Détail important pour mes lecteurs d’outre-Atlantique : Les lois invoquées dans ce texte ne concernent que le Québec.
Nous sommes en août 2022. Je paie mon loyer résidentiel $500 pour un 3½. Malgré la troisième arnaque de la part de mon proprio, qui lui a permis de hausser le loyer de $20 en m’enlevant toute opportunité de protester, il reste que c’est une aubaine assez introuvable en ces temps où les loyers montent en flèche.
Je loue toujours un local commercial au sous-sol. C’est que j’habite un petit 3½, dont les pieces sont à 50% de la taille des pièces moyennes des logements moyens. Je n’ai donc pas assez de place pour toutes mes possessions. Aussi, le mois dernier, à la fin de mon bail commercial du sous-sol, j’en ai loué un autre, plus petit. En fait, il s’agit d’un simple placard situé sous l’escalier du salon de coiffure, dans lequel même Harry Potter se sentirait à l’étroit. J’y remise mes possessions qui sont les moins utiles.
Ce supposé « local commercial » me coûte $80 par mois au lieu de l’original à $250. Et je continue de réduire mon loyer de $60 par mois en faisant le ménage au sous-sol et l’entretien du terrain deux fois par mois, ce qui se limite à tondre la pelouse. C’est que le fond du terrain est une véritable cour à scrap, comme on dit au Québec. Le propriétaire y loue de l’espace à n’importe qui pour y entreposer n’importe quoi : des vehicules dont le trois quart ne fonctionnent plus, des remorques, quelques ferrailles diverses, et même une épave de bateau hors-bord. Il y a aussi, sur la gauche, cette boite de camion de la grandeur d’un wagon de train. Celui-ci est un entrepôt, divisé à l’intérieur en dix ou douze compartiments individuels, qu’il loue également.
Quand je pense que, jusqu’à l’année dernière, il ne déclarait pas à Revenu Québec les locaux qu’il loue au sous-sol, je le soupçonne fortement de leur cacher également l’argent qu’il se fait sur ces locations d’espace sur son terrain. Une impression comme ça. Mais bon, puisque je ne pourrai jamais le vérifier, inutile de l’accuser sans preuves. Bref, malgré mon ressentiment pour l’abus de confiance qu’il m’a fait subir, on collabore et on s’entend sans accrocs.
Du côté de la vie privée, je ne suis plus en couple avec Mégane. Elle s’est fait draguer par un ex-petit-ami d’adolescence qui l’a retracée sur Facebook 33 ans plus tard. Et elle sait maintenant que c’est lui l’homme avec qui elle passera sa vie dans un amour et une passion infinie. D’ailleurs, le tarot, l’astrologie, les runes et le professeur Henri Gazon le lui ont confirmé. Étrangement, elle ne semble pas vouloir se rappeler que les cartes, les runes et tout le reste disaient exactement la même chose à mon sujet il y a deux ans. Nous sommes cependant restés amis. Et ce fut une bonne chose pour moi, pour deux raisons que j’expliquerai plus loin.
Tel que raconté dans un billet précédent intitulé La rupture qui régla tous mes problèmes, histoire d’amortir mon célibat-surprise, je me suis inscrit sur Facebook Rencontre. Sur mon profil, j’y ai mis une photo de moi en uniforme de préposé en centre hospitalier. Ceci a attiré l’attention d’une femme qui travaille pour une agence qui fournit des travailleurs de la santé aux régions éloignées, en offrant trois fois le salaire minimum. Il n’y a que moi pour m’inscrire sur un site de rencontres et y trouver plutôt un emploi.
Pour avoir l’emploi, il me faut une auto. Contrairement à moi, Mégane a passé toute sa vie adulte à négocier des achats de véhicules. Elle m’a donc aidé à faire le bon choix sans me faire arnaquer. J’ai pu me procurer une automobile à prix raisonnable afin de l’utiliser pour accepter cette offre d’emploi en Gaspésie, que j’ai commencé le 1er septembre 2022. Là-bas, mon agence me fournit le logis gratuitement. Tant mieux, car je dois continuer de payer mon bail résidentiel et mon bail commercial à St-Jean-Baptiste, même si je n’y serai plus que l’équivalent de deux mois par année.
À ce sujet, encore une fois, Mégane m’arrivera avec une solution. Au début de 2023, elle m’apprend que son frère Lucas se cherche un appartement. À part son auto, il n’a que peu de possessions. Alors tant qu’à payer un appartement où je ne serai pratiquement jamais, aussi bien le laisser y habiter, et on partagera les factures. Et puis, une présence constante va éviter que les voisins et passants finissent par s’apercevoir qu’il n’y a pas signe de vie chez moi, ce qui va diminuer les risques de cambriolage. J’accepte ! J’envoie mes clés par la poste à Mégane afin qu’elle l’aide à s’y installer.
Lucas étant maniaque de rangement et de propreté, je ne pouvais pas trouver mieux que lui comme colocataire. L’endroit est maintenant encore plus beau que lorsque j’y habitais à temps plein.
Mars 2023. Le proprio communique avec moi pour m’annoncer qu’il va augmenter mon loyer de $25, le faisant passer de $500 à $525. C’est la première fois qu’il a l’honnêteté de me l’annoncer d’avance. Je devrais lui en être reconnaissant, je suppose. Mais j’ai encore en travers de la gorge les deux augmentations abusives qu’il m’a obligé de prendre, sans quoi je perdais accès à mon logis. Alors cette fois, après avoir consulté le site du TAL (Tribunal administratif du logement, anciennement Régie du logement) je lui écris ce qui suit.
Sa réponse ne se fait pas attendre. Et il ne prend pas ça cool du tout.
En fait, il le prend tellement mal que son texte est un ramassis de n’importe quoi. Allons-y point par point.
N’IMPORTE QUOI No.1 : Il y a beaucoup d’incohérences dans ton message.
Et on commence immédiatement par du gaslighting, aussi connu au Québec sous le terme détournement cognitif. Il s’agit d’une forme d’abus mental dans lequel l’information est déformée ou présentée sous un autre jour, omise sélectivement pour favoriser l’abuseur, ou faussée dans le but de faire douter la victime de sa mémoire, de sa perception et de sa santé mentale.
Parce que sérieusement, relisez mon message… Vous y voyez de l’incohérence, vous?
On continue.
N’IMPORTE QUOI No.2 : Premièrement, l’augmentation est de 5% et elle combine le fait que tu loue les 2 espaces, soit l’appartement et le local de rangement au sous-sol.
Une simple recherche sur Google me donne, en tout premier résultat, l’augmentation suggérée par le TAL pour cette année-là.
Elle est de 2,3%, c’est à dire moins que la moitié de ce qu’il tente de m’imposer.
N’IMPORTE QUOI No.3 : Et il essaye de se justifier en disant elle combine le fait que tu loue les 2 espaces. Je ne suis peut-être pas un génie des maths, discalculie oblige. Mais même moi je sais que l’on ne peut pas aditionner les pourcentages.
Exemple : au Québec, la taxe sur les produits est de 14%. Si tu achètes 10 produits, est-ce que tu vas payer 140% de taxes? Ben non, hein !? Ça reste toujours 14% du total. C’est pareil ici. Si c’est 2,3% sur un loyer, ça reste 2,3% sur le total des deux loyers.
Et même si on pouvait le faire, ce n’est pas en multipliant 2,3 par deux que l’on arrive à 5.
N’IMPORTE QUOI No.4 : De plus, tu as le choix de renouveler au montant indiqué, ou ne pas renouveler ton bail.
Accepter ou déguerpir seraient mes deux seules options? Totalement faux. Voici ce que dit le TAL à ce sujet, premier paragraphe.
N’IMPORTE QUOI No.5 : Nous ne sommes pas responsable d’aller voir le TAL, c’est plutôt à toi de le faire si tu n’es pas satisfait des conditions du renouvellement.
Pour la 2e fois, bullshit totale. L’image précédente dit bien, au second paragraphe, que c’est le locateur (propriétaire) qui doit contacter le TAL s’il y a désaccord entre les deux parties.
N’IMPORTE QUOI No.6 : Le fait de ne pas habiter de façon régulière dans l’appartement n’est pas une raison pour ne pas avoir d’augmentation
Où, dans mon message, est-ce que je dis que je refuse l’augmentation parce que j’en serai absent souvent? Je dis seulement que mon absence fera que je ne pourrai plus effectuer de travaux pour lui.
Au total, six affirmations non-crédibles sur huit phrases. C’est l’une des façons de reconnaître un pervers narcissique. Pour avoir le dessus sur un autre, il ne se laisse pas arrêter par des concepts tel que l’honnêteté ou la vérité. Il n’hésite pas à exagérer, mentir et déformer les faits.
Ce qui est amusant lorsque l’on a affaire à un pervers narcissique, c’est que c’est son orgueil qui cause sa propre perte. Parce qu’il est orgueilleux, il prend très mal de perdre un argument. Puisqu’il prend mal de perdre un argument, il aura recours aux mensonges. Puisqu’il a recours au mensonges, on peut lui remettre en face des preuves comme quoi il ment. Puisque qu’on lui montre des preuves qu’il ment, il perd son argument. Et puisqu’il perd son argument, son orgueil le rend encore plus furieux.
Contrairement à cette réputation que je me trimbale depuis au moins 25 ans, je ne suis pas un provocateur. Au contraire, je vais toujours chercher à éviter le conflit. Mais lorsque c’est le conflit qui me court après et refuse de me laisser tranquille, alors je n’ai pas le choix. Je dois m’occuper du problème. Et le régler. Et puis, il est de ma nature profonde d’être rancunier. Je dois donc avouer que c’est avec une certaine satisfaction que je me permet de le piquer au vif en lui démontrant clairement qu’il est un menteur, capture d’écran du TAL et lien à l’appui.
… Tout en restant sur mes positions. Ce qui ne lui plaît pas du tout du tout.

Et encore un signe qui ne trompe pas, dans la personnalité d’un pervers narcissique: Ou bien tu acceptes ses abus, ou bien il te fera subir encore plus d’abus.
Je ne me laisse pas démonter. Maintenant que j’ai un véhicule, ça ne me dérange plus de remettre mes affaires chez Libre Entreposage Beloeil. Surtout que je n’ai plus à y ranger qu’une fraction de mes possessions, contrairement à l’année 2020. Je pourrai me prévaloir d’une unité de rangement moins grande, qui ne coûte que $60.
Ou, comme j’aime le dire dans ces cas là : C’est à ça que tu veux jouer? D’accord ! Ce genre de menace, ça se fait à deux.
Mon message a beau être en sous-entendu, il est clair : Ou bien il accepte mon refus de l’augmentation. Ou bien il perd $80.
Jusque là, j’ai été ferme. Mais on peut quand même dire que j’ai été gentil et poli. Mais là, avec tous les mensonges et toutes les arnaques qu’il me lance depuis deux ans, il est temps que je passe de la défensive à l’offensive. D’abord en lui remettant au nez un autre de ses mensonges.
Ensuite, vous vous rappelez plus haut, lorsque je dis que je le soupçonne de ne pas déclarer les revenus qu’il se fait en louant la cour à n’importe qui pour y déposer n’importe quoi? Voilà la parfaite opportunité de vérifier si mes soupçons sont justifiés. Puisqu’il me dit qu’il va faire une demande d’autorisation au TAL pour m’augmenter, je le met au défi de le faire. Et non seulement je lui fais part de mes soupçons au sujet de la cour arrière, j’affirme que je n’hésiterai nullement à en parler à qui de droit.
Si je me trompe et que le tout est déjà déclaré, ça ne changera pas son attitude envers moi. Mais si j’ai raison, l’idée que je puisse le dénoncer va le faire paniquer, et il va tenter de faire la paix au plus vite.
Sa réponse:
Qu’est-ce que c’est, cette réplique qui a des airs de plainte? Où est donc passé le combattant implacable qui insistait avec l’obstination du pitbull pour que j’accepte l’augmentation? Pourquoi est-ce que là, tout à coup, est-ce qu’il me suggère enfin une augmentation raisonnable, et ce sans augmenter d’un sou mon loyer commercial, contrairement à ce qu’il m’affirmait qu’il allait faire?
Une seule réponse possible : il tente de m’amadouer. Et ça, ça veut dire que j’ai raison. Sa cour, c’est bel et bien un revenu qu’il se fait au noir. Et il ne veut surtout pas que les autorités le sachent. Il n’y a aucune autre raison logique pour expliquer un aussi rapide changement d’attitude.
Vrai, il me propose toujours une augmentation. Un homme aussi orgeuiilleux que lui ne pourrait pas accepter de céder à mes conditions de refus total. N’empêche que cette fois-là, il ne me propose que l’augmentation suggérée par le TAL, et rien de plus.
$12 d’augmentation par mois en tout? Je peux vivre avec ça. Je mets donc fin aux hostilités en acceptant. Et voyez à quelle vitesse les choses se concluent.
La raison pour laquelle il ne pouvait pas gagner contre moi est simple : Il mentait. Moi, non! Il bluffait. Moi, non!
Malheureusement, j’ai commis l’erreur classique que font beaucoup de gens après une victoire. J’ai baissé ma garde.
Et lorsque l’on a comme adversaire un pervers narcissique, c’est une erreur que l’on peut payer cher.
À SUIVRE










