Dans les deux chapitre précédent, je parle du fait que je tente d’obtenir la procuration qui me permettra légalement de m’occuper des affaires de ma mère, chose indispendable pour m’occuper de la succession de mon père décédé il y a maintenant deux mois. Et puisque les notaires du Québec sont très occupés avec la vague de décès des baby-boomers, j’ai dû attendre douze jours pour un retour d’appel. Et dès que je l’ai eu, ce fut encore dix autres jours pour un rendez-vous téléphonique. Que j’ai reçu aujourd’hui.
Entretemps, la santé cognitive de ma mère continue de dégénérer. Il y a deux semaines, elle s’est réveillée au milieu de la nuit. Puis, oubliant qu’elle habitait dans une résidence pour personnes âgées, elle a décidé de retourner chez elle, c’est à dire l’appartement qu’elle a quitté il y a deux ans et demi. Elle est sortie de sa chambre en pyjama. Et, puisqu’il n’y a pas de surveillance la nuit là où elle habite, elle est sortie dehors par -23°C, sans bottes, sans manteau, sans rien sur la tête. Pour glisser sur une plaque de glace et tomber. Malgré ses 80 ans, ses os sont solides. Donc, à part quelques bleus, elle n’a rien.
La réaction de la direction des habitations face à cet incident fut de la placer à l’unité prothétique, au 3e étage, là où les portes sont verrouillées, et où il y a de la surveillance 24h.
Oui, je sais, je pourrais porter plainte et/ou intenter une poursuite judiciaire. Mais ça ne ferait que rendre encore plus compliqué un dossier qui est déjà de plus en plus migraine-ogène de par tout ce qui s’y rajoute sans cesse. À commencer par…
L’impôt de mon père.
Par la poste, j’ai reçu une autre lettre pour Héritiers de Pierre Johnson. Il s’agit des TP4 pour faire son rapport d’impôts.

J’appelle Marcel, qui se trouve à être le comptable de mes parents. Il me dit que oui, c’est lui qui fait les impôts de ma mère depuis que mon père a été placé en Centre il y a trois ans. Mais jamais il n’a fait ceux de mon père. D’ailleurs, pour les faire, il faut un document important, que je n’ai pas reçu avec le reste. C’est à dire…
Son formulaire de déclaration de revenus.
Marcel me dit que ça a sûrement été envoyé à sa dernière adresse, la résidence de Beloeil. Je m’y rend. Pour me faire dire que cette résidence ne reçoit pas de courrier pour leurs résidents.
Et ceci me fait réaliser que ça signifie que ça fait trois ans que mon père n’a pas fait de déclaration d’impôts. Voilà qui risque de compliquer encore plus le processus de succession. D’autant plus que, le lendemain, je recevrai par la poste…
Deux formulaires de Retraite Québec (Anciennement la Régie des Rentes du Québec)
Le premier : une demande pour une évaluation de la capacité mentale d’une personne, dans ce cas-ci ma mère, à gérer des affaires.

Et le second est le formulaire requis pour qu’elle puisse recevoir sa pension de veuve.

Et pour rajouter du stress, la demande vient avec cette note :

Ce qui me laisse trois semaines et demie au moment où j’écris ceci, pour tout régler. Et il y a tout intérêt à ce que je ne rate pas la date limite, à cause du problème que constitue…
Le loyer de ma mère.
Tel que décrit dans un précédent chapitre, ma mère avait environ $45 000 en banque lorsqu’elle a été placée aux Habitations Lafayette. Or, son loyer coûte $2 700 par mois, soit $1 200 de plus que ce qu’elle reçoit comme pension. À ce rythme, elle n’aura plus un sou en banque en septembre. Et maintenant qu’elle est à l’unité prothétique, on m’a fait comprendre que son loyer sera encore plus cher, en rapport aux soins supplémentaires. J’estime donc qu’on arrivera au bout de ses économies en juillet plutôt qu’en septembre. D’où urgence que ma mère reçoive sa pension de veuve, ainsi que l’argent du compte de banque mon père. Mais pour ça, il me manque…
La procuration.
Pour l’obtenir, il me faut…
Un mandat de protection.
Et pour le recevoir, je dois d’abord me procurer…
Le billet médical attestant de l’état de santé cognitif de ma mère.
Que j’ai demandé à la résidence. Mais leur infirmière insiste comme quoi, pour le recevoir, ils ont besoin que je leur apporte d’abord…
Un affidavit (déclaration sous serment) du notaire.
Tel que spécifié dans ce document que la résidence de ma mère m’a envoyé par courriel :

Ce qui nous amène enfin, aujourd’hui, après 22 jours d’attente, à…
L’appel de ma notaire.
Ma notaire m’a dit qu’un affidavit ne peut être produit sans avoir d’abord un billet médical attestant de l’état de santé cognitif de ma mère. Soit le contraire de ce qu’affirme le document précédent. Et ceci me ramène à ma case de départ, soit celle où chacun me renvoie à l’autre comme une balle de ping-pong.
Alors j’ai été malin. J’ai d’abord demandé à ma notaire de me fournir ses coordonnées. Puis, après l’appel, j’ai ouvert le courriel que m’avait envoyé l’infirmière de la résidence, qui dit ceci :

Et je lui ai répondu ceci :

Et voilà ! Par ce courriel, envoyé simultanément à l’infirmière et à la notaire, elles sont maintenant en contact. Ce qui a, du même coup, envoyé à la notaire le document de demande d’affidavit, pour bien confirmer mes dires. Alors maintenant, puisque chacune prétend que je dois m’adresser à l’autre en premier, qu’elles s’arrangent entre elles.
Avec un peu de chance, ça devrait être réglé avant la date limite du 8 avril que m’impose Retraite Québec. Mais de la manière dont les choses se sont passées jusqu’à maintenant, j’en doute.
N’empêche que plus le temps passe et plus je me pose les questions suivantes : La succession, est-ce que ça se passe vraiment comme ça pour tout le monde ? Ou bien est-ce que c’est seulement moi ? Sinon, comment font-ils, les autres ?
Et surtout : Le document que m’a envoyé l’infirmière, disant que j’ai besoin d’un affidavit avant de faire l’examen médical, ça ne vient pas de nulle-part. C’est certainement un document officiel et légal. Quant à la notaire, il me semble impossible qu’elle me mente, en me disant qu’au contraire, ça lui prend un examen médical pour pouvoir produire un affidavit. Comment est-ce que deux professions, qui sont obligées de travailler en collaboration, peuvent-elles légalement être soumises à des règles qui se contredisent, tout en étant légales ? Et si c’est vraiment le cas, comment se fait-il que personne ne dénonce ni ne proteste cet état des choses ? Cette situation ne fait aucun sens.
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Évidemment que c’est à suivre.