Les Pompes Funestes, une tragicomédie. 7e partie.

Vendredi le 15 février, cinq semaines après le décès de mon père. Je reçois un appel des assurances. Le testament dit bien qu’il a fait de son épouse, ma mère, sa bénéficiaire. Or, ils n’ont aucune preuve dans le dossier que ma mère est bien son épouse. Je dois donc leur envoyer une copie de leur certificat de mariage. Je le demanderai à ma mère la semaine suivante, lorsque j’irai pour la messe de mon père.

Vendredi le 20 février, six semaines après son décès, je reçois enfin le certificat de décès de mon père. Le fait qu’il s’appelait Pierre, mais a été baptisé Peter, n’a apparemment pas causé de problème à l’état civil. Il est vrai qu’il avait déjà réglé ce problème il y a seize ans, lorsqu’il est tombé en retraite.

Tel que demandé dans son testament, mon père a eu sa messe. Pour ce faire, il a fallu que je réserve l’église, bien que nous n’étions que trois, soit Marcel, ma mère et moi. Ça m’a coûté $650. On aurait été 150 personnes que ça aurait été le même prix. Je me suis renseigné auprès du salon funéraire, puisqu’ils ont des petites chapelles plus intimes. Mais eux, leur tarif était $1000. Aussi bien me payer l’église et épargner $350.

Ayant récupéré le certificat de mariage de mes parents, j’en ai envoyé copie aux assurances. Et j’ai envoyé copie du certificat à Retraite Québec (ex Régie des Rentes du Québec) avec les documents requis pour que A) Ils cessent de verser une pension à mon père. et B) Ils versent une pension de veuve à ma mère.

Parlant de ma mère. Sa condition mentale / cognitive est assez unique, car je n’en ai pas encore vu de semblable durant mes années en tant que préposé aux bénéficiaires. Elle est consciente de ses pertes de mémoires. Elle le dit souvent « C’est donc frustrant ! Le passé, je me rappelle de toutte. Mais le présent, ça me reste pas en tête. J’ai conscience qu’aujourd’hui j’arrête pas de te demander où on va. Mais je ne me rappelle jamais de ta réponse. » Si je dis que c’est unique, c’est que je suis plutôt habitués à des gens qui nient avoir oublié. Tandis qu’elle, elle se souvient d’avoir oublié.

Cependant, elle me raconte deux situations irréelles. La première : « Après que tu sois né, on a essayé de te cacher de moi pendant dix-huit ans. Mais je le savais que j’avais accouché. Ils ont essayé de me faire dire que t’existais pas, mais je le savais que j’avais eu un fils. » ... Et malgré le fait qu’elle y croit, elle se souvient de plein d’anecdotes de mon enfance.

Je l’écoute sans la contrarier. Mais tout de même, ça ébranle.

L’autre truc faux qu’elle affirme : « Dans le placard, c’est plein d’urnes funéraires. J’ai dit à la direction d’enlever ça de ma chambre, ça n’a pas d’affaire là. Mais ils ne font rien. » Plutôt que de la contredire, je lui ai répondu que j’avais moi-même demandé à ce qu’ils les enlèvent. Et j’ai ouvert la porte du placard, pour lui montrer qu’il n’y a là que les produits de ménage. Rassurée, elle a refermé la porte. Puis, elle est allée se coucher, Mais au moment où j’allais partir, elle m’a dit : « Qu’est-ce tu vas faire, pour qu’ils enlèvent les urnes dans le placard ? Ça n’a pas d’affaire là ! » Ça faisait 10 minutes que je lui avais montré qu’il n’y avait pas d’urnes, et elle repart là-dessus.

Quelques jours plus tard, je reçois un appel de Retraite Québec. Ils veulent parler à ma mère. Je leur explique que dans son état cognitif, c’est moi qui doit s’occuper de ses affaires. Ils m’apprennent que pour faire ça, je dois recevoir une procuration. Et pour ce faire, je dois faire tester ma mère afin qu’elle soit déclarée invalide, ou du moins incapable de s’occuper de ses affaires.

Je vais voir la direction de la résidence où elle loge. On me dit que pour ça, je dois contacter le CLSC où travaille l’infirmière qui s’occupe de ma mère.

Je contacte le CLSC et je parle à l’infirmière qui s’occupe de ma mère. Elle me dit que cette demande doit être faite par la travailleuse sociale qui s’occupe de ma mère..

Je contacte la résidence où ma mère loge pour leur demander les coordonnées de sa travailleuse sociale.

La travailleuse sociale me dit que pour avoir une procuration, il ne faut pas la faire déclarer inapte par son infirmière. Il suffit tout simplement de prendre un rendez-vous avec un notaire, et d’aller le rencontrer avec ma mère, afin que ce soit elle qui demande une procuration, en me mettant responsable de ses affaires.

J’appelle le notaire. Je tombe sur un genre de triage. On me demande la raison de mon appel. Je leur explique. On me dit que, très bien, ma demande est faite. D’ici cinq jours ouvrables, un ou une notaire spécialisée en procuration devrait me rappeler pour discuter de la date de rendez-vous et des tarifs.

C’est donc encore à suivre.

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