L’approche négative et la manipulation (1 de 2)

Intro 1 : Le but premier de ce billet n’est pas de vénérer la manipulation. C’est d’en dénoncer les techniques.

Intro 2: Il existe une organisation sportive américaine nommée Special Olympics réservée aux enfants et adultes ayant une déficience intellectuelle. En 2017, il y a eu cet échange sur le mur du Facebook d’Arnold Schwarzenegger. Je vous l’ai traduit.

Cette capture d’écran, ou du moins sa version originale Anglaise, se promène sur Internet depuis mars 2017. Et ceci démontre plusieurs choses, La première, c’est que contrairement à ce qu’affirme Arnold, grâce au contenu négatif de son message, personne ne l’oubliera jamais.

Et ceci m’a fait réaliser que c’est justement grâce au contenu négatif de son commentaire que ce type a su attirer sur lui l’attention d’Arnold Schwarzenegger. Il doit bien y avoir des centaines, des milliers de personnes qui lui ont écrit des commentaires positifs. Arnold n’a répondu à aucun d’entre eux. Par contre, il suffit qu’une personne lui écrive un commentaire teinté d’ignorance et de négativité, alors , il ne peut s’empêcher de répondre.

Ce qui signifie que si, quelques temps plus tard, ce même troll était revenu lui dire qu’il a réfléchi, qu’il a suivi sa suggestion, et qu’il avait réalisé ses torts, alors sûrement qu’Arnold lui répondrait quelque chose de positif, ce qui amorcerait le dialogue entre eux.

En conclusion, la négativité d’un troll est potentiellement plus efficace pour se rapprocher d’une vedette internationalle, que le positif de la part d’un fan. Mais bon, ce n’est pas d’hier que je connais ce navrant principe. J’en parle pratiquement depuis la création de ce blog. Un exemple au hasard: mon billet 40 gars typiques de sites de rencontres.

Intro 3 : Comme je crois l’avoir déjà écrit ici dans un billet précédent, depuis deux ans, je vais régulièrement me faire un compte sur Facebook rencontre. En général, au bout de quelques semaines à quelques mois, je perds intérêt et je le ferme. Par conséquent, à chaque fois que j’en ouvre un autre, je revois beaucoup des mêmes candidates que j’avais vu lors de mes tentatives précédentes.

Intro 4 : Tout le long de ma vie, j’ai souvent été exposé aux manigances de gens qui voulaient me contrôler et/ou tirer un quelconque profit à mes dépends. Par conséquent, je connais toutes les techniques de manipulation. C’est juste qu’avant cette semaine-là, il ne m’était jamais venu en tête de les utiliser moi-même dans un contexte de rencontres.

Ainsi, ai-je eu l’envie de me livrer à une petite expérience. Ce qui nous amène au sujet de ce billet : L’approche négative et la manipulation.

À chaque fois que je suis sur Facebook Rencontres, l’app me montre ce profil qui me plaît à tout coup.

Afin de protéger son identité, sa photo a été remplacée par une image créée par intelligence artificielle.

Cette femme me plait pour trois raisons. Les voici par ordre d’importance:

  1. Elle est professeure de littérature. On ne se mentira pas, en région éloignée, pour la majorité de la population, « culture » est un mot qui évoque surtout les champs de maïs et de patates. Aussi, l’idée de rencontrer une femme encore plus cultivée que moi n’est pas pour me déplaire.
  2. Elle a onze ans de moins que moi. J’ai 56 ans. Je ne les fais pas car je me tiens en forme et en santé. Ce n’est malheureusement pas le cas de la majorité des femmes célibataires de ma génération, qui ont passé leur jeunesse à se négliger et se soumettre à des abus de toutes sortes. En fait, même pour ses 45 ans, elle parait très bien.
  3. Elle habite dans la même ville que moi. Ma dernière relation sérieuse habitait à une heure trente de route. Je trouvais ça plutôt long. Et si j’avais sauté sur l’opportunité d’avoir une relation avec Noémie au printemps dernier, c’eut été deux heures quinze. Alors un aller-retour la même journée, c’est toute une perte de temps.

La première fois que j’ai vu son profil,je me suis contenté d’appuyer sur le coeur. Elle n’a pas répondu.

La seconde fois que je suis tombé sur son profil, je suis allé modifier la photo principale sur le mien. J’en ai mis une sur laquelle je tiens fièrement un exemplaire de mon livre, Le sucre rouge de Duplessis. Puis, je suis allé mettre un commentaire sur une de ses photos, ce qui déclanche un LIKE automatiquement. J’ai écrit « Tu es prof de littérature. Je suis auteur. Nous sommes faits pour nous entendre. » Mais là encore, aucune réponse de sa part.

La troisième fois que FB Rencontres m’a montré son profil, j’y étais revenu avec un nouveau compte avec de nouvelles photos. Cette fois, je décide d’y aller avec une stratégie totalement différente : l’approche négative. On verra bien si celle-la aura plus de succès que mes précédentes. Mais attention, je le fais dans la subtilité. J’écris ce commentaire sur sa photo principale.

Je m’arrange de façon à ce que l’intention de ce premier message ne soit pas clair. Ainsi, tout dépendant de son humeur, elle pourrait le prendre à la négative.

Comme de fait :

Et voilà ! Elle l’a pris comme une attaque personnelle. Elle ne pouvait pas laisser passer ça sans répliquer. Et elle le fait en beauté. Exactement comme Arnold avec son troll.

Maintenant que le dialogue est ouvert, il ne me reste plus qu’à jouer habilement de mes cartes. Pour ce faire, pas question pour moi d’être sur la défensive. Un homme qui se montre offensé est un faible et un irritant. Je ne dois pas non plus adopter une attitude condescendante. Ça dépeint comme étant un orgueilleux et un fake. Et je ne dois surtout pas me confondre en excuses et implorer son pardon. Ça ferait de moi un minable. La meilleure attitude à avoir face à son commentaire, c’est la compréhension et l’ouverture d’esprit.

Je n’essaye pas de l’éblouir en parlant comme un dictionnaire, mais le simple fait que j’utilise le terme question réthorique lui démontre que j’ai une certaine éducation. Je ne prétend pas être à son niveau littéraire, mais si j’ai eu à lire ce roman au cégep, ça signifie que j’ai moi-même étudié en Lettres, ce qui sera perçu par son inconscient comme un bon point en commun entre nous. Sinon, mes paroles sont celles d’un homme poli, raisonnable, qui reconnait ses torts. À côté de ça, elle fait piètre figure, avec sa réponse brusque dans laquelle elle démontre n’avoir rien compris de mon approche.

Ma conclusion à ce message, « Merci d’avoir répondu et bonne journée » , indique que je m’attends à ce que la discussion se termine là. Ce qui lui passe en sous-entendu l’idée que je suis prêt à mettre fin à nos communications avec cette image négative que j’ai à son sujet. Si elle a le moindre orgueil, elle ne voudra pas me laisser sur cette impression.

Et effectivement…

Voyez vous ça. Malgré le fait qu’elle reconnait ses torts, elle s’en justifie en étant vraiment bloquée sur l’idée que mon message était une attaque. Voilà qui va me servir au-delà de mes espérances.

Vous connaissez la technique du negging? C’est démontrer à l’autre qu’elle pourrait bien nous plaire, sauf qu’elle n’a pas tout à fait ce qu’il faut pour y arriver. Lorsque c’est fait de façon habile, le negging provoque chez l’autre le réflexe de vouloir nous prouver qu’au contraire, elle a ce qu’il faut. Autrement dit, c’est manipuler l’autre de manière à lui donner l’envie de vouloir nous plaire.

Avec son accusation d’avoir attaqué son travail et sa discipline (qui la passionne), elle me donne la plus pertinente des raisons de la soumettre au negging. Le défi ici est de faire ça sans lui donner l’impression que je lui porte un jugement.

Laisse-moi te traiter de bitch sans clairement te traiter de bitch.

Cette subtilité est atteinte ici juste en choisissant bien mes mots. Si j’avais écrit « Tu as perçu ça comme étant attaquer ton travail », ça aurait été un reproche. Mais en optant pour dire « C’est perçu comme étant attaquer ton travail », j’expose seulement un fait.

Et pour bien m’assurer qu’elle ne le prenne pas comme un reproche, j’ajoute ceci:

Le sentiment qui passe en douce dans ce message est « Tu ne mérites pas d’être en couple car tu es du genre à avoir des soupçons négatifs contre autrui sans raisons valables. » Et ça, c’est quelque chose qu’elle voudra certainement me prouver comme étant faux. Il n’en tient qu’à moi de lui en donner l’opportunité.

Une technique que maîtrisent les plus grands manipulateurs, c’est de reconstruire l’orgueil de la femme tout juste après l’avoir détruit. Ainsi, en ayant compris qu’elle tire fierté de son éducation et de sa culture, c’est sur ces points que je la valorise.

Les hommes ont tous cette réputation d’obsédés sexuels, surtout les célibataires d’apps de rencontres. Alors lorsqu’un homme fait comprendre à une femme que même sexuellement il n’en veut pas, elle a de quoi se taper une sérieuse remise en question. En lui laissant la porte ouverte avec mon offre d’amitié, je lui donne l’opportunité de se racheter. De plus, en tant que femme éduquée, il est évident qu’elle a eu droit à plus que sa part d’ignorants qui l’ont approchée. En lui disant que c’est moi-même ce que j’ai vécu ici, je lui démontre que nous avons ça en commun.

Enfin, je conclus humblement, sans lui mettre de pression, et en lui faisant même des excuses.

Comment réagira-t-elle ? Est-ce qu’elle verra clair dans mon jeu ? Ou bien se laissera-t-elle manipuler aussi docilement que je me l’imagine ?

À CONCLURE

Beta vers Alpha; le début de la transition. (1 de 2)

Je n’ai jamais été le poster boy du mâle Alpha. Remarquez que ça a ses bons côtés. Car depuis les quinze dernières années, l’idée même de la masculinité est de plus en plus démonisée. Alors gare à l’homme qui prétend être un mâle Alpha. On va l’accuser d’être un macho, un misogyne, un violent, un harceleur, un délinquant sexuel, un fier représentant de la culture du viol, un complexé qui ressent le besoin de s’imposer sur les autres afin de compenser pour sa micro-bite… En gros, c’est devenu l’équivalent masculin du mot féminisme. En ce sens qu’on l’associe à tout ce qu’il peut y avoir de négatif dans le comportement des membres de ce sexe, en plus de lui prêter des revendications extrêmement farfelues.

Pourtant, à la base, la définition véritable du mâle alpha est à des milliers de kilomètres de cette image (im)populaire. Il n’y a qu’à voir le fonctionnement de la hiérarchie dans un groupe de gorilles.

En 1986, un garçon nommé Levan Merritt est tombé dans l’enclos des gorilles d’un zoo. Le gorille Alpha, un silverback nommé Jambo, s’est précipité à l’endroit de la chute. Il y a vu le garçon gisant par terre assommé. Avec délicatesse, il a caressé le dos du garçon, l’observant pendant quelques instants. Constatant qu’il était blessé mais vivant, il a aussitôt compris que ses congénères humains viendraient lui porter secours. Et que ceci pourrait poser un problèmes aux autres singes habitant l’enclos, de voir leur territoire se faire ainsi envahir. Jambo est donc revenu sur ses pas, et il a calmement tenu les autres singes à l’écart. Ceci a permis aux secouristes de descendre dans l’enclos, mettre le garçon sur une civière, et l’emporter.

Et c’est ça, dans la nature, un mâle Alpha. Oui, il est le plus gros et le plus puissant du lot. Mais c’est également le plus intelligent, le plus empathique et celui qui a le plus à coeur le bien-être de son groupe et celui de son territoire. Il en est le protecteur, non pas l’abusif. S’il est le mâle dominant, ce n’est pas parce qu’il a décidé de prendre lui-même ce rôle en s’imposant par intimidation. C’est un rôle que lui donnent tout naturellement les membres de son entourage, parce qu’il leur apporte un sentiment de sécurité.

J’ai un ami comme ça. Appelons-le Alex. C’est une connaissance de longue date. Nous étions sur les mêmes forums au début des années 2000. Et il aimait bien mes textes au sujet des relations hommes-femmes, dont la majorité ont été repris ici sur ce blog à ses débuts en 2009. Nous sommes amis sur Facebook, et il n’est pas rare qu’il s’écoule trois, quatre, cinq ans avant que l’un de nous envoie un message ou un commentaire à l’autre. Il est toujours lecteur de mon blog. Et souvent, je peux compter sur ses commentaires pertinents pour me faire réaliser un aspect qui m’avait échappé sur le sujet dont je parle dans tel ou tel billet. Il se trompe parfois, mais c’est plutôt rare.

… Et je ne crois pas qu’il s’est trompé lorsqu’il m’a fait constater que depuis les douze dernières années, j’agis comme un Beta qui s’est fait laver le cerveau par le wokisme pseudo-féministe. Je veux dire, regardez cet échange entre Noémie et moi lors de notre quatrième jour de correspondance.

Une femme ne va pas écrire un truc pareil à un gars contacté sur un site de rencontres, si le gars en question ne lui plaît pas. Elle demandait / s’attendait / espérait que je lui emboite le pas en donnant un tournant sexuel à la conversation. Mais moi, je lui répond quoi? l’équivalent de :

« Je ne suis pas comme les autres hommes, MOI. Je sais parler d’autre chose que de cul à une jolie jeune femme, MOI. Je t’apprécie pour ta personnalité et non par envie de te fourrer, MOI. Tu n’as pas à jouer le rôle de la soumise pour avoir mon attention, MOI. »

Un vrai discours de Nice Guy auto-castré qui cherche très fort à se montrer meilleur que les autres. Et tellement aveuglé par la doctrine disant que tout comportement masculin est négatif, que je ne suis même plus capable d’avoir le comportement masculin positif que demandent les femmes.

Alex est trop modeste pour se qualifier lui-même comme tel. Mais il est un mâle Alpha. Un vrai, comme le gorille, pas comme la vision sociale démonisée. On s’entends bien lui et moi car tout comme moi, il met toujours de l’effort dans son amélioration constante de soi. Comme moi, il réfléchit sur ses expériences de vie et en tire de la sagesse. Comme moi, il met de l’importance dans la forme physique et la santé.

Mais là où l’on diverge radicalement, c’est dans nos relations avec les femmes. Car contrairement à moi, il agit exactement de la bonne manière pour les attirer, les séduire, les obtenir, et avoir avec elles des relations harmonieuses, sans abus d’une part ou d’autre.

C’est avec grande curiosité qu’Alex a suivi ma récente série de billets Noémie, ou le rêve devenu réalité. Et c’est avec grand découragement qu’il a vu comment j’ai réussi à faire foirer cette relation naissante, de la manière que j’ai répondu à l’invitation de Noémie à aller la rejoindre.

Ma stupidité a donné un tel choc à Alex, qu’il a fait le genre de truc qu’il ne ferait jamais d’habitude. Sous le sceau du secret, il m’a envoyé une capture d’écran d’une de ses propres conversations avec l’une de ses conquêtes, après en avoir censuré le nom et les visages. Dans celle-ci, tout comme l’a fait Noémie, sa correspondante lui a envoyé un selfie en sous-vêtements. Mais contrairement à moi, il lui a donné la réponse qu’elle demandait / s’attendait / espérait de lui. Et c’était dans le style de ceci :

Ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’orgasmes.

Oui, c’est le genre de paroles masculines qui peuvent être malvenues lorsque le contexte ne s’y prête pas. Mais lorsque c’est en réponse à un selfie sexy que la fille lui envoie lors d’une conversation privée, c’est au contraire très bienvenu.

Mes réactions aux avances de Noémie se basaient tout de même sur un sentiment sincère. Je ne suis pas un Don Juan qui ne pense qu’à accumuler les conquêtes. Mon but premier a toujours été d’être dans une relation stable. Mais il faut que je me mette en tête que nous ne sommes plus en 1950. Apprendre à se connaitre, puis être amis, pour ensuite être en couple, pour ensuite baiser… Ça fait longtemps que l’ordre social des choses a changé. Maintenant, c’est : Contact, baise, et ensuite on voit si on veut le refaire. Et si on est amants assez longtemps pour se rendre compte que nous sommes compatibles, c’est là que l’on voit si on veut être exclusifs ou non. C’est sûr, il y aura toujours des exceptions. Mais dans la majorité des rencontres en ligne, c’est comme ça que ça marche.

Sous la suggestion d’Alex, je me suis procuré deux livres. Le premier est No More Mister Nice Guy. Sa lecture m’a ouvert les yeux sur bien des choses, allant de ce qui pousse un gars à devenir Nice Guy, aux comportement typiques de ceux-ci, de l’hypocrisie qui se cache dans ses gestes, et aux relations catastrophiques qui en découlent. Ça m’a surtout rassuré comme quoi je suis sur la bonne voie depuis plusieurs années. Car bien que j’y reconnais à 100% celui que j’étais de mes 15 à 27 ans, je n’ai plus que 20% de ce comportement aujourd’hui.

Le second livre, The Unplugged Alpha, pousse la chose plus loin. D’abord en expliquant ce qu’est un vrai Mâle Alpha. Et pourquoi les femmes vont toujours préférer ceux-là, plutôt que ces hommes qu’elles éduquent pourtant elles-mêmes à agir en Beta.

Je ne sais pas si ces livres existent en version Française, parce que nous ne sommes pas tous bilingues. Mais c’est sans la moindre hésitation que je leur fais de la publicité en vous les recommandant. C’est un bien faible paiement pour l’aide que leur lecture m’a apporté. Une aide qui devrait permettre ma transition, de Beta vers quelque chose d’un peu plus Alpha.

Comme je le dit dans la première phrase de cet article, je n’ai pas la personnalité d’un Alpha. Je ne suis pas un dragueur dans l’âme. Je peux le devenir si l’occasion s’y prête, pour peu que je puisse reconnaître les signes comme quoi le potentiel d’une interaction intime est là, et qu’elle serait bienvenue par l’autre parti. Mais sinon, je ne suis pas celui qui va faire les premiers pas pour une drague non-sollicitée. C’est un rôle dans lequel je n’ai jamais été à l’aise.

Et c’est la raison pourquoi, depuis les vingt dernières années, je travaille fort à devenir le genre d’homme qui peut intéresser les femmes. Le premier contact que l’autre aura avec toi sera toujours visuel. Je dois donc m’arranger pour leur donner envie de m’approcher. J’arbore la coupe de cheveux à la mode. Je porte des vêtements qui m’avantagent. Je ne néglige pas mon hygiène. Et je travaille fort au gym afin de donner à mon corps cette forme qui attire leur regard.

(Très) lentement mais (très) sûrement.

Et c’est justement au gym que s’est produite, il y a trois semaines, l’anecdote qui va suivre.

Mardi 4 juin, 11h11. J’arrive au gym. J’ai à la main mon mini sac de sport qui contient ma bouteille, mes gants, mes écouteurs, mes clés, mon portefeuille, mes lunettes et mon téléphone, parce que c’est encombrant de trainer tout ça dans mes shorts. À part pour une jeune femme sur la machine à leg press, la place est déserte.

Comme d’habitude, je m’en vais de l’autre côté de la salle, pour commencer avec le bench press. Je mets un podcast de The Unplugged Alpha sur mon téléphone. J’allume mes écouteurs pour pouvoir l’entendre en écoute privée. Je met mes gants. J’enfile les poids sur la barre d’haltères, 10 lb de plus que la dernière fois afin de forcer ma progression. Je me couche sur le banc, je ferme les yeux et je commence. Le premier set de dix répétitions est difficile, mais faisable. Le second est plus pénible et je n’en fais que huit, avec les bras qui tremblent. Au début du troisième set, j’ai l’impression que l’on me parle. J’ouvre les yeux. C’est la fille.

Environs 5’4″ / 1.64 m, mi-trentaine, cheveux longs, blonds, attachée en chignon. Assez jolie, et ce naturellement car elle n’est pas maquillée. Mince mais pas comme un mannequin, et avec des épaules de nageuse professionnelle. Au premier coup d’oeil, juste par sa forme et sa musculature, on voit qu’elle sait ce qu’elle fait au gym.

À peu près ça.

Je repose l’haltère sur ses crochets et j’enlève mes écouteurs. Elle me dit qu’elle a remarqué que je levais ces poids avec difficulté. Aussi, elle me recommande de relever les butoirs de chaque côté du banc d’exercice, histoire de ne pas me retrouver coincé sous l’haltère, advenant que je n’arriverais pas à la remonter. Elle me montre comment en placer un. Je place l’autre. Je la remercie de son aide. Elle retourne à son banc. Je remet mes écouteurs et je finis mon set.

Je me déplace vers le rack d’haltères pour les squats. Et je vois que cette jeune femme vient s’installer pas très loin, à côté des petits haltères à mains. Par les miroirs qui tapissent les murs, je la surprend à m’observer. J’ai l’impression qu’elle cherche une autre opportunité pour venir me parler. Je trouve cette idée intéressante. N’ayant jamais été dragueur, je ne vois pas ce que je pourrais aller lui dire pour briser la glace. Alors j’opte pour l’option passive, en me montrant réceptif à une éventuelle intervention de sa part. J’éteint mon podcast, j’enlève mes écouteurs, je remet le tout dans mon sac, et je reprends mes squats.

Effectivement, une minute plus tard, elle revient me rejoindre. Elle commence par s’excuser, comme quoi elle ne veut pas être intrusive. Mais elle trouve que je force beaucoup des genoux. Elle me dit qu’elle les a entendu craquer pendant que je faisais mon premier set de squats, et qu’il y aurait moyen d’améliorer ça en corrigeant ma posture. Je la rassure comme quoi au contraire, puisque je m’exerce sans entraineur pour me guider, ses conseils sont les bienvenus.

Puisqu’il semblerait que l’on va se parler un bon bout de temps, je me présente. Et vous ne devinerez jamais. Elle s’appelle Noémie elle aussi. Cette coïncidence m’amuse beaucoup.

À partir de là, nous nous sommes entrainés ensemble. Et elle m’a donné des conseils pour chaque exercice, tout en s’entrainant elle-même de son côté.

Au fil des conversations, Noémie2 finit par laisser échapper le fait qu’elle est en couple. Décevant! Mais en même temps, la moitié de mes amantes des vingt-cinq dernières années l’étaient également. Alors pour ce que ça veut dire.

Au bout d’une heure, je lui annonce que je dois partir. Je dois aller me faire à manger et me préparer pour mon quart de travail qui commence à 15h. Je la salue en la remerciant. Et pas juste pour ses conseils. Car sa présence m’a influencé à me pousser beaucoup plus que d’habitude lors des exercices. J’en aurai pour deux jours à avoir trop mal aux muscles pour les travailler davantage.

En vingt ans à fréquenter les gyms, c’est la première fois que je m’y fais aborder par une femme. Et le fait qu’elle s’appelle également Noémie me donne l’impression que c’est le destin qui me donne une seconde chance. Je ne compte donc pas refaire les mêmes erreurs qu’avec la première. Cette Noémie-là, je ne la laisserai pas filer.

Pour elle, je me sens prêt à amorcer ma transition de Beta vers Alpha.

À suivre et à conclure.

Noémie, 6e partie, le Post Scriptum. En réponse à vos questions.

IMPORTANT. À l’exception de mes propres photos, toutes les images de cet article proviennent de sites de stock photos libres de droits. Et les noms sont changés. Ceci est dans le but de respecter l’anonymat des personnes concernées.

Je suis surpris. Voilà bien longtemps qu’une série de billets n’avait pas suscité autant d’intérêt. Je ne sais pas si c’est à cause du thème classique de la jeune beauté qui s’offre à un homme mur, celui de l’homme dans la crise de la cinquantaine qui décide de se reprendre en main pour vivre une seconde jeunesse, ou bien celui d’avoir passé à côté d’un rêve qui n’a que peu de chance de se reproduire. Mais quelque chose a dû résonner avec les gens, car on m’a posé plusieurs questions, autant en message privé qu’en personne. Je vais donc y répondre ici.

QUESTION 1: Où suis-je rendu en ce moment?
Il y a deux billets de celà, j’expliquais que j’avais la possibilité de déménager pour travailler à Cap-Deroux, la ville voisine de Saint-Ciboire-du-Bout-de-Christ où habite Noémie. Mais n’ayant plus aucune raison d’y aller, j’ai opté pour renouveler mon contrat à mon CHSLD habituel. Puisque Noémie ne veut plus de moi, à quoi ça servirait d’insister ?

QUESTION 2 : Pourquoi est-ce que je ne tente pas de rattraper le coup?
Si nous étions si compatibles, si on s’entendait si bien, ce serait bête de la laisser s’éloigner. Il faudrait que je lui parle. Que je lui explique. Que je tente de la convaincre que ce qu’il y avait entre nous mérite une chance d’exister.

Croyez-moi que je suis désolé de vous répondre ceci, mais non, je ne le ferai pas. Parce que je sais par expérience que ça ne fonctionnera pas.

Ce n’est pas être défaitiste ni baisser les bras. C’est juste un phénomène universel : Le Moment. Entre deux personnes qui ont le potentiel de vivre une attirance, il arrive parfois un moment dans lequel on peut (ou on doit) agir. Entre Noémie et moi, ce moment est passé. Comme le disait mon grand-père : Avant le temps, ce n’est pas le temps. Après le temps, ce n’est plus le temps.

Au début du premier billet de la série L’intérêt d’une femme vient avec une date d’expiration, je dis bien que c’est une situation que j’ai vécue six fois dans ma vie. Je n’ai fait mention que de Daniella et Océane, puisque j’ai déjà des billets consacré à elles sur ce blog. Mais oui, les cinq premières fois, j’ai tenté de rattraper le coup. Mes efforts n’ont récolté que du mutisme de la part de quatre d’entre elles. Seule Océane m’a répondu. Et ce fut pour tenter de me gaslighter en niant effrontément ce qui s’était passé. J’ai même appris plus tard qu’elle était allé raconter notre soirée à plusieurs personnes, mais en inversant les rôles de qui avait dragué et repoussé qui.

À tout coup, au final, j’ai juste eu l’air d’un loser désespéré. Alors insister également auprès de Noémie ne fera qu’empirer mon cas. Elle me rajoutera à la liste de tous ses prétendants qui deviennent pathétiques après avoir constaté qu’elle perdait intérêt. Et je le sais car lors de nos neuf jours de correspondance intense, elle m’a montré des capture d’écran de leurs réactions, afin de se moquer d’eux auprès de moi. Par exemple:

Et à cet autre gars, elle disait carrément n’importe quoi pour justifier son éloignement.

Il y a une chose que l’expérience m’a apprise, et c’est que lorsqu’une fille se décrit elle-même dans le style de « J’ai un comportement à problème totalement illogique mais j’m’en fous parce que je suis comme ça alors je n’y peux rien faut l’accepter bye!  » , eh bien de 1 c’est bidon car jamais on ne la verra agir de cette manière. Et de 2, que ce soit bidon ou non, il reste que si elle dit ça à un gars, c’est dans le but de le décourager de l’approcher. Alors peu importe la raison pourquoi elle n’est pas intéressée, le fait est qu’elle n’est pas intéressée. S’y accrocher est donc une perte de temps.

Sans oublier que si j’essaye d’en discuter avec elle, alors elle va certainement montrer des captures d’écran de ma plaidoirie à ses prochains prétendants pour se moquer de moi auprès d’eux. C’est une constante chez elle, si on en croit ce que lui a écrit celui-là:

Mais si ! La preuve.

Non seulement je n’y gagnerais rien, je perdrais le peu de dignité qu’il me reste. Puisque nos derniers échanges étaient cordiaux, vous comprendrez pourquoi je vais me contenter d’en rester là.

Surtout que …

QUESTION 3: Non, Noémie n’est pas à blâmer pour l’échec de notre relation.
Comme la majorité de la population, elle a juste suivi ses instincts. Lorsqu’elle ressentait de l’intérêt pour moi, elle ne s’est pas demandé pourquoi. Elle a simplement agi de manière à assouvir ce désir. Et quand elle a arrêté de me désirer, elle ne s’est pas demandé pourquoi non plus. Elle a juste cessé d’aller vers moi. Et c’est un comportement qui est totalement normal.

Moi, par contre, quand il est question d’impulsion amoureuse et/ou sexuelle, je fais partie des rares gens qui vont s’auto-observer et analyser chaque détail. Par conséquent, si je tente de lui en parler en lui expliquant la psychologie derrière chacun de nos gestes, elle risque de me regarder de cette manière :

Ce qui sera probablement sa réaction anyway le jour où elle tombera sur ces billets de blog.

QUESTION 4 : Qu’est-ce que je regrette? Qu’est-ce que j’aurais fait de différent?
Certaines personnes disent qu’il est inutile de se poser ce genre de questions puisque ça nous fait vivre dans le passé. En réalité, c’est l’inverse. Nous devons à Karl Marx une pensée très pertinente à ce sujet: « Quiconque oublie son passé est condamné à le revivre. »  Je dois donc voir où étaient mes erreurs du passé, afin de ne pas les répéter dans l’avenir.

Le billet précédent devait à l’origine s’intituler « C’est l’intellect qui tue l’instinct. » Ce n’est pas pour rien. Voyez comment mon intellect m’influençait à répondre aux avances de Noémie.

Pourquoi est-ce que j’essayais d’être vertueux avec une fille qui ne demande qu’à m’allumer? C’est avec mon instinct animal que j’aurais dû lui répondre. En lui disant ceci:

Et ceci:

Mais surtout, lorsqu’elle m’a envoyé ceci…

… après m’avoir dit qu’elle était seule chez elle, avait bu du vin, et avait envie de se faire sauter, ce n’est pas cette réponse pas-de-couilles qu’il fallait lui donner:

C’est ÇA:

Parce que c’est ça qu’elle voulait entendre. C’est ça qu’elle voulait comme réaction.

Et moi, qui me cache derrière l’excuse raisonnable de « Oui mais je travaille demain matin et j’aurai de la difficulté à faire mes huit heures de boulot avec seulement deux heures de sommeil. » FOUTAISES ! Il y a trois ans, tel que décrit dans ce billet de blog, à cause de mes parents, j’ai dû me taper trois déménagements le même jour, de huit heure du matin jusqu’à une heure la nuit suivante. Et après, il a fallu que j’aille rendre le camion pour ensuite revenir chez moi à vélo, et je n’ai pu me coucher qu’à 02h45. Si j’ai été capable de me taper dix-huit heures et demie de travail physique intense, je pouvais certainement baiser pendant deux heures, dormir deux heures, et faire mes huit heures de boulot.

Et c’est ce que je veux dire, par C’est l’intellect qui tue l’instinct. Depuis les débuts de mon adolescence, on m’a inculqué l’idée comme quoi aucune femme n’aime les hommes qui sont contrôlés par leur instinct sexuel. Oui, je comprends que lorsqu’il s’agit d’insistance lourde à draguer une femme non-intéressée, en passant par le harcèlement sexuel, jusqu’au viol, alors effectivement, ce comportement est inacceptable. Mais quand c’est la fille qui fait tout pour me provoquer à lui sauter dessus, comme l’ont fait Daniella, Océane et Noémie, ce n’est pas malvenu. Au contraire, elles ne demandaient que ça. Mais moi, pour éviter de commettre un geste irréfléchi, je vis la sexualité dans ma tête au lieu de la vivre avec mes tripes comme le reste de la population normale. Mon intellect a véritablement tué mon instinct.

Face à ma retenue et à mon respect excessif, il n’est pas étonnant que la question que les femmes m’ont le plus souvent posé dans ma vie est : « Est-ce que t’es gai? » Et ça m’insulte à chaque fois. Non pas par homophobie. Mais bien parce que je prends la peine de faire l’effort de les écouter et de respecter leurs limites. Pour ensuite me le faire reprocher.

Ouvre toujours tes oreilles, mais ne ferme jamais tes yeux.
J’ai un jour entendu une pensée dans le style de « Pour bien connaître une femme, n’écoute pas ce qu’elle dit, regarde ce qu’elle fait. » En réalité, cette pensée s’applique à tout le monde, tous genres confondus. Et ça en fait l’une des plus sages paroles qu’il m’ait été donné d’entendre. Une que j’aurais dû appliquer il y a longtemps.

Et enfin:

QUESTION 5 : Comment est-ce que je me sens, face à cet échec?
Beaucoup mieux qu’on pourrait le croire. Il y a un moment pour agir, et il y a un moment pour réfléchir. Et s’il y a un temps où l’intellect doit dominer l’instinct, c’est bien face aux contrariétés de la vie. Ça ne me servirait à rien de rager contre ma propre stupidité, ou regarder la chose avec mélancolie. Parce que ÇA, ce serait vivre dans le passé.

Surtout que, m’accrocher à Noémie et à ce que nous aurions pu être, ce serait croire que je n’aurai plus jamais une telle opportunité. Il est vrai que ce serait le cas si j’avais encore l’air de ceci:

Mais maintenant que je ressemble à ça…

… alors tous les espoirs sont permis. Au cour des quinze dernières années, la vie a mis sur mon chemin trois jeunes femmes (18, 24 et 25 ans) qui préféraient les hommes matures. Et ça, c’était par hasard. Si je me donne la peine de chercher, alors je trouverai.

Je ne commettrai pas l’erreur de chercher une autre Noémie. Mais j’en trouverai une qui me la fera oublier.

Noémie, ou le rêve devenu réalité, 5e partie: Apprendre de ses erreur.

Au Québec, nous avons une phrase populaire qui va comme suit : « Commence donc par te regarder, avant de juger les autres. »  Bien que généralement prononcée sur un ton méprisant, il reste que cette suggestion ne manque pas de pertinence.

Car en effet, il serait facile pour moi de me dire que ma seule erreur, c’était d’avoir oublié que l’intérêt d’une femme vient avec une date d’expiration.  Ça me laverait de toute faute, puisque je n’aurais été là-dedans que la pauvre victime d’une règle féminine aussi injuste qu’illogique. Le problème, c’est qu’en niant l’existence de mes erreurs, je m’assurerais de les répéter un jour.  Et ceci ne ferait que rendre éternel un problème que je pourrais régler, pour peu que je pile sur mon orgueil assez longtemps pour reconnaître mes fautes.  Et durant les 15 premiers jours de ma relation avec Noémie, ces fautes ont été nombreuses.

ERREUR no.1 : Être défaitiste dès le départ.
Je le démontre dès la toute première phrase de mon tout premier message.   « Rien à craindre, je sais que je suis trop vieux. »  Je suis tellement convaincu que je vais me faire repousser que je n’essaye même pas d’établir un dialogue égalitaire.  J’accepte d’avance mon statut de perdant, en déclarant forfait dans les premiers mots que je lui adresse.  Avec une attitude aussi peu winner, c’est déjà heureux qu’elle m’ait répondu.

J’aurais dû prendre une leçon du bédéiste Joe Matt, lorsqu’il décrit comment il s’est retrouvé en couple avec une fan de 18 ans.

Source: Joe Matt’s Peep Show #15.

ERREUR no.2 : Ne pas considérer que Noémie est une adulte, donc mon égale.
Légalement, je pourrais fréquenter une fille de 18 ans.  Charlie Chaplin, par exemple, avait 54 ans lorsqu’il a épousé son grand amour, Oona O’neil qui en avait 18.  Or, la légalité et la biologie, c’est deux.  Ces jours-ci, il circule une théorie disant que ce n’est qu’à 25 ans que le lobe frontal du cortex est pleinement développé.  À ce moment-là, la capacité de raisonner est à pleine maturité.  Noémie les avait, ces 25 ans.  Alors j’ai beau avoir plus du double de son âge, Noémie est une adulte mature au même titre que moi.  Le fait qu’elle a trente ans de moins d’expérience de vie ne rend pas ses désirs et décisions moins pertinents.  Alors si elle me désire et décide de me le montrer, elle est assez vieille pour savoir ce qu’elle fait. 

ERREUR no.3 : Décider à sa place de ce qu’elle doit penser de moi.
Dans le premier billet de cette série, je le dis en ces termes : « Il est clair dans ma tête que je ne suis pas le genre de candidat qu’elle recherche. »  Pourtant, relisez son texte de présentation.  

Où, là-dedans, dit-elle ce qu’elle cherche ou non chez un homme?  Nulle part !

Alors lorsque je dis que c’est clair dans ma tête, c’est parce que c’est le seul endroit où cette limite existait : Dans ma tête. 

J’en reviens à la première phrase que je lui ai écrite. « Rien à craindre » … Dès le départ, je décide à sa place qu’elle aura horreur d’être approchée par un homme de mon âge.  Et voyez avec quoi j’enchaine : « je sais que je suis trop vieux » …  JE SAIS ! 

Comme je l’ai expliqué il y a quelques billets de ça, Facebook Rencontre permet de choisir l’âge des gens de qui on veut voir le profil.  Alors si l’application m’a montré le profil de Noémie, c’est parce que mon âge faisait partie de ses préférences.  Par conséquent, lorsque j’ai prétendu que je savais que j’étais trop vieux pour elle, en réalité je n’en savais rien du tout.

ERREUR no.4 : Ne pas écouter ce qu’elle dit.
Je ne me souviens plus dans quel billet de blog j’ai pu écrire ça, et j’ai la flemme de chercher.  Mais j’ai un jour affirmé qu’il ne faut jamais accepter qu’une personne te rabaisse à la blague.  Peu importe si c’est sur un ton méprisant ou humoristique, il reste que si elle te dit cette remarque, c’est parce qu’elle le pense.    

Je ne m’étais jamais arrêté à penser que la même règle pouvait s’appliquer sur les commentaires positifs.

Noémie me draguait en blague.  Elle me complimentait en blague. Elle me montrait son intérêt en blague.  Elle m’a fait des propositions sexuelles en blague.  Et moi, tout ce que je voyais, c’était qu’elle me faisait des blagues.  Au lieu de voir qu’elle me draguait, me complimentait, me montrait son intérêt, et me faisait des propositions sexuelles.

J’entendais ce qu’elle disait.  Mais je ne l’écoutais pas.

ERREUR no.5 : Substituer la réalité pour une illusion.
Ce qui est tristement ironique, car comme on a pu le lire vers la fin du premier billet de cette série, lorsque Noémie et moi devenons amis, La première chose que je dis est « Bien que je ne me fasse pas d’illusion (…) Noémie est sérieusement tout ce que je pourrais chercher de mieux chez une femme. »

Contrairement à ce que je déclare, je m’en faisais, une illusion.  Je rejetais la réalité qui me montrait pourtant clairement que Noémie s’intéressait à moi.  Et je l’ai remplacé par l’illusion que ce n’était pas le cas. Par conséquent, je n’étais pas en relation avec elle.  J’étais en relation avec l’idée que j’ai choisi d’avoir d’elle. 

Cette réalisation m’a frappé comme une gifle.  Car ironiquement, c’est quelque chose que j’ai trop souvent reproché à bon nombre de celles que j’ai fréquenté. 

Ce qui signifie qu’effectivement, j’aurais dû me regarder avant de porter ce jugement sur d’autres.

Noémie, 4e partie : le rêve devient réalité.

IMPORTANT. À l’exception de mes propres photos, toutes les images de cet article proviennent de sites de stock photos libres de droits. Et les noms sont changés. Ceci est dans le but de respecter l’anonymat des personnes concernées.

Dans les jours qui suivent, je constate que Noémie ne répond plus aussi vite qu’avant à mes textos. Je suppose qu’elle est occupée. Il est vrai que dans notre métier, le temps supplémentaire est une réalité quasi-quotidienne. Mais il semblerait que ça ne sera plus mon cas pour longtemps, car il y a certains bouleversements qui surviennent à mon travail.

Je suis à l’emploi d’une agence qui place des travailleurs de la santé là où il manque de personnel, et ce partout au Québec. Nous signons des contrats renouvelables à tous les trois mois. Une enquête récente a mis à jour le fait qu’un grand nombre d’employés d’agences de placements en santé n’ont pas leur diplôme de préposé aux bénéficiaires. Par conséquent, le 15 avril, mon CHSLD nous annonce que notre contrat qui devait se terminer le 30 avril prendra plutôt fin le 20, dans cinq jours. Et il ne sera pas renouvelé.

Contrairement à la majorité de mes collègues d’agences, j’ai obtenu ce diplôme, moi. Je l’ai depuis juillet 2020. Alors mon agence me rassure comme quoi le premier mai, je serai réassigné à un autre CHSLD dans une autre ville. Ils seront bientôt en mesure de me dire où.

Je serai donc totalement libre du 21 au 30 avril. Ces dix jours de congés imprévus comportent un bon côté. Je m’empresse d’en faire part à Noémie. Je lui explique ce qui s’est passé. Et je termine sur cette note :

Sa réponse ne tarde pas. Mais ce n’est pas celle à laquelle je m’attendais.

Après avoir lu ma proposition de rencontre et l’avoir décliné, elle ne suggère aucune date alternative. Une femme intéréssée trouve des solutions. Une femme non-intéressée trouve des obstacles.

Cette impression d’éloignement se trouve confirmée dans les jours qui suivent, alors que nos conversations sont de plus en plus rares et courtes. Le 3 mai, dernière fois où je lui ai écrit, elle a mis deux jours avant d’aller lire. Et depuis, plus rien.

Ça ne peut pas être plus clair. Noémie a perdu intérêt pour moi.

Il est vrai que depuis que j’ai décliné son invitation, elle ne me parlait plus de sexe, ne m’envoyait plus de photos, et a cessé de me faire des remarques au sujet de ses seins. Les signes de la diminution de son intérêt étaient subtils mais ils étaient là. Je ne les avais juste pas constatés.

Ce n’est pas la première fois qu’une fille met fin à notre relation d’amitié après que j’ai décliné ses avances. Mais les circonstances étaient différentes. Avec Daniella, c’est parce que je me bornais à rester dans la friendzone. Quant à Océane, c’est pour lui avoir dit que je n’étais pas à l’aise avec le fait qu’elle avait bu, ni qu’elle voulait tromper son amoureux avec moi. À elles, j’ai carrément dit non. Il est donc normal qu’elles ne l’aient pas digéré. Mais dans le cas de Noémie, c’était différent. J’ai seulement remis ça à plus tard, à une date qui me conviendrait mieux. J’étais tellement certain que notre complicité était grande, que notre attrait l’un pour l’autre était fort, que jamais je n’ai imaginé que son offre entrait dans la catégorie Maintenant ou jamais !

Et c’est là que j’ai enfin compris deux leçon que j’aurais dû apprendre il y a longtemps : La première: Dès qu’une amie s’offre à toi sexuellement, la relation d’amitié se termine là. Et la seconde: L’intérêt d’une femme vient avec une date d’expiration. À partir de ce point, tout dépendant si tu lui répond favorablement ou non, ou bien vous serez amants, ou bien vous ne serez plus rien.

Dernier coup de théâtre à mon travail.
Le 16 avril, dix jours après avoir décliné l’offre sexuelle de Noémie, mon agence m’annonce que je serai relocalisé à Cap-Deroux, la ville voisine de Saint-Ciboire-du-bout-de-Christ où habite Noémie. Je reçois même mon horaire de mai, et je constate que contrairement à mon CHSLD actuel qui me donne de huit à onze quarts de travail par semaine (ce qui donne un excellent salaire, mais ne permet aucune vie sociale), celui-là ne m’en donne que de trois à six. Encore heureux que j’ai consacré mes chèques de paies précédents à rembourser la totalité de mes dettes.

Mais un autre 24h plus tard, on m’apprend que finalement, après avoir fait les vérifications, mon CHSLD a réalisé que j’avais mon diplôme. Ce qui signifie que la direction voudrait renouveler mon contrat. C’est donc à moi de choisir entre rester là, ou bien partir pour aller habiter et travailler à Cap-Deroux.

Et c’est là que la réalité me frappe de plein fouet.
Je réalise que durant les quinze derniers jours, le hasard, le destin, Dieu ou peu importe, a tout mis en oeuvre pour faire une réalité de mon rêve de janvier. Celui dans lequel j’étais en relation amoureuse avec une jolie jeune femme dans la mi-vingtaine. Voyez vous-mêmes:

  • L’option automatique de Facebook Rencontre nommée Bonne Étoile m’a envoyé sur le profil de Noémie, malgré le fait qu’elle ne correspondait ni à l’âge ni à la distance que je demandais.
  • Noémie qui représente ce qui passe actuellement comme étant le summum de la beauté physique.
  • Noémie dont les 25 ans en font à la fois une adulte responsable et mature, et en même temps la plus jeune femme qu’il m’est socialement acceptable de fréquenter.
  • D’habitude, lorsque je crois que je n’ai pas la moindre chance, je n’essaie même pas. Mais là, je ne sais pas pourquoi, je lui ai tout de même écrit, au risque de passer pour un vieux pervers.
  • Et elle m’a répondu.
  • Une semaine plus tard, elle était toujours célibataire et intéressée à me connaître.
  • Car elle est l’une de ces rares jeunes femmes qui préfèrent les hommes qui ont l’âge d’être son père.
  • Nos conversations démontraient que j’avais bien plus en commun avec elle qu’avec la majorité des femmes de ma génération.
  • Bien que je restais parfait gentleman, elle devenait de plus en plus intéressée à moi.
  • Jusqu’au soir où elle s’est offerte à moi.
  • Les deux seuls côtés négatifs de notre relation sont mon horaire trop chargé, et les 2h15 de route.  Mais voilà que j’ai l’opportunité de déménager à un quart d’heure de chez elle, avec un horaire qui permet de se fréquenter normalement.

Si j’étais allé coucher chez Noémie le soir où elle m’a invité à le faire, non seulement aurions-nous encore notre relation, nous aurions l’opportunité de devenir amants réguliers, amoureux, et qui sait, peut-être même couple stable.

Comme dans mon rêve.

Ce qui signifie que Noémie était mon rêve devenu réalité. Toutes les circonstances se sont parfaitement enlignées dans ce but.

Et moi, j’ai laissé cette opportunité unique me filer entre les doigts. Parce que j’ai joué au nice guy. Parce que j’ai passé ma vie à m’obstiner à aller à contre-courant du comportement masculin normal. Parce que j’ai toujours ressenti le besoin de (me) prouver que je ne suis pas comme les autres hommes. Parce que j’essayais de bien paraître, en me montrant raisonnable et en contrôle de mes pulsions. Auprès d’une fille qui n’a jamais voulu que je sois l’un ou l’autre.

Hostie !
De calice !
De tabarnak !

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Prochain billet: C’est l’intellect qui tue l’instinct.

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QUELQUES LIENS

Océane, le billet complet.
Océane, la suite.
Comment nait la confiance en soi. (autres détails sur Océane)
Daniella, ou en ami seulement.
Le premier billet de la série de 3: L’intérêt d’une femme vient avec une date d’expiration

Noémie, ou le rêve devenu réalité. 3e partie: ça devient sérieux.

IMPORTANT. À l’exception de mes propres photos, toutes les images de cet article proviennent de sites de stock photos libres de droits. Et les noms sont changés. Ceci est dans le but de respecter l’anonymat des personnes concernées.

Samedi le 6 avril.  9e jour de correspondance avec Noémie. Hier, elle m’a dit qu’elle aurait congé aujourd’hui et qu’elle passerait la journée au lit à boire du vin. Moi, je travaille de jour, de 07h00 à 15h00. Au retour du boulot, je lui écris un petit mot à 15h40. Elle ne me répondra qu’en soirée, à 19h43.

Apparemment, elle n’a pas démordu de son idée de se saouler au vin. Quelques minutes plus tard, elle me réécrit. Pour me dire qu’elle est célibataire.

« Déchausser la chaussette » … Voilà une manière très originale pour me dire qu’elle a envie de baiser.

Et soudainement, je réalise ce qu’elle est en train de faire.

  • Elle me rappelle qu’elle est célibataire.
  • Elle sait que je sais qu’elle est seule chez elle.
  • Elle me dit qu’elle boit du vin.
  • Elle me dit qu’elle a envie de se faire sauter.

Je ne suis plus aussi naïf que dans ma jeunesse.  Je vois clairement qu’elle cherche à me provoquer, de manière à me donner envie d’aller la rejoindre chez elle. Et selon La convention sociale du « Si tu viens, tu couches », si elle m’invite chez elle, c’est pour une soirée de sexe. Même si c’est en sous-entendus, une fille ne va pas dire des trucs pareils à un gars si ce dernier ne l’intéresse pas.   

Je vérifie néanmoins auprès d’elle la signification de ce gif animé, histoire de m’éviter de mal interpréter son message.

Pour les non-initiés, la chaussette enfilée sur une poignée de porte serait le signal universel pour dire aux passants « Ne pas déranger, je baise ! » Alors voilà, c’est confirmé. Elle m’invite à aller la rejoindre chez elle. Pour du sexe. Ça me rend heureux car j’espérais que l’on finisse un jour ensemble. Je ne m’attendais juste pas à ce que ça arrive si vite.

Puisqu’elle habite loin, je calcule mentalement le temps que ça va prendre. Il est déjà 20h. Je travaillais aujourd’hui, et je ne me suis pas lavé en revenant du boulot. Et ça fait plusieurs jours que je me néglige les poils. Le temps d’une douche, shampooing, tailler la barbe, m’occuper de mes dents, m’habiller…  Même en me pressant, j’en ai pour 45 minutes avant d’entrer dans mon auto.  Donc, départ à 20h45.

La ville de Saint-Ciboire-du-bout-de-Christ, c’est à 2h15 de chez moi.  Donc, arrivée à 23h. Je ne connais pas l’adresse de Noémie, mais ça reste une petite ville.  J’imagine donc 15 minutes pour me rendre chez elle, donc 23h15. Le temps que j’entre, qu’on jase un peu, qu’elle me serve du vin, qu’on se détende puisque c’est la première fois qu’on va se voir… On devrait passer à l’action autour de minuit. Elle est jeune et pleine d’énergie, et ça sera notre première fois. Une superbe jeune femme comme elle, je veux m’assurer de lui plaire. Pour lui en mettre plein la vue, je vais sortir le grand jeu, résultat de mes 38 ans d’expériences sexuelles. Je dois donc m’attendre à ce que ça dure jusqu’à 01h30 ou 02h00. Après le sexe, il y aura un moment pour se parler, se câliner… Donc, dodo vers 2h30.

Le problème là-dedans, c’est que je travaille ensuite à 07h00.  Enlevons deux heures quinze de route, ça veut dire que je dois partir de chez elle vers 04h45. Ça signifie me lever au plus tard à 04h30. Ce qui ne me laisse deux heures de sommeil.

De plus, elle semble avoir consommé pas mal de vin.  Je ne pourrai être chez elle que dans trois heures.  Et si, en m’attendant, elle tombe endormie ?  C’est quelque chose que j’ai déjà vécu quelquefois par les années passées.  Et une fois réveillées par mon arrivée, ces femmes étaient beaucoup trop abruties par le sommeil pour avoir encore la moindre pensée lubrique, et encore moins avoir envie de moi.  Et si l’histoire se répétait ?

Tel que j’en ai parlé dans le 3e billet de la série L’Intérêt d’une femme vient avec une date d’expiration, j’ai toujours ressenti un profond malaise avec l’idée de coucher avec une femme au moment où celle-ci est en état d’ébriété. Même si elle me suppliait de la baiser ce soir, il suffirait qu’elle change d’idée le lendemain pour m’accuser d’avoir profité de son état pour en abuser sexuellement.

Bon, je sais bien que tout ceci n’est que de la vieille parano qui remonte à mon adolescence. Je sais que Noémie ne me fera pas ce coup-là. La preuve, c’est qu’elle me parle de sexe et de son attirance pour moi depuis le tout début de nos contacts, alors qu’elle était toujours sobre. Mais il reste le problème incontournable du fait que je ne pourrai dormir que deux heures avant de me taper deux heures quinze de route et huit heures de travail. Et ceci m’oblige à remettre notre rencontre sexuelle à une date ultérieure. Ce que je fais après avoir consulté mon agenda.

Maintenant que je lui ai expliqué, il ne me reste plus qu’à lui donner le goût d’attendre. Je déterre un selfie de juillet 2020.

Son avatar en guise de réponse me donne l’impression qu’elle ne va pas perdre son intérêt pour moi en attendant que nos horaires correspondent. Au moment où je m’apprête à lui souhaiter bonne nuit, elle me relance avec ceci :

Ok, là, elle ne fait plus dans la subtilité. Nous savons tous que les hommes sont visuels, faciles à allumer avec des images sexy. Alors si elle m’envoie ce selfie, c’est parce qu’elle désire que je change d’idée et que j’aille la rejoindre maintenant.

C’est tentant ! Mais si je fais ça, alors je ne pourrai dormir que deux heures. Après avoir baisé. Et probablement bu du vin. Pour ensuite devoir aller travailler pendant huit heures.

Il y a dix ans, j’étais encore tellement allumé et contrôlé par ma libido que je l’aurais fait sans hésitation.  Mais avec l’âge, la sagesse augmente à mesure que la testostérone diminue. Même si je ne prends pas d’alcool, le manque de sommeil ajouté à l’énergie dépensée feront que ma journée de travail de demain sera au-dessus de mes forces. Il ne faut pas oublier que je m’occupe physiquement de gens en perte d’autonomie. Majoritairement des gens du troisiène âge, fragiles, de santé précaire. La moindre erreur de ma part pourrait leur causer une chute pouvant entrainer des blessures graves, voire même la mort. La sécurité de mes résidents est primordiale. Je ne plaisante pas avec ça.

Mais je n’ose pas l’expliquer à Noémie. Son insistance à me tenter sexuellement, après que j’ai décliné son offre, me montre qu’elle me désire sérieusement. Voilà pourquoi je n’ai pas envie de répondre à ses avances en lui faisant subir un second revers plus direct.

Sans trop savoir quoi faire, je lui répond la première chose neutre qui me passe par la tête.

Au moins, elle le prend en riant.

J’ajoute un commentaire et j’attends sa réaction. Mais en voyant qu’elle ne répondait toujours pas au bout de 25 minutes, j’ai mis un terme à la conversation.

Je lâche le net pour me diriger à la douche. Puis, je me couche, heureux de voir que Noémie et moi avons dépassé le stade de l’amitié et du flirt pour passer à celui d’amants. Bon, nous ne le serons vraiment que lorsque nous coucherons ensemble dans un mois. Mais ça nous laisse le temps de voir comment on pourra s’arranger pour que nos horaires correspondent mieux par la suite. Par exemple, les weekends, je peux demander de travailler samedi de jour, et dimanche de soir. Comme ça, on pourra se voir de 18h le samedi jusqu’à dimanche midi. Une rencontre hebdomadaire, c’est déjà mieux qu’une mensuelle. À chaque problème, sa solution. J’ai confiance en l’avenir.

Je ne m’attendais juste pas à ce qui allait arriver le lendemain.

À suivre.

Noémie, ou le rêve devenu réalité. 2e partie, une amitié se développe.

IMPORTANT. À l’exception de mes propres photos, toutes les images de cet article proviennent de sites de stock photos libres de droits. Et les noms sont changés. Ceci est dans le but de respecter l’anonymat des personnes concernées.

Étant donné que j’ai toujours eu l’air plus jeune que mon âge (lorsque je prends soin de moi, du moins) je suis habitué à ce que les femmes aient un doute quant à la légitimité de mes photos. Aussi, bien que je sois au travail, je décide d’envoyer a Noémie un petit vidéo dans lequel je lui dis ce qui suit:

« Bonjour Noémie. Techniquement, je ne suis pas supposé utiliser mon téléphone au travail, et encore moins prendre des photos. Mais je tenais à te donner un échantillon de ma voix et de mon vocabulaire. Et en même temps, te montrer que les photos de moi que j’ai mis sur mon profil de Facebook Rencontre sont récentes. Elles ne datent pas de 2004, genre. Alors c’est ça. Bye! »

Dès le départ, elle me drague. Ça m’amuse. Mais comme je l’ai déjà écrit en 2019 en statut de Facebook, alors que l’on tentait de me hameçonner : « Je suis vaniteux, prétentieux et j’ai un ego parfois démesuré. Mais même à moi, on ne fera pas gober que je puisse plaire à une gamine de la moitié de mon âge. » N’empêche, que ce soit sincère ou bien en jeu, c’est toujours plaisant à entendre.

Ainsi commenceront 9 jours de correspondance intense dans laquelle nous aborderons plusieurs sujets. par exemple.

Sujet de conversation: NOS CONTACTS SUR FB RENCONTRES.
Et elle n’hésite pas à me montrer des captures d’écran de conversations qu’elle a avec d’autres gars, histoire de s’en moquer avec moi.

C’est du Québécois pour « Diantre, que les gens sont tarés. »

Je n’ai aucun problème avec le fait qu’elle parle avec d’autres hommes. Ce n’est pas parce qu’elle me laisse indifférent. Bien au contraire, plus on se parle et plus elle m’intéresse. Non, c’est juste que je connais très bien les filles comme elle. Et la majorité des gars qu’elles attirent sont incompatibles avec elle. Il n’y a qu’à voir les photos qu’elle met en ligne, ou les vidéos qu’elle met sur Tik Tok. Dans tous les cas, elle se fait belle, sexy, sensuelle, et elle se met en étalage. Autrement dit, elle s’offre. Et quand une fille s’offre, c’est parce qu’elle désire un homme qui va la prendre, donc un homme dominant, en contrôle.

À cause de sa grande beauté, elle attire surtout des gars qui ont tellement peur de lui déplaire qu’ils ne s’affirment pas. En plus de la considérer comme une déesse à qui ils s’offrent en tant qu’esclaves volontaires. Ce qui est totalement l’inverse de ce qu’elle cherche.

Aussi bien dire que je n’ai pas de compétition.

Sujet de conversation: LA MUSIQUE.
Voilà plusieurs années que j’ai constaté que lorsqu’une femme s’intéresse à un homme, elle lui envoie des liens vers ses chansons préférées. J’avoue que l’on n’a que peu de points en commun de ce côté-là, bien qu’elle m’ait fait découvrir un truc intéressant ou deux.

Sujet de conversation: NOS PHYSIQUES.
Là-dessus par contre, on se rejoint. Tout comme moi, elle considère importante sa forme physique et sa santé. Mais tout comme moi, elle n’arrive pas toujours à bien contrôler son appétit. Alors on échange des anecdotes, des trucs, des recettes, etc.

Sujet de conversation: LA PERCEPTION QUE LES AUTRES ONT DE NOUS.
Parce qu’elle est jeune, belle, sexy, coquette et provocante, les gens s’imaginent, au premier coup d’oeil, qu’elle est bourrée de botox, de silicone, et qu’elle gagne sa vie sur OnlyFans. Rien de plus faux. Non seulement est-elle à 100% naturelle, comme moi elle travaille dans le domaine de la santé. Et ça, c’est payant. Surtout lorsque le temps supplémentaire double nos heures de travail.

Sujet de conversation: NOUS.
Elle me fais plusieurs sous-entendus comme quoi elle me veut. Par exemple, elle m’apprend que ses deux derniers amoureux avaient près de 40 ans, alors qu’elle en avait 24 et moins. Et on se passe des interrogatoires, histoire de mieux se connaître.

Ce compliment est toujours apprécié, surtout lorsque c’est véridique.

Sujet de conversation: SES SEINS.
Elle semble en être fière. D’ailleurs, c’est toujours elle qui amène le sujet. Même lorsqu’elle commence sur un autre truc, ça y revient souvent. Par exemple :

Elle m’envoie ensuite trois selfies qui mettent au premier plan le sujet de son argument.

Les matins d’avril semblent froids à Saint-Ciboire-du-bout-de-Christ.
Il était évident qu’elle cherchait à se les faire complimenter.

Et bien sûr: LE SEXE.
J’avoue que pour ce sujet, je ressens un certain malaise. Déjà au cégep, lors de mon retour aux études alors que j’avais 28 ans, je n’osais pas trop approcher mes copines de classes. Puisque j’avais neuf, dix ou onze de plus qu’elles, l’idée de les draguer me donnait l’Impression d’être un genre de vieux saligaud. Bien que j’ai élargi ma vision des choses en matière d’âge, il reste que j’ai trente ans de plus que Noémie. C’est probablement la raison pour laquelle je tiens d’abord à ce que l’on se connaisse bien.

Et puis, des vieux qui lui courent après, il doit bien y en avoir à la tonne. Je tiens à lui montrer que je ne suis pas comme eux. Ce qui est une bonne chose, quand on considère ce truc qu’elle m’a dit:

Ce qui ne l’empêche pas de me poser des questions très directes.

Un peu trop directe pour mon confort. Non pas que je sois particulièrement prude. C’est juste que, peu importe ce que je répond, il y a un risque. Par exemple, si je décris mon idéal, et qu’elle n’y correspond pas, alors ça risque d’être la fin pour nous. Mais si je lui dis une description qui lui ressemble trop, il se peut qu’elle s’imagine que je ne sois pas sincère, et/ou que je risque de passer pour un horny bastard qui dirait n’importe quoi pour s’assurer d’avoir la fille. Quant à l’idéal sexuel, même chose. Je me suis toujours adapté aux préférences de mes partenaires, en pensant très rarement à moi. Je sais ce que je préfère, mais si je le lui dis, est-ce qu’elle va me trouver trop vanille ou au contraire trop pervers?

Et c’est la raison pourquoi je lui dis que l’on verra ça en personne. Car lorsque le désir sexuel apparait entre deux personnes, on n’a qu’à suivre ses tripes et se laisser aller par les envies du moment. Mais pour ça, il faudrait d’abord que l’on se rencontre, histoire de voir si on se désire autant en personne que via notre correspondance.

Dimanche le 31 mars, je décide de prendre l’initiative.
Je sais que nous aurons bientôt des jours de congés qui correspondent. Alors je lui envoie la proposition suivante.

Ce matin, j’ai décidé de planifier notre rencontre.  Ça va comme suit:

  • Je me lève, me refais une beauté, et je pars à 8am
  • J’arrive dans ta ville à 10am
  • On se voit au point de rencontre que l’on aura décidé 
  • On prend ton char car il a tabarnaquement plus de gueule que le mien
  • Tu me sers de guide touristique.
  • On trouve un centre d’achats, j’ai besoin d’un manteau de printemps.
  • On dine ensemble.
  • On jase et whatever jusqu’à 2pm, genre
  • Et je repars chez moi.  

Pourquoi une rencontre dîner plutôt que souper?  Parce que, après le souper, c’est le soir.  Et faire une rencontre de soir, c’est s’attendre à ce que le monsieur désire fortement jouer à touche-minou avec madame. Chose que Madame n’aura peut-être pas envie de. Tandis que là, pendant le dîner, aucune pression pour qu’il se passe de quoi ou non.  Même si tu te caressais les DD en me sussurrant sensuellement « Oh, Daddy, prend-moi sauvagement sur le bar à salade. », impossible de faire quoi que ce soit.

Ce qu’il y a de bien avec mon plan, c’est que si jamais le fait d’être en présence l’un de l’autre déclenche nos passions, il est évident qu’on va s’en foutre d’être en début d’après-midi. On ira chez elle pour baiser comme des lapins sur le Red Bull.

Les heures passent. Puis, les jours. Au fil de nos conversations qui suivent, je suis surpris et surtout déçu de voir qu’elle ne donne aucune suite à mon invitation. C’est comme si je ne lui avais rien écrit. Et ceci me porte à croire qu’elle n’a probablement pas envie de me rencontrer pour vrai, et qu’elle n’ose pas me le dire franchement. Je me contente donc de hausser les épaules en pensant « Tant pis! »

C’est dommage, quand même. Je commençais à y croire, que je pouvais plaire à une gamine de (moins de) la moitié de mon âge.

BIENTÔT: Les choses deviennent sérieuses.

Noémie, ou le rêve devenu réalité (1e partie)

IMPORTANT. À l’exception de mes propres photos, toutes les images de cet article proviennent de sites de stock photos libres de droits. Et les noms sont changés. Ceci est dans le but de respecter l’anonymat des personnes concernées.

Il y a quatre mois, fin de janvier.  Une nuit, je fais un rêve dans lequel une jolie jeune femme dans la mi-vingtaine tombe amoureuse de moi.  À mon réveil, bien que je trouve cette idée charmante, je sais trop bien que ça ne risque pas de se produire.  Ces dernières années, je me suis laissé aller.  Je ne me teins plus les cheveux, ce qui fait que j’arbore mon poil bariolé parsemé de spots de blancs, de gris, de brun et de noir.  Je ne me fais plus de traitement de la peau du visage.   Pour finir, voilà bien longtemps que je ne me soucie plus de la qualité ni de la quantité de ce que je mange.  Par conséquent, ma balance oscille autour de 231 lb / 104 kg. Mon physique est disgrâcieux et ma santé est une aberration.

Aussi, inspiré par ce rêve, je décide d’y remédier.  J’ai l’habitude.  Ça ne sera pas ma première remise en forme. En fait, ça sera la 5e ou 6e depuis les vingt-cinq dernières années.  Mais cette fois, si je m’y remets, il faudra que ça dure pour que ce soit la dernière.  Parce qu’à l’âge où je suis rendu, mon corps ne pourra plus supporter éternellement ces variations de poids en montagne russe.

Je me mets immédiatement sur un régime alimentaire à 90% végétarien, qui élimine tout ce qui commence par la lettre P de mon alimentation habituelle : pain, pâtes, patate / pomme de terre, pâté, poutine, pizza, pâtisserie, polyinsaturés, produits du porc et Pepsi. Et pour brûler les calories déjà stockées, j’accepte tous les temps supplémentaires et les quarts de travail double que la direction du CHSLD me propose.  Je perds de 12 à 15 lb (5,4 à 6,6 kg) par mois.  Ma perte de poids combinée à ma bonne alimentation me remplit d’énergie et je vois mes problèmes de santé disparaître.  Ajoutons à ça une barbe pour cacher mes rides et une teinture pour cacher mon âge, et j’étais complètement transformé au début d’avril. 

Sourire? Ça donne des rides.

Mais je n’avais pas encore atteint mon objectif, qui est de me construire un véritable corps d’athlète.

D’habitude, je combine le régime avec l’entrainement musculaire.  Ce n’est que l’an dernier que j’ai appris que c’était une erreur classique que font beaucoup de gens.  C’est que pour perdre du poids, il faut manger moins.  Mais pour prendre du muscle, il faut manger plus.  Puisque le corps ne peut pas se mettre simultanément en anaérobie (prise de poids) et en aérobie (perte de poids), les résultats obtenus sont généralement décevants.

Alors cette fois-ci, j’y vais une étape à la fois.  Première étape, je vais suivre mon régime alimentaire pendant quatre ou cinq mois, le temps de perdre la quasi-totalité de ma masse corporelle de gras.  Ensuite, je me mettrai à l’entrainement musculaire intense, avec l’alimentation qui vient avec.  La nourriture ira donc dans la construction du muscle, plutôt que de se stocker sous forme de graisse. Malgré mes 55 ans, voilà qui devrait me donner enfin ce corps d’athlète auquel je rêve depuis mon adolescence.  À ce moment-là, je devrais pouvoir plaire à une jolie jeune femme, comme dans mon rêve.  Je reste cependant réaliste.  Je ne m’attends pas à une jeunette dans la vingtaine.  N’empêche que je devrais pouvoir me trouver une belle femme plus jeune que moi.

Et puisque l’on aborde le sujet :

Oui, le physique est important pour moi. 
C’est quelque chose de récent dans ma personnalité, car effectivement, ça n’a pas toujours été le cas.  De mes 15 à 50 ans, j’avais comme point d’honneur de ne pas être comme les autres hommes qui ne s’intéressent qu’aux belles jeunes filles minces au visage agréable et à gros seins.  Au contraire, j’étais un partisan de la pensée politically correct qui dit que c’est l’intérieur qui compte.  Et je croyais au mythe de la grosse laide qui compense pour son physique ingrat en étant gentille, bonne, douce et compréhensive, ce qui fera d’elle la meilleure épouse qui soit.  Or, j’ai fréquenté assez de filles et de femmes dans ma vie pour constater que ce mythe n’est que ça : un mythe.  Quand une femme ne s’aime pas à cause de son physique, elle ne peut pas croire qu’un homme puisse l’aimer.  S’en suit des soupçons irraisonnables, des crises de jalousies non-pertinentes, des drames non-mérités, et tu te retrouves avec une pas-si-tendre moitié qui fait tout pour t’isoler des autres, qui sabote tes efforts d’amélioration de soi et qui te rabaisse dans ton estime personnelle, histoire que tu ne t’imagines jamais que tu vaux mieux que ça.  Je l’ai vécu assez souvent pour que ça puisse expliquer et justifier ma nouvelle grossophobie.

L’art de se tirer dans le pied.

Les belles minces, par contre, sont sures d’elles.  Elles sont assez sécures pour croire à la fidélité de leur homme.  Et contrairement aux laides, si la relation prend fin, ça ne sera pas la fin du monde car elles savent qu’elles peuvent se trouver un autre gars en claquant des doigts.  On a donc droit à beaucoup moins de drames de leur part.

Bien sûr, il y a toujours des exceptions.  Il y a des femmes qui correspondent au cliché de la très-gentille-au-physique-ingrat.  Mais j’ai constaté à la dure qu’elles sont très rares, et ce pour la simple et bonne raison qu’avec une telle personnalité, voilà bien longtemps qu’elles sont en couple stable.

En passant ma vie à m’obstiner à aller à contre-courant du comportement masculin normal, j’ai juste perdu mon temps. Maintenant que j’ai presque atteint la moitié de ma vie, je n’ai plus de temps à perdre.  En adoptant le genre de comportement auquel on s’attend de la part d’un homme, je vais enfin cesser de me faire regarder de travers par des gens qui me soupçonnent de tenter de cacher ma vraie nature. Et cela va régler la majorité des problèmes que j’ai pu avoir, autant en couple que dans ma vie sociale.

Donc, pour en revenir au sujet principal.
En attendant d’obtenir les résultats escomptés de ma remise en forme, je me réinscris sur Facebook Rencontres.  Et dans la section dans laquelle on demande le groupe d’âge désiré, j’entre ce qui me semble réaliste, c’est à dire de 35 à 55 ans.

Comme vous le voyez par ma photo récente, malgré mes 55 ans, je tiens bien la forme.  On ne peut malheureusement pas en dire autant de la majorité des femmes de ma génération.  Parmi les candidates qui apparaissent sur mon écran…

  • 75% ne m’intéressent vraiment pas, à cause de leur physique, leur présentation, ou leur état de mères monoparentales de 1 à 5 enfants.
  • 10% sont intéressantes mais habitent à plus d’une heure de route, et je n’accepte plus les relation à longue distance.
  • 10% représentent celles que je like, mais qui ne répondent pas.
  • Le 5% restant, ce sont celles avec qui je corresponds de 2 à 5 jours.  Et qui me ghostent.  Ou alors c’est moi qui perds intérêt.

L’application a cependant une option automatique nommée Bonne Étoile.  Lorsque l’on a épuisé le stock de gens sur Facebook Rencontre qui ont les caractéristiques que l’on demande, elle nous montre des gens qui ne correspondent pas à 100% à ce que l’on cherche. 

C’est ainsi que jeudi le 21 mars, la bonne étoile m’a montré le profil de Noémie, qui ne correspond ni à la distance ni à l’âge demandé. Elle habite à deux heures quinze de route de chez moi, et elle n’a que 25 ans.

La jeunesse, la beauté, la minceur, les seins volumineux, le décolleté généreux, les tatouages… Noémie a de quoi plaire à tout jeune homme hétéro normalement constitué.  Sur la majorité de ses photos, elle se montre en tenue sexy dans des poses provocantes. 

Il y a même une photo de sa chatte.

Mais ce qui m’accroche le plus, ça reste son texte de présentation parsemé d’un humour absurde qui me rejoint.  Il est clair dans ma tête que je ne suis pas le genre de candidat qu’elle recherche. Mais je décide tout de même de lui écrire un mot.  Histoire de me démarquer des autres hommes, je choisis de commenter la moins sexy de ses photos. 

En prenant bien soin de lui préciser que je ne suis pas un vieux creep qui s’imagine des choses.

Une fois le message envoyé, je ferme mon téléphone et je n’y pense plus.

Une semaine plus tard, en ouvrant l’appli de FB Rencontre, je constate que Noémie m’a répondu. Elle l’a fait le lendemain de mon envoi.  Et dans sa réponse, elle me complimente sur mon apparence. Voilà une bonne surprise à laquelle je ne m’attendais pas. Aussi, je lui répond sans plus tarder, avec mon habituelle pointe d’humour.

Elle m’envoie aussitôt une demande de contact sur Messenger.

Invitation que j’accepte aussitôt. Ainsi prend fin notre premier contact sur FB Rencontres.

On devient également amis sur Facebook et on commence à correspondre sur Messenger de manière soradique mais constante. Au fil des conversations, on constate que l’on a beaucoup en commun.  On se flirte même en jeu un peu. Normal, puisque l’on s’est contacté sur un site de rencontres. Mais sinon, on parle de tout et le courant passe très bien.

Il suffirait de presque rien... ♫
Bien que je ne me fasse pas d’illusion, au fil des jours et des conversations, je dois reconnaître que Noémie est sérieusement tout ce que je pourrais chercher de mieux chez une femme, autant dans l’essentiel que dans le superflu : Jeune.  Belle. Sexy.  Intelligente.  Mature.  En forme. Bon sens de l’humour. Créatrice. Non-fumeuse. Sans enfants et sans désir d’en avoir. Excellent sens de la répartie. Très bon travail.  Bon salaire.  Un caractère et une personnalité qui est à 100% compatible avec la mienne. Et surtout, chose assez rare chez le trois quart de celles que j’ai fréquenté, elle gère intelligemment son argent.

Et c’est à suivre.

L’intérêt d’une femme vient avec une date d’expiration (1 de 3)

Si vous êtes un homme, le sujet dont je vais vous parler aujourd’hui est quelque chose que vous avez peut-être déjà vécu.  Surtout si vous avez une génétique de Nice Guy.

Pourquoi est-ce que je dis que l’intérêt d’une femme vient avec une date d’expiration ?  Parce que c’est quelque chose que j’ai pu constater pour l’avoir moi-même vécu, à au moins six reprises, avec six différentes jeunes femmes, sur une période de trente-six ans.  La première fois, j’avais 19 ans.  Et la dernière fois, c’était pas plus tard qu’il y a deux semaines, à 55. 

Tel que je l’ai écrit dans je ne sais plus quel billet de blog, en général, lorsqu’un homme rencontre une femme, et que les deux sont célibataires et hétéro, ce sont les trois premières semaines qui vont décider du reste de leur relation.  Ces 21 premiers jours sont une période d’ambiguïté dans laquelle on ne sait pas trop si on est intéressé par l’autre et/ou intéressant pour l’autre.  On s’approche, on recule, on observe, on tâte le terrain.  Et au bout de cette période, si l’un n’a pas fait connaître son intérêt pour l’autre, alors c’est terminé.  La relation entre dans la friendzone, d’où elle ne sortira plus jamais. 

Ce n’est pas nécessairement une mauvaise chose, si aucun des deux n’a d’intérêt au-delà de la simple amitié pour l’autre. Mais dans les cas où l’un démontre un intérêt auquel l’autre ne répond pas, aucune relation ne sera possible.  Pas même amicale.

En général (oui, je vais utiliser ce terme souvent), c’est l’homme qui s’intéresse à la femme en premier, et il le lui fait savoir assez rapidement. Souvent même trop rapidement surtout au niveau sexuel. Dans ce temps-là, la fille va perdre intérêt. Il arrive cependant que c’est l’inverse qui se produit.  C’est-à-dire que c’est la fille qui démontre un intérêt pour le gars.  Mais que celui-ci, pour diverses raisons, n’y répond pas.  Au début la fille est intriguée par cet homme. La retenue dont il fait preuve représente pour elle un challenge. Alors c’est elle qui va faire les premiers pas vers lui. Or, s’il continue de maintenir une distance, il arrivera un point oû son intéret pour lui va se transformer en ressentiment, ce qui mettra fin à leurs contacts.

Et c’est dans ce genre de situation que l’on voit bien la différence entre l’homme et la femme :  Un homme repoussé par une femme peut rester ami avec elle.  Et si elle s’offre à lui dans une semaine, un mois, un an ou une décennie, l’homme aura toujours de l’intérêt pour elle, et il va sauter sur l’occasion.  À l’inverse, une femme dont les désirs pour un homme sont refusés ou ignorés par ce dernier le prendra tellement mal qu’elle coupera tout contact avec lui, et ce jusqu’à la fin de leurs vies.  Et ça, c’est à cause que contrairement à l’intérêt de l’homme envers la femme qui est éternel, l’intérêt de la femme envers l’homme vient avec une date d’expiration.

La naissance, l’évolution et la mort de l’intérêt féminin pour l’homme, c’est quelque chose que j’aime bien comparer au produit d’un arbre fruitier.

ÉTAPE 1 : LA FLEUR ÉCLÔT.
Ça, c’est la rencontre, le premier contact.  Ça peut être en personne ou sur le net.  Peu importe.  Ça peut en rester là, et vous restez au stade de simples connaissances.  La relation peut ne pas aller plus loin. Ou bien ça évolue alors que…

ÉTAPE 2 : LA FLEUR EST BUTINÉE.
Tu l’intrigues.  Elle a envie de te connaître. 

Indice : Elle décide que vous deveniez amis.
Elle te demande en contact sur Messenger et/ou Facebook.

ÉTAPE 3 : LE FRUIT APPARAÎT ET CROIT À BON RYTHME.
Elle ressent un intérêt pour toi.  Elle veut en savoir plus sur toi.  Son envie de te connaître va en augmentant.

Indice : Elle t’écrit à plusieurs reprises tout le long de la journée.
Peu importe si elle est à la maison, au travail, au bain, à l’épicerie, aux funérailles ou à regarder ses séries sur Netflix, elle trouve toujours le temps d’échanger avec toi.

Indice : Elle rit de toutes tes blagues.
Lorsqu’une femme s’intéresse à un homme, elle tient à le satisfaire.  Alors s’il lui fait des blagues, elle tient à lui montrer qu’elle le trouve drôle. Donc, lui montrer de la compatibilité.

ÉTAPE 4 : LE FRUIT DEVIENT COMESTIBLE.
À partir de ce point, elle va te montrer des signes comme quoi si tu disais oui, elle ne te dirait pas non.  Mais voilà, il ne faut pas s’attendre à ce qu’elle te le dise clairement.  Car à moins d’être exceptionnellement directe, les femmes en général préfèrent être conquises.  Et puisque tout le monde sait que les hommes aiment le sexe. Elle aura alors le réflexe de pimenter ses conversation de sexualité et de séduction dans le but d’allumer ton intérêt pour elle.

Indice : Elle te fait des compliments sur ton apparence.
Ça peut être très subtil, comme « Ce chandail-là te va vraiment bien. »  Ou alors ça peut être un peu plus flirt, avec « Est-ce que j’ai le droit de te trouver beau ? »  Ou bien elle te dira qu’elle te trouve sexy sur une photo en particulier.  Ou alors elle va complimenter ta voix, si message vocal il y a entre vous.

Indice : Elle te pose des questions sur ton idéal féminin.
Histoire de voir si elle y correspond, voire de s’y plier si ce n’est pas tout à fait le cas.

Indice : Elle commence à te parler de sexe en général.
La rumeur populaire veut que l’homme soit obsédé par le sexe.  Alors quoi de mieux que de parler de sexe pour attirer vers elle l’intérêt de l’homme.

Indice : Elle te parle de sa propre sexualité.
C’est sa façon à elle de s’assurer que le jour où vous allez passer au lit, alors tu sauras exactement quoi faire pour la satisfaire.

Indice : Elle te pose des questions d’ordre sexuel : tes expériences, tes préférences…
Car elle aussi veut se montrer bonne amante pour toi.

ÉTAPE 5 : LE FRUIT EST MÛR JUSTE À POINT.
Un soir, sans prévenir, elle s’offre à toi sexuellement.  Alors que les étapes 2, 3 et 4 vont durer pendant plusieurs jours, celle-ci ne se produira qu’un seul soir.

Indice : Elle te dit être seule chez elle ce soir.
Il y a quelques années, j’ai consacré un billet de blog à cette règle non-écrite-et-non-dite que j’appelle La convention sociale du « Si tu viens, tu couches. »  En gros : inviter chez soi une personne du sexe opposé célibataire et hétéro, c’est l’inviter à avoir du sexe.  Et accepter d’y aller, c’est dire oui au sexe.  L’homme étant supposé être un conquérant, la fille lui dira donc qu’elle est seule chez elle.  Elle espère qu’il va lui proposer d’aller la rejoindre, afin que, tout naturellement, s’applique la règle du Si tu viens, tu couches.

Indice : Elle te dit avoir bu de l’alcool.
Beaucoup trop d’hommes abusent sexuellement des femmes qui sont trop saoules pour être capable de dire non.  Par conséquent, les hommes ont la triste réputation d’être allumés par une femme qui a bu.  Alors si une femme dit à un homme qu’elle est seule chez elle avec sa bouteille de vin, c’est pour une seule raison : elle cherche à allumer le prédateur en lui, en s’offrant en tant que proie.  C’est une façon subtile de lui dire que s’il veut la baiser, elle ne pourra pas lui résister.

Indice : Elle te dit carrément avoir envie de baiser.
Ça peut aller de « Ça fait trop longtemps que je n’ai pas eu une bonne baise. », à quelque chose de plus nuancé comme « Je me ferais bien déchausser la chaussette. » 

Une femme qui n’a aucun intérêt pour un homme ne va jamais lui dire de telles choses.

Indice : Elle t’envoie des photos d’elle-même en deshabillé sexy.
Ça, c’est la tentative ultime.  Nous savons tous que les hommes sont visuels, facilement allumés par des images.  C’est la raison pourquoi bon nombre d’entre eux envoient des dick pics, puisqu’ils pensent bêtement que c’est pareil pour la femme.  Alors si elle t’envoie des photos d’elle qui s’étale comme buffet à volonté, c’est dans le but d’allumer ton appétit.  Le message ne peut pas être plus clair que ça. 

L’étape 5, c’est le point limite.  Le fruit de son désir vient d’atteindre sa maturité maximale.  Il faut absolument le cueillir et le consommer à ce moment-là.  Tout le monde connaît l’expression « C’est maintenant ou jamais. »  Eh bien, cette situation est le meilleur exemple de ce fait.  Si tu as la moindre envie d’elle, il faut aller chez elle te la faire right fucking now !  Parce que sinon, la relation va passer à…

ÉTAPE 6 : LE FRUIT SE DÉCROCHE, TOMBE ET POURRIT.
Ce qui suit est une règle universelle : Lorsqu’une femme s’offre sexuellement à un homme, et que celui-ci ne réagit pas, ou bien ne réagit pas positivement, elle ne le lui pardonne jamais, jamais, JAMAIS !   Son intérêt pour cet homme se trouve détruit de manière irrécupérable.  On parle de l’intérêt sexuel, de l’intérêt amoureux, et même de l’intérêt amical. 

Indice :  Elle ne te parle plus.
Et si elle le fait, c’est de manière très courte, en réponse à tes questions.  D’ailleurs…

Indice :  il n’y a plus que toi qui initie la conversation.
Elle va peut-être te texter encore un peu.  Mais ce sera sur des banalités.  Bientôt, elle ne t’écriras plus qu’en réponses à tes messages.

Indice :  Elle n’a plus le moindre temps à te consacrer.
Jusqu’à il n’y a même pas 24h, vous vous textiez à plusieurs reprises tout le long de la journée, peu importe si elle était à la maison, au travail, au bain, à l’épicerie, aux funérailles ou à regarder ses séries sur Netflix.  Maintenant, elle abrège vos conversations, prétextant qu’elle n’a pas le temps de te parler car elle s’en va au travail, au bain, à l’épicerie, aux funérailles ou regarder ses séries sur Netflix.

Indice :  Elle décline ou ignore toute invitation à une rencontre, et n’apporte aucune solution alternative.
Tu lui propose rendez-vous.  Elle répond que c’est impossible pour les dates que tu lui suggère.  Et elle ne propose aucune date alternative.  Il ne faut jamais oublier qu’une femme intéressée trouve des solutions, une femme non-intéressée trouve des obstacles.

Indice :  Elle n’a aucune réaction à tes signes d’intérêts pour elle.
À partir de ce point, tu peux lui envoyer des fleurs, lui faire son portrait, lui faire une déclaration d’amour en poème, la demander en mariage, lui déclarer vouloir la baiser comme une machine à coudre pendant 36h non-stop.  Elle n’y réagira pas.

Indice :  Elle arrête de répondre à tes textos.
Elle arrête de répondre.  Elle arrête de liker tes messages.  Bientôt, tu verras qu’elle ne se donne même plus la peine de lire ce que tu lui écris.

Indice :  Elle te ghoste, te retire de ses contacts.
Ça ne peut pas être plus clair que ça. 

Par les années passées, je vous ai déjà donné plusieurs exemples de situations semblables que j’ai vécu.  Bien sûr, les choses ne se sont pas toujours déroulées exactement telles que décrites ici.  Chaque cas a eu ses variantes.  Surtout dans la période pré-internet.  Mais en général, oui, la relation naissait, évoluait et se terminait cette même façon, étape par étape.  Pour chacune, j’avais des raisons différentes d’ignorer ou décliner leurs offres. J’en parlerai dans les deux prochains billets.

Cinq personnes qui te garderont toujours à distance dans votre couple.

AVERTISSEMENT HABITUEL.  Puisque je suis un homme hétérosexuel, je ne peux parler que de la perspective d’un homme au sujet de femmes.  N’y voyez pas de la misogynie.  Je suis parfaitement conscient qu’en inversant les genres, une femme va vivre des situations similaires ou bien pire.

Que ce soit en personne ou bien via les apps de rencontres, il y a des signes qui ne trompent pas, comme quoi l’autre va toujours garder une certaine distance envers toi.  Heureusement, ça se voit habituellement dès le départ, dès vos premières conversations.  Si ce n’est pas carrément dans la description de son profil.  Il y en a cinq qui se démarquent en particulier dans cette pratique. Il s’agit de…

Celle qui ne se présente pas. (À part son nom.)
Lorsque l’on s’intéresse à une personne, on lui fait une présentation dans laquelle on dévoile certaines facettes de soi-même.  « J’habite à tel endroit.  J’aime ceci.  Je pratique tel sport.  J’aime tel animal.  Je travaille dans tel domaine.  Et toi ?Parle-moi donc un peu de toi ? »  Pour toute réponse, celle qui ne se présente pas te dira: « Si tu veux savoir quelque chose, pose des questions. » 

Le premier problème avec ce genre de comportement, c’est que c’est à nous de deviner ce qu’il faut poser comme question. Par exemple, il ne te viendra probablement pas à l’idée de lui demander si elle parle couramment l’Espagnol. Alors si c’est le cas, elle ne te le dira jamais, puisque tu ne lui as pas demandé. Ainsi, Toute sa famille le sait, tous ses amis le savent, probablement ses collègues de travail aussi. Mais pas toi. Parce que « tu ne le lui a jamais demandé. »

Le second problème, c’est que cet échange que vous avez entre vous, ce n’est pas un dialogue. C’est un questionnaire. Si elle se contente de répondre aux questions sans rien dire de plus, la conversation ne peut juste pas exister. 

Ainsi, non seulement dois-tu lui donner ton attention, c’est également à toi de solliciter la sienne.  Alors que dans les couples normaux, chaque personne a eu à faire 50% du chemin, elle te donne 100% de la charge morale de votre relation.  Ceci démontre que son intérêt n’est pas envers toi.  Il est envers elle-même.  Et les rares fois où elle démarrera les conversations, ce sera en faisant de toi la cible de ses sarcasmes et/ou de ses insinuations farfelues. 

En faisant ceci, elle se met en position supérieure à toi, elle en tant que juge envers qui tu dois sans cesse te justifier, et toi en inférieur en quête constante de son approbation. Et cette dynamique ne changera nullement si vous finissez par être en couple.  Au contraire.  Le simple fait que tu as consenti à aller dans une relation avec elle après la manière dont elle t’a traité, ça lui démontre que son comportement est la formule gagnante.  Pourquoi irait-elle changer ça?

Celle qui annonce dès le départ que son enfant sera toujours sa priorité.
Entendons-nous bien : je ne dis pas qu’il est anormal ou incorrect qu’un enfant soit la priorité de sa mère.  Au contraire, cette situation va de soi.  Cependant, tous les psychologues vous le diront : l’amour maternel et l’amour romantique sont deux choses totalement différentes, et vécues indépendamment l’une de l’autre.  C’est le fait qu’elle les met tous les deux au même niveau, ET en compétition, ET en annonçant dès le départ que tu ne seras toujours que le numéro deux, qui est anormal et incorrect. 

C’est le genre de femme qui va souvent dire à son entourage « Si ma fille / mon fils ne l’aime pas, alors il n’y aura rien entre nous. »  Il est impossible d’avoir une relation de couple normale avec une femme qui se laisse dicter sa vie amoureuse par un enfant qui n’a ni la maturité émotionnelle ni l’expérience de vie requise pour prendre ce genre de décision.  Et même si ses enfants étaient adultes, ça les regarde en quoi? Ce que cette attitude démontre surtout, c’est un refus de sa part de prendre ses responsabilités en matière de couple.

Une chose est sure, c’est qu’avec elle, tu seras toujours mis à l’écart.  Il y aura EUX, il y aura TOI, mais il n’y aura jamais de VOUS.

Celle qui annonce d’avance sa négativité et sa toxicité.
J’en ai ici un excellent exemple, tiré de ma dernière expérience sur Facebook Rencontres l’année dernière.

Le doigt d’honneur.  La mention BITCH sur ses vêtements.  Aucune description de ce qu’elle aime.  Longue liste de ce qu’elle déteste.  Revendications colériques. Et surtout, pour seule et unique description de soi, la mention qu’elle a des idées merdiques, qu’elle est sarcastique, et qu’elle cherche un homme capable d’accepter ses abus.  Pour elle, tu ne seras jamais la tendre moitié de son couple.  Tu ne seras rien d’autre qu’une merde, et elle ne cessera jamais de te traiter comme tel.

Celle qui a une meilleure amie qui est sa sœur spirituelle.
L’amitié, c’est important.  Mais si elle te parle, en ces termes, de son amitié avec cette autre femme, alors oublie toute forme de vie privée.  Tout ce que tu dis, tout ce que tu fais, toutes vos activités romantiques, amoureuses, sexuelles, tout ce qui est supposé être le jardin secret de deux personnes amoureuses, lui sera aussitôt divulgué dans les moindres détails.  Et celle-ci ne manquera pas de te juger sur tous les points. 

Ce qui soulève particulièrement un Red Flag, c’est lorsque tu rencontres son amie et qu’elle te dit un truc dans le genre de : « J’aime mieux te prévenir tout de suite : si j’entends que tu lui fais du mal, alors ça va aller mal pour toi. »  Et même si ces menaces qu’elle te fait ne se concrétiseront jamais, deux choses restent certaines.  La première, c’est que peu importe comment on retourne la chose, il reste qu’il s’agit de menaces, donc d’intimidation, ce qui est illégal, voire criminel.  Et la seconde, même dans le plus harmonieux des couples, tôt ou tard, il va arriver un malentendu qui peut dégénérer en dispute.  C’est inévitable, et ce pour tout le monde.  Elle va aussitôt en parler à cette amie, et probablement aussi à sa famille complète.  À partir de ce point, et pour le reste de ta relation avec cette femme, ne t’attend jamais à être accepté dans son univers.  Tu y seras seulement toléré, tandis qu’ils attendent avec impatience le jour où elle va enfin se débarrasser de toi.

Celle qui n’est pas en relation avec toi, mais plutôt avec l’idée négative qu’elle a décidé d’avoir de toi.
Un ou plusieurs de ses ex l’ont trompée? Elle est influencée par les voix misandres qui dépeignent tout homme comme étant un abuseur? Elle souffre d’un complexe de persécution? Peu importe la raison, il reste qu’avant même de te rencontrer, elle avait déjà une idée très négative des hommes. Votre relation commence donc dans la méfiance et les soupçons. Et lorsque l’on se méfie d’une personne que l’on soupçonne des pires choses, on n’est certainement pas portés à s’investir émotionnellement dans le couple. Au premier conflit entre vous (qu’elle provoquera elle-même avec ses soupçons injustifiés) attends-toi à te faire jeter comme un déchet.

Un couple est supposé être basé sur une relation amoureuse. L’amour, c’est se dévoiler et se donner à l’autre sans retenue. Une personne qui garde ses distances, ou qui te garde à distance, ne peut ni se dévoiler ni se donner, et donc n’est pas amoureuse. C’est aussi simple que ça.