C’est à toi de choisir

Rien n’est tout noir, rien n’est tout blanc.  Il y a des bons et des mauvais côtés à tout.  Et c’est la raison pour laquelle deux opinions peuvent être totalement différentes sur un même sujet, et pourtant dire toutes les deux la vérité.  Une fois que l’on prend connaissance de ce fait, c’est là que l’on réalise à quel point un succès ou un échec dépend principalement de soi-même.  Parce que la seule et unique chose qui décide si tu mérites ou non de réussir, c’est ta volonté d’y mettre les efforts pour y arriver.  Ainsi…

Si tu crois que tu mérites mieux que ton sort actuel, alors tu as raison!
Si tu crois que tu ne mérites pas mieux que ton sort actuel, alors tu as raison!
Maintenant, choisis!

Si tu crois qu’il vaut mieux prendre le risque, quitte à se tromper, alors tu as raison!
Si tu crois qu’il vaut mieux s’abstenir que d’essuyer un échec, alors tu as raison!
Maintenant, choisis!

Si tu crois qu’il vaut mieux foncer qu’être trop prudent, alors tu as raison!
Si tu crois qu’il vaut mieux être trop prudent que de foncer, alors tu as raison!
Maintenant, choisis!

Si tu utilises ton intelligence et ta logique pour prouver que c’est possible, alors tu as raison!
Si tu utilises ton intelligence et ta logique pour prouver que c’est impossible, alors tu as raison!
Maintenant, choisis!

Si tu crois qu’il vaut mieux exprimer ses désirs, alors tu as raison!
Si tu crois qu’il vaut mieux espérer en silence, alors tu as raison!
Maintenant, choisis!

Si tu crois qu’il faut prendre, alors tu as raison!
Si tu crois qu’il faut demander, alors tu as raison!
Maintenant, choisis!

Si tu préfères y aller, alors tu as raison !
Si tu préfères attendre, alors tu as raison !
Maintenant, choisis !

Si tu crois que tu seras admiré, alors tu as raison!
Si tu crois que tu seras ridicule, alors tu as raison!
Maintenant, choisis!

Si tu crois aux paroles qui vont t’aider à avancer, alors tu as raison!
Si tu n’y crois pas et démontre pourquoi ça ne peut pas t’aider à avancer, alors tu as raison!
Maintenant, choisis !

Si tu crois que tu peux, alors tu as raison!
Si tu crois que tu en est incapable, alors tu as raison!
Maintenant, choisis!

Si tu penses que ça vaut la peine, alors tu as raison!
Si tu penses que ça ne vaut pas la peine, alors tu as raison!
Maintenant, choisis!

Si tu crois que tu seras apprécié, alors tu as raison!
Si tu crois que tu seras détesté, alors tu as raison!
Maintenant, choisis!

Si tu sais que tu es un winner, alors tu as raison!
Si tu sais que tu es un loser, alors tu as raison!
MAINTENANT, CHOISIS !

Lorsque l’on désire quelque chose, il ne faut pas se contenter de le vouloir.  Il faut agir.  Et si essayer ne garantit pas notre réussite, ne pas essayer garantit notre échec.

Ce que parler veut généralement dire dans 20 situations

AVANT DE COMMENCER: À l’origine, ce texte s’intitulait Ce que les filles disent -VS- ce que ça veut dire et datait de 2010.  Du moins, sur ce blog, puisque ça a d’abord été un texte illustré dans Requin Roll No.7 en 1998. Or, déjà que la majorité de ces situations peuvent être vécues en inversant les sexes, il n’y a plus de place à notre époque moderne pour un texte exclusivement hétéronormatif au sujet des relations. Suite à un sondage d’opinion à ce sujet effectué le 28 aout 2015 sur Twitter, sur mon Facebook personnel ainsi que sur la page Facebook de Mes Prétentions de Sagesse, j’ai décidé de modifier le genre de ce texte, le mettant neutre.  De toute façon, qu’une relation soit entre gens hétéros ou LGBT, ces situations peuvent tout autant arriver.

Donc:

Ah, la communication dans les relations interpersonnelles… l’un se plaint que l’autre ne le comprends pas.  L’autre parti se plaint que l’un n’est pas capable de s’exprimer clairement. En tout cas, s’il y a une chose sur laquelle ils s’entendent, c’est en se plaignant des conséquences de ce manque de clarté et de l’incompréhension qui en résulte.

Aujourd’hui, je vais exaucer le souhait de bon nombre de gens: Je vous présente 20 situations classique d’incompréhension.  Le tout sera décortiqué comme suit:

  • La situation.
  • Ce que l’autre te dit.
  • Ce que tu comprends.
  • Ce que l’autre veut vraiment dire.
  • La preuve.
  • Les conséquences.
  • Le mieux à faire dans ce temps-là.

C’est parti:

SITUATION 1: Tu déclares ton affection à une personne.
Ce qu’elle dit : Je ne me sens pas prêt(e) à vivre une relation pour l’instant.
Ce que tu comprends : Que le jour où elle sera prête, alors tu vas avoir des chances avec elle.
Ce qu’elle veut vraiment dire : Tu ne me plais pas, sinon je me serais sentie prêt(e).
La preuve : Tu en connais beaucoup, des gens, qui, quelques temps après avoir dit ça à quelqu’un, sont retournées le voir en lui disant « Ok, je suis prêt(e) maintenant, sortons ensemble! »?
Les conséquences : C’est quoi, ça « pour l’instant« ? Elle va être prête quand, au juste? Dans une heure? Un jour? Une semaine? Un mois? Un an? Une décennie? Tant et aussi longtemps que tu vas penser que c’est juste une question de temps, tu vas être accro et tu vas te sentir de plus en plus frustré à mesure que le temps passe. De son côté, l’autre personne va se sentir harcelée par ton insistance et va finir par te fuir comme la peste.
Le mieux à faire dans ce temps là : Cesser de te faire des illusions à son sujet, et agir avec elle comme si cette déclaration n’avait jamais été dite et que ces sentiments n’ont jamais existé, et ne plus jamais ramener le sujet.

SITUATION 2: Tu es en couple, ou du moins en relation intime, avec une personne vraiment cool, populaire, attrayante et tout. Bref, le jackpot que tu ne pensais jamais pouvoir un jour remporter.
Ce qu’elle dit : T’sais, j’aimerais mieux que les gens ne sachent pas à propos de nous deux, parce que… (insérer raison quelconque!)
Ce que tu comprends : Qu’elle est victime de terrible pression sociale de la part de son entourage, mais qu’éventuellement ça devrait se tasser et vous pourrez vous aimer au grand jour.
Ce qu’elle veut vraiment dire : Cette personne pourrait trouver mieux que toi et elle le sait. Bien qu’elle accepte d’avoir une relation avec toi, elle n’en est pas vraiment fière, alors elle ne tient pas à ce que ça se sache. Bref, elle est avec toi en attendant mieux.
La preuve : Quand on n’a pas honte de nos relations, on n’a aucune raison de les cacher à qui que ce soit.
Les conséquences : Le jour où cette personne va en trouver une autre qui lui plaît vraiment, tu vas te faire domper avant même que quiconque apprenne que vous aviez sorti ensemble. Et cette nouvelle relation-là sera vite mise publique.
Le mieux à faire dans ce temps là : Profiter de la relation à fond pendant qu’elle passe, et ne pas être surpris le jour où elle prendra fin.

SITUATION 3 : Une personne de ton entourage est en couple avec quelqu’un qui la néglige. Elle te parle souvent de ses problèmes sentimentaux parce que tu es la bonne oreille attentive toujours disponible.
Ce qu’elle dit: Dans l’fond, c’est quelqu’un comme toi qu’il me faudrait.
Ce que tu comprends : Qu’elle vient enfin de réaliser que tu es la personne parfaite pour elle, et que ça ne sera plus très long avant qu’elle mette fin à sa relation insatisfaisante pour sortir avec toi.
Ce qu’elle veut vraiment dire : Que c’est dommage que son/sa partenaire actuel/le. ne possède pas certaines de tes qualités, parce que ce sont juste les gens de ce genre-là qui l’attirent.
La preuve : L’as-tu déjà vu sortir avec quelqu’un comme toi? Ben non, ton genre ne l’attire pas, sinon ça ferait longtemps que vous seriez ensemble.
Les conséquences : Tu vas ressentir de la frustration à la voir s’acharner à rester dans une relation qui la fait souffrir, alors que tu es là à brûler d’amour pour cette personne qui préfère continuer sa relation imparfaite.
Le mieux à faire dans ce temps là : Tout ce que cette personne veut de toi, c’est une oreille attentive pour exprimer ses malheurs, rien de plus. C’est à toi de choisir si tu veux continuer d’être ça ou non.

SITUATION 4 : Tu déclares ton affection à un/e collègue de travail.
Ce qu’elle dit : J’aime mieux pas avoir de relations amoureuses avec les collègues de travail car ça cause toujours plein de complications.
Ce que tu comprends : Que la seule raison de son refus est le fait que vous travaillez ensemble, sinon elle te violerait probablement sur place.
Ce qu’elle veut vraiment dire : Que tu ne l’attires tout simplement pas.
La preuve : Si elle était attirée par toi, penses-tu vraiment qu’elle laisserait un détail aussi anodin que votre travail commun se mettre entre vous? Au pire, elle te demanderait de garder le secret pour éviter le commérage du bureau.
Les conséquences : Tu risques de passer plusieurs mois à essayer de lui faire changer d’idée et à te casser à tête pour trouver une solution pour un problème qui n’existe même pas. Tu va finir par t’exposer à des rumeurs de harcèlement au travail, chose qui n’est vraiment pas souhaitable, ou pire : Virer méga frustré contre elle le jour où elle sortira avec un/e collègue de bureau qui va vraiment lui plaire.
Le mieux à faire dans ce temps là : Cesser de se faire des illusions à son sujet, et agir avec elle comme si cette déclaration n’avait jamais été dite et que ces sentiments n’ont jamais existé, et ne plus jamais ramener le sujet.

SITUATION 5 : Après une séance de sexe, tu te sens mal parce que tu n’as pas réussi à faire jouir ta partenaire.
Ce qu’elle dit : Mais non! C’est pas d’ta faute, c’est moi qui étais un peu fatiguée. T’en fais pas, j’ai eu du fun quand même. C’était bien!
Ce que tu comprends : Que ça ira mieux la prochaine fois.
Ce qu’elle veut vraiment dire : Qui c’est qui t’as appris à baiser? Ta mère? J’aurais probablement eu plus de fun si j’m’étais branlée avec la râpe à fromage.
La preuve : Tu trouverais ça « bien« , toi, de baiser sans que ta partenaire te fasse venir?
Les conséquences : À moins qu’il s’agisse de la personne avec qui tu es en couple, ne te fais pas d’illusions, il n’y aura probablement pas de prochaine fois.
Le mieux à faire dans ce temps là : Rien pour l’instant. S’il s’agit de ta tendre moitié/e, attend quelques jours et essaye d’avoir une discussion au sujet de votre sexualité.

SITUATION 6 : Tu lui propose ta présence et ton aide pour… peu importe!
Ce qu’elle dit : T’es pas obligé.
Ce que tu comprends : Elle craint que ce soit un trop grand effort pour toi et ne voudrait surtout pas te déranger.
Ce qu’elle veut vraiment dire : NON! Je ne veux pas de ta présence.
La preuve : Une personne qui n’a pas besoin de ta présence va te répondre : « Non, c’est correct, ça va aller, merci! » car n’ayant rien à cacher, elle ne craint pas de te blesser. Par contre, une personne qui ne veut pas de ta présence va essayer de te le faire comprendre tout en cherchant instinctivement à cacher ses sentiments négatifs à ton endroit. D’où le « T’es pas obligé! »
Les conséquences : Évidemment, tu t’empresses de la rassurer qu’au contraire ça te fait plaisir. Tu lui imposes donc une présence qui la dérange, ce qui peut juste envenimer votre relation.
Le mieux à faire dans ce temps là : Lui dire que tu reste dispo si elle change d’idée, et ne plus ramener le sujet.

SITUATION 7 : Voilà bien longtemps que tu es friendzoné par cette personne.  Que cette situation te convienne ou non, tu l’as tout de même acceptée, considérant qu’une relation d’amis proches, c’est mieux que rien.
Ce qu’elle dit : C’est rassurant de voir que l’amitié est possible sans qu’il soit question d’amour ou de sexe.
Ce que tu comprends : Que malgré le fait qu’il n’y aura probablement jamais d’amour ou de sexe entre vous deux, votre amitié est plus forte que tout. Vous deux, c’est à la vie à la mort.
Ce qu’elle veut vraiment dire : T’es juste dans ma vie parce que j’ai ni couple ni amis.
La preuve : Est-ce qu’elle est en couple ou a t-elle des amis? Non, sinon elle passerait son temps avec eux, comme les gens normaux.
Les conséquences : Le jour où cette personne trouvera quelqu’un avec qui elle voudra qu’il soit question d’amour et de sexe, elle n’aura plus grand temps à perdre avec toi.
Le mieux à faire dans ce temps là : Profiter de la relation à fond pendant qu’elle passe et ne pas être surpris le jour où elle se finira.

SITUATION 8 : En visite chez cette personne, tu trouves un nouveau numéro de téléphone ou une adresse e-mail sur un bout de papier, et tu lui demandes qui est-ce.
Ce qu’elle dit : Oh, ça c’est rien, tu peux le jeter.
Ce que tu comprends : Que c’est rien et que tu peux le jeter.
Ce qu’elle veut vraiment dire : Oops, j’ai laissé stupidement traîner les coordonnées du beau gars que j’ai rencontré avant-hier.
La preuve : Si ces coordonnées étaient celles de n’importe qui d’autre, elle n’aurait pas eu peur de te répondre que c’était son patron, un futur employeur, sa belle-sœur, etc. Et puis soyons francs, dans des circonstances où on n’a rien à cacher, personne ne va suggérer à quiconque de jeter un truc qu’on a pris en note.
Les conséquences : Y a t’il du cocufiage dans l’air?  Pas sûr, n’empêche que c’est évident qu’on a quelque chose à te cacher.
Le mieux à faire dans ce temps là : L’empocher sans rien dire, et savourer sa panique. Lorsqu’elle te posera la question pourquoi tu gardes ce papier, il serait peut-être bon de lui demander si elle n’a pas quelque chose à t’avouer.

SITUATION 9 : Cette personne te demande de porter ses sacs ou ses paquets un instant, puis vient pour les reprendre.
Ce qu’elle dit : J’peux les reprendre si c’est trop lourd pour toi.
Ce que tu comprends : Qu’elle te prend pour une nouille trop cuite, de ne pas pouvoir porter ses sacs.
Ce qu’elle veut vraiment dire : Sers-moi donc de porteur de sacs. J’aime avoir les mains libres.
La preuve : Franchement, comment pourrait-elle s’imaginer que tu ne sois pas capable de porter des sacs qu’elle portait elle-même avant de te les refiler? Elle fait juste jouer sur ton orgueil de mâle pour te manipuler à faire de toi son esclave de ton propre gré.
Les conséquences : Non seulement tu portes ses sacs volontairement,  tu le fais fièrement pour lui montrer que t’es pas une moumoune de Chez Tarlouze.
Le mieux à faire dans ce temps là : Lui rendre ses sacs, et du coup lui montrer que tu ne te laisses pas manipuler.  C’est peut-être mauvais pour la relation, mais pourquoi est-ce que tu voudrais en avoir une avec une personne manipulatrice?  Quand on manipule l’autre sur des trucs anodins, on manipule sur des choses plus importantes.  Méfiance!

SITUATION 10 : Dans une boutique de vêtements, elle tient deux morceaux de linge tout en se regardant dans le miroir.
Ce qu’elle dit : Je sais pas lequel des deux choisir.
Ce que tu comprends : Qu’elle a besoin de ton avis pour l’aider à choisir, car elle ne veut acheter qu’un seul des deux morceaux.
Ce qu’elle veut vraiment dire : Achète-moi donc les deux, maudit cheap!
La preuve : Peu importe lequel tu vas lui conseiller de prendre, ou bien elle n’arrivera quand même pas à se décider, ou bien elle n’aura pas l’air satisfaite de son achat.
Les conséquences : Tu vas passer ou bien pour mesquin de ne pas lui acheter les deux, ou bien pour stupide de ne pas avoir réussi à saisir le message qu’elle essaye de te passer en douce. Or, personne n’aime sortir avec un mesquin stupide, alors attend-toi à un peu de froideur de sa part à ton égard.
Le mieux à faire dans ce temps là : Dès qu’elle dit qu’elle ne sait pas lequel choisir, lui répondre: C’est dommage que mon budget ne me permette pas de faire en sorte que tu puisses avoir les deux parce qu’ils te vont si bien, surtout celui-là. Non seulement tu n’auras pas l’air avare, tu auras l’air d’être attentif à ce qu’elle porte, ce qui est flatteur. Évidemment, si elle te fait quand même la gueule après ça, c’est que tu as affaire à une personne manipulatrice et exploiteuse dont il vaut mieux se tenir loin.

SITUATION 11 : Vous êtes ensemble et le moment est intime.
Ce qu’elle dit : Je t’aime.
Ce que tu comprends : Qu’elle t’aime.
Ce qu’elle veut vraiment dire : Je t’aime.
La preuve : Généralement, une personne ne va pas dire Je t’aime à tort et à travers à n’importe qui. Si elle le dit, c’est qu’elle en est vraiment sûre.
Les conséquences : Si c’est réciproque, ça ne peut être que positif.
Le mieux à faire dans ce temps là : Faut-il vraiment que je l’explique?

SITUATION 12 : Vous êtes ensemble et le moment est aux confidences.
Ce qu’elle dit : Je t’aime beaucoup.
Ce que tu comprends : Qu’elle t’aime.
Ce qu’elle veut vraiment dire : Je t’aime juste au niveau amical, alors il est inutile pour toi d’espérer qu’on va sortir ensemble un jour.
La preuve : Le seul moment où la signification du mot beaucoup devient son propre contraire, c’est lorsqu’il est précédé par les mots Je t’aime. Il serait d’ailleurs temps que ce fait universel soit inclut dans les règles de grammaire.
Les conséquences : Tu risques de mal interpréter son message, et t’attendre à des choses entre vous qui n’arriveront jamais.
Le mieux à faire dans ce temps là : Cesser de se faire des illusions à son sujet, et agir avec elle comme si cette déclaration n’avait jamais été dite et que des sentiments autres qu’amicaux n’ont jamais existé entre vous, et ne plus jamais ramener le sujet.

SITUATION 13 : Tu appelles cette personne pour l’inviter à une sortie.
Ce qu’elle dit : J’vais y penser et j’te rappelle.
Ce que tu comprends : Qu’elle va essayer de se libérer de tout ce qui pourrait l’empêcher de sortir avec toi ce soir.
Ce qu’elle veut vraiment dire : J’vais penser à une bonne raison pour me désister, et j’te rappelle pour te dire que c’est non. Ça, c’est SI je te rappelle.
La preuve : Si l’idée de sortir avec toi ce soir lui avait plu, elle aurait dit oui immédiatement et ensuite se serait arrangée pour se libérer des autres choses. Là, c’est l’inverse: C’est après ton invitation qu’elle cherche autre choses à faire.
Les conséquences : La déception de devoir attendre pour avoir sa réponse sera doublée par la déception de son refus.
Le mieux à faire dans ce temps là : D’autres plans qui ne l’incluent pas.

SITUATION 14 :  En couple stable.  Tu es sur le net ou la télé.  Ta chère moitié est à la cuisine.
Ce qu’elle dit : Il faudrait sortir les poubelles.
Ce que tu comprends : Qu’elle vient de se rendre compte que le sac de poubelle aurait besoin d’être changé, et qu’elle ne fait que commenter la chose à haute voix, tout simplement, avant de le faire elle-même.
Ce qu’elle veut vraiment dire : Lève-toi donc de ton gros cul pour sortir les poubelles, pauvre inutile.
La preuve : En général, quand on ne veut pas passer pour la personne tyrannique du couple, on n’aime pas tellement donner d’ordres. Quoi de mieux alors qu’un bon sous-entendu pour essayer de passer le message en douce.
Les conséquences : Si tu ne réagis pas, deux choses peuvent arriver: Ou bien elle va penser que tu manques d’intelligence, ou bien pire encore, elle va croire que tu as compris le message, mais feint de l’ignorer.
Le mieux à faire dans ce temps là : Quoi d’autre? Lève-toi de ton gros cul pour sortir les poubelles, pauvre inutile.

SITUATION 15 : Après une soirée où tu lui as payé le resto, le cinéma et le bar, et que tu l’ais raccompagné chez elle, cette personne refuse de te laisser entrer.
Ce qu’elle dit : J’aime mieux pas… Étant donné que tu m’as payé le resto, le cinéma et le bar, j’aurais l’impression d’être obligé de te devoir quelque chose.
Ce que tu comprends : Elle a peur de passer pour quelqu’un qui échange ses faveurs sexuelles contre une soirée toute payée.
Ce qu’elle veut vraiment dire : Cette excuse est géniale pour pouvoir profiter de toi sans rien te donner en retour.
La preuve : D’abord, c’est l’autre et non toi qui amène le fait que sa sexualité puisse être une récompense pour ce que tu lui as payé. Ce genre de concept ne viendrait pas à l’idée d’une personne non-exploiteuse. Ensuite, si elle n’est pas profiteuse, pourquoi s’est-elle laissé offrir tout ça sans rien dire au moment où tu le faisais?
Les conséquences : Si désormais tu refuses de lui payer ses sorties, elle va te traiter de frustré à cause de son refus de la dernière fois. Si tu payes de nouveau pour elle, elle te servira encore la même rengaine.
Le mieux à faire dans ce temps là : Arrêter les frais et cesser de la fréquenter parce que plus tu insistes et plus tu vas te retrouver dépouillé et frustré. Tires leçon de l’expérience, et tires-toi de là.

SITUATION 16 : Tu lui demande si vous allez coucher ensemble un jour.
Ce qu’elle dit : Cette personne peut donner trois réponses : Oui, ou Non, ou Peut-être.
Ce que tu comprends : Oui si elle dit oui, non si elle dit non, ou peut-être si elle dit peut-être.
Ce qu’elle veut vraiment dire : En fait, si elle dit oui, ça veut dire peut-être. Également, si elle dit non, ça peut encore dire peut-être.  Mais si elle dit peut-être, alors là elle veut dire NON, JAMAIS!
La preuve : Tout le monde peut changer d’idée, en particulier au sujet de la sexualité. Ainsi, ce oui que cette personne affirme ce jour-là pourrait devenir un non lorsque tout bien réfléchi plus tard. Et c’est la même chose pour ce non, en situation inverse évidemment. Par contre, la seule raison pourquoi quelqu’un va répondre peut-être (Ou je sais pas, possible, on verra, et toute autre réponse vague) à une telle question, c’est parce qu’il ne veut pas dire oui puisque ce n’est pas le cas, et qu’il n’ose pas dire non, par crainte de frustrer l’autre.
Les conséquences : Attendre après quelque chose qui n’arrive jamais, c’est frustrant. Et abandonner l’idée de pouvoir coucher avec alors que tu aurais des chances sans le savoir, c’est encore pire.
Le mieux à faire dans ce temps là : Si elle dit oui, essaye-toi, mais arrête immédiatement à partir du moment où elle hésite ou change d’idée.  Parce qu’à partir de là, ça deviendrait du harcèlement.  En fait, le mieux à faire, c’est de ne même pas lui poser la question pour commencer.  Parfois, juste le fait d’essayer de tâter le terrain de cette façon, c’est suffisant pour tout gâcher.

SITUATION 17 : Assis sur un lit, tu lui fais des minoucheries. L’autre a l’air de vraiment apprécier ça, au point d’en être quasiment en extase.
Ce qu’elle dit : Mmmm… Fais pas ça! Si tu continues, tu vas m’allumer et je risque de perdre le contrôle. J’aimerais mieux pas…
Ce que tu comprends : Qu’il/elle ne se sent peut-être pas encore prêt/e pour ça, et qu’il vaudrait mieux arrêter.
Ce qu’elle veut vraiment dire : Continue, prends l’initiative, contrôle-moi, je ne demande que ça.
La preuve : Pourquoi penses-tu que cette personne prend la peine de te dire que tu es en train de l’allumer? Alors si en plus elle se laisse faire et que tout dans son langage corporel montre qu’elle semble apprécier, tu as le feu vert pour continuer.
Les conséquences : Les conséquences d’une telle situation, lorsqu’elle est aussi nébuleuses, sont dangereuses. Aussi… :
Le mieux à faire dans ce temps là : Il fut une époque où j’aurais répondu: « Continuer tant qu’elle n’oppose pas de résistance physique. »  Cependant, ces trente dernières années, beaucoup de gens ont milité afin que tous comprennent que NON veut dire NON. La société n’a donc pas besoin de gens au comportement contreproductif qui continuent à passer l’idée comme quoi un NON puisse pouvoir dire OUI pour peu que l’on insiste.  Aussi… :

SITUATION 18 : Semblable à la précédente, mais tu décides d’arrêter, en lui disant que tu ne veux pas la forcer car tu la respecte.
Ce qu’elle dit : Ah? Ben merci, c’est gentil.
Ce que tu comprends : Qu’elle apprécie que tu ne la brusque pas, ce qui ne peut que te faire marquer des points envers elle.
Ce qu’elle veut vraiment dire : T’es idiot ou quoi? Tu ne te rends pas compte que je ne te résiste pas? T’as jamais vu ça, quelqu’un qui aime se faire désirer, pauvre imbécile?
La preuve : Il y a des gens qui ressentent de forts désirs sexuels mais qui ont de la difficulté à les assumer pour différentes raisons. Dans ce temps là, bien qu’ils vont dire non pour la forme, histoire d’apaiser leur conscience, ils ne demandent pas mieux que l’autre prenne l’initiative d’aller jusqu’au bout.
Les conséquences : La frustration peut pousser l’autre à te donner une réputation de personne trop niaiseuse pour comprendre les messages subtils qui sont « pourtant évidents » à ses propres yeux.
Le mieux à faire dans ce temps là : À moins qu’il soit établi clairement qu’un côté sera passif tandis que l’autre sera actif, le mieux à faire est d’oublier ça. Il vaut mieux passer pourstupide (ce qui est une opinion sans valeur légale) que pour agresseur sexuel (ce qui est grave et dangereux sur le plan légal).  C’est à chacun d’apprendre à être capable de s’exprimer clairement, et non au reste de la société à prendre de dangereux risques à essayer de deviner ce que veut chacun.

SITUATION 19: Tu as passé une excellente soirée avec la personne que tu désires et c’est bien parti pour une folle nuit de plaisir. Mais voila au moment de passer à l’acte, elle change d’idée.
Ce qu’elle dit: Je suis désolée mais je ne peux pas.
Ce que tu comprends: Qu’elle te veux, mais qu’elle hésite à cause d’un facteur extérieur quelconque.
Ce qu’elle veut vraiment dire:  Je suis désolée mais finalement, à bien y penser, je réalise que dans le fond je ne VEUX pas.
La preuve: Quand on veut, on peut. Le simple fait que vous vous êtes rendus jusque-là démontre que oui, elle était tentée, donc que votre nuit de plaisir était possible. …du moins, tant qu’elle était d’accord pour que ça arrive. Mais voilà, ce n’est plus le cas, pour une raison qu’elle n’osera probablement pas avouer: Déjà en couple, honte de devoir s’abaisser à n’avoir que toi à se taper, effet de l’alcool qui s’estompe, etc.
Les conséquences: De ton côté, tu vas probablement ressentir de la frustration sexuelle. Et de son côté, tout va dépendre de ta réaction. Aussi… :
Le mieux à faire dans ce temps-là: Te montrer compréhensif (pour rassurer), lui dire de ne pas s’en faire avec ça et que tu ne lui en veux pas (pour déculpabiliser), et que même si tu trouves ça dommage que ça n’aille pas plus loin (pour flatter son orgueil), tu respectes sa décision (pour lui ôter toute peur), tu as quand même passé une superbe soirée (pour rassurer), et bonne nuit (pour soulager) et à la prochaine (pour lui montrer que sans rancunes). Parce qu’exprimer de la frustration te donnerait la réputation d’un frustré, ce qui n’est jamais bon.  Et insister davantage serait, au yeux de la loi, du harcèlement. Et il n’y a pas une baise ratée au monde qui vaut ça.

SITUATION 20: Vous formez un couple depuis quelques temps.  Ces derniers jours, cette personne semble un peu distante.  Puis, elle t’annonce qu’elle veut casser « temporairement ».
Ce qu’elle dit: Je pense qu’une séparation momentanée ne peut que nous faire du bien.
Ce que tu comprends: Qu’elle veut mettre votre couple sur pause le temps de réfléchir, pour voir ce qui ne va pas entre vous et comment améliorer les choses.
Ce qu’elle veut vraiment dire:  J’ai l’oeil sur une personne bien mieux que toi, mais si on casse et que ça ne marche pas avec lui, je vais me retrouver seul(e). Et ça, je tiens à l’éviter, parce que sortir avec toi c’est quand même mieux que rien. Voilà pourquoi je cherche à te mettre au congélateur en attendant de savoir.
La preuve: Quand on veut sauver son couple, on en discute ensemble pour y réfléchir ensemble et arriver à des solutions ensemble.  Il n’y a qu’une seule raison pourquoi, en plus de vouloir y réfléchir seul, on tient à le faire dans le célibat, et c’est pour se mettre en situation de disponibilité.
Les conséquences: Ou bien ça marche pour elle et ta situation de célibat passe de temporaire à permanente, ou bien ça foire pour elle et tu acceptes d’être son second choix.
Le mieux à faire dans ce temps-là: Qui sait!?  Tu pourrais la reprendre, et elle pourrait recommencer au prochain prospect qu’elle croise.  Tout comme cet échec pourrait l’avoir résignée comme quoi elle n’a pas ce qu’il faut pour plaire à mieux que toi.  Dans le fond, ça dépend de toi, de ton orgueil, ou bien d’à quel point tu es désespéré.

Manipuler l’image pour manipuler la réputation

Depuis quelques années, il y a un court gif animé qui se promène sur le net. Celui-ci montre un bébé d’environs deux ans qui frappe un chat. Le chat ne s’en laisse pas imposer et le frappe en retour.

Et à chaque fois que ce gif est posté quelque part, on peut diviser les commentaires dans ces catégories:

  • 5% de rires et/ou commentaires divers.
  • 10% de commentaires comme quoi les chats sont des animaux dangereux et sournois qu’il ne faut pas avoir chez soi, surtout lorsqu’on a un enfant.
  • 85% de commentaires comme quoi cet enfant n’est qu’une petite merde qui n’a eu que ce qu’il mérite.

Est-ce que vous aussi ressentez la même chose que ce 85% en voyant cette scène? Je vous comprends.  Moi aussi, dès que je l’ai vue, c’est le premier sentiment qui m’est venu en tête. Et pourtant, quelque chose me dérangeait.  Je n’arrivais pas à mettre le doigt dessus exactement, mais j’avais une vague  impression que qu’il y avait un truc de pas net dans cette scène.

Hier, en revoyant ce gif pour la première fois en deux ans, cette fois-ci sur le mur d’un ami de Facebook, j’ai immédiatement repéré la source de mon malaise. Regardez le visage de l’enfant au début.  Il est terrifié.  Il pleure.  Il regarde en direction de la personne qui tient la caméra.  Son expression est un appel à l’aide.  Une aide qui ne vient pas.  Quant au chat, replié sur lui-même, on voit très bien qu’il est à l’affut, prêt à se défendre.  Il n’a pas le comportement d’un chat agressif qui défend son territoire, mais bien celui d’un animal acculé au pied du mur, et ce malgré tout l’espace vide derrière lui.  Il pourrait fuir, mais il reste là!  Pourquoi?

J’ai vu des enfants agressifs.  Ceux-là foncent sur les chats.  Ici, l’enfant se tient à distance.  J’ai vu des enfants qui étaient amusés par la violence.  Ici, on ne peut pas dire qu’il s’amuse.  Son geste est donc un de désespoir, pour tenir le chat éloigné.  Le chat en a visiblement assez.  Il fonce sur le petit.  J’en ai eu, des chats agressifs, et croyez-moi, lorsqu’ils attaquent, ils ont la persistance du pitbull.  Lui, il a juste poussé le petit, avant de s’enfuir.  Vous savez ce que ça veut dire?  Ça signifie que le chat ET le bébé ne désiraient qu’une chose, et c’est de mettre fin à la situation.

Mais quelle est cette situation, au juste?  Une simple recherche dans la section vidéo de Google en entrant cat vs baby a répondu à ma question.  Regardez un peu ce que j’ai trouvé.  Et il y a du son :

Il manque hélas le début, nous ne pouvons donc pas voir ce qui a amené ce chat à agresser ce bébé.  Une chose est sûre, il ne l’a pas fait de son propre chef.  La preuve:

0:02 Le chat perd intérêt pour le bébé et s’en va.
0:07 le chat quitte le lit.
0:08, soit une seconde plus tard, le chat est de nouveau près de lui, ce qui ne fait aucun sens.

Un chat agressif qui attaque va prendre une position dominante.  Ici, il est replié sur lui-même.  Il démontre qu’il n’est pas dans cette situation volontairement. Donc qu’on vient de le remettre contre son gré devant l’enfant.  Et puisque la caméra est restée stable, ça ne peut pas être la personne qui filme qui l’a relancé là.  Il y a donc un second adulte présent.

Le chat est un félin donc un prédateur.  Alors pour lui, un cri de douleur, ça provoque ses instincts de chasseur.  Et comme tous les félins, il n’a pas de patience lorsqu’on l’énerve.  Alors naturellement, il griffe, il mord.  Les morsures et les griffes sont douloureuses, le petit garçon panique devant cette agression.  Il recherche l’aide et le réconfort des adultes.  Il pleure en les regardant, attendant un secours qui ne vient jamais, ni de la femme qui se contente de tenir la caméra et de rire, ni de l’homme qui excite le félin contre le bébé.  L’enfant voit qu’il ne peut pas compter sur eux pour que cesse l’agression du chat.  Alors il le frappe.  Non pas par agressivité, mais bien par défense.   Ce chat a déjà essayé de fuir le conflit, mais il s’y est fait relancer. Il voit qu’il est acculé.  Ne pouvant pas reculer, il fonce.  Une fois le bébé tombé en bas du lit, le chat semble comprendre que c’est ce qu’on attendait de lui pour lui permettre de partir, car il fuit de nouveau.

Le bébé n’est pas l’agresseur, ici.  Il est la victime.  Le chat aussi est victime.  Ils ne le sont pas l’un de l’autre.  Ils le sont des adultes irresponsables qui provoquent ce conflit et qui filment la scène en riant.  Et pour finir en beauté, quelqu’un a décidé d’en faire un court gif animé, en prenant bien soin de le couper de façon à donner l’impression que l’enfant est un petit salopard agressif qui mérite ce qui lui arrive, après avoir frappé sans provocation ce pauvre animal plus petit que lui.

Et voilà comment des gens sont capables de provoquer des conflits, pour ensuite prendre des gestes hors de leur contexte, dans le but de manipuler l’opinion publique contre la victime, en lui collant hypocritement le rôle de l’agresseur.  La victime reçoit hostilité, coups, blessures, avant de voir sa réputation se faire injustement salir.  Et les provocateurs s’en tirent blanc comme neige, car ils réussissent tellement bien à monter notre opinion contre l’enfant, on devient automatiquement aveugle à ceux qui, bien cachés derrière la caméra, sont les véritables responsables, qui tirent les ficelles et manipulent les événements.

Il suffit pourtant de peu de choses pour connaitre la vérité.  Il n’y a qu’à s’ouvrir les yeux, comme je l’ai fait, pour voir que quelque chose ne colle pas.  Il n’y a qu’à constater ce qui se passe vraiment.  Et au besoin, faire une simple petite recherche.

Hélas, lorsque les manipulateurs arrivent à provoquer des sentiments négatif du public contre une personne, ça enlève automatiquement à ce public l’envie d’apprendre quoi que ce soit qui puisse l’innocenter.  C’est le cas avec ce gif, et c’est le cas à toutes les fois où quelqu’un utilise une situation hors de son contexte dans le but d’entacher la réputation d’autrui.

5 réalités derrière les gros titres

Ces jours-ci, il y a une nouvelle qui fait son petit scandale au Québec: Non seulement une caissière du Provigo a-t-elle été congédiée pour avoir dit à un client qu’un fromage coûtait trois dollars de moins au Walmart, la Cour a donné raison à l’employeur.


(Pour nouvelle complète, cliquez ici)

Congédier une employée qui a dix-huit ans d’ancienneté pour 3$, il y a en effet de quoi scandaliser la population.  Surtout de la manière dont ça s’est passé.  La caissière a voulu rendre service au client et lui faire sauver de l’argent, et ce client l’a remercié en faisant l’effort d’aller trouver la copropriétaire de la place pour la dénoncer. Et voici l’être humain dans toute la splendeur de son âme, mesdames et messieurs.  Aussi bien dire que cette femme est une Sainte, d’avoir ainsi été punie pour sa bonne action, non seulement par son patron, mais aussi par la personne-même qu’elle a voulu aider.

Oui, mais il ne faut pas oublier cinq faits qui sont:

FAIT 1: À salaire révisé une ou deux fois l’an selon la loi, multiplié par 18 ans d’ancienneté, ça en fait probablement l’employée la plus cher payée de cette succursale.

Il y a 18 ans, en 1997, le salaire minimum était $6.80. Même si elle n’avait eu que 50¢ d’augmentation par année (C’est probablement plus, mais c’est juste pour l’exemple), ça lui fait un minimum de $15.80 aujourd’hui.

FAIT 2: À cause du fait précédent, les patrons encouragent le roulement de personnel chez leurs employés en bas de l’échelle. Pourquoi voudraient-ils payer $15.80 une caissière avec 18 ans d’ancienneté quand ils peuvent la remplacer par une nouvelle à $10.55 qui fera aussi bien que l’ancienne après deux semaines d’entrainement? Ils cherchent donc une excuse pour s’en débarrasser.  J’ai vécu quelque chose de semblable il y a 25 ans, lorsque je travaillais au Dunkin Dunuts où j’ai perdu mon emploi suite à une manoeuvre magouilleuse qui allait comme suit:

  • Je travaille à temps plein depuis trois ans.
  • Un jour, mon patron m’appelle pour me dire que je ne travaille plus que les weekends.
  • Une semaine plus tard, il m’appelle pour me dire que je ne travaille plus que le dimanche.
  • Une semaine plus tard, il m’appelle pour me dire que je ne travaille plus que sur appel.
  • Trois semaines plus tard, il ne m’a toujours pas rappelé.
  • Je me rend au bureau du chômage qui me disent que l’attitude de l’employeur équivaut à un renvoi.  Mais pour avoir droit au chômage, je dois aller demander au patron mon document de cessation d’emploi.
  • Puisque j’ai demandé moi-même mon document de cessation d’emploi, le patron a pu écrire DÉPART VOLONTAIRE.
  • Les employés qui quittent volontairement leur emploi n’ont pas droit au chômage.
  • Au salaire où j’étais rendu lorsque j’ai quitté mon emploi, les autres Dunkins ont décliné ma candidature.  Pourquoi payer un employé avec expérience $7.35 de l’heure quand il peut embaucher un nouveau qui fera aussi bien que moi après deux semaines d’entrainement pour $5.85?

À quelque chose malheur fut bon: En voyant que telle sera probablement ma vie professionnelle jusqu’à ma retraite, je suis retourné aux études finir mon 5e secondaire avant de poursuivre au cegep.

FAIT 3: Oui, c’est gentil à elle de vouloir aider les gens à économiser. Hélas, quand on veut garder son travail, ce n’est jamais une bonne idée de mordre la main qui nous nourrit, surtout si elle vous nourrit si bien. Mettez-vous à la place du patron qui voit que non seulement cette caissière lui coûte plus cher que ses autres employés, elle tente de lui faire perdre encore plus d’argent en incitant les clients à aller faire leurs achats ailleurs.

Vous allez dire que ce n’est pas un p’tit Brie à 15$ qui, acheté pour 12$ au Walmart, va faire une grosse différence. En effet! Sauf que moi, des gens qui font de 100$ à 200$ d’épicerie au Provigo et qui vont faire ensuite un détour au Walmart pour sauver 3$ sur un fromage, je n’ai jamais vu ça. Tant qu’à être au Walmart, ils vont faire toute leur épicerie au Walmart. Donc, pas au Provigo, qui perdra ainsi de 100$ à 200$ par clients que cette caissière incite à changer d’épicerie.

Au moment où j’écris ces lignes, le Provigo du quartier Hochelaga-Maisonneuve fermera définitivement ses portes dans moins d’une semaine. Je ne sais pas si ça va mal pour Provigo en général ou si c’est juste celui-là en particulier. C’est juste que je me dis que si c’est général, alors l’attitude de cette caissière, en incitant les clients à aller ailleurs, fait partie du problème. Plus elle incite les clients à aller au Walmart, plus grand est le risque que son Provigo ferme. Et s’il ferme, alors ce sera non pas seulement elle mais bien tout le personnel qui se retrouvera sans emploi.

FAIT 4:  Donc, en résumé: Le Provigo lui verse une fois et demi le salaire minimum (probablement plus), faisant d’elle l’employée en bas de l’échelle la mieux payée de la place. Et elle, en retour, elle incite les clients à aller acheter ailleurs. Sous cet angle, on comprend beaucoup mieux l’argument du Provigo comme quoi elle est déloyale envers son employeur, qui l’a gardé tout ce temps-là en la payant si cher.

FAIT 5:  TVA nouvelles, que je ne pointe pas du doigt puisque c’est pareil pour tous les autres médias, ont besoin de nouvelles choquantes pour attirer les clic-clic-clic qui payent-payent-payent. Alors quoi de plus choquant que de dire: « Une caissière avec 18 ans d’ancienneté a perdu sa job pour 3$ » ?

Techniquement, ça a beau ne pas être faux, il n’en demeure pas moins que ce genre d’histoire n’est jamais aussi minimaliste que les médias veulent nous le faire croire.

La Conflictuodépendance: Provoquer la haine comme excuse préventive.

AVERTISSEMENT : Ce billet fait référence à beaucoup de trucs que j’ai déjà écrit.  Alors si vous me lisez depuis peu, ou si vous ne vous souvenez plus de quoi je parle, j’ai mis plein de liens.

Je ne sais pas si vous êtes familiers avec l’émission Un Souper Presque Parfait.  Sinon, je vous en explique le concept: Pendant cinq jours, nous suivons un groupe de cinq personnes.  À chaque jour, l’un d’eux reçoit les quatre autres chez lui et leur prépare un repas: L’entrée, le plat principal, un vin, le dessert et un digestif.  À la fin de chaque repas, les quatre invités lui donnent une note de 1 à 10, ce qui détermine le grand gagnant à la fin de la semaine.

Lors d’une ce ces semaines, il y avait un homme, appelons-le Pierre, qui s’est montré particulièrement odieux avec les quatre autres participants.  Gras, mal rasé, les cheveux en bataille, juste au niveau visuel il dégage un message que l’on capte dans notre inconscient comme quoi ce n’est pas le genre de personne qui devrait se permettre de descendre les autres.  Pourtant, il le faisait.  Presque à chaque fois qu’il ouvrait la bouche, il avait toujours une remarque acide et une critique à faire.  Sur la nourriture, sur la boisson, sur le look et la personnalité de l’hôte du jour, sur comment était décoré son logis, et il le faisait avec snobisme et condescendance. À la fin du souper de mardi, il était déjà détesté de tous.  Rendu à jeudi soir, alors qu’il annonçait que le lendemain ce serait son tour, l’un des autres participants lui a répondu: « Bien!  Ça va faire changement, de voir la merde entrer dans ta bouche plutôt que d’en sortir. »

Car oui, le hasard avait voulu que Pierre passe vendredi, donc que ce soit lui qui soit le dernier à cuisiner pour les quatre autres.  Aussi, lors des interviews individuelles qui clôturent l’émission du jeudi, Pierre nous révèle son métier: Grand Chef Cuisinier à l’Institut de Tourisme et d’Hôtellerie du Québec.

« Fa que », conclut-il, « Si c’est pas moi l’gagnant cette semaine, ce sera certainement pas à cause de mon repas.  Ça va être à cause de ma grande gueule, comme la dernière fois que j’ai participé à l’émission. »

En entendant ça, j’ai tout de suite compris la raison de son comportement de troll tout le long de la semaine: En tant que chef cuisinier de carrière pour le plus prestigieux employeur dans le domaine de la restauration au Québec, il se trouve dans une situation délicate.  Imaginez s’il perd contre l’un de ces quatre amateurs, en pleine télévision.  C’est improbable, mais ça demeure possible.  Aussi, il a trouvé le moyen parfait pour sauver la face: Provoquer la haine comme excuse préventive.  Comme ça, s’il perd, alors sa nourriture ne sera pas à blâmer, ce sera juste à cause que les autres participants sont frustrés et mesquins.  Et s’il gagne, encore mieux: Ça prouve qu’il est tellement un excellent cuisinier qu’il a réussi à se faire élire par quatre personnes malgré le fait qu’ils le haïssent.  Bref, ou bien il gagne, ou bien il créé un doute raisonnable comme quoi il aurait dû gagner.

Et puisque le bien-être de Pierre dépend du conflit, ça fait de lui un conflictuodépendant.

Je dois avouer que tout le long de ma vie, j’ai trop souvent agi ainsi.  Sauf que dans mon cas, non seulement était-ce inconscient, c’était beaucoup plus subtil.  Malgré tout, le concept restait le même: M’arranger pour que les gens autour de moi aient des sentiments négatifs à mon sujet, tout en restant le plus irréprochable possible.  Je m’y prenais de deux façons:

FAÇON 1: En pointant les côtés négatifs de leur travail, de leurs décisions, de leur personnalités.  Et toujours, prenais-je la peine de m’attaquer à un fait véridique et vérifiable, de façon à ce que personne ne puisse affirmer que mon commentaire n’était qu’une opinion sans fondement.  Quiconque l’affirmait se dépeignait automatiquement lui-même comme une personne de mauvaise foi.  Et puisque personne n’est parfait, je trouvais toujours un sujet à attaquer.

Une des choses qui m’appuyait, c’était que parallèlement à cela, je me faisais un point d’honneur à toujours répondre à la critique avec grâce, les remerciant de ces commentaires constructifs.  Ceci me permettait, si jamais ma cible frustrait, de me donner en exemple afin de me comparer favorablement à eux : « À chaque fois qu’on m’a fait une critique, je l’ai toujours prise comme étant constructive. Pourquoi t’es pas capable d’en faire autant? » 

FAÇON 2: L’attaque miroir.  Alors que les humoristes, les chroniqueurs, les bédéistes, les auteurs, se moquent des travers de la société, moi je me moquais des travers des humoristes, des chroniqueurs, des bédéistes et des auteurs. Et dans chaque cas, si jamais ils iraient me manifester du mécontentement, je pouvais éviter le débat en servant la seule et unique réplique dont j’avais besoin pour prouver leur mauvaise foi : « Ben quoi? Je te fais exactement ce que tu fais subir aux autres.  Ce n’est pas ma faute à moi si tu n’es pas capable d’en prendre aussi facilement que t’en donnes. »  Et le plus beau, c’est qu’en attaquant les méchants, ça me mettait en position de bon, de courageux, de héros.  Et quiconque aurait osé m’en critiquer se serait automatiquement étiqueté d’hypocrite à deux faces (« Ah bon? Quand lui se permet de critiquer les autres c’est acceptable, mais quand les autres le critiquent lui ça ne l’est pas? »), de mauvaise foi (« Toutes les preuves sont là, regarde toi-même, c’est pas moi qui l’invente! ») ou de méchant lui-même. (« Sérieux, là? Tu préfères défendre celui qui attaque, et attaquer celui qui défend?  C’est vraiment ce genre de personne-là que tu es? »)

D’une façon comme de l’autre, si ces gens s’objectaient à moi de quelque façon que ce soit, je pouvais toujours dire que c’était seulement parce qu’ils m’en voulaient personnellement, à cause que c’était des frustrés, à cause que leur ego est trop démesuré pour être capable de prendre la critique, et surtout la vérité. 

Quelques exemples:

  • Lorsque je publiais MensuHell, j’y ai parodié d’autres bédéistes en faisant ressortir les pires côtés de leurs séries.
  • Toujours dans MensuHell, en 2000, ma parodie du film X-Men se moque, le temps d’une image, des parodies du film X-Men parues plus tôt dans Cracked et Safarir.
  • Avec Picouille, je me moque du style de dessin de certaines femmes bédéistes, de ceux qui les publient, de ceux qui les aiment.
  • Il y a eu ma série Les Plagiats de la BD où je dénonce des gens que pourtant j’admire et avec qui j’aimerais bien travailler un jour.
  • À l’époque où je voulais devenir humoriste, ma cible première était les autres humoristes.
  • En passant une audition devant la directrice de l’École Nationale de l’Humour, le choix de mon sujet de monologue était une attaque contre la directrice de l’École Nationale de l’Humour.
  • La seule fois où j’ai pu faire un monologue en public, c’était lors d’un spectacle de Noël donné par un organisme catholique charitable, dans un sous-sol d’église. Personne ne riait, et on m’a même coupé le micro avant la fin. La raison? Le public, tout comme l’organisme, n’était constitué que de vieux catholiques pour qui Noël et les valeurs de famille sont très importantes. Et devinez de quels sujets mon monologue se moquait du début à la fin? Je pense que ça a dû être la dernière fois qu’ils acceptaient une contribution sans d’abord faire passer une audition.
  • L’un de mes premiers projets de blogs s’appelait Et ça se permet de critiquer!  L’Idée était d’y reproduire quotidiennement une ou plusieurs chroniques de critiques professionnels publiés dans les journaux du Québec (De Pierre Foglia, Franco Nuovo, Nathalie Petrovski, Jean Barbe, etc) et de les critiquer eux sur leur travail de critique. Le projet n’a pas pu démarrer puisque je ne pouvais pas me permettre de m’abonner à tous les journaux qu’il m’eut fallu lire.
  • Lorsque je fréquentais les forums, ma logique et ma discipline m’ont parfois rapporté un poste de modérateur. Poste que je ne gardais pas longtemps, puisque j’utilisais ma logique et ma discipline pour critiquer le travail des autres modos et des administrateurs.
  • Lorsque j’étais étudiant au Cégep André Laurendeau, de qui est-ce que je me moquais dans ma chronique publiée dans le journal étudiant? Des profs? De la société? Non: Des autres étudiants.
  • J’ai même déjà écrit une parodie de When I Was your Age de Weird Al Yankovic, qui est une de ses chanson originale et non l’une de ses nombreuses parodies.  Ma version qui s’appelait I Will Exploit Them racontait comment un gars, réalisant qu’il n’avait ni la voix ni le look pour devenir chanteur populaire, a décidé de se faire une carrière en parodiant les plus grands succès musicaux de l’heure, ce qui lui assure une carrière et un succès éternel puisqu’il ne fait que surfer sur le travail, le talent et la popularité des vrais artistes qui se succèdent au top des palmarès.  Oui, vous avez bien lu, j’ai parodié Weird Al Yankovic en attaquant son physique, sa voix, son look, son art et sa carrière.  Et pourtant, c’était mon idole.

Mais peu importe le sujet, il reste que pour faire une parodie de bande dessinée, il fallait que je sois moi-même bédéiste.  Pour critiquer les critiques, il fallait que je devienne moi-même critique.  Pour parodier un chanteur parodique, il fallait que je devienne moi-même chanteur parodique.  Pour rire des humoriste, il fallait que je deviennes moi-même humoriste.  Or, à partir du moment où on choisit de travailler dans un milieu, on ne peux plus se permettre de s’en moquer et/ou de le critiquer.  Du moins, pas si on veut réussir dans le métier.

Mais ce comportement, au fond, n’est rien d’autre que la manifestation subconsciente d’un complexe d’infériorité.  Car en agissant ainsi, je m’assure de me fournir une excuse en cas d’échec: Si je ne réussis pas à me tailler une place dans le milieu où j’évolue, ce n’est pas parce que je suis incompétent.  Non; c’est à cause que les autres me bloquent, me sabotent, m’empêchent d’avancer, pour des raisons personnelles.  Comme ça, je n’ai pas à me remettre en question, ni dans ce que je suis ni dans la qualité de mon travail. 

Mais pour ça, je dois d’abord les provoquer à avoir du ressentiment envers moi, de façon à les rendre susceptibles, frustrés, mesquins.  Exactement comme Pierre qui, après s’être mis à dos les quatre autres candidats, ne pouvait plus qu’offrir un souper presque parfait car si la nourriture était irréprochable, en revanche l’ambiance était pourrie.

L’exemple le plus flagrant dans lequel j’ai eu ce comportement est dans ce billet, lorsque je raconte dans le paragraphe Le troisième zéro comment j’ai été expulsé du cours de maths.  J’étais un cancre en mathématique, la preuve est que j’étais deux ans en retard dans ce cours.  Au lieu de reconnaitre ma faiblesse et mettre l’effort à étudier et à comprendre cette matière, j’ai préféré passer l’été à m’attaquer à une règle de mathématique qui dit qu’il est impossible de diviser par zéro. À la rentrée, j’ai attendu qu’un prof me provoque en posant lui-même la question sur le sujet (chose qui arrive au moins une fois par année) afin de lui mettre sur le dos la responsabilité de ce qui allait suivre. En prouvant en classe que j’avais trouvé non pas une mais bien trois méthodes montrant que la division par zéro était possible, je me plaçais au-dessus de la communauté scientifique internationale des mathématiciens qui affirmaient le contraire.  Par conséquent, je prouvais trois choses:

  1. J’étais un génie des maths, du moins j’étais le supérieur logique et intellectuel de mes profs.
  2. Les profs avaient mauvaise foi de refuser de l’admettre, malgré les preuves que j’étalais  devant leurs yeux.
  3. Sans raison pertinente pour me faire échouer, ils utilisaient mesquinement leur position d’autorité pour le faire, juste parce qu’ils étaient frustrés que je me prouve supérieur.

Et tout ça avec toute la classe comme témoin.  Avec quelques variantes, cette méthode s’adapte très bien à toutes les relations et à tous les milieux.  C’est ce comportement qui m’a amené à faire subir à un de mes anciens employeurs les dommage collatéraux de l’auto-importance démesurée.

D’accord, ça fonctionne, en ce sens que ça permet de toujours pouvoir accuser avec raisons la mauvaise foi des autres en cas d’échec.  Hélas, puisque ce comportement fait pourrir toutes les relations avec autrui, autant interpersonnelles que professionnelles. elle assure surtout que peu importe la qualité de ce que l’on fait, ça se terminera toujours par ça: Un échec!  Un échec qui, ironiquement, empêche un succès qui aurait peut-être été vraiment mérité.  Mais quand on souffre de complexe d’infériorité, ce n’est pas au succès que l’on s’attend.  C’est à l’échec!  Alors si en plus on a un ego démesuré, au lieu de remettre en question la qualité de son travail, on met ses efforts à justifier d’avance ces futurs échecs.  On provoque la haine comme excuse préventive.  On se comporte de manière à ce que notre sentiment d’infériorité fasse de notre crainte une prophétie autoréalisatrice.  En fait, rendu là, ce n’est même plus une crainte pour nous, c’est une fatalité, une conclusion évidente.  On ne se pose même pas la question si ce sera une réussite ou un échec, on sait que ce sera un échec.  Voilà pourquoi notre premier réflexe est de préparer le terrain de façon à pouvoir expliquer et/ou l’excuser, cet échec. Or, en se comportant ainsi, on provoque nous-même l’échec. 

Bref, se comporter ainsi, c’est une très mauvaise habitude qu’il faut perdre au plus vite, autant pour notre propre bien que pour celui des gens qui nous entourent. Encore faut-il commencer par se rendre compte qu’on l’a, ce comportement.

 

Abandonner: Lâcheté ou sagesse?

Depuis quelques jours, il se ballade sur Facebook une image dangereuse qui s’intitule:

POURQUOI LES GENS ABANDONNENT-ILS?


Pourquoi est-ce que je dis que c’est une image dangereuse?  Parce qu’elle colporte l’idée que tout abandon est un signe de lâcheté, de personnalité faible, et autres traits de caractères honteux.  Elle est dangereuse parce qu’elle fait stupidement croire que tout est à notre portée, pourvu que l’on s’acharne.

Or, s’acharner et refuser d’abandonner, il y a un terme légal pour ça lorsque ça s’applique aux relations: Harcèlement!  Si je n’avais pas passé mon enfance et mon adolescence à être endoctriné par l’école de pensée que colporte si bien cette image que les gens se partagent comme si c’était la sagesse pure, je n’aurais pas passé tout l’été de mes 21 ans à Surveiller Nathalie.

Et il n’y a pas que dans nos relations avec les autres que l’acharnement puisse être une perte de temps.  Ça peut l’être dans un projet qui est hors de notre portée, un travail sans opportunité d’avancement, le fait que nous sommes bloqués par un hasard, une chose ou une personne qui nous fait obstacle.  Hélas, à partir du moment où l’on écoute ceux qui disent que l’abandon est toujours une décision lâche et honteuse, on oublie alors de voir les faits et d’écouter notre gros bon sens.  Aussi, il est évident qu’il manque un pictogramme important à cette image.  Celui-ci :

Voilà vingt ans que ma vie est régie par trois principes: Courage, persévérance et sagesse.

  • Courage d’entreprendre un projet.
  • Persévérance pour atteindre ce but.
  • Sagesse de savoir faire la différence entre un objectif réalisable et une cause perdue.

Il serait temps que les gens se rendent compte que l’école de pensée qui dit qu’il ne faut jamais abandonner est rétrograde, dépassée, et n’a de toute façon jamais été vraie.  Il y a une raison pourquoi, depuis sa sortie en 2013, Let it go est devenue la chanson de Disney la plus populaire de tous les temps.  C’est que parfois, aussi bien dans nos relations que dans tous les autres aspects de notre vie, lâcher prise est la meilleure décision que l’on puisse prendre afin d’avancer.

Duplessis, ze musical.

Maurice Duplessis fut premier ministre du Québec de 1936 à 1939, et de 1944 à 1959. Il fut et demeure encore aujourd’hui l’un de nos politiciens les plus détestés de l’histoire du Québec.

Jetons un oeil au personnage, à sa carrière et à ce qu’il nous inspire encore, dans la plus pure tradition des opéras modernes, sur l’air de cette petite chanson qui ne semblait que demander à être parodiée de cette façon.

Moi je veux rire de ceux
Qui s’sont fait connaître dans l’Histoire
L’artiste talentueux
Ou ceux qui étaient au pouvoir
Cobain ou bien Hitler
Tous ces grands noms qui ne sont plus
Je veux être moqueur
De ces grands disparus

Mais voilà que les gens
Me disent que ça ne se fait pas
Dire du mal des morts
Il parait que c’est vraiment très bas
Ça nous est interdit
Personne ne va trouver ça bon
Mais si t’en as envie
Il y a une exception :

Duplessis
Lui, c’est autant que l’on veut
Duplessis
Il n’y a rien de trop baveux
Lui, on a le droit d’en rire
On a l’droit de le salir

Il contrôlait le Québec
Par la force et par la peur
C’est à lui que l’on doit
La période de la grand noirceur
Il vendait not’ minerai
Aux États, une cenne la tonne
On le réélisait
La population était conne

Duplessis
Combattait les syndicats
Duplessis
Avec la Loi du Cadenas
Toute l’aide gouvernementale
À la partie patronale

Duplessis
Donnait tout aux anglophones
Duplessis
Laissait rien aux francophones
Les anglais purent s’enrichir
Et les Français s’appauvrir

Duplessis
Lui, son règne était sinistre
Duplessis
Fut notre pire Premier Ministre
Il combattait les grévistes
En les traitant d’communistes

Duplessis
Donnait l’pouvoir au clergé
Duplessis
Partout dans la société
Pour l’argent, ses orphelins
Reçurent de très mauvais soins

Duplessis
Du film aux séries télé
Duplessis
On fait juste le maganer
Lui, on a le droit d’en rire
On a l’droit de le salir

Duplessis

La vertu par comparaison

La petite BD qui suit raconte une anecdote vécue en décembre 2006.  Ça s’est passé dans un genre de soirée de gala où il y avait étrangement plus de bouteilles de champagne que d’invités.



Ce n’est pas une faute de frappe, elle disait vraiment miaise au lieu de niaise.

Je ne me souviens plus du tout du nom de cette fille-là. Par contre, je me rappelle très bien que son passe-temps favori était de toujours faire en sorte, de façon subtile, de démontrer qu’elle valait mieux que tout le monde, généralement en démontrant que les autres valaient moins qu’elle. Comme quoi il y a des gens qui ne sont capable de faire preuve de vertus que lorsqu’ils ont une tête de turc avec qui se comparer et un public pour se faire valoir.

Celle à qui j’ai dit oui.

C’est mon amoureuse qui, la première, a parlé de mariage.  C’était l’an dernier.  Elle m’a dit, comme ça, que lorsque ça fera deux ans que l’on sera ensemble, que tout va bien, que l’on s’aime, et que l’on est certain d’avoir trouvé en l’autre la personne faite pour nous, alors on pourrait se fiancer.

Cette année, le jour de notre second anniversaire de couple, on s’aime toujours autant sinon plus.  Alors je lui ai dit oui sans hésitation.

Ce n’est pas la première fois qu’une fille avec qui je sors me propose fiançailles et mariage.  En fait, c’est la troisième.   Alors pourquoi est-ce que j’ai dit oui à elle et non aux autres?  Parce que les deux premières ne m’ont jamais dit autre chose que: « Il faut officialiser notre relation parce que mes parents et/ou ma famille ne voient pas d’un bon oeil qu’une de leurs filles sorte/couche/habite avec un gars sans qu’ils soient mariés. »  La troisième, elle, n’a pas essayé de me manipuler en prétextant une obligation.  Elle m’a dit qu’elle m’aimait et voulait passer sa vie avec moi.

Quand la personne qui te propose les fiançailles ne te donne que des obligations comme arguments, plutôt que l’amour comme raison, ça en dit long sur sa personnalité et sur la façon dont elle considère votre relation.  Et ça n’en dit rien de bon.

Et voilà pourquoi je lui ai dit oui, alors que j’ai refusé aux deux précédentes.  Parce que quand l’autre n’a aucune hésitation à te dire qu’elle veut te marier par amour, c’est là que tu sais que tu as trouvé la bonne.

20 raisons pourquoi je ne publierai jamais de livres

(AVIS.  Cet article ayant été écrit en juin 2015, certains détails, comme les montants d’argents évoqués ici, sont sujets à changements.)

Lorsque les gens voient le lien vers Mes romans juste sous ma bannière ci-haut, ils s’interrogent.  Pourquoi est-ce que je laisse mes écrits en ligne, comme ça, gratuitement?  L’auteure et historienne Catherine Ferland elle-même m’a un jour écrit un commentaire sous ce billet pour me demander si j’ai déjà envisagé publier sous forme de livre.  La réponse est oui, j’y ai déjà songé. Mais voilà bien longtemps que j’y ai renoncé. L’aventure coûte juste beaucoup trop de temps et d’argent, et ce pour trop peu de bénéfices au bout du compte. Surtout lorsque tu cherches à te faire publier pour la première fois.

Au début, on s’imagine que c’est facile: On écrit un livre, on l’envoie à une maison d’édition de notre choix, ils le reçoivent, le lisent, et une semaine ou deux plus tard ils t’appellent pour signer un contrat. Tu reviens riche et célèbre et tu passes ta vie entouré de chicks dans une piscine remplie de Baby Duck.

Or, lorsque l’on est un auteur encore inconnu, les choses ne se passent pas de cette façon. J’en ai fait amèrement l’expérience pendant plus d’une décennie, soit de l’an 2000 jusqu’en 2010. C’est là que j’ai constaté plusieurs choses qui ont fini par m’enlever l’envie d’essayer de me faire publier.

RAISON 1: L’octroi des bourses est une loterie.
À moins d’être un passionné de l’écriture qui trouve toujours le temps d’écrire à chaque fois qu’il a une minute de libre malgré le fait qu’il travaille à temps plein et plus (C’est mon cas, ce blog le prouve), la majorité des gens auraient besoin d’un bon six mois de congé payé pour s’y mettre. Voilà pourquoi existent les bourses du Conseil des Arts et Lettres du Québec et celles du Conseil des Arts du Canada. Il y a les bourses classiques et les bourses de carrière. Les règles et les montants varient quelque peu d’une demi-année à l’autre, mais quand je cherchais à en avoir une, la bourse classique était entre $25 000.00 et $35 000.00, et était divisée entre les artistes dont les projets se sont montrés les plus intéressants. (Traduction: Avec le plus grand potentiel vendeur).

Par exemple, l’année où j’ai été membre du jury au Conseil pour les projets de bandes dessinés, parmi les douze candidats qui demandaient des bourses, trois d’entre eux étaient des grosses pointures: Delaf et Dubuc de la série Les Nombrils, Michel Rabagliati de la série Paul, ainsi que Guy Delisle pour ses souvenirs de voyages sous forme de BD. Ces trois-là étaient des professionnels reconnus qui avaient déjà publiés des albums, ET qui avaient prouvés être de bons vendeurs. La bourse a donc été divisée entre eux. Les neuf autres n’ont rien eu.

Conclusion: Il est normal et même souhaitable qu’un auteur qui a fait ses preuves reçoive la subvention lui permettant de continuer dans la voie du succès. Mais ça signifie que si tu es un auteur de la relève (Traduction: Un inconnu qui n’a pas encore fait ses preuves), ta seule chance d’avoir une bourse est d’espérer qu’aucun professionnel reconnu n’en fasse une demande en même temps que toi.

RAISON 2: Le jury qui octroie les bourses est composé de tes pairs, ce qui n’est pas toujours une bonne chose.
Comme je le dis dans le point précédent, j’ai déjà été appelé à faire partie d’un jury pour des bourses demandées par des auteurs de BD. C’est normal, puisque j’ai fondé et publié le fanzine de BD MensuHell, et que j’ai travaillé pendant sept ans au magazine de BD Safarir.

Or, au Québec, le milieu est petit et les mesquineries entre bédéistes ne manquent pas. Qu’est-ce qui se passe quand une personne qui a décidé de te prendre en grippe devient membre du jury juste au moment où toi tu demandes une bourse? J’ai vécu ça!  Inutile de dire que ma demande de bourse, c’était perdu d’avance.

C’est sûr que ça ne veut pas dire que j’aurais automatiquement reçu une bourse si cette personne n’avait pas fait partie du jury. N’empêche que le fait qu’elle y était, ça garantissait qu’on ne me l’accorderait pas.

RAISON 3: Avant de recevoir une bourse de carrière pour écrire un livre, tu dois d’abord avoir publié cinq livres.
Jusqu’en 2008, tout ce que tu avais besoin pour recevoir une bourse de carrière, c’était d’avoir été publié régulièrement sur une période de vingt ans. À ce moment là, puisque mes débuts étaient dans le magazine Wow en 1988, je l’avais. Enfin, presque! La demande de bourse devait être déposée en avril 2008, et mes débuts à Wow étaient en juin 1988. Il me manquait donc deux mois pour les avoir, mes vingt ans. Et puisque la bourse de carrière ne peut être demandée qu’une fois par année, j’en fus quitte pour attendre un an de plus.

Rendu en 2009, les règles avaient changé. Il ne suffisait plus d’avoir été publié pendant vingt ans. Il fallait également, pour y avoir droit, avoir publié au moins cinq livres.

Traduction:  Si je veux avoir une bourse pour écrire un livre, il faut d’abord que je prouve que je suis capable d’écrire et me faire publier cinq livres. …Sans bourse.

RAISON 4: attendre après une bourse pour écrire un livre, c’est une perte de temps.
On ne peut faire une demande de bourse normale que deux fois par année. Si tu rates la date de tombée, alors sucks to be you. Tu en as encore pour six mois d’attente. Ensuite, c’est six autres mois avant qu’ils rendent la décision. Puis, six autres mois avant que tu reçoives le chèque. Et de là, tu as six mois pour écrire ton livre. Bref, de un an et demi à deux ans entre le jour où te vient l’idée d’écrire un livre, et le produit final. C’est une sacrée perte de temps, quand je pense qu’à la fin de l’été dernier, ça ne m’a pris que trois semaines, sans bourse et en travaillant à temps plein, pour écrire mon roman Sept Semaines en Appartement.

Mais dans le fond, bourse ou pas, ça ne change pas grand chose au bout du compte, parce que…

RAISON 5: Obtenir une bourse ne garantit en rien la publication.
Si vous croyez que je parle contre le système boursier par frustration de ne jamais en avoir reçu une, détrompez-vous : En janvier 2007, j’en ai eu une de $9 300.00. Six mois plus tard, Riverstock était prêt. Il a passé le premier triage et la première lecture aux éditions Québec-Amérique, mais pas la seconde.

Vous allez dire Oui, mais le fait qu’il avait été accepté à la première lecture, ça démontrait qu’il avait le potentiel d’être accepté et publié dans une autre maison d’édition, non? Possible, mais c’est une théorie que l’état de mes finances ne m’a pas permis de vérifier car…

RAISON 6: Envoyer des manuscrits, ça coûte cher.
Le prix pour faire des copies d’un manuscrit de 250 pages varie d’un centre de photocopies à l’autre et dépend du nombre que tu en prends. Mais disons pour l’exemple que chaque copie te revient à $5. Au poids du papier, ça coûte environs $10 pour l’envoyer par la poste. Et si tu veux que les maisons d’éditions te renvoient ton manuscrit en cas de refus, il faut leur fournir une enveloppe de retour pré-affranchie, donc un autre $10.  Au total, chaque manuscrit envoyé par la poste te coûtera $25. À partir d’ici, tu as le choix entre…:

  • Sauver du temps: Tu veux l’envoyer à 10 maisons d’éditions en même temps? Ça va te coûter $250. As-tu $1000 à perdre pour l’envoyer à 40 maisons d’éditions?
  • Sauver de l’argent: Si tu peux juste te permettre $75 dans ton budget, il ne te reste plus qu’à envoyer ton manuscrit à 3 maisons d’éditions, attendre de 2 à 10 mois leur réponse (probablement négative), recevoir ton manuscrit par la poste, et réinvestir 20$ pour le renvoyer ailleurs. À ce rythme, tu devrais bien finir par trouver une maison d’édition qui acceptera de te publier dans, disons, six ou sept ans, à condition que le sujet de ton récit ne soit pas rendu dépassé à ce moment-là.

RAISON 7: Car oui, les éditeurs prennent une éternité à répondre.
En 2001, un de mes manuscrit m’a été retourné avec une lettre disant ceci:

     Monsieur
     Nous avons le regret de vous informer que depuis le début de l’année, la direction de notre collection jeunesse n’accepte que les manuscrits sollicités.
     En vous remerciant de l’intérêt que vous portez à notre maison d’édition, veuillez bla bla bla etc.

Je comprends et accepte leur refus. Mais ce qui me dérange, c’est qu’il se se soit écoulé quatorze semaines entre le moment où je leur ai posté mon manuscrit, et le moment où j’ai reçu cette lettre. Je veux bien croire que les maisons d’édition sont submergées car tout le monde se prend pour un écrivain depuis qu’internet existe. Mais come on, ça ne devrait quand même pas prendre trois mois et demi avant de se rendre compte qu’un manuscrit qu’ils ont reçu n’a pas été sollicité.

N’empêche, Ça vaut encore mieux que de se faire servir…

RAISON 8: Les excuses bidon pour ne pas te publier.
Si vous me dites que je suis ennuyeux, que le sujet de mon récit n’a pas le potentiel de bien se vendre, que les gens n’en ont rien à diarrher des anecdotes autobiographiques d’un inconnu, d’accord, je peux comprendre et accepter le refus. Je vais même en tirer une leçon.

Mais quelle leçon voulez-vous que je tire à part cet éditeur est le pape de la bullshit quand les raisons que l’on me donne ne tiennent pas la route?  Par exemple, en 2010, j’ai reçu un refus pour mon roman Miki face aux Forces Occultes. Voici un extrait de la lettre:

La raison de [notre refus] concerne principalement vos références sociales qui sont quelques peu dépassées si on considère l’âge de vos lecteurs. Citons entre autres The Matrix, Star Trek et le magazine Mad.

The Matrix est un classique que tout le monde connait, il y a eu deux films de Star Trek récent, l’un en 2009 et l’autre en 2012, et le magazine Mad existe toujours aujourd’hui, cinq ans après qu’ils m’aient écrit cette lettre. En quoi est-ce que ces références sont dépassées?

Et je suis supposé croire que c’est ça, la raison pourquoi ils rejettent le roman? Je dois trouver crédible qu’ils préfèrent rejeter le texte dans son entier, plutôt que de me demander d’enlever trois petits détails anodins qui ne changent rien au récit?

En 2003, histoire de sauver temps et argent, j’ai eu l’idée d’écrire un courriel à une maison d’éditions dans lequel je donne une courte description de mon roman, en leur demandant si la maison publie ce genre de truc. Si oui, je leur enverrai par la poste et ils jugeront après lecture s’ils en veulent ou non. Sinon, je m’abstiendrai et m’essaierai ailleurs, voilà tout. Leur réponse:

     Monsieur.
     Nous avons bien lu et relu votre manuscrit. Malgré ses indéniables qualités et son bon potentiel, il a été décidé au final de ne pas le publier.

Comment est-ce qu’ils ont donc bien pu lire et relire un manuscrit que je ne leur ai jamais envoyé?

RAISON 9: En échange de publication, l’éditeur peut dénaturer ton travail.
En 2010, je me suis trouvé un éditeur qui a adoré Miki face aux Forces Occultes. Nous avons signé un contrat, et là ce fut l’étape de la correction par son comité de lecture, constitué en fait de six de leurs auteurs-fondateurs.

L’un d’eux a réécrit 60% de mon texte dans son style à lui, a enlevé plusieurs gags, a introduit quelques erreurs de continuité, et a changé les dialogues des adolescents en quelque chose que l’on s’attendrait à entendre de la bouche de professeurs d’université. Lorsque j’ai protesté en disant que les adolescents ne parlent pas comme ça, l’éditeur m’a répondu: « Non, mais les critiques oui. C’est à eux qu’il faut plaire. »

Ben oui, tsé, parce que tout le monde sait bien que les adolescents ne lisent que les livres qui sont d’abord approuvés par Nathalie Petrowski.  C’t’évident !

Bien que contrarié, je sais rester réaliste.  Je sais également mettre mon Ego de côté pour la bonne cause.  Logiquement, un éditeur est supposé savoir de quoi il parle.  S’il dit que ses modifications améliorent la narration, c’est peut-être vrai.  Aussi, pour en avoir le coeur net, j’ai fait un test sur Facebook.  J’ai mis vingt phrases tirées de mon roman, dix étant ma version, dix étant les versions « corrigées » de ces mêmes phrases par l’éditeur.  Pour m’assurer de l’impartialité des participants, je n’ai pas précisé lesquelles étaient lesquelles.  Parfois ma version était la première des deux, parfois c’était l’autre.  Et j’ai demandé aux gens de chosir leur préférées.  Sur 16 personnes qui se sont prêtées à ce jeu, une seule a préféré la version de l’éditeur.

Autres éditeurs, autre livre: Il y en a deux qui se sont montrés intéressés à publier Le Terrorisme Féminin au Québec, histoire dans laquelle je raconte ma relation avec mon ex, la mère de mes enfants, qui se permet de commettre tous les abus contre moi, avec la complicité de la loi. Non seulement ils m’ont tous deux demandé de retirer chaque scène dans laquelle je décris mes propres torts, l’un d’eux a voulu m’imposer, comme couverture, une main de femme faisant un doigt d’honneur, main couverte de bijoux et entourée d’argent et de papiers légaux. Bref, pour être publié, je devais accepter que l’on transforme mon histoire autobiographique en manifeste haineux antiféministe et misogyne.

Vous n’avez jamais entendu parler de ces deux livres? Normal, j’ai préféré rester non-publié et inconnu plutôt que d’accepter que de me faire connaitre en tant qu’auteur des merdes que ces éditeurs voulaient en faire.  

RAISON 10: La population du Québec n’est pas suffisante pour publier tous les sujets.
Comparons:

  • Population des États-Unis: 316 millions. Tu vends ton livre à 0,1% de la population, ça fait 316 000 copies de vendues, ce qui te rapporte $790 000.00.
  • Population de la France: 66 millions. Tu vends ton livre à 0,1% de la population, ça fait 66 000 copies de vendues, ce qui te rapporte $165 000.00.
  • Population du Québec: 8 millions. Tu vends ton livre à 0,1% de la population, ça fait 8 000 vendus, ça te rapporte $20 000 dollars. Soit $2 720 en dessous du seuil de la pauvreté.

Avec notre faible population, si on veut se faire publier, on ne peut pas écrire sur n’importe quel sujet. Au moment où j’écris ce billet, le palmarès des meilleurs vendeurs au Québec démontre que les sujets qui intéressent le plus les québécois sont: Histoire, politique, santé, nutrition, biographies et études sur la sexualité. Vous écrivez autre chose? Bonne chance pour trouver un éditeur!

RAISON 11: L’immigration peut être une solution, mais…
Tandis que l’on n’arrive pas à se faire publier si on fait de la science fiction, du fantastique ou de la bande dessinés, nous sommes envahis de science-fiction, de fantastique et de bandes dessinées en provenance d’Europe et des États-Unis. La solution peut paraître simple: Déménage en Europe ou aux États-Unis et fais-toi publier là-bas. Oh, mais trouve-toi d’abord une machine à remonter dans le temps qui te ramènera dans les années 70-80. Non seulement il est de plus en plus difficile de changer de pays, certains comme les États-Unis ne t’accepteront que si tu arrives à prouver que tu sais faire un travail qu’un natif américain ne peut pas faire. Et des gens qui ne sont pas capables de se faire publier dans leur pays d’origine, il en ont déjà par millions aux USA.

Ceci dit, puisque deux référendums plus tard, le Québec fait encore partie du Canada, tu peux déménager en Ontario sans que personne ne trouve à redire. Selon Christ Oliver qui a publié quelques livres pour enfants avec mon ex Karine depuis 2004, alors qu’ici on se bat pour avoir des bourses et trouver une maison qui daignera nous publier, là-bas le Gouvernement encourage à coup de subventions la création de maisons d’éditions francophones, et ceux-ci cherchent sans cesse des auteurs francophones ontariens à publier. Évidemment, pour devenir ontarien et y avoir droit, il faut juste que tu quittes le Québec, abandonne ton travail, ta famille et tes amis. Tu as une conjointe qui travaille? Des enfants d’âge scolaire?  Alors tu as trois choix.

  • Ou bien tu les amène et les déracine de force, chamboulant leurs vies de façon radicale, afin que tu puisse réaliser ton rêve.
  • Ou bien tu les abandonne eux aussi, contre l’opportunité de voir ton nom imprimé sur un paquet de papier relié.
  • Ou bien tu abandonnes ton rêve, faisant d’eux les symboles de ce qui t’a empêché de réussir dans la vie.

Mais que ce soit au Québec ou en Ontario, même si tu trouves à te faire publier…

RAISON 12: Il faut être un BS, un chômeur, un retraité, un riche, ou bien déjà auteur à succès pour promouvoir le livre.
Les meilleures ventes d’un livre se font lorsqu’il y a une séance de rencontre et signatures avec l’auteur. Ça signifie devoir faire la tournée des libraires à travers la province, sans oublier les salons du livre. Et même si tu as la chance d’avoir un éditeur assez fortuné et généreux pour payer ton transport, ta nourriture et ta chambre d’hôtel, ça ne change rien au fait que pendant que tu es en tournée, tu ne travailles pas, donc ne gagnes pas d’argent. Comment peux-tu payer ton loyer, l’électricité, le téléphone? Sans compter que pendant que tu te ballades on ze road, tu ne vois plus ni ami ni conjoint ni famille. À moins, bien sûr, de ne te limiter qu’à faire la tournée des librairies de ta ville.

RAISON 13: Tout le monde s’enrichit sur le travail de l’auteur… Sauf l’auteur.
Admettons que tu as écrit un livre, que tu as trouvé un éditeur, qu’il a reçu du cash pour le publier (comme en témoigne la page de garde sur laquelle il remercie le Conseil des Arts et Lettres du Québec et/ou du Canada pour la bourse obtenue dans ce but) et que celui-ci se vend $20.00. Crois-tu que cet argent-là ira dans ta poche? Ha! En réalité, sur chaque copie vendue…

  • $10.00 va au distributeur.  Parce qu’il faut bien faire vivre ses employés salariés.
  • $5.00 va au libraire.  Parce qu’il faut bien faire vivre ses employés salariés.
  • $2.50 s’en vont à l’éditeur.  Parce qu’il faut bien faire vivre ses employés salariés.
  • Et le $2.50 restant, c’est toi, l’auteur non-salarié (sauf si tu as eu la chance d’avoir une bourse) qui le reçoit.
  • … à condition que ce soit un travail solo. Parce que dans le cas d’un livre pour enfants, tu dois partager ton gain avec l’illustrateur que l’on t’a imposé, ce qui te laisse $1.25.

Mieux encore: Si on tient compte de la taxe de 14% qui rajoute $2.80 sur le prix de vente, ça signifie que celui qui achète ton livre donne plus d’argent au gouvernement qu’il ne t’en donne à toi.

Sans auteur, il n’y aurait pas de livres, donc pas d’imprimeries, pas de maison d’éditions, pas de distributeurs et pas de librairies. Pourtant, de tous ces gens, celui qui reçoit le moins d’argent, c’est l’auteur.  Pourquoi?  Parce que c’est ça qui est ça. Parce que c’est comme ça et pas autrement. Because fuck you, that’s why! 

Et  pire encore:

RAISON 14: Il faut payer pour être peut-être publié.
Vous le savez, je suis dessinateur et scénariste. En 2008, j’avais un projet de livre pour enfant. S’il n’a jamais vu le jour, c’est parce que l’auteur n’a pas le droit d’illustrer son propre texte. Eh non, à cause de certaines lois, il doit être dessiné par un illustrateur à l’emploi de l’éditeur. Or, pour être illustrateur, il faut être membre de
Illustrations Québec, ce qui coûte, au moment où j’écris ces lignes, de $183.96 à $344.93. Et payer ces frais qui dépassent largement tout profit que je ferais dans les ventes ne garantit en rien que je serai embauché par l’éditeur, et encore moins que je sois assigné à illustrer mon propre livre.

RAISON 15:  Certains éditeurs facturent les auteurs au lieu de les payer, ou bien les payent en copies de leurs livres plutôt qu’en argent.
Et on ne parle pas ici de petites maison d’éditions louches et inconnues.  On parle, entre autres, des Éditions de Trois Pistoles de l’auteur à succès Victor-Lévy Beaulieu.  Et s’ils font ça aux auteurs professionnels établis depuis longtemps, quelle chance avons-nous, auteurs inconnus?

Il y en a qui vont dire: « Bon ben tant qu’à payer pour publier, alors qu’est-ce qui t’empêche de publier toi-même tes romans à compte d’auteur? »  Simple: Je ne suis pas un éditeur, je suis un auteur. Je n’ai pas l’argent requis pour imprimer ces copies, je n’ai aucune formation ni connaissances ni contacts pour vendre et distribuer, et j’ai encore moins ce qu’il faut pour faire la comptabilité.  Et de toute façon…:

RAISON 16: Personne ne respecte l’auto-publication.
J’ai fondé MensuHell et publié ses 33 premiers numéros. L’une des fois où j’ai demandé une bourse pour un projet d’album de BD, il fallait nommer les magazines et journaux dans lesquels nous avons été publiés. Or, l’auto-publication, ça ne compte pas.

Ça signifie qu’un auteur de BD peut dire qu’il a été publié dans MensuHell, et ça compte pour lui. Mais puisque c’est moi qui faisais MensuHell, alors dans mon cas, c’était de l’auto-publication. Donc, même si j’y travaillais plus que tous ceux que j’y ai publié, ça ne compte pas.

De plus, lorsque quelqu’un choisit de s’éditer lui-même, la première chose qui vient en tête des gens, c’est que s’il est obligé de s’auto-publier, c’est qu’il n’a pas réussi à trouver un éditeur voulant de lui, ce qui est signe qu’il est un sans-talent. Je dois donc me rendre à l’évidence: Même si j’ai été publié dans des journaux et magazines de 1988 à 2008…:

RAISON 17: Je manque de talent.
Soyons réalistes! Depuis le temps que j’écris, si j’étais vraiment talentueux, ça ferait longtemps que j’aurais trouvé un éditeur pour publier mes livres, peu importe les obstacles. Parce que malgré tout ce que je trouve à dire contre le domaine de l’édition, de nouveaux auteurs apparaissent sur les tablettes à chaque année sans que ça ne ruine leurs vies personnelles ou financières. Ça ne peut donc pas être toujours de la faute des éditeurs ou de ma situation géographique.

Ou alors, c’est peut -être tout simplement parce que…

RAISON 18: Je m’obstine à n’écrire que sur des sujets tabous et/ou mal vus et/ou trop négatifs.
Les éditeurs refusent tout ce qui puisse être vu comme étant la justification d’un acte criminel, ou toute littérature qui puisse engendrer de la haine contre un groupe.  Or, puisque la plupart de mes récits s’inspirent de faits réels, c’est le thème central de la majorité de mes ouvrages. Par exemple:

Seize Ans d’Abus, aussi connu sous le titre alternatif de Le Terrorisme Féminin au Québec, ne faisait que raconter, et ce de manière totalement objective, la manière  dont une de mes ex se servait de la Loi afin de me faire subir les pires abus, à répétition, et ce impunément.  La moitié des commentaires que j’ai reçu, alors que le texte était en ligne, disaient « Fuck, t’es patient, à ta place j’te l’aurais massacrée, c’te bitch-là! » ou bien « Moi j’aurais payé une coupl’ de gars pour lui faire casser les deux jambes. »  Et la majorité de ces commentaires me venaient de lectrices. Oui, des femmes!  Bref, même si je ne racontais que la vérité, sans jamais y poser moi-même des jugements de valeur contre cette ex, il reste que sa lecture incitait les gens à en arriver à la conclusion que non seulement la violence contre une femme est parfois justifiée, dans certains cas isolés ça reste la seule solution.  Et ça, en effet, ce n’est pas un sentiment qu’il faut transmettre à la population.

Dans Surveiller Nathalie, voyage dans la tête d’un harceleur, je raconte exactement ce que dit le titre.  J’y raconte les deux seuls mois de ma vie, en été 1989, où j’ai harcelé une ex.  Je me disais que ça pourrait intéresser les gens si, pour une fois, le harcèlement était raconté à partir du point de vue du harceleur, et non de sa victime ou des psychologues.  Malheureusement, en expliquant les raisons qui m’ont poussées à poser ces gestes, c’est comme si je les justifiais.  Or, tout comme dans l’exemple précédent, il ne faut pas donner à la population l’idée qu’un geste négatif contre autrui, surtout s’il est immoral et illégal, surtout contre une femme, puisse être justifiable.  Donc, dommage pour le côté éducatif de la chose, mais non, impubliable.

Dans 52 jours à Montréal, aussi connu sous le titre original de Sept Semaines en Appartement, je raconte comment, à 19 ans, je tente de tromper ma blonde, je vole de l’argent et de la nourriture à ma colocataire, je fais un trou dans le mur afin de la voir dans sa chambre en train de baiser, je mens, je suis méprisant, haineux, homophobe, et même si je ne le fais jamais, j’avoue néanmoins être tenté de céder aux avances sexuelles de ma cousine (par alliance) de 14 ans. Et non seulement je me donne l’air noble en décidant d’avouer mes vols à ma coloc, je rabaisse le fait qu’elle entre dans une colère pourtant justifiée. Je vis des déboires, mais aucun n’est en conséquence des gestes immoraux et illégaux que je pose.  En fait, c’est le contraire: Mes pires déboires sont les conséquences de quand je fais ce que j’ai à faire, quand je suis honnête et quand je dis la vérité.  Est-ce de ma faute si c’est ça, la vraie vie?

Le roman Un Été à Saint-Ignace-de-Montrouge a beau être une oeuvre de fiction, le personnage principal est porté disparu car il a fui une conjointe qui n’est qu’une pâle copie de mon ex, celle de Seize Ans d’Abus. Là encore, ça dépeint la femme sous un mauvais jour.  Et là encore, d’ici à ce que la population en vienne à la conclusion comme quoi le message de mon livre est que les femmes sont toutes pareilles, il n’y a qu’un pas.

Et dans mes deux autres romans fictifs, Riverstock et Miki face aux Forces Occultes, les gens se divisent en trois catégories: Les abuseurs, les losers, et les adultes qui exploitent enfants et ados.  Et puisque dans les deux cas, les personnages sont mineurs, les éditeurs envoient ça directement dans leurs collection jeunesse.  Mais voilà, les publications destinées aux jeunes ne veulent pas d’histoires dans lesquelles tous les adultes sont dépeints comme étant des pourris qui ne sont qu’hostiles envers les jeunes.

RAISON 19:  Les histoires autobiographiques d’auteurs inconnus, ça n’intéresse que ceux qui les écrivent.
C’est du moins l’opinion de trois grands éditeurs au Québec.  Une opinion qui rend doublement impubliable la majorité de mes récits.    

Alors pourquoi est-ce que je continue d’écrire malgré le fait que je suis impubliable? Parce que mon but premier n’a jamais été d’être publié. Mon but premier, c’est d’écrire. C’est ça ma passion. Le papier, ce n’est rien d’autre qu’un véhicule qui sert transporter l’oeuvre d’un auteur vers son public. En ce sens, Internet est beaucoup plus efficace.

C’est la raison pourquoi j’ai cessé de faire du fanzinat en 2003 pour mettre tous mes textes et dessins sur le net. Sur mon blog, mes écrits sont envoyés instantanément à mes lecteurs, je n’ai aucune restrictions de temps ou de censure, j’ai régulièrement de 350 à 500 visites par jour. Et bien que je n’en retire pas un sou, ce n’est pas non plus comme si je ferais grand argent à être publié, de la façon que ça marche dans le monde de l’édition au Québec.

Et puis, côté talent, il ne faut pas oublier qu’il y a 20 ans cette année j’ai écrit une liste de noms de famille composés qui est devenu le premier texte viral québécois, et celui-ci continue encore aujourd’hui d’être envoyé et reproduit partout sur le net, dans les journaux, les magazines, cité à la télé et à la radio, et ce dans tous les pays francophones de la planète. Quant à mon premier billet sur les comportements sur Facebook, il a reçu 108 733 visites en une seule journée. Alors après 35 ans d’écriture non-stop, il y a peut-être de l’espoir pour moi.

Ou du moins, il y en avait jusqu’à aujourd’hui. Car, voyez-vous, les médias nous ont annoncé hier que…

RAISON 20: Le budget du Conseil des Arts et Lettres du Québec vient de se faire amputer de 2,5 millions.
Ils ont beau dire que les créateurs ne devraient pas subir les effets de cette réduction de budget, ça n’améliorera certainement pas les choses. Ce qui est désolant de constater, c’est que si les réalités de l’édition au Québec étaient universelles, bon nombre de grands classiques contemporains n’auraient jamais pu voir le jour, et la culture s’en serait retrouvée fort appauvrie.

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