Pas obligé de rester loser, 7e partie: Les revoir? Pourquoi pas! Les re-fréquenter? Surtout pas!

Si tu ne veux pas rester loser toute ta vie, tu dois cesser de fréquenter ceux qui t’ont vus / connus / acceptés comme tel.  Parce que leur premier réflexe sera toujours de te ramener dans les bas-fonds dans lesquels ils sont habitués de te voir te démener.  Malheureusement, plus ancienne est ton amitié avec une personne, et plus grandes sont les chances que cette règle s’y applique.

À ce sujet, j’en reviens à mon bon copain Carl, comme j’aime si bien l’appeler. Depuis le temps que je vous en parle, vous allez sûrement me dire: « Mais s’il te traitait toujours de cette façon, pourquoi est-ce que tu continuais de le fréquenter? »  Justement, j’ai coupé les ponts avec lui à la fin des années 90.  Voici pourquoi:

À l’époque, nous travaillions chacun pour de grandes compagnies d’informatique.  Moi c’en était une qui créait et gérait des pages web pour des commerces, tandis que lui travaillait pour une boite d’animation 3D. Presque en même temps, nous avons eu des problèmes similaires, sous la forme de notre superviseur qui nous faisait subir du harcèlement moral au travail, allant même jusqu’à saboter notre boulot pour se trouver une excuse pour nous descendre.  Dans les deux cas, nous avons porté plainte à nos grands patrons.  Dans mon cas personnel, ça a juste empiré mon problème car les dirigeants se tiennent entre eux, et j’ai continué d’en subir jusqu’à ce que je sois obligé de démissionner.

Mais dans le cas de Carl, le grand patron a pris son problème au sérieux, il a observé comment Carl et son superviseur travaillaient, il a vu que le superviseur, en sabotant le travail de Carl, sabotait toute l’équipe, et ainsi affectait négativement le rendement de la boite.  Il l’a mis à la porte et il a donné son poste à Carl.  Et quel a été le tout premier contrat à se retrouver sur le nouveau bureau de Carl? Le JourNul de François Pérusse!  Eh oui!  Alors que pour les animateurs normaux ça prend des années, voire des décennies avant de tomber sur LE contrat qui va leur apporter succès et richesse, lui, ça lui tombe dessus à la seconde même où il entre en poste.

Après ce coup-là, j’ai tout simplement cessé de lui donner signe de vie. Ce gars-là était juste trop chanceux.  Ce n’était pas un problème d’envie ni de jalousie de ma part.  C’était la reconnaissance d’un fait: Il fallait que je j’accepte que Carl et moi ne vivions pas du tout dans le même monde, et que jamais je ne ferais partie du sien.  À ses yeux, ce qui venait de se passer à son travail, c’était la norme.  La moyenne.  Business as usual.  Donc, selon lui, les gens comme moi qui ont à travailler dur et à se battre pour une réussite qui parfois nous échappe malgré tout, ce sont des incompétents, des ratés, des gens qui ne veulent pas vraiment réussir. Me tenir avec lui, c’était me faire influencer à croire que son destin exceptionnel était à la portée de tous. Ça déformait ma perception de ce qui était normal ou non, et ainsi me mettait trop de pression.

En cessant de le fréquenter, j’ai cessé de me comparer à lui, j’ai pu constater que ma réalité était bien plus semblable à celle de la moyenne des hommes qu’à la sienne, et j’ai enfin pu évoluer à mon rythme.  Et ce qui ne gâchait rien, c’est que lorsque je rencontrais une fille, il n’était plus là pour détourner son attention et/ou la dissuader d’être plus que simple amie avec moi.  Il est vrai qu’il m’avait toujours connu comme ayant des difficultés avec ma vie amoureuse.  Me voir heureux en couple aurait brisé le statu quo auquel il était habitué.

Durant les années qui ont suivi, j’ai eu quelques belles réussites.  Je suis retourné aux études où j’ai joint le journal étudiant, et où on m’a offert le poste de rédacteur en chef sans même que je m’y porte candidat.  J’ai habité aux résidences étudiantes où, après avoir jasé quelques minutes avec le propriétaire, il m’a spontanément offert le poste de superviseur de la place.  J’ai créé le premier texte viral humoristique québécois d’internet. J’ai fondé MensuHell, j’ai été publié dans Safarir, Summum, Le Journal de Montréal, ce qui m’a donné ma propre page sur Wikipedia. Je me suis également amélioré physiquement.  J’ai perdu du poids et pris du muscle. Je me suis mis à la course à pieds, pouvant courir 200 mètres le premier jour avant de tomber épuisé-mort, et quatre mois plus tard je courrais 5 km ininterrompus. Ça m’a permis de voir que dans le fond, quand je m’y mettais, je n’étais pas un loser.  C’est juste que, comparé à Carl et sa chance infernale, n’importe qui avait l’air d’en être un.

Je ne me souviens plus comment exactement, mais Carl a fini par me retracer.  La boite d’animation pour laquelle il travaillait ayant de plus en plus de contrats, il a songé à m’offrir du travail.  J’étais réticent à l’idée de le ramener dans ma vie, mais ma conjointe de l’époque m’a convaincu que je n’étais qu’un pauvre parano qui s’imagine que tout le monde cherche à lui nuire et que si je tiens tant que ça à laisser passer l’opportunité d’avoir un ami haut placé pouvant me donner un bon poste et un bon salaire, alors ça prouverait que non seulement je n’ai jamais cessé d’être un loser, mais je démontrerais que j’en suis moi-même la cause.  Y’a rien comme des paroles encourageants de la part de la femme qui t’aime pour t’aider à prendre les bonnes décisions.  Je me suis dit qu’après tout, nous étions maintenant des adultes dans la mi-trentaine.  Il a sûrement pris de la maturité.  Qui sait, il est possible qu’il ait décidé de m’amener dans son monde et me donner le coup de pouce nécessaire pour m’y tailler une place.

Au début, Carl était impressionné de mon parcours, autant côté social que carrière que physique.  Cependant, il a totalement refusé d’accepter l’un de mes changements, en me disant « Si tu penses que m’as t’appeler « Requin! » … Pour moi tu seras toujours Jon-Son! »  Ce surnom qui date de mon école secondaire se prononce comme si on inversait les syllabes du mot songeons. C’est une façon de prononcer caricaturalement à la française mon vrai nom de famille qui est Johnson.  Disons que je n’étais pas très chaud à l’idée de me refaire coller ce nom qui représente toute la période loser de ma vie que j’ai mis tant d’efforts à mettre derrière moi.  Mais bon, je savais que les gens étaient désemparés face aux changements de ce qui les entourent.  Et moi, j’avais changé radicalement.  Aussi, qu’il s’accroche à un détail aussi anodin que le surnom sous lequel il m’a toujours connu, j’ai supposé qu’il n’y avait rien de mal.

Carl a été un peu déçu lorsque je lui ai annoncé que maintenant que je gagnais ma vie en tant qu’auteur et scénariste, il n’y a que dans ce domaine que je veux travailler.  C’est que le poste qu’il comptait m’offrir, c’était du dessin, justement: Faire du design de décors et d’objets qui serviront de modèles aux animateurs des séries télé qu’ils produisent.  J’ai d’abord refusé, mais me suis laissé convaincre par ma conjointe qu’il valait mieux accepter, histoire d’avoir un pied dans la place, ce qui me permettra plus tard de proposer mes services comme auteur.

À la seconde même où j’ai dit oui, les choses sont redevenues comme quand je le fréquentais. Il ma demandé combien de temps est-ce que ça me prendrait pour lui fournir 56 dessins d’objets et 3 décors.  Songeant à comment je pouvais coordonner la chose avec mes autres boulots, je lui dit trois semaines. Il me répond  sèchement que c’est beaucoup trop long puisqu’il lui faut ça dans 10 jours maximum.  Il rajoute qu’il est désappointé puisque, de la manière dont je lui parlais, je lui avait laissé l’impression erronée que j’étais un professionnel.

C’est là que j’ai compris que son insistance à s’accrocher à mon vieux surnom de loser n’avait rien d’anodin.  Il était vraiment en train de s’arranger pour refaire de moi le loser qu’il avait toujours connu, celui avec qui il était à l’aise.  S’il avait vraiment voulu être amical et conciliant, il m’aurait dit « Hey, j’ai besoin de 56 dessins et 3 décors dans 10 jours.  Penses-tu que tu peux le faire? »  À ce moment-là, j’aurais dit oui et je me serais arrangé avec mes autres boulots.  Mais là, il m’a tendu un piège afin de nous démontrer clairement à tous les deux, dès le départ, que j’étais un incompétent.

Pour faire d’une longue histoire courte, je lui ai fait ses dessins dans les temps convenus.  Pour les objets, rien à redire.  Par contre, pour les décors, bien que j’avais suivi à la lettre les instructions de Carl, sa patronne n’était pas satisfaite.  Alors qu’elle me faisait part des raisons pourquoi mes décors suçaient des bites de babouins, Carl m’a regardé avec un petit sourire condescendant et a dit devant elle:

« Sacré Jon-Son! Toujours égal à lui-même! Tu changeras jamais! » 

Une fois les décors refaits, j’ai été payé.  Non pas par chèque au nom de la boite, mais bien par chèque personnel.  Un geste qui signifie deux choses très claires.  De un, je n’ai jamais été à l’emploi de la boite.  Et de deux, jamais je n’en ferai partie.  J’en ai eu la confirmation lorsque j’ai vu les épisodes de la série pour laquelle il m’a fait travailler.  Tous mes designs y furent utilisés.  Mais pas une seule fois n’y voit-on mon nom dans le générique de fin, lors du déroulement des crédits.

Non seulement Carl avait-il stoppé mon évolution, il s’arrangeait pour me faire régresser.  J’avais trop travaillé sur ma vie et sur moi-même pour accepter qu’une telle chose se produise.  Lui et moi n’avons jamais vécu dans le même monde, et il était clair qu’il mettrait toujours tout en oeuvre pour que je ne fasse jamais partie du sien.  Ma conjointe n’a eu d’autres choix que de le reconnaitre, et ainsi d’être d’accord lorsque je lui ai annoncé mon intention d’en rester là et de nouveau m’en tenir loin.

Parlant de ma conjointe, dans le chapitre 4, je parle de la réticence qu’ont tes amis et ta famille lorsque tu leurs annonce que tu planifies de perdre du poids, et ce qu’ils disent pour tenter de t’en dissuader.  C’est quelque chose que j’ai vécu personnellement.  Ce que j’ai trouvé le plus aberrant, c’est que la personne qui était le plus contre ma décision de perdre du poids, c’était justement ma conjointe, une fille pourtant douce, gentille et respectueuse.  Lorsque je lui ai demandé pourquoi elle tentait de se mettre entre mon but et moi, elle m’a répondu un truc dans le style de: « Parce que quand tu vas subir un échec, c’est moi qui vais se retrouver à devoir t’entendre t’en plaindre! » 

Par cette phrase, elle m’a appris qu’il existait deux catégories de gens qui tiennent à te garder loser: Ceux qui ne veulent pas te voir réussir, et ceux qui ne croient pas que tu puisses réussir.  Alors que le premier est motivé par la mesquinerie, le second l’est par la peur de te voir vivre une déception.  N’empêche qu’au bout du compte, le résultat est le même: Tant qu’ils seront dans ta vie, ils vont t’empêcher de sortir de ton statut de loser.  Et c’est là que l’on se doit de faire un choix qui n’est pas toujours facile, mais qui reste trop souvent nécessaire : Ou bien tu choisis leur présence, ou bien tu choisis ton bien-être.

En conclusion, s’il est acceptable de revoir une fois de vieux amis qui nous ont connu lors de notre période loser, c’est une bien moins bonne idée de recommencer à les fréquenter sur une base régulière.

Pas obligé de rester loser, 6e partie: Évitez l’uniforme officiel du loser.

Toujours dans mon billet Autopsie du Loser, voici ce que j’ai à dire au sujet de son apparence:

Dans son look :
Si le Loser porte des lunettes, ce sera d’un modèle qui est passé de mode depuis au moins cinq ans.  Il s’habille de façon remarquable, dans le sens qu’il se fait remarquer par son habillement.  Parfois il a l’air de sortir de la page 346 du catalogue Sears, parfois on dirait qu’il s’habille chez Canadian Tire.  La plupart du temps, le Loser, s’il a de plus de 25 ans, s’habille et se coiffe encore comme il le faisait quand il avait 15 ans car il n’a pas remarqué que la mode a évolué.

Il faut dire que le concept de suivre la mode, ça a toujours été majoritairement un truc de jeunes. On s’en rend compte quand, à 25 ans, on a l’air d’essayer de se donner le look de quelqu’un qui en a 15, et que ça a l’air ridicule.  On choisit alors de s’habiller de façon un peu plus neutre, et on continuera ainsi pour le reste de notre vie. Le problème, c’est que quand on est loser, l’une des façons dans laquelle on cherche à attirer l’attention, c’est en ayant un look remarquable.   Hélas, comme déjà mentionné dans l’autre billet, il faut dire que, pour des raisons encore mal définies, un style, une pièce de vêtement ou une coiffure qui paraît bien sur quelqu’un d’autre devient automatiquement horrible lorsque portée par le Loser.  En fait, les raisons ne sont pas vraiment « mal définies ».  Ça peut être parce que les dernières tendances modes s’adressent à plus jeune que lui.  Ça peut également être à cause de son physique.  Par exemple, un beau grand black athlétique peut se permettre de porter une camisole noire et des shorts.  Sur lui, c’est beau.  Sur un petit blanc maigre, par contre…

Et c’est là que beaucoup de losers se mettent à réfléchir sur leur look.  Ils constatent que d’un côté, il leur est difficile de trouver un look à la mode qui leur va bien.  Surtout que plus c’est actuel, plus ça coûte cher.  Et puisque la mode évolue sans cesse, un look qui le rendra superbe pendant quelques temps fera de lui, tôt ou tard, objet de ridicule puisqu’il sera dépassé.  Consciemment ou non, il en arrive donc à la conclusion qu’il doit se créer son propre look. Un look qui ne sera jamais démodé parce ça n’aura jamais été à la mode pour commencer.  Un look distingué, qui le fera ressortir de la masse, qui aura de la classe.

Il songe à son visage…  Rester glabre, ça manque de distinction. La barbe, la moustache, le bouc, les longs favoris, l’anneau de poil autour de la bouche, tout ça a déjà été porté.  La barbe en collier, par contre, n’a jamais été arborée  par le grand public.  Tout au plus, on a pu la voir sur des gens distingués, tels professeurs et intellectuels. Il porte donc son choix là-dessus.

Il songe à ses vêtements… Pour ne pas être dépassé, il faut rester dans le classique: Chemises, vestons, parfois cravate…  Ou à l’inverse, pour prouver qu’il ne craint pas la critique et l’étiquette d’immature, il portera fièrement des T-shirts à l’effigie de produits et de personnages destinés aux enfants.  Ou pire encore: Il combinera les deux, portant T-shirt sous veston ou chemise ouverte.

Tant qu’à faire dans le classique, aussi bien avoir de la classe.  Et qu’est-ce qui fait plus classe qu’un chapeau?  De Humphrey Bogart à Indiana Jones, les classiques héros masculins du grand écran en arborent un. Il portera donc fièrement un Fedora ou un Trilby.

Hélas, alors que les chapeauphiles  normaux ne vont porter leur couvre-chef que lorsqu’ils sortent, le loser portera le sien à l’intérieur comme à l’extérieur, du lever au coucher, 7 jours semaine, 365 jours par année.

Ainsi, le loser se crééra ce qui sera SON look, sa marque de commerce éternelle, qu’il affichera partout, à l’école comme en sorties, à l’épicerie comme à un mariage.

Sauf que, en faisant ceci, le loser se comporte exactement comme des  millions d’autres losers qui, en vivant les mêmes problèmes que lui, se sont fait les mêmes réflexions, et en sont arrivés aux mêmes conclusions. Ainsi, sans le savoir, en croyant se créer un look original, distingué et classe, il a en fait endossé l’uniforme officiel du loser, ainsi que sa façon de le porter.  Celui qui permet au reste de la population de voir au premier coup d’oeil qu’il en est un, car il n’y a qu’eux qui arborent ce style.












Bref, non seulement ça ne vous donne pas la classe que vous pensez avoir, ça n’a rien d’original.  Voilà pourquoi, dans l’Autopsie du loser, ça dit également:  Parfois, le loser a un petit côté artistique qui le pousse à se créer lui-même son propre style. Il fait ça dans le but de se donner une image hyper cool de non-conformiste. Hélas, dans son cas, ça foire lamentablement. Sans compter qu’il n‘y a rien qui fasse plus loser que d’essayer de se distinguer par son look, histoire de compenser pour le fait que l’on n’a absolument rien d’autre pour se distinguer.

Bref, si vous ne voulez pas que les autres vous voient comme un loser, il faut d’abord cesser d’avoir l’air d’un loser. Tant qu’à avoir l’air de ça, mieux vaut n’avoir l’air de rien.

Simple opinion personnelle? Non, fait reconnu!
Le site Feminspire a un article intitulé The Fedora isn’t the problem – The men wearing them are! où son auteure écrit que les adeptes de ce look sont généralement les soi-disant bons gars qui n’ont rien pour attirer les filles.  Le site Know your Meme a une page intitulée Fedora Shaming qui explique de façon très détaillée les raisons pourquoi ce look est irrémédiablement associé aux losers.  Et sur cette autre page, on explique que ce look n’a rien pour attirer la gent féminine puisqu’il est issu des années 1930 et 1940, époque où les hommes ne permettaient aux femmes que d’être secrétaire ou épouse/mère/ménagère.  Ici, on donne 20 raisons pourquoi ne pas sortir avec un porteur de Fedora. Sur cette page-ci, on retrouve 23 témoignages d’ex-porteurs-de-Fedora-à-barbe-en-collier qui racontent comment leur vie se sont améliorées à partir du moment où ils ont renoncé à ce look et à l’attitude qui va avec.  Et quand un site s’appelle ForeverAloneFedoras, ça veut tout dire.  Je pourrais rajouter des dizaines, voire une centaine de liens semblables.  Une simple recherche sur Google en y entrant les mots Fedora et Neckbeard (« barbe en collier ») vont tous vous les donner.  Et ils ont presque tous ceci en commun: Ils démontrent à quel point ce look est considéré comme étant source de ridicule, surtout à cause de la personnalité de ceux qui le porte.

Personne ne prend au sérieux un porteur de Fedora. La preuve: En novembre 2014, il y en a un qui a tenté de commettre un vol à main armée dans une pharmacie.  Personne ne l’a pris au sérieux, tout le monde l’a ignoré, et ce malgré le fait qu’il brandissait un revolver. Il a donc réagi comme tout bon Fedora Neckbeard face au rejet: il a abandonné et est reparti, humilié, probablement dans le sous-sol de ses parents, à pleurer en étreignant la seule personne qui le comprend, soit un oreiller recouvert d’une taie à l’effigie de Twilight Sparkle de la série My Little Pony, Friendship is Magic

Il y en a qui vont dire que l’on n’a pas besoin d’être un Fedora-Neckbeard pour faire rire de soi parce que quand quelqu’un veut te rabaisser, toutes les excuses sont bonnes.  Haters gonna hate!  C’est vrai! Mais c’est justement ça, mon point: Il y a tellement de façons de se faire ridiculiser, rejeter et rabaisser par les autres, pourquoi faire exprès pour arborer un look qui est universellement reconnu pour attirer ce genre de chose?

Pas obligé de rester loser, 5e partie: Le réflexe de s’auto-saboter

Encore une fois, afin que nos amis Européens comprennent cette anecdote estudiantines, voici une courte structure du système éducatif du Québec:

  1. Maternelle, entrée à 5 ans, dure une année, obligatoire.
  2. École primaire, entrée à 6 ans, dure 6 ans, obligatoire.
  3. École secondaire, entrée à 12 ans, dure 5 ans, obligatoire.
  4. Cégep (Pour: Collège d’Enseignement Général Et Professionnel), entrée à 17 ans, dure 2 ans, volontaire
  5. Université, entrée à 19 ans, dure le temps qu’il faut, volontaire.

Et c’est parti:

C’est à l’âge de seize ans que, pour la première fois, j’ai essayé d’améliorer ma vie en changeant mon univers.  Durant toutes mes études au secondaire, j’avais comme seul ami constant un gars nommé Carl. La bande avec qui je me tenais, ce n’était pas la mienne, c’était celle de Carl. J’ai bien eu quelques autres amitiés durant ces cinq années, mais ça n’a jamais duré longtemps. Carl était le genre de gars que j’aurais voulu être. Il était beau, extraverti, original, rigolo et avait du charme. Je faisais tout pour l’imiter mais j’étais toujours dans son ombre. De toutes façons, qui aurait été attiré par la pale copie que j’étais alors que les gens qui nous entouraient avaient accès à l’original?

C’est durant les vacances de Noël de 1984, alors que  j’étais au 5e secondaire, que je me suis mis à réfléchir sur ma situation. J’en suis arrivé à la conclusion que jamais je n’arriverai à passer de loser à winner si je continue à rester parmi les gens qui m’ont toujours vu comme étant un loser durant tout le secondaire. Pour évoluer, j’aurais besoin d’un nouvel environnement. Un univers constitué de gens qui ne me connaissent pas, donc qui n’ont pas d’idées préconçues à mon sujet. C’est pourquoi, plutôt que de m’inscrire pour le Cégep de St-Hyacinthe comme Carl et presque tous les élèves de ma polyvalente, j’ai opté pour partir vers l’inconnu: Le Cégep Édouard Montpetit de Longueuil.

Automne 1985.  J’ai 17 ans et je suis au cégep. Les deux premiers mois de la première session, tout allait relativement bien. Je pouvais enfin être ce que je voulais être sans que personne ne m’en empêche. Cette fois, c’était moi le boute-en-train, le rigolo, l’extraverti, l’original… Je me suis fait plein d’amis, et j’avais même une petite bande de copains avec qui je passais mes heures de dîner et mes pauses café. Quatre personnes qui n’avaient rien en commun, sinon leur amitié envers moi. Pour la première fois, j’étais la tête d’un groupe. La colle qui tenait les pièces ensemble pour former une unité.

Et puis, les choses ont changé. Sans comprendre pourquoi, j’ai peu à  peu commencé à me sentir mal à l’aise dans ce rôle. Car oui, c’était bien un rôle. Ce que j’étais, ce n’était pas moi, c’était Carl. Je jouais le rôle de Carl. J’aimais jouer le rôle de Carl. J’aimais obtenir les mêmes choses que Carl. Le problème, c’est que je n’étais pas Carl. Je n’étais pas habitué à assumer les fonctions de chef de bande, à toujours suggérer des choses, à prendre des décisions. Jusqu’alors, j’avais toujours été un suiveur, jamais un suivi. Passer d’un extrême à l’autre aussi rapidement n’était pas une chose naturelle pour moi.  Au début, c’était un agréable changement.  Mais une fois que fut passé le charme de la nouveauté, je me retrouvais quelque peu désemparé. 

Et puis, un jour de semaine où je n’avais pas à aller à mon Cégep, je me suis payé une petite visite au Cégep de St-Hyacinthe, histoire de voir comment ça se passait du côté de mes vieilles connaissances du secondaire.  J’ai été accueilli comme une bonne surprise par Carl et les vieux amis. Par conséquent, j’ai rapidement trouvé le Cégep de St-Hyacinthe beaucoup plus charmant qu’Édouard Montpetit.

Après deux semaines, j’en étais rendu à passer plus de temps au Cégep de Carl que dans le mien. Cette situation pourtant ridicule ne me dérangeait pas. Il est vrai que la vie m’y était beaucoup plus facile. Je connaissais presque tout le monde, je n’avais plus besoin d’aller vers les autres moi-même pour me faire de nouveaux amis, on me les présentait. Je n’avais plus à prendre de décision sur comment passer une soirée, j’étais invité à des sorties. Cette douce sensation, c’était comme revenir chez soi. Je n’avais tellement plus rien à foutre d’Édouard Montpetit que je n’allais même plus à mes cours.  Et quand vint le temps de s’inscrire pour la seconde session, j’ai demandé à être transféré à St-Hyacinthe.  Dès janvier ’86, j’en étais un étudiant officiel, rendant enfin pertinente ma présence à cet endroit.

Or, les choses reprirent rapidement le cours qu’elles avaient eu durant tout le long du secondaire. J’étais de nouveau dans l’ombre de Carl, où je ne pouvais plus du tout briller. Je recommençais à être un loser, ayant droit aux mêmes railleries de la part des même gens que lors de mon secondaire. Pire encore : Influencés par mes vieux amis, voilà que les nouveaux amis se mettaient de la partie pour refaire de moi la tête de turc du groupe.

Après un mois et demi, déçu et déchu, j’en suis venu à regretter Édouard Montpetit. tellement qu’un mercredi, au lieu d’aller à St-Hyacinthe, je me suis payé une visite à Édouard Montpetit, histoire de retrouver la vieille gang, les vieux amis, la vieille atmosphère du bon vieux temps, celle pendant laquelle, pour un court moment, j’ai réussi à être un winner aimé et admiré.  Hélas, rien n’était plus pareil.  Certains de mes amis avaient disparus, et les autres avaient évolués au-delà de leur envie de passer du temps en ma compagnie.  Pour compléter le tout, quelques travaux de rénovations avaient changé certains murs, corridors et locaux de place. Il ne restait plus grand chose de l’Édouard Montpetit que j’avais connu et aimé.

D’un côté il y avait mon univers de loser de St-Hyacinthe.  De l’autre, il y avait mon univers de winner que je m’étais créé moi-même à Édouard Montpetit, dont il ne restais désormais plus rien.  Je me retrouvais donc seul, sans vrais amis, désemparé, à ma place nulle part.  Je regrettais atrocement d’avoir abandonné l’univers que je m’étais créé.  Ce n’étaient pas les circonstances qui avaient fait de moi un loser. C’était moi. C’étaient mes mauvaises décisions inspirées de mes mauvaises habitudes.

C’est là que j’ai compris que quelqu’un qui a vécu trop souvent une situation négative finit par se la recréer lui-même.  Non pas parce qu’il aime ça.  Mais bien parce que l’être humain est une créature qui a besoin d’avoir la stabilité autour de lui.  Il a des habitudes bien ancrées, il ne se sentira donc pas à l’aise dans un univers différent que celui où il est habitué. Tu as beau détester ta vie de merde, il reste que c’est TA vie de merde.

Un enfer familier est beaucoup moins intimidant qu’un paradis inconnu.  Voilà pourquoi dans le texte Autopsie du Loser, j’ai écrit ceci:  De toute façon, peu importe le sujet, lorsque le Loser arrive enfin à obtenir quelque chose qu’il a toujours voulu avoir, il s’arrange pour le perdre d’une façon ou d’une autre.  C’est que même si le Loser déteste être un loser, c’est tout ce qu’il sait être.  S’il devient un winner du jour au lendemain, il ne saura ni comment réagir ni quoi faire pour le rester.  Et même s’il le sait en théorie, en pratique il n’est pas habitué à être un winner. Il pratique son attitude et sa personnalité de loser depuis tellement d’années que c’est rendu naturel chez lui d’en être un.  Or, chassez le naturel…

Un an plus tôt, à seize ans, j’ai compris que pour me tirer de ma situation de loser, je devais quitter l’univers où on me voyais/considérais/traitais comme tel.  Et là, à dix-sept ans, j’ai réalisé qu’il y avait une grande différence entre savoir où se situe notre problème, trouver la volonté de pouvoir y changer quoi que ce soit, et persévérer dans cette voie afin de ne pas retomber dans la merde dont on a mis tant d’effort à se tirer.  C’est une erreur que je ne referai plus.

…Du moins, presque plus.

à suivre

Pas obligé de rester loser, 4e partie : La nécessité de changer d’amis

Un gars vit une rupture après avoir passé 3-4-5 ans en couple. Quel est le premier réflexe de son entourage? Chercher à lui présenter une autre fille. Pendant ce temps-là, dans le même cercle d’amis, il y a celui qui cherche désespérément à mettre fin à son célibat depuis des années, et ça tout le monde le sait. Mais lui, par contre, y’en a pas un estie pour l’aider. Ainsi, le winner reste un winner sans qu’il ait à faire d’efforts pour le rester, et le loser reste un loser peu importe l’effort qu’il met pour y remédier.

Une personne souffrant d’embonpoint décide de perdre du poids.  Quel est le premier réflexe de son entourage?  Lui servir ces charmantes répliques:

  • Franchement, t’es pas si gros que ça.
  • Tout ça c’est dans ta tête!
  • On est fait comme on est fait, faut apprendre à s’accepter.
  • À quoi ça te servirait de perdre du poids? Tu vas tout le reprendre.
  • Et même si tu réussissais, y’aura toujours kek’chose qui va te déplaire en toi, tu pourras jamais tout arranger.
  • Un anorexique c’est laid.
  • Un gars full musclé c’est laid.
  • C’est la personnalité qui compte, le look c’est d’la merde.
  • Pfff… Tu vas être motivé pendant 2-3 semaines, et ensuite tu vas tout laisser tomber.
  • Si les autres ne t’acceptent pas tel que tu es, ce sont eux qui sont cons.
  • Tu veux vraiment perdre ta qualité de vie en te privant de ce que t’aimes, juste pour perdre quelques kilos?
  • C’est ça, et moi j’aimerais être plus grand, avoir les dents droites et gagner 100 millions à la loterie. On n’a pas toujours tout c’qu’on veut dans la vie.

Dans le chapitre 2 de la série Harceler Nathalie, je raconte comment je me suis fait aborder par une fille dans un party.  Ça ne faisait même pas cinq minutes que l’on se parlait que mon bon copain Carl (Oui, celui de la BD de la partie 1) a tenté de m’humilier aux yeux de celle-ci. Au chapitre suivant, mieux encore : Il récidive à répétition : Nathalie et moi passons les heures suivantes à continuer à jaser ensemble de tout et de rien. Nos conversations se font cependant interrompre quelques fois par Carl qui a toujours une remarque rabaissante en joke à dire à mon sujet. Ce n’est pas la première fois qu’il essaye de saboter mes premiers contacts avec une fille. Des fois, je pense que ça fait tellement longtemps qu’il me connait en tant que loser, particulièrement dans mes relations avec les filles, qu’il aurait de la difficulté à s’adapter à un tel changement dans le status quo. De toute façon, il n’est pas le seul de la gang à avoir une allergie à l’idée que je puisse être heureux en amour. Par exemple, Cynthia, la blonde de Loïc, est grandement responsable de ma rupture avec Julie l’année dernière.

Ces situations vous rappellent t-elles des souvenirs pour les avoir déjà vues ou peut-être vécues? Il ne faut pas le prendre personnel. C’est qu’en matière de changement, l’être humain en société est un paradoxe: Autant il cherche à évoluer, autant il déteste l’évolution dans ce qui constitue son univers. Pour lui, les choses doivent rester telles qu’il les a toujours connues. Il tient à ses petites habitudes. La stabilité est sa religion, le status quo est son Dieu.

Quand on a des amis, c’est parce que ceux-ci nous acceptent tel que l’on est.  Ils sont confortables avec nous et avec ce que nous sommes.  Hélas, pour le loser, ça signifie non seulement qu’ils connaissent son statut de loser, c’est comme ça qu’ils l’apprécient. C’est le rôle qu’on lui a assigné dans le groupe, et toute tentative d’en changer ne fera que les déranger, puisque ça les tirera hors de leur zone de confort.  Leur premier réflexe sera alors de tenter de garder les choses telles qu’ils les ont toujours connues. C’est là qu’on se rend compte à quel point les gens qui nous entourent ont le pouvoir de décision sur notre réussite et nos échecs.  Un pouvoir dont ils se sont emparés sans notre consentement, et dont ils usent et abusent sans retenue ni considération.

Et ça, ça signifie que tant et aussi longtemps qu’on les aura dans notre entourage, ils ne nous laisseront jamais évoluer. La seule option qui s’offre à nous est de cesser de les fréquenter.  C’est peut-être beaucoup plus facile à dire qu’à faire, c’est cependant un fait incontournable.  Une fois ces personnes nuisibles loin de vous, vous pourrez exploiter votre plein potentiel et améliorer votre vie.  Par conséquent, les prochains amis que vous vous ferez ne vous auront jamais connus comme étant un loser, et ainsi ne seront jamais portés à vous pousser à le redevenir.

À suivre

Pas obligé de rester loser, 3e partie : Parler pour ne rien dire.

Dans le billet Autopsie du Loser, on peut lire ce passage :

En amitié :
Le loser n’a pas d’amis, ou alors très peu.  À chaque fois qu’il commence à lier d’amitié avec des gens brillants et intéressants, c’est toujours la même chose.  Au début, tout va bien.  Puis, à mesure que le temps passe et que ces gens apprennent à le connaître, ils se désintéressent de lui et le laissent de côté.  Le Loser aimerait bien comprendre pourquoi ça se passe toujours ainsi mais personne n’est capable de lui donner une réponse claire à ce sujet.

L’une des premières choses qui m’a aidé à changer, c’est lorsque j’ai réalisé que pour mieux comprendre le comportement des autres avec moi, je devais me voir avec les yeux des autres. J’ai donc pris au hasard l’un des winners de mon entourage (Un gars normal, en fait, mais winner lorsque comparé à moi) et j’ai joué son rôle dans ma tête. J’ai imaginé être lui lors d’une réunion d’amis, tout en ayant ses comportements, disant ses paroles. Puis, afin de ne me pas m’influencer en bien ou en mal, j’ai décidé de ne pas me mettre moi-même dans cette scène. J’ai plutôt imaginé un gars quelconque qui n’existait pas en réalité, et je lui ai donné mon rôle, mon comportement, mon genre de paroles. Le moins que je puisse dire, c’est que cet exercice a été extrêmement révélateur.

Vous connaissez l’expression Toujours le mot pour rire? Eh bien dans mon cas personnel, c’était Jamais le mot pour être sérieux. Je me suis rendu compte que la majorité du temps où je prenais part à une conversation, ce n’était jamais pour la faire avancer en lui amenant un point pertinent. Non, tout ce que je faisais, c’était tourner à la blague un des trucs qui venait d’être dit, le parodier, le rendre ridicule, ou faire un jeu de mots. Et c’est là, en me mettant dans la peau de quelqu’un qui a à subir ça, que j’ai compris à quel point ça pouvait être dérangeant, énervant et ennuyant.

Mon premier réflexe suite à cette constatation fut de me demander pour quelle raison est-ce que j’agissais toujours ainsi. J’ai vite compris pourquoi : Comme je le dis déjà dans un des billets de la série Harceler Nathalie, mes amis de l’époque m’étaient tous supérieurs en tout. Je ressentais, face à eux, un complexe d’infériorité. À cause de ça, même si c’était inconscient, j’avais toujours cette peur d’être mis de côté, d’être rejeté, par ceux-là qui constituaient la totalité de ma vie sociale. D’où le réflexe de vouloir faire partie de la conversation. Mais voilà, puisque la majorité du temps, les sujets qu’ils abordaient en étaient dont je ne connaissais rien, je n’avais rien de pertinent à rajouter. Quand on ressent le besoin vital de parler aux autres afin d’avoir leur attention mais qu’on n’a rien d’intelligent à rajouter, il ne nous reste que l’option de dire des conneries. C’est ce que je faisais. Alors forcément, je passais pour un con. Un con dérangeant, énervant et ennuyant.

Toujours dans Autopsie du Loser, le passage suivant décrit un peu plus mon vocabulaire de l’époque : Souffrant d’un sentiment d’infériorité dans tous les domaines, le Loser se rassure dans le fait que là où ça compte vraiment, c’est à dire intellectuellement, c’est lui qui est supérieur. Ainsi, dans ses textes, au lieu d’écrire « Malgré son air bête, l’inquiétant millionnaire fit un sourire », il optera plutôt pour « Nonobstant sa mine renfrognée, le patibulaire cossu esquissa un rictus. » Il est tellement occupé à étaler son intelligence qu’il en oublie d’avoir l’intelligence de comprendre que lire de tel textes, c’est comme marcher avec des raquettes quand on est enfoncé dans deux pieds de sloshe: Faisable, mais inutilement pénible. Là-dessus, je blâme mes lectures, en particulier Achille Talon qui a eu une grande influence sur moi.

Le fait que j’étais rejeté lorsque enfant m’a donné beaucoup de temps libre, ce qui m’a permis de lire beaucoup de BD, ce qui a influencé mon vocabulaire, ce qui dérangeait les autres, ce qui me faisait être rejeté. Un cercle vicieux dans lequel le loserisme nourrit le loserisme en un mouvement perpétuel dont il est quasi-impossible de sortir.

Comme si ça ne suffisait pas, je m’amusais à créer mon propre vocabulaire en créant des mots, en disséquant les expressions à leur origine, en ramenant les mots à leur sens de base, ou en inventant des mots. Par exemple, au lieu de dire quelqu’un, je disais un quelque. Au lieu de con je disais flocon, puisque flake est utilisé dans ce contexte en anglais. Au lieu de dire J’ai vu Eve qui attendait devant le resto, je disais J’ai vu Eve stationnée devant le resto. Je me faisais répondre que j’ai dû me tromper car Eve n’avait pas d’auto. Et moi, je riais bien de leur ignorance, de ne pas savoir que le mot stationner signifie à la base rester sur place sans bouger, ce qui n’a rien à voir avec un véhicule.  Je suppose que j’avais besoin de me prouver supérieur à la masse, ne serait-ce qu’intellectuellement, d’où ce besoin incessant de me distinguer, même si pour le faire je dois rendre pénible leur relation avec moi. Voilà pourquoi je termine ce constat par : Alors si en plus le Loser parle de la même façon qu’il écrit, il a beaucoup de difficulté à comprendre pourquoi ses interlocuteurs tiennent rarement à avoir une seconde conversation avec lui.

Et c’est suite à cet exercice que je me suis dit : Les winners ne font pas ça! J’ai donc cessé de parler pour ne rien dire.  J’ai cessé de faire des blagues sauf si tel était le contexte.  J’ai cessé de rendre mon vocabulaire pénible à déchiffrer.  J’ai cessé de faire passer mes interlocuteurs l’idée que je les trouve cons de ne pas comprendre ce que je dis.  En échange, j’ai commencé à dire mes opinions sérieuses sur les sujets sérieux qui m’étaient familiers.  Et devinez quoi? Les gens ont commencé à voir que je pouvais être intelligent et pertinent, et ils ont commencé à me consulter et me demander mon avis sur ces sujets.  J’avoue que j’en ai été le premier surpris.  Et que ce n’était pas désagréable du tout.

Aujourd’hui encore, le succès de cette approche ne se dément pas.  Par exemple, la page Facebook de ma série d’humour Konar, le héros de BD le pllus con qui soit n’a que 55  j’aime.  La série a pourtant bénéficié du support visible qu’est Safarir de 2005 à 2008, et sa page FB existe depuis septembre 2008.  Tandis que la page FB pour Mes Prétentions de Sagesse a 700 j’aime,  alors que le blog n’existe que depuis avril 2009, et le groupe depuis avril 2013.

C’était la première fois que je constatais que l’un de mes comportements en était un que les winners n’ont pas, et que je me suis dit qu’il y avait peut-être un lien entre ça et mon loserisme. Ce ne sera pas la dernière.

À suivre

Pas obligé de rester loser, 1e partie : Le mythe du winner

Je crois que c’est en 1998 que j’ai mis sur un forum la première version du billet Autopsie du Loser. Dans celui-ci, je décris tous les signes qui démontrent que l’on en est un, en amitié, avec les filles, en amour, en couple, avec notre image personnelles, nos études, notre look, notre travail, nos projets, nos communications, notre physique, nos conversations, notre mentalité, nos victoires et notre famille. L’origine de ce texte remonte à 1993, lorsque je me suis mis à réfléchir sur tout ce qui n’allait pas chez moi, en comparant chaque point de ma vie avec d’autres gars qui réussissaient là où j’échouais. Il s’agit donc, à la base, d’une longue auto-analyse. Depuis, le loser en moi est mort, d’où le Autopsie du titre.

Après tout ce temps, quelqu’un a enfin songé à me poser la question suivante :

Bonjour Steve! Je corresponds quasiment en tous points au profil du loser. Tu dis que tu étais un. Peux-tu nous décrire plus précisément les étapes de ton changement? Comment tu as fait pour changer ça et quels sont les résultats? Merci d’avance.

Je suis le premier surpris de constater que l’idée d’en parler ne m’étais jamais venue. Mon but premier en écrivant ce texte était de dire : Bon ben voilà, si tu fais ceci, tu es un loser. Si tu veux cesser d’être un loser, cesse de faire ceci. Sauf que j’avais oublié la plus simple règle de toutes en matière de conseils: Dire quoi ne pas faire, c’est un bon début. Mais dire quoi faire, ce serait beaucoup mieux. Je vais donc commencer une série de billets sur le thème Pas obligé de rester loser, chacun consacré à un aspect de sa vie, tel que listé plus haut, et comment j’ai réussi à m’en tirer.

Tout d’abord, je me dois d’attaquer ce que j’appelle Le Mythe du Winner.  C’est parce que, dès le départ, il faut s’ôter de la tête une idée erronée comme quoi cesser d’être un loser va faire automatiquement de nous un winner.  Voici pourquoi:

Portrait du winner.
On reconnait le winner facilement.  Il est beau, grand et naturellement athlétique sans avoir eu à faire d’efforts pour le devenir.  Il est né dans une famille influente et riche, et il réussit tout ce qu’il entreprend sans trop se les casser. Côté essentiel, sa famille et ses amis lui procurent les contacts dont il a besoin pour réussir dans la vie. Côté caprices, il est tellement charmant qu’on lui donne volontairement tout ce qui pourrait lui faire plaisir. C’est le genre de gars à qui l’on offre sans qu’il le demande des choses que beaucoup travaillent fort pour avoir, en vain.  Il est l’exemple parfait comme quoi les beaux gars ont toutes les qualités.

Ce genre de winner à qui tout réussit sans efforts, on en a tous rencontré au moins un dans notre vie.  Moi-même, j’ai eu la chance (?) d’en avoir un comme ami lorsque j’étais adolescents, comme le démontrent ces pages tirées de mon webcomic Sexe, Drague, Requin Roll:






(25$ en 1983, c’est à peu près l’équivalent de 65$ en 2014.  Une somme appréciable lorsque l’on a 14 ans.)

Ce genre de winner, on ne peut pas le devenir.  Pour en être un, il faut être né comme ça.  Il faut que ce soit le hasard qui te donne une bonne famille, qui te fournit les bons gênes pour ton physique, qui te fournit le karma qui donne envie aux autres de t’aider à te rendre encore plus gagnant, et qui te donne l’intelligence et la personnalité qu’il faut pour en profiter à fond.  Plus jeune, j’ai longtemps commis l’erreur d’essayer d’être comme Carl en tentant de l’imiter dans son look et sa personnalité.  Mais voilà, ça n’a jamais marché pour moi.  Ça ne pouvait pas marcher.  Je ne pouvais pas être Carl.  Seul Carl pouvait être Carl.  Et les atouts qui faisaient de Carl un winner étaient inimitables, impossibles à se procurer, peu importe l’effort que l’on puisse y mettre.

Être un winner ou un loser, ce sont deux extrêmes. Et entre le gars qui WIN et le gars qui LOSE, il y a celui au milieu qui est un peu des deux : Le gars normal.


Celui qui, comme le reste des gens normaux, parfois perd et parfois gagne.  C’est celui-là qu’il faut aspirer à devenir.  Parce que si être un winner est quelque chose qui ne se contrôle pas, en revanche on peut avoir assez de contrôle sur ce qui nous rend loser afin de cesser de l’être.

Et c’est à suivre

La libido masculine, source de tous les maux de l’humanité

Deux ou trois semaines après la création de ce blog (qui était, à l’origine, affilié à un site de rencontres), une lectrice m’a posé la question suivante : Toi qui est un gars, pourrais-tu m’expliquer pourquoi vous êtes toujours super frustrés quand vous vous attendiez à baiser et que ça n’arrive pas?

Je m’étais déjà penché sur la question sans jamais avoir trouvé de réponse.  J’avais quand même déjà constaté la chose aussi bien chez les autres gars que sur moi-même. Dans mon cas personnel, bien que j’arrivais toujours à me contrôler et à avoir l’air zen, j’étais tout de même déçu et surtout frustré de ne pas avoir eu la baise promise.  Et j’ai souvent vu des gars qui n’avaient pas mon self-control face à cette situation, et ceux-là n’hésitaient pas à exprimer leur colère à la fille via commentaires aigris, bouderie, voire même insultes.

Sans pouvoir expliquer le pourquoi de ce phénomène, je l’ai tout de même dénoncé quelquefois par le passé.  Par exemples, dans le billet 26 gars typiques des sites de rencontres:

3- Le Jeckyl et Hyde
Il est vrai que l’amour et la haine sont des sentiments très près l’un de l’autre. La preuve: Ce gars-là va t’approcher en parfait gentlemen respectueux et irréprochable. Puis, il va te faire tout plein de compliments: Tu es gentille jolie, intéressante, intelligente, etc. Et si tu as un surplus de poids, c’est pas grave. Bien au contraire, il sait apprécier la beauté des femmes bien en chair et ne se gêne pas pour te le dire. Voici le moment où il te sent mure pour recevoir ses propositions sexuelles. Mais voilà, tu ne peux pas y répondre positivement. Peut-être parce que tu as déjà un chum, peut-être parce que tu trouves qu’il va trop vite, ou peut-être tout simplement parce que ce gars-là ne te plaît pas physiquement. Ça arrive! Mais peu importe la raison que tu lui donnes pour refuser ses avances, le fait est que tu refuses ses avances. Et ça, il ne le prend pas. Il change alors complètement son opinion sur toi, te disant que tu n’es qu’une grosse vache laide à en vomir qui devrait le remercier à genoux d’avoir daigné s’abaisser à t’offrir ses faveurs, au lieu de te penser trop bien pour lui en les refusant. Le bout un peu étrange, c’est qu’il va te traiter de salope parce que tu refuses d’avoir du sexe. Mais bon, quand on est frustré, on ne regarde pas à la logique de nos insultes.

Je dois tout de même admettre que je n’arrivais pas toujours à faire comme si de rien n’était dans cette situation.  Par exemple, comme on peut le voir dans la série de billets Fantasme VS réalité : Le ménage à trois, mon amante et sa copine m’attirent chez eux pour un weekend de trois jours de ménage à trois, et je ne cesse de frustrer parce que les choses ne se passent pas comme je l’avais prévu.

Une autre chose que j’ai constaté, c’est que dès que nous, les gars, on s’apprête à baiser, notre logique fout le camp et toute notion de prudence disparait. Par exemple, au sujet du port du condom. Je ne saurais compter le nombre de fois où j’ai entendu des gars excuser leur désir de le faire sans protection, en disant que « ça coupe la circulation et ça fait ramollir », ou bien que « Moi, fourrer du plastique, je ressens rien! », et ce malgré les possibilités de grossesses et/ou de ITS.  Combien de femmes ont vécu la désagréable expérience de voir leur partenaire insister et insister et insister pour avoir du sexe jusqu’à ce qu’elles cèdent, et qui, une fois l’orgasme obtenu, furent pris de remords.  Et que dire de tous les risques que l’homme est prêt à courir pour avoir une relation extraconjugale. Il met en jeu son couple, son argent, ses biens matériels, ses enfants, en échange de quelques orgasmes. N’importe qui peut voir combien il est absurde de prendre de tels risques pour si peu. Pourtant, si un homme se retrouve avec l’opportunité de vivre ses désirs sexuels, ces risques lui sembleront soudainement très acceptables.  Pourquoi sinon est-ce que Gab Roy, homme de 30 ans, qui travaille fort pour devenir une personnalité publique, donc qui est une cible facile quand il a tout à perdre, prendrait le risque d’amener une inconnue de 15 ans baiser au motel?  Mieux (?) encore:Pourquoi est-ce que Joël Legendre, animateur télé, comédien populaire, en couple stable, père de trois enfants, est allé se masturber dans un parc public, en pleine vue des passants, dans l’espoir de se ramasser un partenaire inconnu pour une p’tite vite?  Il a beau expliquer que ses trois mois de thérapie ont révélé que c’est dû à un traumatisme de jeunesse dû au fait que « C’est difficile de grandir en rêvant de devenir danseur à claquettes quand tous les autres gars veulent devenir fermier », il reste que là encore, c’était une pulsion sexuelle qui bloquait tout sentiment de prudence et de logique.

Même quand un homme décline l’opportunité de vivre une baise parce que sa raison aura eu le dessus comme quoi le jeu n’en vaut pas la chandelle, il aura tout de même d’abord pris le temps d’y penser.  Et c’est généralement avec regrets qu’il dira non.

En y songeant sérieusement, j’ai constaté que la libido masculine est source de problèmes au niveau personnel, au niveau social et au niveau international.

Au niveau personnel:
Bien qu’il s’agit d’une histoire fictive, mon roman inachevé Un Été à Saint-Ignace-de-Montrouge est construite d’anecdotes qui me sont réellement arrivées. Par exemple, cette scène dans laquelle le personnage principal explique les raisons de sa récente panne de libido :

Quand j’étais plus jeune, genre entre seize et vingt-cinq ans, j’avais une très forte libido. Hélas, dans ce temps-là, je n’arrivais pas à séduire une fille normale avec qui j’aurais pu avoir une relation normale. Alors pour satisfaire mon désir sexuel je devais me contenter de celles qui restaient : Connes, profiteuses, méchantes, losers, BS, craquées mentales, etc. La majorité des anecdotes négatives de ma vie sont reliées aux filles. Pourquoi? Parce que toute ma vie je voulais avoir une blonde. Et pourquoi est-ce que je voulais avoir une blonde? Par désir romantique, oui, mais surtout pour soulager mes envies de baiser. Donc, la raison pourquoi j’ai eu tous ces problèmes de couples? Mon désir sexuel.

Tu sais comment quand on est jeune, on pense que les maladies transmises sexuellement, c’est juste quelque chose que les autres attrapent? Eh bien moi, en moins d’un an, j’en ai contracté deux. J’ai eu de la chance, ce que j’avais se soignait par prise de médicaments aux huit heures pendant une semaine. La première fois j’ai vu ça comme un cas isolé. La seconde comme un avertissement. Donc, la raison pourquoi j’ai eu deux ITS? Mon désir sexuel.

Comme tu dois t’en douter, quelqu’un qui a une aussi grosse libido consomme beaucoup de porno sur le net. Mais quand un site sur dix est plein de virus, tu devines ce qui se passe. Donc, la raison pourquoi mon ordi attrape plein de virus qui ralentissent et sabotent mon outil de travail principal pour écrire et dessiner? Mon désir sexuel.

Et quand tu ne t’y connais pas assez pour débugger ton ordi toi-même, tu fais appel à un support technique qui, évidemment, voit tout ton historique sur le net. Donc, la raison pourquoi je vis à plusieurs reprises ces situations aussi humiliantes que coûteuses? Mon désir sexuel.

Puis, évidemment, il y a quand je travaillais au Dunkin et que j’ai rencontré Nadia, j’ai fait la plus grosse erreur de ma vie. Je suppose que tu connais le cliché qui dit que plus une fille est grosse et laide, et plus elle est gentille et cochonne? J’y ai bêtement cru. Ça fait que quand elle a montré de l’intérêt pour moi, même si elle ne me plaisait pas, j’ai quand même accepté de coucher avec. Oui, côté baise, elle était bien. Mais côté personnalité, elle s’est vite montrée déraisonnable, avec ses crises de jalousies qui sortaient de nulle part. Alors j’ai cassé avec elle. Mais voilà, comment te libérer de quelqu’un avec qui tu travailles, et qui passe vos huit heures ensemble à te mettre de la pression incessante pour que vous repreniez? Surtout quand elle sait à quel point tu aimes le sexe, surtout quand elle est prête à faire les choses les plus cochonnes pour te ravoir. Je reprenais avec elle pour le sexe, je cassais pour sa jalousie. Ma vie se limitait entre subir son harcèlement quand on était en couple, ou subir son harcèlement si on était séparé. Donc, la raison pourquoi je vivais du harcèlement incessant? Mon désir sexuel.

Tu peux me croire que jamais je n’oublierai mes cinq semaines de célibat il y a onze ans, entre deux ruptures avec Nadia. Oui, cinq semaines. J’avais vraiment tenu mon bout cette fois-là. Et pour m‘y aider, j’essayais activement de trouver une autre partenaire sexuelle. Le problème, c’est que je n’y suis pas arrivé. Et quand tu es un gars en manque, tu finis par te tanner de tes mains. Surtout que je n’avais pas de connexion internet à ce moment-là, alors je n’avais même pas de visuel pour me soulager. Donc, la raison pourquoi je suis revenu avec elle alors que je m’en étais enfin débarrassé? Mon désir sexuel.

Et elle, elle a utilisé le sexe pour me coincer dans cette relation en lâchant la pilule sans me le dire.  Résultat: Une paternité non-désirée pour laquelle je n’étais prêt ni financièrement ni émotionellement, et qui a défini le reste de mon existence. Donc, la raison pourquoi je vis une existence misérable depuis les dix dernières années? Mon désir sexuel.

Tu sais ce que j’ai toujours trouvé aberrant par rapport au sexe? C’est le fait que pour la majorité des gens, le fait que j’aimais le sexe au point où j’en aurais eu de une à trois fois par jour si j’avais une blonde avec un appétit semblable au mien, à leurs yeux ça faisait automatiquement de moi un potentiel bisexuel, un violeur, un pédophile, un client de prostituées, et peut-être même un zoophile. Tu vois, au lit, je te dirais que le trois quart de mon excitation vient du fait de savoir que ma partenaire me désire et aime ce que l’on fait ensemble sexuellement. À cause de ça, c’est évident que je ne pourrais jamais être un agresseur sexuel, un pédophile, un harceleur ou un zoophile, puisque c’est le genre de chose qui se fait sans le consentement de l’autre. En fait, même pendant la baise, si je sais que la fille n’aime pas telle ou telle pratique, c’est suffisant pour m’en enlever le goût. Mais ça, ce sont des choses que Nadia, ses amies et beaucoup trop de gens n’ont jamais voulu comprendre. Donc, la raison pourquoi je suis soupçonné d’être un détraqué sexuel? Mon désir sexuel.

Et je n’ai même pas besoin d’avoir des désir sexuels. Il suffit que Nadia s’imagine que j’en ressens envers d’autres filles pour me le faire payer. Donc, la raison pourquoi je paye d’avoir un désir sexuel qu’elle s’imagine que j’ai? Mon désir sexuel, qu’elle s’imagine que j’ai.

Quant à la fréquence de nos relations, je ne savais plus où donner de la tête.  Si ma libido est forte, elle dit que c’est la preuve que je la trompe parce que je ne peux pas me satisfaire d’une seule partenaire.  Mais si ma libido faiblit, alors là encore elle dit que c’est une preuve que je la trompe puisque ça signifie que je n’ai pas l’énergie pour en fournir plusieurs. Donc, la raison pourquoi je suis soupçonné de la tromper? Mon désir sexuel, peu importe qu’il soit élevé, normal ou inexistant.

95% des problèmes que j’ai eu dans ma vie, qui m’empêchent d’avancer, qui sabotent mes efforts, qui me font perdre le peu que j’ai, et qui continuent encore et toujours de me faire subir désagréments par dessus désagréments, ça n’a qu’une seule source : Mon désir sexuel. Dans de telles conditions, est-ce qu’on peut me blâmer d’avoir finit par ne plus ressentir que du dégoût pour le sexe, et que ma libido soit tombée en panne?

Au niveau social:
Comme je le dis dans La réputation injustifiée des soi-disant bons gars, pourquoi est-ce que l’homme a la réputation d’être un obsédé, un pervers, un adultère, un con qui ne pense qu’avec sa queue, qui ne voit les femmes que comme un orifice dans lequel se vider, qui distribue les ITS, qui met une femme enceinte pour ensuite la planter là? Parce que c’est la libido masculine qui a maintes fois poussé certains hommes à commettre ces gestes, ce qui fait que nous avons maintenant tous cette réputation.  Pourquoi est-ce que les bars de danseuses nues, la pornographie et la prostitution existent-ils?  Pour satisfaire la libido masculine. Qu’est-ce qui est à l’origine des viols?  De la pédophilie? Des séquestrations dans le but de l’esclavagisme sexuel?  La libido masculine.  Et bien qu’il y aura toujours quelqu’un pour dire « Oui mais des fois ces crimes sont commis par des femmes », ce qui est vrai, le nombre de celles qui l’ont fait est infiniment minuscule comparé au nombre d’hommes coupables de ces mêmes choses.

Mais pourquoi est-ce que la libido masculine est-elle incontrôlable au point de causer tous ces maux?
Il y a quelques années, j’ai écrit un billet intitulé Les Raisons de la Colère dans lequel j’ai écrit ceci au sujet des hommes préhistoriques: Le cerveau savait également reconnaitre une situation dans laquelle un congénère cherchait nuire à l’individu. À l’époque, les nuisances ne pouvaient affecter que deux niveaux de la vie: Le droit de se nourrir et celui de se reproduire. Deux choses étroitement reliées la survie individuelle, donc à la survie de l’espèce.  Face à une telle situation, le cerveau a créé la colère, qui bloque le raisonnement et donne du courage, transformant un être normalement paisible en machine à tuer. La nuisance compromettait la survie de la race, il fallait donc éliminer la nuisance. C’est la loi de la nature.

On a beau être évolués et civilisés, n’empêche qu’à la base nous sommes toujours des animaux régis par la nature. Voilà pourquoi l’homme frustre à ce point lorsqu’il n’a pas la relation sexuelle qu’il espérait, et voilà pourquoi il préfère baiser sans protection malgré les risques de paternité non-désirée ou d’infections transmises sexuellement :  Parce que quand il s’agit de sexe, c’est l’instinct qui prends le contrôle. Ce même instinct qui pousse tout animal à faire ce qu’il a à faire pour perpétuer la race.  Ce qui nous amène…

… Au niveau international:
C’est en relisant le passage qui parle de la colère, qui bloque le raisonnement et donne du courage, transformant un être normalement paisible en machine à tuer que j’ai compris quelque chose de crucial au sujet de l’humanité: De tous les temps, les gouvernements et les chefs religieux ont su que la frustration sexuelle rendait l’homme violent.  Et de tous les temps ils ont utilisé ce fait pour faire avancer leurs causes.  Pourquoi pensez-vous que l’armée a aussi longtemps refusé les femmes et les homosexuels dans leurs rangs?  Parce qu’un homme frustré sexuellement, c’est un homme colérique, un homme violent, et par conséquent un bien meilleur combattant.  Et quelle est généralement la première chose qui arrive quand une armée envahit un territoire? Les soldats en violent les femmes.

Encore de nos jours, quels sont les peuples les plus guerriers et les plus violents? Ce sont ceux guidés par les religions qui sont les plus restrictives au niveau de la sexualité.  Restrictives au point où ils obligent les femmes à se cacher, histoire de ne même pas donner à l’homme la satisfaction visuelle. Tout ça dans le but d’augmenter leur frustration sexuelle au point où ils feraient n’importe quoi pour la soulager.  La preuve: Comment arrivent-ils à recruter des volontaires pour des attentats-suicides? En leur faisant croire que ce n’est qu’au Paradis qu’ils pourront enfin baiser sans limite.  Ce qui en revient à dire que ce qui fait fonctionner le terrorisme, c’est la libido masculine.
Devant ce constat plus que traumatisant, je crois que la prochaine fois que je vais voir une féministe enragée crier haut et fort que tous les maux de la terre sont dû à la libido masculine, je n’aurai d’autre choix que de reconnaître qu’elle n’a pas tout à fait tort.

Conseiller la victime, est-ce la blâmer?

Quand quelqu’un dit que Chacun est le seul responsable de son propre malheur, tout le monde est d’accord avec lui. À ça, je répond: Va dire ça à une victime de viol! Je serais curieux de voir le nombre de personnes qui vont encore approuver ses paroles s’il ose le faire. Comme quoi, contrairement à ce qu’essayent de nous faire croire les bien-pensants, il n’existe aucune règle de vie qui s’applique à toutes les situations.

Ce qui m’amène au sujet du jour: L’an dernier, j’ai écrit un billet au sujet d‘une femme qui se plaint d’être sans cesse harcelée dans les transports en commun. En lisant le billet de blog qu’elle a écrit à ce sujet, j’ai tout de suite vu ce qu’elle faisait pour attirer les harceleurs: Elle lit en public, repliée sur soi.  Après avoir expliqué comment et pourquoi ça encourage une certaine catégorie de gens à aller la déranger, j’ai conclu en recommandant de cesser de le faire. Or, ceci m’a valu la haine et les accusations comme quoi je blâmais la victime.

Malgré le fait que ma principale accusatrice use de mensonges, déforme les faits, réinterprète mes écrits à sa façon et démontre dans un de ses billets qu’elle est pro-viol en autant qu’elle puisse décider qui en sera la victime, je crois voir la logique derrière la raison de ses attaques contre moi. C’est que mon billet s’adresse à la victime en lui disant « Voici ce que tu dois faire si tu ne veux pas te faire harceler », au lieu de m’adresser aux agresseurs en leur disant « Veuillez ne pas harceler/agresser/violer les femmes! » Ainsi, en ne m’adressant qu’à la victime afin que cesse le harcèlement qu’elle subit, c’est comme si je lui faisais porter l’entière responsabilité de son agression.

Il y a une logique toute simple derrière ceci, et la voici: Si on dit à un violeur « Ne viole pas! », ce conseil va à l’encontre de ses intérêts, puisque son but est de violer. Pensez-vous qu’il va écouter? Par contre, si on donne à une victime un conseil pour diminuer les risques qu’elle se fasse harceler, alors là, ce conseil concorde avec ses intérêts, qui sont de ne pas subir d’agressions. Logiquement, il y a donc plus de chance pour qu’elle écoute et applique le conseil.

Et voilà la raison pourquoi c’est toujours aux victimes que l’on demande de faire des efforts pour diminuer le risque d’agressions. Parce que contrairement à l’agresseur, la victime désire que ça cesse, elle.  Je suis tout à fait d’accord comme quoi, dans un monde idéal, ça ne se passerait pas ainsi. Hélas, nous ne vivons pas dans un monde idéal.  Le choix de la victime se limite donc à deux choses: Cesser de faire ce qui attire le harcèlement, ou bien passer le reste de sa vie à le subir tout en gueulant comme quoi c’est à l’Homme et non à elle de changer son comportement.  Elle a beau avoir raison sur ce point, ce n’est pas ça qui va améliorer son sort.

Vous croyez que je ne peux pas comprendre ce que vit une femme car en tant qu’homme dans la quarantaine, je suis à l’abri de ce genre de situations?  Détrompez-vous!

  • Harcèlement amoureux: À 40 ans, lorsque je tenais mon blog de Défi Diète 2008, je suis tombé dans l’oeil d’une des programmeuses/modératrices de Canoë.com.  Après plusieurs semaines à subir ses propositions non-sollicitées et à les refuser, elle a commencé par hacker mon blog, m’en empêchant l’accès, avant de le détruire.
  • Harcèlement sexuel: À 42 j’en ai subi pendant trois mois de la part du fils de mon patron lorsque je travaillais dans un garage: Non-respect de mon hétérosexualité, propositions amoureuses, vol de mon chèque de paie afin d’obtenir mon adresse qui était inscrite dessus, visites surprises chez moi, appels incessants, et harcèlement sous forme de comportement agressif et négatif au travail puisque je n’ai jamais répondu positivement à ses avances.  Il a fallu que je l’engueule sans retenue en public pour avoir enfin la paix.
  • Harcèlement haineux en public: Durant tout l’été de 2011, après plusieurs mois d’entrainement qui m’ont amené au sommet de ma forme physique, j’ai subi à plusieurs reprises des agressions verbales et physiques dans la rue. Dans ce dernier cas, j’ai fini par comprendre que ce qui m’attirait ces agressions, c’était le fait d’être maigre aux cheveux longs.  Je me suis coupé les cheveux et je me suis laissé reprendre un peu de poids.  Les agressions ont automatiquement cessés et je n’en ai plus jamais subi depuis.

Ce qui fait que moi aussi je me suis retrouvé dans la situation où j’ai eu à choisir entre cesser de faire ce qui m’attirait le harcèlement, ou bien passer le reste de ma vie à le subir tout en gueulant comme quoi ce sont mes agresseurs et non moi qui devraient changer de comportement. J’ai choisi de faire ce qu’il fallait pour ne plus attirer les agresseurs, et ainsi ne plus être une victime. Vous comprendrez donc que dans de telles conditions, j’ai quelques difficultés à comprendre que le simple fait de dire à une femme de cesser de lire dans le bus/métro/train pour cesser d’attirer les harceleurs, ça me vaut des accusations d’être misogyne et machiste.   Pourtant…

Ce qui en revient à la question que je pose dans le titre de ce billet: Lorsque l’on voit où se situe la raison du harcèlement que vit une personne, faut-il le lui dire afin qu’elle cesse de le subir? Ou vaut-il mieux se taire et la laisser continuer de se faire harceler, parce que conseiller la victime, ça équivaut apparemment à la blâmer?  Je comprends qu’il faut changer la société en s’attaquant à la base des mentalités, afin que l’on ne vive plus dans la culture du viol. Mais ce n’est pas prêt d’arriver.

Alors en attendant que ça arrive, on fait quoi?  On conseille et on passe pour une basse ordure (pour citer ma principale détractrice) ?  Ou bien on se tait, et ainsi, par notre silence, on devient automatiquement complice de l’agresseur?

La réputation injustifiée des soi-disant bons gars

Pour une fois, c’est dans le but de les défendre que je vais parler des soi-disant bons gars. Parce que, peu importe qui on est et ce que l’on est, personne ne mérite d’être affligé d’une réputation trompeuse, surtout si elle est négative. Et il se trouve que le soi-disant bon gars en a toute une, de réputation négative, qui est à l’extrême opposé de la vérité.

Situation classique : Le soi-disant bon gars aime une fille en secret. Il se comporte avec elle de façon totalement asexuée, il se prétend être son ami le plus proche, et la couvre de gentillesse et de cadeaux. Puis, la fille rencontre un mec qui, aux yeux du soi-disant bon gars, est un néandertalien plein de défauts qui ne la mérite pas, et il réagit en chialant que « Les filles disent vouloir un bon gars, mais dès qu’il y en a un qui la maltraite, elle va le récompenser en lui donnant du sexe! »
Conclusion logique : Les soi-disant bons gars sont des hypocrites qui se disent romantiques, alors qu’ils considèrent que les filles devraient leur donner du sexe en récompense d’être gentil avec elles.

L’image suivante provient de l’excellent blog BD de Mirion Malle qui dénonce exactement ça:


Je comprends pourquoi la majorité des filles en arrivent à cette conclusion. Mais voilà: Et si je vous disais que cette conclusion est erronée?  Si je vous disais qu’au contraire, le sexe n’est pas ce que les soi-disant bons gars désirent en premier dans la relation? Si je vous disais qu’ils ont plutôt tendance à s’auto-castrer? Enfin, si je vous disais en plus que c’est dans l’espoir de plaire aux filles qu’ils le font, me croiriez-vous? Probablement pas! Voilà pourquoi, comme d’habitude, je vais piger autant dans mes observations des autres que dans mes expériences personnelles afin de vous expliquer ce curieux phénomène.

Pourquoi le soi-disant bon gars chercherait-il à s’auto-castrer? Parce qu’à chaque fois qu’il entend des femmes parler du désir sexuel des hommes, c’est toujours pour s’en plaindre.  On en dit que  « La libido masculine fait de tout homme un obsédé, un pervers, un adultère.  La libido masculine fait de lui un gars qui ne pense qu’avec sa queue, qui ne voit les femmes que comme un orifice dans lequel se vider, et qui refuse de porter le condom, ce qui fait de lui un distributeur de maladies transmises sexuellement et/ou un irresponsable qui met une femme enceinte pour ensuite la planter là et fuir ses responsabilités.  La libido masculine est la raison pourquoi les femmes se font exploiter dans la porno, les bars de danseuses, la prostitution.  La libido masculine est à l’origine de tous les crimes contre les femmes et les enfants:  Les agressions verbales, la violence, le viol, l’exploitation et l’esclavagisme sexuel, la pédophilie. »  Devant un tel constat accusateur, le soi-disant bon gars ne peut qu’arriver à une conclusion: Toutes les femmes ont horreur du désir sexuel en général et de la libido masculine en particulier.  Donc, s’il veut plaire aux femmes, il doit réprimer en lui-même tout désir sexuel.

Les hommes ont donc cette réputation de ne vivre que pour le sexe.  Alors quand un gars déclare à une fille une flamme non-sollicitée et surtout non-réciproque, un des trucs qui vient en tête à la fille pour le repousser, c’est de lui  faire croire qu’elle n’aime pas du tout le sexe.  

Face à ceci, un gars normal va en arriver à l’une de ces deux conclusions :

  1. Ou bien elle lui raconte des conneries car elle n’ose pas lui dire clairement qu’il ne lui plait pas.
  2. Ou bien elle dit la vérité et il en sera quitte pour continuer à avoir une vie sexuelle constituée de séances solitaires de passe-poignet, même s’il est en couple avec elle, ce qui serait quelque peu ridicule.

D’une façon comme d’une autre, il est évident que la fille ne veut pas de lui. C’est suffisant pour qu’il laisse tomber.

Le soi-disant bon gars, par contre, ne va pas abandonner aussi facilement.  Ce n’est pas de l’obstination.  C’est juste que, pour les raisons citées plus haut, il croit sincèrement qu’aucune fille n’aime le sexe.  Alors même si la frigidité prétendue de la fille n’est qu’une excuse mensongère, il va y croire.  Et voilà pourquoi il arrivera à la conclusion que pour plaire aux filles, il faut être asexué.

On ne peut pas blâmer la fille de prétendre être frigide au lieu de lui dire les raisons réelles pourquoi il ne lui plait pas.  Comme je le dis dans un de mes vieux billets intitulé La difficulté de dire « Non merci! », il est beaucoup plus simple de servir une excuse bidon qui nous déresponsabilise, que de dire la vérité et mal paraître.  Alors si le soi-disant bon gars se fait juste servir l’excuse mensongère du dégoût du sexe par les filles qui ne veulent pas de lui, pourquoi croirait-il que c’est faux? Il pense donc que, pour les filles, les choses doivent se dérouler dans cet ordre: 

  1. Se rencontrer.
  2. Devenir amis.
  3. Devenir amis très proches.
  4. Devenir amoureux.
  5. Être en couple.
  6. Se désirer sexuellement.
  7. Faire l’amour parce qu’on est en amour.

Comme vous voyez, le soi-disant bon gars n’est pas assez cave pour croire que les filles vont détester le sexe pour toujours.  C’est juste qu’il pense que ce processus demande à la fille entre quelques mois et quelques années.  Il voit la sexualité comme étant l’accomplissement final logique de la relation qu’il a amorcé avec elle.  Une relation qui y aboutira éventuellement, pour peu qu’il réussisse à dépasser l’étape 3.

Et c’est comme ça que, quand la fille finit par avoir une relation normale avec un gars normal, le soi-disant bon gars ne comprends pas. Il la voit s’intéresser à un gars, sortir avec et/ou coucher avec lui alors que ça ne fait même pas un mois qu’ils se connaissent.  Évidemment, une fois la période « charme de la nouveauté / je suis conciliant dans le but de séduire » est passée, le naturel de la fille et de son nouveau mec remontent à la surface.  Ils commencent à se connaître vraiment, et c’est là que les incompatibilités surgissent.  Mais bon, la relation est déjà amorcée, alors ils continuent d’être en couple et de coucher ensemble.  Pendant ce temps-là, la fille se plaint de tel ou tel truc en espérant que son mec change pour le mieux, ce qui n’arrive pas toujours.  Le soi-disant bon  gars s’étant taillé une place auprès de la fille en tant qu’ami proche et confident, c’est donc à lui qu’elle se confie de ses déceptions de couple. 

Et voilà ce qui amène le soi-disant bon gars à frustrer.  Le fait qu’elle sorte avec un gars sans qu’ils aient d’abord eu à apprendre à se connaître à fond, le fait qu’elle couche avec sans qu’il ait eu à attendre des mois ou des années, le fait qu’elle se plaint de lui mais continue à l’aimer / être en couple /coucher avec lui, ça dépasse l’entendement du soi-disant bon gars.  Et voilà pourquoi, dans son incompréhension, il ne peut qu’en arriver qu’à la conclusion suivante: « Alors c’est ÇA que ça prend pour qu’une fille ait envie de sexe?  Il faut la maltraiter?  Sois gentil avec elle et elle te friendzone, mais agis en salaud et elle te récompense avec du sexe? »

Pourquoi est-ce que le soi-disant bon gars associe t-il sexe avec récompense?  C’est tout simple:  Aux yeux du bon gars…

  • Un gars qui est salaud avec les filles mérite d’être puni pour son comportement.  Et la punition appropriée dans ce cas-ci, c’est: Ne recevoir ni amour ni sexe de la part des filles.
  • Si la fille se plaint du gars, alors le gars est un salaud.
  • Malgré le fait qu’elle s’en plaint, elle continue de sortir et coucher avec lui.
  • Recevoir de l’amour et du sexe est-il une punition pour un gars? Bien au contraire.
  • Donc, techniquement, si c’est le contraire d’une punition, alors c’est une récompense.  

Si le soi-disant bon gars s’en plaint, ce n’est pas parce que son but dès le départ était de recevoir du sexe en récompense pour sa gentillesseC’est plutôt parce qu’il est sous le choc de voir que le comportement de la fille entre en contradiction totale avec tout ce qu’elle a toujours prétendu être, ce qui le fait passer par toute une gamme d’émotions négatives: Sentiment de trahison, d’avoir été trompé, colère,  révolte … Et en constatant que la majorité des filles vivent leurs amours et leur sexualité de la même façon que son amie avec son mec, il en vient à la conclusion que  « Les femmes, c’est toutes des salopes! »  Non pas parce qu’elles le sont vraiment, mais bien parce qu’il a commis l’erreur de mettre les femmes sur un piédestal de sainteté et de pureté trop irréaliste pour être vrai.

Et voilà!  Ceci n’excuse évidemment pas le comportement négatif des soi-disant bons gars envers les filles.  Mais ça l’explique.

 


Quelques exemples antérieurs des comportements dont je parle dans ce billet:

Filles utilisant la fausse frigidité comme excuse pour tenir le gars à l’écart:

Dans Salomé, portrait d’une sociopathe, le 18e paragraphe raconte comment elle m’a fait accroire être peu portée sur le sexe.  Un mois plus tard, et pour les années à venir, elle s’est au contraire montré très active sexuellement avec les autres hommes, ne ressentant avec eux aucun des blocages qu’elle me disait avoir.

Dans le paragraphe On ne peut pas l’être et le faire situé au milieu de mon billet Mieux vaut se taire que de dire des niaiseries, je parle de cette fille avec qui j’ai eu une relation de couple platonique pendant plus de deux ans, car elle considérait que la sexualité allait prendre la place des sentiments et de l’amitié.  Elle a fini par m’expliquer, après la rupture, qu’en réalité, tout ce temps-là, elle espérait que le manque de sexe me pousse à mettre fin à la relation.  Dans sa relation suivante, ils sont rapidement passés au lit et leur couple a duré trois an et demi.

Gars qui s’auto-castre en croyant sincèrement que tel est ce que recherchent les filles:

Dans le premier billet de la série Comment le fait d’être un bon gars a ruiné ma vie sociale, amoureuse et sexuelle, je raconte comment je suis resté totalement asexué dans le lit d’une fille qui m’avait invité chez elle « en tant qu’ami seulement », et ce peu importe les signes qu’elle me donnait par la suite comme quoi elle voulait plus que ça.

Dans le second billet, une fille m’intéresse, mais dès que j’apprends qu’elle a couché avec un autre, elle est automatiquement devenue une salope à mes yeux et je n’en voulais plus dans ma vie, même pas en tant qu’amie.

Et dans le 3e billet, je suis très bon ami avec une fille qui m’intéresse mais qui est en couple, bien qu’elle m’ait dit qu’elle ne l’aime plus.  Lorsqu’elle s’est offerte à moi, je n’ai vu la chose que comme un écart de conduite de sa part, et j’ai très sincèrement cru qu’elle me serait reconnaissant plus tard que je lui dise non.

Le sexe en guise de récompense:

Dans le billet Un rendez-vous traumatisant, je raconte comment la fille n’a pas cessé de m’insulter et de me rabaisser tout le long de notre rencontre. À la fin de la soirée, elle m’invite chez elle.  Refusant de récompenser son attitude de merde en lui donnant du sexe, je décline.  Sa réaction de frustrée renforce ma conviction comme quoi j’ai bien fait.

Le Questionnaire Landru: Êtes-vous dans une relation abusive?

D’habitude, je ne publie pas sur mon blog des textes qui ne sont pas les miens.  Mais pour la seconde fois en cinq ans, je vais me le permettre, puisque c’est pour une bonne cause.  Il s’agit d’un test qui, à l’origine, n’avait pas de nom, et que j’ai baptisé Le Questionnaire Landru la première fois que je l’ai mis sur le net en 1998.

Pourquoi le nommer « Landru »?
Henri-Désiré Landru (1869-1922) est un célèbre tueur en série et criminel français.  Cet homme avait beaucoup de charme, qu’il utilisait afin de séduire de nombreuses femmes. 

Beau parleur, il fait signer à ses victimes des procurations lui permettant ensuite de faire main basse sur leurs comptes bancaires. Il ne lui reste plus qu’à les tuer et à faire disparaître les corps.  La célébrité que lui apportera son procès aura comme répercutions que la majorité des Landru changeront leur nom en Landry ou en Landré. (C’est du moins ce que j’ai entendu Bruno Landry dire en entrevue.)

En 1995, alors que je suis étudiant au cégep André-Laurendeau, il s’y déroule une semaine de la prévention contre la violence.  On y retrouve divers kiosques, chacun s’occupant d’un genre de violence en particulier: Violence faite aux enfants, violence des gangs de rues, violence raciste, etc.  Je m’arrête devant celui de la violence domestique.  Je regarde les pamphlets empilés sur la table et j’en prend un.  Il s’agit d’un questionnaire qui présente une liste de 30 situations:

1Votre conjoint(e) entretient-il/elle directement ou indirectement des menaces…

  • qu’en cas de rupture, il/elle pourrait vous ruiner?
  • qu’il/elle a la possibilité de déposer une plainte contre vous auprès de la police en vous accusant d’être un parent inadéquat ou un conjoint(e) violent(e)?
  • qu’en cas de rupture, votre relation avec vos enfants pourrait être menacée?
  • qu’il/elle pourrait vous discréditer auprès de votre famille, vos enfants, votre employeur, vos amis, votre thérapeute?
  • qu’en cas de rupture, il/elle obtiendrait la collaboration des membres de son entourage pour vous affronter?


2Votre conjoint(e) vous a-t-il/elle déjà frappé, tenté ou menacé de le faire avec ou sans objet contondant?

3Votre conjoint(e) a-t-il/elle déjà endommagé ou menacé d’endommager des objets auxquels vous tenez?

4Votre conjoint(e) a-t-il/elle déjà mis dans une situation difficile en vous entraînant dans une dispute au moment où vous aviez quelque-chose d’important à faire?

5Votre conjoint(e) a-t-il/elle déjà contraint à faire une dépense qui ne vous convenait pas, en utilisant votre bien-être ou celui de vos enfants comme argument pour vous y contraindre?

6 –Votre conjoint(e) vous menace-t-il/elle de s’intéresser à un autre partenaire sexuel, vous invite-t-il/elle à « aller voir ailleurs », parle-t-il/elle souvent de partenaires qu’il/elle a connu dans le passé, de ceux qu’il/elle souhaite avoir dans l’avenir ou de ceux qu’il/elle aurait souhaité avoir?

7 -Votre partenaire vous menace-t-il/elle de vous quitter, répète-t-il/elle qu’il/elle serait mieux sans vous ou évoque-t-il/elle souvent une rupture éventuelle?

8 Votre partenaire utilise-t-il/elle la sexualité ou la privation de relations sexuelles pour sanctionner vos comportements?

9 -Si votre sexualité n’est pas ce que vous souhaiteriez qu’elle soit…

  • votre conjoint(e) vous en fait-il/elle porter seul la responsabilité?
  • votre conjoint(e) tente-t-il/elle de vous empêcher de vous satisfaire?


10Votre conjoint(e) vous discrédite-t-il/elle au sujet de questions qui vous sont chères ou qui touchent votre identité? (travail, enfants, habillement, loisirs, etc.)

11Votre conjoint(e) voit-il/elle d’un mauvais oeil que vous entreteniez des relations avec vos proches? Votre famille, vos enfants, vos amis, vos collègues?

12 -Vos conversations avec votre conjoint(e) sont-elles laborieuses, insatisfaisantes et stériles?

13 -Votre conjoint(e) menace-t-il/elle de se suicider, afin de vous contrôler?

14Votre conjoint(e) vous reproche-t-il/elle de vous plaindre de lui auprès de tiers? Vous rapporte-t-il/elle des propos défavorables d’autrui à votre endroit?

15 -Votre conjoint(e) refuse-t-il/elle vos propositions de participer aux tâches ménagères alors qu’il/elle se plaint que vous ne faites pas votre juste part et que vous le traitez comme un domestique?

16 -Avez-vous parfois l’impression que votre vie est inutile? Entrevoyez-vous votre décès éventuel comme une libération? Avez-vous déjà pensé à la meilleure façon d’en finir? Entrevoyez-vous la possibilité de ne pas faire soigner une maladie grave dont vous seriez éventuellement atteint?

17Lorsque vous avez prévu participer à une fête de famille ou à une activité impliquant des tiers, êtes-vous incertain, jusqu’au moment de l’événement, que votre conjoint(e) vous y accompagnera?

18Avez-vous l’impression qu’une crise menace d’éclater, que vous pourriez, sans le savoir, dire ou faire quelque-chose qui pourrait provoquer une crise, ou que votre vie est une suite de crises?

19 -Votre conjoint(e) a-t-il/elle l’habitude de quitter ou de menacer de quitter la pièce au moment où vous tentez d’avoir une conversation avec lui/elle?

20Avez-vous l’impression qu’avec votre conjoint(e), vous n’avez jamais raison?

21Est-ce que vos conversations aboutissent souvent en dispute?

22Est-ce que votre conjoint(e) vous « fait la leçon? »

23Est-ce que votre conjoint(e) vous insulte?

24Avez-vous l’impression qu’avec votre conjoint(e), il y a de nombreux sujets qu’il vaut mieux ne pas aborder?

25 -Votre conjoint(e) respecte-t-il/elle votre volonté quand vous demandez de mettre fin à une conversation qui ne mène nulle-part?

26 -Votre conjoint(e) vous pose-t-il/elle des questions sans vous laisser le loisir d’y répondre, sans s’intéresser à votre réponse, ou sans en tenir compte?

27 -Votre conjoint(e) vous pose-t-il/elle des questions qui sont formulées de telle sorte qu’elles sont des affirmations déguisées?

28Votre conjoint(e) vous accuse-t-il/elle injustement d’avoir des comportements que vous n’avez pas, d’avoir des défauts que vous ne reconnaissez pas, d’avoir des intentions que vous n’avez pas?

29Avez-vous l’impression qu’au moment de prendre une décision (le choix des activités de vacances, l’aménagement de la maison, le menu d’un repas,) votre suggestion ne vaut que si elle convient à votre conjoint(e) et que la réciproque ne vaut pas?

30Avez-vous l’impression que votre conjoint(e) sait où vous êtes et ce que vous faites à tout moment?

Si vous avez coché quatre situations ou plus, alors vous êtes victime de violence domestique. Vous devriez considérer la possibilité d’obtenir de l’aide d’un conseiller. Il pourrait être utile d’en discuter avec un ami en qui vous avez confiance, un psychologue, un travailleur social du CLSC, un médiateur attaché au Palais de justice, un membre du clergé ou un membre de votre famille. Il n’y a aucune honte à demander de l’aide, au contraire. Assurez-vous cependant que votre volonté de trouver une solution à l’impasse dans laquelle vous vous trouvez est partagée par votre conjoint(e). Si tel n’est pas le cas, vous devriez considérer la possibilité de quitter cette personne abusive.

À l’origine, le questionnaire était exclusivement masculin, ne parlant que de conjoint violent.  Si je l’ai modifié afin de le rendre unisexe, c’est parce qu’à l’époque, alors que je vivais avec Kim, la mère de mes enfants, j’ai constaté qu’elle me faisait subir 22 de ces 30 situations. (Celles, dans ce questionnaire, précédées d’un chiffre en noir gras, si vous êtes curieux.) Réalisant que ces comportements pouvaient aussi bien se retrouver chez l’homme que la femme, il me semblait logique, et beaucoup plus productif, de le multigenrer.  Et si j’ai donné à ce test le nom d’un homme violent, c’est tout simplement parce que, comme je dis plus haut, plus personne ne s’appelle ainsi.  Je ne risque donc pas de froisser qui que ce soit.

Ceci dit, pas besoin de faire un long test pour déterminer si on est dans une relation abusive ou non.  Vous n’avez qu’à penser à la façon dont votre partenaire vous traite actuellement.  Cette personne se comportait-elle de la sorte envers vous lorsqu’elle vous a séduite?  Si la réponse est non, et que les changements ne sont que négatifs, alors déjà là, il y a lieu de remettre son couple en question.