Choisir celles qui n’ont pas le choix

J’ai déjà raconté dans un billet précédent comment Karine et moi avons vécu notre rupture dans l’harmonie et la collaboration après une relation de couple de douze ans et demi.  À l’époque, elle m’avait dit un truc que je ne savais pas trop comment prendre.  Je ne me souviens plus des mots exacts, mais en gros elle disait que si elle a accepté de sortir avec moi dans le temps, c’est parce qu’elle n’avait pas vraiment le choix.  Je ne l’ai pas interrompue pour lui demander de clarifier sa pensée, puisqu’elle était en train de m’expliquer autre chose.  Mais je trouvais ça étrange puisque je n’ai jamais été le genre de gars à essayer de conquérir par imposition et insistance.  

Puis, j’ai compris ce qu’elle voulait dire.  Selon ce qu’elle m’avait déjà raconté de sa vie d’avant moi, les gars de son entourage se divisaient en trois catégories:

  1. Ceux de la famille.
  2. Les bullies qui lui faisaient subir intimidation et violence.
  3. Les amis homosexuels et/ou déjà casés.

J’étais donc, à ses 20 ans, le premier garçon à s’intéresser à elle de manière romantique.  Et puisqu’elle n’avait encore jamais vécu ça, elle n’avait pas de point de repère pour savoir si elle-même était vraiment attirée par moi ou bien juste flattée de cette attention.  Dans de telles conditions, je comprends ce qu’elle voulait dire par « Pas le choix! » 

Comprendre ceci ne m’a pas insulté. En fait, j’ai trouvé la chose fascinante car ça m’a permis de constater quelque chose à mon propre sujet.  En repensant à la majorité de mes relations passées, j’ai vu que j’avais trop souvent eu tendance à m’en aller vers des filles qui n’avaient pas le choix, pour reprendre son expression.  Remarquez que c’est normal dans mon cas.  Avec le physique que j’avais à l’adolescence et au début de la vingtaine, il était évident que jamais je n’aurais fini avec la fille qui l’avait, le choix.   

Évidemment, ce n’était pas conscient.  Je ne regardais pas les fille en les analysant.  Je n’arrivais pas à la conclusion que celle-ci ou celle-là était plus désespérée qu’une autre, donc que c’était avec elles que j’avais mes meilleures chances.  Tout ceci n’était percu qu’au niveau du subconscient.  Voilà pourquoi, sans en comprendre les raisons, j’étais toujours porté à aller vers les handicapées, les laides, les désagréables, les haineuses, les mises-de-côté, les victimes, les sous-estimées, les connes…  Ou, comme dans le cas de Karine, celles que les gars percevaient bien plus comme une petite soeur que comme une romance potentielle.  Bref, celles qui n’avaient pas le choix.  C’était ou bien moi, ou bien le célibat.

Voilà pourquoi je trouvais particulièrement insultantes celles qui préféraient une vie de célibat qu’une relation avec moi.  

Les dangers de choisir n’importe qui.
Constater ceci m’a également permis de comprendre pourquoi la majorité de mes relations pré-Karine étaient catastrophiques: Ces filles avaient beau se résigner à sortir avec moi, je n’étais pas leur idéal pour autant.  Il y a fort à parier que plusieurs d’entre elles me regardaient avec ressentiment.  Normal; j’étais le symbole de leur échec à avoir une relation avec le genre de gars qui leurs plaisaient vraiment.  Rien de surprenant alors qu’elles me cherchaient souvent querelle pour des broutilles, qu’elles me faisaient la gueule sans raison, qu’elles ne semblaient jamais satisfaites ni heureuses, malgré le fait qu’elles n’avaient majoritairement rien de pertinent à me reprocher.  Et je ne cacherai pas que ça m’est arrivé moi-même d’agir ainsi en regardant le physique et/ou la personnalité de l’une ou l’autre de mes ex pendant que j’étais avec.  

Ma série de billets Geneviève la Coloc de l’Enfer donne un bon exemple de ce comportement.  Lorsque je l’ai rencontrée, elle se plaignait d’être abusée et peu attirante.  Un soir, alors que nous partageons le même lit en ami, elle m’offre sa virginité.  C’est que, n’ayant jamais eu de relation amicale avec un autre gars avant, elle confond ma gentillesse et mon amitié pour du désir.  En pensant que j’étais le seul homme sur terre à m’intéresser à elle, elle croyait qu’elle n’avait pas le choix.  Or, non seulement elle se rend vite compte de son erreur, je ne représente en rien son idéal masculin.  Aussi, dès le lendemain matin et pour le reste de notre relation, son comportement avec moi fait un 180 degré.  De gentille et amicale, elle devient insultante et méprisante, et ce en permanence.   D’une façon comme d’une autre, elle ne se sentait pas bien dans cette relation.  Cette situation la frustrait, alors elle s’en défoulait sur moi qui était, à ses yeux, le symbole vivant de son loserisme en amour.

Mais parfois, le hasard fait bien les choses.
Je crois que la raison pourquoi ça n’a jamais été l’enfer entre Karine et moi, c’est que nous étions tous deux artistes, dessinateurs, auteurs de bande dessinées.  C’était la première avec qui j’avais autant en commun.  Ceci nous a permis de vivre en harmonie pendant longtemps.  Hélas, ça ne changeait rien au fait que notre relation ne se basait pas sur une attirance naturelle et mutuelle.  Voilà pourquoi, lorsqu’elle a fini par rencontrer celui avec qui elle était compatible, elle a été la première surprise de voir qu’elle pouvait tomber en amour avec un gars alors qu’elle était en couple stable avec un autre.  Mais voilà, cette fois, elle avait le choix.  Elle a choisi.  

Certains bien-pensants vont dire que le genre de relation que nous avons eue ensemble n’aurait pas dû exister.  Personnellement, je suis en désaccord avec cette théorie.  Je sais, pour l’avoir autant observé que vécu, qu’en amour comme partout ailleurs, il est important de prendre de l’expérience.  C’est quelque chose que je disais déjà il y a cinq ans dans le texte Autopsie du Loser:

Le Loser n’est pas forcément un être désespéré. Parfois, il est capable d’attendre La Bonne. Tandis que ses amis vont d’une relation à l’autre et vivent toute une gamme d’émotions, ont du plaisir, des loisirs et de la baise, le Loser ne sort jamais avec personne. Il a une idée très précise sur son idéal féminin et il s’est  juré que tant et aussi longtemps qu’il ne l’aura pas rencontré, il se gardera pur pour elle. S’il finit par la trouver, et que par miracle elle accepte de sortir avec, (souvent après avoir été poursuivie des années par le Loser) leur relation sera de courte durée. Normal: Un gars qui n’a jamais eu de relation amoureuse ou sexuelle, ça n’a aucune expérience du comportement amoureux et sexuel. Ça fait que même si elle est son idéal féminin, en revanche il est loin d’être son idéal masculin. 

Presque deux ans après que Karine ait rencontré l’homme de sa vie, je rencontrais moi-même mon idéal féminin.  Et elle, qui avait déjà un amant lorsque l’on s’est rencontrés, elle l’avait, le choix.  Elle m’a choisi.

Je sais bien que dans un monde idéal, on se garderait pur pour la personne qui nous est destinée.  Or, nous ne vivons pas dans un monde idéal.  Et bien que ma relation avec Karine n’en était pas une d’amour pur et passionné, ni elle ni moi ne pouvons sincèrement dire que nos douze ans et demi ensembles étaient une perte de temps.  Bien au contraire, ces années passées ensemble nous ont apprises les bases de la vie à deux, ce qui nous permet aujourd’hui de vivre en harmonie, elle avec son fiancé, et moi avec la mienne.

Il y a des relations de couple que je regrette d’avoir eue dans le passé.  Celle-là n’en fait pas partie.  Nous n’avons peut-être jamais été en amour, mais ça ne nous a jamais empêchés de s’aimer.

Les 15 genres d’amitié entre hommes et femmes

(Dans le texte qui suit, l’utilisation des termes hommes et femmes sont à titre d’exemple et sont parfaitement interchangeables.)

Il y a des gens qui colportent l’idée comme quoi l’amitié entre hommes et femmes n’existe pas car tous les hommes qu’une fille va rencontrer dans sa vie vont la désirer sexuellement. Apparemment, pour ces gens, l’homosexualité n’existe pas.  Ceci dit, oui, l’amitié homme-femme existe et n’a aucun rapport avec l’orientation sexuelle de l’un ou de l’autre.  Je me suis penché sur le sujet depuis quelques années, et j’ai découvert que cette amitié pouvait se diviser en quinze genres :

GENRE 1: L’amitié pour se rapprocher
Le gars va désirer une fille de façon romantique. Il est timide et à peur de se faire virer s’il lui parle de ses sentiments. Il va donc l’approcher en lui démontrant qu’il ne veut d’elle que de l’amitié, rien de plus. Dans sa tête à lui, c’est une brillante stratégie car en étant ami avec elle, ça va lui permettre de mieux connaître ce qu’elle est, et surtout ce qu’elle aime. Il pourra ainsi mieux s’ajuster à ses goûts à elle.

GENRE 2: L’amitié en attendant
Souvent la suite de la précédente. Voici comment ça se passe :

  • Le gars devient ami avec la fille.
  • Le gars attend que la fille constate qu’ils vont tellement bien ensemble qu’elle tombera en amour avec lui.
  • La fille se trouve un autre amoureux.
  • Le gars attend que la relation finisse.
  • La relation finit.
  • Le gars n’ose pas s’essayer tout de suite, afin de laisser à la fille le temps de se remettre de sa relation précédente.
  • Le gars attend trop, ce qui fait que la fille se refait un autre amoureux.
  • Le gars attend que la relation finisse.
  • Répéter ad nauseam pendant 5, 10, 15, 20 ans.

Ce qui nous amène à

GENRE 3: L’amitié de la Friendzone
La friendzone est un terme que les hommes utilisent lorsqu’ils désirent une femme amoureusement et/ou sexuellement, qu’ils le lui ont fait savoir de façon plus ou moins directe, mais que celle-ci ne lui a pas répondu positivement.  Cet homme est justement l’un de ceux qui croient que l’amitié homme-femme est impossible.  Il croit donc que toutes les femmes sont à sa portée, pourvu qu’elle finisse par cesser de refuser de lui donner sa chance.  Il reste donc en retrait dans la zone amie en attendant que la fille change d’idée à son sujet, ne serait-ce qu’à l’usure.

Il ne s’agit donc pas d’amitié véritable de la part du gars.  La preuve, c’est que lorsqu’elle va lui dire « On peut toujours rester amis. »  s’il n’a pas la patience d’aller attendre dans la friendzone, il lui répondra avec amertume et frustration un truc dans le genre de: « Non merci! Des amis, j’en ai déjà! »

GENRE 4: L’amitié congélateur
Tel que décrit dans le billet Être Mis au Congélateur, c’est lorsque le gars constate que la fille est en amour avec lui. Il n’est pas vraiment contre l’idée de sortir avec elle, mais il aimerait quand même trouver mieux qu’elle. Il la garde donc en tant qu’amie tandis qu’il s’essaye ailleurs, et finira par consentir à sortir avec elle en dernier recours s’il ne trouve pas mieux à long terme.

GENRE 5: L’amitié post-charme de la nouveauté
Lorsque deux personnes de sexe opposé se rencontrent, les trois premières semaines sont souvent ambigües. On se demande si on est attiré et/ou attirant pour l’autre. À ce stade-ci, l’attirance est surtout causée par la curiosité, le désir de découvrir l’autre. Voilà pourquoi, généralement, une fois que l’on a eu le temps de bien connaître l’autre, le désir disparaît, ne laissant plus que l’amitié simple.

GENRE 6: L’amitié post-désir
Dès la rencontre, ce fut le coup de foudre, l’attirance mutuelle. Ils sont rapidement passés au lit. À ce moment-là, deux choses peuvent se passer:

  • Ils se rendent compte immédiatement qu’ils ne sont pas compatibles sexuellement.
  • Ou bien: La baise était Ok, mais c’est en apprenant à se connaitre par la suite qu’ils se sont rendus compte qu’ils ne sont pas faits l’un pour l’autre.

Alors s’ils continuent de se fréquenter en amis après ça, c’est qu’il s’agit bien d’amitié post-désir.

GENRE 7: L’amitié post-relation
C’est quand un gars et une fille sont ex. Leur relation a duré juste assez longtemps pour qu’ils se rendent compte qu’ils ne sont pas faits pour former un couple. Ils reviennent donc à la case amitié et n’auront plus jamais le désir de pousser la chose plus loin.

GENRE 8: L’amitié qui sert de limite
Lorsque la fille craint qu’un gars veuille d’elle comme blonde ou amante, elle met tout de suite la limite amitié seulement de façon claire et précise, et le lui fait comprendre souvent de façon plus ou moins subtile dans la conversation. Le gars a donc le choix entre rester ami ou bien cesser de la fréquenter. Dans un cas comme dans l’autre, la fille sera soulagée de ne pas subir cette pression.  Ce qui nous amène à:

GENRE 9: L’amitié désespérée
Il arrive hélas parfois qu’une fille est désespérément amoureuse d’un gars qui ne voudra jamais d’elle. Ça peut être parce qu’il est gai, ça peut être parce qu’il est marié, ça peut être parce qu’il y a trop grande différence d’âge entre eux. Peu importe la raison, le fait demeure qu’ils ne pourront jamais être ensemble. Elle se contente donc d’amitié avec lui parce que c’est mieux que rien, et elle fait tout en son possible pour que leur amitié soit la plus profonde et la plus intime possible. Elle trouve consolation en se disant que l’amour, ça vient et ça part, mais au moins l’amitié c’est pour la vie.

GENRE 10: L’amitié de jeunesse
Ils se sont connus à une époque où l’un, l’autre ou les deux n’avai(en)t pas l’âge de ressentir du désir.  Ce qui fait qu’en grandissant, aucun des deux n’a ressenti d’attrait amoureux et/ou sexuel pour l’autre. Ce n’est pas une décision qu’ils ont pris volontairement. C’est juste arrivé comme ça, tout naturellement.

GENRE 11: L’amitié pseudo-fraternelle
Quand une fille veut tenir à distance un gars de qui elle apprécie l’amitié mais qu’il lui semble évident qu’il voudrait plus que ça, alors elle l’adopte officieusement comme frère. C’est sa façon à elle de lui dire qu’elle trouve l’idée romance et/ou sexe avec lui aussi repoussante que le serait une relation incestueuse.

GENRE 12: L’amitié par obligation environnementale
C’est quand deux personnes de sexe opposés sont obligées de se fréquenter : Voisin, coloc, chum d’une amie, conjointe d’un membre de la famille, collègue de travail, camarade de classe… Ces personnes ne se détesteraient pas nécessairement si l’amitié n’était pas requise pour l’harmonie du milieu. Mais sans cette obligation de se voir, elles se laisseraient totalement indifférentes.

GENRE 13: L’amitié internet
Quand on se lie d’amitié avec une personne de sexe opposé que l’on ne rencontrera jamais à cause de la distance, l’amitié n’a pas le choix d’être platonique

GENRE 14: Les amitiés avec bénéfices
Mauvaises traduction de friends with benefits, on utilise surtout le terme fuck friends pour les décrire. Ceux-ci se divisent en quatre sous-catégories :

  • Catégorie A : Ils se fréquentent en amis, et parfois ils ont du sexe ensemble. Leur amitié est réelle, ce qui signifie qu’ils peuvent passer du temps ensemble en ayant des activités non-sexuelles et tout de même l’apprécier sincèrement. C’est juste que ni l’un ni l’autre ne veulent d’une relation stable officielle.
  • Catégorie B : Ce sont des ex. Ils se sont vite rendus compte qu’à part sexuellement, ils ne sont pas fait pour former un couple. Ils continuent donc de se fréquenter en amis et de coucher ensemble, jusqu’à ce que l’un des deux se trouve un chum/une blonde.
  • Catégorie C : Comme catégorie A ou B, sauf qu’ils couchent ensemble même si l’un, l’autre ou les deux sont en couple avec d’autres.
  • Catégorie D : Il est difficile de parler ici d’une amitié car il est rare que ces gens-là se fréquentent autrement qu’à cause de leur lien de désir sexuel. Généralement, leur statut amical est comparable avec l’amitié par obligation environnementale : Si on enlève ce qui rend leur amitié obligatoire, dans ce cas-ci le sexe, alors l’amitié n’existe plus.

GENRE 15: L’amitié platonique depuis le début sans envie de plus que ça de part ou d’autre.
Ben oui, ça existe. Parce que s’ils sont bons amis proches mais que leur amitié ne tombe dans aucune des catégories précédentes, alors il s’agit automatiquement de celle-ci.

Et le plus ironique, c’est que lorsqu’ils sont vus ensemble en public, ils ont beau ne pas être collés ni se toucher ni faire quoi que ce soit pour faire croire le contraire, il y a toujours quelqu’un pour penser qu’ils sont en couple.  On ne compte plus le nombre de fois où ça nous est arrivé, à ma BFF Stéphanie et moi, depuis qu’on a commencé à se fréquenter en 2002.  Ce qui démontre que la croyance comme quoi l’amitié homme-femme n’existe pas, c’est hélas encore trop répandu.


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Comment naît la culture du viol.

Désolé pour mes lecteurs d’outre-mer mais ce texte contient beaucoup de vocabulaire propre aux québécois.

Lorsque j’étais enfant, mon physique maigre et faible fit que j’étais victime de rejet ou d’intimidation de la part des autres garçons. À cause de ça, dès la maternelle, je me suis toujours senti beaucoup plus à l’aise en compagnie des filles. Avec elles, je n’étais ni en compétition ni méprisé. Ainsi, sans m’en rendre compte, à défaut de faire partie de la confrérie des p’tits gars, j’étais en bonne position pour les regarder agir. Et c’est comme ça que, me rends-je compte aujourd’hui, j’ai vu comment naissait chez les garçons l’attitude qui amène plus tard à la culture du viol.

Je ne sais pas si c’est encore le cas aujourd’hui, mais dans mon temps les filles et les garçons de 5 à 12 ans ne se mélangeaient pas. Ce n’était pas de la faute des filles. Elles n’avaient rien contre les gars. La preuve, c’est qu’elles m’acceptaient dans leur entourage. La source de cette ségrégation, c’était les autres garçons qui, par la même attitude macho qui les poussait à me rejeter, méprisaient également les filles pour leur délicatesse et leur faiblesse. Ils l’exprimaient souvent avec le slogan « ♫ Les filles, les guenilles! ♫ Les gars, les soldats! ♫ ».

Puis, arrive l’adolescence, l’âge où les hormones en éveil poussent les gars à s’intéresser aux filles sur quatre niveaux :

  • Sur le plan social, en désirant leur présence.
  • Sur le plan intellectuel, en désirant établir une communication.
  • Sur le plan émotif, en désirant une relation romantique.
  • Sur le plan sexuel, en désirant avoir des relations sexuelles.

Parmi les gars qui commencent à vivre cette attirance, il y a les nombreux qui ne décrochent pas de leur période petit macho méprisant misogyne de leur enfance. Cette habitude est en eux bien encrée et ils n’ont rien à foutre de développer avec elles une connexion sociale, intellectuelle ou émotionnelle. Si ce n’était de leurs désirs sexuel, ils continueraient certainement de les ignorer. Alors puisqu’il n’y a que le sexe qui les intéresse chez les filles, c’est comme ça qu’ils apprennent à les voir : Comme un produit sexuel qui n’existe que pour répondre à leurs attentes à ce sujet, rien de plus.

Et c’est comme ça que, aux yeux des gars qui entrent dans cette catégorie, la fille n’est rien d’autre qu’une vulve.  Par conséquent, tout ce qu’il a à dire à leur sujet tourne autour de ce thème : Quand il parle des filles et des femmes en général, il ne dit pas les filles ni les femmes. Non, il dit « Les plottes. » D’ailleurs, quand il parle de sa blonde, il dit « Ma plotte! » Il n’aime pas une femme en particulier? Alors c’est une salope et une pute, même si ce qu’il lui reproche n’a rien de sexuel. Elle n’est pas de bonne humeur? Alors elle est en SPM, autre truc relié à son vagin. Lorsqu’une femme revendique ses droits, ou bien qu’elle est patron qui dirige avec une main de fer, alors « C’t’une hostie de mal-baisée qui aurait besoin de se faire mettre. » Elle est féministe? Alors elle est frigide ou lesbienne. Toujours le sexe!

Pour ces gars-là, les femmes se classent en deux catégories : Celle qu’il rabaisse à un sexe qu’il voudrait baiser, ou celle qu’il rabaisse à un sexe qu’il ne voudrait PAS baiser.  Exemple: Maxime Roberge, un animateur de radio du Saguenay, n’aime pas l’artiste Coeur de Pirate.  Est-ce qu’il l’attaque sur sa voix, sa musique, ses gestes ou ses paroles?  Non: Il se contente de la traiter de plotte.

Apparemment, il ne faudrait pas s’en étonner.  Cet article de Cracked explique comment le sexe sous toutes ses formes est l’unique unité de mesure utilisée pour juger la femme dans notre société. Regardez les trois images qui suivent. La première est une photo de Sandra Fluke, à l’époque étudiante en droit à l’université de Georgetown, qui a osé demander au congrès américain d’inclure les contraceptifs dans la liste des médicaments gratuits et/ou remboursables. Voyez comment la caricature éditoriale qui suit la dépeint.

Elle est mince, attrayante, d’apparence soignée, et ses demandes sont raisonnables et pertinentes. Or, parce que c’est une femme, si on est en désaccord avec elle, il faut que ce soit d’abord et avant tout parce qu’elle ne remplit pas son rôle d’objet sexuel. On la transforme donc en grosse laide négligée. On donne ensuite un angle sexuel à ses revendications en la montrant en train d’écrire « Pour passer un bon moment, appelez-moi » sur la porte des toilettes des hommes, histoire d’en faire une salope, voire une pute, ce qui expliquerait pourquoi elle revendique la contraception gratuite. Et voilà, mission accomplie. Une femme n’est qu’un sexe, alors on l’attaque sur son sex-appeal et sa sexualité. Rien d’autre!

Vous allez me dire que puisqu’il s’agissait de contraception, le sujet était tout de même sexuel. Alors laissez-moi vous donner un autre exemple de comportement misogyne, cette fois dans un contexte totalement asexué: Un entrepôt de bouquins.

Il y a quelques jours, dans un groupe de Facebook consacré aux vieux objets de collections, une femme a décidé de faire profiter les gens de la chance qu’elle a d’avoir accès à un entrepôt privé où s’empilent des milliers de vieux livres. Après nous avoir montré quelques photos de l’endroit et de ce que l’on peut y trouver, elle nous a fait une offre : Si l’un des membres de ce groupe cherche une publication en particulier, il n’a qu’à lui écrire, lui envoyer la liste de ce qu’il cherche, et elle verra si elle peut le lui trouver. Aussitôt, un membre masculin est venu et a échangé avec elle la malaisante conversation qui suit :




  • Il veut savoir où se situe l’endroit.
  • Devant son refus de lui dire, il argumente.
  • Il ne respecte pas les limites qu’elle a clairement établi.
  • Il cherche à mettre en doute l’honnêteté de ses intentions. 
  • Il lui demande encore et encore de justifier son refus.
  • Il dit qu’elle a un comportement d’agace. 
  • Et après qu’elle lui ait demandé d’arrêter, après lui avoir exprimé vouloir mettre fin à la conversation, il continue d’insister, ce qui est du harcèlement.  
  • Il lui fait comprendre que s’il insiste, c’est elle qui l’a cherché, c’est de sa faute à elle, elle n’avait qu’à lui donner ce qu’il veut.
  • Et pour finir, il lui fait clairement comprendre que si elle avait été en face de lui plutôt que sur internet, il aurait obtenu d’elle ce qu’il veut.  En cinq minutes.

Si vous êtes une fille ou une femme, ce comportement doit certainement vous rappeler de très mauvaises expériences. Car en effet, quand un homme veut s’inviter chez une femme dans le but d’avoir du sexe, il agit exactement de cette manière. Ce n’est pas le cas ici puisqu’il ne s’agissait que d’un entrepôt et de livres.  N’empêche, c’est le même comportement, la même attitude, les mêmes paroles. 

Mais bon, ça ne devrait pas nous surprendre, de la part d’un gars qui fait la leçon publiquement aux féministes, en leur disant que si une fille se fait harceler de regards insistants sur sa poitrine, c’est qu’elle l’a bien cherché, de la façon dont elle s’habille.

Il y a fort à parier que s’il était confronté au sujet de ce commentaire, il aurait de la difficulté à comprendre pourquoi ce dernier est mal reçu puisque ce n’était pour lui qu’une remarque faite sous le ton de la blague. Car en effet, en général, ceux qui sont coupables d’un tel comportement vont toujours plaider l’innocence, parce qu’à leurs yeux ces paroles sont anodines.

Et n’allez surtout pas qualifier ces hommes de cons.  Vous ne feriez que renforcer cette tendance, puisque con est un autre mot désignant le sexe de la femme.  Le sexe de la femme, utilisé comme insulte.

Comme quoi la misogynie et la culture du viol sont beaucoup plus profondément enracinées dans nos mœurs, nos comportements et nos paroles qu’on pourrait le croire.

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Références:

  • La page Wikipedia de Sandra Fluke.
  • La page Wikipedia sur le Slut Shaming parle justement de l’affaire Sandra Fluke: « Le 29 février 2012, Sandra Fluke qui réclamait alors le remboursement de la contraception par les assurances-santé, avait été traitée de « salope » et comparée à une « prostituée » par Rush Limbaugh lors de son émission. »
  • Il y a même une page Wikipedia au sujet de la controverse Rush Limbaugh / Sandra Fluke.
  • Voir aussi Culture du viol.

Être artiste professionnel, sauf en attitude.

Récemment, l’acteur américain Will Wheaton a raconté comment il a été contacté par le Huffington Post qui voulait republier l’un de ses vieux billets de blog.  Will leur a demandé combien ils comptaient le payer.  Ils ont répondu qu’ils ne le paieraient pas, mais qu’il pourrait profiter de l’énorme publicité que lui rapportera d’être publié sur leur page.  Will les a donc envoyé paitre.

Des histoires comme celles-là, j’en ai vu des dizaines.  J’en ai moi-même vécu une personnellement en 2009.  À ce moment-là, je vendais mes services comme caricaturiste chibi.  Voici un exemple de mon travail :

Puisque c’était facile et rapide à faire, et que ce n’était qu’une image virtuelle, je ne chargeais que $10.00 pour le visage, et $15.00 pour le corps au complet.  J’ai eu l’idée de m’associer avec un site de rencontres en leur faisant une proposition d’affaires: J’offre mes services sur leur site, et en échange je leur verse 15% de mes gains.  Ce qui suit est un résumé des quelques heures qu’ont duré notre négociation:

EUX:  D’accord, on accepte.  On va commencer en te faisant nous-mêmes une commande.  Peux-tu faire un chibi, corps complet, pour chacun des 20 membres du staff?
MOI: Bien sûr!  20 chibis à $15.00, ça fera $300.00.
EUX:  Non! C’est beaucoup trop cher.
MOI: Oh, oui, désolé, j’ai oublié de tenir compte du 15% qui vous revient.  Ça fera donc $255.00.
EUX:  On ne peut pas payer ça.
MOI:  Bon, d’accord, puisque c’est une grosse commande, et que nous allons être collègues, je veux bien vous accorder un rabais. Je vais charger comme si ce n’était que les têtes.  20 chibis à $10.00, ça fera $200.00.  Moins votre 15%, ça fait $170.00.
EUX:  Nous t’offrons plutôt un compte Membre V.I.P. sur notre site pour un an.
MOI: Merci, mais non merci.  Premièrement, je suis heureux en couple, je n’ai donc pas besoin d’être membre d’un site de rencontres.  Ensuite, votre tarif pour un an V.I.P. est de $87.00, ce qui est très loin de mes tarifs qui sont pourtant bas.  Enfin, soyons franc, faire de moi membre V.I.P. ne vous coûtera que quelques minutes et quelques touches de clavier, donc pas un sou.  Mon travail vaut bien plus que ça. Déjà que là, je vous charge presque moitié moins cher qu’à vos membres, je ne peux pas aller plus bas. 
EUX:  Ok, oublie ça!  On va plutôt faire affaire avec un VRAI professionnel. Bonne vie!

Donc, oui, les gens qui tentent de profiter des artistes en les faisant travailler pour rien (et en les insultant lorsque ça ne réussit pas), ça existe. Le Huffington Post et le site de rencontres en sont deux bons exemples. Il est normal de négocier s’il y a divergence entre vos tarifs et leur budget.  Mais travailler pour rien?  L’artiste professionnel va refuser de telles conditions.  Tout travail mérite salaire, et l’art sous toutes ses formes n’est pas une exception.

Hélas, à force de lire ou de vivre de telles histoires, l’artiste a tendance à oublier que les clients potentiels ne sont pas tous des arnaqueurs.  Par conséquent, lorsqu’il est sollicité par un client  pour un travail, il a tout de suite le réflexe de vouloir découvrir si c’en est un, histoire de l’exposer ensuite comme tel.  L’artiste a donc tendance à adopter face au client quatre attitudes totalement non-professionnelles.

ATTITUDE NON-PROFESSIONNELLE No.1: Demander au client combien ça paye.
Imaginez que vous soyez client de McDo, que vous allez au comptoir, et que vous commandez un Trio Big Mac.  Est-ce que la personne à la caisse va vous demander « Et combien comptez-vous me payer pour ça? »  Non, hein!?  Ce ne serait pas très professionnel de sa part.  Ben voilà!  Un vrai professionnel possède sa propre grille de tarifs pour ses produits et services.  Si vous n’en avez pas, comment pouvez-vous prétendre être professionnel? 

ATTITUDE NON-PROFESSIONNELLE No.2: Prendre automatiquement le client pour un profiteur, un malhonnête, un con, et le traiter comme tel dès le départ.
Si le client a besoin de vos services, c’est généralement parce qu’il ne connait rien au travail qu’il vous demande.  Incluant les prix.  Alors ne venez pas vous plaindre s’il vous offre un tarif ridicule, ou « de l’exposition / de la pub gratuite ».  C’est normal! 
Ce n’est pas à lui de savoir ce que votre travail vaut, c’est à vous. Le client n’est ni profiteur ni malhonnête.  Il est juste désemparé parce que vous préférez lui poser une question sur un sujet dont il ignore tout plutôt que de le renseigner. Vous lui demandez de créer lui-même votre salaire, pour ensuite en chialer si celui-ci ne répond pas à vos attentes…  Des attentes que vous ne lui avez jamais communiquées pour commencer.  Comment pouvez-vous agir de la sorte et prétendre être professionnel?

ATTITUDE NON-PROFESSIONNELLE No.3: Faire la leçon au client.
On retrouve sur le net des dizaines de variantes de l’histoire qui suit:

« Un imbécile m’a contacté pour me demander d’être photographe à son mariage.  Quand je lui ai demandé combien il comptait me payer, il m’a dit qu’il ne me paierait pas mais que le mariage comptait pas moins de 200 invités, donc que ça allait me donner beaucoup d’exposition auprès de clients potentiels qui allaient voir la qualité de mon travail. Je lui ai demandé ce qu’il faisait dans la vie.  Il m’a dit qu’il était propriétaire de restaurant.  Je lui ai alors dit que je comptais me marier bientôt et que j’aimerais retenir ses services afin de fournir la nourriture pour mes 200 invités.  J’ai rajouté que je ne pourrai pas le payer mais que ça allait lui donner beaucoup d’exposition auprès de clients potentiels qui allaient voir la qualité de son travail.  L’imbécile m’a dit que ce n’est pas comme ça que ça marche et que de toutes façons il ne peut pas se permettre de travailler pour rien, ni de donner ses produit gratuitement.  Je lui ai répondu EXACTEMENT COMME MOI, IMBÉCILE! »

Excusez-moi, mais…  Est-ce que ça ne serait-ce pas plus simple, plus rapide et beaucoup plus efficace de plutôt répondre ceci :

Bonjour.
Je suis photographe professionnel depuis X années.

J’ai déjà de l’exposition.  La preuve, c’est que sans d’abord me connaître, vous avez appris que j’en suis un.
Comme tous les professionnels, il m’est illégal de faire concurrence à mes collègues en travaillant gratuitement.
Les tarifs standards dans ma profession vont comme suit :
X dollars de l’heure pour prendre les photos.
X heures pour les transférer, choisir, reformater, retoucher.
Voici un contrat standard dans ma profession.
Pour toutes autres questions, n’hésitez pas à me recontacter.
(Document joint: ContratPhoto.docx)

Voilà qui donne au client l’opportunité de comprendre, de changer d’avis et de vous payer pour vos services.  Agir en professionnel afin de se donner la chance d’avoir des contrats payants, ou bien s’assurer de perdre ces contrats potentiels juste pour le plaisir d’insulter autrui. Choisissez selon votre personnalité.  N’empêche que si vous choisissez l’option de l’insulte qui vous ferme automatiquement des portes, comment pouvez-vous prétendre être professionnel?

ATTITUDE NON-PROFESSIONNELLE No.4: Ne pas avoir ses propres contrats.
Des fois, le client est lui-même un professionnel, alors il peut fournir un contrat.  Mais pour les autres, il faut avoir le notre.

Et en passant, parlant de contrat: Avant d’envoyer paître un client qui vous offre de vous payer en « publicité devant vous rapporter des clients », sachez que le Conseil des Créateurs Californiens vient de créer un contrat exactement pour ce genre d’offre.  Ce contrat lie légalement votre client à sa promesse de vous faire de la publicité et de vous rapporter des clients.  S’il ne vous fait pas de pub ou si ça ne vous apporte aucun client, alors il ne respecte pas les termes du contrats.  Vous pouvez donc légalement le poursuivre pour qu’il vous paye.  Vous pouvez vous le télécharger  juste ici!  Inspirez vous-en pour écrire une version adaptée à vos besoins. Parce que si vous n’avez pas de contrat à offrir à vos clients, comment pouvez-vous prétendre être professionnel?

C’est sûr que quand on est un acteur hollywoodien comme Will Wheaton, on peut se permettre de cracher sur un contrat à $210.00 dans une discipline artistique qui n’est pas la notre.  Mais quand on est un artiste qui vit d’accumulations de ce genre de petits contrats, on ne peut pas se permettre d’agir de façon à se fermer des portes.  Si, comme lui, le Huffington Post m’avait proposé de reproduire un de mes billets de blog, je leur aurais envoyé mes tarifs. Comme ça, plus tard, s’ils avaient vraiment voulu de mes textes, ils m’auraient recontactés pour négocier une entente de paiement.  Pareil pour le restaurateur qui se cherche un photographe.   Normal, puisqu’à leurs yeux je serais « celui qui accepte sous certaines conditions » et non pas « celui qui lui a dit NON, qui l’a insulté et qui tente de l’humilier publiquement en salissant sa réputation. »

AJOUT DU 10 MAI 2016:
Et je pratique ce que je prêche:
  Le 25 mars 2016, le magazine montréalais Urbania m’a contacté en demandant ma collaboration gratuite pour un article payant.  J’ai donné mes conditions, ils ont accepté, j’ai écrit l’article, et j’ai été payé.  Tous les détails dans ce billet.  

La convention sociale du « Si tu viens, tu couches! »

Hier, ma conjointe m’a fait lire un article qui peut se résumer ainsi : Voilà quatre ou cinq fois qu’une fille sort dans les bars et en party, qu’elle prend de l’alcool, qu’elle accepte de finir la soirée en compagnie d’un gars qu’elle ne connait qu’à peine, et qu’elle est victime d’agression sexuelle, ou du moins d’une tentative de, alors qu’elle voulait juste finir la soirée avec le gars de façon platonique. Ce n’est pas la première fois que Le Détesteur écrit sur le sujet.  Il y a un autre article ici et un autre qui sont différents mais qui restent sur ce même thème.

Pourquoi est-ce que je vous en parle aujourd’hui?  Je vous rassure tout de suite, je ne vais ni défendre l’un ni responsabiliser l’autre sur ces gestes.  Je vais plutôt parler de ce qui semble être une convention sociale, celle qui est à l’origine de ces agressions.  C’est la règle non-écrite du : Si tu viens, tu couches!  Et la meilleure, c’est que j’en ai déjà parlé sur ce blog, au fil des années, dans quatre billets différents, sans même m’en rendre compte.

D’abord un rappel pour les lecteurs de longue date et une précision pour les nouveaux: Dès que j’ai eu l’âge légal, j’ai rapidement compris que je ne serais jamais le genre de gars qui sort dans les bars pour draguer.  La musique trop forte qui empêche de se parler, cette même musique qui fait que tu finis la soirée avec les oreilles désagréablement engourdies, l’alcool que je ne consomme que par obligation sociale et non par plaisir, l’odeur horrible de la cigarette car à l’époque on pouvait fumer à l’intérieur, tout ça explique pourquoi je ne fais pas partie de la culture de la drague des bars.  Rajoutons à ça que, ado et jeune adulte, je cherchais à plaire aux filles en ne répétant pas moi-même les comportement qu’elles détestent chez les hommes, soit l’insistance en général, sexuelle en particulier.  Enfin, le trois quart de mon excitation sexuelle provient du fait que la fille me désire.  Alors même si une fille me dit oui mais reste passive, je perd intérêt avant même que l’acte soit consommé. 

Hey, il m’est même arrivé à deux reprises de me retrouver en situation dans laquelle la fille a changé d’idée à la dernière minute.  J’ai juste dit « Ah?  Ok, pas de problème, je comprends!  Sens-toi à l’aise.  Je te laisse le lit, je dormirai au salon. »  C’est sûr que comme tout le monde, je ressens de la déception de ne pas recevoir quelque chose que l’on m’a fait miroiter et qui me faisait envie, que ce soit sexuel ou autre.  Mais bon, ce n’était pas ma première occasion de coucher avec une fille et ce ne serait certainement pas la dernière, alors y’avait pas de quoi en faire un drame. 

Et puis, j’ai aussi mon orgueil, et celui-ci préfère la réputation de respectueux, à celui de violeur.  Sans compter que j’ai toujours eu beaucoup plus d’amis filles et femmes que d’hommes.  J’ai donc passé ma vie à les voir comme mes égales et non comme des vide-poche qui ne nous intéressent que le temps de se la faire.

Bref, tout ça pour vous dire qu’il existe des hommes qui n’ont jamais eu et n’auront jamais la personnalité du prédateur sexuel.  Et pourtant, j’avais une libido à tout casser.  Comme quoi ça n’empêche nullement la capacité de se contrôler si on y met de la bonne volonté.

Donc, passons au sujet (et au titre) de ce billet: La convention sociale du Si tu viens, tu couches!  Voici quatre résumés de billets que j’ai déjà écrit sur ce blog:

Daniella:  Une fille que je n’ai pas vu depuis plus d’un an m’appelle à 23:00 et m’invite à passer la nuit chez elle, et elle me précise « en ami ».  J’y vais!  On jase, on se couche, mais pour l’heure qui suit, je reste totalement sourd et aveugle à tous les signes qu’elle me lance comme quoi finalement elle veut plus que ça.  Normal que je ne pige pas ses avances, elle m’a dit en ami avant que j’arrive.  Irritée, elle finit par me dire: « Pourquoi penses-tu que je t’ai fait venir ici? »  (Lire l’histoire complète.)

Isabelle: Une collègue de travail est en couple mais me taquine souvent comme quoi elle me trouve de son goût.  On devient amis.  Un jour, je l’invite à diner.  Elle accepte.  Elle me fait comprendre qu’elle n’a aucun problème avec l’idée de tromper son conjoint.  Devant ma déception de voir qu’elle n’était pas la personne que je croyais, je mets fin à notre rendez-vous.  Désemparée, elle me demande: « Mais pourquoi est-ce que tu m’as demandé de venir ici, d’abord? » (Lire l’histoire complète.)

Océane: Une camarade de classe du cégep, elle aussi en couple.  Je lui demande de passer chez moi afin de m’amener des notes de cours.  Elle arrive, un peu saoule.  Elle me passe le message comme quoi j’ai des chances avec elle, et elle s’offre à moi passivement. Là encore, refusant de rendre cocu un pauvre gars que je ne connais pas, et refusant encore plus de profiter d’une fille sous l’effet de l’alcool, je lui demande de remettre son manteau en lui disant que je vais l’accompagner à l’arrêt de bus.  Aussi surprise que frustrée, elle me lance: « Pourquoi est-ce que tu m’as fait venir ici, au juste? » (Lire l’histoire complète.)

Geneviève: Nous sommes camarades de classe au cégep, et amis qui se voient en dehors de l’école.  Arrive une fin de semaine où elle n’a rien à faire.  Puisque je la passe chez mes parents à St-Hyacinthe, je l’invite à m’accompagner.  Elle accepte.   On couche dans le même lit, et je n’ai aucune idée derrière la tête.  Elle m’offre sa virginité.  Après l’acte, alors que je lui confie que jamais je ne me serais attendu à ce qu’elle me fasse un tel cadeau, elle répond: « Ben là? C’est pas ce que tu voulais? Pourquoi tu m’as invité à passer la fin de semaine avec toi, d’abord? »  (Lire l’anecdote complète.)

Ce n’est que par hasard, en relisant ces quatre billets, que je me suis rendu compte que ces quatre filles qui ne se connaissent pas m’ont exprimé la même chose: Dans leurs têtes, inviter seul(e), chez soi, une personne du sexe opposé, c’est une invitation au sexe.  Et accepter cette invitation, c’est dire oui au sexe. 

C’est là que je me suis mis à repenser à toutes ces histoires que j’avais entendues tout le long de ma vie, histoires récitées par des femmes, et qui se concluaient toujours de la même façon: Dès qu’un gars et une fille se retrouvent seuls chez l’un ou chez l’autre, le gars voit ça automatiquement comme une promesse de baise.  Et gare à la fille qui ne pense pas la même chose, car ils sont rares les gars qui le prennent bien.  Généralement, c’est plutôt, selon le cas:

  • Le gars l’accepte, mais exprime qu’il est déçu.
  • Le gars exprime de façon sarcastiquement négative qu’il est déçu, genre « Ouain, avoir su que je perdrais mon temps… »
  • Sans être menaçant, il insiste et insiste et insiste et insiste.
  • Il lance un long débat philosophique dans le but de te faire changer d’idée en enlignant les « Mais pourquoi? », et les « Mais pourtant, tu… ».
  • Le gars (s’il est chez la fille), reste calme, poli, non menaçant, mais il lui dit tout de même: « Désolé mais moi, j’sors pas d’ici tant qu’il ne s’est pas passé quelque chose. » comme si c’était une loi que lui-même n’avait autre choix que de suivre.
  • Le gars (chez lui) frustre et dit à la fille de partir.
  • Le gars entre dans une colère noire.
  • Le gars va carrément la forcer physiquement.
  • Ou bien le gars feint d’accepter qu’il ne se passe rien.  Mais dès que la fille est endormie, il en profite.

Et c’est là que, en repensant à tout ça, j’ai compris qu’existait cette convention sociale non-écrite-et-non-dite comme quoi  Si tu viens, tu couches!  Océane, Isabelle et Geneviève connaissaient d’instinct cette règle, et en venant chez moi, elles acceptaient de s’y conformer.  Daniella, même truc de manière inverse: Elle connaissait cette règle lorsqu’elle m’a invité chez elle.  Et en voyant que j’acceptais d’y aller, elle a cru que j’acceptais de m’y conformer.  Voilà pourquoi elles étaient désemparées de mon manque de réaction: Parce que moi aussi, j’aurais été supposée la connaitre, cette convention sociale.  SURTOUT EN TANT QU’HOMME, puisque c’en est une que les hommes ont toujours imposé d’instinct aux filles et aux femmes.

Constater ceci m’a permis de comprendre rétroactivement certaines autres expériences avec…:

Vanessa: Après une sortie entre amis d’où elle est ressortie trop saoule pour conduire, j’ai insisté pour prendre le volant.  Elle a refusé de m’indiquer le chemin pour se rendre chez elle et, à son insistance, nous sommes plutôt allés chez moi.  J’ai toujours ressenti un malaise à l’idée de profiter d’une fille trop saoule pour savoir ce qu’elle faisait. Mais voilà, elle n’était ni comateuse ni passive, elle me draguait directement avec insistance. Voyant que logiquement ça ne pouvait pas être un viol de ma part, j’ai fini par céder.  Au moment de passer à l’acte, elle m’a dit sur un ton moqueur: « Heille, tout l’monde sait que quand un gars invite une fille saoule chez lui, c’est dans le but de la sauter.  Essaye pas de dire le contraire!  »  (Pour lire l’article complet.)

Rosemarie: Collègue de travail qui commence par me demander de l’accompagner jusque devant chez elle en bus car elle a peur des transports en commun le soir.  Rendu là, elle me dit que le prochain bus est dans quarante minutes, alors aussi bien l’attendre chez elle.  Rendu là, elle se met en déshabillé, me sert à boire et me dit: « Ne pense pas que je vais te laisser repartir ce soir si tu a accepté de m’accompagner jusqu’ici. »  C’est direct, chose que j’apprécie d’habitude.  N’empêche que j’avais la désagréable impression d’avoir été piégé.

Camélia: Amie du cégep.  Il y avait attirance réciproque mais rien n’était sûr. Elle me fait le coup du « J’ai raté mon dernier bus, est-ce que je pourrais coucher chez toi? ».  Elle me dit qu’elle n’est pas à l’aise avec l’idée de partager le lit avec moi.  Pas de problème, je m’installe par terre.  Un quart d’heure après l’éteinte des lumières, elle change d’idée et m’invite à la rejoindre.  Deux minutes plus tard, elle m’embrasse passionnément et m’arrache mon caleçon.  Surprise passée, je passe à l’acte.  Elle m’avouera le lendemain qu’elle s’attendait à ce que je la prenne de force. (On ne peut pas s’appeler Requin sans donner cette impression, apparemment.)  Donc, dans sa tête, en s’invitant chez moi, elle me passait le message comme quoi c’était exactement ce qu’elle voulait de moi. Voilà pourquoi elle a commencé par m’opposer une résistance de principe, en disant ne pas être à l’aise de partager le lit avec moi.  Elle s’attendait d’abord à ce que j’essaye de la convaincre de me laisser dormir à ses côtés, et ensuite, une fois couchés, que je tente ma chance sexuellement.  Surprise de voir qu’au contraire je respectais ses limites sans discuter, elle a bien été obligée de prendre l’initiative.

Bref, ce sont trois autres exemples de femmes et filles qui connaissaient, qui acceptaient et qui utilisaient la convention sociale du Si tu viens, tu couches.

« Es-tu gay? » 
Des sept filles mentionnées ici, Isabelle, Océane et Geneviève me l’ont posée toutes les trois, cette question.  C’est dire à quel point elles avaient de la difficulté à croire qu’un homme puisse respecter leurs limites sans discuter.  Ce n’est pas comme si partager un lit platoniquement avec une fille était quelque chose hors du commun pour moi.  J’ai accompagné plusieurs fois en voyage mon amie, la photographe Isabelle Stephen (Qui n’est pas l’autre Isabelle mentionnée plus haut) Par soucis économique, on a toujours pris une chambre d’hôtel à un seul lit que nous avons toujours partagé sans autre but que d’y dormir.  Pareil avec ma BFF Stéphanie.  La seule raison pourquoi on ne referais plus ça maintenant, c’est que ça fait quelques années que j’ai commencé à ronfler.

À ce point-ci, vous vous demandez peut-être: « Et ça ne t’es jamais arrivé, de penser d’avance que si la fille vient chez toi, c’est comme si elle acceptait de baiser avec toi? »  Oui, bien sûr que ça m’est arrivé, avec quelques filles.  Sauf que ces filles-là, j’avais déjà couché avec elles par le passé.  J’espérais donc que ça se reproduise.  Mais voilà, l’avoir déjà fait une fois n’était pas pour autant une garantie qu’il y aurait une suite.  Il y en a avec qui ce fut oui, et d’autres non.  Pour ces dernières, je ne vous cacherai pas que j’étais déçu.  Mais jamais je ne leur ai fait voir de quelque façon que ce soit, ni en insistant, ni en faisant la gueule.  Ce n’est pas parce qu’une fille te laisse le droit de passage entre ses cuisses une fois que ça signifie qu’elle t’a remis des billets de saison. 

Ou plus clairement: Il n’y a pas de mal à espérer et se faire des attentes. Par contre, harceler et/ou frustrer contre celles qui n’y répondent pas positivement, alors ça, non!

J’en reviens à la fille dont je parle au début, qui accepte sans cesse des invitation chez des inconnus, pour être ensuite surprise d’être sollicitée sexuellement à chaque coup.  Rassurez-vous, mon but en écrivant ce billet n’est pas de la blâmer sur le fait qu’elle ignore la convention sociale du si tu viens, tu couches.  Ce serait très hypocrite de ma part puisque moi-même, ce n’est qu’à l’âge de 45 ans que j’ai fini par découvrir qu’elle existait, cette règle non-écrite-et-non-dite. 

En fait, mon but, c’est d’abord de signaler à ceux qui l’ignoreraient que cette règle existe, et ensuite de dire qu’elle ne devrait pas exister.  

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Y’A LIENS LÀ: 

Les articles du Détesteur, mentionnés plus haut.
« Ne me fais pas sentir comme si j’étais un violeur, tu l’sais que c’est pas ça! »
« Une fille en boisson, si c’est pas là pour fourrer, c’est mieux de s’en aller. »
« Je pense que je me suis faite violer, mais je ne suis pas sûre. »

Mes propres articles mentionnés plus haut, où je ne m’étais pas rendu compte que la fille s’attendait à du sexe de ma part.
Daniella, « amie seulement »
Isabelle l’infidèle
Océane.
Geneviève la coloc de l’enfer
Vanessa, qui plus est, était lesbienne

Et sur le même thème
La résistance de principe, et la nécessité de la respecter.
Elle a dit OUI par peur des conséquences de dire NON.


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Je me méfie de ceux qui me disent…

Je me méfie de ceux qui me disent avoir l’esprit ouvert, être respectueux et tolérants. L’expérience m’a appris que ces gens sont souvent intolérants et irrespectueux envers tous ceux qu’ils jugent ne pas être aussi ouvert d’esprit qu’eux.

Je me méfie de ceux qui me disent détenir la vérité sur une personne ou sur un sujet. L’expérience m’a appris que cette vérité est plus souvent une opinion qu’un fait.

Je me méfie de ceux qui me disent des phrases préconçues, des formules toutes faites, des proverbes et des citations. L’expérience m’a appris que ces gens ont tellement peur d’exprimer leurs propres opinions qu’ils préfèrent se cacher derrière celles des autres. Ça leur donne un semblant de crédibilité, puisqu’ils démontrent ne pas être les seule à le penser.  Et ça leur permet de se laver les mains de toute responsabilité s’ils font erreur, puisque cette opinion ne vient pas d’eux.

Je me méfie de ceux qui me disent avoir des principes ou un code de conduite. L’expérience m’a appris que tout ce que ça démontre, c’est que s’ils ont besoin de suivre ce code, c’est parce que leur véritable personnalité est le contraire de ces principes et de cette conduite. Or, personne ne peut se refouler éternellement. La preuve: Au premier signe de frustration, ils vont ou bien se montrer sous leur vrai jour en bafouant ce code et ces principes plus souvent que ceux qui n’en ont supposément pas, ou bien utiliser ce code et ces principes à la lettre de façon à te contrarier, t’insulter, te créer des obstacles.

Je me méfie de ceux qui me disent que je n’ai pas à me faire de soucis avec eux, car eux m’acceptent et me tolèrent tel que je suis. L’expérience m’a appris que ça signifie qu’ils pensent (ou pire encore: essayent de me convaincre) qu’il y a quelque chose en moi qui devrait me rendre inacceptable et intolérable aux yeux de la population générale.

Je me méfie de ceux qui me disent que je dois toujours assumer mes faits, gestes et paroles. L’expérience m’a appris que si on ose leur faire la moindre remarque au sujet de leurs propres faits, gestes et paroles, ils entrent dans un état de colère, de frustration et de déni infini, car ils sont eux-mêmes incapables de les assumer.

Je me méfie de ceux qui me disent des choses vagues en appelant ça de la subtilité. L’expérience m’a appris que la subtilité est l’art d’essayer de se faire passer pour plus brillant que son interlocuteur en lui disant des choses de façon délibérément floues, soit parce qu’on est trop lâche pour être capable de s’exprimer clairement, soit parce qu’on cherche à faire passer l’autre pour un cave.

Je me méfie de ceux qui me disent spontanément qu’ils sont fidèles, sans que je leur ais posé de questions à ce sujet. L’expérience m’a appris que cette personne va immanquablement tromper son/sa conjoint(e) (ou du moins essayer) dans les trois mois qui vont suivre cette déclaration.

Je me méfie de ceux qui me disent à répétition à quel point je peux leur faire confiance. L’expérience m’a appris que s’ils craignent à ce point là que l’on puisse s’en méfier, c’est parce qu’il y a de bonnes raisons.

Je me méfie de ceux qui me disent être cultivés, ne s’intéresser qu’à tout ce qui est classique et lever le nez sur tout ce qui est actuel ou à la mode. L’expérience m’a appris qu’ils tentent de cacher leur incapacité de s’adapter aux temps qui changent sans cesse, en snobant la majorité qui, eux, y arrivent très bien.  Pour une personne ayant cette incapacité, le passé représente la sécurité, puisque celui-ci ne change pas.

Je me méfie de ceux qui me disent être les seuls qui m’apprécient. L’expérience m’a appris que ces gens veulent juste nous isoler des autres afin de nous abuser sans que personne puisse nous le faire constater.

Je me méfie de ceux qui me disent être sans cesse persécutés par les autres, entourés de gens qui ne cherchent qu’à leur nuire, aussi bien voisins que collègues de travail que camarades de classe. L’expérience m’a appris qu’il suffit de fréquenter ces gens durant quelques semaines pour comprendre pourquoi tout le monde les détestent.

Je me méfie de ceux qui me disent des tonnes de compliments et à quel point ils m’admirent, m’apprécient et sont attirés par moi alors qu’on se connaît à peine. L’expérience m’a appris qu’il suffit de ne pas répondre positivement à leurs avances pour que leur amour devienne haine, leur attirance devienne dégoût et leurs compliments deviennent insultes.

Je me méfie de ceux qui me disent que la jalousie, ou tout autre défaut de comportement qu’ils ont, sont des agissements tout à fait normaux. L’expérience m’a appris qu’il sont incapables de faire face à leurs propres travers, donc que la seule façon pour eux de dealer avec ce qu’ils sont, c’est de colporter l’idée erronée que tout le monde est (ou devrait être) aussi pire qu’eux.

Je me méfie de ceux qui me disent la vérité, toute la vérité, rien que la vérité. L’expérience m’a appris que l’excuse de ne dire rien d’autre que la vérité est trop souvent utilisée afin de manquer de délicatesse et de politesse, de façon à se justifier pour insulter les autres, tout en tentant de les empêcher de protester.

Je me méfie de ceux qui me disent que ce n’est pas eux, ça, de mal agir comme ils viennent de le faire. L’expérience m’a appris qu’au contraire non seulement c’est eux puisqu’ils le font, mais qu’en plus ce sont des irresponsables puisqu’ils le nient, et qu’ils vont recommencer car ils préfèrent nier leurs problèmes de comportement plutôt que d’y faire face et de travailler dessus.

Bref, Je me méfie de ceux qui me disent ce que je dois penser plutôt que de me laisser me faire ma propre opinion, que ce soit sur les choses, sur eux, sur les autres ou sur moi-même.

Oui, je sais, ma dernière phrase peut aussi signifier que je ne vaux pas nécessairement mieux que ceux de qui je dit me méfier. C’est ça l’idée: Toujours réfléchir avant d’écouter ce que disent les autres, qui qu’ils soient.

Regarder derrière soi pour mieux aller de l’avant

Dans ta vie, il vient des moments dans lesquels continuer d’avancer devient trop pénible. Dans ce temps-là, les gens qui t’entourent te disent que tu ne dois surtout pas t’arrêter et encore moins regarder derrière toi. Eh bien moi, au contraire, je te dis: Arrête-toi un instant, retourne-toi, et prends le temps de contempler le chemin que tu as parcouru jusqu’à maintenant. Je te garantis que ta première impression sera la surprise de voir que tu as pu traverser tout ça. N’oublie jamais qu’avant d’être derrière toi, ce chemin a d’abord été devant toi. Inspire-toi de ce fait et réalise que si tu as eu la force de passer à travers ce parcours, c’est que tu as en toi celle requise pour affronter celui qui s’en vient. Fier de tes accomplissements, confiants de tes capacités, tu peux maintenant reprendre la route.

Ce texte m’est venu en tête alors que je l’ai vécu littéralement il y a quatre ans et demi. À l’époque, je m’entrainais à la course à pied car je planifiais participer au marathon de Montréal l’année suivante.  Nous étions au lendemain d’une tempête de neige dont les accumulations encore non-déblayées m’empêchaient de courir. J’ai donc décidé de marcher à allure forcée dans la neige qui, selon l’endroit, m’arrivait au mi-tibia ou à la mi-cuisse.  Ça renforce les muscles et brûle les calories, ce n’est donc pas du temps perdu. C’est en arrêtant, à bout de souffle et bien à contre-coeur, que ça m’est venu en tête. Comme la majorité des réflexions qui me viennent lors de mon entrainement, j’ai réalisé que ça pouvait s’appliquer à plusieurs différents aspects de la vie.

C’est à toi de choisir

Rien n’est tout noir, rien n’est tout blanc.  Il y a des bons et des mauvais côtés à tout.  Et c’est la raison pour laquelle deux opinions peuvent être totalement différentes sur un même sujet, et pourtant dire toutes les deux la vérité.  Une fois que l’on prend connaissance de ce fait, c’est là que l’on réalise à quel point un succès ou un échec dépend principalement de soi-même.  Parce que la seule et unique chose qui décide si tu mérites ou non de réussir, c’est ta volonté d’y mettre les efforts pour y arriver.  Ainsi…

Si tu crois que tu mérites mieux que ton sort actuel, alors tu as raison!
Si tu crois que tu ne mérites pas mieux que ton sort actuel, alors tu as raison!
Maintenant, choisis!

Si tu crois qu’il vaut mieux prendre le risque, quitte à se tromper, alors tu as raison!
Si tu crois qu’il vaut mieux s’abstenir que d’essuyer un échec, alors tu as raison!
Maintenant, choisis!

Si tu crois qu’il vaut mieux foncer qu’être trop prudent, alors tu as raison!
Si tu crois qu’il vaut mieux être trop prudent que de foncer, alors tu as raison!
Maintenant, choisis!

Si tu utilises ton intelligence et ta logique pour prouver que c’est possible, alors tu as raison!
Si tu utilises ton intelligence et ta logique pour prouver que c’est impossible, alors tu as raison!
Maintenant, choisis!

Si tu crois qu’il vaut mieux exprimer ses désirs, alors tu as raison!
Si tu crois qu’il vaut mieux espérer en silence, alors tu as raison!
Maintenant, choisis!

Si tu crois qu’il faut prendre, alors tu as raison!
Si tu crois qu’il faut demander, alors tu as raison!
Maintenant, choisis!

Si tu préfères y aller, alors tu as raison !
Si tu préfères attendre, alors tu as raison !
Maintenant, choisis !

Si tu crois que tu seras admiré, alors tu as raison!
Si tu crois que tu seras ridicule, alors tu as raison!
Maintenant, choisis!

Si tu crois aux paroles qui vont t’aider à avancer, alors tu as raison!
Si tu n’y crois pas et démontre pourquoi ça ne peut pas t’aider à avancer, alors tu as raison!
Maintenant, choisis !

Si tu crois que tu peux, alors tu as raison!
Si tu crois que tu en est incapable, alors tu as raison!
Maintenant, choisis!

Si tu penses que ça vaut la peine, alors tu as raison!
Si tu penses que ça ne vaut pas la peine, alors tu as raison!
Maintenant, choisis!

Si tu crois que tu seras apprécié, alors tu as raison!
Si tu crois que tu seras détesté, alors tu as raison!
Maintenant, choisis!

Si tu sais que tu es un winner, alors tu as raison!
Si tu sais que tu es un loser, alors tu as raison!
MAINTENANT, CHOISIS !

Lorsque l’on désire quelque chose, il ne faut pas se contenter de le vouloir.  Il faut agir.  Et si essayer ne garantit pas notre réussite, ne pas essayer garantit notre échec.

Ce que parler veut généralement dire dans 20 situations

AVANT DE COMMENCER: À l’origine, ce texte s’intitulait Ce que les filles disent -VS- ce que ça veut dire et datait de 2010.  Du moins, sur ce blog, puisque ça a d’abord été un texte illustré dans Requin Roll No.7 en 1998. Or, déjà que la majorité de ces situations peuvent être vécues en inversant les sexes, il n’y a plus de place à notre époque moderne pour un texte exclusivement hétéronormatif au sujet des relations. Suite à un sondage d’opinion à ce sujet effectué le 28 aout 2015 sur Twitter, sur mon Facebook personnel ainsi que sur la page Facebook de Mes Prétentions de Sagesse, j’ai décidé de modifier le genre de ce texte, le mettant neutre.  De toute façon, qu’une relation soit entre gens hétéros ou LGBT, ces situations peuvent tout autant arriver.

Donc:

Ah, la communication dans les relations interpersonnelles… l’un se plaint que l’autre ne le comprends pas.  L’autre parti se plaint que l’un n’est pas capable de s’exprimer clairement. En tout cas, s’il y a une chose sur laquelle ils s’entendent, c’est en se plaignant des conséquences de ce manque de clarté et de l’incompréhension qui en résulte.

Aujourd’hui, je vais exaucer le souhait de bon nombre de gens: Je vous présente 20 situations classique d’incompréhension.  Le tout sera décortiqué comme suit:

  • La situation.
  • Ce que l’autre te dit.
  • Ce que tu comprends.
  • Ce que l’autre veut vraiment dire.
  • La preuve.
  • Les conséquences.
  • Le mieux à faire dans ce temps-là.

C’est parti:

SITUATION 1: Tu déclares ton affection à une personne.
Ce qu’elle dit : Je ne me sens pas prêt(e) à vivre une relation pour l’instant.
Ce que tu comprends : Que le jour où elle sera prête, alors tu vas avoir des chances avec elle.
Ce qu’elle veut vraiment dire : Tu ne me plais pas, sinon je me serais sentie prêt(e).
La preuve : Tu en connais beaucoup, des gens, qui, quelques temps après avoir dit ça à quelqu’un, sont retournées le voir en lui disant « Ok, je suis prêt(e) maintenant, sortons ensemble! »?
Les conséquences : C’est quoi, ça « pour l’instant« ? Elle va être prête quand, au juste? Dans une heure? Un jour? Une semaine? Un mois? Un an? Une décennie? Tant et aussi longtemps que tu vas penser que c’est juste une question de temps, tu vas être accro et tu vas te sentir de plus en plus frustré à mesure que le temps passe. De son côté, l’autre personne va se sentir harcelée par ton insistance et va finir par te fuir comme la peste.
Le mieux à faire dans ce temps là : Cesser de te faire des illusions à son sujet, et agir avec elle comme si cette déclaration n’avait jamais été dite et que ces sentiments n’ont jamais existé, et ne plus jamais ramener le sujet.

SITUATION 2: Tu es en couple, ou du moins en relation intime, avec une personne vraiment cool, populaire, attrayante et tout. Bref, le jackpot que tu ne pensais jamais pouvoir un jour remporter.
Ce qu’elle dit : T’sais, j’aimerais mieux que les gens ne sachent pas à propos de nous deux, parce que… (insérer raison quelconque!)
Ce que tu comprends : Qu’elle est victime de terrible pression sociale de la part de son entourage, mais qu’éventuellement ça devrait se tasser et vous pourrez vous aimer au grand jour.
Ce qu’elle veut vraiment dire : Cette personne pourrait trouver mieux que toi et elle le sait. Bien qu’elle accepte d’avoir une relation avec toi, elle n’en est pas vraiment fière, alors elle ne tient pas à ce que ça se sache. Bref, elle est avec toi en attendant mieux.
La preuve : Quand on n’a pas honte de nos relations, on n’a aucune raison de les cacher à qui que ce soit.
Les conséquences : Le jour où cette personne va en trouver une autre qui lui plaît vraiment, tu vas te faire domper avant même que quiconque apprenne que vous aviez sorti ensemble. Et cette nouvelle relation-là sera vite mise publique.
Le mieux à faire dans ce temps là : Profiter de la relation à fond pendant qu’elle passe, et ne pas être surpris le jour où elle prendra fin.

SITUATION 3 : Une personne de ton entourage est en couple avec quelqu’un qui la néglige. Elle te parle souvent de ses problèmes sentimentaux parce que tu es la bonne oreille attentive toujours disponible.
Ce qu’elle dit: Dans l’fond, c’est quelqu’un comme toi qu’il me faudrait.
Ce que tu comprends : Qu’elle vient enfin de réaliser que tu es la personne parfaite pour elle, et que ça ne sera plus très long avant qu’elle mette fin à sa relation insatisfaisante pour sortir avec toi.
Ce qu’elle veut vraiment dire : Que c’est dommage que son/sa partenaire actuel/le. ne possède pas certaines de tes qualités, parce que ce sont juste les gens de ce genre-là qui l’attirent.
La preuve : L’as-tu déjà vu sortir avec quelqu’un comme toi? Ben non, ton genre ne l’attire pas, sinon ça ferait longtemps que vous seriez ensemble.
Les conséquences : Tu vas ressentir de la frustration à la voir s’acharner à rester dans une relation qui la fait souffrir, alors que tu es là à brûler d’amour pour cette personne qui préfère continuer sa relation imparfaite.
Le mieux à faire dans ce temps là : Tout ce que cette personne veut de toi, c’est une oreille attentive pour exprimer ses malheurs, rien de plus. C’est à toi de choisir si tu veux continuer d’être ça ou non.

SITUATION 4 : Tu déclares ton affection à un/e collègue de travail.
Ce qu’elle dit : J’aime mieux pas avoir de relations amoureuses avec les collègues de travail car ça cause toujours plein de complications.
Ce que tu comprends : Que la seule raison de son refus est le fait que vous travaillez ensemble, sinon elle te violerait probablement sur place.
Ce qu’elle veut vraiment dire : Que tu ne l’attires tout simplement pas.
La preuve : Si elle était attirée par toi, penses-tu vraiment qu’elle laisserait un détail aussi anodin que votre travail commun se mettre entre vous? Au pire, elle te demanderait de garder le secret pour éviter le commérage du bureau.
Les conséquences : Tu risques de passer plusieurs mois à essayer de lui faire changer d’idée et à te casser à tête pour trouver une solution pour un problème qui n’existe même pas. Tu va finir par t’exposer à des rumeurs de harcèlement au travail, chose qui n’est vraiment pas souhaitable, ou pire : Virer méga frustré contre elle le jour où elle sortira avec un/e collègue de bureau qui va vraiment lui plaire.
Le mieux à faire dans ce temps là : Cesser de se faire des illusions à son sujet, et agir avec elle comme si cette déclaration n’avait jamais été dite et que ces sentiments n’ont jamais existé, et ne plus jamais ramener le sujet.

SITUATION 5 : Après une séance de sexe, tu te sens mal parce que tu n’as pas réussi à faire jouir ta partenaire.
Ce qu’elle dit : Mais non! C’est pas d’ta faute, c’est moi qui étais un peu fatiguée. T’en fais pas, j’ai eu du fun quand même. C’était bien!
Ce que tu comprends : Que ça ira mieux la prochaine fois.
Ce qu’elle veut vraiment dire : Qui c’est qui t’as appris à baiser? Ta mère? J’aurais probablement eu plus de fun si j’m’étais branlée avec la râpe à fromage.
La preuve : Tu trouverais ça « bien« , toi, de baiser sans que ta partenaire te fasse venir?
Les conséquences : À moins qu’il s’agisse de la personne avec qui tu es en couple, ne te fais pas d’illusions, il n’y aura probablement pas de prochaine fois.
Le mieux à faire dans ce temps là : Rien pour l’instant. S’il s’agit de ta tendre moitié/e, attend quelques jours et essaye d’avoir une discussion au sujet de votre sexualité.

SITUATION 6 : Tu lui propose ta présence et ton aide pour… peu importe!
Ce qu’elle dit : T’es pas obligé.
Ce que tu comprends : Elle craint que ce soit un trop grand effort pour toi et ne voudrait surtout pas te déranger.
Ce qu’elle veut vraiment dire : NON! Je ne veux pas de ta présence.
La preuve : Une personne qui n’a pas besoin de ta présence va te répondre : « Non, c’est correct, ça va aller, merci! » car n’ayant rien à cacher, elle ne craint pas de te blesser. Par contre, une personne qui ne veut pas de ta présence va essayer de te le faire comprendre tout en cherchant instinctivement à cacher ses sentiments négatifs à ton endroit. D’où le « T’es pas obligé! »
Les conséquences : Évidemment, tu t’empresses de la rassurer qu’au contraire ça te fait plaisir. Tu lui imposes donc une présence qui la dérange, ce qui peut juste envenimer votre relation.
Le mieux à faire dans ce temps là : Lui dire que tu reste dispo si elle change d’idée, et ne plus ramener le sujet.

SITUATION 7 : Voilà bien longtemps que tu es friendzoné par cette personne.  Que cette situation te convienne ou non, tu l’as tout de même acceptée, considérant qu’une relation d’amis proches, c’est mieux que rien.
Ce qu’elle dit : C’est rassurant de voir que l’amitié est possible sans qu’il soit question d’amour ou de sexe.
Ce que tu comprends : Que malgré le fait qu’il n’y aura probablement jamais d’amour ou de sexe entre vous deux, votre amitié est plus forte que tout. Vous deux, c’est à la vie à la mort.
Ce qu’elle veut vraiment dire : T’es juste dans ma vie parce que j’ai ni couple ni amis.
La preuve : Est-ce qu’elle est en couple ou a t-elle des amis? Non, sinon elle passerait son temps avec eux, comme les gens normaux.
Les conséquences : Le jour où cette personne trouvera quelqu’un avec qui elle voudra qu’il soit question d’amour et de sexe, elle n’aura plus grand temps à perdre avec toi.
Le mieux à faire dans ce temps là : Profiter de la relation à fond pendant qu’elle passe et ne pas être surpris le jour où elle se finira.

SITUATION 8 : En visite chez cette personne, tu trouves un nouveau numéro de téléphone ou une adresse e-mail sur un bout de papier, et tu lui demandes qui est-ce.
Ce qu’elle dit : Oh, ça c’est rien, tu peux le jeter.
Ce que tu comprends : Que c’est rien et que tu peux le jeter.
Ce qu’elle veut vraiment dire : Oops, j’ai laissé stupidement traîner les coordonnées du beau gars que j’ai rencontré avant-hier.
La preuve : Si ces coordonnées étaient celles de n’importe qui d’autre, elle n’aurait pas eu peur de te répondre que c’était son patron, un futur employeur, sa belle-sœur, etc. Et puis soyons francs, dans des circonstances où on n’a rien à cacher, personne ne va suggérer à quiconque de jeter un truc qu’on a pris en note.
Les conséquences : Y a t’il du cocufiage dans l’air?  Pas sûr, n’empêche que c’est évident qu’on a quelque chose à te cacher.
Le mieux à faire dans ce temps là : L’empocher sans rien dire, et savourer sa panique. Lorsqu’elle te posera la question pourquoi tu gardes ce papier, il serait peut-être bon de lui demander si elle n’a pas quelque chose à t’avouer.

SITUATION 9 : Cette personne te demande de porter ses sacs ou ses paquets un instant, puis vient pour les reprendre.
Ce qu’elle dit : J’peux les reprendre si c’est trop lourd pour toi.
Ce que tu comprends : Qu’elle te prend pour une nouille trop cuite, de ne pas pouvoir porter ses sacs.
Ce qu’elle veut vraiment dire : Sers-moi donc de porteur de sacs. J’aime avoir les mains libres.
La preuve : Franchement, comment pourrait-elle s’imaginer que tu ne sois pas capable de porter des sacs qu’elle portait elle-même avant de te les refiler? Elle fait juste jouer sur ton orgueil de mâle pour te manipuler à faire de toi son esclave de ton propre gré.
Les conséquences : Non seulement tu portes ses sacs volontairement,  tu le fais fièrement pour lui montrer que t’es pas une moumoune de Chez Tarlouze.
Le mieux à faire dans ce temps là : Lui rendre ses sacs, et du coup lui montrer que tu ne te laisses pas manipuler.  C’est peut-être mauvais pour la relation, mais pourquoi est-ce que tu voudrais en avoir une avec une personne manipulatrice?  Quand on manipule l’autre sur des trucs anodins, on manipule sur des choses plus importantes.  Méfiance!

SITUATION 10 : Dans une boutique de vêtements, elle tient deux morceaux de linge tout en se regardant dans le miroir.
Ce qu’elle dit : Je sais pas lequel des deux choisir.
Ce que tu comprends : Qu’elle a besoin de ton avis pour l’aider à choisir, car elle ne veut acheter qu’un seul des deux morceaux.
Ce qu’elle veut vraiment dire : Achète-moi donc les deux, maudit cheap!
La preuve : Peu importe lequel tu vas lui conseiller de prendre, ou bien elle n’arrivera quand même pas à se décider, ou bien elle n’aura pas l’air satisfaite de son achat.
Les conséquences : Tu vas passer ou bien pour mesquin de ne pas lui acheter les deux, ou bien pour stupide de ne pas avoir réussi à saisir le message qu’elle essaye de te passer en douce. Or, personne n’aime sortir avec un mesquin stupide, alors attend-toi à un peu de froideur de sa part à ton égard.
Le mieux à faire dans ce temps là : Dès qu’elle dit qu’elle ne sait pas lequel choisir, lui répondre: C’est dommage que mon budget ne me permette pas de faire en sorte que tu puisses avoir les deux parce qu’ils te vont si bien, surtout celui-là. Non seulement tu n’auras pas l’air avare, tu auras l’air d’être attentif à ce qu’elle porte, ce qui est flatteur. Évidemment, si elle te fait quand même la gueule après ça, c’est que tu as affaire à une personne manipulatrice et exploiteuse dont il vaut mieux se tenir loin.

SITUATION 11 : Vous êtes ensemble et le moment est intime.
Ce qu’elle dit : Je t’aime.
Ce que tu comprends : Qu’elle t’aime.
Ce qu’elle veut vraiment dire : Je t’aime.
La preuve : Généralement, une personne ne va pas dire Je t’aime à tort et à travers à n’importe qui. Si elle le dit, c’est qu’elle en est vraiment sûre.
Les conséquences : Si c’est réciproque, ça ne peut être que positif.
Le mieux à faire dans ce temps là : Faut-il vraiment que je l’explique?

SITUATION 12 : Vous êtes ensemble et le moment est aux confidences.
Ce qu’elle dit : Je t’aime beaucoup.
Ce que tu comprends : Qu’elle t’aime.
Ce qu’elle veut vraiment dire : Je t’aime juste au niveau amical, alors il est inutile pour toi d’espérer qu’on va sortir ensemble un jour.
La preuve : Le seul moment où la signification du mot beaucoup devient son propre contraire, c’est lorsqu’il est précédé par les mots Je t’aime. Il serait d’ailleurs temps que ce fait universel soit inclut dans les règles de grammaire.
Les conséquences : Tu risques de mal interpréter son message, et t’attendre à des choses entre vous qui n’arriveront jamais.
Le mieux à faire dans ce temps là : Cesser de se faire des illusions à son sujet, et agir avec elle comme si cette déclaration n’avait jamais été dite et que des sentiments autres qu’amicaux n’ont jamais existé entre vous, et ne plus jamais ramener le sujet.

SITUATION 13 : Tu appelles cette personne pour l’inviter à une sortie.
Ce qu’elle dit : J’vais y penser et j’te rappelle.
Ce que tu comprends : Qu’elle va essayer de se libérer de tout ce qui pourrait l’empêcher de sortir avec toi ce soir.
Ce qu’elle veut vraiment dire : J’vais penser à une bonne raison pour me désister, et j’te rappelle pour te dire que c’est non. Ça, c’est SI je te rappelle.
La preuve : Si l’idée de sortir avec toi ce soir lui avait plu, elle aurait dit oui immédiatement et ensuite se serait arrangée pour se libérer des autres choses. Là, c’est l’inverse: C’est après ton invitation qu’elle cherche autre choses à faire.
Les conséquences : La déception de devoir attendre pour avoir sa réponse sera doublée par la déception de son refus.
Le mieux à faire dans ce temps là : D’autres plans qui ne l’incluent pas.

SITUATION 14 :  En couple stable.  Tu es sur le net ou la télé.  Ta chère moitié est à la cuisine.
Ce qu’elle dit : Il faudrait sortir les poubelles.
Ce que tu comprends : Qu’elle vient de se rendre compte que le sac de poubelle aurait besoin d’être changé, et qu’elle ne fait que commenter la chose à haute voix, tout simplement, avant de le faire elle-même.
Ce qu’elle veut vraiment dire : Lève-toi donc de ton gros cul pour sortir les poubelles, pauvre inutile.
La preuve : En général, quand on ne veut pas passer pour la personne tyrannique du couple, on n’aime pas tellement donner d’ordres. Quoi de mieux alors qu’un bon sous-entendu pour essayer de passer le message en douce.
Les conséquences : Si tu ne réagis pas, deux choses peuvent arriver: Ou bien elle va penser que tu manques d’intelligence, ou bien pire encore, elle va croire que tu as compris le message, mais feint de l’ignorer.
Le mieux à faire dans ce temps là : Quoi d’autre? Lève-toi de ton gros cul pour sortir les poubelles, pauvre inutile.

SITUATION 15 : Après une soirée où tu lui as payé le resto, le cinéma et le bar, et que tu l’ais raccompagné chez elle, cette personne refuse de te laisser entrer.
Ce qu’elle dit : J’aime mieux pas… Étant donné que tu m’as payé le resto, le cinéma et le bar, j’aurais l’impression d’être obligé de te devoir quelque chose.
Ce que tu comprends : Elle a peur de passer pour quelqu’un qui échange ses faveurs sexuelles contre une soirée toute payée.
Ce qu’elle veut vraiment dire : Cette excuse est géniale pour pouvoir profiter de toi sans rien te donner en retour.
La preuve : D’abord, c’est l’autre et non toi qui amène le fait que sa sexualité puisse être une récompense pour ce que tu lui as payé. Ce genre de concept ne viendrait pas à l’idée d’une personne non-exploiteuse. Ensuite, si elle n’est pas profiteuse, pourquoi s’est-elle laissé offrir tout ça sans rien dire au moment où tu le faisais?
Les conséquences : Si désormais tu refuses de lui payer ses sorties, elle va te traiter de frustré à cause de son refus de la dernière fois. Si tu payes de nouveau pour elle, elle te servira encore la même rengaine.
Le mieux à faire dans ce temps là : Arrêter les frais et cesser de la fréquenter parce que plus tu insistes et plus tu vas te retrouver dépouillé et frustré. Tires leçon de l’expérience, et tires-toi de là.

SITUATION 16 : Tu lui demande si vous allez coucher ensemble un jour.
Ce qu’elle dit : Cette personne peut donner trois réponses : Oui, ou Non, ou Peut-être.
Ce que tu comprends : Oui si elle dit oui, non si elle dit non, ou peut-être si elle dit peut-être.
Ce qu’elle veut vraiment dire : En fait, si elle dit oui, ça veut dire peut-être. Également, si elle dit non, ça peut encore dire peut-être.  Mais si elle dit peut-être, alors là elle veut dire NON, JAMAIS!
La preuve : Tout le monde peut changer d’idée, en particulier au sujet de la sexualité. Ainsi, ce oui que cette personne affirme ce jour-là pourrait devenir un non lorsque tout bien réfléchi plus tard. Et c’est la même chose pour ce non, en situation inverse évidemment. Par contre, la seule raison pourquoi quelqu’un va répondre peut-être (Ou je sais pas, possible, on verra, et toute autre réponse vague) à une telle question, c’est parce qu’il ne veut pas dire oui puisque ce n’est pas le cas, et qu’il n’ose pas dire non, par crainte de frustrer l’autre.
Les conséquences : Attendre après quelque chose qui n’arrive jamais, c’est frustrant. Et abandonner l’idée de pouvoir coucher avec alors que tu aurais des chances sans le savoir, c’est encore pire.
Le mieux à faire dans ce temps là : Si elle dit oui, essaye-toi, mais arrête immédiatement à partir du moment où elle hésite ou change d’idée.  Parce qu’à partir de là, ça deviendrait du harcèlement.  En fait, le mieux à faire, c’est de ne même pas lui poser la question pour commencer.  Parfois, juste le fait d’essayer de tâter le terrain de cette façon, c’est suffisant pour tout gâcher.

SITUATION 17 : Assis sur un lit, tu lui fais des minoucheries. L’autre a l’air de vraiment apprécier ça, au point d’en être quasiment en extase.
Ce qu’elle dit : Mmmm… Fais pas ça! Si tu continues, tu vas m’allumer et je risque de perdre le contrôle. J’aimerais mieux pas…
Ce que tu comprends : Qu’il/elle ne se sent peut-être pas encore prêt/e pour ça, et qu’il vaudrait mieux arrêter.
Ce qu’elle veut vraiment dire : Continue, prends l’initiative, contrôle-moi, je ne demande que ça.
La preuve : Pourquoi penses-tu que cette personne prend la peine de te dire que tu es en train de l’allumer? Alors si en plus elle se laisse faire et que tout dans son langage corporel montre qu’elle semble apprécier, tu as le feu vert pour continuer.
Les conséquences : Les conséquences d’une telle situation, lorsqu’elle est aussi nébuleuses, sont dangereuses. Aussi… :
Le mieux à faire dans ce temps là : Il fut une époque où j’aurais répondu: « Continuer tant qu’elle n’oppose pas de résistance physique. »  Cependant, ces trente dernières années, beaucoup de gens ont milité afin que tous comprennent que NON veut dire NON. La société n’a donc pas besoin de gens au comportement contreproductif qui continuent à passer l’idée comme quoi un NON puisse pouvoir dire OUI pour peu que l’on insiste.  Aussi… :

SITUATION 18 : Semblable à la précédente, mais tu décides d’arrêter, en lui disant que tu ne veux pas la forcer car tu la respecte.
Ce qu’elle dit : Ah? Ben merci, c’est gentil.
Ce que tu comprends : Qu’elle apprécie que tu ne la brusque pas, ce qui ne peut que te faire marquer des points envers elle.
Ce qu’elle veut vraiment dire : T’es idiot ou quoi? Tu ne te rends pas compte que je ne te résiste pas? T’as jamais vu ça, quelqu’un qui aime se faire désirer, pauvre imbécile?
La preuve : Il y a des gens qui ressentent de forts désirs sexuels mais qui ont de la difficulté à les assumer pour différentes raisons. Dans ce temps là, bien qu’ils vont dire non pour la forme, histoire d’apaiser leur conscience, ils ne demandent pas mieux que l’autre prenne l’initiative d’aller jusqu’au bout.
Les conséquences : La frustration peut pousser l’autre à te donner une réputation de personne trop niaiseuse pour comprendre les messages subtils qui sont « pourtant évidents » à ses propres yeux.
Le mieux à faire dans ce temps là : À moins qu’il soit établi clairement qu’un côté sera passif tandis que l’autre sera actif, le mieux à faire est d’oublier ça. Il vaut mieux passer pourstupide (ce qui est une opinion sans valeur légale) que pour agresseur sexuel (ce qui est grave et dangereux sur le plan légal).  C’est à chacun d’apprendre à être capable de s’exprimer clairement, et non au reste de la société à prendre de dangereux risques à essayer de deviner ce que veut chacun.

SITUATION 19: Tu as passé une excellente soirée avec la personne que tu désires et c’est bien parti pour une folle nuit de plaisir. Mais voila au moment de passer à l’acte, elle change d’idée.
Ce qu’elle dit: Je suis désolée mais je ne peux pas.
Ce que tu comprends: Qu’elle te veux, mais qu’elle hésite à cause d’un facteur extérieur quelconque.
Ce qu’elle veut vraiment dire:  Je suis désolée mais finalement, à bien y penser, je réalise que dans le fond je ne VEUX pas.
La preuve: Quand on veut, on peut. Le simple fait que vous vous êtes rendus jusque-là démontre que oui, elle était tentée, donc que votre nuit de plaisir était possible. …du moins, tant qu’elle était d’accord pour que ça arrive. Mais voilà, ce n’est plus le cas, pour une raison qu’elle n’osera probablement pas avouer: Déjà en couple, honte de devoir s’abaisser à n’avoir que toi à se taper, effet de l’alcool qui s’estompe, etc.
Les conséquences: De ton côté, tu vas probablement ressentir de la frustration sexuelle. Et de son côté, tout va dépendre de ta réaction. Aussi… :
Le mieux à faire dans ce temps-là: Te montrer compréhensif (pour rassurer), lui dire de ne pas s’en faire avec ça et que tu ne lui en veux pas (pour déculpabiliser), et que même si tu trouves ça dommage que ça n’aille pas plus loin (pour flatter son orgueil), tu respectes sa décision (pour lui ôter toute peur), tu as quand même passé une superbe soirée (pour rassurer), et bonne nuit (pour soulager) et à la prochaine (pour lui montrer que sans rancunes). Parce qu’exprimer de la frustration te donnerait la réputation d’un frustré, ce qui n’est jamais bon.  Et insister davantage serait, au yeux de la loi, du harcèlement. Et il n’y a pas une baise ratée au monde qui vaut ça.

SITUATION 20: Vous formez un couple depuis quelques temps.  Ces derniers jours, cette personne semble un peu distante.  Puis, elle t’annonce qu’elle veut casser « temporairement ».
Ce qu’elle dit: Je pense qu’une séparation momentanée ne peut que nous faire du bien.
Ce que tu comprends: Qu’elle veut mettre votre couple sur pause le temps de réfléchir, pour voir ce qui ne va pas entre vous et comment améliorer les choses.
Ce qu’elle veut vraiment dire:  J’ai l’oeil sur une personne bien mieux que toi, mais si on casse et que ça ne marche pas avec lui, je vais me retrouver seul(e). Et ça, je tiens à l’éviter, parce que sortir avec toi c’est quand même mieux que rien. Voilà pourquoi je cherche à te mettre au congélateur en attendant de savoir.
La preuve: Quand on veut sauver son couple, on en discute ensemble pour y réfléchir ensemble et arriver à des solutions ensemble.  Il n’y a qu’une seule raison pourquoi, en plus de vouloir y réfléchir seul, on tient à le faire dans le célibat, et c’est pour se mettre en situation de disponibilité.
Les conséquences: Ou bien ça marche pour elle et ta situation de célibat passe de temporaire à permanente, ou bien ça foire pour elle et tu acceptes d’être son second choix.
Le mieux à faire dans ce temps-là: Qui sait!?  Tu pourrais la reprendre, et elle pourrait recommencer au prochain prospect qu’elle croise.  Tout comme cet échec pourrait l’avoir résignée comme quoi elle n’a pas ce qu’il faut pour plaire à mieux que toi.  Dans le fond, ça dépend de toi, de ton orgueil, ou bien d’à quel point tu es désespéré.

Abandonner: Lâcheté ou sagesse?

Depuis quelques jours, il se ballade sur Facebook une image dangereuse qui s’intitule:

POURQUOI LES GENS ABANDONNENT-ILS?


Pourquoi est-ce que je dis que c’est une image dangereuse?  Parce qu’elle colporte l’idée que tout abandon est un signe de lâcheté, de personnalité faible, et autres traits de caractères honteux.  Elle est dangereuse parce qu’elle fait stupidement croire que tout est à notre portée, pourvu que l’on s’acharne.

Or, s’acharner et refuser d’abandonner, il y a un terme légal pour ça lorsque ça s’applique aux relations: Harcèlement!  Si je n’avais pas passé mon enfance et mon adolescence à être endoctriné par l’école de pensée que colporte si bien cette image que les gens se partagent comme si c’était la sagesse pure, je n’aurais pas passé tout l’été de mes 21 ans à Surveiller Nathalie.

Et il n’y a pas que dans nos relations avec les autres que l’acharnement puisse être une perte de temps.  Ça peut l’être dans un projet qui est hors de notre portée, un travail sans opportunité d’avancement, le fait que nous sommes bloqués par un hasard, une chose ou une personne qui nous fait obstacle.  Hélas, à partir du moment où l’on écoute ceux qui disent que l’abandon est toujours une décision lâche et honteuse, on oublie alors de voir les faits et d’écouter notre gros bon sens.  Aussi, il est évident qu’il manque un pictogramme important à cette image.  Celui-ci :

Voilà vingt ans que ma vie est régie par trois principes: Courage, persévérance et sagesse.

  • Courage d’entreprendre un projet.
  • Persévérance pour atteindre ce but.
  • Sagesse de savoir faire la différence entre un objectif réalisable et une cause perdue.

Il serait temps que les gens se rendent compte que l’école de pensée qui dit qu’il ne faut jamais abandonner est rétrograde, dépassée, et n’a de toute façon jamais été vraie.  Il y a une raison pourquoi, depuis sa sortie en 2013, Let it go est devenue la chanson de Disney la plus populaire de tous les temps.  C’est que parfois, aussi bien dans nos relations que dans tous les autres aspects de notre vie, lâcher prise est la meilleure décision que l’on puisse prendre afin d’avancer.