De « bon gars » à « player salaud » à « affectivement équilibré »

Dans ma vie amoureuse, j’ai traversé trois périodes successives:

PÉRIODE 1: Le bon gars
C’était l’époque où les filles correctes ne me voulaient qu’en tant qu’ami et rien d’autre. Tout ce que j’attirais, c’était…

  • Des filles full timides antisociales pour qui l’idéal de vie était de se faire vivre par le BS, ne jamais quitter la maison, ne jamais voir personne, et avoir un chum avec les mêmes pas-de-buts dans la vie.
  • Des filles traumatisées par leurs ex dominateurs. Des filles qui se permettaient de me traiter comme d’la marde, en revanche contre la masculinité, parce que MOI je n’étais pas intimidant.
  • Des filles on the rebound qui, après une relation catastrophique, avaient besoin de moi pour les ramasser et en recoller les morceaux. Mais dès qu’elles étaient remises sur pied, elles repartaient vers les écoeurants.
  • Des filles en couples qui voulaient juste avoir une p’tite aventure, mais qui jamais n’auraient voulu de moi sérieusement.
  • Des bitchs dominantes qui confondaient mon respect pour de la soumission. La dernière m’a tellement écoeuré des relations de couple qu’elle m’a guéri à tout jamais de ma dépendance affective. Ce fut la fin de ma période 1.

PÉRIODE 2: Le Player Salaud
Il est important de noter que contrairement aux bons gars qui virent frustrés, jamais ne n’ai adhéré à la pensée comme quoi il faut être un salaud pour séduire les filles. Aussi, je n’ai eu que des relations amicales et respectueuses avec elles.

L’affaire, c’est que je ne démontrais aucune attirance envers elles, ni amoureuse ni sexuelle, ni même dans le but de devenir son bon ami proche. Cette attitude « je te respecte mais tu me laisses indifférent malgré mon hétérosexualité » semblait en intriguer plusieurs. Elles abordaient donc avec moi le sujet du couple et de l’importance que ça avait dans ma vie. J’ai toujours été franc, clair et précis en expliquant d’avance que je n’étais pas capable de ressentir le sentiment amoureux, donc que amitié+sexe était le maximum de ce que je pouvais donner. Par conséquent, je ne désire pas de relation de couple.

Ces filles étaient des romantiques, le genre à ne vouloir qu’un couple stable. Je m’attendais à ce qu’elles me disent que dans ce cas-là, elles ne sont pas intéressées. Erreur! À chaque fois, elles acceptaient mes conditions. Cette période a coïncidé avec mon retour aux études, d’où le fait que j’ai eu plus d’amantes durant ces deux ans que dans toute ma vie jusque-là.

Le problème, c’est que quand je les prévenais d’avance de mon incapacité à ressentir de l’amour, elles disaient toutes « T’as peut-être juste pas encore rencontré la bonne. » Apparemment, ça signifiait que chacune d’entre elle pensaient que ça pouvait être elle, « la bonne ». Elles se donnaient donc la mission de me le prouver, pour peu que je leur en laisse la chance. Voilà pourquoi, contre toute attentes, elles acceptaient mes conditions amitié+ sexe seulement: C’était la seule opportunité qu’elles avaient pour le faire.

Je dois dire que ces filles-là étaient, pour la plupart, de fantastiques amantes. Quand une fille essaye de gagner ton coeur en utilisant la sexualité, c’est incroyable comment elle peut se montrer ouverte et cochonne.

N’empêche qu’à chaque mautadine de fois, je leur brisais le coeur parce qu’elles s’attachaient toujours à moi, plus que moi je pouvais le faire envers elles. Puisque j’avais pris la peine de les prévenir d’avance que notre relation ne déboucherait jamais à rien de sérieux, je n’étais pas un player salaud. Sauf qu’à leurs yeux, c’était quand même ça que j’étais. Et c’était en tant que tel qu’elles me forgeaient une réputation, renforçant aux yeux des autres l’idée comme quoi pour séduire les filles, il faut être un salaud.

PÉRIODE 3: Le gars affectivement équilibré.
Après 3 ans de vie de player involontairement salaud, « la bonne » est arrivée, par hasard, sans que je la cherche. D’accord, nous avons éventuellement fini par nous séparer. N’empêche que nous avons eu droit à une relation harmonieuse qui a duré 12 ans ½, et sommes restés bons amis par la suite.

Ce qui a fait que j’ai fini par trouver la bonne?
Dans ma période bon gars, je faisais tout pour plaire. Au lieu d’être moi-même, j’essayais de me plier aux goûts des filles. Le problème, c’est que quand tu joue au caméléon, la fille se rend vite compte qu’elle ne peut jamais voir tes vraies couleurs. Ça te rend louche. Ça éveille la méfiance. Et aucune fille ne peut d’un gars louche dont elle se méfie.

Par contre, dans ma période player salaud, je ne voulais rien savoir du couple. Par conséquent, je n’essayais pas de séduire. Je n’avais rien à démontrer. Je n’avais rien à prouver. Je restais donc à 100% moi-même. Ma vraie personnalité a plu, et le jour où celle-ci a plu à une fille dont la personnalité m’a plu également, le déclic s’est fait tout seul, sans que j’ai eu à forcer les choses.

Et voilà comment j’ai passé de bon gars à player salaud à affectivement équilibré.

Mon chum se comporte en ado attardé

Les filles, réjouissez-vous d’avoir un ado attardé comme chum. D’abord, le fait que vous sortez avec prouve déjà que ce n’est pas si grave puisque vous êtes capable de le supporter. Soyez juste reconnaissante qu’il ne prenne pas trop à coeur vos remarques à ce sujet.

Parce que moi, le jour où je me suis tanné de me faire dire que j’agissais comme un ado attardé, j’ai décidé qu’à partir de ce moment-là je serai irréprochable. Je m’en souviens bien, j’avais 17 ans.

Attack of the Gars Irréprochable
Faites une longue liste de tout ce que vous pouvez reprocher à un homme, et vous pouvez être certaine que rien de cette liste s’adressait à moi. Je faisais de grands efforts constants pour être le plus irréprochable possible. Ça me permettait de séduire des filles qui sortaient justement avec des ados attardés, puisqu’elles ne retrouvaient pas chez moi ce qu’elles n’aimaient pas chez leurs chums. Normal: Puisque je ne faisais rien, je ne pouvais donc rien faire de mal.

Le parfait enfer
Les filles qui ont sorti avec moi durant ce que j’appelle mes années irréprochables ont vécu un véritable enfer. Puisque personne n’est parfait, je trouvais toujours de quoi à redire contre elles, des défauts, des mauvaises habitudes, etc… Tout ce que je pouvais trouver, je le pointais. Et elles ne pouvaient jamais riposter parce qu’elles n’avaient rien à dire contre moi. À moins, bien sûr, d’exagérer ou d’inventer. …Ce qui me donnait encore plus de bonnes raisons de leur remettre leur imperfections dans leurs faces, en les forçant à reconnaitre leurs exagérations et mensonges.

Ce désir de me montrer plus parfait qu’elles allait même jusqu’à affecter notre vie sexuelle. Un jour où c’est elle qui a fait les premiers pas, j’étais mindé sur autre chose alors je lui ai dit que ce n’était pas le moment. Elle m’a dit: « Ben là… Pour une fois que c’est moi qui en a envie! » J’ai répondu « Comment ça se fait que quand une fille dit non parce qu’elle n’a pas envie de sexe, c’est normal et qu’il faut l’accepter, mais que quand c’est le gars qui dit non, ça fait un gros drame? » Elle n’a rien trouvé à répondre et a rattaché sa robe de chambre, la tête basse.

À l’époque, j’avais 22 ans et une libido à la limite de l’obsession sexuelle. Pourtant, mon désir de lui prouver que mon comportement était meilleur que le sien, c’était encore plus fort que mes pulsions. C’est dire à quel point je prenais plaisir à les rabaisser. Remarquez que c’est normal: La seule façon de montrer qu’on a un comportement irréprochable, c’est de le comparer à un comportement reprochable. Et quand la fille est la seule personne avec qui on peut se comparer, ben voila.

Un style de vie
J’ai dû passer un bon 10 à 15 ans à démontrer à mon entourage qu’ils valaient moins qu’une merde. Et je ne le faisais jamais sans raisons, toujours avais-je preuves à l’appui.  Et celles qui ont eu le plus à souffrir ça, ce sont les filles avec qui j’ai sorti. Et tout ça parce qu’un jour, j’en ai eu ras le bol que l’on me fasse des reproches sur de petits détails insignifiants dans mon comportement.

Trop parfait, c’est vraiment comme pas assez.
J’ai fini par me calmer, quoi que je continue toujours à descendre sauvagement, preuves à l’appui, quiconque faisant exprès de me prendre à rebrousse-poil de façon un peu trop insistante. N’empêche que, entre un gars à qui vous pouvez reprocher des trucs une fois de temps en temps, et un complètement irréprochable qui vous fait sentir mal avec vos moindre travers, je pense sincèrement que vous êtes bien mieux avec le premier.

La leçon à tirer de ceci: Chialer contre son chum pour rien, c’est le pousser à chialer contre vous pour quelque chose.

L’amour ne se mérite pas

À l’époque où j’étais cégépien, un de mes cours s’appelait Cinéma Québécois.
Notre classe y a visionné plusieurs films, mais il y en a un en particulier qui m’a frappé. J’aime, J’aime Pas.  Ça commence quand Winnie, une jeune fille d’environs 18-19 ans est dans la rue, tirant sur un chariot sur lequel elle a empilé tout ce qu’elle possède. Elle emménage dans un nouvel appartement avec son enfant qui doit avoir 2 ou 3 ans. Elle a l’air seule et triste.

Le peu d’argent qu’elle a, elle le gaspille en achetant de gros bouquins remplis de photos couleur au sujet du désert, bouquins qu’elle massacre afin de mettre les images de dunes de sable sur ses murs. On apprend que le père de son enfant les a abandonnés il y a quelques années afin d’aller vivre pleinement son rêve de globetrotter et d’aller traverser les grands déserts. N’ayant aucune photo de lui, elle tapisse les murs de ces photos d’albums.

Winnie se fait remarquer par un jeune homme qui étudie en cinéma. Il a craqué pour son air mélancolique et croit qu’elle ferait un excellent sujet pour un projet de cinéma-vérité. Elle refuse mais finit par se laisser convaincre que ses intentions sont honorables. Il est en amour avec elle mais ne veut pas la brusquer de peur de la faire fuir. Il est patient, gentil, doux, compréhensif et respecte son espace.

Tout le long du film, on le voit peu à peu réussir à lui faire baisser ses barrières une par une. Voyant bien qu’il la traite avec amour et respect, elle craque et lui dit qu’elle l’aime. Il est au paradis, et elle perd enfin son air mélancolique et commence à sourire. Pour la première fois du film, elle semble heureuse. Elle rentre ensuite chez elle. Comme si elle se réveillait enfin en constatant à quel point elle a été stupide de s’accrocher à celui qui l’a abandonnée, elle arrache furieusement toutes les images de désert du mur et les jette aux poubelles. Dans les jours qui suivent, elle est enfin heureuse et commence à s’épanouir dans sa nouvelle relation.

Happy End?
La fille a appris qu’il ne faut pas perdre son temps à aimer celui qui se fout de toi,  l’écoeurant a eu ce qu’il méritait et le bon gars a gagné. On peut maintenant faire jouer la musique de fin en faisant dérouler à l’écran les 8624 noms des gens impliqués dans le film.

… En fait, non, on ne peut pas faire ça tout de suite. C’est que l’histoire n’est pas encore terminée.

Un soir, ça cogne à la porte de l’appartement de Winnie. Elle ouvre. C’est son ex, le père de son enfant, qui se tient là, tout souriant. Après quelques secondes de choc causés par la surprise, elle se jette dans ses bras et ils passent les heures suivantes à baiser fiévreusement. Pour elle, c’est comme si son nouvel amoureux n’existait plus. Comme s’il n’avait jamais existé. Et après la baise, elle fait déjà des plans pour former une vraie famille, maintenant que l’amour de sa vie est revenu. Ils s’endorment ensemble.

Le lendemain matin, elle se réveille seule. Il est parti. Il lui a laissé une note en disant qu’il ne faisait que passer et qu’il n’a pas fini son trip d’aventures autour du monde.

Elle redevient aussitôt la fille déprimée et mélancolique des premiers 2/3 du film. Après quelques heures à lentement digérer ce nouveau coup, son sentiment de honte, de culpabilité et de lâcheté est tel qu’elle se retrouve incapable de faire face à son nouvel univers et à ceux qui en font partie.  Elle empaquette ses affaires sur le chariot et quitte l’appartement pour aller refaire sa vie ailleurs, sans un regard en arrière et sans même contacter celui qui était son nouvel amoureux, qui ne la reverra plus jamais. Fin!

Ce que j’ai pensé de ce film
À ce moment-là, encore dans ma naïve vingtaine, j’ai trouvé ce film franchement révoltant, et ce pour plusieurs raisons. Ces raisons ont affecté le devoir que nous avions à faire à ce sujet en équipe de 2 ou 3 étudiants.

Ma partie était d’écrire deux pages de résumé du film. Dans celui-ci, j’ai décrit les gestes du personnage principal dans ces termes: « C’est alors qu’elle commet l’erreur de reprendre avec son ex. » Ma partenaire de travail m’a alors rappelé que le devoir demandait un résumé objectif du film, sans porter de jugements.

J’ai dit désolé, j’ai effacé et j’ai recommencé: « La fille laisse injustement tomber son ami de coeur en faveur de son ex qui ne la mérite même pas, et… » Et encore une fois, ma partenaire me rappelait que ce devoir devait être un résumé du scénario et non une critique des faits et gestes des personnages.

Ce n’était pas de l’obstination.
Le fait est que je ne comprenais sincèrement pas où était le problème dans mon résumé. Sérieux! Pour moi, dans ma tête, le fait que la fille était injuste de tromper son chum et que son ex ne méritait pas d’avoir du sexe avec elle, ce n’était pas une opinion, c’était un fait. Je ne faisais que décrire de façon objective ce fait que je voyais si clairement. Un fait que tout le monde aurait dû voir aussi clairement que moi. Je ne comprenais pas pourquoi j’étais apparemment le seul à le voir.

Dans ma tête, il n’a avait pas de compromis. Il ne pouvait y avoir que deux buts possible à ce film: Ou bien dénoncer le comportement stupide et les décisions idiotes de la fille. Ou bien les glorifier. C’était l’un ou c’était l’autre. Et le fait que je semblais être le seul à voir que c’était le premier, ça ne pouvait signifier une seule chose: C’était le second! Ça me révoltait.

C’est que le jeune homme que j’étais ne pouvais pas concevoir qu’il puisse y avoir une 3e option: Raconter une histoire, tout simplement, sans autre but ni arrière-pensée que de la raconter.

Je ne saurais compter le nombre de fois où j’ai vu une fille va se plaindre de son chum qui la traite avec très peu ou pas du tout de respect. Et pourtant, elle était délibérément dans une relation avec, elle le baisait, elle l’aimait, et dans beaucoup de cas allait même le marier. Toute ma vie, je n’ai pu accepter les choses que si je pouvais les comprendre. Et pour pouvoir les comprendre, il faut qu’il y ait de la logique derrière les faits et gestes de tout un chacun. Voilà pourquoi, à mes yeux, se plaindre que son chum lui manque de respect et tout de même l’aimer, le baiser et le marier, je ne pouvais pas le comprendre parce que ça n’avait aucun sens. Parce que ce n’était pas logique. Parce qu’aucun abuseur ne devrait être récompensé par sa victime.

Ce n’est qu’il y a quelques années que j’ai enfin compris quelque chose au sujet de l’amour. Quelque chose qui m’a permis de comprendre ce que me disait ma partenaire de travail au sujet de mon résumé du film. J’ai enfin compris que l’amour n’est pas quelque chose que l’on peut comprendre. L’amour n’est pas une décision. C’est un sentiment. C’est quelque chose que l’on vit avec ses tripes et non avec sa tête. L’amour n’est pas quelque chose que l’on donne et/ou que l’on reçoit par mérite. C’est quelque chose que l’on ressent ou bien que l’on ne ressent pas. C’est tout. Malheureusement, j’ai passé la majorité de ma vie à focusser sur le Ça ne devrait pas se passer ainsi, au lieu d’accepter le plus grand des faits qui soit. Le fait que C’est ainsi que ça se passe.

On peut protester et passer sa vie frustré contre cette injustice éternelle, se mettant tout le monde à dos en leur démontrant, preuve à l’appui, pourquoi ils sont cons d’aimer ceux qui ne les méritent pas. Ou bien on peut apprendre à l’accepter, et vivre avec ce fait.

Ça ne devrait pas se passer ainsi. Mais c’est ainsi que ça se passe.

Salomé: Portrait d’une sociopathe

     C’est au cégep en 1996 que j’ai rencontré Salomé, alors qu’elle était venue porter un article au Vox Populi, le journal étudiant du cégep André Laurendeau.

Salomé, c’était une personnalité chaleureuse, la beauté de Britney Spears à ses débuts, le look neo-gothique de Morticia Addams, et le côté candide de Nathalie Simard à l’époque où elle chantait pour les enfants.  Bref, une irrésistible combinaison de charme mystérieux et de simplicité qui fait que l’on recherche sa présence.  Elle avait ce don de pouvoir donner à chacun de nous l’impression que l’on est quelqu’un de spécial pour elle.

Comme ce fut le cas pour la majorité de mes relations, ce n’est qu’à partir du moment où je me suis rendu compte que cette fille s’intéressait à moi que je me suis dit pourquoi pas?, et que j’ai commencé à sortir avec.  Je venais de  terminer une série de relations assez éprouvantes, et bien que je commençais à être blasé du couple, Salomé semblait être une amélioration sur mes ex sur tous les points.  Malheureusement, j’ai appris à la dure que ce n’est pas parce qu’elle n’a pas les mêmes défauts que les autres que ça signifie pour autant qu’elle n’en a aucun.

    Les deux premières semaines de notre relation de couple, elle était câline et affectueuse.  Puis, du jour au lendemain, au début de la 3e semaine, elle devient soudainement froide et distante.  Elle qui insistait pour m’accompagner jusqu’à la porte de ma classe, même quand mon cour était au 6e étage, voila qu’elle ne me suivait plus nulle part.  Elle qui était toujours en contact physique avec moi d’une façon ou d’une autre, voila qu’elle prenait maintenant ses distances lorsque l’on était dans la même pièce, en se tenant juste assez loin pour être hors de ma portée, mais pas assez loin pour être obligée de regarder en ma direction.  Pour ce qui est des baisers, le visage de porcelaine qu’elle m’offrait quand je l’approchais était loin des gros french-kiss passionnés qu’elle me donnait la veille.

À la fin du 2e jour de froideur, je me suis rendu à l’évidence.  Je suis peut-être naïf mais je ne suis pas idiot.  Je sais reconnaître les signes quand quelqu’un se désintéresse de moi.

Je me considère comme étant une personne réfléchie et raisonnable.  Aussi ais-je décidé que ça ne valait pas la peine de faire un drame avec ça.  Je suis donc allé la voir et lui ai dit que j’avais remarqué le changement dans son comportement.  Je lui ai dit que j’étais compréhensif.  Si, pour des raisons personnelles, elle n’avait plus envie que l’on continue à sortir ensemble, elle n’avait qu’à me le dire.  Même pas besoin de se justifier.  Elle a juste à dire qu’on peut en rester là, je serais ok avec ça, et la relation va juste redevenir amicale, comme avant.  Elle me rassure que tout va bien entre nous, c’est juste qu’elle est peut-être un peu fatiguée et stressée en rapport à ses travaux de mi-session.  Pour le reste, elle me dit que c’est juste dans ma tête. D’accord!  Me voilà rassuré.

Cependant, plus les jours passent et plus elle s’éloigne de moi.  Alors qu’avant elle me disait que nous irions à un party, une sortie en groupe au bar ou au cinéma, voilà qu’elle me disait qu’elle irait à un party, qu‘elle sortira au bar, qu’elle ira au cinéma.  Je lui ai de nouveau offert une porte de sortie, mais elle m’a dit de nouveau que j’avais pas à m’inquiéter, qu’elle était bien avec moi.

N’empêche que ses paroles ne cessaient de contredire ses actes.  Plus jamais elle ne venait vers moi, ne m’appelait, ne me parlait, si je n’étais pas celui qui initiait le contact. Cette situation me torturait.  Je me demandais comment faire pour améliorer les choses entre elle et moi.  Puisqu’elle disait encore m’aimer, je me devais de faire quelque chose pour sauver notre couple.  Or, quand j’essayais,. je voyais bien que ça l’irritait, ce qui ne pouvait que l’inciter à s’éloigner.  Et quand je ne faisais rien, je la voyais s’éloigner et je craignais qu’elle s’imagine que je me fous d’elle et de notre relation.  Quoi que je fasse, j’empirais notre cas.  Cette situation sans issue me hantait l’esprit à toute heure du jour, du soir et de la nuit.  Vivre sous le stress constant d’être dans une situation qui s’acharnait à vouloir rester nébuleuse, c’était rendu invivable.

C’est sûr que je pouvais mettre fin à mes tourments en mettant fin à notre relation.  Mais elle disait m’aimer encore.  Je ne pouvais donc pas prendre le risque de ruiner notre bonheur si, comme elle disait, tout ça n’était que le fruit de mon imagination..  La 3e semaine de ma relation avec elle en fut donc une de souffrance morale, affective et psychologique.

Ce que je ne savais pas, c’est que je me torturais l’esprit absolument pour rien.  En vérité, elle n’avait plus aucun amour pour moi.  Notre couple n’existait plus.  Elle avait juste choisi de ne pas me le dire.  Je me cassais donc la tête jour et nuit en pure perte à vouloir tout faire pour arranger un problème qui n’existait même pas, tout ça parce qu’elle m’induisait en erreur en me faisant croire que nous étions toujours un couple amoureux.

Vous savez comment j’ai appris que je ne sortais plus avec Salomé, malgré ce qu’elle me disait pour me rassurer du contraire?  Une amie commune qui me voyait souffrir et désespérer de trouver une solution a eu pitié de moi.  Elle m’a révélé que Salomé sortait avec un gars nommé Jacob depuis une semaine.  Elle avait rencontré ce gars là à un party où je n’avais pas pu aller à cause de la présence de Geneviève, ex blonde à moi, et future coloc de l’enfer. Et c’est en effet le lendemain de cette soirée que l’attitude de Salomé envers moi a passé d’un extrême à l’autre.

J’en suis tombé sur le cul.  Bouche bée.  Atterré. Aberré.

Que Salomé ne veuille plus sortir avec moi, je pouvais vivre avec cette idée sans problème.  Qu’elle m’ait quitté pour un autre qui lui convenait mieux, passe encore.  Mais là, pouvez-vous seulement vous imaginer la frustration que je ressentais?  Il y a tellement de gars qui sont jaloux, qui réagissent avec violence, qui s’arrangent pour que la fille se sente mal à l’aise, qu’elle culpabilise, lorsqu’elle veut mettre fin à la relation…  Moi, je prends la peine d’être ouvert d’esprit, d’être cool et compréhensif, et même de lui offrir une porte de sortie afin de lui éviter ça, non pas une mais bien deux fois.  Et qu’est-ce que ça m’a donné?  RIEN !  Mon ouverture d’esprit ne me rapporte que mensonges.  Comprenez-moi, je ne prétends pas être un saint.  Comme tout le monde, je n’aime pas le feeling d’être mis de côté.  Alors si en plus je fais l’effort d’être raisonnable et compréhensif, c’est extrêmement frustrant de me faire traiter comme si ce n’était pas le cas.

Ayant pris quelques heures pour décompresser, je ne suis souvenu que ce n’est pas la première fois qu’un truc pareil m’arrive.  Car en effet,  j’ai déjà vécu quelque chose de très semblable avec Nathalie en 1989.  Elle aussi a passé des semaines à me mentir de la sorte afin d’éviter de m’avouer qu’elle m’avait laissé pour un autre.

Fort de cette expérience et ne voulant pas répéter les mêmes erreurs qu’à l’époque, j’ai pris le temps de réfléchir.  J’en suis venu à la conclusion que si Salomé n’a jamais cessé de nier son détachement jusqu’à maintenant, alors même si je lui apporte la preuve de son infidélité, ça ne serait pas suffisant pour le lui faire admettre.

Je lui ai donc donné ce qu’elle espérait de moi: Une rupture où elle s’en sort clean.  Je lui ai écrit une lettre dans lequel j’explique que je ne me sens pas trop bien dans cette relation, probablement parce que je ne me suis pas laissé le temps de récupérer de celle d’avec mon ex, et que j’aimerais mieux en rester là.  Elle s’est montrée très compréhensive, me disant que si c’est ce que je veux vraiment, alors elle ne peut pas me forcer à rester en couple avec elle.  Trop aimable!

Elle m’a aussi confié qu’avant moi, elle aussi sortait d’une longue relation qui a duré quatre ans avec son premier copain, que les dernières années furent pénibles, et qu’elle aurait aussi besoin de se retrouver seule sans relations pour un bout de temps.  Cette séparation ne pourrait donc que nous faire du bien à tous les deux.  J’ai passé à deux doigts de lui dire de cesser ses menteries parce que je savais au sujet de Jacob.  Mais bon, puisqu’on est obligé de se revoir à l’école et au journal, inutile d’envenimer la situation.  J’avais déjà bien assez de Geneviève qui s’était approprié mes amis du Vox et qui s’arrangeait pour m’en isoler en leur disant que comme je suis son ex, elle se sent mal à l’aise en ma présence.  Voilà pourquoi je ne suis plus invité dans les partys et autres activités en amis.  La dernière chose dont j’ai besoin, c’est d’une ex de plus pour se mettre entre moi et ma vie sociale.

Après deux semaines, j’ai fini par révéler à Salomé que je savais tout. Jacob, le party où elle l’a rencontré, le fait qu’elle soetait avec lui pendant notre 3e semaine, et que là était la raison véritable de ma demande de rupture.  Je tenais à lui démontrer que quand je lui ai dit que je serais cool et compréhensif advenant une rupture, c’était sincère.  Elle n’avait donc pas à continuer de bluffer de la sorte avec moi.  Et justement, c’est ça que je ne comprends pas.  Pourquoi n’a t’elle pas pris les portes de sortie que je lui donnais pour rompre avec moi à ce moment là?  Sa réponse:

ELLE: Ben là!  Tu présentais ça comme si je voulais casser avec toi.
MOI: Euh…  C’était pourtant le cas, non?
ELLE: C’est parce que je ne peux pas supporter d’être celle qui repousse l’autre.  Ça me donne le rôle de la méchante.  C’est pour ça que je préfère que ce soit le gars qui casse de lui-même.

Incroyable !  Ça valait bien la peine d’être patient et compréhensif envers elle.  C’est justement à cause de ça que j’endurais de terribles souffrances, au lieu de l’envoyer promener dès le début comme l’aurait fait n’importe quel gars normalement impatient et incompréhensif.  Je suppose que des fois ça ne sert à rien d’aller à l’encontre de l’image masculine que les gens décident d’avoir de toi.  Quoi que tu fasses, il y a des filles ne verront jamais autre chose de toi que ce dont elles s’attendent d’un gars.  Mon père s’est toujours attendu à ce que je devienne un délinquant comme tous les adolescents, j’ai donc été traité comme tel même si ça n’a jamais été le cas.  Mon ex et mère de mes enfants s’attendait à ce que je la trompe comme tous les gars qu’elle avait connu, j’ai donc eu à subir ses crises de jalousie et ses soupçons non-mérités pendant cinq ans.  Dois-je être surpris que Salomé ait essayé de prévoir ma réaction en tenant compte du fait que je suis un gars, et non du fait que j’étais moi?

Toujours est-il que, puisque nous nous avions la même bande d’amis au cégep, et qu’elle était redevenue avec moi aussi amicale qu’avant notre courte histoire de couple, je n’ai eu aucun problème à devenir bon ami proche avec elle.  C’est justement le fait que je connaissais maintenant cette facette de sa personnalité qui l’a influencé à faire de moi son confident.  J’étais probablement le seul avec qui elle pouvait parler de sa vraie nature.  Ça m’a permis de voir un côté d’elle qui était à des millions de kilomètres de l’image qu’elle projette.

Ma courte relation de deux semaines avec Salomé avait été platonique.  Elle m’avait confié à ce moment là avoir le sexe en horreur, sous toutes ses formes.  Et la seule chose qui pourrait peut-être l’allumer, ce serait de faire ça sur l’autel d’une église, ou alors dans un cimetière, sur une tombe fraîchement creusée, à minuit.  Encore faudrait-il qu’elle sorte avec un gars pendant quelques années avant de se sentir assez à l’aise pour passer à l’étape sexuelle avec lui.  Et encore, pas question de sexe oral ou autres pratiques perverses qui ne seraient pas l’acte en lui-même.  Ayant tout de même du respect pour les lieux de culte, j’ai vite mis une croix sur l’église.   Quant au cimetière, on était rendu vers la fin de novembre, alors de ce côté là aussi ça semblait mort.  Étrangement, malgré tout ça, durant les six mois qui ont suivi notre rupture, elle a sorti et/ou couché avec sept gars sans qu’église ou cimetière n’y soit mêlé, et ne se gênait pas pour m’en parler.  Normal: Puisque j’étais le seul de ses ex à lui parler encore, et puisque le côté amour et sexe n’avait rien donné entre nous, j’avais tout ce qu’il faut pour devenir son meilleur ami de gars.  Mieux encore: son complice.  C’est en tant que tel que j’ai commis l’erreur de l’introduire dans mon univers, celui hors du cégep, en avril 1997.

À l’époque, j’étais auteur de bande dessinée underground, et bien que ma production avait beaucoup ralenti depuis mon retour aux études, j’avais encore de bon contacts avec le milieu.  Un de mes amis, Paul, réalisait des vidéoclips pour des bands de musique amateurs en plus d’être auteur de bandes dessinées.  Il déplorait le fait qu’il lui était toujours difficile de trouver des filles au look intéréssant, qui seraient à la fois naturelles, sexy, sauraient bien danser, ne seraient pas dérangées par l’idée d’embrasser une autre fille devant la caméra, et accepteraient de faire ça gratuitement.  Il se trouve que Salomé possédait toutes ces caractéristiques.  J’introduis donc Salomé à Paul.

Puisque Paul avait des connections avec plusieurs bands amateurs montréalais, Salomé y a vu une opportunité à exploiter.  Elle a fait son numéro de charme à Paul, et moins de quarante-huit heures plus tard, ils sortaient tous les deux ensemble.  Le pauvre gars vivait sur un nuage.  Jamais, de toute sa vie, il n’aurait pu imaginer qu’une telle fille puisse s’intéresser à un gars comme lui.  Leur relation a également duré trois semaines.  Durant cette période, tout en restant platonique avec Paul, Salomé à fréquenté et baisé deux autres gars, des musiciens pour lequel Paul travaillait bénévolement à leurs clips.  J’étais scandalisé par son attitude, surtout qu’elle me mettait moralement dans une impasse.  Devrais-je laisser Paul vivre un mensonge, ce qui équivalait à me rendre complice par mon silence?  Ou bien risquer mon amitié avec Salomé et ainsi risquer ma vie sociale puisqu’elle en faisait partie?  Je n’allais pas devoir vivre avec ce dilemme longtemps.

Mai 97.  L’anniversaire de Salomé approchait à grand pas, et Paul n’était que trop heureux de pouvoir démontrer à Salomé combien il l’appréciait, en lui organisant une super soirée d’anniversaire.  D’abord, il l’inviterait au resto.  Ensuite ils se rendraient au bar Les Deux Pierrots dans le vieux Montréal, où les attendraient une grosse gang composée d’amis musiciens de Paul, de gens du cégep, du monde de la BD underground, ainsi que quelques amis de Salomé.  Dès qu’ils furent arrivés, on a tous passé à table et Salomé a reçu ses cadeaux.  Paul est celui qui lui en a le plus donné, d’ailleurs.

C’est là que Salomé m’a démontré à quel point elle pouvait être égoïste, ne ressentant pas la moindre décence ni empathie.

Dès que la distribution de cadeaux fut terminée, Salomé, qui était assise à côté de Paul, a complètement ignoré ce dernier.  Elle n’a plus fait la conversation qu’à Simon, un bédéiste qui se trouvait assis en face d’elle.

Au fil des heures, je ressentais un malaise moral.  Je voyais la détresse de Paul qui augmentait à mesure qu’il se rendait compte de l’attitude de Salomé envers lui.  Tout le long de la soirée, elle n’a pas lâché Simon, ne parlant qu’avec lui, l’accompagnant partout où il allait, que ce soit à la table de pool, jusque devant la porte des toilettes pour hommes, le temps qu’il en ressorte.  En étant témoin de tout celà, ce pauvre Paul ressentait une angoisse qui se traduisait par un malaise physique au niveau de la poitrine, comme si une main géante lui compressait la cage thoracique.  Je connaissais trop bien cette douleur morale et physique pour l’avoir moi-même ressentie lors de ma 3e semaine avec Salomé.

Qu’elle ne s’intéresse plus à Paul, passe toujours.  Mais lui faire ce coup-là, en public, le soir même où il avait tant fait pour elle, ça me dégoûtait.  Mais voilà, ayant déjà appris à la dure ce qui arrivait lorsque l’on signifiait notre désapprobation sur le comportement immoral d’une fille, je ne voulais pas mettre en jeu le peu de vie sociale que j’avais encore.  Je me suis donc mêlé de mes affaires.

Le lendemain, un dimanche, j’ai accepté d’héberger Salomé et Simon chez moi dans mon 1½, aux résidences étudiante.  Ils ont passé la soirée ensemble au centre-ville et ils ont tous les deux raté le dernier bus vers chez leurs parents respectifs sur la Rive Nord.  De plus, elle avait un cour au cégep le lendemain matin.  Le fait que j’habite aux résidences étudiantes était donc très pratique pour elle.

Puisqu’ils étaient maintenant un couple, il me semblait normal de leur laisser mon lit et de m’installer par terre.  J’éprouve quelques difficultés à m’endormir rapport à la dureté du plancher.  Au bout d’un quart d’heure, à la recherche d’une position confortable, je me retourne, visage face à mon lit. C’est là que j’ai droit à une sacrée surprise: Malgré la pénombre et le fait que j’aie enlevé mes verres de contact, je distingue parfaitement Salomé, à quatre pattes, en train de tailler une pipe à un Simon couché sur le dos.  Au bout de quelques minutes, cette chère Salomé qui était tellement dégoûtée à l’idée du sexe oral lorsqu’elle sortait avec moi, n’a pas hésité à le faire jouir dans sa bouche en avalant.

À peine plus de vingt-quatre heures après avoir commencé leur relation.
Dans mon lit.
Avec moi à côté.

Incroyable!

Je referme les yeux, en constatant que c’est une bonne chose que je n’ai jamais eu le temps de vraiment tomber en amour avec cette fille, parce que je crois pas qu’il pourrait exister une situation plus choquante, frustrante et humiliante pour un ex.  Au moins, en tant que complice, je pouvais me dire que j’étais à l’abri de ses magouilles.  De toutes façons, Salomé allait m’avouer candidement les jours suivants qu’elle avait réalisé qu’elle avait peut-être un peu perdu le contrôle de ses relations ces derniers temps, mais que dès qu’elle avait rencontré Simon, elle avait su à ce moment là qu’il était le gars pour lui.  L’unique.  Le vrai.  De son côté, Simon me confia que jamais de toute sa vie il n’aurait pu imaginer qu’une telle fille puisse s’intéresser à un gars comme lui.  Avoir su, il ne se serait pas payé une pute pour se débarrasser de sa virginité il y a moins d’un an de ça.

À la fin des années 90, je jouissais d’une bonne réputation en tant qu’un des auteurs les plus populaires de la BD underground montréalaise.   Un article nommé Le Phénomène de la BD Alternative publié dans La Presse du dimanche 23 mars 1997 le disait d’ailleurs en ces termes:  Les fanzines de BD les plus populaires sont Liliane, Dirty plotte Requin Roll et Longshot Comics […]  En février 98, après plus d’un an à travailler dessus sur mes temps libres, j’avais enfin terminé Requin Roll #7, une publication de cinquante-six pages de textes, articles et bandes dessinées de mon cru.  Et qu’est-ce que j’avais en photo de page couverture?  Salomé qui embrassait goulûment une autre fille.  Les deux tenaient dans leur main un vieux numéro de Requin Roll.  Salomé y disait: « Lire Requin Roll a fait de moi une vilaine fille. »  L’autre répondait: « Moi, j’en étais déjà une. »  Une photo qu’elle n’a été que trop heureuse de prendre en sachant quelle allait faire la couverture d’une publication.

Salomé pouvait se montrer très gentille, utile et dévouée.  Malheureusement, je me rendais toujours compte plus tard que ça cachait des intentions de gains personnels. Par exemple, pour la sortie de Requin Roll #7, elle m’a proposé d’organiser elle-même un lancement dans un bar, et elle allait s’occuper de tout.  J’ai accepté.  Une semaine plus tard, elle a le plaisir de m’annoncer qu’elle a contacté plein de médias à ce sujet, et que l’émission de télé La Fin du Monde est à 7 Heures veut en faire un reportage.

Le lendemain, elle me demande si ça me dérange si elle en profite pour lancer  son propre fanzine, Le Meurtrier aux Béquilles. Salomé ne sait pas dessiner, alors elle a tout simplement découpé des images d’un photo-roman italien dont elle a changé les paroles, et refait la mise en page.  Bah, après le service qu’elle venait de me rendre, je lui devais bien ça.  J’accepte.

Le lendemain, elle me demande si ce serait ok avec moi si Simon en profitait pour lancer Professeur Désastre, un petit recueil de vieilles BD à lui, rassemblées sous une nouvelle couverture.  Bon, puisque c’est son chum, j’imagine que ça pourrait aller.

Mais le lendemain encore, ce fut Jean, le meilleur ami de Simon qui avait aussi un truc à lancer.  Et avant que j’aie eu le temps de me rendre compte de ce qui se passait, nous étions rendus une dizaine à lancer nos fanzines. Mon lancement personnel était devenu un événement collectif où la seule raison pourquoi ma publication et moi étions en tête de l’affiche, c’est parce que j’étais le plus connu, tous les autres n’ayant jamais été publiés ailleurs que dans le journal étudiant du Cégep du Vieux Montréal.  … Ça, et le fait que c’est moi qui faisait les affiches.

Je me suis vraiment rendu compte que j’avais été écarté du spotlight lorsque Salomé m’appela pour m’inviter chez Simon, car le reportage se ferait chez lui.  Comme c’était elle qui assurait le contact avec le reporter Patrick Masbourian, je suppose que je pouvais me compter chanceux qu’elle daigne m’inclure dans le reportage.  Encore heureux que j’avais Salomé en page couverture de ma publication, c’est probablement ça qui m’a permis d’être l’une des trois vedettes du reportage.  C’est quand même Simon qui fut traité comme étant le représentant et le sujet principal du lancement.

En réalisant ce coup là, Salomé venait de se tailler une jolie place dans le monde de la BD underground en tant que celle qui les faisait sortir de l’ombre.  Plus rien ne lui serait refusé de leur part désormais, et elle pourrait jouir d’une grande notoriété parmi eux, en apparaissant dans plusieurs de leurs bandes dessinées pour les années à venir, incluant des apparitions en tant que modèle de personnages pour des comics de Marvel et DC, de la part de ces dessinateurs qui y ont plus tard travaillé.

Il y a cependant des limites à ce que l’on peut tirer d’un milieu de publications où l’impression se fait à la photocopieuse, où la distribution se fait à la main dans une poignée de librairies, et qui ne se rend que rarement au-delà des limites de Montréal.  En automne 1998, Salomé mit fin à sa relation avec Simon pour commencer à sortir avec un gars qu’il lui avait présenté.  Pierre était cofondateur et éditeur du magazine MangaFan, un trimestriel se spécialisant dans la BD et le dessin animé japonais, distribué partout au Canada, aux USA et même dans quelques pays d’Europe.  De grande fan et consommatrice de BD underground, Salomé était instantanément devenue grande fan et consommatrice de produits japonais: BD, animés, jouets…  Quant à Pierre, ayant trouvé la perle rare qu’il avait toujours espéré, il m’a confié que jamais de toute sa vie il n’aurait pu imaginer qu’une telle fille puisse s’intéresser à un gars comme lui.  J’avais comme une sensation de déjà vu.

Pierre n’était que trop heureux de publier des articles de Salomé dans les pages de MangaFan, et de la pavaner à son bras à toutes les conventions, les lancements, les premières, et tout ce que son statut d’éditeur peut rapporter.  Cependant, au bout d’un an, elle finit par se rendre compte que toutes les connections de Pierre ne pouvaient pas l’amener plus haut qu’elle était déjà en tant que journaliste pour un magazine diffusé à l’échelle internationale.  Malgré la grande popularité de la série Pokémon à ce moment là, le manga n’était encore apprécié que par une minorité de fans à travers le monde.  Rien qui puisse permettre à Salomé de sortir de l’ombre.  Elle n’avait donc plus aucune raison de rester avec Pierre, hormis le fait qu’elle ne voulait pas retourner habiter chez ses parents hors de Montréal, et que toutes les possessions qu’elle s’était accumulées en logeant chez lui gratos l’obligeraient à se louer un appartement au-dessus de ses moyens pour stocker tout ça.

Se considérant tout de même libre, elle a commencé à faire de l’œil à David.  Lui, il connaissait Salomé depuis que je l’avais introduite à la gang de bédéistes qui aidaient Paul à faire ses vidéoclips.  David était présent la plupart du temps où Salomé draguait un gars alors qu’elle sortait avec Paul.  Il était présent à son party d’anniversaire lorsqu’elle l’a laissé tomber publiquement en draguant Simon.  Il l’a vu aussi commencer sa relation avec Pierre, et attendre le moment où elle était sûre de pouvoir aller habiter chez lui avant de partir en coup de vent de chez Simon.  Même qu’il lui était arrivé de me dire que les gars sont donc bien naïfs, de se laisser prendre aux pièges de Salomé, surtout quand on l’a vu faire pendant toutes ces années.

… Pourtant, il n’a fallu à Salomé qu’une conversation, seule avec David chez lui, pour le convaincre qu’elle retrouvait en lui ce qu’elle a toujours recherché en vain chez les autres hommes.  Lorsque je me suis amusé à rappeler à David ce qu’il me disait de Salomé avant de sortir avec, il m’a répondu un peu gêné:

DAVID: Ben là… Quand j’ai dit ça, c’est parce que que jamais de toute ma vie je n’aurais pu imaginer qu’une telle fille puisse s’intéresser à un gars comme moi.

Ça semble être une constante chez elle.

J’avoue que j’admirais comment Salomé pouvait contrôler ses émotions à volonté, comme si son cœur avait un interrupteur on/off.  Tant qu’elle pouvait tirer profit d’une relation, elle aimait le gars sans retenue ni modération.  Dès qu’il ne pouvait plus rien lui rapporter, elle cessait automatiquement de l’aimer.   Avoir eu un tel contrôle sur mes émotions, j’aurais certainement moins souffert dans mes relations.

Étant totalement athée, donc libre de toutes craintes reliées à la punition éternelle, Salomé prenait plaisir à enfreindre toutes les lois de la Bible.  Des dix commandements, il n’y en avait qu’un seul qu’elle n’avait encore jamais violé. Tout ce qui lui fallait, c’était une bonne occasion de le faire sans se faire prendre.  Le destin allait bientôt lui offrir cette opportunité.

Cette anecdote, je la tiens de la bouche de Pierre lui-même peu de temps après sa rupture avec Salomé.  D’abord, il faut savoir que Pierre a un problème cardiaque, donc qu’il a peu d’énergie et s’essouffle rapidement, en plus de souffrir d’embonpoint.  Il leur était arrivé par le passé, quand les choses allaient mieux entre eux, de se faire des séances de chatouilles sur leur lit.  Salomé en sortait toujours en vainqueur étant donné la faible résistance de Pierre.

Vers la fin de leur relation, après deux semaines à lui faire subir le même genre de torture morale que j’ai eu à subir lors de ma 3e semaine avec elle, elle a décidé de passer à l’action.  Après avoir été particulièrement froide avec lui toute une journée, elle est allé le rejoindre au lit et a commencé à le chatouiller.  Cette fois, son visage n’était pas enjoué, il était impassible, neutre, sans la moindre émotion, même pas la colère.  Cette fois, elle jouait dur.  Il avait beau lui dire d’arrêter et d’essayer de la repousser, elle revenait toujours à la charge, jusqu’au moment où elle a réussi à le renverser sur le lit, embarquer sur lui, et lui immobiliser les bras avec ses jambes.  Elle a ensuite pris deux oreillers, les a mis sur le visage de Pierre, et a pressé dessus de tout son poids.  Malgré sa panique, Pierre était trop épuisé pour se dégager.  Il s’est donc forcé à se calmer, s’est ouvert la bouche bien grand et a commencé à respirer à travers les oreillers, le plus doucement possible.  Au bout d’une minute, il a même cessé de se débattre.  Se concentrant et faisant le vide dans son esprit, il a réussi à relaxer tous ses muscles.  Elle est resté comme ça, sur lui, une douzaine de minutes.  Puis elle a doucement retiré les oreillers.  Prenant une grande bouffée d’air, Pierre a trouvé l’énergie de la projeter en bas du lit.  Se levant du lit, il s’adressa à elle avec rage:

PIERRE: « T’as raté ta shot, ma maudite! »

Réalisant qu’il se trouvait dans une situation dangereuse, il a quitté la chambre et la maison.  Salomé avait raté l’occasion de vivre le thrill de commettre un meurtre parfait.  Les colocataires de Pierre savaient qu’il leur arrivait de faire des séance de lutte-chatouille amicale, et tout le monde connaissait les problèmes cardiaque de Pierre.  Elle n’aurait eu qu’à pleurer à chaudes larmes en disant qu’il s’était effondré alors qu’ils jouaient.  Qui aurait pu croire qu’elle aurait pu tuer à mains nues un homme qui faisait deux fois et demi son poids?  Sans compter que c’était la situation idéale pour elle: En le tuant, elle n’aurait pas eu à casser avec lui, et ainsi n’aurait pas eu le rôle de la méchante qu’elle craint tant d’avoir.

Elle n’a pas eu à s’en faire avec ça longtemps car le lendemain, Pierre envoya plusieurs de ses amis expulser Salomé et ses affaires hors de chez lui.   Lui était absent, il craignait de ne pas pouvoir se retenir de la frapper s’il s’en chargeait lui-même, et on sait tous ce qui attend légalement un homme qui oserait lever la main sur une fille, même en état de légitime défense.  Il fait dans les 250 lbs, et elle en fait à peine 100.  Toutes les apparences seraient contre lui.

Pour le reste, je crois que rien de ce que je puisse raconter entre son expulsion de chez Pierre en 1999, et le moment où je lui ai signifié que je ne la voulais plus dans ma vie et mon entourage en 2004, n’apporterait quelque chose de nouveau à ma description de sa personnalité.  Pour la petite histoire, je vous dirai qu’elle est restée deux ans avec David qui était éditeur indépendant.  Elle a mis sur pied un projet de livre d’art distribué au Canada et aux USA dont David a fait 60% de la job.  Le lendemain de la livraisons des mille exemplaires du bouquin, elle mettain fin à leur relation.  Ce livre alla engraisser le portfolio de Salomé pour se faire de nouveaux contacts dans différents niveaux des arts et…

Et aux dernières nouvelles, après quelques courtes relations en chaîne,  elle s’est trouvé le chum idéal: Un musicien, peintre, photographe et critique de cinéma pour un magazine populaire au Québec.  Grâce à lui et à son statut de journaliste, elle est de toutes les premières, profite de toutes les gratuités qui viennent avec la job de son chum, et rencontre tous les gens influents du cinéma et de la musique qui passent à Montréal.  Bref, il est l’homme idéal, celui qu’elle pourra aimer et chérir toute sa vie.

… Ou du moins, jusqu’à ce qu’il lui permette de rencontrer mieux que lui.

Et lui qui n’a jamais vraiment eu de chance dans ses expériences de couple avant, il bénit le jour où je lui ai présenté Salomé.  Car jamais de toute sa vie il n’aurait pu imaginer qu’une telle fille puisse s’intéresser à un gars comme lui.

L’erreur de base dans le principe d’être « un bon gars ».

Laissez-moi vous expliquer ça en termes simples

ÊTRE UN BON GARS, le point de vue masculin:
Ne rien faire = Ne rien faire de pas correct.
Ne rien faire de pas correct = Ne pas être un méchant garçon.
Ne pas être un méchant garçon = Être un bon gars.
Être un bon gars = Être le chum idéal.
Conclusion: Ne rien faire = Être le chum idéal.

Voyons l’autre côté maintenant:

ÊTRE UN BON GARS, le point de vue féminin:
Ne rien faire = Être passif.
Être passif = Être ennuyant.
Conclusion: Ne rien faire = Être ennuyant.

Et voilà pourquoi les filles disent qu’un bon gars, c’est un gars ennuyant.

C’est que ceux qui prétendent être des bons gars ne sont pas vraiment des bons gars. Ce sont en effet d’ennuyant mous sans colonne ni personnalité. Il y en a hélas qui ne sont pas capable de penser autrement que de façon extrémiste. Pourtant, ne pas être un bon gars, dans le sens décrit plus haut, ça ne signifie pas automatiquement être un salopard abusif. Il y a moyen de s’affirmer sans pour autant toujours écraser l’autre. Pour vous donner une idée, voici trois genres de gars vivant la même situation, et ce qu’ils disent à leur blonde à ce sujet:

LA SITUATION: Tu aurais envie de louer Rocky XVI.

  • Ce que va dire le méchant garçon: « À soir, on va louer Rocky XVI. Hein? Tu veux voir quoi? Wall-E? Tu m’niaises-tu? Quel cave voudrait voir un film plate de même? »
  • Ce que va dire celui qui prétend être un bon gars: « Bon, tu veux faire quoi à soir? Moi? Je l’sais pas. C’est pour toi. Tu louerais un film? Ok, ça t’tente de voir quoi? Moi? Je l’sais pas. Non, décide, on fait comme tu veux. »
  • Ce qu’un vrai bon gars va dire: « Hey, ça t’tentes-tu d’voir un film? J’feelerais pour voir Rocky XVI, t’en penses quoi? Hm, c’est vrai, pas vraiment ton genre de film. As-tu une suggestion? Wall-E? Bah, pourquoi pas. J’louerai Rocky une autre fois, quand j’serai avec mes chums. »

Vous voyez ce que je veux dire? Avoir assez de personnalité pour avoir des goûts personnels, et assez de colonne pour pouvoir les assumer et prendre des décisions. Et malgré tout, être assez attentif, mature et logique pour être capable de faire des compromis.

Bref, pour être à la fois un bon gars et être apprécié, la solution est simple: N’agis pas mal, mais agis! Sinon, tu vas passer ta vie en p’tit loser emo qui se plaint que les filles sont des bitchs injustes et contradictoires qui ne savent pas ce quelles veulent.

Et ça, ce n’est pas un comportement qui attire les filles.

Le pire des gars qui soit: Le Bon Gars!

Être un gars correct, ou seulement être un gars qui ne fait rien de pas correct.
Parce que oui, il y a une différence.

Un bon gars, c’est un gars plate.
Habituellement, ceux qui ne font rien de mal, afin de bien paraître, sont aussi ceux qui ne font rien de bien non plus. En fait, ils ne font rien tout court. Par conséquent, les filles disent qu’un gars gentil, communément appelé un bon gars, c’est un gars plate. Il n’est PAS infidèle, il n’est PAS physiquement violent, il n’est PAS verbalement violent, il n’est PAS fumeur, il n’est PAS buveur, il n’est PAS drogué, il n’est PAS dépensier… Ok, sur ces points, ce sont des bonnes choses, mais tout ce qu’on à a dire de lui est « il n’est PAS », et c’est tout. Bref, il a les mêmes qualités et les mêmes défauts qu’une moulure sur un coin de mur: Il fait partie du décor, il ne dérange pas, mais on se demande bien à quoi il sert.

Être réfléchi et observateur
C’est que le bon gars qui ne fait rien de pas correct, c’est un gars réfléchi et observateur. Il voit les erreurs et les travers des autres, ce qui lui permet de ne pas les répéter. Il ne prend aucun risque car il est plus intelligent que les autres, et a un grand sens du sacrifice qu’il décrit sous une autre appellation : Être raisonnable. Il trouve toujours une façon plus avantageuse de tout faire, et il ne manque pas de le démontrer à sa copine. Si, par exemple, la fille veut aller voir un film, il lui fera comprendre que le prix du transport, de deux billets de cinéma, sans compter les prix prohibitifs de la nourriture à ces endroits, est un investissement exagéré pour à peine une heure et demie de divertissement. Il lui fera comprendre que dans six mois à peine, le film sortira au club vidéo et qu’elle pourra le louer pour une fraction du coût, en plus de pouvoir le regarder autant de fois qu’elle le voudra. Au pire, si elle tient à ne pas attendre pour le voir, il lui en downloadera une copie illégale qu’elle pourra regarder sur écran 10X10 cm. Qu’importe la mauvaise qualité du son et de l’image, tant qu’on voit ce qui se passe et qu’on comprend l’histoire, c’est ce qui importe, non?

Logique avant romance
Le bon gars qui ne fait rien de pas correct se croit romantique lorsqu’il offre une fleur en plastique à son amie. Puisque les roses véritables fanent rapidement, il dira que cette rose synthétique, au moins, durera éternellement, tout comme son amour pour la fille. Un bon raisonnement qui tient la route, sans compter que les vraies roses coûtent une fortune. Hélas, pour une raison étrange, la fille ne semble pas apprécier ce geste à sa juste valeur. Se pourrait-il que la logique et la romance se mélangent mal?

Prudence = Perfection
Le bon gars qui ne fait rien de pas correct n’ose jamais prendre le moindre risque, ni s’affirmer. C’est qu’il ressent toujours le besoin de prouver qu’il ne fait rien de pas correct, et la seule façon de le démontrer, c’est de comparer favorablement son inaction contre une action négative d’un autre. Ainsi, il aura toujours l’air de vouloir démontrer qu’il est mieux que les autres. De la part d’un gars qui ne fout pas grand chose de sa vie, faut avouer que c’est culotté.

Passivement agressif
Le bon gars qui ne fait rien de pas correct n’agit jamais ; il se contente de réagir. Il arrive dans un milieu, s’arrange de façon à être bien en vue et remarqué de tous. Puis il attend passivement, telle une cible offerte, que quelqu’un ose dire ou faire quoi que ce soit à son sujet. Comme il est toujours sur la défensive, il saura démontrer tous les torts et les travers de celui qui osera l’attaquer, dans le but évident de prouver à tous qu’il vaut mieux que l’autre. Et comme le bon gars qui ne fait rien de pas correct tombe toujours pile dans ses arguments en frappant l’autre là où ça fait mal (Il est observateur, souvenez-vous), on le voit comme un sadique, un antisocial qui prend plaisir à humilier les gens. Heureusement, le bon gars qui ne fait rien de pas correct connaît la réponse parfaite à cette accusation : « C’est LUI qui m’attaque alors qu’il est cent fois pire que moi, et c’est MOI le chien sale alors que je fais juste me défendre? » Comme il n’y a aucune façon de répliquer contre ça en ayant raison, le bon gars qui ne fait rien de pas correct prouve de façon irréfutable que la majorité des gens qui l’entourent ne sont pas des gens bien, puisqu’ils prennent le parti de l’agresseur et non de la victime innocente. Étrangement, il ne comprend pas pourquoi lui qui ne fait rien de pas correct, lui qui est un véritable modèle pour la société, n’est pas plus populaire que ça.

Trop de respect, c’est comme pas assez.
Le bon gars qui ne fait rien de pas correct respecte la femme. Ou du moins, il n’est pas coupable d’irrespect flagrant envers elle. Par conséquent, il exige le même respect de la part de la femme en retour. Un respect total de ses goûts, ses envies, ses idées, et surtout de son droit de dire NON à toute proposition qui ne lui plaît pas. Après tout, quand une femme dit non, ne sommes-nous pas, nous, les hommes, dans l’obligation légale, sinon morale, de respecter son refus? La femme doit donc s’attendre à un traitement égal de sa part. Ce n’est que justice, après tout. Et c’est ainsi que le bon gars qui ne fait rien de pas correct exerce à outrance son droit de veto, refusant ainsi toutes sortes d’activité que lui propose sa copine, sous prétexte qu’il considère les dites activités comme étant une perte de temps et/ou d’argent, et il a toujours de bons arguments pour prouver ce point de vue. Et si elle ose se plaindre qu’ils ne font jamais rien, il brandira haut et fort le manque de respect qu’elle a pour lui, de vouloir le forcer à faire des choses qu’il n’a pas envie.

Avoir la loupe braquée sur soi
Ce que les filles n’aiment pas de la part d’un gars qui ne fait rien de pas correct, c’est qu’il a l’air de passer le plus clair de son temps à l’observer, l’analyser, la juger. Avec lui, elle va avoir l’impression qu’elle est constamment sous une caméra de surveillance. Il a le don de la mettre mal à l’aise car il sait qu’à la moindre chose qu’elle fera qui ne sera pas correct aux yeux du gars, il lui fera une longue tirade pour lui expliquer ce qu’il a à lui reprocher. Il pourra alors reprocher en plus à la fille de ne pas vouloir comprendre ses intentions véritables : Il ne dit pas ça pour la caler, il lui fait juste prendre conscience de ce qui ne va pas chez elle afin qu’elle puisse s’améliorer. C’est pour l’aider qu’il fait ça, c’est tout. Là encore, le bon gars qui ne fait rien de pas correct ne comprendra pas pourquoi la fille finira par s’en éloigner, allant jusqu’à préférer la compagnie d’un gars pas correct.

Le problème, c’est que personne n’aime se faire traiter comme un enfant.
Tout le monde a passé en moyenne les vingt premières années de sa vie à se faire dire quoi faire, quoi ne pas faire, et à se faire corriger. Une fois rendus adulte, enfin libérés de l’emprise des parents, des éducateurs, des professeurs, on peut enfin être soi-même et pouvoir agir comme bon nous semble sans avoir toujours quelqu’un pour nous surveiller, nous donner des ordres et nous faire des reproches. Déjà que beaucoup de ceux qui travaillent ont à endurer ça de la part de leurs patrons, la dernière chose qu’ils ont envie est de devoir en plus subir ça dans leur vie privée.

Personne n’est parfait
Tout le monde à des torts, tout le monde le sait, et tout le monde l’accepte. Si tout ce que vous êtes capable de faire est de donner aux gens l’impression qu’ils valent moins qu’une merde, en leur remettant sans arrêt leurs torts et leurs travers en pleine face, il ne faut pas s’attendre à ce que vous soyez aimés et respectés.

Vous sentez-vous visés?
Après la lecture de ce texte, est-ce que votre premier réflexe est dire : Bon, c’correct, j’ai compris, désormais je vais dépenser sans compter, sortir à tous les soirs et agir en cave puisque c’est ça que ça prend pour rendre les filles heureuses? Parce que si c’est la première chose qui vous vient en tête, c’est non seulement un signe comme quoi vous êtes un gars qui ne fait rien de pas correct, votre orgueil vous met encore trop sur la défensive pour vous permettre d’améliorer la situation. Vous n’avez donc pas fini de vous plaindre de votre impopularité.

Il faut commencer par voir ses erreurs, et ensuite les reconnaître comme telles, avant de pouvoir y changer de quoi. Je comprends que vous agissez de la meilleure façon possible selon votre jugement. Mon but ici n’est pas de vous dire que vous agissez mal. C’est de vous aider à améliorer vos relations.

…Parce que c’est ÇA que vous faites de pas correct.