Il ne suffit pas que d’être gentil.

Eh oui, encore un billet au sujet des Nice Guys / Soi-Disant Bon Gars.  En fait, ceci est la suite de mon avant-dernier billet Heureux d’être friendzoné.  Je l’écris parce que j’ai reçu deux messages privés sur la page Facebook de fans de Mes Prétentions de Sagesse.  Leurs auteurs semblaient croire que le message que je passe dans ce billet est qu’il suffit d’être gentil lorsqu’on se fait friendzoner pour que la fille change d’idée et nous dé-friendzone.  Eh bien non, les gars, c’est un peu plus compliqué que ça.  Voici tous les éléments qui ont joué en ma faveur pour faire de cette amie ma conjointe et fiancée :

1) Aucun des deux n’a essayé de plaire à l’autre.
Combien de fois ais-je vu ça, une personne qui cherche à s’adapter aux goûts et aux idées de l’autre, dans l’espoir de lui plaire en lui faisant accroire qu’ils sont semblables?  Très mauvaise idée, et ce pour quatre raisons:

  1. Si tu as à changer pour lui plaire, ça signifie que tu ne lui plais pas.  Déjà-là, ça démontre que vous n’avez même pas la base requise pour une relation amoureuse.  
  2. Ensuite, ça démontre à quel point tu es désespéré, puisque tu choisis n’importe qui, au lieu d’une personne qui t’es compatible.
  3. Tu n’as aucun amour-propre, puisque tu es prêt à nier complètement tes opinions, tes goûts, tes besoins et tout ce que tu es, afin te créer une identité complètement bidon.
  4. Agir ainsi pour la tromper sur ton compte démontre que tu es menteur, hypocrite, manipulateur…  C’est ça que tu appelles être un bon gars? 

Agir ainsi n’était pas dans notre nature, ni à elle ni à moi.  Et même si ça l’avait été, nous n’aurions pas eu besoin de tels stratagèmes parce que… 

2) Nous avons beaucoup en commun.
Nous dessinons, nous écrivons, nous aimons les bandes dessinées, les dessins animés, les objets et affiches vintage rétro, les films de Bardot, les chansons de Gainsbourg et l’Histoire en général.  Nous avons l’esprit ouvert et les mêmes convictions sur l’égalité, le féminisme, la communication, les relations interpersonnelles en société et dans le couple.  Et nous étions déjà comme ça avant de se rencontrer.  

Toute ma vie, on a essayé de me bourrer le crane avec le fallacieux concept comme quoi on n’avait pas besoin d’être semblables pour être en couple car en amour, nos différences n’ont aucune importance.  Je veux bien le croire, mais il faut quand même avoir un bon lot de trucs en commun pour ne pas que nos différences se mettent entre nous.  Parce que sinon, on ne peut pas avoir le point suivant qui est:

3) Nous sommes devenus tout naturellement amis.
C’est normal, car quand on a beaucoup en commun, alors on a beaucoup de sujet pour parler, échanger, discuter.  Et quand il y a beaucoup de communication et que celle-ci est intéressante autant pour l’un que pour l’autre, on cherche à revoir l’autre, partager des activités, faire des projets.  

Faites le test: Imaginez si la fille qui vous intéresse était un gars.  À supposer que vous n’êtes pas bisexuel, aimeriez-vous encore passer du temps en sa compagnie?  Seriez-vous amis?  Auriez-vous seulement des sujets de conversations qui vous intéressent sincèrement tous les deux?  Si la réponse est non, ça veut dire que vous n’avez aucune affinité, donc aucune amitié possible, donc aucune base pour l’amour.  Tout ce que vous voulez de cette fille, c’est une relation de couple juste pour ne pas être seul, et/ou pour avoir du sexe régulier.  Voilà pourquoi tant de garçons cessent automatiquement d’être amis dès qu’ils comprennent que ça n’ira pas plus loin.

4) Je fais quelque chose de ma vie / j’ai de l’ambition.
Il n’y a qu’à voir comment j’ai évolué au cours des six dernières années.

  • 2010: Ma carrière artistique stagne.  Comme tant d’autres dans ce milieu, je pourrais me contenter de chialer contre les injustices de la vie et du métier.  Mais je suis un homme d’action. Donc…
  • 2011: Je change de métier et je repars à zéro.  Je me trouve du travail d’homme à tout faire dans un garage de bus.  J’y apprends le ménage, une base de mécanique, la conduite de lourds véhicules.  J’accepte tous les remplacements et toutes les heures supplémentaires.  Ça démontre à mes patrons mon sérieux et ma vaillance, ils apprécient que je leur sauve la mise, et ça améliore mon budget.
  • 2012: L’expérience et la bonne réputation requise au garage me permet de devenir concierge résident dans un vieil édifice à logements.  J’y apprends la menuiserie, la plomberie, l’électricité.
  • 2014: L’expérience et la bonne réputation requise en tant que concierge me permet de devenir superviseur résident d’une tour à condos toute neuve.
  • 2015: … que je quitte pour mettre sur pied l’étape suivante de mon projet de carrière (que je ne pourrai révéler publiquement que le lendemain de mon 50e anniversaire en 2018)

Bref, je démontre que je suis fonceur, capable d’apprendre, que je sais m’adapter, que j’ai su grimper les échelons au lieu de me contenter de mon niveau, et surtout que je suis travaillant.  Les filles trouvent ça respectable et sécurisant chez un amoureux potentiel.  Leurs parents aussi.

5) Je lui ai fait savoir qu’elle m’intéressait.
Come on, les gars!  Quand on veut être en couple avec une fille, le lui faire savoir, C’EST! LA! BASE!  Je ne peux pas croire le nombre de gars qui optent pour avoir une attitude platonique et asexuée envers la fille qu’ils désirent, et qui ne font qu’attendre en espérant stupidement qu’elle tombe spontanément en amour avec eux.  Je dénonçais déjà cette attitude de loser il y a quatre ans et demi dans le billet dans lequel je massacre le fameux texte « Hommage aux Bons Gars » :

Comment est-ce que tu peux penser que ton attitude va séduire la fille? Tout le long de votre relation, tu restes à l’écart, tu ne lui démontres jamais d’intérêt à part la simple amitié, et tu l’encourages à sortir avec d’autres gars et/ou à continuer d’être en couple même si ça va mal avec son chum. Dans de telles conditions, comment est-ce que la fille pourrait imaginer que tu puisses t’intéresser à elle?

Pis toi, pendant ce temps-là, tu t’attends à ce qu’elle tombe en amour avec toi alors que tu lui donnes zéro raisons pour que ça puisse arriver.  Tu penses que c’est elle qui devrait, de son propre chef, faire l’effort de s’intéresser à toi,  d’aller vers toi, de te découvrir… Il faudrait que ce soit elle qui prenne toutes les décisions en ce qui vous concerne. Tu exiges que ce soit elle qui t’appelle, qui te sorte, qui te drague, qui te baise et qui te demande d’être son chum, tout ça parce que tu es trop passif pour lui offrir le moindre signe d’intérêt alors que c’est pourtant toi qui est en amour avec elle.

Non mais sérieusement, tu te prends pour qui? Aucune fille n’agirait comme ça, à part peut-être envers le gars le plus beau, le plus athlétique et le plus winner qui soit.  Et toi qui n’est rien de tout ça, tu espères un tel traitement de sa part? Tu dérailles!

6) J’ai compris et respecté son refus.
J’ai essayé.  J’ai failli.  Soit!  On n’en meurt pas.  Au moins, j’étais fixé.  Et l’important, c’est que nous sommes toujours restés amis après ça.  Car comme je l’ai écrit dans Heureux d’être friendzoné, nous avions tellement de choses en commun, je passais tellement de bons moments en sa compagnie, jamais je n’aurais voulu cesser de la fréquenter.  Voilà pourquoi j’étais sincèrement heureux d’être encore son ami.  

7) La relation n’est pas devenue pénible.
Il arrive trop souvent que le gars qui essuie un refus réagit en prenant ses distances, en étant moins amical, en étant moins joyeux.  Pas moi!  Suite à son refus, notre relation amicale n’a nullement perdue de notre belle complicité pré-déclaration.  Rien n’avait changé.  Et ça, si ça n’avait pas été le cas, jamais elle n’aurait développé des sentiments amoureux pour moi par la suite.

ATTENTION: N’allez pas croire que les sept points précédents garantissent qu’une fille qui vous friendzone va automatiquement vous dé-friendzoner.
Parce que, croyez-le ou non, il arrive des fois que la fille ne soit nullement attirée amoureusement et/ou sexuellement par un gars, même s’ils sont tous les deux célibataires et hétéros.  Et rien au monde ne pourra la faire changer d’idée, puisque ce n’est pas une question de choix volontaire mais bien d’attirance naturelle. 

Exemple concret: Je parle souvent ici de mon amie, ma BFF, Stéphanie.  Ça fait treize ans cette année que nous nous fréquentons.  Avec elle aussi, nous avons les trois premiers points, qui sont:  

  1. Aucun des deux n’a essayé de plaire à l’autre.
  2. Nous avons beaucoup de choses en commun.
  3. nous sommes tout naturellement devenus amis.

Mais voilà, à part ça, nous n’avons jamais été attirés l’un envers l’autre. Ironiquement, depuis le tout début, tout ceux qui nous voient ensemble pour la première fois s’imaginent que nous formons un couple.  Pourtant, rien dans notre attitude le démontre.  On ne se touche pas, on ne se dit pas des mots doux, on n’échange même pas des regards complices.  Nous sommes pareils que deux amis du même sexe et hétéros.  En tout cas, si nos points commun et notre amitié font automatiquement croire aux autres que nous sommes amoureux, ça prouve bien qu’une relation amoureuse doit avoir à la base les points communs et l’amitié.  Voilà pourquoi ça fait dix ans qu’on leur répond que nous sommes frère et soeur.  Parce que oui, étrangement, les gens ont plus de facilité à croire à ça, plutôt qu’en une amitié platonique entre homme et femme hétéros.

Ma fiancée, par contre, avait en elle le potentiel d’être attirée par moi.  Je le répète: Ça aurait pu ne jamais arriver.  Mais ça l’a fait.   Et au moment où elle s’est déclarée…

8) Je n’ai pas joué à Suis-moi je te fuis, fuis-moi je te suis.
Sérieux, là, pourquoi aurais-je fait ça?  Par vengeance? Pour lui donner une leçon?  Pour la faire passer pour une folle qui ne sait pas ce qu’elle veut?  Parce que mon orgueil est plus grand que mes sentiments pour elle?  Non!  Quand on aime sincèrement quelqu’un, jouer à ça ne nous vient même pas en tête car on n’a aucun orgueil mal placé, aucun désir de se vengeance, aucune envie de lui faire la leçon, aucun besoin de la rabaisser.  Et surtout pas au moment où elle éprouve enfin pour nous l’amour que l’on espérait avoir de sa part.

Donc, non, il ne suffit pas que d’être gentil.  Ça aide, mais il n’y a pas que ça.  

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Y’A LIENS LÀ:

Le billet Heureux d’être friendzoné.
Le billet Le fameux « Hommage aux Bons Gars » … Et ce que j’en dis.
Autres billets au sujet des Nice Guys / Soi-Disant Bon Gars.

Avez-vous des questions?  Des commentaires?  Venez en discuter ici, ou bien sur Mes Prétentions de Sagesse sur Facebook.

 

 

Heureux d’être friendzoné.

Mai 2013.  Je suis à un party entre amis.  Je suis célibataire.  J’ai bien une amante, mais elle a refusé de m’accompagner.  Elle a une espèce d’allergie aux situations dans lesquelles on pourrait nous prendre pour un couple officiel.  Bizarre, mais bon, si c’est ce qu’elle préfère, je respecte ça.  

Arrive une demoiselle que l’on me présente.   Il s’agit d’une gamine de 24 ans.  Un peu timide, elle me dit:

« Allo! Euh… Je lis ton blog! »

Elle est un jour tombée sur Mes Prétentions de Sagesse en suivant un lien sur le Facebook d’un ami commun.  Elle aime beaucoup mes billets qui lui font dire « Enfin un gars qui dit les vraies choses! » Au début, on ne fait que s’échanger quelques mots.  Pas trop, car elle a aussi à socialiser avec tous ceux qu’elle connait dans la place.  

Tout le long de la soirée, on se jase sporadiquement, s’échangeant quelques mots pour ensuite jaser avec d’autres.  Je la trouve bien gentille et agréable.  Lors de nos plus longues conversations, j’apprends qu’elle est illustratrice, chroniqueuse pour un blog de mode, et parfois mannequin.  Elle me dit qu’elle aimerait bien faire de la BD, il lui faudrait juste un scénariste.  Je ne saute pas tout de suite sur l’opportunité de proposer mes services.  Ce n’est pas la première fois que je m’associe avec des amateurs, pour me rendre compte ensuite qu’ils n’étaient pas sérieux.  Alors avant de perdre mon temps, je préfère apprendre à connaitre la personne.  En attendant, plus je vois que nous avons des choses en commun et plus j’en suis charmé.

En me parlant de ses expériences de scène, elle me raconte une fois où elle a chanté comme Bardot les onomatopées de la chanson Comic Strip de Serge Gainsbourg tandis qu’un de ses amis chantait le reste. Et voilà qu’elle me parle de ses compositions favorites de Gainsbourg, dont quelques une que je ne connaissais pas.  Je suis surpris.  J’ai 44 ans, je suis fan de cet artiste depuis 1988, et jamais je n’ai trouvé quelqu’un de ma génération pour qui c’était le cas.  Je ne m’attendais certainement pas à en rencontrer une de vingt ans ma cadette.  

À la fin de la soirée, je songe à un truc que je ne fais jamais d’habitude, soit la demander en contact Facebook.  Elle me bat de vitesse en me le demandant en premier. 

Dans le métro, sur le chemin du retour, seul en compagnie de ma BFF Stéphanie, je dis à cette dernière:

« Tu sais quoi?  C’est une fille comme ÇA, que je veux dans ma vie.  Artiste, fonceuse, positive, qui prend soin d’elle, sans complexes…  À l’âge que je suis rendu, je n’ai plus envie de faire des compromis.  Dès que j’arrive à la maison, j’écris à mon amante pour lui dire que c’est fini. »
« Sérieux? »
« Totalement! Je suis tanné de me contenter de relations dont la qualité ne vont que de médiocres à passables.   Au stade où j’en suis dans ma vie, je trouve l’idée du célibat éternel plus attrayante que de continuer de sortir avec des filles avec qui je n’ai rien en commun. »
« Wow! T’es déterminé! »
« Absolument. Je retrouve en elle tout ce que j’ai toujours cherché chez une fille.  Ce sera ou bien elle, ou alors une fille dans son genre s’il en existe d’autres, ou bien personne. »

Si Stéphanie a approuvé, elle n’en était pas moins surprise du côté radical de ma décision.  Et moi donc, pensez-vous.  Jamais, depuis mon adolescence, je n’avais ressenti un tel coup de foudre.  Quoique, coup de foudre était-il le bon terme?  Voilà au moins vingt ans que je suis guéri de ma dépendance affective.  Je ne suis donc plus du genre à tomber amoureux en un claquement de doigts, surtout d’une gamine que je ne connaissais même pas il y a cinq heures.  Donc non, ce n’est pas pas être tombé amoureux.  C’est seulement être tombé sur mon idéal féminin, voilà tout.  En fait, c’est surtout apprendre que cet idéal existait.

Arrivé chez moi, un message m’attend sur Facebook.  C’est cette gamine que je viens de rencontrer.  Ça ne fait que renforcer ma décision de terminer ma relation avec mon amante, ce que je fais avec un message privé.  Je lui offre l’opportunité d’aller la voir une dernière fois afin de lui expliquer ma décision en personne, mais elle préfère me bloquer et couper tout contact.  Bizarre, mais bon, si c’est ce qu’elle préfère, je respecte ça.  

J’échange plusieurs messages par jour avec ma nouvelle amie.  Puis, dans un statut Facebook, elle demande si quelqu’un aurait des cadres à lui refiler pour ses sérigraphies.  Quelle coïncidence, voilà depuis 1995 que j’achête des magazines des années 40-50-60 pour en encadrer de vieilles pubs.  Je lui propose quelques cadres qui ne me servent pas.  Et voilà comment elle vient chez moi pour la première fois.  Ce ne sera pas la dernière.

Plus on passe de temps ensemble, plus on se trouve des choses en commun.  On parle, on échange, on rit, on a du plaisir.  On commence à planifier un webcomic.  Il n’y a jamais de temps mort dans nos conversations, jamais de moment ennuyants.  C’est toujours avec surprise qu’on se rend compte, le soir venu, à quel point le temps a passé vite.

Quinze jours après notre première rencontre, je décide qu’il faut que je passe à l’attaque.  Cette fille me plaît de plus en plus.  Or, comme je l’ai déjà expliqué dans je ne sais plus trop quel billet, j’ai constaté à maintes reprises par le passé qu’au début d’une relation amicale entre deux personnes hétéro de sexe opposé, il y a une période d’ambiguité qui dure trois semaines.  Vingt et un jours dans lesquels on ne sais pas trop si on est ou non attiré et/ou attirant.  C’est le bon moment de prendre une chance tandis que l’autre a encore l’esprit ouvert à ton sujet à cause du charme de la nouveauté.  Parce que sinon, une fois passé ce délais, le charme s’estompe, l’autre croit que tu n’est pas intéressé, elle a eu le temps de s’habituer à ce que votre relation ne soit que platonique, son intérêt se perd, et tu entres dans la friendzone.  

La suite?  Cette conversation FB que j’ai eue avec une amie de longue date explique la chose en détail:

Steve Requin
Elle est venue chez moi hier

Jenny Colorado
Alors?  Tu t’es essayé ou bien t’as pas osé comme une épave amorphe?

Steve Requin
Après avoir passé une très bonne soirée, je voyais bien le temps passer, minuit approchait, et elle qui continuait à jaser joyeusement.  Je me suis dit qu’elle essaye peut-être de me faire le coup du « Oops, j’ai manqué le dernier bus, faut kj’passe la nuite icite ».  Je me trompais. À un moment donné, elle demande l’heure, elle constate avec surprise qu’il est presque minuit.  Elle essaye de voir les horaires de bus sur son iPhone mais ici je n’ai pas internet sans fil

Elle dépose son iPhone a côté d’elle.  Je me dis alors que c’est maintenant ou jamais.  Je viens pour m’assoir à côté d’elle pour l’embrasser, mais je dois d’abord prendre son iPhone pour ne pas m’assoir dessus.

Je trouve ça un peu difficile de faire des avances. D’habitude, j’ai des amantes.  On sait qu’on s’est rencontrés dans un possible but sexuel.  Mais ici, c’est différent.  Démontrer mon attirance profonde à une fille avec qui je n’étais qu’ami jusque-là, c’est une toute autre chose.  Je ne peux m’empêcher de baisser un peu la tête sur son iPhone que je tiens, en disant « hm… chuis pas très bon avec ces affaires-là ».  Je parlais de mon idée de tenter de l’approcher pour l’embrasser.

Je me retourne vers elle, je m’en rapproche… Et elle a un mouvement de recul.  J’improvise aussitôt en regardant son iPhone que j’avais toujours en main: « Non, j’vois pas comment ca marche, je vais consulter les horaires de bus sur mon ordi. »

Ce que je fis.

Donc, si elle croit vraiment que j’essayais de voir l’horaire de bus sur son iPhone, elle pensera avoir peut-être mal compris mon geste de rapprochement

Quant à moi, j’ai compris le message comme quoi elle ne me désire pas.  Et en même temps mon honneur est sauf, puisque c’est comme si je n’avais pas essayé

Qui sait, peut-être a t’elle vraiment compris, mais fait semblant de rien pour ne pas mettre du malaise.

En tout cas, le timing était pourtant parfait, et tout dans son langage corporel me montrait que j’avais le feu vert. Donc, si elle m’avait trouvé attirant, ça aurait marché. Fa que, ben coudonc, j’aurai essayé.

Jenny Colorado
Aww. *calin*

Steve Requin
Merci.

Dommage!  Ça faisait longtemps que je n’avais pas ressenti une forte attirance pour quelqu’un. Mais bon, un petit haussement d’épaules, me dire « Oh well! », et apprécier la relation telle qu’elle est. Ça ne va pas me demander grand effort, on s’entend super bien.

 

Le lendemain, la conversation continue:

Jenny Colorado
J’ai vu que tu as fait un dessin montrant que tu es sorti en gang et qu’elle y était aussi.  Tu l’as vue hier soir? C’était cool?

Steve Requin
Oui, y’a eu zéro malaise, elle revient même mardi

Hier on a eu ben du fun, on a ri, et on dérangeait tout l’monde à se chanter des duos Gainbourg-Bardot.

Jenny Colorado 
Ahah good!

Steve Requin
Toujours est-il que rien n’est changé entre nous, on a toujours autant de fun et on aime toujours passer full de temps ensemble

Jenny Colorado
Bon ben en tout cas, si elle veut te revoir, C’EST QUE TU L’ÉCOEURES PAS!

Le soir venu, après qu’elle soit venue chez moi et repartie chez elle, je continue mon compte-rendu:

Steve Requin
Bon ben là, ELLE SAIT TOUT.  Je ne serai jamais son chum, mais c’est pas grave, parce que ça nous a full rapproché, pis chus épouvantablement heureux.

Fallait j’te l’dise .

Jenny Colorado
Ah oui?
T’es épouvantablement heureux de te faire friendzoner d’aussi proche par une fille qui t’intéresse?

Steve Requin
Hum…
Tu sais quoi?
OUI 😀

Steve Requin
Autant, quand j’étais jeune et pas beau et dans ma période « soi-disant bon gars », je frustrais que des filles disent « Je ne veux pas sortir avec toi, je ne veux pas prendre le risque de gâcher notre amitié » parce que je considérais que c’était une excuse bullshit, autant aujourd’hui j’ai VRAIMENT peur de gâcher l’amitié si j’exprime une attirance qui ne sera pas partagée. Parce que je m’entend super bien avec elle et qu’on a une tonne de trucs en commun. Voilà pourquoi je suis aussi content qu’elle l’ait pris aussi bien. Ça nous a amené à nous dire tout ce qu’on pensait l’un de l’autre, fa que voilà pkoi je dis que ça nous a rapproché, pis que chuis super content que l’on va continuer de se voir en ami et d’avoir du fun comme avant.

Steve Requin
Et anyway, même si je n’en fait pas mon but dans la vie (contrairement à beaucoup de Bon Gars), je garde espoir qu’elle craquera pour moi un jour. C’est parce que le Bon Gars va essayer de se conformer à la fille en tout points, tandis que nous, avant même de se rencontrer, on aimait Gainsbourg, on faisait du dessin, on expérimentait des recettes non-conformistes (Elle fait une délicieuse limonade aux concombres), on aimait les objets et trucs vintage, on collectionnait de la BD, on passait des heures dans les bibliothèques à lire n’importe quoi… Même si je ne deviens jamais son amoureux et son amant, comment puis-je me passer d’une fille comme ça?

Steve Requin
Être intime avec aurait été la cerise su’l’sundae. Tandis que là, j’ai quand même le sundae complet. Je n’ai pas à me plaindre. 

Jenny Colorado
Je peux comprendre ça!

Le temps passe, on continue de se fréquenter en ami seulement et tout va bien.  Malgré que je m’étais résigné à n’être qu’un ami pour elle, je ne peux pas honnêtement appeler ça de la résignation.   Être résigné, ça sonne comme s’obliger à accepter une sitation désagréable.  Mais notre relation n’a rien de désagréable, bien au contraire.  C’est sûr que je trouvais dommage qu’elle ne serait jamais mienne.  Malgré tout, être en sa compagnie ne me torturait nullement.  Nous devenions de plus en plus complice.

24 juin 2013, jour de la Saint-Jean Baptiste.  Je fais un petit party chez moi.  Je constate que Flavie me tient bien plus compagnie que les autres fois où nous étions en groupe.  Une semaine plus tard, elle revient chez moi et…

Steve Requin
… Et ça a l’air que ça fait une semaine, soit depuis le party de la St-Jean qu’elle est sûre de ses sentiments pour moi.  Elle a décidé de se déclarer.

Elle se doutait bien que je ne comprendrais jamais les signes si elle la jouait subtilement avec moi.  Parce qu’à partir du moment où on me friendzone, je me le tiens pour dit.

Jenny Colorado 
Ça c’est awesome. Elle a de l’estime pour toi.

Steve Requin
Fa que, elle a commencé par me dire « J’ai rencontré un gars avec qui je suis tombé en amour. On se voit souvent et je n’arrête pas de penser à lui »

Et moi, le cave, quand j’entends ça, je pense: « Eh bout d’barnak!  Elle vient d’en rencontrer un autre! Ça a bien l’air qu’elle et moi, ça n’arrivera jamais! »

Jenny Colorado 
AHAHAH GNIOCHON!!!!11!!!!

Steve Requin
Mais là, plus elle récite son histoire et plus j’ai des doutes…  Elle dit « Un gars que j’ai rencontré il y a un mois dans un party »…  « On se voit 2-3 fois par semaine » …  « On a plein de projets artistiques » …  Plus elle en rajoute, plus je vois que ça correspond avec moi.

Mais là, tout le monde sait que quand un gars est mis dans la friendzone, il n’en ressort plus jamais. Alors je n’arrive pas à y croire.

Finalement, incapable d’endurer le suspense, je lui demande « C’est de moi que tu parles? ».  Tu peux pas imaginer à quel point j’avais peur du ridicule si je me trompais.  Mais après 2-3 secondes de pause, elle a dit « Oui, Steve.  Je t’aime! »

Jenny Colorado 
Et elle t’aimait encore, même alors que tu lui paradais ta gnochonnerie. How fucking cute!

Steve Requin
Sa nervosité était due au fait qu’elle avait peur d’essuyer un revers, sous forme de moi qui frustre en lui disant : « Pfff, trop tard, le moment est passé! »

Jenny Colorado 
ou « Foutez-moi la paix, toi et ta jeune poitrine fraiche! »

Steve Requin
Moi, lui dire ça?  PAS FOU, NON!!!

Et c’est ainsi que nous sommes devenus un couple.  Et une des choses qui y a contribué, c’est que je n’ai pas réagi comme le font trop souvent les gars qui se font friendzoner:

  • Ils frustrent!  
  • Ils dépriment!  
  • Ils boudent!
  • Ils se victimisent!
  • Ils insistent!
  • Ils tentent de la culpabiliser.
  • Ils s’éloignent en disant que ça leur ferait trop mal, de ne voir que comme amie celle dont ils sont amoureux.
  • Ils disent « Être amis? Pourquoi faire? Des amis, j’en ai déjà! »
  • « C’est pas une amie que je cherche, c’est une amoureuse. »

Sérieux là, comment est-ce qu’on peut prétendre être amoureux d’une personne si on n’est même pas capable d’être son ami?  Ça n’a pas de sens!

Je ne dis pas que c’est le fait que j’étais heureux d’être friendzoné qui l’a rendue amoureuse de moi.  Par contre, si j’avais réagi en frustré, jamais elle n’aurait développé de sentiments amoureux envers moi.  C’est parce qu’en étant heureux d’être son ami, je lui ai montré que l’affection que je lui portais était sincère.  Et ça, même si la relation ne dépasse jamais le stade de l’amitié, c’est la base de toute bonne relation.

Et vous savez quoi?  Je suis encore plus heureux qu’elle n’ait pas cédé à mes avances tandis que j’étais encore dans la période charme de la nouveauté.  Parce qu’en profitant d’un moment dans lequel elle n’était pas certaine de ses sentiments envers moi, je n’aurais jamais su si elle m’aimait vraiment ou si je l’avais manipulée à le croire.  Tandis que là, en tombant en amour avec moi alors que j’étais ami seulement, nous sommes tous les deux certains que ses sentiments sont réels.

Raison de plus pour être heureux d’avoir été friendzoné.

Regarder derrière soi pour mieux aller de l’avant

Dans ta vie, il vient des moments dans lesquels continuer d’avancer devient trop pénible. Dans ce temps-là, les gens qui t’entourent te disent que tu ne dois surtout pas t’arrêter et encore moins regarder derrière toi. Eh bien moi, au contraire, je te dis: Arrête-toi un instant, retourne-toi, et prends le temps de contempler le chemin que tu as parcouru jusqu’à maintenant. Je te garantis que ta première impression sera la surprise de voir que tu as pu traverser tout ça. N’oublie jamais qu’avant d’être derrière toi, ce chemin a d’abord été devant toi. Inspire-toi de ce fait et réalise que si tu as eu la force de passer à travers ce parcours, c’est que tu as en toi celle requise pour affronter celui qui s’en vient. Fier de tes accomplissements, confiants de tes capacités, tu peux maintenant reprendre la route.

Ce texte m’est venu en tête alors que je l’ai vécu littéralement il y a quatre ans et demi. À l’époque, je m’entrainais à la course à pied car je planifiais participer au marathon de Montréal l’année suivante.  Nous étions au lendemain d’une tempête de neige dont les accumulations encore non-déblayées m’empêchaient de courir. J’ai donc décidé de marcher à allure forcée dans la neige qui, selon l’endroit, m’arrivait au mi-tibia ou à la mi-cuisse.  Ça renforce les muscles et brûle les calories, ce n’est donc pas du temps perdu. C’est en arrêtant, à bout de souffle et bien à contre-coeur, que ça m’est venu en tête. Comme la majorité des réflexions qui me viennent lors de mon entrainement, j’ai réalisé que ça pouvait s’appliquer à plusieurs différents aspects de la vie.

N’IMPORTE QUOI: Quelques réflexions en vrac.

Il y a des gens qui disent que Mes prétentions de Sagesse, c’est n’importe quoi.  Pourquoi s’obstiner alors qu’il est plus amusant de leur donner raison?  Voici donc une collection de réflexions de mon cru qui n’avaient pas nécessairement la pertinence requise pour faire le 7e billet de ma série Ma philosophie.

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Il devrait y avoir une loi contre les gens qui s’expriment juste assez pour passer un message en sous-entendu tout en restant assez flou pour pouvoir le nier ensuite.

Tout le monde préfère la force brute à l’intelligence. La preuve: Dans les séries de fictions, si le grade du personnage est Capitaine, alors c’est un héros.  par contre, s’il est Docteur, c’est un méchant. Et même chez ceux qui sont bons, au moins 50% ont une personnalité désagréable.

Les gens sont tellement déficients de l’orthographe ces temps-ci que quand j’écris un jeu de mots, ils ne s’en rendent pas toujours compte.

Mieux vaut mettre de l’effort et se retrouver avec rien au bout du compte que de s’en abstenir et avoir moins que rien.

Lorsque les signes démontrent que quelqu’un pourrait avoir commis un geste répréhensible, demande-lui s’il l’a vraiment fait. S’il attaque l’accusation avec des arguments, il est probablement innocent. S’il t’attaque toi en te traitant de parano, d’amer ou de malade mental, il est fort probablement coupable. Surtout s’il le fait publiquement.

Un grand sage a un jour écrit « Gd kg ifdejypoj mdgr djst kg oxmptlk ». N’eut été de sa dyslexie, l’histoire aurait peut-être retenu son nom.

Manger du yogourt avec une louche m’a appris quelque chose à mon propre sujet aujourd’hui: Il n’y a que sur mon blog que j’ai une grande gueule!

Les siestes, c’est ennuyant. J’ai essayé. J’ai dormi tout le long.

Celui qui va apporter des explications logiques pour exprimer son désaccord va appeler ça « Apporter un point de vue différent dans une discussion. » Celui qui va dire n’importe quoi juste pour contrarier va appeler ça « Exercer sa liberté d’expression. » Le premier est pertinent. Le second, une perte de temps.

Quand tu écris un polar et que l’un de tes personnage s’appelle Saddam Ben Hitler, ça enlève quelque peu le suspense à trouver le coupable.

Lorsqu’un couple t’annonce fièrement qu’ils attendent un enfant, il n’est pas de bon ton de les regarder de la tête au pieds en disant « Le pauvre, il va être laid en tabarnak! »

Toute personne possède en elle au moins une grande vertu. Hélas, chez les gens de mauvaise foi, c’est la persévérance.

Je n’ai jamais compris la logique derrière le fait de provoquer quelqu’un, pour ensuite se moquer du fait qu’il serait supposément susceptible.  Si tu cherches à faire fâcher autrui, ça démontre juste que tu as une personnalité désagréable. En quoi est-ce que tu devrais être fier de ça?

99% des fois où quelqu’un commence sa réponse « Alors, si je comprends bien… », le reste de sa phrase démontre qu’il n’a rien compris. Généralement en faisant exprès.

 Quand je regarde les gens avoir honte de leur photos et agissements d’il y a 10 ans et plus, je m’amuse à penser que je suis le témoin actuel de tout ce qui leur fera honte en 2025.

Apple, c’est pomme.  Pine, c’est pin.  Alors pourquoi est-ce que pineapple  c’est ananas au lieu d’être pomme de pin?  FOQUIGNE BLOKES!!!

Il a travaillé très fort afin de devenir le genre d’individu dont personne n’apprécie la présence, alors laissons-le savourer en paix les fruits de son labeur.

J’ai commencé à me méfier des gens qui prétendaient vouloir mon bien quand je me suis rendu compte que « mon bien », c’est une autre façon de dire « ce que je possède ».

Truc dont la société aurait dû se débarrasser il y a longtemps, #8624: Les cartes de fête humoristiques plus insultante que drôle, qui se conclut par les mots « Bonne fête quand même! »

Recevoir un appel à l’aide, c’est comme recevoir une pièce de puzzle: Si on n’en fait rien, ce n’est pas nécessairement parce qu’on a choisi de l’ignorer. C’est trop souvent parce qu’on ne sait pas quoi en faire.

Il ne faut jamais cesser d’avoir des buts, sinon on finit par se faire imposer les buts des autres.

Détruire les murs qui nous empêchent d’avancer, ce n’est que la moitié du travail. L’autre moitié, c’est d’éviter de se laisser arrêter par les murs des autres.

Certains des gestes les plus stupides commencent par la question « Est-ce que c’est solide ça? »

Sans y mettre une touche de réalisme, rien ne distingue l’espoir de la fantaisie.

Phénomène étrange chez beaucoup de soi-disant créateurs: Plus une personne a peur qu’on lui vole ses idées, moins elle démontre être capable de pouvoir en produire. Pouvoir se renouveler, passer aisément d’un sujet à l’autre, avoir la capacité de s’adapter, c’est ce qui fait la différence entre un vrai créateur et un poseur qui s’accroche à sa seule et unique idée qu’il croit bonne.

Dans vos textes, arrêtez donc de remplacer la ponctuation par des LOL. Surtout quand c’est une question. Et encore plus quand c’est pour demander quelque chose d’aussi banal que la température du jour, chose que personne ne trouverait drôle même en fumant un hectare de marijuana.

Tu achètes une cannette de Coke dans une distributrice, c’est $2.50.  Tu achètes un litre de Coke au dépanneur, c’est $2.50.  Tu achètes 2 litres de Coke au marché d’alimentation, c’est 99¢.  On s’fait fourrer en kek’part.

Fantasme -VS- Réalité: Le ménage à trois (4e partie)

AVERTISSEMENT: Ce chapitre contient quelques scènes de sexe, qui sont beaucoup moins choquantes que les jugements de valeur que j’y émets contre certaines femmes.  Mais bon, j’étais jeune et intolérant.  Méa coupabl’.

Chapitre 4: L’EFFET DOMINO

Tamara entre dans la chambre avec son téléphone sans fil qu’elle repose sur son socle.

JULIE: Pis?
TAMARA: Bah, comme d’habitude. A braille, a dit qu’a l’a changé. Pis tu vois, tout à l’heure, elle m’appelait pour me dire qu’elle avait des preuves comme quoi je l’avais déjà trompée, fa que…

Je ne peux pas croire qu’elle la laisse nous déranger sans arrêt alors que la solution est pourtant si simple:

MOI: Y’a rien qui t’oblige à lui répondre. T’as rien qu’à éteindre la sonnerie.
TAMARA: T’es tu malade? Des plans pour qu’à retontisse icite.
MOI: Pis la police, elle sert à rien?
TAMARA: C’pas ça. Paquetée comme qu’elle est, si a pogne un accident, j’m’en voudrai toute ma vie.

Elle va s’en vouloir qu’une ivrogne abusive harceleuse violente n’ait que ce qu’elle mérite? Non mais qu’est-ce que c’est que cette espèce de connasse qui s’écrase devant quelqu’un qui lui fait du trouble, mais qui n’arrête pas de m’attaquer et de m’insulter moi qui ne lui ai jamais montré autre chose que du respect? J’en ai un peu ras le bol de servir de punching bag à ceux et celles qui ont besoin de remonter leur estime de soi en frappant sur les gens inoffensifs, juste parce qu’ils sont trop lâches pour se tenir debout devant ceux qui les abusent. Coudonc, qu’est-ce qui est arrivé à la notion de courage, du devoir et de la justice, telle que l’on m’a appris quand j’étais petit? Tamara est pourtant une fille de ma génération. J’peux pas croire qu’elle se trouve correcte d’agir ainsi. Elle ne voit pas que tant et aussi longtemps que l’on cède aux abuseurs, on ne va jamais cesser d’être abusés? Ça me dépasse!

Mais bon, je ne vais quand même pas lui dire ça. Ce serait l’insulter sous son propre toit, chose qui ne se fait pas. Sans compter que ça mettrait fin au trip à trois avant même que j’ai eu le temps de jouir une seule fois. Je me ferme donc la yeule, à part pour dire:

MOI: M’ouin, t’as raison. Tk, avec un peu de chance, elle ne rappellera pu, là.

Il y aura eu au moins ça de positif, ces appels ont changé le sujet, ce qui fait que Tamara n’insiste plus au sujet de la stimulation prostatique. Surtout que, n’ayant jamais entendu parler de ça avant, je ne vois vraiment pas pourquoi quelqu’un voudrait se faire toucher là pendant l’acte sexuel. Pourquoi pas le pancréas ou la trompe d’Eustache, tant qu’à y être?

Tamara vient rejoindre Julie et rapproche son visage de mon pénis qui a miraculeusement conservé son érection malgré l’atmosphère qui dégage autant d’érotisme qu’une poignée de clous dans un blender. Je vais au moins vivre le fun de me faire sucer par deux filles en même temps. Je suppose que ce serait trop leur demander de se frencher en même temps et de se partager ma décharge quand elle va arriver. Je me compte déjà chanceux que le trip continue malgré toutes ces interruptions. Julie commence à me sucer tandis que Tamara pose sa main sous mon scrotum qu’elle commence à doucement remuer.

Lorsque le téléphone sonne de nouveau, dix minutes plus tard, Julie me pipait toujours tandis que Tamara me gigotait toujours le sachet couillon. Elle me lâche, se lève, prend le téléphone et ressort de la pièce.  La situation est tellement chiante qu’elle déteint sur moi, me rendant tout aussi chiant:

MOI: C’est ça qu’elle appelle sucer un gars à deux filles? Se contenter de me brasser les gorlos? Que c’est qu’à l’essaye de faire? Du milk-shake?
JULIE: Ben là, comprends-la un peu. Elle doit pas avoir ben ben la tête à ça, avec Nathalie qui la harcèle.
MOI: Quand j’pense que moi j’l’ai mangée pendant un bon quart d’heure. Pis ‘est même pas venue en plus. D’ailleurs, parlant de ça, y’a un affaire que j’ai ben de la misère à comprendre.
JULIE: Quoi?
MOI: Chus pas un psy, mais il est évident, depuis que je la connais, qu’elle n’est pas à l’aise dans sa sexualité. Avec elle, tout est toujours une question de forçage, d’obligations. Comment est-ce que quelqu’un qui a été si souvent abusée sexuellement peut baiser volontairement aussi souvent et de toutes les façons possibles avec autant de monde que ça, et ce des deux sexes?
JULIE: C’est normal. Quand le monde savent que t’aime le sexe sous toutes ses formes, alors personne ne peut utiliser la sexualité pour te faire du mal.

Cette réponse me laisse un peu perplexe. Si elle est en train de dire que pour Tamara, la seule façon de survivre aux abus, c’est de se forcer à apprendre à aimer les abus, je ne suis pas sûr si je veux poursuivre la discussion plus loin. Faire accroire mensongèrement à notre agresseur qu’il ne nous a pas fait de mal, ça ne peut avoir que deux conséquences:

  • Lui mettre dans la tête que ce qu’il a fait est acceptable, ce qui ne peut que l’encourager à recommencer, avec toi où avec d’autres.
  • Ou bien le frustrer et le forcer à aller encore plus loin dans son désir de t’écraser.

Dans un cas comme dans l’autre, c’est inacceptable. Mais bon, j’ai assez de mes propres combats, je ne me battrai pas pour ceux des autres. Si pour survivre elle a besoin se faire accroire qu’elle est heureuse dans sa vie de victime consentante, ce sont ses affaires à elle. Mais qu’elle n’essaye plus de s’en défouler sur moi.  Parce que là, ça devient mes affaires.

Tamara rentre dans la pièce et repose le téléphone sur son socle.

TAMARA: Elle devrait pu rappeler. Je lui ai fait le coup du téléphone qui signale qu’il est déchargé. J’y ai dit que ça va être normal si à partir de maintenant si c’est le répondeur de Bell.
JULIE: Tant mieux!
MOI: Parfait!

Bon, enfin! Plus rien ne va se mettre entre moi et ma nuit de trip à trois. Je pense que je vais juste cesser de me casser la tête et en profiter au max. D’abord, je vais mettre un condom et baiser Tamara à quatre pattes tandis qu’elle repasse le coco à Julie. Puis, quand j’aurai joui, je vais changer de condom et prendre Julie en missionnaire. Dès que je serai re-venu., je re-change de condom et de partenaire, et ainsi de suite, jusqu’à épuisement total. Ça va faire, le niaisage.

Le téléphone sonne. J’ai un petit sourire de satisfaction en sachant que Tamara ne va pas répondre. La face me tombe quand au contraire elle décroche et répond. Je ne peux m’empêcher de marmonner:

MOI: C’est ça qu’elle appelle laisser le répondeur répondre!?
JULIE: Chut!

Tamara se retourne vers moi.

TAMARA: T’en a encore pour combien de temps avant d’avoir fini?
MOI: Hein?
TAMARA: Ton trip à trois. Tu l’finis quand?
MOI: Euh… Ben, j’sais pas, moi… Dans une heure?

Tamara retourne à son appel.

TAMARA: Dans une heure, ça te va-tu? Ok? Parfait, à tantôt!

Elle raccroche.

JULIE: C’est qui?
TAMARA: C’est Sébastien, le gars que j’ai cancellé hier pour fourrer avec Justin. Il voulait absolument me voir le plus vite possible, fa que je lui ai dit de rappeler à soir à minuit.

Je regarde le radio-réveil.  Tiens, en effet, il est déjà minuit. À cause de cette stupide Nathalie qui l’appelle depuis dix heures, et Tamara qui n’est pas plus bright de lui répondre, ça fait deux heures que j’essaye en vain de le commencer, l’estie de trip à trois qu’on m’avait promis.

TAMARA: Fa que j’viens d’y dire d’arriver dans une heure, quand t’auras fini.

Hostie! J’la crois pas, celle-là! Je réalise tout à coup l’effet domino qui a pris le contrôle de mon weekend:

  • Parce que Tamara a insisté pour me faire dire que je suis bi, j’ai insisté que non.
  • Parce que j’ai insisté que non, je l’ai mise mal à l’aise envers moi.
  • Parce que je l’ai mise mal à l’aise envers moi, elle n’a pas voulu de moi vendredi.
  • Parce qu’elle n’a pas voulu de moi vendredi, j’ai dormi au salon.
  • Parce que j’ai dormi au salon, je me suis fait réveiller tôt.
  • Parce que je me suis fait réveiller tôt, j’ai dormi pendant l’après-midi.
  • Parce que j’ai dormi pendant l’après-midi, elles sont allées faire l’épicerie au lieu de m’y envoyer comme la dernière fois.
  • Parce qu’elles sont allées faire l’épicerie, elles y ont rencontré Justin.
  • Parce qu’elles ont rencontré Justin, Tamara a cancellé Sébastien hier.
  • Parce que Tamara a cancellé Sébastien hier, il vient la voir aujourd’hui.
  • Parce qu’il vient la voir aujourd’hui, il me casse mon trip à trois juste au moment où les interruptions venaient enfin de se terminer.

En conclusion: Si mes chances de vivre un trip à trois convenable cette fin de semaines ont été toutes cassées, c’est parce que je n’ai pas mensongèrement dit à Tamara que j’étais bi.  Ça n’a aucun bon sens! 

En tout cas, il y a au moins une chose qui se déroule comme je le veux: Tamara a accepté ma suggestion. Je la prend en levrette tandis qu’elle est à quatre pattes entre les jambes de Julie qui est couchée, et qu’elle lui passe le coco. J’ai décidé de profiter à fond de l’heure que j’ai devant moi. Ça fait vingt minutes que je lui joue du piston tandis que je la vois faire jouir Julie à répétition. Je compte jouir une fois par vingt minutes, ce qui me laisse le temps de le faire trois fois, avant que l’autre gars arrive. Par deux fois, il a fallu que j’arrête de pomper parce que je sentais que j’allais venir, mais c’était encore trop tôt. Je tenais à faire durer le plaisir. Mais là, je me sens prêt. Dès que je verrai Julie jouir à nouveau, je vais me laisser aller, et…

Le téléphone sonne.

Tamara s’en va répondre, me retirant automatiquement de son entrejambe, me laissant là comme un cave, à genoux, en position de zignage du vide entre mes mains. Elle me dit:

TAMARA: Ça va-tu aller, ou ben je le fais encore patienter 40 minutes?

Oooooh non! No fuckin way que je cède! La promesse du weekend de ménage à trois a été réduite à une seule heure, on m’a promis cette heure, je vais avoir mon heure, point final!

MOI: Ben là, r’garde! Ça fait trois jours que chus icite, tu m’as juste permis de le faire à soir, ta Nathalie nous a écoeuré les deux premières heures, il me reste juste une heure de fun. J’ai été très patient, tu peux pas dire le contraire.  J’ai mérité de l’avoir, mon heure complète.
TAMARA: C’est parce que y’é déjà arrivé. Y’é en bas pis y fait -34 dehors
MOI: QUOI? Y’é-tu venu icite à pied?
TAMARA: Oui!

OH, COME ON!!!  Encore une fois, elle me donne le choix entre me faire abuser, ou bien me faire passer pour le gros écoeurant de chien sale. Mais là, franchement, tsé, par -34 dehors, est-ce que j’ai vraiment le choix? Hostie de manipulatrice rabaissante de tab…

Non! Si je commence à penser à quel point elle n’a pas d’allure, je vais lui exploser dans sa face. Je suis tout à fait d’accord comme quoi la violence contre une femme, verbale, physique ou autre, est inacceptable et inexcusable. Voilà pourquoi je n’en ai jamais fait et que je ne le ferai jamais. N’empêche que si elle se comportait comme ça avec ses ex, je commence à mieux comprendre pourquoi elle recevait des raclées. Je n’approuverai jamais la violence, mais des fois je peux quand même comprendre ce qui la provoque.

Fa que, puisqu’elle m’encule au pied du mur (non, je ne me suis pas trompé de mot) je n’ai pas la moindre option, à part de lui dire que c’est d’accord, que son Sébastien peut entrer.

Comme le dit si bien Prince dans 1999: Party over, oops! Out of time!

Tamara quitte la pièce pour aller l’accueillir. Pendant ce temps-là, je change de condom. Il est tard, je suis épuisé, je suis frustré, je ne suis même pas venu encore, et la dernière chose que j’ai envie, c’est de perdre du temps à jaser avec un inconnu pour une période indéterminée, soit le temps qu’il se mette assez à l’aise pour joindre l’action. Julie est toujours sur le dos. Je me couche sur elle, je la pénètre et je commence à lui faire du va-et-vient. Je ne vois ni Tamara ni Sébastien entrer car le leur tourne le dos, mais je les entends:

TAMARA: Ah ben! Comme tu vois, l’action est déjà commencé, fa que tu peux te mettre à l’aise.
SÉBASTIEN: Parfait, je d’mande pas mieux.

Le gars a une voix qui me semble légèrement nasillarde. Je suppose qu’il a le rhume. J’espère qu’il saura garder ses microbes pour lui. Il se déshabille et monte sur le lit. De par ses mouvements que je sens de la façon dont le lit remue, il semble avoir des gestes brusques, nerveux.

TAMARA: Sébastien est bi, mais j’y ai dit que toi tu l’étais pas, fa que tout est ok.

Ah bon? Son amant régulier, celui qu’elle devait voir hier, est bisexuel? Ah ben torvisse! Je pense que je la comprends, finalement, son insistance à me convaincre d’essayer de baiser un gars. Je parie que dans son plan original, soit avant que je la refroidisse avec mes histoires de viol et d’inceste, elle planifiait de m’offrir à son amant pour une séance de gaieté. Tout s’explique. Je me retourne vers eux pour voir la gueule de celui qui espérait m’introduire à sa bi-bite, et…

IL Y A UN NAIN CHAUVE BARBU TOUT NU FULL-BANDÉ DEBOUT DANS LE LIT QUI ME REGARDE.

Non, je ne vous niaise pas.  Oui, vous avez bien lu.  Sébastien est un nain de quatre pied quatre, le genre tête + torse à proportions normales, mais avec des jambes et des bras raccourcis de moitié et qui, par conséquent, bougent plus vite que les nôtres, d’où l’apparence brusque des gestes. Par contre, il n’est pas raccourci de la bite. Oh que non! Elle doit bien faire trois pouces de plus que la mienne, en plus d’avoir l’air d’être le double de mon diamètre.

Là, là, j’ai mon crisse de voyage! Quand le destin passe trois jours à te casser tous les aspects possibles et imaginables du seul et unique ménage à trois que tu auras de toute ta vie, en te mettant mille obstacles et désagréments sur ta route, et qu’il conclut le massacre en interrompant la dernière heure de ton dernier jour en te montrant en plus que même un nain est mieux shafté que toi… Disons qu’il vient un moment où tu te rends compte que ça ne vaut plus la peine d’insister. Je fais semblant de jouir pour ne pas faire de peine à Julie et/ou mettre une mauvaise ambiance dans le lit. Puis, je me retire, j’enlève mon condom, je m’excuse auprès des autres pour fatigue, je me fabrique des bouchons pour oreilles, je les rassure que je suis tellement fatigué que rien ne pourrait m’empêcher de dormir, et je m’endors dans l’un des 2 lits queen dans les bras de Julie qui ne tient pas non plus à les joindre. J’ai un de ces mal de couilles carabiné mais je ne saurais dire si c’est un simple cas d’excitation inassouvie puisque je ne suis jamais venu, ou si c’est à force de me les faire casser par Tamara depuis trois jours. Je pencherais pour le 2e.

Le lendemain, après avoir envoyé les enfants à l’école, Tamara va nous reconduire à Montréal. Je la remercie de cette fin de semaine inoubliable, et je ne la reverrai plus jamais. Je n’ai plus revu non plus Julie. On ne s’est tout simplement plus jamais rappelé. Je suppose que cette fin de semaine lui a montré un aspect de moi qu’elle n’a pas aimé voir.  Quant à moi, je n’ai pas vraiment digéré qu’elle se dise faussement bi, puisque ce qui fut à l’origine du nombre incalculable de déceptions, d’insultes et de déboires que j’ai eu à subir cette fin de semaine là.

Un mois et demi plus tard, je rencontrerai celle qui allait devenir ma conjointe pour les 12½ années qui allaient suivre, mettant ainsi fin aux rencontres étranges et aux situations dingues qui viennent avec la vie de célibataire sexuellement actif.

À CONCLURE

Se faire connaitre pour les bonnes raisons

Sans pour autant le crier sur tous les toits, je n’ai jamais caché le fait que depuis ma plus tendre enfance, j’ai l’ambition de devenir une personnalité publique.  Je vais laisser les psychologues débattre au sujet de ma supposée enfance malheureuse et des carences psychologiques qui ont fait de moi un pauvre malheureux dépendant affectif en quête d’attention et d’approbation afin de compenser les complexes causés par la taille de son pénis, et passer au sujet principal de cet article.

Il y a plusieurs façons d’attirer l’attention:

  • La façon accidentelle, qui est due au hasard. Genre, tu as été mêlé(e) à quelque chose de gros hors de ton contrôle.
  • La façon légitime, par ton talent, ton intelligence, ton humour.
  • Et puis, pour ceux qui veulent à tout prix se faire remarquer, il y a la façon facile: Dire et faire n’importe quoi, pourvu que ça choque le plus grand nombre de personne possible.  Et la raison pourquoi c’est la façon facile, c’est tout simplement parce que déplaire a toujours été plus facile que plaire.

11 décembre 2009, St-Lin Laurentides, 9 :00 am.  En compagnie d’une douzaine d’autres, je suis dans le bus aux couleurs des XXIes Jeux olympiques d’hiver, sponsorisé par la RBC et Coca-Cola. Nous faisons partie des douze mille coureurs qui vont se relayer la flamme à travers le Canada, avant que celle-ci arrive à Vancouver le 12 février suivant pour marquer le début des jeux olympiques d’hiver de 2010.

Quelques mois plus tôt, j’avais répondu à une publicité de la RBC dans laquelle ils recherchaient des volontaires pour faire partie du relai de la flamme.  Le questionnaire demandait la raison pour laquelle nous tenions à participer, et en quoi nous pouvions être un exemple pour la communauté.  J’ai répondu que, jusqu’à l’âge de 39 ans deux ans plus tôt, j’avais toujours été un sédentaire qui se souciait peu de sa santé, et que je me suis finalement pris en main à l’âge de 40 ans.  Courir en portant le flambeau olympique deux ans plus tard démontrerait qu’il n’est jamais trop tard pour commencer à prendre soin de soi et de s’améliorer.

Puisque l’on pouvait choisir notre date de participation, j’ai demandé le 11 décembre. À ce moment-là, la flamme passera à St-Lin Laurentides.  C’est loin de Montréal mais tout de même accessible.  J’ai choisi cette date en l’honneur de Karine, alors ma conjointe.  D’abord parce que c’est sa date d’anniversaire, mais aussi parce que cette année-là ça faisait 10 ans que nous étions ensemble.  C’était ma façon de célébrer cet événement, tout en lui montrant que j’étais toujours aussi amoureux d’elle.  Ou, comme disent les anglos, that I was still carrying the torch for her.

Ma candidature a été approuvée.  J’ai passé les semaines suivantes à m’entrainer. Un mois avant la course, je prends des pics de moi, histoire de me vanter sur Facebook de mon nouveau physique d’athlète.

Et deux semaines avant la course je recevais par la poste le colis tant attendu: Mon kit de coureur:

Maintenant, dans le bus avec les autres candidats qui se relayeront la flamme à travers St-Lin, je me fais accoster par le coureur qui va me précéder. Il me suggère que, au moment où il va me passer le flambeau, nous fassions une petite danse synchronisée avant de mettre nos torches en contact.  Je refuse!  D’abord, je ne vaux rien en danse, encore moins synchronisée. Mais surtout, cet événement signifie beaucoup pour moi et pour mon couple, alors je prends cette cérémonie au sérieux.  J’ai beau vouloir me faire remarquer, ce n’est pas une raison pour le faire de façon ridicule.

Le bus me débarque au coin où je dois attendre mon prédécesseur.  Mes parents viennent me rejoindre.  Karine est quelque part, hors de vue, à prendre des photos et à filmer.  Une… euh… Sainte-Linotte (comment appelle-t-on les résidents de St-Lin?) vient me voir et demande si elle peut se faire prendre en photo avec moi. J’accepte avec joie.  Malgré le venteux -20°C qu’il fait en ce moment, c’est je genre de chose qui fait chaud au coeur.

Peu après, un officiel vient ouvrir la réserve de gaz dans le manche de ma torche.  Le coureur arrive.  Il me demande une dernière fois si j’ai pensé à une chorégraphie.  Je réponds que non.  Nos torches se touchent, la mienne s’enflamme,  je me retourne, je salue au hasard puisque je ne sais pas où est Karine, et c’est parti pour mon segment de trois-cent mètres de course en portant fièrement le flambeau olympique. Deux hommes courent avec moi.  Ce sont des agents de la GRC, et des marathoniens d’expérience.  Ces dernières années, trop souvent des passants en mal de publicité ont tenté d’éteindre la flamme. Leur travail est de la protéger.

Tandis que je cours, je constate que mon segment passe par dessus un pont qui enjambe une petite rivière.  Tout marathoniens qu’ils sont, il suffirait que je bifurque brusquement et lance ma torche dans l’eau, jamais ils n’auraient le temps de m’en empêcher. En quelques minutes, une partie de la vingtaine de gens qui me filment mettraient leurs vidéos sur Facebook et YouTube. En une heure, les images de mon geste auraient fait plusieurs fois le tour de la planète. Le lendemain, les journaux de presque tous les pays du monde en parleraient, certaine d’entre eux en couverture.  Tout le monde connaitrait mon nom.  Tout le monde saurait qui je suis.  Mon visage cesserait d’être anonyme.  Enfin, le rêve de ma vie serait réalisé.  Je deviendrais une personnalité publique, et ce à l’échelle planétaire.

Mais voilà; je suis un auteur, un illustrateur, un blogueur, un scénariste, un bédéiste. C’est dans ces domaines-là que je veux me faire connaître.  Et si j’ai à me faire connaître, je veux que ce soit pour des raisons positives. Pour mon talent.  Pour mon humour. Pour mon imagination. Si je balance la torche à la flotte, aux yeux du monde, je ne serai rien de tout ça.  Je ne serai rien rien d’autre que celui qui a balancé la torche à la flotte.  

C’est sûr, ce geste pourrait me valoir un bon million de fans à travers le monde.  Mais quel genre de fans, au juste? Des anarchistes?  Des haters de tout ce qui est événement populaire? Des maigres/gros/faibles qui ont toujours été nuls en sports à l’école et qui regardent avec haine tout ce qui est compétition physique?  Est-ce que je veux vraiment devenir une icône pour ces gens-là?  Est-ce que je suis d’accord pour représenter tout ce que je ne suis pas, juste parce que, en ce moment, pour la seule et unique fois de ma vie, je tiens littéralement dans ma main le moyen le plus rapide et le plus efficace de me faire connaître partout à travers le monde?

La réponse est non!  Je préfère bien faire et rester anonyme que d’être connu pour avoir mal fait.

Voilà pourquoi, même si l’idée m’est venue en tête tandis que je courais sur le pont, jamais la tentation de le faire ne m’a le moindrement effleuré. J’ai poursuivi ma course et, au bout de mes trois cent mètres, j’ai utilisé ma torche pour allumer celle de mon successeur, et j’ai fièrement assisté à la poursuite de son chemin.

Le destin m’a offert une opportunité unique de sortir de l’anonymat, et c’est sans regret que je l’ai déclinée.  Je n’aurai jamais un million de gens qui m’admirent pour avoir ruiné le relai du flambeau olympique.  Par contre, ce que j’ai eu, c’est une dizaine de personnes qui ont été fières de moi pour avoir contribué à sa bonne marche.  Non la moindre était Karine, celle pour qui je l’ai fait.

Et ça, avoir la reconnaissance et l’approbation de gens proches, des gens qui comptent vraiment pour nous, ça vaut toutes les gloires publiques qui ne sont toujours, de toutes façons, que bien éphémères.

Se rendre hommage à soi-même

Le texte qui suit a été écrit l’été dernier alors que je venais de quitter mon emploi dans un garage de bus en raison de douleurs aux articulations des coudes causées par la manipulation constante de la pompe à diesel:

Une bonne partie de ma vie, de la mi-vingtaine à la fin de la trentaine, je me suis souvent considéré comme étant un loser. Même si je n’avais plus depuis longtemps l’attitude qui fait de quelqu’un un loser, on aurait pu croire que la vie et le destin s’acharnait sur ma pauvre petite personne pour me faire échouer la majorité de ce que j’entreprenais.  J’avais même une page web intitulée La Zone Requin (2003-2009) dans laquelle je partageais sous forme de textes une quarantaine d’anecdotes négatives, toutes vécues. Et bien qu’un tiers de celles-ci démontraient clairement que certains de mes malheurs étaient causés par ma maladresse, mes mauvaises décisions ou ma stupidité, il reste que les autres échecs étaient dus à des circonstances indépendantes de ma volonté. Donc que oui, c’était le hasard et la vie qui semblait vouloir s’acharner contre moi. Même si j’ai toujours été trop terre-à-terre pour y croire vraiment,  je ne pouvais pas nier l’évidence lorsque ça arrivait.  Et à chaque échec, toujours je récitais une variation de la phrase suivante: « Quand n’importe qui fait ____(insérer geste quelconque)____, ça fonctionne.  Mais quand c’est moi, ___(insérer preuve de fail)___ ».  Exemple récent : Quand n’importe qui fait du jogging, il améliore sa condition physique.  Mais quand c’est moi, je développe une fasciite plantaire qui me handicape dans mon quotidien, pour la vie. Ou encore plus actuel: Tout le monde est capable de manipuler une pompe à essence, mais quand c’est moi je me fais des problèmes aux coudes.

Pourtant, je réalise que depuis que j’ai découvert les trois raisons possibles de l’échec, je ne suis plus du tout porté à avoir cette mentalité.  Mieux encore; quand je repense à mon passé de loser, je constate un truc important: Ce que je n’avais pas considéré à l’époque, c’est qu’il y avait une raison logique pourquoi j’essuyais beaucoup plus d’échecs que la moyenne des gens. Et cette raison, la voici:

Les autres, dans leur jeunesse, pendant leurs études, découvrent la voie qui leur convient le mieux.  Ils vont tout naturellement vers la branche dans laquelle ils ont le plus d’aptitudes, ne mettant des efforts que dans les aires où ils ont déjà du talent ou des prédispositions.  Ils restent donc dans leurs zones de confort. Dans ces conditions, on peut quasiment dire qu’ils vont pour la voie facile. Et lorsque l’on ne se consacre qu’à un seul domaine, il est normal de s’y améliorer, de développer une expertise, ce qui fait d’eux des succès, des gens talentueux, des gens pour qui la réussite dans leur domaine vient tout naturellement.

Moi, de mon côté, je n’ai rien d’exceptionnel.  Je suis un gars ben ordinaire, avec mes forces et mes faiblesses.  La différence, c’est que j’ai toujours refusé de n’être cloitré que dans ma petite palette de possibilités.  C’est pourquoi je suis toujours en train d’essayer de nouvelles choses, d’explorer d’autres facettes. En fait, ce n’est pas un refus, ni une décision volontaire. C’est dans ma personnalité, ma nature profonde.

Et voilà ce qui est la source de ce qui est perçu comme étant du loserisme à mon sujet: Les autres gens essayent peu de choses, et ce qu’ils essayent est rarement situé au-delà de leur zone de confort.  Par conséquent, ils subissent peu d’échecs et récoltent beaucoup de victoires. Tandis que moi, je fais beaucoup d’essai dans beaucoup de domaines variés, et je n’arrête jamais, ayant toujours une nouvelle voie à explorer.

Donc, en faisant dix fois plus de trucs que la moyenne des gens, il est tout à fait normal que mon ratio de fail soit dix fois plus élevé que celui des autres.

Surtout que je me donne toujours le genre de buts que la majorité des gens, dans le même domaine, n’atteignent pas.  Par exemple, la majorité des joggers de longue expérience sont contents de juste jogger deux, cinq, dix kilomètres et  de rentrer chez eux ensuite pour une douche, satisfaits de ne se livrer à cette activité que pour garder la forme. Moi, débutant dans la course à 42 ans, je me donne immédiatement le but ultime de la course à pieds: Faire un marathon. Je confond aller jusqu’au bout avec pousser les choses à bout.  C’est sûr que ça m’a fait passer de pouvoir courir 200 mètres à 5 Km en quatre mois. Mais si je m’étais contenté de ne courir que trois jours par semaine, comme le font les coureurs sérieux, j’aurais obtenu les mêmes bénéfices et fait les mêmes progrès dans le même laps de temps. Mais moi, je courrais sept jours semaine, sans laisser le temps à mes jambes de récupérer. Pas étonnant que dans ces conditions-là, je me suis cassé la gueule.

À quelque chose malheur est bon, que dit le proverbe.  Et c’est vrai! D’accord, je suis maintenant handicapé, probablement à vie. Mais en même temps, ça m’a permis d’être en paix avec tellement de choses que je ne comprenais pas à mon propre sujet.  Par exemple, je sais maintenant que  mes pieds sont arqués et une de mes jambes est croche.  Ça m’explique enfin pourquoi je ne valais rien en course à l’école, pourquoi courir trop vite me fait perdre l’équilibre, pourquoi je suis incapable d’avancer correctement en patin, en rollerblades, en ski. Maintenant, à l’âge de 44 ans, je peux enfin comprendre que ce n’était pas du loserisme ni de l’acharnement de la vie à me faire échouer sans raisons. Ce n’était qu’un handicap physique naturel et non-apparent. Il y avait vraiment une raison logique derrière ceci.

En réalité, je ne suis pas un gars plus malchanceux que les autres.  En fait, selon la loi des moyennes, je suis même plus winner que la majorité. Il n’y a qu’à faire une liste partielle de mes accomplissements pour le constater :

  • Je fais parfois de l’embonpoint, mais qui comme moi a réussi si bien à perdre du poids à se mettre en forme?  Non pas une, non pas deux mais bien trois fois?
  • Je ne peux plus courir, mais qui à 42 ans est passé de sédentaire pouvant ne faire que 200 mètres, à athlétique pouvant courir 5 km non-stop ?
  • J’ai rarement réussi à vivre de l’écriture, mais combien de gens parmi ceux qui le font ont réussi à écrire un texte viral, comme ma liste des noms de familles qui est sans cesse citée dans les journaux, les magazines, à la radio, à la télé et partout sur le net depuis 1997?
  • Qui peut se vanter d’avoir sa propre page sur Wikipedia?
  • Je ne peux plus travailler, mais qui comme moi a réussi à se mettre de côté 1/3 de sa paye pendant 8 mois, ce qui me permettrait de vivre 2-3 mois de vacances si je le voulais, sans vivre au crochets du chômage, du BS ou d’une tierce personne ?

Sans oublier ce que la nature m’a donné :

  • Combien d’hommes de 5 pieds 7 pouces sont nés d’une union entre une mère de 5 pieds 2 et d’un père de 5 pieds 1?
  • Qui peut se vanter d’avoir un ancêtre aussi important dans l’Histoire du Québec (au sujet de l’Histoire du Québec, justement) que Aegidius Fauteux ?
  • Rien de ce qui rend les gens accros n’a de prise sur moi : Alcool, drogue, cigarette, jeu.  Et maintenant, je peux même rajouter : Sexe et dépendance affective.

D’accord, ma liste d’échec est peut-être dix fois plus grande que celle de n’importe qui.  N’empêche que le nombre de mes réussites bat également à plate couture la liste de réussite de n’importe qui.  J’ai beau être un gars bien ordinaire, ça prendrait quelqu’un d’assez exceptionnel pour réussir à me surpasser dans tout ce que j’ai accompli.

Je me souviens qu’après l’avoir écrit, j’ai finalement décidé de ne pas mettre ce texte sur mon blog.  Un peu par modestie, mais surtout par orgueil, ne voulant pas être accusé d’avoir la tête enflée, de me prendre pour un autre. Et puis, j’ai vu la chose sous un angle réaliste.  Celui-ci tient en deux points:

  1. Si ça se trouve, ceux qui vont m’accuser de me prendre pour un autre en me vantant d’être un winner, ce sont les mêmes gens qui m’accusaient de faire dans la victimisation avec mes textes de La Zone Requin démontrant que j’étais un loser.  Pourquoi est-ce que je me laisserais influencer sur ce que je fais ou non par des imbéciles qui cherchent tellement à dénigrer les autres qu’ils sont prêt à se contredire de manière aussi flagrante?
  2. Mon blog sert à partager les réflexions et les expériences qui m’ont aidé à avancer dans la vie. Des réflexions et expériences propres à inspirer positivement ceux qui traversent les mêmes moments difficiles que j’ai eu moi-même à passer. Ce billet montre que même quand tout va mal, ça ne change rien au positif que l’on vit, et ça n’affecte nullement ce que l’on a réussi à accomplir. Dans ce sens, ce billet est nullement différent des autres que j’ai écrit ici.

Ma Philosophie (6)

Ceux qui jugent et conseillent ne sont pas ceux qui payent.

Dans un monde où tout n’est qu’illusion, être désillusionné  signifie se retrouver seul au milieu de nulle-part.

Quand tu fais des efforts pour plaire, tu plais pour ce que tu essayes de faire croire que tu es. Quand tu ne fais rien pour plaire, tu plais pour ce que tu es.

Une personne qui n’est pas capable d’accorder sa confiance n’est pas prête à être dans une relation.

Quelle est la différence entre un amour pur et une obsession malsaine? Si l’autre partage tes sentiments, c’est le premier. Sinon, c’est le deuxième.

Lorsque quelqu’un a besoin de suivre un code moral pour faire le bien, ça signifie que faire le bien n’est pas dans sa nature.

On peut faire semblant que nos problèmes n’existent pas. Ça n’empêchera à pas nos problèmes de savoir que l’on existe.

Juste parce que l’on ne voit pas les choses, ça ne signifie pas pour autant qu’elles ne sont pas là et qu’elles ne peuvent pas nous affecter.

Ce n’est pas le fait d’être tombé qui détermine le genre de personne que tu es. C’est ce que tu fais ensuite. Celui qui se relève se donne la chance de vivre gagnant. Celui qui reste à terre meurt perdant.

Dans un société de tricheurs, c’est celui qui tient à respecter les règles qui est mis à l’écart du jeu.

SOUHAITS DU NOUVEL AN: Une variante réaliste!

Que la nouvelle année ne vous apporte pas la santé, la joie, le bonheur et l’argent, mais bien le courage, la détermination, la sagesse et la petite parcelle de chance qui vous permettra de vous les approprier vous-mêmes. Parce que quand on commence une année en ne comptant sur rien d’autre que la chance, pas étonnant qu’on la termine sur un sentiment de déception.

Mes résolutions pour l’année?

  • Réfléchir afin de prendre les meilleures décisions en toutes circonstances.
  • M’adapter le mieux possible aux changements et aux imprévus.
  • Savoir faire la différence entre un défi, une difficulté inutile, et une cause perdue.
  • Éviter le genre de Plan A qui ne laisse aucune marge de manoeuvre pour un Plan B.
  • Oser prendre des risques quand le but en vaut la peine.
  • Savoir reconnaître si un but en vaut la peine.
  • Être réfléchi ou bien spontané, selon la situation.
  • Ne me priver de rien, sauf d’une chose: L’excès !

 

Ma philosophie (5)

Parfois…

Parfois, ce que les autres qualifient chez nous d’arrogance, ce n’est rien de plus qu’un refus justifié de se faire abaisser à un niveau plus bas que celui dans lequel nous méritons d’être.

Parfois, ce que les autres qualifient chez nous de défensive, ce n’est rien de plus que le fait d’apporter des preuves comme quoi ils se trompent à notre sujet.

Parfois, ce que les autres qualifient chez nous d’impolitesse, ce n’est rien de plus que leur démontrer qu’ils mentent à notre sujet.

Parfois, ce que les autres qualifient chez nous d’impatience, ce n’est rien de plus que notre capacité de savoir saisir le moment.

Parfois, ce que les autres qualifient chez nous d’irréflexion, ce n’est rien de plus que de la spontanéité.

Parfois, ce que les autres qualifient chez nous d’indécision, ce n’est rien de plus que de prendre le temps de réfléchir adéquatement.

Parfois, ce que les autres qualifient chez nous de frustration, ce n’est rien de plus que de cesser d’accepter les limites que l’on nous impose sans raisons valables.

Parfois, ce que les autres qualifient chez nous de vanité, ce n’est rien de plus que la volonté de toujours se surpasser.

Parfois, ce que les autres qualifient chez nous de colère, ce n’est rien de plus que de cesser d’accepter leurs abus.

Parfois, ce que les autres qualifient chez nous de lâcheté, ce n’est rien de plus que d’avoir l’intelligence de constater que l’on met des efforts dans une cause perdue, l’humilité de reconnaître que l’on a eu tort de le faire, et la sagesse de cesser de perdre son temps.

Parfois, ce que les autres qualifient chez nous de défauts, ce n’est rien de plus que leurs propres travers qu’ils essayent hypocritement de nous coller dans l’espoir d’éviter que l’on voit trop vite que ce sont eux les premiers à les posséder.

Et parfois, ce que les autres qualifient chez nous de raisons pour nous apposer ces qualificatifs, ce n’est rien de plus qu’une tentative de nous manipuler en jouant sur notre sens du devoir, de la justice et de la responsabilité. Trois qualités dont ils sont dépourvus, comme le prouve leur statut de manipulateur.