Elle a dit OUI par peur des conséquences de dire NON.

Il y a 20 ans, cette année, j’ai appris que dans certaines circonstances, je pouvais, si je le voulais, devenir un agresseur sexuel, et personne ne pourrait jamais m’en condamner au sens légal.  Laissez-moi vous raconter comment j’ai fait ce triste constat.

Printemps 1997. J’ai 28 ans. Je suis chez un couple d’amis.  Il est passé deux heure du matin.  Le party vient de finir.  La majorité des invités sont partis, sauf deux ou trois qui ont été invités à passer la nuit, dont moi. Je suis couché au salon, dans le grand divan-lit, que je partage avec Audrey, une demoiselle de 19 ans.  

Audrey et moi nous nous sommes rencontrés ici-même il y a quelques heures. Nous avons passé la majorité de la soirée à jaser ensemble, chose que nous continuons de faire maintenant.  Puis, décidant qu’il est temps de passer aux choses sérieuses, je passe doucement ma main sur sa joue, l’incitant à tourner son visage vers moi, et je l’embrasse doucement, histoire de tâter le terrain.  Elle répond favorablement, en posant sa main sur mon épaule, ouvrant la bouche et glissant sa langue sur la mienne.  Après quelques minutes de french-kiss, comme il est de mon habitude dans ces cas-là, je passe à l’étape suivante qui est de commencer à lui caresser les seins, histoire de lui faire comprendre clairement mon désir d’aller plus loin.  Audrey comprend.  Aussi, elle interrompt nos embrassades pour dire:

« Ben…  Là chus dans ma semaine pis j’porte un tampon, fa que ça m’tente pas tellement.  Mais si tu y tiens vraiment, je peux toujours te branler.  Au pire, je pourrais sucer. »

Ces phrases résonnent dans ma tête.  Instantanément, je rejoue mentalement tout ce qu’elle vient de me dire.  Et je note certains passages en particulier.  

« Ça m’tente pas. »
« Si TU y tiens vraiment. »
 » Je peux toujours. »
 » Je pourrais. »
« AU PIRE! »

Je ressens aussitôt la malaisante impression je suis à deux doigts de commettre une agression sexuelle.  En fait, je me sens comme si je l’avais déjà commencée, cette agression.  Ceci me déstabilise moralement.  Aussi, c’est d’une voix calme et posée que je lui répond:

« Naah!  Merci, mais pas obligée, chuis épuisé.  J’ai toute ma journée dans le corps… Aujourd’hui, y’a eu le cégep, le cours d’éducation physique, j’ai aidé une amie à déménager, puis après ça y’a eu le party ici, sans oublier l’alcool…  Je remettrais ça à une autre fois, si ça adonne, et si on en a encore envie tous les deux.  Ça te va? »
« Ben correct! »

Sur ce, dernier petit baiser rapide, souhaits de bonne nuit, je lui tourne le dos et m’installe pour dormir.  

Un an et demi plus tôt, je quittais la plus longue et la plus toxique relation de ma vie avec la mère de mes enfants.  J’étais de retour aux études, à 27 ans, au cégep.  Puisque j’étais 8-9-10 ans plus âgé que les autres étudiants, je ne m’attendais pas à me faire des amis.  Voilà pourquoi j’ai été totalement pris au dépourvu lorsque quelques filles m’ont approché en me désirant comme amoureux et/ou amant.  Il faut dire qu’après avoir passé les cinq années précédentes coincé dans une relation dans laquelle j’étais sans cesse rabaissé à tous les niveaux, je ne m’étais jamais rendu compte que j’étais devenu beaucoup plus regardable que la dernière fois que j’étais allé à l’école.  Il n’y a qu’à comparer ces deux photos, prises l’une à 16 ans et l’autre à 26.
Cette nouvelle popularité auprès de la gent féminine m’a fait passer à travers quatre étapes:

Étape 1: J’ai subi quelques déboires amoureux et sexuel, puisque je ne savais pas du tout comment réagir aux avances de ces filles.  Par conséquent, elles perdaient intérêt devant mon manque de réaction.  Ou devant le fait que je réagissais, mais incorrectement
Étape 2: J’ai subi ensuite quelques déboires amoureux et sexuel, puisque cette fois je réagissais positivement à toutes les propositions de toutes les filles.  Par conséquent, j’avais de la difficulté à jongler avec le fait d’avoir plusieurs amantes à la fois, me faisant surprendre quelquefois en situation d’adultère.
Étape 3: J’ai ensuite subi quelques déboires amoureux et sexuel, puisque je me laissais choisir par n’importe qui.  Disons que quand le désir sexuel est tout ce que nous avons en commun, ça ne fait pas les meilleures relations amicales, encore moins amoureuses.

Aussi, depuis le début de l’année ’97, j’ai décidé de changer complètement mon attitude et de passer à l’étape 4:   Agir en Homme, en vrai!  From half-a-male to Alpha Male.  Puisque le cégep me donne accès à un grand bassin de population féminine qui se renouvelle à chaque session, j’allais en profiter à fond.  Et désormais j’allais avoir le contrôle.  J’allais choisir moi-même mes amantes, sans retenue.  Je me suis même donné comme défi de coucher avec plus de filles en 1997 que durant toute ma vie jusque-là.  J’allais être fonceur. Déterminé! Conquérant!  

Mais attention; fonceur ne veut pas dire défonceur.  J’allais quand même continuer à avoir une certaine retenue et un respect de leurs limites. Voilà comment j’ai créé ma devise: N’attend pas après son OUI, mais respecte son NON.  

Après une vie entière à rater de multiples occasions de baiser parce que j’étais trop passif, cette méthode s’est montrée infaillible.  Durant les cinq premiers mois de 1997, aucune ne m’a dit non.  Mieux encore, ça m’a permis de constater que même les filles qui n’avaient manifesté aucun désir sexuel pour moi étaient capable d’en ressentir à partir du moment où je leur démontrais le mien pour elles.   C’est autant de relations sexuelles que je n’aurais jamais eues si, comme avant, j’avais attendu passivement que l’autre me montre son intérêt.  Un intérêt que je ne faisais rien pour faire naitre en elle.  Ce qui me prouve que j’ai bien fait de l’adopter, cette méthode.  

Et là, couché sur ce divan-lit, tournant le dos à Audrey, pour la première fois depuis les cinq mois que j’utilise cette méthode, j’ai un doute au sujet de ma manière de l’appliquer.  Jusque-là, j’ai toujours cru qu’elle était irréprochable, puisque quoi qui se passe, les filles sont assurées de mon respect de leurs limites.  

Mais, et c’est là où ma méthode fait défaut, encore faut-il que les filles le sachent, que je vais les respecter, leurs limites.  Et ce soir, la réponse d’Audrey face à mes avances m’a bien démontré que non, rien dans mon attitude ne pouvait le lui faire savoir.

Et pire encore: Audrey m’a démontré que mon désir pour elle lui faisait peur.  Elle n’avait aucune envie sexuelle à mon égard.  Mais elle avait tellement peur de ma réaction face à son refus, qu’elle était prête à acheter la paix en m’offrant une compensation sexuelle, en s’offrant de me masturber.

Ou, au pire, me sucer.

« AU PIRE! »

J’ose à peine imaginer les réaction négatives et violentes qu’elle a dû recevoir dans le passé, de la part des gars à qui elle s’est refusée sexuellement, pour considérer aujourd’hui que faire une fellation à un homme qui ne lui plait pas, c’est la moins pénible des deux options.

C’est sûr que techniquement, j’aurais pu l’accepter, sa proposition.  D’accord, c’est moi qui a initié le premier contact physique.  N’empêche qu’elle a répondu positivement à mes baisers.  Et c’est elle qui m’a ensuite offert branlette et pipe, sans que je ne lui demande quoi que ce soit, ni que je lui mette de pression.  Je pourrais en profiter.  Je pourrais me retourner sur le dos, baisser mon pantalon, et lui dire: « Ok, j’accepte la fellation que tu m’offres. »  Je ne ferais que dire oui à sa proposition.  Aucun jury ne me condamnerait de l’avoir fait.  

N’empêche que la première chose qu’elle m’a dite, c’était qu’elle n’en avait pas envie.  Et ses « si tu y tiens vraiment », son « je pourrais », et surtout son « au pire », ça me montre clairement qu’elle le ferait contre sa volonté.   Et avoir du sexe contre la volonté de notre partenaire, c’est un viol.  Et même si ce viol est consenti, ça reste un viol quand même.

Je l’ai souvent répété: En situation sexuelle, 75% de mon excitation provient du fait que je sais que la fille me désire, qu’elle a envie de moi, qu’elle aime ce que l’on fait.  Que ce soit de l’instinct naturel, un réflexe acquis, du respect ou de l’orgueil, peu importe, il reste que c’est comme ça.  Dans de telles conditions, après ce qu’elle vient de me dire, il m’est impossible de voir en Audrey quelqu’un avec qui je puisse prendre plaisir à avoir une relation sexuelle.  Par conséquent, mon excitation est tombé et mon désir a disparu.

J’aurais pu tenter de la rassurer en lui répondant que j’avais compris son message.  Mais j’ai aussi compris que cette fille avait peur.  Peur de mon désir sexuel.  Peur que j’insiste.  Peur de moi.  Elle avait donc probablement tout aussi peur que je vois clair dans son bluff, en comprenant qu’en réalité elle ne voulait rien faire de sexuel avec moi.  Voilà pourquoi je lui ai répondu la seule chose qui pouvait la rassurer: Lui dire que finalement, je suis trop fatigué pour en avoir envie. Ça lui a évité de devoir faire les activités sexuelles qu’elle m’avait proposé à contrecœur, et ça lui a enlevé la crainte de subir des représailles de ne pas me les avoir fait.

Toute ma vie jusque-là, à force de voir les gars gentils et timides se faire dire non par les filles, et à voir les gars fonceurs se faire dire oui par ces mêmes filles, j’en suis arrivé, comme la majorité des gars, a croire que les filles aiment les gars fonceurs.  Eh bien ce soir-là, pour la première fois, j’ai compris que si une fille dit oui à un gars fonceur, ce n’est pas nécessairement parce qu’elle le veut vraiment.  C’est parfois parce qu’elle a peur des conséquences de lui dire non.  

Ce qui signifie que, de toutes ces filles qui m’ont dit oui depuis que j’utilise cette méthode, il y en a peut-être qui auraient préféré me dire non.  Ce qui signifie que sans le savoir, j’aurais été un agresseur sexuel.

Et voilà pourquoi j’ai changé ma méthode d’approche.  Depuis ce soir-là, c’est fini, la drague en propositions sexuelles directes.  En fait, je ne drague plus.  Si je trouve une femme intéressante, je vais lui faire la conversation.  À partir de là, de par ses réactions, il sera évident si elle est intéressé ou non.  Et s’il y a intérêt, il est facile à voir s’il s’agit d’intérêt amical, amoureux ou sexuel.  À ce moment-là, tout dépendant si je suis moi-même intéressé, je vais répondre comme il se doit.  Et maintenant, non seulement j’attends son approbation avant d’agir, je suis beaucoup plus attentif aux signes qui pourraient démontrer qu’elle ne m’aurait dit oui que par peur des conséquences de me dire non. 

Parce que même lorsqu’un agresseur sexuel reçoit l’autorisation de sa victime, ça ne change rien au fait qu’il est un agresseur sexuel.  Et ça, ce n’est pas quelque chose que je veux être.

La page La Clique Vidéo sur Facebook

Eh oui, quoi de mieux pour me pousser à garder le rythme de production, qu’en publiant les BD de La Clique Vidéo dans une page Facebook deux fois par semaine, les mardis et jeudis!?

Pour joindre: facebook.com/LaCliqueVideo

« Tope-la sur la tronche » en québécois.

Rappelons que lors du dernier Festival de BD francophone de Québec, j’ai remporté le prix Jacques-Hurtubise pour encourager la nouvelle création en BD.  Il m’a été remis par Hélène Fleury, membre du jury et cofondatrice du magazine Croc.  Un chèque de mille dollars, gracieuseté de Brouillard Communication, m’a été remis par le sympathique Jean Brouillard, président et fondateur de la firme. 

La Clique Vidéo, l’album: C’est un départ!

Dans un article datant du 26 janvier dernier et publié sur mon blog BD Requin Roll, je déplorais que l’état de mes yeux m’obligeait à interrompre ma série de BD La Clique Vidéo après quinze pages et quart.

Je dois porter des lunettes ou des verres de contacts depuis l’âge de dix ans.  Au fil des années, ma myopie a progressé de façon alarmante.  Comme si ça ne suffisant pas, avec l’âge, la presbytie est venue s’y mettre, et hélas l’un n’annulait pas l’autre.  Aussi, j’ai eu à subir une chirurgie aux deux yeux.  On m’y a implanté en permanence des lentilles intra-oculaires.  Le seul mauvais côté de ce genre d’intervention, c’est que ça laisse avec une presbytie de 2 degrés, et que les yeux ne sont plus capable de se mettre au focus, puisqu’il s’agit d’une vision artificielle.

J’ai bien des lunettes de lecture, hélas ça ne vaut rien pour dessiner.  Pour bien voir ce que je fais, je dois mettre ma tête trop loin du papier, ce qui rend l’encrage pénible et imprécis.  Alors deux choix s’offraient à moi: Ou bien je me mettais à dessiner des cases géantes, genre une image par page.  Ou bien je ne procurais une dispendieuse tablette graphique.

Il y a deux semaines, je me suis rappelé que, pour la seconde année de suite, le Festival de la BD Francophone de Québec offrait le prix Jacques Hurtubise, ainsi nommé en l’honneur du fondateur de la légendaire revue Croc

Ce prix est destiné aux auteurs n’ayant pas publiés plus d’un album, et qui planifient en publier un de façon indépendante.  Voyant que ça venait avec une bourse qui m’aiderait grandement à me procurer une tablette graphique, j’ai tenté ma chance: J’ai préparé un dossier et j’ai proposé ma candidature.
 

… Et j’ai gagné!  

Le prix Jacques-Hurtubise m’a été remis par Hélène Fleury, membre du jury et cofondatrice de Croc.  Un chèque de mille dollars, gracieuseté de Brouillard Communicationm’a été remis par le sympathique Jean Brouillard, président et fondateur de la firme. 

Il fallait bien que je m’inscrive sous mon vrai nom, je n’aurais pas pu encaisser un chèque au nom de Steve Requin.  De toute façon, si j’ai pris cette identité en 1994, c’est parce que dans le temps, je faisais dans le fanzine adulte de goût douteux, et je ne tenais pas à ce que mes enfants en souffrent.  Aujourd’hui, puisqu’ils sont tous adultes et aussi douteux que leur père l’était à l’époque, ça n’a plus d’importance.

Et c’est à la suggestion de Mme Fleury elle-même que, au moment où on me remettait mon prix, j’ai partagé avec le public une anecdote personnelle au sujet du regretté Jacques Hurtubise.  Celle-ci fut reproduite dans cet article au sujet du Bedeis Causa 2017 tiré de ActuaBD.com:

Alors voilà, ce qui fut dit fut fait:  Je me suis procuré la tablette dont j’avais besoin pour reprendre mon projet d’album, et le terminer.

Mais avant ça, il était clair que mon tout premier dessin sur cet instrument revenait de droit aux gens qui l’ont rendu possible.  

 

Quand « L’image positive que l’on veut projeter » confirme « Le réel négatif que l’on est vraiment »

L’une des plus grandes ironies de la vie en matière de comportement et de personnalité, c’est, comme le dit le titre, lorsque l’image positive que l’on veut projeter ne fait que confirmer le réel négatif que l’on est vraiment.

Comme premier exemple, je vais vous donner une anecdote personnelle.

J’avais 27 ans et j’étais de retour aux études, au cégep, après dix ans de vie adulte. Et me voilà donc, en ce lundi matin, dans le corridor de cette institution scolaire, en me dirigeant vers ma toute première classe.  Je la trouve, j’y pénètre, choisis un pupitre libre et m’y assois.  

Je ressens une certaine fierté d’être là.  Je suis pleinement conscient d’être beaucoup plus intelligent, beaucoup plus mature et beaucoup plus réfléchi que la dernière fois que je suis allé à l’école, une décennie plus tôt.  Il est vrai que lorsque j’avais 17 ans, non seulement je n’étais pas porté à faire d’efforts en classes, je n’avais vraiment pas mes priorités à la bonne place.

« Oui! » me dis-je fièrement!  « Cette fois, les choses vont changer.  Je suis déterminé à ne plus répéter les erreurs idiotes de ma folle jeunesse.  Si je suis ici, c’est pour suivre mes cours. C’est pour apprendre.  C’est pour avoir de bonnes notes.  C’est fini, ça, de négliger d’écrire mes devoirs dans mon agenda scolaire, pour y écrire des dates de party.  Je ne suis pas ici pour faire le party, je suis là pour étudier.  C’est fini, de courir après les filles.  Je ne suis pas ici pour draguer, je suis ici pour étudier.  C’est fini, de consacrer tout mon temps à me faire une gang d’amis.  Je ne suis pas ici pour faire du social, je suis ici pour étudier.   C’est fini, de joindre des comités comme le journal étudiant où le groupe loisirs.  Je ne suis pas ici pour consacrer mon temps et mes énergies sur des choses qui n’ont pas rapport à mes études, je suis ici pour mettre mon temps et mes énergies sur mes travaux scolaires.  Cette fois-ci, je vais prendre mes études au sérieux.  Je vais être attentif.  Je vais me concentrer.  Je vais être à mon affaire. C’est fini, le niaisage.  C’est fini, de ne pas écouter en classes.  C’est fini, de me laisser distraire par n’importe quoi.  C’est fini de… »

« C’est bon, vous pouvez commencer! »

Cet ordre du professeur me tire de mes réflexions.  Et je vois soudain, à ma grande surprise que toute la classe commence à écrire un texte sur une feuille lignée.  Je constate avec horreur que je n’ai pas la moindre idée de ce que le prof a demandé.  J’étais tellement concentré sur ma détermination à être attentif en classe, que ça m’a empêché d’être attentif en classe.

Ironie?  Oui, mais en même temps, c’est un peu plus que ça.  C’est que ce genre de comportement, il m’est arrivé de le voir sur d’autres personnes que moi, dans plusieurs situations différentes.  Avec le temps, j’ai fini par constater que dans chaque cas, le vrai problème, c’est qu’au lieu de mettre de notre concentration et nos énergies dans l’effort de faire, on les met plutôt dans notre désir de paraitre.  

J’ai un second exemple qui m’implique.  À ceci près que ce comportement, je l’ai retrouvé dans une amante d’un soir. Celle-là, j’en ai déjà parlé il y a quelques années dans un billet intitulé L’altruisme égocentrique.  Elle se vantait d’être l’amante parfaite.

J’étais au lit avec cette fille rencontrée le jour-même après quelques semaines de jasette sur le net. Elle utilisait ses dents pendant la fellation. Bon, chacun ses trips, c’est juste pas le mien, voilà tout. En plus, elle insistait pour me mettre une forte pression sous le scrotum avec ses doigts, ce qui était franchement inconfortable.  Je lui suggère donc de rétracter la dentition un ti-peu et de cesser de me presser le sous-sac, ça ne me fera que mieux apprécier sa job de siphonnage phallique.

Elle se retourne vers moi, insultée, et me dit sur un ton brusque :  « Heille! Je l’sais, moé, c’est quoi que les gars aiment qu’on leur fassent! » … Et elle se remet aussitôt à l’ouvrage en ne changeant pas sa technique le moins du monde.

Dans les deux cas, l‘image positive que l’on veut projeter ne fait que confirmer le réel négatif que l’on est vraiment. C’est le fait de prétendre que j’étais attentif en classes qui m’a rendu inattentif en classes.  Et c’est le fait qu’elle prétendait être l’amante parfaite qui l’a poussé à agir de façon à être exactement le contraire.

Premier article pour Urbania.

Devinez qui vient de rejoindre le magazine Urbania?
Indice subtil: C’est moi! 😀

C’est un texte sponsorisé. Le défi était de réserver mes 2 derniers paragraphes pour une pub. Je crois que je m’en tire pas si mal.

Cliquez sur l’image pour lire l’article, ou allez sur http://urbania.ca/222051/mon-paradis-du-concierge/.

Bonne Année 2016

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2015 en révision

Les lutins statisticiens de WordPress.com ont préparé le rapport annuel 2015 de ce blog.

En voici un extrait :

Le Musée du Louvre accueille chaque année 8.500.000 visiteurs. Ce blog a été vu 140 000 fois en 2015. S’il était une exposition au Louvre, il faudrait à peu près 6 ans pour que chacun puisse la voir.

Cliquez ici pour voir le rapport complet.

Duplessis, ze musical.

Maurice Duplessis fut premier ministre du Québec de 1936 à 1939, et de 1944 à 1959. Il fut et demeure encore aujourd’hui l’un de nos politiciens les plus détestés de l’histoire du Québec.

Jetons un oeil au personnage, à sa carrière et à ce qu’il nous inspire encore, dans la plus pure tradition des opéras modernes, sur l’air de cette petite chanson qui ne semblait que demander à être parodiée de cette façon.

Moi je veux rire de ceux
Qui s’sont fait connaître dans l’Histoire
L’artiste talentueux
Ou ceux qui étaient au pouvoir
Cobain ou bien Hitler
Tous ces grands noms qui ne sont plus
Je veux être moqueur
De ces grands disparus

Mais voilà que les gens
Me disent que ça ne se fait pas
Dire du mal des morts
Il parait que c’est vraiment très bas
Ça nous est interdit
Personne ne va trouver ça bon
Mais si t’en as envie
Il y a une exception :

Duplessis
Lui, c’est autant que l’on veut
Duplessis
Il n’y a rien de trop baveux
Lui, on a le droit d’en rire
On a l’droit de le salir

Il contrôlait le Québec
Par la force et par la peur
C’est à lui que l’on doit
La période de la grand noirceur
Il vendait not’ minerai
Aux États, une cenne la tonne
On le réélisait
La population était conne

Duplessis
Combattait les syndicats
Duplessis
Avec la Loi du Cadenas
Toute l’aide gouvernementale
À la partie patronale

Duplessis
Donnait tout aux anglophones
Duplessis
Laissait rien aux francophones
Les anglais purent s’enrichir
Et les Français s’appauvrir

Duplessis
Lui, son règne était sinistre
Duplessis
Fut notre pire Premier Ministre
Il combattait les grévistes
En les traitant d’communistes

Duplessis
Donnait l’pouvoir au clergé
Duplessis
Partout dans la société
Pour l’argent, ses orphelins
Reçurent de très mauvais soins

Duplessis
Du film aux séries télé
Duplessis
On fait juste le maganer
Lui, on a le droit d’en rire
On a l’droit de le salir

Duplessis

Celle à qui j’ai dit oui.

C’est mon amoureuse qui, la première, a parlé de mariage.  C’était l’an dernier.  Elle m’a dit, comme ça, que lorsque ça fera deux ans que l’on sera ensemble, que tout va bien, que l’on s’aime, et que l’on est certain d’avoir trouvé en l’autre la personne faite pour nous, alors on pourrait se fiancer.

Cette année, le jour de notre second anniversaire de couple, on s’aime toujours autant sinon plus.  Alors je lui ai dit oui sans hésitation.

Ce n’est pas la première fois qu’une fille avec qui je sors me propose fiançailles et mariage.  En fait, c’est la troisième.   Alors pourquoi est-ce que j’ai dit oui à elle et non aux autres?  Parce que les deux premières ne m’ont jamais dit autre chose que: « Il faut officialiser notre relation parce que mes parents et/ou ma famille ne voient pas d’un bon oeil qu’une de leurs filles sorte/couche/habite avec un gars sans qu’ils soient mariés. »  La troisième, elle, n’a pas essayé de me manipuler en prétextant une obligation.  Elle m’a dit qu’elle m’aimait et voulait passer sa vie avec moi.

Quand la personne qui te propose les fiançailles ne te donne que des obligations comme arguments, plutôt que l’amour comme raison, ça en dit long sur sa personnalité et sur la façon dont elle considère votre relation.  Et ça n’en dit rien de bon.

Et voilà pourquoi je lui ai dit oui, alors que j’ai refusé aux deux précédentes.  Parce que quand l’autre n’a aucune hésitation à te dire qu’elle veut te marier par amour, c’est là que tu sais que tu as trouvé la bonne.

La Féministe Militante, la Salope Soumise et le Macho Misogyne

Rassurez vous, par ce titre, je ne suis pas en train d’affirmer que les femmes ne se divisent qu’en ces deux catégories.  C’est juste que, pour les besoins de ce texte, j’avais besoin de confronter deux attitudes sexuelles clichés et totalement opposées, et que ces deux-là étaient celles qui se prêtaient le mieux à la narration.

Histoire de faciliter la lecture, les personnages seront nommés d’après leurs clichés, soit madame Féministe Militante, mademoiselle Salope Soumise, et monsieur Macho Misogyne. (Avertissement de vocabulaire adulte full cochonnet.)

Macho Misogyne était le parfait douchebag.  La nature et le hasard avait été généreux, lui donnant dès la naissance une famille aisée financièrement et une génétique parfaite. Pratiquement élevé au garage de son père, il avait développé une passion pour la mécanique automobile qui lui permettait non seulement d’avoir accès à tout véhicule qui lui plaisait pour une fraction du coût, c’est tout naturellement qu’il prit sa place au sein de l’entreprise familiale une fois sorti de l’école.  Cela lui rapportait non seulement un revenu confortable, il décidait lui-même de son propre horaire.  Ce travail ardu, qui avait pour lui tous les avantages d’un passionnant passe-temps, lui avait procuré au fil des années une superbe musculature qui ne faisait que rehausser sa beauté naturelle.

N’ayant toujours eu d’yeux que pour la mécanique, il savait peu de choses des filles.  En fait, il ne s’intéressait à elles que lorsque ses hormones en éveil le poussaient à se livrer au coït.  Et quand on ne s’intéresse à elles que quand on a envie de baiser, elles ne sont pour nous jamais rien d’autre que des orifices dans lesquelles se vider.  Par conséquent, il perdait aussitôt intérêt à la présence de la fille une fois l’acte sexuel terminé.

Macho Misogyne avait deux amantes régulières.  La première, Salope Soumise, une blonde décolorée, avait terminé ses études secondaires sans obtenir son diplôme. Mais qu’importe! Elle avait décroché un travail de caissière au Dollarama du quartier, et espérait obtenir une place en tant que barmaid à la taverne d’à côté où elle comptait bien se ramasser une fortune en pourboires à l’aide de ses charmes physiques mis en évidences par ses décolletés bien ajustés qu’elle arborait à l’année.

Salope Soumise voyait Macho Misogyne comme le jackpot car était beau, athlétique et riche.  Comprenant assez vite que celui-ci n’avait rien d’autre qu’un intérêt sexuel envers elle, alors elle utilisait le sexe dans le but de le séduire.  Elle faisait tout pour lui, et ce volontairement.  Elle prenait souvent les devants en initiant elle-même les séances de sexe, lui ouvrant la braguette et lui empoignant le petit-monsieur pour le masturber.  Elle-même se masturbait devant lui, histoire de l’exciter, en sachant très bien combien les hommes sont visuels et aiment qu’on leur donne un show. Elle prenait plaisir à lui faire une fellation car elle savait combien les hommes adorent ça.  Et toujours, elle le laissait jouir dans sa bouche, et toujours elle avalait sa décharge, afin de lui montrer quelle amante extraordinaire elle est pour lui.

Salope Soumise prenait la pilule car elle savait que les hommes préfèrent le sexe sans condoms.  Et pendant la baise, elle se montrait multi-orgasmique.  Même si ses orgasmes n’étaient pas toujours vrais, elle savait que ça flattait l’homme, de se croire capable de procurer autant de plaisir à ses partenaires.  Et non seulement elle pratiquait l’anal, là encore c’est quelque chose qu’elle initiait volontairement.  Car même si elle n’y prenait pas vraiment plaisir, elle lui faisait croire l’inverse, afin de lui montrer quelle petite cochonne elle est pour lui.  Enfin, même si elle n’était pas du tout bisexuelle, elle se forçait à faire semblant d’aimer le sexe à trois avec lui et une seconde femme.  Elle aimait beaucoup le voir se branler, tout excité qu’il était de la regarder se livrer à une scène de lesbianisme.  Et elle, en faisant ça, était fière de lui montrer qu’elle serait toujours soumise à ses désirs à lui.

Justement, cette seconde femme avec qui ils faisaient parfois des ménages à trois, c’était l’autre amante régulière de Macho Misogyne.  Une brunette teint en noir, madame Féministe Militante.

Féministe Militante était à l’extrême opposée de Salope Soumise.  Après de brillantes études en droit où elle obtint de nombreux diplômes, elle avait su entrer dans une firme d’avocats en attendant de pouvoir ouvrir son propre bureau.  Elle comptait bien faire fortune par son expertise judiciaire, ses talents d’oratrices et sa parfaite maîtrise de l’art d’argumenter.  Féministe Militante voyait Macho Misogyne comme un simple trophée car puisqu’il était beau, athlétique et riche, elle le savait très convoité.  Ça flattait donc son orgueil de femme, de savoir que c’était elle qui avait réussi à mettre le grappin dessus.  En sachant que celui-ci n’avait rien d’autre qu’un intérêt sexuel envers elle, elle utilisait le sexe dans le but de le soumettre à elle.  Elle faisait tout pour lui, et ce volontairement, histoire de lui faire accroire faussement que c’était lui qui l’avait séduite.  Parce qu’en réalité, se son point de vue à elle, c’était plutôt elle qui le contrôlait.

Elle prenait souvent les devants en initiant elle-même les séances de sexe, lui ouvrant la braguette et lui empoignant le petit-monsieur pour le masturber. C’était sa façon à elle de lui montrer qu’elle savait que tous les hommes sont contrôlés par leurs queues.  Donc, qu’en lui manipulant le sexe, elle le manipulait tout court.  Elle se masturbait devant lui, histoire de l’exciter, en sachant très bien combien les hommes sont visuels et aiment qu’on leur donne un show.  C’était sa façon à elle de démontrer combien il est facile pour elle de prendre le contrôle des désirs sexuels de cet homme.  Elle prenait plaisir à lui faire une fellation car elle savait combien les hommes aiment ça.  Et toujours, elle le laissait jouir dans sa bouche, et toujours elle avalait sa décharge, afin de lui montrer quelle amante extraordinaire elle est.  Son but n’était pas de lui faire plaisir, mais bien juste pour qu’il ne puisse plus se passer d’elle.  Une autre méthode de manipulation et de contrôle.

Féministe Militante prenait elle aussi la pilule car ça la mettait en contrôle de sa propre sexualité, et de toutes façons elle avait horreur des condoms.  Et pendant la baise, elle se montrait multi-orgasmique.  Même si ses orgasmes n’étaient pas toujours vrais, elle savait que ça flattait l’homme, de se croire capable de procurer autant de plaisir à ses partenaires. Elle riait bien, intérieurement, de voir à quel point elle pouvait lui faire accroire qu’il était bon au lit alors qu’il n’était en réalité qu’un bien moyen amant.    Et non seulement elle pratiquait l’anal, là encore c’est quelque chose qu’elle initiait volontairement.  Car même si elle n’y prenait pas vraiment plaisir, elle considérait la chose comme étant symbolique.  C’était sa façon à elle de démontrer que les hommes comme Macho Misogyne, elle les avait dans le cul. Et elle riait bien de voir qu’il prenait plaisir à jouir en elle ainsi parce qu’il était trop con pour comprendre qu’en fait, par cette pratique, elle l’insultait de manière subtile.  Enfin, elle s’était conditionnée à devenir bisexuelle et à y prendre du plaisir.  Ainsi, lorsqu’elle prenait part au sexe à trois avec Macho Misogyne et une seconde femme, et qu’elle se livrait à une scène de lesbianisme devant lui, elle était fière de lui montrer qu’elle n’avait pas besoin de lui afin d’être satisfait sexuellement, ni en tant que lui-même, ni même en tant qu’homme.  Bref, que pendant qu’elle prenait son plaisir sans lui, il n’avait aucune autre option que de se branler tout seul dans son coin.  Et elle, en faisant ça, était fière de montrer que Macho Misogyne serait toujours soumis à ses désirs à elle.

Lorsque l’on demandait à Macho Misogyne laquelle de ses deux amantes régulières il préférait, il haussait les épaules et répondait invariablement : « Y’a pas de différence.  ‘Sont autant salopes soumises l’une que l’autre! » 

Il est vrai que, puisqu’elles baisaient avec lui toutes les deux exactement de la même façon, comment aurait-il pu voir la chose autrement?

La morale de cette parabole est une vérité qui s’applique aussi bien au lit que dans tous les autres aspects de la vie:  Peu importe comment tu te présentes en parole, ce sont tes faits et gestes qui vont décider de l’image que tu projettes aux yeux des autres.