Avatar de Inconnu

A propos Steve Requin

Auteur, blogueur, illustrateur, philosophe amateur et obsédé textuel.

6 raisons fallacieuses de snober la St-Valentin

À chaque année, c’est la même chose.  Dès qu’approche la St-Valentin, on peut entendre une tonne de gens dire qu’ils n’y participeront pas, voire même qu’ils détestent l’événement.

Pour expliquer leur sentiments anti-St-Valentin, ces gens évoquent généralement l’une ou plusieurs des six mêmes raisons que voici:

RAISON 1: La St-Valentin, c’est trop commercial.
Trop commercial? Vraiment? En comparaison avec quelle autre fête, au juste? Voyons voir:

  • Pâques? Lors de cette fête, on offre des chocolats et/ou des cartes, non seulement à la personne que l’on aime, mais aussi à la famille et aux amis. C’est comme la St-Valentin, sentiment amoureux en moins et dépenses en plus
  • Halloween? Il faut acheter/distribuer/récolter plus de bonbons en un soir qu’il est humainement possible d’en consommer en un mois. Sans compter les décorations et/ou le costume.
  • Noël? Hum… Est-ce que je dois vraiment vous décrire les dépenses reliées à celle-là?
  • La Fête des Mères / La Fête des Pères? Ha! Essayez-donc de négliger ces fêtes-là, si vous osez.
  • Les anniversaires? La seule différence entre les fêtes commerciales et celles des gens qui vous entourent, c’est que ces dernières ne sont pas affichées dans les médias et les commerces. Est-ce que ça signifie pour autant que vous les négligez, sous prétexte que anniversaires = cadeaux = achats = commercial?

Alors pourquoi est-ce que vous iriez boycotter la St-Valentin sous le prétexte idiot que celle-là est commerciale? Les autres le sont toutes autant, sinon plus. La St-Valentin, au moins, est faite pour que vous ne fêtiez qu’une seule personne: Celle que vous aimez. Si vous participez volontairement à toutes les autres fêtes dans laquelle vous donnez à tout le monde, où est la logique de refuser de le faire pour la personne que vous prétendez aimer?

On continue:

RAISON 2: Je n’ai pas besoin d’une fête spéciale pour montrer à mon amoureux/reuse que je l’aime.
Jusqu’à maintenant, la majorité des personnes que j’ai entendu dire ça, ce sont justement ceux qui ont de la difficulté à montrer leur appréciation à leur amoureux/reuse le reste de l’année. Par contre, les couples qui s’aiment et se le démontrent à l’année longue, eux, voient la St-Valentin arriver avec grande hâte. Est-ce qu’on peut dire ici qu’il s’agit d’un besoin? Pas du tout! Ça prouve que ceux qui disent ne pas avoir besoin d’une fête spéciale sont au contraire ceux dont le couple en aurait le plus besoin.

RAISON 3: Je n’aime pas que l’on me mette de la pression pour que j’exprime mon amour.
Je ne sais pas pour vous, mais dans mon cas personnel, quand je suis en amour, je ne ressens aucune pression à le lui faire savoir. Pour qu’il y ait de la pression, il faut qu’il y ait de la résistance. Si je l’aime, pourquoi résisterais-je à l’idée de le lui exprimer? Que l’idée vienne de moi ou bien de la suggestion des autres, rien ne me rend plus heureux que d’exprimer mon amour à la personne que j’aime.

RAISON 4: Je suis célibataire.
C’est une bonne raison pour ne pas y participer, en effet. Par contre, puisque ça ne te concerne pas, pourquoi critiquer négativement cette fête et/ou ceux qui l’apprécient? Laisse-moi deviner: Parce qu’en tant que célibataire, tu n’aimes pas te faire rentrer dans la gorge le bonheur des autres, c’est ça?  Jaloux et envieux! Bravo, belle personnalité. Faut peut-être pas chercher plus loin les raisons de ton célibat.

RAISON 5: La St-Valentin est une fausse obligation crée par la société.
Les gens se plaignent sans cesse comme quoi la société est froide, inhumaine, sans compassion et sans le moindre respect pour l’individu. Alors ne devriez-vous pas au contraire vous réjouir que quelque chose qu’aussi beau que l’Amour soit reconnu par la société, au point de lui consacrer un jour de fête officielle?

RAISON 6: La St-Valentin, c’est juste une invention des compagnies de cartes et de chocolat, créé rien que pour nous faire acheter leurs produits.
Totalement faux! Le pape Gélase 1er  a officiellement célébré la première Saint-Valentin le 14 février de l’an 496. Ensuite, même si c’était vrai, et alors? Vous pouvez être un rebelle et militer contre les règles de la société autant que vous voulez. C’est vos affaires. Je ne comprends juste pas pourquoi la personne que vous prétendez aimer devrait être négligée et privée de vos signes d’affection, juste parce que vous ressentez le besoin de prouver un point. Surtout si ceux à qui vous voulez le prouver (Les compagnies de cartes, celles de chocolats et la société en général) n’en ont rien à cirer, parce qu’ils ne savent même pas que vous existez pour commencer.

Quand on est en amour, tous les jours sont spéciaux. C’est juste que le jour de la St-Valentin est un peu plus spécial que les autres, voila tout.

———–

Pour conclure, je vous invite à aller jeter un oeil sur une amusante collection de cartes de St-Valentin les plus bizarres qui soient, sur la page Unfortunate Valentines Card, au http://www.capnwacky.com/valentines/valcard1.html

Mon chum se comporte en ado attardé

Les filles, réjouissez-vous d’avoir un ado attardé comme chum. D’abord, le fait que vous sortez avec prouve déjà que ce n’est pas si grave puisque vous êtes capable de le supporter. Soyez juste reconnaissante qu’il ne prenne pas trop à coeur vos remarques à ce sujet.

Parce que moi, le jour où je me suis tanné de me faire dire que j’agissais comme un ado attardé, j’ai décidé qu’à partir de ce moment-là je serai irréprochable. Je m’en souviens bien, j’avais 17 ans.

Attack of the Gars Irréprochable
Faites une longue liste de tout ce que vous pouvez reprocher à un homme, et vous pouvez être certaine que rien de cette liste s’adressait à moi. Je faisais de grands efforts constants pour être le plus irréprochable possible. Ça me permettait de séduire des filles qui sortaient justement avec des ados attardés, puisqu’elles ne retrouvaient pas chez moi ce qu’elles n’aimaient pas chez leurs chums. Normal: Puisque je ne faisais rien, je ne pouvais donc rien faire de mal.

Le parfait enfer
Les filles qui ont sorti avec moi durant ce que j’appelle mes années irréprochables ont vécu un véritable enfer. Puisque personne n’est parfait, je trouvais toujours de quoi à redire contre elles, des défauts, des mauvaises habitudes, etc… Tout ce que je pouvais trouver, je le pointais. Et elles ne pouvaient jamais riposter parce qu’elles n’avaient rien à dire contre moi. À moins, bien sûr, d’exagérer ou d’inventer. …Ce qui me donnait encore plus de bonnes raisons de leur remettre leur imperfections dans leurs faces, en les forçant à reconnaitre leurs exagérations et mensonges.

Ce désir de me montrer plus parfait qu’elles allait même jusqu’à affecter notre vie sexuelle. Un jour où c’est elle qui a fait les premiers pas, j’étais mindé sur autre chose alors je lui ai dit que ce n’était pas le moment. Elle m’a dit: « Ben là… Pour une fois que c’est moi qui en a envie! » J’ai répondu « Comment ça se fait que quand une fille dit non parce qu’elle n’a pas envie de sexe, c’est normal et qu’il faut l’accepter, mais que quand c’est le gars qui dit non, ça fait un gros drame? » Elle n’a rien trouvé à répondre et a rattaché sa robe de chambre, la tête basse.

À l’époque, j’avais 22 ans et une libido à la limite de l’obsession sexuelle. Pourtant, mon désir de lui prouver que mon comportement était meilleur que le sien, c’était encore plus fort que mes pulsions. C’est dire à quel point je prenais plaisir à les rabaisser. Remarquez que c’est normal: La seule façon de montrer qu’on a un comportement irréprochable, c’est de le comparer à un comportement reprochable. Et quand la fille est la seule personne avec qui on peut se comparer, ben voila.

Un style de vie
J’ai dû passer un bon 10 à 15 ans à démontrer à mon entourage qu’ils valaient moins qu’une merde. Et je ne le faisais jamais sans raisons, toujours avais-je preuves à l’appui.  Et celles qui ont eu le plus à souffrir ça, ce sont les filles avec qui j’ai sorti. Et tout ça parce qu’un jour, j’en ai eu ras le bol que l’on me fasse des reproches sur de petits détails insignifiants dans mon comportement.

Trop parfait, c’est vraiment comme pas assez.
J’ai fini par me calmer, quoi que je continue toujours à descendre sauvagement, preuves à l’appui, quiconque faisant exprès de me prendre à rebrousse-poil de façon un peu trop insistante. N’empêche que, entre un gars à qui vous pouvez reprocher des trucs une fois de temps en temps, et un complètement irréprochable qui vous fait sentir mal avec vos moindre travers, je pense sincèrement que vous êtes bien mieux avec le premier.

La leçon à tirer de ceci: Chialer contre son chum pour rien, c’est le pousser à chialer contre vous pour quelque chose.

Découragement –ou- Gros Bon Sens?

À l’époque où je faisais partie de Défi Diète 2008, le motivateur professionnel Guy Bourgeois nous montrait la différence entre ce qui nous fait réussir ou bien échouer. Loin de moi l’idée de contester ses enseignements, mais il y a un truc qu’il nous a dit qui m’a fait tiquer. Dans la liste des comportements qui mènent à l’échec, il a mis un mot que j’ai en horreur. Ce mot, c’est découragement.

Pourquoi est-ce que j’ai ce mot en horreur? Parce que c’est un mot que l’on a trop souvent utilisé contre moi à tort et à travers tout le long de ma vie, de la part de gens qui ne savaient pas faire la différence entre le découragement et le gros bon sens.

D’abord, Analysons un brin les deux comportements:

  • Découragement: Dé-courage-ment… Cesser d’avoir du courage. Abandonner, par manque de volonté, un projet qui pourrait réussir sinon.
  • Gros bon sens: Capacité d’analyse logique. C’est avoir la volonté de continuer, tout en étant capable de reconnaître si une option est vouée à la réussite ou à l’échec. Attention: Je dis bien une option, et pas nécessairement le projet complet.

Vous saisissez la différence?

Voici l’exemple le plus fragrant de la mauvaise utilisation du mot découragement contre moi, de la mauvaise influence que ça a eu dans ma vie, et des conséquences que ça m’a fait subir:

Déjà enfant, j’ai su que je voulais faire carrière dans l’humour. Rendu adolescent, j’ai tout fait, tout essayé en ce sens: Théâtre, improvisation, stand-up, textes, bandes dessinées… Les deux derniers étaient fort appréciées par les gens, adultes comme ados. Par contre, côté interprétation, quoi que je faisais, je foirais lamentablement. Et puis, un jour, je me suis dit: « Ce n’est pas parce que Plamondon écrit les meilleures chansons que ça fait de lui un chanteur. » Malheureusement, j’étais entouré de gens bien-pensants qui me condamnaient pour ce qu’ils jugeaient comme étant du découragement. J’ai eu droit au grands slogans classiques du genre de Quand on veut, on peut. Un gagnant ne lâche jamais, un lâcheur ne gagne jamais. À coeur vaillant, rien d’impossible, et plusieurs autres du même genre.

Lâcheur, découragé, non-vaillant… Qui veut être vu comme tel? J’ai donc pris mon courage à deux mains et j’ai insisté, et j’ai continué, et je n’ai pas lâché. J’ai persévéré.  De 1985 à 2005. Oui, pendant 20 ans, je me suis essayé à être humoriste, malgré le fait que je suis sujet au trac, que je n’ai pas assez de mémoire pour retenir mes textes, que je ne sais pas jouer naturel, que je n’ai aucun sens du timing, et que j’ai une voix trop basse et monotone. Plusieurs fois, j’ai passé des auditions pour des shows d’humour amateur. Je n’ai jamais été pris. Plusieurs fois, j’ai passé des auditions pour des activités qui m’auraient mis en avant scène. Je n’ai jamais été pris. Plusieurs fois, je suis allé passé une audition comme humoriste à l’école Nationale de l’humour. Je n’ai jamais été pris.

Quand tu essuies un échec et que tu continues, on peut parler de courage. Mais quand ça fait vingt ans que tu accumules les échecs dans un domaine, est-ce qu’on peut encore parler de courage, ou bien il faut se rendre à l’évidence que ça fait longtemps que c’est rendu de la stupidité?

En 2005, je décide de faire les choses à ma façon. Je passe une audition à l’École Nationale de l’Humour. Je ne le fais pas en tant qu’humoriste. Je le fais en tant qu’auteur. Je suis pris immédiatement.

Lorsqu’une personne de ton entourage t’encourage dans la voie de l’échec, alors ça me peut dire que trois choses:

  1. C’est un con, car il n’a pas assez de jugeote pour être capable de faire la différence entre le découragement et le gros bon sens.
  2. C’est un salopard, car au lieu de t’aider à régler ton problème, il veut te forcer à rester dans une situation d’échec.
  3. C’est un manipulateur, car il essaye de jouer sur ton orgueil de façon à te forcer à faire des choses à l’encontre de ton bon jugement.

Personne n’a besoin d’un con salopard manipulateur dans son entourage. Débarrassez-vous de ça au plus vite, votre vie ne s’en portera que mieux.

5 insultes anglaises qui sont en fait des compliments

Il y a des insultes classiques que les gens se balancent à la gueule depuis tellement longtemps qu’ils en ont oublié le sens profond. Un sens que, quand on s’arrête à y penser, n’a rien d’insultant. Même que c’est souvent un compliment. J’en ai répertorié cinq:

Insulte #1: Fucker!
Ce que ça veut dire: Baiseur!
Pourquoi est-ce que ce n’est pas vraiment une insulte: Dans une société ou le succès de l’homme est jugé, entre autres, selon sa vie sexuelle, en quoi est-ce que le fait d’être un baiseur serait une insulte? Ce serait plutôt l’absence de vie sexuelle qui en est une. Parce que quand t’es un fucker, t’es un winner.

Insulte #2: Motherfucker!
Ce que ça veut dire: Baiseur de mamans.
Pourquoi est-ce que ce n’est pas vraiment une insulte: Où, dans le mot motherfucker, est-ce que ça précise que c’est ta mother que tu fucke? Nulle part! Donc, le fait de baiser une mère peut vouloir dire 3 choses:

  • C’est la mère de tes enfants. Donc, tu baises avec une femme qui t’aime tellement qu’elle est partie en famille avec toi. En quoi est-ce une insulte?
  • Tu n’es pas le père de son enfant. Donc, si tu baises avec elle, c’est que tu vaux mieux que son ex. Là encore, où est l’insulte?
  • C’est une MILF! Man, tu scores avec une femme full expérimentée qui est dans son peak sexuel. C’pas une insulte, c’t’un méga fuckin’ WIN!!!

Insulte #3: Dick!
Ce que ça veut dire: Pénis.
Pourquoi est-ce que ce n’est pas vraiment une insulte: Le pénis est, chez l’homme, la source de son plaisir sexuel, en plus d’être celui de pas mal de ses partenaires. En quoi est-ce que se faire comparer à la source de tant de plaisir sexuel est une insulte?

Insulte #4: Douche ou Douchebag.
Ce que ça veut dire: Douche vaginale, ou poire de douche vaginale.
Pourquoi est-ce que ce n’est pas vraiment une insulte: Une douche vaginale est constituée d’un petit tuyau rigide que les femmes se rentrent profondément dans le vagin, ne le ressortant que lorsqu’il s’y est vidé la poche. Quel homme hétérosexuel normalement constitué au niveau du désir et des organes génitaux ne serait pas honoré d’être ça?

Insulte #5: Arguing on the net is like running on the Special Olympics. Even if you win, you’re still retarded.
Ce que ça veut dire: Argumenter sur le net, c’est comme courir dans les olympiades pour handicapés. Même si tu gagnes, t’es quand même un attardé.
Pourquoi est-ce que ce n’est pas vraiment une insulte: D’habitude, la personne qui te balance cette phrase, c’est celui qui vient de perdre un argument contre toi. Sauf que, en disant ça, il déclare que vous êtes tous les deux des attardés, puisque vous argumentiez tous les deux. Dans ce contexte, en déclarant que tu es un gagnant attardé, alors il se déclare automatiquement lui-même comme étant un perdant attardé. Bref, il te traite de winner et il se traite lui-même de loser. Il faut vraiment être un attardé pour considérer ça comme une insulte.

Les maladresses de la drague

Je vais vous faire un aveu; Je suis vraiment le pire des dragueurs. En bon québécois, j’ai pas l’tour pantoute pantoute. Et c’est pour ça que, depuis que je suis adulte, je ne drague pratiquement jamais. Quand je cruise une fille qui me plaît, c’est parce que c’est elle qui a commencé à me montrer des signes d’intérêt.

Ça commence à l’adolescence
Ado, j’avais en moi un mélange de timidité maladive et d’orgueil qui prenait très mal l’humiliation d’un échec draguesque. Mais comme j’avais horreur d’être timide, je m’efforçais de combattre ma nature en essayant d’être quelque chose que je n’étais pas, soit un gars qui a confiance en lui et en ses capacités de cruise. Grave erreur! Une fois, dans un party, je me dis que, logiquement, aucune fille n’osera jamais dire non à un gars qui lui demandera de danser un slow avec, et ce que le gars lui plaise ou non.  Parce que, dans un contexte de joie, de fun et de positivisme qu’est un party, dire non à une telle demande, c’est mettre du négatif dans l’atmosphère, ce qui créé un malaise, et personne ne veut jeter le malaise dans un party.

Un slow commence à joue. Je fake une attitude de gars qui a l’air sûr de lui, je m’approche de la fille, je la demande à danser, elle dit non. Sous le choc, je reste planté là, à côté d’elle, comme le tarla que j’étais, sans rien oser rajouter, ni même partir.

C’est comme ça que j’ai appris à la dure que la seule personne qui ressent un malaise dans cette situation, c’est celui qui se fait repousser. Parce que ni elle ni personne d’autre n’a eu l’air d’en ressentir.

La vie d’adulte
La première fois que je suis allé en appartement, à 19 ans, en 1987, je sortais beaucoup. Ma forte libido me poussait à combattre mon naturel timide. Mais puisque l’attitude de drague n’était pas naturelle chez moi, j’ai accumulé grand nombre d’échecs suite à des tentatives maladroites. En vrac:

  • La fille à qui je demande si c’est à elle, la pince à cheveux que je viens de trouver entre nous deux, elle qui dit non, et moi qui ne trouve rien d’autre pour enchainer que de continuer à lui demander si elle est bien sûre… Elle part.
  •  L’ex camarade de classe sur qui j’avais l’oeil 2 ans plus tôt, qui me voit, me reconnait, vient me saluer et me demande ce que je fais de bon. Et moi, full macho, qui lui sors un condom de ma poche en lui disant « Eh bien comme tu vois, je suis en chasse. » Elle m’a souhaité bonne chance, a cessé d’être chaleureuse, et quelques minutes plus tard sortait de ma vie pour toujours.
  • La fille sur la piste de danse qui se fait aller de façon déchainée, et moi qui m’approche derrière elle afin d’entamer le dialogue en la complimentant sur sa façon de danser. Mais comme je suis arrivé dans son angle mort, POW, elle me sacre un coup de derrière de tête s’a yeule. Je saigne. Je pars aux toilettes. Quand je reviens, elle a disparu.
  •  Je spotte une fille au bar, je travaille mentalement sur ce que je dois lui dire pour l’aborder. Je fonce et commence à lui parler. Elle se retourne et dit: « What? » Constatant que c’est une anglaise, donc qu’elle n’a rien compris de ce que j’ai mis 15 minutes à trouver le courage de lui dire, je repars sans mot dire.
  • Il ne faut pas croire que tout le monde a le sens de l’humour, surtout quand tu fais des jokes sur leurs pratiques sexuelles. Un ami super full beau dragueur nous avait pogné 2 filles bi qui étaient amantes maitresse-esclave. J’ai dit une niaiserie du genre de: « Vous autres, les sadomasochistes, vous êtes du monde spécial! J’imagine que ton plus grand fantasme c’est d’être attaché de la tête au pieds pendant qu’on te casse les doigts un par un, hein !? Hé! Hé! » Dois-je préciser qu’après avoir dit ça, le trip à 4 vers lequel on s’enlignait jusque là, n’est jamais arrivé?

C’était le (pas si) bon temps
En 1987, les gens étaient beaucoup moins ouvert sexuellement qu’aujourd’hui, et c’était 8 ans avant que le net commence à envahir tous les foyers. Je venait de foquer une occasion exceptionnelle, une occasion unique, surtout avec ce dont j’avais l’air dans le temps.  Mais bon, j’avais 19 ans, et c’était la première fois que je sortais de mon village de St-Hilaire pour la grand’ville de Mourial.

Bref, voilà pourquoi j’ai cessé de draguer. À 20 ans, j’ai décidé que désormais j’allais me laisse approcher et je déciderais ensuite si je répond à ses avances ou non. De toutes façons, depuis la révolution féministe de 1993-2003, il est malvenu pour l’homme de se risquer à une drague non-sollicitée.

Un bonus surprise
Ça m’a pris quelques années avant de me rendre compte d’un truc: En cessant de draguer, j’ai automatiquement cessé de chercher à plaire à l’autre. Donc, j’ai cessé de jouer un jeu, j’ai cessé d’essayer d’être le genre de gars qui lui plaît. Bref, je suis resté moi-même. Par conséquent, quand une fille m’approchait par la suite, c’est parce qu’elle était vraiment attirée par moi, et non par par quelque chose que j’essayais de lui faire accroire faussement que j’étais.

Avoir su plus tôt qu’il suffisait de rester soi-même pour trouver quelqu’un qui aime ce que l’on est, je me serais évité pas mal d’humiliations.

Commettre l’erreur de pardonner

Je suis parfaitement d’accord que dans la vie, lorsque l’on est offensé, il y a des situations dans lesquelles le pardon est acceptable.
Par exemple lorsque l’autre nous a fait du tort accidentellement, ou bien par ignorance. Dans le premier cas ce n’est pas de sa faute. Dans le second cas, pour peu qu’on le renseigne dès le départ et qu’il fasse preuve de bonne volonté, il ne s’agira alors que d’un incident isolé qui ne se reproduira plus.

Mieux encore: Je suis même prêt à pardonner à quelqu’un qui n’entre pas dans les deux catégories précédentes, si je suis obligé de le revoir. Par exemple, un membre de ma famille, ou un collègue de travail. À ce moment-là, même si le pardon n’est pas sincère, je veux bien faire preuve de tolérance pour le bien et l’harmonie de l’ensemble des gens qui m’entourent.

Par contre, là où je trouve que le pardon n’est pas une option, c’est quand la personne abuse délibérément de toi en sachant très bien qu’il commet un abus. C’est encore pire s’il refuse de le reconnaître, et ça devient carrément inacceptable s’il continue de le faire même après que tu le lui as dit. Dans ce temps là, pas de pitié: Je jette cette personne hors de ma vie. Le problème disparait en même temps que celui qui le cause, et je peux de nouveau vivre en paix et en harmonie.

Hélas, à ce moment-là, il y a toujours des gens trop bien pensants qui viennent essayer de me faire accroire que je dois absolument pardonner. Ces gens se foutent bien de savoir que le pardon va détruire ma paix en remettant ma vie en situation de discorde. Pour eux, le pardon passe avant tout. Et ils me servent toujours les mêmes arguments illogiques pour essayer de m’en convaincre:

Ce que l’on me dit: En pardonnant, tu démontres que tu vaux mieux que lui.
Ce que j’en pense: Lui, c’est un abuseur. Pas moi! Déjà là, c’est la preuve que je vaux mieux que lui. Ensuite, quand je prend une décision, ce n’est pas dans le but de démontrer que je vaux mieux que qui que ce soit. Je la prend parce que c’est la meilleure option à prendre, tout simplement.

Ce que l’on me dit: Pardonner va te permettre de pouvoir mettre ça derrière toi.
Ce que j’en pense: Au contraire. En ne pardonnant pas, je cesse de fréquenter la personne. La personne ne peut donc plus m’abuser. Par conséquent, c’est là que ses abus sont derrière moi. Si je lui pardonne, ça va lui permettre de recommencer. Alors en quoi est-ce que remettre cette situation inacceptable dans mon présent et mon avenir va me permettre de pouvoir mettre ça derrière moi, comme vous dites? Ça n’a pas de sens.

Ce que l’on me dit: Si tu passes ta vie à en vouloir à quelqu’un, ça va t’empoisonner l’existence. Le pardon va te libérer moralement et mentalement, et tu connaîtras la paix.
Ce que j’en pense: Voici un bel exemple où l’exagération pousse les choses à l’extrémisme. Refuser de pardonner ne signifie pas que l’on entretient un ressentiment féroce de tous les instants envers le fautif. Au contraire, c’est si je continue de la fréquenter, cette personne, qu’elle va continuer de m’abuser moralement, ce qui va m’affecter mentalement, ce qui va renouveler sans cesse mon ressentiment. Vous appelez ça se libérer, vous? Vous appelez ça connaître la paix? C’est plutôt en refusant de pardonner que je garde cette personne et ses abus loin de moi, et que là, enfin, je suis libre et j’ai la paix, moralement et mentalement.

Ce que l’on me dit: Le pardon n’est pas synonyme de faiblesse. C’est au contraire la preuve d’une grande force de caractère.
Ce que j’en pense: Avez-vous déjà remarqué que les personne les plus pro-pardon sont toujours des gens qui se font abuser à répétition? Des gens qui ne peuvent rien faire contre leurs agresseurs afin que cessent les abus? Ou pire encore: Des gens qui ont tous les outils pour faire en sorte que ça cesse, des outils qui sont à même d’enlever à leurs agresseurs le goût de recommencer? Des gens qui n’osent pas utiliser ces outils, ce qui donne donc à l’agresseur tout le loisir de faire d’autres victimes? Peu importe comment on essaye de retourner la chose, le fait demeure que quand on est trop lâche pour être capable de se défendre et se faire respecter, alors le pardon est la seule option qu’il nous reste. Vous pensez vraiment que dans ces conditions, pardonner est faire preuve d’une grande force de caractère?

Ce que l’on me dit: Le pardon n’est pas quelque chose que l’on fait pour l’autre. C’est quelque chose que l’on fait pour soi, afin de se sentir mieux.
Ce que j’en pense: De tous les arguments pro-pardon que j’ai entendu, celui-ci est de loin le plus stupide, sinon le plus mensonger. Le fait de savoir que l’agresseur va croire qu’il n’a rien fait de mal, donc qu’il a le feu vert pour recommencer, donc qu’il n’aura rien appris à part qu’il a le soutient de mes propres amis qui m’encouragent à être sa victime consentante, en quoi est-ce que c’est supposé me faire sentir mieux? Et comment pouvez-vous prétendre que le pardon est quelque chose que l’on fait pour soi, puisqu’il n’y a qu’à l’autre que le pardon rapporte du positif?

Ce que l’on me dit: Refuser de pardonner démontre un manque de maturité.
Ce que j’en pense: Si le fait de vouloir que quelqu’un cesse de nous abuser est un manque de maturité, alors il est quoi, lui, pour abuser des autres? Mature? Et vous, là-dedans? Vous êtes mature, vous, en voulant empêcher une victime de cesser d’en être une? Pire, en vous rangeant du côté de l’agresseur, de façon à faire en sorte que ses abus continuent? Parce que si c’est ça la maturité, alors vous dites que tout le système légal et pénal est immature, incluant les centres d’aide aux personnes victime d’abus.

Ce que l’on me dit: Tu ne dois pas t’abaisser à son niveau, sinon tu ne vaux pas mieux que lui.
Ce que j’en pense: C’est ça, et pendant qu’on ne s’abaisse pas, lui il reste bien à l’abri dans son niveau , ce qui lui permet de continuer à abuser des autres en toute tranquillité. Et en passant… Comme ça, à tes yeux, abuser et faire en sorte que cessent les abus, c’est du pareil au même, hm? Bravo, belle mentalité.

Quand pardonner le vice, c’est l’encourager
Lorsque l’abus n’est ni accidentel ni né de l’ignorance, alors je considère qu’accorder son pardon, c’est faire une erreur de jugement. Parce qu’en pardonnant, tu passes trois messages à ton agresseur:

Le premier, c’est qu’il n’a rien fait de mal.
Le second, c’est que c’est toi qui est fautif d’avoir voulu que ça cesse.
Le troisième, c’est qu’il peut recommencer à loisir, et ce impunément. Normal, puisqu‘il n’a rien fait de mal et que c’est toi le fautif. Et ça doit bien être vrai que c’est toi le fautif, puisque c’est toi et non lui qui se fait dire d’arrêter, et ce par ton propre entourage en plus.

Voilà pourquoi quand je décide que c’est fini, c’est fini. La seule et unique fois dans ma vie où j’ai pardonné à un fautif délibéré, c’était une vieille tante qui ne cessait de m’accuser de mille et une délinquances que je n’avais jamais commises. À 11 ans, j’ai décidé que j’en avais assez et que je ne voulais plus jamais la revoir. Mes parents ont compris, et me laissaient à la maison à chaque fois qu’ils allaient la visiter. Quand j’ai eu 25 ans et que ma mère m’a rapporté que cette tante était sur son lit de mort et implorait mon pardon, je suis allé la voir et je le lui ai accordé. Normal: Mourante, elle ne pouvait plus me faire de tort. Je n’avais donc plus besoin de la tenir éloignée.

Ne confondez pas Bon Sens avec Rancune
Quand une personne a une pièce de vêtement inconfortable et qu’elle s’en débarrasse, est-ce qu’on dit de cette personne qu’elle est rancunière envers ce vêtement? Non! Elle ne fait qu’utiliser son bon sens et sa logique. Elle se sert de son expérience qui lui a prouvé que ce vêtement la rend inconfortable. Alors quand quelqu’un m’a prouvé maintes fois qu’elle me rendait inconfortable, ce n’est pas de la rancune de s’en débarrasser. Ce n’est qu’utiliser mon bon sens et ma logique.

Vous allez me dire qu’on ne peut pas comparer un être humain à une pièce de tissus? Il est vrai que la pièce de tissus ne peut pas reconnaître ses défauts et travailler dessus pour s’améliorer. L’être humain, lui, n’a pas cette excuse, car il la possède, cette capacité. S’il refuse de le faire, alors il ne vaut pas mieux qu’un bout de tissus, et doit donc être traité comme tel.

Ceci dit, même si je ne suis pas d’accord avec votre façon de raisonner, je peux la comprendre.
Quand on est trop faible pour être capable de se faire respecter, alors il est difficile d’accepter qu’il y en ait d’autres qui possèdent la force de caractère pour le faire. On a beau déguiser notre lâcheté derrière le pardon et appeler ça maturité pour essayer de rendre ça plus acceptable à nos propres yeux, ça ne change rien au fait que dans le fond, on le sait qu’on est lâche. Et ça, c’est quelque chose de difficile à s’admettre à soi-même.  Quelle option nous reste t-il alors pour rendre notre impuissance plus supportable? Une seule: Essayer de passer l’idée comme quoi c’est de la sagesse, et que tout le monde pense et agit comme ça.

Ça nous évite de se regarder de trop près et de se voir tel que l’on est vraiment: Une victime consentante dont la lâcheté encourage les abus envers soi-même et envers les autres.

Ça on s’en fout (Hommage aux sixties)

Puisque c’est la mode de blâmer les boomers pour tous les maux de la société québécoise, aussi bien m’y mettre moi aussi.

Imaginez que dans les années 60 il y avait un band qui copiait la sonorité des Beach Boys, avec ben d’la guit’, un chanteur speedé qui chante des vers de 12 pieds, et tous les membres du band qui prennent une voix de fausset pendant le refrain.

Maintenant, imaginez que ce band serait assez clairvoyant pour prédire avec réalisme la façon dont leur génération allait vraiment changer le monde.

Moi en tout cas, j’imagine que ça donnerait une toune dans ce genre-là:

_____________

ÇA ON S’EN FOUT

On est la génération des baby-boomeurs
Nous sommes convaincus que c’est nous autres meilleurs
On va changer le monde pour le mettre à notre goût
Et ça va causer des répercutions partout

Un jour, on a décidé qu’y’avait pu rien d’mal
On a fumé, on s’est saoulé, on s’est drogué
Mais puisque la drogue c’est quelque chose d’illégal
Ça va nous attirer le crime organisé

Mais ça on s’en fout
Nous faisons c’que nous voulons
Ceux qui paieront c’est pas nous.
Ce s’ra les prochaines générations

Nos parents ont fait la guerre, nous on fait la baise
On l’fait sans protections et on est très à l’aise
Tant pis pour les infections qu’on peut propager
Un jour le sexe sera quelque chose qui peut tuer

Avec la pilule on cesse de faire des enfants
Le Québec a un problème de dépeuplement
À cause de ça on fait entrer plein d’immigrants
Un jour ça causera des problèmes d’accommodements

Mais ça on s’en fout
Nous faisons c’que nous voulons
Ceux qui paieront c’est pas nous.
Ce s’ra les prochaines générations

Parce qu’on ne veut plus se plier aux restrictions
On commence à mettre de côté notre religion
Une fois que l’on se sera débarrassé d’la notre
Nos enfants devront se plier à celle des autres

On fait des jokes de noirs, de chinois et de juif
On rit des homos, des tapettes et pis des fifs
Si un jour ils s’écoeurent qu’on rit d’leur façon d’vivre
Faudra tchecker c’qu’on dit pour me pas s’faire poursuivre

Mais ça on s’en fout
Nous faisons c’que nous voulons
Ceux qui paieront c’est pas nous.
Ce s’ra les prochaines générations

Quand on n’est pas en train d’faire des tours en machine
On se promène sur nos béciques à gazoline
Qui mettent plein d’oxyde de carbone dans l’atmosphère
Un jour les coups d’soleil vont causer des cancers

Nous avons créé le jeter après usage
Parce qu’on veut pas s’bâdrer à faire du ramassage
Les terrains seront plein d’ordures et nos rivières
Vont devenir d’énormes égouts à ciel ouvert

Mais ça on s’en fout
Nous faisons tout c’que nous voulons
Ceux qui paieront c’est pas nous.
Ce s’ra les prochaines générations

La génération avant nous étaient des pauvres
Car l’église et les anglais les ont exploités
La génération après nous seront des pauvres
Parce qu’on a tout pris et qu’on leurs a rien laissé

Un jour on travaillera pu car on s’ra trop vieux
Ça posera un problème car nous sommes très nombreux
Pour nous permettre de vivre une belle retraire dorée
La société devra continuer d’s’endetter

Mais ça on s’en fout
Nous faisons tout c’que nous voulons
Ceux qui paieront c’est pas nous.
Ce s’ra les prochaines générations

Mais ça on s’en fout
Nous faisons tout c’que nous voulons
Ceux qui paieront c’est pas nous.
Ce s’ra les prochaines générations

(fade out)

Échanger une prison contre une autre

Le gars veut sortir avec une fille, mais ne se sent pas prêt à planifier sa vie avec elle. La fille, elle, a d’autres plans. Alors ils habitent ensemble et/ou se marient et/ou elle tombe enceinte. Éventuellement, l’un et/ou l’autre se rend(ent) compte qu’ils ne sont vraiment pas prêts à se ranger. Chacun accuse l’autre d’avoir gâché sa vie, ça fait du ressentiment, des divorces, des séparations, des familles éclatées et des enfants qui souffrent. Et ensuite on crie haut et fort : « Où sont rendues les bonnes vieilles valeurs familiales d’antan ? »

Les bonnes vieilles valeurs familiales existent toujours… C’est juste qu’elles ont décalé de quelques décennies. Ce sont qui de nos jours, la majorité des gens qui se marient pour la vie et se sentent prêt à fonder une famille, à part les gais bien entendu? Ce sont les gens dans la quarantaine ou cinquantaine. Pourquoi? Parce que rendu à 40-50 ans, on se calme. Maintenant qu’on a vécu tout ce qu’on voulait vivre, et/ou que l’âge et la santé fait qu’on n’est plus capable de vivre notre jeunesse, on se dit qu’on pourrait bien songer à se ranger.

Et c’est ainsi que du monde de 20-30 ans voient un de leurs parents, sinon les deux, se remarier avec d’autres, fonder de nouvelles familles, et être présent, attentif et affectueux avec leurs nouveaux enfants, chose qu’ils n’ont jamais su faire avec leur première famille.

Vous n’en avez pas ras le bol, vous, de voir des filles à peine majeures gâcher leur jeunesse et celles de leur chums en ayant des enfants trop tôt, puis gâcher la vie de ces enfants, pour ensuite la re-gâcher de nouveau en fondant une 2e famille à qui ils vont donner ce qu’ils ne pouvaient pas à la première ?

Il y a beaucoup de filles pour qui tout n’est pas rose dans la vie de couple, et qui se disent stupidement « Me semble qu’avoir un enfant ne peut que consolider notre couple ». Vraiment? Voyons voir : Les nuits blanches, le braillage, le harcèlement constant dont on est victime de la part de famille, parents, amis, voisins et autres bien pensants qui ont tous leur petite idée de comment s’occuper d’un enfant et une liste longue comme le bras de reproches à vous faire rapport à ce que ce qu’à leurs yeux vous faites de pas correct à ce pauvre petit, le manque de sommeil, la fatigue physique et mentale, et j’en passe, eh bien tout ça arrive à mettre de la tension dans le plus amoureux et le plus uni des couples. Dans ce temps là, qu’est-ce que vous pensez qui arrive quand vous n’êtes PAS le plus amoureux et le plus uni des couples pour commencer? Quand vous n’avez PAS fini vos études? Quand vous n’avez PAS un assez bon salaire pour vous faire survivre? Quand vous n’êtes PAS prêt à fonder une famille?

Pourquoi est-ce qu’une fille qui arrive enfin à sortir de chez ses parents, endroit qu’elle comparait à une prison car elle n’y avait pas assez de liberté à son goût, s’arrange pour tomber enceinte presque immédiatement? Si elle pensait qu’elle manquait de liberté avant, elle n’a pas fini. En tombant enceinte, elle vient d’échanger une prison d’où elle pouvait encore s’enfuir contre une dont telle ne pourra jamais s’évader. Essayez de faire de quoi de votre vie maintenant que vos temps libres vont se calculer au compte-gouttes.

Il faut toujours attendre donc d’être prêt mentalement, émotionnellement et monétairement avant de faire une famille. Et c’est quand, au juste, être prêt ?

• Quand tu es dans un couple stable.
• Quand tu as une bonne job, ou de bonnes perspectives d’avenir.
• Quand les deux dans le couple ont fini leurs trips de jeunesse d’alcool, de drogues et de couchette.
• Quand les deux dans le couple veulent un enfant, et pas juste un des deux.

Ça me rappelle une des premières fois où je suis parti en appartement, quand j’ai eu une job. Comment est-ce que j’ai pu imaginer que je pourrais m’acheter des meubles alors que le loyer, le téléphone, l’électricité et la bouffe me mangeait mon salaire à mesure ? De retour chez mes parents, cette fois je me suis préparé : J’ai acheté tous les meubles, électroménagers et accessoires dont j’avais besoin pour remplir mon appartement. Quand je suis reparti, là j’étais prêt.

C’est pareil pour fonder une famille. Comment est-ce que tu peux trouver le temps, l’argent et l’énergie de créer un bon environnement pour ton flo PENDANT que ton temps, ton argent et ton énergie est consacré à s’en occuper?

Comment est-ce que tu peux lui faire une bonne vie quand tu n’arrives même pas à organiser correctement ta propre vie? Comment est-ce que tu peux lui fournir une vie familiale stable si ton couple n’est même pas stable pour commencer? Comment est-ce que tu peux lui donner de l’amour et de l’attention si la raison pour laquelle tu veux tomber enceinte est par manque d’amour et d’attention, et qu’on ne peut pas donner ce qu’on n’a jamais reçu?

Une de mes ex belle-sœur a fait exprès pour tomber enceinte de son premier chum juste pour le piéger à rester avec elle, un gars pourtant violent et un peu détraqué sexuel. Le petit a été abusé et battu par lui, avant d’être abandonné émotivement par sa mère qui n’avait que faire de lui maintenant puisque sa naissance n’a pas suffi pour faire rester son mec. Il a donc passé sa jeunesse dans les centres, foyers, DPJ et tout ça. Aujourd’hui, rendu majeur, il a des problèmes avec la loi, mais pour une autre raison. Voir sa mère maintenant assagie donner amour, attention et vie stable à ses nouveaux enfants, choses auquel lui n’a jamais eu droit de la part de la même mère, ça l’a rempli de rancœur et l’a poussé à abuser et violenter ses demi-frères et sœurs.

C’est bien beau dire qu’on s’assagit avec l’âge, mais partir en famille quand ce n’est pas le temps, ça fait des conséquences qui te suivent toute ta vie, comme mon ex belle-sœur a appris amèrement. À cause d’un geste égoïste et irréfléchi qu’elle a posé il y a 20 ans, elle a gâché 5 vies : Celle de son premier enfant, celles de ses deux autres enfants, la sienne, et celle de son mari actuel. Tout ça parce qu’elle n’a pas compris dans le temps qu’un enfant n’est pas un objet, un animal de compagnie, ou une monnaie d’échange contre une vie de couple.

Mettre ses priorités dans le fait de vouloir un enfant à tout prix en négligeant tous les autres aspects de sa vie, c’est un signe de déficit au niveau de l’affection. La fille va donc avant tout rechercher un gars qui va accepter de devenir le père de son enfant. Elle commence donc par en discuter avec lui. C’est seulement après qu’il aura refusé qu’elle décidera de tomber enceinte sans son consentement. Le père, c’est souvent secondaire, elle veut juste l’enfant. Alors si vous sortez avec une fille qui parle d’avoir un enfant avant d’être prêt, un seul conseil : Fuyez !

… Sans la mettre enceinte au préalable, si possible.

L’amour ne se mérite pas

À l’époque où j’étais cégépien, un de mes cours s’appelait Cinéma Québécois.
Notre classe y a visionné plusieurs films, mais il y en a un en particulier qui m’a frappé. J’aime, J’aime Pas.  Ça commence quand Winnie, une jeune fille d’environs 18-19 ans est dans la rue, tirant sur un chariot sur lequel elle a empilé tout ce qu’elle possède. Elle emménage dans un nouvel appartement avec son enfant qui doit avoir 2 ou 3 ans. Elle a l’air seule et triste.

Le peu d’argent qu’elle a, elle le gaspille en achetant de gros bouquins remplis de photos couleur au sujet du désert, bouquins qu’elle massacre afin de mettre les images de dunes de sable sur ses murs. On apprend que le père de son enfant les a abandonnés il y a quelques années afin d’aller vivre pleinement son rêve de globetrotter et d’aller traverser les grands déserts. N’ayant aucune photo de lui, elle tapisse les murs de ces photos d’albums.

Winnie se fait remarquer par un jeune homme qui étudie en cinéma. Il a craqué pour son air mélancolique et croit qu’elle ferait un excellent sujet pour un projet de cinéma-vérité. Elle refuse mais finit par se laisser convaincre que ses intentions sont honorables. Il est en amour avec elle mais ne veut pas la brusquer de peur de la faire fuir. Il est patient, gentil, doux, compréhensif et respecte son espace.

Tout le long du film, on le voit peu à peu réussir à lui faire baisser ses barrières une par une. Voyant bien qu’il la traite avec amour et respect, elle craque et lui dit qu’elle l’aime. Il est au paradis, et elle perd enfin son air mélancolique et commence à sourire. Pour la première fois du film, elle semble heureuse. Elle rentre ensuite chez elle. Comme si elle se réveillait enfin en constatant à quel point elle a été stupide de s’accrocher à celui qui l’a abandonnée, elle arrache furieusement toutes les images de désert du mur et les jette aux poubelles. Dans les jours qui suivent, elle est enfin heureuse et commence à s’épanouir dans sa nouvelle relation.

Happy End?
La fille a appris qu’il ne faut pas perdre son temps à aimer celui qui se fout de toi,  l’écoeurant a eu ce qu’il méritait et le bon gars a gagné. On peut maintenant faire jouer la musique de fin en faisant dérouler à l’écran les 8624 noms des gens impliqués dans le film.

… En fait, non, on ne peut pas faire ça tout de suite. C’est que l’histoire n’est pas encore terminée.

Un soir, ça cogne à la porte de l’appartement de Winnie. Elle ouvre. C’est son ex, le père de son enfant, qui se tient là, tout souriant. Après quelques secondes de choc causés par la surprise, elle se jette dans ses bras et ils passent les heures suivantes à baiser fiévreusement. Pour elle, c’est comme si son nouvel amoureux n’existait plus. Comme s’il n’avait jamais existé. Et après la baise, elle fait déjà des plans pour former une vraie famille, maintenant que l’amour de sa vie est revenu. Ils s’endorment ensemble.

Le lendemain matin, elle se réveille seule. Il est parti. Il lui a laissé une note en disant qu’il ne faisait que passer et qu’il n’a pas fini son trip d’aventures autour du monde.

Elle redevient aussitôt la fille déprimée et mélancolique des premiers 2/3 du film. Après quelques heures à lentement digérer ce nouveau coup, son sentiment de honte, de culpabilité et de lâcheté est tel qu’elle se retrouve incapable de faire face à son nouvel univers et à ceux qui en font partie.  Elle empaquette ses affaires sur le chariot et quitte l’appartement pour aller refaire sa vie ailleurs, sans un regard en arrière et sans même contacter celui qui était son nouvel amoureux, qui ne la reverra plus jamais. Fin!

Ce que j’ai pensé de ce film
À ce moment-là, encore dans ma naïve vingtaine, j’ai trouvé ce film franchement révoltant, et ce pour plusieurs raisons. Ces raisons ont affecté le devoir que nous avions à faire à ce sujet en équipe de 2 ou 3 étudiants.

Ma partie était d’écrire deux pages de résumé du film. Dans celui-ci, j’ai décrit les gestes du personnage principal dans ces termes: « C’est alors qu’elle commet l’erreur de reprendre avec son ex. » Ma partenaire de travail m’a alors rappelé que le devoir demandait un résumé objectif du film, sans porter de jugements.

J’ai dit désolé, j’ai effacé et j’ai recommencé: « La fille laisse injustement tomber son ami de coeur en faveur de son ex qui ne la mérite même pas, et… » Et encore une fois, ma partenaire me rappelait que ce devoir devait être un résumé du scénario et non une critique des faits et gestes des personnages.

Ce n’était pas de l’obstination.
Le fait est que je ne comprenais sincèrement pas où était le problème dans mon résumé. Sérieux! Pour moi, dans ma tête, le fait que la fille était injuste de tromper son chum et que son ex ne méritait pas d’avoir du sexe avec elle, ce n’était pas une opinion, c’était un fait. Je ne faisais que décrire de façon objective ce fait que je voyais si clairement. Un fait que tout le monde aurait dû voir aussi clairement que moi. Je ne comprenais pas pourquoi j’étais apparemment le seul à le voir.

Dans ma tête, il n’a avait pas de compromis. Il ne pouvait y avoir que deux buts possible à ce film: Ou bien dénoncer le comportement stupide et les décisions idiotes de la fille. Ou bien les glorifier. C’était l’un ou c’était l’autre. Et le fait que je semblais être le seul à voir que c’était le premier, ça ne pouvait signifier une seule chose: C’était le second! Ça me révoltait.

C’est que le jeune homme que j’étais ne pouvais pas concevoir qu’il puisse y avoir une 3e option: Raconter une histoire, tout simplement, sans autre but ni arrière-pensée que de la raconter.

Je ne saurais compter le nombre de fois où j’ai vu une fille va se plaindre de son chum qui la traite avec très peu ou pas du tout de respect. Et pourtant, elle était délibérément dans une relation avec, elle le baisait, elle l’aimait, et dans beaucoup de cas allait même le marier. Toute ma vie, je n’ai pu accepter les choses que si je pouvais les comprendre. Et pour pouvoir les comprendre, il faut qu’il y ait de la logique derrière les faits et gestes de tout un chacun. Voilà pourquoi, à mes yeux, se plaindre que son chum lui manque de respect et tout de même l’aimer, le baiser et le marier, je ne pouvais pas le comprendre parce que ça n’avait aucun sens. Parce que ce n’était pas logique. Parce qu’aucun abuseur ne devrait être récompensé par sa victime.

Ce n’est qu’il y a quelques années que j’ai enfin compris quelque chose au sujet de l’amour. Quelque chose qui m’a permis de comprendre ce que me disait ma partenaire de travail au sujet de mon résumé du film. J’ai enfin compris que l’amour n’est pas quelque chose que l’on peut comprendre. L’amour n’est pas une décision. C’est un sentiment. C’est quelque chose que l’on vit avec ses tripes et non avec sa tête. L’amour n’est pas quelque chose que l’on donne et/ou que l’on reçoit par mérite. C’est quelque chose que l’on ressent ou bien que l’on ne ressent pas. C’est tout. Malheureusement, j’ai passé la majorité de ma vie à focusser sur le Ça ne devrait pas se passer ainsi, au lieu d’accepter le plus grand des faits qui soit. Le fait que C’est ainsi que ça se passe.

On peut protester et passer sa vie frustré contre cette injustice éternelle, se mettant tout le monde à dos en leur démontrant, preuve à l’appui, pourquoi ils sont cons d’aimer ceux qui ne les méritent pas. Ou bien on peut apprendre à l’accepter, et vivre avec ce fait.

Ça ne devrait pas se passer ainsi. Mais c’est ainsi que ça se passe.

Salomé: Portrait d’une sociopathe

     C’est au cégep en 1996 que j’ai rencontré Salomé, alors qu’elle était venue porter un article au Vox Populi, le journal étudiant du cégep André Laurendeau.

Salomé, c’était une personnalité chaleureuse, la beauté de Britney Spears à ses débuts, le look neo-gothique de Morticia Addams, et le côté candide de Nathalie Simard à l’époque où elle chantait pour les enfants.  Bref, une irrésistible combinaison de charme mystérieux et de simplicité qui fait que l’on recherche sa présence.  Elle avait ce don de pouvoir donner à chacun de nous l’impression que l’on est quelqu’un de spécial pour elle.

Comme ce fut le cas pour la majorité de mes relations, ce n’est qu’à partir du moment où je me suis rendu compte que cette fille s’intéressait à moi que je me suis dit pourquoi pas?, et que j’ai commencé à sortir avec.  Je venais de  terminer une série de relations assez éprouvantes, et bien que je commençais à être blasé du couple, Salomé semblait être une amélioration sur mes ex sur tous les points.  Malheureusement, j’ai appris à la dure que ce n’est pas parce qu’elle n’a pas les mêmes défauts que les autres que ça signifie pour autant qu’elle n’en a aucun.

    Les deux premières semaines de notre relation de couple, elle était câline et affectueuse.  Puis, du jour au lendemain, au début de la 3e semaine, elle devient soudainement froide et distante.  Elle qui insistait pour m’accompagner jusqu’à la porte de ma classe, même quand mon cour était au 6e étage, voila qu’elle ne me suivait plus nulle part.  Elle qui était toujours en contact physique avec moi d’une façon ou d’une autre, voila qu’elle prenait maintenant ses distances lorsque l’on était dans la même pièce, en se tenant juste assez loin pour être hors de ma portée, mais pas assez loin pour être obligée de regarder en ma direction.  Pour ce qui est des baisers, le visage de porcelaine qu’elle m’offrait quand je l’approchais était loin des gros french-kiss passionnés qu’elle me donnait la veille.

À la fin du 2e jour de froideur, je me suis rendu à l’évidence.  Je suis peut-être naïf mais je ne suis pas idiot.  Je sais reconnaître les signes quand quelqu’un se désintéresse de moi.

Je me considère comme étant une personne réfléchie et raisonnable.  Aussi ais-je décidé que ça ne valait pas la peine de faire un drame avec ça.  Je suis donc allé la voir et lui ai dit que j’avais remarqué le changement dans son comportement.  Je lui ai dit que j’étais compréhensif.  Si, pour des raisons personnelles, elle n’avait plus envie que l’on continue à sortir ensemble, elle n’avait qu’à me le dire.  Même pas besoin de se justifier.  Elle a juste à dire qu’on peut en rester là, je serais ok avec ça, et la relation va juste redevenir amicale, comme avant.  Elle me rassure que tout va bien entre nous, c’est juste qu’elle est peut-être un peu fatiguée et stressée en rapport à ses travaux de mi-session.  Pour le reste, elle me dit que c’est juste dans ma tête. D’accord!  Me voilà rassuré.

Cependant, plus les jours passent et plus elle s’éloigne de moi.  Alors qu’avant elle me disait que nous irions à un party, une sortie en groupe au bar ou au cinéma, voilà qu’elle me disait qu’elle irait à un party, qu‘elle sortira au bar, qu’elle ira au cinéma.  Je lui ai de nouveau offert une porte de sortie, mais elle m’a dit de nouveau que j’avais pas à m’inquiéter, qu’elle était bien avec moi.

N’empêche que ses paroles ne cessaient de contredire ses actes.  Plus jamais elle ne venait vers moi, ne m’appelait, ne me parlait, si je n’étais pas celui qui initiait le contact. Cette situation me torturait.  Je me demandais comment faire pour améliorer les choses entre elle et moi.  Puisqu’elle disait encore m’aimer, je me devais de faire quelque chose pour sauver notre couple.  Or, quand j’essayais,. je voyais bien que ça l’irritait, ce qui ne pouvait que l’inciter à s’éloigner.  Et quand je ne faisais rien, je la voyais s’éloigner et je craignais qu’elle s’imagine que je me fous d’elle et de notre relation.  Quoi que je fasse, j’empirais notre cas.  Cette situation sans issue me hantait l’esprit à toute heure du jour, du soir et de la nuit.  Vivre sous le stress constant d’être dans une situation qui s’acharnait à vouloir rester nébuleuse, c’était rendu invivable.

C’est sûr que je pouvais mettre fin à mes tourments en mettant fin à notre relation.  Mais elle disait m’aimer encore.  Je ne pouvais donc pas prendre le risque de ruiner notre bonheur si, comme elle disait, tout ça n’était que le fruit de mon imagination..  La 3e semaine de ma relation avec elle en fut donc une de souffrance morale, affective et psychologique.

Ce que je ne savais pas, c’est que je me torturais l’esprit absolument pour rien.  En vérité, elle n’avait plus aucun amour pour moi.  Notre couple n’existait plus.  Elle avait juste choisi de ne pas me le dire.  Je me cassais donc la tête jour et nuit en pure perte à vouloir tout faire pour arranger un problème qui n’existait même pas, tout ça parce qu’elle m’induisait en erreur en me faisant croire que nous étions toujours un couple amoureux.

Vous savez comment j’ai appris que je ne sortais plus avec Salomé, malgré ce qu’elle me disait pour me rassurer du contraire?  Une amie commune qui me voyait souffrir et désespérer de trouver une solution a eu pitié de moi.  Elle m’a révélé que Salomé sortait avec un gars nommé Jacob depuis une semaine.  Elle avait rencontré ce gars là à un party où je n’avais pas pu aller à cause de la présence de Geneviève, ex blonde à moi, et future coloc de l’enfer. Et c’est en effet le lendemain de cette soirée que l’attitude de Salomé envers moi a passé d’un extrême à l’autre.

J’en suis tombé sur le cul.  Bouche bée.  Atterré. Aberré.

Que Salomé ne veuille plus sortir avec moi, je pouvais vivre avec cette idée sans problème.  Qu’elle m’ait quitté pour un autre qui lui convenait mieux, passe encore.  Mais là, pouvez-vous seulement vous imaginer la frustration que je ressentais?  Il y a tellement de gars qui sont jaloux, qui réagissent avec violence, qui s’arrangent pour que la fille se sente mal à l’aise, qu’elle culpabilise, lorsqu’elle veut mettre fin à la relation…  Moi, je prends la peine d’être ouvert d’esprit, d’être cool et compréhensif, et même de lui offrir une porte de sortie afin de lui éviter ça, non pas une mais bien deux fois.  Et qu’est-ce que ça m’a donné?  RIEN !  Mon ouverture d’esprit ne me rapporte que mensonges.  Comprenez-moi, je ne prétends pas être un saint.  Comme tout le monde, je n’aime pas le feeling d’être mis de côté.  Alors si en plus je fais l’effort d’être raisonnable et compréhensif, c’est extrêmement frustrant de me faire traiter comme si ce n’était pas le cas.

Ayant pris quelques heures pour décompresser, je ne suis souvenu que ce n’est pas la première fois qu’un truc pareil m’arrive.  Car en effet,  j’ai déjà vécu quelque chose de très semblable avec Nathalie en 1989.  Elle aussi a passé des semaines à me mentir de la sorte afin d’éviter de m’avouer qu’elle m’avait laissé pour un autre.

Fort de cette expérience et ne voulant pas répéter les mêmes erreurs qu’à l’époque, j’ai pris le temps de réfléchir.  J’en suis venu à la conclusion que si Salomé n’a jamais cessé de nier son détachement jusqu’à maintenant, alors même si je lui apporte la preuve de son infidélité, ça ne serait pas suffisant pour le lui faire admettre.

Je lui ai donc donné ce qu’elle espérait de moi: Une rupture où elle s’en sort clean.  Je lui ai écrit une lettre dans lequel j’explique que je ne me sens pas trop bien dans cette relation, probablement parce que je ne me suis pas laissé le temps de récupérer de celle d’avec mon ex, et que j’aimerais mieux en rester là.  Elle s’est montrée très compréhensive, me disant que si c’est ce que je veux vraiment, alors elle ne peut pas me forcer à rester en couple avec elle.  Trop aimable!

Elle m’a aussi confié qu’avant moi, elle aussi sortait d’une longue relation qui a duré quatre ans avec son premier copain, que les dernières années furent pénibles, et qu’elle aurait aussi besoin de se retrouver seule sans relations pour un bout de temps.  Cette séparation ne pourrait donc que nous faire du bien à tous les deux.  J’ai passé à deux doigts de lui dire de cesser ses menteries parce que je savais au sujet de Jacob.  Mais bon, puisqu’on est obligé de se revoir à l’école et au journal, inutile d’envenimer la situation.  J’avais déjà bien assez de Geneviève qui s’était approprié mes amis du Vox et qui s’arrangeait pour m’en isoler en leur disant que comme je suis son ex, elle se sent mal à l’aise en ma présence.  Voilà pourquoi je ne suis plus invité dans les partys et autres activités en amis.  La dernière chose dont j’ai besoin, c’est d’une ex de plus pour se mettre entre moi et ma vie sociale.

Après deux semaines, j’ai fini par révéler à Salomé que je savais tout. Jacob, le party où elle l’a rencontré, le fait qu’elle soetait avec lui pendant notre 3e semaine, et que là était la raison véritable de ma demande de rupture.  Je tenais à lui démontrer que quand je lui ai dit que je serais cool et compréhensif advenant une rupture, c’était sincère.  Elle n’avait donc pas à continuer de bluffer de la sorte avec moi.  Et justement, c’est ça que je ne comprends pas.  Pourquoi n’a t’elle pas pris les portes de sortie que je lui donnais pour rompre avec moi à ce moment là?  Sa réponse:

ELLE: Ben là!  Tu présentais ça comme si je voulais casser avec toi.
MOI: Euh…  C’était pourtant le cas, non?
ELLE: C’est parce que je ne peux pas supporter d’être celle qui repousse l’autre.  Ça me donne le rôle de la méchante.  C’est pour ça que je préfère que ce soit le gars qui casse de lui-même.

Incroyable !  Ça valait bien la peine d’être patient et compréhensif envers elle.  C’est justement à cause de ça que j’endurais de terribles souffrances, au lieu de l’envoyer promener dès le début comme l’aurait fait n’importe quel gars normalement impatient et incompréhensif.  Je suppose que des fois ça ne sert à rien d’aller à l’encontre de l’image masculine que les gens décident d’avoir de toi.  Quoi que tu fasses, il y a des filles ne verront jamais autre chose de toi que ce dont elles s’attendent d’un gars.  Mon père s’est toujours attendu à ce que je devienne un délinquant comme tous les adolescents, j’ai donc été traité comme tel même si ça n’a jamais été le cas.  Mon ex et mère de mes enfants s’attendait à ce que je la trompe comme tous les gars qu’elle avait connu, j’ai donc eu à subir ses crises de jalousie et ses soupçons non-mérités pendant cinq ans.  Dois-je être surpris que Salomé ait essayé de prévoir ma réaction en tenant compte du fait que je suis un gars, et non du fait que j’étais moi?

Toujours est-il que, puisque nous nous avions la même bande d’amis au cégep, et qu’elle était redevenue avec moi aussi amicale qu’avant notre courte histoire de couple, je n’ai eu aucun problème à devenir bon ami proche avec elle.  C’est justement le fait que je connaissais maintenant cette facette de sa personnalité qui l’a influencé à faire de moi son confident.  J’étais probablement le seul avec qui elle pouvait parler de sa vraie nature.  Ça m’a permis de voir un côté d’elle qui était à des millions de kilomètres de l’image qu’elle projette.

Ma courte relation de deux semaines avec Salomé avait été platonique.  Elle m’avait confié à ce moment là avoir le sexe en horreur, sous toutes ses formes.  Et la seule chose qui pourrait peut-être l’allumer, ce serait de faire ça sur l’autel d’une église, ou alors dans un cimetière, sur une tombe fraîchement creusée, à minuit.  Encore faudrait-il qu’elle sorte avec un gars pendant quelques années avant de se sentir assez à l’aise pour passer à l’étape sexuelle avec lui.  Et encore, pas question de sexe oral ou autres pratiques perverses qui ne seraient pas l’acte en lui-même.  Ayant tout de même du respect pour les lieux de culte, j’ai vite mis une croix sur l’église.   Quant au cimetière, on était rendu vers la fin de novembre, alors de ce côté là aussi ça semblait mort.  Étrangement, malgré tout ça, durant les six mois qui ont suivi notre rupture, elle a sorti et/ou couché avec sept gars sans qu’église ou cimetière n’y soit mêlé, et ne se gênait pas pour m’en parler.  Normal: Puisque j’étais le seul de ses ex à lui parler encore, et puisque le côté amour et sexe n’avait rien donné entre nous, j’avais tout ce qu’il faut pour devenir son meilleur ami de gars.  Mieux encore: son complice.  C’est en tant que tel que j’ai commis l’erreur de l’introduire dans mon univers, celui hors du cégep, en avril 1997.

À l’époque, j’étais auteur de bande dessinée underground, et bien que ma production avait beaucoup ralenti depuis mon retour aux études, j’avais encore de bon contacts avec le milieu.  Un de mes amis, Paul, réalisait des vidéoclips pour des bands de musique amateurs en plus d’être auteur de bandes dessinées.  Il déplorait le fait qu’il lui était toujours difficile de trouver des filles au look intéréssant, qui seraient à la fois naturelles, sexy, sauraient bien danser, ne seraient pas dérangées par l’idée d’embrasser une autre fille devant la caméra, et accepteraient de faire ça gratuitement.  Il se trouve que Salomé possédait toutes ces caractéristiques.  J’introduis donc Salomé à Paul.

Puisque Paul avait des connections avec plusieurs bands amateurs montréalais, Salomé y a vu une opportunité à exploiter.  Elle a fait son numéro de charme à Paul, et moins de quarante-huit heures plus tard, ils sortaient tous les deux ensemble.  Le pauvre gars vivait sur un nuage.  Jamais, de toute sa vie, il n’aurait pu imaginer qu’une telle fille puisse s’intéresser à un gars comme lui.  Leur relation a également duré trois semaines.  Durant cette période, tout en restant platonique avec Paul, Salomé à fréquenté et baisé deux autres gars, des musiciens pour lequel Paul travaillait bénévolement à leurs clips.  J’étais scandalisé par son attitude, surtout qu’elle me mettait moralement dans une impasse.  Devrais-je laisser Paul vivre un mensonge, ce qui équivalait à me rendre complice par mon silence?  Ou bien risquer mon amitié avec Salomé et ainsi risquer ma vie sociale puisqu’elle en faisait partie?  Je n’allais pas devoir vivre avec ce dilemme longtemps.

Mai 97.  L’anniversaire de Salomé approchait à grand pas, et Paul n’était que trop heureux de pouvoir démontrer à Salomé combien il l’appréciait, en lui organisant une super soirée d’anniversaire.  D’abord, il l’inviterait au resto.  Ensuite ils se rendraient au bar Les Deux Pierrots dans le vieux Montréal, où les attendraient une grosse gang composée d’amis musiciens de Paul, de gens du cégep, du monde de la BD underground, ainsi que quelques amis de Salomé.  Dès qu’ils furent arrivés, on a tous passé à table et Salomé a reçu ses cadeaux.  Paul est celui qui lui en a le plus donné, d’ailleurs.

C’est là que Salomé m’a démontré à quel point elle pouvait être égoïste, ne ressentant pas la moindre décence ni empathie.

Dès que la distribution de cadeaux fut terminée, Salomé, qui était assise à côté de Paul, a complètement ignoré ce dernier.  Elle n’a plus fait la conversation qu’à Simon, un bédéiste qui se trouvait assis en face d’elle.

Au fil des heures, je ressentais un malaise moral.  Je voyais la détresse de Paul qui augmentait à mesure qu’il se rendait compte de l’attitude de Salomé envers lui.  Tout le long de la soirée, elle n’a pas lâché Simon, ne parlant qu’avec lui, l’accompagnant partout où il allait, que ce soit à la table de pool, jusque devant la porte des toilettes pour hommes, le temps qu’il en ressorte.  En étant témoin de tout celà, ce pauvre Paul ressentait une angoisse qui se traduisait par un malaise physique au niveau de la poitrine, comme si une main géante lui compressait la cage thoracique.  Je connaissais trop bien cette douleur morale et physique pour l’avoir moi-même ressentie lors de ma 3e semaine avec Salomé.

Qu’elle ne s’intéresse plus à Paul, passe toujours.  Mais lui faire ce coup-là, en public, le soir même où il avait tant fait pour elle, ça me dégoûtait.  Mais voilà, ayant déjà appris à la dure ce qui arrivait lorsque l’on signifiait notre désapprobation sur le comportement immoral d’une fille, je ne voulais pas mettre en jeu le peu de vie sociale que j’avais encore.  Je me suis donc mêlé de mes affaires.

Le lendemain, un dimanche, j’ai accepté d’héberger Salomé et Simon chez moi dans mon 1½, aux résidences étudiante.  Ils ont passé la soirée ensemble au centre-ville et ils ont tous les deux raté le dernier bus vers chez leurs parents respectifs sur la Rive Nord.  De plus, elle avait un cour au cégep le lendemain matin.  Le fait que j’habite aux résidences étudiantes était donc très pratique pour elle.

Puisqu’ils étaient maintenant un couple, il me semblait normal de leur laisser mon lit et de m’installer par terre.  J’éprouve quelques difficultés à m’endormir rapport à la dureté du plancher.  Au bout d’un quart d’heure, à la recherche d’une position confortable, je me retourne, visage face à mon lit. C’est là que j’ai droit à une sacrée surprise: Malgré la pénombre et le fait que j’aie enlevé mes verres de contact, je distingue parfaitement Salomé, à quatre pattes, en train de tailler une pipe à un Simon couché sur le dos.  Au bout de quelques minutes, cette chère Salomé qui était tellement dégoûtée à l’idée du sexe oral lorsqu’elle sortait avec moi, n’a pas hésité à le faire jouir dans sa bouche en avalant.

À peine plus de vingt-quatre heures après avoir commencé leur relation.
Dans mon lit.
Avec moi à côté.

Incroyable!

Je referme les yeux, en constatant que c’est une bonne chose que je n’ai jamais eu le temps de vraiment tomber en amour avec cette fille, parce que je crois pas qu’il pourrait exister une situation plus choquante, frustrante et humiliante pour un ex.  Au moins, en tant que complice, je pouvais me dire que j’étais à l’abri de ses magouilles.  De toutes façons, Salomé allait m’avouer candidement les jours suivants qu’elle avait réalisé qu’elle avait peut-être un peu perdu le contrôle de ses relations ces derniers temps, mais que dès qu’elle avait rencontré Simon, elle avait su à ce moment là qu’il était le gars pour lui.  L’unique.  Le vrai.  De son côté, Simon me confia que jamais de toute sa vie il n’aurait pu imaginer qu’une telle fille puisse s’intéresser à un gars comme lui.  Avoir su, il ne se serait pas payé une pute pour se débarrasser de sa virginité il y a moins d’un an de ça.

À la fin des années 90, je jouissais d’une bonne réputation en tant qu’un des auteurs les plus populaires de la BD underground montréalaise.   Un article nommé Le Phénomène de la BD Alternative publié dans La Presse du dimanche 23 mars 1997 le disait d’ailleurs en ces termes:  Les fanzines de BD les plus populaires sont Liliane, Dirty plotte Requin Roll et Longshot Comics […]  En février 98, après plus d’un an à travailler dessus sur mes temps libres, j’avais enfin terminé Requin Roll #7, une publication de cinquante-six pages de textes, articles et bandes dessinées de mon cru.  Et qu’est-ce que j’avais en photo de page couverture?  Salomé qui embrassait goulûment une autre fille.  Les deux tenaient dans leur main un vieux numéro de Requin Roll.  Salomé y disait: « Lire Requin Roll a fait de moi une vilaine fille. »  L’autre répondait: « Moi, j’en étais déjà une. »  Une photo qu’elle n’a été que trop heureuse de prendre en sachant quelle allait faire la couverture d’une publication.

Salomé pouvait se montrer très gentille, utile et dévouée.  Malheureusement, je me rendais toujours compte plus tard que ça cachait des intentions de gains personnels. Par exemple, pour la sortie de Requin Roll #7, elle m’a proposé d’organiser elle-même un lancement dans un bar, et elle allait s’occuper de tout.  J’ai accepté.  Une semaine plus tard, elle a le plaisir de m’annoncer qu’elle a contacté plein de médias à ce sujet, et que l’émission de télé La Fin du Monde est à 7 Heures veut en faire un reportage.

Le lendemain, elle me demande si ça me dérange si elle en profite pour lancer  son propre fanzine, Le Meurtrier aux Béquilles. Salomé ne sait pas dessiner, alors elle a tout simplement découpé des images d’un photo-roman italien dont elle a changé les paroles, et refait la mise en page.  Bah, après le service qu’elle venait de me rendre, je lui devais bien ça.  J’accepte.

Le lendemain, elle me demande si ce serait ok avec moi si Simon en profitait pour lancer Professeur Désastre, un petit recueil de vieilles BD à lui, rassemblées sous une nouvelle couverture.  Bon, puisque c’est son chum, j’imagine que ça pourrait aller.

Mais le lendemain encore, ce fut Jean, le meilleur ami de Simon qui avait aussi un truc à lancer.  Et avant que j’aie eu le temps de me rendre compte de ce qui se passait, nous étions rendus une dizaine à lancer nos fanzines. Mon lancement personnel était devenu un événement collectif où la seule raison pourquoi ma publication et moi étions en tête de l’affiche, c’est parce que j’étais le plus connu, tous les autres n’ayant jamais été publiés ailleurs que dans le journal étudiant du Cégep du Vieux Montréal.  … Ça, et le fait que c’est moi qui faisait les affiches.

Je me suis vraiment rendu compte que j’avais été écarté du spotlight lorsque Salomé m’appela pour m’inviter chez Simon, car le reportage se ferait chez lui.  Comme c’était elle qui assurait le contact avec le reporter Patrick Masbourian, je suppose que je pouvais me compter chanceux qu’elle daigne m’inclure dans le reportage.  Encore heureux que j’avais Salomé en page couverture de ma publication, c’est probablement ça qui m’a permis d’être l’une des trois vedettes du reportage.  C’est quand même Simon qui fut traité comme étant le représentant et le sujet principal du lancement.

En réalisant ce coup là, Salomé venait de se tailler une jolie place dans le monde de la BD underground en tant que celle qui les faisait sortir de l’ombre.  Plus rien ne lui serait refusé de leur part désormais, et elle pourrait jouir d’une grande notoriété parmi eux, en apparaissant dans plusieurs de leurs bandes dessinées pour les années à venir, incluant des apparitions en tant que modèle de personnages pour des comics de Marvel et DC, de la part de ces dessinateurs qui y ont plus tard travaillé.

Il y a cependant des limites à ce que l’on peut tirer d’un milieu de publications où l’impression se fait à la photocopieuse, où la distribution se fait à la main dans une poignée de librairies, et qui ne se rend que rarement au-delà des limites de Montréal.  En automne 1998, Salomé mit fin à sa relation avec Simon pour commencer à sortir avec un gars qu’il lui avait présenté.  Pierre était cofondateur et éditeur du magazine MangaFan, un trimestriel se spécialisant dans la BD et le dessin animé japonais, distribué partout au Canada, aux USA et même dans quelques pays d’Europe.  De grande fan et consommatrice de BD underground, Salomé était instantanément devenue grande fan et consommatrice de produits japonais: BD, animés, jouets…  Quant à Pierre, ayant trouvé la perle rare qu’il avait toujours espéré, il m’a confié que jamais de toute sa vie il n’aurait pu imaginer qu’une telle fille puisse s’intéresser à un gars comme lui.  J’avais comme une sensation de déjà vu.

Pierre n’était que trop heureux de publier des articles de Salomé dans les pages de MangaFan, et de la pavaner à son bras à toutes les conventions, les lancements, les premières, et tout ce que son statut d’éditeur peut rapporter.  Cependant, au bout d’un an, elle finit par se rendre compte que toutes les connections de Pierre ne pouvaient pas l’amener plus haut qu’elle était déjà en tant que journaliste pour un magazine diffusé à l’échelle internationale.  Malgré la grande popularité de la série Pokémon à ce moment là, le manga n’était encore apprécié que par une minorité de fans à travers le monde.  Rien qui puisse permettre à Salomé de sortir de l’ombre.  Elle n’avait donc plus aucune raison de rester avec Pierre, hormis le fait qu’elle ne voulait pas retourner habiter chez ses parents hors de Montréal, et que toutes les possessions qu’elle s’était accumulées en logeant chez lui gratos l’obligeraient à se louer un appartement au-dessus de ses moyens pour stocker tout ça.

Se considérant tout de même libre, elle a commencé à faire de l’œil à David.  Lui, il connaissait Salomé depuis que je l’avais introduite à la gang de bédéistes qui aidaient Paul à faire ses vidéoclips.  David était présent la plupart du temps où Salomé draguait un gars alors qu’elle sortait avec Paul.  Il était présent à son party d’anniversaire lorsqu’elle l’a laissé tomber publiquement en draguant Simon.  Il l’a vu aussi commencer sa relation avec Pierre, et attendre le moment où elle était sûre de pouvoir aller habiter chez lui avant de partir en coup de vent de chez Simon.  Même qu’il lui était arrivé de me dire que les gars sont donc bien naïfs, de se laisser prendre aux pièges de Salomé, surtout quand on l’a vu faire pendant toutes ces années.

… Pourtant, il n’a fallu à Salomé qu’une conversation, seule avec David chez lui, pour le convaincre qu’elle retrouvait en lui ce qu’elle a toujours recherché en vain chez les autres hommes.  Lorsque je me suis amusé à rappeler à David ce qu’il me disait de Salomé avant de sortir avec, il m’a répondu un peu gêné:

DAVID: Ben là… Quand j’ai dit ça, c’est parce que que jamais de toute ma vie je n’aurais pu imaginer qu’une telle fille puisse s’intéresser à un gars comme moi.

Ça semble être une constante chez elle.

J’avoue que j’admirais comment Salomé pouvait contrôler ses émotions à volonté, comme si son cœur avait un interrupteur on/off.  Tant qu’elle pouvait tirer profit d’une relation, elle aimait le gars sans retenue ni modération.  Dès qu’il ne pouvait plus rien lui rapporter, elle cessait automatiquement de l’aimer.   Avoir eu un tel contrôle sur mes émotions, j’aurais certainement moins souffert dans mes relations.

Étant totalement athée, donc libre de toutes craintes reliées à la punition éternelle, Salomé prenait plaisir à enfreindre toutes les lois de la Bible.  Des dix commandements, il n’y en avait qu’un seul qu’elle n’avait encore jamais violé. Tout ce qui lui fallait, c’était une bonne occasion de le faire sans se faire prendre.  Le destin allait bientôt lui offrir cette opportunité.

Cette anecdote, je la tiens de la bouche de Pierre lui-même peu de temps après sa rupture avec Salomé.  D’abord, il faut savoir que Pierre a un problème cardiaque, donc qu’il a peu d’énergie et s’essouffle rapidement, en plus de souffrir d’embonpoint.  Il leur était arrivé par le passé, quand les choses allaient mieux entre eux, de se faire des séances de chatouilles sur leur lit.  Salomé en sortait toujours en vainqueur étant donné la faible résistance de Pierre.

Vers la fin de leur relation, après deux semaines à lui faire subir le même genre de torture morale que j’ai eu à subir lors de ma 3e semaine avec elle, elle a décidé de passer à l’action.  Après avoir été particulièrement froide avec lui toute une journée, elle est allé le rejoindre au lit et a commencé à le chatouiller.  Cette fois, son visage n’était pas enjoué, il était impassible, neutre, sans la moindre émotion, même pas la colère.  Cette fois, elle jouait dur.  Il avait beau lui dire d’arrêter et d’essayer de la repousser, elle revenait toujours à la charge, jusqu’au moment où elle a réussi à le renverser sur le lit, embarquer sur lui, et lui immobiliser les bras avec ses jambes.  Elle a ensuite pris deux oreillers, les a mis sur le visage de Pierre, et a pressé dessus de tout son poids.  Malgré sa panique, Pierre était trop épuisé pour se dégager.  Il s’est donc forcé à se calmer, s’est ouvert la bouche bien grand et a commencé à respirer à travers les oreillers, le plus doucement possible.  Au bout d’une minute, il a même cessé de se débattre.  Se concentrant et faisant le vide dans son esprit, il a réussi à relaxer tous ses muscles.  Elle est resté comme ça, sur lui, une douzaine de minutes.  Puis elle a doucement retiré les oreillers.  Prenant une grande bouffée d’air, Pierre a trouvé l’énergie de la projeter en bas du lit.  Se levant du lit, il s’adressa à elle avec rage:

PIERRE: « T’as raté ta shot, ma maudite! »

Réalisant qu’il se trouvait dans une situation dangereuse, il a quitté la chambre et la maison.  Salomé avait raté l’occasion de vivre le thrill de commettre un meurtre parfait.  Les colocataires de Pierre savaient qu’il leur arrivait de faire des séance de lutte-chatouille amicale, et tout le monde connaissait les problèmes cardiaque de Pierre.  Elle n’aurait eu qu’à pleurer à chaudes larmes en disant qu’il s’était effondré alors qu’ils jouaient.  Qui aurait pu croire qu’elle aurait pu tuer à mains nues un homme qui faisait deux fois et demi son poids?  Sans compter que c’était la situation idéale pour elle: En le tuant, elle n’aurait pas eu à casser avec lui, et ainsi n’aurait pas eu le rôle de la méchante qu’elle craint tant d’avoir.

Elle n’a pas eu à s’en faire avec ça longtemps car le lendemain, Pierre envoya plusieurs de ses amis expulser Salomé et ses affaires hors de chez lui.   Lui était absent, il craignait de ne pas pouvoir se retenir de la frapper s’il s’en chargeait lui-même, et on sait tous ce qui attend légalement un homme qui oserait lever la main sur une fille, même en état de légitime défense.  Il fait dans les 250 lbs, et elle en fait à peine 100.  Toutes les apparences seraient contre lui.

Pour le reste, je crois que rien de ce que je puisse raconter entre son expulsion de chez Pierre en 1999, et le moment où je lui ai signifié que je ne la voulais plus dans ma vie et mon entourage en 2004, n’apporterait quelque chose de nouveau à ma description de sa personnalité.  Pour la petite histoire, je vous dirai qu’elle est restée deux ans avec David qui était éditeur indépendant.  Elle a mis sur pied un projet de livre d’art distribué au Canada et aux USA dont David a fait 60% de la job.  Le lendemain de la livraisons des mille exemplaires du bouquin, elle mettain fin à leur relation.  Ce livre alla engraisser le portfolio de Salomé pour se faire de nouveaux contacts dans différents niveaux des arts et…

Et aux dernières nouvelles, après quelques courtes relations en chaîne,  elle s’est trouvé le chum idéal: Un musicien, peintre, photographe et critique de cinéma pour un magazine populaire au Québec.  Grâce à lui et à son statut de journaliste, elle est de toutes les premières, profite de toutes les gratuités qui viennent avec la job de son chum, et rencontre tous les gens influents du cinéma et de la musique qui passent à Montréal.  Bref, il est l’homme idéal, celui qu’elle pourra aimer et chérir toute sa vie.

… Ou du moins, jusqu’à ce qu’il lui permette de rencontrer mieux que lui.

Et lui qui n’a jamais vraiment eu de chance dans ses expériences de couple avant, il bénit le jour où je lui ai présenté Salomé.  Car jamais de toute sa vie il n’aurait pu imaginer qu’une telle fille puisse s’intéresser à un gars comme lui.