L’intérêt d’une femme vient avec une date d’expiration. 2e partie : Pourquoi ne sont-elles ni claires ni directes?

Le consentement de la femme a toujours été extrêmement important pour moi.  Et il faut que celui-ci soit clair, sans le moindre doute.  Il y a quatre raisons pour ça.

  1. Dans ma jeunesse, j’avais de la difficulté à plaire aux filles.  Il serait donc contreproductif d’agir de manière à leur déplaire.  Si je les drague sans leur consentement, ce serait déplaisant pour elle.
  2. Dans ma jeunesse, j’avais une libido à tout casser.  Si je mets de la pression sur une fille pour la forcer à avoir du sexe, ça va lui ôter envie d’en avoir.  Du moins, avec moi.  Étant donné que je désire avoir une partenaire qui adorerait baiser avec moi, agir ainsi serait contreproductif.   
  3. J’étais un Nice Guy.  Et un Nice Guy, ça tient à sa réputation de gentil garçon.  On n’obtient pas une réputation de gentil et de respectueux si on ne respecte pas les filles dans leurs limites.  Au contraire, ça nous donne une réputation qui fait fuir les filles.  Ce qui est contreproductif. 
  4. Il est souvent impossible de faire la différence entre une résistance de principe (fille qui désire que tu insistes pour la draguer), et une résistance sincère (fille qui ne veut absolument pas que tu la dragues).  Ainsi, chaque fois que je drague, je m’expose à la possibilité que la fille voit mon approche comme étant une agression. Non seulement est-ce contreproductif, c’est aussi négatif pour elle que pour moi.

Dans de telles conditions, vous comprendrez pourquoi j’ai toujours été extrêmement prudent lorsque j’étais dans une situation nébuleuse.  Je suis le parfait représentant du proverbe « Dans le doute, abstiens-toi. »   Voilà pourquoi j’ai si souvent laissé passer des opportunités d’intimité avec celles qui se contentaient de « montrer des signes » et de « passer des messages subtils » plutôt que de m’exprimer clairement leurs désirs en parole ou en geste. 

Laissez-moi vous résumer un billet que j’ai écrit ici il y a quelques années.

Daniella
J’ai 19 ans.  Un soir, une amie platonique anglophone que je n’avais pas vu depuis environs un an m’appelle.  On passe une bonne heure à jaser joyeusement de tout et de rien.  Puis, elle me dit : « Est-ce que tu voudrais venir passer la nuit chez moi, en ami ? »  J’accepte et me rend chez elle.  On jase jusqu’à ce que l’heure tardive et la fatigue nous incite à nous coucher.  Elle m’invite à dormir dans son lit avec elle.  Puis elle m’invite à lui donner un bisou de bonne nuit, ce que je fais, sur sa joue.  Puis elle me suggère de dormir en cuillère avec elle, ce que je fais.

Tout autre gars y aurait vu une invitation au sexe.  Pas moi !  Elle a pris la peine de me dire qu’elle m’invitait en tant qu’ami.  Et puisque j’ai un respect sans failles pour les limites des femmes, je me le tiens pour dit. D’ailleurs, je n’ai jamais eu la moindre arrière-pensée sur ses intentions envers moi.

Voilà pourquoi je suis extrêmement confus lorsqu’elle se lève en furie, allume les lumières et me dit (en anglais) « Pourquoi penses-tu que je t’ai demandé de venir ici ? »  La seule chose qui me vient en tête pour expliquer sa réaction et ses paroles, c’est que j’ai probablement dû avoir un geste ou une parole déplacée.  Mais si c’est le cas, je ne m’en suis nullement rendu compte.  Je tente de la rassurer en lui disant que, puisqu’elle m’a dit qu’elle m’invitait à passer la nuit en ami, alors je n’ai jamais eu l’intention d’agir autrement qu’en ami avec elle.  Après m’avoir écouté, elle reste silencieuse quelques secondes.  Puis, elle me tend les bras.  Je l’approche donc et lui donne un câlin.  Et lorsqu’elle me teste en me disant « Kiss me ! », je suis fier de lui montrer que oui, je respecte ses limites, en l’embrassant sur le front.

Elle soupire.  Me lâche.  Retourne au lit sans me regarder et sans mot dire.  Je la rejoins et m’endors aussitôt.  Et le lendemain, de notre réveil à mon départ, c’est à peine si elle me parle ou regarde dans la direction.  On ne se verra plus jamais.

Aujourd’hui, avec l’expérience, je vois clairement ce qui s’est vraiment passé.

  • Elle avait envie de baiser, et apparemment j’étais un candidat potentiel sur sa liste.
  • Puisqu’elle a envie de moi, elle applique la convention sociale du « Si tu viens, tu couches » en m’invitant à passer la nuit.
  • Il est mal vu pour une femme de faire des propositions sexuelles directes.  Alors elle ajoute « en tant qu’ami » à son invitation.
  • Elle tente d’éveiller mes désirs sexuels en m’invitant à dormir dans son lit avec elle.
  • Elle tente d’éveiller mes désirs sexuels en m’invitant à l’embrasser.
  • Elle tente d’éveiller mes désirs sexuels en m’invitant à coller mon corps contre le sien.
  • Après avoir entendu mes explications et excuses, elle a compris que j’étais trop honnête et/ou trop naïf pour comprendre que ses intentions envers moi étaient sexuelles depuis le début.
  • Il est mal vu pour une femme de faire des propositions sexuelles directes.  Alors elle m’invite du geste à la prendre dans mes bras.
  • Et, probablement parce qu’elle voyait bien que ça n’irait nulle part entre nous si elle n’était pas un peu plus directe, elle me demande de l’embrasser.
  • En voyant que même là, je ne comprenais pas et/ou je m’obstinais à rester dans la friendzone, elle a jeté l’éponge.  C’est fort déçue, et probablement très humiliée, qu’elle s’est couchée, frustrée sexuellement, et refroidie sur mon cas à tout jamais

Dans cette liste, je parle de la convention sociale du Si tu viens, tu couches.  Cette règle non-écrite-et-non-dite peut se décrire ainsi : inviter chez soi une personne hétéro du sexe opposé, c’est une invitation au sexe.  Et dire oui, c’est dire oui au sexe.  Instinctivement, la majorité des femmes connaissent cette règle, et l’appliquent.

Ceci dit, aucune des expériences désagréables que Danielle a vécu de ma part ce soir-là ne serait arrivée si elle m’avait fait part de ses envies clairement, en paroles et/ou en gestes.  Malheureusement, à quelques rares exception près, aucune femme ne va oser le faire.  Il y a trois raisons pour ça.  Tel que mentionné dans la liste…

RAISON 1 : Il est mal vu pour une femme d’exprimer clairement son désir pour un homme.
S’il est normal pour un homme de ressentir du désir sexuel, et qu’il est acceptable socialement pour lui de draguer dans le but de l’assouvir, il n’en va pas de même pour la femme.  Si elle a envie de sexe et qu’elle l’exprime clairement, alors elle est une salope.   Mais si elle ne démontre que peu d’intérêt pour le sexe, alors elle est une frigide et une coincée.  Sans oublier que dans la majorité des cas, une femme qui drague ouvertement, ça fait peur aux hommes. Comment voulez-vous qu’une femme sache sur quel pied danser face à un tel paradoxe social ? 

Ainsi, lorsqu’une femme décide de s’offrir sexuellement, certaines d’entre elles vont avoir le réflexe de tenter de cacher dès le départ leurs intentions véritables. Comme Daniella qui m’invite à passer la nuit chez elle, en précisant qu’elle m’invite en tant qu’ami.  Ou Océane, dont je parlerai dans mon prochain billet, qui entre chez moi à 19h en me disant qu’elle doit partir à 21h pour faire un devoir important. 

Puisqu’il est mal vu pour elle de draguer l’homme qu’elle désire, la femme n’a plus qu’une option : elle doit manipuler cet homme afin qu’il ressente du désir pour elle, de manière à ce que ce soit lui qui prenne l’initiative d’amorcer la relation avec elle.  Comme l’a fait Daniella en m’invitant dans son lit, à l’embrasser et à la coller.

Oui, c’est sûr qu’elle aurait pu me dire clairement et directement qu’elle avait envie que l’on baise ensemble.  Mais si elle l’avait fait, elle savait qu’elle s’exposerait à la possibilité que je la repousse tout aussi clairement et directement.  Et ça, toute femme veut l’éviter, car…

RAISON 2 : Les femmes ont encore plus peur du rejet que les hommes.
L’homme propose, la femme dispose, que dit le proverbe.  Dans notre culture, la drague est un comportement que l’on attribue surtout à l’homme.  La femme est le prix, et les hommes sont les candidats qui cherchent à l’obtenir.  Dans ces conditions, il est normal pour un homme de subir de nombreux revers en se faisant repousser par la majorité de celles qu’il désire. Pour une femme, par contre, ça l’est beaucoup moins.

Bien que le rôle social de « prix que tous les hommes cherchent à obtenir » est limitant et misogyne, il reste que la majorité des femmes comprennent que telle est la règle du jeu. Et bon nombre d’entre elles acceptent de s’y plier. 

À cause de son statut de prix convoité, aucune femme ne s’attend à être rejetée.  Alors lorsqu’elle l’est, ça l’atteint au plus profond de son orgueil.  Pensez donc !  Les hommes sont tous supposés être des fous du sexe contrôlés par leurs queues, qui baiseraient n’importe quelle femme.  Alors si une femme s’offre sexuellement à un homme, et que celui-ci ne répond pas positivement, c’est comme s’il lui disait : « Je baiserais n’importe qui, SAUF TOI ! »  La femme repoussée a donc de quoi se taper une sérieuse remise en question.  Elle va passer par toute une gamme d’émotions négatives.  Sentiment d’être insultée.  Colère.  Sentiment profond d’être inadéquate. Questionnement sur ce qui ne va pas chez elle.  Tristesse.  Atteinte dans sa valeur personnelle.  Humiliation.  Déprime.  Il n’est donc pas étonnant que dans la pièce The Mourning Bride qui date de 1697, l’auteur William Congreve a écrit une phrase qui est venue jusqu’à nous: L’enfer n’a pas de furie qui équivaut à celle d’une femme dédaignée.

Afin d’épargner son orgueil et son estime de soi, la femme doit éviter de se mettre en situation de possibilité d’être rejetée.  Pour ce faire, elle doit cacher ses intentions véritables, en n’étant jamais claire.  En gardant la situation nébuleuse, ça lui laisse une porte de sortie si jamais l’homme ne répond pas positivement. Elle pourra alors (se) prétendre ne jamais l’avoir désiré.  Et mieux encore : Si l’homme répond positivement, mais qu’il ne lui plait pas au final, elle aura toujours l’option de le repousser en lui disant qu’il se trompe, qu’il a mal interprété les faits, gestes et paroles qu’elle a eues envers lui.

Mais la meilleure raison pourquoi elle ne dit pas clairement ce qu’elle veut est la…

RAISON 3 : Lorsque la femme s’offre passivement à l’homme, c’est parce qu’elle désire que ce soit LUI qui prenne le contrôle de la situation. Pas le contraire.
Voilà pourquoi il est totalement inutile de demander à une femme d’être claire et directe. Car si elle dit à l’homme ce qu’elle veut, ça en revient à lui dicter ses désirs, ce qui est l’équivalent de prendre le contrôle. Et quand une femme se contente de « donner des signes » et « passer des messages subtils », ce n’est certainement pas parce qu’elle a envie de prendre les rennes. Elle ne veut pas conduire. Elle veut un chauffeur.

Et voilà pourquoi, en voyant que notre rencontre se déroulait bien, elles ont fini par me donner des signes de soumission, s’offrant à moi en tant que proie, dans le but de provoquer le prédateur sexuel en moi.

Alors pourquoi n’en ai-je pas profité?
Il est vrai que c’est le genre de truc qui aurait fonctionné avec 99.999999999999999999% des hommes hétéros.  Mais pas avec moi.  Car le problème, c’est que je n’ai jamais eu l’ADN du prédateur sexuel.  Et j’ai toujours eu cette (mauvaise) habitude de prendre au pied de la lettre ce que dit une femme, sans jamais tenter d’y voir un sens caché.  Et à cause de ma grande phobie d’être accusé de ne pas avoir obtenu le consentement, j’ai toujours été respectueux de leurs limites, et ce à l’extrême.  Danielle m’a invité en tant qu’ami ?  Alors je ne me comporte qu’en ami.  Océane me dit que le toucher n’est qu’un comportement amical et rien de plus, et qu’elle doit partir à 21h ?  Alors je n’interprète ses toucher que comme des signes d’amitié, et je la fous à la porte peu après 21h.

Mais ça, c’est juste moi. Du moins, c’était moi. J’aime croire que je ne suis plus aussi naïf que dans ma trop sage jeunesse. Mais les vieux réflexes innés ont a vie dure, comme on le verra dans le prochain billet.

BIENTÔT : 3e partie, Pourquoi est-ce que Femme + Alcool = Drague?

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Quelques liens vers des billets qui ont été mentionnés dans ce texte.

Daniella, ou en ami seulement.
La convention sociale du « Si tu viens, tu couches »
30 raisons d’avoir peur de la femme qui drague.
La résistance de principe et la nécessité de la respecter.

L’intérêt d’une femme vient avec une date d’expiration (1 de 3)

Si vous êtes un homme, le sujet dont je vais vous parler aujourd’hui est quelque chose que vous avez peut-être déjà vécu.  Surtout si vous avez une génétique de Nice Guy.

Pourquoi est-ce que je dis que l’intérêt d’une femme vient avec une date d’expiration ?  Parce que c’est quelque chose que j’ai pu constater pour l’avoir moi-même vécu, à au moins six reprises, avec six différentes jeunes femmes, sur une période de trente-six ans.  La première fois, j’avais 19 ans.  Et la dernière fois, c’était pas plus tard qu’il y a deux semaines, à 55. 

Tel que je l’ai écrit dans je ne sais plus quel billet de blog, en général, lorsqu’un homme rencontre une femme, et que les deux sont célibataires et hétéro, ce sont les trois premières semaines qui vont décider du reste de leur relation.  Ces 21 premiers jours sont une période d’ambiguïté dans laquelle on ne sait pas trop si on est intéressé par l’autre et/ou intéressant pour l’autre.  On s’approche, on recule, on observe, on tâte le terrain.  Et au bout de cette période, si l’un n’a pas fait connaître son intérêt pour l’autre, alors c’est terminé.  La relation entre dans la friendzone, d’où elle ne sortira plus jamais. 

Ce n’est pas nécessairement une mauvaise chose, si aucun des deux n’a d’intérêt au-delà de la simple amitié pour l’autre. Mais dans les cas où l’un démontre un intérêt auquel l’autre ne répond pas, aucune relation ne sera possible.  Pas même amicale.

En général (oui, je vais utiliser ce terme souvent), c’est l’homme qui s’intéresse à la femme en premier, et il le lui fait savoir assez rapidement. Souvent même trop rapidement surtout au niveau sexuel. Dans ce temps-là, la fille va perdre intérêt. Il arrive cependant que c’est l’inverse qui se produit.  C’est-à-dire que c’est la fille qui démontre un intérêt pour le gars.  Mais que celui-ci, pour diverses raisons, n’y répond pas.  Au début la fille est intriguée par cet homme. La retenue dont il fait preuve représente pour elle un challenge. Alors c’est elle qui va faire les premiers pas vers lui. Or, s’il continue de maintenir une distance, il arrivera un point oû son intéret pour lui va se transformer en ressentiment, ce qui mettra fin à leurs contacts.

Et c’est dans ce genre de situation que l’on voit bien la différence entre l’homme et la femme :  Un homme repoussé par une femme peut rester ami avec elle.  Et si elle s’offre à lui dans une semaine, un mois, un an ou une décennie, l’homme aura toujours de l’intérêt pour elle, et il va sauter sur l’occasion.  À l’inverse, une femme dont les désirs pour un homme sont refusés ou ignorés par ce dernier le prendra tellement mal qu’elle coupera tout contact avec lui, et ce jusqu’à la fin de leurs vies.  Et ça, c’est à cause que contrairement à l’intérêt de l’homme envers la femme qui est éternel, l’intérêt de la femme envers l’homme vient avec une date d’expiration.

La naissance, l’évolution et la mort de l’intérêt féminin pour l’homme, c’est quelque chose que j’aime bien comparer au produit d’un arbre fruitier.

ÉTAPE 1 : LA FLEUR ÉCLÔT.
Ça, c’est la rencontre, le premier contact.  Ça peut être en personne ou sur le net.  Peu importe.  Ça peut en rester là, et vous restez au stade de simples connaissances.  La relation peut ne pas aller plus loin. Ou bien ça évolue alors que…

ÉTAPE 2 : LA FLEUR EST BUTINÉE.
Tu l’intrigues.  Elle a envie de te connaître. 

Indice : Elle décide que vous deveniez amis.
Elle te demande en contact sur Messenger et/ou Facebook.

ÉTAPE 3 : LE FRUIT APPARAÎT ET CROIT À BON RYTHME.
Elle ressent un intérêt pour toi.  Elle veut en savoir plus sur toi.  Son envie de te connaître va en augmentant.

Indice : Elle t’écrit à plusieurs reprises tout le long de la journée.
Peu importe si elle est à la maison, au travail, au bain, à l’épicerie, aux funérailles ou à regarder ses séries sur Netflix, elle trouve toujours le temps d’échanger avec toi.

Indice : Elle rit de toutes tes blagues.
Lorsqu’une femme s’intéresse à un homme, elle tient à le satisfaire.  Alors s’il lui fait des blagues, elle tient à lui montrer qu’elle le trouve drôle. Donc, lui montrer de la compatibilité.

ÉTAPE 4 : LE FRUIT DEVIENT COMESTIBLE.
À partir de ce point, elle va te montrer des signes comme quoi si tu disais oui, elle ne te dirait pas non.  Mais voilà, il ne faut pas s’attendre à ce qu’elle te le dise clairement.  Car à moins d’être exceptionnellement directe, les femmes en général préfèrent être conquises.  Et puisque tout le monde sait que les hommes aiment le sexe. Elle aura alors le réflexe de pimenter ses conversation de sexualité et de séduction dans le but d’allumer ton intérêt pour elle.

Indice : Elle te fait des compliments sur ton apparence.
Ça peut être très subtil, comme « Ce chandail-là te va vraiment bien. »  Ou alors ça peut être un peu plus flirt, avec « Est-ce que j’ai le droit de te trouver beau ? »  Ou bien elle te dira qu’elle te trouve sexy sur une photo en particulier.  Ou alors elle va complimenter ta voix, si message vocal il y a entre vous.

Indice : Elle te pose des questions sur ton idéal féminin.
Histoire de voir si elle y correspond, voire de s’y plier si ce n’est pas tout à fait le cas.

Indice : Elle commence à te parler de sexe en général.
La rumeur populaire veut que l’homme soit obsédé par le sexe.  Alors quoi de mieux que de parler de sexe pour attirer vers elle l’intérêt de l’homme.

Indice : Elle te parle de sa propre sexualité.
C’est sa façon à elle de s’assurer que le jour où vous allez passer au lit, alors tu sauras exactement quoi faire pour la satisfaire.

Indice : Elle te pose des questions d’ordre sexuel : tes expériences, tes préférences…
Car elle aussi veut se montrer bonne amante pour toi.

ÉTAPE 5 : LE FRUIT EST MÛR JUSTE À POINT.
Un soir, sans prévenir, elle s’offre à toi sexuellement.  Alors que les étapes 2, 3 et 4 vont durer pendant plusieurs jours, celle-ci ne se produira qu’un seul soir.

Indice : Elle te dit être seule chez elle ce soir.
Il y a quelques années, j’ai consacré un billet de blog à cette règle non-écrite-et-non-dite que j’appelle La convention sociale du « Si tu viens, tu couches. »  En gros : inviter chez soi une personne du sexe opposé célibataire et hétéro, c’est l’inviter à avoir du sexe.  Et accepter d’y aller, c’est dire oui au sexe.  L’homme étant supposé être un conquérant, la fille lui dira donc qu’elle est seule chez elle.  Elle espère qu’il va lui proposer d’aller la rejoindre, afin que, tout naturellement, s’applique la règle du Si tu viens, tu couches.

Indice : Elle te dit avoir bu de l’alcool.
Beaucoup trop d’hommes abusent sexuellement des femmes qui sont trop saoules pour être capable de dire non.  Par conséquent, les hommes ont la triste réputation d’être allumés par une femme qui a bu.  Alors si une femme dit à un homme qu’elle est seule chez elle avec sa bouteille de vin, c’est pour une seule raison : elle cherche à allumer le prédateur en lui, en s’offrant en tant que proie.  C’est une façon subtile de lui dire que s’il veut la baiser, elle ne pourra pas lui résister.

Indice : Elle te dit carrément avoir envie de baiser.
Ça peut aller de « Ça fait trop longtemps que je n’ai pas eu une bonne baise. », à quelque chose de plus nuancé comme « Je me ferais bien déchausser la chaussette. » 

Une femme qui n’a aucun intérêt pour un homme ne va jamais lui dire de telles choses.

Indice : Elle t’envoie des photos d’elle-même en deshabillé sexy.
Ça, c’est la tentative ultime.  Nous savons tous que les hommes sont visuels, facilement allumés par des images.  C’est la raison pourquoi bon nombre d’entre eux envoient des dick pics, puisqu’ils pensent bêtement que c’est pareil pour la femme.  Alors si elle t’envoie des photos d’elle qui s’étale comme buffet à volonté, c’est dans le but d’allumer ton appétit.  Le message ne peut pas être plus clair que ça. 

L’étape 5, c’est le point limite.  Le fruit de son désir vient d’atteindre sa maturité maximale.  Il faut absolument le cueillir et le consommer à ce moment-là.  Tout le monde connaît l’expression « C’est maintenant ou jamais. »  Eh bien, cette situation est le meilleur exemple de ce fait.  Si tu as la moindre envie d’elle, il faut aller chez elle te la faire right fucking now !  Parce que sinon, la relation va passer à…

ÉTAPE 6 : LE FRUIT SE DÉCROCHE, TOMBE ET POURRIT.
Ce qui suit est une règle universelle : Lorsqu’une femme s’offre sexuellement à un homme, et que celui-ci ne réagit pas, ou bien ne réagit pas positivement, elle ne le lui pardonne jamais, jamais, JAMAIS !   Son intérêt pour cet homme se trouve détruit de manière irrécupérable.  On parle de l’intérêt sexuel, de l’intérêt amoureux, et même de l’intérêt amical. 

Indice :  Elle ne te parle plus.
Et si elle le fait, c’est de manière très courte, en réponse à tes questions.  D’ailleurs…

Indice :  il n’y a plus que toi qui initie la conversation.
Elle va peut-être te texter encore un peu.  Mais ce sera sur des banalités.  Bientôt, elle ne t’écriras plus qu’en réponses à tes messages.

Indice :  Elle n’a plus le moindre temps à te consacrer.
Jusqu’à il n’y a même pas 24h, vous vous textiez à plusieurs reprises tout le long de la journée, peu importe si elle était à la maison, au travail, au bain, à l’épicerie, aux funérailles ou à regarder ses séries sur Netflix.  Maintenant, elle abrège vos conversations, prétextant qu’elle n’a pas le temps de te parler car elle s’en va au travail, au bain, à l’épicerie, aux funérailles ou regarder ses séries sur Netflix.

Indice :  Elle décline ou ignore toute invitation à une rencontre, et n’apporte aucune solution alternative.
Tu lui propose rendez-vous.  Elle répond que c’est impossible pour les dates que tu lui suggère.  Et elle ne propose aucune date alternative.  Il ne faut jamais oublier qu’une femme intéressée trouve des solutions, une femme non-intéressée trouve des obstacles.

Indice :  Elle n’a aucune réaction à tes signes d’intérêts pour elle.
À partir de ce point, tu peux lui envoyer des fleurs, lui faire son portrait, lui faire une déclaration d’amour en poème, la demander en mariage, lui déclarer vouloir la baiser comme une machine à coudre pendant 36h non-stop.  Elle n’y réagira pas.

Indice :  Elle arrête de répondre à tes textos.
Elle arrête de répondre.  Elle arrête de liker tes messages.  Bientôt, tu verras qu’elle ne se donne même plus la peine de lire ce que tu lui écris.

Indice :  Elle te ghoste, te retire de ses contacts.
Ça ne peut pas être plus clair que ça. 

Par les années passées, je vous ai déjà donné plusieurs exemples de situations semblables que j’ai vécu.  Bien sûr, les choses ne se sont pas toujours déroulées exactement telles que décrites ici.  Chaque cas a eu ses variantes.  Surtout dans la période pré-internet.  Mais en général, oui, la relation naissait, évoluait et se terminait cette même façon, étape par étape.  Pour chacune, j’avais des raisons différentes d’ignorer ou décliner leurs offres. J’en parlerai dans les deux prochains billets.

Le réflèxe de se défouler sur les innocents

Camélia fut une courte relation que j’ai eu lors de mon retour aux études. J’avais 28 ans et elle 20. C’est elle qui a fait les premiers pas, en me violant presque. Il est inutile que je vous raconte les détails des premières semaines de notre relation, sinon que je croyais avoir trouvé celle qui me réconcilierait avec la vie de couple. Elle était gentille, mince, très jolie avec sa peau couleur amande au miel grillé. Et elle avait ce petit look d’étudiante d’école privée (Lunettes, chemise blanche, jupe rouge à carreaux et longs bas blancs) qui éveillait certaines perversions que j’ignorais encore avoir en moi à ce moment-là.

Malheureusement, elle était aussi d’une grande maladresse. Durant les quelques mois qu’a duré notre relation, elle a massacré la moitié de mes verres, assiettes, ainsi que plusieurs autres de mes trucs cassants. Malgré ma réticences à endurer les contrariétés de la vie de couple, je me contentais de simplement soupirer de résignation lorsque de tels accidents arrivaient. Elle ne le faisait pas exprès après tout.

Je dois avouer que Camélia et moi n’avions pas grand chose en commun.  Les discussions ne tournaient qu’autour de sujets généraux d’une ennuyante banalité.  Élevée dans la soie dans une famille de riches, elle ne connaissait rien de la vie et avait zéro débrouillardise.  Par exemple, un soir où elle m’aidait à faire le repas, je lui ai refilé mon ouvre-boite manuel.  Elle me regarde, confuse, en me demandant qu’est-ce que je voulais qu’elle fasse avec ça.  À 20 ans, elle n’avait jamais vu un ouvre-boite non-électrique de sa vie.  

La raison pourquoi j’endurais son ignorance et sa maladresse, c’est que jusque-là, de toute ma vie, jamais n’avais-je eu une si belle jeune femme de si bonne famille tomber amoureuse de moi. Et surtout, le faire sans que je la drague. Et sexuellement, elle était au top. Elle faisait tout, elle aimait faire tout, elle en avait envie à tout moment, prenait la pilule, et avait la capacité d’avoir des orgasmes répétitifs avec ou sans mon aide. Le genre de partenaire sexuelle que l’on puisse considérer comme l’idéal lorsque, comme moi à l’époque, on est un très fringuant jeune homme.

Mais voilà, le sexe a beau être important dans la vie de couple, on ne peut pas passer nos journées à baiser.  Ça prend donc bien plus que ça pour vivre en harmonie.

La maladresse de Camélia n’était pas que physique. Il lui arrivait de passer quelques heures dans mon appartement aux résidences étudiantes lorsque j’étais absent. Parfois, je revenais chez moi et elle me disait que quelqu’un m’avait laissé un message sur mon répondeur, mais ne pouvais pas me dire qui car elle avait effacé le message avant de le prendre en note. Le temps de trouver un crayon et un papier dans mes affaires, elle ne se souvenait plus du nom ni du numéro de l’appelant.

Parfois, elle me demandait des explications sur des choses qu’elle avait trouvé dans mes tiroirs. Je n’avais rien à lui cacher, mais je commençais à trouver un peu lassant de toujours lui expliquer que telle ou telle photo de moi avec une fille a été prise il y a des années, et non depuis que nous sommes en couple. Surtout sur des photos sur lesquelles je n’arbore pas du tout la même coupe de cheveux que celle que j’ai adopté depuis qu’elle me connait.

La pire violation de ma vie privée m’est arrivée un soir où, dès que j’ai ouvert la porte, elle me tombe en sanglots dans les bras.  La cause : Ma demande d’inscription pour une 3e année au cégep avait été refusée. Elle avait trouvé ma clé de boite à lettres et était allé chercher mon courrier. Jusque-là, pas de problèmes. Qu’elle ait ouvert la lettre provenant du cégep, j’accepte encore. Mais elle s’était permise en plus d’ouvrir la lettre personnelle que m’avait envoyé un lecteur de ma série de bandes dessinée nommée Requin Roll. Pour celle-là, je trouvais qu’elle dépassait un peu les limites. Sa réponse :

« Ben là, on est un couple. Quand on s’aime et qu’on est sincère, on n’est pas supposé avoir de secrets l’un pour l’autre.« 

Je veux bien le croire. Mais tout de même.

(J’ouvre une parenthèse afin de préciser que l’anecdote qui va suivre se passe à l’époque pré-tout-l’monde-a-un-téléphone-portable. Mon téléphone était branché au mur chez moi, tout comme mon répondeur téléphonique. Par conséquent, il nous était impossible de s’appeler ou bien de se texter à n’importe quelle heure, comme c’est le cas aujourd’hui.)

L’incident qui allait sonner le début de la fin pour notre couple est survenu un matin de printemps. C’est que la veille au soir, j’étais allé chez un ami et j’en suis parti à trois heure du matin, donc bien trop tard pour prendre le dernier métro. Le problème est que je devais aller chez Camélia au matin vers 8:00. Je fais un rapide calcul mental : Mon rendez-vous est dans cinq heures. Attendre le bus de nuit et le prendre jusque chez moi prendrait deux heures. Ensuite, le temps de m’habiller, partir et me rendre au terminus, c’est encore une heure. Enfin, le bus qui m’amènera chez ses parents à Kirkland prend une heure. Il ne me resterait alors qu’une seule heure de sommeil. Dormir si peu ne servirait qu’à m’abrutir pour le reste de la journée. J’ai donc décidé de renoncer au sommeil et traverser la ville à pied jusqu’au terminus. C’est la meilleure façon de tuer le temps tout en restant éveillé.

Trois heures de marche plus tard, j’arrive au terminus et prend le bus vers chez Camélia. Lorsque j’arrive devant la porte de la maison de ses parents, je regarde ma montre. Il est 7:45. Je suis un peu en avance, mais je suppose que ce ne sera pas si grave si jamais je la réveille. Je sonne. Le père m’ouvre la porte et il sort, suivi de la mère, qui s’en vont tous les deux travailler. J’entre et vois Camélia en robe de chambre en haut de l’escalier. Aussi surprise qu’enragée, elle me crie :

« QU’EST-CE QUE TU FAIS LÀ ? »

Je fige de surprise. Je suis quinze minutes en avance, mais ce n’est quand même pas une raison pour se fâcher contre moi. Elle me demande où est-ce que j’étais ce matin.  Je lui raconte donc ma soirée d’hier, comment j’ai raté le métro, ma décision de rester éveillé, et ma nuit de marche à travers Montréal. Pourquoi cette question ?

Il se trouve que lorsqu’elle s’est réveillée ce matin vers 6:30, elle a eu l’idée de m’appeler pour s’assurer que je me lèverais bien à temps pour notre rendez-vous. Comme je ne répondais pas, alors la première (et la seule) conclusion à laquelle elle est arrivée, c’était que j’avais décidé de faire la grasse matinée, que j’avais déconnecté la ligne, et que je m’en foutais si ça ruinait nos plans. Elle m’a donc rappelé pour m’engueuler sur mon répondeur. Cinq fois. Elle m’a laissé cinq messages d’insultes. Elle me traite de pourri, d’égoïste, de salaud, de menteur, d’écœurant qui ne pense qu’à lui, de sale plein de marde qui se fout d’elle, et autres gentils compliments de ce genre.

Après avoir écouté tous ses messages à distance sous son regard gêné et angoissé, je regarde l’heure. Il est 7:58. Le regard que je lui lance en raccrochant en dit long sur mon humeur.

« Merci ! Merci, c’est très gentil. Et après que j’ai pris la peine de ne pas dormir, justement pour être ici à l’heure. C’est l’fun de voir que j’ai une blonde qui apprécie les efforts que je fais pour elle. Que tu penses des affaires de-même à mon sujet alors que je ne t’ai jamais donné de raisons de le faire, c’est déjà assez insultant…« 

« Ben… Tu répondais pas. Les apparences…« 

« Les apparences ? R’GARDE L’HORLOGE ! Y’É MÊME PAS ENCORE HUIT HEURE, TABARNAK!  C’était tellement important pour toi de m’accuser de ne pas venir ici que t’as même pas attendu que je sois en retard pour le faire.« 

Elle éclate en sanglots et se confond en excuses. Faisant de grands efforts pour regagner mon calme, je lui dis :

« Après l’affront que tu viens de me faire, je devrais juste m’en aller chez moi pour dormir. Mais voilà, ça ferait juste te donner raison comme quoi je préfère dormir plutôt que de passer l’avant-midi avec toi.  Alors voilà ce qu’on va faire : Moi je vais monter prendre une douche pour m’aider à me garder réveillé. Pendant ce temps-là, toi tu prépares nos lunchs. Ça va nous permettre de passer à autre chose, et ensuite on prendra les vélos et on ira passer l’avant midi et le diner aux parcs sur le bord de l’eau, comme on l’avait prévu.« 

Elle a accepté. La journée se passa telle que prévue. Bien que je n’ai plus reparlé de l’incident pour le reste de la journée, et que je démontrais une humeur positive comme si rien ne s’était passé, il était clair dans ma tête que je ne voulais plus rien savoir de continuer ma relation avec elle. Je sors d’une pénible relation avec Kim, la mère de mes enfants qui m’a accusé faussement de vouloir la tromper pendant toutes les années où nous étions ensemble.  La dernière chose que j’ai envie est une autre relation de couple avec une soupçonneuse.

Ne voulant pas prendre une telle décision à la légère, réalisant que ma frustration pouvait être amplifiée par la fatigue que je ressentais, j’ai décidé de dormir là-dessus et laisser passer quelques jours.

Trois jours plus tard, après m’être bien reposé et avoir bien réfléchi, ma décision n’avait pas changé. Même le meilleur sexe au monde ne vaut pas le manque de respect pour ma vie privée, la destruction physique régulière du peu que je possède, et le fait d’être la cible de soupçons non-fondés, pour lesquels elle me fait payer d’avance, sans preuves. Mon ex, au moins, craignait seulement que je la trompe. Tandis que Camélia, elle, me démontrait qu’elle me soupçonnait négativement sur TOUT.

Lors de sa visite suivante chez moi, je lui ai fait part de ma décision de mettre un terme à notre relation.  Je m’attendais à ce que ça l’attriste, mais j’étais loin d’être préparé pour sa réaction : Elle a pleuré de manière incontrôlable pendant près d’une heure, et si fort que je suis certain que la moitié des locataires de l’étage pouvaient l’entendre. Entre les sanglots, elle ne faisait que répéter la raison de sa détresse, comme quoi notre rupture lui démontrait qu’elle allait passer sa vie seule car elle n’a pas ce qu’il faut pour garder un bon gars.  Il aura fallu ça pour qu’elle reconnaisse enfin que j’en étais un.

À sa demande, j’ai accepté de continuer de la fréquenter en tant qu’ami, et même de continuer de coucher avec elle, jusqu’au jour où elle se trouverait un nouvel amoureux. On a donc eu une harmonieuse relation d’amitié + sexe durant quelques mois, jusqu’à ce que ses parents (à qui elle a stupidement tout raconté) décident de s’en mêler.  Son père m’a pris dans une arnaque financière et m’a fait perdre mon travail afin de me ruiner (Voir la série Général Menteurs), faisant de moi le genre de personne trop pauvre pour encore pouvoir plaire à sa fille.  Ça a marché. 

Aux dernières nouvelles, Camélia avait le bon mari au métier d’architecte, l’enfant, la maison, l’hypothèque, la cour, le gazon plus vert que chez l’voisin, la piscine, le chien, le barbecue… Bref l’univers dans lequel elle avait été élevée. Je me demande si lui aussi l’abuse et l’intimide, comme les autres hommes dans sa vie avant moi. Probablement, puisqu’avec elle il n’y a pas d’entre deux. Ou bien son amoureux en abuse, ou bien c’est elle qui abuse de son amoureux.

Qu’est-ce qui n’allait pas chez elle ?
Camélia était-elle l’une de ces bitchs psychopathes de qui tant d’hommes se plaignent? Je ne crois pas. Camélia était beaucoup trop naïve pour être capable de monter avec intelligence des plans propres à gâcher tous les aspects de la vie d’un homme. De plus, elle était d’un naturel gentil et positif.  Mais les relations qu’elle a eu avec les hommes l’ont rendue très méfiante.  Son père, son frère, ses ex, tous la traitaient sans le moindre respect. Elle était toujours contrôlée, sous-estimée, insultée, discréditée, réduite au silence, rabaissée.

Et puis, voilà que j’arrive dans sa vie.  Je la traite avec respect.  Je la traite en égale. Je suis le premier à lui donner confiance en elle et en ses capacités.  Elle ne savait donc pas comment dealer avec un gars comme moi. La vie ne l’avait tout simplement pas préparée à ça.  En ayant seulement appris à survivre dans la discorde, elle n’avait jamais appris à vivre dans l’harmonie. 

Se sentir opprimée par les hommes, c’est tout ce qu’elle a vécu avec eux. Elle a eu toute sa vie pour apprendre que les hommes sont des salopards, menteurs, égoïstes et hypocrites.  Elle ne croyait pas qu’un homme puisse être différent.  À ses yeux, puisque je n’étais pas salopard, menteur, égoïste ni hypocrite en sa présence, ça voulait juste dire que j’étais salopard, menteur, égoïste et hypocrite en cachette.  Par conséquent, à chaque opportunité qu’elle avait de croire que je préparais un mauvais coup, elle réagissait comme si c’était le cas, sans même attendre d’en avoir des preuves. Pour elle, je n’étais pas un gars bien. J’étais aussi merdique que tous les autres.  La seule différence, c’est que je cachais mieux mon jeu. Par conséquent, elle était d’autant plus sur ses gardes, du fait qu’avec moi, elle ne pouvait pas voir venir les coups. Normal, puisque je ne lui en réservais pas.

Le syndrome de Lépine.  Ou : Pourquoi se défouler sur ceux qui n’ont rien fait pour le mériter ?
La réponse est tristement simple : Les gens abusifs sont intimidants.  Les gens intididants font peur.  Une personne qui n’abuse pas est inoffensive.  Les gens inoffensifs ne font pas peur.  Après toute une vie de frustrations envers les hommes, j’étais, pour elle, le premier homme contre qui elle n’avait pas peur de se défouler des abus qu’elle avait subi de mes semblables.

Cette réaction, c’est ce que j’appelle Le Syndrome de Lépine. Selon ce que j’ai pu comprendre, Marc Lépine avait de mauvaises relations avec les femmes qui avaient abusé de lui moralement, comme sa mère, ses tantes, sa sœur, et les amies de cette dernière.  Lorsqu’il a décidé de prendre sa revanche en tuant des femmes, est-ce qu’il s’est attaqué à celles qui avaient abusé de lui ?  Du tout !  Il s’est plutôt rendu à l’école Polytechnique de Montréal, où il a tué quatorze femmes au hasard.  C’était plus facile pour lui se défouler sur elles, puisque celles-là ne l’avaient jamais dominé.

À la lumière de ceci, je pouvais comprendre pourquoi Camélia violait ma vie privée à en ouvrir mon courrier, me soupçonnait négativement de n’importe quoi, pourquoi elle réagissait automatiquement à son moindre soupçon, et pourquoi elle le faisait avec une telle haine. Or, j’avais beau comprendre son comportement, je ne pouvais pas l’accepter pour autant.

Il est inacceptable de payer pour des gestes que l’on n’a pas commis, juste parce que la personne offensée n’a pas la force morale de faire face à ceux qui lui ont causé du tort.

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QUELQUES LIENS

Depuis la création de ce blog en 2009, j’ai parlé de Camélia à plusieurs reprises. Entre autres:

– Lorsque je dis qu’elle a fait les premiers pas vers moi en me violant quasiment, c’est parce que j’ignorais La convention sociale du « Si tu viens, tu couches »

– Un autre exemple d’elle qui fouille dans mes tiroirs pour y trouver des renseigmenents qui ne la concernent pas. Et comment, en parlant ouvertement de ces renseignements à tous, elle a mis la pagaille dans la famille d’une amie commune et ruiné ma vie sociale: Quand l’autre fait de toi la Cassandre du couple.

– Un autre exemple d’elle qui m’accuse de n’importe quoi pourvu que ça soit négatif. Alors que je viens pour acheter une automobile, voilà qu’elle prétend que je vais démissioner de ma job en informatique, parce que je n’aime pas ma job (Quoi?) parce que je suis un artiste. Et ce, devant le vendeur d’auto. General Menteurs 2e partie, un piège à cons.

Trois chansons de dragueurs qui racontent la même anecdote (et qui ont la même conclusion homophobe)

Il y a un nouveau scandale ces jours-ci au sujet de l’orientation sexuelle d’un personnage de fiction. Jon Kent, fils de Clark Kent et de Lois Lane, a hérité des pouvoirs de son père, et est aujourd’hui un jeune Superman. Et celui-ci est ouvertement bisexuel.

On pourrait penser que les nombreuses protestations actuelles sur le sujet démontrent que la société est encore intolérante à ce genre de chose. Or, le simple fait qu’existe ce personnage et que l’on lui donne cette orientation, ça aurait été encore impensable au siècle dernier où la bisexualité, surtout masculine, était taboue. Mais surtout, elle était vue comme étant un signe de loserisme flagrant et extrême chez l’homme hétéro.

À l’époque, on disait que c’était de deux choses l’une: ou bien l’homme était hétéro, ou bien il était homo. Il n’y avait pas d’entre-deux. Pour qu’un homme soit bi, il fallait qu’il entre dans l’une de ces trois catégories:

  • Jeune et confus, donc « ça ne durera pas. »
  • Incontrôlable obsédé sexuel pathologique qui devrait se faire soigner car il baise tout ce qui bouge, alors cachez vos enfants et vos animaux domestiques.
  • Hétéro qui n’a rien pour séduire les femmes. Il ne lui reste donc que l’option loser qui est de se payer des putes. Ou bien pire encore, l’option gratuite, qui démontre qu’il est loser désespéré trop radin et/ou trop pauvre pour se payer une femme: être obligé de s’abaisser à satisfaire ses désirs sexuels avec des hommes gais.

C’est de ce dernier point dont il est question ici.

Au Québec, sur une période de dix ans, soit de 1986 à 1995 inclusivement, nous avons pu entendre à la radio trois chansons qui racontaient essentiellement la même anecdote.  C’est-à-dire :

  • Un homme sort en boite dans le but de draguer.
  • Il décrit l’endroit, l’ambiance, les conquêtes potentielles.
  • Il tente sa chance.
  • Il accumule les revers.
  • Il n’a plus aucune autre option, à part accepter de coucher avec un autre homme.
  • Il rentre chez lui aux petites heures du matin. 
  • Et seul, parce qu’il n’est pas désespéré à ce point-là, tout de même.

La première chanson vient du Québec et les deux autres de France.  Par ordre chronologique, il s’agit de :

ARRÊTE DE BOIRE – Rock et Belles Oreilles, 1986
Rock et Belles Oreilles, ou RBO, est composé essentiellement de quatre, cinq ou six membres, tout dépendant de l’époque. Ils ont eu plusieurs émissions à la radio, à la télé, et ont composé et interprété de nombreuses chansons humoristiques qui ont eu beaucoup de succès. Leur premier fut Ça Rend Rap, jeu de mots avec Saran Wrap. Et le second, encore plus populaire que le premier, fut Arrête de Boire.

Il n’y a pas eu de vidéoclip filmé pour cette chanson.

Donc, ça commence alors que l’homme va à la disco dans le but de draguer. 

Minuit passé, quand les gens font dodo
Moi je m’en vais cruiser à la disco.

Tous les soirs je sors dans les bars.

Il commence par décrire l’endroit et les conquêtes potentielles.

Là-bas au bar, je spotte une fille
Elle me regarde, me déshabille
.

Sur le plancher de danse, je vais tenter ma chance
Avec une fille qui a l’air du sosie de Martine St-Clair

Il essaie de se rapprocher de ces femmes, et il accumule les revers.

« Salut! Tu viens souvent ici? »
« Oui mais j’pense que je r’viendrai pu. »

« Heille! Va jouer ailleurs! », qu’elle me dit
Un coup d’genou dans les parties.

Incapable de plaire aux femmes, il ne lui reste plus que l’option de se taper un gai, s’il veut satisfaire ses désirs sexuels.

J’ai tant dansé, j’ai tant cruisé, sans jamais avoir pogné
Que j’pense que j’vas virer aux gais, aux gais, aux gais.

Mais puisqu’il n’est pas désespéré à ce point-là, il rentre chez lui, seul.

Je rentre chez nous, saoul comme un trou
Je rentre à la maison, seul comme un toton.
Je rentre à la maison, me faire un Dîner Swanson.

Deux ans plus tard, deux Français nous arrivent avec une chanson qui raconte exactement la même chose. Est-ce un hasard ou bien se sont-ils inspirés de RBO? Mystère!

PANIQUE AU DANCING – Zap Shaker, 1988
Zap Shaker est un trio formé de Dominique Sylvère Jacquin et des frères Daniel et Joe Nathan Dahan. En 1989, ils changent de nom pour Sylvère et les Zap, le temps de sortir Mama Gouyé, avant de redevenir Zap Shaker, puis de se séparer en 1992. Les frères Dahan se sont fait ensuite connaître sous le nom de Trampoline. À ma connaissance, leur seul succès à avoir traversé l’Atlantique est Panique au Dancing.

L’homme va au bar dans le but de draguer.  Il commence par décrire l’endroit et les conquêtes potentielles.

Ça clope à gogo,
ça bouge sur le tempo,
ça mouille les maillots
Ça gémit, ça s’effleure

et ça s’secoue comme un shaker
Blacks, blancs, beurs.
Les jeans moulés, les minijupes,

et les Marylin et les balais
Les petits lolos, les chambre d’écho,

les dures, les très mollos
Et go go go.

Il tente sa chance et accumule les revers.

Je fonce dans le troupeau,
j’en prends une au lasso
C’est good pour le slow
J’ai la touffe d’un héros
Elle dit:  « Zappe, zappe, je suis sur une autre affaire. »
Ah! C’est la guerre!?

Je sors les dollars,
je m’pose au bar
j’ai l’œil en rut sur les pétards.
Encore un canon,

faut j’sois béton
« Hello! Je suis le champion de la super-position. »
(Panique au dancing, panique au dancing)
Elle me fait: « No comprendo! Ciao, ciao!
Et encore un bide!

Et lorsqu’il croit enfin en avoir trouvé une qui veut de lui, pas de chance, c’est un homme.

Par Belles-et-putes, v’la une comète.
Faut pas qu’je foire, faut j’me la mette.
L’air Sainte-Nitouche.  Mes seins, pas touche…
Ça y est, j’ai une touche! 

« Alors baby, would you light my fire? »
« Bien sssûr, beau garçççon! »
Aaah merde! Un travelo!  La queue d’la comète.

Et au matin, il rentre chez lui bredouille.

J’me casse, eh!  Cinq heures du mat, Paris s’éveille.  Pas de « Crac! Boum! Hue! »

Cette chanson est truffée d’amusantes tournures de phrases et de jeux de mots, tels Belzébuth / belles et putes, l’étoffe d’un héros / la touffe d’un héros, superposition / super position, ou bien les capotes sont cuites.  Il y a aussi des références qui échappent au Québécois moyen.  Par exemple :

« Black, blanc, beur » ne fait pas que décrire le fait que les clients du dancing sont noirs, blancs et maghrébiens. C’était un slogan qui parlait de la jeunesse désoeuvrée dans la France des années 80, et remonterait à 1984. Il faisait référence au drapeau Français, remplaçant bleu-blanc-rouge par black-blanc-beur.  Puis, ce slogan a été récupéré dans les années 90 lors de la victoire d’une équipe de foot de France (donc de soccer) dont les membres étaient majoritairement de ces trois origines.

« Cinq heures du mat, Paris s’éveille. »  D’après la chanson Il est cinq heures, Paris s’éveille de Jacques Dutronc.

« Crac! Boum! Hue! »  D’après Les Playboys, également chanson de Jacques Dutronc, qui utilise cette onomatopée en rapport avec l’acte sexuel.

« Nous avons les moyens de vous faire danser, »  dit avec l’accent allemand, est en rapport à cette phrase entendue dans je ne sais plus trop quel film de guerre, dans lequel un membre de la Résistance se fait interroger par un officier nazi qui lui dit « Nous avons les moyens de vous faire parler. »

« You know what? I’m happy! » est un mème pré-internet.  Il s’agit d’une phrase prononcée per Droopy, célèbre chien d’allure dépressive de dessin animé, créé en 1943.

Vers le milieu des années 90, en entrevue, les membres de Zap Shaker étaient surpris que l’on se rappelle encore d’eux en rapport à Panique au Dancing.  Aujourd’hui, vu le côté kitsch, misogyne et homophobe de cette chanson, ils préféreraient probablement qu’on les oublie.

Ce qui nous amène à :

COOL BABY COOL – Roman Photo, Sorti en France en 1994, puis au Québec en 1995.
Roman Photo est un projet musical français qui a eu trois hits au milieu des années 90 avec des chansons se basant sur du sampling de succès de l’époque Disco.  Deux d’entre eux se sont rendus jusqu’au Québec. Il s’agit de Souds of Summer, puis de la chanson dont il est question ici, Cool Baby Cool.

Là encore, pas de vidéoclip tourné, seulement une version sono.

Et ici encore, même formule: l’homme va en disco dans le but de draguer.  Il commence par décrire l’endroit et les conquêtes potentielles. 

Il est tard, les cafés ont fermé.
La discothèque est pleine à craquer.
Ok, ok, j’avance, j’essuie
Le disk jockey joue du funky.

« J’essuie » comme dans essuyer des revers, je suppose. Détail original : contrairement aux deux premières chansons, celle-ci commence non pas au début de la soirée, mais plutôt alors que ça fait cinq heures qu’il est dans ce bar

Ça fait cinq heures que j’tourne en rond
Je trouve le temps vraiment trop long
Je bois des bulles de mousse et de bons tons
J’entends des « Oooh! »
Blasé de tout, soudain complètement fou.

Elle!  J’la vois, je l’appelle.
Mon Dieu c’qu’elle est belle.
Canon, une bombe, d’la vraie dynamite
Les pages centrales de « Lui » dans mon orbite
Elle me dit « Moi, c’est Claire! »
Comme l’éclair

À chacune il sert le discours / refrain qui suit :

Viens!
Prends ma main.
J’vais t’raconter l’histoire d’un amour sans retard
Sans gare, sans fard, sans part, ni désespoir
Genre de bêtises qu’on dit par pur hasard
La nuit est belle,
Tu m’ensorcelles, baby.
Surtout l’accroche de ton porte-jarretelles.
Dans mes yeux, luit, observe, c’est la lueur de mon envie
Regarde bien, au fond tu verras mon lit.

Plus le temps avance, plus il accumule les insuccès. La première à qui il sert ce refrain lui répond :

« Ah, mais tu planes, toi, ou quoi?  Salut! »

La seconde, alors qu’il dit que « ça fait six heures que j’tourne en rond », lui réplique :

« T’en fais trop, mec.  J’en ai marre. Salut! »

Et à la troisième, alors que « ça fait sept heures que j’tourne plus rond », c’est la fille qui l’approche en disant :

« Salut, moi c’est lise.  Tu viens? »

Le « Tu viens ? » sous-entend qu’il s’agit d’une prostituée.  Et ceci marque le début de son désespoir, alors qu’il commente « Ok, ok, je m’enlise. »

Apparemment, il la vire, car voici la suite et fin de l’histoire :

La fille s’est envolée
sur l’air de pas trop y toucher
Le genre de tarte à oublier.
Le plan s’évère sévère.
Mon calme a des ratés,
Je deviens cinglé
Ce soir je récidive
Je persévère sévère

« Salut mon bichon. Tu danses? »

la voix de cette dernière phrase semble venir d’un homme gai.  Ainsi, s’escalade le loserisme du dragueur : Après avoir passé plus de sept heures à draguer en vain les femmes célibataires libres, on passe à plus bas; la pute qui offre ses services.  Enfin, déchéance totale, il ne lui reste plus que des gais et/ou travelos comme option.

Ici, pas de mention qu’il rentre chez lui seul.  Mais on se doute bien que c’est le cas.  S’il a passé sept heures à draguer en vain les femmes, et qu’il a refusé de payer pour du sexe, ce n’est certainement pas pour se contenter d’un homme.

Le côté homophobe que l’on reconnaît aujourd’hui à ce genre d’histoire vient du fait qu’à l’époque, l’homosexualité était une source acceptable de moqueries.  Cette orientation était considérée inférieure, du fait qu’aux yeux de la majorité de la population, un homme, un vrai, ça baise une femme.  Et que, dans l’ignorance populaire, si un homme aime les hommes, c’est parce qu’il se prend pour une femme.  D’où ces quatre raisonnements tordus :

  • Un homme, un vrai, ça attire les femmes.  Si tu n’en attires pas, tu n’es pas un homme.
  • Un homme, un vrai, ça se voit dans son allure, qu’il est hétéro.  Si tu attires un gai, c’est parce que tu as l’air gai.  Voilà qui explique automatiquement aux yeux du public la raison de tes bides auprès des femmes.
  • Un homme, un vrai, ça baise des vraies femmes.  Si tu baises une fausse femme, donc un gai, tu es un loser désespéré.
  • Mais surtout, et c’est ce qui ressort de ces trois chansons, et c’est que peu importe à quel point il est désespéré, un homme, un vrai, ça ne s’abaisse pas à baiser avec un autre homme. Voilà pourquoi ils repartent chez eux, seuls.

Certes, il nous reste encore bien du chemin à faire pour que toutes les différentes orientations sexuelles soient normalisées, et surtout respectées. Mais quand on voit celui que l’on a parcouru depuis le début du 21e siècle, il y a de l’espoir comme quoi les choses changent peu à peu pour le mieux.

L’hétérocisexuel n’est pas nécessairement transphobe ni homophobe

Bien que que j’ai créé le terme hétérocisexuel en 2016, Google en donne trois résultats aujourd’hui. Le premier est le mien. Le second date de 2018 et se trouve dans les commentaires de ce billet de blog. Et le troisième est dans ce livre publié en 2021 écrit par une femme, au sujet de ses relations homosexuelles.

Ceci dit, qu’il soit écrit Hétérocisexuel avec un S ou Hétérocissexuel avec deux S, je ne suis pas le premier à avoir créé ce mot. Cet honneur semble revenir à l’autrice transgenre Julia Serano. Elle l’utilise dans son livre Whipping Girl: A Transsexual Woman on Sexism and the Scapegoating of Femininity publié en 2007. Mais l’important, c’est que même sans s’être consultés, nous lui donnons tous la même signification.

Hétérocisexuel est un mot-valise qui combine Hétérosexuel + cisgenre. Il s’agit d’une personne qui ne peut aimer et désirer que les personne non-transsexuelles de l’autre sexe.

Je cherchais à créer un mot pour décrire ces gens, car je n’aime pas particulièrement le terme « super-straight. » Mais surtout, parce que le terme « transphobe » est le mot que trop de personnes haineuses utilisent à tort pour qualifier cette orientation.

Source: Cet échange public sur Twitter.

Il me semble que qualifier de transphobe toute personne qui ne se voit pas en relation avec des trans, c’est comme prétendre que les homosexuels sont misogynes. Que les lesbiennes sont misandres. Que les gais en tous genres sont hétérophobes. Depuis quand est-ce que le fait que ressentir de l’attirance pour l’un signifie automatiquement ressentir du mépris pour l’autre?

Cette fausse transphobie prend son origine dans un faux débat, qui consiste généralement à demander à un homme hétéro s’il voudrait avoir une relation avec une femme trans. Si l’homme répond non, on lui réplique alors que, puisqu’une femme trans a toujours été femme malgré sa naissance dans un corps masculin, ça signifie que l’homme ne s’intéresse pas à la personne. Il ne s’intéresse qu’à ses génitaux. Donc, qu’il méprisera la femme trans au profit d’une femme cis. D’où conclusion que ne pas vouloir d’une femme trans, c’est être transphobe.

Il s’agit évidemment d’un sophisme, puisque la même théorie de la préférence des génitaux pourrait être utilisée contre les gais et lesbiennes. Mais dans leur cas, personne ne verrait de pertinence d’utiliser envers eux un tel argument pour expliquer leur orientation. Sauf, ironiquement, ceux qui sont homophobes.

Avoir le réflexe d’apposer des étiquettes négatives afin de rabaisser ceux qui ne ressentent pas d’attirance pour nous, c’est quelque chose qui a été mille fois dénoncé en tant que comportement typique chez les incels et des nice guys. Lorsqu’ils harcèlent les femmes qu’ils désirent, eux aussi vont leur servir l’argument du « Pourquoi est-ce que tu aimes / baises l’autre, mais pas moi? » Ici, on ne peut pas parler de phobie envers le genre ou l’orientation sexuelle et émotive de l’autre. Et pourtant, il s’agit du même comportement, qui consiste à demander à une personne de justifier son attirance envers l’un et son indifférence envers l’autre. Or, on ne peut pas expliquer une orientation sexuelle, et encore moins la justifier. Voilà pourquoi c’est un faux débat.

Quant aux gens qui y apposent la détestable mentalité du « Si tu n’es pas avec nous, tu es contre nous », ils ne servent pas leur cause. Tout ce qu’ils démontrent, c’est qu’ils ont eux-mêmes les préjugés, l’intolérance et l’étroitesse d’esprit qu’ils accusent les autres d’avoir. Le respect et la tolérance n’est pas, et ne devrait jamais être, une route à sens unique.

Il y a déjà bien assez de transphobes comme ça dans la société. Pourquoi chercher à augmenter leur nombre en accusant mensongèrement de l’être ceux qui n’en sont pas, histoire de se les mettre à dos eux aussi? À moins, bien sûr, que le but de cet exercice d’hypocrisie soit de se mettre en situation de prophétie autoréalisatrice, afin de mieux faire dans la victimisation transphobique.

Source: Les prophéties autoréalisatrices.

Ne pas être attiré par les trans, ce n’est pas être transphobe. Ce n’est pas être homophobe. Ce n’est pas être lesbiennophobe. Ce n’est pas être phallusophobe. Ce n’est pas être vaginophobe. Et ce n’est pas non plus avoir une mentalité deux-poids-deux-mesures.

C’est être hétérocisexuel, tout simplement.

L’identité sexuelle et la (ré)pression sociale

Lorsque j’étais enfant, je ne me posais pas de question sur mon identité sexuelle. Cependant, les gens qui m’entouraient, et la société en général, se les posaient à ma place, ces questions. Et malheureusement, ils en fournissaient également les réponses.

À l’école, et ce dès la maternelle, j’étais toujours le plus petit, le plus chétif, le moins sportif. Ne valant rien en sports, je ne pouvais pas être apprécié par mes coéquipiers. De ces activités sportives imposées par l’école naissait leur mépris pour moi, mépris qui se prolongeait en classe et partout ailleurs. Faible et méprisé, ça faisait de moi la cible parfaite pour l’intimidation.

Alors, pour l’amitié et les jeux, j’allais vers les filles. Elle ne me mettaient pas en compétition avec elles. Elles ne m’intimidaient pas. Je jouais donc avec elles, à leurs jeux de filles. J’aimais ces jeux qui n’étaient pas violents, pas épuisants, qui demandaient de la pratique, de l’habileté ou de l’imagination, et non une force physique que je n’avais pas.

Mon père disait que d’agir comme ça, ça allait faire de moi une tapette, et que ça se voyait déjà dans mes goûts personnels. Quand nous étions enfants et adolescents, à la télé, les gars adoraient l’Homme de 6 Millions. Moi, c’était La femme Bionique. (L’Homme qui Valait Trois Milliards et Super Jamie, pour mes lecteurs européens) Ils regardaient Goldorak et Albator. Moi, je préférais Candy. Ils suivaient G.I*Joe, les Transformers, Musclor. Moi, c’était Jem. Je n’étais pas un vrai gars, tous les signes étaient là.

Et la commission scolaire elle-même se mettait de la partie pour donner la honte à tout garçon qui aurait songé à dévier de son rôle masculin. En secondaire II ou III, nous avions une classe qui changeait à toutes les six semaines, avec des cours pour nous préparer à la vie adulte. Il y avait :

  • Option Gars : Méthodologie de travail, mécanique automobile, menuiserie, coupe de viande.
  • Option Filles : Cuisine, premiers soins, budget, tenue de maison.

Oui, les cours s’appelaient vraiment Option Gars et Option Filles. Personnellement, je n’en avais rien à cirer des moteurs, du bois et de la boucherie. Lorsque je suis parti en appartement, il m’aurait été beaucoup plus utile d’avoir su cuisiner, faire un budget et tenir maison. Mais voilà, être un gars dans l’Option Filles, c’eut été accepter d’être socialement émasculé aux yeux de tous mes camarades de classe et mes profs. À un âge où se forment notre identité sociale, personnelle et sexuelle, ce n’était pas chose à faire.

Dans le cours d’Éducation Physique, même scénario. Notre prof se couche face contre terre en position de faire des pompes, et il nous dit : « Il y a deux façons de faire des push-ups. Sur la pointe des pieds. On appelle ça des push-ups de gars. Mais si c’est trop dur, vous pouvez les faire sur les genoux au lieu des orteils. On appelle ça des push-ups de filles. » Avec ma musculature sous-développée, j’avais toute la misère du monde à en faire cinq. Mais voilà, en éducation physique, où nous sommes justement séparés en classes de gars et en classes de filles, jamais un gars n’aurait osé faire des push-ups de filles.

J’ai souvent blâmé ma faiblesse sur le fait que mon anniversaire est au milieu de l’été. À cause de ça, j’ai toujours été le plus jeune à l’école, donc le plus petit et le plus faible.  Mais en réalité, bien que ça n’aidait pas, le fait est que j’étais vraiment de constitution physique plus faible. En secondaire IV et V, j’ai trop souvent vécu l’humiliation d’être la victime des intimidateurs d’un an ou deux plus jeunes que moi. Quand un gars de seize ans peut se faire tabasser par un de quatorze, ça ne l’aide pas à se retrouver en tant que mâle dans son identité.

À cause de tout ça, jusqu’à ma jeune vingtaine, je n’avais pas vraiment l’impression que j’étais un gars. Je me suis toujours senti comme si j’étais une fille mal née. Je ne m’intéressais à rien de masculin. Je n’en avais ni les goûts, ni les activités. Et j’en avais encore moins le comportement. Jamais, dans la rue, on me voyait regarder la poitrine ou le derrière des filles qui passaient. Et pourtant, je me suis toujours intéressé aux filles.  J’en étais même obsédé.  Mais bon, ça ne veut rien dire. Il y a des filles qui s’intéressent aux filles. Je suppose que la fille que j’étais dans mon âme était lesbienne.

Et puis, vers l’âge de 24 ans, un matin, je me suis regardé dans le miroir de la salle de bain et j’étais dégoûté. Dégoûté de ma faiblesse.  Dégoûté de mon corps rachitique.  Dégoûté d’être une victime facile.  Dégoûté d’être moi.   On m’a toujours fait croire que les abus et l’intimidation né du fait que je ne représente en rien l’image de la masculinité, ça allait cesser une fois rendu adulte.  On m’a menti.  Ça n’a jamais arrêté.  Une femme, faible comme une femme, et victime d’hommes qui profitent de leurs faiblesses, elle peut avoir recours à la loi et à la justice pour faire cesser les abus et faire payer cher les contrevenants.  Mais quand tu es un homme, blanc, québécois de souche, catholique, hétéro, adulte, alors oublie ça.  Tu représentes la plus haute classe privilégiée de la société.  Par conséquent il n’y a rien, pas une loi, pas un organisme, pas un regroupement, pour t’aider.  L’homme, blanc, québécois de souche, catholique, hétéro, adulte, n’a pas le droit d’être faible.  S’il l’est, tant pis pour lui, il n’aura que du mépris.

À l’époque, je travaillais comme pâtissier dans un Dunkin Donuts. Alors à partir de ce jour-là, au travail, je suis allé m’enfermer dans la salle de bain des employés. Je me suis couché face contre terre, et j’ai fait des push-ups. Je forçais comme un malade, pour être juste capable d’en faire cinq. Et j’ai recommencé comme ça à l’heure suivante. À tous les jours où je travaillais, à toutes les heures, je le refaisais. Au bout d’une semaine, le miracle : J’étais maintenant capable de faire dix push-ups. À chaque semaine, je progressais. À chaque semaine, j’en faisais cinq de plus. Au bout de cinq mois, j’ai fini par être capable d’en faire cent, un chiffre que je n’aurais imaginé atteindre. J’avais maintenant des épaules d’hommes. Et pour la première fois de ma vie, une personne m’a qualifié de costaud. Ça m’a encouragé à m’entraîner. Ne pouvant pas me payer le gym, je m’entraînais à la maison avec les moyens du bord : Chaises, boites de livre, divan… Un poids, c’est un poids. Tout ce que ça prend, c’est de l’imagination et de la débrouillardise.

Rendu à 27 ans, lors de mon retour aux études au cégep, j’avais maintenant un physique masculin moyen normal. C’est là que j’ai vraiment commencé à plaire aux filles. Les hommes ont cessé de me voir comme une cible facile pour l’intimidation. En sports, j’ai passé de médiocre à moyen. Et en continuant de m’entraîner, même sporadiquement, non seulement ais-je atteint les mêmes capacités physiques que les autres hommes, j’ai même commencé à les dépasser sur certains points.

Et à partir de ce moment-là, je me suis enfin senti comme un homme. Plus jamais n’ai-je eu l’impression que j’étais une fille qui avait perdu une patte de chromosome à la naissance.  Je n’ai plus le moindre doute sur mon identité masculine, et je suis parfaitement à l’aise avec ma cisgenrerie.  Tout ce temps-là, c’était la société qui me rendait confus en me répétant qu’un homme, UN VRAI, c’est supposé aimer tel truc, avoir tel comportement, faire telles activités et avoir tel physique.

Si j’avais été enfant et ado à notre époque plutôt que dans les années 70 et 80, j’aurais pris une option qui n’était pas disponible dans le temps : Je serais sorti du placard en tant que fille dans un corps de gars, et j’aurais demandé à commencer à suivre un traitement aux hormones.

Mais voilà, dans mon cas, ça aurait été une erreur.

Je n’étais pas une fille dans un corps de gars. J’étais juste un gars trop faible physiquement pour être capable de faire des activités dites « de gars ».  Je n’avais donc développé aucun intérêt pour les trucs dits « de gars ».  Quant à ma retenue naturelle envers les femmes, qui faisait que je ne me comportais pas en macho harceleur avec elles, ça n’avait rien à voir avec mon genre ni mon orientation on-ne-peut-plus hétéro. Ça vient du fait que je suis demisexuel, chose que j’ignorais à l’époque.

Si j’étais devenu transsexuel avant de vraiment savoir ce que j’étais, ça aurait fucké ma vie pour toujours. Parce que, en plus de me faire rabaisser / harceler / rejeter pour être un faible, je l’aurais été en plus pour être un transgenre. Et à ça se rajouterait le harcèlement des hommes qui m’auraient trouvés à leur goût. En plus du harcèlement des homophobes, et de celui des transphobes. Quant à ma vie amoureuse, puisque je n’aime que les femmes, il eut fallu que j’arrive à en trouver une pouvant aimer un homme devenu femme.  Et ça, ça ne me semble pas évident.  Donc, plutôt que d’améliorer ma vie, transgenrer l’aurait empiré à tous les niveaux. Pour une personne qui cherche juste à avoir la paix et à vivre normalement en société pour être bien dans sa peau, c’eut été terriblement contre-productif.

Tandis que là, en restant homme, juste en travaillant sur mon physique, ma forme, ma force, ma résistance, mon cardio, plus personne ne doute de mon sexe et/ou de mon orientation, moi le premier, et je suis en parfaite harmonie avec les autres et envers moi-même. Et regardez-moi aujourd’hui, à 50 ans, de tous mes anciens camarades de classe, je suis l’un des plus beaux, les plus forts, les plus athlétiques. Et à voir le nombre d’entre eux qui commencent à avoir besoin de Viagra, ce n’est plus ma virilité que l’on peut mettre en doute, maintenant.

Bref, tout ça pour dire que même si à l’époque j’étais à 100% convaincu que j’étais une fille, je ne pouvais pas faire un choix éclairé sur le sujet, car il me manquait beaucoup trop de données sur les raisons qui faisaient que je me sentais comme ça.  Je ne m’étais juste pas rendu compte qu’en réalité, ça n’a jamais été moi qui avait cette impression.  Ce sont les autres qui me donnaient cette impression.

Je ne prétends pas que c’est le cas pour tous les garçons qui ont de la difficulté à se reconnaître dans les critères masculins imposés par notre entourage et la société. Mais dans mon cas personnel, oui, c’était ça.  C’était juste le fait que je ne répondais pas aux attentes de la société qui colporte des critères un peu trop toxiques de ce que devrait être la masculinité.

La partenaire idéale : Une curieuse contradiction psychosociale

Ce billet va avoir l’air d’une fiche d’agence matrimoniale. Ce n’est pas le but. La raison d’être de ce billet est pour souligner, comme le dit le titre, une curieuse contradiction psychosociale.

Il y a une question que je me fais poser deux ou trois fois par année, et c’est : Quelle est la femme idéale pour toi? Il se trouve que j’ai des idées bien arrêtées sur le sujet. Laissez-moi vous la décrire :

Au niveau du genre. Une femme cisgenre.

Au niveau familial. Elle est célibataire.  Elle n’habite pas chez ses parents. Elle est sans enfants, et elle n’en désire pas. Ou alors, si elle en a, ils sont adultes et indépendants d’elle.

Au niveau financier. Elle est indépendante financièrement. Et si elle a des dettes normales (Prêt étudiant, maison, auto), son revenu lui permet de rencontrer ses obligations mensuelles sans se ruiner. Sa source de revenus est stable, et sa situation n’est pas précaire. À part ça, elle est économe sans être avare.

Au niveau de la personnalité et de sa psychologie. C’est une personne positive, forte, indépendante. Elle est équilibrée et réaliste. Elle sait faire confiance sans pour autant être naïve, et n’est jamais méfiante sans raison logique et valide. Prudente et réfléchie, elle pense à long terme et sait prendre de bonnes décisions de vie. Elle n’a aucune dépendance. Elle n’a aucun trouble de personnalité nécessitant médication. Elle ne laisse pas son passé faire obstacle à son présent. Elle cherche la solution aux problèmes plutôt que de s’en plaindre. Puisqu’elle n’est ni geignarde ni aigrie ni haineuse, ses paroles et sujets de conversations sont majoritairement positifs. Elle voit les gens en tant qu’égaux. Elle est responsable d’elle-même, mais surtout pas des autres. Elle ne met pas sa valeur personnelle ni son estime de soi dans sa sexualité ou son potentiel de séduction. Elle dit ce qu’elle pense, elle pense ce qu’elle dit.  Ça ne l’empêche pas d’être respectueuse, ce qui fait qu’elle n’utilise jamais « être honnête » comme excuse pour mépriser, insulter ou rabaisser autrui.

Au niveau social. Elle est sociable, mais sait mettre une limite pour ne pas se laisser envahir. Les sorties sont pour elle une occasion spéciale et non une habitude du quotidien. Elle est aussi à l’aise dans une robe de soirée en gala, qu’en salopette en camping sauvage.

Au niveau consommation. Elle se nourrit bien, ce qui ne l‘empêche nullement de se livrer à quelques écarts occasionnels. Si elle consomme de l’alcool, c’est avec modération. Elle est non fumeuse et non droguée. Lorsqu’elle est sous médication, ce n’est que temporaire.

Au niveau du quotidien. Elle participe, à part égale ou complémentaire, à la vie à deux. Elle sait tout faire dans une maison : La cuisine, le ménage, le lavage, et se débrouille assez en bricolage et en travaux mineurs. Elle travaille aussi bien seule qu’en collaboration.

Au niveau physique. Elle se tient en forme et prend soin de sa santé. Elle n’a pas d’allergies ni handicaps.

Au niveau sexuel. Elle a une sexualité épanouie dans laquelle elle est parfaitement à l’aise.

Au niveau compatibilité. Afin d’établir une relation significative, il faudrait que cette personne ait des goûts et des passions qui se rapprochent des miens. Par exemple, qu’elle soit artiste, amateure ou professionnelle, peu importe la discipline : Dessin, peinture, musique, arts de la scène… Il y a deux raisons pour ça. La première, c’est qu’avant ma trentaine, à l’époque où je sortais avec n’importe qui, ma passion pour les arts et la bande dessinée m’ont souvent apportés le mépris de mes partenaires qui ne partageait pas mes goûts. Et la seconde, comme je le dis souvent : On ne peut pas passer notre vie à baiser. Il faut avoir des choses à parler, à faire et à apprécier ensemble en dehors du lit.

Au niveau affectif. Évidemment, même elle a tout ça, ça ne garantit en rien qu’il y aura une attirance affective et physique entre nous deux. Si oui, tant mieux, j’aurai une conjointe. Sinon, tant mieux, j’aurai une amie.

PRÉCISION OBLIGATOIRE : Je ne décris ici que la femme qui est idéale pour MOI. Ceci n’est en aucun cas un jugement négatif envers celles qui n’y correspondent pas, et encore moins envers ceux qui les aiment. À chacun ses goûts, il se trouve que ceux-là sont les miens, voilà tout.

Autre chose qu’il est important de préciser : À part pour le fait qu’il s’agit d’une femme, ce texte me décrit parfaitement. Normal! Ce que je recherche, c’est mon égale. Il ne faut pas y voir du narcissisme. C’est juste que, en tant que personne autonome, je ne recherche pas quelqu’un à qui m’accrocher pour vivre. Et inversement, je n’ai surtout pas besoin qu’un poids mort s’accroche à ma vie et mes finances pour dépendre de moi.

Et c’est pareil sur le plan psychologique et affectif. Je suis une personne complète, je n’ai donc pas besoin de chercher mon complément, ou bien « ma moitié », comme le dit cette déplorable expression populaire. Pas plus que je ne cherche une personne qui ressent le besoin vital d’être en couple. Je désire une personne qui VEUT être avec moi, et non quelqu’un qui A BESOIN d’être avec moi. C’est cette nuance qui fait toute la différence entre un couple stable et harmonieux, et une relation qui finit par être toxique.

Et voici où arrive la contradiction psychosociale du titre de ce billet.
Lorsque je me décris moi-même, c’est-à-dire avec les éléments cités ci-haut, je me fais presque toujours servir des répliques du genre de : « Et alors? Tu te crois spécial? Tu fais juste décrire n’importe quel gars moyen normal. »

Par contre, lorsque l’on me demande quelle serait ma femme idéale et que je réponds cette même description, alors là, on me réplique presque toujours qu’il faudrait que je redescende sur terre, que je cesse d’être aussi exigeant et que j’apprenne à faire des compromis, sinon je vais passer le reste de ma vie célibataire. Parce que, ce que je décris là, une femme positive, forte, intelligente, en forme, indépendante financièrement et affectivement, eh bien c’est la femme parfaite. Et la femme parfaite, ça n’existe pas.

En conclusion.
Lorsque cette description s’applique à un homme, elle décrit « n’importe quel homme moyen normal.»
Mais lorsque cette description s’applique à une femme, elle décrit « la femme parfaite qui n’existe pas.»

Faut-il que cette société soit misogyne pour en arriver à un tel jugement deux poids, deux mesures!?

S’offrir dans le but de comprendre

À quatre reprises, à différents moments de ma vie, il m’est arrivé de vivre une curieuse expérience.  En fait, je trouvais d’abord que c’était une expérience flatteuse, jusqu’à ce que je constate certaines constantes entre chaque personne.  C’est là que j’ai vu que dans le fond, cette situation n’était ni flatteuse pour l’homme, ni saine pour la femme.

Je ne vais raconter que la première anecdote, en pointant les points en commun avec les trois expériences suivantes.

Ça remonte à l’époque de MySpace.  Pour les plus jeunes, MySpace était un genre de mix entre Facebook et un blog.  Dans le temps, c’était la plus populaire plateforme sociale du net, mais une série de mauvaises gestions ont causé sa dégringolade.  Au final, les membres ont massivement immigré vers Facebook.  Mais à l’époque, à son meilleurs, j’y écrivais le même genre de billets qu’ici, sur le thème de l’interaction personnelle et sociale.

J’y avais une lectrice qui aimait déjà mes trucs dans Safarir, et qui commentait chacun de mes billets sur MySpace. C’était une jolie petite asian née à Montréal, de 18 ans, cheveux longs, bouche pulpeuse, regard taquin et sourire irrésistible.  Elle était énergique, joyeuse, avait un sens de l’humour qui allait bien avec le mien.  Nous sommes rapidement devenus bons amis, aussi proche que l’on puisse l’être sur le net.  Nous nous sommes rencontrés quelquefois, à l’occasion de sorties et de partys privés. 

Elle était en couple avec un gars de 26 ans, beau grand blond caucasien.  Juste à les voir, on se disait qu’ils allaient si bien ensemble.  Je me souviens que je l’avais trouvé chanceux d’avoir trouvé une telle fille. 

En privé, par contre, tout n’était pas rose.  Il se détachait de plus en plus d’elle, et elle me confiait son désarroi.  Je lui ai suggéré d’avoir une bonne discussion avec lui, histoire de savoir à quoi s’en tenir.  Ce qu’elle fit.  Il lui a alors dit un truc assez aberrant :

« Pour être franc, j’me vois pas passer ma vie avec une asian. »

Après deux ans de relation, dont les six derniers mois à habiter avec lui, elle était dévastée.  Encore une fois, même née ici, même avec la culture d’ici, même avec l’accent d’ici, rien à faire.  Par son physique, c’était une étrangère.  Une exotique.  Un trophée à se taper pour le plaisir.  Mais pas avec qui avoir une relation sérieuse, et encore moins pour fonder une famille. 

Et pour elle, ça avait toujours été ainsi.  Depuis ses débuts sur le net, elle recevait, non-stop, plusieurs fois par semaines, des messages de dragueurs, la moitié étant des otakus, qui l’objectifiaient pour ses origines.

Alors d’un côté, il y avaient les hommes qui la désiraient parce qu’elle était une asian.  Et il y avaient les hommes qui ne la désiraient pas, toujours à cause qu’elle était une asian.  Aux yeux de tous, il n’y avait que ça qui comptait, et ce n’était que sur ça quelle était jugée comme étant désirable ou non.

Les semaines et les mois passent, et elle se remet peu à peu de sa séparation. Puis, un jour, elle m’appelle.  Elle avait envie d’avoir un contact plus personnel avec moi que par simple messagerie.  Alors on jase aisément pendant une bonne heure, sans temps morts ni ennui.  Et il lui prend comme ça de me donner quelques détails de sa vie sexuelle.  En bon ami, j’écoute, lui donnant mes avis et impressions.

Puis, elle me pose la question à laquelle ne me serais jamais attendu.

« T’as-tu déjà baisé avec une asian? »
« Euh… Non! »
« Ça te tenterais-tu? »

Huh!?  D’où est-ce que ça sort, cette proposition-là?  Ma curiosité fit que je voulais en savoir davantage.  Et je savais par expérience que lorsque l’on refuse une proposition directe d’intimité, alors la personne se referme et n’en parle plus.  Et puis, pour être franc, elle me plaît.  Je la connais bien, j’aime sa personnalité, j’aime les filles, j’aime le sexe.  Pourquoi pas!? 

« Bah, ouais, surtout si c’est toi. »
« Ok! »
« Cool!  Mais, euh…  J’t’avoues que j’m’attendais pas à ça.  Qu’est-ce qui me vaut l’honneur, depuis le temps qu’on se connait? »
« Je sais pas trop…  Je te trouve baisable! »

Pour l’instant, elle ne peut pas m’offrir de date de rendez-vous, à cause de son horaire de travail et du fait qu’elle est en plein déménagement.  Mais elle me promet que l’on va se voir bientôt.   

La conversation prend fin, je raccroche, toujours surpris mais fortement flatté.  Pendant le premier ¾ de ma vingtaine, j’avais de la difficulté à plaire, malgré tous les efforts que j’y mettais.  Puis, j’ai commencé à être capable de séduire.  Et maintenant, une décennie plus tard, voilà que de jolies jeunes filles me proposent du sexe de leur propre initiative.  C’est fou!  Il faut croire que prendre de l’âge m’a apporté ce qui me manquait dans ma jeunesse.

Pour les semaines qui suivent, non seulement les choses ne se passent pas comme prévu, je constate un changement négatif dans notre relation.  Tout d’abord, peu importe le nombre de fois où je lui écris pour qu’on se rencontre, elle n’a pas le temps ou demeure évasive.  De plus, elle cesse totalement de laisser des commentaires sur mes billets, et elle ne me jase plus sur MSN Messenger alors que nous le faisions quotidiennement avant. 

Au bout de six semaines, il faudrait que je sois en déni pour ne pas faire le lien entre son changement de comportement et sa proposition sexuelle, puisque tout a changé entre nous à partir de ce point.  De la façon dont elle agit, il est clair qu’elle a changé d’idée et qu’elle n’ose pas me le dire.  Car nous savons tous que rien ne fait plus frustrer un gars qu’une fille qui revient sur sa promesse de sexe.  Et encore plus si c’est elle qui s’est offerte pour commencer.

Puisqu’elle m’évite, je me doute bien que ça ne servirait à rien de tenter d’ouvrir le dialogue avec elle sur le sujet.  Par expérience, je sais que lorsque quelqu’un s’imagine que tu vas réagir mal, c’est inutile de lui dire que tu as l’esprit ouvert et que tu es compréhensif.  La personne va continuer de nier. 

Je prends donc la meilleure option qui me vient en tête : Ne pas lui demander d’explications, et affirmer qu’en fait c’est moi qui n’en ai pas envie.

Et voilà!  Presque aussitôt, notre relation amicale est redevenue ce qu’elle était, et elle a continué ainsi pendant plusieurs autres années, jusqu’à ce que la vie et les circonstances nous fassent prendre des chemins différents.

Comme je le dis plus tôt, j’ai vécu trois autres fois des situations semblables.  Les détails étaient différents, mais à la base c’était toujours le même scénario en quatre étapes :

ÉTAPE 1 : Toute sa vie, la fille n’a connu que deux genre d’hommes, et ce sont deux extrêmes opposés : Ceux qui la désirent, et ceux qui s’en foutent.

ÉTAPE 2 : Et puis là, moi, j’arrive dans sa vie.  Je ne m’en fous pas, puisque je suis amical, gentil, respectueux.  D’habitude, quand un homme est gentil avec elle, ça veut juste dire qu’il va finir par lui montrer un intérêt amoureux et/ou sexuel.  Mais dans mon cas, mon comportement envers elle n’évolue pas.  Les jours passent, les semaines, les mois, et je reste toujours aussi amical et platonique qu’au début.  Je n’entre ni dans la première catégorie ni dans la deuxième. Elle se retrouve donc face à une 3e situation, une à laquelle elle n’est pas habituée. 

L’être humain est une créature qui a besoin de vivre dans ses habitudes.  Mon comportement est pour elle inhabituel.  Au niveau du subconscient, elle ne comprend pas.  Alors elle cherche à comprendre.  Par conséquent :

ÉTAPE 3 : Elle tente de recréer avec moi une situation qui lui est plus familière : Celui de l’homme qui n’est amical que dans le but de coucher avec elle, et/ou le fait d’être objectifiée pour une raison X. (Exemple: Celle qui n’est jugée que en tant qu’asian, et qui s’offre elle-même en tant qu’asian.)  Ainsi, du jour au lendemain, elle passe brusquement d’amie platonique de longue date, à amante potentielle qui s’offre comme telle.  

ÉTAPE 4 : Maintenant qu’elle est de nouveau dans une situation qui lui est familière, elle peut composer avec ça.  Elle perd aussitôt son intérêt sexuel pour moi.  Et ceci rend le reste de notre relation malaisante, puisque maintenant je m’attends (ou bien elle croit que je m’attends) à quelque chose qu’elle n’a pas envie de me donner.

Bon, en fait, l’Étape 4, je ne l’ai vécue que dans le premier cas.  Je n’ai aucune idée si ça se serait rendu là avec les autres, ou si ça aurait vraiment passé au sexe si je leur avais dit oui. 

Car en effet, contrairement au premier cas, je n’ai pas répondu positivement aux avances des trois autres.  Il faut dire qu’elles n’avaient pas été aussi directes que la première, alors il était plus facile pour moi de contourner la question. 

N’empêche que je ne pouvais pas m’y tromper :  Dans tous les cas, la fille changeait brusquement de comportement avec moi, passant d’amie platonique de longue date, à amante potentielle qui s’offre comme telle, ou du moins qui tentait de provoquer chez moi un intérêt sexuel envers elle. (Étape 3).  Et à chaque fois, il s’agissait d’une fille qui pour qui les hommes avaient ou bien un intérêt amoureux/sexuel, ou bien au contraire aucun intérêt du tout (Étape 1), et qui avaient de moi l’amitié respectueuse et platonique sans jamais rien de plus. (Étape 2)  Je comprenais donc immédiatement ce qui était en train de se passer.  Elle n’étaient pas vraiment intéressées à moi.  Elles s’offraient dans le but de comprendre.

La 2e et 3e fois, c’était facile à éviter puisque c’était par messagerie.  C’était plus simple pour moi de jouer au nigaud qui ne comprend pas, qui change le sujet, ou qui glisse habilement le sujet de mon couple dans la conversation.  La 4e fois, comme j’en ai parlé dans mon billet précédent, c’était un peu plus compliqué parce que c’était en personne.  Mais le simple fait de lui dire qu’à mon âge je n’avais plus de libido, ça lui expliquait pourquoi je n’avais aucun intérêt sexuel pour elle, et ça épargnait son orgueil et son estime de soi.

Ceci dit, dans tous les cas, il s’agissait de jeunes femmes de 18 à 25 ans.  Je suis peut-être orgueilleux et vaniteux, mais même à moi on ne fera pas avaler qu’une gamine de la moitié de mon âge puisse soudainement, après des mois d’amitié platonique, me désirer sexuellement du jour au lendemain.

Lorsque les hommes n’accordent aux femmes qu’une valeur sexuelle, ils conditionnent ces femmes à ressentir elles-même que là est leur valeur. Ainsi, non seulement sont-elles victimes de cette mentalité misogyne, elles font hypnotiser à l’accepter. Il ne faut donc pas s’étonner si elles développent le réflexe de se sexualiser elles-mêmes pour obtenir ou pour garder l’attention ou l’approbation.

J’ai compris que dans les faits, non seulement ces jeunes femmes vivaient un abus, elles ont été inconsciemment conditionnées à le perpétuer.  Et à défaut de pouvoir les aider, je devais au moins m’abstenir de faire partie du problème.

Parce que des fois, on n’a pas le choix de faire son coming-out.

Comme d’habitude, je m’apprêtais à vous écrire une anecdote vécue dans laquelle j’ai retiré une leçon de vie en société.  Mais en voyant qu’une grande partie de cette histoire implique le plus dominant de mes traits de caractère, j’aimerais d’abord faire mon coming out.

Bon, soyons franc, dans ce cas-ci, « j’aimerais », ce n’est rien d’autre qu’une figure de style.  En réalité, je n’aime vraiment pas devoir révéler ce que je vais dire.  C’est quelque chose que j’aurais préféré garder pour moi, depuis que je l’ai appris il y a trois ou quatre ans.  Mais voilà, des événements récents dans ma vie m’ont forcé à devoir révéler cette partie de moi à certaines personnes de mon entourage, afin de me disculper de certains soupçons non-pertinents qui se colportaient à mon égard. 

Alors voilà:

Je suis, ce que l’on appelle, un demisexuel.  Et je l’ai apparemment toujours été.

Qu’est-ce que cela signifie au juste?  La page Wikipédia au sujet de la demisexualité décrit la chose en ces termes:

Une personne est dite demisexuelle si elle ne ressent de l’attirance sexuelle qu’après avoir formé un lien émotionnel fort avec une autre personne1. Ce lien peut être un lien de nature romantique mais pas exclusivement. Le mot « demisexuel » est issu de l’idée que la demisexualité se situe à mi-chemin entre asexuel et sexuel. Cela ne veut évidemment pas dire que la demisexualité est « incomplète », « à moitié développée », ou encore que l’attirance sexuelle sans un lien émotionnel est nécessaire pour une sexualité « complète ». En général, les personnes demisexuelles ne sont sexuellement attirées envers personne. Cependant, si un lien émotionnel fort se développe (qu’il s’agisse d’un sentiment romantique ou d’amitié profonde) une personne demisexuelle peut alors éprouver de l’attirance sexuelle et du désir envers ce partenaire.

Dans les faits, ce que ça signifie, c’est que si je suis en couple, je la baiserais volontiers 1-2-3 fois par jour, pour peu qu’elle le veuille aussi.  Car, comme je l’ai répété dans je-ne-sais-plus-combien de billets, 75% de mon excitation provient du fait que je sais que la fille me désire et aime ce que l’on fait.  Chose qui, apparemment, est typique chez un  demisexuel.  J’ai toujours eu une libido d’ado.  Elle s’est un peu calmée depuis mon accident de février 2018, mais elle est encore là.   

Par contre, comme le dit si bien l’extrait plus haut, en général, les personnes demisexuelles ne sont sexuellement attirées envers personne. Et ça, ça veut dire que, autour de moi, dans la rue, au travail, peu importe où je me trouve, jamais je ne vais regarder une fille qui passe.  Jamais je ne vais me retourner sur son passage.  Jamais je ne vas faire de remarques au sujet de son physique, sa beauté, son sex appeal.  Bref, jamais je ne vais désirer une femme sans savoir quoi que ce soit à son sujet.

Quant aux femmes qui m’entourent, que ce soit dans le milieu social ou bien les collègues de travail, aucune d’entre elle n’a entendu de ma part autre que politesse et sujets de conversations irréprochables.  Jamais de remarques déplacées, de sous-entendus à caractère sexuel, de commentaires grivois, de blagues adultes, même pas de regard et/ou sourires qui en disent long.  Je ne les complimente même pas.  Oh, il peut m’arriver de lui dire que tel nouvel ensemble leur va bien, que telle coupe de cheveux est très jolie.  Mais jamais il ne me vient à l’idée de les complimenter sur leur physique ou leur beauté.  Je ne leur ai jamais rien dit de plus que ce que je dirais à un autre homme.

J’ai eu, il y a longtemps, une collègue de travail qui était très tactile.  Elle ne peut pas voir quelqu’un sans lui toucher, moi inclus.  Main sur l’épaule, main sur le bras, main dans le dos.  Ça me hérisse.  Mais bon, je savais bien qu’elle ne faisait pas ça pour me rendre mal à l’aise.  C’est comme ça qu’elle est, voilà tout.  Et c’est la raison pour laquelle j’endurais sans rien dire.  Car moi non plus, je ne voulais pas mettre le malaise entre nous.  Mais disons que j’ai ressenti un certain soulagement lorsqu’elle a changé de carrière.

Je n’ai pas la phobie d’être touché.  Au contraire, je suis très chaleureux.  Avec ma conjointe, évidemment, lorsque j’en ai une.  Quelques amies proches également.  Et aussi mes parents.  Et pour les gens avec qui je suis moins intime, poignées de main et high-five, pas de problème.  Mais ça se limite à ça.  Sinon, je n’ai aucun désir d’être en contact physique avec qui que ce soit. 

Et voilà pourquoi je ne drague pas.  Oh, je peux trouver une étrangère intéressante et faire les premier pas vers elle.  Mais il faut que ce soit dans un contexte approprié.  Par exemple, sur Tinder.  Là, c’est normal, c’est une place à drague.  Mais à part ça?  Dans la rue?  Dans un événement social?  Au travail?  Non!  Ce n’est juste pas moi, ça.

Il m’est même déjà arrivé de me rendre compte qu’une jeune collègue tentait de provoquer mon intérêt envers elle avec ses paroles et son physique.  J’ai fait semblant de ne pas comprendre son message, je n’ai montré aucun intérêt, et je lui ai juste dit qu’à l’âge où j’étais rendu, je n’avais plus de libido.  Le sujet n’est plus revenu.  C’est sûr que si elle a répété ça par la suite, les collègues ont dû faire des blagues de vieil impuissant à mon sujet.  Qu’importe!  Puisque je suis contre la drague au boulot, ce n’est pas comme si ça pouvait me saboter.  En fait, bien au contraire, ça va juste m’éviter de recevoir de l’attention non-sollicitée.

Dans de telles conditions, je pense que ça va de soi qu’il m’est également impossible de jalouser une relation, et encore moins harceler sexuellement qui que ce soit.

Et c’est justement ça, la raison pour laquelle j’ai eu à faire mon coming-out parmi une partie de mon entourage.  Une rumeur mensongère de la part de quelqu’un qui a passé sa vie à chercher à causer des ennuis à autrui.  En cette époque de #OnVousCroit, #MoiAussi, #DévoileTonPorc, personne ne lui a demandé de preuves de ma culpabilité.  C’était à moi de faire celle de mon innocence.  Avec zéro historique de harcèlement sexuel en 50 ans d’existence, et quelques captures d’écrans de conversations prouvant mon manque d’intérêt pour la personne, j’ai pu m’en tirer.  Mais pour tous ceux qui ne croient pas en l’amitié homme-femme à moins que le gars soit gai, il a fallu que je sorte du placard, articles psychologiques à l’appui pour leur apprendre que oui, ça existe, la demisexualité.

N’empêche que le mal est fait.  Et qu’à cause de ça, un doute va toujours leur rester en tête à mon sujet.  Si je m’étais révélé bien avant, je me serais épargné cette mésaventure.

Alors pourquoi avoir si longtemps refusé de le dire?  J’ai trois raisons. 

RAISON 1:  Apprendre ma demisexualité, ça a complètement bouleversé mon estime de soi.
J’ai passé ma vie à être fier d’être celui qui respecte la femme.  Qui la regarde d’égal à égal, sans la réduire à un objet de désir.  Qui est capable d’être ami platonique avec elle sans espérer autre chose.  Et là, il y a trois ou quatre ans, j’apprends que non, en fait, le respect n’a jamais eu rien à y voir.  C’est juste mon orientation qui me rend ainsi.  Voilà qui a donné une sérieuse débarque à mon estime de soi.  Comment est-ce que je puis tirer de la fierté d’avoir toujours su contrôler mes pulsions, lorsque dans les faits je n’ai jamais eu de pulsions?

RAISON 2:  Se faire dire que l’on est demi quelque chose, c’est diminuant.
Ici, c’est le terme lui-même que je n’aime pas.  Qu’on le veuille ou non, la perception sociale de l’homme va de pair avec son côté animal.  Un homme, un vrai, c’est viril, fonceur, conquérant.  Ça séduit et surtout ça baise, en série.  Dans une telle optique, être un demisexuel, c’est n’être que la moitié d’un homme.

RAISON 3:  Les implications sociales du terme demisexuel sont horribles.
Si le fait de respecter la femme, les voir en égales et non en objet sexuel, c’est être demisexuel, alors ça sous-entend que d’agir en macho misogyne lubrique, c’est d’être sexuel complet.  Que c’est ça, la norme.  Que tous ces comportements
 déplacés que les femmes reprochent aux hommes, ce sont des comportements normaux.  Donc acceptables.    

Et voilà pourquoi je ne voulais pas en parler.

À la lueur de ces révélations, quelques uns de mes billets de blog passés peuvent être maintenant vus sous un tout autre angle.  Par exemple ces deux-là:

Ingrid; Cinq jours parmi les loups.  Je raconte comment, il y a quelques années, j’observais sans vraiment comprendre la majorité des hommes du bureau qui se sont tous mis à harceler une nouvelle employée, au point où elle a quitté l’emploi après cinq jours.

Mon année 2013, 2/4.  Mon amante de l’époque ne cesse de me demander si je trouve belles les filles que l’on croise.  Je ne peux que lui répondre que je ne les ai pas remarquées, puisque je ne les regarde même pas.  Une réalité qu’elle n’arrive pas à comprendre.

Et maintenant, je ne sais plus si ça vaut encore la peine de raconter d’autres anecdotes dans lesquels la morale est « Voyez comme il est possible de faire preuve de retenue » puisque, apparemment, mon comportement n’avait rien à voir avec la retenue.

Les 12 risques d’avoir une relation en milieu de travail

De tous les endroits où l’on puisse rencontrer son partenaire amoureux et/ou sexuel, le plus risqué reste le milieu de travail. Autant par observation que par expérience personnelle, j’ai pu répertorier les douze risques les plus communs dans cette situation.

Comme d’habitude, les sexes sont interchangeables.

RISQUE 1 : Ça peut être vu/traité comme étant du harcèlement.
À moins que les deux personnes impliquées vivent un moment magique dans lequel, simultanément, ils se regardent, réalisent soudain qu’ils sont attirés l’un par l’autre et s’embrassent passionnément, ça va plutôt se passer de manière un peu plus normale : L’un va faire savoir à l’autre son attirance, et attendre sa réaction.

Or, il arrive trop souvent que, pour toutes sortes de raisons, la personne sollicitée ne réagisse pas, en espérant que l’autre comprenne que son manque de réaction équivaut à un NON. Pendant ce temps-là, la personne intéressée considère que son manque de réaction peut être dû à l’une de ces raisons :

  • Elle n’a pas compris qu’elle se fait draguer.
  • Elle croit que ce sont des blagues.
  • Elle est trop timide pour dire oui.
  • Elle a oublié qu’il l’a draguée.
  • Elle attend qu’il continue, car qui ne dit mot consent.
  • Elle ne lui oppose qu’une résistance passive de principe.
  • Elle n’est pas intéressée.

Mais puisque cette dernière option ne représente que 14.3% des possibilités, il y a donc 85.7% de chance qu’il soit dans l’erreur. Il se sent donc obligé de revenir à la charge, ne serait-ce que pour la pousser à lui dire franchement si oui ou non elle est intéressée. Et si elle ne l’est pas, mais espère qu’en restant silencieuse « il finisse par comprendre », alors son insistance devient malaisant pour elle. Elle confie donc son désarroi à une collègue, qui lui tord le bras aussitôt pour qu’elle dépose plainte contre lui pour harcèlement en milieu de travail. Par conséquent :

RISQUE 2 : Ça détruit vos réputations.
À partir de maintenant, le gars est vu comme étant un harceleur de qui il faut se tenir loin. Et la fille ne s’en tire pas tout-à-fait blanche comme neige non plus. Il y aura quelques personnes médisantes qui vont lui en vouloir d’avoir causé des problèmes au gars, et/ou qui n’hésiteront pas à l’accuser d’être une allumeuse, une agace qui a couru après.

Mais admettons que ça se passe bien, que l’attirance est mutuelle et que vous formez un couple. Alors :

RISQUE 3 : Ça rend envieux et jaloux les collègues.
À moins d’avoir un physique particulièrement disgracieux et/ou avoir un certain âge, chaque femme au boulot est le sujet des fantaisies amoureuses et/ou sexuelle d’un ou plusieurs de ses collègues. Alors de savoir qu’elle est maintenant en couple, avec un collègue en plus, c’est difficile pour eux à accepter. Aussi… :

RISQUE 4 : Ça créé la médisance.
Ça va du « Qu’est-ce qu’il a de plus que moi, lui? » au « Mais qu’est-ce qu’elle fait avec un con pareil? », sans oublier la classique « Quelle pute, il lui les faut tous! », votre relation est le sujet des conversations des commères de bureau.  Sans oublier ceux et celles qui vont oser venir vous avertir de vous méfier de l’autre, à cause de son passé.

Afin d’éviter ça, certains nouveaux couples de bureau décident de garder leur relation secrète. Cependant :

RISQUE 5 : Il est impossible de garder ça secret.
Dans un couple, il arrive que celui qui se fait suggérer le secret par l’autre ne le prenne pas très bien.  La première pensée qui lui vient en tête est « Pourquoi?  A-tu honte de moi? Veux-tu continuer de te faire passer pour libre pour pouvoir me tromper? »   Avec ou sans l’accord de l’autre, cette personne insécure révélera alors leur relation dans les 48 heures. 

Autre scénario: L’un de vous se confie à une personne de confiance qui, quel hasard, est un(e) de vos collègue.  Or, une personne de confiance ne l’est jamais tout-à-fait. Elle va en parler à une amie qui travaille ailleurs, et ce sans retenue puisque ce n’est pas une collègue. Celle-ci en parlera à tout son entourage. Entourage qui inclut une personne proche d’un de vos collègues, à qui il se fera un plaisir de tout raconter.  Et bientôt, tout le monde au travail le sait et les ennuis commencent.

RISQUE 6 : En général, ça ne dure pas.
Le problème le plus fréquent en matière de drague, c’est que l’on se met ensemble avant de se connaître vraiment.  Alors quand on se rends compte que nous ne sommes pas compatibles, la relation est déjà commencée, il faut donc y mettre fin.  Au moins, chez les couples qui se sont rencontrés n’importe où, c’est simple: Quand on cesse d’être un couple, on cesse de se voir.  Mais vous deux, vous travaillez ensemble.  Ainsi… :

RISQUE 7 : Les choses deviennent malaisantes pour l’un, pour l’autre ou pour les deux.
Il est rare qu’une rupture soit une décision mutuelle et harmonieuse. Aussi, après la relation, il est souvent difficile d’être obligé de côtoyer l’autre huit heures par jour, cinq jours par semaine. Surtout si l’un est encore un peu accro à l’autre.  Par conséquent… :

RISQUE 8 : Ça affecte le rendement et la performance.
Difficile de se consacrer à notre travail quand on ne pense qu’à l’autre.  En plus, on ressent le besoin d’en parler au lieu de travailler.  Et le/la collègue à qui vous vous confiez vous écoute au lieu de travailler.  Et si l’un harcèle l’autre, ça en fait une de plus qui ne travaille pas.  Ni le patron ni les collègues ne risquent d’apprécier. 

RISQUE 9 : Ça détruit la vie sociale.
Pendant la planification d’un 5 à 7, il suffit qu’elle leur dise qu’elle se sentirait mal à l’aise à cause de votre présence, puisque vous êtes son ex. Il n’en faut pas plus que vous vous retrouviez persona non grata sans autre forme de procès. Vous êtes désormais exclus de toute activité entre collègues et amis.

RISQUE 10 : Tout le monde connait vos secrets les plus intimes.
Quand la relation finit mal –Que dis-je : Même quand tout se passe bien— il est quasiment inévitable que l’un ou l’autre raconte tout au sujet de votre vie sexuelle : Elle demande la fessée, il a besoin de se faire sodomiser pendant l’acte, elle exige d’uriner sur son partenaire, il est pédosadozoophile, etc.

Vous vous rappelez ce que je disais plus haut, au sujet de la personne de confiance?  Ben voilà! En un rien de temps, tout le monde sait tout, et plus personne ne vous regarde du même oeil.

RISQUE 11 : On est à la merci des désirs de vengeance.
À partir du moment où l’autre te fait connaitre son intérêt pour toi, tu es à risque.

  • Tu étais en relation avec cette personne et ça a mal tourné? Elle peut te faire la vie dure au travail pour se venger.
  • Tu n’as jamais été en relation avec cette personne car tu as décliné ses avances? Elle peut te faire la vie dure au travail pour se venger.
  • Et même si l’autre ne te cause pas de misère, aux yeux de collègues jaloux, tu as commis le crime de lui plaire?  Ils peuvent te faire la vie dure au travail pour se venger.

RISQUE 12 : Vous perdez votre emploi.
Ou bien vous êtes renvoyé, ou bien vous démissionnez parce que c’est la seule option qui puisse mettre fin à tous ces problèmes.

En fin de compte, le seul moyen d’être en couple avec un(e) collègue de travail, sans que ça cause de problèmes, c’est d’être déjà en couple ensemble avant de vous faire tous les deux embaucher.

C’est sûr que comme dans toutes les situations il y a des exceptions.  Mais pour ma part, je considère que de risquer ma vie professionnelle, financière et sociale en échange de quelques orgasmes, ça n’en vaut vraiment pas la peine.