General Menteurs, 5e partie: Assumer sa criminalité

RÉSUMÉ : Hiver 1998.  J’ai 29 ans et je suis séparé depuis trois ans de la mère de mes enfants.  J’ai un bon boulot et près du double du salaire minimum.  Je suis en couple avec Camélia, 20 ans.    Son père occupe un poste haut placé à General Motors, et il n’apprécie pas que sa fille sorte avec  un père séparé.  Sous sa promesse de pouvoir acheter une auto à $150.00 par mois, et sous menace à peine voilée de perdre mon emploi si je casse le contrat,  je me laisse peu à peu manipuler à accepter contre mon gré une location à $750.00.  Ces paiements abusifs ne me laissent même plus de quoi manger. Puisque je suis maintenant ruiné, Camélia met fin à notre relation.  Et lorsque je tente de mettre fin à mon contrat d’auto, coup de théâtre: Mon vendeur m’apprend qu’il est le grand frère de mon PDG.  Je ne peux donc rien faire, sans risquer de détruire ma carrière.

Pour faciliter la compréhension, tous les montants sont ajustés en dollars d’aujourd’hui.

Je ne saurais décrire la tempête émotionnelle qui fait rage dans ma tête en ce début de mars 1998. Il y a ce sentiment de rage et de frustration, de m’être ainsi laissé arnaquer financièrement.  Il y a le sentiment d’abandon et de mépris qui me vient de Camélia  Mépris, du reste, que je sens également de la part de tous ceux qui, dans mon entourage, me considèrent comme étant un pauvre cave de m’être laissé avoir ainsi. Harcelé de toutes parts, plumé de toutes parts, méprisé de toutes parts.  J’ai atteint le fond.

Mais bon!  M’écraser par terre sans un coin sans réagir, ce n’est pas mon style, puisque ça ne règle rien.  Je suis un homme d’action.  Je le prouve sans cesse, depuis que mon ex m’a imposé une paternité surprise en lâchant la pilule sans m’en parler.  À chaque problème, sa solution.  Je me relève donc, et je réagis.

Premier problème à attaquer: Pouvoir manger. Avec pratiquement 100% de mon argent qui part en obligations légales diverses, je n’ai plus rien pour me nourrir.  Je vais donc à la banque alimentaire de mon quartier, celle où s’approvisionnent mon ex et nos enfants.  La première chose que l’on me demande, c’est mon revenu.  Lorsque je leur dit, ils me rient au nez.  La banque alimentaire, c’est pour les gens dans le besoin, pas pour les privilégiés qui gagnent $58 000.00 par année.  J’ai bien essayé de leur expliquer que je suis coincé légalement dans une arnaque financière automobile, ils rient encore plus fort.  

« Quand qu’on peut s’payer un char de l’année, on peut se payer une épicerie. »
« C’est quoi, ce raisonnement-là? Je viens juste de vous expliquer que c’est justement le fait que je dois payer le char, qui ne me laisse plus une cenne pour manger. »
« Nous autres, on aide des familles qui sont dans’rue, ou su’l’BS, des femmes seules avec des enfants, qui gagnent même pas $10 000.00 par année.  Toé t’en gagnes $58 000.00.  Si t’es pas capable de t’arranger avec ça, c’est pas notre Christ de problème. »

 En plein ce que j’avais besoin: Encore plus d’incompréhension et de mépris.

Cassandra, une de mes colocs, a peut-être la solution pour moi: Déclarer faillite.  Elle a un oncle qui travaille dans un syndic de faillite.  Elle pourrait me prendre rendez-vous.  La consultation est gratuite.  

Je rencontre le Monsieur, il est gentil et tout.  Cependant, là encore, il me dit que ce n’est pas en gagnant $58 000.00 par année que l’on se qualifie pour une faillite.  Ensuite, les choses ont bien changées ces dix dernières années.  Depuis la fin des années 80, la déclaration de faillite qui efface toutes tes dettes, ce n’est plus qu’un mythe.  Le Ministère du Revenu en a trop vu, des étudiants qui se marient pour avoir de plus gros prêts et bourses au Cégep et à l’Université.  Et qui, à la fin de leurs études, effacent leurs dettes de prêt étudiant en déclarant faillite.  Puisque j’étais conjoint de fait avec mon ex en allant au Cégep, et que je paie maintenant mon prêt étudiant, j’entre dans cette catégorie.  Tout ce que le syndic peut faire, c’est rassembler mes dettes et s’arranger avec mes créditeurs afin de leur rembourser à tant par mois selon mes revenus.  Et dans mon cas, c’est inutile puisque c’est ce que je fais déjà.  

Ceci dit, c’est vrai que si j’y avais droit, le syndic pourrait faire en sorte que mes paiements soient diminués à un taux raisonnable.  Cependant, il me le déconseille:

« Quand tu déclares faillite, ça te suit toute ta vie.  Même 20, 30, 40 ans plus tard, tes employeurs le savent.  Et une job comme la tienne, où tu dois manipuler des cartes de crédit, on ne donne pas ça à quelqu’un qui a fait faillite.  Fa que, si tu veux avoir des jobs au salaire de crève-faim pour le reste de tes jours, déclare faillite. »

Bon!  

Je ne vois plus qu’une solution: Me libérer de mon contrat de location.  Une seule façon pour ça:  La poursuite judiciaire pour fraude et/ou abus de confiance.  Ça prend un avocat.  Je me rend donc au bureau d’aide juridique de mon quartier.  

Comme vous vous y attendiez probablement, je me fais dire que quand on gagne $58 000.00 par année, on n’a pas droit à un avocat gratuit.  On me dit que je devrai aller consulter un avocat au privé, mais qu’il faut que je m’attende à un tarif d’environs $150.00 de l’heure, dans le minimum, si je suis chanceux.  Et s’il est un métier qui pratique l’art de plumer le client encore mieux que concessionnaire, c’est bien avocat.  Ce dernier, payé à l’heure, va faire durer la cause aussi longtemps qu’il le pourra.  On parle d’années, ici.  Du moins, il le ferait, si je pouvais me le payer.

Trop pauvre pour être riche, trop riche pour être pauvre. 

Je suis tellement désespéré que pendant un moment, je songe à me réconcilier avec la mère de mes enfants et retourner vivre avec eux, histoire de ne plus lui payer de pension.  Sauf que, avec mon salaire, ils lui couperaient le BS, et je devrai tous nous faire vivre sur mon salaire, ce qui me coûterait encore plus cher.  

Je n’aime pas baisser les bras.  Mais là, je n’ai pas le choix.  Je suis obligé de reconnaître que ma situation est tout simplement sans issue.

Ou l’est-elle vraiment?  
Je veux dire, oui, ok, j’ai épuisé toutes mes ressources légales.  Mais ça ne veut pas dire pour autant que j’ai épuisé TOUTES mes options.

Et si je cessais de payer, tout simplement?

Si je cesse de faire mes paiements, GM n’aura pas le choix, ils vont saisir l’auto, et vont annuler le contrat.  C’est quoi, le pire qui puisse m’arriver?  Un autre sept ans de dossier de mauvais crédit?  Et alors?  Vous avez vu la merde dans laquelle ça m’a mis, d’avoir du crédit?  Pourquoi est-ce que je voudrais encore en avoir?   Et puis, de cette façon, je me mets à l’abri des représailles de la part du vendeur.  Je ne l’attaque pas lui personnellement.  Je ne serai qu’un mauvais payeur, comme il y en a tant.  De toute façon, il le sait que je n’ai plus d’argent, et que je dois choisir entre le payer ou me nourrir. Mon mail était très clair à ce sujet.

Évidemment, en faisant ça, je donnerai raison à tous ceux qui médisent contre moi, en m’accusant d’être irresponsable.  Je donnerai raison aux parents de Camélia.  Je donnerai raison à tous ceux qui disent que je suis toujours à rechercher la solution facile. De la façon dont je me suis démené pour faire de quoi de ma vie ces cinq dernières années, passant de BS qui n’a pas son secondaire 5, à cégépien, à technicien dans un centre d’appel en informatique, je me demande bien d’où ils vont chercher ça.  

N’empêche, moi qui ai passé ma vie à tout faire pour être droit et irréprochable, c’est dur pour l’orgueil.  Mais bon, à ce point-ci, fuck l’orgueil.  Ce n’est pas un caprice, c’est une question de survie.  Et ce n’est même pas une façon de parler ou une exagération.  C’est ou bien je garde l’auto, ou bien je mange.  Point!  De deux maux, il faut choisir le moindre, que dit le proverbe.  Sauf que ce proverbe implique qu’il y ait un choix.  Dans mon cas, il n’y en a pas.

« Ok!  Ma décision est prise! J’arrête de payer le char! »

Et soudainement, je sens un grand poids moral s’enlever de mes épaules.   Je ressens un énorme soulagement.  Et je me mets soudain à rire, comme ça, tout seul, comme un hystérique.  Ça ne dure que quelques secondes.  C’est que je viens de réaliser ce que ça signifie, de cesser les paiements de l’auto :

  • Avoir de nouveau ma liberté financière.
  • Pouvoir manger à ma faim.
  • Ça va prendre quoi, deux paiements ratés avant que GM m’envoient les huissiers?  Je viens de payer le mois de mars qui commence à peine.  Ça veut dire que je peux rouler tout mars, tout avril, et une partie de mai avant qu’on me l’enlève.  Au moins deux mois de liberté garanti.
  • Impossible pour moi, en deux mois, de briser la limite des 20 000 km.  Ça signifie que je peux rouler aussi longtemps que je le veux, aussi loin que je le veux.

Il y a quelque chose d’étrangement apaisant à se dire Fuck the World et à refuser de suivre les règles que l’on nous impose.  De toute façon, ça m’a servi à quoi, à date, de prendre mes responsabilités, hm? Ça m’a servi à quoi, d’être le genre de personne droite, mature, qui a un code moral, qui suit toujours les règles?   Ça m’a juste servi à me faire manipuler par ceux qui ne les suivent pas, les règles.  Le vendeur de GM en est le parfait exemple.  Quand les règlements de GM l’empêchent de me faire signer un contrat, il les ignore.  Par contre, quand les règlements de GM me forcent à honorer son contrat abusif, il s’y tient.  Shakespeare lui-même le disait : Quand c’est pour son bénéfice, Satan est capable de citer la Bible.  Tout le monde le sait, les bons gars finissent toujours derniers. Alors no more mister Nice Guy, du moins pour les deux prochains mois.

En attendant ma prochaine paye, qui est la semaine suivante, je vais faire en sorte de tirer un maximum de mes deux prochains mois.  Première chose : Puisque je n’ai plus Camélia, me trouver une amante.  La première qui me vient en tête, c’est Fatima.

Fatima est une étudiante d’origine franco-iranienne, au Québec depuis deux ans, que j’avais rencontré l’année dernière lors d’un rassemblement de cégeps pour une activité intercollégiale, Le Marathon des 24 Heures d’Écriture.  Elle était venue s’asseoir à ma table.  Il y a eu attirance immédiate. Mais à cette époque, Internet était à ses débuts, et seuls les riches y avaient accès, ce qui n’était pas mon cas.  Maintenant que je travaille pour La Boite sur la page web d’Air Canada, j’y ai une connexion cinq jours semaine.  J’en profite pour la retracer. 

Elle a été heureuse d’avoir de mes nouvelles. Nous nous sommes fixés rendez-vous pour un drink.  Dès notre première rencontre, la chimie sexuelle y était toujours.  On a fini au motel. 

Nous sommes maintenant amants réguliers, et mon auto est un élément important de notre relation.  En général, je passe la prendre à son université.  Puis, dès que nous sommes à bonne distance de chez elle, elle retire son hijab et le range dans son sac à main.  Bien qu’elle ne fasse pas de remous afin de rester parfaite et irréprochable auprès de sa famille, c’est une petite rebelle éprise de liberté. Ayant moi-même vécu pendant plusieurs années sous la dictature de mes ex et de mes belles-familles, c’est le plus grand trait de personnalité que nous avons en commun.  C’est probablement ce qui nous rend aussi complices dans cette excitante relation secrète dans laquelle on viole tous les tabous avec passion.  On va partout sur la Rive Sud de Montréal, par exemple à St-Hyacinthe, ou on va manger une bonne poutine bien graisseuse avec des saucisses de porc, avant de repartir en road-trip, ne manquant pas de s’arrêter ici et là pour baiser. 

Bientôt arrive avril.  Non seulement je prends grand plaisir à ne pas envoyer mon paiement à GM, le hasard veut qu’avril ’98 soit un mois à trois payes : j’ai un chèque le 1, le 15 et le 29.  Non seulement je me sauve $606.60, le hasard me rend plus-que-prospère avec ce triple revenu.  C’est comme si le destin était d’accord avec moi.  Après toute la merde que j’ai vécue, j’avais vraiment besoin de ça.  Alors même si ma dépense en essence a passé de $160 à près de $400.00, ça reste bien en-dessous de ce que je sauve en ne payant pas GM, donc ne m’affecte pas le moins du monde.    

Ceci dit, je continue néanmoins de payer les $143.72 pour l’assurance auto.  Parce que bon, la rébellion ne doit quand même pas inclure la négligence.  J’ai eu assez d’ennuis comme ça, si j’ai un accident dans mon auto que je ne paye plus, je tiens à être protégé.

Ce n’est qu’au 10 avril que je commence à avoir des messages de la part du vendeur.  Je les efface sans même les écouter au complet, et je n’y réponds pas.  Le vendredi suivant, il fait alors un truc auquel je ne m’attendais pas : Il m’appelle au travail, en me demandant c’est quoi, mon p’tit jeu, de ne pas envoyer mon paiement?  Non seulement ça, mais ça fait quatre mois que j’ai l’auto, elle serait due pour son second traitement d’antirouille à l’huile. Je bluffe en lui répondant que oui, en effet, désolé, je n’avais pas reçu ma paye, et je ne voulais pas prendre le risque de faire un chèque sans provisions.  Mais voilà, ça y est, j’ai l’argent, je lui envoie le chèque ce soir, il devrait l’avoir lundi.  Il me dit de plutôt lui amener le chèque en personne ce lundi-là, en leur amenant l’auto, qu’il fassent le traitement à l’huile.  En réalité, tout ce que je fais, c’est prendre son numéro en note pour le bloquer sur mon poste, et je ne me pointe jamais à GM.  Je passe les trois semaines suivantes à l’éviter habilement.  Et lorsque mai arrive, comme le mois précédent, je ne poste que le chèque de l’assurance.

Lundi le 12 mai, je reçois une lettre officielle de GM.  Ils me donnent dix jours pour les rappeler afin d’arriver à une entente de paiements avec eux, ou bien ils m’enverront un huissier pour reprendre possession du véhicule.  Je profite donc de ces dix derniers jours, utilisant l’auto même lorsque je n’ai nulle-part où aller, juste pour vivre au max ces derniers moments de liberté.

Mais bon, comme le dit le cliché, toute bonne chose a une fin.  Lundi matin le 25 mai, un huissier est chez moi et me fait signer les documents dans lequel je rends officiellement l’auto à GM.  Autrement dit, j’ai également fini de payer les assurances.  Puis, il me dit ce à quoi je m’attendais.

« À partir d’aujourd’hui, et pour les sept prochaines années, vous ne pourrez plus obtenir de crédit, ni même une carte de crédit. »

Dans sept ans, j’en aurai trente-six.  À ce moment-là, j’aurai passé les dix dernières années de ma vie avec un mauvais dossier de crédit.  En tout cas, s’ils veulent me saisir , je leur souhaite bonne chance : À part une petite TV et un lecteur VHS, je n’ai que mes vêtements et ma collection de comic books.  Tout le reste, c’est la mère de mes enfants qui s’en est emparé.  Et avant de vivre en colocation, j’étais en résidence étudiante meublée, alors ce n’est pas comme si j’avais eu l’opportunité de me procurer autre chose.

Ce qui fut mon véhicule pendant presque six mois repart en direction du concessionnaire GM à l’Île-des-Sœurs. Au bout du compte, ça m’aura coûté $2 426.40 envers GM et $862.32 aux assurances, et environs $1 500.00 d’essence.   Pour un grand total de $4 788.72.

« Ça m’aura aussi coûté ma relation avec Camélia, et ma bonne réputation parmi tout mon entourage.  Mais bon, dans ce dernier cas, il me suffira de leur dire que j’ai rendu l’auto, pour qu’ils cessent de me prendre pour un con. »

Lundi, premier juin 1998.  Je prends le métro et j’achète la passe autobus-métro du mois. Jamais je n’ai été aussi heureux de payer ces $83.00. Ça vaut mieux que ces $910, soit $750 pour l’auto + $160 d’essence. 

Mes ex colocataires sont parties, l’une à Québec, l’autre en Abitibi.  Je me suis trouvé un beau petit 3½ à $480.00, chose que je peux me payer maintenant que je n’ai plus ma bagnole.  Mon appartement est juste au milieu de l’édifice, avec des voisins en dessous, de chaque côtés et au-dessus, alors ça ne me coûtera pas cher de chauffage l’hiver prochain.  Avec tout ce que les gens jettent, en prévisions de leur déménagement, je me meuble entièrement de trucs trouvés aux poubelles, ce qui est encore sécuritaire en cet époque pré-punaises de lit.    

Je suis pratiquement voisin de presque-en-face de mes enfants et leur mère.  Ils habitent un HLM, ce qui signifie qu’ils n’ont pas à payer l’électricité.  Maintenant que nous sommes en meilleurs termes, j’y vais souvent, pour visiter les enfants.  Et aussi pour épargner au max mon électricité, en mettant en commun notre nourriture que je cuis chez elle. Et tant qu’à faire, je fais mon lavage là et y prend ma douche.

Je continue de fréquenter Fatima, mais on commence à se distancer un peu.  En pleine exploration de sa sexualité, elle réalise qu’elle a envie de trucs qui ne sont vraiment pas vraiment compatibles avec moi.  Et en même temps, de mon côté, je réalise que, à part la couchette, on n’a jamais vraiment rien eu en commun.  Nous perdons peu à peu le contact.   C’est aussi bien! Ça m’a fait du bien, d’avoir été un Bad Boy pour un court moment. Mais là, il est temps que je mette ce mauvais épisode derrière moi.

Au travail, je viens de changer de chef d’équipe.  En le voyant, Didier m’a dit :

« Oh, merde!  On t’a refilé Le Nazi.  Bonne chance, mec. »

Mais bon, peu m’importait.  Je commençais à 16 :00, et il finissait à 17 :00, ce n’est pas comme si j’allais l’avoir sur le dos longtemps. 

Du moins, je le croyais. 

À SUIVRE

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