Ne pas respecter le statut de couple

Comme d’habitude, les sexes utilisés dans ce texte ne sont qu’à base d’exemple, et peuvent aisément s’inverser.

C’est bien beau, les principes disant On ne touche pas à une fille / un gars qui est déjà en couple, et gnagnagna…  Mais au-delà de la question de principe, on oublie le plus important: L’attirance et la compatibilité entre les deux personnes.  Si une fille ressent de l’attirance envers quelqu’un de plus compatible avec elle que son partenaire actuel, pourquoi devrait-elle respecter le fait qu’elle est en couple avec quelqu’un qui ne lui convient pas? Un couple se doit d’être basé sur les sentiments et la compatibilité, et non sur une question de principes.  Et puis, soyons réalistes: On n’a qu’une seule vie à vivre, alors aussi bien la passer avec la personne qui nous plaît le mieux.

Un des premiers mariages auquel j’ai assisté, c’était celui de mon ami Ghyslain. Sa femme était déjà mariée lorsqu’il l’a rencontré quatre ans plus tôt. Dès qu’elle a été sûre de ses sentiments envers lui, et qu’elle a vu que ces sentiments étaient partagés par Ghyslain, alors elle a divorcé de son premier mari.  Aujourd’hui, douze ans plus tard, Ghyslain et sa femme ont deux enfants et sont très heureux.

Évidemment, tout le long de leur relation, beaucoup de gens bien-pensants se sont empressés de les mettre en garde l’un contre l’autre.  Lui se faisait dire: « Fais attention, si elle a quitté son mari pour toi, elle peut te quitter pour un autre. »  Quant à elle, elle a entendu plusieurs variantes de: « Attention, s’il a couru après une femme mariée, ça prouve qu’il n’a aucun respect pour le mariage, donc qu’il peut chercher ailleurs même s’il est marié avec toi. »  Ces commentaires , ils les considèrent comme autant de stupidités. Car quand on s’aime comme eux le font, l’idée de voir ailleurs ou de se quitter ne leur vient même pas à l’esprit.

C’est que, à la base, lorsqu’ils sont tombés en amour ensemble, ils avaient deux choix:

CHOIX A) Écouter les autres, rester célibataire pour lui, rester dans un mariage sans amour pour elle.

CHOIX B) Avoir confiance en leurs sentiments et envers l’un-l’autre et vivre heureux ensemble.

Ils ont fait le second choix.  Et c’est bien dommage pour le premier mari de cette femme, mais je considère qu’ils ont fait le bon choix. De toutes façons, on s’entend que dans ce genre de situation, il n’existe aucune solution qui soit à la fois satisfaisante et morale. Parce que, aux yeux des autres…

  •  Si tu restes avec ton mari que tu n’aimes pas, tu es une conne.
  •  Si tu quittes ton mari pour un autre homme, tu es une salope.
  •  Si tu cours après une femme mariée, tu es un salopard.
  •  Si tu laisses tomber l’amour de ta vie parce qu’elle est déjà mariée, tu es un mou pas-de-couilles.

Peu importe la décision que tu prendras, elle sera potentiellement décriée et rabaissée par des gens qui ne sont même pas concernés. Alors tu es aussi bien d’en faire à ta tête et de suivre ton coeur.

Rouler avec les coups

Il y a des gens qui sont moins prédisposés que les autres à certaines activités physiques. Ce fut mon cas pour mes 42 premières années de vie au sujet de la course à pied, autant côté vitesse que côté endurance. Et ce qui n’a pas aidé quand j’allais à l’école, c’est que mon anniversaire est le 21 juillet, soit exactement au milieu des vacances d’été.  Alors que la majorité finissaient leur année scolaire un an plus vieux, moi je gardais le même âge tout le long de l’année scolaire. Ça signifie que j’étais toujours le plus jeune. Et à une période de vie où quelques mois peuvent faire toute la différence dans ta croissance, j’étais, par conséquent, un des moins développé physiquement. J’ai donc toujours été, sans exception, le dernier en gym, et ce de la première année au primaire jusqu’en 5e secondaire.

Et au secondaire, à un âge où les apparences comptent, être le plus petit, le plus maigre, le moins bon en sports, le plus faible, ça te rapporte zéro vie sociale. Aucun gars ne veut de ça comme partenaire dans quelconque activité sportive, ni dans sa gang d’amis. Aucune fille ne veut de ça comme chum. La seule attention que l’on attire, c’est celle des abuseurs qui ont besoin d’une cible facile pour pouvoir se sentir supérieur sur au moins une personne, histoire de pouvoir mieux vivre avec leurs propres complexes. Et quand le monde te traite comme de la merde lorsqu’ils sont enfant et adolescents, c’est une habitude qu’ils ne perdent pas une fois rendus adulte. C’est comme ça qu’ils ont été élevés, donc c’est profondément ancré dans leur personnalité. Si seulement j’avais commencé l’école un an en retard, aucun de ces problèmes ne se seraient manifesté. J’aurais été à égalité avec les autres et j’aurais vécu les mêmes choses que les autres, au lieu d’être toujours mis de côté.

Les imbéciles vont dire qu’il ne faut attacher aucune importance à ce genre de choses, parce que l’apparence, les sports, les amourettes d’ados, plus rien de tout ça n’a guère d’importance lorsque l’on arrive à l’âge adulte. La raison pourquoi je dis que c’est un raisonnement d’imbéciles, c’est que quand tu n’as pas appris à socialiser durant cette importante période de ta vie, tu est alors socialement handicapé une fois rendu adulte. Tu n’es ni à l’aise d’aller vers les autres, ni à l’aise lorsque les autres viennent à toi. Et tôt ou tard, ça sabote toutes tes relations les unes après les autres, furent-elles amicales, amoureuses ou professionnelles. Et si,comme ce fut mon cas, la solitude te fait lire beaucoup, voir beaucoup de films, regarder beaucoup de télé, alors les romans, la télé et le cinéma sont les seuls endroits où l’on peut apprendre comment se comporter en société et dans nos relations avec les autres. Et ça, c’est loin de représenter une réalité dans laquelle tout est ambigu et où personne n’est parfait. Pas étonnant que l’on me trouve aussi chiant, à toujours exiger des autres un comportement irréprochable et des situations claires.

Il suffit parfois de si peu de choses pour faire la différence entre une vie sociale réussie et une perdue d’avance. De toutes façons, être un an en retard n’aurait pas fait de moi un athlète. J’aurais juste été moins handicapé socialement dans mes rapports avec les autres, voilà tout. Le reste, c’est génétique. Tu ne peut pas être un athlète quand tu descends d’une famille de maigrichons sédentaires. Et pourtant, je peux dire que la nature a été généreuse avec moi. Avec une mère faisant 5’2’’ et un père de 5’1’’, c’est un miracle que je sois monté à 5’8″.

Mais je m’égare dans mes trop longues explications, comme d’habitude. Passons au vrai sujet de ce billet:

Vous vous souvenez de tous ces billets que j’écrivais au sujet de mon entrainement il y a un an et un tiers?  À l’âge de 42 ans, j’ai décidé d’attaquer mon plus grand obstacle, mon fail  le plus tenace : La course à pied. Comme ça, en plein hiver, avec une des saisons froides les plus enneigées que l’on a pu avoir au 21e siècle, je m’y suis mis avec détermination. Le 4 décembre 2010, je ne pouvais courir que des segments de 200 mètres avant de m’arrêter, épuisé, à bout de souffle. Il y a un an, le 4 avril 2011, une fois la neige disparue, je pouvais courir non-stop sur 5 km.

Pour la première fois de ma vie, j’avais un but athlétique, et pour la première fois de ma vie, ce but était réalisable : Pouvoir courir le marathon de Montréal, une course d’endurance de 42 km. Et surtout, en ayant ce but, je prouvais une fois pour toutes ce que j’avais passé ma vie à dire : Quand mon succès ou mon échec dépend des autres, peu importe l’effort que je vais y mettre, si l’autre décide que je vais échouer, y’a rien à faire, j’échoue. Mais quand je ne dépend de personne d’autre que de moi-même, je ne peux que réussir.

Eh bien la vie, le hasard, la génétique et le destin ont décidé de me prouver que j’étais dans l’erreur. Moi qui n’a jamais eu de problèmes au pieds, juste au seul et unique moment de ma vie où courir le marathon est mon but, j’ai développé, comme l’a inscrit le podiatre dans mon dossier, une fasciite plantaire aiguë aux deux pieds. Douleurs constantes.  Repos obligatoire. Limiter mes déplacements. Plusieurs longs mois d’exercices et de thérapie. Et oublier la course à pied pendant 6 mois si j’ai une job de bureau, 12 mois si j’ai un travail physique, à condition d’avoir des pieds normaux.

…Mais comme je m’en doutais, le podiatre a confirmé le contraire. J’ai les deux pieds croches, et une jambe dont l’angle de déploiement est de plusieurs degrés trop vers l’extérieur. Bref, de la façon sont fait mes pieds, mes jambes, mes articulations de genoux, je ne suis pas fait pour courir longtemps sur une surface dure et plane. Je ne pourrai donc jamais devenir un marathonien.

Et voilà pourquoi, en plein hiver, pendant quatre mois, j’ai pu me faire accroire le contraire: La neige dans lequel je courais était une surface molle et tout sauf plane. La neige écrasée sous mes pas prenait automatiquement la forme requise pour mon confort en s’adaptant à mes pieds.  C’est ainsi que, pendant quatre mois, j’ai pu améliorer ma résistance, ma force et mon cardio… Résistance, force et cardio sans laquelle je n’aurais pas réussi à courir si longtemps sur une surface plane dès que la neige à fondu, et par conséquent je ne me serais pas handicapé des deux pieds pour la vie, ni n’aurais-je eu à débourser $850.00 de traitements et d’orthèses.

Bref, tout ce que j’ai réussi à faire en améliorant cet aspect de mon physique, c’est de me permettre de le rendre pire que jamais, et ce pour le reste de mes jours.

Et vous savez quoi? Ça m’a quelque peu dérangé, mais pas outre-mesure. Suite à ma réaction, ou en fait à mon manque de réaction, je me suis demandé si c’était du positivisme ou du je-m’en-foutisme-né-de-l’habitude-que-tout-aille-toujours-mal-anyway.  Parce que en effet, comme disent les anglos, je réalise que mon attitude face à ce nouveau sabotage de mes projets, sabotage qui détruit ma conviction comme quoi un projet qui ne dépend de personne d’autre que de moi-même ne peux que réussir, c’est I’m just rolling with it!  Je ne suis pas déprimé. Je ne suis pas en colère. Je ne suis pas frustré. Je ne tombe même pas dans le réflexe piège de me dire que plus jamais je ne ferai de projets puisque rien ne fonctionne jamais pour moi au bout du compte. Non! Je fais juste m’adapter à ma nouvelle situation. Et si jele fais, ce n’est pas par conviction que c’est la meilleure chose à faire, ou bien par résignation. Non, je le fais tout naturellement. Et c’est ça qui me surprend. Parce que dans les apparences, on pourrait croire que je m’en fous, ou bien que j’étais tellement convaincu d’être un loser que cet échec supplémentaire n’avait rien pour me surprendre. Il est vrai que des circonstances extraordinaires qui viennent saboter mes projets en ciblant exactement le seul et unique élément que ça prend pour tout faire foirer, c’est pas mal la routine habituelle pour moi.

Je suppose que d’une certaine façon, j’évolue. Il est vrai qu’il y plusieurs années, mon problème de base, c’était la crainte de passer pour quelqu’un qui recherche les situations avec le plus grand potentiel pour l’échec. C’est la raison pourquoi, pendant quelques années, j’avais une page web intitulée La Zone Requin dans laquelle j’écrivais les anecdotes négatives de ma vie en expliquant les circonstances des malheurs et des échecs qui m’empoisonnaient l’existence.

Et puis, apparemment, il vient un jour où on cesse de s’en faire avec l’image que l’on peut projeter aux autres. Par conséquent, on cesse de s’en faire avec ce qui nous fait obstacle. On en apprend quelque chose s’il y a quelque chose à apprendre, on en tire une leçon s’il y a une leçon à tirer, et on roule avec le coup en attendant que l’élan meurt, pour ensuite pouvoir s’en relever.

Je suppose que ce jour est arrivé pour moi. I’m not even mad. I’m just rollin’ with it!

Ma vision des femmes possessives, à travers mes âges

Ça a quelque peu évolué avec le temps.

Ado: :D « Possessive? Cool! J’aimerais bien! Ça montrerait qu’elle m’aime et me veut juste à elle. »
Dans ma vingtaine: :? « Mouain, bon… Je suppose que si je veux qu’elle cesse de me faire des crises de jalousie, c’est à moi de cesser d’avoir des amies de filles. Et aussi cesser de parler à mes collègues de travail féminines. »
Dans ma trentaine: :x « Ben voyons!? Je n’ai aucun contact avec aucune fille à part elle, et elle me ferme la TV dans face en m’accusant de fantasmer sur celles à l’écran? Pareil pour la radio? WTF? »
Dans ma quarantaine: :evil: « Possessive? Fuck off pis approche-moé même pas, tab#/$%&! de malade mentale. » 

Autrement dit: J’ai bien appris la leçon!

Au départ, mon approche face à ce problème était logique. Or, ça ne pouvait pas marcher parce que ce problème n’est PAS  logique. Quelqu’un qui cherche à te prendre en défaut va toujours se trouver des raisons de le faire, même la plus insignifiante, même la plus illogique, quitte à en inventer.

Et ça, ce n’est pas seulement dans le cas des gens possessifs.

Ma plus étrange expérience de 2011

L’année qui se termine m’a apporté énormément de positif. Évidemment, j’ai aussi vécu quelques revers.  C’est la vie, et ce pour tout le monde. Cependant, j’ai aussi vécu une expérience pour le moins étrange.  Ça s’est passé comme suit:

Durant tout l’hiver de 2010-2011, je me suis entraîné quotidiennement à la course à pied. Loin d’être un obstacle, la neige qui m’arrivait souvent jusqu’aux genoux m’aidait brûler encore plus de calories. J’ai passé de 216 lbs à 196 lbs, où je me suis stabilisé durant deux mois.

Puis, parallèlement à mon exercice, je me suis décroché un travail physique fort exigeant. Mon poids a repris sa descente, me faisait atteindre 179, un chiffre que je n’avais pas vu sur ma balance depuis mon adolescence. Idem pour mes pantalons, qui ont passé de 38 à 36, 34 et enfin 32.

Tant qu’à retrouver mon physique de jeunesse, aussi bien ne pas faire les choses à moitié. Je me suis laissé repousser les cheveux.  En été, lors de mon 43e anniversaire, j’étais fier de ma réussite. Barbe en plus, j’étais redevenu le gars de mes 15-22 ans, en plus athlétique et pas mal plus en forme. J’étais fier de ma réussite.

Puis, les choses devinrent étranges. un soir où je marche sur le trottoir, une auto passe en trombe près de moi. Le passager arrière baisse sa fenêtre et me crie : HEILLE, T’ES LETTE EN TABARNAK!, et ils poursuivent leur chemin à toute vitesse.

J’ai été surpris, mais sincèrement je ne peux pas dire que je me suis senti insulté. D’abord parce que je savais que c’était faux (vive l’orgueil et la vanité), mais aussi parce que, puisque je ne les connaissais pas, il ne pouvait s’agir que d’un incident isolé qui n’impliquait qu’une coupl’ de caves qui n’ont trouvé que ce moyen pour s’amuser ce soir-là. Bref, je n’étais pas visé personnellement. Pas de quoi s’en faire un drame.

Deux semaines plus tard, alors que je sors du métro, je passe devant une maison. Un enfant d’environs huit ans attend que la femme adulte qui l’accompagne débarre la porte pour entrer.  L’enfant me regarde, et me crie : HEILLE, TOÉ, LE LOSER!  Je m’arrête et le regarde. Il n’y a aucun autre piéton, il ne pouvait donc s’adresser à personne d’autre que moi. La femme débarre promptement la porte, pousse l’enfant dans la maison et referme derrière elle. Je reprend mon chemin en me disant que je n’aimerais pas être l’un de ses parents. Qu’est-ce qu’il doit leur causer comme ennuis de toutes sortes.

Le lendemain, je suis encore victime, dans la rue, d’une agression de passager d’automobile, alors qu’une bouteille de Gatorade lancée du côté du passager avant me manque de peu.

La semaine suivante, une auto passe à toute vitesse près de moi et me fait sursauter lorsque le passager souffle vigoureusement dans un vuvuzela dans ma direction. Je constate que la couleur et le modèle de l’auto est différente de mes deux précédentes agressions qui impliquaient des véhicules.

Enfin, deux ou trois semaines plus tard, alors que je marche sur le trottoir en direction de chez moi, j’ai la surprise de voir quelques épingles à linge pincées ensemble en un bloc me couper le chemin en diagonale, aller frapper la fenêtre d’une porte d’auto stationnée, et tomber à mes pieds. Je lève les yeux juste à temps pour voir la porte du balcon du 2e se fermer en vitesse. Je comprends immédiatement qu’il ne s’agit pas d’un accident.  Ce projectile m’était destiné.

C’est à ce moment-là que je me suis rendu à l’évidence : Un incident, passe toujours. Mais après cinq, en un mois et demi, on ne peut plus parler d’un incident isolé.

Je suis rentré chez moi, perplexe, en essayant de comprendre cette montée soudaine d’hostilité totalement gratuite envers moi. Et c’était d’autant plus inexplicable, du fait qu’à première vue rien ne semblait relier ensemble les auteurs de ces cinq agressions. La seule chose qu’ils avaient en commun, c’était moi.  Je me dis que c’est tout de même étrange, parce que de telles choses ne me sont pas arrivées depuis ma jeunesse.  En fait, pas depuis mes 22 ans.

… Soit l’âge que j’avais la dernière fois où j’ai eu les cheveux longs et le corps maigre.

Et en effet, je me souviens trop bien de telles expériences datant de cette époque, en particulier celles de style hit-and-run de passagers d’automobiles lorsque j’étais ado et jeune homme. Ceux qui me lançaient des cris ou des insultes, celui qui m’a lancé le Coke de son verre de McDo en tournant le coin de rue où j’attendais ma lumière verte, celui dont le passager m’a lancé un ballon gonflé d’eau alors que j’étais à bicyclette… Et le seul point commun entre cette époque et maintenant, c’est que dans les deux cas, j’étais un maigre aux cheveux longs.

Ça semblait trop anodin, trop insignifiant, trop simplet pour être la raison. Et pourtant, je ne peux pas nier les faits : Dans les deux cas, j’avais ce physique, et dans les deux cas, j’étais victime de ce genre d’agressions. Même si je suis incapable de comprendre la logique derrière la cause à effet, je n’ai pas le choix de voir les choses en face : Avoir ce physique fait que je suis automatiquement vu comme étant une cible aux yeux de ceux qui ont une personnalité d’abuseurs et d’agresseurs.

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Maintenant, j’avais le choix. Deux options s’offraient à moi.

OPTION 1 :  M’obstiner à mort comme quoi être maigre et avoir les cheveux longs ne constituent pas une provocation. Que c’est une raison absurde.  Qu’elle est illogique.  Qu’elle est incompréhensible. Qu’elle n’a aucune raison d’être.  Que les choses ne devraient pas se passer ainsi. Que je n’ai pas à changer parce que ce n’est pas moi le fautif ici mais bien eux.

OPTION 2 :  Se foutre du fait que la raison soit logique ou non, et apprécier le fait qu’au moins, je l’ai trouvé, la raison.  Donc, si c’est mon allure qui attire les ennuis, alors changer d’allure.

J’ai choisi la seconde option. Je me suis fait couper les cheveux. J’ai diminué les activités physique. J’ai ajusté ma diète. Je me suis laissé remonter à 196 lbs.  Et, tout comme lors de mes 26 à 42 ans, j’ai cessé d’attirer les agressions. Je n’en ai plus jamais subi une seule.

J’aurais pu prendre la première option. Légalement, moralement et socialement, j’aurais eu raison de le faire. Malheureusement, ça ne changerait rien au fait que mon allure continuerait de m’attirer telles agressions. Parce que même si les choses ne devraient pas se passer ainsi, ça ne change rien au fait que oui, c’est comme ça que les choses se passent.

Je perdais du poids afin de me sentir bien et en harmonie avec moi même.  Or, qu’on le veuille ou non, ce but ne peut être atteint que si ça nous amène également à vivre bien et en harmonie avec les gens qui nous entourent. Je peux aisément m’isoler des gens que je fréquente s’ils n’acceptent pas mon évolution physique. Sauf que je ne peux pas m’isoler en plus du reste de l’humanité, ne plus jamais sortir de chez moi, et surtout ne plus jamais marcher sur un trottoir .

Sans compter que, vous vous imaginez, devoir répondre à quelqu’un qui vous demande pourquoi vous attirez ces gestes, que « C’est juste parce que je suis un maigre aux cheveux longs »?  De quoi perdre aisément toute crédibilité. Je veux dire, même moi qui l’a vécu, je trouve ça farfelu comme explication.  Et pourtant, c’était le cas. Mais voilà, tu peux te battre et militer contre la discrimination sexuelle. Tu peux te battre et militer contre la discrimination raciale. Tu peux te battre et militer contre la discrimination homosexuelle. Tu peux même te battre et militer contre la discrimination envers les gros. Ce sont toutes des causes reconnues. Mais se battre et militer contre la discrimination de ton droit d’être maigre et d’avoir les cheveux longs? C’est un combat éternellement perdu d’avance, parce que jamais personne ne va croire sérieusement que c’est quelque chose qui attire la discrimination.

Cette expérience m’a fait arriver à cette conclusion:  Lorsqu’une amélioration ne nous apporte que du négatif de partout, il faut savoir mettre ses caprices de côté et faire le bon choix.  Parce que quand ça rapporte plus de négatif que de positif, alors ce n’est vraiment pas une amélioration.

Le Complexe de Super-HOT-ité 2, les photos!

Il y a sept mois de ça, en novembre 2010, en regardant les images tournées pour 1 Gay 1 Hétéro, le film, je n’ai pas eu le choix de constater le retour de mon double menton.

Quelques statistiques :

  • Janvier 2008 : 232 lbs.
  • Avril 2008 : 208 lbs grâce à Défi Diète.
  • Aout 2008 : 187 lbs, mais je n’aime les creux et rides que ça donne à mon visage.  Je me permet d’en reprendre un peu.
  • Septembre 2008 à janvier 2009 : 195 lbs.
  • Février 2009 à novembre 2010 : J’en reprend assez lentement pour ne pas trop m’en rendre compte.
  • Décembre 2010 : Je fais de nouveau osciller la balance à 216.

Un mois plus tôt, novembre 2010, je m’étais mis au défi ici-même de prendre six mois pour me faire un corps d’athlète. J’avais hélas peu de motivation pour lever des poids. Et c’est là que, de nulle part, m’est venu l’idée de changer mon objectif. J’allais plutôt faire la chose en deux étapes. La première : Me déconstruire en perdant du gras. La seconde : me reconstruire en prenant du muscle.

Pour la première étape, j’ai cette fois choisi d’en perdre par l’exercice. J’en ai choisis un seul. Mais pas n’importe quel. J’ai pris celui dans lequel j’ai toujours été le plus poche : La course à pied. Et pour me motiver, je me donne un objectif : Me mettre assez en forme pour pouvoir participer au Marathon de Montréal de septembre 2011, une course de 42 Km.

Aujourd’hui, presque six mois et demi plus tard, mon poids est rendu à 182 lbs. Et voilà les résultats en photo :

En dix ans, c’est la 3e fois que je perds du poids.
La première fois, 2001-2002, je l’ai fait en improvisant, et surtout en me privant. Mais voilà, on ne peut pas passer sa vie à se priver. Ça n’a pas tenu.

La seconde fois, 2008, je l’ai fait grâce à une entraineuse privée au gym, une nutritionniste et un motivateur. Mais voilà, une fois Défi Diète terminé, je ne pouvais pas me les payer moi-même. Ça n’a pas tenu.

La troisième fois, maintenant, je l’ai fait en brûlant mes calories par la course à pieds, tout simplement. Pas de privation. Pas de faim. Pas de frustration. Pas de dépenses pour un gym. Pas besoin de personne, ni entraineur, ni nutritionniste. Si je reprends une coupl’ de lbs, je sais comment les reperdre aussitôt : Sortir et courir. That’s it! Voilà pourquoi je peux me permettre d’affirmer que cette 3e perte de gras est la bonne. Celle-là, elle va tenir.

Et la meilleure : Je me suis rendu compte que, contrairement au poids perdu par régime alimentaire, le visage ne vire pas full ridé et étiré. Maintenant, il ne me reste plus qu’à me mettre aux poids et haltères pour me faire un physique athlétique. Et ça va être d’autant plus encourageant puisque, sans couche de gras pour camoufler, les résultat de la prise musculaire vont se voir bien mieux et plus vite.

Pour ceux qui se demanderaient pourquoi je n’ai pas porté mon chandail de Superboy pour cette séance de photos, contrairement au premier article de cette série, c’est que j’ai changé de gueule, ce qui fait que je ressemblerais plutôt à Thor maintenant.

Dire qu’il y a encore des gens de mauvaise foi pour colporter l’idée mensongère à mon sujet comme quoi je n’atteins jamais mes objectifs parce que je recherche la facilité. C’est parce qu’il y a une chose qu’ils font semblant de ne pas comprendre: Quand je me donne un objectif dont le succès ou l’échec ne dépend de rien d’autre que moi, un objectif qui ne peut être saboté ni par une tierce personne ni par un hasard malchanceux, je réussis. C’est exactement ce que j’expliquais dans mon billet Les Trois Raisons Possibles de l’Échec. Et comme je viens de le prouver, ce n’était pas des paroles en l’air.


L’analyse malvenue

C’est une situation classique : Tu rencontres une fille, tu l’écoutes parler, tu la vois agir, et tu comprends rapidement quel genre de personnalité elle a.  Histoire de l’épater avec tes capacités de déduction sherlockholmesesques, tu lui dis une phrase qui commence par : « Toi, t’es le genre de fille qui… »

Ces sept petits mots viennent de creuser ta tombe.

Mets-toi ça dans la tête une fois pour toute : Aucune fille n’a envie de se faire analyser,  surtout par un gars qu’elle ne connaît pas de façon intime.

Bien que l’on ne m’en a jamais glissé mot, il doit sûrement y avoir des lectrices qui se disent à mon sujet: « Je n’aimerais vraiment pas avoir un rendez-vous avec ce gars-là. Il doit passer la soirée au complet à t’observer, à t’analyser et à te dire qu’est-ce qui ne va pas chez toi. »

C’est vrai, jusqu’à il y a une dizaine d’années, il m’arrivait parfois de faire cette erreur.  Il a fallu qu’un ami fasse de moi à plusieurs reprises la cible de telles analyses malvenues pour que je réalise combien il est désagréable de le subir.  En voici l’anecdote la plus remarquable:

Nous sommes à un restaurant chinois, et je m’apprête à commander une assiette de poulet Général Tao.  Avant même que je passe ma commande, il me regarde avec un petit sourire et dit :

– Je parie que tu vas prendre le poulet Général Tao.
– Oui, pourquoi?
– Je l’savais.  Y’a beau avoir des centaines de plats au menu, c’est toujours ça que le White Trash commande.

Pour prouver son point, il s’adresse aux deux femmes blanches qui discutent à la table d’à côté.

– Excusez-moi…  Est-ce que vous avez pris le poulet Général Tao?
– Euh… Oui.

Il se retourne vers moi avec un sourire satisfait.

– Tu vois!?

Les deux femmes l’ont regardé avec méfiance et incompréhension, et le malaise était évident chez celle qu’il a questionné.  Je suppose qu’en plus de se demander quel était le but de sa question, elle ne savait pas si elle devait se sentir insultée ou ben quoi.  Quant à moi, bien que je n’aie pas porté attention à l’appellation White Trash (Après tout, c’est comme un noir qui appelle un autre noir niggah), le fait est que je n’aimais pas sa remarque au sujet de mon choix de repas.  J’avais la désagréable impression qu’il venait de me dire que mon choix de nourriture reflétait mon manque d’imagination, ma fermeture d’esprit aux choses nouvelles, voire ma stupidité.  J’ai répondu :

– Quand j’ai vraiment faim, je préfère m’en tenir à quelque chose que je sais que j’aime.  Au prix que coûte un repas au restaurant, j’ai pas envie de prendre le risque de rester sur ma faim.

Le sujet fut clos. N’empêche, je n’aimais vraiment pas devoir me justifier pour quelque chose d’aussi insignifiant que le choix d’un repas.  Je veux dire, c’est une chose de devoir justifier certains choix de vie, certains gestes graves que l’on pose. Mais quand c’est rendu que l’on te juge sur quelque chose d’aussi basique que ton choix de repas, ça devient à la limite du harcèlement moral. Ce sont plusieurs incidents comme celui-là qui firent que je n’osais plus rien dire ni rien faire face à lui sans d’abord me demander s’il trouvera à y redire.

Finalement, je suis allé pour la meilleurs solution: J’ai fini par cesser de le fréquenter.  Ne pas pouvoir me sentir bien d’être moi-même en sa présence, c’était trop désagréable.  Je peux tout de même le remercier, puisque c’est lui qui m’a fait prendre conscience que personne n’aime qu’on lui fasse son analyse non-sollicitée.

Oui, il y a des filles qui apprécient les analyses. Oui, il y a des filles qui vont voir des psys.  Oui, il y a des filles qui veulent en savoir plus long sur elles-mêmes.  Oui, les magazines féminins sont remplis de tests de personnalité du genre de Êtes-vous jalouse?  Êtes-vous dépensière?  Êtes-vous trop sensible?  Êtes-vous une etc?  Sauf que quand une fille rencontre un gars, elle n’est pas en mode auto-analyse, elle est en mode découvrir et bien paraître.  Elle veut se présenter sous son jour le plus admirable.  Tout comme elle choisit soigneusement dans quels vêtements et avec quelle coiffure elle voudra s’exposer, elle choisit avec le même soin les aspects de sa personnalité qu’elle va te laisser voir.  Il est important pour elle d’avoir le contrôle autant sur les aspects d’elle qu’elle te dévoile, que sur la quantité des informations qu’elle te donne.

La rencontre, c’est aussi stratégique qu’une partie d’échecs.  Elle observe son adversaire, analyse ses mouvements, replie certaines de ses positions, offre une ouverture, feinte, attaque, reste passive, ouvre un autre front, avant de choisir si elle préfère conquérir, se laisser conquérir, faire match nul ou abandonner la partie. Dans ce temps là, un gars qui se lance dans l’analyse de la fille avec un Toi t’es l’genre de fille qui, ça déstabilise complètement le jeu.  De la position d’égal qui jouait avec elle, tu t’accapares le rôle de juge.  Le rôle de son supérieur, celui qui a le pouvoir de la juger et de la soumettre à un verdict sans appel.    Finalement, c’est se foutre d’elle complètement puisque peu importe ce qu’elle fait ou dit, c’est toi qui décide de ce qu’elle est.

Toute fille a une petite maison en elle qui constitue son petit univers secret, et elle prend bien soin de choisir quelles portes elle t’ouvre.  Lui faire son analyse non-sollicité, c’est lui faire prendre conscience que tu n’as aucune hésitation à y entrer par effraction pour y défoncer les portes de ton choix et d’aller voir ce que tu veux bien y voir.   Et même si tu te trompes complètement à son sujet, ça ne change rien au fait que tu démontres que tu prends d’elle ce que tu veux bien, sans retenue ni respect.

Il ne suffit pas d’être assez brillant pour être capable d’analyser les gens. Il faut aussi ne pas être idiot au point de créer un malaise avec ça.

13 semaines, l’entrainement militaire.

En automne 2008, lorsque je me suis renseigné pour m’enrôler dans les Forces Armées Canadiennes, j’ai appris que l’on commençait notre service par 13 semaines d’entraînement. Il se trouve que 13 semaines d’entraînement, c’est ce que je viens tout juste d’accomplir puisque lundi, hier, était le jour 1 de la semaine 14.

Voyons d’abord mon log d’exercice de ce dernier mois:


3 février
Je regarde dehors pis j’peux pas me retenir. Faut absolument que j’aille courir tantôt. M’as avoir d’la neige jusqu’aux cuisses pis ça va être full pénible. WAHOO!!!! 😀

3 février
J’ai pas couru. J’ai encore trop mal au pied, suite à l’application d’azote liquide sur ma verrue plantaire hier. Par contre, je me suis déplacé de chez moi à chez Stéphanie en marchant sur le terrain au bord de l’aqueduc. Après la tempête d’hier, ça signifie, selon les endroits, que j’avais de la neige parfois jusqu’aux tibias et parfois jusqu’aux cuisses. J’ai parcouru ce terrain non-stop pendant 40 minutes. Mes seules pauses: Les 3 rues que j’ai eu à traverser. Arrivé chez Stéphanie, j’ai eu à lui emprunter un chandail tellement le mien était mouillé. Bonne chose qu’on a à peu près le même tour de poitrine. 😉

Le retour? Même chemin, sauf que là ça m’a pris 50 minutes. J’ai mal aux cuisses, aux fessiers, au bas du dos, tout mon linge est mouillé bord en bord et dégage un arôme de fruit de mer défraichi. Mais au moins, je suis assuré que ma détermination m’a fait brûler au moins 17 calories.

11 février
On trouve la motivation là où elle est.

12 février
ENTRAINEMENT, dernier jour de la semaine 10.
POIDS: 197 lbs.
POIDS PERDU CETTE SEMAINE: 2 lbs.
POIDS PERDU TOTAL: 19 lbs.
Ces derniers jours, j’ai ressenti beaucoup de fatigue autant mentale que physique. Courir tout comme avancer dans la neige m’a épuisé très rapidement. J’ai été au 1/3 de ma performance d’il y a 2 semaines. Cependant, que je m’épuise lentement ou rapidement, le fait est que je m’épuise, que ça reste de l’entrainement, et que les résultats sont là.

Si je perds encore 3 lbs dans les 2 prochaines semaines, ça m’en fera 22 de perdues en 3 mois, soit exactement le même total dans les même temps de Défi Diète 2008. Sauf que cette fois-ci, ce sera par moi-même, sans entraineur privé, sans diététicienne et sans motivateur.

Petit détail: J’ai commencé Défi Diète en janvier 2008 avec 232 lbs pour finir à 208. J’ai commencé mon entrainement de marathon en décembre dernier avec 216 lbs. C’est pour ça que, malgré une perte similaire à date, mes résultats actuels sont meilleurs: Je pars de moins loin.

Tout l’monde trouve l’hiver long. Moi, je trouve que les 10 dernières semaines ont passées pas mal vite. C’est un autre avantage à s’entrainer.

Je suis très fier de mes accomplissements, parce que de toutes les activités physiques qui existent, la course a toujours été celles où j’ai été le plus mauvais,autant en vitesse qu’en résistance, et ce durant toute ma vie. C’est pour ça que j’ai choisi celle-là pour me remettre en forme. Ça me faisait échec depuis beaucoup trop longtemps.

14 février
Gaaah! Me is being full dead in the right now! (and it messes my English too) Je me suis poussé un petit peu trop fort ce soir. Mes jambes dégagent beaucoup de OUCH en ce moment.

16 février
Depuis 2 jours, j’ai monté la difficulté de mon entraînement de course en m’attachant des poids de 5lbs à chaque pied. Surprenant résultat: Mon poids fait 195 lbs ce matin (malgré un souper smoked meat + frites hier), donc 2 de moins que dimanche dernier, pour un total de 21 perdues en 10 semaines et demi.

17 février
Mon poids continue de descendre: 194 ce matin. Et ce n’est pas par privation alimentaire. Non, en fait, puisque les seuls poids-courroies que j’ai pèsent 5 lbs, j’ai modifié ma façon de les utiliser: Je les ai portées une coupl’ d’heures en faisant mes tâches du jour: Épicerie + 2 aller-retours à la buanderie. Et à chaque fois, je tenais mes sacs en mettant mes bras en L pour les faire travailler aussi.

Enfin, le soir venu, je me suis tapé une p’tite ronde de jogging (sans poids) dans lequel j’ai eu le plaisir de constater que je battais mes records précédents en longueur de segments courus et en rapidité de récupération. J’ai quand même arrêté au premier signe de douleur au genou gauche.

Des fois je me fais mal au gauche, des fois c’est au droit, donc je ne crois pas que l’un soit défectueux. Je suppose que plus je vais perdre de poids et plus la tâche va être aisée pour mes articulations.

18 février
Visite de Stéphanie, épicerie pour notre cuisine collective, on y va avec un panier-à-roues + 3 sacs, on les remplis au max. Jusque là, tout va bien.

Sur le chemin du retour, genre au 1/6e du parcours, une des roues du panier se désintègre. Y’a pas d’autre mots pour décrire ça . Rien d’autre à faire que d’abandonner le panier, prendre les sacs qui sont genre méga fucking lourds, moi qui a déjà mal partout à cause de mes exercices de la veille.

Comme si ça ne suffisait pas: avant de partir, j’avais eu l’idée full bright de m’attacher mes poids-straps de 5lbs à chaque pied, histoire de « faire un peu d’exercice pendant cette tâche routinière ». J’en voulais, de l’exercice, eh ben j’en ai eu, calvince.

21 février
ENTRAINEMENT, semaine 12, jour 1. Une bonne p’tite course, ça réchauffe et ça aide à apprécier le -15°C.

Aujourd’hui : test de résistance.
LIGNE ROUGE: Ce que j’étais capable de courir non-stop quand j’ai commencé, le 4 décembre dernier.
LIGNE MAUVE: Ce que je viens de courir non-stop.

J’ai passé de 200 mètres à plus de 2 Km ininterrompus. Ça signifie qu’en 11 semaines, j’ai multiplié mon endurance par 10. Maintenant, si je veux pouvoir parcourir les 42 Km du marathon, tout ce qu’il me reste à faire, c’est multiplier cette performance par 21. Une bagatelle.

22 février
La douleur devient pour moi un compagnon que j’apprends à apprécier de plus en plus. Je ne parle pas de douleurs morales, je suis immunisées à celles-là. Non, je parle de douleurs musculaires. Je parle de celle qui me dit que je fais un bon travail lorsque je m’exerce. Je parle de celle qui me dit que je ne le fais pas correctement.  Je parle de celle qui me dit quelles parties de mon corps a reçu l’exercice requis. Et je parle aussi celle des jointures, qui me murmure que c’est le temps pour moi de cesser, ce qui me sauve de blessures qui pourraient me ralentir plus longtemps. La douleur n’est plus une nuisance pour moi. C’est un mentor. Un guide. un ami.

23 février
Oubliez mon Ôde à la douleur d’hier: J’AI LA GRIPPE, CÂLIBOIRE!!! Douleur musculaire partout, y compris aux muscles non-travaillés, et aussi ceux des pieds, des mains et de la face. Impossible de parler sans tousser. Fatigue et somnolence omniprésentes. Migraine à tout casser. Sueurs froides. Et là je vais me faire couler un bain brûlant parce que je n’arrive pas à me réchauffer.

27 février
Bilan de ma semaine 12:

Dimanche: Couru 1,7 Km ininterrompus.
Lundi: Couru 2,2 Km ininterrompus.
Mardi: Mal partout et toux, que je considèrent comme des effet secondaires de la veille.
Mercredi: Ben non, c’t’une grosse grippe finalement.
Jeudi, vendredi, samedi: Grippe dont je me remet lentement.

Et mon poids a un ti-brin remonté. 198 lbs contre 194 y’a une semaine. Voila qui prouve définitivement que j’ai passé les 3 derniers mois de ma vie à faire des efforts pour rien et que…

euh… Non! En fait, ça prouve ceci: Par moi-même, j’ai réussi à diminuer mon poids de 18 lbs et multiplier mon endurance physique/cardio par 10. À l’époque de Défi Diète, j’avais perdu 22 lbs dans le même laps de temps. Sauf que ça m’avait pris une nutritionniste, une entraineuse privée, un motivateur, et ça avait juste multiplié mon endurance par 2, genre. Alors si les 3 derniers mois m’ont prouvé quelque chose, c’est que quand un projet ne dépend de rien ni personne d’autre que de soi-même, l’échec ne peut pas exister.

Allez, encore un p’tit 48 heures de repos pour m’assurer que je suis bien remis sur pied, et j’attaque Mars (le mois, pas la planète) au pas de course.

27 février
ENTRAINEMENT, Semaine 13, jour 1.

3 mars
Au début, quand je m’entrainais, je ne me blessais jamais. Normal, je m’épuisais avant. Maintenant que ma résistance cardio est multipliée par 12, mes courses sont toujours interrompues par des douleurs physiques causées par l’effort continu. Je me demande si j’y ai gagné au change.

7 mars
Woo-hoo! Une belle journée de grosse tempête. Et vous savez ce que je vais faire, par cette belle journée de grosse tempête? JE VAIS RESTER À L’INTÉRIEUR, BIEN AU CHAUD! Ben quoi? C’est pas comme si je ressentais toujours le besoin de prouver quelque chose.

7 mars.
4 Km de course non-stop. Finalement oui, j’avais quelque chose à me prouver.


Alors voilà le bilan: En 13 semaines d’exercices, j’ai multiplié mes capacités de course par 20 (de 200 mètres à 4 Km) et j’ai perdu 22 lbs (de 216 à 194 lbs). Je ne crois pas que j’aurais fait mieux avec un entrainement militaire.

Et si je passe mars et avril à me consacrer à l’entrainement musculaire lors des jours où je ne cours pas, je vais pouvoir remettre mon chandail de Superboy avec fierté.

Quand le hasard s’en mèle

Mardi dernier, mon amie Stéphanie et moi sommes allés à la bibliothèque municipale située non loin de chez elle afin de remettre nos livres qui avaient deux jours de retard. Pour s’y rendre, il faut prendre une rue au Nord, puis quatre rues à l’Ouest. mais voilà: Il neige et le vent qui vient du Nord nous arrive dans la face.

Pour éviter ce désagrément, je décide de prendre la ruelle vers l’Ouest, déduisant que l’étroitesse des ruelles va nous protéger du vent. Ça fonctionne. Nous marchons ainsi en traversant quelques rues. Puis, en voyant une ruelle perpendiculaire qui va vers le Nord, je décide de la prendre, sans aucune autre raison que « voir des arrières-cours recouvertes de neige ».

Après une centaine de mètres de marche, j’aperçois à mes pieds un petit bout de métal qui dépasse de la neige. Je m’arrête et le ramasse. C’est un téléphone cellulaire. Contrairement à moi, Stéphanie a eu plusieurs cells dans sa vie, et me dit que ce modèle est assez dispendieux.

Dans l’arrière-cour clôturée en bois devant laquelle nous nous sommes arrêtés, il y a un chien. Celui-ci se met à nous japper après. La porte patio s’ouvre et une madame engueule son chien, lui disant de se la fermer. À tout hasard, je demande à la madame si elle a perdu son cell.  Elle, non, mais son amie en visite chez elle, oui. En fait, elle ne s’en était même pas rendue compte avant que je le lui demande. Je le lui redonne sous une tonne de remerciements, comme quoi « sa vie est dans ce cell », tellement elle y a mis des trucs importants. En repartant, Stéphanie m’a expliqué que, de la façon dont les forfaits cellulaires fonctionnent, j’aurais aussi bien pu l’utiliser pour faire des appels obscènes à Tokyo, c’est la proprio qui se serait ramassée avec la facture. Pas étonnant qu’elle soit reconnaissante.

Nous vivons dans un monde où ça prend beaucoup d’efforts pour que tout se passe bien, mais que le moindre petit détail peut escalader en catastrophes et tout faire foirer. Pourtant, des fois, c’est comme si l’univers entier faisait tout pour t’empêcher de subir un malheur. Prenez, par exemple, la série d’événements suivante:

  • Pourquoi est-ce que j’ai perdu de vue la date de remise des livres de la bibliothèque, moi qui la suit scrupuleusement d’habitude?
  • Pourquoi est-ce qu’il a fallu qu’il vente du Nord ce soir-là?
  • Et ce n’est pas comme si le vent était terrible. Il se supportait. Pourquoi ais-je décidé de prendre la ruelle?
  • Qu’est-ce qui m’a pris de bifurquer dans une ruelle perpendiculaire pour «voir des arrières-cours recouvertes de neige»?
  • Moi qui, tout le long, regardait les cours et les trois étages de balcons, pourquoi est-ce que j’ai regardé par terre à ce moment-là?
  • Pourquoi est-ce que ce petit morceau de métal dépassant de la neige, que je ne reconnaissait pas comme étant un cell, a attiré mon attention?
  • Quelles sont les chances que le chien soit dehors justement à ce moment-là?
  • Et qu’il soit indiscipliné pour japper après les passants?
  • Et que sa proprio soit justement là, de l’autre côté de la porte patio, au lieu d’être dans une autre pièce de la maison?
  • Et qu’elle soit du genre à sortir à -12°C pour engueuler son chien?
  • Et que j’ai eu la présence d’esprit de lui demander si c’était elle qui avait perdu le cell?

Ce que je viens de nommer, ce sont onze faits du hasard grâce auquel l’amie de la madame a pu récupérer son cell. Qu’un seul de ces événements ne se soit pas produit, la neige tombante l’aurait recouvert et elle ne l’aurait jamais retrouvé.

Des fois, le hasard fait tout pour t’empêcher de réussir. Et des fois, le hasard fait tout pour t’empêcher de perdre. Ce n’est pas le destin. Ce n’est pas une main divine. C’est le hasard, tout simplement. Je veux dire, pourquoi est-ce qu’une force divine enlignerait ses balances cosmiques juste pour quelque chose d’aussi insignifiant que de rendre son cell à une madame qui l’a perdu sans le savoir? C’est absurde!

Le problème, c’est que l’esprit humain n’aime pas les hasards. Il n’aime pas croire qu’une série d’événements randoms puisse se conclure par la défaite d’un projet qui avait tout pour réussir, ou bien la réussite de quelque chose qui avait tout pour échouer. Dans ce temps-là, les gens disent :
Ça devait arriver!
C’est le destin.
Il n’y a pas de hasards.
Ce n’était pas dû pour arriver.
Je n’étais juste pas prêt pour ça.

Cette façon de penser est l’une des plus dangereuse qui soit. Parce qu’à partir du moment où on commence à croire que l’univers s’enligne pour diriger notre destin, alors on relâche notre propre contrôle sur notre vie. Un contrôle que n’importe quel manipulateur se fera un grand plaisir de saisir afin de nous exploiter à sa guise, tout en prenant bien soin de renforcer en toi l’idée comme quoi On n’y peut rien, c’est le destin.

Il n’y a pas de destin. Il n’y a que les décisions que nous prenons, et ce que le hasard en fait.

Anecdote de course

1er février 2011, 8pm, Ville Émard, près du Canal Lachine.Je cours depuis près d’une heure. Ce soir, je reprends l’entraînement après une semaine de repos. C’est qu’après deux mois d’entrainement à 5-6 jours semaine, il est recommandé de cesser toute activité sportive pendant une semaine afin de laisser au corps le temps de s’adapter à ce nouveau style de vie. Parce que sinon, je vais m’user au lieu de me renforcer, et décliner au lieu de faire des progrès.

Les premiers kilomètres, je suis ravi de constater que je brise aisément mes records précédents de distance ininterrompue. Par contre, je me sens les cuisses lourdes. Je me dis que ça doit être dû à ma semaine inactive et/ou au fait que je cours avec mes bottes rigides au lieu d’espadrilles, neige oblige.

Je m’engage sur la rue St-Patrick qui longe le Canal Lachine. Malgré le fait que j’arrive à faire de plus longs segments courus qu’avant, je suis un peu irrité de constater que ça semble demander un plus grand effort à mes jambes. Mon orgueil embarque et je me demande si je suis pas devenu paresseux. Je ne le prends pas. Malgré tout, je ne peux nier que jogger m’est plus difficile que je m’attendais. J’arrête la course et passe à la marche, à bout de souffle.

Passant un panneau publicitaire, je vois que je suis arrivé près d’un terrain de la Ville, dégagé et rectangulaire. Insatisfait de ma performance, me disant que ce n’est pas comme ça que je vais brûler des calories, je décide de compenser en allant faire de la marche rapide dans cette neige qui m’arrive à mi-tibia. La résistance de la neige va travailler mes muscles et ainsi brûler des calories. Je décide de le parcourir de long en large, en traçant des lignes comme un champs labouré, afin de l’utiliser au maximum.

Ça fait exactement ce que je voulais : J’avance avec grand peine, j’ai chaud, je fatigue, je transpire, mais je n’arrête pas. Je veux faire le terrain au complet et je refuse d’arrêter tant qu’il reste de la neige lisse sur le terrain. Je continue d’avancer péniblement en zig-zag et je me promet que dès que c’est fini, je rentrerai chez moi tranquillement en marchant.

Sur ce arrivent deux autos de police qui s’arrêtent devant moi. Je comprends  à ce moment-là que ma façon de m’entraîner a peut-être l’air un peu louche. Une intuition comme ça.

Je m’arrête et salue le policier qui sort, un québécois d’à peu près 30 ans, suivi d’un colosse moustachu avec un nom russe sur le badge.

MOI: Bon-FFF-FFF-FFF-soir
BEU: Est-ce que ça va?
MOI: Essoufflé, mais FFF-FFF ça FFF ça va, FFF, merci
BEU: Qu’est-ce que vous faites?
MOI: Je m’entraine pour le marathon
BEU:

L’expression style WTF qui se dessine sur leur faciès me donne l’impression que ma crédibilité n’est pas bien haute en ce moment. Je rajoute :

MOI: Oui, je sais, le marathon est en septembre, mais je m’entraine depuis le 11 décembre.
BEU : Je pourrais avoir votre nom s’il vous plaît ?
MOI : Steve Requin.
BEU : Et votre adresse ?
MOI : 624 Régina à Verdun.
BEU : Avec qui est-ce que vous habitez ?
MOI : Ma conjointe, Carina Iglesias
BEU : Est-ce que vous êtes sous médication en ce moment ?
MOI : Euh… J’ai déjà pris du Polysporin pour mon orgelet, sinon, non.

Là, me doutant bien qu’il va vouloir une preuve d’identité, j’ouvre mon manteau et commence à fouiller mes poches pour mon portefeuille. Aussitôt, le russe recule d’un pas et met sa main sur son arme. Je n’insiste pas et remet mes mains bien en vue. Comme prévu, le beu me demande mes cartes. Je précise que c’est justement ce que j’étais en train de chercher, mais que j’ai laissé mon portefeuille chez moi. Il sort son carnet, me redemande mon nom, en plus de mon adresse, avec qui je vis, mon travail, et ma date de naissance. Il note tout ca. Puis il rentre dans le char et vérifie sur son ordi tandis que l’autre, le colosse moustachu avec accent russe me dit:

FLICSKI : Si vous habiter Verrdun, pourrquoi vous courrrir si loin de chez vous?
MOI : Je m’entraine pour le marathon, alors forcément je fais du kilométrage.

Il regarde le terrain avec mes traces parallèles qui en recouvrent 80% de la surface et dit:

FLICSKI : Parce que vous comprrendrre que passant voirr ça, trrouver ça pas norrmal.

Non, pas sérieux?

MOI : Oui, ben, l’idée derrière ça, c’est d’utiliser la résistance de la neige afin de renforcer les muscles des jambes.
FLICSKI : Oui, mais pourrquoi ici?
MOI: Bah! Ici ou ailleurs! J’ai juste passé, j’ai vu le terrain, ça m’avait l’air parfait pour faire ça, voilà!
FLICSKI : Mais vous en jeans et manteau et bottes, pas habillé comme courrreurr à entrrainement.
MOI : Malheureusement, j’ai pas l’argent pour m’acheter de l’équipement sportif.

Le jeune beu québécois ressort de l’auto. Le flicski russe le regarde. Le québécois hausse les épaules avec une moue, l’air de dire « Rien trouvé de suspect. » Ce qui me prouve que, tel que promis, j’ai vraiment obtenu l’absolution totale à la fin de mes deux ans de probations le 25 juillet dernier. Ouf ! Comme quoi il fallait bien que je fasse un truc extrême pour me rassurer que j’étais aussi clean qu’une sardine a l’eau de javel.

On m’explique la raison de ce contrôle : Il se trouve que le terrain d’à côté de celui ou je courrais de façon si originale est une cour à scrap, et que mon manège de courir vers la rue, puis revenir en sens inverse, faisait que j’avais l’air de vouloir entrer dans le terrain pour voler de quoi. Mieux encore : J’avais l’air de vouloir m’en sauver, puis de rebrousser chemin pour me cacher dès que des autos passaient. Bref, on me recommande de m’en tenir à la rue, aux trottoirs, aux pistes cyclables et au bords de l’eau pour m’entrainer, comme les marathoniens normaux. Je les rassure que je comprends et que je ne ferai plus exprès pour avoir l’air louche. Ils me laissent repartir.

Mais voilà, rappelez-vous ce que j’ai dis tantôt : J’étais fatigué, épuisé, et je voulais rentrer calmement en marchant. L’affaire, c’est que je viens de me tirer de démêlés avec la justice en les rassurant comme quoi je faisais juste m’entrainer pour le marathon. Donc, je n’ai pas le choix: Si je veux rester crédible, il faut que je continue à courir.

Je te me suis donc tapé le chemin du retour à la course, ne m’accordant que de rares et courtes pauses, redoutant qu’ils repassent, me revoient et trouvent louche que je ne cours plus. M’as vous dire une affaire, j’ai compris ce soir que quand on a la police au cul, hostie qu’on a envie de courir.

Je suis rentré à la maison, épuisé mort, le corps tremblant, le linge mouillé, mais là genre détrempé encore pire qu’à mes débuts il y a deux mois.

Moi qui craignais de ne pas faire assez d’efforts pour brûler des calories, je pense que je n’ai plus à m’inquiéter avec ça ce soir.

Ma Philosophie (4): Réflexions Courantes!

Depuis vendredi dernier, suite à une suggestion, j’ai légèrement changé mes habitudes de course. Maintenant, je cours le matin, deux heures après le déjeuner. Je n’en dors que mieux le soir venu. Parce que oui, depuis que j’ai commencé à m’entrainer, je courrais de soir. Je dormais majoritairement quatre à cinq heures par nuit, malgré la fatigue née de l’effort. Je suppose que c’était l’oxygénation qui me requinquait et diminuait mon temps de sommeil. Bref, depuis que je cours le matin, je recommence à dormir mes sept heures habituelles.

Hier matin, il paraît que l’on a battu des records de froid pour pareille date. J’étais probablement le seul à m’en réjouir.

Un truc amusant, c’est que ceux qui se plaignaient de la température dans leur statut Facebook parlaient plutôt de -38°C. Il ne s’agissait pas de la température réelle mais bien de la température ressentie.

Je me suis donc habillé chaudement, couvrant tout ce que j’avais à couvrir, combinant tuque, cache-cou et capuchon de kangourou pour m’improviser une cagoule qui ne m’exposait que des sourcils au nez, et je suis parti. Non seulement ais-je à peine ressenti le froid durant l’heure et demie de mon entrainement, j’ai fait une constatation une fois rendu à la moitié de mon parcours : Moi, personnellement, la température que je ressentais, c’était dans les -12°C.

Courir me rend philosophe.
Depuis mon tout premier jour d’entraînement le 4 décembre dernier, je me suis rendu compte que le fait de courir en n’ayant rien d’autre à faire mentalement que de réfléchir, ça me porte à trouver beaucoup de vérités sur les gens, la société et la vie en général. Ces vérités, je les ai partagées avec vous deux fois : le 9 décembre dans le billet Ma Philosophie 2 et le 4 janvier dans le billet Ma Philosophie 3.

Ces réflexions me viennent majoritairement en faisant le parallèle entre ce que je vis lors de mon entrainement et des situations de vie réelle. Par exemple, à mon premier jour de course, je songeais à deux choses : D’abord, à tous ces gens qui, dans ma vie, m’ont accusé de manière farfelue de toujours chercher la voie facile. Ensuite, au contraire, à toutes les fois où je me suis saboté en recherchant la difficulté. J’en suis arrivé à la conclusion suivante :

  • Il y a des choses qui peuvent s’obtenir par la voie facile. Un boulot, par exemple, via connections. Et il y a des choses qui ne s’obtiennent uniquement que par la voie difficile. Genre, avoir un corps d’athlète. Évidemment, on ne peut pas obtenir un corps d’athlète en utilisant nos connections de travail, ni trouver un boulot en levant des poids. Mais si tu démontres assez de sagesse et de logique pour être capable de choisir la voie qui convient à chacun de tes buts, tu les obtiendras. Par contre, si ta lâcheté t’empêche de prendre la voie difficile lorsque obligé, ou si ton orgueil t’empêche de prendre la voie facile lorsque disponible, alors tu t’imposes toi-même des obstacles qui vont te condamner à vivre inutilement beaucoup d’échecs.

Vers la seconde semaine d’entrainement, je songeais à une suggestion que j’avais reçu, comme quoi je devrais me prendre un entraineur privé pour m’encourager à courir. Hélas, il est bien connu que souvent, un entraineur à son propre compte, non associé à un gym, est du genre à utiliser la détestable méthode Je vais t’accuser sans arrêt d’être un lâche pas d’colonne, c’est à toi de me prouver le contraire. Ça m’a amené à ceci :

  • Lorsque quelqu’un ne cesse d’insinuer le pire de toi en te mettant au défi de lui prouver le contraire, ignore-le. Pourquoi voudrais-tu perdre ton temps à essayer de plaire à une personne qui démontre sans cesse son manque de respect envers toi?
  • La valeur que tu dois donner aux opinions d’autrui à ton sujet doit être égale à la valeur que tu as à ses yeux. Si tu ne vaux rien pour lui, alors ses opinions devraient automatiquement ne rien valoir pour toi.
  • Ne pas être abusif, ça ne signifie pas qu’il faut accepter d’être abusé. Pas plus que le fait de refuser d’être abusé signifie qu’il faut devenir abusif. Il y a cette chose située entre les deux que l’on appelle le respect. Ais-en pour les autres, et exiges-en autant pour toi-même. Une relation dans laquelle le respect n’est pas réciproque n’a aucune raison d’être.
  • Le respect est un droit que tu dois accorder à tous dès votre premier contact. Ensuite ça devient un privilège qui doit être révoqué si la personne s’en montre indigne.
  • Il y a tellement de gens qui sont volontaire pour te faire la vie dure de façon totalement gratuite que c’est idiot de payer quelqu’un pour le faire.

Les réflexions précédentes sont reprises de mes billets précédents. Rassurez-vous, c’était seulement pour l’exemple. Voici mes plus récentes réflexions philosophiques, celles-là inédites, avec petite explication de comment chacune sont nées:

L’extrémisme, dans un sens comme dans l’autre, est aussi ridicule qu’irréaliste. L’eau n’est pas toujours ou bien gelée ou bien bouillante. Entre zéro et cent Celsius, il y a quatre-vingt-dix-neuf différents degrés. il en va de même pour la plupart des aspects de la vie.
En songeant à un commentaire dit à mon sujet, comme quoi je perds mon temps à m’entrainer à courir car jamais je ne pourrai gagner le marathon. Là n’a jamais été mon but. Ce que je cherche, c’est le faire et le finir.

La détermination ne doit jamais exclure le bon sens, la logique et la prudence. Un repos, un arrêt temporaire ou un repli stratégique n’est pas un abandon. C’est une détermination intelligente.
En songeant aux nombreux Ben là, t’arriveras jamais à rien faire si tu t’arrêtes à la moindre difficulté reçus lorsque je m’arrête au premier signe de douleur des articulations, histoire d’en récupérer rapidement au lieu d’insister et en faire une blessure grave.

S’il est vrai que dans la vie on ne fait pas toujours ce que l’on veut, il est également vrai que ça ne nous oblige nullement à toujours faire ce que l’on ne veut pas.
En songeant à tous ces gens qui essayent de jouer sur notre orgueil pour nous manipuler à accepter l’inacceptable.

Quand quelqu’un t’oblige à faire du sur-place, il t’empêche d’avancer. C’est à toi de choisir entre t’accrocher à ce poids mort et en devenir un toi-même, ou bien le lâcher et poursuivre ton chemin. J’ai souvent regretté d’avoir choisi le premier. Je me suis toujours félicité d’avoir choisi le second.
En songeant à une amie qui voulait courir avec moi, mais qui évoquait toutes sortes de raison pour en faire le moins possible. M’entraîner avec elle, c’était réduire mon entrainement à 50% dans le meilleurs cas, et carrément à 0% dans les pires. Je l’ai laissé tomber. Elle appelle ça de la lâcheté. J’appelle ça du bon sens.

Il est parfois bon de se mentir à soi-même, en autant que l’on n’oublie pas ces deux règles: Utilise cette fantaisie pour t’aider à avancer vers ton but, et ne sois pas assez crédule pour continuer à y croire dès que tu l’as atteint.
Ça, c’est quand je fantasme qu’au bout de ce kilomètre de course ininterrompu m’attend une jeune et sexy demoiselle qui va récompenser ma détermination par une pipe. Ben quoi? Peu importe ce qui nous motive, l’important c’est d’être motivé.

Et au cas où vous vous demandez le rapport entre ça et la température d’hier: Que la majorité des gens ressentaient -38°C ou bien que moi personnellement je ressentais -12°C, la réalité, c’est qu’il faisait -27°C. ça m’a amené à la réflexion philosophique suivante:

Les gens font de la réalité ce qu’ils veulent bien en faire, en autant que ça sert leurs buts. Le pessimiste va empirer les faits pour justifier son désir de rester sur place. L’optimiste va les embellir pour motiver sa détermination à avancer. Ils ont beau être aussi irréaliste l’un que l’autre, n’empêche qu’au bout du compte, l’un est resté sur place tandis que l’autre a avancé.

Et lorsque l’on utilise cette réflexion en parallèle avec celle qui la précède, alors rien ne peut nous arrêter. Et ça, c’est aussi vrai en entrainement sportif que dans tous les autres aspects de la vie.