Pas obligé de rester loser, 1e partie : Le mythe du winner

Je crois que c’est en 1998 que j’ai mis sur un forum la première version du billet Autopsie du Loser. Dans celui-ci, je décris tous les signes qui démontrent que l’on en est un, en amitié, avec les filles, en amour, en couple, avec notre image personnelles, nos études, notre look, notre travail, nos projets, nos communications, notre physique, nos conversations, notre mentalité, nos victoires et notre famille. L’origine de ce texte remonte à 1993, lorsque je me suis mis à réfléchir sur tout ce qui n’allait pas chez moi, en comparant chaque point de ma vie avec d’autres gars qui réussissaient là où j’échouais. Il s’agit donc, à la base, d’une longue auto-analyse. Depuis, le loser en moi est mort, d’où le Autopsie du titre.

Après tout ce temps, quelqu’un a enfin songé à me poser la question suivante :

Bonjour Steve! Je corresponds quasiment en tous points au profil du loser. Tu dis que tu étais un. Peux-tu nous décrire plus précisément les étapes de ton changement? Comment tu as fait pour changer ça et quels sont les résultats? Merci d’avance.

Je suis le premier surpris de constater que l’idée d’en parler ne m’étais jamais venue. Mon but premier en écrivant ce texte était de dire : Bon ben voilà, si tu fais ceci, tu es un loser. Si tu veux cesser d’être un loser, cesse de faire ceci. Sauf que j’avais oublié la plus simple règle de toutes en matière de conseils: Dire quoi ne pas faire, c’est un bon début. Mais dire quoi faire, ce serait beaucoup mieux. Je vais donc commencer une série de billets sur le thème Pas obligé de rester loser, chacun consacré à un aspect de sa vie, tel que listé plus haut, et comment j’ai réussi à m’en tirer.

Tout d’abord, je me dois d’attaquer ce que j’appelle Le Mythe du Winner.  C’est parce que, dès le départ, il faut s’ôter de la tête une idée erronée comme quoi cesser d’être un loser va faire automatiquement de nous un winner.  Voici pourquoi:

Portrait du winner.
On reconnait le winner facilement.  Il est beau, grand et naturellement athlétique sans avoir eu à faire d’efforts pour le devenir.  Il est né dans une famille influente et riche, et il réussit tout ce qu’il entreprend sans trop se les casser. Côté essentiel, sa famille et ses amis lui procurent les contacts dont il a besoin pour réussir dans la vie. Côté caprices, il est tellement charmant qu’on lui donne volontairement tout ce qui pourrait lui faire plaisir. C’est le genre de gars à qui l’on offre sans qu’il le demande des choses que beaucoup travaillent fort pour avoir, en vain.  Il est l’exemple parfait comme quoi les beaux gars ont toutes les qualités.

Ce genre de winner à qui tout réussit sans efforts, on en a tous rencontré au moins un dans notre vie.  Moi-même, j’ai eu la chance (?) d’en avoir un comme ami lorsque j’étais adolescents, comme le démontrent ces pages tirées de mon webcomic Sexe, Drague, Requin Roll:






(25$ en 1983, c’est à peu près l’équivalent de 65$ en 2014.  Une somme appréciable lorsque l’on a 14 ans.)

Ce genre de winner, on ne peut pas le devenir.  Pour en être un, il faut être né comme ça.  Il faut que ce soit le hasard qui te donne une bonne famille, qui te fournit les bons gênes pour ton physique, qui te fournit le karma qui donne envie aux autres de t’aider à te rendre encore plus gagnant, et qui te donne l’intelligence et la personnalité qu’il faut pour en profiter à fond.  Plus jeune, j’ai longtemps commis l’erreur d’essayer d’être comme Carl en tentant de l’imiter dans son look et sa personnalité.  Mais voilà, ça n’a jamais marché pour moi.  Ça ne pouvait pas marcher.  Je ne pouvais pas être Carl.  Seul Carl pouvait être Carl.  Et les atouts qui faisaient de Carl un winner étaient inimitables, impossibles à se procurer, peu importe l’effort que l’on puisse y mettre.

Être un winner ou un loser, ce sont deux extrêmes. Et entre le gars qui WIN et le gars qui LOSE, il y a celui au milieu qui est un peu des deux : Le gars normal.


Celui qui, comme le reste des gens normaux, parfois perd et parfois gagne.  C’est celui-là qu’il faut aspirer à devenir.  Parce que si être un winner est quelque chose qui ne se contrôle pas, en revanche on peut avoir assez de contrôle sur ce qui nous rend loser afin de cesser de l’être.

Et c’est à suivre

La libido masculine, source de tous les maux de l’humanité

Deux ou trois semaines après la création de ce blog (qui était, à l’origine, affilié à un site de rencontres), une lectrice m’a posé la question suivante : Toi qui est un gars, pourrais-tu m’expliquer pourquoi vous êtes toujours super frustrés quand vous vous attendiez à baiser et que ça n’arrive pas?

Je m’étais déjà penché sur la question sans jamais avoir trouvé de réponse.  J’avais quand même déjà constaté la chose aussi bien chez les autres gars que sur moi-même. Dans mon cas personnel, bien que j’arrivais toujours à me contrôler et à avoir l’air zen, j’étais tout de même déçu et surtout frustré de ne pas avoir eu la baise promise.  Et j’ai souvent vu des gars qui n’avaient pas mon self-control face à cette situation, et ceux-là n’hésitaient pas à exprimer leur colère à la fille via commentaires aigris, bouderie, voire même insultes.

Sans pouvoir expliquer le pourquoi de ce phénomène, je l’ai tout de même dénoncé quelquefois par le passé.  Par exemples, dans le billet 26 gars typiques des sites de rencontres:

3- Le Jeckyl et Hyde
Il est vrai que l’amour et la haine sont des sentiments très près l’un de l’autre. La preuve: Ce gars-là va t’approcher en parfait gentlemen respectueux et irréprochable. Puis, il va te faire tout plein de compliments: Tu es gentille jolie, intéressante, intelligente, etc. Et si tu as un surplus de poids, c’est pas grave. Bien au contraire, il sait apprécier la beauté des femmes bien en chair et ne se gêne pas pour te le dire. Voici le moment où il te sent mure pour recevoir ses propositions sexuelles. Mais voilà, tu ne peux pas y répondre positivement. Peut-être parce que tu as déjà un chum, peut-être parce que tu trouves qu’il va trop vite, ou peut-être tout simplement parce que ce gars-là ne te plaît pas physiquement. Ça arrive! Mais peu importe la raison que tu lui donnes pour refuser ses avances, le fait est que tu refuses ses avances. Et ça, il ne le prend pas. Il change alors complètement son opinion sur toi, te disant que tu n’es qu’une grosse vache laide à en vomir qui devrait le remercier à genoux d’avoir daigné s’abaisser à t’offrir ses faveurs, au lieu de te penser trop bien pour lui en les refusant. Le bout un peu étrange, c’est qu’il va te traiter de salope parce que tu refuses d’avoir du sexe. Mais bon, quand on est frustré, on ne regarde pas à la logique de nos insultes.

Je dois tout de même admettre que je n’arrivais pas toujours à faire comme si de rien n’était dans cette situation.  Par exemple, comme on peut le voir dans la série de billets Fantasme VS réalité : Le ménage à trois, mon amante et sa copine m’attirent chez eux pour un weekend de trois jours de ménage à trois, et je ne cesse de frustrer parce que les choses ne se passent pas comme je l’avais prévu.

Une autre chose que j’ai constaté, c’est que dès que nous, les gars, on s’apprête à baiser, notre logique fout le camp et toute notion de prudence disparait. Par exemple, au sujet du port du condom. Je ne saurais compter le nombre de fois où j’ai entendu des gars excuser leur désir de le faire sans protection, en disant que « ça coupe la circulation et ça fait ramollir », ou bien que « Moi, fourrer du plastique, je ressens rien! », et ce malgré les possibilités de grossesses et/ou de ITS.  Combien de femmes ont vécu la désagréable expérience de voir leur partenaire insister et insister et insister pour avoir du sexe jusqu’à ce qu’elles cèdent, et qui, une fois l’orgasme obtenu, furent pris de remords.  Et que dire de tous les risques que l’homme est prêt à courir pour avoir une relation extraconjugale. Il met en jeu son couple, son argent, ses biens matériels, ses enfants, en échange de quelques orgasmes. N’importe qui peut voir combien il est absurde de prendre de tels risques pour si peu. Pourtant, si un homme se retrouve avec l’opportunité de vivre ses désirs sexuels, ces risques lui sembleront soudainement très acceptables.  Pourquoi sinon est-ce que Gab Roy, homme de 30 ans, qui travaille fort pour devenir une personnalité publique, donc qui est une cible facile quand il a tout à perdre, prendrait le risque d’amener une inconnue de 15 ans baiser au motel?  Mieux (?) encore:Pourquoi est-ce que Joël Legendre, animateur télé, comédien populaire, en couple stable, père de trois enfants, est allé se masturber dans un parc public, en pleine vue des passants, dans l’espoir de se ramasser un partenaire inconnu pour une p’tite vite?  Il a beau expliquer que ses trois mois de thérapie ont révélé que c’est dû à un traumatisme de jeunesse dû au fait que « C’est difficile de grandir en rêvant de devenir danseur à claquettes quand tous les autres gars veulent devenir fermier », il reste que là encore, c’était une pulsion sexuelle qui bloquait tout sentiment de prudence et de logique.

Même quand un homme décline l’opportunité de vivre une baise parce que sa raison aura eu le dessus comme quoi le jeu n’en vaut pas la chandelle, il aura tout de même d’abord pris le temps d’y penser.  Et c’est généralement avec regrets qu’il dira non.

En y songeant sérieusement, j’ai constaté que la libido masculine est source de problèmes au niveau personnel, au niveau social et au niveau international.

Au niveau personnel:
Bien qu’il s’agit d’une histoire fictive, mon roman inachevé Un Été à Saint-Ignace-de-Montrouge est construite d’anecdotes qui me sont réellement arrivées. Par exemple, cette scène dans laquelle le personnage principal explique les raisons de sa récente panne de libido :

Quand j’étais plus jeune, genre entre seize et vingt-cinq ans, j’avais une très forte libido. Hélas, dans ce temps-là, je n’arrivais pas à séduire une fille normale avec qui j’aurais pu avoir une relation normale. Alors pour satisfaire mon désir sexuel je devais me contenter de celles qui restaient : Connes, profiteuses, méchantes, losers, BS, craquées mentales, etc. La majorité des anecdotes négatives de ma vie sont reliées aux filles. Pourquoi? Parce que toute ma vie je voulais avoir une blonde. Et pourquoi est-ce que je voulais avoir une blonde? Par désir romantique, oui, mais surtout pour soulager mes envies de baiser. Donc, la raison pourquoi j’ai eu tous ces problèmes de couples? Mon désir sexuel.

Tu sais comment quand on est jeune, on pense que les maladies transmises sexuellement, c’est juste quelque chose que les autres attrapent? Eh bien moi, en moins d’un an, j’en ai contracté deux. J’ai eu de la chance, ce que j’avais se soignait par prise de médicaments aux huit heures pendant une semaine. La première fois j’ai vu ça comme un cas isolé. La seconde comme un avertissement. Donc, la raison pourquoi j’ai eu deux ITS? Mon désir sexuel.

Comme tu dois t’en douter, quelqu’un qui a une aussi grosse libido consomme beaucoup de porno sur le net. Mais quand un site sur dix est plein de virus, tu devines ce qui se passe. Donc, la raison pourquoi mon ordi attrape plein de virus qui ralentissent et sabotent mon outil de travail principal pour écrire et dessiner? Mon désir sexuel.

Et quand tu ne t’y connais pas assez pour débugger ton ordi toi-même, tu fais appel à un support technique qui, évidemment, voit tout ton historique sur le net. Donc, la raison pourquoi je vis à plusieurs reprises ces situations aussi humiliantes que coûteuses? Mon désir sexuel.

Puis, évidemment, il y a quand je travaillais au Dunkin et que j’ai rencontré Nadia, j’ai fait la plus grosse erreur de ma vie. Je suppose que tu connais le cliché qui dit que plus une fille est grosse et laide, et plus elle est gentille et cochonne? J’y ai bêtement cru. Ça fait que quand elle a montré de l’intérêt pour moi, même si elle ne me plaisait pas, j’ai quand même accepté de coucher avec. Oui, côté baise, elle était bien. Mais côté personnalité, elle s’est vite montrée déraisonnable, avec ses crises de jalousies qui sortaient de nulle part. Alors j’ai cassé avec elle. Mais voilà, comment te libérer de quelqu’un avec qui tu travailles, et qui passe vos huit heures ensemble à te mettre de la pression incessante pour que vous repreniez? Surtout quand elle sait à quel point tu aimes le sexe, surtout quand elle est prête à faire les choses les plus cochonnes pour te ravoir. Je reprenais avec elle pour le sexe, je cassais pour sa jalousie. Ma vie se limitait entre subir son harcèlement quand on était en couple, ou subir son harcèlement si on était séparé. Donc, la raison pourquoi je vivais du harcèlement incessant? Mon désir sexuel.

Tu peux me croire que jamais je n’oublierai mes cinq semaines de célibat il y a onze ans, entre deux ruptures avec Nadia. Oui, cinq semaines. J’avais vraiment tenu mon bout cette fois-là. Et pour m‘y aider, j’essayais activement de trouver une autre partenaire sexuelle. Le problème, c’est que je n’y suis pas arrivé. Et quand tu es un gars en manque, tu finis par te tanner de tes mains. Surtout que je n’avais pas de connexion internet à ce moment-là, alors je n’avais même pas de visuel pour me soulager. Donc, la raison pourquoi je suis revenu avec elle alors que je m’en étais enfin débarrassé? Mon désir sexuel.

Et elle, elle a utilisé le sexe pour me coincer dans cette relation en lâchant la pilule sans me le dire.  Résultat: Une paternité non-désirée pour laquelle je n’étais prêt ni financièrement ni émotionellement, et qui a défini le reste de mon existence. Donc, la raison pourquoi je vis une existence misérable depuis les dix dernières années? Mon désir sexuel.

Tu sais ce que j’ai toujours trouvé aberrant par rapport au sexe? C’est le fait que pour la majorité des gens, le fait que j’aimais le sexe au point où j’en aurais eu de une à trois fois par jour si j’avais une blonde avec un appétit semblable au mien, à leurs yeux ça faisait automatiquement de moi un potentiel bisexuel, un violeur, un pédophile, un client de prostituées, et peut-être même un zoophile. Tu vois, au lit, je te dirais que le trois quart de mon excitation vient du fait de savoir que ma partenaire me désire et aime ce que l’on fait ensemble sexuellement. À cause de ça, c’est évident que je ne pourrais jamais être un agresseur sexuel, un pédophile, un harceleur ou un zoophile, puisque c’est le genre de chose qui se fait sans le consentement de l’autre. En fait, même pendant la baise, si je sais que la fille n’aime pas telle ou telle pratique, c’est suffisant pour m’en enlever le goût. Mais ça, ce sont des choses que Nadia, ses amies et beaucoup trop de gens n’ont jamais voulu comprendre. Donc, la raison pourquoi je suis soupçonné d’être un détraqué sexuel? Mon désir sexuel.

Et je n’ai même pas besoin d’avoir des désir sexuels. Il suffit que Nadia s’imagine que j’en ressens envers d’autres filles pour me le faire payer. Donc, la raison pourquoi je paye d’avoir un désir sexuel qu’elle s’imagine que j’ai? Mon désir sexuel, qu’elle s’imagine que j’ai.

Quant à la fréquence de nos relations, je ne savais plus où donner de la tête.  Si ma libido est forte, elle dit que c’est la preuve que je la trompe parce que je ne peux pas me satisfaire d’une seule partenaire.  Mais si ma libido faiblit, alors là encore elle dit que c’est une preuve que je la trompe puisque ça signifie que je n’ai pas l’énergie pour en fournir plusieurs. Donc, la raison pourquoi je suis soupçonné de la tromper? Mon désir sexuel, peu importe qu’il soit élevé, normal ou inexistant.

95% des problèmes que j’ai eu dans ma vie, qui m’empêchent d’avancer, qui sabotent mes efforts, qui me font perdre le peu que j’ai, et qui continuent encore et toujours de me faire subir désagréments par dessus désagréments, ça n’a qu’une seule source : Mon désir sexuel. Dans de telles conditions, est-ce qu’on peut me blâmer d’avoir finit par ne plus ressentir que du dégoût pour le sexe, et que ma libido soit tombée en panne?

Au niveau social:
Comme je le dis dans La réputation injustifiée des soi-disant bons gars, pourquoi est-ce que l’homme a la réputation d’être un obsédé, un pervers, un adultère, un con qui ne pense qu’avec sa queue, qui ne voit les femmes que comme un orifice dans lequel se vider, qui distribue les ITS, qui met une femme enceinte pour ensuite la planter là? Parce que c’est la libido masculine qui a maintes fois poussé certains hommes à commettre ces gestes, ce qui fait que nous avons maintenant tous cette réputation.  Pourquoi est-ce que les bars de danseuses nues, la pornographie et la prostitution existent-ils?  Pour satisfaire la libido masculine. Qu’est-ce qui est à l’origine des viols?  De la pédophilie? Des séquestrations dans le but de l’esclavagisme sexuel?  La libido masculine.  Et bien qu’il y aura toujours quelqu’un pour dire « Oui mais des fois ces crimes sont commis par des femmes », ce qui est vrai, le nombre de celles qui l’ont fait est infiniment minuscule comparé au nombre d’hommes coupables de ces mêmes choses.

Mais pourquoi est-ce que la libido masculine est-elle incontrôlable au point de causer tous ces maux?
Il y a quelques années, j’ai écrit un billet intitulé Les Raisons de la Colère dans lequel j’ai écrit ceci au sujet des hommes préhistoriques: Le cerveau savait également reconnaitre une situation dans laquelle un congénère cherchait nuire à l’individu. À l’époque, les nuisances ne pouvaient affecter que deux niveaux de la vie: Le droit de se nourrir et celui de se reproduire. Deux choses étroitement reliées la survie individuelle, donc à la survie de l’espèce.  Face à une telle situation, le cerveau a créé la colère, qui bloque le raisonnement et donne du courage, transformant un être normalement paisible en machine à tuer. La nuisance compromettait la survie de la race, il fallait donc éliminer la nuisance. C’est la loi de la nature.

On a beau être évolués et civilisés, n’empêche qu’à la base nous sommes toujours des animaux régis par la nature. Voilà pourquoi l’homme frustre à ce point lorsqu’il n’a pas la relation sexuelle qu’il espérait, et voilà pourquoi il préfère baiser sans protection malgré les risques de paternité non-désirée ou d’infections transmises sexuellement :  Parce que quand il s’agit de sexe, c’est l’instinct qui prends le contrôle. Ce même instinct qui pousse tout animal à faire ce qu’il a à faire pour perpétuer la race.  Ce qui nous amène…

… Au niveau international:
C’est en relisant le passage qui parle de la colère, qui bloque le raisonnement et donne du courage, transformant un être normalement paisible en machine à tuer que j’ai compris quelque chose de crucial au sujet de l’humanité: De tous les temps, les gouvernements et les chefs religieux ont su que la frustration sexuelle rendait l’homme violent.  Et de tous les temps ils ont utilisé ce fait pour faire avancer leurs causes.  Pourquoi pensez-vous que l’armée a aussi longtemps refusé les femmes et les homosexuels dans leurs rangs?  Parce qu’un homme frustré sexuellement, c’est un homme colérique, un homme violent, et par conséquent un bien meilleur combattant.  Et quelle est généralement la première chose qui arrive quand une armée envahit un territoire? Les soldats en violent les femmes.

Encore de nos jours, quels sont les peuples les plus guerriers et les plus violents? Ce sont ceux guidés par les religions qui sont les plus restrictives au niveau de la sexualité.  Restrictives au point où ils obligent les femmes à se cacher, histoire de ne même pas donner à l’homme la satisfaction visuelle. Tout ça dans le but d’augmenter leur frustration sexuelle au point où ils feraient n’importe quoi pour la soulager.  La preuve: Comment arrivent-ils à recruter des volontaires pour des attentats-suicides? En leur faisant croire que ce n’est qu’au Paradis qu’ils pourront enfin baiser sans limite.  Ce qui en revient à dire que ce qui fait fonctionner le terrorisme, c’est la libido masculine.
Devant ce constat plus que traumatisant, je crois que la prochaine fois que je vais voir une féministe enragée crier haut et fort que tous les maux de la terre sont dû à la libido masculine, je n’aurai d’autre choix que de reconnaître qu’elle n’a pas tout à fait tort.

Conseiller la victime, est-ce la blâmer?

Quand quelqu’un dit que Chacun est le seul responsable de son propre malheur, tout le monde est d’accord avec lui. À ça, je répond: Va dire ça à une victime de viol! Je serais curieux de voir le nombre de personnes qui vont encore approuver ses paroles s’il ose le faire. Comme quoi, contrairement à ce qu’essayent de nous faire croire les bien-pensants, il n’existe aucune règle de vie qui s’applique à toutes les situations.

Ce qui m’amène au sujet du jour: L’an dernier, j’ai écrit un billet au sujet d‘une femme qui se plaint d’être sans cesse harcelée dans les transports en commun. En lisant le billet de blog qu’elle a écrit à ce sujet, j’ai tout de suite vu ce qu’elle faisait pour attirer les harceleurs: Elle lit en public, repliée sur soi.  Après avoir expliqué comment et pourquoi ça encourage une certaine catégorie de gens à aller la déranger, j’ai conclu en recommandant de cesser de le faire. Or, ceci m’a valu la haine et les accusations comme quoi je blâmais la victime.

Malgré le fait que ma principale accusatrice use de mensonges, déforme les faits, réinterprète mes écrits à sa façon et démontre dans un de ses billets qu’elle est pro-viol en autant qu’elle puisse décider qui en sera la victime, je crois voir la logique derrière la raison de ses attaques contre moi. C’est que mon billet s’adresse à la victime en lui disant « Voici ce que tu dois faire si tu ne veux pas te faire harceler », au lieu de m’adresser aux agresseurs en leur disant « Veuillez ne pas harceler/agresser/violer les femmes! » Ainsi, en ne m’adressant qu’à la victime afin que cesse le harcèlement qu’elle subit, c’est comme si je lui faisais porter l’entière responsabilité de son agression.

Il y a une logique toute simple derrière ceci, et la voici: Si on dit à un violeur « Ne viole pas! », ce conseil va à l’encontre de ses intérêts, puisque son but est de violer. Pensez-vous qu’il va écouter? Par contre, si on donne à une victime un conseil pour diminuer les risques qu’elle se fasse harceler, alors là, ce conseil concorde avec ses intérêts, qui sont de ne pas subir d’agressions. Logiquement, il y a donc plus de chance pour qu’elle écoute et applique le conseil.

Et voilà la raison pourquoi c’est toujours aux victimes que l’on demande de faire des efforts pour diminuer le risque d’agressions. Parce que contrairement à l’agresseur, la victime désire que ça cesse, elle.  Je suis tout à fait d’accord comme quoi, dans un monde idéal, ça ne se passerait pas ainsi. Hélas, nous ne vivons pas dans un monde idéal.  Le choix de la victime se limite donc à deux choses: Cesser de faire ce qui attire le harcèlement, ou bien passer le reste de sa vie à le subir tout en gueulant comme quoi c’est à l’Homme et non à elle de changer son comportement.  Elle a beau avoir raison sur ce point, ce n’est pas ça qui va améliorer son sort.

Vous croyez que je ne peux pas comprendre ce que vit une femme car en tant qu’homme dans la quarantaine, je suis à l’abri de ce genre de situations?  Détrompez-vous!

  • Harcèlement amoureux: À 40 ans, lorsque je tenais mon blog de Défi Diète 2008, je suis tombé dans l’oeil d’une des programmeuses/modératrices de Canoë.com.  Après plusieurs semaines à subir ses propositions non-sollicitées et à les refuser, elle a commencé par hacker mon blog, m’en empêchant l’accès, avant de le détruire.
  • Harcèlement sexuel: À 42 j’en ai subi pendant trois mois de la part du fils de mon patron lorsque je travaillais dans un garage: Non-respect de mon hétérosexualité, propositions amoureuses, vol de mon chèque de paie afin d’obtenir mon adresse qui était inscrite dessus, visites surprises chez moi, appels incessants, et harcèlement sous forme de comportement agressif et négatif au travail puisque je n’ai jamais répondu positivement à ses avances.  Il a fallu que je l’engueule sans retenue en public pour avoir enfin la paix.
  • Harcèlement haineux en public: Durant tout l’été de 2011, après plusieurs mois d’entrainement qui m’ont amené au sommet de ma forme physique, j’ai subi à plusieurs reprises des agressions verbales et physiques dans la rue. Dans ce dernier cas, j’ai fini par comprendre que ce qui m’attirait ces agressions, c’était le fait d’être maigre aux cheveux longs.  Je me suis coupé les cheveux et je me suis laissé reprendre un peu de poids.  Les agressions ont automatiquement cessés et je n’en ai plus jamais subi depuis.

Ce qui fait que moi aussi je me suis retrouvé dans la situation où j’ai eu à choisir entre cesser de faire ce qui m’attirait le harcèlement, ou bien passer le reste de ma vie à le subir tout en gueulant comme quoi ce sont mes agresseurs et non moi qui devraient changer de comportement. J’ai choisi de faire ce qu’il fallait pour ne plus attirer les agresseurs, et ainsi ne plus être une victime. Vous comprendrez donc que dans de telles conditions, j’ai quelques difficultés à comprendre que le simple fait de dire à une femme de cesser de lire dans le bus/métro/train pour cesser d’attirer les harceleurs, ça me vaut des accusations d’être misogyne et machiste.   Pourtant…

Ce qui en revient à la question que je pose dans le titre de ce billet: Lorsque l’on voit où se situe la raison du harcèlement que vit une personne, faut-il le lui dire afin qu’elle cesse de le subir? Ou vaut-il mieux se taire et la laisser continuer de se faire harceler, parce que conseiller la victime, ça équivaut apparemment à la blâmer?  Je comprends qu’il faut changer la société en s’attaquant à la base des mentalités, afin que l’on ne vive plus dans la culture du viol. Mais ce n’est pas prêt d’arriver.

Alors en attendant que ça arrive, on fait quoi?  On conseille et on passe pour une basse ordure (pour citer ma principale détractrice) ?  Ou bien on se tait, et ainsi, par notre silence, on devient automatiquement complice de l’agresseur?

La réputation injustifiée des soi-disant bons gars

Pour une fois, c’est dans le but de les défendre que je vais parler des soi-disant bons gars. Parce que, peu importe qui on est et ce que l’on est, personne ne mérite d’être affligé d’une réputation trompeuse, surtout si elle est négative. Et il se trouve que le soi-disant bon gars en a toute une, de réputation négative, qui est à l’extrême opposé de la vérité.

Situation classique : Le soi-disant bon gars aime une fille en secret. Il se comporte avec elle de façon totalement asexuée, il se prétend être son ami le plus proche, et la couvre de gentillesse et de cadeaux. Puis, la fille rencontre un mec qui, aux yeux du soi-disant bon gars, est un néandertalien plein de défauts qui ne la mérite pas, et il réagit en chialant que « Les filles disent vouloir un bon gars, mais dès qu’il y en a un qui la maltraite, elle va le récompenser en lui donnant du sexe! »
Conclusion logique : Les soi-disant bons gars sont des hypocrites qui se disent romantiques, alors qu’ils considèrent que les filles devraient leur donner du sexe en récompense d’être gentil avec elles.

L’image suivante provient de l’excellent blog BD de Mirion Malle qui dénonce exactement ça:


Je comprends pourquoi la majorité des filles en arrivent à cette conclusion. Mais voilà: Et si je vous disais que cette conclusion est erronée?  Si je vous disais qu’au contraire, le sexe n’est pas ce que les soi-disant bons gars désirent en premier dans la relation? Si je vous disais qu’ils ont plutôt tendance à s’auto-castrer? Enfin, si je vous disais en plus que c’est dans l’espoir de plaire aux filles qu’ils le font, me croiriez-vous? Probablement pas! Voilà pourquoi, comme d’habitude, je vais piger autant dans mes observations des autres que dans mes expériences personnelles afin de vous expliquer ce curieux phénomène.

Pourquoi le soi-disant bon gars chercherait-il à s’auto-castrer? Parce qu’à chaque fois qu’il entend des femmes parler du désir sexuel des hommes, c’est toujours pour s’en plaindre.  On en dit que  « La libido masculine fait de tout homme un obsédé, un pervers, un adultère.  La libido masculine fait de lui un gars qui ne pense qu’avec sa queue, qui ne voit les femmes que comme un orifice dans lequel se vider, et qui refuse de porter le condom, ce qui fait de lui un distributeur de maladies transmises sexuellement et/ou un irresponsable qui met une femme enceinte pour ensuite la planter là et fuir ses responsabilités.  La libido masculine est la raison pourquoi les femmes se font exploiter dans la porno, les bars de danseuses, la prostitution.  La libido masculine est à l’origine de tous les crimes contre les femmes et les enfants:  Les agressions verbales, la violence, le viol, l’exploitation et l’esclavagisme sexuel, la pédophilie. »  Devant un tel constat accusateur, le soi-disant bon gars ne peut qu’arriver à une conclusion: Toutes les femmes ont horreur du désir sexuel en général et de la libido masculine en particulier.  Donc, s’il veut plaire aux femmes, il doit réprimer en lui-même tout désir sexuel.

Les hommes ont donc cette réputation de ne vivre que pour le sexe.  Alors quand un gars déclare à une fille une flamme non-sollicitée et surtout non-réciproque, un des trucs qui vient en tête à la fille pour le repousser, c’est de lui  faire croire qu’elle n’aime pas du tout le sexe.  

Face à ceci, un gars normal va en arriver à l’une de ces deux conclusions :

  1. Ou bien elle lui raconte des conneries car elle n’ose pas lui dire clairement qu’il ne lui plait pas.
  2. Ou bien elle dit la vérité et il en sera quitte pour continuer à avoir une vie sexuelle constituée de séances solitaires de passe-poignet, même s’il est en couple avec elle, ce qui serait quelque peu ridicule.

D’une façon comme d’une autre, il est évident que la fille ne veut pas de lui. C’est suffisant pour qu’il laisse tomber.

Le soi-disant bon gars, par contre, ne va pas abandonner aussi facilement.  Ce n’est pas de l’obstination.  C’est juste que, pour les raisons citées plus haut, il croit sincèrement qu’aucune fille n’aime le sexe.  Alors même si la frigidité prétendue de la fille n’est qu’une excuse mensongère, il va y croire.  Et voilà pourquoi il arrivera à la conclusion que pour plaire aux filles, il faut être asexué.

On ne peut pas blâmer la fille de prétendre être frigide au lieu de lui dire les raisons réelles pourquoi il ne lui plait pas.  Comme je le dis dans un de mes vieux billets intitulé La difficulté de dire « Non merci! », il est beaucoup plus simple de servir une excuse bidon qui nous déresponsabilise, que de dire la vérité et mal paraître.  Alors si le soi-disant bon gars se fait juste servir l’excuse mensongère du dégoût du sexe par les filles qui ne veulent pas de lui, pourquoi croirait-il que c’est faux? Il pense donc que, pour les filles, les choses doivent se dérouler dans cet ordre: 

  1. Se rencontrer.
  2. Devenir amis.
  3. Devenir amis très proches.
  4. Devenir amoureux.
  5. Être en couple.
  6. Se désirer sexuellement.
  7. Faire l’amour parce qu’on est en amour.

Comme vous voyez, le soi-disant bon gars n’est pas assez cave pour croire que les filles vont détester le sexe pour toujours.  C’est juste qu’il pense que ce processus demande à la fille entre quelques mois et quelques années.  Il voit la sexualité comme étant l’accomplissement final logique de la relation qu’il a amorcé avec elle.  Une relation qui y aboutira éventuellement, pour peu qu’il réussisse à dépasser l’étape 3.

Et c’est comme ça que, quand la fille finit par avoir une relation normale avec un gars normal, le soi-disant bon gars ne comprends pas. Il la voit s’intéresser à un gars, sortir avec et/ou coucher avec lui alors que ça ne fait même pas un mois qu’ils se connaissent.  Évidemment, une fois la période « charme de la nouveauté / je suis conciliant dans le but de séduire » est passée, le naturel de la fille et de son nouveau mec remontent à la surface.  Ils commencent à se connaître vraiment, et c’est là que les incompatibilités surgissent.  Mais bon, la relation est déjà amorcée, alors ils continuent d’être en couple et de coucher ensemble.  Pendant ce temps-là, la fille se plaint de tel ou tel truc en espérant que son mec change pour le mieux, ce qui n’arrive pas toujours.  Le soi-disant bon  gars s’étant taillé une place auprès de la fille en tant qu’ami proche et confident, c’est donc à lui qu’elle se confie de ses déceptions de couple. 

Et voilà ce qui amène le soi-disant bon gars à frustrer.  Le fait qu’elle sorte avec un gars sans qu’ils aient d’abord eu à apprendre à se connaître à fond, le fait qu’elle couche avec sans qu’il ait eu à attendre des mois ou des années, le fait qu’elle se plaint de lui mais continue à l’aimer / être en couple /coucher avec lui, ça dépasse l’entendement du soi-disant bon gars.  Et voilà pourquoi, dans son incompréhension, il ne peut qu’en arriver qu’à la conclusion suivante: « Alors c’est ÇA que ça prend pour qu’une fille ait envie de sexe?  Il faut la maltraiter?  Sois gentil avec elle et elle te friendzone, mais agis en salaud et elle te récompense avec du sexe? »

Pourquoi est-ce que le soi-disant bon gars associe t-il sexe avec récompense?  C’est tout simple:  Aux yeux du bon gars…

  • Un gars qui est salaud avec les filles mérite d’être puni pour son comportement.  Et la punition appropriée dans ce cas-ci, c’est: Ne recevoir ni amour ni sexe de la part des filles.
  • Si la fille se plaint du gars, alors le gars est un salaud.
  • Malgré le fait qu’elle s’en plaint, elle continue de sortir et coucher avec lui.
  • Recevoir de l’amour et du sexe est-il une punition pour un gars? Bien au contraire.
  • Donc, techniquement, si c’est le contraire d’une punition, alors c’est une récompense.  

Si le soi-disant bon gars s’en plaint, ce n’est pas parce que son but dès le départ était de recevoir du sexe en récompense pour sa gentillesse.  C’est plutôt parce qu’il est sous le choc de voir que le comportement de la fille entre en contradiction totale avec tout ce qu’elle a toujours prétendu être, ce qui le fait passer par toute une gamme d’émotions négatives: Sentiment de trahison, d’avoir été trompé, colère,  révolte … Et en constatant que la majorité des filles vivent leurs amours et leur sexualité de la même façon que son amie avec son mec, il en vient à la conclusion que  « Les femmes, c’est toutes des salopes! »  Non pas parce qu’elles le sont vraiment, mais bien parce qu’il a commis l’erreur de mettre les femmes sur un piédestal de sainteté et de pureté trop irréaliste pour être vrai.

Et voilà!  Ceci n’excuse évidemment pas le comportement négatif des soi-disant bons gars envers les filles.  Mais ça l’explique.

 


Quelques exemples antérieurs des comportements dont je parle dans ce billet:

Filles utilisant la fausse frigidité comme excuse pour tenir le gars à l’écart:

Dans Salomé, portrait d’une sociopathe, le 18e paragraphe raconte comment elle m’a fait accroire être peu portée sur le sexe.  Un mois plus tard, et pour les années à venir, elle s’est au contraire montré très active sexuellement avec les autres hommes, ne ressentant avec eux aucun des blocages qu’elle me disait avoir.

Dans le paragraphe On ne peut pas l’être et le faire situé au milieu de mon billet Mieux vaut se taire que de dire des niaiseries, je parle de cette fille avec qui j’ai eu une relation de couple platonique pendant plus de deux ans, car elle considérait que la sexualité allait prendre la place des sentiments et de l’amitié.  Elle a fini par m’expliquer, après la rupture, qu’en réalité, tout ce temps-là, elle espérait que le manque de sexe me pousse à mettre fin à la relation.  Dans sa relation suivante, ils sont rapidement passés au lit et leur couple a duré trois an et demi.

Gars qui s’auto-castre en croyant sincèrement que tel est ce que recherchent les filles:

Dans le premier billet de la série Comment le fait d’être un bon gars a ruiné ma vie sociale, amoureuse et sexuelle, je raconte comment je suis resté totalement asexué dans le lit d’une fille qui m’avait invité chez elle « en tant qu’ami seulement », et ce peu importe les signes qu’elle me donnait par la suite comme quoi elle voulait plus que ça.

Dans le second billet, une fille m’intéresse, mais dès que j’apprends qu’elle a couché avec un autre, elle est automatiquement devenue une salope à mes yeux et je n’en voulais plus dans ma vie, même pas en tant qu’amie.

Et dans le 3e billet, je suis très bon ami avec une fille qui m’intéresse mais qui est en couple, bien qu’elle m’ait dit qu’elle ne l’aime plus.  Lorsqu’elle s’est offerte à moi, je n’ai vu la chose que comme un écart de conduite de sa part, et j’ai très sincèrement cru qu’elle me serait reconnaissant plus tard que je lui dise non.

Le sexe en guise de récompense:

Dans le billet Un rendez-vous traumatisant, je raconte comment la fille n’a pas cessé de m’insulter et de me rabaisser tout le long de notre rencontre. À la fin de la soirée, elle m’invite chez elle.  Refusant de récompenser son attitude de merde en lui donnant du sexe, je décline.  Sa réaction de frustrée renforce ma conviction comme quoi j’ai bien fait.

Le Questionnaire Landru: Êtes-vous dans une relation abusive?

D’habitude, je ne publie pas sur mon blog des textes qui ne sont pas les miens.  Mais pour la seconde fois en cinq ans, je vais me le permettre, puisque c’est pour une bonne cause.  Il s’agit d’un test qui, à l’origine, n’avait pas de nom, et que j’ai baptisé Le Questionnaire Landru la première fois que je l’ai mis sur le net en 1998.

Pourquoi le nommer « Landru »?
Henri-Désiré Landru (1869-1922) est un célèbre tueur en série et criminel français.  Cet homme avait beaucoup de charme, qu’il utilisait afin de séduire de nombreuses femmes. 

Beau parleur, il fait signer à ses victimes des procurations lui permettant ensuite de faire main basse sur leurs comptes bancaires. Il ne lui reste plus qu’à les tuer et à faire disparaître les corps.  La célébrité que lui apportera son procès aura comme répercutions que la majorité des Landru changeront leur nom en Landry ou en Landré. (C’est du moins ce que j’ai entendu Bruno Landry dire en entrevue.)

En 1995, alors que je suis étudiant au cégep André-Laurendeau, il s’y déroule une semaine de la prévention contre la violence.  On y retrouve divers kiosques, chacun s’occupant d’un genre de violence en particulier: Violence faite aux enfants, violence des gangs de rues, violence raciste, etc.  Je m’arrête devant celui de la violence domestique.  Je regarde les pamphlets empilés sur la table et j’en prend un.  Il s’agit d’un questionnaire qui présente une liste de 30 situations:

1 –Votre conjoint(e) entretient-il/elle directement ou indirectement des menaces…

  • qu’en cas de rupture, il/elle pourrait vous ruiner?
  • qu’il/elle a la possibilité de déposer une plainte contre vous auprès de la police en vous accusant d’être un parent inadéquat ou un conjoint(e) violent(e)?
  • qu’en cas de rupture, votre relation avec vos enfants pourrait être menacée?
  • qu’il/elle pourrait vous discréditer auprès de votre famille, vos enfants, votre employeur, vos amis, votre thérapeute?
  • qu’en cas de rupture, il/elle obtiendrait la collaboration des membres de son entourage pour vous affronter?


2 –Votre conjoint(e) vous a-t-il/elle déjà frappé, tenté ou menacé de le faire avec ou sans objet contondant?

3 –Votre conjoint(e) a-t-il/elle déjà endommagé ou menacé d’endommager des objets auxquels vous tenez?

4 –Votre conjoint(e) a-t-il/elle déjà mis dans une situation difficile en vous entraînant dans une dispute au moment où vous aviez quelque-chose d’important à faire?

5 –Votre conjoint(e) a-t-il/elle déjà contraint à faire une dépense qui ne vous convenait pas, en utilisant votre bien-être ou celui de vos enfants comme argument pour vous y contraindre?

6 –Votre conjoint(e) vous menace-t-il/elle de s’intéresser à un autre partenaire sexuel, vous invite-t-il/elle à « aller voir ailleurs », parle-t-il/elle souvent de partenaires qu’il/elle a connu dans le passé, de ceux qu’il/elle souhaite avoir dans l’avenir ou de ceux qu’il/elle aurait souhaité avoir?

7 -Votre partenaire vous menace-t-il/elle de vous quitter, répète-t-il/elle qu’il/elle serait mieux sans vous ou évoque-t-il/elle souvent une rupture éventuelle?

8 –Votre partenaire utilise-t-il/elle la sexualité ou la privation de relations sexuelles pour sanctionner vos comportements?

9 -Si votre sexualité n’est pas ce que vous souhaiteriez qu’elle soit…

  • votre conjoint(e) vous en fait-il/elle porter seul la responsabilité?
  • votre conjoint(e) tente-t-il/elle de vous empêcher de vous satisfaire?


10 –Votre conjoint(e) vous discrédite-t-il/elle au sujet de questions qui vous sont chères ou qui touchent votre identité? (travail, enfants, habillement, loisirs, etc.)

11 –Votre conjoint(e) voit-il/elle d’un mauvais oeil que vous entreteniez des relations avec vos proches? Votre famille, vos enfants, vos amis, vos collègues?

12 -Vos conversations avec votre conjoint(e) sont-elles laborieuses, insatisfaisantes et stériles?

13 -Votre conjoint(e) menace-t-il/elle de se suicider, afin de vous contrôler?

14 –Votre conjoint(e) vous reproche-t-il/elle de vous plaindre de lui auprès de tiers? Vous rapporte-t-il/elle des propos défavorables d’autrui à votre endroit?

15 -Votre conjoint(e) refuse-t-il/elle vos propositions de participer aux tâches ménagères alors qu’il/elle se plaint que vous ne faites pas votre juste part et que vous le traitez comme un domestique?

16 -Avez-vous parfois l’impression que votre vie est inutile? Entrevoyez-vous votre décès éventuel comme une libération? Avez-vous déjà pensé à la meilleure façon d’en finir? Entrevoyez-vous la possibilité de ne pas faire soigner une maladie grave dont vous seriez éventuellement atteint?

17 –Lorsque vous avez prévu participer à une fête de famille ou à une activité impliquant des tiers, êtes-vous incertain, jusqu’au moment de l’événement, que votre conjoint(e) vous y accompagnera?

18 –Avez-vous l’impression qu’une crise menace d’éclater, que vous pourriez, sans le savoir, dire ou faire quelque-chose qui pourrait provoquer une crise, ou que votre vie est une suite de crises?

19 -Votre conjoint(e) a-t-il/elle l’habitude de quitter ou de menacer de quitter la pièce au moment où vous tentez d’avoir une conversation avec lui/elle?

20 –Avez-vous l’impression qu’avec votre conjoint(e), vous n’avez jamais raison?

21 –Est-ce que vos conversations aboutissent souvent en dispute?

22 –Est-ce que votre conjoint(e) vous « fait la leçon? »

23 –Est-ce que votre conjoint(e) vous insulte?

24 –Avez-vous l’impression qu’avec votre conjoint(e), il y a de nombreux sujets qu’il vaut mieux ne pas aborder?

25 -Votre conjoint(e) respecte-t-il/elle votre volonté quand vous demandez de mettre fin à une conversation qui ne mène nulle-part?

26 -Votre conjoint(e) vous pose-t-il/elle des questions sans vous laisser le loisir d’y répondre, sans s’intéresser à votre réponse, ou sans en tenir compte?

27 -Votre conjoint(e) vous pose-t-il/elle des questions qui sont formulées de telle sorte qu’elles sont des affirmations déguisées?

28 –Votre conjoint(e) vous accuse-t-il/elle injustement d’avoir des comportements que vous n’avez pas, d’avoir des défauts que vous ne reconnaissez pas, d’avoir des intentions que vous n’avez pas?

29 –Avez-vous l’impression qu’au moment de prendre une décision (le choix des activités de vacances, l’aménagement de la maison, le menu d’un repas,) votre suggestion ne vaut que si elle convient à votre conjoint(e) et que la réciproque ne vaut pas?

30 –Avez-vous l’impression que votre conjoint(e) sait où vous êtes et ce que vous faites à tout moment?

Si vous avez coché quatre situations ou plus, alors vous êtes victime de violence domestique. Vous devriez considérer la possibilité d’obtenir de l’aide d’un conseiller. Il pourrait être utile d’en discuter avec un ami en qui vous avez confiance, un psychologue, un travailleur social du CLSC, un médiateur attaché au Palais de justice, un membre du clergé ou un membre de votre famille. Il n’y a aucune honte à demander de l’aide, au contraire. Assurez-vous cependant que votre volonté de trouver une solution à l’impasse dans laquelle vous vous trouvez est partagée par votre conjoint(e). Si tel n’est pas le cas, vous devriez considérer la possibilité de quitter cette personne abusive.

À l’origine, le questionnaire était exclusivement masculin, ne parlant que de conjoint violent.  Si je l’ai modifié afin de le rendre unisexe, c’est parce qu’à l’époque, alors que je vivais avec Kim, la mère de mes enfants, j’ai constaté qu’elle me faisait subir 22 de ces 30 situations. (Celles, dans ce questionnaire, précédées d’un chiffre en noir gras, si vous êtes curieux.) Réalisant que ces comportements pouvaient aussi bien se retrouver chez l’homme que la femme, il me semblait logique, et beaucoup plus productif, de le multigenrer.  Et si j’ai donné à ce test le nom d’un homme violent, c’est tout simplement parce que, comme je dis plus haut, plus personne ne s’appelle ainsi.  Je ne risque donc pas de froisser qui que ce soit.

Ceci dit, pas besoin de faire un long test pour déterminer si on est dans une relation abusive ou non.  Vous n’avez qu’à penser à la façon dont votre partenaire vous traite actuellement.  Cette personne se comportait-elle de la sorte envers vous lorsqu’elle vous a séduite?  Si la réponse est non, et que les changements ne sont que négatifs, alors déjà là, il y a lieu de remettre son couple en question.

Les dommages collatéraux de l’auto-importance démesurée (1e partie)

L’histoire qui va suivre, je crois bien que c’est la première fois que je la raconte. Il faut dire que mon orgueil m’a quelque peu poussé à faire comme si ces événements ne s’étaient jamais produits.

Janvier 1997. J’ai 28 ans. Il y a quelques mois, j’ai reçu un avis du cégep comme quoi je n’étais pas accepté pour la session printemps 97. Sans école, je ne peux plus compter sur la bourse étudiante pour me faire vivre. J’ai beau occuper le poste de superviseur des résidences étudiantes, tout ce que ça me rapporte est le téléphone gratuit et une réduction de coût du loyer. J’ai besoin d’un boulot, et vu l’urgence de ma situation je ne peux pas me permettre d’être sélectif. Je me vois donc contraint d’aller dans la seule branche où j’ai de l’expérience : Pâtissier au Dunkin Donuts.

Être de retour au Dunkin après trois ans est pour moi une expérience humiliante, puisque je considère que je vaux mieux que ça. La raison de mon snobisme est simple : Dans les trois Dunkins où j’ai travaillé par le passé, mes collègues pâtissiers entraient tous dans l’une, sinon plusieurs, des catégories suivantes :

  • Repris de justice.
  • Crétins ne possédant rarement plus qu’un secondaire III.
  • Drogués.
  • Saoulons.
  • BS qui ne travaillaient que six mois pendant la saison froide, de façon à avoir tout juste les semaines de travail requises pour se remettre au chômage les six mois de belles saisons.

Étant retourné aux études justement dans le but d’échapper à ce genre de boulot, y revenir ne fait que me rappeler mon échec, me souligner à quel point je suis un minable, me montrer à quel point toute tentative pour améliorer mon sort ne sera jamais pour moi qu’une perte de temps et d’argent. Ça n’a beau n’être qu’une impression qui se montrera erronée avec les années, n’empêche qu’à ce moment-là, j’y crois. Et ça, ça joue sur mon humeur quelque chose de négatif.

À 26 ans, Allen, de son nom, est l’assistant gérant de mon Dunkin, ce qui fait de lui mon supérieur immédiat.  Il représente à ce moment-là tout ce que l’on appellera quelques années plus tard un douchebag. Il est beau, grand, athlétique, et il porte la moustache, ce qui est encore acceptable à cette époque. Il conduit une grosse bagnole de macho dans lequel il s’est bricolé un système de son qui vaut quasiment plus cher que le char lui-même, et ne sort jamais sans la balle de calibre .22 qu’il porte au cou en guise de pendentif. Allen est à demi-Iroquois, vit sur une réserve, et il ne manque jamais de se vanter à qui veut l’entendre qu’il était en première ligne du côté des indiens lors de la crise d’Oka. C’est là qu’il attire l’attention de son interlocuteur sur son pendentif.

ALLEN : C’te balle-là, mon homme, c’est la première que j’ai mis dans mon fusil quand j’étais aux barricades. Comme j’ai pas eu la chance de la tirer, j’m’en suis fait un collier en souvenirs.

À chaque fois qu’il engage une nouvelle pâtissière ou une nouvelle caissière, Allen la choisit en fonction de sa beauté et de son célibat, histoire d’essayer ensuite de les draguer. Quand ça marche, la fille est assurée d’avoir ses fins de semaines de libre en même temps que lui, puisqu’en plus c’est Allen qui s’occupe des horaires.  Autant il se montre charmant avec les filles, autant il se montre chiant avec les gars. Son truc, c’est de toujours essayer de nous prendre en défaut. Au début, ça pouvait passer. C’était majoritairement des questions du genre « As-tu fait tel truc? As-tu oublié tel autre truc? »… Rien que des questions relatives à la qualité du travail. Mais un après-midi du mois de mars, voilà qu’il décide de me prendre comme cible, et ce d’une façon qui démontre parfaitement toute la chianteur de sa personnalité.

Alors que je suis affairé à mélanger 55 lbs de pâte à beignets avec le mélangeur géant, il se rapproche de moi et me demande :

ALLEN : Tu t’es-tu lavé les mains avant de commencer ton shift?

Eh non, je ne m’étais pas lavé les mains.  J’aimerais bien dire qu’il s’agit d’un oubli, mais en vérité il s’agissait de simple négligence. Mais voilà, histoire d’éviter de me faire sermonner par ce grand fendant chiant, je choisis de lui mentir en répondant:

MOI : Oui!
ALLEN : Ah ouain?
MOI : Oui!
ALLEN : Sérieux là? Tu t’es lavé les mains avant de travailler?
MOI : Ben oui!
ALLEN : T’es sûr-sûr-sûr certain, là, tu t’es vraiment lavé les mains?

Bien que je le sais fatiguant, je trouves qu’il insiste un peu plus lourdement que d’habitude. En fait, il a l’air de s’y acharner comme quelqu’un qui connait la vérité. Mais voilà, logiquement, comment aurait-il pu le savoir? Arrivant à la conclusion qu’il essaye juste de m’avoir en bluffant, j’insiste avec calme comme quoi que…

MOI : Oui!
ALLEN : T’es vraiment sûr, certain, positif à 100% que tu t’es lavé les mains pour de vrai, là, avec du savon?
MOI : Sûr, certain, positif à 100%.

Avec un petit sourire triomphant, il s’accote sur le malaxeur et me regarde en disant :

ALLEN : Ben c’est bizarre, ça, parce qu’y’en a pu, de savon, dans la distributrice, depuis hier soir. Fa que, vas-y: Explique-moé donc comment t’as pu faire pour te laver les mains avec du savon puisque y’en a pas, de savon? Hm?

Pendant un court instant, je sens monter en moi le malaise que l’on ressent de s’être fait prendre en flagrant délit de mensonge. Puis, un truc me revient en mémoire, qui me calme instantanément. Il se trouve que, par un très heureux hasard, j’ai justement un demi pain de savon Irish Spring dans mon sac. Je l’avais amené avec moi lorsque je suis allé à la piscine municipale avec mon ex deux semaines plus tôt, et ma nature négligente a fait que je ne l’ai pas encore enlevé de mon sac.

Le fait qu’une de mes négligence est sauvée par une autre négligence me fait sourire.  Et dire qu’il y a encore des abrutis pour affirmer que deux négatifs ne font pas un positif. Je vois en ce hasard un signe du destin comme quoi une main divine vient de me donner la tâche de rabattre ce grand fendant prétentieux. Et cette tâche, c’est avec grande joie que je l’accepte.

MOI : Parce que, voyant hier que, justement, on allait manquer de savon, j’ai pris la peine de m’en amener un.

Incrédule, Allen éclate quasiment de rire dans ma face.

ALLEN : T’essayes-tu vraiment de me faire accrère que tu t’es amené un savon icite?
MOI : J’essaye pas de te faire accroire quoi que ce soit. Tu m’as posé une question, et j’y ai répondu. Libre à toi de me croire ou non.

J’ai fait exprès pour lui donner cette dernière réponse sur un ton snob, quasi méprisant, dans le but de le provoquer. À cet hameçon, il mord à pleines dents.

ALLEN : Ok! Pis là yé où, ton fameux savon?
MOI : C’est vrai qu’y’est fameux, c’est du Irish Spring.
ALLEN : Ben montre-moé lé, ton fameux savon Irish Spring.

En arrêtant la machine, je me tourne vers lui et je le regarde avec un air au visage et un ton de voix qui évoque le fait que j’ai l’impression de m’adresser à un attardé mental.

MOI : Ok… Parce que tu veux vraiment voir mon savon? Sérieux, là?
ALLEN : Que c’est qu’y’a? Ça te poses-tu un problème? Si c’est vrai que t’as un savon, tu devrais pas avoir de troubles à pouvoir me le montrer.
MOI : Voir mon savon… Bah, si tu y tiens. À chacun ses buts dans la vie, je suppose.

Si mes insinuations ont de l’effet sur lui, c’est de le convaincre encore plus que j’essaye de m’en tirer, donc qu’il a raison de ne pas me croire. Je me dirige vers les casiers des employés, suivi de près par Allen qui savoure déjà son triomphe, sûr qu’il est de pouvoir me prendre en flagrant délit de lui mentir.

ALLEN : Tsé, les menteurs icite, on garde pas ça longtemps parmi nos employés. Quand un gars est capable de mentir dans nos faces de façon aussi insistante pour un simple lavage de main, imagine comment y peut nous mentir pour des affaires pas mal plus graves. Tsé, genre, des vols, par exemple.

Mentir comme quoi je me suis lavé les mains ferait de moi un voleur? Wow! Du sophisme à l’état pur. Pour toute réponse, je me contente de prendre mon sac et de l’ouvrir. J’y plonge la main et je fouille quelques secondes. Puis, toujours avec calme, j’en tire la savonnette verte que je lui brandis au visage.

MOI : Tiens! Le v’là, mon savon.  Content, là?

Allen a beau essayer de se donner un air impassible, son silence démontre clairement qu’il ne s’attendait vraiment pas à ce que je lui en produise un pour de vrai.  Aussi, je profite de l’occasion pour me payer sa tête. Je remets ma main dans mon sac et y sort quelques autres items.

MOI : Pis? Y’a-tu d’autres choses que tu veux voir? Mes caleçons, peut-être? Tiens, les v’là. Ah, pis tiens, j’ai un bas sale ici. Y’é beau, hein? Tu veux-tu voir l’autre, ou ben ça va aller comme ça?

Quelque peu piqué dans son orgueil de voir qu’il a fait tout ce cirque alors qu’il était (apparemment) dans l’erreur, Allen pousse une dernière tentative de me discréditer. Hélas pour lui, même s’il tombe dans le vrai,  j’ai l’esprit vif et la réponse cinglante.

ALLEN : Ouain ben ton savon, là… J’trouve qu’y’avait l’air pas mal sec.
MOI : Ben là, franchement, c’est évident je l’ai essuyé pour qu’il sèche avant de le remettre dans mon sac. Penses-tu vraiment que j’mettrais un savon humide dans mon sac avec mon linge pis mes paperasses? Hein, qu’est-ce t’en penses, Sherlock?

Allen reste silencieux quelque secondes, son ego ayant quelques problèmes à (di)gérer le fait que je viens de le ridiculiser en beauté. Aussi, c’est avec une mauvaise foi carabinée qu’il répond :

ALLEN : Ouain! On va dire!

« On va dire »?  Il a là, dans sa face, la preuve que je ne lui mentait pas en disant que j’avais un savon dans mon sac.  Et lui, au lieu de le reconnaitre, il répond « On va dire »?  Tandis qu’il tourne les talons et repart dans la cuisine. Je lui emboite le pas.  Je devrais être satisfait de cette victoire morale fort satisfaisante.  Sauf que sa dernière réplique m’a fortement déplu.  Déjà que Je déteste les gens méprisant, quand ils font en plus preuve de mauvaise foi, ça m’enrage.  ça me donne juste envie de pousser le bouchon encore plus loin pour le faire chier.

MOI :  Pis toi, ton savon, y’é où? À moins que tu me dises que TOI, tu ne te les a pas lavées, tes mains!?

Piqué au vif, il se retourne promptement et me répond avec un ton élevé qui ne cache en rien sa frustration et sa colère.

ALLEN : Heille, pour qui tu t’prends, toé, kôlisse!?

Quoi de mieux dans ce temps-là, pour prouver encore plus que je vaux mieux que lui, que de lui répondre avec calme et logique:

MOI : Moi? Ben, je me prends pour un gars qui a passé les dix dernières minutes à me faire dire à quel point se laver les mains c’est important quand on travaille ici. Pourquoi?  Est-ce que je fais erreur de me prendre pour ça?
ALLEN : Chus ton boss, ok!?  Fa que j’ai pas de compte à te rendre.

Sur ce, il tourne les talons et quitte la cuisine, furieux.  Quant à moi, c’est avec un sentiment de triomphe que je retourne à mon malaxeur.  Depuis le temps qu’il nous fait chier avec son attitude de fendant, je crois bien être le premier à lui avoir tenu tête, et surtout le premier à pouvoir se vanter d’avoir eu le dessus sur lui.  En tout cas, j’ai bien l’impression qu’il a eu sa leçon et qu’il va agir autrement avec moi désormais.

À SUIVRE

Les 9 étapes de la vie amoureuse d’un (soi-disant) bon gars.

J’ai déjà parlé de plusieurs de ces comportements dans mes billets passés.  C’est juste que cette fois, je les mets tous ici, dans l’ordre, et j’en rajoute quelques-uns afin de compléter le tableau.

Donc :

Lorsqu’un soi-disant bon gars désire se mettre en couple, il passe généralement à travers les 9 étapes suivantes:

ÉTAPE 1 : Le Bon Gars Désespéré : Son seul et unique critère pour s’intéresser à une fille, c’est le célibat de celle-ci. Il se fout bien du fait qu’ils soient différents et incompatibles. Tout ce qu’il veut, c’est une fille, et c’en est une.

ÉTAPE 2 : Le Bon Gars Enquêteur : Il se renseigne le plus qu’il peut au sujet de la personnalité et des goûts de la fille.

ÉTAPE 3 : Le Bon Gars Caméléon : Il commence à calquer le style et les goûts de la fille, écoutant la même musique et les mêmes émissions, histoire de lui faire accroire qu’ils sont semblables.

ÉTAPE 4 : Le Bon Gars Amoureux Déguisé en Bon Ami Potentiel : Dès qu’il en sait assez sur elle, il passe à l’attaque, ou du moins à l’approche.  Car s’il ne trouve pas en lui assez de courage pour l’approcher en tant qu’amoureux potentiel, il trouve au moins celui de l’approcher en tant qu’ami

ÉTAPE 5 : Le Bon Gars Planificateur : Son titre d’ami lui permet d’en savoir plus sur elle, et il utilise ces renseignements afin de lui faire croire qu’ils ont encore plus de choses en commun.

ÉTAPE 5 : Le Bon Gars Qui Cache Trop Bien Son Jeu : Tout le long de leur relation amicale, il reste à l’écart, ne lui démontrant aucun intérêt à part de la simple amitié. Normal : Il ne veut tellement pas la perdre qu’il ne veut pas prendre le risque de gâcher le peu qu’ils ont. Alors quand elle lui parle d’un autre gars qui l’intéresse, il l’encourage à sortir avec lui.  Et quand elle est en couple et que ça va mal avec son amoureux, il lui suggère de rester en couple et d’essayer de régler la situation.

ÉTAPE 5 : Le Bon Gars Extrêmement Passif : Juste en démontrant qu’il a un comportement irréprochable, il s’attend à ce que la fille le compare aux autres gars et tombe en amour avec lui.  Il veut que tout vienne d’elle : S’intéresser à lui, l’appeler, lui proposer des sorties, le draguer, le baiser, lui offrir une relation d’amoureux officiels… Tout ça parce qu’il est trop passif pour lui offrir le moindre signe d’intérêt, alors que c’est pourtant lui qui est en amour avec elle.

ÉTAPE 6 : Le Bon Gars Très Patient : Quand elle est en couple, il n’ose rien faire, il attend juste qu’elle redevienne célibataire.  Quand elle est de nouveau célibataire, il attend qu’elle se remette de sa relation précédente pour lui faire sa déclaration.  Mais avant qu’il trouve le courage de le faire, elle a le temps de tomber en amour avec un autre gars.  Il se met donc en veilleuse, en attendant que cette nouvelle relation prenne fin.

ÉTAPE 7 : Le Bon Gars en Situation Frustrante par son Ironie : C’est quand la fille, à force d’aller d’une relation décevante à l’autre, se rend compte que finalement, le seul gars avec qui elle s’entend parfaitement bien, c’est son ami Le Bon Gars.  Elle lui dit alors, à la blague et un peu découragée : « Dans le fond, c’est un gars comme toi qu’il me faudrait! »  Mais voilà, même si elle le dit, et même si elle le pense, le fait est que les gars comme lui ne l’intéressent pas, sinon ça ferait longtemps qu’elle serait en couple avec lui.

À partir d’ici, selon la personnalité du soi-disant bon gars et des réactions de la fille, la relation peut prendre six chemins alternatifs.  Au choix :

CHEMIN A:

ÉTAPE 8a : Le Bon Gars qui Laisse Passer son Unique Opportunité : Plutôt que de profiter du fait qu’elle amène enfin, d’elle-même, le sujet d’être en couple avec lui, il continue de se la jouer de façon passive, en espérant qu’elle continuera sur sa lancée.

ÉTAPE 9a : Le Bon Gars qui a Manqué son Coup Pour Toujours : Devant le manque de réaction du gars, la fille réalise que l’idée d’être en couple avec lui était stupide, finalement.  Ou alors elle croit que ses sentiments ne sont pas partagés, et elle revient rapidement sur sa décision.  Dans un cas comme dans l’autre, la fille se dit que ce fut une erreur passagère d’avoir considéré d’être en relation de couple avec lui, erreur qu’elle ne commettra plus. La relation vient maintenant de passer en friendzone éternelle coulée dans l’acier au titane, et plus jamais il ne pourra rattraper le coup. C’est fini!

Ou bien CHEMIN B:

ÉTAPE 8b : Le Bon Gars qui a Perdu son Temps : Il en profite pour enfin lui déclarer sa flamme, ce qui prend la fille au dépourvu.  Mais voilà, tel que dit à l’étape précédente, Le Bon Gars n’intéresse pas vraiment cette fille, alors elle décline, à la grande déception du Bon Gars qui a investi ces mois, voire ces années, dans une cause qui était pour lui perdue d’avance.

ÉTAPE 9b : Le Bon Gars Ironiquement Hypocrite Depuis le Début : Frustré, il se plaint que la fille n’est qu’une menteuse de lui avoir fait croire faussement que c’était un gars comme lui qu’il lui fallait.  Pourtant, lui-même lui a menti tout le long de leur relation en lui faisant accroire qu’il ne voulait qu’une simple amitié.  Il conclut en chialant que les filles ne sont que des salopes superficielles car tout ce qui les intéresse vraiment ce sont les beaux gars, alors que lui-même ne s’est jamais intéressé qu’aux belles filles plutôt qu’à celles avec qui il pourrait vraiment être compatibles.

Ou bien CHEMIN C:

ÉTAPE 8c : Le Bon Gars qui a Enfin Celle qu’il Voulait : Il en profite pour enfin lui déclarer sa flamme.  Puisqu’il la prend au dépourvu dans un moment où elle est vulnérable et un peu mêlée dans sa tête, elle ne sait pas trop ce qu’elle fait alors elle accepte.

ÉTAPE 9c : Le Bon Gars qui Perd Celle qu’il a Eu : Éventuellement, la fille se rend compte que non, finalement, elle n’est pas vraiment attirée par lui, ou du moins pas comme amoureux.  Elle met fin à la relation, au grand désespoir du Bon Gars qui a investi ces mois, voire ces années, dans une cause qui était pour lui perdue d’avance.

Ou bien CHEMIN D:

ÉTAPE 8d : Le Bon Gars qui a Enfin Celle qu’il Voulait : Il en profite pour enfin lui déclarer sa flamme, et elle accepte.

ÉTAPE 9d : Le Bon Gars Satisfait du Peu qu’il A : Il voit bien que la fille n’est avec lui que par dépit, par découragement, parce que dans le fond il ne l’intéresse pas vraiment.  Ils sont juste ensemble parce qu’elle s’y est résignée, parce qu’elle n’arrive pas à avoir une relation amoureuse avec le genre de gars qui l’intéresse vraiment.  Mais il s’en satisfait car il sait bien que jamais une fille ne va s’intéresser à lui pour de vrai, donc que la seule façon pour lui d’être en couple, c’est en piégeant une fille dans cette relation.

Ou bien CHEMIN E:

ÉTAPE 8e : Le Bon Gars qui a Enfin Celle qu’il Voulait : Il en profite pour enfin lui déclarer sa flamme, et elle accepte.

ÉTAPE 9e : Le Bon Gars Insatisfait de la Relation : Maintenant qu’il a eu ce qu’il voulait, il lui est de plus en plus difficile de continuer de jouer au caméléon qui calque le style et les goûts de la fille.  Il redevient lui-même, ce qui les rend incompatibles, ce qui met de la tension dans le couple.  Et elle, elle se plaint qu’il n’est plus le gars qu’elle a connu.  Normal, parce que dans le fond, il ne l’a jamais vraiment été.

Ou bien CHEMIN F:

ÉTAPE 8f : Le Bon Gars qui a Enfin Celle qu’il Voulait : Il en profite pour enfin lui déclarer sa flamme, et elle accepte.

ÉTAPE 9f : Le Bon Gars qui Réalise qu’il n’ont Jamais Été Compatibles : Éventuellement, Le Bon Gars finit par rencontrer une autre fille avec qui il est 100 fois plus compatible que celle avec qui il est en couple.  Et c’est là qu’il réalise que finalement, il ne l’aime pas autant qu’il l’a toujours cru.  

Ou bien CHEMIN G:

ÉTAPE 8g : Le Bon Gars qui a Enfin Celle qu’il Voulait : Il en profite pour enfin lui déclarer sa flamme, et elle accepte.

ÉTAPE 9g : Le Bon Gars qui Réalise qu’il n’a Jamais Vraiment Été un Bon Gars :  Le Bon Gars a un physique ingrat.  Quand on doute d’être capable de plaire à une fille, on s’imagine encore moins pouvoir plaire à deux filles.  Facile de se proclamer fidèle dans ce temps-là.  Aussi, si une seconde candidate se présente, il sera incapable de refuser cette opportunité.  Ceci démontrera de façon indéniable que dans le fond, il n’a jamais vraiment été le bon gars qu’il a toujours prétendu être, et il n’a jamais eu les convictions morales ni la force de caractère qu’il a toujours prétendu avoir.  

Et voilà pourquoi « être un bon gars », c’est bien, mais ce n’est pas suffisant pour fonder une relation.  Ça prend beaucoup plus que ça entre les deux personnes.  Et ces autres choses que ça prend, elles doivent être naturelles, et surtout sincères.


L’image sur cette page est tirée d’une de mes vieilles séries, KONAR, le héros de BD le plus con qui soit.  On peut y lire toutes ses aventures sur ce groupe Facebook.

Le premier Nice Guy

(Pour rester dans le thème Astérix et Cléopâtre du billet précédent)
Selon les archéologues, la première apparition du Nice Guy remonte à 50 avant Jésus Christ, en Égypte.




Numérofif n’est qu’un architecte minable, pauvre, petit, laid, et il est tellement lâche qu’il n’est même pas capable de démontrer ses sentiments à celle qu’il aime.  Tandis que César est grand, beau, charismatique, et il a tellement de drive que non seulement il est empereur de Rome, il a conquis la quasi-totalité du globe. Numérofif est un esclave volontaire, César est un conquérant. Devrait-on se surprendre que Cléopâtre préfère César?

Mais ça, le Nice Guy ne le voit pas.  À ses yeux, César n’a rien de plus que lui.  Alors dans sa vision étroite, la seule différence entre César et lui, c’est dans leurs façons de traiter Cléopâtre.  Et voilà comment les soi-disant Bons Gars commettent la même erreur de jugement que Numérofif, en arrivant à la même conclusion stupide comme quoi pour plaire aux filles, il suffit de les maltraiter.

Parce qu’en réalité, Cléopâtre a beaucoup plus de raisons d’être tombée en amour avec un gars intéressant comme César qu’elle n’en aurait d’aimer un ennuyant comme Numérofif.  Ce qui fait que, contrairement à ce que pense Numérofif, elle n’aime pas César à cause  que c’est un douchebag.  Elle l’aime malgré le fait qu’il en est un.

Ce que m’a appris Astérix et Cléopâtre

Pour la 31e année de suite, Ciné-Cadeau repasse pour le temps des fêtes les grands classiques du dessin animé européen que sont les Lucky Luke et les Astérix. Astérix et Cléopâtre, en particulier m’a appris un important fait de la vie. (Pour l’occasion, j’ai doublé le dialogue en Québécois)









La preuve que ça marche, c’est que même les gaulois, ses pires ennemis, sont fiers d’aider à le lui construire, son palais.

Une semaine sur Facebook lors du décès d’une personnalité publique

LUNDI
On apprend la nouvelle.


MARDI
Plein de statuts colportent la nouvelle


MERCREDI
Apparition des premières blagues au sujet de la personne défunte, la moitié de celles-ci étant sur le thème « Faisons semblant qu’on ne sait pas de qui on parle ».


JEUDI
Apparition des premières comparaisons moralisatrices.


VENDREDI
Une autre personnalité publique meurt


SAMEDI
Les nouveaux statuts R.I.P.

…et la triste constatation que ce disparu-là est moins connu qu’il devrait l’être.


DIMANCHE
Apparition d’un autre genre de comparaison moralisatrice.


LUNDI
Plus personne ne parle des deux défunts, l’attention du public étant maintenant tournée vers une nouvelle tragédie.