Harceler le harcèlement.

Lorsque je manque d’inspiration, il arrive que je pige dans de vieux textes qui, de toute façon, se seraient retrouvés sur ce blog, s’il avait existé.  Celui-ci date d’ailleurs de mars 2009, soit d’un mois avant la création de Mes Prétentions de Sagesse.
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Ce qui suit est un courriel que j’ai envoyé à l’administrateur d’une mailing liste créée pour l’équipe de soccer de la prestigieuse University of Cambridge, England. Je l’ai traduite en français pour votre convenance.

Bonsoir.

Depuis les six dernières années, je reçois régulièrement les courriels de la mailing list de l’équipe de soccer de l’Université de Cambridge.  Le problème, c’est que je suis de Montréal.  Je ne suis jamais allé à Cambridge, ni n’y ai-je joué au soccer.

Depuis les six dernières années, j’ai essayé de m’y désabonner en vous écrivant.  Et à chaque fois, j’ai reçu ce qui, apparemment, passe chez vous comme étant du service à la clientèle, soit une note disant: « Pour vous désabonner, veuillez aller sur (adresse) et annulez votre abonnement. »

Depuis les six dernières années, j’ai essayé de m’y désabonner de la façon dont vous me suggérez, et j’ai échoué.  Normal; je ne connais pas le mot de passe utilisé par celui qui m’y a abonné. 

Depuis les six dernières années, j’ai essayé de récupérer le mot de passe, en suivant précautionneusement les instructions données sur votre page dans ce but.  Là aussi j’ai échoué, je ne l’ai jamais reçu.

Depuis les six dernières années, j’ai essayé la solution alternative qui est de cliquer sur « Marquer comme courriel indésirable » lorsque je recevais vos messages.   Ça a filtré peut-être le 1/3 des envois.  Je continue de recevoir les autres.   

Et oui, par la suite, à chaque fois que j’ai demandé en vain de recevoir le mot de passe pour me désabonner, j’ai aussi vérifié mon dossier « Courriel indésirable ».  Je ne suis pas idiot, malgré le fait que je ne suis jamais allé à Cambridge.

Depuis les six dernières années, j’ai été patient.  Mais puisque je vous ai demandé une bonne dizaine de fois de me désabonner et que vous ne l’avez toujours pas fait, ça commence sérieusement à devenir du harcèlement

Aussi, je vous demande encore une fois, s’il vous plaît, veuillez trouver le temps d’enlever mon nom de votre liste d’envoi.  Je suis sûr que ça vous prendra beaucoup moins d’efforts que j’ai eu à y mettre, en vain, depuis les six dernières années.

Bien à vous.

Steve R.

Exactement quatre minutes plus tard, j’ai reçu cette réponse:
Bonjour Steve,

Je n’ai aucune idée comment votre adresse a pu se retrouver sur notre liste d’envoi.  Je ne comprends pas plus comment le procédé pour vous désabonner n’a pas fonctionné pour vous, puisque ça a bien marché pour les autres depuis le temps où j’occupe ce poste.  Je vais immédiatement vous en retirer moi-même.

Robin Brown,
Cambridge University

Quelques minutes plus tard, j’ai reçu un second courriel disant « Vous avez été désabonné de la mailing liste de l’équipe de soccer de l’University of Cambridge ».  J’ai émis un soupir de soulagement.  Enfin, après six ans, c’était terminé.  Et aujourd’hui, sept ans après ce désabonnement, je n’en ai plus jamais reçu un seul.

Il y en a qui vont dire que de nos jours, avec l’amélioration des systèmes de filtres de pourriels, le problème eut été réglé.  Possible, mais d’abord ce n’est pas garanti, et ensuite là n’est pas le sujet.  C’est plutôt ceci:

Lorsque confronté à des expériences négatives, les gens peuvent réagir de quatre façons:

  • Il y a ceux qui souffrent en silence.  ceux-là s’assurent que les abus n’arrêteront jamais
  • Il y a ceux qui vont se contenter de se plaindre, sans jamais rien faire d’autre pour que ça arrête.
  • Il y a ceux qui vont se contenter d’essayer UNE fois, de manière à pouvoir chialer avec conscience tranquille comme quoi ils ont essayé et ça n’a rien donné.
  • Et il y a ceux qui vont faire ce qu’il faut faire, qui vont prendre le temps que ça prend, pour s’assurer que la situation prenne fin.

Je suis fier de pouvoir affirmer que je fais partie de cette dernière catégorie.  Il ne s’agit pas d’acharnement aveugle dans lequel je me bats pour le plaisir de me battre.  J’ai la force de caractère d’accepter ce que je ne peux changer, le courage de changer les choses que je peux, et la sagesse d’en connaitre la différence.  Lorsque l’on vit une situation inacceptable, dès que l’on reconnaît qu’elle peut être changée, alors il ne faut jamais lâcher prise.  Travaille dessus!  Parles-en!  Dénonce-là! Bats-toi!  Parce que, comme le prouve mes échanges avec Cambridge, même si tu ne rencontres qu’indifférence au début, tu finiras bien à les avoir par l’usure.  Ironiquement, ça peut être vu comme du harcèlement.  Mais lorsque c’est toi qui a raison, lorsque c’est toi qui subit une situation inacceptable, ça ne pourra jamais être vu légalement comme tel. 

Ainsi, non seulement réussiras-tu à mettre fin à la situation, tu deviendras un exemple pour ceux qui ont maille à partir avec leurs propres situations inacceptables personnelles, que ce soit au niveau financier, légal, sexuel, ou même quelque chose d’aussi anodin que de se retrouver abonné contre son gré à une liste de courriel non-sollicitée.  Parce que peu importe sous quel angle on retourne la situation, il reste que si elle a cessée, c’est parce que je l’ai dénoncée.  

Parce que le plus grand complice de ce qui abuse de toi, c’est ton propre silence.

Les vieilles habitudes ont la vie dure, surtout lorsqu’elles sont mauvaises.

Ce qui suit est au sujet de l’entrainement, mais peut aussi s’appliquer à différents aspects de la vie quotidienne dans lesquels certaines gens ont plus de succès que d’autres.

Ça a commencé ce matin, lorsque j’ai vu cette BD sur la page Facebook des fans de John Burk, un ex-soldat devenu entraîneur et motivateur.

(Source véritable (en Anglais et Espagnol) : JagoDibuja.Com)

Étant moi-même en entrainement de façon plus ou moins régulière depuis 2008, j’ai vu tout de suite quatre choses qui démolissent la crédibilité de cette BD.  

  1. Alors comme ça, l’entrainement physique donne un nez plus petit, des yeux plus sensuels, un corps plus grand, de plus gros seins et des cheveux plus longs?  Bullshit!  Ce n’est pas comme ça que ça fonctionne.
  2. Nutritionnistes et entraîneurs m’ont toujours dit qu’il faut manger dans l’heure qui suit le lever, et qu’il ne faut jamais s’entraîner avec un estomac vide.  La fille athlétique, que l’on voit courir ici à 5:30 du matin n’est pas apparue spontanément sur la piste de course.  Elle est levée depuis au moins une demi-heure, à 5:00.  Alors lorsqu’elle a pris son petit (dans tous les sens du terme) déjeuner à 8:00, ça signifie qu’elle a eu son premier repas trois heures après s’être levée.  Et elle s’est entraînée à fond pendant au moins deux de ces trois heures.  Or, affamer le corps tout en brûlant des calories, ça pousse le corps à se croire en période de famine, ce qui lui fait stocker sous forme de graisse tout ce qu’il avale par la suite.  Voilà pourquoi les lutteurs sumo s’entraînent à-jeun dès le lever, et ne mangent que cinq heures plus tard.  
  3. Mieux encore: Elle fait des redressements-assis?  Non seulement ça ne fait rien du tout pour améliorer la forme, c’est même néfaste.
  4. Cette BD tente de nous manipuler en remplissant ses images de symboles subtils dans le but de lancer des messages à notre subconscient.  

« En conclusion, » me suis-je dit, « cette BD manipulatrice qui nous prend pour des imbéciles est une pure merde qui se base sur des arguments fallacieux et illogiques afin de nous faire croire à des résultats irréalistes et mensongers. »

… Mais voilà, je suis bien placé pour savoir que oui, avoir la discipline de se lever tôt, bien manger et s’exercer, ça rend en forme et donne un physique agréable.  Alors peu importe ce que j’ai à dire contre cette BD, il reste qu’elle dit vrai.

Et c’est là que je me suis souvenu d’un truc, en tant que moi-même bédéiste.  Tout d’abord, dans les bandes dessinées, nous ne disposons que d’un espace limité.  Il faut donc y passer notre message de la façon la plus directe, afin qu’elle soit la plus efficace possible.  Voilà pourquoi il faut utiliser des symboles.  Ce qui symbolise le mieux l’exercice extérieur, que tout le monde peut faire, sans matériel d’entrainement?  La course à pieds.  Et ce qui symbolise le mieux l’exercice intérieur, que tout le monde peut faire, sans matériel d’entrainement?  L’exercice qui travaille au niveau du ventre, donc qui symbolise la minceur?  Les redressements-assis.  

Dans le même ordre d’idées, au sujet de la nutrition, le but était de comparer la qualité et la quantité de leurs déjeuners respectifs.  Ceci s’obtient par effet de symétrie, en les mettant l’un à la suite de l’autre.  C’est sûr que la BD aurait pu montrer l’athlète déjeuner à 5:00 tandis que l’épicurienne dort, et ensuite montrer l’épicurienne qui déjeune tandis que l’athlète s’entraîne encore.  Hélas, montrer leurs deux routines dans l’ordre chronologique aurait saboté l’effet comparatif recherché.

Quant à ma réflexion au sujet des points de l’apparence physique qui ne peuvent pas être embellis par l’entrainement, tels les gros seins (qui, au contraire, rapetissent à l’entrainement), le nez, les yeux les cheveux et la grandeur, j’avais juste oublié une leçon que j’ai moi-même donné dans un billet précédent: À partir du moment où tu as un corps athlétique, les gens te trouvent attrayant.  Le jeune Arnold Schwarzenegger des années 70, 80 et 90 en était le parfait exemple.  Même avec sa tronche de gorille, des millions de femmes le trouvaient beau, le croiriez vous?  

Mais ici, il ne s’agit pas de photos.  Ce sont des dessins.  Et comme je le dis plus haut, dans un dessin, pour éviter la surcharge graphique, il faut rester clair, donc passer une idée en quelques lignes.  Utiliser des symboles. Ainsi, la meilleure façon de démontrer la perception de beauté d’un corps en forme, c’était effectivement de donner à son visage des symboles de traits considérés comme étant attrayants.

Et même si cette BD est pleine de messages subtils qui nous donnent l’impression que le style de vie de l’athlète est de meilleurs qualité que l’épicurienne… N’est-ce pas un fait reconnu, que se lever tôt, bien manger et s’exercer donne un physique agréable ?  Alors pourquoi condamner une BD qui nous dit la vérité?  

La réponse à cette question est simple: Parce que lorsqu’une personne voudrait avoir un tel physique mais ne s’exerce pas, par manque de discipline, de volonté et de débrouillardise, ça lui remet ses propres travers en face.  Alors s’il est le moindrement orgueilleux, au lieu d’écouter le message, il va s’attaquer à la façon dont passe ce message, point par point, afin d’en démolir la crédibilité.  Bref, démontrer de façon théorique qu’il est impossible que ces gens puissent réussir, alors que leurs résultats concrets prouvent le contraire.

Et ça, c’est exactement la première chose que j’ai eu le réflexe de faire ce matin en lisant cette BD.  Réaliser ceci m’a fait comprendre quelque chose à mon propre sujet.  À part la fois ou je me suis improvisé un régime à base de privations en 2002-2003 (et dont les résultats n’ont pas tenus) je ne m’entraîne sérieusement que depuis les huit dernières années, soit depuis que j’ai trente-neuf ans.  Avant ça, moi aussi je méprisais les gens qui avaient un physique fort, attrayant et travaillé.  Je blâmais la génétique ou la nature, comme dans la dernière image de cette BD.  Ou alors je méprisais ceux qui faisaient l’effort s’entraîner, en les accusant instantanément de passer tout leur temps au gym, d’être obsédé par leurs corps, de n’avoir qu’un intellect de primate. En plus, j’adhérais à la pensée comme quoi tout gars musclé n’y arrive que par consommation de stéroïdes, avec les fâcheuses conséquences que l’on sait au sujet de la dysfonction érectile.  Exactement comme le fit jadis l’humoriste François Morency dans un de ses spectacles.

Je parlais d’Arnold tout à l’heure…  Il fut jadis l’homme au physique le plus développé de l’univers, et probablement de toute l’Histoire de l’humanité.  Il parle anglais et allemand.  En partant de rien, il est devenu un homme d’affaire prospère, devenant millionnaire avant même de commencer sa carrière cinématographique. Il a assez d’éducation pour gouverner l’état de Californie.  Seul le fait qu’il soit né en dehors des USA l’empêche d’accéder à la présidence.  Et maintenant, on connait sa forte libido qui lui a donné un fils hors-mariage.  Est-il idiot?  Non!  Est-il impuissant? Non! N’empêche que l’on se plaît à le penser.  Ça nous aide à se sentir moins inférieur.

Le problème ne réside pas dans le fait d’être devenu aujourd’hui ce que je méprisais hier.  C’est plutôt le fait que j’ai passé trente ans de ma vie, soit de mes neuf à trente-neuf ans, à mépriser les athlètes, les gens attrayant, et à prendre l’habitude de me trouver toutes sortes d’excuses afin de justifier le faible physique qui fut le mien avant ma quarantaine.  C’est le fait que je n’avais aucune raison pertinente de ressentir ce mépris.  J’étais juste lâche, ce qui m’a rendu envieux, ce qui m’a rendu jaloux, ce qui m’a rendu méprisant.  C’est la raison pourquoi, au lieu de mettre de l’effort pour m’élever au niveau des gens qui m’étaient supérieur, je trouvais plus facile de mettre de l’effort afin de les rabaisser plus bas que moi.  Et après trois décennies à me ranger du côté des losers frustrés, c’est devenu un réflexe acquis, qui se manifeste encore une fois de temps en temps.  

Et voilà pourquoi il est vrai de dire que les vieilles habitudes ont la vie dure, surtout lorsqu’elles sont mauvaises.   Huit ans de bonnes habitudes ne peuvent pas en faire disparaître trente de mauvaises.  C’est sûr que de faire un constat aussi négatif au sujet de ma personnalité profonde, ça me frappe dans mon orgueil.  N’empêche que c’est une bonne chose que j’ai pris conscience que cette mauvaise habitude était toujours en moi.  Ça va me permettre de me tenir sur mes gardes, et ainsi m’assurer de ne plus jamais y retomber.

Réponses à vos questions: Pourquoi est-ce que je reviens toujours sur le passé?

Il y a vingt ans cette année, au début de 1996, j’avais 27 ans et j’étais de retour aux études, au cégep André-Laurendeau.  En cette ère pré-tout-l’monde-a-un-cell et pré-tout-l’monde-photographie-et-filme, je possédais une caméra vidéo avec laquelle je filmais souvent le quotidien du journal étudiant dont je faisais partie, ainsi que les membres des autres comités.  En fait, je filmais souvent, avec ou sans raison, et chaque personne que je croquais sur le vif se prêtait au jeu avec amusement.

À l’été de 1999, soit deux ans après la fin du cégep, l’un de ces ex-étudiants décide de faire un party-réunion chez lui.  J’y vais, en compagnie de mon amie, la future photographe Isabelle Stephen que j’avais également rencontré à ce cégep.  Il y avait une bonne vingtaine de personnes réunies.  Dans le courant de la soirée, je propose que l’on passe au salon car j’ai une surprise pour eux:

« J’ai apporté une cassette VHS sur laquelle j’ai copié quelques bons moments de notre vie de cégepiens. »

  Je me tourne vers la télé.  Je m’agenouille et l’allume, ainsi que le magnétoscope.

« J’ai fait un montage chronologique, et c’est classé par thèmes: Le quotidien, les manifs, les activités, les partys au cégep, les sorties de groupe… »

Je mets la cassette vidéo dans le lecteur.  Le temps de régler le tout et de voir les premières images apparaître, je me retourne en anticipant d’avance le plaisir que nous aurons tous à nous revoir deux ou trois ans plus jeunes, et… Il ne restait plus qu’Isabelle dans la pièce.  Tous les autres avaient quitté le salon.  

Et c’est là que, pour la première fois, j’ai constaté qu’il y a des gens pour qui l’évocation du passé ne leur apporte que du malaise.  Ça m’a d’autant plus surpris, du fait que si nous étions tous réunis, c’était justement en tant qu’anciens du cégep de 1995-1997.  Donc, techniquement, nous étions ici pour nous rappeler de ce passé.  Et pourtant, sur les vingt personnes présentes, dix-huit avaient trop honte de leur passé pour être capable d’y faire face.  Si au moins le passé en question avait été honteux.  Mais non, aucun de nous n’avions posé le moindre geste incorrect à l’époque.  Et si oui, je ne les avais certainement pas filmés.  Et puisqu’il ne s’agissait que de deux ou trois ans dans le passé, personne n’avait vraiment changé de physique ni de look depuis notre graduation. 

Donc, peu importe sous quel angle je retournais la chose, jamais je n’ai compris une telle réaction.  Et j’en étais d’autant plus flabergasté de constater que c’est un sentiment que partageait la majorité de la population.  Durant ces vingt dernières années, il m’est arrivé à plusieurs reprises de constater que cette tendance se maintenait.  Je ne saurais compter le nombre de gens avec qui Facebook m’a permis de reprendre contact après des années, voire des décennies.  Nous avions des conversations, ils étaient ravis d’apprendre ce que j’étais devenu.  Mais dès que j’évoquais nos souvenirs communs, alors là, non, gros malaise de leur part.  Et ce scénario se répétait presque à chaque fois.  Je n’ai jamais insisté.  N’empêche que j’ai beau respecter les limites de tout un chacun, il reste que cette limite-là en particulier, je ne la comprends tout simplement pas.  

Puisque la majorité de la population démontre avoir horreur de son propre passé, je suppose que c’est la raison pourquoi il y a tant de gens qui me demandent pourquoi est-ce que je parle aussi souvent du mien sur mon blog.   Surtout si la majorité de ces histoires sont loin de me montrer sous mon meilleur jour.  

La réponse est simple: J’ai toujours regardé la chose avec logique.  Avant même de connaitre l’adage qui dit que ceux qui oublient les erreurs du passé sont condamnés à les répéter, j’en étais déjà arrivé d’instinct à une conclusion similaire.  Voilà pourquoi j’ai toujours cru que la pire chose que l’on puisse faire avec son passé, c’est d’essayer de l’oublier et de faire comme s’il n’avait jamais existé.  Surtout si ce passé est imparfait. Me souvenir de mes gestes passés, mes paroles passées, mes décisions passées, mes situations passées, c’est l’instrument de base dont j’ai besoin afin de m’améliorer, guérir, évoluer, grandir, devenir toujours mieux que ce que j’étais. Et en m’améliorant sans cesse, j’améliore mes conditions de vie présente, et ainsi mon avenir.

Et si je partage mon parcours personnel, c’est parce que je ne suis sûrement pas la seule personne sur terre à avoir vécu telle ou telle situation. Aussi, en racontant comment j’ai fait pour m’en tirer, ça peut toujours servir à ceux qui vivent des situations semblables.  Il me fait toujours plaisir de voir que c’est le cas lorsque je reçois certains témoignages comme celui-ci:

En fait, je crois que la raison principale pourquoi je suis aussi à l’aise avec mon passé, c’est que mon orgueil fonctionne à l’opposé de celui de la majorité.  Alors qu’eux regardent en arrière avec dégoût en ayant l’air de se dire « Fuck! Qu’est-ce que j’étais idiot / qu’est-ce que j’avais l’air con dans ce temps-là! », c’est avec émerveillement que moi je me dis « Wow! Qu’est-ce que je me suis amélioré physiquement et mentalement depuis ce temps-là! ».  

Alors voilà pourquoi je n’ai aucun problème à en parler:  Parce qu’au lieu de  ressentir de la honte pour mon passé, je ressens de la fierté pour mon présent.

 

30 situations fréquentes lorsque l’on est dans un couple ouvert (suite et fin)

Ce billet est la suite de 30 situations fréquentes lorsque l’on est dans un couple ouvert (1e partie).  

16) Il est plus facile de draguer lorsque l’on est en couple ouvert.
Il y a plusieurs raisons pour ça.  Par exemple, un célibataire qui drague et se fait rejeter en est quitte pour finir la soirée à se faire du pilotage manuel sur PornHub.  Tandis qu’en couple, quoi qu’il arrive, il/elle a son/sa partenaire.  En n’ayant rien à perdre, ça enlève de la pression, et ainsi on est plus à l’aise pour approcher un(e) candidat(e).  

Mieux encore: Un célibataire qui ne veut qu’une aventure sexuelle doit le dire directement, et passe pour un sale macho pervers en manque.  Et une célibataire qui ne veut qu’une aventure sexuelle doit le dire directement, et passe pour une salope désespérée.  Par contre, quand tu dis « Je suis dans un couple ouvert »,  l’interlocuteur comprends immédiatement et simultanément tous les points suivants:

  • Tu n’es pas en manque.
  • Tu n’es pas désespéré(e).  
  • Tu es dans un couple assez solide pour vous permettre ce genre de fantaisies.
  • Tu ne chercheras pas à mettre le grappin dessus pour partir en couple.  
  • Lui faire cette révélation est une possible invitation sexuelle.

Et voilà, nul besoin d’être plus direct.  À partir de là, c’est la réaction (ou le manque de) de l’interlocuteur qui montrera s’il est intéréssé ou non.  Mais qu’il accepte ou refuse, il n’y aura ni pression ni frustration. Bref, ça met tout le monde à l’aise.

 Mais malheureusement, quand on baise avec un(e) inconnu(e)… :  

17) Aimer le sexe est parfois notre seul et unique point en commun.
Ça, c’est le mauvais côté de commencer à fréquenter des gens par la couchette.  On se rencontre, on passe au lit.  Le courant passe, tout va bien. Puis, on se rhabille, on prend un verre, on jase… Et c’est là qu’on voit qu’on a fuck/all à se dire, soit parce que nos goûts ne correspondent pas, soit parce que nos opinions sont opposées.  Même si on a eu la plus géniale séance de sexe ever, si on ne s’entend pas hors du lit, ça en gâche le souvenir, et il n’y aura jamais de suite. 

18) Les lâcheurs sont légion.
D’après ce que j’ai vécu, ce que j’ai pu observer, et ce qu’on m’a rapporté, il n’est pas rare qu’une séance prévue de sexe-à-trois-ou-plus n’a finalement pas eu lieu. Les raisons en vrac :

  • Il s’agissait d’un cas classiques de gros parleurs, p’tits faiseurs.  Généralement, quelques personnes qui ont un jour décidé d’expérimenter le sexe en groupe.  Mais qui, une fois réunis, réalisent qu’ils ne sont pas si à l’aise que ça avec cette idée. Si ce sont tous des débutants, c’est moins pire, puisque c’est tout le monde qui lâche en même temps.
  • J’ai déjà vu un cas comme le précédent, dans lequel il y avait un couple ouvert expérimenté dans le lot.  Plutôt que de voir les signes de malaise et y renoncer, ils ont pris ça comme un cas de « Il faut que quelqu’un brise la glace en donnant l’exemple ».  Ils ont commencé à se déshabiller et à baiser.  S’en est suivi un malaise général qui fit que les autres quittèrent la pièce, certains pour retourner chez eux.
  • Il y a eu la fois où les gars n’avaient pas prévenu leurs blondes (qui n’avaient jamais fait ça avant), et elles ne l’ont pas bien pris du tout du tout.  C’est vrai que c’était pas cool, les gars!
  • L’amant potentiel arrive chez le couple pour un premier ménage-à-trois ensemble.  À mesure que la soirée passe, il constate que la fille du couple semble bien excitée, mais que l’autre gars parle de tout sauf de ça.  Rendu près de minuit, l’amant potentiel se rend à l’évidence que si la soirée avait eue à virer sexuelle, ce serait déjà fait.  Il leur dit donc qu’il doit partir s’il ne veut pas rater le dernier métro.  Le couple le salue bien, sans jamais faire mention de sexe.  Le lendemain, la fille écrit à l’amant potentiel pour lui expliquer que son chum n’avait pas aimé le fait que « ils avaient trop l’air d’en avoir envie. » Bref, un cas de gars qui n’était pas vraiment fait pour être en couple ouvert.
  • Le couple ouvert invite plusieurs personnes, autant gars que filles.  Pas une fille ne s’y présente.  Il y en a bien un qui a suggéré de transformer la soirée d’échangisme en soirée gangbang pour la maîtresse de maison, mais personne n’était chaud à l’idée, surtout pas le couple.

19) Même chez les libertins, il existe la jalousie, la possessivité et le désir d’exclusivité.
Un truc vécu personnellement: J’avais cette amante totalement bi qui avait elle-même une amante régulière.  Un soir, lors d’une sortie, tout s’enlignait pour que ça finisse entre nous trois.  Même que l’autre fille m’a dit, pendant la soirée, qu’elle était contente que son amie partage.  Arrive la fermeture du bar.  Mon amante me prend à part et me dit que finalement, l’autre fille est trop fatiguée, et que de toute façons elle n’était pas très à l’aise à l’idée de le faire avec moi.  Je comprends et accepte.  Je retourne donc seul chez moi.

Le lendemain, l’autre fille me demande en ami Facebook, et elle m’exprime trouver dommage que j’étais trop fatigué la veille pour finir la soirée avec elles.  Car oui, mon amante nous avait menti à tous les deux sur le sujet, en racontant à chacun de nous que c’était l’autre qui ne pouvait pas.  Sauf que, une fois rendues chez elle, pour satisfaire leur désir de phallus, elles ont invité un autre gars, qui est arrivé chez elle complètement saoul à cinq heure du matin, qui n’a jamais réussi à avoir une érection, et qui s’est endormi pendant l’acte.  J’ai été très déçu de voir que mon amante m’avait menti, et encore plus insulté qu’elle ait préféré ÇA à moi.  J’ai appris plus tard, par une autre amie commune que ma (désormais ex) amante m’avait dans la peau, disait-elle, et ainsi ne voulait pas me partager.  Ça valait bien la peine de prendre une amante libertine, tiens!

Aussi, il n’est pas rare qu’une personne avec qui vous couchiez soit en couple, partouze deux fois par semaine et ait plusieurs amant(e)s régulier(e)s, mais qu’elle prenne très mal que vous osiez considérer coucher avec quelqu’un d’autre.  Faut pas chercher la logique. 

20) La bisexualité n’est pas toujours du côté que l’on croit.
Dans la majorité des couple ouverts que j’ai connu, l’un des deux était bi.  Quand on apprend ça, on présume automatiquement que c’est la fille.  Or, j’ai vu assez souvent des cas où la fille était hétéro, et que c’était le gars qui était bi.  Et dans presque tous les cas, ils amenaient l’idée avec prudence, voire avec une certaine crainte du jugement.  Et c’est normal.  Faire une fellation et se faire pénétrer, ce sont des activités sexuelles propres à la femme.  Dans une société misogyne comme la nôtre, tout ce qui met en doute notre masculinité est vu comme étant rabaissant. Ainsi, aucun gars ne veut être démasculinisé.  Ironique, quand on pense que quand on est à 100% gai, personne ne met notre virilité en doute.

21) Les limites préétablies ne sont pas toujours respectées.
Dans le feu de l’action, il y en a toujours un qui s’essaye à faire plus que ce que l’autre lui permet.  On se retrouve donc avec le choix entre le laisser faire, ce qui est malaisant pour celui/celle/ceux qui ont établi la limite.  Ou le lui rappeler gentiment, en espérant qu’il réagisse bien.  D’une façon ou d’une autre, ça entache un peu une soirée qui était, jusque-là, impeccable.

22) La liberté sexuelle provoque plus de frustrations que d’épanouissement.
Tout le monde a sa petite idée et ses attentes et ses espoirs au sujet de séances de sexe à plusieurs.  Ça pousse les gens à s’attendre à ce que tous leurs désirs soient assouvis.  Alors quand ils voient que ce n’est pas le cas, ils frustrent. C’est incroyable comment, dans un contexte sexuel, certaines personnes peuvent être susceptibles.

23) Être dans un couple ouvert amène parfois un sentiment de culpabilité.
 Prenons ce couple où la fille a 25 ans et le gars 40.  Elle aime son chum et est certaine de vouloir passer sa vie avec lui.  Or, elle trouve dommage de devoir renoncer si jeune à explorer sa sexualité.  Pas de problème; l’homme a déjà été jeune, lui aussi était fringuant à cet âge, et lui aussi en a profité.  Il comprend parfaitement et lui propose de former un couple ouvert.  La fille est heureuse d’avoir comme amoureux un homme aussi compréhensif.  Aussi, elle a une aventure d’un soir avec un autre.  Et une autre journée, elle se prend un amant régulier.  Et un jour, en revoyant un de ses ex, elle s’offre un trip nostalgique en re-baisant avec lui une fois.  Cependant, elle s’interroge.  Bien qu’il soit libre de forniquer avec qui en voudra, son fiancé n’a pas l’air de vouloir en profiter.  Elle lui demande pourquoi.  Il lui répond qu’il a déjà vécu dans sa jeunesse toutes les expériences qu’il voulait vivre, et ainsi ne ressent plus le besoin de recommencer.  Elle a beau comprendre son point, n’empêche qu’elle se sent un peu égoïste d’être la seule à en profiter.  Et il y a toujours cette crainte qu’il utilise un jour contre elle l’argument du « Je sais être fidèle en couple. MOI! »  Elle en vient même à l’encourager à coucher avec d’autres filles, histoire de moins culpabiliser.  

24) Qu’on le veuille ou non, il y a de la compétition.
Il y a toujours des gens qui auront des doutes sur leurs propre valeur, qui seront insécures et qui verront de la compétition partout.  Alors quand il s’agit de voir, ou même d’imaginer, son/sa partenaire en acte sexuel avec une autre personne, ça les angoisse.  Va t-il préférer le physique de l’autre fille?  Va t-elle préférer le calibre de l’autre gars?  Elle est plus sollicitée que moi, c’est injuste.  Il a un plus grand appétit sexuel que moi, c’est injuste.  Est-ce que je dois me montrer plus performant / plus cochonne pour m’assurer qu’il/elle ne me quitte pas pour l’autre?  C’est décevant de constater que la liberté sexuelle, qui est supposée être le signe que l’on est plus épanoui que les autres, peut au contraire provoquer autant de malaises.

D’ailleurs, parlant de compétition…

25) Certains en profitent pour laver leur linge sale sexuel en public, en faisant des comparaisons malvenues.
Deux exemples en particulier dont j’ai été témoin :

  • Le gars en couple qui pénètre une amante, en disant, devant sa blonde « Mmmm… Enfin, une fille qui l’a étroite! »
  • La fille en couple, dont l’amant l’a fait jouir en lui stimulant le point G.  Elle se retourne ensuite vers son chum en disant : « Tiens, tu vois? Il est capable, LUI! »

26) Il y en a toujours un qui a le don de faire des remarques déplacées.
OK, pour celle-là, j’avoue, c’est probablement moi qui a une imagination qui prend les choses un peu trop au pied de la lettre.  Mais on dirait qu’il y en a pour qui la liberté sexuelle semble demander l’utilisation d’un vocabulaire dégradant. Voici quelques trucs que j’ai entendu, toujours de la part d’hommes, et pourquoi ça me faisait sourciller.

  • Alors qu’on s’apprête à passer à la chambre, il dit tout fier de lui: « Ouain, ça va sentir le cul icite à’ soir! » C’est p’t’être juste moi, mais là d’où je viens, quand on dit que ça sent le cul, ça veut dire que ça sent la merde, ou du moins qu’il flotte une odeur désagréable.  Donc, rien de tellement érotique à entendre.  À moins d’être scato, je suppose.
  • « On va la fourrer solide comme une p’tite chienne. » J’ai souvent entendu des gens utiliser « petite chienne » dans un contexte sexuel.  Je n’en suis pas fan.  D’abord parce que la bestialité ne fait pas partie de mes fantasmes.  Et ensuite, parce que pour moi, traiter une femme de chienne, c’est une insulte et c’est rabaissant.  Ça non plus, je n’y vois rien d’érotique. 
  • Une fois, alors qu’il se faisait faire une pipe par une mignonne demoiselle, le gars lui a dit : « Aah, ouais, ah, t’aimes ça, sucer des queues, hein? »  La fille cesse aussitôt pour lui répondre « Pas vraiment, non! »  Sans vouloir faire de jeu de mots, le gars ne savait plus où se mettre, et la fille n’avait plus tellement envie de continuer.  C’est ça qui arrive quand on prend les dialogues de films porno comme modèle de vocabulaire.

27) À trois, oui! À deux, non!
Quand un couple accepte d’être ouvert, c’est sous certaines conditions. Et parfois, l’une de celle-ci, c’est que l’un des membres ne doit jamais exclure l’autre.  Hélas, comme je l’ai dit plus haut, quand il s’agit de désirs sexuels, les conditions préétablies ne sont pas toujours respectées.  Il m’est arrivé à quatre reprise d’entendre une histoire comme quoi, au matin, le lendemain d’un ménage à trois, l’une des deux personne du couple se réveille et constate que sa moitié baise avec l’autre sans l’inclure.  Pas cool!

28) Les orgies ne se passent jamais comme on se l’imaginait.
Blâmons l’influence de la porno qui démontre dans ces films que tout le monde est actif non-stop, avec tout le monde, sans condoms, que les filles sont toutes bi et se laissent pénétrer dans leurs trois orifices, et qu’après en avoir profité au max, tout le monde vient à peu près en même temps.  Dans la réalité, non seulement rien de tout ça n’est vrai, rares sont ceux qui ont un physique de pornstar.  Ce qui fait que même visuellement, ce n’est pas vraiment ça.

29) Vous vous retrouvez avec des ennemis dont vous n’aviez jamais entendu parler avant qu’ils se manifestent contre vous.
Épouses trompées, fiancés cocus, amoureux jaloux, envieux frustrés, parents contrôlants, familles vindicatives… Ils surgissent de nulle-part avec violence car ils viennent d’apprendre que vous avez eu des relations sexuelles avec telle personne, et ils vous en veulent à mort pour ça.  Vous en êtes les premiers surpris, car il est évident que votre partenaire ne vous a jamais parlé de sa situation amoureuse et/ou familiale, ou alors il/elle vous a menti à ce sujet.  Et voilà comment, sans avoir rien fait de mal, vous vous retrouvez avec des problèmes.

Enfin, désolé d’aborder le sujet qui suit, mais c’est quand même une réalité qui est hélas trop répandue dans ce milieu :

30) Certaines filles en couple ouvert sont devenues libertines afin d’exorciser une agression sexuelle subie à l’enfance ou à l’adolescence.
Subir un viol démontre à la fille que ce sont les hommes et non elle-même qui ont le contrôle sur sa propre sexualité.  C’est quelque chose de très difficile à vivre.  Tellement que parfois, au niveau du subconscient, elle en arrive à la conclusion que la meilleure façon d’éviter que le sexe soit utilisé comme arme contre elle, c’est d’aimer ça.  Car comme l’une d’elle m’a déjà dit : « You can’t rape the willing! » (Ça ne peut pas être un viol si la personne est consentante.) 

Elle s’affiche donc au grand jour comme étant une nympho.  Elle se trouve un gars avec qui être en couple ouvert.  Les premiers temps, ça marche.  Les hommes qui fantasment à soumettre la femme de force ne voient pas en elle la victime qu’ils recherchent, et ainsi ne l’approchent pas.  Et le fait d’avoir déjà un amoureux stable la protège de tout homme qui voudrait en prendre possession par insistance.  Par contre, les hommes respectueux et/ou plus timides et/ou qui n’ont rien du conquérant ni du prédateur s’intéressent à cette fille qui fait les premiers pas.  Ils sont gentils, ils la complimentent, ils sont attentifs.  Sexuellement parlant, ils ne s’imposent pas: Ils demandent, proposent, se montrent disponibles.  C’est elle qui décide si elle couche, quand elle couche, avec qui elle couche, et ses choix sont respectés.  Et même s’il y en a un ou deux qui chialent de ne pas avoir obtenu d’elle ce qu’ils espéraient, ils n’oseront jamais rien faire contre elle.  Car elle est populaire, maintenant, ce qui fait qu’elle peut compter sur l’appui de beaucoup de personnes s’il y a conflit. Les hommes sont à ses pieds, et elle en fait ce qu’elle veut.  Bref, c’est elle qui les contrôle via sa sexualité.  Et elle adore ça.

Puis, l’impensable arrive: Elle s’offre à un gars hétéro célibataire actif sexuellement, et celui-ci décline poliment ses avances.  Ça la trouble.  Elle ne comprend pas.  Pourquoi est-ce qu’il lui dit non?  Est-ce qu’elle est trop salope? Est-ce qu’elle ne l’est pas assez?  Elle n’a encore jamais rencontré un homme qui ne voulait pas coucher avec elle.  De force, s’il le faut.  Son viol le prouve. Alors pourquoi est-ce que lui n’en veut pas, alors qu’elle le lui offre?  Est-ce qu’il est gai?    Non, pourtant!  Alors c’est quoi son putain de problème?  Pour qui il se prend, d’agir comme si elle n’était pas assez bien pour lui?  Elle est frustrée, insultée, en colère, triste, confuse.  

Toute autre fille se dirait « Meh, whatever, j’en ai d’autres, des candidats, ça se bouscule aux portes. »  et n’y attacherait aucune importance.  Mais pour elle, ce rejet est inexplicablement troublant.  Et ceci est la première manifestation comme quoi elle n’est peut-être pas si à l’aise que ça dans ce style de vie.

Bientôt, le charme de la nouveauté s’estompe.  Son libertinage ne lui procure plus le bien-être qu’elle y trouvait avant, et elle ne comprend pas pourquoi. Elle augmente la fréquence de ses aventures sexuelles, y cherchant le bonheur des débuts, mais c’est en vain.  Elle déprime de plus en plus, ce qui conduit trop souvent à l’alcool, la drogue, la dépression. 

Dans le pire des cas, ça se termine en (tentative de) suicide.  Dans le meilleur, elle a la chance de rencontrer un(e) thérapeute qui lui fera comprendre que tout ça a rapport avec l’agression qu’elle a subie.    Et là, l’illumination se fait.  Elle comprends tout:  Son agression était sa première expérience intime avec un homme.  La seule chose en elle qui intéressait cet homme, c’était son sexe.    Elle a donc eu le réflexe de croire qu’en elle, pour les hommes, seul son sexe avait de la valeur.  Elle a donc appris à contrôler toute sa vie sociale avec son sexe.  Aussi, lorsqu’un homme décline ses avances sans raison valable, elle réalise que dans son cas à lui, elle n’a aucun contrôle.  Alors elle panique.  Elle est troublée. Elle ne sait pas comment composer avec une personne qui la voit comme étant autre chose qu’un vagin à désirer.  Parce que elle-même ne voit pas ce qu’elle peut bien être à part ça.  

Dès qu’elle a compris ceci, elle coupe brutalement tout contact avec le milieu, lâche son chum, déménage, poursuit sa thérapie, commence à prendre confiance en elle, réalise qu’elle a d’autres valeurs que son entrecuisse, se trouve un nouveau chum gentil et compréhensif qui accepte son passé, l’épouse, fait des enfants, fait la paix avec son passé, et passe le reste de sa vie dans une relation heureuse, et surtout monogame.

À lire tout ça, on pourrait croire qu’être dans un couple ouvert, ça rapporte plus de mal que de bien.  En fait, le sexe est pareil que l’alcool et la drogue: Lorsqu’on le consomme de façon intelligente et contrôlée, ça reste agréable.  Or, puisque c’est un plaisir, il n’est pas toujours facile d’avoir la discipline requise pour être capable de se modérer.  Et à partir du moment où on en perd le contrôle, notre plaisir cesse d’en être un, et c’est nous qui nous faisons consommer. Et même si on arrive à éviter les dérapages, rien ne garantit que notre entourage qui partage ce style de vie auront eux aussi cette force de caractère.  Dans ce temps là, on peut se retrouver avec des problèmes sans même les avoir causés.  

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Y’a liens là:

Si vous aimez les faits vécus pleins de rebondissements, qui sont justement sur le thème du couple ouvert, je vous recommande mon texte autobiographique Fantasme VS Réalité: Le ménage à trois.

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30 situations fréquentes lorsque l’on est dans un couple ouvert (1e partie)

Généralement, la première chose qui nous vient en tête lorsque l’on parle de couple ouvert, c’est d’imaginer des gens qui participent à des orgies 2-3 fois par semaine car leur vie tourne autour du sexe. Mais au-delà de ce cliché irréaliste sommeille une réalité qui, bien que possédant quelques bons côtés, n’est pas toujours de tout repos.

Entre mes trois relations monogames à long terme passées et présente, j’ai eu deux périodes de célibat. La première a duré quatre ans (1995-1998). La seconde fut de deux ans (2011-2013). Dans les deux cas, j’ai eu des amantes. Avec elles, on ne peut pas vraiment parler de couple ouvert proprement dit, puisque techniquement nous ne formions pas un couple. N’empêche que l’arrangement était assez similaire, c’est-à-dire que nous nous fréquentions régulièrement tout en ayant des aventures chacun de notre côté. C’est lors de ces périodes que j’ai rencontré quelques véritables couples ouverts. Ceci m’a non seulement permis de voir comment ça se passe, ça m’a également permis de le vivre. Et c’est ainsi que j’ai appris qu’il existe 30 situations assez fréquentes lorsque l’on fait partie de ce milieu.

1) Vous êtes obligés d’en parler.
Il y a des gens qui disent : « Pourquoi est-ce que les lesbiennes, les gais, les bis et les couples ouverts se sentent toujours obligés de s’annoncer comme tel? Tu ne verras jamais un hétéro aller se présenter à quelqu’un en disant « Bonjour, je suis hétéro! » Vrai, mais c’est normal puisque nous vivons dans une société dans laquelle l’hétérosexualité monogame est l’orientation par défaut. Mais lorsque tu ne fais pas partie du cadre hétéro-normatif, le seul moyen de savoir si les gens autour sont compatibles avec ton orientation, c’est de le dire.

2) Tâter le terrain comporte des risques.
Car il est en effet impossible de savoir comment l’autre personne va réagir en apprenant ça. Ça peut être positif. Ça peut être neutre. Ça peut être négatif. Ça peut être carrément haineux. Tout comme la personne peut se montrer neutre ou positive devant toi, mais vous massacrer verbalement dans ton dos. C’est vraiment un coup de dés. Et une fois que vous l’avez lancé, vous ne pouvez pas revenir en arrière.

3) Certains commentaires annoncés comme étant respectueux et ouvert d’esprit sont en fait de la négativité passive-agressive.
Exemple : « C’est sûr que si t’aimes pas assez ton chum pour être capable de lui être fidèle, tu es tout à fait dans ton droit de le faire cocu. » Ou bien « J’admire la façon sereine que tu as d’assumer le fait que tu n’es pas capable de le/la satisfaire sexuellement. » Avec ses encouragements hypocrites, cette personne te laisse le choix entre ne rien dire et ainsi confirmer son accusation, ou bien lui expliquer, ce qui est peine perdue car la personne reviendra toujours avec d’autres questions aux sous-entendus tout aussi méprisants. Dans son cas, quand elle dit « J’essaye juste de comprendre. », ça veut dire en réalité « J’essaye juste de tourner les phrases et les questions de manière à te faire admettre que tu es une salope / que tu es un loser cocu volontaire / que vous n’êtes pas vraiment en amour / que vous êtes des dépravés. »

4) Certaines personnes totalement non-concernées prennent votre choix de vie comme une attaque personnelle.
Il y a des gens qui ressentent un grand besoin d’être vus comme étant parfaits et irréprochables.  Pour eux, en principes, la sexualité est une chose de sacrée qui ne se fait qu’entre deux personnes amoureuses et en couple stable monogame.  S’ils ont le malheur d’apprendre que vous vivez votre sexualité autrement que selon leurs principes à eux, attendez-vous à des attaques où aucun mot ne sera mâché.  Cette personne réagit comme si vous l’aviez personnellement attaquée, et jamais elle ne cessera de vous démolir verbalement car jamais elle ne se remettra de ce qui, à ses yeux, est un impardonnable écart de conduite.  Si vous avez le malheur d’avoir cette personne dans votre entourage, attendez-vous à avoir la pire des réputations sexuelle, et ce pour le reste de votre vie.

5) Vous recevez beaucoup plus de sollicitation sexuelle lorsque vous êtes dans un couple ouvert que lorsque vous êtes célibataire.
Il est vrai que lorsque l’on approche une personne célibataire sans autre raison que le sexe, on risque fort de se faire virer.  Mais quand elle s’affiche comme étant en couple ouvert, on comprend automatiquement que même si nos propositions sexuelles seront déclinées, elles ne seront pas malvenues.  Ça rassure.  Cependant…

6) Dans un couple ouvert, la fille est beaucoup plus sollicitée que le gars.
Un homme seul qui va vers ce couple, c’est sûr qu’il va vouloir la fille. Une lesbienne, une bi ou une bi-curieuse, là encore, n’aura rien à foutre du gars. Mais là où c’est décevant, c’est que même les couples vont majoritairement solliciter la fille, en tâtant le terrain pour voir si elle accepterait de le faire sans son mec.

7) Il arrive parfois que l’un des partenaires se sente obligé de consentir.
Ça parait généralement dans la soirée, par exemple, lorsque la femme n’est pas très active, et ne semble pas vraiment en tirer de plaisir.  On comprend alors qu’elle ne fait ceci que pour satisfaire les fantasmes de Monsieur.  À moins de se foutre du confort des autres, voilà qui apporte une touche de malaise dans la soirée.  J’ai également vu un gars qui s’était fait complimenter sur son ouverture d’esprit, d’accepter que sa blonde couche avec d’autres.  Il a répondu d’un air abattu et résigné: « Je fais ce que j’ai à faire pour m’assurer qu’elle reste avec moi. »  Ouch!

8) Il y a le risque qu’un(e) amant(e) essaye de se mettre entre vous.
Soyons réalistes: Dans un couple, la compatibilité sexuelle est importante.  Aussi, l’avantage d’être libertin, c’est que ça nous permet de voir si le sexe avec telle ou telle personne est mauvais, bon, satisfaisant ou génial.  Ainsi, parfois, un amant peut tout faire pour se montrer comme amant génial pour la fille en couple.  Une fois leur compatibilité sexuelle établie, il se montre doux, gentil, attentionné.  Il cherche à savoir quels sont les aspects qui ne fonctionnent pas dans le couple, afin de mieux essayer par la suite de se montrer meilleur que son chum, histoire de prendre sa place.  Et si, comme dans le point précédent, la fille n’est en couple ouvert que par obligation, elle se laissera certainement séduire par l’idée d’un nouveau chum avec forte compatibilité sexuelle, qui lui offre une relation monogame.  J’ai vu ça arriver assez souvent.

9) Le nombre de gens qui veulent le faire sans condoms est assez aberrant.
Dans une soirée de sexe à plusieurs, il n’est en effet pas rare que l’un des hommes se prononce contre le port du condom, en disant que « Moi, fourrer du plastique, j’sens rien! » ou bien que « Ça m’fait débander parce que c’est trop serré! »   Ils vont même se donner un air boudeur et contrarié tout le long de la soirée, et n’hésiteront pas à sous-entendre que ce malaise est de la faute de ceux qui insistent pour être sécuritaires. Et lorsque l’on évoque les dangers de contractions d’une ITS, ils sont prêts à nous jurer que chacun des 97 partenaires qu’ils ont eu ces derniers mois acceptaient de le faire sans protections car ils sont tous en parfaite santé car ils ont tous des habitudes sexuelles sans risques.  Personnellement, je n’ai jamais compris comment on peut affirmer être sécuritaire lorsque l’on a plusieurs partenaires sans protection, ce qui est un comportement à risques. Mais bon, c’est p’t’être juste moi.

De la part d’hommes, on s’y attend.  Or, j’ai été très surpris de voir qu’il y avait des femmes toutes aussi insistantes à être contre le port du condom.
 

10) Des fois, le couple ouvert, c’est juste une façon déguisée de trouver mieux.
Je me souviens, à l’époque de mon retour aux études, qui correspondait à une de mes périodes de célibat, de cette amante que j’ai eu et qui était dans un couple ouvert. Elle ne cessait de se plaindre, comme quoi elle était malheureuse avec lui, et me donnait de plus en plus de signes comme quoi elle était en train de tomber en amour avec moi. Puis, un jour, elle m’appelle, toute heureuse, pour me dire qu’elle avait lâché son chum, donc que rien ne nous empêchait désormais de former un couple. Acculé au pied du mur, je n’ai eu d’autre choix que de lui remettre les pendules à l’heure en lui disant: « J’ai toujours été clair comme quoi je ne veux rien savoir d’une relation sérieuse. Pourquoi, tu penses, que je ne couche qu’avec des filles déjà en couple? » C’était brusque, j’avoue, mais ce n’est pas comme si j’avais eu le choix.  Aujourd’hui, elle est mariée à cet homme de qui elle se plaignait tant, et ils ont eu deux ou trois enfants. Comme quoi elle s’est résignée et a cessé de chercher mieux.

11) Certaines personnes semblent penser que votre situation de couple ouvert fait que vous n’avez aucun droit de leur refuser du sexe.
Comme si le fait de coucher avec qui on veut signifiait automatiquement que l’on couche avec n’importe qui. Et c’est d’ailleurs ça leur argument : « Ah bon!? Alors comme ça, t’as pas de problème à coucher avec n’importe qui… Sauf MOI!? ». Pas surprenant qu’en ayant une aussi étroite mentalité, ils le prennent personnel. Et voilà pourquoi… :

12) La frustration sexuelle peut transformer une relation harmonieuse en guerre haineuse.
Que ce soit en déclinant les avances d’une femme qui ne m’intéressait pas, ou bien que je mettais fin à mes activités sexuelles avec mes amantes, ou bien comme au point 9 lorsque j’insistais pour porter le condom, j’ai eu droit à tout: De la déprime à la colère noire, des crises de larmes aux crises d’hystéries, des lettres d’amour aux mails d’insultes, de celles qui m’ont instantanément banni et oublié à celles qui sont restés accrochés sur mon cas en me retraçant partout jusqu’à un an et demi plus tard.  Je me compte quand même chanceux, j’en ai connu une qui a perdu son emploi, lorsqu’un ex amant frustré est allé y foutre la merde. 

13) Il y a toute une problématique au sujet de la discrétion.
Il est normal de vouloir laisser libre cours à ses fantasmes, sans pour autant vouloir que notre entourage le sache.  Malheureusement, concilier ces deux aspects n’est pas de tout repos.  Comment rester discrets si, pour trouver des partenaires, il faut s’afficher? Est-ce que vos amant(e)s vont bien le prendre, que vous ne voulez pas que les gens sachent que vous couchez avec eux? Ou bien vont-ils le prendre personnel, en vous accusant d’en avoir honte?  Comment éviter que les gens vertueux, les candidats insultés d’avoir été refusée, et les ex-amant(e)s frustré(e)s se fassent un haineux plaisir de vous exposer partout afin de détruire votre réputation?  C’est que le si le monde est petit, la haine est grande.  Parlez-en à une de mes ex-amantes, qui a perdu son travail dans une garderie, lorsque l’un de ses ex-amants est allé y inscrire son enfant, l’a reconnue et l’a dénoncée aux autres parents.  Ça avait beau faire 9 ans qu’ils ne s’étaient pas vus et 8 qu’elle avait cessé d’organiser des soirées, il avait gardé des photos et des textes qu’elle avait eu le malheur de laisser sur le net à l’époque.C’est un sacré casse-tête pour lequel il n’y a aucune solution.  On peut juste espérer que ça n’arrive pas, et c’est pas mal tout ce qu’on peut faire.

14) Il peut être difficile pour le couple de cesser d’être ouvert.
Il vient parfois un temps où on se rend compte que le charme s’est estompé, et que l’on ne prend plus autant de plaisir qu’avant à faire ces activités.  Qu’est-ce qui arrive si notre partenaire n’est pas prêt(e) à arrêter?  Et nos bons amis proches, avec qui on baise en groupe sur une base hebdomadaire, comment vont-ils prendre de ne plus pouvoir le faire avec vous? Vont-ils l’accepter? Vont-ils continuer de vous fréquenter si ça devient platonique?  Vont-ils insister et vous mettre de la pression? Vont-ils se mettre à vous haïr parce que vous les frustrez sexuellement? Vont-ils prendre ça comme une attaque personnelle, parce que là, soudainement, vous avez évolué au-dessus de tout ça, ce qui équivaut à dire (dans leurs têtes) que vous valez mieux qu’eux?  

15) Aux amants, le cul.  Aux conjoints, la merde.
Dans tous les couples, il y a des aspects positifs et négatifs.  Et la majorité des points négatifs sont directement reliés au quotidien, au fait de faire vie commune.  Et plus notre vie est commune (cohabitation, enfants, etc), plus une séparation demanderait un bouleversement de vie, et plus on doit se forcer à endurer.   Ainsi, une femme qui vit un ménage de plus en plus pénible ira de plus en plus souvent oublier ses soucis entre les bras de son amant.   Un amant qui l’apprécie beaucoup plus que son conjoint.  Mais c’est normal.  L’amant n’a pas à vivre avec elle, lui.  Il ne sait pas ce que c’est, que le quotidien avec elle, lui.  Il n’a d’elle que de la tendresse et du sexe, lui.  Par conséquent, plus les amants s’apprécient, plus ils se réservent leurs côtés positifs, et moins il reste de ce positif pour leurs conjoints respectifs.

C’est sûr qu’il y a des gens qui font du couple ouvert un mode de vie et que celui-ci ne leur rapporte que peu de négativité.  Mais ça prend un couple solide, intelligent, complice et équilibré, et ils doivent aussi exceller dans l’art de réussir à ne s’entourer que de gens qui ont les mêmes habilités à vivre cette situation.  Donc, c’est possible, mais ça reste quand même un exploit.

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Il y a une suite: 30 situations fréquentes lorsque l’on est dans un couple ouvert (suite et fin).

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Les 11 étapes de la création d’un quartier huppé

Au printemps de 1990, à l’âge de 21 ans, je partais de mon petit village de Mont Saint-Hilaire, Qc, Canada, pour aller m’installer à Montréal.  Dès cette première phrase, on imagine généralement que suivra une de ces anecdote qu’on a entendu mille fois, dans laquelle le jeune homme vit le charme d’avoir un premier appartement dans la grande ville.  Un logis quelque peu délabré et pauvre, certes, mais riche en Histoire. Et c’est là qu’il découvre peu à peu les différentes facettes de la vie de l’adulte qu’il est en train de devenir.  

Ça sonne un peu moins glamour quand je précise que dans mon cas, je suis juste allé trouvé refuge chez la mère de ma blonde de l’époque, après qu’une dispute de trop avec mon père se soit soldée par mon expulsion de la maison familiale.  Mais bon, quand on est sans le sou, on vit du bon-vouloir du maître des lieux.  Dans ce temps-là, la vie est rarement ce que l’on en fait, et bien plus souvent ce que nous imposent ceux qui sont plus puissants que nous.

Depuis que je suis montréalais, le hasard a fait que ma vie a presque toujours tourné autour du Canal (de) Lachine, qui est la première ligne bleue sur ce bout de carte où j’ai marqué d’un point (20 points, en fait) les endroits où j’ai habité, étudié et travaillé: Ville-Émard, Verdun, Saint-Henri, LaSalle.

Habiter l’endroit pendant 25 ans, soit de 1990 à 2015, m’a permis de le voir évoluer, ce qui m’a permis de constater qu’il y a onze étapes qui permettent de transformer un coin pauvre en quartier huppé.

ÉTAPE 1) Un quartier est industriel. Beaucoup de travail disponible, beaucoup de travailleurs y vivent.
de 1865 à 1970, le Canal Lachine était en opération.  Ainsi, tout le long de ses deux rives, se sont multipliées les industries et commerces vivant du cargo des innombrables bateaux de transports de marchandises et de matières premières qui passaient par là.  Évidemment, de nombreuses maisons et édifices à logements se sont bâties à proximité afin de loger tous ces travailleurs et leurs familles.

ÉTAPE 2) Le travail déménage à un endroit plus économique / plus moderne / mieux adapté aux récentes tendances du marché.
C’est ainsi qu’en 1970, le Canal Lachine a fermé, en ouvrant ses écluses pour de bon, ce qui a cessé de retenir l’eau, rendant le passage impraticable aux bateaux. Lorsque je suis arrivé dans le quartier Ville-Émard 20 ans plus tard, en 1990, l’eau y ruisselait en cours tellement minces par endroits que l’on pouvait le traverser à pied.


ÉTAPE 3) Sans travail, le quartier est déserté par les travailleurs qui vont vivre ailleurs.
Normal! Il faut aller là où le boulot est.  N’empêche que ça fait bien des logements vides, tout ça.

ÉTAPE 4) Les propriétaires sont obligés de laisser les loyers peu coûteux s’ils veulent avoir des locataires qui vont daigner y vivre.
Et moins les loyers rapportent, moins les propriétaires peuvent se permettre de rénover.  Et plus l’endroit se délabre, et plus les loyers restent généralement au même prix pendant une décennie ou deux, tandis que le reste du coût de la vie augmente.

ÉTAPE 5) Les loyers les moins chers attirent les gens pauvres.
Quand on parle de gens pauvres, on songe tout de suite à ceux qui ne peuvent pas se trouver un bon emploi pour diverses raisons, aucune vraiment édifiantes: Peu éduqués, alcooliques, violents, criminels, consommateurs et/ou revendeurs de drogues, délinquants de toutes sortes, problèmes psychologiques, BS chroniques…  Mais aussi, et c’est là l’ingrédient vital de la transformation de l’endroit: Les artistes amateurs, donc sans le sou, tels peintres, sculpteurs, jongleurs, musiciens, chanteurs, bédéistes, qui commencent à occuper le quartier.

ÉTAPE 6) Le quartier devient une communauté artistique.  Il y nait plusieurs artistes, mouvements artistiques et tendances qui percent au grand public.
Le roman Bonheur d’Occasion et le film qui en fut tiré raconte la vie du quartier ouvrier de Saint-Henri, qui longe le Canal Lachine.


Vous connaissez Yvon Deschamps? Il est lui aussi originaire du quartier Saint-Henri, un endroit qui a influencé ses monologues dans lequel il décrivait la vie moyenne du canadien-français d’un milieu ouvrier.  La comédienne Marina Orsini vient du quartier voisin, Ville Émard, ainsi que, comme son nom l’indique, le légendaire Ville Émard Blues Band.  Au printemps de 2001, Bran Van 3000 tourna une bonne partie du vidéoclip de leur chanson Astounded sur le bord du Canal de Lachine à Saint-Henri.  

Du reste, pour connaître les personnalités artistiques qui en sont originaires ou qui y ont habitées, il n’y a qu’à consulter les pages Wikipédia de Ville Émard, Verdun, Saint-Henri et Lasalle.

ÉTAPE 7) Le quartier est remarqué par les riches qui sont attirés par son côté artistique, donc très branché.
Que ce soit à la télé, les journaux, les magazines ou la radio, la majorité de ce que l’on y voit, lit et entend a rapport aux artistes.  Donc, forcément, le lieu d’origine de l’artiste peut être fascinant pour les fans.

ÉTAPE 8) Les riches envahissent la place, démolissant les logements pauvres pour y construire des condos.

Quand on n’a pas le talent pour être un artiste, on essaye de s’approprier son univers.  Et puisqu’il s’agit de gens riches, ils ne vont certainement pas accepter d’habiter des taudis.  Bref, ils vont vouloir observer la vie du pauvre, mais du point de vue d’un riche.  … Et sans la présence du pauvre, si possible.  C’est normal: Depuis 2002, le Canal Lachine est de nouveau ouvert à la navigation, afin que les riches puissent y installer des quais pour leurs bateaux.  Ils ne veulent certainement pas les voir se faire couvrir de tags et graffitis.  Aussi:

ÉTAPE 9) Le quartier devient trop riche pour que les pauvres puissent encore y vivre.
Les propriétaires pauvres demandent des subventions pour rénover leurs édifices à logements, puisque la présence des condos de riches démontrent que le quartier a un soudain potentiel économique qui promet.  Mais voilà, les banques ne prêtent qu’aux riches.  Les proprios pauvres tentent alors d’augmenter les loyers.  Les locataires pauvres ne peuvent plus y vivre et partent.  Mais personne ne veut payer cher pour un loyer délabré, le voilà donc avec un édifice délabré et déserté.  La présence des riches font que les taxes des propriétés font un bond spectaculaire que le propriétaire pauvre ne peut se permettre.  Les riches lui rachètent son édifice pour une bouchée de pain, et obtiennent aisément les subventions pour le rénover, ou bien pour tout raser et construire d’autres condos.  

Pour les commerces, même scénario: Les grandes chaines s’installent et paient aisément un loyer exorbitant, qui devient soudain le barème  pour les commerçants déjà établis.  Incapables d’assumer une telle hausse, ils doivent fermer boutique.

ÉTAPE 10) Les pauvres quittent le quartier à la recherche d’un autre coin pauvre où ils pourront recommencer à vivre et à créer artistiquement.
En ce moment, c’est surtout Hochelaga-Maisonneuve qui a pris la relève des berges du Canal Lachine.  La preuve, c’est que depuis environs cinq ans, il commence à y pousser des condos.  Et les restos chics commencent peu à peu à y remplacer les patateries pas chères, une gentrification qui ne plaît pas à tout le monde.


ÉTAPE 11) Une fois les pauvres partis, les riches mettent partout dans le quartier des plaques commémoratives historiques racontant fièrement les réalisations des gens qu’ils en ont chassés.
Le pauvre vit l’Histoire.  Le riche se l’approprie.

Bref, pour qu’un quartier devienne huppé, ça prend tout d’abord des gens pauvres.  Des pauvres qui, après avoir créé de l’intérêt ayant enrichi le quartier à plus d’un niveau, s’en voient expulsés.  Ce fut le cas pour le Plateau Mont Royal dans les années 70-80, du Canal Lachine dans les années 90-2000, et c’est ce qui est en train de se passer à Hochelaga-Maisonneuve qui commence à se faire surnommer HoMa.  Tout comme South Houston qui est devenu SoHo Car oui, tout ce que je viens de vous raconter au sujet du Canal Lachine, c’est arrivé à SoHo 30 ans plus tôt.

Mais bon, comme je disais plus haut: Quand on est sans le sou, on vit du bon-vouloir du maître des lieux.  Dans ce temps-là, la vie est rarement ce que l’on en fait, et bien plus souvent ce que nous imposent ceux qui sont plus puissants que nous.

12 leçons que j’ai apprises en m’entraînant pour le marathon.

Il y a cinq ans, au début de l’hiver de 2010-2011, j’ai décidé, comme ça, sur un coup de tête, de m’entraîner pour participer au Marathon de Montréal, une course de 42 km se tenant le (ou autour du) 15 septembre. De toutes les activités physiques qui puissent exister, la course à pied avait toujours été mon point le plus faible. J’ai toujours été celui qui courait le moins vite et le moins longtemps.  J’ai décidé de m’y attaquer, et ce sans attendre le printemps. Bien m’en pris car…

1) L’hiver est la meilleure saison pour commencer à s’entraîner.
En été, un coureur doit être habillé comme un coureur. C’est l’uniforme qui fait la différence entre un coureur et un fuyard, surtout aux yeux de la police qui patrouille le quartier louche où tu habites. Or, autant on remarque un civil qui court, autant on remarque un coureur qui marche. En hiver, par contre, coureurs comme passants doivent être habillés en gros manteau chaud. Ainsi, lorsque je marchais plutôt que de courir, rien ne me distinguait d’un passant et je n’avais pas l’air d’avoir abandonné l’entrainement.

Afin d’obtenir de meilleurs résultats, j’ai eu l’idée de courir dans la neige sur des pistes non-dégagées où on enfonce parfois jusqu’aux genoux. Ça épuise plus vite, ça fait suer, ça réchauffe au point où j’ouvrais souvent mon manteau même s’il faisait -12°C, et je ne ressentais pas le froid puisque j’étais moi-même ma propre source de chaleur. C’était un avantage non négligeable, comme je le démontre dans le point suivant qui est :

2) Les bienfaits sont d’abord petits mais immédiats et omniprésents.
Si vous vivez dans un pays où l’hiver est rude, vous connaissez la désagréable sensation de devoir prendre une douche alors que l’hiver refroidit la salle de bain. Eh bien moi, en revenant de mon entrainement de course, j’allais immédiatement à la douche. Et jamais je n’y ai eu froid de l’hiver, pour la simple et bonne raison que la chaleur provenait de moi. Je me permettais même de prendre des douches à peine plus chaudes que tièdes. Moins d’eau chaude, douches de moins longue durées, moins d’énergie électrique dépensée, donc économie. Une économie qui se prolongeait dans l’appartement, où je n’avais soudainement plus besoin de chauffer autant.

Parmi les autres avantages que m’a procuré la course à pied, notons un sommeil plus profond, un réveil plus reposé, une amélioration de la concentration, une meilleure humeur en général. La libido aussi se réveille, et on a soudain une plus grande énergie et une meilleure résistance pendant l’acte. Et l’économie dont je parlais au paragraphe précédent s’étalait jusque dans ma facture d’épicerie, tel qu’expliqué dans le point suivant qui est :

3) La perte de poids est immédiate parce que…
A) L’appétit diminue. On pourrait croire que dépenser autant d’énergie pourrait donner un appétit d’ogre. Mais non, au contraire. Je ne sais pas ce que l’activité physique fait à l’estomac, mais non seulement j’ai perdu envie de manger entre les repas, je mangeais moins durant ceux-ci. Je n’ai même pas eu à changer mon alimentation pour du végé-santé.
B) Les calories brûlent. Faire un effort puissant à court terme brûle les sucres. Par contre, l’effort constant à long terme, comme celui de la course à pieds, consomme le gras.  Voilà pourquoi:

4) La perte de poids est spectaculaire.  … Mais temporaire.
Non pas temporaire dans le sens où on le reprend tout aussi vite, mais bien dans le sens ou on cesse éventuellement d’en perdre. Voici le poids que j’ai perdu durant les quatre mois de mon entrainement :

1er mois : 13 lbs. (5.90 kg)
2e mois : 7 lbs. (3.18 kg)
3e mois : 2 lbs. (0.90 kg)
4e mois : 0 lbs. (0 kg [/mansplaining] ) 

Voilà pourquoi beaucoup de gens se découragent et abandonnent l’entrainement au bout de deux mois.  Il est logique de penser qu’en poursuivant l’entrainement avec la même intensité, la perte va continuer au même rythme qu’au premier mois. Mais voilà, cette logique est fallacieuse. Dans les faits, à mesure que le corps s’habitue à l’effort, il devient de plus en plus performant. Il réclame donc moins de calories pour fonctionner.  Et c’est pour ça que c’est le premier mois où j’en ai le plus perdu, car:

5) Ça prend un mois avant d’être vraiment performant.
Par un bel après-midi ensoleillé entre Noël et le jour de l’An de décembre 2010,   j’étais allé courir le long du Canal Lachine.  

Ça faisait trois semaines que je m’entraînais. Tandis que j’alternais course et repos sous forme de marche lente, un passant promenait son chien.  D’abord derrière moi, il m’a dépassé et a pris de plus en plus de distance.  De voir ainsi un homme parcourir plus vite plus de distance que moi, alors qu’il ne fait que marcher et que je suis en course intermittente, ça m’a donne une fracture de l’orgueil.  Mais pas assez pour me faire abandonner.  D’abord, parce que j’étais déjà bien plus performant qu’à mes débuts, où j’étais tombé épuisé-mort après 200 mètres de course.  Mais aussi parce que: 

6) Le bien-être ressenti est incroyable.
Sérieux là, après la première semaine, on commence à ressentir un état d’euphorie quasi-permanent.  Je ne sais pas si c’est à cause de l’oxygénation ou des bienfaits mentionnés au point 2.  Toujours est-il qu’on se sent comme si on était sur la boisson énergie, mais sans le rush du sucre.  On se sent mieux, plus énergique, plus éveillé, bref, plus jeune.  Et moi qui était du genre à attraper 2-3 rhumes par saison froide, pour la première fois de ma vie, j’en ai eu un gros total de zéro cet hiver-là.

Mieux encore: Pour certaines personnes, dont je faisais partie, l’hiver n’est pas une saison tellement intéressante ni agréable.  Eh bien cette année-là, en décidant que l’hiver serait mon gym, j’ai complètement transformé ma vision de cette saison en quelque chose de positif, vision qui perdure encore aujourd’hui.  Quoi de mieux pour le moral que d’apprécier les températures extérieures à l’année longue.

7) On ne peut s’empêcher de vouloir partager nos progrès.
C’est quelque chose que l’on fait autant pour s’encourager soi-même que pour s’en vanter.  Et c’est normal.  Quoi de mieux pour le moral de revenir sur nos entrées précédentes sur Facebook ou sur notre blog pour revoir tout le progrès que l’on a fait.  Sans compter les encouragements et les félicitations que l’on reçoit de la part d’amis.  Hélas, il n’y a pas qu’eux qui constatent nos progrès.  Et si je dis hélas, c’est parce que, pour une grosse part de notre entourage … :

8) On dérange!
Qu’on le veuille ou non, notre entourage est adapté à notre style de vie. Ainsi, les oisifs attirent les oisifs, et les sportifs sont entourés de sportifs. Aussi, lorsque l’on change radicalement nos habitudes de vie, c’est tout notre entourage qui s’en trouve affecté. les gens se divisent alors dans ces catégories :

  • Le/la conjoint/conjointe qui commence à craindre, consciemment ou non, que tu deviennes trop bien pour elle/lui. Ce ne fut pas mon cas, heureusement.  Mais j’ai déjà vu ça.
  • Ceux qui regardent tes progrès avec malaise car ton courage devient pour eux le symbole de leur propre lâcheté.
  • Ceux qui sabotent ton entrainement en voulant t’aider. Généralement en affirmant que si tu avais plutôt utilisé une méthode X, tes progrès seraient au moins trois fois ce que tu as obtenu par la tienne.  Et même s’ils n’arrivent pas à t’imposer leur méthode, leurs commentaires minent le moral.
  • Ceux qui qui sabotent ton entrainement en voulant que tu les aide. Hélas, puisqu’ils ne sont pas à ton niveau, les aider signifie que tu cesses de te pousser, et ainsi cesse d’obtenir des résultats.
  • Ceux qui te découragent de continuer, et qui le font pour ton bien.  En effet, convaincus que tu vas échouer, ils ne veulent pas que tu subisse cet échec. Ils sont de la mentalité du Qui rien n’essaie rien n’échoue, et cherchent à te l’imposer.

Et voilà pourquoi:

9) Tu te sens bien seul tout à coup….
… en réalisant qu’il n’y a personne dans ton entourage avec qui tu peux parler de ta nouvelle passion. Puisqu’ils ne la partagent pas, ils ne peuvent pas comprendre, ni te soutenir, ni t’aider.  La majorité du temps, en leur en parlant, tu les ennuies.  Et essayer de trouver de nouveaux amis sur le net qui, eux, peuvent te comprendre, c’est moins facile qu’on pourrait le croire, parce que :

10) Internet regorge de faux experts et de gens haineux.
Je me suis inscrit sur un forum montréalais de course à pied. Je n’y suis pas resté plus que vingt minutes, et ce pour deux raisons.

  • La première : Un membre se décrivant comme étant entraîneur professionnel travaillant dans un gym, a parti un sujet dans lequel il affirme que courir ne fait pas perdre de poids. Et il avais les liens d’expertises pour le prouver.  Je suppose donc que mon pèse-personne, mon miroir, mes vêtements, mon corps, mes yeux et tout mon entourage me mentent depuis quatre mois.
  • La seconde : J’ai découvert par hasard qu’un de leurs membres y avait mis un lien vers l’un de mes billets de blogs dans lequel j’avais posté des images de moi avant-après, qui montraient ma perte de poids et ma prise de muscles. Le lien venait avec le commentaire suivant : « Ça ne donne pas envie de se mettre à courir! » Une remarque aussi méprisante et gratuite que totalement injustifiée.  

Face à pareille atmosphère empreinte de mauvaise foi, faut pas se demander pourquoi j’ai renoncé à fréquenter l’endroit.

11) Le choix de bons souliers est primordial.
Pendant longtemps, j’ai cru que les boutiques sportives bullshittaient lorsqu’ils affirmaient que pour courir sans problèmes, il faut absolument débourser une fortune pour se procurer chez eux un soulier en mélange de polyester et soie de cocons de papillons de l’Arctique avec semelle en fibre d’élastine coussiné à la mousse de nombril de panda, sinon nos pieds vont pourrir et tomber. Et je suppose que j’ai raison jusqu’à un certain point car je ne vois pas en quoi un soulier à 600$ la paire pourrait donner de meilleurs résultats qu’une paire à 150$. Par contre, cette petite BD que j’ai faite à l’époque montre comment j’ai appris à la dure les réalités d’être bien chaussé.

Je suppose que j’ai dû me faire des micro-fractures au tibias car j’en ai eu pour un mois à ne plus être capable de courir. Ensuite, j’ai commencé à travailler à plus-que-temps-plein, alors je n’avais plus le temps de m’entrainer. Hélas, il était trop tard pour moi, le dommage était fait. Car en effet :

12) Si vous n’avez jamais été bon à la course, il y a peut-être une raison.
Comme je le dis tout en haut de cet article, la course avait toujours été mon point le plus faible.  J’ai appris pourquoi quand, en décembre 2011, un an après avoir commencé à faire de la course, mes pieds sont soudainement devenus trop douloureux pour que je puisse me tenir debout.  Le podiatre a constaté que j’ai une jambe et les deux pieds croches.  

Voilà pourquoi je n’ai jamais été bon coureur.  Voilà pourquoi je n’ai jamais tenu sur des skis, des patins, des raquettes et des rollerblades.  À cause de ce handicap de naissance jamais détecté avant parce que jamais recherché spécifiquement, j’ai toujours marché sur le rebord de mes pieds plutôt qu’à plat.  Jusque là, je pouvais l’endurer.  Mais en m’entraînant, je les ai forcés en leur imposant un effort qu’ils n’étaient pas conçus pour soutenir.  S’en suivit une fasciite plantaire sévère aux deux pieds qui m’a laissé un mois en béquilles et deux mois sans pouvoir travailler.  Comme quoi il faut toujours consulter un médecin et se faire examiner les parties qui vont travailler, avant de se mettre à l’exercice.

Aujourd’hui, je me suis fait une raison.  Je ne courrai jamais le marathon.  J’ai changé mon entrainement pour un plus musculaire parce que bon, il y a plus d’une façon de devenir athlétique.  Je m’entraîne toujours au cardio à mon gym, non pas sur le tapis roulant mais plutôt sur la machine elliptique sans impact.  Au moins une fois par hiver, je ne peux résister à l’envie de courir dans la neige, ce qui me permet de constater que je suis encore capable de parcourir une distance de 2 km non-stop.  C’est moins que les 5 km que je pouvais faire au dernier jour de mon entrainement, mais ça demeure bien mieux que les 200 mètres du premier jour.

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Y’A LIENS LÀ:

Le billet Dans l’espoir d’un marathon, décrivant mon premier mois d’entrainement.
Le billet Quatre mois d’entrainement: Le résultat. 
Le billet Rouler avec les coups, expliquant pourquoi j’ai gardé le moral malgré ce handicap.
Enfin, dans Anecdote de course, je montre comment la police peut nous trouver louche lorsque l’on est un coureur sans en avoir l’air.

Avez-vous des questions?  Des commentaires?  Venez en discuter ici, ou bien sur Mes Prétentions de Sagesse sur Facebook.  Vous pouvez aussi partager ce billet avec les liens suivants:

Deux catégories de gens…

… et deux qualités de vie sociale.

Avant qu’on me pose la question, non, il n’existe pas de série nommée « Kid Mecha ». De toute façon, le sujet de discussion n’a aucune importance. C’était juste pour montrer la différence entre les gens normaux et ceux qui accordent une importance démesurée à ton ignorance, car ils ressentent un tout aussi démesuré besoin de rabaisser autrui.

100 leçons de vie que j’aurais aimé apprendre plus tôt

Des résolutions pour la nouvelle année?  Non; des leçons pour toute une vie.

AU SUJET DES ÉTUDES

  • 1) N’étudie pas en Arts ou en Philosophie à moins que ton but soit de devenir prof d’Arts ou de Philosophie.
  • 2) N’étudie pas en graphisme à moins de vouloir passer ta vie à te plaindre que tu ne trouves jamais de travail dans ta branche.
  • 3) Aucun étudiant n’a besoin d’une carte de crédit. Tu vis déjà sur de l’argent emprunté que tu auras à rembourser avec intérêts. Inutile d’en rajouter.
  • 4) Le but d’un travail d’équipe n’est pas le travail mais bien l’équipe. C’est pour ça que l’on vous oblige souvent à travailler en groupe: C’est important puisque c’est quelque chose que vous aurez à faire plus tard sur le marché du travail.
  • 5) Le conseil étudiant, le journal étudiant et tous les autres comités n’existent que dans un seul but: te distraire de tes études afin d’augmenter tes possibilités d’échec, ce qui t’oblige à prolonger tes études, et ainsi apporter plus d’argent aux établissements scolaires et augmenter ta dette (et les intérêts) aux banques et au gouvernement. La preuve, c’est que faire partie de ces comités ne t’apportera rien sur le marché du travail.
  • 6) Il n’y a que deux règles à suivre pour réussir ses études:  Se rappeler du contenu des livres, et être d’accord avec le prof.
  • 7) Tu auras tout le temps de faire valoir tes droits et tes idées lorsque tes études seront terminées.  Mais en attendant, tes opinions risquent juste de te nuire, alors ta gueule!


AU SUJET (du début ) DE LA VIE ADULTE

  • 8) Avant d’avoir ce que tu veux, tu auras à faire ce que tu ne veux pas. C’est la réalité pour tout le monde. Tu n’es pas une exception.
  • 9) Trouves-toi un travail à temps plein.  On s’en fout que ce soit au salaire minimum, ce n’est pas comme si tu avais à payer quoi que ce soit si tu habites chez tes parents.
  • 10) Personne n’est trop bien pour une McJob.  Tes futurs employeurs n’en auront rien à cirer de là où tu as travaillé. Ce qui les intéressera, c’est le fait que tu as travaillé.
  • 11) Profite du fait que tu vis encore gratuitement chez tes parents pour acheter les meubles et tout ce dont tu auras besoin en appartement.  Parce que si tu pars en appartement avant de te meubler, ce n’est pas en payant loyer, bouffe, électricité et téléphone que tu y arriveras.
  • 12) Rembourse ton prêt étudiant.
  • 13) Obtiens ton permis de conduire.
  • 14) Apprend à cuisiner.
  • 15) Ce que l’on te fait miroiter est en réalité moins bien que décrit et te coûtera plus qu’annoncé. C’est vrai pour les objets, ça l’est tout autant pour les produits, les services et surtout les gens.
  • 16) À tort ou à raison, tu auras toujours l’impression que les autres l’ont plus facile que toi, et ce sans le mériter. Si la vie était Les Simpsons, tu serais Frank Grimes.


AU SUJET DU TRAVAIL ET DU SUCCÈS

  • 17) Personne ne te doit rien.
  • 18) Un travail est ou bien ardu, ou bien stressant, ou bien ennuyant. Plus vite tu te feras à l’idée et mieux tu te porteras.
  • 19) Les gens ne veulent pas d’un perfectionniste.  Ils veulent juste que le travail soit fait.
  • 20) Peu importe le nombre de diplômes que tu auras obtenu, tu vas commencer au bas de l’échelle.
  • 21) Avoir raison est beaucoup moins une garantie de succès que être d’accord.
  • 22) Si on ne t’a rien demandé, ferme-la!
  • 23) Personne n’aime les vantards, les plaintifs, les dramaturges, les paniers percés et les je-sais-tout. C’est aussi vrai au travail que partout ailleurs.
  • 24) Si tu fais le travail parfaitement, c’est l’équipe qui sera félicitée. Si tu fais foirer le travail, c’est toi seul qui sera blâmé. C’est inévitable.
  • 25) La réussite se compose de ces 7 ingrédients : De la volonté, du travail, du talent, être au bon endroit, être au bon moment, avoir la chance de rencontrer les personnes clés, et ne pas les faire chier.
  • 26) Les gens haut-placés n’ont que faire de ton succès. C’est le leur qui les intéresse. Ce n’est qu’en démontrant que tu peux augmenter le leur qu’ils vont daigner s’occuper du tiens.
  • 27) « Réussir par soi-même sans l’aide de personne » est un mythe qui te fera obstacle et sabotera tes chances de succès si tu persistes à t’y tenir. Ou bien tu saisis les opportunités, ou bien tu restes en bas.
  • 28) L’idéalisme et l’intégrité ne paient pas le loyer.
  • 29) Si c’est légal, fais-le!
  • 30) Le loser est celui qui se trouve des excuses pour son travail. Le saboteur est celui qui ne fait que chercher les problèmes dans le travail des autres. Le winner est celui qui cherche, trouve et applique des solutions pour tous les travaux.
  • 31) Ais de bonnes relations avec tes collègues, mais n’oublie jamais que tu ne dois ta loyauté qu’à ceux qui te paient.
  • 32) Chercher à réussir sans autre motivation que faire chier les autres, ça n’a jamais réussi à personne à long terme.
  • 33) Tu n’est pas irremplaçable!


AU SUJET DE L’ARGENT

  • 34) Quand tu vis chez tes parents, “de l’argent”, c’est tout l’argent que tu reçois. Quand tu vis à ton propre compte, “de l’argent”, c’est le peu qui te reste une fois que tu as payé le nécessaire.
  • 35) Tout le monde veut te faire dépenser ton argent.
  • 36) Quand tu reçois un chèque de paie, tu payes des retenues.  Quand tu le déposes, tu payes des frais de tenue de compte. Quand tu achètes, tu payes des taxes. Quand tu règles avec Interac, tu paies des frais d’administrations.  Ton véritable salaire, c’est ce qui reste une fois que tout le monde a pris sa part.  Alors ne calcule pas ton budget sur ton revenu brut.
  • 37) Et ce n’est pas tout: Quand tu déclares tes revenus, tu payes de l’impôt. Alors met un p’tit 20$ de côté à chaque paie et tu ne seras jamais pris au dépourvu à la fin de l’année.
  • 38) Ouvre au moins deux comptes de banque/caisse: Un compte d’épargne, et un compte chèque avec opérations.
  • 39) La banque/caisse va te charger des frais de tenue de compte et d’opérations à chaque mois, que tu l’utilises ou pas. Alors déposes-y régulièrement sinon les frais vont finir par le vider et tu paiera l’amende lorsque ça tombera en dessous de $0.00.
  • 40) Oui, quand quelqu’un n’a pas l’argent pour faire ses paiements, on le punit en lui chargeant encore plus d’argent.  C’est illogique mais c’est ça quand même. Vis avec, ou arrange-toi pour que ça ne t’arrive pas.
  • 41) Payer cash est une valeur dépassée car elle ne laisse aucune trace, et ainsi ne rapporte rien de bon sur ton dossier de crédit.


AU SUJET DES CARTES DE CRÉDIT

  • 42) Tout le monde a besoin d’une carte de crédit.
  • 43) Personne n’en a besoin de plus qu’une.
  • 44) Va à ta banque/caisse et demande à voir un conseiller pour en obtenir une. Ils font affaire avec Visa et Mastercard, alors ça va te faciliter la tâche, autant pour l’obtention que pour les paiements.
  • 45) Ne l’utilise que si tu as un revenu régulier.
  • 46) Ne met jamais sur ta carte plus que ce que tu pourrais te permettre si tu n’en avais pas.
  • 47) Utilise-la pour tous tes achats habituels au lieu de ta carte débit, tu t’épargneras les frais Interac.
  • 48) Visite régulièrement ton dossier de carte de crédit en ligne afin de ne jamais perdre de vue tes transactions.
  • 49) Rembourse-la à toutes les semaines.
  • 50) Assures-toi de la remettre à $0.00 au moins trois jours ouvrables avant la date d’échéance.  Ainsi, tu payeras $0.00 d’intérêts.
  • 51) Tu recevras souvent des offres d’augmenter ta limite de crédit. Accepte-les toutes, mais ne les utilise jamais.
  • 52) Agir ainsi t’épargnera des frais, te rapportera un bon dossier de crédit, et une haute marge de crédit.
  • 53) Un jour ou l’autre, tu seras obligé de payer quelque chose qui coûte plus d’argent que tu n’en as. (Ordinateur, électroménager, etc) C’est là que tu vas apprécier ce bon dossier et cette haute marge.


AU SUJET DES RESTAURANTS

  • 54) Le resto devrait être une occasion spéciale et non une habitude.
  • 55) On va te servir ta boisson gazeuse au moins un quart d’heure avant ton repas pour t’inciter à la boire immédiatement, donc à en commander une autre pendant le repas. Demande un verre d’eau pour l’instant, et précise que tu veux ta boisson avec le repas.
  • 56) Ou mieux encore: Reste à l’eau. Pourquoi payer l’équivalent de quatre bouteilles de deux litres pour une boisson gazeuse coupée à 60% d’eau et de glaçons?
  • 57) L’entrée, le dessert et l’alcool vont doubler, voire tripler ta facture.
  • 58) Les taxes et le pourboire obligatoire vont y ajouter un autre 30%. Alors ne soit pas surpris si ton burger affiché à $9.99, pris en repas complet, finit par te coûter $40.00.
  • 59) Obligé de manger ailleurs car loin de chez toi? Oublie les restos. Achète au marché d’alimentation et mange dehors. Tu sauveras beaucoup d’argent et de temps.


AU SUJET DES GENS ET DE LA VIE SOCIALE

  • 60) Trois personnes voudront faire partie de ta vie: Celle qui va avancer à tes côtés, celle qui va rester immobile en te regardant avancer, et celle qui va s’immobiliser devant toi pour t’empêcher d’avancer.  Accueille la première, abandonne la seconde, et fuit la troisième.
  • 61) Donne ton respect et ta loyauté à tous dès le départ.  Retire-les ensuite à ceux qui s’en montreront indigne.
  • 62) Au début, les gens se montrent sous leur meilleur jour.  Ce n’est qu’avec le temps que la véritable personnalité de tout un chacun ressort.
  • 63) Tout le monde est plus ou moins endommagé ou traumatisé par son passé, et t’en feront subir les séquelles.
  • 64) Pour toutes les raisons précédentes, attend de bien connaitre une personne avant de voir si c’est une bonne chose de la mêler à ton univers déjà établi et harmonieux.  
  • 65) Une vie sociale harmonieuse ne peut s’accomplir qu’entre gens qui se considèrent égaux.  
  • 66) N’accepte ni le rôle de leader qui doit porter sur lui le groupe, ni celui de mascotte juste bon pour servir de sujet de moqueries. 
  • 67) Les gens pénibles dans ta vie sont comme les Band-Aids.  Tu peux les enlever rapidement, ça fait mal sur le coup, mais c’est vite terminé.  Ou tu peux perdre ton temps en allongeant inutilement une situation pénible qui ne cessera pas d’être douloureuse qui ne s’améliorera jamais. 
  • 68) On ne peut pas repousser tous les gens qui ne font pas notre affaire.  Il y en aura toujours de qu’il vaudra mieux garder dans son entourage tout en gardant une certaine distance.
  • 69) Sans pour autant être parano, il y a des gens de qui il vaut mieux se méfier En voici une liste. (Le lien ouvre une 2e fenêtre).


AU SUJET DU COUPLE

  • 70) Le couple n’est pas une solution. Si le célibat est pour toi un problème, c’est que le problème est en toi. Trouve-le et règle-le!
  • 71) Tes premières relations ne dureront pas. Elles ne sont que des brouillons pour tes futures relations sérieuses.
  • 72) Pour se mettre en couple, il faut beaucoup plus de points communs que juste « nous sommes tous les deux célibataires ».
  • 73) Les relations de couple sont comme une carrière: Si tu refuses de prendre de l’expérience avant de trouver ton idéal, alors tu n’auras pas ce qu’il faut pour l’obtenir, en encore moins pour le garder.
  • 74) Arrête d’espérer trouver un jour le prince charmant / la fille parfaite.  Même si il/elle existait, tu n’as probablement pas ce qu’il faut pour lui plaire.
  • 75) La technique d’approche « Je vais te chérir, te combler, répondre à tous tes besoins et faire tes quatre volontés » est pathétique, et ce pour trois raisons. La première, c’est que loin de te donner une image de chevalier romantique servant une princesse, ça démontre que tu es un loser désespéré.  La seconde: les gens  normaux recherchent une relation normale avec une personne qui sera leur égal, et n’ont donc rien à faire d’un esclave avec qui ils ne pourront pas échanger. Et la troisième, c’est que les seules personnes qui peuvent s’intéresser à avoir un esclave, ce sont les manipulateurs contrôleurs profiteurs qui feront de ta vie un enfer et te rejetteront après t’avoir tout enlevé: Argent, biens, santé et réputation.
  • 76) Ne t’attache pas à une personne qui a plus de dettes que de moyens de les payer.
  • 77) La façon dont les films et les séries télé décrivent les couple n’est pas plus conforme à la réalité que ne l’est la porno au sujet de la sexualité.
  • 78) Celui qui cherche à séduire avec son argent et ses biens finit toujours avec une personne qui ne s’intéresse qu’à son argent et ses biens.
  • 79) Parce que chaque personne est différente, très peu de ce que tu as appris au sujet du sexe opposé dans ton couple précédent ne s’appliquera dans ton prochain couple.
  • 80) Le match parfait n’existe pas. Même chez les couples les mieux assortis, il a fallu que l’un et l’autre fassent quelques ajustements et compromis afin que la compatibilité puisse exister.
  • 81) Si tu es la seule personne des deux qui fait les ajustements, des compromis et des sacrifices, vous êtes incompatibles.
  • 82) Les couples qui vivent le plus longtemps sont composés de gens qui n’ont pas besoin d’être en couple pour vivre.
  • 83) Les condoms existent.  Utilise-les!
  • 84) Tu n’est pas irremplaçable!


AU SUJET DE LA PARENTÉ

  • 85) Avoir un enfant n’est la solution à aucun problème. Ça ne l’a jamais été. Ça ne le sera jamais.
  • 86) Élever un enfant seule, c’est ton choix.  Être élevé par un seul parent, ce n’est pas le choix de ton enfant, c’est quelque chose que tu lui imposes.  Il se peut que ton choix de vie lui convienne, mais ce n’est pas garanti.
  • 87) Dès que tu as un enfant, oublie-toi, tu n’existes plus.
  • 88) Oublie aussi ton argent, tes loisirs et tes projets personnels.
  • 89) Oui, ton enfant est spécial et remarquable, tout comme le sont aux yeux de leurs parents chacun des centaines de milliers d’enfants qui naissent chaque jour à travers le monde.
  • 90) En tant que parent, tout ce que tu feras ou ne feras pas sera potentiellement mal vu aux yeux des autres. Fais-toi à l’idée.
  • 91) Quoi que tu lui achète, il va le salir, le casser, le ruiner, ne pas l’utiliser correctement, ou au contraire s’en foutre totalement. C’est comme ça!
  • 92) Noël/anniversaires: Que tu lui donnes trois ou vingt jouets d’un coup, il n’y en aura que deux dans le lot qu’il va préférer et régulièrement jouer avec. Limite-toi à ça, tu sauveras de la place dans sa chambre et de l’argent pour toi.
  • 93) Aucun enfant ne nait avec la notion du respect. Inculque-lui ou vous en subirez les conséquences, lui, toi et votre entourage.
  • 94) La discipline n’est pas un abus de pouvoir. C’est une nécessité.
  • 95) L’abus de pouvoir, ce n’est pas de la discipline.  C’est de l’abus.
  • 96) Les enfants sont malléables jusqu’à un certain point. Ensuite, c’est leur personnalité qui entre en ligne de compte.
  • 97) Certains de leurs gestes seront de votre faute, d’autres pas.
  • 98) Lorsqu’il n’est pas à un endroit spécifiquement conçu pour les enfants, il s’emmerde. Amène-lui toujours jeux, livres, cahiers, crayons, au resto, en visite, lors de longs trajets, etc.
  • 99) Deux enfants, c’est suffisant.


AU SUJET DE LA VIE EN GÉNÉRAL

  • 100) Il existe des exceptions à tout ce que vous venez de lire. Mais si vous basez vos choix de vie là-dessus pour toujours faire le contraire de ce que dicte le bon sens, attendez-vous à accumuler beaucoup plus d’échecs que de réussites.  Ce n’est pas pour rien que ça s’appelle des exceptions.

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Le texte Je me méfie de ceux qui me disent… aide à reconnaître les gens toxiques dès le début.

Douze choses que j’ai apprises (à la dure) en devenant concierge résident

Comme j’en ai déjà parlé plusieurs fois sur ce blog, j’ai commencé à exercer le métier de concierge résident en septembre 2012. J’ai d’abord servi un édifice de 22 étages construit en 1964, puis une tour à condos de 34 étages construits en 2012.  J’y ai appris douze choses que l’on ne soupçonnerait pas lorsque l’on est simple locataire. Par exemple :

1) À peine achevé de construire, l’édifice commence à s’autodétruire.
Vous avez probablement déjà vu des images montrant l’intérieur d’un appartement à l’abandon depuis quelques temps.  Ça ressemble généralement à ceci:

Non, l’endroit n’a pas été vandalisé.  C’est juste ce qui arrive tout naturellement lorsque la place n’est pas entretenue: L’humidité s’accumule, la moisissure envahit, le métal oxyde, le bois pourrit, le plâtre ramollit.  Par conséquent, les murs fissurent, les plafonds s’effondrent, les tuyaux brisent, les planchers défoncent.  C’est sur une base quotidienne que ces problèmes apparaissent et que le concierge doit intervenir pour les régler avant que ça s’aggrave.  

2) Les murs dissimulent des trésors et des tragédies.
Plus l’endroit est vieux, plus grande sont les chances que les murs contiennent des choses qui y ont été cachées et oubliées.  Une simple recherche sur Google avec les mots trouvé dans les murs en donne des centaines d’exemples: Vieux journaux, magazines et comic books de grandes valeurs en parfait état, bijoux, argent comptant, foetus momifiés et cadavres d’enfants et d’animaux, oeuvres d’art…  Mais dans 99% des cas, on n’y retrouve que débris de tuyauterie, morceaux de plâtre et de bois abandonnés là lors de précédentes rénovations.  Personnellement, j’ai eu la chance d’y trouver une bouteille de Pepsi datant de 1964 en parfait état, probablement laissée là par l’un des menuisiers qui a construit la place.

3) Plus c’est riche, plus c’est pauvre.
Il est assez ironique que l’on retrouve encore partout des maisons et édifices plus que centenaires en parfait état alors que les plus récentes constructions tombent si vite en ruine.  C’est qu’aux siècles précédents, le premier soucis des propriétaires et des charpentiers, c’était la solidité.  De nos jours, c’est l’économie.  Un propriétaire qui voudra se faire bâtir une tour à logements fera un appel d’offre à plusieurs compagnies de construction.  Le contrat ira à celui qui soumettra le plus bas prix dans son estimation. Ce dernier, recevra donc du propriétaire le montant qu’il lui a fixé. Avec cet argent, le constructeur doit acheter les matériaux, payer ses employés, et se payer lui-même avec le reste.  Aussi, si le constructeur veut maximiser son profit personnel, il achètera les matériaux au plus bas prix.  Évidemment, plus basse est la valeur du matériel, et plus basse est sa qualité.  Voilà pourquoi j’ai eu à faire face à trois fois plus de bris, de pannes et problèmes divers dans la tour à condos de luxe construite en 2012, que dans le vieil édifice de 1964.

4) Il est possible que votre concierge n’ait pas la moindre idée de ce qu’il fait.
Le soucis d’économie du propriétaire fait qu’il désire autant que possible se passer du plombier, de l’électricien, du menuisier et du réparateur de frigo et de cuisinière, qui chargent chacun entre $100.00 et $250.00 de l’heure + matériel.  Il exige donc que son concierge résident sache tout faire.  J’ai appris ce que mon collègue partant a eu le temps de m’apprendre, et de ce que mes patrons pouvaient me dire si le problème tombait sur leurs heures de travail. Pour le reste, la consigne était « Débrouille-toi, bluffe, improvise. »

Avec le temps, forcément, le métier est rentré, mais la première année n’a pas toujours été facile.  Beaucoup de murs ont été colmatés avec des panneaux qui n’avaient pas toujours la grandeur et la forme requise.  Il m’a fallu appliquer beaucoup de kilos de plâtre pour dissimuler tout ça.  Heureusement, une fois sec, un coup de sableuse et un coup de peinture et il n’y paraissait plus. 

Mais l’ignorance est présente aussi au niveau administratif.  Imaginez le système d’alarme qui part, que tu n’as pas la moindre idée comment l’arrêter, que tu appelles ta patronne chez elle qui te dit de consulter ta feuille de référence de gens à appeler selon tel ou tel problème, que tu appelles la compagnie inscrite sur ta feuille de référence, qu’ils te demandent ton numéro de client, et ton numéro d’employé et que tu n’as pas la moindre idée de quoi il s’agit, pour te faire dire vingt minutes plus tard que ça fait sept ans que tes patrons ne font plus affaire avec eux.  C’est ça qui arrive lorsque ta liste de référence n’a pas été mise à jour depuis l’an 2000.  Et ce n’était pas mieux avec la tour à condos de 2012.  Peu importe le problème, peu importe qui on appelait, eux-mêmes n’étaient pas sûr si c’était bien à eux de régler le problème ou non (généralement, ils affirmaient que non) puisque eux aussi avaient été mis à leurs postes sans savoir ce qu’ils devaient y faire au juste.

5) Les réparations sont souvent faites de récupérations, de rafistolage et d’espoir que ça tienne le coup.
Le propriétaire cherche également à économiser sur le matériel autant que possible.  Aussi, lorsque quelque chose doit être remplacé s’il est brisé au-delà de notre capacité de le réparer, on ne le jette pas sans en avoir récupéré un maximum d’éléments encore fonctionnels ou bien réparables. Ainsi, la plupart du temps, un locataire qui croit que j’ai mis une pièce neuve pour réparer son robinet s’est plutôt fait refiler une pièce que j’ai recréée à partir de trois morceaux tirés de trois autres robinets brisés.

Et il faut savoir être débrouillard.  Une nuit de samedi à dimanche, je me fais réveiller par un locataire dont un tuyau de renvoi d’eau a éclaté Dieu-sait-comment.  Pas un seul tuyau de rechange dans mon atelier.  Je prends donc une feuille en matière plastique souple devant originalement servir à Dieu-sait-quoi.  Je le coupe de la longueur du tuyau, puis, je le roule et l’installe.  Je le ferme, le colmate et le fixe à grand renfort de colle au silicone, pour que ça tienne jusqu’à lundi.  Lundi venu, je montre la chose à mon patron.  Après avoir inspecté mon ouvrage, il referme la porte en disant que puisque ça tient, pas besoin d’en faire plus.  Pourquoi payer pour un nouveau tuyau puisque j’ai réussi à trouver une solution alternative gratuite?

6) L’ascenseur n’appartient pas à l’endroit.
Je ne suis pas raciste, mais on m’a déjà soupçonné à tort de l’être.  (Notez que cette situation est la seule dans lequel il est acceptable de commencer une phrase par « Je ne suis pas raciste, mais… » )  Un matin lorsqu’un locataire non-blanc-ni-québécois-de-naissance a échappé sa passe de bus dans la fente entre le plancher et l’ascenseur en sortant de celui-ci.  Il est aussitôt accouru vers moi en me demandant d’aller la récupérer.  Je lui ai répondu que c’est bien dommage mais je ne peux rien faire.  Non seulement n’ais-je pas accès au puits, je ne sais même pas où est située l’accès pour commencer.

Normal! S’il y a une chose dans laquelle la sécurité doit être au top en tout temps, c’est bien l’ascenseur.  C’est beaucoup trop important pour en confier l’entretien à des concierges qui improvisent car ils ne savent pas toujours ce qu’ils font.  Aussi, l’ascenseur reste la propriété de la compagnie qui l’a installée, et seuls leurs techniciens ont accès à leurs panneaux et au puits.  Personne d’autre n’en a la clé.  Ni le concierge, ni l’administration, même pas le propriétaire.

Après avoir expliqué la chose au locataire, celui-ci s’est énervé, m’accusant de lui mentir, me prêtant des motivations racistes en disant que si c’était arrivé à un blanc, j’irais tout de suite lui chercher sa carte.  Il finit par se mettre devant moi en disant qu’il ne bougera pas d’ici tant que personne n’ira la lui récupérer.  Après trois secondes de silence, j’ai juste dit « Bon! », je me suis assis par terre, et j’ai rajouté « Aussi bien s’asseoir car nous en avons pour des jours à ne pouvoir aller nulle-part, vous et moi. »   Après une dizaine de secondes, il se calme et me demande si c’est bien vrai, ce que je dis.  Je me relève en répondant que tout ce que je peux faire, c’est prendre son nom et son numéro d’appartement, puis laisser un message à mes patrons pour qu’ils appellent la compagnie d’ascenseur pour leur demander s’ils peuvent dépêcher un technicien pour ça.  Mais voilà, quiconque appelle un technicien d’ascenseur pour le faire venir hors de ses heures établies de visite doit lui débourser plus de $100.00 de l’heure.  Il a décliné et est parti. 

7) Il faut s’attendre à y trouver au moins un cadavre par année.
Plus un édifice est vieux, plus on y retrouve des gens qui y habitent depuis longtemps.  Alors forcément, plus grandes sont les chances qu’on en retrouve qui meurent de causes naturelles.  Ça faisait six jours que je voyais le journal s’empiler devant la porte de ce monsieur de 82 ans.  J’ai décidé de vérifier.  Je l’ai trouvé à côté de son lit, face contre terre, mort d’une crise cardiaque.  Par chance, l’air climatisé fonctionnait à plein et toutes les fenêtres étaient fermées, il n’était donc encore ni décomposé ni malodorant.

Ça aurait pu être pire.  Le gars que j’ai remplacé pour ce travail a trouvé un vieil homme mort dans son lit depuis deux semaines, nu, à découvert, sur le dos, le corps noir-brun-mauve-rouge, en érection, la bouche grande ouverte, le visage rongé par les larves.  De quoi se taper quelques mois d’insomnie. 

8) Tous les tuyaux sont connectés.
Qui n’a pas déjà subi la désagréable expérience de la douche qui change de température lorsqu’un colocataire ou un voisin utilise l’eau.  Il n’y a pas que les arrivées d’eau qui sont partagées entre voisins.  Les renvois aussi.  Je l’ai appris à mes dépends la première fois que j’ai essayé de déboucher un évier en utilisant une pompe à pression, et que le tout est ressorti volcaniquement chez le voisin par son évier de cuisine.  J’en ai pris quelques photos-souvenirs:

Essayez d’imaginer la violente odeur âcre qui se dégage de  ces résidus graisseux qui se sont accumulés là-dedans depuis 1964.  Ça prend à la gorge quelque chose de suffoquant.  Quatre heures, que ça m’a pris pour tout nettoyer, avant de devoir repeindre.

9) Un simple gadget de douche peut priver d’eau chaude plusieurs étages et coûter des milliers en réparations inutiles.
Nous avons tous déjà constaté en ouvrant les robinets que l’eau froide est bien plus abondante que l’eau chaude. Il y a une raison pour ça. L’eau froide est fournie par la ville. Elle vient sous une pression de 300 lbs par pouce carré, histoire que ça se rende bien jusqu’aux étages supérieurs. (La pression varie selon la ville et l’édifice, mais c’est juste pour l’exemple)  L’eau chaude, par contre, est fournie par l’édifice. Nos pompes étant moins puissantes que les pompes municipales, on l’envoie avec 180 lbs de pression. Voilà pourquoi il est si difficile de bien doser la température de la douche.

Les gens qui n’aiment pas se faire chier à cette tâche peuvent acheter des pommeaux de douche qui permettent de couper l’arrivée d’eau directement sous le jet. Tout ce que vous avez à faire est de régler les robinets à bonne température une seule fois, puis couper l’eau sous le jet en laissant les robinets ouverts. En théorie, ça permettra à l’eau de douche d’être déjà réglée à température idéale à chaque fois que vous l’utiliserez. Mais en réalité, c’est tout le contraire qui se produit.

Voyez-vous, 300 moins 180, ça fait 120. Et puisque vous connectez ensemble l’eau chaude et l’eau froide en laissant les deux robinets ouverts, et que votre pommeau de douche est fermé, l’eau ne peux pas en sortir. Ainsi, l’eau froide pousse l’eau chaude sous une pression de 120 lbs. L’eau chaude recule tandis que l’eau froide envahit ses tuyaux. Et puisque tous les tuyaux d’eau chaude des différents appartements sont connectés ensemble, plus le temps passe et plus nombreux sont les logements qui se trouvent privés d’eau chaude. Le reste se déroule de cette façon :

  • Recevoir des plaintes comme quoi il n’y a plus d’eau chaude.
  • Aller vérifier les chaudières.
  • Si l’eau froide a eu le temps d’envahir la chaudière, constater qu’en effet l’eau n’y est pas chaude.
  • Croire que le problème est la chaudière, donc appeler le technicien.
  • Technicien qui démonte la chaudière et y travaille longtemps (de 100$ à 250$ de l’heure), à la recherche d’un problème qui n’existe pas car celle-ci est en ordre.
  • Deviner, après coup, que le problème est peut-être un pommeau de douche spécial. Encore faut-il savoir que ça existe.
  • Devoir visiter tous les logements de chaque étage qui subit le problème.
  • Avoir maille à partir avec les locataires absents qui ne veulent pas que l’on entre chez eux pendant leur absence.
  • Une fois le pommeau fautif trouvé, convaincre de s’en débarrasser le locataire qui n’arrive pas à croire qu’un simple petit gadget puisse causer tant de problèmes.
  • Lui envoyer la facture du technicien, qu’il ne pourra probablement pas payer et qu’il contestera. S’il s’agit d’un étudiant, d’un retraité ou d’un chômeur, il obtiendra gain de cause.

10) Légalement, on peut entrer chez vous n’importe quand.
Personne n’est à l’aise avec l’idée que le propriétaire et ses employés puissent envahir votre domicile à volonté. Or, non seulement est-ce légal pour le propriétaire de le faire, il est illégal pour un locataire de changer la serrure sans nous aviser ni nous donner copie de la clé. Ce n’est pas dans le but d’abuser de la situation.  La raison est simple: N’importe quoi peut arriver. Dégât d’eau, début d’incendie, besoin de porter assistance à une personne en danger. L’accès instantané peut faire toute la différence entre « une chance que nous sommes intervenus à temps » et « plus rien à faire, il est trop tard ».

11) Les 15-25 ans du quartier prennent l’édifice pour un parc public.
Le vieil édifice de 1964 est situé près de deux écoles secondaire et de quelques pavillons d’université.  Aussi, il n’est pas rare qu’après la sortie des cours, un groupe de ceux-ci s’introduisent dans la place pour monter directement à l’étage supérieur qui donne sur la piscine, les saunas et la terrasse extérieure.  Ils s’imaginent tous qu’au nombre de logements que nous avons (240), il nous est impossible de les connaître tous.  Eh bien vous allez être surpris d’apprendre qu’au contraire, non seulement on connait nos résidents à force de les croiser, un faible pourcentage sont étudiants, et ceux-là on les voit à tous les jours lorsqu’ils sortent et rentrent les jours d’école.  

Le bureau de l’administration est situé au rez de chaussée, près de la porte, et le mur de séparation est en verre.  Alors quand la patronne et/ou la secrétaire voient entrer un groupe de jeunes inconnus sans clés qui profitent pour passer lorsqu’un résident entre ou sort, et que le moniteur électronique de l’ascenseur sur leur bureau montre que ces gens n’ont appuyé que sur le bouton du dernier étage, le concierge est aussitôt appelé pour aller les accueillir en haut dès leur arrivée, sinon d’aller les rejoindre.  C’est toujours amusant les voir essayer de s’en tirer en bluffant maladroitement:

« Est-ce que je peux vous aider? »
« Euh… Non, ça va. »
« Est-ce que vous habitez ici? »
« … euh… Pardon? »
« Est-ce que vous habitez ici? »
« … Oui! »
« Vous habitez ici, mais vous avez tous vos manteaux et vos sacs d’école avec vous pour aller sur la terrasse? Bizarre, ça! »
« Euh… C’parce que mes parents sont pas rentrés. »
« Ils habitent où, tes parents? »
« Euh… Pardon? »
« C’est quoi l’étage? C’est quoi le numéro de porte? »
« Euh… »
« Tu sais même pas où c’que t’habites?  Très bien, on va retourner dans l’ascenseur, on va aller au bureau de la direction, tu vas devoir fournir une preuve d’adresse, et on va appeler tes parents. Allons-y! »

Tout le long du trajet, alors que l’ascenseur descend les 22 étages, je ne peux m’empêcher de sourire alors qu’un lourd silence inquiet règne parmi le groupe de wannabe-clandestins.  Rendu au rez-de-chaussée, à moins qu’ils insistent à continuer leur bluff, je leur dis que je les laisse partir cette fois-ci, mais la seconde fois ce sera l’appel aux parents et à la police, parce que invasion de propriété privée, c’est un crime.  Ils n’y reviennent jamais.  

Hélas, il arrive aussi que la place se fasse envahir par des adultes plus intimidants et généralement ivres, ce qui nécessite intervention policière, qui ne se déplacent qu’à condition que l’on ait d’abord tenté de régler le problème nous-mêmes, et que l’on a rencontré résistance et menaces.  À date, tous ont toujours résisté et/ou menacé. 

12) Les conditions de vie d’un concierge résident sont à la fois meilleures et pires que ce que vous imaginez.
Comme la majorité des gens, incluant probablement les scénaristes de l’épisode 10 de la saison 6 des Simpsons, je m’imaginais qu’un concierge résident habitait le sous-sol de l’édifice, dans lequel il vivait misérablement.

Il n’en est rien. Dans l’édifice à logements construit en 1964, on m’a donné un 3½ gratuit très bien éclairé au 11e étage, électricité et chauffage fourni, avec en plus un excellent salaire.  Et dans la tour à condos de luxe, j’ai eu droit à un 4½ au 3e étage, sombre et mal éclairé, que je devais payer $400.00 par mois, rien fourni, à moins bon salaire. (Comme je disais au point 3: Plus c’est riche, plus c’est pauvre.)  Voilà pour le côté meilleur que ce l’on s’imagine.

Pour le côté pire, tout d’abord il y a l’horaire.  Si le propriétaire veut un concierge résident, c’est pour avoir quelqu’un sur place pour répondre aux urgences 24/7. Dans le vieil édifice, j’étais de garde 24h une semaine sur deux.  Ça signifie que je n’étais libre qu’après 5pm une semaine sur deux, et que je n’avais que deux fins de semaine de congé par mois.  Mais c’était quand même moins pire que dans la tour à condos de luxe, où mes seuls moments de liberté étaient le mardi et mercredi de 8am à 5pm.

Ensuite, le salaire est fixe. Alors même si la paie est bonne, si on divise le salaire par le nombre d’heures travaillées, on arrive bien en dessous du salaire minimum.  Quand on est assez vaillant pour travailler de dix à seize heures par jour, c’est plutôt ingrat comme situation.

Enfin, les possibilités d’avancements sont nulles puisque dans les deux cas, résident est déjà la position au top de la conciergerie.

 

BIENTÔT: Ce que mon travail de concierge résident m’a appris au sujet des locataires.

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Google: Trucs trouvés dans les murs.
Google: Things found in walls.
Petite histoire d’horreur d’une femme aux prises avec un concierge qui abuse de sa position (et de son passe-partout) pour la harceler.