Dose de réalité : La mystérieuse charmeuse

 Tu vois cette fille qui a un look particulier, qui se démarque. Tu es un gars.  Tu es à un party, ou du moins un événement social quelconque.  Ça peut même être juste à l’école. Généralement, elle est toute de noir vêtue, au maquillage sombre, tatouages, piercings, ou n’importe quoi d’autre qui la marginalise visuellement. Elle bouge peu, semble relax.  Elle est seule.  Elle regarde droit devant elle, parfois prend un regard absent.  Quelque chose en elle t’attire irrésistiblement. Tu tombes sous le coup de son charme mystérieux, de son regard mélancolique, du fait qu’elle semble perdue dans son monde à elle. Tu sens comme une force étrange qui te contrôle et te pousse vers elle, qui te donne le courage d’aller lui parler, alors que c’est quelque chose que tu n’as jamais osé faire avant avec toute autre fille qui te plaisait. Vous vous échangez quelques mots.  Ses réponses restent brèves, vagues, au sens mystérieux. Ça ne fait que piquer ta curiosité, t’attirer encore plus.  Sans pouvoir dire pourquoi, tu as le feeling que toi et elle, vous êtes faits l’un pour l’autre, que vous êtes des âmes sœurs.

Tu as déjà rencontré une telle fille?  Tu as déjà vécu ce genre de chose? Elle te hante toujours malgré le fait que ça n’est jamais allé plus loin entre vous? Alors peut-être as-tu besoin de cette petite dose de réalité, même si je doute qu’elle te plaise :

Réalité #1: Tu te trompes royalement en pensant que vous êtes des âmes sœurs.  La seule chose que vous avez en commun, c’est le fait que vous êtes des marginaux : Elle par choix, et toi parce que tu es un reject.  Dans un monde de pommes, elle est une orange et toi un soulier : Le fait que vous n’avez rien de commun avec la majorité ne signifie pas du tout que vous avez quoi que ce soit de semblable.

Réalité #2: Elle n’est pas mélancolique.  Elle s’emmerde, c’est juste qu’elle n’est pas portée à y faire quoi que ce soit, genre socialiser, ou bien carrément partir si l’événement/l’endroit est si ennuyant que ça.

Réalité #3: Elle n’est pas mystérieuse. Elle s’ennuie, ta présence la dérange, te parler est une torture.  Voilà pourquoi elle ne te parle que très peu, de façon évasive, et toujours en réponse à tes questions, rien de plus.  C’est juste qu’elle essaye le plus vieux truc passif au monde face à une personne que l’on trouve repoussant : Garder ses distances, limiter les contacts, limiter la conversation à son strict minimum, regarder ailleurs et ne pas s’occuper du tout de l’autre, dans l’espoir qu’il comprenne le message et qu’il lui foute la paix au plus vite.

Réalité #4: Ce que tu qualifies de force étrange qui te contrôle et te pousse vers elle, qui te donne le courage d’aller lui parler alors que c’est quelque chose que tu n’as jamais osé faire avec une autre fille qui te plaisait,  c’est loin d’être une main divine qui te guide. Tu le dis toi-même, les autres filles t’intimident. Celle-là, non. Il y a 2 raisons pour ça:

  1. Tel qu’expliqué dans la réalité 1, tu es sous l’impression erronée que votre marginalisme fait que vous êtes semblables.
  2. Les autres filles ont une personnalité, elles parlent, elles bougent.  Tu es donc mal à l’aise face à elles. Tu as peur de les déranger.  Elles t’intimident.  Par contre, tu ne ressens pas de malaise avec une fille qui a l’air encore plus mal ajustée socialement que tu l’es toi. Ça en fait la première avec qui tu as un sentiment de supériorité, donc de confort.

Évidemment, puisque ça se passe au niveau de l’inconscient, tu ne comprends pas pourquoi tu te sens poussé vers elle. Alors tu crois à ces conneries de signes  du destin, alors que ce n’est rien d’autre qu’une réponse chimique du cerveau via stimulation visuelle.

Enfin, parlant de visuel:

Réalité #5: Elle n’a pas un charme.  Elle te plait parce que tu la trouves physiquement attrayante, voilà tout.  Parce que, sois franc : Si une grosse laide se comportait exactement de la même façon tout en ayant exactement le même look, est-ce que tu dirais qu’elle a un charme mystérieux? Non! Tu la trouverais juste désagréablement snob. Et ça, c’est si tu la remarquais pour commencer.

Et ça, c’est la dure réalité.

La « Loi Lola » passera t-elle?

Il y a des moments dans la vie où je souhaite très fort ne pas avoir raison.  Ceci en est un.

La Loi Lola, c’est ce projet de loi qui dit que désormais tous les conjoints qui se séparent ont droit à une pension alimentaire de la part de leur ex. Jusque là, l’article 585 du Code civil du Québec dit que des conjoints de fait ne peuvent réclamer une pension alimentaire pour eux-mêmes en cas de rupture. Pour leurs enfants, oui. Mais pour eux-mêmes, non. Le jugement Lola, s’il passe, va changer ça. La décision sera prise aujourd’hui: http://journalmetro.com/actualites/national/227561/lola-c-eric-la-cour-supreme-tranchera-vendredi/

Je m’interroge: Si la loi passe, qu’est-ce que ça va changer dans nos moeurs?

D’abord, voyons la définition de « conjoint » au sens légal:

« Votre conjoint de fait est la personne avec qui vous faites vie commune depuis au moins 12 mois (toute rupture de moins de 90 jours n’interrompt pas la période de 12 mois) »
Source: http://www.rrq.gouv.qc.ca/fr/retraite/retraite_a_deux/Pages/definition_conjoint.aspx

… Je n’aime pas vraiment ce que ces lois combinées pourraient signifier. D’abord, calcul rapide:

90 jours = 3 mois

12-3=9

En conclusion, pour se protéger légalement du Jugement Lola qui permet à toute femme de demander une pension alimentaire à son ex conjoint de fait, l’homme devra désormais changer de conjointe à tous les 9 mois.

Vous allez me dire Comment peuvent-ils savoir que cette femme est ta conjointe et non une simple colocataire?  Ils ne le peuvent pas, justement. C’est trop compliqué à prouver. Voilà pourquoi c’était plus simple de créer une loi disant que vous êtes conjoints de fait après X temps de colocation.

Si la loi dit que vous êtes conjoints de fait alors vous êtes légalement conjoints de faits, que vous le vouliez ou non. Et si l’un(e) des ex colocs décide, pour des raisons personnelles, d’utiliser ça pour te soutirer de l’argent, eh bien devine quoi? C’est justement pour ces gens-là que cette loi va servir.

Parce qu’il est évident que dès qu’une personne passe plus de 9 mois à colocater avec un autre, cette personne devient automatiquement dépendante financièrement et incapable de se faire vivre par soi-même. En tout cas, c’est le message que passe cette loi au sujet de la colocation.

Vive le peuple québécois.


EDIT: Plus besoin de s’en faire sur le sujet:

Cliquez sur l’image pour voir l’article

Un peu de gaieté

Parce que, bon, la sagesse, la sagesse… Faut bien déconner un peu des fois, quoi.


(Quand j’le vois danser à la fin, j’ai toujours la musique de La Bastringue en tête)


(Faut être Canadien pour comprendre)

Qu’est-ce qu’on rigole!

L’avantage des memes d’internet, c’est qu’on n’a pas besoin de savoir dessiner pour passer une idée sous forme de BD.

…mais bon, sil faut absolument passer un message social, disons ceci: Lorsque quelqu’un cherche à prouver un point pour te contrarier, il le trouvera, ce point, quitte à tordre les faits en les prenant sous des angles pas possibles.

Se rendre hommage à soi-même

Le texte qui suit a été écrit l’été dernier alors que je venais de quitter mon emploi dans un garage de bus en raison de douleurs aux articulations des coudes causées par la manipulation constante de la pompe à diesel:

Une bonne partie de ma vie, de la mi-vingtaine à la fin de la trentaine, je me suis souvent considéré comme étant un loser. Même si je n’avais plus depuis longtemps l’attitude qui fait de quelqu’un un loser, on aurait pu croire que la vie et le destin s’acharnait sur ma pauvre petite personne pour me faire échouer la majorité de ce que j’entreprenais.  J’avais même une page web intitulée La Zone Requin (2003-2009) dans laquelle je partageais sous forme de textes une quarantaine d’anecdotes négatives, toutes vécues. Et bien qu’un tiers de celles-ci démontraient clairement que certains de mes malheurs étaient causés par ma maladresse, mes mauvaises décisions ou ma stupidité, il reste que les autres échecs étaient dus à des circonstances indépendantes de ma volonté. Donc que oui, c’était le hasard et la vie qui semblait vouloir s’acharner contre moi. Même si j’ai toujours été trop terre-à-terre pour y croire vraiment,  je ne pouvais pas nier l’évidence lorsque ça arrivait.  Et à chaque échec, toujours je récitais une variation de la phrase suivante: « Quand n’importe qui fait ____(insérer geste quelconque)____, ça fonctionne.  Mais quand c’est moi, ___(insérer preuve de fail)___ ».  Exemple récent : Quand n’importe qui fait du jogging, il améliore sa condition physique.  Mais quand c’est moi, je développe une fasciite plantaire qui me handicape dans mon quotidien, pour la vie. Ou encore plus actuel: Tout le monde est capable de manipuler une pompe à essence, mais quand c’est moi je me fais des problèmes aux coudes.

Pourtant, je réalise que depuis que j’ai découvert les trois raisons possibles de l’échec, je ne suis plus du tout porté à avoir cette mentalité.  Mieux encore; quand je repense à mon passé de loser, je constate un truc important: Ce que je n’avais pas considéré à l’époque, c’est qu’il y avait une raison logique pourquoi j’essuyais beaucoup plus d’échecs que la moyenne des gens. Et cette raison, la voici:

Les autres, dans leur jeunesse, pendant leurs études, découvrent la voie qui leur convient le mieux.  Ils vont tout naturellement vers la branche dans laquelle ils ont le plus d’aptitudes, ne mettant des efforts que dans les aires où ils ont déjà du talent ou des prédispositions.  Ils restent donc dans leurs zones de confort. Dans ces conditions, on peut quasiment dire qu’ils vont pour la voie facile. Et lorsque l’on ne se consacre qu’à un seul domaine, il est normal de s’y améliorer, de développer une expertise, ce qui fait d’eux des succès, des gens talentueux, des gens pour qui la réussite dans leur domaine vient tout naturellement.

Moi, de mon côté, je n’ai rien d’exceptionnel.  Je suis un gars ben ordinaire, avec mes forces et mes faiblesses.  La différence, c’est que j’ai toujours refusé de n’être cloitré que dans ma petite palette de possibilités.  C’est pourquoi je suis toujours en train d’essayer de nouvelles choses, d’explorer d’autres facettes. En fait, ce n’est pas un refus, ni une décision volontaire. C’est dans ma personnalité, ma nature profonde.

Et voilà ce qui est la source de ce qui est perçu comme étant du loserisme à mon sujet: Les autres gens essayent peu de choses, et ce qu’ils essayent est rarement situé au-delà de leur zone de confort.  Par conséquent, ils subissent peu d’échecs et récoltent beaucoup de victoires. Tandis que moi, je fais beaucoup d’essai dans beaucoup de domaines variés, et je n’arrête jamais, ayant toujours une nouvelle voie à explorer.

Donc, en faisant dix fois plus de trucs que la moyenne des gens, il est tout à fait normal que mon ratio de fail soit dix fois plus élevé que celui des autres.

Surtout que je me donne toujours le genre de buts que la majorité des gens, dans le même domaine, n’atteignent pas.  Par exemple, la majorité des joggers de longue expérience sont contents de juste jogger deux, cinq, dix kilomètres et  de rentrer chez eux ensuite pour une douche, satisfaits de ne se livrer à cette activité que pour garder la forme. Moi, débutant dans la course à 42 ans, je me donne immédiatement le but ultime de la course à pieds: Faire un marathon. Je confond aller jusqu’au bout avec pousser les choses à bout.  C’est sûr que ça m’a fait passer de pouvoir courir 200 mètres à 5 Km en quatre mois. Mais si je m’étais contenté de ne courir que trois jours par semaine, comme le font les coureurs sérieux, j’aurais obtenu les mêmes bénéfices et fait les mêmes progrès dans le même laps de temps. Mais moi, je courrais sept jours semaine, sans laisser le temps à mes jambes de récupérer. Pas étonnant que dans ces conditions-là, je me suis cassé la gueule.

À quelque chose malheur est bon, que dit le proverbe.  Et c’est vrai! D’accord, je suis maintenant handicapé, probablement à vie. Mais en même temps, ça m’a permis d’être en paix avec tellement de choses que je ne comprenais pas à mon propre sujet.  Par exemple, je sais maintenant que  mes pieds sont arqués et une de mes jambes est croche.  Ça m’explique enfin pourquoi je ne valais rien en course à l’école, pourquoi courir trop vite me fait perdre l’équilibre, pourquoi je suis incapable d’avancer correctement en patin, en rollerblades, en ski. Maintenant, à l’âge de 44 ans, je peux enfin comprendre que ce n’était pas du loserisme ni de l’acharnement de la vie à me faire échouer sans raisons. Ce n’était qu’un handicap physique naturel et non-apparent. Il y avait vraiment une raison logique derrière ceci.

En réalité, je ne suis pas un gars plus malchanceux que les autres.  En fait, selon la loi des moyennes, je suis même plus winner que la majorité. Il n’y a qu’à faire une liste partielle de mes accomplissements pour le constater :

  • Je fais parfois de l’embonpoint, mais qui comme moi a réussi si bien à perdre du poids à se mettre en forme?  Non pas une, non pas deux mais bien trois fois?
  • Je ne peux plus courir, mais qui à 42 ans est passé de sédentaire pouvant ne faire que 200 mètres, à athlétique pouvant courir 5 km non-stop ?
  • J’ai rarement réussi à vivre de l’écriture, mais combien de gens parmi ceux qui le font ont réussi à écrire un texte viral, comme ma liste des noms de familles qui est sans cesse citée dans les journaux, les magazines, à la radio, à la télé et partout sur le net depuis 1997?
  • Qui peut se vanter d’avoir sa propre page sur Wikipedia?
  • Je ne peux plus travailler, mais qui comme moi a réussi à se mettre de côté 1/3 de sa paye pendant 8 mois, ce qui me permettrait de vivre 2-3 mois de vacances si je le voulais, sans vivre au crochets du chômage, du BS ou d’une tierce personne ?

Sans oublier ce que la nature m’a donné :

  • Combien d’hommes de 5 pieds 7 pouces sont nés d’une union entre une mère de 5 pieds 2 et d’un père de 5 pieds 1?
  • Qui peut se vanter d’avoir un ancêtre aussi important dans l’Histoire du Québec (au sujet de l’Histoire du Québec, justement) que Aegidius Fauteux ?
  • Rien de ce qui rend les gens accros n’a de prise sur moi : Alcool, drogue, cigarette, jeu.  Et maintenant, je peux même rajouter : Sexe et dépendance affective.

D’accord, ma liste d’échec est peut-être dix fois plus grande que celle de n’importe qui.  N’empêche que le nombre de mes réussites bat également à plate couture la liste de réussite de n’importe qui.  J’ai beau être un gars bien ordinaire, ça prendrait quelqu’un d’assez exceptionnel pour réussir à me surpasser dans tout ce que j’ai accompli.

Je me souviens qu’après l’avoir écrit, j’ai finalement décidé de ne pas mettre ce texte sur mon blog.  Un peu par modestie, mais surtout par orgueil, ne voulant pas être accusé d’avoir la tête enflée, de me prendre pour un autre. Et puis, j’ai vu la chose sous un angle réaliste.  Celui-ci tient en deux points:

  1. Si ça se trouve, ceux qui vont m’accuser de me prendre pour un autre en me vantant d’être un winner, ce sont les mêmes gens qui m’accusaient de faire dans la victimisation avec mes textes de La Zone Requin démontrant que j’étais un loser.  Pourquoi est-ce que je me laisserais influencer sur ce que je fais ou non par des imbéciles qui cherchent tellement à dénigrer les autres qu’ils sont prêt à se contredire de manière aussi flagrante?
  2. Mon blog sert à partager les réflexions et les expériences qui m’ont aidé à avancer dans la vie. Des réflexions et expériences propres à inspirer positivement ceux qui traversent les mêmes moments difficiles que j’ai eu moi-même à passer. Ce billet montre que même quand tout va mal, ça ne change rien au positif que l’on vit, et ça n’affecte nullement ce que l’on a réussi à accomplir. Dans ce sens, ce billet est nullement différent des autres que j’ai écrit ici.

Mon année 2012, 8e partie: Tout est bien qui finit bien!

NOVEMBRE 2012

4 novembre au soir, un truc me revient en tête.  Je me souviens qu’en avril dernier, j’en étais arrivé à la conclusion que les belles filles des sites de rencontres peuvent se permettre d’être sélectives. Par conséquent, ce n’est pas avec mon 2½ dans un sous-sol mal éclairé, ma job de garage où je me rend en vélo et mon budget trop serré pour me permettre plus d’une sortie par mois que je vais tomber dans ses critères de sélections.

Mais voilà, les choses ont changé. J’habite maintenant un beau 3½ remis à neuf, bien éclairé, au 11e étage, avec balcon, buanderie, stationnement souterrain sur deux étages, piscine, saunas, vue imprenable sur la ville sur 360°… Et puisque tout ça est gratuit pour moi, je pourrais vivre sur un seul de mes chèques de paye par mois et il m’en resterait même.  Alors avec 2, parfois 3 chèques par mois, je peux certainement me payer toutes les sorties que je veux. Pour la première fois de ma vie, je peux entrer dans les critères de sélection des sélectives.

Je m’inscris donc dans un site de rencontres où je n’étais jamais allé avant.  J’y met une photo récente, une description courte mais claire.  Le vieux charme opère encore, ça a l’air: En quelques heures, il y en a une qui me contacte et m’envoie son MSN. Elle jolie, son profil démontre qu’elle est sérieuse et tout.  Alors on jase. Elle répond à mon critère de base principal, c’est à dire qu’elle habite Montréal.

… Mais voilà qu’elle m’apprend que  techniquement, elle habite Saint-Romuald.  Elle reste temporairement chez un ami montréalais parce que son ex l’a expulsé de leur appartement.
Car elle a commis des voies de faits contre lui.
Ce qui fait qu’elle ne peut plus voir ses enfants.
Ce qui fait qu’elle n’a ni logement ni travail.
Ce qui sera difficile à trouver, avec son dossier judiciaire.
Pas son dossier judiciaire pour voies de faits, celui pour trafic de drogues.
…
Je l’enlève de mon MSN.

De toutes façons, d’après ce que j’ai pu voir via webcam, la photo de son profil date de quand elle était 5 ans et 60 lbs plus jeune. Finalement, je réalise que je m’étais pas encore donné la peine d’apprécier le célibat à sa juste valeur.

C’était le 11 du 11 et Stéphanie avait les 11. …Les 11 personnes présentes chez moi, au 11e  étage, pour fêter son 36e anniversaire. Je lui ai commandé un délicieux gâteau en forme du Tardis du 11e  Docteur, une oeuvre signée Gâteaux Utopiques


DÉCEMBRE 2012

Sâcrés Mayas…  Font un calendrier bon jusqu’en 2012. Cessent d’exister en 1697. FAIL!

En allant faire une épicerie au Maxi de mon ancien quartier, j’ai repassé devant mon vieux 6½ sur Régina à Verdun. La place est déserte et les travaux de rénovations qui devaient être terminés en juillet dernier ont été interrompus.

D’après mon propriétaire et patron actuel, voici ce qui est probablement arrivé: Lorsque Karine et moi avions accepté de ne pas revenir en juillet, le proprio n’a plus eu besoin de respecter la date limite du 1er juillet pour terminer les travaux.  Il a donc utilisé l’argent de sa subvention pour autre chose que les rénovations. La place est maintenant totalement invivable. Quel gâchis!

De toutes façons, je suis bien mieux ici que là-bas.  ici, je suis connu et apprécié. D’ailleurs, avec le temps des fêtes qui arrive, tout plein de locataires me donnent des pourboires, du chocolat et du vin.

Le 30 décembre, pour la première fois depuis 20 mois sans avoir couru, je recommence, dans la neige comme à mes débuts.  Grâce à mes orthèses, mes pieds sont confortables à 100%.  J’arrive à courir non-stop pendant un kilomètre.  C’est 5 fois moins que la dernière fois que j’ai couru en avril 2011 (5 km), mais ça reste 5 fois plus que la première fois en décembre 2010 (200 mètres).  Je suis ravi de ne pas repartir à zéro malgré tout le temps passé sans avoir pu courir.

Il y a un an, tout dégringolait. Mon couple prenait fin après 12 ans. J’habitais un appartement grand et peu cher, mais de plus en plus en ruine. Appartement d’où notre propriétaire nous a expulsé. Je ne pouvais plus marcher. Je ne pouvais plus travailler. Mes finances étaient en mode survie. J’ai déménagé dans un sous-sol mal éclairé full de moisissures qui rendaient malade mes parents, mon chat et moi. Et quand j’ai pu reprendre le travail, je me faisais switcher sans cesse entre le shift de soir (3 pm-11:30 pm) et de nuit (10:30 pm-7 am) rendant toute vie sociale impossible.

Aujourd’hui, je suis de nouveau bien portant et en forme, j’ai un travail que j’aime et qui m’a donné des habiletés qui me serviront toute ma vie (plomberie, électricité, menuiserie), avec horaire normal qui me permet une vie sociale et intime, mes finances sont en mode confortable, ma job vient avec un beau 3½ rénové au 11e étage avec superbe vue. La vie a fini par me donner un break, une opportunité que j’ai saisis à deux mains. Et de toute ma vie, je ne me suis jamais aussi bien porté.

Ce qui démontre que quand tu es à ton plus bas, la seule option qui te reste, c’est de remonter. Et quand tu as remonté jusqu’au niveau où tu étais avant ta chute, tu n’as qu’à garder ton élan pour monter encore plus haut.

Et ainsi prend fin une année qui se termine de bien meilleure façon qu’elle a commencé.

Mon année 2012, 7e partie: Le célibat!

Comme je l’ai écrit dans le second billet de cette série, J’ai été membre d’un site de rencontres en avril dernier.  J’y ai passé tout mon temps libre de ce mois-là.  Ça m’a permis de constater qu’il y avait différentes catégories de filles qui fréquentent ce genre de place.

J’ai vu des filles qui sont membres là depuis tellement longtemps que ça a eu le temps de devenir la plus importante part de leur vie sociale. Celles-là ne sont pas du genre à quitter la place quand elle ont un chum, ça fait trop partie de leur quotidien.

J’ai vu des filles vraiment frustrées de la vie, du couple et des gars.  C’est à se demander ce qu’elles faisaient sur un site de rencontres.

J’ai vu que beaucoup de filles habitant en région se cherchent un chum montréalais. J’ai d’ailleurs copié-collé le message suivant à 99% des femmes qui m’ont contacté : « Je vois que tu viens de [Insérer nom de n’importe quelle ville sauf Montréal] , or je dis clairement dans ma fiche « Montréalaise seulement SVP » Désolé ! »

J’ai vu des filles qui se plaignent que les gars ne s’intéressent qu’aux totons, et qui pourtant montrent leurs craques de boules sur toutes leurs photos de galeries. (genre elle)

J’ai été contacté par des filles de 25-30 ans qui ne regardaient que les photos, apparemment, parce que quand je leur posais la question « Ça ne te dérange pas que j’ai 43 ans? », j’avais des réponses style « OUACHE, UN VIEUX ! » ou bien « Arrête donc de mettre sur ton profil des pics de toi qui datent d’y a 10 ans, crisse de fake » alors qu’elles avaient été prises ce même mois d’avril.

Je ne suis pas resté passif. J’ai envoyé entre 40 et 50 demandes de contacts. J’ai reçu 4 réponses :

  • Une fille qui veut avoir des enfants.
  • Une fille qui considère que s’il n’y a pas de jalousie ni de violence dans le couple, ça signifie qu’il n’y a pas de passion.
  • Une passive-agressive qui, peu importe ce que je lui écrivais, répondait « Pourquoi tu demandes ça? », « Pourquoi tu dis ça? » ou bien « Pourquoi je ferais ça? »
  • Une fille qui écrivait tellement mal que je pense qu’elle faisait juste frapper le clavier avec sa face. De plus, elle remplaçait tous les points de ponctuation par LOL, truc qui me hérisse particulièrement.

J’ai été contacté par une superbe fille de 27 ans, style mannequin, avec un mauvais français et une adresse @ymail dans sa lettre de présentation. Je sais que ça sonne amer ou pessimiste, mais quand quelque chose a l’air trop beau pour être vrai, c’est généralement parce que c’est trop beau pour être vrai.  Un p’tit Google plus tard avec cette adresse, et je tombe sur un forum full de gars qui se sont fait prendre par ce barbu russe qui s’inscrit sur plein de sites de rencontres depuis 6-7 ans sous cette même fausse identité en leur jouant du « je t’aime, je viens te rejoindre, envoie-moi 600 Euros pour mon visa et billet d’avion. » Dommage! Pour une fois que j’en avais une belle.

Oui, l’apparence physique compte pour moi. Il y a deux raisons pour ça.  La première, c’est que je me suis rendu compte il y a longtemps que contrairement au mythe populaire, une fille grosse et/ou laide n’est pas nécessairement gentille et cochonne pour compenser. Elle peut l’être, mais ce n’est vraiment pas le cas pour toutes. J’ai appris à la dure que si elle ne s’aime pas, elle ne peut pas croire qu’on puisse l’aimer. Dans ce temps là, on subit éternellement ses soupçons de vouloir la tromper et la quitter, soupçons qu’elle nous fait payer d’avance. Par contre, une belle fille qui sait qu’elle l’est sera sécure et ne nous fera pas subir ça.

Et la seconde raison: Si j’ai passé les 11 dernières années à prendre soin de ma santé et mon apparence, ce n’est pas pour accepter de sortir avec quelqu’un qui se néglige. Ce n’est pas juste une question d’apparence, mais aussi de santé et de capacités physique.  Mais voilà, sur ces sites, les filles de mon groupe d’âge se divisent physiquement en 4 catégories :

  • Obèses désespérées.
  • Maigres ridées maganées décrissées.
  • Laides, mais alors là laides. La dernière à m’avoir contacté, je croyais sincèrement qu’elle avait déformé sa photo sur Photoshop pour s’enlaidir, tellement c’était caricatural et inhumain comme faciès. Elle a pris le temps de préciser sur sa fiche que l’homme qu’elle cherche doit aimer baiser. Désolé d’être politiquement incorrect, parce que ce n’est pas de sa faute si elle est aussi mal fichue, mais avec une face de même je comprends pourquoi elle a eu besoin de préciser ça.
  • Ou alors, très rare, il y a la belle qui prend soin d’elle et de sa santé en se gardant en forme… donc qui peut se permettre d’être ultra-sélective. Ce n’est pas avec mon 2½ dans un sous-sol mal éclairé, ma job de garage où je me rend en vélo et mon budget trop serré pour me permettre plus d’une sortie par mois que je vais tomber dans ses critères de sélections.

Ça m’a permis de me rendre compte que finalement, j’étais porté à me chercher une blonde parce que j’avais passé les dernières 12½ années en couple, et que je ne m’étais pas encore fait au changement. Dès que je me suis habitué à ma nouvelle vie, j’ai perdu l’envie de chercher, perdu l’envie d’être en couple, perdu intérêt à rencontrer qui que ce soit, et je n’ai même pas de motivation sexuelle puisque même ma libido est à zéro. Ce qui est une bénédiction, quand je pense à tout ce que j’ai accepté de baiser entre 16 et 30 ans quand j’étais horny 24/7.  Si je rencontre quelqu’un par hasard et que ça clique mutuellement, la nature suivra son cours. Sinon, j’envisage très bien un reste de vie dans le célibat.

…Du moins, c’est ce que je me disais en avril.  Un petit changement dans ma vie allait me faire reconsidérer la chose en novembre.

À CONCLURE.

Mon année 2012, 6e partie: La vie me donne un break!

SEPTEMBRE 2012

Les deux premières semaines de septembre, la température est encore celle de l’été. Je me paie des vraies vacances : Je sors dehors de jour au lieu de le dormir, je me promène en vélo, j’explore des coins où je ne suis jamais encore allé, je visite des commerces où je n’avais jamais mis les pieds. Ça fait du bien de découvrir des endroits inconnus. Après huit ans à habiter à mon appartement précédent, j’étais tombé à court de ce genre de truc depuis longtemps. Et le plus beau : Tout est calme et pratiquement désert. Normal, tous les enfants et ados sont à l’école.

Je profite aussi de mon temps libre afin de renouer un peu avec mes ancêtres. Fiston s’est découvert une passion pour l’histoire de la famille, passion qui a renouvelé la mienne qui s’était un peu endormie avec le temps. Je me remets à un projet d’écriture au sujet de mon illustre arrière-grand-oncle Aegidius Fauteux
Mes recherches me montrent que depuis que je suis arrivé à Montréal en 1990, j’ai quasiment toujours habité à côté de son lieu d’origine, la paroisse de Sainte-Cunégonde, connue aujourd’hui sous le nom de Quartier Petite Bourgogne de Montréal.  Mieux encore: Cette branche de ma famille était tellement populaire que la rue où ils avaient leur manufacture de portes et fenêtres a aujourd’hui leur nom. Je passe des jours à visiter ces endroits, les bibliothèques du quartier et à consulter les archives de la Ville.

Mais je ne néglige pas pour autant la recherche d’emploi. Je vais visiter Emploi Québec plusieurs fois par jour, faisant de 2 à 10 applications quotidiennement. Je passe deux entrevues qui n’ont rien donné, finalement, le 16 septembre, ce sera la 3e qui sera la bonne. Je ne serai resté que deux semaines et deux jours sans emploi.

Le travail étant pour un concierge résident, la condition première est de pouvoir aménager immédiatement. Ma propriétaire me permet de partir pourvu que je trouve pour me remplacer une personne qui a de l’allure. Kijiji aidant, je lui trouve ça en trois semaines. C’est sans regrets que je quitte mon 2½ dans ce sous-sol mal éclairé pour m’en aller là:

On me fournis gratuitement un grand 3½ très bien éclairé par de grandes fenêtres au 11e étage, électricité et chauffage fournis.  Les gratuités incluent internet + téléphone + câble, mais j’ai choisi le caprice d’amener avec moi le contrat Vidéotron que j’ai déjà pour ces 3 services. J’ai 5 bonnes raisons pour ça:

  1. Ça ne me tente pas que l’administration sache sur quel sites internet douteux je passe mes temps libres.
  2. J’ai eu assez de misère à apprendre mon nouveau numéro de téléphone, je l’garde, s’tie!
  3. Anyway, le téléphone + le cell que la job me fournis sont supposés être des instruments de travail.  J’aime garder ma vie privée séparée de ma carrière.
  4. Tant qu’à avoir le câble et ne pas avoir les chaines que je veux, aussi bien avoir mon propre compte.
  5. Hey, je ne paye ni loyer ni chauffage ni électricité. Je peux bien me payer le Vidéotron, hm!?

Je passe le reste du mois à faire l’apprentissage de mon métier. Pour le reste de ma vie, je n’aurai plus jamais besoin de faire appel à un plombier, un électricien, un menuisier ou… euh… une femme de ménage.


OCTOBRE 2012

Je termine mon déménagement. Ma bonne fortune me rend généreux, aussi je laisse à la nouvelle locataire mon vieux fauteuil ainsi que le reste du mois payé.

Au fil des jours et des semaines, je me meuble peu à peu, et ce gratuitement. Car en effet, lorsque les locataires déménagent, ils laissent toujours un meuble ou deux.  C’est ainsi que je me retrouve avec des bibliothèques, une belle table de travail, un fauteuil en cuir 3 places et quelques autres trucs, le tout en excellent état.  Et comme j’ai accès à une machine à vapeur anti-punaises, je ne sers pas de buffet à volonté à ces p’tites bibites.  Le fait que les gens se débarrassent de leurs télés pour des versions ultra-plates fait que je me retrouve bientôt avec 5 grosses TV, toutes parfaitement fonctionnelles.  Je me vois quand même obligé d’en remettre 3 aux vidanges, faute de place et d’utilité. En fait, la seule chose que je me paye, c’est une superbe table des années 50 en parfait état qui fitte parfaitement avec le cachet rétro que je donne peu à peu à la place.

Vers la fin du mois, alors que j’aurai bientôt à retourner voir le podiatre pour le traitement de mon invincible verrue plantaire, je m’observe le pied et constate avec surprise que le dernier traitement a fini par en venir à bout. Ça a pris 5 ans mais j’ai fini par voir le jour où je m’en suis débarrassé.

NEXT: Le Célibat

Rapport 2012 de la part de WordPress au sujet de Mes Prétentions de Sagesse

Les lutins statisticiens chez WordPress.com ont préparé un rapport annuel 2012 pour ce blog.

Voici un extrait :

19 000 personnes étaient présentes au nouveau Barclays Center pour voir Jay-Z. Mes Prétentions de Sagesse a été vu environ 72 000 fois en 2012. Si ce blog était un concert au Barclays Center, il faudrait 4 spectacles pour que tout le monde puisse le voir.

Cliquez ici pour voir le rapport complet.

Mon année 2012, partie 5: La facilité de se trouver un emploi.

Il y a 2 ans, dans mon billet Les Trois Raisons Possibles de l’Échec,  je parlais d’un problème qui me faisait obstacle dans ma recherche d’emploi, soit le côté artistique de mon CV.  En effet, à chaque fois que je me cherchais un travail physique, ils regardaient mon CV, voyaient des trucs comme Safarir et l’École Nationale de l’Humour, et en arrivaient à la conclusion erronée (quoi que logique) que je cherchais juste une job quelconque en attendant de percer dans le milieu artistique.

L’affaire, c’est que la réalité était l’inverse. Tanné du travail à la pige instable et mal payé, j’ai décidé de mettre ça derrière moi en faveur d’un travail stable, à temps plein, à revenu régulier. C’est en faisant des recherches d’emploi que je me suis rendu compte que pour les gens avec peu ou pas d’expérience, les jobs de bras étaient plus payantes que le travail de bureau. D’où mes tentatives d’être embauché dans le domaine. Hélas, mon CV artistique ne faisait que me nuire.

Lorsque la solution à mon problème m’est venue en tête, je n’en revenais pas de ne pas y avoir pensé avant, tellement c’était simple : Me mettre à la place de mon futur patron. Me dire : Et si c’était moi l’employeur… Qu’est-ce que je voudrais entendre? Qu’est-ce que je voudrais voir? Qu’est-ce qui me pousserais à l’employer lui alors que jamais je ne donnerais sa chance à l’autre? Le simple fait de me poser ces questions m’a amené à transformer radicalement les différentes facettes et éléments de ma recherche d’emploi.

MON CV :
Si j’étais patron : Si je cherche un travailleur solide physiquement et que je reçois un CV dans lequel la moitié de ses expériences (les plus récentes en plus) sont artistiques, c’est sûr que je vais le mettre de côté au profit d’un qui n’a que des expériences de travail physique.
Alors ce que j’ai fait : Au début de 2011, j’ai fait application pour travailler dans un garage de bus.  J’ai tout simplement enlevé les détails artistiques de mon CV.  Comme ça, au lieu de le jeter, il m’a appelé pour me demander pourquoi il y avait de grands trous dans ma liste d’expérience. Je lui ai dit la vérité : Parce que j’ai mis la vie artistique derrière moi, et parce que ces expériences me handicapaient dans mon CV. Il a compris. J’ai été embauché.

MA SITUATION GÉOGRAPHIQUE
Si j’étais patron : Je voudrais d’un employé qui habite près, et ce pour deux raisons : C’est plus pratique lorsqu’il faut appeler quelqu’un pour faire du remplacement de dernière minute, et je n’ai pas à craindre les retards et l’absentéisme pour cause de le bus n’est pas passé / le métro est arrêté / l’auto est en panne.
Alors ce que j’ai fait : À tous les jours, j’allais sur Emploi Québec et je ne consultais que les annonces de mon quartier.  Les gens me disaient que c’était une erreur, et que si je voulais vraiment travailler j’irais prendre la job là où elle est.  Eh bien j’ai eu raison de m’obstiner car ça ne m’a pris qu’un mois avant de trouver du travail au garage de bus de mon coin. J’y allais à pied ou en vélo.

MON PHYSIQUE
Si j’étais patron d’une boutique de vêtements pour jeunes, je voudrais des vendeurs jeunes, minces, beaux, qui ont du style. Si j’étais patron d’un magasin d’équipement de sport, je voudrais des vendeurs d’allure sportive, en forme, en tenue de gym.  Et si j’étais patron d’un garage de bus, je voudrais un employé solide, costaud, habillé de façon qui démontre qu’il n’a pas peur de se salir.  Il y a une raison pourquoi existe l’expression Avoir le physique de l’emploi.  Dès le premier coup d’œil sur ton allure, le patron sait déjà si ça vaut la peine de te faire passer une entrevue ou non.
Alors ce que j’ai fait : À ce moment-là, je venais de passer tout l’hiver à m’entrainer à la course, en plus de faire des poids. J’étais athlétique, costaud. J’étais trop vieux pour être vendeur dans des boutiques, surtout sans expérience au niveau de la vente. Par contre, j’avais le physique requis pour travailler dans un garage de bus.

MON COMPORTEMENT PENDANT L’ENTREVUE
Si j’étais patron : Je voudrais d’un candidat avec qui le courant passe bien.  Quelqu’un avec qui la communication se fait aisément. Quelqu’un qui est à l’aise avec moi, surtout si on est pour travailler ensemble.
Alors ce que j’ai fait : Tous ceux qui se sont butés à la difficulté de se trouver un emploi se sont tous fait donner les mêmes conseils : Assis-toi droit, regarde-le dans les yeux, garde le sourire… Hélas, la majorité des gens poussent la chose trop loin, et l’intervieweur se retrouve face à un candidat raide comme une statue, au sourire figé et qui le regarde pendant 17 minutes sans cligner des yeux.  Alors je me suis tout simplement détendu en me disant qu’après tout, à part pour son poste, c’est un gars tout à fait normal et pareil que moi. Il y a moyen de rester poli et respectueux sans avoir l’air d’un robot, et d’être détendu et à l’aise sans être exagérément familier.

MON EXPÉRIENCE
Si j’étais patron d’un travail qui demande de l’expérience, c’est évident que je ne voudrai embaucher que ceux qui en ont. Mais si c’est pour un travail simple dans lequel on fournit le training, n’importe qui fera l’affaire.
Alors ce que j’ai fait : Je n’ai pas perdu mon temps à regarder les emplois demandant une expérience que je n’avais pas. Voilà pourquoi j’ai fait application dans l’entretien ménager :  Tout le monde sait faire du ménage. Le reste, ils te l’apprennent.

Jusqu’ici, je ne parle que de mon travail dans le garage de bus, que j’ai eu d’avril 2011 à aout 2012. Dès que j’ai démissionné du garage, je me suis mis à chercher un travail une coche au-dessus : Concierge dans un édifice à appartements.  Parce que là, j’avais de l’expérience pour un boulot qui en demandait. Après deux semaines et demi à visiter quotidiennement Emploi Québec, j’ai trouvé ma job idéale : Concierge/homme à tout faire dans un bloc de 22 étages, meilleur salaire qu’au garage, logement + électricité + chauffage + internet + téléphone + câble fourni gratis.

MON CV
Puisque cette fois j’avais derrière moi 16 mois d’expérience dans un travail similaire, je me suis permis d’y remettre mes expériences artistiques, histoire de montrer que j’ai passé la majorité de ma vie à travailler.  Le fait que j’ai donné ma démission correctement, tel que vu dans le billet précédent, n’a pas dû nuire lorsqu’ils ont contacté mon dernier employeur.

MES DOCUMENTS
Je suis arrivé préparé. J’avais avec moi tous les documents imaginables :

  • Mon CV avec toutes les coordonnées de mes employeurs.
  • Mes cartes.
  • Mes 2 derniers baux.
  • Mon passeport.
  • Un spécimen de chèque de mon compte de banque.
  • Mon certificat de naissance.
  • Une liste de questions.
  • Une lettre de présentation.
  • Une 2e lettre, celle-là je vous en parlerai plus tard.

Je doute fort que les autres candidats étaient aussi préparés que moi. En démontrant à mon futur employeur à quel point je suis une personne organisée, que j’ai ce qu’il veut de moi au moment où il en a besoin, ça me donne une longueur d’avance sur les autres.

LA LETTRE DE PRÉSENTATION
On n’accorde jamais assez d’importance à la lettre de présentation parce qu’on est portés à croire que tout ce que l’on pourrait y écrire, on va le dire pendant l’entrevue anyway. Eh bien moi, j’ai deux bonnes raisons pourquoi je tenais à en écrire une :

  1. La mémoire est une faculté qui oublie.  Plus l’employeur passe d’entrevues, plus il sera difficile pour lui de se souvenir de qui lui a dit quoi.  La lettre de présentation fait donc de moi la seule personne de qui il lui est facile de tout de se rappeler.
  2. Plus l’employeur a d’entrevues à passer, moins il a le temps de me poser les questions qui l’aideront à comprendre pourquoi je suis un meilleur candidat que les autres. Voilà pourquoi j’ai bien pris le temps de lui (d)écrire tous les aspects de ma personnalité qui sont compatibles avec ce travail en particulier.

LA LISTE DE QUESTION
Ça aussi c’est important, parce que ça démontre à l’employeur que l’on est vraiment intéressé à avoir ce travail.  Dans mon cas personnel, lorsque la madame qui m’a passé en entrevue est venue pour conclure en me demandant si j’avais des questions, j’ai sorti ma liste en lui disant que des dix que j’avais, il n’y en a que quatre dont nous n’avons pas discuté.

NE RIEN AVOIR À CACHER
Lors de l’entrevue, après avoir répondu à mes dernières questions, la madame me donne un document et me dit : « Ça c’est un document que tu dois signer, dans lequel tu déclares nous donner l’autorisation de faire une enquête à ton sujet.  Parce que tu comprendras qu’on ne va pas donner les clés de 260 appartements à quelqu’un qui a un dossier judiciaire pour vol, hein? Ha! Ha! Ha! »  Finalement, ce fut après 24 heures et non 48 qu’elle m’a appelé.  Elle me dit : « Bon ben le rapport de la GRC vient d’arriver.  Fa que, si t’es prêt, tu commences demain matin à 8am. »

Et voilà comment un gars qui a passé vingt ans de sa vie à avoir une carrière artistique a pu se décrocher un bon travail physique bien payant.

NEXT: partie 5B: Les erreurs à ne pas commettre

Mon année 2012, 4e partie: Un bel été!

JUILLET 2012

Je ne sais pas si c’est le fait que je manipule une lourde pompe à diésel de 20 à 30 fois par jour depuis un an, mais je commence à avoir mal aux coudes à chaque fois que je le fais. Peu importe, j’ai pris les deux dernières semaines du mois pour mes vacances, je pourrai me les reposer à ce moment-là. Le truc étrange, c’est que tout le monde, autant mes boss que mes collègues, sont surpris que je prends mes deux semaines collées. Tant pis si ça leur cause des problèmes d’horaire, avec tout le temps supplémentaire que j’ai fait en un an, je mérite bien mon repos.

Quoi que repos c’est vite dit. Je passerai la première semaine de vacances avec mes parents, et eux sont loin d’être reposants.  Surtout mon père qui est un enragé verbal au volant. Alors pour ce qui est du trajet Montréal-Québec…

C’est à cette occasion que je reverrai mon fils ainé pour la première fois depuis quatre ans. C’est maintenant un homme et un fier papa. Je demande à ma belle-fille de nous prendre en photo tous les quatre…

… histoire de poursuivre la tradition familiale de prendre 4 générations sur la même photo.

Le 21 juillet, j’ai 44 ans.  Je passe cette journée exactement comme je le planifiais : Étendu confortablement sur mon divan, devant la télé, canettes de Diet Pepsi glacé à la main, bien au frais dans mon appartement au sous-sol, une brise fraîche qui entre par la fenêtre, mon chat ronronnant couché sur mon ventre.  Calme, relaxation, détente, bonheur. C’est fou comment ma conception de l’anniversaire idéal a pu changer en 25 ans.  Si j’avais passé le jour de mon 19e anniversaire de cette façon, je me serais trouvé loser en #@/$?&!!

À temps perdu, j’écris ce qui deviendra mon texte le plus populaire de tous les temps: Quelques comportements qu’il faudrait cesser d’avoir sur Facebook.  Plus de 62 000 visites en une semaine, dont 21 860 pour le 2e jour. Ça fait changement de mes habituels 50-à-120 visites quotidiennes. J’ai apparemment mis le doigt sur un sujet d’intérêt public, car une dizaine de stations de radios en ont parlé en ondes, sur leur page Facebook et leurs Twitter. Jusqu’à l’émission Salut Bonjour qui en a fait une capsule à la télé au matin du 3e jour.


AOUT 2012

De retour au travail.  Je suis déçu de constater que mes coudes ne vont pas mieux du tout. Je décide qu’il est temps de changer de métier.  Je me dirige au bureau de mon grand boss pour lui dire que je suis prêt à passer mon test pour mon permis de classe 2 à la SAAQ. Une surprise m’attend: On m’apprend qu’il ne travaille plus ici. Eh non!  Il se trouve que les dirigeants de la compagnie, situés à Toronto, ont envoyé des cravates (représentants unilingues anglais) ici afin de faire le ménage.  Lundi dernier, quand mon boss s’est présenté au bureau, toutes ses affaires l’attendaient dehors, et on l’a sommé de rendre ses clés et ses cartes. Il était renvoyé.  Son crime: Être trop relax avec les employés, trop généreux, pas assez à-cheval sur le règlement. Ainsi, son offre de me prêter un autobus pour mon test sur la route n’a plus aucun pouvoir maintenant qu’il n’est plus là, pas plus que celle de faire payer mon test par la compagnie puisque je serais à leur emploi. Maintenant, si je veux être chauffeur, c’est $3000.00. Je vis tout juste au niveau de mes moyens avec mes revenus actuels.  Comment est-ce que je vais pouvoir économiser cet argent-là?

Fiston décide lui-aussi de prendre des vacances.  Il viendra une semaine à Montréal, semaine où il logera chez moi.  Il (re)visitera plein d’endroits où il a passé son enfance. Il le fera avec moi quand je suis libre, ou bien seul à vélo quand je travaille. Quoi que, quand j’arrive chez moi peu avant minuit après le boulot, on ne va pas se coucher pour autant: Pizzas, pogos, visite au McDo pour sundaes et McFlurries, etc.

Un coin en particulier que l’on visite se transforme bien malgré nous en aventure d’exploration urbaine: Alors que le soir tombe, je l’amène à La Petite Ferme du Parc Angrignon, où sa mère et moi l’amenions parfois lorsqu’il était petit. Les portes du côté sont grandes ouvertes, il n’y a aucun gardien, rien. Nous entrons, sans savoir que la place est à l’abandon depuis quelques années. Y’a pas à dire, il n’y a rien de plus creepy qu’un parc pour enfant non-entretenu et laissé à l’usure du temps. Nous en faisons le tour, nous prenons quelques photos et repartons. C’est lorsque nous revenons le lendemain pour visiter la place en plein jour que l’on se fait dire par les gardiens de la place que le parc est fermé au public.  Ça a l’air que notre présence ici hier était illégale. Mais bon, c’était une erreur honnête. Ce n’est pas comme si on était entrés par effraction, ni comme si on s’était cachés non plus. Fiston retourne à Québec, bien heureux de sa visite.

Quant à moi, au travail, je me fais convoquer au bureau d’une des cravates. Il me dit qu’il a étudié mon dossier, et il a vu que depuis que je travaille là, j’ai fais pas moins de 6 accrochages en conduisant des bus. Or, la politique de la compagnie, c’est un renvoi après 3.  Il consentent cependant à me garder puisque mon chef d’équipe lui a fait bien comprendre qu’ils sont toujours en manque de personnel au garage (Y’a une raison pourquoi j’ai fait autant de temps supplémentaire en un an).  Cependant ils me collent un 3 jours de suspension sans solde, en m’avertissant bien qu’au prochain incident/accident, ce sera le renvoi immédiat.

Trois jours plus tard, de retour au travail, j’ai des doutes quant à mon avenir dans cet endroit. S’ils m’ont suspendus 3 jours pour des accidents mineurs, je doute qu’ils voudront me donner un poste de chauffeur. Finalement, alors que je pose des questions à un chauffeur au sujet de comment en devenir un, il me dit que selon la politique de la compagnie, on ne peut pas le devenir si on est myope à un degré plus que -5.00.  … Je fais -9.25 d’un oeil et -10.00 de l’autre.  Donc en résumé:

  • Je n’ai pas le 3000$ pour me payer les cours.
  • Les boss ne vont certainement pas m’engager même si je deviens chauffeur.
  • Je suis trop myope pour le devenir anyway.
  • Je risque de perdre ma job actuelle à tout moment, au moindre accrochage.
  • Même si je n’accroche plus rien, mes coudes me font de plus en plus souffrir à manipuler la pompe à diesel.

Voyant que je n’ai plus aucun avenir dans cette compagnie, j’en viens à la conclusion que j’y ai fait mon temps. J’ai eu bien assez de me faire estropier les pieds, ça ne me tente pas de faire pareil avec mes bras.

Le 30 aout, je remet ma démission à mon chef d’équipe. Ma décision est sans appel. L’administration est surprise de me voir arriver avec ma lettre de démission, en rendant mes clés, ma carte, mes uniformes, prêt à remplir les documents de démission.  Il parait que je suis le tout premier employé d’entretien du garage  à le faire en bonne et due forme depuis l’ouverture de cette succursale, tous les autres ayant démissionné en sauvage en cessant tout simplement de rentrer travailler.

Oui, je pars comme ça, sur un coup de tête, sans avoir une autre job en vue et sans la moindre intention de demander chômage ou BS. D’abord, j’ai placé assez d’argent dans les Obligations d’Épargne du Canada pour pouvoir vivre là-dessus jusqu’à la fin de l’année s’il le faut.  Ensuite, j’ai confiance que j’arriverai à me trouver autre chose en 3 semaines gros max. Il n’y a aucun doute dans ma tête là-dessus.

À continuer