L’altruisme égocentrique

Altruisme: Qui se consacre aux autres.
Égocentrisme: Qui se consacre à soi-même.
Altruisme égocentrique: Prétendre se consacrer autres, mais en réalité ne se consacrer qu’à soi-même.

Je ne parle pas des gens qui, malgré des motifs d’orgueil, rendent quand même véritablement service aux autres. Non, je parle plutôt de… Comment dirais-je?  Tenez, voici trois anecdotes réelles qui vont mieux montrer de quoi je parle :

ANECDOTE 1 : Le graphiste trop bien pour son client
Il y a quelques années, un ancien collègue de travail avait été engagé pour compléter un storyboard pour une agence de pub. Son travail consistait à continuer et terminer les illustrations en reproduisant le style du dessinateur précédent. Boulot simple, classique, typique de ce milieu de travail.

Mais voilà, en voyant les dessins de son prédécesseur, il a refusé de continuer un tel travail de marde qui ne lui permettrait pas de montrer à l’agence de pub ce qu’il était capable de faire, disait-il.  Alors, afin de leur donner la meilleure qualité de travail possible, il a complété la chose dans son style à lui.

Il a été remercié de ses services (se faire renvoyer, belle façon de dire merci) et a passé les semaines suivantes à se plaindre comme quoi les dirigeants de l’agence de pub n’étaient que des cons incapable d’apprécier l’effort et le talent.

ANECDOTE 2: La programmeuse qui sait mieux que le prof
Celle-là date de quand j’étais étudiant à l’École Nationale de l’Humour, programme Auteur. Pour notre cours Humour et Nouveaux Médias, il fallait créer une page web humoristique. Mon plan avait été lu, corrigé et approuvé par notre professeur. Il ne me restait plus qu’à faire la chose pour pouvoir la présenter comme travail de fin de session. En l’apprenant, une de mes amies insiste pour s’occuper de programmer la page web.  Cette reproduction de mémoire de notre conversation MSN résume bien le reste:

ELLE: Tu as choisi exactement les couleurs que je n’utiliserais jamais. Quant aux photos de la bannière, c’est vraiment à chier.
MOI: C’est pour une page d’humour.
ELLE: On s’en fiche. Personne ne va vouloir aller sur une page aussi laide.
MOI: Mais il faut qu’elle ait l’air de ça. Ça fitte avec le thème.
ELLE: Il y a moyen de faire une page d’humour sans qu’elle ait l’air aussi scrap.
MOI: C’est ce que le prof veut.
ELLE: T’auras vraiment pas une bonne note si tu lui remets cette merde.
MOI: Regarde: Notre prof nous a expliqué que la page web doit être un reflet de son sujet. Il nous a montré comme exemple la page promotionnelle du film de Borat. Puisque Borat est un crétin et un ignorant, le site du film ressemble aux pages personnelles de débutants que les gens faisaient sur Geocities et Angelfire à la fin des années 90: Mauvais montage, fond blanc, lettrage en couleurs fluos agressantes pour l’oeil, gifs animés cheap… Tu penses bien que Hollywood possède la technologie et le budget pour lui faire une page full high-tech. Sauf que c’est pas une question de technologie ni de budget. C’en est une de respecter le thème de ton sujet.

Devant une explication aussi complète, elle ne peut que comprendre pourquoi la page doit être faite selon mon plan, plan qui a été approuvé par le prof. Sa réponse:

ELLE: T’es pas Borat!

J’en fus quitte pour m’arranger tout seul en créant sur Photoshop de fausses captures d’écran de page web que j’ai présenté en classe, et endurer une coupl’ de semaines de bouderies de mon amie qui prenait mal le fait que je l’avais empêché de montrer ce qu’elle était capable de faire.

ANECDOTE 3 : Les Dents de l’Amère
Petit trip nostalgique (?) vers mes dernières années de célibat. J’étais au lit avec cette fille rencontrée le jour-même après quelques semaines de jasette sur le net. Elle utilisait ses dents pendant la fellation. Bon, chacun ses trips, c’est juste pas le mien, voilà tout. En plus, elle insistait pour me mettre une forte pression sous le scrotum avec ses doigts, ce qui était franchement inconfortable.  Je lui suggère donc de rétracter la dentition un ti-peu et de cesser de me presser le sous-sac, ça ne me fera que mieux apprécier sa job de siphonnage phallique.

Elle se retourne, insultée, et me dit:  « Heille! Je l’sais, moé, c’est quoi que les gars aiment qu’on leur fassent! » … Et elle se remet aussitôt à l’ouvrage en ne changeant pas sa technique le moins du monde.

Sous le choc, il a bien fallu que je me rende à l’évidence: Elle est tellement convaincue de savoir mieux que moi ce que j’aime que toute suggestion qui en déroge va m’exposer à sa rage. Il a donc fallu que je me ferme les yeux et que je fantasme très fort sur des scènes imaginaires particulièrement full-cochonne pour pouvoir conclure.

Dans les trois cas, ces personnes avaient toutes un point en commun : Elles tenaient mordicus à montrer ce qu’elles étaient capable de faire. Le graphiste voulait montrer qu’il était capable de faire bien mieux que des dessins simplets. La programmeuse  voulait montrer qu’elle était capable de faire une page web ultra-technique en alliant 1000 options sophistiquées à un graphisme full design. La partenaire sexuelle tenait à démontrer qu’elle valait mieux que la moyenne des femmes au lit.

Malheureusement, dans les trois cas, la seule chose que ces personnes ont réussi à montrer, c’est qu’elles n’étaient pas capable de faire ce qu’on leur demande.

Être à l’écoute des gens, ça ne signifie pas se taire quand on voit que l’autre a pris une décision idiote.  Ça ne signifie pas non plus lui imposer son point de vue. C’est l’écouter, dans le doute lui poser des questions et/ou offrir autre chose, et ensuite respecter sa décision finale. Et ça, ça vaut autant au travail que dans les relations interpersonnelles.


Et maintenant, quelques remerciements pour VRAIS services rendus:
Avec mon amie Stéphanie qui a décidé de tagger mes articles sur Digg et avec l’article à mon sujet sur The Guy Whisperer, j’me tape maintenant aux alentours de 100 visites uniques par jour. Ça bat les 4-à-17 que j’avais avant.. Merci à vous deux, ça me crinque pour de nouveaux articles, d’où celui d’aujourd’hui. Ça m’a aussi influencé à soigner ma présentation, ce qui fait que désormais (depuis hier, en fait) mes articles seront illustrés.

 

Je ne suis pas un vrai mec, part 1: Je ne lui mens pas assez!

Aujourd’hui sur MSN, section Style de Vie, il y a un amusant article signé par l’un des 8624 hommes au Québec à s’appeler « Éric Paquette »: 10 mensonges que les hommes servent aux femmes.

Cet article est très éclairant sur un point important de ma vie de couple. Vous vous demandez comment ça se fait qu’on vit en harmonie depuis les 11 dernières années, ma blonde et moi? Apparemment, ça aurait rapport au fait que je ne lui ai jamais servi ces mensonges-là:

MENSONGE 1 : «Chérie, je suis là dans cinq minutes»
Je ne me suis jamais trouvé dans une situation dans laquelle elle attendait après moi. Et quand on a de quoi à faire ensemble, on ne se booke pas autre chose le même jour.

MENSONGE 3 (Oui, le 3 passe avant le 2 dans l’article): «Je n’ai bu que deux bières!»
Je ne bois pas. Et les rares fois que je fais du social alcoolisé, (de 2 à 4 fois maximum par année) je ne me cache jamais de combien j’ai bu. Anyway, j’ai une faible tolérance à l’alcool. Une demi bière et je chante du Elvis, deux bières pis chus full chaudasse.

MENSONGE 2 : «Je te jure, mon cellulaire n’avait plus de batterie! J’ai oublié de le charger hier»
Je n’ai pas de cell. En plus, ça fait 10 ans qu’on habite ensemble. Pourquoi devrait-on s’appeler pour se parler?

MENSONGE 4 : «Je n’ai joué que 15 minutes…»
Chez nous, les jeux, c’est à elle. WoW, Wii, Xbox, Xbox 360, Gameboy, Gameboy Advance, et d’autres que j’oublie, c’est elle la gameuse. Je joue parfois à Mario Galaxie, mais le seul jeu auquel je me consacrais une heure ou + par jour, avant que ma belle-sœur nous l’emprunte, c’était Wii Fit. Alors non seulement je ne mens jamais sur mon temps de jeu, je n’ai absolument aucune raison de le faire.

MENSONGE 5 : «Je pense toujours à toi»
Euh… Avant de lire cette phrase, l’idée qu’on puisse se dire ça ne m’était encore jamais venue. Il est évident autant pour elle que pour moi que l’un pense à l’autre. Tk, une chose est certaine, si on n’a jamais pensé à se le dire, ça ne peut pas devenir un mensonge.

MENSONGE 6 : «[T’as] pas [pris] un gramme!»
Je m’amuse parfois à dire à ma blonde «T’as pris quoi, 5 lbs depuis que je t’ai connu en 1999?». D’abord parce que c’est vrai, et ensuite pour se moquer du mythe disant que toutes les filles sont full préoccupées par leur poids. Ma blonde a toujours été une mince d’une famille de minces. Non seulement elle ne se préoccupe pas pantoute de son poids, elle est assez logique et réaliste pour être capable de lire elle-même son poids sur la balance et faire ce qu’elle a à faire si ça la dérange. Alors non seulement elle ne me pose jamais de questions en rapport à son poids, pourquoi est-ce que je lui mentirais si elle le faisait? Ça n’a aucun sens!

Anyway, dans notre couple, c’est moi qui a le complexe du poids.

MENSONGE 7 : «C’est la première fois que ça m’arrive [de ne pas avoir le zouiz qui fait Heil Hitler pendant l’acte]
Ok, réglons quelque chose immédiatement: Qu’on le veuille ou non, y’a toujours une première fois. Et quand c’est la première fois que le gars a une panne de libido, dire «C’est la première fois que ça m’arrive!» n’est pas un mensonge. Je ne l’ai dit qu’une seule fois dans ma vie, et c’était vrai. Les fois suivantes, au contraire, je la rassurais comme quoi que non, ce n’était pas la première fois, donc qu’elle n’est pas en cause.

MENSONGE 8 : «C’était ma dernière brosse!»
J’ai été saoul raide deux fois dans ma vie, une fois en 1993, l’autre en 2008. Dans les deux cas, j’avais avalé du fort un peu trop vite dans un party où la boisson était a volonté. Puisque ce n’est pas dans mes habitudes de me paqueter la yeule, je n’ai pas besoin de prendre une résolution anti-alcool. Et encore moins de mentir en la prenant.

MENSONGE 9 : «La porno [qui apparait de façon] magique [sur l’ordi]»
Ha! Ha! Celle-là, j’en suis coupable à deux niveaux, mais pas de la façon classique. Oui, je suis allé sur des sites xXx, mais sans pour autant lui affirmer fièrement, je ne lui ai jamais caché. Ensuite, les fois où je mens sur le sujet, c’est quand elle me pogne en train de regarder des clips sur YouTube de chatons et chiots qui font les cutes. À ce moment-là, je dis : « Oops! Non, t’as mal vu. Je regardais… euh… de la porno !» Elle trouve ça cute que j’essaye de lui cacher mon côté beubélala.

MENSONGE 10 : «Le regard qui trahit»
Regarder le cul des femmes qui passent en ayant un regard de macaque qui veut se faire peler la banane? Je l’faisais même pas quand j’étais célibataire. Veux-tu ben m’dire pourquoi je le ferais maintenant que j’ai une blonde? Franchement! Donc, pas besoin de lui mentir sur le sujet.

Et en rapport avec ce dernier point : J’ai été élevé dans un environnement presque exclusivement féminin. J’ai toujours eu plein d’amies de filles et presque pas de gars. C’est peut-être pour ça que je n’ai jamais vu les filles comme étant des proies.

Et c’est peut-être pour ça que l’idée de lui mentir sur ces sujets ne m’est jamais venue en tête.

Un rendez-vous traumatisant

1998. J’avais 30 ans. Je me tenais sur un site appelé La Jasette, sur la page web de l’émission Pignon sur Rue, le premier show réalité du Québec, mais qui avait passé à peu près inaperçu parce que diffusé sur Télé Québec, donc non-promotionné par l’empire Québécor.

Sur ce site de jasette, une fille de 28 ans du nom de Dominique me drague. On se jase une coupl’ de semaines. Elle est sympathique et on s’entend bien. On finit par se suggérer une rencontre.

À l’époque, à part pour les sites de rencontres, peu d’endroits demandaient une photo ou un avatar dans ton profil. Je ne savais donc pas de quoi elle avait l’air, et elle non plus à mon sujet. Encore peu de gens avaient un scanner ou un moyen de se prendre digitalement en photo. On s’était cependant décrits pour s’assurer qu’on se reconnaisse.

Je propose un plan de match pour la mettre à l’aise: On se rencontre au métro, on va souper au resto, on parle, puis on rentre chacun chez soi. Si on s’est plu, tant mieux, on se le dira sur MSN et on va plus loin dans notre relation. Sinon, y’a pas de malaise ni obligations et on reste amis.  Je n’ai pas précisé que si on se plaisait ce soir-là qu’on pouvait très bien passer au lit après le souper, mais ça me semblait aller de soi que si on est victime d’un coup de foudre réciproque drette-là, ce serait idiot de remettre ça à plus tard.

Le jour de la rencontre, je me pointe à la station de métro choisie. Elle y est déjà. C’est elle qui me reconnaît en premier. C’est là que j’ai mon premier turn-off.  Elle m’avait bien dit qu’elle était un ti-peu ronde. J’étais bien ok avec ça. Par contre, elle aurait pu me préciser que c’était une géante de plus de six pieds avec des épaules comme un joueur de football. Je ne fais que 5’7″ et j’étais loin d’être un athlète. Et bien qu’elle était quand même trop petite pour souffrir de gigantisme, elle en avait quand même quelques caractéristiques physiques, comme le front large, le menton surdéveloppé et un sourire qui montre deux fois plus de gencives que de dents. Je sais bien que c’est pas de sa faute et qu’on est comme on est, je ne peux m’empêcher d’avoir un mouvement de recul, mental tout le moins. À ce moment là, bien que je n’ai pas baisé depuis un bon moment, je réalise que finalement je pourrais très bien attendre encore un peu.

Tandis que l’on marche vers le resto en jasant, j’ai l’impression d’être un hypocrite.  Je sais bien ce que c’est, que de me faire mettre de côté pour mon apparence.  J’ai assez souffert de ça avant mes 25 ans, à l’époque où j’étais si maigre qu’on disait que j’avais l’air d’un sidéen en phase avancée. Et aujourd’hui, en la trouvant physiquement repoussante, je lui fais à elle ce que j’ai toujours reproché aux autres de me faire.  Moi, le gars qui a toujours dit que la vraie beauté est intérieure.  Je me ressaisis donc, en me disant que je devrais plutôt mettre en pratique ce que je prêche.

On entre au resto et on s’assoit à une banquette, face à face. À l’heure qu’il est, il n’y a que trois autres tables d’occupées. En attendant la serveuse, elle commence à me jaser au sujet des études.

ELLE: T’as étudié dans quoi?
MOI: Lettres, pour me diriger dans…
ELLE: BON! Un autre loser qui savait tellement pas quoi faire de sa vie qui s’est allé en Arts et Lettres.

Qu’est-ce que c’est que cette attaque gratuite ?

MOI: Euh… Mais non, je sais ce que je veux faire.
ELLE: Ben oui: Être su’l’BS comme tous les autres diplômés du Cégep du Vieux Montréal.
MOI: Je ne suis pas allé au Cégep du Vieux.
ELLE: Attend… T’as même pas été capable de te faire accepter au Cégep du Vieux? LE cégep qui prennent tout l’monde, même les plus losers!? Même eux-autres, y’ont pas voulu de toi!?
MOI: J’ai jamais appliqué là, chus allé à André Laurendeau.
ELLE: Pourquoi t’es allé là?
MOI: C’était celui l’plus proche de chez moi.
ELLE: Attend… T’as choisi ton cégep non pas en fonction de leur spécialité, mais bien pour marcher moins loin? Tu joues ton avenir complet pour une raison aussi épaisse? C’est donc ben cave!

C’est moi ou elle se contredit ?

MOI: Y’ m’semblait que l’Cégep du Vieux, c’tait pour les losers, que tu disais.
ELLE: J’ai dit que s’en aller en Arts et Lettres c’était loser, mais tant qu’à faire un choix de vie loser, c’est déjà moins loser quand tu vas à l’école qui se spécialise dans ce que tu veux faire.

J’ai le sens de l’humour et de l’autodérision et je sais que pour certaines personnes, insulter les gens est une forme maladroite d’humour utilisée, disent-ils, pour détendre l’atmosphère. N’empêche que je me demande bien ce qu’elle essaye d’accomplir en insistant pour prouver que mon choix d’études et de carrière fait de moi un loser su’l’BS. Surtout que je travaillais à l’époque au centre d’appel de la page web d’Air Canada, avec un très bon salaire, et elle le savait.

La serveuse arrive. Elle prend d’abord la commande de Mam’zelle, puis se tourne vers moi. Je lui dis:

MOI: Je vais prendre un club sandwich avec frites, avec un Diet Pepsi, s’il vous plaît.

Dominique fait alors quelque chose à laquelle je ne me serais jamais attendu de la part d’une adulte: Elle répète ce que je viens de dire, avec une voix niaiseusement nasillarde:

ELLE: « Ne vas pnende un cnub sanwitss avec fnites, avec un Diet Pepsi, s’in vous pnaît. »... Quétaine jusque dans son choix de bouffe.
MOI: Euh… C’est parce que, me semble que le but premier quand on est dans un resto, c’est de manger quèqu’chose qu’on aime, et non essayer d’impressionner l’autre.
ELLE: Pfff… T’as rien pour impressionner personne, mon pauvre p’tit gars.

La serveuse finit de prendre ses notes, me dit « Ok! » et repart en faisant semblant de rien. Mais dans un métier où il est de bon ton de sourire aux clients et d’être un peu plus jasante que ça, c’est justement le fait qu’elle faisait semblant de rien qui démontrait le malaise. Je me doute bien qu’elle est allé raconter ça aux autres employés, parce que pour le reste de la soirée, à chaque fois que je levais la tête pour regarder autour, il y en avait toujours un ou deux, au loin, en retrait, debout, immobiles, qui regardaient dans notre direction. Ils n’ont pas dû être déçus de la suite.

J’ai fait quelques tentatives de détourner la conversation vers elle, histoire qu’elle me lâche un peu. Voici les deux exemples dont je me souviens du foirage que ça a donné:

MOI: Tu travailles dans quoi?
ELLE: En quoi ça te regarde?

MOI: Tu restes dans quel coin?
ELLE: Pas d’tes calice d’affaires. C’est notre première rencontre, j’te connais pas, je l’sais pas quel genre de gars que t’es.  M’as pas donner mon adresse à un violeur potentiel.

Et ça continue comme ça, jusqu’au moment où elle décide de donner un virage sexuel à la conversation. Elle le fait avec cette question:

ELLE: T’as-tu déjà baisé avec des gars?

Et voilà! LA conversation classique que j’ai eu à subir des dizaines de fois par le passé. Je la connais tellement que je peux la réciter par coeur.  Et c’est parti pour un autre tour:

MOI: Non, je ne suis pas gai.
ELLE: Comment tu le sais?
MOI: J’ai couché avec 20 filles, zéro gars, et j’ai 4 enfants
ELLE: Avoir des enfants, c’est pas une preuve. Tu peux être bisexuel.
MOI: Non, chu hétéro.
ELLE: Tu peux pas en être sûr à 100%.
MOI: Ben oui j’peux. Je sais que j’aime les femmes, et je sais ce que je n’aime pas les hommes. Par conséquent, je sais que chu hétéro.
ELLE: Comment tu peux savoir que t’aimes pas ça si tu l’a jamais fait?
MOI: Je le sais parce que les hommes ne m’attirent pas.
ELLE: Ça veut pas dire que t’aimerais pas ça.
MOI: J’aimerais pas ça parce que l’idée de me faire toucher par un homme dans un but sexuel, c’est suffisant pour me faire perdre ma libido. Je me souviens de la première fois où je me suis retrouvé dans une soirée orgiaque. Pour la première fois de ma vie, ce soir là, j’ai eu des problèmes d’érection. La présence d’autres gars tout nus me dérangeait.
ELLE: Je trouve que tu te défend beaucoup. Qui c’est que t’essayes de convaincre ici? Moi, ou bien toi-même?

Vous voyez le genre de mentalité?  Peu importe ce que tu leur dis, à ces filles-là, rien ne leur fera changer d’idée à ton sujet. Si tu ne nies pas, c’est parce que tu l’es. Si tu nies, c’est parce que tu essaye de cacher que tu l’es.

L’expérience m’a appris une chose importante dans ce genre de situation: Quand une fille insiste à mort comme quoi tu es bi, si tu ne veux pas gâcher la soirée, alors dis-lui ce qu’elle veut entendre. La date ayant déjà assez mal commencé comme ça à mon goût, ça ne me tente pas d’en rajouter en la contrariant. J’improvise alors ce qui suit.

MOI: En fait, oui, maintenant que j’y pense, c’est arrivé une fois, quand j’habit…

Elle fait immédiatement une moue de dégoût et m’interrompt en disant:

ELLE: YARK! T’es ben dégueulasse!

Tu me fucking niaise ?

Contrairement à toutes celles avec qui j’ai eu cette conversation par le passé, l’insistance de Dominique à me faire avouer une relation gaie n’était pas pour tester mon ouverture d’esprit. C’était juste dans le but de pouvoir me descendre verbalement encore une fois.  J’ai déjà subi des attaques totalement gratuites par le passé, mais c’était la première fois qu’on prenait la peine de mettre autant d’effort pour me tendre un tel piège. 

Rendu à ce point de la soirée, « je veux baiser cette fille » était la dernière chose que j’avais en tête, tout de suite en dessous de « je me frictionnerait volontiers au tabasco les hémorroïdes avec du papier sablé à gros grains. »  Ça serait probablement moins pénible.

J’ai enduré le reste du souper tout en restant poli et amical parce que ma maman m’a appris qu’en public vaut mieux agir en être civilisé que de faire scandale.  Ça a l’avantage de démontrer, ne serait-ce que passivement, lequel de nous deux est irréprochable, et lequel est un total trou de cul. Malheureusement, beaucoup de gens abusifs confondent ma patience pour de la soumission, d’où gros scandale inévitable lors de ma défense et/ou contre-attaque et/ou retraite.

Lorsque finalement nous sortons du resto, elle me dit la dernière chose à laquelle je m’attendais :

ELLE: J’reste à côté.  Tu viens-tu?

Pardon !? 

La fille a passé l’heure et demie de notre rencontre à rire de moi, me rabaisser, m’insulter, me tendre des pièges pour m’humilier… Et elle s’attend ensuite à ce que j’aille la récompenser en lui donnant du sexe?

Fuck that!  Ou plutôt: DON’T fuck that !  EVER ! 

Je n’ai jamais compris la logique derrière la mentalité « Puisque tu m’agresses, je te respecte et te désire », alors je ne vais certainement pas y adhérer. Le faire confirmerait hors de tout doute que je suis vraiment le cave qu’elle n’a pas arrêté de chercher à prouver que je suis. 

De toute façon, le plan de la soirée que j’avais proposé, et qu’elle avait accepté, était que l’on se rencontre, qu’on jase, qu’on se quitte, et qu’on se dise ensuite, VIA INTERNET, si on s’est plu ou non. C’est à ça que je m’accroche pour décliner son offre.

MOI: Euh… Merci, mais je vais m’en tenir au plan.
ELLE: Ben là…!?  C’est quoi la joke?  C’est-tu à cause de c’que j’t’ai dit au resto?  T’es donc ben fif, estie.

Heille, c’est bandant, ça, encore!

Je lui réponds que comme, suivant le plan original, je ne m’attendais pas à ce que l’on passe la soirée ensemble. J’ai donc prévu d’autres trucs pour la soirée avec des amis qui m’attendent. C’était faux, bien sûr. Revenu chez moi, je me suis logué et je l’ai bloquée là où je le pouvais, et ignorée partout ailleurs.

Et c’est ainsi que j’ai appris que si la beauté véritable est à l’intérieur, alors il y a des gens qui sont beaucoup plus laids qu’ils en ont l’air. C’est sûr que j’aurais pu essayer de comprendre pourquoi elle agissait ainsi. Mais voilà, j’étais sa date et non son psy.  Et franchement, ça ne me tentais pas de le devenir.

Et c’est pour toutes ces raisons que cette soirée qui s’enlignait pour se conclure sexuellement fut la rencontre la plus turn-off de toute ma vie de célibataire de moins en moins endurci.

Pourquoi agissait-elle ainsi? Selon le cliché, on aurait pu s’attendre à ce qu’une grosse laide soit gentille. Or, que les choses se passent ainsi en général ne signifie pas qu’elles se passent ainsi tout le temps.   Qui sait, peut-être que, consciemment ou non, elle se disait: « Chus grosse, chus lette, fa que si en plus chus chiante pis que le gars y survit, c’est probablement l’homme de ma vie. » Ça expliquerait son offre pour passer ensuite chez elle.

Ou peut-être que, s’étant fait niaiser toute sa vie par les gars pour son physique, elle a développé le réflexe d’attaquer en premier en s’attendant à ce que le gars la repousse juste à la voir. Ça expliquerait son invitation de l’après-repas. Elle a vu qu’elle m’avait mal jugé et elle a essayé de rattraper le coup.

Ou peut-être que, incapable d’assumer son physique, elle avait besoin d’une meilleure excuse pour s’expliquer ses rejets. Comme ça, au lieu de se dire « Il ne m’aime pas car je suis grosse et laide », elle peut prétendre qu’ « Il ne m’aime pas car c’est un p’tit crisse de susceptible frustré. »  Il est vrai que, lorsqu’ils sont souvent mis à l’écart, certaines personnes ont besoin de faire semblant que c’est délibéré de leur part.  Ça leur donne l’illusion qu’ils sont en contrôle sur la situation.

Ou peut-être que je perds mon temps à essayer de lui trouver des excuses, et qu’elle était juste vraiment bitch dans sa nature profonde. Ce qui signifie que j’ai eu d’autant plus raison de décliner son offre. Quand une personne cherche juste à rire de toi en t’attaquant sur tous tes aspects possibles, c’est vraiment courir après l’humiliation que d’aller ensuite se mettre délibérément tout-nu devant elle.

Enfin, pour répondre à la question que vous vous posez tous:

Pourquoi ai-je choisi d’endurer ça?  J’avais deux raisons.  Quand je me suis rendu compte qu’elle tournait au négatif tout ce que je dis, j’ai compris qu’elle faisait exprès. Je me demandais quel était son but. Et surtout, j’étais curieux de voir jusqu’où elle pouvait aller si je restais impassible, sans frustrer ni me plaindre.

Et la seconde raison, c’est que dans ce genre de situation, il est impossible pour un gars de s’en tirer sans taches. Si tu es patient, alors tu es un loser désespéré mou pas d’couilles pas d’colonne.  Mais si tu perds patience en l’engueulant et/ou en partant, alors voilà, t’es un gros frustré qui fait sa crise de beubélala parce que la fille n’a pas l’air de s’enligner pour coucher avec toi.  Alors tant qu’à mal paraître, peu importe ce que je fasse, aussi bien profiter du repas.  C’est une maigre compensation, mais c’est déjà ça.

Les Trois Raisons Possibles de l’Échec

Des formules comme Quand on veut, on peut, ou bien La vie est ce que l’on en fait sont supposés être des outils de motivations avant et pendant que l’on entreprend un projet. Hélas, c’est surtout utilisé par les autres afin de nous rabaisser, et ce après que le projet se soit soldé par un échec.  Dans ce temps-là, ils vous disent qu’« on n’a qu’à ne pas se laisser arrêter par cet obstacle » ou alors qu’« il n’y a qu’à le contourner ».

Eh bien moi, je n’ai qu’une chose à répondre à ça, et c’est Bullshit!

Petite dose de réalité: Prétendre que chacun est la seule et unique cause de sa propre réussite ou son propre échec, c’est aussi irréaliste que stupide.

Prenons, comme exemple, quelqu’un qui a réussi dans la vie: François Pérusse. Pour ses capsules d’humour, il fait tout: Le texte, les différentes voix, la musique, les effets sonores, le mixage et l’enregistrement. Vous direz que son succès, il ne le doit à personne parce que lui seul a tout fait de A à Z? Désolé mais non, c’est une erreur. Si aucun dirigeant de maison de disque n’avait voulu de son produit, tous ses efforts et tout son travail lui  auraient valu un beau zéro. Le plus qu’il pouvait faire, c’était d’essayer de rendre son produit le plus attrayant possible.  Là s’arrêtait sa responsabilité sur son succès. Le reste dépendait des autre.

Quant à sa carrière d’auteur de capsules humoristiques, ce n’est pas comme s’il l’avait planifiée d’avance. Ça lui est tombé dessus par hasard, comme on peut le voir sur sa page de Wikipédia: « En 1990, il réalise une publicité pour l’album Sauvez mon âme de Luc De Larochellière. Cette capsule publicitaire humoristique suggère que le disque de De Larochellière permet d’entendre, si on le fait jouer à l’envers, des messages subliminaux diaboliques : cela attire l’attention de la station CKOI-FM qui l’embauche pour créer ses 2 minutes du peuple. »

C’est bien beau, la philosophie de la pensée positive et le concept comme quoi chacun est le seul et unique maître de son destin afin d’expliquer les échecs. C’est bien beau les théories comme quoi on n’a qu’à ne pas se laisser arrêter par les obstacles, et qu’il s’agit tout simplement de les contourner.  Mais si on lâchait un peu les théories philosophiques et qu’on parlait un peu du concret, hm? Si on parlait de faits vécus?

FAIT VÉCU 1 : Mes efforts pour être embauché au gym. À l’entrevue, on m’apprend que certains cours de formation se donnent au cégep. Or, à cause que mon ex m’a fait abandonner le cégep une fois de trop il y a 15 ans, je n’ai plus le droit de m’y réinscrire. Comment est-ce que je pourrais « ne pas me laisser arrêter par ça » ou bien « contourner cet obstacle »?

FAIT VÉCU 2 : L’armée, quand je me suis enrôlé comme steward dans les marines, un poste difficile à obtenir parce que rare. Ils ne prennent pas les gens sous probation, ce que j’étais à cause que mon ex m’a trainé en cour. Ensuite c’est 3 ans d’attente avant d’avoir le droit de me réinscrire. Comment est-ce que je pourrais « ne pas me laisser arrêter par ça » ou bien « contourner cet obstacle »?

FAIT VÉCU 3 : Il y a quelques semaines, ma blonde m’a fait comprendre que mon projet de livre pour enfant ne pourra pas se produire parce que l’auteur n’a pas le droit d’illustrer son propre texte. Eh non, à cause de certaines lois qui protègent les illustrateurs,  il doit être dessiné par un dessinateur à l’emploi de l’éditeur. Or, pour être illustrateur, il faut être membre de Illustrations Québec, ce qui coûte de $183.96 à $344.93. Et payer ces frais qui dépassnt largement tout profit que je ferais dans les ventes ne garantit en rien que je serai embauché par l’éditeur, et encore moins que je sois assigné à illustrer mon propre livre. Comment est-ce que je pourrais « ne pas me laisser arrêter par ça » ou bien « contourner cet obstacle »?

FAIT VÉCU 4 : Je n’ai rien pour entreprendre une grande carrière? Ok, je me résigne: Je viens d’appliquer pour une job au salaire minimum au Rona de mon quartier. Je me suis fait refaire le même coup qu’au PFK l’an passée, c’est à dire me faire dire par le gérant que mon CV démontre que j’ai trop de potentiel pour le perdre dans ce genre de job, donc qu’il ne me rendrait pas service de m’embaucher. Comment est-ce que je pourrais « ne pas me laisser arrêter par ça » ou bien « contourner cet obstacle »?

FAIT VÉCU 5 : D’accord, être embauché, ça dépend des autres. Alors je choisis une activité dans lequel je suis le seul maître de ma réussite: M’entraîner à la course dans le but de courir le marathon: Après cinq mois d’entraînement, j’ai développé une fasciite plantaire, ce qui limite désormais, et pour le reste de ma vie, le temps que je dois passer debout. Un handicap permanent qui m’empêche de courir à tout jamais.  Comment est-ce que je pourrais « ne pas me laisser arrêter par ça » ou bien « contourner cet obstacle »?

Je pourrais continuer longtemps comme ça, j’ai des douzaines d’exemples. Alors allez-y, expliquez-moi comment je peux «ne pas laisser» mon ex me causer des problèmes avec la loi, «ne pas laisser» les règlements de l’armée m’empêcher de m’enrôler,  «ne pas laisser» un éditeur refuser de me publier puisque j’illustre mes propres histoires, «ne pas laisser» un Rona refuser de m’embaucher, «ne pas laisser» un handicap physique se développer?

Donc, désolé pour tous les bien-pensants qui nous font la morale avec leur réponse universelle comme quoi tout est de notre responsabilité, mais non, les échecs ne s’expliquent pas tous par une seule et unique raison. La réalité, c’est que ça peut être dû à une, deux ou bien les trois raisons suivantes.

Les trois raisons possibles de l’échec:

  • Ta propre faute: Un abandon, de mauvaise décisions, de la négligence, une gaffe, créer des tensions, avoir choisi un projet irréaliste ou hors de sa portée, etc. Consciemment ou non, beaucoup de gens se sabotent eux-mêmes.
  • La faute des autres: Il est très rare que l’on n’ait à compter sur personne d’autres que nous-mêmes pour réussir. Et quand celui qui a le pouvoir d’en faire une réussite ou un échec décide que ce sera un échec, alors rien à faire, ce sera un échec. Et ça, c’est sans compter ceux qui vont délibérément te saboter.
  • Le hasard. Il arrive que des hasards malheureux et imprévus se produisent et ont comme conséquence de saboter ton projet. Une panne. Un problème de santé. Un accident. Ce sont des choses qui arrivent sans que rien ni personne ne puissent les prévenir, les contrôler ou les contourner.

Parce que quand on commence à croire que tout ce qui nous arrive, sans aucune exception, est toujours de notre faute, on finit par perdre contact avec la réalité. Comme tous ceux qui sont d’accord avec le livre Le Secret lorsque celui-ci affirme que si vous recevez des factures d’électricité, de téléphone, de câble, de loyer et de carte de crédit, ce n’est pas parce que vous avez l’électricité, le téléphone, le câble, un loyer et une carte de crédit, mais bien parce que votre imagination fait surgir ces factures de nulle part. Voyez plutôt:

Vous en voulez, une formule à la fois réaliste et non-pessimiste au sujet de la réussite ou de l’échec d’un projet que l’on entreprend? La voici: Essayer, c’est réussir ou bien échouer. Ne pas essayer, c’est échouer.

Et ça, c’est tout ce que l’on peut se permettre d’affirmer à ce sujet.

L’amie mariée qui veut devenir l’amante

Voici une situation que vous avez peut-être vécu sur le net: Vous êtes un gars, vous commencez à correspondre avec une fille. Elle est déjà en couple, alors tout est clair dès le départ que votre relation n’en sera pas une de drague. Elle est avec lui depuis longtemps, parfois ils ont un enfant, ils vivent ensemble, ils se sont achetés une maison, etc. Cependant, vous vous entendez bien au point de jaser souvent ensemble. Voici comment la chose évolue lors du premier mois:

Semaine 1: Rien d’autre que de la jasette amicale.  À l’entendre,  sa vie est belle et tout va bien.

Semaine 2: Oui, tout va bien dans sa vie, c’est juste que son chum n’est pas assez présent à son goût, trop absorbé qu’il est par son travail. Et quand il est là, il veut juste relaxer devant la TV. Elle trouve plate qu’ils ne se parlent pas trop.

Semaine 3: Elle te passe son premier commentaire comme quoi c’est dommage qu’elle ne t’a pas rencontré avant de l’avoir rencontré lui, puisque tu corresponds tellement mieux avec ce qu’elle a toujours recherché chez un homme.

Semaine 4: Elle prononce de plus en plus des paroles du genre de:

  • « Je l’aime pu! »
  • « Selon lui on est encore ensemble, mais pour moi c’est fini. »
  • « Chus ben obligé de rester à cause de la famille / les enfants / la maison. »
  • « Ah, si j’pouvais gagner une coupl’ de 1000$, que j’puisse sacrer mon camp d’icite. »
  • « J’ai couché avec lui hier mais c’était à toi que je pensais. »

Des filles comme ça, j’en ai vu des dizaines, autant dans la vraie vie que sur le net. Et elles avaient toutes un point commun de plus: Aucune d’entre elles n’a jamais lâché son chum malgré tout ce qu’elles pouvaient en dire. Cette situation frustre beaucoup le gars qui ne comprends pas pourquoi elle persiste à rester avec lui si c’est vrai qu’elle est si mal que ça dans son couple. Il y a pourtant une raison logique, et celle-ci se situe dans les trois points suivants:

Quelles sont les trois choses qu’une fille recherche dans un couple? Dans l’ordre:
1- De la romance.
2- La stabilité.
3- Un avenir sécure.

Dans ce cas-ci, ces filles ont la stabilité en habitant avec leurs chums et/ou en ayant fondé une famille avec lui. L’avenir sécure, elles l’ont en ayant un chum travaillant qui gagne bien assez sa vie pour supporter une famille. De la romance, par contre, elles n’en ont plus depuis que la routine de la vie de couple / d’adultes / de parents s’est installée. Ne trouvant plus la romance chez leur chums, elles vont la chercher ailleurs.

Au début, la fille faisait ça par jeu, pour s’amuser, pour se distraire. Dans sa tête, c’était bien clair dès le départ que ce n’était qu’un fantaisie, juste pour le fun de (re)devenir une fille libre, de se faire conter fleurette et de se sentir désirée, ne serait-ce que virtuellement. Hélas, comme il arrive souvent lorsque l’on trouve quelque part quelque chose qui nous manque, elle se prend à son propre jeu et en devient accro.

Cependant, peu importe à quel point elle est accrochée à son rêve virtuel, ça ne sera jamais de taille contre la réalité.  Voilà pourquoi, malgré ce qu’elle en dit, si elle est confrontée à faire un choix entre la romance avec toi -VS- la stabilité et la sécurité qu’elle a avec son chum, la romance et toi n’auront aucune chance à long terme.

Ce qui me déprimait avec ce genre de filles, c’est qu’à leurs yeux nous ne sommes rien de plus qu’une patch. On est juste assez bon pour combler un petit vide de leur existence, mais pas assez pour qu’elles nous considèrent comme étant du matériel de chum avec qui avoir une relation stable. Normal: pour le devenir, il faudrait travailler autant que leur chum… Ce qui est justement la raison pourquoi elle le délaisse émotivement.

De la douzaine de filles que j’ai connu qui étaient comme ça, seules trois d’entre elles travaillaient, mais aucune n’était activement impliquées en travail ni en argent dans sa vie de couple. Ou du moins, pas autant que leurs chums. Donc, dans le fond, tout ce qu’elles avaient fait, c’était remplacer la situation de « vivre chez papa-maman » par « vivre chez mon chum« . Pas surprenant qu’elles étaient portées à jouer le jeu de la célibataire sur le net: Elles vivent de la même façon que lorsqu’elles l’étaient vraiment.

Pour qu’une fille comme ça lâche son chum pour toi, il faudrait que tu sois capable de lui donner la même stabilité qu’avec lui, la même sécurité qu’avec lui, tout en étant assez riche pour avoir le temps de lui donner de la romance, au lieu de le passer à travailler comme deux.

…sauf que, veux-tu vraiment d’une matérialiste qui dompe son conjoint parce qu’elle est trop insensible et égoïste pour être reconnaissante du fait qu’il se tue au travail à tout lui donner?

SOUVENIRS D’ADO: 18 choses qui gâchaient mes vacances d’été.

Lorsque l’on est adolescent, on voit arriver les vacances avec ravissement. Hélas, dans mon cas personnel, les vacances étaient toujours synonyme de déception, et ce du début à la fin. J’imagine que j’étais trop chialeux, ou bien que je mettais mes attentes trop hautes. Voici les dix-huit choses qui venaient me gâcher mon été :

1- Les jours raccourcissent dès que l’été commence.
L’école se finissait toujours autour du 21 juin, soit le premier jour de l’été. Or, cette date représente aussi le solstice d’été, ce qui signifie que c’est le jour le plus long de l’année, celui qui est ensoleillé le plus longtemps. Dès le lendemain, on perd une minute de soleil par jour. Le simple fait de savoir que les jours raccourcissent dès notre tout premier jour de vacances, ça les faisait commencer sur une note négative.

2- Me faire mettre de la pression pour me trouver du travail.
Vacances signifie temps libre pour décompresser… Sauf quand tu as un père qui considère que le fait de profiter de tes vacances pour faire autre chose que travailler, c’est la preuve comme quoi tu n’es qu’un paresseux qui va passer sa vie aux crochets des autres. J’ai eu à subir ça quotidiennement, du matin au soir. Normal : Avec un père toujours à la maison parce qu’il était en chômage ou sur le BS, il avait beaucoup de temps de libre pour me harceler avec ça.

3- Ne pas réussir à me trouver du travail.
S’il est vrai que l’idée de travailler ne me plaisait guère lors des vacances de mes 12-13-14 ans, en revanche j’en cherchais activement à 15 et 16.  Hélas, quand on vit dans un village où tout le monde connaît tout le monde, et que ton père passe des années à raconter à l’entourage combien tu es paresseux, personne ne veut te donner du travail. Je ne saurais compter le nombre de fois où, après avoir lu mon nom de famille sur une feuille d’application, on m’a demandé si j’étais bien le fils de mon père, le réputé BS du village au caractère insupportable. Apparemment, tout le monde croyait à l’adage Tel père, tel fils, car personne ne me donnait ma chance de me prouver. Pendant ce temps-là, tous mes amis, sans la moindre exception, pouvaient compter sur les connections de leurs familles pour avoir des jobs. Et des bonnes!

Répercutions inattendues : Nos premiers emplois d’adultes sont la suite logique de l’expériences que l’on a pris dans nos boulots d’ados. Alors que tous mes amis avaient de quoi de bien sur leur CV grâce à leurs parents, ils ont pu aisément se trouver quelque chose de bien tout seul par la suite. Moi, non!

4- La piscine qui est plus d’entretien que de plaisir.
Mon père a acheté une piscine 3e main. Une fois celle-ci montée et remplie, on a constaté que la toile avait un trou à une couture à la base. Gros dégât d’eau, vidage, démontage, changement de toile, remontage, re-remplissage. La piscine était trop large pour la cour arrière, alors il l’a installée en avant, devant la rue, là où on avait zéro intimité. Elle était sous les arbres, donc toujours à l’ombre, donc toujours plus froide que celle des voisins. Elle recevait, par la même occasion, beaucoup plus de feuilles, de branches et de chiures de moineaux, nécessitant plus d’entretien que celle des autres. Et puisque c’était une vieille scrap, son aspirateur ne tirait presque pas. Je m’y suis baigné peut-être 10 fois la première année, et pas plus que 3 la seconde. Ensuite, il l’a démontée et vendue.

5- Les amis qui partent en vacances.
L’un part pour tout l’été chez les scouts, l’autre part tout un mois avec ses parents en Floride, un autre va 3 semaines avec ses parents à Cuba, un autre part vivre en campagne chez sa mémé, un autre a une job de rêve comme G.O, un autre encore profite de sa nouvelle bagnole pour partir en nomade sur les routes du Québec avec des amis assez fortunés pour pouvoir se payer de quoi vivre pendant le voyage. En étant pauvre, sans travail malgré mes efforts et fils de BS, je ne pouvais pas aller bien loin.

6- Les émissions d’été sont ennuyantes.
Pas d’amis et pas de job. Ça me laissait plus de temps libre pour regarder mes émissions favorites à la télé, pas vrai? Eh non! La programmation d’été signifiait également que mes émissions favorites débarquaient de l’antenne. Je ne retrouvais donc avec plein d’émissions inconnues dans un horaire qui bouleversait complètement mes habitudes. Rajoutons à ça que l’on était trop pauvre pour se permettre le câble et vous comprendrez que dans notre cas, quand on disait « Y’a rien d’bon à’ TV », c’était vrai.

7- Les magazines qui font leur numéro juillet-aout.
Pas d’amis, pas de job, pas de loisirs parce que pas d’argent et pas de télé.  Il me reste quoi pour me distraire? La lecture. De nature, je suis un grand lecteur. Alors quand les magazines que tu lis font un numéro double en juillet afin de ne pas avoir à en sortir un en août, tu trouves la 2e moitié de ton été bien ennuyante.

8- Je me trouve un travail… De soir!
La première job que j’ai réussi à me trouver, rendu à 17 ans, c’était laver de la vaisselle dans un restaurant du club nautique du coin. Or, comme la plupart des restos chics, celui-ci était surtout achalandé le soir jusqu’à 10-11pm. Le temps de ramasser la vaisselle et la laver, incluant les chaudrons des cuisiniers, je sortais rarement de là avant minuit. Ça avait pour effet de ruiner ma vie sociale. Comment sortir avec tes amis qui, eux, travaillent de jour, quand toi tu travailles de soir? Pour ce qui est des partys de sous-sol chez les parents de mes amis, j’ai vécu cet été là la frustration de tous les avoir ratés puisque j’arrivais au moment où c’était fini.

9- Les boutiques fermées pour l’été.
Comme je dis plus haut, j’étais un grand lecteur. Aussi, il arrivait parfois que je me bute à une porte barrée lorsque j’allais dans une librairie, tout en voyant en vitrine une note disant « fermé pour 2-3-4 semaines ». C’est même arrivé quelquefois avec les bibliothèques municipales.

10- Tous les problèmes imaginables relatifs au vélos.
Me le faire emprunter par mon père sans qu’il me le dise, me faire dire par mon père « J’ai envoyé ton bécique en réparation », ce qui voulait dire qu’il l’avait emprunté sans me le dire et l’avait accidenté, les crevaisons sans avoir d’argent pour les faire réparer, le vandalisme, la chaine qui casse à 10 km de chez moi, la roue qui crochit et frotte sur les barres, me laissant là avec un vélo dont la roue est bloquée à 15 km de chez moi, me le faire voler, la vieille scrap acheté 10$ dont le dérailleur est coincé soit en 1ère soit en 10e vitesse… Et je ne décris ici que l’été de mes 16 ans.

11- Ma fête.
Mon anniversaire est le 21 juillet. Là-dessus, rien à redire. J’ai toujours préféré avoir ma fête en été que pendant les jours d’école. Le problème, c’est que de mes 12 à 15 ans, mes amis n’étaient pas disponibles, rapport aux raisons mentionnées plus haut.  Cependant, pour mes 16 et 17 ans, des amis planifiaient de m’amener aux glissades d’eau de La Ronde, toutes dépenses payées. Mes parents m’ont obligé à refuser. Ma tante avait planifié quelque chose pour moi, et il ne fallait surtout pas l’insulter en lui refusant. Normal : Elle me fêtait mon anniversaire depuis ma naissance et aurait mal pris que je la remercie en refusant ces années-là. Je passais donc des anniversaires ennuyant, en étant isolé en compagnie de quatre adultes.

À 18 ans, j’ai enfin pu accepter l’invitation de mes amis.  On était en route lorsque l’on a été frappé par une tornade, provoquant un déluge et un refoulement d’égout à Montréal. Inutile de dire qu’après avoir pu reprendre la route, une fois rendus à La Ronde, on s’est frappé à une porte fermée.

Répercutions inattendues d’avoir un anniversaire en été: On entre en secondaire I à 12 ans. Pendant les dix mois que durent l’année scolaire, la majorité des élèves ont leur anniversaire pendant. Par conséquent, ils finissent leur secondaire à 13 ans. Moi, j’avais 12 ans du début à la fin. Or, pendant l’enfance et l’adolescence une année de vie fait une énorme différence au niveau de la croissance physique. Ce qui fait que, du début de la maternelle jusqu’à la fin du secondaire V, j’ai toujours été le plus jeune, donc le plus petit, le plus frêle et le moins développé de mon année scolaire. Ça a toujours fait de moi le dernier en gym, le dernier à plaire aux filles, mais le premier à être la cible facile de harcèlement et d’intimidation.

12- La maison envahie par les délinquants.
La raison principale pourquoi j’ai vite coupé les ponts avec la famille du côté de ma mère, c’est qu’ils sont surtout constitués de délinquants et que j’ai compris à un jeune âge que je valais mieux que le genre de vie que je risquais d’avoir si je me tenais avec eux. Il se trouve que le plus délinquant de tous, mon cousin Éric, a un jour demandé l’hospitalité à mes parents pour deux semaines, qu’ils ont accepté, et qu’il est resté de février à novembre.

Il utilisait la maison pour y cacher du stock volé, se couchait rarement avant 5 heure du matin ce qui fait qu’il se levait rarement avant midi, et puisqu’il dormait dans le salon il ne fallait pas faire de bruit, il fumait comme une cheminée, mangeait comme quatre, payait zéro pension, invitait ses chums pour faire le party sans demander la permission. Il commettait tous les abus moraux et légaux qu’il voulait sans que mes parents ne lui dise rien. Mieux encore: J’ai une fois entendu mon père dire à ma mère qu’il songeait à offrir à Éric des cours de conduite parce que, pauvre petit, il n’a jamais eu de chance dans la vie. Ce même père qui a refusé de le faire pour moi sous accusations fantaisistes que j’allais me souler et me tuer au volant, moi qui suis le plus sobre de ma famille des deux bords, et qui a zéro histoire de délinquance contrairement à mon cousin.

Moi qui ne commettait même pas le 1/100 des abus d’Éric, je me faisais soumettre à une discipline abusive.  Mais lui, par contre, avec un dossier judiciaire long comme le bras, sans aucun respect pour personne incluant mes parents, il ne recevait qu’aide et respect de la part de ces derniers. Disons que cet été-là m’a donné ma première vision aussi réaliste qu’amère sur comment les choses se passent vraiment dans la société.

13- Le snobisme de ceux que je fréquentais
Trois exemples flagrants :

On est une dizaine de personnes chez un ami, on décide de louer un film. Qu’est-ce qu’on prend? Une comédie? Ben non, c’est trop kétaine. Un film d’ados? Ben non, c’est trop kétaine. Un film de vacances? Ben non, c’est trop kétaine. Le dernier film à succès? Ben non, c’est trop kétaine. On a donc passé la soirée à se faire chier à regarder Caligula. Le titre de ce film ne vous dit rien? JUSTEMENT!!!

Êtes-vous déjà allé à un party où c’que la majorité s’emmerdent parce que ceux qui s’occupent de la musique « ont du goût, eux »? Ben voilà! Je me souviens d’un party d’ado où, lors d’un slow, la piste de danse était vide. Et pour cause : Au lieu de faire jouer les slows les plus populaires de l’époque (donc kétaines à leurs yeux) comme Careless Whispers de Wham ou Stairway to Heaven de Led Zeppelin, on a eu droit à C’est La Vie de Emerson, Lake & Palmer.

Vous connaissez l’Expo Agricole de St-Hyacinthe? Il y a presque autant de manèges qu’à La Ronde (du moins en 1988) pour beaucoup moins cher à l’entrée, et des files d’attentes beaucoup moins longues aux manèges. J’y suis allé pour mes 18 ans (Le déluge qui avait fermé La Ronde n’avait pas atteint St-Hyacinthe), et j’y ai fêté mon anniversaire tout seul, puisque la place était trop kétaine pour mes amis.

14- J’bronze pas!
Dans les années 80, le teint bronzé était synonyme de beauté, santé, richesse. Moi, mon teint pâle ne bronze pas, il brûle. À un âge où les apparences sont importantes, et à une époque ou être goth, emo ou vampire n’était pas encore à la mode, j’me faisais niaiser souvent à cause de ma blancheur.

15- L’omniprésence parentale.
Comment avoir la moindre intimité avec les rares filles que je réussissais à me ramener chez moi quand on a un père sans emploi donc omniprésent? Oh, c’est sûr que des fois il partait aider des amis ou de la famille à quelques travaux de rénovations, mais dans ce temps-là il restait quand même ma mère. Et quand elle partait, il était inévitable qu’elle revienne nous interrompre en revenant chercher un truc qu’elle avait oublié: Son argent, son portefeuille, ou pire encore: Ses clés, ce qui l’obligeait à cogner à ma fenêtre pour que je lui ouvre. Et pour ce qui est de fermer ma porte de chambre, on peut oublier ça. Quand elle revenait à la maison, la première chose qu’elle faisait était de descendre et cogner à ma porte (sans verrou), disant « T’es-tu là? J’peux-tu rentrer? » J’étais obligé de manifester ma présence en lui répondant d’attendre, sinon elle se croirait seule et allait rentrer et nous surprendre.

La moitié des rares partys où j’ai pu aller, ils venaient me chercher en auto entre 10:30pm et 11pm. Ils ne tenaient pas à ce que je rentre seul la nuit, tout d’un coup qu’un char ne me voit pas et me fonce dessus. Ils refusaient également que j’utilise comme lift un des gars présent, afin de ne pas « mettre ma vie dans les mains d’un p’tit jeune malade adepte de l’alcool au volant. » Leur solution, si je voulais rester plus longtemps? Se stationner devant la maison ou le driveway et m’attendre. Ça te gâche une ambiance de party pas à peu près, surtout quand tous les autres gens présent sont au courant et considèrent ça comme un excellent sujet de moquerie.

J’ai cru pouvoir régler le problème en leur disant de venir me chercher à telle heure précise lorsque je faisais quelques rares activités en gang ou avec l’une des rares blondes que j’ai eu, genre du shopping au centre d’achats. Peine perdue. Ils arrivaient toujours une heure ou deux en avance, entraient et finissaient toujours par me retrouver. Oh, mais ils étaient très respectueux: Ils ne obligeaient pas à partir tout de suite. On partait à l’heure prévue, c’est juste qu’en attendant, ils déambulaient en nous suivant.

16- Les Grandes Ventes de La Rentrée… dès le 7 juillet.
On a 8 semaines de vacances, et là-dessus il n’y a que dans les 2 premières où on peut vraiment oublier l’école, avant qu’on te fasse chier à te rappeler pendant les 6 semaines suivantes, dans les journaux comme à la radio comme à la télé comme dans la majorité des commerces, que ton temps est compté parce que la rentrée s’en vient.

17- Rien que du linge d’automne dans les magasins dès la mi-juillet.
Parce que oui, qui dit rentrée dit automne. Essaye de te trouver un maillot de bain dans les magasins dès le 14 juillet, juste pour voir. À part, bien sûr, si tu vas dans les boutiques spécialisées où tu payes 3 fois le prix.

18- La rentrée est la dernière semaine d’août.
La rentrée, c’est toujours associé avec le mois de septembre, non? Alors pourquoi est-ce qu’il faut revenir à l’école dès le premier lundi de la dernière semaine de mois d’août? J’ai toujours trouvé ça très très chiant.

Il y a un point positif à tout ceci : Alors que j’entends beaucoup de gens de mon âge dire être nostalgique de leurs étés de jeunesse, je peux sincèrement dire que ce n’est pas mon cas. J’aime beaucoup mieux les étés depuis que je suis adulte. Voilà au moins un point de mon existence où je n’aurai jamais l’impression que mes meilleures années sont derrière moi.

Goût pour l’exotisme OU besoin de justifier une situation difficile?

C’est à 17 ans que j’ai eu ma 3e relation de couple.  Celle-ci a durée un an. C’est avec cette fille que j’ai eu mes premières relations sexuelles. Elle était d’origine Haïtienne. Je l’ai rencontré grâce à une petite annonce dans un magazine pour ados, dans laquelle je disais être à la recherche d’une petite amie et que j’avais un faible pour les asiatiques et les noires.

Voyez-vous, de 15 à 30 ans, j’ai eu un gros trip Black & Asian. À part l’ex sus-mentionnée, je n’en ai jamais eu aucune autre. Ça ne m’empêchait pas de les désirer à fond. Je ne me suis jamais demandé pourquoi j’étais attiré vers l’exotisme. Je croyais juste que ça faisait partie de mes goûts, voilà tout.

Prise de conscience.
J’ai quand même fini par me la poser, cette question. C’était lors d’une sortie au cinéma, en 1997. Ce soir-là, j’étais accompagné de Fatima, une amie iranienne qui était également mon amante. Elle n’était au Québec que depuis deux ans, après avoir passé la première moitié de sa vie en Iran et la seconde en France.  cette double nationalité lui donnait un accent assez unique dans la voix.  Nous étions allés voir Boogie Nights, dont l’action se passe à l’époque Disco, fin années 70, début années 80. Plusieurs fois dans le film, j’ai été amusé de voir des références à des choses auquel j’ai assisté ou entendu parler de, puisque ce sont les années de mon enfance et de mon adolescence. Quand je lui en faisais la remarque, elle me répondait toujours la même chose: Que ça ne lui disait rien.

Je me souviens clairement qu’à ce moment là, je l’ai regardé du coin de l’oeil et je ne suis posé cette question: Qu’est-ce que je fous avec elle?

Non mais c’est vrai.  On n’avait tellement rien en commun. Pourquoi est-ce que j’avais cette fille-là comme amante alors qu’il y avait autant d’obstacles pour nous séparer?

Obstacle 1: Elle a 19 ans. J’en ai 29. Nous n’avons pas vécu aux mêmes époques.

Obstacle 2: Elle a vécu sa jeunesse en Iran sous le régime dictatorial guerrier de Khomeini. J’ai vécu au Québec dans l’ère post Révolution Tranquille sous le régime libéral du parti du même nom, suivi de celui de René Lévesque.

Obstacle 3: Elle a une culture, voire deux dans son cas, complètement différentes de la mienne. Impossible pour nous de parler de télé, musique, cinéma, mode, etc.

Obstacle 4: Pour sa famille, je suis un étranger que l’on traite avec méfiance. Pour ma famille, elle est une étrangère que l’on traite avec condescendance.

Obstacle 5: Sexuellement, elle trippait domination/soumission, me voyant maître, se voulant esclave. Ma personnalité et mon éducation m’interdit toute violence envers la femme. Le fait de savoir qu’elle le désire ne change rien au malaise que je ressens à la soumettre et la dominer.

En ressortant du cinéma ce soir là, je n’étais plus le même homme qui y était entré deux heures plus tôt. C’est que je venais de me rendre compte que dans le fond, ce n’était pas l’exotisme qui me faisait aller vers ces filles-là. C’était la difficulté. Les obstacles. Ça m’a pris un grand travail d’introspection, mais j’ai fini par comprendre que la raison pourquoi j’allais vers elles, c’est à cause que j’avais un complexe d’infériorité.

Avant de sauter au plafond et me traiter de raciste, lisez ce qui suit.
Comme je l’ai souvent raconté, le moi adolescent et jeune adulte était pauvre, maigre, laid. La majorité des filles, même les plus laides, préféraient le célibat plutôt que de m’avoir pour chum. C’est une réalité qui est très difficile à encaisser car elle blesse fortement l’estime de soi. Dans ce temps-là, pour survivre aux situations trop pénibles, le cerveau réagit en nous poussant à rechercher des situations plus acceptables. Puisqu’on ne s’en rend pas compte, ça se passe au niveau de l’inconscient. Du subconscient, si vous préférez le terme anglo plus populaire.

C’est ainsi que, de façon inconsciente, j’ai commencé à jeter mon dévolu sur des filles de races différentes, de cultures différentes, d’un grande différence d’âge. Ainsi, si ça ne marchait pas entre nous, je pouvais toujours me dire que c’était à cause de la différence d’âge, de race ou de culture. Puisque la raison principale de mon rejet pouvait désormais s’expliquer par autre chose que ma maigreur, ma laideur ou ma pauvreté, alors mon estime de soi n’était plus atteint. Ok, un rejet reste un rejet. Ça reste une expérience plate à vivre. Mais au moins, maintenant que je pouvais l’expliquer sans me remettre en cause, alors c’était supportable.

Et voilà pourquoi je dis que mon attirance pour l’exotisme venait de mon complexe d’infériorité: Parce que je n’aimais pas ces filles pour les bonnes raisons. Ce qui m’attirait en elles, ce n’était pas nos compatibilité ni leurs personnalités. C’était le fait que, si la relation ne marcherait pas, nos différences pouvaient expliquer pourquoi, de façon plus acceptable pour mon estime de soi.

Et pourquoi est-ce que je partais à la base avec l’idée que ma relation avec une fille ne pourrait pas marcher? EXACTEMENT! S’attendre d’avance à ce que notre relation avec la fille ne marche pas, et ce avant même d’avoir une fille en vue, ÇA, c’est un signe flagrant qu’on a un complexe d’infériorité.

Éventuellement, à force de travail constant sur ce qui me faisait défaut, j’ai fini par perdre ces derniers. Les filles de ma race, de ma culture et de mon âge ont commencé à me trouver intéressant, et même à faire les premiers pas. J’ai pris de la confiance en moi. J’ai cessé de rechercher les difficultés.

Aujourd’hui, j’ai quelques amies noires et asian. Elles sont aussi québécoises que moi dans la naissance, la culture et l’accent parlé. La femme de ma vie des onze dernières années est blanche, mais elle aurait tout aussi bien pu être noire ou asian, puisque ce n’est plus la race qui importe pour moi, mais bien la compatibilité des personnalités et nos points communs.

Quand tu vis une relation difficile, c’est probablement de la faute de l’autre. Quand tu vis plusieurs relations difficiles de suite, il y a de grandes chances que ce soit toi qui recherche les obstacles. Réfléchis et essaye de trouver pourquoi. C’est seulement lorsque tu auras trouvé la source du problème que tu pourras y travailler, cesser de vivre des relations cul-de-sac, et enfin connaître le bonheur auquel tu as droit. Parce que LÀ, tu sortiras avec l’autre pour les vraies bonnes raisons.

Les 4 règles du succès

Je ne suis pas homme à copier les textes des autres. J’ai déjà bien assez de choses à dire comme ça sans avoir besoin de prendre mon inspiration ailleurs. Je vais cependant faire exception aujourd’hui parce que j’ai récemment lu un truc qu’il vaut vraiment la peine de partager.

Cracked.com a beau être un site d’humour, certains de leurs articles sont très pertinents. Celui-ci en particulier: The 10 Most Important Things They Didn’t Teach You In School, par David Wong. Si vous comprenez l’anglais, allez le lire au complet. C’est long mais ça vaut la peine. De toutes façons, je ne compte vous entretenir ici que du sujet numéro 6 qui résume en trois courts points ce que ça prend pour réussir sa vie en général et sa carrière en particulier. Dans ce qui suit, ce qui est rouge italique est traduit et adapté de l’article de Cracked. Le reste, c’est de moi:

Vous savez, ces gens que vous voyez qui ont la grosse maison, la bagnole de l’année, l’écran télé géant et le gros salaire qui peut leur payer tout ça? Environs 100% d’entre eux se sont rendus là où ils sont dans la vie parce qu’ils ont eu quatre choses qui ont joué en leur faveur:

1- Ils ont du talent
2- Ils ont travaillé fort.
3- Ils ont eu la chance de rencontrer les bonnes personnes.
4 (ou 3b)- … et ils ne les ont pas fait chier.

Pourquoi ai-je coupé le point 3 en deux parties?
Comme je dis plus haut, dans l’article de Cracked, il n’y a que trois points. Le 3e et dernier va comme suit: Randomly meeting the right people and not pissing them off. Dès que j’ai lu ce point, j’ai vu que Mr Wong a fait une petite erreur: Il aurait dû en faire deux points plutôt qu’un seul, car ce sont deux choses très différentes. Parce que si l’un demande de la chance, l’autre demande de l’intelligence et un bon jugement.

Au sujet du point 3 : Avoir la chance de rencontrer les bonnes personnes
Lorsque ces gens qui ont réussi dans la vie racontent leurs histoires à succès, peu d’entre eux osent parler de ce point. Et c’est normal puisque le public a toujours tendance à croire que quand tu as eu cette chance-là, ça signifie automatiquement que tu n’as jamais eu besoin du points 1 (talent) ni du point 2 (travail).

Pourtant, il n’y a rien de plus faux. On n’a jamais vu un sans-talent avoir une carrière durable juste parce qu’il a de bons contacts. Même si demain René Angelil me signait un contrat de disque, ça ne change rien au fait que je n’ai aucun talent en tant que chanteur.

Exemple pertinent: Jacques Villeneuve. Il a eu tous les contacts requise pour faire un CD de chansons. Est-ce que ça lui a ouvert une carrière de chanteur? Oh que non!

Le point 3 est aussi détesté par ceux qui s’obstinent à croire que seuls le talent et le travail donnent de la valeur à ta réussite.
Par exemple, en 2006-2007, lorsque j’allais à l’École Nationale de l’Humour, programme Auteur, certains de nos profs se vantaient d’avoir plein de connections. À chaque fois que quelqu’un lui demandait de les partager, la réponse de ces profs étaient toujours la même: « Non, je ne peux pas faire ça. Ce serait trop facile. Ce ne serait pas te rendre service, de te donner tout cuit dans le bec tes connections de carrière. Pense à la fierté que tu vas ressentir de pouvoir te dire que si tu as réussi, c’est entièrement par toi-même. »

Le problème, c’est que mon talent, c’est l’écriture, pas l’auto-gérance ni les relations publiques.  Je sais écrire, je sais faire des blagues, la seule chose que je ne sais pas c’est où et comment présenter mes projets.  J’écris professionnellement de l’humour dans les magazines depuis juin 1988. La seule raison pourquoi je me suis endetté de $12 000.00 pour aller à cette école-là, c’était justement pour les contacts.  Laissez-moi vous dire qu’à chaque fois que j’ai du mal à payer mon prêt étudiant, dette totalement inutile au bout du compte, ou bien mon loyer et autres dépenses obligatoires de la vie, je ne trouve pas vraiment consolation dans le fait que si j’avais la carrière me permettant de payer tout ça, je ne ressentirais aucune fierté parce que « je les aurais obtenus par la voie facile ».

Au sujet du point 4 : Ne pas les faire chier
Celle-là, je suis particulièrement bien placé pour savoir que c’est vrai. C’est la raison pour laquelle la phrase Randomly meeting the right people and not pissing them off m’a frappé à ce point-là.

Plusieurs fois dans ma vie je me suis trouvé à collaborer avec des gens qui auraient pu faire de ma carrière un succès. Qu’est-ce que j’ai fait? Je les ai fait chier en pointant les failles dans leur comportement et leurs décisions de business. Et à chaque fois, j’apportais des preuves concrètes de ce que j’avançais afin de leur montrer que ce n’était pas qu’une simple opinion mais bien des faits. Des exemples:

Technicien en informatique pour une grosse compagnie informatique.  Mon supérieur immédiat faisait preuve d’incompétence et de mauvaise foi, en plus de saboter mon travail. J’ai déposé plainte un échelon plus haut que lui. Ma plainte fut ignorée. J’ai donc porté plainte plus haut contre le fautif et contre celui qui m’a ignoré. À chaque fois que ma plainte était ignorée, je portais la plainte toujours plus haut. Jusqu’au jour où j’ai fini par faire chier tous les dirigeants de la place. En revanche, ils ont fait de ma vie un enfer.  Ils n’ont pas le droit, me direz vous? Exact! Voilà pourquoi s’en est suivi une bataille juridique de 7 ans qui s’est terminée sur un match nul, mais qui assure que plus jamais je ne pourrai espérer y faire carrière de nouveau.

Le monde de la bande dessinée: Les bédéistes se plaignent de nos conditions de travail. Je trouve des solutions et je pars un mouvement pour faire valoir nos droits. Les bédéistes virent lâches et reculent. Pourtant, si on était solidaires, les dirigeants n’auraient autre choix que de céder. Je leur démontre donc que la seule raison pourquoi ils endurent les situations dont ils se plaignent, c’est parce qu’ils sont trop lâches pour se tenir debout. J’ai donc fait chier à la fois les travailleurs et les employeurs. Et comme le milieu est petit et que tout l’monde connait tout l’monde, je peux dire adieu à toute carrière dans le domaine.

L’École de l’Humour: On nous donne des humoristes professionnels comme professeurs. Or, être humoriste professionnel talentueux, ça ne fait pas de toi automatiquement un professeur compétent. J’ai démontré ce fait, point par point, à la direction, afin de les aider à améliorer la façon dont ils donnent leurs classes. Le résultat: Je n’ai jamais eu le stage qu’on m’avais promis à la fin des classes et toutes mes demandes d’emploi dans le domaines ne m’ont jamais rapporté un seul appel de retour.

Les éditeurs: Quand un éditeur refuse mes manuscrit, j’accepte le refus sans discuter. Mais quand il me donne une liste de raisons pourquoi il l’a refusé, et que ces raisons sont bidons, je ne me gène pas pour leur faire savoir que je n’avale pas leur bullshit.  Et quand, en décembre dernier, l’un d’eux a accepté de publier mon roman Miki contre les Forces Occultes, mais que son correcteur faisait une job de merde qui empirait mon manuscrit au lieu de l’améliorer (enlevait des détails importants, introduisait des erreurs de continuités, gâchait des punchs en les annonçant d’avance, enlevait des gags, etc), et que l’éditeur se rangeait du côté de son correcteur, je leur ai démontré, preuve à l’appui, l’incompétence dont ils faisaient preuve. Pensez-vous vraiment que je vais un jour pouvoir être publié si je continue de me mettre les éditeurs à dos comme ça?

Forum et site social : Je ne saurais compter le nombre de fois où j’ai fréquenté ce genre de site et que je me suis hissé à un poste, pour le perdre quelques semaines plus tard et être banni de la place, parce qu’il semblerait que je suis le seul qui a les couilles de faire quelque chose contre les fauteurs de trouble. Sauf que, pour appuyer mon point, je le faisais en démontrant que la direction qui avait pourtant le pouvoir de régler le problème, préférait ne rien faire et laisser la marde envahir la place. Et c’était pire lorsque les fauteurs de trouble en question étaient modérateurs.

Dans chacun de ces cas, mon but n’a jamais été rien d’autre que d’améliorer les conditions de vie et de travail du milieu. Sauf que les gens au pouvoir, eux, même s’ils voyaient le bien de mes efforts, même s’ils voyaient que j’avais raison, ça ne change rien au fait qu’en exposant leurs failles, je les insultais car je démontrait qu’ils étaient incompétents. Et ça, ça ne porte pas la personne à t’appuyer, que tu ais raison ou non.

Dans un monde où la justice règne, où les gens font ce qu’ils ont à faire, et où seuls ceux-là peuvent avancer dans leur carrière, ma vie serait un Succes Story. Mais nous ne vivons pas dans ce monde-là. Dans la réalité, la compétence et l’intégrité vont te rapporter beaucoup plus d’obstacles que de bienfaits. Surtout quand tu es au bas de l’échelle et que tu te permet d’appliquer ta compétence et ton intégrité aux échelons supérieurs afin de démontrer que ceux qui les occupent n’ont pas d’affaire là.

Le succès, ce n’est pas une question d’avoir raison.
Je donnais un exemple imaginaire au début de ce billet: René Angelil me signant un hypothétique contrat, en disant que je n’ai hélas pas de talents dans le domaine. Imaginez que je lui réponde: « Et toi? En avais-tu, du talent, quand tu copiais les chansons des Beatles, en te contentant de les traduire pour ton groupe, Les Baronnets? Non seulement ça t’as pas empêché d’avoir la carrière que t’as aujourd’hui, c’est grâce à ça que tu l’as eue. » J’ai raison parce que c’est la vérité. Tout le monde le sait. Sauf que, le lui dire dans sa face, pensez-vous que ça va le convaincre de me signer un contrat? Ou bien est-ce que je vais juste le faire chier, m’assurant ainsi que la seule chose qu’il fasse pour moi dans le milieu, c’est m’empêcher d’y faire carrière?

En conclusion, la chose à ne jamais oublier:
Quand la personne à qui tu parles a le pouvoir de faire de toi une réussite ou un échec, ce n’est jamais une bonne idée de lui démontrer que tu vaux mieux que lui. Ou pire encore: De lui prouver qu’il ne vaut pas mieux que toi.

De « bon gars » à « player salaud » à « affectivement équilibré »

Dans ma vie amoureuse, j’ai traversé trois périodes successives:

PÉRIODE 1: Le bon gars
C’était l’époque où les filles correctes ne me voulaient qu’en tant qu’ami et rien d’autre. Tout ce que j’attirais, c’était…

  • Des filles full timides antisociales pour qui l’idéal de vie était de se faire vivre par le BS, ne jamais quitter la maison, ne jamais voir personne, et avoir un chum avec les mêmes pas-de-buts dans la vie.
  • Des filles traumatisées par leurs ex dominateurs. Des filles qui se permettaient de me traiter comme d’la marde, en revanche contre la masculinité, parce que MOI je n’étais pas intimidant.
  • Des filles on the rebound qui, après une relation catastrophique, avaient besoin de moi pour les ramasser et en recoller les morceaux. Mais dès qu’elles étaient remises sur pied, elles repartaient vers les écoeurants.
  • Des filles en couples qui voulaient juste avoir une p’tite aventure, mais qui jamais n’auraient voulu de moi sérieusement.
  • Des bitchs dominantes qui confondaient mon respect pour de la soumission. La dernière m’a tellement écoeuré des relations de couple qu’elle m’a guéri à tout jamais de ma dépendance affective. Ce fut la fin de ma période 1.

PÉRIODE 2: Le Player Salaud
Il est important de noter que contrairement aux bons gars qui virent frustrés, jamais ne n’ai adhéré à la pensée comme quoi il faut être un salaud pour séduire les filles. Aussi, je n’ai eu que des relations amicales et respectueuses avec elles.

L’affaire, c’est que je ne démontrais aucune attirance envers elles, ni amoureuse ni sexuelle, ni même dans le but de devenir son bon ami proche. Cette attitude « je te respecte mais tu me laisses indifférent malgré mon hétérosexualité » semblait en intriguer plusieurs. Elles abordaient donc avec moi le sujet du couple et de l’importance que ça avait dans ma vie. J’ai toujours été franc, clair et précis en expliquant d’avance que je n’étais pas capable de ressentir le sentiment amoureux, donc que amitié+sexe était le maximum de ce que je pouvais donner. Par conséquent, je ne désire pas de relation de couple.

Ces filles étaient des romantiques, le genre à ne vouloir qu’un couple stable. Je m’attendais à ce qu’elles me disent que dans ce cas-là, elles ne sont pas intéressées. Erreur! À chaque fois, elles acceptaient mes conditions. Cette période a coïncidé avec mon retour aux études, d’où le fait que j’ai eu plus d’amantes durant ces deux ans que dans toute ma vie jusque-là.

Le problème, c’est que quand je les prévenais d’avance de mon incapacité à ressentir de l’amour, elles disaient toutes « T’as peut-être juste pas encore rencontré la bonne. » Apparemment, ça signifiait que chacune d’entre elle pensaient que ça pouvait être elle, « la bonne ». Elles se donnaient donc la mission de me le prouver, pour peu que je leur en laisse la chance. Voilà pourquoi, contre toute attentes, elles acceptaient mes conditions amitié+ sexe seulement: C’était la seule opportunité qu’elles avaient pour le faire.

Je dois dire que ces filles-là étaient, pour la plupart, de fantastiques amantes. Quand une fille essaye de gagner ton coeur en utilisant la sexualité, c’est incroyable comment elle peut se montrer ouverte et cochonne.

N’empêche qu’à chaque mautadine de fois, je leur brisais le coeur parce qu’elles s’attachaient toujours à moi, plus que moi je pouvais le faire envers elles. Puisque j’avais pris la peine de les prévenir d’avance que notre relation ne déboucherait jamais à rien de sérieux, je n’étais pas un player salaud. Sauf qu’à leurs yeux, c’était quand même ça que j’étais. Et c’était en tant que tel qu’elles me forgeaient une réputation, renforçant aux yeux des autres l’idée comme quoi pour séduire les filles, il faut être un salaud.

PÉRIODE 3: Le gars affectivement équilibré.
Après 3 ans de vie de player involontairement salaud, « la bonne » est arrivée, par hasard, sans que je la cherche. D’accord, nous avons éventuellement fini par nous séparer. N’empêche que nous avons eu droit à une relation harmonieuse qui a duré 12 ans ½, et sommes restés bons amis par la suite.

Ce qui a fait que j’ai fini par trouver la bonne?
Dans ma période bon gars, je faisais tout pour plaire. Au lieu d’être moi-même, j’essayais de me plier aux goûts des filles. Le problème, c’est que quand tu joue au caméléon, la fille se rend vite compte qu’elle ne peut jamais voir tes vraies couleurs. Ça te rend louche. Ça éveille la méfiance. Et aucune fille ne peut d’un gars louche dont elle se méfie.

Par contre, dans ma période player salaud, je ne voulais rien savoir du couple. Par conséquent, je n’essayais pas de séduire. Je n’avais rien à démontrer. Je n’avais rien à prouver. Je restais donc à 100% moi-même. Ma vraie personnalité a plu, et le jour où celle-ci a plu à une fille dont la personnalité m’a plu également, le déclic s’est fait tout seul, sans que j’ai eu à forcer les choses.

Et voilà comment j’ai passé de bon gars à player salaud à affectivement équilibré.

La meilleure raison pour accepter le rejet

Des fois, les gens n’ont aucune raison de refuser ce qu’on leur propose.  En fait, si. Ils en ont une, de raison: Ça ne les intéresse pas. Or, donner « ne pas être intéressé » comme raison, c’est immédiatement s’exposer à se faire demander pourquoi. Le problème, c’est que ne pas aimer quelque chose, c’est une question de goût. Et le goût, ben, ça ne s’explique pas. Ça se vit. Ça se ressent. Ça se limite à deux choses: Ou bien on aime, ou bien on n’aime pas. C’est tout!

Sauf que, en général, y’a pas grand monde qui considèrent que « ne pas être intéressé » est une raison acceptable. La personne qui rejette est alors obligée d’inventer des explications. Et quand une explication est inventée, elle sonne bidon.

La raison pour laquelle j’écris un billet sur le sujet, c’est qu’il y a quelques mois, j’ai écrit un roman: Miki Contre les Forces Occultes, tome 1. On peut le lire online en cliquant sur le titre. En mars 2010, après dernières vérifications et quelques minimes modifications, je l’ai imprimé et je l’ai envoyé à quelques éditeurs. L’un d’eux (appelons-le « l’éditeur de mars 2010 ») m’a envoyé une lettre de rejet par la poste que j’ai reçu vendredi dernier.

D’abord, je leur dois des remerciements pour ce geste. Oui, je suis sincère. C’est qu’il m’est déjà arrivé par le passé d’envoyer des manuscrits à des maisons d’éditions et de n’en avoir plus jamais entendu parler par la suite. Je me souviens également d’un éditeur qui m’a écrit au bout de 14 semaines pour me dire qu’ils ne l’ont pas lu et ne le liront pas car ils ne publient pas de manuscrits non-sollicités. J’ai également reçu une lettre d’un autre éditeur disant « nous avons lu et relu votre roman mais malgré ses indéniables qualités… » Le problème, c’est que je leur avais juste envoyé un courriel décrivant le roman en 3 ou 4 phrases, histoire de vérifier s’ils publiaient de ce genre d’histoire, afin de ne pas leur envoyer un manuscrit par la poste pour rien. Comme vous le voyez, beaucoup d’éditeurs sont assez étrangers à la notion de respect envers l’auteur.

Avec l’éditeur de mars 2010, au moins, tout a été réglo: Ils l’ont vraiment lu, comme le prouve les passages cités dans la lettre qu’ils m’ont envoyé. Ils n’ont mis que 2 semaines avant de me répondre. Et leur lettre de refus n’était pas une lettre standard impersonnelle qu’ils envoient à tous en changeant juste le nom du destinataire. Bref, malgré le refus, je suis presque satisfait de leur façon de traiter les auteurs.

Pourquoi je dis presque? Parce que j’aurais préféré 1000 fois me faire juste dire « désolé, nous ne sommes pas intéréssés » plutôt que de me faire servir les explications qu’ils m’ont donné pour leur refus. Voici un extrait de la lettre:

La raison de [notre refus] concerne principalement vos références sociales qui sont quelques peu dépassées si on considère l’âge de vos lecteurs. Citons entre autres The Matrix, Star Trek et le magazine Mad.

Bien! Examinons la chose cas par cas:

The Matrix:
La mention dans le roman: « T’as-tu vu sur pathéclips.ca le vidéo où c’qu’y s’est filmé en imitant des scènes d’action de The Matrix? C’est ben en masse suffisant pour faire rire de lui. De toute façon, c’t’un nerd! »
Pourquoi c’est une raison bidon: Le personnage dont il est question dans cette scène est un nerd. Un geek. Or, il est de notoriété publique que les nerds geeks aiment les films de science fiction, et ce peu importe leur date de sortie. The Matrix étant un classique en son genre, le fait qu’il soit sorti en 1999 n’empêche en aucun cas un gars de 15 ans d’aimer ce film si c’est un nerd geek. Et devinez quoi? C’est exactement ce qu’il est! Au moins, je n’ai pas utilisé le classique cliché « nerd qui trippe sur Star Wars », film qui date de 1977.

Star Trek:
La mention dans le roman: « …tandis que la main continue de bouger, faisant tour à tour un signe de peace, de devil et le salut de Monsieur Spock de la série Star Trek. »
Pourquoi c’est une raison bidon: J’ai rêvé ou bien y’é sorti un film de Star Trek sur les écrans de cinéma en 2009, soit l’année-même où j,ai écrit mon roman? Un film de Star Trek dans lequel Monsieur Spock était le personnage principal? Un film de Star Trek avec DEUX Monsieur Spock, soit l’original (Leonard Nimoy) et la relève pour la nouvelle génération (Zachary Quinto)? Alors en quoi est-ce que cette référence culturelle est « quelque peu dépassée »?

Le magazine Mad:
La mention dans le roman: « Il est dessinateur pour le magazine Rigolo, dont les bureaux sont situés à Montréal et qui est surtout reconnu pour n’être qu’une pâle copie du magazine satyrique américain Mad. »
Pourquoi c’est une raison bidon: D’accord, le magazine a passé de mensuel à trimestriel en juin 2009. Ça ne change rien au fait que Mad existe toujours et est toujours publié. Alors en quoi est-ce que cette référence culturelle est « quelque peu dépassée »?

Ensuite, une autre raison du refus est donnée quant à la la forme du récit: Afin de mieux plaire à votre public cible, il serait préférable de favoriser les dialogues et non les longues descriptions qui ralentissent le rythme du récit.

Et le premier Harry Potter, pour prendre un exemple connu de tous? Il n’a pas plus de descriptions que de dialogues, peut-être? Qui plus est, le volume de texte est quatre fois plus long que celui de mon roman.

Ensuite, il n’y a aucune indication dans mon roman comme quoi c’est une histoire qui s’adresse uniquement aux jeunes. D’accord, mon personnage principal est une fille de 15 ans. Mais dans la lettre de présentation qui vient avec le manuscrit, je prends la peine de dire que, tout comme dans Harry Potter, les lecteurs la verront grandir et devenir adulte. Et ce n’est pas comme si mon récit manquait de personnages adultes: Les parents de Miki et le psychologue sont des personnages très présent et très importants.

Et puis d’abord, si c’était vrai que les lecteurs ne lisent que des romans dans lesquels ils peuvent se reconnaitre, alors dites-moi donc pourquoi le plus grand bassin de lecteurs de Harry Potter sont des femmes de 20 à 40 ans? Expliquez-moi, en détail, comment une femme québécoise adulte arrive à se reconnaitre dans un garçon adolescent, d’Angleterre, sorcier?

En décembre 2009, je m’étais trouvé un éditeur qui était prêt à publier mon roman. Cependant, il tenait à ce que je fasse quelques changements, genre réécrire les 2 premiers chapitres afin de mettre toutes les descriptions de l’univers du récit dans le chapitre 2, de façon à ce que le reste du récit coule sans ralentissement. Je l’ai fait. Et là, je devrais croire que la seule raison pourquoi l’éditeur de mars 2010 refuse de le publier, c’est à cause de trois « mentions culturelles dépassées »? Et même s’il n’était pas dans l’erreur de faire cette affirmation, je suis sensé croire qu’un éditeur préfère ne pas publier un livre plutôt que de demander à l’auteur de modifier trois petits détails anodins?

Enfin, autant l’éditeur de mars 2010 trouve le récit lourd, autant l’éditeur de décembre 2009 le trouvait trop léger. À tel point qu’il l’a fait réécrire à 60% par un de ses correcteurs, transformant un récit simple à lire en quelque chose de pénible à parcourir. (C’est là où j’ai fait casser le contrat, refusant de me soumettre à ça.) Quand l’opinion d’un éditeur professionnel est à l’extrême opposé de l’opinion d’un autre éditeur professionnel, et ce sur le même sujet, c’est là que tu réalises que ces opinions ne sont, dans le fond, vraiment rien d’autre que ça: De simples opinions. Des opinions qui ne sont pas des faits.

Et ce sont les raisons pour lesquelles je déplore que les gens demandent toujours une explication logique pour accepter un refus qui est né d’un sentiment. Parce que tant qu’à me faire servir de la telle bullshit en guise de raison d’avoir été rejeté, j’aurais de beaucoup préféré me faire dire « Nous ne sommes pas intéressés », tout simplement.

C’est la même chose dans les relations interpersonnelles. Quand l’autre ne veut pas de toi, peu importe la raison, le fait est que cette personne ne veut pas de toi. Juste ça, c’est suffisant comme raison pour accepter le refus et passer à autre chose.