100 leçons de vie que j’aurais aimé apprendre plus tôt

Des résolutions pour la nouvelle année?  Non; des leçons pour toute une vie.

AU SUJET DES ÉTUDES

  • 1) N’étudie pas en Arts ou en Philosophie à moins que ton but soit de devenir prof d’Arts ou de Philosophie.
  • 2) N’étudie pas en graphisme à moins de vouloir passer ta vie à te plaindre que tu ne trouves jamais de travail dans ta branche.
  • 3) Aucun étudiant n’a besoin d’une carte de crédit. Tu vis déjà sur de l’argent emprunté que tu auras à rembourser avec intérêts. Inutile d’en rajouter.
  • 4) Le but d’un travail d’équipe n’est pas le travail mais bien l’équipe. C’est pour ça que l’on vous oblige souvent à travailler en groupe: C’est important puisque c’est quelque chose que vous aurez à faire plus tard sur le marché du travail.
  • 5) Le conseil étudiant, le journal étudiant et tous les autres comités n’existent que dans un seul but: te distraire de tes études afin d’augmenter tes possibilités d’échec, ce qui t’oblige à prolonger tes études, et ainsi apporter plus d’argent aux établissements scolaires et augmenter ta dette (et les intérêts) aux banques et au gouvernement. La preuve, c’est que faire partie de ces comités ne t’apportera rien sur le marché du travail.
  • 6) Il n’y a que deux règles à suivre pour réussir ses études:  Se rappeler du contenu des livres, et être d’accord avec le prof.
  • 7) Tu auras tout le temps de faire valoir tes droits et tes idées lorsque tes études seront terminées.  Mais en attendant, tes opinions risquent juste de te nuire, alors ta gueule!


AU SUJET (du début ) DE LA VIE ADULTE

  • 8) Avant d’avoir ce que tu veux, tu auras à faire ce que tu ne veux pas. C’est la réalité pour tout le monde. Tu n’es pas une exception.
  • 9) Trouves-toi un travail à temps plein.  On s’en fout que ce soit au salaire minimum, ce n’est pas comme si tu avais à payer quoi que ce soit si tu habites chez tes parents.
  • 10) Personne n’est trop bien pour une McJob.  Tes futurs employeurs n’en auront rien à cirer de là où tu as travaillé. Ce qui les intéressera, c’est le fait que tu as travaillé.
  • 11) Profite du fait que tu vis encore gratuitement chez tes parents pour acheter les meubles et tout ce dont tu auras besoin en appartement.  Parce que si tu pars en appartement avant de te meubler, ce n’est pas en payant loyer, bouffe, électricité et téléphone que tu y arriveras.
  • 12) Rembourse ton prêt étudiant.
  • 13) Obtiens ton permis de conduire.
  • 14) Apprend à cuisiner.
  • 15) Ce que l’on te fait miroiter est en réalité moins bien que décrit et te coûtera plus qu’annoncé. C’est vrai pour les objets, ça l’est tout autant pour les produits, les services et surtout les gens.
  • 16) À tort ou à raison, tu auras toujours l’impression que les autres l’ont plus facile que toi, et ce sans le mériter. Si la vie était Les Simpsons, tu serais Frank Grimes.


AU SUJET DU TRAVAIL ET DU SUCCÈS

  • 17) Personne ne te doit rien.
  • 18) Un travail est ou bien ardu, ou bien stressant, ou bien ennuyant. Plus vite tu te feras à l’idée et mieux tu te porteras.
  • 19) Les gens ne veulent pas d’un perfectionniste.  Ils veulent juste que le travail soit fait.
  • 20) Peu importe le nombre de diplômes que tu auras obtenu, tu vas commencer au bas de l’échelle.
  • 21) Avoir raison est beaucoup moins une garantie de succès que être d’accord.
  • 22) Si on ne t’a rien demandé, ferme-la!
  • 23) Personne n’aime les vantards, les plaintifs, les dramaturges, les paniers percés et les je-sais-tout. C’est aussi vrai au travail que partout ailleurs.
  • 24) Si tu fais le travail parfaitement, c’est l’équipe qui sera félicitée. Si tu fais foirer le travail, c’est toi seul qui sera blâmé. C’est inévitable.
  • 25) La réussite se compose de ces 7 ingrédients : De la volonté, du travail, du talent, être au bon endroit, être au bon moment, avoir la chance de rencontrer les personnes clés, et ne pas les faire chier.
  • 26) Les gens haut-placés n’ont que faire de ton succès. C’est le leur qui les intéresse. Ce n’est qu’en démontrant que tu peux augmenter le leur qu’ils vont daigner s’occuper du tiens.
  • 27) « Réussir par soi-même sans l’aide de personne » est un mythe qui te fera obstacle et sabotera tes chances de succès si tu persistes à t’y tenir. Ou bien tu saisis les opportunités, ou bien tu restes en bas.
  • 28) L’idéalisme et l’intégrité ne paient pas le loyer.
  • 29) Si c’est légal, fais-le!
  • 30) Le loser est celui qui se trouve des excuses pour son travail. Le saboteur est celui qui ne fait que chercher les problèmes dans le travail des autres. Le winner est celui qui cherche, trouve et applique des solutions pour tous les travaux.
  • 31) Ais de bonnes relations avec tes collègues, mais n’oublie jamais que tu ne dois ta loyauté qu’à ceux qui te paient.
  • 32) Chercher à réussir sans autre motivation que faire chier les autres, ça n’a jamais réussi à personne à long terme.
  • 33) Tu n’est pas irremplaçable!


AU SUJET DE L’ARGENT

  • 34) Quand tu vis chez tes parents, “de l’argent”, c’est tout l’argent que tu reçois. Quand tu vis à ton propre compte, “de l’argent”, c’est le peu qui te reste une fois que tu as payé le nécessaire.
  • 35) Tout le monde veut te faire dépenser ton argent.
  • 36) Quand tu reçois un chèque de paie, tu payes des retenues.  Quand tu le déposes, tu payes des frais de tenue de compte. Quand tu achètes, tu payes des taxes. Quand tu règles avec Interac, tu paies des frais d’administrations.  Ton véritable salaire, c’est ce qui reste une fois que tout le monde a pris sa part.  Alors ne calcule pas ton budget sur ton revenu brut.
  • 37) Et ce n’est pas tout: Quand tu déclares tes revenus, tu payes de l’impôt. Alors met un p’tit 20$ de côté à chaque paie et tu ne seras jamais pris au dépourvu à la fin de l’année.
  • 38) Ouvre au moins deux comptes de banque/caisse: Un compte d’épargne, et un compte chèque avec opérations.
  • 39) La banque/caisse va te charger des frais de tenue de compte et d’opérations à chaque mois, que tu l’utilises ou pas. Alors déposes-y régulièrement sinon les frais vont finir par le vider et tu paiera l’amende lorsque ça tombera en dessous de $0.00.
  • 40) Oui, quand quelqu’un n’a pas l’argent pour faire ses paiements, on le punit en lui chargeant encore plus d’argent.  C’est illogique mais c’est ça quand même. Vis avec, ou arrange-toi pour que ça ne t’arrive pas.
  • 41) Payer cash est une valeur dépassée car elle ne laisse aucune trace, et ainsi ne rapporte rien de bon sur ton dossier de crédit.


AU SUJET DES CARTES DE CRÉDIT

  • 42) Tout le monde a besoin d’une carte de crédit.
  • 43) Personne n’en a besoin de plus qu’une.
  • 44) Va à ta banque/caisse et demande à voir un conseiller pour en obtenir une. Ils font affaire avec Visa et Mastercard, alors ça va te faciliter la tâche, autant pour l’obtention que pour les paiements.
  • 45) Ne l’utilise que si tu as un revenu régulier.
  • 46) Ne met jamais sur ta carte plus que ce que tu pourrais te permettre si tu n’en avais pas.
  • 47) Utilise-la pour tous tes achats habituels au lieu de ta carte débit, tu t’épargneras les frais Interac.
  • 48) Visite régulièrement ton dossier de carte de crédit en ligne afin de ne jamais perdre de vue tes transactions.
  • 49) Rembourse-la à toutes les semaines.
  • 50) Assures-toi de la remettre à $0.00 au moins trois jours ouvrables avant la date d’échéance.  Ainsi, tu payeras $0.00 d’intérêts.
  • 51) Tu recevras souvent des offres d’augmenter ta limite de crédit. Accepte-les toutes, mais ne les utilise jamais.
  • 52) Agir ainsi t’épargnera des frais, te rapportera un bon dossier de crédit, et une haute marge de crédit.
  • 53) Un jour ou l’autre, tu seras obligé de payer quelque chose qui coûte plus d’argent que tu n’en as. (Ordinateur, électroménager, etc) C’est là que tu vas apprécier ce bon dossier et cette haute marge.


AU SUJET DES RESTAURANTS

  • 54) Le resto devrait être une occasion spéciale et non une habitude.
  • 55) On va te servir ta boisson gazeuse au moins un quart d’heure avant ton repas pour t’inciter à la boire immédiatement, donc à en commander une autre pendant le repas. Demande un verre d’eau pour l’instant, et précise que tu veux ta boisson avec le repas.
  • 56) Ou mieux encore: Reste à l’eau. Pourquoi payer l’équivalent de quatre bouteilles de deux litres pour une boisson gazeuse coupée à 60% d’eau et de glaçons?
  • 57) L’entrée, le dessert et l’alcool vont doubler, voire tripler ta facture.
  • 58) Les taxes et le pourboire obligatoire vont y ajouter un autre 30%. Alors ne soit pas surpris si ton burger affiché à $9.99, pris en repas complet, finit par te coûter $40.00.
  • 59) Obligé de manger ailleurs car loin de chez toi? Oublie les restos. Achète au marché d’alimentation et mange dehors. Tu sauveras beaucoup d’argent et de temps.


AU SUJET DES GENS ET DE LA VIE SOCIALE

  • 60) Trois personnes voudront faire partie de ta vie: Celle qui va avancer à tes côtés, celle qui va rester immobile en te regardant avancer, et celle qui va s’immobiliser devant toi pour t’empêcher d’avancer.  Accueille la première, abandonne la seconde, et fuit la troisième.
  • 61) Donne ton respect et ta loyauté à tous dès le départ.  Retire-les ensuite à ceux qui s’en montreront indigne.
  • 62) Au début, les gens se montrent sous leur meilleur jour.  Ce n’est qu’avec le temps que la véritable personnalité de tout un chacun ressort.
  • 63) Tout le monde est plus ou moins endommagé ou traumatisé par son passé, et t’en feront subir les séquelles.
  • 64) Pour toutes les raisons précédentes, attend de bien connaitre une personne avant de voir si c’est une bonne chose de la mêler à ton univers déjà établi et harmonieux.  
  • 65) Une vie sociale harmonieuse ne peut s’accomplir qu’entre gens qui se considèrent égaux.  
  • 66) N’accepte ni le rôle de leader qui doit porter sur lui le groupe, ni celui de mascotte juste bon pour servir de sujet de moqueries. 
  • 67) Les gens pénibles dans ta vie sont comme les Band-Aids.  Tu peux les enlever rapidement, ça fait mal sur le coup, mais c’est vite terminé.  Ou tu peux perdre ton temps en allongeant inutilement une situation pénible qui ne cessera pas d’être douloureuse qui ne s’améliorera jamais. 
  • 68) On ne peut pas repousser tous les gens qui ne font pas notre affaire.  Il y en aura toujours de qu’il vaudra mieux garder dans son entourage tout en gardant une certaine distance.
  • 69) Sans pour autant être parano, il y a des gens de qui il vaut mieux se méfier En voici une liste. (Le lien ouvre une 2e fenêtre).


AU SUJET DU COUPLE

  • 70) Le couple n’est pas une solution. Si le célibat est pour toi un problème, c’est que le problème est en toi. Trouve-le et règle-le!
  • 71) Tes premières relations ne dureront pas. Elles ne sont que des brouillons pour tes futures relations sérieuses.
  • 72) Pour se mettre en couple, il faut beaucoup plus de points communs que juste « nous sommes tous les deux célibataires ».
  • 73) Les relations de couple sont comme une carrière: Si tu refuses de prendre de l’expérience avant de trouver ton idéal, alors tu n’auras pas ce qu’il faut pour l’obtenir, en encore moins pour le garder.
  • 74) Arrête d’espérer trouver un jour le prince charmant / la fille parfaite.  Même si il/elle existait, tu n’as probablement pas ce qu’il faut pour lui plaire.
  • 75) La technique d’approche « Je vais te chérir, te combler, répondre à tous tes besoins et faire tes quatre volontés » est pathétique, et ce pour trois raisons. La première, c’est que loin de te donner une image de chevalier romantique servant une princesse, ça démontre que tu es un loser désespéré.  La seconde: les gens  normaux recherchent une relation normale avec une personne qui sera leur égal, et n’ont donc rien à faire d’un esclave avec qui ils ne pourront pas échanger. Et la troisième, c’est que les seules personnes qui peuvent s’intéresser à avoir un esclave, ce sont les manipulateurs contrôleurs profiteurs qui feront de ta vie un enfer et te rejetteront après t’avoir tout enlevé: Argent, biens, santé et réputation.
  • 76) Ne t’attache pas à une personne qui a plus de dettes que de moyens de les payer.
  • 77) La façon dont les films et les séries télé décrivent les couple n’est pas plus conforme à la réalité que ne l’est la porno au sujet de la sexualité.
  • 78) Celui qui cherche à séduire avec son argent et ses biens finit toujours avec une personne qui ne s’intéresse qu’à son argent et ses biens.
  • 79) Parce que chaque personne est différente, très peu de ce que tu as appris au sujet du sexe opposé dans ton couple précédent ne s’appliquera dans ton prochain couple.
  • 80) Le match parfait n’existe pas. Même chez les couples les mieux assortis, il a fallu que l’un et l’autre fassent quelques ajustements et compromis afin que la compatibilité puisse exister.
  • 81) Si tu es la seule personne des deux qui fait les ajustements, des compromis et des sacrifices, vous êtes incompatibles.
  • 82) Les couples qui vivent le plus longtemps sont composés de gens qui n’ont pas besoin d’être en couple pour vivre.
  • 83) Les condoms existent.  Utilise-les!
  • 84) Tu n’est pas irremplaçable!


AU SUJET DE LA PARENTÉ

  • 85) Avoir un enfant n’est la solution à aucun problème. Ça ne l’a jamais été. Ça ne le sera jamais.
  • 86) Élever un enfant seule, c’est ton choix.  Être élevé par un seul parent, ce n’est pas le choix de ton enfant, c’est quelque chose que tu lui imposes.  Il se peut que ton choix de vie lui convienne, mais ce n’est pas garanti.
  • 87) Dès que tu as un enfant, oublie-toi, tu n’existes plus.
  • 88) Oublie aussi ton argent, tes loisirs et tes projets personnels.
  • 89) Oui, ton enfant est spécial et remarquable, tout comme le sont aux yeux de leurs parents chacun des centaines de milliers d’enfants qui naissent chaque jour à travers le monde.
  • 90) En tant que parent, tout ce que tu feras ou ne feras pas sera potentiellement mal vu aux yeux des autres. Fais-toi à l’idée.
  • 91) Quoi que tu lui achète, il va le salir, le casser, le ruiner, ne pas l’utiliser correctement, ou au contraire s’en foutre totalement. C’est comme ça!
  • 92) Noël/anniversaires: Que tu lui donnes trois ou vingt jouets d’un coup, il n’y en aura que deux dans le lot qu’il va préférer et régulièrement jouer avec. Limite-toi à ça, tu sauveras de la place dans sa chambre et de l’argent pour toi.
  • 93) Aucun enfant ne nait avec la notion du respect. Inculque-lui ou vous en subirez les conséquences, lui, toi et votre entourage.
  • 94) La discipline n’est pas un abus de pouvoir. C’est une nécessité.
  • 95) L’abus de pouvoir, ce n’est pas de la discipline.  C’est de l’abus.
  • 96) Les enfants sont malléables jusqu’à un certain point. Ensuite, c’est leur personnalité qui entre en ligne de compte.
  • 97) Certains de leurs gestes seront de votre faute, d’autres pas.
  • 98) Lorsqu’il n’est pas à un endroit spécifiquement conçu pour les enfants, il s’emmerde. Amène-lui toujours jeux, livres, cahiers, crayons, au resto, en visite, lors de longs trajets, etc.
  • 99) Deux enfants, c’est suffisant.


AU SUJET DE LA VIE EN GÉNÉRAL

  • 100) Il existe des exceptions à tout ce que vous venez de lire. Mais si vous basez vos choix de vie là-dessus pour toujours faire le contraire de ce que dicte le bon sens, attendez-vous à accumuler beaucoup plus d’échecs que de réussites.  Ce n’est pas pour rien que ça s’appelle des exceptions.

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Le texte Je me méfie de ceux qui me disent… aide à reconnaître les gens toxiques dès le début.

Douze choses que j’ai apprises (à la dure) en devenant concierge résident

Comme j’en ai déjà parlé plusieurs fois sur ce blog, j’ai commencé à exercer le métier de concierge résident en septembre 2012. J’ai d’abord servi un édifice de 22 étages construit en 1964, puis une tour à condos de 34 étages construits en 2012.  J’y ai appris douze choses que l’on ne soupçonnerait pas lorsque l’on est simple locataire. Par exemple :

1) À peine achevé de construire, l’édifice commence à s’autodétruire.
Vous avez probablement déjà vu des images montrant l’intérieur d’un appartement à l’abandon depuis quelques temps.  Ça ressemble généralement à ceci:

Non, l’endroit n’a pas été vandalisé.  C’est juste ce qui arrive tout naturellement lorsque la place n’est pas entretenue: L’humidité s’accumule, la moisissure envahit, le métal oxyde, le bois pourrit, le plâtre ramollit.  Par conséquent, les murs fissurent, les plafonds s’effondrent, les tuyaux brisent, les planchers défoncent.  C’est sur une base quotidienne que ces problèmes apparaissent et que le concierge doit intervenir pour les régler avant que ça s’aggrave.  

2) Les murs dissimulent des trésors et des tragédies.
Plus l’endroit est vieux, plus grande sont les chances que les murs contiennent des choses qui y ont été cachées et oubliées.  Une simple recherche sur Google avec les mots trouvé dans les murs en donne des centaines d’exemples: Vieux journaux, magazines et comic books de grandes valeurs en parfait état, bijoux, argent comptant, foetus momifiés et cadavres d’enfants et d’animaux, oeuvres d’art…  Mais dans 99% des cas, on n’y retrouve que débris de tuyauterie, morceaux de plâtre et de bois abandonnés là lors de précédentes rénovations.  Personnellement, j’ai eu la chance d’y trouver une bouteille de Pepsi datant de 1964 en parfait état, probablement laissée là par l’un des menuisiers qui a construit la place.

3) Plus c’est riche, plus c’est pauvre.
Il est assez ironique que l’on retrouve encore partout des maisons et édifices plus que centenaires en parfait état alors que les plus récentes constructions tombent si vite en ruine.  C’est qu’aux siècles précédents, le premier soucis des propriétaires et des charpentiers, c’était la solidité.  De nos jours, c’est l’économie.  Un propriétaire qui voudra se faire bâtir une tour à logements fera un appel d’offre à plusieurs compagnies de construction.  Le contrat ira à celui qui soumettra le plus bas prix dans son estimation. Ce dernier, recevra donc du propriétaire le montant qu’il lui a fixé. Avec cet argent, le constructeur doit acheter les matériaux, payer ses employés, et se payer lui-même avec le reste.  Aussi, si le constructeur veut maximiser son profit personnel, il achètera les matériaux au plus bas prix.  Évidemment, plus basse est la valeur du matériel, et plus basse est sa qualité.  Voilà pourquoi j’ai eu à faire face à trois fois plus de bris, de pannes et problèmes divers dans la tour à condos de luxe construite en 2012, que dans le vieil édifice de 1964.

4) Il est possible que votre concierge n’ait pas la moindre idée de ce qu’il fait.
Le soucis d’économie du propriétaire fait qu’il désire autant que possible se passer du plombier, de l’électricien, du menuisier et du réparateur de frigo et de cuisinière, qui chargent chacun entre $100.00 et $250.00 de l’heure + matériel.  Il exige donc que son concierge résident sache tout faire.  J’ai appris ce que mon collègue partant a eu le temps de m’apprendre, et de ce que mes patrons pouvaient me dire si le problème tombait sur leurs heures de travail. Pour le reste, la consigne était « Débrouille-toi, bluffe, improvise. »

Avec le temps, forcément, le métier est rentré, mais la première année n’a pas toujours été facile.  Beaucoup de murs ont été colmatés avec des panneaux qui n’avaient pas toujours la grandeur et la forme requise.  Il m’a fallu appliquer beaucoup de kilos de plâtre pour dissimuler tout ça.  Heureusement, une fois sec, un coup de sableuse et un coup de peinture et il n’y paraissait plus. 

Mais l’ignorance est présente aussi au niveau administratif.  Imaginez le système d’alarme qui part, que tu n’as pas la moindre idée comment l’arrêter, que tu appelles ta patronne chez elle qui te dit de consulter ta feuille de référence de gens à appeler selon tel ou tel problème, que tu appelles la compagnie inscrite sur ta feuille de référence, qu’ils te demandent ton numéro de client, et ton numéro d’employé et que tu n’as pas la moindre idée de quoi il s’agit, pour te faire dire vingt minutes plus tard que ça fait sept ans que tes patrons ne font plus affaire avec eux.  C’est ça qui arrive lorsque ta liste de référence n’a pas été mise à jour depuis l’an 2000.  Et ce n’était pas mieux avec la tour à condos de 2012.  Peu importe le problème, peu importe qui on appelait, eux-mêmes n’étaient pas sûr si c’était bien à eux de régler le problème ou non (généralement, ils affirmaient que non) puisque eux aussi avaient été mis à leurs postes sans savoir ce qu’ils devaient y faire au juste.

5) Les réparations sont souvent faites de récupérations, de rafistolage et d’espoir que ça tienne le coup.
Le propriétaire cherche également à économiser sur le matériel autant que possible.  Aussi, lorsque quelque chose doit être remplacé s’il est brisé au-delà de notre capacité de le réparer, on ne le jette pas sans en avoir récupéré un maximum d’éléments encore fonctionnels ou bien réparables. Ainsi, la plupart du temps, un locataire qui croit que j’ai mis une pièce neuve pour réparer son robinet s’est plutôt fait refiler une pièce que j’ai recréée à partir de trois morceaux tirés de trois autres robinets brisés.

Et il faut savoir être débrouillard.  Une nuit de samedi à dimanche, je me fais réveiller par un locataire dont un tuyau de renvoi d’eau a éclaté Dieu-sait-comment.  Pas un seul tuyau de rechange dans mon atelier.  Je prends donc une feuille en matière plastique souple devant originalement servir à Dieu-sait-quoi.  Je le coupe de la longueur du tuyau, puis, je le roule et l’installe.  Je le ferme, le colmate et le fixe à grand renfort de colle au silicone, pour que ça tienne jusqu’à lundi.  Lundi venu, je montre la chose à mon patron.  Après avoir inspecté mon ouvrage, il referme la porte en disant que puisque ça tient, pas besoin d’en faire plus.  Pourquoi payer pour un nouveau tuyau puisque j’ai réussi à trouver une solution alternative gratuite?

6) L’ascenseur n’appartient pas à l’endroit.
Je ne suis pas raciste, mais on m’a déjà soupçonné à tort de l’être.  (Notez que cette situation est la seule dans lequel il est acceptable de commencer une phrase par « Je ne suis pas raciste, mais… » )  Un matin lorsqu’un locataire non-blanc-ni-québécois-de-naissance a échappé sa passe de bus dans la fente entre le plancher et l’ascenseur en sortant de celui-ci.  Il est aussitôt accouru vers moi en me demandant d’aller la récupérer.  Je lui ai répondu que c’est bien dommage mais je ne peux rien faire.  Non seulement n’ais-je pas accès au puits, je ne sais même pas où est située l’accès pour commencer.

Normal! S’il y a une chose dans laquelle la sécurité doit être au top en tout temps, c’est bien l’ascenseur.  C’est beaucoup trop important pour en confier l’entretien à des concierges qui improvisent car ils ne savent pas toujours ce qu’ils font.  Aussi, l’ascenseur reste la propriété de la compagnie qui l’a installée, et seuls leurs techniciens ont accès à leurs panneaux et au puits.  Personne d’autre n’en a la clé.  Ni le concierge, ni l’administration, même pas le propriétaire.

Après avoir expliqué la chose au locataire, celui-ci s’est énervé, m’accusant de lui mentir, me prêtant des motivations racistes en disant que si c’était arrivé à un blanc, j’irais tout de suite lui chercher sa carte.  Il finit par se mettre devant moi en disant qu’il ne bougera pas d’ici tant que personne n’ira la lui récupérer.  Après trois secondes de silence, j’ai juste dit « Bon! », je me suis assis par terre, et j’ai rajouté « Aussi bien s’asseoir car nous en avons pour des jours à ne pouvoir aller nulle-part, vous et moi. »   Après une dizaine de secondes, il se calme et me demande si c’est bien vrai, ce que je dis.  Je me relève en répondant que tout ce que je peux faire, c’est prendre son nom et son numéro d’appartement, puis laisser un message à mes patrons pour qu’ils appellent la compagnie d’ascenseur pour leur demander s’ils peuvent dépêcher un technicien pour ça.  Mais voilà, quiconque appelle un technicien d’ascenseur pour le faire venir hors de ses heures établies de visite doit lui débourser plus de $100.00 de l’heure.  Il a décliné et est parti. 

7) Il faut s’attendre à y trouver au moins un cadavre par année.
Plus un édifice est vieux, plus on y retrouve des gens qui y habitent depuis longtemps.  Alors forcément, plus grandes sont les chances qu’on en retrouve qui meurent de causes naturelles.  Ça faisait six jours que je voyais le journal s’empiler devant la porte de ce monsieur de 82 ans.  J’ai décidé de vérifier.  Je l’ai trouvé à côté de son lit, face contre terre, mort d’une crise cardiaque.  Par chance, l’air climatisé fonctionnait à plein et toutes les fenêtres étaient fermées, il n’était donc encore ni décomposé ni malodorant.

Ça aurait pu être pire.  Le gars que j’ai remplacé pour ce travail a trouvé un vieil homme mort dans son lit depuis deux semaines, nu, à découvert, sur le dos, le corps noir-brun-mauve-rouge, en érection, la bouche grande ouverte, le visage rongé par les larves.  De quoi se taper quelques mois d’insomnie. 

8) Tous les tuyaux sont connectés.
Qui n’a pas déjà subi la désagréable expérience de la douche qui change de température lorsqu’un colocataire ou un voisin utilise l’eau.  Il n’y a pas que les arrivées d’eau qui sont partagées entre voisins.  Les renvois aussi.  Je l’ai appris à mes dépends la première fois que j’ai essayé de déboucher un évier en utilisant une pompe à pression, et que le tout est ressorti volcaniquement chez le voisin par son évier de cuisine.  J’en ai pris quelques photos-souvenirs:

Essayez d’imaginer la violente odeur âcre qui se dégage de  ces résidus graisseux qui se sont accumulés là-dedans depuis 1964.  Ça prend à la gorge quelque chose de suffoquant.  Quatre heures, que ça m’a pris pour tout nettoyer, avant de devoir repeindre.

9) Un simple gadget de douche peut priver d’eau chaude plusieurs étages et coûter des milliers en réparations inutiles.
Nous avons tous déjà constaté en ouvrant les robinets que l’eau froide est bien plus abondante que l’eau chaude. Il y a une raison pour ça. L’eau froide est fournie par la ville. Elle vient sous une pression de 300 lbs par pouce carré, histoire que ça se rende bien jusqu’aux étages supérieurs. (La pression varie selon la ville et l’édifice, mais c’est juste pour l’exemple)  L’eau chaude, par contre, est fournie par l’édifice. Nos pompes étant moins puissantes que les pompes municipales, on l’envoie avec 180 lbs de pression. Voilà pourquoi il est si difficile de bien doser la température de la douche.

Les gens qui n’aiment pas se faire chier à cette tâche peuvent acheter des pommeaux de douche qui permettent de couper l’arrivée d’eau directement sous le jet. Tout ce que vous avez à faire est de régler les robinets à bonne température une seule fois, puis couper l’eau sous le jet en laissant les robinets ouverts. En théorie, ça permettra à l’eau de douche d’être déjà réglée à température idéale à chaque fois que vous l’utiliserez. Mais en réalité, c’est tout le contraire qui se produit.

Voyez-vous, 300 moins 180, ça fait 120. Et puisque vous connectez ensemble l’eau chaude et l’eau froide en laissant les deux robinets ouverts, et que votre pommeau de douche est fermé, l’eau ne peux pas en sortir. Ainsi, l’eau froide pousse l’eau chaude sous une pression de 120 lbs. L’eau chaude recule tandis que l’eau froide envahit ses tuyaux. Et puisque tous les tuyaux d’eau chaude des différents appartements sont connectés ensemble, plus le temps passe et plus nombreux sont les logements qui se trouvent privés d’eau chaude. Le reste se déroule de cette façon :

  • Recevoir des plaintes comme quoi il n’y a plus d’eau chaude.
  • Aller vérifier les chaudières.
  • Si l’eau froide a eu le temps d’envahir la chaudière, constater qu’en effet l’eau n’y est pas chaude.
  • Croire que le problème est la chaudière, donc appeler le technicien.
  • Technicien qui démonte la chaudière et y travaille longtemps (de 100$ à 250$ de l’heure), à la recherche d’un problème qui n’existe pas car celle-ci est en ordre.
  • Deviner, après coup, que le problème est peut-être un pommeau de douche spécial. Encore faut-il savoir que ça existe.
  • Devoir visiter tous les logements de chaque étage qui subit le problème.
  • Avoir maille à partir avec les locataires absents qui ne veulent pas que l’on entre chez eux pendant leur absence.
  • Une fois le pommeau fautif trouvé, convaincre de s’en débarrasser le locataire qui n’arrive pas à croire qu’un simple petit gadget puisse causer tant de problèmes.
  • Lui envoyer la facture du technicien, qu’il ne pourra probablement pas payer et qu’il contestera. S’il s’agit d’un étudiant, d’un retraité ou d’un chômeur, il obtiendra gain de cause.

10) Légalement, on peut entrer chez vous n’importe quand.
Personne n’est à l’aise avec l’idée que le propriétaire et ses employés puissent envahir votre domicile à volonté. Or, non seulement est-ce légal pour le propriétaire de le faire, il est illégal pour un locataire de changer la serrure sans nous aviser ni nous donner copie de la clé. Ce n’est pas dans le but d’abuser de la situation.  La raison est simple: N’importe quoi peut arriver. Dégât d’eau, début d’incendie, besoin de porter assistance à une personne en danger. L’accès instantané peut faire toute la différence entre « une chance que nous sommes intervenus à temps » et « plus rien à faire, il est trop tard ».

11) Les 15-25 ans du quartier prennent l’édifice pour un parc public.
Le vieil édifice de 1964 est situé près de deux écoles secondaire et de quelques pavillons d’université.  Aussi, il n’est pas rare qu’après la sortie des cours, un groupe de ceux-ci s’introduisent dans la place pour monter directement à l’étage supérieur qui donne sur la piscine, les saunas et la terrasse extérieure.  Ils s’imaginent tous qu’au nombre de logements que nous avons (240), il nous est impossible de les connaître tous.  Eh bien vous allez être surpris d’apprendre qu’au contraire, non seulement on connait nos résidents à force de les croiser, un faible pourcentage sont étudiants, et ceux-là on les voit à tous les jours lorsqu’ils sortent et rentrent les jours d’école.  

Le bureau de l’administration est situé au rez de chaussée, près de la porte, et le mur de séparation est en verre.  Alors quand la patronne et/ou la secrétaire voient entrer un groupe de jeunes inconnus sans clés qui profitent pour passer lorsqu’un résident entre ou sort, et que le moniteur électronique de l’ascenseur sur leur bureau montre que ces gens n’ont appuyé que sur le bouton du dernier étage, le concierge est aussitôt appelé pour aller les accueillir en haut dès leur arrivée, sinon d’aller les rejoindre.  C’est toujours amusant les voir essayer de s’en tirer en bluffant maladroitement:

« Est-ce que je peux vous aider? »
« Euh… Non, ça va. »
« Est-ce que vous habitez ici? »
« … euh… Pardon? »
« Est-ce que vous habitez ici? »
« … Oui! »
« Vous habitez ici, mais vous avez tous vos manteaux et vos sacs d’école avec vous pour aller sur la terrasse? Bizarre, ça! »
« Euh… C’parce que mes parents sont pas rentrés. »
« Ils habitent où, tes parents? »
« Euh… Pardon? »
« C’est quoi l’étage? C’est quoi le numéro de porte? »
« Euh… »
« Tu sais même pas où c’que t’habites?  Très bien, on va retourner dans l’ascenseur, on va aller au bureau de la direction, tu vas devoir fournir une preuve d’adresse, et on va appeler tes parents. Allons-y! »

Tout le long du trajet, alors que l’ascenseur descend les 22 étages, je ne peux m’empêcher de sourire alors qu’un lourd silence inquiet règne parmi le groupe de wannabe-clandestins.  Rendu au rez-de-chaussée, à moins qu’ils insistent à continuer leur bluff, je leur dis que je les laisse partir cette fois-ci, mais la seconde fois ce sera l’appel aux parents et à la police, parce que invasion de propriété privée, c’est un crime.  Ils n’y reviennent jamais.  

Hélas, il arrive aussi que la place se fasse envahir par des adultes plus intimidants et généralement ivres, ce qui nécessite intervention policière, qui ne se déplacent qu’à condition que l’on ait d’abord tenté de régler le problème nous-mêmes, et que l’on a rencontré résistance et menaces.  À date, tous ont toujours résisté et/ou menacé. 

12) Les conditions de vie d’un concierge résident sont à la fois meilleures et pires que ce que vous imaginez.
Comme la majorité des gens, incluant probablement les scénaristes de l’épisode 10 de la saison 6 des Simpsons, je m’imaginais qu’un concierge résident habitait le sous-sol de l’édifice, dans lequel il vivait misérablement.

Il n’en est rien. Dans l’édifice à logements construit en 1964, on m’a donné un 3½ gratuit très bien éclairé au 11e étage, électricité et chauffage fourni, avec en plus un excellent salaire.  Et dans la tour à condos de luxe, j’ai eu droit à un 4½ au 3e étage, sombre et mal éclairé, que je devais payer $400.00 par mois, rien fourni, à moins bon salaire. (Comme je disais au point 3: Plus c’est riche, plus c’est pauvre.)  Voilà pour le côté meilleur que ce l’on s’imagine.

Pour le côté pire, tout d’abord il y a l’horaire.  Si le propriétaire veut un concierge résident, c’est pour avoir quelqu’un sur place pour répondre aux urgences 24/7. Dans le vieil édifice, j’étais de garde 24h une semaine sur deux.  Ça signifie que je n’étais libre qu’après 5pm une semaine sur deux, et que je n’avais que deux fins de semaine de congé par mois.  Mais c’était quand même moins pire que dans la tour à condos de luxe, où mes seuls moments de liberté étaient le mardi et mercredi de 8am à 5pm.

Ensuite, le salaire est fixe. Alors même si la paie est bonne, si on divise le salaire par le nombre d’heures travaillées, on arrive bien en dessous du salaire minimum.  Quand on est assez vaillant pour travailler de dix à seize heures par jour, c’est plutôt ingrat comme situation.

Enfin, les possibilités d’avancements sont nulles puisque dans les deux cas, résident est déjà la position au top de la conciergerie.

 

BIENTÔT: Ce que mon travail de concierge résident m’a appris au sujet des locataires.

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Y’a liens là:

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Google: Trucs trouvés dans les murs.
Google: Things found in walls.
Petite histoire d’horreur d’une femme aux prises avec un concierge qui abuse de sa position (et de son passe-partout) pour la harceler.

Choisir celles qui n’ont pas le choix

J’ai déjà raconté dans un billet précédent comment Karine et moi avons vécu notre rupture dans l’harmonie et la collaboration après une relation de couple de douze ans et demi.  À l’époque, elle m’avait dit un truc que je ne savais pas trop comment prendre.  Je ne me souviens plus des mots exacts, mais en gros elle disait que si elle a accepté de sortir avec moi dans le temps, c’est parce qu’elle n’avait pas vraiment le choix.  Je ne l’ai pas interrompue pour lui demander de clarifier sa pensée, puisqu’elle était en train de m’expliquer autre chose.  Mais je trouvais ça étrange puisque je n’ai jamais été le genre de gars à essayer de conquérir par imposition et insistance.  

Puis, j’ai compris ce qu’elle voulait dire.  Selon ce qu’elle m’avait déjà raconté de sa vie d’avant moi, les gars de son entourage se divisaient en trois catégories:

  1. Ceux de la famille.
  2. Les bullies qui lui faisaient subir intimidation et violence.
  3. Les amis homosexuels et/ou déjà casés.

J’étais donc, à ses 20 ans, le premier garçon à s’intéresser à elle de manière romantique.  Et puisqu’elle n’avait encore jamais vécu ça, elle n’avait pas de point de repère pour savoir si elle-même était vraiment attirée par moi ou bien juste flattée de cette attention.  Dans de telles conditions, je comprends ce qu’elle voulait dire par « Pas le choix! » 

Comprendre ceci ne m’a pas insulté. En fait, j’ai trouvé la chose fascinante car ça m’a permis de constater quelque chose à mon propre sujet.  En repensant à la majorité de mes relations passées, j’ai vu que j’avais trop souvent eu tendance à m’en aller vers des filles qui n’avaient pas le choix, pour reprendre son expression.  Remarquez que c’est normal dans mon cas.  Avec le physique que j’avais à l’adolescence et au début de la vingtaine, il était évident que jamais je n’aurais fini avec la fille qui l’avait, le choix.   

Évidemment, ce n’était pas conscient.  Je ne regardais pas les fille en les analysant.  Je n’arrivais pas à la conclusion que celle-ci ou celle-là était plus désespérée qu’une autre, donc que c’était avec elles que j’avais mes meilleures chances.  Tout ceci n’était percu qu’au niveau du subconscient.  Voilà pourquoi, sans en comprendre les raisons, j’étais toujours porté à aller vers les handicapées, les laides, les désagréables, les haineuses, les mises-de-côté, les victimes, les sous-estimées, les connes…  Ou, comme dans le cas de Karine, celles que les gars percevaient bien plus comme une petite soeur que comme une romance potentielle.  Bref, celles qui n’avaient pas le choix.  C’était ou bien moi, ou bien le célibat.

Voilà pourquoi je trouvais particulièrement insultantes celles qui préféraient une vie de célibat qu’une relation avec moi.  

Les dangers de choisir n’importe qui.
Constater ceci m’a également permis de comprendre pourquoi la majorité de mes relations pré-Karine étaient catastrophiques: Ces filles avaient beau se résigner à sortir avec moi, je n’étais pas leur idéal pour autant.  Il y a fort à parier que plusieurs d’entre elles me regardaient avec ressentiment.  Normal; j’étais le symbole de leur échec à avoir une relation avec le genre de gars qui leurs plaisaient vraiment.  Rien de surprenant alors qu’elles me cherchaient souvent querelle pour des broutilles, qu’elles me faisaient la gueule sans raison, qu’elles ne semblaient jamais satisfaites ni heureuses, malgré le fait qu’elles n’avaient majoritairement rien de pertinent à me reprocher.  Et je ne cacherai pas que ça m’est arrivé moi-même d’agir ainsi en regardant le physique et/ou la personnalité de l’une ou l’autre de mes ex pendant que j’étais avec.  

Ma série de billets Geneviève la Coloc de l’Enfer donne un bon exemple de ce comportement.  Lorsque je l’ai rencontrée, elle se plaignait d’être abusée et peu attirante.  Un soir, alors que nous partageons le même lit en ami, elle m’offre sa virginité.  C’est que, n’ayant jamais eu de relation amicale avec un autre gars avant, elle confond ma gentillesse et mon amitié pour du désir.  En pensant que j’étais le seul homme sur terre à m’intéresser à elle, elle croyait qu’elle n’avait pas le choix.  Or, non seulement elle se rend vite compte de son erreur, je ne représente en rien son idéal masculin.  Aussi, dès le lendemain matin et pour le reste de notre relation, son comportement avec moi fait un 180 degré.  De gentille et amicale, elle devient insultante et méprisante, et ce en permanence.   D’une façon comme d’une autre, elle ne se sentait pas bien dans cette relation.  Cette situation la frustrait, alors elle s’en défoulait sur moi qui était, à ses yeux, le symbole vivant de son loserisme en amour.

Mais parfois, le hasard fait bien les choses.
Je crois que la raison pourquoi ça n’a jamais été l’enfer entre Karine et moi, c’est que nous étions tous deux artistes, dessinateurs, auteurs de bande dessinées.  C’était la première avec qui j’avais autant en commun.  Ceci nous a permis de vivre en harmonie pendant longtemps.  Hélas, ça ne changeait rien au fait que notre relation ne se basait pas sur une attirance naturelle et mutuelle.  Voilà pourquoi, lorsqu’elle a fini par rencontrer celui avec qui elle était compatible, elle a été la première surprise de voir qu’elle pouvait tomber en amour avec un gars alors qu’elle était en couple stable avec un autre.  Mais voilà, cette fois, elle avait le choix.  Elle a choisi.  

Certains bien-pensants vont dire que le genre de relation que nous avons eue ensemble n’aurait pas dû exister.  Personnellement, je suis en désaccord avec cette théorie.  Je sais, pour l’avoir autant observé que vécu, qu’en amour comme partout ailleurs, il est important de prendre de l’expérience.  C’est quelque chose que je disais déjà il y a cinq ans dans le texte Autopsie du Loser:

Le Loser n’est pas forcément un être désespéré. Parfois, il est capable d’attendre La Bonne. Tandis que ses amis vont d’une relation à l’autre et vivent toute une gamme d’émotions, ont du plaisir, des loisirs et de la baise, le Loser ne sort jamais avec personne. Il a une idée très précise sur son idéal féminin et il s’est  juré que tant et aussi longtemps qu’il ne l’aura pas rencontré, il se gardera pur pour elle. S’il finit par la trouver, et que par miracle elle accepte de sortir avec, (souvent après avoir été poursuivie des années par le Loser) leur relation sera de courte durée. Normal: Un gars qui n’a jamais eu de relation amoureuse ou sexuelle, ça n’a aucune expérience du comportement amoureux et sexuel. Ça fait que même si elle est son idéal féminin, en revanche il est loin d’être son idéal masculin. 

Presque deux ans après que Karine ait rencontré l’homme de sa vie, je rencontrais moi-même mon idéal féminin.  Et elle, qui avait déjà un amant lorsque l’on s’est rencontrés, elle l’avait, le choix.  Elle m’a choisi.

Je sais bien que dans un monde idéal, on se garderait pur pour la personne qui nous est destinée.  Or, nous ne vivons pas dans un monde idéal.  Et bien que ma relation avec Karine n’en était pas une d’amour pur et passionné, ni elle ni moi ne pouvons sincèrement dire que nos douze ans et demi ensembles étaient une perte de temps.  Bien au contraire, ces années passées ensemble nous ont apprises les bases de la vie à deux, ce qui nous permet aujourd’hui de vivre en harmonie, elle avec son fiancé, et moi avec la mienne.

Il y a des relations de couple que je regrette d’avoir eue dans le passé.  Celle-là n’en fait pas partie.  Nous n’avons peut-être jamais été en amour, mais ça ne nous a jamais empêchés de s’aimer.

Les 15 genres d’amitié entre hommes et femmes

(Dans le texte qui suit, l’utilisation des termes hommes et femmes sont à titre d’exemple et sont parfaitement interchangeables.)

Il y a des gens qui colportent l’idée comme quoi l’amitié entre hommes et femmes n’existe pas car tous les hommes qu’une fille va rencontrer dans sa vie vont la désirer sexuellement. Apparemment, pour ces gens, l’homosexualité n’existe pas.  Ceci dit, oui, l’amitié homme-femme existe et n’a aucun rapport avec l’orientation sexuelle de l’un ou de l’autre.  Je me suis penché sur le sujet depuis quelques années, et j’ai découvert que cette amitié pouvait se diviser en quinze genres :

GENRE 1: L’amitié pour se rapprocher
Le gars va désirer une fille de façon romantique. Il est timide et à peur de se faire virer s’il lui parle de ses sentiments. Il va donc l’approcher en lui démontrant qu’il ne veut d’elle que de l’amitié, rien de plus. Dans sa tête à lui, c’est une brillante stratégie car en étant ami avec elle, ça va lui permettre de mieux connaître ce qu’elle est, et surtout ce qu’elle aime. Il pourra ainsi mieux s’ajuster à ses goûts à elle.

GENRE 2: L’amitié en attendant
Souvent la suite de la précédente. Voici comment ça se passe :

  • Le gars devient ami avec la fille.
  • Le gars attend que la fille constate qu’ils vont tellement bien ensemble qu’elle tombera en amour avec lui.
  • La fille se trouve un autre amoureux.
  • Le gars attend que la relation finisse.
  • La relation finit.
  • Le gars n’ose pas s’essayer tout de suite, afin de laisser à la fille le temps de se remettre de sa relation précédente.
  • Le gars attend trop, ce qui fait que la fille se refait un autre amoureux.
  • Le gars attend que la relation finisse.
  • Répéter ad nauseam pendant 5, 10, 15, 20 ans.

Ce qui nous amène à

GENRE 3: L’amitié de la Friendzone
La friendzone est un terme que les hommes utilisent lorsqu’ils désirent une femme amoureusement et/ou sexuellement, qu’ils le lui ont fait savoir de façon plus ou moins directe, mais que celle-ci ne lui a pas répondu positivement.  Cet homme est justement l’un de ceux qui croient que l’amitié homme-femme est impossible.  Il croit donc que toutes les femmes sont à sa portée, pourvu qu’elle finisse par cesser de refuser de lui donner sa chance.  Il reste donc en retrait dans la zone amie en attendant que la fille change d’idée à son sujet, ne serait-ce qu’à l’usure.

Il ne s’agit donc pas d’amitié véritable de la part du gars.  La preuve, c’est que lorsqu’elle va lui dire « On peut toujours rester amis. »  s’il n’a pas la patience d’aller attendre dans la friendzone, il lui répondra avec amertume et frustration un truc dans le genre de: « Non merci! Des amis, j’en ai déjà! »

GENRE 4: L’amitié congélateur
Tel que décrit dans le billet Être Mis au Congélateur, c’est lorsque le gars constate que la fille est en amour avec lui. Il n’est pas vraiment contre l’idée de sortir avec elle, mais il aimerait quand même trouver mieux qu’elle. Il la garde donc en tant qu’amie tandis qu’il s’essaye ailleurs, et finira par consentir à sortir avec elle en dernier recours s’il ne trouve pas mieux à long terme.

GENRE 5: L’amitié post-charme de la nouveauté
Lorsque deux personnes de sexe opposé se rencontrent, les trois premières semaines sont souvent ambigües. On se demande si on est attiré et/ou attirant pour l’autre. À ce stade-ci, l’attirance est surtout causée par la curiosité, le désir de découvrir l’autre. Voilà pourquoi, généralement, une fois que l’on a eu le temps de bien connaître l’autre, le désir disparaît, ne laissant plus que l’amitié simple.

GENRE 6: L’amitié post-désir
Dès la rencontre, ce fut le coup de foudre, l’attirance mutuelle. Ils sont rapidement passés au lit. À ce moment-là, deux choses peuvent se passer:

  • Ils se rendent compte immédiatement qu’ils ne sont pas compatibles sexuellement.
  • Ou bien: La baise était Ok, mais c’est en apprenant à se connaitre par la suite qu’ils se sont rendus compte qu’ils ne sont pas faits l’un pour l’autre.

Alors s’ils continuent de se fréquenter en amis après ça, c’est qu’il s’agit bien d’amitié post-désir.

GENRE 7: L’amitié post-relation
C’est quand un gars et une fille sont ex. Leur relation a duré juste assez longtemps pour qu’ils se rendent compte qu’ils ne sont pas faits pour former un couple. Ils reviennent donc à la case amitié et n’auront plus jamais le désir de pousser la chose plus loin.

GENRE 8: L’amitié qui sert de limite
Lorsque la fille craint qu’un gars veuille d’elle comme blonde ou amante, elle met tout de suite la limite amitié seulement de façon claire et précise, et le lui fait comprendre souvent de façon plus ou moins subtile dans la conversation. Le gars a donc le choix entre rester ami ou bien cesser de la fréquenter. Dans un cas comme dans l’autre, la fille sera soulagée de ne pas subir cette pression.  Ce qui nous amène à:

GENRE 9: L’amitié désespérée
Il arrive hélas parfois qu’une fille est désespérément amoureuse d’un gars qui ne voudra jamais d’elle. Ça peut être parce qu’il est gai, ça peut être parce qu’il est marié, ça peut être parce qu’il y a trop grande différence d’âge entre eux. Peu importe la raison, le fait demeure qu’ils ne pourront jamais être ensemble. Elle se contente donc d’amitié avec lui parce que c’est mieux que rien, et elle fait tout en son possible pour que leur amitié soit la plus profonde et la plus intime possible. Elle trouve consolation en se disant que l’amour, ça vient et ça part, mais au moins l’amitié c’est pour la vie.

GENRE 10: L’amitié de jeunesse
Ils se sont connus à une époque où l’un, l’autre ou les deux n’avai(en)t pas l’âge de ressentir du désir.  Ce qui fait qu’en grandissant, aucun des deux n’a ressenti d’attrait amoureux et/ou sexuel pour l’autre. Ce n’est pas une décision qu’ils ont pris volontairement. C’est juste arrivé comme ça, tout naturellement.

GENRE 11: L’amitié pseudo-fraternelle
Quand une fille veut tenir à distance un gars de qui elle apprécie l’amitié mais qu’il lui semble évident qu’il voudrait plus que ça, alors elle l’adopte officieusement comme frère. C’est sa façon à elle de lui dire qu’elle trouve l’idée romance et/ou sexe avec lui aussi repoussante que le serait une relation incestueuse.

GENRE 12: L’amitié par obligation environnementale
C’est quand deux personnes de sexe opposés sont obligées de se fréquenter : Voisin, coloc, chum d’une amie, conjointe d’un membre de la famille, collègue de travail, camarade de classe… Ces personnes ne se détesteraient pas nécessairement si l’amitié n’était pas requise pour l’harmonie du milieu. Mais sans cette obligation de se voir, elles se laisseraient totalement indifférentes.

GENRE 13: L’amitié internet
Quand on se lie d’amitié avec une personne de sexe opposé que l’on ne rencontrera jamais à cause de la distance, l’amitié n’a pas le choix d’être platonique

GENRE 14: Les amitiés avec bénéfices
Mauvaises traduction de friends with benefits, on utilise surtout le terme fuck friends pour les décrire. Ceux-ci se divisent en quatre sous-catégories :

  • Catégorie A : Ils se fréquentent en amis, et parfois ils ont du sexe ensemble. Leur amitié est réelle, ce qui signifie qu’ils peuvent passer du temps ensemble en ayant des activités non-sexuelles et tout de même l’apprécier sincèrement. C’est juste que ni l’un ni l’autre ne veulent d’une relation stable officielle.
  • Catégorie B : Ce sont des ex. Ils se sont vite rendus compte qu’à part sexuellement, ils ne sont pas fait pour former un couple. Ils continuent donc de se fréquenter en amis et de coucher ensemble, jusqu’à ce que l’un des deux se trouve un chum/une blonde.
  • Catégorie C : Comme catégorie A ou B, sauf qu’ils couchent ensemble même si l’un, l’autre ou les deux sont en couple avec d’autres.
  • Catégorie D : Il est difficile de parler ici d’une amitié car il est rare que ces gens-là se fréquentent autrement qu’à cause de leur lien de désir sexuel. Généralement, leur statut amical est comparable avec l’amitié par obligation environnementale : Si on enlève ce qui rend leur amitié obligatoire, dans ce cas-ci le sexe, alors l’amitié n’existe plus.

GENRE 15: L’amitié platonique depuis le début sans envie de plus que ça de part ou d’autre.
Ben oui, ça existe. Parce que s’ils sont bons amis proches mais que leur amitié ne tombe dans aucune des catégories précédentes, alors il s’agit automatiquement de celle-ci.

Et le plus ironique, c’est que lorsqu’ils sont vus ensemble en public, ils ont beau ne pas être collés ni se toucher ni faire quoi que ce soit pour faire croire le contraire, il y a toujours quelqu’un pour penser qu’ils sont en couple.  On ne compte plus le nombre de fois où ça nous est arrivé, à ma BFF Stéphanie et moi, depuis qu’on a commencé à se fréquenter en 2002.  Ce qui démontre que la croyance comme quoi l’amitié homme-femme n’existe pas, c’est hélas encore trop répandu.


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Comment naît la culture du viol.

Désolé pour mes lecteurs d’outre-mer mais ce texte contient beaucoup de vocabulaire propre aux québécois.

Lorsque j’étais enfant, mon physique maigre et faible fit que j’étais victime de rejet ou d’intimidation de la part des autres garçons. À cause de ça, dès la maternelle, je me suis toujours senti beaucoup plus à l’aise en compagnie des filles. Avec elles, je n’étais ni en compétition ni méprisé. Ainsi, sans m’en rendre compte, à défaut de faire partie de la confrérie des p’tits gars, j’étais en bonne position pour les regarder agir. Et c’est comme ça que, me rends-je compte aujourd’hui, j’ai vu comment naissait chez les garçons l’attitude qui amène plus tard à la culture du viol.

Je ne sais pas si c’est encore le cas aujourd’hui, mais dans mon temps les filles et les garçons de 5 à 12 ans ne se mélangeaient pas. Ce n’était pas de la faute des filles. Elles n’avaient rien contre les gars. La preuve, c’est qu’elles m’acceptaient dans leur entourage. La source de cette ségrégation, c’était les autres garçons qui, par la même attitude macho qui les poussait à me rejeter, méprisaient également les filles pour leur délicatesse et leur faiblesse. Ils l’exprimaient souvent avec le slogan « ♫ Les filles, les guenilles! ♫ Les gars, les soldats! ♫ ».

Puis, arrive l’adolescence, l’âge où les hormones en éveil poussent les gars à s’intéresser aux filles sur quatre niveaux :

  • Sur le plan social, en désirant leur présence.
  • Sur le plan intellectuel, en désirant établir une communication.
  • Sur le plan émotif, en désirant une relation romantique.
  • Sur le plan sexuel, en désirant avoir des relations sexuelles.

Parmi les gars qui commencent à vivre cette attirance, il y a les nombreux qui ne décrochent pas de leur période petit macho méprisant misogyne de leur enfance. Cette habitude est en eux bien encrée et ils n’ont rien à foutre de développer avec elles une connexion sociale, intellectuelle ou émotionnelle. Si ce n’était de leurs désirs sexuel, ils continueraient certainement de les ignorer. Alors puisqu’il n’y a que le sexe qui les intéresse chez les filles, c’est comme ça qu’ils apprennent à les voir : Comme un produit sexuel qui n’existe que pour répondre à leurs attentes à ce sujet, rien de plus.

Et c’est comme ça que, aux yeux des gars qui entrent dans cette catégorie, la fille n’est rien d’autre qu’une vulve.  Par conséquent, tout ce qu’il a à dire à leur sujet tourne autour de ce thème : Quand il parle des filles et des femmes en général, il ne dit pas les filles ni les femmes. Non, il dit « Les plottes. » D’ailleurs, quand il parle de sa blonde, il dit « Ma plotte! » Il n’aime pas une femme en particulier? Alors c’est une salope et une pute, même si ce qu’il lui reproche n’a rien de sexuel. Elle n’est pas de bonne humeur? Alors elle est en SPM, autre truc relié à son vagin. Lorsqu’une femme revendique ses droits, ou bien qu’elle est patron qui dirige avec une main de fer, alors « C’t’une hostie de mal-baisée qui aurait besoin de se faire mettre. » Elle est féministe? Alors elle est frigide ou lesbienne. Toujours le sexe!

Pour ces gars-là, les femmes se classent en deux catégories : Celle qu’il rabaisse à un sexe qu’il voudrait baiser, ou celle qu’il rabaisse à un sexe qu’il ne voudrait PAS baiser.  Exemple: Maxime Roberge, un animateur de radio du Saguenay, n’aime pas l’artiste Coeur de Pirate.  Est-ce qu’il l’attaque sur sa voix, sa musique, ses gestes ou ses paroles?  Non: Il se contente de la traiter de plotte.

Apparemment, il ne faudrait pas s’en étonner.  Cet article de Cracked explique comment le sexe sous toutes ses formes est l’unique unité de mesure utilisée pour juger la femme dans notre société. Regardez les trois images qui suivent. La première est une photo de Sandra Fluke, à l’époque étudiante en droit à l’université de Georgetown, qui a osé demander au congrès américain d’inclure les contraceptifs dans la liste des médicaments gratuits et/ou remboursables. Voyez comment la caricature éditoriale qui suit la dépeint.

Elle est mince, attrayante, d’apparence soignée, et ses demandes sont raisonnables et pertinentes. Or, parce que c’est une femme, si on est en désaccord avec elle, il faut que ce soit d’abord et avant tout parce qu’elle ne remplit pas son rôle d’objet sexuel. On la transforme donc en grosse laide négligée. On donne ensuite un angle sexuel à ses revendications en la montrant en train d’écrire « Pour passer un bon moment, appelez-moi » sur la porte des toilettes des hommes, histoire d’en faire une salope, voire une pute, ce qui expliquerait pourquoi elle revendique la contraception gratuite. Et voilà, mission accomplie. Une femme n’est qu’un sexe, alors on l’attaque sur son sex-appeal et sa sexualité. Rien d’autre!

Vous allez me dire que puisqu’il s’agissait de contraception, le sujet était tout de même sexuel. Alors laissez-moi vous donner un autre exemple de comportement misogyne, cette fois dans un contexte totalement asexué: Un entrepôt de bouquins.

Il y a quelques jours, dans un groupe de Facebook consacré aux vieux objets de collections, une femme a décidé de faire profiter les gens de la chance qu’elle a d’avoir accès à un entrepôt privé où s’empilent des milliers de vieux livres. Après nous avoir montré quelques photos de l’endroit et de ce que l’on peut y trouver, elle nous a fait une offre : Si l’un des membres de ce groupe cherche une publication en particulier, il n’a qu’à lui écrire, lui envoyer la liste de ce qu’il cherche, et elle verra si elle peut le lui trouver. Aussitôt, un membre masculin est venu et a échangé avec elle la malaisante conversation qui suit :




  • Il veut savoir où se situe l’endroit.
  • Devant son refus de lui dire, il argumente.
  • Il ne respecte pas les limites qu’elle a clairement établi.
  • Il cherche à mettre en doute l’honnêteté de ses intentions. 
  • Il lui demande encore et encore de justifier son refus.
  • Il dit qu’elle a un comportement d’agace. 
  • Et après qu’elle lui ait demandé d’arrêter, après lui avoir exprimé vouloir mettre fin à la conversation, il continue d’insister, ce qui est du harcèlement.  
  • Il lui fait comprendre que s’il insiste, c’est elle qui l’a cherché, c’est de sa faute à elle, elle n’avait qu’à lui donner ce qu’il veut.
  • Et pour finir, il lui fait clairement comprendre que si elle avait été en face de lui plutôt que sur internet, il aurait obtenu d’elle ce qu’il veut.  En cinq minutes.

Si vous êtes une fille ou une femme, ce comportement doit certainement vous rappeler de très mauvaises expériences. Car en effet, quand un homme veut s’inviter chez une femme dans le but d’avoir du sexe, il agit exactement de cette manière. Ce n’est pas le cas ici puisqu’il ne s’agissait que d’un entrepôt et de livres.  N’empêche, c’est le même comportement, la même attitude, les mêmes paroles. 

Mais bon, ça ne devrait pas nous surprendre, de la part d’un gars qui fait la leçon publiquement aux féministes, en leur disant que si une fille se fait harceler de regards insistants sur sa poitrine, c’est qu’elle l’a bien cherché, de la façon dont elle s’habille.

Il y a fort à parier que s’il était confronté au sujet de ce commentaire, il aurait de la difficulté à comprendre pourquoi ce dernier est mal reçu puisque ce n’était pour lui qu’une remarque faite sous le ton de la blague. Car en effet, en général, ceux qui sont coupables d’un tel comportement vont toujours plaider l’innocence, parce qu’à leurs yeux ces paroles sont anodines.

Et n’allez surtout pas qualifier ces hommes de cons.  Vous ne feriez que renforcer cette tendance, puisque con est un autre mot désignant le sexe de la femme.  Le sexe de la femme, utilisé comme insulte.

Comme quoi la misogynie et la culture du viol sont beaucoup plus profondément enracinées dans nos mœurs, nos comportements et nos paroles qu’on pourrait le croire.

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Références:

  • La page Wikipedia de Sandra Fluke.
  • La page Wikipedia sur le Slut Shaming parle justement de l’affaire Sandra Fluke: « Le 29 février 2012, Sandra Fluke qui réclamait alors le remboursement de la contraception par les assurances-santé, avait été traitée de « salope » et comparée à une « prostituée » par Rush Limbaugh lors de son émission. »
  • Il y a même une page Wikipedia au sujet de la controverse Rush Limbaugh / Sandra Fluke.
  • Voir aussi Culture du viol.

Être artiste professionnel, sauf en attitude.

Récemment, l’acteur américain Will Wheaton a raconté comment il a été contacté par le Huffington Post qui voulait republier l’un de ses vieux billets de blog.  Will leur a demandé combien ils comptaient le payer.  Ils ont répondu qu’ils ne le paieraient pas, mais qu’il pourrait profiter de l’énorme publicité que lui rapportera d’être publié sur leur page.  Will les a donc envoyé paitre.

Des histoires comme celles-là, j’en ai vu des dizaines.  J’en ai moi-même vécu une personnellement en 2009.  À ce moment-là, je vendais mes services comme caricaturiste chibi.  Voici un exemple de mon travail :

Puisque c’était facile et rapide à faire, et que ce n’était qu’une image virtuelle, je ne chargeais que $10.00 pour le visage, et $15.00 pour le corps au complet.  J’ai eu l’idée de m’associer avec un site de rencontres en leur faisant une proposition d’affaires: J’offre mes services sur leur site, et en échange je leur verse 15% de mes gains.  Ce qui suit est un résumé des quelques heures qu’ont duré notre négociation:

EUX:  D’accord, on accepte.  On va commencer en te faisant nous-mêmes une commande.  Peux-tu faire un chibi, corps complet, pour chacun des 20 membres du staff?
MOI: Bien sûr!  20 chibis à $15.00, ça fera $300.00.
EUX:  Non! C’est beaucoup trop cher.
MOI: Oh, oui, désolé, j’ai oublié de tenir compte du 15% qui vous revient.  Ça fera donc $255.00.
EUX:  On ne peut pas payer ça.
MOI:  Bon, d’accord, puisque c’est une grosse commande, et que nous allons être collègues, je veux bien vous accorder un rabais. Je vais charger comme si ce n’était que les têtes.  20 chibis à $10.00, ça fera $200.00.  Moins votre 15%, ça fait $170.00.
EUX:  Nous t’offrons plutôt un compte Membre V.I.P. sur notre site pour un an.
MOI: Merci, mais non merci.  Premièrement, je suis heureux en couple, je n’ai donc pas besoin d’être membre d’un site de rencontres.  Ensuite, votre tarif pour un an V.I.P. est de $87.00, ce qui est très loin de mes tarifs qui sont pourtant bas.  Enfin, soyons franc, faire de moi membre V.I.P. ne vous coûtera que quelques minutes et quelques touches de clavier, donc pas un sou.  Mon travail vaut bien plus que ça. Déjà que là, je vous charge presque moitié moins cher qu’à vos membres, je ne peux pas aller plus bas. 
EUX:  Ok, oublie ça!  On va plutôt faire affaire avec un VRAI professionnel. Bonne vie!

Donc, oui, les gens qui tentent de profiter des artistes en les faisant travailler pour rien (et en les insultant lorsque ça ne réussit pas), ça existe. Le Huffington Post et le site de rencontres en sont deux bons exemples. Il est normal de négocier s’il y a divergence entre vos tarifs et leur budget.  Mais travailler pour rien?  L’artiste professionnel va refuser de telles conditions.  Tout travail mérite salaire, et l’art sous toutes ses formes n’est pas une exception.

Hélas, à force de lire ou de vivre de telles histoires, l’artiste a tendance à oublier que les clients potentiels ne sont pas tous des arnaqueurs.  Par conséquent, lorsqu’il est sollicité par un client  pour un travail, il a tout de suite le réflexe de vouloir découvrir si c’en est un, histoire de l’exposer ensuite comme tel.  L’artiste a donc tendance à adopter face au client quatre attitudes totalement non-professionnelles.

ATTITUDE NON-PROFESSIONNELLE No.1: Demander au client combien ça paye.
Imaginez que vous soyez client de McDo, que vous allez au comptoir, et que vous commandez un Trio Big Mac.  Est-ce que la personne à la caisse va vous demander « Et combien comptez-vous me payer pour ça? »  Non, hein!?  Ce ne serait pas très professionnel de sa part.  Ben voilà!  Un vrai professionnel possède sa propre grille de tarifs pour ses produits et services.  Si vous n’en avez pas, comment pouvez-vous prétendre être professionnel? 

ATTITUDE NON-PROFESSIONNELLE No.2: Prendre automatiquement le client pour un profiteur, un malhonnête, un con, et le traiter comme tel dès le départ.
Si le client a besoin de vos services, c’est généralement parce qu’il ne connait rien au travail qu’il vous demande.  Incluant les prix.  Alors ne venez pas vous plaindre s’il vous offre un tarif ridicule, ou « de l’exposition / de la pub gratuite ».  C’est normal! 
Ce n’est pas à lui de savoir ce que votre travail vaut, c’est à vous. Le client n’est ni profiteur ni malhonnête.  Il est juste désemparé parce que vous préférez lui poser une question sur un sujet dont il ignore tout plutôt que de le renseigner. Vous lui demandez de créer lui-même votre salaire, pour ensuite en chialer si celui-ci ne répond pas à vos attentes…  Des attentes que vous ne lui avez jamais communiquées pour commencer.  Comment pouvez-vous agir de la sorte et prétendre être professionnel?

ATTITUDE NON-PROFESSIONNELLE No.3: Faire la leçon au client.
On retrouve sur le net des dizaines de variantes de l’histoire qui suit:

« Un imbécile m’a contacté pour me demander d’être photographe à son mariage.  Quand je lui ai demandé combien il comptait me payer, il m’a dit qu’il ne me paierait pas mais que le mariage comptait pas moins de 200 invités, donc que ça allait me donner beaucoup d’exposition auprès de clients potentiels qui allaient voir la qualité de mon travail. Je lui ai demandé ce qu’il faisait dans la vie.  Il m’a dit qu’il était propriétaire de restaurant.  Je lui ai alors dit que je comptais me marier bientôt et que j’aimerais retenir ses services afin de fournir la nourriture pour mes 200 invités.  J’ai rajouté que je ne pourrai pas le payer mais que ça allait lui donner beaucoup d’exposition auprès de clients potentiels qui allaient voir la qualité de son travail.  L’imbécile m’a dit que ce n’est pas comme ça que ça marche et que de toutes façons il ne peut pas se permettre de travailler pour rien, ni de donner ses produit gratuitement.  Je lui ai répondu EXACTEMENT COMME MOI, IMBÉCILE! »

Excusez-moi, mais…  Est-ce que ça ne serait-ce pas plus simple, plus rapide et beaucoup plus efficace de plutôt répondre ceci :

Bonjour.
Je suis photographe professionnel depuis X années.

J’ai déjà de l’exposition.  La preuve, c’est que sans d’abord me connaître, vous avez appris que j’en suis un.
Comme tous les professionnels, il m’est illégal de faire concurrence à mes collègues en travaillant gratuitement.
Les tarifs standards dans ma profession vont comme suit :
X dollars de l’heure pour prendre les photos.
X heures pour les transférer, choisir, reformater, retoucher.
Voici un contrat standard dans ma profession.
Pour toutes autres questions, n’hésitez pas à me recontacter.
(Document joint: ContratPhoto.docx)

Voilà qui donne au client l’opportunité de comprendre, de changer d’avis et de vous payer pour vos services.  Agir en professionnel afin de se donner la chance d’avoir des contrats payants, ou bien s’assurer de perdre ces contrats potentiels juste pour le plaisir d’insulter autrui. Choisissez selon votre personnalité.  N’empêche que si vous choisissez l’option de l’insulte qui vous ferme automatiquement des portes, comment pouvez-vous prétendre être professionnel?

ATTITUDE NON-PROFESSIONNELLE No.4: Ne pas avoir ses propres contrats.
Des fois, le client est lui-même un professionnel, alors il peut fournir un contrat.  Mais pour les autres, il faut avoir le notre.

Et en passant, parlant de contrat: Avant d’envoyer paître un client qui vous offre de vous payer en « publicité devant vous rapporter des clients », sachez que le Conseil des Créateurs Californiens vient de créer un contrat exactement pour ce genre d’offre.  Ce contrat lie légalement votre client à sa promesse de vous faire de la publicité et de vous rapporter des clients.  S’il ne vous fait pas de pub ou si ça ne vous apporte aucun client, alors il ne respecte pas les termes du contrats.  Vous pouvez donc légalement le poursuivre pour qu’il vous paye.  Vous pouvez vous le télécharger  juste ici!  Inspirez vous-en pour écrire une version adaptée à vos besoins. Parce que si vous n’avez pas de contrat à offrir à vos clients, comment pouvez-vous prétendre être professionnel?

C’est sûr que quand on est un acteur hollywoodien comme Will Wheaton, on peut se permettre de cracher sur un contrat à $210.00 dans une discipline artistique qui n’est pas la notre.  Mais quand on est un artiste qui vit d’accumulations de ce genre de petits contrats, on ne peut pas se permettre d’agir de façon à se fermer des portes.  Si, comme lui, le Huffington Post m’avait proposé de reproduire un de mes billets de blog, je leur aurais envoyé mes tarifs. Comme ça, plus tard, s’ils avaient vraiment voulu de mes textes, ils m’auraient recontactés pour négocier une entente de paiement.  Pareil pour le restaurateur qui se cherche un photographe.   Normal, puisqu’à leurs yeux je serais « celui qui accepte sous certaines conditions » et non pas « celui qui lui a dit NON, qui l’a insulté et qui tente de l’humilier publiquement en salissant sa réputation. »

AJOUT DU 10 MAI 2016:
Et je pratique ce que je prêche:
  Le 25 mars 2016, le magazine montréalais Urbania m’a contacté en demandant ma collaboration gratuite pour un article payant.  J’ai donné mes conditions, ils ont accepté, j’ai écrit l’article, et j’ai été payé.  Tous les détails dans ce billet.  

La convention sociale du « Si tu viens, tu couches! »

Hier, ma conjointe m’a fait lire un article qui peut se résumer ainsi : Voilà quatre ou cinq fois qu’une fille sort dans les bars et en party, qu’elle prend de l’alcool, qu’elle accepte de finir la soirée en compagnie d’un gars qu’elle ne connait qu’à peine, et qu’elle est victime d’agression sexuelle, ou du moins d’une tentative de, alors qu’elle voulait juste finir la soirée avec le gars de façon platonique. Ce n’est pas la première fois que Le Détesteur écrit sur le sujet.  Il y a un autre article ici et un autre qui sont différents mais qui restent sur ce même thème.

Pourquoi est-ce que je vous en parle aujourd’hui?  Je vous rassure tout de suite, je ne vais ni défendre l’un ni responsabiliser l’autre sur ces gestes.  Je vais plutôt parler de ce qui semble être une convention sociale, celle qui est à l’origine de ces agressions.  C’est la règle non-écrite du : Si tu viens, tu couches!  Et la meilleure, c’est que j’en ai déjà parlé sur ce blog, au fil des années, dans quatre billets différents, sans même m’en rendre compte.

D’abord un rappel pour les lecteurs de longue date et une précision pour les nouveaux: Dès que j’ai eu l’âge légal, j’ai rapidement compris que je ne serais jamais le genre de gars qui sort dans les bars pour draguer.  La musique trop forte qui empêche de se parler, cette même musique qui fait que tu finis la soirée avec les oreilles désagréablement engourdies, l’alcool que je ne consomme que par obligation sociale et non par plaisir, l’odeur horrible de la cigarette car à l’époque on pouvait fumer à l’intérieur, tout ça explique pourquoi je ne fais pas partie de la culture de la drague des bars.  Rajoutons à ça que, ado et jeune adulte, je cherchais à plaire aux filles en ne répétant pas moi-même les comportement qu’elles détestent chez les hommes, soit l’insistance en général, sexuelle en particulier.  Enfin, le trois quart de mon excitation sexuelle provient du fait que la fille me désire.  Alors même si une fille me dit oui mais reste passive, je perd intérêt avant même que l’acte soit consommé. 

Hey, il m’est même arrivé à deux reprises de me retrouver en situation dans laquelle la fille a changé d’idée à la dernière minute.  J’ai juste dit « Ah?  Ok, pas de problème, je comprends!  Sens-toi à l’aise.  Je te laisse le lit, je dormirai au salon. »  C’est sûr que comme tout le monde, je ressens de la déception de ne pas recevoir quelque chose que l’on m’a fait miroiter et qui me faisait envie, que ce soit sexuel ou autre.  Mais bon, ce n’était pas ma première occasion de coucher avec une fille et ce ne serait certainement pas la dernière, alors y’avait pas de quoi en faire un drame. 

Et puis, j’ai aussi mon orgueil, et celui-ci préfère la réputation de respectueux, à celui de violeur.  Sans compter que j’ai toujours eu beaucoup plus d’amis filles et femmes que d’hommes.  J’ai donc passé ma vie à les voir comme mes égales et non comme des vide-poche qui ne nous intéressent que le temps de se la faire.

Bref, tout ça pour vous dire qu’il existe des hommes qui n’ont jamais eu et n’auront jamais la personnalité du prédateur sexuel.  Et pourtant, j’avais une libido à tout casser.  Comme quoi ça n’empêche nullement la capacité de se contrôler si on y met de la bonne volonté.

Donc, passons au sujet (et au titre) de ce billet: La convention sociale du Si tu viens, tu couches!  Voici quatre résumés de billets que j’ai déjà écrit sur ce blog:

Daniella:  Une fille que je n’ai pas vu depuis plus d’un an m’appelle à 23:00 et m’invite à passer la nuit chez elle, et elle me précise « en ami ».  J’y vais!  On jase, on se couche, mais pour l’heure qui suit, je reste totalement sourd et aveugle à tous les signes qu’elle me lance comme quoi finalement elle veut plus que ça.  Normal que je ne pige pas ses avances, elle m’a dit en ami avant que j’arrive.  Irritée, elle finit par me dire: « Pourquoi penses-tu que je t’ai fait venir ici? »  (Lire l’histoire complète.)

Isabelle: Une collègue de travail est en couple mais me taquine souvent comme quoi elle me trouve de son goût.  On devient amis.  Un jour, je l’invite à diner.  Elle accepte.  Elle me fait comprendre qu’elle n’a aucun problème avec l’idée de tromper son conjoint.  Devant ma déception de voir qu’elle n’était pas la personne que je croyais, je mets fin à notre rendez-vous.  Désemparée, elle me demande: « Mais pourquoi est-ce que tu m’as demandé de venir ici, d’abord? » (Lire l’histoire complète.)

Océane: Une camarade de classe du cégep, elle aussi en couple.  Je lui demande de passer chez moi afin de m’amener des notes de cours.  Elle arrive, un peu saoule.  Elle me passe le message comme quoi j’ai des chances avec elle, et elle s’offre à moi passivement. Là encore, refusant de rendre cocu un pauvre gars que je ne connais pas, et refusant encore plus de profiter d’une fille sous l’effet de l’alcool, je lui demande de remettre son manteau en lui disant que je vais l’accompagner à l’arrêt de bus.  Aussi surprise que frustrée, elle me lance: « Pourquoi est-ce que tu m’as fait venir ici, au juste? » (Lire l’histoire complète.)

Geneviève: Nous sommes camarades de classe au cégep, et amis qui se voient en dehors de l’école.  Arrive une fin de semaine où elle n’a rien à faire.  Puisque je la passe chez mes parents à St-Hyacinthe, je l’invite à m’accompagner.  Elle accepte.   On couche dans le même lit, et je n’ai aucune idée derrière la tête.  Elle m’offre sa virginité.  Après l’acte, alors que je lui confie que jamais je ne me serais attendu à ce qu’elle me fasse un tel cadeau, elle répond: « Ben là? C’est pas ce que tu voulais? Pourquoi tu m’as invité à passer la fin de semaine avec toi, d’abord? »  (Lire l’anecdote complète.)

Ce n’est que par hasard, en relisant ces quatre billets, que je me suis rendu compte que ces quatre filles qui ne se connaissent pas m’ont exprimé la même chose: Dans leurs têtes, inviter seul(e), chez soi, une personne du sexe opposé, c’est une invitation au sexe.  Et accepter cette invitation, c’est dire oui au sexe. 

C’est là que je me suis mis à repenser à toutes ces histoires que j’avais entendues tout le long de ma vie, histoires récitées par des femmes, et qui se concluaient toujours de la même façon: Dès qu’un gars et une fille se retrouvent seuls chez l’un ou chez l’autre, le gars voit ça automatiquement comme une promesse de baise.  Et gare à la fille qui ne pense pas la même chose, car ils sont rares les gars qui le prennent bien.  Généralement, c’est plutôt, selon le cas:

  • Le gars l’accepte, mais exprime qu’il est déçu.
  • Le gars exprime de façon sarcastiquement négative qu’il est déçu, genre « Ouain, avoir su que je perdrais mon temps… »
  • Sans être menaçant, il insiste et insiste et insiste et insiste.
  • Il lance un long débat philosophique dans le but de te faire changer d’idée en enlignant les « Mais pourquoi? », et les « Mais pourtant, tu… ».
  • Le gars (s’il est chez la fille), reste calme, poli, non menaçant, mais il lui dit tout de même: « Désolé mais moi, j’sors pas d’ici tant qu’il ne s’est pas passé quelque chose. » comme si c’était une loi que lui-même n’avait autre choix que de suivre.
  • Le gars (chez lui) frustre et dit à la fille de partir.
  • Le gars entre dans une colère noire.
  • Le gars va carrément la forcer physiquement.
  • Ou bien le gars feint d’accepter qu’il ne se passe rien.  Mais dès que la fille est endormie, il en profite.

Et c’est là que, en repensant à tout ça, j’ai compris qu’existait cette convention sociale non-écrite-et-non-dite comme quoi  Si tu viens, tu couches!  Océane, Isabelle et Geneviève connaissaient d’instinct cette règle, et en venant chez moi, elles acceptaient de s’y conformer.  Daniella, même truc de manière inverse: Elle connaissait cette règle lorsqu’elle m’a invité chez elle.  Et en voyant que j’acceptais d’y aller, elle a cru que j’acceptais de m’y conformer.  Voilà pourquoi elles étaient désemparées de mon manque de réaction: Parce que moi aussi, j’aurais été supposée la connaitre, cette convention sociale.  SURTOUT EN TANT QU’HOMME, puisque c’en est une que les hommes ont toujours imposé d’instinct aux filles et aux femmes.

Constater ceci m’a permis de comprendre rétroactivement certaines autres expériences avec…:

Vanessa: Après une sortie entre amis d’où elle est ressortie trop saoule pour conduire, j’ai insisté pour prendre le volant.  Elle a refusé de m’indiquer le chemin pour se rendre chez elle et, à son insistance, nous sommes plutôt allés chez moi.  J’ai toujours ressenti un malaise à l’idée de profiter d’une fille trop saoule pour savoir ce qu’elle faisait. Mais voilà, elle n’était ni comateuse ni passive, elle me draguait directement avec insistance. Voyant que logiquement ça ne pouvait pas être un viol de ma part, j’ai fini par céder.  Au moment de passer à l’acte, elle m’a dit sur un ton moqueur: « Heille, tout l’monde sait que quand un gars invite une fille saoule chez lui, c’est dans le but de la sauter.  Essaye pas de dire le contraire!  »  (Pour lire l’article complet.)

Rosemarie: Collègue de travail qui commence par me demander de l’accompagner jusque devant chez elle en bus car elle a peur des transports en commun le soir.  Rendu là, elle me dit que le prochain bus est dans quarante minutes, alors aussi bien l’attendre chez elle.  Rendu là, elle se met en déshabillé, me sert à boire et me dit: « Ne pense pas que je vais te laisser repartir ce soir si tu a accepté de m’accompagner jusqu’ici. »  C’est direct, chose que j’apprécie d’habitude.  N’empêche que j’avais la désagréable impression d’avoir été piégé.

Camélia: Amie du cégep.  Il y avait attirance réciproque mais rien n’était sûr. Elle me fait le coup du « J’ai raté mon dernier bus, est-ce que je pourrais coucher chez toi? ».  Elle me dit qu’elle n’est pas à l’aise avec l’idée de partager le lit avec moi.  Pas de problème, je m’installe par terre.  Un quart d’heure après l’éteinte des lumières, elle change d’idée et m’invite à la rejoindre.  Deux minutes plus tard, elle m’embrasse passionnément et m’arrache mon caleçon.  Surprise passée, je passe à l’acte.  Elle m’avouera le lendemain qu’elle s’attendait à ce que je la prenne de force. (On ne peut pas s’appeler Requin sans donner cette impression, apparemment.)  Donc, dans sa tête, en s’invitant chez moi, elle me passait le message comme quoi c’était exactement ce qu’elle voulait de moi. Voilà pourquoi elle a commencé par m’opposer une résistance de principe, en disant ne pas être à l’aise de partager le lit avec moi.  Elle s’attendait d’abord à ce que j’essaye de la convaincre de me laisser dormir à ses côtés, et ensuite, une fois couchés, que je tente ma chance sexuellement.  Surprise de voir qu’au contraire je respectais ses limites sans discuter, elle a bien été obligée de prendre l’initiative.

Bref, ce sont trois autres exemples de femmes et filles qui connaissaient, qui acceptaient et qui utilisaient la convention sociale du Si tu viens, tu couches.

« Es-tu gay? » 
Des sept filles mentionnées ici, Isabelle, Océane et Geneviève me l’ont posée toutes les trois, cette question.  C’est dire à quel point elles avaient de la difficulté à croire qu’un homme puisse respecter leurs limites sans discuter.  Ce n’est pas comme si partager un lit platoniquement avec une fille était quelque chose hors du commun pour moi.  J’ai accompagné plusieurs fois en voyage mon amie, la photographe Isabelle Stephen (Qui n’est pas l’autre Isabelle mentionnée plus haut) Par soucis économique, on a toujours pris une chambre d’hôtel à un seul lit que nous avons toujours partagé sans autre but que d’y dormir.  Pareil avec ma BFF Stéphanie.  La seule raison pourquoi on ne referais plus ça maintenant, c’est que ça fait quelques années que j’ai commencé à ronfler.

À ce point-ci, vous vous demandez peut-être: « Et ça ne t’es jamais arrivé, de penser d’avance que si la fille vient chez toi, c’est comme si elle acceptait de baiser avec toi? »  Oui, bien sûr que ça m’est arrivé, avec quelques filles.  Sauf que ces filles-là, j’avais déjà couché avec elles par le passé.  J’espérais donc que ça se reproduise.  Mais voilà, l’avoir déjà fait une fois n’était pas pour autant une garantie qu’il y aurait une suite.  Il y en a avec qui ce fut oui, et d’autres non.  Pour ces dernières, je ne vous cacherai pas que j’étais déçu.  Mais jamais je ne leur ai fait voir de quelque façon que ce soit, ni en insistant, ni en faisant la gueule.  Ce n’est pas parce qu’une fille te laisse le droit de passage entre ses cuisses une fois que ça signifie qu’elle t’a remis des billets de saison. 

Ou plus clairement: Il n’y a pas de mal à espérer et se faire des attentes. Par contre, harceler et/ou frustrer contre celles qui n’y répondent pas positivement, alors ça, non!

J’en reviens à la fille dont je parle au début, qui accepte sans cesse des invitation chez des inconnus, pour être ensuite surprise d’être sollicitée sexuellement à chaque coup.  Rassurez-vous, mon but en écrivant ce billet n’est pas de la blâmer sur le fait qu’elle ignore la convention sociale du si tu viens, tu couches.  Ce serait très hypocrite de ma part puisque moi-même, ce n’est qu’à l’âge de 45 ans que j’ai fini par découvrir qu’elle existait, cette règle non-écrite-et-non-dite. 

En fait, mon but, c’est d’abord de signaler à ceux qui l’ignoreraient que cette règle existe, et ensuite de dire qu’elle ne devrait pas exister.  

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Y’A LIENS LÀ: 

Les articles du Détesteur, mentionnés plus haut.
« Ne me fais pas sentir comme si j’étais un violeur, tu l’sais que c’est pas ça! »
« Une fille en boisson, si c’est pas là pour fourrer, c’est mieux de s’en aller. »
« Je pense que je me suis faite violer, mais je ne suis pas sûre. »

Mes propres articles mentionnés plus haut, où je ne m’étais pas rendu compte que la fille s’attendait à du sexe de ma part.
Daniella, « amie seulement »
Isabelle l’infidèle
Océane.
Geneviève la coloc de l’enfer
Vanessa, qui plus est, était lesbienne

Et sur le même thème
La résistance de principe, et la nécessité de la respecter.
Elle a dit OUI par peur des conséquences de dire NON.


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Je me méfie de ceux qui me disent…

Je me méfie de ceux qui me disent avoir l’esprit ouvert, être respectueux et tolérants. L’expérience m’a appris que ces gens sont souvent intolérants et irrespectueux envers tous ceux qu’ils jugent ne pas être aussi ouvert d’esprit qu’eux.

Je me méfie de ceux qui me disent détenir la vérité sur une personne ou sur un sujet. L’expérience m’a appris que cette vérité est plus souvent une opinion qu’un fait.

Je me méfie de ceux qui me disent des phrases préconçues, des formules toutes faites, des proverbes et des citations. L’expérience m’a appris que ces gens ont tellement peur d’exprimer leurs propres opinions qu’ils préfèrent se cacher derrière celles des autres. Ça leur donne un semblant de crédibilité, puisqu’ils démontrent ne pas être les seule à le penser.  Et ça leur permet de se laver les mains de toute responsabilité s’ils font erreur, puisque cette opinion ne vient pas d’eux.

Je me méfie de ceux qui me disent avoir des principes ou un code de conduite. L’expérience m’a appris que tout ce que ça démontre, c’est que s’ils ont besoin de suivre ce code, c’est parce que leur véritable personnalité est le contraire de ces principes et de cette conduite. Or, personne ne peut se refouler éternellement. La preuve: Au premier signe de frustration, ils vont ou bien se montrer sous leur vrai jour en bafouant ce code et ces principes plus souvent que ceux qui n’en ont supposément pas, ou bien utiliser ce code et ces principes à la lettre de façon à te contrarier, t’insulter, te créer des obstacles.

Je me méfie de ceux qui me disent que je n’ai pas à me faire de soucis avec eux, car eux m’acceptent et me tolèrent tel que je suis. L’expérience m’a appris que ça signifie qu’ils pensent (ou pire encore: essayent de me convaincre) qu’il y a quelque chose en moi qui devrait me rendre inacceptable et intolérable aux yeux de la population générale.

Je me méfie de ceux qui me disent que je dois toujours assumer mes faits, gestes et paroles. L’expérience m’a appris que si on ose leur faire la moindre remarque au sujet de leurs propres faits, gestes et paroles, ils entrent dans un état de colère, de frustration et de déni infini, car ils sont eux-mêmes incapables de les assumer.

Je me méfie de ceux qui me disent des choses vagues en appelant ça de la subtilité. L’expérience m’a appris que la subtilité est l’art d’essayer de se faire passer pour plus brillant que son interlocuteur en lui disant des choses de façon délibérément floues, soit parce qu’on est trop lâche pour être capable de s’exprimer clairement, soit parce qu’on cherche à faire passer l’autre pour un cave.

Je me méfie de ceux qui me disent spontanément qu’ils sont fidèles, sans que je leur ais posé de questions à ce sujet. L’expérience m’a appris que cette personne va immanquablement tromper son/sa conjoint(e) (ou du moins essayer) dans les trois mois qui vont suivre cette déclaration.

Je me méfie de ceux qui me disent à répétition à quel point je peux leur faire confiance. L’expérience m’a appris que s’ils craignent à ce point là que l’on puisse s’en méfier, c’est parce qu’il y a de bonnes raisons.

Je me méfie de ceux qui me disent être cultivés, ne s’intéresser qu’à tout ce qui est classique et lever le nez sur tout ce qui est actuel ou à la mode. L’expérience m’a appris qu’ils tentent de cacher leur incapacité de s’adapter aux temps qui changent sans cesse, en snobant la majorité qui, eux, y arrivent très bien.  Pour une personne ayant cette incapacité, le passé représente la sécurité, puisque celui-ci ne change pas.

Je me méfie de ceux qui me disent être les seuls qui m’apprécient. L’expérience m’a appris que ces gens veulent juste nous isoler des autres afin de nous abuser sans que personne puisse nous le faire constater.

Je me méfie de ceux qui me disent être sans cesse persécutés par les autres, entourés de gens qui ne cherchent qu’à leur nuire, aussi bien voisins que collègues de travail que camarades de classe. L’expérience m’a appris qu’il suffit de fréquenter ces gens durant quelques semaines pour comprendre pourquoi tout le monde les détestent.

Je me méfie de ceux qui me disent des tonnes de compliments et à quel point ils m’admirent, m’apprécient et sont attirés par moi alors qu’on se connaît à peine. L’expérience m’a appris qu’il suffit de ne pas répondre positivement à leurs avances pour que leur amour devienne haine, leur attirance devienne dégoût et leurs compliments deviennent insultes.

Je me méfie de ceux qui me disent que la jalousie, ou tout autre défaut de comportement qu’ils ont, sont des agissements tout à fait normaux. L’expérience m’a appris qu’il sont incapables de faire face à leurs propres travers, donc que la seule façon pour eux de dealer avec ce qu’ils sont, c’est de colporter l’idée erronée que tout le monde est (ou devrait être) aussi pire qu’eux.

Je me méfie de ceux qui me disent la vérité, toute la vérité, rien que la vérité. L’expérience m’a appris que l’excuse de ne dire rien d’autre que la vérité est trop souvent utilisée afin de manquer de délicatesse et de politesse, de façon à se justifier pour insulter les autres, tout en tentant de les empêcher de protester.

Je me méfie de ceux qui me disent que ce n’est pas eux, ça, de mal agir comme ils viennent de le faire. L’expérience m’a appris qu’au contraire non seulement c’est eux puisqu’ils le font, mais qu’en plus ce sont des irresponsables puisqu’ils le nient, et qu’ils vont recommencer car ils préfèrent nier leurs problèmes de comportement plutôt que d’y faire face et de travailler dessus.

Bref, Je me méfie de ceux qui me disent ce que je dois penser plutôt que de me laisser me faire ma propre opinion, que ce soit sur les choses, sur eux, sur les autres ou sur moi-même.

Oui, je sais, ma dernière phrase peut aussi signifier que je ne vaux pas nécessairement mieux que ceux de qui je dit me méfier. C’est ça l’idée: Toujours réfléchir avant d’écouter ce que disent les autres, qui qu’ils soient.

Regarder derrière soi pour mieux aller de l’avant

Dans ta vie, il vient des moments dans lesquels continuer d’avancer devient trop pénible. Dans ce temps-là, les gens qui t’entourent te disent que tu ne dois surtout pas t’arrêter et encore moins regarder derrière toi. Eh bien moi, au contraire, je te dis: Arrête-toi un instant, retourne-toi, et prends le temps de contempler le chemin que tu as parcouru jusqu’à maintenant. Je te garantis que ta première impression sera la surprise de voir que tu as pu traverser tout ça. N’oublie jamais qu’avant d’être derrière toi, ce chemin a d’abord été devant toi. Inspire-toi de ce fait et réalise que si tu as eu la force de passer à travers ce parcours, c’est que tu as en toi celle requise pour affronter celui qui s’en vient. Fier de tes accomplissements, confiants de tes capacités, tu peux maintenant reprendre la route.

Ce texte m’est venu en tête alors que je l’ai vécu littéralement il y a quatre ans et demi. À l’époque, je m’entrainais à la course à pied car je planifiais participer au marathon de Montréal l’année suivante.  Nous étions au lendemain d’une tempête de neige dont les accumulations encore non-déblayées m’empêchaient de courir. J’ai donc décidé de marcher à allure forcée dans la neige qui, selon l’endroit, m’arrivait au mi-tibia ou à la mi-cuisse.  Ça renforce les muscles et brûle les calories, ce n’est donc pas du temps perdu. C’est en arrêtant, à bout de souffle et bien à contre-coeur, que ça m’est venu en tête. Comme la majorité des réflexions qui me viennent lors de mon entrainement, j’ai réalisé que ça pouvait s’appliquer à plusieurs différents aspects de la vie.

C’est à toi de choisir

Rien n’est tout noir, rien n’est tout blanc.  Il y a des bons et des mauvais côtés à tout.  Et c’est la raison pour laquelle deux opinions peuvent être totalement différentes sur un même sujet, et pourtant dire toutes les deux la vérité.  Une fois que l’on prend connaissance de ce fait, c’est là que l’on réalise à quel point un succès ou un échec dépend principalement de soi-même.  Parce que la seule et unique chose qui décide si tu mérites ou non de réussir, c’est ta volonté d’y mettre les efforts pour y arriver.  Ainsi…

Si tu crois que tu mérites mieux que ton sort actuel, alors tu as raison!
Si tu crois que tu ne mérites pas mieux que ton sort actuel, alors tu as raison!
Maintenant, choisis!

Si tu crois qu’il vaut mieux prendre le risque, quitte à se tromper, alors tu as raison!
Si tu crois qu’il vaut mieux s’abstenir que d’essuyer un échec, alors tu as raison!
Maintenant, choisis!

Si tu crois qu’il vaut mieux foncer qu’être trop prudent, alors tu as raison!
Si tu crois qu’il vaut mieux être trop prudent que de foncer, alors tu as raison!
Maintenant, choisis!

Si tu utilises ton intelligence et ta logique pour prouver que c’est possible, alors tu as raison!
Si tu utilises ton intelligence et ta logique pour prouver que c’est impossible, alors tu as raison!
Maintenant, choisis!

Si tu crois qu’il vaut mieux exprimer ses désirs, alors tu as raison!
Si tu crois qu’il vaut mieux espérer en silence, alors tu as raison!
Maintenant, choisis!

Si tu crois qu’il faut prendre, alors tu as raison!
Si tu crois qu’il faut demander, alors tu as raison!
Maintenant, choisis!

Si tu préfères y aller, alors tu as raison !
Si tu préfères attendre, alors tu as raison !
Maintenant, choisis !

Si tu crois que tu seras admiré, alors tu as raison!
Si tu crois que tu seras ridicule, alors tu as raison!
Maintenant, choisis!

Si tu crois aux paroles qui vont t’aider à avancer, alors tu as raison!
Si tu n’y crois pas et démontre pourquoi ça ne peut pas t’aider à avancer, alors tu as raison!
Maintenant, choisis !

Si tu crois que tu peux, alors tu as raison!
Si tu crois que tu en est incapable, alors tu as raison!
Maintenant, choisis!

Si tu penses que ça vaut la peine, alors tu as raison!
Si tu penses que ça ne vaut pas la peine, alors tu as raison!
Maintenant, choisis!

Si tu crois que tu seras apprécié, alors tu as raison!
Si tu crois que tu seras détesté, alors tu as raison!
Maintenant, choisis!

Si tu sais que tu es un winner, alors tu as raison!
Si tu sais que tu es un loser, alors tu as raison!
MAINTENANT, CHOISIS !

Lorsque l’on désire quelque chose, il ne faut pas se contenter de le vouloir.  Il faut agir.  Et si essayer ne garantit pas notre réussite, ne pas essayer garantit notre échec.