Aujourd’hui, je vais répondre à une question que se posent tous les bons gars depuis les 60 dernières années: Comment est-ce qu’un salaud qui se fout des filles arrive à en attirer autant? Non, ce n’est pas nécessairement parce que les filles sont folles et/ou que le gars est manipulateur.
Les psychologues s’entendent pour dire que beaucoup de manipulateurs adoptent une attitude manipulatrice sans s’en rendre compte eux-mêmes. On ne peut donc pas parler ici de manipulation per se. Et je le sais bien parce que c’est quelque chose que j’ai moi-même fait plusieurs fois dans ma vie sans même savoir que je le faisais. Parce que, à la base, mon but n’était pas de les manipuler et encore moins de les rendre amoureuses de moi.
Avant mes 27 ans, j’ai toujours été le genre de gars qui perdait ses moyens face aux filles qui m’attiraient. Je rentrais donc dans sa zone amis seulement pour ne plus jamais en ressortir, ou bien elle finissait par s’éloigner en me donnant des signes comme quoi elle ne voulait plus rien savoir de moi, même pas en ami.
D’un autre côté, il y avait ces filles qui ne m’intéressaient pas au-delà de la simple amitié. Les deux premières semaines, j’étais amical, gentil, poli, amusant… Puis, à la longue, je réalisais que je ne voulais rien savoir de ces filles-là. Parfois, c’était parce qu’on était trop différents. Parfois c’était parce qu’elle me tombait sur les nerfs. Hey, parfois c’était même parce que la fille me plaisait mais que j’avais l’impression que je n’avais aucune chance de finir avec, et que je voulais juste m’éviter de languir. Mais bon, peu importe la raison pourquoi je ne voulais plus les avoir dans ma vie, le fait est que je ne voulais plus les avoir dans ma vie. Alors je cessais tout simplement d’agir comme je l’avais fait avec elles jusque-là.
Mais attention : Je ne devenais pas soudainement salaud. Je ne les maltraitais nullement, ni leur manquais-je de respect. Je faisais juste m’éloigner, prendre mes distances, en arrêtant de m’adresser à elles. Et si nous étions dans la même pièce, à l’école par exemple, alors je faisais juste éviter de regarder dans leur direction. Je ne leur servais pas le traitement de silence, je cessais juste de leur parler en premier. Si elles venaient me parler, je restais aussi respectueux, gentil et souriant qu’avant. Sauf qu’il y avait quelques différences subtiles dans mon comportement: Pas de compliments, pas de plaisanteries, pas de questions de ma part, ne me contentant que de répondre aux siennes. Et après de une à quatre minutes, je coupais court en prétextant devoir aller ailleurs ou bien avoir quelque chose à faire.
Puisque beaucoup de filles utilisent cette méthode pour passer le message en douce aux gars de qui elles se désintéressent, je croyais sincèrement qu’elles étaient les mieux placées pour voir les signes, les reconnaître et les comprendre. Pour environs un tiers d’entre elles, ça marchait. Pour le reste, par contre, cette méthode ne faisait que les rendre full accro à moi.
En général, c’est après trois semaines à côtoyer un gars que la fille se rend compte si elle veut de lui en tant que chum ou en tant qu’ami. Moi, pendant les deux premières semaines, je les habituais à ma gentillesse, mon respect, mon humour, mon intérêt. Puis, je les coupais brusquement de tout ça avant même qu’elles sachent elles-même quelle genre de relation elles voulaient avoir avec moi. En les privant de ce à quoi elles étaient habituées, je créais en elles une sensation de manque. Ça les mettait dans une zone d’incompréhension et de panique au niveau du subconscient. Elles réagissaient donc instinctivement en cherchant à recapturer ce que l’on avait jusque-là.
Si je leur avait dit carrément que je ne voulais plus me tenir avec elles en leur expliquant pourquoi, elles auraient compris et m’auraient laissé tranquille. Probablement en étant ben fru, mais elles auraient compris. Sauf que là, en étant simplement un ami qui semble inexplicablement s’éloigner, tout ce que je leur montrais, c’était que la seule façon qu’elles avaient de retrouver une parcelle du positif que nous avions, c’était seulement en prenant elles-même l’initiative de venir me parler. Mais là encore, c’était insuffisant. D’abord parce que ce n’était qu’une parcelle, et ensuite parce qu’elles n’arrivaient jamais à garder mon attention plus de quelques minutes.
Cette parcelle qu’elles obtenaient leur donnait espoir qu’elles étaient sur le bon chemin, de prendre l’initiative envers moi. Alors elles poussaient la chose de plus en plus loin, devenant de plus en plus obsédées avec moi, démontrant de plus en plus d’intérêt, faisant de plus en plus de choses pour attirer mon attention, stimuler mon intérêt, faire naître du désir, allant même jusqu’à me déclarer leur amour.
J’étais honnête : je leur avouais immédiatement n’avoir aucun sentiment amoureux pour elles. Je rajoutais même que, ne ressentant pas d’amour, le plus que je pouvais offrir, c’était amitié + sexe.
En sachant à quel point les filles qui mettent leur priorité dans l’amour disent refuser toutes relations uniquement charnelle, je croyais naïvement que ça allait les faire fuir. À ma grande surprise, elles ont au contraire toutes accepté d’avoir avec moi une relation amitié + sexe sans attaches. En tant que jeune homme normalement constitué au niveau sexuel et hormonal, je ne pouvais qu’accepter. De toute façon, en un sens, j’étais coincé. En me prenant au mot, elle me forçait à m’y tenir ou bien à m’exposer moi-même comme étant un menteur. Entre passer pour un menteur, ou avoir du sexe quand j’en veux, la question du choix se pose t’elle? Donc, dans ce cas-ci, la personne manipulatrice, c’était elle.
Ce que je n’avais pas compris, c’est qu’une personne amoureuse d’une autre va s’accrocher à tout ce qui pourrait lui donner une chance d’atteindre son but. Et quand la chose en question lui permet d’être aussi intime avec celui qu’elle aime, elle ne laissera pas une telle occasion lui échapper.
Laissez-moi vous dire que quand une fille utilise le sexe pour essayer de séduire un gars, elle devient rapidement, et ce de sa propre initiative, la plus géniale des partenaires sexuelles. Elles m’offraient tout, faisaient tout, aimaient tout, incluant des choses qu’elles avaient toujours refusé de faire avec leurs ex.
Les cyniques vont dire que cette méthode de séduction fonctionne surtout auprès des grosses et des laides. Eh bien devinez quoi? Presque toutes celles dont je vous parle étaient de minces et belles cégepiennes. C’est que ces filles ne sont pas aussi populaires qu’on peut le croire. C’est sûr que beaucoup de gars les désirent amoureusement ou sexuellement. Sauf que la majorité de ceux-ci font comme moi je le faisais face à une fille qui m’attirait : Perdre leurs moyens et ne jamais oser rien faire. Si la fille n’est pas du genre fonceuse, elle ne fera pas les premiers pas non plus. Elle se demandera bien pourquoi les gars les plus gentils ne semblent pas vouloir être plus qu’amis avec elle, et contentera de ceux qui osent lui montrer vouloir d’elle : Les fonceurs. Et puisque pour être un salaud il faut à la base être un fonceur, les bons gars (qui préfèrent ne pas foncer par respect pour elles) se demandent pourquoi ces filles-là choisissent des salauds.
Et c’est aussi pourquoi, quand un bon gars décide de devenir lui aussi un salaud avec les filles parce qu’il croit stupidement qu’elles aiment être maltraitées, il pogne encore moins auprès d’elles. Il vit alors l’incompréhension la plus totale, frustre du fait qu’à ses yeux ça marche avec tous les gars sauf avec lui, et il finit par nourrir une haine envers la gent féminine qui le rendra irrécuperablement misogyne.
Évidemment, aucune fille ne veut d’un salaud. C’est pourquoi elles s’intéressent aussi aux bons gars qui se montrent amicaux, gentils, polis, amusants. Mais quand ils cessent soudain de l’être, ça force ces filles à devenir fonceuses afin de ne pas perdre ce qu’ils ont. Et comme ça se passe avant la fin des trois semaines qui décident du reste de la relation, elles croient à tort ou à raison que leur propre réaction envers l’éloignement de ce gars signifie qu’elle en sont amoureuses.
Pour beaucoup de gens, lors de mes dernières années de célibat, je n’étais rien d’autre qu’un salaud qui attire plein de filles dont il se fout. En réalité, je n’ai jamais cessé d’être un bon gars. D’accord, je n’étais pas amoureux, mais je leur donnait néanmoins affection et respect. C’est juste que je les faisais travailler pour.
Et si elles se montraient aussi volontaire de le faire, c’est probablement parce que, comme avec toute chose pour laquelle on met de l’effort pour l’obtenir, mon affection avait beaucoup plus de valeur à leurs yeux que celle de tous ces gars qui donnaient la leurs sans qu’elles aient à lever le petit doigt.
