L’approche négative et la manipulation (1 de 2)

Intro 1 : Le but premier de ce billet n’est pas de vénérer la manipulation. C’est d’en dénoncer les techniques.

Intro 2: Il existe une organisation sportive américaine nommée Special Olympics réservée aux enfants et adultes ayant une déficience intellectuelle. En 2017, il y a eu cet échange sur le mur du Facebook d’Arnold Schwarzenegger. Je vous l’ai traduit.

Cette capture d’écran, ou du moins sa version originale Anglaise, se promène sur Internet depuis mars 2017. Et ceci démontre plusieurs choses, La première, c’est que contrairement à ce qu’affirme Arnold, grâce au contenu négatif de son message, personne ne l’oubliera jamais.

Et ceci m’a fait réaliser que c’est justement grâce au contenu négatif de son commentaire que ce type a su attirer sur lui l’attention d’Arnold Schwarzenegger. Il doit bien y avoir des centaines, des milliers de personnes qui lui ont écrit des commentaires positifs. Arnold n’a répondu à aucun d’entre eux. Par contre, il suffit qu’une personne lui écrive un commentaire teinté d’ignorance et de négativité, alors , il ne peut s’empêcher de répondre.

Ce qui signifie que si, quelques temps plus tard, ce même troll était revenu lui dire qu’il a réfléchi, qu’il a suivi sa suggestion, et qu’il avait réalisé ses torts, alors sûrement qu’Arnold lui répondrait quelque chose de positif, ce qui amorcerait le dialogue entre eux.

En conclusion, la négativité d’un troll est potentiellement plus efficace pour se rapprocher d’une vedette internationalle, que le positif de la part d’un fan. Mais bon, ce n’est pas d’hier que je connais ce navrant principe. J’en parle pratiquement depuis la création de ce blog. Un exemple au hasard: mon billet 40 gars typiques de sites de rencontres.

Intro 3 : Comme je crois l’avoir déjà écrit ici dans un billet précédent, depuis deux ans, je vais régulièrement me faire un compte sur Facebook rencontre. En général, au bout de quelques semaines à quelques mois, je perds intérêt et je le ferme. Par conséquent, à chaque fois que j’en ouvre un autre, je revois beaucoup des mêmes candidates que j’avais vu lors de mes tentatives précédentes.

Intro 4 : Tout le long de ma vie, j’ai souvent été exposé aux manigances de gens qui voulaient me contrôler et/ou tirer un quelconque profit à mes dépends. Par conséquent, je connais toutes les techniques de manipulation. C’est juste qu’avant cette semaine-là, il ne m’était jamais venu en tête de les utiliser moi-même dans un contexte de rencontres.

Ainsi, ai-je eu l’envie de me livrer à une petite expérience. Ce qui nous amène au sujet de ce billet : L’approche négative et la manipulation.

À chaque fois que je suis sur Facebook Rencontres, l’app me montre ce profil qui me plaît à tout coup.

Afin de protéger son identité, sa photo a été remplacée par une image créée par intelligence artificielle.

Cette femme me plait pour trois raisons. Les voici par ordre d’importance:

  1. Elle est professeure de littérature. On ne se mentira pas, en région éloignée, pour la majorité de la population, « culture » est un mot qui évoque surtout les champs de maïs et de patates. Aussi, l’idée de rencontrer une femme encore plus cultivée que moi n’est pas pour me déplaire.
  2. Elle a onze ans de moins que moi. J’ai 56 ans. Je ne les fais pas car je me tiens en forme et en santé. Ce n’est malheureusement pas le cas de la majorité des femmes célibataires de ma génération, qui ont passé leur jeunesse à se négliger et se soumettre à des abus de toutes sortes. En fait, même pour ses 45 ans, elle parait très bien.
  3. Elle habite dans la même ville que moi. Ma dernière relation sérieuse habitait à une heure trente de route. Je trouvais ça plutôt long. Et si j’avais sauté sur l’opportunité d’avoir une relation avec Noémie au printemps dernier, c’eut été deux heures quinze. Alors un aller-retour la même journée, c’est toute une perte de temps.

La première fois que j’ai vu son profil,je me suis contenté d’appuyer sur le coeur. Elle n’a pas répondu.

La seconde fois que je suis tombé sur son profil, je suis allé modifier la photo principale sur le mien. J’en ai mis une sur laquelle je tiens fièrement un exemplaire de mon livre, Le sucre rouge de Duplessis. Puis, je suis allé mettre un commentaire sur une de ses photos, ce qui déclanche un LIKE automatiquement. J’ai écrit « Tu es prof de littérature. Je suis auteur. Nous sommes faits pour nous entendre. » Mais là encore, aucune réponse de sa part.

La troisième fois que FB Rencontres m’a montré son profil, j’y étais revenu avec un nouveau compte avec de nouvelles photos. Cette fois, je décide d’y aller avec une stratégie totalement différente : l’approche négative. On verra bien si celle-la aura plus de succès que mes précédentes. Mais attention, je le fais dans la subtilité. J’écris ce commentaire sur sa photo principale.

Je m’arrange de façon à ce que l’intention de ce premier message ne soit pas clair. Ainsi, tout dépendant de son humeur, elle pourrait le prendre à la négative.

Comme de fait :

Et voilà ! Elle l’a pris comme une attaque personnelle. Elle ne pouvait pas laisser passer ça sans répliquer. Et elle le fait en beauté. Exactement comme Arnold avec son troll.

Maintenant que le dialogue est ouvert, il ne me reste plus qu’à jouer habilement de mes cartes. Pour ce faire, pas question pour moi d’être sur la défensive. Un homme qui se montre offensé est un faible et un irritant. Je ne dois pas non plus adopter une attitude condescendante. Ça dépeint comme étant un orgueilleux et un fake. Et je ne dois surtout pas me confondre en excuses et implorer son pardon. Ça ferait de moi un minable. La meilleure attitude à avoir face à son commentaire, c’est la compréhension et l’ouverture d’esprit.

Je n’essaye pas de l’éblouir en parlant comme un dictionnaire, mais le simple fait que j’utilise le terme question réthorique lui démontre que j’ai une certaine éducation. Je ne prétend pas être à son niveau littéraire, mais si j’ai eu à lire ce roman au cégep, ça signifie que j’ai moi-même étudié en Lettres, ce qui sera perçu par son inconscient comme un bon point en commun entre nous. Sinon, mes paroles sont celles d’un homme poli, raisonnable, qui reconnait ses torts. À côté de ça, elle fait piètre figure, avec sa réponse brusque dans laquelle elle démontre n’avoir rien compris de mon approche.

Ma conclusion à ce message, « Merci d’avoir répondu et bonne journée » , indique que je m’attends à ce que la discussion se termine là. Ce qui lui passe en sous-entendu l’idée que je suis prêt à mettre fin à nos communications avec cette image négative que j’ai à son sujet. Si elle a le moindre orgueil, elle ne voudra pas me laisser sur cette impression.

Et effectivement…

Voyez vous ça. Malgré le fait qu’elle reconnait ses torts, elle s’en justifie en étant vraiment bloquée sur l’idée que mon message était une attaque. Voilà qui va me servir au-delà de mes espérances.

Vous connaissez la technique du negging? C’est démontrer à l’autre qu’elle pourrait bien nous plaire, sauf qu’elle n’a pas tout à fait ce qu’il faut pour y arriver. Lorsque c’est fait de façon habile, le negging provoque chez l’autre le réflexe de vouloir nous prouver qu’au contraire, elle a ce qu’il faut. Autrement dit, c’est manipuler l’autre de manière à lui donner l’envie de vouloir nous plaire.

Avec son accusation d’avoir attaqué son travail et sa discipline (qui la passionne), elle me donne la plus pertinente des raisons de la soumettre au negging. Le défi ici est de faire ça sans lui donner l’impression que je lui porte un jugement.

Laisse-moi te traiter de bitch sans clairement te traiter de bitch.

Cette subtilité est atteinte ici juste en choisissant bien mes mots. Si j’avais écrit « Tu as perçu ça comme étant attaquer ton travail », ça aurait été un reproche. Mais en optant pour dire « C’est perçu comme étant attaquer ton travail », j’expose seulement un fait.

Et pour bien m’assurer qu’elle ne le prenne pas comme un reproche, j’ajoute ceci:

Le sentiment qui passe en douce dans ce message est « Tu ne mérites pas d’être en couple car tu es du genre à avoir des soupçons négatifs contre autrui sans raisons valables. » Et ça, c’est quelque chose qu’elle voudra certainement me prouver comme étant faux. Il n’en tient qu’à moi de lui en donner l’opportunité.

Une technique que maîtrisent les plus grands manipulateurs, c’est de reconstruire l’orgueil de la femme tout juste après l’avoir détruit. Ainsi, en ayant compris qu’elle tire fierté de son éducation et de sa culture, c’est sur ces points que je la valorise.

Les hommes ont tous cette réputation d’obsédés sexuels, surtout les célibataires d’apps de rencontres. Alors lorsqu’un homme fait comprendre à une femme que même sexuellement il n’en veut pas, elle a de quoi se taper une sérieuse remise en question. En lui laissant la porte ouverte avec mon offre d’amitié, je lui donne l’opportunité de se racheter. De plus, en tant que femme éduquée, il est évident qu’elle a eu droit à plus que sa part d’ignorants qui l’ont approchée. En lui disant que c’est moi-même ce que j’ai vécu ici, je lui démontre que nous avons ça en commun.

Enfin, je conclus humblement, sans lui mettre de pression, et en lui faisant même des excuses.

Comment réagira-t-elle ? Est-ce qu’elle verra clair dans mon jeu ? Ou bien se laissera-t-elle manipuler aussi docilement que je me l’imagine ?

À CONCLURE

Noémie, ou le rêve devenu réalité (1e partie)

IMPORTANT. À l’exception de mes propres photos, toutes les images de cet article proviennent de sites de stock photos libres de droits. Et les noms sont changés. Ceci est dans le but de respecter l’anonymat des personnes concernées.

Il y a quatre mois, fin de janvier.  Une nuit, je fais un rêve dans lequel une jolie jeune femme dans la mi-vingtaine tombe amoureuse de moi.  À mon réveil, bien que je trouve cette idée charmante, je sais trop bien que ça ne risque pas de se produire.  Ces dernières années, je me suis laissé aller.  Je ne me teins plus les cheveux, ce qui fait que j’arbore mon poil bariolé parsemé de spots de blancs, de gris, de brun et de noir.  Je ne me fais plus de traitement de la peau du visage.   Pour finir, voilà bien longtemps que je ne me soucie plus de la qualité ni de la quantité de ce que je mange.  Par conséquent, ma balance oscille autour de 231 lb / 104 kg. Mon physique est disgrâcieux et ma santé est une aberration.

Aussi, inspiré par ce rêve, je décide d’y remédier.  J’ai l’habitude.  Ça ne sera pas ma première remise en forme. En fait, ça sera la 5e ou 6e depuis les vingt-cinq dernières années.  Mais cette fois, si je m’y remets, il faudra que ça dure pour que ce soit la dernière.  Parce qu’à l’âge où je suis rendu, mon corps ne pourra plus supporter éternellement ces variations de poids en montagne russe.

Je me mets immédiatement sur un régime alimentaire à 90% végétarien, qui élimine tout ce qui commence par la lettre P de mon alimentation habituelle : pain, pâtes, patate / pomme de terre, pâté, poutine, pizza, pâtisserie, polyinsaturés, produits du porc et Pepsi. Et pour brûler les calories déjà stockées, j’accepte tous les temps supplémentaires et les quarts de travail double que la direction du CHSLD me propose.  Je perds de 12 à 15 lb (5,4 à 6,6 kg) par mois.  Ma perte de poids combinée à ma bonne alimentation me remplit d’énergie et je vois mes problèmes de santé disparaître.  Ajoutons à ça une barbe pour cacher mes rides et une teinture pour cacher mon âge, et j’étais complètement transformé au début d’avril. 

Sourire? Ça donne des rides.

Mais je n’avais pas encore atteint mon objectif, qui est de me construire un véritable corps d’athlète.

D’habitude, je combine le régime avec l’entrainement musculaire.  Ce n’est que l’an dernier que j’ai appris que c’était une erreur classique que font beaucoup de gens.  C’est que pour perdre du poids, il faut manger moins.  Mais pour prendre du muscle, il faut manger plus.  Puisque le corps ne peut pas se mettre simultanément en anaérobie (prise de poids) et en aérobie (perte de poids), les résultats obtenus sont généralement décevants.

Alors cette fois-ci, j’y vais une étape à la fois.  Première étape, je vais suivre mon régime alimentaire pendant quatre ou cinq mois, le temps de perdre la quasi-totalité de ma masse corporelle de gras.  Ensuite, je me mettrai à l’entrainement musculaire intense, avec l’alimentation qui vient avec.  La nourriture ira donc dans la construction du muscle, plutôt que de se stocker sous forme de graisse. Malgré mes 55 ans, voilà qui devrait me donner enfin ce corps d’athlète auquel je rêve depuis mon adolescence.  À ce moment-là, je devrais pouvoir plaire à une jolie jeune femme, comme dans mon rêve.  Je reste cependant réaliste.  Je ne m’attends pas à une jeunette dans la vingtaine.  N’empêche que je devrais pouvoir me trouver une belle femme plus jeune que moi.

Et puisque l’on aborde le sujet :

Oui, le physique est important pour moi. 
C’est quelque chose de récent dans ma personnalité, car effectivement, ça n’a pas toujours été le cas.  De mes 15 à 50 ans, j’avais comme point d’honneur de ne pas être comme les autres hommes qui ne s’intéressent qu’aux belles jeunes filles minces au visage agréable et à gros seins.  Au contraire, j’étais un partisan de la pensée politically correct qui dit que c’est l’intérieur qui compte.  Et je croyais au mythe de la grosse laide qui compense pour son physique ingrat en étant gentille, bonne, douce et compréhensive, ce qui fera d’elle la meilleure épouse qui soit.  Or, j’ai fréquenté assez de filles et de femmes dans ma vie pour constater que ce mythe n’est que ça : un mythe.  Quand une femme ne s’aime pas à cause de son physique, elle ne peut pas croire qu’un homme puisse l’aimer.  S’en suit des soupçons irraisonnables, des crises de jalousies non-pertinentes, des drames non-mérités, et tu te retrouves avec une pas-si-tendre moitié qui fait tout pour t’isoler des autres, qui sabote tes efforts d’amélioration de soi et qui te rabaisse dans ton estime personnelle, histoire que tu ne t’imagines jamais que tu vaux mieux que ça.  Je l’ai vécu assez souvent pour que ça puisse expliquer et justifier ma nouvelle grossophobie.

L’art de se tirer dans le pied.

Les belles minces, par contre, sont sures d’elles.  Elles sont assez sécures pour croire à la fidélité de leur homme.  Et contrairement aux laides, si la relation prend fin, ça ne sera pas la fin du monde car elles savent qu’elles peuvent se trouver un autre gars en claquant des doigts.  On a donc droit à beaucoup moins de drames de leur part.

Bien sûr, il y a toujours des exceptions.  Il y a des femmes qui correspondent au cliché de la très-gentille-au-physique-ingrat.  Mais j’ai constaté à la dure qu’elles sont très rares, et ce pour la simple et bonne raison qu’avec une telle personnalité, voilà bien longtemps qu’elles sont en couple stable.

En passant ma vie à m’obstiner à aller à contre-courant du comportement masculin normal, j’ai juste perdu mon temps. Maintenant que j’ai presque atteint la moitié de ma vie, je n’ai plus de temps à perdre.  En adoptant le genre de comportement auquel on s’attend de la part d’un homme, je vais enfin cesser de me faire regarder de travers par des gens qui me soupçonnent de tenter de cacher ma vraie nature. Et cela va régler la majorité des problèmes que j’ai pu avoir, autant en couple que dans ma vie sociale.

Donc, pour en revenir au sujet principal.
En attendant d’obtenir les résultats escomptés de ma remise en forme, je me réinscris sur Facebook Rencontres.  Et dans la section dans laquelle on demande le groupe d’âge désiré, j’entre ce qui me semble réaliste, c’est à dire de 35 à 55 ans.

Comme vous le voyez par ma photo récente, malgré mes 55 ans, je tiens bien la forme.  On ne peut malheureusement pas en dire autant de la majorité des femmes de ma génération.  Parmi les candidates qui apparaissent sur mon écran…

  • 75% ne m’intéressent vraiment pas, à cause de leur physique, leur présentation, ou leur état de mères monoparentales de 1 à 5 enfants.
  • 10% sont intéressantes mais habitent à plus d’une heure de route, et je n’accepte plus les relation à longue distance.
  • 10% représentent celles que je like, mais qui ne répondent pas.
  • Le 5% restant, ce sont celles avec qui je corresponds de 2 à 5 jours.  Et qui me ghostent.  Ou alors c’est moi qui perds intérêt.

L’application a cependant une option automatique nommée Bonne Étoile.  Lorsque l’on a épuisé le stock de gens sur Facebook Rencontre qui ont les caractéristiques que l’on demande, elle nous montre des gens qui ne correspondent pas à 100% à ce que l’on cherche. 

C’est ainsi que jeudi le 21 mars, la bonne étoile m’a montré le profil de Noémie, qui ne correspond ni à la distance ni à l’âge demandé. Elle habite à deux heures quinze de route de chez moi, et elle n’a que 25 ans.

La jeunesse, la beauté, la minceur, les seins volumineux, le décolleté généreux, les tatouages… Noémie a de quoi plaire à tout jeune homme hétéro normalement constitué.  Sur la majorité de ses photos, elle se montre en tenue sexy dans des poses provocantes. 

Il y a même une photo de sa chatte.

Mais ce qui m’accroche le plus, ça reste son texte de présentation parsemé d’un humour absurde qui me rejoint.  Il est clair dans ma tête que je ne suis pas le genre de candidat qu’elle recherche. Mais je décide tout de même de lui écrire un mot.  Histoire de me démarquer des autres hommes, je choisis de commenter la moins sexy de ses photos. 

En prenant bien soin de lui préciser que je ne suis pas un vieux creep qui s’imagine des choses.

Une fois le message envoyé, je ferme mon téléphone et je n’y pense plus.

Une semaine plus tard, en ouvrant l’appli de FB Rencontre, je constate que Noémie m’a répondu. Elle l’a fait le lendemain de mon envoi.  Et dans sa réponse, elle me complimente sur mon apparence. Voilà une bonne surprise à laquelle je ne m’attendais pas. Aussi, je lui répond sans plus tarder, avec mon habituelle pointe d’humour.

Elle m’envoie aussitôt une demande de contact sur Messenger.

Invitation que j’accepte aussitôt. Ainsi prend fin notre premier contact sur FB Rencontres.

On devient également amis sur Facebook et on commence à correspondre sur Messenger de manière soradique mais constante. Au fil des conversations, on constate que l’on a beaucoup en commun.  On se flirte même en jeu un peu. Normal, puisque l’on s’est contacté sur un site de rencontres. Mais sinon, on parle de tout et le courant passe très bien.

Il suffirait de presque rien... ♫
Bien que je ne me fasse pas d’illusion, au fil des jours et des conversations, je dois reconnaître que Noémie est sérieusement tout ce que je pourrais chercher de mieux chez une femme, autant dans l’essentiel que dans le superflu : Jeune.  Belle. Sexy.  Intelligente.  Mature.  En forme. Bon sens de l’humour. Créatrice. Non-fumeuse. Sans enfants et sans désir d’en avoir. Excellent sens de la répartie. Très bon travail.  Bon salaire.  Un caractère et une personnalité qui est à 100% compatible avec la mienne. Et surtout, chose assez rare chez le trois quart de celles que j’ai fréquenté, elle gère intelligemment son argent.

Et c’est à suivre.

Que feriez-vous à ma place?

Il y a quatre ans, lorsque je travaillais pour La Firme, mon premier contrat était de numériser des documents pour la Bibliothèque et Archives nationales du Québec.  C’est en ayant accès à ces archives que j’ai pu créer ma page Autour du Mont-Saint-Hilaire d’autrefois qui a plus de 7 400 abonnés au moment où j’écris ces lignes. J’ai encore de bons contacts avec certains de mes ex-collègues de la BAnQ. 

Ce qui suit est ma conversation d’hier avec l’un d’eux.  Le tout est reproduit (et condensé) avec sa permission.  Afin d’en faciliter la compréhension, j’inclurai des images que je n’avais pas sous la main au moment de l’échange original.

_____

LUI: Les bibliothèques mettent à la disposition du public des postes internet.  Ça fait plusieurs années que l’on reçoit des plaintes à l’effet que des gens les utilisent dans des buts illicites.  La BAnQ a décidé d’y mettre fin.  Puisque tout ce qui se passe sur ces ordinateurs publics est enregistré, on nous a chargé d’y retracer les usagers qui en font un usage illégal et criminel.  Par exemple, si on entre « pornographie juvénile » on voit tout de suite quel usager a écrit ces mots, à quelle bibliothèque, sur quel terminal, à quel jour et à quelle heure. Il ne reste plus qu’à scruter à la loupe le backlog des activités de cette personne sur ces ordis.

MOI: D’accord.

LUI: Est-ce que tu connais un gars nommé K███ B███████ ?

MOI: Bah ouais!  C’était un collègue, du temps où je faisais de la bande dessinée.

LUI: De novembre à janvier dernier, il a vandalisé à de très nombreuses reprises ta page sur Wikipedia, la française et l’anglaise.

Cliquez pour agrandir.

MOI: Ah bon?

LUI: Il a commencé par t’accuser de violence conjugale.  Attend, je vais t’envoyer d’autres images.

LUI: Avant de changer ça pour attouchements sur des enfants.

LUI: Pour finalement prétendre que tu aurais fait de la prison en 1995 pour possession de pornographie juvénile. 

LUI: C’est justement parce qu’il a écrit ça que son nom est apparu dans nos recherches.

MOI: Je n’ai jamais fait de prison, pour la simple et bonne raison que je n’ai jamais fait de violence conjugale, ni d’attouchements sur des enfants, et je n’ai jamais possédé de porno juvénile non plus.

LUI: Voilà pourquoi il n’avait aucune preuve à apporter. Les modérateurs de Wikipedia ont effacé plusieurs fois ses modifications.  Il a écrit à l’un d’eux personnellement en lui jurant que tu avais fait ce dont il t’accuse.  Et dans le même message, il menace d’utiliser les réseaux sociaux afin de continuer de salir ta réputation le plus possible.

Cliquez pour agrandir.

MOI: Oui mais plusieurs personnes utilisent vos terminaux. Comment savez-vous que c’est bien K███ B███████ qui a fait ça?  Par sa carte de bibliothèque quand il se logue?

LUI: Ça ne suffirait pas.  Trop de gens écrivent leur NIP dessus.  Ça leur permettrait de prétendre s’être fait voler leur carte.  Mais puisqu’ils se loguent dans leur Facebook et leur courriels officiels en même temps qu’ils posent ces gestes illégaux, là ils ne peuvent plus prétendre qu’ils sont victimes d’une erreur sur la personne. 

(Sur ce, il m’envoie une capture d’écran de la page Facebook de K███ B███████, que je ne vous montrerai pas ici pour des raisons évidentes.)

LUI : C’est bien lui?

MOI : C’est son style de dessin en tout cas.  À partir de quelle bibliothèque est-ce qu’il a modifié mon Wiki?

LUI : La Grande Bibliothèque du métro Berri-UQÀM à Montréal.

MOI : Ce qui fait du sens puisqu’il habite à quelques minutes de marche de là. Qu’est-ce que vous allez faire avec ces renseignements?

LUI : On va envoyer les dossiers au département de sécurité qui va vérifier les caméras du lieu, de la date et de l’heure qui correspondent au moment où les contrevenants ont utilisé du matériel gouvernemental (les ordis de la BAnQ) à des fins criminelles (Dans son cas, harcèlement, intimidation et atteinte à la réputation), et ça leur donne un visuel des contrevenant pour compléter les dossiers.  Il ne leur reste plus qu’à envoyer le tout aux autorités. 

MOI: D’accord.  Et comment allez-vous procéder aux arrestations des contrevenants?  Ça va être chez eux?  Ou aux bibliothèques, la prochaine fois qu’ils s’y loguent?

LUI: Je n’ai pas la liberté d’en parler.  Mais toi, qu’est-ce que tu vas faire avec ça?  K███ B███████ affirme clairement qu’il répand ces mensonges partout, pas juste sur ton Wiki.

MOI: Je peux facilement m’en disculper.  Afin de pouvoir occuper un travail de haute sécurité, j’ai eu à me procurer un document produit par la GRC qui déclare que je n’ai pas de dossier judiciaire.  Je ne peux donc pas avoir fait de prison.

MOI: Remarque, je suppose qu’il y en a qui vont dire que j’aurais pu recevoir un pardon.

LUI: Non. La GRC inscrit les pédophiles sur Le Registre national des délinquants sexuels (RNDS) et ça les suit toute leurs vies. Si tu en avais été trouvé coupable, tu n’aurais jamais pu obtenir un pardon.

MOI: De plus, en 1993-94-95, j’étais de retour aux études au Centre Saint-Paul pour finir mon secondaire. Ensuite, en 1995-96-97, je poursuivais mes études au Cégep André-Laurendeau.  Et j’ai les relevés de notes du Ministère de l’Éducation avec les dates pour le prouver. 

MOI: Et de août 1997 à avril 2000, j’étais employé à CGI, ce que confirment mes rapports d’impôts. 

MOI: Alors contrairement à ce qu’il jure aux modérateurs de Wikipedia, je ne pouvais pas « être en prison pour dix-huit mois à partir de 1995 », comme il dit.

LUI: Effectivement.

MOI: De toute façon, en 1995, j’étais très actif dans le monde de la BD.  Si j’étais disparu pendant un an et demi pour faire de la prison, ça se serait su.

LUI: Mais est-ce que tu compte passer ta vie à trainer avec toi ton papier de la GRC, ton relevé de notes et tes déclarations d’impôts pour te blanchir de cette accusation à chaque fois que tu vas rencontrer quelqu’un?  Ça n’a pas de sens.

MOI : Ouais, j’avoue!

LUI : Pourquoi est-ce qu’il te fait subir ça?  Et pourquoi cette accusation-là en particulier?

MOI: Le simple fait qu’il a rédigé 2-3 accusations différentes sur Wiki avant de s’arrêter sur celle-là démontre quelque chose que mes proches ont déjà constaté depuis des années : il ne sais pas de quoi m’accuser. Il ne trouve rien de pertinent à me reprocher, alors il est obligé d’inventer: violence, obsession sexuelle, misogynie… Tu sais que Flavie a toujours été une militante féministe engagée. Je n’aurais certainement pas pu être en couple avec elle de 2013 à 2018 si j’étais tel que K███ B███████ me dépeint.

LUI: Ha! Ha! C’est vrai.

MOI : Et pourquoi cette accusation-là en particulier? Parce que nous sommes à l’époque de #DénonceTonPorc, #MoiAussi, #OnVousCroit. Face à ce genre d’accusations, pas besoin de preuves, tout le monde est porté à le croire. C’est à l’accusé de faire la preuve de son innocence. 

LUI: Et même quand il la fait, il reste toujours un doute dans la tête des gens.

MOI: Voilà! Quant à savoir pourquoi il est sur mon cas, aucune idée.  On a été amis de 1997 à 2003.  Il a décidé à ce moment-là de faire un 180 degrés en commençant à s’attaquer à ma réputation, et il n’a jamais arrêté depuis.  Je n’ai jamais su pourquoi.  Remarque, je n’ai jamais posé la question non plus.

LUI: Depuis 2003? Mais il a quel âge?

MOI: Il a deux ans de plus que moi, ça lui en fera donc 57 le mois prochain.

LUI: HEIN? T’es pas sérieux? Il agit encore comme ça à son âge?  Et ça fait 20 ans?  Pas non-stop, quand même?

MOI: Oui!  Au fil des années, sans que je ne le demande, quelques uns de nos amis en commun m’ont envoyé des captures d’écran de ce qu’il écrit à mon sujet.  J’ai pu voir que c’est quelque chose de régulier chez lui.

Contexte : J’étais à une table avec quatre amies, et je n’ai jamais bougé de là.  Tandis que lui se levait souvent de sa table pour aller déambuler autour de nous.
Contexte : Roosh V était un influenceur extrêmement misogyne.
Contexte: Il a écrit un roman à clé afin de « faire des révélations sur certains auteurs de BD« , auteurs qu’il liste ici.

MOI : Et ce n’est pas la première fois qu’il s’affiche comme étant désireux de « répandre la vérité » à mon sujet.

MOI : Ceux qui m’ont envoyé ces captures d’écran sont très amusés par les conflits.  Je suppose qu’ils s’attendaient à une réaction de ma part.  Ils ont dû être déçus.

LUI: Qu’est-ce que tu as fait?

MOI: Rien! Tu connais la méthode classique que tous les adultes recommandent à chaque enfant et ado qui est victime d’un harceleur? « Laisse-le faire, ne réagis pas, et il va finir par se lasser et s’arrêter. »  Ben voilà, depuis le début, je suis cette consigne à la lettre.

LUI: T’es pas sérieux?  Ça fait 20 ans que tu l’ignores, ET IL N’ARRÊTE PAS? Rendu à ce point-ci, on ne peut plus parler de harcèlement.  Il y a longtemps que ça a passé au stade de l’obsession malsaine et dangereuse.  Le gars a un sérieux problème mental.

MOI: Je ne crois pas que toi ou moi sommes qualifiés pour émettre ce genre de diagnostic.

LUI: Pas besoin d’être un psy pour voir que son comportement n’est pas normal, franchement. Ça se voit tout seul. Porte plainte, dénonce-le, poursuis-le.

MOI: Ça ne servirait à rien.  Le gars vit en dessous du seuil de la pauvreté.  Ce n’est pas comme s’il pouvait me payer des dommages et intérêts.

LUI: Je ne parle pas d’une poursuite au civil.  Je parle d’une poursuite au criminel.

MOI: C’est quoi la différence?

LUI: Une poursuite au civil, c’est lorsqu’un citoyen se sent lésé et poursuit une personne ou une entreprise afin d’obtenir réparation et compensation financière.  Une poursuite au criminel, c’est quand une personne a commis un crime.  À ce moment-là, cette personne est poursuivie en Justice par La Couronne (Le Gouvernement) qui se chargera de faire la preuve de sa culpabilité, et qui appliquera la sentence appropriée.

MOI: D’après ce que tu me dis, vous montez déjà un dossier sur lui pour utilisation illicite de matériel gouvernemental à des fins criminelles.  Je n’ai pas besoin d’en rajouter sur son dossier.

LUI:  Oui, mais ça va nous prendre quelques temps avant de passer à travers ça.  T’as pas idée du nombre de dossiers que l’on a accumulé depuis janvier.  Et dans son cas, à part d’être banni à vie de la BAnQ, il n’aura qu’un dossier judiciaire sans possibilité de demander pardon avant cinq ou sept ans.  

MOI: Bon ben voilà.  Il est trop pauvre pour avoir internet, alors ça règle mon problème.

LUI: Penses-tu vraiment qu’un gars qui a passé 20 ans à te harceler et à attaquer ta réputation va cesser tout geste contre toi s’il perd son accès au net?  S’il ressent à ce point-là l’impulsion de te nuire, il sera incapable de s’arrêter là.  Sauf que s’il ne peut plus le faire en virtuel, il ne lui restera plus que le réel.  Demande à n’importe quel psychologue, il te dira que tu te mets en danger, à rester passif comme tu le fais.

MOI: Qu’est-ce que tu suggères?

LUI: Avec les preuves que tu as déjà et celles que je te donne qui sont officielles car elles proviennent de la BAnQ, tu as harcèlement, atteinte à la réputation, menaces, intimidation.  Il s’agit de crimes reconnus par la loi.  Ce n’est pas une opinion, ce sont des faits.

MOI: Je ne sais pas trop…

LUI:  Une chose est sure, c’est qu’il aura droit à une évaluation psychologique.  Ça, personne ne peut nier qu’il en a besoin.  C’est anormal d’être obsédé à ce point-là sur toi.  Surtout si tu n’as jamais rien fait pour le provoquer.  Et ce, je le répète, PENDANT VINGT ANS.

MOI: M’ouais…

_____

Alors voilà la chose.  Comme vous le voyez, c’est un sujet assez sérieux. Et c’est la raison pour laquelle j’ai besoin de votre opinion. 

Que feriez-vous à ma place?

La rupture qui régla tous mes problèmes, 1 de 3

On connait tous l’histoire classique de celui ou celle en couple avec une personne abusive et dépensière.  Et qui voit ensuite sa vie s’améliorer à tous les niveaux après s’être séparé de cette personne qui était la source de tous ces problèmes.

Ceci n’est pas ce genre d’histoire.

Tout d’abord, mise en contexte.  Il y a deux ans et demi, j’ai suivi une formation accélérée afin de devenir préposé aux bénéficiaires.  Formation offerte par le Gouvernement du Québec, face à la crise du manque de personnel dans le milieu de la santé, alors que les employés démissionnaient en bloc par crainte de la Covid-19 qui n’avait encore aucun vaccin à ce moment-là. 

À ma grande surprise, bien qu’étant âgé de 51 ans, j’étais le second plus jeune homme de ma classe.  Et aussi le plus beau, mes 40 jours d’itinérance ayant fait de moi un athlète.  À ma connaissance, au moins cinq femmes de cette classe se sont intéressées sérieusement à moi. Mais la majorité étant en couple avec le père de leurs enfants, elles n’étaient pas une option.  Et puis, j’ai toujours évité comme la peste les relations au travail.  Car si la relation tourne au vinaigre, il n’y a rien de pire que de d’être obligé de côtoyer son ex cinq jours par semaine.

Cependant, j’ai dû faire exception pour Mégane.  Non seulement était-elle la plus directe et la plus insistante, son langage corporel et ses réactions physiques face à moi démontraient une attirance profonde, un instinct de désir quasi-animal qui allait bien au-delà du simple caprice. En plus d’être d’une grande beauté et bien plus jeune que moi, ce qui ne gâchait rien.  Rarement ai-je eu une si grande compatibilité sexuelle avec une partenaire, et ce dès la toute première fois.  Chacun de nous était convaincu avoir trouvé son match parfait, et il était même dans nos projets de nous marier.

Si notre relation fut sans histoires, il n’en était pas de même pour les autres aspects de ma vie, alors que j’ai eu à faire avec un impressionnant nombre de problèmes. Pour ne citer que les principaux :

  • Des 16 de ma classe embauchés par le CHSLD local, je fus le 8e à être abusivement renvoyé.
  • Je me suis aussitôt trouvé du travail dans une maison pour personnes retraitées, mais celle-ci a dû fermer lorsque ma patronne a perdu sa licence (et n’a jamais voulu nous dire pourquoi.) 
  • J’ai eu droit à 50 semaines de chômage.  J’ai décidé de faire comme s’il s’agissait d’une bourse d’écriture, le prendre, et d’écrire un livre sure une facette encore inconnue sur le règne de Duplessis.  Mais à ma grande surprise, bien que la majorité des maisons d’éditions me félicitent pour mon travail de recherche dantesque (pour citer l’un de ceux-ci) aucun ne veut le publier.  Certains m’ont même recommandés des maisons concurrentes, qui n’en ont pas plus voulu.  
  • Bien que ma page Autour du Mont-Saint-Hilaire d’autrefois m’ait apporté de bonnes connexions avec l’administration de la ville de Saint-Jean-Baptiste où j’habite, aucune de leurs promesses d’emploi, de poste ou de contrat ne s’est concrétisée.
  • Saint-Jean-Baptiste étant surtout une ville agricole, les perspectives d’emploi au-dessus du salaire minimum sont rares.  Et sans véhicule, impossible pour moi d’aller travailler ailleurs.

À la fin de mon chômage, ma seule option de travail était d’aller joindre l’abattoir de dindes pas loin de chez moi, à travailler sur une chaîne de production.  Et ceci me pose deux problèmes.  L’abattoir n’a qu’un seul quart de travail, le jour, du lundi au vendredi. Mégane travaille de soir et n’a pas droit au weekend, ses congés étant des jours variés en semaine.  Alors dès que je commencerai à travailler, on ne se verra plus. 

Second problème, un calcul rapide me démontre qu’une fois les déductions salariales retirées, travailler à l’abattoir ne me rapportera que $36 de plus par chèque que le chômage.  Ce n’est pas avec ce salaire-là que je vais pouvoir me payer un véhicule qui me permettra d’aller chercher du travail ailleurs.  Je me vois donc condamné à passer le reste de ma vie pauvre.  Pauvre et seul.  Car déjà que ma pauvreté était un obstacle à toute perspective d’avenir sérieux avec Mégane, tenter d’y remédier en travaillant à l’abattoir, ma seule option, allait nous séparer pour de bon.

Ce que je ne savais pas, c’est que je n’étais plus en couple avec Mégane depuis deux mois.  Elle avait juste omis de me le dire.

Au début du mois d’avril, l’un de ses ex d’il y a trente ans l’a retrouvé et recontacté sur Facebook.  Il est marié, est père de jeunes ados. Après quelques jours de Hey-salut-comment-ça-va-qu’est-ce-que-tu-deviens, il lui a sorti le grand jeu du je-ne-t’ai-jamais-oublié-tu-a-toujours-été-la-femme-de-ma-vie.  Et elle a embarqué.

Ne s’attendant pas elle-même à (re)tomber en amour avec un autre, elle était désemparée et ne savait pas comment me le dire.  Mais en deux ans, j’ai appris à la connaître parfaitement.  Et j’ai une grande expérience de ce genre de situation.  Je sais voir le changement de comportement d’une conjointe envers moi, et je sais ce que ça signifie.  J’ai compris qu’elle m’avait remplacé par un autre.  Il a fallu que ce soit moi qui aborde le sujet.  Elle n’a eu d’autres choix que d’avouer.

Elle m’a dit que l’une des choses qui a miné notre amour est le fait que, pendant les deux ans de notre relation,  je lui ai démontré que je serais incapable de contribuer à notre avenir commun de manière significative.  Car tout le long de notre relation, elle m’a seulement vu plonger de plus en plus bas.  En un an, elle m’a vu perdre un bon emploi.  Puis un second.  S’en suivit un an de chômage, dans lequel elle m’a vu me démener en vain pour me trouver un bon poste dans l’administration de la Ville.  Elle qui croyait en moi et en mon talent, m’a vu travailler très sérieusement sur un livre, reconstituant une partie inédite de l’Histoire du Québec, un sujet garanti de se faire publier… Et personne n’en veut.  Et mon seul avenir à ce point-ci, c’est de finir dans une chaine d’abattoir de dindons pour à peine plus cher que le chômage.  Tandis que son nouvel homme travaille pour le Gouvernement depuis 25 ans.  S’ils finissent un jour par vivre ensemble, sa contribution au revenu ménager total leur assurera un avenir bien meilleur que tout ce que je pourrais lui offrir.

À ce point-là de ma vie, Mégane constituait à elle-seule mon unique vie sociale.  Ma semaine de deuil de notre relation de couple fut rude pour mon moral. 

À la fin de celle-ci, histoire de me changer les idées, j’ai décidé de m’inscrire sur Facebook Rencontres.  Tirant leçon de mes expériences de 2018 sur Tinder et autre sites de rencontres, j’y suis allé avec une approche différente de celle des autres hommes : Description courte non-sexuelle, et photos empreintes d’humour.  J’y ai tout de même ajouté une photo d’extérieur pour faire mon beau, et une photo du temps où j’étais préposé aux bénéficiaires, histoire de cacher que j’étais ex-chômeur et futur chaînon de production. Ce n’était pas dans l’unique but de ruser pour me faire passer pour plus riche que j’étais.  C’est surtout que, étant au début du mois d’août, je réalisais que j’avais encore droit à trois, peut-être quatre mois de températures permettant l’utilisation de mon vélo.  Je songeais à aller poser ma candidature à l’une des nombreuses maisons de retraite et CHSLD des villes environnantes.  Évidemment, j’aurais à démissionner au retour des grands froids.  Mais en attendant, j’aurais droit à un bon salaire.

Mon profil sur Facebook Rencontres était comme suit :

Et comme il y a quatre ans, ceci a attiré l’attention de bon nombre de femmes.  Mais sans posséder de véhicule autre que mon vélo, la majorité habitait beaucoup trop loin pour moi.  Incluant Anne-Marie qui, passant la majorité de son temps dans les provinces maritimes, était vraiment trop éloignée.  Ce qu’elle avait à me dire, par contre, valait la peine que je m’y arrête, comme le démontre cette version abrégée de nos échanges. D’habitude, par respect de la pudeur sociale au sujet des salaires, je ne divulgue jamais le mien.  Mais là, Basta!  Impossible de donner une bonne idée en ne faisant que sous-entendre les faits.

ELLE : J’ai vu ta photo de préposé aux bénéficiaires. Tu travailles où?
MOI :
Sans emploi, mais je suis justement en train de refaire mon CV pour commencer à faire application demain.  Il y a tellement de demande dans le milieu que je suis assuré de commencer à travailler dans les 48h.
ELLE :
Laisse faire ça, ils vont juste te payer $26 de l’heure.  Viens travailler avec moi dans les Maritimes.  Ici, on commence à $35. 
MOI :
Sérieux?  Pour quel CHSLD?
ELLE :
Non, je travaille pour une agence de placement qui fournit des préposés là où la demande est une urgence.  On m’envoie partout, Gaspé, Iles-de-la-Madeleine, Rimouski, Campbellton, Terre-Neuve, Baie James…  Plus c’est loin, plus haut est le salaire.  Par exemple, à la Baie-James, on commence à $46.  Mais peu importe où tu vas, ils te donnent en plus une allocation de $60 par jour pour te nourrir, et tu es logé gratuitement.  Et ton déplacement est payé aussi, on te donne 45¢ du kilomètre entre chez toi et ton lieu de travail.  Et le plus beau, c’est que c’est toi qui décide de ton horaire.  Tu dis que tu es disponible de telle date à telle date, on te case ces dates-là, et voilà.  Et le taux d’absentéisme chez les employés de CHSLD est tellement grand que l’on va te proposer souvent double quart de travail.  Et au-delà de 40 heures par semaine, toute heure supplémentaire est payée temps et demi.

Voilà une situation qui semble trop belle pour être vraie.  Je ne vois cependant pas de raison logique expliquant pourquoi elle me ferait un tel baratin.  Ça valait le coup d’essayer. Elle m’a donné la page web de son agence.  J’y suis allé.  J’ai fait application.  J’ai eu un retour d’appel.  On m’a confirmé que tout était vrai.  J’ai donc fourni les documents prouvant ma formation et mon expérience.  Et voilà que l’on m’annonce que l’on m’offre un premier contrat d’un mois à Carleton-sur-Mer.

Petit problème : Pour avoir le travail, j’ai besoin d’une auto.  Et pour acheter une auto, il me faut un travail.  Les concessionnaires en ayant vu d’autres, ils ont communiqué avec mon futur employeur, afin de s’assurer que oui, j’allais bientôt avoir un revenu stable.  Et puisque j’ai toujours géré mes finances de manière intelligente, j’ai un excellent dossier de crédit.  Je me suis donc procuré un véhicule usagé pour $22 000.

J’ai déjà écrit par le passé à quel point un véhicule était, dans mon cas, une dépense totalement inutile, qui me handicaperait financièrement.  Sans compter la fois où je me suis fait avoir comme c’est pas possible avec un représentant de Général Menteurs il y a 25 ans.  Mais cette fois, la situation est totalement différente.  De un, j’achète au lieu de louer.  De deux, il est usagé et non neuf.  De trois, mon essence est remboursée.  Et le plus beau, de quatre, puisque je peux prouver que j’ai été obligé de l’acheter pour avoir mon travail, un bon comptable pourra en déduire une partie sur mes impôts.

Fort de ma première expérience en CHSLD, je m’attendais à être reçu comme un malpropre, et subir le harcèlement et le rabaissement quotidien.  Il n’en fut rien.  Tout le monde, collègues, patrons, chefs d’équipe, infirmiers, sont chaleureux, aidants, compréhensifs, positifs.  De toute ma vie, jamais n’ai-je travaillé dans un environnement aussi harmonieux.  Et toutes les promesses d’Anne-Marie se sont révélées exactes. 

À la fin de ce premier contrat d’un mois, j’ai pris deux semaines chez moi à Saint-Jean-Baptiste.  Après ce temps de réflexion, mon idée était faite.  Je suis reparti et me suis remis disponible pour trois mois.  Incluant les jours fériés de la fin de l’année.  Et pourquoi pas!?  Je suis célibataire.  Mes enfants sont partis fonder leurs propres familles.  Mes chats sont avec Flavie.  Je n’ai même pas une plante verte.

Ah, et en passant : Il se trouve que l’intérêt qu’avait Anne-Marie envers moi n’était que financier.  Lorsqu’un employé de l’agence recrute un candidat qui fait l’affaire, il reçoit un bonus de $1 000. Mais qu’importe, puisque Facebook Rencontres m’a permis de débuter ici, près de mon nouveau travail, une nouvelle relation.  Et pas avec n’importe qui : il s’agit d’une autrice qui a 21 livres publiés à son actif.  Je me retrouve donc avec une amie de cœur avec qui j’ai beaucoup plus de passions artistiques en commun que je pouvais en avoir avec Mégane.

À quelques reprises, dans des billets écrits par le passé, je faisais état de l’effort que je mettais dans mon évolution de carrière.  Voici la chose, mise à jour :

  1. Il y a onze ans, j’étais artiste et auteur à mon compte, et sans emploi.
  2. Il y a dix ans, j’ai commencé au bas de l’échelle en allant faire du ménage dans un garage de bus.
  3. Il y a neuf ans, cette expérience m’a permis de décrocher un emploi comme concierge résident.
  4. Il y a sept ans, cette expérience m’a permis de décrocher un emploi comme surintendant.
  5. Il y a cinq ans, cette expérience m’a permis de décrocher un travail de bureau pour une grande firme.
  6. Il y a deux ans et demi, cette expérience m’a permis d’être l’un des 10 000 choisi parmi les 90 000 candidats à la formation de préposé aux bénéficiaires, qui m’a permis ensuite de travailler brièvement dans un CHSLD.
  7. Il y a deux ans, cette expérience m’a permis de décrocher un emploi dans une maison de retraite.
  8. Cette année, ces deux expériences précédentes m’ont permis de décrocher mon emploi actuel.  Emploi qui, avec les bonus, me rapporte trois fois le salaire minimum.  Avant temps supplémentaire.

Ça m’a pris dix ans mais j’y suis enfin arrivé.  Je suis parti de rien.  Et aujourd’hui, j’ai tout ce que j’ai toujours voulu.  J’ai un travail dans lequel je suis compétent. J’ai un salaire qui me permettra bientôt de vivre une vie normale d’adulte normal. Mon travail m’amène à voyager dans des endroits touristiques magnifiques.  Et j’ai l’amour avec une femme qui partage ma passion de l’écriture.

Si l’ex de Mégane n’était pas venu me la ravir, j’aurais fini ma vie pauvre et seul, sur une chaine de production d’un abattoir de dindons, malgré tous les efforts que j’ai pu faire pendant une décennie complète pour m’en sortir.  Mais parce qu’il a mis fin à mon couple, je me suis inscrit sur Facebook Rencontres, et à partir de là tout est tombé en place.  Non seulement ça a réglé tous mes problèmes, je vis maintenant la vie idéale à laquelle j’ai toujours rêvé.

J’avais tout ce qu’il faut pour réussir. La preuve, c’est que j’ai réussi. Il me fallait juste une opportunité pour pouvoir y arriver. Cette opportunité ne se serait jamais présentée si l’autre gars était resté fidèle à sa femme, et Mégane fidèle à moi. C’est tout de même ironique.  Mais c’est le propre de la réalité: Trop souvent, la réussite ou l’échec dépendent de situations qui n’ont rien à voir avec les règles de la morale ou de la logique.

À SUIVRE

Bienvenue à l’ère du Good Deed Shaming.

Le Good Deed Shaming peut se traduire par se faire donner la honte d’avoir posé un geste décent.  Car en effet, depuis une bonne dizaine d’années, il n’y a plus moyen de faire la moindre bonne action  sans que l’on nous fasse la morale de ne pas avoir fait une bonne action pour une autre cause.  Une cause plus importante.

L’incendie de Notre-Dame de Paris est le plus récent et le plus parfait exemple de la chose. Avez-vous vu ce qui circule sur Facebook à cet effet?  En voici un échantillon:

Oui, d’accord, je veux bien croire qu’il y a des causes plus honorables et plus humanitaires et plus écologiques que de reconstruire une église.  Sauf que… Savez-vous vraiment de quoi vous parlez, lorsque vous nous balancez des comparaisons impliquant la calotte glaciaire, la jungle amazonienne ou les enfants qui meurent de faim en Afrique?

Notre-Dame de Paris, il y a une adresse fixe. On sait où envoyer nos dons.  Je les envoie où, mes dons, pour recongeler le Pôle Nord?

La foret amazonienne est régie par les divers gouvernements des territoires sur laquelle elle s’étend: Brésil, Colombie, Pérou, Venezuela, Suriname, Guyane, Équateur et  Bolivie.  Si un ou plusieurs de ces gouvernements en permettent le déboisement, on fait quoi pour les empêcher? La seule solution serait envahir ces pays et renverser le gouvernement.  On parle ici d’une guerre mondiale. Des centaines de milliers de morts. Pour, bien sûr, se faire critiquer par la planète en entier. Rappelez-vous des manifestations monstres à travers la planète pour protester contre l’intervention des USA pour arrêter Saddam et Laden.

Quant aux enfants qui meurent de faim en Afrique, certains d’entre vous êtes trop jeunes pour vous en rappeler, mais le concert Live Aid, le regroupement USA for Africa, et toutes les chansons à la We are the World, qui ont rapporté des centaines de millions pour enrayer la faim dans ce coin de continent… Le gouvernement éthiopien a saisi l’argent et s’est payé une armée, ce qui n’a aidé ni le peuple ni ses voisins. En fait, les gens qui ont donné de l’argent ont juste contribué à l’augmentation de la répression et des morts.

Je n’invente rien, plusieurs sites en parlent, dont celui-là.

Oh, bien sûr, Bob Geldof n’y croit pas.  Normal, il est le fondateur de cette belle oeuvre de charité, alors il ne tient pas à ce que ça soit entaché, et il ne veut surtout pas que ça écoeure les gens de faire preuve de générosité envers son prochain.

N’empêche que, que ce soit vrai ou non, ça ne change rien au fait que les conditions de vies du peuple éthiopien ne se sont jamais améliorées durant les trois décennies et demie qui se sont écoulées depuis Live Aid.  Alors ils servent à quoi, nos dons pour sauver les gens qui ont faim?

D’ailleurs, puisque l’on parle de dons:  Ceux qui nous disent de donner pour de plus nobles causes… En font-ils, eux, des dons, pour ces mêmes causes? Je serais curieux de savoir s’ils prêchent par l’exemple, ou s’ils se contentent juste d’essayer de nous donner des leçons de morale. Une morale qu’ils ne sont même pas capables de suivre eux-mêmes.

Maintenant, si vous avez une solution, je veux bien l’écouter. Mais en attendant, les faits sont: Si je fais un don pour reconstruire la cathédrale, alors la cathédrale sera reconstruite. Mais si je donne pour les causes que vous proposez, dans le meilleur des cas ça ne changera rien, et dans le pire ça va juste empirer la situation.

Ceci dit, je ne possède pas la vérité absolue. Je me trompe? Alors dites-moi ce que je peux faire.  

Les beautés étrangères: Pourquoi tombe-t-on dans le panneau?

Comme probablement tout le monde, il m’arrive parfois de recevoir des demandes de contacts sur Facebook de la part d’une beauté étrangère qui semble s’intéresser à moi. J’ai beau être célibataire, j’ai de la difficulté à me faire à l’idée d’avoir une relation avec une femme qui habiterait à plus de 5 km de chez moi. Alors d’un autre continent, imaginez! Par conséquent, lorsque ça arrive, j’expédie ça aussi sec:

Comme vous voyez, quand je reçois une réponse négative à « On se connait », j’arrête la conversation là. Mais ces derniers temps, j’ai vu tellement de mes compatriotes féminines québécoises s’amuser à se foutre de la gueule de leurs prétendants étrangers, tout en faisant exprès de leur parler en québécois, que j’ai décidé de prendre exemple sur elles pour m’amuser un peu.

Le résultat: Cet amusant échange avec cette superbe jeune fille de 20 ans du Maroc. Il y aura un lexique entre chaque partie de la conversation, pour faciliter la compréhension à mes lecteurs-z’et-lectrices non-québécois.

Saint-Ciboire-du-bout-de-Christ: La majorité des villes et villages du Québec sont des noms de saints. Or, nos jurons sont aussi composés de mots d’église. Ce (faux) nom de patelin est donc un long juron.
Moose Jaw: Littéralement Mâchoire d’Élan / Mâchoire d’Orignal. Véritable ville canadienne, mais en Saskatchewan et non au Québec.
Où que tu sois, qui que tu sois, que la force soit avec toi: Référence à La Guerre des Étoiles, certes, mais c’est surtout la phrase d’introduction du quiz télévisé pour enfants, Les Satellipopettes, très populaire au Québec au début des années 80.

Mes bas: Mes chaussettes
Une brassée: Un paquet de linge qui vient d’être lavé
La sécheuse: Le sèche-linge.
Manger ses bas: Expression québécoise, l’équivalent de péter un câble.
Isabelle Huot: Populaire nutritionniste québécoise.
Beau Dommage: Populaire groupe musical québécois des années 70, toujours actif de nos jours.
La Complainte du Phoque en Alaska: Chanson de Beau Dommage, leur plus grand succès.

Chus pas regardant: « Je ne me soucie pas de ces détails. »
Icite: Ici.

Je me suis inspiré d’une amie qui avait eu un désopilant échange semblable, quoique plus long, avec un homme Tunisie. Conversation qui est vite devenue virale.

Hier, j’ai posté ma conversation avec ma marocaine sur mon Facebook. Et parmi les commentaires, j’ai reçu celui-ci, qui est la raison de l’existence de ce billet de blog: « Je ne comprends pas comment ces gens peuvent se croire crédibles. « 

Eh bien la réponse à ça est: Parce que, malheureusement, ça fonctionne trop souvent.

Il y a quelques années, j’étais membre d’un forum (apparemment sérieux) de rencontres. Après deux mois discussion, à ne recevoir que des demandes de contacts de femmes de mon groupe d’âge, pour la plupart assez abîmées par la vie, voilà que m’arrive cette jeune beauté ukrainienne qui me sert du « Je amour toi et please envoyer numéro Visa (la carte de crédit) pour mon visa (le passeport) que moi rejoigne tu, so we love & couchette », et ça venait avec une adresse courriel. (Bon, c’était un peu plus articulé que ça, mais c’était en 2012 et je n’en ai pas gardé copie.)

Premier réflexe: Googler l’adresse de courriel de mademoiselle. Je suis tombé sur plein de témoignages d’hommes de partout dans le monde qui se sont fait avoir de plusieurs centaines de milliers de dollars par ce barbu obèse russe.

Quand tu n’arrives même pas à plaire à une femme moyenne de ton propre pays, qu’est-ce qui te fais croire que tu as pu séduire, SANS EFFORTS, une déesse d’un autre continent? C’est pourtant évident, qu’il s’agit d’une arnaque. Alors pourquoi est-ce que ça fonctionne?

La triste réponse à cette question est: Parce que pour ces pauvres hommes seuls, cette fille, ce personnage devrais-je dire, leur vend du rêve. Elle leur donne un espoir comme quoi, malgré leurs 40-70 ans, ils peuvent encore plaire à une jeune beauté, donc qu’ils n’ont rien perdu de leurs attraits.

Quant à ceux qui n’ont jamais eu d’attraits pour commencer, le fait de se commander une beauté étrangère, ça rassure. Son subconscient comprend qu’il est la seule personne qu’elle connait ici, donc qu’il sera sa seule vie sociale si elle vient au pays. Pour les hommes qui ont une faible estime de soi, savoir que cette fille dépendra de lui pour survivre, et surtout que par conséquent il n’aura aucun rival, ça lui procure un sentiment de sécurité.

En conclusion: Le problème, ce n’est pas que ces « femmes » sont crédibles. C’est plutôt que beaucoup d’hommes ressentent le besoin qu’elles le soient. Parce que la réalité est trop difficile à accepter pour eux.

Est-ce que vous vous souvenez du Best Seller de la décennie dernière, Le Secret? La raison pourquoi ce livre a rendu multimillionnaire son auteur, c’est parce qu’il fonctionne sur ce même principe. Par exemple, lisez juste ce passage:

Eh oui! Ce livre (ou du moins cette Lisa Nichols) affirme que si vous recevez des factures d’électricité, de téléphone, de câble, d’internet, de loyer et de carte de crédit, ce n’est pas parce que vous avez l’électricité, le téléphone, le câble, l’internet, un loyer et une carte de crédit, mais bien parce que votre imagination fait surgir ces factures de nulle part. 

Pourquoi tant de gens ont cru à de telles inepties? Parce que beaucoup trop d’entre eux sont pris dans une vie décevante et sont impuissants à y changer quoi que ce soit. Pour ces gens-là, la pensée magique est leur seul refuge. Car d’un côté, ils ont une triste réalité qui est sans issue. Et de l’autre, il y a ce livre qui leur offre un espoir comme quoi les choses peuvent s’arranger. C’était juste ça, le secret derrière Le Secret.

Et c’est sur ce même principe, en donnant l’espoir qui fait rêver, que le piège grossier de la beauté étrangère arrive à attirer autant de gens qui vont aller s’y jeter délibérément.

Quant à moi, ça ne risque pas de m’arriver. Je suis parfaitement au courant que j’ai 50 ans et que je ne suis plus de première fraîcheur. Le jour où je vais me faire draguer par une matante ridée de Ste-Antoinette-du-Ouaouaron, je vais déjà trouver ça plus crédible qu’un top modèle marocain de 20 ans.

Les commentaires sensuels et/ou sexuels et/ou pervers.

Une fille vient de changer de photo de profil sur Facebook.  Elle est mince, dans la mi-vingtaine, et a les cheveux noirs attachés en deux queues de cheval de chaque côtés de la tête.  Sur sa photo, on la voit en chemise blanche à manches courtes.  La chemise, très serrée, est ouverte et contourne ses volumineux seins, qui sont eux-mêmes dans un soutien-gorge rouge ouvert en V, le tout bordé de dentelles.  Le visage légèrement penché par en avant, elle regarde directement la caméra par-dessus ses lunettes, tout en suçant un popsicle. 

 Les commentaires sous la photo se divisent en cinq catégories :

  • CATÉGORIE 1 : Ses ami-e-s qui lui disent des trucs anodins du style de « Jolie photo! »
  • CATÉGORIE 2 : Des hommes qui lui font des commentaires sensuels et/ou sexuels et/ou pervers.
  • CATÉGORIE 3 : La fille de la photo qui se plaint de recevoir des commentaires sensuels et/ou sexuels et/ou pervers.
  • CATÉGORIE 4 : Les gens qui lui disent que si elle ne veut pas recevoir des commentaires sensuels et/ou sexuels et/ou pervers, alors elle a juste à ne pas poster une telle photo.
  • CATÉGORIE 5 : Les gens qui répliquent que rien ne justifie de tels commentaires, et que c’est son droit de choisir son look sans devoir subir des commentaires déplacés.

 Il y a quelques jours, on a attiré mon attention sur cette photo et sur les commentaires, histoire de me demander mon avis.  Je me suis trouvé un peu désemparé.  C’est que je dois admettre que c’est un sujet sur lequel je refuse de me pencher depuis un bon dix ans.  Mais j’avais une bonne raison pour ça.  Et la voici:

Durant les quinze années où les forums étaient populaires (1998-2012) je me suis vite rendu compte que lorsque le sujet de discussion est sur le thème de la relation agresseur/victime, l’un des premiers commentaire amène la notion de la responsabilité.  Et ça, comme le veut le cliché, c’est la gazoline sur le feu, et personne ne sera à court de bidons (pleins) à y lancer.  Peu importe ton opinion, peu importe la logique de tes arguments, peu importe que tu responsabilises l’un, l’autre, les deux, aucun des deux, les circonstances, le hasard ou rien du tout, tu vas te faire massacrer par tous ceux qui ont une opinion différente de la tienne.  Car sur ce genre de sujet,  les gens ne vont pas attaquer tes arguments, ils vont t’attaquer TOI!  Et la confrontation va continuer comme ça pendant plusieurs jours, sans jamais que personne ne recule d’un pouce.  À la fin, lorsque les gens en auront marre de cette dispute qui ne mène nulle-part, le sujet mourra par lui-même.  Mais rendu là, le mal sera fait.  L’opinion des gens à ton sujet sera négative, et ce pour de bon.  Et au nombre de gens qui ont vu leurs vies se faire ruiner suite à quelque chose qu’ils avaient écrit en ligne, plus personne n’est assez idiot pour encore affirmer que « internet, c’est pas la vraie vie! »  Et c’est pour ça que je me tiens loin de ce genre de truc.

Mais aujourd’hui, je me rends compte que oui, je peux avoir une opinion là-dessus sans pour autant me faire scalper à coup de marteau.  Et c’est parce que je vais m’adresser aux hommes de la catégorie 2, ceux qui lui font des commentaires sensuels et/ou sexuels et/ou pervers.  Et je m’adresserai à eux, non pas pour leur taper dessus, non pas pour leur faire la leçon, mais pour leur donner quelques trucs à retenir, afin qu’ils puissent se protéger des désagréments décrits dans le paragraphe précédent.  Ça va comme suit :

Truc à retenir 1. Est-ce que la fille t’a envoyé cette photo à toi, personnellement, tout seul, en privé?  Non? Alors ça veut dire que tout le côté sexy de cette image ne s’adressait pas à toi personnellement.  Par conséquent, elle ne veut rien savoir de l’effet qu’elle te fait.  Est-ce que tu veux te subir un incessant barrage d’insultes de toutes part pour lui avoir envoyé ce que tu croyais qu’elle voulait recevoir?

Truc à retenir 2. Depuis #MoiAussi #MeToo, c’est la mode de dénoncer tout comportement qui puisse être vu comme étant inapproprié de la part d’un homme envers une femme.  Ça inclut les commentaires sensuels et/ou sexuels et/ou pervers.  Dans cette optique, une photo de profil telle que décrite plus haut, ça sert aussi à repérer les gars qui font ce genre de commentaires.  Une fois qu’ils se sont fait prendre, ils se font dénoncer et crucifier publiquement.  Voulez-vous être victime de la mode? 

Truc à retenir 3. Parfois, une victime aura trop peur de son agresseur pour le confronter.  Alors pour se défouler, elle va provoquer des gens, jusque-là innocents, à faire ou dire un truc qui puisse sonner similaire à ce que disait/faisait son agresseur.  Ça lui donne une excuse pour se venger sur vous, sans avoir peur de subir de représailles.   Avez-vous envie de payer pour ce qu’un autre lui a fait?

Truc à retenir 4. Certaines personnes ont besoin d’exorciser quelques frustrations de jeunesse.  Alors elles, leur truc, c’est de provoquer les autres, pour ensuite les confronter, pour ensuite se faire passer mensongèrement comme pauvres victimes, afin de monter l’opinion des autres contre vous, afin de les manipuler à se battre à leur place contre vous, tandis qu’elles restent bien à l’abri, lâchement, derrière eux.  Et elles se donnent comme mission sacrée d’entacher votre réputation dans tous les aspects de votre vie : Cercle social pour vous faire abandonner, famille pour vous faire renier, conjointe pour vous faire jeter, travail pour vous faire renvoyer…  Vous ne trouvez pas que prendre le risque de ruiner votre vie pour avoir écrit un commentaire sous une photo, c’est un peu cher payer?

Truc à retenir 5. Ces temps-ci, la société considère que la chasse est ouverte contre les gars dans votre genre.  Vous agissez de façon qu’ils jugent réprimandables?  Ils vont vous le faire payer cher.  Vous dites des paroles qu’ils jugent réprimandables? Ils vont vous le faire payer cher.  Vous vous plaignez de ce fait? Ils vont vous le faire payer cher.  Vous vous rebellez contre ce fait? Ils vont vous le faire payer encore plus cher.  Sérieusement, là, c’est vous contre la planète.  Non seulement vous ne gagnerez jamais, vous allez juste vous enfoncer de plus en plus profond.  Et tout ça pourquoi, hm?  Pour envoyer un commentaire à une fille qui va vous mépriser de l’avoir écrit?  Est-ce que ça vaut tous ces emmerdements?

J’en vois déjà qui vont désapprouver les arguments que j’utilise ici, puisque nulle-part je ne suggère à ces homme d’avoir du respect envers les femmes.  C’est parce que si vous pensez ça, ça signifie qu’il y a deux petites choses que vous n’avez jamais comprises. 

  1. Dire aux hommes de respecter les femmes, ça ne sert à rien.  Les hommes respectueux le font déjà, alors dans leur cas c’est inutile.  Et les irrespectueux ne vont pas changer parce que vous le leur demandez, alors dans leur cas c’est également inutile. 
  2. Si un gars est irrespectueux, c’est qu’il est égoïste.  Et un égoïste, ça ne songe qu’à ses propres intérêts.  Aussi, mes cinq trucs à retenir leur montrent qu’il est à l’encontre leurs propres intérêts de leur manquer de respect. 

On demande souvent « Pourquoi est-ce que l’on dit aux filles de ne pas se faire agresser au lieu de dire aux gars de ne pas agresser? »  Eh bien voilà, c’est fait, je viens de dire à l’homme de ne pas agresser la femme, en lui donnant cinq raisons de s’en abstenir.  Alors peu importe la raison pourquoi il la respecte, l’important c’est qu’il la respecte.

 

9 sujets insignifiants qu’utilisent certaines personnes pour se sentir supérieures aux autres.

Il y a quelques années, je vous ai offert une série de billets au sujet des conflictuodépendantsIl s’agit de ces gens pour qui l’estime de soi dépend fortement de leur capacité à rabaisser autrui plus bas qu’eux-mêmes.  Ce genre de personne est très facile à repérer car pour eux, tout est prétexte à se comparer à vous, en mieux.  Voici neuf situations particulièrement insignifiantes dans lesquelles ils ne peuvent se retenir de le faire.

1- Manger avec des baguettes.  Lorsque tu es en présence de cette personne dans un resto asiatique, (et crois moi qu’elle va t’y entraîner un jour, c’est inévitable), tu n’y échapperas pas.  Prendre une soupe avec une cuillère?  Des nouilles avec une fourchette? Des sushis avec tes doigts?  N’y pense même pas!  Tu vas t’attirer automatiquement ses remarques moqueuses à la « HEIIIIN? Tu ne sais pas utiliser des bagueeettes? »   Pour ce que ça change: Si tu les utilises, alors elle dira avec surprise, « HEIIIIN? Tu sais utiliser des bagueeettes? », avant de te donner un cours détaillé en quatorze points sur tout ce que tu fais d’incorrect dans ta manière de les tenir, les manipuler et les utiliser. 

C’est que cette personne n’a tellement rien en elle qui puisse la distinguer des autres, qu’elle se rabat sur sa maîtrise des baguettes pour se sentir supérieure.  En démontrant que toi aussi tu sais les utiliser, tu lui enlèves ce qui fait d’elle une personne spéciale.  Et ça, c’est pour elle très difficile à avaler.

Ceci dit, on parle ici d’un adulte qui ressent le besoin de crier sur tous les toits qu’il est capable d’utiliser une technique que maîtrise n’importe quel enfant asiatique âgé de quatre ans.  Bravo, champion!

2- Manger épicé.  Il y a des gens comme ça qui semblent croire sincèrement que manger épicé est un exploit.  Alors à chaque fois qu’ils vont au resto en groupe, c’est inévitable, ils commandent toujours le plat le plus épicé.  Puis, histoire de prouver qu’ils ont fait ce choix dans le but de rabaisser les autres et non par simple goût personnel, ils se moquent aussitôt de celui qui, à table, a commandé des mets non-épicés. 

Parce que oui, pour cette personne, même quelque chose d’aussi basique que se nourrir, c’est une opportunité de se mettre en compétition avec les autres.  Mais sérieusement, faut-il avoir un complexe d’infériorité en béton pour considérer que  transformer ses repas en expérience désagréable, c’est une raison pour se sentir supérieur aux autres?  

3- Ne pas utiliser Google.  Il y a quelques temps, sur un forum de BD européenne, j’ai décidé d’expliquer un gag de la série Achille Talon, dans lequel la chute était une citation latine.  J’ai cherché une version française de la citation sur Google, et j’en ai posté le résultat sur le forum.  Les commentaires que j’ai reçu n’ont eu aucun rapport avec Achille Talon, ni avec la citation.  C’était des conseils pour éviter d’utiliser Google. 

Parce que oui, Google étant très populaire, c’est automatiquement le mal incarné.  Et  honte à ceux qui l’utilisent car, puisque c’est justement l’engin de recherche le plus connu, ça démontre que tu ne connais pas grand chose, contrairement à eux qui connaissent des solutions alternatives.  

Oui, mais… À quoi bon amener une solution alternative quand la première solution fonctionne déjà très bien?  Il y en a qui vont apporter l’argument comme quoi il faut éviter Google car il fait des publicités ciblées à ses usagers en se basant sur leurs habitudes du net.  Bah ouais, et alors?  Vous croyez qu’au lieu de voir une pub qui pourrait m’être utile,  je vais préférer avoir une pub de Tampax?

4- Ne pas utiliser Facebook. On en a tous connu au moins un comme ça, qui prétend que Facebook ne sert qu’à faire perdre du temps au gens, les empêchant de faire ce qui est vraiment important dans le quotidien.  Mais voilà, il est trop intelligent pour tomber dans ce genre de piège, lui.  FUCK FACEBOOK!

Dites, vous en connaissez beaucoup, vous autres, des gens qui négligent leurs vies pour excès de Facebook?  Moi non plus.  Ce qui en revient à dire qu’en déclarant ceci, il nous affirme que c’est lui qui, contrairement à la majorité, n’a pas la volonté de se contrôler face à Facebook.  Et il trouve le moyen de tordre ça de manière à s’en vanter.  Tsk! Tsk!

Il y en a une autre comme ça qui, en 2007, décida de se démarquer du reste de l’humanité de cette façon.  La comédienne Jessica Barker décida de ne pas s’inscrire sur Facebook, qui venait d’atteindre 50 millions d’abonnés Elle prétendait que Facebook n’était qu’une mode passagère.

Mais voilà, ne pas aimer Facebook ne lui suffisait pas.  Elle décida de haïr Facebook.  Et pour pouvoir bien rentrer de force sa haine dans la gorge de tous les passants, elle décida d’imprimer, arborer et vendre des T-shirts « Fuck Facebook ».  Et pour se faire de la pub, elle demanda à l’autrice Raphaële Germain et aux comédiens Guillaume Lemay-ThiviergeVincent Bolduc et Patricia Paquin de les porter fièrement avec elle pour une séance de photo…  

…sur laquelle les deux premiers ont plutôt l’air de porter un chandail qui dit « Fuckface ».  Assez amusant lorsque l’on sait que fuckface est synonyme de stupide, idiot, irritant, grande gueule, je-sais-tout.

Le mois dernier, Facebook comportait 2.07 milliard d’usagers actifs.  Nombre qui n’inclut toujours pas Jessica qui continue d’affirmer que Facebook n’est qu’une mode passagère qui disparaîtra de la surface de la terre d’ici quelques années.

Si, histoire d’expliquer la non-utilisation de Google et Facebook, on te propose des arguments sérieux, dénonçant leurs failles niveau modèle économique, vie privée, monopole, NSA, etc, là, d’accord.  Mais lorsque le seul argument que l’autre puisse te donner est de te regarder comme si tu étais un attardé en disant  « Bah là, parce que c’est Facebook/Google. C’est suffisant comme raison. », c’est non seulement méprisant, c’est idiot.

5- Ne connaitre que la Pop Culture d’il y a 20-30-40 ans.  Ces gens, en général âgés entre 35 et 55 ans, considèrent comme étant une hérésie le fait que des moins de 25 ans ne peuvent comprendre des références vieilles de plus de deux décennies. La BD qui suit en montre un excellent exemple.



Source: Le webcomic The non-adventures of Wonderella.

Avez-vous déjà remarqué que ceux qui ne jurent que par la pop-culture de leurs années de jeunesse sont tous, sans exception, totalement incapable de nommer les équivalents actuels de ces mêmes sujets?  Ça vit dans le passé pour compenser le fait qu’ils sont incapable d’évoluer pour vivre avec leur temps, et ça se permet de vous rabaisser parce que vous ne pouvez pas connaitre les détails d’une époque dans laquelle vous n’étiez pas encore nés. 

6- Être utilisateurs de produits Apple.  Cette personne ne cesse de répéter à quel point Mac vaut 100 000 fois mieux que PC.  Elle ne manque pas de faire des commentaires rabaissants, et surtout non-sollicités, à tous les utilisateurs de PC autour d’elle, et elle en profite pour mettre en doute leur intelligence.  Elle est ce qu’on appelle une iSnob.

J’ai été amené à travailler en informatique pour de nombreux clients importants.  Aussi, il m’est arrivé à trois reprises de poser la question suivante à ce genre de personne.

« Si Apple est supérieur, pourquoi est-ce que BMO (Banque de Montréal), le Mouvement Desjardins, Air Canada, le système de paie des employés de la Ville de Montréal, les Bibliothèques et Archives Nationales du Québec, etc, utilisent tous PC au lieu de Mac? »  

Dans les trois cas, la réponse fut une variante de :

« Parce que c’est une bande de caves! »  

Voilà des arguments qui mettent bien en évidence l’intelligence supérieure qu’ils proclament posséder.

7- Les voyages.  Ils méprisent ceux qui ne voyagent pas car selon eux, les voyages, il n’y a que ça pour donner culture, maturité et intelligence.  Et si tu as voyagé aux USA, en République Dominicaine ou à Cuba, HORREUR!  À leurs yeux, c’est encore pire que de ne jamais avoir voyagé. 

C’est qu’ils se sont endettés pour aller au Japon et en Allemagne, eux!  Ils ont vu Istanbul et ont passé trois semaines dans un cachot de trois mètres carré avec 17 autres prisonniers à Copenhague, eux!  Et ils l’ont fait à pied, en sac-à-dos, car ils snobent particulièrement les voyages tout-inclus.  Ça leur a permis de voir le vrai visage du pays qu’ils ont visité, eux!  

Autrement dit, tandis que « tous ces cons de touristes en voyage organisés » visitent des endroits historiques, reçoivent de brèves leçons d’histoire, mangent bien, sont logés et sont en sécurité, tout ça à prix modique, eux vivent en vagabonds, sans abris, à la merci des éléments et des gens mal intentionnés, en ne voyant de ces pays rien de plus que ce que l’on retrouve ici en se promenant dehors: Des quartier pauvres, des routes et de la végétation. Pour le même prix qu’un tout-inclus, sinon plus.  Et ils s’en vantent.

8- Ton téléphone mobile.  Sur ce sujet en particulier, rien à faire pour s’en tirer.  Quoi que tu fasses ou non, tu ne peux échapper à son mépris.  La preuve:

  • Tu as le modèle sorti il y a 18 mois?  « OMG! Attardé!  Arrive au 21e siècle! »
  • Tu as le modèle sorti il y a 3 jours? « OMG! Mouton! Tu achèterais n’importe quoi, pourvu que ce soit nouveau. »
  • Tu as un Sam Koogers?  « OMG! Mais c’est tellement de la merde comparé à mon iBelléotron. »
  • Ton forfait te coûte [X]?  « OMG! J’ai trois fois le double de tes services et apps pour le quart du prix que tu payes. »
  • Tu te crois à l’abri car tu n’as pas de téléphone mobile? « OMG! Attardé!  Arrive au 21e siècle! »

9- Ce qui n’est pas du vrai / de la vraie [insérer sujet quelconque].  Si cette personne vous demande ce que vous planifiez manger ce soir, et que vous avez bien envie de vous taper un sachet ou deux de ceci…
… alors n’allez surtout pas lui répondre « Des nouilles ramen au poulet ».  Ça a beau être des nouilles, ça a beau être écrit « Ramen » sur le sachet, et ça a beau être à goût de poulet, C’EST PAS ÇA, DES VRAIS RAMEN!  Cette personne vous fera alors la leçon comme quoi quand elle mange du Ramen, alors c’est du VRAI Ramen, composé de nouilles Udon, de miso, de dashi, d’huile de sésame et de chili, de coeur de pousses de bambou de Kobe, d’oignons du printemps, de gingembre, de feuilles de Nori et d’émincé de poulet ou de foie de panda égorgé sur place avec une lame d’acier composite San-Maï, le tout préparé par un vrai chef japonais ayant reçu son diplôme culinaire des mains de l’empereur régnant de l’ère Kyōwa.  Toute dérogation ne mérite pas de porter le nom de Ramen.  Et ceci, à ses yeux, cimente définitivement votre statut de péquenaud inculte pour avoir déjà cru autre chose. 

Ce genre de comportement ne s’arrête pas à la nourriture.   Par exemple, si vous aimez le whisky canadien (Rye), elle vous fera la leçon comme quoi le vrai whisky est écossais (Scotch).  Et que la musique que vous appréciez, ce n’est pas de la vraie musique, contrairement à ce qu’elle écoute.   Et que le Maxwell House que vous osez appeler café n’est pas du vrai café, contrairement à ce qu’elle boit.  Etc.

Il n’y a pas de mal à savoir manger avec des baguettes, aimer manger épicé, n’utiliser ni Google ni Facebook, apprécier la pop-culture rétro, voyager, avoir un bon forfait mobile, et préférer les « vraies » choses.  Mais lorsque l’on ressent le besoin d’utiliser ceci pour prendre les autres de haut, les rabaisser, s’affirmer supérieur à eux, alors là, ce n’est pas non plus de la vraie amitié.   Par conséquent, on n’a aucune vraie bonne raison de se soumettre aux jugements de ce genre de personne en la gardant dans notre entourage. 

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Pour en savoir plus sur ce genre de personnes, je vous invite à lire le billet suivant: 37 signes pour détecter d’avance une personne conflictuodépendante,  ou à consulter les billets de la série La Conflictuodépendance.

L’année 2015 à travers les photos de profil Facebook

Au début de l’année, nous étions Charlie.

Pendant l’été, il était politically correct de manifester notre support au droit du mariage gai en appliquant un filtre arc-en-ciel sur notre photo de profil.

En anticipation du film Peanuts en 3D, nous avons eut droit à un logiciel capable de nous transformer en avatar charliebrownesque.

Et suite aux attentats de Paris, nous avons montré notre support à la France.

Puis, en novembre, c’est le Movember, où on affiche notre support pour la recherche contre le cancer des valseuses.

Pour ensuite, à la sortie de l’épisode VII, nous afficher en tant que fans de Star Wars.

Et tout ceci sans oublier les mignons minions qui ont fait sentir leur présence durant toute l’année, aussi bien en illustrant des pensées du jour qu’en photos de profils.

Ça fait beaucoup d’images pour comprimer un an de modes passagères facebookiennes. Aussi, il me fait plaisir de vous offrir:
L’ULTIME PHOTO DE PROFIL DE FACEBOOK DE L’ANNÉE 2015:

Comment naît la culture du viol.

Désolé pour mes lecteurs d’outre-mer mais ce texte contient beaucoup de vocabulaire propre aux québécois.

Lorsque j’étais enfant, mon physique maigre et faible fit que j’étais victime de rejet ou d’intimidation de la part des autres garçons. À cause de ça, dès la maternelle, je me suis toujours senti beaucoup plus à l’aise en compagnie des filles. Avec elles, je n’étais ni en compétition ni méprisé. Ainsi, sans m’en rendre compte, à défaut de faire partie de la confrérie des p’tits gars, j’étais en bonne position pour les regarder agir. Et c’est comme ça que, me rends-je compte aujourd’hui, j’ai vu comment naissait chez les garçons l’attitude qui amène plus tard à la culture du viol.

Je ne sais pas si c’est encore le cas aujourd’hui, mais dans mon temps les filles et les garçons de 5 à 12 ans ne se mélangeaient pas. Ce n’était pas de la faute des filles. Elles n’avaient rien contre les gars. La preuve, c’est qu’elles m’acceptaient dans leur entourage. La source de cette ségrégation, c’était les autres garçons qui, par la même attitude macho qui les poussait à me rejeter, méprisaient également les filles pour leur délicatesse et leur faiblesse. Ils l’exprimaient souvent avec le slogan « ♫ Les filles, les guenilles! ♫ Les gars, les soldats! ♫ ».

Puis, arrive l’adolescence, l’âge où les hormones en éveil poussent les gars à s’intéresser aux filles sur quatre niveaux :

  • Sur le plan social, en désirant leur présence.
  • Sur le plan intellectuel, en désirant établir une communication.
  • Sur le plan émotif, en désirant une relation romantique.
  • Sur le plan sexuel, en désirant avoir des relations sexuelles.

Parmi les gars qui commencent à vivre cette attirance, il y a les nombreux qui ne décrochent pas de leur période petit macho méprisant misogyne de leur enfance. Cette habitude est en eux bien encrée et ils n’ont rien à foutre de développer avec elles une connexion sociale, intellectuelle ou émotionnelle. Si ce n’était de leurs désirs sexuel, ils continueraient certainement de les ignorer. Alors puisqu’il n’y a que le sexe qui les intéresse chez les filles, c’est comme ça qu’ils apprennent à les voir : Comme un produit sexuel qui n’existe que pour répondre à leurs attentes à ce sujet, rien de plus.

Et c’est comme ça que, aux yeux des gars qui entrent dans cette catégorie, la fille n’est rien d’autre qu’une vulve.  Par conséquent, tout ce qu’il a à dire à leur sujet tourne autour de ce thème : Quand il parle des filles et des femmes en général, il ne dit pas les filles ni les femmes. Non, il dit « Les plottes. » D’ailleurs, quand il parle de sa blonde, il dit « Ma plotte! » Il n’aime pas une femme en particulier? Alors c’est une salope et une pute, même si ce qu’il lui reproche n’a rien de sexuel. Elle n’est pas de bonne humeur? Alors elle est en SPM, autre truc relié à son vagin. Lorsqu’une femme revendique ses droits, ou bien qu’elle est patron qui dirige avec une main de fer, alors « C’t’une hostie de mal-baisée qui aurait besoin de se faire mettre. » Elle est féministe? Alors elle est frigide ou lesbienne. Toujours le sexe!

Pour ces gars-là, les femmes se classent en deux catégories : Celle qu’il rabaisse à un sexe qu’il voudrait baiser, ou celle qu’il rabaisse à un sexe qu’il ne voudrait PAS baiser.  Exemple: Maxime Roberge, un animateur de radio du Saguenay, n’aime pas l’artiste Coeur de Pirate.  Est-ce qu’il l’attaque sur sa voix, sa musique, ses gestes ou ses paroles?  Non: Il se contente de la traiter de plotte.

Apparemment, il ne faudrait pas s’en étonner.  Cet article de Cracked explique comment le sexe sous toutes ses formes est l’unique unité de mesure utilisée pour juger la femme dans notre société. Regardez les trois images qui suivent. La première est une photo de Sandra Fluke, à l’époque étudiante en droit à l’université de Georgetown, qui a osé demander au congrès américain d’inclure les contraceptifs dans la liste des médicaments gratuits et/ou remboursables. Voyez comment la caricature éditoriale qui suit la dépeint.

Elle est mince, attrayante, d’apparence soignée, et ses demandes sont raisonnables et pertinentes. Or, parce que c’est une femme, si on est en désaccord avec elle, il faut que ce soit d’abord et avant tout parce qu’elle ne remplit pas son rôle d’objet sexuel. On la transforme donc en grosse laide négligée. On donne ensuite un angle sexuel à ses revendications en la montrant en train d’écrire « Pour passer un bon moment, appelez-moi » sur la porte des toilettes des hommes, histoire d’en faire une salope, voire une pute, ce qui expliquerait pourquoi elle revendique la contraception gratuite. Et voilà, mission accomplie. Une femme n’est qu’un sexe, alors on l’attaque sur son sex-appeal et sa sexualité. Rien d’autre!

Vous allez me dire que puisqu’il s’agissait de contraception, le sujet était tout de même sexuel. Alors laissez-moi vous donner un autre exemple de comportement misogyne, cette fois dans un contexte totalement asexué: Un entrepôt de bouquins.

Il y a quelques jours, dans un groupe de Facebook consacré aux vieux objets de collections, une femme a décidé de faire profiter les gens de la chance qu’elle a d’avoir accès à un entrepôt privé où s’empilent des milliers de vieux livres. Après nous avoir montré quelques photos de l’endroit et de ce que l’on peut y trouver, elle nous a fait une offre : Si l’un des membres de ce groupe cherche une publication en particulier, il n’a qu’à lui écrire, lui envoyer la liste de ce qu’il cherche, et elle verra si elle peut le lui trouver. Aussitôt, un membre masculin est venu et a échangé avec elle la malaisante conversation qui suit :




  • Il veut savoir où se situe l’endroit.
  • Devant son refus de lui dire, il argumente.
  • Il ne respecte pas les limites qu’elle a clairement établi.
  • Il cherche à mettre en doute l’honnêteté de ses intentions. 
  • Il lui demande encore et encore de justifier son refus.
  • Il dit qu’elle a un comportement d’agace. 
  • Et après qu’elle lui ait demandé d’arrêter, après lui avoir exprimé vouloir mettre fin à la conversation, il continue d’insister, ce qui est du harcèlement.  
  • Il lui fait comprendre que s’il insiste, c’est elle qui l’a cherché, c’est de sa faute à elle, elle n’avait qu’à lui donner ce qu’il veut.
  • Et pour finir, il lui fait clairement comprendre que si elle avait été en face de lui plutôt que sur internet, il aurait obtenu d’elle ce qu’il veut.  En cinq minutes.

Si vous êtes une fille ou une femme, ce comportement doit certainement vous rappeler de très mauvaises expériences. Car en effet, quand un homme veut s’inviter chez une femme dans le but d’avoir du sexe, il agit exactement de cette manière. Ce n’est pas le cas ici puisqu’il ne s’agissait que d’un entrepôt et de livres.  N’empêche, c’est le même comportement, la même attitude, les mêmes paroles. 

Mais bon, ça ne devrait pas nous surprendre, de la part d’un gars qui fait la leçon publiquement aux féministes, en leur disant que si une fille se fait harceler de regards insistants sur sa poitrine, c’est qu’elle l’a bien cherché, de la façon dont elle s’habille.

Il y a fort à parier que s’il était confronté au sujet de ce commentaire, il aurait de la difficulté à comprendre pourquoi ce dernier est mal reçu puisque ce n’était pour lui qu’une remarque faite sous le ton de la blague. Car en effet, en général, ceux qui sont coupables d’un tel comportement vont toujours plaider l’innocence, parce qu’à leurs yeux ces paroles sont anodines.

Et n’allez surtout pas qualifier ces hommes de cons.  Vous ne feriez que renforcer cette tendance, puisque con est un autre mot désignant le sexe de la femme.  Le sexe de la femme, utilisé comme insulte.

Comme quoi la misogynie et la culture du viol sont beaucoup plus profondément enracinées dans nos mœurs, nos comportements et nos paroles qu’on pourrait le croire.

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Références:

  • La page Wikipedia de Sandra Fluke.
  • La page Wikipedia sur le Slut Shaming parle justement de l’affaire Sandra Fluke: « Le 29 février 2012, Sandra Fluke qui réclamait alors le remboursement de la contraception par les assurances-santé, avait été traitée de « salope » et comparée à une « prostituée » par Rush Limbaugh lors de son émission. »
  • Il y a même une page Wikipedia au sujet de la controverse Rush Limbaugh / Sandra Fluke.
  • Voir aussi Culture du viol.