Les prophètes auto-réalisateurs et votre reputation (Le retour)

AVERTISSEMENT : Ce billet comporte des scènes sexuelles explicites enrichies de TMI.  Vous v’là prévenus.

Par le passé, je vous ai déjà parlé des prophètes auto-réalisateurs.  Il s’agit de gens qui vous accusent de quelque chose de faux, de manière à ce que la dite chose s’accomplisse. L’un des exemples les plus classique est la personne qui ne cesse de vous reprocher à tort d’être susceptible, jusqu’au moment où cette accusation non-fondée finisse par vous énerver, ce qui lui donne automatiquement raison de vous accuser d’être susceptible.  C’est ce qui en fait une prophétie auto-réalisatrice.

Du reste, les prophètes auto-réalisateurs sont assez facile à repérer :  Si le défaut qu’ils vous accusent d’avoir est quelque chose que vous avez déjà entendu à plusieurs reprises à votre sujet, alors c’est probablement vrai.  Par contre, si c’est un défaut qu’ils sont les seuls à  voir en vous, il y a de grandes chances que ce soit totalement injustifié, donc faux.  Une fois, passe encore, puisque tout le monde peut se tromper.  Mais si cette accusation fausse arrive à répétition, alors là, pas de doute, la personne qui vous la fait est une prophète auto-réalisatrice.  À ce moment-là, attendez-vous à ce qu’elle mette tout en oeuvre pour faire de cette accusation mensongère un fait réel, ne serait-ce que dans les apparences.

Il me revient en tête un exemple particulièrement frustrant que j’ai vécu personnellement, dans lequel une fille a réussi à me faire passer pour quelque chose que je ne suis pas.  Et elle a tellement bien réussi qu’il m’était impossible de m’en disculper.  Ça va comme suit :     

Il y a quelques années, je vous ai parlé d’une certaine Christine, avec qui je travaillais au Dunkin Donuts de Ville-Émard coin Monk et Jolicoeur en 1991.   En résumé : Je travaille avec cette jolie jeune femme d’allure semi-punk et de physique naturellement costaud.  Un jour, elle m’a proposé que nous devenions amants, ce que j’ai bien évidemment accepté.

Au bout de trois semaines, alors qu’il n’y a toujours rien eu entre nous, voilà qu’elle commence à me demander si je suis frustré, de ne pas avoir encore obtenu le sexe qu’elle me promet depuis 21 jours.  Voyant qu’au contraire je ne m’attendais à rien de sa part, elle m’invite au motel, allant jusqu’à payer la chambre elle-même.  Et là, non-stop, elle me met de la pression pour que je la baise, tout en multipliant les obstacles pour m’empêcher de le faire.  Et bien que je reste calme, compréhensif et patient, elle ne cesse de m’accuser d’être frustré.  À ce moment-là, avec calme et logique, j’ai réussi à la coincer dans une confrontation verbale dans laquelle elle n’a eu d’autre choix que de reconnaitre que de nous deux, c’était elle, depuis le début, qui avait le comportement de merde et la personnalité qui vient avec.

J’avais commencé à vous réciter notre histoire, pour finalement arrêter au bout de sept billets.  (Liens plus bas, à la fin de ce billet-ci.) J’avais conclus la série avant d’en arriver à l’époque où elle avait vraiment fini par devenir mon amante.  

Voilà un mois que j’habite seul dans un demi-sous-sol.  La place vient avec un petit comptoir-table fixe avec deux grands tabourets de bar.  Christine ayant payé une partie du premier mois de loyer, je lui ai laissé un double des clés, ce qui fait qu’elle vient souvent m’y tenir compagnie.  

Ce jour-là, chez moi, par ce bel après-midi de juin alors que nous avons congé, elle me parle du film qu’elle a vu la veille, Le Déclin de l’Empire Américain.  Elle me décrit une scène dans laquelle un homme d’âge mûr visite un salon de massage érotique.  Tandis que la jeune masseuse masturbe l’homme, elle lui raconte qu’elle fait ça pour payer l’université, et elle lui décrit de long en large le contenu de ses études de sociologie.  Bref, une atmosphère qui est tout sauf érotique.  Puis, timidement, l’homme l’interrompt en disant « Excusez-moi, mademoiselle.  Je vais jouir. »   Christine était particulièrement amusée par cette scène.  

« As-tu déjà vu ce film-là? »
« Non! »
« Ah, ok, fa que tu peux pas vraiment comprendre la scène. »
« Pas grave, tu en fais une bonne description. »

Elle jette un coup d’œil du côté du divan-lit et y voit mon oreiller.

« Je pourrais te la refaire.  Est-ce que ça te tenterait? »
« Euh…!?  Ok! »

Après l’humiliant séjour au motel qu’elle m’a fait subir il y a un mois et demi, le sujet du sexe n’est jamais revenu entre nous.  Aussi, si j’accepte, ce n’est pas par espoir sexuel, mais bien par curiosité.  Car, en sachant maintenant à quel point elle ressent du malaise face à l’intimité sexuelle, je me demande bien ce qu’elle va m’inventer pour me « montrer » une scène de branlette.  

Elle se lève, va au divan-lit, ramène mon oreiller et le pose sur le comptoir-table, au coin où celui-ci est fixé au mur.

« Couche-toi! »
« Euh… Là, sur la table? »
« Bah ouais! Si t’as envie que je te le fasse.  Est-ce que t’as de l’huile pour bébé dans la salle de bain? »
« Dans la pharmacie! »

Elle s’en va aussitôt dans la salle de bain, pour en ressortir avec la bouteille d’huile Baby’s Own de Johnson & Johnson.  Contre toute attente, sa proposition semble vraiment sérieuse.  Bien que j’en sois surpris, je ne me fais pas prier.  Je me couche.  Le comptoir-table est petit et mon fessier arrive tout juste sur le rebord de l’extrémité opposée.  Mais c’est exactement ce que Christine espérait.   En s’emparant d’un tabouret, elle me suggère d’enlever pantalon et caleçon.  Réalisant que ça va vraiment arriver, je m’exécute, l’engin déjà au garde-à-vous.  Elle s’installe entre mes jambes, sur le tabouret.  Elle se verse de l’huile dans la paume, se frotte les deux mains, puis, doucement, elle me l’empoigne et amorce un mouvement de haut en bas.  

J’ai, à ce moment-là, 22 ans.  Je suis au sommet de ma forme sexuelle.  Voilà deux mois qu’elle me promet du sexe, et voilà que ça arrive enfin.  Et c’est formidablement bon.  Comme je l’ai souvent écrit depuis que je tiens ce blog, 75% de mon excitation provient du fait de savoir que ma partenaire en a envie.  Et là, c’est elle qui a amorcé la chose.  Et c’est elle qui est active.  Et c’est elle qui veut me faire jouir.  Par conséquent, je suis super excité.

La poigne de sa main chaude qui glisse en montant et descendant me procure une sensation de plaisir extrême tel que je n’en avais jusque-là jamais connu.  Car bien que j’avais déjà eu quelques partenaires sexuelles avant elle, aucune ne m’avait jamais fait ça.  Avec les autres, je ne faisais que prendre mon plaisir moi-même, après m’être occupé d’elles.  Christine est la première à faire l’effort de s’occuper de moi en premier.  En fait, elle est la première à s’occuper de moi sexuellement tout court.   Voyant que je regarde avec fascination ce qu’elle est en train de faire, elle en rajoute.  Malgré l’huile, tout en me regardant droit dans les yeux, elle se penche, sort la langue et me la passe doucement sur le bout.  Je sens déjà les premiers signes de l’orgasme qui commen-

« Vous voulez un beigne fourré à la crème et un café?  Ok!  Un chausson avec ça? »

Euh…  Pourquoi est-ce qu’elle me parle comme si j’étais un client du Dunkin Donuts?

« Une douzaine de munchkins et un muffin aux bleuets? Bien sûr monsieur! »

Non seulement ses paroles déraillent l’atmosphère, elles me mettent dans un état de totale incompréhension.  Qu’est-ce qui lui prend, de dire ces conneries pareilles, alors qu’elle me masturbe?   Ça dépasse mon entendement.  Et bien que le mouvement de ses mains me garde raide, ses paroles sans rapport gâchent le moment, détruisant tout érotisme.  

Aujourd’hui, je réalise qu’elle essayait probablement d’adapter à son propre vécu le rôle de la masseuse du Déclin de l’Empire Américain.  Également, avec du recul, je peux comprendre que la situation pouvait la mettre un peu mal à l’aise, surtout si elle avait encore de la difficulté à concilier ses désirs sexuels avec son éducation religieuse stricte.  Normal que dans ce temps-là, on se réfugie dans l’humour et la dérision pour détendre l’atmosphère.  Mais à l’époque, je n’avais pas compris ça.  Tout ce que je voyais, c’était qu’encore une fois, tout comme elle l’avait fait au motel  six semaines plus tôt, elle m’entrainait dans une activité sexuelle pour ensuite y dresser des obstacles afin de m’empêcher d’en jouir.  J’ai donc vu sa proposition masturbatoire comme un piège élaboré qu’elle avait mis au point dans le but de me frustrer sexuellement.  

De voir qu’après tout ce temps elle cherchait encore à m’humilier en rapport à l’aspect sexuel de notre relation, ça m’a mis dans un état de rage.  Rage que j’ai néanmoins réussi à contrôler.  J’ai juste remis ma tête sur l’oreiller, j’ai fermé les yeux, je me suis concentré à imaginer des scènes full cochonnes, tout en ignorant du mieux que je pouvais la voix de Christine qui, maintenant, récitait a capella des chansons de pubs télé du Dunkin.

Tu parles d’un truc à chanter à un gars pendant que tu lui manipules le zgeg.

Après de longues minutes, elle me dit d’un ton de voix moqueur:

« Eh ben!? T’en mets, du temps pour venir! »

Si j’avais encore le moindre doute comme quoi elle ne cherchait qu’à se moquer de moi, ces paroles les dissipent automatiquement.  Exaspéré, je me redresse :

 » MAIS TA YEULE! »

Elle me regarde, bouche bée, sous le choc.  Elle ne devait pas s’attendre à ça.  Je poursuis, tout aussi enragé.

 » D’abord, tu fais exprès pour dire des niaiseries pour me distraire, pour que j’puisse pas venir.  Et après ça, tu me reproche de pas venir.  Non mais tu te vois-tu agir?  Tu vois pas que le problème que tu me reproches, c’en est un que tu causes toi-même?  ENCORE UNE FOIS! « 

Christine me regarde, toujours silencieuse, toujours désemparée.  Je me recouche.  Avec une voix un peu plus calme, je dis:

 » R’garde, si t’as pas envie de me branler, arrête!  Ok?  J’ai jamais forcé personne à faire quoi que ce soit.  Fa que, fais-le, fais-le pas, mais branche-toé, pis arrête de me faire niaiser. »

Elle recommence à me masturber.  Silencieusement cette fois,  J’avoue que je ne m’y attendais pas.  N’empêche que, encore une fois, à cause de ses conneries, la belle atmosphère intime, érotique, et surtout positive, qu’il y avait entre nous, est irrémédiablement gâchée.  Puisque la vue de sa moue de culpabilité et de tristesse n’a rien d’excitant, je ferme les yeux et me concentre sur autre chose.

Au bout de quelques minutes, je sens de nouveau les premiers signes d’un orgasme qui commencent à monter en moi.  Pendant un instant, je songe à y mettre du mien et remettre du positif entre nous en lui disant « Excusez-moi, mademoiselle.  Je vais jouir. »   Je suis sûr que ça l’amuserait et que ça désamorcerait la situation.  Mais au final, je décide que non.  Elle m’a tellement fait chier en gâchant ce qui est techniquement notre première fois, que je considère qu’elle ne mérite pas que je lui fasse cette faveur.   Et puis d’abord, pourquoi est-ce que ce serait à moi de régler un problème qu’elle a causé?  Ma dernière pensée avant d’atteindre la conclusion orgasmique tant attendue est:

 » Ces deux derniers mois, elle a travaillé très fort pour faire de moi un frustré sexuel.  Elle a bien mérité de récolter le fruit de ses efforts. »

Et c’est avec cette dynamique de merde que notre relation a commencé à être sexuelle.

Peu à peu, à chaque fois, nous nous voyions, nous allions de plus en plus loin.  Ça a pris du temps puisqu’à chaque fois je respectais ses limites sans discuter.  Mais éventuellement, nous avons fini par avoir des rapports complets.  

Mais voilà, ça ne rendait pas notre vie sexuelle plus normale pour autant, comme je l’ai amèrement constaté dans les jours qui ont suivis.  

Un soir, alors que je sens que je suis en train de l’amener à l’orgasme, elle me demande d’arrêter.  J’arrête!  Elle dit:

« Ouf!  T’as vraiment failli réussir cette fois. »
« Failli réussir quoi? »
« À me faire venir. »
« HEIN!? Mais pourquoi tu m’as fait arrêter? »
« Je ne veux rien te devoir. »

La première fois, j’ai trouvé la chose aberrante.  Je veux dire, au nombre de filles qui se plaignent que leurs chums sont égoistes au lit, moi je fais l’effort de me préoccuper de son plaisir, et elle refuse.  Je suppose qu’en quelque part, en m’empêchant de la faire jouir, elle égratignait mon orgueil de mâle qui aime se dire qu’il est un bon baiseur.  Mais là encore, j’ai décidé de prendre la chose avec cynisme.  Elle ne veut pas jouir?  Très bien!  Elle veut que je sois le seul qui en profite quand on baise?  D’accord!  C’est son choix.  Pour ma part, je ne vois pas pourquoi je m’empêcherais d’avoir du plaisir, alors je ne vais certainement pas m’en priver.

Une autre chose qu’elle me rappelait souvent, c’est qu’elle n’avait pas envie de pratiquer la sodomie.  C’est elle qui a amené le sujet.  De la manière dont je voyais ça, elle faisait juste me prévenir d’avance des pratiques qu’elle était à l’aise de faire ou non, voilà tout.  Cette interdiction ne me dérangeait pas le moins du monde.  Premièrement, jamais je ne le lui aurais suggéré.  Et ensuite, même si j’en avais eu envie, eh bien à partir du moment où elle m’avait dit non, jamais je n’en aurais reparlé.  Quand une fille me met ses limites, je me les tiens pour dit.

Malgré mon manque évident d’intérêt pour ses fesses, à chaque fois que l’on baisait, elle ne manquait jamais de me préciser que cet orifice m’était interdit.  À chaque fois, je répondais d’une voix calme et rassurante des trucs du style de « Bah non! », « Rien à craindre! », « Je sais! », « Pas de problème! », « Oui, je l’ai bien compris les vingt-sept dernières fois où tu me l’as dit! » …  Je trouvais ça un peu ennuyant et répétitif.  Mais bon, si ça l’amuse de se répéter pour rien, c’est son choix.

Un soir, alors que nous travaillions ensemble au Dunkin, je viens pour lui demander un truc en rapport à notre travail.

« Christine!  Est-ce que tu… »
« Non, Steve!  J’te l’ai déjà dit, que j’ai pas envie que tu m’encules. »

Insister pour me refuser non-stop une sodomie que je ne lui ai jamais demandé, passe encore si nous sommes dans un contexte sexuel.  À ce moment-là, je peux comprendre qu’elle puisse craindre que je m’essaye.  Mais LÀ?  Au boulot?  Sur notre quart de travail?  En m’accusant mensongèrement de le lui avoir demandé?  C’est pire que de la provocation.  C’est pire que du trollisme.  C’est une tentative gratuite d’essayer de me faire passer pour quelque chose que je ne suis pas, que je n’ai jamais été et que je ne serai jamais.  Autrement dit, c’est une insistante tentative de salir ma réputation.  Et ça a beau n’être qu’entre nous deux, je ne l’accepte tabarnaquement pas.

« HEY! ÇA SUFFIT! »  

Comme d’habitude, elle sursaute devant mon ton de voix enragé.  Je poursuis.

« Est-ce que j’ai déjà essayé de t’enculer?  Hein?  Ben envoye, répond!  Est-ce que j’ai déjà envoyé ma queue se promener du côté de ton cul? »
« N-non! »
« Est-ce que je te l’ai déjà demandé? »
« Non! »
« Est-ce que je te l’ai déjà suggéré? »
« Non! »
« Est-ce que j’ai déjà amené le sujet de quelque façon que ce soit? »
« Non! »
« BON BEN FARME DONC TA CRISSE DE YEULE, TABARNAK! »

Eh ouais, lorsque je suis vraiment exaspéré, je reprends l’accent québécois que mon éducation arrive d’habitude à masquer.  Je suppose que cette fois, j’y suis allé un peu fort, autant dans le propos que dans le volume, car les deux caissières viennent nous rejoindre dans la cuisine.

« Ben voyons?  C’est quoi qu’y s’passe? »

Christine se tourne vers elles et, tout en pointant vers moi, leur dit d’une voix nerveuse:

« Steve est frustré après moi parce que je viens de lui dire j’ai pas envie qu’il m’encule. »

Les caissières me regardent avec un air d’aberration au visage.  Sentiment que je partage, en constatant le piège dans lequel Christine vient de me faire tomber.  Elle rajoute:

« Pis c’est pas la première fois que je le lui dit, en plus. »

Le visage des caissières passe de choqué à dégoûté à méprisant.  Je reste silencieux.  Paralysé par le choc de ce qui vient de se passer.  Totalement bouché.  Qu’est-ce que je suis supposé faire, maintenant?  Peu importe ce que je pourrais dire pour essayer de me disculper, je n’aurais aucune crédibilité.  

C’est que techniquement, elle ne ment pas.  Oui, je viens de l’engueuler.  Oui, c’est parce qu’elle vient de me dire qu’elle ne voulait pas être sodomisée.  Et oui, c’est quelque chose qu’elle m’a dit à répétition.  Si j’essaye d’expliquer que ça fait un mois qu’elle me répète ça sans raisons puisque je ne le lui ai jamais demandé, personne ne va me croire.

En moins de 24 heures, ma réputation était totalement salie dans cette succursale de Dunkin Donuts, autant parmi les employés que chez certains clients réguliers, à qui les caissières n’ont pas manqué de répéter ça.  Ça m’a valu du mépris, des remarques rabaissantes, des insultes.  Il a fallu que je démissionne quelques jours plus tard tellement l’atmosphère était devenu invivable à force de subir ce harcèlement non-mérité.  Un départ qui, à l’avis de quelques cyniques, constituait, de ma part, un aveu de culpabilité.

Consciemment ou non, Christine avait bien planifié son coup.  Depuis le début de notre relation en tant qu’amants, elle ressentait le besoin implacable de me faire passer pour un frustré sexuel.  Et lorsqu’elle me refaisait à sa manière la scène de branlette du Déclin de l’Empire Américain, elle a pu voir que la meilleure façon de me faire enrager, c’était de me faire subir une accusation mensongère.  À partir de là, elle n’avait qu’à agir de manière à m’accuser, en sous-entendus, d’être quelque chose que je ne suis pas, dans ce cas-ci, un harcelant sodomite, et le refaire non-stop pour me faire monter la pression.  Et en voyant que, malgré mon exaspération, je restais compréhensif puisque c’était dans un contexte sexuel, elle a trouvé comment me faire péter les plombs:  Me faire ce reproche mensonger dans un contexte non-sexuel, donc de manière totalement injustifiée.  Et quel meilleur endroit pour ça que sur notre lieu de travail, en présence de témoins.  Il ne lui resterait plus qu’à interpréter les faits à sa manière devant eux pour atteindre enfin ce but qu’elle s’était donné trois mois plus tôt.

Et elle a réussi.  Aux yeux de tous, j’étais un frustré sexuel.

Pourquoi agissait-elle ainsi?  Je ne l’ai jamais su, et je ne le saurai jamais.  Si ça se trouve, Christine elle-même ne le savait probablement même pas non plus.  Mais bon, peu importe la raison pourquoi elle ressentait le besoin de me coller l’étiquette de frustré sexuel –en fait, peu importe si elle avait une raison pour commencer—  ça ne change rien au fait qu’elle en ressentait le besoin.   Et que ce besoin était plus fort qu’elle.  Plus fort que toute logique.  Plus fort que tout ce que je pouvais dire ou non, ou faire ou non, pour lui montrer qu’elle se trompait à mon sujet.  La seule vérité qui intéresse les gens, c’est celle qui va dans le sens de leurs intérêts.  Dans cette optique, ce que j’étais vraiment, elle n’en avait rien à chier.  Pour elle, seule comptait l’image qu’elle avait choisi d’avoir de moi, et de (se) le prouver.  

Lorsque vous voyez qu’une personne de votre entourage essaye de vous faire passer pour quelque chose que vous n’êtes pas, éloignez-vous-en.   Limitez les contacts, et coupez les ponts si c’est possible.  Parce qu’une personne qui est vraiment déterminée à vous donner mauvaise réputation va toujours réussir à le faire.
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QUELQUES LIENS:

Christine, la première partie, si vous voulez l’histoire au complet, ça débute ici.
Christine; Motel California, si vous voulez juste l’anecdote du motel.
Les prophètes auto-réalisateurs et votre reputation 1.  Le premier billet de cette série.
Les prophètes auto-réalisateurs et votre reputation 2.  Et sa suite.

Quand une bonne affaire n’est bonne que pour l’autre partie.

Avec Flavie qui repart en Europe en août pour deux ans, je songe parfois à la possibilité de déménager dans un appartement plus petit. Sûr, mon budget me permet de vivre dans ce 4½ à 635$. En fait, à notre époque où le prix moyen des appartement tourne autour du 200$ la pièce à Montréal, je dois me considérer chanceux d’en avoir un si grand pour si peu, surtout que c’est loin d’être un taudis. N’empêche que je reste à l’affût des bonnes affaires, sait-on jamais.

Ce matin, on me signale une superbe aubaine: Un 3½ à Verdun, 435$.

Sans Flavie, un 3½ me conviendrait parfaitement.  Et puis, ça me permettrait de retourner à Verdun, cet arrondissement que j’aimais tant, et où j’ai habité de 2004 à 2012.  Tout ça pour 200$ de moins par mois qu’ici.  Je communique avec le proprio.

En fait de proprio, il s’agit d’une coopérative d’habitation, dans laquelle les locataires participent aux travaux contre réduction de loyer. Car en réalité, le loyer est de 698$.

Et qu’est-ce que devenir membre implique? Oh, juste participer à quelques petits travaux communautaires. Vous savez, comme balayer et laver l’escalier intérieur une fois par semaine. Tondre la pelouse au besoin. Pelleter la neige au besoin. Ce genre de truc.

Ok, pas de problème, ce sont déjà des trucs que je faisais de mon propre chef dans mon loyer précédent puisque personne ne foutais rien.

Ah, mais voilà, ils ont déjà les autres locataires pour faire ça. Alors si je veux le privilège d’avoir ce dernier logement vide, je dois avoir de plus grandes habiletés. Telles plomberie, électricité, menuiserie. Vous savez, pour des petits travaux de réparations ici et là.

Pas de problème, il se trouve qu’en tant que concierge de profession, je sais faire tout ça.

On me dit alors que mes habiletés me mettent dès le départ en position au-dessus des autres locataires.  Par conséquent, je deviendrai automatiquement membre du comité qui gère ces habitations.  Il faut juste que je m’associe à eux. Pour ça, je dois acheter des parts sociales dans l’entreprise. Elles sont 10$.

Bon, un genre de frais d’adhésion, je suppose. 10$, y’a rien là!

Évidemment, en tant que membre du comité de la coopérative, je devrai obligatoirement être présent aux réunions hebdomadaires en soirée, en semaine.

Ceci dit, on me parle déjà d’avancement: D’ici un an, on va me mettre à la tête du comité des locataires du bloc appartement. En fait, ce que ça signifie, c’est qu’en plus d’aller aux réunions hebdomadaires avec le comité, je devrai également présider des réunions de locataires, elles-aussi sur une base hebdomadaire.  Mais pas en même temps.  Non, ce serait une seconde réunion par semaine.

Ah, et tant qu’à voir les locataires à chaque semaine, aussi bien m’assigner la tâche de  récolter les loyers.

Bon! C’est un peu plus prenant que je l’imaginais. Mais hey, si ça me permet de sauver 200$ sur le loyer.

À première vue, il leur semble que je ferais un bon candidat. Ils m’envoient donc le questionnaire de pré-sélection par courriel.  Je l’ouvre. ça commence par une liste des obligations. Et certaines de celles-ci me font quelque peu tiquer.

Votre participation est obligatoire. Vous devrez assister aux assemblées générales et aux réunions de votre comité et occuper une fonction au sein de la coopérative et/ou accomplir toutes les tâches qui vous seront assignées.

J’ai déjà fait ça, signer un contrat de concierge résident dans lequel, en bas d’une liste de tâche banales, ça se terminait par « ainsi que toutes autres tâches qui vous seront assignées. » Et ça a signifiées que les demandes des locataires n’avaient aucune limite, ni de temps ni d’envergure, et que je devais répondre à toutes, 24/7.

À titre de membre, vous devrez acquérir vingt-cinq (25) parts sociales de dix dollars (10$). Les parts sociales sont payables qu’une seule fois et doivent être acquittées au cours de la première année d’adhésion du membre.

Ah bon?  Ce n’est plus 10$ que je dois payer, finalement, mais bien 250$?  Bon, d’accord, je suppose que mon loyer à rabais ne sera rentable qu’à partir du 3e mois.

N’empêche, un boulot dans lequel tu dois payer pour travailler au lieu d’être payé, je n’avais encore jamais vu ça.

Vous devrez souscrire à une assurance habitation.

Euh… c’est pas quelque chose comme de 500$ à 750$ par année, ça?

En plus de votre contrat de membre, vous devrez absolument respecter votre bail.

Parlant de bail, le contrat ne fait nulle mention du moindre coût.  Par contre, dans l’annonce sur Kijiji, ça dit: le loyer au bail est de 698$ par mois mais le rabais de membre permet un coût d’à peine 435$ par mois!

Hum… Donc, en parole, (et sur cette annonce qui va bientôt disparaître) ce sera 435$. Mais sur papier, sur le bail à signer, dans la paperasse légale, dans les preuves, ce sera 698?  Et c’est ce bail-là que je devrai absolument respecter?  Voilà qui n’est pas rassurant du tout.  

Et maintenant que j’y pense, habiter si loin de mon travail, je devrai me procurer une passe mensuelle bus-métro. C’est maintenant 83$.

Et qu’en sera-t-il de mon temps libre? Entre le transport en commun pour l’aller-retour au boulot qui va me prendre trois heures en tout par jour, + les deux réunions hebdomadaire de comité, + les travaux qui me seront demandés, est-ce qu’il va me rester du temps pour vivre?  Vous savez, des trucs comme faire mes emplettes, voir ma famille, avoir une vie amoureuse?  

Et maintenant, le coup de grâce:

Le non-respect des obligations peut entraîner la suspension ou l’exclusion d’un membre.

La suspension est une mesure envisageable pour remédier au défaut d’un membre. Cette mesure est assortie de modalités telles que la durée de la suspension et la perte de ses privilèges de membre. Ces modalités sont déterminées par le conseil d’administration (C.A.) et approuvées lors d’une assemblée générale.

L’exclusion entraîne la perte du statut de membre à compter de la date d’exclusion décidée par le C.A. ce qui signifie que le membre demeure locataire de son logement, qu’il paye le loyer au bail et qu’il perd ses privilèges de membre. L’exclusion d’un membre n’affecte pas son bail en cours.

Autrement dit, s’il neige tandis que je suis au boulot, donc que je n’ai pas pu pelleter de la journée au logement avant mon retour en soirée, le comité peut décider que je ne respecte pas mes obligations. Il pourra alors me suspendre ou m’exclure. Et je serai obligé alors de respecter mon bail. Autrement dit, payer le plein loyer de 698$.  Soit 43$ de plus que mon appartement actuel, pour une pièce de moins.

Faisons un petit calcul pour estimer:
435$ de loyer par mois, dans le meilleur des cas.
83$ de passe bus-métro par mois.
600$ en moyenne pour l’assurance habitation = 50$ par mois.
250$ d’achat des part = 20.83$ par mois.

Total: 588$ par mois.  Donc, ce n’est plus 200$ mais bien 47$ de rabais sur mon loyer actuel.  Dans le meilleur des cas.

Les réunions du comités, je dois compter quoi, deux heures?  Fois deux réunions, quatre heures par semaine, seize par mois.  L’équivalent de deux jours de travail par mois, sans être payé.

Le transport en commun…  Trois heures par jour, quinze par semaine, soixante par mois.  L’équivalent de sept jours et demi par mois, sans être payé.

9,5 jours au salaire minimum actuel 12$ = 114$ par mois.  Fini le rabais, c’est comme payer 67$ de plus qu’ici pour vivre.  Et encore, je suis généreux, car à mon boulot actuel je gagne plus que le salaire minimum.

Et la-dessus, je n’ai même pas encore compté le temps que me prendront tous les travaux qu’ils me demanderont de faire: Plomberie, électricité, menuiserie, ménage intérieur et extérieur, tondre, pelleter, etc.  Et tout ça pour pas un sou.  Bref, mes conditions de vie seront:

  • Aucun temps libre.
  • Plus petit que mon appartement actuel.
  • Plus cher que mon loyer actuel.
  • ET SURTOUT: Tandis que les autres paient le même loyer que moi tout en n’ayant qu’à se relayer pour balayer les escaliers intérieurs une fois par deux mois par logement, je serai le seul de tout l’édifice qui sera obligé de faire tout ça, quotidiennement, pour avoir le droit d’y habiter.  Bref, tandis que les autres se la coulent douce, je serais leur larbin-esclave 24/7 à bon marché.

Dire qu’au départ, c’est un 3½ pour 698$, soit 233$ la pièce, alors que la moyenne est autour de 200$. Pendant ce temps-là, à quelques rues de là, sur la 1ère Avenue à Verdun, ma BFF Stéphanie loge un grand 4½ au rez-de-chaussée, petite cour avant, grand balcon arrière, petite remise, cour privée clôturée, pour 700$.    Et ce, sans avoir à travailler pour le proprio et ses locataires.

Et ça se dit « coopérative d’habitations à prix modique. »

Oh, et en passant, si vous avez un bail, regardez les règlements imprimés au verso.  Ça dit clairement que, lorsqu’il s’agit d’un HLM ou d’une coopérative d’habitation, le locataire ne peut contester une hausse de loyer, contrairement aux logements normaux.  Autrement dit, s’ils décident de m’augmenter à 1000$ par mois — Hey, s’ils décident juste de ne pas tenir parole au sujet de leur réduction de 698$ à 435$ —  je n’aurai aucun recours légal.  Je devrai déménager.

… Mais PAS avant la fin de mon bail.  Car je dois respecter mon bail. 

Bref, quand on vous propose une bonne affaire, il ne faut jamais oublier qu’en général, l’affaire sera surtout bonne pour la partie qui la propose.

40 gars typiques de sites de rencontres.

Ce billet est le dixième de la série (Més)aventures sur sites de rencontres.  En fait, c’est un vieux billet que j’ai retravaillé en rajoutant plein de nouveaux exemples.

La plupart de mes lecteurs étant des lectrices, je me suis souvent fait demander par celles-ci de répertorier le genre de gars que l’on retrouve sur les sites de rencontres. En particulier ceux qui ont un comportement peu appréciable. Voici donc, à la demande générale, 40 gars typiques de ce genre de sites:

1- L’Homme de peu de mots.
Une coupl’ de pics, aucun texte.  Et voilà, mesdemoiselles, qui sera l’heureuse élue?

2- L’Emojiste
Au lieu de trouver les mots justes, l’émojiste se décrira ainsi:
 » 6’2 fr/an 🐶🍦🍹🚤 »
Traduction : Je fais 6’2 je suis bilingue, j’ai/j’aime les chiens la bonne bouffe les plaisirs l’alcool voyager et la plage pis je fais du snow, cherche fille tellement simple qu’elle ne lit que les emojis.

3- Le Dixhuitophile de longue durée.
Ça, c’est le gars entre 26 et 38 ans qui n’écrit qu’à des filles qui en ont 18.  En général, il finit par se calmer lorsqu’il arrive à la veille de la quarantaine.  Il commence alors à  s’intéresser à des filles plus vieilles. Genre, celles qui en ont 20.  Voire même 21. 

4- Le Recherchiste Facebookien.
Sur le site de rencontres, il voit ta photo, ton prénom, ta ville et ta profession.  Afin de se démarquer de la compétition du site, il va sur Facebook, entre ton prénom et ta profession dans l’engin de recherche, reconnait ta photo, et te contacte là.   

5- Le Copieur-Colleur
Il t’a envoyé un mot gentil et tout plein de compliments? Bien! Est-ce qu’il y a au moins une chose dans son message qui te décrit personnellement? Ne serait-ce que ton nom? Non? Dans ce cas, les chances sont grandes qu’il t’a juste copié-collé le même message qu’il a envoyé à un grand nombre de filles. Tu peux t’en rendre compte assez vite quand tu en parles à tes amies du site, et qu’elles te disent qu’elles ont reçu exactement le même message du même gars.

6- Le CONtre-Argumenteur
Pas besoin d’avoir mis des photos sexy sur ton profil.  Le simple fait d’être de sexe féminin suffit pour attirer cet excité du gland qui va vite te suggérer d’allumer ta cam pour lui montrer tes seins ou ton entrecuisse. Tu déclines?  Il insiste, d’abord gentiment. Puis il va te demander pourquoi tu refuses. À chaque argument que tu sors, il aura un contre-argument car à ses yeux aucune de tes raisons de lui refuser n’est bonne. Et il va insister. Et insister. Et insister. Et insister. Et insister. Et insister. Et insister. Et insister. Et il va se montrer très déçu que ton non ne se transforme pas en oui et il va conclure en tentant de discréditer publiquement sur ce qui, pour lui, est un manque de cohérence de ta part, avec des phrases du genre de « Mais kess’tu fous sur un site de cul si tu veux pas le montrer?  »

7- Le Jeckyl et Hyde
Il est vrai que l’amour et la haine sont des sentiments très près l’un de l’autre. La preuve: Ce gars-là va t’approcher en parfait gentleman respectueux et irréprochable. Puis, il va te faire tout plein de compliments: Tu es gentille jolie, intéressante, intelligente, etc. Et si tu as un surplus de poids, aucun problème. Bien au contraire, il sait apprécier la beauté des femmes bien en chair et ne se gène pas pour te le dire. Voici le moment où il te sens mure pour recevoir ses propositions sexuelles. Mais voilà, le gars ne te plaît pas, alors tu déclines.  Peu importe la raison que tu lui donnes pour refuser ses avances, le fait est que tu refuses ses avances. Et ça, il ne le prend pas. Il change alors complètement son opinion sur toi, te disant que tu n’es qu’une  grosse vache laide à en vomir qui devrait le remercier à genoux d’avoir daigné s’abaisser à t’accorder son attention. Le bout un peu étrange, c’est qu’il va te traiter de salope parce que tu refuses d’avoir du sexe. Mais bon, quand on est frustré, on ne regarde pas à la logique de nos insultes.

 

8- Le ContraDictateur
Sa fiche dit qu’il s’agit d’un couple bi de 60 ans qui habite Québec et qui recherche une femme bi de 30-60 ans, de leur région, pour trips de sexe. Ta fiche dit que tu es une femme hétéro de 25 ans de Montréal, qui recherche une relation sérieuse avec un homme de Montréal dans la vingtaine. Il te contacte pour une soirée de sexe. Tu déclines en lui expliquant qu’ils ne sont pas ce que tu cherches. Il insiste. Tu lui dit que, selon leur fiche, toi non plus tu n’es pas ce qu’ils cherchent. Il te répond que seuls les fous ne changent pas d’idée, et continue d’insister. Donc, non seulement il insiste malgré le manque total de compatibilité entre vous, ils se permet de te traiter de folle.

9- Le cunnilinguiste

La toute première chose qu’il te dit sur le site (ou la deuxième, s’il a la patience de te saluer avant), c’est « J’aimerais te manger la chatte!  »  Il ne faut pas s’en étonner. C’est que nous autres, les gars, avons maintes fois entendu des filles se plaindre que leurs partenaires passés et/ou présents n’aiment pas leur faire plaisir oralement. On en vient donc à la conclusion logique qu’offrir la chose, c’est la baise assurée.  Et lorsqu’il essuie un refus, il est totalement confus.  C’est qu’il n’arrive pas à comprendre que même quand une fille a une folle envie de se faire servir oralement, ça ne signifie pas pour autant qu’elle est prête à laisser n’importe quel inconnu le lui faire.  Ceci dit, lorsqu’un gars utilise cette suggestion comme première approche, c’est surtout parce qu’il se doute bien qu’il n’a pas grand chose d’autre pour réussir à plaire. 

10- Le Drogué Raide

Ça, c’est le gars qui t’approche en te disant « Hé, ça te dit de baiser toute la nuit? J’ai pris du Viagra et/ou de l’XTC et j’en ai pour une semaine à avoir la pine d’acier!  » Comment voulez-vous que la fille se sente excitante et désirée si la première chose que lui dit le gars est qu’il a besoin de se doper pour se la garder raide avec elle? 

11- L’Analpha-Bête
Dragueur que l’on nomme ainsi ou bien parce qu’il ne sait pas lire, ou bien il est trop bête pour comprendre quand tu dis sur ton profil ne pas chercher quelqu’un comme lui.

12- Le Membre Fantôme
Un jour, un membre dont  tu n’as jamais entendu parler avant t’écrit en privé qu’il te trouve intéressante et aimerait bien te connaître plus. Tu visites son profil, histoire d’en savoir plus. Il n’a pas de photo, son nombre de messages dans la place est de zéro, et il y est membre depuis trois ans et demi. WTF?

13- L’Amoureux Instantané
Il commence par t’envoyer un mot gentil et amical, et il va rester gentil et amical jusqu’au moment où vous aller passer aux conversations privées.  Il passe alors d’amical, à dragueur en blagues, à dragueur de moins en moins en blagues, à totalement amoureux full-accro qui te supplie de le rencontrer, et ce moins de 48 heures après votre premier contact.

14- L’Ortho-Grave
lui sé selui ki écrit telman mal que si il baize comm e qui écri sa esplique pkoi yé sélibaterre lollllllllllll

15- Le Grosse-o-phobe
Toute femme avec le moindre surplus de poids a un jour eu à faire avec ce triste individu qui a utilisé son poids pour l’insulter.  Et ce, peu importe l’argument.  Par exemple:

  • Tu t’apprêtes à aller dîner: « C’est ça, va donc te remplir la face de McDo, crisse de grosse conne! »
  • Tu déclines ses avances: « Penses-tu qu’une grosse laide comme toi peut se permettre d’être sélective? »
  • Tu es bonne en maths: « Tu peux ben avoir le temps d’étudier. Grosse comme que t’es, c’est pas comme si tu pouvais avoir une vie sociale et sexuelle. » 

16- Le Tape-d’une-main
Vous échangez de façon courtoise pour une période pouvant aller de quelques minutes à quelques heures.  Puis, il te révèle qu’il n’a pas cessé de se branler tout le long de votre conversation, malgré le fait que tu n’as rien fait d’autre que de lui parler de ta journée au boulot et de ce que tu prépares pour souper.

17- Le Respectueux Extrémiste

Ça, c’est le gars qui s’est rendu compte que beaucoup de femmes se plaignent que les gars ne respectent pas leurs limites. Par conséquent, il croit avoir trouvé la formule pour être un gars parfait: Le Respect! Il n’arrête jamais d’attirer l’attention sur le fait qu’il va toujours rester à sa place et que jamais il ne forcera une femme à faire quoi que ce soit car il est respectueux, lui. Le problème, c’est que puisque son respect est juste une façade qu’il se donne pour séduire, il ne sait pas où s’arrêter. Alors si une femme lui fait des proposition, il va les décliner, en rajoutant fièrement qu’il refuse par respect pour elle. Il aura bien du mal à comprendre pourquoi, suite à cette douche froide, elle s’éloigne de lui, puisqu’il l’a pourtant toujours traitée avec respect.

18- Le Malléable
Celui-là est prêt à prendre n’importe qui, de n’importe quel site, habitant n’importe où, voulant n’importe quoi, n’importe quand. Au lieu de se décrire tel qu’il est, il te dira plutôt ce qu’il n’est pas: Il n’est pas jaloux, il n’est pas drogué, il n’est pas infidèle, bref, tous les défauts que les femmes détestent chez les hommes, il ne l’est pas. Il va te poser tout plein de questions sur tes goûts et activités, de façon à pouvoir s’y conformer en répondant « Je suis pareil!  », chose qu’il n’aurait pas pu prétendre s’il s’était décrit en premier. Ça ne l’empêchera pas d’affirmer que tu es spéciale pour lui car il n’est pas désespéré.

19- L’ÉnerVantard
Tout ce dont il parle, c’est he, himself and him. Il a tout vu, il a tout fait, et beaucoup mieux que les autres. Il ne dialogue pas avec toi, il monologue!  Il est tellement pris dans sa mission de t’éblouir qu’il se fout complètement de ce que toi tu as à dire.

20- Le ProfessioNul
Les femmes et le sexe, il connait ça! Il a tout lu, tout étudié, et tout appris pour devenir l’amant parfait, et a utilisé ses vastes connaissances afin de développer sa propre formula gagnante sexuelle : D’abord, préliminaires d’embrassades et de caresses pendant 10 minutes. Ensuite, cunnilingus pendant 10 minutes. Ensuite, pénétration, stimulation du point G et changement de position aux 10 minutes. Répéter tant qu’il ne t’aura pas procuré au moins 3 orgasmes. C’est bien!  Mais il faut avouer que parfois, ce n’est pas la peine qu’il se donne autant de mal, puisque tu es tellement allumée que tu n’as pas besoin de préliminaires.  Dans ces moments-là, tu as juste envie de te déculotter et te faire enfiler immédiatement sans ménagement. Et ça…

  • A) il ne le comprends pas, parce qu’il n’a appris à baiser que de sa façon technique.
  • B) il est pris au dépourvu parce que tu lui empêches de montrer à quel point c’est un bon baiseur expérimenté et adroit.
  • C) il se demande si tu te fous de sa gueule, parce qu’il est convaincu qu’aucune fille n’aime se faire baiser avec force et passion.
  • D) il frustre, prétend qu’il sait mieux que toi ce que tu aimes vraiment, et insiste pour te baiser à SA façon.

Autrement dit, même s’il prétend être attentif aux besoins sexuels des femmes, en réalité la seule chose qui l’intéresse c’est son image d’amant parfait. Sauf que s’il était vraiment l’amant parfait, il t’écouterait au lieu d’en faire à sa tête.

21- Le SexTremiste
Il se vante que la nature a été généreuse avec lui, ce qui lui permet de pouvoir garder une femme éveillée toute la nuit car qu’il est aussi insatiable que résistant. Lorsque tu lui laisses la chance de le prouver, tu constates qu’il se limite à la pénétration et que tu n’as pas senti grand chose de sa bite de schtroumpf durant les huit minutes qu’ont duré la baise.

22- Mister Dick Pics
Parce que les gars s’excitent à voir une photo d’entre-jambe de fille, il pense que c’est pareil en inversant les sexes.  Alors il t’envoie une photo sur laquelle il a le zgeg qui fait Heil Hitler, en croyant que ça va te rendre automatiquement glissante jusqu’aux chevilles.

23- L’AlphaBite
Il a une grosse bite, il est convaincu que ça fait de lui un mâle alpha, alors tout tourne autour de ça: Sa photo de profil est sa bite. Ses galeries sont des photos de sa bite. Sa cam est braquée sur sa bite. Et il ne parle que de sa bite.

24- Le Vif du Sujet
Avec lui, pas de temps à perdre! Son premier message est court et droit au but: Quand ce n’est pas « On baise quand?  », c’est quelque chose d’aussi rapide disant sensiblement la même chose . Et si tu ne lui réponds pas, il est fort possible qu’il ne s’en rendra jamais compte, puisqu’il a envoyé le même message à 8624 autres filles.

25- Le ConPétiteur
Dès qu’il voit un autre gars attirer l’attention d’une (ou plusieurs) des filles du site, il ne le digère pas. Il part alors en croisade contre celui qu’il voit maintenant comme un adversaire, dans le but de le rabaisser dans l’estime des filles. Pour ce faire, il prendra la moindre parcelle d’information à son sujet et la déformera de façon négative afin d’étaler au grand jour, dira t-il, la vraie nature de l’autre gars. En fait, en agissant ainsi, c’est plutôt sa propre nature qu’il étale: Insécure, jaloux, mesquin, envieux, menteur, manipulateur, etc.

26- Le Moqueur-Agressif
Lui, il ne perd pas de temps à jouer au bon gars.  Sur le forum ou le t’chat, il fait tout plein de blagues sexistes.  Ces remarques vont faire que…

  • 50% des filles vont l’ignorer.
  • 35% vont le trouver cave, et le dire publiquement.
  • 10% vont le trouver drôle, et même que…
  • 5% vont le défendre contre celles le trouvant cave.

On pourrait penser que cette attitude est stupide comme technique d’approche. Pourtant, ça marche. La preuve: Quel membre gentil et respectueux peut se vanter d’avoir réussi à  attirer l’attention et mettre de son bord 15% des membres féminines du site, comme lui vient de le faire?

27- L’impaChiant
N’arrête pas de se plaindre que ça fait 36 heures qu’il est membre ici, il a envoyé 97 demandes de contacts, et il n’a toujours pas une seule fille intéressée par lui… CE SITE EST UNE MERDE!

28- Le Cliché Cliché.
Sa photo de profil entre dans l’une de ces très typiques catégories:

  • Le mec et sa bagnole.
  • La bagnole SANS le mec.
  • Le mec et sa moto.
  • Le mec et son chien.
  • Le mec qui a la main de son ex sur l’épaule (il a découpé le reste).
  • Le mec à casquette et verres fumés.
  • Le mec torse nu.
  • Le mec qui montre sa langue.
  • Le mec en habit de chasseur/pêcheur en tenant fièrement un poisson / orignal mort.
  • Le mec encordé en activité d’escalade.
  • Le mec en bermudas au Beachclub de Pointe-Calumet avec une foule de douchettes en arrière-plan. 
  • Le mec sportif, habillé de tout l’équipement du randonneur, en plein bois ou en montagne.
  • Le selfie en situation dangereuse.
  • Les photos de voyage, le mec devant la Tour Eiffel, le Sphinx, le Parthénon, le panneau routier nommant une ville, etc. 
  • Le selfie pris de beaucoup trop près, sous un mauvais angle, qui fait apparaître ses trois mentons, son acné, la petite guédille dans sa narine gauche et son air vraiment trop motivé à séduire
  • La photo inexistante.

29- Le Tout-Faux
Il est gentil et charmant, mais c’est bien la seule chose chez lui qui est vraie.  Pour le reste: Sa photo de profil date d’il y a plus de 5 ans.  Il dit avoir 29 ans mais il est dans la quarantaine. Il dit ne pas avoir d’enfants alors qu’il en a déjà deux.  Il est toujours prêt à te rencontrer mais jamais chez lui car, bien sûr, il se dit célibataire alors qu’il est en couple et habite avec sa conjointe. Lorsqu’il sera finalement démasqué au bout de deux ou trois mois, il braillera qu’il n’avait pas le choix de s’inventer une vie parce que, étrangement, personne ne l’aime tel qu’il est vraiment.  La preuve: Maintenant que tu sais la vérité à son sujet, tu as perdu intérêt pour lui.

30- L’habitué
Sa fiche dit qu’il est membre de la place depuis plus de cinq ans. Ça peut vouloir dire trois choses:

  1. Ou bien il n’a vraiment rien pour plaire.
  2. Ou bien il est en chasse permanente.
  3. Ou bien il a été membre ici il y a longtemps, il a eu une relation, et maintenant que celle-ci est terminée, il est de retour.  Ce qui veut dire qu’il s’attendait à ce que la relation ne dure pas, et à avoir à revenir.

D’une façon comme d’une autre, on ne peut pas dire qu’il constitue du bon matériel pour une relation monogame.

31- L’Esthète-de-noeud
Les photos de sa liste d’amis ne sont qu’une collection de filles de style mannequins et douchebaguettes. Voilà qui en dit long sur ses préférences, donc sur sa personnalité.

32- Le N’importe-Quoi-Pourvu-que-ça-Baise
L’inverse du précédent. Grand croyant de la rumeur populaire comme quoi les vieilles, les grosses et les laides sont les plus allumées et/ou les plus désespérées, c’est celles-là qu’il approche. Par conséquent, s’il ne s’occupe pas de toi, c’est ironiquement parce qu’il te croit trop bien pour lui.

33- L’accro grave
Un soir, tu as eu envie d’un plan cul sans prise de tête.  Tu as visité son profil.  Tu as aimé ses photos.  Tu as aimé sa description.  Il a l’air sympathique.  Vous jasez.  Il n’a rien d’un douchebag.  Tu l’invites.  Vous baisez.  Voilà, c’était bien, à un de ces jours, ou non, peut-être, whatever, bye.  Moins d’un quart d’heure après vous être quittés, il te texte comme quoi il a adoré votre séance et a déjà hâte de te revoir.  Il te téléphone.  Il te laisse full de messages sur ta boite vocale.  Il te retrace sur Facebook.  En trois jours, le ton de ses très nombreux messages va de gentil (compliments, hâte de te revoir), à interrogateur (Pourquoi tu ne me donnes pas signe de vie?), à plaintif (Pourquoi ce silence? Qu’est-ce que je t’ai fait?) à suppliant (Laisse-moi une chance, je suis une bonne personne), à pitoyable (J’ai de la peine ). 

34- Le Passif Non-Agressif
Il te fait une demande de contact, tu l’acceptes, et vous vous échangez quelques messages.  Il est gentil, drôle, mais plus les jours passent plus tu réalises qu’il ne te dit que des banalités. Il ne montre aucun signe d’intérêt particulier pour toi, même que sa conversation devient de plus en plus courte et insipide.  Tu finis par ne plus lui répondre, et il cessera de te donner signe de vie pendant une semaine ou deux. Puis, il te relance, toujours sur des banalités, et tu te demandes bien pourquoi il te dérange ainsi pour rien.

En fait, il cherche à se faire draguer.  Il veut que tout vienne de toi: Les premier pas, les propositions de rencontres, les propositions de baise, et ce sans jamais rien faire pour t’en donner envie.

35- Le multiplicateur.
Il a 3-4-5-6 profils sur le même site, nicks différents mais mêmes photos et sensiblement la même description.   À se demander pourquoi il a fait l’effort de se donner plusieurs identités.

36- Le Nique-ma-Race
Trois éléments invariables:

  1. Il est d’une autre race / couleur / culture que toi.
  2. Il t’aborde et te fait des propositions sexuelles.
  3. « Tu refuses? Mais t’es raciste, salope! »

Faut juste pas confondre.  Ceci n’est pas un comportement ethnique. C’est simplement un comportement de con.  Et des cons, on en retrouve partout, dans toutes les races / couleurs / cultures.

37- Le ghosteur
Vous vous contactez, vous échangez des messages, vous vous jasez sur messagerie.  Le courant passe à merveille, vous vous entendez super bien, vous discutez même d’une rencontre bientôt. Puis, sans prévenir, il te bloque de partout sans le moindre mot d’explication, et tu n’en entendras plus jamais parler pour le reste de ta vie.

38- L’Apparition Interrogatrice
Vous vous jasez sur une période allant de quelques heures à quelques jours.  Et puis, pour une raison X, tu ne lui réponds plus pendant 48 heures.  C’est là que tu as la désagréable surprise de le voir se pointer en personne sur ton lieu de travail, en te demandant des explications sur ton silence.  Ou pire encore: À ton domicile.

39- Le Mature Responsable Intense et Tourmenté
Il est beau, athlétique, il est séparé/divorcé et a au moins un enfant. Il vit seul et il partage son temps entre travailler, tenir maison propre et assumer ses responsabilités paternelles. C’est un miracle qu’il arrive à trouver du temps libre pour être sur un site de rencontres. La preuve: Ça fait au moins deux ans qu’il n’a pas baisé. Mais ça ne le dérange pas outre-mesure. Ce n’est pas vraiment ce qu’il cherche. Et il n’a pas le temps pour une romance non plus. Il cherche juste quelqu’un à qui parler.

Il est si mature, si responsable, et en même temps si victime des circonstances qui ne sont pas de sa faute à lui… Quelle fille ne craquerait pas pour un tel homme? Alors tu t’en rapproches, tu deviens vite son ami, vous passez vos soirées à jaser.  Il trouve un trou dans son horaire pour une rencontre.  Vous passez une excellente soirée ensemble et une très géniale nuit de baise. Tu te sens honorée d’être sa toute première baise en deux ans, baise dans laquelle il t’a avoué avoir ressenti avec toi des sentiments qu’il ne croyait plus être capable d’avoir. Tu es certaine d’avoir trouvé l’homme de ta vie et te sens prête à partager la sienne, incluant responsabilités et tourments.

Mais dès le lendemain et pour les jours suivants, il devient distant et utilise son travail et ses responsabilités paternelles comme excuses pour annuler vos rendez-vous l’un après l’autre, jusqu’au jour où il disparaît de tes contacts et de ta vie. Normal: Il est maintenant occupé à faire son numéro de mature responsable intense et tourmenté à une autre fille qui craque pour lui. Une fille qui sera très honorée d’être sa toute première baise en deux ans.

40- L’inévitable Nice Guy.
Vous connaissez le genre.

C’est tout?
Bah ouais, que voulez-vous, en tant qu’homme hétéro, je n’ai pas tellement l’expérience de l’interaction avec les gars de sites de rencontres.  Mais j’ai quand même observé ceux-là.

Avez-vous déjà eu à faire avec ces types de comportements?  En avez-vous constatés d’autres?  Parlons-en dans les commentaires.

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(Contributrices: Sara C, Cindy RJ, Rachel H, Tania DG)

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Les profils négatifs des gens agressifs

Ce billet est le neuvième de la série (Més)aventures sur sites de rencontres. 

L’expérience m’a appris à me méfier des gens qui écrivent certaines choses dans leurs profils.  En particulier, des phrases dans lesquelles ces personnes justifient d’avance l’attitude négative qu’elle ne manquera pas d’avoir avec toi.  par exemple:

Je n’ai pas de filtre.
La personne qui écrit ça ne fait que t’annoncer d’avance qu’elle va te dire tout ce qui lui passe par la tête.  Jusque là, ça pourrait sembler anodin.  Voire même admirable, puisque ça peut être vu comme étant un signe de sincérité, d’honnêteté.  Malheureusement, d’après ce que j’ai pu voir à date, chez 100% des personnes qui se décrivent ainsi, ça veut juste dire qu’elle ignore délibérément toute notion de courtoisie et de politesse.  Vous vous en rendrez vite compte lorsque vous verrez que son manque de filtre, c’est seulement utilisé pour vous faire des commentaires négatifs et rabaissants.  Jamais positifs.

Je suis sarcastique.
Voilà une excuse qui est trop souvent utilisé par des gens qui ont besoin de rabaisser les autres plus bas que soi pour se sentir bien avec eux-mêmes, ou pour se donner un sentiment de contrôle sur la situation.  Je veux dire, c’est quoi, dans le fond, un sarcasme, quand on y pense, hm?  C’est une remarque que l’on envoie à l’autre dans le but de la déstabiliser, de la rabaisser, de la tourner au ridicule, de l’insulter.  Et on masque ça sous le couvert d’une blague parce que l’on est trop irresponsable et/ou trop lâche pour assumer le fait que rabaisser l’autre, c’est un choix délibéré.  C’est un signe de personnalité narcissique.  La preuve: Si tu lui dis que son commentaire t’a déplu ou offensé, jamais elle ne s’excusera.  Au contraire, elle va immédiatement contre-attaquer et te traitant de susceptible.  Comme quoi, à ses yeux, elle n’est jamais dans le tort.  Ce sont les autres, le problème.  Tous les autres.  Toujours!  

Dans le même ordre d’idées:

Je suis une personne directe qui n’a pas peur de dire ce qu’elle pense.
Traduction: J’aime insulter les autres, alors j’utilise l’excuse de « ne faire rien d’autre que dire la vérité » et/ou « ne faire qu’exercer mon droit à la liberté d’expression » afin de leur chier dessus à loisir.

Je suis une personne amicale et sympathique, mais si tu me cherches tu vas me trouver. 
En réalité, il s’agit là d’une personne agressive qui ne cherche qu’une bonne raison pour pouvoir attaquer autrui.  Et là encore, en se justifiant en faisant passer la responsabilité sur l’autre.  Et pour l’avoir moi-même vécu à de nombreuses reprises, pas besoin de lui donner une vraie raison pour le faire.  Tôt ou tard, elle va t’attaquer, et si elle n’a aucune raison de le faire, elle n’hésitera pas à interpréter tes gestes et paroles à sa façon.  Elle va déformer, inventer, juger, préjuger, mentir…  Et pas obligé d’être en couple avec pour que ça arrive.  Faire partie de son entourage suffit bien.  (Voir ma série sur les gens conflictuodépendants

Mon attitude envers toi dépend de la tienne envers moi.
Je peux être ta meilleure amie ou bien ta pire ennemie.
Je serai ton rêve le plus doux ou ton pire cauchemar.
Ou toute autre variante voulant dire la même chose, en y rajoutant parfois des
… il n’en tient qu’à toi.
… c’est toi qui choisis.
… ça va dépendre entièrement de toi.
Traduction: Je suis une passive-agressive, je vais éventuellement devenir active-agressive avec toi, et je t’en blâme d’avance.  Parce qu’à mes yeux, c’est toujours de la faute de la victime.  Du moins, tant que ce n’est pas moi, la victime.

On pourrait croire que le fait de dénoncer ici ce genre d’attitude, ça puisse être contre-productif.  Dans le sens où une personne affligée d’une telle personnalité négative pourrait lire ce billet de blog, puis retourner sur son profil et le modifier, afin de mieux prendre au piège ses futures victimes.  Eh bien rassurez-vous, d’après ce que j’ai pu voir, les gens qui sont négatifs dans leurs profils sont également le genre à avoir la mentalité (et à parfois écrire) « Je suis comme je suis et je ne changerai pour personne. »  Normal!  Eux, tout ce qui les intéresse, ce n’est pas devenir aimable.  C’est de se justifier dans leur besoin d’abuser des autres.  Par conséquent, ils continueront encore et toujours de s’afficher comme tel(le)s.  Comme ça, ils auront toujours le loisir de dire à leurs futures victimes « Tu l’savais que j’étais comme ça, je t’avais prévenu! »

Et nous, les gens qui veulent vivre en harmonie, ça nous permettra toujours de pouvoir les éviter. 

Ce que vivent les femmes sur les sites de rencontres (sur l’air de « Je l’aime à mourir »)

Ce billet est le septième de la série (Més)aventures sur sites de rencontres.  Bon, en fait, c’est un vieux billet que je reprends ici, mais il est approprié au sujet.

Tout le monde connait le grand classique Je l’Aime à Mourir de Francis Cabrel. En m’inspirant de quelques malheureux témoignages de mes amies, je me suis amusé à en faire une version qui décrit ce qu’une fille vit généralement lorsqu’elle fréquente un site de rencontres. Ça va comme suit:

Allumez musique pour l’ambiance, et chantez avec nous.

Chuis célibataire 
et je me suis inscrit
À un site dans lequel 
Il y a plein de gars qui
Essayent de séduire

Ils peuvent bien m’écrire 
tout ce qui leur plaira
Si leurs profils n’a rien 
qu’des pics de leur gros bras
Je n’vais pas mentir :
Ça va me faire fuir
Oui je vais m’enfuir

Il y a ceux qui disent
Vouloir de l’amitié
Et dès la troisième phrase
Ils parlent de me baiser
Qu’est-ce qu’ils me font rire

Il y a les gars casés
Mais ne les trouvent pas belles
Et qui espèrent trouver
Sur ce site, bien mieux qu’elles
Alors qu’eux mêmes ils
Alors qu’eux mêmes ils
Sont laids à vomir

Au lieu d’se taire
Ces gens vulgaires
S’imaginent que c’est comme ça qu’il
Faut agir pour
Pouvoir nous plaire
Et trouver… de l’amour ainsi.

Il y a aussi les cons
Qui croient que pour séduire,
En baissant leur caleçon
Ça va leur réussir
C’est loin de m’faire jouir

Il y a ces fiches qu’on
Ne peut pas déchiffrer
Aucune ponctuation
Et des fautes par milliers
C’est trop dur à lire
C’est trop dur à lire
Ils savent pas écrire

Enfin, il y a ceux qui
Se disent « des bons gars »
Qui voudraient me séduire
Mais ne font rien pour ça
C’est ceux-là les pires

Eux, ils restent à l’écart
Et s’permettent de juger
Mon envie de vouloir
Un gars déterminé
Qui va me choisir
Qui va réussir
Lui, à me ravir

Au lieu d’se taire
Ces gens vulgaires
S’imaginent que c’est comme ça qu’y
Faut agir pour
Pouvoir nous plaire
Et trouver… de l’amour ainsi

Chuis célibataire 
et je me suis inscrit
À un site dans lequel 
Il y a plein de gars qui
M’ennuient à mourir

Après tellement de temps 
Perdu sur ces sites-là
Voilà que finalement 
J’apprécie l’célibat
Je vais m’désinscrire
Et je vais partir
Ne plus revenir.

____
Anecdote.
Il y a quelques semaines, j’ai lu un article sur le net dans lequel une femme décrivait le genre de rencontres merdique qu’elle faisait depuis qu’elle s’était réinscrite sur Tinder, Plenty of Fish, OK Cupid et compagnie. 

Vous me connaissez, je ne rate jamais une occasion d’aller me faire voir.  J’y ai donc copié-collé, dans la section des commentaires, la parodie que vous venez de lire. 

Je ne m’attendais pas à avoir les réponses qui suivirent.

Eh bien oui.  Il semblerait que pour plaire aux femmes, il ne faut parfois rien de plus que savoir écrire correctement.  Et moi qui croyait, en mâle typique, que ça prenait des dick pics pour séduire. C’EST TOUT LE SYSTÈME DE VALEUR DE LA DRAGUE MASCULINE QUI S’EFFONDRE!!!!  😭

____
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24 attitudes à ne pas avoir lors d’un premier rendez-vous

Ce billet est le sixième de la série (Més)aventures sur sites de rencontres.

Pour celui-ci, je me suis inspiré d’anecdotes que m’ont raconté plusieurs de mes amies au fil des années, en plus de ce que j’ai pu moi-même observer.  C’est que quand on est membre féminin de sites de rencontres, on en voit de toutes les couleurs.  Et parmi les différentes attitudes que peuvent avoir les gens lors d’un premier rendez vous, certaines sont particulièrement à proscrire.  Par exemple:


ATTITUDE 1:
  User d’un langage déplorablement vulgaire.
C’est une chose d’être direct, c’en est une autre que d’être cru, sans filtre et mal éduqué. Disons que comme première impression, il y a moyen de faire mieux. (Vous en verrez plusieurs exemples dans les images qui vont suivre.) 

ATTITUDE 2: Être un peu trop pressé de passer à l’action.  

Et c’est encore pire quand c’est annoncé à la fois comme étant une obligation, et étant dû à une cause extérieure.

ATTITUDE 3:  Mentir sur son âge. 

Parfois, c’est un adolescent  un peu trop allumé par sa testostérone en éveil qui ment sur son âge pour se vieillir.  Mais plus souvent qu’autrement, c’est l’inverse qui se produit. 

ATTITUDE 4:  Utiliser la distance parcourue comme argument d’obligation coïtale.  

Surtout si ça vient avec une attitude agressive.

ATTITUDE 5:  Être un peu trop rapidement curieux au sujet de ses pratiques sexuelles. 

Il est normal de vouloir savoir si on est compatibles sexuellement. Mais c’est p’t’être pas un sujet à aborder dans la première heure de la rencontre.

ATTITUDE 6:  Tenter de manipuler en rabaissant l’autre, pour ensuite la remonter, dans le but de l’isoler. 

C’est une technique de drague particulièrement minable, qui consiste à donner l’impression à la fille que personne ne peut l’apprécier, sauf lui.  Donc, qu’aucun gars ne voudrait d’elle, sauf lui.   Parce que tous les hommes sont superficiels.  Sauf lui!

ATTITUDE 7:  Faire du stealthing.

La pratique d’enlever le condom pendant l’acte, sans le faire savoir à sa partenaire, a un nom (anglais): Stealthing Depuis peu, ce geste est enfin reconnu comme étant criminel au même titre qu’un viol.

ATTITUDE 8:  S’offrir immédiatement comme adorateur / esclave volontaire.

Le genre de mentalité et d’attitude que l’on a quand on est désespéré, parce qu’on (croit qu’on) n’a rien pour plaire à l’autre. 

ATTITUDE 9:  Se faire faussement passer pour célibataire.

Puisqu’il est impossible de cacher ça à long terme, tôt ou tard la vérité éclate.  Hélas, bien que victime parce qu’elle s’est fait mentir, la fille est souvent traitée comme si elle était aussi coupable que lui.

ATTITUDE 10:  Ne jamais décrocher de Tinder (ou autres sites / applications de rencontres)

Assez difficile d’envisager une relation durable avec une personne pour qui fréquenter ces sites est devenu une habitude.

ATTITUDE 11:  Avoir des remords post-coïtus. 

Ça peut être parce qu’il a insisté pour baiser jusqu’à ce qu’elle cède, ou parce qu’il vient de tromper sa conjointe, ou parce qu’il veut se faire moine et vient de violer son voeu de chasteté.  Peu importe la raison, il se sent mal de l’avoir fait.   Mais voilà, la prise de conscience, c’était avant, qu’il fallait l’avoir.  Pas après! 

ATTITUDE 12: N’avoir aucun sujet de conversation, autre que de la complimenter sur sa beauté.

Il a beau croire qu’il est un bon gars gentil et romantique, son attitude démontre qu’au fond de lui, il est convaincu que tout ce que les filles veulent entendre, ce sont des flatteries.  Belle attitude de misogyne condescendant qui s’ignore.


ATTITUDE 13: N’avoir aucun sujet de conversation, autre que de de parler du sexe qu’il a hâte d’avoir avec elle. (Encore pire si c’est avec vulgarité)

Le genre de gars qui a l’air de croire qu’elle va oublier que la soirée s’enligne pour être sexuelle, s’il ne le lui rappelle pas à toutes les cinq secondes.  Une attitude qui, dans 99.999999999999999999999999999999999999% des cas, transforme la plus volcanique des femmes en iceberg.

ATTITUDE 14: Confondre féminisme avec misandrie. 

Un vrai féministe saurait que le féminisme revendique l’égalité entre l’homme et la femme, et non la haine anti-masculine. Bref, sa vision de la femme ne vaut pas mieux que celle d’un misogyne.  Et ce qui rend la chose encore plus pathétique, c’est qu’il croit sincèrement que c’est par l’auto-flagellation émasculante qu’il réussira à en séduire une. 

ATTITUDE 15: Être adepte du coucou-bite surprise. 

Équivalent en personne de la dick pic, ce qui rend la chose encore plus malvenue.  Mieux encore, aux yeux de la loi, il y a des termes pour ça, tels grossière indécence, exhibitionnisme, harcèlement sexuel, agression sexuelle, etc, tous passibles de poursuite judiciaire.

ATTITUDE 16: Aimer un peu trop les enfants.

Beaucoup de mères célibataires déplorent que peu d’hommes vont vouloir s’engager dans une relation avec une femme qui a des enfants.  Malheureusement, lorsque l’inverse arrive, c’est parfois un peu louche. 

ATTITUDE 17: Ne pas respecter les limites pré-établies.

Rien de plus chiant que quelqu’un qui prétend savoir mieux que toi ce que tu aimes ou non, ou bien qui croit que lui saura te faire aimer ça.

ATTITUDE 18:  Considérer le sexe comme étant quelque chose qui lui est dû

Il agit comme si lui refuser du sexe était un crime, ce qui fait de toi une criminelle à ses yeux.  Voilà pourquoi tout ce que tu lui diras sera retenu contre toi, et il n’hésitera jamais à te faire un procès public sur le sujet.
Là encore, il y a un mot (anglais) pour ça: Incel.

ATTITUDE 19: Ne pas décrocher de son ex.

Quand un gars a eu la chance de sortir avec une extraordinaire partenaire de sexe, il faut s’attendre à ce qu’il s’en cherche une autre exactement comme celle-là, en étalant généreusement les détails que sa nouvelle rencontre ne tient pas vraiment à savoir. 

ATTITUDE 20: Se faire des idées préconçues sur la bisexualité.
Ça va de la bi-phobie au bi-déni en passant par l’impression que la bisexualité est synonyme de n’importe quoi, n’importe quand, n’importe où avec n’importe qui. 

De quoi donner envie de ne plus s’afficher que comme hétéro dans notre profil.  Ça règle le problème, mais ça peut en causer un autre, comme:

ATTITUDE 21: Insister sur la bisexualité. 
Comme beaucoup trop de gars, il ne rêve que de se ramasser une copine bisexuelle dans l’espoir de vivre un jour un ménage à trois.  Il va donc tenter de convaincre la fille qu’elle a un problème mental ou sexuel d’être encore hétéro à notre époque.

ATTITUDE 22: Faire du negging
Sérieusement, les gars… Vous croyez vraiment que rabaisser une fille en l’insultant sur un sujet X, pour ensuite la rabaisser sur la manière dont elle prend vos insultes, ça va vous réussir? 

ATTITUDE 23: Lui faire son profil psychologique, surtout négatif. 
Personne n’aime se faire juger,  se faire faire la leçon, et encore moins lorsque c’est non-sollicité.

ATTITUDE 24: N’accepte pas qu’on lui fasse ce qu’il fait aux autres.
Mais ça, c’est bien plus son problème à lui qu’à elle.

 

 

Quand l’autre n’est qu’égocentrisme et mépris.

Ce billet est le quatrième dans la série (Més)aventures sur sites de rencontres.

Jasez.ca et Plenty of Fish ne m’ayant pas donnés grand chose d’intéressant, je décide de m’essayer sur un autre site de rencontres gratuit: Ok Cupid.   Celui-ci propose plusieurs questionnaires sur plusieurs sujet, de façon à pouvoir nous faire la liste des gens avec qui nous avons le plus en commun. On répond aux questions que l’on veux et on peut ignorer celles qui nous plaisent moins.  Évidemment, à plus de questions on répond, et meilleure est l’idée que l’on peut se faire de notre compatibilité lorsque l’on compare nos réponses avec celles d’une candidate.  Et on parle ici de près d’un millier de questions.  Des heures de plaisir (?).

Après avoir répondu à quelques centaines de ces questions, je me rends à la section Browse matches.  Je parcours la liste des membres qu’ils me proposent.  Chacune de ces femmes est classée selon son pourcentage de compatibilité avec moi, du plus grand au plus petit.  En visitant les profils, je vois déjà la première faille dans le système: Si la personne n’a répondu qu’à trois questions sur 1000, et qu’il se trouve que tu as donné les mêmes réponses à ces mêmes trois questions, alors vous êtes classée 100% match.  Bref, leur truc, c’est pas au point a 100%. 

Dès le départ, j’en élimine quelques unes:

  • Les unilingues anglaises.  C’est que je pense à long terme, ici.  Si je tombe sur une avec qui ça devient sérieux au point où nous deviendrions conjoints, j’aimerais que mes parents et elle puissent se parler sans que j’aille à servir de traducteur jusqu’à la fin de nos jours.
  • Celles qui n’écrivent rien dans leurs profils, et/ou, tel que mentionné plus haut, n’ont répondu à presque rien du questionnaire.
  • Variante: Celles qui ne disent presque rien à leur propre sujet, à part « C’est à toi de le découvrir! »  Dites-donc, si j’avais voulu draguer à l’aveuglette, je ne me serais pas inscrit sur un site qui demande des heures pour remplir près de mille questions servant à établir avec qui je suis compatible. 
  • Celles qui, au lieu de se décrire, ne font que décrire le genre d’hommes qu’elles ne veulent pas.  Voilà qui est plus hargneux qu’informatif.
  • Les globetrotters qui disent aimer voyager 3-4-5-6 fois par an et ont 97 photos d’elles-mêmes avec un lieu exotique / historique en arrière-plan.  Je ne sais pas ce que vous faites dans la vie, mais moi je suis un travailleur à temps plein qui n’a que deux semaines de congé par année.  
  • Également, les « J’aime les bons vins, les restos, les sorties »… Je n’ai rien contre une sortie occasionnelle.  Mais la soirée au resto qui gobe un jour et demi de salaire net, j’ai déjà donné.  Alors si en plus c’est ce qu’elles souhaitent en guise de routine régulière, non merci.
  • Celles avec qui nous ne sommes que peu compatibles dans le questionnaire sexuel.  Parce que, soyons franc, si nous sommes pour passer notre vie ensemble, mieux aimer les mêmes choses de ce côté-là.
  • Enfin, celles qui ont des enfants à temps plein.  Celles qui ont des enfants en garde partagée ou des ados autonomes, passent toujours.  Mais sinon, des enfants, j’en ai eu quatre, ils sont maintenant tous adultes, alors cette partie-là de ma vie est derrière moi.     

Pour celles qui restent, je lis les descriptions qu’elles ont écrit, et je contacte celles qui me plaisent.  Et il y en a très peu.

Et c’est là que je trouve mon match parfait.  Dès le départ, son texte d’introduction m’accroche, avec des phrases telles que:

« Artiste visuelle à la semi-retraite. »
C’est tout à fait moi, ça.  Je ne dessine plus de manière professionnelle depuis que j’ai changé de carrière pour un boulot manuel à temps plein avec salaire stable.  

« Je suis cook.  Je le dis en anglais pour ne pas me faire traiter de four. »
Un jeu de mot avec cuisinière, et qui demande un peu de réflexion pour la comprendre? Humour et sens de la répartie. J’aime!

« Bricoleuse, je ramasse des rebuts pour en faire des oeuvres d’art ou des objets utiles. »
Ça alors!  Je suis pareil.  Par exemple: J’ai ramassé une guitare acoustique brisée et j’en ai fait une  tablette-étagère murale pour petits livres.  J’ai récupéré de vieux panneaux lumineux EXIT que j’ai transformés en lampe de chevet.

Je jette un oeil à ses photos.  Elle est petite, rouquine avec les taches de rousseur qui viennent avec.  Cheveux courts, toujours habillée en chemise de travail ou en bricoleuse.  Son visage n’a pas tellement de traits féminins.  D’ailleurs, la photo sur laquelle elle arbore une casquette de travers me fait penser à la figurine du sale gamin Fisher Price.

Ayant toujours eu une préférence pour les tomboys plutôt que les princesses, elle me convient parfaitement sur tous les points.  Je like son profil, ce qui me donne l’option de lui écrire.  Si je lui plais, elle me like en retour et on peut communiquer.  Je lui écris donc un message personnalisé, dans lequel je lui dis quels sont les points que j’aime dans sa description, et pourquoi.

Le soir venu, un like et une réponse:

TARA
• J’ai liké pour te répondre, parce que c’est le genre de personne que je suis… mais honnêtement je ne pense pas qu’on ait grand chose en commun 🧐 Peut-être que je me trompe!

Hum!?  Pas grand chose en commun?  Non seulement je lui ai donné trois points sur lesquels nous correspondons, OK Cupid dit que l’on matche globalement à 92%, dont 98% dans notre style de vie, 96% du côté éthique et 95% sur le plan sexuel, les autres pourcentages plus bas étant pour divers détails moins importants.  Si malgré ça, elle ne pense pas qu’on ait grand chose en commun, alors c’est parce qu’elle ne veut pas les voir, nos points en commun.  Et quand l’autre ne veux pas les voir, c’est parce qu’on ne l’intéresse pas.  Décevant, mais au moins elle s’est donné la peine de me répondre, ce qui est appréciable.  Je lui dis donc: 

STEVE
• D’accord. Aucun problème. J’apprécie toujours une réponse. Même négative, ça vaut mieux que du ghosting. Bonne journée. 🙂

Et voilà!  Il ne me reste plus qu’à retourner sur ma liste de membres compatibles et à en parcou-…

TARA
• Bah je ne fais pas ça… le ghosting je veux dire. Mais comme je disais peut-être que je me trompe.

Ah ben!?  Elle me relance, en utilisant pour la seconde fois la formule du peut-être que je me trompe.  Autrement dit, je lui plais, finalement.  C’est juste qu’elle n’est pas totalement convaincue.  Et le fait qu’elle me relance, c’est une invitation à la convaincre.  

Puisqu’elle a montré son sens de l’humour dans son texte de profil, je vais faire de même dans ma réponse.  Ce sera un point commun de plus à lui démontrer.

STEVE
•  Bon, ok, je vais plaider ma cause, tiens: Je bricole: Je transforme des guitares brisées en tablettes-étagères pour petits livres, des vieux panneaux lumineux EXIT en lampe de chevet, j’ai passé 7 ans à Safarir, ce qui peut être un succédané de carrière artistique, et j’ai un blog nommé Mes Prétentions de Sagesse dans lequel je décortique les relations en société, bikozz que je me prends pour un psychologue amateur

• Quoi d’autre… Je ne bois pas de vin, mais j’en fait de la vinaigrette
• Je suis bon ami avec la plupart de mes ex, parce que bon, je n’ai jamais compris pourquoi on peut haïr quelqu’un que l’on a aimé. D’ailleurs, on se fait du cat-sitting quand l’un de nous part en voyage.

TARA
• Tu ne bois pas de vin?!?  

STEVE
•  Exact! Je n’ai jamais vraiment aimé le goût. Avantage: Ta bouteille ne descendra jamais.

TARA
• Oh…

• Bon point!

Ah! Une première réponse positive.  Voilà qui m’encourage.  Allons-y pour la finale.

STEVE
•  Pis là, je sors les gros guns dans une tentative ultime de t’impressionner: J’ai ma propre page sur Wikipedia. English & français. Parce que je suis un authentique has been, moi, vous savez.

• (je relis ton profil pour voir si je peux rajouter autre chose)
• Ah, tiens: comme toi, je fais des listes aussi. Des to-do list, mais aussi des trucs genre « 20 noms de familles composés qui font des jeux de mots amusants », « 8 sujets insignifiants qu’utilisent certaines personnes pour se sentir supérieures aux autres. » , « 30 comportements qu’il faudrait cesser d’avoir sur Facebook », etc. 
• Pis là je viens d’épuiser ma liste de nos points-z-en commun, selon ton profil. Fa que voilà, je déclare forfait pour l’impression. 😉

Bon ben voilà!  Si avec ça elle ne voit toujours pas ce que l’on a en commun, c’est parce que je ne lui plais vraiment pas.  Sa réponse:

TARA
• Ouais, ben tu perds ton temps, je ne suis pas vraiment impressionnable.   Si tu veux m’impressionner, sois toi-même tout simplement!

Ah bon?  Quand elle se décrit de manière humoristique, il faut le prendre au second degré.  Mais quand je lui réponds de la même manière, elle me prend au sérieux?  Rétablissons les faits:

STEVE
•  Étant donné que tout ce que j’ai dit à mon sujet est vrai, alors techniquement, JE SUIS resté moi-même.

TARA
• Ok

Ah, tout de même!  

TARA
• Mais je ne comprends pas comment tout ça peut être relié à mon profil…  Je ne vois pas le rapport.  Mais peut-être que je me trompe!

Elle ne voit pas le rapport?  Non mais elle me niaise, là?  Et avec ce troisième « Mais peut-être que je me trompe!« , elle veut vraiment que je perde mon temps à lui expliquer ce qui est pourtant évident?

D’accord!  Je vais lui accorder un dernier bénéfice du doute.  Et allons-y pour le mansplaining:

STEVE
•  Sur ton profil, J’ai vu: « I’M really good at: Faire des listes! »  Bon ben voilà: Je te dis que moi aussi je fais des listes.

• Sur ton profil, J’ai vu: « Artiste visuelle à la semi-retraite. »  Bon ben voilà: Je te dis que moi aussi je suis un Artiste visuel à la semi-retraite, d’où ma mention de Safarir + la page Wiki pour le prouver.
• Sur ton profil, J’ai vu: « Bricoleuse, je ramasse des rebuts pour en faire des oeuvres d’art ou des objets utiles. »  Bon ben voilà: Je te dis que Je transforme des guitares brisées en tablettes-étagères pour petits livres, des vieux panneaux lumineux EXIT en lampe de chevet.
• Sur ton profil, J’ai vu: « Je fais de la psychologie amateure! »  Bon ben voilà: Je te dis que moi aussi  c’est ce que je fais, sur mon blog.

Ça ne peut pas être plus clair que ça.  Si elle insiste une ligne de plus comme quoi elle « ne voit pas ce que l’on peut avoir en commun », alors là ce sera de la mauvaise foi ou du trollisme.

Sur ce, il est temps de mettre un terme à cette discussion, en lui montrant que moi aussi je suis travailleur à temps plein.  Et que si je ne lui plais toujours pas, eh bien qu’elle aille se faire voir ailleurs. (Plus poliment, il est vrai.)

STEVE
• 
Et sur ce, je quitte le net pour la soirée. Couché à 22:00, réveil à 5:30… Je travaille comme surintendant (un joli mot pour dire concierge-en-chef) dans un garage de bus. Heureux d’avoir pu échanger quelques mots. Et peut-être d’en apprendre plus sur toi plus tard si ça te tente. Sinon, comme je disais plus tôt, y’a pas de mal. Bonne nuit.

Le lendemain soir, je rentre du travail.  Je me logue sur OKC, et j’y trouve cette réponse:

TARA
• J’avoue que tu as piqué ma curiosité avec la « has been » fan page bilingue, mais c’est un peu une curiosité malsaine… J’ai blogué pendant un bout, il y a (déjà) quelques années. Ça me semble une autre vie!

Ah bon?  Le premier truc à mon sujet qui lui donne envie de s’intéresser à moi, et elle appelle ça de la curiosité malsaine?  Je ne sais vraiment pas quoi répondre à ça.  Ceci dit, elle a enchaîné avec le sujet du blog, ce qui semble être une invitation a jaser.  Étant donné que jusqu’à maintenant je suis celui qui devait animer la conversation et que je n’ai plus envie de continuer dans ces conditions, je lui écris la seule chose qui me vient en tête.  

STEVE
• Hello.
• Ok, je ne m’attendais pas à ce que la conversation continue. 

TARA
• Bah, je suis toujours ouverte à jaser et je ne me fie pas à mes premières impressions… je pars du principe de la vraie vie plutôt que du magasinage. Tsé tu peux développer un intérêt pour quelqu’un dans un contexte réel, alors qu’on essaye de nous faire accroire que dans le virtuel ça devrait être instantané… je trouve ça ridicule et j’essaie de ne pas embarquer dans cette game. Voilà!
• Donc Stéphane/Steve… pourquoi Steve?
🧐

Eh bien!  Finalement, il semblerait que  tout ça n’était qu’un simple mécanisme de défense de sa part, et qu’elle ait maintenant abaissé ses barrières.  Et non seulement elle s’est expliquée, elle me pose des questions, ce qui est un signe d’intérêt.  Alors allons-y:  

STEVE
• Quand j’ai commencé à faire de la BD, en 1994, je faisais un fanzine adulte de mauvais goût nommé Requin Roll. À ce moment-là, mes enfants étaient en bas-âges. Je me suis dit que si mes trucs devenaient populaires, je ne voulais pas qu’ils soient connus comme étant « le fils / la fille du gars qui dessine des cochonneries. » Alors pour les protéger, j’ai changé de nom. Bien m’en pris car ça a eu son petit succès. Par exemple, dans un numéro de La Presse en 1997, un reportage sur les BD alternatives nommait Requin Roll en tant que l’une des 4 publications les plus populaires
• Quelques années plus tard, ça m’a amené à Safarir, où j’ai travaillé de 2001 à 2008.  Pour eux, il a fallu que je diminue de beaucoup le ton vulgaire et sexuel de mes trucs.
• Je ne travaille plus pour eux, et depuis j’ai lâché la vie d’artiste, mais j’au quand même continué d’utiliser ce nom, par habitude.
• Voilà!

• Et toi, qu’est-ce que tu fais / faisais comme art visuel?

TARA
• Whoa… l’historique complet avec les dates pis toutes. Est-ce que tu vis dans le passé?


C’est quoi, cette réponse de merde?

STEVE
• Non, mais tu m’as posé une question, alors je t’ai donné ma réponse, avec le contexte pour que tout soit clair.
• J’ai une mémoire précise et encyclopédique. Je me souviens de (presque) tout. Ça fait de moi le cauchemar de celles qui sont allergiques aux conjoints capable de leur faire la liste exhaustive de leurs écarts de conduite des 12 dernières années. 😉

TARA
• Ok pour les dates,
• mais outre ça tu en parles quand même… donc ma question demeure!

Sa question demeure?  Le premier mot de ma réponse était « Non », ET SA QUESTION DEMEURE?  Elle veut me faire dire quoi, elle? « Oui, je vis dans le passé! »?  

Alors là,  plus le moindre doute possible; Cette fille me trolle.  Et elle le fait avec mépris.

Je suis patient et compréhensif, et je connais le principe du negging, mais il y a des limites à accepter de se faire chier dessus.  Tout le long de cette conversation, cette femme ne m’a démontré que deux traits de sa personnalité:

  1. Le mépris. Elle prétend à plusieurs occasion ne pas voir ce que nous pouvons avoir en commun. Elle dit que s’intéresser à moi, c’est faire preuve de curiosité malsaine. Je ne peux rien lui écrire sans avoir droit à des accusations de vivre dans le passé ou de ne pas être moi-même, ou d’être sans rapport avec son profil. 
  2. L’égocentrisme.   Je dois lui expliquer à répétition quels sont nos points en commun.  Et elle me manipule à le faire avec ses « Peut-être que je me trompe! »  Et tandis qu’elle me fait lui démontrer non-stop mon intérêt pour elle, elle n’en montre aucun envers moi.  Et malgré le fait que je donne deux portes de sortie comme quoi elle peut cesser de m’écrire si on est à ce point différent, elle me relance, toujours avec ses « Peut-être que je me trompe!« , pour que je continue à lui donner de l’attention. 

Est-ce que je veux d’une relation dans laquelle une fille désagréable, méprisante et égocentrique essaye sans cesse de me manipuler à essayer de la convaincre que je suis assez bien pour elle, sans jamais se montrer satisfaite de ce que je lui dis? 

La réponse est non.  Fuck que non!

Sur ce, je la bloque.  

Y’en a, j’vous jure, on peut voir tout de suite dans leur comportement pourquoi ils ont absolument besoin d’un site de rencontres pour trouver l’âme soeur.

Lorsque se pointe la personnalité possessive manipulatrice.

Ce billet est le troisième dans la série (Més)aventures sur sites de rencontres.

Ça ne faisait que quelques heures que j’étais inscrit à Plenty of Fish, que je reçois déjà un message:

ELSA
Salut!

Je demeure en banlieue. Mais je vais souvent à Montréal. J’ai mon véhicule. Et le métro aussi est pratique. 
Éducatrice service de garde scolaire. Alors création et animation pour les jeunes. Ma fille aînée est journaliste et son copain artiste. Enfin je suis jeune de coeur et curieuse.
Au plaisir! 🙂 

Tel que je l’ai écrit dans le premier billet de cette série, je considère qu’il faut beaucoup plus que « nous sommes tous les deux célibataires et hétéros » pour se mettre en couple.   Aussi, il est important d’avoir des points en commun.  Et je ne parle pas des classiques/clichés « J’aime le bon vin, les bons restos, les voyages et je suis sapiosexuel(le). »   Mon profil me décrit comme étant créatif, travailleur à temps plein et artiste à temps libre, qui cherche une femme avec intérêts communs, de Montréal parce que je n’ai pas de véhicule.  Sa réponse me montre qu’elle a bien lu mon profil, ce qui commence bien la relation.

On jase et on se découvre d’autres points en commun: On se tient en forme, on va au gym, on aime la BD, elle est même un peu plus geek que moi car elle va au ComicCon.  Ah, et nous avons le même âge.  Moi qui sors toujours avec des plus jeunes, ça fait changement.   

Le lendemain, jour 2 de notre correspondance, voilà, de sa part, ses premiers compliments:

ELSA
Oui effectivement vous êtes matures, toi et ton ex, de rester bons amis après la séparation. 

STEVE
J’avoue que je craignais que ça te cause un problème. Beaucoup de gens ne croient pas en l’amitié entre homme et femme, encore moins avec des ex.

ELSA
Du moment que ce n’est pas pour un ménage à trois! Il y a des gens en couple qui sollicitent les gens célibataire sur POF.

Moi je ne partage pas!

Mais étant donné que tu fais pas ton âge. Tu dois être sollicité par les jeunes femmes aussi.

STEVE
Haha, non, je n’en attire pas. 😀

D’abord, je mène une vie simple, rangée. Je ne suis pas tellement sorteux. Je ne suis pas un gars de bar. Ensuite, j’ai toujours tenu mordicus à garder ma vie privée séparée de mon travail. Alors je me suis toujours fait un point de préciser que je dois garder une distance professionnelle avec les locataires.
Il n’y a rien qui puisse autant saboter une carrière qu’une relation en milieu de travail qui vire mal. Et en tant que concierge résident, donc qui habite à son travail, c’est encore pire.  C’est un risque que je ne tiens pas à prendre.

ELSA
Mon mari m’a laissé tomber pour une ptite jeune princesse sur internet après 20 ans ensemble.  4 ans célibataire, 2 ans que je cherche.  Je suis trop gentille.
🙂

Au moment de se quitter, elle me dit que demain, un dimanche, elle part visiter sa famille et elle ne sait pas à quelle heure elle reviendra.  Pas de problème, elle n’aura qu’à me faire signe à son retour.

Le lendemain, dimanche, je travaille de mes dessins sur Photoshop.  J’ouvre une fenêtre internet sur Plenty of Fish, je me logue.  Comme ça je recevrai le signal quand elle m’écrira à son retour.  Le soir venu, je poste mon dessin sur ma galerie DeviantArt, puis je me couche à 23h00, sans avoir eu de ses nouvelles.

Le lendemain matin, juste avant d’aller travailler, je me logue sur POF.  Je vois qu’elle m’a écrit, la veille, quatre minutes après que je sois parti du site.

ELSA
Bonne soirée! J’apprécie ce que tu mets sur DeviantArt. J’espère que Pof te traite bien.
😊

Euh…

Alors ça, si ce n’est pas une remarque manipulatrice passive-agressive d’une personne possessive, mon nom est Cochon!

Et je sais de quoi je parle.  Lorsque j’étais ado et dans la jeune vingtaine, j’étais moi-même un possessif passif-agressif qui se voulait manipulateur.  Je me souviens de mes 22 ans, et de cette fille que je convoitais, et qui avait plusieurs amants.  Un soir où elle m’a présenté sa conquête du jour, j’ai songé à lui dire, devant lui, d’un air faussement joyeux et chaleureux: « Ah, cool, tu t’es trouvé un autre gars pour te fourrer ce soir?  J’espère que tu vas avoir plus de fun qu’avec celui d’hier! »   Bien sûr, je n’aurais jamais osé le lui dire en face.  N’empêche que j’y ai songé.  Et n’empêche que tout était exactement comme ce dernier message que j’ai reçu de la part d’Elsa: L’air joyeux, un témoignage d’appréciation, suivi immédiatement d’un « j’espère que » sur un sujet qu’en réalité je désapprouve.   

Avec les années, en m’améliorant sur tous mes aspects et en prenant confiance en moi, j’ai peu à peu cessé d’être comme ça.  Mais je me souviens encore de la personnalité merdique que j’avais à cette époque, et de la manière que celle-ci se manifestait.  Si cette femme est encore comme ça aujourd’hui alors qu’elle est rendue dans la quarantaine, je doute fort qu’elle change un jour.

Toute la journée, à mon travail, j’ai réfléchi.  J’ai cherché comment répondre à ça de manière à ce que ça ne cause pas de drame.  C’est que, après tout, cette femme n’est pas n’importe qui.  Mature, professionnelle, belle, qui prend soin de sa forme et sa santé, avec beaucoup de trucs en commun avec moi, rendue au même point que moi dans sa vie…

Au bout de ma journée de travail, après avoir pensé à une bonne douzaine de façons différentes d’agir et de lui répondre, je constate ce que je viens de faire.  Et c’est là que je me pose la question suivante: 

Est-ce que je veux m’engager dans une relation avec une personne avec qui j’ai besoin de réfléchir pendant huit heures sur quoi lui dire pour éviter un drame?

La réponse est non!  Ce n’est pas ce que je veux dans une relation. 

Sérieusement, là!  Ça fait à peine plus de 48 heures que l’on correspond.  On ne sait même pas encore si on va être amis, encore moins amants ou amoureux.  Et déjà, elle tente de me manipuler à ressentir du malaise, face à elle, d’être encore sur le site de rencontres où on vient de se connaître!?  Non!  Juste non!

Et c’est à ce moment précis que je trouve exactement la meilleure réponse à lui écrire.  Je m’empresse de rentrer chez moi, je m’installe à mon ordi, et je lui envoie ceci:

STEVE
Ah? D’accord! Bon eh bien, désolé que je ne t’ais pas plu. Ce n’est pas grave, je ne t’en veux pas. Bonne chance dans tes recherches présentes et futures
. 🙂

Ben quoi?  Quand une fille dit à un conjoint potentiel qu’elle souhaite qu’un site de rencontre le traite bien, c’est parce qu’elle espère qu’il s’en trouve une autre.  Et quand une femme espère qu’il s’en trouve une autre, c’est qu’elle n’est pas intéressée à lui, pas vrai!?    

Elle me répond en faisant du patinage qui n’a rien d’artistique.

ELSA
Voyons lol

J’ai pas fermé la porte lol
Je sais et très normale que tu discutés avec d’autres.
Désolé si ça sonne autrement😊

Un peu boiteuse, cette troisième phrase.  On peut sentir la panique.  En tout cas, c’est pire que je le pensais.  Elle affirme qu’elle sait que je discute avec d’autres?  Je me demande bien duquel de ses orifices elle tire ce savoir, puisque, au contraire, depuis mon inscription, elle était la seule sur POF avec qui j’avais discuté.

Alors comme ça, on voulait me donner une leçon de conduite en se basant sur du faux,  hm!?  Eh bien c’est le contraire qui va se produire.  La leçon, c’est moi qui vais la lui donner.  Et en ne me basant que sur du vrai:  

STEVE
Ah bon!?

Avec ton « je ne partage pas », ton « étant donné que tu fais pas ton âge, tu dois être sollicité par les jeunes femmes », et le fait que ton mari t’a quitté pour une autre, tu me donnais l’impression d’être une personne qui ne veut pas d’un gars qui court plusieurs lièvres à la fois.

Et là, tu souhaites qu’un site de rencontre « me traite bien »?

Pourquoi est-ce qu’une femme qui désire l’exclusivité irait dire à un gars qu’elle souhaite que ça se passe bien pour lui avec d’autres femmes sur un site de rencontres?

De deux choses l’une: Ou bien tu n’es pas intéressée. …Option exclue puisque tu dis que tu ne m’as pas fermée la porte. Ou bien tu t’amuses à dire le contraire de ce que tu penses.

Dans quel but? Pourquoi est-ce qu’une personne qui prend la peine de dire qu’elle cherche un gars honnête, irait lancer des messages contraires, pour qu’il ne puisse pas comprendre ce qu’elle veut?

Donc, désolé, mais c’est juste trop compliqué pour moi, ton truc.

Jouer des games, je laisse ça aux adolescents.

Bonne soirée.

Et voilà!

Si elle ne m’avait pas accusé mensongèrement de vouloir aller voir ailleurs. alors je n’aurais jamais eu véritablement envie d’aller voir ailleurs.  C’est quand même fou, à quel point les prophètes auto-réalisateurs maîtrisent l’art de se tirer dans le pied. 

Elle me répond:

ELSA
Je joue pas . Mais j’ai les yeux ouverts. Tu étais en ligne sur POF et tu me parlais pas.

FuckingWHAT!?  Toute la journée de dimanche, pendant que je travaillais sur mon illustration, j’ai attendu qu’elle m’écrive pour me signaler qu’elle était revenue.  Et pendant ce temps-là, Madame attendait en ligne que ce soit moi qui se manifeste?  Tout le temps où je l’attendais, elle m’observait hypocritement, passant des jugements négatifs, d’avance, à mon sujet? 

Ok, non, définitivement, ce n’est pas ÇA que je veux comme relation.

Elle rajoute:

ELSA
D’accord, ça va, je comprends. C’est normal que sur un site de rencontres, tu discutes avec plusieurs femmes.  Et le fait que je comprenne, ça s’appelle « maturité ».

Désolé d’être si compliquée à tes yeux.
Merci de m’avoir répondu.

Et ainsi se termine notre conversation.  Je la retire de mes contacts.

Pour un instant, alors que je me remémore notre correspondance des deux premiers jours, correspondance positive à 100%, j’ai comme un sentiment de regret.  Je m’en veux, de n’être pas allé périodiquement vérifier sur POF pour voir si elle était revenue.

Puis, je me suis ravisé.  Au contraire, c’est une bonne chose d’avoir agi comme je l’ai fait.  Mon comportement n’était ni erroné ni immoral ni répréhensible.  Il a même été très utile, puisqu’il m’a permis de voir immédiatement dans quel genre de relation merdique j’aurais pu me jeter.

Parce que lorsque quelqu’un a une personnalité possessive, manipulatrice et passive-agressive, tôt ou tard, ça se manifeste.  Dans ce cas-là, mieux vaut très tôt que trop tard.  

Quand l’autre personne tient à être frustrée.

Ce billet est le premier dans la série (Més)aventures sur sites de rencontres.

Je ne me souviens plus si je l’ai déjà précisé, mais lorsque je l’ai créé en 2009, ce blog se nommait Le Sélectif, et était associé à un site de rencontres.  Le thème était l’art de faire les bons choix sur les sites de rencontres.

En fait, c’était surtout pour montrer comment éviter de faire les mauvais choix, donc de montrer comment reconnaître quelles sont les mauvaises personnes, celles à éviter.  Parce que oui, il est toujours plus facile de pointer les failles dans le comportement d’autrui que ses bons côtés. 

La raison est simple: Puisque nous sommes tous différents dans nos goûts et préférences, une qualité qui sera fort prisée par une personne en laissera une autre complètement indifférente. Les mauvais côtés, par contre, ont tendance à déplaire à pas mal tout le monde.

Et des mauvais côtés, non seulement je vais en démontrer au fil des prochaines semaines, je vais même vous donner des trucs pour en reconnaître les signes subtils qui vous permettrons des éviter ces gens négatifs dès le départ.  Pour ce faire, je vais piger dans mes vieilles expériences passées, à l’époque où Karine et moi venions de nous séparer après 12 ans ½ ensemble.

Pour commencer, je vais vous donner un exemple facile, dans lequel la subtilité n’était pas vraiment au rendez-vous.

Peu après la séparation, je me suis inscris à quelques sites de rencontres.  Il faut dire qu’après avoir passé plus d’une décennie en couple et en cohabitation, me retrouver soudainement seul me laissait un grand vide. 

J’ai commencé par aller sur certains sites qui annonçaient fièrement que l’inscription était gratuite.  J’avais ensuite la mauvaise surprise de constater que si l’inscription l’était, tout ce qui permettait de communiquer avec les autres membres était payant.  Bref, arnaque.

J’ai tout de même fini par en trouver un qui permettait le contact gratuit: Jasez.ca.  À peine eus-je fini de remplir mon dossier avec informations, photo et description, je reçois la notification suivante. (Évidemment, je change ici le nom et la photo) :

 17:30

Le membre HELLène666 vous a envoyé une suggestion de jasette.

Une suggestion de jasette, c’est quand une personne survole ton profil (Traduction: Ne regarde que les photos de la liste des nouveaux membres) et qui envoie l’équivalent d’un poke / salutation  à ceux qui ont l’air d’avoir une binette pas trop vomitive.  Option parfaite pour les gens qui ne veulent même pas se donner la peine de visiter ta fiche et t’écrire un truc personnel démontrant qu’elle t’a lu.

Je regarde la photo de la fille.  Elle est jeune et jolie.  Je trouve même qu’elle est peut-être un peu trop belle pour être vraie.  Tirant leçon de mes mauvaises expériences sur les sites précédent, je décide d’être prudent dans ma réponse. 

17:37

Bonsoir.
Ceci est ma première fois sur un site de rencontres depuis 2009, alors j’espère que cette suggestion de jasette me vient d’une vraie personne et non d’un programme automatique. 😉 

Voilà! Si c’est un programme automatique, je me ferai répondre n’importe quoi.  Et si c’est une vraie fille, je m’attends à une réponse à la « Ha! Ha! rassure-toi, je suis une vraie personne. », et c’est sur cette note joyeuse que le dialogue pourra s’engager. 

La réponse ne tarde pas, car une minute plus tard… 

17:38

Humm
En voila une question idiote
Tu travaille dans quoi pour demander une stupidité comme ça?

Woah boy!  Je sens un peu d’hostilité ici. 

En général, lorsqu’une personne te pose une question dans le genre de « Tu travailles dans quoi? » , surtout si c’est suivi par « pour demander une stupidité comme ça« , tu peux être certain que tout ce que tu diras ne servira qu’à te rabaisser.  Si tu réponds un travail bas de gamme, elle dira « Alors là, ça ne me surprend pas! »  Et si tu réponds un truc haut de gamme, alors ce sera plutôt dans le genre de: « Ah? Bizarre! D’habitude, ces postes-là sont occupés par des gens intelligents. »

Mais bon, qui sait, peut-être que son irritation face à ma question est due à un problème extérieur.  Je vais donc répondre avec courtoisie:  

17:41

Je doute qu’un programme dirait « Humm ».  Voilà qui répond à ma question.
Je suis homme à tout faire dans un garage de bus.  Mon travail porte le titre peu glorieux de « concierge ».

Voilà.  Réponse simple, efficace, à la syntaxe irréprochable, à l’orthographe parfaite, dans un ton neutre et désarmant.  Attendons la suite. 

17:42

J’ai été plutôt fâchée de me faire traitée de programme…il y a 12 ans de ça je disais à un de mes profs que je connais les ordi. oses-tu dire que t aussi con qu’un ordinateur?

Oses-tu dire que tu es aussi con qu’un ordinateur?… Bon!  Ça ne peut pas être plus clair, cette fille tient à me rabaisser.  Au lieu de répondre à sa question, essayons de désamorcer. 

17:45

Alors désolé pour ça. Je n’avais aucune intention d’être désagréable. Je viens de m’inscrire et je suis encore à l’étape de me familiariser avec l’endroit. Sur ce genre de sites, il vaut toujours mieux être prudent. D’où ma question.

17:47

Pourquoi tu viens ici si tu penses autant de négativité de ce site ?

Elle insiste, cette fois avec des accusations farfelues.  Une tentative de me faire passer pour un cave, en démontrant que je me contredis. 

À ce point-ci, je pourrais juste la bloquer et passer à une autre.  Je ne peux tout de même résister à l’opportunité de continuer de lui démontrer que de nous deux, c’est elle qui est irraisonnable ici.  La tactique: Garder mon calme, en répondant sans me justifier, sans être sur la défensive, en donnant une explication claire. 

17:51

Je ne pense pas de négativité de ce site, mais il faut quand même rester prudent.  Comme je dis, je débute ici, je ne connais pas l’endroit. 

Avant d’arriver ici, je me suis inscris à plusieurs autres sites, qui tentaient de me faire accroire que je recevais plein de messages de femmes top-modèle, et me proposaient une inscription payante afin que je puisse lire les dits messages.  La chose était évidemment une arnaque, puisque je ne m’étais qu’inscris, sans avoir encore mis de photo ni de description.

Bref, j’étais juste prudent, d’où ma question. 🙂

 Je ne pense pas pouvoir être plus clair que ça.  Toute personne un tant soi peu raisonnable trouverait cette réponse satisfaisante et passerait à autre chose.  

17:52

Sérieusement si tout ce que tu trouves à dire aux gens qui te contacte c’est que tu penses qu’ils sont des fakes, abstiens toi de répondre à leurs messages.  C’est pas comme si tu pouvais te permettre d’être parano.  T’es pas le seul gars sur le site et t’es loin d’être le plus attirant tsé.

Mais voilà, on ne peut raisonner qu’avec des personnes raisonnables.  Rendu là, plus l’ombre d’un doute possible; je peux me permettre d’affirmer qu’il n’y a rien de bon à tirer de prolonger le contact avec cette personne. Je mets donc fin à la conversation. 

17:55

Merci, je me souviendrai de ce conseil.
Sur ce, je vais me préparer à souper. Bonne soirée.

17:55

C’est ça, fuit, c»’est tellement plus facile que se regarder en face

Classique!  Elle tente de me garder dans le conflit en jouant sur mon orgueil.  Ça ne marche pas.  Je la bloque.  Face à une personne qui ne cherche qu’à dire / penser / prouver du mal d’autrui, on n’a pas à ressentir le besoin de se justifier.

Suite à ce premier contact qui a gâché mon arrivée sur ce site, mon tout premier sentiment face à cette discussion fut de ressentir quelque regrets d’avoir commencé le dialogue en lui posant cette question stupide.  Puis, je me suis ravisé. Non, ma question n’était pas stupide.  C’était de la simple prudence de base, et nullement la manifestation d’un sentiment de paranoïa comme elle le prétend.   De plus, ma question n’était en aucun cas une insulte.  Elle n’avait donc aucune raison d’y réagir ainsi. 

Alors au contraire, puisque ma question m’a permis de voir, dès le départ, la vraie personnalité de cette fille, c’est une très bonne chose que je la lui ai posée.  Ça m’a évité bien des déboires futurs.

___________

La suite dans quelques jours avec une autre expérience, et ma façon d’y mettre fin de manière rapide et efficace.

La pire des manipulations amoureuse et sexuelle

Dénoncer ce genre de comportement, c’est parfois mal interprété.  Car bien que le but est d’informer et éduquer les victimes potentielles, certaines personnes craignent que d’exposer les trucs des manipulateurs, c’est l’équivalent de donner un manuel d’instruction pour encourager les gens à le devenir.  À ça je répond: Rien à craindre.  La manipulation, c’est comme l’orientation sexuelle: C’est quelque chose que l’on est ou que l’on n’est pas.  Ceux qui le sont connaissent déjà les trucs et les utilisent.  Et ceux qui ne le sont pas ne vont certainement pas le devenir.  Le seul changement que cette connaissance va leur apporter, ce sera d’être désormais capable de reconnaître la situation pour mieux l’éviter.

Donc… :

De toutes les manipulations amoureuses et sexuelles, j’ai décidé d’exposer l’une des plus insidieuses :  Celle qui pousse la victime à accepter volontairement à se soumettre à n’être rien de plus qu’un objet sexuel

Afin de faciliter la lecture, je vais rester dans le cliché accepté et reconnu comme quoi le manipulateur est un homme et sa victime une femme.  De toute façon, vous saurez bien adapter les exemples à votre vécu, s’il y a lieu.  Alors ça va comme suit.

Portrait typique de ce genre d’homme:  Dès le départ, oubliez Christian Grey, des 50 shades of.  Celui qui s’adonne à ce genre de manipulation n’est ni beau, ni athlétique ni riche.  Consciemment ou non, il souffre d’un complexe d’infériorité (parfois relié à son physique) qui lui donne l’impression qu’il n’est pas à la hauteur lorsque face aux femmes.  Et c’est là qu’est la source de sa perversion.  N’ayant pas l’impression qu’il puisse garder une femme dans une relation égalitaire, il cherchera à avoir le contrôle total sur elle.  Pour ce faire, il a besoin de la dominer.  Or, dans le cas d’une personne souffrant de complexe d’infériorité, il ne se sentirait jamais capable de se placer au-dessus d’elle.  Il se rabat donc vers la solution alternative: La descendre plus bas que lui. 

Choisir sa victime: Une victime de choix.   Ce ne sont pas toutes les femmes qui peuvent se laisser facilement manipuler.  Cet homme le sait bien.  Aussi, il est à l’affût d’un genre en particulier.

Portrait typique de ce genre de femme:  Elle est sociable, un peu timide, mais tout de même relativement à l’aise en groupe.  En amour, elle n’a jamais vraiment eu de chance.  Son ex, ainsi que la majorité de ses prédécesseurs, avaient généralement tendance à la rabaisser, à lui faire des reproches.  Elle qui était pourtant si gentille avec eux.

Le manipulateur reconnait d’instinct en elle la proie parfaite.  Aussi, peu importe les circonstances de leur rencontre, il devient vite très amical avec elle.  Il se montre gentil, intéressé, oreille attentive.  La fille retrouve en lui toutes ces qualités qu’elle espérait en vain chez ses ex.  Puis, au bout d’un certain temps, peu importe que ce soit lui ou elle qui fasse les premiers pas, le résultat est le même: Ils finissent ensemble.

Et c’est là que, sexuellement, ils arrivent à:

L’ÉTAPE 1: Adoration inconditionnelle de tout ce qu’elle est.
Dès leurs toutes premières relations sexuelles, il est vraiment l’amant parfait.  Il est doux, il est expérimenté, et surtout, il est respectueux.  Car jamais il n’osera faire quelque chose sans d’abord lui demander son avis.  Et plusieurs fois, il ira lui rappeler qu’elle peut dire non à tout moment.  Et malgré tout, il se montre très passionné, très désirant, et ne cesse de lui montrer en paroles et en gestes. 

Par-dessus tout, vers la fin de la séance, il la complimentera sans retenue sur son sexe: Il est chaud, il est doux, il est étroit, il est confortable, et il me manquera pas de lui dire combien il adore la faire jouir avec sa bouche, tellement il apprécie son goût.

La fille, agréablement surprise d’avoir enfin trouvé la perle rare, est comblée, heureuse, amoureuse comme jamais.

Quelques temps plus tard, alors qu’il sent qu’elle est mure pour ajouter quelque chose dans leur routine, il passe à:

L’ÉTAPE 2: Lui retirer son statut de femme adulte.
Il lui suggère, mais toujours en la rassurant qu’elle peut refuser, un petit jeu de rôle.  Cette fois-ci, il lui dira quoi faire, et elle n’aura qu’à obéir.  Cette idée amuse la fille.  Elle se dit que pourquoi pas.  Après tout, il est si gentil, si respectueux, si bon amant… Si ça peut lui faire plaisir, elle n’est que trop heureuse d’accepter.

Au fil de leurs séances de sexe, il installe peu à peu le ton.  Il la fait mettre à genoux devant lui.  Elle doit l’appeler Monsieur et lui dire vous. Elle reçoit la fessée.  Se fait mettre en punition.  Bref, il l’infantilise.  Elle agit comme une enfant, et donc cesse d’agir en femme.  Il se masturbe et éjacule sur ses seins, sur son visage. 

Là encore, jamais il n’osera faire quelque chose sans d’abord lui demander son avis.  Et plusieurs fois, il ira lui rappeler qu’elle peut dire non à tout moment.  Mais elle, reconnaissante de son respect, n’est que trop heureuse de le laisser faire.

Et là encore, il la complimentera sans retenue sur son sexe. 

Après la baise, alors qu’il la câline doucement, il ne manquera pas de lui dire à quel point elle est sexy, avec son sperme au visage et aux seins.  Sur ce dernier point, il choisit subtilement ses mots.  Il ne lui dit pas qu’il la trouve sexy.  Il dit qu’elle est sexy.  Ça peut paraître minime, mais c’est une variante qui fait toute la différence dans l’idée qu’elle aura d’elle-même par la suite.

Quelques temps plus tard, alors qu’il sent qu’elle est mure pour ajouter quelque chose dans leur routine, il passe à:

L’ÉTAPE 3: Lui retirer son statut d’être humain. 
Il lui suggère, mais toujours en la rassurant qu’elle peut refuser, un petit jeu de rôles.  Cette fois-ci, il utilisera un langage un peu plus cru, et fera d’elle son animal obéissant : Sa chienne.  Il utilisera des termes comme chienne en chaleur, et des te baiser comme une chienne.  Il lui dira quoi faire, et elle n’aura qu’à obéir.  Cette idée surprend un peu la fille au début.  Mais bon, elle est déjà habituée à obéir à ses ordres.   Sa suggestion est bien mineure comme changement.  Aussi, elle se dit que pourquoi pas.  Après tout, il est si gentil, si respectueux, si bon amant…  Elle n’est que trop heureuse de lui procurer du plaisir en retour.

(Détail: Étant donné la connotation négative et insultante qu’a le mot chienne, il arrive souvent qu’ils optent plutôt pour la chatte.  Ce qui est encore mieux, étant donné le sens sexuel de ce mot.)

Au fil de leurs séances de sexe, il installe peu à peu le ton.  Il la fait mettre à quatre pattes.  Elle portera un collier et/ou de fausses oreilles animales.  Elle ne s’exprimera qu’en sons d’animaux.  Bref, il la bestialise.  Elle agit comme un animal, et donc cesse d’agir en humain.  Il se masturbe et éjacule sur ses seins, sur son visage. 

Là encore, jamais il n’osera faire quelque chose sans d’abord lui demander son avis.  Et plusieurs fois, il ira lui rappeler qu’elle peut dire non à tout moment.  Mais elle, reconnaissante de son respect, n’est que trop heureuse de le laisser faire.

Et là encore, il la complimentera sans retenue sur son sexe.  Et là encore, après la séance, il ne cessera de lui dire à quel point elle a été parfaite, excitante, sexy.

En général, ces pratiques ne dépassent pas l’étape 2 ou 3.  Cependant, certains hommes vont pousser la chose plus loin:

L’ÉTAPE 4: Lui retirer son statut d’être vivant, en faisant d’elle sa poupée.  Il lui fera porter certaines pièces de vêtements, en lui disant bien que dès qu’elle sera habillée, alors elle n’aura plus la permission de bouger ni de dire un mot, autre que le safe word (Mot de code permettant de tout arrêter.)    

L’ÉTAPE 5: Lui retirer son sa forme humaine, en faisant d’elle son objet sexuel.  Cette fois, plus question de songer à son plaisir à elle.  Il l’introduit au principe du deep throat : Elle doit se coucher sur le dos, sur le lit, la tête pendante sur le rebord, ouvrir grand la bouche, et ne pas bouger tandis qu’il lui pénètre la gorge comme un vagin.  Bien sûr, elle a encore droit au safe word… Mais comment pourrait-elle le prononcer pendant cette pratique, si elle change d’idée en cours de route?  Elle devra donc se résigner à le laisser faire.

L’ÉTAPE 6: Lui retirer son statut d’objet sexuel, en faisant d’elle un objet qui, bien que intime, n’a plus rapport avec le sexe.  Généralement, sa toilette.  

Rares sont ceux qui se rendent jusque-là car pour ce faire, il faut être particulièrement pervers.  N’empêche que la méthode reste la même:  Dépouiller peu à peu la femme de tout ce qui constitue son identité en tant que femme, en tant qu’être humain, en tant qu’être vivant.  Et ce, tout en continuant de lui montrer à quel point il apprécie son sexe, et à quel point elle est belle lorsque soumise à lui.

Ceci dit, peu importe à quelle étape la relation se stabilise, une chose ne change pas:  À force de se faire seulement apprécier au niveau du sexe, et dénigrer en tant que femme, qu’adulte, qu’être humain, la fille se laisse peu à peu conditionner à ne plus voir en elle-même de valeur en tant que femme, ni adulte ni être humain.  Sa seule valeur, elle n’en voit plus que dans son sexe.

Ce changement dans son estime personnelle se passe au niveau de l’inconscient, tellement le travail du manipulateur est subtil.  Elle constate cependant elle-même combien elle a pu changer sur un autre sujet:  Tout ce qu’elle n’aurais jamais accepté de faire avec ses ex, elle le fait volontiers avec lui.  Et puisqu’il lui a toujours laissé le choix, alors elle croit que son statut de soumise, d’infantilisée, d’animale, d’objectifiée, que ça vient d’elle.  Il n’a fait que l’aider à se découvrir elle-même, voilà tout.

Et c’est là qu’elle fait erreur.  Deux erreurs, pour être précis. 

Première erreur :  Toutes ces idées, là, de jouer à l’enfant, à la chienne (ou à la chatte), à la poupée…  Est-ce que c’est venu d’elle?  Non!  Tout ça, c’est venu de lui.  Parce que sinon, jamais elle n’y aurait pensé par elle-même.  Dans de telles conditions, lorsqu’elle dit que c’est ce qu’elle est vraiment, elle se trompe.   

Seconde erreur :  Bon, d’accord, l’idée de jouer à l’enfant, à la chienne (ou à la chatte), à la poupée, ça ne venait pas d’elle.  N’empêche qu’il lui a laissé le choix, et qu’elle a accepté.  Donc, ça doit bien être la preuve comme quoi oui, c’est ce qu’elle est vraiment

Mais voilà, il ne faut pas oublier un détail important: Si cet homme a choisi cette fille en particulier, c’est parce qu’elle souffrait d’être rabaissée par les autres hommes, qui lui manquaient de respect, qui lui faisaient des reproches.  Tout ce qu’il a eu à faire pour gagner les faveurs de cette fille, c’était de se comporter de manière inverse avec elle.  Il l’a toujours respectée.  Il l’a toujours fait sentir spéciale.  Dans de telles conditions, il n’y a rien d’étonnant à ce qu’elle tient à lui rendre la pareille, en acceptant de lui faire plaisir, en VOULANT lui faire plaisir.  Et puisqu’elle aime lui faire plaisir, alors elle a cru qu’elle aimait faire ça.  Il l’a conditionné à confondre l’aimer lui avec aimer ces pratiques.

Et c’est comme ça que, patiemment, au compte-goutte, non seulement a-t-il réussi à lui faire accepter de ne plus être autre chose qu’un objet sexuel, il a réussi à lui faire croire à chaque étape que tout ça, c’était ses décision à elle.

Puisqu’elle considère (de manière erronée) qu’il s’agit de la plus géniale relation de couple de sa vie, elle ne peut s’empêcher d’en parler dans tous les détails à son entourage, à  la grande horreur de ces gens qui l’aiment, de la voir ainsi être devenue un enfant / animal / objet sexuel soumis et rabaissé. Par conséquent, si une tierce personne essaye de lui ouvrir les yeux sur sa condition véritable de soumise et de rabaissée, la fille ne voudra rien savoir.  Elle répondra alors des trucs du genre de:  « Pourquoi tu essayes de te mettre entre nous deux?  Pourquoi essayes-tu de gâcher mon bonheur?  Tu ne le connais pas.  Tu ne sais rien de lui. Tu ne connais rien de ce qu’il y a entre nous.  Tu ne connais rien aux pratiques BDSM. Je sais parfaitement ce que je fais, et je le fais en toute connaissance de cause. Tu ne sais pas de quoi tu parles.  Et puis d’abord, ça ne te regarde pas. »

Et lui, lorsque cette confrontation lui arrivera aux oreilles, il ressentira une grande satisfaction, de voir qu’il a atteint son but.  Il est respecté par une fille qu’il ne respecte pas.  Il est tenu en haute estime par celle qu’il ne fait que rabaisser.  Il l’a manipulée à croire qu’elle n’a jamais été manipulée.  Et il a tellement bien réussi son coup qu’elle protège son agresseur, et elle agresse ses protecteurs.  Il contrôle ce qu’elle fait, ce qu’elle est, et même ce qu’elle aime.  Il a donc le contrôle total sur elle, à tout les niveaux.

Et c’est là sa plus grande force: Puisque tout le monde doit respecter ce qui se passe entre adultes consentants, il a su faire de la fille une victime consentante.