Cet après-midi, je reçois ce message de la part de l’infirmière de la résidence où habite ma mère.
Pour l’honnêteté : 10/10. Pour le service, par contre…
Mais bon, ce n’est pas la première fois que le système qui prend en charge nos ainés en général, et cette résidence en particulier, commet un mauvais service. Juste dans ces trois derniers mois, depuis que j’ai repris contact avec ma mère suite au décès de mon père, ça s’accumule. Comptons-les depuis le début.
Mauvais service no.1.
Il y a trois ans, ma mère habitait à Beloeil, en Montérégie. J’habitais à 750 km de là, à Carleton-sur-Mer, en Gaspésie. Une travailleuse sociale m’a appelé pour me dire que l’état cognitif de ma mère avait dégénéré, au point où elle n’était plus autonome. Elle m’a dit qu’ils allaient trouver un endroit où la placer, et qu’elle m’appellerait ensuite pour me dire où elle loge. Je n’ai jamais reçu cet appel de retour.
Mauvais service no.2.
Il y a trois mois, lors du décès de mon père, j’ai tenté de retracer ma mère. J’ai commencé par m’adresser à son CLSC. Mais ceux-ci, évoquant la Loi 25 sur la confidentialité des renseignements personnels, ne peuvent pas me dire où elle est placée. Même si je suis son fils.
Mauvais service no.3.
Me doutant qu’il doit bien exister un répertoire des résidences pour ainés au Québec, je cherche sur Google et je trouve Residences Québec.
Ils m’ont répondu que le nom de ma mère n’était pas dans leur base de données, donc que ma mère n’habitait dans aucune de leurs résidences privées.
Plus tard, Marcel, un ami de mes parents, m’apprend que ma mère habite aux Habitats Lafayette… Qui fait partie de Résidence Québec.
Mauvais service no.4.
Avant que Marcel m’appelle, je continuais mes recherches pour retrouver ma mère. Je me suis adressé à la Curatèlle Publique et dans les CHSLD. Ces derniers m’assurent qu’ils vont communiquer avec moi dans les 48h. Aujourd’hui, trois mois plus tard, ils ne m’ont toujours ni écrit ni appelé. N’eut été de ce Marcel dont j’ignorais l’existence, je chercherais encore.
Mauvais service no.5.
Ma mère habite au rez-de-chaussée de sa résidence. Ils savent que son état cognitif est déficient. Il n’y a pas de surveillance la nuit. À 03h00, ma mère se lève et quitte la résidence, en plein hiver, par -23°C, sans bottes, ni manteau. Elle tombe en glissant sur une plaque de glace. Une patrouillle de nuit passant par là l’ont trouvée.
Mauvais service no.6.
Les infirmiers-infirmières de la résidence savent que la carte d’assurance maladie de ma mère est expirée depuis le 16 janvier dernier. Ils n’ont fait aucune démarche auprès de la RAMQ pour la remplacer. Ils n’ont pas non plus communiqué avec moi pour que je m’en charge.
Mauvais service no.7.
Trois semaines après avoir déplacé ma mère du rez-de-chaussée jusqu’au 3e étage, là où tout est surveillé 24/7, elle avait toujours la clé de son ex-chambre du rez-de-chaussée, et toujours pas celle de sa nouvelle chambre. Je l’ai signalé à l’infirmier-chef.
Mauvais service no.8.
La résidence m’appelle pour me dire que ma mère est à l’Hôpital Pierre-Boucher. Trois jours plus tard, j’ai un appel de l’Hôpital Pierre-Boucher pour me dire que ma mère était retournée à la résidence. Le lendemain, je vais à la résidence, qui me disent que ma mère est toujours à l’Hôpital Pierre-Boucher. Je me rend à l’Hôpital Pierre-Boucher, qui me disent que ma mère est à la résidence.
Mauvais service no.9.
Il y a deux jours, je constate que ma mère n’a toujours pas la clé de sa nouvelle chambre, alors que ça fait maintenant six semaines qu’elle y est, et trois semaines que j’ai demandé sa nouvelle clé.
Mauvais service no.10.
On en revient au début de ce billet avec ses médicaments qui ne lui ont pas été donnés. Malheureusement, on ne peut pas enrayer l’incompétence. On peut seulement travailler avec. Il se trouve que, de par mon métier, je suis légalement autorisé à administrer de la médication. Aussi, j’opte de proposer une solution.
Dans la majorité des résidences, les médicaments des résidents sont enfermés sous clés dans une pièce hors d’accès, sous la garde du personnel. Ici, chaque résident a ses médicaments dans sa chambre, dans un coffre à outils en plastique acheté chez Dollarama, verrouillé par un petit cadenas à combinaison. Je ne suis pas certain si ça répond bien au normes de sécurité du CISSS, tout ça. Mais bon, si ça peut simplifier les choses, je ne m’en plaindrai pas.
Je suis reconnaissant que ce problème puisse se régler aussi facilement. Malheureusement, au sens de la Loi, ceci constitue le …
Mauvais service no.11.
Ils ne me connaissent pas, et ils prennent ma parole, sans me demander de prouver que je suis vraiment qualifié à administrer des médicaments. De mon point de vue, d’accord, je n’ai pas à me plaindre puisque ça facilite ma tâche et règle le problème. Mais en sachant que n’importe qui peut se prétendre qualifié et qu’on les croit sur parole, alors du point de vue de la sécurité de nos ainés, on repassera
Au bout du compte, voilà onze mauvais services en trois mois. Et ça, ce sont seulement ceux que j’ai observés, vécus, ou dont on m’a mis au courant. Alors les questions que je me pose sont : À combien d’incidents de la sorte ma mère a-t-elle eu droit ? Et surtout, est-ce seulement avec ma mère, ou bien est-ce que ce sont tous les résidents qui y ont droit ?
$2 700 par mois pour être aussi mal servis.




