Tel que j’en ai parlé il y a quelques semaines, je me suis inscrit sur un forum de rencontres. MeetMeat, de son nom fictif. J’y ai concocté un profil dans lequel je présente une parodie de tous les clichés que l’on retrouve dans les profils masculins de ce genre de site. Ceci m’attire au moins deux messages privés par semaine, de femmes qui me félicitent pour mon humour. Parfois ça ne va pas plus loin. Et parfois, la conversation se prolonge et va même déboucher sur une rencontre.
Je venais justement de raconter sur le forum une histoire de rencontre dans laquelle rien ne s’était passé comme prévu. Cette anecdote a attiré la curiosité d’une femme à mon sujet.
L’autocorrecteur a encore frappé. Je voulais dire en mâle typique. Mais qu’importe. Je lui ai envoyé cette image :
En attendant sa réaction, je vais jeter un oeil à son profil. Son texte de présentation est bien écrit. De courts paragraphes, qui parlent d’elle, de ses désirs, ses attentes, ses espoirs, sa philosophie. Je lui fait part de mes impressions dès que le dialogue reprend.
Cette dernière réplique me fait l’effet d’une gifle. Et pour cause : Il y a deux mois, j’ai justement posté ici un billet qui s’intitule « Hostie qu’t’es con ! » ou: Le Red Flag qui ne trompe jamais. J’y démontre qu’à chaque fois que j’ai eu une personne dans mon entourage qui m’a traité de con de façon joyeuse et en riant, dans 100% des cas, cette personne était condescendante, rabaissante, et avait comme opinion de moi que je lui étais inférieur. Chose qu’elle démontrait en ne m’accordant aucune crédibilité et encore moins de respect.
Et c’est quelque chose que cette femme me démontre déjà avec sa tentative de gaslighting, en essayant de me convaincre que ses insultes sont des compliments. Un comportement que l’on retrouve chez ceux qui cherchent à te manipuler à accepter leurs remarques insultantes. Ça signifie que si je laisse passer celle-là, ça n’arrêtera pas. D’ailleurs, j’ai assez d’expérience avec ce genre de personne pour savoir d’avance que je perdrais mon temps à lui demander respect. Les gens ne changent jamais, surtout quand il s’agit de leurs défauts.
Avec un petit soupir résigné, je choisis de régler le problème sans tarder en lui claquant la porte au nez. Non sans d’abord lui faire la leçon au sujet de sa personnalité merdique.
Sur MeetMeat, on ne peut pas partager de lien. Alors je lui ai fait une capture d’écran du début de mon article, avant de la lui ai envoyer.
Il s’agit d’un seul moment de panique pour que « le Français qui est important pour elle » se fasse automatiquement négliger.
Il est tellement naturel chez ces gens-là de descendre les autres, qu’ils deviennent désemparés dès qu’on leur fait remarquer que c’est un comportement inacceptable. Que ce soit de la mauvaise foi ou de la sincère naïveté, sa réponse en est presque attendrissante.
Je dis bien « presque ! »
La langue française contient déjà assez de mots, tels drôle, amusant, cocasse, etc, qui auraient parfaitement convenu à la situation. Mais elle a porté son choix sur un mot qui est reconnu et utilisé comme insulte méprisante dans toute la Francophonie planétaire. Sa tentative de justification, comme quoi on ne peut pas savoir sur quel ton une remarque est dite lorsqu’elle est sous forme de texte, ça n’a aucune pertinence. Car, que ce soit dit en riant ou bien que ce soit dit sérieusement, ça ne change rien au fait qu’elle considère que je suis un con, qu’elle veut que je le sache, et qu’elle tient à ce que je l’accepte avec le sourire.
D’ailleurs, si on pousse l’analyse plus loin, on constate un détail important. Sur le forum, il y a des milliers de messages. Des gens qui parlent de leurs goûts. De leur travail. D’aventures hors de l’ordinaire. De réussites et de victoires. Or, laquelle de ces anecdotes a attiré son attention au point de faire naître en elle le désir de contacter son auteur pour le draguer? C’est celle dans lequel j’ai vécu une situation qui me rendait loser. Lorsque l’on constate ceci, on comprends mieux le plaisir qu’elle démontrait en me traitait de con. Parce qu’elle voulait un loser. Le genre de gars qui va accepter de se faire moquer et rabaisser, en échange d’un peu d’attention féminine. Ou, pour reprendre ses paroles, un très gentil con. Voilà qui en dit long sur sa personnalité. Et ça n’en dit rien de bon.
Et bien moi aussi j’ai quelque chose à lui faire savoir, au sujet d’être con.
Et dire que je venais tout juste de la complimenter sur sa bonne éducation et son intelligence. Comme quoi des fois, il ne faut pas se fier à la première impression que l’on puisse avoir de quelqu’un.
Mon traitement de remplacement de testostérone commençant à faire effet, je me suis réinscrit sur des sites de rencontres. Cette fois, je ne vais pas les nommer. Je vais juste leur donner toutes le même nom. Puisque c’est bien connu que nous ne sommes que de la viande sur ces sites-là, je vais y aller avec MeetMeat.
Comme d’habitude, afin de me démarquer de la masse, lorsque je me créé un profil sur un site de rencontres, je vais pour l’approche humoristique. Généralement, en parodiant tous les clichés que l’on retrouve dans la majorité des fiches masculines de ces endroits. Par exemple :
Tous sites et apps confondus, cette image m’a rapporté une douzaine de « Mais saurais-tu le plier, ce drap contours? » en guise de phrase d’approche de ces dames. Bon, les deux tiers n’étaient pas intéressées à me rencontrer. Elles voulaint juste me dire que mon profil les a bien fait rigoler. N’empêche que mon approche me rapporte l’effet escompté : me faire remarquer. Et une fois le contact établi, il ne reste plus qu’à poursuivre le dialogue. Parfois ça reste court. Parfois ça reste juste amical. Et parfois, il y a un intérêt mutuel. D’ailleurs…
Depuis un mois, j’ai eu trois contacts intéréssants. Elles ont toutes suggéré que l’on poursuive la discussion hors-site, sur Messenger. Mais à quelques variantes près, voici comment ça s’est passé à chaque fois :
JOUR 1: On jase pendant des heures. JOUR 2: Je suis le seul qui démarre les conversations. Elle y répond sans les prolonger. JOUR 3: Elle se dit trop occupée aujourd’hui pour texter. JOUR 4: Silence total de sa part. Je n’écris pas non plus, afin de lui laisser son espace. JOUR 5: Elle m’écrit pour dire que, désolé, elle avait besoin de prendre une pause le temps de réfléchir sur elle, réfléchir sur ses besoins immédiats, voir si son horaire de travail et ses obligations personnelles et familiales lui permettent vraiment d’avoir un amant/chum/conjoint en ce moment, finalement il vaut mieux en rester là, c’est pas toi c’est moi, etc.
Comme premier exemple, (Appelons-là Angélique), notre « Jour 1 » a en fait duré deux jours et demi, à se texter quasiment non-stop. Et puis, le 3e jour, vers 15h00, brusque changement de comportement. Elle m’annonce qu’elle va cesser de me texter afin de ne pas me déranger pendant que je suis au travail.
Quand une femme décide de te laisser ton espace, sans te demander ton avis, car elle a décidé de ne pas te déranger, sans te consulter pour voir si c’est le cas, c’est louche. Je lui ai écrit que non, elle ne me dérangera pas dans mon travail. Pas plus que les deux jours précédents. Mais elle m’a répondu ne pas avoir le temps de toute façon, puisqu’elle est en babysitting. Chose qu’elle faisait aussi les deux soirs précédents, ce qui ne la dérangeait pourtant pas à ce moment-là.
Je sais reconnaître les signes de désintérêt. En fait, ses excuses pour ne pas poursuivre la conversation, ça sonne surtout comme une femme qui veut avoir la paix pour pouvoir se consacrer à communiquer avec un autre homme. Mais bon, sans preuves, je ne peux la confronter avec mes soupçons sans risquer de me faire traiter de parano possessif. J’ai assez d’expérience avec ce genre de situation pour savoir que les preuves viendront toutes seules dans les deux ou trois prochains jours. Je n’ai qu’à rester discret.
Le lendemain, je suis le seul qui démarre les conversations. Elle y répond sans les prolonger. Là encore, son comportement désintéréssé est beaucoup trop différent de nos premier 60h de communications pour être honnête. Mais je ne la confronte pas avec ça. Si je suis assez patient, je sais qu’elle me fournira les preuves par elle-même
Le lendemain matin, nous y voilà. J’ai droit à ceci:
Premièrement, on n’a jamais vu qui que ce soit décider de « prendre une pause de textage. » Une pause d’ordinateur et/ou d’Internet, d’accord, ça arrive. Mais s’empêcher de communiquer avec tout le monde pendant toute une journée? Ce genre d’excuse, ça entre dans la catégorie Possible mais improbable. Si elle veut prendre une pause de texto, ce n’est qu’avec moi. Ce qui signifie qu’à partir d’ici, deux choses peuvent arriver.
Après son vendredi de pause de texto, elle me réécrira samedi et le dialogue reprendra comme avant. Mais je pense que ça va plutôt se passer de la façon numéro…
… en « oubliant » de m’écrire samedi aussi.
Rappelez-vous ce que je disais dans des billets précédents. Une femme qui veut va trouver les moyens, une femme qui ne veut pas va trouver des excuses. Une femme intéressée va te rappeler, une femme inintéressée va t’ignorer. Je garde donc le silence pour les prochains 48 heures.
48 heures plus tard, comme je m’y attendais, en plus de sa pause de texto du vendredi le 4 avril, elle a également gardé le silence radio samedi le 5. Ce n’est que le matin du lundi le 6 qu’elle reprendra contact en m’envoyant un message vocal.
Dans celui-ci, elle explique qu’elle a été malade et comateuse, que ça l’a amené à réfléchir sur elle et sur ses besoins. Avant de conclure qu’elle souhaite que je trouve ce que je cherche.
Tout en restant compréhensif, cordial et surtout respectueux de ses désirs de m’envoyer me faire foutre, j’ai tout de même eu envie de lui faire savoir que j’avais compris que son éloignement datait d’avant sa demande de pause de textos.
Elle ne nie pas directement, mais s’accroche tout de même à son excuse de découverte de soi en état comateux. Mais c’est normal. Personne n’assume de se faire remettre sa bullshit en face. Aussi, je n’ai pas insisté.
Passons à la plus récente, (appelons-la Arielsa.),. C’est elle qui me contacte en premier, en m’envoyant une salutation. Traduction : Contrairement à moi, elle n’est pas membre VIP. Et elle ne peut pas échanger des messages sauf si c’est un membre VIP qui s’adresse à elle en premier. En voyant où elle habite, j’ai bien failli ne pas lui répondre. Mais bah, si elle a pris la peine de me saluer, aussi bien lui rendre la politesse, même si c’est pour lui dire non merci.
Ok, wow ! Je ne m’attendais pas à un tel tsunami d’insistance. Je dois vraiment lui avoir tapé dans l’oeil.
Ce soir-là, on passera des heures sur la messagerie de MeetMeat. Jusqu’au moment où, alors que l’on s’apprête à se quitter pour dormir, elle se sent assez en confiance avec moi pour que l’on échange nos adresses Messenger.
Dès le lendemain, ça commence comme dans ma liste écrite plus haut. C’est à dire:
JOUR 1: On jase pendant des heures. JOUR 2: Je suis le seul qui démarre les conversations. Elle y répond sans les prolonger.
Fort de mon expérience avec ce genre de situation, je vois que ça augure mal. Et comme de fait :
JOUR 3: Elle se dit trop occupée aujourd’hui pour texter. Elle me l’exprime avec un texto disant qu’elle est à la microbrasserie avec ses copines.
Je passais justement la soirée sur MeetMeat à jaser avec une ex avec qui je suis en bons termes. Et toute la soirée, avant, pendant et après qu’Arielsa m’ait envoyé son texto de trop-occupée-pour-être-sur-le-net, je voyais la petite boule verte signifiant « ce membre est en ligne en ce moment sur MeetMeat » à côté de son nom dans ma messagerie.
Ce qui signifie qu’elle me mentait. Elle n’était pas à la microbrasserie avec des copines. Elle était sur MeetMeat pour y contacter d’autres gars. Je ne m’y étais pas logué dans le but de la surveiller. Mais je ne pouvais pas non plus ignorer un truc qui était là, dans ma face.
J’ai aussitôt compris que notre relation s’enlignait pour se terminer comme les deux autres. C’est à dire suivie d’un jour de silence, puis du jour du speech de la rupture composé de trois tonnes d’excuses toutes aussi bidons les unes que les autres. Aussi, pour gagner du temps, j’ai pris les devants.
Voyez à quelle vitesse elle accepte la fin de notre relation sans discuter. On est loin de l’insistance dont elle a fait preuve lors de notre premier contact sur la messagerie de MeetMeat. Preuve de plus comme quoi son intérêt pour moi a été transféré à un autre homme. Parce qu’il n’y a que ça qui puisse expliquer un changement aussi brusque.
Il y a plusieurs années, quand je voyais qu’on me servait de la foutaise de ce genre-là, je piquais ma grosse crise de frufru. Je prennais ce comportement mensonger pour un manque de respect envers moi, et j’exigeais d’avoir la vérité. Non seulement ne l’ai-je jamais reçue, mon insistance m’a juste fait passer pour un harceleur psychopathe.
Alors maintenant, je prends la chose avec logique : peu importe la raison pourquoi elle a perdu intérêt, ça ne change rien au fait qu’elle a perdu intérêt. Ce qui n’est pas un crime. Je ne me formalise donc pas de ses mensonges. J’ai compris que ceux-ci ne sont pas dans le but de me manquer de respect, mais bien de lui permettre de se retirer en causant le moins de drama possible. Je lui ai donc donné ce qu’elle espérait de moi : une fin de nos contacts, dans la douceur et l’harmonie. Et puisque ça vient de moi, elle n’a pas à avoir des remords.
Le bon côté avec les sites de rencontres, c’est que l’on peut y trouver beaucoup plus de personnes intérésses à nous, que dans notre vie de tous les jours. Mais le mauvais côté, c’est que nous ne sommes qu’un(e) candidat(e) parmi plusieurs. Mais bon, c’est la règle du jeu. Faut faire avec. De toute façon, se faire rejeter, ça n’a rien d’une tragédie. Elles n’étaient pas ma première opportunités pour romance et sexe, et elles ne seront certainement pas les dernières. Si ça ne marche pas avec elles, ça marchera bien avec une autre.
On me demande parfois pourquoi je reste aussi poli avec des gens qui me croient assez con pour gober des mensonges aussi évidents. Il y a deux raisons. La première, c’est parce que je sais que ceci mettra fin à la communication entre nous. Alors aussi bien finir de manière à me garder irréprochable. Et la seconde, c’est que la politesse, c’est aussi l’art de constater que l’autre ne mérite pas notre respect, et le lui accorder quand même.
Tu es un gars, tu veux séduire, et surtout avoir du sexe à volonté et des femmes à la pelletée ? Inutile de lire 1 000 bouquins de trucs de séductions qui vont te perdre dans 100 000 conseils, quand le tout peut se résumer en quatre étapes très faciles à survoler. Et je sais que ça marche puisque ce sont des choses que j’ai personnellement testées avec succès de mes 27 à 40 ans.
Car oui, en tant qu’ex-séducteur / player / douchebag, j’ai décidé de vous léguer ma méthode de séduction. Celle-ci m’a rapporté un bodycount assez large, à l’époque où j’accordais de l’importance à ce genre de chose. J’ai mis tellement de temps à la mettre au point que je trouvais dommage de la voir se perdre.
ÉTAPE 1 : Devient beau. Désolé de vous décourager dès le départ avec une demande impossible. Mais premièrement, sachez qu’elle n’est pas si impossible que ça. Vrai, c’est une étape qui demande de l’effort et du temps. Mais il y a quelques années, j’ai lu dans un numéro du magazine Muscle & Fitness une anecdote au sujet d’Arnold Schwarzenegger datant d’avant qu’il ne devienne une star d’hollywood, alors qu’il n’était qu’un culturiste encore largement inconnu du grand public. Lorsqu’il passait dans la rue au volant de sa décapotable, des femmes attiraient son attention en soulevant leurs gilets pour lui montrer leurs seins.
Même dans sa prime jeunesse, Arnold a toujours eu une tronche de gorille. Alors même si la nature t’a doté d’une gueule pouvant guérir le hoquet à un aveugle, tout n’est pas perdu.
Dans la série « Ceci explique cela ! »
Sans nécéssairement devenir culturiste, il reste qu’un beau corps peut aisément rattraper un visage sans charmes.
Par exemple, à l’époque de mes études, j’ai connu un gars, Pierre. Il avait un regard endormi (c’était physiologique), le visage allongé, et un espace entre chaque dent. Pour compenser, la nature l’a fait grand, plus de six pieds / deux mètres, avec des épaules larges. Trois étudiantes étaient complètement gaga pour Pierre. Et ça, ce sont celles dont j’avais connaissance. Car si ces trois-là affichaient publiquement leurs désirs pour lui, il devait certainement y en avoir d’autres qui le désiraient en secret. Et oui, malgré sa tête, elle disaient le trouver beau.
Un corps athlétique masculin envoie un message dans l’inconscient de la femme qui le regarde, comme quoi cet homme est fort, vaillant, discipliné, viril. Des qualités qui réveillent l’instinct animal chez beaucoup d’entre elles. Construis-toi un tel corps, et comme Pierre et Arnold, tu auras des femmes qui voudront l’avoir blottis contre elles, et en elles.
Mais attention : Je ne dis pas toutes les femmes. Je dis desfemmes. Et quelques femmes, c’est déjà mieux qu’aucune femme. Surtout quand techniquement, une suffit. N’empêche que plus tu auras de candidates, plus tu pourras te permettre d’être sélectif, et meilleur sera ton choix.
Devenir beau, ça tient en deux points : perdre du gras et prendre du muscle. Tu ne sais pas comment ? Google sait tout. Demande-lui. Améliore la qualité de tes aliments. Va au gym. Mais surtout, sois assidu. On ne peut pas changer de vie sans changer nos habitudes de vie. Fais l’effort, ou bien oublie les résultats. Et surtout, ne cherche pas une alternative facile. Tu y perdras ton temps, ton argent, et récoltera zéro résultat. Les losers se réfugient lâchement dans le rêve facile. Les winners foncent bravement dans la dure réalité.
Les règles de vie des gens lâches. Et le physique qui vient avec.
Sinon, plein de traits physiques considérés comme étant disgrâcieux ont des solutions. Mauvaise dentition ? Le dentiste est là. Lunettes parce que myope ? Le laser est une solution permanente. Tu as le front dégagé ou inégal car tu perds légèrement tes cheveux ? Les greffes sont une solution permanente. Tu perds beaucoup de cheveux ? Dwayne The Rock Johnson aussi. Alors fais comme lui et rase le reste. Parce qu’un travail terminé est plus attrayant que les choses qui semblent faites à moitié.
Tu n’as pas l’argent pour te payer les options du paragraphe précédent ? Renseigne-toi sur les métiers les plus payants. Choisis-en un qui te convient. Suis des cours de formation. Pratique ce métier. (Surtout que plusieurs grandes compagnies offrent une assurance dentaire.) Et surtout, sois économe. Il n’y a rien de plus stupide que d’augmenter tes dépenses à mesure qu’augmente ton revenu. Sûr, il est quasi impossible d’éviter les dettes, Pour une auto, par exemple. Mais n’en ajoute pas par-dessus celle-là au point où le fait de manquer un seul chèque de paie affectera tes conditions de vie, et que la perte de ton emploi puisse te mettre dans une catastrophe financière. Un homme qui sait tenir un budget est un homme prospère car il n’a pas de dette excessive. Et un homme prospère sans dette excessive est un homme libre, qui a de l’avenir. Un homme comme ça apporte à la femme un sentiment de sécurité. Et ça aussi c’est attrayant.
Pour vous encourager, j’ai une bonne nouvelle : Tandis que tu travailles à l’étape 1, donc que tu amorces ton évolution physique (et aussi financière, dans certains cas), tu peux déjà commencer à passer à l’étape suivante, qui est :
ÉTAPE 2 : Manifeste ton désir pour elle dans les trois premières semaines de votre rencontre. De mes 15 à 27 ans, je vivais la situation frustrante classique qui pourrit la vie de tous les Nice Guys. C’est-à- dire :
Une fille me plaît.
Je m’en rapproche.
Nous devenons amis.
Plus le temps passe et plus je constate que nous avons beaucoup de similarités.
Je m’attends à ce qu’éventuellement, elle voit que je suis son âme soeur, et nous formerons un couple maintenant et jusqu’à l’heure de notre mort, Amen.
Or, cette dernière étape n’arrive jamais. Du jour au lendemain, elle entre plutôt dans une relation avec un gars qu’elle ne connaît qu’à peine. Et puisqu’ils n’ont pas pris le temps de se connaître, plus les jours passent et plus leur manque de compatibilité est problématique. Leurs conflits se multiplient. Et c’est moi qui a droit à ses jérémiades sur le sujet. Parce que, malgré tout ce que l’on a en commun, au lieu de voir que l’on était faits l’un pour l’autre, elle m’a classé dans le dossier « Ami seulement » d’où elle refuse de me sortir. (À l’époque, le terme Friendzone n’était pas encore populaire.)
C’est à mes 27 ans que j’ai fini par constater le pattern suivant : Généralement, lorsqu’un homme rencontre une femme, et que les deux sont célibataires et hétéros, ce sont les trois premières semaines qui vont décider du reste de leur relation. Ces 21 premiers jours sont une période d’ambiguïté dans laquelle on ne sait pas trop si on est intéressé par l’autre et/ou intéressant pour l’autre. On s’approche, on recule, on observe, on tâte le terrain. Et au bout de cette période, si l’un n’a pas fait connaître son intérêt pour l’autre, alors là, c’est terminé. N’ayant plus rien à découvrir en l’autre, la curiosité disparaît, donc l’intérêt.
Ce qui en revient à dire que si je voulais séduire, je devais le faire avant que la fille ait le temps de me connaître vraiment. Je devais utiliser le seul charme que j’avais : le charme de la nouveauté. C’est à ce moment-là que je devais être fonceur. Parce que c’est à ce moment-là que ça avait le plus de chances de marcher.
C’est sûr que d’en arriver à la conclusion qu’aucune fille ne peut vouloir de moi à partir du moment où elle voit ce que je suis vraiment, c’était une claque sur la gueule de mon orgueil. Mais d’un autre côté, ou bien je l’acceptais, ou bien je continuais de voler solo en pilotage manuel.
ÉTAPE 3 : Respecte toujours son NON, mais n’attends jamais son OUI. À moins d’être déjà d’une beauté hollywoodienne, on a rarement vu un gars réussir à obtenir une amante en lui demandant « Est-ce que tu veux sortir et/ou baiser avec moi? » Je dois donc agir comme les gars fonceurs. C’est-à-dire faire les premiers pas, en gestes et pas seulement en paroles.
Mais attention : Fonceur ne veut pas dire défonceur. J’allais quand même continuer à avoir de la retenue afin de respecter leurs limites. Et c’est ainsi que j’ai créé la plus parfaite des formules de séduction : Respecte toujours son NON. Mais n’attends jamais son OUI.
En général, ça se passait comme suit : Je la rencontre. on commence à se connaître. Dans une période allant de trois à dix jours, je l’invite à faire un truc. Pendant le truc en question, si elle me semble détendue et réceptive, je me rapproche et l’enlace. Puis, en la regardant avec un petit sourire, sûr de moi, je lui dis un truc dans le style de : « Tu sais que tu me rends fou, toi? » Puis, je l’embrasse.
La possibilité que ça fonctionne est beaucoup plus grande lorsque l’un de vous deux a été invité à aller chez l’autre. Car cette situation tombe dans la convention sociale du « Si tu viens, tu couches. » En gros, ça signifie que le fait d’inviter chez soi une personne hétéro du sexe opposé, c’est une invitation sous-entendue au sexe. Et y aller, c’est dire oui au sexe. Si c’est rarement le cas entre des amis de longue date, c’est au contraire très souvent le but de cette invitation lors des trois premières semaines de fréquentation.
Mais attention : Je ne fonce pas sans qu’elle ait le temps de comprendre ce qui se passe. J’y vais doucement. Comme ça, si elle ne ressent absolument rien pour moi, elle a le temps de détourner la tête et/ou de me dire non.
Si elle me repousse, alors je n’insiste pas. Je la relâche, je prends mon air embarrassé, et je lui dis que je suis désolé. J’avais cru voir en elle, entre nous, quelque chose qui, finalement, n’y était pas. C’était mon erreur, pas la sienne. Restons amis, la relation est déjà très bien comme ça.
Ou, comme j’avais dit à Flavie : « Sortir avec toi aurait été la cerise sur le sundae. Mais écoute, en autant que j’ai le sundae, je m’en fous de ne pas avoir ta cerise. » Étant donné que dans le langage populaire (Québécois, du moins) la cerise a une connotation sexuelle avec la virginité féminine, ça l’a fait bien rire, ce qui a désamorcé la situation.
Par contre, si la demoiselle se laisse faire, tant mieux, elle est réceptive. Il n’en tient qu’à moi de faire passer la relation au stade sexuel pendant que sa curiosité pour moi l’excite encore.
Mais attention : Là encore, la partie « Respecte son NON » tient toujours, et ce à toutes les étapes de la relation. Autrement dit, cette technique se base sur le principe du proverbe Qui ne dit mot consent. Ça permet au gars d’être fonceur, ce qui répond aux attentes sociales envers l’homme en situation de drague. Et ça rassure la fille que toujours ses limites seront respectées.
Après avoir passé tout mon début de vie adulte à rater de multiples occasions de baiser parce que j’étais trop passif, cette méthode s’est montrée infaillible. Tout le temps où je l’ai utilisée, rares sont celles qui m’ont dit non. Ça m’a permis de constater que même les filles qui n’avaient manifesté aucun désir sexuel pour moi étaient capables d’en ressentir à partir du moment où je montrais le mien pour elles. Ça ne serait jamais arrivé si j’avais juste attendu passivement que l’autre me montre son intérêt. Un intérêt que je ne faisais rien pour faire naître en elle.
Mais là encore, je ne le répèterai jamais assez : Au moindre signe d’hésitation de sa part, laisse tout tomber. Toute insistance est malvenue, et peut mener à des conséquences graves. Le but ici est d’être séducteur, et non agresseur. Un consentement obtenu par insistance n’est jamais un consentement.
Quelques paragraphes plus haut, je parle de Flavie. Bien que je n’étais plus un conquérant en série lorsque j’avais 44 ans, j’ai quand même utilisé cette méthode d’approche avec elle. Devant mes avances, elle a reculé. Je me suis excusé, nous sommes restés amis comme si rien ne s’était passé. Une semaine plus tard, c’est elle qui me draguait. Il s’en est suivi une relation de couple de six ans. Et même aujourd’hui, on reste les meilleurs amis du monde, et on se partage parfois la garde de nos deux chats. Ceci ne serait jamais arrivé si je lui avais fait une crise d’incel suite à son refus, en me montrant déçu. Ou en lui montrant la porte en disant que ce n’est pas une amie que je cherche, c’est une amante. Ou pire encore, en insistant.
En respectant ses limites, en lui montrant que je la valorisais en tant que personne et non juste en vulve utilitaire potentielle, je nous ai donné une seconde chance. C’est l’une des nombreuses raisons pour laquelle le respect est d’une importance capitale dans le jeu de la séduction.
ÉTAPE 4 :Pour recevoir du sexe de qualité, déclare-toi incapable de lui donner plus que amitié + sexe. J’ai découvert ce truc totalement par hasard. Et voici comment :
En plus de celles que je séduisais, il m’arrivait de me faire approcher par d’autres jeunes femmes qui s’intéressaient à moi. Or, celles-là ne me plaisaient pas assez physiquement pour que je veuille être en relation avec elles, et encore moins m’afficher publiquement en leur compagnie. Mais voilà, allez donc leur dire ça sans les blesser. Surtout qu’avec les années, j’ai appris qu’il y avait du vrai dans le dicton affirmant que l’enfer n’offre point de furie qui égale celle d’une femme repoussée. Ma seule option pour m’éviter ces ennuis était donc de me rendre non-intéressant à leurs yeux.
Je leur expliquais alors que le concept du couple n’avait plus aucun attrait pour moi. Dans ma jeunesse, de mes 15 à 26 ans, j’étais dépendant affectif. Et à cause de ça, je me mettais en couple avec n’importe qui, que l’on soit compatibles ou non. Et ceci a littéralement gâché et ruiné mon début de vie d’adulte. Ce qui, en passant, est la stricte vérité. Lorsque je m’en suis rendu compte, ça m’a donné un tel choc que depuis ce temps-là, j’ai constaté que j’étais incapable de ressentir le moindre sentiment amoureux.
Immanqueblement, ces filles me répondaient alors un truc dans le style de :
« C’est peut-être juste parce que tu n’as pas encore rencontré la bonne personne. »
Quand une fille te dit ça, c’est parce qu’elle espère qu’à tes yeux, ce sera elle, la bonne. Je devais donc insister sur mon incapacité amoureuse, de manière à les dissuader de me poursuivre. Ce que je fis en répondant :
« C’est possible ! Mais ça ne change rien au fait que le plus que je suis capable de donner, c’est amitié + sexe. »
Je m’attendais à ce qu’elles me disent que dans de telles conditions, elles préfèrent que nous restions amis. Normal, puisque les filles vont toujours clâmer haut et fort que seul l’amour a de l’importance, et que le sexe n’a pour elles aucune valeur.
À ma grande surprise, elles m’ont au contraire toutes proposé d’essayer quelques temps, pour voir ce que ça va donner. Pris au dépourvu face à mes propres foutaises, je n’ai eu d’autre choix que d’accepter.
Et ceci m’a permis de découvrir quelque chose de surprenant : Lorsqu’une femme te désire, et que le sexe est la seule opportunité que tu lui donnes pour te séduire, alors elle va y mettre du coeur, de l’effort. Et elle ira même t’offrir volontairement des pratiques qu’elle avait jusque-là refusé à tous les autres hommes. Et puisque c’est dans le but de t’avoir, elle ressent de l’excitation de te le faire, ce qui l’amène à y prendre sincèrement goût.
J’ai appliqué ce principe sur des femmes que je draguais. Après l’étape de l’embrassage, dès que les caresses me montraient qu’elles étaient réceptives et allumées, c’est là que je leur disais qu’avant d’aller plus loin, elles doivent savoir quelque chose d’important. Oui, elles m’allument. Oui, je les désire. Mais je ne veux pas leur faire miroiter des choses fausses. Tout ce que je peux donner, c’est amitié + sexe. Donc, si elles préfèrent arrêter maintenant, je respecterai leur choix.
Aucune n’a dit non. Il ne me restait plus qu’à leur donner la meilleure séance de sexe que je puisse leur apporter avec toute ma science et mon expérience, afin d’augmenter les possibilités de les rendre accros. Et celles-là, bientôt, me donnaient du sexe de très grande qualité dans le but de me séduire.
Cette 4e étape fera sourciller certain bien-pensants, qui verront la chose comme étant de la manipulation. Mais sachez qu’il est arrivé très souvent que mes partenaires me disent par la suite que grâce à moi, elles ont découvert de nouvelles facettes de leur sexualité, certaines dont elle n’auraient jamais soupçonné pouvoir tirer plaisir. Et puisque ce sont elles qui en ont pris l’initiative, jamais elles ne se sont senties forcées de faire quoi que ce soit. Alors si cette méthode ne leur apporte que du positif, les aidant à grandir et évoluer dans leur sexualité, où est le mal ?
Quant à toi, grâce à cette découverte de soi qu’elle aura amorcé, tu auras toujours à ses yeux le statut d’amant exceptionnel et inoubliable. Elle y repensera encore avec nostalgie dans vingt-cinq ans, lorsqu’elle sera mariée, mère de famille et ennuyée de sa sexualité routinière de plus en plus décevante.
Avec cette méthode, tu as maintenant l’embarras du choix. Plusieurs options s’offrent à toi. Par exemple, tu peux…
Continuer cette vie de libertinage à l’infini.
Ou du moins, jusqu’à ce qu’en prennant de l’âge, ton taux de testostérone diminue au point où tu perds peu à peu ta libido. Ce qui fut mon cas, d’où mon traitement de remplacement.
Ou bien tu peux te ranger, en choisissant celle qui te convient le mieux pour te mettre en couple monogame. Ce qui fut mon cas avec Flavie.
Mais une chose est sure : peu importe la voie que tu choisiras, peu importe ce qui arrivera, à chaque fois que tu appliqueras cette méthode, tu ne manqueras jamais de candidates.
Non, je n’expliquerai pas pourquoi je suis tout habillé.
Il n’y a qu’une seule chose que l’on puisse reprocher à cette méthode. Et c’est que si tu l’utilises dans le but d’avoir plusieurs amantes à la fois, il est inévitable que tu vas briser quelques coeurs. Mais ça, même dans la majorité des situations de couples monogames, c’est également inévitable. Comme dans chacune des facettes de notre existence, peu importe ce que l’on choisit de faire, nos décisions ont toutes le potentiel de rapporter du bon comme du mauvais.
——- Y’A LIENS LÀ.
Voici quelque articles complémentaires, si vous souhaitez pousser la chose plus loin.
Bien que ce blog soit Québécois, 80% de mes lecteurs sont Européens. Alors pour eux, je suppose que l’équivalent serait « Putain qu’t’es con ! » (Exemple d’ailleurs présent une fois dans cet article) Ceci étant dit, je ne sais pas si la situation que je vais décrire ici est aussi répandue socialement dans les vieux continents qu’elle l’est ici en Amérique. Mais bon, allons-y tout de même. _____
Il y a trois raisons qui peuvent pousser quelqu’un à te dire « Hostie qu’t’es con! »
Par haine. Quoiqu’il est très rare qu’une personne qui te déteste aille te le dire en face. Elle se contentera de te décrire comme tel à qui veulent bien (ou non) l’entendre.
Par exaspération. À cause que tu viens de faire une connerie. La personne qui te le dira le fera sous le coup de la colère. En général, elle te présentera plus tard ses excuses, disant que ses paroles ont dépassé sa pensée.
Par mépris. Il s’agit de quelqu’un qui fait partie de ton entourage : cercle d’amis, famille, collègues. Cette personne te considère comme étant inférieure à elle, et elle tient à te le faire savoir. Ce qui constitue un Red Flag, c’est qu’elle le fera sous le couvert de votre relation d’apparence amicale. D’ou son attitude amusée, joyeuse, riante. Et surtout, contrairement aux deux raisons précédentes, tu y auras droit pour tout, pour rien, pour n’importe quoi.
C’est de ce dernier cas dont il sera question dans ce billet.
EXEMPLE 1 : Martine. À 22 ans, lorsque j’étais pâtissier de nuit au Dunkin Donuts, j’ai commencé à sortir avec Martine, une jolie collègue. Un matin après notre quart de nuit, nous rentrons chez moi. Ça fait cinq jours que nous sommes en couple. Ce sera la première fois qu’elle vient y dormir.
Vers 14h00, je me réveille et je constate que je suis seul dans ma chambre. Martine s’est réveillée avant moi. Pour me faire une bonne surprise, elle a entrepris de faire le ménage de la salle à dîner et de la cuisine.
Je n’ai jamais apprécié qu’une personne prenne l’initiative de faire le ménage chez moi sans m’en parler, puisqu’elle ne peut pas savoir ce que je planifie de garder ou de jeter. Ce qui est le cas ici, alors que je vois qu’elle a jeté la boite de carton qui contenait les douze canettes de Coke qui sont dans mon frigo.
Mais bon, soyons conciliant. L’ignorance n’est pas un crime. Et ça a le mérite de se guérir, pour peu qu’on lui explique. Aussi, je reprends la boîte de la poubelle et je la déplie pour lui redonner sa forme originale.
« Ça, je le garde. C’est parce que quand je vais rendre les canettes vides au marché, je les remets dans la boîte. Ça se transporte mieux, et c’est plus facile pour la caissière de les compter. »
Pendant quelques secondes, Martine me regarde en ayant l’air de ne pas trop comprendre. Puis, elle éclate de rire. Elle m’arrache la boîte des mains et la déchire.
« Ha! Ha! Ha! Hostie qu’t’es con ! »
Tandis qu’elle renvoie les morceaux de la boîte dans la poubelle, je reste là, figé, bouche bée, tellement je n’arrive pas à croire qu’elle vient vraiment de faire ça.
À 22 ans, c’est la première fois que le comportement d’une amante provoque en moi une intolérance plus grande que mon désir sexuel. Je suis pourtant pleinement conscient que si je cassais avec elle, je ne pourrais pas la remplacer de sitôt. Avec ma tronche et mon physique, ce n’est pas comme si les femmes faisaient la queue pour s’occuper de la mienne.
Printemps 1991, 22 ans.
Alors pour me donner envie d’y renoncer, malgré la libido que je me trimballais, il fallait que son comportement me hérisse quelque chose de grave.
M’avoir enlevé des mains une boite que je voulais garder, c’est un geste à la limite de la violence. L’avoir remise aux poubelles malgré mes explications démontre qu’elle ne m’accorde aucune crédibilité, aucun respect pour mes choix et mes besoins. Et la déchirer afin de m’empêcher de la reprendre, ça devient carrément de la dictature. Et tout ça en me rabaissant. En me traitant de con.
Et si un jour je dois l’appeler dans une situation d’urgence, va-t-elle encore me rire au nez en me traitant de con, avant de couper la ligne ? Et si elle ne m’accorde aucune crédibilité, comment pourra-t-elle croire la moindre parole qui sort de ma bouche, lorsqu’il lui prendra l’envie de me soupçonner irrationnellement de quoi que ce soit ? Déjà qu’elle ne démontre aucun respect pour moi, impossible de me sentir en sécurité dans de telles conditions.
24h plus tard, je mettais fin à la relation. Puisque j’étais obligé de travailler avec elle, je ne tenais pas à pourrir l’ambiance au boulot en lui disant la vérité. J’ai plutôt évoqué le fait que je ne me sentais pas prêt à me remettre en couple aussi rapidement après ma dernière rupture.
Malheureusement, avoir cassé avec elle ne me mettait pas à l’abri de son manque de respect. Je m’en rendrai compte rapidement une nuit où on travaillait ensemble.
À l’époque, la nuit, on n’avait droit qu’à 15 minutes de pause. Ça me laisse tout juste le temps de préparer un sandwich grillé et de le manger. Je vais au comptoir à l’avant, je sors le fromage, la salade, la mayonnaise, je fais cuire les oeufs, je monte mon sandwich et je le mets dans le four grille-pain. Le temps que ça chauffe, je vais aux toilettes. À mon retour, j’ai la désagréable surprise de voir que le grille-pain est vide. Martine me dit en riant qu’un client voulait un sandwich œuf, fromage et mayonnaise. Alors pour l’impressionner avec son service rapide, elle lui a donné le mien. (Probablement plus pour s’éparger de l’ouvrage, en fait.) Je regarde l’horloge. Il reste sept minutes à ma pause. Pas le temps de me faire un nouveau sandwich, et encore moins le manger.
Cette expérience sera l’une de celles qui me feront renoncer à la drague en milieu de travail. Mais surtout, ça m’a démontré que c’est ÇA, la personnalité et le comportement de quelqu’un qui sera porté à te dire joyeusement « Hostie qu’t’es con ! »
EXEMPLE 2: Mon (ex)-bon copain Carl. J’ai parfois parlé ici de celui que je considérais comme étant mon meilleur ami de l’école secondaire. Je ne saurais compter le nombre de fois où j’ai entendu de sa bouche un joyeux « Hostie qu’t’es con ! » qui m’était adressé. Ça inclut une case dans la petite BD qu’il m’avait gribouillé dans mon album des finissants. Une où il me dessine me prosternant devant lui.
Une autre de ces fois était lors de mon 23e anniversaire. Sa (future) femme et lui m’avaient offert un walkman radio et cassettes, incluant les piles. J’y mets les piles et je l’essaye. La radio n’allume pas, et le moteur du lecteur de cassettes ne tourne pas. Je dis à Carl que le walkman est défectueux. En riant, il me l’arrache des mains.
« Même pas capable d’allumer un walkman. Hostie qu’t’es con !«
Je le vois manipuler tous les boutons. Rien ne fonctionne. Toujours en riant, il m’accuse alors d’avoir mis les piles à l’envers. Il ouvre le boitier, enlève les piles, les remet, joue avec les boutons. Rien à faire. Il re-change la position des piles. Aucun résultat. Avec un petit sourire moqueur, je lui rend calmement ses paroles :
« Même pas capable d’allumer un walkman. Hostie qu’t’es con !«
Piquée au max, sa (future) femme m’engueule.
« On s’est donné la peine de faire l’effort pour te trouver un beau cadeau de valeur. J’pense que ça mérite autre chose que des insultes. C’est quand même pas de notre faute s’il ne marche pas. » « Ben quoi ? Je fais juste répéter les paroles qu’il m’a envoyées quand je lui ai dit que le walkman était défectueux. » « Oui, mais tantôt, on ne le savait pas, qu’il était VRAIMENT défectueux. »
Donc, en résumé:
Quand je n’arrive pas à faire fonctionner le walkman, le problème c’est moi.
Quand Carl n’arrive pas à faire fonctionner le walkman, le problème c’est le walkman.
Là encore, tout comme Martine, ils n’avaient accordé aucune crédibilité à ma parole. Parce qu’à leurs yeux, même si c’était toujours dit sur le ton de la blague, j’étais vraiment un con.
Je jetterai définitivement Carl hors de ma vie après qu’il m’ait embauché pour faire du design d’animation 3D pour une série télé nommée Klootz. Et que ça ne m’ait rapporté que des insultes, du mépris, et une fraction du salaire normal. Et bien que tous mes designs aient été utilisés dans les épisodes, incluant ceux que je proposais de mon propre chef, je n’ai même pas eu droit à avoir mon nom dans les crédits à la fin. (Voir le billet Ma courte carrière en design animation 3D)
Parce que c’est ÇA, la personnalité et le comportement de quelqu’un qui sera porté à te dire joyeusement « Hostie qu’t’es con ! »
EXEMPLE 3: Stéphane de La Firme À l’époque où je travaillais pour La Firme à Sherbrooke, j’avais deux chefs d’équipe, Philippe et Stéphane. En décembre, j’ai acheté quelques boites de petits chocolats creux remplis de bourbon Jim Beam. À chacun de mes collègues qui passait, j’en offrais. Arrive Philippe, à qui j’en donne. À la blague, je lui dis :
« C’est le meilleur moyen que j’ai trouvé pour pouvoir boire au travail. »
Philippe enchaine aussitôt en disant joyeusement :
« Tu t’y prends mal. Moi, à ta place, j’ouvrirais tous les chocolat pour les vider dans un verre. Et hop ! Cul sec ! »
Sur ce, il repart vers son bureau. Quelques minutes plus tard passe Stéphane, à qui j’en donne aussi. À la blague, je lui dis :
« C’est le meilleur moyen que j’ai trouvé pour pouvoir boire au travail. »
En souriant, il répond joyeusement :
« Hostie qu’t’es con ! »
Quelques mois plus tard arrivèrent au travail quelques complications que je vais essayer de résumer ici au max : Vicky était une nouvelle collègue que l’on m’avait chargé de former. Elle a tombé ensuite dans l’oeil de Sébastien, un programmeur. Celui-ci voyant d’un mauvais oeil notre relation pourtant platonique, a commencé à porter atteinte à ma réputation auprès de Vicky en inventant toutes sortes de merdes à mon sujet. Vicky et Sébastien ont commencé à sortir ensemble. Afin de s’assurer que je ne travaillerais plus avec elle, Sébastien a convaincu Vicky de porter plainte contre moi pour harcèlement, puisque c’est le genre d’accusation que l’on croit toujours sur parole lorsque portées contre un homme. Ils en ont parlé à Stéphane. Au lieu de faire ce qu’il aurait dû, c’est-à-dire en parler aux ressources humaines, interroger les collègues, me rencontrer, etc, il m’a expulsé de l’équipe, en allant ensuite colporter ces mensonges au grand patron.
Comme ça, à tes yeux , je suis un hostie de con, hm ? Très bien! Alors voyons lequel de nous deux l’est le plus. Avec tout ce que je sais sur toi, la question devrait être vite réglée.
Sur le courriel des employés, je lui ai envoyé un message qui disait à peu près ceci:
« Il parait que tu racontes des merdes à mon sujet au grand patron, et ce sans passer par les procédures des Ressources humaines? Ok alors ! Si c’est à ça que tu veux jouer :
Depuis que tu as commencé à draguer Hélène, chose interdite par les réglements de La Firme, elle envoie à Vicky des captures d’écran de vos conversations intimes. Vicky trouve ça drôle et a envoyé ça à plein de gens au travail, dont moi, en la qualifiant de salope. Et puisque je n’approuve pas qu’elle humilie une collègue et un chef de département auprès des employés de La Firme, j’ai cessé de la fréquenter. D’où le fait qu’elle frustre, d’où le fait qu’elle cherche à me faire perdre mon emploi. Et toi, t’as embarqué là-dedans à pieds joints. Félicitations !
Je ne voulais pas avoir à en parler, ni à toi ni au grand patron. Mais en même temps, quand un chef de département comme toi dépose plainte contre moi auprès de lui, et ce sans faire la moindre vérification, c’est ma carrière est en jeu. Tu m’obliges donc à tout lui dévoiler, captures d’écran inclus. Ce n’est pas comme si tu me laissais le choix.»
Je ne sais pas si c’est le cas partout. Mais ici, au Québec, il est formellement interdit à toute personne en position de pouvoir d’avoir des relations autres que professionnelles avec ses subordonnés. C’est pour éviter plusieurs problèmes sociaux et légaux : Harcèlement sexuel par chantage, favoritisme, partage de renseignements confidentiels, etc. Voilà pourquoi la relation entre Stéphane le chef d’équipe et Hélène membre de l’équipe devait rester secrète.
Le lendemain matin, une note de service annonça officiellement que Stéphane « a remis sa démission afin de poursuivre l’étape suivante de son plan de carrière. » Il avait beau tenter de sauver la face en feignant que c’était un départ volontaire, maintenant que j’avais tout révélé, on savait bien que c’était la Direction qui lui avait montré la porte. À cause de son attitude au travail, incluant celle qu’il a eu envers moi suite aux accusations mensongères de Vicky. (Tous les détails dans le billet Mon année 2019, 1 de 3.)
Parce que c’est ÇA, la personnalité et le comportement de quelqu’un qui sera porté à te dire joyeusement « Hostie qu’t’es con ! »
EXEMPLE 4 : Kevin le préposé. Au printemps de l’année dernière, la résidence où je travaille a embauché un nouveau préposé. Et le hasard a voulu qu’il soit logé dans l’appartement voisin du mien.
Kevin est le genre de gars qui cherche à avoir l’attention. Et il le fait avec une forme d’humour que je qualifie d’agressante. Un jour, en réponse à une de ses blagues, je lui dis un truc amusant. Je ne me souviens plus de ce que c’était. Mais je ne risque pas d’oublier sa réponse de sitôt.
« Ha! Ha! Ha! Hostie qu’t’es con ! »
À partir de là, j’ai compris que de l’avoir comme collègue, et surtout comme voisin, ça n’allait pas être drôle. Et effectivement, il pouvait venir me déranger de deux à dix fois par jour. Ça pouvait être pour parler de n’importe quoi, ou bien pour me faire ses blagues idiotes. Par exemple, en faisant disparaître du linge que je faisais sécher. Ou bien en allant cacher mon vélo derrière mon auto.
Un jour, on a une nouvelle voisine, Danyka, qui est infirmière à l’hôpital. Pendant les trois semaines qu’elle habitera ici, j’ai pu avoir un peu la paix, puisque Kevin trouvera son voisinage bien plus intéressant que le mien. Mais dès qu’elle est partie, je suis redevenu sa cible.
Pour une raison que j’ignore mais qui m’a fait particulièrement chier, le CHSLD nous donna des horaires semblables. Donc, quand je suis au travail, je le subis. Et quand je suis chez moi, je le subis. Sur une période de deux semaines, son gros fun était d’arriver par surprise derrière moi et me crier dessus pour me faire sursauter. Et s’il y a une chose qui me rend agressif depuis toujours, c’est bien ça.
Est-ce que je vous ai précisé qu’il avait 46 ans ? Comme quoi la maturité n’a aucun rapport avec l’âge.
Seule la perspective de me retrouver avec un dossier judiciaire me retient de lui casser la gueule. Aussi, avant de poser un geste que je pourrais regretter (En fait, ce sont les conséquences du geste et non le geste lui-même qui me poserait problème) j’ai demandé à mon proprio s’il avait des logis libres ailleurs, que je puisse y déménager. Je lui ai expliqué pourquoi. Il me répond que non. Il m’apprend cependant que Kevin est la raison pourquoi Danyka l’infirmière n’est restée que trois semaines. À force de ne jamais pouvoir mettre un orteil dehors sans qu’il aille aussitôt la rejoindre, elle a fini par craquer.
Tel que j’en ai déjà glissé mot dans le premier de deux billets au sujet de mon ex-collègue Ariane, Kevin a fait d’elle la cible de son harcèlement sexuel. Lorsqu’elle porta plainte, j’ai appuyé son témoignage en écrivant à la direction un résumé de ce que vous avez lu ici. Kevin a aussitôt été renvoyé, ce qui l’obligea à quitter l’appartement le jour même, puisque le logis vient avec le contrat.
Je crois inutile de préciser que personne n’a regretté son départ.
Je pourrais ajouter encore d’autres exemples. Mais je crois bien que ces quatre-là suffisent pour démontrer que c’est ÇA, la personnalité et le comportement de quelqu’un qui sera porté à te dire joyeusement « Hostie qu’t’es con ! » À tout coup, cette personne toxique sera pour toi une source de problèmes. Je l’ai vécu assez souvent pour pouvoir affirmer que cette phrase est un Red Flag qui ne trompe jamais.
Il y a au moins une consolation du fait que, lorsque l’on regarde leurs agissements, on constate que le plus con des deux n’est jamais celui qu’ils prétendent.
EN CONCLUSION. Depuis l’époque de Martine, je suis contre le flirt avec les collègues de travail. Mais il arrive parfois que je sois tenté de faire exception pour une personne exceptionnelle. Il y en a eu une comme ça, gentille, mignonne, qui me donnait l’impression qu’elle pouvait peut-être s’intéresser à moi.
Un jour, au travail, elle me lance une petite taquinerie. Devant mon air surpris, elle rit en me disant :
« C’est juste des blagues. Tu l’sais bien que j’aime t’agacer. »
Pour mes lecteurs Européens, il faut savoir qu’ici, au Québec, agacer peut vouloir dire taquiner. Mais le mot agace est aussi utilisé pour désigner une allumeuse, une femme qui s’amuse à exciter sexuellement un homme, mais qui ne voudrait jamais passer à l’acte avec lui. Et en ce moment, j’habite et travaille dans une région appelée La Gaspésie. D’où ma réplique calembourgeoise suivante :
« Oh, je l’sais bien que tu m’agaces. Après tout, nous sommes dans la capitale des agaces : l’Agace-pésie. »
Elle éclate de rire.
« Ha! Ha! Ha! Hostie qu’t’es con ! »
Ces paroles me font l’effet d’une douche froide. L’attirance que je ressentais jusque-là pour elle disparaît aussi sec. Fort de mon expérience avec toutes les personnes qui m’ont adressé cette phrase par le passé, j’ai compris qu’il valait mieux que je garde mes distances avec cette femme. Je ne sais pas ce qu’elle me ferait subir. Mais je préfère ne jamais avoir à l’apprendre.
Depuis, lorsque je m’adresse à elle, c’est toujours en rapport à notre milieu de travail, et avec sérieux. Et lorsqu’elle me lance des taquineries (Ce qui est de plus en plus rare maintenant), je réagis en souriant, mais sans en rajouter. De toute façon, elle n’a jamais manifesté d’intérêt pour moi. Et c’est très bien comme ça.
Lorsque je coupe brusquement de ma vie ceux qui me manquent de respect, on me pose parfois les questions suivantes : Pourquoi est-ce que je ne dis pas à la personne que ses paroles m’offensent ? Que je ne tolèrerai pas ce manque de respect ? Et que je lui serais gré de ne pas recommencer ? La réponse est simple : Parce que les gens agissent toujours en accord avec leur nature profonde. Demander à cette personne de me respecter, ce serait lui demander d’agir contre sa nature. Or, personne ne peut changer sa nature. On ne peut que la dissimuler. Si tu lui demandes de ne plus te manquer de respect, vrai, elle peut le faire. Mais le fait qu’elle n’exprime pas le mépris qu’elle ressent pour toi, ça ne change rien au fait qu’elle ressent du mépris pour toi. Un jour, il y aura entre vous un accrochage, réel ou né de son imagination. C’est inévitable. À ce moment-là, elle te déversera sans la moindre retenue le tsunami des sentiments négatifs qu’elle a si longtemps retenu et accumulé contre toi.
Ce n’est pas pour rien qu’existe le proverbe « Chassez le naturel, il revient au galop. » Tôt ou tard, sa facade va craquer, et tu réaliseras que tu auras perdu ton temps en illusions, à t’imaginer qu’il y avait du respect là où il n’y avait que du mépris.
Parce que c’est ÇA, la personnalité et le comportement de quelqu’un qui sera porté à te dire joyeusement « Hostie qu’t’es con ! »
_____ Y’A LIENS LÀ.
Voici les liens vers les billets auquel je fais référence dans cet article.
Ma courte carrière en design animation 3D. Si ma carrière fut courte, le billet est long, car j’y résume ma relation avec Carl, amicale comme professionnelle. Mon année 2019, 1 de 3. Je dois avouer que je ne me suis jamais donné la peine d’écrire les parties 2 et 3. Mais celle-ci est consacrée à ma relation avec Vicky, et tous les problèmes qu’elle a pu causer au bureau. Et pas juste à moi. Par ses agissements, ce sont cinq personnes qui y ont perdu leur emploi. Le premier de deux billets au sujet de mon ex-collègue Ariane. Elle a beau avoir été victime du harcèlement de Kevin, elle n’en était pas blanche comme neige pour autant. Ce n’est pas pour rien que cette première partie s’intitule Une amitié parsemée de Red Flags.
Ceci est la suite du billet précédent, avec quelques détails supplémentaires.
Tout d’abord, petit rappel. Ces dernières années, j’ai constaté une forte diminution de ma production de testostérone. Certains signes ne trompaient pas. En particulier celui-là :
Pour beaucoup de gens, l’idée de passer au TRT constitue une solution facile, donc à proscrire. Voici un commentaire typique à ce sujet, lu sur un forum.
« Bien que je n’aie jamais pris de testosterone personnellement, j’ai des amis qui l’ont fait et qui m’ont dit que les effets sont bons. Mais qu’une fois que vous prenez des solutions pharmacologiques, votre corps en produit encore moins. Un programme d’entrainement intensif et un ajustement de votre régime alimentaire peuvent faire des merveilles, sans vous laisser dépendre de la pharmacie pour le reste de votre vie. »
Je suppose que ses intentions sont bonnes. Mais comme c’est le cas pour chaque avis donné par une personne qui n’y connait rien, l’avis en question vaut justement ça : rien ! Parce que s’il avait consulté un professionnel de la santé à ce sujet, celui-ci lui aurait expliqué que lorsque le taux de testosterone est bas, seul un traitement de remplacement peut le remonter.
Le problème avec le terme solution facile, c’est que les gens accrochent sur le mot facile, plutôt que le mot solution. Soyons sérieux ! La vie nous envoie déjà tellement de problèmes difficiles à résoudre, pourquoi est-ce qu’il faudrait en plus se faire chier à chercher la difficulté lors des rares fois où on se retrouve avec un problème qui est facile à régler ?
Surtout que…
Les solutions alternatives sont rarement des solutions. J’entends très souvent des femmes célibataires et libertines de 40 à 60 ans se plaindre que les hommes de leur génération sont en perte de désir et/ou d’érection. Elles se retrouvent au motel avec un gars qui, après avoir reçu une pipe qui a pris 40 minutes, repart sans avoir touché Madame. Et ça, c’est s’il a réussi à maintenir son érection. Ce qui nous amène à :
SOLUTION ALTERNATIVE 1: Le Viagra. Beaucoup de ces hommes vont compenser avec la p’tite pilule bleue. Mais à quoi bon avoir la pine d’acier quand on ne ressent ni excitation ni désir ? Ce n’est pas intéressant pour lui, qui se force à performer afin de se donner l’impression qu’il est encore capable d’être un bon amant. Et lorsque le gars n’est pas vraiment excité, ça se voit dans son attitude. Et c’est encore moins agréable pour la femme, de se retrouver au lit avec un homme qui ne la désire pas. Alors alternative ou non, le viagra n’est pas une solution. C’est du maquillage.
SOLUTION ALTERNATIVE 2: le DHEA. La déhydroépiandrostérone, ou DHEA, est une hormone stéroïde naturellement produite par l’organisme, chez les hommes comme chez les femmes.C’est elle qui donne au corps l’ordre de produire de la testostérone. Comme solution, on ne peut pas faire plus alternatif : C’est comme remplacer le patron parce que c’est l’employé ne travaille pas assez.
On peut se faire prescrire de la DHEA. Mais on ne la trouverait qu’en Europe. Puisque je suis au Québec, elle est hors de ma portée.
SOLUTION ALTERNATIVE 3: La bonne alimentation et l’exercice. Pour ce qui est de l’alimentation et des exercices, oui, depuis deux ans et demi, je suivais scrupuleusement tout ce qu’il faut faire pour m’assurer de stimuler ma production naturelle de testostérone. C’est à dire:
Pas d’alcool, de tabac, de drogues ou certains médicaments. Non pas que j’en prennais pour commencer.
Le gym, à fond, en exercices musculaires.
Suppléments de protéines, de caséine et de créatine.
Éviter les aliments transformés.
Maintenir un poids santé stable.
Ne se nourrir que de poulet, steak, saumon, oeufs, huitres, moules, épinards, kale et autres légumes verts foncés, avocats, noix et graines, baies et petits fruits, pomme grenade…
… tout en prenant quotidiennement ces huit produits dits « naturels » censés stimuler ma production de testosterone :
… qui me coûtaient dix fois plus cher que ma prescription actuelle de testo.
L’alimentation et les exercices (et peut-être aussi tous les produits que je gobais) retardaient les effets de ma production de testostérone qui tombait en flèche…
… Mais ça ne changeait rien au fait que ma production de testostérone tombait en flèche. Il a fallu que je me rende à l’évidence l’année dernière. Après avoir pris la photo précédente, j’ai entrepris un régime végétarien strict, sans le moindre supplément alimentaire. Le but était de me débarrasser de mon gras pour mettre mes muscles en évidence. Trois mois plus tard, j’avais perdu 37 lb / 16.8 kg. De gras, mais surtout de muscles.
Vingt ans de gym pour ÇA !
Or, si mon corps avait produit un taux de testostérone normal, ma masse musculaire aurait été préservée.
Au début, j’ai hésité à me mettre sur le TRT. Nous avons tous entendu parler des ravages que les suppléments de testostérone font sur le corps, l’esprit et la santé des culturistes qui en utilisent à long terme. Mais j’ai un ami trans qui est sur la testo depuis six ans, sans effets fâcheux sur son organisme. Alors au lieu de me faire un avis sans rien connaitre du processus, je suis allé consulter. À la clinique, on m’a expliqué que c’est à cause de la différence entre l’abus pour dépasser le taux normal, et le bon dosage qui assure que l’on a le taux qu’il nous faut.
Au bout du compte, me mettre en TRT, ce n’était pas qu’une solution facile. C’était la seule solution. De toute façon, en avoir besoin, ce n’était pas une opinion, c’était un fait. Mes tests sanguins en laboratoire le prouvent. C’est la raison pourquoi j’ai pu avoir ma prescription aussi rapidement.
Aujourd’hui, pour comparer, je viens de reprendre une photo de l’an dernier, même endroit, même pose, même vêtements.
Photo 1. Mars 2024. Testosterone naturelle, mais en dessous du taux de production normale, malgré tout ce que j’avalais, tel que listé plus haut.
Photo 2. Mars 2025. Après presque six mois de traitement de remplacement. Et après presque six mois de gym, avec pour seuls suppléments alimentaires que protéines, créatine et caséine.
Non seulement ai-je repris toute la masse musculaire perdue, je m’en suis ajouté. Avoir un taux de testortérone normal va enfin me permettre d’obtenir les résultats pour lesquels j’ai mis tous ces efforts en vain pendant toutes ces années.
Celà dit, bien que je préfère mon corps actuel, j’avoue que je préférais mon visage de l’année dernière. Mais bon, on ne peut pas tout avoir. Surtout qu’à 56 ans, je devrais déjà être reconnaissant de ce que j’ai.
La baisse de la production de testostérone est un sujet tabou pour beaucoup d’hommes. Certains n’osent pas y faire face. Certains auraient honte d’aborder le sujet. Tandis que d’autres ignorent complètement qu’ils ont le problème, et encore plus qu’existe la solution. Je vais donc partager avec vous mon expérience personnelle, si jamais ça peut aider.
PREMIÈRE PARTIE : Le niveau sexuel. Un des trucs qui m’a caractérisé de mes 15 à 40 ans, c’était ma libido d’ado. Sérieux, je ne pensais qu’à ça. Si j’avais eu une partenaire avec un appétit semblable au mien, ou alors mon propre harem de trois ou quatre colocataires féminines consentantes, je l’aurais fait de 3 à 10 fois par jour. J’ai vraiment atteint mon sommet à l’été de 2008, l’année de mes 39-40 ans. Grâce aux innombrables forums et sites de rencontres existant à l’époque, j’ai eu pas moins de 10 différentes amantes, certaines régulières et d’autres de passage.
Et puis, ma libido a peu à peu commencé à descendre. Au début, les signes étaient imperceptiblement subtils. Mais ils étaint là. Voici les miens, dans l’ordre.
J’avais 43 ans lorsque mon amante m’a appelé alors que je sortais de la douche, et qu’elle m’a proposé une soirée de baise sans limite. Et la première chose à me traverser l’esprit était un sentiment de déception, parce que j’allais passer les prochaines heures à suer plutôt que de pouvoir rester propre.
À 45 ans, lorsque ma nouvelle blonde m’a dit qu’elle voulait continuer d’utiliser le condom malgré le fait qu’elle prenait la pilule, j’ai trouvé ça idiot. Surtout que je venais de débourser $600 au privé pour me faire tester pour toutes les ITS possibles, à sa demande, et que les résultats furent tous négatifs. Mais j’ai juste haussé les épaules. Alors qu’avant, j’en aurait été fort frustré.
À 49 ans, j’ai commencé à sortir avec une femme qui aimait baiser pendant des heures. Littéralement ! Lors de notre première fois, au bout d’une heure et quart, j’avais juste envie de lui dire de conclure, parce que je commençais à trouver le temps long.
À 52 ans, j’ai commencé à fréquenter une superbe obsédée qui faisait tout et aimait tout, ce qui m’a rallumé les envies à mes niveaux de jeunesse. Puis, le charme de la nouveauté a passé. Et après quelques mois, je me surprenais de plus en plus souvent à feindre l’orgasme, juste pour mettre fin à nos séances sans la blesser, la frustrer ou me faire bombarder de questions que je n’avais pas envie de me faire poser.
Parce que oui, rendu à ce point, j’avais constaté une baissse de mes désirs, de mes envies, de mon excitation. Mais puisque physiquement tout fonctionnait normalement à 100%, je me disais que peut-être que le problème venait de ma partenaire. D’un autre côté, si je ne suis pas capable de rester allumé au max, même avec une si belle nympho, peut-être que mon problème est psychologique?
À 54 ans, il y a deux ans, j’ai eu une relation de cinq mois avec une charmante quadragénaire. Je me souviens de notre premier jour en tant que couple. Nous étions chez elle. Et lorsqu’elle m’a entrainé dans sa chambre, je me souviens lui avoir dit :
« Euh… On n’est pas obligés de commencer notre relation par ça, tu sais. »
Trois mois plus tard, elle a eu à se faire enlever l’utérus. Ce qui fait que nous n’avons pas baisé pendant les deux derniers mois de notre relation. Et ça ne m’a nullement dérangé.
Enfin, à 55 ans, au printemps de l’an dernier, j’ai vécu le genre de truc qui ne risque pas de me réarriver de sitôt. Sur Facebook Rencontre, une superbe jeune femme de 25 ans me contacte. Full tatouée, longs cheveux noirs, style gothique, lèvres pulpeuses, gros seins… Le genre que l’on pourrait imaginer gagner sa vie sur OnlyFans, mais qui fait plutôt carrière dans le domaine des soins de santé. (Voir ma série de billets Noémie, ou le rève devenu réalité.)
Ce n’est pas vraiment elle, c’est juste une image libre de droit, avec un modèle se style similaire.
On a un humour semblable. Et elle habite à 1h45 de route de chez moi. Ce qui, dans mon cas en Gaspésie, est l’une des plus proches candidates que j’y ai trouvé.
Dès le départ, elle me flirte avec humour, m’avouant que les hommes matures l’excitent car, orpheline d’un père qu’elle vénérait, elle a des Daddy Issues. On jase à tous les jours. Elle m’envoie des selfies tout habillés mais très sexy. On parle parfois de se rencontrer. Mais elle a un horaire fixe de jour en semaine, avec ses weekends libres. Tandis que mon horaire est complètement incohérent d’une semaine à l’autre, me faisant travailler jours, soirs, nuits, semaines, weekends…
Un soir, après trois semaines de jasette quotidienne, elle m’écrit pour me dire qu’elle est seule, chez elle, à boire du vin. Elle dit s’ennuyer, à rester couché au lit à regarder ses séries. Elle m’envoie un selfie en nuisette très sexy, en disant « Je me ferais bien déchausser la chaussette. » Je suis agréablement surpris de voir que finalement, son flirt en blague était sérieux. Et oui, moi aussi je la désire.
Mais voilà, je travaille le lendemain matin. Et un petit calcul mental rapide me montre que le temps de me laver, me rendre chez elle, qu’on jase un peu, que je la saute, et que je me lève assez tôt pour faire le chemin du retour vers mon travail, je ne dormirais probablement que trois ou quatre heures. Je serais donc fatigué au travail. Mais j’ai une solution : Mon prochain weekend de libre est dans 21 jours. On pourrait se reprendre à ce moment-là.
Comme vous le devinez, une fille aussi sexy, désirable et convoitée n’a pas l’habitude de se faire dire « Bof, non ! Mais j’ai de la place dans trois semaines. » par le gars à qui elle vient de s’offrir.
Les jours suivants, c’est à peine si elle répondait à mes textos. Et fini l’humour et les flirts. Jusqu’à ce qu’elle cesse de me répondre, et finisse par le ghoster.
Il y a quinze ans, aucun obstacle d’argent, de temps, de travail ou de distance n’aurait su se mettre entre moi et une possibilité de baiser. Et là, j’en avais laissé passer une avec nonchalence. Avec une fille qui représente le Wet Dream des pervers de tous les âges, et qui plus est, de trente ans plus jeune que moi. Comment ai-je pu laisser passer une opportunité pareille ?
En fait : Comment suis-je passé d’obsédé sexuel à indifférent asexué ? Et surtout, sans m’en rendre compte ?
SECONDE PARTIE : Le niveau musculaire. Parallèlement à ma libido qui pique du nez, il m’est arrivé un truc choquant au niveau physique. Mais pour en parler, remontons six ans plus tôt en 2019, alors que j’avais 50 ans.
Cette année-là, ça faisait quinze ans que je fréquentais les gyms. Et en me regardant dans le miroir, je ressentais une certaine déception. Il me semble qu’en une décennie et demie à m’exercer, j’aurais dû être bien plus musclé que ça.
Par curiosité, je Google « Best exercises for muscle gain » Et dans chacun les liens du résultat, il y avait huit exercices qui revenaient sans cesse. Dont sept que je n’avais jamais essayé. Ils allaient désormais constituer ma routine.
Petit saut cinq ans plus tard, janvier 2024. J’ai 55 ans. Mes efforts ont donné des résultats. Mais ils sont arrivés à pas de tortue amputée de trois pattes. Je me serais attendu à mieux que ça, avec toute la discipline que j’y ai mis. Mais bon, le progrès est quand même là.
Mes muscles étant encore dissimulés sous une couche de graisse, je dois maintenant passer à l’étape du « séchage », c’est-à-dire perdre ma masse de gras pour bien faire ressortir les muscles. Pour ce faire, je passe à une diète strictement végétarienne, tout en continuant les exercices.
Quatre mois plus tard, justement au moment où je gâchais tout avec Noémie, j’avais perdu 37 lb / 16.8 kg. Je me prends en photo pour voir mes progrès. Et ce que j’y vois me laisse sur le cul. La masse musculaire que je me suis donné un mal de chien à accumuler pendant cinq ans d’efforts soutenus avait presque totalement disparue en seize petites semaines. J’avais l’air du Christ en croix, avec une coupe militaire.
Maigre comme le Christ. Littéralement !
Rendu là, je ne pouvais plus faire semblant que je ne voyais pas le problème. Je devais me rendre à l’évidence. Libido qui coule à pic + spectaculaire perte de masse musculaire = il y a un sérieux problème avec ma production de testostérone. Et ça ne datait pas de la veille.
J’ai passé plusieurs jours à googler sur le sujet. Et j’ai pris rendez-vous avec une clinique privée de Montréal qui traite ce genre de cas. Voici ce qu’ils m’ont expliqué.
LA TESTOSTÉRONE TOTALE se divise en deux catégories :
1) LA TESTOSTÉRONE LIBRE, aussi appelée « biodisponible. » C’est celle qui pénètre les cellules pour y exercer les effets suivants :
Développement et maintien des caractères sexuels masculins, tels que la croissance des poils, le développement des muscles, la profondeur de la voix et la formation des organes génitaux masculins.
Régulation du métabolisme. En particulier la synthèse des protéines et la dépense énergétique.
Développement et maintien de la masse musculaire et osseuse.
Régulation de la libido et du désir sexuel.
Effets sur le système cardiovasculaire : réduction du risque de maladie coronarienne et d’accident vasculaire cérébral.
Effets sur la cognition : amélioration de la mémoire et de la concentration.
Régulation de l’humeur, entre autres en prévenant la dépression.
2) LA TESTOSTÉRONE LIÉE, ou « inactive. » Elle se lie aux protéines du sang, telles que la protéine de liaison à la testostérone (SHBG) et l’albumine. Cette testostérone liée est inerte et ne peut pas exercer d’effets biologiques directs sur les cellules et les tissus. Cependant, la testostérone liée peut avoir des effets biologiques indirects, tels :
Régulariser la quantité de testostérone qui est libérée dans la circulation sanguine.
Transporter la testostérone liée vers les tissus cibles, où elle peut être libérée et exercer ses effets.
Régulariser la quantité de testostérone qui est disponible pour les tissus cibles.
Régulariser la balance hormonale.
Puisque la testostérone liée est inactive, les tests sanguins se font au niveau de la testostérone libre et la testostérone totale. Tout dépendant du laboratoire, l’échelle de mesure utilisée peut être différente. Celle où je suis allé m’a dit que pour un homme dans la cinquantaine, les taux normaux sont :
Testo Libre : Entre 4 et 12. La mienne faisait 3,5. Testo Totale : Entre 25 et 90. La mienne faisait 20.
Et ceci faisait de moi le candidat idéal pour le TRT, le traitement de remplacement de la testostérone.
Prendre des suppléments de testostérone, ce n’est pas un choix à faire à la légère. Car lorsque le corps constate qu’il est envahi par une source extérieure de testostérone, il cesse d’en produire naturellement, et ce pour de bon. Ce qui signifie que si je commence, je ne pourrai plus arrêter, c’est pour la vie.
Mais puisque je n’en produis déjà presque plus, mon choix était simple. J’ai dit oui !
La prescription vient sous trois formes. Il y a les pilules. Mais celles-ci peuvent affecter le foie au bout de quelques années. Il y a sous forme d’injection. Ce qui signifie trainer une seringue partout, ce qui va attirer l’attention et les questions puisque je ne suis pas diabétique. Et il y a sous forme de gel à appliquer sur le corps. C’est celle-là que j’ai choisie.
Cinq mois de traitement, le bilan. Le 25 septembre dernier, je commençais le traitement. Deux semaines plus tard, je constatais le retour des érections matinales. Fait d’autant plus surprenant que je ne m’étais jamais rendu compte que j’avais cessé d’en avoir.
Je suis retourné au gym. J’ai modifié mes exercices pour y aller de manière intense. Je me bourre de steak, de saumon, d’oeufs et de poulet, ainsi que de supplément de protéines et de caséine. Et cette photo prise il y a trois semaines démontre que non seulement ai-je repris toute ma masse musculaire perdue, ma poitrine et mes épaules ont pris du volume.
Dans mon cas personnel, les problèmes reliés au manque de testostérone étaient surtout situés à trois niveaux.
1) La masse musculaire. Non seulement ai-je repris tout ce que j’ai perdu, le fait d’avoir de la testostérone à un niveau normal va certainement me permettre de progresser bien plus rapidement au gym. Il serait temps que j’obtienne enfin les résultats pour lesquels j’ai si longtemps travaillé.
2) La libido. Celle-ci a ressuscité. Je ne suis pas encore remonté à mon appétit sexuel de mes 15-40 ans. Mais pour être franc, je n’y tiens pas. Être en chaleur 24/7, c’est souvent plus frustrant qu’autre chose. Une libido moyenne normale, c’est bien suffisant.
3) Le sommeil. Depuis quelques années, ou bien je me réveillais plusieurs fois dans la nuit, ou bien je n’arrivais à dormir que cinq heures, ce qui me gardait somnolent toute la journée. Maintenant, je fais des nuits ininterrompues de 7-8 heures. Ce qui fait que mon énergie est bien meilleure.
Donc, pour tous les hommes qui commenceraient à noter une diminution de leur libido, de leurs érections, de leur énergie, de leur sommeil, ou tout autre problème situé dans la liste mentionnée plus haut, je vous le dis, mettez votre orgueil de côté et n’hésitez pas à consulter. La solution est simple, peu coûteuse, et améliore grandement la qualité de vie.
En 2007, Mon père fait des travaux pour une propriété centenaire située à Saint-Hyacinthe. En donnant un coup de pelle, il pète une bouteille qui était enterrée là. Intrigué, il se met à genoux et creuse la terre délicatement avec ses mains et un tournevis. Il y avait là trois bouteilles, dont deux encore intactes. Le bouchon porte l’inscription « Paul St-Onge inc, St-Hyacinthe PQ, Embouteilleur. » Une compagnie qui n’existe plus depuis belle lurette.
De par la forme de la bouteille et la couleur du verre, elle aurait été produite entre 1915 et 1956.
Un collègue de mon père vient le rejoindre. Amusé par la découverte, il en saisit une. Et comme ça, bêtement, en disant « Hey, y sont encore pleines! », il se met à la secouer fortement. Aussitôt, PAF! Elle lui éclate dans la main.
Mon père s’est empressé d’aller enfermer dans son auto la dernière bouteille encore intacte. En sachant que j’aime les antiquités, il me l’a offerte. Après l’avoir bien nettoyée, je l’ai exposée fièrement sur une tablette chez moi, avec quelques autres antiquités Coca-Cola de ma collection.
Or, à quelques rares exceptions près, à chaque fois qu’un invité la voyait, c’était plus fort que lui. Il fallait qu’il s’en empare et la secoue. J’accourais alors en panique pour la lui enlever des mains, en lui racontant ce qui était arrivé à la bouteille no.2.
Après quelques temps, à chaque fois qu’une personne venait chez moi pour la première fois, je prenais les devants. Je lui montrais la bouteille. Je lui racontais l’anecdote de la découverte. Et si la personne prenait la bouteille dans ses mains, alors je prennais la peine de lui dire : « Ne la secoue pas s’il te plaît! »
… Jusqu’au jour où une fille contactée sur un site de rencontre, que j’ai ramenée chez moi, la prenne également dans ses mains. Comme pour les fois précédentes, je lui demande de ne pas la secouer. Ma demande pique sa curiosité. Aussitôt, elle se met à la secouer, en me demandant « Pourquoi? »
Après trois ans à vivre cette situation non-stop, j’étais exaspéré de me poser la question « MAIS QUEL ESPECE DE CAVE VA ALLER SECOUER UNE BOUTEILLE DE COKE? » J’ai compris que je perdais mon temps. Il ne fallait pas chercher à comprendre. Il fallait juste mettre la bouteille en sécurité. Ce que je fis. Depuis les 15 dernières années, elle est soigneusement emballée dans un linge à vaisselle, enfermée dans une boite de chips Pringle’s, elle-même dans une boite contenant d’autres antiquités, remisée dans mon locker d’entrepôt.
À chaque personne à qui j’ai demandé pourquoi il avait fait ça, aucun n’a su quoi répondre.
Autre sujet, même réflêxe. Tout le monde connait la situation classique suivante : un homme et une femme s’apprêtent à passer au lit. L’homme rechigne à l’idée de porter un condom. Il sait pourtant qu’en ayant du sexe sans protection, il risque deux choses : Une infection transmise sexuellement, et/ou une grossesse accidentelle. Deux choses qui peuvent littéralement ruiner sa vie. Dans n’importe quelle autre aspect de sa vie, il peut se montrer extrêmement prudent. Or, pour celle-là, c’est sans hésitation qu’il prendra ce risque. Et même s’il n’en subit aucune conséquence, cette possibilité va le hanter pour les semaines, les mois, voire les années à venir.
Bon, il est vrai que dans le cas de la sexualité, il ne faut pas oublier que malgré notre intellect, il reste que nous ne sommes à la base que des animaux. Et l’instict animal primordial, c’est la survie de l’espèce. C’est la raison pour laquelle plus l’envie sexuelle est forte, plus grande est la résistance à l’Idée d’utiliser une barrière physique empêchant la procréation, et ce même si on ne voudrait jamais avoir d’enfants. Voilà pourquoi, lorsqu’il est question de sexe, toute raison fout le camp. Ce qui fait que là encore, si on lui demande pourquoi il a fait ça alors qu’il en connaissait très bien les dangers, il ne saura pas quoi répondre.
Ce n’est pas pour rien qu’en 1670, le philosophe Blaise Pascal a écrit dans son recueil de pensées : « Le coeur a ses raisons que la raison ne connait point. » C’est parce qu’il avait compris que l’instinct et l’intellect sont deux choses qui n’ont aucun rapport entre elles. Par conséquent, face à une situation qui déclanche en eux un réflêxe animal, beaucoup de gens suivront leur instinct, même si leur intellect leur dit que ce geste qu’ils s’apprêtent à poser est complêtement stupide. C’est le cas pour ceux qui vont mettre en danger leur santé, leurs finances et risquer de dérailler le reste de leur vie, en échange d’un orgasme.
Et c’est également le cas pour ceux qui ne peuvent s’empêcher de secouer une bouteille de Coca-Cola centenaire.
La limite était de 100. Je faisais du 122. Puisque je connaissais le chemin, je n’utilisais pas le GPS. Celui-ci n’a donc pas pu me dire « Il y a un radar mobile sur votre route. »
Girophares dans le miroir. Rangement sur l’acottement. Sortir le permis de conduire. Réception de la contravention.
POLICIER : « L’excès de vitesse monte à $120. Plus la contribution de $40. Pour un total de $160. Vous avez trente jours pour payer ou contester. MOI : « Euh… C’est quoi, ça, « contribution »? Les frais de traitement du dossier ? » POLICIER : « Non ! C’est un montant qui va à un refuge pour femmes victimes de violence conjugale. » MOI : « Hein !? Mais je n’ai jamais été violent envers une femme. Pourquoi est-ce que vous me collez une amende pour ça? » POLICIER : « Ce n’est pas une amende. C’est un don ! Ça vient avec les amendes d’excès de vitesse. » MOI : « Un don ? D’accord ! Est-ce que je peux avoir un reçu, pour que je puisse le déclarer aux impôts? » POLICIER : « Ce n’est pas ce genre de don, monsieur. »
S’il y a une chose que je suis incapable d’endurer, c’est bien la bullshit. Je prends soin de rester calme et poli alors que j’ajoute d’une voix totalememnt neutre :
MOI : « C’est vrai ! Un don, c’est volontaire. Et je n’ai jamais autorisé que l’on me charge ce $40. » POLICIER : « C’est standard avec les amendes d’excès de vitesse. » MOI : « Je suis bien désolé. Oui, je vais payer le $120, parce que j’ai vraiment fait un excès de vitesse. Mais il n’est pas question que je paie $40 pour un crime que je n’ai jamais commis. Ce que vous me faites là, c’est abusif. » POLICIER : « Vous avez quelque chose contre les femmes, Monsieur ? »
Ok, wow ! Ou bien j’accepte de payer une amende pour un crime que je n’ai pas commis, ou bien je suis un misogyne. Il rajoute :
POLICIER : « De toute façon, si vous ne payez pas l’amende en totalité, vous allez vous retrouver avec des frais à payer, en plus du $40. » MOI : « Donc, ce que vous me dites, c’est que si je n’accepte pas vos abus, vous allez me faire subir encore plus d’abus. »
Ayant son sous-entendu de misogynie en travers de la gorge, je décide de le lui rendre, alors que j’ajoute :
MOI : « Comme le font les hommes qui abusent des femmes, finalement. »
Le policier me regarde, silencieux. Son regard est lourd, intense. Je ne sais pas si ma dernière phrase le prend au dépourvu, ou bien s’il applique sur moi une technique psychologique d’intimidation. Mais ça dure un bon huit secondes. Je décide de couper la tension en haussant les épaules tout en prenant mon air interrogateur le plus innocent, alors que je demande :
MOI : « Non ? » POLICIER : « Comme je vous ai dit ! Vous avez trente jours pour payer ou bien contester. Vous trouverez l’adresse du site web derrière le ticket. Bonne journée ! »
Et il retourne dans son véhicule, me laissant là avec mon billet dans les mains.
Rendu chez moi, je me rend sur le site. J’entre le numéro de mon billet. Tout y est: Mon nom, mon adresse, mon véhicule, sa plaque, les détails de ma contravention, et le montant à payer. Et là, j’ai le choix : Payer ou contester. Je clique sur Contester.
Sur ce, 404 PAGE NOT FOUND. Je clique pour revenir en arrière. Là, c’est « Une erreur empêche la page de télécharger. Veuillez revenir plus tard. » Je me demande si c’est bien un hasard, ou si c’est encore une arnaque pour nous empêcher de contester.
Pour la fluidité de la narration, je vous fais grâce de tout ce que j’ai eu à faire pendant les quatre jours qui ont suivi. Mais j’ai fini par pouvoir parler à quelqu’un au téléphone.
POLICIER : « Donc, vous voulez contester une contravention ? » MOI : « Non ! Juste une partie. La contribution de $40. » POLICIER : « La contribution, c’est un montant qui va à un refuge pour femmes victimes de violence conjugale. » MOI : « Oui, je comprends. Mais je n’ai jamais été violent envers une femme. Je n’ai donc pas à recevoir une amende pour ça. » POLICIER : « Ce n’est pas une amende. C’est un don ! » MOI : « Un don, c’est volontaire, et ça vient avec un reçu pour les impôts. Vous ne donnez pas de reçu, et je n’ai jamais autorisé que l’on me charge ce $40. Alors désolé, mais m’obliger à payer pour un crime que je n’ai jamais commis, ce n’est pas un don, c’est un abus. » POLICIER : « Vous avez quelque chose contre les femmes, Monsieur ? »
Ok, wow ! On voit que les étudiants de Nicolet ont tous appris le même texte par coeur, Heureusement, ces cinq derniers jours à ruminer là-dessus m’ont donné le temps d’étoffer ma réponse.
MOI : « Au contraire ! J’ai tellement rien contre les femmes, que je n’en ai jamais abusé une seule de toute ma vie. Vous pouvez vérifier vous-même, puisque vous avez accès à mon dossier judiciaire. Il n’y a donc aucune raison, ni morale ni légale, de me faire payer pour quelque chose que je n’ai jamais fait. » POLICIER : « La contribution, c’est standard avec les amendes d’excès de vitesse. On ne peut pas fragmenter le paiement. Ou bien vous le payez en entier, ou pas du tout. Mais dans ce dernier cas, il y aura des conséquences. C’est la loi ! » MOI : « C’est la Loi. Mais est-ce qu’on peut vraiment parler de justice, ici ? » POLICIER : « Écoutez ! Si vous voulez contester la Loi et le Code Civil, vous avez toujours le loisir d’embaucher un avocat qui va vous représenter dans votre cause contre la Couronne. Alors, que vous payez ou que vous intentiez une poursuite, c’est à vous que revient la décision finale. Bonne journée. »
Je n’ai pas eu à réfléchir longtemps pour savoir que si ma cause a de bonnes chance d’être une victoire légale, elle équivaudra en revanche à un suicide social. La contribution obligatoire sur les constats d’infraction, c’est dans tout le système légal du Québec. Il est évident que si je m’y attaque, ça ne passera pas inaperçu. Les médias vont s’empresser de rapporter cette saga judiciaire avec le gars qui poursuit le Gouvernement car il refuse de faire un don pour les refuges de femmes victmes de violence conjugale. Il n’en faudra pas plus pour que l’on m’associe automatiquement à Marc Lépine, aux incels comme Elliot Rodger, où à ces misogynes de Mâles Aphas autoproclamés. J’aurai beau m’expliquer et répéter 8624 fois que, peu importe s’il s’agit de femmes victimes de violence, d’immigrants victimes de racisme ou d’enfants victimes de prédateurs, il reste que je n’ai commis aucun de ces crimes. Je n’ai donc pas à payer pour ceux-ci. Faites-donc payer Gilbert Rozon, puisque LUI est déjà reconnu devant la Justice pour de nombreux crimes contre les femmes. Ajustez l’amende à la mesure de ses crimes, et vous pourrez vous bâtir dix nouveaux refuges pour femmes en détresse.
Mais je sais bien que peu importe ce que je dirai, rien n’y fera. Mon nom sera démonisé dans la culture populaire. Et Internet n’oublie jamais. J’aurai à subir ça jusqu’à mes 121 ans.
C’est comme je disais. Ou bien j’accepte leurs abus. Ou bien ils me feront subir d’encore pires abus. Comme le font les hommes qui abusent des femmes, finalement. J’ai donc fermé ma gueule, et je suis allé payer ma contravention en entier. Et, quelle surprise, le site a parfaitement fonctionné cette fois. Éventuellement, j’ai fini par trouver le moyen de ne plus jamais avoir à subir ce genre d’abus. Et c’est une solution toute simple : je ne fais plus d’excès de vitesse.
Quand je sais que j’ai raison, je suis têtu comme pas un. Mais quand mon entêtement ne donne rien de bon, je n’ai d’autre choix que de tirer la leçon que j’ai à en tirer, et de lâcher prise.
Parce qu’il y a des batailles qu’on ne peut juste pas gagner.
Depuis que je suis préposé aux bénéficiaires, je reçois souvent des félicitations. Aider nos aînés dans leurs tâches les plus basiques alors qu’ils sont en perte d’autonomie, quoi de plus noble comme profession. Or, l’essentiel de notre travail n’a rien de glorieux. En voici quatorze facette peu connues.
1. Le travail consiste surtout à ramasser de la merde. 95% des résidents portent des couches pour adultes (Que l’on appelle simplement « culottes », pour ne pas heurter les sensibilités.) et 80% sont incontinents. Pas besoin d’en dire plus pour que vous comprenniez que, de deux à douze fois par quart de travail, on se retrouve à avoir les mains dans la merde. Certes, on porte des gants de latex, mais tout de même. Et il n’est pas rare que la couche ne puisse pas tout retenir et déborde dans les vêtements, les lits, les meubles. Sérieusement, depuis que je suis préposé, j’ai à faire avec 100 fois plus de merde que lorsque j’étais concierge.
Quant à l’odeur, malgré les puissants détergents et la ventilation, il flotte toujours un léger arôme flatulent dans les corridors. Surtout pendant nos hivers Québécois, avec sa moyenne quotidienne de -10°C à -25°C qui interdit toute fenêtre ouverte.
2. Non, ce n’est pas comme « s’occuper de bébés. » Bien sûr, il y a des similitudes. On les lève, on les lave, on les habille, on les nourrit, on les distrait, on change leurs culottes, on les met en pyjama et on les couche. Mais la différence, c’est que ces gens sont des adultes dont le poids va de 90 à 350 lb / 40 à 160 kg. Certains ont encore toute leur tête, ou du moins sont assez éveillés pour avoir pleinement conscience de leur état. S’il y en a qui le prennent avec philosophie ou Foi en leur religion, d’autres ont beaucoup de difficulté à accepter leur dévolution. Surtout que…
3. Les gens n’entrent pas en résidences pour prendre du mieux. Quand une personne entre à l’hôpital, on la soigne. Et tout dépendant de l’état où elle se trouve, et à combien sévère est la raison qui l’a amené là, il y a de bonnes chance que la personne récupère sa pleine santé. Mais en centre d’accueil et résidences pour gens à mobilité réduite, c’est l’inverse. Quand ils y entrent, c’est pour dégénérer peu à peu physiquement et/ou mentalement jusqu’à l’heure du trépas. C’est le côté déprimant de la profession. On ne peut que les soulager à court terme. Mais au bout du compte, rien de ce que l’on fait n’aura servi. Beaucoup de résidents ne le savent que trop bien. Voilà pourquoi…
4. Certains résidents optent pour le suicide par grêve de la faim. Il y avait un homme dans la soixantaine, souffrant d’une forme de paralysie latente, qui résuisait ses mouvements à une lenteur extrème, en plus d’être incontinent. Et immobile, n’était de son fauteuil roulant électrique. Ça affectait également son langage, alors qu’il ne parlait qu’avec difficulté. Ses journées consistaient à manger, regarder la télé, recevoir des soins, et dormir. Sur son mur, il y avait des photos et articles de journaux à son sujet. Dans sa jeunesse, l’homme était sportif, élancé, énergique, un athlète reconnu.
Le même homme, à trente ans de différence.
Un jour, il en a eu assez de de cette vie sans issue et sans espoir. Il a cessé de se nourrir. Dix jours plus tard, c’était fini.
4. On apprend à devenir menteur. Beaucoup de résidents sont atteint d’Alzheimer. Ils posent donc beaucoup de questions. Si répondre la vérité à certaines d’entre elles n’aura aucune conséquences fâcheuses, d’autres sont à-même de les faire angoisser, paniquer, déprimer. Notre travail consiste aussi à assurer leur tranquilité d’esprit. Et ceci nous oblige souvent à leur mentir.
Par exemple, certains ne comprennent pas pourquoi ils sont en résidence. On leur dit alors qu’ils ont eu un accident, que ceci est un hôpital, et qu’ils partiront lorsqu’ils auront repris du mieux. Dans l’unité prothétique, une dame vit son jour de la marmotte personnel. À tous les matins, elle croit qu’elle vient d’arriver dans cette chambre d’hôtel, d’où son fils viendra la chercher le lendemain matin. En réalité, voilà six ans qu’elle habite là.
Une autre dame me demande plusieurs fois par jour quand est-ce que ses filles viendront la visiter. Je lui réponds « Le jour des visites est dimanche. Nous sommes samedi. Elles seront là demain matin. » Ce qui me console un peu dans son cas, c’est que lorsque je lui dis ça le samedi, c’est la vérité.
5. L’Alzheimer révèle les secrets du passé. C’est bien connu, l’Alzheimer attaque la mémoire récente et recule de plus en plus dans les souvenirs. Ainsi, lorsque l’on prodigue des soins d’hygiène au niveau du siège, il n’est pas rare qu’une résidente hurle à son père (mort depuis belle lurette) de ne plus la toucher. Ce qui nous donne une idée des terribles sévices qu’elle a pu subir étant enfant.
Mais parfois c’est un peu plus cocasse, comme la fois où une résidente m’a dit, « Armand, il va falloir qu’on arrête. Mon mari ne mérite pas que je lui fasse ça. » Apparemment, Armand était son amant. Et puisqu’on parle de sexualité…
6. La sexualité gérontologique existe. Et ce n’est pas beau à voir. Je vous vois venir, les Wokes. « On n’a pas à se moquer de leurs droits de s’aimer, ils ont droit au respect peu importe leur âge et leur physique. » Je veux bien ! Mais je vous rappelle que l’on parle ici de gens qui sont majoritairement incontinent. Je ne vous raconte pas l’Apocalypse post-coïtal résultant sur eux-mêmes et dans la chambre suite à leurs ébats.
7. On doit préparer les cadavres pour la morgue. Il n’y a pas de service de morgue sur place. Alors lorsqu’un décès est constaté et enregistré officiellement par le médecin de garde, un préposé doit se porter volontaire pour le préparer à son transport. Ça signifie le nettoyer si besoin, et lui mettre une couche neuve. Avec une ficelle, lui attacher les pieds ensemble, et attacher ses mains en croix sur la poitrine. Attacher une étiquette d’identification aux orteils. L’enrouler dans le linceuil, qui est en fait une grande toile de matière plastique, et en ficeler le centre et les deux extrémités. Enfin, sur la ficelle centrale, attacher la seconde étiquette d’identification.
Il n’est pas rare que je doive emballer aujourd’hui un résident avec qui j’avais une conversation hier. La première fois, ça donne un choc. Mais on s’y fait. Mon plus grand choc a été de constater que certains décès n’ont rien de naturel, alors que…
8. La famille peut se faire offrir l’euthanasie. Vous connaissez la situation classique : Une personne est dans le coma, les médecins assurent la famille qu’il n’y a plus d’activité cérébrale, donc qu’à toute fin pratique, la personne qu’ils ont connu n’existe plus et ne reviendra jamais. Alors on la débranche et on la laisse décéder naturellement.
Il y a cependant des cas où cette solution est appliquée chez des personnes qui sont bien portantes physiquement. Nous avions une résidente souffrant d’Alzheimer à un stade assez avancé, au point où elle avait régressé à l’état d’animal. En même temps, elle était assez en forme physiquement pour être mobile, et donc constituait un danger envers elle-même et les autres résidents. Il fallait souvent s’y prendre à trois préposés pour la changer et lui prodiguer des soins d’hygiène, dont un juste pour l’immobiliser tellement elle se débattait avec vigueur.
À plus de $2 000 par mois pour les soins, son mari avait dû vendre son chalet et ses véhicules. Le problème avec l’Alzheimer, c’est que sa progression peux fluctuer. Elle pourrait oublier de respirer dans six mois, ou bien vivre encore cinq, dix, voire quinze ans. Il n’y avait que deux choses certaines : De un, cérébralement parlant, la personne qu’elle était n’existait plus. Et de deux, à payer pour les soins d’une personne qui était littéralement un zombie, sa famille s’en allait droit vers la faillite. Ils ont donc opté pour ce que l’on appelle la sédation palliative. On administre un puissant sédatif à la personne, et on la tient endormie jusqu’à ce qu’elle meurt de faim.
Oui, dans une certaine optique, il s’agit ni plus ni moins d’un meurtre légal. Mais lorsque les deux seules options sont celle-ci ou bien la ruine totale qui ne résoudra rien, c’est à ce genre de choix déchirant que sont parfois réduites les familles.
9. Les personnes à mobilité réduite ne sont pas toutes des vieillards. Nous avons une femme dans la quarantaine, paralysée du nombril aux orteils, et c’est arrivé comme ça, alors qu’elle était encore adolescente. Une autre a la moitié gauche du corps paralysée et insensible, depuis qu’une violente dispute avec une rivale pour les faveurs d’un homme s’est résolue avec un coup de hâche sur le crâne. On a eu aussi un homme qui, à 22 ans, le jour de son mariage, avait abusé du champagne. Pour rire, il a décidé de piquer une tête tout habillé dans la piscine creusée. Sans se rendre compte qu’il était à l’extrémité contenant moins d’un mètre d’eau. Commotion cérébrale et fracture des vertèbres. Trente-cinq ans plus tard, il avait une partie de la mobilité de ses bras, et ses mains à demi-paralysées. Mais là encore, du nombril aux orteils, plus rien ne fonctionnait.
10. La santé de certains résidents ne tient qu’à un fil. Et il suffit d’un seul petit problème, parfois extrèmement anodin, pour que tout dégringole.
Certains de nos résidents, en plus d’être incontinents, souffrent de blocage de la vessie. Ils ont donc besoin qu’on leur y enfonce une sonde, afin que l’urine s’écoule dans un tuyau vers un sac. Cette sonde est changée sur une base hebdomadaire. Et malgré toutes les précautions d’hygiène et de salubrité, qui sont respectées à la lettre et même aù-delà, il arrive qu’une simple bactérie arrive à s’introduire. C’est ainsi qu’un des résidents, dans son sommeil, a développé une inflammation de la vessie, qui a fait flancher ses reins, qui lui a empoisonné le sang, qui lui a causé un arrêt cardiaque… Malgré les soins d’urgence et le transfert à l’hôpîtal, il est mort au bout de trois jours, sans jamais s’être réveillé.
Une petite dame de 97 ans très maigre souffrait d’osteoporose, une maladie qui rend les os poreux et fragiles. De sa chaise roulante, elle s’est juste penchée pour ramasser un Kleenex qu’elle avait échappé. Ce simple geste, pourtant effectué avec douceur, lui a fracturé le bassin. Après deux jours de souffrances terribles, à force d’augmenter sa dose de médication, elle s’est endormie pour ne plus jamais se réveiller. Une semaine plus tard, c’était fini.
11. On se retrouve avec des criminels endurcis. Il n’est pas rare que l’on nous amène des prisonniers dont l’état de santé est trop demandant pour que le système carcéral puisse s’en occuper. Ainsi, violeurs, pédophiles, meurtriers peuvent se succéder dans nos murs. On a même déjà eu un ex casseur de jambes appartenant à un club de motards criminalisé. Un accident vasculaire cérébral l’a laissé plus faible qu’un chaton et incapable de s’exprimer. Mais il avait encore toute sa tête, comme le démontrait son regard qui passait sans cesse de la rage au désespoir. Pour un homme qui avait passé sa vie à s’imposer physiquement à ses semblables et à répandre la terreur, cette fin de vie représentait l’Enfer sur terre.
12. Les résidences sont un paradis pour les fétichistes de dévotion aux handicapés. À tous les endroits où j’ai travaillé, il y avait toujours au moins une résidente qui s’était faite un amoureux après avoir été admise. Car oui, certaines personnes ressentent une attirance irrésistibles envers les gens qui nécéssitent des soins constants. Ils se présentent alors aux résidences comme bénévoles. Et si une résidente leur tombe dans l’oeil, alors voilà. Bientôt, ils viennent s’en occuper sur une base régulière. Lorsque ça arrive, il y a enquête pour s’assurer que la personne n’est pas un déviant reconnu par la loi. Et la famille, s’il y a, est prévenue. Mais en général, on ne juge pas et on les laisse faire.
13. On voit des horreurs corporelles. Il y a beaucoup de membres emputés pour cause d’accidents, ou de pieds sans orteils pour cause de diabète. Ça, c’est le moins pire. Par horreur, je parle d’un second anus au bas de la colonne vertébrale, créé par chirurgie, où on y met et retire un bouchon. Ou un pénis fendu sur sa longueur pour y introduire des sondes. Ça a beau avoir cicatrisé depuis des lustres, ça laisse un malaise à voir. Et que dire de ces plaies spontanées qui deviennent des cratères qui puent la viande avariée. Et d’autres trucs dont je vous ferai grâce. On s’y fait à la longue. Mais au début, ça ébranle.
14. Travailler dans ce milieu nous oblige à regarder en face la réalité de la vie, et surtout la fin de celle-ci. Dans mon cas, à constater les ravages physiques résultant des excès de toutes sortes, ça n’a fait que renforcer ma détermination à bien manger, me modérer dans tout, continuer d’aller au gym et me tenir en forme. Il y a déjà bien assez de maladies dégénératives qui arrivent naturellement comme l’Alzheimer, la sclérose en plaque, le parkinson et plusieurs autres, je tiens à faire en sorte d’éviter ce que je suis en mesure d’éviter, et ce pendant que je peux encore l’éviter.
Tout le long de cette série de billets, j’ai fait une longue liste de Red Flags qui auraient dû me prévenir de me tenir loin de Mégane. Et ce dès le départ : une mère en couple depuis 20 ans qui me fait une déclaration d’amour parce que le tarot lui a dit que j’étais l’homme de sa vie. Déjà là, ça en dit long sur sa personnalité, et ça n’en dit rien de bon : infidèle, irréfléchie, qui n’a pas les pieds sur terre, adepte de la pensée magique…
Dans ma jeunesse, à l’époque où je tenais mordicus à avoir un comportement parfait et irréprochable, jamais je n’aurais accepté d’être en relation avec elle. Or, il a a une chose importante à considérer ici, et c’est ma situation. C’était une belle femme, un peu plus jeune que moi mais tout de même de ma génération, qui avait l’intelligence et la volonté de retourner aux études pour faire quelque chose de sa vie. Et elle ressentait pour moi un désir physique irrésistible, suivi d’un amour inconditionnel. J’étais itinérant, sans un sou, criblé de dettes, sans autre transport que mon vieux vélo acheté deux ans plus tôt dans un pawn shop. Même à mon meilleur, je ne crois pas que j’aurais pu trouver mieux qu’elle. En fait, ce serait déjà un miracle que je puisse trouver aussi bien. Je n’avais donc pas tellement d’options. C’était elle, ou alors personne pour encore bien longtemps.
Ensuite, malgré tous les Red Flags initiaux et ceux qui se sont succédés par la suite, il reste que son passage dans ma vie a été le plus bénéfique qui soit. Alors que la majorité de mes relations m’ont enlevé beaucoup, elle au contraire en a apporté comme personne. Sur huit points en particulier, elle a su transformer ma vie pour le mieux. ils sont :
POINT 1: Son influence sur mon décor. Avant de la rencontrer, lorsque j’avais des appartements, je décorais la place avec ma collection d’antiquités. Elle n’a pas pu en visiter puisque j’étais itinérant lorsqu’on s’est rencontrés, mais elle a vu des photos. Elle m’a fait comprendre que oui, si le décor se doit de refléter les goûts de la personne qui y l’habite, il reste qu’il y a une sacrée différence entre mettre ici et là quelques éléments antiques pour décorer, et carrément vivre dans une boutique d’antiquité. Un salon, une cuisine, une salle à manger, une chambre, tout ça doit rester sobre et accueillant pour les visiteurs. Un décor complet qui ne réflete que tes goûts de manière aussi omniprésente et insistante, ça empêche quiconque de s’y sentir à l’aise. À moins que j’aille la chance extraordinaire de ne fréquenter que des gens qui partagent exactement la même passion au même niveau que moi.
Je n’étais pas à 100% convaincu, mais je voyais de la logique dans ses propos. Aussi, j’ai décidé de garder l’esprit ouvert. À sa demande, lorsqu’elle m’a trouvé mon 3½, je l’ai laissé s’occuper de la déco. Au début, ça détonnait sur mes habitudes. Mais j’ai dû reconnaître qu’elle avait raison. Encore aujourd’hui, je vis dans des décors sobres et accueillants, dans lesquels je me sens tout de même chez moi.
POINT 2 : Mon logis. C’est elle qui m’a trouvé mon appartement, un 3½ à coût ridicule pour le marché actuel. Et bien que j’ai annuellement maille à partir avec le propriétaire au sujet de ses tentatives abusives d’augmentations contre lesquelles je le traine d’ailleurs en Cour (saga suspendue mais néanmoins à suivre) il reste que c’est grâce à cette adresse officielle que je tombe dans la catégorie « travailleur en région éloignée », qui me rapporte autant d’avantages fiscaux. Et il est d’autant plus économique puisque grâce à Mégane, j’ai …
POINT 3 : Mon pseudo-colocataire. Le frère de Mégane n’avait pas les moyens de se trouver un logis convenable. Et à cause de mon travail, le mien est vacant l’équivalent de 11 mois par année. Il habite donc chez moi et me paie le loyer, que je refile ensuite au propriétaire. Et puisqu’en Gaspésie, je suis logé gratuitement, c’est d’autant plus d’économies pour moi.
POINT 4 : Mon lit. En couple et en colocation avec Karine, Flavie, Nathalie, je n’avais pas possédé de lit depuis le siècle dernier, littéralement. Et lors de mes moments de célibat, je dormais sur le divan. Et depuis mon itinérance, je n’avais même plus ça. Je dormais sur une chaise longue de plage. Mégane m’a acheté et fait livrer par surprise un matelas. Quelques semaines plus tard, on y ajoutait une base de lit. Ça peut sembler n’être pas grand chose. Mais jamais on ne m’avait fait un tel cadeau. Grâce à elle, mes nuits sont devenues confortables et reposantes.
POINT 5 : Mon laptop. En 2020, je me suis acheté un laptop Acer pour $800. Moins d’un an plus tard, j’ai commencé à avoir des problèmes physiques avec. Il fonctionne toujours bien, mais sa… euh… « carosserie », disons, se défait, et l’une de ses pentures a brisé alors que je l’ouvrais. En 2023, ayant appris un truc ou deux de son conjoint spécialiste en informatique, Mégane m’a fait acheter un laptop Lenovo pour $850, dont je ne peux que vanter la qualité, et les qualités.
POINT 6 : Ma carrière. Il est vrai que ce point n’a pas été amené à moi volontairement ni positivement par Mégane. Elle m’a laissé tomber pour son Bertin. Pour amortir ma chute, je suis allé m’inscrire sur Facebook Rencontre. J’y ai été contacté par une préposée qui m’a parlé des nombreux avantages de travailler pour une agence plutôt qu’un hôpital ou un CHSLD. Elle m’a branché sur son agence. Et depuis, je suis enfin prospère. D’accord, si Mégane m’était restée fidèle, rien de celà ne serait arrivé. Mais sans ce négatif qu’elle m’a apporté, je n’en aurais jamais tiré ce positif. Donc, peu importe comment on retourne la chose, il demeure que sans Mégane dans ma vie, ça ne serait jamais arrivé.
POINT 7 : Mon auto. La seule et unique fois que je m’étais procuré une automobile, c’était en 1997. J’ai été coincé dans une arnaque pas-possible qui m’avait ruiné en me faisant en plus perdre mon emploi et taper une dépression. Il se trouve que Mégane a eu des autos toute sa vie, et est passionnée par les automobiles. Elle savait donc que choisir, à quel prix, et où s’adresser. Grâce à elle, j’ai pu me procurer une auto qui répond à tous mes besoins et qui ne m’a jamais ruiné.
POINT 8 ; Ma purge du passé. Peu à peu, les changements que Mégane m’a apporté ont transformé ma vie, au point de me rendre compte que je trainais inutilement des bagages de mon passé, et ce au sens propre. Aussi, dans deux containers géants, l’un pour le recyclage, l’autre poour les ordures, je me suis débarrassé de 90% de mes possessions, après avoir accepté le fait que je ne m’en servais plus et que je ne m’en servirai jamais.
Donc, les Red Flags… On les écoute, ou pas ? Dans la vie, tout n’est pas à 100% noir ni blanc. J’aurais pu cesser de féquenter Mégane n’importe quand. Particulièrement après qu’elle m’ait laissé tomber pour son Bertin. Mais si je l’avais fait, alors je n’aurais jamais vécu les points 6, 7 et 8, grâce auquele je vis maintenant de la manière dont je l’ai toujours voulu. Soit la vie normale d’un homme normal avec un travail normal et un revenu normal.
Dans mon livre Le Sucre Rouge de Duplessis, je cite un extrait de la lettre d’un ministre, disant : « Il faut prendre les gens tels qu’ils le sont, ni totalement bons, ni totalement mauvais. » Car si Mégane m’a fait vivre beaucoup d’expériences négatives, elle a su en revanche m’apporter le positif requis pour faire de ma vie le succès que j’ai toujours poursuivi sans jamais atteindre.
Mais est-ce une raison pour continuer d’accepter de tout subir ? Non ! Parce qu’il y a une différence flagrante entre avant et maintenant. Avant, j’étais sans emploi, sans le sou, sans domicile fixe, sans véhicule. Quand on n’a rien, on n’a rien à perdre, et tout à gagner. À l’époque, je n’avais aucune option. Je n’avais pas le choix.
Eh bien maintenant j’ai des options, et j’ai le choix. Et je choisis de ne plus jamais accueillir dans ma vie une mystique qui rejette la réalité.