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A propos Steve Requin

Auteur, blogueur, illustrateur, philosophe amateur et obsédé textuel.

Mon année 2012, partie 5: La facilité de se trouver un emploi.

Il y a 2 ans, dans mon billet Les Trois Raisons Possibles de l’Échec,  je parlais d’un problème qui me faisait obstacle dans ma recherche d’emploi, soit le côté artistique de mon CV.  En effet, à chaque fois que je me cherchais un travail physique, ils regardaient mon CV, voyaient des trucs comme Safarir et l’École Nationale de l’Humour, et en arrivaient à la conclusion erronée (quoi que logique) que je cherchais juste une job quelconque en attendant de percer dans le milieu artistique.

L’affaire, c’est que la réalité était l’inverse. Tanné du travail à la pige instable et mal payé, j’ai décidé de mettre ça derrière moi en faveur d’un travail stable, à temps plein, à revenu régulier. C’est en faisant des recherches d’emploi que je me suis rendu compte que pour les gens avec peu ou pas d’expérience, les jobs de bras étaient plus payantes que le travail de bureau. D’où mes tentatives d’être embauché dans le domaine. Hélas, mon CV artistique ne faisait que me nuire.

Lorsque la solution à mon problème m’est venue en tête, je n’en revenais pas de ne pas y avoir pensé avant, tellement c’était simple : Me mettre à la place de mon futur patron. Me dire : Et si c’était moi l’employeur… Qu’est-ce que je voudrais entendre? Qu’est-ce que je voudrais voir? Qu’est-ce qui me pousserais à l’employer lui alors que jamais je ne donnerais sa chance à l’autre? Le simple fait de me poser ces questions m’a amené à transformer radicalement les différentes facettes et éléments de ma recherche d’emploi.

MON CV :
Si j’étais patron : Si je cherche un travailleur solide physiquement et que je reçois un CV dans lequel la moitié de ses expériences (les plus récentes en plus) sont artistiques, c’est sûr que je vais le mettre de côté au profit d’un qui n’a que des expériences de travail physique.
Alors ce que j’ai fait : Au début de 2011, j’ai fait application pour travailler dans un garage de bus.  J’ai tout simplement enlevé les détails artistiques de mon CV.  Comme ça, au lieu de le jeter, il m’a appelé pour me demander pourquoi il y avait de grands trous dans ma liste d’expérience. Je lui ai dit la vérité : Parce que j’ai mis la vie artistique derrière moi, et parce que ces expériences me handicapaient dans mon CV. Il a compris. J’ai été embauché.

MA SITUATION GÉOGRAPHIQUE
Si j’étais patron : Je voudrais d’un employé qui habite près, et ce pour deux raisons : C’est plus pratique lorsqu’il faut appeler quelqu’un pour faire du remplacement de dernière minute, et je n’ai pas à craindre les retards et l’absentéisme pour cause de le bus n’est pas passé / le métro est arrêté / l’auto est en panne.
Alors ce que j’ai fait : À tous les jours, j’allais sur Emploi Québec et je ne consultais que les annonces de mon quartier.  Les gens me disaient que c’était une erreur, et que si je voulais vraiment travailler j’irais prendre la job là où elle est.  Eh bien j’ai eu raison de m’obstiner car ça ne m’a pris qu’un mois avant de trouver du travail au garage de bus de mon coin. J’y allais à pied ou en vélo.

MON PHYSIQUE
Si j’étais patron d’une boutique de vêtements pour jeunes, je voudrais des vendeurs jeunes, minces, beaux, qui ont du style. Si j’étais patron d’un magasin d’équipement de sport, je voudrais des vendeurs d’allure sportive, en forme, en tenue de gym.  Et si j’étais patron d’un garage de bus, je voudrais un employé solide, costaud, habillé de façon qui démontre qu’il n’a pas peur de se salir.  Il y a une raison pourquoi existe l’expression Avoir le physique de l’emploi.  Dès le premier coup d’œil sur ton allure, le patron sait déjà si ça vaut la peine de te faire passer une entrevue ou non.
Alors ce que j’ai fait : À ce moment-là, je venais de passer tout l’hiver à m’entrainer à la course, en plus de faire des poids. J’étais athlétique, costaud. J’étais trop vieux pour être vendeur dans des boutiques, surtout sans expérience au niveau de la vente. Par contre, j’avais le physique requis pour travailler dans un garage de bus.

MON COMPORTEMENT PENDANT L’ENTREVUE
Si j’étais patron : Je voudrais d’un candidat avec qui le courant passe bien.  Quelqu’un avec qui la communication se fait aisément. Quelqu’un qui est à l’aise avec moi, surtout si on est pour travailler ensemble.
Alors ce que j’ai fait : Tous ceux qui se sont butés à la difficulté de se trouver un emploi se sont tous fait donner les mêmes conseils : Assis-toi droit, regarde-le dans les yeux, garde le sourire… Hélas, la majorité des gens poussent la chose trop loin, et l’intervieweur se retrouve face à un candidat raide comme une statue, au sourire figé et qui le regarde pendant 17 minutes sans cligner des yeux.  Alors je me suis tout simplement détendu en me disant qu’après tout, à part pour son poste, c’est un gars tout à fait normal et pareil que moi. Il y a moyen de rester poli et respectueux sans avoir l’air d’un robot, et d’être détendu et à l’aise sans être exagérément familier.

MON EXPÉRIENCE
Si j’étais patron d’un travail qui demande de l’expérience, c’est évident que je ne voudrai embaucher que ceux qui en ont. Mais si c’est pour un travail simple dans lequel on fournit le training, n’importe qui fera l’affaire.
Alors ce que j’ai fait : Je n’ai pas perdu mon temps à regarder les emplois demandant une expérience que je n’avais pas. Voilà pourquoi j’ai fait application dans l’entretien ménager :  Tout le monde sait faire du ménage. Le reste, ils te l’apprennent.

Jusqu’ici, je ne parle que de mon travail dans le garage de bus, que j’ai eu d’avril 2011 à aout 2012. Dès que j’ai démissionné du garage, je me suis mis à chercher un travail une coche au-dessus : Concierge dans un édifice à appartements.  Parce que là, j’avais de l’expérience pour un boulot qui en demandait. Après deux semaines et demi à visiter quotidiennement Emploi Québec, j’ai trouvé ma job idéale : Concierge/homme à tout faire dans un bloc de 22 étages, meilleur salaire qu’au garage, logement + électricité + chauffage + internet + téléphone + câble fourni gratis.

MON CV
Puisque cette fois j’avais derrière moi 16 mois d’expérience dans un travail similaire, je me suis permis d’y remettre mes expériences artistiques, histoire de montrer que j’ai passé la majorité de ma vie à travailler.  Le fait que j’ai donné ma démission correctement, tel que vu dans le billet précédent, n’a pas dû nuire lorsqu’ils ont contacté mon dernier employeur.

MES DOCUMENTS
Je suis arrivé préparé. J’avais avec moi tous les documents imaginables :

  • Mon CV avec toutes les coordonnées de mes employeurs.
  • Mes cartes.
  • Mes 2 derniers baux.
  • Mon passeport.
  • Un spécimen de chèque de mon compte de banque.
  • Mon certificat de naissance.
  • Une liste de questions.
  • Une lettre de présentation.
  • Une 2e lettre, celle-là je vous en parlerai plus tard.

Je doute fort que les autres candidats étaient aussi préparés que moi. En démontrant à mon futur employeur à quel point je suis une personne organisée, que j’ai ce qu’il veut de moi au moment où il en a besoin, ça me donne une longueur d’avance sur les autres.

LA LETTRE DE PRÉSENTATION
On n’accorde jamais assez d’importance à la lettre de présentation parce qu’on est portés à croire que tout ce que l’on pourrait y écrire, on va le dire pendant l’entrevue anyway. Eh bien moi, j’ai deux bonnes raisons pourquoi je tenais à en écrire une :

  1. La mémoire est une faculté qui oublie.  Plus l’employeur passe d’entrevues, plus il sera difficile pour lui de se souvenir de qui lui a dit quoi.  La lettre de présentation fait donc de moi la seule personne de qui il lui est facile de tout de se rappeler.
  2. Plus l’employeur a d’entrevues à passer, moins il a le temps de me poser les questions qui l’aideront à comprendre pourquoi je suis un meilleur candidat que les autres. Voilà pourquoi j’ai bien pris le temps de lui (d)écrire tous les aspects de ma personnalité qui sont compatibles avec ce travail en particulier.

LA LISTE DE QUESTION
Ça aussi c’est important, parce que ça démontre à l’employeur que l’on est vraiment intéressé à avoir ce travail.  Dans mon cas personnel, lorsque la madame qui m’a passé en entrevue est venue pour conclure en me demandant si j’avais des questions, j’ai sorti ma liste en lui disant que des dix que j’avais, il n’y en a que quatre dont nous n’avons pas discuté.

NE RIEN AVOIR À CACHER
Lors de l’entrevue, après avoir répondu à mes dernières questions, la madame me donne un document et me dit : « Ça c’est un document que tu dois signer, dans lequel tu déclares nous donner l’autorisation de faire une enquête à ton sujet.  Parce que tu comprendras qu’on ne va pas donner les clés de 260 appartements à quelqu’un qui a un dossier judiciaire pour vol, hein? Ha! Ha! Ha! »  Finalement, ce fut après 24 heures et non 48 qu’elle m’a appelé.  Elle me dit : « Bon ben le rapport de la GRC vient d’arriver.  Fa que, si t’es prêt, tu commences demain matin à 8am. »

Et voilà comment un gars qui a passé vingt ans de sa vie à avoir une carrière artistique a pu se décrocher un bon travail physique bien payant.

NEXT: partie 5B: Les erreurs à ne pas commettre

Mon année 2012, 4e partie: Un bel été!

JUILLET 2012

Je ne sais pas si c’est le fait que je manipule une lourde pompe à diésel de 20 à 30 fois par jour depuis un an, mais je commence à avoir mal aux coudes à chaque fois que je le fais. Peu importe, j’ai pris les deux dernières semaines du mois pour mes vacances, je pourrai me les reposer à ce moment-là. Le truc étrange, c’est que tout le monde, autant mes boss que mes collègues, sont surpris que je prends mes deux semaines collées. Tant pis si ça leur cause des problèmes d’horaire, avec tout le temps supplémentaire que j’ai fait en un an, je mérite bien mon repos.

Quoi que repos c’est vite dit. Je passerai la première semaine de vacances avec mes parents, et eux sont loin d’être reposants.  Surtout mon père qui est un enragé verbal au volant. Alors pour ce qui est du trajet Montréal-Québec…

C’est à cette occasion que je reverrai mon fils ainé pour la première fois depuis quatre ans. C’est maintenant un homme et un fier papa. Je demande à ma belle-fille de nous prendre en photo tous les quatre…

… histoire de poursuivre la tradition familiale de prendre 4 générations sur la même photo.

Le 21 juillet, j’ai 44 ans.  Je passe cette journée exactement comme je le planifiais : Étendu confortablement sur mon divan, devant la télé, canettes de Diet Pepsi glacé à la main, bien au frais dans mon appartement au sous-sol, une brise fraîche qui entre par la fenêtre, mon chat ronronnant couché sur mon ventre.  Calme, relaxation, détente, bonheur. C’est fou comment ma conception de l’anniversaire idéal a pu changer en 25 ans.  Si j’avais passé le jour de mon 19e anniversaire de cette façon, je me serais trouvé loser en #@/$?&!!

À temps perdu, j’écris ce qui deviendra mon texte le plus populaire de tous les temps: Quelques comportements qu’il faudrait cesser d’avoir sur Facebook.  Plus de 62 000 visites en une semaine, dont 21 860 pour le 2e jour. Ça fait changement de mes habituels 50-à-120 visites quotidiennes. J’ai apparemment mis le doigt sur un sujet d’intérêt public, car une dizaine de stations de radios en ont parlé en ondes, sur leur page Facebook et leurs Twitter. Jusqu’à l’émission Salut Bonjour qui en a fait une capsule à la télé au matin du 3e jour.


AOUT 2012

De retour au travail.  Je suis déçu de constater que mes coudes ne vont pas mieux du tout. Je décide qu’il est temps de changer de métier.  Je me dirige au bureau de mon grand boss pour lui dire que je suis prêt à passer mon test pour mon permis de classe 2 à la SAAQ. Une surprise m’attend: On m’apprend qu’il ne travaille plus ici. Eh non!  Il se trouve que les dirigeants de la compagnie, situés à Toronto, ont envoyé des cravates (représentants unilingues anglais) ici afin de faire le ménage.  Lundi dernier, quand mon boss s’est présenté au bureau, toutes ses affaires l’attendaient dehors, et on l’a sommé de rendre ses clés et ses cartes. Il était renvoyé.  Son crime: Être trop relax avec les employés, trop généreux, pas assez à-cheval sur le règlement. Ainsi, son offre de me prêter un autobus pour mon test sur la route n’a plus aucun pouvoir maintenant qu’il n’est plus là, pas plus que celle de faire payer mon test par la compagnie puisque je serais à leur emploi. Maintenant, si je veux être chauffeur, c’est $3000.00. Je vis tout juste au niveau de mes moyens avec mes revenus actuels.  Comment est-ce que je vais pouvoir économiser cet argent-là?

Fiston décide lui-aussi de prendre des vacances.  Il viendra une semaine à Montréal, semaine où il logera chez moi.  Il (re)visitera plein d’endroits où il a passé son enfance. Il le fera avec moi quand je suis libre, ou bien seul à vélo quand je travaille. Quoi que, quand j’arrive chez moi peu avant minuit après le boulot, on ne va pas se coucher pour autant: Pizzas, pogos, visite au McDo pour sundaes et McFlurries, etc.

Un coin en particulier que l’on visite se transforme bien malgré nous en aventure d’exploration urbaine: Alors que le soir tombe, je l’amène à La Petite Ferme du Parc Angrignon, où sa mère et moi l’amenions parfois lorsqu’il était petit. Les portes du côté sont grandes ouvertes, il n’y a aucun gardien, rien. Nous entrons, sans savoir que la place est à l’abandon depuis quelques années. Y’a pas à dire, il n’y a rien de plus creepy qu’un parc pour enfant non-entretenu et laissé à l’usure du temps. Nous en faisons le tour, nous prenons quelques photos et repartons. C’est lorsque nous revenons le lendemain pour visiter la place en plein jour que l’on se fait dire par les gardiens de la place que le parc est fermé au public.  Ça a l’air que notre présence ici hier était illégale. Mais bon, c’était une erreur honnête. Ce n’est pas comme si on était entrés par effraction, ni comme si on s’était cachés non plus. Fiston retourne à Québec, bien heureux de sa visite.

Quant à moi, au travail, je me fais convoquer au bureau d’une des cravates. Il me dit qu’il a étudié mon dossier, et il a vu que depuis que je travaille là, j’ai fais pas moins de 6 accrochages en conduisant des bus. Or, la politique de la compagnie, c’est un renvoi après 3.  Il consentent cependant à me garder puisque mon chef d’équipe lui a fait bien comprendre qu’ils sont toujours en manque de personnel au garage (Y’a une raison pourquoi j’ai fait autant de temps supplémentaire en un an).  Cependant ils me collent un 3 jours de suspension sans solde, en m’avertissant bien qu’au prochain incident/accident, ce sera le renvoi immédiat.

Trois jours plus tard, de retour au travail, j’ai des doutes quant à mon avenir dans cet endroit. S’ils m’ont suspendus 3 jours pour des accidents mineurs, je doute qu’ils voudront me donner un poste de chauffeur. Finalement, alors que je pose des questions à un chauffeur au sujet de comment en devenir un, il me dit que selon la politique de la compagnie, on ne peut pas le devenir si on est myope à un degré plus que -5.00.  … Je fais -9.25 d’un oeil et -10.00 de l’autre.  Donc en résumé:

  • Je n’ai pas le 3000$ pour me payer les cours.
  • Les boss ne vont certainement pas m’engager même si je deviens chauffeur.
  • Je suis trop myope pour le devenir anyway.
  • Je risque de perdre ma job actuelle à tout moment, au moindre accrochage.
  • Même si je n’accroche plus rien, mes coudes me font de plus en plus souffrir à manipuler la pompe à diesel.

Voyant que je n’ai plus aucun avenir dans cette compagnie, j’en viens à la conclusion que j’y ai fait mon temps. J’ai eu bien assez de me faire estropier les pieds, ça ne me tente pas de faire pareil avec mes bras.

Le 30 aout, je remet ma démission à mon chef d’équipe. Ma décision est sans appel. L’administration est surprise de me voir arriver avec ma lettre de démission, en rendant mes clés, ma carte, mes uniformes, prêt à remplir les documents de démission.  Il parait que je suis le tout premier employé d’entretien du garage  à le faire en bonne et due forme depuis l’ouverture de cette succursale, tous les autres ayant démissionné en sauvage en cessant tout simplement de rentrer travailler.

Oui, je pars comme ça, sur un coup de tête, sans avoir une autre job en vue et sans la moindre intention de demander chômage ou BS. D’abord, j’ai placé assez d’argent dans les Obligations d’Épargne du Canada pour pouvoir vivre là-dessus jusqu’à la fin de l’année s’il le faut.  Ensuite, j’ai confiance que j’arriverai à me trouver autre chose en 3 semaines gros max. Il n’y a aucun doute dans ma tête là-dessus.

À continuer

Mon année 2012, partie 3: Enrique!

Cette anecdote se passe en juin 2012 (du moins, sa conclusion) mais mérite sa propre entrée individuelle.

Depuis qu’il a commencé à travailler au garage, Enrique n’a de cesse d’afficher trois traits qui lui sont propres: Son homosexualité, son narcissisme, et son désir de prouver à tous qu’il vaut mieux que nous. Et il le fait de la façon classique des losers: En essayant de caler plus bas que lui les autres, parce que c’est bien plus facile que de mettre l’effort pour leur être vraiment supérieur.

Être un beau jeune bronzé naturel ne lui suffit pas pour se sentir sécure dans sa capacité de séduire dans sa vie privée.  Il faut que même au travail, il se mette en mode dragueur en beach party: Lunettes soleil, cellulaire, iPad, shorts, cheveux toujours superbement coiffés et gelés, bracelets, pendentif, parfum… Et même s’il porte la chemise de l’uniforme réglementaire, il n’en attache que le bouton au niveau du nombril, histoire d’arborer fièrement son chest fraichement épilé à la cire et son piercing au mamelon gauche. Apparemment, il n’a pas encore compris qu’il y a un temps et une place pour chaque chose.

Je suppose que ça fait peu de temps qu’il a découvert et accepté son homosexualité parce qu’il se comporte en nouveau gay typique, soit en ne manquant pas une occasion de parler de sa vie sexuelle. Ainsi, bien malgré moi,  j’ai appris que:

  • Il suce et avale.
  • Il a souvent trompé son fiancé.
  • Fiancé qui a la plus grosse bite qu’il a eu la chance de voir de sa vie.
  • Bite qui ramollit vite après l’orgasme, d’où le fait que la veille, en se retirant, il lui a laissé le condom au fond du trou d CENSURÉ 
  • Il trouve particulièrement excitant de voir son ex fiancé frencher avec son fiancé actuel dans les soirées d’orgies qu’il se font des fois.

Enrique a le genre de sens de l’humour qui fait fureur dans les forums du net: Insulter les autres pour ensuite prétendre que c’est yink des jokes et que c’est nous qui n’avons pas le sens de l’humour.  Par exemple, un soir où je stationne le bus légèrement décalé de la plaque d’égout où on vide la toilette chimique, il me dit: « J’comprends pas comment t’as pu faire 4 enfants alors que t’es pas capable de bien viser le trou . »  J’ai droit à ce genre de craques de 5 à 10 fois par nuit.

De plus, loin de nous aider, son comportement ne fait que nous nuire dans notre travail. Quelques exemples :

Je viens pour entrer dans un bus pour l’amener au garage.  Enrique, me voyant faire, s’empresse de s’installer au volant.  Comprenant qu’il veut l’y amener lui-même, j’arrête et j’attends.  Il prend le volant à deux mains et ne bouge pas.  Il reste immobile pendant 10 secondes.  Puis, il me demande ce que je fais là. Je lui réponds que j’attends qu’il amène le bus dans le garage.  Il part à rire, débarque et me dit : « Voyons, à quoi tu penses? J’ai pas mon permis! »

Depuis qu’il est entré, il a convaincu son père du bien fondé de nous faire tous trainer un walkie-talkie, encombrante pièce d’équipement pour moi qui a à faire maintes acrobaties dans les bus, sur et sous les bancs, pour faire le nettoyage. Ça tire sur le linge, ça accroche, ça tombe… Et surtout, ça a le démérite de sonner souvent. Il faut alors que je lâche tout, au sens propre comme au figuré, que je me relève et que je réponde. Et c’est toujours Enrique pour poser des questions stupides ou bien faire des remarques inutiles. Celle-là en particulier me hérisse sans bon sens: Il me demande la liste des bus que j’ai nettoyé. Je prends donc ma liste de 12 bus, et lui lis ceux que j’ai rayés, soit du second au huitième.

LUI: Pis le 83888 (le premier sur la liste), pourquoi tu l’as pas fait?
MOI: Y’é pas encore arrivé.
LUI: Ah? C’est bizarre! Comment ça s’fait que je le vois, moi, sur l’écran du GPS?

Cette tentative de me faire passer pour un menteur ou pour un incompétent me fait bouillir le sang. Surtout que j’ai zéro compte à rendre, encore moins à lui, au sujet des bus nettoyés. Je lui explique donc les faits pourtant évidents:

MOI: Parce que y’é arrivé pendant que j’en lavais un autre, comme ça arrive souvent, franchement! Tu saurais ça si tu te servais de ta logique.

Puis je ferme l’appareil, le rempoche et ré-empoigne mon balai, pas mal moins de bonne humeur qu’avant son appel. Le walkie-talkie sonne de nouveau. Je lâche tout de nouveau.

MOI: Quoi?
LUI: Oublie pas de faire le 83888, là!
MOI: Heille, t’as-tu fini de m’interrompre pour dire des messages inutiles?
LUI: I love you! 😀

Oui, c’est une habitude qu’il a pris: À chaque fois qu’il voit qu’il arrive à me faire perdre patience, il fait un petit sourire insolent, me dit « I love you! 😀 « , et il part, fier de son coup. Comme la dernière d’une des nombreuses fois qu’il a fait exprès de m’appeler alors que j’étais au volant d’un bus que je m’apprêtais à rentrer au garage. Ça sonne, je m’arrête, répond, et me fais dire: « Accroche pas le bord de la porte du garage, là! » En sortant, je lui brandit furieusement mon walkie-talkie en disant d’une voix fortement impatiente que cet appareil n’est pas un jouet. Sa réponse: Petit sourire insolent suivi d’un « I love you! 😀 « 

Quand un de mes collègues de travail commet un oubli, par exemple de remettre le bouchon du réservoir d’huile, et que je m’en aperçois, j’agis de la façon normale: Je remets le bouchon moi-même, et je le lui dis (ou non) plus tard. Temps écoulé : 5 secondes. Mais si je travaille avec Enrique et que moi  j’oublie de remettre le bouchon, voici ce qui se passe :

  • Enrique vient me rejoindre alors que je fais whatever autre job.
  • Il me demande si je n’ai pas oublié quelque chose. Je dois prendre le temps de réfléchir.  Mais puisque je l’ai oublié, c’est normal que je ne m’en souviens pas, hm? Je lui réponds alors que non.
  • Il insiste pour que je me rappelle.  Mais rien à faire.  Il ré-insiste comme ça 2-3-4-5 fois, me donnant des indices très vagues qui n’aident pas du tout.
  • Démontrant d’un air fendant qu’il s’amuse de mon manque d’intelligence, il me demande de le suivre.
  • Il m’amène à l’arrière du véhicule. Le panneau d’accès au moteur est fermé. Il me dit : « Pis là? »
  • Je regarde tout l’arrière du bus mais ne vois rien de spécial. Ou alors je vois des trucs qui ont zéro rapport.
  • Après m’avoir fait niaiser comme ça pendant plusieurs longues minutes, il se décide à me dire « Le moteur! »
  • J’ouvre le panneau mais ne vois pas grand chose car on travaille de nuit et la lumière arrière du garage ne tombe pas dans le bon angle pour permettre de distinguer tous les détails d’un moteur noirci par la crasse huileuse.
  • Je dois donc aller chercher ma lampe de poche, revenir, et regarder partout jusqu’à ce que, enfin, je vois que le bouchon d’huile n’est pas remis correctement, sous les railleries condescendante de Enrique amusé que ça m’ait pris autant de temps pour allumer.

Temps écoulé : 5 à 10 minutes.

Maintenant répétez ce comportement de 5 à 10 fois par nuit, sans oublier que lui non plus ne travaille pas pendant qu’il m’empêche de travailler, et vous comprendrez aisément comment il peut nous faire perdre de une à deux heures de travail par shift avec ses niaiseries.

Arrive le 24 juin 2012 au soir.  À ce moment-là, je travaille sur le quart de soir, de 3:00 pm à 11:30 pm. Cependant, le quart de nuit commence à 10:30 pm. Par conséquent, même si je ne travaille plus avec lui, je passe quand même ma dernière heure de travail avec Enrique qui commence le sien.

LUI : Qu’est-ce que tu fais à minuit?
MOI : Je dors!
LUI : Tu ne veux pas rester?
MOI : Pourquoi faire?
LUI : Il y a les feux d’artifices ce soir.
MOI : Et alors?
LUI : On pourrait aller sur le pont pour les admirer en amoureux.

En amoureux?  Il faut vraiment qu’il ne doute de rien pour penser que son physique est suffisant pour séduire un hétéro qui est de 26 ans son ainé. Et si je dis son physique, c’est parce que ce n’est certainement pas avec une personnalité aussi merdique qu’il va me faire reconsidérer mon orientation sexuelle. Il se prend pour le boss, donne des ordres, nous dérange, ne fait que des remarques rabaissantes et condescendantes, ne cherche qu’à prouver que nous sommes des incompétents, nous fait perdre notre temps… Même si j’avais été gay, comment voulez-vous que je ressente de l’attirance pour un petit loser frais chié dans son genre!?

Alors que je termine le ménage de mon dernier bus et que j’en sors pour retourner chez moi, Enrique m’appelle au walkie-talkie et me demande de rester en prétextant qu’ils ont trop de bus pour être capable de les faire tous cette nuit.  J’en regarde le nombre.  Rhonda (la black malcommode) et moi en faisions plus que ça les nuits où nous étions seuls tous les deux. Et là, lui, il veut me faire accroire qu’à trois gars cette nuit, ils n’y arriveront pas? « C’est ça, ouais! » C’est d’ailleurs ce que je réponds avant d’éteindre le walkie talkie pour la nuit. De toutes façons, son père et le grand boss sont les deux seules personnes qui ont le pouvoir de dire qui a le droit de faire du temps supplémentaire ou non. J’ai bien le droit de prendre l’initiative de rester si des employés du shift suivant ne se présentent pas, mais ce n’est pas le cas ce soir.

En arrivant chez moi à 11:42 pm, je constate que mon téléphone ne cesse pas de sonner. C’est Enrique qui me laisse full de messages me demandant où je suis, pourquoi je ne suis pas resté, et de SVP revenir au travail.  Je ne répond pas. Rendu à une heure du matin, je suis obligé de débrancher le téléphone si je veux parvenir à dormir parce qu’il continue d’appeler.

Son comportement et surtout son harcèlement me mettent dans un état de rage pas possible. Et ce qui fait le plus chier, c’est que mes plaintes à son père et à notre grand boss n’ont rien donné. Il me reste quelle option maintenant? La violence physique? Le problème, c’est qu’il a quatre choses en sa faveur qui m’empêchent de riposter:

  1. C’est un mineur. Si je lui met mon pied au cul, j’ai la police sur moi.
  2. Il est homosexuel. Il s’agit qu’un avocat fasse passer mon geste pour un cas de violence haineuse homophobe et je suis fait. Parce qu’en tant qu’homme de 43 ans employé dans un garage, j’aurai assez peu de crédibilité pour faire croire le contraire.
  3. Il est espagnol. Je suis blanc. Si je lui cause des problèmes, je suis un raciste.
  4. Enfin, c’est le fils de mon supérieur immédiat. Si je fais du trouble à son fils, il faut que je m’attende à avoir des problèmes à ma job en retour.

Toute la journée du lendemain, je songe à l’option légale qui est recommandée de prendre lorsque l’on est victime de harcèlement au travail: Demander à un collègue de te servir de témoin, aller voir la personne fautive, et lui demander de cesser son comportement harcelant, incluant sexuel, en concluant par un avertissement comme quoi toute insistance de sa part lui vaudra une poursuite aux tribunaux.  C’est bien joli, mais c’est plus facile à dire qu’à faire.  Je doute que je puisse trouver un collègue qui aura envie d’être témoin d’une situation qui causera le malaise entre eux au travail.  Ensuite,  soyons réalistes… Un homme de 43 ans au physique moyen qui se plaint de harcèlement sexuel de la part d’un beau jeune de 17 ans déjà en couple et fiancé? Pas vraiment crédible! Si ça se trouve, la majorité des gens vont croire que la situation est en réalité l’inverse.

À une heure de la fin de mon quart de travail, je n’ai d’autre choix que de constater que la situation est cul-de-sac pour moi. Peu importe ce que je fais, je vais empirer mon cas au lieu de l’améliorer. De toutes façons, il a beau agir en cave, il n’est sûrement pas idiot. En voyant que j’ai refusé de rester hier et que je n’ai ni répondu ni retourné ses appels, il a bien dû comprendre le message comme quoi ça ne lui sert à rien de continuer de me harceler. Conclusion: Il serait bien plus sage de ma part de ne rien faire, d’oublier ça et de passer à autre chose.

À ce moment, il entre dans le bus.

LUI : Heille, t’as fait un dégât.
MOI : Où ça?
LUI : Les poubelles, dehors. Y’a un sac qui s’est ouvert!
MOI : Ah bon!
LUI : Tu comptes faire quoi?

Je craque!

Après son harcèlement de la veille, cette nouvelle tentative de se prendre pour un boss à qui j’ai des comptes à rendre, tout en me faisant passer pour un incompétent, c’est de trop. Je lâche mon sac de vidanges et je lui dit :

MOI : Fa que là, quoi? Faudrait que j’interrompe mon nettoyage pour aller ramasser les vidanges dehors, choses que je vais faire anyway à la fin de mon shift?

J’aurais pu arrêter là. Mais voilà, une brèche s’était ouverte dans le barrage de ma patience, ça a donc continué de couler :

MOI : T’es-tu capable de faire autre chose que nous faire perdre notre temps avec tes remarques négatives, tes questions stupides, pis les conneries que tu nous lances 10 fois par soirs via les walkie-talkies?

La brèche s’agrandit. Je me lève.

MOI : Sérieusement là, qu’est-ce tu fais icite? Tu nous aides pas, tu nous nuis! Linda pis moi, on a constaté que les nuits qu’on travaillais seuls elle pis moi, on faisait entre 16 et 18 bus. Quant tu travailles avec nous autres, on en fait juste entre 12 et 14. T’es-tu capable de faire autre chose que de nous interrompre pis nous ralentir dans notre job?

Je vois qu’il est étonné.  Il ouvre la bouche pour répondre. Je ne lui en laisse pas le temps. Je marche vers lui et mon ton de voix monte d’une coupl’ de coches.

MOI : À chaque fois que j’essaye de t’en parler, ça sert à rien. Tu réponds quoi? « I love you ! » COUDONC, T’ÉCOUTES-TU DES FOIS QUAND ON TE PARLE, OU TU FAIS YINK TE CALISSER DE TOUT CE QU’ON TE DIT?

Rendu là, je suis dans sa face et je lui crie carrément après sans plus aucune retenue, tellement qu’il en baisse la tête et la détourne :

MOI : LÀ, LÀ, ÇA VA FAIRE. JE ME SUIS PLAINT À TON PÈRE, JE ME SUIS PLAINT À PIERRE (notre grand boss), À PARTIR DE MAINTENANT TU VIENS PU CHEZ NOUS PIS TU M’APPELLES PU, C’TU CLAIR? PARCE QUE LA PROCHAINE PLAINTE, C’EST PAS À PIERRE NI À TON PÈRE QUE M’AS LA FAIRE, C’T’À LA POLICE. LE HARCÈLEMENT, C’EST PAS DES JOKES. T’AS-TU COMPRIS, TABARNAK?

Et c’est là qu’il a répondu doucement « ok », la mine basse, en descendant les escaliers du bus.

Et voilà ce qui arrive lorsque l’on commet l’erreur de confondre ma patience avec de la soumission.  Tôt ou tard, une petite merde comme lui me pousse trop loin et apprend la différence assez raide merci! Il est très rare que je me fâche et que j’engueule quelqu’un comme du poisson pourri, mais y’a quand même ben des hosties de limites.

Je ne m’étais pas rendu compte que la scène avait eu des témoins. En descendant moi-même du bus quelques minutes plus tard, un de nos collègues  me fait signe, le pouce en l’air, avec un grand sourire, et me dit « Like a boss! »  Apparemment, je n’étais pas le seul qui en avais assez de son comportement, et il semblait bien heureux que je l’ais remis à sa place. Je rentre chez moi avec le sentiment de satisfaction du devoir accompli.

Il faut me comprendre: Depuis quelques temps, les différents aspects de ma vie qui allaient mal ont tous fini par se régler.  En ce moment, tout va très bien dans le meilleur des mondes, et il n’y avait que lui qui venait me saboter mon bien-être. Aussi, faut que je l’avoue, je suis assez fier d’avoir réglé le problème de façon aussi implacable.

Ce sont les caves comme lui qui donnent une mauvaise réputation à la communauté gaie. Rassurez-vous, je sais faire la différence. J’ai très vite compris que ce n’était pas le comportement typique d’un homosexuel.  C’est juste le comportement typique d’un imbécile. Même si l’un n’empêche pas l’autre, l’un n’a aucun rapport avec l’autre.

En tout cas, cette fois, il a compris.  Tout fils de boss, mineur, ethnie et gay qu’il est, mon explosion de colère contre lui me ne rapportera aucun ennui, et plus jamais je n’aurai à endurer ses conneries. Comme quoi il est idiot de penser que la compréhension vaut toujours mieux que la colère.

Cette expérience m’aura au moins permis de comprendre ce que peuvent ressentir bien des femmes, puisqu’elles sont plus souvent victimes d’attention non-sollicitée que les hommes. Et le moins que je puisse dire, c’est que ce n’est vraiment pas plaisant.

NEXT: Juillet et aout

Mon année 2012, 2e partie

AVRIL 2012

C’est avec soulagement que je vide et range le contenu de la dernière boite.  D’accord, que le déménagement m’a permis de retrouver du linge que j’avais perdu ça et là au cours des années, c’est positif. Mais je suis supposé faire quoi avec 32 débarbouillettes?

J’ai maintenant comme collègue de travail le fils de mon superviseur, un beau gay espagnol de 17 ans (que je surnommerai ici Enrique). Il se montre vite chiant, croyant d’instinct que le poste de son père est comme un titre royal faisant de lui le prince de la place.  Si seulement il savait faire autre chose que de nous ralentir dans notre travail. C’est un peu pour l’éviter que je me porte volontaire pour aller nettoyer les bus à l’autre bout de la cour. Dans l’un d’eux, j’y trouve deux sachets de un gramme de coke. Du moins, je pense que c’en est, je n’en ai encore jamais vu en vrai. Une amie m’en confirmera plus tard l’authenticité.

Les beaux jours reviennent. Profitant du fait que j’habite à côté du Parc Angrignon, je vais m’y promener au bord du lac et m’y prend en photo.

Me trouvant pas pire regardable pour mes 43 ans, je décide de donner une seconde chance à mon compte sur MonClasseur.  J’y mets l’une de ces nouvelles photos sur mon profil et je trouve rapidement une jolie demoiselle dans la mi-trentaine, sérieuse avec bon métier. Je lui donne rendez-vous à un resto. Tout le long de la date, elle ne cesse de me poser full de questions au sujet de ma relation avec l’une de mes ex, soit la mère de mes enfants.  J’aurais bien voulu parler d’autres choses mais elle y revenait toujours. Puis, prétextant un début de rhume, elle coupe court à la soirée et on se quitte au métro. Une fois arrivé chez moi, un message de sa part m’attend : Elle dit qu’elle voit bien que je ne suis pas prêt à m’en aller dans une nouvelle relation parce que je n’ai pas arrêté de parler de mon ex de la soirée.  Avoir su, je me serais épargné 50$ de resto. Ça me démontre d’ailleurs que mes finances ne peuvent me permettre tout le processus de dating de façon régulière.  Je décide donc de ne pas renouveler l’expérience et je détruis mon compte sur MonClasseur.

Ceci dit, elle ne mentait pas à propos de son rhume, parce qu’elle a réussi à me le refiler. Pour cause de temps supplémentaire incessant, je n’ai qu’un seul jour de congé après 10 jours de boulot non-stop dans lequel j’ai fait 13 quarts de travail. Et là, pendant mon seul jour de congé, me voilà malade comme un chien alors que j’ai une tonne de trucs urgents à faire. C’est là que je me souviens que je possède deux sachets de coke. Tant qu’à les avoir, aussi bien les utiliser. Si ce qu’on en dit est vrai, ça pourrait être utile.

La perspective de me mettre ce truc dans le nez ne me plaît pas vraiment.  Je décide donc de faire comme Alex dans Orange Mécanique  et le prendre sous forme de milkshake: Du lait, des fruits, un sachet de poudre de déjeuner Carnation à la vanille le tout passé au blender.  Le gramme de cocaïne que j’y rajoute lui donne un goût désagréablement amer.  N’empêche que ça fait effet. Au bout de dix minutes, je me sens requinqué.  À quinze minutes, c’est comme si je n’avais plus de rhume du tout. Rendu à vingt, mon cerveau fonctionne tellement vite que tout me semble se dérouler au ralenti. J’en profite au max, aussi surpris que ravi de l’énergie qui m’envahit le corps et l’esprit. Ce ne sera que deux heures et demie plus tard que je redescendrai de mon high, avec toutes mes tâches de la journée accomplies en un temps record.

Les vingt minutes suivantes, alors que je redeviens peu à peu mal en point et enrhumé, je songe à me prendre une boisson énergie afin d’étirer le high.  Je me ravise aussitôt car ça me fait réaliser comment il est facile d’accrocher à cette sensation de performance surhumaine.  Je n’ai pas besoin de le vivre moi- même pour le savoir : Depuis que je suis enfant, la TV, la radio, les magazines et les journaux m’ont bombardé de milliers de témoignages d’ex-drogués disant que la coke c’est ben l’fun au début mais plus le corps s’y habitue et moins ça fait effet, et on finit par en prendre juste pour ne pas vivre le manque.  Et à 100$ et plus le gramme, c’est facile de se ruiner là-dedans.

Une recherche Google au sujet de la cocaïne m’apprend un truc qui me laisse la mâchoire pendante: L’effet de la coke est supposé durer de 30 à 45 minutes. ÇA M’A FAIT EFFET PENDANT TROIS HEURES!!!  Est-ce parce que je l’ai pris par voie orale? Est-ce parce que je l’ai mélangé à un milkshake ne contenant que des éléments full nutritifs? Est-ce parce que j’étais malade, donc que je pouvais vraiment sentir la différence entre coké et non-coké? Ou est-ce tout simplement parce que c’était la première fois de ma vie que j’en prenais, donc que mon organisme n’y était pas du tout habitué? Une chose est sure, ça ne sera plus jamais aussi génial que cette fois-là. Je comprends donc que, pour que cette expérience reste agréable et positive, il faut que ça reste un truc d’une seule fois dans une vie.  C’est donc sans remords que je me débarrasse du second gramme dans les toilettes.

… Et puis, après avoir vu sur le net qu’au Québec, la simple possession de cocaïne peut valoir 1000$ d’amende et 7 ans de prison, ça a quelque peu influencé ma décision de ne pas la garder.


MAI 2012

Mon horaire de job pour tout le mois de mai suce des culs de babouins.  Voici de quoi est fait ma semaine:

Samedi + dimanche + lundi = de soir.
Mardi + mercredi = de nuit.
Jeudi + vendredi = congé.

…Sauf que ça ne me fait qu’un jour et demi de congé puisque je dors la première partie de jeudi, rapport que j’arrive chez moi jeudi matin. Après une première semaine à ce régime, j’arrive chez moi en ayant hâte de me coucher. C’est là que  je vois avec horreur des employés de la ville poser des cônes orangés devant chez moi et débarquer des marteaux piqueurs.

Lorsque j’ai aménagé ici, j’ai décidé de prendre un forfait téléphone + câble + internet avec Videotron. Bien que mon contrat téléphonique avec Bell a pris fin le 1er mars, ils ne me lâchent pas. Après la sollicitation téléphonique, l’offre postale pour les mêmes services qu’avec Videotron à tarif plus bas (pour les 6 premiers mois seulement, sauf qu’ils se rattrapent à cause des frais de branchement), les cadeaux ridicules (un bloc note de 12 feuilles avec mon nom à l’en-tête), voilà qu’ils m’envoient une révision de facture. Ça a l’air que je leur dois encore $2.27. Pfff…

Au travail, Enrique continue de faire des siennes, tout en me draguant en blague plusieurs fois durant le mois.  Je dis en blague puisque c’est l’évidence même : Qu’est-ce qu’un beau jeune gay espagnol bronzé de 17 ans en couple et fiancé foutrait d’un blanc blanc straight de 43 ans avec une sale gueule? Ouais, mon célibat et mon travail de garage ne me portent pas tellement à prendre soin de mon apparence.

Ce mois-ci, ça fait un an que je travaille au garage de bus.  Je décide qu’il est temps de monter les échelons. Je vais voir mon grand boss et je lui demande ce que ça prend pour devenir chauffeur pour leurs coach longs trajets et les voyages organisés. J’aime conduire, j’aime voyager, et d’après ce que j’entends, le salaire est alléchant. Il est ravi de ma décision et m’apprend que l’année que j’ai passé à conduire les bus pour les déplacer du parking au garage et inversement, c’est considéré comme étant de l’expérience aux yeux de la SAAQ. Il me donne des bouquins à étudier et me dit que j’ai juste à lui dire quand je me sentirai prêt. Il me prendra rendez-vous pour passer mon permis de classe 2 (autobus de plus de 24 passagers)  et me prêtera même un bus pour mon test sur la route.  Cool!


JUIN 2012

Me voilà de retour sur l’horaire de soir (3pm à 11:30 pm) à temps plein au travail. Un seul détail déplaisant: Ma fin de semaine, c’est maintenant mardi + mercredi. Par contre, qui est-ce qui a ses samedis + dimanches de congé depuis qu’il a commencé à travailler il y a 2 mois? Enrique, le fils de mon chef d’équipe, chef d’équipe qui est aussi le préposé aux horaires. QUELLE COÏNCIDENCE!  Mais bah, j’étudie assidument mes manuels de conduite de bus, je n’en ai plus pour longtemps à le subir.

Parlant de Enrique, non satisfait d’être chiant à toutes les sauces à mon travail, voilà qu’il commence à l’être dans ma vie privée. Un matin, le jour de paye, il pique mon talon de chèque dans le bureau du boss pour savoir où j’habite, puisque mon adresse est dessus. Le matin même alors que je dors, le voilà qu’il s’invite chez moi pour venir me le porter en personne. Mon air ahuri et fortement endormi lui fait comprendre que ce n’est pas le temps de me déranger. Aussi, il me remet l’enveloppe en disant « Tiens, tu m’as jamais vu, ok!? » Dans les jours qui suivent, voilà qu’il m’appelle à toute heure du jour ou de la nuit, ce qui signifie qu’il est allé fouiller dans le cellulaire de job de son père. Grâce à l’afficheur, je ne réponds pas, mais je doute que ce soit bien légal, tout ça.

Histoire de sauver un peu sur mon budget en épargnant l’eau chaude, je décide d’utiliser les douches du vestiaire au boulot. Une fois la chose terminée, je mets mon savon dans un sac Ziploc et je le laisse sur place, sur une tablette.  Quelques heures plus tard, chez moi, alors que je dors, ça cogne à ma porte.  Je regarde via l’œil de ma porte.  Devinez c’est qui?  Eh oui, Enrique, qui vient me rendre mon savon. (Insérer ici remarque classique au sujet de gays, de douches et de savon) Là, il dépasse les bornes. Je n’ouvre pas, mais le soir venu je glisse un mot à mon grand boss au sujet du comportement inacceptable du fils de mon chef d’équipe, en espérant qu’il lui passe un savon. Ce sera la seule et unique fois où je prendrai une douche au boulot.

Oh, bravo Bell Canada! Ils viennent de m’envoyer une facture de 0.00$, à payer avant le 1er juillet, sinon ils vont me facturer des frais de retard. COMMENT CHUIS SUPPOSÉ PAYER UNE FACTURE DE ZÉRO DOLLAR ET ZÉRO CENNE, TABARNASTIE!?

La meilleure: Le frais de retard est de 2.27%, ce qui explique ma dernière facture de 2.27$. Ceci dit, je suis peut être pourri en maths, je sais que 2.27% de zéro dollar et zéro cenne, ça donne quand même zéro dollar et zéro cenne. Mais bon, ça me coûterait plus cher de frais de banque de me faire recréditer pour ce montant. Je laisse passer, mais plus jamais je ne ferai affaire avec Bell.

Ce mois est cependant celui de la famille qui se recompose.  Après 4 ans sans avoir pu communiquer avec moi parce qu’il était mineur, mon fils ainé me retrouve via  le net pour m’apprendre une grande nouvelle: Je deviendrai grand-père le 22 juin. J’attends impatiemment mes vacances du mois prochain pour aller tous les rencontrer à Québec, mon grand fils, ma belle-fille et ma petite-fille.

À suivre

Mon année 2012, 1ere partie

Étant donné que la vie ne repart pas à zéro le premier de l’an, ce que l’on vit en janvier est bien souvent la suite et la fin de choses qui ont pris naissance le mois précédent.  Voilà pourquoi je vais commencer par :


DÉCEMBRE 2011

Après avoir subi un douloureux traitement pour une verrue plantaire qui résiste à tout depuis quatre ans,  j’ai de la difficulté à marcher sur mon pied droit.  Aussi, pour l’épargner un peu, je décide de me déplacer dans ma cuisine en sautillant sur le pied gauche.  Mal m’en pris, une douleur foudroyante envahit aussitôt mon pied gauche. Me voilà incapable de marcher. Le podiatre me diagnostique une fasciite plantaire aiguë aux deux pieds.

Mieux encore, il parait que j’ai les deux pieds et une jambe croches. Cet incident aura au moins le mérite de m’expliquer enfin pourquoi j’ai passé mon enfance et mon adolescence à être nul en sports. N’empêche que je resterai deux mois sans pouvoir marcher autrement qu’avec des béquilles, incapable de faire mon travail d’employé d’entretien dans un garage de bus.  Travail qui, soit dit en passant, fut l’élément déclencheur de ce mal.

Maigre consolation : La forme de mes pieds est tellement originale que désormais, maintenant que les podiatres en ont un moulage, elle portera officiellement mon nom. Quel pied!

Après 12½ ans ensemble, Karine et moi mettons fin notre couple. Nous décidons de garder la chose secrète pour six mois, histoire de nous donner le temps de s’occuper de la séparation des biens. Nous tenions surtout à éviter que des gens trop bien intentionnés se mêlent de nos affaires, ce qui aurait fait plus de tort que de bien. Elle déménagera en juillet 2012.  Je songe à garder l’appartement. Je pourrais me le permettre, bien que j’arriverais serré dans mon budget.


JANVIER 2012

Les béquilles louées au Jean Coutu n’ont aucun rembourrage par-dessus leurs poignées de plastique rigide dentelé. Je me fais des ampoules et des plaies dans les paumes juste à me déplacer. Par conséquent, je dois encore plus limiter mes déplacements.  Je suis vraiment prisonnier de mon handicap.

Le propriétaire a reçu une subvention de la Ville afin de rénover l’appartement. Les rénovations devraient durer du 1er avril au 1er juillet.  Nous sommes donc forcés de libérer les lieux pour trois mois.  Mais voilà, bien que la loi nous permette de rester encore un an ou deux sans augmentation de loyer, le propriétaire viens nous voir et nous demande gentiment de ne pas revenir en juillet. S’il a acheté ce bloc de trois étages l’année dernière, c’est dans le but d’y habiter avec toute sa famille. Puisque Karine et moi nous nous séparons, et qu’elle ne reviendra pas ici anyway, et que le loyer serait quand même difficile pour mon budget maintenant que je  n’ai aucune idée de l’état de mes finances futures à cause de mon handicap, nous acceptons tous les deux de partir pour de bon dans le courant du mois de mars qui vient.

Je perds ma blonde après 12 ans, mon appartement après 8 ans , ma capacité de travailler après seulement 6 mois, parce que j’ai perdu ma capacité de marcher après toute une vie à mettre mes pieds sous tension à cause d’un handicap que j’ignorais avoir.  Ah, et après 30 ans à porter des verres de contact, mon oeil gauche ne peut plus en endurer davantage sans faire des orgelet format familial. L’année ne commence vraiment pas bien pour moi.


FÉVRIER 2012

Une recherche sur Kijiji pour un appartement se montre fructueuse : Je trouve un 2½ pas trop cher dans un sous-sol, situé à 12 minutes à vélo de mon travail. Et la proprio est très exigeante, ce qui fait que je suis assuré d’avoir des voisins corrects et tranquilles. La locataire actuelle part la première semaine de février, ce qui me permet de déménager sans trop me presser pendant février et mars. Ça me force à trier et me débarrasser d’une tonne de stock. Bien obligé, je passe d’un 6½ à un 2½, et c’était mon stock qui occupait le 2/3 de la place.

$850.00 de traitements et d’orthèses plus tard, je recommence à marcher progressivement. Maintenant, mon poids est réparti sur toute la surface de mes pieds au lieu de sur le côté extérieur. Ça reste une habitude à prendre, parce que c’est comme marcher avec des talons hauts. J’ai légèrement tendance à vouloir planter par en avant à chaque fois que je me lève. Mes ex m’ont toujours dit que j’étais un peu déséquilibré.

Je recommence à travailler progressivement aussi, soit 3 jours par semaine.  Un heureux hasard fait que février est pour moi un mois à trois payes, ce qui fait que j’arrive dans mon budget même si je fais du temps partiel.  Il y a du nouveau à ma job, sous forme d’une nouvelle collègue de travail : Rhonda, une black de 50 ans, 5 pieds de haut, obèse quasi morbide, unilingue anglaise, mère de 5 enfants, avec une voix forte et nasillarde qui porte loin et qui étire les syllabes, et dont le passe-temps quotidien est de chialer pour démontrer à quel point ses collègues de travail font mal la job.  Quand une fille comme ça commence à te dessiner des coeurs sur les fenêtres du bus avec son nettoyant en mousse, y’é temps de t’inventer une nouvelle blonde fictive pour la tenir à distance.  Ce que je fis.

Mais j’y pense, pourquoi devrait-elle être fictive? Je tente le coup et m’inscris sur MonClasseur. Je m’y fais aussitôt approcher par une fille qui était déjà dans mes amis Facebook (parce que amie de certains de mes amis) qui s’intéresse à moi depuis deux ans, mais qui n’a pas osé en parler parce que j’étais en couple. Puisque ce n’est plus le cas, elle tente sa chance. Le moins qu’on puisse dire, c’est que cette situation flatte mon ego, comme le démontre cette image que je fis à ce moment-là pour commémorer la chose:

S’en suit une courte relation dans laquelle on se rend compte assez rapidement que nous sommes totalement incompatibles. Malgré tout, je ne regrette rien, et ce pour trois raisons :

  • Avoir une nouvelle relation m’a permis d’amortir ma chute de ma relation précédente.
  • Cette incompatibilité m’a démontré que finalement, être en couple, c’était surtout une habitude pour moi, et pas vraiment un besoin réel.
  • On a eu quelques bons moments, quand même. Bref,  j’en avais besoin!

MARS 2012

Le premier mois dans mon nouvel appartement, je me sens misérable. Normal : J’ai passé d’un 6½ qui occupait tout le 3e et dernier étage bien éclairé parce que fenêtres partout, à un 2½ sombre dans un sous-sol mal éclairé par ses deux fenêtres, dont une qui donne directement sur le mur de la maison d’à côté. Et non seulement on n’a encore que peu de lumière en cette saison, le temps est toujours gris, sombre, pluvieux.

Mon chat s’adapte mal d’avoir perdu l’un de ses maitres et son grand appartement. Il passe son temps à tourner en rond et miauler. Et il hurle encore plus aux chats qui, à l’extérieur, viennent le narguer, maintenant qu’il vit au  ras du sol, ce qui me met à bout de nerfs. Je roule des yeux lorsque j’entends la « solution » que me proposent certaines personnes, soit de condamner les fenêtres avec du carton et du duct tape. C’est ça, en plein ce que j’ai besoin : Encore moins de lumière.  Brillant!

En plus, à chaque fois que je finis de vider et ranger des boites, il m’en arrive toujours d’autres de l’ancien appartement. J’ai l’impression que le fouillis n’en finira jamais.

Dès le premier mars,  je recommence à travailler à temps plein.  Or, ma job a ceci de particulier : Il ne faut avoir aucune vie sociale pour y travailler.  Car en effet, mon horaire est ou bien de soir (3pm à 11h30pm) ou bien de nuit (10h30 pm à 7am), et mes jours de congés sont mardi et mercredi, ou bien mercredi et jeudi. Et même encore, il m’arrive souvent de devoir faire du temps supplémentaire à cause de collègues absents, malades ou bien qui démissionnent du jour au lendemain. Je n’ai jamais enfilé autant de 24 heures éveillé de suite dans la même semaine. Ça va sauver mon budget, n’empêche que mentalement je ne me sens plus tout là.

Cependant, je termine moi-même le mois avec une bonne raison d’être absent : Trois jours à subir l’effet purgatif d’un empoisonnement alimentaire. C’est là que j’ai appris la leçon qui suit : Il ne faut jamais manger des framboises et bleuets recouverts de chocolat blanc enrobés d’une coquille de sucre rouge ou bleu, le tout emballés des petits sachets fancy en provenance d’une boutique de souvenirs d’un coin touristique. On ne sait jamais depuis combien de temps ça traine sur le comptoir avant de trouver preneur.  Par conséquent, une fois achetés, les fruits ne sont plus de première fraîcheur.

NEXT: Ça commence à aller mieux.

GARANTIE PROLONGÉE: Savoir résister aux requins

Après sept ans d’usage, mon ordinateur commençait à avoir des ratés que je ne pouvais plus contourner.  Je suis donc allé au Best Buy du Carrefour Angrignon, accompagné de ma BFF Stéphanie, afin de m’en acheter un nouveau.  Stéphanie est experte en informatique, tandis que moi je suis tellement  peu calé en la matière que je risquais de ressortir de là avec un toaster.  On demande donc à un vendeur de nous amener dans le coin des ordis, on les examine et on fait notre choix.  Il appelle alors un collègue pour conclure la vente, un petit monsieur chauve et bronzé.

Dès le départ, il est clair dans ma tête que je ne veux pas la garantie prolongée du magasin.  Et pour cause: voici dix liens qui prouvent que c’est une dépense totalement inutile. (Chaque mot en bleu est un lien différent.)

INSISTANCE #1: Monsieur dit qu’il va tout de même nous expliquer la différence entre être couvert et non-couvert par la garantie du magasin.
La technique qu’il utilise: Il rajoute qu’il fait ça pour nous parce qu’il n’est pas à commission.
C’est supposé marcher parce que: S’il n’est  pas à commission, alors il ne fait pas ça pour l’argent. Donc, il nous passe comme message qu’il a nos intérêts à coeur.
Et ça a raté parce que:  Mon idée de ne pas la prendre était faite. Alors dès qu’il a fini son speech, j’ai tout de go répondu Non merci.

Apparemment, monsieur le vendeur a l’air d’ignorer qu’ici la loi est non c’est non, et qu’insister plus d’une fois est considéré comme du harcèlement. Alors il continue:

INSISTANCE #2: Il nous dit qu’il a lui-même un laptop de ce même fabriquant et qu’il a eu des problèmes avec au bout de six mois, et que s’il n’avait pas eu la garantie du magasin, il aurait été bien mal pris, car il lui aurait alors fallu envoyer son ordi à la compagnie et payer les frais d’expéditions.
La technique qu’il utilise:  Démontrer que même lui, un vendeur d’ordi de Best Buy, n’est pas à l’abri d’un défaut de fabrication.
C’est supposé marcher parce que: Ça nous met en tête l’impression que si même à lui ça arrive, imaginez nous autres, pauvres petits consommateurs sans défense.
Et ça a raté parce que:  Cet argument puait la bullshit. Comme si un employé de Best Buy ne pouvait pas faire arranger son ordi sur place gratuitement.  Voyons donc!  J’ai donc répondu que non merci, puisque j’ai eu deux ordinateurs dans ma vie et ils ont chacun fonctionné pendant sept ans sans problèmes.

Stéphanie lui dit alors que c’est normal qu’il ait eu un problème: Les laptops étant des ordinateurs portatifs, ils sont plus aisément sujets aux accidents. Mais moi, ce n’est pas un laptop que je veux, c’est un desktop.

INSISTANCE #3: Il dit que ça n’a aucun rapport, puisque lui, son laptop, il l’a installé sur son bureau, et il ne le déplace jamais. De toutes façons, avec ces ordinateurs là, il faut s’attendre à avoir des problèmes au bout de six mois.
La technique qu’il utilise: Démontrer que peu importe l’ordi que l’on choisit, il va briser, c’est immanquable.
C’est supposé marcher parce que: Puisqu’il va briser au bout de six mois, ce serait idiot de ne pas prendre la garantie.
Et ça a raté parce que:  Stéphanie, voyant clair dans sa bullshit, lui a répondu: « Vous dites que tous les ordinateurs de cette compagnie là fuckent au bout de six mois, et que la compagnie n’a jamais effectuée de rappels? »

Après trois secondes de silence dans lequel il ne sait pas quoi répliquer, il prend une boite en disant « Bon! Ceci est le modèle que vous avez choisi. On va passer à la caisse. »  Nous le suivons entre les rayons.  Soudain, il s’arrête.  Il se retourne et nous regarde.

INSISTANCE #4: Il dit: « Et s’il brise au bout de six mois, qu’est-ce que vous allez faire? »
La technique qu’il utilise: Poser une question piège dans laquelle on n’a que deux seuls choix: Ou bien être d’accord avec lui, ou bien passer pour un idiot.
C’est supposé marcher parce que: Qui veut passer pour un idiot? Nous sommes donc manipulés à dire oui.
Et ça a raté parce que:  Lorsqu’un manipulateur prend le contrôle de la conversation, rien ne nous oblige à le lui laisser, ce contrôle. J’ai donc changé le sujet en lui répondant par une question: « À vous entendre, tous les ordinateurs que vous vendez ici sont de la merde.  Pourquoi est-ce qu’un ordinateur nouveau serait moins bon qu’un d’il y a sept ans et un d’il y a quatorze ans? »  Il me répond que, vous savez, ces machines sont faites par d’autres machines sur des chaines de montages, et que les erreurs sont possibles.  Bizarre, moi j’ai toujours entendu dire L’erreur est humaine.  Par conséquent, je suis bien plus porté à me fier à une machine. Je lui dis donc que c’est un risque que je suis prêt à prendre.

Et on repart en direction de la caisse. J’achète également un programme à installer.  Il me demande si je veux que leurs techniciens l’installent, pour un supplément minime de $. Je dis non merci. Stéphanie rajoute que c’est elle-même qui va me l’installer.

INSISTANCE #5: Il regarde Stéphanie avec un air qui démontre à la fois de la surprise et un sentiment d’incrédulité.  Puis, il me regarde avec le même air.
La technique qu’il utilise:  Son expression faciale en disait long sur le fait qu’il me passait le message comme quoi laisser une femme toucher mon ordi, ce n’est rien de moins qu’une aberration.
C’est supposé marcher parce que: Ça fait appel à mon orgueil de mâle.  Pensez donc: Avoir besoin d’une fille pour arranger mon ordi. Horreur!
Et ça a raté parce que:  Même si un homme est misogyne, ça ne l’empêchera pas de faire appel à quelqu’un qui s’y connait en ordinateurs quand il en a besoin, peu importe le sexe de la dite personne. J’ai donc confirmé que oui, elle allait le faire.

Tandis qu’il entre les codes dans la caisse, il prend une nouvelle attitude:

INSISTANCE #6:  Air bête et regard méprisant.
La technique qu’il utilise: Culpabilité. Parce que s’il est dans cette humeur en ce moment, c’est de ma faute.
C’est supposé marcher parce que: La majorité des gens n’aiment pas décevoir les autres. Alors quand la personne que l’on déçoit n’a jamais rien fait que démontrer vouloir nous aider à sauver de l’argent, qu’est-ce que ça fait de nous une personne ingrate, alors. Ingrate et stupide, parce qu’il faut être stupide en #! »/$%?& de ne pas vouloir sauver de l’argent.
Et ça a raté parce que:  Le gars ne respecte nullement mes choix.  Pourquoi est-ce que je devrais ressentir de la culpabilité envers quelqu’un comme ça?  Son attitude merdique ne le mérite pas du tout.  Le gars essaye de me voler puisque la garantie prolongée est non seulement inutile, elle rajoute jusqu’à 40% de mon prix d’achat sur ma facture. Pourquoi devrais-je me sentir mal de refuser ça?

Surtout que, s’il frustre en ce moment, c’est à cause qu’il a insisté. S’il avait accepté mon refus dès le départ, il n’aurait pas accumulé cinq revers en ligne.  Mais il a choisi de le refuser. Tant pis pour lui!

Il finit d’entrer tous les codes et arrive le moment du paiement.  Mais avant d’appuyer sur la dernière touche, il revient à la charge pour une ultime tentative:

INSISTANCE #7: Il me demande: « Est-ce que c’est parce que vous avez déjà eu une mauvaise expérience avec les garanties prolongées? »
La technique qu’il utilise: De deux choses l’une: Ou bien il cherche à avoir mon argument dans le but de le démolir, ou bien il veut savoir où se situe l’erreur dans sa méthode qui fait que ça n’a pas fonctionné sur moi. Ça va le rassurer qu’il ne refera pas cette erreur avec ses prochains clients.
C’est supposé marcher parce que: À ce point-ci, alors que l’achat est pratiquement terminé, me poser cette question, c’est comme s’il me disait que j’avais gagné. Je suis donc supposé relâcher mes défenses, fier de moi, et me vanter de comment j’ai pu lui tenir tête.
Et ça a raté parce que: Celui qui ne me donne que ses mensonges ne mérite pas de recevoir ma vérité. J’ai donc choisi de le laisser dans le noir total, en lui donnant une réponse qui met en doute son intelligence en démontrant à quel point sa question était stupide: « Vous ne m’écoutez pas?  Je n’arrête pas de vous dire que je ne prend jamais les garanties prolongées.  Comment aurais-je pu avoir des mauvaises expériences avec quelque chose que je n’ai jamais pris? »

La vente s’est finalisée là! Bonne chose parce que s’il insistait une fois de plus, je demandais à voir le gérant pour porter plainte.  Parce que j’ai beau être patient, il y a quand même bien des limites.

Ce que la majorité des consommateurs ignorent, c’est qu’il existe une garantie de base appelée « Garantie Légale » qui couvre tous les biens et services vendus ou loués. Cette garantie dit clairement que ce bien/service doit avoir une durée de vie raisonnable en fonction de son prix et de l’usage qui est lui est prévu.  Mieux encore: Selon l’article 228 de la Loi de la protection du consommateur, un commerçant a l’obligation de vous décrire verbalement et de vous fournir par écrit la garantie légale incluant toutes ses conditions. Ensuite, il peut essayer de vous vendre sa garantie prolongée. S’il ne procède pas de cette façon, c’est votre droit légal de porter plainte contre ce commerçant à l’Office de la Protection du Consommateur.

Rendez vous service, allez sur la page de la Loi sur la Protection du Consommateur et prenez le temps de lire ce que les vendeurs ont le droit ou non de vous dire. Et si, comme le mien, ils vous mentent, insistent et ont une attitude hostile, ils entrent en infraction avec l’article 219 de la Loi de la protection du consommateur. Les dénoncer n’est donc pas un acte mesquin de vengeance; C’est la loi.

45 éléments classiques du temps des fêtes au Québec.

D’abord, un grand classique pour se mettre dans l’ambiance:

Et maintenant, voici 45 éléments classiques du temps des fêtes!

1- Le beau linge propre que l’on met une fois par an et qui nous semble avoir rétréci depuis l’année dernière.

2- Le seul espace de stationnement situé à 3.7 kilomètres de la personne que l’on visite.

3- La nouvelle blonde du grand cousin, une air bête qui ne dit pas un mot de toute la soirée.

4- La mémé qui te pince pis t’étire les joues.

5- Les 8624 bibelots sur les bibliothèque de matante Thérèse.

6- Le lit de grand-maman qui sert de vestiaire, dans la sinistre chambre mal éclairée qui sent bizarre, aux murs grisâtres sur lequel sont accrochés des crucifix, images religieuses, portraits d’ancien papes et cadres de photos noir et blanc de membres de la famille morts depuis plusieurs décennies.

7- La matante qui te dit « Comme ça, t’es enfin devenue une grande fille! », ce qui signifie que ta mère a raconté à toute la famille que tu as eu tes premières règles.

8- Les lumières du sapin qui décident de foquer, après que l’on a mis deux heures à poser toutes les décorations par dessus.

9- Les remarques à la « Eh qu’ça a grandi c’t’enfant-là! » qu’on te disait en te tapotant le haut de la tête.

10- Les remarques à la « Eh qu’ça a grandi c’t’enfant-là! » qu’on te dit en te tapotant le bedon, maintenant que tu es adulte.

11- Les souhaits de bonne année, bonne santé pis du succès dans tes études.

12- Les questions embêtantes à la Où c’qu’à l’est, ta blonde? T’avas-tu peur qu’on te la vole? alors que, au choix:

  • Tu t’es disputée avec elle et n’a pas envie d’en parler.
  • Tu souffres d’être célibataire.
  • Tu es gai.

13- Le mononc’ cochon dont le regard ne te lâche pas les rondeurs hautes-avant et basses-arrière.

14- Les ti-cousins morons qui foutent le bordel dans tes affaires.

15- La cousine cégepienne qui snobe Noël et tout ce que ça représente car elle traverse sa phase rebelle à la conscience (anti)sociale profonde, engagée et militante, en se croyant originale d’avoir exactement les mêmes réflexions sur le sujet qu’ont déjà eu tous les ados des 60 dernières années.

16- Le bitchage plus ou moins subtil entre belles-sœurs.

17- Les engueulades entre beaux-frères au sujet de sport ou de politique.

18- La vieille frustrée qui en profite pour régler ses comptes publiquement en faisant des remarques amères au sujet de combien sa famille sont des ingrats, après tout ce qu’elle a fait pour eux.

19- Les nouveaux cousins / nouvelles cousines, pour cause de familles reconstituées, que tu trouves ben hot mais que tu ne peux rien faire avec parce que c’est maintenant de la famille.

20- Le chum de ta nièce, un Ti-Jo-Connaissant dont les conseils non-sollicités démontrent qu’il est convaincu qu’il saurait bien mieux que toi comment gérer ta carrière, gérer tes finances, élever tes enfants, etc.

21- La matante qui te fait honte en ressortant le vieil album photo de votre party de Noël d’il y a 10 ans, avec plein de pics sur lesquelles tu fais dur en ta!

22- Les petits hors d’oeuvres servis au salon et qui disparaissent le temps de poser le plateau, tellement tout l’monde est affamé.

23- Les chaises dépareillées, la chaise berçante, les chaises pliantes, la chaise d’ordi et le pouf que l’on sort afin de pouvoir asseoir tout le monde.

24- La table autour duquel on a de la misère à placer tout le monde.

25- Les adultes qui insistent pour que les garçons enfants et ados prennent de la bière et du vin en disant Enwèye, mon ti-gars, fa un homme de toé!

26- Les farces épicées de mauvais goût de mononc’ Roland.

27- La farce épicée de mauvais goût de la dinde.

28- Le p’tit kid difficile qui n’aime que le 1/10e de ce qu’il y a dans son assiette.

29- La bûche de Noël cheap, sèche et sans goût achetée au Wal Mart.

30- La bûche de Noël à la crème glacée riche et ultra-chère dont personne ne veut pour cause de régime, de diabète ou d’avoir déjà assez mangé.

31- Les enfants malades d’avoir trop mangé.

32- Les ados malades d’avoir trop bu.

33- Les enfants qui arrachent le papier d’emballage de leurs cadeaux en 0.03 secondes.

34- Les adultes qui déballent précautionneusement leur cadeaux en 8 minutes dans le but de pouvoir un jour réutiliser le papier.

35- Les jouets piles non-incluses que les adultes offrent aux enfants en oubliant d’acheter des piles.

36- Le jouet pour enfants que tu reçois à 15-16 ans de la part de la mémé qui ne s’est pas encore rendu compte que tu n’es plus un enfant depuis un maudit boutte.

37- La collection d’emballages-cadeaux sous forme de sacs multicolores métallisés non-recyclables qui va encombrer le débarras pour des années à venir.

38- Le linge que tu reçois en cadeau et que tu n’apprécie pas vraiment parce que, au choix :

  • C’est trop petit.
  • C’est trop grand.
  • C’est trop laid.
  • C’est du linge, ciboire!

39- L’émission Bye Bye [année qui se termine] aux sketchs ou bien plates ou bien vulgaires qui ne font jamais rire personne à part les enfants.

40- La cousine qui va se cacher dans son coin pour brailler au sujet de Dieu-sait-quoi.

41- La matante fofolle qui pense avoir gardé son coeur d’enfant mais qui en fait traumatise ses neveux et nièces avec son exubérance et son rire à fendiller les fenêtres panoramiques.

42- Ciné Cadeau qui présente « C’est Astérix et la Ballade de Garfield au Temple de Cléopâtre à Daisy Town, Charlie Brown » pour la 35e année de suite.

43- Le colportage de rumeurs comme quoi « On peut même pu dire « Noël » pour pas choquer les esties d’immigrés », qui ne se base sur rien de vraiment concret. 

44- le vieil oncle qui s’endort assis sur le fauteuil du salon.

44- La visite qui ne part plus.

45- Le char qui ne part plus.

46- Les restants de bouffe que des enfants ont caché un peu partout parce qu’ils n’osaient pas dire qu’il n’aimaient pas ça, que l’on retrouve lors du ménage suivant.

47- Les restants du réveillon qui ne semblent pas vouloir diminuer, et ce peu importe combien de fois on en mange, et qui vont traîner dans le frigo jusqu’à la mi-janvier.

48- Les résolutions du nouvel an qui prennent le bord de la poubelle plus vite que les restants du réveillon.

Petite pause

Il semblerait que pour la 4e année de suite, l’automne est une période non-inspirante pour moi. Donc, de retour en décembre ou janvier, comme d’habitude.

Une rupture harmonieuse, c’est possible.

Au début de la relation en 1999, nous avions presque tout en commun. Nous finissions tous les deux le cégep, nous commencions à travailler pour deux grandes compagnies (Air Canada et Météomedia), nous n’avions encore jamais rencontrés un membre de l’autre sexe avec qui nous nous entendions aussi bien, elle sortait de chez ses parents, je sortais de chez mon ex, et surtout nous avions tous les deux des aspirations artistiques (Je commençais à Safarir, elle commençait à illustrer des livres pour enfants.) Bref, nous étions faits l’un pour l’autre.

Puis, peu à peu, avec les années, nous avons, chacun de notre côté, accumulés des goûts, des projets, des passe-temps, et des passions qui ne plaisaient qu’à l’un mais pas à l’autre. Qu’importe! Nous étions fiers de dire que la réussite de notre vie de couple se basait sur le respect de l’individualité:

  • Elle avait son univers, avec ses amis, ses activités, les choses qu’elle aime.
  • J’avais mon univers, avec mes amis, mes activités, les choses que j’aime.
  • Et nous avions notre univers commun avec nos amis commun, nos activités communes, les choses que nous aimons en commun.

Sauf que, avec les années, notre univers commun a de plus en plus diminué, jusqu’à ce qu’il n’en reste plus grand chose. Sans que l’on s’en aperçoive, ça a influencé notre vie de couple. De deux personnes sincèrement amoureuses, nous sommes peu à peu devenus, lors deux ou trois dernières années ensemble, rien de plus que grands amis proches et colocs. Lorsqu’elle a réalisé qu’elle était en train de tomber en amour avec un autre, nous n’avons pas eu le choix de constater ce changement. Après quelques jours de réflexion, nous avons décidé qu’il ne servait à rien de continuer de vivre en tant que couple. Nous y avons donc mis officiellement fin.  Entre nous!

Car oui, nous avions décidé de garder la chose secrète pendant quelques mois. C’est parce qu’après douze ans et demi ensemble, notre vie commune ne peut pas cesser d’être commune du jour au lendemain. Les réécritures de testaments, les assurances-vies, la séparation des biens, tout ça demande temps, réflexion et travail. Et sans vouloir pointer du doigt qui que ce soit, il reste que les gens qui entourent les deux ex ont trop souvent le réflexe de les monter l’un contre l’autre, juste au moment où ce genre de chose pourrait leur être le plus nuisible. Aussi, nous tenions à ce que la transition se fasse en douceur et en harmonie. Donc, entre nous, personne d’autre.

Le hasard a fait en sorte que nous perdions au même moment une importante partie de notre vie de couple des huit années précédentes: Notre logement. Notre nouveau propriétaire a reçu une subvention pour rénover le bloc en entier, il aurait donc fallu quitter la place pendant trois mois. Cependant, il nous a demandé de lui faire une faveur, soit de ne pas revenir, car il souhaiterait y loger de sa famille immédiate. Nous sommes donc partis chacun de notre côté, chacun dans son nouveau logement.

Même si l’amour que nous ressentions l’un pour l’autre n’existe plus, il n’a jamais été remplacé par de la haine, du ressentiment, de la frustration ou des regrets. Il a juste disparu, c’est tout. Nous sommes encore amis très proche, et nous nous considérons toujours comme étant membres d’une même famille. Nous avons chacun les clés de chez l’autre, ce qui fait que je me suis occupé de ses poubelles et son courrier pendant ses vacances, et qu’elle s’est occupée de mon chat (anciennement notre chat) pendant les miennes.

Aujourd’hui, chacun habitués à sa nouvelle routine de vie individuelle, nous continuons de communiquer et nous sommes toujours autant en harmonie. Elle a été ma meilleure relation. Elle est devenue ma meilleure séparation. Je pense que, selon les circonstances, je ne peux rien demander de plus.

On considère que le couple, c’est un travail d’équipe. On l’a construit avec patience, une étape à la fois, et c’est de cette même façon que nous l’avons déconstruit. Parce que le contraire de « Construire », ce n’est pas obligé d’être « Détruire ».

30 comportements qu’il faudrait cesser d’avoir sur Facebook

COMPORTEMENT 1: Être nébuleux dans un statut… Et le rester!

En faisant un statut délibérément vague, cette personne le sait bien que ça va attirer l’attention, et surtout les questions. Alors quand elle nous fait le coup de répondre « J’ai pas vraiment envie d’en parler! », ça frustre. Heille, si tu voulais pas en parler, fallait pas mettre ça sur le site internet le plus populaire au monde, moron!


COMPORTEMENT 2: Écrire ses statuts avec le CAPS LOCK enfoncé:

Ça fait depuis qu’Internet existe que les utilisateurs savent que les majuscules, c’est l’équivalent de crier. Alors lire un truc pareil, ça nous donne la désagréable impression que ça va nous rendre sourd des yeux.


COMPORTEMENT 3: Sermonner ses contacts en comparant des trucs anodins à la pire misère qui soit:

Sensibiliser les gens sur un problème, ou bien faire un appel à l’aide pour une cause, c’est acceptable. Mais quand c’est fait sous ce ton moralisateur qui veut nous faire sentir cheap, en nous reprochant de vouloir des choses alors qu’il y a tant de gens qui sont moins privilégiés que nous… Disons que cette technique de manipulation, pour nous forcer à partager ça sur notre mur, ne nous donne pas vraiment envie de nous rallier à la cause en question.


COMPORTEMENT 4: Mettre au défi (et en doute) l’amitié de tes contacts:

C’est ironique que l’on puisse demander des preuves d’amitié sincère aux autres, en les forçant à le faire d’une façon aussi pénible. Parce que quand on fait ça, on démontre que l’on n’est pas vraiment ce qu’on peut appeler un ami.


COMPORTEMENT 5: Ne rien faire à part mettre des LIKE et dire des LOL partout:

En réponse à des trucs amusants, d’accord.

En réponse à des trucs anodins, passe encore.

Mais quand il s’agit de trucs tristes…

ou carrément tragiques…

…alors on est en droit de se demander si cette personne n’est pas un peu psychopathe sur les bords.


COMPORTEMENT 6: Ne pas se décider entre 48 photos semblables, et toutes les poster finalement:

Sérieux là, quand la différence d’angle entre quatre douzaines de gros plans de ta face est d’un quart de poil de scrotum de mouche à fruits, ça ne devrait pas être si difficile d’en choisir une seule.


COMPORTEMENT 7: Les #@$%?& de pokes / salutations:

Y’a rien qui exprime plus JE SAIS PAS QUOI TE DIRE MAIS JE VEUX ATTIRER TON ATTENTION SUR MOI!!!! que cette satanée application de mes deux.


COMPORTEMENT 8: Les pages FB dont tous les statuts/photos sont entièrement consacrés à un seul sujet:

La personne est un nouveau parent? Alors elle écrit 15 statuts par jour au sujet de son bébé, ne poste que des photos de son bébé, et a même changé sa photo de profil pour un bébé. Pour une folle aux chats, même phénomène, en remplaçant le bébé par ses chats. Même chose pour un fou de la moto, un maniaque des jeux FB, une dépendante affective et son nouveau chum… J’ai justement un excellent exemple de ce dernier cas, sous forme d’un billet intitulé Un mois sur le Facebook d’une dépendante affective. (Attention: TL;DR-ogène)


COMPORTEMENT 9: Les statuts météorologiques:

En janvier, c’est :

En juillet c’est:

C’est tellement original que j’ai 207 autres amis sur Facebook qui écrivent la même chose le même jour.


COMPORTEMENT 10: Aimer ses propres statuts:

Ça va de soi que si ton statut ne t’avais pas plu, tu ne l’aurais pas écrit pour commencer. Alors préciser ça, c’est aussi informatif que de dire « L’eau est humide. »


COMPORTEMENT 11: Changer le statut d’un ami qui a oublié de se déloguer:

Voilà une pratique qui a cessé d’être drôle le 6 janvier 2004, soit deux jours après la création de Facebook.

Et le pire: Changer le statut d’un autre pour la classique « je suis gai » dans le but de faire rire, c’est considérer qu’être homosexuel est ridicule. Comme quoi il y a encore du monde qui pensent ça de nos jours.


COMPORTEMENT 12: Répliquer sur le mur au lieu d’utiliser la section des commentaires:

Je suppose que pour certains, les mots Commenter et Votre commentaire ne sont pas écrit assez gros.


COMPORTEMENT 13: Écrire sur un mur, à la vue de tous, un message qui aurait dû être privé:

Pour la défense de ceux qui l’on fait, c’est une erreur facile lorsque l’on texte via mobile pendant qu’on est pressé.


COMPORTEMENT 14: Avoir « C’est compliqué » comme statut de relation:

Regarde la liste. À part celui-là, il y a tous les autres statuts de relations possibles :

Dans de telles conditions, dire que ta relation est compliquée, c’est l’équivalent de dire Je suis dans une relation mais je suis obligé de la cacher. Or, à notre époque où quasiment n’importe quoi est accepté et/ou toléré, les seules raisons pourquoi une relation devrait être cachée sont: Pédophilie, inceste, relations avec une personne déjà en couple, ou avoir comme partenaire une personne qui aurait trop honte d’avouer publiquement qu’elle est désespérée au point de t’avoir comme amant(e)…

Enfin, la dernière raison pouvant justifier un tel statut de couple, c’est quand ta relation avec quelqu’un est tellement houleuse que tu as le choix entre alterner Célibataire, En couple, Célibataire, En couple plusieurs fois par semaine, ou juste mettre C’est compliqué en attendant que ça se simplifie. …Sauf que ça ne se simplifie jamais.

Bref, dans tous les cas, C’est compliqué = C’est loser.


COMPORTEMENT 15: Faire partie de groupes haineux:

On dirait que dans l’esprit des membres de ces groupes, le meurtre ou la mutilation est acceptable, pourvu que ce ne soit appliqué qu’à certaines catégories de gens. Par exemple, les pédophiles:

On peut comprendre pourquoi les déviants sexuels attirent autant de haine. Cependant, ne serait-il pas plus logique, et surtout plus productif, de les dénoncer à la justice, au lieu d’agir comme un psycho à la recherche d’une bonne excuse pour tuer quelqu’un? Faisons une recherche, pour voir combien il y a de groupes sur FB qui font ça:

C’est bien ce que je craignais 😦


COMPORTEMENT 16: Chialer contre les changements que fait Facebook:

Jamais Facebook n’est revenu à une version précédente de son interface, alors il ne faut pas s’attendre à ce que votre groupe y change quelque chose.


COMPORTEMENT 17: Les statuts passifs-agressifs:

Sérieusement, quand on est trop lâche pour s’adresser directement à la personne à qui on a quelque chose à reprocher, on ne devrait pas avoir le droit de polluer les notifications de nos contacts avec des statuts aussi médiocres.


COMPORTEMENT 18: Lire des articles au prix de perdre le contrôle de nos applications:

Un(e) ami(e) FB a lu un article de grand intérêt social.

On clique sur le lien. Mais au lieu de l’article, ceci apparaît:

Je ne sais pas ce qui est le plus aberrant: Le fait que, si tu veux lire l’article, il faut d’abord accepter que Yahoo t’installe une barre de tâches full de logiciels-espions qui vont enregistrer tes habitudes du net (1), avoir accès à toutes tes infos (2) et publier des choses en ton nom (3) … Ou bien le fait que plusieurs dizaines de tes amis ont accepté de le faire (4). Tout ça pour un article que tu peux trouver aisément, sans rien céder en retour, en cherchant son titre sur Google.


COMPORTEMENT 19: Noyer le mur de vos amis Facebook d’invitations à jouer aux mêmes jeux que vous.

Non seulement vous énervez tout le monde avec ça, vous leur démontrez à quel point vous n’avez pas de vie, à jouer sans cesse à toutes ces applications attardées.


COMPORTEMENT 20: Faire exprès pour écrire des statuts qui choquent le plus de gens possibles, histoire d’attirer l’attention.

En faisant ça, vous attirez surtout l’attention sur le fait que vous êtes tellement désespéré d’avoir de l’interaction que vous allez pour la solution facile: Choquer!  Parce qu’il est en effet beaucoup plus facile de déplaire aux gens que de leur plaire.


COMPORTEMENT 21: Diffuser des chaines de lettres au sujet de geste charitable pour une cause bidon.

D’accord, ça part d’un bon sentiment. Vous voulez aider une personne dans le besoin. C’est honorable.

…mais sérieusement, comment croyez-vous que les choses se passent dans les hôpitaux?


COMPORTEMENT 22: Publier des tonnes de pensées du jour illustrées.

Surtout si à chaque fois vous faites un commentaire à la « OMG c’est tellement trop vrai ça!!!!!!1!!! » (Bonus de 10 points d’insignifiance si vos posts se contredisent)


COMPORTEMENT 23 : Utiliser l’application qui vous situe géographiquement à toute heure du jour.

Pas brillant! D’abord, parce que savoir quand vous n’êtes pas à la maison, c’est extrêmement utile aux cambrioleurs potentiels. Et ensuite, parce que vous n’avez pas toujours intérêt à ce que l’on sache où vous êtes.


COMPORTEMENT 24: Les statuts TMI (Too Much Information)

Parce que oui, des fois, il y en a qui ont tendance à mettre un peu trop de détails dans ce qu’ils partagent.


COMPORTEMENT 25: Être un peu trop militant

Il y a des gens qui veulent tellement que l’on sache qu’ils se consacrent à une bonne cause sociale, qu’ils n’hésitent pas à attaquer leurs amis FB pour le démontrer. Généralement, en faisant exprès pour interpréter de travers de travers ce que l’autre a dit.


COMPORTEMENT 26: Être trop orgueilleux pour être capable de reconnaitre que l’on était dans l’erreur.

Personne n’aime montrer publiquement s’être trompé. C’est compréhensible. Mais quand on persiste à affirmer avoir raison malgré l’évidence du contraire, c’est qu’on fait preuve d’une mauvaise foi en béton.

… Et ça, c’est 100 fois pire que montrer que l’on s’est trompé.


COMPORTEMENT 27: Demander l’avis des gens sur un sujet, pour descendre sans merci tous ceux dont l’opinion divergent de la votre.

Surtout quand on utilise des arguments qui vont à l’encontre du bon sens commun.

Bonne façon de s’assurer de ne pas garder ses amis FB longtemps.


COMPORTEMENT 28: Avoir plusieurs comptes Facebook.

En avoir deux, passe encore. Moi-même, j’en ai un pour mes amis où je me permet de déconner sans retenue, et un pour mes collègues de travail et ma famille où je suis ennuyeux mais irréprochable. Mais lorsque l’on en a plus que ça, ça frôle la schizophrénie.


COMPORTEMENT 29: N’avoir rien à dire… Et le dire quand même!


COMPORTEMENT 30: Être un LIKE-eur en série.

Vous faites une demande d’amitié FB, et la personne vous accepte.

Vous parcourez son Facebook, et après quelques minutes, le compteur de ses notifications commence à monter de façon effrayante.

Et pour cause:

Ne vous posez pas la question pourquoi, bientôt, vous ne pouvez plus voir le Facebook de votre nouvel ami.

Vous voici rendus à la fin de l’article.  Et si ça ne vous a pas suffi, il y a une suite:  30 autres comportements qu’il faudrait cesser d’avoir sur Facebook.


Steve Requin est un auteur dont les textes humoristiques et parfois les dessins sont apparus dans de nombreux journaux et magazines depuis 1988, tels que Wow!, MensuHell, Summum et surtout Safarir. Il est co-auteur et comédien de la série 1 Gay, 1 Hétéro et aimerait bien faire le saut en télé ou à la radio un jour si ça adonne. Son texte le plus connu et le plus populaire demeure cette liste de noms de famille composés. Pour plus de détails, voir sa biographie sur Wikipeda.

Pour le suivre: twitter.com/steverequin, ou bien sur Facebook à  https://www.facebook.com/MesPretentionsDeSagesse.

REMERCIEMENTS (par ordre alphabétique) à tous ceux qui ont accepté de se prêter à cette mascarade sur Facebook, histoire de me fournir des captures d’écrans, soit: Nadia Bastien, P.A. Beaulieu, Viviane Belec, Hyacinthe Blais-Marceau, Cendra Chauvin, Martin Desbiens-Leclerc, Marc Desaulniers, Stéphanie Gagnon, Marie-Josée Gallant, Natalie Garon, Johanne Gignac, Martine Hinse, Val Kyrie, Virginie Kuy, André Martin, Dave Martin, Daniel Morency, Valérie Parent, Laura Pereyra Woof, Émilie Potter-Tanguay, Caroline Schmidt, Jennifer Stiver Viktor Vilekrow et Matthew White.