Mes NON de famille

Ma première copine, Richer-Joly, était bien nommée.
La seconde, Comte-Aubut, arrivait toujours à gagner.
J’ai eu Monet-Royal, et son revenu colossal.
Avant que Lamie-Gall aille me capturer dans sa toile.
Mam’zelle Lepire-Marchand servait assez mal ses clients.
Et Dulac-St-Jean se reconnaissait par son accent.
Mademoiselle Hétu-Dion allait à l’université,
Et se trouvait en classe de Maths avec Racine-Carré.
La pauvre Viau-Paradis n’a pas vécue longtemps.
Et miss Lagarde-Dery voulait de moi beaucoup d’enfants.
Larivière-Richelieu alla se jeter dans le fleuve.
Quand je l’ai quittée pour aller chez Labelle-Maisonneuve.
Aucune amante n’était aussi chaude que Laflamme-Dufour.
Mais mon cœur appartenait à Montpetit-Brindamour.
Lafleur-Delage était jeune et au sommet de sa forme.
Alarie-Dugas aimait surtout se moquer des hommes.
La grande Tremblay-Vandal était en techniques policières.
D’être née au Québec, Patry-Hotte était vraiment fière.
Madame Dubois-Brûlé vit maintenant dans un foyer.
J’ai eu Malo-Talon, celle-là elle m’a bien fait marcher.
Toujours à sa fenêtre on retrouvait Déry-Daudelin.
Avec Beauregard-Daigle, elle espionnait tous les voisins.
Miss Avard-Fortuné était une femme plutôt radine.
Mademoiselle Turmel-Auclair vendait des filtres à piscines.
Levert-Derome avait un sérieux problème de boisson.
Et Dussault-Montrose dégageait un arôme de poisson.
Il y a eu Plouffe-Aubin, une maniaque de propreté.
Delage-Gingras manquait beaucoup trop de maturité.
Paiement-Tardif réglait trop souvent ses comptes en retard.
Gagnon-Lapalme, comme d’habitude, remportait la victoire.
Miss Méthot-Matte faisait de très bonnes sauces à spaghetti.
Mercier-Bienvenu était une demoiselle polie.
Carrière-Rathé ne gardait jamais d’emploi très longtemps.
Hétu-Généreux ne me voulait que pour mon argent.
Puisque Leroux-Pion passait ses journées à dormir.
J’ai eu ma thérapeute sexuelle, Sauvé-Monplaisir.
Lafond-Dery, une forgeronne, travaillait le métal.
Légaré-Delisle se perdait toujours dans Montréal.
Il y a eu Tessier-Dutronc, amputée de moitié.
Et puis Perdue-Montcalm, toujours en train de paniquer.
N’importe qui pouvait coucher chez Lido-Desautels.
Alors que Garant-Thivierge se garda pure pour l’autel.
Allaire-Thérrien ne voulait surtout pas faire de remous.
Mongrain-Decelles, par contre, avait son opinion sur tout.
C’était une peintre très occupée, miss Arpin-Lamontagne.
Je regrette tant d’avoir un jour pris une Brosseau-Champagne.
Lara-Courcy n’avait en guise de jambes que des moignons.
Nulle ne cuisinait mieux que cette chère Leboeuf-Bourgignon.
Il y a eu Lépine-Hotte, j’en suis devenu allergique.
Pageau-Lee était, hélas, complexée par son physique.
À tous les jours, Beaujoie-Levert ne faisait que frustrer.
Comme Desmarteau-Pilon, elle ne voulait que tout casser.
Despins-Gouin prétendait avoir une origine inuit.
Quand à miss Meunier-Tudor, son moulin allait trop vite.
Avec Beaugrand-Perron, il nous fallait Talon-Chaussé.
Avec Épars-Pion, il nous fallait Lara-Massé.
Cette fois je suis à bout, découragé, Mondoux-Seigneur
J’ai bien cherché partout, je vois qu’il y a Riendeau-Tailleur.
Céder à Laprès-Sillon, ça je l’ai toujours refusé.
Célibat choisissons, mon nom est Gemme-Laliberté.

12 (autres) catégories d’hommes de sites de rencontres

Ce billet est le onzième de la série (Més)aventures sur sites de rencontres.  E

Quelques gentilles demoiselles ont partagé avec moi leurs observations des profils masculins sur sites de rencontres.  Ils peuvent être divisée en douze types, que voici:

1- Les non-monogames, pour diverses raisons: D’un côté, les polyamoureux, les couples ouverts.  Et de l’autre, les infidèles en tous genres.

2 – Les wannabe Mister Grey. Ils veulent vous faire découvrir les joies de l’humiliation et de la douleur, sans trop savoir ce qu’ils font. Ne connaissent rien au BDSM.  Comme l’auteur des 50 shades of, finalement.  Ils sont tous sapiosexuels (disent-ils) mais en fait ne pensent qu’au cul. Ils sont généralement mariés à une pauvre naïve qui ne soupçonne rien.

Le groupes 1 et 2 partagent le même sentiment de supériorité sur la masse des moutons monogames.  Ils se considèrent, d’une manière évolutive, au-delà du honteux sentiment de possessivité.

3- Les pervers losers de base. Selfies de douchebags, même quand ils n’en ont ni le physique ni le style, dick pics, messages qui se résument à « Me wanna fuck », généralement dans un orthographe déplorable.

4- Les jeunes qui veulent des vieilles. Jeunes hommes de 18-25 ans avec la libido volcanique car leur cerveau marine dans la testostérone toute fraîche. Influencés par la rumeur disant que les cougars sont des insatiables nymphos qui font tout et qui aiment tout.

5- Les vieux qui veulent des jeunes. Ils ont besoin d’un eye-candy tout frais à leur bras pour remonter leur ego, histoire de se faire accroire qu’ils ne sont pas si vieux que ça. Ça ne les dérange pas si elles sont moins allumées au lit puisqu’ils ont eux-mêmes la libido pas mal plus calme qu’il y a vingt ans.

6- Les colériques instantanés.   Leur frustration et leur agressivité est camouflée sous un vernis très mince qui craque dès la seconde où il n’est pas d’accord sur un point X avec vous, ou si vous le contrariez.  En général, se décrit comme étant « un bon gars qui en a assez des femmes qui le prennent pour un con. » 

Dans un ordre d’idées similaire:

7- Le gars qui en a assez de tomber sur des relations toxiques.  Il te parle de long en large de ses 27 ex, toutes des salopes profiteuses menteuses hypocrites qui lui ont fait perdre son temps.  Mais tu te rends vite compte que finalement, tout ce que ces filles avaient en commun, c’est lui.   Et à jaser avec lui, tu réalises assez vite pourquoi elles s’en sont éloignées.

8- Le loser sans emploi qui cherche femme de carrière avec vie sociale.  Dans le meilleur des cas, il sera fée du logis et amant passionné contre hébergement, coûtant à peine plus que sa nourriture.  Dans le pire, il sera un parasite qui est là pour se faire entretenir, sera un gouffre financier, et continuera de se chercher des amantes sur des sites de rencontres tandis qu’elle est au boulot.  

9- Les malheureux délaissés solitaires. Se décrit comme ayant des belles valeurs : Accorde sa confiance, fidèle, croit en Dieu, est prêt à fonder une famille. Il a souvent une photo à côté de son sapin de Noël, avec son chat.

10- Les gars qui disent franchement, sans détour, ne vouloir que du sexe. Éventuellement, ils se rendent compte que leur franchise leur rapporte zéro cul. Alors ils changent leur profils, disant qu’ils veulent une relation à long terme.

11- Les fétichistes en tous genres.  Ceux-là ratissent large dans l’espoir de trouver une femme à l’esprit ouvert.  De « J’aime les jupes en jeans et les vestons de cuir »  à « Je veux juste te chatouiller les pieds le plus longtemps possible » en passant par « Fais-moi pipi dessus pendant que je conduis ma moto. »

12- Les gars tout à fait normaux, voulant une relation normale avec femme normale. Deux problèmes avec celui-là: De un, il faut le trouver. Et de deux, encore faut-il qu’il y ait une chimie entre vous.

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Merci à Cindy RJ, Nathalie G et Marianne D pour leur désopilantes contributions, et Sarah D pour certains ajustements nécessaires.

Entendre ses mots -VS- comprendre ce qu’elle dit.

Ce billet est le second dans la série (Més)aventures sur sites de rencontres.

Après un an de célibat, je me sentais prêt à y mettre fin.  Après tout ce temps, je savais que j’en avais vraiment envie, je savais ce dont j’avais envie, et surtout je savais que ce n’était pas simplement par rebound, par habitude d’être en couple. 

Je me suis inscrit sur l’un des rares site où on peut encore échanger gratuitement.  J’ai rempli ma fiche.  J’ai mis des photos récentes.  J’ai décrit ce que je suis et ce que je cherche.  C’est que je considère très important que ma future associée de vie ait des points en commun avec moi dans ses goûts, ses activités et ses buts.  Parce que bon, entre les séances de baise, il faut bien avoir des choses intéressantes à jaser et à faire.

Je ne crois ni en la drague ni au jeu de la séduction.  La raison est simple: Lorsque l’on a beaucoup de points en commun, des passions communes, des buts similaires, alors on va adorer passer du temps ensemble.  Et s’il y a en plus attirance mutuelle, ben voilà, ça va se faire tout seul.  Dans cette optique, je considère que draguer, c’est essayer, à répétition, de faire naître chez l’autre un sentiment qui n’y est pas.  À la limite, c’est une forme de harcèlement.  

Quant au jeu de la séduction, le terme le dit: C’est un jeu!  Tu joues à te faire passer pour le genre de personne qui l’intéresse.  Autrement dit, excusez mon langage, mais tu n’en as rien à chier de ce qu’elle veut vraiment.  Tu cherches juste à l’avoir, point!  Sauf que, quand on y pense, quand on est prêt à se faire passer pour ce que l’on n’est pas, quand on est prêt à se mettre en couple avec une personne qui n’est pas attirée par ce que l’on est vraiment, il y a un mot pour ça: Désespéré!

Sans oublier que, le jour où le hasard placera sur ta route ton match parfait, tu auras l’air malin, tiens, d’être déjà en couple stable établi avec Miss Mieux-que-rien.

Donc, je parcours les profils, je les lis, je contacte celles chez qui je retrouve les points communs qui me sont importants.  Mais attention, pas de « allo bb », « hey sexy » ou de « ta dlair cochonnelooooooooolllllll »…  Non! Chaque message commence par un Bonjour suivi de son nom.  J’enchaîne en lui disant que je trouve que l’on a plusieurs choses en commun, je lui en fais la liste en expliquant ce qu’il y a de semblable chez moi, et je conclus en l’invitant à visiter mon profil, et à me contacter si ce qu’elle y voir lui convient. 

Ah, et je bookmarke son profil aussi, pour ne pas lui réécrire par erreur dans le futur.  je ne veux pas qu’elle prenne ça pour de l’insistance.   

Certaines ne me répondent pas, d’autres oui.  On jase.  On échange.  Avec le temps, je constate que quand ce n’est pas dû pour fonctionner entre nous, peu importe la raison, alors la conversation ne dépasse pas trois jours.

Puis, cette femme me contacte.  Elle me complimente sur la qualité et la quantité de mon texte de profil.  Et voilà que l’on commence à jaser.  On se trouve encore plus en commun que ce qu’il y a sur nos profils. 

Arrivé à notre 4e jour de correspondance, je la demande en contact Facebook, puisque je n’ai plus de raisons de rester sur ce site.  J’enlève mes photos de profil, j’efface mon texte de présentation et le remplace par le mot « Indisponible. »  Je sais bien que nous ne sommes encore qu’au stade d’un début d’amitié, mais je ne vois juste pas comment je pourrais établir un contact significatif avec une personne si je ne me consacre pas sérieusement à notre relation naissante.

Le 6e jour, je lui propose une rencontre dans un salon de thé.   Le plan de match que je suggère est: On se rencontre, on jase une heure ou deux, puis on se quitte.  Ensuite, chacun chez soi, on se dit franchement si on a envie de se revoir ou non.  Comme ça, lors de cette première rencontre, il n’y aura aucune pression, aucun malaise.  Elle accepte.

On se rend au lieu du rendez-vous, on se reconnaît tout de suite.  C’est elle qui amorce le mouvement de bisous-sur-les-joues, alors je vois que c’est OK pour moi de le faire.  On se rend au salon, on prend place, on commande, et on jase.  La conversation se passe très bien.  Il n’y a pas de temps mort.  La conversation est intéressante, les sujets sont positifs, beaucoup de sourires et de rires. 

Toute bonne chose à une fin, incluant le contenu de la théière.  En sortant, elle me propose un truc.  Elle n’habite pas loin.  Puisque nous avons une fringale tous les deux, on pourrait passer prendre une baguette, du pâté et du fromage, et s’en faire un petit snack chez elle.  Ravi, j’accepte!

Il y a quelques années, j’ai découvert la convention sociale du « Si tu viens, tu couches! » .  Vous savez, cette règle non-écrite (et trop souvent source d’abus) qui dit:  Inviter seul(e), chez soi, une personne du sexe opposé, c’est une invitation au sexe. Et accepter cette invitation, c’est dire oui au sexe.  J’avoue que ça me surprendrait car je n’ai pas ressenti de sa part un quelconque désir charnel envers moi.  Mais bon, si ça arrive, maintenant que je m’y attend, je ne serai pas pris au dépourvu.

Nous faisons les achats, nous entrons chez elle, elle me fait visiter, on passe à table, et on passe une autre heure à jaser tout en mangeant.  Ma première impression semble avoir été la bonne, car rien dans son langage parlé ou corporel ne me lance le moindre signal sexuel.  Je reste neutre, ni déçu ni soulagé, je ne fais que prendre les choses telles qu’elles sont entre nous.

Puis, constatant comme une fatigue dans nos sujets de conversations, je propose que l’on passe à la vaisselle, puis je rentrerai chez moi.  Elle acquiesce, mais décline mon offre pour la vaisselle.  Je n’insiste pas.  Elle s’offre de me raccompagner jusqu’au métro.  En se quittant, nouveaux bisous-joues, elle me dit qu’elle a déjà hâte à la prochaine fois.  Je rentre chez moi, tout heureux.  Puis, je lui écris ceci:

STEVE
De retour chez moi.

Alors, mes impressions sur cette rencontre:
Je te trouve gentille, charmante, intéressante. Et aussi très jolie. Bon, ce n’est pas ce que je regarde en premier chez l’autre (D’où le fait que c’est le premier compliment physique que je te fais en une semaine de correspondance), mais c’est un agréable bonus 🙂

Nos intérêts communs me donnent un genre de sentiment de confort en ta présence.
J’ai envie de te connaitre plus, et j’ai déjà hâte de te revoir.

Et je vais attendre tes impressions avant d’en dire plus

Ses impressions me sont arrivées une heure plus tard:

CLÉO
Bonsoir Steve.
C’est bizarre, j’avais l’impression que toute la semaine on échangeait tous les deux.  Et que là, il n’y avait pas beaucoup de partage.  Peut-être était-ce ma faute?  Y avait-il de la nervosité?  Je n’étais pas super à l’aise, et j’espérais que cela change jusqu’à la dernière seconde car je trouvais qu’on était fait pour s’entendre.

… Et ce n’était pas du tout ce a quoi je m’attendais.

STEVE
Ah bon!?

Je ne sais pas trop quoi dire.

Mais bon, une chose est sûre, je ne veux pas te mettre mal à l’aise. Je vais te laisser le temps et la liberté de faire comme tu le sens. Tu communiques avec moi quand (si?) tu en as envie. Et on ne se reverra que si ça te tente. Je ne veux pas te mettre dans une situation inconfortable.

CLÉO
Je sais, tu es une bonne personne. J’aurais aimé que tu me parles plus de toi… Mais vraiment de toi. Tes goûts, tes rêves, tes espoirs, ce genre de truc. J’avais une vision peut-être un peu trop romantique de notre rencontre. Je m’excuse.

Okay!  C’est vraiment n’importe quoi, ça.  Regardons les faits:

FAIT 1: Non, désolé, il n’y avait aucun malaise, aucune gène entre nous.  Sinon, elle ne m’aurait pas invité chez elle après le thé.  Elle aurait été juste soulagée que le rendez-vous prenne fin.
FAIT 2: Chez elle, tout comme au salon de thé, je me suis comporté en parfait gentleman, en ami platonique totalement irréprochable.  Il est donc impossible qu’elle ait été à l’aise avec moi au salon, et ensuite mal à l’aise chez elle.
FAIT 3: Quand on veut qu’un gars nous parle de ce  qu’il est, on amorce la conversation en ce sens.  Elle n’a eue aucun malaise à me parler de toutes sortes de choses, à amener toutes sortes de sujets, alors pourquoi pas celui-là?
FAIT 4: En une semaine de correspondance, j’ai parlé de moi de cette manière.  Et j’ai les conversations pour le prouver.
FAIT 5: Cette raison qu’elle me donne…  Est-ce que c’est suffisant pour qu’une fille soit déçue d’un gars au point de ne plus vouloir le revoir?

La réponse est non. Ça ne l’est pas! 

Je ne vois qu’une seule façon d’en avoir le coeur net: Lui proposer deux options, et ce de manière non-confrontante:

STEVE
Hum… Tu sais, ce n’est jamais facile de deviner ce que l’autre attend de nous.. Je ne te le reproche pas, ceci dit.   Je sais m’ouvrir aux gens. Je n’ai juste pas l’habitude qu’ils veulent ça de moi aussi vite. Parce que, tu sais, d’habitude, les filles de sites de rencontres veulent surtout que le gars s’intéresse à elles.

Donc, d’accord, je parlais de moi, mais juste pas des sujets que tu espérais.  Je comprend, et ça peut aisément s’arranger.

Un quart d’heure passe.  Aucune réponse.  Alors je rajoute:

STEVE
… ou peut-être que le courant ne passe juste pas entre nous aussi bien que je le croyais et l’espérais.  Ça arrive.

CLÉO
Peut-être?..
.😢

Bon ben voilà!  À ma proposition de lui donner ce qu’elle demande, aucune réponse.  À ma suggestion que nous ne sommes pas fait l’un pour l’autre, ÇA, par contre, elle y répond immédiatement, et en ce sens.  Ça ne peut pas être plus clair.

Je lui donne donc ce qu’elle espère de moi: Une rupture propre, rapide, sans histoire.  

 STEVE
D’accord. Je ne cacherai pas que je suis un peu déçu. Mais je ne t’en veux pas. Ça ne se contrôle pas, ces choses-là.

Désolé et bonne chance.

Et ce furent là les derniers mots échangés entre nous.

Pourquoi est-ce que j’ai lâché prise aussi facilement?   C’est vrai, j’aurais pu en débattre.  J’aurais pu lui expliquer à quel point son comportement avec moi en me quittant au métro était à l’extrême opposé de celui qu’elle avait maintenant.  J’aurais pu essayer de lui faire prendre conscience d’à quel point son excuse sonnait bidon.  J’aurais pu lui montrer combien la solution était facile: Maintenant qu’elle m’a dit ce qu’elle attendait de moi, alors là je pouvais lui donner.  Je pourrais même lui faire une leçon de morale comme quoi c’est le comportement d’un enfant gâté, ce qu’elle nous fait là.  Hey, je pourrais même la confronter avec un « Ben là si j’te mettais mal à l’aise, pourquoi tu m’as invité chez toi après le salon de thé, d’abord? » , tout en en lui servant la classique « J’essaye juste de comprendre! »

Mais voilà, en faisant ceci, oui, j’écouterais ses mots…  Mais je ne comprendrais pas ce qu’elle me dit.

Et ce qu’elle me dit, c’est qu’elle ne veut plus me revoir. 

Oh, elle ne me le dit pas dans ces mots.  N’empêche que, juste à voir son comportement, c’est ça qu’elle me dit vraiment.

J’ai assez d’expérience de la vie et des relations interpersonnelles, vécues ou observées, pour comprendre ce qui vient de se passer.  Pour une raison qu’elle n’ose pas m’avouer, elle veut mettre fin abruptement à notre relation.  Puisqu’il s’agit d’une fille de site de rencontres, et que son attitude a fait un 180° aussi brusque qu’illogique, voici la théorie la plus plausible qui me vient en tête: Après m’avoir laissé au métro, elle a probablement été contactée par un gars qui lui plaisait plus que moi.  Et vu la vitesse à laquelle elle a changé d’idée à mon sujet, il s’agissait sûrement d’un ancien contact pour qui elle avait déjà des désirs et/ou des sentiments.  Avec lui de retour, je suis soudainement de trop, elle doit donc se débarrasser de moi.  

Trop lâche pour me le dire et/ou trop irresponsable pour assumer sa décision, elle essaye de me faire gober que notre séparation, c’est de ma faute.  Or, petit problème, puisque j’ai eu un comportement irréprochable, elle n’a aucune bonne raison à me donner pour se justifier de me repousser.  Elle est donc obligée d’inventer une excuse.  Et une excuse inventée, ça sonne bidon.  Normal, c’est une excuse bidon.

À une certaine époque, j’aurais réagi comme bien des gars.  Je lui aurais demandé des explications.  Mais à quoi est-ce que ça aurait servi?  Ne pas vouloir de moi, ce n’est pas un crime, que je sache.  Alors pourquoi devrait-elle se justifier pour quelque chose qui n’est pas une injustice?   

Peu importe la raison pourquoi elle ne veut pas de moi, le fait est qu’elle ne veut pas de moi.  À partir de là, je n’ai plus la moindre raison de vouloir poursuivre cette relation.  

24 heures dans un petit resto 24 heures

Ainsi, vous songez à travailler dans un petit resto ouvert 24 heures?  Bien!  Il y a un quart de siècle de ça, je travaillais dans un Dunkin Donuts, où les gens pouvaient venir consommer café, beignets et sandwiches 24/7.  Laissez-moi vous apprendre ce à quoi vous devez vous attendre.  Voici à quoi ressemblait une journée typique:

Le matin: Il reste peut-être encore 1 ou 2 saoulons de la nuit pour qui l’idée de rentrer seuls dans leur appartement vide les terrifie.  Mais à cette heure-ci, ils sont calmes. Arrivent les gens qui viennent déjeuner. Ce sont des gens civilisés, ils viennent manger avant d’aller travailler.

L’avant-midi: Les gens qui font leurs emplettes vont et viennent dans un flot continu quoi que modéré.

Le midi: Il y a quelques étudiants en groupe qui sont un peu bruyant, mais vraiment rien de grave. Il repartent à l’école et tout reste calme.  Les clients de l’après midi sont surtout des mémés qui prennent une pause entre deux emplettes.

 Le soir: Gros rush de monde pour le souper. 60% de ces clients sont des gens fatigués de leur journée de travail, ils viennent juste s’offrir le souper qu’ils n’ont pas envie de se préparer. Le 40% qui reste est partagé entre ceux qui magasinent, ceux qui flânent, et ceux qui viennent prendre une dernière bouchée avant une sortie (bar, cinéma, etc) Donc encore des gens civilisés.

 20h00: Apparition du premier groupe de fêtards énervés et ivres de leur soir de liberté, et/ou du premier client ivre, d’alcool cette fois.

 21h00: Le calme avant la tempête

 22h00: On remarque un manège un peu louche dans la salle de bain. V’là la pute du coin qui commence a racoler parmi les clients, allant jusqu’à la caisse dire à un client déjà accompagné: « Heille, ça te tentes-tu de te faire sucer pour dix piasses? »

 23h00 à minuit: Arrivent les premiers clients sortant des bars. ‘Ils ne sont pas énormément ivres, mais déjà très bruyant. Heureusement, ceux qui ont pris un coup assez tôt, c’est avec le rire et la joie qu’ils se font entendre.

 01h00 à 04h00: À partir de là, c’est la descente aux enfers. Les gens civilisés sont presque tous partis chez eux. La majorité des clients qui restent de sivisent en deux catégories de sauvages: Ceux qui le sont naturellement, et ceux qui le sont après avoir bu.  Mais le pire de tous que l’on voit parfois: Le sauvage de nature qui a bu. Lui, quand il est là, on peut être certain que ça se termine en vandalisme quelconque ou en bagarre. Ceux qui ont pris un coup sur le tard, ce n’est plus vraiment avec le rire et la joie qu’ils se font entendre, c’est surtout par leurs frustrations et leurs conneries.

 5h00 du matin: Aucun employé n’ose aller dans les toilettes publiques. Qu’est-ce qu’on va y retrouver cette fois ci? Des seringues souillées? Des flaques de pisse faites délibérément par terre? Du vomi? Des murs maculés de sang et/ou de merde?  On plaint l’employé d’entretien qui arrivera dans une heure, et pour qui ces découvertes sont son lot quotidien.

 6h00 du matin: Les cons sont tous partis se coucher afin d’être de nouveau frais et dispo et plein d’énergie pour leur connerie du soir suivant. reste un ou deux saoulons calmés. La civilisation se réveille et les travailleurs reviennent déjeuner. Et le cycle recommence.

La faune typique de ce genre d’endroits:

  •  Le vieux crasseux qui se promène entre les tables en délirant sa philosophie de la société en général d’une voix forte, passant ses commentaires sur les autres clients.
  • La grosse madame ou le p’tit monsieur, bien tranquilles, qui sont là quasiment 24/7 devant leur café, à ne rien faire que lire le journal et regarder le monde passer.
  • Les flaneux qui, eux autres, n’achètent absolument rien. Variante: Celui qui demande un verre d’eau chaude, ce qui est souvent gratos, et qui va se faire un thé avec, qu’il va étirer à sa table pendant 14 heures d’affilée.
  • Le/la client/e qui veut être remboursée car le jus / le lait / la soupe / la bouffe était, dit-il/elle, passée date, et malgré tout il/elle l’a avalé au complet avant de venir se plaindre.
  • Ceux qui essayent de discrètement mettre le feu dans les poubelles.
  • Celui qui fait le coup du sucrier débouché et renversé.
  • Ceux qui viennent engueuler la caissière pour des raisons absolument hors de son contrôle: Les prix des items, le téléphone public défectueux, les graffitis dans les toilettes, un item épuisé, etc.

Et parmi les employés, je pourrais parler de:

  • La fille qui ne fous rien de tout son quart de travail et qui ose vous appeler à l’aide car elle n’arrivera pas à finir son ménage avant la fin de sa journée.
  • La fille dont le chum vient lui faire des scènes de jalousie devant les clients.
  • La fille qui passe discrètement plein de stock gratos à son chum et/ou ses amis.
  • Variante: Celle qui vient faire ça sur votre quart de travail, pour que ça vous passe sur le dos.
  • La fille qui ne fait pas les rotations des produits dans les frigos, laissant le plus vieux stock en arrière et mettant le neuf à l’avant.
  • La fille qui fait son p’tit boss, se permettant de vous donner des leçons sur un travail que vous faites parfaitement bien.
  • La bitch qui pense pouvoir tout se permettre car elle sort avec le proprio / le gérant / l’assistant gérant.
  • Le gars qui ne peut pas s’empêcher de draguer chaque nouvelle employée féminine qui commence à travailler là.

Et j’en passe. J’en ai tellement vu…

Que ce soit un Dunkin Donuts à Montréal il y a 25 ans, un Tim Horton’s à St-Hyacinthe il y a 12 ans ou un McDonald’s à Québec l’an passé, ces gens-là ne changent pas. D’une génération à l’autre, on y retrouve toujours les mêmes comportements. Comme dans tous les cas, il y a des exceptions, mais j’ai vu trop souvent ce programme se dérouler fidèlement pour ne pas généraliser.  

Le Party avec Salvail chez Rozon (2e partie)

Bien que ces réactions sont à classer dans le dossier CES TRUCS QUE JE NE COMPRENDRAI JAMAIS, il reste que c’est quelque chose que l’on voit (trop) souvent: Il se produit un geste illégal et/ou immoral. Tout le monde le voit, mais personne ne réagit… Sauf UNE personne.  Et étrangement, ça donne la honte aux autres. Ils prennent ça comme une attaque personnelle, comme si l’action de l’intervenant était une dénonciation de leur propre inaction.

Aimez-vous qu’on vous fasse honte en vous attaquant? Eux non plus! Alors leur premier réflexe est de contre-attaquer. Première chose à faire : se prouver à soi-même et aux autres que non, la personne qui a agi ne leur est pas supérieure moralement. On lui invente donc des motifs cachés immoraux.

Autre truc que je ne comprendrai jamais: Depuis plusieurs années, il y a une grande vague de dénonciations envers des gestes autrefois perçus comme étant anodins, et reconnus aujourd’hui comme étant du harcèlement sexuel.  Ou, variante, on dénonce des comportements qui, si on les laisse passer, pourraient éventuellement évoluer en une forme de harcèlement sexuel.  On dénonce à tour de bras, on tire partout, on cherche dans le moindre comportement, on râtisse large, on analyse tout ce qui puisse être perçu comme tel, afin d’en crucifier son auteur sur la place publique.

Par contre, quand on a la chance d’en trouver un qui a vraiment commis un viol, alors là, personne ne le dénonce.  Tout le monde le protège.  Et malheur à celui qui voudrait l’exposer, c’est plutôt lui qui va voir sa réputation se faire salir.

Plus on cherche à criminaliser les innocents qui sont, dans le meilleur des cas des agresseurs optentiels, et moins on veut reconnaitre comme étant des criminels ceux qui le sont vraiment.

Trouvez l’erreur?

Elle a dit OUI par peur des conséquences de dire NON.

Il y a 20 ans, cette année, j’ai appris que dans certaines circonstances, je pouvais, si je le voulais, devenir un agresseur sexuel, et personne ne pourrait jamais m’en condamner au sens légal.  Laissez-moi vous raconter comment j’ai fait ce triste constat.

Printemps 1997. J’ai 28 ans. Je suis chez un couple d’amis.  Il est passé deux heure du matin.  Le party vient de finir.  La majorité des invités sont partis, sauf deux ou trois qui ont été invités à passer la nuit, dont moi. Je suis couché au salon, dans le grand divan-lit, que je partage avec Audrey, une demoiselle de 19 ans.  

Audrey et moi nous nous sommes rencontrés ici-même il y a quelques heures. Nous avons passé la majorité de la soirée à jaser ensemble, chose que nous continuons de faire maintenant.  Puis, décidant qu’il est temps de passer aux choses sérieuses, je passe doucement ma main sur sa joue, l’incitant à tourner son visage vers moi, et je l’embrasse doucement, histoire de tâter le terrain.  Elle répond favorablement, en posant sa main sur mon épaule, ouvrant la bouche et glissant sa langue sur la mienne.  Après quelques minutes de french-kiss, comme il est de mon habitude dans ces cas-là, je passe à l’étape suivante qui est de commencer à lui caresser les seins, histoire de lui faire comprendre clairement mon désir d’aller plus loin.  Audrey comprend.  Aussi, elle interrompt nos embrassades pour dire:

« Ben…  Là chus dans ma semaine pis j’porte un tampon, fa que ça m’tente pas tellement.  Mais si tu y tiens vraiment, je peux toujours te branler.  Au pire, je pourrais sucer. »

Ces phrases résonnent dans ma tête.  Instantanément, je rejoue mentalement tout ce qu’elle vient de me dire.  Et je note certains passages en particulier.  

« Ça m’tente pas. »
« Si TU y tiens vraiment. »
 » Je peux toujours. »
 » Je pourrais. »
« AU PIRE! »

Je ressens aussitôt la malaisante impression je suis à deux doigts de commettre une agression sexuelle.  En fait, je me sens comme si je l’avais déjà commencée, cette agression.  Ceci me déstabilise moralement.  Aussi, c’est d’une voix calme et posée que je lui répond:

« Naah!  Merci, mais pas obligée, chuis épuisé.  J’ai toute ma journée dans le corps… Aujourd’hui, y’a eu le cégep, le cours d’éducation physique, j’ai aidé une amie à déménager, puis après ça y’a eu le party ici, sans oublier l’alcool…  Je remettrais ça à une autre fois, si ça adonne, et si on en a encore envie tous les deux.  Ça te va? »
« Ben correct! »

Sur ce, dernier petit baiser rapide, souhaits de bonne nuit, je lui tourne le dos et m’installe pour dormir.  

Un an et demi plus tôt, je quittais la plus longue et la plus toxique relation de ma vie avec la mère de mes enfants.  J’étais de retour aux études, à 27 ans, au cégep.  Puisque j’étais 8-9-10 ans plus âgé que les autres étudiants, je ne m’attendais pas à me faire des amis.  Voilà pourquoi j’ai été totalement pris au dépourvu lorsque quelques filles m’ont approché en me désirant comme amoureux et/ou amant.  Il faut dire qu’après avoir passé les cinq années précédentes coincé dans une relation dans laquelle j’étais sans cesse rabaissé à tous les niveaux, je ne m’étais jamais rendu compte que j’étais devenu beaucoup plus regardable que la dernière fois que j’étais allé à l’école.  Il n’y a qu’à comparer ces deux photos, prises l’une à 16 ans et l’autre à 26.
Cette nouvelle popularité auprès de la gent féminine m’a fait passer à travers quatre étapes:

Étape 1: J’ai subi quelques déboires amoureux et sexuel, puisque je ne savais pas du tout comment réagir aux avances de ces filles.  Par conséquent, elles perdaient intérêt devant mon manque de réaction.  Ou devant le fait que je réagissais, mais incorrectement
Étape 2: J’ai subi ensuite quelques déboires amoureux et sexuel, puisque cette fois je réagissais positivement à toutes les propositions de toutes les filles.  Par conséquent, j’avais de la difficulté à jongler avec le fait d’avoir plusieurs amantes à la fois, me faisant surprendre quelquefois en situation d’adultère.
Étape 3: J’ai ensuite subi quelques déboires amoureux et sexuel, puisque je me laissais choisir par n’importe qui.  Disons que quand le désir sexuel est tout ce que nous avons en commun, ça ne fait pas les meilleures relations amicales, encore moins amoureuses.

Aussi, depuis le début de l’année ’97, j’ai décidé de changer complètement mon attitude et de passer à l’étape 4:   Agir en Homme, en vrai!  From half-a-male to Alpha Male.  Puisque le cégep me donne accès à un grand bassin de population féminine qui se renouvelle à chaque session, j’allais en profiter à fond.  Et désormais j’allais avoir le contrôle.  J’allais choisir moi-même mes amantes, sans retenue.  Je me suis même donné comme défi de coucher avec plus de filles en 1997 que durant toute ma vie jusque-là.  J’allais être fonceur. Déterminé! Conquérant!  

Mais attention; fonceur ne veut pas dire défonceur.  J’allais quand même continuer à avoir une certaine retenue et un respect de leurs limites. Voilà comment j’ai créé ma devise: N’attend pas après son OUI, mais respecte son NON.  

Après une vie entière à rater de multiples occasions de baiser parce que j’étais trop passif, cette méthode s’est montrée infaillible.  Durant les cinq premiers mois de 1997, aucune ne m’a dit non.  Mieux encore, ça m’a permis de constater que même les filles qui n’avaient manifesté aucun désir sexuel pour moi étaient capable d’en ressentir à partir du moment où je leur démontrais le mien pour elles.   C’est autant de relations sexuelles que je n’aurais jamais eues si, comme avant, j’avais attendu passivement que l’autre me montre son intérêt.  Un intérêt que je ne faisais rien pour faire naitre en elle.  Ce qui me prouve que j’ai bien fait de l’adopter, cette méthode.  

Et là, couché sur ce divan-lit, tournant le dos à Audrey, pour la première fois depuis les cinq mois que j’utilise cette méthode, j’ai un doute au sujet de ma manière de l’appliquer.  Jusque-là, j’ai toujours cru qu’elle était irréprochable, puisque quoi qui se passe, les filles sont assurées de mon respect de leurs limites.  

Mais, et c’est là où ma méthode fait défaut, encore faut-il que les filles le sachent, que je vais les respecter, leurs limites.  Et ce soir, la réponse d’Audrey face à mes avances m’a bien démontré que non, rien dans mon attitude ne pouvait le lui faire savoir.

Et pire encore: Audrey m’a démontré que mon désir pour elle lui faisait peur.  Elle n’avait aucune envie sexuelle à mon égard.  Mais elle avait tellement peur de ma réaction face à son refus, qu’elle était prête à acheter la paix en m’offrant une compensation sexuelle, en s’offrant de me masturber.

Ou, au pire, me sucer.

« AU PIRE! »

J’ose à peine imaginer les réaction négatives et violentes qu’elle a dû recevoir dans le passé, de la part des gars à qui elle s’est refusée sexuellement, pour considérer aujourd’hui que faire une fellation à un homme qui ne lui plait pas, c’est la moins pénible des deux options.

C’est sûr que techniquement, j’aurais pu l’accepter, sa proposition.  D’accord, c’est moi qui a initié le premier contact physique.  N’empêche qu’elle a répondu positivement à mes baisers.  Et c’est elle qui m’a ensuite offert branlette et pipe, sans que je ne lui demande quoi que ce soit, ni que je lui mette de pression.  Je pourrais en profiter.  Je pourrais me retourner sur le dos, baisser mon pantalon, et lui dire: « Ok, j’accepte la fellation que tu m’offres. »  Je ne ferais que dire oui à sa proposition.  Aucun jury ne me condamnerait de l’avoir fait.  

N’empêche que la première chose qu’elle m’a dite, c’était qu’elle n’en avait pas envie.  Et ses « si tu y tiens vraiment », son « je pourrais », et surtout son « au pire », ça me montre clairement qu’elle le ferait contre sa volonté.   Et avoir du sexe contre la volonté de notre partenaire, c’est un viol.  Et même si ce viol est consenti, ça reste un viol quand même.

Je l’ai souvent répété: En situation sexuelle, 75% de mon excitation provient du fait que je sais que la fille me désire, qu’elle a envie de moi, qu’elle aime ce que l’on fait.  Que ce soit de l’instinct naturel, un réflexe acquis, du respect ou de l’orgueil, peu importe, il reste que c’est comme ça.  Dans de telles conditions, après ce qu’elle vient de me dire, il m’est impossible de voir en Audrey quelqu’un avec qui je puisse prendre plaisir à avoir une relation sexuelle.  Par conséquent, mon excitation est tombé et mon désir a disparu.

J’aurais pu tenter de la rassurer en lui répondant que j’avais compris son message.  Mais j’ai aussi compris que cette fille avait peur.  Peur de mon désir sexuel.  Peur que j’insiste.  Peur de moi.  Elle avait donc probablement tout aussi peur que je vois clair dans son bluff, en comprenant qu’en réalité elle ne voulait rien faire de sexuel avec moi.  Voilà pourquoi je lui ai répondu la seule chose qui pouvait la rassurer: Lui dire que finalement, je suis trop fatigué pour en avoir envie. Ça lui a évité de devoir faire les activités sexuelles qu’elle m’avait proposé à contrecœur, et ça lui a enlevé la crainte de subir des représailles de ne pas me les avoir fait.

Toute ma vie jusque-là, à force de voir les gars gentils et timides se faire dire non par les filles, et à voir les gars fonceurs se faire dire oui par ces mêmes filles, j’en suis arrivé, comme la majorité des gars, a croire que les filles aiment les gars fonceurs.  Eh bien ce soir-là, pour la première fois, j’ai compris que si une fille dit oui à un gars fonceur, ce n’est pas nécessairement parce qu’elle le veut vraiment.  C’est parfois parce qu’elle a peur des conséquences de lui dire non.  

Ce qui signifie que, de toutes ces filles qui m’ont dit oui depuis que j’utilise cette méthode, il y en a peut-être qui auraient préféré me dire non.  Ce qui signifie que sans le savoir, j’aurais été un agresseur sexuel.

Et voilà pourquoi j’ai changé ma méthode d’approche.  Depuis ce soir-là, c’est fini, la drague en propositions sexuelles directes.  En fait, je ne drague plus.  Si je trouve une femme intéressante, je vais lui faire la conversation.  À partir de là, de par ses réactions, il sera évident si elle est intéressé ou non.  Et s’il y a intérêt, il est facile à voir s’il s’agit d’intérêt amical, amoureux ou sexuel.  À ce moment-là, tout dépendant si je suis moi-même intéressé, je vais répondre comme il se doit.  Et maintenant, non seulement j’attends son approbation avant d’agir, je suis beaucoup plus attentif aux signes qui pourraient démontrer qu’elle ne m’aurait dit oui que par peur des conséquences de me dire non. 

Parce que même lorsqu’un agresseur sexuel reçoit l’autorisation de sa victime, ça ne change rien au fait qu’il est un agresseur sexuel.  Et ça, ce n’est pas quelque chose que je veux être.

La page La Clique Vidéo sur Facebook

Eh oui, quoi de mieux pour me pousser à garder le rythme de production, qu’en publiant les BD de La Clique Vidéo dans une page Facebook deux fois par semaine, les mardis et jeudis!?

Pour joindre: facebook.com/LaCliqueVideo

« Tope-la sur la tronche » en québécois.

Rappelons que lors du dernier Festival de BD francophone de Québec, j’ai remporté le prix Jacques-Hurtubise pour encourager la nouvelle création en BD.  Il m’a été remis par Hélène Fleury, membre du jury et cofondatrice du magazine Croc.  Un chèque de mille dollars, gracieuseté de Brouillard Communication, m’a été remis par le sympathique Jean Brouillard, président et fondateur de la firme. 

La Clique Vidéo, l’album: C’est un départ!

Dans un article datant du 26 janvier dernier et publié sur mon blog BD Requin Roll, je déplorais que l’état de mes yeux m’obligeait à interrompre ma série de BD La Clique Vidéo après quinze pages et quart.

Je dois porter des lunettes ou des verres de contacts depuis l’âge de dix ans.  Au fil des années, ma myopie a progressé de façon alarmante.  Comme si ça ne suffisant pas, avec l’âge, la presbytie est venue s’y mettre, et hélas l’un n’annulait pas l’autre.  Aussi, j’ai eu à subir une chirurgie aux deux yeux.  On m’y a implanté en permanence des lentilles intra-oculaires.  Le seul mauvais côté de ce genre d’intervention, c’est que ça laisse avec une presbytie de 2 degrés, et que les yeux ne sont plus capable de se mettre au focus, puisqu’il s’agit d’une vision artificielle.

J’ai bien des lunettes de lecture, hélas ça ne vaut rien pour dessiner.  Pour bien voir ce que je fais, je dois mettre ma tête trop loin du papier, ce qui rend l’encrage pénible et imprécis.  Alors deux choix s’offraient à moi: Ou bien je me mettais à dessiner des cases géantes, genre une image par page.  Ou bien je ne procurais une dispendieuse tablette graphique.

Il y a deux semaines, je me suis rappelé que, pour la seconde année de suite, le Festival de la BD Francophone de Québec offrait le prix Jacques Hurtubise, ainsi nommé en l’honneur du fondateur de la légendaire revue Croc

Ce prix est destiné aux auteurs n’ayant pas publiés plus d’un album, et qui planifient en publier un de façon indépendante.  Voyant que ça venait avec une bourse qui m’aiderait grandement à me procurer une tablette graphique, j’ai tenté ma chance: J’ai préparé un dossier et j’ai proposé ma candidature.
 

… Et j’ai gagné!  

Le prix Jacques-Hurtubise m’a été remis par Hélène Fleury, membre du jury et cofondatrice de Croc.  Un chèque de mille dollars, gracieuseté de Brouillard Communicationm’a été remis par le sympathique Jean Brouillard, président et fondateur de la firme. 

Il fallait bien que je m’inscrive sous mon vrai nom, je n’aurais pas pu encaisser un chèque au nom de Steve Requin.  De toute façon, si j’ai pris cette identité en 1994, c’est parce que dans le temps, je faisais dans le fanzine adulte de goût douteux, et je ne tenais pas à ce que mes enfants en souffrent.  Aujourd’hui, puisqu’ils sont tous adultes et aussi douteux que leur père l’était à l’époque, ça n’a plus d’importance.

Et c’est à la suggestion de Mme Fleury elle-même que, au moment où on me remettait mon prix, j’ai partagé avec le public une anecdote personnelle au sujet du regretté Jacques Hurtubise.  Celle-ci fut reproduite dans cet article au sujet du Bedeis Causa 2017 tiré de ActuaBD.com:

Alors voilà, ce qui fut dit fut fait:  Je me suis procuré la tablette dont j’avais besoin pour reprendre mon projet d’album, et le terminer.

Mais avant ça, il était clair que mon tout premier dessin sur cet instrument revenait de droit aux gens qui l’ont rendu possible.  

 

Quand « L’image positive que l’on veut projeter » confirme « Le réel négatif que l’on est vraiment »

L’une des plus grandes ironies de la vie en matière de comportement et de personnalité, c’est, comme le dit le titre, lorsque l’image positive que l’on veut projeter ne fait que confirmer le réel négatif que l’on est vraiment.

Comme premier exemple, je vais vous donner une anecdote personnelle.

J’avais 27 ans et j’étais de retour aux études, au cégep, après dix ans de vie adulte. Et me voilà donc, en ce lundi matin, dans le corridor de cette institution scolaire, en me dirigeant vers ma toute première classe.  Je la trouve, j’y pénètre, choisis un pupitre libre et m’y assois.  

Je ressens une certaine fierté d’être là.  Je suis pleinement conscient d’être beaucoup plus intelligent, beaucoup plus mature et beaucoup plus réfléchi que la dernière fois que je suis allé à l’école, une décennie plus tôt.  Il est vrai que lorsque j’avais 17 ans, non seulement je n’étais pas porté à faire d’efforts en classes, je n’avais vraiment pas mes priorités à la bonne place.

« Oui! » me dis-je fièrement!  « Cette fois, les choses vont changer.  Je suis déterminé à ne plus répéter les erreurs idiotes de ma folle jeunesse.  Si je suis ici, c’est pour suivre mes cours. C’est pour apprendre.  C’est pour avoir de bonnes notes.  C’est fini, ça, de négliger d’écrire mes devoirs dans mon agenda scolaire, pour y écrire des dates de party.  Je ne suis pas ici pour faire le party, je suis là pour étudier.  C’est fini, de courir après les filles.  Je ne suis pas ici pour draguer, je suis ici pour étudier.  C’est fini, de consacrer tout mon temps à me faire une gang d’amis.  Je ne suis pas ici pour faire du social, je suis ici pour étudier.   C’est fini, de joindre des comités comme le journal étudiant où le groupe loisirs.  Je ne suis pas ici pour consacrer mon temps et mes énergies sur des choses qui n’ont pas rapport à mes études, je suis ici pour mettre mon temps et mes énergies sur mes travaux scolaires.  Cette fois-ci, je vais prendre mes études au sérieux.  Je vais être attentif.  Je vais me concentrer.  Je vais être à mon affaire. C’est fini, le niaisage.  C’est fini, de ne pas écouter en classes.  C’est fini, de me laisser distraire par n’importe quoi.  C’est fini de… »

« C’est bon, vous pouvez commencer! »

Cet ordre du professeur me tire de mes réflexions.  Et je vois soudain, à ma grande surprise que toute la classe commence à écrire un texte sur une feuille lignée.  Je constate avec horreur que je n’ai pas la moindre idée de ce que le prof a demandé.  J’étais tellement concentré sur ma détermination à être attentif en classe, que ça m’a empêché d’être attentif en classe.

Ironie?  Oui, mais en même temps, c’est un peu plus que ça.  C’est que ce genre de comportement, il m’est arrivé de le voir sur d’autres personnes que moi, dans plusieurs situations différentes.  Avec le temps, j’ai fini par constater que dans chaque cas, le vrai problème, c’est qu’au lieu de mettre de notre concentration et nos énergies dans l’effort de faire, on les met plutôt dans notre désir de paraitre.  

J’ai un second exemple qui m’implique.  À ceci près que ce comportement, je l’ai retrouvé dans une amante d’un soir. Celle-là, j’en ai déjà parlé il y a quelques années dans un billet intitulé L’altruisme égocentrique.  Elle se vantait d’être l’amante parfaite.

J’étais au lit avec cette fille rencontrée le jour-même après quelques semaines de jasette sur le net. Elle utilisait ses dents pendant la fellation. Bon, chacun ses trips, c’est juste pas le mien, voilà tout. En plus, elle insistait pour me mettre une forte pression sous le scrotum avec ses doigts, ce qui était franchement inconfortable.  Je lui suggère donc de rétracter la dentition un ti-peu et de cesser de me presser le sous-sac, ça ne me fera que mieux apprécier sa job de siphonnage phallique.

Elle se retourne vers moi, insultée, et me dit sur un ton brusque :  « Heille! Je l’sais, moé, c’est quoi que les gars aiment qu’on leur fassent! » … Et elle se remet aussitôt à l’ouvrage en ne changeant pas sa technique le moins du monde.

Dans les deux cas, l‘image positive que l’on veut projeter ne fait que confirmer le réel négatif que l’on est vraiment. C’est le fait de prétendre que j’étais attentif en classes qui m’a rendu inattentif en classes.  Et c’est le fait qu’elle prétendait être l’amante parfaite qui l’a poussé à agir de façon à être exactement le contraire.

Premier article pour Urbania.

Devinez qui vient de rejoindre le magazine Urbania?
Indice subtil: C’est moi! 😀

C’est un texte sponsorisé. Le défi était de réserver mes 2 derniers paragraphes pour une pub. Je crois que je m’en tire pas si mal.

Cliquez sur l’image pour lire l’article, ou allez sur http://urbania.ca/222051/mon-paradis-du-concierge/.