Quand j’étais stupide…

I Used to be Stupid est le nom d’une page web dont l’adresse est http://www.iusedtobestupid.com/. Enfin un site où on peut rire de la stupidité des autres sans insulter personne, puisque ce sont des confessions volontaires. Il se trouve que j’ai été coupable de beaucoup de stupidités dans ma jeunesse avant de m’en guérir. Des stupidités du genre de…:

Lost in translation
Quand j’étais enfant, avant de connaitre l’anglais, je croyais que Best Seller était le nom d’un écrivain célèbre, à cause des pubs du Club du Livre qui annoncaient le nouveau best seller.

Je maitrisais quand même quelques mots d’anglais. Assez pour penser que Chevy Chase était une course automobile avec des Chevrolets.

Bon sang!
En regardant dans le linge sale, je vois que les bobettes de ma mère sont tachés de sang. Je lui demande pourquoi. Elle me répond qu’à tous les mois, elle a ses règles. J’imaginais donc qu’elle pondait mensuellement des règles à mesurer. Et à voir les taches de sang, ça ne me semblait pas confortable.

Une logique terre à terre
Mon oncle regarde le moteur de son char et dit « Fuck, la batterie est à terre. » Alors moi, je me couche à côté du char pour regarder en dessous pour la ramasser. Je m’attendais à voir une p’tite pile carrée de 9 volts.

King size
C’est quand j’étais enfant, au début des années 70, que le Québec a peu à peu passé des unités de mesures impériales anglaises aux unités de système métriques. Notre prof de maths nous expliquais que les vieilles mesures anglaises telles le pied et le pouce s’appelaient ainsi parce que c’était la longueur du pouce d’un roi et la longueur du pied d’un autre roi, j’me souviens plus lesquels.

…J’en suis donc arrivé à la conclusion logique que la verge (le yard, qui mesure 90 centimètres) devait appartenir à un roi amanché pour veiller particulièrement tard.

Flyé
À 11 ans, je planifiais faire un jour un voyage à Bagdad pour acheter un tapis volant, m’en faire un costume de super-héros et ainsi pouvoir voler avec. Faut avouer que ça aurait pu être ingénieux… Si les tapis volants avaient vraiment existés.

The Amazing Cancer-Boy
À l’école primaire, on avait un jour visité un laboratoire de science. Un des chercheurs nous a fait une démonstration de compteur Geiger avec des matériaux radioactifs. J’ai essayé de piquer un échantillon de radium. C’est qu’à force de lire des histoires où des gens obtiennent des super pouvoirs en étant exposés à des radiations (Spider-Man, Hulk, Fantastic Four), on finit par y croire. Heureusement que les échantillons étaient étroitement surveillés.

D’la broue dans l’toupet
Ado, j’étais pas une lumière non plus. C’était dans la première moitié des années 80 et on avait des coiffures pas possibles, gonflées à la mousse. J’étais en secondaire 2 ou 3, j’sais pu… Un soir, avant un party, je manque de mousse coiffante pour me puffer la moumoute. Je me dis stupidement que puisque la mousse à raser a la même texture et la même couleur, ça doit faire pareil. Je me frictionne donc les cheveux avec une boule de crème à barbe de la taille d’un pamplemousse. On aurait dit que je m’étais broché sur la tête un colley noyé dans d’la crème fouettée. J’en fut quitte pour me rincer les cheveux. J’aurais dû me refaire un shampooing parce qu’on m’a fait remarquer 2-3 fois pendant le party que je dégageais une forte arôme de crème à barbe. Pas fort

Pour rester dans les cheveux: J’avais du péroxyde en crème 20 volumes pour me faire des mèches, mais je trouvais la temps d’attente trop long. Pour la booster, je décide de la mélanger avec la bouteille de 10 volumes pour faire de la 30. Mon ami Guy, qui ne ratais jamais une occasion de me pointer ma stupidité, m’a alors dit: « Pis si tu met de la 20 dans de la 20, tu penses-tu que ça va te faire de la 40? » C’est là que j’ai compris que mon mélange, au lieu d’augmenter la puissance de la 20, l’avait plutôt diminuée à 15 à cause de la loi des moyennes. Gne!

Capotant!
On n’avait pas de cours d’éducation sexuelle à l’école dans mon temps. Au plus, quelques notions de sexo dans un chapitre du cour de biologie, mais qui ne faisaient que couvrir les fonctions reproductrices de l’appareil sexuel. Heureusement, il y avait quelques magazines d’ados qui en parlaient. Un jour, je lis un article sur les condoms, avec photos illustrant le tout. (Et dessins lorsque ça devenait plus explicite) J’ai longtemps cherché ce modèle de condoms que j’y avait vu, un tout court qui ne recouvrait que le gland au lieu de couvrir la verge complète. Je me suis rendu compte plus tard que l’illustration montrait un condom de côté AVANT qu’il soit déroulé. Gne!

Une farce qui laisse froid
Un truc stupide que j’ai fait à 15 ans: J’étais dans le vestiaire de la patinoire avec mon ami André. On mets nos patins. Je vois la tuque d’André sur le banc. Je décide de lui jouer un tour. Je prend la tuque et la dissimule dans mon manteau. L’affaire, c’est que je souffrais aussi de déficit d’attention, alors le temps de me repencher et de finir de lâcer mes patins, j’avais déjà oublié ma farce. On patine une heure ou deux, puis on rentre chacun chez soi. En me déshabillant, la tuque tombe de mon manteau. En la voyant, non seulement ma farce me revient en tête, mais je me rappelle tout à coup qu’André ne porte jamais de tuque. J’avais donc volé la tuque d’un parfait inconnu qui a donc bien dû se demander où elle a pu s’envoler. Oops!

Gaston et la gaffe
Quand j’avais 23 ans, il y avait une émission intitulée Les Midis Fous à CKOI, animée par Richard Z Sirois, Anthony Cavanaugh, Pierre Brassard et Jacques Chevalier Longueuil, et ils permettaient aux auditeurs de venir assister aux émissions en studio. Fa que, j’y vais avec mon ami Daniel. Avec d’autres auditeurs, on attend dans le portique qu’on nous ouvre.

Arrive un grand monsieur, maigre, ridé, en imper et chapeau gris style Indiana Jones, qui passe à côté de nous et se dirige vers la porte devant laquelle on attendait tous. En ricanant, je dis à Dan: « Check, y’a l’air de Gaston Lepage! » Le monsieur tourne la tête et me regarde avec un air bête et sévère. Il m’avait entendu. Rouge comme une tomate, je lui bafouille un « Euh… S’cusez, j’ai pas voulu vous insulter. » À ce moment là, arrive l’animateur d’une autre émission qui lui ouvre la porte et dit « Ah, Gaston, entre, on va aller au studio au fond. »

C’ÉTAIT Gaston Lepage! Et je venais de lui dire dans sa face que ça pouvait être insultant de ressembler à Gaston Lepage.  J’ai passé toute l’émission des Midis Fous bien tranquille, à me faire oublier, accoté contre le mur d’un rouge presque aussi prononcé que celui de ma face.

En CONclusion:
Je pense que la chose la plus stupide que j’ai fait, je devais avoir 18 ans. Et quand je dis stupide, je parle ici d’un geste totalement nowhere, sans raison d’être ni aucune utilité positive possible.

Une de mes ex m’avait amené au nouvel appartement de sa famille (elle vivait chez ses parents). À un moment donné, on est 3 assis sur des chaises sur le balcon avant: Mon ex, sa soeur et moi. Mon regard pogne le fixe sur le grillage en fer forgé, en particulier sur le morceau désigné par la flèche:

Je me pose bêtement la question idiote « C’tu solide, ça? ».  Histoire de vérifier, je me penche, j’agrippe le morceau et je tire en va et vient. D’un coup sec, le morceau décolle. La seule chose qui la retenait encore au barreau, c’était la (multiple épaisseur de) peinture noire. Ça faisait comme une penture sur une porte. Je replace vivement le morceau qui tient toujours grâce à la peinture en remerciant le ciel que les deux filles ne m’ont pas vu faire. Puis je me rassois promptement. J’ai l’air de rien, mais dans ma tête je me traite de cave sur tous les tons.  Et j’avais raison parce que, come on, j’essayais de faire quoi, au juste? C’était quoi, mon but, de vouloir « voir si c’était solide »? Comment est-ce que je pouvais agir de façon aussi irréfléchie, aussi stupide?

J’étais toujours en train de m’engueuler mentalement lorsque, 30 secondes plus tard, je vois avec horreur la peinture céder, le morceau se détacher et tomber non pas sur le balcon mais bien en bas de celui-ci.  Il tombe sur le ciment, deux étages plus bas, dans un « KAKLANG » qui n’avait rien de discret… AUX PIEDS DU PROPRIÉTAIRE QUI PASSAIT JUSTEMENT LÀ À CE MOMENT PRÉCIS!!!

J’ai eu beau faire semblant de ne pas comprendre ce qui s’était passé et de dire que j’avais juste vu le morceau tomber tout seul (appuyé par la soeur de mon ex qui, elle aussi, l’a vu se détacher du barreau tout seul), mais laissez-moi vous dire que ça ne sert à rien d’essayer de s’expliquer en français quand tu te fais engueuler par un bonhomme grec dans sa langue natale.

C’est depuis ce temps là que je ne fais plus rien sans y réfléchir avant, et que je me permet de remettre les erreurs des autres dans leurs faces quand ils ne prennent pas la peine de le faire. Évidemment, ça fait que j’ai passé de « stupide » à « chiant ». Mais bon, on peut pas tout avoir.

Mieux vaut se taire que de dire des niaiseries

J’ai souvent entendu des choses idiotes dans ma vie. je n’ai pas toujours su si c’était par stupidité, maladresse, bullshit ou en blague. N’empêche que dans tous les cas, c’était des paroles gniochonnes.

UN BON NOM
1978. J’avais 10 ans. Un camarade de classe du nom de Sébastien Lacroix était décédé accidentellement. Notre classe était allé le voir au salon funéraire.
La maitresse: Réjouissez-vous parce que Sébastien est maintenant au paradis. C’est normal puisque son nom est « La Croix ».
Eh ben! Une chance qu’il s’appelait pas « Laflamme ».

MORT-NÉ
Mon ex (avant que ce soit mon ex) et moi annonçons à mes beaux-parents qu’elle est enceinte.
Beau-père: Ah ben maudit criffe! Vous apportez la mortalité de d’dans’famille.
Selon lui, chaque nouvelle vie demande une mort pour lui faire de la place. Ben oui, logique, c’est pour ça que la population mondiale qui était de 3 milliards quand j’étais petit a doublé depuis. Pfff…

CANADIAN TAYEULE
Entendu au Canadian Tire de Ville-Lasalle, voisin d’un Wal Mart:
Client: Pourquoi les BBQ sont plus chers icite qu’au Wal Mart?
Vendeur: Oh ça, c’est parce que nous, on a un plus grand pouvoir d’achat.
Euh… Ce serait pas plutôt le contraire?

DANS L’ARCHE DE MOÏSE…
Mon père qui utilise tout croche une expression d’origine biblique (J’ai eu une éducation très catholique):
Pôpa: C’te gars-là, y’était connu comme Jonas dans l’poisson.
Moi: Tu veux dire « Comme Barabas dans la passion ».
Pôpa: Y s’appelait pas Jonas, le gars avalé par une baleine dans l’Ancien Testament?
Moi: Oui, mais…
Pôpa: Ben, c’est ça que j’dis!

QU’EST-CE QU’UN NOM APRÈS TOUT?
Hiver 1975. J’avais 7 ans, donc ma mère devais en avoir 29. Mon père met deux gallons d’antigel dans le coffre arrière de l’auto.
Môman: Tu laisses ça dans l’char? T’as pas peur que ça gèle?

DES ZOMBIES ET DES HOMMES BI.
Dans un train Montréal-Ottawa. Un homme dans la jeune vingtaine et fortement efféminé (la longue toge multicolore qu’il portait dans le wagon n’aidait pas), parle de sa troupe de danse avec orgueil, fierté, et moronerie:
Danseur: On vient de trouver un nom pour notre troupe. On s’appelle « Corpus Exhumus »… Ça veut dire « Le Corps qui Exhume » en latin.
C’parce que exhumer un corps, ça veut dire déterrer un cadavre, chose.

Mais ça ne s’arrête pas là:
Interlocuteur: Tu parles le Latin?
Danseur: Oui, j’allais souvent à la messe quand j’étais petit.
La messe a cessé d’être dite en latin vers la fin des années 60, soit bien avant que ce flamboyant paon soit né.

CHERCHEZ (ce que veut) LA FEMME
Mario, 17 ans, explique son incompréhension face au fait que sa blonde vient de le laisser après 2 mois de fréquentation:
Mario: J’ai une job, j’ai de l’argent, j’ai un char… Crisse, quéssé qu’à voula d’plusse?
Hum… que dirais tu de: Un chum qui ne pense pas que les filles sont attirés juste par les char et l’argent?

LA LOQUE À TERRE
Entendu à la première réunion mensuelle entre les locataires du HLM où j’habitais et la gérante de l’immeuble.
Gérante: Ok, alors je vais prendre en note les choses qui ne va pas avec vos logements, un logement à la fois. On va commencer par l’appartement 1. Oui, Chantal. Je t’écoute.
Locataire: Ouain, ben depu qu’chu rentré là y’a 2 mois, ça arrête pas d’sonner chez nous pou’ d’la drogue. C’pass’que l’ancien locataire, c’ta un dealer. Ch’t’écoeuré,là, moé, Crisse! J’veux qu’ça arrête.
Gérante: Euh… C’parce que le propriétaire y peut pas faire grand chose pour ça.
Locataire: Ben là, tabarnak! Pou’quoi qu’on est icite, d’abord?
Il n’y a pas eu de 2e rencontre mensuelle. Je suppose que la gérante a compris ce soir là que ce qui n’allait pas avec les logements, c’était les locataires.

YO, CHU LÀ, TSÉ!
Mon ex (avant que ce soit mon ex), nos quatre enfants et moi nous promenions sur la rue avec nos enfants en poussettes. une mémé venant en sens inverse s’adresse à mon ex au sujet des enfants.
Mémé: Y sont-tu toutte à vous?
Mon ex: Oui!
Mémé: Mon doux! Y sont-tu toutes du même père?
Pis après ça, on dit que c’est les jeunes qui sont impolis.

TROU D’CURÉ
En 1995, Cynthia, une de mes anciennes collègues du Dunkin, est morte d’un accident d’auto. Lors du service funéraire, le curé (ou le prêtre, ou whatever) dit:
Curé: Cynthia, ta mort est une grande victoire car tu nous a quitté alors que tu étais encore pure et…
L’assistance, scandalisé que la mort de Cynthia soit qualifiée de victoire, a carrément hué le prêtre.

ARÊTE MOI ÇA!
Un monsieur je-sais-tout qui étale ses connaissances dans le bus à une passagère qui a visiblement hâte de débarquer:
Monsieur: Tsé, c’que les requins y’ont dans l’dos, là, tsé, les éperons. C’est ça. Et les cowboys ont des ailerons aux bottes?

SECRET BIEN CACHÉ
Une fille qui avait parlé contre moi dans son blog, m’y traitant de tous les noms, s’en défend:
La fille: T’avais pas d’affaire à lire mon blog. C’est MON journal intime, ce sont MES pensées secrètes, c’est personnel.
Très intime en effet, juste entre elle, son blog, quelques centaines de lecteurs…

ON NE PEUT PAS L’ÊTRE ET LE FAIRE
Extrait d’une lettre d’une de mes ex, à l’époque ou on sortait encore ensemble, qu’elle m’avait écrite après un an et demi de fréquentation:
Elle: J’ai remarqué depuis quelques temps que tu as une attirance de plus en plus forte pour moi et que tes désirs sont de plus en plus précis […] Je sais bien qu’une fois ne suffira pas. À la longue, l’amour qui nous unis disparaitra afin de faire place au plaisir charnel. […] Quand tu as usé de tous les mots, et que tu as tout fait avec l’autre, que reste-il encore à dire ou à faire de plus avec?
Pour sa défense, elle avait 17 ans (et moi 19) et j’étais son premier chum. Je veux bien croire qu’on puisse avoir peur de passer à l’étape suivante quand on n’a jamais fait ça, n’empêche que son « que reste-il encore à dire ou à faire de plus avec? » contredit royalement son « Je sais bien qu’une fois ne suffira pas ».

VICTOIRE, NOUS PERDONS
Lors des élections cette année-là, je travaillais pour le député de ma région. le soir des élections, lui et son parti furent défaits. Son discours de fin de soirée:
Député: Nous formons désormais l’opposition officielle, ce qui signifie que cette élection est pour nous une grande victoire.
Heille, le cave! C’est pas une victoire, ça. T’AS PERDU! Bonne chose, d’ailleurs. Parce que franchement, est-ce que je veux, comme député, d’un gars incapable de regarder la réalité en face? Issh!

ESPRIT OUVERTEMENT FERMÉ
Lu sur un forum à l’époque du scandale Guy Cloutier VS Nathalie Simard.
Forumienne: Le fait qu’il a plaidé coupable, ça ne veut pas dire qu’il l’a vraiment fait. Les faits ne constituent pas nécéssairement une preuve.
Ouain, elle a de l’avenir en tant qu’avocate, elle. Remarque, tant qu’elle défend les violeurs, ce n’est pas avec des arguments aussi retardés qu’elle va les garder libre,ce qui est une bonne chose.

ESPRIT FERMEMENT OUVERT
Avez-vous déjà remarqué que plus une personne se dit ouverte d’esprit, et plus elle est fermée à l’idée que vous puissiez être en désaccord avec ses convictions? Lors de mon retour aux études à 28 ans, mon amie Océane m’en a fait la démonstration:
Océane: Tu vois, je suis très ouverte d’esprit en matière de sexualité. Je considère qu’on est tout bi à un certain niveau, parce que l’on a tous eu nos premières expériences d’explorations sexuelles avec un membre du même sexe dans notre jeunesse, que ce soit avec de la parenté ou du voisinage.
Moi: Pas moi. J’ai passé ma jeunesse à toujours être le seul garçon dans mon groupe d’age dans ma famille et dans mon quartier. En plus, je n’ai jamais sorti avec autre chose que des filles, je suis père de 3 enfants, y’en a un 4e en chemin, et la seule fois où je me suis retrouvé en compagnie d’un gars tout nu dans ma vie, c’était pendant un party avec 2 autres couples, et leur présence me mettait mal à l’aise au point ou j’avais des problèmes d’érections. En plus, la simple idée de me faire toucher sexuellement avec un gars est suffisante pour me donner des haute-le-coeur. Tu vois ben que je ne peux pas être bi.
Océane: Pis? ça prouve rien, ça!
Coudonc, ça lui prend quoi?

PSYCHOSE TOUJOURS
Durant la seconde moitié des années 90, mon ex (qui avait la garde de nos 4 enfants) et moi habitions le même quartier, à une seule rue de distance. J’étais pratiquement son voisin. La psy d’un de mes enfants me montre un dessin qu’il a fait. Il s’agit d’un plan du quartier où nous habitons.
Psy: Comme vous voyez monsieur, Hugo a dit « Ici, c’est là où on habite, et ici c’est l’appartement de papa. » Ça démontre qu’il trouve que vous êtes trop loin de lui.
Moi: Euh… c’est parce que ce dessin représente très exactement notre quartier, et ce quasiment à l’échelle. Il habite vraiment ici avec sa mère, et j’habite vraiment là, la rue d’à côté.
Psy: Ce n’est pas physiquement qu’il vous sent loin, monsieur. C’est émotionnellement.
Moi: Il vous a dit ça?
Psy: Il n’a pas eu besoin de le dire en paroles. Son dessins est très clair.
… C’est parce que toutes les études psychologiques et psychiatriques vous diront que les enfants de 6 ans ne font pas dans le symbolisme. C’est seulement à l’adolescence qu’ils entrent dans cette phase-là.

PSYCHOSE TOUJOURS II
Une autre année, une autre psy.
Psy: Bon, là j’vais vous dire quelque chose que vous allez vraiment pas aimer
Moi: Et comment est-ce que vous savez ça?
Psy: Je suis parfaitement capable de lire le langage corporel. Je sais très bien ce qui se passe dans votre tête.
Moi: Wow! Vous devez vraiment être une bonne psy, pour être capable de savoir que je ne vais pas aimer ce que vous allez dire, et ce avant même que vous m’ayez dit de quoi il s’agissait.
Psy: Monsieur…
Moi: J’veux dire, sérieux, là, c’est pu d’la psychologie là, c’est carrément de la télépathie.
Psy: Je l’savais que vous réagireriez comme ça!
Moi: Wow! Télépathe et clairvoyante. Les services sociaux sont vraiment chanceux de pouvoir compter sur les services de gens comme ça.
Je suis devenu baveux avec le temps, mais que voulez-vous, je suis allergique à la bullshit. Surtout de la part de gens qui sont supposés être plus intelligents que moi.

NAISSANCE MYSTÈRE
C’est immanquable, à chaque fois que j’essaye de lire en paix pendant que je voyage, faut toujours qu’une personne à la retraite me fasse la conversation. Si au moins c’était de la conversation intelligente.
Mémé: Où est-ce que vous allez comme ça?
Moi: Visiter mon ex et nos quatre enfants.
Mémé: Vous en avez quatre? Combien de garçons?
Moi: Deux.
Mémé: Pis combien de filles?
Ben là, juste une, tsé!  Mon ex a inexplicablement accouché d’un canard à un moment donné.

UN ÉCHANGE MERDIQUE
André, un gars avec qui je me tenais au secondaire.  On s’arrête au McDo après avoir passé l’après-midi à parcourir les boutiques du coin.
André: C’est niaiseux, ton affaire. Tu viens de vendre ta collection de BD Archie au magasin de livres usagés, pis avec c’t’argent-là tu t’achètes du McDo. Pis demain, quand tu vas aller chier, il te restera pu rien. Fait que finalement, t’as vendu tes livres pour t’acheter de la marde.
… Kess’tu veux répondre d’intelligent à ça!?

CONclusion
Mais je pense que l’une des paroles les plus gniochonne que j’ai entendu de ma vie, et c’en est une que j’entends souvent, c’est de la part de gens qui lisent mes textes online.  Cette parole, c’est:
Hostie que t’as du temps à perdre!
Lorsqu’un hockeyeur professionnel s’entraîne à jouer au hockey entre les saisons, est-ce qu’on dit de lui « Hostie que t’as du temps à perdre »?
Lorsqu’un cuisinier professionnel essaye de nouvelles recettes chez lui entre ses shifts, est-ce qu’on dit de lui « Hostie que t’as du temps à perdre »?
Lorsqu’un illustrateur professionnel raffine son art en dessinant entre deux contrats, est-ce qu’on dit de lui « Hostie que t’as du temps à perdre »?
Lorsqu’un culturiste professionnel passe ses journées au gym à soulever des poids en dehors de la saison de compétition, est-ce qu’on dit de lui « Hostie que t’as du temps à perdre »?

Alors faut être gniochon, mais surtout ignorant en tabarnak, pour dire d’un auteur professionnel « Hostie que t’as du temps à perdre » lorsqu’il écrit.

Sérieux, là!