9 leçons de vie (tristement réalistes) que l’on retrouve dans le dessin animé Daisy Town

Je ne sais pas si c’est le cas en Europe, mais ici, au Québec, lorsque revient le temps des fêtes, la télé nous présente quelques dessins animés classiques tels Astérix le Gaulois, Astérix et Cléopâtre, Les 12 Travaux d’Astérix, ainsi que des aventures de Lucky Luke telles La Ballade des Dalton et Daisy Town. Avec les années, d’autres dessins animés de ces deux séries se sont ajoutées à la programmation. Mais pour aussi loin que je me souviens, et j’ai tout de même 46 ans, ces cinq-là ont toujours fait partie de cette tradition. Et puisque c’est une tradition, je les regarde sans faute à chaque année.

Or, en prenant de l’âge, notre perception change. Ces films que je regardais hier avec des yeux d’enfant, je les vois aujourd’hui avec des yeux d’adulte. Ça m’a permis de constater que Daisy Town contient les neuf leçons de vie suivantes:

LEÇON 1: L’intimidation et le terrorisme, ça fonctionne.
Depuis tout récemment, on peut enfin voir en version non-censurée le speech final de l’épisode 201 de South Park, sorti en 2010, dans lequel Kyle nous dit exactement çaIl ne nous apprend cependant rien puisque, presque quarante ans plus tôt, c’est ce que nous montrent les citoyens de Daisy Town face à la menace que constituent les Dalton.

LEÇON 2: La lâcheté des gens est telle qu’ils préfèrent protéger les malfaiteurs plutôt que d’aider la justice.
C’est ce que fait la population de Daisy Town en étalant généreusement les sophismes. 

D’abord ils rendent positifs les gestes négatifs des Dalton, appelant ça du progrès.  Et ensuite, ils rendent négatifs les gestes positifs de Lucky Luke, appelant ça une entrave au progrès.

LEÇON 3: On ne peut pas aider une victime consentante.
Les citoyens de Daisy Town commencent par demander à Lucky Luke de les aider car ils n’en peuvent plus de vivre sous la menace de la racaille.  Mais dès qu’il cherche à s’attaquer à la racaille qui les menace, ce qui est pourtant ce qu’ils lui ont demandé de faire, ils changent d’avis et essayent de l’en dissuader.   Ce thème avait déjà été abordé deux ans plus tôt dans l’album Jesse James, en remplaçant Daisy Town par Nothing Gulch, et les frères Dalton par les cousins James.  Et tout comme dans cet album, Lucky Luke se trouve écoeuré par tant de couardise.  De toute façon, puisqu’il est  impossible de se battre à la fois contre les agresseurs et les agressés, il ne lui restait plus qu’une seule option:

LEÇON 4: Il faut diviser pour régner.
C’est ce que font les Dalton: Par la terreur, ils divisent Lucky Luke des citoyens de Daisy Town, ce qui leur permet de régner sur la ville.  Plus tard, Lucky Luke prend sa revanche en profitant de la naïveté d’Averell en lui montant la tête contre ses frères, les divisant, ce qui lui permet d’en venir à bout.

LEÇON 5: Les bons ne valent pas toujours mieux que les méchants, même qu’ils sont parfois moins honnêtes.
Vers la fin, réalisant qu’il ne pourra pas arrêter la civilisation des hommes blancs, le chef indien leur propose un arrangement en échange de l’occupation de ses terres:

Lucky Luke, qui semble se prendre pour le porte-parole de la civilisation blanche, accepte au nom de sa race.  La paix est rétablie.  Happy end?  Pas pour les indiens, en tout cas.  On n’a qu’à ouvrir n’importe quel bouquin sur l’histoire du Far West pour voir que la réalité sur l’avenir des indiens d’Amérique, c’est plutôt Joe Dalton qui la leur donne honnêtement.

LEÇON 6: Dès qu’il est question d’argent, la loyauté fout le camp.
Quelle récompense reçoivent les Dalton de la part des indiens après avoir prévenus ceux-ci contre les méfaits futurs de l’homme blanc envers leur peuple?  Une seule chose: La trahison! 

Et alors qu’ils ont passé les premiers 9/10e du film à fonder et défendre Daisy Town, à être fiers de leur ville, comme le démontre le maire qui nous sert ce discours deux fois de suite

Il suffit qu’un vieux gâteux vienne annoncer:

.. pour que tout le monde abandonne la ville pour l’or. Et malgré son beau discours, le maire n’est pas le dernier à le faire. Au contraire, il est le tout premier.

LEÇON 7: Sois là pour les gens qui sont dans le besoin, ces gens t’abandonneront lorsque tout ira bien.
En effet, dès que la richesse arrive, tout le monde s’en va et abandonne Lucky Luke sans hésitation ni la moindre petite pensée pour lui qui a tant fait pour eux.

Cette réaction a beau être injuste, elle n’en est pas moins normale.  Car comme je l’expliquais déjà il y a quatre ans dans La malédiction du bon gars gentil et sauveteur, aux yeux des citoyens, consciemment ou non, Lucky Luke représente ce qu’il y a de pire en eux, car sa présence est étroitement reliée à … :

  • Leur faiblesse, en demandant son aide.
  • Leur lâcheté, en se retournant contre lui par peur des Dalton.
  • Leur hypocrisie, en agissant comme si le problème était Luke et non les Dalton.
  • Leur cupidité, en abandonnant tout, 0.4 secondes après avoir appris qu’il y avait de l’or dans les collines.
  • Leur manque de loyauté, en abandonnant Daisy Town, pourtant supposée si chère à leurs yeux

Inviter Luke à profiter de leur nouvelle fortune, ça leur rappellerait, à chaque fois qu’ils le verraient, à quel point ils sont faibles, lâches, hypocrites, cupides et déloyaux.  Il était alors beaucoup plus facile pour eux de le fuir, plutôt que de faire face à leurs propres travers. 

LEÇON 8: Aider les gens qui ne sont pas capables de se sortir de leurs problèmes par eux-mêmes, c’est une perte de temps.
Après que Lucky Luke ait consacré son temps et ses énergies à faire de Daisy Town un endroit où il fait bon vivre, les citoyens abandonnent la place, la laissant tomber en ruine.
Et le plus choquant, c’est que celui qui a fait le plus d’efforts pour sauver cette ville, et ce pour absolument rien, c’est celui qui était le moins concerné, puisqu’il n’y habitait même pas.  Ce qui démontre que dans le fond, les citoyens n’en avaient rien à chier de leur ville.  Sinon, ils auraient fait l’effort de régler leur problèmes eux-mêmes, au lieu de refiler cette tâche à un étranger de passage.

LEÇON 9: Plus une personne se démène gratuitement pour autrui, moins il reçoit de respect de leur part.
Si tu n’accordes aucune valeur à tes services, les gens considéreront que tes services ne valent rien.  Pas surprenant qu’ils ont tenté de lui faire obstacle au début, et qu’ils l’ont abandonné à la fin.  Il ne faut pas s’étonner après ça si ce cowboy se retrouve toujours aussi poor que lonesome à la fin de ses aventures.

Daisy Town, ce n’est pas seulement un dessin animé destiné à amuser les enfants. C’est un regard impitoyable sur la vie, sur les gens, et sur la société.  Et si ce regard n’en voit rien de bon, c’est hélas parce qu’il n’est que trop réaliste. 

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A propos Steve Requin

Auteur, blogueur, illustrateur, philosophe amateur et concierge de profession.
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