Le guide distillé-au-max de la séduction masculine

Tu es un gars, tu veux séduire, et surtout avoir du sexe à volonté et des femmes à la pelletée ? Inutile de lire 1 000 bouquins de trucs de séductions qui vont te perdre dans 100 000 conseils, quand le tout peut se résumer en quatre étapes très faciles à survoler. Et je sais que ça marche puisque ce sont des choses que j’ai personnellement testées avec succès de mes 27 à 40 ans.

Car oui, en tant qu’ex-séducteur / player / douchebag, j’ai décidé de vous léguer ma méthode de séduction. Celle-ci m’a rapporté un bodycount assez large, à l’époque où j’accordais de l’importance à ce genre de chose. J’ai mis tellement de temps à la mettre au point que je trouvais dommage de la voir se perdre.

ÉTAPE 1 : Devient beau.
Désolé de vous décourager dès le départ avec une demande impossible. Mais premièrement, sachez qu’elle n’est pas si impossible que ça. Vrai, c’est une étape qui demande de l’effort et du temps. Mais il y a quelques années, j’ai lu dans un numéro du magazine Muscle & Fitness une anecdote au sujet d’Arnold Schwarzenegger datant d’avant qu’il ne devienne une star d’hollywood, alors qu’il n’était qu’un culturiste encore largement inconnu du grand public. Lorsqu’il passait dans la rue au volant de sa décapotable, des femmes attiraient son attention en soulevant leurs gilets pour lui montrer leurs seins.

Même dans sa prime jeunesse, Arnold a toujours eu une tronche de gorille. Alors même si la nature t’a doté d’une gueule pouvant guérir le hoquet à un aveugle, tout n’est pas perdu.

Dans la série « Ceci explique cela ! »

Sans nécéssairement devenir culturiste, il reste qu’un beau corps peut aisément rattraper un visage sans charmes.

Par exemple, à l’époque de mes études, j’ai connu un gars, Pierre. Il avait un regard endormi (c’était physiologique), le visage allongé, et un espace entre chaque dent. Pour compenser, la nature l’a fait grand, plus de six pieds / deux mètres, avec des épaules larges. Trois étudiantes étaient complètement gaga pour Pierre. Et ça, ce sont celles dont j’avais connaissance. Car si ces trois-là affichaient publiquement leurs désirs pour lui, il devait certainement y en avoir d’autres qui le désiraient en secret. Et oui, malgré sa tête, elle disaient le trouver beau.

Un corps athlétique masculin envoie un message dans l’inconscient de la femme qui le regarde, comme quoi cet homme est fort, vaillant, discipliné, viril. Des qualités qui réveillent l’instinct animal chez beaucoup d’entre elles. Construis-toi un tel corps, et comme Pierre et Arnold, tu auras des femmes qui voudront l’avoir blottis contre elles, et en elles.

Mais attention : Je ne dis pas toutes les femmes. Je dis des femmes. Et quelques femmes, c’est déjà mieux qu’aucune femme. Surtout quand techniquement, une suffit. N’empêche que plus tu auras de candidates, plus tu pourras te permettre d’être sélectif, et meilleur sera ton choix.

Devenir beau, ça tient en deux points : perdre du gras et prendre du muscle. Tu ne sais pas comment ? Google sait tout. Demande-lui. Améliore la qualité de tes aliments. Va au gym. Mais surtout, sois assidu. On ne peut pas changer de vie sans changer nos habitudes de vie. Fais l’effort, ou bien oublie les résultats. Et surtout, ne cherche pas une alternative facile. Tu y perdras ton temps, ton argent, et récoltera zéro résultat. Les losers se réfugient lâchement dans le rêve facile. Les winners foncent bravement dans la dure réalité.

Les règles de vie des gens lâches. Et le physique qui vient avec.

Sinon, plein de traits physiques considérés comme étant disgrâcieux ont des solutions. Mauvaise dentition ? Le dentiste est là. Lunettes parce que myope ? Le laser est une solution permanente. Tu as le front dégagé ou inégal car tu perds légèrement tes cheveux ? Les greffes sont une solution permanente. Tu perds beaucoup de cheveux ? Dwayne The Rock Johnson aussi. Alors fais comme lui et rase le reste. Parce qu’un travail terminé est plus attrayant que les choses qui semblent faites à moitié.

Tu n’as pas l’argent pour te payer les options du paragraphe précédent ? Renseigne-toi sur les métiers les plus payants. Choisis-en un qui te convient. Suis des cours de formation. Pratique ce métier. (Surtout que plusieurs grandes compagnies offrent une assurance dentaire.) Et surtout, sois économe. Il n’y a rien de plus stupide que d’augmenter tes dépenses à mesure qu’augmente ton revenu. Sûr, il est quasi impossible d’éviter les dettes, Pour une auto, par exemple. Mais n’en ajoute pas par-dessus celle-là au point où le fait de manquer un seul chèque de paie affectera tes conditions de vie, et que la perte de ton emploi puisse te mettre dans une catastrophe financière. Un homme qui sait tenir un budget est un homme prospère car il n’a pas de dette excessive. Et un homme prospère sans dette excessive est un homme libre, qui a de l’avenir. Un homme comme ça apporte à la femme un sentiment de sécurité. Et ça aussi c’est attrayant.

Pour vous encourager, j’ai une bonne nouvelle : Tandis que tu travailles à l’étape 1, donc que tu amorces ton évolution physique (et aussi financière, dans certains cas), tu peux déjà commencer à passer à l’étape suivante, qui est :

ÉTAPE 2 : Manifeste ton désir pour elle dans les trois premières semaines de votre rencontre.
De mes 15 à 27 ans, je vivais la situation frustrante classique qui pourrit la vie de tous les Nice Guys. C’est-à- dire :

  • Une fille me plaît.
  • Je m’en rapproche.
  • Nous devenons amis.
  • Plus le temps passe et plus je constate que nous avons beaucoup de similarités.
  • Je m’attends à ce qu’éventuellement, elle voit que je suis son âme soeur, et nous formerons un couple maintenant et jusqu’à l’heure de notre mort, Amen.

Or, cette dernière étape n’arrive jamais. Du jour au lendemain, elle entre plutôt dans une relation avec un gars qu’elle ne connaît qu’à peine. Et puisqu’ils n’ont pas pris le temps de se connaître, plus les jours passent et plus leur manque de compatibilité est problématique. Leurs conflits se multiplient. Et c’est moi qui a droit à ses jérémiades sur le sujet. Parce que, malgré tout ce que l’on a en commun, au lieu de voir que l’on était faits l’un pour l’autre, elle m’a classé dans le dossier « Ami seulement » d’où elle refuse de me sortir. (À l’époque, le terme Friendzone n’était pas encore populaire.)

C’est à mes 27 ans que j’ai fini par constater le pattern suivant : Généralement, lorsqu’un homme rencontre une femme, et que les deux sont célibataires et hétéros, ce sont les trois premières semaines qui vont décider du reste de leur relation. Ces 21 premiers jours sont une période d’ambiguïté dans laquelle on ne sait pas trop si on est intéressé par l’autre et/ou intéressant pour l’autre. On s’approche, on recule, on observe, on tâte le terrain. Et au bout de cette période, si l’un n’a pas fait connaître son intérêt pour l’autre, alors là, c’est terminé. N’ayant plus rien à découvrir en l’autre, la curiosité disparaît, donc l’intérêt.

Ce qui en revient à dire que si je voulais séduire, je devais le faire avant que la fille ait le temps de me connaître vraiment. Je devais utiliser le seul charme que j’avais : le charme de la nouveauté. C’est à ce moment-là que je devais être fonceur. Parce que c’est à ce moment-là que ça avait le plus de chances de marcher.

C’est sûr que d’en arriver à la conclusion qu’aucune fille ne peut vouloir de moi à partir du moment où elle voit ce que je suis vraiment, c’était une claque sur la gueule de mon orgueil. Mais d’un autre côté, ou bien je l’acceptais, ou bien je continuais de voler solo en pilotage manuel.

ÉTAPE 3 : Respecte toujours son NON, mais n’attends jamais son OUI.
À moins d’être déjà d’une beauté hollywoodienne, on a rarement vu un gars réussir à obtenir une amante en lui demandant « Est-ce que tu veux sortir et/ou baiser avec moi? » Je dois donc agir comme les gars fonceurs. C’est-à-dire faire les premiers pas, en gestes et pas seulement en paroles.

Mais attention : Fonceur ne veut pas dire défonceur. J’allais quand même continuer à avoir de la retenue afin de respecter leurs limites. Et c’est ainsi que j’ai créé la plus parfaite des formules de séduction : Respecte toujours son NON. Mais n’attends jamais son OUI.

En général, ça se passait comme suit : Je la rencontre. on commence à se connaître. Dans une période allant de trois à dix jours, je l’invite à faire un truc. Pendant le truc en question, si elle me semble détendue et réceptive, je me rapproche et l’enlace. Puis, en la regardant avec un petit sourire, sûr de moi, je lui dis un truc dans le style de : « Tu sais que tu me rends fou, toi? » Puis, je l’embrasse.

La possibilité que ça fonctionne est beaucoup plus grande lorsque l’un de vous deux a été invité à aller chez l’autre. Car cette situation tombe dans la convention sociale du « Si tu viens, tu couches. » En gros, ça signifie que le fait d’inviter chez soi une personne hétéro du sexe opposé, c’est une invitation sous-entendue au sexe. Et y aller, c’est dire oui au sexe. Si c’est rarement le cas entre des amis de longue date, c’est au contraire très souvent le but de cette invitation lors des trois premières semaines de fréquentation.

Mais attention : Je ne fonce pas sans qu’elle ait le temps de comprendre ce qui se passe. J’y vais doucement. Comme ça, si elle ne ressent absolument rien pour moi, elle a le temps de détourner la tête et/ou de me dire non.

Si elle me repousse, alors je n’insiste pas. Je la relâche, je prends mon air embarrassé, et je lui dis que je suis désolé. J’avais cru voir en elle, entre nous, quelque chose qui, finalement, n’y était pas. C’était mon erreur, pas la sienne. Restons amis, la relation est déjà très bien comme ça.

Ou, comme j’avais dit à Flavie : « Sortir avec toi aurait été la cerise sur le sundae. Mais écoute, en autant que j’ai le sundae, je m’en fous de ne pas avoir ta cerise. » Étant donné que dans le langage populaire (Québécois, du moins) la cerise a une connotation sexuelle avec la virginité féminine, ça l’a fait bien rire, ce qui a désamorcé la situation.

Par contre, si la demoiselle se laisse faire, tant mieux, elle est réceptive. Il n’en tient qu’à moi de faire passer la relation au stade sexuel pendant que sa curiosité pour moi l’excite encore.

Mais attention : Là encore, la partie « Respecte son NON » tient toujours, et ce à toutes les étapes de la relation. Autrement dit, cette technique se base sur le principe du proverbe Qui ne dit mot consent. Ça permet au gars d’être fonceur, ce qui répond aux attentes sociales envers l’homme en situation de drague. Et ça rassure la fille que toujours ses limites seront respectées.

Après avoir passé tout mon début de vie adulte à rater de multiples occasions de baiser parce que j’étais trop passif, cette méthode s’est montrée infaillible. Tout le temps où je l’ai utilisée, rares sont celles qui m’ont dit non. Ça m’a permis de constater que même les filles qui n’avaient manifesté aucun désir sexuel pour moi étaient capables d’en ressentir à partir du moment où je montrais le mien pour elles. Ça ne serait jamais arrivé si j’avais juste attendu passivement que l’autre me montre son intérêt. Un intérêt que je ne faisais rien pour faire naître en elle.

Mais là encore, je ne le répèterai jamais assez : Au moindre signe d’hésitation de sa part, laisse tout tomber. Toute insistance est malvenue, et peut mener à des conséquences graves. Le but ici est d’être séducteur, et non agresseur. Un consentement obtenu par insistance n’est jamais un consentement.

Quelques paragraphes plus haut, je parle de Flavie. Bien que je n’étais plus un conquérant en série lorsque j’avais 44 ans, j’ai quand même utilisé cette méthode d’approche avec elle. Devant mes avances, elle a reculé. Je me suis excusé, nous sommes restés amis comme si rien ne s’était passé. Une semaine plus tard, c’est elle qui me draguait. Il s’en est suivi une relation de couple de six ans. Et même aujourd’hui, on reste les meilleurs amis du monde, et on se partage parfois la garde de nos deux chats. Ceci ne serait jamais arrivé si je lui avais fait une crise d’incel suite à son refus, en me montrant déçu. Ou en lui montrant la porte en disant que ce n’est pas une amie que je cherche, c’est une amante. Ou pire encore, en insistant.

En respectant ses limites, en lui montrant que je la valorisais en tant que personne et non juste en vulve utilitaire potentielle, je nous ai donné une seconde chance. C’est l’une des nombreuses raisons pour laquelle le respect est d’une importance capitale dans le jeu de la séduction.

ÉTAPE 4 : Pour recevoir du sexe de qualité, déclare-toi incapable de lui donner plus que amitié + sexe.
J’ai découvert ce truc totalement par hasard. Et voici comment :

En plus de celles que je séduisais, il m’arrivait de me faire approcher par d’autres jeunes femmes qui s’intéressaient à moi. Or, celles-là ne me plaisaient pas assez physiquement pour que je veuille être en relation avec elles, et encore moins m’afficher publiquement en leur compagnie. Mais voilà, allez donc leur dire ça sans les blesser. Surtout qu’avec les années, j’ai appris qu’il y avait du vrai dans le dicton affirmant que l’enfer n’offre point de furie qui égale celle d’une femme repoussée. Ma seule option pour m’éviter ces ennuis était donc de me rendre non-intéressant à leurs yeux.

Je leur expliquais alors que le concept du couple n’avait plus aucun attrait pour moi. Dans ma jeunesse, de mes 15 à 26 ans, j’étais dépendant affectif. Et à cause de ça, je me mettais en couple avec n’importe qui, que l’on soit compatibles ou non. Et ceci a littéralement gâché et ruiné mon début de vie d’adulte. Ce qui, en passant, est la stricte vérité. Lorsque je m’en suis rendu compte, ça m’a donné un tel choc que depuis ce temps-là, j’ai constaté que j’étais incapable de ressentir le moindre sentiment amoureux.

Immanqueblement, ces filles me répondaient alors un truc dans le style de :

« C’est peut-être juste parce que tu n’as pas encore rencontré la bonne personne. »

Quand une fille te dit ça, c’est parce qu’elle espère qu’à tes yeux, ce sera elle, la bonne. Je devais donc insister sur mon incapacité amoureuse, de manière à les dissuader de me poursuivre. Ce que je fis en répondant :

« C’est possible ! Mais ça ne change rien au fait que le plus que je suis capable de donner, c’est amitié + sexe. »

Je m’attendais à ce qu’elles me disent que dans de telles conditions, elles préfèrent que nous restions amis. Normal, puisque les filles vont toujours clâmer haut et fort que seul l’amour a de l’importance, et que le sexe n’a pour elles aucune valeur.

À ma grande surprise, elles m’ont au contraire toutes proposé d’essayer quelques temps, pour voir ce que ça va donner. Pris au dépourvu face à mes propres foutaises, je n’ai eu d’autre choix que d’accepter.

Et ceci m’a permis de découvrir quelque chose de surprenant : Lorsqu’une femme te désire, et que le sexe est la seule opportunité que tu lui donnes pour te séduire, alors elle va y mettre du coeur, de l’effort. Et elle ira même t’offrir volontairement des pratiques qu’elle avait jusque-là refusé à tous les autres hommes. Et puisque c’est dans le but de t’avoir, elle ressent de l’excitation de te le faire, ce qui l’amène à y prendre sincèrement goût.

J’ai appliqué ce principe sur des femmes que je draguais. Après l’étape de l’embrassage, dès que les caresses me montraient qu’elles étaient réceptives et allumées, c’est là que je leur disais qu’avant d’aller plus loin, elles doivent savoir quelque chose d’important. Oui, elles m’allument. Oui, je les désire. Mais je ne veux pas leur faire miroiter des choses fausses. Tout ce que je peux donner, c’est amitié + sexe. Donc, si elles préfèrent arrêter maintenant, je respecterai leur choix.

Aucune n’a dit non. Il ne me restait plus qu’à leur donner la meilleure séance de sexe que je puisse leur apporter avec toute ma science et mon expérience, afin d’augmenter les possibilités de les rendre accros. Et celles-là, bientôt, me donnaient du sexe de très grande qualité dans le but de me séduire.

Cette 4e étape fera sourciller certain bien-pensants, qui verront la chose comme étant de la manipulation. Mais sachez qu’il est arrivé très souvent que mes partenaires me disent par la suite que grâce à moi, elles ont découvert de nouvelles facettes de leur sexualité, certaines dont elle n’auraient jamais soupçonné pouvoir tirer plaisir. Et puisque ce sont elles qui en ont pris l’initiative, jamais elles ne se sont senties forcées de faire quoi que ce soit. Alors si cette méthode ne leur apporte que du positif, les aidant à grandir et évoluer dans leur sexualité, où est le mal ?

Quant à toi, grâce à cette découverte de soi qu’elle aura amorcé, tu auras toujours à ses yeux le statut d’amant exceptionnel et inoubliable. Elle y repensera encore avec nostalgie dans vingt-cinq ans, lorsqu’elle sera mariée, mère de famille et ennuyée de sa sexualité routinière de plus en plus décevante.

Avec cette méthode, tu as maintenant l’embarras du choix. Plusieurs options s’offrent à toi. Par exemple, tu peux…

  • Continuer cette vie de libertinage à l’infini.
  • Ou du moins, jusqu’à ce qu’en prennant de l’âge, ton taux de testostérone diminue au point où tu perds peu à peu ta libido. Ce qui fut mon cas, d’où mon traitement de remplacement.
  • Ou bien tu peux te ranger, en choisissant celle qui te convient le mieux pour te mettre en couple monogame. Ce qui fut mon cas avec Flavie.

Mais une chose est sure : peu importe la voie que tu choisiras, peu importe ce qui arrivera, à chaque fois que tu appliqueras cette méthode, tu ne manqueras jamais de candidates.

Non, je n’expliquerai pas pourquoi je suis tout habillé.

Il n’y a qu’une seule chose que l’on puisse reprocher à cette méthode. Et c’est que si tu l’utilises dans le but d’avoir plusieurs amantes à la fois, il est inévitable que tu vas briser quelques coeurs. Mais ça, même dans la majorité des situations de couples monogames, c’est également inévitable. Comme dans chacune des facettes de notre existence, peu importe ce que l’on choisit de faire, nos décisions ont toutes le potentiel de rapporter du bon comme du mauvais.

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Y’A LIENS LÀ
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Voici quelque articles complémentaires, si vous souhaitez pousser la chose plus loin.

Ce que parler veut dire, dans 20 situations. Parce que la société a toujours encouragé les femmes à communiquer en sous-entendus, voici comment décoder quelques phrases typiques.
16 mensongères phrases de rupture. Une femme qui veut casser vous les servira probablement.
13 illusions fallacieuses qu’essayent de vous vendre les guides de séduction. Et pourquoi ça ne marche pas.
L’intérêt d’une femme vient avec une date d’expiration (1 de 3). Si on ne répond pas à ses avances au bon moment, c’est fini pour toujours. Ce guide vous permet de saisir les indices pour savoir quand se présente ce bon moment.
L’intérêt d’une femme vient avec une date d’expiration. 2e partie : Pourquoi ne sont-elles ni claires ni directes? Je l’explique, et je dis quels sont les signes d’intérêt qu’elles envoient.
L’intérêt d’une femme vient avec une date d’expiration.  3e partie : Pourquoi est-ce que Femme + Alcool = Drague? Il y a une différence entre une femme trop saoule pour pouvoir consentir avec toute sa tête, et une qui boit juste assez pour se détendre… Et une qui prétend avoir bu, car elle désire te provoquer.
La convention sociale du « Si tu viens, tu couches. » Dans certaines circonstances, inviter chez soi une personne hétéro du sexe opposé, c’est une invitation sous-entendue au sexe. Et y aller, c’est dire oui au sexe.
30 raisons d’avoir peur de la femme qui drague. La femme qui drague vous intimide ? Ce n’est pas de votre faute. Ce sont les médias et la société qui vous ont conditionnés à en avoir peur. Apprenez pourquoi, et ça fera disparaître ce blocage.

« Hostie qu’t’es con ! »  ou : le Red Flag qui ne trompe jamais.

Bien que ce blog soit Québécois, 80% de mes lecteurs sont Européens.  Alors pour eux, je suppose que l’équivalent serait « Putain qu’t’es con ! » (Exemple d’ailleurs présent une fois dans cet article) Ceci étant dit, je ne sais pas si la situation que je vais décrire ici est aussi répandue socialement dans les vieux continents qu’elle l’est ici en Amérique. Mais bon, allons-y tout de même.
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Il y a trois raisons qui peuvent pousser quelqu’un à te dire « Hostie qu’t’es con! »

  • Par haine. Quoiqu’il est très rare qu’une personne qui te déteste aille te le dire en face. Elle se contentera de te décrire comme tel à qui veulent bien (ou non) l’entendre.
  • Par exaspération. À cause que tu viens de faire une connerie. La personne qui te le dira le fera sous le coup de la colère. En général, elle te présentera plus tard ses excuses, disant que ses paroles ont dépassé sa pensée.
  • Par mépris. Il s’agit de quelqu’un qui fait partie de ton entourage : cercle d’amis, famille, collègues. Cette personne te considère comme étant inférieure à elle, et elle tient à te le faire savoir. Ce qui constitue un Red Flag, c’est qu’elle le fera sous le couvert de votre relation d’apparence amicale. D’ou son attitude amusée, joyeuse, riante. Et surtout, contrairement aux deux raisons précédentes, tu y auras droit pour tout, pour rien, pour n’importe quoi.

C’est de ce dernier cas dont il sera question dans ce billet.

EXEMPLE 1 : Martine.
À 22 ans, lorsque j’étais pâtissier de nuit au Dunkin Donuts, j’ai commencé à sortir avec Martine, une jolie collègue.  Un matin après notre quart de nuit, nous rentrons chez moi. Ça fait cinq jours que nous sommes en couple. Ce sera la première fois qu’elle vient y dormir. 

Vers 14h00, je me réveille et je constate que je suis seul dans ma chambre.  Martine s’est réveillée avant moi. Pour me faire une bonne surprise, elle a entrepris de faire le ménage de la salle à dîner et de la cuisine.

Je n’ai jamais apprécié qu’une personne prenne l’initiative de faire le ménage chez moi sans m’en parler, puisqu’elle ne peut pas savoir ce que je planifie de garder ou de jeter. Ce qui est le cas ici, alors que je vois qu’elle a jeté la boite de carton qui contenait les douze canettes de Coke qui sont dans mon frigo. 

Mais bon, soyons conciliant.  L’ignorance n’est pas un crime. Et ça a le mérite de se guérir, pour peu qu’on lui explique. Aussi, je reprends la boîte de la poubelle et je la déplie pour lui redonner sa forme originale.

« Ça, je le garde.  C’est parce que quand je vais rendre les canettes vides au marché, je les remets dans la boîte. Ça se transporte mieux, et c’est plus facile pour la caissière de les compter. »

Pendant quelques secondes, Martine me regarde en ayant l’air de ne pas trop comprendre.  Puis, elle éclate de rire. Elle m’arrache la boîte des mains et la déchire.

« Ha! Ha! Ha!  Hostie qu’t’es con ! »

Tandis qu’elle renvoie les morceaux de la boîte dans la poubelle, je reste là, figé, bouche bée, tellement je n’arrive pas à croire qu’elle vient vraiment de faire ça. 

À 22 ans, c’est la première fois que le comportement d’une amante provoque en moi une intolérance plus grande que mon désir sexuel. Je suis pourtant pleinement conscient que si je cassais avec elle, je ne pourrais pas la remplacer de sitôt. Avec ma tronche et mon physique, ce n’est pas comme si les femmes faisaient la queue pour s’occuper de la mienne.

Printemps 1991, 22 ans.

Alors pour me donner envie d’y renoncer, malgré la libido que je me trimballais, il fallait que son comportement me hérisse quelque chose de grave.

M’avoir enlevé des mains une boite que je voulais garder, c’est un geste à la limite de la violence. L’avoir remise aux poubelles malgré mes explications démontre qu’elle ne m’accorde aucune crédibilité, aucun respect pour mes choix et mes besoins. Et la déchirer afin de m’empêcher de la reprendre, ça devient carrément de la dictature.  Et tout ça en me rabaissant. En me traitant de con.

Et si un jour je dois l’appeler dans une situation d’urgence, va-t-elle encore me rire au nez en me traitant de con, avant de couper la ligne ? Et si elle ne m’accorde aucune crédibilité, comment pourra-t-elle croire la moindre parole qui sort de ma bouche, lorsqu’il lui prendra l’envie de me soupçonner irrationnellement de quoi que ce soit ? Déjà qu’elle ne démontre aucun respect pour moi, impossible de me sentir en sécurité dans de telles conditions.

24h plus tard, je mettais fin à la relation. Puisque j’étais obligé de travailler avec elle, je ne tenais pas à pourrir l’ambiance au boulot en lui disant la vérité. J’ai plutôt évoqué le fait que je ne me sentais pas prêt à me remettre en couple aussi rapidement après ma dernière rupture. 

Malheureusement, avoir cassé avec elle ne me mettait pas à l’abri de son manque de respect. Je m’en rendrai compte rapidement une nuit où on travaillait ensemble. 

À l’époque, la nuit, on n’avait droit qu’à 15 minutes de pause.  Ça me laisse tout juste le temps de préparer un sandwich grillé et de le manger.  Je vais au comptoir à l’avant, je sors le fromage, la salade, la mayonnaise, je fais cuire les oeufs, je monte mon sandwich et je le mets dans le four grille-pain.  Le temps que ça chauffe, je vais aux toilettes.  À mon retour, j’ai la désagréable surprise de voir que le grille-pain est vide.  Martine me dit en riant qu’un client voulait un sandwich œuf, fromage et mayonnaise.  Alors pour l’impressionner avec son service rapide, elle lui a donné le mien.  (Probablement plus pour s’éparger de l’ouvrage, en fait.) Je regarde l’horloge.  Il reste sept minutes à ma pause.  Pas le temps de me faire un nouveau sandwich, et encore moins le manger.

Cette expérience sera l’une de celles qui me feront renoncer à la drague en milieu de travail. Mais surtout, ça m’a démontré que c’est ÇA, la personnalité et le comportement de quelqu’un qui sera porté à te dire joyeusement « Hostie qu’t’es con ! »

EXEMPLE 2: Mon (ex)-bon copain Carl.
J’ai parfois parlé ici de celui que je considérais comme étant mon meilleur ami de l’école secondaire. Je ne saurais compter le nombre de fois où j’ai entendu de sa bouche un joyeux « Hostie qu’t’es con ! » qui m’était adressé. Ça inclut une case dans la petite BD qu’il m’avait gribouillé dans mon album des finissants. Une où il me dessine me prosternant devant lui.

Une autre de ces fois était lors de mon 23e  anniversaire. Sa (future) femme et lui m’avaient offert un walkman radio et cassettes, incluant les piles. J’y mets les piles et je l’essaye. La radio n’allume pas, et le moteur du lecteur de cassettes ne tourne pas. Je dis à Carl que le walkman est défectueux. En riant, il me l’arrache des mains.

« Même pas capable d’allumer un walkman.  Hostie qu’t’es con !« 

Je le vois manipuler tous les boutons. Rien ne fonctionne. Toujours en riant, il m’accuse alors d’avoir mis les piles à l’envers. Il ouvre le boitier, enlève les piles, les remet, joue avec les boutons. Rien à faire. Il re-change la position des piles. Aucun résultat. Avec un petit sourire moqueur, je lui rend calmement ses paroles :

« Même pas capable d’allumer un walkman.  Hostie qu’t’es con !« 

Piquée au max, sa (future) femme m’engueule.

« On s’est donné la peine de faire l’effort pour te trouver un beau cadeau de valeur.  J’pense que ça mérite autre chose que des insultes. C’est quand même pas de notre faute s’il ne marche pas. »
« Ben quoi ?  Je fais juste répéter les paroles qu’il m’a envoyées quand je lui ai dit que le walkman était défectueux. »
« Oui, mais tantôt, on ne le savait pas, qu’il était VRAIMENT défectueux. »

Donc, en résumé:

  • Quand je n’arrive pas à faire fonctionner le walkman, le problème c’est moi.
  • Quand Carl n’arrive pas à faire fonctionner le walkman, le problème c’est le walkman.

Là encore, tout comme Martine, ils n’avaient accordé aucune crédibilité à ma parole. Parce qu’à leurs yeux, même si c’était toujours dit sur le ton de la blague, j’étais vraiment un con.

Je jetterai définitivement Carl hors de ma vie après qu’il m’ait embauché pour faire du design d’animation 3D pour une série télé nommée Klootz. Et que ça ne m’ait rapporté que des insultes, du mépris, et une fraction du salaire normal. Et bien que tous mes designs aient été utilisés dans les épisodes, incluant ceux que je proposais de mon propre chef, je n’ai même pas eu droit à avoir mon nom dans les crédits à la fin. (Voir le billet Ma courte carrière en design animation 3D)

Parce que c’est ÇA, la personnalité et le comportement de quelqu’un qui sera porté à te dire joyeusement « Hostie qu’t’es con ! »

EXEMPLE 3: Stéphane de La Firme
À l’époque où je travaillais pour La Firme à Sherbrooke, j’avais deux chefs d’équipe, Philippe et Stéphane. En décembre, j’ai acheté quelques boites de petits chocolats creux remplis de bourbon Jim Beam. À chacun de mes collègues qui passait, j’en offrais. Arrive Philippe, à qui j’en donne. À la blague, je lui dis :

« C’est le meilleur moyen que j’ai trouvé pour pouvoir boire au travail. »

Philippe enchaine aussitôt en disant joyeusement :

« Tu t’y prends mal.  Moi, à ta place, j’ouvrirais tous les chocolat pour les vider dans un verre.  Et hop ! Cul sec ! »

Sur ce, il repart vers son bureau. Quelques minutes plus tard passe Stéphane, à qui j’en donne aussi. À la blague, je lui dis :

« C’est le meilleur moyen que j’ai trouvé pour pouvoir boire au travail. »

En souriant, il répond joyeusement :

« Hostie qu’t’es con ! »

Quelques mois plus tard arrivèrent au travail quelques complications que je vais essayer de résumer ici au max : Vicky était une nouvelle collègue que l’on m’avait chargé de former. Elle a tombé ensuite dans l’oeil de Sébastien, un programmeur. Celui-ci voyant d’un mauvais oeil notre relation pourtant platonique, a commencé à porter atteinte à ma réputation auprès de Vicky en inventant toutes sortes de merdes à mon sujet. Vicky et Sébastien ont commencé à sortir ensemble. Afin de s’assurer que je ne travaillerais plus avec elle, Sébastien a convaincu Vicky de porter plainte contre moi pour harcèlement, puisque c’est le genre d’accusation que l’on croit toujours sur parole lorsque portées contre un homme. Ils en ont parlé à Stéphane. Au lieu de faire ce qu’il aurait dû, c’est-à-dire en parler aux ressources humaines, interroger les collègues, me rencontrer, etc, il m’a expulsé de l’équipe, en allant ensuite colporter ces mensonges au grand patron.

Comme ça, à tes yeux , je suis un hostie de con, hm ? Très bien! Alors voyons lequel de nous deux l’est le plus. Avec tout ce que je sais sur toi, la question devrait être vite réglée.

Sur le courriel des employés, je lui ai envoyé un message qui disait à peu près ceci:

« Il parait que tu racontes des merdes à mon sujet au grand patron, et ce sans passer par les procédures des Ressources humaines?  Ok alors !  Si c’est à ça que tu veux jouer :

Depuis que tu as commencé à draguer Hélène, chose interdite par les réglements de La Firme, elle envoie à Vicky des captures d’écran de vos conversations intimes. Vicky trouve ça drôle et a envoyé ça à plein de gens au travail, dont moi, en la qualifiant de salope.  Et puisque je n’approuve pas qu’elle humilie une collègue et un chef de département auprès des employés de La Firme, j’ai cessé de la fréquenter. D’où le fait qu’elle frustre, d’où le fait qu’elle cherche à me faire perdre mon emploi. Et toi, t’as embarqué là-dedans à pieds joints. Félicitations !

Je ne voulais pas avoir à en parler, ni à toi ni au grand patron.  Mais en même temps, quand un chef de département comme toi dépose plainte contre moi auprès de lui, et ce sans faire la moindre vérification, c’est ma carrière est en jeu.  Tu m’obliges donc à tout lui dévoiler, captures d’écran inclus. Ce n’est pas comme si tu me laissais le choix.»

Je ne sais pas si c’est le cas partout. Mais ici, au Québec, il est formellement interdit à toute personne en position de pouvoir d’avoir des relations autres que professionnelles avec ses subordonnés.  C’est pour éviter plusieurs problèmes sociaux et légaux : Harcèlement sexuel par chantage, favoritisme, partage de renseignements confidentiels, etc.  Voilà pourquoi la relation entre Stéphane le chef d’équipe et Hélène membre de l’équipe devait rester secrète. 

Le lendemain matin, une note de service annonça officiellement que Stéphane « a remis sa démission afin de poursuivre l’étape suivante de son plan de carrière. » Il avait beau tenter de sauver la face en feignant que c’était un départ volontaire, maintenant que j’avais tout révélé, on savait bien que c’était la Direction qui lui avait montré la porte. À cause de son attitude au travail, incluant celle qu’il a eu envers moi suite aux accusations mensongères de Vicky.  (Tous les détails dans le billet Mon année 2019, 1 de 3.)

Parce que c’est ÇA, la personnalité et le comportement de quelqu’un qui sera porté à te dire joyeusement « Hostie qu’t’es con ! »

EXEMPLE 4 : Kevin le préposé.
Au printemps de l’année dernière, la résidence où je travaille a embauché un nouveau préposé. Et le hasard a voulu qu’il soit logé dans l’appartement voisin du mien.

Kevin est le genre de gars qui cherche à avoir l’attention. Et il le fait avec une forme d’humour que je qualifie d’agressante. Un jour, en réponse à une de ses blagues, je lui dis un truc amusant. Je ne me souviens plus de ce que c’était. Mais je ne risque pas d’oublier sa réponse de sitôt.

« Ha! Ha! Ha!  Hostie qu’t’es con ! »

À partir de là, j’ai compris que de l’avoir comme collègue, et surtout comme voisin, ça n’allait pas être drôle. Et effectivement, il pouvait venir me déranger de deux à dix fois par jour. Ça pouvait être pour parler de n’importe quoi, ou bien pour me faire ses blagues idiotes. Par exemple, en faisant disparaître du linge que je faisais sécher. Ou bien en allant cacher mon vélo derrière mon auto.

Un jour, on a une nouvelle voisine, Danyka, qui est infirmière à l’hôpital. Pendant les trois semaines qu’elle habitera ici, j’ai pu avoir un peu la paix, puisque Kevin trouvera son voisinage bien plus intéressant que le mien. Mais dès qu’elle est partie, je suis redevenu sa cible.

Pour une raison que j’ignore mais qui m’a fait particulièrement chier, le CHSLD nous donna des horaires semblables. Donc, quand je suis au travail, je le subis. Et quand je suis chez moi, je le subis. Sur une période de deux semaines, son gros fun était d’arriver par surprise derrière moi et me crier dessus pour me faire sursauter. Et s’il y a une chose qui me rend agressif depuis toujours, c’est bien ça.

Est-ce que je vous ai précisé qu’il avait 46 ans ? Comme quoi la maturité n’a aucun rapport avec l’âge.

Seule la perspective de me retrouver avec un dossier judiciaire me retient de lui casser la gueule.  Aussi, avant de poser un geste que je pourrais regretter (En fait, ce sont les conséquences du geste et non le geste lui-même qui me poserait problème) j’ai demandé à mon proprio s’il avait des logis libres ailleurs, que je puisse y déménager. Je lui ai expliqué pourquoi. Il me répond que non.  Il m’apprend cependant que Kevin est la raison pourquoi Danyka l’infirmière n’est restée que trois semaines. À force de ne jamais pouvoir mettre un orteil dehors sans qu’il aille aussitôt la rejoindre, elle a fini par craquer.

Tel que j’en ai déjà glissé mot dans le premier de deux billets au sujet de mon ex-collègue Ariane, Kevin a fait d’elle la cible de son harcèlement sexuel. Lorsqu’elle porta plainte, j’ai appuyé son témoignage en écrivant à la direction un résumé de ce que vous avez lu ici.  Kevin a aussitôt été renvoyé, ce qui l’obligea à quitter l’appartement le jour même, puisque le logis vient avec le contrat. 

Je crois inutile de préciser que personne n’a regretté son départ.

Je pourrais ajouter encore d’autres exemples.  Mais je crois bien que ces quatre-là suffisent pour démontrer que c’est ÇA, la personnalité et le comportement de quelqu’un qui sera porté à te dire joyeusement « Hostie qu’t’es con ! » À tout coup, cette personne toxique sera pour toi une source de problèmes. Je l’ai vécu assez souvent pour pouvoir affirmer que cette phrase est un Red Flag qui ne trompe jamais.

Il y a au moins une consolation du fait que, lorsque l’on regarde leurs agissements, on constate que le plus con des deux n’est jamais celui qu’ils prétendent. 

EN CONCLUSION.
Depuis l’époque de Martine, je suis contre le flirt avec les collègues de travail. Mais il arrive parfois que je sois tenté de faire exception pour une personne exceptionnelle. Il y en a eu une comme ça, gentille, mignonne, qui me donnait l’impression qu’elle pouvait peut-être s’intéresser à moi.

Un jour, au travail, elle me lance une petite taquinerie. Devant mon air surpris, elle rit en me disant :

« C’est juste des blagues. Tu l’sais bien que j’aime t’agacer. »

Pour mes lecteurs Européens, il faut savoir qu’ici, au Québec, agacer peut vouloir dire taquiner. Mais le mot agace est aussi utilisé pour désigner une allumeuse, une femme qui s’amuse à exciter sexuellement un homme, mais qui ne voudrait jamais passer à l’acte avec lui. Et en ce moment, j’habite et travaille dans une région appelée La Gaspésie. D’où ma réplique calembourgeoise suivante :

« Oh, je l’sais bien que tu m’agaces. Après tout, nous sommes dans la capitale des agaces : l’Agace-pésie. »

Elle éclate de rire.

« Ha! Ha! Ha!  Hostie qu’t’es con ! »

Ces paroles me font l’effet d’une douche froide. L’attirance que je ressentais jusque-là pour elle disparaît aussi sec. Fort de mon expérience avec toutes les personnes qui m’ont adressé cette phrase par le passé, j’ai compris qu’il valait mieux que je garde mes distances avec cette femme. Je ne sais pas ce qu’elle me ferait subir. Mais je préfère ne jamais avoir à l’apprendre.

Depuis, lorsque je m’adresse à elle, c’est toujours en rapport à notre milieu de travail, et avec sérieux. Et lorsqu’elle me lance des taquineries (Ce qui est de plus en plus rare maintenant), je réagis en souriant, mais sans en rajouter. De toute façon, elle n’a jamais manifesté d’intérêt pour moi. Et c’est très bien comme ça.

Lorsque je coupe brusquement de ma vie ceux qui me manquent de respect, on me pose parfois les questions suivantes : Pourquoi est-ce que je ne dis pas à la personne que ses paroles m’offensent ? Que je ne tolèrerai pas ce manque de respect ? Et que je lui serais gré de ne pas recommencer ? La réponse est simple : Parce que les gens agissent toujours en accord avec leur nature profonde. Demander à cette personne de me respecter, ce serait lui demander d’agir contre sa nature. Or, personne ne peut changer sa nature. On ne peut que la dissimuler. Si tu lui demandes de ne plus te manquer de respect, vrai, elle peut le faire. Mais le fait qu’elle n’exprime pas le mépris qu’elle ressent pour toi, ça ne change rien au fait qu’elle ressent du mépris pour toi. Un jour, il y aura entre vous un accrochage, réel ou né de son imagination. C’est inévitable. À ce moment-là, elle te déversera sans la moindre retenue le tsunami des sentiments négatifs qu’elle a si longtemps retenu et accumulé contre toi.

Ce n’est pas pour rien qu’existe le proverbe « Chassez le naturel, il revient au galop. » Tôt ou tard, sa facade va craquer, et tu réaliseras que tu auras perdu ton temps en illusions, à t’imaginer qu’il y avait du respect là où il n’y avait que du mépris.

Parce que c’est ÇA, la personnalité et le comportement de quelqu’un qui sera porté à te dire joyeusement « Hostie qu’t’es con ! »

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Y’A LIENS LÀ.


Voici les liens vers les billets auquel je fais référence dans cet article.

Ma courte carrière en design animation 3D. Si ma carrière fut courte, le billet est long, car j’y résume ma relation avec Carl, amicale comme professionnelle.
Mon année 2019, 1 de 3. Je dois avouer que je ne me suis jamais donné la peine d’écrire les parties 2 et 3. Mais celle-ci est consacrée à ma relation avec Vicky, et tous les problèmes qu’elle a pu causer au bureau. Et pas juste à moi. Par ses agissements, ce sont cinq personnes qui y ont perdu leur emploi.
Le premier de deux billets au sujet de mon ex-collègue Ariane. Elle a beau avoir été victime du harcèlement de Kevin, elle n’en était pas blanche comme neige pour autant. Ce n’est pas pour rien que cette première partie s’intitule Une amitié parsemée de Red Flags.

ADDENDUM. Le Traitement de Remplacement de la Testostérone. (TRT)

Ceci est la suite du billet précédent, avec quelques détails supplémentaires.

Tout d’abord, petit rappel. Ces dernières années, j’ai constaté une forte diminution de ma production de testostérone. Certains signes ne trompaient pas. En particulier celui-là :

Pour beaucoup de gens, l’idée de passer au TRT constitue une solution facile, donc à proscrire. Voici un commentaire typique à ce sujet, lu sur un forum.

« Bien que je n’aie jamais pris de testosterone personnellement, j’ai des amis qui l’ont fait et qui m’ont dit que les effets sont bons. Mais qu’une fois que vous prenez des solutions pharmacologiques, votre corps en produit encore moins. Un programme d’entrainement intensif et un ajustement de votre régime alimentaire peuvent faire des merveilles, sans vous laisser dépendre de la pharmacie pour le reste de votre vie. »

Je suppose que ses intentions sont bonnes. Mais comme c’est le cas pour chaque avis donné par une personne qui n’y connait rien, l’avis en question vaut justement ça : rien ! Parce que s’il avait consulté un professionnel de la santé à ce sujet, celui-ci lui aurait expliqué que lorsque le taux de testosterone est bas, seul un traitement de remplacement peut le remonter.

Le problème avec le terme solution facile, c’est que les gens accrochent sur le mot facile, plutôt que le mot solution. Soyons sérieux ! La vie nous envoie déjà tellement de problèmes difficiles à résoudre, pourquoi est-ce qu’il faudrait en plus se faire chier à chercher la difficulté lors des rares fois où on se retrouve avec un problème qui est facile à régler ?

Surtout que…

Les solutions alternatives sont rarement des solutions.
J’entends très souvent des femmes célibataires et libertines de 40 à 60 ans se plaindre que les hommes de leur génération sont en perte de désir et/ou d’érection. Elles se retrouvent au motel avec un gars qui, après avoir reçu une pipe qui a pris 40 minutes, repart sans avoir touché Madame. Et ça, c’est s’il a réussi à maintenir son érection. Ce qui nous amène à :

SOLUTION ALTERNATIVE 1: Le Viagra.
Beaucoup de ces hommes vont compenser avec la p’tite pilule bleue. Mais à quoi bon avoir la pine d’acier quand on ne ressent ni excitation ni désir ? Ce n’est pas intéressant pour lui, qui se force à performer afin de se donner l’impression qu’il est encore capable d’être un bon amant. Et lorsque le gars n’est pas vraiment excité, ça se voit dans son attitude. Et c’est encore moins agréable pour la femme, de se retrouver au lit avec un homme qui ne la désire pas. Alors alternative ou non, le viagra n’est pas une solution. C’est du maquillage.

SOLUTION ALTERNATIVE 2: le DHEA.
La déhydroépiandrostérone, ou DHEAest une hormone stéroïde naturellement produite par l’organisme, chez les hommes comme chez les femmes. C’est elle qui donne au corps l’ordre de produire de la testostérone. Comme solution, on ne peut pas faire plus alternatif : C’est comme remplacer le patron parce que c’est l’employé ne travaille pas assez.

On peut se faire prescrire de la DHEA. Mais on ne la trouverait qu’en Europe. Puisque je suis au Québec, elle est hors de ma portée.

SOLUTION ALTERNATIVE 3: La bonne alimentation et l’exercice.
Pour ce qui est de l’alimentation et des exercices, oui, depuis deux ans et demi, je suivais scrupuleusement tout ce qu’il faut faire pour m’assurer de stimuler ma production naturelle de testostérone. C’est à dire:

  • Pas d’alcool, de tabac, de drogues ou certains médicaments. Non pas que j’en prennais pour commencer.
  • Le gym, à fond, en exercices musculaires.
  • Suppléments de protéines, de caséine et de créatine.
  • Éviter les aliments transformés.
  • Maintenir un poids santé stable.
  • Ne se nourrir que de poulet, steak, saumon, oeufs, huitres, moules, épinards, kale et autres légumes verts foncés, avocats, noix et graines, baies et petits fruits, pomme grenade…
  • … tout en prenant quotidiennement ces huit produits dits « naturels » censés stimuler ma production de testosterone :
… qui me coûtaient dix fois plus cher que ma prescription actuelle de testo.

L’alimentation et les exercices (et peut-être aussi tous les produits que je gobais) retardaient les effets de ma production de testostérone qui tombait en flèche…

… Mais ça ne changeait rien au fait que ma production de testostérone tombait en flèche. Il a fallu que je me rende à l’évidence l’année dernière. Après avoir pris la photo précédente, j’ai entrepris un régime végétarien strict, sans le moindre supplément alimentaire. Le but était de me débarrasser de mon gras pour mettre mes muscles en évidence. Trois mois plus tard, j’avais perdu 37 lb / 16.8 kg. De gras, mais surtout de muscles.

Vingt ans de gym pour ÇA !

Or, si mon corps avait produit un taux de testostérone normal, ma masse musculaire aurait été préservée.

Au début, j’ai hésité à me mettre sur le TRT. Nous avons tous entendu parler des ravages que les suppléments de testostérone font sur le corps, l’esprit et la santé des culturistes qui en utilisent à long terme. Mais j’ai un ami trans qui est sur la testo depuis six ans, sans effets fâcheux sur son organisme. Alors au lieu de me faire un avis sans rien connaitre du processus, je suis allé consulter. À la clinique, on m’a expliqué que c’est à cause de la différence entre l’abus pour dépasser le taux normal, et le bon dosage qui assure que l’on a le taux qu’il nous faut.

Au bout du compte, me mettre en TRT, ce n’était pas qu’une solution facile. C’était la seule solution. De toute façon, en avoir besoin, ce n’était pas une opinion, c’était un fait. Mes tests sanguins en laboratoire le prouvent. C’est la raison pourquoi j’ai pu avoir ma prescription aussi rapidement.

Aujourd’hui, pour comparer, je viens de reprendre une photo de l’an dernier, même endroit, même pose, même vêtements.

Photo 1. Mars 2024. Testosterone naturelle, mais en dessous du taux de production normale, malgré tout ce que j’avalais, tel que listé plus haut.

Photo 2. Mars 2025. Après presque six mois de traitement de remplacement. Et après presque six mois de gym, avec pour seuls suppléments alimentaires que protéines, créatine et caséine.

Non seulement ai-je repris toute la masse musculaire perdue, je m’en suis ajouté. Avoir un taux de testortérone normal va enfin me permettre d’obtenir les résultats pour lesquels j’ai mis tous ces efforts en vain pendant toutes ces années.

Celà dit, bien que je préfère mon corps actuel, j’avoue que je préférais mon visage de l’année dernière. Mais bon, on ne peut pas tout avoir. Surtout qu’à 56 ans, je devrais déjà être reconnaissant de ce que j’ai.

TRT, le Traitement de Remplacement de la Testostérone.

La baisse de la production de testostérone est un sujet tabou pour beaucoup d’hommes. Certains n’osent pas y faire face. Certains auraient honte d’aborder le sujet. Tandis que d’autres ignorent complètement qu’ils ont le problème, et encore plus qu’existe la solution. Je vais donc partager avec vous mon expérience personnelle, si jamais ça peut aider.

PREMIÈRE PARTIE : Le niveau sexuel.
Un des trucs qui m’a caractérisé de mes 15 à 40 ans, c’était ma libido d’ado. Sérieux, je ne pensais qu’à ça. Si j’avais eu une partenaire avec un appétit semblable au mien, ou alors mon propre harem de trois ou quatre colocataires féminines consentantes, je l’aurais fait de 3 à 10 fois par jour. J’ai vraiment atteint mon sommet à l’été de 2008, l’année de mes 39-40 ans. Grâce aux innombrables forums et sites de rencontres existant à l’époque, j’ai eu pas moins de 10 différentes amantes, certaines régulières et d’autres de passage.

Et puis, ma libido a peu à peu commencé à descendre. Au début, les signes étaient imperceptiblement subtils. Mais ils étaint là. Voici les miens, dans l’ordre.

J’avais 43 ans lorsque mon amante m’a appelé alors que je sortais de la douche, et qu’elle m’a proposé une soirée de baise sans limite. Et la première chose à me traverser l’esprit était un sentiment de déception, parce que j’allais passer les prochaines heures à suer plutôt que de pouvoir rester propre.

À 45 ans, lorsque ma nouvelle blonde m’a dit qu’elle voulait continuer d’utiliser le condom malgré le fait qu’elle prenait la pilule, j’ai trouvé ça idiot. Surtout que je venais de débourser $600 au privé pour me faire tester pour toutes les ITS possibles, à sa demande, et que les résultats furent tous négatifs. Mais j’ai juste haussé les épaules. Alors qu’avant, j’en aurait été fort frustré.

À 49 ans, j’ai commencé à sortir avec une femme qui aimait baiser pendant des heures. Littéralement ! Lors de notre première fois, au bout d’une heure et quart, j’avais juste envie de lui dire de conclure, parce que je commençais à trouver le temps long.

À 52 ans, j’ai commencé à fréquenter une superbe obsédée qui faisait tout et aimait tout, ce qui m’a rallumé les envies à mes niveaux de jeunesse. Puis, le charme de la nouveauté a passé. Et après quelques mois, je me surprenais de plus en plus souvent à feindre l’orgasme, juste pour mettre fin à nos séances sans la blesser, la frustrer ou me faire bombarder de questions que je n’avais pas envie de me faire poser.

Parce que oui, rendu à ce point, j’avais constaté une baissse de mes désirs, de mes envies, de mon excitation. Mais puisque physiquement tout fonctionnait normalement à 100%, je me disais que peut-être que le problème venait de ma partenaire. D’un autre côté, si je ne suis pas capable de rester allumé au max, même avec une si belle nympho, peut-être que mon problème est psychologique?

À 54 ans, il y a deux ans, j’ai eu une relation de cinq mois avec une charmante quadragénaire. Je me souviens de notre premier jour en tant que couple. Nous étions chez elle. Et lorsqu’elle m’a entrainé dans sa chambre, je me souviens lui avoir dit :

« Euh… On n’est pas obligés de commencer notre relation par ça, tu sais. »

Trois mois plus tard, elle a eu à se faire enlever l’utérus. Ce qui fait que nous n’avons pas baisé pendant les deux derniers mois de notre relation. Et ça ne m’a nullement dérangé.

Enfin, à 55 ans, au printemps de l’an dernier, j’ai vécu le genre de truc qui ne risque pas de me réarriver de sitôt. Sur Facebook Rencontre, une superbe jeune femme de 25 ans me contacte. Full tatouée, longs cheveux noirs, style gothique, lèvres pulpeuses, gros seins… Le genre que l’on pourrait imaginer gagner sa vie sur OnlyFans, mais qui fait plutôt carrière dans le domaine des soins de santé. (Voir ma série de billets Noémie, ou le rève devenu réalité.)

Ce n’est pas vraiment elle, c’est juste une image libre de droit, avec un modèle se style similaire.

On a un humour semblable. Et elle habite à 1h45 de route de chez moi. Ce qui, dans mon cas en Gaspésie, est l’une des plus proches candidates que j’y ai trouvé.

Dès le départ, elle me flirte avec humour, m’avouant que les hommes matures l’excitent car, orpheline d’un père qu’elle vénérait, elle a des Daddy Issues. On jase à tous les jours. Elle m’envoie des selfies tout habillés mais très sexy. On parle parfois de se rencontrer. Mais elle a un horaire fixe de jour en semaine, avec ses weekends libres. Tandis que mon horaire est complètement incohérent d’une semaine à l’autre, me faisant travailler jours, soirs, nuits, semaines, weekends…

Un soir, après trois semaines de jasette quotidienne, elle m’écrit pour me dire qu’elle est seule, chez elle, à boire du vin. Elle dit s’ennuyer, à rester couché au lit à regarder ses séries. Elle m’envoie un selfie en nuisette très sexy, en disant « Je me ferais bien déchausser la chaussette. » Je suis agréablement surpris de voir que finalement, son flirt en blague était sérieux. Et oui, moi aussi je la désire.

Mais voilà, je travaille le lendemain matin. Et un petit calcul mental rapide me montre que le temps de me laver, me rendre chez elle, qu’on jase un peu, que je la saute, et que je me lève assez tôt pour faire le chemin du retour vers mon travail, je ne dormirais probablement que trois ou quatre heures. Je serais donc fatigué au travail. Mais j’ai une solution : Mon prochain weekend de libre est dans 21 jours. On pourrait se reprendre à ce moment-là.

Comme vous le devinez, une fille aussi sexy, désirable et convoitée n’a pas l’habitude de se faire dire « Bof, non ! Mais j’ai de la place dans trois semaines. » par le gars à qui elle vient de s’offrir.

Les jours suivants, c’est à peine si elle répondait à mes textos. Et fini l’humour et les flirts. Jusqu’à ce qu’elle cesse de me répondre, et finisse par le ghoster.

Il y a quinze ans, aucun obstacle d’argent, de temps, de travail ou de distance n’aurait su se mettre entre moi et une possibilité de baiser. Et là, j’en avais laissé passer une avec nonchalence. Avec une fille qui représente le Wet Dream des pervers de tous les âges, et qui plus est, de trente ans plus jeune que moi. Comment ai-je pu laisser passer une opportunité pareille ?

En fait : Comment suis-je passé d’obsédé sexuel à indifférent asexué ? Et surtout, sans m’en rendre compte ?

SECONDE PARTIE : Le niveau musculaire.
Parallèlement à ma libido qui pique du nez, il m’est arrivé un truc choquant au niveau physique. Mais pour en parler, remontons six ans plus tôt en 2019, alors que j’avais 50 ans.

Cette année-là, ça faisait quinze ans que je fréquentais les gyms. Et en me regardant dans le miroir, je ressentais une certaine déception. Il me semble qu’en une décennie et demie à m’exercer, j’aurais dû être bien plus musclé que ça.

Par curiosité, je Google « Best exercises for muscle gain » Et dans chacun les liens du résultat, il y avait huit exercices qui revenaient sans cesse. Dont sept que je n’avais jamais essayé. Ils allaient désormais constituer ma routine.

Petit saut cinq ans plus tard, janvier 2024. J’ai 55 ans. Mes efforts ont donné des résultats. Mais ils sont arrivés à pas de tortue amputée de trois pattes. Je me serais attendu à mieux que ça, avec toute la discipline que j’y ai mis. Mais bon, le progrès est quand même là.

Mes muscles étant encore dissimulés sous une couche de graisse, je dois maintenant passer à l’étape du « séchage », c’est-à-dire perdre ma masse de gras pour bien faire ressortir les muscles. Pour ce faire, je passe à une diète strictement végétarienne, tout en continuant les exercices.

Quatre mois plus tard, justement au moment où je gâchais tout avec Noémie, j’avais perdu 37 lb / 16.8 kg. Je me prends en photo pour voir mes progrès. Et ce que j’y vois me laisse sur le cul. La masse musculaire que je me suis donné un mal de chien à accumuler pendant cinq ans d’efforts soutenus avait presque totalement disparue en seize petites semaines. J’avais l’air du Christ en croix, avec une coupe militaire.

Maigre comme le Christ. Littéralement !

Rendu là, je ne pouvais plus faire semblant que je ne voyais pas le problème. Je devais me rendre à l’évidence. Libido qui coule à pic + spectaculaire perte de masse musculaire = il y a un sérieux problème avec ma production de testostérone. Et ça ne datait pas de la veille.

J’ai passé plusieurs jours à googler sur le sujet. Et j’ai pris rendez-vous avec une clinique privée de Montréal qui traite ce genre de cas. Voici ce qu’ils m’ont expliqué.


LA TESTOSTÉRONE TOTALE se divise en deux catégories :

1) LA TESTOSTÉRONE LIBRE, aussi appelée « biodisponible. » C’est celle qui pénètre les cellules pour y exercer les effets suivants :

  • Développement et maintien des caractères sexuels masculins, tels que la croissance des poils, le développement des muscles, la profondeur de la voix et la formation des organes génitaux masculins.
  • Régulation du métabolisme. En particulier la synthèse des protéines et la dépense énergétique.
  • Développement et maintien de la masse musculaire et osseuse.
  • Régulation de la libido et du désir sexuel.
  • Effets sur le système cardiovasculaire : réduction du risque de maladie coronarienne et d’accident vasculaire cérébral.
  • Effets sur la cognition : amélioration de la mémoire et de la concentration.
  • Régulation de l’humeur, entre autres en prévenant la dépression.

2) LA TESTOSTÉRONE LIÉE, ou « inactive. » Elle se lie aux protéines du sang, telles que la protéine de liaison à la testostérone (SHBG) et l’albumine. Cette testostérone liée est inerte et ne peut pas exercer d’effets biologiques directs sur les cellules et les tissus. Cependant, la testostérone liée peut avoir des effets biologiques indirects, tels :

  • Régulariser la quantité de testostérone qui est libérée dans la circulation sanguine.
  • Transporter la testostérone liée vers les tissus cibles, où elle peut être libérée et exercer ses effets.
  • Régulariser la quantité de testostérone qui est disponible pour les tissus cibles.
  • Régulariser la balance hormonale.

Puisque la testostérone liée est inactive, les tests sanguins se font au niveau de la testostérone libre et la testostérone totale. Tout dépendant du laboratoire, l’échelle de mesure utilisée peut être différente. Celle où je suis allé m’a dit que pour un homme dans la cinquantaine, les taux normaux sont :

Testo Libre : Entre 4 et 12. La mienne faisait 3,5.
Testo Totale : Entre 25 et 90. La mienne faisait 20.

Et ceci faisait de moi le candidat idéal pour le TRT, le traitement de remplacement de la testostérone.

Prendre des suppléments de testostérone, ce n’est pas un choix à faire à la légère. Car lorsque le corps constate qu’il est envahi par une source extérieure de testostérone, il cesse d’en produire naturellement, et ce pour de bon. Ce qui signifie que si je commence, je ne pourrai plus arrêter, c’est pour la vie.

Mais puisque je n’en produis déjà presque plus, mon choix était simple. J’ai dit oui !

La prescription vient sous trois formes. Il y a les pilules. Mais celles-ci peuvent affecter le foie au bout de quelques années. Il y a sous forme d’injection. Ce qui signifie trainer une seringue partout, ce qui va attirer l’attention et les questions puisque je ne suis pas diabétique. Et il y a sous forme de gel à appliquer sur le corps. C’est celle-là que j’ai choisie.

Cinq mois de traitement, le bilan.
Le 25 septembre dernier, je commençais le traitement. Deux semaines plus tard, je constatais le retour des érections matinales. Fait d’autant plus surprenant que je ne m’étais jamais rendu compte que j’avais cessé d’en avoir.

Je suis retourné au gym. J’ai modifié mes exercices pour y aller de manière intense. Je me bourre de steak, de saumon, d’oeufs et de poulet, ainsi que de supplément de protéines et de caséine. Et cette photo prise il y a trois semaines démontre que non seulement ai-je repris toute ma masse musculaire perdue, ma poitrine et mes épaules ont pris du volume.

Dans mon cas personnel, les problèmes reliés au manque de testostérone étaient surtout situés à trois niveaux.

1) La masse musculaire. Non seulement ai-je repris tout ce que j’ai perdu, le fait d’avoir de la testostérone à un niveau normal va certainement me permettre de progresser bien plus rapidement au gym. Il serait temps que j’obtienne enfin les résultats pour lesquels j’ai si longtemps travaillé.

2) La libido. Celle-ci a ressuscité. Je ne suis pas encore remonté à mon appétit sexuel de mes 15-40 ans. Mais pour être franc, je n’y tiens pas. Être en chaleur 24/7, c’est souvent plus frustrant qu’autre chose. Une libido moyenne normale, c’est bien suffisant.

3) Le sommeil. Depuis quelques années, ou bien je me réveillais plusieurs fois dans la nuit, ou bien je n’arrivais à dormir que cinq heures, ce qui me gardait somnolent toute la journée. Maintenant, je fais des nuits ininterrompues de 7-8 heures. Ce qui fait que mon énergie est bien meilleure.

Donc, pour tous les hommes qui commenceraient à noter une diminution de leur libido, de leurs érections, de leur énergie, de leur sommeil, ou tout autre problème situé dans la liste mentionnée plus haut, je vous le dis, mettez votre orgueil de côté et n’hésitez pas à consulter. La solution est simple, peu coûteuse, et améliore grandement la qualité de vie.

Blaise Pascal, Coca-Cola et le sexe. Ou: La différence entre l’intellect et l’instinct.

En 2007, Mon père fait des travaux pour une propriété centenaire située à Saint-Hyacinthe. En donnant un coup de pelle, il pète une bouteille qui était enterrée là. Intrigué, il se met à genoux et creuse la terre délicatement avec ses mains et un tournevis. Il y avait là trois bouteilles, dont deux encore intactes. Le bouchon porte l’inscription « Paul St-Onge inc, St-Hyacinthe PQ, Embouteilleur. » Une compagnie qui n’existe plus depuis belle lurette.

De par la forme de la bouteille et la couleur du verre, elle aurait été produite entre 1915 et 1956.

Un collègue de mon père vient le rejoindre. Amusé par la découverte, il en saisit une. Et comme ça, bêtement, en disant « Hey, y sont encore pleines! », il se met à la secouer fortement. Aussitôt, PAF! Elle lui éclate dans la main.

Mon père s’est empressé d’aller enfermer dans son auto la dernière bouteille encore intacte. En sachant que j’aime les antiquités, il me l’a offerte. Après l’avoir bien nettoyée, je l’ai exposée fièrement sur une tablette chez moi, avec quelques autres antiquités Coca-Cola de ma collection.

Or, à quelques rares exceptions près, à chaque fois qu’un invité la voyait, c’était plus fort que lui. Il fallait qu’il s’en empare et la secoue. J’accourais alors en panique pour la lui enlever des mains, en lui racontant ce qui était arrivé à la bouteille no.2.

Après quelques temps, à chaque fois qu’une personne venait chez moi pour la première fois, je prenais les devants. Je lui montrais la bouteille. Je lui racontais l’anecdote de la découverte. Et si la personne prenait la bouteille dans ses mains, alors je prennais la peine de lui dire : « Ne la secoue pas s’il te plaît! »

… Jusqu’au jour où une fille contactée sur un site de rencontre, que j’ai ramenée chez moi, la prenne également dans ses mains. Comme pour les fois précédentes, je lui demande de ne pas la secouer. Ma demande pique sa curiosité. Aussitôt, elle se met à la secouer, en me demandant « Pourquoi? »

Après trois ans à vivre cette situation non-stop, j’étais exaspéré de me poser la question « MAIS QUEL ESPECE DE CAVE VA ALLER SECOUER UNE BOUTEILLE DE COKE? » J’ai compris que je perdais mon temps. Il ne fallait pas chercher à comprendre. Il fallait juste mettre la bouteille en sécurité. Ce que je fis. Depuis les 15 dernières années, elle est soigneusement emballée dans un linge à vaisselle, enfermée dans une boite de chips Pringle’s, elle-même dans une boite contenant d’autres antiquités, remisée dans mon locker d’entrepôt.

À chaque personne à qui j’ai demandé pourquoi il avait fait ça, aucun n’a su quoi répondre.

Autre sujet, même réflêxe. Tout le monde connait la situation classique suivante : un homme et une femme s’apprêtent à passer au lit. L’homme rechigne à l’idée de porter un condom. Il sait pourtant qu’en ayant du sexe sans protection, il risque deux choses : Une infection transmise sexuellement, et/ou une grossesse accidentelle. Deux choses qui peuvent littéralement ruiner sa vie. Dans n’importe quelle autre aspect de sa vie, il peut se montrer extrêmement prudent. Or, pour celle-là, c’est sans hésitation qu’il prendra ce risque. Et même s’il n’en subit aucune conséquence, cette possibilité va le hanter pour les semaines, les mois, voire les années à venir.

Bon, il est vrai que dans le cas de la sexualité, il ne faut pas oublier que malgré notre intellect, il reste que nous ne sommes à la base que des animaux. Et l’instict animal primordial, c’est la survie de l’espèce. C’est la raison pour laquelle plus l’envie sexuelle est forte, plus grande est la résistance à l’Idée d’utiliser une barrière physique empêchant la procréation, et ce même si on ne voudrait jamais avoir d’enfants. Voilà pourquoi, lorsqu’il est question de sexe, toute raison fout le camp. Ce qui fait que là encore, si on lui demande pourquoi il a fait ça alors qu’il en connaissait très bien les dangers, il ne saura pas quoi répondre.

Ce n’est pas pour rien qu’en 1670, le philosophe Blaise Pascal a écrit dans son recueil de pensées : « Le coeur a ses raisons que la raison ne connait point. » C’est parce qu’il avait compris que l’instinct et l’intellect sont deux choses qui n’ont aucun rapport entre elles. Par conséquent, face à une situation qui déclanche en eux un réflêxe animal, beaucoup de gens suivront leur instinct, même si leur intellect leur dit que ce geste qu’ils s’apprêtent à poser est complêtement stupide. C’est le cas pour ceux qui vont mettre en danger leur santé, leurs finances et risquer de dérailler le reste de leur vie, en échange d’un orgasme.

Et c’est également le cas pour ceux qui ne peuvent s’empêcher de secouer une bouteille de Coca-Cola centenaire.

Il y a des batailles qu’on ne peut juste pas gagner.

La limite était de 100. Je faisais du 122. Puisque je connaissais le chemin, je n’utilisais pas le GPS. Celui-ci n’a donc pas pu me dire « Il y a un radar mobile sur votre route. »

Girophares dans le miroir.
Rangement sur l’acottement.
Sortir le permis de conduire.
Réception de la contravention.

POLICIER : « L’excès de vitesse monte à $120. Plus la contribution de $40. Pour un total de $160. Vous avez trente jours pour payer ou contester.
MOI : « Euh… C’est quoi, ça, « contribution »? Les frais de traitement du dossier ? »
POLICIER : « Non ! C’est un montant qui va à un refuge pour femmes victimes de violence conjugale. »
MOI : « Hein !? Mais je n’ai jamais été violent envers une femme. Pourquoi est-ce que vous me collez une amende pour ça? »
POLICIER : « Ce n’est pas une amende. C’est un don ! Ça vient avec les amendes d’excès de vitesse. »
MOI : « Un don ? D’accord ! Est-ce que je peux avoir un reçu, pour que je puisse le déclarer aux impôts? »
POLICIER : « Ce n’est pas ce genre de don, monsieur. »

S’il y a une chose que je suis incapable d’endurer, c’est bien la bullshit. Je prends soin de rester calme et poli alors que j’ajoute d’une voix totalememnt neutre :

MOI : « C’est vrai ! Un don, c’est volontaire. Et je n’ai jamais autorisé que l’on me charge ce $40. »
POLICIER : « C’est standard avec les amendes d’excès de vitesse. »
MOI : « Je suis bien désolé. Oui, je vais payer le $120, parce que j’ai vraiment fait un excès de vitesse. Mais il n’est pas question que je paie $40 pour un crime que je n’ai jamais commis. Ce que vous me faites là, c’est abusif. »
POLICIER : « Vous avez quelque chose contre les femmes, Monsieur ? »

Ok, wow ! Ou bien j’accepte de payer une amende pour un crime que je n’ai pas commis, ou bien je suis un misogyne. Il rajoute :

POLICIER : « De toute façon, si vous ne payez pas l’amende en totalité, vous allez vous retrouver avec des frais à payer, en plus du $40. »
MOI : « Donc, ce que vous me dites, c’est que si je n’accepte pas vos abus, vous allez me faire subir encore plus d’abus. »

Ayant son sous-entendu de misogynie en travers de la gorge, je décide de le lui rendre, alors que j’ajoute :

MOI : « Comme le font les hommes qui abusent des femmes, finalement. »

Le policier me regarde, silencieux. Son regard est lourd, intense. Je ne sais pas si ma dernière phrase le prend au dépourvu, ou bien s’il applique sur moi une technique psychologique d’intimidation. Mais ça dure un bon huit secondes. Je décide de couper la tension en haussant les épaules tout en prenant mon air interrogateur le plus innocent, alors que je demande :

MOI : « Non ? »
POLICIER : « Comme je vous ai dit ! Vous avez trente jours pour payer ou bien contester. Vous trouverez l’adresse du site web derrière le ticket. Bonne journée ! »

Et il retourne dans son véhicule, me laissant là avec mon billet dans les mains.

Rendu chez moi, je me rend sur le site. J’entre le numéro de mon billet. Tout y est: Mon nom, mon adresse, mon véhicule, sa plaque, les détails de ma contravention, et le montant à payer. Et là, j’ai le choix : Payer ou contester. Je clique sur Contester.

Sur ce, 404 PAGE NOT FOUND. Je clique pour revenir en arrière. Là, c’est « Une erreur empêche la page de télécharger. Veuillez revenir plus tard. » Je me demande si c’est bien un hasard, ou si c’est encore une arnaque pour nous empêcher de contester.

Pour la fluidité de la narration, je vous fais grâce de tout ce que j’ai eu à faire pendant les quatre jours qui ont suivi. Mais j’ai fini par pouvoir parler à quelqu’un au téléphone.

POLICIER : « Donc, vous voulez contester une contravention ? »
MOI : « Non ! Juste une partie. La contribution de $40. »
POLICIER : « La contribution, c’est un montant qui va à un refuge pour femmes victimes de violence conjugale. »
MOI : « Oui, je comprends. Mais je n’ai jamais été violent envers une femme. Je n’ai donc pas à recevoir une amende pour ça. »
POLICIER : « Ce n’est pas une amende. C’est un don ! »
MOI : « Un don, c’est volontaire, et ça vient avec un reçu pour les impôts. Vous ne donnez pas de reçu, et je n’ai jamais autorisé que l’on me charge ce $40. Alors désolé, mais m’obliger à payer pour un crime que je n’ai jamais commis, ce n’est pas un don, c’est un abus. »
POLICIER : « Vous avez quelque chose contre les femmes, Monsieur ? »

Ok, wow ! On voit que les étudiants de Nicolet ont tous appris le même texte par coeur, Heureusement, ces cinq derniers jours à ruminer là-dessus m’ont donné le temps d’étoffer ma réponse.

MOI : « Au contraire ! J’ai tellement rien contre les femmes, que je n’en ai jamais abusé une seule de toute ma vie. Vous pouvez vérifier vous-même, puisque vous avez accès à mon dossier judiciaire. Il n’y a donc aucune raison, ni morale ni légale, de me faire payer pour quelque chose que je n’ai jamais fait. »
POLICIER : « La contribution, c’est standard avec les amendes d’excès de vitesse. On ne peut pas fragmenter le paiement. Ou bien vous le payez en entier, ou pas du tout. Mais dans ce dernier cas, il y aura des conséquences. C’est la loi ! »
MOI : « C’est la Loi. Mais est-ce qu’on peut vraiment parler de justice, ici ? »
POLICIER : « Écoutez ! Si vous voulez contester la Loi et le Code Civil, vous avez toujours le loisir d’embaucher un avocat qui va vous représenter dans votre cause contre la Couronne. Alors, que vous payez ou que vous intentiez une poursuite, c’est à vous que revient la décision finale. Bonne journée. »

Je n’ai pas eu à réfléchir longtemps pour savoir que si ma cause a de bonnes chance d’être une victoire légale, elle équivaudra en revanche à un suicide social. La contribution obligatoire sur les constats d’infraction, c’est dans tout le système légal du Québec. Il est évident que si je m’y attaque, ça ne passera pas inaperçu. Les médias vont s’empresser de rapporter cette saga judiciaire avec le gars qui poursuit le Gouvernement car il refuse de faire un don pour les refuges de femmes victmes de violence conjugale. Il n’en faudra pas plus pour que l’on m’associe automatiquement à Marc Lépine, aux incels comme Elliot Rodger, où à ces misogynes de Mâles Aphas autoproclamés. J’aurai beau m’expliquer et répéter 8624 fois que, peu importe s’il s’agit de femmes victimes de violence, d’immigrants victimes de racisme ou d’enfants victimes de prédateurs, il reste que je n’ai commis aucun de ces crimes. Je n’ai donc pas à payer pour ceux-ci. Faites-donc payer Gilbert Rozon, puisque LUI est déjà reconnu devant la Justice pour de nombreux crimes contre les femmes. Ajustez l’amende à la mesure de ses crimes, et vous pourrez vous bâtir dix nouveaux refuges pour femmes en détresse.

Mais je sais bien que peu importe ce que je dirai, rien n’y fera. Mon nom sera démonisé dans la culture populaire. Et Internet n’oublie jamais. J’aurai à subir ça jusqu’à mes 121 ans.

C’est comme je disais. Ou bien j’accepte leurs abus. Ou bien ils me feront subir d’encore pires abus. Comme le font les hommes qui abusent des femmes, finalement. J’ai donc fermé ma gueule, et je suis allé payer ma contravention en entier. Et, quelle surprise, le site a parfaitement fonctionné cette fois. Éventuellement, j’ai fini par trouver le moyen de ne plus jamais avoir à subir ce genre d’abus. Et c’est une solution toute simple : je ne fais plus d’excès de vitesse.

Quand je sais que j’ai raison, je suis têtu comme pas un. Mais quand mon entêtement ne donne rien de bon, je n’ai d’autre choix que de tirer la leçon que j’ai à en tirer, et de lâcher prise.

Parce qu’il y a des batailles qu’on ne peut juste pas gagner.

14 côtés cachés du travail de préposé aux bénéficiaires

Depuis que je suis préposé aux bénéficiaires, je reçois souvent des félicitations. Aider nos aînés dans leurs tâches les plus basiques alors qu’ils sont en perte d’autonomie, quoi de plus noble comme profession. Or, l’essentiel de notre travail n’a rien de glorieux. En voici quatorze facette peu connues.

1. Le travail consiste surtout à ramasser de la merde.
95% des résidents portent des couches pour adultes (Que l’on appelle simplement « culottes », pour ne pas heurter les sensibilités.) et 80% sont incontinents. Pas besoin d’en dire plus pour que vous comprenniez que, de deux à douze fois par quart de travail, on se retrouve à avoir les mains dans la merde. Certes, on porte des gants de latex, mais tout de même. Et il n’est pas rare que la couche ne puisse pas tout retenir et déborde dans les vêtements, les lits, les meubles. Sérieusement, depuis que je suis préposé, j’ai à faire avec 100 fois plus de merde que lorsque j’étais concierge.

Quant à l’odeur, malgré les puissants détergents et la ventilation, il flotte toujours un léger arôme flatulent dans les corridors. Surtout pendant nos hivers Québécois, avec sa moyenne quotidienne de -10°C à -25°C qui interdit toute fenêtre ouverte.

2. Non, ce n’est pas comme « s’occuper de bébés. »
Bien sûr, il y a des similitudes. On les lève, on les lave, on les habille, on les nourrit, on les distrait, on change leurs culottes, on les met en pyjama et on les couche. Mais la différence, c’est que ces gens sont des adultes dont le poids va de 90 à 350 lb / 40 à 160 kg. Certains ont encore toute leur tête, ou du moins sont assez éveillés pour avoir pleinement conscience de leur état. S’il y en a qui le prennent avec philosophie ou Foi en leur religion, d’autres ont beaucoup de difficulté à accepter leur dévolution. Surtout que…

3. Les gens n’entrent pas en résidences pour prendre du mieux.
Quand une personne entre à l’hôpital, on la soigne. Et tout dépendant de l’état où elle se trouve, et à combien sévère est la raison qui l’a amené là, il y a de bonnes chance que la personne récupère sa pleine santé. Mais en centre d’accueil et résidences pour gens à mobilité réduite, c’est l’inverse. Quand ils y entrent, c’est pour dégénérer peu à peu physiquement et/ou mentalement jusqu’à l’heure du trépas. C’est le côté déprimant de la profession. On ne peut que les soulager à court terme. Mais au bout du compte, rien de ce que l’on fait n’aura servi. Beaucoup de résidents ne le savent que trop bien. Voilà pourquoi…

4. Certains résidents optent pour le suicide par grêve de la faim.
Il y avait un homme dans la soixantaine, souffrant d’une forme de paralysie latente, qui résuisait ses mouvements à une lenteur extrème, en plus d’être incontinent. Et immobile, n’était de son fauteuil roulant électrique. Ça affectait également son langage, alors qu’il ne parlait qu’avec difficulté. Ses journées consistaient à manger, regarder la télé, recevoir des soins, et dormir. Sur son mur, il y avait des photos et articles de journaux à son sujet. Dans sa jeunesse, l’homme était sportif, élancé, énergique, un athlète reconnu.

Le même homme, à trente ans de différence.

Un jour, il en a eu assez de de cette vie sans issue et sans espoir. Il a cessé de se nourrir. Dix jours plus tard, c’était fini.

4. On apprend à devenir menteur.
Beaucoup de résidents sont atteint d’Alzheimer. Ils posent donc beaucoup de questions. Si répondre la vérité à certaines d’entre elles n’aura aucune conséquences fâcheuses, d’autres sont à-même de les faire angoisser, paniquer, déprimer. Notre travail consiste aussi à assurer leur tranquilité d’esprit. Et ceci nous oblige souvent à leur mentir.

Par exemple, certains ne comprennent pas pourquoi ils sont en résidence. On leur dit alors qu’ils ont eu un accident, que ceci est un hôpital, et qu’ils partiront lorsqu’ils auront repris du mieux. Dans l’unité prothétique, une dame vit son jour de la marmotte personnel. À tous les matins, elle croit qu’elle vient d’arriver dans cette chambre d’hôtel, d’où son fils viendra la chercher le lendemain matin. En réalité, voilà six ans qu’elle habite là.

Une autre dame me demande plusieurs fois par jour quand est-ce que ses filles viendront la visiter. Je lui réponds « Le jour des visites est dimanche. Nous sommes samedi. Elles seront là demain matin. » Ce qui me console un peu dans son cas, c’est que lorsque je lui dis ça le samedi, c’est la vérité.

5. L’Alzheimer révèle les secrets du passé.
C’est bien connu, l’Alzheimer attaque la mémoire récente et recule de plus en plus dans les souvenirs. Ainsi, lorsque l’on prodigue des soins d’hygiène au niveau du siège, il n’est pas rare qu’une résidente hurle à son père (mort depuis belle lurette) de ne plus la toucher. Ce qui nous donne une idée des terribles sévices qu’elle a pu subir étant enfant.

Mais parfois c’est un peu plus cocasse, comme la fois où une résidente m’a dit, « Armand, il va falloir qu’on arrête. Mon mari ne mérite pas que je lui fasse ça. » Apparemment, Armand était son amant. Et puisqu’on parle de sexualité…

6. La sexualité gérontologique existe. Et ce n’est pas beau à voir.
Je vous vois venir, les Wokes.  « On n’a pas à se moquer de leurs droits de s’aimer, ils ont droit au respect peu importe leur âge et leur physique. » Je veux bien ! Mais je vous rappelle que l’on parle ici de gens qui sont majoritairement incontinent. Je ne vous raconte pas l’Apocalypse post-coïtal résultant sur eux-mêmes et dans la chambre suite à leurs ébats.

7. On doit préparer les cadavres pour la morgue.
Il n’y a pas de service de morgue sur place. Alors lorsqu’un décès est constaté et enregistré officiellement par le médecin de garde, un préposé doit se porter volontaire pour le préparer à son transport. Ça signifie le nettoyer si besoin, et lui mettre une couche neuve. Avec une ficelle, lui attacher les pieds ensemble, et attacher ses mains en croix sur la poitrine. Attacher une étiquette d’identification aux orteils. L’enrouler dans le linceuil, qui est en fait une grande toile de matière plastique, et en ficeler le centre et les deux extrémités. Enfin, sur la ficelle centrale, attacher la seconde étiquette d’identification.

Il n’est pas rare que je doive emballer aujourd’hui un résident avec qui j’avais une conversation hier. La première fois, ça donne un choc. Mais on s’y fait. Mon plus grand choc a été de constater que certains décès n’ont rien de naturel, alors que…

8. La famille peut se faire offrir l’euthanasie.
Vous connaissez la situation classique : Une personne est dans le coma, les médecins assurent la famille qu’il n’y a plus d’activité cérébrale, donc qu’à toute fin pratique, la personne qu’ils ont connu n’existe plus et ne reviendra jamais. Alors on la débranche et on la laisse décéder naturellement.

Il y a cependant des cas où cette solution est appliquée chez des personnes qui sont bien portantes physiquement. Nous avions une résidente souffrant d’Alzheimer à un stade assez avancé, au point où elle avait régressé à l’état d’animal. En même temps, elle était assez en forme physiquement pour être mobile, et donc constituait un danger envers elle-même et les autres résidents. Il fallait souvent s’y prendre à trois préposés pour la changer et lui prodiguer des soins d’hygiène, dont un juste pour l’immobiliser tellement elle se débattait avec vigueur.

À plus de $2 000 par mois pour les soins, son mari avait dû vendre son chalet et ses véhicules. Le problème avec l’Alzheimer, c’est que sa progression peux fluctuer. Elle pourrait oublier de respirer dans six mois, ou bien vivre encore cinq, dix, voire quinze ans. Il n’y avait que deux choses certaines : De un, cérébralement parlant, la personne qu’elle était n’existait plus. Et de deux, à payer pour les soins d’une personne qui était littéralement un zombie, sa famille s’en allait droit vers la faillite. Ils ont donc opté pour ce que l’on appelle la sédation palliative.  On administre un puissant sédatif à la personne, et on la tient endormie jusqu’à ce qu’elle meurt de faim.

Oui, dans une certaine optique, il s’agit ni plus ni moins d’un meurtre légal. Mais lorsque les deux seules options sont celle-ci ou bien la ruine totale qui ne résoudra rien, c’est à ce genre de choix déchirant que sont parfois réduites les familles.

9. Les personnes à mobilité réduite ne sont pas toutes des vieillards.
Nous avons une femme dans la quarantaine, paralysée du nombril aux orteils, et c’est arrivé comme ça, alors qu’elle était encore adolescente. Une autre a la moitié gauche du corps paralysée et insensible, depuis qu’une violente dispute avec une rivale pour les faveurs d’un homme s’est résolue avec un coup de hâche sur le crâne. On a eu aussi un homme qui, à 22 ans, le jour de son mariage, avait abusé du champagne. Pour rire, il a décidé de piquer une tête tout habillé dans la piscine creusée. Sans se rendre compte qu’il était à l’extrémité contenant moins d’un mètre d’eau. Commotion cérébrale et fracture des vertèbres. Trente-cinq ans plus tard, il avait une partie de la mobilité de ses bras, et ses mains à demi-paralysées. Mais là encore, du nombril aux orteils, plus rien ne fonctionnait.

10. La santé de certains résidents ne tient qu’à un fil.
Et il suffit d’un seul petit problème, parfois extrèmement anodin, pour que tout dégringole.

Certains de nos résidents, en plus d’être incontinents, souffrent de blocage de la vessie. Ils ont donc besoin qu’on leur y enfonce une sonde, afin que l’urine s’écoule dans un tuyau vers un sac. Cette sonde est changée sur une base hebdomadaire. Et malgré toutes les précautions d’hygiène et de salubrité, qui sont respectées à la lettre et même aù-delà, il arrive qu’une simple bactérie arrive à s’introduire. C’est ainsi qu’un des résidents, dans son sommeil, a développé une inflammation de la vessie, qui a fait flancher ses reins, qui lui a empoisonné le sang, qui lui a causé un arrêt cardiaque… Malgré les soins d’urgence et le transfert à l’hôpîtal, il est mort au bout de trois jours, sans jamais s’être réveillé.

Une petite dame de 97 ans très maigre souffrait d’osteoporose, une maladie qui rend les os poreux et fragiles. De sa chaise roulante, elle s’est juste penchée pour ramasser un Kleenex qu’elle avait échappé. Ce simple geste, pourtant effectué avec douceur, lui a fracturé le bassin. Après deux jours de souffrances terribles, à force d’augmenter sa dose de médication, elle s’est endormie pour ne plus jamais se réveiller. Une semaine plus tard, c’était fini.

11. On se retrouve avec des criminels endurcis.
Il n’est pas rare que l’on nous amène des prisonniers dont l’état de santé est trop demandant pour que le système carcéral puisse s’en occuper. Ainsi, violeurs, pédophiles, meurtriers peuvent se succéder dans nos murs. On a même déjà eu un ex casseur de jambes appartenant à un club de motards criminalisé. Un accident vasculaire cérébral l’a laissé plus faible qu’un chaton et incapable de s’exprimer. Mais il avait encore toute sa tête, comme le démontrait son regard qui passait sans cesse de la rage au désespoir. Pour un homme qui avait passé sa vie à s’imposer physiquement à ses semblables et à répandre la terreur, cette fin de vie représentait l’Enfer sur terre.

12. Les résidences sont un paradis pour les fétichistes de dévotion aux handicapés.
À tous les endroits où j’ai travaillé, il y avait toujours au moins une résidente qui s’était faite un amoureux après avoir été admise. Car oui, certaines personnes ressentent une attirance irrésistibles envers les gens qui nécéssitent des soins constants. Ils se présentent alors aux résidences comme bénévoles. Et si une résidente leur tombe dans l’oeil, alors voilà. Bientôt, ils viennent s’en occuper sur une base régulière. Lorsque ça arrive, il y a enquête pour s’assurer que la personne n’est pas un déviant reconnu par la loi. Et la famille, s’il y a, est prévenue. Mais en général, on ne juge pas et on les laisse faire.

13. On voit des horreurs corporelles.
Il y a beaucoup de membres emputés pour cause d’accidents, ou de pieds sans orteils pour cause de diabète. Ça, c’est le moins pire. Par horreur, je parle d’un second anus au bas de la colonne vertébrale, créé par chirurgie, où on y met et retire un bouchon. Ou un pénis fendu sur sa longueur pour y introduire des sondes. Ça a beau avoir cicatrisé depuis des lustres, ça laisse un malaise à voir. Et que dire de ces plaies spontanées qui deviennent des cratères qui puent la viande avariée. Et d’autres trucs dont je vous ferai grâce. On s’y fait à la longue. Mais au début, ça ébranle.

14. Travailler dans ce milieu nous oblige à regarder en face la réalité de la vie, et surtout la fin de celle-ci.
Dans mon cas, à constater les ravages physiques résultant des excès de toutes sortes, ça n’a fait que renforcer ma détermination à bien manger, me modérer dans tout, continuer d’aller au gym et me tenir en forme. Il y a déjà bien assez de maladies dégénératives qui arrivent naturellement comme l’Alzheimer, la sclérose en plaque, le parkinson et plusieurs autres, je tiens à faire en sorte d’éviter ce que je suis en mesure d’éviter, et ce pendant que je peux encore l’éviter.

Ces Red Flags vivants : La mystique qui rejette la réalité (6) la conclusion : Faut-il laisser les Red Flags tout dicter?

Tout le long de cette série de billets, j’ai fait une longue liste de Red Flags qui auraient dû me prévenir de me tenir loin de Mégane. Et ce dès le départ : une mère en couple depuis 20 ans qui me fait une déclaration d’amour parce que le tarot lui a dit que j’étais l’homme de sa vie. Déjà là, ça en dit long sur sa personnalité, et ça n’en dit rien de bon : infidèle, irréfléchie, qui n’a pas les pieds sur terre, adepte de la pensée magique…

Dans ma jeunesse, à l’époque où je tenais mordicus à avoir un comportement parfait et irréprochable, jamais je n’aurais accepté d’être en relation avec elle. Or, il a a une chose importante à considérer ici, et c’est ma situation. C’était une belle femme, un peu plus jeune que moi mais tout de même de ma génération, qui avait l’intelligence et la volonté de retourner aux études pour faire quelque chose de sa vie. Et elle ressentait pour moi un désir physique irrésistible, suivi d’un amour inconditionnel. J’étais itinérant, sans un sou, criblé de dettes, sans autre transport que mon vieux vélo acheté deux ans plus tôt dans un pawn shop. Même à mon meilleur, je ne crois pas que j’aurais pu trouver mieux qu’elle. En fait, ce serait déjà un miracle que je puisse trouver aussi bien. Je n’avais donc pas tellement d’options. C’était elle, ou alors personne pour encore bien longtemps.

Ensuite, malgré tous les Red Flags initiaux et ceux qui se sont succédés par la suite, il reste que son passage dans ma vie a été le plus bénéfique qui soit. Alors que la majorité de mes relations m’ont enlevé beaucoup, elle au contraire en a apporté comme personne. Sur huit points en particulier, elle a su transformer ma vie pour le mieux. ils sont :

POINT 1: Son influence sur mon décor.
Avant de la rencontrer, lorsque j’avais des appartements, je décorais la place avec ma collection d’antiquités. Elle n’a pas pu en visiter puisque j’étais itinérant lorsqu’on s’est rencontrés, mais elle a vu des photos. Elle m’a fait comprendre que oui, si le décor se doit de refléter les goûts de la personne qui y l’habite, il reste qu’il y a une sacrée différence entre mettre ici et là quelques éléments antiques pour décorer, et carrément vivre dans une boutique d’antiquité. Un salon, une cuisine, une salle à manger, une chambre, tout ça doit rester sobre et accueillant pour les visiteurs. Un décor complet qui ne réflete que tes goûts de manière aussi omniprésente et insistante, ça empêche quiconque de s’y sentir à l’aise. À moins que j’aille la chance extraordinaire de ne fréquenter que des gens qui partagent exactement la même passion au même niveau que moi.

Je n’étais pas à 100% convaincu, mais je voyais de la logique dans ses propos. Aussi, j’ai décidé de garder l’esprit ouvert. À sa demande, lorsqu’elle m’a trouvé mon 3½, je l’ai laissé s’occuper de la déco. Au début, ça détonnait sur mes habitudes. Mais j’ai dû reconnaître qu’elle avait raison. Encore aujourd’hui, je vis dans des décors sobres et accueillants, dans lesquels je me sens tout de même chez moi.

POINT 2 : Mon logis.
C’est elle qui m’a trouvé mon appartement, un 3½ à coût ridicule pour le marché actuel. Et bien que j’ai annuellement maille à partir avec le propriétaire au sujet de ses tentatives abusives d’augmentations contre lesquelles je le traine d’ailleurs en Cour (saga suspendue mais néanmoins à suivre) il reste que c’est grâce à cette adresse officielle que je tombe dans la catégorie « travailleur en région éloignée », qui me rapporte autant d’avantages fiscaux. Et il est d’autant plus économique puisque grâce à Mégane, j’ai …

POINT 3 : Mon pseudo-colocataire.
Le frère de Mégane n’avait pas les moyens de se trouver un logis convenable. Et à cause de mon travail, le mien est vacant l’équivalent de 11 mois par année. Il habite donc chez moi et me paie le loyer, que je refile ensuite au propriétaire. Et puisqu’en Gaspésie, je suis logé gratuitement, c’est d’autant plus d’économies pour moi.

POINT 4 : Mon lit.
En couple et en colocation avec Karine, Flavie, Nathalie, je n’avais pas possédé de lit depuis le siècle dernier, littéralement. Et lors de mes moments de célibat, je dormais sur le divan. Et depuis mon itinérance, je n’avais même plus ça. Je dormais sur une chaise longue de plage. Mégane m’a acheté et fait livrer par surprise un matelas. Quelques semaines plus tard, on y ajoutait une base de lit. Ça peut sembler n’être pas grand chose. Mais jamais on ne m’avait fait un tel cadeau. Grâce à elle, mes nuits sont devenues confortables et reposantes.

POINT 5 : Mon laptop.
En 2020, je me suis acheté un laptop Acer pour $800. Moins d’un an plus tard, j’ai commencé à avoir des problèmes physiques avec. Il fonctionne toujours bien, mais sa… euh… « carosserie », disons, se défait, et l’une de ses pentures a brisé alors que je l’ouvrais. En 2023, ayant appris un truc ou deux de son conjoint spécialiste en informatique, Mégane m’a fait acheter un laptop Lenovo pour $850, dont je ne peux que vanter la qualité, et les qualités.

POINT 6 : Ma carrière.
Il est vrai que ce point n’a pas été amené à moi volontairement ni positivement par Mégane. Elle m’a laissé tomber pour son Bertin. Pour amortir ma chute, je suis allé m’inscrire sur Facebook Rencontre. J’y ai été contacté par une préposée qui m’a parlé des nombreux avantages de travailler pour une agence plutôt qu’un hôpital ou un CHSLD. Elle m’a branché sur son agence. Et depuis, je suis enfin prospère. D’accord, si Mégane m’était restée fidèle, rien de celà ne serait arrivé. Mais sans ce négatif qu’elle m’a apporté, je n’en aurais jamais tiré ce positif. Donc, peu importe comment on retourne la chose, il demeure que sans Mégane dans ma vie, ça ne serait jamais arrivé.

POINT 7 : Mon auto.
La seule et unique fois que je m’étais procuré une automobile, c’était en 1997. J’ai été coincé dans une arnaque pas-possible qui m’avait ruiné en me faisant en plus perdre mon emploi et taper une dépression. Il se trouve que Mégane a eu des autos toute sa vie, et est passionnée par les automobiles. Elle savait donc que choisir, à quel prix, et où s’adresser. Grâce à elle, j’ai pu me procurer une auto qui répond à tous mes besoins et qui ne m’a jamais ruiné.

POINT 8 ; Ma purge du passé.
Peu à peu, les changements que Mégane m’a apporté ont transformé ma vie, au point de me rendre compte que je trainais inutilement des bagages de mon passé, et ce au sens propre. Aussi, dans deux containers géants, l’un pour le recyclage, l’autre poour les ordures, je me suis débarrassé de 90% de mes possessions, après avoir accepté le fait que je ne m’en servais plus et que je ne m’en servirai jamais.

Donc, les Red Flags… On les écoute, ou pas ?
Dans la vie, tout n’est pas à 100% noir ni blanc. J’aurais pu cesser de féquenter Mégane n’importe quand. Particulièrement après qu’elle m’ait laissé tomber pour son Bertin. Mais si je l’avais fait, alors je n’aurais jamais vécu les points 6, 7 et 8, grâce auquele je vis maintenant de la manière dont je l’ai toujours voulu. Soit la vie normale d’un homme normal avec un travail normal et un revenu normal.

Dans mon livre Le Sucre Rouge de Duplessis, je cite un extrait de la lettre d’un ministre, disant : « Il faut prendre les gens tels qu’ils le sont, ni totalement bons, ni totalement mauvais. » Car si Mégane m’a fait vivre beaucoup d’expériences négatives, elle a su en revanche m’apporter le positif requis pour faire de ma vie le succès que j’ai toujours poursuivi sans jamais atteindre.

Mais est-ce une raison pour continuer d’accepter de tout subir ?
Non ! Parce qu’il y a une différence flagrante entre avant et maintenant. Avant, j’étais sans emploi, sans le sou, sans domicile fixe, sans véhicule. Quand on n’a rien, on n’a rien à perdre, et tout à gagner. À l’époque, je n’avais aucune option. Je n’avais pas le choix.

Eh bien maintenant j’ai des options, et j’ai le choix. Et je choisis de ne plus jamais accueillir dans ma vie une mystique qui rejette la réalité.

Ces Red Flags vivants : La mystique qui rejette la réalité (5)

Le billet précédent de cette série se terminait sur ceci : Pendant ces deux ans et demi, l’obstination de Mégane à nier la réalité au profit de la pensée magique lui a fait subir une longue série de déboires. Raconter le tout en ordre chronologique serait trop long. On va donc y aller par sujets.

Sa relation avec Bertin.
Dès le départ, Bertin a bien fait comprendre à Mégane qu’il était un Mâle Alpha. Par conséquent, rien ne pouvait se mettre entre lui et l’objet de ses désirs. La preuve : il désire Mégane, donc il ne se laisse arrêter ni par la distance, ni par le fait qu’elle a un conjoint, ni même par le fait qu’il a lui-même femme et enfants. Alors s’il lui dit qu’ils feront vie commune avant que l’année ne se soit écoulée, c’est parce qu’ils vont le faire.

Maintenant que la femme de Bertin connaissait son infidélité et que son divorce était inévitable, Mégane avait d’autant plus de raisons de croire qu’il va suivre leur plan. Il n’en fut rien. En invoquant le bien des enfants, il prétendit vouloir rester à proximité d’eux, en se louant un petit appartement à Québec. Ces mêmes enfants qui, étrangement, n’entraient pas en ligne de compte quelques semaines plus tôt, alors qu’il lui promettait de tout quitter pour elle.

Un jour, elle m’appelle, désemparée. Pour le weekend, elle avait planifié aller le retrouver chez lui, pour qu’ils puissent passer ces deux jours ensemble. Il a refusé. Il lui a expliqué que là, pour la première fois depuis vingt ans, il vivait seul, sans autre responsabilité que lui-même. Ce logis, c’était son univers. Son refuge. Alors si Mégane s’y invite, il se sentirait envahi. Ça le ramènerait dans la même atmosphère que lorsqu’il vivait avec sa femme. Il se sentirait de nouveau coincé. Et ça, c’est quelque chose qui va déranger son processus de réadaptation à la vie autonome.

J’ai répondu à Mégane que ce baratin pue la bullshit à plein nez. De un, quand on aime une femme, alors on n’a aucune raison de se sentir envahi par sa présence. Et de deux, les seules raisons pourquoi un homme ne voudrait pas lui révéler son adresse, c’est ou bien parce qu’il a une relation cachée là-bas, avec qui il planifiait déjà de passer le weekend. Ou bien parce qu’il n’a pas d’adresse pour commencer, ce qui signifie qu’il habite toujours avec sa femme. Il n’y a aucune autre raison logique.

Comme elle le fait toujours, lorsqu’elle est face à une réalité qui ne lui convient pas, Mégane l’a niée. Elle a préféré le croire sur parole.

Puis, les vacances de Bertin sont arrivées. Malheureusement, celles-ci coïncident avec les vacances de sa bientôt-ex-femme. Et puisqu’ils avaient planifiés un an d’avance leurs vacances en famille, et que ce n’est pas remboursable, il se voit obligé de suivre ces plans. Pour le bien des enfants.Et à la grande déception de Mégane, il ne trouve jamais de temps à lui consacrer, ne serait-ce que quelques minutes tandis qu’il est aux toilettes, pour lui texter un petit bonjour. Et à son retour, dans son temps libre, il est tellement fatigué qu’il préfère rester chez lui pour se reposer. Par conséquent, ils ne se voient presque pas.

Je rappelle à Mégane que c’est exactement ce qu’elle m’a fait subir lorsqu’elle a commencé à me tromper avec lui. Donc que ce comportement est trop louche pour être honnête. Elle n’a pas voulu m’écouter.

Un jour, elle lui reproche de prendre ses distances avec elle. Il lui répond que c’est parce qu’il ne sent pas qu’elle se consacre à lui à 100%. Après tout, contrairement à lui, elle habite toujours avec son conjoint. Mégane a donc fait pour Bertin ce qu’elle n’aurait jamais voulu faire avec moi : elle a pris le premier prétexte pour mettre fin à son couple, après deux décennies. Elle s’est trouvé un 4½ dans une nouvelle construction d’appartements de style condo et y a aménagé.

Maintenant que cet obstacle était abattu, Mégane s’attendait à pouvoir enfin vivre sa romance éternelle avec son Bertin. Ce fut le contraire. Il lui a expliqué que puisqu’elle a fait ça pour lui, sans l’avoir consulté, il ressent qu’elle lui met une pression morale pour l’obliger à faire vie commune avec elle avant qu’il se sente prêt pour le faire. Lui faire subir ce genre de pression, c’est ce que sa femme lui avait fait au début de leur relation. Par conséquent, s’il va avec Mégane tout de suite, il ne saura jamais si c’est ce qu’il voulait vraiment, ou si c’est parce qu’il se serait senti obligé. Puisque la situation lui rappelerait trop sa relation avec son ex, il ne se sentirait pas à l’aise là-dedans.

Pour quelqu’un qui se qualifie de Mâle Alpha que rien ne peut empêcher d’atteindre son but, il se laisse arrêter par pas mal d’obstacles ridicules, je trouve. Mais Mégane refuse de regarder les faits. Elle a trop besoin d’être la possession d’un Mâle Alpha, un winner, un vrai, qui serait son âme soeur véritable. Pour son orgueil, reconnaître qu’il n’est rien de tout ça, c’est l’équivalent d’affirmer qu’elle n’a pas ce qu’il faut pour attirer ce genre d’homme, et qu’elle ne mérite pas une telle relation. Alors toujours elle lui trouve des excuses pour justifier ses faits, gestes et paroles.

Leur relation n’était plus qu’occasionnelle et seulement sexuelle. Dans son obstination à le voir comme étant l’homme de sa vie, elle lui a présenté son fils et a organisé une sortie au zoo. Même son fils a remarqué que tout le long de la journée, il était distant, froid, qu’il avait l’air de s’emmerder. Il est vrai que le gars venait de passer deux heures et quart sur la route, à se taper 256 km dans le but de se taper Mégane. L’unique but, devrais-je dire, Par conséquent, il n’en avait rien à cirer de ses responsabilités de mère.

À force de subir déceptions par-dessus déceptions, il y avait des moments où elle le voyait sous son vrai jour. À ce moment-là, elle me le décrivait comme un trou de cul, un profiteur à coeur de pierre, un hypocrite, un sale con qui s’était foutu de sa gueule depuis trop longtemps. Même qu’elle m’a dit à quelques reprises :

« Quand tu reviendras pour ton congé en mai, qu’il n’essaye pas de me voir, il va frapper un mur. Mon temps, je le consacre à mes amis, les vrais. Pas aux trous d’cul qui daignent trouver du temps pour moi seulement quand ça leur adonne d’avoir envie de baiser. »

Le premier vendredi de mai, je débutais mes deux semaines de congé. Je suis parti avant l’aube pour ne pas perdre toute ma journée sur la route, alors que j’aurais 750 km à faire. Et dès mon arrivée, j’arrive chez elle, et on se fait un plan pour la soirée : resto, suivi d’un cinéma, puis on terninera la chose au bar, avant de finir la soirée en relaxant chez elle. Je pars chez moi défaire mes bagages et me préparer. Tandis que je suis dans la douche, elle m’appelle. Après la douche, j’écoute le message. Elle annule notre soirée. Bertin vient de lui texter. Il est dans une ville voisine en ce moment. Et puisqu’il est dans le coin, il veut la voir. Furieux, je la rappelle, mais elle ne répond pas. Mes textos sont également ignorés. Et lorsque je me rends chez elle, sa voiture n’y est plus. Je sais bien que nous ne sommes rien de plus qu’amis. Mais je prend très mal cette trahison. En tout cas, cette fois, je vois très clairement que sa parole ne vaut pas une merde.

Le lendemain, je ne manque pas de lui rappeler ses promesses qu’elle n’a pas tenue. Elle me dit alors quelque chose que j’ai bien dû entendre de sa bouche une douzaine de fois, tout le long où je l’ai fréquentée.

« La dernière fois que j’ai vérifié, on était encore dans un pays libre. J’ai bien le droit de changer d’idée. »

Ironiquement, ce sera quelques jours plus tard qu’elle changera encore d’idée, cette fois au sujet de son Bertin, et cette fois pour de bon. Le jour de la Fête des Mères. La majorité des amis de Mégane, autant hommes que femmes, lui ont souhaité bonne fête des mères. Son frère lui a souhaité bonne fête des mères. Je lui ai souhaité bonne fête des mères. Mème son ex-conjoint, qu’elle avait quitté quelques mois plus tôt, lui a fait livrer une carte de fête des mères avec des roses.

Et de Bertin, qu’a-t-elle reçu ? Rien !

Vers 19h, fort déçue, elle lui écrit pour lui demander pourquoi il ne lui a même pas envoyé un mot pour la fête des mères. Sa réponse :

« Pourquoi est-ce que je l’aurais fait ? T’es pas ma mère ! »

Il a essayé de faire accroire à Mégane que, à l’âge de 48 ans, de toute sa vie, jamais il n’avait vu quelqu’un souhaiter bonne fête des mère à quiconque sinon sa propre mère. Elle avait beau nier la réalité depuis maintenant un an afin de tenter de se convaincre elle-même que Bertin était l’homme parfait, vivre des déceptions en chaîne de sa part avait fini par éroder son obstination. Celle-là était de trop. Elle l’a banni de sa vie pour toujours.

Ses emplois.
Elle n’arrive jamais à en garder un. Mais ce n’est jamais de sa faute. Tout d’abord, comme il fallait s’y attendre avec une femme de 46 ans qui a passé la majorité de sa vie en tant que mère et femme au foyer, en plus d’éviter les exercices puisque ça la fait suer, elle n’a jamais été habitué à faire un travail qui est demandant physiquement comme préposé aux bénéficiaires. Et c’est ainsi qu’elle a commencé à avoir de la douleur constante à une épaule. Il a fallu qu’elle arrête.

Après plusieurs mois sans travailler, et à attendre en vain compensation financière, elle a fini par se trouver un emploi comme technicienne aux loisirs à une succursale des Résidences Soleil. Le salaire est bien plus bas que préposé, mais elle n’a pas le choix. Elle commence avec deux mois de probation, avec promesse d’embauche à la fin de celle-ci si elle fait l’affaire. Dès le départ, je lui donne des conseils pour éviter d’avoir des ennuis pouvant mettre son embauche en péril. Le plus important : Ne jamais mêler sexe et travail.

Deux semaines plus tard, elle devenait l’amante du directeur adjoint. Et puisqu’ils étaient aussi subtils qu’un camion de dix tonnes dans une piscine hors-terre, ça s’est vite su dans la place. Or, dans la plupart des milieux de travail au Québec, il est interdit pour une personne occupant un poste au pouvoir d’avoir des relations avec des subordonés. Le gars a été relocalisé ailleurs, et Mégane renvoyée. Là encore, elle disait que ce n’était pas de sa faute. Je l’avais pourtant prévenue de ne pas mêler sexe et emploi.

Après plusieurs autres mois sans emploi, elle a fini par trouver une autre place en tant que préposée aux bénéficiaires.

Ses finances.
Mégane fait partie de cette catégorie de gens que, si tu lui donnes un million, alors dans un an elle sera endettée de deux millions.

Allez savoir pourquoi, il se trouve que la maison qu’elle habitait avec son conjoint était à leurs deux noms. Puisqu’elle le quittait, il lui a racheté sa part pour $60 000. Ça lui a permis de survivre entre deux emplois. Une personne sans emploi mais qui gère bien ses finances aurait pu vivre de deux à trois ans là-dessus. Elle ? Vraiment pas. Elle a commencé à en mettre la moitié dans un nouveau véhicule. Pour sa défense, son auto précédente nécéssitait de plus en plus de réparations. Cet achat-là, au moins, était nécessaire.

Alors qu’elle est allé magasiner avec le reste, elle a cédé à une impulsion en passant devant un pet shop. Elle s’est acheté un Shih tzu âgé de dix semaines, accessoires et tout, pour $2 000.

Celui-ci.

Elle n’avait jamais eu de chien avant. Elle n’a fait aucune recherche sur Google afin de savoir ce que ça implique. Elle se foutait que son bail disait très clairement que les chiens étaient interdits. Elle l’a juste acheté comme ça, sur un coup de tête, et l’a ramené chez elle. Son premier réflexe fut de le montrer fièrement à tous ses amis via Messenger. À sa grande déception, tout le monde lui a répondu qu’elle n’avait pas réfléchi, et lui parlèrent des aspects négatifs de posséder un chien, surtout un Shih tzu.

Quant à moi, je m’en suis abstenu pour quatre raisons.

  1. Il est trop tard, l’achat est fait.
  2. Je ne lui dirais rien de plus qu’elle n’a pas déjà entendu.
  3. Je la connais assez pour savoir qu’au lieu de m’écouter, elle va rager.
  4. Je connais assez les chiens pour savoir que ça ne prendra pas 24h, que l’expérience la fera venir elle-même à la conclusion qu’elle a été conne d’avoir fait cet achat impulsif.

Comme de fait : Le lendemain matin, elle me facetime en pleurs. Il abime les meubles. Il brise des objets. Il pisse partout. Il chie partout. Elle n’a pas dormi de la nuit, puisqu’il l’a passée à être agité, à aboyer et à hurler. Et si les voisins se plaignent, elle va se faire expulser. Je lui suggère de le mettre en vente sur Marketplace. Elle refuse. Marketplace est relié à Facebook. Si elle y met une annonce, tous ses contacts verront son annonce, incluant tous ceux qui lui ont dit qu’elle avait fait erreurs d’acheter ce chien. Et elle refuse de leur donner raison. Je ne peux pas croire que même dans cette situation invivable, elle laisse encore son sale orgueil avoir la priorité.

Finalement, c’est une ex-collègue de travail qui a résolu le problème le soir-même. Une dame à la retraite avait elle-même perdu son Shih tzu, mort de vieillesse deux mois plus tôt. Elle a l’expérience, l’espace et le temps requis pour bien s’occuper d’un chiot et de l’éduquer convenablement. Le seul problème, c’est que sur sa pension, elle ne peut pas payer $2 000. Elle lui en offrira $500, ce que Mégane n’a d’autre choix que d’accepter. $1 500 évaporés en 24h pour une impulsion irréfléchie.

Pendant une période de quatre ou cinq mois, de deux à cinq jours par semaine, on pouvait trouver des colis d’Amazon devant sa porte. Entre ça et ses autres dépenses stupides sur des inutilités, au bout de cinq mois, il ne lui en restait plus un sou de l’argent de la maison.

Elle se plaignait souvent que, lorsqu’elle était avec son conjoint, celui-ci contrôlait chaque sou, et elle devait lui justifier chaque dépense. Mais à partir du moment où elle a eu le plein contrôle de sa situation financière, ça a été une catastrophe perpétuelle. Ce qui signifie que son conjoint la connaissait bien. Il savait le risque financier qu’elle représentait si on la laissait faire. Ça permet de comprendre pourquoi, après vingt ans de vie commune, il avait toujours une monstrueuse phobie à l’idée de l’épouser.

Dans un billet précédent, je raconte qu’elle m’avait emprunté $800 alors que j’étais sur le chômage. Et bien qu’elle faisait deux fois et demi mon revenu, elle avait mis plus de six mois à m’en rembourser $500. Et toujours, elle me reprochait de le lui réclamer. Je m’étais juré que plus jamais je ne lui en prêterai.

Deux ans plus tard, j’avais un bon emploi bien payé en Gaspésie et ma situation financière avait changée pour le mieux. Mégane venait de commencer un nouvel emploi, mais elle ne recevra sa première paie que dans deux semaines. Or, le loyer est dû pour demain, et il lui manque $700. Je commence par refuser, lui rappelant ce qui était arrivé la dernière fois. Ce qui la met en fureur. Elle coupe la conversation en me maudissant.

… pour le rappeler en pleurs le lendemain, en me jurant sur la tête de son fils qu’elle me remboursera à sa première paie. Très bien alors. J’ai accepté. Pour me faire dire, deux semaines plus tard, qu’elle avait des dépenses bien plus urgentes que ça. Voilà donc ce que vaut pour elle la tête de son fils.

Après quelques mois, j’y renonce.

Euh… Ok !

Donc, si on résume la situation…

  • Quand je refuse de lui prêter de l’argent, je la frustre.
  • Quand je lui réclame l’argent qu’elle me doit, je la frustre.
  • Et quand je lui donne l’argent qu’elle me doit, je la frustre.

J’ai décidé à ce moment-là de mettre fin à notre amitié. Tout le long de notre relation, j’ai fait tout ce que recommandent les avis populaires. J’ai ouvert le dialogue, mais elle refusait de parler. J’ai été ferme dans mes limites, ça l’a juste mise en furie contre moi. Je lui ai expliqué le pourquoi de mes refus, elle m’a accusé de la rabaisser pour me sentir supérieur à elle. Je lui ai dit calmement que je ne me sentais pas respecté dans certaines choses qu’elle me disait, elle m’a banni de sa vie pendant trois semaines parce que je la faisais passer pour la méchante du couple. Pourquoi devrais-je en endurer davantage ? En espérant qu’elle change pour le mieux, je commets la même erreur que Mégane a fait avec son Bertin. Les gens ne changent jamais, surtout dans leurs défauts.

La grande leçon que j’en ai tiré, c’est qu’on ne peut raisonner seulement qu’avec des gens raisonnables. Et une personne raisonnable n’aurait jamais agi ainsi pour commencer. À quoi ça sert de montrer de la fermeté et de l’autorité si l’autre refuse de t’écouter ? C’est une adulte, pas un enfant, et encore moins l’un des miens. Je n’ai donc aucune autorité sur elle. Toute tentative de dialoguer et/ou de prendre le contrôle de la situation ne sert donc absolument à rien. Je m’en souviendrai, quelques mois plus tard, lorsque je fréquenterai Ariane, elle-même parsemée de Red Flags. Cette fois-là, dès qu’elle s’est montrée hostile, déraisonnable et irréaliste, je n’ai pas niaisé, j’ai immédiatement coupé tout contact.

Sa sexualité.
Pendant les quatre derniers mois de sa relation avec avec Bertin, Mégane souffrait de son absence. Elle a donc commencé à aller sur Facebook Rencontre. Elle y trouva l’attention masculine dont elle avait tant besoin. Ce qui la poussa à s’inscrire sur Tinder, Bumble et JALF. Et c’est comme ça qu’elle a commencé à avoir deux ou trois amants réguliers, et plusieurs one-night. Et voici comment elle apaisait sa conscience :

« J’ai besoin d’une présence que Bertin n’est pas capable de me donner pour le moment. Alors plutôt que de frustrer contre lui et mettre la merde dans notre relation, je vais combler mes besoins urgents ailleurs. Comme ça, je préserve l’harmonie entre nous deux. Si je n’aimais pas Bertin, je casserais avec lui et je me mettrais en couple avec un autre. Alors le fait que je reste avec lui, malgré le fait que ça m’oblige à aller me satisfaire avec d’autres gars, c’est une preuve d’amour. »

Je ne sais pas si elle croit vraiment ce qu’elle dit. Mais juste le fait qu’elle le dit, c’est déjà aberrant.

Alors que je suis chez moi lors d’une de mes semaines de congé d’entre deux contrats, elle m’appelle à 01h20 de la nuit. Elle est coincée à Montréal et veut que j’aille la chercher. Ce que je fais. Au retour, elle m’explique qu’elle a passé la soirée avec un touriste Belge. Et après la baise, il l’a juste foutue dehors. Elle me dit alors la chose la plus aberrante qu’il m’a été donné d’entendre sortir de sa bouche.

ELLE: « Avoir su que ça se passerait comme ça, je lui aurais dit de mettre un condom, pour le faire chier un peu. »
MOI: « Qu-QUOI ? Tu t’es même pas protégée ? »
ELLE: « C’est correct ! Il n’avait pas baisé depuis deux ans. S’il avait eu des maladies, ça se serait manifesté. »

Un gars de passage, de l’autre bout du monde, qu’elle n’a jamais vu avant et qu’elle ne verra jamais plus après, membre d’un app de rencontre de baise, lui dit des choses aussi improbables qu’impossibles à vérifier dans le but de la baiser sans condoms… ET ELLE LE CROIT !? Ben oui ! Parce que grâce à sa pensée magique et ses rituels, elle sait que l’univers ne lui envoie que des amants qui sont clean. Par conséquent, jamais elle ne se protégera.

Ses conditions d’habitation.
Alors qu’elle avait annoncé à son conjoint qu’elle le quittait, elle a tenté de me convaincre d’aller habiter avec elle dans un superbe condo qu’elle avait repéré avec son Bertin dans une ville où je n’avais jamais mis les pieds. Puisqu’elle gagnait deux fois et demi mon chômage, et que les dépenses allaient être séparées 50-50, ma part m’aurait coûté la totalité de mon revenu. Et ses règles étaient strictes : Toutes mes possessions devaient être dans ma chambre, qui deviendrait par le fait-même un entrepôt. Ma porte devra toujours être fermée, et verrouillée en mon absence. Absence qui sera requise lorsque son Bertin viendra passer 1-2-3 jours chez elle. Traduction : Je devais sacrifier pour elle la totalité de mon revenu, en étant présent le moins possible, autant physiquement que visuellement. J’ai évidemment refusé. Elle m’a pété une crise, me remerciant de la laisser dans sa merde. Quelques jours plus tard, elle en est revenue. Apparemment, ses copines lui ont fait entendre raison. Enfin, si on veux. Elle ne lui ont pas dit que c’était honteux de tenter de m’exploite de la sorte. Non, elles lui ont dit que le fait d’habiter avec son ex pourrait déplaire à Bertin.

Puis, elle s’est trouvée un appartement neuf de style condo, un 4½ où elle a habité un an. Dès qu’elle eut écoulé le $60 000 de la maison, elle n’arrivait plus à se le payer. Mais elle refusait d’aller vivre dans un 3½, et encore moins dans quelque chose qui n’évoque pas un condo.

Elle a fini par se trouver un collègue qui a accepté d’aménager avec elle. Il lui fallait donc bien plus grand. Ils ont déménagé dans un autre appartement de style condo, cette fois un 5½. Il était libre immédiatement, mais elle n’avait pas l’argent pour sa part. Alors il a payé décembre à lui seul. En janvier, ce fut 50-50. En février, elle perdait son emploi, mais ils ont pu payer 50-50. En mars et avril le gars a dû payer le loyer à lui seul. En mai, avec le nouvel emploi de Mégane, c’est redevenu 50-50. Mais lorsqu’il a compris que jamais elle ne pourra lui rembourser les trois mois qu’elle lui devait sur les six qu’ils ont cohabité, il est juste parti.

Aux dernières nouvelles que j’ai eu de la part de son frère (qui occupe mon logis pendant que je travaille au loin), elle vit enfin à la mesure de ses moyens : Dans un 3½ qui n’est pas de style condo.

Il me révèle également qu’elle a tenté d’emprunter $150 000 à un cousin fortuné. Elle avait besoin de ce capital pour partir en affaires, en créant une compagnie qui allait construire et vendre des mini-maisons. La fille ne connait rien en direction d’entreprise et est incapable de tenir un budget. Mais elle pense faire fortune en construisant en en vendant un produit impossible à placer nulle part, et dont personne ne veut. Le cousin a bien évidemment refusé. Elle a réagi de sa manière habituelle, en banissant de sa vie ce sale con qui, à cause de sa vision étroite, laisse Mégane crever dans sa merde. La routine habituelle, quoi.

Sa santé et son physique.
Je sais bien que c’est un tabou social de parler de l’apparence d’une femme et de sa sexualité de manière négative. N’empêche que son régime à base de pensée magique la fait sans cesse grossir, les ravages que lui apportent son style de vie sont de plus en plus difficiles à maquiller, et franchement ce serait un miracle que ses multiples conquêtes non-protégées n’aient pas encore affecté sa santé.

Alors comme je le disais dans un billet précédent, malgré tout ce qu’elle m’a fait, je n’ai eu nul besoin de faire quoi que ce soit pour ruiner sa vie. Elle était parfaitement capable de le faire elle-même.

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À CONCLURE, avec les leçons que j’en ai tiré.

Ces Red Flags vivants : La mystique qui rejette la réalité (4)

Pendant les trois premières semaines du mois de janvier 2022, tel que Mégane en avait décidé, nous n’avons eu aucun contact. J’avais beau me jeter dans le travail de rédaction de mon livre, je crevais d’ennui. J’étais là, en plein hiver, dans mon taudis-esque 3½, dans un village isolé au beau milieu de douzaines de kilomètres carrés de champs agricoles enneigés, sans vie sociale, sans véhicule qui aurait pu me permettre de changer le décor et faire d’autres activités ailleurs. Et au chômage, donc sans raison de sortir de toute façon.

Elle, par contre, avait sa maison, son conjoint, son fils, son travail, son salaire, son auto… Alors de nous deux, elle n’était pas la personne qui souffrait le plus de notre séparation.

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( OUVRONS UNE PARENTHÈSE
, Un an plus tôt, en janvier 2021.

Mégane avait pu se libérer pendant quelques heures pour venir me rejoindre clandestinement, afin que l’on puisse fêter un petit bout du jour de l’an ensemble. Alors que l’on terminait nos coupes de champagne, elle m’a dit :

« Ne me quitte jamais pour une autre femme. Sinon je pourrais détruire ta vie. »

Entendre ceci me donne un choc. Toute ma vie, à cause de l’obsession malsaine qu’avaient mes parents de me rendre dépendant d’eux, ils se sont toujours arrangés pour me faire perdre amis, logis, conjointes, appartements, carrières… C’est à cause d’eux que j’ai si souvent été obligé de refaire ma vie en repartant à zéro. C’est à eux que je dois mes 40 jours d’itinérance de l’été de 2020. Sans oublier la mère de mes enfants qui a utilisé ces derniers pour me garder dans la pauvreté pendant presque toute ma vie adulte. Là, mes enfants étaient tous majeurs. Et j’avais renié mes parents. Après toutes ces années, le cauchemar avait pris fin. Et ce soir-là, ça faisait deux mois et demi que j’étais préposé aux bénéficiaires dans une résidence pour retraités, située à quelques pas de chez moi. À 52 ans, j’avais enfin la carrière normale qui procure le revenu normal qui me permettrait de me bâtir la vie normale d’un adulte normal.

… Et voilà qu’elle me menace de prendre la relève de mes parents et de mon ex dans leur oeuvre de destruction de ma vie.

Ça, ce n’était tabarnaquement pas la chose à faire. Parce que si c’est à ça qu’elle veut jouer, je pourrais aisément envoyer à son conjoint les textos où elle s’est offerte à moi comme amante, avant de passer à ceux où elle m’a fait sa déclaration d’amour. Et j’enchainerais avec les sextos, selfies nus et vidéos érotiques qu’elle m’envoie régulièrement. Alors si l’un de nous deux possède la capacité de détruire la vie de l’autre, ce n’est certainement pas elle.

J’aurais pu le lui dire. J’ai préféré me taire. La soirée avait bien commencée. L’année commençait bien. Ce n’était pas le temps de se déclarer une guerre froide de menaces terroristes. Je ne sais pas par quel genre de raisonnement tordu elle a pu s’imaginer que sa phrase était une bonne manière de me dire qu’elle tient à moi. Mais pour le moment, il valait mieux que je tienne compte de ses sentiments, et non des mots par lesquels elle me les a si maladroitement exprimés.

FIN DE LA PARENTHÈSE )
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Retour au présent, un an et trois semaines plus tard, en ce 21 janvier 2022,
Je réfléchis sur nous deux. On a beau dire qu’il vaut mieux être seul que mal accompagné, lorsque notre choix se résume justement à ça, Il faut parfois faire certains compromis.

Et puis, étais-je vraiment si mal accompagné? Je dois reconnaître que malgré son déni de la réalité et ses croyances mystiques irraisonnées, les 14 mois que nous avons passé ensemble ont été vraiment géniaux. Même en mettant de côté le sexe, nous avions tellement de choses en commun. Jamais on ne s’ennuyait l’un avec l’autre. Jamais ne se demandait-on quoi faire de nos journées. Toujours l’un savait amener des activités qui plaisaient à l’autre. Je suis sûr que ça lui manque autant qu’à moi. Et puis, elle n’est quand même pas idiote. Si je lui dis de seulement cesser les comportements qui se mettent entre nous, elle devrait comprendre et arrêter.

Malgré le fait qu’il nous reste encore huit jours à patienter, je lui écris un courriel dans lequel je lui dis l’essentiel du paragraphe précédent, et je lui envoie. Trente minutes plus tard, elle me remet sur son Facebook et son Mesenger pour me répondre.

Je soupire. J’aurais dû me douter que son orgueil et son déni de la réalité allait empêcher tout dialogue à ce sujet. N’empêche qu’elle a lu mon courriel. Donc, peu importe sa réaction, il reste que mon message est passé. Je suppose que n’ai donc pas besoin d’en discuter davantage. Et que je peux passer à autre chose.

À partir de ce point, tout s’est très bien passé entre nous. Notre relation a pu reprendre comme avant. Et plus jamais elle n’a insisté pour quoi que ce soit. Et plus jamais elle ne m’a accusé de choses irréelles. Quant à moi, lorsqu’elle me faisait des suggestions, j’ai adopté une nouvelle manière de lui répondre. Au lieu de lui dire NON immédiatement en lui donnant les 8 624 raisons pourquoi c’était foireux, je lui disais que c’était une idée à creuser. Quelques jours plus tard, si elle revenait là-dessus, je lui disais que j’avais fait des recherches sur Google. Et je lui montrais ces aspects cachés qui démontraient pourquoi ça ne pouvait pas me convenir. Étant donné que quelques jours s’étaient écoulés depuis sa suggestion, ça diminuait l’impact de mon refus. Et puisque les raisons ne venaient pas de moi, elle ne le prennait pas personnel, ce qui évitait toute tension entre nous.

Notre relation s’est tellement améliorée que quelques mois plus tard, on s’est offert une petite fantaisie : on s’est mariés.

Bon, ce n’était pas un vrai mariage. Ce n’était qu’entre nous deux, donc totalement non-officiel. Mais tout y était : la musique, la robe, les échanges de voeux, le gâteau, et même la bague, que je portais fièrement. Mais surtout, c’était une promesse que l’on se faisait, de le refaire un jour, cette fois pour de vrai, lorsqu’elle pourra enfin quitter son conjoint, qui lui n’a jamais voulu l’épouser. En attendant, elle me reprochait parfois d’oublier de la porter en sa présence. Manque d’habitude. J’allais aussitôt me la remettre au doigt.

Puis, l’été est arrivé. Malheureusement, celui-ci coïncide avec les vacances de son conjoint. Et il en profite pour multiplier les activités familiales. Voyages. Camping. Sorties en famille. Et lorsqu’elle a du temps libre, elle est tellement fatiguée qu’elle préfère rester chez elle se reposer. Par conséquent, on ne se voit presque pas.

Vous vous souvenez de ce $800 qu’elle me devait depuis le début de l’automne précédent? Alors qu’il lui restait encore $300 à me rendre, elle a décidé de les utiliser pour nous payer deux billets pour un événement intitulé Le Bal de la Reine, une soirée sur le thème de la série La Chronique des Bridgerton.

Soirée chic, s’il en est une.

Tandis que l’on se préparait pour la soirée, je mettais les dernières touches à ma tenue. En regardant mes mains, je me rappelles soudain un truc.

MOI: « Oups ! Faut pas que j’oublie mon alliance. »
ELLE: « T’es pas obligé. »

Ces trois petits mots me font l’effet d’une gifle. Je comprends automatiquement que nous ne sommes plus un couple.

Vingt-quatre ans plus tôt, j’ai constaté que lorsqu’une fille te dit « T’es pas obligé de », ça signifie « Je préférerais que tu t’abstiennes de ». C’est une leçon que j’avais apprise à la dure avec Océane, à la fin de la fameuse soirée où elle était venue saoule dans ma résidence étudiante pour s’offrir à moi. Et avec les années, j’ai pu constater que c’était le cas à chaque fois qu’une fille commençait une phrase par ces mots.

Leçon apprise en automne 1996. Dessin de 1999.

Si Mégane préfére que je m’abstienne de porter ce symbole de notre mariage, c’est parce qu’elle ne veut pas que nous soyons mariés. Et soudainement, tout fait du sens. Le fait que l’on ne s’est presque pas vus pendant deux mois. Le fait que nous n’avons pas eu l’opportunité de faire l’amour depuis cinq semaines, alors qu’elle est encore plus obsédée sexuelle que moi. Et puisqu’on se voit si peu, elle devrait être beaucoup plus en manque. Pourtant, jamais elle ne m’embrasse, son regard est beaucoup plus fuyant, et c’est à peine si elle me tient encore la main. Tous les signes sont là : pour Mégane, nous deux, c’était déjà fini depuis quelques temps..

Puisque j’avais payé mon costume et (involontairement) les billets, et que c’était une soirée à laquelle elle tenait beaucoup, j’ai décidé de ne pas la gacher en abordant le sujet tout de suite. J’attendrai à notre prochaine rencontre. Ça me laissa le temps de ramasser d’autres indices flagrants.

« Penses-tu vraiment que je ne m’en suis pas rendu compte que ça fait au moins deux mois que tu n’es plus en amour avec moi? » Voilà ce que je lui ai dit, trois semines plus tard, pour amener le sujet. Elle n’a pas nié qu’effectivement, avec le temps, elle a fini par se rendre compte qu’elle ne resentait plus que de l’amitié pour moi. Et que, bien, voilà, ce sont des choses qui arrivent. Mais elle aimerait beaucoup que nous restions amis platoniques.

MOI: « Bullshit ! Une obsédée du sexe comme toi n’a pas besoin d’être en amour avec un gars pour baiser avec lui. Je le sais, on était amants avant que tu le deviennes. Et au nombre de fois où tu m’as expliqué à quel point ton conjoint est un baiseur minable, tu ne vas certainement pas te satisfaire avec lui. Si tu ne veux plus le faire avec moi, alors que le sexe entre nous était génial, ça peut juste dire une chose : Tu es en amour avec un autre gars, et tu as commencé à sortir avec lui. Je dirais, depuis fin avril, début mai. Je me trompe ? »

Non, je ne me trompais pas. Le malaise que lui causait mon esprit de déduction se voyait très clairement sur son visage. Devant mon insistance, elle a fini par tout me dire.

En avril dernier, un certain Bertin de Québec l’a demandé en ami sur Facebook. Il se trouve que c’était l’un de ses premiers amoureux, lorsqu’ils avaient 14-15 ans. Voilà trente-trois ans qu’ils ne s’étaient pas vus. Il est marié, père de deux grands ados. Après deux semaines à s’écrire des banalités sur ce qu’ils étaient devenus, voilà qu’il a commencé à la complimenter sur son apparence physique et sur son sex-appeal. À cause de son besoin de se sentir désirée, elle a aussitôt embarqué. Et c’est là qu’il lui a sorti le grand jeu du « Je ne t’ai jamais oublié pendant ces trente-trois dernières années et ça signifie que tu es la femme de ma vie. » Il n’en fallait pas plus pour qu’elle s’en trouve instantanément séduite. Ils ont convenu de se rencontrer dans un resto. Et ils ont passé les cinq heures suivantes dans un motel, à baiser de façon déchainée.

Depuis, ils se sont fait plusieurs promesses. D’abord, de se garder l’exclusivité sexuelle, même de leur partenaires officiels. Ensuite, dès l’automne, ils vont chacun annoncer à leurs conjoints leur désir de divorcer, ou l’équivament. Puis, ils iront vivre ensemble, et ce avant le temps des fêtes.

ELLE: « Je nous ai tirés au tarot, et j’ai fait un rituel avec les runes. Et tous les deux ont confirmé que c’était lui, mon âme soeur. Le seul, l’unique. Et c’est avec lui que je suis destinée à passer le reste de ma vie. »

Ah bon? C’est bizarre! Parce que si je me souviens bien, il y a un an et demi, c’est exactement ce que ce même tarot et ces mêmes runes disaient à mon propre sujet.

Puisque je m’y attendais, le choc n’a pas été si dur. Et puisqu’elle tenait à ce que l’on continue à faire des activités en amis, au moins, je ne perdais pas la seule vie sociale que j’avais. N’empêche que ça faisait chier. Encore heureux que notre mariage n’avait jamais été réel.

Le lendemain, elle m’appelle, moitié en pleurs, moitié furieuse. Elle m’annonce que la femme de Bertin a appris au sujet de leur liaison amoureuse et sexuelle. Et puisque Mégane m’avait tout déballé la veille, ça faisait de moi le suspect no.1. Je lui ai expliqué pourquoi c’était impossible que je puisse faire ça, et je lui ai demandé de venir chez moi, que je puisse lui montrer.

Dès son arrivée, on s’est assis devant mon ordi. Et je lui ai montré que, puisque je ne suis pas ami Facebook avec Bertin, je n’avais pas accès à ses renseignements personnels. Et mieux encore, elle a pu voir que je n’avais pas non plus accès à sa liste d’amis. Dans de telles conditions, je ne pouvais pas apprendre qui était l’épouse de Bertin, et encore moins la contacter. Devant ces preuves, j’ai été lavé de tout soupçon. Elle a pu l’appeler et lui confirmer mon innocence. Ils ont fini par déduire que l’un de leurs comptes a dû se faire pirater, ou quelque chose comme ça.

Elle ne s’est jamais rendu compte qu’au lieu d’aller sur Facebook, je lui ai juste montré des captures d’écran du compte de Bertin que j’avais modifiées sur Photoshop. Juste en cliquant sur l’image, ça amenait à l’image suivante. Je n’avais qu’à cliquer là où se situaient les liens pour créer l’illusion d’être sur le net. Parce qu’évidemment que c’était moi. Je suis un gars très zen, avec une grande capacité à pardonner. Mais il y a deux choses qu’il ne faut jamais toucher : ma source de revenus, et mon couple. Quiconque s’attaque à l’un ou l’autre en subit immédiatement les conséquences.

J’avoue qu’au début, j’ai songé à faire également parvenir ces renseignements au conjoint de Mégane. Et dans son cas, il aurait appris avoir été cocu plutôt deux fois qu’une, et ce depuis presque deux ans. J’aurais très bien pu le faire. Un an et demi plus tôt, Mégane elle-même ne m’avait-elle pas dit « Ne me quitte jamais pour une autre femme. Sinon je pourrais détruire ta vie » ? Je ne ferais qu’appliquer cette règle qu’elle a elle-même amené entre nous. Ce serait de bonne guerre.

Au final, j’ai décidé de l’épargner. Je la savais déjà infidèle. N’empêche que c’est Mégane qui a amorcé notre relation, mais c’est Bertin qui y a mis fin. C’était donc lui qui avait tout gâché. Et il n’était pas question que je le laisse s’en tirer impunément.

Je n’interviendrai plus dans leur relation. Je n’en avais pas besoin. Car à partir de ce point, deux choses pouvaient arriver. Ou bien le divorce de Bertin allait provoquer le chaos dans sa relation avec Mégane, ce qui me convenait parfaitement. Ou bien ça allait assurer que leurs plans d’aller vivre ensemble allait vraiment se concrétiser, et c’est ce qui était prévu de toute façon. Mais dans un cas comme dans l’autre, dans ma tête, une chose était claire. Et c’est qu’entre elle et moi, c’était terminé. Déjà qu’elle était une adepte de la pensée magique qui niait la réalité, si en plus elle ne sait tenir ni sa parole ni ses promesses, alors je n’ai pas de place pour quelqu’un comme ça dans ma vie.

N’empêche que je venais de me faire jeter par ma fiancée. Celle avec qui j’avais passé un an et demi, même si c’était en cachette. Et ça, ça faisait mal. Histoire d’amortir un peu ma chute, j’ai décidé de m’inscrire sur ce nouvel app nommé Facebook Rencontre. J’y ai mis une description courte et amusante. Et parmi les photos, j’en ai mis une de moi en uniforme de préposé, dans les corridors d’un CHSLD.

Celle-ci !

Parallèllement, mon chômage venait de prendre fin. Aussi, j’ai mis mon CV à jour. Je comptais soumettre ma candidature là où il y avait de l’emploi, quitte à déménager de nouveau dans une autre ville. Puisque le taux d’occupation des logements à Saint-Jean-Baptiste est de 100%, mon propriétaire était d’accord pour casser mon bail dès que je lui signalerait mon intention de partir. Ça l’arrangeait car il ne cachait pas son intention de faire passer le loyer de $500 à $850. Et sans Mégane, plus rien ne me retenait dans la région.

Sur Facebook Rencontre, j’ai rapidement été contacté par Anne-Marie, elle-même préposée aux bénéficiaites.

ELLE : J’ai vu ta photo de préposé. Tu travailles où ?
MOI :
 Sans emploi, mais je suis justement en train de refaire mon CV pour commencer à faire application demain.  Il y a tellement de demande dans le milieu que je suis assuré de commencer à travailler dans les 48h.
ELLE :
 Laisse faire ça, ils vont juste te payer $26 de l’heure.  Viens travailler avec moi dans les Maritimes.  Ici, on commence à $35. 
MOI : 
Sérieux?  Pour quel CHSLD?
ELLE :
 Non, je travaille pour une agence de placement qui fournit des préposés là où la demande est une urgence.  On m’envoie partout, Gaspé, Iles-de-la-Madeleine, Rimouski, Campbellton, Terre-Neuve, Baie James…  Plus c’est loin, plus haut est le salaire.  Par exemple, à la Baie-James, on commence à $46.  Mais peu importe où tu vas, ils te donnent en plus une allocation de $60 non-imposable par jour pour te nourrir, et tu es logé gratuitement.  Et ton déplacement est payé aussi, on te donne 45¢ du kilomètre entre chez toi et ton lieu de travail.  Et le plus beau, c’est que c’est toi qui décide de ton horaire.  Tu dis que tu es disponible de telle date à telle date, on te case ces dates-là, et voilà.  Et le taux d’absentéisme chez les employés de CHSLD est tellement grand que l’on va te proposer souvent double quart de travail.  Et au-delà de 40 heures par semaine, toute heure supplémentaire est payée temps et demi.

Voilà une situation qui semble trop belle pour être vraie.  Je ne vois cependant pas de raison pourquoi elle me ferait un tel baratin.  Ça valait le coup d’essayer. Elle m’a donné la page web de son agence.  J’y suis allé.  J’ai fait application.  J’ai eu un retour d’appel.  On m’a confirmé que tout était vrai.  J’ai donc fourni les documents prouvant ma formation et mon expérience.  Et voilà que l’on m’annonce que l’on m’offre un premier contrat d’un mois à Carleton-sur-Mer.

Petit problème : Pour avoir le travail, j’ai besoin d’une auto.  Et pour acheter une auto, il me faut un travail.  Les concessionnaires en ayant vu d’autres, ils ont communiqué avec mon futur employeur, afin de s’assurer que oui, j’allais bientôt avoir un revenu stable.  Et puisque j’ai toujours géré mes finances de manière intelligente, j’ai un excellent dossier de crédit.  Je me suis donc procuré un véhicule usagé pour $22 000.

Et c’est comme ça que tous mes problèmes se sont instantanément réglés.

Ce qui signifie que si Bertin n’était pas venu me casser mon couple, Mégane ne m’aurait jamais laissé tomber. Je ne me serais jamais inscrit sur Facebook Rencontre. Je n’aurais pas attiré l’attention d’Anne-Marie, qui ne m’aurait donc pas branché sur son agence. Je n’aurais jamais rencontré mon éditeur, et peut-être que mon livre ne serait toujours pas publié. Il aurait fallu que je déménage pour trouver du travail ailleurs, perdant ainsi mon si économique 3½. Et aujourd’hui, deux ans et demi plus tard, au moment où j’écris ces lignes, je n’aurais pas de véhicule, ni ce si génial emploi, ni cet excellent salaire, ni n’aurais-je atteint cette prospérité que j’avais passé toute ma vie à poursuivre en vain.

Autrement dit, si ma vie a pris un virage aussi positif, je le dois à Bertin. À la lueur de tout ceci, je regrette maintenant lui avoir fait subir ma vengeance.

Surtout que pendant ces deux ans et demi, l’obstination de Mégane à nier la réalité au profit de la pensée magique lui a fait subir une longue série de déboires. Comme quoi je n’avais même pas besoin de détruire sa vie. Elle était parfaitement capable de le faire elle-même.

À SUIVRE