Les dommages collatéraux de l’auto-importance démesurée (2e partie)

Je travaille sur l’horaire de soir, c’est à dire de 14 :00 à 22 :00. Allen, lui, qui travaille de jour, part généralement vers 16 :00. Comme d’habitude, en rentrant au Dunkin, je trouve mon ordre de travail du jour sur ma table. Sur celui-ci se trouve la liste des pâtisseries que j’aurai à faire, et en quelle quantité. Mon attention est attirée sur la colonne des brioches, en particulier celle au citron. Je sais qu’il ne reste plus de gélatine au citron depuis la veille. Or, Allen me demande de lui en faire cinq.  Puisqu’il est en avant, à donner quelques instructions à la caissière. Je prends donc ma feuille et je vais le rejoindre afin de lui signaler l’erreur.

MOI : S’cuse, c’t’au sujet des brioches, je…

Sans même se retourner, Allen me répond sur un ton brusque et sec.

ALLEN : La feuille est claire, y’a rien à discuter, fais ta job!

Je me doutais bien qu’il pouvait être encore quelque peu frustré de la façon dont je l’ai humilié la veille.  N’empêche que je ne m’attendais pas à une réponse aussi brusque. Sous le choc, je vire de bord sans mot dire et retourne dans la cuisine.

En posant ma feuille sur ma table de travail, je repasse dans ma tête la scène qui vient de se produire. Sa façon de me parler m’a choqué, voire insulté. Je considère qu’il n’avait pas à me parler de la sorte. C’est un manque flagrant de politesse. Ce qui me console, c’est qu’au moins, quand demain le patron se demandera pourquoi il n’y a pas de brioche au citron, je pourrai lui dire que c’est Allen qui n’a pas vérifié s’il restait de la gelée de citron avant de m’écrire d’en faire. Et je me ferai un plaisir de lui répéter les paroles exactes d’Allen lorsque je lui dirai que j’ai essayé d’aller lui en parler.

Mon bel espoir de vengeance passive-agressive s’effrite en moins de dix minutes, alors que je vois des livreurs entrer avec quelques boites de produits congelés et réfrigérés : De la pâte à biscuits, de la garniture aux fruits pour les beignes fourrés… et de la gelée de citron pour les brioches.  Allen entre dans la cuisine. Voyant que je regarde les livreurs amener les boites, il me dit d’un ton hautain et prétentieux :

ALLEN : Ça répond à ta question? Quand j’écris de quoi sur la feuille de commande, c’est parce que je sais de quoi je parle. J’la connais ma job, moi!

Puis il part ouvrir aux livreurs la porte de la pièce réfrigérée et celle congelée.  J’ai beau faire semblant de rien, intérieurement je sens mon sang bouillir de frustration.  Ces deux choses qu’il m’a dit depuis que je suis rentré me donnent la forte impression qu’il m’a tendu un piège, ou du moins qu’il avait planifié son coup.  C’est comme s’il avait prévu que je saurais qu’il n’y avait plus de gelée de citron, que j’allais remarquer qu’il m’avait quand même commandé des brioches au citron, et que j’allais lui poser la question à ce sujet, et que je le ferais avant que les livreurs passent, lui laissant tout le loisir de me rabaisser de la sorte.  J’ai beau trouver que c’est chercher loin, j’ai beau croire que c’est quasi-impossible à planifier,  je ne peux m’enlever de la tête qu’il m’a tendu un piège.  Et que j’ai foncé dedans la tête baissée. Et surtout, et c’est là que réside la partie qui est la plus insultante de cette situation, ça veut dire qu’à ses yeux, je suis prévisible. De la part d’un détestable prétentieux que je considère comme étant mon inférieur intellectuel, il ne peut pas y avoir plus grande injure.

Et le pire là-dedans, c’est que la seule raison pourquoi il se permet encore une fois traiter d’incompétent en sous-entendu, c’est justement parce que j’ai été assez compétent pour constater que l’absence de la gelée de citron allait m’empêcher de faire les brioches.  Sa manoeuvre pour me discréditer était donc totalement gratuite.  Je ne méritais pas ça.  Ça me frustre tellement que je me jure que ce coup de cochon, il ne l’emportera pas au paradis. Je ne sais pas encore comment, mais une chose est sûre, il va me payer ça.  Je n’ai qu’un seul désir en tête, un seul sentiment, un seul but: Vengeance!

À ce moment-là, depuis aussi longtemps que je m’en souvienne, j’ai toujours été un féroce partisan du principe de la vengeance.  Or, pour moi, une bonne vengeance ne peut pas être synonyme de n’importe quoi.  Pour me satisfaire moralement, celle-ci doit être exercée dans le domaine par lequel l’agresseur a commis le geste fautif. C’est le principe de la loi du Talion, soit œil pour œil, dent pour dent. Dans ce cas-ci, tout ce qu’Allen m’a fait subir, c’était dans le but d’essayer de démontrer que je suis un incompétent à mon travail. L’idéal serait donc que je puisse prouver de façon irréfutable que ce serait plutôt lui l’incompétent. Mais voilà, comment? Tout à l’heure, j’avais le plan parfait, qui aurait consisté à montrer au patron que Allen s’était trompé dans sa commande. Si seulement les livreurs ne s’étaient pas présentés, ça aurait pu fonctionner. J’observe la colonne de commande des brioches, non sans une certaine frustration de voir que ce plan-là n’est plus viable.

Soudain, une idée diabolique me traverse l’esprit. Un coup d’œil rapide du côté des pièces réfrigérées me permet de constater qu’Allen est en train de régler la paperasse des commandes avec les livreurs. Je quitte donc mon poste, je me dirige vers le bureau d’Allen. Sans que personne ne me vois, j’y entre, je repère rapidement la pile de feuille de commande, je m’en prends une et je retourne aussitôt à ma table de travail.  Je dissimule la feuille sous la table, et j’attends patiemment tout en riant d’avance de mon idée.  J’ai la délicieuse impression que je suis un génie du mal.  Je m’en roulerais la moustache si j’en avais une.

Quelques heures plus tard, alors que la majorité de mes collègues sont partis et qu’il ne reste plus que moi dans la cuisine, je met mon plan a exécution.

Tout d’abord, il faut que je vous explique une chose: Sur les feuilles de commandes, lorsqu’il y a un chiffre d’inscrit, comme 1, 2, 3, etc, il s’agit de douzaines. Donc: 1 = Une douzaine, 2 =deux douzaines, 3 = trois douzaines, etc.  Cependant, si le chiffre est entouré d’un cercle, alors il s’agit d’unités: 1 encerclé = un, 2 encerclé = deux, 3 encerclé = trois, etc.  Ainsi, la commande de brioches au citron est un 5 encerclé, c’est à dire de cinq brioches.  Mon plan, dont le but est de faire passer Allen pour un incompétent, est très simple: transformer, dans la commande de brioches, les unités en douzaines, provoquant ainsi un épouvantable gaspillage de nourriture, ce qui lui passera sur le dos.

J’avais d’abord pensé à simplement effacer les cercles sur la feuille de commande originale, mais ça aurait laissé des traces visibles à l’oeil nu.  Voilà pourquoi je suis allé voler une feuille de commande vierge dans le bureau d’Allen: Je planifie de refaire sa feuille de commande en imitant son écriture, en omettant de refaire les cercles autour des chiffres de commande des brioches.  Pour ce faire, j’utilise ma grande maitrise du dessin.  J’ai passé ma vie à imiter des styles de dessin afin de faire des parodies de BD.  Et qu’est-ce que l’écriture, après tout, si ce n’est qu’une forme simplifiée de dessin!?

Après quelques minutes, je compare ma feuille avec celle que m’as préparé Allen.  Mon imitation est parfaite, à ceci près qu’au lieu de 3 brioches à la pomme, 3 au raisin, 4 à la fraise et 5 au citron, soit 15 brioches en tout, ça dit maintenant 15 douzaines… Pour un total de 180, soit au-delà de ce que l’on a en stock.

Pauvre Allen! Il ne sait pas ce qui l’attend.  Et il ne le saura pas avant mon retour au travail demain.

 

À SUIVRE

Les dommages collatéraux de l’auto-importance démesurée (1e partie)

L’histoire qui va suivre, je crois bien que c’est la première fois que je la raconte. Il faut dire que mon orgueil m’a quelque peu poussé à faire comme si ces événements ne s’étaient jamais produits.

Janvier 1997. J’ai 28 ans. Il y a quelques mois, j’ai reçu un avis du cégep comme quoi je n’étais pas accepté pour la session printemps 97. Sans école, je ne peux plus compter sur la bourse étudiante pour me faire vivre. J’ai beau occuper le poste de superviseur des résidences étudiantes, tout ce que ça me rapporte est le téléphone gratuit et une réduction de coût du loyer. J’ai besoin d’un boulot, et vu l’urgence de ma situation je ne peux pas me permettre d’être sélectif. Je me vois donc contraint d’aller dans la seule branche où j’ai de l’expérience : Pâtissier au Dunkin Donuts.

Être de retour au Dunkin après trois ans est pour moi une expérience humiliante, puisque je considère que je vaux mieux que ça. La raison de mon snobisme est simple : Dans les trois Dunkins où j’ai travaillé par le passé, mes collègues pâtissiers entraient tous dans l’une, sinon plusieurs, des catégories suivantes :

  • Repris de justice.
  • Crétins ne possédant rarement plus qu’un secondaire III.
  • Drogués.
  • Saoulons.
  • BS qui ne travaillaient que six mois pendant la saison froide, de façon à avoir tout juste les semaines de travail requises pour se remettre au chômage les six mois de belles saisons.

Étant retourné aux études justement dans le but d’échapper à ce genre de boulot, y revenir ne fait que me rappeler mon échec, me souligner à quel point je suis un minable, me montrer à quel point toute tentative pour améliorer mon sort ne sera jamais pour moi qu’une perte de temps et d’argent. Ça n’a beau n’être qu’une impression qui se montrera erronée avec les années, n’empêche qu’à ce moment-là, j’y crois. Et ça, ça joue sur mon humeur quelque chose de négatif.

À 26 ans, Allen, de son nom, est l’assistant gérant de mon Dunkin, ce qui fait de lui mon supérieur immédiat.  Il représente à ce moment-là tout ce que l’on appellera quelques années plus tard un douchebag. Il est beau, grand, athlétique, et il porte la moustache, ce qui est encore acceptable à cette époque. Il conduit une grosse bagnole de macho dans lequel il s’est bricolé un système de son qui vaut quasiment plus cher que le char lui-même, et ne sort jamais sans la balle de calibre .22 qu’il porte au cou en guise de pendentif. Allen est à demi-Iroquois, vit sur une réserve, et il ne manque jamais de se vanter à qui veut l’entendre qu’il était en première ligne du côté des indiens lors de la crise d’Oka. C’est là qu’il attire l’attention de son interlocuteur sur son pendentif.

ALLEN : C’te balle-là, mon homme, c’est la première que j’ai mis dans mon fusil quand j’étais aux barricades. Comme j’ai pas eu la chance de la tirer, j’m’en suis fait un collier en souvenirs.

À chaque fois qu’il engage une nouvelle pâtissière ou une nouvelle caissière, Allen la choisit en fonction de sa beauté et de son célibat, histoire d’essayer ensuite de les draguer. Quand ça marche, la fille est assurée d’avoir ses fins de semaines de libre en même temps que lui, puisqu’en plus c’est Allen qui s’occupe des horaires.  Autant il se montre charmant avec les filles, autant il se montre chiant avec les gars. Son truc, c’est de toujours essayer de nous prendre en défaut. Au début, ça pouvait passer. C’était majoritairement des questions du genre « As-tu fait tel truc? As-tu oublié tel autre truc? »… Rien que des questions relatives à la qualité du travail. Mais un après-midi du mois de mars, voilà qu’il décide de me prendre comme cible, et ce d’une façon qui démontre parfaitement toute la chianteur de sa personnalité.

Alors que je suis affairé à mélanger 55 lbs de pâte à beignets avec le mélangeur géant, il se rapproche de moi et me demande :

ALLEN : Tu t’es-tu lavé les mains avant de commencer ton shift?

Eh non, je ne m’étais pas lavé les mains.  J’aimerais bien dire qu’il s’agit d’un oubli, mais en vérité il s’agissait de simple négligence. Mais voilà, histoire d’éviter de me faire sermonner par ce grand fendant chiant, je choisis de lui mentir en répondant:

MOI : Oui!
ALLEN : Ah ouain?
MOI : Oui!
ALLEN : Sérieux là? Tu t’es lavé les mains avant de travailler?
MOI : Ben oui!
ALLEN : T’es sûr-sûr-sûr certain, là, tu t’es vraiment lavé les mains?

Bien que je le sais fatiguant, je trouves qu’il insiste un peu plus lourdement que d’habitude. En fait, il a l’air de s’y acharner comme quelqu’un qui connait la vérité. Mais voilà, logiquement, comment aurait-il pu le savoir? Arrivant à la conclusion qu’il essaye juste de m’avoir en bluffant, j’insiste avec calme comme quoi que…

MOI : Oui!
ALLEN : T’es vraiment sûr, certain, positif à 100% que tu t’es lavé les mains pour de vrai, là, avec du savon?
MOI : Sûr, certain, positif à 100%.

Avec un petit sourire triomphant, il s’accote sur le malaxeur et me regarde en disant :

ALLEN : Ben c’est bizarre, ça, parce qu’y’en a pu, de savon, dans la distributrice, depuis hier soir. Fa que, vas-y: Explique-moé donc comment t’as pu faire pour te laver les mains avec du savon puisque y’en a pas, de savon? Hm?

Pendant un court instant, je sens monter en moi le malaise que l’on ressent de s’être fait prendre en flagrant délit de mensonge. Puis, un truc me revient en mémoire, qui me calme instantanément. Il se trouve que, par un très heureux hasard, j’ai justement un demi pain de savon Irish Spring dans mon sac. Je l’avais amené avec moi lorsque je suis allé à la piscine municipale avec mon ex deux semaines plus tôt, et ma nature négligente a fait que je ne l’ai pas encore enlevé de mon sac.

Le fait qu’une de mes négligence est sauvée par une autre négligence me fait sourire.  Et dire qu’il y a encore des abrutis pour affirmer que deux négatifs ne font pas un positif. Je vois en ce hasard un signe du destin comme quoi une main divine vient de me donner la tâche de rabattre ce grand fendant prétentieux. Et cette tâche, c’est avec grande joie que je l’accepte.

MOI : Parce que, voyant hier que, justement, on allait manquer de savon, j’ai pris la peine de m’en amener un.

Incrédule, Allen éclate quasiment de rire dans ma face.

ALLEN : T’essayes-tu vraiment de me faire accrère que tu t’es amené un savon icite?
MOI : J’essaye pas de te faire accroire quoi que ce soit. Tu m’as posé une question, et j’y ai répondu. Libre à toi de me croire ou non.

J’ai fait exprès pour lui donner cette dernière réponse sur un ton snob, quasi méprisant, dans le but de le provoquer. À cet hameçon, il mord à pleines dents.

ALLEN : Ok! Pis là yé où, ton fameux savon?
MOI : C’est vrai qu’y’est fameux, c’est du Irish Spring.
ALLEN : Ben montre-moé lé, ton fameux savon Irish Spring.

En arrêtant la machine, je me tourne vers lui et je le regarde avec un air au visage et un ton de voix qui évoque le fait que j’ai l’impression de m’adresser à un attardé mental.

MOI : Ok… Parce que tu veux vraiment voir mon savon? Sérieux, là?
ALLEN : Que c’est qu’y’a? Ça te poses-tu un problème? Si c’est vrai que t’as un savon, tu devrais pas avoir de troubles à pouvoir me le montrer.
MOI : Voir mon savon… Bah, si tu y tiens. À chacun ses buts dans la vie, je suppose.

Si mes insinuations ont de l’effet sur lui, c’est de le convaincre encore plus que j’essaye de m’en tirer, donc qu’il a raison de ne pas me croire. Je me dirige vers les casiers des employés, suivi de près par Allen qui savoure déjà son triomphe, sûr qu’il est de pouvoir me prendre en flagrant délit de lui mentir.

ALLEN : Tsé, les menteurs icite, on garde pas ça longtemps parmi nos employés. Quand un gars est capable de mentir dans nos faces de façon aussi insistante pour un simple lavage de main, imagine comment y peut nous mentir pour des affaires pas mal plus graves. Tsé, genre, des vols, par exemple.

Mentir comme quoi je me suis lavé les mains ferait de moi un voleur? Wow! Du sophisme à l’état pur. Pour toute réponse, je me contente de prendre mon sac et de l’ouvrir. J’y plonge la main et je fouille quelques secondes. Puis, toujours avec calme, j’en tire la savonnette verte que je lui brandis au visage.

MOI : Tiens! Le v’là, mon savon.  Content, là?

Allen a beau essayer de se donner un air impassible, son silence démontre clairement qu’il ne s’attendait vraiment pas à ce que je lui en produise un pour de vrai.  Aussi, je profite de l’occasion pour me payer sa tête. Je remets ma main dans mon sac et y sort quelques autres items.

MOI : Pis? Y’a-tu d’autres choses que tu veux voir? Mes caleçons, peut-être? Tiens, les v’là. Ah, pis tiens, j’ai un bas sale ici. Y’é beau, hein? Tu veux-tu voir l’autre, ou ben ça va aller comme ça?

Quelque peu piqué dans son orgueil de voir qu’il a fait tout ce cirque alors qu’il était (apparemment) dans l’erreur, Allen pousse une dernière tentative de me discréditer. Hélas pour lui, même s’il tombe dans le vrai,  j’ai l’esprit vif et la réponse cinglante.

ALLEN : Ouain ben ton savon, là… J’trouve qu’y’avait l’air pas mal sec.
MOI : Ben là, franchement, c’est évident je l’ai essuyé pour qu’il sèche avant de le remettre dans mon sac. Penses-tu vraiment que j’mettrais un savon humide dans mon sac avec mon linge pis mes paperasses? Hein, qu’est-ce t’en penses, Sherlock?

Allen reste silencieux quelque secondes, son ego ayant quelques problèmes à (di)gérer le fait que je viens de le ridiculiser en beauté. Aussi, c’est avec une mauvaise foi carabinée qu’il répond :

ALLEN : Ouain! On va dire!

« On va dire »?  Il a là, dans sa face, la preuve que je ne lui mentait pas en disant que j’avais un savon dans mon sac.  Et lui, au lieu de le reconnaitre, il répond « On va dire »?  Tandis qu’il tourne les talons et repart dans la cuisine. Je lui emboite le pas.  Je devrais être satisfait de cette victoire morale fort satisfaisante.  Sauf que sa dernière réplique m’a fortement déplu.  Déjà que Je déteste les gens méprisant, quand ils font en plus preuve de mauvaise foi, ça m’enrage.  ça me donne juste envie de pousser le bouchon encore plus loin pour le faire chier.

MOI :  Pis toi, ton savon, y’é où? À moins que tu me dises que TOI, tu ne te les a pas lavées, tes mains!?

Piqué au vif, il se retourne promptement et me répond avec un ton élevé qui ne cache en rien sa frustration et sa colère.

ALLEN : Heille, pour qui tu t’prends, toé, kôlisse!?

Quoi de mieux dans ce temps-là, pour prouver encore plus que je vaux mieux que lui, que de lui répondre avec calme et logique:

MOI : Moi? Ben, je me prends pour un gars qui a passé les dix dernières minutes à me faire dire à quel point se laver les mains c’est important quand on travaille ici. Pourquoi?  Est-ce que je fais erreur de me prendre pour ça?
ALLEN : Chus ton boss, ok!?  Fa que j’ai pas de compte à te rendre.

Sur ce, il tourne les talons et quitte la cuisine, furieux.  Quant à moi, c’est avec un sentiment de triomphe que je retourne à mon malaxeur.  Depuis le temps qu’il nous fait chier avec son attitude de fendant, je crois bien être le premier à lui avoir tenu tête, et surtout le premier à pouvoir se vanter d’avoir eu le dessus sur lui.  En tout cas, j’ai bien l’impression qu’il a eu sa leçon et qu’il va agir autrement avec moi désormais.

À SUIVRE

Les 9 étapes de la vie amoureuse d’un (soi-disant) bon gars.

J’ai déjà parlé de plusieurs de ces comportements dans mes billets passés.  C’est juste que cette fois, je les mets tous ici, dans l’ordre, et j’en rajoute quelques-uns afin de compléter le tableau.

Donc :

Lorsqu’un soi-disant bon gars désire se mettre en couple, il passe généralement à travers les 9 étapes suivantes:

ÉTAPE 1 : Le Bon Gars Désespéré : Son seul et unique critère pour s’intéresser à une fille, c’est le célibat de celle-ci. Il se fout bien du fait qu’ils soient différents et incompatibles. Tout ce qu’il veut, c’est une fille, et c’en est une.

ÉTAPE 2 : Le Bon Gars Enquêteur : Il se renseigne le plus qu’il peut au sujet de la personnalité et des goûts de la fille.

ÉTAPE 3 : Le Bon Gars Caméléon : Il commence à calquer le style et les goûts de la fille, écoutant la même musique et les mêmes émissions, histoire de lui faire accroire qu’ils sont semblables.

ÉTAPE 4 : Le Bon Gars Amoureux Déguisé en Bon Ami Potentiel : Dès qu’il en sait assez sur elle, il passe à l’attaque, ou du moins à l’approche.  Car s’il ne trouve pas en lui assez de courage pour l’approcher en tant qu’amoureux potentiel, il trouve au moins celui de l’approcher en tant qu’ami

ÉTAPE 5 : Le Bon Gars Planificateur : Son titre d’ami lui permet d’en savoir plus sur elle, et il utilise ces renseignements afin de lui faire croire qu’ils ont encore plus de choses en commun.

ÉTAPE 5 : Le Bon Gars Qui Cache Trop Bien Son Jeu : Tout le long de leur relation amicale, il reste à l’écart, ne lui démontrant aucun intérêt à part de la simple amitié. Normal : Il ne veut tellement pas la perdre qu’il ne veut pas prendre le risque de gâcher le peu qu’ils ont. Alors quand elle lui parle d’un autre gars qui l’intéresse, il l’encourage à sortir avec lui.  Et quand elle est en couple et que ça va mal avec son amoureux, il lui suggère de rester en couple et d’essayer de régler la situation.

ÉTAPE 5 : Le Bon Gars Extrêmement Passif : Juste en démontrant qu’il a un comportement irréprochable, il s’attend à ce que la fille le compare aux autres gars et tombe en amour avec lui.  Il veut que tout vienne d’elle : S’intéresser à lui, l’appeler, lui proposer des sorties, le draguer, le baiser, lui offrir une relation d’amoureux officiels… Tout ça parce qu’il est trop passif pour lui offrir le moindre signe d’intérêt, alors que c’est pourtant lui qui est en amour avec elle.

ÉTAPE 6 : Le Bon Gars Très Patient : Quand elle est en couple, il n’ose rien faire, il attend juste qu’elle redevienne célibataire.  Quand elle est de nouveau célibataire, il attend qu’elle se remette de sa relation précédente pour lui faire sa déclaration.  Mais avant qu’il trouve le courage de le faire, elle a le temps de tomber en amour avec un autre gars.  Il se met donc en veilleuse, en attendant que cette nouvelle relation prenne fin.

ÉTAPE 7 : Le Bon Gars en Situation Frustrante par son Ironie : C’est quand la fille, à force d’aller d’une relation décevante à l’autre, se rend compte que finalement, le seul gars avec qui elle s’entend parfaitement bien, c’est son ami Le Bon Gars.  Elle lui dit alors, à la blague et un peu découragée : « Dans le fond, c’est un gars comme toi qu’il me faudrait! »  Mais voilà, même si elle le dit, et même si elle le pense, le fait est que les gars comme lui ne l’intéressent pas, sinon ça ferait longtemps qu’elle serait en couple avec lui.

À partir d’ici, selon la personnalité du soi-disant bon gars et des réactions de la fille, la relation peut prendre six chemins alternatifs.  Au choix :

CHEMIN A:

ÉTAPE 8a : Le Bon Gars qui Laisse Passer son Unique Opportunité : Plutôt que de profiter du fait qu’elle amène enfin, d’elle-même, le sujet d’être en couple avec lui, il continue de se la jouer de façon passive, en espérant qu’elle continuera sur sa lancée.

ÉTAPE 9a : Le Bon Gars qui a Manqué son Coup Pour Toujours : Devant le manque de réaction du gars, la fille réalise que l’idée d’être en couple avec lui était stupide, finalement.  Ou alors elle croit que ses sentiments ne sont pas partagés, et elle revient rapidement sur sa décision.  Dans un cas comme dans l’autre, la fille se dit que ce fut une erreur passagère d’avoir considéré d’être en relation de couple avec lui, erreur qu’elle ne commettra plus. La relation vient maintenant de passer en friendzone éternelle coulée dans l’acier au titane, et plus jamais il ne pourra rattraper le coup. C’est fini!

Ou bien CHEMIN B:

ÉTAPE 8b : Le Bon Gars qui a Perdu son Temps : Il en profite pour enfin lui déclarer sa flamme, ce qui prend la fille au dépourvu.  Mais voilà, tel que dit à l’étape précédente, Le Bon Gars n’intéresse pas vraiment cette fille, alors elle décline, à la grande déception du Bon Gars qui a investi ces mois, voire ces années, dans une cause qui était pour lui perdue d’avance.

ÉTAPE 9b : Le Bon Gars Ironiquement Hypocrite Depuis le Début : Frustré, il se plaint que la fille n’est qu’une menteuse de lui avoir fait croire faussement que c’était un gars comme lui qu’il lui fallait.  Pourtant, lui-même lui a menti tout le long de leur relation en lui faisant accroire qu’il ne voulait qu’une simple amitié.  Il conclut en chialant que les filles ne sont que des salopes superficielles car tout ce qui les intéresse vraiment ce sont les beaux gars, alors que lui-même ne s’est jamais intéressé qu’aux belles filles plutôt qu’à celles avec qui il pourrait vraiment être compatibles.

Ou bien CHEMIN C:

ÉTAPE 8c : Le Bon Gars qui a Enfin Celle qu’il Voulait : Il en profite pour enfin lui déclarer sa flamme.  Puisqu’il la prend au dépourvu dans un moment où elle est vulnérable et un peu mêlée dans sa tête, elle ne sait pas trop ce qu’elle fait alors elle accepte.

ÉTAPE 9c : Le Bon Gars qui Perd Celle qu’il a Eu : Éventuellement, la fille se rend compte que non, finalement, elle n’est pas vraiment attirée par lui, ou du moins pas comme amoureux.  Elle met fin à la relation, au grand désespoir du Bon Gars qui a investi ces mois, voire ces années, dans une cause qui était pour lui perdue d’avance.

Ou bien CHEMIN D:

ÉTAPE 8d : Le Bon Gars qui a Enfin Celle qu’il Voulait : Il en profite pour enfin lui déclarer sa flamme, et elle accepte.

ÉTAPE 9d : Le Bon Gars Satisfait du Peu qu’il A : Il voit bien que la fille n’est avec lui que par dépit, par découragement, parce que dans le fond il ne l’intéresse pas vraiment.  Ils sont juste ensemble parce qu’elle s’y est résignée, parce qu’elle n’arrive pas à avoir une relation amoureuse avec le genre de gars qui l’intéresse vraiment.  Mais il s’en satisfait car il sait bien que jamais une fille ne va s’intéresser à lui pour de vrai, donc que la seule façon pour lui d’être en couple, c’est en piégeant une fille dans cette relation.

Ou bien CHEMIN E:

ÉTAPE 8e : Le Bon Gars qui a Enfin Celle qu’il Voulait : Il en profite pour enfin lui déclarer sa flamme, et elle accepte.

ÉTAPE 9e : Le Bon Gars Insatisfait de la Relation : Maintenant qu’il a eu ce qu’il voulait, il lui est de plus en plus difficile de continuer de jouer au caméléon qui calque le style et les goûts de la fille.  Il redevient lui-même, ce qui les rend incompatibles, ce qui met de la tension dans le couple.  Et elle, elle se plaint qu’il n’est plus le gars qu’elle a connu.  Normal, parce que dans le fond, il ne l’a jamais vraiment été.

Ou bien CHEMIN F:

ÉTAPE 8f : Le Bon Gars qui a Enfin Celle qu’il Voulait : Il en profite pour enfin lui déclarer sa flamme, et elle accepte.

ÉTAPE 9f : Le Bon Gars qui Réalise qu’il n’ont Jamais Été Compatibles : Éventuellement, Le Bon Gars finit par rencontrer une autre fille avec qui il est 100 fois plus compatible que celle avec qui il est en couple.  Et c’est là qu’il réalise que finalement, il ne l’aime pas autant qu’il l’a toujours cru.  

Ou bien CHEMIN G:

ÉTAPE 8g : Le Bon Gars qui a Enfin Celle qu’il Voulait : Il en profite pour enfin lui déclarer sa flamme, et elle accepte.

ÉTAPE 9g : Le Bon Gars qui Réalise qu’il n’a Jamais Vraiment Été un Bon Gars :  Le Bon Gars a un physique ingrat.  Quand on doute d’être capable de plaire à une fille, on s’imagine encore moins pouvoir plaire à deux filles.  Facile de se proclamer fidèle dans ce temps-là.  Aussi, si une seconde candidate se présente, il sera incapable de refuser cette opportunité.  Ceci démontrera de façon indéniable que dans le fond, il n’a jamais vraiment été le bon gars qu’il a toujours prétendu être, et il n’a jamais eu les convictions morales ni la force de caractère qu’il a toujours prétendu avoir.  

Et voilà pourquoi « être un bon gars », c’est bien, mais ce n’est pas suffisant pour fonder une relation.  Ça prend beaucoup plus que ça entre les deux personnes.  Et ces autres choses que ça prend, elles doivent être naturelles, et surtout sincères.


L’image sur cette page est tirée d’une de mes vieilles séries, KONAR, le héros de BD le plus con qui soit.  On peut y lire toutes ses aventures sur ce groupe Facebook.

L’origine de Mes Prétentions de Sagesse

Tout a commencé il y a 30 ans, en 1984.

Dix ans avant qu’Internet commence à apparaitre dans les foyers, les textes viraux existaient déjà, sous forme de feuilles mille fois photocopiées que les gens se passaient. L’un de ces textes était une variante de la liste qui suit:

Comment pissent les hommes

Type social: rejoint ses amis pour pisser, qu’il en ait envie ou non. 
Type timide: 
ne peut pisser quand on le regarde, prétend qu’il a déjà pissé et revient plus tard. 
Type farceur :
Raconte des blagues en pissant, secoue son ustensile comme une sonnette en criant « DINGUELING ».

Type vicieux : Secoue son engin longuement et prolonge la mise en place.
Type distrait : Ouvre son gilet, sort sa cravate lit la publicité et pisse dans son pantalon.
Type sportif : Pisse très loin en l’air en essayant de battre son propre record.
Type dormeur : Pisse sur la jambe de son pantalon, dans ses souliers, part avec sa braguette ouverte et arrange ses boules dehors deux minutes plus tard.
Type nerveux : N’arrive pas à trouver sa braguette, se fâche et arrache un bouton.
Type bruyant : Siffle en pissant, regarde au-dessus de la cloison pour voir l’ustensile de l’autre.
Type vaniteux : Ouvre cinq boutons, lorsque deux suffisent.
Type frivole : S’amuse à pisser contre le courant, évacue par petits chocs, essaie de pisser sur les mouches.
Type propre : Utilise son jet à laver l’urinoir, pisse les jambes écartées pour éviter les gouttes sur les godasses

J’avais quinze ans et j’étais en quatrième secondaire.  Une fille du prénom de Caroline avait apporté cette liste à la polyvalente.  Nos amis et elle s’amusaient beaucoup à essayer de deviner quel type pouvaient bien être chacun de nous.  Bien que je n’ai pas été mentionné, je m’étais néanmoins reconnu moi-même dans l’un de ces types.  J’étais à la fois  humilié, frustré et étonné: Humilié de voir que ce comportement que je croyais personnel puisse être ainsi être étalé à la connaissance de tous.  Frustré que les autres puissent en rire.  Et en même temps, j’étais fortement étonné que quelqu’un puisse avoir le flair nécessaire pour être capable de monter une telle liste de comportements véridiques.

Cet étonnement fit vite place à la fascination. Tout comme un jeune qui réalise qu’il veut devenir musicien après avoir entendu un superbe solo de guitare, j’ai su que je voulais moi-même apprendre à analyser les autres.  C’est ainsi que j’ai commencé à les observer. D’abord, j’ai constaté que chacun possède une personnalité différente.  Puis, plus grand était le nombre de gens que j’observais, et plus je constatais que les même traits de personnalités revenaient chez différents individus. Ça m’a permis de comprendre que le nombre de personnalités qui existent n’est pas infini, donc qu’il est possible de les répertorier.  À partir de là, on constate que si on met plusieurs personnes qui ont le même type de personnalité dans la même situation, ils vont tous réagir de façon similaire.

Il ne reste plus qu’à choisir une situation (Comme ci-haut, aller pisser), poser une étiquette à chacun de ces gens (Comme ci-haut, type farceur, type timide, etc) faire une liste de comment chacun de ces gens (ré)agit dans cette situation commune, et voilà! Le public sera étonné, amusé, et ne pourra pas s’empêcher de dire « OMG, c’est tellement vrai ça! »  L’un des premiers textes que j’ai publié sur ce thème était en 1989 dans le magazine Wow, et était une version beaucoup plus courte de ce billet au sujet des profs.

Et c’est ainsi que, en avril 2009, vingt-cinq ans après avoir pris connaissance de comment pissent les hommes, le blog Bienvenue chez Le Sélectif qui allait éventuellement devenir Mes Prétentions de Sagesse faisait ses débuts avec le texte Le pire des gars qui soit: Le Bon Gars. Cette analyse allait être suivie de 12 façons de tomber sur les nerfs d’une fille pendant qu’elle donne un show de cam sur un site de rencontres, après avoir vu d’innombrables hommes avoir exactement les mêmes comportements dénoncés.  Suivit ensuite Les Mensonges de la Rupture, dont le titre original était Ce qu’une fille dit -VS- ce que ça veut dire.  Enfin, avec Devenez membre de la CIA en 5 leçons faciles, je m’amuse à humilier les trolls en exposant leurs comportements décidément clichés. Ces quatre premiers textes donnent le ton de ce qui sera le thème principal de ce blog, soit l’analyse du comportement humain suite aux observations. Et cinq ans plus tard, je n’ai pas l’impression d’être prêt à arrêter de sitôt.

Je suppose qu’en quelque part, mon Ego n’a jamais pu se remettre du traumatisme qu’il a subi à quinze ans, de voir que mon comportement dans les toilettes était tellement cliché que quelqu’un a réussi à le répertorier, même s’il s’agit d’un étranger qui ne m’a jamais vu de sa vie.

Le premier Nice Guy

(Pour rester dans le thème Astérix et Cléopâtre du billet précédent)
Selon les archéologues, la première apparition du Nice Guy remonte à 50 avant Jésus Christ, en Égypte.




Numérofif n’est qu’un architecte minable, pauvre, petit, laid, et il est tellement lâche qu’il n’est même pas capable de démontrer ses sentiments à celle qu’il aime.  Tandis que César est grand, beau, charismatique, et il a tellement de drive que non seulement il est empereur de Rome, il a conquis la quasi-totalité du globe. Numérofif est un esclave volontaire, César est un conquérant. Devrait-on se surprendre que Cléopâtre préfère César?

Mais ça, le Nice Guy ne le voit pas.  À ses yeux, César n’a rien de plus que lui.  Alors dans sa vision étroite, la seule différence entre César et lui, c’est dans leurs façons de traiter Cléopâtre.  Et voilà comment les soi-disant Bons Gars commettent la même erreur de jugement que Numérofif, en arrivant à la même conclusion stupide comme quoi pour plaire aux filles, il suffit de les maltraiter.

Parce qu’en réalité, Cléopâtre a beaucoup plus de raisons d’être tombée en amour avec un gars intéressant comme César qu’elle n’en aurait d’aimer un ennuyant comme Numérofif.  Ce qui fait que, contrairement à ce que pense Numérofif, elle n’aime pas César à cause  que c’est un douchebag.  Elle l’aime malgré le fait qu’il en est un.

Ce que m’a appris Astérix et Cléopâtre

Pour la 31e année de suite, Ciné-Cadeau repasse pour le temps des fêtes les grands classiques du dessin animé européen que sont les Lucky Luke et les Astérix. Astérix et Cléopâtre, en particulier m’a appris un important fait de la vie. (Pour l’occasion, j’ai doublé le dialogue en Québécois)









La preuve que ça marche, c’est que même les gaulois, ses pires ennemis, sont fiers d’aider à le lui construire, son palais.

Mon année 2013 (2/4)

AVRIL 2013

Mon article 30 comportements qu’il faudrait cesser d’avoir sur Facebook  fait encore des siennes et mes visites atteignent leur record absolu le 7 de ce mois :

Évidemment, il y a toujours des gens pour nous donner des leçons de morale en nous condamnant sur nos gestes, même si elles ne se sont pas d’abord donné la peine de lire jusqu’au bout, comme par exemple cette Madame Cardinal qui me traite de « tache qui s’expose à des poursuites judiciaires », parce qu’elle n’a pas lu mes remerciements à la fin de l’article.

Ce même mois, en allant ouvrir un mur pour faire une réparation de plomberie, j’y trouve une bouteille de Pepsi apparemment oubliée là depuis 1964. J’avais déjà la même dans ma collection de vieillerie, mais celle provenant du mur est en bien meilleur état.

Mon amante devient de plus en plus pénible. Je peux bien passer par dessus ses déprimes interminables comme quoi le gars sur qui elle trippe depuis 3-4 ans ne l’aime pas.  Je peux également passer par dessus son alcoolisme, qui la pousse à ouvrir ma bouteille neuve de rhum de luxe à 100$, pendant mon absence, pour se faire tellement de rhum & coke qu’elle se rend malade.  Par contre, qu’elle mette des efforts à me transformer en genre de gars qu’elle déteste, ça, je suis un peu moins tolérant.

Comme bien des gens, elle fait quelques complexes sur son physique. Je ne la condamne pas. Je comprends à quel point il est difficile d’être une femme dans une société où la beauté extrême et la minceur est montrée comme étant la norme. Sauf que moi, je ne suis pas le genre de gars qui recherche sans cesse la perfection physique, surtout si la dite idée de ce que devrait être cette perfection m’est imposée par les autres et se base sur des standards qui ne sont pas les miens. Mais voilà, à tout bout de champs, que ce soit au sujet de filles que nous croisons dans la rue ou bien qui passent à la télé, elle me demande « T’as trouves-tu belle, elle? » Et franchement, je ne sais pas quoi répondre à ça. Surtout que, la plupart du temps, je n’ai même pas remarqué la fille sur qui elle me pose cette question.  Anyway, mon amante, je la trouve très bien. Et maintenant que je l’ai dans ma vie, je ne regarde pas les autres filles. J’veux dire, je ne regarde même pas la beauté des autres filles quand je suis célibataires, alors je ne vais certainement pas commencer à faire ça maintenant que j’ai une amante. De plus, peut-être parce que ce n’est pas de ma génération, mais le look Jersey Shore, ça m’a toujours laissé indifférent. Et de toute façon, à moins qu’une fille soit extrêmement laide et/ou négligée, le physique n’entre pas en ligne de compte pour moi. Ce qui m’attire, c’est la personnalité et nos compatibilités. Aussi, je trouve quelque peu aberrant que, plutôt que d’être reconnaissante de ne pas être avec un gars qui va la comparer aux autres filles, comme le firent quelques-uns de ses ex, elle me demande de devenir ce genre de gars.

C’est ça le problème avec les filles qui ne fréquentent que des trous de cul: Elles s’imaginent que c’est le seul genre de gars qui existe. Alors quand elles ont la chance d’en fréquenter un qui n’est pas comme ça, elles ne comprennent plus rien et tentent de recréer les situations auquel elles sont habituées. Parce que même si les dites situations leur sont désagréables, celles-là au moins, elles les comprennent.


MAI 2013

Samedi le 25 mai, lors d’un party entre amis, je rencontre une charmante jeune fille qui, comme premières paroles, me dit timidement : « Allo! Euh… Je lis souvent ton blog. » Bien que nous ne jasons que sporadiquement pendant la soirée, je constate que nous avons beaucoup en commun. Énormément, même! À la fin de la veillée, je la trouve assez charmante pour la demander en contact Facebook, mais elle me coupe l’herbe sous le pied en me le demandant en premier. Sur le chemin du retour, je dis à ma BFF Stéphanie : «Tu sais quoi? C’est une fille exactement comme celle-là qu’il me faudrait. À l’âge que je suis rendu, je ne devrais plus me contenter de compromis. J’en ai assez de fréquenter des filles avec qui je n’ai rien en commun. » De retour chez moi, je constate qu’elle m’a écrit un petit mot tellement anodin que ça ne peut pas être autre chose qu’une excuse pour me jaser.

Depuis que je l’ai rencontré, j’ai perdu tout intérêt amoureux ou sexuel envers les autres filles.  En fait, 28 heures après ma rencontre avec elle, je suis totalement convaincu d’avoir rencontré mon âme soeur.  Un coup de foudre dans ce genre-là, c’est quelque chose que je n’ai jamais ressenti de ma vie.  Et c’est d’autant plus spectaculaire quand on sait que je suis extrêmement indépendant en amour depuis que je suis guéri de ma dépendance affective en 1995.  Aussi, ma décision est prise:  Je me fous si ça signifie passer le reste de ma vie célibataire si elle ne m’aime pas, ce sera elle ou personne.  J’écris donc ce petit mot à mon amante:

Ma (désormais ex) amante décide de ne pas se donner la peine de me revoir une dernière fois, et me bloque de son FB. Nous ne nous reverrons plus. Au moins, son bref passage dans ma vie aura contribué à enrichir ma culture contemporaine, ne serait-ce qu’en m’apprenant qui sont Snooki et JWoww.


BIENTÔT: Juin, juillet et aout

Une semaine sur Facebook lors du décès d’une personnalité publique

LUNDI
On apprend la nouvelle.


MARDI
Plein de statuts colportent la nouvelle


MERCREDI
Apparition des premières blagues au sujet de la personne défunte, la moitié de celles-ci étant sur le thème « Faisons semblant qu’on ne sait pas de qui on parle ».


JEUDI
Apparition des premières comparaisons moralisatrices.


VENDREDI
Une autre personnalité publique meurt


SAMEDI
Les nouveaux statuts R.I.P.

…et la triste constatation que ce disparu-là est moins connu qu’il devrait l’être.


DIMANCHE
Apparition d’un autre genre de comparaison moralisatrice.


LUNDI
Plus personne ne parle des deux défunts, l’attention du public étant maintenant tournée vers une nouvelle tragédie.

Mon année 2013 (1/4)

Puisque la vie ne repart pas à zéro le premier janvier, beaucoup d’histoires qui se concluent une année ont débuté l’année précédente.  Aussi…


FIN 2012

En avril 2012, je déplorais le fait que j’avais très peu de potentiel pour séduire une fille, puisque j’habitais dans un sous-sol petit et sombre, que je travaillais dans un garage, que mon seul moyen de transport était un vélo des années 60 pour filles un peu trop petit pour moi, et que mon salaire était si serré que le 50$ requis pour une sortie à deux était suffisant pour débalancer mon budget pour un mois.  Mais là, depuis septembre, les choses avaient changé : Bon salaire, beau grand appartement, rien à payer à part Videotron + me nourrir.  Je pouvais maintenant partir à la recherche d’une partenaire afin de satisfaire ma libido qui, étrangement, reprenait du service depuis que tous les autres aspects de ma vie s’étaient améliorés.

Après un premier contact vraiment pas vargeux, une seconde fille m’écrit.  Sa photo ne montre pas son visage, mais j’accepte néanmoins d’aller la rencontrer le soir-même dans un bar.  En la voyant, je suis agréablement surpris : 36 ans, full mignonne, joli sourire, beaux cheveux bouclés comme je les aime, un petit côté hipster incluant les lunettes de geekette,  vêtements habillant avec style ses superbes courbes… Et ce n’était pas une BS. Son travail lui permettait de se payer un appartement au centre-ville.  J’ai fini la soirée chez elle et dans son lit. Nous sommes devenus amants.  Puisque notre relation n’en était pas une officielle, elle m’a demandé d’en garder le secret, d’où le fait que je n’en ai pas parlé jusqu’à aujourd’hui.


JANVIER 2013

Je me décide enfin à écrire ce vieux projet de livre autobiographique sous forme de billets de blogs : Surveiller Nathalie : Dans la tête d’un harceleur.  Sinon, je partage mon temps entre ma BFF Stéphanie, l’émission The Big Bang Theory dont je suis devenu un grand fan, et mon amante.

On me plagie et ça m’insulte.  Non pas parce qu’on me vole mes textes, mais bien parce que ceux qui le font sont des cons, et que ceux qui les admirent le sont encore plus.  Voici le texte original, tiré de mon blog. Portez votre attention à la phrase surlignée:

Maintenant, la version plagiée sur un site de poésie. Voyez la même phrase:

Je veux bien croire que plagier est un signe de paresse intellectuelle, mais quand t’es même pas capable d’enlever une phrase qui ne décrit même plus le format du texte une fois qu’il a été copié-collé…

Et regardez comment il écrit « Oui je sais, il est un peu long » :

Comment est-ce que tu peux réclamer de façon crédible la paternité d’un texte quasi-impeccable quand tu n’es même pas capable d’enligner huit mots sans faire quatre fautes? Et surtout, pourquoi est-ce que ceux qui l’admirent ne se rendent même pas compte de ça? Ça me dépasse!

Un ex-ami qui a décidé de me bannir de partout un an et demi plus tôt essaye maintenant de se remettre ami avec mes amies (qu’il avait banni sans raison en même temps que moi) en jouant sur les mots de façon hypocrite afin de donner l’impression que nous nous sommes réconciliés.

Évidemment, puisqu’elles me fréquentent, elles connaissent la vérité.  Elles savent que son  « J’ai eu quelques nouvelles de Steve » ne veut pas dire que nous nous sommes parlés, mais bien qu’il a lu mes billets de blog où je raconte ma nouvelle vieElles ne sont donc pas dupes de son hypocrisie pour une seule seconde. Mais ça nous amuse de voir ce qu’il cherche si pathétiquement à accomplir, alors on joue le jeu, ce qui nous permet d’en apprendre des belles.  Entre autres qu’il ne cesse de colporter l’idée comme quoi je suis celui qui a mis fin à la série 1 Gay 1 Hétéro, malgré le fait que c’était sa décision à lui, chose qu’il avait annoncé lui-même son propre wall de Facebook.

Mais bon, ces révélations expliquent enfin pourquoi je reçois ce genre de courrier haineux environs 2 fois par année.

Ses insinuations à mon endroit, et surtout les insultes que ça me rapporte, m’ont fortement donnés envie d’écrire l’histoire authentique de notre collaboration, appuyée de capture d’écrans et d’échanges de messages. Et un jour, si je continue de recevoir ce genre de mail, je le mettrai en ligne. (EDIT: J’ai commencé.)


FÉVRIER 2013

Un locataire aux prises avec des punaises de lit me fait transporter et jeter ses deux matelas.  Je suppose qu’il a dû m’en tomber dans les cheveux ou sur mes vêtements, car j’en contamine mon divan-lit.  Du coup, mon gluteus maximus devient buffet à volonté pour ces saletés.  Je me vois obligé de m’en débarrasser, ainsi que la majorité de mes tapis et meubles contenant du tissus. Un peu plate, puisque ça ne faisait même pas quatre mois que je les avais.

Tant qu’à devoir me remeubler, vous vous rappelez de cette table des années 50 en parfait état que je m’étais procuré? Je dois me rendre à l’évidence : Ce meuble de métal, chrome et plastique jure avec l’appartement qui n’est que bois.  Je décide d’être généreux et la revendre 50$ à une amie FB qui la convoitait.  Mais voilà, au bout de deux mois, non seulement elle n’avait pas encore réussi à accumuler cet argent, elle n’était pas sûre non plus de comment elle allait la transporter chez elle. J’ai laissé tomber et l’ai revendue pour 150$ en moins de 24 heures sur Kijiji. Le lendemain, elle m’enlevait de ses amis FB et chialait contre moi sur son Twitter.


MARS 2013

Mon patron me convoque.  Voilà maintenant six mois que je travaille comme concierge / plombier / électricien / menuisier pour l’édifice où j’habite.  Ma période d’essai est donc terminée.  Le verdict : Il n’entend que du bon à mon sujet.  Par conséquent, il fait de moi employé permanent, avec augmentation. Il me dit que la seule plainte qu’il a eue provient d’une lettre anonyme qu’il a reçue le mois dernier.  Celle-ci démontrait que quelques-uns de mes statuts Facebook décrivaient des conneries que j’ai eu à subir de la part de certains locataires.  Comme par exemple celle-ci, que je recyclerai quelques mois plus tard en gag pour le webcomic Les Colocopines:

Mais puisque rien dans mes statuts ne peut identifier ceux de qui je parle, puisque que je n’ai jamais rien écrit de mauvais sur mes collègues et patrons, et puisque la lettre ne provient même pas d’un résident, elle n’a aucune pertinence à ses yeux. Il l’a donc jetée, en me recommandant toutefois de faire le ménage de mes amis FB, ce que je fis.

Ma BFF Stéphanie et moi, on décide d’essayer d’être un peu plus social (sociaux?).  On commence à faire quelques sorties avec mon amante et ses ami(e)s: Resto, bar, karaoke, etc.  Hélas, le jour de la St-Patrick, l’une d’elle a tellement fêté la veille qu’elle se lève et nous rejoint super en retard, ce qui fait que quand on arrive enfin pour assister à la parade, on arrive juste à temps pour admirer le dernier char et demi.  On va donc noyer notre chagrin à un bar dont la terrasse est exceptionnellement ouverte, et où on a consommé de la bière verte.  C’est aussi dégueu que ça sonne.

Dans une semaine: Avril, mai et juin.
…Pass’que oui, en décrivant trois mois par semaine, décembre aura le temps de terminer quand viendra le temps d’en parler.

Je viens de terroriser un solliciteur téléphonique

Depuis quelques semaines, mon afficheur téléphonique me montre plusieurs appels d’un monsieur XXX JC (Je vais quand même lui donner l’anonymat pour m’éviter des problèmes légaux). Alors lundi dernier, j’ai fait une recherche sur Canada411. Dès que j’ai eu son nom complet et son adresse, je suis allé du côté de Google Map Street View, histoire de jeter un œil à son domicile.  J’ai pris note de tout ça.

Ce soir, le téléphone sonne. L’afficheur montre que c’est XXX JC.  Je prends mes notes et je réponds :

MOI : Bonsoir monsieur Jean-Claude XXX. Qu’est-ce que je peux faire pour vous?
LUI : … (5 secondes de silence) … On se connait?
MOI : L’afficheur téléphonique, ça sert à ça. Qu’est-ce que je peux faire pour vous?

Il me baratine donc comme quoi il représente Mastercard et m’offre une enquête de dossier de crédit pour aussi peu que 20$, me dit que tout peut se faire par téléphone, que cet appel est enregistré, et que j’ai juste à lui dire « Je suis d’accord » et l’enregistrement fait comme si on avait signé un contrat tangible.  Et pour me prouver que ce n’est pas un scam (dit-il) il me récite mon adresse complète. On m’a déjà fait le coup alors je connais.  Je sais parfaitement qu’il omet délibérément de me préciser que le 20$, c’est une facture mensuelle et non unique.

MOI : Ben, vous comprendrez que si la sécurité me tient à cœur, je ne suis pas tellement à l’aise de faire affaire avec un inconnu par téléphone. Par contre, si vous voulez, on pourrait se rencontrer.
LUI : Ah, je comprends, mais ce n’est pas comme ça que l’on fait affaire.
MOI : Non? Pourtant vous avez mon adresse, vous venez de me la réciter.  On pourrait se rencontrer chez moi.
LUI : Malheureusement, se déplacer ne fait pas partie de notre travail.
MOI : Ah, mais y’a pas d’problème, alors.  Je veux bien me déplacer, moi. Habitez-vous toujours au XXX de la Rue de XXX?
LUI :
MOI : Je parle du duplex blanc, situé juste dans la courbe, là où j’ai souvent vu une auto bleue de stationnée.
LUI :
MOI : Avez-vous encore le petit lampadaire noir dans votre escalier? Celui avec votre numéro de porte dessus?

5 secondes de silence… ET IL RACCROCHE!!!

Plus de 25 ans de frustrations contre les appels de sollicitations viennent enfin d’être vengées. ET HOSTIE QUE ÇA FAIT DU BIEN!!!  Et la meilleure: Et il ne peut pas revenir contre moi de façon judiciaire, parce que même si l’appel est enregistré, je ne lui ai pas fait la moindre menace. Et si c’est légal pour lui de connaitre mon numéro de téléphone et mon adresse, alors il n’y a pas de raisons pourquoi ce serait illégal pour moi de connaître les siens.

Ça fait des années que je veux faire un truc du genre contre ces empoisonneurs téléphoniques. Et là, enfin, la technologie domestique qu’est Internet le permet. PHOQUE YEAH!!! 😀