Le Nice Guy: Contributeur (et victime) de la société patriarcale.

Puisqu’il faut bien le préciser: Cet article ne dit pas « Toutes les filles sont comme ça. »  Je ne fais que décrire une situation que j’ai quelquefois observée, et même vécue deux ou trois fois, ainsi que sur quelques témoignages de femmes.

C’est bien connu, le patriarcat impose aux femmes plusieurs règles de société en matière d’amour et de sexualité.  Toute dérogation à ces règles mérite à sa contrevenantes des étiquettes peu flatteuses: Superficielle, bitch, opportuniste, et surtout salope. 

Tout commence à l’adolescence.  La fille est la cible d’un amour non-sollicité de la part d’un garçon qui ne lui plaît pas.  Ou, variante: Elle a commencé à sortir avec un gars, mais maintenant qu’il a perdu le charme de la nouveauté, il ne lui plaît plus.  Elle le repousse donc, ou casse, selon le cas. 

On a trop souvent tendance à oublier qu’à l’adolescence, nos critères de sélection et de refus se basent sur des détails qui ne sont pas socialement acceptables lorsque l’on est adulte.  Aussi, les raisons de repousser un gars peuvent être: Il est gros, ou d’une autre race/culture, ou alors sa famille est pauvre, ou bien il ne travaille pas, ou alors si mais il occupe un poste bas de gamme, ou bien il n’est juste pas assez beau / musclé / athlétique. 

La fille sait trop bien qu’elle vit dans une société patriarcale dans laquelle on ne peut repousser un garçon sans avoir une raison valable.  Et quand je dis valable, je veux dire valable aux yeux des gars de son âge, mais surtout aux yeux des adultes qui l’entourent.  Elle sait bien que si elle donne les vraies raisons de son dégoût, on lui collera les étiquettes de superficielle, raciste, jugementale, plotte à cash...  La fille n’a donc pas le choix: Si elle veut que l’on accepte et respecte sa décision, elle doit donner une raison acceptable et respectable.  Elle donne donc la seule raison qu’elle sait que personne ne va vouloir contester: Elle dit que le gars est trop porté sur le sexe à son goût, et/ou qu’il la harcèle sexuellement. 

La fille ne dit pas ça dans le but mesquin de détruire gratuitement la réputation du gars.  C’est juste que dans notre société, cette accusation est l’excuse idéale.  D’abord, puisque tout le monde s’attend ça de la part d’un gars, tout le monde va la croire.  Ensuite, puisque ce genre de comportement est inacceptable, personne ne va la blâmer de vouloir prendre ses distances avec lui.  Enfin, bonus non négligeable: en donnant ça comme raison de repousser un gars, elle démontre qu’elle n’est pas une salope.

À chaque fois qu’une fille se plaint de l’attitude obsédé sexuelle des gars, que ce soit à tort ou à raison (Parce que oui, des fois, c’est vrai), tout le monde en parle.  Ces histoires arrivent donc aux oreille des gars.  Et parmi eux, il y a ceux qui feraient tout pour plaire aux filles: Les soi-disant bons gars, les Nice Guys. 

Bien que certaines de ces anecdotes sont véritables, ces rumeurs comportent leur lot d’histoires bidon, de faits et gestes pris hors-contexte, et d’accusations mensongères à base d’excuses fausses mais socialement acceptables.  Par conséquent, le pourcentage de gars harceleurs et obsédés s’en trouve tellement gonflé que l’on finit par croire que la majorité des gars sont comme ça. 

Le Nice Guy, voulant plaire, se jure que jamais il ne commettra ces crimes contre la femme, lui!  Il saura les respecter, lui!  Il sera un bon gars, lui!

Le temps passe.  On passe d’adolescents à adultes.  Les filles deviennent des femmes.  Devenant plus matures, elles changent tous naturellement leurs critères de sélection en matières d’hommes et de couple.  Et c’est comme ça que le Nice Guy, ignoré dans sa jeunesse, voit des femmes qui commencent à s’intéresser à lui.  S’ils sont tous les deux célibataires, la situation est idéale pour commencer une relation.

Mais voilà: Il arrive parfois que la situation n’est pas idéale.  L’exemple que je vais vous donner en est un que j’ai vécu deux ou trois fois, en plus de l’avoir quelquefois observé chez d’autres.

La fille est déjà en couple, mais le gars en question ne l’intéresse plus.  Or, lorsque l’on est adulte, casser comporte des changements de vie beaucoup plus compliqués et majeurs que lorsque l’on était ado.  Aussi, tant que l’atmosphère est toujours vivable entre les deux partenaires, beaucoup préfèrent encore maintenir le statu quo en restant ensemble.  Une situation décrite cyniquement comme « avec lui en attendant mieux. »

Or, il se trouve que son ami le Nice Guy est, à ses yeux, mieux que son partenaire actuel.  Il l’intéresse.  Pour lui, elle casserait.  Encore faut-il que ses sentiments soit partagés par le Nice Guy.  Elle va donc tâter le terrain.  

Au fil des jours, elle lui fait des confidences de plus en plus intimes, dans laquelle elle lui donne des indices sur ses préférences sexuelles: Elle aime être prise, dominée, claques sur les fesses, tirer les cheveux, ce genre de trucs.  Le Nice Guy a depuis longtemps compris et accepté qu’ils ne sont qu’amis.  Aussi, il n’y voit pas de message caché, et ça ne fait que l’amuser.  La femme, constatant que non seulement il n’est pas scandalisé par ses confidences, il en est même amusé, elle voit ça comme un bon signe comme quoi il puisse être intéressé.

Un soir, elle invite le Nice Guy chez elle sous un prétexte bidon et platonique.  Avec quelques coupes de vin pour détendre l’atmosphère et chasser les inhibitions, elle détourne subtilement la conversation vers un ton plus sexuel.  Finalement, que ce soit en gestes, en paroles ou en attitude, elle s’offre à lui.

N’importe quel gars sauterait sur l’occasion de la sauter.  Mais voilà, le Nice Guy n’est pas n’importe qui, lui!  Il a passé sa vie adolescente et adulte à étudier les filles, leur comportement, à écouter ce qu’elles disent, pour savoir ce qu’elles apprécient chez les hommes, et surtout ce qu’elles n’apprécient pas.  Aussi, il est sincèrement convaincu des points suivants:

  • Tu es ami avec une femme? Alors tu es automatiquement dans sa friendzone.
  • Toutes les femmes détestent qu’un homme tente de sortir de la friendzone.
  • Quand une femme a bu, elle n’a plus toute sa tête.
  • La preuve: À-jeun, elle ne lui a jamais montré autre que de la simple amitié.  Et maintenant qu’elle a bu, elle le désire sexuellement?  Alors qu’elle est déjà en couple?  C’est bien la preuve que l’alcool enlève à la femme tout son jugement.  
  • Tout homme qui profite d’une femme sous l’influence de l’alcool est un salaud, un agresseur sexuel, un contributeur à la culture du viol.
  • Les femmes ne veulent au lit qu’un homme doux et patient. (Ce qui est généralement vrai à l’adolescence lors de leurs premières relations. Mais après, en général, ça évolue.)
  • Prendre une femme de force, la dominer, claques sur les fesses, tirer les cheveux, c’est de la violence.  La pire de toute; la violence sexuelle.  Autrement dit: Un viol.
  • Et puis d’abord, toutes les femmes sont fidèles. Elles ne supportent ni l’adultère, ni les hommes qui ne respectent pas le fait qu’elles soient en couple.
  • Une femme infidèle, c’est une salope. 
  • Or, son amie n’est pas une salope, et il la respecte trop pour en faire une.  

D’instinct, le Nice Guy voit cette situation comme un test qu’elle lui fait passer.  Il est très fier d’avoir cette opportunité de lui montrer qu’il n’est pas comme tous les autres hommes, lui!  Qu’il est à l’écoute des femmes, lui!  Qu’il sait ce qui est bon pour elle, lui! 

Toute sa vie, les filles et les femmes lui ont fait la leçon en matière de comportement masculin.  Aujourd’hui, il va enfin pouvoir leur montrer qu’il a bien appris sa leçon. 

D’une voix douce et d’une attitude compréhensive, il lui dira alors des trucs du genre de:

  • « Voyons! Tu n’y penses pas. » 
  • « Nous sommes amis seulement. »
  • « On ne peux pas coucher ensemble sans être des amoureux.  Le terme le dit: Faire l’amour! »  
  • « Tu es déjà en couple, ce ne serait pas correct pour lui. »
  • « Je te respecte trop pour te faire ça. »
  • « Je le respecte trop pour lui faire ça. »
  • « Tu as bu, donc tu n’as plus toute ta tête. »
  • « Dans de telles conditions, coucher avec toi, ce serait t’abuser sexuellement. »
  • « On risquerait de le regretter tous les deux. »
  • « Tu sais, tes histoires, là, de domination, de tirage de cheveux, de claques sur les fesses…  Est-ce que tu te rends compte que tu ne fait qu’encourager la violence sexuelle envers la femme?  Que tu la banalise?  Que tu contribues à l’idée comme quoi être violentées sexuellement par des hommes, vous ne demandez que ça? »
  • « Tu sais, si tu étais célibataire, si tu n’étais pas sous l’influence de l’alcool, et si tu ne me demandais pas de te violer, j’adorerais le faire avec toi.  Mais là, non, désolé, je ne peux pas.  Ce serait un manque de respect envers toi, envers ton homme, et envers moi-même. »

Sur ce, le gars repars chez lui.  Frustré sexuellement, certes, mais fier de lui.  Fier d’avoir pu prouver qu’il est respectueux de la femme, lui!  Qu’il est capable de contrôler ses pulsions, lui!  Bref, qu’il est tout à l’opposé de cette société patriarcale qui méprise la femme, lui! 

… Sauf que la femme, chez elle, seule après le départ du Nice Guy, ne ressent pas vraiment les choses de la même façon. 

Elle ne voit pas le déroulement de la soirée comme étant « la preuve comme quoi il y a encore des bons gars sur terre. » 

Elle n’est pas « honorée du respect dont il a fait preuve envers elle. »  

Elle n’est pas heureuse que « par la retenue dont il a fait preuve, il a sauvé leur amitié et son couple. » 

Non! 

Elle voit qu’il l’a repoussé.

Elle voit qu’il l’a accusé de ne pas avoir toute sa tête. 

Elle voit qu’il l’a qualifiée d’ivrogne, incapable de tenir l’alcool.

Elle voit qu’il l’a jugée comme étant incapable de savoir ce qu’elle fait.

Elle voit qu’il prétend savoir mieux qu’elle ce qu’elle veut.

Elle voit qu’il a démontré qu’elle manquait de respect.  Envers lui.  Envers son conjoint.  Et surtout envers elle-même. 

Elle voit qu’il l’a fait se sentir comme si elle n’était qu’une salope.

Bref, encore une fois, elle a été humiliée et méprisée par un homme, parce qu’elle a commis le crime de déroger des règles sociales en matière d’amour et de sexualité.  Des règles que la société patriarcale impose à la femme.

Lorsque l’on vit une situation dans laquelle on a été à ce point-là humilié, on ressent le besoin d’en parler, ne serait-ce que pour s’en défouler.  C’est normal.  Mais voilà, la femme a bien apprise sa leçon.  Elle ne veut pas prendre le risque de se faire encore qualifier de salope, ivrogne, irrespectueuse et écervelée.  Aussi, lorsqu’elle raconte cette soirée, elle inverse les rôles au sujet de qui a dragué qui, et qui a repoussé qui. 

D’accord, cette fois-ci, peut-être que la fille ne dit ça que dans le but mesquin de détruire la réputation du gars.  Normal, puisqu’elle est frustrée contre lui.  N’empêche que là encore, cette accusation est l’excuse idéale.  D’abord, puisque tout le monde s’attend ça de la part d’un gars, tout le monde va la croire.  Ensuite, puisque ce genre de comportement est inacceptable, personne ne va la blâmer de vouloir prendre ses distances avec lui.  Enfin, bonus non négligeable: en donnant ça comme raison de le repousser, elle démontre qu’elle n’est pas une salope.

Et comme à chaque fois qu’une fille se plaint de l’attitude obsédé sexuelle des gars, tout le monde en parle.  Ces histoires arrivent donc aux oreille des gars.  Et parmi eux, il y a ceux qui feraient tout pour plaire aux filles: Les soi-disant bons gars, les Nice Guys.  Le Nice Guy, voulant plaire, se jure que jamais il ne commettra ces crimes contre la femme, lui!  Il saura les respecter, lui!  Il sera un bon gars, lui!

Et c’est ainsi que le patriarcat créé le Nice Guy, qui à son tour recréé le patriarcat, qui à son tour recréé le Nice Guy, qui à son tour recréé le patriarcat, qui à son tour recréé le Nice Guy, en un mouvement perpétuel infini dans lequel tout le monde est perdant, les hommes comme les femmes.

Mais, faut le reconnaître, surtout les femmes. 

Le Party avec Salvail chez Rozon (1ère partie)

Ces dix dernières années, je racontais souvent l’anecdote dans laquelle Éric Salvail m’a appelé « ma chouette ». Mais avec les révélations médiatiques de ces derniers jours, je réalise que le reste de la soirée vaut également la peine d’être racontée.

J’avais d’abord pensé raconter cette anecdote sous forme de texte.  Et puis, je me suis dit que ce serait bien, d’avoir le seul témoignage sur le sujet sous forme de BD.  Veuillez excuser le style graphique un peu primitif.  Je dessine cette histoire pendant mes pauses, au boulot.  Comme ça, chez moi, je ne consacre mon temps qu’à mon projet d’album de La Clique Vidéo, qui a une date de tombée.

C’est parti:

 










À l’époque, je croyais sincèrement que la claque sur les fesses que m’avait donné Éric Salvail était un truc anodin, sans sous-entendu.  Il est vrai que j’aurais trouvé ça un peu plus normal de la part d’un bon copain proche, plutôt que d’un gars que je ne connaissais que depuis un quart d’heure.  Mais bon, j’avais déjà rencontré bien des personnes exubérantes dans ma vie.  Croyant qu’il ne s’agissait-là que de son humour particulier, je ne me suis jamais senti traumatisé ni agressé du geste d’Éric.  La preuve, c’est qu’à chaque fois que je parlais de cette soirée, je ne racontais que la partie « ma chouette / ma chienne » en trouvant ça bien drôle. 

Maintenant, bien que je ne me sens toujours pas traumatisé ni agressé, il reste que les récentes révélations au sujet d’Éric Salvail me font voir ses paroles et ses gestes sous un tout autre angle.

Sur ce, voici la suite.

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Références:
– Mon article viral 30 comportements qu’il faudrait cesser d’avoir sur Facebook.
– Mon autre texte viral, la liste de noms de famille.
– La chanson que j’ai écrite et interprétée, et que le prof de l’ENH m’a demandé la permission d’utiliser, s’intitule L’amour, c’est comme ça.  Ça dénonce le fait que certains hommes considèrent que leurs agissements violents puissent être de sincères signes d’amour pur.  Ça le fait de façon bien plus horrible que drôle, je dois dire.

Quand la libido est notre seul point en commun

Printemps de 1988.  J’ai 19 ans.  Je suis en couple avec Chantal, 22 ans.  Ce soir-là, je suis avec elle, chez elle, dans la chambre qu’elle loue dans ce sous-sol aménagé dans une propriété privée de la ville de Longueuil.

Après trois mois d’une relation fort insatisfaisante à tous les niveaux, du moins de mon point de vue, voilà qu’elle vient de me dire qu’elle trouve que je suis trop porté sur le sexe, et qu’elle voudrait que nos séances diminuent, aussi bien en temps qu’en fréquences.  Elle m’avoue qu’en fait, elle n’est vraiment pas portée sur la chose.  Alors dans le fond, ça ne la dérangerait même pas si nous n’en avions plus.  Ma réponse ne se fait pas attendre.

« Ok! Bon ben dans ce cas-là, je casse. »

Aussi surprise que scandalisée, elle se lève d’un bond de son lit.

« QUOI? Tu veux me laisser tomber pour ÇA!?  C’est si important que ça pour toi, le sexe? »

Il est vrai que ça puisse sonner extrêmement égoïste.  On pourrait même penser à un odieux chantage à la « On baise ou je te largue! »  Il n’en est rien.  Non seulement mon désir de mettre fin à la relation est-il réel, les raisons sont des plus logiques.

« Non, mais regarde:  Moi je veux me trouver du travail, toi tu veux passer ta vie sur le BS.  La fumée de cigarette me donne des maux de tête, toi tu fumes un paquet par jour.  J’aime faire des sorties, toi tu veux qu’on reste enfermés dans ta chambre.  Je t’ai amené au show de Juste Pour Rire, tu t’es plaint que tu trouvais ça vulgaire.  Je t’ai amené au cinéma voir un film de Disney, tu es sortie une fois de la salle en me disant que tu n’avais pas pu supporter une scène que tu trouvais trop violente.  En plus que tu es sortie deux autres fois pendant la projection pour aller fumer.  Je veux avoir une vie sociale, toi tu ne veux jamais voir personne.  J’aime les bandes dessinées, tu trouves que c’est des niaiseries pour enfants.  Et parlant d’enfants, tu veux que je t’en fasse un, pour que l’on puisse vivre tous les trois ensemble sur ton chèque de BS, qui grossira pour nous inclure, alors que moi je n’ai pas envie d’être père et encore moins assisté social.  La seule chose qu’on a ensemble, c’est du sexe.  Alors si tu nous enlèves ça, il ne nous reste plus rien.  Et si on n’a plus rien, alors, pourquoi est-ce qu’on continuerait d’être ensemble? »

Elle a répondu en pleurant qu’elle n’a jamais voulu que la distance physique qu’elle a tenté de mettre entre nous soit aussi radicale.  Elle m’a supplié de ne pas la laisser tomber.  Et elle a fait machine arrière tellement vite sur sa décision de non-sexe qu’elle m’a quasiment violé ce soir-là.  J’ai accepté de la baiser, en me gardant bien de lui dire que ce serait la dernière fois, histoire de m’éviter une nouvelle crise.  C’est que ma décision était prise, et elle était irrévocable.

En enlevant le côté sexuel de notre relation, elle m’a fait réaliser quelque chose d’important.  Pour la première fois de ma vie, j’ai compris qu’il fallait beaucoup plus que « nous sommes tous les deux célibataires » comme raisons pour se mettre en couple.

Ces jours-ci, tandis que je dessine mon projet d’album de La Clique Vidéo, je regarde sur Youtube (j’écoute, en fait) plein d’émissions Françaises pour me distraire.  En ce moment, je me tape la série Le jour où tout a basculé, car grâce au narrateur, je n’ai pas besoin de voir les images pour comprendre.  Et je ne sais pas si c’est un truc culturel européen qui échappe à mon cerveau de québécois, mais grâce à cette émission qui se base sur des faits divers réels, je constate que nos cousins d’outre-mer ne perdent pas de temps lorsqu’il s’agit de couples:  Coup de foudre dès le premier regard, abordage d’étranger(e)s dans la rue, déclaration d’amour passionnée dans les 24 à 72 heures, cohabitation après un mois ou deux… Ce qui se termine presque toujours par une rupture car forcément, en habitant avec la personne, c’est là que l’on voit comment elle est vraiment.  Et c’est là que l’on réalise que finalement, à part la couchette, on n’est p’t’être pas si compatibles que ça.  

Il y a quelques jours, je discutais avec un ami au sujet des techniques de rapprochements au sujet des hommes et des femmes.  Il me demandait comment est-ce que j’abordais les femmes, si j’étais nerveux et si je perdais mes moyens face à une fille qui me plaisait beaucoup.  Je ne savais trop que répondre.  Le fait est que jamais la beauté d’une fille ne sera le point de départ de l’intérêt que je puisse ressentir pour elle, surtout si c’est une inconnue.  Par conséquent, jamais ne vais-je en aborder une.  Pour moi, toute relation avec une fille, peu importe comment elle évoluera, doit d’abord passer par l’étape de l’amitié.  Et ce n’est même pas une règle que je m’impose.  C’est juste dans l’ordre naturel des choses.  On devient amis d’abord, et on voit si on se plait ensuite.  Si oui, tant mieux, on aura une longue et harmonieuse relation de couple.  Si non, tant mieux aussi, on aura une longue et harmonieuse relation amicale. 

On a beau être attirés l’un par l’autre, on peut avoir un coup de foudre, on peut y céder très vite, et on peut bien avoir un compatibilité sexuelle parfaite… Mais si on n’a pas de points en commun, de goûts communs, de projets en commun, de passions communes, alors on fait quoi quand on n’est pas en train de baiser?  De quoi parle t-on? 

Alors comme ça, tu apprécies l’oxygène toi aussi?

Pendant de longues années, ma mentalité sur le sujet, c’était « Ouais mais quand on s’aime, on n’a que faire de nos différences. » C’est vrai, mais il y quand même a une sacrée marge entre avoir quelques différences, et n’avoir en commun que la couchette.  Parce que dans ce dernier cas, ça donne une relation dans laquelle la fille se plaint que son mec ne pense qu’à baiser.  Et comme je l’ai vécu personnellement il y a presque trente ans, du point de vue du gars, en effet, quand c’est tout ce que l’on a en commun, alors c’est tout ce qui peut nous intéresser chez elle.

Un jour, je me suis rendu compte que dans les relations hommes-femmes, l’amitié sans sexe pouvait durer éternellement, et ce dans l’harmonie la plus totale. Par contre, une relation de sexe sans amitié, ça ne dure que le temps de la passion, chose qui, elle-même, ne dure pas. Et c’est là que j’ai constaté que les relations d’amitiés platoniques se basent sur les points en commun entre deux individus.  La preuve, c’est que s’ils ont beaucoup en commun, un homme hétéro peut être ami avec un autre homme hétéro pendant de longues années, voire toute une vie.  Et si je peux avoir une relation à vie avec une personne avec qui l’idée de baiser ne me viendrait jamais en tête, alors pourquoi est-ce que je ne pourrais pas avoir une aussi longue et harmonieuse relation avec celle avec qui je suis intime?  Ça n’a aucun sens.  Surtout si on prétend s’aimer.

Avec Karine, j’ai eu ma plus longue relation de couple, soit douze ans et demi.  Voici un extrait de mon billet Une rupture harmonieuse, c’est possible :

Au début de la relation en 1999, nous avions presque tout en commun. Nous finissions tous les deux le cégep, nous commencions à travailler pour deux grandes compagnies (Air Canada et Météomedia), nous n’avions encore jamais rencontrés un membre de l’autre sexe avec qui nous nous entendions aussi bien, elle sortait de chez ses parents, je sortais de chez mon ex, et surtout nous avions tous les deux des aspirations artistiques (Je commençais à Safarir, elle commençait à illustrer des livres pour enfants.) Bref, nous étions faits l’un pour l’autre.

Puis, peu à peu, avec les années, nous avons, chacun de notre côté, accumulés des goûts, des projets, des passe-temps, et des passions qui ne plaisaient qu’à l’un mais pas à l’autre. Qu’importe! Nous étions fiers de dire que la réussite de notre vie de couple se basait sur le respect de l’individualité:

  • Elle avait son univers, avec ses amis, ses activités, les choses qu’elle aime.
  • J’avais mon univers, avec mes amis, mes activités, les choses que j’aime.
  • Et nous avions notre univers commun avec nos amis commun, nos activités communes, les choses que nous aimons en commun.

Sauf que, avec les années, notre univers commun a de plus en plus diminué, jusqu’à ce qu’il n’en reste plus grand chose. Sans que l’on s’en aperçoive, ça a influencé notre vie de couple. De deux personnes sincèrement amoureuses, nous sommes peu à peu devenus, lors deux ou trois dernières années ensemble, rien de plus que grands amis proches et colocs. Lorsqu’elle a réalisé qu’elle était en train de tomber en amour avec un autre, nous n’avons pas eu le choix de constater ce changement. Après quelques jours de réflexion, nous avons décidé qu’il ne servait à rien de continuer de vivre en tant que couple. Nous y avons donc mis officiellement fin. 

Le mois dernier, ils se sont épousés après cinq ans de fréquentation, tandis que douze années avec moi ne lui a jamais donné envie de le faire.  Comme quoi plus on a de points en commun, et mieux c’est.

Et voilà pourquoi, dans mon cas personnel, toute relation avec une fille doit obligatoirement d’abord passer par le stade de l’amitié.  Parce que si je ne suis même pas capable d’avoir une relation d’amitié avec une fille, je ne vois pas comment je pourrais réussir à passer ma vie avec elle.

Les prophètes autoréalisateurs -VS- votre réputation (2 de 2)

Autant suis-je orgueilleux, autant je considère que les critiques et commentaires à mon sujet sont de bonnes façons d’en apprendre sur moi-même.   Ça me permet de voir ce qui ne va pas chez moi, de me corriger s’il y a lieu, et ainsi de m’améliorer. 

Mais voilà, il n’est pas toujours facile de faire la juste part des choses.  Car parfois, une personne va te critiquer sans la moindre raison valable, et sans la moindre pertinence. Normal, puisque son but n’est rien d’autre que de te rabaisser.  Dans de telles conditions, comment faire la différence entre une critique qui puisse être constructive , et une calomnie? 

Heureusement, il y a une façon assez simple pour trier le vrai du faux: Si tu es assez honnête pour être capable de te reconnaître dans ce que la personne dit, et si elle n’est pas la seule à le dire, et si en plus ceux qui le disent ne se connaissent pas entre eux, alors c’est un problème réel.  Par contre, si tu ne te reconnais honnêtement pas dans cette description, et que cette personne est la seule à te dépeindre comme tel, alors là, aucun doute, c’est une attaque mensongère.

Pour rester dans les exemples personnels:  Il m’est arrivé à plusieurs reprises d’entendre des rumeurs à mon propre sujet, de sources différentes, comme quoi j’étais un impatient et un enragé qui peut péter un plomb pour la moindre connerie, et ce sans préavis.  Et en effet, pendant une douzaine d’années, de 1999 à 2010, tel fut le cas.  Et bien que, à l’époque, je me sentais justifié de le faire, en réponses aux attaques gratuites que je recevais parfois, j’ai bien vu que cette attitude ne me rapportait rien de bon.  Je me suis donc calmé, et j’ai appris à éviter les situations de conflits inutiles.

Par contre, il m’est arrivé d’entendre quelquefois, de la part d’une seule personne, que j’avais un défaut particulier que cette personne était la seule à voir en moi.  Et, quel hasard, cette personne travaillait très fort afin de faire de moi ce dont elle m’accusait à tort d’être.  

Autrement dit, cette personne était une prophète autoréalisatrice.  Ou du moins, elle essayait bien fort de l’être.  Je me souviens de cinq cas particulier, que je vous donne ici en exemple:

EXEMPLE 1: Le seul et unique pour qui j’étais un conjoint jaloux et possessif.
Sa méthode: Approcher ma conjointe lorsqu’elle n’est pas en ma compagnie, pour lui dire: « Hey, en passant, savais-tu que ton chum y’aime pas ça pantoute quand d’autres gars parlent sa blonde?  Ben oui, y’é tellement jaloux et possessif que ça le frustre ben raide! »

Son but: En disant quelque chose d’aussi grave à mon sujet, il se doute bien qu’elle va me rapporter ses paroles.  Il sait bien que ça va m’insulter, puisque non seulement il tente de gâcher ma réputation aux yeux de ma conjointe, il le fait en racontant des mensonges sur mon compte.  Ainsi, si je me fâche contre lui, alors techniquement, , il pourra dire à qui veut l’entendre que ça m’a frustré qu’il ait parlé à ma conjointe.  (En se gardant bien toutefois de préciser ce qu’il lui a dit.)  Ainsi, grâce à son hypocrisie, sa prophétie deviendrait autoréalisatrice.

Est-ce que ça a fonctionné?  Du tout!  Parce que, aux deux conjointes qui m’ont rapportées ses paroles, j’ai bien ri en leur expliquant la méthode et le but de ce gars-là.  La première l’a trouvé risible.  La seconde l’a trouvé pathétique, surtout d’avoir essayé ça une seconde fois.

EXEMPLE 2: La seule et unique pour qui j’étais une personne susceptible et misogyne.
Sa méthode: Multiplier les remarques condescendantes, jugementales, rabaissantes et insultantes, en ne manquant pas de dire, souvent d’avance, que je vais probablement frustrer contre elle puisque je suis susceptible.  Susceptible, mais aussi… Misogyne!?  Logique: C’est une femme et moi un homme.  Donc, si je frustre contre elle, alors je frustre contre une femme.  Et si je frustre contre une femme, ce n’est pas parce qu’elle m’insulte, mais bien parce que j’ai des préjugés contre les femmes, ce qui fait de moi un misogyne.  C’t’évident!

Son but: Il y a des gens qui ont passé leur vie à se faire diminuer.  Alors dans leur vision, le monde se divise en deux: Les écraseurs et les écrasés.  Et après une jeunesse entière à se faire rabaisser, ils ont besoin de rabaisser les autres plus bas qu’eux-mêmes, parce que ça leur fait du bien de penser qu’il y a au moins une personne plus basse qu’eux.  Son but est donc de me forcer à endurer ses insultes constantes, sinon sa prédiction comme quoi j’allais me frustrer contre elle deviendrait autoréalisatrice. 

Est-ce que ça a fonctionné?  Oui et non.  Oui, parce que ne pas être susceptible devant de telles attaques de la part d’une personne qui se prétend ton amie, c’est être une victime volontaire ou un lèche-cul sans colonne, et je ne suis ni l’un ni l’autre.  Et non, parce que de tous nos amis commun, personne n’a gobé ses supposées preuves de ma misogynie.

EXEMPLE 3: La seule et unique pour qui je suis un conjoint infidèle.
Sa méthode: M’accuser sans cesse de regarder d’autres filles, d’en désirer d’autres, d’essayer de la tromper, de vouloir la quitter.

Son but: Pouvoir se défouler sur moi, à loisir, de la frustration qu’elle ressentait face aux infidélités que lui a fait subir son seul et unique ex.  Elle me faisait donc payer d’avance pour ce qui, insistait-elle, allait forcément arriver: Moi qui allait éventuellement la quitter pour une petite jeune salope briseuse de ménage, comme elle disait.

Est-ce que ça a fonctionné?  Oui et non.  Oui, parce que je l’ai quitté.  Et non, parce qu’elle n’a jamais pu prouver une infidélité qui n’est jamais arrivée.  Normal: Je ne l’ai pas quitté pour une autre.  Je l’ai fait parce que vivre sous des accusations répétées et non fondées, c’est un enfer éternel puisque c’est une chose dont il est impossible de s’innocenter.

C’est que, voyez vous, s’il est possible de prouver que l’on a fait quelque chose, il est en revanche impossible de prouver ce que l’on n’a pas fait cette chose.  C’est le principe de l’alibi.  Tu ne peux pas prouver que tu n’as pas fait ce dont on t’accuse.  Tu peux juste prouver que tu étais trop occupé à faire autre chose à ce moment-là.  Or, face à un(e) conjoint(e) qui te soupçonne non-stop, tu ne peux pas avoir d’alibis 24/7 avec témoins qui sont à ses yeux dignes de foi.

EXEMPLE 4: La seule et unique pour qui je suis un amant potentiellement violent.
Sa méthode: Multiplier les maladresses dans lequel, toujours accidentellement,  elle m’accroche, me bouscule, me frappe.  Et suite à mon opération à l’appendice, elle qui ne m’avais jamais touché le ventre jusque là, n’arrêtait pas de me l’accrocher et le cogner, toujours accidentellement, me causant des douleurs atroces. Et plus
elle causait ces accidents, et plus souvent après-coup elle reculait, horrifiée, en me criant de ne pas la frapper.  

Son but: Tous ses ex étaient contrôlants, manipulateurs et violents.  Aussi, peut-être voulait-elle prouver à quel point elle n’était pas chanceuse, de toujours tomber sur des hommes violents.   Ou peut-être était-ce sa façon maladroite de dénoncer ce qu’elle a subi, en recréant inconsciemment avec moi des situations dans laquelle elle se faisait tabasser sans que ce soit de sa faute.  Peut-être voulait-elle que je la rassure comme quoi elle n’y était pour rien et que c’était lui le problème.  

Malheureusement, en multipliant à l’infini ces accidents, ça cessait d’en être.  C’était devenu des agressions volontaires.  Alors le choix qu’elle m’offrait était ou bien de continuer de subir sa violence, ou bien lui prouver que moi aussi je fais dans la violence conjugale.  Endurer, ou faire de sa prédiction une autoréalisation.   

Est-ce que ça a fonctionné?  Bah non!  Puisque je n’ai jamais été un violent physique de nature, jamais ses coups ne m’ont enragé contre elle, ni donne envie de lui faire subir la réciproque.  En fait, chaque accrochage, chaque accident, chaque coup, chaque douleur, ne faisait que diminuer l’attrait que je ressentais pour elle.  Jusqu’au jour où cet attrait a disparu, remplacé par un ras-le-bol total, et j’ai fini par la quitter.

Ironiquement, pour tenter de me convaincre de revenir, elle m’a écrit qu’elle m’autorisait à la frapper, en punition de tout ce qu’elle m’a fait subir, puisqu’elle le méritait, puisqu’elle n’était qu’une conne.  J’ai juste effacé le message et je l’ai bloquée de partout.

EXEMPLE 5: La seule et unique pour qui je suis un lâche, physiquement et moralement.
Sa méthode: Me faire subir de la violence physique.

Son but: Me manipuler par mon orgueil, ma décence et mon sens des responsabilités, afin de me pousser à rester volontairement sa victime le plus longtemps possible, sous peine de prouver que je suis le lâche qu’elle m’accuse d’être.

Est-ce que ça a fonctionné?  Oui! Il y a des gens qui sont tellement manipulateurs qu’ils s’arrangent pour que tu perdes, quoi que tu fasses.  Dans ce cas-ci: 

  • Je me laisse faire sans répliquer? « Hey, tout le monde! Regardez ce lâche qui se laisse tabasser par une femme. »
  • Je viens pour répliquer? « Hey, tout le monde!  Regardez ce lâche qui s’apprête à tabasser une femme. »
  • Je fuis cette confrontation sans issue?  « Hey, tout le monde!  Regardez ce lâche qui fuit devant une femme. » 
  • Je la quitte pour ne plus avoir à endurer ça?  « Hey, tout le monde!  Regardez ce lâche qui abandonne sa femme. »  

Il est toujours un peu difficile pour l’orgueil de lâcher prise face à ces gens.  C’est normal, aucun de nous n’aime voir sa réputation se faire salir, encore moins de manière injuste et mensongère.  Personne n’aime se sentir comme s’il était un lâche qui a abandonné trop vite.  Personne n’aime être en situation dans lequel il sent qu’il a accepté délibérément de subir un échec.  Les manipulateurs le savent bien.  Voilà pourquoi ils plantent dans ton subconscient le dilemme suivant: Continuer de débattre avec eux, ce qui te laisse miroiter la possibilité de rétablir les faits.  Ou bien quitter le débat, ce qui leur permet d’affirmer que ta fuite est un aveu, confirmant tout ce qu’ils pensent en mal de toi.  

Le problème, c’est que l’on ne peut jamais trouver grâce aux yeux de ce genre de personne.  Si tu t’obstines, c’est « La vérité choque! »  Mais si tu le laisses faire, alors c’est « Qui ne dit mot consent! »  Aussi, face à une personne qui te met dans une situation dans laquelle tu seras mal vu quoi que tu fasses, la question à se poser est: Pourquoi est-ce que je devrais accorder à moindre importance à tenter de bien paraître dans l’opinion d’une personne qui cherche toujours à tordre les faits dans le but de justifier son désir persistant de ne penser que le pire de moi?  

Parce que, entre rester et subir son mépris, et subir son mépris parce que l’on part, la seconde option a au moins l’avantage de mettre fin à la situation.

Les prophètes autoréalisateurs -VS- votre réputation (1 de 2)

Comme dans la majorité de mes billets, les genres et orientations citées ici sont interchangeables.  Je n’utilise ceux-là que pour l’exemple, afin de ne pas surcharger le texte.
________________

On a tous déjà connu au moins une personne qui a ce comportement en deux étapes: Elle commence par nous accuser en avance, et souvent à tort, de quelque chose que l’on n’aurait jamais fait.  Et ensuite (quand ce n’est pas simultanément à son accusation) elle s’arrange pour provoquer elle-même ce dont elle nous a accusé.  On se retrouve donc dans une situation dans laquelle nous n’avons que deux options: Subir éternellement cette accusation mensongère, ou bien l’accomplir ce qui en fait automatiquement une prophétie.  

Et même si on ne fait que la subir sans jamais la réaliser, en être sans cesse accusé fait que les gens autour de nous finissent par se dire qu’il n’y a pas de fumée sans feu.  Donc, face à une telle personne, quoi que l’on fasse ou non, on perd.

Ce comportement est tellement répandu qu’il a sa propre page sur Wikipédia:  La prophétie autoréalisatrice, de l’anglais Self-Fulfilling Prophecy.

Mais qu’est-ce qu’une prophétie autoréalisatrice?  Laissez-moi vous en donner trois exemples observés et/ou vécus: 

EXEMPLE 1: Le gars qui accuse à tort sa conjointe de vouloir le quitter, et qui lui fait des histoires à cause de ça.
Si la fille tient à lui montrer qu’il a tort, alors elle est manipulée à rester dans cette relation abusive dans laquelle elle subit ces accusations à répétitions. Si elle finit par en avoir assez de ces soupçons non-mérités et qu’elle le quitte, il peut alors crier haut et fort qu’il avait raison à son sujet tout ce temps-là.

Voilà pourquoi on parle de prophétie autoréalisatrice:  Cette prophétie ne se serait pas accomplie si elle n’avait pas d’abord été créée.

Et là où c’est parfois de la manipulation, c’est que pendant que la fille est occupée à tout faire pour ne pas donner à son conjoint l’impression qu’elle veut le quitter, elle n’a pas le temps de remarquer les défauts qu’il a. Des défauts qui pourraient vraiment lui donner de vraies bonnes raisons de le quitter.  Des défauts qu’il sait trop bien qu’il possède. Des défauts qu’il préfère camoufler en accusant sa conjointe de ce qu’elle ferait si elle les remarquait, et ce avant même qu’elle les remarque.

EXEMPLE 2: Celle qui accuse son conjoint d’être un homme violent, et qui fera tout pour l’exaspérer.
En poussant même la provocation jusqu’à aller elle-même l’agresser verbalement et/ou physiquement, de façon totalement gratuite.

Le gars se retrouve donc dans le même dilemme que dans mon exemple précédent : Réagir à la provocation en répondant de la même façon dont il se fait agresser (cri contre cri, coups contre coups) et ainsi devenir ce dont il a été si longtemps accusé à tort d’être.  Ou endurer des accusations mensongères, ainsi que des abus physiques et verbaux qui n’en finiront jamais.

Heureusement, dans ce cas-ci, il a aussi le 3e choix de la quitter pour de bon. Elle peut alors se plaindre, à raison, que seuls les hommes violents s’intéressent à elle, les autres la laissent tomber. Normal: Avec son attitude, il n’y a que trois choses qui peuvent arriver:

  1. Ou bien, en tant que victime auto-affichée,  elle attire les hommes violents, puisque ceux-là sont toujours à la recherche de victimes faciles.
  2. Ou bien, par ses provocations violentes, elle transforme l’homme doux en homme violent.
  3. Ou bien, par son attitude accusatrice et violente, elle repousse les hommes qui ont une personnalité trop douce pour répondre à sa violence par la violence.

Mais attention: Je ne dis pas que toutes les femmes victimes d’hommes violents l’ont bien cherché.  Au contraire! Je dis tout simplement que, dans le cas où la fille est une victime autoproclamée, ET une prophète autoréalisatrice qui se plaint à tort d’abus jusque-là inexistants, ET qu’elle fait tout pour provoquer les dits abus, alors là, oui, dans ce cas particulier, elle est la seule et unique cause de la situation dont elle se plaint.

EXEMPLE 3: L’amie qui m’exaspère en m’accusant d’être exaspéré.  Il n’y a pas que dans les relations de couple que les prophètes autoréalisateurs font des ravages. J’ai quelquefois eu à subir les accusations non-fondées d’une amie qui m’accusait de vouloir qu’elle s’en aille, me laisse tranquille, disparaisse de ma vie. Je vivais la chose comme du harcèlement et de la manipulation. Harcèlement parce que je me faisais sans cesse accuser faussement, et toujours de la même chose. Manipulation parce que, pour la rassurer, elle me forçait à lui dire que j’appréciais sa présence, et ce tout juste après m’avoir frustré contre elle avec ses accusations mensongères, donc juste au moment ou je l’appréciais le moins, celui où j’avais le moins envie de sa présence.

De par son attitude, elle avait transformé nos fréquentations. Ce qui était au départ un plaisir volontaire était devenu une obligation déplaisante. 

Avec les années, je me suis rendu compte que les prophètes autoréalisateurs ont une personnalité qui entrent dans l’une, l’autre ou plusieurs des sept catégories suivantes: 

1) Les gens méprisants envers autrui.
Eux, il veulent juste vous rabaisser.  Alors évidemment, ils n’ont pas la patience d’attendre de voir si vous avez quelque chose qu’ils puissent vous reprocher.  C’est plus simple pour eux de vous inventer un défaut, pour ensuite le provoquer.

Exemple: Une personne qui, du même souffle, t’écrit publiquement quelques commentaires rabaissant tout en te qualifiant de susceptible.  Ou bien tu ne réagis pas et ainsi la laisse continuer de te rabaisser, ce qui est son but.  Ou bien tu réagis et elle criera haut et fort qu’elle avait raison de te dire susceptible, ce qui est également son but.

Les forums et autres lieux d’échanges publics sur le net sont aussi riches en provocateurs qui, après avoir lancés insultes et accusations fantaisistes, vont vite s’empresser d’accuser d’avance les gens de ne pas aimer ce qu’il disent, ou les modérateurs de vouloir le bannir. J’en parlais déjà dans mon billet Devenez Membre de la CIA.

2) Les gens aussi pessimistes qu’orgueilleux.
Pessimiste, ils vont tout de suite s’attendre au pire de ta part.  Orgueilleux, ils ne pourront supporter d’avoir tort à ton sujet.  Ils vont donc créer eux-mêmes le problème et t’en faire porter le blâme.

Exemple: Un patron ou chef d’équipe qui, au premier coup d’oeil, te préjuge comme étant incompétent.  Pour montrer qu’il avait raison à ton sujet, il fera exprès pour ne pas tenir compte de ton bon travail, et il n’hésitera pas à le saboter, juste pour avoir quelque chose à te reprocher.  Il ira même jusqu’à mettre de la pression sur vos collègues pour qu’ils aillent se plaindre de toi, et ce qu’ils aillent des raisons de le faire ou non.

3) Les gens qui ressentent peu d’estime personnelle et/ou peu de confiance envers leurs capacités.
Ceux-là craignent tellement de se faire rejeter qu’ils vivent dans l’angoisse constante que ça arrive.  Aussi, c’est par prévention qu’ils vont t’en accuser d’avance.

Exemple: Tel que mentionné dans l’exemple 1 ci-haut.  Le gars qui va sans cesse accuser sa conjointe de vouloir mettre fin à la relation va effectivement, par cette accusation constante, lui donner envie de mettre fin à la relation. 

Comme on peut le voir dans mon billet Autopsie du Loser, on retrouve beaucoup de prophètes autoréalisateurs chez les gens peu habitués à réussir dans la vie.  À la recherche d’un bouc émissaire à blâmer pour ses propres incapacités, il finit par adopter la personnalité hautaine du gars capable de prévoir qu’il ne réussira pas parce que telle ou telle personne ne voudra pas lui laisser sa chance. Il aura ensuite face à cette personne une attitude qui va lui garantir cet insuccès qu’il avait prédit. Par exemple en draguant une fille ou en faisant application pour un travail, tout en accusant l’autre de façon sous-entendue de ne pas être intéressé par un gars comme lui. 

4) Les gens profiteurs manipulateurs.
Le meilleur exemple que je puisse trouver, c’était chez mes employeurs lors de mon second boulot de concierge résident.  Non seulement je travaillais de 60 à 80 heures semaine (ce qui, si on divisait mon salaire par mes heures, signifie que je gagnais bien en dessous du salaire horaire minimum), non seulement mes seuls congés étaient mardi et mercredi de 8:00 à 15:00, j’étais sans cesse accusé, à tort et en avance, d’être incompétent, paresseux, peu vaillant. Alors quand je m’écroulais de sommeil au travail après n’avoir pu dormir que deux heures sur quarante-huit, ils pouvaient, en effet, affirmer qu’ils avaient raison de m’accuser d’avance d’être le genre à dormir sur la job.  

5) Les victimes qui n’ont jamais apprises à être autre chose que des victimes.
Lorsque ces personnes vivent dans un environnement dans lequel elles ne sont pas victimes, elle vivent une situation qui leur est totalement étrangère.  Puisqu’un paradis inconnu peut être plus intimidant qu’un enfer familier, elles ne savent pas comment agir ou réagir.  Et cela peut être angoissant.  Alors inconsciemment, elles sont portées à recréer les situations qu’elles connaissent, et dans lesquelles elles sont habituées de vivre. Comme dans l’exemple 2 ci-haut, celle qui accuse son conjoint d’être un homme violent et qui fera tout pour l’exaspérer.  C’est que trop souvent, il est difficile d’apprendre à vivre en harmonie quand on a seulement appris à survivre dans la discorde.

6) Les gens souffrant de complexe de persécution.
Ça se voit dans ses accusations non-fondées : On veut les quitter, on veut les frapper, on veut les tromper, etc. Bref, à les entendre, tout le monde ne leur veut que du mal, ou bien en profiter, ou bien les rejeter.  Mais parfois, le complexe de persécution est juste une ruse, dans le but de pouvoir insulter les autres à loisir en leur empêchant tout droit de réplique.

Exemple:  Un voisin que j’ai eu il y a une dizaine d’années. Jeune noir, début vingtaine, arrogant et provocateur avec un petit sourire insolent permanent. Dès qu’il a aménagé au 3e étage d’un bloc voisin ce juillet-là, et ce jusqu’à ce qu’il fasse trop froid pour sortir, son gros fun était de se poster au balcon, seul ou avec ses amis, et d’insulter les gens qu’il voyait dans les cours arrières de la ruelle, en ne manquant pas de les accuser d’être des racistes s’ils osaient lui répondre.

7) Les gens narcissiques qui cherchent à cacher leur propre incompétence et/ou manque de réciprocité.
Que ce soit au travail, en amitié ou en amour, lorsque la personne a une mentalité à la « Je vais toujours penser le pire de toi, c’est à toi de me prouver sans cesse le contraire! », c’est souvent parce qu’elle cherche juste à te distraire.  Car en effet, pendant que tu travailles à trouver les moyens de lui prouver ta compétence, ton amitié, ton amour, tu n’a pas le temps de constater que tu ne reçois aucun signe de compétence, d’amitié ou d’amour de sa part. 

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Dans le prochain billet, je montrerai comment les prophètes autoréalisateurs font ce qu’ils veulent de votre réputation, et pourquoi ça finit toujours (heureusement) par foirer à long terme.

Y’A LIENS LÀ:
Sur Wikipédia, La prophétie autoréalisatrice
Mon billet Devenez Membre de la CIA
Mon billet Autopsie du Loser
Joignez la page Mes Prétentions de Sagesse sur Facebook.

13 illusions fallacieuses qu’essayent de vous vendre les guides de séduction

Comment plaire aux femmes? 
Cette question, l’homme se la pose depuis que le monde est monde. Bon, en fait, il ne se la pose que depuis que la femme a le droit de choisir son partenaire, et surtout de le rejeter.  N’empêche que c’est une question qui fait le désespoir des gars impopulaires auprès des filles, et la fortune des éditeurs de livres de méthodes de séduction.

Eh bien moi, je vais vous dire toute la vérité sur le sujet, dans ce billet, directement, clairement et gratuitement. Je devrai hélas le faire en commençant par vous servir un fait choquant que vous ne voulez probablement pas savoir: Il n’existe aucune méthode infaillible pour séduire une femme. Ou du moins, pas à long terme.

Voilà!
Je l’ai dit.

Vous savez quoi?  Le simple fait qu’existent de tels bouquins, c’est pour continuer d’entretenir certaines illusions chez l’homme désespéré de plaire.  Comme:

ILLUSION 1: Le problème, c’est la femme.
Car en effet, pas un de ces manuels ne va dire à l’homme de s’améliorer de quelque façon que ce soit afin de devenir une personne désirable.  Si tu ne séduis pas, c’est juste parce que tu ne dis pas à la femme ce qu’elle veut entendre.

ILLUSION 2: Toutes les femmes sont manipulables.
Pensez-y un instant: Publier un livre au sujet des méthodes pour séduire, c’est affirmer que les femmes sont comme des objets.  Le simple fait que l’on publie un manuel d’instructions à leur sujet le prouve.  C’est comme si la femme était une télé, et que ce livre en était une télécommande universelle où tu trouveras quel bouton presser pour l’allumer.  Ce qui nous amène à:

ILLUSION 3: Toutes les femmes sont des amoureuses/amantes potentielles, il s’agit juste de savoir comment les draguer/séduire.
Archi-faux!  Chaque femme a ses propres goûts personnels au sujet du physique, de la personnalité, de l’âge, de la race, de la culture, du sexe et du statut social et financier de son partenaire idéal. Ces critères sont à leurs tours influencés par leur degré personnel de tolérance ou bien d’intransigeance, leur milieu social, familial et professionnel, et mille autre chose encore.  Ce qui fait que même chez deux femmes qui aimeraient exactement le type d’homme que tu es, l’une pourrait très bien vouloir de toi et l’autre non, justement à cause de toutes ces différences que l’on retrouve d’une femme à l’autre. Alors non, les femmes ne sont PAS toutes des amantes potentielles. 

ILLUSION 4: Le tout est de trouver la phrase d’approche infaillible.
Erreur!  La pick-up line, ça ne sert pas à séduire. Ça sert à briser la glace. Ça sert à effectuer un premier contact. Une fois ce premier contact fait, c’est ton look et/ou ta personnalité qui va faire que tu vas lui plaire ou non. Parce que la phrase d’approche parfaite n’existe pas. Il n’y a aucune parole qui, telle une formule magique, va instantanément te transformer en gars intéressant pour elle si tu ne corresponds pas déjà à ses goûts.  Et ça marche encore moins avec une pathétique phrase préfabriquée qui se voudrait humoristique.

ILLUSION 5: La femme n’a rien d’autre à faire de sa vie qu’attendre d’être séduite.
Ces bouquins ne le disent pas explicitement dans ces termes, mais c’est pas mal le message qui en ressort lorsque l’on voit qu’ils donnent des méthodes sur comment aborder une femme à une épicerie, une laverie, sur le trottoir, dans le métro, etc.  Hé, mec, désolé de briser tes illusions mais j’ai une p’tite nouvelle pour toi: La fille qui lit en public, là, elle ne le fait pas pour te passer le message comme quoi elle s’emmerde en attendant que tu la dragues.  Elle lit parce qu’elle veut lire, et non pour se faire emmerder par les dragueurs.  Celle à l’épicerie a à rentrer chez elle, le ranger. Celle à la laverie a à rentrer chez elle pour plier et ranger son linge.  Celle dans le métro y est parce qu’elle a une destination où se rendre.  Elles ont toutes autre chose à faire de leur vie, et ne peuvent donc pas être en mode séduisez-moi 24 heures sept jours.

ILLUSION 6: Pour séduire les femmes, il faut s’en foutre.
Celui qui y croit vraiment est pathétique, surtout parce quìl est bien placé pour savoir que c’est faux.  Cette fille que tu désires, celle pour qui tu cherches des méthodes de séduction dans le but de l’avoir, est-ce qu’elle t’a séduit uniquement parce qu’elle se fout de toi? Non, hein?  Elle a bien d’autre choses en elle qui t’attire, n’est-ce pas?  Ben voilà!  C’est pareil en inversant les sexes.  S’il est vrai que donner trop d’attention non-sollicitée à une femme risque de la repousser, faire le contraire et s’en foutre ne va pas l’attirer pour autant.

ILLUSION 7: Pour séduire les femmes, il faut leur manquer de respect.
Ces temps-ci, il y a une école de pensée qui s’appelle le negging qui consiste à déstabiliser la fille en piquant sa curiosité, en lui donnant un compliment contenant une part de négativité (d’où le nom), dont le message se résume à « Mouais, t’es pas mal, mais je ne suis pas convaincu que tu as tout ce qu’il faut pour me plaire. » Il y a trois raisons pourquoi cette méthode est loin d’être infaillible.

  1. Si ce genre de taquinerie peut être amusante et intéressante entre célibataires qui se connaissent depuis quelques heures, voire quelques jours, en revanche c’est un peu trop familier comme phrase brise-glace.  
  2. Tout comme avec les autres techniques d’approche, ça ne peut marcher que si la fille retrouve déjà en toi le potentiel requis pour lui plaire.
  3. Il est difficile de bien doser l’apport de negging sans tomber dans la remarque blessante ou l’insulte. Bref, cette méthode risque de vous donner encore moins de chance que toutes les autres méthodes d’approche.

ILLUSION 8: C’est l’intérieur qui compte.
ILLUSION 9: L’important, c’est d’être beau, grand, musclé et riche.
Si j’ai collé ensemble ces deux principes illusoires, c’est parce que personne n’a jamais pensé de dire que ni l’un ni l’autre n’est universel, et voici pourquoi:  Ne me dites pas que vous n’avez jamais remarqué que les gens qui ne ressemblent en rien aux mannequins de magazines trouvent généralement leur âme soeur, se marient et fondent une famille alors qu’ils sont encore dans la vingtaine, tandis que les plus superbes canons de beauté vont d’une relation décevante à l’autre pour se retrouver, à 45 ans, célibataires et dépressif?

Normal: Quand tu es moins attrayant physiquement, tu séduis par ta personnalité.  Et si l’autre personne est séduite, c’est parce que vous êtes compatibles.  Par contre, plus on est beau, plus grand est le nombre de gens qui ne sont attirés que par notre beauté, et plus il est difficile d’y trouver la personne avec qui on est naturellement compatible.  Surtout si l’autre use de mille ruses et techniques pour te cacher sa nature véritable au début afin de t’avoir.  Vous savez, comme ce que vous recommandent de faire tous ces bouquins de techniques de séduction. Sauf que l’on ne peut pas faire semblant éternellement.  Tôt ou tard le naturel revient au galop, l’incompatibilité sort au grand jour, et c’est là qu’arrivent conflits, drames et séparations.

ILLUSION 10: On peut aisément séduire les femmes par l’humour.
L’erreur que font beaucoup de gars, c’est de pousser la chose trop loin.  Genre, passer la soirée à se prendre pour un humoriste en prenant la fille pour son public.  Il y a une différence entre toujours le mot pour rire et jamais le mot pour être sérieux.  Une fille qui aurait envie de passer aux choses sérieuses risque d’être plutôt refroidie par cette attitude.  Oui, un gars sans humour, c’est ennuyant.  Mais personne ne veut d’un gars qui exagère dans un sens ou dans l’autre parce qu’il n’a aucun sens de la mesure.

ILLUSION 11: On peut séduire une fille n’importe quand.
HA! Si c’était vrai, alors tous les soi-disant bons gars qui sont entrés dans la vie d’une fille en tant que bon ami proche dans le but de les séduire y parviendraient malgré des mois de relation platonique.  

ILLUSION 12: La femme est une créature mystérieuse et impossible à comprendre car elle utilise des stratégies féminines secrètes contre les hommes.
Les vendeurs de méthodes de séduction tiennent mordicus à ce que vous croyez à cette illusion.  Voilà pourquoi ils vont l’affirmer.  Ça leur permet ensuite de vous rassurer comme quoi ils ont réussi à craquer le code féminin, eux.  Et qu’ils sont prêt à partager ce secret avec vous. Tout ça dans le but de vous manipuler à leur donner votre argent. 

Certains vont même offrir des conférences, parfois payantes et parfois en séances gratuites, afin de bien vous expliquer leur méthode. Ne vous y trompez pas.  Il s’agit en fait d’une infopublicité en personne qui dure en moyenne une heure et demie, dans laquelle ils ne font que dire quatre choses, dans cet ordre, à répétition :

  • « Voici une situation frustrante que vous avez sûrement déjà vécue. »
  • « J’ai moi-même vécu cette situation, jusqu’à ce que je comprenne une chose. »
  •  » Quand j’ai compris cette chose, j’ai passé les années suivantes à avoir de 2 à 27 différentes filles dans mon lit par semaine.  Puis, je me suis calmé et j’ai trouvé ma femme idéale, avec laquelle je suis encore aujourd’hui.  Mais si un jour ça ne marche plus avec elle, je sais parfaitement que je peux la remplacer sans le moindre effort. »
  • « Pour connaître cette chose que j’ai compris, achetez le livre et/ou abonnez-vous à nos conférences payantes. »

Enfin, l’illusion la plus fallacieuse de toutes est celle-ci :

ILLUSION 13: Il est acceptable d’utiliser des trucs dans le but de séduire une fille.
De mes 15 à 25 ans, j’étais un soi-disant bon gars, un nice guy classique.  Lorsque je me faisais rejeter par les filles, l’une des raisons que je me faisais servir était « On se connait trop, tu es comme un frère pour moi. »  

Justement, en 1993, à 25 ans, j’étais de retour aux études, d’abord aux cours aux adultes pour finir mon secondaire, puis au cégep deux ans plus tard.  Puisque le retour en classes équivaut à faire de nouvelles rencontres en masse à chaque nouvelle session, j’ai constaté qu’en général, il y a toujours une période d’ambiguïté lors des trois premières semaines suivant la rencontre entre un gars et une fille. Trois semaines dans lesquelles, consciemment ou non, on tâte le terrain, on apprend à connaître l’autre, on est curieux de savoir si on est attiré et/ou attirant. 

Constater ceci m’a permis de voir que l’excuse comme quoi « On se connait trop! »  n’était pas si bidon que ça.  Car tout dépendant de si tu agis ou non, ce sont ces trois semaines qui vont décider si votre relation sera amicale, amoureuse et/ou sexuelle. À partir de la 4e semaine, si tu n’as pas fait connaître tes intentions, alors il sera trop tard.  Rendu là, la fille te connait assez pour perdre intérêt.  Elle te classe donc dans le dossier « Amis seulement » et tu n’en ressors plus.  

Car oui, bien que le terme Friendzone n’existait pas encore à ce moment-là (Il n’allait apparaître que dans l’épisode The one with the blackout de la série Friends en 1994), le principe était déjà connu.

Donc, si je voulais séduire, je devais profiter du seul charme que je possédais; le charme de la nouveauté.  Faire accroire à la fille qu’elle était peut-être intéressée à moi, et ce avant qu’elle n’ait le temps d’apprendre ce que je suis vraiment.  Parce que si je lui laisse le temps de réfléchir, elle va réaliser que non, jamais elle ne me voudrait comme amoureux, et encore moins comme amant.  Alors si je veux baiser, j’ai intérêt à me grouiller.  

C’est également à cette époque que, tel que mentionné dans mon billet précédent, j’ai développé ma méthode d’approche qui est « Respecte toujours son NON, mais n’attends jamais après son OUI. »  Aussi, dès 1995, rendu à 27 ans, au cégep, dès la première, seconde ou troisième semaine, je m’essayais sur chaque fille qui avait l’air de voir en moi le charme de la nouveauté.  Et je n’attendais pas d’y être sollicité.  Je faisais les premier pas.  En gestes, et non en paroles.  Parce que c’est plus difficile pour elle de dire non quand on a déjà commencé.   Et dans 90% des cas, en effet, elles répondaient positivement.  J’ai donc pu voir par moi-même que oui, séduire la fille avant qu’elle ait le temps de te connaitre vraiment, ça fonctionne.

Sauf que, et vous constaterez que l’on voit ça souvent chez les couples qui se sont formés trop vite pour avoir eu le temps de se connaitre: Une fois que le charme de la nouveauté est passé, ils constatent qu’ils ne sont pas si compatibles que ça.  Et c’est là que les problèmes surviennent.  Mais voilà, ils sont déjà en couple.  Alors ils continuent de sortir ensemble et de baiser ensemble.  Parce que l’idée d’essayer d’arranger les choses, c’est quand même moins pénible que celle de se mettre en état d’échec amoureux en cassant.  

N’empêche que si la fille avait eu le temps de bien connaître le gars, jamais elle n’aurait accepté d’être en relation amoureuse, et encore moins sexuelle, avec lui.  Ce qui signifie que dans le fond, les trucs de séduction, ça sert juste à manipuler la fille au moment où elle est encore à l’état d’ignorance, afin de l’amener à subir volontairement ce qui équivaut à un viol. Parce que baiser avec un gars avec qui jamais on n’aurait voulu le faire, c’est un viol.  

Et c’est en constatant ce fait que l’on se rend compte de toute l’horreur que représentent les guides de séduction.  Des guides qui ne font que contribuer, à leur façon, à la culture du viol.  

Mais alors, comment faire pour plaire?
Il y a moyen de plaire à une fille sans pour autant la manipuler à croire que vous êtes faits l’un pour l’autre.  Il suffit de… :

  • Être gentil sans être son esclave.
  • Être poli sans se prosterner à ses pieds.
  • Être décisif sans être contrôlant.
  • Être sûr de soi sans être prétentieux.
  • Lui montrer de l’intérêt sans être insistant.
  • S’intéresser à elle sans en être obsédé.
  • Lui parler sans pour autant monopoliser la conversation.
  • L’écouter sans pour autant rester muet.
  • Bref, avoir une personnalité assez forte pour s’affirmer mais pas assez écrasante pour étouffer la sienne.

Et surtout, ne jamais essayer de l’impressionner, parce qu’il n’y a rien de plus risible qu’un gars qui essaye de se vendre. Autrement dit, aussi cliché que ça semble: Rester naturel.  À partir de là, ce sera le degré de votre compatibilité naturelle qui décidera si vous êtes faits pour être ensemble ou non.

Et si ça ne marche pas?
Alors dans ce cas-là, ça veut juste dire qu’elle n’est pas intéressée par un gars dans ton genre, donc que ce n’est pas celle pour toi. C’est une bonne chose à savoir. Parce que sérieusement, pourquoi est-ce que tu voudrais gâcher ta vie en la partageant avec quelqu’un qui n’aime pas ce que tu es?

4 questions classiques avec des réponses (qui me semblent) pourtant simples.

Avez vous remarqué que la majorité des soi-disantes questions sans réponses ONT une réponse, lorsque l’on prend le temps d’y réfléchir?  Des questions comme…

1- Pourquoi est-ce que l’on cache toute scène de sexe à la télé afin de ne pas traumatiser nos enfants, mais que c’est ok de leur montrer des scènes de meurtre?

Pour autant que je sache, nous avons tous des organes génitaux, nous avons presque tous l’instinct sexuel, et nous allons presque tous nous livrer aux plaisirs du sexe plusieurs fois dans notre vie.

Par contre, nous n’avons pas tous des armes à feu, très peu d’entre nous possédons l’instinct de tuer, et ça m’étonnerait que la majorité de la population se livrera aux plaisirs (?) du meurtre plusieurs fois dans leurs vies.

Par conséquent, voir des scènes de sexe peut nous donner envie d’en faire autant.  Nous sommes déjà tous équipés pour le faire.  

Par contre, voir des scènes de meurtre ne donnera qu’à très peu de gens l’envie d’en faire autant.  Et même à ceux à qui ça donne envie, ils n’ont pas tous accès aux armes.

 En conclusion : Il est donc beaucoup moins dangereux pour la société de montrer des scènes de meurtre que des scènes de sexe.

En tout cas, ça me semble logique.

2- Pourquoi est-ce que l’eau chaude, dans un moule à glaçons, va geler plus vite que l’eau froide?

Il parait que même la communauté scientifique internationale n’arrive pas à comprendre ce phénomène.  Eh bien moi, suite à une observation banale, j’ai développé une théorie à ce sujet. 

Il y a quelques années, alors que je tournais dans un film amateur, un personnage tout habillé devait subir des brûlures alors qu’il se faisait verser du thé brûlant sur le dos.  Évidemment, l’eau n’était pas vraiment chaude.  Or, j’ai constaté que ça paraissait immédiatement à l’écran.  C’est que si on verse de l’eau bouillante sur une chemise, le liquide sera mat et le tissus va l’absorber au contact.  Et si l’eau est froide, elle sera plus compacte, reluisante, et le tissus va prendre plus de temps pour se mouiller.  J’en suis donc arrivé à la conclusion qu’en chauffant, l’espace entre les molécules d’eau augmente, ce qui rend l’eau moins compacte, et ainsi passe plus facilement entre les tissus de chemise. 

Donc, avec plus d’espace entre ses molécules, l’air froid d’un congélateur peut beaucoup plus facilement pénétrer la masse d’eau, et ainsi plus rapidement la congeler.

En tout cas, ça me semble logique.

3- Pourquoi est-ce que l’on donne aux femmes des recommandations et des trucs de sécurité afin qu’elles ne se fassent pas violer, au lieu de dire aux hommes de ne pas violer les femmes?

Le violeur, ce qu’il veut, c’est violer.  Si on lui dit de ne pas violer, pensez-vous qu’il a intérêt à écouter?  Évidemment que non, puisque cette recommandation va à l’encontre de son désir d’agresser sexuellement.

Par contre, la femme ne veut pas se faire violer.  Si on lui donne des des trucs de sécurité pour ne pas l’être, pensez-vous qu’elle a intérêt à écouter?  Évidemment que oui, puisque ces recommandations concordent avec son désir de ne pas être agressée sexuellement.

En tout cas, ça me semble logique.

4- Pourquoi est-ce qu’un artiste se fait souvent demander de travailler gratuitement, alors que jamais on ne demanderait la même chose à un restaurateur?

Voici un bel exemple de comparaison entre des pommes et des pneus de tracteur.  On ne peut pas comparer ces deux métiers car ils n’ont pour ainsi dire rien en commun. 

Le restaurateur ne peut pas créer lui-même sa nourriture.  Il doit l’acheter.  Ensuite, il doit payer des gens pour l’apprêter, des gens pour la servir, des gens pour nettoyer la vaisselle, les ustensiles et autres instruments utilisés à ces fins, il doit acheter ou louer un espace commercial, payer toutes sortes de permis et de licences, etc.

Le dessinateur?  Il créé lui-même son illustration, sans que ça lui coûte un sou.  Bon, d’accord, il y a le coût du papier et des crayons, mais ce n’est pas ça qui va le ruiner.

On sait que le produit est coûteux pour le restaurateur.  On comprend donc qu’il est justifié de charger un coût X, car dès le départ, le produit a une valeur réelle.  Par conséquent, s’il ne vend pas son produit, il perd de l’argent, car il a déjà eu à le payer.  Tandis que le dessin, qui n’a rien coûté à faire, n’a que la valeur que l’artiste a choisi de lui donner.  Et voilà pourquoi un artiste se fait souvent demander de travailler gratuitement, alors que jamais on ne demanderait la même chose à un restaurateur. 

Attention : Je ne dis pas que c’est justifié, de penser que le travail de l’artiste ne vaut rien.  Je dis juste que ça me semble logique, que les gens pensent comme ça, même s’ils sont dans l’erreur de le faire.

 

10 réalités d’être né avec une densité osseuse anormalement élevée.

Parfois, la nature donne aux gens certaines particularités physiques qui les distinguent du reste de la population.  Je songe à Alexis Lapointe, dit Le Trotteur, à qui la nature a donné un système cardiaque et des jambes exceptionnellement fortes.  Non seulement pouvait-il courir comme le cheval, il pouvait maintenir ce rythme pendant des heures sans fatiguer. 

Mais parfois, la nature donne à notre physique un détail particulier qui, sans être vraiment un handicap, n’en est pas une bénédiction pour autant.  Dans mon cas personnel, il s’agit de ma densité osseuse.  J’ai, en effet, une densité osseuse anormalement élevée.

Qu’est-ce que ça change à ma vie, à comparer au reste de la population?  Eh bien…

1- Je ne me suis jamais brisé un seul os de ma vie.
Et pourtant, comme tous les enfants, j’ai eu plus que ma part de chûtes : Accidents de vélos, chutes en bas d’arbres, plantage solide dans les terrains de jeux, et même renversé par une auto une fois.  J’ai subi des impacts qui m’ont disloqué un pied, déplacé une côté, brisé une dent.  Mais jamais ne me suis-je brisé ni fêlé le moindre nonosse.  Mon squelette est, pour ainsi dire, incassable.  Ou du moins, ça prendrait un impact considérable pour en rompre un os.

Mais cela est le seul et unique point positif que cette particularité a apportée dans ma vie.  Pour le reste…

2- Être l’équivalent de Wolverine,  Kick-Ass, Bruce Willis dans Unbreakable? Eh non, ça ne marche pas comme ça.
Avoir des os super solides, ça ne donne pas de super-force.  Ça ne rend pas plus insensible aux coups.  Ça ne diminue en rien la douleur.  Le seul point en commun que j’ai avec Wolverine, (Bon, le 3e, si on compte que je suis canadien et assez poilu), c’est que…

3- Mon poids est plus élevé que la moyenne. 
À l’école primaire, où on nous pesait à chaque début d’année scolaire, j’ai toujours pesé plus que 90% des autres élèves, malgré le fait que j’étais toujours l’un des trois plus petits de la classe. Depuis que je suis adulte, je pèse de 25 à 35 lbs de plus que quiconque ayant une grandeur et taille similaire à la mienne.  Par conséquent…

4- Ça cause certaines déformations physiques.
Enfant, mon physique était disproportionné.  Petits bras, corps maigre, grosses cuisses, gros mollets.  Normal, puisque mes jambes devaient supporter tout ce poids. Aussi…

5- Ça peut créer des malformations.
Les os des jambes ont beau être super-solides, lorsque l’on est enfant, ils grandissent.  C’est comme un arbre, quoi.  Or, même l’arbre au bois le plus dur va pousser de travers si un obstacle l’empêche de grandir tout droit.  C’est ainsi que mon poids anormalement élevé pour mon âge fit que j’ai maintenant les deux jambes et un pied croche, ce qui m’a causé quelques problèmes en 2011, me faisant développer une fasciite plantaire alors que je m’entraînais pour le marathon.

6- Ton poids devient un obstacle social.
Vous êtes-vous déjà inscrits sur un site de rencontres, dans lequel ils demandent des détails tels la taille et le poids?  Écris ton poids réel, et tu te feras accuser d’avoir mis une fausse photo dans ton profil, ou du moins une vieille photo.

7- Ton poids devient un obstacle dans tes loisirs.
Adolescent, j’ai essayé le breakdance. Alors que les autres tournaient comme des toupies sur le dos, je n’ai jamais réussi à faire un tour complet.  Dans les glissades d’eau, à moins que la pente soit particulièrement à pic, mon poids m’immobilise dans la glissade, et je risque de prendre le glisseur suivant en pleine tronche.  J’ai essayé une fois la chute libre intérieure, dans un tube de verre avec un ventilo géant au plancher.  Avec ma maigreur, je n’accrochais pas dans le vent.  Avec mon poids, je n’ai pas dépassé 10 centimètres d’altitude.  On m’a remboursé, c’est déjà ça.

8- Ton poids devient un obstacle sportif.
Lorsque tu as des os à densité supérieure, tu peux oublier la moindre carrière athlétique.  Par exemple :

  • Les arts martiaux : On pourrait s’attendre à ce que mon poids me rende plus difficile à projeter en l’air, donc soit un avantage pour moi.  Hélas, il n’y a que dans les films et la bande dessinés que l’on voit des gens faire ça.  Dans la réalité, dans les tournois d’arts martiaux, le vainqueur est celui qui arrive à plaquer son adversaire au sol.  Dans de telles conditions, mon poids, loin de m’avantager, avantage plutôt mon adversaire, en l’aidant à me descendre.
  • La course :  Un surplus de poids sabote tous les genres de courses qui existent.  En sprint, ça me ralentit, et en marathon, ça bousille les genoux et les pieds.
  • La natation : Je sais nager et je me maintiens à la surface de l’eau, mais croyez-moi qu’il faut que je me donne à fond non-stop pour ne pas couler.  Je suis incapable de faire la planche.  Alors pour ce qui est de faire compétition…
  • La boxe : Surtout pas!  Savez-vous que les boxeurs sont classés selon leurs poids, et n’affrontent que des adversaires de leur propre catégorie?  En décembre dernier, à 215 lbs, Malgré un physique de catégorie moyen, j’entrais dans la catégorie poids lourd.  Et aux olympiades?  Je suis un super-lourd.  Vous savez quel autre boxeur entre dans cette catégorie? Mike Tyson.  Alors moi, boxeur? Je me ferais massacrer dès le premier jab. 

9- Ton poids devient un obstacle au boulot.
Bon, ça dépend du boulot.  Par exemple, j’ai des amies qui gagnent de 2000$ à 4000$ par mois, juste à tester des médicaments dans des laboratoires pharmaceutiques.  Premier problème : Tu dois avoir un poids santé.  Il y en a qui vont me dire « Ben là, quand le docteur va te rencontrer, il va bien voir que tu as un physique moyen normal. »  En théorie, oui, en effet.  Mais dans la réalité, l’inscription se fait en ligne.  Dès que tu inscrits ton poids, tu es automatiquement éliminé, et ce sans jamais avoir eu le loisir d’expliquer à qui que ce soit pourquoi ton poids fait de toi une exception.

Et même si je mentais sur mon poids à l’inscription, le médecin qui me rencontrerait par le suite constaterait mon vrai poids, serait obligé de l’inscrire dans mon dossier, et serait obligé de m’éliminer. Parce que je doute qu’il soit autorisé à mentir sur le poids des candidats.

10- Ton poids devient un obstacle à… Ta perte de poids.
En 2010, je faisais des exercices sur Wii Fit.  Voici de quoi j’avais l’air, et voici comment le jeu me représentait, en se basant sur ma grandeur et mon poids. (5’7″, 195 lbs / 173 cm, 88.5 Kg)

C’était toujours un peu déprimant, lors de la pesée au début de chaque séance, de voir mon Mii (le personnage dans l’écran) gonfler plus que je ne l’étais, et d’entendre ensuite le jeu me dire « You’re obese! »

En 2011, à force d’exercice, de régime et de travail physique intense, j’ai réussi le tour de force de descendre mon poids à 179 lbs / 81 kg.  J’étais maigre comme je ne l’avais pas été depuis mon adolescence.  Et comme à cette époque, je rentrais de nouveau dans des pantalons de taille 32.  Or, selon l’indice corporel de masse, un homme de mon âge et de ma grandeur devait peser entre 145 et 160 lbs J’avais les joues creuses, un cou de poulet, presque plus de gras sur le corps… Et on me demandait de perdre encore 19 lbs pour avoir « un poids santé »?  euh… Non!

Mais bon, il y a des avantages à tout.  Si un jour je retourne aux États Unis, j’essaierai de trouver une de ces foires foraines, dans lequel il y a un kiosque où on essaie de deviner ton poids, avant de te peser pour vérifier.  Plus ils se trompent, plus grand est le prix que tu te mérites.  Par conséquent, je devrais revenir avec une Cadillac.

Le bon orgueil et le mauvais orgueil

Tout comme le cholestérol, l’orgueil (aussi appelé amour-propre) est quelque chose que la société a un jour étiqueté comme étant indésirable chez l’individu.  Pourtant, de nos jours, tout le monde sait qu’il y a une différence entre le bon et le mauvais cholestérol.  Il en va de même pour l’orgueil: il y a le bon orgueil, et le mauvais orgueil. Voici comment les différencier:

Le Mauvais Orgueil: On va commencer par celui-là puisqu’il est le plus répandu, le plus détesté, donc le plus remarqué.  Le mauvais orgueil, c’est celui qui va faire sans cesse obstacle, non seulement à celui qui le possède, mais également à son entourage.  Voici quelques traits de caractères que l’on retrouve chez les gens qui le possèdent:

  • Un sens de l’auto-importance démesuré.  Il prétend valoir bien plus qu’en réalité, aussi bien aux autres qu’à soi-même.
  • Un désir de toujours rabaisser les autres plus bas que soi.
  • Une tendance à toujours se sentir en compétition, à voir le succès des autres comme étant une atteinte contre nos propre capacités.
  • Ce qui les motivent à mettre de l’effort dans un projet: Dépasser les autres, leur prouver que l’on est meilleurs qu’eux.
  • Une intolérance à toute critique ou remarque négative dirigée contre soi.
  • Une envie constante de toujours remettre à sa place quiconque attirant l’attention.
  • Se sentir constamment insultés, rabaissés et attaqués, même sur des sujets qui ne les concernent pas.
  • Toujours sur la défensive, toujours sur la contre-attaque.
  • Refuser de reconnaître ses propres erreurs.
  • Refuser de s’améliorer sur nos faiblesses et nos torts, puisque ça équivaudrait à admettre nos faiblesses et nos torts.

Le Bon Orgueil, c’est celui qui va permettre d’abattre les obstacle qui se dressent non seulement devant celui qui le possède, mais également devant son entourage.  Voici quelques traits de caractères que l’on retrouve chez les gens qui le possèdent:

  • Un sens de l’auto-importance réaliste.  Il sait ce qu’il vaut, rien de plus, rien de moins, il connait son potentiel, et ne prétend pas autrement.
  • Un désir de toujours se monter plus haut.
  • Une tendance à voir le succès des autres comme étant un bon exemple, un modèle à suivre.
  • Ce qui les motive à mettre de l’effort dans un projet: Se dépasser soi-même, se prouver que l’on peut s’améliorer.
  • Une capacité d’écouter toute critique ou remarque négative dirigée contre soi.
  • Sait faire la différence entre les sujets qui les concernent ou non.
  • Explique ses erreurs, sans les défendre ni y trouver d’excuses.
  • Reconnaît volontiers ses propres erreurs, afin de pouvoir…
  • … s’améliorer sur ses faiblesses et ses torts.

La seule raison pourquoi l’orgueil, bon comme mauvais, est mal vu en société, c’est parce qu’il est étroitement lié à l’égocentrisme et au narcissisme.  Et en effet, dans les deux orgueils, ce qui prédomine, c’est non seulement le Moi, c’est également le désir de ne pas se satisfaire de ce que l’on est.  C’est un besoin de toujours vouloir être plus que notre valeur actuelle.  Or, alors que le bon orgueil pousse les gens à faire des efforts dans ce but, le mauvais orgueil, bien au contraire, prêche l’inaction.  Afin de mieux comprendre, voici une charte montrant comment réagit le bon orgueil et le mauvais orgueil face à la même situation:

Bref, Avoir du bon orgueil, C’est être capable de faire la différence entre une critique pertinente et une qui ne l’est pas, c’est reconnaître volontiers sa propre imperfection, et c’est la volonté de travailler sur soi-même.  Et cela ne peut qu’apporter du positif dans tous les aspects de sa vie, sociale, amoureuse, carrière, financière, santé, etc.

Bref, Avoir du mauvais orgueil, c’est juger impertinentes toutes critiques contre soi, c’est refuser de se croire autrement que parfait, et c’est le refus de travailler sur soi-même.  Et par conséquent, c’est s’assurer de foutre la merde de façon répétitive et perpétuelle dans tous les aspects de sa vie, sociale, amoureuse, carrière, financière, santé, etc.

Un autre aspect non-négligeable entre le bon orgueil et le mauvais, c’est que celui qui fait preuve de mauvais orgueil devient une cible facile pour les manipulateurs.  La raison est simple: Celui qui possède du bon orgueil ne ressent le besoin de se prouver des choses qu’à lui-même.  Par contre, celui qui possède le mauvais orgueil ressent toujours le besoin de se prouver aux autres.  Ainsi, si dans les autres il y a une personne manipulatrice, elle pourra aisément prévoir comment le mauvais orgueilleux va réagir face à certains gestes et à certaines paroles.  À partir de là, la personne qui possède le mauvais orgueil peut se faire manipuler, sans jamais s’en rendre compte, tout en ayant l’impression qu’elle agit de son propre gré.  Et ça, c’est quelque chose que savait parfaitement l’un des plus grand général de guerre de l’Histoire. 

Pour une existence saine dans tous les aspects de notre vie, il n’y a pas que la charité bien ordonnée qui commence par soi-même.  L’orgueil, lorsque bien ordonné, peut être le plus puissant de nos alliés.

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Le fils maltraité patient. (Une parabole)

Un homme vivait en retrait des autres avec son fils unique.

Le père était un homme qui ne pouvait supporter l’idée de ne pas avoir le contrôle sur tout. C’est la raison pourquoi il vivait à l’écart des autres en obligeant son fils à avoir le moins de contacts possibles avec le reste du monde. Il avait aussi un esprit soupçonneux. Ne pouvant être partout à la fois, donc ne pouvant pas surveiller tous les gestes de son fils, il se disait : « Qu’est-ce qui l’empêche de faire des choses incorrectes lorsque je ne le vois pas ? »  Aussi, il songea à un moyen de lui faire passer le goût de même songer à l’indiscipline. Dès que le fils atteint l’âge de cinq ans, tous les soirs, le père lui donna une fessée. « Pourquoi ? » Demanda le fils en larmes après le sévice. « Tu le sais, pourquoi ! », répondit le père.

Rendu à dix ans, le fils était déjà trop grand pour continuer à recevoir la fessée. Le père changea donc de tactique.

Désormais, il fit mettre le fils, torse nu, contre le mur de la maison et il lui administra dix coups de sa ceinture de cuir rigide sur le dos. « Pourquoi ? » Demanda le fils en larmes après le sévice. « Tu le sais, pourquoi ! », répondit le père.

Rendu à quinze ans, après sa correction quotidienne, le fils se dit : « À tous les jours depuis dix ans, mon père me bat. À tous les jours depuis dix ans, je lui demande pourquoi. À tous les jours depuis dix ans, il me répond que je sais pourquoi. Or, j’ai beau réfléchir, j’ai beau chercher, je ne vois rien dans mon comportement qui ait jamais mérité telle punition. Je suis poli. Je suis respectueux. Je suis obéissant et j’exécute mes tâches sans rechigner. De plus, il n’a jamais hésité à s’exprimer long et fort sur ce qui lui déplaît. Comment se fait-il alors qu’il soit incapable de me dire pourquoi il me bat?  Une seule réponse possible : Il n’a aucune raison de me punir, et il le sait. Pourquoi le fait-il quand même alors? Une seule réponse possible:  Mon père est une brute insensée. Je ne devrais pas accepter d’endurer ses sévices. Hélas, je suis encore trop petit, trop faible pour lui résister. Je pourrais m’enfuir, aller demander la protection des autres contre lui, et même le faire payer pour ses abus. Mais non, ce serait trop facile comme solution. Un jour, je serai assez fort pour être capable de le confronter. Un jour, je le ferai payer pour tout ce qu’il m’a fait.  Et j’aurai la fierté de pouvoir me dire que je l’aurai fait moi-même, sans avoir besoin de l’aide des autres. En attendant, je vais prendre mon mal en patience. En attendant, je vais, peu à peu bâtir mes forces, moralement, psychologiquement et physiquement. »

Rendu à vingt ans, le fils était maintenant un homme dans la force de l’âge. Il était grand. Il était fort. Il s’était conditionné à ne plus avoir peur de son père. Aussi, le premier soir de ses vingt ans, lorsque le père approcha avec sa ceinture et ordonna de se mettre face au mur, le fils fit quelque chose qu’il n’avait jamais osé faire avant. Il se tint debout, droit devant son père, bras croisé.  Il le regarda droit dans les yeux, et il lui répondit « Non! » 

Le père, sous le choc, s’arrêta net. Avec de grands yeux surpris, il demanda : « Qu’est-ce que tu as osé me répondre ? » le fils comprit alors que sa résistance avait porté fruit. Il lui répéta donc fièrement « Non ! » Le père prit cette double indiscipline comme une gifle au visage. Sa surprise fit place à une colère noire. Il se mit à ruer son fils de coups de ceinture.  Et il frappa, frappa, frappa, avec violence, colère, frustration, perdant totalement le contrôle de lui même.  Mais son fils, après quinze ans à supporter de tels sévices, était habitué et ne broncha pas. Plus le père frappait, moins ça avait d’effet. Le père avait beau frapper, ses coups se faisaient de moins en moins violents. C’est qu’il était maintenant un vieil homme, et l’effort requis était plus que ce que son corps usé ne pouvait fournir.  Bientôt, il dut s’arrêter, à bout de souffle, épuisé.

Le fils, malgré ses blessures, n’avait pas bronché.  Il était était toujours debout, les bras croisés, toujours à le fixer du regard. Pour la première fois, il vit son père tel qu’il était vraiment. Un minable! Un lâche! Un homme faible qui a tellement peur des autres qu’il cherche à s’imposer par la peur à plus faible que lui. Le fils compris à ce moment-là qu’il n’aurait plus jamais peur de son père. Calmement, le fils dit: « Pendant quinze ans, tu m’as battu. Pendant quinze ans, j’ai eu à endurer quotidiennement les coups de ta main ou de ta ceinture. Pendant ces quinze ans, tu m’as infligé en tout 5475 sévices, dont pas un seul n’était mérité. Non seulement ça prends fin aujourd’hui, c’est également aujourd’hui que tu va commencer à payer pour tes abus. Et nous allons le faire selon tes propres règles, celles que tu m’as si cruellement imposées durant le dernier trois quart de ma vie. Et moi, au moins, lorsque je te dirais « Tu le sais, pourquoi » , on saura tous les deux que ce sera vrai: Ce sera la juste punition pour tes abus. »

Le père dut se rendre à l’évidence : Il avait perdu le contrôle sur son fils. Il avait perdu le contrôle sur sa propre vie. Il allait devoir payer pour tous ses abus. Le père pris donc son fusil et tira son fils en plein cœur, le tuant net. Il enterra profondément son corps loin dans le bois, et vécut le reste de son existence paisiblement sans jamais avoir eu à payer pour ses crimes.

MORALE : Lorsque tu vis avec une personne qui t’isole et te soumet à une discipline non-méritée, c’est un abuseur. On ne peut pas raisonner avec un abuseur car un abuseur n’est pas un être raisonnable. On ne peut pas retourner les propres règles de l’abuseur contre lui car un abuseur ne respecte aucune règle, même pas les siennes. Face à un abuseur, fuir et demander de l’aide est la seule option. Toutes les autres options te feront perdre ton temps, et possiblement ta vie.

Et ça vaut aussi bien pour les relation de famille que de couple.