Le Grand Génie inconnu… Et qui va le rester.

Si vous travaillez dans les arts, que ce soit comme illustrateur, photographe, musicien, cinéaste ou autre, alors vous avez inévitablement rencontré le spécimen suivant.  Il n’a jamais travaillé dans votre domaine, mais il vous arrive avec l’idée du siècle, un truc capable de rejoindre chaque homme, femme, enfant, trans et minéral sur terre.  Il faut juste que vous lui réalisiez son projet.  Oh, il n’a pas d’argent pour vous payer.  Mais qu’importe, puisque son idée vaut une fortune.  Il vous paiera plus tard, dès que son projet sera sur le marché et que les milliards commenceront à s’engranger. 

On a beau rouler des yeux, il reste que, qui sait, peut-être que son idée vaut la peine qu’on y jette un œil.  Vous demandez à en savoir plus.  Il recule alors et refuse catégoriquement.  Il n’est pas question qu’il vous dise quoi que ce soit de son idée géniale, VOUS ALLEZ LA LUI VOLER!  No-non, d’abord, vous devrez signer le contrat qui va vous lier légalement à lui, vous obligeant à réaliser son projet, tout en vous engageant à respecter la clause de confidentialité.  C’est seulement ensuite, qu’il vous dira de quoi il s’agit.  Deal?  Évidemment, vous refusez de signer. Personne ne serait assez fou pour aller s’engager dans un contrat légal sans savoir en quoi consiste le travail qui lui sera demandé. Il repart donc, en vous traitant de tous les noms, vous maudissant pour votre étroitesse d’esprit, gueulant comme quoi les artistes se plaignent d’être pauvres, mais dès que quelqu’un est prêt à se pencher charitablement sur eux pour les sortir de la misère, ils refusent.  Ça prouve donc une chose : Si les artistes sont pauvres et méconnus, c’est parce qu’ils le veulent.

Bon, le second paragraphe arrive plus rarement que le premier.  N’empêche que, dans un cas comme dans l’autre, en général, on décline.  Tant qu’à travailler sans garantie de revenus, aussi bien consacrer notre temps et nos énergies sur nos propres projets. 

Eh bien moi, à quelques reprises, j’ai commis l’erreur de laisser sa chance à une telle personne. Il est vrai que dans leurs cas, ile n’avaient pas laissé le projet au stade de mystère. Expliqué en détail, celui-ci semblait exceptionnellement prometteur.

Maintenant, si je dis que c’était une erreur, c’est parce que je me suis rendu compte en travaillant avec eux que le fait d’être capable de produire un concept viable, ça ne veut pas dire pour autant que la personne aura une attitude professionnelle.  Par conséquent, je n’ai pas su saisir à temps les signes qui auraient dû me sonner une alarme dans la tête.  Ou lever un Red Flag, comme le dit l’expression populaire. Mais d’un autre côté, perdre mon temps avec eux, ça m’a permis d’apprendre à la dure à les reconnaître, ces signes, 

RED FLAG : Il est hargneux à la limite du haineux.
Visitez son Facebook, ça va se voir tout de suite.  Alors que certaines personnes vont poster des nouvelles dénonçant des abus de toutes sortes, lui va prendre une nouvelle anodine, genre « Facebook atteint 2 milliards d’utilisateurs », et la postera en écrivant un truc du style de « Je chie sur Zuckerberg! » Et regardez ce qu’il a mis dans sa section des citations.  Dans toute l’histoire de l’humanité, des milliers de gens ont dit des millions de choses positives et inspirantes.  Or, lui, il a mis un truc du style de « Je ne tuerai jamais personne, sauf si la personne me fait chier. (Trey Parker) »

Pourquoi est-ce un problème?
Lorsqu’une citation nous accroche, c’est parce que celle-ci nous parle. Parce qu’elle s’accorde avec nos valeurs profondes. Parce qu’elle est le reflet de notre personnalité. Parce qu’on s’y reconnait, ne serait-ce qu’au niveau du subconscient. Dans le cas de cette citation en particulier, sans pour autant croire que la personne qui l’a mis sur son Facebook serait capable de se rendre jusqu’au meurtre, il reste que ça démontre une personnalité revancharde. Le genre de personne qui cherche toujours une excuse pour se justifier dans son désir d’attaquer autrui. Quitte à provoquer soi-même le conflit, même si on ne trouve que des détails anodins pour le faire.   Quand la personne est comme ça, nul n’est à l’abri de ses attaques et de ses campagnes de salissage. Incluant ls gens qui ont le pouvoir de faire de vos projets un succès.

RED FLAG : Il vous dit « J’aimerais ça, faire __________! »
« J’aimerais ça, savoir dessiner. »   « J’aimerais ça, jouer de la guitare. »   « J’aimerais ça, perdre du poids. »  Constatez que dans tous les cas, jamais il ne dit qu’il aimerait apprendre à dessiner, apprendre à jouer de la guitare, apprendre ce qu’il faut faire pour perdre du poids.

Pourquoi est-ce un problème?
Déjà là, inconsciemment, il vous dit qu’il n’est pas prêt à investir l’effort requis pour apprendre.  De toute façon, quelqu’un qui veut vraiment savoir dessiner ou jouer d’un instrument, il dessine et il joue.  Mal, certes, mais il le fait, par lui-même, et c’est comme ça qu’il apprend.  Et puis, ça fait quoi, 25 ans que Google est notre ami?  Quand une simple recherche peut nous donner des centaines de sites avec tous les renseignements requis pour atteindre notre but, on n’a aucune excuse pour demander à un autre de le faire à notre place.

RED FLAG : Ses projets demandent plus de ressources qu’il n’en a accès.
Avoir l’idée du siècle, c’est facile. La réaliser, un peu moins.

Pourquoi est-ce un problème?
S’il ne vous propose que des projets qui sont hors de sa portée, alors il est évident qu’il perd son temps et qu’il va vous faire perdre le vôtre.

RED FLAG : Il a des attentes irréalistes… Et il les délègue. 
Je me souviens de l’un d’eux pour qui on tournait un court sketch. Il s’était mis en tête que son projet méritait d’avoir des commanditaires. Il m’a donc chargé d’aller visiter les commerçants du quartier pour leur demander de l’argent en échange de publicité dans notre sketch. J’ai particulièrement aimé son « Va voir le gérant du McDo et demande-lui 2 ou 3 containers de 5 litres de café gratuit pour l’équipe de tournage. »

Pourquoi est-ce un problème?
Le problème réside surtout dans le fait que son implication dans les aspects les plus difficiles du projet se limite à dire aux autres de les faire. Cette manière de travailler ne sert qu’à lui. Car si tu réussis, alors il en prend le crédit puisque ça prouve qu’il est un excellent directeur. Et si tu échoues, alors il s’en lave les mains puisque c’est ta faute et non la sienne.

RED FLAG :  Il n’a aucune expérience du milieu, donc il n’a aucune idée de ce que son projet implique en dépenses, en temps et en travail.
J’en ai rencontré un comme ça. Le gars avait un projet de pièce de théâtre qui, et je cite, allait arranger les erreurs qui sont trop souvent commises sur scène, et qui ennuient le spectateur. Les erreurs, selon lui, résidaient dans le fait qu’il n’y avait qu’un décor, s’il y en a pour commencer. Et ensuite, de un à six comédiens, ce n’est pas suffisant. Il me parle alors de son projet de pièce dans lequel le personnage voyagerait à travers des dimensions parallèles, et rencontrerait huit peuples extraterrestres différents. Et il prévoyait plus de 20 décors géants et mobiles, actionnés par des gens derrière le décor. Du jamais vu!

Pourquoi est-ce un problème?
Si c’est du jamais vu, c’est qu’il y a une raison. Vous ne vous êtes jamais demandés pourquoi un humoriste ne fait ses tournées qu’avec un minimum de gens, d’accessoires et de décor? C’est parce que plus le spectacle est élaboré, plus ça coûte cher, et plus petit est son revenu. Voilà pourquoi il n’est pas rare que l’artiste fait sa tournée seul dans son véhicule, et souvent dort dedans. Comme ça, ses dépenses se limitent à l’essence, sa nourriture et la location de la salle de spectacle et les employés sur place (son, éclairage, régie de plateau).

Alors l’autre, là, avec ses 20 décors à transporter qui vont nécessiter 2-3 camions et 40-à-50 personnes à loger, nourrir et payer, il faudrait qu’il fasse salle comble au stade olympique (location du stade: $12 000 par jour) pour commencer à faire des revenus.

RED FLAG : La qualité de son travail n’est pas à la hauteur des échantillons de son CV.
Un gars m’a amené une BD qu’il avait fait. Le dessin était amateur, mais ça importait peu car l’idée était de me montrer ce qu’il savait faire en tant que scénariste. Et en effet, c’était un bon scénario, bien monté, qui suit une formule populaire. Bizarrement, la qualité de tout ce qu’il m’a pondu par la suite allait de nulle à médiocre. Et pour cause: Ce ne sera que quelques années plus tard que je constaterai que le scénario de sa première BD avait été plagiée d’un comic de la série Archie.

Et il avait remplacé tous les personnages par des gens qu’ils connaissait… Sans leur demander.

Pourquoi est-ce un problème?
Parce que quand on investit temps et argent dans les projets des autres, encore faut-il que le projet en question soit rentable. Et il n’y avait rien à tirer des merdes qu’il était capable de produire par lui-même.

RED FLAG : Il plagie. (Encore faut-il s’en rendre compte dès le départ)
J’ai eu un scénariste extraordinaire qui est venu me voir à ma table lors d’un événement BD avec l’idée du siècle : Des albums qui vont parodier les films de la série Star Wars. Son raisonnement était simple et contenait une bonne part de logique : « C’est le principe de Weird Al Yankovic. Si tu produis une oeuvre originale, tu ne sais pas si elle va réussir à plaire au grand public. Tu peux perdre plusieurs années là-dessus. Tandis que si tu prends Star Wars, tout le monde connait ça, Et puisque tout le monde aime l’humour, alors voilà, succès assuré. »

Puis, il me donne les grandes lignes de son scénario et des blagues de sa parodie de Star Wars. Et il se trouve que je les connaissais toutes. Il n’a fait que reprendre celles des parodies de Star Wars publiées dans le magazine Mad.

Pourquoi est-ce un problème?
C’est quand même ironique que celui-là même qui me sort l’argument de « ne pas perdre mon temps à dessiner une série sans savoir si elle sera populaire ou non » tient à me faire perdre mon temps à dessiner une série qui sera impopulaire pour cause de plagiat total.

RED FLAG : Il brûle des étapes.
Un ancien collaborateur était tellement pressé de réaliser son projet qu’il nous a fait commencer à filmer avant même d’avoir fini le premier tiers de son scénario.

Pourquoi est-ce un problème?
Parce que quand il se remettait à l’écriture du scénario, il trouvait toujours une nouvelle idée géniale demandant de réécrire les scènes déjà tournées.  Ce qui signifiait qu’il avait passé plusieurs jours à faire travailler bénévolement trois comédiens, une preneuse de son, une perchiste, deux caméraman et un accessoiriste.  … Pour rien !

RED FLAG : Sa façon de résoudre un problème, c’est insister jusqu’à ce que l’autre cède.
Autrement dit, ne pas respecter les limites de l’autre.

Pourquoi est-ce un problème?
Parce que dans le langage légal, il y a un mot qui décrit ce genre d’insistance: Harcèlement.

RED FLAG : Il devient votre coach / manager sans vous en parler, et prends en votre nom des obligations sans vous demander votre avis.
Revenons à mon cinéaste amateur. Histoire de pouvoir les utiliser plus tard dans ses projets, il s’est lié d’amitié avec une équipe de tournage. En entendant qu’il leur manquait un acteur, il a sauté sur l’occasion pour bien paraître à leurs yeux: il leur a vendu mes services en vantant une grande expérience sur scène que je n’avais même pas. Il est vrai que j’ai été plusieurs fois figurant muet dans des films et séries télé, mais là s’arrêtait mon expérience. C’est tout fier de lui qu’il m’annonça que l’équipe de tournage m’attendrait le lendemain matin. Mon choix se limitait donc à refuser et décevoir tous ces gens qui comptaient sur moi, ou bien le faire.

Pourquoi est-ce un problème?
Ce genre de personne ne voit pas que tu as une vie, des obligations, des projets. Il ne lui vient pas à l’idée que si tu n’exerces pas le métier d’acteur, c’est parce que tu n’as aucun intérêt ni talent dans ce métier. Tous ces détails ne lui importent pas. Dans sa vision étroite et narcissique, les gens sont comme des choses : disponibles pour lui à tout moment pour qu’il les utilise à sa guise.

RED FLAG : C’est le Messie.
À l’entendre, tous les gens impliqués dans son projet lui seront reconnaissant car ce sera grâce à lui s’ils seront reconnus par la suite dans le métier.  J’en ai même eu un, une fois, qui comptais offrir un rôle à Dominique Michel qui, et je cite, « Sera heureuse de travailler gratuitement pour nous puisque ça va la ramener aux yeux du public et redémarrer sa carrière. »  Je suppose que ça peut être possible, si on ne tient pas compte du fait que non seulement notre grande comédienne qui avait à ce moment-là 78 ans avait volontairement prise une retraite bien méritée, elle l’aurait prise quinze ans plus tôt si elle n’avait pas été fraudée par son comptable. 

Pourquoi est-ce un problème?
Premièrement, il n’y a rien de plus dangereux que de s’associer à quelqu’un qui croit qu’on lui devra quelque chose.  Et ensuite, son raisonnement au sujet de Dominique Michel prouve qu’il n’a fait aucune recherche à son sujet avant d’en arriver à ses conclusions erronées.  

RED FLAG : Il ne prend aucune critique négative. Et au lieu d’apprendre de ses erreurs, il les justifie.
Nous avions tourné un sketch de 15 minutes écrit et co-joué par mon collaborateur. Suite à une critique négative dans lequel on l’avait qualifié de maillon faible du tournage, il me demande ce qui ne va pas dans son jeu et son scénario.  Il s’en suivit alors l’échange suivant :

LUI : « Qu’est-ce qu’y veut dire en prétendant que mes paroles ne sonnent pas naturelles? »
MOI :  « Ben, prend juste la scène où tu réponds au téléphone.  Tu dis « Comment vas-tu? »  Ça aurait sonné plus naturel de dire « Comment ça va? »
LUI : «  Ben là!  C’est comme ça que je parle dans la vraie vie! »
MOI : « OK, je peux bien comprendre.  Mais quand on est un acteur, on doit savoir changer notre vocabulaire selon le personnage que l’on joue! »
LUI : « Mais c’est pas un personnage! C’est moi!  Pourquoi tu penses que je joue sous mon vrai nom? »
MOI : « Ok! Mais les gens ne savent pas comment tu parles dans la vraie vie. »
LUI : « Ben là! C’est à eux-autres de comprendre. »

Pourquoi est-ce un problème?
Je crois que nous sommes tout familiers avec le proverbe qui dit que ceux qui oublient l’histoire sont condamnés a la répéter. Peu importe la raison pourquoi il parle de manière non-naturelle, il reste qu’il parle de manière non-naturelle, et que ça dérange le public et les critiques. Puisqu’il nie le problème au lieu de le corriger, le problème va se répéter, ainsi que les critiques négatives qui vont en résulter.

RED FLAG : Il est plus revanchard que travaillant.
La semaine qui a suivi la projection publique de notre sketch, nous avons eu droit à quelques critiques suivies de quelques entrevues. Ensuite, nous devions travailler sur notre projet suivant. Il m’était malheureusement impossible de le faire se concentrer sur notre travail. Il relisait sans cesse chaque critique négative en gueulant contre. Et il lisait les commentaires des lecteurs en bas de chaque article. Il prenait en note chaque nom ou courriel accompagnant chaque commentaire négatif pour les retracer sur Facebook. Et de là, trouver leur emploi, leur numéros de téléphone et autres adresses, ce qui lui permettait parfois de trouver leurs comptes sur Kijiji et autres sites où l’on trouve les véritables coordonnées de la personne. Et il parlait de ses plans d’écrire aux employeurs, aux conjoints, aux familles de ces gens, pour écrire les pires mensonges à leur sujet, afin de ruiner leurs carrières et vies sociales. Et ses idées d’aller passer à toute vitesse sur leurs rues en lançant au passage des projectiles à travers leurs fenêtres, ou leur faire subir un vandalisme quelconque.

J’ai tenté de le dissuader en lui disant que l’enquête saura démontrer que ces gens auront tous le même point en commun: nous avoir avoir critiqués. Et cela fera de nous les premiers suspects. Sa réponse m’a donné froid dans le dos: « Oui, mais ça ne veut rien dire. Ça pourrait être un de nos fans qui qui se serait senti insulté que ces gens-là rabaissent ses idoles, et qui aurait fait ça pour nous défendre! »

Pourquoi est-ce un problème?
Premièrement, il y a qu’il mettait tout son temps et tous ses efforts dans ses plans de revanche contre ceux qui avaient commis le crime de ne pas nous adorer, plutôt que de travailler sur notre projet suivant. Une sacrée perte de temps. Et ensuite, son commentaire démontre clairement qu’à ses yeux, le public était supposé nous idolâtrer (l’idolâtrer LUI, en fait). Quiconque faisant le contraire méritait les pires rétributions. Sérieusement!

Disons que je n’avais pas tellement envie d’écrire mes projets futurs à partir d’une cellule de prison. Un caprice comme ça.

RED FLAG : Il règle ses comptes dans son oeuvre.
Il n’aimait pas sa prof de maths de son secondaire IV.  Il en a fait un personnage ridicule dans un de ses sketchs.  Et comme si ça ne suffisait pas, il a fait un truc que je ne pouvais pas imaginer qui puisse venir à l’esprit de quelqu’un rendu à 37 ans.  J’avais une console de jeu Wii.  Dans Wii Sports, il a fait un avatar de cette prof, qu’il jouait en faisant exprès de tout rater, pour ensuite nous montrer son score minable afin que l’on en rit avec lui.

Pourquoi est-ce un problème?
Parce qu’il y a une sacrée différence entre un simple règlements de compte et une obsession malsaine. Ça faisait 21 ans qu’il n’avait plus revu cette prof, et il avait encore l’esprit coincé sur elle. S’il est capable de faire ça pour elle, attends-toi à y avoir droit toi aussi, le jour où ses conneries vont vous séparer.

RED FLAG : Sa fierté est mal placée.
Je ne me souviens plus si c’était sa dette de carte de crédit ou son prêt étudiant.  Toujours est-il qu’il était endetté de quelques milliers de dollars, et qu’il avait réussi à convaincre son nouveau conjoint, un jeune homme riche, de la payer pour lui.  Ceci fait, il racontait ensuite fièrement comment il a surpris la conseillère financière lorsqu’il a dit qu’il remboursait tout en un seul paiement, alors qu’elle voulait lui proposer des versements mensuels. Et il n’avait aucune honte de nous dire que son conjoint avait payé ses dettes à sa place.

Pourquoi est-ce un problème?
Parce que se vanter d’une telle chose, c’est montrer à tous que nous n’avons aucune hésitation à exploiter financièrement les gens qui nous entourent. Bonne chance pour te trouver des collaborateurs sérieux après ça.

RED FLAG : Seules les apparences comptent pour lui.
C’était à l’époque où Candy Crush était un jeu très populaire sur Facebook.  Il avait trouvé sur le net un cheat code qui jouait à sa place et qui multipliait le score par dix.  Et non seulement était-il fier de dire qu’il avait l’intelligence de l’avoir trouvé et utilisé, il se vantait fièrement des scores de quelques millions qu’il obtenait.

Pourquoi est-ce un problème?
Parce que se vanter d’une telle chose, c’est montrer à tous que nous sommes fiers d’être des tricheurs, des arnaqueurs, des menteurs, des bullshiteux. Bonne chance pour te trouver des collaborateurs sérieux après ça.

RED FLAG : Il se met en vedette partout.
En 2011 est sorti le film québécois Funkytown dans lequel l’action se passe dans les années 70, autour de la discothèque montréalaise Starlight. Ce gars-là a réussi le tour de force d’aller interviewer les ex-propriétaires du véritable Starlight, et de les convaincre de s’associer avec les propriétaires actuels de la place pour une soirée nostalgie, avec les employés et clients de l’époque. Et il a produit un DVD de cette soirée. Jusque-là, chapeau, admirable travail.

Mais voilà, sur la pochette du DVD, il n’a rien mis qui en représente le sujet. Il n’a pas mis une photo extérieure de la disco. Il n’a pas mis une photo des gens qui s’amusent à l’intérieur. Il n’a pas mis la photo des propriétaires. Non ! C’était une photo de lui-même, tenant un micro. Pour se justifier, il disait que ça représentait bien le contenu, puisque tout le long, il est là à interviewer les clients, le personnel et les propriétaires.

Pourquoi est-ce un problème?
Imaginez l’affiche du film Star Wars qui ne serait qu’une photo de Georges Lucas. Ou l’affiche de la pièce Les Belles Soeurs, qui ne serait qu’une photo de Michel Tremblay. Ou de Starmania, qui ne serait qu’une photo de Luc PLamondon. Impensable ! Ça ne représente en rien le contenu de l’Oeuvre. Et encore, Lucas, Tremblay et Plamondon sont connus du grand public, EUX ! Ce qui n’était fichtrement pas le cas du reporter.

RED FLAG : Il demande des garanties de succès avant d’avancer, et ce sans avoir fait ses preuves.
J’ai connu un loser de ce genre-là, qui nous a cassé les oreilles pendant deux mois sur Facebook, comme quoi il était en pleine rédaction d’une histoire d’horreur. On parle ici d’un inconnu avec zéro expérience dans le milieu de l’écriture de roman ou du cinéma.  Je le précise car le premier mois, c’était sous forme de roman. Puis, le mois suivant, réalisant qu’il y a plus d’argent à faire avec un film qu’un livre, il a réécrit son projet sous forme de scénario. Puis, découragé par le temps qu’il a perdu à réécrire ce qu’il avait fait plutôt que d’avancer dans son histoire, il a demandé à ses contacts FB s’il y en avait parmi eux qui avaient des connexions dans le monde du cinéma, afin qu’il puisse leur présenter ce projet à qui il manque encore les trois quarts.  Car, disait-il, « Je ne vais pas perdre mon temps à écrire un film si personne ne va le tourner. » Deux semaines plus tard, puisqu’aucun cinéaste ne l’a contacté, il a jeté furieusement son projet aux poubelles, en gueulant contre l’étroitesse d’esprit du milieu.

Pourquoi est-ce un problème?
Ce qu’il démontre ici, c’est que sa passion, ce n’est pas l’écriture ou le cinéma. C’est de chercher la manière la plus rapide de devenir riche et célèbre. C’est la raison pourquoi il n’arrive pas à se brancher sur un projet.

RED FLAG : Il confond avoir du succès avec avoir une personnalité désagréable.
Un ex collaborateur avait pour son dire que les grandes vedettes telles Prince ou Madonna, ou même notre Michelle Richard nationale, étaient reconnues pour avoir de grands caprices et être désagréables.  Il en est aussitôt arrivé à la conclusion que si l’on veut avoir un succès semblable au leur, il fait agir comme eux. Il se permettait donc d’être exigeant, capricieux et chiant avec ses collaborateurs et ses contacts.

Pourquoi est-ce un problème?
Dose de réalité : Tu n’es pas une vedette populaire avec 30-40-50 ans de carrière derrière toi.  Tu n’es pas un grand nom qui, posé en tête d’affiche, va attirer les foules.  Tu es un inconnu qui n’a pas encore fait ses preuves.  En agissant ainsi, tout ce que tu prouves, c’est que tu n’es pas le genre de personne avec qui on a envie de travailler. Une grande vedette peut se permettre des exigences et des caprices car elles sont irremplaçables.  Toi? Non!

RED FLAG : Au premier accroc entre vous deux, il te bannit de son univers et tente de s’emparer du tiens.
Après trois ans de collaboration, nous n’avions réussi que deux de ses huit projets. Et même ceux-là étaient en perte de vitesse, à cause que ses conneries nous sabotaient sans cesse. Il m’a alors m’a demandé ce qui n’allait pas dans ses projets. Heureux de voir qu’il était enfin prêt à entendre raison, je lui ai démontré point par point, en suggérant une ou plusieurs solutions pour chacun des cas. Insulté dans son orgueil, il me bloqua aussitôt de partout. C’en était fini de notre collaboration.

Quelques temps plus tard, il a fait une soirée chez lui dans lequel il a invité tous nos collaborateurs et la majorité de mes amis. Et il a pris une photo de groupe, qu’il a mis en bannière sur son Facebook, de façon à bien me mettre en face le fait qu’il tentait de me les enlever. Ils n’ont pas été dupes longtemps. Il a ensuite tenté de me faire perdre mon emploi en écrivant à mes patrons, ce qui a foiré car ces derniers ne me reconnaissaient en rien dans ce qu’il leur a écrit. Il a ensuite essayé de refaire les projets que nous avions réussis, cette fois sans moi. Mais il n’a jamais trouvé quelqu’un pouvant faire aussi bien que moi et/ou étant capable d’endurer sa personnalité toxique. Aux dernières nouvelles, tout en se faisant vivre par son conjoint, il s’est recyclé en tant qu’auteur. En auto-édition, bien sûr, puisqu’aucun éditeur sérieux et reconnu ne peut s’intéresser à ce qu’il écrit.

Pourquoi est-ce un problème?
Le véritable problème, c’est le fait que j’ai ignoré toutes les alarmes précédentes. Parce que rendu à ce point-ci, le dommage est déjà fait.

Et j’aurais eu plusieurs autres RED FLAG dans ce genre à vous présenter: Il brûle des ponts, il fait dans l’auto-Sabotage, il fait dans l’auto-victimisation, pour attirer la sympathie, il cherche à faire de son entourage son armée personnelle, non pas pour combattre avec lui mais plutôt pour combattre à sa place, etc. Une chose demeure sure, et c’est que lorsque quelqu’un a ce qu’il faut pour faire partie d’un milieu artistique, alors il fait déjà partie de ce milieu. S’associer avec quelqu’un qui n’a ni le talent ni les accomplissements ni la connaissance ni la personnalité requise, c’est une perte de temps.

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LIENS.


J’ai déjà consacré un billet de blog au sujet de l’une de ces personnes: Clément Beaucitron, loser sans emploi. 

Pour fuir ce genre de collaboration foireuse, j’ai appris à reconnaitre 40 signes pour détecter une personne conflictuodépendante.

L’origine probable du mot québécois TARLA

La langue française au Québec, et le Joual en particulier, sont parsemés d’expressions et de mots qui ne se retrouvent nulle-part ailleurs. Il y a quelques jours, le hasard m’a fait tomber sur l’origine très probable de l’un de ces mots : Tarla.

Définition: Un tarla est une personne ridicule. Il n’est pas vraiment méchant, ce serait surtout un imbécile heureux. Un idiot qui agit en idiot sans se douter de son idiotie. Une personne bien intentionnée mais totalement ignorante. Un sans-dessein, un incompétent, un cave, qui se donne en spectacle en plein étalage de sa stupidité.

Vers 1990, l’humoriste québécois Alain Dumas a lancé une chanson intitulée Tout un tarla! , qui décrit bien ce genre d’individu.

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Si on cherche le mot tarla sur Google, voici ce que l’on trouve comme définitions. D’abord sur le Wikitionnaire: (Au besoin, cliquez sur les images pour agrandir.)

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Sur la base de données lexicographique panfrancophone:

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Sur cordial.fr:

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Sur la page Du Français au Français.

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Et enfin sur La Parlure.

Cette dernière définition ajoute qu’un tarla serait en fait le porcelet de trop dans la portée d’une truie. Je suppose qu’en cherchant loin, on pourrait faire le lien en disant qu’un tarla serait un individu qui ne trouve pas sa place en société. N’empêche qu’il n’y a aucun rapport entre ça et le degré de stupidité que les québécois associent à cette expression.

Mais alors, d’où est-ce que ça vient vraiment, tarla ?
Il y a quelques jours, j’étais sur le site de la BAnQ, la Bibliothèque et Archives Nationales du Québec. J’y parcourais les archives des journaux québécois. Je suis tombé par hasard sur cet article datant de 1965. On y parle dun comédien Français nommé Yves Tarlet. En lisant son nom, son métier et l’année de publication, j’ai immédiatement compris que j’étais fort probablement tombé sur l’homme qui fut à l’origine du mot tarla.

Cliquer pour agrandir.

J’ai voulu en savoir plus.

D’après ce que j’ai pu voir dans mes recherches à la BAnQ, Yves Tarlet était un comédien fort apprécié. De septembre à décembre 1964, on a annoncé de nombreuses fois sa venue pour janvier 1965. Puis, de janvier à septembre 1965, sa tournée à travers le Québec n’a récolté que des éloges. Chanteur, acteur, mime, clown, imitateur, l’homme avait de multiples talents et un style unique qui savait faire rire à tout coup.

Dans les années 60, sans internet, avec peu de gens qui possédaient un poste de télévision, sortir au cinéma et au théâtre se faisait de une à plusieurs fois par semaine. Ainsi, on peut aisément imaginer qu’une bonne partie de la population québécoise a eue l’occasion de voir le spectacle de Tarlet.

Trois faits me portent à penser qu’Yves Tarlet est à l’origine du mot tarla.

1er FAIT : Dans le joual, et encore aujourd’hui dans l’accent québécois en général, le son AIT à la fin d’un mot se prononce A. Ainsi, du lait devient du la, du poulet du poula, parfait parfa, frais fra, épais épa, c’est vrai c’est vra ! Ainsi, un nom comme Tarlet se prononcerait tarla. Peut-être qu’on ne le ferait pas de nos jours avec un nom de famille, puisque que notre éducation et la technologie moderne nous expose quotidiennement au Français international. Mais dans les années 60, oui, assurément.

2e FAIT : Les gens ont toujours eu pour habitude de prendre des noms propres et les utiliser comme qualificatifs. Un séducteur est un Don Juan ou un Casanova. Un homme fort est un Hercule. Un dangereux prêteur sur gages est un Shylock. Au Québec, un avare est un Séraphin tandis qu’en Europe il est un Harpagon. Toujours, ces qualificatifs s’inspirent d’un nom qui n’est possédé que par une seule personne. Et au Québec, des Tarlet, on n’en connait pas. Puisque le nom d’Yves Tarlet était sur toutes les lèvres dans le Québec de 1965, il est possible que son nom soit devenu synonyme pour une personne qui fait rire. Et que tout naturellement, dans le langage populaire, l’on dise d’une personne drôle que « C’est un vrai Tarlet. » Ou, en bon québécois, « Un vra tarla! »

De tous les temps, lorsqu’une personne manque de sérieux ou de professionnalisme dans son travail ou ses agissements, on le traite de clown, on le compare à un comédien, et on le fait avec mépris. C’est probablement de cette manière que le mot tarla a pris son sens péjoratif.

Enfin, 3e FAIT : Je n’ai trouvé aucune trace des mots tarla, tarlais ou tarlet dans les journaux avant le passage d’Yves Tarlet au Québec. En fait, la première mention date de peu après son retour en France, en septembre 1965, alors que le tournoi O’Keefe de tir à l’arc utilise ce mot dans un sens que je n’ai vu nulle-part au-delà de cet événement: Les tireurs débutants.

Et lui aussi souligne que ce mot définit d’abord le cochonnet de trop dans la portée, bien que lui sous-entend qu’une truie possède douze tétines, alors que la définition du site de La Parlure fait plutôt état de huit. Mais peu importe. À partir de ce point, si Tarlet n’a plus servi dans les médias qu’en tant que nom de famille, les variantes que sont tarla, tarlais et tarlet (avec un t minuscule) n’ont toujours été utilisés que pour décrire un imbécile.

Le premier usage écrit du mot tarla utilisé en guise d’insulte provient d’un texte rédigé en joual et publié dans le journal La Patrie. Le personnage de Ti-Clin y utilise ce mot dans plusieurs de ses chroniques. La première fois date du 3 mars 1968. Selon le texte (qui est fictif ou pas, allez savoir) ce serait en citant une phrase du journaliste Pierre Foglia.

«  -T’as rien à pondre, tarla? qu’a ajouté l’beau fin à Foglia. »

J’ai poursuivi mes recherches, remontant dans les journaux jusqu’en 1940. Je n’y ai trouvé aucun tarla. Ensuite, j’ai cherché Tarlet. Cette fois, j’ai eu beaucoup d’exemples de ce mot en tant que nom de famille. Mais aussi quelques fois dans le sens du tarla québécois. Le plus vieil exemple de ce dernier cas fut publié dans le journal Québec-Presse daté de décembre 1973. Il s’agit d’un extrait du livre Monologues, écrit par Yvon Deschamps. Il nous y livre les meilleurs monologues de sa carrière depuis ses débuts en 1968. Et dans cet extrait, on voit clairement qu’il écrit tarlets pour décrire des personnages stupides et insignifiants. Et il le fait avec l’orthographe du nom du comédien.

Dans ses monologues, Yvon Dechamps s’exprime en langage populaire québécois, en joual. Car s’il écrit tarlet, il le prononce néanmoins tarla. Voilà qui solidifie la théorie comme quoi il y a un lien entre le nom et l’expression.

Selon Wikipedia, ce monologue particulier a été enregistré sur disque en 1970.

Un artiste ne va pas se faire concurrence lui-même en mettant sur le marché un enregistrement de son spectacle pendant qu’il présente encore celui-ci sur scène. Ce n’est qu’à la fin de sa tournée qu’il le rendra disponible. Ce qui signifie que c’est au moins depuis 1969, et probablement même avant, qu’Yvon Deschamps utilise l’expression tarla dans les monologues qu’il présente au public, et dont des extraits sont cités à la télé, dans les journaux et à la radio. Et puisqu’il a connu des débuts de carrière fulgurants, il a certainement aidé à répandre cette expression dans le langage populaire québécois. Il le reprendra d’ailleurs assez souvent, entre autres dans ce numéro intitulé Les adolescents (le grand tarla).

Si ça se trouve, c’est peut-être même Yvon Deschamps qui a inventé le mot tarla, en lui donnant ce sens. Mais là-dessus je n’affirme rien, il faudrait que je puisse le contacter pour le lui demander. En tout cas, si ce n’est pas lui qui l’a créé, il est certainement celui qui l’a rendu populaire.

Bien que le mot tarla est à 100% québécois, il est ironique que dans les faits, le premier tarla était un Français.

Trois chansons de dragueurs qui racontent la même anecdote (et qui ont la même conclusion homophobe)

Il y a un nouveau scandale ces jours-ci au sujet de l’orientation sexuelle d’un personnage de fiction. Jon Kent, fils de Clark Kent et de Lois Lane, a hérité des pouvoirs de son père, et est aujourd’hui un jeune Superman. Et celui-ci est ouvertement bisexuel.

On pourrait penser que les nombreuses protestations actuelles sur le sujet démontrent que la société est encore intolérante à ce genre de chose. Or, le simple fait qu’existe ce personnage et que l’on lui donne cette orientation, ça aurait été encore impensable au siècle dernier où la bisexualité, surtout masculine, était taboue. Mais surtout, elle était vue comme étant un signe de loserisme flagrant et extrême chez l’homme hétéro.

À l’époque, on disait que c’était de deux choses l’une: ou bien l’homme était hétéro, ou bien il était homo. Il n’y avait pas d’entre-deux. Pour qu’un homme soit bi, il fallait qu’il entre dans l’une de ces trois catégories:

  • Jeune et confus, donc « ça ne durera pas. »
  • Incontrôlable obsédé sexuel pathologique qui devrait se faire soigner car il baise tout ce qui bouge, alors cachez vos enfants et vos animaux domestiques.
  • Hétéro qui n’a rien pour séduire les femmes. Il ne lui reste donc que l’option loser qui est de se payer des putes. Ou bien pire encore, l’option gratuite, qui démontre qu’il est loser désespéré trop radin et/ou trop pauvre pour se payer une femme: être obligé de s’abaisser à satisfaire ses désirs sexuels avec des hommes gais.

C’est de ce dernier point dont il est question ici.

Au Québec, sur une période de dix ans, soit de 1986 à 1995 inclusivement, nous avons pu entendre à la radio trois chansons qui racontaient essentiellement la même anecdote.  C’est-à-dire :

  • Un homme sort en boite dans le but de draguer.
  • Il décrit l’endroit, l’ambiance, les conquêtes potentielles.
  • Il tente sa chance.
  • Il accumule les revers.
  • Il n’a plus aucune autre option, à part accepter de coucher avec un autre homme.
  • Il rentre chez lui aux petites heures du matin. 
  • Et seul, parce qu’il n’est pas désespéré à ce point-là, tout de même.

La première chanson vient du Québec et les deux autres de France.  Par ordre chronologique, il s’agit de :

ARRÊTE DE BOIRE – Rock et Belles Oreilles, 1986
Rock et Belles Oreilles, ou RBO, est composé essentiellement de quatre, cinq ou six membres, tout dépendant de l’époque. Ils ont eu plusieurs émissions à la radio, à la télé, et ont composé et interprété de nombreuses chansons humoristiques qui ont eu beaucoup de succès. Leur premier fut Ça Rend Rap, jeu de mots avec Saran Wrap. Et le second, encore plus populaire que le premier, fut Arrête de Boire.

Il n’y a pas eu de vidéoclip filmé pour cette chanson.

Donc, ça commence alors que l’homme va à la disco dans le but de draguer. 

Minuit passé, quand les gens font dodo
Moi je m’en vais cruiser à la disco.

Tous les soirs je sors dans les bars.

Il commence par décrire l’endroit et les conquêtes potentielles.

Là-bas au bar, je spotte une fille
Elle me regarde, me déshabille
.

Sur le plancher de danse, je vais tenter ma chance
Avec une fille qui a l’air du sosie de Martine St-Clair

Il essaie de se rapprocher de ces femmes, et il accumule les revers.

« Salut! Tu viens souvent ici? »
« Oui mais j’pense que je r’viendrai pu. »

« Heille! Va jouer ailleurs! », qu’elle me dit
Un coup d’genou dans les parties.

Incapable de plaire aux femmes, il ne lui reste plus que l’option de se taper un gai, s’il veut satisfaire ses désirs sexuels.

J’ai tant dansé, j’ai tant cruisé, sans jamais avoir pogné
Que j’pense que j’vas virer aux gais, aux gais, aux gais.

Mais puisqu’il n’est pas désespéré à ce point-là, il rentre chez lui, seul.

Je rentre chez nous, saoul comme un trou
Je rentre à la maison, seul comme un toton.
Je rentre à la maison, me faire un Dîner Swanson.

Deux ans plus tard, deux Français nous arrivent avec une chanson qui raconte exactement la même chose. Est-ce un hasard ou bien se sont-ils inspirés de RBO? Mystère!

PANIQUE AU DANCING – Zap Shaker, 1988
Zap Shaker est un trio formé de Dominique Sylvère Jacquin et des frères Daniel et Joe Nathan Dahan. En 1989, ils changent de nom pour Sylvère et les Zap, le temps de sortir Mama Gouyé, avant de redevenir Zap Shaker, puis de se séparer en 1992. Les frères Dahan se sont fait ensuite connaître sous le nom de Trampoline. À ma connaissance, leur seul succès à avoir traversé l’Atlantique est Panique au Dancing.

L’homme va au bar dans le but de draguer.  Il commence par décrire l’endroit et les conquêtes potentielles.

Ça clope à gogo,
ça bouge sur le tempo,
ça mouille les maillots
Ça gémit, ça s’effleure

et ça s’secoue comme un shaker
Blacks, blancs, beurs.
Les jeans moulés, les minijupes,

et les Marylin et les balais
Les petits lolos, les chambre d’écho,

les dures, les très mollos
Et go go go.

Il tente sa chance et accumule les revers.

Je fonce dans le troupeau,
j’en prends une au lasso
C’est good pour le slow
J’ai la touffe d’un héros
Elle dit:  « Zappe, zappe, je suis sur une autre affaire. »
Ah! C’est la guerre!?

Je sors les dollars,
je m’pose au bar
j’ai l’œil en rut sur les pétards.
Encore un canon,

faut j’sois béton
« Hello! Je suis le champion de la super-position. »
(Panique au dancing, panique au dancing)
Elle me fait: « No comprendo! Ciao, ciao!
Et encore un bide!

Et lorsqu’il croit enfin en avoir trouvé une qui veut de lui, pas de chance, c’est un homme.

Par Belles-et-putes, v’la une comète.
Faut pas qu’je foire, faut j’me la mette.
L’air Sainte-Nitouche.  Mes seins, pas touche…
Ça y est, j’ai une touche! 

« Alors baby, would you light my fire? »
« Bien sssûr, beau garçççon! »
Aaah merde! Un travelo!  La queue d’la comète.

Et au matin, il rentre chez lui bredouille.

J’me casse, eh!  Cinq heures du mat, Paris s’éveille.  Pas de « Crac! Boum! Hue! »

Cette chanson est truffée d’amusantes tournures de phrases et de jeux de mots, tels Belzébuth / belles et putes, l’étoffe d’un héros / la touffe d’un héros, superposition / super position, ou bien les capotes sont cuites.  Il y a aussi des références qui échappent au Québécois moyen.  Par exemple :

« Black, blanc, beur » ne fait pas que décrire le fait que les clients du dancing sont noirs, blancs et maghrébiens. C’était un slogan qui parlait de la jeunesse désoeuvrée dans la France des années 80, et remonterait à 1984. Il faisait référence au drapeau Français, remplaçant bleu-blanc-rouge par black-blanc-beur.  Puis, ce slogan a été récupéré dans les années 90 lors de la victoire d’une équipe de foot de France (donc de soccer) dont les membres étaient majoritairement de ces trois origines.

« Cinq heures du mat, Paris s’éveille. »  D’après la chanson Il est cinq heures, Paris s’éveille de Jacques Dutronc.

« Crac! Boum! Hue! »  D’après Les Playboys, également chanson de Jacques Dutronc, qui utilise cette onomatopée en rapport avec l’acte sexuel.

« Nous avons les moyens de vous faire danser, »  dit avec l’accent allemand, est en rapport à cette phrase entendue dans je ne sais plus trop quel film de guerre, dans lequel un membre de la Résistance se fait interroger par un officier nazi qui lui dit « Nous avons les moyens de vous faire parler. »

« You know what? I’m happy! » est un mème pré-internet.  Il s’agit d’une phrase prononcée per Droopy, célèbre chien d’allure dépressive de dessin animé, créé en 1943.

Vers le milieu des années 90, en entrevue, les membres de Zap Shaker étaient surpris que l’on se rappelle encore d’eux en rapport à Panique au Dancing.  Aujourd’hui, vu le côté kitsch, misogyne et homophobe de cette chanson, ils préféreraient probablement qu’on les oublie.

Ce qui nous amène à :

COOL BABY COOL – Roman Photo, Sorti en France en 1994, puis au Québec en 1995.
Roman Photo est un projet musical français qui a eu trois hits au milieu des années 90 avec des chansons se basant sur du sampling de succès de l’époque Disco.  Deux d’entre eux se sont rendus jusqu’au Québec. Il s’agit de Souds of Summer, puis de la chanson dont il est question ici, Cool Baby Cool.

Là encore, pas de vidéoclip tourné, seulement une version sono.

Et ici encore, même formule: l’homme va en disco dans le but de draguer.  Il commence par décrire l’endroit et les conquêtes potentielles. 

Il est tard, les cafés ont fermé.
La discothèque est pleine à craquer.
Ok, ok, j’avance, j’essuie
Le disk jockey joue du funky.

« J’essuie » comme dans essuyer des revers, je suppose. Détail original : contrairement aux deux premières chansons, celle-ci commence non pas au début de la soirée, mais plutôt alors que ça fait cinq heures qu’il est dans ce bar

Ça fait cinq heures que j’tourne en rond
Je trouve le temps vraiment trop long
Je bois des bulles de mousse et de bons tons
J’entends des « Oooh! »
Blasé de tout, soudain complètement fou.

Elle!  J’la vois, je l’appelle.
Mon Dieu c’qu’elle est belle.
Canon, une bombe, d’la vraie dynamite
Les pages centrales de « Lui » dans mon orbite
Elle me dit « Moi, c’est Claire! »
Comme l’éclair

À chacune il sert le discours / refrain qui suit :

Viens!
Prends ma main.
J’vais t’raconter l’histoire d’un amour sans retard
Sans gare, sans fard, sans part, ni désespoir
Genre de bêtises qu’on dit par pur hasard
La nuit est belle,
Tu m’ensorcelles, baby.
Surtout l’accroche de ton porte-jarretelles.
Dans mes yeux, luit, observe, c’est la lueur de mon envie
Regarde bien, au fond tu verras mon lit.

Plus le temps avance, plus il accumule les insuccès. La première à qui il sert ce refrain lui répond :

« Ah, mais tu planes, toi, ou quoi?  Salut! »

La seconde, alors qu’il dit que « ça fait six heures que j’tourne en rond », lui réplique :

« T’en fais trop, mec.  J’en ai marre. Salut! »

Et à la troisième, alors que « ça fait sept heures que j’tourne plus rond », c’est la fille qui l’approche en disant :

« Salut, moi c’est lise.  Tu viens? »

Le « Tu viens ? » sous-entend qu’il s’agit d’une prostituée.  Et ceci marque le début de son désespoir, alors qu’il commente « Ok, ok, je m’enlise. »

Apparemment, il la vire, car voici la suite et fin de l’histoire :

La fille s’est envolée
sur l’air de pas trop y toucher
Le genre de tarte à oublier.
Le plan s’évère sévère.
Mon calme a des ratés,
Je deviens cinglé
Ce soir je récidive
Je persévère sévère

« Salut mon bichon. Tu danses? »

la voix de cette dernière phrase semble venir d’un homme gai.  Ainsi, s’escalade le loserisme du dragueur : Après avoir passé plus de sept heures à draguer en vain les femmes célibataires libres, on passe à plus bas; la pute qui offre ses services.  Enfin, déchéance totale, il ne lui reste plus que des gais et/ou travelos comme option.

Ici, pas de mention qu’il rentre chez lui seul.  Mais on se doute bien que c’est le cas.  S’il a passé sept heures à draguer en vain les femmes, et qu’il a refusé de payer pour du sexe, ce n’est certainement pas pour se contenter d’un homme.

Le côté homophobe que l’on reconnaît aujourd’hui à ce genre d’histoire vient du fait qu’à l’époque, l’homosexualité était une source acceptable de moqueries.  Cette orientation était considérée inférieure, du fait qu’aux yeux de la majorité de la population, un homme, un vrai, ça baise une femme.  Et que, dans l’ignorance populaire, si un homme aime les hommes, c’est parce qu’il se prend pour une femme.  D’où ces quatre raisonnements tordus :

  • Un homme, un vrai, ça attire les femmes.  Si tu n’en attires pas, tu n’es pas un homme.
  • Un homme, un vrai, ça se voit dans son allure, qu’il est hétéro.  Si tu attires un gai, c’est parce que tu as l’air gai.  Voilà qui explique automatiquement aux yeux du public la raison de tes bides auprès des femmes.
  • Un homme, un vrai, ça baise des vraies femmes.  Si tu baises une fausse femme, donc un gai, tu es un loser désespéré.
  • Mais surtout, et c’est ce qui ressort de ces trois chansons, et c’est que peu importe à quel point il est désespéré, un homme, un vrai, ça ne s’abaisse pas à baiser avec un autre homme. Voilà pourquoi ils repartent chez eux, seuls.

Certes, il nous reste encore bien du chemin à faire pour que toutes les différentes orientations sexuelles soient normalisées, et surtout respectées. Mais quand on voit celui que l’on a parcouru depuis le début du 21e siècle, il y a de l’espoir comme quoi les choses changent peu à peu pour le mieux.

30 raisons d’avoir peur de la femme qui drague

Ça fait au moins trente ans que, autour de moi, je constate ces trois situations :

  •  Une femme qui ne drague pas sera sujette a beaucoup de drague non-sollicitée de la part des hommes.
  • Une femme qui joue à la séductrice se fera draguer peu, mais aura beaucoup d’hommes à ses pieds qui resteront à distance respectueuse.
  • Une femme qui drague directement et sans détours, ça fait reculer l’homme, le rendant hésitant, ne serait-ce que quelques instants.  Et dans certains cas, son attitude lui fera même peur.

Étrange, non?  Je veux dire, un homme qui drague peut être bien des choses, allant de lourd à ridicule à charmant.  Mais la femme?  À tous les coups, elle est intimidante.

Et je me suis rendu compte que la peur de la femme qui drague, ça nous vient probablement de la manière dont elle est représentée dans la culture.  Que ce soit à la télé, au cinéma, la littérature, les BD, et même dans quelques chansons, la drague féminine n’est jamais représentée sous un angle positif.  Par exemple, il y a : 

1) La pute.  Une belle femme drague un homme.  Il est charmé.  Il finissent au lit.  Pour lui, c’est l’amour, le coup de foudre.  Une fois l’acte consommé, elle lui annonce ses tarifs.  Et là, les ennuis commencent pour lui.

2) L’infidèle.  Elle drague l’homme, l’homme est séduit.  Il l’aime d’un amour pur.  Mais voilà, en allant la rejoindre par surprise pour lui faire sa déclaration, il la voit avec son mari et leurs enfants, et constate qu’elle était en couple tout ce temps-là.

3) La libertine.  Elle le drague, il est séduit.  Puis elle le jette, et passe à un autre, puisque c’est une dragueuse en série.

4) La moitié d’un couple ouvert.  Chose qu’elle lui a caché au début, évidemment.

5) La grosse laide affamée de mâle.  Toujours habillée de manière ridicule, qui court (littéralement) après le pauvre homme qui n’est pas désespéré à ce point-là.

6) La moqueuse.  Le gars la dégoûte, mais elle sait qu’elle lui fait effet.  Alors elle le drague dans le but de se moquer de lui.

7) La bitch.  Elle drague un gars pour faire chier son mec. 

8) La dangereuse.  Elle drague un gars pour faire chier son mec, qui se trouve à être un homme extrêmement violent.

9) La voleuse faussement perverse.  Elle menotte l’homme au lit.  Il s’attend à une séance de baise mémorable.  Mais elle se rhabille, le dépouille et part, l’abandonnant là, toujours attaché. 

10) L’obsédée harceleuse.  Celle qui drague non-stop un homme qui s’en fout bien.  Révèle parfois qu’elle le prend en photo / le filme / l’espionne / l’enregistre / s’introduit chez lui, toujours à son insu.  Souvent jouée en comédie. 

11) La détective.  Elle drague activement l’homme.  Au début il résiste, mais il finit par céder.  Au moment de passer à l’acte, elle arrête tout, sort son badge et montre qu’elle a tout filmé depuis le début.  C’est une détective, engagée par l’épouse de monsieur pour le prendre en flagrant délit d’adultère.

12) La revancharde.  Elle l’a dragué.  Il a osé lui dire non.  Elle lui fera payer cette humiliation.

13) La revancharde abandonnée.  Elle l’a dragué.  Il est marié.  Il a cédé.  Il ne veut plus recommencer.  Elle le prend mal.  Elle leur fera payer cette trahison, à lui et sa famille.

14) La journaliste.  Ils se rencontrent via agence matrimoniale.  (Les scénaristes ne connaissent pas Tinder, apparemment.) Il est ébloui par une telle femme.  Il en tombe amoureux fou.  Elle est donc obligée de lui révéler qu’elle s’était inscrite dans cette agence, juste pour faire un reportage au sujet des hommes qui utilisent ce genre de service.

15) La poursuivante-fuyarde.  La classique fuis moi je te suis, suis moi je te fuis.

16) La dragueuse tardive.  Elle attend que l’homme trouve enfin la femme parfaite pour lui, pour enfin se déclarer, en général autour de la date de son mariage.  Ce qui fait que l’homme s’en va se marier sans plus trop savoir laquelle de ces deux femme il veut vraiment.

17) L’humiliante fausse fantasmeuse.  Elle drague un gars en webcam / Skype / Facetime en lui faisant accroire que rien ne l’allume plus que de regarder un gars qui se branle habillé en tutu avec un balai dans le cul.  Lorsqu’il s’exécute, elle lui montre alors qu’elle n’est pas seule.  Derrière elle, leur 57 camarades de classe et/ou collègues de travail n’ont rien perdu de la scène.

18) La femme fatale (version classique).  Qui drague un homme, en fait sa marionnette, se fait tout lui payer, avant de le jeter.

19) La femme fatale (version moderne). Qui drague un homme, le marie, tombe enceinte de lui, pour ensuite le quitter, prendre la majorité de ses biens, et lui coller au cul une abusive pension alimentaire.

20) La cougar.  Belle femme mature qui drague le jeune homme, par jeu.  Il est séduit, mais elle le largue, elle n’a jamais été sérieuse.

21) La vieille peau. Pareil que l’exemple précédent, sauf qu’elle est sérieuse, très vieille et ridée, et le jeune homme est épouvanté.

22) La déshabilleuse faussement exhibitionniste.  Elle drague un homme dans un parc, une plage, ou tout autre endroit public, et l’incite à se mettre nu.  Puis, elle lui vole ses vêtements et fuit, le laissant là, à tenter de rentrer chez lui tout en évitant les gens et la police.

23) L’ivre déprimée.  Elle drague l’homme.  S’il résiste, elle lui fait une crise de déprime.  S’il cède, elle l’accuse le lendemain d’en avoir abusé.

24) La trans pré-opération.  Jamais l’homme ne s’est fait draguer par une si belle jeune femme.  Il en tombe amoureux fou.  Au moment de passer à l’acte, surprise : Elle est encore plus virile que lui.

25) Celle qui tombe enceinte.  Ou bien elle ne veut rien savoir de l’homme qui veut pourtant prendre ses responsabilités envers elle car il l’aime.  Ou bien au contraire elle piège l’homme dans une relation, alors qu’il n’en voulait que comme histoire d’un soir.

26) La mineure secrète.  Ils se rencontrent, elle le drague, elle lui ment sur son âge.  Ils finissent ensemble.  Éventuellement, les autorités et/ou de la famille de la fille apprennent à l’homme qu’elle est mineure, et là ses ennuis commencent.

27) La résignée.  Lorsque cet homme l’a draguée, elle lui a ri au nez.  Elle en préfère un (ou plusieurs) autres.  Lorsque celui (ou ceux) qu’elle préfère(nt) la rejette, elle se résigne à aller draguer le premier homme, juste parce qu’il est mieux que rien.

28) La résignée temporaire.  Comme la précédente, à ceci près que maintenant qu’elle est en couple avec lui, elle revient à sa mentalité précédente lorsqu’elle a une opportunité avec le genre de gars qui lui plaît vraiment.

29) La petite jeune salope briseuse de ménage.  C’est une superbe nymphette nympho de 18 ans et trois minutes.  Contre toute logique, elle drague cet homme, père, marié et de 20 ans son ainé, et elle ne fait pas dans la subtilité.  En général, elle le drague en se mettant nue avant d’aller le rejoindre par surprise au lit / dans la douche / au supermarché.  Il cède.  Ça s’apprend, et il perd tout : Femme, enfants, maison, amis, carrière…

Ça m’étonnerait qu’il y ait beaucoup de femmes parmi les scénaristes qui écrivent ce genre de personnages.  Ceci dit, il n’y a pas que dans la fiction que la femme qui drague est présentés sur un angle négatif.  Par exemple, deux ou trois fois par année, dans les médias, on nous parle de:

30) L’éphébophile.  C’est à dire l’institutrice qui a eu une liaison avec l’un de ses élèves mineurs.

Ça nous fait constater que depuis la naissance, nous avons été bombardés d’exemples montrant que lorsque la femme drague, ce n’est jamais dans un cadre moral, ni pour des raisons positives.  Et quand un homme se laisse draguer par une femme, il finit toujours par le regretter amèrement. 

À force d’être conditionné à voir la femme sous cet angle tout le long de sa vie, il n’est pas étonnant que l’homme puisse avoir le réflexe de se méfier du désir féminin.  Et même, dans certains cas, de développer une peur envers la femme qui drague.

Par conséquent, lorsqu’il a envie d’amour et de sexe, il s’impose à la femme qui ne drague pas. Donc une qui n’est probablement pas intéressée.  Et puisque la même culture populaire qui nous apprend à fuir la femme qui drague nous apprend également à insister auprès de la femme non-intéressée jusqu’à ce qu’elle cède, c’est là que l’on réalise que l’on nous apprend en fait à à fuir le consentement sous toutes ses formes.

Bref, que la culture populaire est en fait une culture de viol.

Dick Pics: La chanson des pénis laids

Inspiré d’un phénomène trop souvent vécu par les filles et les femmes, voici la chanson Pénis laid du populaire groupe Les Bite Seules.

Un pénis laid vient d’apparaître dans ma conversation
Sans que ça ait rapport à notre discussion
Il l’a sorti et l’a pris en photo
Pour me dire « Allo! »

Ce matin c’était un autre gars, cette fois sur Tinder
Qui me montrait qu’il était prêt, déjà d’bonne heure
En pensant que ça ferait mon bonheur
Pourquoi font-ils ça? C’est loser!

Pénis laid, t’es dans ma face, t’es sur mon cell
C’est c’qu’envoient ces gars à toutes les filles
Pour dire qu’ils les trouvent belles.

Un pénis laid, c’est un pompier qui me montre son boyau.
C’est un artiste qui voudrait tremper son pinceau
C’est un boucher qui veux j’goûte sa saucisse
C’est gossant en Christ!

(Bout musical où s’enchaînent plein de dick picks)

Pénis laid, au garde-à vous, j’te vois partout
Sur facebook dans messenger
Mais pourquoi? C’est loser!

Derrière les arbres au beau milieu d’un parc achalandé
Un comptable est en train de se déculotter
Il se déplace pour me montrer qu’il est,
En train d’se branler

Dans son auto un monsieur vient me demander son chemin,
Tandis qu’il tient son engin bien dur à la main,
On dirait que ça l’excite de m’faire peur.
Pourquoi font-ils ça? C’est loser!

Penis laid, partout où j’vais, tu apparais
Le pâtissier qui montre la baguette
L’étalage de quéquettes

Penis laid qui veut me montrer qu’il est gros
Le plombier qui me montre son tuyau
Penis laid!

Le Petit Lexique Québécois-Français

Pour une raison qui m’échappe, bien que ce blog soit québécois, 87% de mes lecteurs sont européens.  Par conséquent, il arrive parfois que le sens de mes élucubrations leur échappe.  Pour remédier à la situation, j’ai décidé d’écrire ce billet au sujet de mots et d’expressions que nous utilisons des deux côtés de l’Atlantique, MAIS qui n’ont pas le même sens selon le pays.  C’est parti:

AGACE
France: Du verbe agacer, déranger.
Québec : Allumeuse, diminutif du terme « agace-pissette ».  Terme péjoratif utilisé par frustration et mépris.
Usage : « C’te fille-là a passé la soirée à me parler de cul, sans jamais vouloir rien faire après.  C’t’une hostie d’agace! »

ARRACHER
France: Séparer de force.
Québec : Séparer de force, avoir de la difficulté, en avoir bavé.
Usage : « J’en ai arraché au test de maths ce matin. »

AVOIR LE FEU AU CUL
France: Être excité sexuellement.
Québec : Être enragé, frustré, de très mauvaise humeur.
Usage : « Ma belle-mère m’a insulté hier, ça m’a mis le feu au cul pour toute la soirée. »  

BARRER
France: Se barrer = partir.
Québec: Verrouiller, coincer, exclure.
Usage: « Barrer la porte. » = Verrouiller la porte.
« Barrer le char. » = Verrouiller les portières de l’auto.
« Avoir le dos barré. » =
Avoir le dos coincé et très douloureux.
« Tu ne le reverra plus ici, il est barré. » = Il est banni, exclus.
« Non mais t’es pas barré, toé! » = Tu n’as aucune retenue, tu es sans-gène.

BATTERIE
France: Tambour pour orchestre.
Québec: Pile électrique.  De l’anglais battery.
Usage: « Ma flashlight marche pu, faut changer les batteries. »
Mais on l’utilise aussi dans le sens français: « Je joue de la batterie pour l’orchestre folklorique Turtle Scrotum. »

BAVEUX
France: Qui dégouline: Verre baveux, omelette baveuse.
Québec: Un insolent provocateur.
Usage: « Il vient de m’envoyer une photo où il embrasse mon ex, le p’tit baveux. »

BEIGNE
France: Gifle.
Québec: Beignet, donut.
Usage : « Homer Simpson mange des beignes. »
Le mot change de genre selon le continent.  En France, pour la gifle, on dit une beigne, alors qu’au Québec, pour le donut, c’est un beigne.

BEU
France: Cannabis.
Québec: Policier, vient de bœufs.  Jusque dans les années 70, l’un des critères relatifs à l’embauche des policiers était que le candidat devait être imposant, baraqué, fort comme un bœuf. Aujourd’hui, cette discrimination est interdite.  Bref, les policiers sont donc devenus les bœufs, prononcer beux, et par extension un policier devient un beu. 
Usage : « Fuck! Les beux! » = 22!  V’là les flics!
En France, le genre de beu est féminin.  De la beu = de la marijuana.
Si un français offre « un pet de beu » à un québécois, ce dernier se demandera bien pourquoi on lui offre une flatulence de policier.

BIENVENUE
France: Mot que l’on dit en accueillant quelqu’un.
Québec: Mot que l’on dit en remerciement de s’être fait remercier.  
Usage : « Merci pour les cadeaux. »  « Bienvenue! » 
Vient de l’usage anglais de dire « You’re welcome! » en réponse à « Thank you! » 
Mais on l’utilise aussi dans le sens français:  Bienvenue sur mon blog.

BLONDE
France: Femme aux cheveux blonds, idiote, bière, cigarette au tabac clair.
Québec: Femme aux cheveux blonds, idiote, bière, amie de coeur. 
Usage :  « Ma blonde. »  Amie de coeur.  Comme dans la chanson Auprès de ma blonde. 
« Joke de blonde. » = blague dans laquelle le personnage, une femme blonde, fait preuve d’une grande idiotie.  En général, il s’agit des même vieilles blagues qui se transmettent d’une génération à l’autre, en changeant le sujet selon la tendance de l’époque.  Par exemple, dans les années 70, ces mêmes blagues mettaient en vedette des belges en Europe, et des newfies (Habitants de Newfoundland / Terre-Neuve) au Québec.

BROSSE
France: Instrument à poils ras qui sert à frotter, polir, démêler.
Québec: Pareil.  Mais aussi une cuite. 
Usage : « J’ai viré une méchante brosse hier. » = J’ai pris une sacrée cuite la veille.

BOSSER
France: Travailler.
Québec: Se prendre pour le patron (sans l’être nécessairement), prendre le contrôle de façon malvenue, abuser de son pouvoir.  Vient de l’anglais boss
Usage : En France: « J’ai bossé tout l’été. » = J’ai travaillé tout l’été.  
Au Québec: « Je me suis fait bosser tout l’été. » = Je me suis fait abusivement donner des ordres tout l’été.
Mais on l’utilise aussi dans le sens de « bosseler »:  Par exemple sur une carrosserie: « T’as-tu fini de bosser mon auto avec ta pelle? »

JE SUIS BOURRÉ
France: Je suis ivre
Québec: J’ai trop mangé.
Usage : « J’ai abusé du buffet, hostie qu’chus bourré! »

BRANLER
France: Masturber.
Québec: Hésiter, trainer.
Usage : « C’est un mauvais employé, il branle dans le manche. »  L’expression branler dans le manche vient du levier de vitesse qui, sur les plus vieilles autos, ne fonctionnent plus très bien, et vibrent anormalement.
Mais on l’utilise aussi dans le sens français: « Je me branle sur des photos cactus. »  Oui, bon, à chacun ses fantasmes, quoi.

ELLE EST BONNE!
France : Elle est baisable.
Québec : Elle est compétente (femme), elle est drôle (blague), elle est délicieuse (nourriture).
Usage : Généralement, on ne met pas le sujet, réduisant l’expression à « ‘Est bonne! »

BOULES
France : Paire de couilles.
Québec : Paire de seins.
Usage : La phrase « La danseuse nue a de belles boules. » exprime sa féminité au Québec et sa masculinité en France.

BAS
France : Le contraire de haut, évidemment.
Québec : Opposé de haut, ainsi que… Chaussettes..
Usage : « Mettre ses bas » = Enfiler des chaussettes.
« Être en pied-de-bas. » =  
Se promener en chaussettes.
Truc étrange, on dit « Avoir des bas dans les pieds », et non les pieds dans les bas, ce qui serait quand même plus logique et pas mal moins douloureux.

CHAUSSETTES
France : Ce que, au Québec, on appelle des bas.
Québec : Pantoufles.
Usage : « J’ai hâte d’arriver chez nous, enlever mes bottes et enfiler mes chaussettes. »

CAISSE
France: Contenant de bois, guichet, voiture.
Québec: Contenant de bois, guichet, boite de carton contenant 12 ou 24 bières, réseau bancaire La Caisse Populaire Desjardins, aujourd’hui Mouvement Desjardins.  
Usage : « J’ai vidé une caisse de douze. » = J’ai bu douze bières.
« Faut j’passe à la Caisse, retirer. » = Je dois passer à (un guichet automatique de) La Caisse Populaire, faire un retrait d’argent.

CAPOTER
France: Faire virer une voiture à l’envers, donc sur son capot.
Québec: Paniquer, se prendre la tête, adorer, être extrêmement ravi.  
Usage : « J’ai vu mon chum avec son ex, je capote. » = J’ai vu mon ami de coeur avec son ex, je panique.
« Je capote sur lui! » = Je l’aime / l’admire / le désire.
« J’ai gagné le tirage? OUAIS, J’CAPOTE! » = Je suis extrêmement ravi.
« Le nouveau manège? Y’é capoté! » = C’est génial.
« Il t’a quitté pour une femme de trois fois le double de ton âge?  C’est donc ben capoté! »  = Étrange, bizarre, surprenant, choquant.
Variante: Virer su’l’top!

CASSÉ
France: Brisé, interrompu, contré.
Québec: Brisé, couple arrivé à terme, être financièrement fauché.  
Usage : « T’as entendu ça? Marilou et Alexandre, y’ont cassé. » = Ils ne sont plus en couple.
« Aller au cinéma? Oublie-ca, chus cassé! » = Je n’ai plus un sou.

CAVE
France: Sous-sol, remise à vins.
Québec: Sous-sol, imbécile.  
Usage : « Hostie qu’t’es cave. » = Quel imbécile vous êtes.

CHAUD
France: Contraire de froid, près du but.
Québec: Contraire de froid, ivre.  
Usage : « Y’a passé la soirée à boire, y’é chaud. »   Vient du fait que l’alcool dilate les capillaire des veines, permettant un plus grand afflux sanguin, réchauffant ainsi le visage, les mains et les pieds, qui sont d’habitude plus froids que le reste du corps.  On utilise aussi les termes dérivés chaudasse ou chaudaille.

CHIÂLER
France: Pleurer.
Québec: Se plaindre de façon constante, protester de manière insistante, faire des reproches répétitifs.  
Usage : « T’es jamais content, maudit chiâleux!? »   

CHIARD
France: Enfant, gamin, garnement.
Québec: Une tâche pénible et difficile.  
Usage : « J’ai essayé de faire moi-même mon rapport d’impôts mais c’était trop un chiard, fa que (« ce qui fait que ») j’ai pris un comptable. » 

CRISSER
France: Grincer.
Québec: Verbe à multiples usages, désignant une action brusque.  Comme beaucoup de nos jurons, crisse a des origines religieuses catholique, et vient de Christ.   Crisse et ses variantes, tout comme le mot schtroumpf dans le langage des Schtroumpfs, remplace aussi bien un nom, un verbe, un qualificatif ou une exclamation. 
Usage :  « Crisser une volée. » = Foutre une raclée.
« Crisser aux vidanges. » = Jeter aux ordures sans ménagement.
« Crisser les brakes. » = Appliquer les freins en panique.
« J’m’en crisse! » = Je m’en fous.
« Être en crisse. » = Être fâché.
« [Action quelconque] en crisse. » = Exprimer que le sujet  de discussion est de niveau supérieur, aussi bien dans le positif que dans le négatif.  Exemple: Il court en crisse = il court très vite.  Il joue en crisse = c’est un excellent musicien. Ça pue en crisse = C’est particulièrement nauséabond.
« [Action quelconque] comme le crisse. » = Contrairement à l’exemple précédent, comme le crisse n’est utilisé que pour exprimer du négatif.  Ex: Y’é lette comme le crisse! = il est très laid!
« Oreille de crisse. » = Tranche de lard séchée frite dans l’huile qui a pris la forme d’une oreille lors de sa cuisson.  Selon l’une des nombreuses légendes sur l’origine du nom, ça viendrait de crispers (croustilles) mal interprété en Christ ears, et traduit comme tel.
« Ça goûte le crisse. » = Ça goûte mauvais.
« Un crisse de bon deal. » = Une très bonne affaire.
« Au plus crisse! » = Le plus rapidement possible.
« P’tit crisse. » = Petit voyou, garnement.
« Elle m’a crissé-là! » = Elle a rompu avec moi.
« C’est crissement l’fun! » = C’est vachement amusant.
« Mon char est décrissé. » = Mon auto est démolie.
« Décrisse d’icite! » =
Veuillez s’il vous plaît évacuer céans dans les plus brefs délais.
Mais on l’utilise aussi dans le sens français: « La neige crisse sous mes bottes. »

CROSSE
France: Partie postérieure d’un fusil.
Québec: Partie postérieure d’un fusil, bâton de hockey, sport (la crosse ou lacrosse), branlette, arnaque. 
Usage :  « Cette annonce, c’est une crosse. » = Cette publicité est une arnaque.
« Tu suces-tu ou tu crosses yink? » (Yink = rien que) = Pratiques-tu la fellation sur ton partenaire ou bien ne fais-tu que le branler?

CHAR
France:
 Moyen de transport individuel de l’époque romaine, tiré par un ou plusieurs chevaux.  Ou alors: Char d’assaut, un tank.  
Québec: 
Automobile.
Usage :
« J’ai pogné un accident, mon char y’é toutte décrissé. »
Jusque dans les années 70, il y avait d’autres expressions telles:
« Le gros char. » =
Le train.
« Le p’tit char. » =
Le tramway.
« La track des chars. » =
Le chemin de fer.
« C’est pas les gros chars. »  
Se dit de quelque chose qui a peu de valeur, qui est de mauvaise qualité.

CULOTTE
France: Sous-vêtement féminin.
Québec: La petite culotte = sous vêtements féminin, tandis que les culottes, au pluriel = Pantalon pour hommes.
Usage : « J’me suis assis sur du goudron, j’ai toutt’ taché mon fond d’culottes. »
À l’époque où seuls les hommes portaient le pantalon, on disait de la mégère qui dominait son mari que « C’est elle qui porte les culottes dans le couple. »  On utilise encore l’expression « Mettre ses culottes! » pour dire faire un homme de soi.

CARTABLE
France: Mallette pour documents.
Québec: Classeur à anneaux.
Usage : « Mettez vos feuilles lignées dans vos cartables. »

CHÂSSIS
France: Structure rigide sur laquelle sont attachés tous les éléments d’un mécanisme.  Exemple: Châssis d’automobile.
Québec: Fenêtre.
Usage : « Y fait chaud, rouvre-donc l’châssis. »  Vient du fait que justement, tous les éléments de la fenêtre sont attachés à un châssis.

CHAUDIÈRE
France: Équipement de chauffage à l’eau.
Québec: Seau.
Usage : « Il m’a pitché une chaudière d’eau glacée su’à tête. »

DÉPANNEUR
France : Service de remorquage pour véhicule en panne.  Au Québec, on dit plutôt la remorqueuse, ou bien le towing.
Québec : Petite épicerie-bazar de quartier ouverte toute la semaine, généralement de 8 :00 à 22 :00, mais certaines chaines comme le Couche-Tard sont ouvertes 24h.  Nommée ainsi car, avant 1992, tous les commerces étaient fermés le dimanche.  Ainsi, ce commerce, ouvert 7 jours et au-delà des heures des autres commerces, dépanne en cas de besoin.
Usage : « J’m’en va chercher du lait au dépanneur. »

ÉCOEURANT
France: Qui écoeure, qui dégoûte.
Québec: Selon le contexte et l’intonation de la voix, il peut s’agir d’une situation qui écoeure, d’une personne dégoûtante, d’un truc formidable, ou bien d’un homme très admirable par sa beauté et/ou ses talents.
Usage : « Je suis écoeuré par cette société de merde. » = Être dégoûté, découragé, comme au sens européen.
« Il est écoeurant ce gars-là, à ne jamais se laver. » = Être dégoûtant.
« Il m’a menacé de tout raconter, l’hostie d’écoeurant. » = Être un salopard.
« WOW! Ces ailes de poulet sont écoeurantes. » = Formidable!  Dans ce cas-ci, formidablement délicieuses.
« As-tu vu le nouveau prof de gym? Y’é écoeurant. » = Être particulièrement beau, sexy, attirant, irrésistible.
« Ce peintre est vraiment écoeurant. » = Être extrêmement talentueux.
L’utilisation positive de ce mot au Québec s’apparente au principe comme quoi une personne et/ou une chose puisse atteindre un tel niveau de perfection qu’elle en décourage la compétition. Bref; qu’elle l’écoeure.

FINE
France: Mince, alcool (eau-de-vie de vin).
Québec: Gentille.
Usage : « T’es donc ben fine d’être venue m’aider. »
Mais on l’utilise aussi dans le sens français: « Ce mannequin a une taille fine. »

FOUFOUNE
France: Au singulier : La vulve.
Québec: Au pluriel : Les fesses.
Usage : « Papa va taper les foufounes. » = Papa va faire panpan-cucul.
Depuis 1983, on a un bar nommé Foufounes Électriques à Montréal, dont le nom fait sourciller plus d’un touriste européen qui passe par là.

FIFI
France: Neveu de Donald, frère de Riri et Loulou
Québec: Homosexuel efféminé.  Dérivatif de fifille, généralement réduit à fif.
Usage : « J’me suis fait cruiser par un fifi. »

FOURRER
France: 
Farcir une nourriture par une autre nourriture.  Exemple: Chocolats fourrés aux noisettes.
Québec:
Mettre à un endroit, arnaquer, baiser.  Pas dans le sens d’embrasser, on parle ici de l’acte sexuel.  
Usage :
« Où c’est qu’t’as encore fourré les clés? » = Où as-tu mis les clés?
« J’me suis vraiment fait fourrer en achetant c’te bazou-là. » = Je me suis bien fait avoir en achetant cette bagnole. 
« Hostie que j’la fourrerais dans l’cul, elle. » = Diantre, je ressens fichtrement le désir de copuler sodomistement avec cette demoiselle.

GALERIE
France: Endroit où on tient des expositions.
Québec: Balcon.
Usage : « La vieille d’en face passe ses journées assise sur la galerie. »
Mais on l’utilise aussi dans le sens français: « Je suis allé à l’exposition Images de Bites de Dali à la galerie d’art. »

GOMME
France: Gomme à effacer.
Québec: Chewing-gum.
Usage : « Ferme la bouche quand tu mâches ta gomme. »

GOMMER
France: Effacer.
Québec: Couvrir accidentellement quelque chose d’une substance collante ou poisseuse.
Usage : « J’ai changé ma chaîne de vélo, j’ai les mains toutes gommées. »

GOSSES
France: Enfants.
Québec: Couilles.
Usage : « L’estie d’bitch m’a calissé un coup d’pied dans les gosses. »

GRAINE
France:  Un repas, comme dans « Casser la graine. »  Ou alors un exemple à suivre, comme dans « Prenez-en de la graine. »
Québec: Miettes ou pénis.
Usage : « Mon toaster est full de graines de toasts. »
« Ta femme divorce parce que tu l’as trompée?  T’aurais dû garder ta graine dans tes culottes. »

Mais on l’utilise aussi dans le sens français, en féminin de grain.

GUGUSSE
France:  Clown, individu grotesque.
Québec: Un truc, un machin, une pièce de mécanisme, généralement de petite taille.  Mot utilisé lorsque l’on ne connait pas le nom du truc en question. 
Usage : « J’ai perdu la gugusse pour ouvrir la boite de sardines. »
À l’origine, dans les années 70, on disait plutôt gogosse, mais puisque gosses désigne les couilles, l’expression fut dévulgarisée en gugusse.

INNOCENT
France: Non-coupable.
Québec: Imbécile.
Usage : « T’as encore confondu le fer à friser avec un suppositoire, maudit innocent? »
Vient du fait que si un crime est commis par une personne atteinte d’une déficience intellectuelle, elle n’est pas en mesure de distinguer le bien du mal.  Ce geste n’étant donc pas délibérément malfaisant, il est considéré comme étant accidentel.  La personne est donc automatiquement déclarée innocente.
Mais on l’utilise aussi dans le sens français, évidemment!

LIMONADE.
France : Boisson gazeuse à saveur de citron.
Québec : Boisson non-gazeuse à saveur de citron.

LIQUEUR
France : Boisson à forte teneur d’alcool.
Québec : Boisson gazeuse, coca.
Usage : « On donne pas d’la liqueur brune aux enfants. » Car en effet, les colas foncés contiennent de la caféine, contrairement aux colas clairs, et sont donc décommandés pour les moins de 12 ans.
Mais on l’utilise aussi dans le sens français: Jusque dans les années 70, les commerces de La Société des Alcools du Québec (SAQ) se nommaient La Commission des Liqueurs.

LUMIÈRE
France: Clarté.
Québec: Clarté, ampoule, feu de circulation, phares d’auto, intelligence.  
Usage: « La lumière est brûlée. » = L’ampoule est grillés.
« La lumière verte. » = Le feu vert.
« Avance jusqu’à la lumière. » = Roule jusqu’au feu de circulation.
« Mes lumières de char. » = Mes phares d’auto.
« Hostie qu’t’es pas une lumière, toé! »  = Diantre, mais vous n’êtes point brillant, monsieur.

MEDIUM
France: Clairvoyant.
Québec: Unité de mesure équivalent à « moyen », pour la taille d’un T-shirt, ou la température sur une cuisinière.
Usage : « J’rentre pu dans des chandails médium, il me faut du large. »
Mais on l’utilise aussi dans le sens français: « Est-ce qu’on sait ce qu’est devenue Jojo Médium? »

PAQUETER
France:
Faire des paquets.
Québec:
Saouler fortement.  
Usage : 
« On s’est paqueté la fraise. » = On s’est saoulés la gueule.

PELOTE
France: Matériel compacté en une boule, généralement de la ficelle ou de la laine à tricoter. 
Québec:  Désignant d’abord le pubis, c’est devenu un synonyme de vagin.  Se prononce  plote, s’écrit souvent plotte.  Mot très vulgaire. 
Usage : « J’ai la plotte en sang. » = Je suis menstruée.
« C’te fille-là, c’t’une crisse de plotte! » = Cette fille est une salope.
« Y’a d’la plotte icite à soir. » = Je constate la présence de plusieurs femmes à cette soirée.
« Ma plotte! » = Terme macho et dégradant utilisé par certains hommes pour désigner leur amante.  D’ailleurs, en général, dans leur vocabulaire, le mot plotte remplace femme.
« Plotte à cash. » = Femme qui ne s’intéresse qu’au pognon des hommes.
« Maudite gang de plottes! » = Bande de lâches.
« J’ai la plotte à terre! » = Je suis épuisé.

PÉTARD
France: Petit explosif, joint de marijuana, parfois diminué à pet, comme dans « Un pet de beu. » 
Québec: Petit explosif, personne sexy.
Usage : « Woah! R’garde-moi l’pétard la-bas!  J’te dis que j’y ferais pas mal. »

POCHE
France: Sac, espace de rangement du pantalon ou d’un manteau.
Québec: Sac, espace de rangement du pantalon ou d’un manteau, ennuyant, scrotum, incompétent, mauvais, jeu de cornhole
Usage : « Ce roman est poche. » = Ennuyant, sans intérêt.
« Il se gratte la poche. » =
Se gratter le scrotum.
« J’ai poché mon examen » =
Avoir échoué un contrôle.
« Je suis trop poche au hockey pour aimer ça. » Je suis trop mauvais/incompétent dans ce sport pour aimer y jouer.
« Jouer aux poches. »  = Variante domestique du jeu de cornhole.  Jeu qui consiste à lancer de petites poches de sable ou de grains sur une boite de bois dans laquelle il y a plusieurs trous, généralement 9, chaque trou valant un nombre X de points.

AVOIR DU POT
France: Être chanceux.
Québec: Posséder de la marijuana.
Bien que ça s’écrive de la même façon, la prononciation est différente.  En France, c’est pô, au Québec c’est pote.
Usage : « Hey man, t’as-tu du pot? »
 Avec l’accent, ça sonne: « Heille manne, t’as-tu du pote? »

PORTABLE
France: Téléphone cellulaire.
Québec: Ordinateur à piles, laptop.
De nos jours, avec les téléphones qui ont les fonctions d’un ordi et vice-versa, le terme portable est désuet.

PQ
France: Papier cul.
Québec: Parti Québécois (politique), Province de Québec (Remplacé officiellement par QC depuis les années 80).
Usage : « René Lévesque, en tant que chef du PQ, était notre meilleur représentant au cabinet. » (Jeu de mots intentionnel)

SAOULER
France : Enivrer, et énerver.
Québec : Enivrer seulement.
Usage : « Elle m’a saoulé toute la nuit. »

SÉCHER
France : Ne pas se présenter à ses cours.
Québec : Attendre en vain, avoir été oublié.
Usage : « Elle a dit qu’elle serait là avant minuit, elle m’a fait sécher toute la nuit. »

SÉRAPHIN
France : Petit ange.
Québec : Avare, Harpagon.
Usage : « C’est pour une bonne cause, fais-pas ton Séraphin. »  Vient de Séraphin Poudrier, personnage reconnu pour sa grande avarice, créé par l’auteur québécois Claude-Henri Grignon, tiré de la série Les (Belles Histoires des) Pays d’En-Haut, d’abord écrit en romans, puis adaptés à la radio, la télé et le cinéma.

TANK
France: Char d’assaut.
Québec: Char d’assaut, mais aussi réservoir, puisque les anglais utilisent également le mot tank en ce sens.  Sauf qu’on le prononce tinque. 
Usage : « La tank à gaz. » = Le réservoir à essence.
« La tank à eau chaude. » =
Le chauffe-eau.
« Tanker »
prononcer tinqué = Mettre de l’essence dans le réservoir.

TANNER
France: Travailler dans une tannerie.
Québec: Énerver, saouler dans le sens non-alcoolique du terme. 
Usage : « Chuis tanné, là! » = Alors là, j’en ai marre.

TICKET
France: Billet de cinéma, (avoir un) ticket = plaire.
Québec: Se prononce Tsikette: Contravention.
Usage : « J’ai pogné un ticket de stationnement. »

TOTON
France: Toupie.
Québec: Sein, ou idiot.
Usage : « La chick a des gros totons! »  = Cette demoiselle a une généreuse poitrine.
 » T’es donc ben toton! » =
Non mais quel idiot!

TOUTOU
France: Chien.
Québec: Animal en peluche.
Usage : « Avec quel toutou veux-tu dormir? »

TURLUTTE
France: Fellation.
Québec: Chant traditionnel québécois utilisant des sons modulés au lieu de mots, popularisé par La Bolduc.
Usage :

UNE P’TITE BITE
France: Un petit pénis.
Québec: Équivalent de « Un peu. »
Usage : « Si je veux du pop-corn? Ouais, j’vais en prendre une p’tite bite. » Vient de la tendance québécoise à s’inspirer des expressions anglophone, dans ce cas-ci « A little bit. »
Mais on l’utilise aussi dans le sens français: « Il se disait viril…  J’ai rien senti, avec sa p’tite bite de Schtroumpf. »

VADROUILLE
France: Promenade, voyage.
Québec: Serpillière.
Usage : « Passe la vadrouille, y’a encore un saoulon qui a vomi aux toilettes. »

VIDANGES
France: Filtrer du liquide usé (eau, huile, etc) ou la remplacer par de la neuve.
Québec: Rebuts, déchets, poubelles.
Usage : « Sortir les vidanges. » = Mettre les poubelles sur le trottoir le jour du passage des éboueurs.
Mais on l’utilise aussi dans le sens français: « Chus allé au garage, faire faire la vidange d’huile sur mon char. »

VOYAGE
France: Partir à l’étranger, trip de drogues.
Québec: Partir à l’étranger, étonnement, transport de matériel.
« Un voyage de [terre, bois ou autres matériaux] » = Un plein véhicule de matériel à déplacer.
« Ah ben j’ai mon voyage! » = Ça alors, c’est pas croyable!
Dans ce dernier cas, il faut probablement prendre voyage dans le sens de voir, puisque dire « J’ai mon voyage! » signifie aussi 
« Alors là, j’aurai tout vu! »

C’est tout ce que j’ai trouvé pour l’instant.  Il ne me reste plus qu’à terminer avec cette leçon de vocabulaire tirée du film Bon Cop, Bad Cop.  Parce que toute bonne leçon de langue étrangère se doit de commencer par les jurons.

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Le premier texte viral québécois d’internet

Vous avez certainement déjà vu ceci.  Mais il y a deux choses que vous ignorez à ce sujet.  De un : Il s’agit du premier texte viral québécois sur internet.

Et de deux : C’est de moi ! 

Février 1996, Saint-Hyacinthe.  Dans ma chambre, chez mes parents, je me creuse la tête sur un travail d’école.  Pas une étude ni un devoir.  Non, je parle d’un truc vraiment  important pour le jeune wannabe-riche-et-célèbre prétentieux que je suis : Ma chronique humoristique dans le journal étudiant Vox Populi du Cégep André-Laurendeau.  

Mes trois premiers textes n’avaient récolté qu’indifférence des lecteurs.  Le 4e et dernier, par contre, intitulé « 20 éléments sans lesquels Noël ne serait pas ce qu’il est » ne cesse de me rapporter des félicitations.  Je comprends alors qu’un texte humoristique sous la forme d’une courte liste est une formule gagnante.  Je rebaptise ma chronique Le Décompte Requin Roll.  Il ne me reste plus qu’à en trouver le prochain sujet. 

Presque un an plus tôt, j’avais commencé une liste de sept noms de famille composés qui forment d’amusants jeux de mots.  Je prends le bottin téléphonique local et note les patronymes francophones qui me semblent avoir du potentiel pour en faire d’autres.  En quelques heures, ma liste passe de sept à vingt.  Je rajoute un petit commentaire amusant après chaque nom composé, et je soumet ce texte au Vox le lendemain.  Un mois plus tard, mon décompte est publié. 

1997: Je fais mes débuts sur le net en construisant ma première page web personnelle sur la plateforme Geocities.  J’y expose mes meilleurs textes et dessins, incluant les sept Décomptes Requin Roll que j’ai écrit. 

1998: On me signale que trois de mes noms composés ont déjà été faits dans les années 70  par l’humoriste Yvon Deschamps.  Je demande plus de détails à ce sujet à mes lecteurs et lectrices.  L’une d’elle me répond qu’à l’époque où les enfants ont commencé à porter les noms de famille de leurs deux parents, Yvon s’était amusé à imaginer ce que ça donnerait au bout de quelques générations, si les noms s’accumulaient :  « Moreau Bordeleau Lemoine Allaire Durant Lacasse Dubois Léger Auger Gagné Legros Montant Moran Voyer Leboeuf Haché ».  La coïncidence m’a amusé et j’ai rajouté ce fait en bas de la page de ce décompte.

Geocities et ses couleurs pétantes.

1999: Avant l’existence de Facebook, c’est via courriel que l’on ennuyait nos contacts avec des pensées du jour, des légendes urbaines, des textes drôles, ainsi que des chaines de lettres promettant que Bill Gates et Walt Disney Jr nous récompenseraient de les rediffuser.  C’est ainsi que j’ai eu la surprise de recevoir un jour mon propre texte de noms de familles.  Un visiteur anonyme de ma page l’avait copié-collé et envoyé à tous ses contacts, dont certains l’ont à leur tour envoyé à tous leurs contacts, et ainsi de suite.  Éventuellement, une de mes amies a fini par le recevoir, et me l’a envoyée. 

À l’an 2000, plusieurs connaissances me disent avoir reçu mon texte.  Sur AltaVista, le plus populaire engin de recherche pré-Google, je trouve une cinquantaine de pages web et forums qui l’affichent.  En les parcourant, je constate qu’il en existe maintenant différentes versions :

  • La version originale, avec en-tête expliquant sa provenance.
  • Une version avec un en-tête affirmant « Ce sont de vrais noms de québécois. »
  • Une version avec les noms seulement, sans les commentaires.
  • Des versions censurées, sans les combinaisons vulgaires.
  • Des versions retravaillées, sans vulgarités et en bon français.
  • Des versions allongées, qui y ont rajouté les classiques « Marin-Gouin » et « Yoland-Gingras » bien que Yoland soit un prénom.
  • Et des versions dans lesquelles d’autres s’approprient la paternité de mon texte.  

Ces dernières m’amusent moins.  Aussi, puisque de toute façon aucun de ces posts n’inclut mon nom, je commencé à écrire à chaque webmaster pour lui signaler que j’en suis l’auteur, avec lien vers l’original sur ma page.  Certains me créditent, d’autre non, alors que d’autres encore effacent le texte.   

En 2005, l’Université du Québec à Trois-Rivières publie sur son site une étude sur les aptonymes (nom de famille d’une personne qui est étroitement lié à son métier ou à ses occupations).  Elle y présente ma liste de nom comme étant le fruit d’une recherche sérieuse.  Je leur écris et rétablis les faits.  Le lendemain, leur texte est modifié.  Ils qualifient maintenant ma liste de canular d’étudiant.  Ou bien ils n’ont rien compris, ou alors mes révélations ont froissé quelqu’un.

Le début des années 2000 m’a permis de voir mon texte déborder des frontières du net et envahir d’autres médias, alors que le magazine Délire le publie dans son courrier des lecteurs.

En 2003, l’animateur Marc-André Labrosse la cite dans son émission du soir sur CKMF / Radio Énergie / NRJ. En 2005, c’est Patrice Lécuyer dans son émission du midi à CKOILa même année, ma mère m’appelle pour me dire qu’elle l’a entendue à la télé, au matin, à l’émission Salut Bonjour.

En octobre 2003, un chroniqueur du journal l’Œil Régional la publie

En septembre 2004, le même chroniqueur la publie une seconde fois, mais en version extrêmement écourtée. 

Un lecteur anonyme découpera du journal cette version, la prendra en photo et mettra l’image résultante sur le net. Tout comme ce fut le cas avec les versions précédentes, elle a fait plusieurs fois le tour de la planète.  C’est cette version qui est la plus connue aujourd’hui.

En 2012, cette image permettra à un autre chroniqueur de se faire lui aussi une poignée de change sur mon talent.

Comment est-ce qu’on se sent d’avoir créé un texte viral partagé des millions de fois dans toute la francophonie de la planète?
Tout d’abord, étonné.  Je l’ai seulement écrit, jamais distribué.  Alors qu’il ait ainsi pris vie par lui-même, ça a de quoi surprendre. 

Ensuite, je dois avouer que me suis toujours senti un peu floué.  C’est quand même chiant de voir qu’après avoir envoyé en vain mes CV à la radio, la télé et autres médias, ce sont ceux qui occupent déjà ces postes qui s’y font de l’argent avec mes écrits.   

Et malgré tout, il reste le sentiment de fierté.  Ma création est quand même active non-stop dans médias sous toutes leurs formes depuis sa création en 1996, ce qui en fait l’un des plus viraux des textes viraux, l’un des premiers à être francophones, et le tout premier d’origine québécoise. 

Et puis, ce n’est pas comme si j’avais à me plaindre.  J’ai quand même écrit régulièrement de 1988 à 2008 dans des publications telles que Wow!Safarir, Le Journal de Montréal et Summum, pour ne nommer que les plus connus.  Et mes talents d’auteur furent reconnus au point de me mériter ma propre page sur Wikipedia, ce qui est toujours bon à glisser dans une conversation quand on essaye d’impressionner quelqu’un. 

Quelques Airs Disfonction’Noël II

Parce que j’ai déjà parodié quelques chansons de Noël l’année dernière, je récidive cette année avec:

Faits Divers
Sur l’air de « C’est l’hiver » (Let It Snow)

Nous glissons sur la neige blanche
Fonçant dans les sapins verts
On a négligé de mettre nos
Pneus d’hiver, pneus d’hiver, pneus d’hiver!

En pelletant avec trop d’ardeur
Un monsieur fait une crise du coeur
une autre victime de l’hiver
Quel calvaire, quel calvaire, quel calvaire!

Le Bon Dieu dans son paradis
Doit s’amuser à rire de nous
Car lui il est bien à l’abri
Pendant qu’on se casse le cou

En glissant sur la neige blanche
Mémé tombe sur son derrière
Ça lui a fracturé la hanche
C’est l’hiver, c’est l’hiver, c’est l’hiver!

Le Party d’Bureau est Ce Soir.
Sur l’air de « Père Noël Arrive ce Soir »

On est vendredi
Tu t’en vas chez toi
Tu crois qu’t’as fini
Mais ce n’est pas l’cas
Le party d’bureau est ce soir

Le boss est gentil
Même si toute l’année
C’est rien qu’un pourri
Qui aime vous faire chier
Le party d’bureau est ce soir

Deux tickets d’alcool gratis
Tirages à toutes les heures
Le repas a cinq services
Et est servi en cinq heures

Voici le DJ
Pour mettre de l’entrain
Il joue des tounes des
Années 80
Le party d’bureau est ce soir

Si certains abusent
Des consommations
C’est juste une excuse
Pour agir en con
Au party de bureau ce soir

Et bien que ça n’te tentes pas
Tu restes jusqu’à la fin
Enfin tu rentres chez toi
À trois heures du matin.

Tu es convaincu
Qu’t’as pas eu l’air plouc
Jusqu’à c’que t’ais vu
Les photos sur Facebook
Du party d’bureau de ce soir

Ta blonde demand-e
Des explications
Et tu songes à re-
mettre ta démission
Suite au party d’bureau d’ce soir

 

Aglagla
Sur l’air de « Falala »

Le mois d’décembre est commencé
Aglaglaglagla-glagla-glagla
Dehors, la nature est congelée
Aglaglaglagla-glagla-glagla
Pour sortir, faut bien s’habiller
Aglagla, aglagla, glaglagla
Pour éviter de se les geler
Aglaglaglagla-glagla-glagla

Les bords des fenêtres ont des fissures
Aglaglaglagla-glagla-glagla
Qui laissent pénétrer la froidure
Aglaglaglagla-glagla-glagla
Qui descends la température
Aglagla, aglagla, glaglagla
Et qui fait monter la facture
Aglaglaglagla-glagla-glagla

Déglacer l’auto prend une heure
Aglaglaglagla-glagla-glagla
Et quand on entre à l’intérieur
Aglaglaglagla-glagla-glagla
C’est comme dans un congélateur
Aglagla, aglagla, glaglagla
C’est long avant qu’y’aille la chaleur
Aglaglaglagla-glagla-glagla

Il y en a que l’hiver réjouit
Aglaglaglagla-glagla-glagla
Qui font du patin et du ski
Aglaglaglagla-glagla-glagla
Mais qui finissent quand même au lit
Aglagla, aglagla, glaglagla
Avec grippe, rhume ou pneumonie
Aglaglaglagla-glagla-glagla

On veux pu d’bottes ni de manteaux
Aglaglaglagla-glagla-glagla
Ni du Celsius en bas d’zéro
Aglaglaglagla-glagla-glagla
L’été s’ra là bien assez tôt
Aglagla, aglagla, glaglagla
Pour qu’on puisse chiâler qu’il fait chaud
Aglaglaglagla-glagla-glagla

 

Grosse Ballade en Auto
Sur l’air de  « Promenade en traineau »

Il est très tôt, mon père nous amène
Chez les grands-parents.
Y’é pas trop sûr du chemin, on y va
Seulement une fois par an.
En voulant dépasser un aut’char
Mon père manque sa sortie
Nous qui devions nous rendre à Brossard
On s’retrouve à Granby.

Vire à gauche, vire à droite, vire à gauche, ohé
Où est-ce qu’on est?
Mon père y commence à s’énerver,
Sens unique, cul-de-sac, rue barrée, ohé.
On est égaré
Partout où on va, c’est de l’inconnu
On est bien perdus

Ma mère suggère qu’on aille au garage
Pour se renseigner
En entendant ça, mon père y s’enrage
Ma mère l’a insulté
Y’é capab’ de s’débrouiller tout seul
Et de trouver l’bon ch’min
mais comme y r’garde pas la route quand y gueule
On fonce dans un sapin

On avance, on recule, rien à faire, le char est… Coincé.
Il faut caller un towing qu’y vienne nous dé… gager.
Mon père est enragé, y dit que c’est d’not’ faute si le char est pogné
Si on est dans l’banc d’neige, c’parce qu’on l’a énervé.

Finalement, on réussit à trou-
ver la bonne sortie
On arrive enfin chez mes grands-parents
vers seize heures et demie
Ils disent que cette année on est tôt
et que c’est très bien.
Mais c’qu’y savent pas, c’est qu’on est partis d’chez nous
à six heures du matin
Mais c’qu’y savent pas, c’est qu’on est partis d’chez nous
à six heures du matin
Mais c’qu’y savent pas, c’est qu’on est partis d’chez nous
à six heures du matin

Les résolutions masculines de l’été.

C’est le printemps. Le beau temps arrive et vous voulez séduire cet été. Sauf qu’en vous regardant dans le miroir, vous comprenez pourquoi qu’à part le rhume, vous n’avez pas attiré grand chose depuis le début de l’année. Le bel Adonis de 18 ans que vous étiez jadis a aujourd’hui le double de son âge, mais aussi de son poids. Vous décidez alors de changer radicalement votre style de vie. Ça suffit, le niaisage! On se reprend en main.

Vous achetez un kit d’entraînement maison, vous vous inscrivez à un gym, vous suivez un régime végétarien, vous commencez à vous mettre au jogging, vous vous inscrivez à un salon de bronzage, vous achetez tout plein de supplément alimentaires en poudre pour smooties qu’utilisent les athlètes, vous achetez des rollerblades, toute une garde robe de sportif incluant short de cycliste, casque, protège coudes, protège genoux, gants, camisole Nike, et vous vous vantez d’avance à tous vos amis comment vous deviendrez une masse de muscles digne d’un dieu de l’Olympe en un rien de temps.

Premier mai
Vous vous exercez à fond. La vie est belle, la perspective de devenir Mr Univers est attirante, le moral est bon, rien ne vous semble impossible. Vous y allez fort.

2, 3 et 4 mai
Vous ne pouvez faire aucun exercice tellement vos muscles sont endoloris par les exercices du 1er mai.

5 mai
En attendant que vos muscles finissent de récupérer, vous décidez de vous mettre à la course à pieds. Vous sortez de la maison, vous virez à gauche au trottoir, vous allez droit devant vous et vous courez allègrement. Quatre minutes et deux rues plus loin, vous êtes obligé d’arrêter tellement vous n’en pouvez plus. Vous revenez à la maison en marchant tout en restant essoufflé tout le long du trajet.

Une fois reposé, vous décidez de ne pas rester sur cet échec et vous repartez de plus belle, cette fois en rollerblades. Vous partez, et revenez à la maison au bout de deux heures après avoir successivement failli tomber dans les escaliers en sortant, vous être accroché à presque tous les murs, piquets et poteaux de chez vous jusqu’à la rue, avoir foncé sur quatre personnes, deux autos stationnées et un mur parce que vous n’avez pas la moindre idée de comment est-ce qu’on freine sur ces engins de mort, être tombé sept fois dont quatre en essayant de tourner un coin de rue et enfin vous vous êtes étendu de tous votre long dans les escaliers alors que vous les escaladiez pour rentrer chez vous lorsque les roues se sont traîtreusement dérobées sous vos pieds. En plus de vous être meurtri et égratigné sur toutes les parties de votre corps non protégées, vous aurez mal au mollet pour les deux prochains jours.

7 mai
Vous allez à votre première séance de gym et vous vous sentez déjà humilié d’être le plus maigre de la place. Des bras, en tout cas, parce qu’au niveau du ventre, c’est l’inverse. Les appareils que vous voulez utiliser sont toujours pris et vous n’osez pas demander à ceux qui les utilisent de vous céder la place. Par contre, les autres ne se gênent pas pour vous dire que vous occupez un appareil qu’ils doivent utiliser maintenant. Vous sentant complètement hors de votre élément, vous ramassez vos affaires et quittez le gym sans même prendre de douche pour ne plus jamais y revenir. Dommage pour votre abonnement d’un an payé d’avance et non remboursable dans le cadre de leur spécial Abonnez-vous-pour-six-mois-et-obtenez-six-autres-mois-pour-la-moitié-du-prix-d’un-abonnement-d’un-an.

8 mai
Vous faites des exercices à la maison mais le cœur n’y est pas. De plus, votre régime végétarien vous laisse sur votre faim, ce qui joue sur votre humeur. Le soir venu, vous trichez pour la première fois votre régime végétarien.

9 mai
Quel régime végétarien?

10 mai
Ça y est, vous avez recommencé à manger comme avant. La seule chose qui change, c’est votre milk-shake aux suppléments alimentaire que vous continuez de vous faire 5 jours par semaine. Au prix que ça coûte, ce serait bête de gaspiller ça.

12 mai
Vous décidez de ne plus vous exercer avec votre gym maison que deux fois par semaines. Ayant l’habitude de charger vos haltères à la limite de ce que vous pouvez soulever, vous ne pouvez faire que des séances de 5 à 10 minutes avant épuisement total. Vous pourriez réduire le poids de vos appareils afin de vous exercer plus longuement mais votre orgueil vous l’interdit. Vous faites plutôt des efforts supplémentaires pour les soulever, en vous disant que vous finirez bien par vous adapter.

13 mai
Vos maux de dos, dus aux trop grands efforts de la veille que vous avez mis pour soulever vos haltères, vous forcent à cesser vos exercices pour les dix prochains jours.

23 mai
Vous constatez avec déception que douze séances de salon de bronzage plus tard, votre teint n’est toujours pas plus brun. Juste un peu plus rouge.

30 mai
Laitue, tofu, soja et autres légumes achetés en grande quantité au début du mois se retrouvent à la poubelle après avoir pourris dans votre frigo parce que intouchés durant les trois dernières semaines.

7 juin
Vous terminez vos vingt séances initiales de bronzage sans avoir bruni d’un poil, si ce n’est ce curieux hâle légèrement orangé que vous semblez avoir autour des yeux. L’employée du salon vous encourage à renouveler votre abonnement car, dit-elle, maintenant que votre épiderme s’est habitué aux rayons UV, vous devriez commencer à bronzer sous peu. Avec la désagréable impression que vous vous êtes fait arnaquer solide, vous lui répondez gentiment que vous repasserez vous réabonner dans la semaine. Vous ne le ferez jamais.

9 juin
Vous vous regardez dans le miroir de la salle de bain. Vous n’avez pas bronzé. Vos muscles n’ont pas grossis. Par contre les milk-shakes aux suppléments alimentaire combinés à votre régime normal vous ont fait prendre du ventre.

10 juin
Vous faites vos exercices pour la dernière fois ce mois-ci.

1er juillet
Votre déménagement vous montre une chose: Ces trois dernières semaines de paresse vous ont remis au niveau complètement-pas-en-forme dans lequel vous étiez avant le premier mai.

17 juillet
Maintenant que vous avez enfin fini de vous installer dans votre nouveau logis, vous vous accordez une pause en vous jurant de recommencer les exercices dès le premier aout.

Du 1er aout de cette année jusqu’au 1er juin de l’année prochaine
Vous refaites trois ou quatre tentatives de reprise des exercices dont la plus longue ne dépasse pas deux semaines.

14 juin l’an prochain
Vous faites une vente de garage où vous tentez de vendre votre kit d’entraînement maison, vos rollerblades, et votre garde robe de sportif incluant short de cycliste, casque, protège coudes et genoux, gants et camisole Nike. Vous arrivez à vendre le quart de votre matériel et vous récupérez ainsi le 3/100e de l’argent que vous avez investi dans votre forme il y a un an. Vous êtes obligé d’emporter ce qui reste de votre équipement lors de votre déménagement. Ça ira encombrer vos placards pour les années à venir, ce qui vous rappellera votre échec à faire de l’exercice à chaque fois que vous mettrez les yeux dessus

9 leçons de vie (tristement réalistes) que l’on retrouve dans le dessin animé Daisy Town

Je ne sais pas si c’est le cas en Europe, mais ici, au Québec, lorsque revient le temps des fêtes, la télé nous présente quelques dessins animés classiques tels Astérix le Gaulois, Astérix et Cléopâtre, Les 12 Travaux d’Astérix, ainsi que des aventures de Lucky Luke telles La Ballade des Dalton et Daisy Town. Avec les années, d’autres dessins animés de ces deux séries se sont ajoutées à la programmation. Mais pour aussi loin que je me souviens, et j’ai tout de même 46 ans, ces cinq-là ont toujours fait partie de cette tradition. Et puisque c’est une tradition, je les regarde sans faute à chaque année.

Or, en prenant de l’âge, notre perception change. Ces films que je regardais hier avec des yeux d’enfant, je les vois aujourd’hui avec des yeux d’adulte. Ça m’a permis de constater que Daisy Town contient les neuf leçons de vie suivantes:

LEÇON 1: L’intimidation et le terrorisme, ça fonctionne.
Depuis tout récemment, on peut enfin voir en version non-censurée le speech final de l’épisode 201 de South Park, sorti en 2010, dans lequel Kyle nous dit exactement çaIl ne nous apprend cependant rien puisque, presque quarante ans plus tôt, c’est ce que nous montrent les citoyens de Daisy Town face à la menace que constituent les Dalton.

LEÇON 2: La lâcheté des gens est telle qu’ils préfèrent protéger les malfaiteurs plutôt que d’aider la justice.
C’est ce que fait la population de Daisy Town en étalant généreusement les sophismes. 

D’abord ils rendent positifs les gestes négatifs des Dalton, appelant ça du progrès.  Et ensuite, ils rendent négatifs les gestes positifs de Lucky Luke, appelant ça une entrave au progrès.

LEÇON 3: On ne peut pas aider une victime consentante.
Les citoyens de Daisy Town commencent par demander à Lucky Luke de les aider car ils n’en peuvent plus de vivre sous la menace de la racaille.  Mais dès qu’il cherche à s’attaquer à la racaille qui les menace, ce qui est pourtant ce qu’ils lui ont demandé de faire, ils changent d’avis et essayent de l’en dissuader.   Ce thème avait déjà été abordé deux ans plus tôt dans l’album Jesse James, en remplaçant Daisy Town par Nothing Gulch, et les frères Dalton par les cousins James.  Et tout comme dans cet album, Lucky Luke se trouve écoeuré par tant de couardise.  De toute façon, puisqu’il est  impossible de se battre à la fois contre les agresseurs et les agressés, il ne lui restait plus qu’une seule option:

LEÇON 4: Il faut diviser pour régner.
C’est ce que font les Dalton: Par la terreur, ils divisent Lucky Luke des citoyens de Daisy Town, ce qui leur permet de régner sur la ville.  Plus tard, Lucky Luke prend sa revanche en profitant de la naïveté d’Averell en lui montant la tête contre ses frères, les divisant, ce qui lui permet d’en venir à bout.

LEÇON 5: Les bons ne valent pas toujours mieux que les méchants, même qu’ils sont parfois moins honnêtes.
Vers la fin, réalisant qu’il ne pourra pas arrêter la civilisation des hommes blancs, le chef indien leur propose un arrangement en échange de l’occupation de ses terres:

Lucky Luke, qui semble se prendre pour le porte-parole de la civilisation blanche, accepte au nom de sa race.  La paix est rétablie.  Happy end?  Pas pour les indiens, en tout cas.  On n’a qu’à ouvrir n’importe quel bouquin sur l’histoire du Far West pour voir que la réalité sur l’avenir des indiens d’Amérique, c’est plutôt Joe Dalton qui la leur donne honnêtement.

LEÇON 6: Dès qu’il est question d’argent, la loyauté fout le camp.
Quelle récompense reçoivent les Dalton de la part des indiens après avoir prévenus ceux-ci contre les méfaits futurs de l’homme blanc envers leur peuple?  Une seule chose: La trahison! 

Et alors qu’ils ont passé les premiers 9/10e du film à fonder et défendre Daisy Town, à être fiers de leur ville, comme le démontre le maire qui nous sert ce discours deux fois de suite

Il suffit qu’un vieux gâteux vienne annoncer:

.. pour que tout le monde abandonne la ville pour l’or. Et malgré son beau discours, le maire n’est pas le dernier à le faire. Au contraire, il est le tout premier.

LEÇON 7: Sois là pour les gens qui sont dans le besoin, ces gens t’abandonneront lorsque tout ira bien.
En effet, dès que la richesse arrive, tout le monde s’en va et abandonne Lucky Luke sans hésitation ni la moindre petite pensée pour lui qui a tant fait pour eux.

Cette réaction a beau être injuste, elle n’en est pas moins normale.  Car comme je l’expliquais déjà il y a quatre ans dans La malédiction du bon gars gentil et sauveteur, aux yeux des citoyens, consciemment ou non, Lucky Luke représente ce qu’il y a de pire en eux, car sa présence est étroitement reliée à … :

  • Leur faiblesse, en demandant son aide.
  • Leur lâcheté, en se retournant contre lui par peur des Dalton.
  • Leur hypocrisie, en agissant comme si le problème était Luke et non les Dalton.
  • Leur cupidité, en abandonnant tout, 0.4 secondes après avoir appris qu’il y avait de l’or dans les collines.
  • Leur manque de loyauté, en abandonnant Daisy Town, pourtant supposée si chère à leurs yeux

Inviter Luke à profiter de leur nouvelle fortune, ça leur rappellerait, à chaque fois qu’ils le verraient, à quel point ils sont faibles, lâches, hypocrites, cupides et déloyaux.  Il était alors beaucoup plus facile pour eux de le fuir, plutôt que de faire face à leurs propres travers. 

LEÇON 8: Aider les gens qui ne sont pas capables de se sortir de leurs problèmes par eux-mêmes, c’est une perte de temps.
Après que Lucky Luke ait consacré son temps et ses énergies à faire de Daisy Town un endroit où il fait bon vivre, les citoyens abandonnent la place, la laissant tomber en ruine.
Et le plus choquant, c’est que celui qui a fait le plus d’efforts pour sauver cette ville, et ce pour absolument rien, c’est celui qui était le moins concerné, puisqu’il n’y habitait même pas.  Ce qui démontre que dans le fond, les citoyens n’en avaient rien à chier de leur ville.  Sinon, ils auraient fait l’effort de régler leur problèmes eux-mêmes, au lieu de refiler cette tâche à un étranger de passage.

LEÇON 9: Plus une personne se démène gratuitement pour autrui, moins il reçoit de respect de leur part.
Si tu n’accordes aucune valeur à tes services, les gens considéreront que tes services ne valent rien.  Pas surprenant qu’ils ont tenté de lui faire obstacle au début, et qu’ils l’ont abandonné à la fin.  Il ne faut pas s’étonner après ça si ce cowboy se retrouve toujours aussi poor que lonesome à la fin de ses aventures.

Daisy Town, ce n’est pas seulement un dessin animé destiné à amuser les enfants. C’est un regard impitoyable sur la vie, sur les gens, et sur la société.  Et si ce regard n’en voit rien de bon, c’est hélas parce qu’il n’est que trop réaliste.