La réputation injustifiée des soi-disant bons gars

Pour une fois, c’est dans le but de les défendre que je vais parler des soi-disant bons gars. Parce que, peu importe qui on est et ce que l’on est, personne ne mérite d’être affligé d’une réputation trompeuse, surtout si elle est négative. Et il se trouve que le soi-disant bon gars en a toute une, de réputation négative, qui est à l’extrême opposé de la vérité.

Situation classique : Le soi-disant bon gars aime une fille en secret. Il se comporte avec elle de façon totalement asexuée, il se prétend être son ami le plus proche, et la couvre de gentillesse et de cadeaux. Puis, la fille rencontre un mec qui, aux yeux du soi-disant bon gars, est un néandertalien plein de défauts qui ne la mérite pas, et il réagit en chialant que « Les filles disent vouloir un bon gars, mais dès qu’il y en a un qui la maltraite, elle va le récompenser en lui donnant du sexe! »
Conclusion logique : Les soi-disant bons gars sont des hypocrites qui se disent romantiques, alors qu’ils considèrent que les filles devraient leur donner du sexe en récompense d’être gentil avec elles.

L’image suivante provient de l’excellent blog BD de Mirion Malle qui dénonce exactement ça:


Je comprends pourquoi la majorité des filles en arrivent à cette conclusion. Mais voilà: Et si je vous disais que cette conclusion est erronée?  Si je vous disais qu’au contraire, le sexe n’est pas ce que les soi-disant bons gars désirent en premier dans la relation? Si je vous disais qu’ils ont plutôt tendance à s’auto-castrer? Enfin, si je vous disais en plus que c’est dans l’espoir de plaire aux filles qu’ils le font, me croiriez-vous? Probablement pas! Voilà pourquoi, comme d’habitude, je vais piger autant dans mes observations des autres que dans mes expériences personnelles afin de vous expliquer ce curieux phénomène.

Pourquoi le soi-disant bon gars chercherait-il à s’auto-castrer? Parce qu’à chaque fois qu’il entend des femmes parler du désir sexuel des hommes, c’est toujours pour s’en plaindre.  On en dit que  « La libido masculine fait de tout homme un obsédé, un pervers, un adultère.  La libido masculine fait de lui un gars qui ne pense qu’avec sa queue, qui ne voit les femmes que comme un orifice dans lequel se vider, et qui refuse de porter le condom, ce qui fait de lui un distributeur de maladies transmises sexuellement et/ou un irresponsable qui met une femme enceinte pour ensuite la planter là et fuir ses responsabilités.  La libido masculine est la raison pourquoi les femmes se font exploiter dans la porno, les bars de danseuses, la prostitution.  La libido masculine est à l’origine de tous les crimes contre les femmes et les enfants:  Les agressions verbales, la violence, le viol, l’exploitation et l’esclavagisme sexuel, la pédophilie. »  Devant un tel constat accusateur, le soi-disant bon gars ne peut qu’arriver à une conclusion: Toutes les femmes ont horreur du désir sexuel en général et de la libido masculine en particulier.  Donc, s’il veut plaire aux femmes, il doit réprimer en lui-même tout désir sexuel.

Les hommes ont donc cette réputation de ne vivre que pour le sexe.  Alors quand un gars déclare à une fille une flamme non-sollicitée et surtout non-réciproque, un des trucs qui vient en tête à la fille pour le repousser, c’est de lui  faire croire qu’elle n’aime pas du tout le sexe.  

Face à ceci, un gars normal va en arriver à l’une de ces deux conclusions :

  1. Ou bien elle lui raconte des conneries car elle n’ose pas lui dire clairement qu’il ne lui plait pas.
  2. Ou bien elle dit la vérité et il en sera quitte pour continuer à avoir une vie sexuelle constituée de séances solitaires de passe-poignet, même s’il est en couple avec elle, ce qui serait quelque peu ridicule.

D’une façon comme d’une autre, il est évident que la fille ne veut pas de lui. C’est suffisant pour qu’il laisse tomber.

Le soi-disant bon gars, par contre, ne va pas abandonner aussi facilement.  Ce n’est pas de l’obstination.  C’est juste que, pour les raisons citées plus haut, il croit sincèrement qu’aucune fille n’aime le sexe.  Alors même si la frigidité prétendue de la fille n’est qu’une excuse mensongère, il va y croire.  Et voilà pourquoi il arrivera à la conclusion que pour plaire aux filles, il faut être asexué.

On ne peut pas blâmer la fille de prétendre être frigide au lieu de lui dire les raisons réelles pourquoi il ne lui plait pas.  Comme je le dis dans un de mes vieux billets intitulé La difficulté de dire « Non merci! », il est beaucoup plus simple de servir une excuse bidon qui nous déresponsabilise, que de dire la vérité et mal paraître.  Alors si le soi-disant bon gars se fait juste servir l’excuse mensongère du dégoût du sexe par les filles qui ne veulent pas de lui, pourquoi croirait-il que c’est faux? Il pense donc que, pour les filles, les choses doivent se dérouler dans cet ordre: 

  1. Se rencontrer.
  2. Devenir amis.
  3. Devenir amis très proches.
  4. Devenir amoureux.
  5. Être en couple.
  6. Se désirer sexuellement.
  7. Faire l’amour parce qu’on est en amour.

Comme vous voyez, le soi-disant bon gars n’est pas assez cave pour croire que les filles vont détester le sexe pour toujours.  C’est juste qu’il pense que ce processus demande à la fille entre quelques mois et quelques années.  Il voit la sexualité comme étant l’accomplissement final logique de la relation qu’il a amorcé avec elle.  Une relation qui y aboutira éventuellement, pour peu qu’il réussisse à dépasser l’étape 3.

Et c’est comme ça que, quand la fille finit par avoir une relation normale avec un gars normal, le soi-disant bon gars ne comprends pas. Il la voit s’intéresser à un gars, sortir avec et/ou coucher avec lui alors que ça ne fait même pas un mois qu’ils se connaissent.  Évidemment, une fois la période « charme de la nouveauté / je suis conciliant dans le but de séduire » est passée, le naturel de la fille et de son nouveau mec remontent à la surface.  Ils commencent à se connaître vraiment, et c’est là que les incompatibilités surgissent.  Mais bon, la relation est déjà amorcée, alors ils continuent d’être en couple et de coucher ensemble.  Pendant ce temps-là, la fille se plaint de tel ou tel truc en espérant que son mec change pour le mieux, ce qui n’arrive pas toujours.  Le soi-disant bon  gars s’étant taillé une place auprès de la fille en tant qu’ami proche et confident, c’est donc à lui qu’elle se confie de ses déceptions de couple. 

Et voilà ce qui amène le soi-disant bon gars à frustrer.  Le fait qu’elle sorte avec un gars sans qu’ils aient d’abord eu à apprendre à se connaître à fond, le fait qu’elle couche avec sans qu’il ait eu à attendre des mois ou des années, le fait qu’elle se plaint de lui mais continue à l’aimer / être en couple /coucher avec lui, ça dépasse l’entendement du soi-disant bon gars.  Et voilà pourquoi, dans son incompréhension, il ne peut qu’en arriver qu’à la conclusion suivante: « Alors c’est ÇA que ça prend pour qu’une fille ait envie de sexe?  Il faut la maltraiter?  Sois gentil avec elle et elle te friendzone, mais agis en salaud et elle te récompense avec du sexe? »

Pourquoi est-ce que le soi-disant bon gars associe t-il sexe avec récompense?  C’est tout simple:  Aux yeux du bon gars…

  • Un gars qui est salaud avec les filles mérite d’être puni pour son comportement.  Et la punition appropriée dans ce cas-ci, c’est: Ne recevoir ni amour ni sexe de la part des filles.
  • Si la fille se plaint du gars, alors le gars est un salaud.
  • Malgré le fait qu’elle s’en plaint, elle continue de sortir et coucher avec lui.
  • Recevoir de l’amour et du sexe est-il une punition pour un gars? Bien au contraire.
  • Donc, techniquement, si c’est le contraire d’une punition, alors c’est une récompense.  

Si le soi-disant bon gars s’en plaint, ce n’est pas parce que son but dès le départ était de recevoir du sexe en récompense pour sa gentillesseC’est plutôt parce qu’il est sous le choc de voir que le comportement de la fille entre en contradiction totale avec tout ce qu’elle a toujours prétendu être, ce qui le fait passer par toute une gamme d’émotions négatives: Sentiment de trahison, d’avoir été trompé, colère,  révolte … Et en constatant que la majorité des filles vivent leurs amours et leur sexualité de la même façon que son amie avec son mec, il en vient à la conclusion que  « Les femmes, c’est toutes des salopes! »  Non pas parce qu’elles le sont vraiment, mais bien parce qu’il a commis l’erreur de mettre les femmes sur un piédestal de sainteté et de pureté trop irréaliste pour être vrai.

Et voilà!  Ceci n’excuse évidemment pas le comportement négatif des soi-disant bons gars envers les filles.  Mais ça l’explique.

 


Quelques exemples antérieurs des comportements dont je parle dans ce billet:

Filles utilisant la fausse frigidité comme excuse pour tenir le gars à l’écart:

Dans Salomé, portrait d’une sociopathe, le 18e paragraphe raconte comment elle m’a fait accroire être peu portée sur le sexe.  Un mois plus tard, et pour les années à venir, elle s’est au contraire montré très active sexuellement avec les autres hommes, ne ressentant avec eux aucun des blocages qu’elle me disait avoir.

Dans le paragraphe On ne peut pas l’être et le faire situé au milieu de mon billet Mieux vaut se taire que de dire des niaiseries, je parle de cette fille avec qui j’ai eu une relation de couple platonique pendant plus de deux ans, car elle considérait que la sexualité allait prendre la place des sentiments et de l’amitié.  Elle a fini par m’expliquer, après la rupture, qu’en réalité, tout ce temps-là, elle espérait que le manque de sexe me pousse à mettre fin à la relation.  Dans sa relation suivante, ils sont rapidement passés au lit et leur couple a duré trois an et demi.

Gars qui s’auto-castre en croyant sincèrement que tel est ce que recherchent les filles:

Dans le premier billet de la série Comment le fait d’être un bon gars a ruiné ma vie sociale, amoureuse et sexuelle, je raconte comment je suis resté totalement asexué dans le lit d’une fille qui m’avait invité chez elle « en tant qu’ami seulement », et ce peu importe les signes qu’elle me donnait par la suite comme quoi elle voulait plus que ça.

Dans le second billet, une fille m’intéresse, mais dès que j’apprends qu’elle a couché avec un autre, elle est automatiquement devenue une salope à mes yeux et je n’en voulais plus dans ma vie, même pas en tant qu’amie.

Et dans le 3e billet, je suis très bon ami avec une fille qui m’intéresse mais qui est en couple, bien qu’elle m’ait dit qu’elle ne l’aime plus.  Lorsqu’elle s’est offerte à moi, je n’ai vu la chose que comme un écart de conduite de sa part, et j’ai très sincèrement cru qu’elle me serait reconnaissant plus tard que je lui dise non.

Le sexe en guise de récompense:

Dans le billet Un rendez-vous traumatisant, je raconte comment la fille n’a pas cessé de m’insulter et de me rabaisser tout le long de notre rencontre. À la fin de la soirée, elle m’invite chez elle.  Refusant de récompenser son attitude de merde en lui donnant du sexe, je décline.  Sa réaction de frustrée renforce ma conviction comme quoi j’ai bien fait.

Le Questionnaire Landru: Êtes-vous dans une relation abusive?

D’habitude, je ne publie pas sur mon blog des textes qui ne sont pas les miens.  Mais pour la seconde fois en cinq ans, je vais me le permettre, puisque c’est pour une bonne cause.  Il s’agit d’un test qui, à l’origine, n’avait pas de nom, et que j’ai baptisé Le Questionnaire Landru la première fois que je l’ai mis sur le net en 1998.

Pourquoi le nommer « Landru »?
Henri-Désiré Landru (1869-1922) est un célèbre tueur en série et criminel français.  Cet homme avait beaucoup de charme, qu’il utilisait afin de séduire de nombreuses femmes. 

Beau parleur, il fait signer à ses victimes des procurations lui permettant ensuite de faire main basse sur leurs comptes bancaires. Il ne lui reste plus qu’à les tuer et à faire disparaître les corps.  La célébrité que lui apportera son procès aura comme répercutions que la majorité des Landru changeront leur nom en Landry ou en Landré. (C’est du moins ce que j’ai entendu Bruno Landry dire en entrevue.)

En 1995, alors que je suis étudiant au cégep André-Laurendeau, il s’y déroule une semaine de la prévention contre la violence.  On y retrouve divers kiosques, chacun s’occupant d’un genre de violence en particulier: Violence faite aux enfants, violence des gangs de rues, violence raciste, etc.  Je m’arrête devant celui de la violence domestique.  Je regarde les pamphlets empilés sur la table et j’en prend un.  Il s’agit d’un questionnaire qui présente une liste de 30 situations:

1Votre conjoint(e) entretient-il/elle directement ou indirectement des menaces…

  • qu’en cas de rupture, il/elle pourrait vous ruiner?
  • qu’il/elle a la possibilité de déposer une plainte contre vous auprès de la police en vous accusant d’être un parent inadéquat ou un conjoint(e) violent(e)?
  • qu’en cas de rupture, votre relation avec vos enfants pourrait être menacée?
  • qu’il/elle pourrait vous discréditer auprès de votre famille, vos enfants, votre employeur, vos amis, votre thérapeute?
  • qu’en cas de rupture, il/elle obtiendrait la collaboration des membres de son entourage pour vous affronter?


2Votre conjoint(e) vous a-t-il/elle déjà frappé, tenté ou menacé de le faire avec ou sans objet contondant?

3Votre conjoint(e) a-t-il/elle déjà endommagé ou menacé d’endommager des objets auxquels vous tenez?

4Votre conjoint(e) a-t-il/elle déjà mis dans une situation difficile en vous entraînant dans une dispute au moment où vous aviez quelque-chose d’important à faire?

5Votre conjoint(e) a-t-il/elle déjà contraint à faire une dépense qui ne vous convenait pas, en utilisant votre bien-être ou celui de vos enfants comme argument pour vous y contraindre?

6 –Votre conjoint(e) vous menace-t-il/elle de s’intéresser à un autre partenaire sexuel, vous invite-t-il/elle à « aller voir ailleurs », parle-t-il/elle souvent de partenaires qu’il/elle a connu dans le passé, de ceux qu’il/elle souhaite avoir dans l’avenir ou de ceux qu’il/elle aurait souhaité avoir?

7 -Votre partenaire vous menace-t-il/elle de vous quitter, répète-t-il/elle qu’il/elle serait mieux sans vous ou évoque-t-il/elle souvent une rupture éventuelle?

8 Votre partenaire utilise-t-il/elle la sexualité ou la privation de relations sexuelles pour sanctionner vos comportements?

9 -Si votre sexualité n’est pas ce que vous souhaiteriez qu’elle soit…

  • votre conjoint(e) vous en fait-il/elle porter seul la responsabilité?
  • votre conjoint(e) tente-t-il/elle de vous empêcher de vous satisfaire?


10Votre conjoint(e) vous discrédite-t-il/elle au sujet de questions qui vous sont chères ou qui touchent votre identité? (travail, enfants, habillement, loisirs, etc.)

11Votre conjoint(e) voit-il/elle d’un mauvais oeil que vous entreteniez des relations avec vos proches? Votre famille, vos enfants, vos amis, vos collègues?

12 -Vos conversations avec votre conjoint(e) sont-elles laborieuses, insatisfaisantes et stériles?

13 -Votre conjoint(e) menace-t-il/elle de se suicider, afin de vous contrôler?

14Votre conjoint(e) vous reproche-t-il/elle de vous plaindre de lui auprès de tiers? Vous rapporte-t-il/elle des propos défavorables d’autrui à votre endroit?

15 -Votre conjoint(e) refuse-t-il/elle vos propositions de participer aux tâches ménagères alors qu’il/elle se plaint que vous ne faites pas votre juste part et que vous le traitez comme un domestique?

16 -Avez-vous parfois l’impression que votre vie est inutile? Entrevoyez-vous votre décès éventuel comme une libération? Avez-vous déjà pensé à la meilleure façon d’en finir? Entrevoyez-vous la possibilité de ne pas faire soigner une maladie grave dont vous seriez éventuellement atteint?

17Lorsque vous avez prévu participer à une fête de famille ou à une activité impliquant des tiers, êtes-vous incertain, jusqu’au moment de l’événement, que votre conjoint(e) vous y accompagnera?

18Avez-vous l’impression qu’une crise menace d’éclater, que vous pourriez, sans le savoir, dire ou faire quelque-chose qui pourrait provoquer une crise, ou que votre vie est une suite de crises?

19 -Votre conjoint(e) a-t-il/elle l’habitude de quitter ou de menacer de quitter la pièce au moment où vous tentez d’avoir une conversation avec lui/elle?

20Avez-vous l’impression qu’avec votre conjoint(e), vous n’avez jamais raison?

21Est-ce que vos conversations aboutissent souvent en dispute?

22Est-ce que votre conjoint(e) vous « fait la leçon? »

23Est-ce que votre conjoint(e) vous insulte?

24Avez-vous l’impression qu’avec votre conjoint(e), il y a de nombreux sujets qu’il vaut mieux ne pas aborder?

25 -Votre conjoint(e) respecte-t-il/elle votre volonté quand vous demandez de mettre fin à une conversation qui ne mène nulle-part?

26 -Votre conjoint(e) vous pose-t-il/elle des questions sans vous laisser le loisir d’y répondre, sans s’intéresser à votre réponse, ou sans en tenir compte?

27 -Votre conjoint(e) vous pose-t-il/elle des questions qui sont formulées de telle sorte qu’elles sont des affirmations déguisées?

28Votre conjoint(e) vous accuse-t-il/elle injustement d’avoir des comportements que vous n’avez pas, d’avoir des défauts que vous ne reconnaissez pas, d’avoir des intentions que vous n’avez pas?

29Avez-vous l’impression qu’au moment de prendre une décision (le choix des activités de vacances, l’aménagement de la maison, le menu d’un repas,) votre suggestion ne vaut que si elle convient à votre conjoint(e) et que la réciproque ne vaut pas?

30Avez-vous l’impression que votre conjoint(e) sait où vous êtes et ce que vous faites à tout moment?

Si vous avez coché quatre situations ou plus, alors vous êtes victime de violence domestique. Vous devriez considérer la possibilité d’obtenir de l’aide d’un conseiller. Il pourrait être utile d’en discuter avec un ami en qui vous avez confiance, un psychologue, un travailleur social du CLSC, un médiateur attaché au Palais de justice, un membre du clergé ou un membre de votre famille. Il n’y a aucune honte à demander de l’aide, au contraire. Assurez-vous cependant que votre volonté de trouver une solution à l’impasse dans laquelle vous vous trouvez est partagée par votre conjoint(e). Si tel n’est pas le cas, vous devriez considérer la possibilité de quitter cette personne abusive.

À l’origine, le questionnaire était exclusivement masculin, ne parlant que de conjoint violent.  Si je l’ai modifié afin de le rendre unisexe, c’est parce qu’à l’époque, alors que je vivais avec Kim, la mère de mes enfants, j’ai constaté qu’elle me faisait subir 22 de ces 30 situations. (Celles, dans ce questionnaire, précédées d’un chiffre en noir gras, si vous êtes curieux.) Réalisant que ces comportements pouvaient aussi bien se retrouver chez l’homme que la femme, il me semblait logique, et beaucoup plus productif, de le multigenrer.  Et si j’ai donné à ce test le nom d’un homme violent, c’est tout simplement parce que, comme je dis plus haut, plus personne ne s’appelle ainsi.  Je ne risque donc pas de froisser qui que ce soit.

Ceci dit, pas besoin de faire un long test pour déterminer si on est dans une relation abusive ou non.  Vous n’avez qu’à penser à la façon dont votre partenaire vous traite actuellement.  Cette personne se comportait-elle de la sorte envers vous lorsqu’elle vous a séduite?  Si la réponse est non, et que les changements ne sont que négatifs, alors déjà là, il y a lieu de remettre son couple en question.

Les dommages collatéraux de l’auto-importance démesurée (1e partie)

L’histoire qui va suivre, je crois bien que c’est la première fois que je la raconte. Il faut dire que mon orgueil m’a quelque peu poussé à faire comme si ces événements ne s’étaient jamais produits.

Janvier 1997. J’ai 28 ans. Il y a quelques mois, j’ai reçu un avis du cégep comme quoi je n’étais pas accepté pour la session printemps 97. Sans école, je ne peux plus compter sur la bourse étudiante pour me faire vivre. J’ai beau occuper le poste de superviseur des résidences étudiantes, tout ce que ça me rapporte est le téléphone gratuit et une réduction de coût du loyer. J’ai besoin d’un boulot, et vu l’urgence de ma situation je ne peux pas me permettre d’être sélectif. Je me vois donc contraint d’aller dans la seule branche où j’ai de l’expérience : Pâtissier au Dunkin Donuts.

Être de retour au Dunkin après trois ans est pour moi une expérience humiliante, puisque je considère que je vaux mieux que ça. La raison de mon snobisme est simple : Dans les trois Dunkins où j’ai travaillé par le passé, mes collègues pâtissiers entraient tous dans l’une, sinon plusieurs, des catégories suivantes :

  • Repris de justice.
  • Crétins ne possédant rarement plus qu’un secondaire III.
  • Drogués.
  • Saoulons.
  • BS qui ne travaillaient que six mois pendant la saison froide, de façon à avoir tout juste les semaines de travail requises pour se remettre au chômage les six mois de belles saisons.

Étant retourné aux études justement dans le but d’échapper à ce genre de boulot, y revenir ne fait que me rappeler mon échec, me souligner à quel point je suis un minable, me montrer à quel point toute tentative pour améliorer mon sort ne sera jamais pour moi qu’une perte de temps et d’argent. Ça n’a beau n’être qu’une impression qui se montrera erronée avec les années, n’empêche qu’à ce moment-là, j’y crois. Et ça, ça joue sur mon humeur quelque chose de négatif.

À 26 ans, Allen, de son nom, est l’assistant gérant de mon Dunkin, ce qui fait de lui mon supérieur immédiat.  Il représente à ce moment-là tout ce que l’on appellera quelques années plus tard un douchebag. Il est beau, grand, athlétique, et il porte la moustache, ce qui est encore acceptable à cette époque. Il conduit une grosse bagnole de macho dans lequel il s’est bricolé un système de son qui vaut quasiment plus cher que le char lui-même, et ne sort jamais sans la balle de calibre .22 qu’il porte au cou en guise de pendentif. Allen est à demi-Iroquois, vit sur une réserve, et il ne manque jamais de se vanter à qui veut l’entendre qu’il était en première ligne du côté des indiens lors de la crise d’Oka. C’est là qu’il attire l’attention de son interlocuteur sur son pendentif.

ALLEN : C’te balle-là, mon homme, c’est la première que j’ai mis dans mon fusil quand j’étais aux barricades. Comme j’ai pas eu la chance de la tirer, j’m’en suis fait un collier en souvenirs.

À chaque fois qu’il engage une nouvelle pâtissière ou une nouvelle caissière, Allen la choisit en fonction de sa beauté et de son célibat, histoire d’essayer ensuite de les draguer. Quand ça marche, la fille est assurée d’avoir ses fins de semaines de libre en même temps que lui, puisqu’en plus c’est Allen qui s’occupe des horaires.  Autant il se montre charmant avec les filles, autant il se montre chiant avec les gars. Son truc, c’est de toujours essayer de nous prendre en défaut. Au début, ça pouvait passer. C’était majoritairement des questions du genre « As-tu fait tel truc? As-tu oublié tel autre truc? »… Rien que des questions relatives à la qualité du travail. Mais un après-midi du mois de mars, voilà qu’il décide de me prendre comme cible, et ce d’une façon qui démontre parfaitement toute la chianteur de sa personnalité.

Alors que je suis affairé à mélanger 55 lbs de pâte à beignets avec le mélangeur géant, il se rapproche de moi et me demande :

ALLEN : Tu t’es-tu lavé les mains avant de commencer ton shift?

Eh non, je ne m’étais pas lavé les mains.  J’aimerais bien dire qu’il s’agit d’un oubli, mais en vérité il s’agissait de simple négligence. Mais voilà, histoire d’éviter de me faire sermonner par ce grand fendant chiant, je choisis de lui mentir en répondant:

MOI : Oui!
ALLEN : Ah ouain?
MOI : Oui!
ALLEN : Sérieux là? Tu t’es lavé les mains avant de travailler?
MOI : Ben oui!
ALLEN : T’es sûr-sûr-sûr certain, là, tu t’es vraiment lavé les mains?

Bien que je le sais fatiguant, je trouves qu’il insiste un peu plus lourdement que d’habitude. En fait, il a l’air de s’y acharner comme quelqu’un qui connait la vérité. Mais voilà, logiquement, comment aurait-il pu le savoir? Arrivant à la conclusion qu’il essaye juste de m’avoir en bluffant, j’insiste avec calme comme quoi que…

MOI : Oui!
ALLEN : T’es vraiment sûr, certain, positif à 100% que tu t’es lavé les mains pour de vrai, là, avec du savon?
MOI : Sûr, certain, positif à 100%.

Avec un petit sourire triomphant, il s’accote sur le malaxeur et me regarde en disant :

ALLEN : Ben c’est bizarre, ça, parce qu’y’en a pu, de savon, dans la distributrice, depuis hier soir. Fa que, vas-y: Explique-moé donc comment t’as pu faire pour te laver les mains avec du savon puisque y’en a pas, de savon? Hm?

Pendant un court instant, je sens monter en moi le malaise que l’on ressent de s’être fait prendre en flagrant délit de mensonge. Puis, un truc me revient en mémoire, qui me calme instantanément. Il se trouve que, par un très heureux hasard, j’ai justement un demi pain de savon Irish Spring dans mon sac. Je l’avais amené avec moi lorsque je suis allé à la piscine municipale avec mon ex deux semaines plus tôt, et ma nature négligente a fait que je ne l’ai pas encore enlevé de mon sac.

Le fait qu’une de mes négligence est sauvée par une autre négligence me fait sourire.  Et dire qu’il y a encore des abrutis pour affirmer que deux négatifs ne font pas un positif. Je vois en ce hasard un signe du destin comme quoi une main divine vient de me donner la tâche de rabattre ce grand fendant prétentieux. Et cette tâche, c’est avec grande joie que je l’accepte.

MOI : Parce que, voyant hier que, justement, on allait manquer de savon, j’ai pris la peine de m’en amener un.

Incrédule, Allen éclate quasiment de rire dans ma face.

ALLEN : T’essayes-tu vraiment de me faire accrère que tu t’es amené un savon icite?
MOI : J’essaye pas de te faire accroire quoi que ce soit. Tu m’as posé une question, et j’y ai répondu. Libre à toi de me croire ou non.

J’ai fait exprès pour lui donner cette dernière réponse sur un ton snob, quasi méprisant, dans le but de le provoquer. À cet hameçon, il mord à pleines dents.

ALLEN : Ok! Pis là yé où, ton fameux savon?
MOI : C’est vrai qu’y’est fameux, c’est du Irish Spring.
ALLEN : Ben montre-moé lé, ton fameux savon Irish Spring.

En arrêtant la machine, je me tourne vers lui et je le regarde avec un air au visage et un ton de voix qui évoque le fait que j’ai l’impression de m’adresser à un attardé mental.

MOI : Ok… Parce que tu veux vraiment voir mon savon? Sérieux, là?
ALLEN : Que c’est qu’y’a? Ça te poses-tu un problème? Si c’est vrai que t’as un savon, tu devrais pas avoir de troubles à pouvoir me le montrer.
MOI : Voir mon savon… Bah, si tu y tiens. À chacun ses buts dans la vie, je suppose.

Si mes insinuations ont de l’effet sur lui, c’est de le convaincre encore plus que j’essaye de m’en tirer, donc qu’il a raison de ne pas me croire. Je me dirige vers les casiers des employés, suivi de près par Allen qui savoure déjà son triomphe, sûr qu’il est de pouvoir me prendre en flagrant délit de lui mentir.

ALLEN : Tsé, les menteurs icite, on garde pas ça longtemps parmi nos employés. Quand un gars est capable de mentir dans nos faces de façon aussi insistante pour un simple lavage de main, imagine comment y peut nous mentir pour des affaires pas mal plus graves. Tsé, genre, des vols, par exemple.

Mentir comme quoi je me suis lavé les mains ferait de moi un voleur? Wow! Du sophisme à l’état pur. Pour toute réponse, je me contente de prendre mon sac et de l’ouvrir. J’y plonge la main et je fouille quelques secondes. Puis, toujours avec calme, j’en tire la savonnette verte que je lui brandis au visage.

MOI : Tiens! Le v’là, mon savon.  Content, là?

Allen a beau essayer de se donner un air impassible, son silence démontre clairement qu’il ne s’attendait vraiment pas à ce que je lui en produise un pour de vrai.  Aussi, je profite de l’occasion pour me payer sa tête. Je remets ma main dans mon sac et y sort quelques autres items.

MOI : Pis? Y’a-tu d’autres choses que tu veux voir? Mes caleçons, peut-être? Tiens, les v’là. Ah, pis tiens, j’ai un bas sale ici. Y’é beau, hein? Tu veux-tu voir l’autre, ou ben ça va aller comme ça?

Quelque peu piqué dans son orgueil de voir qu’il a fait tout ce cirque alors qu’il était (apparemment) dans l’erreur, Allen pousse une dernière tentative de me discréditer. Hélas pour lui, même s’il tombe dans le vrai,  j’ai l’esprit vif et la réponse cinglante.

ALLEN : Ouain ben ton savon, là… J’trouve qu’y’avait l’air pas mal sec.
MOI : Ben là, franchement, c’est évident je l’ai essuyé pour qu’il sèche avant de le remettre dans mon sac. Penses-tu vraiment que j’mettrais un savon humide dans mon sac avec mon linge pis mes paperasses? Hein, qu’est-ce t’en penses, Sherlock?

Allen reste silencieux quelque secondes, son ego ayant quelques problèmes à (di)gérer le fait que je viens de le ridiculiser en beauté. Aussi, c’est avec une mauvaise foi carabinée qu’il répond :

ALLEN : Ouain! On va dire!

« On va dire »?  Il a là, dans sa face, la preuve que je ne lui mentait pas en disant que j’avais un savon dans mon sac.  Et lui, au lieu de le reconnaitre, il répond « On va dire »?  Tandis qu’il tourne les talons et repart dans la cuisine. Je lui emboite le pas.  Je devrais être satisfait de cette victoire morale fort satisfaisante.  Sauf que sa dernière réplique m’a fortement déplu.  Déjà que Je déteste les gens méprisant, quand ils font en plus preuve de mauvaise foi, ça m’enrage.  ça me donne juste envie de pousser le bouchon encore plus loin pour le faire chier.

MOI :  Pis toi, ton savon, y’é où? À moins que tu me dises que TOI, tu ne te les a pas lavées, tes mains!?

Piqué au vif, il se retourne promptement et me répond avec un ton élevé qui ne cache en rien sa frustration et sa colère.

ALLEN : Heille, pour qui tu t’prends, toé, kôlisse!?

Quoi de mieux dans ce temps-là, pour prouver encore plus que je vaux mieux que lui, que de lui répondre avec calme et logique:

MOI : Moi? Ben, je me prends pour un gars qui a passé les dix dernières minutes à me faire dire à quel point se laver les mains c’est important quand on travaille ici. Pourquoi?  Est-ce que je fais erreur de me prendre pour ça?
ALLEN : Chus ton boss, ok!?  Fa que j’ai pas de compte à te rendre.

Sur ce, il tourne les talons et quitte la cuisine, furieux.  Quant à moi, c’est avec un sentiment de triomphe que je retourne à mon malaxeur.  Depuis le temps qu’il nous fait chier avec son attitude de fendant, je crois bien être le premier à lui avoir tenu tête, et surtout le premier à pouvoir se vanter d’avoir eu le dessus sur lui.  En tout cas, j’ai bien l’impression qu’il a eu sa leçon et qu’il va agir autrement avec moi désormais.

À SUIVRE

Les 9 étapes de la vie amoureuse d’un (soi-disant) bon gars.

J’ai déjà parlé de plusieurs de ces comportements dans mes billets passés.  C’est juste que cette fois, je les mets tous ici, dans l’ordre, et j’en rajoute quelques-uns afin de compléter le tableau.

Donc :

Lorsqu’un soi-disant bon gars désire se mettre en couple, il passe généralement à travers les 9 étapes suivantes:

ÉTAPE 1 : Le Bon Gars Désespéré : Son seul et unique critère pour s’intéresser à une fille, c’est le célibat de celle-ci. Il se fout bien du fait qu’ils soient différents et incompatibles. Tout ce qu’il veut, c’est une fille, et c’en est une.

ÉTAPE 2 : Le Bon Gars Enquêteur : Il se renseigne le plus qu’il peut au sujet de la personnalité et des goûts de la fille.

ÉTAPE 3 : Le Bon Gars Caméléon : Il commence à calquer le style et les goûts de la fille, écoutant la même musique et les mêmes émissions, histoire de lui faire accroire qu’ils sont semblables.

ÉTAPE 4 : Le Bon Gars Amoureux Déguisé en Bon Ami Potentiel : Dès qu’il en sait assez sur elle, il passe à l’attaque, ou du moins à l’approche.  Car s’il ne trouve pas en lui assez de courage pour l’approcher en tant qu’amoureux potentiel, il trouve au moins celui de l’approcher en tant qu’ami

ÉTAPE 5 : Le Bon Gars Planificateur : Son titre d’ami lui permet d’en savoir plus sur elle, et il utilise ces renseignements afin de lui faire croire qu’ils ont encore plus de choses en commun.

ÉTAPE 5 : Le Bon Gars Qui Cache Trop Bien Son Jeu : Tout le long de leur relation amicale, il reste à l’écart, ne lui démontrant aucun intérêt à part de la simple amitié. Normal : Il ne veut tellement pas la perdre qu’il ne veut pas prendre le risque de gâcher le peu qu’ils ont. Alors quand elle lui parle d’un autre gars qui l’intéresse, il l’encourage à sortir avec lui.  Et quand elle est en couple et que ça va mal avec son amoureux, il lui suggère de rester en couple et d’essayer de régler la situation.

ÉTAPE 5 : Le Bon Gars Extrêmement Passif : Juste en démontrant qu’il a un comportement irréprochable, il s’attend à ce que la fille le compare aux autres gars et tombe en amour avec lui.  Il veut que tout vienne d’elle : S’intéresser à lui, l’appeler, lui proposer des sorties, le draguer, le baiser, lui offrir une relation d’amoureux officiels… Tout ça parce qu’il est trop passif pour lui offrir le moindre signe d’intérêt, alors que c’est pourtant lui qui est en amour avec elle.

ÉTAPE 6 : Le Bon Gars Très Patient : Quand elle est en couple, il n’ose rien faire, il attend juste qu’elle redevienne célibataire.  Quand elle est de nouveau célibataire, il attend qu’elle se remette de sa relation précédente pour lui faire sa déclaration.  Mais avant qu’il trouve le courage de le faire, elle a le temps de tomber en amour avec un autre gars.  Il se met donc en veilleuse, en attendant que cette nouvelle relation prenne fin.

ÉTAPE 7 : Le Bon Gars en Situation Frustrante par son Ironie : C’est quand la fille, à force d’aller d’une relation décevante à l’autre, se rend compte que finalement, le seul gars avec qui elle s’entend parfaitement bien, c’est son ami Le Bon Gars.  Elle lui dit alors, à la blague et un peu découragée : « Dans le fond, c’est un gars comme toi qu’il me faudrait! »  Mais voilà, même si elle le dit, et même si elle le pense, le fait est que les gars comme lui ne l’intéressent pas, sinon ça ferait longtemps qu’elle serait en couple avec lui.

À partir d’ici, selon la personnalité du soi-disant bon gars et des réactions de la fille, la relation peut prendre six chemins alternatifs.  Au choix :

CHEMIN A:

ÉTAPE 8a : Le Bon Gars qui Laisse Passer son Unique Opportunité : Plutôt que de profiter du fait qu’elle amène enfin, d’elle-même, le sujet d’être en couple avec lui, il continue de se la jouer de façon passive, en espérant qu’elle continuera sur sa lancée.

ÉTAPE 9a : Le Bon Gars qui a Manqué son Coup Pour Toujours : Devant le manque de réaction du gars, la fille réalise que l’idée d’être en couple avec lui était stupide, finalement.  Ou alors elle croit que ses sentiments ne sont pas partagés, et elle revient rapidement sur sa décision.  Dans un cas comme dans l’autre, la fille se dit que ce fut une erreur passagère d’avoir considéré d’être en relation de couple avec lui, erreur qu’elle ne commettra plus. La relation vient maintenant de passer en friendzone éternelle coulée dans l’acier au titane, et plus jamais il ne pourra rattraper le coup. C’est fini!

Ou bien CHEMIN B:

ÉTAPE 8b : Le Bon Gars qui a Perdu son Temps : Il en profite pour enfin lui déclarer sa flamme, ce qui prend la fille au dépourvu.  Mais voilà, tel que dit à l’étape précédente, Le Bon Gars n’intéresse pas vraiment cette fille, alors elle décline, à la grande déception du Bon Gars qui a investi ces mois, voire ces années, dans une cause qui était pour lui perdue d’avance.

ÉTAPE 9b : Le Bon Gars Ironiquement Hypocrite Depuis le Début : Frustré, il se plaint que la fille n’est qu’une menteuse de lui avoir fait croire faussement que c’était un gars comme lui qu’il lui fallait.  Pourtant, lui-même lui a menti tout le long de leur relation en lui faisant accroire qu’il ne voulait qu’une simple amitié.  Il conclut en chialant que les filles ne sont que des salopes superficielles car tout ce qui les intéresse vraiment ce sont les beaux gars, alors que lui-même ne s’est jamais intéressé qu’aux belles filles plutôt qu’à celles avec qui il pourrait vraiment être compatibles.

Ou bien CHEMIN C:

ÉTAPE 8c : Le Bon Gars qui a Enfin Celle qu’il Voulait : Il en profite pour enfin lui déclarer sa flamme.  Puisqu’il la prend au dépourvu dans un moment où elle est vulnérable et un peu mêlée dans sa tête, elle ne sait pas trop ce qu’elle fait alors elle accepte.

ÉTAPE 9c : Le Bon Gars qui Perd Celle qu’il a Eu : Éventuellement, la fille se rend compte que non, finalement, elle n’est pas vraiment attirée par lui, ou du moins pas comme amoureux.  Elle met fin à la relation, au grand désespoir du Bon Gars qui a investi ces mois, voire ces années, dans une cause qui était pour lui perdue d’avance.

Ou bien CHEMIN D:

ÉTAPE 8d : Le Bon Gars qui a Enfin Celle qu’il Voulait : Il en profite pour enfin lui déclarer sa flamme, et elle accepte.

ÉTAPE 9d : Le Bon Gars Satisfait du Peu qu’il A : Il voit bien que la fille n’est avec lui que par dépit, par découragement, parce que dans le fond il ne l’intéresse pas vraiment.  Ils sont juste ensemble parce qu’elle s’y est résignée, parce qu’elle n’arrive pas à avoir une relation amoureuse avec le genre de gars qui l’intéresse vraiment.  Mais il s’en satisfait car il sait bien que jamais une fille ne va s’intéresser à lui pour de vrai, donc que la seule façon pour lui d’être en couple, c’est en piégeant une fille dans cette relation.

Ou bien CHEMIN E:

ÉTAPE 8e : Le Bon Gars qui a Enfin Celle qu’il Voulait : Il en profite pour enfin lui déclarer sa flamme, et elle accepte.

ÉTAPE 9e : Le Bon Gars Insatisfait de la Relation : Maintenant qu’il a eu ce qu’il voulait, il lui est de plus en plus difficile de continuer de jouer au caméléon qui calque le style et les goûts de la fille.  Il redevient lui-même, ce qui les rend incompatibles, ce qui met de la tension dans le couple.  Et elle, elle se plaint qu’il n’est plus le gars qu’elle a connu.  Normal, parce que dans le fond, il ne l’a jamais vraiment été.

Ou bien CHEMIN F:

ÉTAPE 8f : Le Bon Gars qui a Enfin Celle qu’il Voulait : Il en profite pour enfin lui déclarer sa flamme, et elle accepte.

ÉTAPE 9f : Le Bon Gars qui Réalise qu’il n’ont Jamais Été Compatibles : Éventuellement, Le Bon Gars finit par rencontrer une autre fille avec qui il est 100 fois plus compatible que celle avec qui il est en couple.  Et c’est là qu’il réalise que finalement, il ne l’aime pas autant qu’il l’a toujours cru.  

Ou bien CHEMIN G:

ÉTAPE 8g : Le Bon Gars qui a Enfin Celle qu’il Voulait : Il en profite pour enfin lui déclarer sa flamme, et elle accepte.

ÉTAPE 9g : Le Bon Gars qui Réalise qu’il n’a Jamais Vraiment Été un Bon Gars :  Le Bon Gars a un physique ingrat.  Quand on doute d’être capable de plaire à une fille, on s’imagine encore moins pouvoir plaire à deux filles.  Facile de se proclamer fidèle dans ce temps-là.  Aussi, si une seconde candidate se présente, il sera incapable de refuser cette opportunité.  Ceci démontrera de façon indéniable que dans le fond, il n’a jamais vraiment été le bon gars qu’il a toujours prétendu être, et il n’a jamais eu les convictions morales ni la force de caractère qu’il a toujours prétendu avoir.  

Et voilà pourquoi « être un bon gars », c’est bien, mais ce n’est pas suffisant pour fonder une relation.  Ça prend beaucoup plus que ça entre les deux personnes.  Et ces autres choses que ça prend, elles doivent être naturelles, et surtout sincères.


L’image sur cette page est tirée d’une de mes vieilles séries, KONAR, le héros de BD le plus con qui soit.  On peut y lire toutes ses aventures sur ce groupe Facebook.

Le premier Nice Guy

(Pour rester dans le thème Astérix et Cléopâtre du billet précédent)
Selon les archéologues, la première apparition du Nice Guy remonte à 50 avant Jésus Christ, en Égypte.




Numérofif n’est qu’un architecte minable, pauvre, petit, laid, et il est tellement lâche qu’il n’est même pas capable de démontrer ses sentiments à celle qu’il aime.  Tandis que César est grand, beau, charismatique, et il a tellement de drive que non seulement il est empereur de Rome, il a conquis la quasi-totalité du globe. Numérofif est un esclave volontaire, César est un conquérant. Devrait-on se surprendre que Cléopâtre préfère César?

Mais ça, le Nice Guy ne le voit pas.  À ses yeux, César n’a rien de plus que lui.  Alors dans sa vision étroite, la seule différence entre César et lui, c’est dans leurs façons de traiter Cléopâtre.  Et voilà comment les soi-disant Bons Gars commettent la même erreur de jugement que Numérofif, en arrivant à la même conclusion stupide comme quoi pour plaire aux filles, il suffit de les maltraiter.

Parce qu’en réalité, Cléopâtre a beaucoup plus de raisons d’être tombée en amour avec un gars intéressant comme César qu’elle n’en aurait d’aimer un ennuyant comme Numérofif.  Ce qui fait que, contrairement à ce que pense Numérofif, elle n’aime pas César à cause  que c’est un douchebag.  Elle l’aime malgré le fait qu’il en est un.

Ce que m’a appris Astérix et Cléopâtre

Pour la 31e année de suite, Ciné-Cadeau repasse pour le temps des fêtes les grands classiques du dessin animé européen que sont les Lucky Luke et les Astérix. Astérix et Cléopâtre, en particulier m’a appris un important fait de la vie. (Pour l’occasion, j’ai doublé le dialogue en Québécois)









La preuve que ça marche, c’est que même les gaulois, ses pires ennemis, sont fiers d’aider à le lui construire, son palais.

Une semaine sur Facebook lors du décès d’une personnalité publique

LUNDI
On apprend la nouvelle.


MARDI
Plein de statuts colportent la nouvelle


MERCREDI
Apparition des premières blagues au sujet de la personne défunte, la moitié de celles-ci étant sur le thème « Faisons semblant qu’on ne sait pas de qui on parle ».


JEUDI
Apparition des premières comparaisons moralisatrices.


VENDREDI
Une autre personnalité publique meurt


SAMEDI
Les nouveaux statuts R.I.P.

…et la triste constatation que ce disparu-là est moins connu qu’il devrait l’être.


DIMANCHE
Apparition d’un autre genre de comparaison moralisatrice.


LUNDI
Plus personne ne parle des deux défunts, l’attention du public étant maintenant tournée vers une nouvelle tragédie.

Souvenirs de l’Univers Estudiantin. Chapitre 2 : Les profs.

Encore une fois, je me demande à quel point les choses ont changé depuis mes propres expériences estudiantines.


L’AIR BÊTE

On le repère facilement, et ce dès le tout premier cours : C’est celui qui, à la seconde où ça commence, va verrouiller la porte pour interdire l’accès aux retardataires, dit son nom, commence la matière immédiatement, et conclut en vous donnant des devoirs, incluant lecture de quelques chapitres de livres que vous n’avez même pas encore eu de temps de vous procurer. Entretemps, histoire d’égayer la matière, il a bien pris le temps de vous faire la liste des mesures disciplinaires qu’il entend bien appliquer pour les devoirs non-faits, incomplets et en retard. Dans sa classe, la discipline règne car tout fautif est immédiatement expulsé.  Personne ne l’aime et il le sait, même qu’il fait exprès.  Et avec la taxe gouvernementale contre l’échec qui force les étudiants à moins négliger leurs classes, y’en profite, l’estie!


L’ÉTRANGE ÉTRANGER

Originaire d’un pays dont personne n’a jamais entendu parler, il se distingue par son nom imprononçable et son accent à couper à la chain-saw.  Il est plus facile de remplir un rapport d’impôts saoul que d’essayer à-jeun de comprendre ce qu’il dit.


LE ROUILLÉ

Lui, il a probablement été nommé prof lors de la première communion de vos grands-parents.  Il connait tellement sa matière par cœur qu’il la récite machinalement comme un vieux disque en vinyle qui saute.  Pour lui, le temps s’est arrêté il y a belle lurette car tout dans ses gestes, ses paroles et son look en font une relique du passé.


L’AIR BÊTE, VERSION FÉMININE

Celle-là, comme son nom l’indique, est en SPM à longueur d’année. Mais contrairement à son homologue masculin, elle a beaucoup de difficulté à faire régner l’ordre dans sa classe.


LE COMÉDIEN

Avec lui, on s’amuse, peu importe la matière qu’il enseigne.  S’il est prof de Physique, il enseignera le principe de la vélocité en lançant des chaises.  Prof d’Anglais, il ne manquera pas de mimer une phrase pour être certain que vous comprenez bien. Prof d’Histoire, il arrivera déguisé en Jacques Cartier.  Pas l’explorateur; Le pont!


LA FRAICHEMENT SORTIE DE L’UNIVERSITÉ

Puisque c’est sa première année en tant qu’enseignante, ça fait d’elle la plus jeune des profs.  On pourrait croire que ça en fera une personne près de ses étudiants.  Erreur!  Dans son enthousiasme de débutante, elle croit bêtement que tout le monde est à son niveau éducatif et intellectuel. Par conséquent, les explications et devoirs qu’elle donne ne peuvent être compris que par elle-même. Même si elle est une experte dans la matière qu’elle donne, ça n’en fait pas pour autant une experte en communication. Tant et aussi longtemps qu’elle ne s’adaptera pas, plus de la moitié de ses élèves couleront.  Elle foutra ainsi en l’air le temps, l’argent et l’avenir d’une centaine de jeunes par année. … Et ça, c’est SI elle s’adapte un jour, ce qui n’est pas garanti.


LE VAUTOUR

Pour quiconque ressentant un malaise lorsqu’il se sent observé, ce prof représente l’enfer sur terre. Peu importe où on est assis, on a l’impression que son regard est sur nous.  Un seul regard de sa part et on sent qu’il sait si on a compris ou non, si nous avons étudié ou non, ou si son cours nous donne la diarrhée ou non.  Il est particulièrement pénible lors de tests ou d’examens, alors qu’il déambule entre les pupitres en jetant un regard sur ce que l’on écrit, ce qui rend la chose 20 fois plus stressante.


L’EX-JEUNE

Ce prof avait votre âge en 1986, et ça parait car il est encore habillé et coiffé comme si on était en 1986.  Dans ses gestes et paroles, on voit qu’il essaie de montrer qu’il est toujours jeune et à la mode, mais il n’en fait accroire qu’à lui-même car tout le monde se fout bien de sa gueule.  Il est pathétique.


LE BEAU JEUNE HOMME

La première fois qu’on le voit, on croit que c’est un étudiant, mais quelle surprise de le voir s’installer au bureau du prof.  Il est calme, sérieux sans être chiant, et bien qu’il soit à son affaire de façon irréprochable, un tiers des filles de la classe ne diraient pas non à une romance et/ou une baise passionnée avec lui.


LE PROF DE PHILOSOPHIE

Tous les profs de philo portent la barbe.  Même les femmes.


LE CULTIVÉ

Généralement Haïtien ou bien Arabe, il manie pourtant le Français bien mieux que n’importe quel francophone de naissance. C’est avec fierté et la tête haute qu’il tentera de nous inculquer quelques notions de Baudelaire, Racine, Balzac et Molière.  Un brin snob quoi que tolérant, il ne forcera personne à le suivre, considérant que passer ou couler demeure le choix personnel de tout un chacun.


L’ARTISTE FRUSTRÉ(E)

Les anglais disent “Those who can, do.  Those who can’t, teach.” , ce qui signifie que ceux qui ont du talent réussissent dans leur domaine, tandis que les autres sont tout juste assez bons pour en devenir profs.  L’option Arts et Lettres en particulier regorge de ces losers d’ex-artistes n’ayant jamais réussi à se faire connaître.  Leurs frustrations se transforment souvent en jalousie haineuse face aux étudiants qui se montrent vraiment talentueux. Aussi, rien ne leur est plus jouissif que de les faire couler, ce qui est particulièrement facile en Arts puisque la note n’est jamais rien d’autre qu’une opinion, contrairement en mathématique ou elle est un fait incontestable.  Pas surprenant que 99% des étudiants en Arts et Lettres finissent plongeur Au restaurant Pierrette Patates.


LE CULTIVÉ QUÉBÉCOIS

Lui, la culture d’icite, y connait ça! Il parle québécois, il s’habille québécois, il mange québécois et il fume québécois. Il considère que sa mission divine et sacrée est de nous introduire aux racines de nos souches. En une seule session, il saura vous faire passer à travers les œuvres complètes de Michel Tremblay, Victor Lévy-Beaulieu, Réjean Ducharme et Yves Thériault.  … Même s’il est prof de maths.


LE RÉPUGNANT

Ce n’est pas qu’il soit particulièrement laid, c’est juste que de la façon dont il s’arrange, il a toujours l’air négligé.  Il est mal coiffé, mal rasé, mal habillé, semble affectionner le brun comme couleur primaire du contenu de son placard.  Les dessous de bras de ses chandails et chemises sont souvent tachés de cernes de transpiration.  Même lorsqu’il est propre, on a l’impression que ça pue l’tabarnak quand il est là.  On se sent sale, juste d’avoir été touché par son regard.


LE ON-S’EN-BRANLE-SOLIDE

Lui, on va à ses cours uniquement parce que… Euh… En fait, on n’en a aucune idée.  Probablement juste parce que c’est sur notre horaire.  Lorsqu’il parle, personne ne l’écoute.  On préfère lire, gribouiller, jouer aux cartes, texter, sexter… On ne peut pas dire que le chaos règne dans sa classe, seulement l’indifférence totale.


LE MOULIN À PAROLES

Croisez un cocaïnomane avec un syndrome de déficit d’attention et vous aurez ce prof. Il est capable d’enchainer d’un seul souffle plusieurs aspects de sa matière avec 8624 autres qui n’ont aucun rapport.  Ses explications n’en finissent plus car il s’interrompt sans cesse afin de raconter une anecdote que lui a rappelé un mot qu’il vient de dire.  Lorsque tu finis enfin par obtenir une réponse de sa part, tu n’es pas plus avancé car tu ne te souviens même plus de la question.


Eh voilà! J’en ai oublié?

En fait, oui, J’en ai délibérément oublié un: LE NÉO-SÉDUCTEUR. C’était le prof masculin qui passait sans cesse de petites remarques séductrices, « à la blague », disait-il, à ses étudiantes en général, ayant au moins une cible favorite dans chaque groupe.  Ce prof a tout simplement cessé d’exister au début des années 90, alors que les plaintes contre harcèlement ont obligé le ministère de l’éducation à resserrer la discipline envers son personnel enseignant en matière de comportement acceptable ou non. Mais bon, je parie qu’il y en a qui ont continué quand même à s’essayer une fois de temps en temps.

BIENTÔT: La cafétéria.

Souvenirs de l’Univers Estudiantin. Chapitre 1: Les camarades de classes.

En guise d’introduction: À cette nouvelle série de billets de blog, j’ai d’abord pensé donner comme titre Le Guide de Survie au Cégep. C’eut été faire preuve de peu de sagesse. D’abord parce que ma dernière expérience du cégep remonte à loin.  Ma vision née de mes expériences personnelles risque d’être fort dépassée, voire nullement représentative de la réalité des jeunes d’aujourd’hui.  Et ensuite, c’eut été une erreur puisque le mot cégep ne veut rien dire pour les 60% de non-québécois qui constituent mon lectorat.  Donc, à votre intention, chers z’amis z’étrangers, voici une courte structure du système éducatif d’ici, à quel âge on y entre, et combien de temps on y passe si on ne redouble pas:

  1. Maternelle, entrée à 5 ans, dure une année, obligatoire.
  2. École primaire, entrée à 6 ans, dure 6 ans, obligatoire.
  3. École secondaire, entrée à 12 ans, dure 5 ans, obligatoire.
  4. Cégep (Pour: Collège d’Enseignement Général Et Professionnel), entrée à 17 ans, dure 2 ans, volontaire
  5. Université, entrée à 19 ans, dure le temps qu’il faut, volontaire.

Le contexte cégépien étant mis au clair, passons maintenant au billet:

L’atmosphère de rentrée des classes de début septembre a le don de me replonger à chaque année dans la même nostalgie, celle du temps où j’étais étudiant de cégep.  En fait, je suis allé 4 fois au cégep dans ma vie:

  1. Cégep Édouard Montpetit à 17 ans pour une première session,
  2. Cégep de St-Hyacinthe, toujours à 17 ans, la session suivante.
  3. Cégep André Laurendeau, à 27 ans, pour compléter mes études.
  4. Cégep André Laurendeau, à 37 ans, pour une session, me faisant passer en douce pour un étudiant de 26-27 ans dans le cadre d’une enquête pour un projet de livre dont le nom de code était The Lando Griffin Project. (Je vous en reparlerai un de ces quatre) 

Me retrouver au cégep à tous les dix ans m’a fait me rendre compte que, que ce soit en 1985, en 1995 ou en 2005, que ce soit à Longueuil, à St-Hyacinthe ou à Montréal, certaines choses ne changent pas. Peu importe l’époque, la situation géographique ou le système scolaire, j’ai constaté que l’on y retrouve toujours le même genre de gens parmi les étudiants de 17-20 ans.  D’ailleurs, vous-mêmes, lors de vos études, vous avez sûrement rencontré…


LA SUPERWOMAN

Caractéristiques : Occupe à temps plein un poste au journal étudiant et au conseil étudiant, est membre de plusieurs comités et associations jeunesse, fait du bénévolat, est stagiaire à La Presse, a un chum, arrive à étudier cinq jours par semaine.  Elle obtient toujours d’excellentes notes, ne montre jamais le moindre signe de stress et entretient de bonnes relations avec tous ses profs sans pour autant en être le chouchou.

Phrase typique : « Je n’ai pas le temps de te parler pour l’instant mais je peux t’accorder 10 minutes le 16 octobre, ça va? »

Dans 10 ans, elle sera : Femme d’affaire à succès, mère attentive et épouse dévouée


LE CHIALEUX

Caractéristiques : Toujours criblé de problèmes, toujours en train de râler, toujours à se plaindre que ça va mal avec ses parents, son travail, sa blonde, ses études, ses frères et soeurs, sa santé, sa vie sexuelle, et ses amis qui en ont ras le bol de toujours l’entendre se plaindre.

Phrase typique : « Oh, moi, ça va assez mal en ce moment. »

Dans 10 ans, il sera : Assez loin pour ne plus nous ennuyer avec ses problèmes, on espère.


LA GLUE

Caractéristiques : Le genre de fille à se coller sur tous les gars, à rechercher le contact physique: Câlin, caresse dans les cheveux, bisous sur les joues, demande de massage aux épaules, etc. Elle repousse pourtant les avances de tous les gars car elle ne les veut que comme amis seulement.  Elle préfère jeter son dévolu sur un qui lui est inaccessible: Marié, Gai, habitant dans un autre pays, etc.

Phrase typique : « Mais qu’est-ce qu’ils ont tous à dire que chuis une agace? »

Dans 10 ans, elle sera : Pareille! dans 20 ans, par contre, elle deviendra dépressive en se rendant compte qu’elle est la seule de son entourage à être célibataire et sans enfants, et mariera le premier cave venu.


L’ÉTERNEL ÉTUDIANT

Caractéristiques : Lorsqu’il est entré au cégep alors que vous étiez encore en 6e année du primaire, il a tellement aimé la vie sociale qu’il n’a pas su trouver en lui la force morale d’avancer plus loin dans sa vie. Il s’est donc arrangé pour y rester le plus longtemps possible, changeant d’orientations et/ou ne prenant que le minimum de cours permis par session.

Phrase typique : « J’ai ben du temps libre, j’ai juste deux cours cette session-ci. »

Dans 10 ans, il sera : Un éternel payeur, car il se sera accumulé une magistrale dette de prêts étudiant qui aura doublé avec les intérêts accumulés.


L’ÉTUDIANT SUR LE RETOUR

Caractéristiques : C’est celui qui revient après plus de 10 ans d’absence sur les bancs d’école. On le remarque facilement: C’est celui qui a une décennie de retard, autant sur le style vestimentaire qu’en poils capillaires et facial, car il n’a pas remarqué que la mode avait évolué.  Heureusement que ses ami(e)s cégépien(ne)s sont là pour l’aider à moderniser son look.

Phrase typique : « Dans mon temps… »

Dans 10 ans, il sera : 10 ans en retard sur la mode puisqu’il n’aura pas remarqué que celle-ci aura évolué depuis son 2e tour au Cégep.


LA FUCKÉE

Caractéristiques : Remarquable, dans le sens qu’on n’a pas le choix de la remarquer, vu qu’elle porte des vêtements de style original d’un noir total, ou alors au contraire trop colorés..  Ses cheveux sont d’une couleur non-naturelle, ses yeux sur-maquillés lui donnent un regard mystérieux et elle porte des verres de contact teintés rouge sang.  Elle arbore tatouages et piercings en quantité, sauf si c’est une poseuse.  Elle porte tellement de bagues qu’on se demande comment elle peut plier les doigts.

Phrase typique : « Heille, chus tannée de me faire dire que c’est pas tous les jours l’Halloween. »

Dans 10 ans, elle sera : d’un look plus universel, marché du travail oblige.


LE GARS AU CHAPEAU MELON

Il est intéressant de constater qu’il y en a un dans chaque cégep, et il s’habille en noir.


LE GRAF-ARTISTE

Caractéristiques : Il passe le plus clair de son temps à perfectionner son art du graffiti, que ce soit au crayon dans son agenda, au feutre sur les mur des cabinets de toilettes, ou au spray-paint sur les murs de l’école.  Ce sera d’ailleurs la seule manière dont il fera sa marque dans l’établissement car il disparait généralement au bout de 2 mois.

Phrase typique : « Je ne fais qu’exercer mon droit à la libre expression artistique. »

Dans 10 ans, il sera : graphiste sans contrats et heureux propriétaire d’un joli casier judiciaire pour vandalisme multiple.


LA GROSSE COCHONNE

Caractéristiques : Obèse, elle adore manger, que ce soit un bon repas ou bien un beau gars.  Elle a une vie sexuelle bien remplie et ne se gène pas pour en parler.  Elle possède quelques jouets sexuels qu’elle utilise régulièrement, et traine toujours des condoms avec elle au cas où.  Car malgré le fait qu’elle est loin d’avoir une taille de mannequin, il y a toujours au moins un gars qui lui court après. Lorsqu’elle a un chum, elle est dans une relation ouverte. Et si leur relation est monogame, qu’importe, elle le trompe anyway à chaque fois que l’occasion se présente, juste au cas où elle se trouverait mieux que lui.

Phrase typique : « Hmmm, r’garde-z’y donc les belles p’tites fesses, à lui. Agrrr! »

Dans 10 ans, elle sera : Résignée et mariée à son chum, de qui elle aura pondu 2,7 enfants après s’être rendue compte que, à part sexuellement, aucun autre gars ne veut d’elle, et surtout pas dans une relation sérieuse à long terme.


L’INTRIGANTE

Caractéristiques : Lorsqu’on la rencontre, elle semble d’abord gentille et chaleureuse, mais bien vite elle se montre sous son vrai jour. Elle est jalouse, envieuse, hypocrite, te parle en mal de tout le monde et parle à tout le monde de toi en mal.  À éviter autant que possible.

Phrase typique : « Si tu savais ce qu’elle a dit sur toi… »

Dans 10 ans, elle sera : Pareille! Ce genre de monde-là, ça ne change jamais.


L’ANGOISSÉ

Caractéristiques : Ne parle que si on lui adresse la parole.  Et encore, il ne parle pas, il marmonne en bafouillant. S’il reste plus de 30 secondes sans bouger, on le confond avec le papier peint. On ne lui connait aucun ami.  Dans les corridors de l’école, il marche en rasant les murs, les yeux fixés sur ses souliers.  Dans l’autobus, il n’ose pas sonner pour débarquer s’il est le seul à vouloir débarquer à cet arrêt. Il est incapable de faire son p’tit besoin dans les toilettes publiques s’il y a une autre personne dans la pièce.

Phrase typique : Impossible de le savoir, il parle trop bas.

Dans 10 ans, il sera : marié à une fille extravertie super énervée qui l’aura d’abord trouvé cave d’être si pogné, et ensuite mignon d’être si timide.


LE MAL-AIMÉ

Caractéristiques : Pour une raison mal définie, il y a quelque chose dans la personnalité de ce gars-là qui fait que tout le monde s’en moque et personne n’en veut dans son entourage.  Certaines associations étudiantes vont même rajouter une clause dans leur charte interdisant d’accepter sa candidature.

Phrase typique : « Ben là, franchement, c’est pas juste, qu’est-ce que je leur ai fait, moi? »

Dans 10 ans, il sera : Dépressif suicidaire.


LE MANIFESTANT

Caractéristiques : Ce gars-là cherche tellement à manifester contre ce système de capitalistes vendus qu’il n’hésite pas à se contredire, pourvu que ça lui permette de se plaindre. Par exemple, lorsque le coût des études augmente, il manifeste contre le capitalisme scolaire.  Et lorsque les écoles veulent placarder les murs de publicités dont les revenus permettraient de garder au plus bas les coûts d’études, alors il manifeste car il est contre les pubs… Et ce, malgré le fait qu’il arbore fièrement sur ses vêtements des logos Nike, Tommy Hilfiger, etc.

Phrase typique : « Ce n’est qu’un début, continuons le combat. »

Dans 10 ans, il sera : un capitaliste vendu.


LA MATCHEUSE

Caractéristiques : Elle essaye toujours de matcher ses ami(e)s, même ceux qui sont déjà en couple.  Elle essaye souvent de faire croire à deux personnes qui ne se sont jamais vues que chacune trippe ben raide sur l’autre en secret.  Et si elle connait un seul gai et que celui-ci est célibataire, elle essayera de convaincre un de ses amis hétéro de changer d’orientation pour aller avec.  Étrangement, la matcheuse est très souvent célibataire.  Et les rares fois où elle a un chum, elle le trompe.

Phrase typique : « J’connais quelqu’un qui voudrait te rencontrer. »

Dans 10 ans, elle sera : Une célibataire vieillissante qui aimerait bien qu’on la matche avec quelqu’un de bien.


LE MÉCANO

Caractéristiques : Ne parle que de chars, sa chambre est tapissée de posters de chars, et il connait par coeur le nom et la fonction des 16 824 pièces constituant une automobile. Il regarde plus volontiers sous le capot du char de sa blonde qu’en dessous de sa jupe. Il aime passer une soirée romantique en tête-à-tête avec un moteur diesel, se parfume au WD-40 et il a les mains tachées en permanence.

Phrase typique : « Hier j’ai vu un christie d’beau char! »

Dans 10 ans, il sera : Ou bien simple mécano ou bien à la tête de 3 garages, tout dépendant de sa débrouillardise et de son sens des affaires.


LE NÉGLIGEANT

Caractéristiques : N’écoute pas trop en classe. Oublie de noter ses devoirs dans son agenda. Oublie presque toujours d’étudier et se trompe les rares fois où il le fait.  Attends toujours trop longtemps avant de se procurer ses manuels, ce qui fait que ceux-ci sont souvent épuisés lorsqu’il s’y décide.  En classe, il est souvent obligé de suivre avec un autre car il a oublié et/ou perdu ses livres.  Il est toujours surpris d’apprendre qu’il y aura un examen, alors que tous les autres le savent depuis longtemps et sont prêts. Du reste, il vit dans la terreur constante que son prof finisse par se rendre compte qu’il n,a rien compris à son cours.

Phrase typique : « Il fallait faire ÇA? Pour maintenant LÀ, là!? »

Dans 10 ans, il sera : tout le temps en retard, dans tout.


LA MILITANTE

Caractéristiques : Elle ne peut supporter les inconscients qui préfèrent ignorer les problèmes du monde pour mener une petite vie tranquille.  Elle est de tous les combats, de toutes les manifs, et peut passer des heures à t’expliquer point par point pourquoi Microsoft, Kellogg’s, McDonald’s et autres multinationales sont à boycotter pour crimes contre l’humanité.  Malgré ses beaux discours, elle ne cessera pas de fumer malgré le fait que les compagnies de tabac sont responsables de 100 000 fois plus de décès que toutes les compagnies qu’elle boycotte réunies.

Phrase typique : « So-so-so, solidarité! »

Dans 10 ans, elle sera : Une inconsciente qui préfère ignorer les problèmes du monde pour mener une petite vie tranquille.


LA NULLITÉ

Caractéristiques : Ses lunettes tiennent avec du scotch-tape.  Sa braguette est souvent ouverte. Peu importe s’il prend 2 minutes ou une heure à se coiffer, il sera toujours dépeigné. Ses vêtements n’ont jamais l’air de lui faire correctement et il a tendance à se prendre les pieds dans ses lacets.  Pour rire de lui, certaines filles le niaisent en lui faisant accroire qu’il a du potentiel pour les séduire… Et il les croit.  Il a hâte du jour où il sera enfin grand, beau, riche et célèbre, afin que les autres regrettent de l’avoir niaisé dans sa jeunesse.

Phrase typique : « Ah ouain!? »

Dans 10 ans, il sera : au choix: Livreur de journaux, laveur de vaisselle, bédéiste, BS.


LA SALOPE VIERGE

Caractéristiques : Pourquoi salope? Parce qu’à l’entendre, elle couche avec un nouveau gars au moins une fois par semaine.  Pourquoi vierge? Parce qu’on a beau chercher dans tout le cégep, impossible d’y trouver quelqu’un qui peut se vanter d’avoir couché avec. Ce ne sont pourtant pas les candidats intéressés qui manquent.

Phrase typique : « Lui, il l’avait trop p’tite pour me défoncer comme il faut, mais il savait se rattraper avec sa langue. Oh yeah! »

Dans 10 ans, elle sera : En thérapie pour se débarrasser de ses blocages sexuels qui font qu’elle n’a jamais couché qu’avec deux gars dans toute sa vie, dont un volontairement


LE POLITICIEN

Caractéristiques : La première fois qu’on le croise, on pense qu’il s’agit d’un jeune prof car il s’habille en complet chemise-veston-cravate. Ayant la personnalité d’un vendeur d’assurance, il t’approche, te serre la main et te parle comme si vous étiez les meilleurs amis du monde. Il se porte candidat à n’importe quelle élection étudiante, pourvu que ce soit à la direction.  Il possède ses propres cartes d’affaire, et ce même s’il ne travaille pas.

Phrase typique : « Salut mon chum! Ça va ben? Heille, fantastique! »

Dans 10 ans, il sera : vendeur d’assurances, d’auto, d’aspirateurs ou n’importe quoi à commissions.


LA PSEUDO-LESBIENNE et/ou LA PSEUDO-BI

Caractéristiques : Elle, on ne sait pas pourquoi elle s’affiche comme étant attirée par les filles car on ne lui a jamais connu que des relations hétéro. Faut croire qu’elle essaye juste de faire son intéressante.

Phrase typique : « Je suis lesbienne! » ou « Je suis bisexuelle! », dans les premières secondes après avoir rencontré une fille.

Dans 10 ans, elle sera : La pseudo-lesbienne ne se décrira plus que comme étant hétéro, après avoir eu quelques expériences avec des filles.  La pseudo-bi, elle, va continuer de se décrire comme étant bisexuelle, malgré le fait qu’elle n’a jamais oralisé autre chose que des bites.


LE GAI FRAÎCHEMENT SORTI DU PLACARD

Caractéristiques : Puisque le cégep est le lieu propice à la découverte de soi et à l’acceptation des gens pour ce qu’ils sont, il peut enfin vivre son orientation sexuelle au grand jour, ce qui le rend très gai dans les deux sens du terme.  Voilà pourquoi il la manifeste verbalement au moins 20 fois par jour. C’est normal, puisqu’il est constamment à la recherche d’un partenaire avec qui explorer sa sexualité, aussi bien chez les étudiants que chez les profs.

Phrase typique : Peu importe ce qu’il dit, il ne manquera pas de glisser sa gaieté dans la conversation.

Dans 10 ans, il sera : Discret, en couple stable, et regardera avec intolérance les plus jeunes qui agissent comme lui-même le faisant une décennie plus tôt.


LE LIBIDINEUX OBSÉDÉ

Caractéristiques : il a sérieusement la libido dans le tapis, ne pense qu’au sexe et ne vit que pour le jour où il en aura enfin.  Il passe le plus clair de son temps sur le net à visiter des sites pornos d’une seule main.  Les personnages de dessin animés sur Télétoon lui donnent une érection, et il trouve même excitant le mouvement de pénétration d’un stylo dans son capuchon.  Il voudrait bien devenir acteur de films pornos car il trouve trop génial le concept de baiser sans cesse et d’être payé pour ça. Cependant, loin d’allumer les filles, son appétit sexuel a plutôt tendance à les repousser, ce qui fait qu’il va rester vierge encore longtemps car même la grosse cochonne ne veut pas de lui.  Voilà pourquoi il rêve parfois de se procurer du Rohypnol ou du GHB.

Phrase typique : « Gn… Argh… Mmmmm…. »

Dans 10 ans, il sera : en taule pour voyeurisme, attentat à la pudeur, tentative de détournement de mineures, etc.


Un autre avantage à traiter cette série de blogs comme étant un paquet de souvenirs des décennies passées, c’est que je n’ai pas à refaire les illustrations qui datent du temps où j’étais moi-même un cégépien, illustrations dans lesquelles, vous l’avez sûrement constaté, la majorité des personnages arborent des styles depuis longtemps dépassés.

BIENTÔT: Les profs!

Fantasme -VS- Réalité: Le ménage à trois (5e partie: la conclusion)

À quelque chose, malheur est bon, que dit le proverbe.  Et en effet, de ces trois jours merdiques, j’ai réussi à tirer du positif, sous la forme de huit leçons de vie:

LEÇON 1 : Les gens survivent à leurs traumatismes comme ils le peuvent, pas nécessairement comme ils le devraient.
Tamara se fait abuser sexuellement.  Tamara devient donc une personne dont la vie tourne autour du sexe.  Elle se forge elle-même une réputation justifiée de folle du sexe qui baise avec n’importe qui, n’importe comment.  Par conséquent, puisque tout le monde sait qu’elle aime le sexe sous toutes ses formes, plus personne ne peut utiliser le sexe pour lui faire de mal.

D’un côté, oui, j’ai longtemps considéré Tamara comme étant pathétique de réagir ainsi.  Mais d’un autre, le simple fait qu’elle ait réagi ainsi, ça prouve que son viol incestueux l’a traumatisé.  Puisqu’elle n’a pas en elle le force de faire payer ses agresseurs, il ne lui reste que quatre options:

  1. Devenir elle-même abusive sexuellement.
  2. La dépression, les médicaments et les thérapies.
  3. Le suicide
  4. Se faire accroire qu’elle aime tellement le sexe, qu’il est impossible de lui faire de mal en utilisant le sexe.

D’accord, la 4e option n’est pas la meilleure ni la plus irréprochable.  Mais au moins, elle lui permet de survivre.  C’est l’option qui lui permet le mieux de vivre en harmonie avec son entourage et en société. Et dans le fond, c’est ça qui compte.

LEÇON 2 : Personne n’aime un chialeux.
Sérieux là, même moi en me relisant, je me trouvais chiant. Même si j’avais des raisons pertinentes de me plaindre, il reste que tout ce que je faisais, c’était de démontrer aux filles à quel point c’était des connes d’agir comme elles le faisaient. Et le fait que j’avais raison, c’était encore pire pour elles. Si j’avais exagéré ou menti, elles auraient pu s’en défendre. Mais là, elles ne pouvaient pas. Elles étaient obligées de reconnaître mes remarques rabaissantes en tant que faits indéniables.

N’oublions jamais que la majorité des gens suivent la loi du moindre effort. Si elles ne voulaient plus m’entendre leur faire la leçon sur la façon de gérer leurs relations, leurs sexualités et leurs vies, elles avaient deux choix :

  1. Ou bien changer complètement d’attitude dans tous ces aspects, ce qui aurait demandé des efforts de tous les instants et ce pendant de nombreux mois, voire des années.
  2. Me bannir de leurs vies.  Aucun effort à faire, et arrêt immédiat de mes remarques jugementales et insultantes.

Doit-on être surpris qu’elles aient choisi cette dernière option?  Raison de plus pourquoi il existe un proverbe comme qui dit que toute vérité n’est pas bonne à dire.

LEÇON 3 : Faire les choses à moitié, ça ne règle jamais rien.
Sincèrement, même aujourd’hui je trouve stupide que Tamara ait pris la peine de déménager à deux heures de route de Montréal afin de fuir son ex abusive, mais lui a tout de même laissé son numéro de téléphone et son adresse.  Si elle avait complètement disparu de la carte, son ex aurait fini par être obligée de l’oublier et passer à autre chose.  Mais en lui laissant toujours la possibilité de la contacter, elle prolongeait la situation.  Non seulement elle continuait de la harceler, le risque qu’elle aille la rejoindre pour lui mettre une raclée existait toujours.

LEÇON 4 : Il ne faut jamais parler de viol et d’inceste à une fille que l’on vient de rencontrer.
Parce que ce n’est pas écrit dans sa face si elle a été victime de l’un, de l’autre ou des deux.

LEÇON 5 : Il faut toujours être fidèle à soi-même, au lieu de s’annoncer comme ce que l’on n’est pas. 
Certaines filles feraient tout pour avoir l’air d’être des bonnes amantes. Dans ce cas-ci, Julie: Elle se forçait à apprendre à être bisexuelle alors que ce n’était pas du tout dans sa personnalité.  Tout comme elle m’a proposé d’avaler alors qu’elle détestait ça.  Elle n’a jamais réussi à être le premier, et n’a jamais fait le second.

Le problème lorsque l’on séduit quelqu’un en se donnant l’air de ce que l’on n’est pas vraiment, c’est qu’on ne peut pas jouer le jeu éternellement.  Tôt ou tard, pour rester dans les proverbes, chassez le naturel, il revient au galop. L’autre nous reproche de ne pas être la personne qui l’a séduit.  Normal, cette personne n’a jamais existé, puisque c’était un rôle que l’on s’est donné. Pas étonnant que Gainsbourg disait:

LEÇON 6 : Apprécie ce que l’on fait pour toi, au lieu d’y voir une occasion de chialer pour ce qu’on ne fait pas.
Parce que justement, se forcer à être bi même si elle ne l’est pas, vouloir essayer d’avaler même si elle n’aime pas ça, me proposer un ménage à trois alors qu’elle aurait très bien pu me garder pour elle seule, ce sont là autant d’efforts qu’elle a fait pour moi.  J’aurais dû lui montrer mon appréciation en la remerciant.  Mais non, à la place, je préférais me plaindre non-stop, alors que tout le long de ce weekend planifié pour être sexuel, c’est  la seule à m’avoir baisé de façon satisfaisante.

LEÇON 7 : Ne perd jamais de vue quel est ton but premier.
Il y a des moments dans la vie où, avant d’agir ou bien de s’ouvrir la gueule, il faut s’arrêter et se demander « Qu’est-ce que j’essaye d’accomplir, au juste.  C’est quoi mon but? Est-ce que mes gestes et paroles vont me rapprocher de ce but, ou au contraire vont-ils être contreproductifs? « 

Mon but premier en allant à cette fin de semaine, c’était de baiser deux filles.  un but que j’ai oublié, tellement j’étais focussé à faire la leçon à Tamara dans l’auto qui nous amenait chez elle.  Un but que j’ai oublié, tellement je ressentais le besoin de me défouler verbalement de mes frustrations sur Julie.  En ayant perdu de vue ce but, j’ai finit par le perdre tout court.

Et surtout, LEÇON 8 : Parfois, il vaut mieux faire semblant d’être d’accord avec son interlocuteur, surtout si c’est sur un point qui est à la fois anodin pour toi et important pour l’autre.
Après cette mésaventure, il m’est arrivé à quelques reprises de me faire poser la question par quelques filles (et un gay) au sujet de ma possible bisexualité. À chaque fois, j’ai répondu : « J’ai eu des expériences sexuelles au cégep avec des gars, ce qui m’a permis de me rendre compte que non, je n’aime pas. » Ce n’est pas un mensonge : Oui il m’est arrivé d’avoir du sexe à deux couples, donc en présence du chum de l’autre fille. Techniquement, même si l’autre gars et moi ne nous sommes jamais touchés, ça reste une expérience sexuelle, et c’est avec un gars présent.  Et puisque la première fois, sa présence m’intimidait au point où je bandais mou et que j’ai horreur d’être sous-performant, il est vrai que ça m’a permis de me rendre compte que non, je n’aime pas. Comme ça, la personne est satisfaite et n’insiste pas comme quoi je ne peux pas le savoir sans jamais l’avoir fait, et la discussion s’arrête là.

C’est sûr qu’il y en a qui vont dire que puisque je joue sur les mots, ça reste malhonnête de ma part, que c’est hypocrite, que mieux vaut dire la vérité, que si l’autre n’est pas capable de le prendre c’est son problème pas le mien. Eh bien au contraire, pendant ces trois jours, ça a été mon problème, pas le sien.  Parce qu’on a beau dire que c’est à elle d’accepter la vérité, personne ne peut l’en obliger.  Et si elle décide que non, elle ne l’accepte pas, alors on ne peut rien faire, à part subir. Par conséquent, non, dire la vérité, ça ne vaut pas toujours mieux.

Parce que la vérité, ce n’est pas tout le monde qui est capable de la prendre.