Regarder derrière soi pour mieux aller de l’avant

Dans ta vie, il vient des moments dans lesquels continuer d’avancer devient trop pénible. Dans ce temps-là, les gens qui t’entourent te disent que tu ne dois surtout pas t’arrêter et encore moins regarder derrière toi. Eh bien moi, au contraire, je te dis: Arrête-toi un instant, retourne-toi, et prends le temps de contempler le chemin que tu as parcouru jusqu’à maintenant. Je te garantis que ta première impression sera la surprise de voir que tu as pu traverser tout ça. N’oublie jamais qu’avant d’être derrière toi, ce chemin a d’abord été devant toi. Inspire-toi de ce fait et réalise que si tu as eu la force de passer à travers ce parcours, c’est que tu as en toi celle requise pour affronter celui qui s’en vient. Fier de tes accomplissements, confiants de tes capacités, tu peux maintenant reprendre la route.

Ce texte m’est venu en tête alors que je l’ai vécu littéralement il y a quatre ans et demi. À l’époque, je m’entrainais à la course à pied car je planifiais participer au marathon de Montréal l’année suivante.  Nous étions au lendemain d’une tempête de neige dont les accumulations encore non-déblayées m’empêchaient de courir. J’ai donc décidé de marcher à allure forcée dans la neige qui, selon l’endroit, m’arrivait au mi-tibia ou à la mi-cuisse.  Ça renforce les muscles et brûle les calories, ce n’est donc pas du temps perdu. C’est en arrêtant, à bout de souffle et bien à contre-coeur, que ça m’est venu en tête. Comme la majorité des réflexions qui me viennent lors de mon entrainement, j’ai réalisé que ça pouvait s’appliquer à plusieurs différents aspects de la vie.

Les résolutions masculines de l’été.

C’est le printemps. Le beau temps arrive et vous voulez séduire cet été. Sauf qu’en vous regardant dans le miroir, vous comprenez pourquoi qu’à part le rhume, vous n’avez pas attiré grand chose depuis le début de l’année. Le bel Adonis de 18 ans que vous étiez jadis a aujourd’hui le double de son âge, mais aussi de son poids. Vous décidez alors de changer radicalement votre style de vie. Ça suffit, le niaisage! On se reprend en main.

Vous achetez un kit d’entraînement maison, vous vous inscrivez à un gym, vous suivez un régime végétarien, vous commencez à vous mettre au jogging, vous vous inscrivez à un salon de bronzage, vous achetez tout plein de supplément alimentaires en poudre pour smooties qu’utilisent les athlètes, vous achetez des rollerblades, toute une garde robe de sportif incluant short de cycliste, casque, protège coudes, protège genoux, gants, camisole Nike, et vous vous vantez d’avance à tous vos amis comment vous deviendrez une masse de muscles digne d’un dieu de l’Olympe en un rien de temps.

Premier mai
Vous vous exercez à fond. La vie est belle, la perspective de devenir Mr Univers est attirante, le moral est bon, rien ne vous semble impossible. Vous y allez fort.

2, 3 et 4 mai
Vous ne pouvez faire aucun exercice tellement vos muscles sont endoloris par les exercices du 1er mai.

5 mai
En attendant que vos muscles finissent de récupérer, vous décidez de vous mettre à la course à pieds. Vous sortez de la maison, vous virez à gauche au trottoir, vous allez droit devant vous et vous courez allègrement. Quatre minutes et deux rues plus loin, vous êtes obligé d’arrêter tellement vous n’en pouvez plus. Vous revenez à la maison en marchant tout en restant essoufflé tout le long du trajet.

Une fois reposé, vous décidez de ne pas rester sur cet échec et vous repartez de plus belle, cette fois en rollerblades. Vous partez, et revenez à la maison au bout de deux heures après avoir successivement failli tomber dans les escaliers en sortant, vous être accroché à presque tous les murs, piquets et poteaux de chez vous jusqu’à la rue, avoir foncé sur quatre personnes, deux autos stationnées et un mur parce que vous n’avez pas la moindre idée de comment est-ce qu’on freine sur ces engins de mort, être tombé sept fois dont quatre en essayant de tourner un coin de rue et enfin vous vous êtes étendu de tous votre long dans les escaliers alors que vous les escaladiez pour rentrer chez vous lorsque les roues se sont traîtreusement dérobées sous vos pieds. En plus de vous être meurtri et égratigné sur toutes les parties de votre corps non protégées, vous aurez mal au mollet pour les deux prochains jours.

7 mai
Vous allez à votre première séance de gym et vous vous sentez déjà humilié d’être le plus maigre de la place. Des bras, en tout cas, parce qu’au niveau du ventre, c’est l’inverse. Les appareils que vous voulez utiliser sont toujours pris et vous n’osez pas demander à ceux qui les utilisent de vous céder la place. Par contre, les autres ne se gênent pas pour vous dire que vous occupez un appareil qu’ils doivent utiliser maintenant. Vous sentant complètement hors de votre élément, vous ramassez vos affaires et quittez le gym sans même prendre de douche pour ne plus jamais y revenir. Dommage pour votre abonnement d’un an payé d’avance et non remboursable dans le cadre de leur spécial Abonnez-vous-pour-six-mois-et-obtenez-six-autres-mois-pour-la-moitié-du-prix-d’un-abonnement-d’un-an.

8 mai
Vous faites des exercices à la maison mais le cœur n’y est pas. De plus, votre régime végétarien vous laisse sur votre faim, ce qui joue sur votre humeur. Le soir venu, vous trichez pour la première fois votre régime végétarien.

9 mai
Quel régime végétarien?

10 mai
Ça y est, vous avez recommencé à manger comme avant. La seule chose qui change, c’est votre milk-shake aux suppléments alimentaire que vous continuez de vous faire 5 jours par semaine. Au prix que ça coûte, ce serait bête de gaspiller ça.

12 mai
Vous décidez de ne plus vous exercer avec votre gym maison que deux fois par semaines. Ayant l’habitude de charger vos haltères à la limite de ce que vous pouvez soulever, vous ne pouvez faire que des séances de 5 à 10 minutes avant épuisement total. Vous pourriez réduire le poids de vos appareils afin de vous exercer plus longuement mais votre orgueil vous l’interdit. Vous faites plutôt des efforts supplémentaires pour les soulever, en vous disant que vous finirez bien par vous adapter.

13 mai
Vos maux de dos, dus aux trop grands efforts de la veille que vous avez mis pour soulever vos haltères, vous forcent à cesser vos exercices pour les dix prochains jours.

23 mai
Vous constatez avec déception que douze séances de salon de bronzage plus tard, votre teint n’est toujours pas plus brun. Juste un peu plus rouge.

30 mai
Laitue, tofu, soja et autres légumes achetés en grande quantité au début du mois se retrouvent à la poubelle après avoir pourris dans votre frigo parce que intouchés durant les trois dernières semaines.

7 juin
Vous terminez vos vingt séances initiales de bronzage sans avoir bruni d’un poil, si ce n’est ce curieux hâle légèrement orangé que vous semblez avoir autour des yeux. L’employée du salon vous encourage à renouveler votre abonnement car, dit-elle, maintenant que votre épiderme s’est habitué aux rayons UV, vous devriez commencer à bronzer sous peu. Avec la désagréable impression que vous vous êtes fait arnaquer solide, vous lui répondez gentiment que vous repasserez vous réabonner dans la semaine. Vous ne le ferez jamais.

9 juin
Vous vous regardez dans le miroir de la salle de bain. Vous n’avez pas bronzé. Vos muscles n’ont pas grossis. Par contre les milk-shakes aux suppléments alimentaire combinés à votre régime normal vous ont fait prendre du ventre.

10 juin
Vous faites vos exercices pour la dernière fois ce mois-ci.

1er juillet
Votre déménagement vous montre une chose: Ces trois dernières semaines de paresse vous ont remis au niveau complètement-pas-en-forme dans lequel vous étiez avant le premier mai.

17 juillet
Maintenant que vous avez enfin fini de vous installer dans votre nouveau logis, vous vous accordez une pause en vous jurant de recommencer les exercices dès le premier aout.

Du 1er aout de cette année jusqu’au 1er juin de l’année prochaine
Vous refaites trois ou quatre tentatives de reprise des exercices dont la plus longue ne dépasse pas deux semaines.

14 juin l’an prochain
Vous faites une vente de garage où vous tentez de vendre votre kit d’entraînement maison, vos rollerblades, et votre garde robe de sportif incluant short de cycliste, casque, protège coudes et genoux, gants et camisole Nike. Vous arrivez à vendre le quart de votre matériel et vous récupérez ainsi le 3/100e de l’argent que vous avez investi dans votre forme il y a un an. Vous êtes obligé d’emporter ce qui reste de votre équipement lors de votre déménagement. Ça ira encombrer vos placards pour les années à venir, ce qui vous rappellera votre échec à faire de l’exercice à chaque fois que vous mettrez les yeux dessus

Victime ou victimisation?

Il y a des moments dans la vie où les gens sont victimes de problèmes qui sont parfois le fruit du hasard, parfois sont causés par autrui, et parfois par soi-même. Parfois ces obstacles peuvent être surmontés et contournés, et parfois il n’y a vraiment rien à faire pour arranger la situation. Or, dans ce dernier cas, la victime se retrouve exposée au jugement brutal et sans appel de trois genres de personnes qui ne savent pas faire la différence entre être victime et faire dans la victimisation :

  1. Les gens mesquins qui cherchent volontairement à rabaisser les autres. Ils profitent donc de cette opportunité pour affirmer que si l’autre est victime, c’est parce qu’elle cherche à l’être.
  2. Les gens de bonne foi, mais qui ont été trop conditionnés à croire que quand on veut, on peut, et ce dans toutes les situations.  Ceux-là ne se sont que rarement, sinon jamais, retrouvés dans la situation de la victime.  Alors même s’ils sont sincères, ils sont un peu mal placés pour juger.
  3. Les winners de naissance à qui tout réussit, même ce qu’ils n’essayent pas (comme mon ex bon copain Carl) et qui sont donc incapables de comprendre que ce n’est pas toujours le cas pour les gens normaux.

Eh bien moi, j’ai deux exemples vécus pour vous montrer la différence :

EXEMPLE DE VICTIMISATION : La fille qui cherche à se faire rabaisser.
Il y a quelques années, lorsque je me tenais encore sur des forums et sites de conversations, je me suis fait approcher par une fille de la moitié de mon âge qui était le sosie presque parfait de Kaceytron.

Vous connaissez le cliché comme quoi les jeunes filles recherchent leur père dans les hommes plus vieux? Elle ne cachait pas que c’était le cas, car elle me disait qu’elle aurait bien aimé avoir un père dans mon genre. Ainsi, notre relation est devenue amicale, et ce au-delà du net, sans qu’il soit question d’amour ou de sexe.

Un jour, alors qu’elle annonce un truc sur son mur de Facebook (je ne me souviens plus quoi), je laisse en commentaire que je suis fier d’elle. Elle m’écrit alors en privé en me demandant pourquoi. Peu importe ce que je lui répondais, elle trouvait toujours à redire, à contrarier, à contredire. Et elle a ramené le sujet les quatre jours qui ont suivi, toujours dans le même but : Me dire qu’elle n’arrivait pas à comprendre pourquoi j’en étais fier. Il faut dire qu’elle avait quelques problèmes d’estime de soi, ce qui, comme il arrive trop souvent, la portait à surcompenser au niveau de son apparence.  La nature l’avait gâtée car elle avait un très joli visage, ainsi qu’une paire de seins à faire baver d’envie ceux qui sont friands de ce genre d’atouts.  Elle mettait beaucoup de travail dans son look et son sex-appeal.  Son FB avait un grand nombre d’albums photos contenant une quantité incalculable de selfies.

Avec le temps, prenant peu à peu du poids, ses photos étaient de plus en plus souvent prises de haut, truc classique pour dissimuler le double menton tout en mettant plus en évidence sa poitrine au décolleté plus que généreux.  Elle maîtrisait si bien cette technique amincissante que la dernière fois que je l’ai vu en personne, j’ai d’abord cru qu’elle m’avait envoyé sa soeur obèse. Elle avait l’air de peser un bon 25 kilos (55 lbs) de plus que sur ses photos pourtant récentes.

Quelques jours plus tard, elle poste un nouvel autoportrait particulièrement réussi.  J’y écris un commentaire.  Mon but était de la complimenter sur la qualité de la photo et sur son sens photogénique.  Hélas, écrivant sans trop réfléchir, ça a donné: « Wow!  Cette photo est vraiment superbe.  Pourquoi est-ce que tu ne parais jamais aussi bien quand on se voit? »  À peine ais-je posté mon commentaire, je constate mon erreur: Ce que je voulais être un compliment sur la photo, ça sonne plutôt comme une insulte sur son apparence véritable.  J’efface et je réécris un nouveau commentaire, celui-là plus gentil. C’est à ce moment qu’elle m’écrit, et que nous avons un court échange qui ressemble à ceci:

ELLE: WTF!??????????
MOI: Oui, mon commentaire sous la photo…  Je viens de l’effacer.
ELLE: Trop tard, j’ai fait une capture d’écran
MOI:  J’ai juste voulu complimenter la photo mais ça a mal sorti.  Je suis en train de t’en écrire un autre.
ELLE: Non! Quand on écrit des niaiseries, faut les assumer!

Sur ce, elle poste la capture d’écran sur son mur de FB.  On y voit sa plus récente photo avec mon commentaire dessous.  Et elle a écrit, pour accompagner cette image: COMMENT VOUS TROUVEZ ÇA COMME COMMENTAIRE, VOUS AUTRES?  Quelques secondes plus tard, je commence à me faire démolir par ses contacts.  J’étais en aberration devant un tel comportement.

  • Je la complimente en disant que j’en suis fier? Elle est tellement incapable de se faire à l’idée, qu’elle s’acharne pendant cinq jours à  essayer de me démentir.
  • Je l’insulte par accident? C’est tellement important pour elle qu’elle refuse de croire à une erreur, s’empresse de garder une copie de l’insulte afin qu’elle ne disparaisse jamais, expose la chose publiquement, et y attire l’attention de tous.

C’est là que j’ai compris que son but n’avait jamais été de sortir de son statut de victime.  C’était au contraire de tout faire pour y rester afin de pouvoir s’en plaindre.  Cette fille faisait dans la victimisation pure et simple. Je comprenais un peu mieux maintenant certaines choses que j’avais lu sur son mur de Facebook.  J’ai alors compris que cette fille était une cause perdue.  Tous mes efforts pour la remonter ne me rapporteraient de sa part que des obstacles et du mépris.  Je l’ai donc bloquée de partout et on ne s’est plus jamais reparlé.

EXEMPLE DE VICTIME : Le gars qui ne peut pas courir.
Oui, je parle de moi, mais il y a une raison pertinente au-delà du simple narcissisme, et c’est que j’ai été trop souvent jugé comme faisant dans la victimisation alors que ce n’était pas le cas.  Et ceci est l’exemple le plus récent et le plus parfait pour exprimer ce point.

J’ai passé toute ma jeunesse à être nul en gym.  À l’école, une fois, il y avait eu une course à pied, un petit 100 mètres, auquel participaient les élèves des quatre classes de cinquième, et je suis arrivé l’avant-dernier, devant Manon la fillette rachitique.  Trente-cinq ans plus tard, soit en décembre 2010, j’ai décidé de prouver qu’avec de la bonne volonté, il y a moyen de venir à bout de nos pires obstacles.  Je me suis mis à la course à pied dans l’espoir d’un marathon.  En un seul mois, du 4 décembre 2010 au 4 janvier 2011, j’ai grandement amélioré mon cardio et j’ai perdu 13 lbs.

Moins d’un an plus tard, comme je l’explique dans mon billet Rouler avec les coups, les efforts que j’ai mis à m’entrainer à la course m’ont fait développer une fasciite plantaire aux deux pieds, me handicapant pour la vie, m’obligeant à marcher avec des orthèses, me forçant à renoncer à la course à pied pour toujours.  Et comme je le dis dans Les trois raisons possibles de l’échec, c’est un obstacle qu’il m’est impossible de contourner.  Je n’y peux rien si je suis né avec les jambes et les pieds croches, je n’y peux rien si ça n’a jamais été diagnostiqué avant, et je n’y peux certainement rien si ça m’empêche de courir.

Si je faisais dans la victimisation, je verrais dans cette situation l’opportunité parfaite de prouver aux autres, dossier médical à l’appui, que ça ne me sert à rien de faire des efforts pour sortir des sables mouvants de mon loserisme, parce que tous mes efforts ne font que m’y enfoncer encore plus.  Ou pire encore: Histoire de faire accroire que je suis courageux et déterminé, je m’acharnerais à courir malgré mon handicap, ce qui ne ferait que l’aggraver, ce qui finirait par m’empêcher de me tenir debout, ce qui me rendrait inapte au travail.  Je passerais donc le reste de mes jours en fauteuil roulant, à vivre de prestations du BS, à me lamenter sur mon sort.  je serais néanmoins fier d’être dans une situation dans laquelle personne ne pourrait dire que mon loserisme est de ma faute car jamais je n’ai manqué de courage et de détermination dans la poursuite de mon but. J’aurais même l’excuse parfaite pour ceux qui me diraient que j’ai été stupide de m’acharner: Répondre « Ne me blâme pas, blâme ceux qui m’ont poussé à persévérer en affirmaient que mon handicap aux pieds n’était une excuse bidon pour ne pas courir. » 

Mais voilà, je n’ai jamais fait dans la victimisation.  Je suis simplement une victime. Victime d’un état physique naturel contre lequel personne ne peut rien.  Je ne peux pas courir? Soit! Mais ça ne veut pas dire que ça m’oblige à renoncer à l’entrainement cardio. Depuis mon dernier anniversaire, le 21 juillet dernier, j’utilise les moyens à ma disposition pour me remettre en forme: Un jour sur deux, je vais dans les escaliers de secours de mon building de 22 étages et je monte le plus de marches que je peux.  Puis, je profite de la piscine pour y faire le plus de longueurs qu’il m’est possible.  Contrairement à la course à pied, ce sont des exercices sans impact, et ils me travaillent le corps au complet au lieu de seulement les jambes.  Ce matin après 10 jours, j’ai plus que doublé le nombre d’étages et de longueurs que je faisais le premier jour, et j’ai déjà perdu 4 lbs.

Et la voilà la différence entre la victime et la victimisation. La victime trouve le moyen de surmonter et/ou contourner les obstacles que les gens et la vie lui impose, quitte à abandonner et repartir à zéro d’une autre manière.  La victimisation, par contre, consiste à rechercher les obstacles qui lui font échec, s’y arrêter et ne rien faire d’autre que s’en plaindre.

Pas obligé de rester loser, 2e partie: Tout passe par le physique

Dans le billet Autopsie du Loser, la description physique de ce dernier est en ces termes:  Le Loser est né avec un physique défectueux.  Il est ou bien trop grand, ou trop petit, ou trop maigre, ou trop gros, ou trop laid, ou juste trop plain. Il rêve du jour où il sera beau, grand et fort. Étant pauvre, il ne peut se permettre de s’inscrire à un gym ni de s’acheter de l’équipement. Il ne peut donc que se contenter d’en rêver.  Le loser a quelquefois fait des push-ups ou bien des haltères en cachette mais le plus longtemps qu’il en a fait avant d’abandonner fut deux mois.  Le loser qui arrive à s’acheter de l’équipement sportif le laisse prendre la poussière au bout de quelques semaines et n’y retouche plus, sauf lors de déménagements. Et quand le Loser peut se permettre un abonnement d’un an au gym, il y va à tous les jours lors des deux premières semaines, puis trois autres fois pour le reste de l’année, avant d’abandonner définitivement. C’est cet aspect que nous allons attaquer aujourd’hui.

Il y a vingt ans, j’avais plein de défauts.  En vrac:

  • Aucune confiance en moi-même.
  • Loser.
  • Reject.
  • Orgueilleux et vaniteux.
  • Maigre et laid. Il y a des gars à qui la maigreur leur va bien, moi ça me déforme la face et me rend la dentition chevaline.
  • Jaloux et envieux.
  • Frustré de la vie.

C’est en faisant une liste de ce qui n’allait pas chez moi que je me suis rendu compte que ces défauts pouvaient se diviser en 3 catégories:

A) Les défauts physiques:
Laid parce que trop maigre, épaules tombantes, le tonus musculaire d’un lombric dystrophique, peu d’énergie, peu de force physique, peu de résistance à l’effort.
B) Les défauts sociaux:
Pas de travail, pas de chance, pas d’amis, pas d’amoureuse, donc pauvre, loser et reject.
C) Les défauts de la personnalité:
Jaloux, envieux, frustré, avec zéro confiance en moi et en mes capacités. En plus d’être orgueilleux et vaniteux malgré le fait que la vie ne m’avait rien donné pour être ni l’un ni l’autre.

C’est en observant cette liste que j’ai constaté un fait troublant. La majorité de la liste C, mes défauts de la personnalité, étaient causés par la liste B, mes défauts sociaux, qui à leur tour étaient causés par la liste A, mes défauts physiques. Car en effet, être maigre, faible et laid, c’est ce qui fait que personne ne veut de moi, ni comme petit ami ni comme employé. C’est ce qui fait de moi un gars pauvre et rejet, donc loser. Par conséquent, ça me rend envieux et jaloux des autres à qui on donne volontairement tout ce que l’on me refuse.

Donc, la source de tous mes malheurs, à la base, c’était parce que je n’avais pas un physique attrayant.

En vérité je vous le dis: C’est l’apparence extérieure qui compte en premier! On a beau dire que c’est l’intérieur qui importe le plus, ça ne change rien au fait que c’est ton extérieur que les gens voient en premier. Et c’est ça qui détermine s’ils ont envie de le connaitre ou non, ton intérieur. C’est une vérité que l’on cherche toujours à cacher, à nier, à contrarier, parce que c’en est une qui va à l’encontre de ce que l’on voudrait que les choses se passent. Il reste quand même que c’est un fait. La preuve: Nous avons tous constaté au moins une fois dans notre vie qu’aux yeux de plusieurs filles, les beaux gars ont toutes les qualités.

Au bout du compte, nos options se limitent à trois choix:

  1. Continuer de chialer comme quoi ces gars-là ont tout et que c’est pas juste.
  2. Mépriser ces gars-là, et mépriser encore plus ceux et celles qui les aiment.
  3. Faire l’effort requis pour devenir l’un de ces gars-là, et ainsi obtenir les mêmes avantages qu’eux reçoivent.

On est TOUT ce que l’on est!
Chaque personne est, à la base, constituée de la somme de ses côtés positifs et ses côtés négatifs. Cependant, on a beau essayer de se faire accroire au Power of Love, c’est plus souvent dans les côtés négatifs de la personnalité que se retrouve la volonté (le mental) et l’énergie (le physique) qui pousse quelqu’un à se lever de son cul pour agir.

Prenons comme exemple les pires défauts de la personnalité qui existent en amour, et qu’heureusement je n’ai jamais eu: La jalousie et la violence.

La jalousie va pousser un homme à sortir de chez lui pour espionner sa copine à toute heure du jour et de la nuit, alors que d’habitude c’est le genre à protester lorsqu’il a à sortir pour aller acheter un truc au coin de la rue.
La violence va le pousser à faire un effort physique contre la fille alors qu’il n’utilise jamais sa force physique, ni dans un boulot qui demande de forcer, ni en faisant du sport.

Les défauts sont-ils obligés d’être des défauts?
C’est là que je me suis posé la question suivante: Et si, au lieu d’essayer de se débarrasser des défauts de notre personnalité comme le voudrait une société trop bien-pensante, on les accepterait plutôt comme étant partie intégrante de soi-même? Mieux encore: Et si on utilisait plutôt toute l’énergie physique et mentale contenue dans nos défauts pour l’investir dans quelque chose de positif?

Je suis orgueilleux et vaniteux? Ok alors, voilà ma source de motivation mentale pour changer mon apparence. Je suis jaloux et envieux du physique des gars qui plaisent? Voilà la source de ma motivation physique pour faire de l’exercice. Je suis frustré d’avoir été rejeté par des filles qui disaient préférer des bons gars comme moi, mais qui s’en allaient toujours vers des gros machos violents qui auraient pu m’envoyer à l’hôpital d’une pichenette? Voilà ma source de rage, ce qui me fournit en énergie, qui me pousse à aller toujours plus loin, à faire de plus en plus d’efforts.

On connait tous le proverbe « À quelque chose malheur est bon« . Ça signifie que l’on peut tirer du positif de n’importe quoi, même les pires négativités de notre existence. La preuve: C’est avec de la merde que l’on fait du fumier, le fumier est un engrais, et quelle est la fonction de l’engrais? Faire pousser, aider à grandir. Oui, bon, à condition d’être végétal, mais vous voyez l’idée.  Orgueilleux, vaniteux, jaloux, envieux et frustré. Cinq traits de caractère qui auraient pu me pousser à commettre des gestes négatif envers mon entourage et moi-même. Cinq défauts qui auraient pu me détruire. Je les ai plutôt utilisés pour me construire.

Aujourd’hui, vingt ans après mon constat de loserisme, je suis dans la meilleure forme physique de ma vie. Peu après avoir commencé à utiliser mes défauts pour me prendre en main, les filles ont commencé à me trouver regardable, les gars ont cessé de me mettre dans leur liste de victimes faciles, j’ai cessé d’être repoussé, et on m’a offert volontairement des postes de travail que je n’arrivais pas à obtenir quand je les voulais. Quand les autres ont confiance en tes capacités, tu finis par gagner toi-même de la confiance en soi. N’ayant plus de raisons d’être jaloux, envieux et frustré, j’ai cessé de l’être. Comme quoi c’est exactement le contraire de ceux qui disent qu’il suffit d’avoir confiance en soi pour réussir. Faut plutôt commencer par réussir afin d’avoir confiance en soi. Et pour ça, faut travailler.

Aujourd’hui, de toute ma longue liste de défauts qui m’empoisonnaient l’existence, les seuls qui me restent encore, c’est mon orgueil et ma vanité. Mais puisque c’est de mon orgueil et de ma vanité que je tire l’énergie de faire ce que j’ai à faire pour grandir et avancer dans la vie, autant socialement que physiquement que psychologiquement, est-ce qu’on peut encore parler de défauts?

Ayant derrière moi vingt ans à expérimenter diverses façons d’améliorer mon physique, je suis à même de répondre à vos questions et objections, telles que..:

Je n’ai pas d’équipement de gym. Regarde autour de toi.  Tu es entouré d’objets de poids variés. Utilise-les!  N’aie pas peur du ridicule, personne ne te regarde.
Je ne sais pas comment m’exercer. Youtube est plein de vidéos dans lesquels des entraineurs démontrent des techniques d’exercice.
Je n’ai pas le temps de m’exercer. On trouve toujours le temps quand on le veut vraiment. Remplace les véhicules par la marche et le vélo sur les courtes distances.  Prends les escaliers au lieux de l’escalier mobile.  Monte le plus d’étages que tu le peux avant de prendre l’ascenseur. Laisse tes bras en L pour travailler les biceps lorsque tu tiens quelque chose de lourd. Même lorsqu’il allait au cinéma, Bruce Lee trouvait le moyen de s’exercer, en agrippant les accoudoirs, comprimant, tirant, poussant.  Tout est là pour toi, il faut juste que tu ouvres tes yeux et ton imagination.
Je suis gros. Mange moins, mange mieux, et entraine-toi.
Je suis maigre. Mange plus, mange mieux, et entraine-toi.
C’est quoi ça, « manger mieux?«  Google est ton ami. Demande-lui.
Est-ce que les régimes miracles fonctionnent? J’en ai testé, et la réponse est non. Voir ma série de billet sous Undersize me.
Tripler ma masse musculaire ne va certainement pas aider à séduire, avec ma gueule de gorille. Et Arnold Schwarzenegger dans sa jeunesse, il avait une belle gueule, peut-être!?
Pourtant, j’ai lu dans une édition du magazine Muscles & Fitness une anecdote datant de l’époque où il s’entrainait pour les compétitions Monsieur Monde / Monsieur Univers / Monsieur Olympia, donc pendant sa période pré-Hollywood, alors qu’il était encore inconnu du grand public:  Lorsqu’il passait en décapotable dans les rues de Los Angeles, il se faisait siffler par des piétonnes qui remontaient leur gilet, lui montrant leurs seins.  C’est que quand on a un physique athlétique, le visage n’a plus tellement d’importance pour séduire. Pourquoi? Parce que ça montre au gens, au premier coup d’oeil, que tu es une personne forte, déterminée, disciplinée, courageuse,  qui n’a pas peur du travail.  Bref, rien que des qualités.  Et le plus beau, c’est que tu n’as même pas besoin d’aborder les gens pour leur faire savoir que tu as ces mérites puisque ça se voit tout seul.
Qu’est-ce qui a le mieux fonctionné pour toi? Trois choses:

  • Les pompes (push-up).  Au boulot, j’allais m’enfermer aux toilettes à toutes les heures pour en faire le plus possible.  En 6 mois, j’ai passé de 5 à 110.  Ça a vraiment développé mes épaules.
  • Tout travailler à la fois.  Les premières années, je commettais l’erreur de ne travailler que les bras.  Les résultats étaient là, mais étaient moindre.  Le progrès ne s’est vraiment fait voir qu’à partir du moment où j’ai travaillé tout le corps à la fois.  Je ne vois pas la logique mais je ne peux nier les résultats.
  • La course à pied. En quatre mois d’hiver à courir quotidiennement, j’ai passé de pouvoir courir 200 mètres à 5 km ininterrompus, j’ai rajouté de la masse à mes cuisses, amélioré mon rythme cardiaque, amélioré ma concentration et mon humeur, et perdu 22 lbs (9.97903214 kg).  Si j’avais su ça quand j’étais encore étudiant, j’aurais pu passer de zéro à héros en classe de gym dès que serait revenue la saison des sports d’été en joignant l’équipe de soccer/football, ce qui aurait fait de moi un sportif admiré et apprécié, ce qui aurait complètement changé ma vie sociale.

Pour le reste des détails et voir comment ça s’est passé pour moi, consultez les billets de la série Mise en forme.

Je termine en répondant à un message que j’ai eu me demandant si je faisais de la consultation personnelle afin d’aider les autres.  La réponse est non car comme je le dis dans Ma Philosophie: Lorsque les gens demandent ton aide pour se sortir d’une vie malheureuse, contente-toi de les renseigner sur ce qu’ils peuvent faire afin de s’en tirer eux-mêmes. À partir de là, ceux qui veulent vraiment s’en sortir vont y arriver tout seul, et ceux qui se complaisent dans leur malheur vont y rester. Dans un cas comme dans l’autre, en les aidant plus que ça, tu perdrais ton temps.  C’est donc à partir de maintenant que se fera la distinction entre la personne déterminée à réussir, et le vrai loser qui ne fera rien.

à suivre

Ma plus étrange expérience de 2011

L’année qui se termine m’a apporté énormément de positif. Évidemment, j’ai aussi vécu quelques revers.  C’est la vie, et ce pour tout le monde. Cependant, j’ai aussi vécu une expérience pour le moins étrange.  Ça s’est passé comme suit:

Durant tout l’hiver de 2010-2011, je me suis entraîné quotidiennement à la course à pied. Loin d’être un obstacle, la neige qui m’arrivait souvent jusqu’aux genoux m’aidait brûler encore plus de calories. J’ai passé de 216 lbs à 196 lbs, où je me suis stabilisé durant deux mois.

Puis, parallèlement à mon exercice, je me suis décroché un travail physique fort exigeant. Mon poids a repris sa descente, me faisait atteindre 179, un chiffre que je n’avais pas vu sur ma balance depuis mon adolescence. Idem pour mes pantalons, qui ont passé de 38 à 36, 34 et enfin 32.

Tant qu’à retrouver mon physique de jeunesse, aussi bien ne pas faire les choses à moitié. Je me suis laissé repousser les cheveux.  En été, lors de mon 43e anniversaire, j’étais fier de ma réussite. Barbe en plus, j’étais redevenu le gars de mes 15-22 ans, en plus athlétique et pas mal plus en forme. J’étais fier de ma réussite.

Puis, les choses devinrent étranges. un soir où je marche sur le trottoir, une auto passe en trombe près de moi. Le passager arrière baisse sa fenêtre et me crie : HEILLE, T’ES LETTE EN TABARNAK!, et ils poursuivent leur chemin à toute vitesse.

J’ai été surpris, mais sincèrement je ne peux pas dire que je me suis senti insulté. D’abord parce que je savais que c’était faux (vive l’orgueil et la vanité), mais aussi parce que, puisque je ne les connaissais pas, il ne pouvait s’agir que d’un incident isolé qui n’impliquait qu’une coupl’ de caves qui n’ont trouvé que ce moyen pour s’amuser ce soir-là. Bref, je n’étais pas visé personnellement. Pas de quoi s’en faire un drame.

Deux semaines plus tard, alors que je sors du métro, je passe devant une maison. Un enfant d’environs huit ans attend que la femme adulte qui l’accompagne débarre la porte pour entrer.  L’enfant me regarde, et me crie : HEILLE, TOÉ, LE LOSER!  Je m’arrête et le regarde. Il n’y a aucun autre piéton, il ne pouvait donc s’adresser à personne d’autre que moi. La femme débarre promptement la porte, pousse l’enfant dans la maison et referme derrière elle. Je reprend mon chemin en me disant que je n’aimerais pas être l’un de ses parents. Qu’est-ce qu’il doit leur causer comme ennuis de toutes sortes.

Le lendemain, je suis encore victime, dans la rue, d’une agression de passager d’automobile, alors qu’une bouteille de Gatorade lancée du côté du passager avant me manque de peu.

La semaine suivante, une auto passe à toute vitesse près de moi et me fait sursauter lorsque le passager souffle vigoureusement dans un vuvuzela dans ma direction. Je constate que la couleur et le modèle de l’auto est différente de mes deux précédentes agressions qui impliquaient des véhicules.

Enfin, deux ou trois semaines plus tard, alors que je marche sur le trottoir en direction de chez moi, j’ai la surprise de voir quelques épingles à linge pincées ensemble en un bloc me couper le chemin en diagonale, aller frapper la fenêtre d’une porte d’auto stationnée, et tomber à mes pieds. Je lève les yeux juste à temps pour voir la porte du balcon du 2e se fermer en vitesse. Je comprends immédiatement qu’il ne s’agit pas d’un accident.  Ce projectile m’était destiné.

C’est à ce moment-là que je me suis rendu à l’évidence : Un incident, passe toujours. Mais après cinq, en un mois et demi, on ne peut plus parler d’un incident isolé.

Je suis rentré chez moi, perplexe, en essayant de comprendre cette montée soudaine d’hostilité totalement gratuite envers moi. Et c’était d’autant plus inexplicable, du fait qu’à première vue rien ne semblait relier ensemble les auteurs de ces cinq agressions. La seule chose qu’ils avaient en commun, c’était moi.  Je me dis que c’est tout de même étrange, parce que de telles choses ne me sont pas arrivées depuis ma jeunesse.  En fait, pas depuis mes 22 ans.

… Soit l’âge que j’avais la dernière fois où j’ai eu les cheveux longs et le corps maigre.

Et en effet, je me souviens trop bien de telles expériences datant de cette époque, en particulier celles de style hit-and-run de passagers d’automobiles lorsque j’étais ado et jeune homme. Ceux qui me lançaient des cris ou des insultes, celui qui m’a lancé le Coke de son verre de McDo en tournant le coin de rue où j’attendais ma lumière verte, celui dont le passager m’a lancé un ballon gonflé d’eau alors que j’étais à bicyclette… Et le seul point commun entre cette époque et maintenant, c’est que dans les deux cas, j’étais un maigre aux cheveux longs.

Ça semblait trop anodin, trop insignifiant, trop simplet pour être la raison. Et pourtant, je ne peux pas nier les faits : Dans les deux cas, j’avais ce physique, et dans les deux cas, j’étais victime de ce genre d’agressions. Même si je suis incapable de comprendre la logique derrière la cause à effet, je n’ai pas le choix de voir les choses en face : Avoir ce physique fait que je suis automatiquement vu comme étant une cible aux yeux de ceux qui ont une personnalité d’abuseurs et d’agresseurs.

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Maintenant, j’avais le choix. Deux options s’offraient à moi.

OPTION 1 :  M’obstiner à mort comme quoi être maigre et avoir les cheveux longs ne constituent pas une provocation. Que c’est une raison absurde.  Qu’elle est illogique.  Qu’elle est incompréhensible. Qu’elle n’a aucune raison d’être.  Que les choses ne devraient pas se passer ainsi. Que je n’ai pas à changer parce que ce n’est pas moi le fautif ici mais bien eux.

OPTION 2 :  Se foutre du fait que la raison soit logique ou non, et apprécier le fait qu’au moins, je l’ai trouvé, la raison.  Donc, si c’est mon allure qui attire les ennuis, alors changer d’allure.

J’ai choisi la seconde option. Je me suis fait couper les cheveux. J’ai diminué les activités physique. J’ai ajusté ma diète. Je me suis laissé remonter à 196 lbs.  Et, tout comme lors de mes 26 à 42 ans, j’ai cessé d’attirer les agressions. Je n’en ai plus jamais subi une seule.

J’aurais pu prendre la première option. Légalement, moralement et socialement, j’aurais eu raison de le faire. Malheureusement, ça ne changerait rien au fait que mon allure continuerait de m’attirer telles agressions. Parce que même si les choses ne devraient pas se passer ainsi, ça ne change rien au fait que oui, c’est comme ça que les choses se passent.

Je perdais du poids afin de me sentir bien et en harmonie avec moi même.  Or, qu’on le veuille ou non, ce but ne peut être atteint que si ça nous amène également à vivre bien et en harmonie avec les gens qui nous entourent. Je peux aisément m’isoler des gens que je fréquente s’ils n’acceptent pas mon évolution physique. Sauf que je ne peux pas m’isoler en plus du reste de l’humanité, ne plus jamais sortir de chez moi, et surtout ne plus jamais marcher sur un trottoir .

Sans compter que, vous vous imaginez, devoir répondre à quelqu’un qui vous demande pourquoi vous attirez ces gestes, que « C’est juste parce que je suis un maigre aux cheveux longs »?  De quoi perdre aisément toute crédibilité. Je veux dire, même moi qui l’a vécu, je trouve ça farfelu comme explication.  Et pourtant, c’était le cas. Mais voilà, tu peux te battre et militer contre la discrimination sexuelle. Tu peux te battre et militer contre la discrimination raciale. Tu peux te battre et militer contre la discrimination homosexuelle. Tu peux même te battre et militer contre la discrimination envers les gros. Ce sont toutes des causes reconnues. Mais se battre et militer contre la discrimination de ton droit d’être maigre et d’avoir les cheveux longs? C’est un combat éternellement perdu d’avance, parce que jamais personne ne va croire sérieusement que c’est quelque chose qui attire la discrimination.

Cette expérience m’a fait arriver à cette conclusion:  Lorsqu’une amélioration ne nous apporte que du négatif de partout, il faut savoir mettre ses caprices de côté et faire le bon choix.  Parce que quand ça rapporte plus de négatif que de positif, alors ce n’est vraiment pas une amélioration.

Le Complexe de Super-HOT-ité 2, les photos!

Il y a sept mois de ça, en novembre 2010, en regardant les images tournées pour 1 Gay 1 Hétéro, le film, je n’ai pas eu le choix de constater le retour de mon double menton.

Quelques statistiques :

  • Janvier 2008 : 232 lbs.
  • Avril 2008 : 208 lbs grâce à Défi Diète.
  • Aout 2008 : 187 lbs, mais je n’aime les creux et rides que ça donne à mon visage.  Je me permet d’en reprendre un peu.
  • Septembre 2008 à janvier 2009 : 195 lbs.
  • Février 2009 à novembre 2010 : J’en reprend assez lentement pour ne pas trop m’en rendre compte.
  • Décembre 2010 : Je fais de nouveau osciller la balance à 216.

Un mois plus tôt, novembre 2010, je m’étais mis au défi ici-même de prendre six mois pour me faire un corps d’athlète. J’avais hélas peu de motivation pour lever des poids. Et c’est là que, de nulle part, m’est venu l’idée de changer mon objectif. J’allais plutôt faire la chose en deux étapes. La première : Me déconstruire en perdant du gras. La seconde : me reconstruire en prenant du muscle.

Pour la première étape, j’ai cette fois choisi d’en perdre par l’exercice. J’en ai choisis un seul. Mais pas n’importe quel. J’ai pris celui dans lequel j’ai toujours été le plus poche : La course à pied. Et pour me motiver, je me donne un objectif : Me mettre assez en forme pour pouvoir participer au Marathon de Montréal de septembre 2011, une course de 42 Km.

Aujourd’hui, presque six mois et demi plus tard, mon poids est rendu à 182 lbs. Et voilà les résultats en photo :

En dix ans, c’est la 3e fois que je perds du poids.
La première fois, 2001-2002, je l’ai fait en improvisant, et surtout en me privant. Mais voilà, on ne peut pas passer sa vie à se priver. Ça n’a pas tenu.

La seconde fois, 2008, je l’ai fait grâce à une entraineuse privée au gym, une nutritionniste et un motivateur. Mais voilà, une fois Défi Diète terminé, je ne pouvais pas me les payer moi-même. Ça n’a pas tenu.

La troisième fois, maintenant, je l’ai fait en brûlant mes calories par la course à pieds, tout simplement. Pas de privation. Pas de faim. Pas de frustration. Pas de dépenses pour un gym. Pas besoin de personne, ni entraineur, ni nutritionniste. Si je reprends une coupl’ de lbs, je sais comment les reperdre aussitôt : Sortir et courir. That’s it! Voilà pourquoi je peux me permettre d’affirmer que cette 3e perte de gras est la bonne. Celle-là, elle va tenir.

Et la meilleure : Je me suis rendu compte que, contrairement au poids perdu par régime alimentaire, le visage ne vire pas full ridé et étiré. Maintenant, il ne me reste plus qu’à me mettre aux poids et haltères pour me faire un physique athlétique. Et ça va être d’autant plus encourageant puisque, sans couche de gras pour camoufler, les résultat de la prise musculaire vont se voir bien mieux et plus vite.

Pour ceux qui se demanderaient pourquoi je n’ai pas porté mon chandail de Superboy pour cette séance de photos, contrairement au premier article de cette série, c’est que j’ai changé de gueule, ce qui fait que je ressemblerais plutôt à Thor maintenant.

Dire qu’il y a encore des gens de mauvaise foi pour colporter l’idée mensongère à mon sujet comme quoi je n’atteins jamais mes objectifs parce que je recherche la facilité. C’est parce qu’il y a une chose qu’ils font semblant de ne pas comprendre: Quand je me donne un objectif dont le succès ou l’échec ne dépend de rien d’autre que moi, un objectif qui ne peut être saboté ni par une tierce personne ni par un hasard malchanceux, je réussis. C’est exactement ce que j’expliquais dans mon billet Les Trois Raisons Possibles de l’Échec. Et comme je viens de le prouver, ce n’était pas des paroles en l’air.


Quatre mois d’entraînement: Les résultats!

Voici mon log d’entrainement de ce dernier mois:


10 mars
Il pleut. En fait, c’est entre pluie et bruine. ça ne peut signifier qu’une seule chose pour moi : Première tentative de course sous la pluie. On verra ben c’que ça va donner.

10 mars (Au retour)
Bon… Cette décision fut une erreur. Elle a au moins eu le mérite d’être instructive.

Vous savez, comment je raconte tout le temps que je cours dans 2 pieds de neige? Et vous savez comment il a neigé ces 2 derniers jours? Eh bien j’en ai profité au max. Dès que j’ai vu une énorme étendue enneigée, je n’ai pu résister à l’envie de la traverser. À l’aller, dès les premiers moments de difficulté, je me boostais à avancer quand même en me disant: « Je suis Requin, et un requin ça ne recule pas. Ça va de l’avant! »  Parce que ma plus grande source de vaillance, c’est d’abord et avant tout mon Ego.

Et c’est là que vient la partie instructive de mon périple. J’ai appris aujourd’hui que la pluie traverse le premier pied de neige, celui en surface, pour aller transformer le second pied, celui en dessous, couche épaisse de slush. Une sluch épaisse qui prend un quart d’heure avant de bien détremper les pantalons et s’infiltrer dans les bottes. Et le temps que ça arrive, on s’est déjà avancé d’un bon kilomètre dans le champs. Et là, faut refaire le chemin en sens inverse là-dedans. Bleh!

Demi-tour!  Plus j’avançais et plus je trouvais désagréable la sensation du pantalon détrempé et glacé sur mes jambes. Hélas, rien à faire, à chaque pas j’enfonçais profondément.  Alors j’ai eu une idée: J’ai fait comme pour sortir des sables mouvants, selon la méthode Mythbusters: J’ai tourné le dos à ma destination, je me suis couché sur le dos et j’ai « nagé », poussant avec bras et jambes, pour me faire glisser sur la neige tout en restant en surface. Ça a marché! Et je l’ai eu, mon workout. Le body complet.

Et, bien sûr, la petite ironie de la soirée: ça a ben l’air que je suis devenu le 1er requin au monde à nager à reculons et sur le dos :S

12 mars
Et on repart pour une course de soir. Cette fois-ci, m’as rester su’l’trottoir.

13 mars
Entrainement, semaine 15, jour 1. Tantôt, je vais voir si je peux battre mon record précédent qui était 4km. Mais cette fois, je vais attendre 2 heures après le repas, ça va améliorer ma performance et m’éviter de roter comme un hippopotame à chaque coin de rue.

14 mars
Le compliment de la semaine: « Heille Requin! J’aime ton nouveau look. T’as d’l’air pas mal moins d’un crosseur comme ça. » … Euh… Merci! :s

15 mars
En revenant de ma course nocturne, je réalise avec grande joie que mon corps a continué d’évoluer en force et en résistance: Ça fait une coupl’ de semaines que je n’ai pas souffert de douleur musculaire ou articulaire.

23  mars
Entrainement, semaine 16, jour 3 (hier): J’ai voulu vérifier ma limite en me poussant au max. J’ai fait 5.1 Km de course ininterrompue avant qu’une crampe me force à arrêter. C’est 1.1 Km de plus que mon record précédent.

Trop longtemps je me suis fixé des buts qui étaient inutilement difficiles, ou bien inaccessibles, ou bien dont la réussite dépendait d’autrui. Par contre, celui-ci, me mettre en forme pour le marathon, ne dépend que de moi. C’est… juste moi, mon corps, mon énergie et ma volonté contre mes limites. Des limites que ma détermination fait sans cesse reculer. C’est quelque chose dont je retire une grande fierté.

J’ai 42 ans. Mon entourage a majoritairement entre 20 et 35 ans. L’entrainement m’apporte une énergie et une forme physique dont j’ai besoin pour pouvoir les suivre. Ça prolonge ma jeunesse. Ça me rend plus léger dans tous les sens du terme. Ça me calme. Ça me rend heureux. Ça me libère. Ça m’apporte aussi des douleurs musculaires fréquentes mais jamais permanentes. J’y trouve satisfaction puisqu’elles sont le signe d’un travail accompli.

La seule question que je me pose, c’est qu’une fois le marathon passé, donc une fois mon but atteint, que deviendra ma passion pour la course? Mais bah, je ne m’en fait pas trop avec ça. Je verrai bien une fois rendu là. En attendant, j’ai cette passion et je compte bien la vivre au maximum.

 

13 semaines, l’entrainement militaire.

En automne 2008, lorsque je me suis renseigné pour m’enrôler dans les Forces Armées Canadiennes, j’ai appris que l’on commençait notre service par 13 semaines d’entraînement. Il se trouve que 13 semaines d’entraînement, c’est ce que je viens tout juste d’accomplir puisque lundi, hier, était le jour 1 de la semaine 14.

Voyons d’abord mon log d’exercice de ce dernier mois:


3 février
Je regarde dehors pis j’peux pas me retenir. Faut absolument que j’aille courir tantôt. M’as avoir d’la neige jusqu’aux cuisses pis ça va être full pénible. WAHOO!!!! 😀

3 février
J’ai pas couru. J’ai encore trop mal au pied, suite à l’application d’azote liquide sur ma verrue plantaire hier. Par contre, je me suis déplacé de chez moi à chez Stéphanie en marchant sur le terrain au bord de l’aqueduc. Après la tempête d’hier, ça signifie, selon les endroits, que j’avais de la neige parfois jusqu’aux tibias et parfois jusqu’aux cuisses. J’ai parcouru ce terrain non-stop pendant 40 minutes. Mes seules pauses: Les 3 rues que j’ai eu à traverser. Arrivé chez Stéphanie, j’ai eu à lui emprunter un chandail tellement le mien était mouillé. Bonne chose qu’on a à peu près le même tour de poitrine. 😉

Le retour? Même chemin, sauf que là ça m’a pris 50 minutes. J’ai mal aux cuisses, aux fessiers, au bas du dos, tout mon linge est mouillé bord en bord et dégage un arôme de fruit de mer défraichi. Mais au moins, je suis assuré que ma détermination m’a fait brûler au moins 17 calories.

11 février
On trouve la motivation là où elle est.

12 février
ENTRAINEMENT, dernier jour de la semaine 10.
POIDS: 197 lbs.
POIDS PERDU CETTE SEMAINE: 2 lbs.
POIDS PERDU TOTAL: 19 lbs.
Ces derniers jours, j’ai ressenti beaucoup de fatigue autant mentale que physique. Courir tout comme avancer dans la neige m’a épuisé très rapidement. J’ai été au 1/3 de ma performance d’il y a 2 semaines. Cependant, que je m’épuise lentement ou rapidement, le fait est que je m’épuise, que ça reste de l’entrainement, et que les résultats sont là.

Si je perds encore 3 lbs dans les 2 prochaines semaines, ça m’en fera 22 de perdues en 3 mois, soit exactement le même total dans les même temps de Défi Diète 2008. Sauf que cette fois-ci, ce sera par moi-même, sans entraineur privé, sans diététicienne et sans motivateur.

Petit détail: J’ai commencé Défi Diète en janvier 2008 avec 232 lbs pour finir à 208. J’ai commencé mon entrainement de marathon en décembre dernier avec 216 lbs. C’est pour ça que, malgré une perte similaire à date, mes résultats actuels sont meilleurs: Je pars de moins loin.

Tout l’monde trouve l’hiver long. Moi, je trouve que les 10 dernières semaines ont passées pas mal vite. C’est un autre avantage à s’entrainer.

Je suis très fier de mes accomplissements, parce que de toutes les activités physiques qui existent, la course a toujours été celles où j’ai été le plus mauvais,autant en vitesse qu’en résistance, et ce durant toute ma vie. C’est pour ça que j’ai choisi celle-là pour me remettre en forme. Ça me faisait échec depuis beaucoup trop longtemps.

14 février
Gaaah! Me is being full dead in the right now! (and it messes my English too) Je me suis poussé un petit peu trop fort ce soir. Mes jambes dégagent beaucoup de OUCH en ce moment.

16 février
Depuis 2 jours, j’ai monté la difficulté de mon entraînement de course en m’attachant des poids de 5lbs à chaque pied. Surprenant résultat: Mon poids fait 195 lbs ce matin (malgré un souper smoked meat + frites hier), donc 2 de moins que dimanche dernier, pour un total de 21 perdues en 10 semaines et demi.

17 février
Mon poids continue de descendre: 194 ce matin. Et ce n’est pas par privation alimentaire. Non, en fait, puisque les seuls poids-courroies que j’ai pèsent 5 lbs, j’ai modifié ma façon de les utiliser: Je les ai portées une coupl’ d’heures en faisant mes tâches du jour: Épicerie + 2 aller-retours à la buanderie. Et à chaque fois, je tenais mes sacs en mettant mes bras en L pour les faire travailler aussi.

Enfin, le soir venu, je me suis tapé une p’tite ronde de jogging (sans poids) dans lequel j’ai eu le plaisir de constater que je battais mes records précédents en longueur de segments courus et en rapidité de récupération. J’ai quand même arrêté au premier signe de douleur au genou gauche.

Des fois je me fais mal au gauche, des fois c’est au droit, donc je ne crois pas que l’un soit défectueux. Je suppose que plus je vais perdre de poids et plus la tâche va être aisée pour mes articulations.

18 février
Visite de Stéphanie, épicerie pour notre cuisine collective, on y va avec un panier-à-roues + 3 sacs, on les remplis au max. Jusque là, tout va bien.

Sur le chemin du retour, genre au 1/6e du parcours, une des roues du panier se désintègre. Y’a pas d’autre mots pour décrire ça . Rien d’autre à faire que d’abandonner le panier, prendre les sacs qui sont genre méga fucking lourds, moi qui a déjà mal partout à cause de mes exercices de la veille.

Comme si ça ne suffisait pas: avant de partir, j’avais eu l’idée full bright de m’attacher mes poids-straps de 5lbs à chaque pied, histoire de « faire un peu d’exercice pendant cette tâche routinière ». J’en voulais, de l’exercice, eh ben j’en ai eu, calvince.

21 février
ENTRAINEMENT, semaine 12, jour 1. Une bonne p’tite course, ça réchauffe et ça aide à apprécier le -15°C.

Aujourd’hui : test de résistance.
LIGNE ROUGE: Ce que j’étais capable de courir non-stop quand j’ai commencé, le 4 décembre dernier.
LIGNE MAUVE: Ce que je viens de courir non-stop.

J’ai passé de 200 mètres à plus de 2 Km ininterrompus. Ça signifie qu’en 11 semaines, j’ai multiplié mon endurance par 10. Maintenant, si je veux pouvoir parcourir les 42 Km du marathon, tout ce qu’il me reste à faire, c’est multiplier cette performance par 21. Une bagatelle.

22 février
La douleur devient pour moi un compagnon que j’apprends à apprécier de plus en plus. Je ne parle pas de douleurs morales, je suis immunisées à celles-là. Non, je parle de douleurs musculaires. Je parle de celle qui me dit que je fais un bon travail lorsque je m’exerce. Je parle de celle qui me dit que je ne le fais pas correctement.  Je parle de celle qui me dit quelles parties de mon corps a reçu l’exercice requis. Et je parle aussi celle des jointures, qui me murmure que c’est le temps pour moi de cesser, ce qui me sauve de blessures qui pourraient me ralentir plus longtemps. La douleur n’est plus une nuisance pour moi. C’est un mentor. Un guide. un ami.

23 février
Oubliez mon Ôde à la douleur d’hier: J’AI LA GRIPPE, CÂLIBOIRE!!! Douleur musculaire partout, y compris aux muscles non-travaillés, et aussi ceux des pieds, des mains et de la face. Impossible de parler sans tousser. Fatigue et somnolence omniprésentes. Migraine à tout casser. Sueurs froides. Et là je vais me faire couler un bain brûlant parce que je n’arrive pas à me réchauffer.

27 février
Bilan de ma semaine 12:

Dimanche: Couru 1,7 Km ininterrompus.
Lundi: Couru 2,2 Km ininterrompus.
Mardi: Mal partout et toux, que je considèrent comme des effet secondaires de la veille.
Mercredi: Ben non, c’t’une grosse grippe finalement.
Jeudi, vendredi, samedi: Grippe dont je me remet lentement.

Et mon poids a un ti-brin remonté. 198 lbs contre 194 y’a une semaine. Voila qui prouve définitivement que j’ai passé les 3 derniers mois de ma vie à faire des efforts pour rien et que…

euh… Non! En fait, ça prouve ceci: Par moi-même, j’ai réussi à diminuer mon poids de 18 lbs et multiplier mon endurance physique/cardio par 10. À l’époque de Défi Diète, j’avais perdu 22 lbs dans le même laps de temps. Sauf que ça m’avait pris une nutritionniste, une entraineuse privée, un motivateur, et ça avait juste multiplié mon endurance par 2, genre. Alors si les 3 derniers mois m’ont prouvé quelque chose, c’est que quand un projet ne dépend de rien ni personne d’autre que de soi-même, l’échec ne peut pas exister.

Allez, encore un p’tit 48 heures de repos pour m’assurer que je suis bien remis sur pied, et j’attaque Mars (le mois, pas la planète) au pas de course.

27 février
ENTRAINEMENT, Semaine 13, jour 1.

3 mars
Au début, quand je m’entrainais, je ne me blessais jamais. Normal, je m’épuisais avant. Maintenant que ma résistance cardio est multipliée par 12, mes courses sont toujours interrompues par des douleurs physiques causées par l’effort continu. Je me demande si j’y ai gagné au change.

7 mars
Woo-hoo! Une belle journée de grosse tempête. Et vous savez ce que je vais faire, par cette belle journée de grosse tempête? JE VAIS RESTER À L’INTÉRIEUR, BIEN AU CHAUD! Ben quoi? C’est pas comme si je ressentais toujours le besoin de prouver quelque chose.

7 mars.
4 Km de course non-stop. Finalement oui, j’avais quelque chose à me prouver.


Alors voilà le bilan: En 13 semaines d’exercices, j’ai multiplié mes capacités de course par 20 (de 200 mètres à 4 Km) et j’ai perdu 22 lbs (de 216 à 194 lbs). Je ne crois pas que j’aurais fait mieux avec un entrainement militaire.

Et si je passe mars et avril à me consacrer à l’entrainement musculaire lors des jours où je ne cours pas, je vais pouvoir remettre mon chandail de Superboy avec fierté.

Anecdote de course

1er février 2011, 8pm, Ville Émard, près du Canal Lachine.Je cours depuis près d’une heure. Ce soir, je reprends l’entraînement après une semaine de repos. C’est qu’après deux mois d’entrainement à 5-6 jours semaine, il est recommandé de cesser toute activité sportive pendant une semaine afin de laisser au corps le temps de s’adapter à ce nouveau style de vie. Parce que sinon, je vais m’user au lieu de me renforcer, et décliner au lieu de faire des progrès.

Les premiers kilomètres, je suis ravi de constater que je brise aisément mes records précédents de distance ininterrompue. Par contre, je me sens les cuisses lourdes. Je me dis que ça doit être dû à ma semaine inactive et/ou au fait que je cours avec mes bottes rigides au lieu d’espadrilles, neige oblige.

Je m’engage sur la rue St-Patrick qui longe le Canal Lachine. Malgré le fait que j’arrive à faire de plus longs segments courus qu’avant, je suis un peu irrité de constater que ça semble demander un plus grand effort à mes jambes. Mon orgueil embarque et je me demande si je suis pas devenu paresseux. Je ne le prends pas. Malgré tout, je ne peux nier que jogger m’est plus difficile que je m’attendais. J’arrête la course et passe à la marche, à bout de souffle.

Passant un panneau publicitaire, je vois que je suis arrivé près d’un terrain de la Ville, dégagé et rectangulaire. Insatisfait de ma performance, me disant que ce n’est pas comme ça que je vais brûler des calories, je décide de compenser en allant faire de la marche rapide dans cette neige qui m’arrive à mi-tibia. La résistance de la neige va travailler mes muscles et ainsi brûler des calories. Je décide de le parcourir de long en large, en traçant des lignes comme un champs labouré, afin de l’utiliser au maximum.

Ça fait exactement ce que je voulais : J’avance avec grand peine, j’ai chaud, je fatigue, je transpire, mais je n’arrête pas. Je veux faire le terrain au complet et je refuse d’arrêter tant qu’il reste de la neige lisse sur le terrain. Je continue d’avancer péniblement en zig-zag et je me promet que dès que c’est fini, je rentrerai chez moi tranquillement en marchant.

Sur ce arrivent deux autos de police qui s’arrêtent devant moi. Je comprends  à ce moment-là que ma façon de m’entraîner a peut-être l’air un peu louche. Une intuition comme ça.

Je m’arrête et salue le policier qui sort, un québécois d’à peu près 30 ans, suivi d’un colosse moustachu avec un nom russe sur le badge.

MOI: Bon-FFF-FFF-FFF-soir
BEU: Est-ce que ça va?
MOI: Essoufflé, mais FFF-FFF ça FFF ça va, FFF, merci
BEU: Qu’est-ce que vous faites?
MOI: Je m’entraine pour le marathon
BEU:

L’expression style WTF qui se dessine sur leur faciès me donne l’impression que ma crédibilité n’est pas bien haute en ce moment. Je rajoute :

MOI: Oui, je sais, le marathon est en septembre, mais je m’entraine depuis le 11 décembre.
BEU : Je pourrais avoir votre nom s’il vous plaît ?
MOI : Steve Requin.
BEU : Et votre adresse ?
MOI : 624 Régina à Verdun.
BEU : Avec qui est-ce que vous habitez ?
MOI : Ma conjointe, Carina Iglesias
BEU : Est-ce que vous êtes sous médication en ce moment ?
MOI : Euh… J’ai déjà pris du Polysporin pour mon orgelet, sinon, non.

Là, me doutant bien qu’il va vouloir une preuve d’identité, j’ouvre mon manteau et commence à fouiller mes poches pour mon portefeuille. Aussitôt, le russe recule d’un pas et met sa main sur son arme. Je n’insiste pas et remet mes mains bien en vue. Comme prévu, le beu me demande mes cartes. Je précise que c’est justement ce que j’étais en train de chercher, mais que j’ai laissé mon portefeuille chez moi. Il sort son carnet, me redemande mon nom, en plus de mon adresse, avec qui je vis, mon travail, et ma date de naissance. Il note tout ca. Puis il rentre dans le char et vérifie sur son ordi tandis que l’autre, le colosse moustachu avec accent russe me dit:

FLICSKI : Si vous habiter Verrdun, pourrquoi vous courrrir si loin de chez vous?
MOI : Je m’entraine pour le marathon, alors forcément je fais du kilométrage.

Il regarde le terrain avec mes traces parallèles qui en recouvrent 80% de la surface et dit:

FLICSKI : Parce que vous comprrendrre que passant voirr ça, trrouver ça pas norrmal.

Non, pas sérieux?

MOI : Oui, ben, l’idée derrière ça, c’est d’utiliser la résistance de la neige afin de renforcer les muscles des jambes.
FLICSKI : Oui, mais pourrquoi ici?
MOI: Bah! Ici ou ailleurs! J’ai juste passé, j’ai vu le terrain, ça m’avait l’air parfait pour faire ça, voilà!
FLICSKI : Mais vous en jeans et manteau et bottes, pas habillé comme courrreurr à entrrainement.
MOI : Malheureusement, j’ai pas l’argent pour m’acheter de l’équipement sportif.

Le jeune beu québécois ressort de l’auto. Le flicski russe le regarde. Le québécois hausse les épaules avec une moue, l’air de dire « Rien trouvé de suspect. » Ce qui me prouve que, tel que promis, j’ai vraiment obtenu l’absolution totale à la fin de mes deux ans de probations le 25 juillet dernier. Ouf ! Comme quoi il fallait bien que je fasse un truc extrême pour me rassurer que j’étais aussi clean qu’une sardine a l’eau de javel.

On m’explique la raison de ce contrôle : Il se trouve que le terrain d’à côté de celui ou je courrais de façon si originale est une cour à scrap, et que mon manège de courir vers la rue, puis revenir en sens inverse, faisait que j’avais l’air de vouloir entrer dans le terrain pour voler de quoi. Mieux encore : J’avais l’air de vouloir m’en sauver, puis de rebrousser chemin pour me cacher dès que des autos passaient. Bref, on me recommande de m’en tenir à la rue, aux trottoirs, aux pistes cyclables et au bords de l’eau pour m’entrainer, comme les marathoniens normaux. Je les rassure que je comprends et que je ne ferai plus exprès pour avoir l’air louche. Ils me laissent repartir.

Mais voilà, rappelez-vous ce que j’ai dis tantôt : J’étais fatigué, épuisé, et je voulais rentrer calmement en marchant. L’affaire, c’est que je viens de me tirer de démêlés avec la justice en les rassurant comme quoi je faisais juste m’entrainer pour le marathon. Donc, je n’ai pas le choix: Si je veux rester crédible, il faut que je continue à courir.

Je te me suis donc tapé le chemin du retour à la course, ne m’accordant que de rares et courtes pauses, redoutant qu’ils repassent, me revoient et trouvent louche que je ne cours plus. M’as vous dire une affaire, j’ai compris ce soir que quand on a la police au cul, hostie qu’on a envie de courir.

Je suis rentré à la maison, épuisé mort, le corps tremblant, le linge mouillé, mais là genre détrempé encore pire qu’à mes débuts il y a deux mois.

Moi qui craignais de ne pas faire assez d’efforts pour brûler des calories, je pense que je n’ai plus à m’inquiéter avec ça ce soir.

Ma Philosophie (4): Réflexions Courantes!

Depuis vendredi dernier, suite à une suggestion, j’ai légèrement changé mes habitudes de course. Maintenant, je cours le matin, deux heures après le déjeuner. Je n’en dors que mieux le soir venu. Parce que oui, depuis que j’ai commencé à m’entrainer, je courrais de soir. Je dormais majoritairement quatre à cinq heures par nuit, malgré la fatigue née de l’effort. Je suppose que c’était l’oxygénation qui me requinquait et diminuait mon temps de sommeil. Bref, depuis que je cours le matin, je recommence à dormir mes sept heures habituelles.

Hier matin, il paraît que l’on a battu des records de froid pour pareille date. J’étais probablement le seul à m’en réjouir.

Un truc amusant, c’est que ceux qui se plaignaient de la température dans leur statut Facebook parlaient plutôt de -38°C. Il ne s’agissait pas de la température réelle mais bien de la température ressentie.

Je me suis donc habillé chaudement, couvrant tout ce que j’avais à couvrir, combinant tuque, cache-cou et capuchon de kangourou pour m’improviser une cagoule qui ne m’exposait que des sourcils au nez, et je suis parti. Non seulement ais-je à peine ressenti le froid durant l’heure et demie de mon entrainement, j’ai fait une constatation une fois rendu à la moitié de mon parcours : Moi, personnellement, la température que je ressentais, c’était dans les -12°C.

Courir me rend philosophe.
Depuis mon tout premier jour d’entraînement le 4 décembre dernier, je me suis rendu compte que le fait de courir en n’ayant rien d’autre à faire mentalement que de réfléchir, ça me porte à trouver beaucoup de vérités sur les gens, la société et la vie en général. Ces vérités, je les ai partagées avec vous deux fois : le 9 décembre dans le billet Ma Philosophie 2 et le 4 janvier dans le billet Ma Philosophie 3.

Ces réflexions me viennent majoritairement en faisant le parallèle entre ce que je vis lors de mon entrainement et des situations de vie réelle. Par exemple, à mon premier jour de course, je songeais à deux choses : D’abord, à tous ces gens qui, dans ma vie, m’ont accusé de manière farfelue de toujours chercher la voie facile. Ensuite, au contraire, à toutes les fois où je me suis saboté en recherchant la difficulté. J’en suis arrivé à la conclusion suivante :

  • Il y a des choses qui peuvent s’obtenir par la voie facile. Un boulot, par exemple, via connections. Et il y a des choses qui ne s’obtiennent uniquement que par la voie difficile. Genre, avoir un corps d’athlète. Évidemment, on ne peut pas obtenir un corps d’athlète en utilisant nos connections de travail, ni trouver un boulot en levant des poids. Mais si tu démontres assez de sagesse et de logique pour être capable de choisir la voie qui convient à chacun de tes buts, tu les obtiendras. Par contre, si ta lâcheté t’empêche de prendre la voie difficile lorsque obligé, ou si ton orgueil t’empêche de prendre la voie facile lorsque disponible, alors tu t’imposes toi-même des obstacles qui vont te condamner à vivre inutilement beaucoup d’échecs.

Vers la seconde semaine d’entrainement, je songeais à une suggestion que j’avais reçu, comme quoi je devrais me prendre un entraineur privé pour m’encourager à courir. Hélas, il est bien connu que souvent, un entraineur à son propre compte, non associé à un gym, est du genre à utiliser la détestable méthode Je vais t’accuser sans arrêt d’être un lâche pas d’colonne, c’est à toi de me prouver le contraire. Ça m’a amené à ceci :

  • Lorsque quelqu’un ne cesse d’insinuer le pire de toi en te mettant au défi de lui prouver le contraire, ignore-le. Pourquoi voudrais-tu perdre ton temps à essayer de plaire à une personne qui démontre sans cesse son manque de respect envers toi?
  • La valeur que tu dois donner aux opinions d’autrui à ton sujet doit être égale à la valeur que tu as à ses yeux. Si tu ne vaux rien pour lui, alors ses opinions devraient automatiquement ne rien valoir pour toi.
  • Ne pas être abusif, ça ne signifie pas qu’il faut accepter d’être abusé. Pas plus que le fait de refuser d’être abusé signifie qu’il faut devenir abusif. Il y a cette chose située entre les deux que l’on appelle le respect. Ais-en pour les autres, et exiges-en autant pour toi-même. Une relation dans laquelle le respect n’est pas réciproque n’a aucune raison d’être.
  • Le respect est un droit que tu dois accorder à tous dès votre premier contact. Ensuite ça devient un privilège qui doit être révoqué si la personne s’en montre indigne.
  • Il y a tellement de gens qui sont volontaire pour te faire la vie dure de façon totalement gratuite que c’est idiot de payer quelqu’un pour le faire.

Les réflexions précédentes sont reprises de mes billets précédents. Rassurez-vous, c’était seulement pour l’exemple. Voici mes plus récentes réflexions philosophiques, celles-là inédites, avec petite explication de comment chacune sont nées:

L’extrémisme, dans un sens comme dans l’autre, est aussi ridicule qu’irréaliste. L’eau n’est pas toujours ou bien gelée ou bien bouillante. Entre zéro et cent Celsius, il y a quatre-vingt-dix-neuf différents degrés. il en va de même pour la plupart des aspects de la vie.
En songeant à un commentaire dit à mon sujet, comme quoi je perds mon temps à m’entrainer à courir car jamais je ne pourrai gagner le marathon. Là n’a jamais été mon but. Ce que je cherche, c’est le faire et le finir.

La détermination ne doit jamais exclure le bon sens, la logique et la prudence. Un repos, un arrêt temporaire ou un repli stratégique n’est pas un abandon. C’est une détermination intelligente.
En songeant aux nombreux Ben là, t’arriveras jamais à rien faire si tu t’arrêtes à la moindre difficulté reçus lorsque je m’arrête au premier signe de douleur des articulations, histoire d’en récupérer rapidement au lieu d’insister et en faire une blessure grave.

S’il est vrai que dans la vie on ne fait pas toujours ce que l’on veut, il est également vrai que ça ne nous oblige nullement à toujours faire ce que l’on ne veut pas.
En songeant à tous ces gens qui essayent de jouer sur notre orgueil pour nous manipuler à accepter l’inacceptable.

Quand quelqu’un t’oblige à faire du sur-place, il t’empêche d’avancer. C’est à toi de choisir entre t’accrocher à ce poids mort et en devenir un toi-même, ou bien le lâcher et poursuivre ton chemin. J’ai souvent regretté d’avoir choisi le premier. Je me suis toujours félicité d’avoir choisi le second.
En songeant à une amie qui voulait courir avec moi, mais qui évoquait toutes sortes de raison pour en faire le moins possible. M’entraîner avec elle, c’était réduire mon entrainement à 50% dans le meilleurs cas, et carrément à 0% dans les pires. Je l’ai laissé tomber. Elle appelle ça de la lâcheté. J’appelle ça du bon sens.

Il est parfois bon de se mentir à soi-même, en autant que l’on n’oublie pas ces deux règles: Utilise cette fantaisie pour t’aider à avancer vers ton but, et ne sois pas assez crédule pour continuer à y croire dès que tu l’as atteint.
Ça, c’est quand je fantasme qu’au bout de ce kilomètre de course ininterrompu m’attend une jeune et sexy demoiselle qui va récompenser ma détermination par une pipe. Ben quoi? Peu importe ce qui nous motive, l’important c’est d’être motivé.

Et au cas où vous vous demandez le rapport entre ça et la température d’hier: Que la majorité des gens ressentaient -38°C ou bien que moi personnellement je ressentais -12°C, la réalité, c’est qu’il faisait -27°C. ça m’a amené à la réflexion philosophique suivante:

Les gens font de la réalité ce qu’ils veulent bien en faire, en autant que ça sert leurs buts. Le pessimiste va empirer les faits pour justifier son désir de rester sur place. L’optimiste va les embellir pour motiver sa détermination à avancer. Ils ont beau être aussi irréaliste l’un que l’autre, n’empêche qu’au bout du compte, l’un est resté sur place tandis que l’autre a avancé.

Et lorsque l’on utilise cette réflexion en parallèle avec celle qui la précède, alors rien ne peut nous arrêter. Et ça, c’est aussi vrai en entrainement sportif que dans tous les autres aspects de la vie.