Le Grand Génie inconnu… Et qui va le rester.

Si vous travaillez dans les arts, que ce soit comme illustrateur, photographe, musicien, cinéaste ou autre, alors vous avez inévitablement rencontré le spécimen suivant.  Il n’a jamais travaillé dans votre domaine, mais il vous arrive avec l’idée du siècle, un truc capable de rejoindre chaque homme, femme, enfant, trans et minéral sur terre.  Il faut juste que vous lui réalisiez son projet.  Oh, il n’a pas d’argent pour vous payer.  Mais qu’importe, puisque son idée vaut une fortune.  Il vous paiera plus tard, dès que son projet sera sur le marché et que les milliards commenceront à s’engranger. 

On a beau rouler des yeux, il reste que, qui sait, peut-être que son idée vaut la peine qu’on y jette un œil.  Vous demandez à en savoir plus.  Il recule alors et refuse catégoriquement.  Il n’est pas question qu’il vous dise quoi que ce soit de son idée géniale, VOUS ALLEZ LA LUI VOLER!  No-non, d’abord, vous devrez signer le contrat qui va vous lier légalement à lui, vous obligeant à réaliser son projet, tout en vous engageant à respecter la clause de confidentialité.  C’est seulement ensuite, qu’il vous dira de quoi il s’agit.  Deal?  Évidemment, vous refusez de signer. Personne ne serait assez fou pour aller s’engager dans un contrat légal sans savoir en quoi consiste le travail qui lui sera demandé. Il repart donc, en vous traitant de tous les noms, vous maudissant pour votre étroitesse d’esprit, gueulant comme quoi les artistes se plaignent d’être pauvres, mais dès que quelqu’un est prêt à se pencher charitablement sur eux pour les sortir de la misère, ils refusent.  Ça prouve donc une chose : Si les artistes sont pauvres et méconnus, c’est parce qu’ils le veulent.

Bon, le second paragraphe arrive plus rarement que le premier.  N’empêche que, dans un cas comme dans l’autre, en général, on décline.  Tant qu’à travailler sans garantie de revenus, aussi bien consacrer notre temps et nos énergies sur nos propres projets. 

Eh bien moi, à quelques reprises, j’ai commis l’erreur de laisser sa chance à une telle personne. Il est vrai que dans leurs cas, ile n’avaient pas laissé le projet au stade de mystère. Expliqué en détail, celui-ci semblait exceptionnellement prometteur.

Maintenant, si je dis que c’était une erreur, c’est parce que je me suis rendu compte en travaillant avec eux que le fait d’être capable de produire un concept viable, ça ne veut pas dire pour autant que la personne aura une attitude professionnelle.  Par conséquent, je n’ai pas su saisir à temps les signes qui auraient dû me sonner une alarme dans la tête.  Ou lever un Red Flag, comme le dit l’expression populaire. Mais d’un autre côté, perdre mon temps avec eux, ça m’a permis d’apprendre à la dure à les reconnaître, ces signes, 

RED FLAG : Il est hargneux à la limite du haineux.
Visitez son Facebook, ça va se voir tout de suite.  Alors que certaines personnes vont poster des nouvelles dénonçant des abus de toutes sortes, lui va prendre une nouvelle anodine, genre « Facebook atteint 2 milliards d’utilisateurs », et la postera en écrivant un truc du style de « Je chie sur Zuckerberg! » Et regardez ce qu’il a mis dans sa section des citations.  Dans toute l’histoire de l’humanité, des milliers de gens ont dit des millions de choses positives et inspirantes.  Or, lui, il a mis un truc du style de « Je ne tuerai jamais personne, sauf si la personne me fait chier. (Trey Parker) »

Pourquoi est-ce un problème?
Lorsqu’une citation nous accroche, c’est parce que celle-ci nous parle. Parce qu’elle s’accorde avec nos valeurs profondes. Parce qu’elle est le reflet de notre personnalité. Parce qu’on s’y reconnait, ne serait-ce qu’au niveau du subconscient. Dans le cas de cette citation en particulier, sans pour autant croire que la personne qui l’a mis sur son Facebook serait capable de se rendre jusqu’au meurtre, il reste que ça démontre une personnalité revancharde. Le genre de personne qui cherche toujours une excuse pour se justifier dans son désir d’attaquer autrui. Quitte à provoquer soi-même le conflit, même si on ne trouve que des détails anodins pour le faire.   Quand la personne est comme ça, nul n’est à l’abri de ses attaques et de ses campagnes de salissage. Incluant ls gens qui ont le pouvoir de faire de vos projets un succès.

RED FLAG : Il vous dit « J’aimerais ça, faire __________! »
« J’aimerais ça, savoir dessiner. »   « J’aimerais ça, jouer de la guitare. »   « J’aimerais ça, perdre du poids. »  Constatez que dans tous les cas, jamais il ne dit qu’il aimerait apprendre à dessiner, apprendre à jouer de la guitare, apprendre ce qu’il faut faire pour perdre du poids.

Pourquoi est-ce un problème?
Déjà là, inconsciemment, il vous dit qu’il n’est pas prêt à investir l’effort requis pour apprendre.  De toute façon, quelqu’un qui veut vraiment savoir dessiner ou jouer d’un instrument, il dessine et il joue.  Mal, certes, mais il le fait, par lui-même, et c’est comme ça qu’il apprend.  Et puis, ça fait quoi, 25 ans que Google est notre ami?  Quand une simple recherche peut nous donner des centaines de sites avec tous les renseignements requis pour atteindre notre but, on n’a aucune excuse pour demander à un autre de le faire à notre place.

RED FLAG : Ses projets demandent plus de ressources qu’il n’en a accès.
Avoir l’idée du siècle, c’est facile. La réaliser, un peu moins.

Pourquoi est-ce un problème?
S’il ne vous propose que des projets qui sont hors de sa portée, alors il est évident qu’il perd son temps et qu’il va vous faire perdre le vôtre.

RED FLAG : Il a des attentes irréalistes… Et il les délègue. 
Je me souviens de l’un d’eux pour qui on tournait un court sketch. Il s’était mis en tête que son projet méritait d’avoir des commanditaires. Il m’a donc chargé d’aller visiter les commerçants du quartier pour leur demander de l’argent en échange de publicité dans notre sketch. J’ai particulièrement aimé son « Va voir le gérant du McDo et demande-lui 2 ou 3 containers de 5 litres de café gratuit pour l’équipe de tournage. »

Pourquoi est-ce un problème?
Le problème réside surtout dans le fait que son implication dans les aspects les plus difficiles du projet se limite à dire aux autres de les faire. Cette manière de travailler ne sert qu’à lui. Car si tu réussis, alors il en prend le crédit puisque ça prouve qu’il est un excellent directeur. Et si tu échoues, alors il s’en lave les mains puisque c’est ta faute et non la sienne.

RED FLAG :  Il n’a aucune expérience du milieu, donc il n’a aucune idée de ce que son projet implique en dépenses, en temps et en travail.
J’en ai rencontré un comme ça. Le gars avait un projet de pièce de théâtre qui, et je cite, allait arranger les erreurs qui sont trop souvent commises sur scène, et qui ennuient le spectateur. Les erreurs, selon lui, résidaient dans le fait qu’il n’y avait qu’un décor, s’il y en a pour commencer. Et ensuite, de un à six comédiens, ce n’est pas suffisant. Il me parle alors de son projet de pièce dans lequel le personnage voyagerait à travers des dimensions parallèles, et rencontrerait huit peuples extraterrestres différents. Et il prévoyait plus de 20 décors géants et mobiles, actionnés par des gens derrière le décor. Du jamais vu!

Pourquoi est-ce un problème?
Si c’est du jamais vu, c’est qu’il y a une raison. Vous ne vous êtes jamais demandés pourquoi un humoriste ne fait ses tournées qu’avec un minimum de gens, d’accessoires et de décor? C’est parce que plus le spectacle est élaboré, plus ça coûte cher, et plus petit est son revenu. Voilà pourquoi il n’est pas rare que l’artiste fait sa tournée seul dans son véhicule, et souvent dort dedans. Comme ça, ses dépenses se limitent à l’essence, sa nourriture et la location de la salle de spectacle et les employés sur place (son, éclairage, régie de plateau).

Alors l’autre, là, avec ses 20 décors à transporter qui vont nécessiter 2-3 camions et 40-à-50 personnes à loger, nourrir et payer, il faudrait qu’il fasse salle comble au stade olympique (location du stade: $12 000 par jour) pour commencer à faire des revenus.

RED FLAG : La qualité de son travail n’est pas à la hauteur des échantillons de son CV.
Un gars m’a amené une BD qu’il avait fait. Le dessin était amateur, mais ça importait peu car l’idée était de me montrer ce qu’il savait faire en tant que scénariste. Et en effet, c’était un bon scénario, bien monté, qui suit une formule populaire. Bizarrement, la qualité de tout ce qu’il m’a pondu par la suite allait de nulle à médiocre. Et pour cause: Ce ne sera que quelques années plus tard que je constaterai que le scénario de sa première BD avait été plagiée d’un comic de la série Archie.

Et il avait remplacé tous les personnages par des gens qu’ils connaissait… Sans leur demander.

Pourquoi est-ce un problème?
Parce que quand on investit temps et argent dans les projets des autres, encore faut-il que le projet en question soit rentable. Et il n’y avait rien à tirer des merdes qu’il était capable de produire par lui-même.

RED FLAG : Il plagie. (Encore faut-il s’en rendre compte dès le départ)
J’ai eu un scénariste extraordinaire qui est venu me voir à ma table lors d’un événement BD avec l’idée du siècle : Des albums qui vont parodier les films de la série Star Wars. Son raisonnement était simple et contenait une bonne part de logique : « C’est le principe de Weird Al Yankovic. Si tu produis une oeuvre originale, tu ne sais pas si elle va réussir à plaire au grand public. Tu peux perdre plusieurs années là-dessus. Tandis que si tu prends Star Wars, tout le monde connait ça, Et puisque tout le monde aime l’humour, alors voilà, succès assuré. »

Puis, il me donne les grandes lignes de son scénario et des blagues de sa parodie de Star Wars. Et il se trouve que je les connaissais toutes. Il n’a fait que reprendre celles des parodies de Star Wars publiées dans le magazine Mad.

Pourquoi est-ce un problème?
C’est quand même ironique que celui-là même qui me sort l’argument de « ne pas perdre mon temps à dessiner une série sans savoir si elle sera populaire ou non » tient à me faire perdre mon temps à dessiner une série qui sera impopulaire pour cause de plagiat total.

RED FLAG : Il brûle des étapes.
Un ancien collaborateur était tellement pressé de réaliser son projet qu’il nous a fait commencer à filmer avant même d’avoir fini le premier tiers de son scénario.

Pourquoi est-ce un problème?
Parce que quand il se remettait à l’écriture du scénario, il trouvait toujours une nouvelle idée géniale demandant de réécrire les scènes déjà tournées.  Ce qui signifiait qu’il avait passé plusieurs jours à faire travailler bénévolement trois comédiens, une preneuse de son, une perchiste, deux caméraman et un accessoiriste.  … Pour rien !

RED FLAG : Sa façon de résoudre un problème, c’est insister jusqu’à ce que l’autre cède.
Autrement dit, ne pas respecter les limites de l’autre.

Pourquoi est-ce un problème?
Parce que dans le langage légal, il y a un mot qui décrit ce genre d’insistance: Harcèlement.

RED FLAG : Il devient votre coach / manager sans vous en parler, et prends en votre nom des obligations sans vous demander votre avis.
Revenons à mon cinéaste amateur. Histoire de pouvoir les utiliser plus tard dans ses projets, il s’est lié d’amitié avec une équipe de tournage. En entendant qu’il leur manquait un acteur, il a sauté sur l’occasion pour bien paraître à leurs yeux: il leur a vendu mes services en vantant une grande expérience sur scène que je n’avais même pas. Il est vrai que j’ai été plusieurs fois figurant muet dans des films et séries télé, mais là s’arrêtait mon expérience. C’est tout fier de lui qu’il m’annonça que l’équipe de tournage m’attendrait le lendemain matin. Mon choix se limitait donc à refuser et décevoir tous ces gens qui comptaient sur moi, ou bien le faire.

Pourquoi est-ce un problème?
Ce genre de personne ne voit pas que tu as une vie, des obligations, des projets. Il ne lui vient pas à l’idée que si tu n’exerces pas le métier d’acteur, c’est parce que tu n’as aucun intérêt ni talent dans ce métier. Tous ces détails ne lui importent pas. Dans sa vision étroite et narcissique, les gens sont comme des choses : disponibles pour lui à tout moment pour qu’il les utilise à sa guise.

RED FLAG : C’est le Messie.
À l’entendre, tous les gens impliqués dans son projet lui seront reconnaissant car ce sera grâce à lui s’ils seront reconnus par la suite dans le métier.  J’en ai même eu un, une fois, qui comptais offrir un rôle à Dominique Michel qui, et je cite, « Sera heureuse de travailler gratuitement pour nous puisque ça va la ramener aux yeux du public et redémarrer sa carrière. »  Je suppose que ça peut être possible, si on ne tient pas compte du fait que non seulement notre grande comédienne qui avait à ce moment-là 78 ans avait volontairement prise une retraite bien méritée, elle l’aurait prise quinze ans plus tôt si elle n’avait pas été fraudée par son comptable. 

Pourquoi est-ce un problème?
Premièrement, il n’y a rien de plus dangereux que de s’associer à quelqu’un qui croit qu’on lui devra quelque chose.  Et ensuite, son raisonnement au sujet de Dominique Michel prouve qu’il n’a fait aucune recherche à son sujet avant d’en arriver à ses conclusions erronées.  

RED FLAG : Il ne prend aucune critique négative. Et au lieu d’apprendre de ses erreurs, il les justifie.
Nous avions tourné un sketch de 15 minutes écrit et co-joué par mon collaborateur. Suite à une critique négative dans lequel on l’avait qualifié de maillon faible du tournage, il me demande ce qui ne va pas dans son jeu et son scénario.  Il s’en suivit alors l’échange suivant :

LUI : « Qu’est-ce qu’y veut dire en prétendant que mes paroles ne sonnent pas naturelles? »
MOI :  « Ben, prend juste la scène où tu réponds au téléphone.  Tu dis « Comment vas-tu? »  Ça aurait sonné plus naturel de dire « Comment ça va? »
LUI : «  Ben là!  C’est comme ça que je parle dans la vraie vie! »
MOI : « OK, je peux bien comprendre.  Mais quand on est un acteur, on doit savoir changer notre vocabulaire selon le personnage que l’on joue! »
LUI : « Mais c’est pas un personnage! C’est moi!  Pourquoi tu penses que je joue sous mon vrai nom? »
MOI : « Ok! Mais les gens ne savent pas comment tu parles dans la vraie vie. »
LUI : « Ben là! C’est à eux-autres de comprendre. »

Pourquoi est-ce un problème?
Je crois que nous sommes tout familiers avec le proverbe qui dit que ceux qui oublient l’histoire sont condamnés a la répéter. Peu importe la raison pourquoi il parle de manière non-naturelle, il reste qu’il parle de manière non-naturelle, et que ça dérange le public et les critiques. Puisqu’il nie le problème au lieu de le corriger, le problème va se répéter, ainsi que les critiques négatives qui vont en résulter.

RED FLAG : Il est plus revanchard que travaillant.
La semaine qui a suivi la projection publique de notre sketch, nous avons eu droit à quelques critiques suivies de quelques entrevues. Ensuite, nous devions travailler sur notre projet suivant. Il m’était malheureusement impossible de le faire se concentrer sur notre travail. Il relisait sans cesse chaque critique négative en gueulant contre. Et il lisait les commentaires des lecteurs en bas de chaque article. Il prenait en note chaque nom ou courriel accompagnant chaque commentaire négatif pour les retracer sur Facebook. Et de là, trouver leur emploi, leur numéros de téléphone et autres adresses, ce qui lui permettait parfois de trouver leurs comptes sur Kijiji et autres sites où l’on trouve les véritables coordonnées de la personne. Et il parlait de ses plans d’écrire aux employeurs, aux conjoints, aux familles de ces gens, pour écrire les pires mensonges à leur sujet, afin de ruiner leurs carrières et vies sociales. Et ses idées d’aller passer à toute vitesse sur leurs rues en lançant au passage des projectiles à travers leurs fenêtres, ou leur faire subir un vandalisme quelconque.

J’ai tenté de le dissuader en lui disant que l’enquête saura démontrer que ces gens auront tous le même point en commun: nous avoir avoir critiqués. Et cela fera de nous les premiers suspects. Sa réponse m’a donné froid dans le dos: « Oui, mais ça ne veut rien dire. Ça pourrait être un de nos fans qui qui se serait senti insulté que ces gens-là rabaissent ses idoles, et qui aurait fait ça pour nous défendre! »

Pourquoi est-ce un problème?
Premièrement, il y a qu’il mettait tout son temps et tous ses efforts dans ses plans de revanche contre ceux qui avaient commis le crime de ne pas nous adorer, plutôt que de travailler sur notre projet suivant. Une sacrée perte de temps. Et ensuite, son commentaire démontre clairement qu’à ses yeux, le public était supposé nous idolâtrer (l’idolâtrer LUI, en fait). Quiconque faisant le contraire méritait les pires rétributions. Sérieusement!

Disons que je n’avais pas tellement envie d’écrire mes projets futurs à partir d’une cellule de prison. Un caprice comme ça.

RED FLAG : Il règle ses comptes dans son oeuvre.
Il n’aimait pas sa prof de maths de son secondaire IV.  Il en a fait un personnage ridicule dans un de ses sketchs.  Et comme si ça ne suffisait pas, il a fait un truc que je ne pouvais pas imaginer qui puisse venir à l’esprit de quelqu’un rendu à 37 ans.  J’avais une console de jeu Wii.  Dans Wii Sports, il a fait un avatar de cette prof, qu’il jouait en faisant exprès de tout rater, pour ensuite nous montrer son score minable afin que l’on en rit avec lui.

Pourquoi est-ce un problème?
Parce qu’il y a une sacrée différence entre un simple règlements de compte et une obsession malsaine. Ça faisait 21 ans qu’il n’avait plus revu cette prof, et il avait encore l’esprit coincé sur elle. S’il est capable de faire ça pour elle, attends-toi à y avoir droit toi aussi, le jour où ses conneries vont vous séparer.

RED FLAG : Sa fierté est mal placée.
Je ne me souviens plus si c’était sa dette de carte de crédit ou son prêt étudiant.  Toujours est-il qu’il était endetté de quelques milliers de dollars, et qu’il avait réussi à convaincre son nouveau conjoint, un jeune homme riche, de la payer pour lui.  Ceci fait, il racontait ensuite fièrement comment il a surpris la conseillère financière lorsqu’il a dit qu’il remboursait tout en un seul paiement, alors qu’elle voulait lui proposer des versements mensuels. Et il n’avait aucune honte de nous dire que son conjoint avait payé ses dettes à sa place.

Pourquoi est-ce un problème?
Parce que se vanter d’une telle chose, c’est montrer à tous que nous n’avons aucune hésitation à exploiter financièrement les gens qui nous entourent. Bonne chance pour te trouver des collaborateurs sérieux après ça.

RED FLAG : Seules les apparences comptent pour lui.
C’était à l’époque où Candy Crush était un jeu très populaire sur Facebook.  Il avait trouvé sur le net un cheat code qui jouait à sa place et qui multipliait le score par dix.  Et non seulement était-il fier de dire qu’il avait l’intelligence de l’avoir trouvé et utilisé, il se vantait fièrement des scores de quelques millions qu’il obtenait.

Pourquoi est-ce un problème?
Parce que se vanter d’une telle chose, c’est montrer à tous que nous sommes fiers d’être des tricheurs, des arnaqueurs, des menteurs, des bullshiteux. Bonne chance pour te trouver des collaborateurs sérieux après ça.

RED FLAG : Il se met en vedette partout.
En 2011 est sorti le film québécois Funkytown dans lequel l’action se passe dans les années 70, autour de la discothèque montréalaise Starlight. Ce gars-là a réussi le tour de force d’aller interviewer les ex-propriétaires du véritable Starlight, et de les convaincre de s’associer avec les propriétaires actuels de la place pour une soirée nostalgie, avec les employés et clients de l’époque. Et il a produit un DVD de cette soirée. Jusque-là, chapeau, admirable travail.

Mais voilà, sur la pochette du DVD, il n’a rien mis qui en représente le sujet. Il n’a pas mis une photo extérieure de la disco. Il n’a pas mis une photo des gens qui s’amusent à l’intérieur. Il n’a pas mis la photo des propriétaires. Non ! C’était une photo de lui-même, tenant un micro. Pour se justifier, il disait que ça représentait bien le contenu, puisque tout le long, il est là à interviewer les clients, le personnel et les propriétaires.

Pourquoi est-ce un problème?
Imaginez l’affiche du film Star Wars qui ne serait qu’une photo de Georges Lucas. Ou l’affiche de la pièce Les Belles Soeurs, qui ne serait qu’une photo de Michel Tremblay. Ou de Starmania, qui ne serait qu’une photo de Luc PLamondon. Impensable ! Ça ne représente en rien le contenu de l’Oeuvre. Et encore, Lucas, Tremblay et Plamondon sont connus du grand public, EUX ! Ce qui n’était fichtrement pas le cas du reporter.

RED FLAG : Il demande des garanties de succès avant d’avancer, et ce sans avoir fait ses preuves.
J’ai connu un loser de ce genre-là, qui nous a cassé les oreilles pendant deux mois sur Facebook, comme quoi il était en pleine rédaction d’une histoire d’horreur. On parle ici d’un inconnu avec zéro expérience dans le milieu de l’écriture de roman ou du cinéma.  Je le précise car le premier mois, c’était sous forme de roman. Puis, le mois suivant, réalisant qu’il y a plus d’argent à faire avec un film qu’un livre, il a réécrit son projet sous forme de scénario. Puis, découragé par le temps qu’il a perdu à réécrire ce qu’il avait fait plutôt que d’avancer dans son histoire, il a demandé à ses contacts FB s’il y en avait parmi eux qui avaient des connexions dans le monde du cinéma, afin qu’il puisse leur présenter ce projet à qui il manque encore les trois quarts.  Car, disait-il, « Je ne vais pas perdre mon temps à écrire un film si personne ne va le tourner. » Deux semaines plus tard, puisqu’aucun cinéaste ne l’a contacté, il a jeté furieusement son projet aux poubelles, en gueulant contre l’étroitesse d’esprit du milieu.

Pourquoi est-ce un problème?
Ce qu’il démontre ici, c’est que sa passion, ce n’est pas l’écriture ou le cinéma. C’est de chercher la manière la plus rapide de devenir riche et célèbre. C’est la raison pourquoi il n’arrive pas à se brancher sur un projet.

RED FLAG : Il confond avoir du succès avec avoir une personnalité désagréable.
Un ex collaborateur avait pour son dire que les grandes vedettes telles Prince ou Madonna, ou même notre Michelle Richard nationale, étaient reconnues pour avoir de grands caprices et être désagréables.  Il en est aussitôt arrivé à la conclusion que si l’on veut avoir un succès semblable au leur, il fait agir comme eux. Il se permettait donc d’être exigeant, capricieux et chiant avec ses collaborateurs et ses contacts.

Pourquoi est-ce un problème?
Dose de réalité : Tu n’es pas une vedette populaire avec 30-40-50 ans de carrière derrière toi.  Tu n’es pas un grand nom qui, posé en tête d’affiche, va attirer les foules.  Tu es un inconnu qui n’a pas encore fait ses preuves.  En agissant ainsi, tout ce que tu prouves, c’est que tu n’es pas le genre de personne avec qui on a envie de travailler. Une grande vedette peut se permettre des exigences et des caprices car elles sont irremplaçables.  Toi? Non!

RED FLAG : Au premier accroc entre vous deux, il te bannit de son univers et tente de s’emparer du tiens.
Après trois ans de collaboration, nous n’avions réussi que deux de ses huit projets. Et même ceux-là étaient en perte de vitesse, à cause que ses conneries nous sabotaient sans cesse. Il m’a alors m’a demandé ce qui n’allait pas dans ses projets. Heureux de voir qu’il était enfin prêt à entendre raison, je lui ai démontré point par point, en suggérant une ou plusieurs solutions pour chacun des cas. Insulté dans son orgueil, il me bloqua aussitôt de partout. C’en était fini de notre collaboration.

Quelques temps plus tard, il a fait une soirée chez lui dans lequel il a invité tous nos collaborateurs et la majorité de mes amis. Et il a pris une photo de groupe, qu’il a mis en bannière sur son Facebook, de façon à bien me mettre en face le fait qu’il tentait de me les enlever. Ils n’ont pas été dupes longtemps. Il a ensuite tenté de me faire perdre mon emploi en écrivant à mes patrons, ce qui a foiré car ces derniers ne me reconnaissaient en rien dans ce qu’il leur a écrit. Il a ensuite essayé de refaire les projets que nous avions réussis, cette fois sans moi. Mais il n’a jamais trouvé quelqu’un pouvant faire aussi bien que moi et/ou étant capable d’endurer sa personnalité toxique. Aux dernières nouvelles, tout en se faisant vivre par son conjoint, il s’est recyclé en tant qu’auteur. En auto-édition, bien sûr, puisqu’aucun éditeur sérieux et reconnu ne peut s’intéresser à ce qu’il écrit.

Pourquoi est-ce un problème?
Le véritable problème, c’est le fait que j’ai ignoré toutes les alarmes précédentes. Parce que rendu à ce point-ci, le dommage est déjà fait.

Et j’aurais eu plusieurs autres RED FLAG dans ce genre à vous présenter: Il brûle des ponts, il fait dans l’auto-Sabotage, il fait dans l’auto-victimisation, pour attirer la sympathie, il cherche à faire de son entourage son armée personnelle, non pas pour combattre avec lui mais plutôt pour combattre à sa place, etc. Une chose demeure sure, et c’est que lorsque quelqu’un a ce qu’il faut pour faire partie d’un milieu artistique, alors il fait déjà partie de ce milieu. S’associer avec quelqu’un qui n’a ni le talent ni les accomplissements ni la connaissance ni la personnalité requise, c’est une perte de temps.

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LIENS.


J’ai déjà consacré un billet de blog au sujet de l’une de ces personnes: Clément Beaucitron, loser sans emploi. 

Pour fuir ce genre de collaboration foireuse, j’ai appris à reconnaitre 40 signes pour détecter une personne conflictuodépendante.

Cinq personnes qui te garderont toujours à distance dans votre couple.

AVERTISSEMENT HABITUEL.  Puisque je suis un homme hétérosexuel, je ne peux parler que de la perspective d’un homme au sujet de femmes.  N’y voyez pas de la misogynie.  Je suis parfaitement conscient qu’en inversant les genres, une femme va vivre des situations similaires ou bien pire.

Que ce soit en personne ou bien via les apps de rencontres, il y a des signes qui ne trompent pas, comme quoi l’autre va toujours garder une certaine distance envers toi.  Heureusement, ça se voit habituellement dès le départ, dès vos premières conversations.  Si ce n’est pas carrément dans la description de son profil.  Il y en a cinq qui se démarquent en particulier dans cette pratique. Il s’agit de…

Celle qui ne se présente pas. (À part son nom.)
Lorsque l’on s’intéresse à une personne, on lui fait une présentation dans laquelle on dévoile certaines facettes de soi-même.  « J’habite à tel endroit.  J’aime ceci.  Je pratique tel sport.  J’aime tel animal.  Je travaille dans tel domaine.  Et toi ?Parle-moi donc un peu de toi ? »  Pour toute réponse, celle qui ne se présente pas te dira: « Si tu veux savoir quelque chose, pose des questions. » 

Le premier problème avec ce genre de comportement, c’est que c’est à nous de deviner ce qu’il faut poser comme question. Par exemple, il ne te viendra probablement pas à l’idée de lui demander si elle parle couramment l’Espagnol. Alors si c’est le cas, elle ne te le dira jamais, puisque tu ne lui as pas demandé. Ainsi, Toute sa famille le sait, tous ses amis le savent, probablement ses collègues de travail aussi. Mais pas toi. Parce que « tu ne le lui a jamais demandé. »

Le second problème, c’est que cet échange que vous avez entre vous, ce n’est pas un dialogue. C’est un questionnaire. Si elle se contente de répondre aux questions sans rien dire de plus, la conversation ne peut juste pas exister. 

Ainsi, non seulement dois-tu lui donner ton attention, c’est également à toi de solliciter la sienne.  Alors que dans les couples normaux, chaque personne a eu à faire 50% du chemin, elle te donne 100% de la charge morale de votre relation.  Ceci démontre que son intérêt n’est pas envers toi.  Il est envers elle-même.  Et les rares fois où elle démarrera les conversations, ce sera en faisant de toi la cible de ses sarcasmes et/ou de ses insinuations farfelues. 

En faisant ceci, elle se met en position supérieure à toi, elle en tant que juge envers qui tu dois sans cesse te justifier, et toi en inférieur en quête constante de son approbation. Et cette dynamique ne changera nullement si vous finissez par être en couple.  Au contraire.  Le simple fait que tu as consenti à aller dans une relation avec elle après la manière dont elle t’a traité, ça lui démontre que son comportement est la formule gagnante.  Pourquoi irait-elle changer ça?

Celle qui annonce dès le départ que son enfant sera toujours sa priorité.
Entendons-nous bien : je ne dis pas qu’il est anormal ou incorrect qu’un enfant soit la priorité de sa mère.  Au contraire, cette situation va de soi.  Cependant, tous les psychologues vous le diront : l’amour maternel et l’amour romantique sont deux choses totalement différentes, et vécues indépendamment l’une de l’autre.  C’est le fait qu’elle les met tous les deux au même niveau, ET en compétition, ET en annonçant dès le départ que tu ne seras toujours que le numéro deux, qui est anormal et incorrect. 

C’est le genre de femme qui va souvent dire à son entourage « Si ma fille / mon fils ne l’aime pas, alors il n’y aura rien entre nous. »  Il est impossible d’avoir une relation de couple normale avec une femme qui se laisse dicter sa vie amoureuse par un enfant qui n’a ni la maturité émotionnelle ni l’expérience de vie requise pour prendre ce genre de décision.  Et même si ses enfants étaient adultes, ça les regarde en quoi? Ce que cette attitude démontre surtout, c’est un refus de sa part de prendre ses responsabilités en matière de couple.

Une chose est sure, c’est qu’avec elle, tu seras toujours mis à l’écart.  Il y aura EUX, il y aura TOI, mais il n’y aura jamais de VOUS.

Celle qui annonce d’avance sa négativité et sa toxicité.
J’en ai ici un excellent exemple, tiré de ma dernière expérience sur Facebook Rencontres l’année dernière.

Le doigt d’honneur.  La mention BITCH sur ses vêtements.  Aucune description de ce qu’elle aime.  Longue liste de ce qu’elle déteste.  Revendications colériques. Et surtout, pour seule et unique description de soi, la mention qu’elle a des idées merdiques, qu’elle est sarcastique, et qu’elle cherche un homme capable d’accepter ses abus.  Pour elle, tu ne seras jamais la tendre moitié de son couple.  Tu ne seras rien d’autre qu’une merde, et elle ne cessera jamais de te traiter comme tel.

Celle qui a une meilleure amie qui est sa sœur spirituelle.
L’amitié, c’est important.  Mais si elle te parle, en ces termes, de son amitié avec cette autre femme, alors oublie toute forme de vie privée.  Tout ce que tu dis, tout ce que tu fais, toutes vos activités romantiques, amoureuses, sexuelles, tout ce qui est supposé être le jardin secret de deux personnes amoureuses, lui sera aussitôt divulgué dans les moindres détails.  Et celle-ci ne manquera pas de te juger sur tous les points. 

Ce qui soulève particulièrement un Red Flag, c’est lorsque tu rencontres son amie et qu’elle te dit un truc dans le genre de : « J’aime mieux te prévenir tout de suite : si j’entends que tu lui fais du mal, alors ça va aller mal pour toi. »  Et même si ces menaces qu’elle te fait ne se concrétiseront jamais, deux choses restent certaines.  La première, c’est que peu importe comment on retourne la chose, il reste qu’il s’agit de menaces, donc d’intimidation, ce qui est illégal, voire criminel.  Et la seconde, même dans le plus harmonieux des couples, tôt ou tard, il va arriver un malentendu qui peut dégénérer en dispute.  C’est inévitable, et ce pour tout le monde.  Elle va aussitôt en parler à cette amie, et probablement aussi à sa famille complète.  À partir de ce point, et pour le reste de ta relation avec cette femme, ne t’attend jamais à être accepté dans son univers.  Tu y seras seulement toléré, tandis qu’ils attendent avec impatience le jour où elle va enfin se débarrasser de toi.

Celle qui n’est pas en relation avec toi, mais plutôt avec l’idée négative qu’elle a décidé d’avoir de toi.
Un ou plusieurs de ses ex l’ont trompée? Elle est influencée par les voix misandres qui dépeignent tout homme comme étant un abuseur? Elle souffre d’un complexe de persécution? Peu importe la raison, il reste qu’avant même de te rencontrer, elle avait déjà une idée très négative des hommes. Votre relation commence donc dans la méfiance et les soupçons. Et lorsque l’on se méfie d’une personne que l’on soupçonne des pires choses, on n’est certainement pas portés à s’investir émotionnellement dans le couple. Au premier conflit entre vous (qu’elle provoquera elle-même avec ses soupçons injustifiés) attends-toi à te faire jeter comme un déchet.

Un couple est supposé être basé sur une relation amoureuse. L’amour, c’est se dévoiler et se donner à l’autre sans retenue. Une personne qui garde ses distances, ou qui te garde à distance, ne peut ni se dévoiler ni se donner, et donc n’est pas amoureuse. C’est aussi simple que ça.

Plus c’est riche, moins c’est logique

Lorsque l’on évolue dans un milieu saturé par de grosses sommes d’argent, c’est comme être dans un autre monde.  Un univers dans lequel les règles sont non-seulement abusives, elles ne font aucun sens pour le reste de la population.

Cette anecdote remonte à l’année 1997 et se passe au Casino de Montréal, alors ouvert depuis quatre ans.  Elle est arrivée à Cédric, un ami que j’ai perdu de vue depuis.

Je venais de terminer deux ans de cégep et je travaillais depuis peu pour La Boite, une compagnie d’informatique.  Puisque je n’en étais qu’à mes premières semaines, j’y gagnais $11 de l’heure avec promesse (qu’ils tiendront) que ça allait monter à $14 si je faisais l’affaire une fois ma formation terminée.  À une époque où le salaire minimum était $6.80, le mien était fort honorable, même s’il n’était encore qu’à $11.

Un soir, Cédric m’appelle pour me faire l’offre suivante :

« Ça te tentes-tu de torcher des bécosses à seize piasses de l’heure a’ec moé ? »

Il m’apprend qu’il vient de se faire embaucher au Casino de Montréal en tant que préposé au ménage.  Et bien que le travail ne consistât pas seulement qu’à nettoyer des toilettes, comme il me l’avait si poétiquement décrit dans son offre, le travail payait effectivement $16 l’heure.  Et puisque c’était $5 de plus que mon travail à La Boite, il a pensé à me référer afin que nous puissions travailler ensemble.

Bien que le travail de concierge était moins stressant, moins compliqué et beaucoup plus payant que celui que j’allais avoir à faire pour La Boite, j’ai décliné.  Il faut préciser qu’à l’époque, j’avais des idées de grandeur qui me donnaient un côté snob, limite discriminatoire. Dans ma tête, être concierge, je ne pouvais pas imaginer plus bas de gamme comme métier. Alors même si le salaire était extrêmement concurrentiel, je préférais garder mon travail de bureau.  Parce que celui-là, au moins, je pouvais en être fier.  (Si on m’avait dit à ce moment-là que je deviendrais moi-même concierge de 2012 à 2018, je ne l’aurais jamais cru.)

Histoire de m’influencer à changer de carrière, Cédric allait m’appeler quotidiennement afin de me raconter ses expériences de travail. Il ne s’attendait juste pas à ce que ces expériences soient aussi mauvaises.

LA CONCIERGERIE AU CASINO, JOUR 1.
Peu après la fin de son heure de diner, Cédric est convoqué au bureau des ressources humaines.  Ils ont reçu des plaintes contre lui.  À quel sujet ?  Eh bien, pendant son heure de diner, il est allé faire un brin de conversation avec des préposé(e)s aux tables de jeux, également en pause de diner. 

« Un employé du ménage n’a pas à s’adresser aux employés situés aux échelons supérieurs, et encore moins aller s’asseoir à leurs tables.  Au fond de la salle à diner, il y a une porte sur laquelle c’est écrit SECTION RÉSERVÉE AUX EMPLOYÉS D’ENTRETIEN. Tiens-toi-le pour dit ! »

Et c’est ainsi que Cédric apprit que les employés du Casino n’étaient pas tous égaux. L’élitisme et la ségrégation régnait entre eux, et ce avec l’approbation de la Direction.

LA CONCIERGERIE AU CASINO, JOUR 2.
Ce jour-là, il pleuvait.  Alors que Cédric faisait sa ronde à l’extérieur afin de ramasser les déchets sur les pelouses longeant le bâtiment, il constata un problème à une gouttière.  Le tuyau qui descendait d’un mur était courbé au sol et continuait un mètre plus loin, où il se terminait au-dessus de la grille d’un égout. Or, à 50 cm au-dessus du sol, le tuyau était brisé.  L’eau en sortait en une cascade sur la pelouse, ce qui menaçait de l’abimer et d’éroder une partie du terrain.  En bon employé soucieux d’éviter des frais à son patron, Cédric a remis en place la section brisée du tuyau, qu’il a consolidé avec le ruban adhésif Duct Tape qu’il avait sur lui. L’eau coulait de nouveau dans son tuyau jusqu’à l’égout sans toucher à la pelouse. 

Il avait presque terminé son quart de travail lorsqu’il fut convoqué au bureau des ressources humaines.  Ils ont reçu des plaintes contre lui.  À quel sujet ? Le fait qu’il a réparé la gouttière.

« En faisant ça, tu as enlevé du travail au menuisier en l’empêchant de changer la tuyauterie, et au paysagiste en lui enlevant des dégâts de terrain à arranger.  Ces hommes auraient été supposés faire du temps supplémentaire pour réparer les dégâts.  Et maintenant, à cause de toi, ils n’ont rien à faire.  En te mêlant de ce qui ne te regarde pas, tu les as privés de leurs revenus.  C’est une faute très grave. »

Et c’est ainsi que Cédric apprit que les employés du Casino n’avaient pas à éviter des frais à leur employeur.  Ils devaient s’en tenir à leurs définitions de tâches, rien de plus.

LA CONCIERGERIE AU CASINO, JOUR 3.
De nos jours, le Casino est ouvert 24h.  Mais à l’époque, il était fermé la nuit de 03:00 à 06:00.  Pendant sa pause de diner, alors qu’il attendait à la caisse, Cédric a entendu un bout de conversation entre deux hommes qui faisaient partie du personnel administratif. Ils discutaient du fait que les cinq membres du boys band The Backstreet Boys étaient en tournée à Montréal.  Et qu’ils avaient demandés, et obtenus, la permission de venir visiter le Casino la nuit, pendant les heures de fermeture.

De retour au boulot après diner, le chef du personnel convoque les employés de ménage.  Il leur demande d’être particulièrement méticuleux ce soir, en faisant bien en sorte que tout reluise.  Afin de démontrer son sérieux et rassurer son chef, Cédric répond fièrement :

« C’est sûr que pour la visite des Backstreet Boys, on va mettre les bouchées doubles pour que tout soit impeccable. »

Trente minutes plus tard, Cédric est convoqué au bureau des ressources humaines.  Ils ont reçu une plainte contre lui.  À quel sujet ? Son commentaire sur la visite des Backstreet Boys.

« Quoi ? Parce que j’étais pas supposé en parler ? »
« Non ! Parce que t’étais pas supposé le savoir ! »

 » Ben là! C’est les deux gars du personnel administratif qui en ont parlé dans la cafétéria. C’est quand même pas de ma faute si je les ai entendus. « 
 » Oui ! Si tu étais resté dans la section réservée au personnel de l’entretient ménager comme je t’ai dit de le faire hier, tu n’aurais pas entendus des renseignements qui ne te concernaient pas.  »

 » On faisait tous les trois la queue à la caisse avec nos plateaux de repas. Ils étaient juste derrière moi. J’étais supposé faire quoi? Me boucher les oreilles jusqu’à ce que j’arrive dans ma section? « 
 » Ça ne change rien au fait que c’est la troisième plainte sur ton dossier en trois jours. Conformément aux réglements de Loto-Québec et de la Régie des Loteries et Courses du Québec, après trois avertissements, c’est un renvoi. « 

On lui a aussitôt confisqué ses clés, sa carte d’accès, son uniforme. C’est sous escorte étroite de deux membres de la sécurité qu’on l’a raccompagné jusqu’à son casier pour qu’il récupère ses affaires avant qu’on l’expulse des lieux en lui rappelant bien qu’il lui sera interdit de revenir au Casino pendant deux ans sous peine de poursuite judiciaire. (Un réglement crée afin d’éviter que des ex-employés frustrés reviennent se venger.)

Et c’est ainsi que Cédric apprit que la logique n’a aucun poids sur la balance de la justice lorsque d’un côté il y a deux membres du personnel administratif, et de l’autre il n’y a qu’un concierge embauché l’avant-veille, dont le dossier comporte déjà deux plaintes à son actif.

Comme quoi les boulots les plus payants viennent trop souvent des règles qui, dans le monde extérieur, ne font absolument aucun sens. Et c’est ce qui rend ces boulots très faciles à perdre. Je ne pouvais que me féliciter d’avoir gardé mon travail à La Boite qui ne me payait pour l’instant « que » $11 de l’heure.

Reconnaître le manque d’intérêt de l’autre à ton sujet

S’il y a une catégorie de personnes avec qui il ne faut surtout pas perdre son temps, ce sont ceux qui ne ressentent aucun intérêt pour nous.  Hélas, comme le dit le cliché, c’est plus facile à dire qu’à faire.  C’est surtout à cause que peu de gens auront l’honnêteté ou le courage de nous avouer franchement leur manque d’intérêt.   

Il y a une trentaine d’années, j’ai appris à la dure à faire la différence entre une personne intéressée et une qui ne l’est pas. Et les années qui ont suivi ont confirmé mes conclusions à l’effet que le manque d’intérêt se voit dans plusieurs de leurs comportements.  L’un des signes les plus clairs, et incidemment le plus frustrant, c’est la contradiction entre leur manière d’agir avec nous, et leurs agissements avec une autre personne. Par exemple:

La personne intéressée excuse.
La personne non-intéressée accuse.
C’est quelque chose que l’on voit souvent chez ceux et celles qui s’intéressent à une personne peu recommandable. Ils vont trouver toutes sortes d’excuses pour les frasques et autres mauvais comportements de cette personne.  Tout ça pour se justifier de l’aimer. Inversement, lorsque ces gens ne sont pas intéressés à une personne, ils vont lui trouver tout un tas de défauts, quitte à exagérer, et même en inventer s’ils n’ont rien de pertinent à lui reprocher. Tout ça pour se justifier de ne pas l’aimer.

La personne intéressée t’invite.
La personne non-intéressée t’évite.
Ça se voit dans plusieurs situations. Par exemple, la personne qui organise une sortie dans laquelle elle invite tout le monde, sauf toi. Ou dans le couple, comme je l’ai déjà vécu autrefois, alors que ma copine a radicalement changé de comportement avec moi. Par exemple, au début de la relation, elle me disait des « NOUS irons au cinéma, NOUS irons au bar, NOUS irons à une fête » … Et quelques semaines plus tard, son discours était « JE vais aller au cinéma, JE vais aller au bar, JE vais aller à une fête. »

Il se trouve qu’elle avait rencontré un type qui lui plaisait plus que moi, et qu’elle avait commencé une relation avec lui, sans me le dire. Alors pour ne pas « être la méchante de l’histoire » en me laissant tomber pour un autre, elle a préféré me ghoster dans le couple, histoire que je m’écoeure de la situation et ce soit moi qui casse.

Évidemment, moi, trop naïf pour imaginer son manque d’honnêteté, je ne comprennais pas pourquoi elle s’éloignait. J’ai passé deux mois à souffrir moralement de la voir s’éloigner, et à tout faire pour comprendre son changement de comportement, et à tout essayer pour la faire revenir à de meilleurs sentiments. Je lui ai même offert une porte de sortie, en lui disant que si elle n’était plus intéressée à ce que l’on soit en couple, elle n’avait qu’à me le dire. Je vais comprendre et accepter, sans même lui demander de se justifier. Et le lui ai offert non pas une, mais bien deux fois. À chaque fois, elle me répondait les excuses classiques comme quoi « elle était surmenée en ce moment », et que « j’imaginais son éloignement » et que « tout était dans ma tête. » Il a fallu qu’une amie que nous avions en commun prenne pitié de moi, après m’avoir vu me me démener dans cette situation sans issue pendant deux mois, pour enfin mettre fin à ma torture morale en venant me révéler la situation réelle.

La personne intéressée suggère.
La personne non-intéressée va se taire.
Tu suggères une sortie à une date précise.  L’autre personne te répond être désolée mais elle a un autre truc à son horaire ce jour-là.  Ce n’est pas nécessairement un signe de manque d’intérêt.  Les horaires conflictuels, ça arrive.  Cependant, si l’autre ne te suggère aucune autre date et/ou activité en retour, c’est parce qu’elle n’est pas intéressée.

Depuis, plus rien.

En fait, même lorsqu’elle te suggère une activité de rechange, si elle garde le silence à ce sujet jusqu’à la date où devrait se dérouler la dite activité, c’est parce qu’elle n’a toujours aucun intérêt à la faire avec toi. Elle n’a suggéré cette date ultérieuse que parce qu’elle cherchait à gagner du temps, en espérant que tu oublies.

Et ne croyez surtout pas qu’elle a simplement oublié. Une personne qui ressens de l’intérêt pour quelqu’un ne va jamais oublier une activité prévue avec cette personne.

La personne intéressée accepte.
La personne non-intéressée s’objecte.
La personne qui t’intéresse a certaines préférences en matière de candidat potentiel pour le couple. Qui n’en a pas!? Mais lorsque tu réponds parfaitement à ces critères, et qu’elle ne démontre toujours aucun intérêt pour toi, il faut se rendre à l’évidence comme quoi ce n’était qu’une excuse bidon.

Il correspond pourtant au critère qu’elle lui a imposé.

Ce qui est le plus frustrant, c’est lorsque l’on voit cette même personne s’en aller ensuite dans une relation avec quelqu’un qui ne possède nullement ces critères qu’elle t’imposait. Cette situation a au moins l’avantage de te montrer clairement à quel point tu perds ton temps à tenter de poursuivre toute forme de relation avec cette personne.

La personne intéressée t’implique.
La personne non-intéressée t’isole.
C’est quelque chose que l’on voit dans les couples, lorsque l’un demande à l’autre de faire une pause car il/elle « a besoin de réfléchir au sujet de nous deux. » Autant par observation que par expérience personnelle, dans 100% des cas, la personne qui donne cette raison vient de rencontrer quelqu’un qui l’intéresse plus que la personne avec qui elle est déjà en couple. Ce temps de réflexion qu’elle demande, c’est en fait du temps pour s’essayer de séduire l’autre.

Soyons réalistes : si tu es intéressé à sauver ton couple, tu va impliquer dans le processus de réflexion la personne avec qui tu sors, non? Si tu ne veux pas l’impliquer, c’est parce que tu cherches un moyen de fuir cette relation, n’est-ce pas? Ben voilà! C’est pareil pour tout le monde.

En conclusion, si la personne démontre un manque d’intérêt pour toi : Décroche! Ne confronte pas la personne. Ne lui fais pas de reproches. Ne la force pas à tenir ses promesses. Ne lui demande pas de se justifier. Ne salis pas sa réputation. N’en parle pas. Évite le sujet. Peu importe la raison pourquoi la personne n’est pas intéressés à toi, le fait demeure qu’elle n’est pas intéressée à toi. À partir de ce moment-là, tout ce que tu ferais à ce sujet te donnerait le mauvais rôle, voire une réputation entachée par accusations de harcèlement. Avoir de l’intéret ou non pour quelqu’un, ça ne se contrôle pas. Personne ne devrait se faire reprocher, et encore moins se justifier, de ne pas ressentir d’intérêt pour autrui. Alors l’option la plus pertinente dans ce cas-là, la seule en fait, c’est : Décroche!

Et n’oublie jamais cette vérité universelle :
La personne intéressée va trouver des solutions.
La personne non-intéressée va trouver des obstacles.

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D’autres articles complémentaires sur ce sujet.

7 raisons pourquoi il est difficile de dire « Non merci! »  explique pourquoi la majorité des gens vont prendre mille détours « dans le but que l’autre comprenne le message » plutôt que de leur dire franchement ne pas être intéressés.

Les gens attrayants ont toutes les qualités,
tandis que les gens moins attrayants ont tous les défauts. Et ce, même lorsqu’ils ont exactement le même comportement.

Quand l’autre devient soudainement déraisonnable, illogique et nébuleux, c’est un signe indéniable de la diminution de son intérêt pour toi, voire même de la disparition de cet intérêt.

Sexe: Homme, femme et autre

Avec la rentrés à nos portes, je me souviens de mes premiers jours d’école du début des années 80. L’année scolaire commençait souvent avec des questionnaires à remplir. Ceux-ci avaient tous des questions à choix multiples, qui se terminaient par l’option « autre. »

Il n’a fallu que peu de temps pour que mes amis et moi pensions à faire la même blague. Lorsque l’on recevait de ces questionnaires, et que l’une des premières cases à cocher était « SEXE: Homme. Femme », on s’amusait à dire à voix haute: « SEXE: Homme? Femme? Autre? », et on se trouvait très drôle de notre gag absurde.

Eh bien aujourd’hui, beaucoup de ces questionnaires le demandent, « Homme? Femme? Autre? », et ça n’a plus rien d’absurde.

On m’a déjà demandé mon opinion sur ce fait. Pour être franc, je n’ai pas d’opinion. Je n’ai pas à en avoir. Étant homme, donc ni femme ni autre, le sujet ne me concerne pas.

Ce que je sais, pas contre, c’est que si j’étais « autre », je crois bien que je serais heureux que le monde reconnaisse enfin mon existence en tant que personne, et non en tant que chute d’une blague parce que l’on me croit trop absurde pour exister.

La théorie de l’évolution sociale

Comme d’habitude, je vais écrire d’un point de vue masculin, puisqu’il s’agit d’une expérience personnelle. Mais ce dont je parle s’applique à tous les genres.

Il y a un problème récurrent que j’ai eu dans la majorité de mes relations de couple. À quelques rares exceptions près, mes partenaires n’étaient pas à l’aise avec l’idée que je puisse évoluer. Dans certains cas, ça allait jusqu’à les faire paniquer. Ça pouvait être pour des décisions importantes, comme perdre du poids ou réorienter ma carrière. Elles me disaient alors que je n’ai pas besoin d’être maigre ou bien riche pour être heureux. Ou alors c’était pour des choses de moindre importance, comme me teindre les cheveux ou faire arranger ma dentition. Là encore, je me faisais dire que ce que je cherchais à améliorer ne dérangeait personne d’autre que moi. Mais parfois les réactions étaient beaucoup plus violentes, comme la mère de mes enfants qui était tellement contre l’idée que je puisse améliorer ma santé et ma forme, qu’elle jetait, brisait ou donnait mon équipement de sport.

Je me suis souvent demandé quelle était la raison de ce comportement anti-évolution. Et c’était d’autant plus incompréhensible du fait que ces femmes avaient toutes des personnalités différentes. La seule chose qu’elles avaient en commun, c’était moi. Dans ce temps-là, vous connaissez le cliché : Si tu as un problème dans une seule de tes relations, le problème vient de l’autre. Mais si tu as le même problème dans toutes tes relations, alors le problème vient de toi.

Je veux bien le croire. En tant que solutionnaire, j’ai toujours été homme à faire face à mes travers, car les reconnaitre est la première étape qui permet de les corriger. N’empêche que j’avais beaucoup de difficulté à comprendre où se situait mon problème de comportement, au juste. En quoi est-ce que le fait de vouloir évoluer et d’améliorer ma situation et la majorité des aspects de ce que je suis, puisse être aussi tabou aux yeux de toutes ces femmes? Et pas seulement celles avec qui j’ai été en couple. Prenez par exemple ce bout de conversation que j’ai eu il y a dix mois, au début de l’automne dernier, avec cette femme de 46 ans contactée sur Facebook Rencontre

Certaines personnes ne verront jamais autre chose que du négatif dans tes plus beaux projets.

En quoi est-ce que le fait de vouloir rembourser mes dettes et améliorer ma forme puisse être le signe comme quoi je suis en revirement, en recherche de soi, en manque à combler et en souffrance, comme elle dit? Ces insinuations sont à la limite de l’insulte.

Je n’avais juste pas encore constaté à ce moment-là l’existence des trois règles psychosociales que voici.

  • Lorsque tu es adolescent et jeune adulte, il est normal et surtout souhaitable d’évoluer. Les gens s’attendent à ça. 
  • Lorsque tu as entre 25 et 30 ans et que tu es en évolution (en retournant aux études, par exemple), tu retardes un peu sur la majorité des gens. Mais ça demeure acceptable aux yeux de la société.
  • Lorsque tu atteint la trentaine, tu es supposé être ce que tu seras pour le reste de ta vie. Parce que si tu n’es pas stable, alors tu es un instable, ce qui est très mal vu.

Alors oui, dans de telles conditions, je suppose que quand un homme de 54 ans cherche à améliorer plusieurs aspects de sa vie, on puisse s’imaginer que quelque chose ne va pas chez lui.

Le statu quo est roi.
Lorsqu’une femme tombe en amour avec toi, elle ne craque pas pour celui que tu étais avant, ni celui que tu deviendra plus tard. Ce qui l’intéresse, c’est celui que tu es maintenant. Et si tu es un adulte de plus de 30 ans, elle s’attend instinctivement à ce que ta situation de carrière, financière et ton physique restent stable jusqu’à l’âge de ta retraite. Elle t’accepte comme tu es, elle est confortable avec ce que tu es, et elle t’aime tel que tu es. Alors lorsque tu dis vouloir évoluer, tu lui annonces que tu vas lui enlever sa confortable stabilité pour la remplacer par de l’inconnu. C’est une situation avec laquelle très peu de gens sont à l’aise.

Dans mon cas personnel, pour diverses raisons que j’ai déjà expliqué ici (Entre autres, dans la série de billets un câble d’acier ombilical) je n’ai pas pu évoluer au même rythme que le reste des gens. Oui, j’ai évolué dans le positif, mais ce fut dans la trentaine, la quarantaine, et ça continue maintenant que je suis dans la cinquantaine.

Le but de l’évolution, qu’elle soit sociale financière ou physique, c’est d’atteindre notre summum personnel. Ce n’est qu’à partir de ce moment-là que l’on obtient la stabilité. Ce qui signifie que tant que je n’aurai pas atteint ce plateau, il me sera inutile de chercher à me mettre en couple. Car la femme qui serait confortable avec ce que je suis maintenant ne le sera pas nécessairement avec celui que je serai demain.

On pourrait croire que la solution est simple : Je n’ai qu’à me trouver une femme qui serait elle aussi en constante évolution. Comme Flavie l’a été, en retournant aux études il y a six ans, alors que nous étions en couple. Mais ceci a eu comme conséquence de mettre de la distance entre nous, alors que nos deux vies ont pris des chemins totalement différents. Je dois donc me rendre à l’évidence : si je veux avoir une vie de couple stable je dois d’abord avoir une vie stable.

Il y a quelques billets de cela, je disais qu’après trois ans en tant que préposé aux bénéficiaire, je me sentais prêt à passer à l’échelon supérieur, en suivant une formation de quatorze mois pour devenir infirmier auxiliaire. Avant de m’y lancer, je me suis renseigné. J’ai demandé à une collègue qui a suivi cette formation de m’en parler un peu, et de me refiler ses livres et notes de cours. 

Mon principal atout dans mon évolution, c’est que je connais parfaitement mes forces et mes faiblesses. C’est ce qui m’a permis en onze ans de passer d’artiste à homme de ménage, à concierge, à surintendant, à employé de bureau pour la BAnQ, à support technique pour la banque de Montréal, et enfin à préposé aux bénéficiaires. Mais au bout d’une semaine à parcourir les documents de la formation d’infirmier auxiliaire, il a fallu que je me rende à l’évidence. Cette formation est trop compliquée pour moi. Et pas juste pour moi. Dans les chiffres officiels, 40% de ceux qui l’ont prise en même temps que ma collègue l’ont coulé.  

Ce qui signifie qu’après toutes ces années, j’ai atteint mon plein potentiel côté carrière. Je suis préposé aux bénéficiaires et je le resterai. Cette partie de ma vie est maintenant stable, et elle le restera jusqu’à ce que j’arrive à l’âge de la retraite. Et puisque je n’ai plus de dettes, mon évolution sera maintenant financière, alors que je vais pouvoir investir mes gains dans divers placements afin de m’assurer de vieux jours confortables.

Il n’y a plus que du côté du physique que je puisse encore faire preuve d’évolution, en atteignant mon plein potentiel de santé, de force et de développement musculaire. Comme je l’ai démontré dans le billet précédent, je suis sur la bonne voie. Aussi, je crois que dans une période allant de 6 à 12 mois, j’aurai là aussi atteint mon summum personnel. À ce moment-là je serai enfin à mesure d’offrir la stabilité que cherche une femme mature chez un homme de mon groupe d’âge. Ce qui fait que la prochaine femme qui tombera en amour avec moi sera assurée que je serai toujours celui qui l’aura seduit.  

Ce qui signifie que ma prochaine relation sera fort probablement la bonne.

L’orgueilleux complexé, cet ennemi inévitable et éternel.

N’accepte jamais de te faire rabaisser par quelqu’un de ton entourage, surtout en blagues.  Parce qu’en l’acceptant, tu lui passes le message comme quoi tu es d’accord pour être dans une relation abusive dans laquelle tu seras la victime éternelle de ses remarques rabaissantes. Et pire encore, ça passe le message à tout ton entourage comme quoi il est normal de te manquer de respect et d’abuser de toi.

La raison pour laquelle je dis surtout en blagues plutôt que même en blagues, c’est parce que toute personne qui ressent le besoin vital de rabaisser un ami va immanquablement utiliser l’humour comme véhicule pour ses insultes, dans le but de les rendre acceptables.  On désigne généralement cette pratique sous le nom de sarcasme.  Or, qu’est-ce que c’est, dans le fond, qu’un sarcasme, hm?  C’est une remarque que l’on fait dans le but de déstabiliser l’autre, de l’insulter en douce, d’exercer un certain pouvoir sur lui, voire de manifester un genre de contrôle. 

Il est normal d’user de sarcasmes contre un ennemi, une connaissance quelconque ou un étranger.  En revanche, le sarcasme n’a pas sa place dans une relation d’amitié. Il y a une différence entre la simple taquinerie légère et la remarque condescendante lourde. Peu importe si cette remarque est dite avec sérieux ou sur le ton de la blague, ça ne change rien au fait que :

  1. Cette idée négative à ton sujet lui est venue en tête.  Un véritable ami n’aura jamais ce genre de pensée pour toi.
  2. C’est une remarque rabaissante, donc une insulte. Une personne respectueuse n’insulte pas les autres, et encore moins celui de qui il se prétend l’ami.
  3. S’il ne peut s’empêcher de t’exprimer cette chose négative qu’il pense de toi, c’est parce qu’il est très important pour lui de te convaincre que tu es aussi inférieur qu’il a besoin que tu sois.

Quel genre de personne agit ainsi avec son entourage, incluant ceux et celles qu’elle prétend apprécier et/ou aimer?  En deux mots : L’orgueilleux complexé.  Ou l’orgueilleuse complexée si c’est une femme. Mais pour alléger le texte, je vais m’en tenir au genre masculin.

L’orgueilleux complexé est ainsi nommé car il s’agit d’une personne qui, pour diverses raisons, ressent un profond complexe d’infériorité.  Au niveau de l’inconscient, il n’a pas l’impression qu’il est à la hauteur des autres, et il ne croit pas non plus avoir ce qu’il faut pour s’élever à leur niveau.  Ce complexe d’infériorité combiné à ce sentiment d’impuissance à y changer quelque chose est insupportable pour son orgueil.  Aussi, par instinct de survie moral, il développe le réflexe compensatoire de se penser meilleur que les autres. Mais puisqu’il n’a aucune raison valable de le croire, la seule façon pour lui de confirmer cette pensée, c’est en rabaissant les autres plus bas que lui. 

Pour ressentir le besoin de te rabaisser, il faut qu’il te considère instinctivement comme étant supérieur à lui. Or, quand une personne a un complexe d’infériorité, tout le monde lui semble supérieur. Incluant ses amis.

Non seulement l’orgueilleux complexé te rabaisse sur la moindre chose que tu fais, dis, aime, etc, son besoin de te trouver des défauts le pousse à t’en inventer : Soupçons fantaisistes, sous-entendus aberrants, interprétations négativement biaisée des faits, opinions impertinentes. Ceci créé une dynamique dans laquelle il se place en position supérieure, en tant que personne à qui tu as toujours des comptes à rendre. Ce qui l’encourage encore plus à se moquer de toi avec condescendance.

À ce sujet, l’orgueilleux complexé tentera parfois de se justifier, en disant que ses blagues insultantes à ton sujet, c’était seulement un test qu’il te passait.  C’était pour voir le genre de personne que tu es vraiment.  Pour voir si tu es fort, capable d’en prendre, ou un snowflake fragile.  Effectivement, il te teste sans cesse. Sauf qu’en réalité, c’est pour voir jusque où il peut aller pour satisfaire son besoin de te trainer dans la boue.  Et parfois, histoire de te t’encourager à endurer, il te dira la phrase classique « Quand on ne vaut pas une risée, on ne vaut pas grand-chose. »  Une phrase qui exprime clairement que la seule et unique valeur que tu as à ses yeux, c’est en tant que sujet de ridicule.

Rabaisser les autres est tellement important pour le bien-être moral de l’orgueilleux complexé que ça lui est nécessaire, voire même vital.  La preuve, c’est qu’au moment où tu lui étales en face ce comportement négatif, il va se sentir envahi par un grand sentiment de malaise comparable à celui d’un claustrophobe réalisant qu’il se fait enterrer.  Alors qu’une personne normale va s’excuser si tu lui dis qu’il t’a blessé, l’orgueilleux complexé va prendre tes paroles comme une attaque personnelle et il va te péter une crise d’hystérie. Il contre-attaque promptement en te lançant des jugements négatifs, en t’accusant d’être susceptible, frustré, insécure, fragile

C’est ce qu’on appelle faire de la projection. Car en effet, en agissant de la sorte, c’est plutôt lui qui fait preuve de ce dont il t’accuse.  Être insulté de se faire demander d’arrêter ses abus, c’est être susceptible.  En lui demandant de cesser de t’abuser, tu le frustres dans son besoin de le faire.  D’ailleurs, ce besoin constant de rabaisser les autres plus bas que soi, il n’y a pas plus grand signe d’insécurité.  Enfin, faut-il être fragile pour péter un câble, juste parce qu’on lui demande de s’abstenir d’insulter autrui.

Face à ton refus de subir ses abus, son réflexe d’inverser les rôles fera qu’il se donne l’image de la victime tout en t’accusant toi d’être la personne toxique du duo puisque, prétend-t-il, tu essaies de le faire passer pour le méchant. Cette petite BD que j’ai fait il y a quelques années illustre bien ce phénomène.

Aux yeux de l’orgueilleux complexé, ce que tu lui as fait est tout simplement impardonnable. Ça fera de lui ton ennemi acharné pour le reste de ses jours.  Ça peut sembler exagéré à dire, ça n’en demeure pas moins un fait.  Il ressentira pour toi une haine féroce et une rancoeur éternelle qui le poussera à parler et agir contre toi pendant dix, vingt, trente ans après cette seule et unique confrontation entre vous deux.  Une dans lequel ton seul crime a été de dire non à ses abus.

L’une des choses dont l’orgueilleux complexé a besoin pour sa survie morale, c’est l’appui et le support des autres.  Voilà pourquoi il tentera de convaincre votre entourage commun de lui servir d’armée personnelle dans sa croisade contre toi.  Pour ce faire, il va médire éternellement à ton sujet.

Le plus pathétique dans tout ceci, c’est qu’à ceux qui lui demanderont ce qu’il te reproche au juste, jamais l’orgueilleux complexé ne dira la vraie raison.  C’est parce qu’en tant qu’orgueilleux, il est incapable d’avouer ses torts et ses travers. Il ne faut donc pas s’attendre à ce qu’il explique que « Je prends très mal le fait qu’il voit bien que je suis un complexé qui a besoin de rabaisser les autres afin de me sentir mieux avec moi-même. »  Pour se justifier, il est donc obligé de t’inventer toutes sortes de défauts que tu n’as jamais eu, te prêtant des motivations que tu n’as jamais ressentis, en t’accusant de gestes que tu n’as jamais commis. Trois choses dans lesquelles vos amis en commun ont bien du mal à te reconnaître.

Et voilà pourquoi dans le titre de ce billet, je dis que c’est un ennemi inévitable et éternel.  Inévitable parce que l’on n’a hélas aucun contrôle sur les gens que le hasard met sur notre chemin. Et éternel, parce qu’une fois que l’orgueilleux complexé est dans ta vie, tu n’as que deux choix : Le subir en tant qu’ennemi qui s’affiche en tant qu’ami et qui met beaucoup d’efforts pour te descendre avec joie.  Ou bien le subir en tant qu’ennemi qui s’affiche comme tel et qui met beaucoup d’efforts pour te descendre avec haine.

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Pour lire davantage sur le sujet:


Il y a beaucoup de similitude entre le comportement d’un orgueilleux complexé et celui d’une personne conflictuodépendante (pour qui le bien-être dépend des conflits), au point qu’une personne peu très bien être les deux à la fois. Voyez le billet 40 signes pour détecter d’avance une personne conflictuédépendante, et voyez si ça s’applique.

Puisqu’il s’agit de rabaisser autrui pour se sentir mieux avec soi-même, voici 9 sujets insignifiants qu’utilisent certaines personnes pour se sentir supérieures aux autres.

En rapport à ce que je dis plus haut, voici une explication de ce qu’est Le réflexe compensatoire.

Et ici, j’explique pourquoi ces gens ont recours à La prétention par réflexe de survie.

Et ici, vous avez le liens vers tous les autres billets de la SÉRIE: La conflictuodépendance 

Le négatif, le positif, l’illusionniste et le réaliste 

Lorsqu’il s’agit de faire face aux problèmes, la personnalité des gens se divise en quatre catégories. 

Le négatif va regarder les faits. Il va les accepter tel quel, en tant que fatalité. Et il ne fera aucun effort pour changer ces faits, ni pour tenter d’améliorer les choses. Pour lui, il s’agit tout simplement d’une cause perdue.

Le positif refusera de voir les faits comme étant quelque chose de négatif. Il ne fera aucun effort pour changer ces faits, ni pour tenter d’améliorer les choses. Il va tout simplement faire preuve de mauvaise foi constante en niant la problématique, affirmant plutôt qu’il s’agit de quelque chose de positif, de pertinent, voire même de nécessaire.

L’illusionniste va regarder les faits. Il refusera de les accepter. Il tentera d’améliorer les choses, mais sans pour autant y mettre l’effort requis. À la place, il va tricher, maquiller, arranger, mentir, dissimuler, prendre tous les raccourcis imaginables pour donner l’illusion aux autres, mais surtout à lui-même, que les choses s’améliorent. Ce qui va immanquablement lui ajouter de nouveaux problèmes. 

Le réaliste va regarder les faits. Il fera appel à sa logique afin de juger chaque chose avec objectivité et réalisme. Il a la capacité de voir lesquels de ces faits qui doivent être modifiés, améliorés, voire éliminés, et quels autres ne peuvent aucunement changer. Il va s’attaquer à la racine du problème. Il mettra le temps et l’effort requis afin d’atteindre ses objectifs.  

Le réaliste est la personnification vivante de cette phrase du philosophe Marcus Aurelius «Que la force me soit donnée de supporter ce qui ne peut être changé et le courage de changer ce qui peut l’être mais aussi la sagesse de distinguer l’un de l’autre.»  Aussi connue en tant que prière de la sérénité : « Mon Dieu, donne moi la force d’accepter les choses que je ne peux changer, le courage de changer les choses que je peux, et la sagesse d’en connaître la différence. »

Puisque je me considère comme étant un réaliste, cette école de pensée rejoint ma propre formule gagnante : Courage, ténacité, sagesse. Le courage d’entreprendre quelque chose. La ténacité d’y mettre un effort à long terme. Et la sagesse de voir, à tout moment, si cet objectif est toujours viable ou non. Car parfois les faits changent en cours de route, ce qui demande une capacité d’adaptation afin de modifier nos objectifs et la manière de les atteindre, si c’est encore possible. 

L’une des plus grandes sources de déception chez un réaliste, c’est de constater qu’il sera toujours entouré de gens négatifs, positifs et illusionnistes. Trois catégories de gens qui non seulement ne font rien pour améliorer leur sort, ils seront toujours là pour donner de mauvais conseils aux autres. 

Exemple de mauvais conseils : Un jour, le réaliste constate qu’en prenant de l’âge, il prend aussi du ventre et il perd du souffle et de la force. Il reconnait les faits, comme quoi il s’est négligé au niveau santé et physique. Il n’aime pas les conséquences que cette négligence lui a apporté. Pour être de nouveau bien avec lui-même, il doit perdre de la masse de gras, prendre de la masse musculaire, et travailler son système cardiovasculaire. Il s’y met donc : Gym, poids, haltères, course, vélo, meilleure alimentation et diminution des portions. À partir de là… 

  • Le négatif va lui dire que ça ne sert à rien. Que l’on est tel que la nature nous a fait. Qu’il faut s’accepter tel que l’on est.  
  • Le positif va lui dire que tout est dans sa tête. Qu’il n’est pas gros du tout. Et qu’il devrait se mettre au principe du Body Positivity en refusant de plier aux normes sociales en matière de santé, en prétendant que son corps est déjà parfait tel qu’il est. 
  • L’illusionniste lui suggérera plutôt quelques solutions alternatives parfois coûteuses: Gaine, corset, liposuccion, implants, botox, etc. Des options qui ne règlent pas du tout le problème réel (oisiveté, mauvaise alimentation) mais qui en donnent l’illusion. Encore faut-il que ça donne les résultats escomptés, ce qui n’est pas du tout garanti. En plus d’ajouter d’autres genres de problèmes. 

Le problème avec le négatif, le positif et l’illusionniste, c’est qu’ils sont incapables de faire la part des choses. Pour eux, tout va dans le même panier. Chez le négatif, chaque problème est insurmontable. Chez le positif, chaque problème est nié. Chez l’illusionniste, chaque problème est dissimulé. À l’opposé, le réaliste va trouver le problème, reconnaître son existence, et l’étudier à fond pour voir s’il y a moyen de le régler. Et si oui, il fera ce qu’il a à faire pour y parvenir.

Ce qui fait qu’au bout du compte, chez le réaliste, le problème finit par disparaitre. Tandis que chez le négatif, le positif et l’illusionniste, le problème perdure éternellement.

Mes lecteurs de longue date savent que j’ai passé la majorité de ma vie adulte à me battre contre l’embonpoint. Je sais ce que j’ai à faire pour perdre du poids, et je l’ai appliqué souvent. En général, il ne me faut que trois à quatre mois pour atteindre cet objectif. Je m’y maintiens pour une période allant de quelques mois à quelques années. Puis, peu à peu, sans trop m’en rendre compte, mon naturel revient et mon poids remonte. 

Cependant, ce que je ne crois pas vous avoir déjà avoué, c’est que toute ma vie, j’ai rêvé posséder un corps plus athlétique et musclé que la moyenne. J’ai eu à faire face à plusieurs obstacles qui m’en ont empêché ou qui ont ralenti mes progrès : La génétique qui m’a fait chétif. La râclée que m’a donnée mon père lorsque j’avais sept ans, me brisant un fémur et deux vertèbres, déformant mon physique assez pour m’handicaper au point de ne pouvoir pratiquer aucun sport dans ma jeunesse. Les conjointes qui jettent, donnent, brisent, mon équipement de gym, de peur que si je deviens plus sexy, je les quitte pour des femmes plus sexy. La pauvreté qui m’a empêché pendant de nombreuses années de me payer le gym. L’ignorance de quels exercices choisir et la bonne façon de les faire. Et surtout, mon propre découragement. Par exemple, à de nombreuses reprises, ma mise en forme était un plan en deux parties. La première partie était de perdre du gras. Et la seconde partie était d’ensuite prendre du muscle. Or, à chaque fois que j’avais atteint mon premier but au bout de trois ou quatre mois, je n’avais plus tellement envie de repartir à zéro et à donner de nouveaux efforts dans un nouveau programme, cette fois d’exercices musculaires. 

Suite à mon dernier embonpoint, j’ai regardé le problème de manière réaliste et j’ai trouvé la solution: inverser ma méthode. Cette fois, j’allais commencer par prendre du muscle. Ensuite, je ferai fondre ma graisse pour les voir.

De nos jours, pas besoin de se payer un entraineur privé pour connaitre la bonne façon de s’exercer, Youtube regorge de tutoriels gratuits. J’ai fait mes recherches et je me suis créé un nouveau programme. Depuis décembre dernier, c’est à dire depuis les sept derniers mois, je mets le focus sur le gain musculaire. Bonus inattendu : l’exercice musculaire brûle aussi du gras. Ce qui fait que dans cinq mois, lorsque je cesserai la musculation (anaérobie) pour commencer le cardio (aérobie), une bonne partie de mon travail sera déjà accompli. 

Le 21 juillet dernier, j’ai eu 55 ans. Bien que je sois encore très loin d’avoir un physique de compétition, ça ne change rien au fait que je suis en ce moment dans la meilleure forme physique de ma vie jusqu’à maintenant. 

Mon corps est encore bien imparfait puisqu’il n’est, à ce point-ci, qu’un projet en cours de réalisation. J’ai toujours du gras à la taille et je suis encore loin de mon objectif musculaire. Mais je suis sur la bonne voie et je ne compte pas m’arrêter là. Je sais ce que j’ai à faire. Et j’ai la volonté de le faire 

Deadlift / Soulevé de terre, avec un poids de 200 lb / 91 kg + la barre

Pendant ce temps, parmi les négatifs, les positifs et les illusionnistes que j’ai côtoyé durant toute ma vie, et qui eux aussi rêvaient du physique parfait, aucun d’entre eux n’a atteint mon niveau de forme, de force et de résistance. Et de ceux qui sont autour de mon âge, plus de la moitié ont maintenant des problèmes d’articulations, de cholestérol, de pression, de cœur, de diabète…  

Dans ce billet, je ne donne que la santé et le physique comme exemple. Mais lorsque l’on a une approche toute aussi réaliste pour l’éducation, le travail, les finances, les habitudes, la personnalité, les amours, etc, tout ne peut que s’améliorer. Je le sais car c’est ce que je fais, et tels sont mes résultats dans ces mêmes aspects de ma vie.  

Car c’est en étant réaliste que l’on accumule les réalisations.

Que feriez-vous à ma place?

Il y a quatre ans, lorsque je travaillais pour La Firme, mon premier contrat était de numériser des documents pour la Bibliothèque et Archives nationales du Québec.  C’est en ayant accès à ces archives que j’ai pu créer ma page Autour du Mont-Saint-Hilaire d’autrefois qui a plus de 7 400 abonnés au moment où j’écris ces lignes. J’ai encore de bons contacts avec certains de mes ex-collègues de la BAnQ. 

Ce qui suit est ma conversation d’hier avec l’un d’eux.  Le tout est reproduit (et condensé) avec sa permission.  Afin d’en faciliter la compréhension, j’inclurai des images que je n’avais pas sous la main au moment de l’échange original.

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LUI: Les bibliothèques mettent à la disposition du public des postes internet.  Ça fait plusieurs années que l’on reçoit des plaintes à l’effet que des gens les utilisent dans des buts illicites.  La BAnQ a décidé d’y mettre fin.  Puisque tout ce qui se passe sur ces ordinateurs publics est enregistré, on nous a chargé d’y retracer les usagers qui en font un usage illégal et criminel.  Par exemple, si on entre « pornographie juvénile » on voit tout de suite quel usager a écrit ces mots, à quelle bibliothèque, sur quel terminal, à quel jour et à quelle heure. Il ne reste plus qu’à scruter à la loupe le backlog des activités de cette personne sur ces ordis.

MOI: D’accord.

LUI: Est-ce que tu connais un gars nommé K███ B███████ ?

MOI: Bah ouais!  C’était un collègue, du temps où je faisais de la bande dessinée.

LUI: De novembre à janvier dernier, il a vandalisé à de très nombreuses reprises ta page sur Wikipedia, la française et l’anglaise.

Cliquez pour agrandir.

MOI: Ah bon?

LUI: Il a commencé par t’accuser de violence conjugale.  Attend, je vais t’envoyer d’autres images.

LUI: Avant de changer ça pour attouchements sur des enfants.

LUI: Pour finalement prétendre que tu aurais fait de la prison en 1995 pour possession de pornographie juvénile. 

LUI: C’est justement parce qu’il a écrit ça que son nom est apparu dans nos recherches.

MOI: Je n’ai jamais fait de prison, pour la simple et bonne raison que je n’ai jamais fait de violence conjugale, ni d’attouchements sur des enfants, et je n’ai jamais possédé de porno juvénile non plus.

LUI: Voilà pourquoi il n’avait aucune preuve à apporter. Les modérateurs de Wikipedia ont effacé plusieurs fois ses modifications.  Il a écrit à l’un d’eux personnellement en lui jurant que tu avais fait ce dont il t’accuse.  Et dans le même message, il menace d’utiliser les réseaux sociaux afin de continuer de salir ta réputation le plus possible.

Cliquez pour agrandir.

MOI: Oui mais plusieurs personnes utilisent vos terminaux. Comment savez-vous que c’est bien K███ B███████ qui a fait ça?  Par sa carte de bibliothèque quand il se logue?

LUI: Ça ne suffirait pas.  Trop de gens écrivent leur NIP dessus.  Ça leur permettrait de prétendre s’être fait voler leur carte.  Mais puisqu’ils se loguent dans leur Facebook et leur courriels officiels en même temps qu’ils posent ces gestes illégaux, là ils ne peuvent plus prétendre qu’ils sont victimes d’une erreur sur la personne. 

(Sur ce, il m’envoie une capture d’écran de la page Facebook de K███ B███████, que je ne vous montrerai pas ici pour des raisons évidentes.)

LUI : C’est bien lui?

MOI : C’est son style de dessin en tout cas.  À partir de quelle bibliothèque est-ce qu’il a modifié mon Wiki?

LUI : La Grande Bibliothèque du métro Berri-UQÀM à Montréal.

MOI : Ce qui fait du sens puisqu’il habite à quelques minutes de marche de là. Qu’est-ce que vous allez faire avec ces renseignements?

LUI : On va envoyer les dossiers au département de sécurité qui va vérifier les caméras du lieu, de la date et de l’heure qui correspondent au moment où les contrevenants ont utilisé du matériel gouvernemental (les ordis de la BAnQ) à des fins criminelles (Dans son cas, harcèlement, intimidation et atteinte à la réputation), et ça leur donne un visuel des contrevenant pour compléter les dossiers.  Il ne leur reste plus qu’à envoyer le tout aux autorités. 

MOI: D’accord.  Et comment allez-vous procéder aux arrestations des contrevenants?  Ça va être chez eux?  Ou aux bibliothèques, la prochaine fois qu’ils s’y loguent?

LUI: Je n’ai pas la liberté d’en parler.  Mais toi, qu’est-ce que tu vas faire avec ça?  K███ B███████ affirme clairement qu’il répand ces mensonges partout, pas juste sur ton Wiki.

MOI: Je peux facilement m’en disculper.  Afin de pouvoir occuper un travail de haute sécurité, j’ai eu à me procurer un document produit par la GRC qui déclare que je n’ai pas de dossier judiciaire.  Je ne peux donc pas avoir fait de prison.

MOI: Remarque, je suppose qu’il y en a qui vont dire que j’aurais pu recevoir un pardon.

LUI: Non. La GRC inscrit les pédophiles sur Le Registre national des délinquants sexuels (RNDS) et ça les suit toute leurs vies. Si tu en avais été trouvé coupable, tu n’aurais jamais pu obtenir un pardon.

MOI: De plus, en 1993-94-95, j’étais de retour aux études au Centre Saint-Paul pour finir mon secondaire. Ensuite, en 1995-96-97, je poursuivais mes études au Cégep André-Laurendeau.  Et j’ai les relevés de notes du Ministère de l’Éducation avec les dates pour le prouver. 

MOI: Et de août 1997 à avril 2000, j’étais employé à CGI, ce que confirment mes rapports d’impôts. 

MOI: Alors contrairement à ce qu’il jure aux modérateurs de Wikipedia, je ne pouvais pas « être en prison pour dix-huit mois à partir de 1995 », comme il dit.

LUI: Effectivement.

MOI: De toute façon, en 1995, j’étais très actif dans le monde de la BD.  Si j’étais disparu pendant un an et demi pour faire de la prison, ça se serait su.

LUI: Mais est-ce que tu compte passer ta vie à trainer avec toi ton papier de la GRC, ton relevé de notes et tes déclarations d’impôts pour te blanchir de cette accusation à chaque fois que tu vas rencontrer quelqu’un?  Ça n’a pas de sens.

MOI : Ouais, j’avoue!

LUI : Pourquoi est-ce qu’il te fait subir ça?  Et pourquoi cette accusation-là en particulier?

MOI: Le simple fait qu’il a rédigé 2-3 accusations différentes sur Wiki avant de s’arrêter sur celle-là démontre quelque chose que mes proches ont déjà constaté depuis des années : il ne sais pas de quoi m’accuser. Il ne trouve rien de pertinent à me reprocher, alors il est obligé d’inventer: violence, obsession sexuelle, misogynie… Tu sais que Flavie a toujours été une militante féministe engagée. Je n’aurais certainement pas pu être en couple avec elle de 2013 à 2018 si j’étais tel que K███ B███████ me dépeint.

LUI: Ha! Ha! C’est vrai.

MOI : Et pourquoi cette accusation-là en particulier? Parce que nous sommes à l’époque de #DénonceTonPorc, #MoiAussi, #OnVousCroit. Face à ce genre d’accusations, pas besoin de preuves, tout le monde est porté à le croire. C’est à l’accusé de faire la preuve de son innocence. 

LUI: Et même quand il la fait, il reste toujours un doute dans la tête des gens.

MOI: Voilà! Quant à savoir pourquoi il est sur mon cas, aucune idée.  On a été amis de 1997 à 2003.  Il a décidé à ce moment-là de faire un 180 degrés en commençant à s’attaquer à ma réputation, et il n’a jamais arrêté depuis.  Je n’ai jamais su pourquoi.  Remarque, je n’ai jamais posé la question non plus.

LUI: Depuis 2003? Mais il a quel âge?

MOI: Il a deux ans de plus que moi, ça lui en fera donc 57 le mois prochain.

LUI: HEIN? T’es pas sérieux? Il agit encore comme ça à son âge?  Et ça fait 20 ans?  Pas non-stop, quand même?

MOI: Oui!  Au fil des années, sans que je ne le demande, quelques uns de nos amis en commun m’ont envoyé des captures d’écran de ce qu’il écrit à mon sujet.  J’ai pu voir que c’est quelque chose de régulier chez lui.

Contexte : J’étais à une table avec quatre amies, et je n’ai jamais bougé de là.  Tandis que lui se levait souvent de sa table pour aller déambuler autour de nous.
Contexte : Roosh V était un influenceur extrêmement misogyne.
Contexte: Il a écrit un roman à clé afin de « faire des révélations sur certains auteurs de BD« , auteurs qu’il liste ici.

MOI : Et ce n’est pas la première fois qu’il s’affiche comme étant désireux de « répandre la vérité » à mon sujet.

MOI : Ceux qui m’ont envoyé ces captures d’écran sont très amusés par les conflits.  Je suppose qu’ils s’attendaient à une réaction de ma part.  Ils ont dû être déçus.

LUI: Qu’est-ce que tu as fait?

MOI: Rien! Tu connais la méthode classique que tous les adultes recommandent à chaque enfant et ado qui est victime d’un harceleur? « Laisse-le faire, ne réagis pas, et il va finir par se lasser et s’arrêter. »  Ben voilà, depuis le début, je suis cette consigne à la lettre.

LUI: T’es pas sérieux?  Ça fait 20 ans que tu l’ignores, ET IL N’ARRÊTE PAS? Rendu à ce point-ci, on ne peut plus parler de harcèlement.  Il y a longtemps que ça a passé au stade de l’obsession malsaine et dangereuse.  Le gars a un sérieux problème mental.

MOI: Je ne crois pas que toi ou moi sommes qualifiés pour émettre ce genre de diagnostic.

LUI: Pas besoin d’être un psy pour voir que son comportement n’est pas normal, franchement. Ça se voit tout seul. Porte plainte, dénonce-le, poursuis-le.

MOI: Ça ne servirait à rien.  Le gars vit en dessous du seuil de la pauvreté.  Ce n’est pas comme s’il pouvait me payer des dommages et intérêts.

LUI: Je ne parle pas d’une poursuite au civil.  Je parle d’une poursuite au criminel.

MOI: C’est quoi la différence?

LUI: Une poursuite au civil, c’est lorsqu’un citoyen se sent lésé et poursuit une personne ou une entreprise afin d’obtenir réparation et compensation financière.  Une poursuite au criminel, c’est quand une personne a commis un crime.  À ce moment-là, cette personne est poursuivie en Justice par La Couronne (Le Gouvernement) qui se chargera de faire la preuve de sa culpabilité, et qui appliquera la sentence appropriée.

MOI: D’après ce que tu me dis, vous montez déjà un dossier sur lui pour utilisation illicite de matériel gouvernemental à des fins criminelles.  Je n’ai pas besoin d’en rajouter sur son dossier.

LUI:  Oui, mais ça va nous prendre quelques temps avant de passer à travers ça.  T’as pas idée du nombre de dossiers que l’on a accumulé depuis janvier.  Et dans son cas, à part d’être banni à vie de la BAnQ, il n’aura qu’un dossier judiciaire sans possibilité de demander pardon avant cinq ou sept ans.  

MOI: Bon ben voilà.  Il est trop pauvre pour avoir internet, alors ça règle mon problème.

LUI: Penses-tu vraiment qu’un gars qui a passé 20 ans à te harceler et à attaquer ta réputation va cesser tout geste contre toi s’il perd son accès au net?  S’il ressent à ce point-là l’impulsion de te nuire, il sera incapable de s’arrêter là.  Sauf que s’il ne peut plus le faire en virtuel, il ne lui restera plus que le réel.  Demande à n’importe quel psychologue, il te dira que tu te mets en danger, à rester passif comme tu le fais.

MOI: Qu’est-ce que tu suggères?

LUI: Avec les preuves que tu as déjà et celles que je te donne qui sont officielles car elles proviennent de la BAnQ, tu as harcèlement, atteinte à la réputation, menaces, intimidation.  Il s’agit de crimes reconnus par la loi.  Ce n’est pas une opinion, ce sont des faits.

MOI: Je ne sais pas trop…

LUI:  Une chose est sure, c’est qu’il aura droit à une évaluation psychologique.  Ça, personne ne peut nier qu’il en a besoin.  C’est anormal d’être obsédé à ce point-là sur toi.  Surtout si tu n’as jamais rien fait pour le provoquer.  Et ce, je le répète, PENDANT VINGT ANS.

MOI: M’ouais…

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Alors voilà la chose.  Comme vous le voyez, c’est un sujet assez sérieux. Et c’est la raison pour laquelle j’ai besoin de votre opinion. 

Que feriez-vous à ma place?

Une allégation mensongère vaut bien une plainte officielle

Après sept mois à mon travail comme préposé aux bénéficiaires dans un CHSLD, j’ai enfin eu droit à mon premier antagoniste. Julien, mi-trentaine, est infirmier auxiliaire. Comme moi, il fait partie d’une agence qui place des travailleurs de la santé là où il y a grand manque de personnel.

Bien qu’il soit à ce poste depuis seulement deux mois, j’ai pu rapidement voir quel genre de personne est Julien: Un pervers narcissique passif-agressif doublé d’un conflictuodépendant. Le genre à toujours chercher à prendre les autres en défauts, histoire de les rabaisser plus bas que lui.

Son narcissisme se voit jusque dans sa manière de s’habiller. Au travail, nous avons la chance d’avoir un réglement très souple en matière d’uniforme: On porte ce que l’on veut, pourvu que ça soit sobre. 95% de ceux qui travaillent à ce CHSLD choisissent de s’habiller en uniforme, de manière à montrer qu’ils sont des travailleurs du milieu de la santé. Et ça inclut les employés du ménage. Tandis que Julien choisit de s’habiller en T-shirts moulants, de manière à montrer qu’il a un beau corps d’athlète. Déjà là, dans l’image qu’il choisit de projeter autour de lui dans son milieu de travail, on voit où est sa priorité.

À quelques reprises, j’ai vu Julien s’adresser à des collègues préposés en leur posant des questions pièges, dans le but de mettre le doute au sujet de leur vitesse, leur intégrité, leur professionalisme ou leur honnêteté. Et en bon manipulateur irresponsable, jamais il ne va affirmer quoi que ce soit. Toujours, il va poser des questions embêtantes qui retournent tout contre son interlocuteur. Des questions du genre de : « Qu’est-ce qui te fait affirmer que tu es à l’heure dans ton travail? Qu’est-ce que tu perçois là-dedans comme étant un travail bien fait, selon le document officiel? Est-ce que tu as consulté ce document? Qu’est-ce qu’il disait? Pourquoi, selon toi, est-ce que la version que j’ai dans les mains en ce moment diffère de ce que tu viens de me dire? »

Vous voyez le genre de chiant.

Non seulement ai-je l’habitude de ce genre de personnes, j’ai appris avec les années comment leur tenir tête. Et c’est une bonne chose, car tel que je l’avais prévu, il a fini par me prendre pour cible.

Cette lettre que j’ai écrite à la direction du CHSLD est auto-explicative. J’ai seulement changé les noms.

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Samedi le 8 avril 2023

Bonjour.

Mon nom est Stéphane et je suis préposé à ce CHSLD depuis le 1er septembre 2022. Je vous écris cette lettre uniquement parce que je ne connais pas votre emploi du temps, afin de vous permettre de nous fixer une rencontre lorsque ça vous conviendra.

Je veux déposer formellement une plainte contre l’infirmier Julien pour atteinte à ma réputation, intimidation, et harcèlement moral, bien que nous n’en sommes qu’au début dans ce dernier cas.

J’ai pris une semaine afin de consulter des gens et à bien réfléchir afin de ne pas prendre cette décision à la légère.

Alors voici les incidents dont il est question.

Le soir du 1er ou du 2 avril 2023, je travaillais au 2e étage à l’est.  Il était environ 18h30.  Ma collègue Chantal était partie souper.  J’étais dans la chambre de Monsieur Gilles que je venais tout juste de terminer de changer et de coucher.

Alors que je m’apprêtais à sortir de la chambre, l’infirmier Julien est venu m’y rejoindre.  Il m’a demandé si j’étais à l’heure dans mon travail, avec les résidents dont je devais m’occuper.

Par observation autant que par expérience, j’ai pu constater à de nombreuses reprises par le passé que Julien cherche toujours à prendre les préposés en défaut, et qu’il le fait avec des questions pièges de ce genre-là.  Voyant clair dans son jeu, je lui ai calmement répondu que le simple fait qu’il me pose cette question, ça signifie que lui, croit que je suis en retard.

Il me répond qu’en effet, depuis le temps que je travaille ici, il est inacceptable que je prenne autant de temps à faire mon travail.  Voilà une accusation qui me surprend car lorsque je travaille de soir, le dernier résident est toujours couché entre 21h30 et 22h, ce qui est dans les temps. 

Il me demande ensuite quelles sont les personnes que je dois faire après monsieur Gilles.  Je lui réponds que Chantal m’en a écrit la liste avant qu’elle parte souper, que cette liste est sur le comptoir de la cuisine, et que nous pouvons aller la consulter ensemble s’il le veut.  Plutôt que de suivre ma suggestion, il me demande si j’ai pris connaissance des nombreuses plaintes qu’il y a eu à mon sujet, en rapport à la qualité de mon travail de soir la veille.

En désignant monsieur Gilles derrière moi, je lui ai répondu, toujours aussi calme : « Ah bon?  Comme tu peux voir, monsieur est changé, il est couché, abrié, le lit est baissé, le bon nombre de ridelles sont montés, il a sa clochette d’alarme à portée de la main, les lumières sont fermées, la télé est éteinte. Et s’il y avait eu un détecteur de mouvement, je l’aurais allumé.  Alors qu’est-ce que tu perçois comme étant de la mauvaise qualité au travail ? »

Pour toute réponse, il lève la main vers moi en faisant signe de STOP et dit : « Je ressens beaucoup d’agressivité dans tes paroles. Je me vois obligé de te laisser le temps de te calmer, et on pourra poursuivre la discussion plus tard. »

J’étais abasourdi par cette accusation.  En 54 ans d’existence, je vous assure que c’est la première fois de ma vie que l’on m’accuse d’être une personne agressive.

J’insiste tout de même afin qu’il réponde à ma question.  Il me dit alors que l’on aurait observé des chaises bassines dont les roues n’étaient pas sous frein, et des résidents couchés sans jaquettes.  Je me souviens qu’en effet, la veille, au 2e étage, Madame Juliette avait elle-même enlevé sa jaquette au lit.  Mais sinon, à part ceux qui ont leurs propres pyjamas, les seuls résidents qui dorment sans jaquette le font par habitude et à leur propre demande.  Comme monsieur Albert, par exemple.   Quant aux chaises bassines sans frein dans les chambres, il est impossible que j’en sois la cause.  Par préférence personnelle, je les ai toujours déplacées en les soulevant parce que c’est plus rapide que d’enlever et remettre les freins aux quatre roues. Cette accusation de sa part est donc totalement fantaisiste.

Mon premier réflexe fut de lui faire cette précision.  Mais ne voulant pas passer pour un agressif, je suis resté silencieux.

Au retour de Chantal je vais souper. À mon retour de souper, Virginie, l’infirmière auxiliaire, me passe le message comme quoi l’infirmier Julien veut que j’aille coucher Madame Françoise. Or, cette dame, c’est l’équipe du Centre qui s’en occupe, alors que moi je suis à l’Est.  Je me renseigne auprès de Chantal qui me confirme qu’en effet, elle appartient à l’équipe du Centre.

Je vais voir Julien pour le lui dire. Il insiste comme quoi c’est à moi de faire Madame Françoise, et qu’il serait bon que je consulte le plan de travail afin que je sache bien comment faire le mien, depuis le temps que je travaille là.

Ses commentaires sont aussi rabaissants que mensongers.  Mais ne voulant pas passer encore une fois pour un agressif, je ne m’obstine pas et me dirige vers la chambre de Madame Françoise. Une fois arrivé, je vois que Rachid et Tonio, mes deux collègues de la section du Centre, y sont déjà.  Ils me confirment que ce sont bien eux qui doivent s’en occuper.

Je leur ai demandé de venir avec moi confirmer la chose auprès de Julien, ce qu’ils ont fait.  … Ce qui permet maintenant à Julien de dire que je me suis mis en gang contre lui.

Je considère que je suis une personne qui a l’esprit ouvert, en plus d’être un solutionnaire.  J’ai toujours écouté les critiques et les commentaires puisque ça me permet de m’améliorer, autant dans mon comportement que dans la qualité de mon travail.  Aussi, au lieu de rejeter les accusations de l’infirmier Julien, je me suis dit que c’était peut-être vrai, que j’ai un comportement agressif sans m’en rendre compte.  Peut-être que personne n’avait osé me le dire avant lui ?  Aussi, dès le lendemain et pour les jours qui ont suivi, je suis allé consulter, un par un, huit de mes collègues de travail.  Je leur ai demandé si je suis une personne agressive.  Ou bien si mes réponses démontrent de l’agressivité lorsqu’on me corrige dans mon travail.  En sept mois à travailler ici, si tel est le cas, ils ont bien dû le remarquer.

Ces gens sont l’infirmière Barbara, ainsi que les préposés Andréane, Brigitte, Bertrand, Raoul, Annie, Pascale, et Marie-Lise.  Ils étaient tous surpris de cette accusation. Ils m’ont au contraire rassuré que j’étais calme, doux, harmonieux, que l’on ne m’a jamais entendu protester, et que je faisais bien mon travail à partir du moment où on me disait quoi faire. 

Cependant trois d’entre eux m’ont fait réaliser quelque chose.  Lorsque Julien a vu que je ne tombais pas dans le piège de ses abus, il m’a fait miroiter un abus encore pire, en m’accusant d’être une personne agressive.

Ne pas oser protester face à ses abus (mensonges sur mon travail) sous la menace d’être victime d’un encore plus grand abus (atteinte à ma réputation), il y a un terme pour ça : intimidation. Ce qui est illégal.

Et puisqu’il me donne déjà la réputation d’être agressif : Atteinte à la réputation.  Ce qui est illégal.

Enfin son insistance à me chercher des problèmes, quitte à les inventer et à les créer lui-même, et ce à répétition, comme il l’a fait le soir du 1er ou du 2 avril, c’est du harcèlement moral au travail.  Ce qui est illégal.  D’accord, ce n’est qu’à ses débuts.  J’ai eu la chance de ne pas avoir à travailler avec lui depuis ce soir-là, alors ça ne s’est pas reproduit. N’empêche que ça vient de commencer.  Et que je crains que ça se reproduise.  Et craindre quelqu’un, c’est subir de l’intimidation.  Ce qui est illégal.

Je vous assure que ce n’est pas une question d’orgueil blessé de ma part.  Si j’ai commencé par interroger l’infirmière Barbara, c’est parce qu’elle est non seulement directe, elle est brusque. À plusieurs reprises à mes débuts, elle me disait quoi faire en me reprochant de tourner en rond.  Cependant, vous ne me verrez jamais porter plainte contre elle.  Car contrairement à Julien, lorsqu’elle a quelque chose à dire contre moi, c’est la vérité.  Elle me le dit directement au lieu de me poser des questions pièges.  Elle n’essaye pas de me faire passer pour ce que je ne suis pas. Elle ne me fait pas de menace. Elle est sévère mais honnête. C’est quelque chose que j’apprécie chez les gens, puisque ça me permet de m’améliorer. Chose qui n’est pas le cas avec le comportement de Julien envers moi.

Croyez-moi que je suis désolé d’en arriver là.  Mais les abus de Julien, tels que décrits ici, n’ont pas leur place dans ce milieu de travail.

Je suis disponible pour vous rencontrer lorsque cela vous conviendra, afin de pouvoir déposer ma plainte comme il se doit.
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Et j’ai signé. Et j’ai mis le tout dans une enveloppe. Que je suis allé déposer au bureau des ressources humaines. Les conséquences n’ont pas tardé. Le jour suivant, la directrice me dit qu’elle a pris compte de ma lettre et que ma plainte allait être traitée comme il se doit.

Comment tenir tête efficacement à un pervers narcissique en milieu de travail?
Il s’agit de faire comme dans ma lettre. À partir du moment où il commence, il faut lui montrer immédiatement que l’on voit clair dans son jeu. C’est ce que j’ai fait en lui disant « Le simple fait que tu me poses cette question, ça signifie que TOI, tu crois que je suis en retard. » Ceci le désempare car ça l’expose comme l’hypocrite qu’il est, ça lui montre que je ne suis pas dupe, et ça détruit immédiatement le plan qu’il s’était monté en tête contre moi.

Ensuite, pour lui enlever le contrôle de la situation, il ne faut ne pas répondre à ses questions. On lui donne plutôt des réponses différentes de ce qu’il cherche à nous faire dire. Comme j’ai fait lorsqu’il m’a demandé de qui est-ce que je devais m’occuper par la suite. Si je lui avais récité ma liste de noms, ça lui aurait donné l’opportunité de m’obstiner sur les gens à faire, ou sur l’ordre dans lequel je devais les faire. En lui répondant plutôt que Chantal m’avait établi une liste, et que cette liste était dans une autre pièce, je lui ai enlevé toute opportunité de me prendre en défaut. La preuve que sa question n’avait pas d’autre but que ça, c’est qu’il a décliné mon invitation d’aller la consulter ensemble.

Enfin, pour déstabiliser complètement le narcisse, on conclut en lui servant une preuve de sa bullshit. Ce que j’ai fait en lui démontrant que je fais bien toutes les étapes de mon travail. Et pour le piquer encore plus, je lui renvoie sa propre tournure de phrase embêtante qu’il aime tant utiliser, soit « Qu’est ce que TOI tu perçois comme étant…? » Pour quelqu’un qui ne veut prendre aucune responsabilité pour ses accusations bidon, être obligé de donner son opinion le place dans une inconfortable position.

Rendu là, le narcisse cherchera aussitôt à faire cesser la situation. Ce qu’il a fait, en me lançant son accusation farfelue d’agressivité. Or, cette pratique a un nom officiel : Gaslighting, une technique qui consiste à déformer la réalité en affirmant mensongèrement à son interlocuteur que ce dernier perçoit les choses de manière erronée. Dans ce cas-ci, en affirmant que je perçois que mon explication est objective, alors qu’elle est un signe d’agressivité. Le gaslighting est reconnu comme étant une tactique très prisée chez le pervers narcissique. En général, il l’utilise dans le but d’invalider la défense de son interlocuteur. Mais ici, c’était surtout dans le but de me faire taire, puisqu’il ne pouvait plus endurer de se faire remettre ses propres travers en face.

Puis, il tentera de fuir cette situation qui a échappé à son contrôle. Chose qu’il a exprimé en disant qu’il reviendra quand je serai calmé. C’est le bon moment de l’en empêcher, en lui rappelant que s’il est venu me voir, c’est parce qu’il avait quelque chose à me dire. Trop orgueilleux pour accepter d’être ainsi pris en défaut, mais désemparé et pressé de mettre fin à cette conversation qui le rend inconfortable, il dira probablement n’importe quoi avant de se replier. Exactement ce qu’il a fait, avec ses accusations de chaises aux roues non-verrouillées et de jaquettes non-mises.

À partir de ce point, la meilleure stratégie, c’est de (re)devenir passif et le laisser partir digérer cette humiliation. Pour le pervers narcissique, lui exposer que l’on voit clairement que son comportement est aussi prévisible que bidon, il n’y a pas de pire affront pour son orgueil. Il sera envahi par une impulsion incontrôlable de riposter, de se venger. Mais puisque son jugement est obscurci par sa frustration, il commettra des erreurs grossières lorsqu’il appliquera ses abus. Comme ici, alors qu’il me rajoute la tâche de m’occuper de Mme Françoise, sans avoir songé une seule seconde que tous mes autres collègues de l’étage sauraient que c’était Tonio et Rachid qui lui étaient assignés. Et que, par conséquent, ils me feraient d’excellents témoins contre lui.

Rendu à ce point, il serait tentant de continuer de lui mettre de la pression par des commentaires cinglants. Par exemple en lui retournant ses arguments favoris, comme quoi, avant de m’assigner des gens que je n’ai pas à faire, il devrait consulter le plan de travail. En ajoutant que depuis le temps qu’il est à cet emploi, il est supposé connaître son travail, en sachant quel résident est assigné à quel préposé. Or, aussi tentant que ça puisse être, il faut s’en abstenir car ça serait une erreur stratégique. Et voici pourquoi :

Ce qu’il y a de plus risible chez un pervers narcissique, c’est que dès qu’il voit que tu ne le laisse pas faire de toi la victime de ses abus, alors il inverse aussitôt la situation, en déclarant aux autres dans ton dos que c’est lui qui est la victime de tes abus. Aussi, la dernière chose à faire, c’est de lui donner de vraies raisons de se plaindre de toi. En restant passif contre lui, il sera donc obligé de mentir, d’inventer, d’exagérer et de déformer les faits, juste pour avoir quelque chose à te reprocher. Bref, de tenter de gaslighter les autres à ton sujet. Comme ici, lorsqu’il se plaint que je suis agressif et que je me ramasse des gens pour me mettre en gang pour l’intimider.

Or, en agissant ainsi, il m’a m’a donné lui-même les munitions requises pour le descendre, car il m’a permis de l’accuser avec pertinence d’atteinte à la réputation, d’intimidation et de harcèlement moral au travail. Toutes des choses qu’il n’aurait pas faites si je l’avais laissé me rabaisser avec ses questions pièges plutôt que de lui tenir tête dès le départ.

À ce point-ci, on peut quasiment dire que je l’ai influencé, voire même manipulé, à agir envers moi de manière à ce qu’il me donne des raisons pertinentes de déposer ces trois chefs d’accusations graves contre lui à la direction. Possible! Mais il ne faut juste pas oublier que s’il n’était pas un pervers narcissique, alors il n’agirait pas ainsi, peu importe la provocation. Il ne fait donc que récolter les conséquences bien mérités de ses gestes inacceptables.

Ah, et la raison pour laquelle j’ai déposé plainte par lettre plutôt qu’en prenant rendez-vous pour le faire en personne et de vive voix, c’est parce que les paroles s’envolent mais les écrits restent. En personne, j’en aurais oublié en le racontant. Et la direction en aurait oublié après m’avoir écouté. Et s’ils avaient pris des notes pour mettre à son dossier, celles-ci auraient été bien minces. Tandis que là, il s’agit d’un document clair et exhaustif, déjà imprimé, qu’ils ont simplement mis à son dossier. La Direction apprécie toujours qu’on leur facilite la tâche.

Le plus grand paradoxe du pervers narcissique, c’est qu’autant il a besoin d’un public à qui divulguer vos défauts, autant il a profondément peur que ses propres défauts soient révélés à ce même public. Ce qui signifie, second paradoxe, que plus il intimide sa victime, plus il la craint. Et c’est normal. Personne ne connait mieux le comportement abusif du pervers narcissique que sa victime. Et ceci la rend dangereuse pour lui. Car comme je le répète sans cesse: Le plus grand complice de ton agresseur, c’est ton propre silence. Et face à un tel comportement, je ne suis pas homme à garder le silence.

J’aurais donné gros pour voir sur son visage le choc que ça a dû lui faire, d’apprendre par la Direction que non seulement ai-je porté plainte contre lui, j’ai passé une semaine complète à en discuter avec huit de nos collègues. Et que aucun d’entre eux ne sont d’accord avec l’image qu’il colporte de moi. Ce qui signifie qu’au moment de cette rencontre, il devait bien se douter que les ragots ont eu le temps de faire leur chemin, donc que la majorité du personnel et de l’administration étaient fort probablement au courant de ses agissements. Et il ne peut même pas retourner la situation contre moi en m’accusant d’atteinte à sa réputation, puisqu’il y a eu des témoins pouvant corroborer le trois quart de ce que j’ai dénoncé. Sans oublier les autres préposés qui ont été sa cible, avant que ce soit à mon tour.

Pour l’instant, le CHSLD le garde car il y a grand manque de personnel. Mais puisqu’il est un employé d’une agence, et non un employé du CHSLD, il n’est pas membre du syndicat, et n’a donc personne pour le protéger. Il sait très bien qu’à la prochaine plainte qu’il y aura à son sujet, fut-elle de moi ou d’un autre, il sera renvoyé sans autre forme de procès.

Depuis ce jour, lorsque l’on se croise, il ne me parle pas et il ne me regarde pas. Et s’il arrive que nous sommes dans la même pièce en présence d’autres personnes et qu’il a à prendre la parole, son ton de voix est beaucoup plus doux qu’à son habitude.

S’il a passé de loup à agneau, c’est parce que j’ai su lui démontrer, et ce dès les premiers instants où il a tenté de m’imposer ses abus, que ce comportement ne passait pas avec moi.

C’était son choix de devenir mon agresseur. Mais c’était mon choix de ne pas devenir sa victime.

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Update. Depuis le 15 juin, il n’est plus à l’emploi du CHSLD. Je n’en connais pas les raisons. Mais ma plainte a dû y être pour quelque chose.

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Y’A LIENS LÀ

Il y a 15 ans, j’ai écrit un billet de blog intitulé Commettre l’erreur de pardonner. Celui-ci explique clairement que le principe du pardon est une mentalité de lâche, et que celle-ci ne fait qu’encourager les abus à continuer. Et je le fais en démontrant avec logique comment chaque argument pro-pardon n’a rien de pertinent.