L’évolution, l’adaptation et la dépendance.

La fonction première du corps humain est d’assurer sa propre survie.  Pour se faire, il s’adapte de manière à pouvoir survivre à un environnement hostile. Ceci est vrai autant pour l’aspect physique que pour l’aspect psychologique.

L’ASPECT PHYSIQUE
Prenons, par exemple, une personne sédentaire qui décide de se mettre au sport.  Ça tombe bien, ça a déjà été mon cas.  Je parlerai donc par expérience.

L’exercice ; le cardio. 
À l’hiver de 2010-2011, je m’étais mis à la course à pied dans le but de pouvoir éventuellement courir un marathon.  Le premier mois, j’avais le souffle court, les poumons en feu, le cœur qui battait à tout rompre.  Ces réactions démontrent que je soumettais mon corps à un nouvel environnement qui lui était hostile.  Mon corps a donc évolué de manière à pouvoir y survivre. Au fil des semaines, mon cœur s’est renforcé, mes poumons sont devenus plus performants, les muscles de mes cuisses ont pris du volume et de la force.  Après quatre mois, je pouvais courir pendant une heure sans être essoufflé.

L’exercice : la perte de poids.
À devoir soutenir un tel effort sur une base quotidienne, mon corps a commencé à utiliser sa réserve de graisse pour la convertir en énergie dont elle avait besoin pour survivre à ce nouveau régime de vie.  La perte de poids qui en a résulté fut spectaculaire, mais seulement lors du premier mois.  Car plus le temps passait, plus mon corps devenait performant, et moins il avait besoin d’énergie. Voici le poids que j’ai perdu durant les quatre mois de mon entrainement :

1er mois : 13 lb. (5.90 kg)
2e mois : 7 lb. (3.18 kg)
3e mois : 2 lb. (0.90 kg)
4e mois : 0 lb. (0 kg) 

Un truc semblable m’est arrivé en 2022.  En mai et juin, le vélo m’a fait perdre beaucoup de poids.  Et lèa encore, mon corps a évolué au point de devenir si performant que je ne perdais plus rien.

L’exercice ; la musculation.
Le principe même de la musculation repose sur l’évolution du corps en milieu hostile.  Pour pouvoir survivre à une vie d’effort physique intense, les muscles grossissent et deviennent de plus en plus forts.  D’où l’importance d’augmenter sans cesse la charge de poids et de varier les exercices.  Sinon, le corps va s’habituer et il cessera son évolution.  C’est d’ailleurs un fait reconnu dans le milieu du culturisme que c’est dans la première année d’entrainement que les gains musculaires sont les plus grands, pour peu que cet entrainement soit fait correctement.  Ensuite, le corps s’habituant de plus en plus, sa progression ralentit.

Si le culturiste n’accepte pas ses limites naturelles, il prendra des suppléments de testostérone.  Ou pire encore, des stéroïdes anabolisants.  Ce qui nous amène au point suivant :

La testostérone.     
Lorsque l’on prend des suppléments de testostérone, ou pire encore des stéroïdes anabolisants, le corps constate qu’il est saturé de beaucoup plus de testo que supposé.  Dans une tentative de remettre les choses à la normale, le corps évolue : il en diminue sa production naturelle.  Malheureusement, lorsque les couilles sont vexées de voir qu’on leur a volé leur boulot, elles se mettent en grève illimitée.  À partir de ce point, plus jamais le corps n’en produira.  Ce qui obligera l’usager à continuer d’en prendre pour le reste de ses jours, avec les problèmes de santé que ça comporte. Ou à se voir dégonfler et démasculiniser.   

La peau.
Chez l’homme, lorsqu’il est adolescent, le rasage est un exercice pénible et douloureux. D’où le besoin de ramollir le poil avec de l’eau et de la mousse.  Rendu adulte, la peau de son visage est si renforcée qu’il s’y passe le rasoir électrique à sec sans sourciller. Chez la femme, même chose avec les aisselles.

Nous avons tous vécu la douloureuse expérience des plaies au pieds causées par des chaussures neuves.  Quelques jours plus tard, les plaies disparaissent.  Ensuite, la peau épaissit. En général, à partir de trente ans, la peau des pieds est rendue tellement solide que ce problème ne se manifeste plus.

La drogue.
Tel que décrit dans ce vieux billet, jeudi le 19 avril 2012, j’ai consommé de la cocaïne pour la première et la dernière fois de ma vie.  Ce jour-là, j’étais dans la pire journée d’un rhume.  J’en ai donc pris un gramme, par voie orale, dans un smoothie.  Puisque je n’étais nullement habitué à la chose, ça m’a fait effet pendant trois heures et demie.  En vingt minutes, tous les symptômes de mon rhume ont disparu.  J’avais de l’énergie comme jamais.  Mon cerveau fonctionnait si vite que j’avais l’impression que tout marchait au ralenti.  Et, chose étrange, mon appétit avait disparu.  Tellement, que j’ai dû faire un grand effort de volonté pour manger une salade de fruits.  Puisque l’on mange dans le but d’avoir de l’énergie, je suppose que mon corps ultra-énergisé par la coke considérait qu’il n’avait pas besoin d’être nourri.

Si cette expérience a été aussi formidable, pourquoi ne suis-je pas tombé dans le piège de la dépendance?  Parce que, comme tout le monde, je n’ai pas eu besoin de le vivre moi-même pour savoir ce qui se passe lorsque l’on prend l’habitude de consommer des drogues dures.  Au tout début, comme je l’ai vécu, c’est une expérience extraordinaire.  Il est donc tentant de vouloir la revivre.  Plus souvent on en prend, plus le corps s’y adapte, et plus il en annule les effets.  Jusqu’au jour où en consommer n’apporte plus aucun bénéfice.

Je n’en connais pas les raisons puisque je n’ai pas étudié la chose, mais tout comme pour la testostérone, la coke semble remplacer quelque chose produit par l’organisme.  Car rendu à ce point, le corps réclame de la cocaïne afin de pouvoir fonctionner normalement.  On commence par en prendre car ça nous fait sentir plus-que-tout, et on se retrouve obligé d’en prendre pour ne pas se sentir moins-que-rien.   Et on y laisse nos revenus et notre santé. 

Et c’est la raison pour laquelle je n’ai jamais renouvelé l’expérience au-delà de cette unique fois. Je suis peut-être un incorrigible optimiste.  Mais je ne suis pas assez fou pour croire que je suis spécial au point où ça se passerait différemment pour moi.

Certains poisons.
Je n’ai jamais su si c’était un fait historique ou une légende.  Mais j’ai déjà entendu une histoire qui racontait à peu près ceci : Un empereur de Chine était un tyran qui faisait la vie dure à ses citoyens.  Il était craint, respecté, et c’était également un grand parano qui faisait goûter tous ses plats une heure avant de les consommer lui-même, par crainte d’un assassinat par empoisonnement.  Sa plus grande faiblesse était son amour pour les jeunes filles.

C’est ainsi que des villageois, apprenant que l’empereur passera bientôt avec son armée sur leur village, ont préparé une jeune fille pour lui.  Le premier jour, ils ont mis une goutte de cyanure dans le repas de cette dernière.  Au repas suivant, ce fut deux gouttes.  Le repas suivant, trois.  Et ainsi de suite, jusqu’au jour où la jeune fille put avaler une grande quantité de ce poison sans risque pour sa santé.  Elle fut ensuite offerte à l’empereur.  Le soir-même, ils eurent des relations sexuelles.  Et l’empereur mourut empoisonné pendant l’acte, car tous les fluides corporels de cette jeune fille étaient hautement toxiques.

Que cette histoire soit véridique ou non, c’est un fait reconnu depuis plusieurs siècles que le corps humain peut s’adapter afin de résister à certains poisons, s’il y est soumis à faible dose.  Les vaccins fonctionnent sur un principe similaire.

Et maintenant, passons à l’évolution dans :

L’ASPECT PSYCHOLOGIQUE
La conscience a beau être immatérielle, il reste que celle-ci réside dans le cerveau.  Et puisque le cerveau est un organe du corps humain, celui-ci est forcément affecté par le principe de l’évolution pour s’adapter en milieu dérangeant.  On peut le constater aisément sur nos cinq sens,

L’ouïe.
Tandis que vous lisez ceci, prenez un moment pour être attentif aux bruits qui vous entourent.  La climatisation.  Le moteur du frigo.  Le tic-tac de l’horloge.  Le murmure des appareils électriques.  La première fois que vous vous êtes retrouvés dans cette pièce, vous entendiez clairement tout ça.  Mais votre cerveau a évolué de manière à bloquer les bruits constants et sans importance.  Ainsi, ils ne vous dérangent plus, et votre esprit reste clair.

La vue.
Fin novembre / début décembre.  Vous décorez l’intérieur de la maison pour Noël.  Les premiers jours, tous ces éléments détonnent de votre décor habituel, et vous vivez pleinement l’émerveillement de la magie du temps des fêtes.  Puis, au bout de la troisième semaine, la magie s’est estompée, et vous ne remarquez même plus la déco.  Puisqu’il n’est pas dans la nature de l’humain d’être constamment émerveillé, le cerveau s’est adapté de manière à ne plus se laisser distraire par la nouveauté de ces éléments.

Le goût.
Lorsque j’ai suivi mon premier régime alimentaire il y a 21 ans, j’ai constaté que le goût pouvait évoluer de manière à aimer des aliments qui, autrefois, me laissaient indifférent, ou bien que je n’aimais pas.  Par exemple, le thé.  À mon goût, il n’y avait pire boisson dans toute l’histoire de l’humanité.  Mais à force de consommer du thé vert pour ma santé, j’ai fini par y prendre goût, qu’il soit chaud, tiède ou froid du frigo.  Et ce, nature.

Il y a quelques années, j’ai vu à la télé un reportage au sujet d’un homme qui a survécu à un naufrage, dans un canot gonflable.  Pendant trois semaines, il ne se nourrissait que des poissons qu’il arrivait à capturer.  Ce manque de variété dans son menu lui créait des carences alimentaires.  Après quelques jours, il a constaté qu’il était particulièrement friand des yeux de ces poissons.  Il semblerait que ces yeux contenaient un élément nutritif important pour sa survie.  Son corps et son cerveau ont donc évolué de manière à lui donner un grand appétit pour ceux-ci.

L’odorat.
Vous mettez un parfum.  Au bout d’une quinzaine de minutes, vous ne le sentez plus.  Est-ce qu’il s’est estompé ?  Du tout !  Les gens qui vous croisent le sentent.  C’est juste que votre cerveau s’est adapté de manière à ne plus se laisser distraire par la présence de cette odeur nouvelle.

Ça marche également avec les mauvaises odeurs.  J’avais une ex qui fumait, et cela empestait la maison.  Lorsque je passais quelques heures chez elle, je ne le sentais plus.  Mais lorsque je partais, particulièrement en auto ou en bus, au bout de 30 minutes, je constatais peu à peu que mes vêtements puaient la cigarette.  Mais pendant que j’étais chez elle, mon cerveau s’est adapté de manière à ne plus se laisser distraire par cette odeur désagréable.

Le toucher.
Prenez un moment pour constater le contact de vos lunettes sur votre nez et vos oreilles.  Les vêtements sur votre peau.  Les bracelets sur votre poignet.  La langue dans votre bouche qui touche vos dents et votre palais.  Avant que je vous le dise, vous ne sentiez rien de tout ça.  Votre cerveau s’était adapté de manière à ne plus se laisser distraire par ces sensations.  Maintenant, à cause de moi, vous en êtes conscients.

Il n’y a pas que dans les expériences hostiles ou dérangeantes que le cerveau s’adapte de manière à ne plus ressentir.  Il le fait également avec les expériences positives. Par exemple, le rire.  Il y a quelques années, j’avais écrit un recueil de courtes histoires et anecdotes humoristiques.  Mon ami Loïc a commencé à lire le manuscrit.  Ses réactions allaient du sourire amusé, au petit rire, et parfois jusqu’aux éclats.  Au bout d’une heure, rendu aux trois quarts de sa lecture, il me rend mon manuscrit en me disant. « Tiens, je vais reprendre la lecture plus tard.  J’ai trop ri, ça ne me fait plus effet. »  Et c’est normal.  Le cerveau n’est pas fait pour être en état d’hilarité constante.  Alors il s’adapte de manière à revenir à la normale.

Pour la nourriture, même principe. Je crois que nous avons tous déjà vécu la situation suivante : Un jour, on découvre une boisson ou une nourriture quelconque. Et on ressent l’envie d’en reprendre. Et encore. Et encore. Alors sur une période pouvant aller de deux semaines à six mois, on en consomme une forte quantité sur une base régulière. Puis, un jour, l’envie n’y est plus, on arrête brusquement d’en consommer, et on le laisse périmer au frigo ou au garde-manger. Là encore, le corps a évolué de manière à estomper ce besoin qui était hors de son ordinaire.

Quand le charme de la nouveauté créé la dépendance psychologique.
Le charme de la nouveauté est une sensation très agréable. Et ceci donne parfois lieu à de la dépendance lorsque l’habitude la fait s’estomper.  Plus haut, je parlais de la cocaïne.  C’est bien connu que cette drogue créé une dépendance physique.  Mais la sensation qu’elle apporte, d’être au summum de nos capacités physique et intellectuelle, créé également une dépendance psychologique. Il en va de même pour certaines expériences plus anodines. Par exemple :

Sorties de bar.
1996, j’avais 28 ans et j’étais de retour aux études. Une camarade de classe a organisé une sortie dans un bar-spectacle du centre-ville de Montréal. Ne consommant d’alcool que très modérément, et ne supportant pas l’odeur de la cigarette, je n’avais jamais été un gars de bars. Mais c’est cette année-là qu’est entrée en vigueur au Québec l’interdiction de fumer à l’intérieur des commerces et autres endroits publics. J’ai donc accepté l’invitation. Et j’ai vécu une expérience extrêmement positive. La camaraderie, l’ambiance, le spectacle, la musique, les rires. Toutes ces découvertes, ces nouvelles expériences, firent qu’à mes yeux, cette soirée était magique.

La semaine suivante, nous y sommes retournés. C’était bien, mais pas autant que la première fois. Normal, je n’avais plus rien à y découvrir. Le charme de la nouveauté n’était plus là. Une semaine plus tard, la soirée n’avait plus rien d’extraordinaire. Je me souviens d’avoir eu le réflexe de vouloir sortir ailleurs, découvrir d’autres bars, et de le faire plus souvent. Et j’ai constaté que je ne me reconnaissais pas dans ce comportement. Je n’ai jamais été du genre à sortir le soir pour la danse et la drague. Et de l’alcool, je n’aime ni le goût ni les effets ni le prix. Alors pourquoi est-ce que je suis soudainement porté à vouloir me soumettre à des habitudes qui ne me conviennent pas? J’ai alors compris que je cherchais à recapturer le moment magique de ma première sortie.

Romance et sexualité.
Ça, c’est quelque chose que j’ai vu chez beaucoup de femmes. Je vais donner comme exemple l’une de mes ex. Lorsque j’ai rencontré Mégane, ça faisait vingt ans qu’elle était en couple avec le père de son enfant. Elle s’est tout de suite intéressé à moi. Quant à moi, constatant que j’avais beaucoup d’atomes crochus avec cette jolie femme plus jeune que moi, je lui ai démontré mon intérêt. C’était la première fois depuis une éternité qu’un homme la faisait se sentir désirée. L’excitation qu’elle ressentait pour moi était énorme. Et le sexe n’en était que meilleur. Cette excitation se trouvait décuplée par le fait que, après vingt ans à être une fidèle épouse et bonne mère rangée, elle jouait maintenant à la vilaine fille. Elle développa sa sexualité en découvrant avec moi des pratiques qui allaient bien au delà du missionnaire-vient-retire-dodo de son mari.

Au bout de quelques mois, le charme de la nouveauté a bien fini par s’estomper. Alors lorsqu’un ex de son adolescence l’a retracée sur Facebook et qu’il lui a fait le baratin du Tu es toujours aussi belle qu’avant et voilà trente ans que je ne pense qu’à toi car tu es la femme de ma vie, elle retrouva avec lui cette excitation de nos débuts. Elle me lâcha pour devenir son amante régulière, et alla avec lui beaucoup plus loin dans sa sexualité qu’elle ne l’avait fait avec moi.

Avec le temps, elle découvrit de plus en plus que le baratin de son beau parleur n’était que du vent. Il la décevait de plus en plus souvent. Elle s’est tout de même accroché à lui pendant un an, dans l’espoir de retrouver éventuellement la passion de leurs débuts. Jusqu’au jour où il lui causa une profonde blessure émotionnelle qui causa leur rupture. Et depuis, elle multiplie les conquêtes, toujours à la recherche de cette excitation de se sentir désirée, prenant de plus en plus de risques pour sa santé. Tout en étant de plus en plus malheureuse. Tout ça parce que son cerveau s’est habitué aux nouvelles conquêtes sexuelles, et il s’est adapté de manière à ne plus y ressentir le charme de la nouveauté.

Où est-ce que je veux en venir, avec ces multiples exemples d’évolution et d’adaptations du corps humain et du cerveau ?
Au fait que tout ceci est étroitement relié au sujet d’une série de billets que j’ai écrit il y a quelques semaines, intitulé L’intérêt d’une femme vient avec une date d’expiration.  La femme rencontre l’homme.  La femme découvre l’homme.  La femme se trouve sous le charme de la nouveauté au sujet de cet homme. Son corps a des réactions physiques d’intérêt pour cet homme : excitation, pupilles dilatées, augmentation du rythme cardiaque, hausse de température.  Puis, à mesure que le temps passe, si l’homme ne fait rien pour prolonger l’intérêt de la femme, la nouveauté s’estompe, le charme s’évapore et son intérêt pour l’homme disparait.  

Il ne faut pas y voir un caprice d’orgueil féminin.  Tout ce procédé n’est que la réaction normale du corps humain, dont fait partie le cerveau, qui évolue de manière à s’adapter à une nouvelle situation. L’intérêt est un virus qui dérègle la routine du corps et de l’esprit.  Alors le corps et l’esprit s’y habituent afin de s’en immuniser. 

Et c’est la raison pour laquelle il est impossible pour un homme de faire renaitre en une femme l’attrait qu’elle ressentait pour lui, dès que celui-ci s’est estompé. C’est parce que cet homme est un virus contre lequel elle est désormais immunisée.

Beta vers Alpha; le début de la transition (2 de 2)

Avis au lectorat Européen: Les dialogues sont reproduits ici dans leur accent Québécois d’origine. Donc, lexique :
Tsé = Tu sais, tu vois.
Fa que = « ce qui fait que », du coup.

Cruiser = se prononce « crouzer », draguer.
Il y en a d’autres, mais vous devriez pouvoir vous débrouiller avec ça..

Tous les jours qui ont suivi, ceux où je m’entraine et ceux où je ne m’entraine pas, je suis retourné au gym dans l’espoir revoir Noémie2. Je comptais lui donner mon nom complet pour lui suggérer de m’ajouter sur Facebook et/ou Messenger, si ça lui dit. Pas de chance, les dix premiers jours, elle n’y est jamais.

Le onzième jour, sur ma pause de diner au travail, je continue. Je me rend au gym, papier à la main au cas-où. Cette fois, elle y est. Elle me voit et me salue discrètement. Et pour cause: cette fois, elle est accompagnée de son chum. Qui, heureusement, a le nez plongé dans son téléphone. Je la salue du geste, je tourne les talons aussi sec et je sors. J’ai un haussement d’épaules en me disant que bon, peut-être que je ne suis juste pas destiné à avoir une Noémie. Dommage !

Le lendemain, je me rends au gym à 11h00, cette fois pour m’entraîner. Je commence mes huit exercices du jour. Je suis rendu au milieu du 3e lorsque Noémie2 apparait et vient me rejoindre. J’enlève mes écouteurs et je la salue. Et là, directement, elle me dit avec un sourire amusé :

« Ouais, t’es pas resté longtemps hier. C’est-tu la présence de mon chum qui t’a intimidé ? »

Premier réflexe de Beta : me sentir embarrassé et chercher comment je pourrais baratiner pour nier ça. Mais c’est là que je me suis plutôt posé une question qui allait tout changer. Je me suis dit… « Qu’est-ce qu’Alex ferait à ma place ? »

Je me suis levé. Je me suis mis debout face à elle. Je l’ai regardé. Et avec un petit sourire, je lui ai dit :

« Aaaah… Je vois ! Tu crois que je veux te cruiser en cachette ? Alors c’est ça, les fantaisies qui te viennent en tête quand tu penses à moi. »

Elle a eu un air de choc amusé au visage. Elle ne s’attendait pas à cette réplique. Elle répond :

« Ben non, mais tsé, tu rentres, tu me salues pis tu pars. Fa que tsé… »

Je suis amusé de voir que ma réplique a retourné la table. C’est maintenant moi qui la pousse à me baratiner un déni. Je la regarde en silence pendant deux ou trois secondes. Puis j’ajoute :

« Et si je te disais que depuis notre rencontre il y a deux semaines, je suis venu ici à tous les jours, même ceux où je ne m’entraine pas, pour te remettre un bout de papier sur lequel j’ai écrit mon nom complet, pour que tu me rajoutes sur Facebook ou Messenger ? »
« Han ? C’tu vrai ? »

Je hausse les épaules, puis lui répond en souriant :

« Est-ce que tu veux que ça soit vrai ? »

Elle éclate de rire et détourne le regard. Elle me dit que je suis terrible. Puisqu’elle ne se maquille pas, je la vois rougir. Je l’ai vraiment embarrassée. Et en même temps elle est amusé au max.

Me rappelant d’une stratégie que j’ai entendu dans un podcast de The Unplugged Alpha, j’ai décidé de ne pas jouer ma dernière carte immédiatement. J’allais d’abord laisser le temps aux hamsters dans sa tête de rouler un peu avec cette idée que j’ai planté dans son esprit. Je me claque les mains et je dis :

« Bon, soyons sérieux, là ! C’est vrai que j’ai beaucoup apprécié ton aide et tes conseils quand on s’est rencontrés. Fa que, si on peut encore s’entrainer ensemble aujourd’hui, ça ferait bien mon affaire. »
« C’est ben correct ! »

Sur ce, on reprend l’entrainement. Elle me conseille, j’ajuste mes mouvements en conséquence, et tout va très bien. Mais je la surprends souvent à me regarder en douce, avoir un petit sourire naissant de nulle part, et avoir de petites étincelles dans les yeux.

Finalement je fais dix exercices au lieu de huit. Et puisque sa présence m’énergise, je les fais intense. Je vais avoir mal partout demain, c’est sûr. Je lui dis que je vais rentrer me faire à manger avant le boulot. Mais avant, j’ouvre mon sac de sport et je lui dis :

« Ah, et en réponse à ta question, de si c’était vrai ou non… »

Je plonge la main dans mon sac et je lui remets ceci :

J’aurais aimé filmer sa réaction, ça valait un million. La bouche grande ouverte amusée, les yeux comme des 2$, et elle part à rire.

« Non ? C’est pas vrai !? Non mais c’est pas vrai !? OMG ! Noooooon… Fuck ! C’est toi qui a dessiné ça? Come on ! »

La stratégie de laisser le hamster pédaler pendant que l’on s’entrainait ensemble était bonne. Ça lui a laissé le temps de se faire à l’idée d’une interaction plus intime entre nous, ce qui l’a rendue plus réceptive à mon billet que si je le lui avait donné à la première minute.

Sur ce, je l’ai saluée et je suis parti. Ce qui est également stratégique, puisque je pars au moment où son émerveillement à mon sujet est au plus haut point.

Comme je l’ai constaté lors des 25 dernières années, c’est l’un des bons côtés d’amorcer une relation avec une femme en couple. En général, ça fait trop longtemps qu’elle n’a pas ressenti l’excitation de se sentir désirée. On verra bien où ça va nous mener. Peut-être nulle part. Peut-être partout. Ou peut-être à l’hôpital pour moi, si son chum apprend ça. En attendant, je pense que je suis sur la bonne voie de ma transformation en pas-si-Beta-que-ça.

Je ne manque pas de raconter ça à Alex. Il est fier de moi. Selon lui, j’ai tout fait exactement tel que j’étais supposé. J’ai dit ce que je devais dire, le timing et le delivery étaient parfait. Mais c’est fou à quel point chaque étape me demande de la réflexion, puisqu’agir ainsi n’est pas dans ma nature. Quand je pense qu’il y a plein de gars qui font ça correctement, du premier coup, d’instinct, sans réfléchir. Il est vrai que la nature en a fait des Alphas à la naissance, eux.

Et c’est justement ma nature de Beta qui m’a fait faire un truc qui pourrait tout gâcher. Mon billet dessiné. C’est ce que m’explique Alex dans ces termes :

« Ton petit mot est juste de trop dans la calibration. Il n’y a plus de mystère. Elle n’a plus besoin de réfléchir pour tenter de comprendre ce qui se passe,. Elle sait maintenant que tu as pensé à elle toute la semaine (puisque ton histoire était vraie) et que t’as été jusqu’à faire un dessin. Donc, là elle sait que tu veux VRAIMENT qu’elle t’écrive. Déjà là, son besoin de plaire est maintenant comblé… Le besoin de te relancer afin de s’assurer de ton désir en est maintenant amoindri. Là, elle sait qu’elle est désirable. Elle n’a donc plus besoin de tromper son chum pour s’en assurer.

Probablement que ton histoire, elle se disait « il dit juste ça pour me cruiser… y’est pas vraiment venu à tous les jours juste pour me voir, y’est ben trop beau pour ça, il doit avoir plein de fille après lui! » Pis là elle est toute allumée de croire qu’un alpha séducteur lui « ment » pour la séduire (elles aiment ça, crois le ou non). Mais là.. Oups! Elle reçoit ça. Il n’y a plus de questions, plus de mystère, elle voit que c’était vrai. Ça peut lui donner l’impression que tes options sont limitées. Et là, son hamster cérébral va plutôt aller dans la direction de « Pourquoi il met autant d’effort pour que ça se passe? Y’a pas d’autres filles après lui? Y’est peut-être weirdo… » et là son cerveau risque d’aller dans cette direction. Le mâle alpha qui pourrait remplacer son chum est peut-être un rêveur qui s’est branlé toute la semaine en pensant à elle, et qui a déjà des plans pour la marier. »

Il est vrai que draguer avec un dessin, c’est un réflexe très classique chez les bédéistes, afin de se démarquer des autres hommes auprès de la cible de leur affection. Or, le dessin est une activité solitaire qui demande beaucoup de temps à maîtriser. Si un homme a eu le temps d’apprendre à dessiner, ce n’est certainement pas parce qu’il avait une vie sociale et amoureuse. Ce qui fait qu’en général, un dessinateur, c’est un mâle tout ce qu’il y a de plus Beta. Par extension, beaucoup de dessinateurs sont des Nice Guys, avec tout le négatif que ça comporte.

Tout le monde a son téléphone sur soi. Si j’avais agi en gars normal, mon premier réflexe aurait été de lui dire mon nom de vive voix, pour qu’elle m’ajoute à l’instant. Mais moi, j’ai encore mes vieux réflexe de Nice Guy loser en amour, ce qui me pousse à poser des geste hors de l’ordinaire dans le but de me démarquer. Ce faisant, j’ai possiblement déraillé ce qui avait tout d’une drague normale dans des circonstances normales. Je n’ai plus besoin d’avoir recours à ces méthodes pour tenter de plaire, puisque je lui plaisait déjà sans ça. Je comprends alors que je dois me débarrasser de ces vieux réflexes. Je ne peux pas devenir Alpha si je continue d’agir en Beta.

Noémie2, la conclusion.
48 heures plus tard, alors que je retourne m’entraîner, Noémie2 est là avec son chum. On se salue discrètement, et je vais plus loin commencer ma routine.

Un quart d’heure plus tard, elle vient me rejoindre, seule, tandis que son chum amorce son exercice d’endurance sur le vélo spinning. Elle dit :

« Salut ! Je suppose que t’as vu que j’t’ai pas rajouté. »
« Oui ! T’en fais pas, je comprends le message. Je n’insiste pas. »

Elle me rend mon bout de papier. Puis, en souriant, elle me dit :

« Comme tentateur, t’es juste trop dangereux. »

Avec un dernier sourire et un geste de la main, elle repart. C’est la première fois de ma vie que je suis à la fois repoussé et flatté de l’être. Il semblerait que malgré mon dessin, à ses yeux, j’avais tout du mâle Alpha. Et ceci me démontre que je suis sur la bonne voie. Il ne me reste plus qu’à cesser d’avoir mes vieux comportements de Beta.

Et ça inclut celui de me satisfaire d’être l’amant de femmes en couple. Car je me rend compte que ça aussi, c’est une manifestation de manque de confiance en soi. C’est le comportement d’un gars qui ne croit pas avoir ce qu’il faut pour mériter une relation complète, alors il se contente d’une demie-relation. En plus que le gars n’a pas à se faire de soucis. Il n’a pas à se demander si elle en a un autre dans sa vie, il sait que c’est le cas. Il n’a pas à se demander si elle le fait cocu, il sait qu’elle le fait. Il n’a pas à craindre qu’elle le quitte, puisqu’ils ne sont pas vraiment ensemble. Il accepte son statut de loser, qui devient pour lui une situation confortable dans laquelle il n’a jamais à se remettre en question. Et ça, ça ne me convient plus.

Entre le Beta et l’Alpha, la route est longue et j’ai encore du chemin à faire. Mais à force de pratique, d’auto-analyse, de corrections et d’ajustements, je devrais pouvoir effectuer peu à peu cette transition.

Beta vers Alpha; le début de la transition. (1 de 2)

Je n’ai jamais été le poster boy du mâle Alpha. Remarquez que ça a ses bons côtés. Car depuis les quinze dernières années, l’idée même de la masculinité est de plus en plus démonisée. Alors gare à l’homme qui prétend être un mâle Alpha. On va l’accuser d’être un macho, un misogyne, un violent, un harceleur, un délinquant sexuel, un fier représentant de la culture du viol, un complexé qui ressent le besoin de s’imposer sur les autres afin de compenser pour sa micro-bite… En gros, c’est devenu l’équivalent masculin du mot féminisme. En ce sens qu’on l’associe à tout ce qu’il peut y avoir de négatif dans le comportement des membres de ce sexe, en plus de lui prêter des revendications extrêmement farfelues.

Pourtant, à la base, la définition véritable du mâle alpha est à des milliers de kilomètres de cette image (im)populaire. Il n’y a qu’à voir le fonctionnement de la hiérarchie dans un groupe de gorilles.

En 1986, un garçon nommé Levan Merritt est tombé dans l’enclos des gorilles d’un zoo. Le gorille Alpha, un silverback nommé Jambo, s’est précipité à l’endroit de la chute. Il y a vu le garçon gisant par terre assommé. Avec délicatesse, il a caressé le dos du garçon, l’observant pendant quelques instants. Constatant qu’il était blessé mais vivant, il a aussitôt compris que ses congénères humains viendraient lui porter secours. Et que ceci pourrait poser un problèmes aux autres singes habitant l’enclos, de voir leur territoire se faire ainsi envahir. Jambo est donc revenu sur ses pas, et il a calmement tenu les autres singes à l’écart. Ceci a permis aux secouristes de descendre dans l’enclos, mettre le garçon sur une civière, et l’emporter.

Et c’est ça, dans la nature, un mâle Alpha. Oui, il est le plus gros et le plus puissant du lot. Mais c’est également le plus intelligent, le plus empathique et celui qui a le plus à coeur le bien-être de son groupe et celui de son territoire. Il en est le protecteur, non pas l’abusif. S’il est le mâle dominant, ce n’est pas parce qu’il a décidé de prendre lui-même ce rôle en s’imposant par intimidation. C’est un rôle que lui donnent tout naturellement les membres de son entourage, parce qu’il leur apporte un sentiment de sécurité.

J’ai un ami comme ça. Appelons-le Alex. C’est une connaissance de longue date. Nous étions sur les mêmes forums au début des années 2000. Et il aimait bien mes textes au sujet des relations hommes-femmes, dont la majorité ont été repris ici sur ce blog à ses débuts en 2009. Nous sommes amis sur Facebook, et il n’est pas rare qu’il s’écoule trois, quatre, cinq ans avant que l’un de nous envoie un message ou un commentaire à l’autre. Il est toujours lecteur de mon blog. Et souvent, je peux compter sur ses commentaires pertinents pour me faire réaliser un aspect qui m’avait échappé sur le sujet dont je parle dans tel ou tel billet. Il se trompe parfois, mais c’est plutôt rare.

… Et je ne crois pas qu’il s’est trompé lorsqu’il m’a fait constater que depuis les douze dernières années, j’agis comme un Beta qui s’est fait laver le cerveau par le wokisme pseudo-féministe. Je veux dire, regardez cet échange entre Noémie et moi lors de notre quatrième jour de correspondance.

Une femme ne va pas écrire un truc pareil à un gars contacté sur un site de rencontres, si le gars en question ne lui plaît pas. Elle demandait / s’attendait / espérait que je lui emboite le pas en donnant un tournant sexuel à la conversation. Mais moi, je lui répond quoi? l’équivalent de :

« Je ne suis pas comme les autres hommes, MOI. Je sais parler d’autre chose que de cul à une jolie jeune femme, MOI. Je t’apprécie pour ta personnalité et non par envie de te fourrer, MOI. Tu n’as pas à jouer le rôle de la soumise pour avoir mon attention, MOI. »

Un vrai discours de Nice Guy auto-castré qui cherche très fort à se montrer meilleur que les autres. Et tellement aveuglé par la doctrine disant que tout comportement masculin est négatif, que je ne suis même plus capable d’avoir le comportement masculin positif que demandent les femmes.

Alex est trop modeste pour se qualifier lui-même comme tel. Mais il est un mâle Alpha. Un vrai, comme le gorille, pas comme la vision sociale démonisée. On s’entends bien lui et moi car tout comme moi, il met toujours de l’effort dans son amélioration constante de soi. Comme moi, il réfléchit sur ses expériences de vie et en tire de la sagesse. Comme moi, il met de l’importance dans la forme physique et la santé.

Mais là où l’on diverge radicalement, c’est dans nos relations avec les femmes. Car contrairement à moi, il agit exactement de la bonne manière pour les attirer, les séduire, les obtenir, et avoir avec elles des relations harmonieuses, sans abus d’une part ou d’autre.

C’est avec grande curiosité qu’Alex a suivi ma récente série de billets Noémie, ou le rêve devenu réalité. Et c’est avec grand découragement qu’il a vu comment j’ai réussi à faire foirer cette relation naissante, de la manière que j’ai répondu à l’invitation de Noémie à aller la rejoindre.

Ma stupidité a donné un tel choc à Alex, qu’il a fait le genre de truc qu’il ne ferait jamais d’habitude. Sous le sceau du secret, il m’a envoyé une capture d’écran d’une de ses propres conversations avec l’une de ses conquêtes, après en avoir censuré le nom et les visages. Dans celle-ci, tout comme l’a fait Noémie, sa correspondante lui a envoyé un selfie en sous-vêtements. Mais contrairement à moi, il lui a donné la réponse qu’elle demandait / s’attendait / espérait de lui. Et c’était dans le style de ceci :

Ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’orgasmes.

Oui, c’est le genre de paroles masculines qui peuvent être malvenues lorsque le contexte ne s’y prête pas. Mais lorsque c’est en réponse à un selfie sexy que la fille lui envoie lors d’une conversation privée, c’est au contraire très bienvenu.

Mes réactions aux avances de Noémie se basaient tout de même sur un sentiment sincère. Je ne suis pas un Don Juan qui ne pense qu’à accumuler les conquêtes. Mon but premier a toujours été d’être dans une relation stable. Mais il faut que je me mette en tête que nous ne sommes plus en 1950. Apprendre à se connaitre, puis être amis, pour ensuite être en couple, pour ensuite baiser… Ça fait longtemps que l’ordre social des choses a changé. Maintenant, c’est : Contact, baise, et ensuite on voit si on veut le refaire. Et si on est amants assez longtemps pour se rendre compte que nous sommes compatibles, c’est là que l’on voit si on veut être exclusifs ou non. C’est sûr, il y aura toujours des exceptions. Mais dans la majorité des rencontres en ligne, c’est comme ça que ça marche.

Sous la suggestion d’Alex, je me suis procuré deux livres. Le premier est No More Mister Nice Guy. Sa lecture m’a ouvert les yeux sur bien des choses, allant de ce qui pousse un gars à devenir Nice Guy, aux comportement typiques de ceux-ci, de l’hypocrisie qui se cache dans ses gestes, et aux relations catastrophiques qui en découlent. Ça m’a surtout rassuré comme quoi je suis sur la bonne voie depuis plusieurs années. Car bien que j’y reconnais à 100% celui que j’étais de mes 15 à 27 ans, je n’ai plus que 20% de ce comportement aujourd’hui.

Le second livre, The Unplugged Alpha, pousse la chose plus loin. D’abord en expliquant ce qu’est un vrai Mâle Alpha. Et pourquoi les femmes vont toujours préférer ceux-là, plutôt que ces hommes qu’elles éduquent pourtant elles-mêmes à agir en Beta.

Je ne sais pas si ces livres existent en version Française, parce que nous ne sommes pas tous bilingues. Mais c’est sans la moindre hésitation que je leur fais de la publicité en vous les recommandant. C’est un bien faible paiement pour l’aide que leur lecture m’a apporté. Une aide qui devrait permettre ma transition, de Beta vers quelque chose d’un peu plus Alpha.

Comme je le dit dans la première phrase de cet article, je n’ai pas la personnalité d’un Alpha. Je ne suis pas un dragueur dans l’âme. Je peux le devenir si l’occasion s’y prête, pour peu que je puisse reconnaître les signes comme quoi le potentiel d’une interaction intime est là, et qu’elle serait bienvenue par l’autre parti. Mais sinon, je ne suis pas celui qui va faire les premiers pas pour une drague non-sollicitée. C’est un rôle dans lequel je n’ai jamais été à l’aise.

Et c’est la raison pourquoi, depuis les vingt dernières années, je travaille fort à devenir le genre d’homme qui peut intéresser les femmes. Le premier contact que l’autre aura avec toi sera toujours visuel. Je dois donc m’arranger pour leur donner envie de m’approcher. J’arbore la coupe de cheveux à la mode. Je porte des vêtements qui m’avantagent. Je ne néglige pas mon hygiène. Et je travaille fort au gym afin de donner à mon corps cette forme qui attire leur regard.

(Très) lentement mais (très) sûrement.

Et c’est justement au gym que s’est produite, il y a trois semaines, l’anecdote qui va suivre.

Mardi 4 juin, 11h11. J’arrive au gym. J’ai à la main mon mini sac de sport qui contient ma bouteille, mes gants, mes écouteurs, mes clés, mon portefeuille, mes lunettes et mon téléphone, parce que c’est encombrant de trainer tout ça dans mes shorts. À part pour une jeune femme sur la machine à leg press, la place est déserte.

Comme d’habitude, je m’en vais de l’autre côté de la salle, pour commencer avec le bench press. Je mets un podcast de The Unplugged Alpha sur mon téléphone. J’allume mes écouteurs pour pouvoir l’entendre en écoute privée. Je met mes gants. J’enfile les poids sur la barre d’haltères, 10 lb de plus que la dernière fois afin de forcer ma progression. Je me couche sur le banc, je ferme les yeux et je commence. Le premier set de dix répétitions est difficile, mais faisable. Le second est plus pénible et je n’en fais que huit, avec les bras qui tremblent. Au début du troisième set, j’ai l’impression que l’on me parle. J’ouvre les yeux. C’est la fille.

Environs 5’4″ / 1.64 m, mi-trentaine, cheveux longs, blonds, attachée en chignon. Assez jolie, et ce naturellement car elle n’est pas maquillée. Mince mais pas comme un mannequin, et avec des épaules de nageuse professionnelle. Au premier coup d’oeil, juste par sa forme et sa musculature, on voit qu’elle sait ce qu’elle fait au gym.

À peu près ça.

Je repose l’haltère sur ses crochets et j’enlève mes écouteurs. Elle me dit qu’elle a remarqué que je levais ces poids avec difficulté. Aussi, elle me recommande de relever les butoirs de chaque côté du banc d’exercice, histoire de ne pas me retrouver coincé sous l’haltère, advenant que je n’arriverais pas à la remonter. Elle me montre comment en placer un. Je place l’autre. Je la remercie de son aide. Elle retourne à son banc. Je remet mes écouteurs et je finis mon set.

Je me déplace vers le rack d’haltères pour les squats. Et je vois que cette jeune femme vient s’installer pas très loin, à côté des petits haltères à mains. Par les miroirs qui tapissent les murs, je la surprend à m’observer. J’ai l’impression qu’elle cherche une autre opportunité pour venir me parler. Je trouve cette idée intéressante. N’ayant jamais été dragueur, je ne vois pas ce que je pourrais aller lui dire pour briser la glace. Alors j’opte pour l’option passive, en me montrant réceptif à une éventuelle intervention de sa part. J’éteint mon podcast, j’enlève mes écouteurs, je remet le tout dans mon sac, et je reprends mes squats.

Effectivement, une minute plus tard, elle revient me rejoindre. Elle commence par s’excuser, comme quoi elle ne veut pas être intrusive. Mais elle trouve que je force beaucoup des genoux. Elle me dit qu’elle les a entendu craquer pendant que je faisais mon premier set de squats, et qu’il y aurait moyen d’améliorer ça en corrigeant ma posture. Je la rassure comme quoi au contraire, puisque je m’exerce sans entraineur pour me guider, ses conseils sont les bienvenus.

Puisqu’il semblerait que l’on va se parler un bon bout de temps, je me présente. Et vous ne devinerez jamais. Elle s’appelle Noémie elle aussi. Cette coïncidence m’amuse beaucoup.

À partir de là, nous nous sommes entrainés ensemble. Et elle m’a donné des conseils pour chaque exercice, tout en s’entrainant elle-même de son côté.

Au fil des conversations, Noémie2 finit par laisser échapper le fait qu’elle est en couple. Décevant! Mais en même temps, la moitié de mes amantes des vingt-cinq dernières années l’étaient également. Alors pour ce que ça veut dire.

Au bout d’une heure, je lui annonce que je dois partir. Je dois aller me faire à manger et me préparer pour mon quart de travail qui commence à 15h. Je la salue en la remerciant. Et pas juste pour ses conseils. Car sa présence m’a influencé à me pousser beaucoup plus que d’habitude lors des exercices. J’en aurai pour deux jours à avoir trop mal aux muscles pour les travailler davantage.

En vingt ans à fréquenter les gyms, c’est la première fois que je m’y fais aborder par une femme. Et le fait qu’elle s’appelle également Noémie me donne l’impression que c’est le destin qui me donne une seconde chance. Je ne compte donc pas refaire les mêmes erreurs qu’avec la première. Cette Noémie-là, je ne la laisserai pas filer.

Pour elle, je me sens prêt à amorcer ma transition de Beta vers Alpha.

À suivre et à conclure.

Quelques règles de vie apprises à la dure.

Ces opinions ne sont pas politically correctes. Mais elles sont réalistes.

L’argent est important.
À chaque fois qu’on me sert le cliché stupide de l’argent ne fait pas le bonheur, je pose cette question: Est-ce que le bonheur paye la nourriture, le loyer, l’électricité, le téléphone, les vêtements, l’éducation et les soins de santé ? Tout ça, c’est l’argent qui le paye. Essaye donc de le trouver, le bonheur, quand tu manques de tout.

La fonction première de l’argent n’a jamais été de faire le bonheur. Ça a toujours été de pouvoir se procurer des choses de première nécessité afin d’assurer notre survie ainsi que celle de notre famille. C’est facile de rabaisser, lorsque l’on reproche à quelque chose de ne pas remplir une fonction qui n’a jamais été sienne pour commencer. C’est comme reprocher à un aigle de ne pas nager, ou à un saumon de ne pas voler.

Alors lorsque quelqu’un te dit que tu manques de valeur morale si tu attaches de l’importance à l’argent, cesse de fréquenter cette personne.  C’est un imbécile.  Ou pire encore : quelqu’un qui veut te voir dans la misère.

Ne cours pas après les femmes.  Cours après l’excellence.
J’ai déjà été ce gars qui mettait sa priorité sur les femmes.  C’était à l’époque où je n’avais aucun diplôme d’études.  Pas de travail.  Pas d’argent.  Pas de force ni de santé ni de beauté.  Pas de but.  Pas de vie.  Rien.  Pas étonnant qu’aucune femme qui en valait la peine ne voulait de moi.  Je me retrouvais donc avec celles qui restait, des encore plus loser que moi.  Par conséquent, je n’ai eu que des relations médiocres, dont la plupart m’ont saboté ma vie pendant de longues années.

Je suis retourné aux études.  J’ai suivi plusieurs différentes formations.  J’ai pris soin de ma santé, ma forme physique et mon apparence.  J’ai grimpé les échelons côté carrières.  Et maintenant, comme on a pu voir dans ma série de billets Noémie, ou le rêve devenu réalité, voilà que sans même essayer, je plais au genre de jeunes femmes que je croyais qui n’existait que dans mes rêves les plus fous.   

Ce n’est qu’en mettant ta priorité sur toi-même que tu deviendras une priorité pour les femmes. Car les femmes imposent des règles pour les beta, mais les brisent pour les alphas.

90% de ta perception de la réalité n’est que le produit de ton imagination.
Sérieusement, tout se passe dans ta tête.  Devant la même situation, une personne peut angoisser alors que l’autre va être confiant.  Une personne sera triste alors que l’autre sera heureuse.  Une personne sera méfiante et se fera tout plein de scénarios négatifs qui vont gâcher sa journée et la portera à poser des gestes qui causeront des problèmes à son entourage, tandis qu’une autre fera confiance et avancera dans sa vie.  Il y a une raison pourquoi beaucoup de gens disent que l’on créé son bonheur soi-même.  Parce que tout dépend de la façon que tu choisis de percevoir ce qui t’entoure et ce qui t’arrive.

C’est là que se situait mon erreur avec Noémie. Toutes les limites que je me suis imposé, et qui ont fini par venir à bout de notre relation, aucune d’entre elles ne venait de Noémie. Elles n’étaient que le produit de mon imagination.

Ce que les autres pensent de toi n’aura aucune influence sur ta vie.
Pense à Donald Trump.  Il vient d’être reconnu coupable de crimes.  Est-ce que ça a changé quoi que ce soit à sa vie?  Du tout!  Un an plus tard, il a été réélu.   

Quoi que tu fasses ou non, il y aura toujours des gens qui vont t’encourager et t’admirer, et d’autres pour te dénigrer et te rabaisser.  Alors fais donc ce que tu veux, et fuck l’opinion des autres.  Et si leur opinion met un mur entre vous, dis-toi bien que personne n’est nécessaire à ta vie.  Et avec une population de huit milliards d’êtres humain sur terre, ce ne sont pas quatre ou cinq petits losers aux opinions médiocres qui vont être irremplaçables par de nouveaux amis de bien meilleure qualité.

Un passe-temps est une perte de temps. 
Nous naissons tous avec un nombre X de jours de vie à vivre.  Les jours où l’on ne se construit pas sont des jours perdus. 

Entendons nous, il n’y a pas de mal à relaxer de temps en temps à regarder un film, jouer à des jeux, même regarder un épisode ou deux d’une série.  Mais lorsque l’on y consacre tout notre temps libre, on gâche notre vie. Personne, sur son lit de mort, ne va se dire « J’aurais dû passer plus de temps sur World of Warcraft. »

Ne laisse pas un endetté te dire quoi faire de ton argent.
Cette phrase est à prendre au sens propre, mais aussi au sens figuré.  Une personne qui te dit comment réussir là où elle a échoué ne connait rien sur le sujet.  Au plus, on peut apprendre de ses erreurs afin de ne pas les refaire nous-mêmes.  Mais il reste que la seule personne qui peut prodiguer des conseils qui permettent de réussir, c’est celle qui a réussi.

La réussite ne tient qu’en trois points : Action, discipline, ajustement.
Se contenter d’y penser, ce n’est pas suffisant.  Voilà pourquoi il faut passer à l’action.  Pour persévérer, ne pas abandonner en chemin, ça prend de la discipline.  Et puisque tout change tout le temps, il faut s’ajuster à cette nouvelle réalité.  Cette formule s’applique dans tous les domaines, sans exception. 

Toi seul(e) peut être ton propre sauveur.
Mégane, une de mes ex, cherche toujours quelqu’un pour la sauver.  Au lieu de vivre dans ses moyens, elle cherche quelqu’un de qui dépendre financièrement.  Au lieu de manger mieux et s’exercer pour perdre du poids, elle a recours à des vendeurs de produits miracles et à des cliniques qui ne font maigrir que son compte de banque.  Au lieu de faire les efforts requis pour améliorer son sort, elle prie à des divinités païennes, elle dépense une fortune en roches polies et en cristaux, en séances de tarot, et elle écrit des Lettres à l’Univers afin d’obtenir ce qu’elle désire.  Ça fait cinq ans que je la connais, ça fait cinq ans que je la vois faire ça, et ça fait cinq ans que je la vois perdre son temps et son argent car elle refuse de voir que rien de tout ça n’a jamais fonctionné.

Si elle y mettait son argent dans un gym plutôt que dans des produits inutiles et cliniques.  Si elle mangeait mieux, au lieu de consommer n’importe quoi à n’importe quelle quantité.  Si elle travaillait plus, au lieu de solliciter des interventions divines et mystiques.  Alors tous les aspects de sa vie s’amélioreraient.

Dans la vie d’un homme, il y a cinq choses à éviter absolument : Le jeu, la cigarette, l’alcool, les drogues et le mariage. 
Elles ont toutes ceci en commun : ça coûte cher, ça ne rapporte aucun bénéfice, et ça ne comporte que des risques.

Ne te plaint jamais, mais n’hésite jamais à porter plainte.
Personne n’aime celui qui va se plaindre sans jamais rien faire pour régler son problème.  Surtout lorsqu’il existe des solutions.  Par exemple, dans ma série de billets (encore inachevée) Locataire -VS- Propriétaire, je raconte les magouilles et fraudes que mon propriétaire me fait subir depuis des années.  Est-ce que je me contente de m’en plaindre sans rien faire?  Du tout!  J’explique que j’ai ramassé toutes les preuves de ce que je raconte, que j’ai déposé une plainte au Tribunal Administratif du Logement, que ma plainte a été reçue, et que nous attendons de passer en Cour, pour ce qui ne pourra être que ma victoire.

Il existe un moyen de parler des petits malheurs de la vie sans se plaindre, et c’est en apportant une solution. Par exemple, « je me suis tordu la cheville », c’est se plaindre. Mais « Je reviens de mon podiatre car je me suis tordu la cheville » , c’est raconter une anecdote.

Trop parler est nuisible.
Ne dis pas aux gens plus que ce qu’ils ont besoin de savoir.  Dans le meilleur des cas, ça ne servira à rien.  Dans le pire, ça va te nuire.  Beaucoup de gens se sont sabotés en parlant de choses qui auraient dû rester secrètes.

Ne fais pas compétition à quelqu’un qui est meilleur que toi.  
Même si tu gagnes, ça te collera l’étiquette bien méritée de personne désagréable.  Collabore plutôt avec l’autre, tu apprendras et tu monteras à son niveau.

Une opportunité qui n’est pas saisie lorsqu’elle se présente est une opportunité qui ne reviendra jamais.
Et surtout, n’écoute jamais ceux qui vont tenter de te convaincre de « le faire plutôt la prochaine fois. »  Il n’existe aucune garantie comme quoi une chose disponible maintenant le sera tout autant plus tard.  Et ceci est une règle universelle.

Beaucoup de choses futiles sont importantes.
Facebook est futile. Mais si tu n’en a pas un, tu n’as pas autant contacts que le reste de la population. La beauté physique est futile car c’est l’intérieur qui compte. Mais si tu n’est pas attrayant de l’extérieur, personne n’aura envie d’aller le découvrir, ton intérieur. La mode est futile. Mais si tu ne t’habille pas de la manière appropriée selon l’endroit, l’occasion et les standards établis du moment, tu ne seras pas pris au sérieux.

Un ménage qui était dû depuis longtemps

Aujourd’hui, à six semaines de mes 56 ans, le bilan de mon existence se résume en un seul mot : Liberté.

Il y a deux ans, j’ai amorcé le plus grand ménage de ma vie. Tel que mentionné dans la série de billets Un câble d’acier ombilical, j’ai renié ma famille. Au cours des mois qui ont suivi, j’ai également coupé les ponts avec toutes les autres personnes toxiques de mon entourage. Pour faciliter la chose, je suis allé refaire ma vie à 750 km de là, en Gaspésie, un endroit où je n’avais jamais mis les pieds. J’y occupe un travail que j’aime dans lequel j’excelle, où mes collègues et la direction m’apprécient.

Je garde toujours mon appartement à Saint-Jean-Baptiste comme adresse officielle. Ça me permet d’être dans la catégorie Travailleur en région éloignée, ce qui m’apporte des primes assez intéréssantes, comme l’essence remboursée, le logement gratuit près de mon travail et un per diem alimentaire, $70 quotidien, qui s’ajoute à mon salaire. Et tant qu’à avoir un logement vide, je permet à mon ex-beau-frère Lucas d’y habiter. Pendant un an, nous nous partagions la facture du logis, ainsi que la location du sous-sol pour y ranger nos affaires en surplus car il n’y a pas assez de place dans mon 3½ pour nos possessions réunies.

À la fin d’avril dernier, en retournant chez moi, j’ai été pris d’un grand sentiment de découragement en regardant mes possessions. Tous ces livres que je ne lis plus parce que je les connais par cœur, ou parce que j’y ai perdu intérêt.  Mon système de son qui m’avait coûté un mois de salaire il y a onze ans, et que je n’ai pu utiliser qu’un an puisque je n’ai jamais eu assez de place dans mes logements suivants pour l’installer. Mes fournitures d’art, que je garde car ça fait quinze ans que je me promet qu’un de ces jours, je vais me remettre à la peinture. Ma collection d’antiquités, qui transforme mes appartements en musée. Mon meuble de machine à coudre Singer de 1900 qui ne sert que de décoration et pèse trois tonnes. Mon équipement sportif dont je ne me sers jamais. Tout ce que j’en fais, c’est les déménager d’une place à l’autre depuis des décennies. Ça prend du temps.  Ça prend des efforts. Ça prend de l’argent. Et ça n’arrête jamais car je n’arrive jamais à trouver la stabilité.

Toute ma vie, j’ai mis le focus sur l’idée d’accumuler des avoirs pour ma future maison.  Or, la réalité économique actuelle fait que, rendu à 55 ans, même avec mon salaire, je ne pourrai jamais m’en payer une.  Et surtout, depuis mon itinérance de 2020, je le sais bien au fond que je n’en veux plus.  L’idée d’avoir une maison, c’est devenu pour moi l’équivalent d’être cloué sur place, être restreint, emprisonné.  Ce que je veux, c’est être libre, mobile, profiter à fond du fait que mon agence de placement en santé me permet de voyager, travailler et habiter partout au Québec et dans le Grand Nord.

Et ça, ça signifie que tout ce que j’ai là, dans cet appartement et ce sous-sol, ce n’est plus à moi. Ça appartenait à celui que j’étais.  Je ne suis plus cette personne. Par conséquent, ces objets ne sont plus que des encombrements qui me tiennent attachés à un passé mort que j’aurais dû enterrer il y a longtemps. Des boulets aussi lourds qu’inutiles que je traine avec moi. Partout. Sans cesse.  Pour rien. 

Et c’est là que j’ai décidé que c’était terminé. Je vais me débarrasser de mes affaires. Non pas en les donnant ou en les vendant. Mais en les envoyant directement aux poubelles ou au recyclage. J’ai pris le temps d’y réfléchir adéquatement pour être sûr que je ne le regretterai pas.  Mais je me souviens qu’en décembre dernier, j’ai jeté ma collection complète de disques 33 tours et 45 tours, puisque je ne les écoutais plus depuis au moins dix ans.  Et là, quatre mois plus tard, je ne le regrettais toujours pas. 

De toute façon, ce n’est pas ma première purge.  Il y a une quinzaine d’années, j’avais donné tous mes comic books américains.  Plus tard, à la veille d’un déménagement, j’ai donné ou vendu mes magazines de musique et de BD, incluant ceux dans lesquels j’ai été publié dans ma jeunesse. Est-ce que ça me manque? Pas le moins du monde. Et lorsque je suis parti de Montréal pour aller à Sherbrooke il y a six ans, ce fut plus d’une centaine de Graphic Novels qui se sont retrouvés dans des boutiques de livres seconde main.  Et en arrivant à Sherbrooke, je ne compte plus le nombre de boites de livres et BD que j’ai donné à la charité.  Est-ce que je m’ennuie de tout ça ?  Du tout ! Je ne me souviens même plus du trois quart d’entre eux.

Pour les 48 heures qui allaient suivre, je jetterai des dizaines de milliers de dollars en biens matériels. Livres, bandes dessinées, publications diverses, mes CD, ma collection d’antiquités, mes films et séries sur DVD et VHS, mes fournitures d’art, mes meubles, mes souvenirs de famille, les jouets de mon enfance, mes albums de photos, ma télé, mon système de son. C’est 90% de mes possessions disparaitront ainsi à tout jamais.

Je garderai cependant certaines choses utiles, comme ma tablette graphique, mon laptop, mon lit, mon congélateur. Les seules antiquités épargnées par cette purge ont rapport à ma page Autour du Mont-Saint-Hilaire d’autrefois. Et je garde mes bibliothèques, afin d’y ranger les seuls livres qui ont encore pour moi une valeur sentimentale, comme ma collection de Pif Gadget, mes albums de Spirou.  Et, sacrilège ultime aux yeux de tout bon collectionneur de BD : de ma collection complète de quarante albums d’Achille Talon, je n’en garderai que huit, envoyant les autres au recyclage. Parce que, pensons-y sérieusement… S’il n’y a que ceux-là que j’aime, qu’est-ce qui m’oblige à garder les autres? La réponse est simple : RIEN !

Que je garde tous ces objets inutiles, ou bien que je m’en débarrasse, ça ne change rien en ce sens que de 1, je ne m’en sers pas. Et de 2, c’est déjà de l’argent que j’ai perdu. En faisant ceci, je reprends mon espace et je fais une croix définitive sur le passé.

Les possessions qui me restent sont retournées au même entrepôt où je logeais clandestinement lors de mon itinérance de 2020. Non seulement Lucas et moi n’avons plus besoin de louer le sous-sol, il peut maintenant entreposer ses affaires dans mon ancienne chambre. Et puisque je n’ai plus rien dans mon logis, Lucas me paie maintenant le loyer complet. Ce qui signifie que je me suis débarrassé de plus de $1000 de loyers contre $130 d’entrepôt.

Désormais, je n’accumulerai qu’une seule chose : l’argent.  De l’argent qui sera bien mieux investi sur moi, sur mes voyages et sur mes expériences de vie, que dans des possessions inutiles. De l’argent qui m’a libéré d’un autre boulet que je trainais depuis trop longtemps : mes dettes. En regardant mon relevé bancaire ce matin, jamais je n’ai été aussi heureux d’y voir autant de zéros.

Le résultat d’un an et neuf mois à vivre modestement.

Un autre grand ménage que j’ai fait se situe au niveau de mon corps. Tel que mentionné il y a quelques billets de ça, j’ai passé les trois premiers mois de l’année à me soumettre à une diète végétarienne qui m’a fait perdre 36 lb / 16 kg. Puis, je suis revenu à une alimentation variée riche en protéines. Car le poids que j’ai perdu en gras, je travaille intensément au gym à le gagner en muscles.

Je pense que je ne fais pas mes quasi-56 ans.

Ce ménage, j’aurais dû le faire il y a longtemps. Mais comme dit le proverbe, mieux vaut tard que jamais. Et ça me fait un bien fou. Car dans toutes les facettes de ma vie, jamais ne me suis-je senti aussi léger.

Noémie, 6e partie, le Post Scriptum. En réponse à vos questions.

IMPORTANT. À l’exception de mes propres photos, toutes les images de cet article proviennent de sites de stock photos libres de droits. Et les noms sont changés. Ceci est dans le but de respecter l’anonymat des personnes concernées.

Je suis surpris. Voilà bien longtemps qu’une série de billets n’avait pas suscité autant d’intérêt. Je ne sais pas si c’est à cause du thème classique de la jeune beauté qui s’offre à un homme mur, celui de l’homme dans la crise de la cinquantaine qui décide de se reprendre en main pour vivre une seconde jeunesse, ou bien celui d’avoir passé à côté d’un rêve qui n’a que peu de chance de se reproduire. Mais quelque chose a dû résonner avec les gens, car on m’a posé plusieurs questions, autant en message privé qu’en personne. Je vais donc y répondre ici.

QUESTION 1: Où suis-je rendu en ce moment?
Il y a deux billets de celà, j’expliquais que j’avais la possibilité de déménager pour travailler à Cap-Deroux, la ville voisine de Saint-Ciboire-du-Bout-de-Christ où habite Noémie. Mais n’ayant plus aucune raison d’y aller, j’ai opté pour renouveler mon contrat à mon CHSLD habituel. Puisque Noémie ne veut plus de moi, à quoi ça servirait d’insister ?

QUESTION 2 : Pourquoi est-ce que je ne tente pas de rattraper le coup?
Si nous étions si compatibles, si on s’entendait si bien, ce serait bête de la laisser s’éloigner. Il faudrait que je lui parle. Que je lui explique. Que je tente de la convaincre que ce qu’il y avait entre nous mérite une chance d’exister.

Croyez-moi que je suis désolé de vous répondre ceci, mais non, je ne le ferai pas. Parce que je sais par expérience que ça ne fonctionnera pas.

Ce n’est pas être défaitiste ni baisser les bras. C’est juste un phénomène universel : Le Moment. Entre deux personnes qui ont le potentiel de vivre une attirance, il arrive parfois un moment dans lequel on peut (ou on doit) agir. Entre Noémie et moi, ce moment est passé. Comme le disait mon grand-père : Avant le temps, ce n’est pas le temps. Après le temps, ce n’est plus le temps.

Au début du premier billet de la série L’intérêt d’une femme vient avec une date d’expiration, je dis bien que c’est une situation que j’ai vécue six fois dans ma vie. Je n’ai fait mention que de Daniella et Océane, puisque j’ai déjà des billets consacré à elles sur ce blog. Mais oui, les cinq premières fois, j’ai tenté de rattraper le coup. Mes efforts n’ont récolté que du mutisme de la part de quatre d’entre elles. Seule Océane m’a répondu. Et ce fut pour tenter de me gaslighter en niant effrontément ce qui s’était passé. J’ai même appris plus tard qu’elle était allé raconter notre soirée à plusieurs personnes, mais en inversant les rôles de qui avait dragué et repoussé qui.

À tout coup, au final, j’ai juste eu l’air d’un loser désespéré. Alors insister également auprès de Noémie ne fera qu’empirer mon cas. Elle me rajoutera à la liste de tous ses prétendants qui deviennent pathétiques après avoir constaté qu’elle perdait intérêt. Et je le sais car lors de nos neuf jours de correspondance intense, elle m’a montré des capture d’écran de leurs réactions, afin de se moquer d’eux auprès de moi. Par exemple:

Et à cet autre gars, elle disait carrément n’importe quoi pour justifier son éloignement.

Il y a une chose que l’expérience m’a apprise, et c’est que lorsqu’une fille se décrit elle-même dans le style de « J’ai un comportement à problème totalement illogique mais j’m’en fous parce que je suis comme ça alors je n’y peux rien faut l’accepter bye!  » , eh bien de 1 c’est bidon car jamais on ne la verra agir de cette manière. Et de 2, que ce soit bidon ou non, il reste que si elle dit ça à un gars, c’est dans le but de le décourager de l’approcher. Alors peu importe la raison pourquoi elle n’est pas intéressée, le fait est qu’elle n’est pas intéressée. S’y accrocher est donc une perte de temps.

Sans oublier que si j’essaye d’en discuter avec elle, alors elle va certainement montrer des captures d’écran de ma plaidoirie à ses prochains prétendants pour se moquer de moi auprès d’eux. C’est une constante chez elle, si on en croit ce que lui a écrit celui-là:

Mais si ! La preuve.

Non seulement je n’y gagnerais rien, je perdrais le peu de dignité qu’il me reste. Puisque nos derniers échanges étaient cordiaux, vous comprendrez pourquoi je vais me contenter d’en rester là.

Surtout que …

QUESTION 3: Non, Noémie n’est pas à blâmer pour l’échec de notre relation.
Comme la majorité de la population, elle a juste suivi ses instincts. Lorsqu’elle ressentait de l’intérêt pour moi, elle ne s’est pas demandé pourquoi. Elle a simplement agi de manière à assouvir ce désir. Et quand elle a arrêté de me désirer, elle ne s’est pas demandé pourquoi non plus. Elle a juste cessé d’aller vers moi. Et c’est un comportement qui est totalement normal.

Moi, par contre, quand il est question d’impulsion amoureuse et/ou sexuelle, je fais partie des rares gens qui vont s’auto-observer et analyser chaque détail. Par conséquent, si je tente de lui en parler en lui expliquant la psychologie derrière chacun de nos gestes, elle risque de me regarder de cette manière :

Ce qui sera probablement sa réaction anyway le jour où elle tombera sur ces billets de blog.

QUESTION 4 : Qu’est-ce que je regrette? Qu’est-ce que j’aurais fait de différent?
Certaines personnes disent qu’il est inutile de se poser ce genre de questions puisque ça nous fait vivre dans le passé. En réalité, c’est l’inverse. Nous devons à Karl Marx une pensée très pertinente à ce sujet: « Quiconque oublie son passé est condamné à le revivre. »  Je dois donc voir où étaient mes erreurs du passé, afin de ne pas les répéter dans l’avenir.

Le billet précédent devait à l’origine s’intituler « C’est l’intellect qui tue l’instinct. » Ce n’est pas pour rien. Voyez comment mon intellect m’influençait à répondre aux avances de Noémie.

Pourquoi est-ce que j’essayais d’être vertueux avec une fille qui ne demande qu’à m’allumer? C’est avec mon instinct animal que j’aurais dû lui répondre. En lui disant ceci:

Et ceci:

Mais surtout, lorsqu’elle m’a envoyé ceci…

… après m’avoir dit qu’elle était seule chez elle, avait bu du vin, et avait envie de se faire sauter, ce n’est pas cette réponse pas-de-couilles qu’il fallait lui donner:

C’est ÇA:

Parce que c’est ça qu’elle voulait entendre. C’est ça qu’elle voulait comme réaction.

Et moi, qui me cache derrière l’excuse raisonnable de « Oui mais je travaille demain matin et j’aurai de la difficulté à faire mes huit heures de boulot avec seulement deux heures de sommeil. » FOUTAISES ! Il y a trois ans, tel que décrit dans ce billet de blog, à cause de mes parents, j’ai dû me taper trois déménagements le même jour, de huit heure du matin jusqu’à une heure la nuit suivante. Et après, il a fallu que j’aille rendre le camion pour ensuite revenir chez moi à vélo, et je n’ai pu me coucher qu’à 02h45. Si j’ai été capable de me taper dix-huit heures et demie de travail physique intense, je pouvais certainement baiser pendant deux heures, dormir deux heures, et faire mes huit heures de boulot.

Et c’est ce que je veux dire, par C’est l’intellect qui tue l’instinct. Depuis les débuts de mon adolescence, on m’a inculqué l’idée comme quoi aucune femme n’aime les hommes qui sont contrôlés par leur instinct sexuel. Oui, je comprends que lorsqu’il s’agit d’insistance lourde à draguer une femme non-intéressée, en passant par le harcèlement sexuel, jusqu’au viol, alors effectivement, ce comportement est inacceptable. Mais quand c’est la fille qui fait tout pour me provoquer à lui sauter dessus, comme l’ont fait Daniella, Océane et Noémie, ce n’est pas malvenu. Au contraire, elles ne demandaient que ça. Mais moi, pour éviter de commettre un geste irréfléchi, je vis la sexualité dans ma tête au lieu de la vivre avec mes tripes comme le reste de la population normale. Mon intellect a véritablement tué mon instinct.

Face à ma retenue et à mon respect excessif, il n’est pas étonnant que la question que les femmes m’ont le plus souvent posé dans ma vie est : « Est-ce que t’es gai? » Et ça m’insulte à chaque fois. Non pas par homophobie. Mais bien parce que je prends la peine de faire l’effort de les écouter et de respecter leurs limites. Pour ensuite me le faire reprocher.

Ouvre toujours tes oreilles, mais ne ferme jamais tes yeux.
J’ai un jour entendu une pensée dans le style de « Pour bien connaître une femme, n’écoute pas ce qu’elle dit, regarde ce qu’elle fait. » En réalité, cette pensée s’applique à tout le monde, tous genres confondus. Et ça en fait l’une des plus sages paroles qu’il m’ait été donné d’entendre. Une que j’aurais dû appliquer il y a longtemps.

Et enfin:

QUESTION 5 : Comment est-ce que je me sens, face à cet échec?
Beaucoup mieux qu’on pourrait le croire. Il y a un moment pour agir, et il y a un moment pour réfléchir. Et s’il y a un temps où l’intellect doit dominer l’instinct, c’est bien face aux contrariétés de la vie. Ça ne me servirait à rien de rager contre ma propre stupidité, ou regarder la chose avec mélancolie. Parce que ÇA, ce serait vivre dans le passé.

Surtout que, m’accrocher à Noémie et à ce que nous aurions pu être, ce serait croire que je n’aurai plus jamais une telle opportunité. Il est vrai que ce serait le cas si j’avais encore l’air de ceci:

Mais maintenant que je ressemble à ça…

… alors tous les espoirs sont permis. Au cour des quinze dernières années, la vie a mis sur mon chemin trois jeunes femmes (18, 24 et 25 ans) qui préféraient les hommes matures. Et ça, c’était par hasard. Si je me donne la peine de chercher, alors je trouverai.

Je ne commettrai pas l’erreur de chercher une autre Noémie. Mais j’en trouverai une qui me la fera oublier.

Noémie, ou le rêve devenu réalité, 5e partie: Apprendre de ses erreur.

Au Québec, nous avons une phrase populaire qui va comme suit : « Commence donc par te regarder, avant de juger les autres. »  Bien que généralement prononcée sur un ton méprisant, il reste que cette suggestion ne manque pas de pertinence.

Car en effet, il serait facile pour moi de me dire que ma seule erreur, c’était d’avoir oublié que l’intérêt d’une femme vient avec une date d’expiration.  Ça me laverait de toute faute, puisque je n’aurais été là-dedans que la pauvre victime d’une règle féminine aussi injuste qu’illogique. Le problème, c’est qu’en niant l’existence de mes erreurs, je m’assurerais de les répéter un jour.  Et ceci ne ferait que rendre éternel un problème que je pourrais régler, pour peu que je pile sur mon orgueil assez longtemps pour reconnaître mes fautes.  Et durant les 15 premiers jours de ma relation avec Noémie, ces fautes ont été nombreuses.

ERREUR no.1 : Être défaitiste dès le départ.
Je le démontre dès la toute première phrase de mon tout premier message.   « Rien à craindre, je sais que je suis trop vieux. »  Je suis tellement convaincu que je vais me faire repousser que je n’essaye même pas d’établir un dialogue égalitaire.  J’accepte d’avance mon statut de perdant, en déclarant forfait dans les premiers mots que je lui adresse.  Avec une attitude aussi peu winner, c’est déjà heureux qu’elle m’ait répondu.

J’aurais dû prendre une leçon du bédéiste Joe Matt, lorsqu’il décrit comment il s’est retrouvé en couple avec une fan de 18 ans.

Source: Joe Matt’s Peep Show #15.

ERREUR no.2 : Ne pas considérer que Noémie est une adulte, donc mon égale.
Légalement, je pourrais fréquenter une fille de 18 ans.  Charlie Chaplin, par exemple, avait 54 ans lorsqu’il a épousé son grand amour, Oona O’neil qui en avait 18.  Or, la légalité et la biologie, c’est deux.  Ces jours-ci, il circule une théorie disant que ce n’est qu’à 25 ans que le lobe frontal du cortex est pleinement développé.  À ce moment-là, la capacité de raisonner est à pleine maturité.  Noémie les avait, ces 25 ans.  Alors j’ai beau avoir plus du double de son âge, Noémie est une adulte mature au même titre que moi.  Le fait qu’elle a trente ans de moins d’expérience de vie ne rend pas ses désirs et décisions moins pertinents.  Alors si elle me désire et décide de me le montrer, elle est assez vieille pour savoir ce qu’elle fait. 

ERREUR no.3 : Décider à sa place de ce qu’elle doit penser de moi.
Dans le premier billet de cette série, je le dis en ces termes : « Il est clair dans ma tête que je ne suis pas le genre de candidat qu’elle recherche. »  Pourtant, relisez son texte de présentation.  

Où, là-dedans, dit-elle ce qu’elle cherche ou non chez un homme?  Nulle part !

Alors lorsque je dis que c’est clair dans ma tête, c’est parce que c’est le seul endroit où cette limite existait : Dans ma tête. 

J’en reviens à la première phrase que je lui ai écrite. « Rien à craindre » … Dès le départ, je décide à sa place qu’elle aura horreur d’être approchée par un homme de mon âge.  Et voyez avec quoi j’enchaine : « je sais que je suis trop vieux » …  JE SAIS ! 

Comme je l’ai expliqué il y a quelques billets de ça, Facebook Rencontre permet de choisir l’âge des gens de qui on veut voir le profil.  Alors si l’application m’a montré le profil de Noémie, c’est parce que mon âge faisait partie de ses préférences.  Par conséquent, lorsque j’ai prétendu que je savais que j’étais trop vieux pour elle, en réalité je n’en savais rien du tout.

ERREUR no.4 : Ne pas écouter ce qu’elle dit.
Je ne me souviens plus dans quel billet de blog j’ai pu écrire ça, et j’ai la flemme de chercher.  Mais j’ai un jour affirmé qu’il ne faut jamais accepter qu’une personne te rabaisse à la blague.  Peu importe si c’est sur un ton méprisant ou humoristique, il reste que si elle te dit cette remarque, c’est parce qu’elle le pense.    

Je ne m’étais jamais arrêté à penser que la même règle pouvait s’appliquer sur les commentaires positifs.

Noémie me draguait en blague.  Elle me complimentait en blague. Elle me montrait son intérêt en blague.  Elle m’a fait des propositions sexuelles en blague.  Et moi, tout ce que je voyais, c’était qu’elle me faisait des blagues.  Au lieu de voir qu’elle me draguait, me complimentait, me montrait son intérêt, et me faisait des propositions sexuelles.

J’entendais ce qu’elle disait.  Mais je ne l’écoutais pas.

ERREUR no.5 : Substituer la réalité pour une illusion.
Ce qui est tristement ironique, car comme on a pu le lire vers la fin du premier billet de cette série, lorsque Noémie et moi devenons amis, La première chose que je dis est « Bien que je ne me fasse pas d’illusion (…) Noémie est sérieusement tout ce que je pourrais chercher de mieux chez une femme. »

Contrairement à ce que je déclare, je m’en faisais, une illusion.  Je rejetais la réalité qui me montrait pourtant clairement que Noémie s’intéressait à moi.  Et je l’ai remplacé par l’illusion que ce n’était pas le cas. Par conséquent, je n’étais pas en relation avec elle.  J’étais en relation avec l’idée que j’ai choisi d’avoir d’elle. 

Cette réalisation m’a frappé comme une gifle.  Car ironiquement, c’est quelque chose que j’ai trop souvent reproché à bon nombre de celles que j’ai fréquenté. 

Ce qui signifie qu’effectivement, j’aurais dû me regarder avant de porter ce jugement sur d’autres.

Noémie, 4e partie : le rêve devient réalité.

IMPORTANT. À l’exception de mes propres photos, toutes les images de cet article proviennent de sites de stock photos libres de droits. Et les noms sont changés. Ceci est dans le but de respecter l’anonymat des personnes concernées.

Dans les jours qui suivent, je constate que Noémie ne répond plus aussi vite qu’avant à mes textos. Je suppose qu’elle est occupée. Il est vrai que dans notre métier, le temps supplémentaire est une réalité quasi-quotidienne. Mais il semblerait que ça ne sera plus mon cas pour longtemps, car il y a certains bouleversements qui surviennent à mon travail.

Je suis à l’emploi d’une agence qui place des travailleurs de la santé là où il manque de personnel, et ce partout au Québec. Nous signons des contrats renouvelables à tous les trois mois. Une enquête récente a mis à jour le fait qu’un grand nombre d’employés d’agences de placements en santé n’ont pas leur diplôme de préposé aux bénéficiaires. Par conséquent, le 15 avril, mon CHSLD nous annonce que notre contrat qui devait se terminer le 30 avril prendra plutôt fin le 20, dans cinq jours. Et il ne sera pas renouvelé.

Contrairement à la majorité de mes collègues d’agences, j’ai obtenu ce diplôme, moi. Je l’ai depuis juillet 2020. Alors mon agence me rassure comme quoi le premier mai, je serai réassigné à un autre CHSLD dans une autre ville. Ils seront bientôt en mesure de me dire où.

Je serai donc totalement libre du 21 au 30 avril. Ces dix jours de congés imprévus comportent un bon côté. Je m’empresse d’en faire part à Noémie. Je lui explique ce qui s’est passé. Et je termine sur cette note :

Sa réponse ne tarde pas. Mais ce n’est pas celle à laquelle je m’attendais.

Après avoir lu ma proposition de rencontre et l’avoir décliné, elle ne suggère aucune date alternative. Une femme intéréssée trouve des solutions. Une femme non-intéressée trouve des obstacles.

Cette impression d’éloignement se trouve confirmée dans les jours qui suivent, alors que nos conversations sont de plus en plus rares et courtes. Le 3 mai, dernière fois où je lui ai écrit, elle a mis deux jours avant d’aller lire. Et depuis, plus rien.

Ça ne peut pas être plus clair. Noémie a perdu intérêt pour moi.

Il est vrai que depuis que j’ai décliné son invitation, elle ne me parlait plus de sexe, ne m’envoyait plus de photos, et a cessé de me faire des remarques au sujet de ses seins. Les signes de la diminution de son intérêt étaient subtils mais ils étaient là. Je ne les avais juste pas constatés.

Ce n’est pas la première fois qu’une fille met fin à notre relation d’amitié après que j’ai décliné ses avances. Mais les circonstances étaient différentes. Avec Daniella, c’est parce que je me bornais à rester dans la friendzone. Quant à Océane, c’est pour lui avoir dit que je n’étais pas à l’aise avec le fait qu’elle avait bu, ni qu’elle voulait tromper son amoureux avec moi. À elles, j’ai carrément dit non. Il est donc normal qu’elles ne l’aient pas digéré. Mais dans le cas de Noémie, c’était différent. J’ai seulement remis ça à plus tard, à une date qui me conviendrait mieux. J’étais tellement certain que notre complicité était grande, que notre attrait l’un pour l’autre était fort, que jamais je n’ai imaginé que son offre entrait dans la catégorie Maintenant ou jamais !

Et c’est là que j’ai enfin compris deux leçon que j’aurais dû apprendre il y a longtemps : La première: Dès qu’une amie s’offre à toi sexuellement, la relation d’amitié se termine là. Et la seconde: L’intérêt d’une femme vient avec une date d’expiration. À partir de ce point, tout dépendant si tu lui répond favorablement ou non, ou bien vous serez amants, ou bien vous ne serez plus rien.

Dernier coup de théâtre à mon travail.
Le 16 avril, dix jours après avoir décliné l’offre sexuelle de Noémie, mon agence m’annonce que je serai relocalisé à Cap-Deroux, la ville voisine de Saint-Ciboire-du-bout-de-Christ où habite Noémie. Je reçois même mon horaire de mai, et je constate que contrairement à mon CHSLD actuel qui me donne de huit à onze quarts de travail par semaine (ce qui donne un excellent salaire, mais ne permet aucune vie sociale), celui-là ne m’en donne que de trois à six. Encore heureux que j’ai consacré mes chèques de paies précédents à rembourser la totalité de mes dettes.

Mais un autre 24h plus tard, on m’apprend que finalement, après avoir fait les vérifications, mon CHSLD a réalisé que j’avais mon diplôme. Ce qui signifie que la direction voudrait renouveler mon contrat. C’est donc à moi de choisir entre rester là, ou bien partir pour aller habiter et travailler à Cap-Deroux.

Et c’est là que la réalité me frappe de plein fouet.
Je réalise que durant les quinze derniers jours, le hasard, le destin, Dieu ou peu importe, a tout mis en oeuvre pour faire une réalité de mon rêve de janvier. Celui dans lequel j’étais en relation amoureuse avec une jolie jeune femme dans la mi-vingtaine. Voyez vous-mêmes:

  • L’option automatique de Facebook Rencontre nommée Bonne Étoile m’a envoyé sur le profil de Noémie, malgré le fait qu’elle ne correspondait ni à l’âge ni à la distance que je demandais.
  • Noémie qui représente ce qui passe actuellement comme étant le summum de la beauté physique.
  • Noémie dont les 25 ans en font à la fois une adulte responsable et mature, et en même temps la plus jeune femme qu’il m’est socialement acceptable de fréquenter.
  • D’habitude, lorsque je crois que je n’ai pas la moindre chance, je n’essaie même pas. Mais là, je ne sais pas pourquoi, je lui ai tout de même écrit, au risque de passer pour un vieux pervers.
  • Et elle m’a répondu.
  • Une semaine plus tard, elle était toujours célibataire et intéressée à me connaître.
  • Car elle est l’une de ces rares jeunes femmes qui préfèrent les hommes qui ont l’âge d’être son père.
  • Nos conversations démontraient que j’avais bien plus en commun avec elle qu’avec la majorité des femmes de ma génération.
  • Bien que je restais parfait gentleman, elle devenait de plus en plus intéressée à moi.
  • Jusqu’au soir où elle s’est offerte à moi.
  • Les deux seuls côtés négatifs de notre relation sont mon horaire trop chargé, et les 2h15 de route.  Mais voilà que j’ai l’opportunité de déménager à un quart d’heure de chez elle, avec un horaire qui permet de se fréquenter normalement.

Si j’étais allé coucher chez Noémie le soir où elle m’a invité à le faire, non seulement aurions-nous encore notre relation, nous aurions l’opportunité de devenir amants réguliers, amoureux, et qui sait, peut-être même couple stable.

Comme dans mon rêve.

Ce qui signifie que Noémie était mon rêve devenu réalité. Toutes les circonstances se sont parfaitement enlignées dans ce but.

Et moi, j’ai laissé cette opportunité unique me filer entre les doigts. Parce que j’ai joué au nice guy. Parce que j’ai passé ma vie à m’obstiner à aller à contre-courant du comportement masculin normal. Parce que j’ai toujours ressenti le besoin de (me) prouver que je ne suis pas comme les autres hommes. Parce que j’essayais de bien paraître, en me montrant raisonnable et en contrôle de mes pulsions. Auprès d’une fille qui n’a jamais voulu que je sois l’un ou l’autre.

Hostie !
De calice !
De tabarnak !

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Prochain billet: C’est l’intellect qui tue l’instinct.

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QUELQUES LIENS

Océane, le billet complet.
Océane, la suite.
Comment nait la confiance en soi. (autres détails sur Océane)
Daniella, ou en ami seulement.
Le premier billet de la série de 3: L’intérêt d’une femme vient avec une date d’expiration

Noémie, ou le rêve devenu réalité. 3e partie: ça devient sérieux.

IMPORTANT. À l’exception de mes propres photos, toutes les images de cet article proviennent de sites de stock photos libres de droits. Et les noms sont changés. Ceci est dans le but de respecter l’anonymat des personnes concernées.

Samedi le 6 avril.  9e jour de correspondance avec Noémie. Hier, elle m’a dit qu’elle aurait congé aujourd’hui et qu’elle passerait la journée au lit à boire du vin. Moi, je travaille de jour, de 07h00 à 15h00. Au retour du boulot, je lui écris un petit mot à 15h40. Elle ne me répondra qu’en soirée, à 19h43.

Apparemment, elle n’a pas démordu de son idée de se saouler au vin. Quelques minutes plus tard, elle me réécrit. Pour me dire qu’elle est célibataire.

« Déchausser la chaussette » … Voilà une manière très originale pour me dire qu’elle a envie de baiser.

Et soudainement, je réalise ce qu’elle est en train de faire.

  • Elle me rappelle qu’elle est célibataire.
  • Elle sait que je sais qu’elle est seule chez elle.
  • Elle me dit qu’elle boit du vin.
  • Elle me dit qu’elle a envie de se faire sauter.

Je ne suis plus aussi naïf que dans ma jeunesse.  Je vois clairement qu’elle cherche à me provoquer, de manière à me donner envie d’aller la rejoindre chez elle. Et selon La convention sociale du « Si tu viens, tu couches », si elle m’invite chez elle, c’est pour une soirée de sexe. Même si c’est en sous-entendus, une fille ne va pas dire des trucs pareils à un gars si ce dernier ne l’intéresse pas.   

Je vérifie néanmoins auprès d’elle la signification de ce gif animé, histoire de m’éviter de mal interpréter son message.

Pour les non-initiés, la chaussette enfilée sur une poignée de porte serait le signal universel pour dire aux passants « Ne pas déranger, je baise ! » Alors voilà, c’est confirmé. Elle m’invite à aller la rejoindre chez elle. Pour du sexe. Ça me rend heureux car j’espérais que l’on finisse un jour ensemble. Je ne m’attendais juste pas à ce que ça arrive si vite.

Puisqu’elle habite loin, je calcule mentalement le temps que ça va prendre. Il est déjà 20h. Je travaillais aujourd’hui, et je ne me suis pas lavé en revenant du boulot. Et ça fait plusieurs jours que je me néglige les poils. Le temps d’une douche, shampooing, tailler la barbe, m’occuper de mes dents, m’habiller…  Même en me pressant, j’en ai pour 45 minutes avant d’entrer dans mon auto.  Donc, départ à 20h45.

La ville de Saint-Ciboire-du-bout-de-Christ, c’est à 2h15 de chez moi.  Donc, arrivée à 23h. Je ne connais pas l’adresse de Noémie, mais ça reste une petite ville.  J’imagine donc 15 minutes pour me rendre chez elle, donc 23h15. Le temps que j’entre, qu’on jase un peu, qu’elle me serve du vin, qu’on se détende puisque c’est la première fois qu’on va se voir… On devrait passer à l’action autour de minuit. Elle est jeune et pleine d’énergie, et ça sera notre première fois. Une superbe jeune femme comme elle, je veux m’assurer de lui plaire. Pour lui en mettre plein la vue, je vais sortir le grand jeu, résultat de mes 38 ans d’expériences sexuelles. Je dois donc m’attendre à ce que ça dure jusqu’à 01h30 ou 02h00. Après le sexe, il y aura un moment pour se parler, se câliner… Donc, dodo vers 2h30.

Le problème là-dedans, c’est que je travaille ensuite à 07h00.  Enlevons deux heures quinze de route, ça veut dire que je dois partir de chez elle vers 04h45. Ça signifie me lever au plus tard à 04h30. Ce qui ne me laisse deux heures de sommeil.

De plus, elle semble avoir consommé pas mal de vin.  Je ne pourrai être chez elle que dans trois heures.  Et si, en m’attendant, elle tombe endormie ?  C’est quelque chose que j’ai déjà vécu quelquefois par les années passées.  Et une fois réveillées par mon arrivée, ces femmes étaient beaucoup trop abruties par le sommeil pour avoir encore la moindre pensée lubrique, et encore moins avoir envie de moi.  Et si l’histoire se répétait ?

Tel que j’en ai parlé dans le 3e billet de la série L’Intérêt d’une femme vient avec une date d’expiration, j’ai toujours ressenti un profond malaise avec l’idée de coucher avec une femme au moment où celle-ci est en état d’ébriété. Même si elle me suppliait de la baiser ce soir, il suffirait qu’elle change d’idée le lendemain pour m’accuser d’avoir profité de son état pour en abuser sexuellement.

Bon, je sais bien que tout ceci n’est que de la vieille parano qui remonte à mon adolescence. Je sais que Noémie ne me fera pas ce coup-là. La preuve, c’est qu’elle me parle de sexe et de son attirance pour moi depuis le tout début de nos contacts, alors qu’elle était toujours sobre. Mais il reste le problème incontournable du fait que je ne pourrai dormir que deux heures avant de me taper deux heures quinze de route et huit heures de travail. Et ceci m’oblige à remettre notre rencontre sexuelle à une date ultérieure. Ce que je fais après avoir consulté mon agenda.

Maintenant que je lui ai expliqué, il ne me reste plus qu’à lui donner le goût d’attendre. Je déterre un selfie de juillet 2020.

Son avatar en guise de réponse me donne l’impression qu’elle ne va pas perdre son intérêt pour moi en attendant que nos horaires correspondent. Au moment où je m’apprête à lui souhaiter bonne nuit, elle me relance avec ceci :

Ok, là, elle ne fait plus dans la subtilité. Nous savons tous que les hommes sont visuels, faciles à allumer avec des images sexy. Alors si elle m’envoie ce selfie, c’est parce qu’elle désire que je change d’idée et que j’aille la rejoindre maintenant.

C’est tentant ! Mais si je fais ça, alors je ne pourrai dormir que deux heures. Après avoir baisé. Et probablement bu du vin. Pour ensuite devoir aller travailler pendant huit heures.

Il y a dix ans, j’étais encore tellement allumé et contrôlé par ma libido que je l’aurais fait sans hésitation.  Mais avec l’âge, la sagesse augmente à mesure que la testostérone diminue. Même si je ne prends pas d’alcool, le manque de sommeil ajouté à l’énergie dépensée feront que ma journée de travail de demain sera au-dessus de mes forces. Il ne faut pas oublier que je m’occupe physiquement de gens en perte d’autonomie. Majoritairement des gens du troisiène âge, fragiles, de santé précaire. La moindre erreur de ma part pourrait leur causer une chute pouvant entrainer des blessures graves, voire même la mort. La sécurité de mes résidents est primordiale. Je ne plaisante pas avec ça.

Mais je n’ose pas l’expliquer à Noémie. Son insistance à me tenter sexuellement, après que j’ai décliné son offre, me montre qu’elle me désire sérieusement. Voilà pourquoi je n’ai pas envie de répondre à ses avances en lui faisant subir un second revers plus direct.

Sans trop savoir quoi faire, je lui répond la première chose neutre qui me passe par la tête.

Au moins, elle le prend en riant.

J’ajoute un commentaire et j’attends sa réaction. Mais en voyant qu’elle ne répondait toujours pas au bout de 25 minutes, j’ai mis un terme à la conversation.

Je lâche le net pour me diriger à la douche. Puis, je me couche, heureux de voir que Noémie et moi avons dépassé le stade de l’amitié et du flirt pour passer à celui d’amants. Bon, nous ne le serons vraiment que lorsque nous coucherons ensemble dans un mois. Mais ça nous laisse le temps de voir comment on pourra s’arranger pour que nos horaires correspondent mieux par la suite. Par exemple, les weekends, je peux demander de travailler samedi de jour, et dimanche de soir. Comme ça, on pourra se voir de 18h le samedi jusqu’à dimanche midi. Une rencontre hebdomadaire, c’est déjà mieux qu’une mensuelle. À chaque problème, sa solution. J’ai confiance en l’avenir.

Je ne m’attendais juste pas à ce qui allait arriver le lendemain.

À suivre.

Noémie, ou le rêve devenu réalité. 2e partie, une amitié se développe.

IMPORTANT. À l’exception de mes propres photos, toutes les images de cet article proviennent de sites de stock photos libres de droits. Et les noms sont changés. Ceci est dans le but de respecter l’anonymat des personnes concernées.

Étant donné que j’ai toujours eu l’air plus jeune que mon âge (lorsque je prends soin de moi, du moins) je suis habitué à ce que les femmes aient un doute quant à la légitimité de mes photos. Aussi, bien que je sois au travail, je décide d’envoyer a Noémie un petit vidéo dans lequel je lui dis ce qui suit:

« Bonjour Noémie. Techniquement, je ne suis pas supposé utiliser mon téléphone au travail, et encore moins prendre des photos. Mais je tenais à te donner un échantillon de ma voix et de mon vocabulaire. Et en même temps, te montrer que les photos de moi que j’ai mis sur mon profil de Facebook Rencontre sont récentes. Elles ne datent pas de 2004, genre. Alors c’est ça. Bye! »

Dès le départ, elle me drague. Ça m’amuse. Mais comme je l’ai déjà écrit en 2019 en statut de Facebook, alors que l’on tentait de me hameçonner : « Je suis vaniteux, prétentieux et j’ai un ego parfois démesuré. Mais même à moi, on ne fera pas gober que je puisse plaire à une gamine de la moitié de mon âge. » N’empêche, que ce soit sincère ou bien en jeu, c’est toujours plaisant à entendre.

Ainsi commenceront 9 jours de correspondance intense dans laquelle nous aborderons plusieurs sujets. par exemple.

Sujet de conversation: NOS CONTACTS SUR FB RENCONTRES.
Et elle n’hésite pas à me montrer des captures d’écran de conversations qu’elle a avec d’autres gars, histoire de s’en moquer avec moi.

C’est du Québécois pour « Diantre, que les gens sont tarés. »

Je n’ai aucun problème avec le fait qu’elle parle avec d’autres hommes. Ce n’est pas parce qu’elle me laisse indifférent. Bien au contraire, plus on se parle et plus elle m’intéresse. Non, c’est juste que je connais très bien les filles comme elle. Et la majorité des gars qu’elles attirent sont incompatibles avec elle. Il n’y a qu’à voir les photos qu’elle met en ligne, ou les vidéos qu’elle met sur Tik Tok. Dans tous les cas, elle se fait belle, sexy, sensuelle, et elle se met en étalage. Autrement dit, elle s’offre. Et quand une fille s’offre, c’est parce qu’elle désire un homme qui va la prendre, donc un homme dominant, en contrôle.

À cause de sa grande beauté, elle attire surtout des gars qui ont tellement peur de lui déplaire qu’ils ne s’affirment pas. En plus de la considérer comme une déesse à qui ils s’offrent en tant qu’esclaves volontaires. Ce qui est totalement l’inverse de ce qu’elle cherche.

Aussi bien dire que je n’ai pas de compétition.

Sujet de conversation: LA MUSIQUE.
Voilà plusieurs années que j’ai constaté que lorsqu’une femme s’intéresse à un homme, elle lui envoie des liens vers ses chansons préférées. J’avoue que l’on n’a que peu de points en commun de ce côté-là, bien qu’elle m’ait fait découvrir un truc intéressant ou deux.

Sujet de conversation: NOS PHYSIQUES.
Là-dessus par contre, on se rejoint. Tout comme moi, elle considère importante sa forme physique et sa santé. Mais tout comme moi, elle n’arrive pas toujours à bien contrôler son appétit. Alors on échange des anecdotes, des trucs, des recettes, etc.

Sujet de conversation: LA PERCEPTION QUE LES AUTRES ONT DE NOUS.
Parce qu’elle est jeune, belle, sexy, coquette et provocante, les gens s’imaginent, au premier coup d’oeil, qu’elle est bourrée de botox, de silicone, et qu’elle gagne sa vie sur OnlyFans. Rien de plus faux. Non seulement est-elle à 100% naturelle, comme moi elle travaille dans le domaine de la santé. Et ça, c’est payant. Surtout lorsque le temps supplémentaire double nos heures de travail.

Sujet de conversation: NOUS.
Elle me fais plusieurs sous-entendus comme quoi elle me veut. Par exemple, elle m’apprend que ses deux derniers amoureux avaient près de 40 ans, alors qu’elle en avait 24 et moins. Et on se passe des interrogatoires, histoire de mieux se connaître.

Ce compliment est toujours apprécié, surtout lorsque c’est véridique.

Sujet de conversation: SES SEINS.
Elle semble en être fière. D’ailleurs, c’est toujours elle qui amène le sujet. Même lorsqu’elle commence sur un autre truc, ça y revient souvent. Par exemple :

Elle m’envoie ensuite trois selfies qui mettent au premier plan le sujet de son argument.

Les matins d’avril semblent froids à Saint-Ciboire-du-bout-de-Christ.
Il était évident qu’elle cherchait à se les faire complimenter.

Et bien sûr: LE SEXE.
J’avoue que pour ce sujet, je ressens un certain malaise. Déjà au cégep, lors de mon retour aux études alors que j’avais 28 ans, je n’osais pas trop approcher mes copines de classes. Puisque j’avais neuf, dix ou onze de plus qu’elles, l’idée de les draguer me donnait l’Impression d’être un genre de vieux saligaud. Bien que j’ai élargi ma vision des choses en matière d’âge, il reste que j’ai trente ans de plus que Noémie. C’est probablement la raison pour laquelle je tiens d’abord à ce que l’on se connaisse bien.

Et puis, des vieux qui lui courent après, il doit bien y en avoir à la tonne. Je tiens à lui montrer que je ne suis pas comme eux. Ce qui est une bonne chose, quand on considère ce truc qu’elle m’a dit:

Ce qui ne l’empêche pas de me poser des questions très directes.

Un peu trop directe pour mon confort. Non pas que je sois particulièrement prude. C’est juste que, peu importe ce que je répond, il y a un risque. Par exemple, si je décris mon idéal, et qu’elle n’y correspond pas, alors ça risque d’être la fin pour nous. Mais si je lui dis une description qui lui ressemble trop, il se peut qu’elle s’imagine que je ne sois pas sincère, et/ou que je risque de passer pour un horny bastard qui dirait n’importe quoi pour s’assurer d’avoir la fille. Quant à l’idéal sexuel, même chose. Je me suis toujours adapté aux préférences de mes partenaires, en pensant très rarement à moi. Je sais ce que je préfère, mais si je le lui dis, est-ce qu’elle va me trouver trop vanille ou au contraire trop pervers?

Et c’est la raison pourquoi je lui dis que l’on verra ça en personne. Car lorsque le désir sexuel apparait entre deux personnes, on n’a qu’à suivre ses tripes et se laisser aller par les envies du moment. Mais pour ça, il faudrait d’abord que l’on se rencontre, histoire de voir si on se désire autant en personne que via notre correspondance.

Dimanche le 31 mars, je décide de prendre l’initiative.
Je sais que nous aurons bientôt des jours de congés qui correspondent. Alors je lui envoie la proposition suivante.

Ce matin, j’ai décidé de planifier notre rencontre.  Ça va comme suit:

  • Je me lève, me refais une beauté, et je pars à 8am
  • J’arrive dans ta ville à 10am
  • On se voit au point de rencontre que l’on aura décidé 
  • On prend ton char car il a tabarnaquement plus de gueule que le mien
  • Tu me sers de guide touristique.
  • On trouve un centre d’achats, j’ai besoin d’un manteau de printemps.
  • On dine ensemble.
  • On jase et whatever jusqu’à 2pm, genre
  • Et je repars chez moi.  

Pourquoi une rencontre dîner plutôt que souper?  Parce que, après le souper, c’est le soir.  Et faire une rencontre de soir, c’est s’attendre à ce que le monsieur désire fortement jouer à touche-minou avec madame. Chose que Madame n’aura peut-être pas envie de. Tandis que là, pendant le dîner, aucune pression pour qu’il se passe de quoi ou non.  Même si tu te caressais les DD en me sussurrant sensuellement « Oh, Daddy, prend-moi sauvagement sur le bar à salade. », impossible de faire quoi que ce soit.

Ce qu’il y a de bien avec mon plan, c’est que si jamais le fait d’être en présence l’un de l’autre déclenche nos passions, il est évident qu’on va s’en foutre d’être en début d’après-midi. On ira chez elle pour baiser comme des lapins sur le Red Bull.

Les heures passent. Puis, les jours. Au fil de nos conversations qui suivent, je suis surpris et surtout déçu de voir qu’elle ne donne aucune suite à mon invitation. C’est comme si je ne lui avais rien écrit. Et ceci me porte à croire qu’elle n’a probablement pas envie de me rencontrer pour vrai, et qu’elle n’ose pas me le dire franchement. Je me contente donc de hausser les épaules en pensant « Tant pis! »

C’est dommage, quand même. Je commençais à y croire, que je pouvais plaire à une gamine de (moins de) la moitié de mon âge.

BIENTÔT: Les choses deviennent sérieuses.