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A propos Steve Requin

Auteur, blogueur, illustrateur, philosophe amateur et obsédé textuel.

Être artiste professionnel, sauf en attitude.

Récemment, l’acteur américain Will Wheaton a raconté comment il a été contacté par le Huffington Post qui voulait republier l’un de ses vieux billets de blog.  Will leur a demandé combien ils comptaient le payer.  Ils ont répondu qu’ils ne le paieraient pas, mais qu’il pourrait profiter de l’énorme publicité que lui rapportera d’être publié sur leur page.  Will les a donc envoyé paitre.

Des histoires comme celles-là, j’en ai vu des dizaines.  J’en ai moi-même vécu une personnellement en 2009.  À ce moment-là, je vendais mes services comme caricaturiste chibi.  Voici un exemple de mon travail :

Puisque c’était facile et rapide à faire, et que ce n’était qu’une image virtuelle, je ne chargeais que $10.00 pour le visage, et $15.00 pour le corps au complet.  J’ai eu l’idée de m’associer avec un site de rencontres en leur faisant une proposition d’affaires: J’offre mes services sur leur site, et en échange je leur verse 15% de mes gains.  Ce qui suit est un résumé des quelques heures qu’ont duré notre négociation:

EUX:  D’accord, on accepte.  On va commencer en te faisant nous-mêmes une commande.  Peux-tu faire un chibi, corps complet, pour chacun des 20 membres du staff?
MOI: Bien sûr!  20 chibis à $15.00, ça fera $300.00.
EUX:  Non! C’est beaucoup trop cher.
MOI: Oh, oui, désolé, j’ai oublié de tenir compte du 15% qui vous revient.  Ça fera donc $255.00.
EUX:  On ne peut pas payer ça.
MOI:  Bon, d’accord, puisque c’est une grosse commande, et que nous allons être collègues, je veux bien vous accorder un rabais. Je vais charger comme si ce n’était que les têtes.  20 chibis à $10.00, ça fera $200.00.  Moins votre 15%, ça fait $170.00.
EUX:  Nous t’offrons plutôt un compte Membre V.I.P. sur notre site pour un an.
MOI: Merci, mais non merci.  Premièrement, je suis heureux en couple, je n’ai donc pas besoin d’être membre d’un site de rencontres.  Ensuite, votre tarif pour un an V.I.P. est de $87.00, ce qui est très loin de mes tarifs qui sont pourtant bas.  Enfin, soyons franc, faire de moi membre V.I.P. ne vous coûtera que quelques minutes et quelques touches de clavier, donc pas un sou.  Mon travail vaut bien plus que ça. Déjà que là, je vous charge presque moitié moins cher qu’à vos membres, je ne peux pas aller plus bas. 
EUX:  Ok, oublie ça!  On va plutôt faire affaire avec un VRAI professionnel. Bonne vie!

Donc, oui, les gens qui tentent de profiter des artistes en les faisant travailler pour rien (et en les insultant lorsque ça ne réussit pas), ça existe. Le Huffington Post et le site de rencontres en sont deux bons exemples. Il est normal de négocier s’il y a divergence entre vos tarifs et leur budget.  Mais travailler pour rien?  L’artiste professionnel va refuser de telles conditions.  Tout travail mérite salaire, et l’art sous toutes ses formes n’est pas une exception.

Hélas, à force de lire ou de vivre de telles histoires, l’artiste a tendance à oublier que les clients potentiels ne sont pas tous des arnaqueurs.  Par conséquent, lorsqu’il est sollicité par un client  pour un travail, il a tout de suite le réflexe de vouloir découvrir si c’en est un, histoire de l’exposer ensuite comme tel.  L’artiste a donc tendance à adopter face au client quatre attitudes totalement non-professionnelles.

ATTITUDE NON-PROFESSIONNELLE No.1: Demander au client combien ça paye.
Imaginez que vous soyez client de McDo, que vous allez au comptoir, et que vous commandez un Trio Big Mac.  Est-ce que la personne à la caisse va vous demander « Et combien comptez-vous me payer pour ça? »  Non, hein!?  Ce ne serait pas très professionnel de sa part.  Ben voilà!  Un vrai professionnel possède sa propre grille de tarifs pour ses produits et services.  Si vous n’en avez pas, comment pouvez-vous prétendre être professionnel? 

ATTITUDE NON-PROFESSIONNELLE No.2: Prendre automatiquement le client pour un profiteur, un malhonnête, un con, et le traiter comme tel dès le départ.
Si le client a besoin de vos services, c’est généralement parce qu’il ne connait rien au travail qu’il vous demande.  Incluant les prix.  Alors ne venez pas vous plaindre s’il vous offre un tarif ridicule, ou « de l’exposition / de la pub gratuite ».  C’est normal! 
Ce n’est pas à lui de savoir ce que votre travail vaut, c’est à vous. Le client n’est ni profiteur ni malhonnête.  Il est juste désemparé parce que vous préférez lui poser une question sur un sujet dont il ignore tout plutôt que de le renseigner. Vous lui demandez de créer lui-même votre salaire, pour ensuite en chialer si celui-ci ne répond pas à vos attentes…  Des attentes que vous ne lui avez jamais communiquées pour commencer.  Comment pouvez-vous agir de la sorte et prétendre être professionnel?

ATTITUDE NON-PROFESSIONNELLE No.3: Faire la leçon au client.
On retrouve sur le net des dizaines de variantes de l’histoire qui suit:

« Un imbécile m’a contacté pour me demander d’être photographe à son mariage.  Quand je lui ai demandé combien il comptait me payer, il m’a dit qu’il ne me paierait pas mais que le mariage comptait pas moins de 200 invités, donc que ça allait me donner beaucoup d’exposition auprès de clients potentiels qui allaient voir la qualité de mon travail. Je lui ai demandé ce qu’il faisait dans la vie.  Il m’a dit qu’il était propriétaire de restaurant.  Je lui ai alors dit que je comptais me marier bientôt et que j’aimerais retenir ses services afin de fournir la nourriture pour mes 200 invités.  J’ai rajouté que je ne pourrai pas le payer mais que ça allait lui donner beaucoup d’exposition auprès de clients potentiels qui allaient voir la qualité de son travail.  L’imbécile m’a dit que ce n’est pas comme ça que ça marche et que de toutes façons il ne peut pas se permettre de travailler pour rien, ni de donner ses produit gratuitement.  Je lui ai répondu EXACTEMENT COMME MOI, IMBÉCILE! »

Excusez-moi, mais…  Est-ce que ça ne serait-ce pas plus simple, plus rapide et beaucoup plus efficace de plutôt répondre ceci :

Bonjour.
Je suis photographe professionnel depuis X années.

J’ai déjà de l’exposition.  La preuve, c’est que sans d’abord me connaître, vous avez appris que j’en suis un.
Comme tous les professionnels, il m’est illégal de faire concurrence à mes collègues en travaillant gratuitement.
Les tarifs standards dans ma profession vont comme suit :
X dollars de l’heure pour prendre les photos.
X heures pour les transférer, choisir, reformater, retoucher.
Voici un contrat standard dans ma profession.
Pour toutes autres questions, n’hésitez pas à me recontacter.
(Document joint: ContratPhoto.docx)

Voilà qui donne au client l’opportunité de comprendre, de changer d’avis et de vous payer pour vos services.  Agir en professionnel afin de se donner la chance d’avoir des contrats payants, ou bien s’assurer de perdre ces contrats potentiels juste pour le plaisir d’insulter autrui. Choisissez selon votre personnalité.  N’empêche que si vous choisissez l’option de l’insulte qui vous ferme automatiquement des portes, comment pouvez-vous prétendre être professionnel?

ATTITUDE NON-PROFESSIONNELLE No.4: Ne pas avoir ses propres contrats.
Des fois, le client est lui-même un professionnel, alors il peut fournir un contrat.  Mais pour les autres, il faut avoir le notre.

Et en passant, parlant de contrat: Avant d’envoyer paître un client qui vous offre de vous payer en « publicité devant vous rapporter des clients », sachez que le Conseil des Créateurs Californiens vient de créer un contrat exactement pour ce genre d’offre.  Ce contrat lie légalement votre client à sa promesse de vous faire de la publicité et de vous rapporter des clients.  S’il ne vous fait pas de pub ou si ça ne vous apporte aucun client, alors il ne respecte pas les termes du contrats.  Vous pouvez donc légalement le poursuivre pour qu’il vous paye.  Vous pouvez vous le télécharger  juste ici!  Inspirez vous-en pour écrire une version adaptée à vos besoins. Parce que si vous n’avez pas de contrat à offrir à vos clients, comment pouvez-vous prétendre être professionnel?

C’est sûr que quand on est un acteur hollywoodien comme Will Wheaton, on peut se permettre de cracher sur un contrat à $210.00 dans une discipline artistique qui n’est pas la notre.  Mais quand on est un artiste qui vit d’accumulations de ce genre de petits contrats, on ne peut pas se permettre d’agir de façon à se fermer des portes.  Si, comme lui, le Huffington Post m’avait proposé de reproduire un de mes billets de blog, je leur aurais envoyé mes tarifs. Comme ça, plus tard, s’ils avaient vraiment voulu de mes textes, ils m’auraient recontactés pour négocier une entente de paiement.  Pareil pour le restaurateur qui se cherche un photographe.   Normal, puisqu’à leurs yeux je serais « celui qui accepte sous certaines conditions » et non pas « celui qui lui a dit NON, qui l’a insulté et qui tente de l’humilier publiquement en salissant sa réputation. »

AJOUT DU 10 MAI 2016:
Et je pratique ce que je prêche:
  Le 25 mars 2016, le magazine montréalais Urbania m’a contacté en demandant ma collaboration gratuite pour un article payant.  J’ai donné mes conditions, ils ont accepté, j’ai écrit l’article, et j’ai été payé.  Tous les détails dans ce billet.  

La convention sociale du « Si tu viens, tu couches! »

Hier, ma conjointe m’a fait lire un article qui peut se résumer ainsi : Voilà quatre ou cinq fois qu’une fille sort dans les bars et en party, qu’elle prend de l’alcool, qu’elle accepte de finir la soirée en compagnie d’un gars qu’elle ne connait qu’à peine, et qu’elle est victime d’agression sexuelle, ou du moins d’une tentative de, alors qu’elle voulait juste finir la soirée avec le gars de façon platonique. Ce n’est pas la première fois que Le Détesteur écrit sur le sujet.  Il y a un autre article ici et un autre qui sont différents mais qui restent sur ce même thème.

Pourquoi est-ce que je vous en parle aujourd’hui?  Je vous rassure tout de suite, je ne vais ni défendre l’un ni responsabiliser l’autre sur ces gestes.  Je vais plutôt parler de ce qui semble être une convention sociale, celle qui est à l’origine de ces agressions.  C’est la règle non-écrite du : Si tu viens, tu couches!  Et la meilleure, c’est que j’en ai déjà parlé sur ce blog, au fil des années, dans quatre billets différents, sans même m’en rendre compte.

D’abord un rappel pour les lecteurs de longue date et une précision pour les nouveaux: Dès que j’ai eu l’âge légal, j’ai rapidement compris que je ne serais jamais le genre de gars qui sort dans les bars pour draguer.  La musique trop forte qui empêche de se parler, cette même musique qui fait que tu finis la soirée avec les oreilles désagréablement engourdies, l’alcool que je ne consomme que par obligation sociale et non par plaisir, l’odeur horrible de la cigarette car à l’époque on pouvait fumer à l’intérieur, tout ça explique pourquoi je ne fais pas partie de la culture de la drague des bars.  Rajoutons à ça que, ado et jeune adulte, je cherchais à plaire aux filles en ne répétant pas moi-même les comportement qu’elles détestent chez les hommes, soit l’insistance en général, sexuelle en particulier.  Enfin, le trois quart de mon excitation sexuelle provient du fait que la fille me désire.  Alors même si une fille me dit oui mais reste passive, je perd intérêt avant même que l’acte soit consommé. 

Hey, il m’est même arrivé à deux reprises de me retrouver en situation dans laquelle la fille a changé d’idée à la dernière minute.  J’ai juste dit « Ah?  Ok, pas de problème, je comprends!  Sens-toi à l’aise.  Je te laisse le lit, je dormirai au salon. »  C’est sûr que comme tout le monde, je ressens de la déception de ne pas recevoir quelque chose que l’on m’a fait miroiter et qui me faisait envie, que ce soit sexuel ou autre.  Mais bon, ce n’était pas ma première occasion de coucher avec une fille et ce ne serait certainement pas la dernière, alors y’avait pas de quoi en faire un drame. 

Et puis, j’ai aussi mon orgueil, et celui-ci préfère la réputation de respectueux, à celui de violeur.  Sans compter que j’ai toujours eu beaucoup plus d’amis filles et femmes que d’hommes.  J’ai donc passé ma vie à les voir comme mes égales et non comme des vide-poche qui ne nous intéressent que le temps de se la faire.

Bref, tout ça pour vous dire qu’il existe des hommes qui n’ont jamais eu et n’auront jamais la personnalité du prédateur sexuel.  Et pourtant, j’avais une libido à tout casser.  Comme quoi ça n’empêche nullement la capacité de se contrôler si on y met de la bonne volonté.

Donc, passons au sujet (et au titre) de ce billet: La convention sociale du Si tu viens, tu couches!  Voici quatre résumés de billets que j’ai déjà écrit sur ce blog:

Daniella:  Une fille que je n’ai pas vu depuis plus d’un an m’appelle à 23:00 et m’invite à passer la nuit chez elle, et elle me précise « en ami ».  J’y vais!  On jase, on se couche, mais pour l’heure qui suit, je reste totalement sourd et aveugle à tous les signes qu’elle me lance comme quoi finalement elle veut plus que ça.  Normal que je ne pige pas ses avances, elle m’a dit en ami avant que j’arrive.  Irritée, elle finit par me dire: « Pourquoi penses-tu que je t’ai fait venir ici? »  (Lire l’histoire complète.)

Isabelle: Une collègue de travail est en couple mais me taquine souvent comme quoi elle me trouve de son goût.  On devient amis.  Un jour, je l’invite à diner.  Elle accepte.  Elle me fait comprendre qu’elle n’a aucun problème avec l’idée de tromper son conjoint.  Devant ma déception de voir qu’elle n’était pas la personne que je croyais, je mets fin à notre rendez-vous.  Désemparée, elle me demande: « Mais pourquoi est-ce que tu m’as demandé de venir ici, d’abord? » (Lire l’histoire complète.)

Océane: Une camarade de classe du cégep, elle aussi en couple.  Je lui demande de passer chez moi afin de m’amener des notes de cours.  Elle arrive, un peu saoule.  Elle me passe le message comme quoi j’ai des chances avec elle, et elle s’offre à moi passivement. Là encore, refusant de rendre cocu un pauvre gars que je ne connais pas, et refusant encore plus de profiter d’une fille sous l’effet de l’alcool, je lui demande de remettre son manteau en lui disant que je vais l’accompagner à l’arrêt de bus.  Aussi surprise que frustrée, elle me lance: « Pourquoi est-ce que tu m’as fait venir ici, au juste? » (Lire l’histoire complète.)

Geneviève: Nous sommes camarades de classe au cégep, et amis qui se voient en dehors de l’école.  Arrive une fin de semaine où elle n’a rien à faire.  Puisque je la passe chez mes parents à St-Hyacinthe, je l’invite à m’accompagner.  Elle accepte.   On couche dans le même lit, et je n’ai aucune idée derrière la tête.  Elle m’offre sa virginité.  Après l’acte, alors que je lui confie que jamais je ne me serais attendu à ce qu’elle me fasse un tel cadeau, elle répond: « Ben là? C’est pas ce que tu voulais? Pourquoi tu m’as invité à passer la fin de semaine avec toi, d’abord? »  (Lire l’anecdote complète.)

Ce n’est que par hasard, en relisant ces quatre billets, que je me suis rendu compte que ces quatre filles qui ne se connaissent pas m’ont exprimé la même chose: Dans leurs têtes, inviter seul(e), chez soi, une personne du sexe opposé, c’est une invitation au sexe.  Et accepter cette invitation, c’est dire oui au sexe. 

C’est là que je me suis mis à repenser à toutes ces histoires que j’avais entendues tout le long de ma vie, histoires récitées par des femmes, et qui se concluaient toujours de la même façon: Dès qu’un gars et une fille se retrouvent seuls chez l’un ou chez l’autre, le gars voit ça automatiquement comme une promesse de baise.  Et gare à la fille qui ne pense pas la même chose, car ils sont rares les gars qui le prennent bien.  Généralement, c’est plutôt, selon le cas:

  • Le gars l’accepte, mais exprime qu’il est déçu.
  • Le gars exprime de façon sarcastiquement négative qu’il est déçu, genre « Ouain, avoir su que je perdrais mon temps… »
  • Sans être menaçant, il insiste et insiste et insiste et insiste.
  • Il lance un long débat philosophique dans le but de te faire changer d’idée en enlignant les « Mais pourquoi? », et les « Mais pourtant, tu… ».
  • Le gars (s’il est chez la fille), reste calme, poli, non menaçant, mais il lui dit tout de même: « Désolé mais moi, j’sors pas d’ici tant qu’il ne s’est pas passé quelque chose. » comme si c’était une loi que lui-même n’avait autre choix que de suivre.
  • Le gars (chez lui) frustre et dit à la fille de partir.
  • Le gars entre dans une colère noire.
  • Le gars va carrément la forcer physiquement.
  • Ou bien le gars feint d’accepter qu’il ne se passe rien.  Mais dès que la fille est endormie, il en profite.

Et c’est là que, en repensant à tout ça, j’ai compris qu’existait cette convention sociale non-écrite-et-non-dite comme quoi  Si tu viens, tu couches!  Océane, Isabelle et Geneviève connaissaient d’instinct cette règle, et en venant chez moi, elles acceptaient de s’y conformer.  Daniella, même truc de manière inverse: Elle connaissait cette règle lorsqu’elle m’a invité chez elle.  Et en voyant que j’acceptais d’y aller, elle a cru que j’acceptais de m’y conformer.  Voilà pourquoi elles étaient désemparées de mon manque de réaction: Parce que moi aussi, j’aurais été supposée la connaitre, cette convention sociale.  SURTOUT EN TANT QU’HOMME, puisque c’en est une que les hommes ont toujours imposé d’instinct aux filles et aux femmes.

Constater ceci m’a permis de comprendre rétroactivement certaines autres expériences avec…:

Vanessa: Après une sortie entre amis d’où elle est ressortie trop saoule pour conduire, j’ai insisté pour prendre le volant.  Elle a refusé de m’indiquer le chemin pour se rendre chez elle et, à son insistance, nous sommes plutôt allés chez moi.  J’ai toujours ressenti un malaise à l’idée de profiter d’une fille trop saoule pour savoir ce qu’elle faisait. Mais voilà, elle n’était ni comateuse ni passive, elle me draguait directement avec insistance. Voyant que logiquement ça ne pouvait pas être un viol de ma part, j’ai fini par céder.  Au moment de passer à l’acte, elle m’a dit sur un ton moqueur: « Heille, tout l’monde sait que quand un gars invite une fille saoule chez lui, c’est dans le but de la sauter.  Essaye pas de dire le contraire!  »  (Pour lire l’article complet.)

Rosemarie: Collègue de travail qui commence par me demander de l’accompagner jusque devant chez elle en bus car elle a peur des transports en commun le soir.  Rendu là, elle me dit que le prochain bus est dans quarante minutes, alors aussi bien l’attendre chez elle.  Rendu là, elle se met en déshabillé, me sert à boire et me dit: « Ne pense pas que je vais te laisser repartir ce soir si tu a accepté de m’accompagner jusqu’ici. »  C’est direct, chose que j’apprécie d’habitude.  N’empêche que j’avais la désagréable impression d’avoir été piégé.

Camélia: Amie du cégep.  Il y avait attirance réciproque mais rien n’était sûr. Elle me fait le coup du « J’ai raté mon dernier bus, est-ce que je pourrais coucher chez toi? ».  Elle me dit qu’elle n’est pas à l’aise avec l’idée de partager le lit avec moi.  Pas de problème, je m’installe par terre.  Un quart d’heure après l’éteinte des lumières, elle change d’idée et m’invite à la rejoindre.  Deux minutes plus tard, elle m’embrasse passionnément et m’arrache mon caleçon.  Surprise passée, je passe à l’acte.  Elle m’avouera le lendemain qu’elle s’attendait à ce que je la prenne de force. (On ne peut pas s’appeler Requin sans donner cette impression, apparemment.)  Donc, dans sa tête, en s’invitant chez moi, elle me passait le message comme quoi c’était exactement ce qu’elle voulait de moi. Voilà pourquoi elle a commencé par m’opposer une résistance de principe, en disant ne pas être à l’aise de partager le lit avec moi.  Elle s’attendait d’abord à ce que j’essaye de la convaincre de me laisser dormir à ses côtés, et ensuite, une fois couchés, que je tente ma chance sexuellement.  Surprise de voir qu’au contraire je respectais ses limites sans discuter, elle a bien été obligée de prendre l’initiative.

Bref, ce sont trois autres exemples de femmes et filles qui connaissaient, qui acceptaient et qui utilisaient la convention sociale du Si tu viens, tu couches.

« Es-tu gay? » 
Des sept filles mentionnées ici, Isabelle, Océane et Geneviève me l’ont posée toutes les trois, cette question.  C’est dire à quel point elles avaient de la difficulté à croire qu’un homme puisse respecter leurs limites sans discuter.  Ce n’est pas comme si partager un lit platoniquement avec une fille était quelque chose hors du commun pour moi.  J’ai accompagné plusieurs fois en voyage mon amie, la photographe Isabelle Stephen (Qui n’est pas l’autre Isabelle mentionnée plus haut) Par soucis économique, on a toujours pris une chambre d’hôtel à un seul lit que nous avons toujours partagé sans autre but que d’y dormir.  Pareil avec ma BFF Stéphanie.  La seule raison pourquoi on ne referais plus ça maintenant, c’est que ça fait quelques années que j’ai commencé à ronfler.

À ce point-ci, vous vous demandez peut-être: « Et ça ne t’es jamais arrivé, de penser d’avance que si la fille vient chez toi, c’est comme si elle acceptait de baiser avec toi? »  Oui, bien sûr que ça m’est arrivé, avec quelques filles.  Sauf que ces filles-là, j’avais déjà couché avec elles par le passé.  J’espérais donc que ça se reproduise.  Mais voilà, l’avoir déjà fait une fois n’était pas pour autant une garantie qu’il y aurait une suite.  Il y en a avec qui ce fut oui, et d’autres non.  Pour ces dernières, je ne vous cacherai pas que j’étais déçu.  Mais jamais je ne leur ai fait voir de quelque façon que ce soit, ni en insistant, ni en faisant la gueule.  Ce n’est pas parce qu’une fille te laisse le droit de passage entre ses cuisses une fois que ça signifie qu’elle t’a remis des billets de saison. 

Ou plus clairement: Il n’y a pas de mal à espérer et se faire des attentes. Par contre, harceler et/ou frustrer contre celles qui n’y répondent pas positivement, alors ça, non!

J’en reviens à la fille dont je parle au début, qui accepte sans cesse des invitation chez des inconnus, pour être ensuite surprise d’être sollicitée sexuellement à chaque coup.  Rassurez-vous, mon but en écrivant ce billet n’est pas de la blâmer sur le fait qu’elle ignore la convention sociale du si tu viens, tu couches.  Ce serait très hypocrite de ma part puisque moi-même, ce n’est qu’à l’âge de 45 ans que j’ai fini par découvrir qu’elle existait, cette règle non-écrite-et-non-dite. 

En fait, mon but, c’est d’abord de signaler à ceux qui l’ignoreraient que cette règle existe, et ensuite de dire qu’elle ne devrait pas exister.  

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Y’A LIENS LÀ: 

Les articles du Détesteur, mentionnés plus haut.
« Ne me fais pas sentir comme si j’étais un violeur, tu l’sais que c’est pas ça! »
« Une fille en boisson, si c’est pas là pour fourrer, c’est mieux de s’en aller. »
« Je pense que je me suis faite violer, mais je ne suis pas sûre. »

Mes propres articles mentionnés plus haut, où je ne m’étais pas rendu compte que la fille s’attendait à du sexe de ma part.
Daniella, « amie seulement »
Isabelle l’infidèle
Océane.
Geneviève la coloc de l’enfer
Vanessa, qui plus est, était lesbienne

Et sur le même thème
La résistance de principe, et la nécessité de la respecter.
Elle a dit OUI par peur des conséquences de dire NON.


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Je me méfie de ceux qui me disent…

Je me méfie de ceux qui me disent avoir l’esprit ouvert, être respectueux et tolérants. L’expérience m’a appris que ces gens sont souvent intolérants et irrespectueux envers tous ceux qu’ils jugent ne pas être aussi ouvert d’esprit qu’eux.

Je me méfie de ceux qui me disent détenir la vérité sur une personne ou sur un sujet. L’expérience m’a appris que cette vérité est plus souvent une opinion qu’un fait.

Je me méfie de ceux qui me disent des phrases préconçues, des formules toutes faites, des proverbes et des citations. L’expérience m’a appris que ces gens ont tellement peur d’exprimer leurs propres opinions qu’ils préfèrent se cacher derrière celles des autres. Ça leur donne un semblant de crédibilité, puisqu’ils démontrent ne pas être les seule à le penser.  Et ça leur permet de se laver les mains de toute responsabilité s’ils font erreur, puisque cette opinion ne vient pas d’eux.

Je me méfie de ceux qui me disent avoir des principes ou un code de conduite. L’expérience m’a appris que tout ce que ça démontre, c’est que s’ils ont besoin de suivre ce code, c’est parce que leur véritable personnalité est le contraire de ces principes et de cette conduite. Or, personne ne peut se refouler éternellement. La preuve: Au premier signe de frustration, ils vont ou bien se montrer sous leur vrai jour en bafouant ce code et ces principes plus souvent que ceux qui n’en ont supposément pas, ou bien utiliser ce code et ces principes à la lettre de façon à te contrarier, t’insulter, te créer des obstacles.

Je me méfie de ceux qui me disent que je n’ai pas à me faire de soucis avec eux, car eux m’acceptent et me tolèrent tel que je suis. L’expérience m’a appris que ça signifie qu’ils pensent (ou pire encore: essayent de me convaincre) qu’il y a quelque chose en moi qui devrait me rendre inacceptable et intolérable aux yeux de la population générale.

Je me méfie de ceux qui me disent que je dois toujours assumer mes faits, gestes et paroles. L’expérience m’a appris que si on ose leur faire la moindre remarque au sujet de leurs propres faits, gestes et paroles, ils entrent dans un état de colère, de frustration et de déni infini, car ils sont eux-mêmes incapables de les assumer.

Je me méfie de ceux qui me disent des choses vagues en appelant ça de la subtilité. L’expérience m’a appris que la subtilité est l’art d’essayer de se faire passer pour plus brillant que son interlocuteur en lui disant des choses de façon délibérément floues, soit parce qu’on est trop lâche pour être capable de s’exprimer clairement, soit parce qu’on cherche à faire passer l’autre pour un cave.

Je me méfie de ceux qui me disent spontanément qu’ils sont fidèles, sans que je leur ais posé de questions à ce sujet. L’expérience m’a appris que cette personne va immanquablement tromper son/sa conjoint(e) (ou du moins essayer) dans les trois mois qui vont suivre cette déclaration.

Je me méfie de ceux qui me disent à répétition à quel point je peux leur faire confiance. L’expérience m’a appris que s’ils craignent à ce point là que l’on puisse s’en méfier, c’est parce qu’il y a de bonnes raisons.

Je me méfie de ceux qui me disent être cultivés, ne s’intéresser qu’à tout ce qui est classique et lever le nez sur tout ce qui est actuel ou à la mode. L’expérience m’a appris qu’ils tentent de cacher leur incapacité de s’adapter aux temps qui changent sans cesse, en snobant la majorité qui, eux, y arrivent très bien.  Pour une personne ayant cette incapacité, le passé représente la sécurité, puisque celui-ci ne change pas.

Je me méfie de ceux qui me disent être les seuls qui m’apprécient. L’expérience m’a appris que ces gens veulent juste nous isoler des autres afin de nous abuser sans que personne puisse nous le faire constater.

Je me méfie de ceux qui me disent être sans cesse persécutés par les autres, entourés de gens qui ne cherchent qu’à leur nuire, aussi bien voisins que collègues de travail que camarades de classe. L’expérience m’a appris qu’il suffit de fréquenter ces gens durant quelques semaines pour comprendre pourquoi tout le monde les détestent.

Je me méfie de ceux qui me disent des tonnes de compliments et à quel point ils m’admirent, m’apprécient et sont attirés par moi alors qu’on se connaît à peine. L’expérience m’a appris qu’il suffit de ne pas répondre positivement à leurs avances pour que leur amour devienne haine, leur attirance devienne dégoût et leurs compliments deviennent insultes.

Je me méfie de ceux qui me disent que la jalousie, ou tout autre défaut de comportement qu’ils ont, sont des agissements tout à fait normaux. L’expérience m’a appris qu’il sont incapables de faire face à leurs propres travers, donc que la seule façon pour eux de dealer avec ce qu’ils sont, c’est de colporter l’idée erronée que tout le monde est (ou devrait être) aussi pire qu’eux.

Je me méfie de ceux qui me disent la vérité, toute la vérité, rien que la vérité. L’expérience m’a appris que l’excuse de ne dire rien d’autre que la vérité est trop souvent utilisée afin de manquer de délicatesse et de politesse, de façon à se justifier pour insulter les autres, tout en tentant de les empêcher de protester.

Je me méfie de ceux qui me disent que ce n’est pas eux, ça, de mal agir comme ils viennent de le faire. L’expérience m’a appris qu’au contraire non seulement c’est eux puisqu’ils le font, mais qu’en plus ce sont des irresponsables puisqu’ils le nient, et qu’ils vont recommencer car ils préfèrent nier leurs problèmes de comportement plutôt que d’y faire face et de travailler dessus.

Bref, Je me méfie de ceux qui me disent ce que je dois penser plutôt que de me laisser me faire ma propre opinion, que ce soit sur les choses, sur eux, sur les autres ou sur moi-même.

Oui, je sais, ma dernière phrase peut aussi signifier que je ne vaux pas nécessairement mieux que ceux de qui je dit me méfier. C’est ça l’idée: Toujours réfléchir avant d’écouter ce que disent les autres, qui qu’ils soient.

Regarder derrière soi pour mieux aller de l’avant

Dans ta vie, il vient des moments dans lesquels continuer d’avancer devient trop pénible. Dans ce temps-là, les gens qui t’entourent te disent que tu ne dois surtout pas t’arrêter et encore moins regarder derrière toi. Eh bien moi, au contraire, je te dis: Arrête-toi un instant, retourne-toi, et prends le temps de contempler le chemin que tu as parcouru jusqu’à maintenant. Je te garantis que ta première impression sera la surprise de voir que tu as pu traverser tout ça. N’oublie jamais qu’avant d’être derrière toi, ce chemin a d’abord été devant toi. Inspire-toi de ce fait et réalise que si tu as eu la force de passer à travers ce parcours, c’est que tu as en toi celle requise pour affronter celui qui s’en vient. Fier de tes accomplissements, confiants de tes capacités, tu peux maintenant reprendre la route.

Ce texte m’est venu en tête alors que je l’ai vécu littéralement il y a quatre ans et demi. À l’époque, je m’entrainais à la course à pied car je planifiais participer au marathon de Montréal l’année suivante.  Nous étions au lendemain d’une tempête de neige dont les accumulations encore non-déblayées m’empêchaient de courir. J’ai donc décidé de marcher à allure forcée dans la neige qui, selon l’endroit, m’arrivait au mi-tibia ou à la mi-cuisse.  Ça renforce les muscles et brûle les calories, ce n’est donc pas du temps perdu. C’est en arrêtant, à bout de souffle et bien à contre-coeur, que ça m’est venu en tête. Comme la majorité des réflexions qui me viennent lors de mon entrainement, j’ai réalisé que ça pouvait s’appliquer à plusieurs différents aspects de la vie.

C’est à toi de choisir

Rien n’est tout noir, rien n’est tout blanc.  Il y a des bons et des mauvais côtés à tout.  Et c’est la raison pour laquelle deux opinions peuvent être totalement différentes sur un même sujet, et pourtant dire toutes les deux la vérité.  Une fois que l’on prend connaissance de ce fait, c’est là que l’on réalise à quel point un succès ou un échec dépend principalement de soi-même.  Parce que la seule et unique chose qui décide si tu mérites ou non de réussir, c’est ta volonté d’y mettre les efforts pour y arriver.  Ainsi…

Si tu crois que tu mérites mieux que ton sort actuel, alors tu as raison!
Si tu crois que tu ne mérites pas mieux que ton sort actuel, alors tu as raison!
Maintenant, choisis!

Si tu crois qu’il vaut mieux prendre le risque, quitte à se tromper, alors tu as raison!
Si tu crois qu’il vaut mieux s’abstenir que d’essuyer un échec, alors tu as raison!
Maintenant, choisis!

Si tu crois qu’il vaut mieux foncer qu’être trop prudent, alors tu as raison!
Si tu crois qu’il vaut mieux être trop prudent que de foncer, alors tu as raison!
Maintenant, choisis!

Si tu utilises ton intelligence et ta logique pour prouver que c’est possible, alors tu as raison!
Si tu utilises ton intelligence et ta logique pour prouver que c’est impossible, alors tu as raison!
Maintenant, choisis!

Si tu crois qu’il vaut mieux exprimer ses désirs, alors tu as raison!
Si tu crois qu’il vaut mieux espérer en silence, alors tu as raison!
Maintenant, choisis!

Si tu crois qu’il faut prendre, alors tu as raison!
Si tu crois qu’il faut demander, alors tu as raison!
Maintenant, choisis!

Si tu préfères y aller, alors tu as raison !
Si tu préfères attendre, alors tu as raison !
Maintenant, choisis !

Si tu crois que tu seras admiré, alors tu as raison!
Si tu crois que tu seras ridicule, alors tu as raison!
Maintenant, choisis!

Si tu crois aux paroles qui vont t’aider à avancer, alors tu as raison!
Si tu n’y crois pas et démontre pourquoi ça ne peut pas t’aider à avancer, alors tu as raison!
Maintenant, choisis !

Si tu crois que tu peux, alors tu as raison!
Si tu crois que tu en est incapable, alors tu as raison!
Maintenant, choisis!

Si tu penses que ça vaut la peine, alors tu as raison!
Si tu penses que ça ne vaut pas la peine, alors tu as raison!
Maintenant, choisis!

Si tu crois que tu seras apprécié, alors tu as raison!
Si tu crois que tu seras détesté, alors tu as raison!
Maintenant, choisis!

Si tu sais que tu es un winner, alors tu as raison!
Si tu sais que tu es un loser, alors tu as raison!
MAINTENANT, CHOISIS !

Lorsque l’on désire quelque chose, il ne faut pas se contenter de le vouloir.  Il faut agir.  Et si essayer ne garantit pas notre réussite, ne pas essayer garantit notre échec.

Ce que parler veut généralement dire dans 20 situations

AVANT DE COMMENCER: À l’origine, ce texte s’intitulait Ce que les filles disent -VS- ce que ça veut dire et datait de 2010.  Du moins, sur ce blog, puisque ça a d’abord été un texte illustré dans Requin Roll No.7 en 1998. Or, déjà que la majorité de ces situations peuvent être vécues en inversant les sexes, il n’y a plus de place à notre époque moderne pour un texte exclusivement hétéronormatif au sujet des relations. Suite à un sondage d’opinion à ce sujet effectué le 28 aout 2015 sur Twitter, sur mon Facebook personnel ainsi que sur la page Facebook de Mes Prétentions de Sagesse, j’ai décidé de modifier le genre de ce texte, le mettant neutre.  De toute façon, qu’une relation soit entre gens hétéros ou LGBT, ces situations peuvent tout autant arriver.

Donc:

Ah, la communication dans les relations interpersonnelles… l’un se plaint que l’autre ne le comprends pas.  L’autre parti se plaint que l’un n’est pas capable de s’exprimer clairement. En tout cas, s’il y a une chose sur laquelle ils s’entendent, c’est en se plaignant des conséquences de ce manque de clarté et de l’incompréhension qui en résulte.

Aujourd’hui, je vais exaucer le souhait de bon nombre de gens: Je vous présente 20 situations classique d’incompréhension.  Le tout sera décortiqué comme suit:

  • La situation.
  • Ce que l’autre te dit.
  • Ce que tu comprends.
  • Ce que l’autre veut vraiment dire.
  • La preuve.
  • Les conséquences.
  • Le mieux à faire dans ce temps-là.

C’est parti:

SITUATION 1: Tu déclares ton affection à une personne.
Ce qu’elle dit : Je ne me sens pas prêt(e) à vivre une relation pour l’instant.
Ce que tu comprends : Que le jour où elle sera prête, alors tu vas avoir des chances avec elle.
Ce qu’elle veut vraiment dire : Tu ne me plais pas, sinon je me serais sentie prêt(e).
La preuve : Tu en connais beaucoup, des gens, qui, quelques temps après avoir dit ça à quelqu’un, sont retournées le voir en lui disant « Ok, je suis prêt(e) maintenant, sortons ensemble! »?
Les conséquences : C’est quoi, ça « pour l’instant« ? Elle va être prête quand, au juste? Dans une heure? Un jour? Une semaine? Un mois? Un an? Une décennie? Tant et aussi longtemps que tu vas penser que c’est juste une question de temps, tu vas être accro et tu vas te sentir de plus en plus frustré à mesure que le temps passe. De son côté, l’autre personne va se sentir harcelée par ton insistance et va finir par te fuir comme la peste.
Le mieux à faire dans ce temps là : Cesser de te faire des illusions à son sujet, et agir avec elle comme si cette déclaration n’avait jamais été dite et que ces sentiments n’ont jamais existé, et ne plus jamais ramener le sujet.

SITUATION 2: Tu es en couple, ou du moins en relation intime, avec une personne vraiment cool, populaire, attrayante et tout. Bref, le jackpot que tu ne pensais jamais pouvoir un jour remporter.
Ce qu’elle dit : T’sais, j’aimerais mieux que les gens ne sachent pas à propos de nous deux, parce que… (insérer raison quelconque!)
Ce que tu comprends : Qu’elle est victime de terrible pression sociale de la part de son entourage, mais qu’éventuellement ça devrait se tasser et vous pourrez vous aimer au grand jour.
Ce qu’elle veut vraiment dire : Cette personne pourrait trouver mieux que toi et elle le sait. Bien qu’elle accepte d’avoir une relation avec toi, elle n’en est pas vraiment fière, alors elle ne tient pas à ce que ça se sache. Bref, elle est avec toi en attendant mieux.
La preuve : Quand on n’a pas honte de nos relations, on n’a aucune raison de les cacher à qui que ce soit.
Les conséquences : Le jour où cette personne va en trouver une autre qui lui plaît vraiment, tu vas te faire domper avant même que quiconque apprenne que vous aviez sorti ensemble. Et cette nouvelle relation-là sera vite mise publique.
Le mieux à faire dans ce temps là : Profiter de la relation à fond pendant qu’elle passe, et ne pas être surpris le jour où elle prendra fin.

SITUATION 3 : Une personne de ton entourage est en couple avec quelqu’un qui la néglige. Elle te parle souvent de ses problèmes sentimentaux parce que tu es la bonne oreille attentive toujours disponible.
Ce qu’elle dit: Dans l’fond, c’est quelqu’un comme toi qu’il me faudrait.
Ce que tu comprends : Qu’elle vient enfin de réaliser que tu es la personne parfaite pour elle, et que ça ne sera plus très long avant qu’elle mette fin à sa relation insatisfaisante pour sortir avec toi.
Ce qu’elle veut vraiment dire : Que c’est dommage que son/sa partenaire actuel/le. ne possède pas certaines de tes qualités, parce que ce sont juste les gens de ce genre-là qui l’attirent.
La preuve : L’as-tu déjà vu sortir avec quelqu’un comme toi? Ben non, ton genre ne l’attire pas, sinon ça ferait longtemps que vous seriez ensemble.
Les conséquences : Tu vas ressentir de la frustration à la voir s’acharner à rester dans une relation qui la fait souffrir, alors que tu es là à brûler d’amour pour cette personne qui préfère continuer sa relation imparfaite.
Le mieux à faire dans ce temps là : Tout ce que cette personne veut de toi, c’est une oreille attentive pour exprimer ses malheurs, rien de plus. C’est à toi de choisir si tu veux continuer d’être ça ou non.

SITUATION 4 : Tu déclares ton affection à un/e collègue de travail.
Ce qu’elle dit : J’aime mieux pas avoir de relations amoureuses avec les collègues de travail car ça cause toujours plein de complications.
Ce que tu comprends : Que la seule raison de son refus est le fait que vous travaillez ensemble, sinon elle te violerait probablement sur place.
Ce qu’elle veut vraiment dire : Que tu ne l’attires tout simplement pas.
La preuve : Si elle était attirée par toi, penses-tu vraiment qu’elle laisserait un détail aussi anodin que votre travail commun se mettre entre vous? Au pire, elle te demanderait de garder le secret pour éviter le commérage du bureau.
Les conséquences : Tu risques de passer plusieurs mois à essayer de lui faire changer d’idée et à te casser à tête pour trouver une solution pour un problème qui n’existe même pas. Tu va finir par t’exposer à des rumeurs de harcèlement au travail, chose qui n’est vraiment pas souhaitable, ou pire : Virer méga frustré contre elle le jour où elle sortira avec un/e collègue de bureau qui va vraiment lui plaire.
Le mieux à faire dans ce temps là : Cesser de se faire des illusions à son sujet, et agir avec elle comme si cette déclaration n’avait jamais été dite et que ces sentiments n’ont jamais existé, et ne plus jamais ramener le sujet.

SITUATION 5 : Après une séance de sexe, tu te sens mal parce que tu n’as pas réussi à faire jouir ta partenaire.
Ce qu’elle dit : Mais non! C’est pas d’ta faute, c’est moi qui étais un peu fatiguée. T’en fais pas, j’ai eu du fun quand même. C’était bien!
Ce que tu comprends : Que ça ira mieux la prochaine fois.
Ce qu’elle veut vraiment dire : Qui c’est qui t’as appris à baiser? Ta mère? J’aurais probablement eu plus de fun si j’m’étais branlée avec la râpe à fromage.
La preuve : Tu trouverais ça « bien« , toi, de baiser sans que ta partenaire te fasse venir?
Les conséquences : À moins qu’il s’agisse de la personne avec qui tu es en couple, ne te fais pas d’illusions, il n’y aura probablement pas de prochaine fois.
Le mieux à faire dans ce temps là : Rien pour l’instant. S’il s’agit de ta tendre moitié/e, attend quelques jours et essaye d’avoir une discussion au sujet de votre sexualité.

SITUATION 6 : Tu lui propose ta présence et ton aide pour… peu importe!
Ce qu’elle dit : T’es pas obligé.
Ce que tu comprends : Elle craint que ce soit un trop grand effort pour toi et ne voudrait surtout pas te déranger.
Ce qu’elle veut vraiment dire : NON! Je ne veux pas de ta présence.
La preuve : Une personne qui n’a pas besoin de ta présence va te répondre : « Non, c’est correct, ça va aller, merci! » car n’ayant rien à cacher, elle ne craint pas de te blesser. Par contre, une personne qui ne veut pas de ta présence va essayer de te le faire comprendre tout en cherchant instinctivement à cacher ses sentiments négatifs à ton endroit. D’où le « T’es pas obligé! »
Les conséquences : Évidemment, tu t’empresses de la rassurer qu’au contraire ça te fait plaisir. Tu lui imposes donc une présence qui la dérange, ce qui peut juste envenimer votre relation.
Le mieux à faire dans ce temps là : Lui dire que tu reste dispo si elle change d’idée, et ne plus ramener le sujet.

SITUATION 7 : Voilà bien longtemps que tu es friendzoné par cette personne.  Que cette situation te convienne ou non, tu l’as tout de même acceptée, considérant qu’une relation d’amis proches, c’est mieux que rien.
Ce qu’elle dit : C’est rassurant de voir que l’amitié est possible sans qu’il soit question d’amour ou de sexe.
Ce que tu comprends : Que malgré le fait qu’il n’y aura probablement jamais d’amour ou de sexe entre vous deux, votre amitié est plus forte que tout. Vous deux, c’est à la vie à la mort.
Ce qu’elle veut vraiment dire : T’es juste dans ma vie parce que j’ai ni couple ni amis.
La preuve : Est-ce qu’elle est en couple ou a t-elle des amis? Non, sinon elle passerait son temps avec eux, comme les gens normaux.
Les conséquences : Le jour où cette personne trouvera quelqu’un avec qui elle voudra qu’il soit question d’amour et de sexe, elle n’aura plus grand temps à perdre avec toi.
Le mieux à faire dans ce temps là : Profiter de la relation à fond pendant qu’elle passe et ne pas être surpris le jour où elle se finira.

SITUATION 8 : En visite chez cette personne, tu trouves un nouveau numéro de téléphone ou une adresse e-mail sur un bout de papier, et tu lui demandes qui est-ce.
Ce qu’elle dit : Oh, ça c’est rien, tu peux le jeter.
Ce que tu comprends : Que c’est rien et que tu peux le jeter.
Ce qu’elle veut vraiment dire : Oops, j’ai laissé stupidement traîner les coordonnées du beau gars que j’ai rencontré avant-hier.
La preuve : Si ces coordonnées étaient celles de n’importe qui d’autre, elle n’aurait pas eu peur de te répondre que c’était son patron, un futur employeur, sa belle-sœur, etc. Et puis soyons francs, dans des circonstances où on n’a rien à cacher, personne ne va suggérer à quiconque de jeter un truc qu’on a pris en note.
Les conséquences : Y a t’il du cocufiage dans l’air?  Pas sûr, n’empêche que c’est évident qu’on a quelque chose à te cacher.
Le mieux à faire dans ce temps là : L’empocher sans rien dire, et savourer sa panique. Lorsqu’elle te posera la question pourquoi tu gardes ce papier, il serait peut-être bon de lui demander si elle n’a pas quelque chose à t’avouer.

SITUATION 9 : Cette personne te demande de porter ses sacs ou ses paquets un instant, puis vient pour les reprendre.
Ce qu’elle dit : J’peux les reprendre si c’est trop lourd pour toi.
Ce que tu comprends : Qu’elle te prend pour une nouille trop cuite, de ne pas pouvoir porter ses sacs.
Ce qu’elle veut vraiment dire : Sers-moi donc de porteur de sacs. J’aime avoir les mains libres.
La preuve : Franchement, comment pourrait-elle s’imaginer que tu ne sois pas capable de porter des sacs qu’elle portait elle-même avant de te les refiler? Elle fait juste jouer sur ton orgueil de mâle pour te manipuler à faire de toi son esclave de ton propre gré.
Les conséquences : Non seulement tu portes ses sacs volontairement,  tu le fais fièrement pour lui montrer que t’es pas une moumoune de Chez Tarlouze.
Le mieux à faire dans ce temps là : Lui rendre ses sacs, et du coup lui montrer que tu ne te laisses pas manipuler.  C’est peut-être mauvais pour la relation, mais pourquoi est-ce que tu voudrais en avoir une avec une personne manipulatrice?  Quand on manipule l’autre sur des trucs anodins, on manipule sur des choses plus importantes.  Méfiance!

SITUATION 10 : Dans une boutique de vêtements, elle tient deux morceaux de linge tout en se regardant dans le miroir.
Ce qu’elle dit : Je sais pas lequel des deux choisir.
Ce que tu comprends : Qu’elle a besoin de ton avis pour l’aider à choisir, car elle ne veut acheter qu’un seul des deux morceaux.
Ce qu’elle veut vraiment dire : Achète-moi donc les deux, maudit cheap!
La preuve : Peu importe lequel tu vas lui conseiller de prendre, ou bien elle n’arrivera quand même pas à se décider, ou bien elle n’aura pas l’air satisfaite de son achat.
Les conséquences : Tu vas passer ou bien pour mesquin de ne pas lui acheter les deux, ou bien pour stupide de ne pas avoir réussi à saisir le message qu’elle essaye de te passer en douce. Or, personne n’aime sortir avec un mesquin stupide, alors attend-toi à un peu de froideur de sa part à ton égard.
Le mieux à faire dans ce temps là : Dès qu’elle dit qu’elle ne sait pas lequel choisir, lui répondre: C’est dommage que mon budget ne me permette pas de faire en sorte que tu puisses avoir les deux parce qu’ils te vont si bien, surtout celui-là. Non seulement tu n’auras pas l’air avare, tu auras l’air d’être attentif à ce qu’elle porte, ce qui est flatteur. Évidemment, si elle te fait quand même la gueule après ça, c’est que tu as affaire à une personne manipulatrice et exploiteuse dont il vaut mieux se tenir loin.

SITUATION 11 : Vous êtes ensemble et le moment est intime.
Ce qu’elle dit : Je t’aime.
Ce que tu comprends : Qu’elle t’aime.
Ce qu’elle veut vraiment dire : Je t’aime.
La preuve : Généralement, une personne ne va pas dire Je t’aime à tort et à travers à n’importe qui. Si elle le dit, c’est qu’elle en est vraiment sûre.
Les conséquences : Si c’est réciproque, ça ne peut être que positif.
Le mieux à faire dans ce temps là : Faut-il vraiment que je l’explique?

SITUATION 12 : Vous êtes ensemble et le moment est aux confidences.
Ce qu’elle dit : Je t’aime beaucoup.
Ce que tu comprends : Qu’elle t’aime.
Ce qu’elle veut vraiment dire : Je t’aime juste au niveau amical, alors il est inutile pour toi d’espérer qu’on va sortir ensemble un jour.
La preuve : Le seul moment où la signification du mot beaucoup devient son propre contraire, c’est lorsqu’il est précédé par les mots Je t’aime. Il serait d’ailleurs temps que ce fait universel soit inclut dans les règles de grammaire.
Les conséquences : Tu risques de mal interpréter son message, et t’attendre à des choses entre vous qui n’arriveront jamais.
Le mieux à faire dans ce temps là : Cesser de se faire des illusions à son sujet, et agir avec elle comme si cette déclaration n’avait jamais été dite et que des sentiments autres qu’amicaux n’ont jamais existé entre vous, et ne plus jamais ramener le sujet.

SITUATION 13 : Tu appelles cette personne pour l’inviter à une sortie.
Ce qu’elle dit : J’vais y penser et j’te rappelle.
Ce que tu comprends : Qu’elle va essayer de se libérer de tout ce qui pourrait l’empêcher de sortir avec toi ce soir.
Ce qu’elle veut vraiment dire : J’vais penser à une bonne raison pour me désister, et j’te rappelle pour te dire que c’est non. Ça, c’est SI je te rappelle.
La preuve : Si l’idée de sortir avec toi ce soir lui avait plu, elle aurait dit oui immédiatement et ensuite se serait arrangée pour se libérer des autres choses. Là, c’est l’inverse: C’est après ton invitation qu’elle cherche autre choses à faire.
Les conséquences : La déception de devoir attendre pour avoir sa réponse sera doublée par la déception de son refus.
Le mieux à faire dans ce temps là : D’autres plans qui ne l’incluent pas.

SITUATION 14 :  En couple stable.  Tu es sur le net ou la télé.  Ta chère moitié est à la cuisine.
Ce qu’elle dit : Il faudrait sortir les poubelles.
Ce que tu comprends : Qu’elle vient de se rendre compte que le sac de poubelle aurait besoin d’être changé, et qu’elle ne fait que commenter la chose à haute voix, tout simplement, avant de le faire elle-même.
Ce qu’elle veut vraiment dire : Lève-toi donc de ton gros cul pour sortir les poubelles, pauvre inutile.
La preuve : En général, quand on ne veut pas passer pour la personne tyrannique du couple, on n’aime pas tellement donner d’ordres. Quoi de mieux alors qu’un bon sous-entendu pour essayer de passer le message en douce.
Les conséquences : Si tu ne réagis pas, deux choses peuvent arriver: Ou bien elle va penser que tu manques d’intelligence, ou bien pire encore, elle va croire que tu as compris le message, mais feint de l’ignorer.
Le mieux à faire dans ce temps là : Quoi d’autre? Lève-toi de ton gros cul pour sortir les poubelles, pauvre inutile.

SITUATION 15 : Après une soirée où tu lui as payé le resto, le cinéma et le bar, et que tu l’ais raccompagné chez elle, cette personne refuse de te laisser entrer.
Ce qu’elle dit : J’aime mieux pas… Étant donné que tu m’as payé le resto, le cinéma et le bar, j’aurais l’impression d’être obligé de te devoir quelque chose.
Ce que tu comprends : Elle a peur de passer pour quelqu’un qui échange ses faveurs sexuelles contre une soirée toute payée.
Ce qu’elle veut vraiment dire : Cette excuse est géniale pour pouvoir profiter de toi sans rien te donner en retour.
La preuve : D’abord, c’est l’autre et non toi qui amène le fait que sa sexualité puisse être une récompense pour ce que tu lui as payé. Ce genre de concept ne viendrait pas à l’idée d’une personne non-exploiteuse. Ensuite, si elle n’est pas profiteuse, pourquoi s’est-elle laissé offrir tout ça sans rien dire au moment où tu le faisais?
Les conséquences : Si désormais tu refuses de lui payer ses sorties, elle va te traiter de frustré à cause de son refus de la dernière fois. Si tu payes de nouveau pour elle, elle te servira encore la même rengaine.
Le mieux à faire dans ce temps là : Arrêter les frais et cesser de la fréquenter parce que plus tu insistes et plus tu vas te retrouver dépouillé et frustré. Tires leçon de l’expérience, et tires-toi de là.

SITUATION 16 : Tu lui demande si vous allez coucher ensemble un jour.
Ce qu’elle dit : Cette personne peut donner trois réponses : Oui, ou Non, ou Peut-être.
Ce que tu comprends : Oui si elle dit oui, non si elle dit non, ou peut-être si elle dit peut-être.
Ce qu’elle veut vraiment dire : En fait, si elle dit oui, ça veut dire peut-être. Également, si elle dit non, ça peut encore dire peut-être.  Mais si elle dit peut-être, alors là elle veut dire NON, JAMAIS!
La preuve : Tout le monde peut changer d’idée, en particulier au sujet de la sexualité. Ainsi, ce oui que cette personne affirme ce jour-là pourrait devenir un non lorsque tout bien réfléchi plus tard. Et c’est la même chose pour ce non, en situation inverse évidemment. Par contre, la seule raison pourquoi quelqu’un va répondre peut-être (Ou je sais pas, possible, on verra, et toute autre réponse vague) à une telle question, c’est parce qu’il ne veut pas dire oui puisque ce n’est pas le cas, et qu’il n’ose pas dire non, par crainte de frustrer l’autre.
Les conséquences : Attendre après quelque chose qui n’arrive jamais, c’est frustrant. Et abandonner l’idée de pouvoir coucher avec alors que tu aurais des chances sans le savoir, c’est encore pire.
Le mieux à faire dans ce temps là : Si elle dit oui, essaye-toi, mais arrête immédiatement à partir du moment où elle hésite ou change d’idée.  Parce qu’à partir de là, ça deviendrait du harcèlement.  En fait, le mieux à faire, c’est de ne même pas lui poser la question pour commencer.  Parfois, juste le fait d’essayer de tâter le terrain de cette façon, c’est suffisant pour tout gâcher.

SITUATION 17 : Assis sur un lit, tu lui fais des minoucheries. L’autre a l’air de vraiment apprécier ça, au point d’en être quasiment en extase.
Ce qu’elle dit : Mmmm… Fais pas ça! Si tu continues, tu vas m’allumer et je risque de perdre le contrôle. J’aimerais mieux pas…
Ce que tu comprends : Qu’il/elle ne se sent peut-être pas encore prêt/e pour ça, et qu’il vaudrait mieux arrêter.
Ce qu’elle veut vraiment dire : Continue, prends l’initiative, contrôle-moi, je ne demande que ça.
La preuve : Pourquoi penses-tu que cette personne prend la peine de te dire que tu es en train de l’allumer? Alors si en plus elle se laisse faire et que tout dans son langage corporel montre qu’elle semble apprécier, tu as le feu vert pour continuer.
Les conséquences : Les conséquences d’une telle situation, lorsqu’elle est aussi nébuleuses, sont dangereuses. Aussi… :
Le mieux à faire dans ce temps là : Il fut une époque où j’aurais répondu: « Continuer tant qu’elle n’oppose pas de résistance physique. »  Cependant, ces trente dernières années, beaucoup de gens ont milité afin que tous comprennent que NON veut dire NON. La société n’a donc pas besoin de gens au comportement contreproductif qui continuent à passer l’idée comme quoi un NON puisse pouvoir dire OUI pour peu que l’on insiste.  Aussi… :

SITUATION 18 : Semblable à la précédente, mais tu décides d’arrêter, en lui disant que tu ne veux pas la forcer car tu la respecte.
Ce qu’elle dit : Ah? Ben merci, c’est gentil.
Ce que tu comprends : Qu’elle apprécie que tu ne la brusque pas, ce qui ne peut que te faire marquer des points envers elle.
Ce qu’elle veut vraiment dire : T’es idiot ou quoi? Tu ne te rends pas compte que je ne te résiste pas? T’as jamais vu ça, quelqu’un qui aime se faire désirer, pauvre imbécile?
La preuve : Il y a des gens qui ressentent de forts désirs sexuels mais qui ont de la difficulté à les assumer pour différentes raisons. Dans ce temps là, bien qu’ils vont dire non pour la forme, histoire d’apaiser leur conscience, ils ne demandent pas mieux que l’autre prenne l’initiative d’aller jusqu’au bout.
Les conséquences : La frustration peut pousser l’autre à te donner une réputation de personne trop niaiseuse pour comprendre les messages subtils qui sont « pourtant évidents » à ses propres yeux.
Le mieux à faire dans ce temps là : À moins qu’il soit établi clairement qu’un côté sera passif tandis que l’autre sera actif, le mieux à faire est d’oublier ça. Il vaut mieux passer pourstupide (ce qui est une opinion sans valeur légale) que pour agresseur sexuel (ce qui est grave et dangereux sur le plan légal).  C’est à chacun d’apprendre à être capable de s’exprimer clairement, et non au reste de la société à prendre de dangereux risques à essayer de deviner ce que veut chacun.

SITUATION 19: Tu as passé une excellente soirée avec la personne que tu désires et c’est bien parti pour une folle nuit de plaisir. Mais voila au moment de passer à l’acte, elle change d’idée.
Ce qu’elle dit: Je suis désolée mais je ne peux pas.
Ce que tu comprends: Qu’elle te veux, mais qu’elle hésite à cause d’un facteur extérieur quelconque.
Ce qu’elle veut vraiment dire:  Je suis désolée mais finalement, à bien y penser, je réalise que dans le fond je ne VEUX pas.
La preuve: Quand on veut, on peut. Le simple fait que vous vous êtes rendus jusque-là démontre que oui, elle était tentée, donc que votre nuit de plaisir était possible. …du moins, tant qu’elle était d’accord pour que ça arrive. Mais voilà, ce n’est plus le cas, pour une raison qu’elle n’osera probablement pas avouer: Déjà en couple, honte de devoir s’abaisser à n’avoir que toi à se taper, effet de l’alcool qui s’estompe, etc.
Les conséquences: De ton côté, tu vas probablement ressentir de la frustration sexuelle. Et de son côté, tout va dépendre de ta réaction. Aussi… :
Le mieux à faire dans ce temps-là: Te montrer compréhensif (pour rassurer), lui dire de ne pas s’en faire avec ça et que tu ne lui en veux pas (pour déculpabiliser), et que même si tu trouves ça dommage que ça n’aille pas plus loin (pour flatter son orgueil), tu respectes sa décision (pour lui ôter toute peur), tu as quand même passé une superbe soirée (pour rassurer), et bonne nuit (pour soulager) et à la prochaine (pour lui montrer que sans rancunes). Parce qu’exprimer de la frustration te donnerait la réputation d’un frustré, ce qui n’est jamais bon.  Et insister davantage serait, au yeux de la loi, du harcèlement. Et il n’y a pas une baise ratée au monde qui vaut ça.

SITUATION 20: Vous formez un couple depuis quelques temps.  Ces derniers jours, cette personne semble un peu distante.  Puis, elle t’annonce qu’elle veut casser « temporairement ».
Ce qu’elle dit: Je pense qu’une séparation momentanée ne peut que nous faire du bien.
Ce que tu comprends: Qu’elle veut mettre votre couple sur pause le temps de réfléchir, pour voir ce qui ne va pas entre vous et comment améliorer les choses.
Ce qu’elle veut vraiment dire:  J’ai l’oeil sur une personne bien mieux que toi, mais si on casse et que ça ne marche pas avec lui, je vais me retrouver seul(e). Et ça, je tiens à l’éviter, parce que sortir avec toi c’est quand même mieux que rien. Voilà pourquoi je cherche à te mettre au congélateur en attendant de savoir.
La preuve: Quand on veut sauver son couple, on en discute ensemble pour y réfléchir ensemble et arriver à des solutions ensemble.  Il n’y a qu’une seule raison pourquoi, en plus de vouloir y réfléchir seul, on tient à le faire dans le célibat, et c’est pour se mettre en situation de disponibilité.
Les conséquences: Ou bien ça marche pour elle et ta situation de célibat passe de temporaire à permanente, ou bien ça foire pour elle et tu acceptes d’être son second choix.
Le mieux à faire dans ce temps-là: Qui sait!?  Tu pourrais la reprendre, et elle pourrait recommencer au prochain prospect qu’elle croise.  Tout comme cet échec pourrait l’avoir résignée comme quoi elle n’a pas ce qu’il faut pour plaire à mieux que toi.  Dans le fond, ça dépend de toi, de ton orgueil, ou bien d’à quel point tu es désespéré.

Manipuler l’image pour manipuler la réputation

Depuis quelques années, il y a un court gif animé qui se promène sur le net. Celui-ci montre un bébé d’environs deux ans qui frappe un chat. Le chat ne s’en laisse pas imposer et le frappe en retour.

Et à chaque fois que ce gif est posté quelque part, on peut diviser les commentaires dans ces catégories:

  • 5% de rires et/ou commentaires divers.
  • 10% de commentaires comme quoi les chats sont des animaux dangereux et sournois qu’il ne faut pas avoir chez soi, surtout lorsqu’on a un enfant.
  • 85% de commentaires comme quoi cet enfant n’est qu’une petite merde qui n’a eu que ce qu’il mérite.

Est-ce que vous aussi ressentez la même chose que ce 85% en voyant cette scène? Je vous comprends.  Moi aussi, dès que je l’ai vue, c’est le premier sentiment qui m’est venu en tête. Et pourtant, quelque chose me dérangeait.  Je n’arrivais pas à mettre le doigt dessus exactement, mais j’avais une vague  impression que qu’il y avait un truc de pas net dans cette scène.

Hier, en revoyant ce gif pour la première fois en deux ans, cette fois-ci sur le mur d’un ami de Facebook, j’ai immédiatement repéré la source de mon malaise. Regardez le visage de l’enfant au début.  Il est terrifié.  Il pleure.  Il regarde en direction de la personne qui tient la caméra.  Son expression est un appel à l’aide.  Une aide qui ne vient pas.  Quant au chat, replié sur lui-même, on voit très bien qu’il est à l’affut, prêt à se défendre.  Il n’a pas le comportement d’un chat agressif qui défend son territoire, mais bien celui d’un animal acculé au pied du mur, et ce malgré tout l’espace vide derrière lui.  Il pourrait fuir, mais il reste là!  Pourquoi?

J’ai vu des enfants agressifs.  Ceux-là foncent sur les chats.  Ici, l’enfant se tient à distance.  J’ai vu des enfants qui étaient amusés par la violence.  Ici, on ne peut pas dire qu’il s’amuse.  Son geste est donc un de désespoir, pour tenir le chat éloigné.  Le chat en a visiblement assez.  Il fonce sur le petit.  J’en ai eu, des chats agressifs, et croyez-moi, lorsqu’ils attaquent, ils ont la persistance du pitbull.  Lui, il a juste poussé le petit, avant de s’enfuir.  Vous savez ce que ça veut dire?  Ça signifie que le chat ET le bébé ne désiraient qu’une chose, et c’est de mettre fin à la situation.

Mais quelle est cette situation, au juste?  Une simple recherche dans la section vidéo de Google en entrant cat vs baby a répondu à ma question.  Regardez un peu ce que j’ai trouvé.  Et il y a du son :

Il manque hélas le début, nous ne pouvons donc pas voir ce qui a amené ce chat à agresser ce bébé.  Une chose est sûre, il ne l’a pas fait de son propre chef.  La preuve:

0:02 Le chat perd intérêt pour le bébé et s’en va.
0:07 le chat quitte le lit.
0:08, soit une seconde plus tard, le chat est de nouveau près de lui, ce qui ne fait aucun sens.

Un chat agressif qui attaque va prendre une position dominante.  Ici, il est replié sur lui-même.  Il démontre qu’il n’est pas dans cette situation volontairement. Donc qu’on vient de le remettre contre son gré devant l’enfant.  Et puisque la caméra est restée stable, ça ne peut pas être la personne qui filme qui l’a relancé là.  Il y a donc un second adulte présent.

Le chat est un félin donc un prédateur.  Alors pour lui, un cri de douleur, ça provoque ses instincts de chasseur.  Et comme tous les félins, il n’a pas de patience lorsqu’on l’énerve.  Alors naturellement, il griffe, il mord.  Les morsures et les griffes sont douloureuses, le petit garçon panique devant cette agression.  Il recherche l’aide et le réconfort des adultes.  Il pleure en les regardant, attendant un secours qui ne vient jamais, ni de la femme qui se contente de tenir la caméra et de rire, ni de l’homme qui excite le félin contre le bébé.  L’enfant voit qu’il ne peut pas compter sur eux pour que cesse l’agression du chat.  Alors il le frappe.  Non pas par agressivité, mais bien par défense.   Ce chat a déjà essayé de fuir le conflit, mais il s’y est fait relancer. Il voit qu’il est acculé.  Ne pouvant pas reculer, il fonce.  Une fois le bébé tombé en bas du lit, le chat semble comprendre que c’est ce qu’on attendait de lui pour lui permettre de partir, car il fuit de nouveau.

Le bébé n’est pas l’agresseur, ici.  Il est la victime.  Le chat aussi est victime.  Ils ne le sont pas l’un de l’autre.  Ils le sont des adultes irresponsables qui provoquent ce conflit et qui filment la scène en riant.  Et pour finir en beauté, quelqu’un a décidé d’en faire un court gif animé, en prenant bien soin de le couper de façon à donner l’impression que l’enfant est un petit salopard agressif qui mérite ce qui lui arrive, après avoir frappé sans provocation ce pauvre animal plus petit que lui.

Et voilà comment des gens sont capables de provoquer des conflits, pour ensuite prendre des gestes hors de leur contexte, dans le but de manipuler l’opinion publique contre la victime, en lui collant hypocritement le rôle de l’agresseur.  La victime reçoit hostilité, coups, blessures, avant de voir sa réputation se faire injustement salir.  Et les provocateurs s’en tirent blanc comme neige, car ils réussissent tellement bien à monter notre opinion contre l’enfant, on devient automatiquement aveugle à ceux qui, bien cachés derrière la caméra, sont les véritables responsables, qui tirent les ficelles et manipulent les événements.

Il suffit pourtant de peu de choses pour connaitre la vérité.  Il n’y a qu’à s’ouvrir les yeux, comme je l’ai fait, pour voir que quelque chose ne colle pas.  Il n’y a qu’à constater ce qui se passe vraiment.  Et au besoin, faire une simple petite recherche.

Hélas, lorsque les manipulateurs arrivent à provoquer des sentiments négatif du public contre une personne, ça enlève automatiquement à ce public l’envie d’apprendre quoi que ce soit qui puisse l’innocenter.  C’est le cas avec ce gif, et c’est le cas à toutes les fois où quelqu’un utilise une situation hors de son contexte dans le but d’entacher la réputation d’autrui.

5 réalités derrière les gros titres

Ces jours-ci, il y a une nouvelle qui fait son petit scandale au Québec: Non seulement une caissière du Provigo a-t-elle été congédiée pour avoir dit à un client qu’un fromage coûtait trois dollars de moins au Walmart, la Cour a donné raison à l’employeur.


(Pour nouvelle complète, cliquez ici)

Congédier une employée qui a dix-huit ans d’ancienneté pour 3$, il y a en effet de quoi scandaliser la population.  Surtout de la manière dont ça s’est passé.  La caissière a voulu rendre service au client et lui faire sauver de l’argent, et ce client l’a remercié en faisant l’effort d’aller trouver la copropriétaire de la place pour la dénoncer. Et voici l’être humain dans toute la splendeur de son âme, mesdames et messieurs.  Aussi bien dire que cette femme est une Sainte, d’avoir ainsi été punie pour sa bonne action, non seulement par son patron, mais aussi par la personne-même qu’elle a voulu aider.

Oui, mais il ne faut pas oublier cinq faits qui sont:

FAIT 1: À salaire révisé une ou deux fois l’an selon la loi, multiplié par 18 ans d’ancienneté, ça en fait probablement l’employée la plus cher payée de cette succursale.

Il y a 18 ans, en 1997, le salaire minimum était $6.80. Même si elle n’avait eu que 50¢ d’augmentation par année (C’est probablement plus, mais c’est juste pour l’exemple), ça lui fait un minimum de $15.80 aujourd’hui.

FAIT 2: À cause du fait précédent, les patrons encouragent le roulement de personnel chez leurs employés en bas de l’échelle. Pourquoi voudraient-ils payer $15.80 une caissière avec 18 ans d’ancienneté quand ils peuvent la remplacer par une nouvelle à $10.55 qui fera aussi bien que l’ancienne après deux semaines d’entrainement? Ils cherchent donc une excuse pour s’en débarrasser.  J’ai vécu quelque chose de semblable il y a 25 ans, lorsque je travaillais au Dunkin Dunuts où j’ai perdu mon emploi suite à une manoeuvre magouilleuse qui allait comme suit:

  • Je travaille à temps plein depuis trois ans.
  • Un jour, mon patron m’appelle pour me dire que je ne travaille plus que les weekends.
  • Une semaine plus tard, il m’appelle pour me dire que je ne travaille plus que le dimanche.
  • Une semaine plus tard, il m’appelle pour me dire que je ne travaille plus que sur appel.
  • Trois semaines plus tard, il ne m’a toujours pas rappelé.
  • Je me rend au bureau du chômage qui me disent que l’attitude de l’employeur équivaut à un renvoi.  Mais pour avoir droit au chômage, je dois aller demander au patron mon document de cessation d’emploi.
  • Puisque j’ai demandé moi-même mon document de cessation d’emploi, le patron a pu écrire DÉPART VOLONTAIRE.
  • Les employés qui quittent volontairement leur emploi n’ont pas droit au chômage.
  • Au salaire où j’étais rendu lorsque j’ai quitté mon emploi, les autres Dunkins ont décliné ma candidature.  Pourquoi payer un employé avec expérience $7.35 de l’heure quand il peut embaucher un nouveau qui fera aussi bien que moi après deux semaines d’entrainement pour $5.85?

À quelque chose malheur fut bon: En voyant que telle sera probablement ma vie professionnelle jusqu’à ma retraite, je suis retourné aux études finir mon 5e secondaire avant de poursuivre au cegep.

FAIT 3: Oui, c’est gentil à elle de vouloir aider les gens à économiser. Hélas, quand on veut garder son travail, ce n’est jamais une bonne idée de mordre la main qui nous nourrit, surtout si elle vous nourrit si bien. Mettez-vous à la place du patron qui voit que non seulement cette caissière lui coûte plus cher que ses autres employés, elle tente de lui faire perdre encore plus d’argent en incitant les clients à aller faire leurs achats ailleurs.

Vous allez dire que ce n’est pas un p’tit Brie à 15$ qui, acheté pour 12$ au Walmart, va faire une grosse différence. En effet! Sauf que moi, des gens qui font de 100$ à 200$ d’épicerie au Provigo et qui vont faire ensuite un détour au Walmart pour sauver 3$ sur un fromage, je n’ai jamais vu ça. Tant qu’à être au Walmart, ils vont faire toute leur épicerie au Walmart. Donc, pas au Provigo, qui perdra ainsi de 100$ à 200$ par clients que cette caissière incite à changer d’épicerie.

Au moment où j’écris ces lignes, le Provigo du quartier Hochelaga-Maisonneuve fermera définitivement ses portes dans moins d’une semaine. Je ne sais pas si ça va mal pour Provigo en général ou si c’est juste celui-là en particulier. C’est juste que je me dis que si c’est général, alors l’attitude de cette caissière, en incitant les clients à aller ailleurs, fait partie du problème. Plus elle incite les clients à aller au Walmart, plus grand est le risque que son Provigo ferme. Et s’il ferme, alors ce sera non pas seulement elle mais bien tout le personnel qui se retrouvera sans emploi.

FAIT 4:  Donc, en résumé: Le Provigo lui verse une fois et demi le salaire minimum (probablement plus), faisant d’elle l’employée en bas de l’échelle la mieux payée de la place. Et elle, en retour, elle incite les clients à aller acheter ailleurs. Sous cet angle, on comprend beaucoup mieux l’argument du Provigo comme quoi elle est déloyale envers son employeur, qui l’a gardé tout ce temps-là en la payant si cher.

FAIT 5:  TVA nouvelles, que je ne pointe pas du doigt puisque c’est pareil pour tous les autres médias, ont besoin de nouvelles choquantes pour attirer les clic-clic-clic qui payent-payent-payent. Alors quoi de plus choquant que de dire: « Une caissière avec 18 ans d’ancienneté a perdu sa job pour 3$ » ?

Techniquement, ça a beau ne pas être faux, il n’en demeure pas moins que ce genre d’histoire n’est jamais aussi minimaliste que les médias veulent nous le faire croire.

La Conflictuodépendance: Provoquer la haine comme excuse préventive.

AVERTISSEMENT : Ce billet fait référence à beaucoup de trucs que j’ai déjà écrit.  Alors si vous me lisez depuis peu, ou si vous ne vous souvenez plus de quoi je parle, j’ai mis plein de liens.

Je ne sais pas si vous êtes familiers avec l’émission Un Souper Presque Parfait.  Sinon, je vous en explique le concept: Pendant cinq jours, nous suivons un groupe de cinq personnes.  À chaque jour, l’un d’eux reçoit les quatre autres chez lui et leur prépare un repas: L’entrée, le plat principal, un vin, le dessert et un digestif.  À la fin de chaque repas, les quatre invités lui donnent une note de 1 à 10, ce qui détermine le grand gagnant à la fin de la semaine.

Lors d’une ce ces semaines, il y avait un homme, appelons-le Pierre, qui s’est montré particulièrement odieux avec les quatre autres participants.  Gras, mal rasé, les cheveux en bataille, juste au niveau visuel il dégage un message que l’on capte dans notre inconscient comme quoi ce n’est pas le genre de personne qui devrait se permettre de descendre les autres.  Pourtant, il le faisait.  Presque à chaque fois qu’il ouvrait la bouche, il avait toujours une remarque acide et une critique à faire.  Sur la nourriture, sur la boisson, sur le look et la personnalité de l’hôte du jour, sur comment était décoré son logis, et il le faisait avec snobisme et condescendance. À la fin du souper de mardi, il était déjà détesté de tous.  Rendu à jeudi soir, alors qu’il annonçait que le lendemain ce serait son tour, l’un des autres participants lui a répondu: « Bien!  Ça va faire changement, de voir la merde entrer dans ta bouche plutôt que d’en sortir. »

Car oui, le hasard avait voulu que Pierre passe vendredi, donc que ce soit lui qui soit le dernier à cuisiner pour les quatre autres.  Aussi, lors des interviews individuelles qui clôturent l’émission du jeudi, Pierre nous révèle son métier: Grand Chef Cuisinier à l’Institut de Tourisme et d’Hôtellerie du Québec.

« Fa que », conclut-il, « Si c’est pas moi l’gagnant cette semaine, ce sera certainement pas à cause de mon repas.  Ça va être à cause de ma grande gueule, comme la dernière fois que j’ai participé à l’émission. »

En entendant ça, j’ai tout de suite compris la raison de son comportement de troll tout le long de la semaine: En tant que chef cuisinier de carrière pour le plus prestigieux employeur dans le domaine de la restauration au Québec, il se trouve dans une situation délicate.  Imaginez s’il perd contre l’un de ces quatre amateurs, en pleine télévision.  C’est improbable, mais ça demeure possible.  Aussi, il a trouvé le moyen parfait pour sauver la face: Provoquer la haine comme excuse préventive.  Comme ça, s’il perd, alors sa nourriture ne sera pas à blâmer, ce sera juste à cause que les autres participants sont frustrés et mesquins.  Et s’il gagne, encore mieux: Ça prouve qu’il est tellement un excellent cuisinier qu’il a réussi à se faire élire par quatre personnes malgré le fait qu’ils le haïssent.  Bref, ou bien il gagne, ou bien il créé un doute raisonnable comme quoi il aurait dû gagner.

Et puisque le bien-être de Pierre dépend du conflit, ça fait de lui un conflictuodépendant.

Je dois avouer que tout le long de ma vie, j’ai trop souvent agi ainsi.  Sauf que dans mon cas, non seulement était-ce inconscient, c’était beaucoup plus subtil.  Malgré tout, le concept restait le même: M’arranger pour que les gens autour de moi aient des sentiments négatifs à mon sujet, tout en restant le plus irréprochable possible.  Je m’y prenais de deux façons:

FAÇON 1: En pointant les côtés négatifs de leur travail, de leurs décisions, de leur personnalités.  Et toujours, prenais-je la peine de m’attaquer à un fait véridique et vérifiable, de façon à ce que personne ne puisse affirmer que mon commentaire n’était qu’une opinion sans fondement.  Quiconque l’affirmait se dépeignait automatiquement lui-même comme une personne de mauvaise foi.  Et puisque personne n’est parfait, je trouvais toujours un sujet à attaquer.

Une des choses qui m’appuyait, c’était que parallèlement à cela, je me faisais un point d’honneur à toujours répondre à la critique avec grâce, les remerciant de ces commentaires constructifs.  Ceci me permettait, si jamais ma cible frustrait, de me donner en exemple afin de me comparer favorablement à eux : « À chaque fois qu’on m’a fait une critique, je l’ai toujours prise comme étant constructive. Pourquoi t’es pas capable d’en faire autant? » 

FAÇON 2: L’attaque miroir.  Alors que les humoristes, les chroniqueurs, les bédéistes, les auteurs, se moquent des travers de la société, moi je me moquais des travers des humoristes, des chroniqueurs, des bédéistes et des auteurs. Et dans chaque cas, si jamais ils iraient me manifester du mécontentement, je pouvais éviter le débat en servant la seule et unique réplique dont j’avais besoin pour prouver leur mauvaise foi : « Ben quoi? Je te fais exactement ce que tu fais subir aux autres.  Ce n’est pas ma faute à moi si tu n’es pas capable d’en prendre aussi facilement que t’en donnes. »  Et le plus beau, c’est qu’en attaquant les méchants, ça me mettait en position de bon, de courageux, de héros.  Et quiconque aurait osé m’en critiquer se serait automatiquement étiqueté d’hypocrite à deux faces (« Ah bon? Quand lui se permet de critiquer les autres c’est acceptable, mais quand les autres le critiquent lui ça ne l’est pas? »), de mauvaise foi (« Toutes les preuves sont là, regarde toi-même, c’est pas moi qui l’invente! ») ou de méchant lui-même. (« Sérieux, là? Tu préfères défendre celui qui attaque, et attaquer celui qui défend?  C’est vraiment ce genre de personne-là que tu es? »)

D’une façon comme de l’autre, si ces gens s’objectaient à moi de quelque façon que ce soit, je pouvais toujours dire que c’était seulement parce qu’ils m’en voulaient personnellement, à cause que c’était des frustrés, à cause que leur ego est trop démesuré pour être capable de prendre la critique, et surtout la vérité. 

Quelques exemples:

  • Lorsque je publiais MensuHell, j’y ai parodié d’autres bédéistes en faisant ressortir les pires côtés de leurs séries.
  • Toujours dans MensuHell, en 2000, ma parodie du film X-Men se moque, le temps d’une image, des parodies du film X-Men parues plus tôt dans Cracked et Safarir.
  • Avec Picouille, je me moque du style de dessin de certaines femmes bédéistes, de ceux qui les publient, de ceux qui les aiment.
  • Il y a eu ma série Les Plagiats de la BD où je dénonce des gens que pourtant j’admire et avec qui j’aimerais bien travailler un jour.
  • À l’époque où je voulais devenir humoriste, ma cible première était les autres humoristes.
  • En passant une audition devant la directrice de l’École Nationale de l’Humour, le choix de mon sujet de monologue était une attaque contre la directrice de l’École Nationale de l’Humour.
  • La seule fois où j’ai pu faire un monologue en public, c’était lors d’un spectacle de Noël donné par un organisme catholique charitable, dans un sous-sol d’église. Personne ne riait, et on m’a même coupé le micro avant la fin. La raison? Le public, tout comme l’organisme, n’était constitué que de vieux catholiques pour qui Noël et les valeurs de famille sont très importantes. Et devinez de quels sujets mon monologue se moquait du début à la fin? Je pense que ça a dû être la dernière fois qu’ils acceptaient une contribution sans d’abord faire passer une audition.
  • L’un de mes premiers projets de blogs s’appelait Et ça se permet de critiquer!  L’Idée était d’y reproduire quotidiennement une ou plusieurs chroniques de critiques professionnels publiés dans les journaux du Québec (De Pierre Foglia, Franco Nuovo, Nathalie Petrovski, Jean Barbe, etc) et de les critiquer eux sur leur travail de critique. Le projet n’a pas pu démarrer puisque je ne pouvais pas me permettre de m’abonner à tous les journaux qu’il m’eut fallu lire.
  • Lorsque je fréquentais les forums, ma logique et ma discipline m’ont parfois rapporté un poste de modérateur. Poste que je ne gardais pas longtemps, puisque j’utilisais ma logique et ma discipline pour critiquer le travail des autres modos et des administrateurs.
  • Lorsque j’étais étudiant au Cégep André Laurendeau, de qui est-ce que je me moquais dans ma chronique publiée dans le journal étudiant? Des profs? De la société? Non: Des autres étudiants.
  • J’ai même déjà écrit une parodie de When I Was your Age de Weird Al Yankovic, qui est une de ses chanson originale et non l’une de ses nombreuses parodies.  Ma version qui s’appelait I Will Exploit Them racontait comment un gars, réalisant qu’il n’avait ni la voix ni le look pour devenir chanteur populaire, a décidé de se faire une carrière en parodiant les plus grands succès musicaux de l’heure, ce qui lui assure une carrière et un succès éternel puisqu’il ne fait que surfer sur le travail, le talent et la popularité des vrais artistes qui se succèdent au top des palmarès.  Oui, vous avez bien lu, j’ai parodié Weird Al Yankovic en attaquant son physique, sa voix, son look, son art et sa carrière.  Et pourtant, c’était mon idole.

Mais peu importe le sujet, il reste que pour faire une parodie de bande dessinée, il fallait que je sois moi-même bédéiste.  Pour critiquer les critiques, il fallait que je devienne moi-même critique.  Pour parodier un chanteur parodique, il fallait que je devienne moi-même chanteur parodique.  Pour rire des humoriste, il fallait que je deviennes moi-même humoriste.  Or, à partir du moment où on choisit de travailler dans un milieu, on ne peux plus se permettre de s’en moquer et/ou de le critiquer.  Du moins, pas si on veut réussir dans le métier.

Mais ce comportement, au fond, n’est rien d’autre que la manifestation subconsciente d’un complexe d’infériorité.  Car en agissant ainsi, je m’assure de me fournir une excuse en cas d’échec: Si je ne réussis pas à me tailler une place dans le milieu où j’évolue, ce n’est pas parce que je suis incompétent.  Non; c’est à cause que les autres me bloquent, me sabotent, m’empêchent d’avancer, pour des raisons personnelles.  Comme ça, je n’ai pas à me remettre en question, ni dans ce que je suis ni dans la qualité de mon travail. 

Mais pour ça, je dois d’abord les provoquer à avoir du ressentiment envers moi, de façon à les rendre susceptibles, frustrés, mesquins.  Exactement comme Pierre qui, après s’être mis à dos les quatre autres candidats, ne pouvait plus qu’offrir un souper presque parfait car si la nourriture était irréprochable, en revanche l’ambiance était pourrie.

L’exemple le plus flagrant dans lequel j’ai eu ce comportement est dans ce billet, lorsque je raconte dans le paragraphe Le troisième zéro comment j’ai été expulsé du cours de maths.  J’étais un cancre en mathématique, la preuve est que j’étais deux ans en retard dans ce cours.  Au lieu de reconnaitre ma faiblesse et mettre l’effort à étudier et à comprendre cette matière, j’ai préféré passer l’été à m’attaquer à une règle de mathématique qui dit qu’il est impossible de diviser par zéro. À la rentrée, j’ai attendu qu’un prof me provoque en posant lui-même la question sur le sujet (chose qui arrive au moins une fois par année) afin de lui mettre sur le dos la responsabilité de ce qui allait suivre. En prouvant en classe que j’avais trouvé non pas une mais bien trois méthodes montrant que la division par zéro était possible, je me plaçais au-dessus de la communauté scientifique internationale des mathématiciens qui affirmaient le contraire.  Par conséquent, je prouvais trois choses:

  1. J’étais un génie des maths, du moins j’étais le supérieur logique et intellectuel de mes profs.
  2. Les profs avaient mauvaise foi de refuser de l’admettre, malgré les preuves que j’étalais  devant leurs yeux.
  3. Sans raison pertinente pour me faire échouer, ils utilisaient mesquinement leur position d’autorité pour le faire, juste parce qu’ils étaient frustrés que je me prouve supérieur.

Et tout ça avec toute la classe comme témoin.  Avec quelques variantes, cette méthode s’adapte très bien à toutes les relations et à tous les milieux.  C’est ce comportement qui m’a amené à faire subir à un de mes anciens employeurs les dommage collatéraux de l’auto-importance démesurée.

D’accord, ça fonctionne, en ce sens que ça permet de toujours pouvoir accuser avec raisons la mauvaise foi des autres en cas d’échec.  Hélas, puisque ce comportement fait pourrir toutes les relations avec autrui, autant interpersonnelles que professionnelles. elle assure surtout que peu importe la qualité de ce que l’on fait, ça se terminera toujours par ça: Un échec!  Un échec qui, ironiquement, empêche un succès qui aurait peut-être été vraiment mérité.  Mais quand on souffre de complexe d’infériorité, ce n’est pas au succès que l’on s’attend.  C’est à l’échec!  Alors si en plus on a un ego démesuré, au lieu de remettre en question la qualité de son travail, on met ses efforts à justifier d’avance ces futurs échecs.  On provoque la haine comme excuse préventive.  On se comporte de manière à ce que notre sentiment d’infériorité fasse de notre crainte une prophétie autoréalisatrice.  En fait, rendu là, ce n’est même plus une crainte pour nous, c’est une fatalité, une conclusion évidente.  On ne se pose même pas la question si ce sera une réussite ou un échec, on sait que ce sera un échec.  Voilà pourquoi notre premier réflexe est de préparer le terrain de façon à pouvoir expliquer et/ou l’excuser, cet échec. Or, en se comportant ainsi, on provoque nous-même l’échec. 

Bref, se comporter ainsi, c’est une très mauvaise habitude qu’il faut perdre au plus vite, autant pour notre propre bien que pour celui des gens qui nous entourent. Encore faut-il commencer par se rendre compte qu’on l’a, ce comportement.

 

Abandonner: Lâcheté ou sagesse?

Depuis quelques jours, il se ballade sur Facebook une image dangereuse qui s’intitule:

POURQUOI LES GENS ABANDONNENT-ILS?


Pourquoi est-ce que je dis que c’est une image dangereuse?  Parce qu’elle colporte l’idée que tout abandon est un signe de lâcheté, de personnalité faible, et autres traits de caractères honteux.  Elle est dangereuse parce qu’elle fait stupidement croire que tout est à notre portée, pourvu que l’on s’acharne.

Or, s’acharner et refuser d’abandonner, il y a un terme légal pour ça lorsque ça s’applique aux relations: Harcèlement!  Si je n’avais pas passé mon enfance et mon adolescence à être endoctriné par l’école de pensée que colporte si bien cette image que les gens se partagent comme si c’était la sagesse pure, je n’aurais pas passé tout l’été de mes 21 ans à Surveiller Nathalie.

Et il n’y a pas que dans nos relations avec les autres que l’acharnement puisse être une perte de temps.  Ça peut l’être dans un projet qui est hors de notre portée, un travail sans opportunité d’avancement, le fait que nous sommes bloqués par un hasard, une chose ou une personne qui nous fait obstacle.  Hélas, à partir du moment où l’on écoute ceux qui disent que l’abandon est toujours une décision lâche et honteuse, on oublie alors de voir les faits et d’écouter notre gros bon sens.  Aussi, il est évident qu’il manque un pictogramme important à cette image.  Celui-ci :

Voilà vingt ans que ma vie est régie par trois principes: Courage, persévérance et sagesse.

  • Courage d’entreprendre un projet.
  • Persévérance pour atteindre ce but.
  • Sagesse de savoir faire la différence entre un objectif réalisable et une cause perdue.

Il serait temps que les gens se rendent compte que l’école de pensée qui dit qu’il ne faut jamais abandonner est rétrograde, dépassée, et n’a de toute façon jamais été vraie.  Il y a une raison pourquoi, depuis sa sortie en 2013, Let it go est devenue la chanson de Disney la plus populaire de tous les temps.  C’est que parfois, aussi bien dans nos relations que dans tous les autres aspects de notre vie, lâcher prise est la meilleure décision que l’on puisse prendre afin d’avancer.