4 questions classiques avec des réponses (qui me semblent) pourtant simples.

Avez vous remarqué que la majorité des soi-disantes questions sans réponses ONT une réponse, lorsque l’on prend le temps d’y réfléchir?  Des questions comme…

1- Pourquoi est-ce que l’on cache toute scène de sexe à la télé afin de ne pas traumatiser nos enfants, mais que c’est ok de leur montrer des scènes de meurtre?

Pour autant que je sache, nous avons tous des organes génitaux, nous avons presque tous l’instinct sexuel, et nous allons presque tous nous livrer aux plaisirs du sexe plusieurs fois dans notre vie.

Par contre, nous n’avons pas tous des armes à feu, très peu d’entre nous possédons l’instinct de tuer, et ça m’étonnerait que la majorité de la population se livrera aux plaisirs (?) du meurtre plusieurs fois dans leurs vies.

Par conséquent, voir des scènes de sexe peut nous donner envie d’en faire autant.  Nous sommes déjà tous équipés pour le faire.  

Par contre, voir des scènes de meurtre ne donnera qu’à très peu de gens l’envie d’en faire autant.  Et même à ceux à qui ça donne envie, ils n’ont pas tous accès aux armes.

 En conclusion : Il est donc beaucoup moins dangereux pour la société de montrer des scènes de meurtre que des scènes de sexe.

En tout cas, ça me semble logique.

2- Pourquoi est-ce que l’eau chaude, dans un moule à glaçons, va geler plus vite que l’eau froide?

Il parait que même la communauté scientifique internationale n’arrive pas à comprendre ce phénomène.  Eh bien moi, suite à une observation banale, j’ai développé une théorie à ce sujet. 

Il y a quelques années, alors que je tournais dans un film amateur, un personnage tout habillé devait subir des brûlures alors qu’il se faisait verser du thé brûlant sur le dos.  Évidemment, l’eau n’était pas vraiment chaude.  Or, j’ai constaté que ça paraissait immédiatement à l’écran.  C’est que si on verse de l’eau bouillante sur une chemise, le liquide sera mat et le tissus va l’absorber au contact.  Et si l’eau est froide, elle sera plus compacte, reluisante, et le tissus va prendre plus de temps pour se mouiller.  J’en suis donc arrivé à la conclusion qu’en chauffant, l’espace entre les molécules d’eau augmente, ce qui rend l’eau moins compacte, et ainsi passe plus facilement entre les tissus de chemise. 

Donc, avec plus d’espace entre ses molécules, l’air froid d’un congélateur peut beaucoup plus facilement pénétrer la masse d’eau, et ainsi plus rapidement la congeler.

En tout cas, ça me semble logique.

3- Pourquoi est-ce que l’on donne aux femmes des recommandations et des trucs de sécurité afin qu’elles ne se fassent pas violer, au lieu de dire aux hommes de ne pas violer les femmes?

Le violeur, ce qu’il veut, c’est violer.  Si on lui dit de ne pas violer, pensez-vous qu’il a intérêt à écouter?  Évidemment que non, puisque cette recommandation va à l’encontre de son désir d’agresser sexuellement.

Par contre, la femme ne veut pas se faire violer.  Si on lui donne des des trucs de sécurité pour ne pas l’être, pensez-vous qu’elle a intérêt à écouter?  Évidemment que oui, puisque ces recommandations concordent avec son désir de ne pas être agressée sexuellement.

En tout cas, ça me semble logique.

4- Pourquoi est-ce qu’un artiste se fait souvent demander de travailler gratuitement, alors que jamais on ne demanderait la même chose à un restaurateur?

Voici un bel exemple de comparaison entre des pommes et des pneus de tracteur.  On ne peut pas comparer ces deux métiers car ils n’ont pour ainsi dire rien en commun. 

Le restaurateur ne peut pas créer lui-même sa nourriture.  Il doit l’acheter.  Ensuite, il doit payer des gens pour l’apprêter, des gens pour la servir, des gens pour nettoyer la vaisselle, les ustensiles et autres instruments utilisés à ces fins, il doit acheter ou louer un espace commercial, payer toutes sortes de permis et de licences, etc.

Le dessinateur?  Il créé lui-même son illustration, sans que ça lui coûte un sou.  Bon, d’accord, il y a le coût du papier et des crayons, mais ce n’est pas ça qui va le ruiner.

On sait que le produit est coûteux pour le restaurateur.  On comprend donc qu’il est justifié de charger un coût X, car dès le départ, le produit a une valeur réelle.  Par conséquent, s’il ne vend pas son produit, il perd de l’argent, car il a déjà eu à le payer.  Tandis que le dessin, qui n’a rien coûté à faire, n’a que la valeur que l’artiste a choisi de lui donner.  Et voilà pourquoi un artiste se fait souvent demander de travailler gratuitement, alors que jamais on ne demanderait la même chose à un restaurateur. 

Attention : Je ne dis pas que c’est justifié, de penser que le travail de l’artiste ne vaut rien.  Je dis juste que ça me semble logique, que les gens pensent comme ça, même s’ils sont dans l’erreur de le faire.

 

Le bon orgueil et le mauvais orgueil

Tout comme le cholestérol, l’orgueil (aussi appelé amour-propre) est quelque chose que la société a un jour étiqueté comme étant indésirable chez l’individu.  Pourtant, de nos jours, tout le monde sait qu’il y a une différence entre le bon et le mauvais cholestérol.  Il en va de même pour l’orgueil: il y a le bon orgueil, et le mauvais orgueil. Voici comment les différencier:

Le Mauvais Orgueil: On va commencer par celui-là puisqu’il est le plus répandu, le plus détesté, donc le plus remarqué.  Le mauvais orgueil, c’est celui qui va faire sans cesse obstacle, non seulement à celui qui le possède, mais également à son entourage.  Voici quelques traits de caractères que l’on retrouve chez les gens qui le possèdent:

  • Un sens de l’auto-importance démesuré.  Il prétend valoir bien plus qu’en réalité, aussi bien aux autres qu’à soi-même.
  • Un désir de toujours rabaisser les autres plus bas que soi.
  • Une tendance à toujours se sentir en compétition, à voir le succès des autres comme étant une atteinte contre nos propre capacités.
  • Ce qui les motivent à mettre de l’effort dans un projet: Dépasser les autres, leur prouver que l’on est meilleurs qu’eux.
  • Une intolérance à toute critique ou remarque négative dirigée contre soi.
  • Une envie constante de toujours remettre à sa place quiconque attirant l’attention.
  • Se sentir constamment insultés, rabaissés et attaqués, même sur des sujets qui ne les concernent pas.
  • Toujours sur la défensive, toujours sur la contre-attaque.
  • Refuser de reconnaître ses propres erreurs.
  • Refuser de s’améliorer sur nos faiblesses et nos torts, puisque ça équivaudrait à admettre nos faiblesses et nos torts.

Le Bon Orgueil, c’est celui qui va permettre d’abattre les obstacle qui se dressent non seulement devant celui qui le possède, mais également devant son entourage.  Voici quelques traits de caractères que l’on retrouve chez les gens qui le possèdent:

  • Un sens de l’auto-importance réaliste.  Il sait ce qu’il vaut, rien de plus, rien de moins, il connait son potentiel, et ne prétend pas autrement.
  • Un désir de toujours se monter plus haut.
  • Une tendance à voir le succès des autres comme étant un bon exemple, un modèle à suivre.
  • Ce qui les motive à mettre de l’effort dans un projet: Se dépasser soi-même, se prouver que l’on peut s’améliorer.
  • Une capacité d’écouter toute critique ou remarque négative dirigée contre soi.
  • Sait faire la différence entre les sujets qui les concernent ou non.
  • Explique ses erreurs, sans les défendre ni y trouver d’excuses.
  • Reconnaît volontiers ses propres erreurs, afin de pouvoir…
  • … s’améliorer sur ses faiblesses et ses torts.

La seule raison pourquoi l’orgueil, bon comme mauvais, est mal vu en société, c’est parce qu’il est étroitement lié à l’égocentrisme et au narcissisme.  Et en effet, dans les deux orgueils, ce qui prédomine, c’est non seulement le Moi, c’est également le désir de ne pas se satisfaire de ce que l’on est.  C’est un besoin de toujours vouloir être plus que notre valeur actuelle.  Or, alors que le bon orgueil pousse les gens à faire des efforts dans ce but, le mauvais orgueil, bien au contraire, prêche l’inaction.  Afin de mieux comprendre, voici une charte montrant comment réagit le bon orgueil et le mauvais orgueil face à la même situation:

Bref, Avoir du bon orgueil, C’est être capable de faire la différence entre une critique pertinente et une qui ne l’est pas, c’est reconnaître volontiers sa propre imperfection, et c’est la volonté de travailler sur soi-même.  Et cela ne peut qu’apporter du positif dans tous les aspects de sa vie, sociale, amoureuse, carrière, financière, santé, etc.

Bref, Avoir du mauvais orgueil, c’est juger impertinentes toutes critiques contre soi, c’est refuser de se croire autrement que parfait, et c’est le refus de travailler sur soi-même.  Et par conséquent, c’est s’assurer de foutre la merde de façon répétitive et perpétuelle dans tous les aspects de sa vie, sociale, amoureuse, carrière, financière, santé, etc.

Un autre aspect non-négligeable entre le bon orgueil et le mauvais, c’est que celui qui fait preuve de mauvais orgueil devient une cible facile pour les manipulateurs.  La raison est simple: Celui qui possède du bon orgueil ne ressent le besoin de se prouver des choses qu’à lui-même.  Par contre, celui qui possède le mauvais orgueil ressent toujours le besoin de se prouver aux autres.  Ainsi, si dans les autres il y a une personne manipulatrice, elle pourra aisément prévoir comment le mauvais orgueilleux va réagir face à certains gestes et à certaines paroles.  À partir de là, la personne qui possède le mauvais orgueil peut se faire manipuler, sans jamais s’en rendre compte, tout en ayant l’impression qu’elle agit de son propre gré.  Et ça, c’est quelque chose que savait parfaitement l’un des plus grand général de guerre de l’Histoire. 

Pour une existence saine dans tous les aspects de notre vie, il n’y a pas que la charité bien ordonnée qui commence par soi-même.  L’orgueil, lorsque bien ordonné, peut être le plus puissant de nos alliés.

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Le fils maltraité patient. (Une parabole)

Un homme vivait en retrait des autres avec son fils unique.

Le père était un homme qui ne pouvait supporter l’idée de ne pas avoir le contrôle sur tout. C’est la raison pourquoi il vivait à l’écart des autres en obligeant son fils à avoir le moins de contacts possibles avec le reste du monde. Il avait aussi un esprit soupçonneux. Ne pouvant être partout à la fois, donc ne pouvant pas surveiller tous les gestes de son fils, il se disait : « Qu’est-ce qui l’empêche de faire des choses incorrectes lorsque je ne le vois pas ? »  Aussi, il songea à un moyen de lui faire passer le goût de même songer à l’indiscipline. Dès que le fils atteint l’âge de cinq ans, tous les soirs, le père lui donna une fessée. « Pourquoi ? » Demanda le fils en larmes après le sévice. « Tu le sais, pourquoi ! », répondit le père.

Rendu à dix ans, le fils était déjà trop grand pour continuer à recevoir la fessée. Le père changea donc de tactique.

Désormais, il fit mettre le fils, torse nu, contre le mur de la maison et il lui administra dix coups de sa ceinture de cuir rigide sur le dos. « Pourquoi ? » Demanda le fils en larmes après le sévice. « Tu le sais, pourquoi ! », répondit le père.

Rendu à quinze ans, après sa correction quotidienne, le fils se dit : « À tous les jours depuis dix ans, mon père me bat. À tous les jours depuis dix ans, je lui demande pourquoi. À tous les jours depuis dix ans, il me répond que je sais pourquoi. Or, j’ai beau réfléchir, j’ai beau chercher, je ne vois rien dans mon comportement qui ait jamais mérité telle punition. Je suis poli. Je suis respectueux. Je suis obéissant et j’exécute mes tâches sans rechigner. De plus, il n’a jamais hésité à s’exprimer long et fort sur ce qui lui déplaît. Comment se fait-il alors qu’il soit incapable de me dire pourquoi il me bat?  Une seule réponse possible : Il n’a aucune raison de me punir, et il le sait. Pourquoi le fait-il quand même alors? Une seule réponse possible:  Mon père est une brute insensée. Je ne devrais pas accepter d’endurer ses sévices. Hélas, je suis encore trop petit, trop faible pour lui résister. Je pourrais m’enfuir, aller demander la protection des autres contre lui, et même le faire payer pour ses abus. Mais non, ce serait trop facile comme solution. Un jour, je serai assez fort pour être capable de le confronter. Un jour, je le ferai payer pour tout ce qu’il m’a fait.  Et j’aurai la fierté de pouvoir me dire que je l’aurai fait moi-même, sans avoir besoin de l’aide des autres. En attendant, je vais prendre mon mal en patience. En attendant, je vais, peu à peu bâtir mes forces, moralement, psychologiquement et physiquement. »

Rendu à vingt ans, le fils était maintenant un homme dans la force de l’âge. Il était grand. Il était fort. Il s’était conditionné à ne plus avoir peur de son père. Aussi, le premier soir de ses vingt ans, lorsque le père approcha avec sa ceinture et ordonna de se mettre face au mur, le fils fit quelque chose qu’il n’avait jamais osé faire avant. Il se tint debout, droit devant son père, bras croisé.  Il le regarda droit dans les yeux, et il lui répondit « Non! » 

Le père, sous le choc, s’arrêta net. Avec de grands yeux surpris, il demanda : « Qu’est-ce que tu as osé me répondre ? » le fils comprit alors que sa résistance avait porté fruit. Il lui répéta donc fièrement « Non ! » Le père prit cette double indiscipline comme une gifle au visage. Sa surprise fit place à une colère noire. Il se mit à ruer son fils de coups de ceinture.  Et il frappa, frappa, frappa, avec violence, colère, frustration, perdant totalement le contrôle de lui même.  Mais son fils, après quinze ans à supporter de tels sévices, était habitué et ne broncha pas. Plus le père frappait, moins ça avait d’effet. Le père avait beau frapper, ses coups se faisaient de moins en moins violents. C’est qu’il était maintenant un vieil homme, et l’effort requis était plus que ce que son corps usé ne pouvait fournir.  Bientôt, il dut s’arrêter, à bout de souffle, épuisé.

Le fils, malgré ses blessures, n’avait pas bronché.  Il était était toujours debout, les bras croisés, toujours à le fixer du regard. Pour la première fois, il vit son père tel qu’il était vraiment. Un minable! Un lâche! Un homme faible qui a tellement peur des autres qu’il cherche à s’imposer par la peur à plus faible que lui. Le fils compris à ce moment-là qu’il n’aurait plus jamais peur de son père. Calmement, le fils dit: « Pendant quinze ans, tu m’as battu. Pendant quinze ans, j’ai eu à endurer quotidiennement les coups de ta main ou de ta ceinture. Pendant ces quinze ans, tu m’as infligé en tout 5475 sévices, dont pas un seul n’était mérité. Non seulement ça prends fin aujourd’hui, c’est également aujourd’hui que tu va commencer à payer pour tes abus. Et nous allons le faire selon tes propres règles, celles que tu m’as si cruellement imposées durant le dernier trois quart de ma vie. Et moi, au moins, lorsque je te dirais « Tu le sais, pourquoi » , on saura tous les deux que ce sera vrai: Ce sera la juste punition pour tes abus. »

Le père dut se rendre à l’évidence : Il avait perdu le contrôle sur son fils. Il avait perdu le contrôle sur sa propre vie. Il allait devoir payer pour tous ses abus. Le père pris donc son fusil et tira son fils en plein cœur, le tuant net. Il enterra profondément son corps loin dans le bois, et vécut le reste de son existence paisiblement sans jamais avoir eu à payer pour ses crimes.

MORALE : Lorsque tu vis avec une personne qui t’isole et te soumet à une discipline non-méritée, c’est un abuseur. On ne peut pas raisonner avec un abuseur car un abuseur n’est pas un être raisonnable. On ne peut pas retourner les propres règles de l’abuseur contre lui car un abuseur ne respecte aucune règle, même pas les siennes. Face à un abuseur, fuir et demander de l’aide est la seule option. Toutes les autres options te feront perdre ton temps, et possiblement ta vie.

Et ça vaut aussi bien pour les relation de famille que de couple.

10 choses que j’ai apprises en tant que gars hétéro qui a couché avec une lesbienne (3 de 3)

Voici la première partie de ce récit.
Et voici la seconde.

Quelques années se sont écoulées.  Ma relation de couple d’alors s’est terminée en bons termes.  Elle a pris fin pour des raisons qui n’ont aucun rapport avec Vanessa.  Je n’ai plus revu cette dernière, ni tous nos autres amis et contacts impliqués dans 1 Gay, 1 Hétéro depuis que la série a pris fin.  J’ai déménagé.  J’ai changé d’emploi.  On peut dire que j’ai complètement changé de vie.  J’ai réappris à vivre en célibataire, ayant quelques aventures ici et là.  J’ai même eu une amante régulière pendant quelques mois.  Puis, après un an et demi, j’ai rencontré Flavie, qui deviendra ma blonde, puis ma conjointe, et enfin ma fiancée.

L’été dernier, peu après avoir fêté nos trois ans en tant que couple, nous étions au salon, à relaxer tout en jasant.  Je lui parlais de l’invitation que j’avais reçue en mars dernier, pour faire partie du troisième recueil annuel de BD nommé Crémage. Crémage, dont la mission est de parler de sexualité autrement, suggère à leurs auteurs de raconter leurs expériences sexuelles inusitées.

FLAVIE: Ça fait déjà trois mois.  Nous sommes presque à la date de tombée. As-tu pensé à ton récit?
MOI: Ouais! J’en ai un!  Mais j’hésite.  Je ne crois pas t’en avoir déjà parlé avant.  C’est un truc que j’ai vécu à l’époque où je jouais l’hétéro dans la série de photowebcomic 1 Gay, 1 Hétéro. 

Et voilà que je lui raconte mon histoire avec Vanessa, dans tous les détails.  Puis, je lui parle de toutes les réactions que ce récit avait suscitées sur le forum.

MOI: Et c’est pour ça que j’hésite.  Si les commentaires que j’ai reçu à ce moment-là sont le reflet de la mentalité collective, alors j’ai de bonnes raisons pour penser que si j’en fais une BD, ça ne sera vraiment pas bien reçu.
FLAVIE: Mais chéri…  Est-ce que tu te rends compte que l’histoire que tu viens de me raconter…  C’est un viol?

Je soupire, roulant les yeux au ciel.  Flavie étant féministe et plutôt militante, ça m’aurait surpris qu’elle n’arrive pas à cette conclusion elle aussi.

MOI: Je sais, je sais!  Puisqu’elle était saoule, ça signifie que j’ai abusé d’elle.  Parce que même si c’était elle qui me harcelait non-stop pour baiser, l’alcool faisait qu’elle n’avait pas toute sa tête.  Donc, en lui disant oui, j’ai profité de la situation, ce qui en fait un viol.  Je sais, on me l’a déjà dit.
FLAVIE: Non! C’est pas ça que je dis. Bien au contraire.  Oui, c’était un viol…

LEÇON 9: … Mais c’est moi qui l’a subi.

Surpris par cette affirmation, je reste silencieux quelques secondes.

MOI: … Euh… Comment ça?
FLAVIE: La définition d’un viol, c’est d’avoir une relation sexuelle avec une personne non-consentante, ou bien qui n’est pas en état d’être capable de donner un consentement.
MOI: Bah ouais, je sais! Mais c’est pas pareil.  J’ai consenti!
FLAVIE: Oui, tu as consenti.  Mais seulement après qu’elle t’ait harcelé. Après qu’elle ait insisté de multiples fois.  Après qu’elle se soit arrangée pour ne pas te laisser le choix.  En refusant de te dire où elle habitait, pour te manipuler à l’héberger.  En t’embrassant malgré le fait que tu lui avait dit non une demie-douzaine de fois.
MOI: Ben…  Avoir vraiment voulu refuser, je n’aurais jamais changé d’idée.  Je suppose donc qu’au fond de moi, je le voulais.
FLAVIE: Vraiment? Tu me l’as dit tantôt, qu’elle t’avait manipulé de façon à te donner l’impression que si tu refuses de coucher avec elle, ça la mettrait dans un état de déprime épouvantable.  Elle t’a mis en tête que tu étais son dernier recours, pour ne pas se croire laide ou imbaisable.  Et puisque tu l’avais déjà vécu avant, tu savais qu’une fille qui se fait dire non pour du sexe, des fois, ça peut se venger en détruisant ta réputation, ta vie sociale, ton couple.   Alors je te repose la question: Le voulais-tu vraiment? Ou bien est-ce que tu avais peur des conséquences de lui dire non?

Je reste coi.

FLAVIE: Parce que, si tu lui as dit oui par peur des conséquences de lui dire non, alors ce n’est pas du consentement.  La preuve, c’est que tu n’as pas arrêté de lui dire non, ou d’essayer de trouver une façon d’y échapper, jusqu’à ce que tu te rendes compte qu’elle pourrait te faire payer cher ton refus.  Ce n’est pas du consentement, c’est de la peur.  Dire oui par peur, c’est baiser contre son gré.  Et baiser contre son gré, c’est un viol.

Je ne sais pas quoi répondre à ça.  je suis sous le choc de ces révélations.  

MOI:  Mais, je…  Me semble que… Avoir vraiment voulu, j’aurais pu trouver une solution.  Je me souviens très bien m’être dit, dans la salle de bain, avant d’aller la rejoindre, que dans le fond, coucher avec une lesbienne, ce serait un grand honneur.  Une chance unique à ne pas laisser passer.
FLAVIE: Oui, mais tu t’es dit ça quand? Au début, la première fois qu’elle te l’a proposé?  Non! Tu t’es dit ça, seulement une fois que tu t’es senti acculé au pied du mur.  Et ce n’était même pas ta pensée, tu ne faisais que répéter ce qu’elle t’avais dit. 
Tu sais, c’est une situation classique, ça, quand une fille vit une situation semblable.  Plutôt que de s’avouer elle-même qu’elle est en train de se faire manipuler à avoir du sexe contre son gré, elle se convainc elle-même que dans le fond, elle le voulait.

Et voilà! Après toutes ces années, je comprends enfin quel était ce curieux malaise qui m’a habité durant plusieurs semaines, suite à mon aventure avec Vanessa.  C’était un mélange de tout ça.  Peur. Culpabilité. Humiliation. Remords. Regrets. Honte.

FLAVIE: Une autre preuve comme quoi c’était un viol…  Tu sais, les commentaires que tu as reçu?  Eh bien…

LEÇON 10:  Ces réactions à 100% négatives en mon endroit, que j’ai eues suite à mon témoignage, c’est exactement ce que subit toute femme victime d’une agression sexuelle.
C’est ce que Flavie m’a fait constater, en reprenant point par point chaque commentaire que j’ai reçu.

  • On ne me croit pas?  C’est ce qu’elles subissent.
  • On trouve des raisons logiques pour démolir la crédibilité d’une telle anecdote? C’est ce qu’elles subissent.
  • On me dit que je prends mes rêves pour des réalités? C’est ce qu’elles subissent.
  • On évoque le fait que j’ai menti au moins une fois dans ma vie, pour mettre un doute raisonnable sur mon récit? C’est ce qu’elles subissent.
  • On me dit que si j’avais vraiment voulu m’en tirer, ce ne sont pas les options qui manquent: Quitter l’appartement en courant, appeler la police, etc? C’est ce qu’elles subissent.
  • On me dit que dans le fond, être forcé à avoir une relation avec elle, c’est ce que je voulais, puisque je suis juste incapable d’assumer mes désirs? C’est ce qu’elles subissent.
  • On cherche à me convaincre que dans le fond, je le voulais vraiment? C’est ce qu’elles subissent.
  • On inverse les rôles, disant que c’est moi qui est coupable? C’est ce qu’elles subissent.
  • On cherche à ruiner ma vie de couple, pour avoir commis un adultère, même s’il était forcé? C’est ce qu’elles subissent.
  • On évoque le fait que je n’ai pas toujours été fidèle, pour rendre non-crédible le fait que je ne voulais pas tromper ma blonde? C’est ce qu’elles subissent.
  • On dit qu’en fait, je me vante? C’est ce qu’elles subissent.
  • On dit que je ne suis pas assez attrayant pour avoir subi un viol?  Eh oui, là encore, croyez-le ou non, c’est ce qu’elles subissent.


Je n’en reviens pas!

MOI: Alors comme ça… J’aurais vécu un viol!  Eh bien! 

Flavie se rapproche, passant ses bras autour de moi, réconfortante.

FLAVIE: Comment tu te sens, face à tout ça?
MOI: Ben…  Je sais pas trop.  Je suis pas traumatisé, si ça peut te rassurer.  Je veux dire, avant que tu me fasses prendre conscience de ça, c’était déjà une expérience pas trop agréable, sans plus.  Je ne peux pas dire que ça a empiré depuis. C’est juste que ça me permet de comprendre beaucoup plus ce que j’ai subi, et ce que j’ai ressenti.
FLAVIE: Eh bien maintenant, j’espère que tu y penseras à deux fois, avant de rajouter du désagrément à une fille qui te dit avoir déjà subi une agression sexuelle.
MOI: Qu’est-ce que tu veux dire?
FLAVIE: Tu es d’accord avec moi comme quoi tu as subi un viol.  Et on s’entend que le viol est un crime.  Est-ce que tu vas dénoncer Vanessa à la police?
MOI: Euh…  Bah, non!
FLAVIE: Pourquoi?
MOI: Ben là!  Ça fait tellement longtemps.  Et puis, elle va certainement le nier.  Et ça, c’est si elle s’en rappelle pour commencer.  Et puis, je sais pas trop… J’ai vécu avec cette histoire jusqu’à maintenant et ça ne m’a pas affecté outre-mesure.  C’était désagréable,  d’accord, mais pas traumatisant.  Et puis, bon, c’est du passé.  J’ai tiré les leçons que j’avais à en tirer pour ne pas que ça se reproduise.  Je ne vois pas quel bien il y aurait à en tirer, de ramener cette histoire-là, surtout devant les tribunaux.  En plus, ça apprendrait à mon ex que je l’ai faite cocue une fois de plus, alors qu’elle me refaisait confiance.  Sans compter tout le bordel que ça va faire à tous nos entourages respectifs.  En plus qu’il va falloir que je repasse à travers les mêmes commentaires déjà reçus sur le forum.
FLAVIE: Bon ben pourquoi tu m’en a parlé, alors?  Tu voulais te victimiser, en t’en plaignant, sans rien faire, alors qu’il y a tellement de lois et d’organismes à ta disposition?

Je me rends soudain compte de ce qu’elle est en train de faire.

MOI: Je reconnais ces arguments.  Ce sont les miens, lorsque j’en vois qui se plaignent d’agression sexuelle, mais qui laissent leurs agresseurs s’en tirer.
FLAVIE: Eh oui!  Se faire mettre de la pression pour poursuivre un violeur en justice malgré le fait que l’on n’y tient pas pour des raisons personnelles, sous peine de se faire qualifier de victimes volontaires, de lâches, de chialeuses qui font dans la victimisation, d’hypocrites qui font semblant qu’il n’y a pas de solutions, d’irresponsables qui contribuent au crime en laissant aux criminels tout le loisir de recommencer…  Ça aussi, c’est ce qu’elles subissent.  Et ça aussi, c’est aussi désagréable à vivre que tout le reste. Sinon plus!

Jusqu’à ce moment-là, j’avais toujours cru être une personne bien intentionnée.  Ça me semblait tout ce qu’il y a de plus logique, de mettre de la pression sur une victime afin de faire arrêter son agresseur.  J’avais comme arguments que si l’agresseur ne subit aucune conséquences de ses gestes, alors il n’aura aucune raison de cesser de les commettre.  Ainsi, les prochaines victimes qu’il fera, ce sera autant de la faute de l’agresseur, que de ses victimes précédentes qui auraient pu le faire arrêter, mais ont choisi délibérément de ne pas le faire.  

Il m’aura fallu vivre un viol, moi aussi, pour enfin comprendre que dans ce genre de situations, les faits ne sont pas toujours du tout-noir-ou-tout-blanc.  Dans la réalité, c’est du cas par cas, et chacun est beaucoup plus compliqué que ça.

En conclusion, je réalise que je dois beaucoup d’excuses à beaucoup de personnes.

10 choses que j’ai appris en tant que gars hétéro qui a couché avec une lesbienne (1 de 3)

Cette anecdote se passe à l’époque où je jouais le rôle de l’hétéro dans  1 Gay, 1 Hétéro.  Cette série racontait les aventures de deux colocataires, l’un gai, l’autre hétéro, comme. C’était comme une bande dessinés, mais en photo-roman au lieu de dessins. Pour vous donner une idée, en voici un gag:

Bien qu’il n’ait jamais été mon colocataire pour vrai, celui qui jouait le rôle de Daniel était véritablement homosexuel.  Et comme on peut s’attendre d’un jeune gai montréalais, il avait beaucoup d’amis gais, autant hommes que femmes.  Et comme le veut le cliché, ceux-ci étaient des fervents du nightlife, sortant dans les bars, à boire, danser, draguer et s’amuser jusqu’à 2-3 heures du matin.  .

L’une des meilleures amies de Daniel s’appelait Vanessa.  Elle était ce que j’appelais, avec toute mon incorrectitude politique de l’époque, une lesbienne génétique.  Vous savez, ces femmes qui sont grandes, ont un grand menton, des épaules larges, des mains d’hommes, pas laides mais sans vraiment avoir de traits féminins, et qui, quel hasard, sont généralement lesbiennes et butchs?  Bon ben voilà, je viens de vous décrire Vanessa.

Vanessa était gentille, amusante, mature, joyeuse.  Cependant, sa vie avait récemment pris un mauvais tournant.  Ou un bon, c’est selon.  Son couple venait de prendre fin.  Elle venait de déménager de Montréal vers l’Île-des-Sœurs (Verdun) afin de fuir sa conjointe des dix dernières années.  Une conjointe petite, jolie, délicate, douce…  Mais qui lui faisait subir de la violence psychologique et physique depuis plusieurs années.  Comme quoi la personne violente dans un couple n’est pas toujours celle que l’on s’imagine.  Bref, reprenant sa liberté après des années d’esclavagisme dans lequel elle était sans cesse rabaissée, elle redevenait célibataire, devant réapprendre à vivre, et surtout réapprendre qui elle était.  Et ça, ce n’est pas toujours facile.

Depuis sa rupture, Vanessa avait pris deux habitudes qui nous dérangeaient un peu.  La première, c’est qu’elle s’était mise à draguer sans bon sens, approchant toutes les filles sur qui elle posait les yeux.  Non seulement aux bars du Village gai où nous sortions, mais également celles qu’elle savait pourtant hétéro.  Et la seconde, c’est que depuis son célibat, elle avait fortement augmenté sa consommation d’alcool.  Je me souviens d’une journée en particulier, où Daniel et moi sommes allés la retrouver chez elle dès 10 :30 du matin, et que nous ne nous sommes quittés que passé minuit.  Eh bien tout le long, elle avait une bouteille de bière à la main.  Elle s’en est tapé au moins une à l’heure. 

Son alcoolisme a commencé à devenir alarmant lorsque, après une soirée aux bars, elle s’est offerte d’aller nous reconduire dans son minivan, puisque les métros étaient fermés.  Jamais je n’oublierai cette nuit-là. Trois heures du matin, sur l’échangeur Turcot.  La radio qui blaste à tue-tête Poker Face de Lady Gaga.  On dit que les gens saouls conduisent tout-croche.  Eh bien Vanessa, elle, conduisait droit…  Y compris dans les courbes.  Par quatre fois, il a fallu que j’agrippe le volant pour éviter que l’on percute le muret de béton.  Bonne chose que je ne suis pas cardiaque.  Je crois que la majorité de mes cheveux blancs actuels ont pris naissance lors de cette ballade.

Dès que nous sommes arrivés chez Daniel pour le déposer, j’ai été catégorique : Ou bien elle me laisse conduire, ou bien….  Non, en fait, il n’y a pas eu de ou bien! Je l’ai obligé à me céder la place, point!  Elle a accepté.  De toute façon, si elle refusait, je m’emparais des clés. 

Sur le chemin du retour, alors que je conduis en longeant le fleuve en direction de Verdun, voilà qu’elle me dit :

ELLE : Bon ben là, y va être obligé de se passer de quoi entre nous deux.
MOI : Ha! Ha! ‘Est bonne!
ELLE : J’niaise pas!
MOI : Qu’est-ce tu veux qu’y se passe entre nous? J’ai une blonde, pis t’es lesbienne.
ELLE : C’est sûr qu’y va se passer d’quoi!  T’as passé la soirée à danser sensuellement avec moi au Cocktail
MOI : Ben là! Tu m’as collé pis tu m’as agrippé les fesses!  J’étais supposé faire quoi?  Partir à courir en criant « AU VIOL! »?  Ben non!  T’as fait semblant de me draguer, pis j’ai embarqué dans le jeu. C’était drôle, pis c’est tout.

Quelques instants de silence.  Puis elle dit:

ELLE : Ça t’tenterais pas de me faire un enfant?

Je ne m’attendais pas à me la faire poser, celle-là. 

MOI : J’peux te refiler un des miens, si tu veux.  J’en ai déjà quatre avec mon ex, je ne tiens pas à en faire d’autres.
ELLE :  Naaah!  Je voudrais un enfant à moi.  Pis si c’est toi le père, je l’sais qu’y va être beau. 

Vanessa pose sa main sur mon épaule.

ELLE: Tu l’savais, ça, que t’es beau?

J’ai toujours ressenti un certain malaise de recevoir des compliments au sujet de mon physique.  J’ai passé ma jeunesse à être laid.  Et à cette époque-là, les seules qui me disait me trouver beau, c’était pour se moquer de moi.  Ce n’est qu’à la veille de mes quarante ans, à l’âge où d’habitude on commence à décliner, que moi, au contraire, j’ai inexplicablement commencé à être regardable. 

Bref, non seulement je manque d’habitude de me faire dire ça, j’ai toujours de la difficulté à croire que c’est un compliment sincère.  Alors de la part d’une lesbienne en plus, ça devient carrément surréaliste.    

MOI :  Eh bien merci, c’est gentil.
ELLE : Chus sérieuse!
MOI : Alors c’est encore plus gentil, fa que encore plus merci.
ELLE : Ça te tenterais pas qu’on couche ensemble?

J’ai le sens de l’humour, mais je commence à trouver qu’elle insiste lourdement.

MOI : Bah! Si j’étais célibataire et toi straight, je sais pas…  Mais on n’est ni l’un ni l’autre, fa que, pour être franc, je n’y ai jamais pensé.
ELLE : T’aimerais pas ça, coucher avec une lesbienne?  ‘Me semble que c’est le fantasme de tous les gars.  C’est ce que tu montres dans le dernier épisode de 1 Gay 1 Hétéro, non, que t’aimerais ça en avoir une?
MOI : Oh, faut pas confondre.  Je ne suis pas comme ça, je dénonce ceux qui le sont.

Je crois comprendre.  Puisqu’elle est en état d’ébriété, elle craint peut-être que j’essaye d’en profiter.  Je la rassure donc, comme quoi je ne suis pas ce genre de gars.

MOI :  Tu vois, coucher avec une lesbienne, ça ne m’a jamais traversé l’esprit.  Je ne suis pas du genre à perdre mon temps sur des causes perdues.  75% de mon excitation vient du fait que je sais que la fille me désire.  Une lesbienne ne peut pas me désirer, fa que les lesbiennes ne m’allument pas.
ELLE : Ben j’te désire, moi!  Pis si ça peut te rassurer, tu serais pas le premier gars avec qui je couche.
MOI : Ah bon?
ELLE : Non, mais par contre, tu serais le premier avec qui je le fais volontairement. 

Est-ce qu’elle est en train de me dire qu’elle a déjà été victime d’une agression sexuelle?

ELLE: Tu lisais-tu le journal Photo-Police y’a 10 ans?
MOI : Ça m’arrivait, ouais!
ELLE : Ben y’a eu un article de deux pages sur moi.  J’avais été enlevée par trois gars qui m’ont violée tour à tour, toute une fin de semaine.

Je reste silencieux quelques secondes, sous le choc de cette confidence.  C’est d’une voix hésitante que je réponds.

MOI : … Holy shit!

S’en suit quelques secondes d’un silence malaisant, que je brise en disant :

MOI :  Euh… Bon! On va être au pont de Verdun-Île-des-Sœurs dans 3-4 minutes.  Va falloir que tu me guides, j’ai un peu de misère à m’orienter puisque leurs rues sont en courbes au lieu d’être en quadrilatères.
ELLE : Ta blonde es-tu chez vous?
MOI : Non, elle est en Suisse, pour présenter son nouveau livre.
ELLE : Bon ben amène-moi chez vous.
MOI : Euh… Tu veux pas que je te ramène chez toi?
ELLE : Comment tu vas faire pour revenir chez vous après?  Y’a pas de bus à cette heure-ci.  Non, regarde, tu m’amène chez vous, pis on va coucher ensemble, pis demain matin je repartirai.

Je suis en couple!  Elle est saoule!  Elle ne m’attire pas du tout!  Une seule de ces raisons est suffisante pour que je refuse, et là j’en ai trois.  Aussi…   

MOI :  Non, r’garde, j’peux pas faire ça à ma blonde.
ELLE : T’es pas obligé de lui dire.  De toute façon, tu deviendras pas mon amant régulier. C’est juste pour un soir.
MOI :  J’aimerais mieux pas.  Ce ne serait pas correct.

Vanessa soupire.  Sa voix prend un ton triste, découragé.

ELLE :  Mon ex avait ben raison, de me dire que si je la quittais, je m’en trouverais jamais une autre.  Ça fait deux mois que je cruise comme une malade, pis y’en a pas une qui veut de moi.
MOI :  Ah bon? Mais d’après Daniel, tu t’en es ramassée deux ou trois.
ELLE :  C’était juste des one-night! Après ça, elle ne veulent plus me revoir.  Je sais pas si c’est parce que je suis laide ou bien si c’est parce que je baise mal.

Je ne vois pas ce que je pourrais répondre à ça.  J’aimerais bien la rassurer, lui dire « Ben non, voyons, t’es pas laide.  En plus, t’es une bonne fille, gentille, charmante, etc.  T’as juste pas encore trouvée la bonne personne.  Un jour tu vas bla bla bla cliché cliché. »  Mais je crains qu’elle n’attende que ça pour revenir à la charge, en me demandant pourquoi est-ce que je ne veux pas d’elle, si je suis vraiment sincère en lui disant ça.  Voyant que je ne répond pas, elle ajoute:

ELLE :  Comment est-ce que je peux espérer plaire à une fille si chus même pas capable de plaire à un gars, malgré le fait que tous les gars rêvent de fourrer une lesbienne?

Je ne dis rien, mais ce dernier commentaire joue sur mon sentiment de culpabilité.  Je savais que ce n’était pas la joie pour elle depuis sa rupture.  J’ignorais que ça l’avait affecté à ce point au niveau de son estime personnelle.  Et là, elle vient carrément de me mettre sur les épaules la responsabilité de la fragilité de son ego, de son équilibre moral et de son estime personnelle.  Je suis supposé faire quoi, maintenant?  Accepter de coucher avec elle et ainsi tromper ma blonde, chose que je m’étais promis ne plus jamais refaire?  Ou bien refuser et être responsable d’une déprime décuplée par son état éthylique?  Vanessa vient de me mettre dans une situation cornélienne dans laquelle je serai dans le tort, quoi que je fasse.

Alors que je stationne la minivan dans ma cour arrière, j’espère juste que Vanessa n’insistera plus.  En silence, nous montons les escaliers en colimaçon qui mènent jusqu’à mon balcon arrière, à mon appartement qui occupe la totalité du 3e  et dernier étage.  J’entre, suivi par Vanessa, dans la cuisine faiblement éclairée par la lumière de la cuisinière.

MOI : Bon ben nous y v’là! Fa que, t’as le choix.  Tu peux dormir sur mon lit dans ma chambre, ou sur le lit de ma blonde dans sa chambre, ou même le fauteuil du salon si ça te chante.
ELLE : Je vais me coucher dans ton lit, avec toi.

Doucement, elle me prends par les épaules et me tourne face à elle.  Elle approche son visage du mien et m’embrasse.  Sa bouche s’entrouvre, sa langue au goût de bière et de tabac trouve la mienne.  Résigné, je choisis de me laisser faire.  Je passe mes bras autour d’elle et nous prolongeons ce french-kiss toute une minute.  Puis, j’y mets fin.  Je sépare ma bouche de la sienne, j’ouvre les yeux et regarde dans les siens.

MOI : Ok…  Tu veux vraiment faire ça!?
ELLE :
 Oui!
MOI : D’accord!  Mais avec condoms.
ELLE : Comme tu veux!

La dernière chose que je veux, c’est une cinquième paternité. Surtout avec une personne qui traverse une telle période d’instabilité émotionnelle. Je l’amène à ma chambre.

MOI : Voilà! Installe-toi, je reviens!
ELLE : Tu vas où? 
MOI : Aux toilettes.

Avec un peu de chance, l’alcool aidant, et le fait qu’il est passé quatre heures du matin, si je la fais attendre, il est possible qu’elle s’endorme.  On dirait qu’elle a lu dans mes pensées, parce que… 

ELLE : Tu reviens, hein?  Oublie pas, tu m’as promis.  N’espère pas que je m’endorme en t’attendant.  Je vais rester debout, ici, dans le cadre de porte.

Bon! Ça m’a tout l’air que je n’y échapperai pas.  

Tandis que je me brosse les dents, je tente un dernier coup de trouver une façon de lui dire non. Mais plus j’y pense et plus j’ai un doute: Est-ce vraiment une bonne idée? Il m’est arrivé plusieurs fois de dire non à des filles par le passé.  Et qu’est-ce qui est arrivé? Pour la majorité, elles ne l’ont pas pris et elles ont frustré solide.  Certaines d’entre elles m’ont ensuite fait mauvaise réputation, racontant ce qui s’était passé, mais en inversant qui avait harcelé qui.  Si jamais il prend à Vanessa l’envie de me faire ce coup-là, c’en est fini de ma vie amoureuse et sociale.  Déjà que personne ne me croyais quand je disais la vérité pour me défendre de leurs accusations, je vais être encore mille fois moins crédible, de prétendre que c’est moi, un homme, qui s’est fait harceler sexuellement par une lesbienne

Voyons plutôt la chose du bon côté. C’est une fille qui m’offre du sexe.  J’aime les filles. J’aime le sexe.  Et puis, hey, comme elle me le répète sans cesse: LESBIENNE!    Combien de gars peuvent se vanter d’avoir couché avec une lesbienne?  Et surtout, combien d’entre eux se le sont fait proposer de façon aussi insistante?  Je devrais prendre son offre comme un grand honneur.  C’est une opportunité unique qui ne se reproduira jamais.  Alors dans le fond, à part pour le fait que ça signifie tromper ma blonde, chose que j’ai déjà faite par le passé, je ne vois pas en quoi ça devrait être si terrible, d’accepter.

Après m’être fait un petit brin de toilette aux parties intimes, je vais la rejoindre.  Tandis qu’elle se dirige vers le lit, j’éteins la lumière.  Elle ne proteste pas.  Tant mieux.  Je ne saurais dire pourquoi au juste, mais je ne me sens pas à l’aise avec l’idée que l’on se voit nus.

À tout hasard, je me risque à lui dire:

MOI: Tu sais, si tu changes d’idée, faut pas hésiter à me le dire.  Je suis compréhensif pour ce genre de choses-là, je ne le prendrai pas mal. 

Elle me répond sur un ton moqueur:

ELLE:  Heille, tout l’monde sait que quand un gars invite une fille saoule chez lui, c’est dans le but de la sauter.  Essaye pas de dire le contraire!  Si j’avais pas voulu, j’t’aurais pas suivi.  Enwèye!  Pas besoin de préliminaires, je suis prête.  Veux-tu que je te chevauche?
MOI : Euh… Ok!

Je m’installe sur le dos tandis qu’elle prend place au-dessus de moi.  Alors que j’ouvre l’enveloppe du condom que j’ai amené, elle pose doucement sa main sur les miennes pour m’interrompre.

ELLE : T’as pas besoin de ça!
MOI : Vanessa! J’étais d’accord, mais juste à cette condition-là!

Elle ne dit rien mais retire sa main.  J’enfile le condom.  Puis, elle me guide vers son entrée, m’engloutissant en descendant.  Elle n’avait pas menti en disant être prête.  Son sexe est chaud et glisse sans problème.  Tandis qu’elle monte et descends, je me demande si elle s’attend à ce que je lui fasse des choses avec mes doigts et ma langue.  Je suppose que non. Après tout, c’est une lesbienne.  Les doigts et la langue, elle a déjà ça de la part des autres lesbiennes, et elles sont probablement bien plus habiles à ça que je le suis.  Si elle veut d’un gars ce soir, c’est parce qu’elle veut la seule chose que ses amantes ne puissent anatomiquement lui apporter.  Je vais donc m’en tenir à ça, sauf si avis contraire.

Au fil des minutes, à mesure que nous nous activons, nous changeons quelquefois de position.  De la chevauchée, nous passons en levrette, ce qui me permet de la pénétrer plus en profondeur.  Puis, nous changeons de nouveau.  Je ne connais pas le nom de cette position, si elle en a un.  Elle est couchée sur le côté, une jambe relevée.  Et moi, chevauchant la cuisse couchée, je lui fait du va et viens.  À la pénétration, je décide de rajouter des caresses clitoridiennes avec mes doigts.  Bien m’en pris, moins d’une minute plus tard, ça l’amena à l’orgasme.  Se mettant sur le dos, elle me lance une petite vulgarité.

ELLE : Allez! À ton tour! Viens! Je veux voir ta face quand ta queue va jouir dans ma petite plotte de lesbienne.

C’est qu’elle tient vraiment à jouer la carte de son orientation sexuelle afin de m’exciter.  Je m’installe en missionnaire.  Elle est chaude.  Elle est glissante.  Elle est étroite.  Elle me désire.  Elle me dit d’allumantes cochonneries.  Mais bien que je m’active, je ne peux me nier plus longtemps ce sentiment qui m’habite depuis le tout début de nos ébats: Je sens que n’arriverai pas à jouir.  Je ne sais pas si c’est parce que je me sens manipulé ou si c’est par culpabilité pour mon adultère, ou même si c’est parce que j’ai l’étrange impression que notre union est contre-nature.  Il y a aussi le fait que je sais qu’elle ne m’a proposé du sexe que dans le but de lui faire un enfant.  En portant un condom, je lui enlève sa seule raison de vouloir coucher avec moi.  Alors en la baisant malgré tout, j’ai la désagréable impression que je suis en train de commettre un genre de viol.

Mais bon, peu importe la raison pourquoi je ne suis pas à l’aise, le fait est que je n’ai juste pas envie d’atteindre l’orgasme.  Je songe à le lui dire, mais je crains qu’elle insiste, qu’elle le prenne mal.  Je décide donc de prendre la meilleure option qui s’offre à moi: Faire semblant.  Comme ça, elle sera satisfaite, et ça me permettra d’y mettre fin.  De toute façon, il fait noir, et ça m’étonnerait qu’elle inspecte ensuite le condom pour vérifier si j’ai bien joui dedans.

Ainsi, sur elle, en elle, je feins l’orgasme tout en la regardant dans les yeux, tandis que je distingue sur son visage, malgré la pénombre, un sourire satisfait.  Ceci fait, je me retire.  Puis, elle se lève, se rhabille et me dit un truc auquel je ne m’attendais pas.

ELLE : je vais t’emprunter un oreiller et une douillette. Je vais aller dormir dans ma van.
MOI : Hein? Mais pourquoi?
ELLE : Je serai plus à l’aise!
MOI : Ben là! On a trois lits ici, t’es vraiment pas obligé de…
ELLE : Non! Je dors dans ma van, point final!

Je n’y comprends rien!  Mais bon, ce n’est pas la première fois ce soir qu’elle dit et fait des choses qui dépassent mon entendement.  Aussi, je n’insiste pas.

Le lendemain, vers 10:00, je me réveille.  Je jette un coup d’oeil en bas du balcon arrière.  La minivan y est toujours.  

MOI :  Bon ben, le temps de prendre une douche, je vais nous préparer à déjeuner.  Je vais laisser la porte déverrouillée, au cas-où.

Un quart d’heure plus tard, en sortant de la salle de bain, je regarde de nouveau en bas du balcon, et… Plus rien.  Elle est partie.

La suite, chapitre 2 de 3.

 

Ce que vivent les femmes sur les sites de rencontres (sur l’air de « Je l’aime à mourir »)

Tout le monde connait le grand classique Je l’Aime à Mourir de Francis Cabrel. En m’inspirant de quelques malheureux témoignages de mes amies, je me suis amusé à en faire une version qui décrit ce qu’une fille vit généralement lorsqu’elle fréquente un site de rencontres. Ça va comme suit:

(allumez musique pour l’ambiance)

Chuis célibataire
et je me suis inscrit
À un site dans lequel
Il y a plein de gars qui
Essayent de séduire

Ils peuvent bien m’écrire
tout ce qui leur plaira
Si leurs profils n’a rien
qu’des pics de leur gros bras
Je n’vais pas mentir :
Ça va me faire fuir
Oui je vais m’enfuir

Il y a ceux qui disent
Vouloir de l’amitié
Et dès la troisième phrase
Ils parlent de me baiser
Qu’est-ce qu’ils me font rire

Il y a les gars casés
Mais ne les trouvent pas belles
Et qui espèrent trouver
Sur ce site, bien mieux qu’elles
Alors qu’eux mêmes ils
Alors qu’eux mêmes ils
Sont laids à vomir

Au lieu d’se taire
Ces gens vulgaires
S’imaginent que c’est comme ça qu’il
Faut agir pour
Pouvoir nous plaire
Et trouver… de l’amour ainsi.

Il y a aussi les cons
Qui croient que pour séduire,
En baissant leur caleçon
Ça va leur réussir
C’est loin de m’faire jouir

Il y a ces fiches qu’on
Ne peut pas déchiffrer
Aucune ponctuation
Et des fautes par milliers
C’est trop dur à lire
C’est trop dur à lire
Ils savent pas écrire

Enfin, il y a ceux qui
Se disent « des bons gars »
Qui voudraient me séduire
Mais ne font rien pour ça
C’est ceux-là les pires

Eux, ils restant à l’écart
Et s’permettent de juger
Mon envie de vouloir
Un gars déterminé
Qui va me choisir
Qui va réussir
Lui, à me ravir

Au lieu d’se taire
Ces gens vulgaires
S’imaginent que c’est comme ça qu’y
Faut agir pour
Pouvoir nous plaire
Et trouver… de l’amour ainsi

Chuis célibataire
et je me suis inscrit
À un site dans lequel
Il y a plein de gars qui
M’ennuient à mourir

Après tellement de temps
Perdu sur ces sites-là
Voilà que finalement
J’apprécie l’célibat
Je vais m’désinscrire
Et je vais partir
Ne plus revenir.

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Le sexisme et la misogynie existent… Mais peut-être pas de la façon que l’on croit.

Bien que je sois un homme, j’ai déjà vécu le harcèlement sexuel intense au travail.  C’était de la part d’un jeune gai qui se croyait tellement irrésistible qu’il s’imaginait être capable de convertir n’importe quel homme à la gaieté.  On peut en lire l’histoire juste ici, c’est le billet précédent.  Voici en gros ce à quoi j’ai eu droit de sa part: 

  • Il commence par me faire des compliments.
  • Commence à me faire des commentaires grivois.
  • Augmente de plus en plus la fréquence et la quantité de ces commentaires.
  • Me drague en sous-entendus.
  • Devant mon manque de réaction, me fait des avances directes, que je décline.
  • Commence à exprimer qu’il met en doute mon intelligence.
  • Vole mon talon de paie.
  • Se présente chez moi sans y avoir jamais été invité, pour me le rendre.
  • Vole mon savon dans les douches au travail. Se présente chez moi sans y avoir jamais été invité, pour me le rendre.
  • Me fait des commentaires gratuits de plus en plus rabaissants.
  • Trouve mon numéro de téléphone et appelle sans cesse.
  • Me dérange constamment dans mon travail afin de mettre ma compétence en doute
  • Commence à m’humilier publiquement au travail en tentant de planter le doute sur ma compétence dans l’esprit de nos collègues.

 Le comportement qu’il avait envers moi avait trois facettes:

1) L’infantilisation:  Tout le long, il a agi non pas comme si j’étais un adulte responsable mais bien un enfant qu’il avait décidé de prendre en charge: Il s’impose dans ma vie, et se comporte envers mes possessions avec la même liberté qu’un adulte, en se permettant de confisquer mon bordereau de chèque de paie, en se permettant d’enlever mon savon des douches au travail pour le ramener chez moi, comme un parent qui ramène dans la chambre de son enfant un jouet oublié dans une autre pièce en lui disant de ramasser ses affaires. De plus, il n’accordait aucune crédibilité à mes paroles.  Je lui dis non?  C’est comme si je n’avais rien dit.  J’affirme être hétérosexuel?  C’est comme s’il savait mieux que moi si je l’étais ou non.  Ce qui nous amène au point suivant qui est:

2) La sexualisation: Au travail, les seules paroles positives à mon sujet qui sortaient de sa bouche, c’était l’expression de son désir pour moi.  Tout le reste était dénigré. Ce qui signifie qu’à ses yeux, la seule valeur que j’avais était sexuelle. Et puisque je refusais de lui donner ce qu’il voulait de moi, c’est comme si j’étais un enfant indiscipliné qui refuse d’obéir: Il faut le punir.  Ce qui va de pair avec… :

3) La dévalorisation:  D’où sa tentative de m’humilier publiquement.  D’où sa tentative pour saboter ma réputation, voire ma carrière, en plantant le doute sur ma compétence dans l’esprit de nos collègues.  Mais cette attitude, il l’avait bien avant ça.  Lorsqu’il a commencé à travailler, non seulement avais-je déjà un an d’expérience dans la place, c’est moi qui lui ai appris le boulot.  En fait, ça faisait au moins neuf mois que j’entraînais chaque nouveau qui entrait.   Il se permettait pourtant de me corriger, me réprimander, me rabaisser.  Comme si, à ses yeux, mes compétences, mon expérience, mes connaissances, n’avaient aucune valeur.  

C’est en relisant ce texte pour correction que j’ai constaté quelque chose qui ne m’avait pas frappé jusque-là: Tout ce que ce gars-là m’a fait subir, c’est exactement le genre d’attitude et de comportement sexiste et misogyne dont les femmes se plaignent de la part des hommes.  

Mais voilà, dans mon cas particulier, c’était un homme envers un autre homme.  Ça ne pouvait donc être ni du sexisme ni de la misogynie.  On ne peut pourtant pas nier que c’était exactement le même comportement.

Et c’est là que j’ai eu une illumination: Le sexisme et la misogynie, ça n’existe pas.  Ou du moins, peut-être pas de la façon que l’on croit.  Parce que toute cette attitude, tous ces comportements, ce n’est que la façon instinctive d’agir envers une personne que l’on désire, ou du moins toute personne qui fait partie du groupe visé par notre orientation sexuelle.  C’est la seule explication pourquoi un homosexuel aurait envers un homme exactement la même attitude misogyne et déplorable qu’un homme hétéro envers les femmes.

Oui, je sais, hétéro ou homo, « Ils ne sont pas tous comme ça! »   Ça ne change rien au fait que, tous sexes et orientations confondus, il y a un assez grand nombre de gens  qui sont portés à rabaisser ceux qu’ils désirent sexuellement pour que ça pose un problème de société. 

Mais pourquoi sont-ils portés à rabaisser ceux qu’ils désirent sexuellement?  C’est que de tous les temps, le désir sexuel n’a jamais été relié à la notion d’égalité.  Bien au contraire, il l’est avec la notion de propriété via domination.  L‘homme parle de conquérir une femme, d’en prendre possession.  Et c’est ce sentiment possessif qui conduit aux abus.

Ça fait longtemps que la société le sait, que le sexe, la possession et l’abus ne font trop souvent qu’un.  Juste dans notre langage, lorsque l’on a été victime d’une arnaque, qu’est-ce qu’on dit?  « Il m’a bien possédé.  je me suis fait baiser. »   Variante québécoise: « Il m’a bien eu!  Je me suis fait fourrer. »   Vous voyez le parallèle?  Mon collègue voulait me baiser.  Il voulait quelque chose de moi que je ne voulais pas lui donner.  Il a donc tenté de se l’approprier contre mon gré.  Comme le fait un arnaqueur.  Il s’emparait de mes possessions.  Il niait mon identité.  Non pas mon nom, mais mon identité sexuelle d’hétéro.  Et comme un conquérant qui envahit un pays, il a tenté de me conquérir en envahissant mon logement.  Bref, il ne me traitait pas en égal mais bien en inférieur.  Lui en vainqueur, moi en (futur) vaincu.

Parce qu’à la base, le sexe, ça reste une personne qui manifeste sa supériorité et son contrôle sur l’autre.  Même entre deux partenaires sexuels hétéros qui se respectent et se voient en égaux, il reste que la nature oblige que pendant l’acte sexuel, l’un a une position dominante sur l’autre.  Quand on parle de faire l’amour, quelles sont les deux premières positions qui nous viennent en tête? Le missionnaire et la levrette.  L’homme est en position supérieure donc dominante, la femme est dessous, couchée ou penchée, position dominée.  L’homme pénètre, la femme se fait pénétrer.  L’homme est actif, la femme est passive.  Et s’il s’agit de leur première fois, l’homme doit défoncer la barrière qu’est l’hymen. Bref s’introduire de force.  Alors qu’on le veuille ou non, la nature fait en sorte de donner aux hommes l’impression que lorsqu’ils désirent sexuellement une personne, il doit la conquérir et ne pas se laisser arrêter par les obstacles.  Bref, comme on dit en bon français, lui rentrer dedans, dans tous les sens du terme.

Et c’est normal.  Le but premier de la nature étant la survie, il n’est pas difficile d’imaginer qu’à l’aube de l’humanité, on ne pouvait pas toujours se permettre d’attendre le consentement sexuel de l’autre.  Aussi, chez certains hommes, le cerveau était programmé avec une forte libido, mais sans la capacité de ressentir du respect et de l’empathie.  Aujourd’hui, lorsque nait un tel homme, son désir sexuel combiné à ce manque de respect peut aller de la simple frustration jusqu’au viol.  Dans mon cas, mon harceleur n’aurait pas pu se rendre jusque-là car j’avais la capacité physique de lui résister s’il avait osé me toucher.  N’empêche que tous les autres comportements que les femmes étiquettent comme sexiste et misogyne lorsque c’est un homme qui l’a envers une femme, lui les avait envers moi.  Ça démontre que si une grande partie des femmes reçoivent un tel traitement de la part des hommes, ce n’est pas parce que ce sont des femmes.  C’est tout simplement parce que… :

  1. Le désir sexuel est relié à la testostérone. 
  2. Les hommes produisent plus de testostérone que les femmes.
  3. Les hommes ont donc une plus grande libido que les femmes.
  4. La population est majoritairement hétérosexuelle.
  5. Par conséquent, ce sont majoritairement les femmes qui sont victimes de cette attitude de la part des hommes. 

Et comme je l’ai constaté personnellement, ça n’empêche pas les non-hétéros d’avoir exactement les mêmes comportement envers ceux qu’ils désirent sexuellement.  Et voilà pourquoi je dis que la misogynie et le sexisme n’existent (peut-être) pas. Si certains hommes agissent ainsi envers les femme, ce n’est pas parce que c’est une femme. C’est parce que la nature a programmé l’être humain de manière à ce qu’il se croit instinctivement supérieur aux gens visés par ses pulsions sexuelles.  Et personne n’est porté à accorder de respect, de crédibilité ou de pertinence à quelqu’un qu’il croit dominer.  

Même en anglais, qu’est-ce que l’on dit d’une personne ou d’une chose que l’on veut dévaloriser?  Fuck him! Fuck that! Fuck you!  N’avoir aucune valeur du tout = n’avoir qu’une utilité sexuelle.

Ça pourrait même donner deux raisons pourquoi, à compétences égales, un candidat homme est favorisé à l’embauche plutôt qu’une femme:
Raison 1) Le recruteur est un homme hétéro. Il se croit donc d’instinct supérieur à la candidate femme, tout en se voyant sur un pied d’égalité avec le candidat homme.  L’homme commence donc avec une longueur d’avance.
Raison 2) Le recruteur peut très bien ne pas être influencé personnellement par le sexe de la candidate. Cependant, il sait que la présence de cette dernière au sein de l’entreprise pourrait ralentir la performance des employés mâles qui dirigeraient leur attention sur elle plutôt que sur leur travail.  Ce n’est pas farfelu comme croyance, car comme je le raconte dans le billet, tout ce que faisait mon harceleur pour attirer mon attention au travail nous faisait perdre de une à deux heures quotidiennement.  Pour un employeur, ces pertes de temps, ça équivaut annuellement à arrêter le travail pendant un mois et demi.  On parle de centaines de milliers de dollars perdus pour l’entreprise, pour un problème qu’il peut éviter facilement s’il embauche un homme hétéro plutôt qu’une femme qui deviendrait aussitôt objet de convoitise par les employés hétéros masculins. 

Alors entre investir temps et argent dans les ateliers de prévention dans le but d’éduquer, ou juste s’abstenir d’embaucher une femme, beaucoup d’employeurs iront vers la solution facile.

Puisque l’attitude dominante et méprisante envers la cible de nos désirs est reliée au désir sexuel, donc au sexe, je suppose qu’on peut toujours parler de sexisme.  Et tant qu’à faire, misogynie peut continuer de  décrire les cas particulier dans lequel ce sont des hommes hétéros qui font subir ça aux femmes.  Mais je tenais quand même à faire prendre conscience que cette attitude n’est pas une question de discrimination volontaire contre un sexe en particulier.  C’est une question de désirs sexuels naturels, et des comportements que ceux-ci engendrent chez ceux qui les ressentent.  

Ceci étant dit, la raison pourquoi j’explique la logique derrière ce comportement, ce n’est pas dans le but de l’approuver.   C’est pour comprendre pourquoi il existe, de façon à mieux pouvoir le contrer, tout simplement.  Parce que même si un tel comportement est voulu par la nature, nous ne sommes pas dans la nature, nous sommes dans une civilisation.  Et dans la civilisation, il n’y a pas de place pour un tel comportement.  Par conséquent, cette attitude est, et sera toujours, inacceptable.

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Y’a liens là:

La même situation, mais plus classique, où c’est la femme qui subit ça au travail: Ingrid; Cinq jours parmi les loups.
Dans Comment nait la culture du viol, j’explique comment, dès son plus jeune âge, le garçon est conditionnés à se croire supérieur aux filles, ce qui l’amène plus tard à ne les voir que comme un sexe à posséder, sans plus.
Dans 11 illusions fallacieuses qu’essaient de nous vendre les guides de séduction, on peut voir comment ces bouquins contribuent à garder vivante l’idée que toute femme peut être conquise, pour peu que l’on possède les couilles d’aller s’en emparer.

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Il se croyait irrésistible.

Ceci est un témoignage de fait vécu de harcèlement masculin en milieu de travail.

Subir le harcèlement sexuel d’un collègue de travail, ça m’est arrivé à moi aussi.  Je n’oublierai jamais ma première fois. Il était jeune.  Il était beau.  Il se croyait irrésistible.  Il était le fils de mon supérieur immédiat. Et dès qu’il a commencé à travailler, il a eu l’œil sur moi, chose qui n’était pas réciproque.  Tous les éléments étaient en place pour une belle catastrophe.

Les premières semaines, il restait à distance respectueuse.  Puis, ça a commencé doucement.  Un compliment anodin par-ci.  Une remarque coquine isolée par-là.  Je n’en faisais pas de cas.  Ça semblait juste être son humour particulier.  

Au fil des semaines, ses commentaires devinrent libidineux.  Ceux-ci devinrent ensuite de plus en plus nombreux.  Il prenait bien soin de toujours les dire à la blague, pour que ça passe mieux.  Je les ignorais délibérément.  J’espérais qu’en ne me voyant pas embarquer dans son jeu, il finisse par se lasser.  En attendant, je devais juste faire preuve de patience.  

Est-ce que ça a fonctionné?  Eh non!  

Ne pouvant concevoir que je ne succombe point à ses avances, il en arriva à la conclusion que mon manque de réaction signifiait que j’étais juste trop stupide pour me rendre compte que l’on me drague.  Il a donc opté pour me déclarer sa flamme de façon directe, en m’expliquant que quand un homme agit comme lui l’a fait envers moi, c’est parce qu’on l’intéresse.  Alors c’est ça, le mansplaining?  Je l’ai trouvée bien malvenue, cette façon condescendante de mettre en doute mon intelligence.

Ceci dit, j’avais quelques raisons de décliner ses avances.  D’abord, nous n’avions pas la même orientation sexuelle. Déjà là, c’est un obstacle assez incontournable.  Et ensuite, il était déjà en couple, imaginez.  Et même s’il n’y avait pas eu ces deux faits, ce n’est pas avec une personnalité aussi désagréable que la sienne qu’il aurait réussi à me séduire.  Je lui ai fait part des deux premières raisons.  Pas de la troisième.  Il faut bien garder une ambiance harmonieuse en milieu de travail.  Mais qu’importe, mon message était passé.  Nous pouvions maintenant tourner la page et passer à autre chose.  

Deux fois par mois, tandis que nos chèques étaient envoyés automatiquement à la banque, on nous distribuait nos bordereaux de paie (aussi appelés talons de chèque) personnellement. Ce jour-là, je n’ai pas reçu le mien.  J’ai compris pourquoi, quelques heures plus tard, lorsque l’on frappa à la porte chez moi.  J’ai regardé par le judas de porte.  Surprise!  C’était lui, mon collègue dragueur, avec mon bordereau en main.  Il l’avait volé au bureau afin d’y trouver mon adresse.  Je n’en croyais pas mon œil.  J’ai reculé doucement pour éviter que le plancher craque et trahisse ainsi ma présence.  Après dix minutes à cogner périodiquement sans que j’ouvre, il abandonna.

Bien que ressentant du soulagement de le voir partir, je trouvais aberrant qu’il ait osé poser de tels gestes.  J’osais espérer qu’il ne s’agirait que d’un incident isolé.

À cette époque, j’étais dans une situation économique précaire dans laquelle chaque sou comptait. Un jour, après le boulot, j’ai décidé d’utiliser la cabine de douche disponible au travail, une option dont aucun autre employé ne se prévalait.  Ceci fait, plutôt que de remettre mon savon humide dans mon sac, je l’ai laissé sur place.  De retour chez moi, j’ai pu éteindre mon réservoir d’eau chaude.

Quelques heures plus tard, il frappait encore à ma porte.  Cette fois, c’est mon savon qu’il avait en main.  Je n’ai pas répondu.  Après ce coup-là, je n’ai plus osé utiliser la douche au travail.

Avoir été à sa place, si j’avais essuyé deux échecs après m’être présenté deux fois chez une personne sans invitations, j’aurais compris le message et laissé tomber.  Surtout si elle m’aurait dit clairement ne pas être intéressée.  Mais voilà, je ne suis pas le genre de personne qui va aller s’imposer chez autrui.  Aussi, l’idée qu’il puisse persévérer n’a pas pu m’effleurer l’esprit.  

Un soir, il a commencé à me téléphoner.  Je suppose qu’il a trouvé mon numéro sur le cellulaire de son père. Je n’ai pas répondu.  Il a rappelé à toutes les quinze à vingt minutes.  J’ai laissé sonner, en espérant qu’il finisse par se lasser.  J’ai attendu en vain. À une heure du matin, il a fallu que je déconnecte le téléphone afin de pouvoir dormir.  C’est que je n’avais pas de cellulaire.  Mon budget ne me le permettait pas.  Je n’avais qu’une ligne de terre classique.  Une où je ne pouvais pas bloquer un numéro entrant.

Il m’empêchait d’épargner sur l’eau chaude.  Je risquais de manquer un appel important si je laissais le téléphone débranché.  Je ne pouvais plus sortir sans craindre qu’il passe « par hasard » sur ma rue au même moment.  Endurer le harcèlement au travail, c’est une chose.  Mais me faire perturber ma vie privée à répétition dans mon propre logement, ça, non. 

Il existe une option légale recommandée dans ces cas-là.  C’est de prendre un collègue de travail comme témoin, aller voir la personne fautive, lui demander de cesser son comportement harcelant, et conclure par un avertissement comme quoi toute insistance de sa part lui vaudra plainte et poursuite.

En théorie c’est bien joli, mais c’est plus facile à dire qu’à faire.  De un, ça m’étonnerait qu’un collègue accepte d’être témoin d’une situation qui causera un malaise entre eux.  Ensuite, en étant dans l’obligation d’expliquer à chaque témoin potentiel pourquoi j’en ai besoin, plus j’essuierais de refus, plus de collègues sauraient l’histoire, et plus grand serait le risque qu’on m’accuse de porter atteinte à la réputation du fils de notre supérieur immédiat.  Bref, aucune issue qui ne me donnait pas le mauvais rôle.  Il valait mieux y renoncer.

J’ai décidé de lui accorder le bénéfice du doute.   Il sait qu’il ne m’intéresse pas.  Il a bien vu qu’aucune de ses tentatives pour se rapprocher de moi ne fonctionne. C’est une cause qu’il sait perdue d’avance.  Le gars n’est sûrement pas idiot. Selon le bon sens, il devrait arrêter.

Mais voilà, je lui créditais trop de bon sens.  C’était un idiot.  Il n’a pas arrêté. 

Puis, un jour, devant nos collègues, il me lança un reproche sarcastique au sujet d’une erreur sans importance dans mon travail.  En un éclair, j’ai compris ce qui était en train de se passer.  Probablement frustré par ses échecs à me séduire, il allait désormais tenter de m’humilier publiquement, voire de saboter ma carrière, en commençant à sous-entendre mon incompétence à nos collègues. 

Je me doutais qu’il ne s’agirait pas d’un incident isolé. 
Je connaissais trop bien sa persistance. 
Je savais qu’il ne s’arrêterait pas là.   

Trop c’est trop.  C’était la proverbiale goutte d’eau.  J’ai craqué.

De tels récits, vous en avez déjà entendu par dizaines, de la part de filles et de femmes qui se font harceler de cette manière depuis qu’elles sont en âge de travailler.  Cependant, mon histoire à moi se démarque sur un point important.

Ce point est : Je suis un homme.  

Homme, blanc, hétéro, de quarante-deux ans, catholique, cisgenre, et d’environ 35 kg de plus massif que mon harceleur.  Je n’ai pas eu à fuir.  Je n’ai pas eu à donner ma démission.  Je n’ai pas eu à me terrer chez moi sans plus jamais oser sortir jusqu’à ce que je sois obligé de changer d’adresse et de numéro de téléphone. 

Oh que non!  

Je l’ai confronté!  Là!  Immédiatement!  Debout!  Face à lui!  Je l’ai engueulé sans retenue, avec comme témoin nos collègues, ces mêmes collègues devant qui il venait d’essayer de me discréditer.  J’ai dénoncé son harcèlement au travail, son harcèlement chez moi, son harcèlement téléphonique.  Ses commentaires, ses avances, ses insistances, ses  sarcasmes, son vol de mon bordereau de chèque de paie, ses visites, ses appels.  J’ai tout étalé, là, en public.  Et j’ai conclu en lui lançant cet ultimatum devant tous ces témoins: Ou bien il arrête, ou bien je le fais arrêter.  

Il n’a pas répliqué.  Il a juste baissé le regard, tourné les talons, et il a calmement quitté la pièce.  Comme le veut le cliché, j’avais mis le malaise dans la place, et le silence qui suivit était à trancher au couteau.  Il fut cependant rompu par un collègue qui, autant admiratif que fier de moi, m’a mis la main sur l’épaule, m’a fait un sourire, et d’un signe du pouce en l’air m’a dit: « Like a boss! »

J’entends parfois des femmes raconter comment, après en avoir eu assez, elles ont réagi exactement comme je l’ai fait.  Mais la suite de leurs histoires me montre à chaque fois que le fait d’être un homme, ça ne m’a pas seulement servi qu’à intimider physiquement mon harceleur.  Ça m’a aussi évité de me faire dire que je l’avais peut-être provoqué.  Ça m’a épargné les théories comme quoi je m’habillais possiblement trop sexy.  En racontant cette histoire, personne n’a utilisé de termes comme hystérique, mal baisé ou SPM pour expliquer ma réaction.  Mieux encore, je n’ai même pas eu à aller me plaindre aux patrons, ni à être convoqué aux ressources humaines.  La nouvelle de notre confrontation leur est juste parvenue aux oreilles.  Ce fut suffisant pour qu’ils prennent la chose au sérieux.  Ils l’ont aussitôt déplacé vers un autre quart de travail.  Oui, ils l’ont déplacé LUI et non moi, et je ne l’ai plus jamais revu.  Et bien qu’il soit le fils de mon supérieur immédiat, je n’en ai subi aucune conséquence. 

Avoir été une femme, ça ne se serait certainement pas aussi bien passé. Mais voilà; Je suis un homme, moi!   N’empêche que cette expérience fut l’une des plus désagréables, des plus malaisantes et des plus angoissantes que j’ai vécues de toute ma vie.  

Puisque je suis un homme, je sais que ne repasserai probablement plus jamais à travers ça.  Ça me permet de comprendre que je ne vivrai jamais ce qu’est l’ambiance au travail pour une femme.  Je comprends qu’on ne me fera jamais vivre les choses de la même façon que si j’étais une femme  Donc, je comprends que je ne pourrai jamais comprendre à 100% le quotidien d’une femme en milieu de travail.

Mais pendant une courte période, j’en ai eu un aperçu.  Et cet aperçu, je l’ai trouvé terrifiant.   

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Y’a liens là:

Ici, il y a la première fois que j’ai écrit au sujet de ce gars-là.
Notre relation de travail m’a amené à croire que Le sexisme et la misogynie (n’)existent (peut-être) pas de la façon dont que l’on croit.

Plus classique, la femme victime de harcèlement au travail: Ingrid; 5 jours parmi les loups.
Sans oublier comment, sur une période de 25 ans, j’ai subi Le harcèlement sexuel au travail… Au féminin.

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Petit exemple d’amitié toxique

C’est symbolique, bien sûr. Et, comme d’habitude, les sexes sont interchangeables. Mais sinon, ouais, on en a tous connus au moins une de ce genre-là:

6 raisons pourquoi je ne suis pas nostalgique de mes 18 ans.

Cette année, le 21 juillet, j’aurai quarante-huit ans.  Puisque c’est à dix-huit ans que l’on devient légalement adulte, je fêterai cette année le trentième anniversaire de ma majorité.

En général, lorsque l’on est adolescent, on a très hâte d’arriver à dix-huit ans pour être enfin un homme et avoir droit à tout ce qui nous était interdit jusque-là, soit la liberté, l’argent, le respect, et tout ce qui est relié au sexe, sans que l’on puisse nous réprimander.  L’anecdote que je vous offre aujourd’hui raconte la façon dont j’ai passé cette journée.  C’est une fidèle reproduction d’un texte que j’ai écrit dans un cahier Canada le jour suivant, puisque j’ai toujours eu comme habitude d’écrire ce qui m’arrivait.  Le texte original est rouge vin italique, mes commentaires sont en texte noir normal. C’est parti:

22 JUILLET 1986

Hier comme cadeau de fête, je me suis offert une sortie à l’Expo Agricole de St-Hyacinthe. Pour l’occasion, une grande partie du terrain du centre culturel est transformée en parc d’attraction genre La Ronde, en plus cheap côté manèges et en plus cher côté prix d’entrée. Je suis seul car Carl et le reste de mes amis sont trop snobs pour s’abaisser à une sortie aussi quétaine, comme il dit.

Il fait chaud. Le soleil tape fort. J’ai soif. J’ai envie d’aller me prendre un coke à 2$ (le double du prix hors-expo), mais mon attention est attirée par un stand en forme de citron géant où il est écrit: « Limonade à l’ancienne: $4.00 » ($4.00, c’était également le salaire minimum de l’heure à ce moment-là, ce qui vous donne une idée du prix aujourd’hui.) C’est cher, mais à force d’entendre dire que les choses étaient tellement mieux faites dans l’ancien temps, on finit par y croire. Je me dis donc que cette limonade vaut probablement un tel prix.

Je me rend au stand, et demande une limonade à la madame.  La madame prend un citron, le coupe en 2, dépose une moitié de ce citron dans un gros verre en carton, y met une cuillerée de sucre, remplis le reste du verre à ras bord de glace, puis remplis le peu d’espace vide qui reste avec de l’eau. Elle y sacre une paille et me tend le tout en réclamant mon argent.  J’étais atterré par la cheap-esse de la chose.  Comme je me l’imaginais, ça ne m’a pas pris plus que 4 gorgées pour le finir. Et peu importe la température, plus tu as soif, moins les glaçons fondent vite. J’abandonnais mon verre glace/citron dans la première poubelle, une poubelle remplie à déborder de verres de limonade à l’ancienne achetés par d’autres qui se sont faits avoir avant moi. Je me sens humilié de ne pas avoir remarqué ce détail plus tôt. Si j’avais été plus attentif, j’aurais compris l’arnaque et je n’y aurais pas laissé mon cash. Je me jure que désormais, lorsque j’aurai vraiment soif, je vais m’en tenir aux choses que je connais. (Une leçon que je pratique encore aujourd’hui, incluant avec la nourriture.)

Tout en déambulant entre les allées, mon oeil est attiré par un manège nommé Le Zipper. J’sais pas trop comment le décrire… L’important c’est de savoir que chaque cabine est une sorte de siège-cage dans lequel on se fait enfermer deux par deux.

Je regarde la courte file d’attente. Il y a un groupe de 4 gars, suivi d’un groupe de 3 filles. Je vois bien qu’ils ne se connaissent pas car les gars parlent ensemble, les filles parlent ensemble, et il y a une distance entre les deux groupes. J’ai soudain une idée géniale. Je cours me mettre en file derrière elles, en me disant que puisqu’il faut embarquer deux par deux, il y en a forcément une des trois qui sera avec moi. Je suis arrivé juste à temps d’ailleurs, une dizaine de personnes arrivent derrière moi et attendent leur tour.

Puis arrive le moment tant attendu: Le manège s’arrête et l’employé de l’expo en fait descendre les gens pour les remplacer par ceux de la file d’attente.

À ce moment là, surgi de nulle part, arrive un ti-cul de 10-11 ans qui court vers moi. Il s’arrête et me demande:

– T’es-tu tout seul ?

Fuck ! Qu’est-ce que vous vouliez que je réponde à ça ? Je ne pouvais tout de même pas répondre « Non, je suis avec elles ! », je ne voulais pas prendre le risque que ces filles se retournent vers moi et me démentent ou pire encore: Qu’elles rajoutent: « Toi ? avec nu-z’autres ? Ah ouache! Ça va pas? » C’est que les filles entre 15 et 20 ans peuvent être très cruelles, vous savez. J’ai donc pas le choix de lui dire que oui, chus tout seul. Il me dit:

– Cool! J’monte avec toi!

Tabarnak! Un si bon plan, si génial, si parfait, que j’ai réussi à monter en quelques secondes, démoli par ce jeune crétin qui voulait juste s’éviter de faire la file. Je vois les 2 premières filles monter ensemble, la 3e monter seule, et je me suis retrouvé enfermé dans la cage avec ce p’tit casseux d’party. Pour la première fois de ma vie, j’avais hâte de débarquer d’un manège avant même d’avoir embarqué dedans.

Et on se retrouve à monter, à tournoyer, à tourbillonner durant quelques minutes. Et puis, ça s’arrête tandis que nous sommes tout en haut. On s’imagine qu’en bas l’employé est en train de changer les clients. J’ai très hâte que ce soit mon tour, parce que cette petite merde assise a mes côtés n’arrête pas de me parler. Et malgré le fait que je ne lui répond qu’à peine, il me parle comme si nous étions en grande conversation.

Les minutes s’étirent et on ne bouge toujours pas. Nous sommes mal situé pour voir ce qui se passe en bas, mais j’entend ce que dis l’un des occupants d’une nacelle voisine, qui eux peuvent voir tout:

– Oops… Quelqu’un a été malade, en bas. Va faloir attendre qu’ils nettoyent !

FUCK!!! On a été pogné en haut comme ça pendant vingt minutes. Et tout ce temps là, je n’avais qu’une envie et c’était d’étrangler le sale trouble-fête à mes côtés. S’il n’était pas venu me gâcher mon plan, c’est avec une jolie fille que j’aurais été enfermé ici, 25-30 minutes en tout.

Le pire là dedans, c’est qu’après avoir débarqué, le p’tit sacrament avait décidé de me coller au cul. Il m’a demandé quel manège ON allait faire ensuite. Je n’avais certainement pas envie de passer la journée en compagnie d’un enfant, et encore moins de ce p’tit crisse qui m’a cassé mes plans de drague. J’ai essayé de m’en débarrasser en allant aux toilettes et de m’enfuir lorsqu’il entrerait dans un cabinet, mais rien à faire. Il n’est pas entré, il m’a juste attendu devant la seule porte d’entrée.

Histoire de m’en débarrasser, j’ai voulu lui faire accroire que je m’en allais. Je n’ai pas eu d’autre choix que de le faire pour de vrai, car il m’a raccompagné jusqu’à la sortie.

Ma sortie snobbée par mes chums, mon argent arnaqué, ma soif non-épanchée, mon plan de drague ruiné, ma paix troublée, mon séjour écourté… Joyeux dix-huitiemme anniversaire, kâlisse!

FIN

À l’époque, mon but en écrivant ce texte était de démontrer à quel point j’ai été malchanceux ce jour-là.  Mais en le relisant aujourd’hui, je vois bien que ce n’était pas la malchance, mon problème.  J’avais beau être devenu légalement un homme, dans les faits j’étais loin d’en être un.  C’était ça, mon vrai problème.  Un manque de couilles total!  Et c’est à cause de ça, que…

RAISON 1)  J’étais infidèle par frustration, et fidèle par désespoir.  
Car oui, je me suis bien gardé de l’écrire dans mon texte original, mais ça faisait trois mois que je sortais avec Julie, âgée de quinze ans, habitant chez ses parents à Saint-Hyacinthe, d’où ma présence en cette ville ce jour-là. J’avais planifié que l’on se voit et que l’on passe la journée à l’expo agricole ensemble.  Mais voilà, deux obstacle se dressaient entre mes plans et moi.  Le premier: Julie travaillait à temps plein chez un opticien aux Galeries Saint-Hyacinthe.  Elle ne peut donc pas faire cette sortie avec moi le jour.  Quant au soir, impossible également.  Le temps qu’elle finisse de travailler, se rendre chez elle, soupe en famille et finisse d’aider à la vaisselle, il sera déjà 19:00. Et là se dresse le second obstacle: Ses parents.  Ceux-ci n’ont aucune confiance de laisser leur fille de quinze ans avec un gars de dix-sept ans, maintenant dis-huit, seuls, le soir, à l’extérieur.  Tous mes amis avaient le droit d’avoir une blonde qu’ils peuvent voir quand ils veulent, de faire ce qu’ils veulent.  Mais moi? Non! Interdit! 

Et ce qui ajoutait à ma frustration, c’est qu’avant Julie, j’ai eu une relation d’un an avec une fille de Montréal-Nord dans lequel j’étais sexuellement actif, et ce dès la première semaine.  Julie, par contre, n’avait pas l’air de vouloir amener la relation à l’étape sexuelle.  Et en effet, lorsqu’elle cassera avec moi, ce sera au bout d’un an et demi d’une relation platonique.  Et voilà ce qui me frustrait: Ne pas avoir le droit de faire des activités normales, et même d’avoir une une relation normale. Mettre de la pression sur l’autre pour la forcer à avoir du sexe, ça n’a jamais été dans ma nature.  Alors de telles conditions, on peut comprendre pourquoi je cherchais mieux ailleurs.  On peut désapprouver, mais au moins on peut comprendre. 

Aussi, à l’époque, je n’avais pas ce qu’il faut pour que la majorité des employeurs veulent de moi.  Alors ou bien on ne m’embauchait pas, ou alors on me casait dans des horaires de merde, de soir, de nuit, majoritairement seul, avec des jours de congés qui ne tombaient jamais les fins de semaines.  Comme cet été-là, où je travaille à laver de la vaisselle le soir, cinq jours semaine, avec congé lundi et mardi, soirs où personne avec horaire de travail normal n’a envie de sortir.  Mon horaire ne correspondant pas avec ceux de ma blonde ni de mes amis, ça mettait obstacle à ma vie sociale.  

Et voilà ce que je veux dire par infidèle par frustration, fidèle par désespoir: Infidèle par frustration, parce que tout le long où j’étais avec elle, je cherchais mieux.  Et fidèle par désespoir, parce que si j’ai continué de sortir avec elle tout ce temps, c’est parce que j’étais incapable de trouver mieux.  Et c’est un comportement que j’avais aussi avec mon employeur.

Ce qui a changé: Avec les années, en devenant plus vaillant et plus athlétique, j’ai commencé à être intéressant, autant pour les employeurs que pour les filles.  Alors depuis que j’ai vingt-sept ans, il arrive que l’un ou l’autre s’offre sans que j’aille à le demander.  Et dans les deux cas, je ne suis plus désespéré au point de rester dans une relation de travail ou de couple si celle-ci ne me convient pas, puisque je suis maintenant capable de trouver mieux.  

RAISON 2)  J’étais un Fedora-Neckbeard.
Bon, je ne portais pas la barbe en collier. N’empêche que j’étais un loser, et que  j’en portais fièrement l’uniforme officiel. Il est vrai que la nature ne m’a pas gâté.  Je suis frêle, peu attrayant, rien pour attirer les regards admiratifs. J’aurais pu faire des efforts; aller au gym, faire du sport, avoir un travail physique afin de me renforcer.  Mais non; j’essayais plutôt de camoufler mon physique non-remarquable sous des vêtements qui l’étaient.  J‘essayais de compenser par mon look, en cherchant à montrer que j’avais de la classe, moi! 

Habillé de la sorte un 21 juillet, j’avais chaud.  J’endurais parce que j’étais convaincu que j’avais une classe folle.  Et soyons franc, en 1986, oui, ce look faisait à la fois artiste et classe.  Mais il l’aurait fait dans une soirée de gala en automne.  Par contre, de jour, à l’extérieur, par un bel après-midi chaud et ensoleillé du milieu de l’été, à l’expo agricole de Saint-Hyacinthe, j’avais l’air d’un clown.  Pas surprenant que la seule personne qui s’est trouvée attirée par mon allure, c’était un enfant. 

Ce qui a changé: C’est à l’automne de l’année suivante, en 1987, à dix-neuf ans, lors de ma rupture avec Julie, toujours ma blonde et toujours platonique, quelle me fera comprendre que mon look était ridicule, en plus de me révéler ce que les gens pensaient de moi dès qu’ils me voyaient. Je considère que j’ai eu de la chance de l’avoir appris à ce moment-là, donc assez tôt pour que ça ne puisse avoir le temps de ruiner ma vie davantage. J’ai alors commencé à m’habiller de façon plus masculine, et surtout plus normale. 

RAISON 3: J’étais désespéré.
À cette époque et jusqu’à mes 25 ans, mon ambition première était d’être en couple. N’importe qui, pourvu que ce soit une fille. Et puisque j’étais timide, je saisissais chaque opportunité dans laquelle il y en ait une qui n’ait pas le choix de me parler, faisant ainsi les premiers pas. Tel que je l’ai déjà mentionné dans mon roman autobio Surveiller Nathalie, voici ce qu’était ma mentalité à ce sujet:   « Oui, j’ai de la misère à me trouver une blonde.  Oui, je m’essaye après toutes les filles célibataires que je peux trouver.  Et à cause de ça, on pense que je suis un fou des filles, un maniaque de la conquête, un obsédé sexuel.  Mais dans les faits, tout ce que je cherche vraiment, c’est avoir une relation amoureuse et sexuelle normale, sérieuse, saine et monogame. Je ne veux pas toutes les filles.  J’en veux une!  Je cherche la bonne, celle avec qui je serai compatible sur tous les points.  Sauf que, si je veux la trouver un jour, je n’ai pas le choix d’être constamment en chasse aux filles célibataires, au cas où l’une d’elle soit celle-là. »   C’est bien plus tard que j’ai réalisé que courir après toutes les filles en étant célibataire, et rechercher mieux lorsque j’étais en couple, c’était exactement l’attitude d’un gars désespéré.

Ce qui a changé: Mon physique. Je suis allé au gym, j’ai fait du sport, j’ai choisi du travail physique afin de me renforcer. Je sais bien que le message que je passe en disant ceci n’est pas politically correct en cette époque où le body shaming est tabou. N’empêche que c’est un fait: En développant mes muscles et en prenant juste assez de gras pour transformer mon visage de laideron squelettique en quelque chose que les filles sont capables de regarder sans avoir de nausées, je suis devenu attrayant. 

Et à partir du moment où je suis devenu attrayant, j’ai commencé à attirer beaucoup plus d’amoureuses potentielles, et ainsi je n’avais plus besoin de désespérément m’accrocher à toute fille célibataire qui passait.

RAISON 4:  J’étais un nice guy, donc un passif.
Comme la majorité des soi-disant bons gars, je considérais que ne rien faire du tout, c’était la meilleure façon de ne rien faire de reprochable. Les filles se plaignent souvent de s’être fait approcher et/ou draguer par des inconnus.  Aussi, histoire d’éviter de mal paraître, le nice guy ne draguera jamais.  Oh, il veut séduire, mais sans prendre le risque de faire les premiers pas. Il a tellement peur du rejet qu’au lieu d’approcher les filles en tant qu’amoureux potentiel, il espère que les circonstances vont les rapprocher. Voilà pourquoi je me suis précipité dans la queue en voyant qu’il y avait un nombre impair de filles qui attendaient leur tour. Quand on est verrouillés dans une cage métallique et isolés à plusieurs mètres d’altitude, quoi de plus normal d’échanger quelques mots avec la personne qui partage notre nacelle?  Je pourrais donc lui parler sans qu’elle pense que c’est pour la draguer.  Ça me laisserait le temps de me montrer intéressant, d’abord via mon look démontrant que j’avais de la classe, et ensuite en lui démontrant mon intelligence par mes paroles.  Il ne me resterait plus qu’à espérer qu’elle m’invite ensuite à les accompagner.

Ce qui a changé: D’abord, tel qu’expliqué au point précédent, j’ai commencé à plaire vers 1995.  Donc, je savais que je pouvais aisément me mettre en couple si je voulais.  Donc, être rejeté n’était plus pour moi un signe que je passerais ma vie célibataire.  Donc, j’ai cessé d’avoir peur du rejet.  Donc, j’ai commencé à choisir celles qui me convenaient le mieux. Et donc, je me suis permis de leur exprimer mon intérêt pour elles.  Ma relation à long terme actuelle, ainsi que la précédente qui a duré 12½ ans, c’est moi qui les ai draguées.  Le simple fait que ce furent mes plus sérieuses relations démontre qu’en effet, choisir activement vaut bien mieux que se laisser choisir passivement.

RAISON 5: J’étais une victime volontaire.
J’ai préféré écourter ma journée et ainsi la laisser se gâcher, plutôt que de dire à ce petit garçon d’arrêter de me suivre. 

Ce qui a changé: J’ai cessé d’être un lâche. Car en effet:

RAISON 6:  J’étais un lâche.
Sérieux, là! Je venais d’avoir 18 ans, et j’ai fui devant un enfant de 10 ou 11 ans, comme une jeune fille qui fuit devant un potentiel agresseur sexuel.

Ce qui a changé:  Ça a pris du temps, mais j’ai fini par apprendre à m’affirmer. Depuis l’âge de 30 ans, je n’ai aucun scrupule à exprimer mon désaccord si une situation me dérange.  Bon, j’avoue que j’ai eu une période dans laquelle j’ai perdu le contrôle de mon franc-parler, et que certaines personnes que j’ai humiliées de cette façon sont devenues de rancuniers ennemis.  Ça m’a pris un autre 10 ans afin d’apprendre à faire la différence entre un désaccord contre lequel il est important de protester, et un que l’on peut très bien laisser passer.

N’empêche que si aujourd’hui je verrais par sa préparation à quel point un verre de limonade est cheap, je n’hésiterais pas à annuler ma commande et épargner $10.75. (Le salaire minimum au moment où j’écrit cet article.) Et si un inconnu venait me demander si je suis seul dans un file d’attente, je lui pointerais la fin de la file en répondant calmement mais fermement: « Tu ne m’utiliseras pas pour passer avant tout l’monde. »

Beaucoup d’hommes prennent de l’âge en regrettant leurs 18 ans.  Je ne serai jamais de ceux-là.  Car comme je le fais depuis plus de vingt-cinq ans, je continue à travailler sur moi-même, aussi bien de corps et d’esprit, pour toujours évoluer positivement en améliorant ce que je suis.

Parce que notre passé ne devrait jamais être meilleur que notre présent, et encore moins notre avenir.