Comment le fait d’être un Bon Gars a ruiné ma vie sociale, amoureuse et sexuelle (Conclusion)

Comme on a pu le voir si on a passé à travers le long chapitre précédent, c’est à l’âge de 28 ans que je me suis rendu compte que je faisais fausse route avec toutes mes règles et tous mes beaux principes moraux.  Car dans un monde où personne n’est parfait et irréprochable, je croyais que m’efforcer à l’être allait faire de moi un exemple à suivre.  Hélas, j’étais plutôt celui qui faisait sans cesse prendre conscience aux autres de leurs défauts.  Au lieu de les aider à grandir, je les rabaissais. Dans de telles conditions, pas étonnant que je me retrouvais toujours à l’écart de la société, rejeté par mes pairs.

Et le pire, c’est que mes comportements parfaits et irréprochables, je ne les avais pas parce que c’était naturel chez moi d’agir ainsi, mais bien parce que c’était la bonne façon d’agir.  Par conséquent, me voilà, à 28 ans, sans la moindre idée de ce que je suis vraiment. Je me suis menti à moi-même sur mon propre compte.  Je me suis emprisonné.  En m’en rendant compte, j’ai décidé qu’il était plus que temps que je découvre qui était Steve Requin. Et la seule façon d’y parvenir, c’est de laisser libre cours à mes envies, de me laisser aller à expérimenter.  Bien sûr, ce ne fut pas instantané.  Je me gardais tout de même une petite retenue afin de ne pas tomber dans le piège des extrêmes si bien décrit dans le proverbe trop, c’est comme pas assez. Ça a pris au moins deux ans avant que je puisse dire qu’il y a vraiment eu apprentissage, tout en me permettant de constater des changements que ça m’a apporté dans ma vie.

L’alcool
J’ai commencé à en prendre dans les occasions sociales, les sorties en groupe, les soupers entre amis, et je me suis même saoulé la gueule à quelques reprises. Sur ce dernier point, je dois dire que le fait d’être resté sobre toute ma vie m’a apporté quelques avantages. D’abord, sans jamais avoir bâti de résistance à l’alcool, je saoule vite, alors ça ne coûte pas cher. Une demie bière et je commence à chanter du Elvis. Plus d’une, et tout me rend hilare et joyeux.  Apparemment, comme on dit en Europe, j’ai le vin gai, dans le sens non-sexuel du terme.  Et puisque l’alcool fait perdre les inhibitions et fait ressortir la vraie personnalité, alors ça m’a démontré que je suis une personne positive et heureuse de nature. C’est toujours bon à savoir.

En buvant, j’ai appris que je n’était pas tellement amateur de bière ou de vin.  Trop amer pour mes papilles.  Par contre, le fort, le mousseux, les liqueurs et les cocktails ont majoritairement des goûts qui me sont fort plaisants.  À une époque, j’ai même acheté des bouteilles de rhum pour me faire quelques rhum & coke maison.  Au bout d’un mois je me suis rendu compte que je ne suis pas confortable avec le concept de boire seul.  J’ai donc cessé.  Aujourd’hui, je sais ce que je suis: Un buveur social, modéré, rapide à saouler mais également vite à dégriser.

La drogue
Je n’ai jamais recherché activement à en consommer, mais j’ai accepté de l’expérimenter les trois fois où j’en ai eu l’occasion:

  • La première fois fut lorsque l’on m’a offert de partager un joint de mari à 29 ans. Je n’aime pas fumer la cigarette, j’ai vu que j’aimais encore moins fumer du pot. Il n’y a donc pas eu de suite.
  • Lors d’une soirée entre amis, à 29 ans également, ma coloc de l’époque m’a offert du mush.  Je n’ai pas aimé la façon dont cette drogue faussait ma perception visuelle des distances.  Il n’y a pas eu de suite.
  • Enfin, à 43 ans, l’an dernier, j’ai essayé la cocaïne.  Bien que ce fut une expérience positive à 100%, tout le monde sait très bien que son usage régulier, même à court terme, a des conséquences néfastes sur la santé, les finances et la Justice. Il n’y aura donc jamais de suite, ni pour celle-ci, ni pour quelque autre drogue. Consommer, ce n’est tout simplement pas moi.

Mon comportement avec les autres
Lorsque je vois les gens faire des erreurs ou avoir un mauvais comportement, je ne leur en parle pas, et surtout je ne leur fais plus la morale.  Je comprends qu’il y a mille raisons, allant de leur personnalité naturelle jusqu’à leurs expériences de vie, en passant par leur environnement familial, qui les fait agir ainsi. Si on me demande conseils et commentaires, à ce moment-là je le fais, pour peu que j’ai quelque chose de pertinent à dire sur le sujet.  Sinon, je me tais et j’écoute.  Au pire, je me permet de donner mon avis non-sollicité, mais seulement si je vois que la personne se dirige droit vers une catastrophe grave, ce qui ferait de moi un complice de son malheur d’avoir gardé le silence.

Cependant, ne pouvant pas nier mon naturel à prêcher le « Selon mon expérience de vie, il vaudrait mieux dans telle situation que bla bla bla »  j’ai créé un blog nommé Mes Prétentions de Sagesse. 😉

Mes relations avec les autres
Un truc que je n’avais pas constaté à prime abord, c’est que contrairement à ce que je pensais, je n’étais pas une personne que tout le monde fuit.  Oui, d’accord, que ce soit Daniella, Isabelle, Océane ou d’innombrables autres, on m’a fuit un nombre incalculable de fois.  N’empêche qu’avant de me fuir à cause de mon comportement merdique et ma personnalité jugementale, elles m’avaient d’abord trouvé assez intéressant pour m’approcher.  Maintenant que j’ai cessé d’être chiant, on m’approche toujours, et non seulement je me fais des amis qui ne me fuient pas, on me voit comme un gars cool et je reçois régulièrement des invitations à sortir et/ou faire le party.  C’est d’ailleurs à l’âge de 29 ans que j’ai eu droit à mon tout premier surprise-party d’anniversaire, avec plus d’une trentaine d’amis et connaissances. De toute ma vie jusque-là, jamais je n’avais été apprécié à ce point.

Ma naïveté
Disons que maintenant, je ne prends plus au pied de la lettre tout ce qu’on me dit.  Je comprends que les gens peuvent changer d’idée, tout comme je comprends qu’ils peuvent mentir dans le but de se protéger, tout comme je comprends que parfois ils peuvent donner une fausse raison de (ne pas) vouloir quelque chose, afin de ne pas faire d’histoires.  La preuve de ce dernier cas: en 1998, soit deux ans après mon aventure avec Océane, j’ai fait ce petit dessin qui représente un moment vécu à la fin de la fameuse soirée où elle était venue chez moi.

Ça montre que j’ai fini par comprendre que quand une fille te dit « T’es pas obligé de », ça signifie souvent « Je préférerais que tu t’abstiennes de ».

Parlant de filles:

Mes relations avec les filles
Fini d’être le passif qui espère dans la lâcheté. Maintenant, je suis fonceur.  Lorsqu’une fille me plait, je le lui fait savoir, en gestes et/ou en paroles. Mais attention: Être fonceur ne signifie pas s’imposer de force à l’autre.  Ma mentalité sur le sujet est:  N’attends jamais après son OUI, mais respecte toujours son NON.  Quant à celles qui me draguent, mon acceptation ou mon refus ne se base plus que sur deux choses:

  1. Le niveau de mon désir pour elle.
  2. Ma capacité morale d’assumer ou non les conséquences d’avoir une relation avec elle.

Tout le reste, son âge, sa race, sa religion, son statut de couple, n’entre plus du tout en ligne de compte. Parce que lorsqu’il y a attirance et amour entre deux personnes, elle sauront toutes les deux faire en sorte de modifier leurs situations, histoire d’enlever tout obstacle les empêchant de s’aimer.

Exemple concret: Moi! Vous savez que je suis célibataire depuis décembre 2011, soit depuis la fin de ma relation avec Karine qui a duré 12½ ans.   Eh bien je vous annonce que depuis le 28 juin 2013, je suis en couple avec celle que je considère comme étant mon match parfait. Lorsque je l’ai rencontrée, elle avait déjà un homme en vue depuis quelques temps. Son coeur était donc pris, ou du moins réservé. Mais voilà, nous sommes tellement semblables là où ça compte, tellement compatibles,  qu’il a bien fallu se rendre à l’évidence que nous étions faits l’un pour l’autre, et ce malgré qu’elle a 25 ans et moi 44.  Contrairement à mon aventure avec Océane où nos 9 ans de différence me dérangeait, cette fois je n’ai pas pris ce détail en considération:  Je lui ai fait savoir qu’elle m’intéressait, que je la désirais. Car  contrairement à mon aventure avec Isabelle, le fait qu’elle avait déjà quelqu’un dans son coeur et/ou dans son lit n’avait aucune importance pour moi.

Hélas, devant mes avances, elle a reculé.  J’ai accepté son refus.  Je suis entré dans la friendzone et nous sommes restés bons amis, continuant de nous voir et de passer de bons moments ensemble. Et vous savez quoi? J’aimais tellement l’avoir dans ma vie que je me foutais que ce soit juste en amie, pourvu qu’elle y soit.

Puis, avec le temps, elle a constaté avoir elle-même des sentiments pour moi.  Elle est revenue sur sa décision, a renoncé à l’autre gars, et m’a déclaré son amour.  Eh oui, comme dans mon aventure avec Daniella, j’ai été dé-friendzoné!  ÇA ARRIVE! 😀  Sauf que cette fois-ci, j’ai compris et j’en ai profité.

En tout cas, une chose est sure: Elle n’aurait pas développé ces sentiments de son côté si j’avais agi avec elle comme un loser, un Nice Guy, un soi-disant bon gars, après qu’elle ait refusé mes avances.  Car en effet, après son refus, je ne lui ai exprimé aucune peine, aucune déception, aucune rancoeur, aucun ressentiment face à notre statut d’amis platoniques.  Normal: Je n’en ressentais pas. C’est là que j’ai compris que quand on aime sincèrement une personne, on n’a pas de sentiments négatifs à son sujet lorsque cet amour n’est pas réciproque.  Si on en a, c’est parce qu’il s’agit de possessivité, de jalousie, de dépendance affective, bref, n’importe quoi sauf de l’amour.  Mais là, c’en était!

Depuis, nous vivons tous les deux dans le bonheur parfait, un bonheur dont je nous aurais privé si, comme dans ma période pré-Océane, j’avais pris à sa place la décision comme quoi elle ne peut pas vraiment vouloir de moi, « parce que ça aurait été injuste pour l’autre gars », et à cause de notre différence d’âge. J’ai écouté mon coeur.  J’ai écouté mes envies.  Je me suis écouté moi.  Et surtout, je savais qui était le véritable moi:  Quelqu’un qui ne voulait pas passer à côté de l’opportunité unique de partager sa vie avec la personne qui est (par)faite pour lui.

Maintenant, je ne suis peut-être pas un Bon Gars au comportement parfait et irréprochable.  Mais au moins, j’ai le mérite d’être moi Et vous savez quoi?  Ça me réussit beaucoup plus que d’essayer d’être quelque chose que je ne serai jamais et que, dans le fond, personne ne m’a jamais demandé d’être.

Comment le fait d’être un Bon Gars a ruiné ma vie sociale, amoureuse et sexuelle (5e partie)

Affirmer que les révélations que m’a fait Geneviève m’ont fait remettre en question la façon dont j’ai si scrupuleusement géré ma vie jusque-là, c’est comme dire que l’océan contient beaucoup de litres d’eau:  Vrai, mais beaucoup trop diminutif de la réalité pour décrire l’impact véritable que ça a eu en mon âme et conscience, et ce sur plusieurs sujets.  Des sujets comme:

Qui suis-je? Qu’est-ce que j’en sais de ce qu’est le moi véritable? Je me suis toujours empêché de vivre toutes sortes de trucs. Ça a commencé dans mon adolescence, alors que j’ai refusé d’expérimenter les mêmes choses que tout le monde, et ce pour les mauvaises raisons. L’alcool, la cigarette, la drogue, les bars… Est-ce que je m’en privais parce que je n’aimais pas ça ? Est-ce que je m’en privais parce que ce n’était pas moi, de faire ça ? Non, je m’en privais parce que je voulais bien paraître. Parce que je voulais paraître mieux que les autres. Alors qu’est-ce que j’en sais, si j’aurais aimé ça ou non?

Pourquoi suis-je rejeté, abandonné, mis à part? Je repense à Océane, Isabelle, Daniella, et toutes ces filles que j’ai inconsciemment insultées parce qu’avec mon attitude de bon gars irréprochable, je leur montrais que je  valais mieux qu’elles, en ayant une retenue qu’elles n’avaient pas.  Et en y réfléchissant, je constate que ça ne s’est pas limité qu’aux filles.  Depuis le début de l’adolescence, j’agis de la même façon avec tout le monde au sujet de l’alcool, de la cigarette et mille autres choses. «Bien paraître » … « Paraître mieux que les autres » … Non mais j’étais stupide ou quoi? Comment est-ce que j’ai pu penser que de montrer sans arrêt aux autres qu’ils sont des caves lorsqu’ils agissent selon leurs envies en se livrant à certains plaisirs, ça va me faire bien paraître? Pour des plaisir et des activités, somme toute, assez anodins au bout du compte. « Être un modèle pour les autres. » C’est ça, ouais! Je ne sors pas, je ne drague pas, je ne fume pas, je ne bois pas, je ne baise pas sauf si ça remplis une scrupuleuse liste de conditions… Je ne fais rien de ce qui intéresse les autres. En fait, je ne fais rien tout court. Alors moi, un modèle? Alors que j’étais le plus plate, le plus ennuyant des gars qui existait? Non mais je me prenais pour qui, au juste, de penser que de ne rien faire, ça devait faire de moi un modèle?

Comment peux-tu être un modèle à suivre quand tu ne vas nulle part?

Il y a des points sur lesquels je ne démords pas. Oui, je suis toujours convaincu que la plupart des activités que font les ados ne leur servira plus lorsqu’ils seront adultes. Mais come on, on n’était pas des adultes. On était des ados. On était en plein dans l’âge pour expérimenter. Et moi, le cave, j’ai pensé que je pouvais passer de la phase enfance à la phase adulte sans passer par la phase transitoire de l’adolescence, comme le reste du monde. Et le pire, c’est que je me trouvais super intelligent de faire ça. Bien vous savez quoi? Ça a été au contraire le geste le plus stupide de toute ma vie.

Pourquoi est-ce que je laisse un arbre me cacher la foret? J’ai toujours fait ça, que ce soit dans mon enfance, mon adolescence ou dans ma vie d’adulte. Toujours à tellement porter attention sur le moindre petit détail insignifiant que ça m’empêche de voir tout le reste, tout ce qui m’entoure.  Quand mes amis m’offraient de boire de la bière ou fumer un joint, c’était juste une façon pour exprimer qu’ils m’appréciaient.  Pour eux, tout comme pour le reste de la population, partager est une façon de se rapprocher, de créer des liens. Eh ben moi, j’étais encore et toujours focussé sur le détail comme quoi l’alcool et la mari étaient des intoxicants. À cause de ça, moi, ce que j’ai compris, c’était qu’ils avaient juste envie de me voir saoul ou dopé. J’ai donc gardé mes distances, parce que la seule raison que je pouvais imaginer pourquoi ils feraient ça, c’était pour m’humilier, me causer des problèmes. Pourtant, je le voyais bien que j’étais apprécié de tout le monde. Mais voilà, comme d’habitude, parce que je m’obstinais à ne regarder que le petit détail stupide, je me suis empêché de voir l’image dans son ensemble. J’ai laissé l’arbre me cacher la foret.

Pourquoi est-ce que je cherche toujours le but négatif des choses?  Les gens qui fument ne font pas ça dans le but de développer un cancer. S’ils boivent, ce n’est pas dans le but de devenir alcolos. S’ils fument de la mari, ce n’est pas dans le but de devenir junkies. S’ils baisent sans condoms, ce n’est pas dans le but de pogner des ITS. S’ils font de la vitesse sur les routes, ce n’est pas dans le but de se tuer. C’est sûr que ce sont des risques qui viennent avec ces activités. Mais de là à les accuser comme quoi c’est ça leur but premier, fallait vraiment que je sois un estie de mangeux d’marde. Tant qu’à y être, pourquoi ne pas accuser tous ceux qui mangent de le faire dans le but de devenir obèses morbides? J’veux dire, si c’est si important pour moi d’essayer de faire passer tous les autres pour plus cave que moi, histoire de me faire accroire que je leur suis supérieur, inutile de faire les choses à moitié.

Avec Océane, c’était pareil: Au lieu de voir la grande image, qui était que cette fille me voulait tellement qu’elle était prête à tromper son chum pour moi, que ça aurait pu faire de nous des complices encore plus intimes, et qu’on aurait pu avoir la parfaite combinaison d’amitié et de sexualité, j’ai tout de suite choisi de voir quoi? Que c’était une fille qui voulait tromper son chum. De cette opportunité unique d’approfondir notre relation et notre complicité, j’ai préféré en faire une opportunité de prouver une fois de plus à quel point je suis parfait et irréprochable, moi, en refusant de devenir le complice d’un geste immoral.

Geste immoral… Pfff…  Et puis d’abord, qu’est-ce qui me dit qu’elle n’était pas amoureuse de moi? On s’entendait tellement bien sur tout.  On pouvait jaser pendant des journées complètes sans jamais manquer de sujets de conversation. On aimait faire n’importe quoi ensemble. On avait du fun, on riait, on jasais de nos vies, d’art, de littérature, de poésie, de psychologie, de musique, de cinéma, de philosophie.  Elle me faisait découvrir des choses, et vice-versa.  J’ai rarement eu une relation aussi harmonieuse avec qui que ce soit.  Était-ce donc si difficile pour moi de croire qu’elle ait pu craquer pour moi? Qui sait, elle voulait peut-être juste me tester, voir si elle m’attirait, voir si je l’aimais, voir si on était aussi compatibles sexuellement qu’on l’était dans tous les autres aspects de notre relation, avant de décider si ça valait la peine de casser avec son chum pour sortir avec moi. Peut-être que j’étais son homme idéal, et qu’après moi elle n’aurais jamais cherché autre chose.

Mais non, moi, ce que je voyais, comme d’habitude, c’était le petit détail qui allait me mener à la conclusion la plus négative. Dans ce cas-ci : Qu’elle voulait tromper son chum, donc que c’était une salope infidèle.

Pourquoi est-ce que je vois des salopes partout? Et puis d’abord, quand on y pense, c’est quoi, au juste, une salope? C’est rien de plus qu’une fille qui décide elle-même avec qui elle baise, point final. Si ça se trouve, le mot salope a dû être inventé par des hommes frustrés et jaloux qui voulaient avoir le contrôle sur la sexualité de la femme, mais qui n’avaient aucun autre moyen d’y arriver à part en essayant de leur donner la honte de leurs propres désirs.

Voilà pourquoi ma relation avec Océane s’est terminée de la même façon que le reste de ma vie sociale : Avec moi qui est rejeté et mis à l’écart. Ne vous demandez pas pourquoi j’ai fait si longtemps carrière dans la bande dessinée. Le dessin, c’est une activité solitaire. Si j’ai eu le temps d’apprendre à dessiner si bien, ce n’est certainement pas en passant mes soirées dans les partys et autres activités qui se font socialement.

Pourquoi, à 28 ans, je n’ai encore rien appris de la vie? Que sont-ils devenus, les fumeux, les poteux, les buveux?  Tous ces gens que je trouvais idiots de se livrer à des activités qui, dans le meilleur des cas, ne leur rapporteraient rien? Aux dernières nouvelles, ils ont tous réussi mieux que moi dans la vie. Jusqu’à maintenant, je réagissais toujours à ça de la même façon. J’étais frustré. J’étais révolté. Ce n’était pas de la jalousie. Non, c’était plutôt un sentiment d’injustice. Moi, qui ai toujours agi de façon intelligente et réfléchie, j’étais un loser. Et eux, qui avaient passé leur adolescence à faire des choses immorales et illégales, étaient des winners car jamais ils n’avaient eu à payer pour leurs erreurs de jeunesse.

Mais justement, le voilà, le problème: Ne dit-on pas que les gens apprennent de leurs erreurs? Et pour commettre des erreurs, il faut faire des choses, poser des gestes, expérimenter. Moi, je n’ai jamais rien fait. En ne faisant rien, je n’ai pas fait d’erreurs.  Et en ne faisant pas d’erreurs, je n’ai rien pu apprendre. Pas surprenant que tous les gens de mon âge s’entendent si bien entre eux et pas moi. Juste le fait d’être des trippeux repentis, ça leur fait quelque chose en commun. Quelque chose que moi je n’ai pas avec eux.

Être? Non; ne PAS être! Qu’est-ce que j’en sais, de ce que je suis? J’ai toujours cru être un gars correct, alors qu’en réalité j’étais juste un gars qui ne fait rien d’incorrect. C’est facile de dire que tu ne fais rien de mal quand tu ne fais rien tout court. Je ne suis PAS infidèle, je ne suis PAS méchant, je ne suis PAS violent, je ne suis PAS fumeur, je ne suis PAS alcoolique, je ne suis PAS dépensier, je ne suis PAS accro au jeu… Ok, sur ces points, ce sont de bonnes choses. N’empêche que tout ce que j’ai à dire pour me décrire, ce n’est pas « Je suis ». C’est « Je ne suis PAS », et c’est tout. Fuck, je le comprends, maintenant, pourquoi les filles disent qu’un bon gars, c’est un gars plate, ennuyant. Je ne suis pas un bon gars. Je suis juste un soi-disant bon gars. En réalité, je ne suis pas plus un bon gars que Océane et Isabelle pouvaient être des salopes.

Pourquoi tant de problèmes avec les filles? Parce que je constate soudain que, tandis que je refuse de devenir intime avec des filles bien, je me suis toujours dirigé vers des filles à problèmes, ou bien des filles qui accrochaient à des gars à problèmes, ce qui en revient au même, finalement. Et quand un gars comme moi qui ne fout rien veut bien paraître, il faut que son inaction paraisse mieux que l’action d’un autre. Et pour ça, on a besoin de s’entourer de monde qui agissent mal. Parce que si on s’entoure de monde qui agissent bien, on a l’air de ce qu’on est vraiment : Un cave trop lâche pour oser faire quoi que ce soit dans la vie. C’est pour ça que j’allais toujours vers des filles dont le chum ou bien l’ex étaient des délinquants. Pour montrer à ces filles-là que moi je valais mieux que leurs chums habituels.

Je n’en reviens pas à quel point je ressentais toujours le besoin de prouver quelque chose aux autres. Et tout ça à cause du hasard stupide qui a fait que ma date de naissance faisait de moi le plus jeune à l’école, donc le plus petit, donc le moins développé, le moins bon en sports, le plus reject par les gars et par les filles.  À cause de ça, je tenais à prouver aux autres, mais surtout à moi-même, que ce rejet que je subissais de part et d’autres, ce n’était pas de ma faute.

Pourquoi est-ce que je respecte les non-respectables?  Normal! Comment puis-je prouver que je vaux mieux qu’une personne irrespectueuse, sinon en étant le contraire? Ce qui fait qu’au bout du compte, j’avais exactement le comportement stupide que je dénonçais chez les filles qui négligeaient les bons gars au profit des gars sans allure : Me foutre des gens bien, et respecter ceux qui ne le méritent pas.

Pourquoi ais-je un comportement aussi exagéré? Dans mon désir de paraître mieux que les autres, j’allais sans cesse dans les extrêmes. Je disais tantôt comment je ne faisais rien, de peur de faire des erreurs. Eh bien j’avais oublié un truc: Oui, pour certaines choses, je ne faisais rien. Pour d’autres, par contre, j’en faisais trop. Avec les filles, pendant mon célibat et au début de mes relations, j’étais celui qui ouvre TOUJOURS la porte à la fille, qui est TOUJOURS gentil et souriant quoi qu’il arrive, qui est TOUJOURS compréhensif, qui va TOUJOURS lui tirer sa chaise, qui va TOUJOURS tout lui payer, qui va TOUJOURS lui offrir des fleurs et des cadeaux, qui va TOUJOURS s’occuper d’elle, sans arrêt, 24/7… Tôt ou tard, à moins que la fille soit profiteuse, ça tombe sur les nerfs en calvaire.

Pourquoi est-ce que bon gars = gars hypocrite en amour? C’est comme un truc que j’ai bien dû faire mille fois avec des filles qui m’intéressaient. Pour m’en rapprocher, j’ai utilisé le truc classique des soi-disant bons gars: Je l’ai approché en tant qu’ami, dans l’espoir d’en devenir ami proche pour mieux la connaitre et sortir avec elle un jour. Mais comme tous les bons gars, je ne faisais rien pour que ça arrive. Tout le long de notre relation, je restais à l’écart, je ne lui démontrais aucun intérêt à part de la simple amitié, et quand elle me parlait de gars sur qui elle trippait, je l’encourageais à sortir avec, ou à continuer d’être en couple même si ça va mal avec son chum. Pis moi, le cave, pendant ce temps-là, je m’attendais  à ce qu’elle tombe en amour avec moi alors que je lui donnais zéro raisons pour que ça puisse arriver.  Je voulais que ça vienne d’elle. Il aurait fallu que ce soit elle qui fasse tous les efforts: S’intéresser à moi, m’appeler, me proposer des sorties, me draguer, me baiser, me demander d’être son chum, tout ça parce que j’étais trop passif pour lui offrir le moindre signe d’intérêt, alors que c’était pourtant moi qui était en amour avec elle. Aucune fille ne ferait ça, même pour le gars le plus beau, le plus athlétique et le plus winner qui soit.  Et moi, qui n’était rien de tout ça, j’espérais recevoir un tel traitement de sa part?  Non mais sérieusement, je me prenais pour qui?

Et puis, honnêtement, je me demande si nous autres, les sois-disant bons gars, on ne fais pas exprès pour faire foirer les relations parce qu’on est passif-agressifs dans le fond. Il s’agit qu’une fille nous fasse une toute petite remarque négative sur n’importe quoi pour que l’on exagère dans l’autre sens, non seulement avec elle mais aussi avec toute les autres filles. On va délibérément être trop gentil, trop compréhensif, trop esclave, jusqu’à ce qu’elle devienne exaspérée. Comme ça, on peut enfin, en toute mauvaise foi, crier haut et fort que les filles sont des folles qui ne savent pas ce qu’elles veulent, surtout celle-là à qui j’ai tout donné, pour qui j’ai tout fait. On peut se permettre de dénoncer, preuve à l’appui, qu’elles disent vouloir les bons gars, mais qu’elles vont toujours vers ceux qui ne le sont pas. Ça nous permet de dire que les filles aiment juste chialer contre leur chum, et que c’est pour ça qu’elles choisissent des gars à qui elles savent qu’elles peuvent reprocher des trucs.

Et moi, en parfait hypocrite, je chialais contre ça, mais j’agissais moi-même de cette façon.  D’où Kim, la mère de mes enfants. Avant qu’elle me coince dans la relation en tombant enceinte après avoir lâché la pilule sans me le dire, je le savais parfaitement quel genre de personne elle était. J’en avais eu plusieurs échantillons, les fois où on a joué à casse-reprend-casse-reprend. Pourtant, j’y suis retourné. Ok, c’est elle qui me harcelait pour qu’on reprenne, mais fuck, là, elle ne m’a jamais mis un gun sur la tête pour m’obliger à revenir avec. Mais voilà, quand on ressent le besoin vital de se montrer parfait et irréprochable, sortir avec une fille aussi imparfaite et aussi reprochable qu’elle, ça représentait la possibilité de le prouver plusieurs fois par jour. Mon ego avait besoin de ça.  Plus elle agissais sans allure, plus j’avais plaisir à lui remettre dans sa face le fait qu’elle était sans allure. Je suppose qu’en quelque part, j’essayais de la contrôler avec ça.  Sauf qu’avec elle, ça ne marchait pas, de jouer avec sa culpabilité, puisque Kim n’avait pas honte de son comportement envers moi. Au contraire, elle en était fière. C’était une bitch manipulatrice qui s’assumait parfaitement en tant que telle. Elle s’en est tellement vanté! Je n’aurais jamais imaginé qu’il existait quelque part une fille qui se foutait complètement de bien paraître.

Et j’ai vécu toute cette merde, toute ma vie, dans tous les aspects de ma vie,  tout ça parce que je ressentais le besoin de prouver quelque chose aux autres. À cause de ça, j’ai pris toutes mes décisions, les petites comme les grandes, en fonction des autres. Et regardez-moi aujourd’hui, un gars de 28 ans qui ne connait rien de la vie.  28 ans et je ne sais même pas ce que j’aime ou non. 28 ans et je ne sais pas ce que je suis. 28 ans et je ne sais même pas qui je suis. 28 ans et je ne l’ai jamais su.

À CONCLURE

Être un Nice Guy a ruiné ma vie sociale, amoureuse et sexuelle (4e partie)

Ceci est la suite de mon histoire avec Océane.

Dès le lendemain, Océane montre des signes évident que quelque chose ne tourne plus rond entre nous. Elle qui était une voisine de pupitre si volubile en espagnol, voilà qu’elle ne m’adresse pas la parole de tout le cours. Et lorsque je risque un début de conversation, le ton de voix qu’elle prend pour ses brèves réponses exprime clairement le fait que je la dérange. Je me risque quand même à lui poser cette question :

MOI: En passant, j’espère que t’as eu le temps de faire ton devoir qui était si urgent hier. Vers quelle heure est-ce que t’es arrivée chez toi ?
OCÉANE: Deux heures.
MOI: DEUX HEURES DU MATIN ? Mais comment ? Même à pied ça n’aurait pas pu te prendre 4 heures pour te rendre chez toi en transférant à Angrignon.
OCÉANE: Je ne suis pas allée chez moi. Je me suis promené dans le Parc Angrignon.
MOI: Tout ce temps là ?
OCÉANE: Oui.

Alors là je ne comprends plus rien. Et son devoir qui était si urgent, alors ? Et moi qui croyais que c’était ma présence qui l’empêchait de le faire.  C’est pour ça que j’ai sacrifié le reste de la soirée. Avoir su… Non, vraiment, je ne la comprends pas.

Avec les jours et les semaines, l’écart entre nous s’élargit. Elle m’évite. Elle ne me regarde pas. Elle ne me parle que si je lui adresse la parole Et là encore ça reste bref. J’ai beau y réfléchir, je ne vois qu’une raison pour ce changement de comportement avec moi : Elle a probablement honte de ses agissements lors de sa soirée chez moi, et s’imagine sûrement que je la prends pour une fille facile. Pauvre petite. Si elle savait que je ne suis pas du genre à juger les gens, que je comprends qu’elle n’était pas dans son état normal, que rien n’a changé pour moi, qu’elle est toujours à mes yeux la même Océane d’avant. Mais je n’ose pas, de peur de la faire s’éloigner davantage.

Le dialogue ne reprendra avec nous que trois semaines plus tard lorsqu’elle verra que je fréquente Salomé en ami.  Le monde cégépien étant petit, elle et Océane se connaissent depuis plus d’un an, même que c’est Salomé qui a présenté à Océane son chum actuel au printemps passé.

Sans savoir que Salomé et moi avons déjà été un couple pendant trois semaines il y a un an, Océane semble s’imaginer qu’il y a un attrait naissant entre elle et moi.  Aussi, Océane recommence soudain à me téléphoner et à me parler comme si de rien n’était. Quoi qu’heureux que les choses reviennent à la normale, je déchante en me rendant compte que la raison principale de son retour vers moi est de s’assurer que je me tiens à l’écart de Salomé. Elle multiplie les conseils et les avertissements, me dit de me méfier de cette fille, et me raconte des anecdotes pas très flatteuses à son sujet. Je me demande s’il n’y a pas un peu de jalousie là-dedans. Pourtant, dans ma p’tite tête encore naïve, Océane n’a pas de raisons logiques d’être jalouse. D’abord, elle a un chum et même si on admet qu’elle ne ressent plus rien pour lui, elle ne m’aime certainement pas puisque avant qu’elle constate la présence de Salomé dans ma vie, elle ne semblait même plus vouloir qu’on reste amis.

Je vérifie certaines de ces histoires auprès des amis de Salomé, qui me confirment ce que je pensais : Le portrait de Salomé tel que dépeint par Océane n’est que mensonge, exagérations, interprétations théoriques et déformations des faits. (Ce n’est que plus tard que je me rendrai compte que, bien qu’elle était innocente de ce qu’Océane l’accusait, Salomé était tout de même une personne de qui il faut se méfier.)

Quant à Salomé, elle m’apprend qu’Océane a mystérieusement recommencé à lui parler, en lui suggérant de se méfier de moi. Elle lui a même raconté sa visite chez moi de l’autre soir, mais en inversant les rôles.  Elle dit que c’est moi qui ai essayé de la séduire malgré le fait qu’elle est en couple, et que j,ai essayé de la retenir chez moi malgré le fait que je savais qu’elle devait partir tôt.

Ce n’était pas la première fois qu’une fille, frustrée que je décline ses offres amoureuses et/ou sexuelles, se venge en racontant notre histoire tout en inversant nos rôles.  Et ça ne sera hélas pas la dernière non plus.

Lors d’un cours d’espagnol, Océane vient s’asseoir près de moi, toute joyeuse, et commence à me faire la conversation via petits bouts de papier. Elle me demande de lui faire sa caricature. Je lui réponds que j’en ai déjà fait une de mémoire chez moi et que je lui donnerai demain dans notre cours d’Écriture Québécoise. Elle me répond :

OCÉANE: Quel cours ?
MOI: Ben, c’est mercredi demain. On a un cours d’Écriture Québécoise.
OCÉANE: Non, la prof nous a dit que le cours était annulé ! Tu ne l’écoutais pas?
MOI: Ben, avec Sandra assise à côté de moi qui me parle tout le temps, j’en manque souvent des bouttes…

Le lendemain, je vais à mon cours d’Anglais et, sans cours d’Écriture Québécoise à aller, je rentre chez moi. Le lendemain matin, jeudi, je rencontre Sandra par hasard au café étudiant. Elle me demande le pourquoi de mon absence au cours d’Écriture Québécoise la veille. Je réponds :

MOI: Quoi ? On avait un cours ?
SANDRA: Ben oui !
MOI:Il n’était pas annulé ?
SANDRA: Ben non !
MOI:La prof n’a pas dit au dernier cours que celui là était annulé ?
SANDRA: Pantoute ! Où c’est qu’t’es allé chercher ça?
MOI: Et… Est-ce que Océane était là ?
SANDRA: Océane ? Ben oui, pourquoi ?

Alors là, c’est la goutte d’eau qui fait déborder l’Océane ! Qu’est-ce qui lui prend à cette petite bitch de me jouer des tours pareils? Qu’est-ce que je lui ai fait? Dans ma tête, c’est la tempête, la révolte. Je n’accepte pas cette situation. Elle n’a aucune raison de me faire subir ça. Je ne le mérite pas. Je l’ai toujours traité avec respect, mon comportement envers elle a toujours été irréprochable. Et elle me remercie comment ? En me méprisant par des périodiques traitements de silence, elle ment à mon sujet à Salomé, elle me fait rater des cours… C’est quoi son problème au juste?

Les jours qui suivent, Océane m’évite et ne me parle plus. Et c’est ainsi que s’est terminée notre histoire d’amitié, dans mon incompréhension la plus totale.

Quelle fut mon erreur? Mon erreur? MES erreurs, en fait, car j’en ai fait deux grosses :

ERREUR #1 : Traiter avec respect une fille qui n’en a rien à foutre, de mon respect envers elle. Et vous savez comment je l’ai appris ? C’est qu’en confiant ma colère et mon désarroi à une autre de mes amies (et ex, soit Geneviève, ma future coloc de l’enfer) elle m’a donné un petit cours sur la mentalité féminine. Ce fut une expérience aussi révélatrice que choquante :

GENEVIÈVE: Non mais qu’est-ce que tu t’imagines, ti-gars? Tu penses-tu que les filles sont toutes irréprochables ? Qu’elles ne trompent jamais leurs chums ?
MOI: Ben, j’ai toujours lu dans les sondages que les filles n’étaient pas comme ça et qu’elles détestaient les gars qui le sont. Je me suis toujours fié à ça. J’ai tellement lu ce genre d’article pour être sûr de savoir ce que les filles n’aimaient pas chez les gars afin de ne pas avoir ces comportements. J’ai toujours essayé d’être le gars parfait à qui on ne pourrait jamais rien reprocher. C’est pour ça que je n’ai pas sauté sur l’occasion de coucher avec Océane, parce que ça n’aurait pas été correct d’abuser du fait qu’elle était saoule, surtout qu’elle avait un chum.
GENEVIÈVE: Hostie qu’t’es innocent, man ! Laisse-moi t’apprendre une chose : Les sondages, c’est d’la bullshit ! Quand une fille se fait poser la question si elle est du genre à tromper son chum ou non, penses-tu qu’elle va vraiment l’avouer si c’est oui ?
MOI: Ben, les sondages, c’est anonyme, fa que…
GENEVIÈVE: Anonyme ou non, ça n’empêche pas à une fille de vouloir se mentir à elle-même.
MOI: Pourquoi a’ ferait ça ?
GENEVIÈVE: Quand un gars a plusieurs partenaires sexuels, on l’admire, on dit qu’y’est viril, qu’y pogne, que c’t’un séducteur, mais quand c’est une fille, on dit que c’est une salope. Alors pour ne pas avoir l’air d’une salope, que ce soit aux yeux des autres ou à ses yeux à elle, elle va dire que c’est pas son genre. Tu sauras qu’en réalité, les filles sont aussi pires que les gars. On est loin d’être parfaites. Nous autres aussi on a des tentations et nous autres aussi il nous arrive d’y céder.
MOI: Je vois… Mais elle avait bu…
GENEVIÈVE: Justement ! L’alcool, ça ne change pas la personnalité de quelqu’un. Ça aurait plutôt tendance à la faire ressortir, puisque sous l’effet de l’alcool tu perds tes inhibitions, ce qui fait que tu as moins de retenue. Si ta chère Océane voulait que tu la sautes quand elle était saoule, c’est parce même à jeun elle avait envie de toi.

Elle, avoir envie de moi? Malgré le fait qu’elle a déjà un chum?  Avant que Geneviève me pointe cette évidence, jamais je n’aurais pu imaginer que ça puisse être possible. J’ai toujours cru que les seules filles qui pouvaient désirer un gars alors qu’elles sont en relation avec un autre, c’était  les salopes éternellement célibataires qui affichent avec vulgarité et sans pudeur leur vie sexuelle où elles multiplient les partenaires. Océane était tellement une fille bien, l’idée qu’elle puisse me désirer alors qu’elle est en couple ne m’a jamais effleuré l’esprit.

MOI: Bon, admettons qu’elle me voulait.  Mais alors, pourquoi est-ce qu’elle m’a dit devoir partir à neuf heures parce qu’elle avait un devoir urgent si ce n’était pas le cas ? Et ça ne devait pas être le cas si elle s’est promenée ensuite dans l’parc de dix heures le soir jusqu’à deux heures du matin.
GENEVIÈVE: Peut-être que c’était vraiment le cas quand elle est arrivée chez vous, mais les filles aussi ont le droit de changer d’idée, tsé, Crois-moi que si elle avait vraiment voulu partir à neuf heure, elle serait partie à neuf heure. Pis des fois, tsé, quand on a envie d’un gars mais qu’on veut pas que ça paraisse trop, on lui annonce une limite avant de le rencontrer, pour pas qu’y s’doute de rien, ou pour pas qu’y nous dise non, avant qu’on aille eu la chance d’essayer de le séduire.

OMG! C’est comme avec Daniella. Je comprends soudainement pourquoi elle m’a dit qu’elle voulait que j’aille chez elle as a friend.  Elle voulait éviter que je comprenne tout de suite qu’elle avait envie de coucher avec moi.  Et ça lui assurait que je ne m’essayerais pas sur elle si jamais elle changeait d’idée en cours de route.

Shit! Quand je pense que tous les gars se plaignent que dès qu’une fille nous met dans la friendzone, c’est fini, on n’en ressort plus… J’ai vécu la chance unique de me faire DÉ-friendzoner...  Et moi, comme un cave, j’ai choisi d’y rester.  Tout ça parce que j’ai toujours stupidement cru que si une fille est capable de te dire clairement qu’elle te veux en tant qu’ami seulement, alors elle serait également capable de te dire tout aussi clairement qu’elle te veut en tant qu’amoureux et/ou amant.

GENEVIÈVE: Et dis-moi donc…  Ça t’es-tu déjà arrivé que tu ailles chez une fille, que tu t’imagines qu’il se passerait des choses, et que tu repartes de chez elle déçu et frustré parce qu’il ne s’était rien passé ?
MOI: Oui, une coupl’ de fois, pourquoi ?
GENEVIÈVE: Ben dis-moi franchement… T’avais-tu vraiment envie de r’venir chez vous après ça, ou bien t’étais plutôt porté à te promener sans but pour ruminer sur ta frustration?

Cette dernière révélation me frappe comme une brique en plein visage. Je me rends soudain compte à vingt-huit ans que tout ce que je croyais avoir appris sur les filles n’étaient que pur fantasme idéaliste. Tout ce temps perdu à essayer de comprendre les filles, toutes ces années d’effort pour être le gars parfait, tout ça en pure perte.

Ce qui nous amène à ma seconde erreur:

ERREUR #2 : Trop essayer d’être parfait et irréprochable. Le gars sans défauts et sans reproches qui, hier encore, représentait le modèle social idéal suscitant l’admiration, ça n’attire plus aujourd’hui que le mépris. Et pour cause: Dans un monde ou personne n’est parfait, celui qui a un comportement irréprochable ne fait que rappeler aux autres leurs propres défauts. Dans de telles conditions, pas surprenant que je n’ai jamais vraiment eu de vie sociale.  Et les rares fois où j’en ai eu, ça n’a pas duré longtemps.

Océane ne s’est pas sentie respectée par mon refus, elle s’est sentie humiliée. Humiliée comment ? La liste est longue.

  1. En lui montrant que j’avais des principes moraux, je n’ai fait que lui montrer que je valais mieux qu’elle, qui n’en avait pas. Imaginez, c’est elle qui a un chum, et c’est moi qui refuse de le cocufier. Et ce n’est même pas par loyauté envers lui puisque je ne le connais même pas.
  2. Admettons qu’elle pense que je l’ai bullshitée, parce que c’est rare un gars qui a un code d’honneur lui interdisant de profiter d’une fille qui s’offre à lui sexuellement… Alors la seule conclusion à laquelle elle peut arriver, c’est que je me cachais derrière ces excuses parce que je la trouvais repoussante, pas assez belle, pas assez séduisante, pas assez sexy… Pas assez bien pour moi, quoi. Après tout, c’est ce que les filles font pour repousser un gars tout en essayant de ne pas le froisser : Trouver des excuses improbables quoi que possibles.
  3. En s’accrochant à un loser, car seul un loser va s’empêcher d’avoir du fun pour des raisons minimes et insignifiantes.
  4. En lui faisant prendre conscience (de manière erronée en plus) que tout ce qu’elle s’imaginait qu’il y avait entre nous, ou ce qui pouvait y avoir, n’avait jamais été rien d’autre que le fruit de son imagination.
  5. Et quoi d’autre que j’oublie, ou que je ne puisse pas imaginer?

Quand l’autre n’a pas de raison logique de te repousser, mais qu’il le fait quand même, ça peut être très humiliant. Et ça l’est encore plus pour une fille. Quand un gars se fait repousser sexuellement par une fille hétéro, célibataire, en manque, et qui n’a pas l’embarras du choix en frais de partenaires potentiels, c’est frustrant mais c’est normal. L’homme propose, la femme dispose, que dit le proverbe.  C’est comme ça depuis les années 1960. Par contre, quand c’est le gars qui est hétéro, célibataire, en manque sexuel, et qui n’a pas l’embarras du choix en matière de partenaires potentielles, on ne s’attend pas du tout à ce qu’il repousse sexuellement une belle fille qui s’offre à lui. Par conséquent, une fille a de quoi se taper une sérieuse remise en question si ça lui arrive.

Et dans ce temps-là, la solution qui lui est la plus simple pour régler ce problème, c’est de s’éloigner de la source de toute cette remise en question et de ces humiliations: Moi!

C’est comme ce que j’ai vécu avec IsabelleSi elle n’aime pas assez son chum pour lui être fidèle, c’est un problème qui ne concerne qu’elle et lui. Je n’ai pas à décider de lui servir de conscience et lui imposer mon point de vue là-dessus, et encore moins lui faire la morale.

Si j’avais couché avec l’une ou l’autre, chose qu’elles désiraient, nous serions probablement devenus les meilleurs amis du monde par la suite. Peut-être mêmes amants réguliers.  Peut-être même amoureux.  Est-ce que ça aurait été si terrible qu’on le fasse? Je ne dis pas, si elles ne m’avait pas attiré… Mais là, nous avions tous les deux envie l’un de l’autre. Et qui sait, peut-être qu’Océane aurait trouvé dans notre complicité la force de se libérer de ce gars négatif et manipulateur qui la force à rester dans cette relation toxique dont elle ne veut plus.  Au lieu de ça, je l’ai envoyé retourner le rejoindre, la forçant à se résigner au fait qu’une fille comme elle ne pourra jamais espérer pouvoir se trouver mieux qu’un gars comme lui.

Et je réalise soudain avec choc et incrédulité que, en faisant tout pour être un Bon Gars, j’ai trop souvent été au contraire un très mauvais gars pour un grand nombre de filles, en leur causant des problèmes dans leur boulots, leurs vies sociales, leurs vies amoureuses… Et pire encore: En les rabaissant dans leur estime de soi!

La suite.

Être un Nice Guy a ruiné ma vie sociale, amoureuse et sexuelle (1e partie)

Saviez-vous que l’une des raisons pourquoi une bonne partie des soi-disant Bon Gars (alias Nice Guys) ne font vraiment pas de bons amoureux et/ou amants, c’est qu’ils sont trop à l’écoute des filles? Eh oui!  Le tout commence très tôt, à l’adolescence, alors que le garçon vit à répétition la situation semblable :

  • Le garçon n’a rien pour plaire à ce qui sert de standards à une jeune fille de son âge.
  • Le garçon, d’une façon quelconque, démontre son attirance pour la fille.
  • Le garçon ne plait pas à la fille.
  • Les raisons pourquoi le gars ne plait pas à la filles ne sont pas socialement acceptables (Pas beau, pas riche, pas athlétique, etc) ou bien insultantes (Ennuyant, idiot, etc).
  •  Comme tout le monde, la fille tient à éviter le conflit, autant que possible.  Alors, au lieu de lui dire la vraie raison de son rejet, elle lui sert une raison socialement acceptable: Déjà en amour avec un autre, pas de sexe sans être amoureuse, ses parents et sa religion lui empêchent toute relation, etc.
  • Le garçon, qui cherche absolument à plaire et à mettre fin à son célibat un jour, tire une leçon et prend en note mentale ce que lui dit la fille, et ajuste sa mentalité et son comportement envers les filles en se basant là-dessus.

… Mais le problème, c’est que plus il se fait rejeter par des filles qui lui servent diverses raisons socialement et/ou moralement acceptables, et plus le gars est conditionné à croire que les filles dans leur ensemble ont un comportement parfait, comportement parfait qu’elles exigent de la part des garçons.  Et c’est ainsi que le garçon commence sa vie adulte avec une idée erronée de ce que sont les filles, et surtout de ce qu’elles désirent. 

Pendant ce temps-là, les filles prennent de l’âge, de l’expérience de vie et de la maturité.  Leurs standards en choix de garçons cessent d’être influencés par Disney et Jersey Shore [remplacez ce dernier exemple par quelque chose de plus moderne si vous lisez cet article après 2013] et descendent à un niveau normal et réaliste.  On se retrouve donc avec le cas classique du soi-disant Bon Gars qui ne comprends rien aux filles, malgré le fait qu’il est à leur écoute dans le but de justement les comprendre.

Un des trucs qu’il y a de bien d’être un auteur dans l’âme depuis l’adolescence, c’est que j’écris pratiquement tout ce qui m’arrive, et ce depuis toujours.  Et puisque j’ai longtemps été un soi-disant Bon Gars, justement à force de vivre les étapes décrites plus haut, je possède encore des textes de l’époque que l’on peut voir aujourd’hui comme étant un témoignage de ce qui se passe dans leur tête.  En voici un qui décrit une anecdote que j’ai vécu à l’âge de 19 ans:

C’est au Collège Dawson que j’ai rencontré Daniella, petite, menue, délicate et toute mignonne, avec cette voix qui, bien que plus aiguë que la normale, était tout de même mélodieuse.  Elle adorait les bandes dessinées que je faisais, bien qu’elle ne comprenait pas trop puisqu’elle était unilingue anglaise. À chaque fois que l’on se voyait, on se rapprochait de plus en plus l’un de l’autre. Côté musical, elle n’aime qu’un seul groupe et c’est les Beatles. Le jour où elle m’apprend ça, en revenant de Dawson, je passe chez Sam The Record Man et j’achète la compilations THE BEATLES 20 greatest hits. Je les écoute en pensant à elle et en me conditionnant à aimer cette musique, histoire d’avoir un bon point commun avec elle.

Un jour, décidant de mettre à profit mes talents en dessin dans un but purement séducteur, j’ai pris quelques photos d’elle et j’ai fait son portrait en noir et blanc, utilisant encre et mine. Je pousse la chose à mettre le tout dans un cadre sous verre, et je lui donne. Sa réaction est allée bien au-delà de mes espérances. Elle était tellement surprise et ravie que pendant une demi-heure, elle avait les larmes aux yeux et ne cessait de me serrer contre elle en me remerciant, allant jusqu’à me donner tout plein de bisous, et certains sur la bouche. Elle montrait fièrement son portrait à tout l’monde, ne manquant pas de vanter mes mérites.

Puis, elle me dit qu’elle trouvait tellement extraordinaire que j’ai pris le temps de faire ça pour elle alors que nous ne sommes rien d’autres que des amis. Que je suis vraiment un ami extraordinaire.

« Ami » ? M’ouais! Voilà qui me fait déchanter un peu. Malgré tout, dans les jours qui suivent, je lui montre des signes de plus en plus évident de mon attirance pour elle. Malheureusement, elle finit par m’apprendre qu’elle est mariée.  Eh oui !  Comme le faisaient bien des cégépiens dans ce temps là, elle s’était mariée civilement afin d’obtenir de plus gros montant de prêts et bourses d’études. Elle disait bien que le gars n’était rien d’autre qu’un ami et coloc pour elle, et qu’ils divorceront à la fin de leurs études, mais que lui prenait la chose très au sérieux et que tant qu’ils ne seraient pas divorcés il prendrait mal qu’elle ait une autre relation.

Lorsque je lui dis que j’ai été induit en erreur à cause de toutes les fois où elle me touchait, j’apprends que, au cégep, les choses ne sont pas comme je suis habitué. Au cégep, les gens sont plus rapprochés, plus ouverts les uns envers les autres. Ils se touchent et se cajolent, non pas par amour ou désir sexuel mais bien parce qu’ils sont chaleureux. C’est en effet très différent de mon univers. Je ne sais pas si c’est à cause que c’est comme ça dans ce cégep en particulier, ou le fait que je vienne de St-Hilaire où les gens ne se touchent pas si ce n’est pas dans un but intime, mais bon.

Étant de nature naïve, je me suis montré compréhensif… Jusqu’à ce que j’apprenne par mon ami Carl une semaine plus tard qu’elle trippait ben raide sur Benny, guitariste d’un band de garage. Voyant que son mariage qui semblait interdire notre relation n’entrait étrangement pas en ligne de compte quand il s’agissait de Benny, j’ai compris qu’elle n’avait pas été assez honnête pour me dire qu’elle n’était pas intéressée à moi. Ça m’a pas mal frustré sur le coup, mais puisqu’elle restait amicale avec moi, je me suis dit que puisque de ce côté là ça allait, ce serait inutile de gâcher tout.

Me trouver une job de laveur de vaisselle fit que j’ai éventuellement cessé de fréquenter Dawson, et Daniella par la même occasion.

Plusieurs mois plus tard, vers février à 11:30 du soir, le téléphone sonne. C’était Daniella. Surpris mais ravi par son appel, je jase avec, et on parle de tout et de rien, mais surtout de ce que nous avons fait ces derniers mois. Elle m’apprend qu’elle habite seule, qu’elle est divorcée et qu’elle travaille comme bibliothécaire.

Et puis, comme ça, au détour d’une conversation, elle me demande si je voudrais bien aller passer la nuit chez elle. Elle me rajoute «As a friend!». (En tant qu’amis, pour les malenglophonants)   Je lui dis que j’en serais ravi, mais qu’alors il vaut mieux que l’on raccroche car le dernier bus vers Montréal passe dans une vingtaine de minutes. Je prends son adresse en note, je mets le papier dans ma poche, je me prépare en vitesse et je pars.

Daniella habite dans un petit 1½ dans un grand bloc à Montréal près du métro Mc Gill. Il est 1:30 am lorsque je sonne à son appartement. Elle m’ouvre, j’entre et je monte.

Elle m’accueille, toujours aussi mignonne et souriante qu’avant. Or, bien que je la trouve très attirante, il y a longtemps que je me suis fait une raison à son sujet. Anyway, elle a pris la peine de préciser «As a friend!», alors c’est sûr qu’elle ne me voit pas comme étant autre chose qu’un ami.

On parle et jase de toutes sortes d’affaires jusqu’à 4 heures du matin. On se dit qu’il serait peut-être temps de dormir maintenant.

Comme je disais, elle habite dans un 1½, donc tout se trouve dans la même pièce. Son lit double est situé en face du fauteuil du salon. Sans même que je me pose la question, il était très clair dans ma tête que j’allais dormir sur le fauteuil. Aussi, je suis très surpris lorsqu’elle me dit que je peux partager son lit. En fait, je me sens très honoré par cette marque de confiance. Tellement de gars pourraient voir en ça une invitation à s’essayer sexuellement avec elle.  Je suis content qu’elle sait que je ne suis pas comme ça.

Et on se couche. Elle est en chemise de nuit. Moi, Je suis torse nu, sans mes bas, mais j’ai gardé mes pantalons. Nous sommes couchés sur le côté, faisant face tous les deux à la fenêtre, et je suis derrière elle. J’ai un sérieux coup de barre. Aussi, je commence à m’endormir presque immédiatement. Là, elle me dit un truc. Je lui réponds et on échange 2 ou 3 phrases. Puis, je me sens sombrer de nouveau. Là encore, elle me reparle. Elle me fait le coup 2-3 autres fois comme ça. Puis, elle tourne la tête vers moi et me dit :

– Aren’t you gonna kiss me goodnite ?

Un bisou de bonne nuit ? Pourquoi pas. Je me rapproche, je lui donne un bec sur la joue, je lui souhaite bonne nuit et je me recouche. Au moment où je sombre de nouveau dans le sommeil, elle me demande si je veux bien me rapprocher et me serrer contre elle.

Fiou! Heureusement qu’elle m’a déjà fait remarquer que les cégépiens sont calins et chaleureux sans que ça veuille dire quoi que ce soit. Je me rapproche donc et la colle. Je passe mon bras autour de sa taille. Malheureusement, le mental et le physique, c’est deux. Bien que je savais que jamais il ne se passerait quelque chose avec elle, ce contact physique fut suffisant pour me donner une érection (Ben quoi? J’avais dix-neuf ans.  On s’érige à rien à cet âge là.) Un peu gêné, je me décolle doucement le bassin de ses fesses. La dernière chose que je veux, c’est qu’elle se rende compte que Popaul est au garde-à-vous, elle le prendrait sûrement mal. Je lui dis alors bonne nuit et je commence à sombrer dans le sommeil.

Trois ou quatre minutes plus tard, elle se lève en furie et débarque du lit. Surpris et à moitié abruti par le sommeil, je lui demande ce qui ne va pas. D’un ton impatient, elle me dit :

– Why do you think I asked you to come here ?

Oh fuck !  À ses paroles, je comprends que je n’ai pas du tout saisi la raison pour laquelle elle m’a demandé de venir ici. J’en arrive à la seule conclusion logique : Puisqu’elle m’a demandé de venir ici as a friend, j’ai dû accidentellement dire ou faire un geste déplacé qui lui fait penser que je désire plus que ça de sa part, et ça la choque. Je lui bafouille donc mes excuses en chaîne, je lui dis que je suis désolé si j’ai eu un geste déplacé mais je ne m’en étais vraiment pas rendu compte. Je lui demande de bien m’excuser et la rassure que puisqu’elle m’a dit d’être là as a friend seulement, jamais je n’ai eu l’intention d’aller plus loin.

Après m’avoir écouté, elle reste silencieuse. Puis elle me tend les bras. Je l’approche et on s’enlace. Je suis content de voir que peu importe que j’aie pu faire de pas correct, elle semble m’avoir pardonné. Elle relève la tête vers moi.

– Kiss me !

Je lui donne donc un petit bec amical sur le front, pour lui prouver que j’ai bien compris. C’est que ce n’est pas facile, en anglais. Nous, les francophones, selon le genre de baiser, on dit embrasser ou bien donner un bec, ou un bisou. En anglais, il n’y a que le mot kiss. Aussi, je suis fier qu’elle m’ait, par ce test, donné l’occasion de lui montrer que je comprends et respecte parfaitement ses limites.  Elle pousse un long soupir, que je suppose être de soulagement ou de fatigue. Puis elle me lâche et retourne se coucher. Je la suis. Je me couche à côté d’elle, cette fois en lui tournant le dos, pour être certain de lui enlever la peur qu’elle semble avoir comme quoi je la désire sans son consentement. On s’endort sans mot dire.

Le lendemain, du réveil jusqu’à mon départ vers midi, elle m’a fait l’air bête tout le long, évitant de me regarder et de me parler. Plutôt étrange !

Moins d’une semaine plus tard, Carl me rapportait qu’elle racontait dans tout le collège à quel point j’étais un pauvre con vraiment pas déniaisé qui n’est même pas capable de comprendre quand une fille s’offre à lui.

BEN FUCK, LÀ, TSÉ ! Comment voulez-vous que je puisse comprendre ce qu’elle voulait dire si ses paroles entraient en contradiction avec ses gestes ? Non mais ça s’peux-tu !? Les filles sont vraiment des contradictions ambulantes! D’abord ça va se plaindre que les gars n’écoutent pas ce qu’elles leur disent, et ensuite elles gueulent contre eux justement parce qu’ils l’ont fait.  Décidément, je ne comprendrai jamais rien aux filles.

On pourrait être porté à dire que j’étais encore jeune, donc que mon inexpérience de la vie, et surtout des relations interpersonnelles, explique mon erreur et surtout ma naïveté.  Mais là n’est pas le problème.  Il se situe plutôt dans les cinq points suivants:

1 ) Écouter scrupuleusement tout ce que les filles disent et tout prendre au pied de la lettre. C’est que le soi-disant Bon Gars est tellement désespéré de plaire à une fille qu’il va prendre la moindre parcelle d’information au sujet de celle-ci afin de lui plaire, ou du moins de ne pas lui déplaire.  Ici, lorsqu’elle m’a dit d’aller passer la nuit avec elle as a friend, dans ma tête c’était coulé dans l’acier que ça allait être as a friend et absolument rien de plus.  La seule chose qui aurait pu changer mon comportement avec elle, ça aurait été qu’elle me dise en paroles directes et claires qu’elle me voulait en tant que partenaire sexuel.  Et ceci, c’est à cause du point 2 qui est:

2 ) Perdre totalement confiance en son instinct et en ses capacité d’interpréter les signes.  Normal.  À force de se faire dire qu’il a mal compris les gestes des autres à son égard, un gars finit par conclure que les gestes ne veulent jamais rien dire, qu’ils ne comportent aucun message. Il cesse alors d’y porter la moindre attention. Ici, n’importe qui aurait compris que de se faire inviter à venir passer la nuit avec une fille que l’on n’a pas vu depuis quelques mois, se faire inviter à la coller au lit, et surtout se faire demander de l’embrasser, il n’y avait pas plus clair comme message.  Hélas, tant qu’existe la moindre ambiguïté, la moindre parcelle infinitésimalement minuscule comme quoi un geste ou une parole puisse avoir une signification anodine, alors c’est la facette anodine qu’il croira. Comme ici, dans les différentes significations possibles du mot kiss lorsqu’elle me demande de l’embrasser. Et ça, c’est à cause que:

3 ) Il y a de grandes chances que le Soi-disant Bon Gars ait déjà été « testé » par des filles.
Lorsqu’une fille cherche à prendre ses distance avec un gars, mais qu’elle n’arrive pas à trouver une bonne raison de le faire, il arrive parfois qu’elle use de cet hypocrite stratagème: Elle lui demande son avis sur un truc, attend sa réponse, et prétend ensuite qu’en fait, elle lui passait un test.  Elle dit ensuite être tellement en désaccord avec sa réponse qu’elle se voit obligée de mettre de la distance entre eux.   

Par deux fois, avant ma nuit as a friend, il m’est arrivé que des filles avec qui je n’étais qu’ami me demandent si elle me plaisent, si j’aimerais sortir avec elles.  Voyant là une chance d’être en couple, j’attrapais à deux mains la perche qu’elles me tendaient, leur déclarant mon intérêt à être plus qu’amis.  C’est là qu’elles me répondaient de manière sèche et distante quelque chose dans le sens de: « Je vois! C’était juste un test que je te passais. Je voulais voir si tu étais sincère quand tu disais que tu ne ressentais rien de plus que de l’amitié pour moi.  Maintenant, je vois que tu me mentais.  Désolé, mais de savoir que tu m’aimes sans que ce soit réciproque, ça me rend mal à l’aise.  Dans de telles conditions, j’aimerais mieux que l’on cesse de se voir. »  À force de se faire tendre ce genre de piège, un gars finit par développer la phobie suivante:

4 ) Craindre que la fille s’imagine qu’il ne veut d’elle que du sexe.  Voilà pourquoi Il fait tellement d’effort, se conditionne depuis tellement longtemps à s’auto-castrer, afin de devenir le gars parfait… Sauf que dans la tête du soi-disant bon gars, être parfait, ça signifie être le plus irréprochable possible. Ici, oui, Daniella me plaisait, et oui j’espérais toujours que notre relation d’amitié monte au stade d’amoureux et/ou amants. Sauf que, dans ma tête, il était logique de croire que jamais elle ne me donnerait ma chance de le devenir si je ne lui démontre pas d’abord que je sais tenir ma place en tant qu’ami. Donc, que lorsqu’elle me dit quelque chose, je l’écoute!  Je savais par expérience que me montrer des signes d’intérêt, ça pouvait être un test.  Je savais par expérience que me poser des questions, ça pouvait être un test.  Alors la seule chose qui aurait pu me faire passer de simple ami à amoureux et/ou amant, c’eut été qu’elle me l’affirme clairement, directement, en paroles autant qu’en gestes.  

Et enfin, la plus grande erreur de toute, et celle la plus répandue chez les soi-disant Bons Gars:

5 ) Prendre les filles non pas par cas individuel, mais bien dans leur ensemble. C’est exactement ce que mon dernier paragraphe démontre. Dans ma tête, toutes les filles sont semblables, elles s’expriment toutes de la même façon,  et désirent toutes le même comportement parfait et irréprochable de la part des gars. …et dès que l’une d’elle a un comportement qui me semble contradictoire à leurs paroles, alors là elles sont TOUTES des contradictions ambulantes.

Et non, contrairement à ce qu’on pourrait penser, ce n’était pas un comportement passif-agressif d’un gars qui cherche à se venger des filles en se comportant en gars irréprochable à l’extrême, en poussant la chose à la limite du caricatural, par frustration d’avoir été plusieurs fois rejeté par des excuses bidon.  C’était une sincère tentative de comprendre les filles en leur donnant ce qu’elles veulent. Et c’est de ça que je parle, quand je dis que les soi-disant Bons Gars ne font pas de bons amoureux. Parce que dans leur désir de plaire, ils ont un comportement qui sabote tout.  Mais comme ils sont sincère dans leurs efforts et leur incompréhension, il leur est impossible de s’en rendre compte, et ainsi de changer.

 Et le plus grand problème avec un comportement acquis au cours de plusieurs années de conditionnement, c’est que ça reste en soi longtemps. Ici, j’avais 19 ans.  Me croiriez-vous si je vous disais que j’étais tout aussi naïf à 24 ans?

À SUIVRE

Lire en public = « Harcelez moi! »

Il y a quelques mois, un lien a fait le tour de Facebook. Il menait à un billet de blog anglophone dans lequel son auteure se plaint d’être victime de harcèlement dans les transports en commun.

Résumé de son billet de blog: Lorsque Mademoiselle veut avoir la paix dans le métro, elle met un anneau de mariage à son doigt même si elle n’est pas mariée, et lit un livre dans lequel elle se penche la tête tout en se repliant sur elle-même.  Elle fait ceci afin que son langage corporel envoie aux gens qui l’entourent le message comme quoi elle veut qu’on la laisse tranquille.   Hélas, une fois sur deux, elle se fait quand même aborder par un homme.  Et lorsqu’elle lui dit clairement qu’elle ne veut pas être dérangée, l’homme le prend tellement mal qu’au lieu de lui foutre la paix, il l’agresse verbalement non-stop, et ce tant et aussi longtemps qu’ils sont tous les deux dans le même wagon. Conclusion: Il est difficile de vivre dans une société dans laquelle, pour avoir commis le simple crime d’être née femelle, on ne peut mettre un pied dehors sans être immédiatement sujette au harcèlement et à l’intimidation masculine. Et ce même si l’on prétend (silencieusement) être mariée.

Permettez-moi d’être quelque peu cynique en disant que je comprends que pour certaines femmes, toutes les excuses sont bonnes afin de démontrer que les hommes sont majoritairement des néandertaliens attardés machos et harceleur.  Le fait qu’elle se fasse ainsi aborder contre son gré une fois sur deux lorsqu’elle est dans le métro le prouve. Tant qu’il y aura des hommes en liberté, une femme ne sera en sécurité nulle part.

Sauf que… Si c’était vraiment le cas, ça arriverait à toutes les femmes, pas seulement à elle, non?  Je veux dire, la majorité de mes amis sont des femmes, elles prennent les transports en commun quotidiennement, et là-dessus il y en a peut-être deux ou trois qui ont déjà été la cible d’un freak dans le métro ou dans le bus.  Et il y avait généralement plusieurs mois, voire plusieurs années d’écart entre chacun de ces incidents.  Et pas besoin de me croire sur parole, faites juste regarder autour de vous lorsque vous êtes dans les transports en commun.  Avez-vous déjà été témoin d’une telle situation, vous?  Et si oui, est-ce que ça vous est arrivé aussi souvent qu’à cette blogueuse?

ATTENTION: Je ne dis pas qu’elle ment.  Au contraire, je crois à 100% qu’elle vit vraiment ces expériences.  Sauf que, il ne lui est apparemment jamais venu en tête que la source de son problème pouvait être autre chose que simplement être une femme.

Rassurez-vous, je ne cherche pas à blâmer la victime en l’accusant d’attirer, voire de provoquer ses harceleurs.  Je ne dis pas non plus qu’elle a juste à être moins belle, ne pas se maquiller ou bien de s’habiller moins sexy, et autres jugements machos faciles. Un nombre incalculable de belles filles maquillées et habillées sexy prennent les transports en commun sans jamais se faire déranger, alors là n’est pas le problème.  Enfin, je ne cherche surtout pas à justifier le comportement de ces hommes.  Oui, ce comportement de merde est totalement inacceptable.

Tout ce que je dis, c’est qu’on ne peut nier l’évidence: Si ça lui arrive à elle beaucoup plus qu’aux autres femmes, c’est parce que, consciemment ou non, elle fait quelque chose qui attire ces hommes vers elle.

Ce que je dis, c’est: Si elle ne veut pas se faire aborder dans le métro, est-ce qu’elle a déjà essayé de ne pas lire en public?

Ça vous semble ridiculement simplet comme solution?  Vous croyez que je suis un insensible crétin déconnecté de la réalité, d’oser émettre l’hypothèse comme quoi la source de son harcèlement n’est rien d’autre qu’un geste aussi banal et insignifiant que de lire en public? Je n’affirme pourtant pas ça à la légère.  Je sais de quoi je parle.  L’image qui suit est une capture d’écran tirée de la section Le Petit Désagrément du Jour de mon ancienne page La Zone Requin. Voyez ce que j’y raconte:


J’ai écrit ça en 2004.  Et même à cette époque, ça n’était pas la première fois que je constatait ce phénomène.  Le simple fait d’avoir rédigé une chronique sur ce thème le prouve.  Depuis que j’utilise les transports en commun, c’est à dire depuis 1985, j’ai vécu ce problème, et je le vis encore lorsque je lis en public.  Et pourtant, je suis un homme.  On ne peut donc pas prétendre que c’est parce que « l’homme harcèle la femme. »  Jusqu’à date, voici le genre de personnes que j’ai attiré en lisant en public:

  • Les gars saouls/drogués qui délirent.
  • Les vieux/vieilles fatigant(e)s, tels que décrits sur ma capture d’écran, qui me posent plein de questions sur ma vie privée, plus que je ne suis confortable de répondre.
  • Et au moins une fois l’an, généralement à l’arrêt de bus / au terminus, il y a une folle débraillée qui s’exprime en hurlant des insanités, capable de me crier des insultes pendant une heure non-stop.

Comme vous voyez, la moitié de mes harceleurs sont des femmes.  On ne peut donc pas dire que c’est un phénomène exclusivement homme-envers-femme.

Et quand je ne lis pas en public, vous savez ce qui arrive? Rien! Les gens me foutent la paix.

Je ne dis pas que c’est de sa faute, ni ne prétends-je qu’elle fait exprès pour attirer le harcèlement.  Comment pourrait-elle savoir que c’est le fait de lire qui attire les freaks?  Moi-même, si je n’avais pas personnellement vécu cette situation aussi souvent, je n’aurais jamais pu faire le lien de cause à effet.  Pourtant, il est là.   

Mais d’où viennent ces freaks et pourquoi sont-ils attirés par les gens qui lisent?  Des gens mal à l’aise en société, il y en a partout. Consciemment ou non, le malaisé a l’impression qu’il n’a sa place nulle-part.  Et lorsqu’il est dans un lieu public, son malaise le pousse à ignorer les gens qui, eux, semblent être à leurs places: Ceux qui parlent, qui  marchent, qui regardent autour, qui cherchent ou attendent quelque chose.  Des gens à l’aise, fonceurs, voire agressifs.  Ces gens qui semblent à l’aise dans cet environnement intimident le malaisé, qui s’en tient donc à l’écart.

Et dans cette foule de gens inaccessible, il y a elle, elle aussi à l’écart des autres:  Assise, ne regardant personne, repliée sur elle-même, le nez dans son livre…

Pour les gens normaux, oui son langage corporel dit qu’elle veut avoir la paix.  Et puisque ce sont des gens normaux, ils comprennent et acceptent.  Mais pour le malaisé, le langage corporel de cette fille ne lui dit pas qu’elle veut être tranquille.   Il lui dit qu’elle n’est pas fonceuse, qu’elle n’est pas agressive, qu’elle est passive.  Mieux encore: Il lui donne l’impression qu’elle est encore plus mal à l’aise que lui en public.  Son instinct reconnait donc immédiatement en elle une personne qui est semblable à lui.  La seule dans cette foule qui ne l’intimide pas.  La seule qui lui semble accessible.  Ça peut même aller jusqu’à lui donner inconsciemment l’impression que cette fille pourrait bien être son âme soeur. (J’ai déjà parlé de ce phénomène dans le billet Dose de réalité: La mystérieuse charmeuse)

Une personne malaisée souffre de ne pas avoir d’interaction sociale. Hélas, sa nature de malaisée fait qu’elle a également une peur bleue de subir du rejet.  Plus elle veut mettre fin à sa solitude, moins elle ose. C’est une véritable torture morale.  Voilà pourquoi, lorsque que son subconscient lui fait croire qu’elle vient enfin de trouver quelqu’un qui lui est aussi accessible que compatible, c’est un peu normal qu’elle perde le contrôle de ses gestes et paroles, et l’abordera un peu n’importe comment. Et voilà également pourquoi le malaisé réagira aussi mal du refus: Il se fait repousser par la seule personne qui, à ses yeux, avait un langage corporel qui l’a mis en confiance en l’invitant à venir lui parler.  Même si c’était seulement dans son imagination, n’empêche qu’il se sent blessé, humilié, trahi.  Pas surprenant qu’il réagisse si mal.

Vous me répondrez peut-être: «Ouais, ok, je comprends ça.  Mais ça n’explique pas pourquoi il se conduit envers elle comme un freak et non comme un être civilisé.» C’est simple : Nous parlons ici d’un être qui n’est pas habitué à faire du social.  Par conséquent, il est totalement ignorant des règles de comportements en société. Voilà pourquoi il considère de manière erronée que l’attitude de la fille qui lit est invitante.  Voilà pourquoi il l’aborde maladroitement, et voilà pourquoi il frustre et l’exprime sans retenue.

Ceci, bien entendu, n’excuse pas ce comportement.  Ça ne fait que l’expliquer.

Oui, je suis tout à fait d’accord avec vous, le fait de lire en public ne devrait pas faire de vous la cible de n’importe quel rejet frustré.  Oui, je suis d’accord comme quoi leur comportement est inacceptable.  Je suis d’accord comme quoi les choses ne devraient pas se passer ainsi.  Malheureusement, ça ne change rien au fait que oui, c’est ainsi que les choses se passent.  Qu’on le veuille ou non, chaque foule contient sa part de freaks. Et si vous ne voulez pas les attirer à vous, alors vous devriez vous abstenir de faire la seule chose qui va les encourager à le faire, c’est à dire lire en public, surtout en se repliant sur vous-même.  Les femmes ont déjà bien assez de soucis avec les harceleurs, si un truc aussi simple peut suffire pour diminuer le nombre de ceux qui vont l’approcher, aussi bien l’utiliser.

Parce que des fois, on a beau se méfier de la voie facile, il arrive que la source du problème, tout comme sa solution, ne soit pas plus compliquée que ça.

17 bonnes raisons de ne pas ressentir de nostalgie pour nos années d’adolescence

Nous autres, les adultes, nous considérons que les adolescents ont la vie facile.  Ne sont-ils pas habillés, nourris et logés gratis?  Ne sommes-nous pas à la fois leur entretien ménager, leur employés de buanderie, leurs chauffeurs, leurs cuisiniers, leurs serviteurs et leurs guichets automatique?  N’ont-ils pas deux mois de vacances en été, chose qu’aucun adulte ne peut se permettre à moins d’être millionnaire? (ou prof, réalise-je soudain)  Juste pour ces raisons-là, on se dit que des fois, on aimerait bien retourner dans notre passé lorsque nous étions d’insouciants élèves de l’école secondaire.

Pourtant, plus j’y repense et plus je me rends compte ces années-là étaient loin d’être la vie insouciante que nous avons étrangement tendance à nous rappeler. En réalité, notre quotidien était une période pleine de contrariétés et d’injustices, un enfer constant qui ne semblait pas vouloir prendre fin. regardons les choses en face: L’adolescence et le début de la vie adulte sont les pires années de notre vie.

Vous croyez que j’exagère? Rappelez-vous seulement comment…


1- Le détail le plus insignifiant est suffisant pour faire de toi la risée de tout ton entourage.

À douze ans, il n’était pas rare que je vois en hiver un camarade de classe hésiter à ôter sa casquette ou sa tuque en entrant à l’école. Et c’est normal, il essayait tout simplement de cacher aux autres une chose qui allait attirer sur lui l’attention négative. C’est que, la veille, il lui était arrivé quelque chose hors de son contrôle : Il a eu à subir … *gasp!* … UNE COUPE DE CHEVEUX!  Eh oui, à cause d’une simple et banale coiffure, il passera la journée à subir les moqueries de son entourage qui l’appelleront « Rase-bol » ou lui demanderons en riant « T’as-tu passé au feu? »

Un détail n’a pas besoin d’être visuel ni hors-normes pour attirer le mépris.  Par exemple, quoi de plus banal et insignifiant qu’avoir un nom de famille? Le mien, mon vrai, est Johnson. St-Hilaire, la ville où j’ai passé mon enfance dans les années 70 et mon adolescence dans les années 80, était majoritairement francophone.  Or, à cette époque, il était coutume d’haïr les anglais, de les prendre pour des snobs. Il suffisait que l’on entende quelqu’un parler en anglais pour se dire « T’chèque-moé donc c’t’estie d’frais chié! »  Alors avoir un nom anglais, même si je n’en parlais pas un mot, ça m’a apporté dès le départ l’hostilité de mes semblables.

Ce qui n’aidait pas, c’est que la télé passait régulièrement des pubs pour les produits de marque Johnson & Johnson.  C’était l’époque où CFTM 10 (TVA) et Radio Canada (SRC) étaient les seules chaines francophones au Québec.  Et puisque c’était vingt ans avant internet, tout le monde regardait la télé, et tout le monde voyait ces pubs. Les gens accrochaient particulièrement au slogan « La poudre pour bébé Johnson’s ». Ce qui fait que de mes 5 à 16 ans, soit de mon premier jour de maternelle jusqu’à la fin de mon secondaire, j’ai eu à subir le sobriquet « Bébé Johnson ».  

Et pas besoin d’avoir un nom de famille spécial pour que ça arrive. J’ai connu un gars qui a passé toutes ses années scolaire à faire rire de lui en se faisant surnommer Banane.  Pourquoi? Parce que ça rime avec Stéphane, son prénom.

Quand tous les gens que tu as côtoyé dans ta vie entière ont passé la leur à te ridiculiser, donc à ne jamais te prendre au sérieux, à ne jamais te respecter, c’est une habitude profondément ancrée en eux. Une habitude qu’ils ne perdent pas, même lorsqu’ils sont rendus adultes et (supposément) matures.


2- Tu as embrassé deux garçons en moins d’un an?  Alors t’es une pute.

Sur ce sujet au moins, nous les gars avions le beau jeu.  L’adolescence est le seul moment où on avait raison de dire « quand un gars a eu full de filles, on l’admire, mais quand une fille a eu full de gars, on dit que c’est une salope », et ce même s’il n’y avait rien de sexuel d’impliqué. Parce que oui, pour une raison que je n’arrive pas à m’expliquer, il était très mal vu qu’une fille laisse libre cours à son cœur et/ou ses désirs pour plus d’un gars par année scolaire. Je suppose que, même si les moeurs étaient plus libérées, nous étions élevés par des gens pour qui ce n’était pas le cas.

Ça expliquerait pourquoi, dans les partys, les filles en provenance d’autres écoles que la nôtre étaient toujours beaucoup plus open : Elles n’avaient pas à nous revoir par la suite.  Ça leur permettait de laisser libre cours à leurs désirs normaux tout en épargnant leurs réputations.


3- Les adultes ont seulement besoin de savoir ton âge pour porter un jugement décisif et sans appel sur toi.

Exemple vécu : À 14 ans, sans que je ne lui demande rien, mon père me dit que pour le jour de mes 16 ans, il va me payer des cours de conduite.  Deux ans plus tard, lorsque je lui rappelle sa promesse, il revient sur sa décision car il n’est pas question que j’aille prendre son auto, que je me saoule et que je le démolisse dans un accident.

Même si on met de côté le fait légèrement aberrant que, de son propre aveu, ce n’est pas la mort de son fils qu’il cherche à éviter mais bien qu’on lui accidente son char, le fait demeure que j’ai toujours été le plus sobre de ma famille, et ce des deux côtés. Mais voilà : J’étais un jeune.  Et quand tu es jeune, alors tu es automatiquement un délinquant qui se saoule au volant, conduit trop vite et  provoque des accidents.

J’aurais pu lui faire remarquer que baser son raisonnement uniquement sur mon âge était stupide.  Ce n’est pas l’âge qui aurait pu provoquer l’accident dont il parlait. C’est le fait d’être imprudent, fou de la vitesse, et consommateur d’alcool.  Trois choses que je n’avais jamais été, et il le savait très bien. Mais voilà, essayer de lui démontrer qu’il avait tort n’aurait rien changé, parce que…


4- Les adultes ont toujours raison… SURTOUT lorsqu’ils ont tort.

Personne n’aime reconnaître ses torts, et c’est encore plus vrai quand il s’agit d’un adulte face à un jeune.  Pourtant, puisque personne n’est parfait, il arrive souvent qu’un adulte use d’arguments irréfléchis pour expliquer une décision.  Lorsque le jeune ose démontrer de façon irréfutable que l’adulte fait erreur dans son raisonnement, ce dernier réplique alors quelque chose dans le style de:

  • « À ton âge, t’as pas de leçons à me donner! »
  • « Attends-donc d’avoir le nombril sec avant de croire que tu sais de quoi tu parles. »
  • « Heille, sois poli! »
  • Ou plus clairement : « C’est moé l’adulte icite, fa que c’est ça qui est ça fa que farme  ta yeule! »

Et si je dis qu’ils ont raison surtout lorsqu’ils ont tort, c’est parce que quand tu prouves qu’ils ont tort, tu leur fait subir une humiliation.  Par le fait même, tu les fâche contre toi, donc tu leurs donne une raison de te faire subir leur mauvaise foi encore plus. Voilà pourquoi, quand tes parents te traitent de mal élevé, il n’est pas bon de leur répondre « Mal élevé par qui? », même si c’est la réplique PWND-esque parfaite.

Cette situation, c’est parce que quand tu es jeune…


5- Tout le monde exige de toi le respect et la politesse que personne ne te donne.

Pour tes parents, tu es celui à qui l’on ordonne sans ménagement.  Pour les figures d’autorité, tu es cette forte tête qu’il faut casser. Pour les autres adultes, tu es source de mépris et bouc émissaire pour toutes sortes d’accusations farfelues.  Et même des vieux que tu ne connais pas n’hésitent pas à te parler bête comme on le ferait à un chien. Bien sûr, on s’attend à ce que tu l’acceptes sans répliquer.

Toi, par contre, fais juste regarder un vieux de façon un peu trop croche à son goût, et tu n’auras pas fini de sitôt d’entendre le scandale causé par ton incroyable impolitesse.

Même les autres jeunes en général et tes amis en particulier ne cessent de te manquer de respect.  Mais dans leur cas, c’est normal : On ne peut pas donner ce que l’on n’a jamais reçu. Voilà pourquoi…


6- On juge négativement ton quotient intellectuel selon tes goûts personnels

Tu auras beau n’avoir que des A ou des 100% sur ton bulletin scolaire, il suffit que tu aimes quelque chose en particulier, une musique, un artiste, une émission de télé, pour être perçu comme étant un cave: Les critiques disent que ça ne vaut rien et que pour aimer ce truc, faut être imbécile.  Les adultes te demandent comment tu peux aimer de pareilles niaiseries.  Tes amis te collent l’étiquette de qui n’a pas de goût, en particulier ceux qui entrent dans leur période snob, celle dans laquelle à leurs yeux, presque tout est de la merde ou signe d’immaturité.  Mais malgré le snobisme qu’ils affichent afin de se donner une apparence mature…


7- Tes amis sont immatures.

À 15 ans, au printemps 1984, j’étais bénévole pour Miaouf Adoption, un refuge pour animaux abandonnés.  Un jour, les autres jeunes bénévoles et moi faisions partie d’une levée de fonds pour l’organisme.  On vendait des macarons au Mail Montenach.  Étant le plus vieux, j’étais en charge de récolter l’argent de nos ventes.  À la fin de notre journée, une des filles de 14 ans voulait savoir combien on avait fait. J’ai refusé de lui refiler l’enveloppe d’argent.  Elle a tenté de me la retirer des mains, mais j’étais plus rapide et je lui ai tourné le dos.  Elle m’a  alors sauté dessus, grimpant sur moi, tentant d’agripper l’enveloppe que je tenais hors de sa portée.  … Et ce publiquement, dans les allées intérieures du centre d’achats.  Le hasard a voulu qu’à ce moment-là, son père s’est adonné à passer par là, et qu’il a vu toute la scène depuis le début.  Dès qu’elle a constaté la présence paternelle, inutile de dire qu’elle m’a vite lâché et qu’elle a filé droit vers lui, sans mot dire.

Vous me direz que c’est normal d’agir ainsi à son âge?  En 1998, alors que j’avais 29 ans, je subissais exactement la même chose de Geneviève la Coloc de l’Enfer, alors âgée de 21 ans, parce qu’elle voulait absolument voir qu’est-ce que j’avais écrit dans une lettre sans rapport à elle qui ne lui était pas destinée.


8- Tu deviens repoussant(e)!

De 14 à 15 ans, tes os poussent plus vite que ta viande et ton gras, ce qui te déforme solide le corps et la gueule. Pas encore habitué à ton nouveau format, tu te cognes partout, accroche tout, fait preuve d’une maladresse que tes parents ne manquent pas de te reprocher.  Ta voix devient grave et monotone. Il te pousse juste assez de poil au menton et sous le nez pour que ça paraisse, mais pas assez pour te raser. Déjà que l’idée d’approcher une lame de ton visage ne te met pas à l’aise du tout, surtout avec ta nouvelle maladresse. Tes nouvelles glandes encore mal ajustées font du zèle et te font puer des pieds et mouiller du dessous de bras jusqu’aux côtes, même si tu ne fais rien d’autre que de rester allongé immobile. Tu as le cheveu gras, la peau qui boutonne et une haleine de filet de saumon oublié tout un weekend dans un coffre d’auto au soleil. Et c’est à l’unisson que les filles (dégoûtées) tout comme tes amis (amusés) te disent : « Hostie qu’t’es lette, man! »


9- Ta puberté attire le genre d’attention dont tu pourrais te passer.

Vous vous rappelez de l’année où votre corps a décidé de passer de fille à femme sans vous demander votre avis? Et que la poussée de vos seins a commencé à dévier les regards masculins vers ces nouvelles courbes?  Et que toute cette nouvelle attention vous foutais un malaise pas possible?  Et que dire de la fois où, lors d’une réunion familiale, une parenté quelconque est venue vous dire « Comme ça, t’es devenue une grande fille!? », ce qui signifiait que votre mère était aller raconter à toute la famille que vous avez commencé à être menstruée?  Ah, doux souvenirs.


10- Tu déranges tout le monde car tu n’as ta place nulle-part.

Lorsque tu es chez toi au salon, dans ta chambre, à regarder la télé, un film, jouer à des jeux ou être sur l’ordi, tes parents te disent d’aller jouer dehors.

Tu marches sur le trottoir.  Les vieux voisins méfiants sont à leurs fenêtres à épier tes moindres faits et gestes, n’attendant qu’un mouvement suspect pour appeler tes parents ou la police.

Tu vas dans un parc public.  Les mères qui surveillent leurs enfants qui jouent te regardent avec mépris en considérant que tu n’as pas d’affaire là.

Tu vas dans un centre d’achats. Tout le monde te surveille et se méfie. Si tu restes debout immobile pendant plus de 10 secondes en présence d’un surveillant, il viendra aussitôt te donner l’ordre de circuler.

Que font des adultes lorsqu’ils sont assis sur un banc public? Ils se reposent. 
Que font des adolescents lorsqu’ils sont assis sur un banc public? Ils flânent!

Bref, quand tu es ado, le seul endroit où tu es le bienvenu, c’est à l’école.  Mais attention: Seulement pendant les heures de cours.  Parce que si tu as le malheur de te trouver sur leur terrain lorsque c’est fermé, c’est un gardien de sécurité ou bien la police qui va t’en expulser en t’ordonnant de retourner chez toi.  Et de là, le cercle recommence.  Le problème, c’est que…


11- Tu es toujours le premier suspect.

Quoi qu’il soit arrivé de négatif, tu peux être certain que tu seras toujours soupçonné en premier.  Ais-je dis soupçonné?  Je voulais dire accusé.  Quelque chose brise dans la maison?  C’est le jeune!  On entend une auto passer en trombes?    C’est le jeune!  La police patrouille dans le secteur?  C’est sûrement pour le jeune qui habite pas loin.  Un accident? Du vandalisme?  C’est le jeune!  Et bien qu’il soit prouvé statistiquement que la majorité des vols à l’étalage sont d’abord commis par des retraités, puis des adultes, laissant les jeunes bons derniers de ces crimes, ils restent encore et toujours ceux qui en sont le plus accusés.  Bref, ta jeunesse te rend coupable d’avance de tout ce qui arrive de négatif, même quand la chose ne s’est même pas encore produite. 


12- Tu dépends du bon-vouloir de tout le monde.

Quand tu n’as aucun droit, tu as besoin de la permission de tout le monde: Chez toi, c’est: permission pour sortir, pour utiliser l’ordi, pour manger entre les repas. En classes, c’est: Permission pour parler, pour aller aux toilettes.

Sans oublier que tu es totalement dépendant de tes parents pour te déplacer, que ce soit avec eux qui vont te reconduire en auto ou bien te fournir de quoi utiliser les transports en commun.  Et pour tes dépenses personnelles, il faut leur demander de l’argent pour tout: Ton électronique, tes sorties, tes vêtements… Et puisque c’est eux qui payent, ils ont le droit de regard sur ce que tu veux avoir. Alors si ça ne leur plait pas, bonne chance pour l’obtenir.


13- Les parents se mêlent toujours de ce qui ne les regarde pas.

Tu penses que sur les sujets dans lesquels ils n’ont rien à payer, les parents n’ont rien à dire? C’est vrai, mais ça ne les empêche pas de le faire quand même:

Tu ramènes ton nouveau (ou futur) petit ami chez vous.  Une fois qu’il est reparti, ta mère te dit : « Que c’est ça, c’t’èspèce de grand tarla-là? J’veux pu jamais r’voir ça icite! »

Situation inverse pour un gars: Quand ta blonde t’annonce quelle ne peut plus te voir parce que ses parents voient votre relation d’un mauvais oeil, car ils disent que sortir avec toi va la distraire de ses études. Ou bien que, puisque tu es un gars, tu n’as qu’un seul but en sortant avec elle: La dévierger!  Ou mieux encore: Que tu es un futur assisté social qui ne fera jamais rien de sa vie, en se basant sur le fait qu’à quatorze ans tu ne sais pas encore quel métier tu compte exercer quand tu seras adulte.

Tu joues avec un petit voisin et vous vous amusez.  Soudain, petit accident; il fait un faux mouvement, il se cogne et il pleure.  Avant même que la douleur diminue et que les choses reviennent à la normale, sa mère arrive en trombe.  Même si elle n’a rien vu du tout, il est totalement clair dans sa tête que c’est toi qui l’a maltraité.  Elle t’engueule comme du poisson pourri en criant à tue-tête, ramène fiston dans la maison en lui arrachant quasiment le bras de l’épaule, et t’interdit de t’approcher de lui ou de la maison pour le reste de tes jours.  Ce qui aurait pu être une bête anecdote insignifiante et rapidement oubliée dans l’histoire de votre camaraderie a été transformée par cette mégère en rien de moins qu’une agression, voire en déclaration de guerre, qui fout en l’air une belle amitié qui ne la concernait même pas.


14- Être un gars vient avec des standards sociaux bien établis duquel il ne faut pas déroger sous peine d’être socialement émasculé.

Secondaire II, gymnase, classe d’éducation physique. Gilles, notre prof, se couche face contre terre.  Raide comme une planche, il se met en position de push-up, se tenant sur ses mains et le bout de ses orteils. Il nous dit : Il y a deux façons de faire des push-ups. D’abord, cette façon-ci, qui s’appelle « les push-ups de gars »… Et il se met à faire des pompes de façon standard. Puis, il arrête.  Il s’installe sur les genoux plutôt que sur les orteils.  Puis, il recommence à en faire, en disant : « …Et comme ceci, sur les genoux, ce qu’on appelle « les push-ups de filles ».

Je ne sais pas si c’est encore le cas, mais à l’époque, Éducation Physique était un cours dans lequel les gars et les filles étaient séparés. Alors même si, comme moi à l’époque, on avait de la misère à faire trois push-ups sans risquer l’infarctus, personne n’aurais osé se rabaisser devant la classe constituée uniquement de gars en faisant des push-ups de filles.

Au 3e secondaire, je ne me souviens plus du nom du cours…  C’était une classe dont le cours changeait à toutes les six semaines.  Et là encore, il y avait deux options :

  • Option gars avait Méthodologie de travail, Initiation à la technologie, Mécanique automobile et Coupe de viande (théorie seulement).
  • Option filles avait Cuisine, Premiers soins, Entretien ménager et Tenue budgétaire.

Je n’exagère pas, les classes s’appelaient vraiment Option gars et Option filles. Je suis sûr que je n’étais pas le seul gars qui n’en avait rien à chier d’apprendre la mécanique, le principe des poulies et les différentes parties du bœuf.  Surtout que, peu importe notre sexe, que l’on soit célibataire, en couple, avec ou sans enfant, il est important de savoir cuisiner, appliquer les premiers soins, faire du ménage et tenir un budget. J’ai donc fait comme tous les gars :  J’ai commencé ma vie adulte à être totalement nul dans ces domaines, réduit à les apprendre à la dure.


15- Le seul critère que les adultes utilisent pour te juger, c’est ta famille.

Non, sérieux, personne n’en a rien à cirer de ce que tu es vraiment.  Tu auras beau être le plus vertueux, le plus droit et le plus travaillant, si tu viens d’une famille de BS, aucun adulte ne va te donner ta chance de prouver ta valeur.  Les employeurs te refuseront du travail, les parents refuseront que leurs filles te fréquentent.  Et inversement, tu peux être violent, voleur et violeur, en autant que tu sois un fils de bonne famille, toutes les portes se seront ouvertes. 


16- Ton univers n’est pas aussi bien qu’il serait supposé l’être

Quand tu regardes autour de toi, qu’est-ce que tu vois? Ton père est chauve.  Ta mère est grosse. Ils s’habillent de façon kétaine. Ils ne connaissent rien à la vie d’aujourd’hui. Vous vivez en appartement dans un 4½, ou bien dans une maison qui te semble bien petite et sans goût. Pourquoi est-ce que tu n’as pas eu la chance de vivre dans une famille normale, comme celles que l’on voit partout à la télé, au cinéma, dans les magazines, là où tout le monde est moderne, beau, mince, athlétique, riche?

Heureusement, cette vie de médiocrité n’est que temporaire, parce que toi, au moins…


17- Tu as des attentes très précises et haut de gamme au sujet de ta future carrière.

Peu importe le travail dans lequel tu souhaites aller, il y a trois critères qui ne changent pas d’une personne à l’autre:

  1. Il faut que ce soit aussi facile et amusant qu’un passe-temps.
  2. Ça doit te donner une excellente réputation qui te fera connaitre.
  3. Et ça doit bien payer. Pas nécessairement te rendre riche, mais au moins te mettre à l’abri du besoin.

Tout travail qui ne rencontre pas au moins le premier critère est ennuyant à mort et bon pour les losers. Voilà pourquoi beaucoup d’entre nous rêvons d’une carrière artistique ou bien de bureau.  Il ne faut surtout pas nous parler d’un travail manuel, puisque manuel = ne demande pas d’intelligence = réservé pour les caves.

Je me rappelle d’ailleurs qu’on ne pouvait pas imaginer une job plus bas de gamme, plus loser, plus BS, que concierge.  La preuve :  En 1995, lorsque j’étais rédacteur en chef du Vox Populi, journal étudiant de mon cégep, j’ai réalisé une petite entrevue avec Yanie Dupont-Hébert, alors animatrice à MusiquePlus, dans laquelle je lui demande des conseils pour débuter dans son métier.  Entrevue que, une fois publiée, j’ai terminé avec un petit dessin dans lequel je me suis mis en vedette en situation auto-dérisoire.

Aujourd’hui, comme j’en ai déjà parlé dans ce billet, après 20 ans de vie artistique, je suis vraiment devenu concierge. Et tous les avantages que ce travail me rapporte en font la meilleure job que j’ai eu de toute ma vie, et ce sur tous les points. Comme quoi la vie adulte est rarement conforme à l’idée que l’on s’en fait quand on est ado.

En conclusion: Je ne prétends pas connaitre ou comprendre la vie des jeunes. Par contre, je me rappelle comment les choses se passaient lorsque j’en étais un. Et si les modes, le langage et la mentalité évoluent d’une génération à l’autre, il reste que certaines choses ne changent jamais. Voilà pourquoi la majorité des jeunes d’aujourd’hui subissent de notre part les mêmes désagréments que nous avons nous-même vécu à leur âge.

Des désagréments que nous leurs faisons subir parce qu’on a oublié ce que c’est, que d’être jeune.

MTS = Médecine Très Stupide

Cette histoire s’est passée en 2006. J’espère que les choses se sont améliorées depuis.

Ça faisait un an que je voyais ces commerciaux à la TV disant Get tested for aids.  Je me suis finalement décidé à le faire.

La dernière fois que j’ai passé un test de dépistage, c’était en 1993.  (À l’époque on parlait de MTS plutôt que d’ITS.) Depuis ce temps là, il m’est arrivé de prendre des risques en 1995-96-97 avec des cégépiennes ayant peu ou pas d’expérience sexuelle. Mais depuis, je pratique le sexe sécuritaire. Et, après tout ce temps, j’imagine que si j’avais attrapé quelque chose, ça se serait manifesté. N’empêche, il parait que parfois, une personne peut être porteuse de certaines maladies sans jamais en démontrer le moindre symptôme.  J’ai donc toujours eu ce petit doute énervant derrière la tête.

Ce jour-là, je me rend donc à l’Hôpital de Verdun.  Après une heure et demie dans la salle d’attente, je passe au triage:

INTERNE: Bonjour. Comment puis-je vous aider?
MOI: J’aimerais passer un test de dépistage de MTS.
INTERNE: Avez-vous eu des relations sexuelles non-protégées durant ces cinq dernières années?
MOI: Non!
INTERNE: Alors ce n’est pas une urgence. Vous devriez aller à la Clinique de Médecine Familiale, l’édifice d’à côté.

Je sors de l’hôpital et je me rend au bloc à côté. Malheureusement, la Clinique de Médecine Familiale ne prend que 24 personnes par jour, et leur quota est rempli pour la journée.

Le lendemain, je me rend à la Clinique de Médecine Familiale, et donne mon nom au comptoir. Après deux heures, on m’appelle.

INTERNE: Bonjour. Comment puis-je vous aider?
MOI: J’aimerais passer un test de dépistage de MTS.
INTERNE: Qui est votre médecin de famille?
MOI: Euh… Aucune idée!
INTERNE: Vous n’avez pas de médecin de famille?
MOI: Pas que je sache.
INTERNE: Malheureusement, les tests de dépistages doivent nous être demandés par un médecin de famille. Bonne journée.

J’appelle ma mère. S’il y a quelqu’un qui peut me dire si on a un médecin de famille, c’est bien elle. En effet, nous en avions un, mais il ne pourra pas m’aider, rapport qu’il a pris sa retraite il y a 12 ans, et est décédé trois ans plus tard.

Mon amie Carol me dit que je devrais aller à son CLSC. Justement, elle y a rendez-vous pour la semaine prochaine.  Je n’aurai qu’à l’accompagner. Bonne idée!

La semaine suivante, me v’là à son CLSC:

INTERNE: Bonjour. Comment puis-je vous aider?
MOI: J’aimerais passer un test de dépistage de MTS.
INTERNE: Très bien! Quelle est votre adresse?
MOI: 624 Régina, Verdun, H4G…
INTERNE: Verdun, vous dites?
MOI: Oui!
INTERNE: Oh, dans ce cas je suis désolé, mais vous devrez aller au CLSC de Verdun. Ici, nous ne prenons que des patients de notre quartier.

Devant ma déception, Carol propose d’aller m’y reconduire en auto, dès qu’elle aura terminé avec son médecin. J’accepte!  Deux heures plus tard, on se rend au CLSC de Verdun. … CLSC qui a fermé, le temps que l’on s’y rende.

Le lendemain, je vais au CLSC de Verdun. … CLSC qui est fermé.  Nous sommes samedi.  C’est fermé les fins de semaines.

Lundi, je vais au CLSC de Verdun.

INTERNE: Bonjour. Comment puis-je vous aider?
MOI: J’aimerais passer un test de dépistage de MTS.
INTERNE: Très bien! Quelle est votre adresse?
MOI: 624 Régina, Verdun, H4G…
INTERNE: Très bien, remplissez ces formulaires dans la salle d’attente, nous vous appellerons.

Je vais dans la salle d’attente et je remplis quatre pages de documents. C’est que c’est la première fois que je vais là, alors ils ont besoin de me faire un dossier.

On m’appelle.

INTERNE: Bonjour. Comment puis-je vous aider?
MOI: J’aimerais passer un test de dépistage de MTS.
INTERNE: Très bien! Voyons ces documents.
MOI: Voilà!
INTERNE: Verdun… Rue Régina… Vous habitez près du parc ou du PFK?
MOI: Le parc!
INTERNE: Oups, petit problème ici… Vous avez vraiment 37 ans?
MOI: Euh… Bah oui!
INTERNE: C’est parce que quand il s’agit de tests de dépistage de MTS, les CLSC le font afin de diminuer l’engorgement des hôpitaux, sauf que l’âge limite de nos patients pour ces tests en particulier est de 25 ans. À votre âge, si vous voulez passer un test, vous avez deux options: Vous pouvez aller à l’Hôpital de Verdun, ou bien voir votre médecin de famille.

Ça commence à devenir ridicule. Comment est-ce qu’on peut faire pour avoir un médecin de famille si on n’en a pas déjà un? Come on!

C’est là que je me souviens d’un truc. Le docteur de la clinique de mon ancien quartier, Dr Lanski, qui a mis au monde certains de mes enfants. Il est leur médecin de famille.  Logiquement, puisque ce sont mes enfants, si le mot famille est utilisé au sens propre, alors ça devrait être le mien aussi. D’ailleurs, si je me souviens bien, c’est même lui qui m’a testé pour des MTS en 1993. J’aurais dû y penser avant.

Je me rend à sa clinique.  Je donne mon nom au comptoir et attend une heure et demie dans la salle d’attente.  Il m’appelle.

Dr LANSKI: Bonjour. Comment puis-je vous aider?
MOI: J’aimerais passer un test de dépistage de MTS.
Dr LANSKI: Qui est votre médecin de famille?
MOI: Euh…!? C’est pas vous?
Dr LANSKI: Non!
MOI: Mais voyons donc! Vous vous occupez de mes enfants depuis qu’ils sont nés.
Dr LANSKI: Oui, je suis le médecin de famille de vos enfants, mais je ne suis pas le votre.

Pourquoi est-ce qu’on les appelle médecins de famille s’ils ne soignent pas tous les membres d’une même famille? Tu parles d’une idiotie.

Dr LANSKI:Vous n’avez jamais pris de rendez-vous avec moi, vous êtes toujours venu à l’urgence.  Voilà pourquoi des fois c’est ma femme (médecin également) qui vous traitait.
MOI: Bon, d’accord, vous n’êtes pas mon médecin de famille.  Mais vous m’avez pourtant fait passer un test de dépistage en 1993.  Pourquoi est-ce que vous ne pouvez pas maintenant?
Dr LANSKI: Quel âge aviez-vous en 1993?
MOI:
Euh… 24 ans, 25 après le 21 juillet. 
Dr LANSKI: Et bien voilà! Quand il s’agit de tests de dépistage de MTS, les cliniques le font afin de diminuer l’engorgement des hôpitaux. Sauf que l’âge limite est 25 ans. À votre âge, si vous voulez passer un test, vous avez deux options: Vous pouvez aller à l’Hôpital de Verdun, ou bien voir votre médecin de famille.

Incroyable!

MOI: Bon, d’accord, mais dites-moi au moins ceci: Comment est-ce que je pourrais obtenir un médecin de famille. Genre, vous, par exemple?
Dr LANSKI: Il me faudrait un mot de recommandation de votre médecin de famille actuel.
MOI: Il est mort!
Dr LANSKI: Alors c’est bien regrettable, je ne peux rien faire.

La maison des fous, ce n’est rien à côté de tout ça.

Je ne suis pas homme à lâcher prise facilement, surtout si c’est dans le but d’obtenir quelque chose que, apparemment, tout le monde arrive à avoir sans problème. De retour chez moi, je vais sur Google et je cherche des cliniques à Montréal qui font des tests de dépistages de MTS. J’en trouve une près de chez moi, sur l’avenue Verdun. J’y vais. Après deux heures d’attente, on m’appelle.

DOCTEUR: Bonjour. Comment puis-je vous aider?
MOI: J’aimerais passer un test de dépistage de MTS.
DOCTEUR: Très bien, donnez-moi un moment pour remplir ce document. Une fois rempli, allez juste le porter au centre de prélèvements de l’Hôpital de Verdun. Vous leur donnez, ils vous font des prélèvements, et ils feront les tests.
MOI: Wow! Merci beaucoup!

Eh ben! Avec tout ce que j’ai traversé, je suis étonné de la facilité de la chose.  Je me rend au centre de prélèvements de l’Hôpital de Verdun.  Celui-ci est fermé depuis quelques minutes.

Le lendemain, j’y retourne aux heures de bureau. La salle d’attente est presque vide. Je me présente au comptoir, donne le document, répond à quelques questions, et vais m’asseoir. On m’appelle en dix minutes.  Une interne me remet deux petites fioles.

INTERNE:  Allez à la salle de bain et remplissez d’urine ces deux contenants, puis revenez les porter ici.
MOI: Euh… C’est tout? C’est bien pour un test de dépistage de MTS, oui?
INTERNE: Oui.

Eh ben! Je suppose que de nos jours, la médecine est tellement avancée qu’un simple échantillon d’urine est suffisant pour trouver toute trace de ce qu’on pourrait avoir.  Et moi qui m’imaginais devoir y laisser 3 litres de sang et me faire ramoner l’urètre avec une brosse à bécosses.  Oh well, je ne me plaindrai pas.

Je ramène les contenants remplis à l’interne. Elle me dit que j’aurai les résultats dans une semaine. C’est tout heureux que je reviens chez moi.  Ça a pris du temps. Mais là, au moins, je vais enfin savoir. Plus qu’une semaine avant la tranquillité d’esprit.

Une semaine passe. Pas de nouvelles.

Deux semaines. Toujours pas de nouvelles.

Je retourne au centre de prélèvements et demande au sujet de mes résultats.

INTERNE: Oh, nous ne pouvons pas donner ces informations confidentielles aux patients. Ça a été envoyé directement au docteur qui les a demandé.

Ok!  C’est MOI qui a demandé ces tests.  C’est MOI qui s’est fait tester.  Ce sont des tests sur MON état de santé.  Mais ils n’ont pas le droit de m’en donner les résultats?  Mais c’est quoi cette logique de marde?

Très bien alors, je retourne à la dernière clinique. J’attends. On m’appelle, mais je ne revois pas le même docteur que la dernière fois

DOCTEUR: Bonjour. Comment puis-je vous aider?
MOI: Je suis venu pour passer un test de dépistage de MTS il y a deux semaines. J’ai été envoyé à l’hôpital de Verdun pour les prélèvements et ils m’ont dit que les résultats avaient été envoyés ici.
DOCTEUR: Le docteur qui vous a envoyé à Verdun, c’est votre médecin de famille?
MOI: Non!
DOCTEUR: Alors je suis désolé, mais la loi ne lui permet pas de vous donner les résultats de ces tests. Seul un médecin de famille à le droit de le faire. Et à votre place, je le contacterais sans tarder pour qu’il communique avec nous. Parce que si au bout de trois semaines, les renseignements sont non-réclamés, ils sont aussitôt détruits.
MOI: Et si je n’ai pas de médecin de famille?
DOCTEUR: Alors vous pouvez toujours vous présenter à l’urgence de l’hôpital de Verdun.

…Urgence de l’hôpital de Verdun qui, au tout début de cette histoire, a refusé de me traiter parce que je n’ai pas baisé sans condoms durant ces 5 dernières années.

Il semblerait donc que la meilleure façon pour moi de savoir si j’ai une MTS serait de coucher sans protection avec une vierge de moins de 25 ans, et que ce soit elle  qui aille passer un test de dépistage au CLSC.

Devant le manque de volontaires, je me suis donc dirigé au privé quelques années plus tard.  Pour 620$, j’ai été testé sur toutes les ITS imaginables.  J’ai reçu certains résultats immédiatement, d’autres plus tard par courriel.  Ils furent tous négatifs. 

Et depuis, pas une fois depuis n’ais-je fait awing-ahan sans porter le condom.  La tranquillité d’esprit vaut bien cette petite discipline.

Déclaration d’amour? Grosse erreur!

Comme d’hab’, le texte est écrit d’un point de vue masculin bikôze que j’ai un chromosome Y, bien que la situation puisse s’appliquer dans les deux sens.

Ces situations devraient vous rappeler quelques souvenirs … et pas nécessairement des bons:

Situation 1: Vous avez une bonne amie que vous aimez beaucoup plus que par simple amitié.  Un jour, vous avez le courage de lui déclarer votre affection. 
Le résultat : Après quelques jours où il règne comme un malaise entre vous, non seulement vous ne vous êtes pas fait une blonde, vous avez perdu une amie.

Situation 2: Il y a cette fille qui vous plaît beaucoup.  Vous décidez de le lui dire en lui envoyant  un mail, ou bien de lui écrire une lettre manuscrite.  Ou mieux encore : Vous lui composez un poème. 
Le résultat: Non seulement elle reste insensible à votre déclaration romantique, elle la montre à tous ses amis.  Vous devenez ainsi le sujet des moqueries de son entourage qui continuera de vous associer à ce texte pour les décennies à venir.

Je suis désolé de briser vos illusions, mais il faut bien voir les choses en face: La déclaration d’amour, lorsque utilisée en guise de moyen de séduction pour commencer une relation, ça ne fonctionne pratiquement jamais.   Le problème, c’est que ce concept date d’une période où on n’avait pas le droit de se fréquenter avant le mariage, une époque dans laquelle seul l’homme avait le droit de faire la cour.  Mais voilà, nous ne sommes plus au temps où l’homme venait faire sa déclaration sous le chaperonage des parents de celle-ci, afin que ce soit eux qui décident s’il ferait un bon parti, ce qui fait que la fille avait rarement son mot à dire.  De nos jours, non seulement la fille a le droit d’être attirée par un gars, passer à l’étape amoureux/amant vient tout naturellement lorsqu’il y a attirance réciproque.

… Et ça, ce que ça signifie maintenant, c’est que si on est obligé de déclarer son amour a une fille, c’est pour l’une des deux raisons suivantes:

  • Elle ne sait rien de nos sentiments.
  • Elle les connaît déjà, mais feint de les ignorer.

Dans un cas comme dans l’autre, ça signifie qu’elle ne les ressent pas elle-même.  Et le fait de déclarer son amour à une fille, ça n’a jamais fait naitre spontanément en elle des sentiments réciproques.   À moins, bien sûr, que ce soit le genre de désespérée prête à prendre n’importe qui.  Si ça vous convient, allez-y fort! N’oubliez juste pas que ça veut dire qu’elle n’est pas avec vous par amour véritable, donc qu’elle peut mettre fin à votre relation dès qu’elle se trouvera un meilleur parti.  Ou pire encore: Au moment où elle trouvera un gars avec qui elle tombera vraiment en amour.

Alors si en plus vous avez commis la bêtise de mettre votre déclaration par écrit, attendez-vous à ce que votre déception d’être rejeté s’accompagne d’humiliation pour les mois à venir, voire les années.  Il y a une raison pourquoi on dit que les paroles s’envolent mais les écrits restent. Et c’est encore plus vrai à l’ère de l’internet.

Quant aux poèmes, il serait temps que vous vous rendiez compte d’un truc important :  À moins d’être un auteur professionnel, n’importe quel gars de plus de douze ans qui fait de la poésie romantique est automatiquement classé sous l’étiquette de molasson pas-de-couilles.  Y’a pas une fille qui puisse être intéressée par ça. 

La seule raison pour laquelle elle se rapprocherait de vous en rapport à votre poème, ce serait pour vous demander de lui en écrire un, au sujet d’un gars sur qui elle a l’œil, pour qu’elle puisse le signer de son propre nom et le lui envoyer.  Je l’ai vécu assez souvent lorsque j’étais ado pour le savoir.

De nos jours, les déclarations d’amour c’est comme la galanterie : Appréciée dans une relation de couple qui est déjà amorcée.  Mais totalement inutile avant ça, sauf si votre but est d’avoir l’air d’un loser désespéré.

Se faire connaître pour les mauvaises raisons.

Dans le billet précédent, je raconte comment j’ai décidé de rester anonyme plutôt que de saisir l’opportunité de me faire connaître à travers le monde, parce que cette opportunité me demandait de commettre un geste négatif, soit noyer la torche olympique des jeux de 2010 en la lançant en bas d’un pont, et que ce n’est pas pour ce genre de chose que je veux être connu.

À l’inverse, il y en a d’autres qui cherchent tellement à se faire connaître, ils considèrent que tous les moyens sont bons pour y parvenir. L’exemple le plus flagrant de ce genre de personne est sans nul doute celui que nos cousins Européens ont surnommé Le Dépeceur Canadien:  Luka Rocco Magnotta.

En survolant sa biographie, on voit que dès le début de sa vie adulte, il croit qu’il peut devenir riche et célèbre avec un minimum d’efforts, en n’utilisant rien d’autre pour avancer que son look, son charme et sa personnalité. Magnotta se considère supérieur à la masse populaire. Ce n’est pas le genre de personne qui se voit travailler physiquement et/ou occuper un boulot simple, banal et anonyme. En fait, son comportement porte à penser que, consciemment ou non, il a la conviction que l’attention et l’amour de tous sont dus. Les gestes qu’il posera plus tard ne serviront qu’à attirer l’attention sur lui. C’est une façon d’interpeler les autres, une façon de dire « Hey! Je suis ici! Bon, maintenant que vous m’avez trouvé, oubliez la raison qui vous a fait découvrir que j’existe, et commencez à admirer ma personne, tel que vous êtes supposés le faire. »

Selon sa page Wikipedia, ses gestes provoquant l’attention se sont déroulés de la façon typique des gens en manque de reconnaissance, c’est-à-dire en passant par ces sept étapes :

ÉTAPE 1, l’attente légitime : Il s’attend à être légitimement admiré. Alors il agit de façon passive, en se faisant voir, tout simplement, en attendant d’être découvert et qu’on lui offre le monde. Il cherche à se faire trouver beau, se faire trouver intéressant. Dans son cas :
– A subi quelques chirurgies esthétiques afin d’augmenter sa ressemblance avec James Dean.
– Maquillage, photos, poses de mannequin.
– Changer son nom, de Eric Newman à Luka Rocco Magnotta.
… Mais ça n’a que peu marché.  Donc:

ÉTAPE 2, la séduction d’un petit groupe : Voyant que la façon passive ne fonctionne pas, il commence à se faire voir le plus qu’il peut, et ce dans des situations où il apparait comme étant séduisant. Dans son cas :
– Est devenu danseur nu pour club gai.
– A posé pour Fab, un magazine gai de Toronto.
– Est devenu escorte mâle.
– Est devenu acteur de film porno gai. (D’où, probablement, le Rocco de son nom, en référence à Rocco Siffredi)
… Mais ça n’a que peu marché.  Donc:

ÉTAPE 3, tenter la séduction d’un large public : L’étape précédente lui ayant rapporté quelques échantillons de l’admiration qu’il réclame, il en veut encore plus. Il tente alors de se faire voir par un plus large public. Dans son cas :
– A auditionné pour le show réalité COVERguy.
– A auditionné pour le show Plastic Makes Perfect.
… Mais ça n’a pas marché.  Donc:

ÉTAPE 4, se créer une fausse popularité : Voyant que l’étape précédente a été un échec, il tente de créer lui-même de façon artificielle cette popularité qui, dans sa tête, lui est due et lui est injustement refusée. Dans son cas :
– A créé 70 comptes Facebook sous de faux noms, comptes où il se faisait passer pour des admirateurs de Magnotta, parlant en bien de lui-même, se faisant de la pub partout où il le pouvait.
– A créé 20 pages web, sous différentes identités, dans le même but.
… Mais ça n’a pas marché.  Donc:

ÉTAPE 5, passer de vouloir être admiré à vouloir faire pitié : Rendu à cette étape, l’espoir a fait place au désespoir. Obligé de constater son incapacité à obtenir l’admiration, il change de stratégie : Puisqu’on ne lui permet pas d’avoir exposition, gloire et fortune par admiration, il va tenter d’avoir exposition, gloire et fortune par pitié, en se faisant passer pour une pauvre petite victime injustement harcelée qui réussirait dans la vie si seulement les gens cessaient de lui mettre des bâtons dans les roues. Dans son cas :
– En utilisant ses pages web et faux comptes Facebook, il a répandu une fausse rumeur comme quoi il aurait fréquenté Karla Homolka peu après sa sortie de prison.
– Ensuite, utilisant cette rumeur fabriquée lui-même, il sollicita une entrevue au Toronto Sun et à la radio afin de la démentir.
– S’est plaint mensongèrement d’avoir perdu des contrats de modélismes et d’avoir reçu des menaces de mort à cause de ces fausses rumeurs.
– Bref, il utilise les médias pour attirer l’attention sur le fait qu’il est un mannequin à la recherche d’une place sous les spots.
… Mais ça n’a pas marché.  Donc:

ÉTAPE 6, se faire connaître coûte que coûte : Rendu à cette étape, le désespoir a fait place à la frustration. Il n’arrive pas à se faire connaître en se faisant aimer? Il n’arrive pas à se faire connaître en se faisant pitié? Alors il se fera connaître en se faisant haïr. Il se justifie en se disant que ce n’est pas de sa faute. Il a tout fait pour se faire aimer, c’était aux autres de lui donner ce qu’il demandait. Il se lave donc les mains des gestes aberrants qu’il se croit obligé de poser. Dans son cas :
– Il se filme en train de suffoquer des chatons à l’aide d’un aspirateur.
– Il se filme en train de donner un chaton vivant à manger à un boa.
– Il met les vidéos sur son propre compte YouTube, et poste les liens sur divers forums, toujours sous de fausses identités, histoire de ne pas avoir l’air de se faire de la pub lui-même.
… Mais ça n’a que peu marché.  Donc:

ÉTAPE 7, exprimer son FUCK THE WORLD final : Rendu à cette étape, la frustration a fait place à la haine. Puisqu’il est plus facile de déplaire aux gens que de leur plaire, ses vidéos de chats tués lui ont apporté plus d’attention que toutes ses tentatives d’expositions précédentes. Hélas, ça ne reste qu’un échantillon, comparé à la notoriété qu’il désire tant avoir. Victime de son Ego démesuré, il se dit que puisqu’on l’empêche de devenir la personne la plus aimée au monde, alors il deviendra la personne la plus détestée. Si c’est ça que ça prend pour avoir enfin l’attention médiatique mondiale qui, dans sa tête, lui revient de droit, alors ainsi soit-il. Dans son cas :
– A torturé, tué, démembré et violé, dans cet ordre, un étudiant chinois nommé Lín Jùn, avant de se livrer à des actes de cannibalisme sur son cadavre.
– S’est filmé pendant son meurtre.
– A posté le vidéo sur le net.
– A envoyé par le poste différentes partie du corps de sa victime : À une école, au Parti Conservateur du Canada et au Parti Libéral.
… Et ÇA, ça a marché.

Après s’être arrangé pour devenir la personne la plus recherchée au pays, il a trouvé une façon à la mesure de son Ego pour s’assurer de ne jamais se faire prendre: Déménager à l’autre bout de la planète. Mais voilà, l’orgueil mal placé perd toujours son homme: Il s’est fait prendre dans un café internet à Berlin alors qu’il googlait à son propre sujet.

Faire le parallèle avec les gens qui nous entourent.
Dans la vie de tous les jours, on retrouve chez beaucoup de gens le même genre de côté narcissique que possède Magnotta. Et bien que ça prend une personnalité psychopathe pour en arriver à de tels extrêmes, n’empêche qu’en les regardant agir, on constate qu’il leur arrive parfois de passer à travers les sept étapes décrites ici. À degré moindre, j’ai vu (et subi) ça de la part de wannabe-artistes qui n’avaient ni le talent ni la patience de travailler pour se développer le talent en question. Ces gens sont d’abord et avant tout en amour avec eux-mêmes, et ils prennent très mal que les autres ne partagent pas cette admiration qu’ils croient légitime. Alors dès qu’on a la chance de les repérer, il faut couper les ponts avec eux sans hésiter.

Parce que pour les gens égocentriques et narcissiques, les autres ne sont pas des gens. Ils ne sont que des objets à utiliser, à exploiter, mais surtout à parasiter afin d’en vivre.

Clément Beaucitron, loser sans emploi.

Depuis quelques années, il circule sur le net une capture d’écran qui montre comment une jeune fille a perdu son emploi après avoir bitché son patron via Facebook:


Traduction pour malenglophonants(*): En gros, la fille dit qu’elle déteste sa job parce que son patron n’est qu’un pervers et un branleur qui fait exprès de lui donner du travail de merde juste pour la faire chier. Elle avait oublié que son patron était dans sa liste de contacts sur Facebook. Il lui a répondu que de 1, elle peut cesser de se surestimer car, de 2, il est gai alors il lui serait difficile d’être pervers avec elle. De 3, la « merde » dont elle parle, ça s’appelle « le travail pour lequel elle est payée ». Et de 4, elle est renvoyée.

Cet exemple parle de quelqu’un qui a perdu un emploi qu’elle occupait. Or, avec internet, on n’a même plus besoin d’avoir un emploi avant de le perdre. C’est que de nos jours, lorsqu’un employeur reçoit un CV, il n’est pas rare qu’il entre le nom ou l’adresse de courriel du candidat dans l’engin de recherche de Facebook afin d’en savoir plus sur le genre de personne qui a fait application. Ce qu’il y trouvera ou non peut faire toute la différence entre vouloir ou non embaucher le candidat. Et ça, on dirait que certains candidats ne sont pas assez brillant pour y penser d’avance.

Récemment, j’ai entendu parler d’un gars qui recherche en vain du travail depuis des lustres. Je suis donc allé visiter son Facebook. Ça m’a permis de constater que j’y avais libre accès. Et si moi je peux le voir, alors ses futurs employeurs aussi.

Ce qui suit sont de véritables captures d’écran de statuts provenant du Facebook de ce candidat.  J’ai modifié le nom et l’image du profil avec Photoshop afin de protéger l’innocent, mais le reste est authentique et non-retouché.  Le texte en rouge vin en dessous de chaque image décrit ce qu’un employeur peut potentiellement penser de ce genre de statuts, donc pourquoi c’est une mauvaise idée d’écrire publiquement ce genre de trucs. C’est parti:

Bon… Le gars est un déprimé et il est incapable d’en sortir par lui-même. Il faut qu’un autre lui remonte le moral. Ça commence bien.

À moins d’être moi-même représentant Avon, ce qui n’est pas le cas, ce statut me déplait. Ça me montre que même s’il a fait application chez moi, c’est ailleurs qu’il aimerait travailler. Pourquoi est-ce que je perdrais mon temps à embaucher quelqu’un comme ça?

Apparemment, ce candidat a de la difficulté à se trouver un emploi. Si tous les endroits où il a fait application avant chez moi ont rejeté sa candidature, il doit y avoir une raison. Continuons la visite, on verra peut-être pourquoi:

Avec ce statut, il nous démontre qu’il est un loser, et ce pour deux raisons:

Première raison: il liste ici des employeurs qui ne veulent pas de lui. …Qui ne veulent pas de lui malgré les milliers de CV qu’il leur a envoyé. S’être fait rejeter des milliers de fois pour des emplois, ce n’est pas le genre de chose dont il faut se vanter en public lorsque l’on veut faire croire qu’on est un bon candidat pour un emploi. Moi, en tout cas, être gérant de HMV et apprendre qu’aucun HMV n’a voulu de lui, ça m’enlèverait le goût de l’embaucher. Bref, avec ce statut, il se sabote lui-même.

Seconde raison: Malgré le fait qu’il ne veulent pas de lui, il affirme qu’il continue de vouloir y travailler. Ceci démontre qu’il est du genre à s’accrocher à des causes perdues. Il y a une différence entre être déterminé et être trop stupide pour voir que ça ne marchera jamais. Quand ça fait des milliers de CV que tu envoies vain, il me semble que la différence est claire.

Ceci dit: Des milliers de CV? Vraiment? Même si on additionnait toutes les succursales de Renaud Bray, HMV, Archambault et les salles de cinémas de Montréal, on n’arriverait jamais à mille. En fait, je ne suis même pas sûr que l’on arriverait à cent. Alors de deux choses l’une: Où bien il y a fait application partout dans la province de Québec, ce qui démontre un manque de logique et de sens pratique. Ou bien, option plus crédible: il ment. Ou du moins, il est du genre à exagérer.

Il y a 365 jours dans une année.  Pour envoyer mille CV au HMV, il aurait fallu qu’il leur envoie au maximum un par jour pendant deux ans et demie.  À un employeur qui ne veut pas de lui.  S’il a vraiment fait ça, alors il démontre un trait de caractère absolument non-souhaitable chez un candidat: Porté sur le harcèlement.

S’il se décourage juste à regarder les annonces d’emploi, qu’est-ce que ça va être quand il aura l’emploi? Se découragera t-il juste à regarder sa liste de tâches de la journée?

Bon, apparemment il a en plus un complexe de persécution. Personne ne veut de lui, tout le monde trouve des excuses pour le rejeter, même si les dites excuses se contredisent.

Petite dose de réalité: Si le monde de l’emploi était vraiment tel que décrit dans cette BD, alors personne ne travaillerait.

Dire oui à toutes les questions… Donc répondre n’importe quoi à ses employeurs potentiels, que ce soit vrai ou non, pourvu que ça lui rapporte l’emploi. Est-ce que je veux comme employé le genre de personne qui se vante publiquement qu’il va me mentir dans ma face? Mieux encore: Avec son « Sourire comme si c’était sincère », il démontre en plus qu’il est hypocrite. Un vrai charmeur, dites donc!

Résumons: Il sait qu’il faut faire application en ligne puisqu’il l’a déjà fait, et malgré tout il n’en fait qu’à sa tête en allant se présenter en personne. Donc: N’écoute pas ce que l’employeur lui demande de faire. Rien pour encourager un employeur à l’embaucher.  Et pour faire pitié de façon passive-agressive, il démontre que le fait d’aller donner sa candidature l’a affamé. Donc: Il n’a pas mangé avant d’y aller et/ou n’a pas amené de lunch. Conclusion: Zéro sens de la planification ou de la débrouillardise.

Et il a mal au pieds d’avoir marché si loin et longtemps. Je suppose qu’il essaye de se vanter de son courage, d’avoir fourni un tel effort physique surhumain afin de se trouver un emploi. Mais à moi, l’employeur, tout ce que ça me dit, c’est ceci: Il habite loin du lieu de travail, n’a pas d’auto, pas de titre de transport en commun, pas de vélo. Donc, si on l’engage, il faut s’attendre à des retards, de l’absentéisme, des problèmes de pieds le ralentissant dans son travail, etc. Bref, ça ne me dit rien de bon.

D’après ce que l’on a vu jusqu’à maintenant par ses statuts, voici ce que HMV manque: Un employé menteur, hypocrite, qui n’écoute pas ce qu’on lui dit de faire, passif-agressif, harceleur, qui manque de logique, de sens pratique et de débrouillardise, découragé, déprimé, se complaisant dans la victimisation de soi…

Deux ans? DEUX ANS à se chercher un emploi sans jamais en avoir trouvé un seul? Il est normal de tomber sur quelques employeurs déraisonnables qui refusent d’embaucher quelqu’un pour des raisons mesquines. Mais pendant deux ans, ne tomber que sur ce genre de personne? Non, définitivement, il est impossible que ce soit toujours les employeurs qui sont la source du problème.

Un CV n’est qu’une liste des anciens employeurs, leur coordonnées, la personne à contacter et une brève description de nos tâches. S’il a besoin d’un professionnel pour faire ça à sa place, alors il n’est vraiment pas le genre de personne avec qui je me sentirai en confiance de lui donner des tâches à faire, même les plus simples.

Et il veut nous faire accroire qu’il a réussi à trouver 70 emplois par jour qui convenaient à ses goûts, ses expériences, ses capacités, et ce dans l’île de Montréal? Parcourir les annonces, en trouver une qui nous convient, leur écrire un mail personnalisé, y attacher un CV et envoyer le tout, ça prends environs un quart d’heure. Multiplié par 70 applications, puis divisé par 60 minutes, ça fait 17:30 heures par jour. Et il trouvait le temps de dormir, manger, s’habiller, se laver, et surtout faire des suivis? Wow! Si la bullshit était une discipline olympique, il y en a qui seraient médaillés triple platine.

Ah, tout de même! La vie a fini par lui donner un break. Bon eh bien je lui souhaite bonne chance!

Hein!?  N’avait-il pas trouvé un boulot, il y a moins de 48 heures? Un qu’il devait commencer dans huit jours? Est-ce qu’il est train de nous dire qu’il a perdu son emploi, et ce une semaine avant même de commencer à y travailler? Wow! Juste… Wow!

Ok… Il faut qu’on lui remonte le moral.  Il faut qu’on fasse son CV à sa place. Et maintenant il faut qu’on lui trouve un contact.  Car il faut que ce contact lui trouve une job!?  Est-ce que ce gars-là est capable de faire quelque chose par lui-même? Sérieux là, tout ce qu’il démontre, c’est qu’avec un tel manque de débrouillardise il serait un employé totalement inutile. Un poids mort. Il serait probablement même une nuisance.

Pensez-vous qu’un employeur va vouloir engager quelqu’un qui prétend que ce sont les employeurs qui ont un ostie de problème? Il ne manquait plus que cette qualité(?)-là pour lui compléter le profil: Irresponsable! À l’entendre ce n’est pas lui la source du problème. Non, depuis au moins deux ans, s’il est sans travail, c’est toujours de la faute des autres. De TOUS les autres! De tous les autres PAR MILLIERS!

Pas besoin d’en voir plus pour comprendre qu’avec une telle personnalité, même le BS n’en voudrait pas. Bonne chose pour lui qu’il est supposément beau pis fin. Ça devrait lui permettre de se trouver quelqu’un pour le faire vivre. Parce qu’avec une telle attitude et un tel comportement face à l’emploi, c’est pas mal la seule option qu’il lui reste pour ne pas finir itinérant ou bien habiter encore chez ses parents passé 35 ans.

En tout cas, la logique démontre une chose: S’il fait tout ce qu’il a à faire pour se trouver un emploi, et si son CV est professionnel, et qu’il a contacté des milliers d’employeur différents, alors le problème ne peut pas venir de ces aspects. La seule source de problème qui reste, c’est Clément lui-même!

Vous allez peut-être me dire que l’analyse de Clément par mon personnage d’employeur est erronée ou exagérée? Possible! Mais peu importe si l’employeur se trompe ou non au sujet de Clément, il reste que ce sont les statuts de Clément qui influencent les gens à penser ça de lui. Et que ces conclusions soient justes ou non, il reste que c’est Clément qui a choisi d’exposer ses comportements qui n’engendrent que des sentiments négatifs. Donc, pour son incapacité de se trouver un emploi, Clément n’a personne d’autre à blâmer que lui-même.

En recherche d’emploi comme en amour et comme partout ailleurs, il existe sept règles assurant le succès. Je me donne en exemple dans chacune de celles-ci pour démontrer comment ça s’est appliqué dans mon cas:

RÈGLE 1: Avoir du talent. J’ai passé ma jeunesse à assister mon père, bien contre mon gré, à des jobs de rénovations, entretien et menuiserie. Même si ce travail me déplaisait, j’ai forcément appris la base du métier. Alors quand mes amis me voyaient réparer aisément un truc alors qu’ils n’y connaissaient rien et ne m’avaient jamais vu bricoler, ça a tout de suite passé pour un talent naturel. 

RÈGLE 2: Travailler dur. J’ai travaillé très fort en entretien à mon emploi précédent. Tellement que je m’y suis fait une fasciite plantaire aux deux pieds.  Mais je ne m’en suis pas plaint, j’ai juste commencé à porter des orthèses.

RÈGLE 3: Avoir la chance d’être au bon endroit au bon moment. J’ai vu l’annonce d’embauche pour mon emploi actuel sur EmploiQuébec.net à peine 10 minutes après qu’elle ait été postée, alors que j’étais sans emploi depuis deux semaines, remis de mes blessures, prêt à travailler.

RÈGLE 4: Savoir saisir l’opportunité au moment où elle se présente. Le travail demandait de devoir déménager pour y résider. Bien qu’un déménagement soit une décision majeure, je n’ai pas eu besoin d’y réfléchir longtemps pour voir que ça valait le coup. 12 minutes après avoir lu l’annonce, je leur envoyais ma candidature et mon acceptation de leurs conditions.

RÈGLE 5: Avoir la chance de rencontrer les bonnes personnes. J’ai passé en entrevue avec la gérante de l’édifice. Elle a fait un truc que le boss/proprio n’aurait probablement pas fait si je l’avais rencontré en premier : Prendre une chance avec moi plutôt qu’avec les autres candidats, malgré mon manque d’expérience.

RÈGLE 6: Leur donner envie de te choisir / de te dire oui. J’ai passé la majorité de ma vie à avoir pour mon dire: Peu importe les efforts que tu y mets, lorsque le succès ou l’échec de ton projet dépend d’un autre, et que lui décide que ce sera un échec, alors rien à faire, ça va échouer. J’y crois encore. C’est juste que maintenant, je rajoute: Par conséquent, il faut que tu fasses en sorte de donner à cette personne l’envie d’en faire un succès. C’est exactement ce que j’ai fait.

RÈGLE 7: Et ne pas tout gâcher ensuite en les faisant chier. Voilà une leçon que la fille de l’exemple en haut de ce billet a appris à la dure.  Du moins, si elle a retenu la leçon.

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(*) Quand un mot n’existe pas, on l’invente.