Souvenirs de l’Univers Estudiantin. Chapitre 2 : Les profs.

Encore une fois, je me demande à quel point les choses ont changé depuis mes propres expériences estudiantines.


L’AIR BÊTE

On le repère facilement, et ce dès le tout premier cours : C’est celui qui, à la seconde où ça commence, va verrouiller la porte pour interdire l’accès aux retardataires, dit son nom, commence la matière immédiatement, et conclut en vous donnant des devoirs, incluant lecture de quelques chapitres de livres que vous n’avez même pas encore eu de temps de vous procurer. Entretemps, histoire d’égayer la matière, il a bien pris le temps de vous faire la liste des mesures disciplinaires qu’il entend bien appliquer pour les devoirs non-faits, incomplets et en retard. Dans sa classe, la discipline règne car tout fautif est immédiatement expulsé.  Personne ne l’aime et il le sait, même qu’il fait exprès.  Et avec la taxe gouvernementale contre l’échec qui force les étudiants à moins négliger leurs classes, y’en profite, l’estie!


L’ÉTRANGE ÉTRANGER

Originaire d’un pays dont personne n’a jamais entendu parler, il se distingue par son nom imprononçable et son accent à couper à la chain-saw.  Il est plus facile de remplir un rapport d’impôts saoul que d’essayer à-jeun de comprendre ce qu’il dit.


LE ROUILLÉ

Lui, il a probablement été nommé prof lors de la première communion de vos grands-parents.  Il connait tellement sa matière par cœur qu’il la récite machinalement comme un vieux disque en vinyle qui saute.  Pour lui, le temps s’est arrêté il y a belle lurette car tout dans ses gestes, ses paroles et son look en font une relique du passé.


L’AIR BÊTE, VERSION FÉMININE

Celle-là, comme son nom l’indique, est en SPM à longueur d’année. Mais contrairement à son homologue masculin, elle a beaucoup de difficulté à faire régner l’ordre dans sa classe.


LE COMÉDIEN

Avec lui, on s’amuse, peu importe la matière qu’il enseigne.  S’il est prof de Physique, il enseignera le principe de la vélocité en lançant des chaises.  Prof d’Anglais, il ne manquera pas de mimer une phrase pour être certain que vous comprenez bien. Prof d’Histoire, il arrivera déguisé en Jacques Cartier.  Pas l’explorateur; Le pont!


LA FRAICHEMENT SORTIE DE L’UNIVERSITÉ

Puisque c’est sa première année en tant qu’enseignante, ça fait d’elle la plus jeune des profs.  On pourrait croire que ça en fera une personne près de ses étudiants.  Erreur!  Dans son enthousiasme de débutante, elle croit bêtement que tout le monde est à son niveau éducatif et intellectuel. Par conséquent, les explications et devoirs qu’elle donne ne peuvent être compris que par elle-même. Même si elle est une experte dans la matière qu’elle donne, ça n’en fait pas pour autant une experte en communication. Tant et aussi longtemps qu’elle ne s’adaptera pas, plus de la moitié de ses élèves couleront.  Elle foutra ainsi en l’air le temps, l’argent et l’avenir d’une centaine de jeunes par année. … Et ça, c’est SI elle s’adapte un jour, ce qui n’est pas garanti.


LE VAUTOUR

Pour quiconque ressentant un malaise lorsqu’il se sent observé, ce prof représente l’enfer sur terre. Peu importe où on est assis, on a l’impression que son regard est sur nous.  Un seul regard de sa part et on sent qu’il sait si on a compris ou non, si nous avons étudié ou non, ou si son cours nous donne la diarrhée ou non.  Il est particulièrement pénible lors de tests ou d’examens, alors qu’il déambule entre les pupitres en jetant un regard sur ce que l’on écrit, ce qui rend la chose 20 fois plus stressante.


L’EX-JEUNE

Ce prof avait votre âge en 1986, et ça parait car il est encore habillé et coiffé comme si on était en 1986.  Dans ses gestes et paroles, on voit qu’il essaie de montrer qu’il est toujours jeune et à la mode, mais il n’en fait accroire qu’à lui-même car tout le monde se fout bien de sa gueule.  Il est pathétique.


LE BEAU JEUNE HOMME

La première fois qu’on le voit, on croit que c’est un étudiant, mais quelle surprise de le voir s’installer au bureau du prof.  Il est calme, sérieux sans être chiant, et bien qu’il soit à son affaire de façon irréprochable, un tiers des filles de la classe ne diraient pas non à une romance et/ou une baise passionnée avec lui.


LE PROF DE PHILOSOPHIE

Tous les profs de philo portent la barbe.  Même les femmes.


LE CULTIVÉ

Généralement Haïtien ou bien Arabe, il manie pourtant le Français bien mieux que n’importe quel francophone de naissance. C’est avec fierté et la tête haute qu’il tentera de nous inculquer quelques notions de Baudelaire, Racine, Balzac et Molière.  Un brin snob quoi que tolérant, il ne forcera personne à le suivre, considérant que passer ou couler demeure le choix personnel de tout un chacun.


L’ARTISTE FRUSTRÉ(E)

Les anglais disent “Those who can, do.  Those who can’t, teach.” , ce qui signifie que ceux qui ont du talent réussissent dans leur domaine, tandis que les autres sont tout juste assez bons pour en devenir profs.  L’option Arts et Lettres en particulier regorge de ces losers d’ex-artistes n’ayant jamais réussi à se faire connaître.  Leurs frustrations se transforment souvent en jalousie haineuse face aux étudiants qui se montrent vraiment talentueux. Aussi, rien ne leur est plus jouissif que de les faire couler, ce qui est particulièrement facile en Arts puisque la note n’est jamais rien d’autre qu’une opinion, contrairement en mathématique ou elle est un fait incontestable.  Pas surprenant que 99% des étudiants en Arts et Lettres finissent plongeur Au restaurant Pierrette Patates.


LE CULTIVÉ QUÉBÉCOIS

Lui, la culture d’icite, y connait ça! Il parle québécois, il s’habille québécois, il mange québécois et il fume québécois. Il considère que sa mission divine et sacrée est de nous introduire aux racines de nos souches. En une seule session, il saura vous faire passer à travers les œuvres complètes de Michel Tremblay, Victor Lévy-Beaulieu, Réjean Ducharme et Yves Thériault.  … Même s’il est prof de maths.


LE RÉPUGNANT

Ce n’est pas qu’il soit particulièrement laid, c’est juste que de la façon dont il s’arrange, il a toujours l’air négligé.  Il est mal coiffé, mal rasé, mal habillé, semble affectionner le brun comme couleur primaire du contenu de son placard.  Les dessous de bras de ses chandails et chemises sont souvent tachés de cernes de transpiration.  Même lorsqu’il est propre, on a l’impression que ça pue l’tabarnak quand il est là.  On se sent sale, juste d’avoir été touché par son regard.


LE ON-S’EN-BRANLE-SOLIDE

Lui, on va à ses cours uniquement parce que… Euh… En fait, on n’en a aucune idée.  Probablement juste parce que c’est sur notre horaire.  Lorsqu’il parle, personne ne l’écoute.  On préfère lire, gribouiller, jouer aux cartes, texter, sexter… On ne peut pas dire que le chaos règne dans sa classe, seulement l’indifférence totale.


LE MOULIN À PAROLES

Croisez un cocaïnomane avec un syndrome de déficit d’attention et vous aurez ce prof. Il est capable d’enchainer d’un seul souffle plusieurs aspects de sa matière avec 8624 autres qui n’ont aucun rapport.  Ses explications n’en finissent plus car il s’interrompt sans cesse afin de raconter une anecdote que lui a rappelé un mot qu’il vient de dire.  Lorsque tu finis enfin par obtenir une réponse de sa part, tu n’es pas plus avancé car tu ne te souviens même plus de la question.


Eh voilà! J’en ai oublié?

En fait, oui, J’en ai délibérément oublié un: LE NÉO-SÉDUCTEUR. C’était le prof masculin qui passait sans cesse de petites remarques séductrices, « à la blague », disait-il, à ses étudiantes en général, ayant au moins une cible favorite dans chaque groupe.  Ce prof a tout simplement cessé d’exister au début des années 90, alors que les plaintes contre harcèlement ont obligé le ministère de l’éducation à resserrer la discipline envers son personnel enseignant en matière de comportement acceptable ou non. Mais bon, je parie qu’il y en a qui ont continué quand même à s’essayer une fois de temps en temps.

BIENTÔT: La cafétéria.

Souvenirs de l’Univers Estudiantin. Chapitre 1: Les camarades de classes.

En guise d’introduction: À cette nouvelle série de billets de blog, j’ai d’abord pensé donner comme titre Le Guide de Survie au Cégep. C’eut été faire preuve de peu de sagesse. D’abord parce que ma dernière expérience du cégep remonte à loin.  Ma vision née de mes expériences personnelles risque d’être fort dépassée, voire nullement représentative de la réalité des jeunes d’aujourd’hui.  Et ensuite, c’eut été une erreur puisque le mot cégep ne veut rien dire pour les 60% de non-québécois qui constituent mon lectorat.  Donc, à votre intention, chers z’amis z’étrangers, voici une courte structure du système éducatif d’ici, à quel âge on y entre, et combien de temps on y passe si on ne redouble pas:

  1. Maternelle, entrée à 5 ans, dure une année, obligatoire.
  2. École primaire, entrée à 6 ans, dure 6 ans, obligatoire.
  3. École secondaire, entrée à 12 ans, dure 5 ans, obligatoire.
  4. Cégep (Pour: Collège d’Enseignement Général Et Professionnel), entrée à 17 ans, dure 2 ans, volontaire
  5. Université, entrée à 19 ans, dure le temps qu’il faut, volontaire.

Le contexte cégépien étant mis au clair, passons maintenant au billet:

L’atmosphère de rentrée des classes de début septembre a le don de me replonger à chaque année dans la même nostalgie, celle du temps où j’étais étudiant de cégep.  En fait, je suis allé 4 fois au cégep dans ma vie:

  1. Cégep Édouard Montpetit à 17 ans pour une première session,
  2. Cégep de St-Hyacinthe, toujours à 17 ans, la session suivante.
  3. Cégep André Laurendeau, à 27 ans, pour compléter mes études.
  4. Cégep André Laurendeau, à 37 ans, pour une session, me faisant passer en douce pour un étudiant de 26-27 ans dans le cadre d’une enquête pour un projet de livre dont le nom de code était The Lando Griffin Project. (Je vous en reparlerai un de ces quatre) 

Me retrouver au cégep à tous les dix ans m’a fait me rendre compte que, que ce soit en 1985, en 1995 ou en 2005, que ce soit à Longueuil, à St-Hyacinthe ou à Montréal, certaines choses ne changent pas. Peu importe l’époque, la situation géographique ou le système scolaire, j’ai constaté que l’on y retrouve toujours le même genre de gens parmi les étudiants de 17-20 ans.  D’ailleurs, vous-mêmes, lors de vos études, vous avez sûrement rencontré…


LA SUPERWOMAN

Caractéristiques : Occupe à temps plein un poste au journal étudiant et au conseil étudiant, est membre de plusieurs comités et associations jeunesse, fait du bénévolat, est stagiaire à La Presse, a un chum, arrive à étudier cinq jours par semaine.  Elle obtient toujours d’excellentes notes, ne montre jamais le moindre signe de stress et entretient de bonnes relations avec tous ses profs sans pour autant en être le chouchou.

Phrase typique : « Je n’ai pas le temps de te parler pour l’instant mais je peux t’accorder 10 minutes le 16 octobre, ça va? »

Dans 10 ans, elle sera : Femme d’affaire à succès, mère attentive et épouse dévouée


LE CHIALEUX

Caractéristiques : Toujours criblé de problèmes, toujours en train de râler, toujours à se plaindre que ça va mal avec ses parents, son travail, sa blonde, ses études, ses frères et soeurs, sa santé, sa vie sexuelle, et ses amis qui en ont ras le bol de toujours l’entendre se plaindre.

Phrase typique : « Oh, moi, ça va assez mal en ce moment. »

Dans 10 ans, il sera : Assez loin pour ne plus nous ennuyer avec ses problèmes, on espère.


LA GLUE

Caractéristiques : Le genre de fille à se coller sur tous les gars, à rechercher le contact physique: Câlin, caresse dans les cheveux, bisous sur les joues, demande de massage aux épaules, etc. Elle repousse pourtant les avances de tous les gars car elle ne les veut que comme amis seulement.  Elle préfère jeter son dévolu sur un qui lui est inaccessible: Marié, Gai, habitant dans un autre pays, etc.

Phrase typique : « Mais qu’est-ce qu’ils ont tous à dire que chuis une agace? »

Dans 10 ans, elle sera : Pareille! dans 20 ans, par contre, elle deviendra dépressive en se rendant compte qu’elle est la seule de son entourage à être célibataire et sans enfants, et mariera le premier cave venu.


L’ÉTERNEL ÉTUDIANT

Caractéristiques : Lorsqu’il est entré au cégep alors que vous étiez encore en 6e année du primaire, il a tellement aimé la vie sociale qu’il n’a pas su trouver en lui la force morale d’avancer plus loin dans sa vie. Il s’est donc arrangé pour y rester le plus longtemps possible, changeant d’orientations et/ou ne prenant que le minimum de cours permis par session.

Phrase typique : « J’ai ben du temps libre, j’ai juste deux cours cette session-ci. »

Dans 10 ans, il sera : Un éternel payeur, car il se sera accumulé une magistrale dette de prêts étudiant qui aura doublé avec les intérêts accumulés.


L’ÉTUDIANT SUR LE RETOUR

Caractéristiques : C’est celui qui revient après plus de 10 ans d’absence sur les bancs d’école. On le remarque facilement: C’est celui qui a une décennie de retard, autant sur le style vestimentaire qu’en poils capillaires et facial, car il n’a pas remarqué que la mode avait évolué.  Heureusement que ses ami(e)s cégépien(ne)s sont là pour l’aider à moderniser son look.

Phrase typique : « Dans mon temps… »

Dans 10 ans, il sera : 10 ans en retard sur la mode puisqu’il n’aura pas remarqué que celle-ci aura évolué depuis son 2e tour au Cégep.


LA FUCKÉE

Caractéristiques : Remarquable, dans le sens qu’on n’a pas le choix de la remarquer, vu qu’elle porte des vêtements de style original d’un noir total, ou alors au contraire trop colorés..  Ses cheveux sont d’une couleur non-naturelle, ses yeux sur-maquillés lui donnent un regard mystérieux et elle porte des verres de contact teintés rouge sang.  Elle arbore tatouages et piercings en quantité, sauf si c’est une poseuse.  Elle porte tellement de bagues qu’on se demande comment elle peut plier les doigts.

Phrase typique : « Heille, chus tannée de me faire dire que c’est pas tous les jours l’Halloween. »

Dans 10 ans, elle sera : d’un look plus universel, marché du travail oblige.


LE GARS AU CHAPEAU MELON

Il est intéressant de constater qu’il y en a un dans chaque cégep, et il s’habille en noir.


LE GRAF-ARTISTE

Caractéristiques : Il passe le plus clair de son temps à perfectionner son art du graffiti, que ce soit au crayon dans son agenda, au feutre sur les mur des cabinets de toilettes, ou au spray-paint sur les murs de l’école.  Ce sera d’ailleurs la seule manière dont il fera sa marque dans l’établissement car il disparait généralement au bout de 2 mois.

Phrase typique : « Je ne fais qu’exercer mon droit à la libre expression artistique. »

Dans 10 ans, il sera : graphiste sans contrats et heureux propriétaire d’un joli casier judiciaire pour vandalisme multiple.


LA GROSSE COCHONNE

Caractéristiques : Obèse, elle adore manger, que ce soit un bon repas ou bien un beau gars.  Elle a une vie sexuelle bien remplie et ne se gène pas pour en parler.  Elle possède quelques jouets sexuels qu’elle utilise régulièrement, et traine toujours des condoms avec elle au cas où.  Car malgré le fait qu’elle est loin d’avoir une taille de mannequin, il y a toujours au moins un gars qui lui court après. Lorsqu’elle a un chum, elle est dans une relation ouverte. Et si leur relation est monogame, qu’importe, elle le trompe anyway à chaque fois que l’occasion se présente, juste au cas où elle se trouverait mieux que lui.

Phrase typique : « Hmmm, r’garde-z’y donc les belles p’tites fesses, à lui. Agrrr! »

Dans 10 ans, elle sera : Résignée et mariée à son chum, de qui elle aura pondu 2,7 enfants après s’être rendue compte que, à part sexuellement, aucun autre gars ne veut d’elle, et surtout pas dans une relation sérieuse à long terme.


L’INTRIGANTE

Caractéristiques : Lorsqu’on la rencontre, elle semble d’abord gentille et chaleureuse, mais bien vite elle se montre sous son vrai jour. Elle est jalouse, envieuse, hypocrite, te parle en mal de tout le monde et parle à tout le monde de toi en mal.  À éviter autant que possible.

Phrase typique : « Si tu savais ce qu’elle a dit sur toi… »

Dans 10 ans, elle sera : Pareille! Ce genre de monde-là, ça ne change jamais.


L’ANGOISSÉ

Caractéristiques : Ne parle que si on lui adresse la parole.  Et encore, il ne parle pas, il marmonne en bafouillant. S’il reste plus de 30 secondes sans bouger, on le confond avec le papier peint. On ne lui connait aucun ami.  Dans les corridors de l’école, il marche en rasant les murs, les yeux fixés sur ses souliers.  Dans l’autobus, il n’ose pas sonner pour débarquer s’il est le seul à vouloir débarquer à cet arrêt. Il est incapable de faire son p’tit besoin dans les toilettes publiques s’il y a une autre personne dans la pièce.

Phrase typique : Impossible de le savoir, il parle trop bas.

Dans 10 ans, il sera : marié à une fille extravertie super énervée qui l’aura d’abord trouvé cave d’être si pogné, et ensuite mignon d’être si timide.


LE MAL-AIMÉ

Caractéristiques : Pour une raison mal définie, il y a quelque chose dans la personnalité de ce gars-là qui fait que tout le monde s’en moque et personne n’en veut dans son entourage.  Certaines associations étudiantes vont même rajouter une clause dans leur charte interdisant d’accepter sa candidature.

Phrase typique : « Ben là, franchement, c’est pas juste, qu’est-ce que je leur ai fait, moi? »

Dans 10 ans, il sera : Dépressif suicidaire.


LE MANIFESTANT

Caractéristiques : Ce gars-là cherche tellement à manifester contre ce système de capitalistes vendus qu’il n’hésite pas à se contredire, pourvu que ça lui permette de se plaindre. Par exemple, lorsque le coût des études augmente, il manifeste contre le capitalisme scolaire.  Et lorsque les écoles veulent placarder les murs de publicités dont les revenus permettraient de garder au plus bas les coûts d’études, alors il manifeste car il est contre les pubs… Et ce, malgré le fait qu’il arbore fièrement sur ses vêtements des logos Nike, Tommy Hilfiger, etc.

Phrase typique : « Ce n’est qu’un début, continuons le combat. »

Dans 10 ans, il sera : un capitaliste vendu.


LA MATCHEUSE

Caractéristiques : Elle essaye toujours de matcher ses ami(e)s, même ceux qui sont déjà en couple.  Elle essaye souvent de faire croire à deux personnes qui ne se sont jamais vues que chacune trippe ben raide sur l’autre en secret.  Et si elle connait un seul gai et que celui-ci est célibataire, elle essayera de convaincre un de ses amis hétéro de changer d’orientation pour aller avec.  Étrangement, la matcheuse est très souvent célibataire.  Et les rares fois où elle a un chum, elle le trompe.

Phrase typique : « J’connais quelqu’un qui voudrait te rencontrer. »

Dans 10 ans, elle sera : Une célibataire vieillissante qui aimerait bien qu’on la matche avec quelqu’un de bien.


LE MÉCANO

Caractéristiques : Ne parle que de chars, sa chambre est tapissée de posters de chars, et il connait par coeur le nom et la fonction des 16 824 pièces constituant une automobile. Il regarde plus volontiers sous le capot du char de sa blonde qu’en dessous de sa jupe. Il aime passer une soirée romantique en tête-à-tête avec un moteur diesel, se parfume au WD-40 et il a les mains tachées en permanence.

Phrase typique : « Hier j’ai vu un christie d’beau char! »

Dans 10 ans, il sera : Ou bien simple mécano ou bien à la tête de 3 garages, tout dépendant de sa débrouillardise et de son sens des affaires.


LE NÉGLIGEANT

Caractéristiques : N’écoute pas trop en classe. Oublie de noter ses devoirs dans son agenda. Oublie presque toujours d’étudier et se trompe les rares fois où il le fait.  Attends toujours trop longtemps avant de se procurer ses manuels, ce qui fait que ceux-ci sont souvent épuisés lorsqu’il s’y décide.  En classe, il est souvent obligé de suivre avec un autre car il a oublié et/ou perdu ses livres.  Il est toujours surpris d’apprendre qu’il y aura un examen, alors que tous les autres le savent depuis longtemps et sont prêts. Du reste, il vit dans la terreur constante que son prof finisse par se rendre compte qu’il n,a rien compris à son cours.

Phrase typique : « Il fallait faire ÇA? Pour maintenant LÀ, là!? »

Dans 10 ans, il sera : tout le temps en retard, dans tout.


LA MILITANTE

Caractéristiques : Elle ne peut supporter les inconscients qui préfèrent ignorer les problèmes du monde pour mener une petite vie tranquille.  Elle est de tous les combats, de toutes les manifs, et peut passer des heures à t’expliquer point par point pourquoi Microsoft, Kellogg’s, McDonald’s et autres multinationales sont à boycotter pour crimes contre l’humanité.  Malgré ses beaux discours, elle ne cessera pas de fumer malgré le fait que les compagnies de tabac sont responsables de 100 000 fois plus de décès que toutes les compagnies qu’elle boycotte réunies.

Phrase typique : « So-so-so, solidarité! »

Dans 10 ans, elle sera : Une inconsciente qui préfère ignorer les problèmes du monde pour mener une petite vie tranquille.


LA NULLITÉ

Caractéristiques : Ses lunettes tiennent avec du scotch-tape.  Sa braguette est souvent ouverte. Peu importe s’il prend 2 minutes ou une heure à se coiffer, il sera toujours dépeigné. Ses vêtements n’ont jamais l’air de lui faire correctement et il a tendance à se prendre les pieds dans ses lacets.  Pour rire de lui, certaines filles le niaisent en lui faisant accroire qu’il a du potentiel pour les séduire… Et il les croit.  Il a hâte du jour où il sera enfin grand, beau, riche et célèbre, afin que les autres regrettent de l’avoir niaisé dans sa jeunesse.

Phrase typique : « Ah ouain!? »

Dans 10 ans, il sera : au choix: Livreur de journaux, laveur de vaisselle, bédéiste, BS.


LA SALOPE VIERGE

Caractéristiques : Pourquoi salope? Parce qu’à l’entendre, elle couche avec un nouveau gars au moins une fois par semaine.  Pourquoi vierge? Parce qu’on a beau chercher dans tout le cégep, impossible d’y trouver quelqu’un qui peut se vanter d’avoir couché avec. Ce ne sont pourtant pas les candidats intéressés qui manquent.

Phrase typique : « Lui, il l’avait trop p’tite pour me défoncer comme il faut, mais il savait se rattraper avec sa langue. Oh yeah! »

Dans 10 ans, elle sera : En thérapie pour se débarrasser de ses blocages sexuels qui font qu’elle n’a jamais couché qu’avec deux gars dans toute sa vie, dont un volontairement


LE POLITICIEN

Caractéristiques : La première fois qu’on le croise, on pense qu’il s’agit d’un jeune prof car il s’habille en complet chemise-veston-cravate. Ayant la personnalité d’un vendeur d’assurance, il t’approche, te serre la main et te parle comme si vous étiez les meilleurs amis du monde. Il se porte candidat à n’importe quelle élection étudiante, pourvu que ce soit à la direction.  Il possède ses propres cartes d’affaire, et ce même s’il ne travaille pas.

Phrase typique : « Salut mon chum! Ça va ben? Heille, fantastique! »

Dans 10 ans, il sera : vendeur d’assurances, d’auto, d’aspirateurs ou n’importe quoi à commissions.


LA PSEUDO-LESBIENNE et/ou LA PSEUDO-BI

Caractéristiques : Elle, on ne sait pas pourquoi elle s’affiche comme étant attirée par les filles car on ne lui a jamais connu que des relations hétéro. Faut croire qu’elle essaye juste de faire son intéressante.

Phrase typique : « Je suis lesbienne! » ou « Je suis bisexuelle! », dans les premières secondes après avoir rencontré une fille.

Dans 10 ans, elle sera : La pseudo-lesbienne ne se décrira plus que comme étant hétéro, après avoir eu quelques expériences avec des filles.  La pseudo-bi, elle, va continuer de se décrire comme étant bisexuelle, malgré le fait qu’elle n’a jamais oralisé autre chose que des bites.


LE GAI FRAÎCHEMENT SORTI DU PLACARD

Caractéristiques : Puisque le cégep est le lieu propice à la découverte de soi et à l’acceptation des gens pour ce qu’ils sont, il peut enfin vivre son orientation sexuelle au grand jour, ce qui le rend très gai dans les deux sens du terme.  Voilà pourquoi il la manifeste verbalement au moins 20 fois par jour. C’est normal, puisqu’il est constamment à la recherche d’un partenaire avec qui explorer sa sexualité, aussi bien chez les étudiants que chez les profs.

Phrase typique : Peu importe ce qu’il dit, il ne manquera pas de glisser sa gaieté dans la conversation.

Dans 10 ans, il sera : Discret, en couple stable, et regardera avec intolérance les plus jeunes qui agissent comme lui-même le faisant une décennie plus tôt.


LE LIBIDINEUX OBSÉDÉ

Caractéristiques : il a sérieusement la libido dans le tapis, ne pense qu’au sexe et ne vit que pour le jour où il en aura enfin.  Il passe le plus clair de son temps sur le net à visiter des sites pornos d’une seule main.  Les personnages de dessin animés sur Télétoon lui donnent une érection, et il trouve même excitant le mouvement de pénétration d’un stylo dans son capuchon.  Il voudrait bien devenir acteur de films pornos car il trouve trop génial le concept de baiser sans cesse et d’être payé pour ça. Cependant, loin d’allumer les filles, son appétit sexuel a plutôt tendance à les repousser, ce qui fait qu’il va rester vierge encore longtemps car même la grosse cochonne ne veut pas de lui.  Voilà pourquoi il rêve parfois de se procurer du Rohypnol ou du GHB.

Phrase typique : « Gn… Argh… Mmmmm…. »

Dans 10 ans, il sera : en taule pour voyeurisme, attentat à la pudeur, tentative de détournement de mineures, etc.


Un autre avantage à traiter cette série de blogs comme étant un paquet de souvenirs des décennies passées, c’est que je n’ai pas à refaire les illustrations qui datent du temps où j’étais moi-même un cégépien, illustrations dans lesquelles, vous l’avez sûrement constaté, la majorité des personnages arborent des styles depuis longtemps dépassés.

BIENTÔT: Les profs!

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