Les 9 étapes de la naissance, la vie et la mort d’un forum

PÉRIODE 1 : La fondation
Ça commence lorsque quelques personnes constatent qu’elles ont un point en commun.  Par exemple, qu’elles déjeunent. Elles se disent alors que ça pourrait être intéressant de créer Le Forum du Déjeuner.  Les gens pourraient y discuter des différents genres de déjeuners. Et tant qu’à faire, aussi bien prévoir plusieurs sections sur divers sujets d’intérêts public : Sports, Autos, Ciné/Télé, Musique, Sexe, Politique, Religion, Sorties, etc.

Le créateur donne le poste d’administrateur à un ami, et des postes de modérateurs à quelques connaissances. Parce que, à ce moment-là, le seul critère de sélection pour les postes ne réside pas dans la capacité de bien faire le travail, mais plutôt à quel point on s’entend bien avec le créateur du forum.

PÉRIODE 2 : La vitesse de croisière
Les premiers temps, tout va bien. Tout le monde se connait, tout le monde participe, les membres invitent de leurs amis et connaissances, les échange d’idées sont appréciées. Il commence même à y avoir des membres inconnus qui s’y inscrivent.  Le charme de la nouveauté opère à plein.

PÉRIODE 3 : Les premiers problèmes
Ça commence de façon anodine lorsque le membre ToastCafé23 dit aimer manger trois œufs le matin. GrosJambon lui répond que s’il aime faire du cholestérol, c’est son choix après tout.  Cette première attaque contre le membre plutôt que contre le contenu du post du membre fera des petits.  Bientôt, AssietteDeFruits, une végétalienne radicale, attaque ouvertement les membres CanadianBacon, QCreton et GrosseSaucisse69 sur leur choix alimentaires, en leur demandant s’ils sont fier d’être des meurtriers, en contribuant au massacre inutile d’animaux, puisque la nature nous donne déjà tout ce dont on a besoin pour s’alimenter. Ainsi commence la guerre végé -vs- carni, prétexte à toutes sortes d’engueulades.

Depuis le temps que le forum existe, il arrive forcément un moment où tous les sujets ont été abordés. Aussi, lorsque qu’un nouveau membre créé un sujet sans avoir pris la peine de vérifier les 58 pages d’archives, il se fait descendre par les anciens pour cause de Sujet déjà traité dans [voir lien].  C’est le départ d’une nouvelle tradition : Le démolissage des nouveaux dès leur arrivée.

PÉRIODE 4 : La vague de guerres
Rendu à cette période, les usagers les plus actifs du forum font partie des genres les plus négatifs.  Plus personne n’est capable de dire un truc aussi anodin que Aujourd’hui, y’a du soleil  sans que ça parte une guerre dans laquelle chacun lance des attaques gratuites contre le physique, la santé mentale, l’orientation sexuelle et les effluves génitales des autres participants.

Du côté des modérateurs, on commence à constater certains comportements :

  • Breakfast participe aux sujets et fait quelques rappels à l’ordre, mais sans plus.
  • Jeûne aime avoir le pouvoir et le prestige que rapporte le poste de modératrice, mais s’abstient de faire la moindre intervention.  Elle explique son inaction en disant qu’elle n’est pas là pour être la police de la ville et que si tout le monde avait la même opinion sur tout, le forum serait ennuyant.
  •  C’estRéal est extrêmement indulgent et amical avec les filles, tout en étant au contraire sévère et intolérant envers les gars.
  • Al_Bran, lui, prend les règlements au pied de la lettre, afin de faire chier les autres le plus possible : Il efface des messages, il cadenasse des sujets en cours, et surtout il ne se gène pas pour s’adresser aux membres d’un ton condescendant et méprisant. Et lorsqu’il donne son avis, c’est ou bien pour accuser un membre de choses négatives, ou bien pour lui poser une question qui est, en fait, une accusation négative en sous-entendu. Et il fera toujours le tout en prenant bien soin de n’enfreindre aucun règlement.
  • LaitFrappé, quant à lui, a tout du troll.  Et contrairement à Al_Bran, il ne se donne pas la peine d’être irréprochable en suivant les règlements. Il est même le premier à les briser. Si un usager ose le faire remarquer avec un commentaire, le commentaire sera aussitôt effacé et l’usager banni.

PÉRIODE 5 : La sécession
Les nombreuses plaintes logées envers les administrateurs et modérateurs contre les fauteurs de trouble, autant usagers que modos, n’ont aucun effet sinon d’empirer le cas des plaignants. Écoeurés de se faire écoeurer par les écoeurants, quelques membres s’en vont fonder leurs propres forums. On assiste alors à la naissance d’une ou bien de plusieurs variantes du Forum du Déjeuner : Le Forum du Dîner, Le Forum du Souper et Le Forum du Dessert. Les premiers temps, tout va bien dans ces nouveaux forums parallèles. Les membres jouissent de la liberté de pouvoir échanger dans l’harmonie, sans devoir subir l’abus des fauteurs de troubles du Forum du Déjeuner.

PÉRIODE 6 : L’exil Inutile
…jusqu’au moment où les membres et modos fauteurs de trouble du Forum du Déjeuner viennent s’y inscrire. Puisque la tyrannie et la modération excessive de Al_Bran et LaitFrappé est une des raisons qui ont poussés la majorité à quitter Le Forum du Déjeuner, les admins et modos des nouveaux forums considèrent qu’il serait hypocrite de leur part de priver Al_Bran et LaitFrappé de leur liberté d’expression, car ce serait leur faire ce qu’ils leurs reprochaient eux-mêmes de faire. Ils laissent donc à Al_Bran et LaitFrappé toute la liberté d’expression dont ils ont besoin pour insulter, attaquer et faire chier tout le monde. Et devinez quoi? Ils ne s’en privent pas!

PÉRIODE 7 : La désertion des premiers forums parallèles
Parmi le groupe des fauteurs de trouble, il y en a au moins un qui décide de prendre exemple sur les séparatistes, mais dans ce cas-ci en fondant un forum où tout le monde aura le droit d’attaquer tout le monde à loisir et sans censure : Le Forum du Junk-Food.

Paradoxe 1: On y donne un poste de modo à AssietteDeFruits.  Son statut de végétalienne la pousse à démolir à loisir tous les membres sans retenue ni limite.  Et son poste de modo lui permet de commettre tous les autres abus possibles, et ce impunément.

Paradoxe 2 : Le Forum du Junk Food commet contre ses membres 100 fois plus d’excès et d’abus qu’il pouvait y avoir sur tous les autres forums réunis. Pourtant, non seulement est-ce celui qui comporte le plus grand nombre de membres actifs,  ce sera également le seul à survivre, après que tout le monde aura déserté Le Forum du Dîner, Le Forum du Souper et Le Forum du Dessert.

Et si ces trois premiers forums parallèles sont morts, c’est à cause que les membres en ont eu ras le bol du paradoxe 3 : Sur Le Forum du Déjeuners, ils se faisaient chier par Al_Bran et LaitFrappé qui étaient des modos qui privaient les membres de leur liberté d’expression.  Sur Le Forum du Dîner, Le Forum du Souper et Le Forum du Dessert, ils se faisaient chier par Al_Bran et LaitFrappé qui étaient des membres que les modos ne voulaient pas priver de leur liberté d’expression.

PÉRIODE 8 : La diminution de l’achalandage
La naissance et l’activité de quatre nouveaux forums, dont un qui existe encore, a fortement diminué le nombre d’interventions sur Le Forum du Déjeuner. Il faut dire que la frustration de ne pas être capable d’échanger en harmonie, ni sur ce forum ni sur les autres, a enlevé à plusieurs membres le goût de fréquenter un forum.  De toutes façons, les groupes sur Facebook fonctionnent sur principe semblable. Et là, au moins, les règlements anti-harcèlement et les plaintes sont prises au sérieux.

Et les tentatives de plus en plus rares de garder le forum vivant se heurtent au fauteurs de trouble qui continuent de lapider sans ménagement la majorité des nouvelles interventions.

Certains modérateurs sont partis, et leurs remplaçants soutiennent mordicus les fauteurs de trouble, parce qu’il n’y a plus que ceux là qui mettent de la vie dans le forum. Normal qu’il n’y a plus qu’eux, puisque leur comportement a chassé tous les autres. Si les modos avaient fait leur travail à temps en bannissant les fauteurs de troubles dès le début, ils n’en seraient pas là. Mais maintenant, ce serait en effet inutile.

PÉRIODE 9 : La mort du forum
Sans public à qui faire de troubles, les trolls perdent intérêt à l’endroit et s’en vont causer des problèmes ailleurs.  Une fois de temps en temps, une ou deux personnes viennent encore y jeter un œil et poster 2 ou 3 messages. Mais faute de réponses, ils ne restent jamais longtemps.

Vision pessimiste des choses?  Non, vision réaliste. En quinze ans de connexion à Internet, j’ai fréquenté un grand nombre de forums.  Ça m’a permis de constater que les choses se passent généralement ainsi. Et les seuls forums qui ont survécus sans avoir eu à passer à travers tous ces problèmes, ce sont ceux dont les administrateurs et les modérateurs considèrent que le droit à participer au forum dans une atmosphère harmonieuse, c’est plus important que de respecter la liberté d’expression de ceux qui ne veulent l’utiliser que pour y mettre une mauvaise ambiance.

Mais un forum administré de façon aussi intelligente dès le départ, je n’en ai pas vu souvent.

Ma plus étrange expérience de 2011

L’année qui se termine m’a apporté énormément de positif. Évidemment, j’ai aussi vécu quelques revers.  C’est la vie, et ce pour tout le monde. Cependant, j’ai aussi vécu une expérience pour le moins étrange.  Ça s’est passé comme suit:

Durant tout l’hiver de 2010-2011, je me suis entraîné quotidiennement à la course à pied. Loin d’être un obstacle, la neige qui m’arrivait souvent jusqu’aux genoux m’aidait brûler encore plus de calories. J’ai passé de 216 lbs à 196 lbs, où je me suis stabilisé durant deux mois.

Puis, parallèlement à mon exercice, je me suis décroché un travail physique fort exigeant. Mon poids a repris sa descente, me faisait atteindre 179, un chiffre que je n’avais pas vu sur ma balance depuis mon adolescence. Idem pour mes pantalons, qui ont passé de 38 à 36, 34 et enfin 32.

Tant qu’à retrouver mon physique de jeunesse, aussi bien ne pas faire les choses à moitié. Je me suis laissé repousser les cheveux.  En été, lors de mon 43e anniversaire, j’étais fier de ma réussite. Barbe en plus, j’étais redevenu le gars de mes 15-22 ans, en plus athlétique et pas mal plus en forme. J’étais fier de ma réussite.

Puis, les choses devinrent étranges. un soir où je marche sur le trottoir, une auto passe en trombe près de moi. Le passager arrière baisse sa fenêtre et me crie : HEILLE, T’ES LETTE EN TABARNAK!, et ils poursuivent leur chemin à toute vitesse.

J’ai été surpris, mais sincèrement je ne peux pas dire que je me suis senti insulté. D’abord parce que je savais que c’était faux (vive l’orgueil et la vanité), mais aussi parce que, puisque je ne les connaissais pas, il ne pouvait s’agir que d’un incident isolé qui n’impliquait qu’une coupl’ de caves qui n’ont trouvé que ce moyen pour s’amuser ce soir-là. Bref, je n’étais pas visé personnellement. Pas de quoi s’en faire un drame.

Deux semaines plus tard, alors que je sors du métro, je passe devant une maison. Un enfant d’environs huit ans attend que la femme adulte qui l’accompagne débarre la porte pour entrer.  L’enfant me regarde, et me crie : HEILLE, TOÉ, LE LOSER!  Je m’arrête et le regarde. Il n’y a aucun autre piéton, il ne pouvait donc s’adresser à personne d’autre que moi. La femme débarre promptement la porte, pousse l’enfant dans la maison et referme derrière elle. Je reprend mon chemin en me disant que je n’aimerais pas être l’un de ses parents. Qu’est-ce qu’il doit leur causer comme ennuis de toutes sortes.

Le lendemain, je suis encore victime, dans la rue, d’une agression de passager d’automobile, alors qu’une bouteille de Gatorade lancée du côté du passager avant me manque de peu.

La semaine suivante, une auto passe à toute vitesse près de moi et me fait sursauter lorsque le passager souffle vigoureusement dans un vuvuzela dans ma direction. Je constate que la couleur et le modèle de l’auto est différente de mes deux précédentes agressions qui impliquaient des véhicules.

Enfin, deux ou trois semaines plus tard, alors que je marche sur le trottoir en direction de chez moi, j’ai la surprise de voir quelques épingles à linge pincées ensemble en un bloc me couper le chemin en diagonale, aller frapper la fenêtre d’une porte d’auto stationnée, et tomber à mes pieds. Je lève les yeux juste à temps pour voir la porte du balcon du 2e se fermer en vitesse. Je comprends immédiatement qu’il ne s’agit pas d’un accident.  Ce projectile m’était destiné.

C’est à ce moment-là que je me suis rendu à l’évidence : Un incident, passe toujours. Mais après cinq, en un mois et demi, on ne peut plus parler d’un incident isolé.

Je suis rentré chez moi, perplexe, en essayant de comprendre cette montée soudaine d’hostilité totalement gratuite envers moi. Et c’était d’autant plus inexplicable, du fait qu’à première vue rien ne semblait relier ensemble les auteurs de ces cinq agressions. La seule chose qu’ils avaient en commun, c’était moi.  Je me dis que c’est tout de même étrange, parce que de telles choses ne me sont pas arrivées depuis ma jeunesse.  En fait, pas depuis mes 22 ans.

… Soit l’âge que j’avais la dernière fois où j’ai eu les cheveux longs et le corps maigre.

Et en effet, je me souviens trop bien de telles expériences datant de cette époque, en particulier celles de style hit-and-run de passagers d’automobiles lorsque j’étais ado et jeune homme. Ceux qui me lançaient des cris ou des insultes, celui qui m’a lancé le Coke de son verre de McDo en tournant le coin de rue où j’attendais ma lumière verte, celui dont le passager m’a lancé un ballon gonflé d’eau alors que j’étais à bicyclette… Et le seul point commun entre cette époque et maintenant, c’est que dans les deux cas, j’étais un maigre aux cheveux longs.

Ça semblait trop anodin, trop insignifiant, trop simplet pour être la raison. Et pourtant, je ne peux pas nier les faits : Dans les deux cas, j’avais ce physique, et dans les deux cas, j’étais victime de ce genre d’agressions. Même si je suis incapable de comprendre la logique derrière la cause à effet, je n’ai pas le choix de voir les choses en face : Avoir ce physique fait que je suis automatiquement vu comme étant une cible aux yeux de ceux qui ont une personnalité d’abuseurs et d’agresseurs.

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Maintenant, j’avais le choix. Deux options s’offraient à moi.

OPTION 1 :  M’obstiner à mort comme quoi être maigre et avoir les cheveux longs ne constituent pas une provocation. Que c’est une raison absurde.  Qu’elle est illogique.  Qu’elle est incompréhensible. Qu’elle n’a aucune raison d’être.  Que les choses ne devraient pas se passer ainsi. Que je n’ai pas à changer parce que ce n’est pas moi le fautif ici mais bien eux.

OPTION 2 :  Se foutre du fait que la raison soit logique ou non, et apprécier le fait qu’au moins, je l’ai trouvé, la raison.  Donc, si c’est mon allure qui attire les ennuis, alors changer d’allure.

J’ai choisi la seconde option. Je me suis fait couper les cheveux. J’ai diminué les activités physique. J’ai ajusté ma diète. Je me suis laissé remonter à 196 lbs.  Et, tout comme lors de mes 26 à 42 ans, j’ai cessé d’attirer les agressions. Je n’en ai plus jamais subi une seule.

J’aurais pu prendre la première option. Légalement, moralement et socialement, j’aurais eu raison de le faire. Malheureusement, ça ne changerait rien au fait que mon allure continuerait de m’attirer telles agressions. Parce que même si les choses ne devraient pas se passer ainsi, ça ne change rien au fait que oui, c’est comme ça que les choses se passent.

Je perdais du poids afin de me sentir bien et en harmonie avec moi même.  Or, qu’on le veuille ou non, ce but ne peut être atteint que si ça nous amène également à vivre bien et en harmonie avec les gens qui nous entourent. Je peux aisément m’isoler des gens que je fréquente s’ils n’acceptent pas mon évolution physique. Sauf que je ne peux pas m’isoler en plus du reste de l’humanité, ne plus jamais sortir de chez moi, et surtout ne plus jamais marcher sur un trottoir .

Sans compter que, vous vous imaginez, devoir répondre à quelqu’un qui vous demande pourquoi vous attirez ces gestes, que « C’est juste parce que je suis un maigre aux cheveux longs »?  De quoi perdre aisément toute crédibilité. Je veux dire, même moi qui l’a vécu, je trouve ça farfelu comme explication.  Et pourtant, c’était le cas. Mais voilà, tu peux te battre et militer contre la discrimination sexuelle. Tu peux te battre et militer contre la discrimination raciale. Tu peux te battre et militer contre la discrimination homosexuelle. Tu peux même te battre et militer contre la discrimination envers les gros. Ce sont toutes des causes reconnues. Mais se battre et militer contre la discrimination de ton droit d’être maigre et d’avoir les cheveux longs? C’est un combat éternellement perdu d’avance, parce que jamais personne ne va croire sérieusement que c’est quelque chose qui attire la discrimination.

Cette expérience m’a fait arriver à cette conclusion:  Lorsqu’une amélioration ne nous apporte que du négatif de partout, il faut savoir mettre ses caprices de côté et faire le bon choix.  Parce que quand ça rapporte plus de négatif que de positif, alors ce n’est vraiment pas une amélioration.

Les Raisons de la Colère

J’ai eu ma période zen dans laquelle rien ne pouvait me fâcher. Les conséquences: Les gens pensaient que je me foutais de tout et que j’avais zéro ambition. Ou bien ils voyaient ça comme un genre de défi, pour voir jusque où ils pouvaient m’agresser avant que je me fâche. Ne me fâchant pas, j’étais donc perçu comme un lâche, un mou pas d’colonne.

Puis, j’ai eu ma période non-zen, résultant d’un méga ras-le-bol né du mépris que m’avait récolté de ma période zen. À ce moment-là, la moindre petite affaire me faisait exploser: Un geste inacceptable, une parole de travers, un accident, un mauvais hasard. Je me disais qu’en me montrant sans cesse comme un enragé, les gens allaient cesser de me provoquer. Ce fut le cas. Dificile d’avoir des gens pour m’agresser quand mon comportement les fait tous fuir.

Aujourd’hui, je crois avoir trouvé le bon équilibre: Je suis zen pour les faits du hasard, les accidents, bref les choses pour lesquelles on ne peut rien. Et je continue de me montrer intolérent pour toute forme d’abus. On ne peut pas être à 100% zen ou à 100% intolérant puisque la vie n’est pas elle-même à 100% positive ou à 100% négative. Il s’agit de s’adapter aux circonstances.

De nos jours, la colère est une réaction taboue, trop souvent associée à l’impatience et au manque d’intelligence. Les gens ont tendance à oublier que nos réactions naturelles sont d’abord des instincts de survie à qui on doit justement la survie de la race humaine.

Par exemple, avant même d’avoir développé l’intelligence et la logique, le cerveau des premiers hommes savait reconnaître une situation de danger. Pour permettre à l’homme de survivre, le cerveau a donc développé l’instinct de peur. Ça le forçait à s’éloigner du danger, lui permettant de vivre un autre jour.

Le cerveau savait également reconnaitre une situation dans laquelle un congénère cherchait nuire à l’individu. À l’époque, les nuisance ne pouvaient affecter que deux niveaux de la vie: Le droit de se nourrir et celui de se reproduire. Deux choses étroitement reliées la survie individuelle, donc à la survie de l’espèce.  Face à une telle situation, le cerveau a créé la colère, qui bloque le raisonnement et donne du courage, transformant un être normalement paisible en machine à tuer. La nuisance compromettait la survie de la race, il fallait donc éliminer la nuisance. C’est la loi de la nature.

Et c’est hélas la raison pour laquelle encore trop d’hommes aujourd’hui frustrent lorsqu’ils n’ont pas le sexe qu’ils espéraient, ou pourquoi ils tiennent mordicus à baiser sans condoms malgré les risques de paternité et d’ITS.  C’est parce qu’à ce moment-là, ce n’est pas la logique qui dirige.  C’est l’instinct animal de la survie de l’espèce.

Voilà pourquoi, dans beaucoup de situations, même à notre époque moderne, fuir n’est pas toujours un signe de lâcheté, et se fâcher n’est pas toujours un signe de stupidité. Même que dans certains cas, c’est une preuve comme quoi notre instinct est plus sage que notre raisonnement. Parce que trop souvent, se contrôler et rester calme, ça ne fait rien de plus que prolonger les dangers et les abus auquel on nous expose.

Évidemment, puisque nous ne sommes plus à l’âge des cavernes, tuer est un extrême à ne plus atteindre. Mais vous comprenez le principe. Il n’y a pas de honte à encore ressentir les instincts qui ont guidé l’humanité à sa survie.

Milieu scolaire: Pas de pitié pour les faibles!

On parle beaucoup d’intimidation en niveau scolaire ces temps-ci, surtout depuis le suicide de Marjorie Raymond.  Il y a quelques temps, j’ai écrit un billet dans lequel j’explique comment le manque de cohérence chez les adultes en matière de dénonciation est la raison première de pourquoi l’intimidation en milieu scolaire persiste.  (Voir Cette contradiction qui cause tant d’abus) Et ça ne date pas d’hier.

Ce qui suit est un texte que j’ai écrit en 2003. Je suis peiné de constater qu’en huit ans, les choses n’ont vraiment pas changé:

Au début de l’an 2001, j’ai entendu parler d’un jeune homme que nous nommerons Jason pour les besoin de la cause car étant mineur, son nom était censuré des journaux.  Toute sa vie, Jason a été un jeune homme maigre, timide, renfermé et souvent victime d’intimidation de la part des autres plus grands et plus gros que lui.  Cette violence qu’il a subi de façon quotidienne aussi bien au niveau physique que psychologique, il a eu un jour l’idée de l’exorciser en écrivant un texte.  Cette histoire fictive dans lequel il décrivait en détail la façon dont un personnage le représentant prenait sa revanche de façon violente contre ceux qui l’ont toujours écoeuré a été remis en classe dans le cadre d’un devoir.

Quelle note Jason as t’il obtenu pour ce texte ?  Environs deux mois de prison.  Il n’a pu passer ni Noël ni le jour le l’an avec sa famille, il était derrière les barreaux en détention préventive.  La raison? La violence contenue dans le texte de Jason démontrait qu’il n’était qu’un dangereux psychopathe qu’il ne fallait surtout pas laisser en liberté si on voulait adéquatement protéger la population.

Jason, celui qui a toujours été victime de harcèlement, d’intimidation morale et physique, celui qui n’a jamais fait subir la moindre violence aux autres autrement que sous la forme d’un seul texte, s’est retrouvé en prison.  Les autres, les petites terreurs, ceux qui l’ont toujours harcelé, insulté, bafoué, volé, battu, qu’est-ce qui s’est passé avec eux?  Ils ont gardé leur liberté et n’ont jamais eu de problèmes avec la loi.

Trouvez l’erreur !

Cette histoire ne s’est pas passée en Iran, en Afghanistan, en Chine ou aux États-Unis mais bien ici, au Canada.  Cette terre de liberté, ce territoire que notre Elvis Gratton national appelle fièrement le plus beau pays du monde.  Hélas, cela ne fait que renforcer une vérité universelle que peu de gens ont le courage de regarder en face tellement elle est honteuse :  L’être humain admire et respecte les forts tout en n’éprouvant que du mépris pour les faibles.

Dans un monde idéal, les autorités se seraient penchées sur le cas de Jason et l’auraient interrogé sur les raisons qui l’ont poussées à écrire ce texte.  Comme tout le monde, ils en seraient arrivés à la conclusion que le plus grand danger pour la société n’est pas celui qui écrit un simple texte violent, surtout si c’est en réaction à tout ce qu’il a subi, mais plutôt ceux qui lui en ont fait subir.  Ceux-là qui écrasent sans cesse les autres, qui les battent, qui les bafouent sans autres raisons que pour leur plaisir personnel.

S’il est vrai qu’un texte violent ne peut être écrit que par un homme potentiellement violent, alors William Shakespeare était l’homme le plus sanguinaire de son époque.  Vous avez lu le genre de romans qu’écrit Stephen King?  Qu’est-ce qu’on attend pour mettre ce fou furieux en prison? Vous voyez bien que ce raisonnement ne tient pas.

C’est que, voyez vous, pour les autorités, c’est à dire la police, les professeurs ou les patrons, il y a trois façons de régler un problème lorsque quelqu’un est victime des agissements immoraux ou illégaux d’un autre :

1- Faire leur travail correctement.  C’est à dire prendre la plainte de la victime, faire les démarches pour contacter l’agresseur, organiser des rencontres avec un travailleur social, au besoin l’arrêter, le mettre à l’amende, lui faire subir un procès.  Enfin, c’est selon le cas et sa gravité.

2- Dire à la victime de se la fermer.  Parce que s’il n’y a pas de plainte, il n’y a pas de problème, n’est-ce pas ?

3- Si la victime fait du bruit (comme Jason avec son texte), faire subir à la victime le sort qui devrait normalement être réservé à ses agresseurs. Parce qu’en faisant du bruit, on trouble la paix. Et ça, c’est mal vu.

Malheureusement, ceux qui sont supposément là pour faire régner l’ordre, la justice et nous protéger optent trop souvent pour les deux dernières solutions.  Elles ont le mérite d’être plus simples, plus rapide et elles ne dérangent pas l’ordre des choses : Les winners restent des winners et les losers restent des losers.

Vous voulez une autre preuve démontrant que le respect va toujours au plus fort? Alors prenons un cas un peu plus médiatisé comme l’affaire Hilton qui a défrayé les manchettes en 2001.  Tout le long de son procès pour avoir agressé sexuellement deux fillettes, (au moment où j’ai écrit ce texte, le fait qu’il s’agissait de ses propres filles n’était pas encore rendu public) procès où il a d’ailleurs été reconnu coupable, le public se bousculait au palais de justice pour venir voir le champion boxeur, le rencontrer, lui serrer la main et lui demander des autographes.  Même certains policiers en poste pour assurer la sécurité se comportaient en fans avec lui.  Par contre, hormis la famille et amis des victimes, aucun public n’est venu supporter et encourager les jeunes filles dans cette terrible épreuve.  Pire, certains journalistes qui rapportaient les commentaires du public démontraient qu’il y en avait quelques uns parmi eux qui trouvaient que c’était écoeurant (de la part des victimes) de détruire ainsi la carrière d’un grand champion.

Cette histoire est-elle aberrante ?  Oui!  Est-elle immorale?  Oui!  Est-elle un reflet de la réalité, celle qui démontre que les forts ont droit à tout le respect du monde juste parce qu’ils sont forts alors que les faibles n’y ont pas droit?  OUI !  C’est triste mais c’est comme ça.

Revenons au cas de Jason :  Pourquoi subissait-il cette violence?  Pour la meilleure et la pire raison au monde : parce que plus petit, il ne peut se défendre.  Parce que tranquille, il ne se plaindra pas.  Ça en faisait une victime parfaite.

Il n’est pas facile de briser l’habitude de la violence pour une victime.  Êtes-vous déjà aller vous plaindre à l’école d’être constamment la victime du harcèlement d’une petite terreur ?  Si oui, vous savez alors que la réponse que nous donnent les éducateurs au sujet de la violence est souvent celle-ci : Lorsqu’un plus grand et plus gros que toi te harcèle, parle avec lui.  Demande-lui pourquoi il fait ça.  Discutes-en avec lui.

À ça, je répond : Bullshit !

Tout éducateurs qu’ils sont, ils sont incapable de comprendre avec leurs beaux diplômes et bien assis à l’abri dans leurs bureaux que la vie des jeunes telle qu’ils se l’imaginent n’a pas du tout rapport avec la réalité.  Soyons sérieux : Lorsqu’on parle d’un agresseur, on ne parle pas de quelqu’un qui agresse un autre parce qu’il croit avoir une raison de le faire.  Il ne le fait pas non plus parce que l’autre l’a provoqué.  Il le fait parce qu’il en a envie, c’est tout!  Dans de telles conditions, à quoi ça sert de dire à la victime d’essayer de raisonner avec son agresseur ?  On peut seulement raisonner avec quelqu’un de raisonnable.  Harceler et agresser bêtement quelqu’un pour le plaisir de la chose n’est certainement pas le comportement de quelqu’un de raisonnable.

À l’école, les éducateurs cherchent à savoir le comment et le pourquoi des agissements des élèves démontrant un comportement agressif.  Ainsi, ils portent leur attention et leur compréhension beaucoup plus vers l’agresseur que vers celui qui en aurait vraiment besoin, c’est à dire la victime.  J’ai été personnellement témoin de ce genre de chose à deux reprises.  La première fois à l’age de 10 ans en 4e année au primaire.  Un de ces jeunes agressifs, un camarade de classe nommé Jean-Marc, recevait un dollar par semaine de la direction de l’école s’il arrivait à se comporter correctement au moins quatre des cinq jours de classe.  Pendant ce temps là, les autres élèves au comportement irréprochable, eux,  n’avaient pas un sou.  Alors que les autres étaient punis pour le moindre écart de conduite, lui était payé pour ne pas en faire.  Je ne sais pas ce qu’est devenu Jean-Marc mais je trouve que le système éducatif lui a appris assez jeune comment prendre la société en otage.

La seconde fois, c’est avec mon propre fils ainé.  Celui-ci souffre d’une forme d’hyperactivité que même le Ritalin ne peut calmer.  Bien qu’il reconnaît ses parents comme figure autoritaire à qui il obéit pour peu que nous soyons présent, personne d’autre ne peut le contrôler.  Il frappe, crie, insulte d’un langage grossier et désobéit à tout adulte qu’il devrait normalement respecter : grands parents, babysitters, profs d’école…  Voyant que la maternelle ne pouvait en venir à bout, ils l’ont transféré dans une école spéciale où, en plus d’être suivis par des psys, ils n’ont droit qu’à une heure de cours par jour, le reste du temps étant consacré à des jeux.  Ils ont une piscine, plusieurs cours de récréations, des parcs tout équipés et un petit zoo.

Le résultat :  Le côté académique de mon fils s’est amélioré.  Difficile de faire autrement avec une seule heure d’études par jours dans une classe où une enseignante et un surveillant ne s’occupent que de six élèves.  Son comportement, par contre, n’a pas changé le moins du monde.  Pire encore :  En se vantant à son petit frère de tout ce que son école comporte, ce dernier est très malheureux de ne pas pouvoir aller à une école aussi cool que celle-là.  Il a même commencé à faire preuve d’indiscipline  à l’école dans l’espoir d’être transféré lui aussi à l’école de son grand frère.

Voilà la société d’aujourd’hui, celle qui encourage les jeunes sans problèmes à devenir délinquants et qui encourage les délinquants à persister dans cette voie.

Si en tant qu’enfants Jean-Marc et mon fils n’avaient pas la force physique pour s’imposer, ils avaient tout de même une forte personnalité.  Ce qui en revient à ce que je disais :  Au plus fort vont les avantages et le respect.  Les autres n’obtiennent rien !

Toutes ces recherches vaines pour trouver le comment et le pourquoi du comportement des agressifs ne font qu’encourager ces agressifs à continuer dans cette voie car ils se rendent bien compte de toutes les attentions et les avantages que cela leur rapporte.  On dit que les gens agressifs sont des gens qui souffrent beaucoup, que ce sont des gens qui ne savent pas exprimer leurs sentiments et qui sont incapable de vivre avec leur insécurité.  Bref, on fait beaucoup d’efforts pour leur trouver des excuses pour un comportement pourtant inexcusable.  Pendant ce temps là, ils laissent des séquelles permanentes sur leurs camarades de classes, séquelles qui brisent bien des vies : Dépression, suicide, divorce. Peu importe comment on regarde la chose, peu importe les raisons cachées du comportement qu’adopte un agresseur envers une victime, le fait reste toujours le même :  Il s’agit d’un plus fort qui en fait subir à un plus faible.

Mais attention: Je ne dis pas qu’il faut adopter un comportement violent et agressif si on veut avoir du respect.  Je dis juste que les gens en général respectent ceux sur qui ils savent qu’ils sont incapables d’avoir le dessus.  Dans certains cas, comme celui de Hilton, il s’agit d’une domination physique.  Son corps d’athlète, son titre de champion, tout cela fait qu’il est respecté malgré ses écarts de conduite.  Dans l’autre cas, celui d’enfants turbulents de sept et dix ans, il s’agit d’une domination psychologique puisque rien, ni les menaces ni les promesses ni les coups ni les punitions ne peuvent en venir à bout.  Le simple fait qu’ils se trouvent récompensés en obtenant plus que les autres pour leur conduite plutôt que d’être punis et disciplinés comme il se doit est d’abord et avant tout un signe de respect, sinon de soumission, de la part de la société envers eux !

Maintenant, revenons encore à Jason et imaginez ce qui se serait passé s’il avait eu le physique de Hilton.  Vous pensez peut-être qu’il aurait pu casser la gueule à ceux qui l’agressaient?  Eh bien non, il n’aurait pas pu.  Vous savez pourquoi?  Parce qu’avec un tel physique, jamais ses agresseurs ne l’auraient vu comme étant une victime potentielle.  Ils l’auraient donc laissé en paix.  Ainsi, Jason n’aurait jamais été agressé, il n’aurait pas nourri de telles rancoeurs en lui, il n’aurait pas écrit ce texte et n’aurait pas eu à subir cette double humiliation.  Double car non seulement il a été victime d’agressions, on l’a mis en prison parce qu’il a osé imaginer prendre sa revanche.

S’il avait été respecté, s’il n’avait pas été sans cesse rabaissé, il aurait eu une plus grande confiance en lui, il aurait été moins timide et nul doute que la vie aurait été beaucoup plus belle pour lui.

Je le répète :  L’être humain admire et respecte les forts et n’éprouve que du mépris pour les faibles.  Regardez autour de vous et voyez vous-mêmes : Les forts ont droit à tout !  Meilleur boulot, meilleur salaire, meilleures amours, bref meilleures conditions de vie.

Cependant, je crains que la raison pour laquelle Jason a été victime à la fois des petites terreurs de l’école ainsi que des autorités prend racine dans quelque chose de beaucoup plus profond. 

Observez bien ceux qui nous dirigent, ceux qui ont le pouvoir sur nous :  Professeurs, patrons, chefs d’entreprise, policiers, politiciens… S’ils sont là où ils sont, c’est parce qu’ils ont une forte personnalité, un caractère dominant, ce sont des gens qui sont habitués à avoir le pouvoir et le contrôle sur les autres… Exactement comme les petites terreurs des cours d’école.  Or, à moins d’être adversaires, et encore, les dominants partagent le même sentiment de mépris pour les faibles.  De ce fait, jamais un dominant ne va prendre le parti d’un faible contre un autre dominant.

En quelque part, en s’attaquant sous forme de texte au dominants de son école, c’est aux dirigeants de la société que Jason s’attaquait. Pas étonnant, dans de telles conditions, que le premier réflexe de la société face à une victime, c’est de le pénaliser pour son statut de victime. Surtout lorsqu’il cherche à ne plus en être une.

TARD ne vaut pas toujours mieux que JAMAIS

Par le passé, j’ai raté bien des chances de me retrouver avec des filles qui voulaient de moi. Par exemple, à chaque fois que j’ai eu un boulot dans la restauration, j’étais presque toujours le seul gars aux cuisines avec plein de collègues féminines.  Lors des pauses ou du break de dîner, il arrivait souvent que l’une d’elle vienne me rejoindre à table. La fille est toujours bien souriante, amicale, elle a pas mal de conversation intéressante.  Bref, elle est de bonne compagnie.

Et puis, à un moment donné, genre de deux à trois semaines plus tard, comme ça, sans raison apparente, au lieu de venir me rejoindre, elle va s’asseoir ailleurs et elle ne m’adresse plus autant la parole qu’avant. Oh, elle n’est pas frustrée contre moi. Elle me parle sans problème. Mais le petit côté joyeux, espiègle et ravi que je pouvais voir dans son regard, son sourire et ses gestes ne sont plus là. C’est comme si notre relation venait de passer de bons amis à tout simplement collègue de travail sans importance.  Et c’est généralement à ce moment-là que je me rends compte que cette fille n’était pas que simplement amicale avec moi. Elle me trouvait intéressant. Mais voilà, mon manque de réponse en ce sens a fait qu’elle a perdu son l’intérêt pour moi.

C’est là également que l’on commence à comprendre certaines choses dont le sens nous avait échappé. Comme, par exemple, la collègue de travail qui passe à côté de nous deux en disant « Alors, ça va, les amoureux? » avec un petit sourire complice, et autres petits détails qui nous semblaient pourtant si anodins jusque là. On se sent très bête de réaliser qu’on était quasiment le seul dans notre entourage à ne pas avoir compris ce qui se passait dans la tête et/ou dans le cœur de l’autre.

Le gros problème, c’est que chaque fille étant différente, elles vont avoir un comportement différent avec toi. Pour l’une, le simple fait d’aller s’asseoir à ta table est un signe d’intérêt amoureux, tandis pour l’autre te serrer contre elle lorsque vous vous saluez / quittez est un simple signe d’amitié. Et comme j’ai horreur de me faire dire que j’ai mal saisi le message que l’autre essayait de me passer, je la joue safe en restant amical.

… Sauf qu’il n’y a jamais moyen de la jouer safe parce que, quoi que tu fasses, sans pouvoir comprendre clairement ce que veut l’autre, il y a toujours possibilité de faire erreur.   Et quand on se rend compte de notre erreur, il est déjà trop tard pour rattraper le coup.  Chaque fille a beau être différente, il y a au moins une chose dans laquelle elles sont presque toutes pareilles : Quand elle perd son intérêt pour toi avant même qu’il y ait eu une relation au-delà de la simple amitié, penses-z-y pu, c’est fini.

La raison pour laquelle les filles utilisent des moyens détournés et subtils pour essayer de nous faire comprendre leur intérêt, c’est une bête question d’orgueil.  Il est beaucoup plus difficile pour l’orgueil d’une fille que pour celui d’un gars de se faire repousser.  C’est la raison de l’existence du dicton L’homme propose, la femme dispose. Aussi, plutôt que de prendre le risque de se lancer directement, elle va user de mille ruses et de stratagèmes qui auront pour but à la fois de sonder le terrain et essayer d’éveiller l’intérêt chez le gars de façon à ce que ce soit lui qui fasse les premiers pas.  Si tu ne réagis pas positivement à ces manœuvres, alors c’est de deux choses l’une dans sa tête : Ou bien tu ne la trouves pas à ton goût, ou bien tu es trop cave pour saisir ses messages.  Or, s’il y a deux genres d’hommes que les filles ont en horreur, ce sont ceux qui ne les trouvent pas assez bien pour lui, et les caves.

Pourtant, pour nous autres les gars, y’a pas de problème quand la fille saisit notre message sur le tard.  Ça ne nous empêche pas d’être toujours prêt à faire de quoi avec.  Pourquoi ne peuvent-elles pas en faire autant?   Là encore, c’est une question d’orgueil : Elles nous en veulent car on les a fait se sentir idiotes d’avoir perdu leur temps à nous avoir désiré inutilement.  La femme ne pardonne pas à l’homme qui l’a bafoué et humilié, même si le gars est complètement ignorant de l’avoir fait. Voilà pourquoi il est impossible de rattraper le coup quand on a manqué sa shot. Parce que dans cette situation-ci, la règle Mieux vaut tard que jamais ne s’applique pas.

Comment ne pas faire cette erreur?  Je dois vous avouer que c’est assez difficile de  savoir reconnaître à temps les signes qu’elles peuvent envoyer.  La seule chose que je peux dire, c’est que des fois on peut voir un changement positif dans son comportement à ton égard.  Pour le reste, c’est là un des mystères de la femme que nous ne pouvons pas comprendre.  On peut juste constater et essayer de faire avec.

Eh oui! Un billet sur un sujet auquel la seule réponse que je peux donner est JE N’EN SAIS FICHTRE RIEN!  Avouez qu’avec mes prétentions à avoir réponse à tout, vous ne vous y attendiez pas.

Sexisme? Oui, mais contre qui?

S’il y a un truc sur lequel la femme se plaint d’être victime d’un préjugé qui la met en désavantage sur l’homme, c’est au sujet de son nombre de partenaires sexuels.  Je ne saurais compter le nombre de fois où j’en ai entendu dire: « Quand un homme a plusieurs partenaires sexuelles, on l’admire.  Quand une femme a plusieurs partenaires sexuels, on la traite de salope. »  Et c’est vrai.  Je l’ai moi-même assez vu pour le savoir.

J’ai cependant constaté que la promiscuité sexuelle féminine est beaucoup plus acceptée que celle des hommes, particulièrement lorsqu’il s’agit de gens mariés.  Je vous donne un exemple classique:  

Alex et Dominique sont mariés, ou du moins forment un couple officiel.  Après quelques années, Alex est de moins en moins satisfait de la relation.  Dominique n’a plus son charme d’antan, néglige le ménage, ne respecte pas les besoins d’Alex, n’aime ni les amis ni les passe-temps d’Alex, et essaye souvent de se mettre entre eux afin d’avoir le monopole sur le temps libre d’Alex.  Puis, Alex rencontre Chris.  Chris est tout ce qu’Alex voudrait pouvoir trouver en Dominique.  Bientôt, Alex commence à tromper Dominique avec Chris.

Questions: Êtes-vous en accord avec Alex qui fait ce qu’il faut pour obtenir la vie de couple qui lui convient le mieux? Ou bien êtes-vous en désaccord avec Alex qui trompe et abandonne Dominique?
Réponse: Ça dépend du sexe des gens impliqués:

  •  Si c’est un homme nommé Alexandre qui trompe son épouse Dominique avec une femme nommée Christine, alors Alex est un salaud qui mériterait de se faire couper les couilles pour avoir abandonné celle qui a sacrifié sa vie pour lui.
  • S’il s’agit d’une femme nommée Alexandra qui trompe son mari Dominique avec un homme nommé Christian, alors Alex ne fait qu’échapper à un environnement étouffant afin de pouvoir vivre l’amour et la passion qui lui font si cruellement défaut parce que son salaud de mari ne l’apprécie pas à sa juste valeur.

Je n’exagère pas. On voit ça partout:

Dans les films:
Dans Titanic: Cal est dans l’ignorance au sujet de combien Rose se sent emprisonnée dans leur relation.  Au lieu d’en discuter avec Cal pour essayer d’arranger les choses, Rose le trompe avec Jack.  Cent millions de cinéphiles trouvent ça normal et romantique.

Dans Menteur Menteur:  L’avocat joué par Jim Carrey convainc la Cour que sa cliente mariée et mère de famille a été poussée à l’adultère à cause de la négligence de son mari.  Et à la fin du film, lorsque l’avocat a des remords de priver le mari, visiblement un bon père, de la garde de ses enfants, il renverse le jugement.  Mais attention: Il ne le fait pas exposant la femme pour ses mœurs légères, ni en prouvant qu’elle est une manipulatrice profiteuse.  Non, il le fait en se basant sur une technicalité juridique en rapport à son âge.

Dans les sitcoms:
Dans Friends: Quand Ross couche avec une autre femme parce qu’il croit que sa relation avec Rachel est terminée, c’est lui qui est un salaud.  Plus tard, Rachel fait tout pour reconquérir Ross alors qu’il est heureux en couple avec une autre.  Est-ce qu’on trouve que Rachel est une salope?  Non, on trouve juste ça drôle.

Dans les dessins animés:
Dans Family Guy: (Les Griffin en Europe) Loretta est mariée avec Cleveland et est mère de leur enfant.  Loretta fait des avances sexuelles à Quagmire.  Loretta couche avec Quagmire.  Tout le monde condamne Quagmire dont le seul crime fut de ne pas avoir refusé le sexe que lui offrait Loretta.  Quant à Loretta, elle se trouve justifiée d’avoir provoqué l’adultère par le fait que son mari l’ennuie.

Dans Henri pis sa Gang : (Les Rois du Texas en Europe) Nancy a trompé son mari Dan (Dale) pendant une dizaine d’années avec son massothérapeute, John l’amérindien.  Nancy a eu un fils, Joseph, qui est très visiblement de descendance amérindienne. L’humour de la situation vient du fait que Dan ne se rend jamais compte que Nancy le trompe, même lorsqu’il la surprend avec John dans des situations évidentes d’adultère.  Dan croit qu’il est le père biologique de Joseph, et il demeure un mari attentionné, fidèle, et un bon père.

A t-on déjà vu une comédie dans laquelle l’humour venait du fait que la femme fidèle, attentionnée et bonne mère ne se rend pas compte que son mari la cocufie?  Jamais!  Ce serait inacceptable.  Pourtant, les tromperies de Nancy sont acceptées aussi bien par les personnages de la série que par les téléspectateurs.

Dans la vraie vie:
Ce n’est un secret pour personne que le Prince Charles et Lady Di furent tous les deux infidèles.  Diana a eu de multiples amants.  Charles, lui, n’a eu qu’une seule amante, Camillia, son seul amour véritable, qu’il finit même par épouser.  Pourtant, dans l’opinion publique, Charles a toujours eu le mauvais rôle là-dedans, tandis que Diana reste pure et sans tache au point que c’est pratiquement une sainte.

Dans les talk shows:
Un psychiatre invité à l’émission de Oprah Winfrey s’est fait huer par les gens en salle lorsqu’il a déclaré que le nombre de femmes infidèles est à peu près similaire à celui des hommes infidèles.  Oui, huer, par le public de Oprah, pourtant reconnu pour être calme et civilisé. Lors de cette émission, Oprah a d’ailleurs parfaitement décrit la mentalité de la société en général au sujet de l’adultère: «Quand l’homme trompe sa femme, c’est de sa faute a lui.  Quand la femme trompe l’homme, c’est de sa faute à lui.»  Deux sexes, deux jugements.

Et la salope, là-dedans?
En conclusion, je dirais que d’après ce que j’ai pu constater autant par observation que par expérience personnelle, il n’y a que deux genres de personnes qui vont qualifier de salope une femme ayant de nombreux partenaires sexuels:

1) Les gens ennuyants et/ou abusifs qui sont incapable de garder un(e) conjoint(e).
2) Les gens qui n’ont pas ce qu’il faut pour quitter un(e) conjoint(e) ennuyant(e) et/ou abusif(ve).

Lorsque l’on constate ces faits, on réalise que même si quelques rares frustré(e)s vont la qualifier de salope, c’est quand même la femme qui a le beau jeu dans cette situation.

La preuve: allez dans n’importe quel forum hétéro qui a une section sexe, et voyez vous-même : À chaque fois que l’on parle de la sexualité d’un gars, c’est toujours pour s’en plaindre. C’est ou bien un player ou bien un pédo ou bien un agresseur ou bien un tordu ou bien un pervers, ou bien un obsédé ou bien un violeur ou bien c’est un manipulateur ou bien un infidèle ou bien un distributeur de MTS parce que c’est bien connu que seuls les gars ne veulent pas le condom ou bien un gars qui pense avec sa queue ou bien un gars qui cherche juste à se vider les couilles ou bien un irresponsable qui met une femme enceinte pour l’abandonner ensuite.  Dans une société où la libido masculine est la source de tous les maux de l’humanité, impossible pour l’homme de trouver grâce dans de telles conditions, même s’il a les meilleures intentions au monde.

Et si un gars a le malheur d’y écrire publiquement qu’il se croit bon amant, tout de suite il se fait huer et rabaisser, se faisant traiter de macho, de vantard, de bite-de-3-cm, et plusieurs qualificatifs qui se résument à menteur. Par contre, qu’une fille se dise bonne amante, on sera intéressé et on lui demandera plus de détails.

Mieux encore :

Une femme bisexuelle, c’est une partenaire fort recherchée au lit, et on envie l’homme qui est en couple officiel avec elle.
Un homme bisexuel, c’est un cochon qui fourre tout c’qui bouge parce que pour lui un trou c’t’un trou, et qui, par conséquent, ne peut pas être fidèle. On plaint la femme qui est en couple avec lui.

Une femme homosexuelle, c’est une lesbienne.
Un homme homosexuel, c’est une moumoune. Une tapette! Un fif!

Une fille cochonne, c’est attirant.
Un gars cochon, c’est repoussant.

Une femme qui se masturbe, c’est une femme sensuelle qui connaît bien son corps et est à l’aise avec sa sexualité.
Un homme qui se masturbe, c’est un loser qui n’a rien pour séduire. Et s’il est déjà en couple, alors c’est ou bien un détraqué sexuel pour qui sa partenaire ne suffit pas, ou bien un crétin qui néglige sexuellement sa blonde parce qu’il préfère se branler.

Alors croyez-moi, mesdemoiselles et mesdames, se faire traiter de salope une fois de temps en temps par quelques rares personnes frustrées, ce n’est qu’un maigre mauvais côté contre tous les avantages que vos deux chromosomes X vous donnent sur la perception qu’à la société au sujet de la sexualité de la femme contre celle de l’homme.

Ce n’est pas une plainte. C’est une reconnaissance des faits.

L’analyse malvenue

C’est une situation classique : Tu rencontres une fille, tu l’écoutes parler, tu la vois agir, et tu comprends rapidement quel genre de personnalité elle a.  Histoire de l’épater avec tes capacités de déduction sherlockholmesesques, tu lui dis une phrase qui commence par : « Toi, t’es le genre de fille qui… »

Ces sept petits mots viennent de creuser ta tombe.

Mets-toi ça dans la tête une fois pour toute : Aucune fille n’a envie de se faire analyser,  surtout par un gars qu’elle ne connaît pas de façon intime.

Bien que l’on ne m’en a jamais glissé mot, il doit sûrement y avoir des lectrices qui se disent à mon sujet: « Je n’aimerais vraiment pas avoir un rendez-vous avec ce gars-là. Il doit passer la soirée au complet à t’observer, à t’analyser et à te dire qu’est-ce qui ne va pas chez toi. »

C’est vrai, jusqu’à il y a une dizaine d’années, il m’arrivait parfois de faire cette erreur.  Il a fallu qu’un ami fasse de moi à plusieurs reprises la cible de telles analyses malvenues pour que je réalise combien il est désagréable de le subir.  En voici l’anecdote la plus remarquable:

Nous sommes à un restaurant chinois, et je m’apprête à commander une assiette de poulet Général Tao.  Avant même que je passe ma commande, il me regarde avec un petit sourire et dit :

– Je parie que tu vas prendre le poulet Général Tao.
– Oui, pourquoi?
– Je l’savais.  Y’a beau avoir des centaines de plats au menu, c’est toujours ça que le White Trash commande.

Pour prouver son point, il s’adresse aux deux femmes blanches qui discutent à la table d’à côté.

– Excusez-moi…  Est-ce que vous avez pris le poulet Général Tao?
– Euh… Oui.

Il se retourne vers moi avec un sourire satisfait.

– Tu vois!?

Les deux femmes l’ont regardé avec méfiance et incompréhension, et le malaise était évident chez celle qu’il a questionné.  Je suppose qu’en plus de se demander quel était le but de sa question, elle ne savait pas si elle devait se sentir insultée ou ben quoi.  Quant à moi, bien que je n’aie pas porté attention à l’appellation White Trash (Après tout, c’est comme un noir qui appelle un autre noir niggah), le fait est que je n’aimais pas sa remarque au sujet de mon choix de repas.  J’avais la désagréable impression qu’il venait de me dire que mon choix de nourriture reflétait mon manque d’imagination, ma fermeture d’esprit aux choses nouvelles, voire ma stupidité.  J’ai répondu :

– Quand j’ai vraiment faim, je préfère m’en tenir à quelque chose que je sais que j’aime.  Au prix que coûte un repas au restaurant, j’ai pas envie de prendre le risque de rester sur ma faim.

Le sujet fut clos. N’empêche, je n’aimais vraiment pas devoir me justifier pour quelque chose d’aussi insignifiant que le choix d’un repas.  Je veux dire, c’est une chose de devoir justifier certains choix de vie, certains gestes graves que l’on pose. Mais quand c’est rendu que l’on te juge sur quelque chose d’aussi basique que ton choix de repas, ça devient à la limite du harcèlement moral. Ce sont plusieurs incidents comme celui-là qui firent que je n’osais plus rien dire ni rien faire face à lui sans d’abord me demander s’il trouvera à y redire.

Finalement, je suis allé pour la meilleurs solution: J’ai fini par cesser de le fréquenter.  Ne pas pouvoir me sentir bien d’être moi-même en sa présence, c’était trop désagréable.  Je peux tout de même le remercier, puisque c’est lui qui m’a fait prendre conscience que personne n’aime qu’on lui fasse son analyse non-sollicitée.

Oui, il y a des filles qui apprécient les analyses. Oui, il y a des filles qui vont voir des psys.  Oui, il y a des filles qui veulent en savoir plus long sur elles-mêmes.  Oui, les magazines féminins sont remplis de tests de personnalité du genre de Êtes-vous jalouse?  Êtes-vous dépensière?  Êtes-vous trop sensible?  Êtes-vous une etc?  Sauf que quand une fille rencontre un gars, elle n’est pas en mode auto-analyse, elle est en mode découvrir et bien paraître.  Elle veut se présenter sous son jour le plus admirable.  Tout comme elle choisit soigneusement dans quels vêtements et avec quelle coiffure elle voudra s’exposer, elle choisit avec le même soin les aspects de sa personnalité qu’elle va te laisser voir.  Il est important pour elle d’avoir le contrôle autant sur les aspects d’elle qu’elle te dévoile, que sur la quantité des informations qu’elle te donne.

La rencontre, c’est aussi stratégique qu’une partie d’échecs.  Elle observe son adversaire, analyse ses mouvements, replie certaines de ses positions, offre une ouverture, feinte, attaque, reste passive, ouvre un autre front, avant de choisir si elle préfère conquérir, se laisser conquérir, faire match nul ou abandonner la partie. Dans ce temps là, un gars qui se lance dans l’analyse de la fille avec un Toi t’es l’genre de fille qui, ça déstabilise complètement le jeu.  De la position d’égal qui jouait avec elle, tu t’accapares le rôle de juge.  Le rôle de son supérieur, celui qui a le pouvoir de la juger et de la soumettre à un verdict sans appel.    Finalement, c’est se foutre d’elle complètement puisque peu importe ce qu’elle fait ou dit, c’est toi qui décide de ce qu’elle est.

Toute fille a une petite maison en elle qui constitue son petit univers secret, et elle prend bien soin de choisir quelles portes elle t’ouvre.  Lui faire son analyse non-sollicité, c’est lui faire prendre conscience que tu n’as aucune hésitation à y entrer par effraction pour y défoncer les portes de ton choix et d’aller voir ce que tu veux bien y voir.   Et même si tu te trompes complètement à son sujet, ça ne change rien au fait que tu démontres que tu prends d’elle ce que tu veux bien, sans retenue ni respect.

Il ne suffit pas d’être assez brillant pour être capable d’analyser les gens. Il faut aussi ne pas être idiot au point de créer un malaise avec ça.

Socrate était déconnecté de la réalité

Dans la série Ces textes qui sont diffusés sur Facebook par ceux qui colportent la pensée des autres parce qu’ils ne sont pas capable de penser par eux-mêmes, je vous offre aujourd’hui un sermon mettant en vedette la plus populaire voix grecque après Nana Mouskouri et George Michael: Le grand philosophe Socrate.


Socrate avait, dans la Grèce antique, une haute opinion de la sagesse. Quelqu’un vient un jour trouver le grand philosophe et lui dit :

« Sais-tu ce que je viens d’apprendre sur ton ami ?
« Un instant », répondit Socrate. « Avant que tu me racontes, j’aimerais te faire passer un test, celui des trois passoires. »
« Les trois passoires? »
« Mais oui, » reprit Socrate. « Avant de me raconter toutes sortes de choses sur les autres, il est bon de prendre le temps de filtrer ce que l’on aimerait dire.  C’est ce que j’appelle le test des trois passoires. La première passoire est celle de la vérité. As-tu vérifié si ce que tu veux me dire est vrai? »
 » Non!  J’en ai simplement entendu parler. »
« Très bien. Tu ne sais donc pas si c’est la vérité. Essayons de filtrer autrement en utilisant une deuxième passoire, celle de la bonté. Ce que tu veux m’apprendre sur mon ami, est-ce quelque chose de bon? »
« Ah non! Au contraire. »
« Donc, » continua Socrate, « tu veux me raconter de mauvaises choses sur lui et tu n’es même pas certain si elles sont vraies. Tu peux peut-être encore passer le test, car il reste une passoire, celle de l’utilité. Est-il utile que tu m’apprennes ce que mon ami aurait fait? »
 » Non, pas vraiment. »
« Alors, conclut Socrate, si ce que tu as à me raconter n’est ni vrai, ni bien, ni utile, pourquoi vouloir me le dire ? »


L’histoire ne dit pas ce que l’homme a répliqué. Voilà pourquoi je me suis permis d’écrire ma propre conclusion à cette anecdote. Une conclusion qui me semble être la réponse la plus logique que l’on puisse donner à la dernière question de Socrate:

« Parce que, conclut l’homme, la meilleure façon de voir si quelque chose est vrai, c’est d’abord d’en prendre connaissance. Si tu deviens victime des agissements de ton ami parce que les rumeurs qui couraient à son sujet se seraient avérées vraies, alors tu n’aurais que toi-même à blâmer parce que tu as choisi de rester sourd et aveugle lorsque l’on t’a donné l’option d’entendre d’abord et de voir ensuite.  Toi qui est supposé avoir une haute opinion de la sagesse, explique-moi en quoi choisir la voie de l’ignorance est une option sage!? »

Socrate utilisait ici une méthode fort répandue via les forums par ceux qui aiment humilier les autres: Utiliser son intelligence et son sens de la logique dans le but de faire passer son interlocuteur pour un con en lui posant des questions formulées de façon à ce qu’elles soient difficile à répondre. Il manipule donc la conversation de façon à diriger l’autre dans un cul de sac, soit à un point où il ne saura plus quoi répliquer, et donc aura l’air d’un idiot. Enfin, en apportant dès le départ l’idée qu’il utilise contre son interlocuteur une méthode réfléchie, dans ce cas-ci le test des trois passoires, il laisse sous-entendre dès le départ qu’il est plus intelligent que l’autre.

D’accord, ma réponse-conclusion aurait dû être dite par l’homme en réplique à Est-il utile que tu m’apprennes ce que mon ami aurait fait? Mais  voilà, qui d’entre nous n’a jamais vécu la situation de se retrouver bouche bée lorsque quelqu’un nous interrompt en nous posant par surprise une question à laquelle on ne s’attendait pas? Ça aussi, c’est une méthode de manipulation.

De tous les temps, Socrate a toujours été cité comme un modèle d’intelligence et de sagesse. Sauf que la réelle intelligence et la véritable sagesse, ce n’est pas de tirer des conclusions avant même d’avoir entendu un seul mot de l’histoire. C’est de l’écouter d’abord, de réfléchir ensuite et de faire preuve de bon jugement pour conclure. Parce que la plus grande preuve comme quoi on manque d’intelligence et de sagesse, c’est quand on a besoin d’utiliser une méthode dont le but est de tirer des conclusions, de façon à ce que nous n’ayons pas à faire cet effort soi-même.

La preuve: Le système légal. Les lois écrites sont claires. Alors pourquoi pensez-vous que l’on a besoin d’avocats et de juges pour les appliquer, au lieu de juste laisser aux policiers le soin d’appliquer immédiatement la sentence prévue selon le délit commis? Parce que aucune méthode ni loi ne peut être appliquée universellement, puisque chaque circonstance ayant menée au crime est différente, ce qui fait que c’est du cas par cas. Pour appliquer la sentence la plus juste possible, il faut réfléchir, user d’intelligence et de sagesse.  Sinon on se contenterait de faire comme Socrate et on appliquerait les règles aveuglément à toutes les sauces.

C’est bien beau les discours philosophiques, mais ce n’est pas une raison pour mettre de côté la réalité.  Et la triste réalité, dans ce cas-ci, c’est que pour avoir mis tant d’efforts à faire passer pour un imbécile un homme dont le simple crime a été de vouloir le renseigner sur quelque chose qui aurait pu lui être utile, Socrate était un peu trou-de-cul sur les bords.

Pensez-y la prochaine fois où vous verrez un autre de vos contact Facebook qui se croit bien sage de diffuser la parabole des trois passoires.

Le fameux « Hommage aux Bons Gars »… et ce que j’en dis !

Depuis plusieurs années, il y a un texte qui circule sur le net au sujet des Bons Gars.  Non seulement il renforce auprès des losers  l’idée comme quoi les filles sont idiotes dans leurs choix d’hommes, il rend hommage aux soi-disant bons gars en soulignant chacun des gestes typiques, chacune des situations cliché et chaque mauvaise erreur de jugement classique qu’ils commettent.

Et vous savez le pire dans tout ça? Ces gars apprécient ce texte. Ils le voient comme un véritable témoignage positif. Pourtant, il n’y a pas de quoi être fier. Parce qu’en réalité, loin d’être une preuve de l’idiotie des filles, ce texte est au contraire une preuve de celle des bons gars. C’est une analyse qui explique parfaitement pourquoi ces gars-là ne reçoivent aucun respect.

Détail important: Que ce soit dans ce texte ou dans la vraie vie, l’utilisation du terme Bon Gars ne décrit pas les véritables bon gars, mais bien ceux qui se décrivent eux-mêmes comme étant des bons gars. Parce que, entre la perception de soi et la réalité, la marge est large. On ne parle donc pas ici de véritables bons gars, mais bien de soi-disant bons gars.

Dans le billet qui suit, le texte original est rouge-vin large italique, tandis que mes commentaires sont juste dessous en noir mince droit.  C’est parti:

Ceci est un hommage à tous les bons gars.
Ceci est en fait une traduction (boiteuse) du texte Ode to the Nice Guys,  originalement écrit par Fu-zu Jen en 2003 pour le journal de l’université Warton en Pennsylvanie. Mais bon… Détails! Passons :

Les bons gars qui finissent toujours derniers, qui ne deviennent jamais plus qu’un simple ami,
Autrement dit: Les gars qui ont approché des filles en leur faisant faussement accroire qu’ils voulaient seulement être amis avec elles, parce qu’ils étaient trop lâches pour être capable de s’affirmer auprès d’elles en tant qu’amoureux potentiel.

 …qui endurent des heures de chiâlage et de frustrations sur «les gars sont tous des crosseurs!», alors qu’en fait, leur présente personne en prouve même le contraire.
Vraiment? Pourtant, tu te fais passer faussement pour un ami alors que ton but caché depuis le début est de devenir son amoureux. Si ça ce n’est pas être crosseur, c’est quoi? Par conséquent, oui, ta présente personne prouve son point.

C’est une dédicace à ces gars qui présentent leur épaule et qui se restreignent uniquement aux tentatives de caresses
Ok, mettons les choses au clair: Ou bien on caresse, ou bien on ne caresse pas. Il n’y a pas de tentative. Les seuls moments où il y a tentative de quoi que ce soit, c’est lorsque la chose est impossible, interdite, illégale, ou bien contre la volonté d’autrui.  Il n’y a donc qu’une seule raison pourquoi un gars ferait une tentative de caresses envers une fille, et c’est parce qu’il sait que la fille ne veut pas de ses caresses. Alors s’il tente d’en faire malgré tout, il y a un mot pour ça : Harcèlement!

Ces gars qui laissent leur porte ouverte et qui fournissent un endroit rassurant pour se retirer
Juste cette phrase, ça en dit long sur deux aspects de la mentalité du soi-disant Bon Gars:

  1. Fermer la porte, c’est mettre des limites, donc établir des règles. Ouvrir la porte, c’est s’affirmer. Inviter à entrer, c’est avoir le contrôle. Mais laisser la porte ouverte, c’est être totalement passif, désintéressé, négligeant.
  2. Il est tellement mal dans sa peau qu’il ne considère pas faire partie du reste du monde. Il vit dans un endroit pour se retirer, donc en retrait.  Et c’est cette isolation qui fait de son univers un endroit rassurant pour lui. Au lieu de sortir de sa retraite et se joindre au monde, il espère que la fille se retirera du monde pour s’en aller en retrait avec lui.

ces gars qui restent assis patiemment attendre à l’extérieur, qui n’osent jamais
Tout ce que ça passe comme message, c’est: Je sais que je ne suis pas assez bien pour être en ta présence. Alors je vais m’éloigner de mon propre chef et attendre à l’écart
 dans l’espoir que tu viennes me chercher. Mais voilà: Pourquoi irait-elle chercher quelqu’un qui la fuit parce qu’il l’accuse de se croire trop bien pour lui?

et qui restent aussi assit, à attendre patiemment, à l’extérieur de la salle d’essayage de magasins sans jamais oser.
Donc, pour les gars qui se plaignent de leur statut d’esclave, et ce après s’être délibérément offert comme esclaves parce qu’ils n’ont pas l’impression de mériter mieux.

Ceci est en honneur des gars qui réitèrent toujours que leurs amies sont belles, merveilleuses, intelligentes, drôles, sexy, etc. au bon moment, parce qu’ils savent qu’elles en ont besoins.
Donc: Aux prédateurs mous, qui n’osent passer à l’attaque qu’aux moments où leurs cibles traversent une période de faiblesse morale et de détresse affective.

En honneur des gars qui sont ouvert d’esprit,
Aux désespérés qui sont prêt à tout accepter, juste pour ne pas être seuls.

avec une attitude relaxe,
Avec une attitude qui donne l’impression qu’il n’est pas intéressé, puisque au lieu d’aller vers la fille qu’il désire, il attend que ce soit elle qui aille vers lui. Ce n’est pas une attitude relaxe, ça. C’est une attitude lâche.  Quelle fille pourrait ressentir de l’intérêt pour un gars qui a cette attitude?

avec des propos honnêtes
Oui, c’est ça, des propos honnêtes… Comme de l’avoir approché en s’annonçant en tant qu’ami, alors que ses intentions véritables étaient d’être plus que ça.

En honneur des gars qui respectent les filles dans tout leur intégrité ; de leur vie privée jusqu’à leurs idéologies et leur façon de s’habiller.
Donc, pour les gars qui font exprès pour chercher les difficultés en s’en allant vers des filles avec qui ils n’ont rien en commun, histoire de mieux chialer ensuite du fait qu’elles disent, avec raison, qu’elles ne voient pas ce qu’elles feraient avec un gars comme lui.

 Ceci est pour ces gars qui escortent leurs déroutées amies saoules en revenant des partys
Voyez le pattern qui sort de ce texte depuis le début. Le Bon Gars ne cherche que:

  • Une fille qui a besoin d’un endroit où se retirer.
  • Une fille qui a besoin d’être complimentée et rassurée.
  • Une fille qui a besoin de quelqu’un pour s’en occuper parce qu’elle n’a plus toute sa tête.

La seule raison pourquoi le soi-disant Bon Gars ne recherche que des filles dans le besoin, c’est parce qu’il se sent trop minable pour pouvoir plaire à une fille qui est à 100% de ses capacités et en parfait contrôle de sa vie. Malheureusement, à toujours courir après les filles en détresse, ils ne se ramasse qu’avec ça: Des filles en détresse, qui cessent de vouloir de sa présence dès que le moment de détresse est passé. C’est ce que j’appelle La malédiction du bon gars gentil et sauveteur.

sans jamais en prendre avantage une fois arrivée à leur porte.
Sérieusement, les gars… À vos yeux, « Je ne t’ai pas violée alors que j’en avais l’opportunité », c’est un argument valable pour convaincre une fille de vous aimer? Vous n’hésitez pas à sous-entendre que pour les hommes, il est normal de vouloir prendre avantage sexuel d’une fille qui n’a plus toute sa tête?  Vous n’hésitez pas à dire que tous les hommes sont des violeurs, sauf vous?  Ou pire encore: Que tous les hommes sont des violeurs, incluant vous, mais que vous, au moins, avez pour elle le respect que n’aurait pas eu tout autre homme?

Quand le gars est incapable de se trouver une qualité afin de séduire, alors il essaye de séduire en prouvant qu’il n’a pas tel ou tel défaut. C’est dire fièrement: « Je ne suis pas meilleur que les autres. Je suis juste moins pire qu’eux. »  C’est essayer de rabaisser le reste du monde plus bas que soi parce que l’on est incapable de s’élever plus haut qu’eux. C’est une technique d’approche particulièrement minable, surtout qu’elle ne marche jamais.

Pour ces gars qui accompagnent les filles dans les bars pour servir de butoir tampon face à l’effrayante population mâle.
La fille invite le gars dans le but de se servir de lui comme excuse bidon afin de repousser les avances de dragueurs potentiels, et lui il accepte. On peut comprendre pourquoi la job de cockblocker lui plait: Puisqu’il n’a pas les couilles de draguer la fille qu’il aime, il peut au moins vivre la satisfaction d’empêcher de le faire ceux qui en ont.

Hélas, il arrive inévitablement un moment où l’un de ces dragueurs plaît à la fille. Dans ce temps-là, le Bon Gars se fait vite remercier de ses services et devient aussitôt persona non grata auprès d’elle. Autrement dit: Après avoir utilisé le Bon Gars pour se débarrasser des dragueurs, la fille se sert de son dragueur pour se débarrasser du Bon Gars.  Le voilà, ton paiement pour l’avoir protégé de ses indésirables: Tu en es devenu un toi-même. Bravo!

Pour ces gars qui savent lorsqu’une fille cherche uniquement à se faire complimenter et qui les complimentent quand même.
Pour les manipulateurs, donc. Parce que lui donner ce qu’elle veut en espérant avoir de quoi en retour, c’est de la manipulation. Ou du moins, une tentative de.

Pour ces gars qui respectent toujours les règles dans un jeu qui favorisent les tricheurs.
Donc pour ceux qui veulent faire pitié. Or, quand un gars pense que la seule façon pour lui de plaire, c’est par pitié, c’est que son estime de soi est à un niveau très bas.

Ah, et autre chose: Quand tu fais comprendre à une fille qu’elle favorise les tricheurs, tu l’accuses automatiquement d’être elle-même tricheuse, puisqu’en d’acceptant ça, elle non plus ne suit pas les règles. Et pour couronner le tout, en lui remettant dans sa face que toi, au moins, tu les respectes, les règles,  alors tu lui dis que tu vaux mieux qu’elle. Quelle fille voudrait d’un gars comme ça?

Enfin, te cacher derrière l’excuse de suivre les règles pour expliquer tes échecs, ça t’évite de devoir être obligé de regarder les vraies raisons de ton loserisme, soit ton comportement avec elle. C’est peut-être plus facile pour toi à vivre, mais ce n’est pas en niant les faits que tu vas améliorer ton sort.

 Pour ces gars qui sont traités comme un petit ami et qui, pour quelconques raisons, ne finissent jamais à être ce petit ami.
Dans le billet Autopsie du Loser, cette situation est décrite dans ces termes: « Il arrive parfois qu’une de ses amies particulièrement en manque ou désespérée consente à avoir une relation plus intime avec le Loser.  Elle y posera cependant une condition :  Leur relation devra rester secrète.  Elle invoquera toutes sortes de raisons que le Loser gobera ou non mais qu’il acceptera quand même puisque c’est ça ou bien rester célibataire. »   Et si il ne finit jamais par devenir véritablement son chum, ce n’est pas « pour quelconque raisons ». C’est parce qu’elle aurait honte que les autres sachent qu’elle sort avec lui. Si vous avez lu ce billet de blog jusqu’ici, vous comprenez sans problème le pourquoi de cette honte.

Pour tous ces bons gars qui sont délaissés
C’est normal qu’il soit délaissé: Qui voudrait d’un gars comme ça à long terme? C’est déjà un miracle qu’il ait trouvé quelqu’un pouvant l’endurer à court terme.

sous-estimés
Comment peux-tu espérer être estimé par les autres alors que tu es le premier à avoir une basse estime de toi-même?

et inappréciés
Voir commentaire précédent en remplaçant le mot estimé par apprécié.

Pour tous ces bons gars qui se font manipuler, tromper, injustement abandonnés,… ceci est pour vous.
Manipuler, c’est vrai! Tromper, c’est vrai! Abandonner, c’est vrai!  Mais injustement?  Ça, c’est faux!

Quand on veut recevoir quelque chose de la part des gens, il faut d’abord leur faire savoir ce que l’on attend d’eux, que ce soit par nos gestes, nos paroles ou notre attitude. Par exemple, si les salauds reçoivent amour, attention, admiration et sexe de la part des filles, ce n’est pas parce qu’ils l’ont mérité. C’est parce qu’ils n’hésitent pas à faire savoir aux filles que c’est ça qu’il veulent recevoir. Par conséquent, bien que certaines d’entre elles ont refusé, d’autres ont tout de même accepté.

Alors si ces filles ne te donnent que mépris, manipulation, tromperies, abus et abandon, tu ne fais que récolter ce que tes gestes, tes paroles et ton attitude leur a demandé.

 Ceci est pour la fois qu’elle a envoyée une tonne de messages urgents sur votre téléphone cellulaire. Et lorsque vous l’avez rappelé, elle a passé trois heures à minutieusement disséquer deux phrases que son chum lui a dit lors du souper. Et même si vous pensiez que son chum n’était qu’une merde, vous l’aviez rassuré en lui disant que tout allait s’arranger et qu’elle ne devrait pas s’en faire.
Ok, question importante qu’il faut absolument poser ici:

Comment est-ce que tu peux penser que ton attitude va séduire la fille? Tout le long de votre relation, tu restes à l’écart, tu ne lui démontres jamais d’intérêt à part la simple amitié, et tu l’encourages à sortir avec d’autres gars et/ou à continuer d’être en couple même si ça va mal avec son chum. Dans de telles conditions, comment est-ce que la fille pourrait imaginer que tu puisses t’intéresser à elle?

Et toi, pendant ce temps-là, tu t’attends à ce qu’elle tombe en amour avec toi alors que tu lui donnes zéro raisons pour que ça puisse arriver.  Tu penses que c’est elle qui devrait, de son propre chef, faire l’effort de s’intéresser à toi,  d’aller vers toi, de te découvrir… Il faudrait que ce soit elle qui prenne toutes les décisions en ce qui vous concerne. Tu exiges que ce soit elle qui t’appelle, qui te sorte, qui te drague, qui te baise et qui te demande d’être en couple avec elle, tout ça parce que tu es trop passif pour lui offrir le moindre signe d’intérêt, alors que c’est pourtant toi qui est en amour avec elle.

Non mais sérieusement, tu te prends pour qui? Aucune fille n’agirait comme ça, à part peut-être pour le gars le plus beau, le plus athlétique et le plus winner qui soit.  Et toi qui n’est rien de tout ça, tu espères un tel traitement de sa part? Tu dérailles!

Ceci est pour la fois qu’elle vous a dérangé quand vous étiez en feu à GTA San Andreas (Grand Thief Auto – un jeu vidéo) pour déblatérer à propos d’une rumeur qui la mettait en couple avec le gars qu’elle trouve le plus répugnant du monde. Et même si vous pensiez que c’était immature de croire à de telles sottises et qu’en plus, vous n’aviez rien contre le gars en question, vous avez mis votre partie sur pause pendant deux heures pour l’aider à concocter une contre rumeur à propager.
Ceci est donc pour ces gars qui n’ont tellement pas de personnalité qu’ils sont prêt à calquer celle de la fille. Ou pire encore: ceux qui sont tellement fakes qu’ils lui font accroire qu’ils pensent comme elle, même si en réalité sa mentalité est à l’opposé de la sienne.

Anyway, comme je dis plus bas dans ce texte, « Être trop pareils », c’est souvent la raison qu’évoque une fille pour expliquer pourquoi elle ne veut pas sortir avec un ami de gars.  Alors c’est non seulement une perte de temps d’essayer de lui faire croire que vous êtes pareils, c’est  contreproductif.

Ceci est aussi pour la fois que vous l’avez accompagné, et bien que nombre de voeux qu’il n’y avait rien de «sérieux» entre vous deux, elle vous traîna a un «party» où vous ne connaissiez personne, où la bière n’était pas buvable et qu’elle flirta sans pitié avec vous, justifiant chaque geste d’agace imprudente en annonçant à tout le monde : «Oh, mais on est juste des amis!». Et même si vous étiez invités symboliquement, purement en tant qu’être chaleureux pour son ego, vous y êtes allés quand même. Parce que vous êtes bon comme ça.
Autrement dit, ceci est pour les gars de qui l’amie-cible s’est rendue compte à quel point c’était un mou pas d’colonne, alors elle s’amuse à le niaiser à mort, et ce impunément. puisqu’il l’accepte et en redemande. C’est donc tout à fait normal qu’elle se comporte avec lui de manière aussi irrespectueuse, puisque personne ne peut respecter un gars comme ça. Lui-même ne se respecte pas, alors pourquoi les autres le feraient-ils à sa place?

  Les bons gars ont rarement le crédit qu’ils devraient, lorsqu’ils le méritent vraiment. Et encore plus dérangeant, les bons gars n’ont pas de sexe aussi souvent qu’ils le devraient.
Euh… Quoi?  Non!  Fuck que non!  Ce n’est pas le fait que les bons gars n’ont pas de sexe qui est encore plus dérangeant.  C’est plutôt la partie disant qu’ils n’en ont pas aussi souvent qu’ils le devraient.  Ce qui est encore plus dérangeant, c‘est cette mentalité disant que, dans certaines circonstances, les filles DOIVENT du sexe aux gars.  Une mentalité qui est à la base de la majorité des abus sexuels dont les femmes sont la cible de la part des hommes dans notre société. 

Et j’aimerais tant pouvoir expliquer cette tendance de façon logique, mais j’en suis incapable. De tout ce que j’ai pu observer sur le campus, ainsi que de ce que j’ai appris en parlant à des amis provenant d’ailleurs, la seule conclusion que j’ai pu former est que plusieurs filles agissent de manière illogique ; en salopes manipulatrices.
De quelle autre façon veux-tu qu’elles agissent? À date, ce texte démontre qu’il s’agit de gars qui font tout ce que la fille veut, des gars qui donnent à la fille tout le pouvoir sur lui et sur son temps, des gars qui se sacrifient sans cesse, et ce volontairement, pour répondre aux moindres caprices de la fille.  Bref, des gars qui disent aux filles « Faites de moi ce que vous voulez, vous seules avez de l’importance, moi je n’en ai aucune et je suis parfaitement à l’aise avec ça! »  Ce comportement de victime volontaire ne va attirer qu’un seul genre de filles: Les salopes manipulatrices dont vous vous plaignez.  Alors ne venez pas chialer si vous ne vous retrouvez qu’avec rien de plus que ce que vous appâtez.

 Plusieurs réclament qu’elles veulent seulement sortir avec un bon gars, mais lorsqu’elles sont en présence d’un tel spécimen, elles parlent irrationnellement, de choses confuses, tel que : «Oh, c’est un trop bon gars pour que je sorte avec lui.», ou bien : «Il serait un super bon gars pour moi, mais il n’est pas pour moi.»
C’est normal qu’elles sonnent confuses: Aucune fille ne va vouloir passer pour une bitch en disant la vérité, qui est dans le style de: « Je ne veux pas de lui comme chum parce que c’est un pauvre crétin mou pas d’couilles. Mais bon, il a son utilité comme esclave et paillasson, alors aussi bien en profiter, c’est ça qu’il demande de toute façon. »  Elles sont donc obligées d’inventer une raison. Et quand on doit improviser un mensonge, on sonne confus, mais surtout irrationnel.

Vous allez dire que c’est de l’hypocrisie de la part de ces filles?  Eh oui, exactement, tout comme c’est de l’hypocrisie de la part des soi-disant Bons Gars, toutes ces attitudes bidon qu’ils ont, face à elles, en se pliant à tout ce qu’elles sont, dans l’espoir caché d’obtenir quelque chose en retour.

 ou bien : «Il a tant de points en commun avec moi, je ne pourrais possiblement pas lui demander d’être avec moi.»
Normal! Parce que si en amitié c’est Qui se rassemblent s’assemblent, en amour c’est plutôt Les contraires s’attirent. Alors si tu l’as d’abord convaincue de te voir en tant qu’ami seulement, et que tu as ensuite consolidé la chose en lui montrant sans cesse à quel point vous êtes semblables, faut pas s’étonner si « ami seulement » est tout ce qu’elle voit en toi.

ou pire encore : «On s’entend tellement bien, je ne voudrais pas ruiner notre amitié!».
Là-dessus, elle ne ment pas.  Ne l’as-tu pas approché en te proposant comme ami, esclave, conseiller, remontant et flatteur d’ego? Eh bien bravo, c’est réussi, tu l’as convaincue de t’accepter comme tel. Tu as maintenant une place importante dans sa vie en tant qu’esclave, conseiller, remontant et flatteur d’ego. Pourquoi voudrait-elle ruiner ça?

Encore, elles continuent à se lamenter du manque de bon gars dans ce monde.
Et avec raison. Parce que ces filles-là ont le don de s’entourer d’extrêmes: Ou bien de gars forts, avec une personnalité et du caractère, mais qui sont abusifs. Ou bien de gars gentils, mais qui sont mous, indécis, pas d’colonne, passifs, lèche-culs, esclaves. Par contre, les vrais bon gars, ceux qui combinent de façon modérée les meilleurs côtés de ces deux extrêmes, ça, elles n’en trouvent pas.

Ce qui revient à constater un fait trop souvent ignoré: Le genre de filles que les soi-disant Bons Gars choisissent, ce sont des filles à problèmes.  Alors même lorsque le 0,00001% des rares « chanceux » finissent en couple avec l’une d’elle, leur bonheur est toujours de courte durée.

et elles s’attendent de leur ami gars «trop-bon-pour-moi» à sympathiser et à s’excuser du fait que les gars sont tous stupides.
Normal: Ne pas savoir doser son comportement et aller dans les extrêmes, genre en pensant que les seuls comportements à adopter avec les filles c’est esclave dévoué ou salaud indépendant, déjà ça, c’est une preuve de stupidité.

 Désolé les gars, ces phénomènes sont au dessus de mes capacités de compréhension. Je ne suis pas capable de comprendre pourquoi la connexion ne se fait pas entre ce qu’elles disent (Je désire un bon gars!) et ce qu’elles font (Maintenant, je vais coucher avec un salaud).
Si c’était dans tes capacités de compréhension, ça signifierait que tu aurais l’intelligence de voir à quel point ton attitude de soi-disant bon gars est en fait une attitude de loser volontaire, et tu cesserais automatiquement de l’être avec les filles. Mais puisque ce n’est pas le cas, pas étonnant que tu ne comprennes pas non plus que tu ne fais que récolter ce que tu as semé.

 Si il n’y a qu’une chose que je puisse faire, c’est dire que ce phénomène du «bon-gars-qui-finit-toujours-dernier» n’est pas éternel. Il y a définitivement plusieurs filles qui ont grandies sans cette culture de la pensée et qui réaliseront qu’elles devraient sortir avec les bons gars, sans les considérer comme acquis.
Si tu es prêt à attendre qu’elle ait entre 40 et 65 ans, donc de passer le 3/4 de ta vie à attendre après quelque chose, c’est ton choix. Tu ne feras que terminer ta vie de la façon dont tu l’as toujours vécue: En attendant et en passant en dernier.

Sauf que, soyons réalistes: Autant une fille finit par ne plus être capable d’endurer les salauds avec le temps, autant un salaud finit par s’assagir avec l’âge. Alors le passage du temps ne garantit pas du tout qu’un jour ce sera ton tour. Bien au contraire. Parce que les délinquants repentis ont toujours été plus populaires que les gars calmes et ennuyants qui n’ont jamais eu à évoluer parce qu’ils ont toujours été calmes et ennuyants.

 La partie compliquée, c’est de trouver ces filles. Et encore plus compliqué, trouver celles qui sont libres.
Oh, mais y’a pas de problème: Comment agit un soi-disant Bon Gars lorsqu’il trouve une fille qui l’intéresse et qu’elle est déjà en couple? Il l’approche en tant qu’ami en attendant qu’elle se rende compte qu’il vaut mieux que son conjoint actuel.  Et le cycle du bon gars incompris qui aime une fille qui l’ignore pour rester avec un salaud repart pour un autre tour. Donc, peu importe le temps qui passe, non, ça ne changera jamais rien à rien.

  Alors, jusqu’à ce que l’on trouve ces filles, je propose de faire un toast à tous les bons gars du monde. Vous savez qui vous êtes, et je sais à quel point vous êtes tannés d’entendre dire que vous êtes bons.
Se définir comme étant bon gars, mais être tanné de se faire dire qu’on est des bons gars. Se conduire en tant qu’ami seulement avec une fille, mais se plaindre que la fille ne nous voit seulement qu’en tant qu’ami. Manquer totalement de self-respect pour ensuite déplorer de ne pas être respecté. Se soumettre en esclave pour se plaindre d’être utilisé en esclave. C’est à ça que l’on reconnait les losers volontaires: Ils cherchent toujours les situations qui vont leur apporter l’échec et les raisons de se plaindre.

Cependant, la vraie réponse à cette question est : le monde a besoins de notre patience dans les salles d’essayage des magasins, il a besoins de votre porte toujours ouverte, de votre service d’escorte aux parties, de votre propension à être le «tetteux» pour un beau sourire. Pour toutes les choses folles, absurdes, démentes,… que vous tolérez. Pour toutes les situations où vous étiez l’héro sans nom, sans face,… Envers vous tout mon honneur, ma reconnaissance et ma gratitude. Vous jouez vraiment un rôle important dans notre société. Vos humbles et méritées revendications arriveront bientôt. D’ailleurs, j’oublie quelque chose : ces gars mérites tout le crédit.
La question, et surtout le problème, ne réside pas dans le fait que certaines filles ont besoin de ce genre de gars-là. C’est plutôt dans le fait que vous autres, les soi-disant Bons Gars, vous êtes à ce point-là volontaires pour aller occuper cette situation tout en sachant qu’elle est abusive et ingrate. Contrairement à vous, les gars normaux  regardent cette situation, se disent « Je vaux mieux que ça! »,  et ils ne s’y soumettent pas. Et contrairement à vous, ce sont eux, les gars normaux, qui se retrouvent avec les filles.  Il ne vous est jamais venu en tête qu’il pouvait y avoir un lien?

Ceci est pour tous les bon gars qui ont de la difficulté à trouver des petites amies, et qui finissent toujours blessés. Pour les bons gars qui, lorsqu’ils sont en amour, donnent tout ce qu’ils ont à leur petite amie et qui ne reçoivent rien en retour. Pour les bons gars qui n’ont jamais trouvés «la bonne».
Ce billet de blog est clair dans le fait que même s’il trouvait « la bonne » , ce n’est certainement pas avec une attitude comme celle-là qu’il pourrait la séduire. Alors forcément, oui, il aura toujours de la difficulté, sera toujours blessé, donnera tout et ne recevra rien en retour.

Je lève mon verre à tous les bons gars
… et je leur en balance le contenu sur la gueule, en espérant que cette douche froide puisse les réveiller une bonne fois pour toute.


En passant, pour ceux qui se demandent de quoi a l’air la personne qui a écrit Ode to the Nice Guys:

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Y’a liens là:

Je change les dialogues d’une page de l’album Astérix et Cléopâtre pour montrer ce qu’était probablement Le Premier soi-disant Bon Gars.
Pour changer d’attitude, il faut d’abord savoir où se situent nos erreurs. D’où mon Autopsie du Loser.
L’expérience personnelle m’a montré que pour séduire une fille qui nous a friendzoné, Il ne suffit pas que d’être gentil.
Ne croyez surtout pas aux Douze illusions fallacieuses qu’essayent de vous vendre les guides de séduction.
Ah, et si vous n’êtes pas un soi-disant bon gars mais que vous en connaissez, il se peut que vous compreniez de travers leurs revendications.  D’où La réputation injustifiée des soi-disant bons gars.

Du reste, voici tous les billets classés dans la catégorie Les Bons Gars.  Ils sont hélas automatiquement classés du plus récent au plus ancien.

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Vivre sa jalousie… Ou accorder sa confiance?

Avertissement habituel: Les sexes sont interchangeables dans les exemples donnés, c’est juste que je me base sur mon expérience en tant qu’homme ayant sorti avec des femmes, ce qui fait que gna gna gna gne gnu… Bon! Place à l’article:

Ça me décourage, parfois, de voir des gens devenir extrêmement méfiants envers leur nouveaux partenaires, juste parce qu’un de leurs ex les a un jour trahis. Parce que dans le fond, tout ce que ça fait, c’est prolonger inutilement un problème qui aurait dû disparaître en même temps que l’ex en question.

Perso, j’ai comme principe que si ma partenaire a à me tromper, elle va le faire, et ce que je lui fasse subir mes craintes ou non. Je lui accorde donc ma confiance dès le départ. Comme ça…

  • Si elle en est digne, tout va bien.
  • Si elle s’en montre indigne, ça finit là.
  • Et si elle en est indigne mais cache bien son jeu, je ne m’en rendrai jamais compte.

Alors qu’est-ce que ça changerait au bout du compte, que je m’en méfie ou non? Anyway, si je lui fais subir ma méfiance inutilement parce qu’elle est fidèle, la pression non-méritée que je lui met dessus va miner notre couple. Je causerais donc la rupture, ce qui serait idiot puisque je provoquerais moi-même la chose que je cherchais justement à éviter.

La seule façon garantie de ne jamais se faire tromper, c’est de ne prendre aucun risque, donc de rester célibataire toute sa vie. Il y a aussi l’option d’essayer de contrôler les allées et venues de l’autre 24/7.  Mais c’est non seulement impossible à faire, on n’a jamais vu quelqu’un connaître la paix d’esprit dans sa vie de couple de toujours se stresser à se faire du soucis avec ça.

Il existe deux genres de jalousies: La naturelle et la provoquée.

JALOUSIE 1: La Naturelle.  Le cliché est vrai que la source principale de la jalousie vient du manque de confiance en soi. C’est ce qui fait qu’à chaque fois qu’on se fait une amoureuse/amante/conjointe, non seulement on se sent comme si on n’a rien pour la garder, on se sent comme si on n’arriverait jamais à en trouver une autre si on perd celle-là. Donc, plus notre estime de soi est bas, plus on a peur, plus on est accro, et plus on a un désir de propriété sur la fille. À partir de là, la façon dont on va réagir va dépendre de notre personnalité:

  • Les agressifs accuseront sans preuves, seront violents verbalement et/ou physiquement.
  • Les passifs seront plus stratégiques, commençant d’abord par fouiller partout, inspectant le moindre détail, à la recherche de preuves de cocufiage planifié ou non, passé, présent ou futur, afin d’avoir une bonne raison de la confronter. Ils seront méfiants, sournois, agissant dans l’ombre, seront cyniques, manipulateurs, s,exprimeront en sous-entendus, tenteront d’isoler la fille, etc.

Il arrive aussi qu’une personne, aussi jalouse que convaincue d’être éventuellement trompée, va être frustrée de ne jamais être capable de prendre l’autre en flagrant délit. Dans ce temps-là, histoire de tester l’autre, elle va provoquer elle-même la situation de cocufiage, allant jusqu’à les suggérer à son partenaire.

 

JALOUSIE 2: La provoquée. On a tendance à oublier que des fois, c’est l’attitude de la fille qui cause la jalousie. Attention; je ne dis pas que la fille est toujours celle qui provoque la jalousie chez son mec. Sauf que des fois, dans certains cas, oui, c’est elle qui fait exprès.

Plus jeune, j’étais un jaloux naturel. Par la suite, j’ai pris confiance en moi et plus jamais je n’ai ressenti de la jalousie. Pourtant, il m’est quand même arrivé à deux reprises de revivre les angoisses de ma période pré-estime de soi. Je ne comprenais pas pourquoi je faisais une telle rechute après avoir fait tant de progrès positif. Jusqu’au jour où je me suis rendu compte que c’était elles qui faisaient exprès pour faire naître ces sentiments négatifs en moi.

Mal influencées par leurs relations précédentes où elles étaient victimes de la jalousie de leurs ex, elles avaient développé le réflexe de croire que quand un gars n’est pas jaloux, c’est signe qu’il se fout d’elle, donc qu’il va la laisser tomber.

Parce que quand la majorité de tes ex excusent leurs abus envers toi en te répétant que jalousie = preuve d’amour, éventuellement tu développes le réflexe d’y croire afin de rendre ta situation moins misérable, ne serait-ce que dans ta tête. Sauf que quand un réflexe devient acquis dans une situation négative de couple, ça reste en toi, et ça risque de pourrir tes relations suivantes pendant longtemps.

Alors pour se rassurer que je l’aimais vraiment, elle faisait tout pour provoquer ma jalousie. Par exemple, en faisant exprès pour commenter tel ou tel gars positivement, en disant combien elle admirait profondément son talent musical, sa grandeur, sa minceur, sa musculature, son menton carré viril, sa job, son salaire, etc.  Et elle prenait bien soin de ne toujours les complimenter que sur des choses que je n’avais pas moi-même, ou bien que je serais incapable d’obtenir quoi que je fasse.

J’avais beau me dire qu’il n’y avait rien là, que si elle restait avec moi malgré tout ce qu’elle trouve mieux chez les autres, c’est signe qu’elle m’aime vraiment. Mais à la longue, à force de se faire sans cesse rappeler à quel point tant d’autres sont mieux que lui, un gars finit par se croire de plus en plus inadéquat à garder sa blonde.  Parce que voici ce que son attitude faisait en moi:

Plus elle allongeait la liste de ce qu’elle aimait chez les autres, donc plus elle allongeait la liste de ce qui manquait chez moi pour lui plaire.  Donc, plus elle allongeait ma liste de raisons de croire que je n’avais pas ce qu’il fallait pour la garder.  Donc, plus elle minait cette confiance en moi-même que j’avais si durement acquise au fil des années.  Donc , plus elle faisait de moi un gars soupçonneux et jaloux.  … Soit le genre de gars qu’étaient ses ex.  Et surtout le genre de gars que je ne voulais (plus) jamais (re)devenir.

Ne voulant pas revivre ce genre d’angoisses après avoir tant travaillé pour m’en débarrasser, et ne voulant surtout pas devenir comme ses ex, c’est moi qui a cassé. Ça lui a permis de crier haut et fort qu’elle avait raison à mon sujet, tout ce temps-là, de penser que je me foutais d’elle. Elle ne se rendait pas compte qu’au contraire, c’est elle-même qui a provoqué notre rupture.

Et pourquoi faisait-elle ça? Par manque de confiance en elle-même, évidemment. C’est la raison pourquoi quelqu’un ressent toujours le besoin que l’autre lui prouve son affection. Sauf que pendant que tu lui prouves à répétition l’amour que tu as pour elle, elle ne te donne jamais d’amour en retour, puisqu’elle est trop occupée à te soupçonner et à se méfier de toi.

Quand tu finis par t’apercevoir que non seulement tu es toujours soupçonné injustement de ne pas l’aimer, tu vois qu’en fait la seule personne dans le couple qui donne preuve d’affection à l’autre, c’est toi. Tu réalises alors qu’elle t’accuse et te punis sans cesse pour quelque chose qu’en réalité c’est elle qui te fais à toi. Ça t’enlève, avec raison, l’envie de poursuivre la relation.

J’ai observé et/ou vécu ce genre de situation assez souvent pour pouvoir affirmer que tant que l’on reste en couple avec une telle personne, on ne peut jamais la changer. Parce que tant qu’on reste avec, elle continue de croire que son petit jeu fonctionne.  Elle n’a donc aucune raison de le cesser.

Au pire, si tu y tiens vraiment, laisse-lui une dernière chance en lui donnant cet ultimatum clair et précis: « Chuis pas ton ex! C’est pas à moi de payer pour les vacheries que ton ex t’a fait. Si t’es pas capable de faire la différence entre moi et ton ex, ben moi aussi tu vas pouvoir parler de moi comme étant « ton ex ». J’ai pas de temps à perdre à subir quelque chose que je n’ai rien fait pour mériter. À prendre ou à laisser! »

Parce qu’il y a des moments dans la vie, et surtout dans la vie de couple, où la douceur, la patience et la compréhension n’ont pas leur place. Ceci en est un!