Pas obligé de rester loser, 4e partie : La nécessité de changer d’amis

Un gars vit une rupture après avoir passé 3-4-5 ans en couple. Quel est le premier réflexe de son entourage? Chercher à lui présenter une autre fille. Pendant ce temps-là, dans le même cercle d’amis, il y a celui qui cherche désespérément à mettre fin à son célibat depuis des années, et ça tout le monde le sait. Mais lui, par contre, y’en a pas un estie pour l’aider. Ainsi, le winner reste un winner sans qu’il ait à faire d’efforts pour le rester, et le loser reste un loser peu importe l’effort qu’il met pour y remédier.

Une personne souffrant d’embonpoint décide de perdre du poids.  Quel est le premier réflexe de son entourage?  Lui servir ces charmantes répliques:

  • Franchement, t’es pas si gros que ça.
  • Tout ça c’est dans ta tête!
  • On est fait comme on est fait, faut apprendre à s’accepter.
  • À quoi ça te servirait de perdre du poids? Tu vas tout le reprendre.
  • Et même si tu réussissais, y’aura toujours kek’chose qui va te déplaire en toi, tu pourras jamais tout arranger.
  • Un anorexique c’est laid.
  • Un gars full musclé c’est laid.
  • C’est la personnalité qui compte, le look c’est d’la merde.
  • Pfff… Tu vas être motivé pendant 2-3 semaines, et ensuite tu vas tout laisser tomber.
  • Si les autres ne t’acceptent pas tel que tu es, ce sont eux qui sont cons.
  • Tu veux vraiment perdre ta qualité de vie en te privant de ce que t’aimes, juste pour perdre quelques kilos?
  • C’est ça, et moi j’aimerais être plus grand, avoir les dents droites et gagner 100 millions à la loterie. On n’a pas toujours tout c’qu’on veut dans la vie.

Dans le chapitre 2 de la série Harceler Nathalie, je raconte comment je me suis fait aborder par une fille dans un party.  Ça ne faisait même pas cinq minutes que l’on se parlait que mon bon copain Carl (Oui, celui de la BD de la partie 1) a tenté de m’humilier aux yeux de celle-ci. Au chapitre suivant, mieux encore : Il récidive à répétition : Nathalie et moi passons les heures suivantes à continuer à jaser ensemble de tout et de rien. Nos conversations se font cependant interrompre quelques fois par Carl qui a toujours une remarque rabaissante en joke à dire à mon sujet. Ce n’est pas la première fois qu’il essaye de saboter mes premiers contacts avec une fille. Des fois, je pense que ça fait tellement longtemps qu’il me connait en tant que loser, particulièrement dans mes relations avec les filles, qu’il aurait de la difficulté à s’adapter à un tel changement dans le status quo. De toute façon, il n’est pas le seul de la gang à avoir une allergie à l’idée que je puisse être heureux en amour. Par exemple, Cynthia, la blonde de Loïc, est grandement responsable de ma rupture avec Julie l’année dernière.

Ces situations vous rappellent t-elles des souvenirs pour les avoir déjà vues ou peut-être vécues? Il ne faut pas le prendre personnel. C’est qu’en matière de changement, l’être humain en société est un paradoxe: Autant il cherche à évoluer, autant il déteste l’évolution dans ce qui constitue son univers. Pour lui, les choses doivent rester telles qu’il les a toujours connues. Il tient à ses petites habitudes. La stabilité est sa religion, le status quo est son Dieu.

Quand on a des amis, c’est parce que ceux-ci nous acceptent tel que l’on est.  Ils sont confortables avec nous et avec ce que nous sommes.  Hélas, pour le loser, ça signifie non seulement qu’ils connaissent son statut de loser, c’est comme ça qu’ils l’apprécient. C’est le rôle qu’on lui a assigné dans le groupe, et toute tentative d’en changer ne fera que les déranger, puisque ça les tirera hors de leur zone de confort.  Leur premier réflexe sera alors de tenter de garder les choses telles qu’ils les ont toujours connues. C’est là qu’on se rend compte à quel point les gens qui nous entourent ont le pouvoir de décision sur notre réussite et nos échecs.  Un pouvoir dont ils se sont emparés sans notre consentement, et dont ils usent et abusent sans retenue ni considération.

Et ça, ça signifie que tant et aussi longtemps qu’on les aura dans notre entourage, ils ne nous laisseront jamais évoluer. La seule option qui s’offre à nous est de cesser de les fréquenter.  C’est peut-être beaucoup plus facile à dire qu’à faire, c’est cependant un fait incontournable.  Une fois ces personnes nuisibles loin de vous, vous pourrez exploiter votre plein potentiel et améliorer votre vie.  Par conséquent, les prochains amis que vous vous ferez ne vous auront jamais connus comme étant un loser, et ainsi ne seront jamais portés à vous pousser à le redevenir.

À suivre

Pas obligé de rester loser, 3e partie : Parler pour ne rien dire.

Dans le billet Autopsie du Loser, on peut lire ce passage :

En amitié :
Le loser n’a pas d’amis, ou alors très peu.  À chaque fois qu’il commence à lier d’amitié avec des gens brillants et intéressants, c’est toujours la même chose.  Au début, tout va bien.  Puis, à mesure que le temps passe et que ces gens apprennent à le connaître, ils se désintéressent de lui et le laissent de côté.  Le Loser aimerait bien comprendre pourquoi ça se passe toujours ainsi mais personne n’est capable de lui donner une réponse claire à ce sujet.

L’une des premières choses qui m’a aidé à changer, c’est lorsque j’ai réalisé que pour mieux comprendre le comportement des autres avec moi, je devais me voir avec les yeux des autres. J’ai donc pris au hasard l’un des winners de mon entourage (Un gars normal, en fait, mais winner lorsque comparé à moi) et j’ai joué son rôle dans ma tête. J’ai imaginé être lui lors d’une réunion d’amis, tout en ayant ses comportements, disant ses paroles. Puis, afin de ne me pas m’influencer en bien ou en mal, j’ai décidé de ne pas me mettre moi-même dans cette scène. J’ai plutôt imaginé un gars quelconque qui n’existait pas en réalité, et je lui ai donné mon rôle, mon comportement, mon genre de paroles. Le moins que je puisse dire, c’est que cet exercice a été extrêmement révélateur.

Vous connaissez l’expression Toujours le mot pour rire? Eh bien dans mon cas personnel, c’était Jamais le mot pour être sérieux. Je me suis rendu compte que la majorité du temps où je prenais part à une conversation, ce n’était jamais pour la faire avancer en lui amenant un point pertinent. Non, tout ce que je faisais, c’était tourner à la blague un des trucs qui venait d’être dit, le parodier, le rendre ridicule, ou faire un jeu de mots. Et c’est là, en me mettant dans la peau de quelqu’un qui a à subir ça, que j’ai compris à quel point ça pouvait être dérangeant, énervant et ennuyant.

Mon premier réflexe suite à cette constatation fut de me demander pour quelle raison est-ce que j’agissais toujours ainsi. J’ai vite compris pourquoi : Comme je le dis déjà dans un des billets de la série Harceler Nathalie, mes amis de l’époque m’étaient tous supérieurs en tout. Je ressentais, face à eux, un complexe d’infériorité. À cause de ça, même si c’était inconscient, j’avais toujours cette peur d’être mis de côté, d’être rejeté, par ceux-là qui constituaient la totalité de ma vie sociale. D’où le réflexe de vouloir faire partie de la conversation. Mais voilà, puisque la majorité du temps, les sujets qu’ils abordaient en étaient dont je ne connaissais rien, je n’avais rien de pertinent à rajouter. Quand on ressent le besoin vital de parler aux autres afin d’avoir leur attention mais qu’on n’a rien d’intelligent à rajouter, il ne nous reste que l’option de dire des conneries. C’est ce que je faisais. Alors forcément, je passais pour un con. Un con dérangeant, énervant et ennuyant.

Toujours dans Autopsie du Loser, le passage suivant décrit un peu plus mon vocabulaire de l’époque : Souffrant d’un sentiment d’infériorité dans tous les domaines, le Loser se rassure dans le fait que là où ça compte vraiment, c’est à dire intellectuellement, c’est lui qui est supérieur. Ainsi, dans ses textes, au lieu d’écrire « Malgré son air bête, l’inquiétant millionnaire fit un sourire », il optera plutôt pour « Nonobstant sa mine renfrognée, le patibulaire cossu esquissa un rictus. » Il est tellement occupé à étaler son intelligence qu’il en oublie d’avoir l’intelligence de comprendre que lire de tel textes, c’est comme marcher avec des raquettes quand on est enfoncé dans deux pieds de sloshe: Faisable, mais inutilement pénible. Là-dessus, je blâme mes lectures, en particulier Achille Talon qui a eu une grande influence sur moi.

Le fait que j’étais rejeté lorsque enfant m’a donné beaucoup de temps libre, ce qui m’a permis de lire beaucoup de BD, ce qui a influencé mon vocabulaire, ce qui dérangeait les autres, ce qui me faisait être rejeté. Un cercle vicieux dans lequel le loserisme nourrit le loserisme en un mouvement perpétuel dont il est quasi-impossible de sortir.

Comme si ça ne suffisait pas, je m’amusais à créer mon propre vocabulaire en créant des mots, en disséquant les expressions à leur origine, en ramenant les mots à leur sens de base, ou en inventant des mots. Par exemple, au lieu de dire quelqu’un, je disais un quelque. Au lieu de con je disais flocon, puisque flake est utilisé dans ce contexte en anglais. Au lieu de dire J’ai vu Eve qui attendait devant le resto, je disais J’ai vu Eve stationnée devant le resto. Je me faisais répondre que j’ai dû me tromper car Eve n’avait pas d’auto. Et moi, je riais bien de leur ignorance, de ne pas savoir que le mot stationner signifie à la base rester sur place sans bouger, ce qui n’a rien à voir avec un véhicule.  Je suppose que j’avais besoin de me prouver supérieur à la masse, ne serait-ce qu’intellectuellement, d’où ce besoin incessant de me distinguer, même si pour le faire je dois rendre pénible leur relation avec moi. Voilà pourquoi je termine ce constat par : Alors si en plus le Loser parle de la même façon qu’il écrit, il a beaucoup de difficulté à comprendre pourquoi ses interlocuteurs tiennent rarement à avoir une seconde conversation avec lui.

Et c’est suite à cet exercice que je me suis dit : Les winners ne font pas ça! J’ai donc cessé de parler pour ne rien dire.  J’ai cessé de faire des blagues sauf si tel était le contexte.  J’ai cessé de rendre mon vocabulaire pénible à déchiffrer.  J’ai cessé de faire passer mes interlocuteurs l’idée que je les trouve cons de ne pas comprendre ce que je dis.  En échange, j’ai commencé à dire mes opinions sérieuses sur les sujets sérieux qui m’étaient familiers.  Et devinez quoi? Les gens ont commencé à voir que je pouvais être intelligent et pertinent, et ils ont commencé à me consulter et me demander mon avis sur ces sujets.  J’avoue que j’en ai été le premier surpris.  Et que ce n’était pas désagréable du tout.

Aujourd’hui encore, le succès de cette approche ne se dément pas.  Par exemple, la page Facebook de ma série d’humour Konar, le héros de BD le pllus con qui soit n’a que 55  j’aime.  La série a pourtant bénéficié du support visible qu’est Safarir de 2005 à 2008, et sa page FB existe depuis septembre 2008.  Tandis que la page FB pour Mes Prétentions de Sagesse a 700 j’aime,  alors que le blog n’existe que depuis avril 2009, et le groupe depuis avril 2013.

C’était la première fois que je constatais que l’un de mes comportements en était un que les winners n’ont pas, et que je me suis dit qu’il y avait peut-être un lien entre ça et mon loserisme. Ce ne sera pas la dernière.

À suivre

Pas obligé de rester loser, 2e partie: Tout passe par le physique

Dans le billet Autopsie du Loser, la description physique de ce dernier est en ces termes:  Le Loser est né avec un physique défectueux.  Il est ou bien trop grand, ou trop petit, ou trop maigre, ou trop gros, ou trop laid, ou juste trop plain. Il rêve du jour où il sera beau, grand et fort. Étant pauvre, il ne peut se permettre de s’inscrire à un gym ni de s’acheter de l’équipement. Il ne peut donc que se contenter d’en rêver.  Le loser a quelquefois fait des push-ups ou bien des haltères en cachette mais le plus longtemps qu’il en a fait avant d’abandonner fut deux mois.  Le loser qui arrive à s’acheter de l’équipement sportif le laisse prendre la poussière au bout de quelques semaines et n’y retouche plus, sauf lors de déménagements. Et quand le Loser peut se permettre un abonnement d’un an au gym, il y va à tous les jours lors des deux premières semaines, puis trois autres fois pour le reste de l’année, avant d’abandonner définitivement. C’est cet aspect que nous allons attaquer aujourd’hui.

Il y a vingt ans, j’avais plein de défauts.  En vrac:

  • Aucune confiance en moi-même.
  • Loser.
  • Reject.
  • Orgueilleux et vaniteux.
  • Maigre et laid. Il y a des gars à qui la maigreur leur va bien, moi ça me déforme la face et me rend la dentition chevaline.
  • Jaloux et envieux.
  • Frustré de la vie.

C’est en faisant une liste de ce qui n’allait pas chez moi que je me suis rendu compte que ces défauts pouvaient se diviser en 3 catégories:

A) Les défauts physiques:
Laid parce que trop maigre, épaules tombantes, le tonus musculaire d’un lombric dystrophique, peu d’énergie, peu de force physique, peu de résistance à l’effort.
B) Les défauts sociaux:
Pas de travail, pas de chance, pas d’amis, pas d’amoureuse, donc pauvre, loser et reject.
C) Les défauts de la personnalité:
Jaloux, envieux, frustré, avec zéro confiance en moi et en mes capacités. En plus d’être orgueilleux et vaniteux malgré le fait que la vie ne m’avait rien donné pour être ni l’un ni l’autre.

C’est en observant cette liste que j’ai constaté un fait troublant. La majorité de la liste C, mes défauts de la personnalité, étaient causés par la liste B, mes défauts sociaux, qui à leur tour étaient causés par la liste A, mes défauts physiques. Car en effet, être maigre, faible et laid, c’est ce qui fait que personne ne veut de moi, ni comme petit ami ni comme employé. C’est ce qui fait de moi un gars pauvre et rejet, donc loser. Par conséquent, ça me rend envieux et jaloux des autres à qui on donne volontairement tout ce que l’on me refuse.

Donc, la source de tous mes malheurs, à la base, c’était parce que je n’avais pas un physique attrayant.

En vérité je vous le dis: C’est l’apparence extérieure qui compte en premier! On a beau dire que c’est l’intérieur qui importe le plus, ça ne change rien au fait que c’est ton extérieur que les gens voient en premier. Et c’est ça qui détermine s’ils ont envie de le connaitre ou non, ton intérieur. C’est une vérité que l’on cherche toujours à cacher, à nier, à contrarier, parce que c’en est une qui va à l’encontre de ce que l’on voudrait que les choses se passent. Il reste quand même que c’est un fait. La preuve: Nous avons tous constaté au moins une fois dans notre vie qu’aux yeux de plusieurs filles, les beaux gars ont toutes les qualités.

Au bout du compte, nos options se limitent à trois choix:

  1. Continuer de chialer comme quoi ces gars-là ont tout et que c’est pas juste.
  2. Mépriser ces gars-là, et mépriser encore plus ceux et celles qui les aiment.
  3. Faire l’effort requis pour devenir l’un de ces gars-là, et ainsi obtenir les mêmes avantages qu’eux reçoivent.

On est TOUT ce que l’on est!
Chaque personne est, à la base, constituée de la somme de ses côtés positifs et ses côtés négatifs. Cependant, on a beau essayer de se faire accroire au Power of Love, c’est plus souvent dans les côtés négatifs de la personnalité que se retrouve la volonté (le mental) et l’énergie (le physique) qui pousse quelqu’un à se lever de son cul pour agir.

Prenons comme exemple les pires défauts de la personnalité qui existent en amour, et qu’heureusement je n’ai jamais eu: La jalousie et la violence.

La jalousie va pousser un homme à sortir de chez lui pour espionner sa copine à toute heure du jour et de la nuit, alors que d’habitude c’est le genre à protester lorsqu’il a à sortir pour aller acheter un truc au coin de la rue.
La violence va le pousser à faire un effort physique contre la fille alors qu’il n’utilise jamais sa force physique, ni dans un boulot qui demande de forcer, ni en faisant du sport.

Les défauts sont-ils obligés d’être des défauts?
C’est là que je me suis posé la question suivante: Et si, au lieu d’essayer de se débarrasser des défauts de notre personnalité comme le voudrait une société trop bien-pensante, on les accepterait plutôt comme étant partie intégrante de soi-même? Mieux encore: Et si on utilisait plutôt toute l’énergie physique et mentale contenue dans nos défauts pour l’investir dans quelque chose de positif?

Je suis orgueilleux et vaniteux? Ok alors, voilà ma source de motivation mentale pour changer mon apparence. Je suis jaloux et envieux du physique des gars qui plaisent? Voilà la source de ma motivation physique pour faire de l’exercice. Je suis frustré d’avoir été rejeté par des filles qui disaient préférer des bons gars comme moi, mais qui s’en allaient toujours vers des gros machos violents qui auraient pu m’envoyer à l’hôpital d’une pichenette? Voilà ma source de rage, ce qui me fournit en énergie, qui me pousse à aller toujours plus loin, à faire de plus en plus d’efforts.

On connait tous le proverbe « À quelque chose malheur est bon« . Ça signifie que l’on peut tirer du positif de n’importe quoi, même les pires négativités de notre existence. La preuve: C’est avec de la merde que l’on fait du fumier, le fumier est un engrais, et quelle est la fonction de l’engrais? Faire pousser, aider à grandir. Oui, bon, à condition d’être végétal, mais vous voyez l’idée.  Orgueilleux, vaniteux, jaloux, envieux et frustré. Cinq traits de caractère qui auraient pu me pousser à commettre des gestes négatif envers mon entourage et moi-même. Cinq défauts qui auraient pu me détruire. Je les ai plutôt utilisés pour me construire.

Aujourd’hui, vingt ans après mon constat de loserisme, je suis dans la meilleure forme physique de ma vie. Peu après avoir commencé à utiliser mes défauts pour me prendre en main, les filles ont commencé à me trouver regardable, les gars ont cessé de me mettre dans leur liste de victimes faciles, j’ai cessé d’être repoussé, et on m’a offert volontairement des postes de travail que je n’arrivais pas à obtenir quand je les voulais. Quand les autres ont confiance en tes capacités, tu finis par gagner toi-même de la confiance en soi. N’ayant plus de raisons d’être jaloux, envieux et frustré, j’ai cessé de l’être. Comme quoi c’est exactement le contraire de ceux qui disent qu’il suffit d’avoir confiance en soi pour réussir. Faut plutôt commencer par réussir afin d’avoir confiance en soi. Et pour ça, faut travailler.

Aujourd’hui, de toute ma longue liste de défauts qui m’empoisonnaient l’existence, les seuls qui me restent encore, c’est mon orgueil et ma vanité. Mais puisque c’est de mon orgueil et de ma vanité que je tire l’énergie de faire ce que j’ai à faire pour grandir et avancer dans la vie, autant socialement que physiquement que psychologiquement, est-ce qu’on peut encore parler de défauts?

Ayant derrière moi vingt ans à expérimenter diverses façons d’améliorer mon physique, je suis à même de répondre à vos questions et objections, telles que..:

Je n’ai pas d’équipement de gym. Regarde autour de toi.  Tu es entouré d’objets de poids variés. Utilise-les!  N’aie pas peur du ridicule, personne ne te regarde.
Je ne sais pas comment m’exercer. Youtube est plein de vidéos dans lesquels des entraineurs démontrent des techniques d’exercice.
Je n’ai pas le temps de m’exercer. On trouve toujours le temps quand on le veut vraiment. Remplace les véhicules par la marche et le vélo sur les courtes distances.  Prends les escaliers au lieux de l’escalier mobile.  Monte le plus d’étages que tu le peux avant de prendre l’ascenseur. Laisse tes bras en L pour travailler les biceps lorsque tu tiens quelque chose de lourd. Même lorsqu’il allait au cinéma, Bruce Lee trouvait le moyen de s’exercer, en agrippant les accoudoirs, comprimant, tirant, poussant.  Tout est là pour toi, il faut juste que tu ouvres tes yeux et ton imagination.
Je suis gros. Mange moins, mange mieux, et entraine-toi.
Je suis maigre. Mange plus, mange mieux, et entraine-toi.
C’est quoi ça, « manger mieux?«  Google est ton ami. Demande-lui.
Est-ce que les régimes miracles fonctionnent? J’en ai testé, et la réponse est non. Voir ma série de billet sous Undersize me.
Tripler ma masse musculaire ne va certainement pas aider à séduire, avec ma gueule de gorille. Et Arnold Schwarzenegger dans sa jeunesse, il avait une belle gueule, peut-être!?
Pourtant, j’ai lu dans une édition du magazine Muscles & Fitness une anecdote datant de l’époque où il s’entrainait pour les compétitions Monsieur Monde / Monsieur Univers / Monsieur Olympia, donc pendant sa période pré-Hollywood, alors qu’il était encore inconnu du grand public:  Lorsqu’il passait en décapotable dans les rues de Los Angeles, il se faisait siffler par des piétonnes qui remontaient leur gilet, lui montrant leurs seins.  C’est que quand on a un physique athlétique, le visage n’a plus tellement d’importance pour séduire. Pourquoi? Parce que ça montre au gens, au premier coup d’oeil, que tu es une personne forte, déterminée, disciplinée, courageuse,  qui n’a pas peur du travail.  Bref, rien que des qualités.  Et le plus beau, c’est que tu n’as même pas besoin d’aborder les gens pour leur faire savoir que tu as ces mérites puisque ça se voit tout seul.
Qu’est-ce qui a le mieux fonctionné pour toi? Trois choses:

  • Les pompes (push-up).  Au boulot, j’allais m’enfermer aux toilettes à toutes les heures pour en faire le plus possible.  En 6 mois, j’ai passé de 5 à 110.  Ça a vraiment développé mes épaules.
  • Tout travailler à la fois.  Les premières années, je commettais l’erreur de ne travailler que les bras.  Les résultats étaient là, mais étaient moindre.  Le progrès ne s’est vraiment fait voir qu’à partir du moment où j’ai travaillé tout le corps à la fois.  Je ne vois pas la logique mais je ne peux nier les résultats.
  • La course à pied. En quatre mois d’hiver à courir quotidiennement, j’ai passé de pouvoir courir 200 mètres à 5 km ininterrompus, j’ai rajouté de la masse à mes cuisses, amélioré mon rythme cardiaque, amélioré ma concentration et mon humeur, et perdu 22 lbs (9.97903214 kg).  Si j’avais su ça quand j’étais encore étudiant, j’aurais pu passer de zéro à héros en classe de gym dès que serait revenue la saison des sports d’été en joignant l’équipe de soccer/football, ce qui aurait fait de moi un sportif admiré et apprécié, ce qui aurait complètement changé ma vie sociale.

Pour le reste des détails et voir comment ça s’est passé pour moi, consultez les billets de la série Mise en forme.

Je termine en répondant à un message que j’ai eu me demandant si je faisais de la consultation personnelle afin d’aider les autres.  La réponse est non car comme je le dis dans Ma Philosophie: Lorsque les gens demandent ton aide pour se sortir d’une vie malheureuse, contente-toi de les renseigner sur ce qu’ils peuvent faire afin de s’en tirer eux-mêmes. À partir de là, ceux qui veulent vraiment s’en sortir vont y arriver tout seul, et ceux qui se complaisent dans leur malheur vont y rester. Dans un cas comme dans l’autre, en les aidant plus que ça, tu perdrais ton temps.  C’est donc à partir de maintenant que se fera la distinction entre la personne déterminée à réussir, et le vrai loser qui ne fera rien.

à suivre

Pas obligé de rester loser, 1e partie : Le mythe du winner

Je crois que c’est en 1998 que j’ai mis sur un forum la première version du billet Autopsie du Loser. Dans celui-ci, je décris tous les signes qui démontrent que l’on en est un, en amitié, avec les filles, en amour, en couple, avec notre image personnelles, nos études, notre look, notre travail, nos projets, nos communications, notre physique, nos conversations, notre mentalité, nos victoires et notre famille. L’origine de ce texte remonte à 1993, lorsque je me suis mis à réfléchir sur tout ce qui n’allait pas chez moi, en comparant chaque point de ma vie avec d’autres gars qui réussissaient là où j’échouais. Il s’agit donc, à la base, d’une longue auto-analyse. Depuis, le loser en moi est mort, d’où le Autopsie du titre.

Après tout ce temps, quelqu’un a enfin songé à me poser la question suivante :

Bonjour Steve! Je corresponds quasiment en tous points au profil du loser. Tu dis que tu étais un. Peux-tu nous décrire plus précisément les étapes de ton changement? Comment tu as fait pour changer ça et quels sont les résultats? Merci d’avance.

Je suis le premier surpris de constater que l’idée d’en parler ne m’étais jamais venue. Mon but premier en écrivant ce texte était de dire : Bon ben voilà, si tu fais ceci, tu es un loser. Si tu veux cesser d’être un loser, cesse de faire ceci. Sauf que j’avais oublié la plus simple règle de toutes en matière de conseils: Dire quoi ne pas faire, c’est un bon début. Mais dire quoi faire, ce serait beaucoup mieux. Je vais donc commencer une série de billets sur le thème Pas obligé de rester loser, chacun consacré à un aspect de sa vie, tel que listé plus haut, et comment j’ai réussi à m’en tirer.

Tout d’abord, je me dois d’attaquer ce que j’appelle Le Mythe du Winner.  C’est parce que, dès le départ, il faut s’ôter de la tête une idée erronée comme quoi cesser d’être un loser va faire automatiquement de nous un winner.  Voici pourquoi:

Portrait du winner.
On reconnait le winner facilement.  Il est beau, grand et naturellement athlétique sans avoir eu à faire d’efforts pour le devenir.  Il est né dans une famille influente et riche, et il réussit tout ce qu’il entreprend sans trop se les casser. Côté essentiel, sa famille et ses amis lui procurent les contacts dont il a besoin pour réussir dans la vie. Côté caprices, il est tellement charmant qu’on lui donne volontairement tout ce qui pourrait lui faire plaisir. C’est le genre de gars à qui l’on offre sans qu’il le demande des choses que beaucoup travaillent fort pour avoir, en vain.  Il est l’exemple parfait comme quoi les beaux gars ont toutes les qualités.

Ce genre de winner à qui tout réussit sans efforts, on en a tous rencontré au moins un dans notre vie.  Moi-même, j’ai eu la chance (?) d’en avoir un comme ami lorsque j’étais adolescents, comme le démontrent ces pages tirées de mon webcomic Sexe, Drague, Requin Roll:






(25$ en 1983, c’est à peu près l’équivalent de 65$ en 2014.  Une somme appréciable lorsque l’on a 14 ans.)

Ce genre de winner, on ne peut pas le devenir.  Pour en être un, il faut être né comme ça.  Il faut que ce soit le hasard qui te donne une bonne famille, qui te fournit les bons gênes pour ton physique, qui te fournit le karma qui donne envie aux autres de t’aider à te rendre encore plus gagnant, et qui te donne l’intelligence et la personnalité qu’il faut pour en profiter à fond.  Plus jeune, j’ai longtemps commis l’erreur d’essayer d’être comme Carl en tentant de l’imiter dans son look et sa personnalité.  Mais voilà, ça n’a jamais marché pour moi.  Ça ne pouvait pas marcher.  Je ne pouvais pas être Carl.  Seul Carl pouvait être Carl.  Et les atouts qui faisaient de Carl un winner étaient inimitables, impossibles à se procurer, peu importe l’effort que l’on puisse y mettre.

Être un winner ou un loser, ce sont deux extrêmes. Et entre le gars qui WIN et le gars qui LOSE, il y a celui au milieu qui est un peu des deux : Le gars normal.


Celui qui, comme le reste des gens normaux, parfois perd et parfois gagne.  C’est celui-là qu’il faut aspirer à devenir.  Parce que si être un winner est quelque chose qui ne se contrôle pas, en revanche on peut avoir assez de contrôle sur ce qui nous rend loser afin de cesser de l’être.

Et c’est à suivre

Autopsie du Loser

IMPORTANT: Beaucoup de gens font l’erreur d’écrire Looser au lieu de Loser. Lose avec un seul O signifie perdre. Tandis que Loose avec deux O signifie relâché, qui a du jeu, ou en bon québécois lousse, ou de l’anglais slack. Bref, écrire looser au lieu de loser, c’est loser!

Ceci étant précisé, passons à l’article.

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Êtes-vous votre propre pire ennemi?
Être malchanceux, c’est le fruit du hasard.  Être loser, c’est aider le hasard à nous rendre malchanceux. La preuve:

En amitié :
Le loser n’a pas d’amis, ou alors très peu.  À chaque fois qu’il commence à lier d’amitié avec des gens brillants et intéressants, c’est toujours la même chose.  Au début, tout va bien.  Puis, à mesure que le temps passe et que ces gens apprennent à le connaître, ils se désintéressent de lui et le laissent de côté.  Le Loser aimerait bien comprendre pourquoi ça se passe toujours ainsi mais personne n’est capable de lui donner une réponse claire à ce sujet. 

Dans son image personnelle :
Souvent sur la défensive, le Loser est un être qui aime étaler au grand jour les défauts des autres.  C’est que, puisqu’il n’arrive pas à égaler ou à dépasser les autres, il compense en démontrant que les autres ne valent pas mieux que lui. Il est capable de faire une liste exhaustive de tous les écarts de conduite et des erreurs qu’a fait quelqu’un durant les cinq dernières années si cette personne a osé faire une remarque négative au Loser. C’est que Le Loser ne supporte pas que quelqu’un possédant de pires défauts que lui ose lui faire la morale. Or, à ces yeux, ça représente 99.999999999999999999999% de la population.

Dans ses études :
À l’école, le loser se distingue par une caractéristique particulière :  Il lui manque toujours quelque chose. Toujours le dernier à se procurer un livre important, celui-ci est souvent épuisé lorsqu’il vient pour se le procurer.  Ainsi, en classe, c’est celui qui est pris pour suivre avec un autre. Il se retrouve souvent sans crayon ni papier lorsqu’il y a des notes à prendre. Oublie son numéro de cadenas. Oublie de faire ses devoirs.  Et s’il les fait, il les oublie chez lui. Oublie d’étudier.  Et s’il le fait, ce ne sera pas le bon livre.  Se trompe dans son horaire.  Dans les dates importantes de son agenda, il notera les dates de partys et écrira des réflexions sur des filles sur qui il a l’oeil, plutôt que de noter les devoirs ou dates d’examen. D’ailleurs, il sera toujours surpris d’apprendre, en entrant en classe, qu’il y a un examen, alors que tous les autres n’ont pas cessé de se préparer durant toute la semaine.

Souvent, à la fin de la session, le Loser ne se donne même pas la peine de se présenter à ses examens finaux.  Il n’aime qu’une chose à l’école :  La vie sociale.  Or, il se trouve bien désemparé lorsque ses amis et connaissances réussissent, avancent dans leurs études et changent d’école alors que lui reste là.  Privé de la seule chose qui le garde à l’école, le Loser finit par décrocher.

Dans son look :
Il s’habille de façon remarquable, dans le sens qu’il se fait remarquer par son habillement.  Par exemple, si le Loser porte des lunettes, ce sera d’un modèle qui est passé de mode depuis au moins cinq ans.  La plupart du temps, le Loser, s’il a de plus de 25 ans, s’habille et se coiffe encore comme il le faisait quand il avait 15 ans car il n’a pas remarqué que la mode a évolué.

Parfois, le loser a un petit côté artistique qui le pousse à se créer lui-même son propre style. Il fait ça dans le but de se donner une image de hyper cool de non-conformiste. Hélas, dans son cas, ça foire lamentablement.  Il faut dire que, pour des raisons encore mal définies, un style, une pièce de vêtement ou une coiffure qui paraît bien sur quelqu’un d’autre devient automatiquement horrible lorsque portée par le Loser.

Le Loser étant mal à l’aise en société, il se jette de tout son âme dans les séries de fiction.  Celles-ci influencent parfois sa garde-robe.  Ainsi, on le verra souvent arborer des vêtements à l’effigie de telles séries, quand il ne va pas carrément copier le look d’un personnage particulier.  Non pas dans le cadre d’un événement spécial, mais bien dans la vie de tous les jours.

On dirait parfois que les Losers partagent une conscience collective, car nombreux sont ceux qui se créent exactement le même look, et ce sans jamais avoir su que d’autres l’arborent: Le style Fedora-Neckbeard.  Il y a quelques variantes d’une personne à l’autre, mais dans l’ensemble, on y retrouve une combinaison de la majorité des éléments suivants, qu’ils portent à toute occasion, à l’intérieur comme à l’extérieur :

  • Chapeau Fedora ou Trilby.
  • Barbe en collier.
  • Long imperméable.
  • Chemise et cravate.
  • Veston de soirée.
  • T-shirt à l’effigie d’un dessin animé.

C’est un look qui, croit-il, fait original, classe, badass.  Or, sans le savoir, il a en fait recréé l’uniforme officiel du Loser.  Celui qui permet au reste de la population de voir au premier coup d’oeil qu’il en est un, car il n’y a qu’eux qui arborent ce style.












Ce qui distingue le Loser du chapeauphile normal, c’est que ce dernier ne va porter son couvre-chef que lorsqu’il sort.  Tandis que le Loser portera le sien à l’intérieur comme à l’extérieur, du lever au coucher, 7 jours semaine, 365 jours par année.

Dans son travail :
Lorsque le Loser ne vit pas aux crochets du chômage / du BS / de ses parents / de sa conjointe, il occupe le genre d’emploi qu’obtient habituellement un ado en vacances: Livreur d’épicerie, laveur de vaisselle, classeur de marchandises sur les tablettes, employé de ménage au McDo… Même s’il aimerait pouvoir trouver mieux, il ressent quand même une petite fierté, car ce sont des boulots qu’il n’arrivait même pas à décrocher quand il était ado, tellement il était déjà loser à cette époque. Aujourd’hui, son âge et son expérience de vie étant plus grande que ses collègues de travail, il leur est au moins supérieur sur ce point. Pas étonnant qu’il se sent bien à travailler là, même si ce boulot est loin d’être son idéal.

Parfois, la chance lui permet de lire une petite annonce au sujet d’un emploi génial, le genre qu’il a toujours rêvé d’avoir.  Si l’annonce dit que tous les CV reçus après vendredi le 27 ne seront pas considérés, le Loser laissera bêtement le temps passer.  Samedi le 28, il réalisera soudain que ce qu’il fait là est stupide car il possède toutes les qualités que ce travail demande et que ce serait trop bête de laisser passer une opportunité pareille. Il consacrera la fin de semaine complète à travailler fiévreusement sur son CV, ramassant toutes sortes de preuves au sujet de ses compétences.  Il y inclura une lettre dont une des premières phrases sera :  « Je sais que j’ai dépassé la limite de temps que vous avez fixé pour l’envoi de CV mais si vous vous donnez la peine de jeter un œil à mon envoi, vous verrez que je réunis toutes les compétences qui…» Le Loser sera malheureux car il ne sera jamais rappelé.

Dans ses projets :
Le Loser sait qu’il est destiné à un avenir fabuleux où la gloire et la richesse l’attendent. Le problème, c’est justement ça :  Peu importe le temps qui passe, c’est toujours dans l’avenir que ça l’attend.  Jamais dans le présent.

Le Loser ne s’abaisse pas à faire les mêmes efforts que tout le monde pour réussir.  Il sait déjà comment faire.  Par exemple, s’il est un graphiste talentueux, il se dira qu’il est inutile de devoir perdre temps et argent aux études car lorsqu’il montrera ses œuvres aux employeurs potentiels, ceux-ci le verront bien de leurs yeux qu’il a du talent.  De toute façon, peu importe la discipline qu’il a choisi, le Loser sait qu’il a du talent.  Il ne voit pas la logique de s’endetter de quelques milliers de dollars étendus sur quelques années d’études afin d’obtenir un papier disant : «Oui, cher employeur potentiel, ce gars là a du talent!»

Le Loser a toujours des projets extraordinaires.  Il en commence beaucoup mais en finit peu. Ceux qu’il choisit de finir sont habituellement ceux qui ont le plus de chances d’être voués à l’échec.  Le loser, c’est souvent celui qui est en train d’écrire un scénario de film alors qu’il n’y connaît absolument rien dans l’industrie du cinéma.  Même s’il arrive vraiment à écrire le scénario du siècle, il restera pris avec car il ne saura même pas où, à qui et comment le placer.  En fait, il ne saura même pas comment se renseigner pour l’apprendre.

Le Loser est un autodidacte. Il lit beaucoup et sait énormément de chose sur une tonne de sujets que la population générale ignore.  De ce fait, le Loser gagne souvent lorsqu’il joue à Quelques Arpents de Pièges. Par contre, les connaissances pouvant lui permettre de réussir à faire quelque chose de bien de sa vie, il ne les a pas.  Car étrangement, à l’école, aucune matière importante ne lui rentre convenablement dans la tête.

Dans ses communications:
Souffrant d’un sentiment d’infériorité dans tous les domaines, le Loser se rassure dans le fait que là où ça compte vraiment, c’est à dire intellectuellement, c’est lui qui est supérieur. Ainsi, dans ses textes, au lieu d’écrire « Malgré son air bête, l’inquiétant millionnaire fit un sourire », il optera plutôt pour « Nonobstant sa mine renfrognée, le patibulaire cossu esquissa un rictus. » Il est tellement occupé à étaler son intelligence qu’il en oublie d’avoir l’intelligence de comprendre que lire de tel textes, c’est comme marcher avec des raquettes quand on est enfoncé jusqu’aux cuisses dans la mélasse : Faisable, mais inutilement pénible. Alors si en plus le Loser parle de la même façon qu’il écrit, il a beaucoup de difficulté à comprendre pourquoi ses interlocuteurs tiennent rarement à avoir une seconde conversation avec lui.

Sur le net, il arrive que le Loser s’exprime clairement. En personne, par contre, peu habitué à l’interaction face-à-face, il est un piètre interlocuteur. Il bafouille, cherche ses mots, transforme tout en blague et dit souvent des conneries. Il est le champion de la remarque qui apporte (accidentellement) le malaise. Étrangement, s’il est francophone, il s’exprimera mieux en anglais puisque c’est une langue seconde qu’il a eu à apprendre sur le tard. N’ayant jamais eu le temps d’apprendre convenablement toutes les subtilités de celles-ci, il n’aura d’autre choix que de s’exprimer clairement lorsqu’il l’utilise.

Et puisque l’on parle de langue seconde (en tenant compte que ce blog est Canadien)  : Lorsqu’il a envie d’apprendre une nouvelle langue, le loser ne choisit jamais l’espagnol qui est la 3e langue la plus parlée en Amérique. Non, il choisira plutôt l’allemand ou le japonais, deux langues qui ne lui serviront jamais à rien, que ce soit dans sa vie privée ou dans son travail. De toute façon, ce n’est pas comme s’il allait vraiment réussir à l’apprendre, peu importe les années qu’il va y mettre.

Dans son physique :
Le Loser est né avec un physique défectueux.  Il est ou bien trop grand, ou trop petit, ou trop maigre, ou trop gros, ou trop laid, ou juste trop non-remarquable. Il rêve du jour où il sera beau, grand et fort. Étant pauvre, il ne peut se permettre de s’inscrire à un gym ni de s’acheter de l’équipement. Il ne peut donc que se contenter d’en rêver.  Le loser a quelquefois fait de l’entrainement musculaire et/ou sportif en cachette, mais le plus longtemps qu’il l’a fait avant d’abandonner fut deux mois.  Le loser qui arrive à s’acheter de l’équipement sportif le laisse prendre la poussière au bout de quelques semaines et n’y retouche plus, sauf lors de déménagements. Et quand le Loser peut se permettre un abonnement d’un an au gym, il y va à tous les jours lors des deux premières semaines, puis trois autres fois pour le reste de l’année, avant d’abandonner définitivement.

Le Loser se déplace surtout à bicyclette car étant pauvre, il ne peut se permettre d’avoir un auto ou une titre de transports en commun.  Qu’importe, le Loser est fier de sa situation de cycliste.  Puisqu’il fait beaucoup de vélo, il se vante que cette activité le tient en grande forme physique.  Étrangement, tous les amis du Loser qui eux ont des autos sont en meilleure forme que lui.

De toute façon, le loser ne garde jamais son vélo longtemps car il se le fait toujours voler.  Même s’il le laisse parmi 8624 vélos attachés, le seul qui se fera voler, ce sera le sien.  À moins que ce soit une vieille patraque.  À ce moment-là, il ne se le fera pas voler. Il se le fera seulement vandaliser.

Dans son passé amoureux et/ou sexuel:
Le manque de confiance que le Loser a toujours ressenti envers lui-même a fait qu’à l’époque de ses premiers désirs amoureux et/ou sexuels, il était trop intimidé par les filles de son âge.  Il se sentait inadéquat, puisque ces filles étaient attirées par les gars plus beau, plus athlétiques, plus sérieux que lui.  Les seules filles avec qui il se sentait à l’aise, c’était les pré-pubères, voire les enfants.  Puisqu’elles étaient encore trop jeunes pour ressentir de l’attirance pour le sexe opposé, elles ne le mettaient pas en compétition avec les autres gars.  Le Loser, sans comprendre pourquoi puisque ça se passe au niveau de l’inconscient, confondra cette aisance pour du sentiment et du désir.  Et c’est ainsi qu’il fantasmera pendant plusieurs années sur des situations imaginaires dans lesquelles il se verra vivre des amourettes avec de jeunes filles telles que…

  • Jolie jeune immigrante perdue et confuse dans ce nouvel environnement, à qui il servira d’abord de guide social, avant de devenir, à sa demande à elle, son guide amoureux et/ou sexuel. (De ce fantasme particulier, le Loser caucasien gardera parfois toute sa vie une attirance marquée vers noires et asiatiques.)
  • Petite voisine qui l’admire juste parce qu’à ses jeunes yeux, il est grand et fort, ce qui fait qu’elle finira par vouloir faire de lui son initiateur amoureux et/ou sexuel.
  • Jeune adolescente récemment jetée dans la rue sans famille ni amis, qu’il recueillera chez lui (dans un appartement lui aussi imaginaire, puisqu’il reste encore chez ses parents), avant qu’elle le récompense pour sa générosité en lui offrant d’être sa chose amoureuse et/ou sexuelle.
  • La petite cousine.  Ou pire encore, la petite soeur, car, situation familiale oblige, ils sont toujours en contact.  Ce qui fait que, lorsqu’elle ressentira ses premiers désirs pour le sexe opposé, elle se tournera vers le premier mâle de son environnement, celui le plus proche de leur groupe d’âge: Lui-même, son oni-chan (grand-frère).

Ce dernier fantasme peut devenir problématique si le Loser a vraiment une petite soeur.  C’est que ce fantasme-là est particulièrement à portée de main en été, alors que les parents travaillent et que les enfants et ados sont en vacances, en ayant pour eux-seuls la maison.  Le Loser pourrait alors être tenté de faire de son fantasme une réalité.  Dans ses fantasmes énoncés plus haut, on constate que dans tous les cas, c’est toujours la jeune fille qui initie la relation amoureuse et/ou sexuelle.  Mais dans la réalité, ce serait l’inverse, et il le sait.  À partir de là, ce qu’il fera ou non dépendra de plusieurs facteurs de sa personnalité, du degré de ses désirs et de sa force morale.

Ironiquement, bien que dans ce cas-ci il agit en pur pédophile, dans 90% des cas, le Losers ne l’est même pas.  Il s’en rend compte, en constatant qu’il ne trouve pas dans ces premières relations ce qu’il cherche.  Aussi, il y perd intérêt et son focus passe vers les filles de son âge.  Hélas, pour ses jeunes victimes s’il y en a, le mal est fait.

Avec les filles :
Il y a un genre de filles que le Loser attire tout particulièrement : Celles qui ne voudraient jamais sortir avec lui.  Le Loser ressent de la frustration envers ces filles qui veulent que leur relation soit amis seulement, alors qu’ils ont tant de choses en commun. … Enfin, quand je dis tant de choses en commun, en général, ça se limite à « Nous sommes tous les deux hétéros et célibataires. »  C’est que le loser croit dur comme fer à l’adage qui dit qu’en amour, nos différences n’ont aucune importance.  C’est sa façon à lui de justifier le fait qu’il sortirait avec n’importe qui, pourvu que ce soit une fille.

Il arrive parfois qu’une de ses amies particulièrement en manque ou désespérée consente à avoir une relation plus intime avec le Loser.  Elle y posera cependant une condition :  Leur relation devra rester secrète.  Elle invoquera toutes sortes de raisons que le Loser gobera ou non mais qu’il acceptera quand même puisque c’est ça ou bien rester célibataire.  Elle ne lui avouera jamais que la vraie raison, c’est parce qu’elle aurait honte que les autres sachent qu’elle est avec lui.

En amour :
À cause de son complexe d’infériorité, le loser s’imagine et/ou constate que comparé aux autres hommes, il fait piètre figure, surtout dans le domaine de la séduction.  Aussi, il fantasme souvent sur des situations imaginaires du genre de:

  • Il est sur une île, seul survivant mâle d’un naufrage ou d’un écrasement d’avion, en compagnie d’une autre survivante.
  • Variante: Dans un bateau, qui contient eau et nourriture en abondance, mais une seule cabine et un seul lit. 
  • Il se retrouve coincé plusieurs heures, voire plusieurs jours, avec une fille, dans un ascenseur en panne, un cockpit d’avion écrasé… 

Les trois points en commun que l’on retrouve dans ces différents fantasmes de situations sont toujours les mêmes:

  1. La fille et lui sont isolés de tous.
  2. Ce qui fait qu’elle n’a pas le choix de lui parler.
  3. Et éventuellement craquer pour lui.

Puisqu’il ne vivra jamais de tels fantasmes, le Loser jette alors son dévolu sur toute fille qu’il sent isolée, mais cette fois au niveau social.  Celles qui sont renfermées, timides maladives, angoissées…  Car la nature de ces filles-là apporte deux intéressantes garanties au loser.  La première, c’est qu’il n’aura pas de compétition, car aucun homme normal n’irait s’intéresser à ça.  Et la seconde, de par leur nature facilement intimidable, elles n’oseront jamais lui résister clairement, ce qui fait qu’elles finiront bien à céder sous son insistance.  Hélas pour le loser, son sentiment de victoire sera de courte durée, car il vivra avec elle une relation cahoteuse qui sera négative et décevante du début à la fin.

Dans des conditions normales, le loser ne plait pas. Pourtant, en amour, c’est un être courageux qui n’a pas peur des obstacles.  La preuve: La fille sur qui il jette son dévolu est toujours ou bien déjà en amour avec un autre, ou bien trop jeune, ou bien trop vieille, ou bien lesbienne, ou bien d’un style de vie / de look / de mentalité / de milieu trop différent de lui, ou bien mariée, ou bien habitant à plus de 50 km de chez lui, ou bien qui ne veut rien savoir de lui, quand ce n’est pas une combinaison de plusieurs de ces éléments.  S’il arrive tout de même à sortir avec cette fille, le Loser vivra une relation cahoteuse qui sera négative et décevante du début à la fin.

Ceci étant dit, le Loser n’est pas forcément un être désespéré. Parfois, il est capable d’attendre La Bonne. Tandis que ses amis vont d’une relation à l’autre et vivent toute une gamme d’émotions, ont du plaisir, des loisirs et de la baise, le Loser ne sort jamais avec personne. Il a une idée très précise sur son idéal féminin et il s’est  juré que tant et aussi longtemps qu’il ne l’aura pas rencontré, il se gardera pur pour elle. S’il finit par la trouver, et que par miracle elle accepte de sortir avec, (souvent après avoir été poursuivie pendant des années par le Loser) leur relation sera de courte durée. Normal: Un gars qui n’a jamais eu de relation amoureuse ou sexuelle, ça n’a aucune expérience du comportement amoureux et sexuel. Ça fait que même si elle est son idéal féminin, en revanche il est loin d’être son idéal masculin.

Les amours du Loser commencent souvent de la même façon que n’importe qui. Par exemple: Il rencontre une fille dans une fête entre amis, ils se plaisent, ils commencent à se rapprocher. Ils peuvent même passer la soirée à se bécoter et la nuit à baiser. Puis, après quelques jours, si ce n’est pas dès le lendemain, elle s’en détache, s’en désintéresse et ne veut plus rien savoir de lui, même en ami.  Le Loser aimerait bien comprendre pourquoi ça se passe toujours ainsi mais là encore personne n’est capable de lui répondre ou n’a envie de le faire.  Tout ce qu’il sait, c’est que ce qu’il entend dire à ce sujet n’a jamais rapport avec ce que la fille lui a dit.  Par exemple, si elle lui dit qu’elle ne se sent pas prête à embarquer dans une relation à ce point-ci de sa vie, les autres lui rapportent plutôt qu’elle lui trouvait tout un tas de défauts, dont certains que le Loser ne savait même pas qu’il avait.  Le Loser part alors en croisade à la recherche de la vérité, ce qui ne fera qu’empirer son cas et lui donner l’impression que tous l’ont trahi et lui ont menti.  Surtout qu’une fois sur deux, la fille se retrouve embarquée dans une nouvelle relation moins de deux semaines après avoir rompu avec le Loser.

Lorsqu’il ne s’agit pas de ses amours personnelles, le Loser est un grand observateur.  Il est capable de dire si la relation débutante d’un(e) de ses ami(e) va durer ou non.  En fait, il dira toujours que c’est non, que cette relation est condamnée d’avance, qu’ils ne sont pas faits l’un pour l’autre, qu’ils sont trop différents.   Lorsque la relation sera terminée, que ce soit au bout de dix jours, dix semaines, dix mois ou bien dix ans, il sera fier de clamer haut et fort qu’il savait depuis le début que ça ne marcherait pas.

Enfin, certains losers sont plus fins stratèges: D’abord, ils repèrent une fille qui est déjà en couple avec un gars qui a un physique et/ou un style semblable à lui.  Il s’arrange pour devenir bon ami avec cette fille.  Puis, il deviendra son confident, histoire d’apprendre ce qu’elle aime ou non chez son mec, et ce qui ne va pas dans le couple.  Armé de ces informations, le Loser peut donc montrer à la fille qu’il a en lui tout ce qu’elle aime chez son amoureux actuel, MOINS ses défauts.  Et c’est comme ça que dans 75% des cas, il arrive à finir avec la fille.

Et avant de penser que, puisqu’il a réussi, il n’est donc pas si loser que ça, considérez ceci: La seule façon qu’il a trouvé pour réussir à plaire, ce n’est pas en restant lui-même.  Non, c’est en se donnant les qualités de l’autre gars, et en évitant d’avoir les défauts de l’autre gars.  Bref, il n’a réussi à plaire qu’en se basant sur la personnalité d’un autre.

Dans son couple:
Lorsque le Loser a une relation stable, sérieuse et à long terme, c’est avec une fille qui est loin d’être un modèle de beauté et/ou d’intelligence et/ou d’amabilité.  Voilà pourquoi il a trop honte pour s’afficher avec elle en public, surtout en tant que son conjoint.  Qu’est-ce qu’il fait avec elle, alors?  Pas le choix, c’est la seule qui veut de lui.  Le loser classera cette relation sous le dossier « En attendant de trouver mieux », et essayera sans cesse de la tromper.  Or, les rares fois qu’il y réussira, il ne trouvera vraiment pas mieux que sa relation actuelle.  Et si par miracle, oui, il trouve vraiment mieux qu’elle, ça va se terminer en catastrophe. Non seulement parce que le Loser a déjà une copine, mais souvent à cause qu’il habite avec elle.

Dans sa mentalité :
Le Loser est un être réfléchi.  Il pense beaucoup.  On dirait même qu’il pense trop, car tandis qu’il réfléchit, il n’agit pas.  Adolescent, il observe ses amis qui s’amusent en buvant, fumant, prenant de la drogue, allant d’une relation non-sérieuse à une autre.  Le Loser se dit que faire tout ça est tellement inutile puisque cela ne leur servira pas dans leur avenir.  Et oui, sur ce point, il a raison à 100%.  Or, l’erreur qu’il commet ici, c’est de ne pas vivre au moment présent.  Son intelligence le pousse à une maturité prémature, ce qui lui donne le réflexe de vouloir passer immédiatement de l’enfance à la vie adulte, sans passer par la phase transitoire de l’adolescence.  Phase où, justement, on expérimente plein de choses, dont la majorité s’avèrera inutile dans l’avenir.  Le Loser, qui s’exclut ainsi volontairement des autres, s’emmerde tout seul dans son coin.  Pendant ce temps là, les autres s’amusent et vivent pleinement leur vie de jeunesse en groupe.  Rendus adultes, tous ces ex-saoulons et ces drogués repentis arrivent à trouver travail et âme sœur facilement tandis que le Loser qui s’est abstenu n’y arrive pas.  Peut-être que ça a à voir au fait que les employeurs et âmes sœurs sont eux aussi des trippeux repentis, donc des gens avec qui le loser a peu de choses en commun.  Il faut dire que…

Dans sa vie sociale :
Le Loser commet trop souvent la faute de décider à la place des autres ce que les autres devraient penser de lui, ce qui est doublement une faute puisque cette opinion qu’il communique à son propre sujet est toujours négative.  Il va exprimer le fait qu’il se sent mal à l’aise, inadéquat.  Il va exprimer avoir tel ou tel défaut qui le rabaisse à leurs yeux, alors que pourtant personne ne lui a fait la moindre remarque négative sur quoi que ce soit.  Et souvent, il va faire des remarques à ses amis comme quoi il leur est inférieur dans de nombreux domaines.  Si on complimente le Loser où qu’on lui offre des opportunités, son premier réflexe ne sera pas de remercier, mais bien de débattre sur qu’est-ce qui leur a fait commettre l’erreur de penser qu’il mérite ce positif de leur part.  Et puisqu’il ne raconte majoritairement que ses échecs passés et obstacles présents, réels autant qu’imaginaires, il finit par conditionner son entourage à avoir vraiment la mauvaise opinion de lui qu’il leur prêtait dès le départ.  Par conséquent…

Dans son entourage immédiat.
Chaque personne n’attire autour de lui que les gens qui sont intéressés à ce qu’il sont.  Ainsi, puisque le Loser projette autour de lui une image de victime, il attire tout naturellement trois genres de personnes

  1. Les agresseurs et fauteurs de troubles à la recherche de victimes.  Le prédateur saura toujours reconnaitre instinctivement une proie.  Pour celui-là, le loser est la victime idéale, alors il ira toujours l’exploiter, le rabaisser, le faire échouer. Et si le Loser réussit tout de même, ils vont s’arranger pour le saboter, l’empêcher d’avancer.
  2. Les autres losers.  Tout le monde a besoin d’avoir un sentiment d’appartenance.  Ainsi, par simple désir de ne pas être les seuls losers de leur entourage, les autres losers vont toujours décourager ou déconseiller le Loser qui aurait la chance de vivre une opportunité de réussite.  Et si le Loser réussit tout de même, ils vont s’arranger pour le saboter, l’empêcher d’avancer.
  3. Les surprotecteurs.  Très souvent, il s’agit des parents.  Ceux-là ressentent un besoin viscéral de protéger le Loser.  Et puisqu’ils ont besoin que le Loser dépende d’eux, ils vont faire en sorte pour que le Loser ne réussisse jamais rien.  Et si le Loser réussit tout de même, ils vont s’arranger pour le saboter, l’empêcher d’avancer.

Si ces gens sont attirés par le Loser, c’est parce qu’ils ont besoin d’avoir un loser dans leur entourage.  C’est en tant que tel qu’ils l’ont connu, c’est en tant que tel qu’ils l’ont accepté, et c’est en tant que tel qu’ils en ont besoin.  Ainsi, peu importe que leur motivation soit d’écraser, d’avoir un sentiment d’appartenance, ou l’altruisme, il reste qu’ils vont toujours faire en sorte pour que le Loser reste un loser.  

Dans sa morale et ses principes:
Le Loser a bonne conscience et une grande capacité de sacrifice dicté par un code d’honneur strict. Par exemple, s’il a abandonné un travail payant, c’est parce qu’il savait qu’il n’était pas assez qualifié pour ce travail et qu’il prenait la place d’un autre qui, lui, la méritait mieux et saurait donner un meilleur rendement à son patron.  S’il a mis fin à se relation, c’est parce qu’il l’aimait.  Il savait qu’il n’était pas assez bien pour elle et qu’elle méritait beaucoup mieux que lui. Si une connaissance lui propose une entrée via contacts dans un bon travail, il va refuser car il ne pourra ressentir de fierté puisqu’il n’aura pas réussi à avoir l’emploi par lui-même. Le Loser tire beaucoup de vanité du fait d’avoir des principes et un code d’honneur.  C’est d’ailleurs la seule chose dont il peut en tirer.  Il a beau se dire qu’il a bonne conscience d’agir ainsi, il est toujours malheureux des décisions que ses principes lui ont dictés. C’est normal puisque tout ce que ce que ce code lui fait faire, ce ne sont jamais des choses qui lui permettent d’avancer. Au contraire, ce sont toujours des choses qui vont le ralentir, lui faire obstacle et le saboter.  

Dans ses plans de vie :
Le loser est un extrémiste. Il passe 50% de son temps à nous expliquer joyeusement quelconque plan à dormir debout devant lui assurer fortune, gloire, amour et richesse, et 50% de son temps à se plaindre parce que ça ne marche pas.  

Il faut dire que le Loser a la très mauvaise habitude de vendre la peau de l’ours.  Par exemple, s’il est obèse et s’inscrit à un gym à l’automne, il se vante dès le départ qu’il saura perdre 60 lbs / 28 kgs en six mois, et il n’hésite pas à parler de tous les plans qu’il fait pour lorsqu’il aura enfin son physique idéal.  En se vantant et en éblouissant ses amis, il obtient immédiatement la satisfaction du travail bien fait.  Il ne lui reste plus qu’à le faire, ce dit travail.  Or, cette situation dans laquelle il vient de se coincer, c’est similaire à recevoir d’avance six mois de salaire, et de l’avoir tout dépense avant de commencer à travailler.  Ce n’est plus du tout motivant pour faire le dit travail.  Alors lorsqu’il échouera, ce sera d’autant plus humiliant, puisque tout le monde le saura.

D’ailleurs, le plus grand ennemi du Loser, ça reste sa grande gueule.  Quand il médit contre un autre, ses paroles sont rapportées et ça lui retombe sur le nez.  Quand il planifie quelque chose, le fait d’en parler donne tous les renseignements nécessaires à ses ennemis pour lui couper l’herbe sous le pied.  Si, à son travail, il a à signer une entente de confidentialité sur un projet dont la réussite dépend grandement du silence, il en parlera et fera échouer le projet.  Et même s’il prend la peine de confier quelque chose sous le sceau du secret, ça se sait en un rien de temps. 

L’incapacité du Loser à garder un secret prend sa source dans sa faible estime de soi. Quand on possède un secret, on sent que l’on détient enfin quelque chose qui saura capter l’attention et l’admiration des autres.  Et quand on est en mal d’attention et d’admiration comme le Loser l’est, pas étonnant que ça lui soit aussi difficile de garder le silence.  

Dans ses victoires :
Comme tout le monde, il arrive parfois que le Loser ait de la chance.  Or, il est tellement peu habitué à en avoir que lorsqu’il en a, il a tendance à adopter un comportement qui sabote tout, tellement il est méfiant ou pris au dépourvu.  Par exemple, si une belle et brillante fille lui montre des signes comme quoi elle s’intéresse à lui, il reste là sans bouger comme s’il avait de la difficulté à croire que ça lui arrive vraiment.  Il attendra d’autres signes de la part de la fille mais à chaque fois que ceux-ci arriveront, il aura toujours un doute et en attendra un autre.  Voyant qu’il ne répond pas à ses signes répétés, la fille finit par se lasser et se désintéresse de lui.  Le loser passera alors des mois, voire des années, à tenter de rattraper le coup et à se morfondre d’avoir laissé passer une chance pareille mais il sera alors trop tard.  Devant son idéal, le Loser attend toujours qu’il soit trop tard pour agir.

Dans ses projets comme dans ses amours comme dans sa mentalité, non seulement le Loser ne craint pas les obstacles, il les recherche.  Et pour cause.  En tant que Loser, consciemment ou non, il sait qu’il ne peut pas gagner à armes égales contre les autres.  S’en aller vers un but hors de sa portée, c’est d’abord s’assurer que ce but est également hors de la portée de la majorité des gens.  Dès le départ, ça élimine la compétition, donc l’humiliation de de faire battre par un autre.  Ensuite, si par miracle le Loser réussit à atteindre son but, il sait qu’on va l’admirer d’avoir réussi malgré tous les obstacles.  Sa réussite n’en sera que plus extraordinaire et il en tirera beaucoup de satisfaction.  Enfin, s’il ne réussit pas à atteindre son but, il sait que personne ne pourra l’en blâmer car comme le dit le proverbe, à l’impossible, nul n’est tenu.  Malheureusement,  celui qui se fixe toujours des buts impossibles ne fait que s’assurer qu’il va passer le reste de sa vie à subir échec sur échec sur échec.

De toute façon, peu importe le sujet, lorsque le Loser arrive enfin à obtenir quelque chose qu’il a toujours voulu avoir, il s’arrange pour le perdre d’une façon ou d’une autre.  C’est que même si le Loser déteste être un loser, c’est tout ce qu’il sait être.  S’il devient un winner du jour au lendemain, il ne saura ni comment réagir ni quoi faire pour le rester.  Et même s’il le sait en théorie, en pratique il n’est pas habitué à être un winner. Il pratique son attitude et sa personnalité de loser depuis tellement d’années que c’est rendu naturel chez lui d’en être un.  Or, chassez le naturel…

Dans sa famille:
Il faut dire que dès le départ, le Loser n’a pas eu de chance dans son milieu de vie.  Il est né dans une famille qui n’était ni assez riche ni assez influente pour pouvoir lui fournir les connexions nécessaires pour pouvoir réussir dans la vie, contrairement à la majorité des gens qu’il connaît.  De toutes façons, même s’ils étaient influents, ses parents ne croient ni en lui ni en ses capacités de réussir. Ainsi, il est né avec un handicap qui lui fournira l’excuse nécessaire pour expliquer les échecs qui se vont se succéder tout le long de sa vie, peu importe le domaine.

Et quand le loser finit par quitter sa famille pour en fonder une nouvelle, il se retrouve inévitablement avec une conjointe, une belle-famille et des enfants qui lui feront vivre exactement le même genre de problème qu’il a toujours vécu du temps où il vivait chez ses parents. Hélas, s’il est normal et socialement acceptable de quitter ses parents, ça l’est beaucoup moins de quitter sa femme et ses enfants. Et même s’il le fait, la pension alimentaire et les ennuis judiciaire qui y sont reliés seront là pour s’assurer qu’il ne puisse jamais se tirer de la merde dans lequel il s’est volontairement embourbé.

S’il est vrai que le succès attire le succès, il en va de même pour l’inverse. Puisqu’il met dans la tête des gens qui l’entourent qu’il est une victime, un malchanceux, et un abusé, alors ce sera en victime, en malchanceux, et en abusé que les gens vont le traiter.  C’est pour ça que le Loser ne sera jamais rien d’autre que ce qu’il a toujours été : Un Loser!


L’origine de ce texte remonte au début des années 90, lorsque je me suis mis à réfléchir sur tout ce qui n’allait pas chez moi, en comparant chaque point avec d’autres gens qui eux y réussissaient. Il s’agit donc d’une longue auto-analyse. Depuis, le loser en moi est mort, d’où le « Autopsie » du titre.

Vous voulez savoir comment je me suis tiré de mon loserisme?  Alors allez lire