Le jour où tout a basculé, l’épilogue. (ou 5e partie)

Presque deux mois depuis mon dernier billet.  Ceci a beau être mon blog, j’y parle rarement de ma vie au-jour-le-jour.  Je ferai exception aujourd’hui. 

 Donc :

Quoi de neuf depuis ma série de quatre billets intitulés Le Jour où tout a basculé?  Oh, pas mal tout, je dirais.  Dans l’ordre :

La ville.   Après 28 ans passés à Montréal, me voilà à 160 kilomètres à l’Est, à Sherbrooke.

Le déménagement :  Je me suis trouvé un appartement, et j’ai déménagé deux fois en six semaines.  C’est que je commençais à travailler pour La Firme le 28 mai, mais mon logement ne se libérait que le 1er juillet.  Coup de chance, le logement juste au-dessus du mien était libre, lui aussi jusqu’en juillet. J’y ai donc vécu mon premier mois et demi ici dans mes boites, sans télé ni internet.  

L’appartement.  À Montréal, j’avais un 4½, minuscule balcon avant, pour $630.00. Celui-ci était au milieu du bloc-appartements, entouré de voisins :  En haut, des enfants qui couraient partout avec des boules de bowling attachées au pieds, si je me fie au bruit.  Mon voisin d’à côté aimait beaucoup la musique, qu’il faisait jouer jusqu’à 3-4 heure du matin.  Enfin, mon voisin d’en bas était visiblement pas bien dans sa tête, vu son habitude mensuelle de passer de 30 à 45 minutes à cogner sur son plafond / mon plancher en nous accusant de faire du bruit, alors que Flavie et moi dormions.  Enfin, l’appartement était fait en long, ce qui fait que les seules pièces à être bien éclairées étaient aux extrémités, sois la chambre de Flavie, et la moitié du salon. 

Aujourd’hui, j’habite un grand 5½ qui occupe tout le second étage, bien éclairé avec des fenêtres à toutes les pièces, avec un grand balcon arrière.  Et même si je ne suis qu’au 2e, je suis à flanc de colline, ce qui fait que j’ai une superbe vue de la rivière et de la ville.  Mon voisin d’en bas est un retraité tranquille.  Mon voisin d’en haut est un étudiant tranquille.  J’ai même mon propre espace de stationnement, parfait pour l’auto de mes parents lorsqu’ils me visitent.  Et tout ça pour $550.00.  Ça fait au moins vingt ans que l’on ne trouve plus ça à Montréal, du 100$-la-pièce.  En fait, mon 4½ à $630.00 était considéré comme une bonne affaire.

L’électricité : L’an dernier, Hydro Québec m’a chargé 52$ pour le mois de juillet.  Cette année, toujours pour juillet, Hydro Sherbrooke m’a chargé 22$. 

La technologie.  Je n’ai jamais eu envie de posséder un cellulaire.  D’abord, je n’ai jamais été un grand parleur téléphonique.  Et ensuite, de toute façon, ces cinq dernières années, les boulots de conciergerie que j’ai occupé venaient tous avec un cell avec service de base.  Mais là, pour le travail, pour des raisons de sécurité, je dois avoir accès à une application nommé  Secur-id Soft Token.  Ce programme fournit un code de huit chiffres dont nous avons besoin pour se loguer dans divers programmes pour effectuer notre boulot.  Or, cette clé change à toutes les 30 secondes.  C’est dire à quel point La Firme prend la sécurité au sérieux.  Je me suis donc débarrassé de ma ligne de téléphonique au mur, désormais inutile.  Alors me voilà avec un téléphone android Lesbian Gay Queer.  

Avoir ce téléphone m’a tout de même permis d’avoir quelques connexions internet sans trop dépenser mes données, en utilisant le wifi gratuit de divers commerces, ce qui m’a familiarisé à la fois avec les commerces de mon quartier, et à l’utilisation du net sur petit écran.

La télé : J’ai une dizaine de postes de base de plus qu’à Montréal.  Et alors que là-bas je payais pour avoir dix chaines supplémentaires, ici j’en ai quinze.  Pour le même prix. 

Le boulot :  Alors qu’en conciergerie, j’étais toujours debout, à me promener dans quatre bâtisses de trois étages, ici je travaille assis, à mon bureau, à répondre au téléphone.  J’avais trente minutes pour manger, ici j’ai une heure.  Mon travail était physique et éreintant, ici c’est calme et relaxe.  Là-bas je ne pouvais me consacrer à rien d’autre qu’au travail, ici j’ai tout le temps d’écrire et dessiner entre les appels que je reçois.  J’habitais à quarante minutes à pied de mon travail, ici c’est vingt.

Le salaire : Je n’entrerai pas dans les détails puisque c’est un tabou social, mais ouais, je gagne plus cher ici qu’à Montréal.

Les avantages sociaux : En conciergerie, je n’en avais aucun.  Ici, contre une douzaine de dollars retirés sur chaque paie, je suis couvert à 80% sur tous mes frais médicaux.  Ça veut dire les soins des yeux, examens, opérations, lunettes.  Le dentiste, rendez-vous, soins, chirurgies.  Les orthèses.  Les médicaments prescrits.  Le dermatologue.  Le physiothérapeute.  L’examen annuel au médecin de famille.  Les frais de laboratoires, etc.  Et lorsque je pourrai reprendre l’activité physique, je pourrai me prévaloir du rabais corporatif de 50% au gym.

 À part le cell qui me coûte 35$ de plus qu’une ligne classique, j’ai tellement plus pour tellement moins que j’en ressors gagnant partout.  En fait, il n’y a que sur un point que l’on pourrait croire que j’ai perdu quelque chose : 

 Mon couple :  Flavie et moi avons rompu nos fiançailles.  La vie nous amenait peu à peu sur des chemins différents depuis un an et demi.  Et maintenant, avec elle qui part pour la Finlande pour ses études, et moi à Sherbrooke pour mon boulot, nos avenirs ne correspondent tout simplement plus.  Nous avons donc mis fin à notre relation de couple, dans la collaboration et l’harmonie.  Nous avons tout de même eu cinq belles années, et nous ne regrettons rien.  Nous gardons le contact, et on se considère toujours comme étant membres d’une même famille.  D’ailleurs, j’ai la garde de nos deux chats, ainsi que de notre mobilier commun.  À son retour dans deux ans, je lui laisserai le choix entre reprendre ses meubles, ou bien je lui achèterai du neuf.  Je serai obligé de me remeubler de toute façon.

 Bref, sur tous les points, mes conditions de vie se sont améliorées.  Je ne regrette nullement d’avoir changé de ville et de travail.   

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A propos Steve Requin

Auteur, blogueur, illustrateur, philosophe amateur et concierge de profession.
Cet article a été publié dans C'est personnel, Fait vécu, Le quotidien, Succès et Échec. Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Un commentaire pour Le jour où tout a basculé, l’épilogue. (ou 5e partie)

  1. Nancy dit :

    Je suis tes écrits depuis plusieurs années. Je suis très heureuse que la vie t’amène un nouveau chapitre.

    Aimé par 1 personne

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