La résistance de principe, et la nécessité de la respecter.

Lors du dernier temps des fêtes, il y a eu un scandale d’internet au sujet d’une chanson de Noël, un classique (que je n’avais encore jamais entendu), Baby it’s Cold Outside.  Chanté en duo par un homme et une femme, l’homme insiste pour que la femme passe la nuit chez lui car il fait trop froid dehors pour la laisser partir. Tout le long de la chanson, elle émet des objections.  Aucune ne venant d’elle-même, cependant.  Ce n’est que du : Ma mère va s’inquiéter, mon père va rager, mes tantes vont me juger, qu’est-ce que les voisins vont penser, etc.  Et lui, à chaque argument, il insiste pour qu’elle reste. 

Il faut comprendre que la chanson a été écrite en 1944, une époque à laquelle, comme le démontrent les paroles, une femme devait toujours cacher ses désirs sexuels pour ne pas faire de scandale social.  Elle devait donc offrir une résistance de principe, et c’était à l’homme d’insister.  Et afin de démontrer que c’est bien le cas ici, elle ne dit jamais que ça ne lui tente pas.  Elle propose elle-même de rester encore un peu pour une dernière cigarette, un dernier drink…  D’où la ligne qui a parti le scandale, « Hey, what’s in that drink? », ce qui, de nos jours, a vite été interprété comme étant un hymne à la drogue de viol.  Aussi, quelques articles sur le sujet ont plutôt démontré que blâmer l’alcool était l’excuse classique qu’utilisait la femme pour sauver la face à l’époque dans cette situation.

Si cette chanson a causé un scandale, la raison est bien simple : À notre époque moderne, insister auprès d’une femme qui dit non, c’est légalement du harcèlement.  Et c’est une très bonne chose.  Car entre une fille qui veut mais qui oppose une résistance de principe, et une fille qui ne veut vraiment pas mais qui est trop timide/craintive pour oser trop résister, la différence peut être imperceptible. 

En fait, la différence ne se voit qu’après l’acte, alors que la première va s’en vanter et l’autre s’en plaindre.

Comment  faire la différence entre une résistance de principe et une résistance sincère?
Même à notre époque moderne, il y a encore des filles qui s’amusent à utiliser la résistance de principe.  Je ne peux plus compter le nombre de fois où, depuis mon adolescence, j’ai respecté le NON d’une fille, pour qu’elle se moque aussitôt de moi pour mon manque de persévérance.  Ce genre de comportement ne fait que convaincre encore plus les hommes que le NON féminin est juste un OUI qui a besoin d’insistance. 

L’extrait qui suit est tiré de mon roman autobiographique en ligne 52 jours à Montréal, aussi connu sous son titre original Sept semaines en appartement.   Dans ce chapitre, une ex m’explique que durant toute l’année et demie que nous sommes sortis ensemble, (alors que j’avais de 17 à 19 ans, et elle de 15 à 17), elle m’avait opposé une résistance sexuelle de principe.  Et elle me révèle que si j’avais insisté, alors elle aurait cédé et nous l’aurions fait. 

(Début de l’extrait)_____________________________
Je ne suis pas très cool face à ces aveux de sa part.  En fait, j’en suis extrêmement frustré.

« J’ai passé ma vie à entendre les femmes et les filles affirmer que quand elles disent non, ça veut dire non! Pourtant, je ne peux même plus compter l’estie de Christ de calice de tabarnak de nombre de fois où une fille m’a dit que pour obtenir ce qu’on veut avec elle, il faut juste insister. D’un côté vous dites toutes que non c’est non. De l’autre, vous nous montrez que non, ça veut dire oui. Pis après ça, vous vous plaignez quand vous vous faites violer. Pis pendant ce temps-là, nous autres les gars, on a le choix entre vous forcer, ce qui fait de nous des agresseurs, ou bien vous respecter, ce qui fait de nous des imbéciles. À QUOI ÇA SERT DE VOUS RESPECTER SI TOUT CE QUE ÇA NOUS RAPPORTE, C’EST D’ÊTRE LOSERS, HEIN? »  

Julie semble avoir des regrets de m’en avoir dit autant.

« Je l’savais que t’allais réagir comme ça. »
« Ah oui? Félicitations, Sherlock! Ça prend du génie pour deviner que j’allais être frustré, d’apprendre que non seulement tu m’as menti tout ce temps-là au sujet de tes désirs sexuels, tu aurais été correcte avec l’idée que je ne respecte pas tes limites. »

Nous restons silencieux quelques secondes. Ça me laisse le temps de me calmer. C’est avec une voix beaucoup moins frustrée, que je reprends la parole.

« Désolé! Je sais bien que je t’ai juré de ne pas me fâcher. Mais d’apprendre ça, après tous les efforts que j’ai mis pour me contrôler et pour te respecter… »
« Ben… Comme je te l’ai dit, je ne suis pas une sainte. Moi aussi j’ai des envies.  Et à cause de ça, je n’ai peut-être pas toujours agi comme j’aurais dû le faire. »

Peut-être pas, qu’elle dit! Je soupire.  Je me sens tellement découragé en ce moment.  Je ne sais plus où j’en suis.

« S’il te plait, éclaire-moi : Comment est-ce que je suis supposé savoir la différence entre une fille qui oppose une résistance de principe, et une qui oppose une résistance sincère? Comment est-ce qu’un gars peut savoir quand est-ce que c’est correct d’insister, et quand est-ce que ça ne l’est pas?»

Je ne suis pas le premier gars à me poser cette question et je ne serai certainement pas le dernier. Julie comprend mon désarroi et essaye de m’éclairer du mieux qu’elle peut.

« Ben, je ne prétends pas parler au nom de toutes les filles, là, mais… Tsé, des fois, pour toutes sortes de raisons, comme la religion, l’éducation, ou comme moi les principes moraux, il arrive qu’une fille soit coincée entre ses valeurs et ses désirs. Elles veulent vraiment céder à leurs envies, mais si elles le font, c’est comme si elles se résignaient à reconnaitre qu’elles sont des hypocrites, des filles sans morale, voire des salopes. Dans ce temps-là, elles ont besoin d’un gars qui va les forcer. Ben, techniquement, il ne la forcera pas pour de vrai, puisque qu’il lui fera faire quelque chose qu’elle a vraiment envie. N’empêche que c’est lui qui va prendre la décision à sa place. Comme ça, la fille peut avoir ce qu’elle veut, et toujours avoir la conscience tranquille en se disant que ce n’est pas de sa faute à elle, puisque c’est lui qui a décidé. Tu comprends? »

Je comprends. Ça fait du sens. Ça explique pourquoi ma colocataire se cache derrière l’excuse du « J’ai pas eu le choix, il a insisté! » pour justifier le fait qu’elle couche encore avec Hans malgré le fait qu’elle ne cesse de dire du mal de lui.

« Maintenant, quant à savoir qui veut se faire forcer et qui ne le veut pas… Je ne pourrais pas le dire parce que ça va toujours dépendre de la fille, donc que c’est du cas par cas.  Mais dans mon cas personnel, t’étais bien placé pour voir que j’en avais envie. Quand tu me caressais là, je te laissais toujours faire sans résister, pendant une heure ou deux, et je mouillais à chaque coup.  Si tu avais été attentif aux signes, tu aurais compris que j’en avais vraiment envie, même si je disais non. »

Ah, les filles et leurs maudite manie de ne jamais être claires.  « Montrer des signes » … « Espérer que le gars comprenne le message »… Elles restent tellement vagues que quoi que l’on fasse, on risque de faire erreur.
___________________________________(Fin de l’extrait)

Cette explication que m’a donné Julie avait beau être éclairante sur les raisons pourquoi certaines filles sont excitées à l’idée de se faire forcer, ça ne permet pas plus à l’homme de savoir faire la différence entre une résistance sincère et une résistance de principe. Et puisqu’il est impossible de faire la différence, j’ai compris que je ne serais jamais à l’abri de faire erreur.  J’ai donc cessé de perdre mon temps sur la question.  J’ai plutôt porté mon attention sur l’autre aspect du sujet : Les conséquences de la faire, cette erreur.

Si la fille offre une résistance sincère, mais que je fais erreur en insistant :

  • Je commet du harcèlement.
  • Je commet un viol.
  • Je ruine ma réputation.
  • Je m’expose à des ennuis judiciaires.
  • Et à de la prison.
  • Et à un casier judiciaire qui me suivra toute ma vie

Si la fille offre une résistance de principe, mais que je fais erreur en la respectant :

  • Elle se moque de ma naïveté, et je passe pour un cave.

… Et c’est tout!

C’est pour ce genre de situation qu’a été créé le dicton disant que « De deux maux, il faut choisir le moindre. »  J’ai donc fait mon choix.  J’ai toujours respecté le NON d’une fille. 

Et quelques années plus tard, j’ai compris qu’à ce sujet, « Qui ne dit mot consent! » , ce n’est qu’un mythe.  Aussi, j’ai ajusté ma façon de penser, et c’est devenu : « Si ce n’est pas un OUI explicite en gestes et/ou paroles, alors c’est un NON. »  

Lorsque je faisais face à une résistance de principe (souvent sans me rendre compte que ce n’était pas une résistance sincère) et que j’arrêtais aussitôt sans insister, voici ce qui se passait, selon la fille :

  • La fille, croyant/voyant que je n’avais pas compris, me faisait alors savoir clairement son intérêt.  C’était positif, car aucun risque de faire erreur.
  • La fille, croyant/voyant que je n’étais pas intéressé, n’insistait pas.  C’était positif, car qu’est-ce que vous voulez que je fasse d’une fille qui n’est même pas capable de me montrer son intérêt? Désolé mais dans un couple / chez les amants / dans un one-night, une personne ne peut pas être la seule des deux à montrer de l’intérêt à l’autre.
  • La fille, croyant/voyant que je n’avais pas compris, me traitait de cave.  C’était positif car ça me montrait dès le départ à quel point sa personnalité était désagréable. Ça me permettait de l’éviter, et ainsi de m’épargner une relation toxique.
  • La fille, croyant qu’il était impossible qu’un homme ne veuille pas d’elle, m’accusait d’être gai.  C’était positif car ça me montrait dès le départ qu’elle croit que tout homme hétéro désire baiser n’importe quelle femme.  Ça me permettait d’éviter une relation cahoteuse faite de crises de jalousie non-méritées.

Je ne vous cacherai pas que ça peut parfois être très frustrant quand la fille nous montre qu’il aurait pu y avoir quelque chose entre nous si on avait réagi correctement à ses attentes.  Mais il ne faut jamais oublier que face à la Loi, lorsqu’il s’agit de sexe, quand la fille s’obstine à rester floue dans ses attentes et ses désirs, la seule réaction correcte, c’est de s’abstenir.  De toute façon, être cave ou être gai, ça a le mérite d’être légal.  Ce n’est pas le cas quand on est harceleur, et encore moins violeur.  Juste pour ça, ça vaut la peine de ne jamais prendre de risques face à une fille qui oppose de la résistance.

À notre époque moderne où le refus sexuel doit toujours être pris au sérieux, toute résistance doit être vue comme étant sincère. Il n’y a plus de place dans la société pour la résistance de principe.  Si les hommes sont capables de comprendre ça, les femmes le devraient aussi.

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Y’A LIENS LÀ, tous en rapport au sujet:

Motel California.  Après trois semaines de relation platonique, Christine m’invite au motel en me disant clairement que c’est dans le but de baiser, allant jusqu’à payer la chambre elle-même.  Dès que nous y sommes, elle ne cesse de me mettre des obstacles pour m’en empêcher, pour aussitôt m’inciter à continuer à chaque fois que je m’arrête. 

La convention sociale du « Si tu viens, tu couches! » Il s’agit de la règle sociale non-écrite qui dit qu’inviter chez soi une personne compatible avec notre orientation sexuelle, c’est une invitation au sexe.  Et accepter l’invitation, c’est dire oui au sexe.  

Daniella l’amie seulement.  Une fille m’invite à passer la nuit chez elle, en précisant que ça sera en amis.  Je me le tiens pour dit, même lorsqu’elle a un comportement qui pourrait faire croire qu’elle a changé d’idée.

Océane.  Elle vient chez moi, me dit qu’elle doit partir tôt, est en couple, me dit que se toucher entre amis n’est rien d’autre pour elle que signe d’amitié… Et passe le reste de la soirée à me provoquer et s’offrir à moi, rester plus tard que prévu, pour ensuite mettre un terme à notre amitié car je refusais de me jeter dans cette situation trop floue. 

Elle a dit OUI par peur des conséquences de dire NON.  La raison pourquoi j’ai cessé de croire à « Qui ne dit mot consent! »

Pourquoi embaucher une femme?

Prosper, un collègue, travaille jusqu’à 16 :00.  Ce jour-là, au lieu de partir chez lui, il est allé au poste de travail de Carolane, qui elle travaille jusqu’à 17 :00.  Et je ne sais pas au juste comment la discussion s’est rendue là, mais Prosper a commencé à lui expliquer qu’il ne comprend pas pourquoi La Firme prend le risque d’embaucher des jeunes femmes. 

Par exemple, Carolane étant une jeune femme fraîchement sortie de l’université, il est évident qu’elle va un jour trouver mari, fonder une famille, et voudra s’occuper de ses enfants.  Donc, La Firme s’expose au risque qu’elle quitte le travail, ou du moins qu’ils aient à lui payer un congé de maternité.  Autrement dit, La Firme devra lui verser un salaire pour un travail qu’elle ne fera pas.  Dans de telles conditions, il est beaucoup plus avantageux pour La Firme d’embaucher des hommes.

Carolane lui répond alors que ce qu’il dit là, ce ne sont que des fausses valeurs artificielles crées par la société.  Et surtout, ce sont des valeurs dépassées, du moins au Canada où nous sommes.  Mais il n’en démordait pas.

« Ce n’est pas une question de valeurs.  C’est biologique.  C’est la nature qui veut ça! »

Et même lorsqu’elle lui répondait que bien des femmes de carrière n’ont aucune intention d’avoir des enfants, il continuait de lui dire que oui, d’accord, peut-être qu’elle est convaincue maintenant qu’elle n’en veut pas.  Mais ça ne veut pas dire qu’elle ne changera jamais d’idée.

« Pour l’instant, tu es jeune et tu penses à ta carrière et à ta liberté.  C’est normal que tu t’imagines que tu ne voudras jamais d’enfants.  Mais le jour où tu vas rencontrer un homme, que vous allez être vraiment amoureux, et que ça va être le bon, c’est évident que vous voudrez fonder une famille.  C’est biologique.  C’est la nature qui veut ça! »

Peu importe l’argument qu’elle lui donnait, il revenait toujours à la charge, ne démordant pas du fait qu’il se basait sur des faits aussi (bio)logiques que sociaux.  

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À ses yeux, non seulement La Firme perd son temps et perdra son argent à embaucher une femme, Carolane a également perdu temps et argent à poursuivre ses études.

« À quoi ils vont te servir, tes diplômes, dans ta cuisine, à t’occuper de tes enfants? »

Leur discussion a même attiré l’attention de deux de leurs voisins de table, qui se sont mêlés à la conversation, multipliant par trois le nombre d’employés qui n’étaient plus concentrés sur leur travail.  À un moment donné, l’un d’eux essaye de m’y entrainer en me demandant :

« Imagine que tu es patron.  À compétence égale, qui est-ce que tu embaucherais?  Une femme, qui risque de partir un jour pour maternité, ou un homme? »

J’ai répondu que puisque je ne serai jamais patron, je ne perds pas mon temps à discuter inutilement sur des trucs qui n’arriveront jamais.  Leur discussion a donc continué entre eux.

La raison pour laquelle je n’ai pas voulu y prendre part, c’est qu’il y a des sujets pour lesquels peu importe ce que tu dis, tu vas te faire condamner pour ton étroitesse d’esprit.  Par exemple, il y a quelques années, j’ai écrit un billet intitulé Ingrid, cinq jours parmi les loups, qui remonte à l’époque où je travaillais à La Boite.  Une superbe jeune femme avait rejoint notre département.  Cette semaine-là, six des dix-sept hommes du bureau négligeaient le travail pour aller lui parler.  Et il y en a même un qui a utilisé illégalement le poste de travail de la réceptionniste pour trouver l’adresse d’Ingrid pour se pointer chez elle sans y avoir été invité.  Au bout d’une semaine, n’en pouvant plus, elle a démissionné. 

Imaginez le dilemme du patron, maintenant :  S’il embauche une femme, ça va distraire les hommes, ce qui fait que la performance de La Boite va tomber en chute libre.  Et la Boite va s’exposer à des plaintes pour harcèlement en milieu de travail. 

Évidemment, blâmer une femme pour le comportement immoral des hommes, ça ne se fait pas.  Alors le patron devra payer pour embaucher des gens pour monter des ateliers de prévention.  Il devra y envoyer tous ses employés masculin pendant une heure ou deux.  Employés à qui il devra payer cette heure ou deux.  Et non seulement ça ne garantit pas que ces hommes vont suivre ces règlements, chaque nouvel employé mâle à partir de ce point n’aura pas passé par cet atelier, il y a donc risque que lui refasse ces comportements contre lesquels il n’a pas été prévenu.

Ou bien, pour s’éviter tous ces ennuis et toutes ces dépenses, il prend la solution la plus simple : Il n’embauche que des hommes.  Mais en faisant ça, il est automatiquement sexiste, il s’expose à des plaintes aux Normes du Travail, ce qui signifie enquêtes, réprimandes, amendes, et mauvaise réputation.  Voilà ce que je voulais dire, en parlant de situations pour laquelle quoi que l’on fasse, on perd.  Et voilà pourquoi j’évite comme la peste ce genre de sujets.

Mais ce soir-là, en revenant chez moi, en y repensant, j’ai trouvé la réponse parfaite à cette question :

On ne verra jamais une femme (et encore moins six femmes en même temps) quitter son poste de travail pour aller draguer un collègue, l’empêchant lui aussi de travailler.  On ne verra jamais une femme harceler un nouvel employé jusque chez lui.  Et surtout, on ne verra jamais une femme aller au poste de travail d’un homme pour passer plus d’une heure à essayer de le convaincre que sa place n’est pas au travail, mais bien chez lui, à se marier et faire des enfants.  Ce comportement est exclusivement masculin.  Et c’est ce comportement masculin qui cause tous les problèmes au travail mentionnés plus haut.  

Alors à compétence égale, qui est-ce que j’embaucherais entre un homme ou une femme si j’étais patron?  La femme, à tout coup, sans la moindre hésitation. 

Parce que, d’après ce que j’ai pu constater par moi-même au cours des années, il doit bien y avoir cent fois plus de harcèlement masculin (sexuel ou non) en milieu de travail que de congés de maternité.

Dick Pics: La chanson des pénis laids

Inspiré d’un phénomène trop souvent vécu par les filles et les femmes, voici la chanson Pénis laid du populaire groupe Les Bite Seules.

Un pénis laid vient d’apparaître dans ma conversation
Sans que ça ait rapport à notre discussion
Il l’a sorti et l’a pris en photo
Pour me dire « Allo! »

Ce matin c’était un autre gars, cette fois sur Tinder
Qui me montrait qu’il était prêt, déjà d’bonne heure
En pensant que ça ferait mon bonheur
Pourquoi font-ils ça? C’est loser!

Pénis laid, t’es dans ma face, t’es sur mon cell
C’est c’qu’envoient ces gars à toutes les filles
Pour dire qu’ils les trouvent belles.

Un pénis laid, c’est un pompier qui me montre son boyau.
C’est un artiste qui voudrait tremper son pinceau
C’est un boucher qui veux j’goûte sa saucisse
C’est gossant en Christ!

(Bout musical où s’enchaînent plein de dick picks)

Pénis laid, au garde-à vous, j’te vois partout
Sur facebook dans messenger
Mais pourquoi? C’est loser!

Derrière les arbres au beau milieu d’un parc achalandé
Un comptable est en train de se déculotter
Il se déplace pour me montrer qu’il est,
En train d’se branler

Dans son auto un monsieur vient me demander son chemin,
Tandis qu’il tient son engin bien dur à la main,
On dirait que ça l’excite de m’faire peur.
Pourquoi font-ils ça? C’est loser!

Penis laid, partout où j’vais, tu apparais
Le pâtissier qui montre la baguette
L’étalage de quéquettes

Penis laid qui veut me montrer qu’il est gros
Le plombier qui me montre son tuyau
Penis laid!

Disputasseries Facebookiennes

Les disputes sur Facebook, c’est toujours pareil, et tout le monde le sait.  La preuve: En mars 2018, je me suis amusé à faire semblant de partir un débat scandaleux.  Et à ma grande et agréable surprise, plein de mes contacts ont compris et embarqué.  L’ayant redécouvert hier alors que je parcourais mon année 2018 sur Facebook pour faire ma rétrospective annuelle, j’ai décidé de partager avec vous le désopilant résultat.

C’est parti:

Ça démontre bien que sur internet, peu importe le sujet, les réactions seront toujours les mêmes.

Les beautés étrangères: Pourquoi tombe-t-on dans le panneau?

Comme probablement tout le monde, il m’arrive parfois de recevoir des demandes de contacts sur Facebook de la part d’une beauté étrangère qui semble s’intéresser à moi. J’ai beau être célibataire, j’ai de la difficulté à me faire à l’idée d’avoir une relation avec une femme qui habiterait à plus de 5 km de chez moi. Alors d’un autre continent, imaginez! Par conséquent, lorsque ça arrive, j’expédie ça aussi sec:

Comme vous voyez, quand je reçois une réponse négative à « On se connait », j’arrête la conversation là. Mais ces derniers temps, j’ai vu tellement de mes compatriotes féminines québécoises s’amuser à se foutre de la gueule de leurs prétendants étrangers, tout en faisant exprès de leur parler en québécois, que j’ai décidé de prendre exemple sur elles pour m’amuser un peu.

Le résultat: Cet amusant échange avec cette superbe jeune fille de 20 ans du Maroc. Il y aura un lexique entre chaque partie de la conversation, pour faciliter la compréhension à mes lecteurs-z’et-lectrices non-québécois.

Saint-Ciboire-du-bout-de-Christ: La majorité des villes et villages du Québec sont des noms de saints. Or, nos jurons sont aussi composés de mots d’église. Ce (faux) nom de patelin est donc un long juron.
Moose Jaw: Littéralement Mâchoire d’Élan / Mâchoire d’Orignal. Véritable ville canadienne, mais en Saskatchewan et non au Québec.
Où que tu sois, qui que tu sois, que la force soit avec toi: Référence à La Guerre des Étoiles, certes, mais c’est surtout la phrase d’introduction du quiz télévisé pour enfants, Les Satellipopettes, très populaire au Québec au début des années 80.

Mes bas: Mes chaussettes
Une brassée: Un paquet de linge qui vient d’être lavé
La sécheuse: Le sèche-linge.
Manger ses bas: Expression québécoise, l’équivalent de péter un câble.
Isabelle Huot: Populaire nutritionniste québécoise.
Beau Dommage: Populaire groupe musical québécois des années 70, toujours actif de nos jours.
La Complainte du Phoque en Alaska: Chanson de Beau Dommage, leur plus grand succès.

Chus pas regardant: « Je ne me soucie pas de ces détails. »
Icite: Ici.

Je me suis inspiré d’une amie qui avait eu un désopilant échange semblable, quoique plus long, avec un homme Tunisie. Conversation qui est vite devenue virale.

Hier, j’ai posté ma conversation avec ma marocaine sur mon Facebook. Et parmi les commentaires, j’ai reçu celui-ci, qui est la raison de l’existence de ce billet de blog: « Je ne comprends pas comment ces gens peuvent se croire crédibles. « 

Eh bien la réponse à ça est: Parce que, malheureusement, ça fonctionne trop souvent.

Il y a quelques années, j’étais membre d’un forum (apparemment sérieux) de rencontres. Après deux mois discussion, à ne recevoir que des demandes de contacts de femmes de mon groupe d’âge, pour la plupart assez abîmées par la vie, voilà que m’arrive cette jeune beauté ukrainienne qui me sert du « Je amour toi et please envoyer numéro Visa (la carte de crédit) pour mon visa (le passeport) que moi rejoigne tu, so we love & couchette », et ça venait avec une adresse courriel. (Bon, c’était un peu plus articulé que ça, mais c’était en 2012 et je n’en ai pas gardé copie.)

Premier réflexe: Googler l’adresse de courriel de mademoiselle. Je suis tombé sur plein de témoignages d’hommes de partout dans le monde qui se sont fait avoir de plusieurs centaines de milliers de dollars par ce barbu obèse russe.

Quand tu n’arrives même pas à plaire à une femme moyenne de ton propre pays, qu’est-ce qui te fais croire que tu as pu séduire, SANS EFFORTS, une déesse d’un autre continent? C’est pourtant évident, qu’il s’agit d’une arnaque. Alors pourquoi est-ce que ça fonctionne?

La triste réponse à cette question est: Parce que pour ces pauvres hommes seuls, cette fille, ce personnage devrais-je dire, leur vend du rêve. Elle leur donne un espoir comme quoi, malgré leurs 40-70 ans, ils peuvent encore plaire à une jeune beauté, donc qu’ils n’ont rien perdu de leurs attraits.

Quant à ceux qui n’ont jamais eu d’attraits pour commencer, le fait de se commander une beauté étrangère, ça rassure. Son subconscient comprend qu’il est la seule personne qu’elle connait ici, donc qu’il sera sa seule vie sociale si elle vient au pays. Pour les hommes qui ont une faible estime de soi, savoir que cette fille dépendra de lui pour survivre, et surtout que par conséquent il n’aura aucun rival, ça lui procure un sentiment de sécurité.

En conclusion: Le problème, ce n’est pas que ces « femmes » sont crédibles. C’est plutôt que beaucoup d’hommes ressentent le besoin qu’elles le soient. Parce que la réalité est trop difficile à accepter pour eux.

Est-ce que vous vous souvenez du Best Seller de la décennie dernière, Le Secret? La raison pourquoi ce livre a rendu multimillionnaire son auteur, c’est parce qu’il fonctionne sur ce même principe. Par exemple, lisez juste ce passage:

Eh oui! Ce livre (ou du moins cette Lisa Nichols) affirme que si vous recevez des factures d’électricité, de téléphone, de câble, d’internet, de loyer et de carte de crédit, ce n’est pas parce que vous avez l’électricité, le téléphone, le câble, l’internet, un loyer et une carte de crédit, mais bien parce que votre imagination fait surgir ces factures de nulle part. 

Pourquoi tant de gens ont cru à de telles inepties? Parce que beaucoup trop d’entre eux sont pris dans une vie décevante et sont impuissants à y changer quoi que ce soit. Pour ces gens-là, la pensée magique est leur seul refuge. Car d’un côté, ils ont une triste réalité qui est sans issue. Et de l’autre, il y a ce livre qui leur offre un espoir comme quoi les choses peuvent s’arranger. C’était juste ça, le secret derrière Le Secret.

Et c’est sur ce même principe, en donnant l’espoir qui fait rêver, que le piège grossier de la beauté étrangère arrive à attirer autant de gens qui vont aller s’y jeter délibérément.

Quant à moi, ça ne risque pas de m’arriver. Je suis parfaitement au courant que j’ai 50 ans et que je ne suis plus de première fraîcheur. Le jour où je vais me faire draguer par une matante ridée de Ste-Antoinette-du-Ouaouaron, je vais déjà trouver ça plus crédible qu’un top modèle marocain de 20 ans.

Dans la tête d’un Nice Guy

Les célibataires involontaires, les incels, les Gentlemen, les Nice Guys, les Elliot Rogers, les Alek Minassian… Tout commence avec une mentalité décrite (et approuvée) par un texte tristement célèbre, Ode to the Nice Guys, dont j’ai déjà analysé la version française dans ce vieux billet. (Tous ces liens ouvrent d’autres onglets.)

Il y a quelques temps, une amie facebookienne à posté l’image qui suit, en se plaignant de tous les Nice Guys qui partagent ce genre de message dans lequel ils chialent comme quoi la simple décence sociale de base (être gentil et respectueux d’autrui) n’est pas suffisant pour leur rapporter amour et sexe :

Aujourd’hui, comme je le répète souvent, je sais qu’il faut beaucoup plus que « nous sommes tous les deux célibataires et hétéros » pour qu’il y ait attirance solide et couple stable.  Mais il fut une époque, avant mes 27 ans, où j’étais exactement comme ces gars-là.  Et ma vision de la chose était exactement celle-là.

Alors si vous vous demandez ce qui se passe dans la tête d’un Nice Guy pour leur faire croire de telles choses, réjouissez-vous, je suis très bien placé pour vous l’expliquer. 

Ça va comme suit:

(Dans la tête d’un Nice Guy, DÉBUT)
De mes 14 à 26 ans, une fille n’avait qu’à être hétéro et célibataire pour attiser mon désir de sortir et coucher avec.  Je n’avais aucun concept des affinités, des passions communes. Par conséquent, TOUTES les filles célibataires étaient des conjointes/amantes potentielles.

Et d’après ce que je pouvais voir, du côté des filles, c’était pareil. Au nombre de filles qui se plaignaient de leurs mecs, il me semblait évident qu’elles non-plus n’en avaient rien à chier, d’avoir des trucs en commun avec le gars qui partagera sa vie.  Le couple, dans le fond, c’était juste une garantie de baiser sur une base régulière, point. Le reste, on s’en fout. On s’adapte pour que chacun ne dérange pas trop l’autre dans ses habitudes, voilà tout.

Ah, et les filles avaient le beau jeu. Pas question qu’elles draguent, ça leur donnerait l’air de salopes. Alors fallait juste qu’elles se laissent draguer par un gars. Et, là encore, pour ne pas avoir l’air salope, elles se sentent obligées d’opposer une résistance de principe. NOUS SOMMES DONC OBLIGÉS D’INSISTER!!!!

À cette époque, comme tout le monde, j’entendais que la majorité des filles disaient que « c’est l’intérieur qui compte ». Que « La beauté, l’argent, ça n’a aucune importance. » Donc, à mes yeux, moi qui suis loin d’être un athlète, loin d’être riche, loin d’être beau, je n’avais qu’à agir en bon gars, me montrer doux, gentil, romantique, et j’allais toutes les avoir à mes pieds.

Mais voilà, au lieu de succomber à mes charmes, elles préféraient un beau grand riche. QUELLES SALOPES PROFITEUSES! Un beau grand riche, de qui elles vont se plaindre ensuite comme quoi il la maltraite. Bien fait pour toi, pauvre conne, de ne pas avoir choisi un Nice Guy comme moi.

Et puis là, on frustre, évidemment! Ce n’est pas ces gars-là qui devraient se faire offrir du vagin. C’est MOI! Chuis gentil, chuis romantique, chuis tendre… Bref, je suis tout ce qu’elles disent vouloir. Pourtant, c’est lui, qui n’est rien de tout ça, qui y a droit. Ces filles me privent donc injustement du sexe qui me revient de droit, pour le donner à ceux qui ne le méritent pas.

En plus, ces filles sont toutes des hypocrites. Quand on leur demande de s’expliquer pourquoi elles cèdent aux avances de ces gars qui ne leur conviennent pas, elles répondent « Pas eu le choix, il a insisté! » Par contre, quand MOI j’insiste, non seulement elles résistent, je me fais parfois menacer de me faire mettre la police au cul.

Eh oui! Quand moi, le bon gars, j’insiste, puisque telle est la règle du jeu, elle ne cède pas. Mais quand LUI, le trou d’cul, il insiste, elle cède? Sans le menacer? MAIS QU’EST-CE QU’ELLES SONT INJUSTES, CES SALOPES!

Non mais pensez-y sérieusement, c’est nous, les victimes, ici. On fait tout ce qu’on a à faire pour être en couple. Par conséquent, on DEVRAIT être en couple. Ce sont elles, avec leurs décisions stupides, qui font de nous des célibataires involontaires. Il est de notre droit de refuser d’être victime de cette injustice. Et la seule façon de cesser d’être victime, c’est de s’arranger pour prendre ce qu’elles nous refusent injustement. Ce n’est que Justice!

Alors il nous vient des idées, des fantaisies. On longe les allées de la pharmacie, en cherchant pour voir si de puissants somnifères sont en vente libre. On fait des recherches sur ce fameux chloroforme, présent dans les BD et les films. On est fasciné par le concept de drogues de viol et on passe des heures à googler sur le sujet, à voir comment pouvoir en commander en ligne.

Ben quoi? Si elle ne veulent pas nous donner du sexe volontairement, et si on ne veut pas se retrouver en prison si on insiste, on est bien obligés de trouver des façons pour obtenir en douce ce qui nous revient de droit.

Et c’est normal que l’on pense ainsi, on ne nous montre que ça, partout, toute notre vie.  Si le prince a fini avec Blanche Neige et la Belle au Bois Dormant, c’est parce qu’il a commencé à être intime avec elles alors qu’elles étaient inconscientes.  Dans le film Revenge of the Nerds, le nerd en chef séduit la copine de la grosse brute sportive en se faisant passer pour lui dans le noir.  Et après s’être montré meilleur baiseur que lui, il se révèle à la fille qui jette immédiatement la brute en faveur du nerd, en regrettant de ne pas lui avoir laissé sa chance avant. 

Cette scène résume parfaitement notre situation:  On sait qu’on peut les faire nous aimer, il faut juste qu’elle nous laisse une chance. Et si elle ne veut pas nous la laisser, cette chance?  Eh bien, ne nous répète t’on pas sans arrêt que « la chance, c’est quelque chose que l’on se fait soi-même » ?
(Dans la tête d’un Nice Guy, FIN)

Et ouais, voilà la terrifiante mentalité incel, que j’ai eu moi-même de mes 14 à 26 ans.  

Avec de telles convictions, la suite dépend entièrement de la personnalité de chaque gars. Certains vont juste passer leur vie à chialer contre cette injustice. Comme ceux qui font et/ou distribuent des images comme celles au début de cet article.  Certains vont passer à l’action, en violant. Certains vont se défouler dans des tueries.

Et puis il y en a d’autres, comme moi, qui se sont arrêtés, se sont observés, ont observé les autres, et ont fait ce qu’ils avaient à faire pour devenir agréables, mériter le respect, être désirables.

Et en général, c’est là qu’on se rend compte que les filles ne sont pas si pires que ça. C’est  juste nous qui nous obstinions toujours à ne désirer que les filles à problèmes: Celles qui ne préfèrent vraiment que les irrespectueux.

J’ai eu de la chance. Dans mon cas personnel, tout ce que ça m’a pris pour m’en tirer, ce fut faire du sport (pour améliorer mon physique) faire de la BD (pour me faire connaitre) et faire une longue introspection, afin de voir ce qui me rendait loser en amour comme partout ailleurs, afin de changer mes mauvaises habitudes.  J’en ai fait une série de billets il y a quelques années, regroupés dans la série Pas obligé de rester loser.

En ressortant mes notes à la mine au deux tiers effacés par le temps sur papier ligné jauni, qui furent mes journaux intimes de mes 15 à 26 ans, je redécouvre un ancien Moi qui est beaucoup plus incel que je le croyais.

Par exemple, à 20 ans, je considérais que toute fille qui me disait « Allo! » était une amante potentielle. Et quand je la draguais et qu’elle répondait négativement, en me disant toutefois que nous pouvions rester amis, je trouvais ça stupide. Je lui répondais alors que ce n’est pas une amie que je veux, c’est une blonde. Des amies, j’en ai déjà. Je n’ai pas besoin d’en avoir une de plus.


Et la meilleure, c’est que j’étais vraiment sincère en disant ça. Dans ma tête, ma façon de penser était logique et incontestable.

Et en effet, j’en avais, des amies. Trois! Celles-là, il y avait une excellente raison pourquoi je ne les avais jamais vues comme étant des blondes potentielles. La première était la blonde d’un de mes amis. La seconde me semblait d’une classe sociale beaucoup trop élevée pour moi, et n’a de toute façon jamais manifesté intérêt pour moi. Et la troisième, comment dirais-je!? … « Butinait » beaucoup, disons. Et moi je voulais une relation stable, chose que je ne pouvais pas envisager avec une fille incapable de s’engager sérieusement.

Quand je voyais celle en couple stable se plaindre que mon ami lui manquait parfois de respect, comme la fois où il l’avait traitée de grosse épaisse devant nous tous, de ne pas être aussi habile que lui avec un jeu vidéo, j’entrais dans une colère noire. Non pas contre lui, mais bien contre elle. Car je suis là, moi, qui ne lui ferais jamais un tel affront. Mais moi, elle m’ignore. Par contre, lui, qui la rabaisse sur son intelligence et son poids, eh bien LUI, elle l’aime.

La fois où elle m’a confié avoir été blessée de cette remarque de sa part, je n’ai pas hésité à lui dire: « Ben là, si t’aimes ça, un gars qui t’insulte, viens pas te plaindre après ça! » Ça l’a insulté. Elle m’a dit que ce commentaire, c’était très bas de ma part, et qu’elle s’attendait à mieux de moi. Ma réplique: « Ben c’est ça! Insulte celui qui te respecte, et respecte celui qui t’insulte. Tu vois comment tu agis? Exactement ce que je disais. » Furieuse, elle a quitté la pièce. Et moi, impassible, je n’ai fait que hausser les épaules, la trouvant pathétique d’être ainsi incapable de faire face à la vérité.

Mon ami était fils de bonne famille, beau, bon étudiant, travailleur salarié, avec un excellent avenir. Moi, j’étais un laid fils de BS qui ne foutait rien à l’école, sans emploi ni ambitions. Il avait un avenir, il faisait de quoi de sa vie. Pas moi! Il était donc un bien meilleur prospect que je pouvais être. Pourtant, à mes yeux, il n’y avait aucune différence entre lui et moi, à part le fait que je respectais les filles, et pas lui. Donc, puisqu’il avait une fiancée et pas moi, la seule conclusion à laquelle je pouvais arriver était que les femmes sont toutes des hosties de folles qui aiment se faire maltraiter.

Ou alors, c’est parce qu’il était beau et riche et moi pas, ce qui signifie que les filles sont toutes des profiteuses superficielles.  ET des menteuses d’affirmer le contraire.

Donc, ma conclusion en trois points pour résumer la mentalité Nice Guys / Incel est:

  • De 1) Nous nous sentons inférieurs à la population en général, pour une ou plusieurs raisons.
  • De 2) On ne veut pas faire l’effort de s’améliorer. On préfère blâmer les autres de ne pas nous donner les mêmes avantages sociaux que ceux qui le méritent.
  • Et de 3) Quand on n’a rien pour nous côté physique, beauté, talents, argent, habiletés, etc, alors il est extrêmement important pour nous d’avoir au moins une copine/conjointe/amante et du sexe pour compenser.

Et pourquoi faire une obsession sur ÇA, en particulier? Simple: De tout ce qu’un gars peut avoir, c’est la seule chose qui, selon rumeurs, ne demande rien de plus que « être gentil, car le reste est sans importance. »  eh bien il se trouve que « Être gentil », ça, on peut le faire. Alors on tient mordicus à avoir l’amour et le sexe d’une fille, en échange de notre gentillesse, tel que socialement promis.

Et voilà pourquoi c’est si frustrant pour nous, que la seule chose que l’on nous miroite comme étant à notre portée, nous est quand même refusée.

Je ne prétend pas que tous les Nice Guys pensent exactement ainsi. Mais telle était la mentalité que j’avais avant 1995, jusqu’à mes 27 ans.

12 faits sur les conjoints qui choisissent de te juger négativement

L’une des leçons de couple les plus pénibles que j’ai eu à apprendre, surtout parce que c’est l’une de celles qui m’a pris le plus de temps à comprendre, c’est que tu ne peux pas changer la mentalité de l’autre au sujet de la vision qu’elle a choisi d’avoir de toi. 

Surtout si cette vision est aussi erronée que négative.  

Il y a quelques temps, je parlais des prophètes auto-réalisateurs.  Il s’agit de gens qui, justement, choisissent d’avoir une vision de toi aussi fausse que négative, pour ensuite  mettre tout en œuvre pour prouver qu’ils ont raison à ton sujet.  Et ça inclut créer eux-mêmes le problème, dans le but de provoquer en toi ce comportement qu’ils cherchent sans cesse à te reprocher.

Tout le long de ma vie, j’ai plusieurs fois été confronté à ce genre de personnes.  C’est déjà assez pénible d’en avoir dans notre entourage, imaginez quand en plus il s’agit de la personne avec qui vous êtes en couple. 

Ce dernier cas m’est arrivé à trois reprises.

D’abord, La mère de mes enfants, qui s’attendait à ce que je sois infidèle.  Tout le long de notre relation, elle m’accusait de l’être, en se basant sur les indices les plus anodins et illogiques pour appuyer ses soupçons.  Mais puisqu’elle n’a jamais trouvé de véritables preuves (assez difficile en effet de prouver quelque chose qui ne s’est jamais produit) alors elle s’est arrangée avec son amie Linda pour tenter de créer elle-même cette situation jusque-là inexistante : Elles m’ont offert un ménage-à-trois.  Même en déclinant leur offre, ça ne lui a jamais enlevée l’idée que je voulais en baiser une autre.  Ça lui a juste fait croire que je voulais en baiser une autre, sans sa présence.

Puis il y a eu Christine, qui s’attendait à ce que je sois un frustré sexuel.  Alors tout le long de notre relation, elle m’accusait d’en être un, et s’arrangeait toujours pour trouver des indices anodins et ridicules pour appuyer ses soupçons.  Et puisqu’elle n’en trouvait pas, alors elle s’arrangeait pour créer elle-même des situations pouvant provoquer ce genre de frustrations. 

Enfin, il y a eu Geneviève la coloc de l’enfer, qui tenait à prouver que j’étais un frustré tout court.  Mais dans son cas, c’est compréhensif, puisqu’elle est conflictuodépendante.  Alors évidemment, elle créait le conflit non-stop.

À chaque fois que tu es confronté à cette personne, c’est la même chose :  Ça ne sert à rien de lui répéter que tu n’es pas comme ça.  Ça ne sert à rien de lui démontrer que tu n’es pas comme ça. Le mieux que tu puisses faire suite à ses accusations mensongères, c’est de lui prouver qu’elle se trompait à ton sujet. 

Or, peu importe le nombre de fois où tu le lui prouve, ça ne la décourage pas de t’en accuser.  Bien au contraire.  Elle continuera toujours à chercher à te prendre en défaut.  Des défauts qu’elle est la seule à voir en toi. 

Un jour, j’ai compris douze vérités de base toutes simples à ce sujet : 

  1. Les gens normaux te jugent d’après tes faits, gestes et paroles.
  2. Au-delà de ça, tu n’as pas à prouver quoi que ce soit à qui que ce soit. 
  3. S’ils te jugent d’après des faits, gestes et paroles qui n’existent que dans leur imagination, alors ce n’est pas avec toi qu’ils ont une relation.  C’est avec leur imagination.  En fait, c’est avec eux-mêmes.   
  4. Si l’autre s’acharne à avoir une image erronée de toi, bien que cette image ait été mille fois prouvée fausse, c’est parce que c’est avec ce genre de personne qu’elle veut vraiment être.
  5. Autrement dit, cette personne n’en a rien à foutre de ce que tu es vraiment.  Pour elle, seule compte l’image qu’elle a choisi d’avoir de toi.
  6. C’est parce qu’elle s’est conditionnée à d’être confrontée à ça.
  7. C’est parce que ça lui convient, d’être confrontée à ça.
  8. C’est parce qu’elle a besoin d’être confrontée à ça.
  9. C’est parce qu’une personne qui s’est conditionnée à survivre dans la discorde est incapable de vivre dans l’harmonie.
  10. C’est parce qu’elle a beaucoup de ressentiment envers le genre de personne qu’elle voudrait que tu sois.  Et tant et aussi longtemps que tu lui prouves que tu n’es pas comme ça, alors tu l’empêches d’obtenir la satisfaction morale de confronter cette personne imaginaire qu’elle projette en toi.  Donc plus tu lui donnes des preuves comme quoi elle n’a aucune raison de t’en vouloir, et plus ça lui donne des raisons de t’en vouloir.
  11. Par conséquent, avec cette personne, inutile d’être franc, droit et irréprochable, elle refusera toujours de croire que tu l’es.
  12. Et surtout, inutile d’être patient et inutile d’être compréhensif, car c’est inutile de croire qu’elle va finir par entendre raison.  Avec une personne qui ne voit en toi que ce qu’elle veut voir, tu perds ton temps.

À l’époque où j’étais un Nice Guy / White Knight, je croyais bêtement que ces filles étaient du matériel de choix pour fonder un couple. Tu prends une fille qui a toujours sorti avec des trous d’cul, tu lui montres que tu n’es pas comme ça, et voilà : Ayant vécu le pire, elle trouve que tu es une extraordinaire amélioration, en comparaison avec le reste de la population masculine.  Heureuse d’avoir enfin trouvé l’homme idéal, elle t’aime sans retenue et vous vivez dans l’amour et l’harmonie jusqu’à la fin des temps.  

… Du moins, ça me semblait logique. 

Malheureusement, j’ai appris à la dure que quand une personne se plaint d’avoir toujours eu le même problème dans toutes ses relations, ça veut généralement dire que (au choix) :

A ) Elle n’est attirée que par ce genre de personne.
B ) Elle est convaincue que tous les hommes sont ce genre de personne.

C ) 
Elle les accuse tous (à tort ou à raison) d’être ce genre de personne.
D ) 
Elle tient à prouver que tous les hommes sont ce genre de personne.
E ) Elle les provoque tous à devenir ce genre de personne.
F ) 
Toutes ces réponses.

Au mois d’avril dernier, alors que je testais les rencontres sur Tinder, il y avait cette femme avec qui le courant passait bien.  Cependant, elle se méfiait des hommes qui étaient encore amis avec leurs ex.  Selon elle, l’amitié entre ex, ça n’existe pas.  Il faut toujours qu’il y en ait un des deux qui continue de désirer l’autre.   

Lors de notre seconde et dernière rencontre dans un café, elle me demande :

 « Depuis combien de temps que t’es pu avec ton ex? »
« Quatorze mois, soit depuis le 16 février 2017. »

Elle allume alors son téléphone et me montre cette photo de moi, tirée de mon Facebook. 

« Le 16 février 2017, tu dis?  Eh bien ton ex a posté cette photo de toi sur ton mur de Facebook le 5 août 2017. »
« Ok! »
« Je suppose que c’est elle qui a pris la photo? »
« Exact! »

Et là, avec un ton de voix où se mêlent le reproche et la condescendance, elle me brandit son cell au visage.

« Tu t’es-tu vu la face?  Tu vois-tu comment tu la regardes?  C’est pas le regard d’un gars qui n’est plus amoureux de son ex, ça!   Un gars qui regarde son ex de-même, c’est parce qu’il est toujours accro à elle. »

Eh boy!

J’aurais pu lui expliquer que mon expression faciale venait tout simplement du fait que l’on sortait de table et que j’étais repu d’une délicieuse et bourrative soupe Ramen maison, et que j’étais maintenant assis devant mon émission télé favorite en compagnie de mes deux minets ronronnants.  Et c’est en me voyant dans ce moment de bien-être total que Flavie s’était amusée à m’immortaliser. 

J’aurais pu également lui montrer d’autres photos de mon Facebook, prises par aucune de mes ex, dans lequel j’ai le même air de béatitude, démontrant que je n’ai pas besoin d’être amoureux pour faire cette face d’ahuri.

En fait, j’aurais même pu tordre la vérité pour à la fois lui donner raison, histoire de la satisfaire, tout en me disculpant de manière logique de ses accusations : Je n’aurais eu qu’à lui dire que même si j’avais encore été amoureux lorsque Flavie a pris cette photo, il s’était écoulé huit mois depuis.  Et, tel que je venais de lui dire, ça faisait quatorze mois depuis notre séparation.  Donc que même si j’avais encore eu quelques restants de sentiments amoureux pour mon ex au moment de cette photo, ceux-ci auraient eu largement le temps de disparaître.  D’où mon inscription sur Tinder le mois précédent, d’où notre rencontre.   

Mais voilà, face à une attitude soupçonneuse et accusatrice comme la sienne, j’ai compris immédiatement que ça ne me servirait rien de me justifier sur quoi que ce soit.  Cette femme était convaincue que l’amitié post-couple n’existait pas, et elle était à l’affût du moindre indice qui pourrait lui prouver son point contre moi.  Même si j’effaçais toutes mes photos de toutes mes ex, même si je coupais tout contact avec elles, même si je mettais aux poubelles tous mes meubles et toutes mes possessions du temps où j’étais avec elles, ça ne lui suffirait jamais.  Elle continuerait toujours de me faire vivre ses soupçons.  Je le sais, c’est exactement ce que j’ai vécu avec la mère de mes enfants.

Je me suis donc épargné un avenir négatif, frustrant et moralement énergivore, en lui disant ce qu’elle voulait entendre :

« Ouais, tu as raison!  Si je suis sur Tinder, c’est pour l’oublier en me jetant dans une nouvelle relation.  Si ça ne te convient pas, je comprendrai. »

Ça ne lui convenait pas.  Elle m’a dit de rentrer chez moi, d’aller régler mes problèmes personnels, au besoin d’aller suivre une thérapie, au lieu de faire perdre leur temps aux autres en prétendant mensongèrement être guéri de mon obsession pour mon ex.

En étant faussement d’accord avec elle, j’ai donné à cette femme quelque chose qu’elle aurait pu gâcher le reste de nos deux vie à chercher en vain : Une preuve comme quoi elle avait raison de croire que j’étais aussi pire qu’elle m’imaginait.  En lui accordant ça dès le départ, tout le monde gagne :  Elle est satisfaite d’avoir eu raison à mon sujet, et moi je suis satisfait de m’être évité une relation de couple merdique.  Un couple dans lequel elle n’aurait pas été en relation avec moi, mais plutôt avec la version imaginaire qu’elle s’était créée pour prendre la place de celui que je suis vraiment.

Il y a une raison pourquoi il est inutile de perdre son temps avec ces gens-là. C’est que quand une personne prétend savoir d’avance ce que tu es et ce que tu fais, c’est qu’elle est aussi prétentieuse qu’orgueilleuse.  Les personnes de ce genre-là ne sont pas reconnues pour admettre leurs erreurs.  Et surtout pas face à ceux qu’ils préjugent de façon négative et méprisante.

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