100 leçons de vie que j’aurais aimé apprendre plus tôt

Des résolutions pour la nouvelle année?  Non; des leçons pour toute une vie.

AU SUJET DES ÉTUDES

  • 1) N’étudie pas en Arts ou en Philosophie à moins que ton but soit de devenir prof d’Arts ou de Philosophie.
  • 2) N’étudie pas en graphisme à moins de vouloir passer ta vie à te plaindre que tu ne trouves jamais de travail dans ta branche.
  • 3) Aucun étudiant n’a besoin d’une carte de crédit. Tu vis déjà sur de l’argent emprunté que tu auras à rembourser avec intérêts. Inutile d’en rajouter.
  • 4) Le but d’un travail d’équipe n’est pas le travail mais bien l’équipe. C’est pour ça que l’on vous oblige souvent à travailler en groupe: C’est important puisque c’est quelque chose que vous aurez à faire plus tard sur le marché du travail.
  • 5) Le conseil étudiant, le journal étudiant et tous les autres comités n’existent que dans un seul but: te distraire de tes études afin d’augmenter tes possibilités d’échec, ce qui t’oblige à prolonger tes études, et ainsi apporter plus d’argent aux établissements scolaires et augmenter ta dette (et les intérêts) aux banques et au gouvernement. La preuve, c’est que faire partie de ces comités ne t’apportera rien sur le marché du travail.
  • 6) Il n’y a que deux règles à suivre pour réussir ses études:  Se rappeler du contenu des livres, et être d’accord avec le prof.
  • 7) Tu auras tout le temps de faire valoir tes droits et tes idées lorsque tes études seront terminées.  Mais en attendant, tes opinions risquent juste de te nuire, alors ta gueule!


AU SUJET (du début ) DE LA VIE ADULTE

  • 8) Avant d’avoir ce que tu veux, tu auras à faire ce que tu ne veux pas. C’est la réalité pour tout le monde. Tu n’es pas une exception.
  • 9) Trouves-toi un travail à temps plein.  On s’en fout que ce soit au salaire minimum, ce n’est pas comme si tu avais à payer quoi que ce soit si tu habites chez tes parents.
  • 10) Personne n’est trop bien pour une McJob.  Tes futurs employeurs n’en auront rien à cirer de là où tu as travaillé. Ce qui les intéressera, c’est le fait que tu as travaillé.
  • 11) Profite du fait que tu vis encore gratuitement chez tes parents pour acheter les meubles et tout ce dont tu auras besoin en appartement.  Parce que si tu pars en appartement avant de te meubler, ce n’est pas en payant loyer, bouffe, électricité et téléphone que tu y arriveras.
  • 12) Rembourse ton prêt étudiant.
  • 13) Obtiens ton permis de conduire.
  • 14) Apprend à cuisiner.
  • 15) Ce que l’on te fait miroiter est en réalité moins bien que décrit et te coûtera plus qu’annoncé. C’est vrai pour les objets, ça l’est tout autant pour les produits, les services et surtout les gens.
  • 16) À tort ou à raison, tu auras toujours l’impression que les autres l’ont plus facile que toi, et ce sans le mériter. Si la vie était Les Simpsons, tu serais Frank Grimes.


AU SUJET DU TRAVAIL ET DU SUCCÈS

  • 17) Personne ne te doit rien.
  • 18) Un travail est ou bien ardu, ou bien stressant, ou bien ennuyant. Plus vite tu te feras à l’idée et mieux tu te porteras.
  • 19) Les gens ne veulent pas d’un perfectionniste.  Ils veulent juste que le travail soit fait.
  • 20) Peu importe le nombre de diplômes que tu auras obtenu, tu vas commencer au bas de l’échelle.
  • 21) Avoir raison est beaucoup moins une garantie de succès que être d’accord.
  • 22) Si on ne t’a rien demandé, ferme-la!
  • 23) Personne n’aime les vantards, les plaintifs, les dramaturges, les paniers percés et les je-sais-tout. C’est aussi vrai au travail que partout ailleurs.
  • 24) Si tu fais le travail parfaitement, c’est l’équipe qui sera félicitée. Si tu fais foirer le travail, c’est toi seul qui sera blâmé. C’est inévitable.
  • 25) La réussite se compose de ces 7 ingrédients : De la volonté, du travail, du talent, être au bon endroit, être au bon moment, avoir la chance de rencontrer les personnes clés, et ne pas les faire chier.
  • 26) Les gens haut-placés n’ont que faire de ton succès. C’est le leur qui les intéresse. Ce n’est qu’en démontrant que tu peux augmenter le leur qu’ils vont daigner s’occuper du tiens.
  • 27) « Réussir par soi-même sans l’aide de personne » est un mythe qui te fera obstacle et sabotera tes chances de succès si tu persistes à t’y tenir. Ou bien tu saisis les opportunités, ou bien tu restes en bas.
  • 28) L’idéalisme et l’intégrité ne paient pas le loyer.
  • 29) Si c’est légal, fais-le!
  • 30) Le loser est celui qui se trouve des excuses pour son travail. Le saboteur est celui qui ne fait que chercher les problèmes dans le travail des autres. Le winner est celui qui cherche, trouve et applique des solutions pour tous les travaux.
  • 31) Ais de bonnes relations avec tes collègues, mais n’oublie jamais que tu ne dois ta loyauté qu’à ceux qui te paient.
  • 32) Chercher à réussir sans autre motivation que faire chier les autres, ça n’a jamais réussi à personne à long terme.
  • 33) Tu n’est pas irremplaçable!


AU SUJET DE L’ARGENT

  • 34) Quand tu vis chez tes parents, “de l’argent”, c’est tout l’argent que tu reçois. Quand tu vis à ton propre compte, “de l’argent”, c’est le peu qui te reste une fois que tu as payé le nécessaire.
  • 35) Tout le monde veut te faire dépenser ton argent.
  • 36) Quand tu reçois un chèque de paie, tu payes des retenues.  Quand tu le déposes, tu payes des frais de tenue de compte. Quand tu achètes, tu payes des taxes. Quand tu règles avec Interac, tu paies des frais d’administrations.  Ton véritable salaire, c’est ce qui reste une fois que tout le monde a pris sa part.  Alors ne calcule pas ton budget sur ton revenu brut.
  • 37) Et ce n’est pas tout: Quand tu déclares tes revenus, tu payes de l’impôt. Alors met un p’tit 20$ de côté à chaque paie et tu ne seras jamais pris au dépourvu à la fin de l’année.
  • 38) Ouvre au moins deux comptes de banque/caisse: Un compte d’épargne, et un compte chèque avec opérations.
  • 39) La banque/caisse va te charger des frais de tenue de compte et d’opérations à chaque mois, que tu l’utilises ou pas. Alors déposes-y régulièrement sinon les frais vont finir par le vider et tu paiera l’amende lorsque ça tombera en dessous de $0.00.
  • 40) Oui, quand quelqu’un n’a pas l’argent pour faire ses paiements, on le punit en lui chargeant encore plus d’argent.  C’est illogique mais c’est ça quand même. Vis avec, ou arrange-toi pour que ça ne t’arrive pas.
  • 41) Payer cash est une valeur dépassée car elle ne laisse aucune trace, et ainsi ne rapporte rien de bon sur ton dossier de crédit.


AU SUJET DES CARTES DE CRÉDIT

  • 42) Tout le monde a besoin d’une carte de crédit.
  • 43) Personne n’en a besoin de plus qu’une.
  • 44) Va à ta banque/caisse et demande à voir un conseiller pour en obtenir une. Ils font affaire avec Visa et Mastercard, alors ça va te faciliter la tâche, autant pour l’obtention que pour les paiements.
  • 45) Ne l’utilise que si tu as un revenu régulier.
  • 46) Ne met jamais sur ta carte plus que ce que tu pourrais te permettre si tu n’en avais pas.
  • 47) Utilise-la pour tous tes achats habituels au lieu de ta carte débit, tu t’épargneras les frais Interac.
  • 48) Visite régulièrement ton dossier de carte de crédit en ligne afin de ne jamais perdre de vue tes transactions.
  • 49) Rembourse-la à toutes les semaines.
  • 50) Assures-toi de la remettre à $0.00 au moins trois jours ouvrables avant la date d’échéance.  Ainsi, tu payeras $0.00 d’intérêts.
  • 51) Tu recevras souvent des offres d’augmenter ta limite de crédit. Accepte-les toutes, mais ne les utilise jamais.
  • 52) Agir ainsi t’épargnera des frais, te rapportera un bon dossier de crédit, et une haute marge de crédit.
  • 53) Un jour ou l’autre, tu seras obligé de payer quelque chose qui coûte plus d’argent que tu n’en as. (Ordinateur, électroménager, etc) C’est là que tu vas apprécier ce bon dossier et cette haute marge.


AU SUJET DES RESTAURANTS

  • 54) Le resto devrait être une occasion spéciale et non une habitude.
  • 55) On va te servir ta boisson gazeuse au moins un quart d’heure avant ton repas pour t’inciter à la boire immédiatement, donc à en commander une autre pendant le repas. Demande un verre d’eau pour l’instant, et précise que tu veux ta boisson avec le repas.
  • 56) Ou mieux encore: Reste à l’eau. Pourquoi payer l’équivalent de quatre bouteilles de deux litres pour une boisson gazeuse coupée à 60% d’eau et de glaçons?
  • 57) L’entrée, le dessert et l’alcool vont doubler, voire tripler ta facture.
  • 58) Les taxes et le pourboire obligatoire vont y ajouter un autre 30%. Alors ne soit pas surpris si ton burger affiché à $9.99, pris en repas complet, finit par te coûter $40.00.
  • 59) Obligé de manger ailleurs car loin de chez toi? Oublie les restos. Achète au marché d’alimentation et mange dehors. Tu sauveras beaucoup d’argent et de temps.


AU SUJET DES GENS ET DE LA VIE SOCIALE

  • 60) Trois personnes voudront faire partie de ta vie: Celle qui va avancer à tes côtés, celle qui va rester immobile en te regardant avancer, et celle qui va s’immobiliser devant toi pour t’empêcher d’avancer.  Accueille la première, abandonne la seconde, et fuit la troisième.
  • 61) Donne ton respect et ta loyauté à tous dès le départ.  Retire-les ensuite à ceux qui s’en montreront indigne.
  • 62) Au début, les gens se montrent sous leur meilleur jour.  Ce n’est qu’avec le temps que la véritable personnalité de tout un chacun ressort.
  • 63) Tout le monde est plus ou moins endommagé ou traumatisé par son passé, et t’en feront subir les séquelles.
  • 64) Pour toutes les raisons précédentes, attend de bien connaitre une personne avant de voir si c’est une bonne chose de la mêler à ton univers déjà établi et harmonieux.  
  • 65) Une vie sociale harmonieuse ne peut s’accomplir qu’entre gens qui se considèrent égaux.  
  • 66) N’accepte ni le rôle de leader qui doit porter sur lui le groupe, ni celui de mascotte juste bon pour servir de sujet de moqueries. 
  • 67) Les gens pénibles dans ta vie sont comme les Band-Aids.  Tu peux les enlever rapidement, ça fait mal sur le coup, mais c’est vite terminé.  Ou tu peux perdre ton temps en allongeant inutilement une situation pénible qui ne cessera pas d’être douloureuse qui ne s’améliorera jamais. 
  • 68) On ne peut pas repousser tous les gens qui ne font pas notre affaire.  Il y en aura toujours de qu’il vaudra mieux garder dans son entourage tout en gardant une certaine distance.
  • 69) Sans pour autant être parano, il y a des gens de qui il vaut mieux se méfier En voici une liste. (Le lien ouvre une 2e fenêtre).


AU SUJET DU COUPLE

  • 70) Le couple n’est pas une solution. Si le célibat est pour toi un problème, c’est que le problème est en toi. Trouve-le et règle-le!
  • 71) Tes premières relations ne dureront pas. Elles ne sont que des brouillons pour tes futures relations sérieuses.
  • 72) Pour se mettre en couple, il faut beaucoup plus de points communs que juste « nous sommes tous les deux célibataires ».
  • 73) Les relations de couple sont comme une carrière: Si tu refuses de prendre de l’expérience avant de trouver ton idéal, alors tu n’auras pas ce qu’il faut pour l’obtenir, en encore moins pour le garder.
  • 74) Arrête d’espérer trouver un jour le prince charmant / la fille parfaite.  Même si il/elle existait, tu n’as probablement pas ce qu’il faut pour lui plaire.
  • 75) La technique d’approche « Je vais te chérir, te combler, répondre à tous tes besoins et faire tes quatre volontés » est pathétique, et ce pour trois raisons. La première, c’est que loin de te donner une image de chevalier romantique servant une princesse, ça démontre que tu es un loser désespéré.  La seconde: les gens  normaux recherchent une relation normale avec une personne qui sera leur égal, et n’ont donc rien à faire d’un esclave avec qui ils ne pourront pas échanger. Et la troisième, c’est que les seules personnes qui peuvent s’intéresser à avoir un esclave, ce sont les manipulateurs contrôleurs profiteurs qui feront de ta vie un enfer et te rejetteront après t’avoir tout enlevé: Argent, biens, santé et réputation.
  • 76) Ne t’attache pas à une personne qui a plus de dettes que de moyens de les payer.
  • 77) La façon dont les films et les séries télé décrivent les couple n’est pas plus conforme à la réalité que ne l’est la porno au sujet de la sexualité.
  • 78) Celui qui cherche à séduire avec son argent et ses biens finit toujours avec une personne qui ne s’intéresse qu’à son argent et ses biens.
  • 79) Parce que chaque personne est différente, très peu de ce que tu as appris au sujet du sexe opposé dans ton couple précédent ne s’appliquera dans ton prochain couple.
  • 80) Le match parfait n’existe pas. Même chez les couples les mieux assortis, il a fallu que l’un et l’autre fassent quelques ajustements et compromis afin que la compatibilité puisse exister.
  • 81) Si tu es la seule personne des deux qui fait les ajustements, des compromis et des sacrifices, vous êtes incompatibles.
  • 82) Les couples qui vivent le plus longtemps sont composés de gens qui n’ont pas besoin d’être en couple pour vivre.
  • 83) Les condoms existent.  Utilise-les!
  • 84) Tu n’est pas irremplaçable!


AU SUJET DE LA PARENTÉ

  • 85) Avoir un enfant n’est la solution à aucun problème. Ça ne l’a jamais été. Ça ne le sera jamais.
  • 86) Élever un enfant seule, c’est ton choix.  Être élevé par un seul parent, ce n’est pas le choix de ton enfant, c’est quelque chose que tu lui imposes.  Il se peut que ton choix de vie lui convienne, mais ce n’est pas garanti.
  • 87) Dès que tu as un enfant, oublie-toi, tu n’existes plus.
  • 88) Oublie aussi ton argent, tes loisirs et tes projets personnels.
  • 89) Oui, ton enfant est spécial et remarquable, tout comme le sont aux yeux de leurs parents chacun des centaines de milliers d’enfants qui naissent chaque jour à travers le monde.
  • 90) En tant que parent, tout ce que tu feras ou ne feras pas sera potentiellement mal vu aux yeux des autres. Fais-toi à l’idée.
  • 91) Quoi que tu lui achète, il va le salir, le casser, le ruiner, ne pas l’utiliser correctement, ou au contraire s’en foutre totalement. C’est comme ça!
  • 92) Noël/anniversaires: Que tu lui donnes trois ou vingt jouets d’un coup, il n’y en aura que deux dans le lot qu’il va préférer et régulièrement jouer avec. Limite-toi à ça, tu sauveras de la place dans sa chambre et de l’argent pour toi.
  • 93) Aucun enfant ne nait avec la notion du respect. Inculque-lui ou vous en subirez les conséquences, lui, toi et votre entourage.
  • 94) La discipline n’est pas un abus de pouvoir. C’est une nécessité.
  • 95) L’abus de pouvoir, ce n’est pas de la discipline.  C’est de l’abus.
  • 96) Les enfants sont malléables jusqu’à un certain point. Ensuite, c’est leur personnalité qui entre en ligne de compte.
  • 97) Certains de leurs gestes seront de votre faute, d’autres pas.
  • 98) Lorsqu’il n’est pas à un endroit spécifiquement conçu pour les enfants, il s’emmerde. Amène-lui toujours jeux, livres, cahiers, crayons, au resto, en visite, lors de longs trajets, etc.
  • 99) Deux enfants, c’est suffisant.


AU SUJET DE LA VIE EN GÉNÉRAL

  • 100) Il existe des exceptions à tout ce que vous venez de lire. Mais si vous basez vos choix de vie là-dessus pour toujours faire le contraire de ce que dicte le bon sens, attendez-vous à accumuler beaucoup plus d’échecs que de réussites.  Ce n’est pas pour rien que ça s’appelle des exceptions.

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Y’a liens là:

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Le texte Je me méfie de ceux qui me disent… aide à reconnaître les gens toxiques dès le début.

Il ne suffit pas que d’être gentil.

Eh oui, encore un billet au sujet des Nice Guys / Soi-Disant Bon Gars.  En fait, ceci est la suite de mon avant-dernier billet Heureux d’être friendzoné.  Je l’écris parce que j’ai reçu deux messages privés sur la page Facebook de fans de Mes Prétentions de Sagesse.  Leurs auteurs semblaient croire que le message que je passe dans ce billet est qu’il suffit d’être gentil lorsqu’on se fait friendzoner pour que la fille change d’idée et nous dé-friendzone.  Eh bien non, les gars, c’est un peu plus compliqué que ça.  Voici tous les éléments qui ont joué en ma faveur pour faire de cette amie ma conjointe et fiancée :

1) Aucun des deux n’a essayé de plaire à l’autre.
Combien de fois ais-je vu ça, une personne qui cherche à s’adapter aux goûts et aux idées de l’autre, dans l’espoir de lui plaire en lui faisant accroire qu’ils sont semblables?  Très mauvaise idée, et ce pour quatre raisons:

  1. Si tu as à changer pour lui plaire, ça signifie que tu ne lui plais pas.  Déjà-là, ça démontre que vous n’avez même pas la base requise pour une relation amoureuse.  
  2. Ensuite, ça démontre à quel point tu es désespéré, puisque tu choisis n’importe qui, au lieu d’une personne qui t’es compatible.
  3. Tu n’as aucun amour-propre, puisque tu es prêt à nier complètement tes opinions, tes goûts, tes besoins et tout ce que tu es, afin te créer une identité complètement bidon.
  4. Agir ainsi pour la tromper sur ton compte démontre que tu es menteur, hypocrite, manipulateur…  C’est ça que tu appelles être un bon gars? 

Agir ainsi n’était pas dans notre nature, ni à elle ni à moi.  Et même si ça l’avait été, nous n’aurions pas eu besoin de tels stratagèmes parce que… 

2) Nous avons beaucoup en commun.
Nous dessinons, nous écrivons, nous aimons les bandes dessinées, les dessins animés, les objets et affiches vintage rétro, les films de Bardot, les chansons de Gainsbourg et l’Histoire en général.  Nous avons l’esprit ouvert et les mêmes convictions sur l’égalité, le féminisme, la communication, les relations interpersonnelles en société et dans le couple.  Et nous étions déjà comme ça avant de se rencontrer.  

Toute ma vie, on a essayé de me bourrer le crane avec le fallacieux concept comme quoi on n’avait pas besoin d’être semblables pour être en couple car en amour, nos différences n’ont aucune importance.  Je veux bien le croire, mais il faut quand même avoir un bon lot de trucs en commun pour ne pas que nos différences se mettent entre nous.  Parce que sinon, on ne peut pas avoir le point suivant qui est:

3) Nous sommes devenus tout naturellement amis.
C’est normal, car quand on a beaucoup en commun, alors on a beaucoup de sujet pour parler, échanger, discuter.  Et quand il y a beaucoup de communication et que celle-ci est intéressante autant pour l’un que pour l’autre, on cherche à revoir l’autre, partager des activités, faire des projets.  

Faites le test: Imaginez si la fille qui vous intéresse était un gars.  À supposer que vous n’êtes pas bisexuel, aimeriez-vous encore passer du temps en sa compagnie?  Seriez-vous amis?  Auriez-vous seulement des sujets de conversations qui vous intéressent sincèrement tous les deux?  Si la réponse est non, ça veut dire que vous n’avez aucune affinité, donc aucune amitié possible, donc aucune base pour l’amour.  Tout ce que vous voulez de cette fille, c’est une relation de couple juste pour ne pas être seul, et/ou pour avoir du sexe régulier.  Voilà pourquoi tant de garçons cessent automatiquement d’être amis dès qu’ils comprennent que ça n’ira pas plus loin.

4) Je fais quelque chose de ma vie / j’ai de l’ambition.
Il n’y a qu’à voir comment j’ai évolué au cours des six dernières années.

  • 2010: Ma carrière artistique stagne.  Comme tant d’autres dans ce milieu, je pourrais me contenter de chialer contre les injustices de la vie et du métier.  Mais je suis un homme d’action. Donc…
  • 2011: Je change de métier et je repars à zéro.  Je me trouve du travail d’homme à tout faire dans un garage de bus.  J’y apprends le ménage, une base de mécanique, la conduite de lourds véhicules.  J’accepte tous les remplacements et toutes les heures supplémentaires.  Ça démontre à mes patrons mon sérieux et ma vaillance, ils apprécient que je leur sauve la mise, et ça améliore mon budget.
  • 2012: L’expérience et la bonne réputation requise au garage me permet de devenir concierge résident dans un vieil édifice à logements.  J’y apprends la menuiserie, la plomberie, l’électricité.
  • 2014: L’expérience et la bonne réputation requise en tant que concierge me permet de devenir superviseur résident d’une tour à condos toute neuve.
  • 2015: … que je quitte pour mettre sur pied l’étape suivante de mon projet de carrière (que je ne pourrai révéler publiquement que le lendemain de mon 50e anniversaire en 2018)

Bref, je démontre que je suis fonceur, capable d’apprendre, que je sais m’adapter, que j’ai su grimper les échelons au lieu de me contenter de mon niveau, et surtout que je suis travaillant.  Les filles trouvent ça respectable et sécurisant chez un amoureux potentiel.  Leurs parents aussi.

5) Je lui ai fait savoir qu’elle m’intéressait.
Come on, les gars!  Quand on veut être en couple avec une fille, le lui faire savoir, C’EST! LA! BASE!  Je ne peux pas croire le nombre de gars qui optent pour avoir une attitude platonique et asexuée envers la fille qu’ils désirent, et qui ne font qu’attendre en espérant stupidement qu’elle tombe spontanément en amour avec eux.  Je dénonçais déjà cette attitude de loser il y a quatre ans et demi dans le billet dans lequel je massacre le fameux texte « Hommage aux Bons Gars » :

Comment est-ce que tu peux penser que ton attitude va séduire la fille? Tout le long de votre relation, tu restes à l’écart, tu ne lui démontres jamais d’intérêt à part la simple amitié, et tu l’encourages à sortir avec d’autres gars et/ou à continuer d’être en couple même si ça va mal avec son chum. Dans de telles conditions, comment est-ce que la fille pourrait imaginer que tu puisses t’intéresser à elle?

Pis toi, pendant ce temps-là, tu t’attends à ce qu’elle tombe en amour avec toi alors que tu lui donnes zéro raisons pour que ça puisse arriver.  Tu penses que c’est elle qui devrait, de son propre chef, faire l’effort de s’intéresser à toi,  d’aller vers toi, de te découvrir… Il faudrait que ce soit elle qui prenne toutes les décisions en ce qui vous concerne. Tu exiges que ce soit elle qui t’appelle, qui te sorte, qui te drague, qui te baise et qui te demande d’être son chum, tout ça parce que tu es trop passif pour lui offrir le moindre signe d’intérêt alors que c’est pourtant toi qui est en amour avec elle.

Non mais sérieusement, tu te prends pour qui? Aucune fille n’agirait comme ça, à part peut-être envers le gars le plus beau, le plus athlétique et le plus winner qui soit.  Et toi qui n’est rien de tout ça, tu espères un tel traitement de sa part? Tu dérailles!

6) J’ai compris et respecté son refus.
J’ai essayé.  J’ai failli.  Soit!  On n’en meurt pas.  Au moins, j’étais fixé.  Et l’important, c’est que nous sommes toujours restés amis après ça.  Car comme je l’ai écrit dans Heureux d’être friendzoné, nous avions tellement de choses en commun, je passais tellement de bons moments en sa compagnie, jamais je n’aurais voulu cesser de la fréquenter.  Voilà pourquoi j’étais sincèrement heureux d’être encore son ami.  

7) La relation n’est pas devenue pénible.
Il arrive trop souvent que le gars qui essuie un refus réagit en prenant ses distances, en étant moins amical, en étant moins joyeux.  Pas moi!  Suite à son refus, notre relation amicale n’a nullement perdue de notre belle complicité pré-déclaration.  Rien n’avait changé.  Et ça, si ça n’avait pas été le cas, jamais elle n’aurait développé des sentiments amoureux pour moi par la suite.

ATTENTION: N’allez pas croire que les sept points précédents garantissent qu’une fille qui vous friendzone va automatiquement vous dé-friendzoner.
Parce que, croyez-le ou non, il arrive des fois que la fille ne soit nullement attirée amoureusement et/ou sexuellement par un gars, même s’ils sont tous les deux célibataires et hétéros.  Et rien au monde ne pourra la faire changer d’idée, puisque ce n’est pas une question de choix volontaire mais bien d’attirance naturelle. 

Exemple concret: Je parle souvent ici de mon amie, ma BFF, Stéphanie.  Ça fait treize ans cette année que nous nous fréquentons.  Avec elle aussi, nous avons les trois premiers points, qui sont:  

  1. Aucun des deux n’a essayé de plaire à l’autre.
  2. Nous avons beaucoup de choses en commun.
  3. nous sommes tout naturellement devenus amis.

Mais voilà, à part ça, nous n’avons jamais été attirés l’un envers l’autre. Ironiquement, depuis le tout début, tout ceux qui nous voient ensemble pour la première fois s’imaginent que nous formons un couple.  Pourtant, rien dans notre attitude le démontre.  On ne se touche pas, on ne se dit pas des mots doux, on n’échange même pas des regards complices.  Nous sommes pareils que deux amis du même sexe et hétéros.  En tout cas, si nos points commun et notre amitié font automatiquement croire aux autres que nous sommes amoureux, ça prouve bien qu’une relation amoureuse doit avoir à la base les points communs et l’amitié.  Voilà pourquoi ça fait dix ans qu’on leur répond que nous sommes frère et soeur.  Parce que oui, étrangement, les gens ont plus de facilité à croire à ça, plutôt qu’en une amitié platonique entre homme et femme hétéros.

Ma fiancée, par contre, avait en elle le potentiel d’être attirée par moi.  Je le répète: Ça aurait pu ne jamais arriver.  Mais ça l’a fait.   Et au moment où elle s’est déclarée…

8) Je n’ai pas joué à Suis-moi je te fuis, fuis-moi je te suis.
Sérieux, là, pourquoi aurais-je fait ça?  Par vengeance? Pour lui donner une leçon?  Pour la faire passer pour une folle qui ne sait pas ce qu’elle veut?  Parce que mon orgueil est plus grand que mes sentiments pour elle?  Non!  Quand on aime sincèrement quelqu’un, jouer à ça ne nous vient même pas en tête car on n’a aucun orgueil mal placé, aucun désir de se vengeance, aucune envie de lui faire la leçon, aucun besoin de la rabaisser.  Et surtout pas au moment où elle éprouve enfin pour nous l’amour que l’on espérait avoir de sa part.

Donc, non, il ne suffit pas que d’être gentil.  Ça aide, mais il n’y a pas que ça.  

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Y’A LIENS LÀ:

Le billet Heureux d’être friendzoné.
Le billet Le fameux « Hommage aux Bons Gars » … Et ce que j’en dis.
Autres billets au sujet des Nice Guys / Soi-Disant Bon Gars.

Avez-vous des questions?  Des commentaires?  Venez en discuter ici, ou bien sur Mes Prétentions de Sagesse sur Facebook.

 

 

Heureux d’être friendzoné.

Mai 2013.  Je suis à un party entre amis.  Je suis célibataire.  J’ai bien une amante, mais elle a refusé de m’accompagner.  Elle a une espèce d’allergie aux situations dans lesquelles on pourrait nous prendre pour un couple officiel.  Bizarre, mais bon, si c’est ce qu’elle préfère, je respecte ça.  

Arrive une demoiselle que l’on me présente.   Il s’agit d’une gamine de 24 ans.  Un peu timide, elle me dit:

« Allo! Euh… Je lis ton blog! »

Elle est un jour tombée sur Mes Prétentions de Sagesse en suivant un lien sur le Facebook d’un ami commun.  Elle aime beaucoup mes billets qui lui font dire « Enfin un gars qui dit les vraies choses! » Au début, on ne fait que s’échanger quelques mots.  Pas trop, car elle a aussi à socialiser avec tous ceux qu’elle connait dans la place.  

Tout le long de la soirée, on se jase sporadiquement, s’échangeant quelques mots pour ensuite jaser avec d’autres.  Je la trouve bien gentille et agréable.  Lors de nos plus longues conversations, j’apprends qu’elle est illustratrice, chroniqueuse pour un blog de mode, et parfois mannequin.  Elle me dit qu’elle aimerait bien faire de la BD, il lui faudrait juste un scénariste.  Je ne saute pas tout de suite sur l’opportunité de proposer mes services.  Ce n’est pas la première fois que je m’associe avec des amateurs, pour me rendre compte ensuite qu’ils n’étaient pas sérieux.  Alors avant de perdre mon temps, je préfère apprendre à connaitre la personne.  En attendant, plus je vois que nous avons des choses en commun et plus j’en suis charmé.

En me parlant de ses expériences de scène, elle me raconte une fois où elle a chanté comme Bardot les onomatopées de la chanson Comic Strip de Serge Gainsbourg tandis qu’un de ses amis chantait le reste. Et voilà qu’elle me parle de ses compositions favorites de Gainsbourg, dont quelques une que je ne connaissais pas.  Je suis surpris.  J’ai 44 ans, je suis fan de cet artiste depuis 1988, et jamais je n’ai trouvé quelqu’un de ma génération pour qui c’était le cas.  Je ne m’attendais certainement pas à en rencontrer une de vingt ans ma cadette.  

À la fin de la soirée, je songe à un truc que je ne fais jamais d’habitude, soit la demander en contact Facebook.  Elle me bat de vitesse en me le demandant en premier. 

Dans le métro, sur le chemin du retour, seul en compagnie de ma BFF Stéphanie, je dis à cette dernière:

« Tu sais quoi?  C’est une fille comme ÇA, que je veux dans ma vie.  Artiste, fonceuse, positive, qui prend soin d’elle, sans complexes…  À l’âge que je suis rendu, je n’ai plus envie de faire des compromis.  Dès que j’arrive à la maison, j’écris à mon amante pour lui dire que c’est fini. »
« Sérieux? »
« Totalement! Je suis tanné de me contenter de relations dont la qualité ne vont que de médiocres à passables.   Au stade où j’en suis dans ma vie, je trouve l’idée du célibat éternel plus attrayante que de continuer de sortir avec des filles avec qui je n’ai rien en commun. »
« Wow! T’es déterminé! »
« Absolument. Je retrouve en elle tout ce que j’ai toujours cherché chez une fille.  Ce sera ou bien elle, ou alors une fille dans son genre s’il en existe d’autres, ou bien personne. »

Si Stéphanie a approuvé, elle n’en était pas moins surprise du côté radical de ma décision.  Et moi donc, pensez-vous.  Jamais, depuis mon adolescence, je n’avais ressenti un tel coup de foudre.  Quoique, coup de foudre était-il le bon terme?  Voilà au moins vingt ans que je suis guéri de ma dépendance affective.  Je ne suis donc plus du genre à tomber amoureux en un claquement de doigts, surtout d’une gamine que je ne connaissais même pas il y a cinq heures.  Donc non, ce n’est pas pas être tombé amoureux.  C’est seulement être tombé sur mon idéal féminin, voilà tout.  En fait, c’est surtout apprendre que cet idéal existait.

Arrivé chez moi, un message m’attend sur Facebook.  C’est cette gamine que je viens de rencontrer.  Ça ne fait que renforcer ma décision de terminer ma relation avec mon amante, ce que je fais avec un message privé.  Je lui offre l’opportunité d’aller la voir une dernière fois afin de lui expliquer ma décision en personne, mais elle préfère me bloquer et couper tout contact.  Bizarre, mais bon, si c’est ce qu’elle préfère, je respecte ça.  

J’échange plusieurs messages par jour avec ma nouvelle amie.  Puis, dans un statut Facebook, elle demande si quelqu’un aurait des cadres à lui refiler pour ses sérigraphies.  Quelle coïncidence, voilà depuis 1995 que j’achête des magazines des années 40-50-60 pour en encadrer de vieilles pubs.  Je lui propose quelques cadres qui ne me servent pas.  Et voilà comment elle vient chez moi pour la première fois.  Ce ne sera pas la dernière.

Plus on passe de temps ensemble, plus on se trouve des choses en commun.  On parle, on échange, on rit, on a du plaisir.  On commence à planifier un webcomic.  Il n’y a jamais de temps mort dans nos conversations, jamais de moment ennuyants.  C’est toujours avec surprise qu’on se rend compte, le soir venu, à quel point le temps a passé vite.

Quinze jours après notre première rencontre, je décide qu’il faut que je passe à l’attaque.  Cette fille me plaît de plus en plus.  Or, comme je l’ai déjà expliqué dans je ne sais plus trop quel billet, j’ai constaté à maintes reprises par le passé qu’au début d’une relation amicale entre deux personnes hétéro de sexe opposé, il y a une période d’ambiguité qui dure trois semaines.  Vingt et un jours dans lesquels on ne sais pas trop si on est ou non attiré et/ou attirant.  C’est le bon moment de prendre une chance tandis que l’autre a encore l’esprit ouvert à ton sujet à cause du charme de la nouveauté.  Parce que sinon, une fois passé ce délais, le charme s’estompe, l’autre croit que tu n’est pas intéressé, elle a eu le temps de s’habituer à ce que votre relation ne soit que platonique, son intérêt se perd, et tu entres dans la friendzone.  

La suite?  Cette conversation FB que j’ai eue avec une amie de longue date explique la chose en détail:

Steve Requin
Elle est venue chez moi hier

Jenny Colorado
Alors?  Tu t’es essayé ou bien t’as pas osé comme une épave amorphe?

Steve Requin
Après avoir passé une très bonne soirée, je voyais bien le temps passer, minuit approchait, et elle qui continuait à jaser joyeusement.  Je me suis dit qu’elle essaye peut-être de me faire le coup du « Oops, j’ai manqué le dernier bus, faut kj’passe la nuite icite ».  Je me trompais. À un moment donné, elle demande l’heure, elle constate avec surprise qu’il est presque minuit.  Elle essaye de voir les horaires de bus sur son iPhone mais ici je n’ai pas internet sans fil

Elle dépose son iPhone a côté d’elle.  Je me dis alors que c’est maintenant ou jamais.  Je viens pour m’assoir à côté d’elle pour l’embrasser, mais je dois d’abord prendre son iPhone pour ne pas m’assoir dessus.

Je trouve ça un peu difficile de faire des avances. D’habitude, j’ai des amantes.  On sait qu’on s’est rencontrés dans un possible but sexuel.  Mais ici, c’est différent.  Démontrer mon attirance profonde à une fille avec qui je n’étais qu’ami jusque-là, c’est une toute autre chose.  Je ne peux m’empêcher de baisser un peu la tête sur son iPhone que je tiens, en disant « hm… chuis pas très bon avec ces affaires-là ».  Je parlais de mon idée de tenter de l’approcher pour l’embrasser.

Je me retourne vers elle, je m’en rapproche… Et elle a un mouvement de recul.  J’improvise aussitôt en regardant son iPhone que j’avais toujours en main: « Non, j’vois pas comment ca marche, je vais consulter les horaires de bus sur mon ordi. »

Ce que je fis.

Donc, si elle croit vraiment que j’essayais de voir l’horaire de bus sur son iPhone, elle pensera avoir peut-être mal compris mon geste de rapprochement

Quant à moi, j’ai compris le message comme quoi elle ne me désire pas.  Et en même temps mon honneur est sauf, puisque c’est comme si je n’avais pas essayé

Qui sait, peut-être a t’elle vraiment compris, mais fait semblant de rien pour ne pas mettre du malaise.

En tout cas, le timing était pourtant parfait, et tout dans son langage corporel me montrait que j’avais le feu vert. Donc, si elle m’avait trouvé attirant, ça aurait marché. Fa que, ben coudonc, j’aurai essayé.

Jenny Colorado
Aww. *calin*

Steve Requin
Merci.

Dommage!  Ça faisait longtemps que je n’avais pas ressenti une forte attirance pour quelqu’un. Mais bon, un petit haussement d’épaules, me dire « Oh well! », et apprécier la relation telle qu’elle est. Ça ne va pas me demander grand effort, on s’entend super bien.

 

Le lendemain, la conversation continue:

Jenny Colorado
J’ai vu que tu as fait un dessin montrant que tu es sorti en gang et qu’elle y était aussi.  Tu l’as vue hier soir? C’était cool?

Steve Requin
Oui, y’a eu zéro malaise, elle revient même mardi

Hier on a eu ben du fun, on a ri, et on dérangeait tout l’monde à se chanter des duos Gainbourg-Bardot.

Jenny Colorado 
Ahah good!

Steve Requin
Toujours est-il que rien n’est changé entre nous, on a toujours autant de fun et on aime toujours passer full de temps ensemble

Jenny Colorado
Bon ben en tout cas, si elle veut te revoir, C’EST QUE TU L’ÉCOEURES PAS!

Le soir venu, après qu’elle soit venue chez moi et repartie chez elle, je continue mon compte-rendu:

Steve Requin
Bon ben là, ELLE SAIT TOUT.  Je ne serai jamais son chum, mais c’est pas grave, parce que ça nous a full rapproché, pis chus épouvantablement heureux.

Fallait j’te l’dise .

Jenny Colorado
Ah oui?
T’es épouvantablement heureux de te faire friendzoner d’aussi proche par une fille qui t’intéresse?

Steve Requin
Hum…
Tu sais quoi?
OUI 😀

Steve Requin
Autant, quand j’étais jeune et pas beau et dans ma période « soi-disant bon gars », je frustrais que des filles disent « Je ne veux pas sortir avec toi, je ne veux pas prendre le risque de gâcher notre amitié » parce que je considérais que c’était une excuse bullshit, autant aujourd’hui j’ai VRAIMENT peur de gâcher l’amitié si j’exprime une attirance qui ne sera pas partagée. Parce que je m’entend super bien avec elle et qu’on a une tonne de trucs en commun. Voilà pourquoi je suis aussi content qu’elle l’ait pris aussi bien. Ça nous a amené à nous dire tout ce qu’on pensait l’un de l’autre, fa que voilà pkoi je dis que ça nous a rapproché, pis que chuis super content que l’on va continuer de se voir en ami et d’avoir du fun comme avant.

Steve Requin
Et anyway, même si je n’en fait pas mon but dans la vie (contrairement à beaucoup de Bon Gars), je garde espoir qu’elle craquera pour moi un jour. C’est parce que le Bon Gars va essayer de se conformer à la fille en tout points, tandis que nous, avant même de se rencontrer, on aimait Gainsbourg, on faisait du dessin, on expérimentait des recettes non-conformistes (Elle fait une délicieuse limonade aux concombres), on aimait les objets et trucs vintage, on collectionnait de la BD, on passait des heures dans les bibliothèques à lire n’importe quoi… Même si je ne deviens jamais son amoureux et son amant, comment puis-je me passer d’une fille comme ça?

Steve Requin
Être intime avec aurait été la cerise su’l’sundae. Tandis que là, j’ai quand même le sundae complet. Je n’ai pas à me plaindre. 

Jenny Colorado
Je peux comprendre ça!

Le temps passe, on continue de se fréquenter en ami seulement et tout va bien.  Malgré que je m’étais résigné à n’être qu’un ami pour elle, je ne peux pas honnêtement appeler ça de la résignation.   Être résigné, ça sonne comme s’obliger à accepter une sitation désagréable.  Mais notre relation n’a rien de désagréable, bien au contraire.  C’est sûr que je trouvais dommage qu’elle ne serait jamais mienne.  Malgré tout, être en sa compagnie ne me torturait nullement.  Nous devenions de plus en plus complice.

24 juin 2013, jour de la Saint-Jean Baptiste.  Je fais un petit party chez moi.  Je constate que Flavie me tient bien plus compagnie que les autres fois où nous étions en groupe.  Une semaine plus tard, elle revient chez moi et…

Steve Requin
… Et ça a l’air que ça fait une semaine, soit depuis le party de la St-Jean qu’elle est sûre de ses sentiments pour moi.  Elle a décidé de se déclarer.

Elle se doutait bien que je ne comprendrais jamais les signes si elle la jouait subtilement avec moi.  Parce qu’à partir du moment où on me friendzone, je me le tiens pour dit.

Jenny Colorado 
Ça c’est awesome. Elle a de l’estime pour toi.

Steve Requin
Fa que, elle a commencé par me dire « J’ai rencontré un gars avec qui je suis tombé en amour. On se voit souvent et je n’arrête pas de penser à lui »

Et moi, le cave, quand j’entends ça, je pense: « Eh bout d’barnak!  Elle vient d’en rencontrer un autre! Ça a bien l’air qu’elle et moi, ça n’arrivera jamais! »

Jenny Colorado 
AHAHAH GNIOCHON!!!!11!!!!

Steve Requin
Mais là, plus elle récite son histoire et plus j’ai des doutes…  Elle dit « Un gars que j’ai rencontré il y a un mois dans un party »…  « On se voit 2-3 fois par semaine » …  « On a plein de projets artistiques » …  Plus elle en rajoute, plus je vois que ça correspond avec moi.

Mais là, tout le monde sait que quand un gars est mis dans la friendzone, il n’en ressort plus jamais. Alors je n’arrive pas à y croire.

Finalement, incapable d’endurer le suspense, je lui demande « C’est de moi que tu parles? ».  Tu peux pas imaginer à quel point j’avais peur du ridicule si je me trompais.  Mais après 2-3 secondes de pause, elle a dit « Oui, Steve.  Je t’aime! »

Jenny Colorado 
Et elle t’aimait encore, même alors que tu lui paradais ta gnochonnerie. How fucking cute!

Steve Requin
Sa nervosité était due au fait qu’elle avait peur d’essuyer un revers, sous forme de moi qui frustre en lui disant : « Pfff, trop tard, le moment est passé! »

Jenny Colorado 
ou « Foutez-moi la paix, toi et ta jeune poitrine fraiche! »

Steve Requin
Moi, lui dire ça?  PAS FOU, NON!!!

Et c’est ainsi que nous sommes devenus un couple.  Et une des choses qui y a contribué, c’est que je n’ai pas réagi comme le font trop souvent les gars qui se font friendzoner:

  • Ils frustrent!  
  • Ils dépriment!  
  • Ils boudent!
  • Ils se victimisent!
  • Ils insistent!
  • Ils tentent de la culpabiliser.
  • Ils s’éloignent en disant que ça leur ferait trop mal, de ne voir que comme amie celle dont ils sont amoureux.
  • Ils disent « Être amis? Pourquoi faire? Des amis, j’en ai déjà! »
  • « C’est pas une amie que je cherche, c’est une amoureuse. »

Sérieux là, comment est-ce qu’on peut prétendre être amoureux d’une personne si on n’est même pas capable d’être son ami?  Ça n’a pas de sens!

Je ne dis pas que c’est le fait que j’étais heureux d’être friendzoné qui l’a rendue amoureuse de moi.  Par contre, si j’avais réagi en frustré, jamais elle n’aurait développé de sentiments amoureux envers moi.  C’est parce qu’en étant heureux d’être son ami, je lui ai montré que l’affection que je lui portais était sincère.  Et ça, même si la relation ne dépasse jamais le stade de l’amitié, c’est la base de toute bonne relation.

Et vous savez quoi?  Je suis encore plus heureux qu’elle n’ait pas cédé à mes avances tandis que j’étais encore dans la période charme de la nouveauté.  Parce qu’en profitant d’un moment dans lequel elle n’était pas certaine de ses sentiments envers moi, je n’aurais jamais su si elle m’aimait vraiment ou si je l’avais manipulée à le croire.  Tandis que là, en tombant en amour avec moi alors que j’étais ami seulement, nous sommes tous les deux certains que ses sentiments sont réels.

Raison de plus pour être heureux d’avoir été friendzoné.

Choisir celles qui n’ont pas le choix

J’ai déjà raconté dans un billet précédent comment Karine et moi avons vécu notre rupture dans l’harmonie et la collaboration après une relation de couple de douze ans et demi.  À l’époque, elle m’avait dit un truc que je ne savais pas trop comment prendre.  Je ne me souviens plus des mots exacts, mais en gros elle disait que si elle a accepté de sortir avec moi dans le temps, c’est parce qu’elle n’avait pas vraiment le choix.  Je ne l’ai pas interrompue pour lui demander de clarifier sa pensée, puisqu’elle était en train de m’expliquer autre chose.  Mais je trouvais ça étrange puisque je n’ai jamais été le genre de gars à essayer de conquérir par imposition et insistance.  

Puis, j’ai compris ce qu’elle voulait dire.  Selon ce qu’elle m’avait déjà raconté de sa vie d’avant moi, les gars de son entourage se divisaient en trois catégories:

  1. Ceux de la famille.
  2. Les bullies qui lui faisaient subir intimidation et violence.
  3. Les amis homosexuels et/ou déjà casés.

J’étais donc, à ses 20 ans, le premier garçon à s’intéresser à elle de manière romantique.  Et puisqu’elle n’avait encore jamais vécu ça, elle n’avait pas de point de repère pour savoir si elle-même était vraiment attirée par moi ou bien juste flattée de cette attention.  Dans de telles conditions, je comprends ce qu’elle voulait dire par « Pas le choix! » 

Comprendre ceci ne m’a pas insulté. En fait, j’ai trouvé la chose fascinante car ça m’a permis de constater quelque chose à mon propre sujet.  En repensant à la majorité de mes relations passées, j’ai vu que j’avais trop souvent eu tendance à m’en aller vers des filles qui n’avaient pas le choix, pour reprendre son expression.  Remarquez que c’est normal dans mon cas.  Avec le physique que j’avais à l’adolescence et au début de la vingtaine, il était évident que jamais je n’aurais fini avec la fille qui l’avait, le choix.   

Évidemment, ce n’était pas conscient.  Je ne regardais pas les fille en les analysant.  Je n’arrivais pas à la conclusion que celle-ci ou celle-là était plus désespérée qu’une autre, donc que c’était avec elles que j’avais mes meilleures chances.  Tout ceci n’était percu qu’au niveau du subconscient.  Voilà pourquoi, sans en comprendre les raisons, j’étais toujours porté à aller vers les handicapées, les laides, les désagréables, les haineuses, les mises-de-côté, les victimes, les sous-estimées, les connes…  Ou, comme dans le cas de Karine, celles que les gars percevaient bien plus comme une petite soeur que comme une romance potentielle.  Bref, celles qui n’avaient pas le choix.  C’était ou bien moi, ou bien le célibat.

Voilà pourquoi je trouvais particulièrement insultantes celles qui préféraient une vie de célibat qu’une relation avec moi.  

Les dangers de choisir n’importe qui.
Constater ceci m’a également permis de comprendre pourquoi la majorité de mes relations pré-Karine étaient catastrophiques: Ces filles avaient beau se résigner à sortir avec moi, je n’étais pas leur idéal pour autant.  Il y a fort à parier que plusieurs d’entre elles me regardaient avec ressentiment.  Normal; j’étais le symbole de leur échec à avoir une relation avec le genre de gars qui leurs plaisaient vraiment.  Rien de surprenant alors qu’elles me cherchaient souvent querelle pour des broutilles, qu’elles me faisaient la gueule sans raison, qu’elles ne semblaient jamais satisfaites ni heureuses, malgré le fait qu’elles n’avaient majoritairement rien de pertinent à me reprocher.  Et je ne cacherai pas que ça m’est arrivé moi-même d’agir ainsi en regardant le physique et/ou la personnalité de l’une ou l’autre de mes ex pendant que j’étais avec.  

Ma série de billets Geneviève la Coloc de l’Enfer donne un bon exemple de ce comportement.  Lorsque je l’ai rencontrée, elle se plaignait d’être abusée et peu attirante.  Un soir, alors que nous partageons le même lit en ami, elle m’offre sa virginité.  C’est que, n’ayant jamais eu de relation amicale avec un autre gars avant, elle confond ma gentillesse et mon amitié pour du désir.  En pensant que j’étais le seul homme sur terre à m’intéresser à elle, elle croyait qu’elle n’avait pas le choix.  Or, non seulement elle se rend vite compte de son erreur, je ne représente en rien son idéal masculin.  Aussi, dès le lendemain matin et pour le reste de notre relation, son comportement avec moi fait un 180 degré.  De gentille et amicale, elle devient insultante et méprisante, et ce en permanence.   D’une façon comme d’une autre, elle ne se sentait pas bien dans cette relation.  Cette situation la frustrait, alors elle s’en défoulait sur moi qui était, à ses yeux, le symbole vivant de son loserisme en amour.

Mais parfois, le hasard fait bien les choses.
Je crois que la raison pourquoi ça n’a jamais été l’enfer entre Karine et moi, c’est que nous étions tous deux artistes, dessinateurs, auteurs de bande dessinées.  C’était la première avec qui j’avais autant en commun.  Ceci nous a permis de vivre en harmonie pendant longtemps.  Hélas, ça ne changeait rien au fait que notre relation ne se basait pas sur une attirance naturelle et mutuelle.  Voilà pourquoi, lorsqu’elle a fini par rencontrer celui avec qui elle était compatible, elle a été la première surprise de voir qu’elle pouvait tomber en amour avec un gars alors qu’elle était en couple stable avec un autre.  Mais voilà, cette fois, elle avait le choix.  Elle a choisi.  

Certains bien-pensants vont dire que le genre de relation que nous avons eue ensemble n’aurait pas dû exister.  Personnellement, je suis en désaccord avec cette théorie.  Je sais, pour l’avoir autant observé que vécu, qu’en amour comme partout ailleurs, il est important de prendre de l’expérience.  C’est quelque chose que je disais déjà il y a cinq ans dans le texte Autopsie du Loser:

Le Loser n’est pas forcément un être désespéré. Parfois, il est capable d’attendre La Bonne. Tandis que ses amis vont d’une relation à l’autre et vivent toute une gamme d’émotions, ont du plaisir, des loisirs et de la baise, le Loser ne sort jamais avec personne. Il a une idée très précise sur son idéal féminin et il s’est  juré que tant et aussi longtemps qu’il ne l’aura pas rencontré, il se gardera pur pour elle. S’il finit par la trouver, et que par miracle elle accepte de sortir avec, (souvent après avoir été poursuivie des années par le Loser) leur relation sera de courte durée. Normal: Un gars qui n’a jamais eu de relation amoureuse ou sexuelle, ça n’a aucune expérience du comportement amoureux et sexuel. Ça fait que même si elle est son idéal féminin, en revanche il est loin d’être son idéal masculin. 

Presque deux ans après que Karine ait rencontré l’homme de sa vie, je rencontrais moi-même mon idéal féminin.  Et elle, qui avait déjà un amant lorsque l’on s’est rencontrés, elle l’avait, le choix.  Elle m’a choisi.

Je sais bien que dans un monde idéal, on se garderait pur pour la personne qui nous est destinée.  Or, nous ne vivons pas dans un monde idéal.  Et bien que ma relation avec Karine n’en était pas une d’amour pur et passionné, ni elle ni moi ne pouvons sincèrement dire que nos douze ans et demi ensembles étaient une perte de temps.  Bien au contraire, ces années passées ensemble nous ont apprises les bases de la vie à deux, ce qui nous permet aujourd’hui de vivre en harmonie, elle avec son fiancé, et moi avec la mienne.

Il y a des relations de couple que je regrette d’avoir eue dans le passé.  Celle-là n’en fait pas partie.  Nous n’avons peut-être jamais été en amour, mais ça ne nous a jamais empêchés de s’aimer.

Les 15 genres d’amitié entre hommes et femmes

(Dans le texte qui suit, l’utilisation des termes hommes et femmes sont à titre d’exemple et sont parfaitement interchangeables.)

Il y a des gens qui colportent l’idée comme quoi l’amitié entre hommes et femmes n’existe pas car tous les hommes qu’une fille va rencontrer dans sa vie vont la désirer sexuellement. Apparemment, pour ces gens, l’homosexualité n’existe pas.  Ceci dit, oui, l’amitié homme-femme existe et n’a aucun rapport avec l’orientation sexuelle de l’un ou de l’autre.  Je me suis penché sur le sujet depuis quelques années, et j’ai découvert que cette amitié pouvait se diviser en quinze genres :

GENRE 1: L’amitié pour se rapprocher
Le gars va désirer une fille de façon romantique. Il est timide et à peur de se faire virer s’il lui parle de ses sentiments. Il va donc l’approcher en lui démontrant qu’il ne veut d’elle que de l’amitié, rien de plus. Dans sa tête à lui, c’est une brillante stratégie car en étant ami avec elle, ça va lui permettre de mieux connaître ce qu’elle est, et surtout ce qu’elle aime. Il pourra ainsi mieux s’ajuster à ses goûts à elle.

GENRE 2: L’amitié en attendant
Souvent la suite de la précédente. Voici comment ça se passe :

  • Le gars devient ami avec la fille.
  • Le gars attend que la fille constate qu’ils vont tellement bien ensemble qu’elle tombera en amour avec lui.
  • La fille se trouve un autre amoureux.
  • Le gars attend que la relation finisse.
  • La relation finit.
  • Le gars n’ose pas s’essayer tout de suite, afin de laisser à la fille le temps de se remettre de sa relation précédente.
  • Le gars attend trop, ce qui fait que la fille se refait un autre amoureux.
  • Le gars attend que la relation finisse.
  • Répéter ad nauseam pendant 5, 10, 15, 20 ans.

Ce qui nous amène à

GENRE 3: L’amitié de la Friendzone
La friendzone est un terme que les hommes utilisent lorsqu’ils désirent une femme amoureusement et/ou sexuellement, qu’ils le lui ont fait savoir de façon plus ou moins directe, mais que celle-ci ne lui a pas répondu positivement.  Cet homme est justement l’un de ceux qui croient que l’amitié homme-femme est impossible.  Il croit donc que toutes les femmes sont à sa portée, pourvu qu’elle finisse par cesser de refuser de lui donner sa chance.  Il reste donc en retrait dans la zone amie en attendant que la fille change d’idée à son sujet, ne serait-ce qu’à l’usure.

Il ne s’agit donc pas d’amitié véritable de la part du gars.  La preuve, c’est que lorsqu’elle va lui dire « On peut toujours rester amis. »  s’il n’a pas la patience d’aller attendre dans la friendzone, il lui répondra avec amertume et frustration un truc dans le genre de: « Non merci! Des amis, j’en ai déjà! »

GENRE 4: L’amitié congélateur
Tel que décrit dans le billet Être Mis au Congélateur, c’est lorsque le gars constate que la fille est en amour avec lui. Il n’est pas vraiment contre l’idée de sortir avec elle, mais il aimerait quand même trouver mieux qu’elle. Il la garde donc en tant qu’amie tandis qu’il s’essaye ailleurs, et finira par consentir à sortir avec elle en dernier recours s’il ne trouve pas mieux à long terme.

GENRE 5: L’amitié post-charme de la nouveauté
Lorsque deux personnes de sexe opposé se rencontrent, les trois premières semaines sont souvent ambigües. On se demande si on est attiré et/ou attirant pour l’autre. À ce stade-ci, l’attirance est surtout causée par la curiosité, le désir de découvrir l’autre. Voilà pourquoi, généralement, une fois que l’on a eu le temps de bien connaître l’autre, le désir disparaît, ne laissant plus que l’amitié simple.

GENRE 6: L’amitié post-désir
Dès la rencontre, ce fut le coup de foudre, l’attirance mutuelle. Ils sont rapidement passés au lit. À ce moment-là, deux choses peuvent se passer:

  • Ils se rendent compte immédiatement qu’ils ne sont pas compatibles sexuellement.
  • Ou bien: La baise était Ok, mais c’est en apprenant à se connaitre par la suite qu’ils se sont rendus compte qu’ils ne sont pas faits l’un pour l’autre.

Alors s’ils continuent de se fréquenter en amis après ça, c’est qu’il s’agit bien d’amitié post-désir.

GENRE 7: L’amitié post-relation
C’est quand un gars et une fille sont ex. Leur relation a duré juste assez longtemps pour qu’ils se rendent compte qu’ils ne sont pas faits pour former un couple. Ils reviennent donc à la case amitié et n’auront plus jamais le désir de pousser la chose plus loin.

GENRE 8: L’amitié qui sert de limite
Lorsque la fille craint qu’un gars veuille d’elle comme blonde ou amante, elle met tout de suite la limite amitié seulement de façon claire et précise, et le lui fait comprendre souvent de façon plus ou moins subtile dans la conversation. Le gars a donc le choix entre rester ami ou bien cesser de la fréquenter. Dans un cas comme dans l’autre, la fille sera soulagée de ne pas subir cette pression.  Ce qui nous amène à:

GENRE 9: L’amitié désespérée
Il arrive hélas parfois qu’une fille est désespérément amoureuse d’un gars qui ne voudra jamais d’elle. Ça peut être parce qu’il est gai, ça peut être parce qu’il est marié, ça peut être parce qu’il y a trop grande différence d’âge entre eux. Peu importe la raison, le fait demeure qu’ils ne pourront jamais être ensemble. Elle se contente donc d’amitié avec lui parce que c’est mieux que rien, et elle fait tout en son possible pour que leur amitié soit la plus profonde et la plus intime possible. Elle trouve consolation en se disant que l’amour, ça vient et ça part, mais au moins l’amitié c’est pour la vie.

GENRE 10: L’amitié de jeunesse
Ils se sont connus à une époque où l’un, l’autre ou les deux n’avai(en)t pas l’âge de ressentir du désir.  Ce qui fait qu’en grandissant, aucun des deux n’a ressenti d’attrait amoureux et/ou sexuel pour l’autre. Ce n’est pas une décision qu’ils ont pris volontairement. C’est juste arrivé comme ça, tout naturellement.

GENRE 11: L’amitié pseudo-fraternelle
Quand une fille veut tenir à distance un gars de qui elle apprécie l’amitié mais qu’il lui semble évident qu’il voudrait plus que ça, alors elle l’adopte officieusement comme frère. C’est sa façon à elle de lui dire qu’elle trouve l’idée romance et/ou sexe avec lui aussi repoussante que le serait une relation incestueuse.

GENRE 12: L’amitié par obligation environnementale
C’est quand deux personnes de sexe opposés sont obligées de se fréquenter : Voisin, coloc, chum d’une amie, conjointe d’un membre de la famille, collègue de travail, camarade de classe… Ces personnes ne se détesteraient pas nécessairement si l’amitié n’était pas requise pour l’harmonie du milieu. Mais sans cette obligation de se voir, elles se laisseraient totalement indifférentes.

GENRE 13: L’amitié internet
Quand on se lie d’amitié avec une personne de sexe opposé que l’on ne rencontrera jamais à cause de la distance, l’amitié n’a pas le choix d’être platonique

GENRE 14: Les amitiés avec bénéfices
Mauvaises traduction de friends with benefits, on utilise surtout le terme fuck friends pour les décrire. Ceux-ci se divisent en quatre sous-catégories :

  • Catégorie A : Ils se fréquentent en amis, et parfois ils ont du sexe ensemble. Leur amitié est réelle, ce qui signifie qu’ils peuvent passer du temps ensemble en ayant des activités non-sexuelles et tout de même l’apprécier sincèrement. C’est juste que ni l’un ni l’autre ne veulent d’une relation stable officielle.
  • Catégorie B : Ce sont des ex. Ils se sont vite rendus compte qu’à part sexuellement, ils ne sont pas fait pour former un couple. Ils continuent donc de se fréquenter en amis et de coucher ensemble, jusqu’à ce que l’un des deux se trouve un chum/une blonde.
  • Catégorie C : Comme catégorie A ou B, sauf qu’ils couchent ensemble même si l’un, l’autre ou les deux sont en couple avec d’autres.
  • Catégorie D : Il est difficile de parler ici d’une amitié car il est rare que ces gens-là se fréquentent autrement qu’à cause de leur lien de désir sexuel. Généralement, leur statut amical est comparable avec l’amitié par obligation environnementale : Si on enlève ce qui rend leur amitié obligatoire, dans ce cas-ci le sexe, alors l’amitié n’existe plus.

GENRE 15: L’amitié platonique depuis le début sans envie de plus que ça de part ou d’autre.
Ben oui, ça existe. Parce que s’ils sont bons amis proches mais que leur amitié ne tombe dans aucune des catégories précédentes, alors il s’agit automatiquement de celle-ci.

Et le plus ironique, c’est que lorsqu’ils sont vus ensemble en public, ils ont beau ne pas être collés ni se toucher ni faire quoi que ce soit pour faire croire le contraire, il y a toujours quelqu’un pour penser qu’ils sont en couple.  On ne compte plus le nombre de fois où ça nous est arrivé, à ma BFF Stéphanie et moi, depuis qu’on a commencé à se fréquenter en 2002.  Ce qui démontre que la croyance comme quoi l’amitié homme-femme n’existe pas, c’est hélas encore trop répandu.


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Comment naît la culture du viol.

Désolé pour mes lecteurs d’outre-mer mais ce texte contient beaucoup de vocabulaire propre aux québécois.

Lorsque j’étais enfant, mon physique maigre et faible fit que j’étais victime de rejet ou d’intimidation de la part des autres garçons. À cause de ça, dès la maternelle, je me suis toujours senti beaucoup plus à l’aise en compagnie des filles. Avec elles, je n’étais ni en compétition ni méprisé. Ainsi, sans m’en rendre compte, à défaut de faire partie de la confrérie des p’tits gars, j’étais en bonne position pour les regarder agir. Et c’est comme ça que, me rends-je compte aujourd’hui, j’ai vu comment naissait chez les garçons l’attitude qui amène plus tard à la culture du viol.

Je ne sais pas si c’est encore le cas aujourd’hui, mais dans mon temps les filles et les garçons de 5 à 12 ans ne se mélangeaient pas. Ce n’était pas de la faute des filles. Elles n’avaient rien contre les gars. La preuve, c’est qu’elles m’acceptaient dans leur entourage. La source de cette ségrégation, c’était les autres garçons qui, par la même attitude macho qui les poussait à me rejeter, méprisaient également les filles pour leur délicatesse et leur faiblesse. Ils l’exprimaient souvent avec le slogan « ♫ Les filles, les guenilles! ♫ Les gars, les soldats! ♫ ».

Puis, arrive l’adolescence, l’âge où les hormones en éveil poussent les gars à s’intéresser aux filles sur quatre niveaux :

  • Sur le plan social, en désirant leur présence.
  • Sur le plan intellectuel, en désirant établir une communication.
  • Sur le plan émotif, en désirant une relation romantique.
  • Sur le plan sexuel, en désirant avoir des relations sexuelles.

Parmi les gars qui commencent à vivre cette attirance, il y a les nombreux qui ne décrochent pas de leur période petit macho méprisant misogyne de leur enfance. Cette habitude est en eux bien encrée et ils n’ont rien à foutre de développer avec elles une connexion sociale, intellectuelle ou émotionnelle. Si ce n’était de leurs désirs sexuel, ils continueraient certainement de les ignorer. Alors puisqu’il n’y a que le sexe qui les intéresse chez les filles, c’est comme ça qu’ils apprennent à les voir : Comme un produit sexuel qui n’existe que pour répondre à leurs attentes à ce sujet, rien de plus.

Et c’est comme ça que, aux yeux des gars qui entrent dans cette catégorie, la fille n’est rien d’autre qu’une vulve.  Par conséquent, tout ce qu’il a à dire à leur sujet tourne autour de ce thème : Quand il parle des filles et des femmes en général, il ne dit pas les filles ni les femmes. Non, il dit « Les plottes. » D’ailleurs, quand il parle de sa blonde, il dit « Ma plotte! » Il n’aime pas une femme en particulier? Alors c’est une salope et une pute, même si ce qu’il lui reproche n’a rien de sexuel. Elle n’est pas de bonne humeur? Alors elle est en SPM, autre truc relié à son vagin. Lorsqu’une femme revendique ses droits, ou bien qu’elle est patron qui dirige avec une main de fer, alors « C’t’une hostie de mal-baisée qui aurait besoin de se faire mettre. » Elle est féministe? Alors elle est frigide ou lesbienne. Toujours le sexe!

Pour ces gars-là, les femmes se classent en deux catégories : Celle qu’il rabaisse à un sexe qu’il voudrait baiser, ou celle qu’il rabaisse à un sexe qu’il ne voudrait PAS baiser.  Exemple: Maxime Roberge, un animateur de radio du Saguenay, n’aime pas l’artiste Coeur de Pirate.  Est-ce qu’il l’attaque sur sa voix, sa musique, ses gestes ou ses paroles?  Non: Il se contente de la traiter de plotte.

Apparemment, il ne faudrait pas s’en étonner.  Cet article de Cracked explique comment le sexe sous toutes ses formes est l’unique unité de mesure utilisée pour juger la femme dans notre société. Regardez les trois images qui suivent. La première est une photo de Sandra Fluke, à l’époque étudiante en droit à l’université de Georgetown, qui a osé demander au congrès américain d’inclure les contraceptifs dans la liste des médicaments gratuits et/ou remboursables. Voyez comment la caricature éditoriale qui suit la dépeint.

Elle est mince, attrayante, d’apparence soignée, et ses demandes sont raisonnables et pertinentes. Or, parce que c’est une femme, si on est en désaccord avec elle, il faut que ce soit d’abord et avant tout parce qu’elle ne remplit pas son rôle d’objet sexuel. On la transforme donc en grosse laide négligée. On donne ensuite un angle sexuel à ses revendications en la montrant en train d’écrire « Pour passer un bon moment, appelez-moi » sur la porte des toilettes des hommes, histoire d’en faire une salope, voire une pute, ce qui expliquerait pourquoi elle revendique la contraception gratuite. Et voilà, mission accomplie. Une femme n’est qu’un sexe, alors on l’attaque sur son sex-appeal et sa sexualité. Rien d’autre!

Vous allez me dire que puisqu’il s’agissait de contraception, le sujet était tout de même sexuel. Alors laissez-moi vous donner un autre exemple de comportement misogyne, cette fois dans un contexte totalement asexué: Un entrepôt de bouquins.

Il y a quelques jours, dans un groupe de Facebook consacré aux vieux objets de collections, une femme a décidé de faire profiter les gens de la chance qu’elle a d’avoir accès à un entrepôt privé où s’empilent des milliers de vieux livres. Après nous avoir montré quelques photos de l’endroit et de ce que l’on peut y trouver, elle nous a fait une offre : Si l’un des membres de ce groupe cherche une publication en particulier, il n’a qu’à lui écrire, lui envoyer la liste de ce qu’il cherche, et elle verra si elle peut le lui trouver. Aussitôt, un membre masculin est venu et a échangé avec elle la malaisante conversation qui suit :




  • Il veut savoir où se situe l’endroit.
  • Devant son refus de lui dire, il argumente.
  • Il ne respecte pas les limites qu’elle a clairement établi.
  • Il cherche à mettre en doute l’honnêteté de ses intentions. 
  • Il lui demande encore et encore de justifier son refus.
  • Il dit qu’elle a un comportement d’agace. 
  • Et après qu’elle lui ait demandé d’arrêter, après lui avoir exprimé vouloir mettre fin à la conversation, il continue d’insister, ce qui est du harcèlement.  
  • Il lui fait comprendre que s’il insiste, c’est elle qui l’a cherché, c’est de sa faute à elle, elle n’avait qu’à lui donner ce qu’il veut.
  • Et pour finir, il lui fait clairement comprendre que si elle avait été en face de lui plutôt que sur internet, il aurait obtenu d’elle ce qu’il veut.  En cinq minutes.

Si vous êtes une fille ou une femme, ce comportement doit certainement vous rappeler de très mauvaises expériences. Car en effet, quand un homme veut s’inviter chez une femme dans le but d’avoir du sexe, il agit exactement de cette manière. Ce n’est pas le cas ici puisqu’il ne s’agissait que d’un entrepôt et de livres.  N’empêche, c’est le même comportement, la même attitude, les mêmes paroles. 

Mais bon, ça ne devrait pas nous surprendre, de la part d’un gars qui fait la leçon publiquement aux féministes, en leur disant que si une fille se fait harceler de regards insistants sur sa poitrine, c’est qu’elle l’a bien cherché, de la façon dont elle s’habille.

Il y a fort à parier que s’il était confronté au sujet de ce commentaire, il aurait de la difficulté à comprendre pourquoi ce dernier est mal reçu puisque ce n’était pour lui qu’une remarque faite sous le ton de la blague. Car en effet, en général, ceux qui sont coupables d’un tel comportement vont toujours plaider l’innocence, parce qu’à leurs yeux ces paroles sont anodines.

Et n’allez surtout pas qualifier ces hommes de cons.  Vous ne feriez que renforcer cette tendance, puisque con est un autre mot désignant le sexe de la femme.  Le sexe de la femme, utilisé comme insulte.

Comme quoi la misogynie et la culture du viol sont beaucoup plus profondément enracinées dans nos mœurs, nos comportements et nos paroles qu’on pourrait le croire.

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Références:

  • La page Wikipedia de Sandra Fluke.
  • La page Wikipedia sur le Slut Shaming parle justement de l’affaire Sandra Fluke: « Le 29 février 2012, Sandra Fluke qui réclamait alors le remboursement de la contraception par les assurances-santé, avait été traitée de « salope » et comparée à une « prostituée » par Rush Limbaugh lors de son émission. »
  • Il y a même une page Wikipedia au sujet de la controverse Rush Limbaugh / Sandra Fluke.
  • Voir aussi Culture du viol.

La convention sociale du « Si tu viens, tu couches! »

Hier, ma conjointe m’a fait lire un article qui peut se résumer ainsi : Voilà quatre ou cinq fois qu’une fille sort dans les bars et en party, qu’elle prend de l’alcool, qu’elle accepte de finir la soirée en compagnie d’un gars qu’elle ne connait qu’à peine, et qu’elle est victime d’agression sexuelle, ou du moins d’une tentative de, alors qu’elle voulait juste finir la soirée avec le gars de façon platonique. Ce n’est pas la première fois que Le Détesteur écrit sur le sujet.  Il y a un autre article ici et un autre qui sont différents mais qui restent sur ce même thème.

Pourquoi est-ce que je vous en parle aujourd’hui?  Je vous rassure tout de suite, je ne vais ni défendre l’un ni responsabiliser l’autre sur ces gestes.  Je vais plutôt parler de ce qui semble être une convention sociale, celle qui est à l’origine de ces agressions.  C’est la règle non-écrite du : Si tu viens, tu couches!  Et la meilleure, c’est que j’en ai déjà parlé sur ce blog, au fil des années, dans quatre billets différents, sans même m’en rendre compte.

D’abord un rappel pour les lecteurs de longue date et une précision pour les nouveaux: Dès que j’ai eu l’âge légal, j’ai rapidement compris que je ne serais jamais le genre de gars qui sort dans les bars pour draguer.  La musique trop forte qui empêche de se parler, cette même musique qui fait que tu finis la soirée avec les oreilles désagréablement engourdies, l’alcool que je ne consomme que par obligation sociale et non par plaisir, l’odeur horrible de la cigarette car à l’époque on pouvait fumer à l’intérieur, tout ça explique pourquoi je ne fais pas partie de la culture de la drague des bars.  Rajoutons à ça que, ado et jeune adulte, je cherchais à plaire aux filles en ne répétant pas moi-même les comportement qu’elles détestent chez les hommes, soit l’insistance en général, sexuelle en particulier.  Enfin, le trois quart de mon excitation sexuelle provient du fait que la fille me désire.  Alors même si une fille me dit oui mais reste passive, je perd intérêt avant même que l’acte soit consommé. 

Hey, il m’est même arrivé à deux reprises de me retrouver en situation dans laquelle la fille a changé d’idée à la dernière minute.  J’ai juste dit « Ah?  Ok, pas de problème, je comprends!  Sens-toi à l’aise.  Je te laisse le lit, je dormirai au salon. »  C’est sûr que comme tout le monde, je ressens de la déception de ne pas recevoir quelque chose que l’on m’a fait miroiter et qui me faisait envie, que ce soit sexuel ou autre.  Mais bon, ce n’était pas ma première occasion de coucher avec une fille et ce ne serait certainement pas la dernière, alors y’avait pas de quoi en faire un drame. 

Et puis, j’ai aussi mon orgueil, et celui-ci préfère la réputation de respectueux, à celui de violeur.  Sans compter que j’ai toujours eu beaucoup plus d’amis filles et femmes que d’hommes.  J’ai donc passé ma vie à les voir comme mes égales et non comme des vide-poche qui ne nous intéressent que le temps de se la faire.

Bref, tout ça pour vous dire qu’il existe des hommes qui n’ont jamais eu et n’auront jamais la personnalité du prédateur sexuel.  Et pourtant, j’avais une libido à tout casser.  Comme quoi ça n’empêche nullement la capacité de se contrôler si on y met de la bonne volonté.

Donc, passons au sujet (et au titre) de ce billet: La convention sociale du Si tu viens, tu couches!  Voici quatre résumés de billets que j’ai déjà écrit sur ce blog:

Daniella:  Une fille que je n’ai pas vu depuis plus d’un an m’appelle à 23:00 et m’invite à passer la nuit chez elle, et elle me précise « en ami ».  J’y vais!  On jase, on se couche, mais pour l’heure qui suit, je reste totalement sourd et aveugle à tous les signes qu’elle me lance comme quoi finalement elle veut plus que ça.  Normal que je ne pige pas ses avances, elle m’a dit en ami avant que j’arrive.  Irritée, elle finit par me dire: « Pourquoi penses-tu que je t’ai fait venir ici? »  (Lire l’histoire complète.)

Isabelle: Une collègue de travail est en couple mais me taquine souvent comme quoi elle me trouve de son goût.  On devient amis.  Un jour, je l’invite à diner.  Elle accepte.  Elle me fait comprendre qu’elle n’a aucun problème avec l’idée de tromper son conjoint.  Devant ma déception de voir qu’elle n’était pas la personne que je croyais, je mets fin à notre rendez-vous.  Désemparée, elle me demande: « Mais pourquoi est-ce que tu m’as demandé de venir ici, d’abord? » (Lire l’histoire complète.)

Océane: Une camarade de classe du cégep, elle aussi en couple.  Je lui demande de passer chez moi afin de m’amener des notes de cours.  Elle arrive, un peu saoule.  Elle me passe le message comme quoi j’ai des chances avec elle, et elle s’offre à moi passivement. Là encore, refusant de rendre cocu un pauvre gars que je ne connais pas, et refusant encore plus de profiter d’une fille sous l’effet de l’alcool, je lui demande de remettre son manteau en lui disant que je vais l’accompagner à l’arrêt de bus.  Aussi surprise que frustrée, elle me lance: « Pourquoi est-ce que tu m’as fait venir ici, au juste? » (Lire l’histoire complète.)

Geneviève: Nous sommes camarades de classe au cégep, et amis qui se voient en dehors de l’école.  Arrive une fin de semaine où elle n’a rien à faire.  Puisque je la passe chez mes parents à St-Hyacinthe, je l’invite à m’accompagner.  Elle accepte.   On couche dans le même lit, et je n’ai aucune idée derrière la tête.  Elle m’offre sa virginité.  Après l’acte, alors que je lui confie que jamais je ne me serais attendu à ce qu’elle me fasse un tel cadeau, elle répond: « Ben là? C’est pas ce que tu voulais? Pourquoi tu m’as invité à passer la fin de semaine avec toi, d’abord? »  (Lire l’anecdote complète.)

Ce n’est que par hasard, en relisant ces quatre billets, que je me suis rendu compte que ces quatre filles qui ne se connaissent pas m’ont exprimé la même chose: Dans leurs têtes, inviter seul(e), chez soi, une personne du sexe opposé, c’est une invitation au sexe.  Et accepter cette invitation, c’est dire oui au sexe. 

C’est là que je me suis mis à repenser à toutes ces histoires que j’avais entendues tout le long de ma vie, histoires récitées par des femmes, et qui se concluaient toujours de la même façon: Dès qu’un gars et une fille se retrouvent seuls chez l’un ou chez l’autre, le gars voit ça automatiquement comme une promesse de baise.  Et gare à la fille qui ne pense pas la même chose, car ils sont rares les gars qui le prennent bien.  Généralement, c’est plutôt, selon le cas:

  • Le gars l’accepte, mais exprime qu’il est déçu.
  • Le gars exprime de façon sarcastiquement négative qu’il est déçu, genre « Ouain, avoir su que je perdrais mon temps… »
  • Sans être menaçant, il insiste et insiste et insiste et insiste.
  • Il lance un long débat philosophique dans le but de te faire changer d’idée en enlignant les « Mais pourquoi? », et les « Mais pourtant, tu… ».
  • Le gars (s’il est chez la fille), reste calme, poli, non menaçant, mais il lui dit tout de même: « Désolé mais moi, j’sors pas d’ici tant qu’il ne s’est pas passé quelque chose. » comme si c’était une loi que lui-même n’avait autre choix que de suivre.
  • Le gars (chez lui) frustre et dit à la fille de partir.
  • Le gars entre dans une colère noire.
  • Le gars va carrément la forcer physiquement.
  • Ou bien le gars feint d’accepter qu’il ne se passe rien.  Mais dès que la fille est endormie, il en profite.

Et c’est là que, en repensant à tout ça, j’ai compris qu’existait cette convention sociale non-écrite-et-non-dite comme quoi  Si tu viens, tu couches!  Océane, Isabelle et Geneviève connaissaient d’instinct cette règle, et en venant chez moi, elles acceptaient de s’y conformer.  Daniella, même truc de manière inverse: Elle connaissait cette règle lorsqu’elle m’a invité chez elle.  Et en voyant que j’acceptais d’y aller, elle a cru que j’acceptais de m’y conformer.  Voilà pourquoi elles étaient désemparées de mon manque de réaction: Parce que moi aussi, j’aurais été supposée la connaitre, cette convention sociale.  SURTOUT EN TANT QU’HOMME, puisque c’en est une que les hommes ont toujours imposé d’instinct aux filles et aux femmes.

Constater ceci m’a permis de comprendre rétroactivement certaines autres expériences avec…:

Vanessa: Après une sortie entre amis d’où elle est ressortie trop saoule pour conduire, j’ai insisté pour prendre le volant.  Elle a refusé de m’indiquer le chemin pour se rendre chez elle et, à son insistance, nous sommes plutôt allés chez moi.  J’ai toujours ressenti un malaise à l’idée de profiter d’une fille trop saoule pour savoir ce qu’elle faisait. Mais voilà, elle n’était ni comateuse ni passive, elle me draguait directement avec insistance. Voyant que logiquement ça ne pouvait pas être un viol de ma part, j’ai fini par céder.  Au moment de passer à l’acte, elle m’a dit sur un ton moqueur: « Heille, tout l’monde sait que quand un gars invite une fille saoule chez lui, c’est dans le but de la sauter.  Essaye pas de dire le contraire!  »  (Pour lire l’article complet.)

Rosemarie: Collègue de travail qui commence par me demander de l’accompagner jusque devant chez elle en bus car elle a peur des transports en commun le soir.  Rendu là, elle me dit que le prochain bus est dans quarante minutes, alors aussi bien l’attendre chez elle.  Rendu là, elle se met en déshabillé, me sert à boire et me dit: « Ne pense pas que je vais te laisser repartir ce soir si tu a accepté de m’accompagner jusqu’ici. »  C’est direct, chose que j’apprécie d’habitude.  N’empêche que j’avais la désagréable impression d’avoir été piégé.

Camélia: Amie du cégep.  Il y avait attirance réciproque mais rien n’était sûr. Elle me fait le coup du « J’ai raté mon dernier bus, est-ce que je pourrais coucher chez toi? ».  Elle me dit qu’elle n’est pas à l’aise avec l’idée de partager le lit avec moi.  Pas de problème, je m’installe par terre.  Un quart d’heure après l’éteinte des lumières, elle change d’idée et m’invite à la rejoindre.  Deux minutes plus tard, elle m’embrasse passionnément et m’arrache mon caleçon.  Surprise passée, je passe à l’acte.  Elle m’avouera le lendemain qu’elle s’attendait à ce que je la prenne de force. (On ne peut pas s’appeler Requin sans donner cette impression, apparemment.)  Donc, dans sa tête, en s’invitant chez moi, elle me passait le message comme quoi c’était exactement ce qu’elle voulait de moi. Voilà pourquoi elle a commencé par m’opposer une résistance de principe, en disant ne pas être à l’aise de partager le lit avec moi.  Elle s’attendait d’abord à ce que j’essaye de la convaincre de me laisser dormir à ses côtés, et ensuite, une fois couchés, que je tente ma chance sexuellement.  Surprise de voir qu’au contraire je respectais ses limites sans discuter, elle a bien été obligée de prendre l’initiative.

Bref, ce sont trois autres exemples de femmes et filles qui connaissaient, qui acceptaient et qui utilisaient la convention sociale du Si tu viens, tu couches.

« Es-tu gay? » 
Des sept filles mentionnées ici, Isabelle, Océane et Geneviève me l’ont posée toutes les trois, cette question.  C’est dire à quel point elles avaient de la difficulté à croire qu’un homme puisse respecter leurs limites sans discuter.  Ce n’est pas comme si partager un lit platoniquement avec une fille était quelque chose hors du commun pour moi.  J’ai accompagné plusieurs fois en voyage mon amie, la photographe Isabelle Stephen (Qui n’est pas l’autre Isabelle mentionnée plus haut) Par soucis économique, on a toujours pris une chambre d’hôtel à un seul lit que nous avons toujours partagé sans autre but que d’y dormir.  Pareil avec ma BFF Stéphanie.  La seule raison pourquoi on ne referais plus ça maintenant, c’est que ça fait quelques années que j’ai commencé à ronfler.

À ce point-ci, vous vous demandez peut-être: « Et ça ne t’es jamais arrivé, de penser d’avance que si la fille vient chez toi, c’est comme si elle acceptait de baiser avec toi? »  Oui, bien sûr que ça m’est arrivé, avec quelques filles.  Sauf que ces filles-là, j’avais déjà couché avec elles par le passé.  J’espérais donc que ça se reproduise.  Mais voilà, l’avoir déjà fait une fois n’était pas pour autant une garantie qu’il y aurait une suite.  Il y en a avec qui ce fut oui, et d’autres non.  Pour ces dernières, je ne vous cacherai pas que j’étais déçu.  Mais jamais je ne leur ai fait voir de quelque façon que ce soit, ni en insistant, ni en faisant la gueule.  Ce n’est pas parce qu’une fille te laisse le droit de passage entre ses cuisses une fois que ça signifie qu’elle t’a remis des billets de saison. 

Ou plus clairement: Il n’y a pas de mal à espérer et se faire des attentes. Par contre, harceler et/ou frustrer contre celles qui n’y répondent pas positivement, alors ça, non!

J’en reviens à la fille dont je parle au début, qui accepte sans cesse des invitation chez des inconnus, pour être ensuite surprise d’être sollicitée sexuellement à chaque coup.  Rassurez-vous, mon but en écrivant ce billet n’est pas de la blâmer sur le fait qu’elle ignore la convention sociale du si tu viens, tu couches.  Ce serait très hypocrite de ma part puisque moi-même, ce n’est qu’à l’âge de 45 ans que j’ai fini par découvrir qu’elle existait, cette règle non-écrite-et-non-dite. 

En fait, mon but, c’est d’abord de signaler à ceux qui l’ignoreraient que cette règle existe, et ensuite de dire qu’elle ne devrait pas exister.  

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Y’A LIENS LÀ: 

Les articles du Détesteur, mentionnés plus haut.
« Ne me fais pas sentir comme si j’étais un violeur, tu l’sais que c’est pas ça! »
« Une fille en boisson, si c’est pas là pour fourrer, c’est mieux de s’en aller. »
« Je pense que je me suis faite violer, mais je ne suis pas sûre. »

Mes propres articles mentionnés plus haut, où je ne m’étais pas rendu compte que la fille s’attendait à du sexe de ma part.
Daniella, « amie seulement »
Isabelle l’infidèle
Océane.
Geneviève la coloc de l’enfer
Vanessa, qui plus est, était lesbienne

Et sur le même thème
La résistance de principe, et la nécessité de la respecter.
Elle a dit OUI par peur des conséquences de dire NON.


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Je me méfie de ceux qui me disent…

Je me méfie de ceux qui me disent avoir l’esprit ouvert, être respectueux et tolérants. L’expérience m’a appris que ces gens sont souvent intolérants et irrespectueux envers tous ceux qu’ils jugent ne pas être aussi ouvert d’esprit qu’eux.

Je me méfie de ceux qui me disent détenir la vérité sur une personne ou sur un sujet. L’expérience m’a appris que cette vérité est plus souvent une opinion qu’un fait.

Je me méfie de ceux qui me disent des phrases préconçues, des formules toutes faites, des proverbes et des citations. L’expérience m’a appris que ces gens ont tellement peur d’exprimer leurs propres opinions qu’ils préfèrent se cacher derrière celles des autres. Ça leur donne un semblant de crédibilité, puisqu’ils démontrent ne pas être les seule à le penser.  Et ça leur permet de se laver les mains de toute responsabilité s’ils font erreur, puisque cette opinion ne vient pas d’eux.

Je me méfie de ceux qui me disent avoir des principes ou un code de conduite. L’expérience m’a appris que tout ce que ça démontre, c’est que s’ils ont besoin de suivre ce code, c’est parce que leur véritable personnalité est le contraire de ces principes et de cette conduite. Or, personne ne peut se refouler éternellement. La preuve: Au premier signe de frustration, ils vont ou bien se montrer sous leur vrai jour en bafouant ce code et ces principes plus souvent que ceux qui n’en ont supposément pas, ou bien utiliser ce code et ces principes à la lettre de façon à te contrarier, t’insulter, te créer des obstacles.

Je me méfie de ceux qui me disent que je n’ai pas à me faire de soucis avec eux, car eux m’acceptent et me tolèrent tel que je suis. L’expérience m’a appris que ça signifie qu’ils pensent (ou pire encore: essayent de me convaincre) qu’il y a quelque chose en moi qui devrait me rendre inacceptable et intolérable aux yeux de la population générale.

Je me méfie de ceux qui me disent que je dois toujours assumer mes faits, gestes et paroles. L’expérience m’a appris que si on ose leur faire la moindre remarque au sujet de leurs propres faits, gestes et paroles, ils entrent dans un état de colère, de frustration et de déni infini, car ils sont eux-mêmes incapables de les assumer.

Je me méfie de ceux qui me disent des choses vagues en appelant ça de la subtilité. L’expérience m’a appris que la subtilité est l’art d’essayer de se faire passer pour plus brillant que son interlocuteur en lui disant des choses de façon délibérément floues, soit parce qu’on est trop lâche pour être capable de s’exprimer clairement, soit parce qu’on cherche à faire passer l’autre pour un cave.

Je me méfie de ceux qui me disent spontanément qu’ils sont fidèles, sans que je leur ais posé de questions à ce sujet. L’expérience m’a appris que cette personne va immanquablement tromper son/sa conjoint(e) (ou du moins essayer) dans les trois mois qui vont suivre cette déclaration.

Je me méfie de ceux qui me disent à répétition à quel point je peux leur faire confiance. L’expérience m’a appris que s’ils craignent à ce point là que l’on puisse s’en méfier, c’est parce qu’il y a de bonnes raisons.

Je me méfie de ceux qui me disent être cultivés, ne s’intéresser qu’à tout ce qui est classique et lever le nez sur tout ce qui est actuel ou à la mode. L’expérience m’a appris qu’ils tentent de cacher leur incapacité de s’adapter aux temps qui changent sans cesse, en snobant la majorité qui, eux, y arrivent très bien.  Pour une personne ayant cette incapacité, le passé représente la sécurité, puisque celui-ci ne change pas.

Je me méfie de ceux qui me disent être les seuls qui m’apprécient. L’expérience m’a appris que ces gens veulent juste nous isoler des autres afin de nous abuser sans que personne puisse nous le faire constater.

Je me méfie de ceux qui me disent être sans cesse persécutés par les autres, entourés de gens qui ne cherchent qu’à leur nuire, aussi bien voisins que collègues de travail que camarades de classe. L’expérience m’a appris qu’il suffit de fréquenter ces gens durant quelques semaines pour comprendre pourquoi tout le monde les détestent.

Je me méfie de ceux qui me disent des tonnes de compliments et à quel point ils m’admirent, m’apprécient et sont attirés par moi alors qu’on se connaît à peine. L’expérience m’a appris qu’il suffit de ne pas répondre positivement à leurs avances pour que leur amour devienne haine, leur attirance devienne dégoût et leurs compliments deviennent insultes.

Je me méfie de ceux qui me disent que la jalousie, ou tout autre défaut de comportement qu’ils ont, sont des agissements tout à fait normaux. L’expérience m’a appris qu’il sont incapables de faire face à leurs propres travers, donc que la seule façon pour eux de dealer avec ce qu’ils sont, c’est de colporter l’idée erronée que tout le monde est (ou devrait être) aussi pire qu’eux.

Je me méfie de ceux qui me disent la vérité, toute la vérité, rien que la vérité. L’expérience m’a appris que l’excuse de ne dire rien d’autre que la vérité est trop souvent utilisée afin de manquer de délicatesse et de politesse, de façon à se justifier pour insulter les autres, tout en tentant de les empêcher de protester.

Je me méfie de ceux qui me disent que ce n’est pas eux, ça, de mal agir comme ils viennent de le faire. L’expérience m’a appris qu’au contraire non seulement c’est eux puisqu’ils le font, mais qu’en plus ce sont des irresponsables puisqu’ils le nient, et qu’ils vont recommencer car ils préfèrent nier leurs problèmes de comportement plutôt que d’y faire face et de travailler dessus.

Bref, Je me méfie de ceux qui me disent ce que je dois penser plutôt que de me laisser me faire ma propre opinion, que ce soit sur les choses, sur eux, sur les autres ou sur moi-même.

Oui, je sais, ma dernière phrase peut aussi signifier que je ne vaux pas nécessairement mieux que ceux de qui je dit me méfier. C’est ça l’idée: Toujours réfléchir avant d’écouter ce que disent les autres, qui qu’ils soient.

C’est à toi de choisir

Rien n’est tout noir, rien n’est tout blanc.  Il y a des bons et des mauvais côtés à tout.  Et c’est la raison pour laquelle deux opinions peuvent être totalement différentes sur un même sujet, et pourtant dire toutes les deux la vérité.  Une fois que l’on prend connaissance de ce fait, c’est là que l’on réalise à quel point un succès ou un échec dépend principalement de soi-même.  Parce que la seule et unique chose qui décide si tu mérites ou non de réussir, c’est ta volonté d’y mettre les efforts pour y arriver.  Ainsi…

Si tu crois que tu mérites mieux que ton sort actuel, alors tu as raison!
Si tu crois que tu ne mérites pas mieux que ton sort actuel, alors tu as raison!
Maintenant, choisis!

Si tu crois qu’il vaut mieux prendre le risque, quitte à se tromper, alors tu as raison!
Si tu crois qu’il vaut mieux s’abstenir que d’essuyer un échec, alors tu as raison!
Maintenant, choisis!

Si tu crois qu’il vaut mieux foncer qu’être trop prudent, alors tu as raison!
Si tu crois qu’il vaut mieux être trop prudent que de foncer, alors tu as raison!
Maintenant, choisis!

Si tu utilises ton intelligence et ta logique pour prouver que c’est possible, alors tu as raison!
Si tu utilises ton intelligence et ta logique pour prouver que c’est impossible, alors tu as raison!
Maintenant, choisis!

Si tu crois qu’il vaut mieux exprimer ses désirs, alors tu as raison!
Si tu crois qu’il vaut mieux espérer en silence, alors tu as raison!
Maintenant, choisis!

Si tu crois qu’il faut prendre, alors tu as raison!
Si tu crois qu’il faut demander, alors tu as raison!
Maintenant, choisis!

Si tu préfères y aller, alors tu as raison !
Si tu préfères attendre, alors tu as raison !
Maintenant, choisis !

Si tu crois que tu seras admiré, alors tu as raison!
Si tu crois que tu seras ridicule, alors tu as raison!
Maintenant, choisis!

Si tu crois aux paroles qui vont t’aider à avancer, alors tu as raison!
Si tu n’y crois pas et démontre pourquoi ça ne peut pas t’aider à avancer, alors tu as raison!
Maintenant, choisis !

Si tu crois que tu peux, alors tu as raison!
Si tu crois que tu en est incapable, alors tu as raison!
Maintenant, choisis!

Si tu penses que ça vaut la peine, alors tu as raison!
Si tu penses que ça ne vaut pas la peine, alors tu as raison!
Maintenant, choisis!

Si tu crois que tu seras apprécié, alors tu as raison!
Si tu crois que tu seras détesté, alors tu as raison!
Maintenant, choisis!

Si tu sais que tu es un winner, alors tu as raison!
Si tu sais que tu es un loser, alors tu as raison!
MAINTENANT, CHOISIS !

Lorsque l’on désire quelque chose, il ne faut pas se contenter de le vouloir.  Il faut agir.  Et si essayer ne garantit pas notre réussite, ne pas essayer garantit notre échec.

Ce que parler veut généralement dire dans 20 situations

AVANT DE COMMENCER: À l’origine, ce texte s’intitulait Ce que les filles disent -VS- ce que ça veut dire et datait de 2010.  Du moins, sur ce blog, puisque ça a d’abord été un texte illustré dans Requin Roll No.7 en 1998. Or, déjà que la majorité de ces situations peuvent être vécues en inversant les sexes, il n’y a plus de place à notre époque moderne pour un texte exclusivement hétéronormatif au sujet des relations. Suite à un sondage d’opinion à ce sujet effectué le 28 aout 2015 sur Twitter, sur mon Facebook personnel ainsi que sur la page Facebook de Mes Prétentions de Sagesse, j’ai décidé de modifier le genre de ce texte, le mettant neutre.  De toute façon, qu’une relation soit entre gens hétéros ou LGBT, ces situations peuvent tout autant arriver.

Donc:

Ah, la communication dans les relations interpersonnelles… l’un se plaint que l’autre ne le comprends pas.  L’autre parti se plaint que l’un n’est pas capable de s’exprimer clairement. En tout cas, s’il y a une chose sur laquelle ils s’entendent, c’est en se plaignant des conséquences de ce manque de clarté et de l’incompréhension qui en résulte.

Aujourd’hui, je vais exaucer le souhait de bon nombre de gens: Je vous présente 20 situations classique d’incompréhension.  Le tout sera décortiqué comme suit:

  • La situation.
  • Ce que l’autre te dit.
  • Ce que tu comprends.
  • Ce que l’autre veut vraiment dire.
  • La preuve.
  • Les conséquences.
  • Le mieux à faire dans ce temps-là.

C’est parti:

SITUATION 1: Tu déclares ton affection à une personne.
Ce qu’elle dit : Je ne me sens pas prêt(e) à vivre une relation pour l’instant.
Ce que tu comprends : Que le jour où elle sera prête, alors tu vas avoir des chances avec elle.
Ce qu’elle veut vraiment dire : Tu ne me plais pas, sinon je me serais sentie prêt(e).
La preuve : Tu en connais beaucoup, des gens, qui, quelques temps après avoir dit ça à quelqu’un, sont retournées le voir en lui disant « Ok, je suis prêt(e) maintenant, sortons ensemble! »?
Les conséquences : C’est quoi, ça « pour l’instant« ? Elle va être prête quand, au juste? Dans une heure? Un jour? Une semaine? Un mois? Un an? Une décennie? Tant et aussi longtemps que tu vas penser que c’est juste une question de temps, tu vas être accro et tu vas te sentir de plus en plus frustré à mesure que le temps passe. De son côté, l’autre personne va se sentir harcelée par ton insistance et va finir par te fuir comme la peste.
Le mieux à faire dans ce temps là : Cesser de te faire des illusions à son sujet, et agir avec elle comme si cette déclaration n’avait jamais été dite et que ces sentiments n’ont jamais existé, et ne plus jamais ramener le sujet.

SITUATION 2: Tu es en couple, ou du moins en relation intime, avec une personne vraiment cool, populaire, attrayante et tout. Bref, le jackpot que tu ne pensais jamais pouvoir un jour remporter.
Ce qu’elle dit : T’sais, j’aimerais mieux que les gens ne sachent pas à propos de nous deux, parce que… (insérer raison quelconque!)
Ce que tu comprends : Qu’elle est victime de terrible pression sociale de la part de son entourage, mais qu’éventuellement ça devrait se tasser et vous pourrez vous aimer au grand jour.
Ce qu’elle veut vraiment dire : Cette personne pourrait trouver mieux que toi et elle le sait. Bien qu’elle accepte d’avoir une relation avec toi, elle n’en est pas vraiment fière, alors elle ne tient pas à ce que ça se sache. Bref, elle est avec toi en attendant mieux.
La preuve : Quand on n’a pas honte de nos relations, on n’a aucune raison de les cacher à qui que ce soit.
Les conséquences : Le jour où cette personne va en trouver une autre qui lui plaît vraiment, tu vas te faire domper avant même que quiconque apprenne que vous aviez sorti ensemble. Et cette nouvelle relation-là sera vite mise publique.
Le mieux à faire dans ce temps là : Profiter de la relation à fond pendant qu’elle passe, et ne pas être surpris le jour où elle prendra fin.

SITUATION 3 : Une personne de ton entourage est en couple avec quelqu’un qui la néglige. Elle te parle souvent de ses problèmes sentimentaux parce que tu es la bonne oreille attentive toujours disponible.
Ce qu’elle dit: Dans l’fond, c’est quelqu’un comme toi qu’il me faudrait.
Ce que tu comprends : Qu’elle vient enfin de réaliser que tu es la personne parfaite pour elle, et que ça ne sera plus très long avant qu’elle mette fin à sa relation insatisfaisante pour sortir avec toi.
Ce qu’elle veut vraiment dire : Que c’est dommage que son/sa partenaire actuel/le. ne possède pas certaines de tes qualités, parce que ce sont juste les gens de ce genre-là qui l’attirent.
La preuve : L’as-tu déjà vu sortir avec quelqu’un comme toi? Ben non, ton genre ne l’attire pas, sinon ça ferait longtemps que vous seriez ensemble.
Les conséquences : Tu vas ressentir de la frustration à la voir s’acharner à rester dans une relation qui la fait souffrir, alors que tu es là à brûler d’amour pour cette personne qui préfère continuer sa relation imparfaite.
Le mieux à faire dans ce temps là : Tout ce que cette personne veut de toi, c’est une oreille attentive pour exprimer ses malheurs, rien de plus. C’est à toi de choisir si tu veux continuer d’être ça ou non.

SITUATION 4 : Tu déclares ton affection à un/e collègue de travail.
Ce qu’elle dit : J’aime mieux pas avoir de relations amoureuses avec les collègues de travail car ça cause toujours plein de complications.
Ce que tu comprends : Que la seule raison de son refus est le fait que vous travaillez ensemble, sinon elle te violerait probablement sur place.
Ce qu’elle veut vraiment dire : Que tu ne l’attires tout simplement pas.
La preuve : Si elle était attirée par toi, penses-tu vraiment qu’elle laisserait un détail aussi anodin que votre travail commun se mettre entre vous? Au pire, elle te demanderait de garder le secret pour éviter le commérage du bureau.
Les conséquences : Tu risques de passer plusieurs mois à essayer de lui faire changer d’idée et à te casser à tête pour trouver une solution pour un problème qui n’existe même pas. Tu va finir par t’exposer à des rumeurs de harcèlement au travail, chose qui n’est vraiment pas souhaitable, ou pire : Virer méga frustré contre elle le jour où elle sortira avec un/e collègue de bureau qui va vraiment lui plaire.
Le mieux à faire dans ce temps là : Cesser de se faire des illusions à son sujet, et agir avec elle comme si cette déclaration n’avait jamais été dite et que ces sentiments n’ont jamais existé, et ne plus jamais ramener le sujet.

SITUATION 5 : Après une séance de sexe, tu te sens mal parce que tu n’as pas réussi à faire jouir ta partenaire.
Ce qu’elle dit : Mais non! C’est pas d’ta faute, c’est moi qui étais un peu fatiguée. T’en fais pas, j’ai eu du fun quand même. C’était bien!
Ce que tu comprends : Que ça ira mieux la prochaine fois.
Ce qu’elle veut vraiment dire : Qui c’est qui t’as appris à baiser? Ta mère? J’aurais probablement eu plus de fun si j’m’étais branlée avec la râpe à fromage.
La preuve : Tu trouverais ça « bien« , toi, de baiser sans que ta partenaire te fasse venir?
Les conséquences : À moins qu’il s’agisse de la personne avec qui tu es en couple, ne te fais pas d’illusions, il n’y aura probablement pas de prochaine fois.
Le mieux à faire dans ce temps là : Rien pour l’instant. S’il s’agit de ta tendre moitié/e, attend quelques jours et essaye d’avoir une discussion au sujet de votre sexualité.

SITUATION 6 : Tu lui propose ta présence et ton aide pour… peu importe!
Ce qu’elle dit : T’es pas obligé.
Ce que tu comprends : Elle craint que ce soit un trop grand effort pour toi et ne voudrait surtout pas te déranger.
Ce qu’elle veut vraiment dire : NON! Je ne veux pas de ta présence.
La preuve : Une personne qui n’a pas besoin de ta présence va te répondre : « Non, c’est correct, ça va aller, merci! » car n’ayant rien à cacher, elle ne craint pas de te blesser. Par contre, une personne qui ne veut pas de ta présence va essayer de te le faire comprendre tout en cherchant instinctivement à cacher ses sentiments négatifs à ton endroit. D’où le « T’es pas obligé! »
Les conséquences : Évidemment, tu t’empresses de la rassurer qu’au contraire ça te fait plaisir. Tu lui imposes donc une présence qui la dérange, ce qui peut juste envenimer votre relation.
Le mieux à faire dans ce temps là : Lui dire que tu reste dispo si elle change d’idée, et ne plus ramener le sujet.

SITUATION 7 : Voilà bien longtemps que tu es friendzoné par cette personne.  Que cette situation te convienne ou non, tu l’as tout de même acceptée, considérant qu’une relation d’amis proches, c’est mieux que rien.
Ce qu’elle dit : C’est rassurant de voir que l’amitié est possible sans qu’il soit question d’amour ou de sexe.
Ce que tu comprends : Que malgré le fait qu’il n’y aura probablement jamais d’amour ou de sexe entre vous deux, votre amitié est plus forte que tout. Vous deux, c’est à la vie à la mort.
Ce qu’elle veut vraiment dire : T’es juste dans ma vie parce que j’ai ni couple ni amis.
La preuve : Est-ce qu’elle est en couple ou a t-elle des amis? Non, sinon elle passerait son temps avec eux, comme les gens normaux.
Les conséquences : Le jour où cette personne trouvera quelqu’un avec qui elle voudra qu’il soit question d’amour et de sexe, elle n’aura plus grand temps à perdre avec toi.
Le mieux à faire dans ce temps là : Profiter de la relation à fond pendant qu’elle passe et ne pas être surpris le jour où elle se finira.

SITUATION 8 : En visite chez cette personne, tu trouves un nouveau numéro de téléphone ou une adresse e-mail sur un bout de papier, et tu lui demandes qui est-ce.
Ce qu’elle dit : Oh, ça c’est rien, tu peux le jeter.
Ce que tu comprends : Que c’est rien et que tu peux le jeter.
Ce qu’elle veut vraiment dire : Oops, j’ai laissé stupidement traîner les coordonnées du beau gars que j’ai rencontré avant-hier.
La preuve : Si ces coordonnées étaient celles de n’importe qui d’autre, elle n’aurait pas eu peur de te répondre que c’était son patron, un futur employeur, sa belle-sœur, etc. Et puis soyons francs, dans des circonstances où on n’a rien à cacher, personne ne va suggérer à quiconque de jeter un truc qu’on a pris en note.
Les conséquences : Y a t’il du cocufiage dans l’air?  Pas sûr, n’empêche que c’est évident qu’on a quelque chose à te cacher.
Le mieux à faire dans ce temps là : L’empocher sans rien dire, et savourer sa panique. Lorsqu’elle te posera la question pourquoi tu gardes ce papier, il serait peut-être bon de lui demander si elle n’a pas quelque chose à t’avouer.

SITUATION 9 : Cette personne te demande de porter ses sacs ou ses paquets un instant, puis vient pour les reprendre.
Ce qu’elle dit : J’peux les reprendre si c’est trop lourd pour toi.
Ce que tu comprends : Qu’elle te prend pour une nouille trop cuite, de ne pas pouvoir porter ses sacs.
Ce qu’elle veut vraiment dire : Sers-moi donc de porteur de sacs. J’aime avoir les mains libres.
La preuve : Franchement, comment pourrait-elle s’imaginer que tu ne sois pas capable de porter des sacs qu’elle portait elle-même avant de te les refiler? Elle fait juste jouer sur ton orgueil de mâle pour te manipuler à faire de toi son esclave de ton propre gré.
Les conséquences : Non seulement tu portes ses sacs volontairement,  tu le fais fièrement pour lui montrer que t’es pas une moumoune de Chez Tarlouze.
Le mieux à faire dans ce temps là : Lui rendre ses sacs, et du coup lui montrer que tu ne te laisses pas manipuler.  C’est peut-être mauvais pour la relation, mais pourquoi est-ce que tu voudrais en avoir une avec une personne manipulatrice?  Quand on manipule l’autre sur des trucs anodins, on manipule sur des choses plus importantes.  Méfiance!

SITUATION 10 : Dans une boutique de vêtements, elle tient deux morceaux de linge tout en se regardant dans le miroir.
Ce qu’elle dit : Je sais pas lequel des deux choisir.
Ce que tu comprends : Qu’elle a besoin de ton avis pour l’aider à choisir, car elle ne veut acheter qu’un seul des deux morceaux.
Ce qu’elle veut vraiment dire : Achète-moi donc les deux, maudit cheap!
La preuve : Peu importe lequel tu vas lui conseiller de prendre, ou bien elle n’arrivera quand même pas à se décider, ou bien elle n’aura pas l’air satisfaite de son achat.
Les conséquences : Tu vas passer ou bien pour mesquin de ne pas lui acheter les deux, ou bien pour stupide de ne pas avoir réussi à saisir le message qu’elle essaye de te passer en douce. Or, personne n’aime sortir avec un mesquin stupide, alors attend-toi à un peu de froideur de sa part à ton égard.
Le mieux à faire dans ce temps là : Dès qu’elle dit qu’elle ne sait pas lequel choisir, lui répondre: C’est dommage que mon budget ne me permette pas de faire en sorte que tu puisses avoir les deux parce qu’ils te vont si bien, surtout celui-là. Non seulement tu n’auras pas l’air avare, tu auras l’air d’être attentif à ce qu’elle porte, ce qui est flatteur. Évidemment, si elle te fait quand même la gueule après ça, c’est que tu as affaire à une personne manipulatrice et exploiteuse dont il vaut mieux se tenir loin.

SITUATION 11 : Vous êtes ensemble et le moment est intime.
Ce qu’elle dit : Je t’aime.
Ce que tu comprends : Qu’elle t’aime.
Ce qu’elle veut vraiment dire : Je t’aime.
La preuve : Généralement, une personne ne va pas dire Je t’aime à tort et à travers à n’importe qui. Si elle le dit, c’est qu’elle en est vraiment sûre.
Les conséquences : Si c’est réciproque, ça ne peut être que positif.
Le mieux à faire dans ce temps là : Faut-il vraiment que je l’explique?

SITUATION 12 : Vous êtes ensemble et le moment est aux confidences.
Ce qu’elle dit : Je t’aime beaucoup.
Ce que tu comprends : Qu’elle t’aime.
Ce qu’elle veut vraiment dire : Je t’aime juste au niveau amical, alors il est inutile pour toi d’espérer qu’on va sortir ensemble un jour.
La preuve : Le seul moment où la signification du mot beaucoup devient son propre contraire, c’est lorsqu’il est précédé par les mots Je t’aime. Il serait d’ailleurs temps que ce fait universel soit inclut dans les règles de grammaire.
Les conséquences : Tu risques de mal interpréter son message, et t’attendre à des choses entre vous qui n’arriveront jamais.
Le mieux à faire dans ce temps là : Cesser de se faire des illusions à son sujet, et agir avec elle comme si cette déclaration n’avait jamais été dite et que des sentiments autres qu’amicaux n’ont jamais existé entre vous, et ne plus jamais ramener le sujet.

SITUATION 13 : Tu appelles cette personne pour l’inviter à une sortie.
Ce qu’elle dit : J’vais y penser et j’te rappelle.
Ce que tu comprends : Qu’elle va essayer de se libérer de tout ce qui pourrait l’empêcher de sortir avec toi ce soir.
Ce qu’elle veut vraiment dire : J’vais penser à une bonne raison pour me désister, et j’te rappelle pour te dire que c’est non. Ça, c’est SI je te rappelle.
La preuve : Si l’idée de sortir avec toi ce soir lui avait plu, elle aurait dit oui immédiatement et ensuite se serait arrangée pour se libérer des autres choses. Là, c’est l’inverse: C’est après ton invitation qu’elle cherche autre choses à faire.
Les conséquences : La déception de devoir attendre pour avoir sa réponse sera doublée par la déception de son refus.
Le mieux à faire dans ce temps là : D’autres plans qui ne l’incluent pas.

SITUATION 14 :  En couple stable.  Tu es sur le net ou la télé.  Ta chère moitié est à la cuisine.
Ce qu’elle dit : Il faudrait sortir les poubelles.
Ce que tu comprends : Qu’elle vient de se rendre compte que le sac de poubelle aurait besoin d’être changé, et qu’elle ne fait que commenter la chose à haute voix, tout simplement, avant de le faire elle-même.
Ce qu’elle veut vraiment dire : Lève-toi donc de ton gros cul pour sortir les poubelles, pauvre inutile.
La preuve : En général, quand on ne veut pas passer pour la personne tyrannique du couple, on n’aime pas tellement donner d’ordres. Quoi de mieux alors qu’un bon sous-entendu pour essayer de passer le message en douce.
Les conséquences : Si tu ne réagis pas, deux choses peuvent arriver: Ou bien elle va penser que tu manques d’intelligence, ou bien pire encore, elle va croire que tu as compris le message, mais feint de l’ignorer.
Le mieux à faire dans ce temps là : Quoi d’autre? Lève-toi de ton gros cul pour sortir les poubelles, pauvre inutile.

SITUATION 15 : Après une soirée où tu lui as payé le resto, le cinéma et le bar, et que tu l’ais raccompagné chez elle, cette personne refuse de te laisser entrer.
Ce qu’elle dit : J’aime mieux pas… Étant donné que tu m’as payé le resto, le cinéma et le bar, j’aurais l’impression d’être obligé de te devoir quelque chose.
Ce que tu comprends : Elle a peur de passer pour quelqu’un qui échange ses faveurs sexuelles contre une soirée toute payée.
Ce qu’elle veut vraiment dire : Cette excuse est géniale pour pouvoir profiter de toi sans rien te donner en retour.
La preuve : D’abord, c’est l’autre et non toi qui amène le fait que sa sexualité puisse être une récompense pour ce que tu lui as payé. Ce genre de concept ne viendrait pas à l’idée d’une personne non-exploiteuse. Ensuite, si elle n’est pas profiteuse, pourquoi s’est-elle laissé offrir tout ça sans rien dire au moment où tu le faisais?
Les conséquences : Si désormais tu refuses de lui payer ses sorties, elle va te traiter de frustré à cause de son refus de la dernière fois. Si tu payes de nouveau pour elle, elle te servira encore la même rengaine.
Le mieux à faire dans ce temps là : Arrêter les frais et cesser de la fréquenter parce que plus tu insistes et plus tu vas te retrouver dépouillé et frustré. Tires leçon de l’expérience, et tires-toi de là.

SITUATION 16 : Tu lui demande si vous allez coucher ensemble un jour.
Ce qu’elle dit : Cette personne peut donner trois réponses : Oui, ou Non, ou Peut-être.
Ce que tu comprends : Oui si elle dit oui, non si elle dit non, ou peut-être si elle dit peut-être.
Ce qu’elle veut vraiment dire : En fait, si elle dit oui, ça veut dire peut-être. Également, si elle dit non, ça peut encore dire peut-être.  Mais si elle dit peut-être, alors là elle veut dire NON, JAMAIS!
La preuve : Tout le monde peut changer d’idée, en particulier au sujet de la sexualité. Ainsi, ce oui que cette personne affirme ce jour-là pourrait devenir un non lorsque tout bien réfléchi plus tard. Et c’est la même chose pour ce non, en situation inverse évidemment. Par contre, la seule raison pourquoi quelqu’un va répondre peut-être (Ou je sais pas, possible, on verra, et toute autre réponse vague) à une telle question, c’est parce qu’il ne veut pas dire oui puisque ce n’est pas le cas, et qu’il n’ose pas dire non, par crainte de frustrer l’autre.
Les conséquences : Attendre après quelque chose qui n’arrive jamais, c’est frustrant. Et abandonner l’idée de pouvoir coucher avec alors que tu aurais des chances sans le savoir, c’est encore pire.
Le mieux à faire dans ce temps là : Si elle dit oui, essaye-toi, mais arrête immédiatement à partir du moment où elle hésite ou change d’idée.  Parce qu’à partir de là, ça deviendrait du harcèlement.  En fait, le mieux à faire, c’est de ne même pas lui poser la question pour commencer.  Parfois, juste le fait d’essayer de tâter le terrain de cette façon, c’est suffisant pour tout gâcher.

SITUATION 17 : Assis sur un lit, tu lui fais des minoucheries. L’autre a l’air de vraiment apprécier ça, au point d’en être quasiment en extase.
Ce qu’elle dit : Mmmm… Fais pas ça! Si tu continues, tu vas m’allumer et je risque de perdre le contrôle. J’aimerais mieux pas…
Ce que tu comprends : Qu’il/elle ne se sent peut-être pas encore prêt/e pour ça, et qu’il vaudrait mieux arrêter.
Ce qu’elle veut vraiment dire : Continue, prends l’initiative, contrôle-moi, je ne demande que ça.
La preuve : Pourquoi penses-tu que cette personne prend la peine de te dire que tu es en train de l’allumer? Alors si en plus elle se laisse faire et que tout dans son langage corporel montre qu’elle semble apprécier, tu as le feu vert pour continuer.
Les conséquences : Les conséquences d’une telle situation, lorsqu’elle est aussi nébuleuses, sont dangereuses. Aussi… :
Le mieux à faire dans ce temps là : Il fut une époque où j’aurais répondu: « Continuer tant qu’elle n’oppose pas de résistance physique. »  Cependant, ces trente dernières années, beaucoup de gens ont milité afin que tous comprennent que NON veut dire NON. La société n’a donc pas besoin de gens au comportement contreproductif qui continuent à passer l’idée comme quoi un NON puisse pouvoir dire OUI pour peu que l’on insiste.  Aussi… :

SITUATION 18 : Semblable à la précédente, mais tu décides d’arrêter, en lui disant que tu ne veux pas la forcer car tu la respecte.
Ce qu’elle dit : Ah? Ben merci, c’est gentil.
Ce que tu comprends : Qu’elle apprécie que tu ne la brusque pas, ce qui ne peut que te faire marquer des points envers elle.
Ce qu’elle veut vraiment dire : T’es idiot ou quoi? Tu ne te rends pas compte que je ne te résiste pas? T’as jamais vu ça, quelqu’un qui aime se faire désirer, pauvre imbécile?
La preuve : Il y a des gens qui ressentent de forts désirs sexuels mais qui ont de la difficulté à les assumer pour différentes raisons. Dans ce temps là, bien qu’ils vont dire non pour la forme, histoire d’apaiser leur conscience, ils ne demandent pas mieux que l’autre prenne l’initiative d’aller jusqu’au bout.
Les conséquences : La frustration peut pousser l’autre à te donner une réputation de personne trop niaiseuse pour comprendre les messages subtils qui sont « pourtant évidents » à ses propres yeux.
Le mieux à faire dans ce temps là : À moins qu’il soit établi clairement qu’un côté sera passif tandis que l’autre sera actif, le mieux à faire est d’oublier ça. Il vaut mieux passer pourstupide (ce qui est une opinion sans valeur légale) que pour agresseur sexuel (ce qui est grave et dangereux sur le plan légal).  C’est à chacun d’apprendre à être capable de s’exprimer clairement, et non au reste de la société à prendre de dangereux risques à essayer de deviner ce que veut chacun.

SITUATION 19: Tu as passé une excellente soirée avec la personne que tu désires et c’est bien parti pour une folle nuit de plaisir. Mais voila au moment de passer à l’acte, elle change d’idée.
Ce qu’elle dit: Je suis désolée mais je ne peux pas.
Ce que tu comprends: Qu’elle te veux, mais qu’elle hésite à cause d’un facteur extérieur quelconque.
Ce qu’elle veut vraiment dire:  Je suis désolée mais finalement, à bien y penser, je réalise que dans le fond je ne VEUX pas.
La preuve: Quand on veut, on peut. Le simple fait que vous vous êtes rendus jusque-là démontre que oui, elle était tentée, donc que votre nuit de plaisir était possible. …du moins, tant qu’elle était d’accord pour que ça arrive. Mais voilà, ce n’est plus le cas, pour une raison qu’elle n’osera probablement pas avouer: Déjà en couple, honte de devoir s’abaisser à n’avoir que toi à se taper, effet de l’alcool qui s’estompe, etc.
Les conséquences: De ton côté, tu vas probablement ressentir de la frustration sexuelle. Et de son côté, tout va dépendre de ta réaction. Aussi… :
Le mieux à faire dans ce temps-là: Te montrer compréhensif (pour rassurer), lui dire de ne pas s’en faire avec ça et que tu ne lui en veux pas (pour déculpabiliser), et que même si tu trouves ça dommage que ça n’aille pas plus loin (pour flatter son orgueil), tu respectes sa décision (pour lui ôter toute peur), tu as quand même passé une superbe soirée (pour rassurer), et bonne nuit (pour soulager) et à la prochaine (pour lui montrer que sans rancunes). Parce qu’exprimer de la frustration te donnerait la réputation d’un frustré, ce qui n’est jamais bon.  Et insister davantage serait, au yeux de la loi, du harcèlement. Et il n’y a pas une baise ratée au monde qui vaut ça.

SITUATION 20: Vous formez un couple depuis quelques temps.  Ces derniers jours, cette personne semble un peu distante.  Puis, elle t’annonce qu’elle veut casser « temporairement ».
Ce qu’elle dit: Je pense qu’une séparation momentanée ne peut que nous faire du bien.
Ce que tu comprends: Qu’elle veut mettre votre couple sur pause le temps de réfléchir, pour voir ce qui ne va pas entre vous et comment améliorer les choses.
Ce qu’elle veut vraiment dire:  J’ai l’oeil sur une personne bien mieux que toi, mais si on casse et que ça ne marche pas avec lui, je vais me retrouver seul(e). Et ça, je tiens à l’éviter, parce que sortir avec toi c’est quand même mieux que rien. Voilà pourquoi je cherche à te mettre au congélateur en attendant de savoir.
La preuve: Quand on veut sauver son couple, on en discute ensemble pour y réfléchir ensemble et arriver à des solutions ensemble.  Il n’y a qu’une seule raison pourquoi, en plus de vouloir y réfléchir seul, on tient à le faire dans le célibat, et c’est pour se mettre en situation de disponibilité.
Les conséquences: Ou bien ça marche pour elle et ta situation de célibat passe de temporaire à permanente, ou bien ça foire pour elle et tu acceptes d’être son second choix.
Le mieux à faire dans ce temps-là: Qui sait!?  Tu pourrais la reprendre, et elle pourrait recommencer au prochain prospect qu’elle croise.  Tout comme cet échec pourrait l’avoir résignée comme quoi elle n’a pas ce qu’il faut pour plaire à mieux que toi.  Dans le fond, ça dépend de toi, de ton orgueil, ou bien d’à quel point tu es désespéré.