par exemple, qu’elle soit artiste, amateure ou professionnelle, peu importe la discipline : Dessin, peinture, musique, arts de la scène… Il y a deux raisons pour ça. La première, c’est qu’avant ma trentaine, à l’époque où je sortais avec n’importe qui, ma passion pour les arts et la bande dessinée m’ont souvent apportés le mépris de mes partenaires qui ne partageait pas mes goûts. Et la seconde, comme je le dis souvent : On ne peut pas passer notre vie à baiser. Il faut avoir des choses à parler, à faire et à apprécier ensemble en dehors du lit.

Au niveau affectif. Évidemment, même elle a tout ça, ça ne garantit en rien qu’il y aura une attirance affective et physique entre nous deux. Si oui, tant mieux, j’aurai une conjointe. Sinon, tant mieux, j’aurai une amie.

PRÉCISION OBLIGATOIRE : Je ne décris ici que la femme qui est idéale pour MOI. Ceci n’est en aucun cas un jugement négatif envers celles qui n’y correspondent pas, et encore moins envers ceux qui les aiment. À chacun ses goûts, il se trouve que ceux-là sont les miens, voilà tout.

Autre chose qu’il est important de préciser : À part pour le fait qu’il s’agit d’une femme, ce texte me décrit parfaitement. Normal! Ce que je recherche, c’est mon égale. Il ne faut pas y voir du narcissisme. C’est juste que, en tant que personne autonome, je ne recherche pas quelqu’un à qui m’accrocher pour vivre. Et inversement, je n’ai surtout pas besoin qu’un poids mort s’accroche à ma vie et mes finances pour dépendre de moi.

Et c’est pareil sur le plan psychologique et affectif. Je suis une personne complète, je n’ai donc pas besoin de chercher mon complément, ou bien « ma moitié », comme le dit cette déplorable expression populaire. Pas plus que je ne cherche une personne qui ressent le besoin vital d’être en couple. Je désire une personne qui VEUT être avec moi, et non quelqu’un qui A BESOIN d’être avec moi. C’est cette nuance qui fait toute la différence entre un couple stable et harmonieux, et une relation qui finit par être toxique.

Et voici où arrive la contradiction psychosociale du titre de ce billet.
Lorsque je me décris moi-même, c’est-à-dire avec les éléments cités ci-haut, je me fais presque toujours servir des répliques du genre de : « Et alors? Tu te crois spécial? Tu fais juste décrire n’importe quel gars moyen normal. »

Par contre, lorsque l’on me demande quelle serait ma femme idéale et que je réponds cette même description, alors là, on me réplique presque toujours qu’il faudrait que je redescende sur terre, que je cesse d’être aussi exigeant et que j’apprenne à faire des compromis, sinon je vais passer le reste de ma vie célibataire. Parce que, ce que je décris là, une femme positive, forte, intelligente, en forme, indépendante financièrement et affectivement, eh bien c’est la femme parfaite. Et la femme parfaite, ça n’existe pas.

En conclusion.
Lorsque cette description s’applique à un homme, elle décrit « n’importe quel homme moyen normal.»
Mais lorsque cette description s’applique à une femme, elle décrit « la femme parfaite qui n’existe pas.»

Faut-il que cette société soit misogyne pour en arriver à un tel jugement deux poids, deux mesures!?

Il faut savoir tirer une ligne!

Jeudi le 19 avril 2012, je consommais de la cocaïne pour la première et la dernière fois de ma vie.  J’avais eu l’idée de chroniquer cette expérience unique pendant que je la vivais.  J’ai cru que j’avais perdu le texte à tout jamais lorsque mon disque dur a crashé à l’Halloween de 2015.  Eh bien, il se trouve que je m’en étais envoyé une copie par courriel.  Je viens de la redécouvrir en explorant le dossier Éléments envoyés de mon compte Hotmail.  Alors voilà la chose.

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Samedi 14 avril
En nettoyant un bus, je trouve sous un banc de minuscules sachets genre ziploc contenant une poudre blanche, partiellement solide. Seul l’emballage me donne l’impression qu’il pourrait s’agir de cocaïne, puisque je n’en ai jamais vu de ma vie.

Dimanche 15 avril.
J’en parle à une amie en lui décrivant la chose.  Elle me donne un truc pour savoir si c’en est ou non : En mettre une minuscule quantité au bout de mon doigt et me frotter la gencive.  Si ça gèle comme du Oragel, c’en est.

Lundi 16 avril
J’essaye.  Ça gèle. C’en est de la vraie.  HOSTIE QUE ÇA GOÛTE MAUVAIS! 

Je reste indécis… Dois-je la jeter ou la garder?  Je décide de la garder, finalement.  C’est que, depuis que je suis ado, je me dis que si un jour j’entre en possession de cocaïne, je la garderais en cas d’extrême urgence.  Genre, une situation de vie ou de mort qui réclamerait de l’énergie physique et mentale exceptionnelle afin de m’en tirer.  Mais attention : En tout dernier recours seulement.  Aussi, puisque le destin m’en donne l’occasion gratuitement, je décide de garder les deux sachets. Je les cache dans mon classeur, sous le dossier très approprié de « BS ».

Jeudi 19 avril 2012
En repensant à ma liste de TO DO de la journée, et au fait que je n’ai dormi que 4 heures, et que je n’arrive pas à me rendormir, et que mon rhume me rend faible, j’ai décidé d’essayer.  Pour la première fois de ma vie, à l’âge de 43 ans, je vais faire mon baptême de cocaïne.  Je n’aime pas trop l’idée de me mettre ça dans le nez, surtout dans mon état d’enrhumé. J’opte plutôt pour la mélanger dans un milkshake-déjeuner Carnation™ à la vanille.  Tant qu’à consommer de la poudre blanche, ne faisons pas les choses à moitié.

10 h15 am
Je prends l’un des 2 sachets.  Après l’avoir bien réduit en poudre à coup de marteau, je le mélange au milkshake.  Première impression : La cocaïne a un goût très amer qui rend mon milkshake désagréable à avaler.  Aussi, je le bois le plus vite possible.

10 h20 am
Je me brosse les dents afin d’en enlever le goût.  Je constate que ma gorge commence à geler, comme si j’avais avalé du oragel. Mais l’effet demeure minime.  Puis, je m’installe devant mon ordi à regarder un épisode de Justice League Unlimited en attendant l’effet, si effet il y aura.

10h41 am
Je sens que mon cerveau fonctionne plus vite. Ne sachant pas combien de temps va durer l’effet, aussi bien me mettre à mes tâches de la journée le plus vite possible. Je commence à écrire ce texte.

10h55 am
Mon cerveau va encore plus vite.  Ne sachant pas les conséquences psychologiques que cette drogue aura sur moi, je dois me rappeler de garder le contrôle sur mes pensées, ainsi que sur mon enthousiasme, et de rester bien prudent lorsque j’irai à vélo tantôt faire mes courses.

11h05
Pris une douche et rasé en un temps record. J’ai l’impression que mon cerveau va trop vite pour mon corps. Je bouge vite, mais je me sens ralenti, comme si mon corps n’arrivait pas à suivre.

Je me sens tellement plus efficace.  Je comprends maintenant pourquoi il est facile d’être accro psychologiquement à cette drogue.  C’est pourquoi je reste sur mes gardes, et je me rassure comme quoi c’est normal.  Cette sensation, c’est un effet de la drogue.  Je ne dois pas oublier que quelqu’un peut se perdre moralement, physiquement et financièrement dans la coke, et que cette expérience est un one-time deal, SAUF SITUATION DE VIE OU DE MORT.

Je ne dois pas me croire au-dessus de tout ça, je ne dois pas me croire invulnérable à la dépendance.  Parce que c’est quand on pense comme ça que l’on perd toute prudence, tout contrôle, que l’on succombe et que l’on devient camé jusqu’aux yeux et qu’on perd tout.

11h10
J’ai le cœur qui bat à vitesse folle.  Bonne chose que l’exercice des dernières années a mis mon cœur dans un excellent état.

J‘ai envie de commettre quelques risque, comme mettre mes verres de contact malgré mon problème occulaire actuel, mais je sais que accepter un petit risque peut m’amener à vouloir en prendre un plus gros plus tard.  Je reste en contrôle et j’oublie ça.

Holy shit, j’ai jamais tapé du clavier aussi vite.  Si je suis encore sur effet quand j’aurai fini mes tâches de la journée, je vais finir d’écrire l’épisode 4 de The Eight.

Oooooh, mauvaise pensée, ça. Je me révise tout de suite : JE NE DOIS JAMAIS RÉ-UTILISER DE LA COKE POUR M’AIDER DANS MES TÂCHES OU MES PROJETS, C’EST COMME ÇA QUE L’ON DEVIENT DÉPENDANT.

JE DOIS TOUJOURS ME RAPPELER QUE CE QUE JE VIENS DE FAIRE EST ÉPOUVANTABLE, ET JE NE DOIS JAMAIS ME RAISONNER EN ME DISANT QUE « FINALEMENT Y’A RIEN LÀ ! »  Au contraire.  À 100$ le gramme, il y a BEAUCOUP là, on peut facilement arriver à la ruine.

11h15
J’ai l’impression que mes sensations physiques ont doublé… incluant la douleur de mon traitement de la verrue plantaire.  Bonne chose que la majorité de mes courses seront à vélo.

JE ME JURE QUE, À MOINS DE ME TROUVER DANS UNE SITUATION DE VIE OU DE MORT, CETTE EXPÉRIENCE DOIT RESTER UN ONE-TIME DEAL !  EVER ! ! !

11h21
La SAAQ est loin à vélo.  J’ai mon changement d’adresse à faire. J’aurais pu le faire, je trouve le défi excitant.  Mais l’aller-retour me prendrait au moins 2 heures, et je trouve que ce serait idiot de perdre toute cette énergie sur une seule tâche.  Je décide donc de  faire celle-là par téléphone.

11h38
D’abord, je pensais que j’aurais à réduire mon débit de voix.  Mais je parlais normalement.  Même que je me trouvais étrangement mieux articulé que d’habitude… Ce qui n’est pas logique, je suis TOUJOURS articulé.  Mais je crois saisir la différence : D’habitude, je cherche mes mots.  Là, je parle smooth, sans bris, sans pause.

Je comprends VRAIMENT comment on peut accrocher à la coke.  Plus je vois des améliorations dans ce que je fais, et plus je vois les pièges dans lesquels on peut tomber pour virer accro. Une chose est sûre en tout cas, je comprends pourquoi tant de gens se ruinent pour cette poudre.

Ce qui me rappelle que j’ai entendu dire que c’était un excellent coupe faim.  Je dois donc ne pas oublier de manger même si je n’ai pas faim, pour ne pas surtaxer mon organisme.  Je crains aussi le crash qui arrivera Dieu sait quand.

J’ai terriblement soif. Je cale un gros verre de thé en un temps record.  C’est une erreur.  Je dois me rappeler de manger et boire à vitesse normale.

11h44
Je suis impatient, j’ai furieusement envie de bouger.  L’ironie d’utiliser la coke pour étendre mon linge à toute vitesse ne m’échappe pas, puisque j’ai toujours dit que j’aimais faire la lessive parce que ça me détend. Well, chus loin d’être détendu en ce moment.

Histoire de tirer profit de mon expérience, je me regarde aller faire mes tâches, et je vais essayer de prendre ça comme exemple à suivre (sans la coke) pour être plus efficace dans l’avenir.

11h51
Hostie que j’ai envie de me dépenser.  Vélo, exercices, courir… Mais justement, je ne dois pas oublier la leçon que j’ai eu de la course, en développant une fasciite plantaire qui m’empêche de courir : Quand la volonté et l’énergie dépasse les capacités physiques, ça peut avoir des conséquences fâcheuses, certaines temporaires, certaines pour le reste de notre vie.

Je constate que cette soif que j’ai est similaire à celle que j’ai eu quand j’ai testé la coke sur ma gencive.  Donc, observation : La coke donne soif.

Ah, tiens, autre chose à ne pas oublier : Comme c’est la première fois que je prends de la coke, mon corps n’est pas habitué, donc je n’en ressens que les bienfaits.  C’est à la longue, à force d’en consommer, que le corps s’habitue, et finit par ne plus fonctionner normalement sans ça.  Comme la caféine dans le café, ou les boisson énergie, dont il a fallu me sevrer il y a quelques années, qui m’ont donné des symptômes de manque.

Alors je ne dois jamais oublier ceci : CE NE SERA JAMAIS AUSSI BON ET AUSSI GÉNIAL QUE LORS CETTE PREMIÈRE FOIS.

12h05
Je constate, avec la madame de Hydro Québec au bout du fil (Encore mon changement d’adresse), que mon impatience aussi est décuplée. Heureusement je réussis à voir la chose avec logique : C’est sûrement la coke qui booste les facettes de mon tempérament, donc je n’ai pas de raisons d’être impatient, donc ce n’est qu’une illusion. Juste le fait de me dire ça, je me calme d’un coup sec. Étrangement, contrairement à ce que j’aurais imaginé, on dirait que ma logique aussi est décuplée.

12h15
Ca y est, on va voir ce que ça donne côté énergie physique : Je pars à vélo faire mes courses.

Quand je pense à tous ceux qui utilisent la coke comme drogue récréative, quelle perte.  Moi au contraire, je veux utiliser tout le temps qu’il reste à mon high pour en faire le plus possible.  Ne pas oublier : Ceci est une opportunité unique.

Eh oui, le fait que je me le répète sans cesse montre la peur que j’ai de virer accro.  Et c’est normal, cette drogue est terriblement efficace. Mais je sais que tant que j’aurai cette crainte, je saurai m’en tenir loin.

L’effet est différent des ritalins, dont je consommais les suppléments de Jonathan.  Ça me donne plus d’énergie, mais pour la concentration, je reste non-convaincu.  Parfois je suis full focussé, et d’autres fois je suis incontrôlablement distrait… Finalement, dans mon état mental normal, juste extrême.

12h39
Mon vélo est attaché sur De l’Église à Verdun. Je viens de faire mes achats au Rona, je me dirige vers le marché Métro pour d’autres déjeuners Carnation, rapport que j’ai pris le dernier ce matin.  Je suis déçu.  Je m’attendais à une performance vélocipédiste athlétique. En fait, je ne vois pas de différence avec la normale. 

… Mais là encore, la normale, ce serait d’avoir dormi 8 heures au lieu de 4, et ne pas être démoli par un rhume.  Donc, c’est mon état normal actuel qui prouve qu’en fait, je suis sur-performant.

12h54
Réalisant que mon déjeuner coké était il y a 2 heures et demi, je me dis qu’il faudrait bien que je mange encore.  Voulant éviter un gros repas qui utilise l’énergie pour la digestion, j’opte pour un petit bol de salade de fruits frais, pris au marché Métro, que je mangé sur le trottoir.  À ma grande surprise, je constate que non seulement je ne ressens pas la faim, mon corps ne veut pas manger.  Je dois véritablement faire un effort de volonté pour manger. Une fois tout mangé, je ne ressens rien de spécial, sinon le soulagement d’avoir arrêté de manger.  C’est assez curieux comme effet secondaire.  Mais ça me permet de comprendre pourquoi les gens cokés maigrissent.

13h11
Au  retour, sur le pont de la rue Jolicoeur reliant Verdun à Ville-Émard, je me fais arrêter par un vieux monsieur qui me dit : « Hey, how much further away is it from the Dairy Queen ? I’m a tourist, see, I’m from California. Maybe you know my friend, he’s an actor from Grey’s Anatomy, it’s playing tonight. He’s my special friend, if you know what I mean. I won’t say more.  Hehe ! » HEILLE, ON S’EN COLISSE-TU QUE TU SUCES DES PINES D’HOLLYWOOD, VIEILLE POUFFE ! LAISSE-MOI DONC RVENIR CHEZ MOI, QUE JE PROFITE DE CE QUI ME RESTE DE MON HIGH POUR M’Y RENDRE UTILE.

13h22
Retour à la maison.  Je me sens encore high, mais à ce point-ci, je ne saurais dire si c’est la coke ou l’hyperventilation due au vélo.

13h30
L’effet me semble avoir diminué. En ce moment, comment je me sens est comparable au meilleur de ma forme lorsque en état normal.  Mais le hyper-boost que j’ai ressenti lors de la première heure et demie n’y est plus.

14h00
Je sens que l’effet diminue.  Je suis maintenant dans ma moyenne normale. Sauf que je vais probablement continuer ma descente, puisque je suis enrhumé et avec peu de sommeil. J’ai la tentation d’aller acheter du Red Bull pour en prolonger l’effet.  Je me ravise aussitôt.  Ça montre à quel point je peux accrocher au fait d’être efficace, sans que ça me demande un effort de volonté. Raison de plus pour me laisser revenir à la normale.

14h40
Bon ben me voilà redevenu l’enrhumé épuisé de ce matin. Au bout du compte, ce furent quatre heures très intéressantes.

EN CONCLUSION
D’un point de vue strictement scientifique, je ne regrette pas l’expérience. J’ai appris les effets de la cocaïne sur un organisme non-habitué aux drogues. Et j’en suis aussi arrivé à une conclusion qui, je le crois, cimente à tout jamais ma décision de ne jamais recommencer : Pour les gens comme moi, les paresseux de nature qui doivent déployer des efforts de volonté pour faire quelque chose, l’attrait que peut avoir la cocaïne est une très dangereuse réalité.  Parce que, d’un simple petit gramme de cette drogue, on obtient toute la volonté et la drive requise pour réaliser nos projets, et ce sans effort.

Or, je possède un trait de caractère en particulier qui a toujours été naturellement plus fort que ma volonté : Mon orgueil.  Jamais je n’ai accepté d’être le jouet de quelqu’un, et ce n’est pas pour devenir le jouet de quelque chose.  Je n’ai pas besoin de vivre moi-même le fait d’être accro pour savoir que ça se passerait ainsi. Depuis que je suis enfant, la TV, la radio, les magazines et les journaux m’ont bombardé de milliers de témoignages d’ex-drogués disant que la coke c’est ben l’fun au début.  Mais plus le corps s’y habitue et moins ça fait effet, et on finit par en prendre juste pour ne pas vivre le manque.  Et à 100$ et plus le gramme, c’est facile de se ruiner là-dedans.

Une recherche Google au sujet de la cocaïne m’apprend un truc qui me laisse la mâchoire pendante. L’effet de la coke est supposé durer de 30 à 45 minutes. ÇA M’A FAIT EFFET PENDANT TROIS HEURES ET DEMIE!!! 

Est-ce parce que je l’ai pris par voie orale? Est-ce parce que je l’ai mélangé à un milkshake ne contenant que des éléments full nutritifs? Est-ce parce que j’étais malade, donc que je pouvais vraiment sentir la différence entre coké et non-coké? Ou est-ce tout simplement parce que c’était la première fois de ma vie que j’en prenais, donc que mon organisme n’y était pas du tout habitué? Une chose est sure, ça ne sera plus jamais aussi génial que cette fois-là. Je comprends donc que, pour que cette expérience reste agréable et positive, il faut que ça reste un truc d’une seule fois dans une vie.  C’est donc sans remords que je me débarrasse du second gramme dans les toilettes.

Et puis, après avoir vu sur le net qu’au Québec, la simple possession de cocaïne peut valoir 1000$ d’amende et 7 ans de prison, ça a quelque peu influencé ma décision de ne pas la garder.


Et voilà!  Sept ans plus tard, je n’y ai toujours pas retouché.  Je continue de voir cette expérience unique comme étant positive.  Et surtout, je suis toujours aussi convaincu que, pour que ça reste comme ça, je ne dois plus jamais recommencer.

Comme quoi, dans le fond, ce qui fait la différence entre expérimenter le paradis et vivre un enfer, c’est d’avoir le bon sens de savoir tracer une limite et de la respecter.

S’offrir dans le but de comprendre

À quatre reprises, à différents moments de ma vie, il m’est arrivé de vivre une curieuse expérience.  En fait, je trouvais d’abord que c’était une expérience flatteuse, jusqu’à ce que je constate certaines constantes entre chaque personne.  C’est là que j’ai vu que dans le fond, cette situation n’était ni flatteuse pour l’homme, ni saine pour la femme.

Je ne vais raconter que la première anecdote, en pointant les points en commun avec les trois expériences suivantes.

Ça remonte à l’époque de MySpace.  Pour les plus jeunes, MySpace était un genre de mix entre Facebook et un blog.  Dans le temps, c’était la plus populaire plateforme sociale du net, mais une série de mauvaises gestions ont causé sa dégringolade.  Au final, les membres ont massivement immigré vers Facebook.  Mais à l’époque, à son meilleurs, j’y écrivais le même genre de billets qu’ici, sur le thème de l’interaction personnelle et sociale.

J’y avais une lectrice qui aimait déjà mes trucs dans Safarir, et qui commentait chacun de mes billets sur MySpace. C’était une jolie petite asian née à Montréal, de 18 ans, cheveux longs, bouche pulpeuse, regard taquin et sourire irrésistible.  Elle était énergique, joyeuse, avait un sens de l’humour qui allait bien avec le mien.  Nous sommes rapidement devenus bons amis, aussi proche que l’on puisse l’être sur le net.  Nous nous sommes rencontrés quelquefois, à l’occasion de sorties et de partys privés. 

Elle était en couple avec un gars de 26 ans, beau grand blond caucasien.  Juste à les voir, on se disait qu’ils allaient si bien ensemble.  Je me souviens que je l’avais trouvé chanceux d’avoir trouvé une telle fille. 

En privé, par contre, tout n’était pas rose.  Il se détachait de plus en plus d’elle, et elle me confiait son désarroi.  Je lui ai suggéré d’avoir une bonne discussion avec lui, histoire de savoir à quoi s’en tenir.  Ce qu’elle fit.  Il lui a alors dit un truc assez aberrant :

« Pour être franc, j’me vois pas passer ma vie avec une asian. »

Après deux ans de relation, dont les six derniers mois à habiter avec lui, elle était dévastée.  Encore une fois, même née ici, même avec la culture d’ici, même avec l’accent d’ici, rien à faire.  Par son physique, c’était une étrangère.  Une exotique.  Un trophée à se taper pour le plaisir.  Mais pas avec qui avoir une relation sérieuse, et encore moins pour fonder une famille. 

Et pour elle, ça avait toujours été ainsi.  Depuis ses débuts sur le net, elle recevait, non-stop, plusieurs fois par semaines, des messages de dragueurs, la moitié étant des otakus, qui l’objectifiaient pour ses origines.

Alors d’un côté, il y avaient les hommes qui la désiraient parce qu’elle était une asian.  Et il y avaient les hommes qui ne la désiraient pas, toujours à cause qu’elle était une asian.  Aux yeux de tous, il n’y avait que ça qui comptait, et ce n’était que sur ça quelle était jugée comme étant désirable ou non.

Les semaines et les mois passent, et elle se remet peu à peu de sa séparation. Puis, un jour, elle m’appelle.  Elle avait envie d’avoir un contact plus personnel avec moi que par simple messagerie.  Alors on jase aisément pendant une bonne heure, sans temps morts ni ennui.  Et il lui prend comme ça de me donner quelques détails de sa vie sexuelle.  En bon ami, j’écoute, lui donnant mes avis et impressions.

Puis, elle me pose la question à laquelle ne me serais jamais attendu.

« T’as-tu déjà baisé avec une asian? »
« Euh… Non! »
« Ça te tenterais-tu? »

Huh!?  D’où est-ce que ça sort, cette proposition-là?  Ma curiosité fit que je voulais en savoir davantage.  Et je savais par expérience que lorsque l’on refuse une proposition directe d’intimité, alors la personne se referme et n’en parle plus.  Et puis, pour être franc, elle me plaît.  Je la connais bien, j’aime sa personnalité, j’aime les filles, j’aime le sexe.  Pourquoi pas!? 

« Bah, ouais, surtout si c’est toi. »
« Ok! »
« Cool!  Mais, euh…  J’t’avoues que j’m’attendais pas à ça.  Qu’est-ce qui me vaut l’honneur, depuis le temps qu’on se connait? »
« Je sais pas trop…  Je te trouve baisable! »

Pour l’instant, elle ne peut pas m’offrir de date de rendez-vous, à cause de son horaire de travail et du fait qu’elle est en plein déménagement.  Mais elle me promet que l’on va se voir bientôt.   

La conversation prend fin, je raccroche, toujours surpris mais fortement flatté.  Pendant le premier ¾ de ma vingtaine, j’avais de la difficulté à plaire, malgré tous les efforts que j’y mettais.  Puis, j’ai commencé à être capable de séduire.  Et maintenant, une décennie plus tard, voilà que de jolies jeunes filles me proposent du sexe de leur propre initiative.  C’est fou!  Il faut croire que prendre de l’âge m’a apporté ce qui me manquait dans ma jeunesse.

Pour les semaines qui suivent, non seulement les choses ne se passent pas comme prévu, je constate un changement négatif dans notre relation.  Tout d’abord, peu importe le nombre de fois où je lui écris pour qu’on se rencontre, elle n’a pas le temps ou demeure évasive.  De plus, elle cesse totalement de laisser des commentaires sur mes billets, et elle ne me jase plus sur MSN Messenger alors que nous le faisions quotidiennement avant. 

Au bout de six semaines, il faudrait que je sois en déni pour ne pas faire le lien entre son changement de comportement et sa proposition sexuelle, puisque tout a changé entre nous à partir de ce point.  De la façon dont elle agit, il est clair qu’elle a changé d’idée et qu’elle n’ose pas me le dire.  Car nous savons tous que rien ne fait plus frustrer un gars qu’une fille qui revient sur sa promesse de sexe.  Et encore plus si c’est elle qui s’est offerte pour commencer.

Puisqu’elle m’évite, je me doute bien que ça ne servirait à rien de tenter d’ouvrir le dialogue avec elle sur le sujet.  Par expérience, je sais que lorsque quelqu’un s’imagine que tu vas réagir mal, c’est inutile de lui dire que tu as l’esprit ouvert et que tu es compréhensif.  La personne va continuer de nier. 

Je prends donc la meilleure option qui me vient en tête : Ne pas lui demander d’explications, et affirmer qu’en fait c’est moi qui n’en ai pas envie.

Et voilà!  Presque aussitôt, notre relation amicale est redevenue ce qu’elle était, et elle a continué ainsi pendant plusieurs autres années, jusqu’à ce que la vie et les circonstances nous fassent prendre des chemins différents.

Comme je le dis plus tôt, j’ai vécu trois autres fois des situations semblables.  Les détails étaient différents, mais à la base c’était toujours le même scénario en quatre étapes :

ÉTAPE 1 : Toute sa vie, la fille n’a connu que deux genre d’hommes, et ce sont deux extrêmes opposés : Ceux qui la désirent, et ceux qui s’en foutent.

ÉTAPE 2 : Et puis là, moi, j’arrive dans sa vie.  Je ne m’en fous pas, puisque je suis amical, gentil, respectueux.  D’habitude, quand un homme est gentil avec elle, ça veut juste dire qu’il va finir par lui montrer un intérêt amoureux et/ou sexuel.  Mais dans mon cas, mon comportement envers elle n’évolue pas.  Les jours passent, les semaines, les mois, et je reste toujours aussi amical et platonique qu’au début.  Je n’entre ni dans la première catégorie ni dans la deuxième. Elle se retrouve donc face à une 3e situation, une à laquelle elle n’est pas habituée. 

L’être humain est une créature qui a besoin de vivre dans ses habitudes.  Mon comportement est pour elle inhabituel.  Au niveau du subconscient, elle ne comprend pas.  Alors elle cherche à comprendre.  Par conséquent :

ÉTAPE 3 : Elle tente de recréer avec moi une situation qui lui est plus familière : Celui de l’homme qui n’est amical que dans le but de coucher avec elle, et/ou le fait d’être objectifiée pour une raison X. (Exemple: Celle qui n’est jugée que en tant qu’asian, et qui s’offre elle-même en tant qu’asian.)  Ainsi, du jour au lendemain, elle passe brusquement d’amie platonique de longue date, à amante potentielle qui s’offre comme telle.  

ÉTAPE 4 : Maintenant qu’elle est de nouveau dans une situation qui lui est familière, elle peut composer avec ça.  Elle perd aussitôt son intérêt sexuel pour moi.  Et ceci rend le reste de notre relation malaisante, puisque maintenant je m’attends (ou bien elle croit que je m’attends) à quelque chose qu’elle n’a pas envie de me donner.

Bon, en fait, l’Étape 4, je ne l’ai vécue que dans le premier cas.  Je n’ai aucune idée si ça se serait rendu là avec les autres, ou si ça aurait vraiment passé au sexe si je leur avais dit oui. 

Car en effet, contrairement au premier cas, je n’ai pas répondu positivement aux avances des trois autres.  Il faut dire qu’elles n’avaient pas été aussi directes que la première, alors il était plus facile pour moi de contourner la question. 

N’empêche que je ne pouvais pas m’y tromper :  Dans tous les cas, la fille changeait brusquement de comportement avec moi, passant d’amie platonique de longue date, à amante potentielle qui s’offre comme telle, ou du moins qui tentait de provoquer chez moi un intérêt sexuel envers elle. (Étape 3).  Et à chaque fois, il s’agissait d’une fille qui pour qui les hommes avaient ou bien un intérêt amoureux/sexuel, ou bien au contraire aucun intérêt du tout (Étape 1), et qui avaient de moi l’amitié respectueuse et platonique sans jamais rien de plus. (Étape 2)  Je comprenais donc immédiatement ce qui était en train de se passer.  Elle n’étaient pas vraiment intéressées à moi.  Elles s’offraient dans le but de comprendre.

La 2e et 3e fois, c’était facile à éviter puisque c’était par messagerie.  C’était plus simple pour moi de jouer au nigaud qui ne comprend pas, qui change le sujet, ou qui glisse habilement le sujet de mon couple dans la conversation.  La 4e fois, comme j’en ai parlé dans mon billet précédent, c’était un peu plus compliqué parce que c’était en personne.  Mais le simple fait de lui dire qu’à mon âge je n’avais plus de libido, ça lui expliquait pourquoi je n’avais aucun intérêt sexuel pour elle, et ça épargnait son orgueil et son estime de soi.

Ceci dit, dans tous les cas, il s’agissait de jeunes femmes de 18 à 25 ans.  Je suis peut-être orgueilleux et vaniteux, mais même à moi on ne fera pas avaler qu’une gamine de la moitié de mon âge puisse soudainement, après des mois d’amitié platonique, me désirer sexuellement du jour au lendemain.

Lorsque les hommes n’accordent aux femmes qu’une valeur sexuelle, ils conditionnent ces femmes à ressentir elles-même que là est leur valeur. Ainsi, non seulement sont-elles victimes de cette mentalité misogyne, elles font hypnotiser à l’accepter. Il ne faut donc pas s’étonner si elles développent le réflexe de se sexualiser elles-mêmes pour obtenir ou pour garder l’attention ou l’approbation.

J’ai compris que dans les faits, non seulement ces jeunes femmes vivaient un abus, elles ont été inconsciemment conditionnées à le perpétuer.  Et à défaut de pouvoir les aider, je devais au moins m’abstenir de faire partie du problème.

Parce que des fois, on n’a pas le choix de faire son coming-out.

Comme d’habitude, je m’apprêtais à vous écrire une anecdote vécue dans laquelle j’ai retiré une leçon de vie en société.  Mais en voyant qu’une grande partie de cette histoire implique le plus dominant de mes traits de caractère, j’aimerais d’abord faire mon coming out.

Bon, soyons franc, dans ce cas-ci, « j’aimerais », ce n’est rien d’autre qu’une figure de style.  En réalité, je n’aime vraiment pas devoir révéler ce que je vais dire.  C’est quelque chose que j’aurais préféré garder pour moi, depuis que je l’ai appris il y a trois ou quatre ans.  Mais voilà, des événements récents dans ma vie m’ont forcé à devoir révéler cette partie de moi à certaines personnes de mon entourage, afin de me disculper de certains soupçons non-pertinents qui se colportaient à mon égard. 

Alors voilà:

Je suis, ce que l’on appelle, un demisexuel.  Et je l’ai apparemment toujours été.

Qu’est-ce que cela signifie au juste?  La page Wikipédia au sujet de la demisexualité décrit la chose en ces termes:

Une personne est dite demisexuelle si elle ne ressent de l’attirance sexuelle qu’après avoir formé un lien émotionnel fort avec une autre personne1. Ce lien peut être un lien de nature romantique mais pas exclusivement. Le mot « demisexuel » est issu de l’idée que la demisexualité se situe à mi-chemin entre asexuel et sexuel. Cela ne veut évidemment pas dire que la demisexualité est « incomplète », « à moitié développée », ou encore que l’attirance sexuelle sans un lien émotionnel est nécessaire pour une sexualité « complète ». En général, les personnes demisexuelles ne sont sexuellement attirées envers personne. Cependant, si un lien émotionnel fort se développe (qu’il s’agisse d’un sentiment romantique ou d’amitié profonde) une personne demisexuelle peut alors éprouver de l’attirance sexuelle et du désir envers ce partenaire.

Dans les faits, ce que ça signifie, c’est que si je suis en couple, je la baiserais volontiers 1-2-3 fois par jour, pour peu qu’elle le veuille aussi.  Car, comme je l’ai répété dans je-ne-sais-plus-combien de billets, 75% de mon excitation provient du fait que je sais que la fille me désire et aime ce que l’on fait.  Chose qui, apparemment, est typique chez un  demisexuel.  J’ai toujours eu une libido d’ado.  Elle s’est un peu calmée depuis mon accident de février 2018, mais elle est encore là.   

Par contre, comme le dit si bien l’extrait plus haut, en général, les personnes demisexuelles ne sont sexuellement attirées envers personne. Et ça, ça veut dire que, autour de moi, dans la rue, au travail, peu importe où je me trouve, jamais je ne vais regarder une fille qui passe.  Jamais je ne vais me retourner sur son passage.  Jamais je ne vas faire de remarques au sujet de son physique, sa beauté, son sex appeal.  Bref, jamais je ne vais désirer une femme sans savoir quoi que ce soit à son sujet.

Quant aux femmes qui m’entourent, que ce soit dans le milieu social ou bien les collègues de travail, aucune d’entre elle n’a entendu de ma part autre que politesse et sujets de conversations irréprochables.  Jamais de remarques déplacées, de sous-entendus à caractère sexuel, de commentaires grivois, de blagues adultes, même pas de regard et/ou sourires qui en disent long.  Je ne les complimente même pas.  Oh, il peut m’arriver de lui dire que tel nouvel ensemble leur va bien, que telle coupe de cheveux est très jolie.  Mais jamais il ne me vient à l’idée de les complimenter sur leur physique ou leur beauté.  Je ne leur ai jamais rien dit de plus que ce que je dirais à un autre homme.

J’ai eu, il y a longtemps, une collègue de travail qui était très tactile.  Elle ne peut pas voir quelqu’un sans lui toucher, moi inclus.  Main sur l’épaule, main sur le bras, main dans le dos.  Ça me hérisse.  Mais bon, je savais bien qu’elle ne faisait pas ça pour me rendre mal à l’aise.  C’est comme ça qu’elle est, voilà tout.  Et c’est la raison pour laquelle j’endurais sans rien dire.  Car moi non plus, je ne voulais pas mettre le malaise entre nous.  Mais disons que j’ai ressenti un certain soulagement lorsqu’elle a changé de carrière.

Je n’ai pas la phobie d’être touché.  Au contraire, je suis très chaleureux.  Avec ma conjointe, évidemment, lorsque j’en ai une.  Quelques amies proches également.  Et aussi mes parents.  Et pour les gens avec qui je suis moins intime, poignées de main et high-five, pas de problème.  Mais ça se limite à ça.  Sinon, je n’ai aucun désir d’être en contact physique avec qui que ce soit. 

Et voilà pourquoi je ne drague pas.  Oh, je peux trouver une étrangère intéressante et faire les premier pas vers elle.  Mais il faut que ce soit dans un contexte approprié.  Par exemple, sur Tinder.  Là, c’est normal, c’est une place à drague.  Mais à part ça?  Dans la rue?  Dans un événement social?  Au travail?  Non!  Ce n’est juste pas moi, ça.

Il m’est même déjà arrivé de me rendre compte qu’une jeune collègue tentait de provoquer mon intérêt envers elle avec ses paroles et son physique.  J’ai fait semblant de ne pas comprendre son message, je n’ai montré aucun intérêt, et je lui ai juste dit qu’à l’âge où j’étais rendu, je n’avais plus de libido.  Le sujet n’est plus revenu.  C’est sûr que si elle a répété ça par la suite, les collègues ont dû faire des blagues de vieil impuissant à mon sujet.  Qu’importe!  Puisque je suis contre la drague au boulot, ce n’est pas comme si ça pouvait me saboter.  En fait, bien au contraire, ça va juste m’éviter de recevoir de l’attention non-sollicitée.

Dans de telles conditions, je pense que ça va de soi qu’il m’est également impossible de jalouser une relation, et encore moins harceler sexuellement qui que ce soit.

Et c’est justement ça, la raison pour laquelle j’ai eu à faire mon coming-out parmi une partie de mon entourage.  Une rumeur mensongère de la part de quelqu’un qui a passé sa vie à chercher à causer des ennuis à autrui.  En cette époque de #OnVousCroit, #MoiAussi, #DévoileTonPorc, personne ne lui a demandé de preuves de ma culpabilité.  C’était à moi de faire celle de mon innocence.  Avec zéro historique de harcèlement sexuel en 50 ans d’existence, et quelques captures d’écrans de conversations prouvant mon manque d’intérêt pour la personne, j’ai pu m’en tirer.  Mais pour tous ceux qui ne croient pas en l’amitié homme-femme à moins que le gars soit gai, il a fallu que je sorte du placard, articles psychologiques à l’appui pour leur apprendre que oui, ça existe, la demisexualité.

N’empêche que le mal est fait.  Et qu’à cause de ça, un doute va toujours leur rester en tête à mon sujet.  Si je m’étais révélé bien avant, je me serais épargné cette mésaventure.

Alors pourquoi avoir si longtemps refusé de le dire?  J’ai trois raisons. 

RAISON 1:  Apprendre ma demisexualité, ça a complètement bouleversé mon estime de soi.
J’ai passé ma vie à être fier d’être celui qui respecte la femme.  Qui la regarde d’égal à égal, sans la réduire à un objet de désir.  Qui est capable d’être ami platonique avec elle sans espérer autre chose.  Et là, il y a trois ou quatre ans, j’apprends que non, en fait, le respect n’a jamais eu rien à y voir.  C’est juste mon orientation qui me rend ainsi.  Voilà qui a donné une sérieuse débarque à mon estime de soi.  Comment est-ce que je puis tirer de la fierté d’avoir toujours su contrôler mes pulsions, lorsque dans les faits je n’ai jamais eu de pulsions?

RAISON 2:  Se faire dire que l’on est demi quelque chose, c’est diminuant.
Ici, c’est le terme lui-même que je n’aime pas.  Qu’on le veuille ou non, la perception sociale de l’homme va de pair avec son côté animal.  Un homme, un vrai, c’est viril, fonceur, conquérant.  Ça séduit et surtout ça baise, en série.  Dans une telle optique, être un demisexuel, c’est n’être que la moitié d’un homme.

RAISON 3:  Les implications sociales du terme demisexuel sont horribles.
Si le fait de respecter la femme, les voir en égales et non en objet sexuel, c’est être demisexuel, alors ça sous-entend que d’agir en macho misogyne lubrique, c’est d’être sexuel complet.  Que c’est ça, la norme.  Que tous ces comportements
 déplacés que les femmes reprochent aux hommes, ce sont des comportements normaux.  Donc acceptables.    

Et voilà pourquoi je ne voulais pas en parler.

À la lueur de ces révélations, quelques uns de mes billets de blog passés peuvent être maintenant vus sous un tout autre angle.  Par exemple ces deux-là:

Ingrid; Cinq jours parmi les loups.  Je raconte comment, il y a quelques années, j’observais sans vraiment comprendre la majorité des hommes du bureau qui se sont tous mis à harceler une nouvelle employée, au point où elle a quitté l’emploi après cinq jours.

Mon année 2013, 2/4.  Mon amante de l’époque ne cesse de me demander si je trouve belles les filles que l’on croise.  Je ne peux que lui répondre que je ne les ai pas remarquées, puisque je ne les regarde même pas.  Une réalité qu’elle n’arrive pas à comprendre.

Et maintenant, je ne sais plus si ça vaut encore la peine de raconter d’autres anecdotes dans lesquels la morale est « Voyez comme il est possible de faire preuve de retenue » puisque, apparemment, mon comportement n’avait rien à voir avec la retenue.

Cinq signes comme quoi ce gym est à éviter

Savoir choisir un bon gym, c’est facile à dire, mais plus difficile à faire.  Par contre, il est assez simple de repérer un mauvais gym, car dès que les employés sont à l’aise, ils ne peuvent s’empêcher de relâcher la discipline et faire des conneries.  J’ai quelques bons exemples.  Je ne nommerai pas la chaîne, parce que bon, ce n’est tout de même pas de la faute du siège social si cette succursale-là employait un surprenant nombre de tarés.  Mais il reste des signes qui ne trompent pas, comme quoi j’aurais mieux fait de laisser tomber et de m’inscrire ailleurs.

SIGNE 1 : L’employé qui dit n’importe quoi.
Je suis assis en face d’un employé du gym à son bureau.  Il me pose quelques questions d’usage avant de préparer mon abonnement.  Il me demande si je suis allergique à quelque chose.  À l’époque, je souffrais d’une légère allergie à certains aliments, tels l’oignon, le café, le chocolat, qui me donnaient la migraine.  Je le lui dis.  Sa réponse :

« C’est psychosomatique! »

Psychosomatique :  Symptôme physique causé par l’imagination, mais plus souvent par un traumatisme.  Or, il se trouve que les aliments déclencheurs de migraines, incluant ceux que j’ai nommé, ça existe.  Ils sont parfaitement répertoriés par les professionnels de la santé.

Est-ce que quelqu’un peut me dire le lien entre une migraine provoquée par certains aliments, et un problème psychosomatique?  Il s’imagine quoi, lui?  Que j’ai été violé par un oignon quand j’étais enfant, et que quand j’en vois un je dis « Pas ce soir, j’ai la migraine! » ?

SIGNE 2 : L’employé qui fait le con et sabote le travail… Devant un client potentiel.
Tandis que l’employé, à son bureau, est en train de remplir mon dossier d’abonnement, une de ses collègues vient le rejoindre.  Elle se place derrière lui.  Puis, alors qu’il écrit, elle donne une claque sur le stylo, le faisant barbouiller ma feuille.  Il s’arrête et vient pour lui dire quelque chose, mais le téléphone sonne, la ligne du gym.  Il répond.  Sa collègue appuie sur un bouton, coupant la ligne.  Puis, elle part en riant alors que l’employé, irrité, lui dit : « Hostie qu’t’es conne! »

Après lui qui me traite de psychosomateux et elle qui fait la conne, j’aurais dû me lever, lui dire de laisser faire et m’en aller.  Mais bon, j’avais besoin d’un gym, j’avais besoin d’un entraîneur, et cette succursale était la plus près de chez moi.  Je me suis dit qu’il était impossible que tous les employés soient de ce calibre-là.  

Je me trompais.

SIGNE 3 : L’entraîneur qui n’en a rien à foutre, de son client.
Je me retrouve donc avec un entraîneur qui a un programme d’exercice de douze semaines pour moi.  Alors, dès le premier exercice, il me dit :

« Tu te couches sur ce banc.  Tu lèves ce poids.  Tu fais dix répétitions.  Tu te reposes pendant 30 secondes.  Tu fais ça trois fois.  Je reviens! »

Et il m’abandonne là.  Après avoir fait mon exercice, j’ai eu à attendre six minutes avant qu’il revienne, les yeux sur son téléphone.  Puis, il m’amène à une autre machine, et il fait pareil : Il me dit quoi faire, il disparaît, je termine mon exercice, et j’attends qu’il daigne revenir.

Au bout de 9 semaines, démission ou renvoi, mon entraîneur a disparu.  Par conséquent, j’ai passé mes trois dernières semaines d’entrainement avec :. 

SIGNE 4 : L’entraîneur qui ne connait pas son métier. (Et qui n’a pas l’air d’être intéressé à l’apprendre.)
Le gars qui remplace mon premier entraîneur me demande le nom de mon programme. 

« Bah, je sais pas, moi.  Il ne me l’a jamais dit. »
« C’est quoi qu’il te faisait faire comme exercices? »
« Ben, celui-ci, puis celui-là, suivi de l’autre, là. »
« Bon ben, continue de faire ça! »

À partir de là, même scénario.  Enfin, presque,  Il ne m’abandonnait pas, mais ne s’occupait pas du tout de moi, à part pour ME demander quel exercice j’aurai à faire ensuite.  Pour le reste du temps, il ne s’occupait pas du tout de moi, passant son temps sur son téléphone, ou parlant avec ses collègues.

Ah, et je m’en voudrais d’oublier celui-là, auquel je ne me suis jamais inscrit, mais que j’ai vu arriver deux fois :

SIGNE 5 :  Le gym qui ouvrira bientôt, et qui offre un prix incroyablement bas.
Un gym va bientôt ouvrir.  Il ne fait partie d’aucune chaîne.  Par ses posters dans les vitrines, il s’annonce comme étant spécial, par exemple pour femmes seulement.  Et il y annonce aussi les prix qui sont les plus bas, toutes chaînes de gym confondues.  Pendant le mois où ils aménagent, ils prennent immédiatement les abonnements.  Puis, un mois plus tard, à la date d’ouverture prévue, le gym n’ouvre pas.  En fait, il s’agit d’une bande de crapules qui avaient loué un local vide pour un mois, qui se sont contentés de coller des affiches publicitaires sur les fenêtres, et qui sont partis avant la (fausse) date d’ouverture avec l’argent des abonnés.  Abonnés qui réalisent à la dure que le rabais était loin d’en être un, finalement.

Voilà pourquoi je me suis abonné à une chaîne reconnue et sans entraîneurs.  Google me fournit les renseignements.  Youtube me donne l’exemple.  Avec de la discipline et de la détermination, c’est tout ce dont j’ai besoin.

 

 

Les buts post-relations

Ce n’est que tout récemment que j’ai entendu parler du concept de relationship goals.  Et ce fut en écrivant un commentaire sur un statut de Flavie, mon ex, de qui je suis séparé depuis deux ans. Le voici, datant de août dernier, la veille de son nouveau départ vers l’Europe.



Je n’ai jamais vraiment parlé de notre rupture.  Et c’est probablement parce que, dans le fond, il n’y avait rien à dire.  C’est arrivé tout naturellement, un an et demi plus tôt, alors qu’elle était en Finlande pour ses études, et moi à Montréal.  Nous nous sommes tout simplement rendus compte que, malgré la distance, on ne s’ennuyait pas tellement l’un de l’autre.  Nous avons donc décidé d’y mettre fin.  Cependant, tout comme lors de ma rupture de décembre 2011 avec Karinenous avons décidé de garder ça secret, sauf pour nos parents et amis très proches.  Sur Facebook, nous avons mis notre statut de couple en privé, avant de s’y remettre célibataires.  Personne n’a rien vu. 

Cette manœuvre fut justifiée, si l’on en croit les réactions de nos parents respectifs : Les miens me mettaient de la pression pour que je vide l’appartement de son mobilier et de toutes ses affaires.  Et les siens ont préparé pour elle un document légal à me faire signer dans lequel je m’engage à reconnaître ses possessions parmi nos affaires communes, avec obligation légale de remplacer tout ce qui serait manquant ou abîmé sur cette liste lors de son retour.  Ni elle ni moi ne les avons écoutés.  Ce genre de comportement haineux post-relation, ce n’est pas notre génération.  C’est la leur, comme le prouve justement leurs réactions.

Évidemment, en prévision de son retour pour la fin du mois de juin qui arrivait, nous avons, chacun de notre côté, songé à la possibilité de nous séparer corps et biens (ça sonne comme un naufrage), pour réaliser au bout du compte que nous serions bien mieux de continuer d’habiter ensemble.  Les raisons ne manquaient pas :

  • Nous avons chacun un chat, et ils sont inséparables.
  • Habiter seul, surtout s’il faut chacun se racheter la moitié du mobilier, ce serait au-dessus de nos moyens.
  • L’idée de la colocation avec un étranger ne nous plaît guère.
  • Et elle n’avait vraiment pas envie de retourner vivre chez sa mère.
  • Mère qui est allergique aux chats.
  • Notre appartement est situé tout près de son travail d’été.
  • Nous étions amis avant d’être en couple.  Alors pourquoi pas après le couple? 
  • Même si on n’avais jamais été ensemble, je la voudrais comme coloc, et vice versa.
  • Après avoir été intimes aussi longtemps, nous sommes chacun habitués à l’autre.
  • Il lui restait quatre mois avant de revenir à Montréal.  Ça nous a laissé amplement le temps de se faire à l’idée que nous ne sommes plus en couple.  

Et en effet, lors de son retour, il n’y a eu aucune ambiguïté.  Et nous avons continué de cohabiter pendant encore un an, avec 90% de nos amis et contacts divers qui ne savaient pas que nous étions séparés.  Ça lui évitait de devoir subir la drague non-sollicité dont elle aurait été certainement victime de part et d’autre de notre entourage.  Et ça nous évitait surtout de subir un bien plus grand problème.  J’y reviendrai. 

Bien sûr, de nouveau célibataires, ça nous remettait sur le marché.  Nous n’avions qu’une seule règle : Pas d’amant(e)s chez nous.  Elle m’a fait découvrir Tinder, dont je me suis inspiré pour une série de billets sous le thème (Més)aventures sur sites de rencontres, qui inclut le billet qui m’attire entre 250 à 800 visites par jour, Truc simple pour savoir (gratuitement) qui nous a choisi sur Tinder

Oh, c’est sûr, il nous est arrivé 2-3 accrochages et prises de bec durant cette année-là.  Soit exactement le même nombre que lorsque nous étions en couple, et pour les mêmes sujets d’ailleurs.  Mais en contrepartie, tout le reste de la cohabitation a été sous le signe de l’harmonie, de la collaboration, des rires et de la complicité, comme deux membres normaux d’une même famille normale. 

Nous n’avions pas fait de plans à long terme, au sujet de combien de temps nous allions garder cette façade.  Si on peut appeler ça une façade.  Nous ne prétendions pas être en couple.  Nous avons juste délibérément omis de dire que nous ne l’étions plus, voilà tout. 

Le destin s’est chargé de nous offrir un échappatoire sous la forme de l’accident qui m’a brisé une vertèbre, m’obligeant à changer de carrière et à déménager de Montréal à Sherbrooke juste au moment où Flavie repartait pour la Finlande.  Nous avons donc pu annoncer à tous que l’on se séparerait en même temps que nos chemins. 

Pourquoi avoir omis les faits et tordu la vérité?  Pour s’éviter, comme j’ai fait mention quelques paragraphes plus haut, le plus grand des problèmes :  Lorsque deux personnes mettent délibérément fin à leur couple, leur vie sociale se sépare inévitablement en deux groupes :  L’entourage de la fille qui lui parle en mal contre le gars, et l’entourage du gars qui lui parle en mal contre la fille.  Nos parents en furent un excellent exemple. 

Par contre, lorsque l’on annonce que nous nous quittons car c’est la vie qui nous sépare, l’atmosphère reste harmonieux.   C’est cette harmonie-là que nous voulions conserver.

Au sujet des post-relationship goals.
C’est bien joli d’avoir comme but une harmonie post-couple comme la nôtre.  Mais ce genre de chose ne peut être atteint que si l’on suit un principe que je ne cesse de répéter depuis que ce blog existe : Ça prend beaucoup plus que « nous sommes tous les deux hétéros et célibataires » pour se mettre en couple. 

Lorsque deux personnes se mettent en couple juste pour combler un besoin amoureux et sexuel, qu’est-ce que ça donne?  La situation classique :  Puisqu’ils n’ont rien en commun, la fille se plaint de plus en plus qu’il ne veut rien faire avec elle à part baiser.  Alors qu’est-ce qu’il leur reste en commun, une fois que le la romance, le sexe et le couple prennent fin?  Rien! 

Mais dans le cas de Flavie et moi, dès la première rencontre, on a échangé sur nos intérêts communs pour les arts, la BD, le fait que nous sommes tous les deux artistes.  Et en découvrant que nous étions tous les deux fans des années 40-50-60, de Gainsbourg et de Bardot, ça rajoutait à notre relation naissante une profondeur que l’on n’avait encore jamais trouvé chez quelqu’un d’autre.  Enfin, le coup de grâce : Elle voulait faire de la BD mais n’avait pas d’idées de séries.  Moi, j’ai trop d’idées pour avoir le temps de toutes les réaliser.  Même si nous n’avions pas fini ensemble, on avait de quoi être amis pour la vie.

Et c’est ça qui fait toute la différence.  Si nous sommes amis après, c’est parce que nous avions tout pour être amis avant.

 

 

On ne veut pas connaitre la vérité. On veut juste avoir raison.

Fin des années 90, résidences étudiantes de mon cégep.  Ça frappe à la porte.  J’ouvre.  Deux résidents me donnent une liste de signatures et un stylo.

« Ouais, c’est une pétition pour que le propriétaire baisse le prix d’la laveuse pis d’la sécheuse.  C’est ben qu’trop cher! »

Face à pareille ignorance, je décide de leur expliquer quelques petits faits de la vie :

« Ok, je vois!  Je suppose que les résidences étudiantes, c’est votre premier appartement?  Vous êtes habitués à avoir votre lavage gratis chez vos parents, c’est ça?  Vous n’avez jamais eu à faire votre lavage dans une buanderie publique, hm?   Eux-autres, ils chargent  $1.75 par lavage alors qu’ici c’est $1.25.  Et c’est $1.25 par séchage contre 1$ ici.  Et savez-vous seulement combien ça coûte, trois laveuses et trois sécheuses?  Ça va de 400$ à 600$ par appareil.  Ça veut dire que le propriétaire a payé environs $3 000.00 pour que l’on aille ces machines-là à notre disposition.  Et c’est pas comme si ça fonctionnait gratuitement.  L’électricité pour faire marcher le moteur de la laveuse, pour l’eau chaude, et surtout pour la sécheuse… Hydro Québec, c’est pas gratuit.  C’est pas comme si le propriétaire faisait du profit en nous chargeant $2.25 par brassée.  En fait, il est probablement en déficit.  Fa que non, désolé, mais le prix qu’il nous charge, c’est pas cher pantoute.  Au contraire, on a probablement la buanderie la moins chère en ville. »

Les deux gars restent silencieux quelques secondes, ayant l’air de peser mes paroles.  Puis, ils reprennent leur liste et leur stylo en disant :

« Ouais, ok!  Bonne journée!”

Et ils repartent.  Alors que je referme la porte, je les entends cogner à celle d’en face.  J’ouvre la porte et je vois les mêmes deux gars devant le voisin qui leur ouvre. Ils lui donnent la liste de signatures et le stylo.

« Ouais, c’est une pétition pour que le propriétaire baisse le prix d’la laveuse pis d’la sécheuse.  C’est ben qu’trop cher! »

Ils n’ont même pas pris une seconde pour remettre en question leur démarche. Je referme la porte, en aberration devant ce qui vient de se passer.  

Mais pourquoi est-ce qu’ils continuent de faire ça, alors que je viens tout juste de leur expliquer clairement qu’ils sont dans l’erreur?  Qu’est-ce qu’ils n’ont pas compris dans mon explication?  Tout ce que je leur ai dit est pourtant la plus stricte vérité.  Pourquoi font-ils comme si ce n’était pas le cas?

Comment peut-on faire preuve d’une telle mauvaise foi?

C’est que certaines personnes sont tellement orgueilleuses qu’elle supportent très mal l’idée de faire erreur.  Dans ce temps-là, savoir que quelqu’un d’autre sache qu’elle fait erreur, ça leur est insupportablement humiliant. Juste en m’ignorant dès que je fermais ma porte, ça réglait mon cas.  N’empêche qu’à partir de ce moment-là, ils connaissaient la vérité.  Ils ont délibérément choisi de l’ignorer pour faire comme s’ils avaient toujours raison.

Dès le départ, je comprends, leur cause était noble.  Ils croyaient que le proprio était un exploiteur.  Ils ont décidé de prendre les choses en main.  De devenir les chevaliers sauveteurs des résidences étudiantes.  Ça leur donnait une cause sociale, une fonction.  Ils avaient enfin l’occasion d’améliorer la société en combattant les injustices et les abus.  Ils sont heureux et fiers, car même s’ils n’ont pas pris le temps de vérifier les faits, ils croient très fort avoir raison.   

… Et dès qu’ils cognent à ma porte, je leur apprends qu’ils sont dans l’erreur, qu’ils ne connaissent rien sur le sujet, que leur cause n’a aucune raison d’être.  Bref, qu’ils sont aussi ignorants qu’insignifiants.  Et en exigeant que le proprio diminue le coût des appareils, alors qu’il a tant dépensé pour eux, ça fait d’eux les abuseurs, et ça fait du proprio l’abusé.  Bref, ça fait d’eux exactement ce qu’ils prétendent combattre.  Ça inverse les rôles, leur donnant celui du méchant.

 Il y a des vérités que l’orgueil est incapable de reconnaître.  Ceci, pour eux, en était une.  Ils ont donc fait comme si je n’avais rien dit, pour continuer de vivre leur illusion de justiciers sociaux.

Ceci dit, ce n’était pas la première fois que j’étais témoin de ce genre de situation.  Par exemple, dans les années 90 et dans la première moitié des années 2000, lorsque j’habitais encore à Montréal, j’ai vécu par trois fois le genre de situation qui m’a inspiré pour mon récent billet Les 12 risques d’avoir une relation en milieu de travail. 

J’occupe un emploi.  Je ne drague jamais au travail, mais il m’arrive de devenir bon ami avec une collègue.  En général, elle est déjà en couple, alors il n’y a pas d’ambiguïté entre nous.   Et le gars n’a aucun problème avec notre relation d’amitié.   On se voit en dehors des heures de bureau, on s’appelle, on fait des activités sociales avec des amis et des collègues.

Puis, il y a rupture, son couple prend fin.  Et c’est là que je me rend compte que c’est le genre de fille qui prendrait n’importe qui, tellement elle est incapable de vivre sans avoir de relation, car pour les trois semaines suivante, elle enchaîne les relations courtes les unes après les autres.  Jusqu’au jour où elle me confie qu’elle a l’oeil sur un de nos collègues.

D’habitude, je ne me mêle pas de ses relations.  Mais pour celle-là, je lui fait la liste des risques auquel elle s’expose:  Le fait que c’est impossible de garder ça secret, les collègues jaloux, le fait que ça ne durera pas (Normal, quand on prend n’importe qui plutôt qu’une personne avec qui on est vraiment compatibles), et, à la fin de la relation, les problèmes que ça lui causera au travail, d’être obligé de revoir son ex cinq jours par semaine, etc.

À chaque fois, la fille n’en faisait qu’à sa tête, en me disant qu’elle sait ce qu’elle fait.  Alors elle commence à sortir avec lui.  Dès le départ, le gars n’aime pas trop voir que sa nouvelle blonde a un ami masculin proche, surtout au travail.  Inévitablement, elle lui dit que je l’ai mise en garde de sortir avec lui.  Il la convainc alors qu’il vaut mieux s’éloigner de moi car je suis «  celui qui qui essaye de l’empêcher d’être heureuse ».  À partir de là, je ne suis plus invité à rien.  Ni sorties ni party ni la moindre activité en groupe.  Et puisque mes amis sont ses amis, ça détruit totalement ma vie sociale.

Éventuellement, les problèmes que j’avais prédit (tels que listés ici) commencent à arriver.  Plutôt de reconnaître que j’avais raison, ces filles faisaient exprès pour faire tout le contraire de ce que je leur conseillais.  Parce que pour elles, tout faire pour essayer de prouver que je me trompais, c’était plus important que de s’épargner des ennuis en entendant raison. 

Je peux comprendre pourquoi elles ne voulaient pas m’écouter: Lorsqu’elles m’ont annoncé leurs futures relations, ces filles étaient joyeuses, sur un nuage.  Alors quand je leur faisait mes avertissements, en soulignant bien que je parlais par expérience et observation, elle ne voyaient pas que je voulais les aider.  Elle voyaient juste que… :

  • Je pète leurs bulles, je gâche leurs joies, je détruis leurs rêves.  Bref, je leur dis quelque chose qu’elle n’avaient vraiment pas envie d’entendre.

  • Lorsque je leur disais qu’agir ainsi, c’était faire erreur, elle prenaient ça comme une insulte.  Comme si j’affirmais qu’elles étaient irréfléchies, ignorantes, stupides…  Vont-elle vouloir écouter une personne qui les fait sentir comme ça?  Oh que non!  Elles vont donc faire tout le contraire.
  • Et à chaque fois qu’arrivait l’un des problèmes que je leurs avais prédit, ça les enrageaient.  Car elles ne voulaient PAS que j’aille raison.
  • Alors elles se forçaient à rester dans cette relation catastrophique, pour me pas m’accorder la victoire.  Mais en faisant ça, elle prolongeaient leurs problèmes.  Des problèmes qu’elles ne subiraient plus si elle mettaient fin à la relation.  

Eh oui, elles me jugeaient en m’accusant mensongèrement de les juger.  Ça avait beau n’être que dans leurs imaginations, elles réagissaient tout de même envers moi comme si ça avait été le cas pour de vrai.   

À partir de ce point, peu importe l’issue de leurs relations, une chose était certaine :  Pour avoir commis le crime d’avoir voulu les aider à éviter tous ces ennuis, j’avais transformé de bonnes amies proches en ennemies acharnées qui ont tout fait pour me rabaisser aux yeux de notre entourage, détruisant du même coup ma vie sociale.  Et, dans un cas, ma carrière, car il a fallu que je démissionne, tellement je n’en pouvais plus du harcèlement constant dont j’étais victime.

Pour sauver leur orgueil, ces filles pouvaient faire semblant d’ignorer la vérité.  Elles pouvaient cacher la vérité aux autres.  Mais moi, je la savais, la vérité, depuis le tout début.  Voilà pourquoi j’étais pour elles l’homme à abattre.  Car comme le dit le cliché : J’en savais trop. 

 Allez, un dernier exemple: 

 Il y a quelques années, j’avais écrit une série de billets au sujet des gens conflictuodépendants, soit ceux qui ne peuvent s’empêcher de rechercher le conflit.  Et je citais souvent en exemple une certaine Maryse Aubry, nom fictif, qui représentait parfaitement ce genre de personnalité.  Tôt ou tard, tous les gens constituant son entourage font les frais de sa personnalité.  Aussi, il est inévitable qu’avec le temps, elle reçoive de plus en plus de commentaires au sujet de son comportement désagréable et/ou que le nombre de gens avec qui elle se met en froid augmente.   Éventuellement, même si elle continue d’essayer de se le nier à elle-même, il est impossible qu’elle ne s’en rende pas compte. Dans ce temps-là, il se produit parfois un miracle: Elle donne l’impression qu’elle puisse être prête à avoir l’esprit ouvert sur le sujet :


… Mais ce n’était qu’une illusion.

Tous ces gens-là ne voulaient pas connaitre la vérité.  Ils voulaient juste avoir raison.  Et à défaut d’avoir raison, leur orgueil les a poussé à tout faire pour au moins se maintenir dans l’illusion qu’ils étaient dans le vrai.  C’est le genre de situation pour laquelle existe la question « Qui est-ce que vous essayez de convaincre ici, les autres ou bien vous-mêmes? »

Pour beaucoup trop de gens, la seule vérité qui importe, c’est celle qui va dans le sens de leurs intérêts.  Parce que sinon, la vérité, ils n’en ont rien à faire.  Et dans ce temps-là, malheur à celui qui, dans leur entourage, la connait, la vérité.

Le tatouage que je n’aurai jamais

Il y a une douzaine d’années, je fréquentais plusieurs forums.  Sur l’un d’eux, une personne a posté une photo.  C’était trois mots qu’elle venait de se faire tatouer sur le dos.  J’ai photoshoppé la chose de mémoire:

Rêve, espoir, chance.  En voyant ça, ma nature jugementale a trouvé que ça sonnait comme un hymne à la paresse morale, intellectuelle et physique.  Il est vrai que ça sonne comme : 

  • Je RÊVE d’être riche.  J’ESPÈRE gagner à la loterie.  Avec de la CHANCE, je gagnerai.  
  • Je RÊVE du prince charmant.  J’ESPÈRE le rencontrer.  Avec de la CHANCE, il s’intéressera à moi.
  • Je RÊVE d’avoir une meilleure vie.  J’ESPÈRE avoir une meilleure vie.  J’aimerais avoir la CHANCE d’avoir une meilleure vie.   

Ça a vraiment l’air de quelqu’un qui a cessé de faire des efforts, qui a renoncé à faire quelque chose de son existence, qui a baissé les bras.  Une personne qui se contente juste d’attendre que les choses viennent à elle. 

Ceci dit, c’était une femme d’une trentaine d’année, mère monoparentale de deux enfants de deux pères différents, sans emploi, fumeuse, obèse, passant toutes ses journées sur les forums, sites de chats et de webcam.  On a beau avoir l’esprit ouvert et être conciliant, on voit tout de suite que c’est le genre de personne qui a le don de toujours faire des mauvais choix de vie.  Dans ce temps-là, on peut comprendre qu’elle se contente de rêver, d’espérer, de compter sur la chance.  Qui sait, dans son cas,  étant donné le nombre de mauvaises décisions qu’elle accumule, être passive est probablement la meilleure décision qu’elle prendra de toute sa vie.

N’empêche, c’est une chose de vivre sa vie de cette manière, c’en est une autre de l’accepter totalement au point de se le faire tatouer.  Il me semble que tant qu’à se faire tatouer trois mots sur le corps, aussi bien que ce soit quelque chose qui inspire, qui permette d’avancer, de s’élever au-dessus de notre condition, de se dépasser.

Justement, à l’époque, j’avais terminé Défi Diète 2008 depuis peu.  J’étais déterminé à poursuivre les bonnes habitudes de vie apprises lors de ce programme de remise en forme.  Et justement, quelques années plus tôt, j’avais décidé de vivre ma vie selon trois principe : Courage, ténacité et sagesse. 

Bon, à l’origine, le 2e mot était détermination, avant que je réalise que la détermination se retrouve surtout dans la planification, alors que la ténacité se voyait plutôt lors de l’exécution.  Mais-z’enfin-bref :

  • Le courage : C’est ce dont on a besoin pour entreprendre un projet, quel qu’il soit.  Ça peut être rénover sa maison, se remettre en forme, retourner aux études, changer de métier.  Peu importe le projet, tout changement demande du courage pour sortir de sa zone de confort et faire quelque chose de nouveau.
  • La ténacité.  C’est faire ce que l’on a à faire pour atteindre notre but, continuer  tant que l’on ne l’a pas atteint, et ne jamais abandonner.
  • La sagesse.  C’est de garder les yeux ouvert et toujours voir les choses de manière réaliste.  C’est être capable de remettre en question à tout moment tous les aspects du projet, incluant soi-même.  C’est voir, à tout moment, si le projet est (toujours) à notre portée.  Bref, c’est savoir faire la différence entre un but réaliste, une inutile perte de temps, ou une catastrophe imminente. 

 Je réalise maintenant, quel hasard, que ces trois vertus font partie du collier de Rahan.

Aussi, en prenant exemple sur cette femme, je me suis dit que, histoire de ne jamais oublier ces principes, je pourrais très bien me les faire tatouer­.  Mais il y a un truc que je ne comprendrai jamais au sujet des tatouages: Où est la logique de se les faire mettre dans le dos?  Si c’est une image, passe encore, je peux comprendre qu’il s’agisse d’une œuvre d’art que l’on veuille montrer.  Mais pourquoi prendre la peine de se faire écrire trois mots en permanence sur le corps, si c’est pour ne jamais être capable de les lire?

Dans mon cas, je me ferais tatouer les mots courage, ténacité, sagesse, sur le côté gauche de la poitrine, en caractère de dactylo classique genre Courrier New, à l’encre bleue, en taille modérée, et à l’envers comme dans un miroir.  L’idée étant justement de pouvoir les lire à l’endroit lorsque je me vois dans le miroir le matin.  Je me suis Photoshoppé la chose pour vous donner une idée:

Après avoir jonglé avec l’idée pendant quelque jours, j’ai finalement décidé de m’en abstenir. 

C’est que j’en suis arrivé à la conclusion que si j’ai besoin de me faire écrire ces trois vertus sur la peau, ça signifie que je ne les possède pas.  Et si je les possédais, alors je n’aurais nul besoin d’avoir une note collée sur moi pour le reste de mes jours pour me les rappeler.  Bref, d’une façon comme d’une autre, ce tatouage serait inutile.

 Et puis, si jamais un jour je décide moi aussi de baisser les bras, de vivre aux crochets de la société, de cesser de faire ce que j’ai à faire pour améliorer ma vie, mon sort et ma santé, et que je me laisse aller au point de doubler mon poids en masse de gras, j’aurai l’air fin, tiens, avec un tatouage qui dit courage, ténacité et sagesse.

À ce moment-là, aussi bien me faire tatouer Rêve, espoir, chance. 

Les 12 risques d’avoir une relation en milieu de travail

De tous les endroits où l’on puisse rencontrer son partenaire amoureux et/ou sexuel, le plus risqué reste le milieu de travail. Autant par observation que par expérience personnelle, j’ai pu répertorier les douze risques les plus communs dans cette situation.

Comme d’habitude, les sexes sont interchangeables.

RISQUE 1 : Ça peut être vu/traité comme étant du harcèlement.
À moins que les deux personnes impliquées vivent un moment magique dans lequel, simultanément, ils se regardent, réalisent soudain qu’ils sont attirés l’un par l’autre et s’embrassent passionnément, ça va plutôt se passer de manière un peu plus normale : L’un va faire savoir à l’autre son attirance, et attendre sa réaction.

Or, il arrive trop souvent que, pour toutes sortes de raisons, la personne sollicitée ne réagisse pas, en espérant que l’autre comprenne que son manque de réaction équivaut à un NON. Pendant ce temps-là, la personne intéressée considère que son manque de réaction peut être dû à l’une de ces raisons :

  • Elle n’a pas compris qu’elle se fait draguer.
  • Elle croit que ce sont des blagues.
  • Elle est trop timide pour dire oui.
  • Elle a oublié qu’il l’a draguée.
  • Elle attend qu’il continue, car qui ne dit mot consent.
  • Elle ne lui oppose qu’une résistance passive de principe.
  • Elle n’est pas intéressée.

Mais puisque cette dernière option ne représente que 14.3% des possibilités, il y a donc 85.7% de chance qu’il soit dans l’erreur. Il se sent donc obligé de revenir à la charge, ne serait-ce que pour la pousser à lui dire franchement si oui ou non elle est intéressée. Et si elle ne l’est pas, mais espère qu’en restant silencieuse « il finisse par comprendre », alors son insistance devient malaisant pour elle. Elle confie donc son désarroi à une collègue, qui lui tord le bras aussitôt pour qu’elle dépose plainte contre lui pour harcèlement en milieu de travail. Par conséquent :

RISQUE 2 : Ça détruit vos réputations.
À partir de maintenant, le gars est vu comme étant un harceleur de qui il faut se tenir loin. Et la fille ne s’en tire pas tout-à-fait blanche comme neige non plus. Il y aura quelques personnes médisantes qui vont lui en vouloir d’avoir causé des problèmes au gars, et/ou qui n’hésiteront pas à l’accuser d’être une allumeuse, une agace qui a couru après.

Mais admettons que ça se passe bien, que l’attirance est mutuelle et que vous formez un couple. Alors :

RISQUE 3 : Ça rend envieux et jaloux les collègues.
À moins d’avoir un physique particulièrement disgracieux et/ou avoir un certain âge, chaque femme au boulot est le sujet des fantaisies amoureuses et/ou sexuelle d’un ou plusieurs de ses collègues. Alors de savoir qu’elle est maintenant en couple, avec un collègue en plus, c’est difficile pour eux à accepter. Aussi… :

RISQUE 4 : Ça créé la médisance.
Ça va du « Qu’est-ce qu’il a de plus que moi, lui? » au « Mais qu’est-ce qu’elle fait avec un con pareil? », sans oublier la classique « Quelle pute, il lui les faut tous! », votre relation est le sujet des conversations des commères de bureau.  Sans oublier ceux et celles qui vont oser venir vous avertir de vous méfier de l’autre, à cause de son passé.

Afin d’éviter ça, certains nouveaux couples de bureau décident de garder leur relation secrète. Cependant :

RISQUE 5 : Il est impossible de garder ça secret.
Dans un couple, il arrive que celui qui se fait suggérer le secret par l’autre ne le prenne pas très bien.  La première pensée qui lui vient en tête est « Pourquoi?  A-tu honte de moi? Veux-tu continuer de te faire passer pour libre pour pouvoir me tromper? »   Avec ou sans l’accord de l’autre, cette personne insécure révélera alors leur relation dans les 48 heures. 

Autre scénario: L’un de vous se confie à une personne de confiance qui, quel hasard, est un(e) de vos collègue.  Or, une personne de confiance ne l’est jamais tout-à-fait. Elle va en parler à une amie qui travaille ailleurs, et ce sans retenue puisque ce n’est pas une collègue. Celle-ci en parlera à tout son entourage. Entourage qui inclut une personne proche d’un de vos collègues, à qui il se fera un plaisir de tout raconter.  Et bientôt, tout le monde au travail le sait et les ennuis commencent.

RISQUE 6 : En général, ça ne dure pas.
Le problème le plus fréquent en matière de drague, c’est que l’on se met ensemble avant de se connaître vraiment.  Alors quand on se rends compte que nous ne sommes pas compatibles, la relation est déjà commencée, il faut donc y mettre fin.  Au moins, chez les couples qui se sont rencontrés n’importe où, c’est simple: Quand on cesse d’être un couple, on cesse de se voir.  Mais vous deux, vous travaillez ensemble.  Ainsi… :

RISQUE 7 : Les choses deviennent malaisantes pour l’un, pour l’autre ou pour les deux.
Il est rare qu’une rupture soit une décision mutuelle et harmonieuse. Aussi, après la relation, il est souvent difficile d’être obligé de côtoyer l’autre huit heures par jour, cinq jours par semaine. Surtout si l’un est encore un peu accro à l’autre.  Par conséquent… :

RISQUE 8 : Ça affecte le rendement et la performance.
Difficile de se consacrer à notre travail quand on ne pense qu’à l’autre.  En plus, on ressent le besoin d’en parler au lieu de travailler.  Et le/la collègue à qui vous vous confiez vous écoute au lieu de travailler.  Et si l’un harcèle l’autre, ça en fait une de plus qui ne travaille pas.  Ni le patron ni les collègues ne risquent d’apprécier. 

RISQUE 9 : Ça détruit la vie sociale.
Pendant la planification d’un 5 à 7, il suffit qu’elle leur dise qu’elle se sentirait mal à l’aise à cause de votre présence, puisque vous êtes son ex. Il n’en faut pas plus que vous vous retrouviez persona non grata sans autre forme de procès. Vous êtes désormais exclus de toute activité entre collègues et amis.

RISQUE 10 : Tout le monde connait vos secrets les plus intimes.
Quand la relation finit mal –Que dis-je : Même quand tout se passe bien— il est quasiment inévitable que l’un ou l’autre raconte tout au sujet de votre vie sexuelle : Elle demande la fessée, il a besoin de se faire sodomiser pendant l’acte, elle exige d’uriner sur son partenaire, il est pédosadozoophile, etc.

Vous vous rappelez ce que je disais plus haut, au sujet de la personne de confiance?  Ben voilà! En un rien de temps, tout le monde sait tout, et plus personne ne vous regarde du même oeil.

RISQUE 11 : On est à la merci des désirs de vengeance.
À partir du moment où l’autre te fait connaitre son intérêt pour toi, tu es à risque.

  • Tu étais en relation avec cette personne et ça a mal tourné? Elle peut te faire la vie dure au travail pour se venger.
  • Tu n’as jamais été en relation avec cette personne car tu as décliné ses avances? Elle peut te faire la vie dure au travail pour se venger.
  • Et même si l’autre ne te cause pas de misère, aux yeux de collègues jaloux, tu as commis le crime de lui plaire?  Ils peuvent te faire la vie dure au travail pour se venger.

RISQUE 12 : Vous perdez votre emploi.
Ou bien vous êtes renvoyé, ou bien vous démissionnez parce que c’est la seule option qui puisse mettre fin à tous ces problèmes.

En fin de compte, le seul moyen d’être en couple avec un(e) collègue de travail, sans que ça cause de problèmes, c’est d’être déjà en couple ensemble avant de vous faire tous les deux embaucher.

C’est sûr que comme dans toutes les situations il y a des exceptions.  Mais pour ma part, je considère que de risquer ma vie professionnelle, financière et sociale en échange de quelques orgasmes, ça n’en vaut vraiment pas la peine.