Robin Déboires, piètre voleur. Chapitre 3.2: Mon argent à l’eau.

Décembre 1978.  J’ai dix ans.  Les quatre ans (1977-1980) dans lesquelles mon père sera majoritairement à la Baie James me donnent le repos, la paix et l’harmonie dont j’ai un grand besoin moral.  

L’absence d’une figure paternelle et surtout masculine inquiète famille et voisins qui expriment souvent à ma mère qu’un garçon élevé juste par sa mère ça devient un fifi.   Ils ont poussé ma mère à considérer m’inscrire à l’organisme des Grands Frères.  Cette suggestion me remplit d’horreur.  C’est que je suis un garçon solitaire de nature, qui aime faire ses p’tites affaires sans devoir subir les adultes qui s’imposent dans tous les aspects de sa vie.  Facile à comprendre pourquoi, si on a lu les chapitres précédents.  Quand à avoir des amis de mon âge, non merci!  Si c’est pour continuer de me faire humilier parce qu’eux ont de l’argent, des jouets, une grande chambre dans une grande maison, et surtout un compte de banque bien rempli dans lequel leurs parents déposent au lieu de retirer, je peux certainement m’en passer.  

Mes activités favorites sont adaptées à mon désir de solitude.  J’aime lire, j’aime dessiner, j’aime la randonnée dans les bois, j’aime faire du vélo, j’aime regarder la télé, j’aime me créer un univers avec les Legos… La dernière chose que je veux, c’est qu’un adulte de plus vienne me faire chier en me disant que c’est pas normal pour un garçon de dix ans de jouer tout seul, et qu’il me force à sortir et à faire plein d’activités dites saines.  Comme par exemple aller se placer face à face à douze pieds de distance et se lancer tour à tour une balle de baseball.  QUEL PLAISIR PEUT-ON TIRER DE FAIRE UNE ACTIVITÉ AUSSI MENTALEMENT ATTARDÉE, BOUT D’BONYEU!? Aussi, même si à cet âge je suis peu porté à m’exprimer par peur de décevoir ou d’être réprimandé, cette idée me met tellement en horreur que je n’hésite pas à répondre un non catégorique.  Bien sûr, je m’attends à ce que mes arguments de désir de solitude soient jugés invalides par les adultes.  Aussi, j’utilise contre ma mère l’une de ses propres craintes, la pire de toute:

« Quand je vous ai demandé de m’inscrire à un camp de vacances il y a trois ans, tu m’as répondu que non parce qu’à chaque année on voyait dans le Journal de Montréal ou dans Photo Police qu’un p’tit gars avait été violé et tué par un moniteur fif… »

À l’époque, la population en général ne faisait pas trop bien la distinction entre pédé et pédosurtout que pédé est un diminutif pour pédéraste.  Et les journaux qui rapportaient ce genre de crime n’aidaient pas.

« … Pis là, tu voudrais prendre le risque de me laisser partir tu-seul avec un homme adulte que tu connais pas?  Un gars qui cherche tellement à fréquenter les enfants des autres qu’il accepte de faire ça bénévolement?  Tu veux vraiment prendre c’te risque-là?  Moi, en tout cas, ça m’tente pas! »

La cause fut donc entendue, et il n’y a jamais eu de suite.  Je dois reconnaître que mes voisins ont cependant eu raison sur un point.  Avec mon père parti, ma mère et moi allions souvent dans sa famille, qui est majoritairement composé de femmes.  Aussi, à être élevé dans un environnement presque exclusivement féminin à 8-9-10-11 ans, j’ai forcément pris des manières que l’on voit encore aujourd’hui dans mes gestes et ma voix.  Sans oublier que j’ai toujours eu plein d’amies de filles, mais très peu de gars puisque je ne me suis jamais senti en connexion avec eux.  Mais bon, ça ne m’a pas rendu homosexuel pour autant.  On ne peut pas devenir ce que l’on n’est pas déjà naturellement.

Ma mère m’amène parfois chez de ses grandes-tantes, un trio de soeurs à la retraite.  En plus d’être soeurs par famille, il s’agit de deux ex-religieuses et d’une ex-institutrice.  Inutile de dire que là-bas, je m’ennuie ferme.  Je passe les heures dans le salon, seul, à regarder la télé ou à faire des chateaux de cartes.  

Un jour, je déambule dans une section du salon qui est fermée par de grands rideaux.  Là, il y a une petite table de salon sur laquelle il doit bien y avoir une douzaine d’enveloppes de toutes les couleurs.  Je comprends au premier coup d’oeil qu’il s’agit de cartes de Noël.  Elles ne sont pas cachetées.  J’en prend une et l’ouvre par curiosité.  À côté de la carte, il y a $5.00.  Surprise passée, je m’en empare et l’empoche immédiatement.  Je repose l’enveloppe et vient pour sortir de la pièce.  Mais j’ai soudain une dernière impulsion.

« Si y’avait de l’argent dans cette enveloppe-là, il y en a peut-être dans les autres!? »

Je prend une enveloppe au hasard et, sans prendre le temps de regarder ce quelle contient, je me la fourre dans le pantalon, entre les fesses et le caleçon.  L’argent n’a pas d’odeur, dit-on!  Puis, je sors.  Moins de deux minutes plus tard, l’une des soeurs vient jeter un oeil au salon.  Elle m’y trouve en train de monter un château de cartes bien sagement tout en écoutant la télé.

Le soir venu, une fois rentrés à la maison, je descends l’escalier qui mène à ma chambre au sous-sol.  Je m’enlève l’enveloppe du cul, je l’ouvre, j’en tire une carte.  Dès que je la déplie, le choc me laisse bouche bée.  Il y a un beau billet tout rose de cinquante dollars ($172.01 de 2015).  Je n’en avais encore jamais vu un seul de toute ma vie.  Mes yeux ne peuvent se détacher des chiffres 5 et 0 aux coins supérieurs du billet.  Dans ma tête, ça y est, j’avais tiré le jackpot, j’étais riche.  Je me voyais déjà faire le tour du monde en croisières de luxe.

« L’autobus coûte $1.35.  Il y a beaucoup plus de gens qui prennent l’autobus que le bateau.  Donc, pour attirer les gens, les bateaux doivent coûter encore moins cher que ça. »

Raisonnement qui est loin de la réalité, mais qui sonne logique lorsque l’on a la naïveté qui vient avec nos dix ans d’âge.  Aussi, durant trois jours, je vis comme dans un rève, imaginant non-stop la belle vie qui m’attend.  Je dépense doucement le $5.00 trouvé dans la première enveloppe, mais je me garde bien de toucher au $50.00.  De toute façon, un enfant qui tenterait d’utiliser un tel billet serait vite repéré par les adultes, qui alerteraient aussitôt ma mère, sinon la police.  Aussi, je le range bien précieusement.  Ou du moins, j’essaye.  Je le cache tour à tour dans un tiroir, sous mon matelas, sous le frigo, dans un album d’Asterix, derrière un cadre au mur…  Aucune cachette ne me semble assez sûre.

Évidemment, ma mère finit par recevoir un appel des tantes qui lui signalent la disparition de ces $55.00.  Elle me confronte. Je nie à fond.  L’air scandalisé que je montre n’est pas simulé.  Je le suis vraiment.  Non pas scandalisé à cause qu’elle ose penser ça de moi, mais plutôt parce que ça me semblait totalement illogique que les tantes aient pu s’en rendre compte.  Pour le premier $5.00, d’accord, puisque j’y avais laissé l’enveloppe vide.  Mais pour le $50.00, j’avais pris l’enveloppe au complet.  Il n’y avait plus plus la moindre trace de son existence.  Aussi je trouvais ça particulièrement frustrant de voir que malgré tout, elles le savaient.  Mieux encore: Elles ont cru que j’avais ouvert toutes les enveloppes.  Car devinez quoi?  De la douzaine qui trainaient là, j’ai pris les deux seules qui contenaient de l’argent.  Quel hasard extraordinaire.  La seule explication que je pouvais y voir, c’est qu’une main divine m’avait guidé à prendre celles-là en particulier.  Ça n’a fait que renforcer ma détermination à ne pas lâcher le morceau et à nier à mort.

Mais bon, à ce point-ci, vous connaissez ma mère.  Vous avez donc une petite idée combien elle donne une valeur démesurée à l’honnêteté, au point où elle est toujours déterminée à rendre à son propriétaire légitime toute chose avec laquelle j’aurais pu me retrouver.  Je ne me doutais pas à quel point c’était grave, avant de vivre la semaine qui allait suivre.

JOUR 1: Après qu’elle ait tenté de me faire avouer en me répétant que seul moi avait pu le prendre, je lui réponds sans cesse que puisqu’elles ont eu des visites durant les trois jours depuis que nous y sommes allés, ça aurait pu être n’importe qui.

JOUR 2: Elle continue de me questionner tout en fouillant mes poches de pantalon, ma chambre, mes tiroirs, sous le lit et entre les matelas.

JOUR 3:  Elle commence à fouiller partout dans la maison, me jurant qu’elle allait bien finir par trouver où je l’ai caché.  Malin que je suis, je trouve le temps libre de déplacer le billet pour aller le mettre à des endroits qu’elle a déjà fouillés en vain. Bonne chose car je l’ai vu visiter trois de mes anciennes cachettes, maintenant vides.  Il est près de minuit lorsqu’elle se couche enfin après avoir fouillé la maison pendant quatorze heures en vain.

JOUR 4: Elle me fait le traitement de silence toute la journée.  Si elle pensait que ça allait m’affecter, elle s’est joliment trompé.  J’apprécie au contraire le fait d’avoir enfin la paix.  Paix qu’elle brise le soir venu en me traitant de sans coeur, de n’avoir pas été dérangé par sa bouderie.  Je me dis que, sans preuves aucune pour m’accuser,  et sans trouver l’argent, elle finira bien par y renoncer.  Ce n’est qu’une question de temps.

JOUR 5: Elle commence à déplacer les meubles et les électroménagers afin de regarder derrière et dessous.  Je trouve que son obstination devient une obsession malsaine.  N’importe qui, au bout de quelques heures, voire un jour ou deux, aurait abandonné et laissé le bénéfice du doute à son enfant.  Mais elle, non!  Elle TIENT à me voir coupable.  Elle VEUT que je sois coupable.  Elle CHERCHE à me prouver coupable.  Je suis insulté, mais surtout, je suis amèrement déçu d’une telle attitude de la part de ma propre mère.  Une mère qui cherche toujours me dépouiller du peu que j’arrive à me procurer.  Une mère qui intervient toujours en brandissant haut et fort le pavillon de l’honnêteté lorsque je vole, mais qui ne dit pas un mot quand mon propre père me vole mon argent.  Je suis dégoûté!  Mais en même temps, je réalise que je dois me rendre à l’évidence.  Avec son obstination, tôt ou tard, elle finira bien pr le trouver, ce billet de $50.000.  

Puisqu’elle est déterminée à mort me l’enlever, je refuse de lui accorder cette victoire.  Aussi, j’arrive à reprendre l’argent de ma plus récente cachette et à l’amener avec moi à la salle de bain.  Et là, derrière la porte close et verrouillée, avec le bruit de la chasse d’eau pour camoufler, je déchire le $50.00 et l’envoie dans la cuvette.  Avec lui disparait mes derniers espoirs d’avoir un jour de l’argent.  Je dois me rendre à l’évidence que tant que j’habiterai avec eux, jamais mes parents ne me laisseront en posséder.   C’est la mort dans l’âme et résigné à cette pauvreté que l’on m’impose de force que je sors de la salle de bain.  Maintenant, qu’elle fouille partout si ça lui chante, je m’en lave les mains,

JOUR 6:  Après une autre journée d’interrogations, de menaces et de fouilles dans lequel elle a passé la totalité de l’après midi à feuilleter tous mes livres un par un, elle tente un dernier truc: Alors que je viens pour me coucher, elle vient s’assoir à côté de mon lit, en me disant qu’elle ne me laissera pas dormir de la nuit tant que je ne lui aurai pas dit où j’ai caché l’argent.  D’habitude j’ai la résistance passive.  Mais là, après ce qu’elle m’a fait vivre, je n’ai aucune difficulté à lui répondre:

« Je ne peux pas te donner ce que je ne possède pas.  Fa que si tu veux qu’on passe une nuit blanche pour rien, ok, c’est toé la patronne. »

Mon aplomb né du savoir que ce billet n’existait plus lui démontre qu’elle ne tirerait rien de moi.  Après dix secondes de silence, elle se lève, frustrée.  Mais avant de sortir, elle me dit:

« En tout cas, tu me déçois beaucoup.  Mon propre fils, un voleur! Tu me fais vraiment de la peine. »

D’habitude, face à une figure autoritaire qui me fait un reproche mérité, j’ai la réplique inexistante.  Mais après le harcèlement non-stop qu’elle m’a fait vivre durant ces six derniers jours, j’ai la morale élastique.

« Pis moi?  Ma propre mère qui vient de passer une semaine à essayer, sans preuves, de me faire passer pour un voleur… Toi aussi tu me déçois. »
« HEILLE, SOIS POLI! CHUS TA MÈRE! »
« Exactement: Une mère qui vient de passer une semaine pour rien à chercher un $50.00 qui n’existe même pas. »
« QU’EST-CE QUE JE VIENS DE TE DIRE? »
« Je ne t’ai pas manqué de politesse.  J’ai juste dit la vérité.  Depuis le temps que tu fouilles partout. si j’avais vraiment volé l’argent, tu l’aurais déjà trouvé, pis tu le sais. »
« HEILLE, POUR QUI TU TE PRENDS, TOÉ? J’AI PAS DE LEÇONS À RECEVOIR D’UN P’TIT MAL ÉLEVÉ QUI A MÊME PAS ENCORE LE NOMBRIL SEC.  TU L’AS VOLÉ, LE CINQUANTE PIASTRES, PIS M’AS L’TROUVER. »

Sur ce, elle quitte ma chambre et monte les escaliers.  Cet entretient me permet de constater pour la première fois que les parents essayent de nous faire accroire qu’ils savent tout.  Mais en réalité, ils ne font que bluffer car ils ne savent rien. 

JOUR 7:  Après diner, je m’habille pour aller jouer dehors, dans la neige.  Je rentre au bout de deux heures.  En enlevant mes bottes et mon manteau, j’entends de faibles sanglots.  Je m’approche de la chambre à coucher de mes parents. Je vois ma mère, par terre, assise, au milieu de boites, malles et valises qu’elle a vidées par terre après les avoir descendues du grenier, dont l’accès est dans le placard de leur chambre.  En me voyant arriver, elle me regarde, les yeux rouges et gonflés, et me dit entre deux sanglots:

« Il est OÙ, le $50.00?  Où c’est qu’tu l’as cachééééé…? »

Je ne peux pas croire que son obsession à me prouver coupable puisse être poussé à ce point-là.  C’est là que j’ai compris qu’il ne me servait à rien d’espérer qu’elle finisse par devenir raisonnable.  Peu importe que je ne sois qu’un suspect circonstanciel, peu importe que je nies sans hésitation depuis une semaine, peu importe le fait que la logique lui montre jour après jour que l’argent n’est pas ici.  Elle est obsédée par l’idée que je suis coupable, alors elle est obsédée par le désir de trouver cet argent.  Et c’est une obsession qui est en train de la rendre malade mentalement et physiquement.  

Je réalise à ce moment-là que même si j’avais été innocent de ce vol, j’aurais quand même été obligé de m’en déclarer coupable.  Sa santé mentale et physique en dépendait.  C’est un très lourd constat pour un enfant de dix ans, de voir que c’est à lui de veiller au bien-être de sa mère et non l’inverse.  Mais je n’avais pas le choix, j’en avais la preuve là, sous les yeux.  Aussi, avec un soupir de résignation, je lui ai avoué le vol et la destruction de ce billet.

Nous sommes allés chez les tantes, à qui j’ai également tout avoué.  À la fin de mon récit, l’une d’elle, l’ex-institutrice, se tourne vers ma mère et dit:

« Tu vois?  S’il avait eu un Grand Frère pour s’en occuper, au lieu que tu le traines partout là où il n’a rien à faire à part s’ennuyer, ça ne serait pas arrivé. »

Il ne restait plus qu’à voir comment j’allais bien pouvoir leur rembourser cette fortune.  Ce n’est pas comme si je pouvais me trouver en emploi à dix ans.  Ma mère, elle, avait sa solution toute trouvée:

« Ton père t’as emprunté $60.00 pour prendre l’avion.  Je vais aller à mon compte de la Caisse Populaire le retirer.  Je vais rendre $55.00 à mes tantes, je vais te rendre le $5.00 qui reste, pis comme ça on ne te devra plus rien. »

Cette phrase me frappe comme une gifle.  Alors comme ça, quand je demande que l’on me rende mon argent, ils ne l’ont jamais.  Mais maintenant que je dois le donner, alors LÀ, ils l’ont, et ils n’ont aucun problème budgétaire à le retirer!?  

Je comprends alors ce qui vient réellement de se passer.  Avant que je commette ce vol, mes parents me devaient $60.00 qu’ils ne voulaient pas me rembourser parce que, pour une raison qu’ils refusent de m’expliquer, ils ne veulent pas que je possède de l’argent.  À chaque fois que j’en parlais à ma mère, cette personne qui porte l’honnêteté au-dessus de tout, je lui remettais leur malhonnêteté envers moi sur la conscience.  Mais maintenant que j’ai volé et détruit un montant d’argent similaire, elle me le rembourse sans hésitation en sachant que je ne pourrai pas le garder puisque je dois le rendre à ses tantes.  Comme ça, non seulement mes parents ont ce qu’ils veulent, en ce sens que je n’aurai plus d’argent.  Mais maintenant ils peuvent avoir la conscience tranquille puisqu’ils m’ont remboursés, et donc ne me doivent plus rien. 

Moi qui étais enchanté du hasard qui m’a fait prendre les deux seules enveloppes qui avaient de l’argent, je constate soudain avec désenchantement que ce même hasard a voulu que le montant volé et détruit corresponde, à $5.00 près, à ce qui m’était légitimement dû.

De retour à la maison, j’entre, complètement abattu moralement.  Ma mère m’adresse la parole pour la premiere fois depuis que nous sommes partis de chez ses tantes, après les avoir remboursées.

« J’espère que t’as appris ta leçon. »

Ah ça, des leçons, jen ai apprises en masse:

  • Mon père est un hypocrite de me traiter de dépensier alors qu’il n’est même pas foutu d’épargner pour se payer lui-même son propre billet d’avion.
  • Mon père est un menteur, de m’avoir dit qu’il me rembourserait.
  • Mon père est un voleur.
  • Ma mère va toujours croire sur parole toute personne qui va m’accuser de vol, et ce même si l’autre n’a pas la moindre preuve pour appuyer ses dires.
  • Que je sois coupable ou non, il est tellement important pour ma mère de prouver que je le suis que si je n’avoue pas, elle va se rendre malade en me blâmant pour son état.
  • Mes parents sont des hyporites de m’avoir fait faussement croire qu’ils ne pouvaient pas se permettre de me rembourser.
  • Toute tentative pour améliorer mon sort des injustices que l’on m’impose ne fera que me faire subir d’encore plus grandes injustices.
  • Honore ton père et ta mère, c’est de la foutaise.  Pourquoi est-ce que je devrais respecter des gens qui se conduisent de façon aussi peu respectables envers moi?  Avoir baisé sans protection, ça ne transforme pas automatiquement des enfoirés en figures de sainteté irréprochables.  Ça ne fait que leur ajouter le titre de parents.
  • ET SURTOUT:  J’ai appris que je dois dépenser mon argent à mesure que je le reçois, sinon c’est un autre qui va s’en emparer pour le dépenser à ma place.  De toute façon, que je le dépense ou que je l’épargne, mon père va m’engueuler, m’insulter et me menacer.  Alors ça change quoi, finalement!?

Cette dernière leçon a fait de moi un dépensier compulsif.  Et bien que ce fut d’abord par nécessité, ça s’est vite transformé en une mauvaise habitude.  Une qui perdurera jusqu’à affecter mes premières années de vie adulte.

Robin des Bois volait aux riches pour donner aux pauvres.  Tandis que moi qui suis pauvre, on me vole pour donner aux riches.  C’est une situation dans laquelle on m’oblige à vivre, mais jamais on ne réussira à me la faire accepter.

 

DEMAIN: Une nouvelle aventure de Robin Déboires: Voir la lumière.

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A propos Steve Requin

Auteur, blogueur, illustrateur, philosophe amateur et concierge de profession.
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2 commentaires pour Robin Déboires, piètre voleur. Chapitre 3.2: Mon argent à l’eau.

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